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3 août 2020 1 03 /08 /août /2020 23:00

04 AOUT

 

I.

S Aristarque, évêque à Thessalonique, fidèle compagnon de s.Paul (cf. Ac 19:29, Col 4:10, Phil 24).

Ste Perpétue, pieuse femme romaine, baptisée par s.Pierre ; elle amena à la foi son époux et son fils.

III.

SS Iustinus et Crescentio, martyrs romains.

IV.

S Eleutherius, martyr à Tarse.

Ste Ia, martyre persane.

?

S Agabe, évêque à Vérone.

SS Epiphane et Isidore, martyrs (orientaux ?) vénérés à Besançon.

VI.

S Euphronius, évêque à Tours, de la famille de s.Grégoire de Langres ; il fit respecter les exemptions d'impôts de ses diocésains et reconstruire plusieurs églises détruites par le feu.

SS Pérégrin, Machorat et Viventien, frères, assassinés pour être venus rechercher dans le Maine leur sœur capturée après la bataille de Vouillé.

S Baumade, solitaire près de Tulle.

VII.

S Molua (Lugid), abbé en Irlande, auteur d'une règle très rigide, mais aussi plein de tendresse pour les hommes et les animaux : un oiselet se lamentait au moment de sa mort.

X.

S Onofrio, ermite à Catanzaro (Calabre).

XII.

S Raniero, camaldule, évêque à Cagli, à Split, martyrisé par des Slovènes qui occupaient illégalement un terrain appartenant à l'Eglise.

XIII.

Bse Cecilia Cesarini, compagne de la bse Diana d'Andalò, à Bologne ; c'est par elle qu'on connaît certains détails sur s.Dominique.

XVI.

B William Horne, chartreux anglais, martyr à Tyburn.

XIX.

S Jean-Marie Vianney, curé à Ars, patron des curés et, depuis 2009, de tous les prêtres.

XX.

B Frederick Jansoone (de Saint-Yves, 1838-1916), franciscain français, aumônier militaire en 1870 : il fonda un couvent à Bordeaux, travailla énormément en Terre Sainte (où il réussit aussi à rétablir la dévotion du Chemin de Croix dans Jérusalem, interdite depuis 1621), et au Canada ; béatifié en 1988.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1992 :

Hospitaliers : Gonzalo Gonzalo y Gonzalo (*1909), profès, à Madrid ;

- béatifiés en 2001 :

Salésiens : à Barcelone, le prêtre Josep Batalla Parramón (*1873) et les profès Josep Rabasa Betanachs et Gil Rodicio y Rodicio (*1862, 1888) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Francesc Mercader Rendé et Josep Colom Alsina (*1881, 1906) ;

Frères Maristes : à Valencia, Joseph Sobraqués Glory (Luís Damián), Elías Garet Ventejo (Josep Ceferí), José Pampliega Santiago (Berardo José), Lucio Galerón Parte (Benedicto José) (*1891, 1905, 1912, 1912) ;

- béatifié en 2017 :

Laïcs : à Almería, Luis Quintas Durán (*1918) ;

- béatifiés en 2021 :

Diocésains : près de Cordoue, José López Cáceres (*1904) ;

Laïcs : près de Cordoue, Francisco Izquierdo Pérez (*1918).

B Józef Krzysztofik (Henryk, 1908-1942), capucin polonais, mort à Dachau, béatifié en 1999.

B Ioan Balăn (1880-1959), évêque gréco-catholique roumain, maltraité par le régime communiste, reconnu martyr et béatifié en 2019.

B Enrique Ángel Angelelli Carletti (1923-1976), évêque à La Rioja (Argentine), martyr, béatifié en 2019.

Aristarque

1er siècle

 

Cinq fois, dans le Nouveau Testament, se rencontre le nom de ce fidèle Aristarque, disciple et compagnon de saint Paul.

Dans les Actes des Apôtres, Aristarque se trouve à Ephèse, au cours de l’émeute qui se soulève contre saint Paul. Il y est dit qu’Aristarque est un Macédonien (Ac 19:29), de Thessalonique (Ac 20:4).

Plus tard, le même Aristarque accompagne Paul dans son voyage de captivité (Ac 27:2), et partage même cette captivité (Col 4:10 et Phm 24).

Qu’Aristarque ait été évêque à Thessalonique ou qu’il ait été décapité à Rome au même moment que saint Paul, tient d’une vraisemblance non accréditée historiquement.

Le Martyrologe fait mention de la fidélité d’Aristarque, et le place au 4 août.

 

 

Perpétue de Rome

1er siècle

 

Perpetua aurait été une Romaine, baptisée par saint Pierre.

Elle aurait servi l’Eglise fidèlement, en particulier en donnant une sépulture honorable aux corps des Martyrs.

Elle aurait amené à son tour son époux, Africanus, et son fils, Nazarius, à la foi chrétienne, d’après les Actes des Martyrs Nazaire et Celse, auxquels les historiens n’accordent pas une grande confiance.

Le Martyrologe faisait mention de Perpetua au 4 août, mais plus dans l’actuelle édition.

 

 

Iustus et Crescentio de Rome

† 3e siècle

 

Ces deux Martyrs reçurent la palme sur la Via Tiburtina, à Rome.

Iustus aurait eu le soin et le courage d’ensevelir dignement les corps des saints Xyste II, Laurent, Hippolyte (v. 6, 10 et 13 août) et d’autres encore.

Il semble qu’on ait renoncé à dire quelque chose de plus à leur sujet.

Saints Iustus et Crescentio de Rome sont commémorés le 4 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eleutherios de Tarse

† 305

 

Eleutherios (le nom signifie libre) aurait été de rang sénatorial.

Il fut martyrisé à Tarse (Bithynie, auj. İçel, Turquie CS).

Ce fut vers 305.

Saint Eleutherios de Tarse est commémoré le 4 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ia de Perse

† 362

 

Ia signifie violette. C’était une vierge chrétienne en Perse.

On pense placer son martyre vers 362, lorsque le roi perse Sapor II procéda au massacre de plusieurs milliers de chrétiens, qu’il considérait comme des alliés de Rome, et donc comme des espions.

Mais sur la vierge Ia particulièrement, on ne sait rien.

Sainte Ia de Perse est commémorée le 4 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Euphronius de Tours

503-573

 

Il ne faut pas confondre Euphronius de Tours et son homonyme d’Autun, qui vivait au siècle précédent (v. 3 août).

Celui d’aujourd’hui était d’une famille sénatoriale gallo-romaine, et parent de s.Grégoire de Langres (v. 4 janvier).

On croit pouvoir l’identifier avec un moine qui vécut quelques années dans le diocèse de Chartres, vers 533.

En 556, le roi Clotaire le désigna pour le siège épiscopal de Tours. Cet épiscopat allait durer dix-sept ans.

Euphronius montra son zèle surtout comme constructeur ou restaurateur. Un incendie détruisit la ville de Tours, dont il releva deux églises ; quand la basilique Saint-Martin fut aussi la proie des flammes au moment de guerres civiles, il s’employa à la relever et à la recouvrir d’un toit d’étain ; il fit élever la basilique Saint-Vincent et fonda les trois églises de Thuré, Céré et Orbigny. ; il bénit l’oratoire des saintes Maura et Britta (? v. 15 janvier) et un autre encore, élevé par son prédécesseur s.Senoch (v. 24 octobre).

Cet évêque participa aussi à plusieurs conciles, dont un à Tours en 567, au terme duquel les sept évêques présents envoyèrent une longue lettre à sainte Radegonde (v. 13 août) : ils lui faisaient parvenir les reliques de la vraie Croix.

Eufrone - comme on le nomme en français moderne - sut se faire entendre des grands de ce monde, exigeant d’eux de respecter les exemptions d’impôts accordées précédemment.

Il eut aussi le don de prophétie, ayant annoncé la mort du roi Charibert.

Il mourut en 573, fut en grande vénération, et canonisé au onzième siècle.

Saint Euphronius de Tours est commémoré le 4 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Onofrio de Catanzaro

† 995

 

On confond cet Onofrio avec celui du 12 juin, qui vivait en Thébaïde au 5e siècle.

Il y eut donc à Catanzaro (Calabre, Italie S) un ermite qui voulut prendre, effectivement, le nom de l’illustre ermite égyptien.

Né, dit-on, à Belforte (Catanzaro) de famille noble et aisée, il préféra la vie retirée et s’installa au pied d’une colline très escarpée, appelée localement chaos, en italien Cao, d’où le surnom de l’ermite : Onofrio du Cao.

Il aurait vécu fort longtemps, dans son petit abri perdu dans les rochers, jeûnant et faisant pénitence.

Des disciples se joignirent à lui, donnant naissance à un petit monastère ; la zone fut ainsi bonifiée par le travail de ces Religieux.

Onophrius mourut en 995. On s’est amusé à l’imaginer couvert de très longs cheveux, ce qui a donné lieu à quelques représentations iconograhiques presque amusantes.

Si le monastère a disparu, la localité qui s’y est développée s’appelle aujourd’hui Sant’Onofrio.

Saint Onofrio de Catanzaro est commémoré le 4 août dans le Martyrologe Romain.

Raniero de Split

† 1180

 

Comme on ne sait rien de lui jusqu’au moment de sa vie religieuse, on ne peut que présumer qu’il naquit au début du 12e siècle, peut-être dans la région centrale de l’Italie.

Raniero peut aussi avoir la forme de Rainerio.

Il entra au monastère camaldule de Fonte Avellana.

En 1156, il fut nommé évêque de Cagli. Durant son épiscopat, il célébra à Gubbio les solennelles obsèques de son grand ami, l’évêque Ubaldo († 1160). En 1162, il y eut une petite dispute entre un prieur de Gubbio et l’abbé de Cantiano, et c’est à Raniero qu’ils eurent recours pour arbitrer le différend.

A partir de 1170, les choses se compliquèrent, car la lutte entre guelfes (fidèles au pape) et gibelins (fidèles à l’empereur) se ralluma ; la majeure partie de la population s’était rangée du côté des gibelins, et se trouvait donc en face de son évêque, qui était évidemment «papiste», avec tout son clergé derrière lui. La situation était embrouillée. Le pape jugea opportun de déplacer l’évêque à Split, sur la côte dalmate.

Cette mesure ne dirima pas la situation de Cagli, qui connut des heurts pendant encore deux siècles. Mais à Split non plus, l’archevêque ne connut pas la paix.

Split (Spalato en italien) était métropole des diocèses locaux, et Raniero reçut donc du pape le pallium. Mais la ville faisait alors partie de l’empire byzantin et l’archevêque se déplaça à Constantinople pour saluer l’empereur Manuel Commène, dont il obtint quelques faveurs pour ses fidèles.

En 1177, il accompagna le pape à Zara, en vue de la rencontre avec Frédéric Barbarossa à Venise.

En 1178, il participe au 3e concile du Latran.

En 1179, Raniero fit un nouveau voyage à Constantinople, et reçut à cette occasion de l’empereur un magnifique étendard brodé d’or représentant saint Michel Archange.

Sur place, Raniero dut faire valoir ses droits sur les propriétés de l’Eglise et ce fut sa principale et douloureuse activité. Des terrains avaient été usurpés par des factions locales. Une de ces revendications fut à l’origine de son martyre.

En août 1180, Raniero se rendit à Serengene, où il voulait se faire restituer des terrains appartenants à l’Eglise de Split. Sur ce sujet, l’empereur ne se prononçait pas et l’archevêque devait agir. On l’avait prévenu du danger qu’il courait à s’y rendre, mais il considérait que son devoir était là, pour l’honneur de l’Eglise et de Dieu.

Arrivé au domaine contesté, il fut violemment pris à parti par une troupe déchaînée qui le menaça et, l’archevêque demeurant inébranlable, lui jetèrent une grêle de pierres et l’abandonnèrent au sol.

A l’endroit où Raniero tomba, aurait jailli une fontaine. Ce fut le 4 août 1180. Les fidèles et le clergé vinrent recueillir le corps du Martyr et l’ensevelirent solennellement.

Au 16e siècle, on parlait déjà de saint Raniero. En 1690, il fut proclamé co-patron de Split avec s. Domnio et son culte fut reconnu. En 1819, le culte fut également reconnu pour Cagli, enfin pacifiée, et s.Raniero en fut proclamé co-patron en 1981.

 

 

Cecilia Cesarini

† 1290

 

Cecilia était romaine et naquit au début du 13e siècle.

En réalité, beaucoup la relient à la famille Cesarini, sans en être absolument certains.

Elle fut religieuse dans le monastère Sainte-Marie in Tempulo et passa en 1221 à celui des Dominicaines de Saint-Sixte, qui s’ouvrait juste à ce moment.

En 1223 ou 1224, le pape envoya quelques-unes de ces moniales, dont Cecilia, au monastère Sainte-Agnès de Bologne, fondé depuis peu par Diana d’Andalò (v. 10 juin). Cecilia y fut prieure.

C’est elle qui, un peu plus tard, raconta les épisodes de la vie de saint Dominique (v. 6 août) dont elle avait été témoin oculaire.

Elle s’éteignit, nonagénaire, le 4 août 1290, en grande odeur de sainteté.

On pensa avoir retrouvé son corps, avec celui de Diana, dans une tombe qu’on ouvrit en 1510 pour procéder à la reconnaissance des reliques.

Leur culte a été confirmé en 1891 et Cecilia est inscrite au 4 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

William Horne

? -1540

 

Frère convers chartreux anglais, vivant à la Chartreuse de Londres et dont on ne connaît rien d’autre que les circonstances de son martyre.

Le 29 mai, on envoya les moines chartreux à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un panier aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin, toujours en 1537.

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, Richard Bere mourut le 9 août, Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; notre William Horne fut exécuté le 4 août 1540.

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

Jean-Marie Vianney

1786-1859

 

1. L’enfance et la formation

 

Le petit Jean-Marie avait trois ans lorsqu’éclata la triste Révolution Française. Ses pieux parents reçurent chez eux des prêtres réfractaires, mais bien avant ces faits, ils reçurent un jour un pieux voyageur, un certain Benoît-Joseph Labre, qui sera un jour canonisé (fête le 16 avril).

Les parents de Jean-Marie habitaient Dardilly, à quelques kilomètres de Lyon. C’étaient de bons paysans, croyants, fidèles à leurs devoirs chrétiens. De leurs six enfants, Jean-Marie était le quatrième, qui naquit le 8 mai 1786. Sans être un saint parfait dès le berceau, il montra vite des signes de profonde conviction.

Ainsi, à quinze mois, il se refusa à manger jusqu’à ce que sa mère ne fît avec lui le signe de croix comme à l’accoutumée. C’est de cette pieuse maman qu’il apprit aussi à “bénir l’heure”, en récitant un Ave Maria  quand l’heure sonnait. Il aimait prier, où qu’il fût, en particulier avec une petite statuette de la Vierge, qu’il avait reçue de sa mère. Un jour qu’on le cherchait partout, on finit par le retrouver… entre deux bêtes à l’étable, en train de prier avec ferveur devant sa petite statuette. Plus tard, lorsqu’il mènera les bêtes au pré, il commencera toujours par s’agenouiller pour offrir à Dieu sa tâche. Il disposait ensuite sa statuette dans le creux d’un arbre, l’ornait de feuillages, et priait le chapelet.

Il avait environ sept ans : c’est à ce moment que commença son activité “pastorale” au sens apostolique du mot. En effet, il se mit en devoir de catéchiser d’autres petits pâtres qu’il rencontrait alentours. Il chantait et priait avec eux, leur rappelait les enseignements de l’évangile, leur inculquant le sens du péché et le respect de Dieu, partageant avec eux son casse-croûte.

C’est aussi à cette époque qu’une petite bergère lui dit innocemment qu’ils pourraient peut-être se marier un jour, ce qu’il refusa énergiquement en lui demandant de n’en jamais plus parler.

La difficulté des temps fit que Jean-Marie reçut assez tard son instruction scolaire ainsi que la préparation à la première communion. Il avait déjà treize ans quand il reçut l’Hostie pour la première fois, avec d’ailleurs une joie indicible. Il passa son adolescence à aider aux travaux des champs.

Deux vertus firent remarquer le garçon à cet âge déjà : son silence et son obéissance. Il savait se taire, éviter de répondre, de se disculper en entendant un reproche ou une taquinerie déplacée ; et par-dessus tout il obéissait sans hésitation à ses parents.

Quand il avait un petit moment de libre, c’est à l’église du village qu’il allait volontiers : peu à peu sa vocation se précisait. Un souci l’avait envahi : sauver les âmes !

Parler à sa bonne maman de sa vocation n’était pas un problème, elle s’en réjouit même. Mais le papa mit deux années à accepter cette décision : il avait déjà dû marier sa fille et lui offrir une dot ; puis, pour garder son grand fils François à la maison, il avait payé un remplaçant pour la conscription (c’était l’époque des grandes guerres de Bonaparte, qui procédait à des levées de troupes en masse) ; dans ces circonstances, le pauvre papa Vianney n’avait plus les moyens d’envoyer son fils au séminaire et s’y opposa catégoriquement. Il finit tout de même par se rendre, en apprenant que le curé de la paroisse voisine (Ecully) recevait chez lui des jeunes pour leur donner les premiers éléments de leur formation avant de les diriger vers le séminaire.

Mais ce fut le curé lui-même qui mit une nouvelle opposition à la présence de Jean-Marie chez lui : il n’avait plus de place, plus de temps… L’anecdote vaut la peine d’être mentionnée : quand ce bon prêtre vit Jean-Marie en face de lui, après quelques propos, il l’embrassa et dit tout haut : “Oh ! pour celui-là, je l’accepte !” ; puis à Jean-Marie : “Soyez tranquille, mon ami, je me sacrifierai pour vous, s’il le faut.”

Si Jean-Marie était heureux de se sentir aidé, il fut vraiment malheureux dans l’étude : sa mémoire était comme rouillée, les rudiments péniblement appris étaient déjà loin ; et il fallait maintenant assimiler les déclinaisons latines ! Non seulement Jean-Marie était beaucoup moins rapide que ses confrères, mais en plus ces derniers - beaucoup plus jeunes que lui - ne pouvaient s’empêcher de sourire de ses échecs répétés : pendant les premiers mois, ses progrès furent à peu près nuls.

En plus, le pauvre garçon croyait qu’en s’imposant davantage de pénitences, de jeûnes, de privations, il obtiendrait plus de grâces pour ses études : peine perdue ! Et comme sa santé s’altérait, il se fit rappeler à l’ordre par le bon curé : “Vois-tu, lui dit-il, il faut bien prier et faire pénitence sans doute, mais il faut aussi se nourrir et ne pas ruiner sa santé.” Jean-Marie était découragé, proche de la crise, et faillit tout abandonner pour rentrer à la maison. Le bon curé lui parla des âmes : c’en fut assez pour lui redonner courage, mais pas pour faire entrer quelque chose “dans sa mauvaise tête”.

Alors Jean-Marie imagina de faire un vœu : d’aller en pèlerinage au tombeau de s.François Régis à La Louvesc, à une centaine de kilomètres de là. Ce grand saint avait été l’apôtre du Velay et du Vivarais, et s’était éteint après une vie apostolique harassante le 31 décembre 1640, à quarante-trois ans : Jean-Marie irait à pied demander une grâce spéciale pour ses études, et en se contentant en chemin de demander humblement un peu de nourriture et un peu de paille pour s’allonger la nuit. Ce pèlerinage fut très pénible et Jean-Marie arriva épuisé au sanctuaire. Là, un bon prêtre lui conseilla pour le retour de donner  plutôt que de demander,  selon le conseil donné par Jésus-Christ à ses Apôtres : “Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir” (Ac 20:35) ; Jean-Marie avait en effet pris un peu d’argent par prudence ; au retour, il paya sa nourriture et son logis, mais aussi il donna à qui lui demandait. Le souvenir de ce pèlerinage le marqua longtemps ; il disait même : “Je ne conseillerai jamais à personne de faire le vœu de mendier”.

Il reste qu’après cet épisode, Jean-Marie reprit ses études avec un peu plus de succès ; ses livres étaient moins rébarbatifs. L’horizon semblait s’éclaircir. Peu après, il reçut le sacrement de Confirmation, au printemps 1807, à l’âge de plus de vingt ans. Pendant la Révolution, l’archevêque de Lyon avait suspendu ses visites pastorales, et beaucoup d’âmes n’avaient pas reçu la Confirmation. Maintenant que le calme était revenu, l’archevêque essayait de mettre les bouchées doubles : on estime qu’il confirma cette année-là quelque trente mille fidèles, de tous âges.

Jean-Marie vécut ce sacrement avec grande ferveur, on l’imagine. Ce jour-là il ajouta à son nom de baptême celui de saint Jean-Baptiste, qu’il aimait beaucoup. Désormais, il signerait toujours “Jean-Marie-Baptiste” ou “Jean-Baptiste-Marie”.

Qui était l’archevêque de Lyon ? C’était le cardinal Fesch, oncle de l’empereur Napoléon, et qui, comme tel, réussissait à en obtenir quelques faveurs pour son diocèse. Il avait obtenu ainsi que tous les étudiants ecclésiastiques inscrits sur les listes de l’archevêché fussent exempts de la milice, au même titre que les clercs déjà engagés dans les ordres sacrés. La mesure valait pour notre Jean-Marie.

Mais par une erreur inexpliquée, fin 1809, Jean-Marie reçut une feuille de route, selon laquelle il devait rejoindre sans délai les recrues au dépôt de Bayonne, pour être incorporé à l’armée qui descendait en Espagne.

La “vie militaire” de Jean-Marie Vianney dura en tout deux années, mais Jean-Marie connut le monde militaire seulement quelques jours. Voici pourquoi. Quand il rejoignit le dépôt de Lyon, il tomba malade deux jours après et fut hospitalisé pendant deux semaines ; derechef à Roanne, où il resta six semaines hospitalisé chez de bonnes religieuses ; quand enfin sur pied il fut en mesure de repartir, il manqua le départ de la colonne : arrivé tôt au rendez-vous, il s’abîma en prière dans l’église voisine, et ne vit pas l’heure tourner !  Il se présenta dès que possible au capitaine, qui finit par lui laisser une nouvelle feuille de route, sans le déclarer déserteur. Mais sur la route de Clermont, n’en pouvant plus, il s’écarta dans un sous-bois pour se reposer un peu : c’est là qu’un autre soldat, déserteur celui-là, le rencontra, se chargea de son sac pesant, et le conduisit au proche village.

Les soldats déserteurs ou réfractaires étaient nombreux dans ces forêts. Ils échappaient aux recherches et vivaient de petits travaux dans les fermes alentours. Jean-Marie n’avait d’abord rien compris à ce vilain jeu ; ce dont il avait besoin c’était de se reposer un peu. Mais ensuite, son compagnon dut le laisser se débrouiller, et Jean-Marie était bien embarrassé : il était à son tour déserteur, sans l’avoir cherché une minute. Et il savait ce que cela signifiait pour sa famille : on afficherait au lieu de son domicile la liste des réfractaires, avec les noms des père et mère ; après huit jours, la force armée viendrait s’établir au domicile du déserteur pour y vivre aux dépens des parents : d’abord un seul homme, puis la garnison augmenterait ; les familles devraient indemniser cette garnison, sinon on procéderait à la saisie des meubles et des biens (animaux de la ferme, en particulier).

Jean-Marie ne pouvait ni ne voulait entrer délibérément dans la clandestinité. Il alla simplement rencontrer le maire pour lui exposer son cas. Bienheureuse initiative, qui veut demeurer dans la sincérité et l’obéissance aux normes. Le maire était un fonctionnaire, qui devait respecter et faire respecter les lois de l’empire ; mais c’était aussi un homme droit et honnête, qui partageait les idées de beaucoup au sujet du service militaire : en diverses régions de France, la désertion était devenue règle générale, par antipathie au régime napoléonien. Les guerres de l’empereur rencontraient la plus extrême aversion de la part de beaucoup de Français - et de la part de notre maire. Ce dernier protégea le pauvre Jean-Marie : il le rassura en lui expliquant que de toutes façons il était impossible de rallier son détachement à Bayonne, et qu’il n’avait qu’à échapper aux recherches des gendarmes pendant quelque temps. Et de lui indiquer une maison où une brave femme pourrait l’héberger en toute sécurité. On mit en place toute une tactique : Jean-Marie s’appellerait Jérôme Vincent et serait un cousin éloigné des enfants ; de jour, il habiterait dans la grange ou dans l’étable et la brave paysanne lui porterait son repas comme pour les bêtes, dans un seau de bois ! De nuit, notre “Jérôme” sortait un peu, rencontrait la famille, leur parlait de Dieu et des Saints, et gagna ainsi leur bienveillance. Il couchait dans une “chambre” aménagée grâce à une grossière cloison dans un coin de l’étable près de la fenêtre.

Peu à peu, “Jérôme” osa s’aventurer à l’église, se mêler aux travaux de la ferme, rencontrer les habitants du pays. Il y eut cependant des alertes : les gendarmes se présentaient quelquefois, mais mystérieusement Jean-Marie avait toujours eu le pressentiment et le temps de se dissimuler dans la forêt. Un jour, un gendarme soupçonneux tira un grand coup de sabre dans une meule de foin où, justement, s’était réfugié Jean-Marie en catastrophe ; il ne se trahit pas, mais avouera plus tard qu’il n’avait jamais eu si mal et avait alors promis à Dieu de ne jamais se plaindre.

L’épreuve finit quand même au bout de deux années. Jean-Marie était hors de danger, grâce à l’évolution des temps : il put retourner chez les siens. C’est à ce  moment que mourut sa chère Maman. Mais il continua vaillamment sa route pour le sacerdoce. D’abord en reprenant ses livres et son étude auprès du bon curé d’Écully, en même temps qu’il servait de domestique et de sacristain à ce prêtre désormais fatigué par les années. Jean-Marie atteignait ses vingt-cinq ans. Il put enfin franchir le tout premier degré en vue du sacerdoce : la tonsure, que tout clerc recevait à cette époque avant de recevoir les “ordres mineurs”, puis les “ordres majeurs”.

L’Eglise a récemment un peu simplifié cette progression vers l’autel : actuellement, les clercs reçoivent le lectorat, l’acolytat, le diaconat et la prêtrise. A l’époque de Jean-Marie Vianney, on recevait d’abord la tonsure, en signe d’appartenance au clergé de l’Eglise, puis les ordres mineurs : portier, exorciste, lecteur, acolyte ; puis les ordres majeurs : sous-diaconat, diaconat et prêtrise.

Jean-Marie Vianney fut donc tonsuré le 28 mai 1811 ; l’année suivante il intégra enfin le séminaire, mais les études philosophiques en latin furent trop difficiles. On dut le préparer en français. On se moquait même un peu de lui, parmi les condisciples. Parlant de ce séminaire, il avoua un jour : “J’ai bien eu un peu à souffrir”. Il se réfugia plus que jamais dans la prière confiante ; il se confiera à la Sainte Vierge par le “vœu de servitude”, s’inspirant de saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Mais il eut aussi de bons camarades, entre autres le futur Bienheureux Marcellin Champagnat, qui fonderait les “Petits Frères de Marie”.

Malgré des notes plutôt médiocres, Jean-Marie put entrer au grand séminaire de Lyon à l’automne 1813 - il avait vingt-sept ans ! On peut dire qu’il s’y distingua par son effacement, son humilité. Là encore, il dut bénéficier de répétitions en français, où il se montrait excellent par ses réponses et ses jugements. Toutefois, certains de ses professeurs décidèrent de le congédier, au regard des progrès nuls qu’il faisait dans la science théologique latine !

Jean-Marie songea un moment à rejoindre les Frères des Ecoles Chrétiennes. Mais son bon curé d’Écully l’en dissuada encore, l’encourageant à la persévérance et reprenant patiemment le travail, en français d’abord puis un peu en latin aussi. Il fit des démarches pour faire réadmettre Jean-Marie au séminaire : un premier examen fut malheureux, mais Jean-Marie fut réinterrogé en français, et reçut un avis très favorable en vue des ordinations. Ensuite la Providence fit qu’on passa simplement sur les éléments purement intellectuels de ce Candidat. Ce fut le vicaire général qui fut l’artisan de l’admission aux ordres de Jean-Marie. La conversation entre celui-ci et le prêtre qui présentait Jean-Marie, est célèbre :

“L’abbé Vianney est-il pieux ?… A-t-il de la dévotion à la Sainte Vierge ?… Sait-il dire son chapelet ?

- Oui, c’est un modèle de piété.

- Un modèle de piété ! Eh bien, je l’appelle. La grâce de Dieu fera le reste.”

Jean-Marie Vianney reçut donc les quatre ordres mineurs et le sous-diaconat le 2 juillet 1814, le diaconat le 23 juin 1815 (veille de Saint-Jean-Baptiste), puis fut ordonné prêtre le 13 août 1815. Il avait vingt-neuf ans.

Jean-Marie écrira plus tard :

“Oh ! que le prêtre est quelque chose de grand ! Le prêtre ne se comprendra bien que dans le ciel… Si on le comprenait sur la terre, on mourrait, non de frayeur mais d’amour !…”

 

2. Jean-Marie Vianney, prêtre

 

Le premier poste que reçut Jean-Marie Vianney, fut celui de vicaire auprès de son bon curé d’Ecully. Ce choix faisait l’unanimité dans la joie, tant pour le curé que pour son vicaire, et que pour tous les paroissiens. Très vite l’abbé Vianney fut sollicité de tous côtés, d’autant plus que le curé était maintenant bien fatigué de ses années douloureuses de la Révolution et de ses activités pastorales.

Le premier pénitent à s’agenouiller aux pieds du jeune prêtre, fut le curé lui-même, humblement. Ce même curé continua à aider Jean-Marie à achever sa formation théologique. Ils vivaient tous deux en une harmonieuse fraternité, dans une sainte émulation.

Tous deux se mortifiaient : ce fut au point que le curé dénonça à l’évêché son vicaire comme dépassant les bornes, et le vicaire à son tour dénonça son curé pour excès de mortification. Ils furent simplement renvoyés dos à dos ! Il est vrai que, lorsqu’ils ne recevaient pas quelque Confrère, ils firent quelques excès de privation : pas de vin ; quelques pommes de terre avec du pain bis ; un morceau de bœuf bouilli revenait plusieurs fois sur la table, et finissait par devenir tout noir…

Jean-Marie apprit aussi de l’abbé Balley, son curé, la mortification par la flagellation ; le curé portait habituellement un cilice et se flagellait. Ces pratiques n’étaient pas nouvelles, elles ont même subsisté dans certains monastères jusqu’à présent. L’Eglise a connu cela presque dès les origines du Christianisme et l’a laissé faire, tout en rappelant toujours une sainte prudence et une pieuse discrétion, car des excès sont toujours à craindre, en particulier pour des âmes encore fragiles : le danger le plus grave est de faire de ces mortifications une fin en soi, et donc une source de véritable performance, et d’orgueil. Pour que ces mortifications soient vraiment fructueuses sur la vie spirituelle, il faut d’abord que cette vie spirituelle soit fortement ancrée dans un chemin de perfection. En réalité, la mortification la plus difficile à supporter, est d’obéir aux supérieurs sans le moindre retard, et l’obéissance est de beaucoup plus importante que toute mortification purement physique.

Deux vertus furent très vite remarquées en la personne du pieux Jean-Marie Vianney : sa pureté soutenue par une grande réserve de toute sa personne, et sa pauvreté.

Très réservé en effet, l’abbé Vianney écartait toute familiarité dans son comportement et savait, comme disait s.François de Sales, “voir tout le monde sans regarder personne”. Sa modestie virginale étonnait ; il confia un jour à un confrère qu’il avait prononcé à vingt-trois ans un vœu pour conserver toute sa vie la sainte vertu de la chasteté : il s’était engagé à prier chaque jour le Regina Cæli, et six fois cette jaculatoire : “Bénie soit la très sainte et Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu. A jamais. Ainsi soit-il”.

La pauvreté de Jean-Marie était presque aussi légendaire. Son curé disait : “M.Vianney est toujours le même ; il donne tout ce qu’il a.”

C’est aussi à cette époque qu’il connut la pieuse Pauline Jaricot, dont la famille était connue du curé d’Ecully, et avait acheté une grande maison tout près de là.

M. Balley, le pieux curé d’Ecully, mourut cependant prématurément, et l’abbé Vianney reçut une nouvelle mission : on lui confiait la paroisse d’Ars. Le vicaire général, signant la feuille de nomination de Jean-Marie, lui confiait : “Il n’y a pas beaucoup d’amour du bon Dieu dans cette paroisse ; vous y en mettrez”.

Ce n’est pas à dire que Ars était un bourg païen, sans foi ni loi. On y avait connu au XVIIIe siècle une activité religieuse très intense, avec plusieurs Confréries, une grande ferveur pour la fête du Sacré-Cœur récemment instituée, de fréquentes processions. Mais avec le temps, et surtout après la Révolution, la vie chrétienne s’était relâchée ; les habitants n’étaient pas à proprement parler des mécréants, mais il s’était installé généralement une forte dose d’indifférence, de négligence ; sans être hostiles à la Religion, ils n’allaient plus à l’église le dimanche, ils travaillaient aux champs ce jour-là, ou le passaient au cabaret, et l’on avait la bien vilaine habitude de blasphémer à tout propos. Ars, qui comptait moins de trois-cents habitants, se vantait d’avoir jusqu’à quatre cabarets !

En arrivant à Ars, perdu dans le brouillard, Jean-Marie Vianney dut demander son chemin à un jeune enfant qui gardait les moutons. Cet Antoine Givre est resté célèbre par la répartie que lui fit le nouveau curé d’Ars : “Tu m’as montré le chemin d’Ars ; je te montrerai le chemin du ciel”. Actuellement une célèbre statue commémore cette rencontre à l’entrée d’Ars. Fait étonnant : Antoine Givre fut justement le premier paroissien d’Ars à décéder après la mort du curé d’Ars.

Découvrant ensuite le village, avec quelques maisons entourant la petite église, Jean-Marie aurait eu cette phrase prophétique : “Que c’est petit ! Cette paroisse ne pourra contenir tous ceux qui plus tard y viendront”.

Le nouveau curé fut relativement bien accueilli. L’installation officielle du dimanche 13 février 1818 se fit en présence de toute la paroisse. Par la suite, si l’assistance ne brilla pas par son unanimité, l’église accueillit quand même plusieurs familles restées chrétiennes et fidèles à la vie chrétienne. Mais le zèle du curé nouvellement installé allait pour toutes les ouailles absentes ; dès le début il se mit en devoir d’aller chercher toutes ces brebis pour les ramener au bercail de la pratique religieuse.

Persuadé qu’on ne peut convertir sans donner l’exemple, le curé d’Ars s’habitua à une intense vie spirituelle de prière et de pénitence.

Très tôt le matin, on le voyait se rendre de son presbytère à l’église avec sa petite lanterne et il priait. On ne le trouvait qu’à l’église, à moins qu’il allât prier par les chemins du village. Quelqu’un l’entendit dire un jour : “Mon Dieu, convertissez ma paroisse !”

A la prière, le Curé joignit la pénitence, même excessive. Pas de matelas, au début quelques sarments au rez-de-chaussée du presbytère : des névralgies l’obligèrent à “mitiger” sa pénitence, et il se réfugia au grenier, la tête sur un morceau de poutre. Avant de dormir, il se flagellait d’importance, jusqu’au sang et même dut perdre connaissance parfois. Au moment du carême, il lui arriva de se priver de nourriture pendant plusieurs jours ; il cuisait d’avance des pommes de terre dans sa fameuse “marmite”, et en mangeait une ou deux pour dompter sa faim, froides, même celles qui commençaient à moisir. Il se préparait parfois de vilains “matefaims” avec une poignée de farine et un peu d’eau salée. Sa sévérité envers lui-même, envers son “cadavre”, comme il appelait son corps, l’amenait même à une sorte d’indélicatesse envers ceux ou celles qui voulaient lui apporter quelque assiette bien préparée : sans même ouvrir, il répondait de l’intérieur : “Je n’ai besoin de rien !”

Qu’on ne juge pas négativement ce que Jean-Marie Vianney appela lui-même ses “folies de jeunesse”. Certes, il eut quelques excès. Mais écoutons-le se confier lui-même plus tard à un Confrère :

“Mon ami, le démon fait peu de cas de la discipline et des autres instruments de pénitence. Ce qui le met en déroute, c’est la privation dans le boire, le manger et le dormir. Il n’y a rien que le démon redoute comme cela et qui soit par conséquent plus agréable au bon Dieu. Oh ! comme je l’ai éprouvé ! Lorsque j’étais seul, et je l’ai été pendant huit ou neuf ans, pouvant me livrer à mon aise à mon attrait, il m’arrivait de ne pas manger pendant des journées entières… J’obtenais alors du bon Dieu tout ce que je voulais pour moi comme pour les autres.

“Maintenant ce n’est pas tout à fait la même chose. Je ne puis pas demeurer si longtemps sans manger ; j’en viens à ne plus pouvoir parler… Mais que j’étais heureux quand j’étais seul ! J’achetais aux pauvres les morceaux de pain qu’on leur donnait ; je passais une bonne partie de la nuit à l’église : je n’avais pas autant de monde à confesser que j’en ai à présent… Et le bon Dieu me faisait des grâces extraordinaires…”

 

3. L’apostolat

 

Le curé d’Ars se mit donc au travail sans tarder. Pour “convertir sa paroisse”, il mit toute son ardeur à instruire les fidèles et à lutter contre leurs mauvaises habitudes.

Il commença par rendre plus attrayante sa petite église : un nouvel autel, de nouveaux ornements, jamais assez beaux selon son goût ; il repeignit lui-même les boiseries et les moulures de l’église. Plus tard il l’agrandit de plusieurs chapelles latérales et fit refaire le clocher.

Il s’attaqua à l’ignorance, qu’il voyait comme un réel péché : “Nous sommes sûrs, dit-il en chaire, que ce seul péché en damnera plus que tous les autres ensemble ; parce qu’une personne ignorante ne connaît ni le mal qu’elle fait ni le bien qu’elle perd en péchant.”

Puis il fit venir les enfants pour le catéchisme : chaque matin à six heures, de la Toussaint au mois de juin ! Il promettait : “Je donnerai une image à celui qui arrivera le premier à l’église”, et certains arrivaient dès quatre heures pour gagner le précieux cadeau ! Il s’occupa personnellement de la catéchèse des enfants, y mettant tout son zèle et aussi toute son exigence, rappelant à l’ordre les distraits, distribuant des chapelets à ceux qui n’en avaient pas.

Ces enfants finirent par être les mieux instruits de la région ; l’évêque le constata de lui-même. Mais certains eurent plus de difficultés à assimiler les réponses exactes du catéchisme, tel qu’il se faisait alors ; le curé d’Ars était inflexible et retarda parfois jusqu’à la seizième année la première communion de ses garçons. Le curé d’Ars voulait qu’ils fussent vraiment bien préparés à recevoir l’Eucharistie, mais il était aussi marqué par un relent de jansénisme qui sévissait encore cette époque, et n’avait pas peur d’un certain rigorisme pratique, qu’il atténua d’ailleurs de lui-même en vieillissant.

Il s’appliquait aussi à bien préparer ses homélies du dimanche, s’installant à la sacristie, allant prier devant le tabernacle, à genoux : le saint curé n’avait pas une éloquence savante, il utilisait des phrases toutes simples, mais il cherchait à toucher et convaincre et n’avait pas peur d’entretenir les fidèles même pendant une heure de temps. Lui-même eut parfois du mal à retenir les dizaines de pages qu’il avait préparées pour prêcher ; il pria, fit prier, obtint la grâce d’une mémoire moins ingrate, et même eut le don d’improviser quelquefois.

Rigoureux pour les fidèles comme pour lui-même, le curé d’Ars exigeait une tenue exemplaire à l’église : pas de bavardage, pas de bâillements, pas de bruits ; pas de retardataires… Il voulait que tous comprissent l’importance de l’Eucharistie comme Sacrement fondamental de la vie chrétienne.

Il s’en prit énergiquement au travail du dimanche, au blasphème, à la danse et aux cabarets. “En agissant ainsi, je fais tout ce que je dois faire. Il ne faut pas que cela vous irrite : votre pasteur fait son devoir.”

Pour amener les âmes à l’église, il fallait faire fermer les cabarets. Il s’y attaqua fermement : “Le cabaret, c’est la boutique du démon, l’école où l’enfer débite et enseigne sa doctrine, le lieu où l’on vend les âmes, où les ménages se ruinent, où les santés s’altèrent, où les disputes commencent et où les meurtres se commettent”. Et les cabaretiers “volent le pain d’une pauvre femme et de ses enfants, en donnant du vin à ces ivrognes, qui dépensent le dimanche tout ce qu’ils auront gagné la semaine…”

La clientèle se raréfia, les quatre cabaretiers durent fermer leurs portes et changer de métier. Sept autres essayèrent d’ouvrir boutique : ils durent tous fermer ! Résultat inattendu : même le paupérisme diminua. En revanche plusieurs petits hôtels s’installèrent plus tard, pour accueillir les pèlerins.

Une autre victoire du curé d’Ars lui vint de sa lutte contre le blasphème. “N’est-ce pas un miracle extraordinaire, disait-il, qu’une maison où se trouve un blasphémateur ne soit pas écrasée par la foudre et accablée de toutes sortes de malheurs ? Prenez bien garde ! Si la blasphème règne dans vos maisons, tout ira en périssant”. Les expressions grossières disparurent d’Ars. Les paysans changèrent tout-à-fait de vocabulaire et on les entendait dire : Que Dieu est bon ! Dieu soit béni !

Le saint curé ne réussit pas à abolir totalement le travail du dimanche. Comme chacun sait, c’est un problème qui revient sans cesse dans les discussions et les débats politiques : les paysans sont souvent tentés de rentrer une récolte menacée par le mauvais temps, et les producteurs le sont aussi pour produire davantage et amasser plus de gains. Et Jean-Marie Vianney de s’écrier : “Quand j’en vois qui charrient le dimanche, je pense qu’ils charrient leur âme en enfer ! Le dimanche, c’est le bien du bon Dieu, c’est son jour à lui, le jour du Seigneur. Il a fait tous les jours de la semaine ; il pouvait les garder tous ; il vous en a donné six ; il ne s’est réservé que le septième. De quel droit touchez-vous à ce qui ne vous appartient pas ? Vous savez que le bien volé ne profite jamais. Le jour que vous volez au Seigneur ne vous profitera pas non plus.”

Un dimanche que le curé d’Ars partit faire une petite promenade en fin d’après-midi, voilà qu’il rencontra un paysan qui rentrait sa récolte. Honteux, ce dernier se cache derrière la charrette. Mais le saint curé, tout triste, lui fait remarquer : “O mon ami, vous êtes bien attrapé de me trouver là… Mais le bon Dieu vous voit toujours : c’est lui qu’il vous faut craindre.”

Le curé d’Ars sut parfois “comprendre” la situation, comme lorsqu’il laissa se poursuivre un dimanche les travaux de forage d’un puits, ou quand le mauvais temps persistait et qu’il fallait absolument rentrer les récoltes.

La persévérance du curé d’Ars fut bien payée : le dimanche redevint au sens propre du mot “le Jour du Seigneur” : l’église ne désemplissait pas du matin au soir, pour l’assistance à la Messe (où beaucoup communiaient), le catéchisme à 13 heures, les vêpres et complies l’après-midi, le chapelet et la prière le soir. Parfois s’y ajoutait quelque procession. Entre temps, les paroissiens se rendaient visite, les hommes jouaient aux boules, tout était calme. On pouvait même voir sur le pas de sa porte tel vieillard qui égrenait silencieusement son chapelet.

Les paroissiens allèrent même plus loin : ils s’arrangèrent pour que chaque jour, l’un au moins de leurs membres assistât à la Messe du matin en semaine, de sorte que quotidiennement une soixantaine de personnes du village entouraient le curé d’Ars durant la Messe. A cette époque, le principe de la Communion fréquente n’était pas encore établi ; au contraire, le jansénisme marquait encore les esprits et les meilleurs chrétiens ne recevaient pas toujours la Communion à la Messe. Le curé d’Ars les y invitait pourtant et, à la fin de sa vie, regrettait : “S’ils m’avaient écouté, ils seraient tous des saints !” Les hommes en général “faisaient leurs pâques”, les femmes communiaient au moins une fois par mois ; mais un bon nombre d’entre elles la recevaient quand même quotidiennement.

On a mentionné plus haut un autre combat du saint curé : celui contre la danse et nos esprits actuels s’en étonneront. Dans notre monde habitué aux discothèques en fin de semaine, avec tout ce que cela comporte de consommation d’alcools, de tabac ou autres substances, de bruit et de déplacements, il est difficile de comprendre pourquoi un humble petit curé de campagne fit une guerre si énergique, si radicale contre les bals de son village. Nous sommes en plein XIXe siècle, loin des moyens techniques que nous connaissons, et ces réjouissances locales ne rassemblaient guère qu’un “violoneux” et des jeunes qui dansaient quelques valses ou menuets sur la place.

Ce qu’on sait moins est qu’en hiver surtout, les familles se retrouvaient dans les étables où la température est tiède ; et là, sous les yeux de parents muets ou complices, on voyait se renouveler des pratiques en honneur dans le paganisme lui-même.

Notre Curé ne voyait pas avec les yeux du corps ; en pasteur avisé, il pénétrait les cœurs et y voyait les vraies intentions des personnes. Tous les danseurs sincères savent et reconnaissent que ces intentions ne sont pas toujours honnêtes. Il y avait déjà celle de manquer les saints offices de la paroisse. Mais le très pur Jean-Marie Vianney savait ce qui se passait dans le cœur de ces jeunes ; il dit même un jour : “Oh ! si (une telle) ne danse point, son cœur dansera !”.

Sa lutte fut sans merci. Pendant des années il dénonça les dangers, il rappela à l’ordre ; une fois il alla au devant du violoneux et lui paya le double de son cachet prévu, de sorte que la “fête” n’eut simplement pas lieu. Longtemps aussi, il refusa jusqu’à l’absolution du sacrement de la Réconciliation, à ceux ou celles qui ne promettaient pas sincèrement de renoncer au bal.

Le saint Curé y alla même un peu d’une sainte ironie. On sait (d’après l’évangéliste Marc 6:21-29), comment advint le martyre de s. Jean-Baptiste. Quand fut construite la chapelle en l’honneur de s.Jean-Baptiste, l’abbé Vianney fit inscrire tout au long de la voûte : “Sa tête fut le prix d’une danse”, ce qui ne manqua pas de faire une forte impression.

Encore une fois on jugera ici un peu excessive la sévérité du saint Curé, mais on remarquera que quelques années après, tous les villageois étaient heureux et satisfaits de cette ambiance chrétienne qui inspirait chaque moment de la vie quotidienne.

Il y eut tout de même des moqueries, des attaques, jusqu’à de honteuses insinuations, visant l’abbé Vianney ; on lui demanda même simplement de partir de là… Le curé d’Ars patienta douloureusement en silence ; il dit à un confrère : “J’ai tout laissé dire, et de cette façon on a fini par se taire”.

Le bon curé d’Ars surmonta victorieusement ces épreuves et bien d’autres aussi, en acceptant courageusement la croix qui parfois l’accablait : “Souffrir en aimant, c’est n’est plus souffrir… Fuir la croix, au contraire, c’est vouloir en être accablé. Il faut demander l’amour des croix ; alors elles deviennent douces. J’en ai fait l’expérience pendant quatre ou cinq ans ; j’ai été bien calomnié, bien contredit. Oh ! j’avais des croix, j’en avais presque plus que je n’en pouvais porter. Je me mis à demander l’amour des croix, et je fus heureux ; je me dis : vraiment il n’y a de bonheur que là.”

Une autre fois : “La croix, nous faire perdre la paix !… Mais c’est elle qui doit l’apporter dans nos cœurs. Toutes nos misères viennent de ce que nous ne l’aimons pas.”

Donc, en quelques années, certes de dur combat et d’âpre persévérance, le curé d’Ars obtint de ses paroissiens une profonde conversion. “Ars n’est plus Ars”, reconnut-il avec joie un jour.

Les paroissiens aimaient faire ce que disait leur curé : “Notre curé est un saint, et nous devons lui obéir”. Ils priaient et fréquentaient assidûment l’église. Trois fois par jours, ils interrompaient leurs occupations pour réciter l’Angelus, chaque heure qui sonnait au clocher était saluée par un Notre Père  et un Je vous salue.

On pourra se demander si de telles habitudes pouvaient se retrouver aujourd’hui, en dehors d’un monastère. Une très grande majorité de chrétiens ignore ce qu’est l’Angelus, qui a inspiré un célèbre tableau de Millet. Cette brève prière rappelle l’Incarnation du Verbe Eternel. Elle est vraiment très facile à retenir, chacun pourrait y penser en allant au travail, ou en en revenant. Souvent on se demande : comment prier ? quoi dire ? Certes, une prière spontanée qui sort du cœur est une chose excellente ; mais en dire une toute simple comme l’Angelus, c’est s’unir aussi à tous ceux qui, dans le monde entier, prient en cet instant avec la même formule. C’est cette prière que récite le Pape chaque dimanche à midi avec les pèlerins venus le saluer.

Donc, une sainte atmosphère fraternelle régnait dans tout le village, où les maisons étaient toutes ornées de quelque statue ou image de la Vierge ou des Saints. Partout, quand il passait, le Curé était bien accueilli dans ces maisons.

Les parents ne toléraient plus le moindre larcin de leurs enfants. L’un d’eux osa un jour prendre une poire sur un étalage : sa mère le vit, lui lia les mains derrière le dos, et le fouetta jusqu’à la porte de la marchande, à qui l’enfant dut demander pardon en rendant la poire.

Le couronnement, en quelque sorte, de cet apostolat, fut la création d’une maison pour recueillir et éduquer gratuitement les petites filles pauvres et abandonnées à elles-mêmes. Pour cette œuvre, le Curé acquit une maison proche de l’église, la fameuse “Providence”, où il fit admettre parfois jusqu’à soixante petites filles de tous âges, qui apprenaient les rudiments de la lecture et du calcul, les occupations domestiques, et surtout les bonnes habitudes chrétiennes. Ensuite, ces jeunes filles trouvaient facilement quelque emploi dans la région, car le seul témoignage de leur passage à la Providence était pour elles un passeport de bonne conduite. Ce furent ensuite des mères exemplaires, qui surent éduquer leurs enfants selon tous les bons conseils qu’elles avaient reçus dans cette sainte maison.

Cette maison de la Providence subit, on le verra, quelques vicissitudes et même sembla compromise, mais elle reprit quelques années après la mort de Jean-Marie Vianney. Parallèlement, les dernières années de sa vie, il encouragea beaucoup la transformation de l’école communale en un petit pensionnat pour les garçons, œuvre qui fut menée à bien par le fameux frère Athanase, un Frère des Ecoles Chrétiennes qui seconda fidèlement le saint Curé et vécut à Ars jusqu’en 1912. Le pensionnat compta jusqu’à quatre-vingts enfants, mais fut anéanti en 1903 par la loi de l’Etat.

De même encore, le Curé d’Ars avait assuré des fondations de messes, en plaçant sur l’Etat d’importantes sommes, dont les revenus devaient assurer la célébration de quelque trois cents messes par an, dont beaucoup pour mettre les missionnaires de la Propagation de la Foi sous la protection de la Vierge Marie, et les autres pour la conversion des pécheurs. Là encore, l’Etat confisqua ce fonds et les messes cessèrent en 1908.

 

4. Le Démon

 

Parmi les épreuves que subit le curé d’Ars, il y eut les fameuses manifestations du “Grappin”, comme il appelait le Démon. Aujourd’hui, on s’étonnera un peu de ce chapitre, qui pourtant reprend des faits tout-à-fait historiques et constatés par des témoins, parfois même à leur corps défendant. N’ayons pas peur d’en parler.

Dans les débuts, le saint Curé ne parla de rien ; il se contenta de constater le bruit de rideaux déchirés pendant la nuit, croyant que des rats sévissaient chez lui ; mais les rideaux étaient absolument intacts au petit matin. Puis il y eut des coups contre les portes, des cris dans la cour : le Curé jugea bon de faire venir un de ses paroissiens pour, éventuellement, mettre en fuite les voleurs. Peine perdue ! Le brave villageois entendit de tels bruits, eut une telle frayeur, qu’il n’accepta pas de revenir la nuit suivante ! Mais d’autres villageois furent invités à venir monter la garde, qui pourtant n’entendirent rien ces nuits-là. Un jour qu’il avait neigé, le Curé d’Ars entendit comme une armée dans la cour, dont il ne comprenait pas la langue : n’apercevant sur la neige aucune trace de pas, il fut enfin certain que c’était vraiment là la présence du Diable, qui cherchait à le troubler durant ses quelques heures de sommeil. Il fit même cette constatation : “J’ai remarqué que le bruit est plus fort et les assauts plus multipliés lorsque, le lendemain, il doit venir quelque grand pécheur.”

Et de commenter : “Le grappin est bien bête : il m’annonce lui-même l’arrivée des grands pécheurs… Il est en colère. Tant mieux !”

Il y eut beaucoup de manifestations diverses et étranges du Grappin. Bruits de marteau, de sabots, hurlements ; un joli tableau de l’Annonciation fut horriblement maculé et couvert d’immondices… Ces faits ne sont pas inconnus de la théologie mystique. On les appelle “faits préternaturels extraordinaires”. Ordinairement, le diable nous tente tous de mille manières. De façon “extra-ordinaire”, le démon intervient par des vexations pénibles, effrayantes même, mais non douloureuses : on appelle cela “infestations”. Le saint Curé s’y habitua, en quelque sorte, au point qu’il répliqua un jour : “On s’habitue à tout. Le grappin et moi, nous sommes quasi camarades.”

Mais le saint Curé persévérait, et tenait tête aux menaces infernales. On le sut, le bruit se répandit, et l’on vint auprès de lui pour le solliciter de délivrer telle ou telle personne qui montrait les signes évidents d’une possession diabolique. Toujours, ces personnes repartirent délivrées. Et le Curé eut ainsi l’occasion de fustiger une autre manifestation diabolique : les tables tournantes. On pourra en sourire, mais le Curé savait de quoi il parlait ; il fit même cette question à une possédée : “Qu’est-ce qui fait tourner et parler les tables ?” - C’est moi ! répondit la pauvre femme… Tout cela, c’est mon affaire.” Pour une fois, le Menteur avait dit juste.

Finalement, ce fut l’abbé Vianney qui gagna la partie ; le Grappin lui-même se découragea et abandonna la lutte. Les quatre dernières années de sa vie, le Curé ne fut plus dérangé de cette façon.

5. Le Curé d’Ars, confesseur et directeur d’âmes.

 

Les événements d’Ars finirent par être connus, même au loin. Et des foules vinrent pour voir, rencontrer même le Curé d’Ars, se confesser à lui. Jusqu’à quatre cents pèlerins arrivaient chaque jour, au point que de la gare de Lyon un train spécial pour Ars partait, avec billet aller-retour valable huit jours (car il fallait environ ce temps pour arriver jusqu’au saint Prêtre).

Il était très bref, sachant toucher “le” point névralgique de l’âme malade ; il eut aussi un don extraordinaire, celui de lire dans les âmes ; il sut aider ainsi plus d’un pécheur à retourner en lui-même pour voir vraiment l’état de son âme.

Un chasseur un peu goguenard attendait un jour de voir passer le Curé d’Ars qui, effectivement, s’arrêta juste devant lui ; regardant tour à tour le chien et le chasseur, il lui dit : “Monsieur, il serait à souhaiter que votre âme fût aussi belle que votre chien !” L’homme fut tellement frappé de cette remarque faite à brûle-pourpoint, qu’il alla se confesser, puis entra bientôt à la Trappe, où il s’éteignit très saintement une trentaine d’année plus tard.

Si le Curé d’Ars sut découvrir mainte vocation sacerdotale ou religieuse, il ne faudrait pas croire qu’il “forçait” toutes les saintes âmes à entrer en religion. Un pieux officier qui n’était pas marié, pensait se faire religieux ; le Curé d’Ars lui rétorqua vivement : “Gardez-vous-en bien, l’armée a trop besoin de bons exemples comme les vôtres.”

Parfois une simple petite phrase : “Mon garçon, vous êtes damné” ou bien “O mon ami, des bonnes volontés !… l’enfer en est pavé” firent réfléchir profondément et aboutirent à des conversions profondes.

Beaucoup furent très impressionnés de le voir lui-même pleurer sur leurs propres péchés, et en conçurent un réel regret. “Ah ! disait-il un jour, les pauvres pécheurs ! si seulement je pouvais me confesser pour eux !”

Le Curé d’Ars s’efforça de guider les âmes dans leurs dévotions, préférant les pratiques officielles de l’Eglise aux dévotions privées, dans lesquelles il savait dénicher quelque égoïsme déguisé. “La prière particulière ressemble à la paille dispersée çà et là dans un champ ; si l’on y met le feu, la flamme a peu d’ardeur ; mais réunissez ces brins épars, la flamme est abondante et s’élève haut vers le ciel ; telle est la prière publique.” Celles qu’il conseillait en priorité étaient donc la Messe et les saints offices (les vêpres, par exemple), le chapelet, l’Angelus, les “oraisons jaculatoires”. Quand on l’interrogeait sur les lectures les plus utiles, il conseillait l’Evangile, l’Imitation de Jésus-Christ, la vie des Saints.

La prudence, mère de toutes les vertus, était celle que recommandait le saint Curé. A telle personne il déconseillait le jeûne : “Mais, Monsieur le Curé, vous jeûnez bien vous. - C’est vrai, mais moi en jeûnant je peux faire mon ouvrage ; vous, vous ne le pourriez pas.” A une mère de famille, il défendait de négliger le soin de sa maison pour venir à l’église lorsqu’elle n’y était pas obligée.

Signalons enfin que, en avance sur son temps, le saint Curé préconisa la communion fréquente - tout en exigeant de chacun de s’y bien préparer. De saintes personnes communiaient une fois le mois, ou une fois la semaine : il les invitait à s’approcher quotidiennement de l’Eucharistie.

Tous les efforts du Curé d’Ars, ses prières, ses lumières, ses conseils, firent un bien immense que seul Dieu pourra connaître. Mais le “Grappin” aussi s’en rendait compte, qui cria un jour par la bouche d’une pauvre possédée : “Que tu me fais souffrir !… S’il y en avait trois comme toi sur la terre, mon royaume serait détruit.”

Comme tout prêtre zélé, il aimait assister les moribonds, et se portait rapidement à leur chevet dès qu’il était informé de leur situation. Il conseillait à ses confrères : “Quand vous serez auprès des moribonds, lisez fort, parce que le malade entend, lors même qu’il paraît sans connaissance.” Jusqu’au bout, le souci de la conversion des âmes.

Plus tard, le saint Curé contribua avec enthousiasme à une autre œuvre destinée à la conversion des pécheurs : les Missions diocésaines. L’évêque désirait en effet toucher les paroisses les plus retirées du diocèse par la présence de missionnaires, qui y auraient prêché quelque temps et ranimé le sens religieux de ces populations ; et il en parla au Curé d’Ars. Ce dernier fit bientôt remettre à l’évêché une forte somme d’argent dont les revenus devaient aider à donner une mission tous les dix ans en deux paroisses différentes ; ce ne fut là qu’un début : à sa mort, on compta qu’il avait fondé près de cent missions décennales, de sorte que “une fois disparu, il continua à ramener les âmes à Dieu”.

 

6. Autres épreuves

 

Jean-Marie Vianney connut les tentations et les sacrifices qui éprouvent tout homme sur la terre. On a parlé des calomnies diverses. Il fut aussi tenté : tant de grâces qui se répandaient ne pouvaient laisser indifférent l’ennemi du Bien, qui tenta la pauvre Curé d’abandonner sa cure, plusieurs fois, pour se retirer dans la solitude, dans quelque couvent. Son intention semblait emplie d’une sainte préoccupation : “Il ne faut pas rester curé jusqu’à la fin de sa vie, disait-il : on doit se réserver quelque temps pour se préparer à la mort”. Mais en même temps un scrupule d’obéissance animait sa conscience : “Est-ce bien la volonté de Dieu que j’accomplis en ce moment ?” ; et considérant que sa place était là, dans sa paroisse d’Ars, il revint sur sa décision.

Une autre douloureuse épreuve fut celle de devoir fermer sa chère Providence ; en réalité, il fut amené à la céder à des Religieuses ; peut-être avait-on voulu progressivement remettre à d’autres l’organisation matérielle de cette maison, car le saint Curé n’attribuait pas beaucoup d’importance à certains détails de la vie quotidienne, pourvu que ces petites filles fussent de bonnes chrétiennes et qu’elles reçussent une éducation entièrement gratuite. Un moment, il n’y eut même plus que quelques-unes de ces petites dans l’école, alors qu’elles étaient une soixantaine auparavant ; mais bientôt elles revinrent et le bon Curé eut la joie de les rencontrer chaque jour, pour les bénir, les encourager.

Il persévérait, il priait, il restait humble et c’est cette humilité qui l’aida à traverser toutes les embûches. Cette humilité va se retrouver dans deux épisodes fameux, qui furent pour le saint Curé de véritables épreuves.

La célébrité du Curé d’Ars se répandait toujours plus, à son corps défendant, au point que les autorités ecclésiastiques et civiles voulurent l’honorer à leur façon.

C’est ainsi que l’évêque voulut lui remettre le camail de Chanoine. L’épisode eut lieu à Ars même, mais le bon Curé se démena comme un malheureux, baissant la tête comme un condamné, et finalement… revendant son camail, comme l’atteste ce petit billet qu’il écrivit lui-même à l’évêque :

“Monseigneur, le camaille (sic) que vous avez eu la grande charité de me donner m’a fait un grand plaisir ; car, ne pouvant achever de compléter une fondation, je l’ai vendu 50 francs. Avec ce prix j’ai été content.”

De son côté, l’administration civile n’était pas insensible au bien que faisait le Curé sur les populations, et voulut le remercier en le décorant de la Légion d’Honneur. La Croix lui fut remise en effet, mais on ne put la lui faire porter… que sur son cercueil.

Un brave artiste pensa bien faire de brosser un portrait de “M.le chanoine Vianney, chevalier de la Légion d’honneur” ; mais le Curé d’Ars fit remarquer : “Je vous conseille de me peindre avec mon camail et ma croix d’honneur, et vous écrirez en bas : néant, orgueil !”

Citons encore cette ultime épreuve, concernant son frère François, qui s’éteignait doucement à Dardilly. Ce dernier désirait ardemment revoir son frère avant de mourir et le fit mander ; mais le Curé d’Ars s’était désormais “figé” dans sa paroisse qu’il ne voulait plus quitter. Malade et fatigué, il regretta amèrement de ne pas revoir son frère, mais s’y résolut courageusement.

 

7. Les vertus de Saint Jean-Marie Vianney

 

Le Curé d’Ars manifesta donc une réelle sainteté, prêchant d’exemple devant tous ses paroissiens qui, à l’unanimité, reconnaissaient combien ce chaste prêtre savait se montrer humble, généreux, patient, constant, délicat avec chacun. Son zèle ne diminuait pas ; il avait toujours une attention paternelle pour chaque âme dans le besoin, pour chaque pauvre, pour chaque personne triste. Il aidait, il consolait, il encourageait, jamais on ne le quittait sans ressentir un réel soulagement. A qui savait comprendre, il disait parfois : “Creusez la patience de Notre Seigneur”. Il savait ce qu’il disait !

On lui demanda un jour : “Comment pouvez-vous rester calme avec la vivacité de votre caractère ?” - Ah ! mon ami, répondit-il, la vertu demande du courage, une violence continuelle et surtout le secours d’en-haut.”

On comprend ici cette phrase de l’Evangile où Notre Seigneur dit que “le Royaume des Cieux souffre la force, et les violents s’en emparent (Mt 11:12).

Patient en toute circonstance, patient avec les pèlerins, patient et même bon avec l’abbé Raymond, son vicaire assez indélicat, patient avec lui-même et ses ennuis de santé… Maux de tête dûs au rhumatisme, double hernie qui l’obligeait à rester courbé, violents maux de dents (il s’en fit arracher avec des tenailles par le brave instituteur) ; et surtout - les prêtres savent de quoi il s’agit - surtout il supporta l’inconfortable position au confessionnal, pendant des heures, des jours entiers, pendant des mois et des années, suffocant en été, grelottant en hiver, alors qu’il était depuis l’enfance habitué à respirer l’air pur des champs et à entendre le gazouillis des oiseaux. “Depuis la Toussaint jusqu’à Pâques, disait-il, mes pieds, je ne les sens pas !”.

Aujourd’hui, on a pensé à améliorer les lieux pour la Réconciliation ; on peut s’y asseoir sur une chaise, ou s’agenouiller sur un prie-dieu confortable ; les confessionaux d’autrefois étaient réellement des objets de pénitence, où les nœuds des planches rentraient dans les genoux des pénitents, mais surtout où le siège du confesseur lui rendait sa position absolument inconfortable, ne serait-ce qu’au bout de quelques minutes ; après deux heures de ce Sacrement, le prêtre pouvait ressortir du confessionnal littéralement vanné. D’autres que le saint Curé d’Ars furent les “martyrs de la confession” ; on connaît aussi saint Leopold Mandic, récemment canonisé, qui brilla par la même vertu de patience au siècle dernier à Padoue (fête le 30 juillet).

 

8. Miracles, intuitions, prédictions

 

Jusqu’ici on s’est occupé du chemin que le Curé d’Ars parcourut pour réaliser le but premier de notre existence : la sainteté. Dieu en effet exige de nous cet effort persévérant qui conduit peu à peu vers les cîmes. Il arrive que Dieu accorde aussi à certaines âmes privilégiées quelques charismes particuliers, sur lesquels l’Eglise conserve une grande prudence. Des témoignages sérieux et conservés par écrit ont permis, dans le cas du saint Curé, d’établir qu’il avait effectivement reçu des grâces toutes particulières.

Sur les miracles, les faits sont assez nombreux et frappants, mais en même temps l’humble Curé savait se dissimuler derrière sa Sainte de prédilection, sainte Philomène, qu’il invoquait et faisait invoquer à tout instant. “Je n’ai jamais rien demandé par elle sans être exaucé”, disait-il. Mais il voulait surtout la guérison des âmes, plus que celle des corps, et avait “passé un contrat” avec la Sainte en lui défendant de faire des miracles visibles  sur place, ce qui arriva effectivement : plusieurs malades guérirent une fois revenus chez eux, mais… pas toujours, et maintes fois le Saint fut pris en flagrant délit de miracle !

Un de ces miracles concerna une demoiselle sourde et aveugle. Jean-Marie Vianney la rencontra dans la foule, la prit par la main et la conduisit au confessionnal, où immédiatement elle put voir et entendre ; après sa confession, le Saint lui annonça qu’elle redeviendrait sourde pendant douze ans ; elle sortit en effet de l’église les yeux guéris, mais redevint sourde pendant douze années exactement et guérit alors.

Ceci nous amène à parler des intuitions et prédictions du Curé d’Ars. Mille fois il aida les pénitents à avouer tel péché qu’ils n’osaient formuler ou qu’ils oubliaient ; ou les orientait vers un choix meilleur. Ainsi à une demoiselle qui allait se marier et lui demandait de la bénir, il se met à pleurer : “Que vous serez malheureuse… Entrez à la Visitation, dépêchez-vous ; vous n’avez pas cinquante ans pour faire votre couronne” ; elle suivit son conseil, et mourut dans cet ordre, à quarante-neuf ans.

Une autre prédiction semblerait être d’actualité, lorsque le saint Curé dit à un évêque anglais : “Monseigneur, je crois que l’Eglise d’Angleterre retournera à son ancienne splendeur”.

 

 

Terminons cette petite illustration d’un grand Saint, par quelques notes de son humour, qui était vif, toujours délicat.

Un petit garçon de six ans n’éprouvait pas beaucoup d’attrait à apprendre la lecture ; il demande au bon Curé : “Faut-il que j’apprende ou que je jouille ? - Joue, mon enfant, c’est de ton âge.”

Un de ses bons confrères, un peu corpulent, lui fait part de son intention de “s’accrocher à (sa) soutane” quand il ira au ciel ; le Saint lui répartit : “O mon ami, gardez-vous en bien. L’entrée du ciel est étroite : nous resterions tous deux à la porte !”

Enfin, pour les “météo-dépendants” que nous sommes tous : “Il fait toujours beau temps pour le juste ; il ne fait mauvais temps que pour les pauvres pécheurs.”

 

9. Conclusion

 

Jean-Marie Vianney s’éteignit dans son presbytère dans la nuit du 3 au 4 août 1859. C’est le pape saint Pie X qui le proclama Bienheureux le 8 janvier 1905 en l’établissant céleste patron de tous les curés de France, et c’est le pape Pie XI qui le canonisa le 31 mai 1925.

Depuis son enfance, le Curé d’Ars avait une passion, une seule : la conversion des pécheurs. Notre terre de France peut se glorifier d’avoir abrité une si belle Figure au XIXe siècle. Nous l’invoquions particulièrement en 2009, cent-cinquantième anniversaire de sa mort : quel bonheur si beaucoup de Français se convertissaient en relisant les traits de la vie de saint Jean-Marie Vianney.

Frédéric Jansoone

1838-1916

 

Né le 9 novembre 1838 à Ghyvelde (Nord), Frédéric était d’une famille nombreuse très chrétienne. Ses parents s’appelaient Pierre et Marie-Isabelle.

Orphelin de père à dix ans, il commença de fréquenter le collège d’Hazebrouck en 1852. On signale qu’au même moment, son frère aîné, Pierre, commence les années de philosophie au Grand séminaire de Cambrai.

En 1856, il dut interrompre ses études, pour être commis-voyageur dans le textile à Estaires et aider un peu sa mère. Il resta cependant affilié au Tiers-Ordre franciscain.

Sa mère étant décédée en 1861, Frédéric décida courageusement de reprendre ses études, à vingt-trois ans.

En 1864, il entra au noviciat des Franciscains Observants à Amiens et fut ordonné prêtre, à Bourges, en 1870.

Il fut d’abord aumônier militaire durant la guerre franco-prussienne, puis sous-maître des novices à Branday ; l’année suivante, avec deux Confrères, il fonda à Bordeaux une maison dont il fut nommé supérieur, tout en dirigeant le Tiers-Ordre et la Revue franciscaine, ainsi que la bibliothèque de Paris.

La culture du père Frédéric était immense : histoire et géographie, astronomie et archéologie, botanique et peinture…

Il demanda à aller œuvrer au Pays de Jésus, en Terre Sainte. Il y fut nommé Vicaire Custodial (1878). C’est durant les dix années suivantes qu’il réorganisa la vie religieuse chrétienne sur les Lieux Saints, en particulier en reprenant la dévotion du Chemin de Croix dans Jérusalem, interdit depuis 1621.

Il lui fallait des subsides. En 1881-1882, sur l’invitation du curé de Cap-Rouge (Québec), il fit un séjour au Canada, mais préféra se transporter à Trois-Rivières, où il put collaborer efficacement avec le recteur de la basilique Notre-Dame du Cap, et organiser avec ce dernier le Commissariat de Terre Sainte, une association franciscaine visant à encadrer la vie catholique à Jérusalem.

Le père Frédéric fut extrêmement actif pour faire renaître la vie spirituelle, s’appuyant sur la vitalité des confréries et insistant sur la nécessité de la conversion intérieure. Ses prédications, ses articles, ses livres, dans un style simple et abordable, donnèrent une impulsion énorme au renouveau catholique du 19e siècle.

On a conservé de lui de nombreuses prédications, deux livres (Vie de Notre-Seigneur et Vie de Saint-François).

En 1888, le père Frédéric vint s’installer définitivement au Québec, dans cette paroisse de Notre-Dame du Cap, où il œuvra jusqu’à l’arrivée, sur sa demande, des Oblats de Marie Immaculée (1902). Le recteur et curé écrivit de lui ce témoignage : On se le dispute littéralement. Les malades le cherchent et le suivent partout. C’est un homme de Dieu… Si vous voyez ses supérieurs, vous pouvez les assurer qu’il vit comme un saint. On l’appelle le Bon père Frédéric.

C’est cette même année que, en compagnie du recteur de Notre-Dame du Cap et d’un autre laïc, le Bon père Frédéric fut témoin d’une manifestation particulière dans ce sanctuaire. On venait d’inaugurer la nouvelle chapelle de Notre-Dame du Rosaire. Tandis qu’ils priaient, d’après les propres termes du père Frédéric, la statue de la Vierge, qui a les yeux entièrement baissés, avait les yeux grandement ouverts ; le regard de la Vierge était fixe ; elle regardait devant elle, droit à sa hauteur. L’illusion était difficile : son visage se trouvait en pleine lumière par suite du soleil qui luisait à travers une fenêtre et éclairait parfaitement tout le sanctuaire. Ses yeux étaient noirs, bien formés et en pleine harmonie avec l’ensemble du visage. Le regard de la Vierge était celui d’une personne vivante ; il avait une expression de sévérité, mêlée de tristesse. Ce prodige à duré approximativement de cinq à dix minutes. Cependant, on ne sait pas si alors la Vierge a laissé un message, ou si quelque événement arriva pour expliquer cette soudaine manifestation.

C’est là que le père Frédéric vécut les dernières années de sa vie. Dirigeant efficacement les pèlerinages à Notre-Dame du Cap, il put en même temps continuer à soutenir l’œuvre de Terre Sainte grâce aux importantes aumônes des pèlerins canadiens.

La simplicité et la douceur du père Frédéric en firent vraiment un nouveau François d’Assise. Un cancer à l’estomac se déclara ; il mourut le 4 août 1916.

Frédéric Jansoone fut béatifié en 1988, un siècle après le prodige des yeux.

Josep Rabasa Bentanachs

1862-1936

 

Josep vit le jour le 26 juin 1862 à Noves de Segres (Lleida, Espagne).

Orphelin encore petit, une pieuse femme s’en chargea et le confia en 1890 aux Salésiens de Sarriá (Barcelone), pour aider à la cuisine.

Josep sentit l’appel de Dieu et demanda à être admis au noviciat. Il fit la profession en 1892, comme Frère laïc.

Après plusieurs postes, il revint à Sarriá.

Quand il arriva à soixante-dix ans, fatigué, il demanda à être déchargé et continua de vivre là, dans la prière fervente.

Le 21 juillet, les Religieux furent expulsés. Le directeur remit à chacun cinq pesetas, ne pouvant que leur dire de se réfugier où ils pouvaient. Frère Josep Rabasa et l’infirmier don Josep proposèrent de rester dans la maison pour s’occuper des blessés de guerre, puisque la maison était transformée en hôpital.

Le 31, on les mit à la rue. Ils se réfugièrent chez une pieuse femme où ils passèrent quelques jours dans le recueillement. Ils avaient juste à retirer leur passeport pour rejoindre l’Italie.

Mais en y allant, ils voulurent passer par la maison de Sarriá, pour y prendre quelques vêtements. Dans le tramway, ils furent reconnus, arrêtés, et assassinés.

C’était le 4 août 1936.

Frère Josep Rabasa fut béatifié en 2001.

 

 

Josep Batalla Parramón

1873-1936

 

Josep vit le jour le 15 janvier 1873 à Abella de la Conca (Lleida, Espagne).

Il entra dans la Société des Salésiens, y fit le noviciat, la profession en 1893 et fut ordonné prêtre en 1900.

Après plusieurs postes, il fut nommé en 1909 confesseur et infirmier à la maison de Sarriá (Barcelone).

Il s’y distingua tellement qu’on le surnomma saint Jean de Dieu (pour saint João Cidade de Dieu, voir au 8 mars). Il resta à cette place pendant vingt-sept ans.

Le 21 juillet, les Religieux furent expulsés. Le directeur remit à chacun cinq pesetas, ne pouvant que leur dire de se réfugier où ils pouvaient. Don Josep ainsi que le Frère Josep Rabasa proposèrent de rester dans la maison pour s’occuper des blessés de guerre, puisque la maison était transformée en hôpital.

Le 31, on les mit à la rue. Ils se réfugièrent chez une pieuse femme où ils passèrent quelques jours dans le recueillement. Ils avaient juste à retirer leur passeport pour rejoindre l’Italie.

Mais en y allant, ils voulurent passer par la maison de Sarriá, pour y prendre quelques vêtements. Dans le tramway, ils furent reconnus, arrêtés, et assassinés.

C’était le 4 août 1936.

Don Josep Batalla fut béatifié en 2001.

 

 

Francesc Mercadé Randé

1881-1936

 

Francesc était né le 27 mars 1881 à Roda de Barà (Tarragona), de Pau et María, qui le firent baptiser deux jours après.

Il fut ordonné prêtre en 1908.

Après avoir été vicaire à Prades, il demanda lui-même à être nommé à Barberá (Conca de Barberá), qui serait sinon resté sans prêtre.

Ce n’était pas une paroisse «pratiquante» ; un climat anticlérical lui coûta même beaucoup d’humiliations. Il disait : Puisqu’ils ne viennent pas à l’église, moi qui suis leur recteur, c’est moi qui irai à eux. Il rendit visite aux malades, malgré toutes les moqueries qu’il en reçut. Il se montrait charitable envers les pauvres. Il aimait faire le catéchisme aux enfants, sans épargner son temps.

Certains de ses ennemis disaient de lui : Après tout, c’est un brave homme. Dommage qu’il soit curé, c’est au moins un motif pour le mépriser.

Au moment de la révolution de 1936, don Francesc «prophétisa» : Voici le temps de la récolte. Barberà changera et deviendra pieuse.

Le Comité l’invita à préserver ce qui avait de la valeur dans son église. Il alla retirer le Saint Sacrement. On lui promit qu’il ne lui arriverait rien, s’il restait dans son presbytère.

Le 22 juillet, tout le matériel de l’église brûlait sur la place ; on vint l’obliger à venir voir brûler la statue de la Mère de Dieu du Rosaire. Ils lui dirent : Tu as vu comment nous avons supprimé les autels. Viens voir maintenant comment on va découper la statue de la Mère de Dieu du Rosaire. Alors il s’exclama : Non, mes enfants, ne touchez pas à la Mère de Dieu du Rosaire, c’est votre patronne ! Ne lui faites pas de mal ! Respectez-là ! Rien à faire, la statue roulait déjà par terre et on la tirait vers le feu de la place.

Le 4 août à six heures du matin, don Francesc Mercadé fut arrêté dans son presbytère. Quand on le tira de chez lui sous prétexte d’aller l’enregistrer à Tarragona, il mit les bras en croix et demanda d’être tué sur place, dans sa paroisse, disant : Je vis pour le Christ, je veux mourir pour lui.

Pendant tout le voyage, il pria, le chapelet dans ses mains. Quand on fut devant le siège de la Sécurité, on lui demanda : Alors, tu as assez prié ? Calmement, il dit : Oui. On le fit descendre de la voiture et on l’abattit au le bord de la rue.

Don Francesc Mercadé mourut le 4 août 1936, et fut béatifié en 2013.

 

 

Gil Rodicio Rodicio

1888-1936

 

Gil (Gilles) vit le jour le 23 mars 1888 à Requejo (Orense, Espagne).

Après avoir fréquenté la maison salésienne de Sarriá (Barcelone), il demanda à être admis au noviciat. Il fit la profession en 1908, comme Frère laïc.

Le 21 juillet, les Religieux furent expulsés. Le directeur remit à chacun cinq pesetas, ne pouvant que leur dire de se réfugier où ils pouvaient. Frère Gil trouva refuge chez un ami, où il passa son temps à prier et à accepter sa situation avec patience.

Dénoncé, arrêté, conduit au Comité, installé dans le Musée Naval, Gil demanda seulement aux membres de ce Comité de ne pas persécuter la famille qui l’avait hébergé.

Il fut assassiné à Barcelone le 4 août 1936.

Frère Josep Rabasa fut béatifié en 2001.

 

 

Joseph Sobraqués Glory

1891-1936

 

Joseph naquit le 28 mars 1891 dans le village français de Bouletemère (Pyrénées Orientales), de Joseph et Marie Glory, des parents extrêmement chrétiens et grands bienfaiteurs de l’Eglise.

Ils firent baptiser leur fils le 6 avril, lequel reçut la Première communion, en 1902.

Il fréquenta l’école communale, dirigée par les Frères Maristes, qui avaient une petite prédilection pour lui, en raison de sa profonde piété, ce qui lui attirait d’ailleurs des brimades de la part de quelques compagnons jaloux.

A la maison, il priait avec grand recueillement, ce qui lui valait encore quelques sourires moqueurs de la part de sa sœur aînée.

En 1903, à cause de la fameuse loi de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, les Frères Maristes durent fermer leur école et rejoindre des maisons en Espagne. Le jeune Joseph, qui avait douze ans, n’entendait pas s’en séparer et obtint de ses parents de les suivre.

Joseph entra ainsi au juvénat de Vic (Barcelone), au noviciat de Palomar (Barcelone) en 1905, reçut l’habit en 1906, avec le nom (désormais catalan) de Luís Damián. Le novice eut tôt fait de s’habituer au catalan ! Joseph prit le nom de Louis par référence à saint Luigi Gonzaga, pour lequel il avait une dévotion toute particulière et préférentielle. Ceux qui connurent Luís Damián dirent qu’il avait tout de la délicatesse, de l’innocence du grand Saint italien.

Après les premiers vœux en 1907, il fit la profession solennelle en 1912, complétée en 1927 par le vœu de stabilité, propre aux Frères maristes.

Joseph - désormais Luís Damián - termina sa préparation à Manresa, et enseigna à Barcelone, Saragosse, Valencia et Murcia. En 1935, il était nommé directeur du collège de La Alameda à Valencia.

Survint la guerre civile en juillet 1936. Le Frère Luís Damián et un autre Frère de la communauté se réfugièrent à la fin du mois chez leur aumônier, don Arsenio. Tous trois y furent arrêtés, et mis en prison dans l’ancienne maison des Salésiens de Valencia. Un prêtre qui rejoignit Luís Damián dans la cellule - et qui survécut - révéla avoir pu lui donner l’absolution.

Quand on découvrit son cadavre, on déduisit qu’il avait été assassiné le 4 août 1936 au soir, avec l’autre Frère et l’aumônier, ainsi que deux autres Frères arrêtés précédemment.

Les quatre Frères maristes ont été béatifiés en 2013.

 

 

 

José López Cáceres

1904-1936

 

José López Cáceres naquit le 22 avril 1904 à Torrecampo (Cordoue, Espagne S).

Il reçut l’ordination sacerdotale.

Son martyre eut lieu à Espejo le 4 août 1936.

José López Cáceres sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 4 août.

 

 

Elías Garet Ventejo

1905-1936

 

Elías vit le jour le 28 janvier 1905 à (Barcelone, Espagne), de parents chrétiens qui le firent baptiser quelques jours après avec les noms de Elías Juan Miguel. La même année, selon une coutume de l’époque, il reçut la Confirmation.

Le papa, boulanger, travaillait de nuit ; la maman, malade et infirme, gardait la chambre, de sorte que Elías ne profita pas beaucoup de l’affection de ses parents, mais il fut bien suivi par les Frères maristes, dont il fréquenta l’école.

Après la mort de la maman, Elías entra en 1918 au séminaire mariste de Vic, en 1919 au noviciat de Las Avellanas (Lleida), reçut l’habit en 1920, avec le nom nouveau de José Ceferino, en catalan Josep Ceferí.

En 1921, il fit la première profession, temporaire, et la solennelle en 1926.

Après avoir terminé sa formation, le Frère José Ceferino enseigna successivement à Alcoy (Alicante), Valencia, et passa au Maroc (Larache et Alcazarquivir), avant de revenir en 1933 à Valencia, où était directeur le Frère Luís Damián (voir la notice Joseph Sobraqués Glory).

Ces deux Frères se ressemblaient dans leur idéal et leur comportement. Si le Frère Luís Damián rappelait en tout saint Luigi Gonzaga, le Frère José Ceferino était surnommé tout simplement Saint Louis. Ils étaient ainsi comme deux jumeaux, faits pour s’entendre, pour vivre et pour mourir ensemble.

Ils furent martyrisés ensemble le 4 août 1936, et béatifiés ensemble en 2013.

 

 

Josep Colom Alsina

1906-1936

 

Josep était né le 12 août 1906 à Súria (Bages, Espagne).

Ses parents s’installèrent bientôt à Casserres (Berguedà).

Il se trouvait dans le diocèse de Solsona, où il fréquenta le séminaire, puis il alla à Tarragona pour préparer sa licence de théologie : c’est dans cet archidiocèse qu’il fut alors incardiné et ordonné prêtre, en 1931.

Il sera vicaire à Alforja (Baix Camp), où il laissera un excellent souvenir.

Puis il sera nommé en 1935 à Montblanc (Conca de Barberà), où il se trouvait lors de la révolution de 1936.

En moins d’une année, il eut le temps de faire un travail important, particulièrement en fondant la Fédération des Jeunes Chrétiens de Catalogne, avec son confrère Dalmau Llebaria.

La nuit du 20 au 21 juillet 1936, les divers sanctuaires de la ville étaient déjà en flammes, quand on commença de s’attaquer aux portes de l’église Santa María : les révolutionnaires les aspergèrent d’essence et y mirent le feu.

Un des prêtres alla sonner les cloches pour appeler à l’aide, tandis que l’autre aspergeait le feu avec l’eau bénite : le feu s’éteignit, épargnant ainsi l’intérieur de l’église - et en particulier le vieil orgue baroque. C’est là l’origine de la poésie que don Josep écrivit ensuite en prison, avec le titre Le temple flamboyant (El temple flamejant).

Les deux prêtres allèrent retirer le Saint-Sacrement et autres choses précieuses pour les mettre en sûreté. Avec l’émotion qu’on imagine, ils célébrèrent ensuite leur dernière Messe à huis clos, puis allèrent se réfugier.

On arrêta d’abord don Dalmau. Pour aller le retrouver, don Josep sortit et fut à son tour arrêté. Ils se retrouvèrent donc tous deux dans la prison de Montblanc, le 21 juillet.

Le 22, arriva à son tour dans la prison don Josep Roselló ; le 23, le cardinal Vidal ; le 24 l’évêque auxiliaire, Mgr Borrás. Don Josep Colom fut chargé d’assister Mgr Borrás. Il priait beaucoup, donnait du courage aux autres prisonniers laïcs pour supporter leurs souffrances, et fit ainsi beaucoup de bien.

Au matin du 4 août, une patrouille vint chercher trois personnes, dont un caporal. Don Colom alors s’offrit à la place du caporal. Tous deux, avant de sortir, se confessèrent à don Dalmau. Puis don Colom remit son bréviaire à Sebastià Trèmol, en lui disant : Tiens, garde-le, et fais attention qu’on ne te le prenne pas. Dans le bréviaire, il y avait la poésie dont on a parlé plus haut, et un autre feuillet où étaient rédigés ces mots : Je suis très content d’accomplir la volonté de Dieu sur moi, et c’est pourquoi j’accepte que Notre-Seigneur veuille bien me donner la mort dans le temps et de la façon qu’il voudra. Je suis heureux. Au ciel !

Don Colom s’offrit à la place de ce caporal, qui était père de famille et dont l’épouse attendait un enfant. Le prêtre déclara : A moi, ça ne me fait rien de donner ma vie, en échange de ce Monsieur, qui a des enfants et toute une famille.

Don Colom salua tous les prisonniers et suivit l’officier. On le ligota fortement et on le fit monter dans la voiture.

Parvenus à Vallmoll (Baix Camp), sur la route de Masó, un peu en-dehors de la route, on fusilla le prêtre. C’était le 4 août.

A l’endroit du martyre se trouve maintenant une petite croix commémorative.

Don Josep Colom Alsina fut béatifié en 2013.

 

 

Gonzalo Gonzalo Gonzalo

1909-1936

 

Ce n’est pas une erreur : les parents du garçon étaient cousins de même nom de famille, et donnèrent à leur fils ce même prénom de saint Luigi Gonzaga (voir au 21 juin).

Gonzalo, donc, naquit le 24 février 1909 à Conquezuela (Soria, Espagne).

En 1930, il entra chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et, après sa formation, fut destiné à la maison Saint-Raphael de Madrid (1933).

En 1936, on le nomma quêteur, car c’est des aumônes seulement que vivaient ces Religieux et qu’ils recevaient de quoi aider les malades qu’ils soignaient.

Le 18 juillet de cette même année, devant les événements tragiques, la communauté jugea opportun de suspendre quelque temps cette activité, mais elle n’avait pas d’autres ressources et les jours passaient.

Le Frère Gonzalo reprit ses démarches.

Le 4 août 1936, il fut dénoncé et arrêté dans une maison par des miliciens qui allèrent l’assassiner tout près de leur tchéka, abandonnant le corps en pleine rue.

Frère Gonzalo fut béatifié en 1992.

 

 

José Pampliega Santiago

1912-1936

 

José vit le jour le 26 août 1912 à Cañizar de los Ajos, aujourd’hui Cañizar de Argaño (Burgos, Espagne), fut baptisé le lendemain, confirmé le mois suivant, et reçut la Première communion en 1920.

Les parents étaient pauvres mais très chrétiens ; d’un premier mariage, le père eut une fille bénédictine en Australie ; du second mariage naquirent José et Eutiquio, qui furent un moment condisciples au noviciat des Frères maristes. Tandis qu’Eutiquio changeait d’orientation en 1931, José avançait dans la voie religieuse.

Il avait commencé le juvénat à Vic en 1924, était passé au noviciat de Las Avellanas en 1928, reçut l’habit en 1929 avec le nouveau nom de Berardo José, et fit la première profession en 1930.

Au terme de sa formation, il enseigna au lycée Mayáns (1931) puis à l’Académie Nebrija (1934), toujours à Valencia

Il aurait dû faire la profession solennelle en 1936, mais les événements l’en empêchèrent.

Le 1er août 1936, il fut arrêté avec un autre Frère (voir notice Lucio Galerón Parte), et tous deux furent assassinés le 4 août, avec les Frères Luis Damian et José Ceferino (voir les notices Joseph Sobraqués et Elias Garet).

Leur aumônier, don Arsenio, assassiné avec eux, ne fait pas partie de la même cause de béatification.

Les quatre Frères maristes furent béatifiés en 2013.

 

 

Lucio Galerón Parte

1912-1936

 

Lucio vit le jour le 13 décembre 1912, fête de sainte Lucie, à Yudego (Burgos, Espagne), de Amancio et Úrsula, de modestes paysans.

Lucio fut baptisé le 15 décembre suivant.

Il eut un frère, Lorenzo, dominicain et évêque au Vénézuéla, et une sœur dominicaine.

Lucio entra au séminaire mariste de Vic en 1924, au noviciat de Las Avellanas (Lleida) en 1927, reçut l’habit en 1928 avec le nom de Benedicto José et fit la première profession en 1929.

Au terme de sa formation pédagogique, il enseigna à Vallejo de Orbó (1930), à Barruelo de Santullán (1932), puis Logroño (1933) et Valencia (1934).

Les événements politiques et la révolution de 1936 firent qu’il n’eut pas le temps et la possibilité de faire la profession solennelle, cinq ans après la première. Dieu lui réservait une plus grande gloire : le martyre.

Le 1er août 1936, il fut arrêté avec un autre Frère (voir notice José Pampliega Santiago), et tous deux furent assassinés le 4 août, avec les Frères Luis Damian et José Ceferino (voir les notices Joseph Sobraqués et Elías Garet).

Leur aumônier, don Arsenio, assassiné avec eux, ne fait pas partie de la même cause de béatification.

Les quatre Frères maristes furent béatifiés en 2013.

 

 

Luis Quintas Durán

1918-1936

 

Né le 24 avril 1918 à Almería, Luis était le troisième des huit enfants d’une famille très chrétienne ; son frère aîné, José, fut prêtre et martyr également (v. 22 mai) ; son jeune frère était Mario, sa sœur Julia. Ils considéraient leur frère le plus intelligent de tous.

Luis devait avoir à peine son baccalauréat, mais il avait aussi appris à être charitable envers les pauvres et fidèle à Dieu en toutes choses ; il faisait partie des Adorateurs nocturnes, de l’association S.Louis de Gonzague, des Conférences s.Vincent de Paul.

C’était une victime de choix pour les révolutionnaires. Dès le début de la guerre civile, il fut arrêté avec ses deux frères. Ligoté dans sa cellule, c’est lui qui remontait le courage de ses parents.

Les révolutionnaires s’en prenaient beaucoup à lui, qui était si jeune ; ils se moquaient de lui et le menaçaient continuellement. Un jour qu’il était en train de boire avec son verre, ils lui tirèrent une balle dans la tête. Il avait dix-huit ans.

Le jeune bourreau et ses compères sortirent alors dans la rue et ils l’acclamèrent pour sa «victoire».

Puis ils vinrent dans la prison et obligèrent le jeune frère de Luis, Mario, qui avait alors quatorze ans, de reconnaître le cadavre de son frère et d’aller l’ensevelir. Mario obéit courageusement. Au moment de la sépulture, il fit un signe de croix sur le Défunt : ils reçut à son tour une avalanche de coups et d’insultes.

La famille refusa constamment de dénoncer celui qui avait assassiné leur fils ; mieux, le bourreau lui-même rencontra le même Mario, une vingtaine d’années plus tard, pour lui demander pardon.

Martyrisé le 4 août 1936 et béatifié comme son frère José en 2017, Luis Quintas Durán sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 4 août.

 

 

 

Francisco Izquierdo Pérez

1918-1936

 

Francisco Izquierdo Pérez naquit en 1918.

Il témoigna courageusement de sa foi en Jésus-Christ, préférant perdre sa vie pour Lui et la retrouver dans l’Eternité (cf. Mt 10:39).

Son martyre eut lieu à El Carpio le 4 août 1936. Francisco avait dix-huit ans.

Francisco Izquierdo Pérez sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 4 août.

Józef Krzysztofik

1908-1942

 

Il vit le jour le 22 mars 1908 à Zachorzóv (Opoczna, Radom, Pologne), de Józef et Franciszka Franaszczyk.

Il fréquenta l’école populaire à Zachorzowie, puis l’école de Łomża, tenue par les Pères capucins.

En 1927, il prit l’habit des Capucins, avec le nom de Henryk.

Comme il n’y avait plus de noviciat à l’époque, on l’envoya étudier la philosophie à Breust-Eijsden (Pays-Bas) et, en 1930, la théologie à Rome.

A Rome, il fit la profession en 1933, fut ordonné prêtre et passa la licence en théologie (1935).

De retour en Pologne, il enseigna la théologie dogmatique et apologétique au nouveau couvent de Cracovie, puis fut nommé recteur du séminaire de Lublin.

Quand éclata la répression nazie, les Religieux hollandais furent interdits de séjour, le père Henryk dut aussi remplacer le Supérieur de son couvent, se trouvant ainsi dans la position de réconforter les esprits et de les préparer à l’épreuve.

Le 25 janvier 1940, furent arrêtés les vingt-trois Religieux capucins du couvent (huit prêtres et quinze séminaristes), parmi lesquels se trouvait le père Henryk.

Dans la prison de Lublin, il eut l’habileté d’organiser discrètement la célébration de la Messe chaque matin : comme autel, l’unique tabouret de la pièce ; comme calice, un verre ordinaire ; mais quel recueillement…

Le 18 juin, on les transféra au camp de concentration de Sachsenhausen, proche de Berlin.

Le 14 décembre, ce fut Dachau. Le père Henryk y porta le numéro 22637.

On souffrait terriblement du froid et de la faim. Les prisonniers, parfois, se battaient pour un morceau de pain. C’est dans ces pénibles conditions que le père Henryk, ayant providentiellement pu se procurer un jour deux pains, les partagea en vingt-cinq portions, qu’il distribua calmement à chacun de ses compagnons.

Il maigrit, il s’affaiblit. Complètement déshydraté, réduit à un état plus que squelettique, alité à l’infirmerie, il s’éteignit le 4 août 1942.

Il fut béatifié en 1999.

 

Ioan Bălan

1880-1959

 

Ioan Bălan naquit le 11 février 1880 à Teiuş (Roumanie), dans une famille de rit gréco-catholique.

Il étudia la Théologie au Grand séminaire de Budapest et fut ordonné prêtre en 1903.

Après avoir poursuivi d’autres études à Vienne, il revint en Roumanie, à Blaj puis, en 1909, à Bucarest.

En 1919, de retour à Blaj, il fut nommé chanoine et, en 1921, recteur de l’académie de Théologie.

En 1929, il fut appelé à faire partie de la Commission vaticane pour la rédaction du nouveau Code de Droit Canonique concernant les Eglises orientales.

En novembre 1936, il fut consacré évêque de Lugoj.

Lors de l’établissement du gouvernement communiste, il résista courageusement aux injonctions du parti, qui le sommait de rompre avec Rome et de rentrer dans les files de l’Eglise orthodoxe roumaine, qui était noyautée par le parti communiste.

Mgr Balan fut arrêté le 28 octobre 1948, conduit au monastère orthodoxe de Dragoslavele, puis au monastère (transformé en prison) de Căldăruşani en février 1949, enfin à la prison de Sighet en mai 1950.

Plus tard, on le confina dans le monastère de Curtea de Argeş (1955) puis, en 1956, on le transféra au monastère orthodoxe des Sœurs de la Ciorogârla (près de Bucarest), où il devait rester dans l’isolement complet jusqu’à la fin de ses jours.

Mgr Balan approchait des quatre-vingts ans. Affaibli et malade, il fut transporté dans un hôpital de Bucarest, où il mourut le 4 août 1959.

Il faut remarquer que Mgr Balan n’a jamais été ni inculpé, ni jugé, ni condamné.

Il a été enterré au cimetière catholique de Bellu.

Ioan Bălan est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

 

 

Enrique Ángel Angelelli Carletti

1923-1976

 

Enrique Ángel était le fils d’un couple d’immigrés italiens et naquit le 18 juillet 1923 à Córdoba (Argentine).

Il entra au séminaire Notre-Dame-de-Lorette en 1938 et acheva ses études au Collège Pontifical latino-américain de Rome, où il fut ordonné prêtre en 1949. Il se diplôma ensuite en Droit canonique à l’Université Grégorienne de Rome.

De retour en Argentine, il fut nommé vicaire de la paroisse Saint-Joseph de Barrio Alto et aumônier de l’hôpital ; il s’occupa particulièrement de visiter les pauvres dans les bidonvilles et de former des groupes de jeunes. Il fut aussi nommé professeur de Droit canonique au Grand séminaire et de théologie à l’Institut Lumen Christi.

En 1960, il fut nommé évêque auxiliaire de Córdoba et fut recteur du Grand séminaire ; de concert avec des prêtres préoccupés comme lui de la condition des classes inférieures, des ouvriers, des paysans, le jeune évêque s’intéressa aux conflits sociaux, déclarant ouvertement que l’Eglise devait faire évoluer son attitude devant ces graves problèmes. Le nouvel archevêque de Córdoba, en revanche, n’aimait pas ce genre de déclarations, condamnant même cette position trop gauchisante, et releva l’évêque contestataire de ses fonctions, le nommant simple aumônier du couvent des Adoratrices au Collège Villa Eucharistica.

Mais Mgr Angelelli restait évêque, et comme tel participa aux sessions du Concile Vatican II. Au terme du Concile, il fut rétabli évêque auxiliaire de Córdoba (1965).

En 1968, il fut nommé évêque de La Rioja. Dès lors, il avait les mains libres pour s’introduire dans la cause des mineurs, des ouvriers agricoles, des employés domestiques, qu’il encouragea à se regrouper en syndicats, en coopératives (tissage, briques, boulangerie, coopératives agricoles).

En 1973, un premier incident grave se produisit lors de la visite de Mgr Angelelli à Anillaco : une troupe menée par des grands propriétaires pénétra de force dans l’église, forçant l’évêque à interrompre la cérémonie et jeta des pierres contre l’évêque quand il sortit de l’église ; l’évêque alors frappa d’interdit les auteurs de ces faits.

Une enquête fut ordonnée par Rome, qui fut menée par le général des Jésuites et l’archevêque de Santa Fe. Mgr Angelelli offrit sa démission au Pape. Les prêtres du diocèse soutenaient leur évêque, et tandis que le nonce restait très prudent dans sa position neutre, l’archevêque de Santa Fe prenait ouvertement position pour Mgr Angelelli.

Il y eut ensuite la Guerre Sale et les changements politiques. Attentats, enlèvements, tortures, disparitions. Mgr Angelelli voulut obtenir des renseignements sur les prisonniers ; il lui fut répondu : C’est vous qui devez vous tenir sur vos gardes. L’évêque savait dès lors qu’il était visé et attendait son tour.

Le 4 août 1976, dans la localité de Punta de los Llanos, un «accident» mystérieux renversa la camionnette conduite par l’évêque. Mgr Angelelli mourut ; on releva sur son cou de fortes lésions dues à un objet contondant, une fracture en forme d’étoile dans l’os occipital et plusieurs côtes cassées.

Après la version de l’accident de la route, il y eut celle de l’homicide froidement prémédité. En 2009, une autopsie officielle révéla que la mort avait été causée par les fractures du crâne et non par un banal accident de la route. Peu à peu, l’Eglise reconnut que l’accident avait été provoqué intentionnellement ; enfin un certain cardinal Jorge Bergoglio parla de martyre.

Mgr Enrique Ángel Angelelli Carletti fut béatifié en 2019, et inscrit au Martyrologe le 4 août.

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 23:00

03 AOUT

 

I.

SS Nicodème, Gamaliel, et Abibon ; une vision permit en 415 de retrouver près de Jérusalem leurs corps avec celui de s. Etienne Protomartyr, dans la propriété de Gamaliel qui avait accueilli Nicodème chassé par les Juifs ; Abibon est le fils de Gamaliel ; s. Nicodème est maintenant commémoré le 31 août avec s. Joseph d'Arimathie.

II.

S Asprenas, premier évêque à Naples, baptisé par s. Pierre.

V.

S Dalmace, archimandrite à Constantinople, ancien officier, fervent opposant de Nestor au moment du concile d'Ephèse.

S Fauste, moine à Constantinople, qui serait le fils de s. Dalmace, cf. ci-dessus.

S Euphronius, évêque à Autun, correspondant de s. Sidoine Apollinaire.

VI.

S Martinus, ermite en Campanie ; s. Benoît lui conseilla d'enlever de sa cheville la chaîne qui le retenait à sa grotte.

X.

B Grégoire, abbé à Nonantola ; à la fin, il démissionna et resta ermite. 

B Bennon, évêque à Metz ; ses ennemis lui crevèrent les yeux et il retourna dans son ermitage près de Zürich.

XII.

S Pietro, évêque à Anagni, bénédictin.

S Waltheof, abbé à Melrose ; il vit un jour l'Enfant Jésus dans l'Hostie.

XIII.

B Geoffroy de Loudun, élu très jeune évêque au Mans ; il fonda une chartreuse au Parc d'Orques.

XIV.

B Augustin Kažotić, dalmate, dominicain, évêque à Zagreb puis Lucera.

XX.

Bx martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près d’Alicante, Salvador Ferrandis Seguí (*1880) ;

Mineurs Conventuels : près de Barcelone, le prêtre Federico López y López (Alfonso, *1878) et le profès Eugenio Remón Salvador (Miguel, *1907) ;

Salésiens : à Barcelone, le prêtre Francisco Bandrés Sánchez (*1896) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : à Barcelone, Josep Guardiet Pujol (*1879) ;

Fils de la Divine Providence : près de Valencia, le prêtre Ricardo Gil Barcelón (*1873) et le postulant Antonio Isidoro Arrué Peiró (*1908) ;

Capucins : à Málaga, le prêtre Geronimo Limón Márquez (Luis, *1885) ;

Lazaristes : aux Asturies, le prêtre Andrés Avelino Gutiérrez Moral (*1886) ;

Lasalliens : près de Madrid et à Madrid, Patricio Beobide Cendoya (Alejo Andrés) et Eleuterio Mancho López (Eleuterio Roman) (*1889, 1898).

 

Gamaliel et Abibon

1er siècle

 

Au temps du Christ, les docteurs juifs s’opposaient dans l’interprétation de la Loi mosaïque ; alors que l’école de Shammaï représentait les tendances plus strictes, celle de Hillel était plus libérale. Son chef était alors Gamaliel (ce qui signifie Dieu récompense) qui, dans son enseignement s’efforçait de modérer les abus de la loi du divorce, encourageait les Juifs à entretenir de bons rapports avec les étrangers et même s’intéressait aux lettres grecques.

Tous ceux qui l’écoutaient n’appliquaient pas forcément ses directives, ainsi un certain Saul, qui brûlait de zèle pour les observances judaïques et ne respirait toujours que menaces et carnage à l’égard des disciples du Seigneur (Ac 9:1).

Les Juifs devaient bien le constater : la mort de Jésus n’avait pas mis fin à la propagande des disciples de Jésus. Même arrêtés, ils furent délivrés par l’ange de Dieu (Ac 5:17-21). Situation embarrassante !

C’est dans ce contexte que Gamaliel intervint avec son autorité : Si cette entreprise est des hommes, elle se dissipera ; si elle est de Dieu, vous ne pourrez la détruire (Ac 5:38-39).

On adopta son avis, continue saint Luc, l’auteur des Actes des Apôtres (Ac 5:39b).

Mais, s’ils l’adoptèrent, ils firent tout de même battre de verges les apôtres, leur interdirent de parler de Jésus, avant de les relâcher. Ils n’étaient pas vraiment convaincus.

Ensuite, Gamaliel n’est plus nommé dans l’Ecriture. Il a pu mourir avant le siège de Jérusalem (70).

Le Talmud juif prétend qu’il était resté juif, évidemment. La Tradition chrétienne, elle, affirma qu’il s’était converti, et l’on a longtemps reçu cette vérité.

Gamaliel aurait ainsi déposé dans sa propriété de Caphargamala le corps de saint Etienne, protomartyr, ainsi que celui de Nicodème, lui aussi persécuté par les Juifs.

A son tour, Gamaliel aurait été enseveli là, ainsi que son deuxième fils, Abibon (Habib), converti lui aussi.

Le prêtre Lucien découvrit en 415 les reliques de saint Etienne avec celles de Nicodème, Gamaliel et Abibon, sur des visions qu’il révéla alors.

Tous ces faits ne nous sont pas attestés par d’autres documents historiques «scientifiques», et c’est pourquoi le Martyrologe n’a pas gardé la mention de Gamaliel et Abibon, qui étaient autrefois commémorés le 3 août.

Nicodème, en revanche, est maintenant commémoré en même temps que Joseph d’Arimathie au 31 août.

 

 

Asprenas de Naples

† 2e siècle

 

Au cours de son voyage vers Rome, s.Pierre se serait arrêté à Naples où il guérit Asprenas, avant de le consacrer évêque de la toute première communauté chrétienne napolitaine.

L’épiscopat d’Asprenas aurait duré vingt-trois ans, sous Trajan (98-117) et Hadrien (117-138), période durant laquelle le premier Evêque de Naples se montra particulièrement proche des pauvres.

Il aurait fait construire un sanctuaire en l’honneur de Notre-Dame, devenu ensuite la cathédrale, ainsi que la basilique Saint-Pierre, où se trouverait l’autel où s.Pierre aurait célébré le Saint Sacrifice.

Asprenas serait mort vers 130.

Il est particulièrement invoqué contre l’hémicrânie ; il est le second Patron céleste de Naples.

Saint Asprenas de Naples est commémoré le 3 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Euphronius d’Autun

† 5e siècle

 

Sans doute issu de quelque grande famille gallo-romaine, Euphronius devint prêtre.

Il fit édifier à ses frais une basilique en l’honneur de s.Symphorien (v. 22 août) à Autun.

Vers 450 il fut appelé à être le 9e évêque d’Autun.

Sa largesse continua, et il s’employa à faire couvrir de marbre le sépulcre de s.Martin (v. 11 novembre) à Tours.

On sait qu’il fut en bonne correspondance avec s.Sidoine Apollinaire (v. 21 août), ou avec d’autres évêques, pour des questions d’exégèse biblique ou pour des élections d’évêques.

Vers 475 il fut présent à un concile en Arles. Il devait déjà être fort âgé.

Euphronius mourut après ce concile ; peut-être même seulement en 490.

Saint Euphronius d’Autun est commémoré le 3 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martinus au Mont Massico

500-580

 

Né vers 500 dans la noblesse romaine, il s’appelait réellement Marcus ou Marzius. C’est le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars) qui le nomma Martinus.

Il quitta sa famille et sa maison pour se retirer sur la montagne proche de Cassino, où s.Benoît fonda son fameux monastère (Montecassino, Montcassin). Martinus se dédiait à la prière et à la pénitence, et Benoît partagea quelque temps la même grotte. Mais Benoît prévoyait d’aller évangéliser la population, tandis que Martinus préférait la solitude totale. Ce n’était pas égoïsme de sa part : c’était une question de vocation.

Benoît fonda son monastère, tandis que Martinus émigra dans une très étroite grotte sur le Mont Massico, mais ils restèrent en relation. Martinus eut l’idée un jour de se lier une chaîne au pied et attacha l’autre extrémité à une grosse pierre ; il passa ainsi «prisonnier» plusieurs années. Benoît lui suggéra fraternellement de détacher cette chaîne, et de se «contenter», si l’on peut dire, d’être «enchaîné» à l’amour du Christ, ce que fit Martinus. 

Il continua de vivre dans la pénitence et la mortification, et reçut aussi le don des miracles, car la population, attirée par la sainteté de l’ermite, venait lui demander des prières, des bénédictions, et les malades étaient guéris.

Certains visiteurs ne voulaient plus repartir : une communauté se forma autour du nouvel Abbé.

Celui -ci mourut le 3 août 580. Mais son histoire ne s’arrête pas là.

Plusieurs fois, des évêques voisins tentèrent de «s’emparer» des saintes reliques de Martino, mais à chaque fois un événement météorologique ou tectonique les en empêcha. Lors de l’invasion des Sarrasins au 9e siècle, Martino apparut et galvanisa tellement les bons moines, que l’ennemi se retira honteusement en laissant à terre quelque deux mille victimes. Ce ne fut qu’en 1094 que l’évêque de Carinola, s.Bernardo (? v. 12 mars), grand dévot de Martinus, réussit dans l’entreprise : il transféra les restes de l’Ermite dans sa cathédrale toute nouvelle, et en fit le saint Patron de la ville.

Saint Martinus au Mont Massico est commémoré le 3 août dans le Martyrologe Romain.

 

Ricardo Gil Barcelón

1873-1936

 

Ricardo vit le jour le 27 octobre 1873 à Manzanera di Teruel (Espagne), de Francisco et Francisca, des parents de noble origine, aisés, qui eurent dix enfants. D'eux, Ricardo put dire : Maman m'a appris à penser aux pauvres.

En 1885, il entra au petit séminaire, mais son père l'orienta en 1889 vers l'Ecole Normale, pour lui faire obtenir le diplôme de maître d'école. Ricardo y rencontra l'obstination du directeur, franc-maçon, qui ne manquait pas une occasion de se moquer de lui et de la Religion, au point de l'exclure de l'Ecole peu avant le concours final.

En 1893, il fut engagé aux Philippines durant la guerre hispano-américaine. Il y eut un épisode de grand danger, où Ricardo se trouva seul devant l'ennemi. Mais une mystérieuse lumière le guida vers le quartier général espagnol. Ce n'était pas son heure.

Il profita de sa présence aux Philippines, pour suivre les cours de théologie à l'université dominicaine de Manille, qui s'achevèrent par son ordination sacerdotale en 1904.

Il fut nommé aumônier de la Délégation Apostolique puis, en 1905, revint en Espagne, où il demanda son admission au noviciat dominicain. 

Toujours insatisfait, il se retira chez les Tertiaires Capucins de Torrentes, puis essaya la vie érémitique. Cherchant toujours sa vraie destinée, il fit à pied le pèlerinage à Rome, où il arriva après trois mois, le 6 juillet 1909.

Il fut accueilli par un bon Chanoine du Latran, et rencontra, en 1910, un certain don Luigi Orione (voir au 12 mars), fondateur de la Petite Œuvre de la Divine Providence. Ce fut la lumière.

Don Ricardo resta quelques mois à Rome, puis fut envoyé à Tortona ; fin 1910, il fut envoyé à Messine, lors du tremblement de terre dévastateur. Après cela, il fut nommé recteur du sanctuaire de Notre Dame de la Chaîne à Cassano Jonio, jusqu'en 1923, sauf un bref séjour à Reggio Calabria en 1913.

Ensuite, il fut envoyé à Tortona comme professeur d'espagnol pour les jeunes missionnaires en partence pour l'Amérique latine.

De nouveau à Rome pendant trois ans, il fut envoyé encore à Cassano Jonio, où une terrible épreuve l'attendait : lui et un autre Religieux furent accusés du meurtre d'une petite fille. Il dut subir deux mois de prison, au terme desquels le jugement reconnut l'inexistence d'indices et la non-recevabilité des accusations ; mais l'épreuve laissa une profonde blessure dans le cœur du prêtre, qui dut se retirer et se reposer, à Villa Moffa di Bra (Cuneo). 

Après s'être remis dans le bain, à Tortona, il repartit en 1930 pour l'Espagne, dans le but d'y ouvrir une maison de la congrégation de don Orione.

Il vécut ainsi à Valencia à partir de 1931.

En 1936, il se trouvait avec un aspirant, Antonio Isidoro Arrué Peiró (voir par ailleurs).

Le 1er août, à dix heures du matin, on vint «fouiller pour trouver les bombes», en réalité pour les arrêter. Les voisins protestaient.

Antonio, qui se trouvait chez des voisins, fut invité par eux à s'enfuir, mais il courut plutôt voir ce qui arrivait au père Ricardo. On les emmena tous les deux dans un camion marqué FAI (Forces Anarchistes Internationales).

Il est impossible de savoir ce qu’on leur fit subir ce jour-là et le lendemain, interrogatoires, vexations, comme ce fut le cas si fréquemment alors. 

Ensuite, on sut seulement qu'ils rejoignirent la plage de Valencia, El Saler, où les miliciens demandèrent au père Ricardo de crier Vive la FAI, à quoi il répliqua de tout son cœur : Vive le Christ Roi !

Il reçut une balle dans la nuque ; Antonio se précipita pour le soutenir dans sa chute, et reçut à son tour de violents coups de crosse de fusil, qui lui enfoncèrent le crâne.

Le père Ricardo mourut ainsi en martyr avec son cher Antonio, le 3 août 1936.

Tous deux furent béatifiés en 2013.

 

 

Federico López y López

1878-1936

 

Né le 16 novembre 1878 à Secorún (Huesca, Espagne), Federico commença d’abord une carrière civile ; il fut par exemple secrétaire de la mairie.

Percevant l’appel de Dieu, il pensa rejoindre une abbaye bénédictine d’Australie. On ne sait pourquoi, il entra finalement chez les pères Franciscains Conventuels de Granollers, en 1905.

Il fut envoyé avec Francisco Remón (voir au 31 juillet) à Ósimo (Italie) pour le noviciat et prit alors le nom de Alfonso. Il fit là aussi les études ecclésiastiques et fut ordonné prêtre en 1911.

Après un bref séjour en Espagne, il fut confesseur au sanctuaire de Loreto, de 1912 à 1915.

Par la suite, il fut à Granollers (Barcelone), comme professeur au collège tenu par les Franciscains, car il était devenu un éminent latiniste ; il fut aussi maître des novices, dont certains allaient partager son sort dans le martyre (voir Modesto Vegas, Cándido Rivera, Eugenio Remón) ; et fut enfin Gardien du couvent.

C’est surtout comme confesseur qu’il a laissé une sainte réputation. Mais il accomplit aussi d’autres missions ponctuelles, comme de fonder à Barcelone ou à Santander.

Il était de santé délicate, à cause des poumons, et ne devait pas accomplir de tâches fatigantes, mais peu à peu il s’en remit.

Une des dévotions mariales qu’il transmettait aux postulants et aux novices, était celle du saint esclavage, selon les termes de saint Louis-Marie Grignion de Montfort (voir au 28 avril).

Le 19 juillet 1936 au soir, il fut chez le boucher-fournisseur du couvent. Le 20 au matin, il partit célébrer la Messe au couvent, saluant ses hôtes : Que s’accomplisse la volonté du Seigneur ! Je suis prêt à mourir pour Dieu !

Vers dix heures du matin, un groupe de miliciens fit irruption dans le couvent, à la recherche d’armes (?). Ils fouillèrent tout le couvent, accompagnés du père Alfonso et du Frère Miguel, tandis que le Frère Buenaventura restait en-bas. Furieux de ne rien trouver, ils menacèrent de mettre le feu au couvent et de tuer les Religieux s’ils les retrouvaient là à leur prochain passage. Le soir, le couvent était en flammes.

Les pauvres Religieux ne pouvaient que quitter leur cher couvent et trouver refuge dans quelque bonne famille d’accueil. Partis chacun dans une direction différente, ils se retrouvèrent sans le vouloir dans la même famille, à Llerona.

Alfonso écrivit un mot à son frère de Barcelone, Saturnino, le priant de lui trouver un passeport, tout en se préparant en même temps à mourir aux mains des ennemis de l’Eglise. Dans leur prière, le chapelet, les Religieux offraient leur vie pour le salut de l’Espagne et de l’Eglise.

Le 3 août dans l’après-midi, des miliciens vinrent fouiller la maison. Parmi eux se trouvaient d’anciens élèves des Religieux. Ils découvrirent donc nos trois Religieux ; ils les invitèrent à renier leur foi, leur passèrent les menottes, les frappèrent, leur demandant de blasphémer. Alfonso répondit soit par le silence, soit par Seigneur, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! (cf. Lc 23:34).

On les fit monter dans un camion, direction Dels Puatells (Samalús del Vallés). En route, on leur dit qu’ils étaient les derniers à mourir, que tous les autres étaient déjà morts. Mentionnant le père Dionisio, qui avait été fusillé le 31 juillet précédent, un milicien commenta : Voilà comment meurent les héros !

Alors les deux Frères firent leur acte de contrition et reçurent l’absolution du père Alfonso. Un des miliciens le remarqua, fit arrêter le véhicule et, s’adressant aux autres, leur dit : Il faut fusiller sur place ce genre de types ! On repartit après cet incident de colère, on parvint au lieu-dit Dels Puatells, qui se trouve à un kilomètre et demi de Samalús. Une dernière fois, on les invita à apostasier, en vain évidemment.

Il y eut des coups de fusil et les trois Religieux tombèrent. Dans la pénombre, les miliciens ne se rendirent pas compte que Buenaventura, tout ensanglanté, n’était pas mort. Pressés de repasser au Comité pour trouver d’autres victimes, ils ne prirent pas le temps de donner le coup de grâce ; ils le poussèrent du pied, et leur chef ajouta : Partons, ils ont déjà expiré !

Mais Buenaventura réussit à se reprendre, à se faire un garrot pour arrêter l’hémorragie et s’écarter de l’endroit : c’est de son témoignage, confirmé par ses larges cicatrices, qu’on a recueilli tous ces détails.

Une heure après, les miliciens revinrent avec trois cercueils et s’étonnèrent de ne trouver que deux cadavres !  

Le martyre du père Alfonso et du frère Miguel eut lieu le 3 août 1936 (on voit parfois la date du 5 août, mais les sources franciscaines et le Martyrologe le mentionnent au 3 août).

Ils ont été béatifiés en 2001.

 

 

Josep Guardiet i Pujol

1879-1936

 

Il naquit à Manlleu le 21 juin 1879. Son père était pharmacien.

Il fréquenta le séminaire de Vic et passa le doctorat de théologie à la faculté de Tarragona.

Ordonné prêtre en 1902, il exerça le saint ministère à Ullastret, Olesa de Montserrat, Sabadell (1905-1912), Barcelone, et surtout Rubí (1916-1936).

Quand il était encore à Barcelone, il passa un jour avec un groupe de jeunes par Rubí et s'écria : Oh Rubí ! Qui pourrait verser son sang pour toi ? Les jeunes lui firent remarquer que cette ville était très peu chrétienne. Et lui : Personne n'est bon complètement ; moi, j’éprouve ce désir.

Ce fut un prêtre extrêmement actif, qui créera plusieurs associations ou manifestations : Ecole Montserrat, le concours des crèches de Noël, une maison populaire, le journal Endavant, une Schola Cantorum, un musée ; il stimula en outre la culture féminine ; il organisa plusieurs pélerinages à Lourdes, ainsi que la première Journée catéchétique inter-diocésaine à Montserrat (1933).

On l'appela le prêtre du sourire ; il transforma sa paroisse.

Au moment de la proclamation de la République, on lui interdit de sonner les cloches. Il eut l'idée alors d'illuminer son clocher de différentes couleurs, selon la cérémonie annoncée : blanc pour un baptême, rose pour un mariage, bleu pour les funérailles d'un enfant, violet pour celles d'un adulte, rouge pour une grande fête, vert pour des fêtes moins importantes. L'idée fut saluée jusqu'en Angleterre !

Quand commença la révolution, un habitant de Rubí lui proposa l'hospitalité : ayant des idées opposées à celle du curé, il pensait que personne n'aurait l'idée de le rechercher chez lui ; mais le prêtre refusa aimablement.

Le 19 juillet, le médecin de la ville vint le prévenir de vite partir avant que la frontière soit fermée, mais il préféra encore rester parmi ses paroissiens.

Le 20 juillet 1936, des miliciens vinrent le contraindre à remettre les clefs de l'église, pour l'incendier. Avant de les remettre, le digne curé alla retirer le Saint Sacrement ; il pensait que les révolutionnaires se limiteraient à quelques désordres réparables, mais il eut l’amère tristesse de voir disparaître en cendres cette vieille église.

Le lendemain, deux jeunes miliciens de dix-sept ans vinrent l'arrêter tandis qu'il était en réunion avec des jeunes, et le conduisirent à la prison locale.

Au matin du 3 août 1936, d'autres miliciens anarchistes arrivèrent de Barcelone, vinrent s'emparer de don Josep pour le conduire sur la route de l'Arrabassada, au lieu-dit Pi Bessó, où ils le fusillèrent.

Don Josep fut béatifié en 2013.

 

 

Salvador Ferrandis Seguí

1880-1936

 

Né à L’Orxa (Alicante, Espagne) le 25 mai 1880, Salvador reçut de ses parents chrétiens une solide formation.

Il entra au séminaire. Il y montra de telles qualités tant pour sa piété que pour son intelligence, qu’il mérita une bourse spéciale pour continuer ses études. Après le séminaire, il fut ordonné prêtre en 1904.

Il exerça le saint ministère à Villalonga, à la propriété de la Comtesse y Pedreguer, où il restaura la chapelle avec ses propres deniers et fut curé à Pedreguer. 

Il prit grand soin des pauvres et des malades, qu’il visitait comme s’ils étaient autant de christs. Il faisait tout cela sans se faire remarquer, sans rien dire, sans attendre des compliments ou des remerciements : il déposait de la nourriture ou des vêtements délicatement, évitant surtout de blesser les personnes. 

Il avait une grande piété : il priait beaucoup et enseignait aux enfants et aux jeunes comment prier. Il avait une grande dévotion pour le Saint Sacrement.

Au moment de la persécution, il fut fait prisonnier par les miliciens, et détenu dans la prison où il rencontra d’autres paroissiens. Il était si aimé que même le comité révolutionnaire, qui était venu l’arrêter, lui promit qu’il ne lui arriverait rien. Ce sont d’autres miliciens qui, ensuite, voulurent le mettre à mort. Le vicaire de la paroisse leur dit : Monsieur le Curé, on ne le met pas à mort, parce que avec lui, vous fusillez le père des pauvres et des malades.

Mais le bon curé répliqua : Lequel de vous doit me mettre à mort ? Allez, tue-moi, je te pardonne. Je meurs pour Dieu et pour mes fidèles. Vous croyez qu’en m’enlevant la vie vous abattez la religion : en fait, chaque goutte de sang est une semence qui la rendra encore plus féconde. Vive le Christ Roi !

Il fut fusillé au matin du 3 août 1936, à Vergel (Alicante).

Salvador Ferrandis Seguí a été béatifié en 2001.

 

 

Geronimo Limón Márquez

1885-1936

 

Geronimo vit le jour le 27 mars 1885 à Valencina del Alcor, aujourd’hui Castilleja de la Concepción (Séville, Espagne), de Luis et María Dolores, qui le firent baptiser avec les noms de Geronimo María Trinidad.

Le garçon fut confirmé en 1892, lors de la visite pastorale de l’évêque.

Entré chez les Capucins de Barrameda en 1900, il prit le nom de Luis María et se distingua par sa piété, son esprit d’austérité.

Il fit la première profession en 1901, la solennelle en 1905.

Il fut ordonné prêtre en 1908.

Excellent prédicateur, il fut d’abord Gardien (Supérieur) à Barrameda, Séville et Antequera, puis devint Provincial.

Lors des affrontements de juillet 1936, le couvent d’Antequera (Málaga) fut assiégé du 20 juillet au 3 août. Il tenta de sauter par une fenêtre, mais se cassa une jambe, et fut transporté sur une civière de la Croix-Rouge. Mais la foule déchaînée hurlait et demandait sa mort, comme la foule de Jérusalem le fit pour le Christ.

Parvenus devant l’hôpital, les brancardiers ne purent que poser le blessé devant la porte. On l’entendit prier : Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit (cf. Ps 30:6). On l’abattit (ou il expira) dans une ruelle proche, sous une niche où se trouvait une statue de Notre-Dame du Carmel.

Il reçut la palme du martyre le 3 août 1936 et fut béatifié en 2013.

Andrés Avelino Gutiérrez Moral

1886-1936

 

Andrés Avelino vit le jour le 11 novembre 1886 à Salazar de Amaya (Burgos, Espagne), de Juan et Vicenta. Il porta le nom de saint Andrea Avellino, qui est fêté le 10 novembre.

Ce fut d’abord un vilain petit garçon, espiègle et même violent. En voici un exemple : un jour, une femme du pays le surprit avec un autre voyou à combiner qui sait quelle aventure malhonnête ; elle le leur reprocha vivement ; les gamins, eux, se mirent à la rosser sauvagement, au point qu’ils la crurent morte et la tirèrent vers un ruisseau ; mais l’eau la rafraîchit, la ranima et elle reprit connaissance.

Andrés avait alors dix ans. Il eut cependant la chance d’avoir une grande sœur qui, avec une douceur angélique, sut le redresser, le préparer à la Première communion, lui enseigner le catéchisme. Finalement, à l’étonnement de tout le pays, on apprit qu’Andrés entrait chez les pères Vincentiens (de la congrégation de la Mission, fondée par saint Vincent de Paul, voir au 27 septembre). Tout le monde pensait qu’il n’aurait pas persévéré.

Il étudia à Tardajos, et faillit effectivement, quitter le collège, une seule fois.

En 1903, il entra au noviciat, fit la philosophie à Hortaleza, la théologie à Madrid. Son chemin ne fut pas «exemplaire», à cause de son caractère violent, mais sa conversion était, elle, exemplaire ; il persévéra et fut admis aux Ordres sacrés.

Une fois ordonné prêtre, il fut à Limpias comme professeur. Il y fut très efficace ; il exigeait l’ordre ; trois comme lui auraient suffit pour conduire un régiment.

De 1917 à 1930, il fut à Tardajos, envoyé dans les missions de Burgos, et finalement comme directeur. Il mettait à profit sa grande érudition, et continuait toujours d’étudier davantage. Toujours vif, toujours en mouvement, exagéré dans ses gestes (qu’il apprit à dominer), il transpirait quand il neigeait ; c’était une trompette sonore ; on le surnomma «Le Père Travaux».

En 1930, il fut envoyé à Orense ; en 1933 à Gijón.

Ce qu’on sait de son martyre, fut connu par les aveux d’un de ses assassins.

On commença par le tromper au téléphone, lui demandant des renseignements sur le bateau Cervera en rade de Gijón ; ingénu, le père Andrés donna des détails sur ce bateau, par ailleurs tristement célèbre : les miliciens n’avaient plus qu’à venir l’accuser d’être complice du bateau en question.

Le 3 août, on vint l’arrêter. On le conduisit sur la colline près de Villaviciosa ; ce fut le calvaire du pauvre Religieux ; à un moment donné, on le fit descendre du camion, au milieu des insultes et des coups. Il dut continuer de monter ; désormais le prêtre qui avait tant appris et enseigné la douceur, appliquait pleinement son enseignement, ressemblant vraiment à l’Agneau divin.

C’était sa victoire. Vainqueur de son caractère, il vainquit aussi par sa foi. Après avoir reçu les balles ennemies, il tomba. On lui refusa le «coup de grâce» et il agonisa longtemps. Les bourreaux partirent, les voisins n’avaient pas le courage d’aller le secourir, par crainte d’être abattus à leur tour. Quelqu’un vint cependant… pour lui voler sa montre.

Martyrisé à Gijón (Asturies) le 3 août 1936, don Andrés fut béatifié en 2013.

 

 

Patricio Beovide Cendoya

1889-1936

 

Patricio vit le jour le 15 mai 1889 à Azpetia (Guipuzcoa, Espagne).

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) et fit la profession avec le nom de Alejo Andrés.

Les maisons où il fut nommé successivement furent : Bujedo (1907), Saint Martin de Madrid (1908), Saint Sébastien de Madrid (1909), Lorca (1912), Maison de Bienfaisance de Madrid (1913), Pobra de Trives (1921), Lembeek-les-Hal (Belgique, 1922), Griñon (1923), Chamberí près Madrid (1934.)

Il fut martyrisé à Torrejon de Ardoz (Madrid) le 3 août 1936 et béatifié en 2013.

 

 

Francisco Bandrés Sánchez

1896-1936

 

Francisco vit le jour le 24 avril 1896 à Hecho (Huesca, Espagne).

A neuf ans, il fut inscrit par ses parents à l’école salésienne de Huesca.

Il entra dans la Société des Salésiens, y fit le noviciat et la profession et fut ordonné prêtre en 1922.

Après plusieurs postes, il fut nommé en 1927 directeur au collège de Mataró ; en 1934, il fut envoyé diriger la maison de Sarriá (Barcelone).

Homme d’action et de gouvernement, il chercha à maintenir le calme dans la maison dès les premiers mouvements révolutionnaires du 18 juillet 1936. Il pensait aussi que, grâce à la présence de tant de jeunes élèves, la maison serait respectée.

Le 21 juillet, les Religieux en furent toutefois expulsés. Don Bandrés remit à chacun cent pesetas, ne pouvant que leur dire de se réfugier où ils pouvaient.

Lui-même alla chez sa sœur avec un Confrère. Apprenant déjà la mort de quelques Religieux, il chercha à prendre un train pour gagner l’étranger. Mais comme il n’avait pas de passeport, ce lui fut impossible et il revint chez sa sœur.

La nuit du 3 août, des miliciens vinrent demander don Ramón, l’administrateur du collège ; il n’était pas là, mais don Francisco affirma qu’il en était lui-même le directeur, rappelant l’utilité publique de l’éducation qu’y recevaient les élèves.

Il fut arrêté et conduit de suite à l’Hôtel Colón, immense édifice où s’étaient installés les révolutionnaires.

Ce soir du 3 août 1936, don Francisco fut fusillé dans une des pièces de l’hôtel, transformées en cellules de prison.

Don Francisco Bandrés fut béatifié en 2001.

 

 

Eleuterio Mancho López

1898-1936

 

Eleuterio vit le jour le 20 février 1898 à Fuentes de Valdepero (Palencia, Espagne).

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) et fit la profession avec le nom de Eleuterio Román.

Quand il arriva au séminaire mineur de Bujedo, il démontra une énergie surprenante à travailler, à étudier mais aussi à se sanctifier chaque jour. Il était inutile de lui redire une chose : il la faisait sans attendre.

Il fut titulaire de plusieurs diplômes officiels.

Il commença son activité au collège de Notre-Dame de la Maravillas (Madrid, 1921)), à Puente de Vallecas (Madrid, 1922), Sacré-Cœur (Madrid, 1925), puis fut chargé de la classe supérieure du noviciat à Griñon (1927). Ensuite, il fut à Mudela (1930) et enfin nommé sous-directeur à Puente de Vallecas en 1933.

C'est là que la révolution le trouva. Peu avant que la communauté fût contrainte d'abandonner la maison, il se préocccupa de faire consommer les Hosties du Tabernacle avant toute profanation.

Dans la rue, il fut reconnu et conduit à la prison.

Il fut martyrisé à Torrejon de Ardoz (Madrid) le 3 août 1936 et béatifié en 2013.

 

 

Eugenio Remón Salvador

1907-1936

 

Eugenio vit le jour le 17 septembre 1907 à Caudé (Teruel, Espagne).

En 1925, à dix-huit ans, il entra au nouveau couvent des Franciscains de Granollers (Barcelone), où il fit le noviciat avec le nom de Miguel et la profession comme Frère convers en 1928.

Humblement il aida la communauté comme cuisinier, portier, et aussi comme quêteur.

En 1933, il fut envoyé à Loreto (Lorette) en Italie et c’est dans la Sainte Maison de Nazareth qu’il fit la profession solennelle cette année-là.

En 1934, il revint en Espagne et fut de nouveau à Granollers, où tous le connaissaient comme un saint homme rempli d’une foi extraordinaire.

On pourra relire dans la notice du père Federico (Alfonso) López, les détails déjà racontés sur les tristes événements du 19 juillet et des jours suivants.

Concernant Miguel, au moment de quitter ses hôtes bienveillants, il leur dit : Je ferai ce que Dieu me demande ! Je suis disposé à mourir pour le Christ !

On a vu qu’il était avec le père Alfonso durant la fouille du couvent par les miliciens.

Quand il fut découvert le 3 août chez ses hôtes, on l’invita à blasphémer ; il répondit : Seigneur, pardonne-leur !

Dans le «camion de la mort», Miguel et l’autre Frère (Buenaventura), firent leur acte de contrition et reçurent l’absolution du père Alfonso.

Il répéta encore : Nous ne rejetterons jamais ces choses que nous avons professées.

Miguel et Alfonso tombèrent les premiers, le 3 août 1936, au lieu-dit Dels Puatells, et furent béatifiés en 2001.

 

 

Antonio Isidoro Arrué Peiró

1908-1936

 

Antonio était un catalan, né le 4 avril 1908 à Calatayud (Saragosse, Espagne), de Antonio, un charpentier, et Aqueda, de bons chrétiens modestes.

Ils eurent dans leur famille un oncle dominicain, évêque aux Philippines le siècle précédent.

Après l'école du village, Antonio apprit le métier de son père.

L'adolescent fut orphelin de mère (1923) et de père (1926) ; entre les deux, mourut aussi sa sœur, ce qui l'obligea à venir chercher refuge à Saragosse, complètement déraciné et seul.

Il fut même un moment enfermé dans un asile, d'où il réussit à s'enfuir, convaincu de ne pas être fou, et seulement désireux de devenir missionnaire.

En 1931, ce fut la rencontre providentielle avec le père Ricardo Gil Barcelón (voir par ailleurs). Ils vécurent à Valencia. Don Ricardo allait célébrer la Messe dans la Maison des Abandonnés, où personne ne voulait aller, et Antonio l'accompagnait.

Antonio y trouvait sa voie. Il travaillait, parlant peu, servant les autres comme le Christ.

Don Ricardo le fit entrer au séminaire pour commencer au moins le latin ; il voulait l'envoyer à Tortona (Italie), pour y être formé totalement dans l'esprit de don Orione, mais les événements ne le permirent pas. 

Antonio partagea totalement la vie pauvre de don Ricardo. Tous les deux étaient habillés très pauvrement, et s'attiraient quelques moqueries, auxquelles ils répondaient invariablement : Vive le Christ Roi !

Lors de la révolution de 1936, Antonio fut fidèle jusqu'au bout à son cher protecteur. Quand celui-ci fut arrêté, le 1er août 1936, Antonio se trouvait chez des voisins et aurait pu s'enfuir, mais préféra revenir à la maison pour rester près du prêtre. 

On ne sait pas au juste ce qu'on leur fit souffrir ce jour-là et le lendemain. 

Tous deux furent emmenés de force sur la plage El Saler de Valencia, où le père Ricardo reçut un coup de feu dans la nuque ; Antonio se précipita pour le soutenir dans sa chute, et fut à son tour abattu à coups de crosse de fusil, qui lui enfoncèrent le crâne.

C'était le 3 août 1936.

Tous deux furent béatifiés en 2013.

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1 août 2020 6 01 /08 /août /2020 23:00

    02 AOUT

II.

S Maximos, évêque à Padoue.

III.

S Auspice, premier évêque à Apt.

S Rutilius, martyr en Afrique ; il avait fui plusieurs fois et fut beaucoup torturé.

S Etienne Ier, pape (254-257), assez autoritaire et même adversaire de s. Cyprien de Carthage.

?

Ste Centolla, martyre espagnole.

VII.

S Serenus, évêque à Marseille ; il reçut un blâme du pape pour avoir fait retirer les images dans les églises.

S Boetharius, évêque à Chartres.

IX.

Ste Etheldritha (Alfreda), fille d'un roi anglais, recluse à Croyland.

XI.

B Gundechar, évêque à Eichstädt ; il fit la dédicace de cent vingt-six églises. 

XII.

S Pierre d'Osma, moine de l'ordre clunisien près d'Auch, puis évêque à Osma, où sera chanoine le futur s. Domingo à la fin du XIIe s.

Bse Juana de Aza, mère de s. Domingo de Guzmán ; elle avait fait le pèlerinage à Silos, fondé par un s. Dominique, dont elle donna le nom à son troisième fils ; invoquée pour la fertilité des champs.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1992 :

Clarétains : à Barbastro, les prêtres Felipe de Jesús Munárriz Azcona, Leoncio Pérez Ramos et Juan Diaz Nosti (1875, 1875, 1880) ;

- béatifiés en 2001 :

Dominicains : près de Teruel, le prêtre Francisco Calvo Burillo (*1881) ;

Capucins Amigoniens : à Madrid, le prêtre Francisco Tomás Serer (*1911) ;

- béatifiés en 2007 :

Salésiens : près de Málaga, le prêtre Antonio Mohedano Larriva (*1894) ;

Lasalliens : près de Barcelone, Martí Anglés Oliveras (Victori, *1887) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Francesc Company Torrelles (*1886) ;

Ouvriers du Sacré-Cœur : à Tolède, Miguel Amaro Rodríguez (*1883) ;

Capucins : près de Madrid, le prêtre Fernando Olmedo Reguera (*1883) ;

Lazaristes : près de Teruel, le prêtre Leoncio Pérez Nebreda (*1895) ;

- béatifié en 2021 :

Laïcs : près de Cordoue, Baltasar Torrero Béjar (*1865).

B Giustino Maria Russolillo (1891-1955), prêtre italien, fondateur de la Société des Vocations Divines (Vocationistes), béatifié en 2011.

Maximus de Padoue

† 166

 

Maximus était, dit-on, de la famille des Vitaliani à Padoue (Italie NE).

Il fut appelé à succéder à s.Prodoscimus et fut ainsi le deuxième évêque de Padoue, de 141 à 166.

Pour ce saint évêque qui gouverna son grand diocèse pendant un quart de siècle, il est dommage qu’on ait perdu les actes de son épiscopat.

Il aurait été célèbre par ses miracles.

Sa tombe fut retrouvée beaucoup plus tard, au onzième siècle.

Saint Maximus de Padoue est commémoré le 2 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rutilius d’Afrique

† 212

 

On croit avoir identifié Rutilius avec le martyr dont parle Tertullien (De Fuga in Persecutione).

Rutilius aurait vécu en Afrique.

Il avait fui plusieurs fois le danger de la persécution ; il s’était même, dit-on, racheté à prix d’argent. Mais il fut un jour surpris et arrêté.

Devant le juge, il resta cependant ferme dans la foi. On lui fit souffrir diverses tortures et, finalement, on le jeta sur le bûcher.

Ce devait être avant 212.

Saint Rutilius d’Afrique est commémoré le 2 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Etienne I

254-257

 

Succédant à saint Lucius Ier, Etienne - qu’on pourrait appeler Stéphane, pour être plus proches du terme latin Stephanus - était un prêtre romain. Il fut élu entre deux persécutions, celle de Gallus et celle de Valérien.

Etienne Ier était le vingt-troisième pape.

L’accalmie relative de la persécution ne priva pas le Pasteur romain d’avoir à affronter plusieurs polémiques.

En Espagne, deux évêques s’étaient procuré, pendant la persécution, des certificats de sacrifice ; par le biais de ce document “officiel”, la persécution ne s’acharnait pas sur eux. Mais cette conduite peu courageuse avait déjà été condamnée dans un concile d’Afrique, et les fidèles des évêques en question demandèrent leur déposition. L’illustre évêque de Carthage, Cyprien, les appuyait : les évêques furent déchus et remplacés. Mais l’un d’eux fit appel au pape, qui lui donna raison, sans doute mal informé sur la situation réelle. Aussi un autre concile d’Afrique en 254, en présence de Cyprien, renouvela la condamnation des évêques ; le pape Etienne s’abstint de s’entêter sur son avis précédent.

En Gaule, l’évêque d’Arles se montrait trop sévère dans la réconciliation des apostats (les lapsi, ceux qui avaient “glissé” par faiblesse, durant la persécution) ; il semblait reprendre la position de Novatien. Ici encore c’est l’évêque Cyprien qui exigea du pape de déposer l’évêque ; mais le pape, semble-t-il, n’intervint pas, laissant le problème tomber de lui-même.

Mais la question plus épineuse fut celle au sujet de l’admission des hérétiques dans l’Eglise. Selon Cyprien - encore lui, c’était une figure de premier plan en ce troisième siècle - et avec lui les évêques d’Afrique, prétendaient qu’il fallait rebaptiser les hérétiques avant de les réadmettre. Mais là encore Etienne répondit avec quelque fermeté que la coutume de Rome était d’imposer les mains sur les repentants ; de même au sujet du baptême administré par ces hérétiques : les Africains voulaient re-baptiser, Etienne, simplement, soumettre les sujets à la pénitence. 

Le pape menaça même d’excommunication ceux qui n’étaient pas de son avis, ce qui envenimait assez la question. Heureusement, la mort du pape Etienne mit fin à la tension, et le problème fut résolu plus pacifiquement, mais tout de même dans le sens du pape défunt : quand saint Augustin arrivera, il démontrera que la validité d’un sacrement ne dépend pas de la sainteté ou non du ministre. Un baptême administré par un hérétique est valide. Dans la crise arienne, on verra que des évêques consacrés par des hérétiques seront confirmés - pourvu qu’ils défendissent la doctrine de l’Eglise.

Sur la mort d’Etienne Ier, il n’y a pas l’unanimité. Il “aurait été” décapité pendant qu’il célébrait la messe. Il fut inhumé dans le cimetière de Calixte, et le Martyrologe le commémore au 2 août.

Il eut pour successeur saint Sixte II.

 

 

Centolla de Burgos

?

 

On ne sait absolument rien de cette Martyre.

On disait qu’elle aurait converti une certaine Helena, martyrisée avec elle.

Sainte Centolla de Burgos est commémorée le 2 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Serenus de Marseille

† 601

 

On connaît très peu de choses sur ce douzième évêque de Marseille.

Un épisode l’a fait retenir : poussé certainement par le zèle pour la Loi de Dieu, il voulut interdire le culte d’adoration que certains manifestaient envers des images saintes. Il les fit carrément retirer et détruire.

Le malheur fut qu’une grande partie des fidèles se détourna alors de l’Eglise.

Ce n’était pas encore l’époque de l’iconoclasme, et l’on ne doit pas accuser l’évêque de cette hérésie. Mais le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars) lui écrivit pour le rappeler à l’ordre fraternellement : certes, il ne faut pas adorer des œuvres humaines, en pierre ou en toile, mais il ne faut pas pour autant détruire ces œuvres d’art, parce qu’elles aident les illettrés à comprendre et retenir l’Histoire sainte. Et le pape de conseiller à Serenus de reconnaître son excès de zèle et de permettre à son peuple d’accrocher de nouvelles images.

Le même Pape eut aussi l’occasion d’écrire à Serenus pour lui recommander d’accueillir avec bienveillance s.Augustin et sa suite, dans leur chemin pour l’Angleterre, où le pape les envoyait pour l’évangélisation (v. 26 mai), ce qui prouve bien que la communion n’était pas rompue entre Rome et Marseille.

Serenus mourut vers 601, dernière date qu’on ait de lui, mais peut-être quelques années plus tard.

Saint Serenus de Marseille est commémoré le 2 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Boetharius de Chartres

† 623

 

Boetharius (en français Béthaire, Berthaire, Bohaire) passe pour avoir été le vingtième évêque de Chartres, mais il est peu connu.

Chapelain de Clotaire II, il aurait été nommé évêque par celui-ci en 595.

Six ans plus tard, Clotaire fut battu par Thibert, qui emmena Boetharius manu militari et sans ménagement en Bourgogne. Peu après, Thibert s’adoucit et laissa repartir l’évêque à son siège.

Béthaire assista à un concile à Sens.

La Chronique de Frédégaire le nomme en l’an 600.

On croit qu’il mourut vers 623.

Saint Boetharius de Chartres est commémoré le 2 août dans le Martyrologe Romain.

 

Pierre d’Osma

† 1109

 

On le disait originaire de Bourges (en latin Bituricensis) ; ce pourrait être plutôt de Béziers, plus proche de l’Espagne (en latin Biterrensis).

Il entra chez les Bénédictins, peut-être au monastère de Saint-Orens (Auch), d’où il partit avec quelques autres moines pour soutenir en Castille le re-christianisation des terres reprises aux Maures musulmans. L’un de ceux-ci, Bernard de Sédirac (ou de La Sauvetat) devint évêque de Tolède et nomma Pierre archidiacre.

Une tradition veut d’ailleurs que Pierre et Bernard aient été parents.

En 1101 (ou 1103), Pierre fut nommé évêque d’Osma, un diocèse tout à reconstruire spirituellement après l’occupation musulmane. Pierre jeta les fondements d’une nouvelle cathédrale, restaura les paroisses, établit des hôpitaux, et prêcha sans répit.

Sa prédication était confirmée par ses miracles et le christianisme reflorissait.

En 1109, Pierre se rendit aux obsèques du roi Alfonso VI à Sahagún et, au retour, fut pris de fièvre et mourut à Palencia, le 2 août 1109.

 

Juana de Aza

1135-1205

 

Née en 1135 au château d’Aza en Vieille Castille (Espagne), Juana était la fille de Don García Garcès et Doña Sánchez Pérez. 

Vers 1160, elle épousa Felix Núñez de Guzmán. Installés à Caleruega, les époux eurent trois enfants : Antonio, Manés et Domingo. Ce dernier est connu comme le fondateur des l’Ordre des Prêcheurs ou Dominicains (v. 6 août) ; Manés suivit son frère (v. 30 juillet).

A ses enfants comme à tous ses domestiques, elle transmit sa foi, sa tendresse maternelle, son amour du prochain, sa douceur.

Pendant que Felix participait à une guerre, Juana vida tous les tonneaux de sa cave pour donner du vin aux pauvres ; au retour de Felix, elle pria Dieu de remplir ces tonneaux, de sorte que Felix ne s’aperçut de rien.

Elle mourut vers 1205 et le Martyrologe la commémore le 2 août, son culte ayant été approuvé en 1828.

Son époux Felix est considéré comme vénérable. On ne sait pas de quelle guerre il s’agissait plus haut, mais on sait que Felix n’aimait pas les armes, cherchait la paix et administrait ses biens avec grande sagesse, plein de bonté pour les siens.

Baltasar Torrero Béjar

1865-1936

 

Baltasar Torrero Béjar naquit en 1865 à Villafranca (Cordoue, Espagne S).

Ce pieux laïc témoigna courageusement de sa foi jusqu’à la fin de sa vie.

Son martyre eut lieu le 2 août 1936.

Baltasar Torrero Béjar sera béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 2 août.

 

 

Ceferino Giménez Malla

 

voir au 8 août

 

 

Fernando Olmedo Reguera

1873-1936

 

Fernando vit le jour le 10 janvier 1873 à Santiago de Compostela (La Coruña, Espagne).

Il était avocat de profession.

Entré chez les Capucins en 1901, il porta le nom de Fernando.

Il fit la profession en 1902 et fut ordonné prêtre en 1904.

L’ancien avocat devint alors secrétaire à la Curie générale de Rome, puis secrétaire provincial pour la Castille à partir de 1922.

Prévoyant le jour où il pourrait être martyrisé, il avait dit : Que c’est beau, le martyre ! Si seulement Dieu me donnait quelque chose d’aussi grand !

Il fut arrêté le 1er août 1936.

Il reçut la palme du martyre à la caserne de la Montaña (Madrid) le 2 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Felipe de Jésus Munárriz Azcona

1875-1936

 

Felipe vit le jour le 4 février 1875 à Allo (Navarre, Espagne).

Il eut deux frères, également clarétains, Julián et Saturnino.

Les parents ayant déménagé à Barcelone, Felipe entra au collège des Clarétains à Barbastro, et fit son noviciat à Cervera et Santo Domingo de la Calzada (La Rioja). 

Il fut chargé de la formation des séminaristes à Cervera, Barbastro et Alagón, puis fut nommé supérieur à Barcelone, Cartagena, Saragosse et Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Le père Felipe souffrit le martyre le 2 août 1936. Au matin, quand on l’appela, il s’arrangea rapidement et voulait remettre sa soutane. Le gardien perdit patience : Dépêchez-vous, on vous attend - Je pourrai tout de même me mettre la soutane - Là où on va, vous n’en aurez pas besoin. 

Il a été béatifié en 1992.

 

 

Leoncio Pérez Ramos

1875-1936

 

Leoncio vit le jour le 12 septembre 1875 à Muro de Aguas (La Rioja, Espagne).

Il entra au collège des Clarétains à Alagón, et fit son noviciat à Cervera et Santo Domingo de la Calzada (La Rioja). 

Il fut ordonné prêtre en 1901.

Il fut supérieur et économe à Olesa de Montserrat, Aranda de Duero, Barcelone, Tarragone, Lleida, Játiva, Alagón et Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Le père Leoncio souffrit le martyre le 2 août 1936.

Il a été béatifié en 1992.

 

 

Juan Díaz Nosti

1880-1936

 

Juan vit le jour le 17 février 1880 à Oviedo (Asturies, Espagne).

Une fois que ses parents vinrent s’intaller à Barcelone, il connut les Clarétains et allait devenir le premier asturien de cette congrégation.

Entré au collège des Clarétains à Barbastro, il fit le noviciat à Cervera et Alagón. 

Il enseigna la morale à Alagón et Aranda de Duero, puis fut supérieur à Calatayud.

En 1936, il était professeur de morale à Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Le père Juan souffrit le martyre le 2 août 1936.

Il a été béatifié en 1992.

Francisco Calvo Burillo

1881-1936

 

Francisco était la bonté même.

Il était né le 21 novembre 1881 à Híjar (Teruel, Espagne).

Entré à quinze ans au couvent de la Coruña (San José de Padrón) dans l’Ordre dominicain,  il y fit les études de philosophie, qu’il continua à Corias (Asturies).

Ordonné prêtre en 1905, il complèta sa licence de philosophie à Barcelone.

Il fut envoyé enseigner à Oviedo : c’était un excellent professeur et écrivain.

A partir de 1912, il fut un des plus enthousiastes à restaurer la Province dominicaine d’Aragón.

Il profitait d’habitude de l’été pour soulager un peu sa mauvaise santé, en allant se reposer chez sa mère.

Lors de la révolution en juillet 1936, il fut arrêté au soir du 1er août et détenu sans pitié. En quittant sa mère, il lui dit : Ton fils à l’agonie. De la prison, il lui écrivit encore : Ma très chère Maman, adieu, prie pour moi ! Nous nous reverrons au ciel. Pardonne-moi ! Tout ce que j’ai, appartient à l’Ordre {dominicain}. Donne mon repas aux pauvres. Ton fils en agonie qui t’embrasse. Frère Quico.

Il signait Quico. On l’appelait amicalement aussi Paco.

Son agonie dura douze heures.

Malade, pouvant difficilement se déplacer, les miliciens le bousculèrent à coups de pieds et de crosses de fusils, au milieu des insultes, des injures, des blasphèmes, tandis que le Religieux priait à haute voix le chapelet.

Parvenu au lieu du martyre, le père demanda de pouvoir achever le chapelet, affirmant qu’il pardonnait et donnait sa bénédiction à tous, et voulant mourir debout en face de ses bourreaux. Curieusement, on le lui accorda.

Ayant achevé sa prière, il se mit le chapelet entre les dents, ouvrit les bras en croix, et dit : Maintenant, vous pouvez tirer. Une violente décharge l’abattit.

C’était le 1er (ou plutôt le 2) août 1936. Certaines sources indiquent le 21 août, mais le Martyrologe retient, ainsi qu’une source dominicaine, le 2 août.

Il a été béatifié en 2001.

 

 

Miguel Amaro Rodríguez

1883-1936

 

Miguel vint au monde le 8 mai 1883 à El Romeral (Tolède, Espagne), le jour où l’on fêtait l’apparition de l’Archange saint Michel au Monte Gargano.

Il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre.

En 1936, il était recteur du séminaire de León.

Il reçut la palme du martyre à Tolède le 2 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Francesc Company Torrellas

1886-1936

 

Les archives diocésaines ne nous donnent pas beaucoup de détails sur l’enfance des prêtres, comme dans le cas de Francesc, mais leur exemple sacerdotal comble ce vide et nous élève très haut dans la contemplation de l’Amour de Dieu.

Francesc était né le 23 octobre 1886 à Rocallaura (Urgell), de Ramon et Antónia, qui le firent baptiser dès le lendemain.

Il avait (au moins) deux sœurs, dont une deviendrait carmélite.

Après sa préparation au séminaire, Francesc fut ordonné prêtre en 1914.

C’était un prêtre très studieux et travailleur ; il pouvait passer une nuit à lire La Croix (le journal espagnol La Cruz). Aussi fut-il envoyé à Rome pour passer le doctorat.

Pieux, généreux, il ne pouvait refuser ce qu’on lui demandait, il donnait jusqu’à manquer lui-même.

Il fut nommé professeur au séminaire, et vicaire à la cathédrale.

Il vivait chez sa sœur célibataire, Benvinguda (Bienvenue).

En juillet 1936, il ne se fit aucune illusion sur ce qui se passait et qui allait lui arriver. Sans tarder, il recueillit chez sa sœur trois religieuses carmélites, dont sa propre sœur, confiant seulement en la Providence.

Au soir du 21 juillet, il alla à la cathédrale retirer le Saint-Sacrement, grâce auquel il put donner chaque jour la communion aux Religieuses ainsi qu’à quelques voisins, parmi lesquels un autre prêtre, don Francesc Cartañà Murià, qui allait aussi verser son sang pour le Christ.

Le 23, il célébra encore la Messe, ce devait être la dernière fois.

Ce jour-là, un autre chanoine, don Albaigés (voir au 20 août) fut arrêté par les miliciens tandis qu’il portait un ciboire avec les Saintes Hosties. Ceci impressionna beaucoup don Francesc, qui attendait son heure en se remettant à la volonté de Dieu.

Le 24 juillet, il y eut une première perquisition chez sa sœur. Parmi les miliciens, se trouvait un garçon de quatorze ans, qui demanda un escabeau pour aller inspecter au-dessus d’une armoire. Mademoiselle Benvinguda alors lui glissa à l’oreille de ne pas le faire, qu’il y avait là le Saint-Sacrement, et de ne rien dire. Don Francesc aussi s’avança, pour empêcher le garçon de monter. Tout cela commença à attirer l’attention des autres miliciens. Alors, le prêtre leur fit à tous une petite exhortation pleine de bonté, tellement convaincante, que l’un d’eux reconnut sur place être responsable de la mort du premier prêtre martyrisé à Tarragona ; non seulement : ils conservèrent de l’amitié pour toute cette famille religieuse et la laissèrent tranquille.

Le 2 août, fête de la Portioncule, le prêtre invita tout le monde à gagner l’indulgence liée à cette fête. Les deux prêtres se confessèrent l’un à l’autre. Don Cartañà était fortement déprimé ; notre Francesc l’exhorta fraternellement : Regarde, nous nous sommes confessés. N’aie pas peur : si nous acceptons notre martyre pour Dieu, notre sang effacera tous nos péchés. Mettons-nous dans les mains de Dieu et acceptons ses desseins avec amour.

Vers neuf heures du soir, une autre patrouille de miliciens vint fouiller et, avec blasphèmes et autres grossièretés, s’emparèrent de don Francesc, qui les suivit en silence sans opposer la moindre résistance. Un taxi les attendait. On resta là encore deux heures, jusqu’à l’arrestation de l’autre don Francesc. On partit alors en direction du cimetière, à l’Oliva.

Là, don Company demanda une minute pour prier. Chante aussi, si tu veux, lui lança un milicien en se moquant de lui. Le prêtre s’agenouilla et, les bras en croix, chanta le Credo. Tandis qu’il chantait, les miliciens lui tirèrent dans les mains, dans les bras, dans les pieds, dans les jambes. Le prêtre continua de chanter pendant qu’il perdait tout son sang ; il agonisa longuement, dans un long martyre, jusqu’à mourir, complètement exsangue.

Plus tard, les assassins eux-mêmes reconnurent que don Company leur semblait être l’incarnation des Commandements de Dieu.

Don Francesc Company mourut au soir du 2 août 1936, et fut béatifié en 2013.

 

 

Martí Anglès Oliveras

1887-1936

 

Martí était né le 1er octobre 1887 à Sentmenat (Barcelone, Catalogne, Espagne).

Entré chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lassalliens), il prit le nom de Victori.

Il fut envoyé à Sant Hipòlit de Voltregà puis à Manlleu.

Martyrisé à Pruit (Barcelone) le 2 août 1936, il fut béatifié en 2007.

 

 

Antonio Mohedano Larriva

1894-1936

 

Antonio Mohedano Larriva (ou de la Riva) vint au jour le 14 septembre 1894 à Cordoue, un des six enfants d’une famille aisée.

Après ses études à l’école statale, il entra au collège salésien de Cordoue (1904), et demanda son admission dans la congrégation.

Il commença à Écija comme aspirant (1909), fut novice à San José del Valle et fit la profession en 1914 ; après la philosophie, il fit le triennat pédagogique à Séville (1916-1919), où son travail excessif le rendit malade. 

Après une période de repos, il passa à Ronda (Málaga) pour la théologie, et fut ordonné prêtre en 1925.

Il resta là jusqu’en 1933 comme catéchiste irremplaçable, et comme directeur jusqu’en 1936.

Avant que les membres de sa communauté fussent arrêtés et conduits au martyre, il s’ingénia à les mettre en sûreté, parfois au risque de sa vie. Quand il devint impossible d’échapper aux continuelles poursuites, il fut le dernier de sa communauté à mourir pour le Christ, le 2 août 1936.

Don Antonio fut béatifié en 2007.

 

 

Leoncio Pérez Nebreda

1895-1936

 

Leoncio vit le jour le 18 mars 1895 à Villarmentero (Burgos, Espagne), fils unique de José et Engracia, de fidèles chrétiens qui priaient chaque jour le chapelet. 

Le papa, travailleur infatigable, orienta son fils vers les études et fut très content de le voir appelé dans les Ordres. La maman, malgré beaucoup d’ennuis de santé, ne se plaignait jamais. Elle fit une mort édifiante.

Ce fut donc un foyer très chrétien, où le garçon allait pleinement s’épanouir.

Il fut baptisé le lendemain de sa naissance, 19 mars, où l’on fêtait alors un saint Leoncio, évêque et martyr, dont il reçut le nom. Il fut confirmé deux ans après.

Leoncio eut cependant à la naissance une malformation à la jambe droite, qui le laissa boîteux toute sa vie. 

Il fut très brillant dès l’école primaire, et reçut un solennel diplôme en 1905 pour ses notes excellentes «en doctrine chrétienne, arithmétique, géographie et autres disciplines». Il avait une mémoire prodigieuse.

Il poursuivit ses études, non moins brillantes, à Tardajos, puis à la Casa de Arcos de la Llana. A seize ans, il entra chez les pères Vincentiens (de la congrégation de la Mission, fondée par saint Vincent de Paul, voir au 27 septembre), à Madrid.

En 1914, il fit la profession solennelle.

Il fut ordonné prêtre en 1922 et envoyé au collège de Teruel, pendant quatorze ans, au terme desquels il fut envoyé à Alcorisa (1935).

Lorsque la maison dut être évacuée en juillet 1936, il se réfugia le 28 juillet à la Masía de las Palomas ; le 29 il revint célébrer la messe au collège d’Alcorisa avec des Confrères.

Des miliciens arrivèrent en trombe, obligeant de nouveau les Religieux à fuir.

Le soir, Leoncio était à la Masía de Ariño (Las Lomas) ; le 30 à deux heures du matin, à la Masía de los Failes ; le 31 à la Masía de la Mascarada ; le dimanche 2 août, près de Obón.

N’en pouvant plus de marcher, avec sa pauvre jambe, il assista à la première messe matinale de la paroisse, demanda à se confesser au curé, et rejoignit Oliete. Exténué, assoiffé, il demanda à boire ; c’est la personne qui parla avec lui qui put témoigner un peu de la suite des événements.

Peu après, un habitant (marxiste) s’approcha, le reconnut comme prêtre et le trahit : feignant de le conduire en sûreté, il l’emmena dans un lieu écarté, l’assomma en le frappant à la tête et à la nuque, puis en le lapidant avec des pierres de l’endroit.

Don Leoncio fut ainsi martyrisé vers midi, à Las Planas de Oliete (Teruel) le 2 août 1936 

Le lendemain, l’assassin se vantait d’avoir vu tomber un gros oiseau ; plus tard, il disparut totalement du territoire.

Leoncio fut béatifié en 2013.

 

 

Francisco Tomás Serer

1911-1936

 

Francisco vint au monde le 11 octobre 1911 à Alcalalí (Alicante, Espagne).

Après l’école communale, il entra au séminaire des Tertiaires Capucins Amigoniens de Godella, puis passa au noviciat.

En 1928 il émit les premiers vœux, et en 1933 les perpétuels. En 1934, il fut ordonné prêtre.

Sa courte vie sacerdotale sera consacrée au service de la jeunesse en difficulté.

En 1935, il fit un voyage d’études en France et en Belgique, pour consolider les bases pédagogiques de son travail, puis il commença les études de médecine à Madrid.

Lors des événements de 1936, il se réfugia chez un ami ; le soir du 2 août, il attendait la venue de son Supérieur et, ne le voyant pas arriver, se risqua à sortir dans la rue. Le Supérieur resta invisible.

Mais au matin du 3 août, on retrouva le cadavre du père Francisco sous les murs d’un établissement de Madrid.

Du père Francisco, on disait qu’il était bien tenu, fin, doux et très courtois. Prudent, il parlait peu, mais à bon escient. Les Supérieurs mettaient beaucoup d’espérance en ce jeune prêtre.

On retient comme date de son martyre le 2 août 1936.

Le père Francisco fut béatifié en 2001.

Giustino Maria Russolillo

1891-1955

 

Giustino naquit le 18 janvier 1891 à Pianura (Naples, Italie), d’un père maçon, Luigi, et de Giuseppina Simpatia.

Il fit des études à l’école tenue par ses tantes paternelles, puis au petit séminaire de Pozzuoli, avant d’entrer au grand séminaire de Naples.

Ordonné prêtre en 1913, il fonda la Société des Divines Vocations, dont le projet mûrissait déjà dans sa tête pendant le séminaire.

Plein de zèle pour la catéchèse auprès des enfants, il essaya de réunir quelques jeunes dans une sorte de vie commune, mais l’évêque ne lui permit pas de continuer.

Vint la Première guerre mondiale, durant laquelle il servit dans les services infirmiers.

De retour à Pianura, en 1919, il put faire reconnaître la Pieuse Union des Divines Vocations, qui accueillait les jeunes filles, sous la direction de Rachela Marrone.

En 1920, l’évêque permit la reprise de la vie commune des jeunes garçons, dans le presbytère du père Russolillo, devenu curé de San Giorgio.

Les deux branches de l’Institut prirent vite de l’essor. L’évêque signa le décret d’érection canonique en 1927.

Bientôt furent ouvertes d’autres maisons de Vocationistes, y compris jusqu’en Océanie.

Des suspicions provoquèrent deux visites canoniques en 1941 et en 1945, qui aboutirent enfin à l’approbation pontificale en 1948.

Le «mot d’ordre» de don Giustino était : Fais-toi saint ! Il voulait dire par là que la sainteté concerne tous les chrétiens, quels qu’ils soient, et non seulement quelques catégories de privilégiés.

Il mourut en odeur de sainteté le 2 août 1955, toujours à Pianura.

Giustino Maria Russolillo a été béatifié en 2011.

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31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 23:00

AOUT

 

01 AOUT

 

-II.        

SS Frères Maccabées et leur mère, cf. M 7, avec le vieillard s. Eléazar.

II.        

Ste Sophie, mère des trois sœurs Foi, Espérance et Charité (Pistis, Elpis et Agapé ; en russe : Nadia, Vera et Liouba), qu'elle suivit dans le martyre trois jours après elles ; on la fête aussi le 30 septembre.

       

S Secundinus, martyr à Rome.

IV.        

S Eusebius, évêque à Verceil où il mena avec ses prêtres une vie commune (c'était une nouveauté, qui sera suivie par s. Augustin) ; son anti-arianisme lui valut l'exil (Palestine, Cappadoce, Thébaïde), mais il put regagner sa ville et y mourut ; fêté le 2 août.

SS Léonce, Atte, Alexandre, agriculteurs martyrs à Pergé avec six autres.

S Vère, évêque à Vienne.

S Justin, enfant martyr près de Paris.

S Leus, prêtre à Ferrare.

?        

S Félix, martyr à Gerona.

V.        

S Exsuperius, premier évêque à Bayeux.

S Nectaire, évêque à Vienne.

S Severus de Rustan, prêtre au pays de Bigorre.

VI.        

S Bandry, évêque à Soissons ; exilé en Angleterre, rappelé par le peuple frappé de la peste.

S Arcade, évêque à Bourges.

SS Friardus et Secondellus, ermites à Vindunitta (Besné ?) ; Friard obtint la guérison de ses camarades piqués par des guêpes puis conduisit la vie d'ermite avec le diacre Secondel.

S Kined (Kenned), solitaire gallois.

Ste Almeda, vierge galloise martyre.

VII.        

S Pellegrino, pèlerin de souche irlandaise, mort en Italie centrale ; son corps est conservé justement à San Pellegrino.

S Ionatus, abbé à Marchiennes.

VIII.        

Ste Marie la Consolatrice, vierge à Vérone, sœur de l'évêque s. Annon.

X.        

S Ethelwold, moine à Glastonbury puis évêque à Winchester, grand restaurateur de la vie monastique, avec s. Dunstan et s. Oswald.

XI.      

Bx Rodolphe, abbé, et Albert, cellerier et prieur, à Vallombreuse.

XIV.        

B Emericus de Quart, évêque à Aoste.

B Giovanni Bufalari, augustin à Rieti, frère de la bse Lucia di Amelia.

XVI.        

S Pierre Favre (ou Lefèvre), savoyard, un des sept premiers jésuites, canonisé en 2013.

XVII.    

B Thomas Welbourne, laïc anglais, martyr à York.

B Martinus Gómez Tozaemon, laïc japonais tertiaire franciscain, martyr (le 27 août au Martyrologe).

XVIII.    

S Alfonso de’ Liguori, juriste napolitain, puis prêtre et fondateur des Rédemptoristes, voués aux missions populaires, évêque à Naples, auteur d'ouvrages de théologie morale, pour lesquels il sera proclamé Docteur, et patron des confesseurs et des moralistes.

XIX.        

SS Bênadô Võ Văn Duê et Đaminh Nguyễn Văn Hạnh, dominicain, prêtres, martyrs tonkinois, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

S Pierre Julien Eymard, prêtre de la Société de Marie, fondateur de deux Sociétés religieuses pour développer le culte au Saint-Sacrement ; fêté le 2 août.

XX.        

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2001 :

Capucins Amigoniens : à Madrid, le prêtre José de Miguel Arahal (Bienvenido-María de Dos Hermanas, *1887) ;

- béatifié en 2007 :

Diocésains : à Toledo, Justino Alarcón de Vera (*1885) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Sebastiá Tarragó Carré (*1879) ;

Hospitaliers : près de Madrid, le profès Benito Iñiguez de Heredia Alzola (Gaudencio, *1882) ;

Frères Maristes : près de Barcelone, Severino Ruiz Hidalgo (*1907) et José Mulet Velilla (José Teófilo, *1917) ;

- béatifiés en 2015 :

Capucins : près de Barcelone, le prêtre Francesc de Paula Soteras Culla (Ráfael María, *1902), et le convers Joan Bonavida Dellá (Félix, *1894) ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : près de Saragosse, Vicente Montserrat Millán (*1904) ;

- béatifiés en 2021 :

Diocésains : près de Grenade, Francisco Morales Valenzuela et José Giménez Reyes (*1877, 1889) ; près de Cordoue, Alfonso Guadix Fuente-Robles, Francisco García Pareja et Juan de la Cruz Herruzo Ruiz (*1872, 1877, 1884) ;

Laïcs : près de Cordoue, Emilio García Pareja (*1881).

B Aleksy Sobaszek (1895-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

B Gerhard Hirschfelder (1907-1942), prêtre allemand martyr à Dachau, béatifié en 2010.

Bses Adela Mardosewicz (Maria-Stella), Jadwiga Karolina Żak (M. Imelda), Anna Kukołowicz (M.Rajmunda), Eleonora Aniela Jóźwik (M.Daniela), Józefa Chrobot (M.Kanuta), Helena Cierpka (M.Gwidona), Julia Rapiej (M.Sergia), Eugenia Mackiewicz (M.Kanizja), Paulina Borowik (M.Felicyta), Leokadia Matuszewska (M.Heliodora), Weronika Narmontowicz (M.Boromea) (*1888, 1892, 1892, 1895, 1896, 1900, 1900, 1903, 1905, 1906, 1916), religieuses polonaises de la Sainte-Famille-de-Nazareth, exécutées par les nazis en 1943 ; elles s'étaient offertes à la place d'otages, béatifiées en 2000.

B Pierre-Lucien Claverie (1938-1996), dominicain, évêque en Oran, martyr, béatifié en 2018.

Les Sept Frères Maccabées et leur mère

2e siècle avant Jésus-Christ

 

Les deux Livres des Maccabées, les plus récents des livres de l’Ancien Testament, tirent leur nom de Judas Maccabée, qui entraîna ses frères de religion dans la lutte contre l’envahisseur pour maintenir la tradition religieuse juive.

C’est dans le deuxième Livre, au chapitre 6, qu’est relaté le martyre du vieillard Eléazar, de quatre-vingt-dix ans (v.24), puis, au chapitre 7, l’histoire des Sept Frères, arrêtés avec leur mère, tous suppliciés horriblement.

Eminemment admirable et digne d’une illustre mémoire fut la mère qui, voyant mourir ses sept fils dans l’espace d’un seul jour, le supporta allègrement en vertu des espérances qu’elle plaçait dans le Seigneur. Elle exhortait chacun d’eux… (2M 7:20-21).

La tradition chrétienne a appelé ces martyrs les sept frères Maccabées et les a tenus en grand honneur, avec des églises à Antioche, à Rome, à Lyon et à Vienne.

Le culte de ces Martyrs semble avoir été universel dans l’Eglise, jusqu’au 5e siècle. Plusieurs Pères composèrent des textes sur eux : Grégoire de Nazianze, Jean Chrysostome, Augustin, Ambroise, Gaudence de Brescia.

En général, on retenait que les reliques se trouvaient d’abord à Antioche de Syrie, mais saint Jérôme les situait à Modin. Différentes sources orientales donnent des noms à ces frères et à leur mère, mais diffèrent entre elles.

Le martyre aurait eu lieu à Antioche de Syrie, d’où les reliques furent transportées à Constantinople, puis à Rome. Elles sont vénérées dans l’église de Saint-Pierre-aux-Liens.

Le Martyrologe commémore le vieillard Eléazar et les Sept Frères avec leur Mère au 1er août.

 

 

Secundinus de Rome

† ?

 

L’actuel Martyrologe mentionne Secundinus, martyr à Rome sur la Via Prænestina au trentième mille, mais à une époque inconnue, sans doute assez ancienne.

L’ancien Martyrologe ne le mentionnait pas.

Saint Secundinus de Rome est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Félix de Gerona

† 304

 

Il existe plusieurs versions concernant Félix.

La plus populaire le fait originaire de Maurétanie (Maroc-Algérie).

Avant la persécution de Dioclétien (303) ou juste après le décret impérial, Félix gagna Gerona (Espagne NE), d’abord pour y prêcher le Christ, ensuite pour rencontrer le préfet Dacianus et tenter de le faire changer d’avis.

Félix endura de longs supplices, au terme desquels il rendit à Dieu son âme.

Un sanctuaire, puis une basilique furent construits à Gerona. On raconte cet événement qui se produisit plus tard : un voleur s’était emparé des précieux ornements de l’église ; un inconnu se présenta et le persuada d’aller à tel endroit où il pourrait vendre ces beaux tissus avec leurs pierres ; le voleur suivit le conseil et, peu après, se retrouva dans la basilique de Gerona, tandis que l’inconnu disparaissait ; c’était sans doute s.Félix.

Des reliques de s.Félix se trouvaient aussi à Narbonne, dans une église que le roi Alaric fit raser, parce qu’elle lui enlevait la vue qu’il avait de son palais ; Alaric en devint aveugle.

Saint Félix de Gerona est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eusebius de Vercelli

283-371

 

Eusebio naquit vers 283 en Sardaigne.

Après le martyre de son père, il vint à Rome avec sa mère et sa jeune sœur.

C’est à Rome qu’il fut ordonné prêtre, puis évêque (345).

Le diocèse de Vercelli (Piémont, Italie nord-ouest) venait d’être fondé et il en fut le premier évêque.

Dans son diocèse, il organisa la vie commune entre les membres du clergé et aurait institué l’Ordre des Chanoines Réguliers de Saint-Augustin.

Il fut en occident le plus chaleureux opposant à l’hérésie d’Arius, dont il appelait les fauteurs les Ariomanites ou fous d’Arius.

Pour sa fidélité à la doctrine, il fut exilé par l’empereur de 355 à 361 et fut relégué en Palestine, puis en Cappadoce et en Egypte méridionale.

Ayant repris son diocèse, il y mourut le 1er (ou le 2) août 371, à quatre-vingt-huit ans.

Sa fête liturgique est au 2 août depuis 1969.

 

 

Exsuperius de Bayeux

340-405

 

Exsuperius aurait été un Romain de famille noble et riche du premier siècle.

Le pape s.Clément (v. 23 novembre) l’aurait envoyé évangéliser le Bessin où, après avoir chassé plusieurs démons, Exsuperius serait devenu le premier évêque de Bayeux.

Les spécialistes restent perplexes devant ces dates : si Exsuperius vivait au premier siècle, les deux ou trois premiers évêques de Bayeux auraient dû mourir plus que centenaires, sauf s’il y eut des évêques que nous ne connaissons pas ou de longues périodes de vacance du siège.

On attribue à Exsuperius la guérison de plusieurs démoniaques, à la vue de quoi se serait converti Regnobert, futur successeur d’Exsuperius.

Exsuperius aurait légué à son Eglise un plat en argent (Missorium), qu’on retrouva en Angleterre en 1729, et disparu depuis (?).

Le nom d’Exsuperius devint, selon les localités : Spire (Corbeil), Dispar (Bretagne), et aussi Spirius, Soupir, Soupierre. Il y eut à Corbeil des reliques de s.Exsuperius, dispersées dans la Seine par les révolutionnaires en 1793.

Saint Exsuperius de Bayeux est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Severus de Rustan

? 500

 

Severus (Sever) devait être un grand propriétaire terrien, héréditaire des biens d’une famille noble de Bigorre (Hautes-Pyrénées).

Il devint prêtre et voulut favoriser les pauvres avec ses amples revenus.

Deux de ses propriétés devinrent des maisons religieuses, à vingt kilomètres l’une de l’autre. Il y célébrait la messe chaque dimanche. Il s’y rendait à cheval ; un jour qu’une branche de néflier lui balaya la figure, il maudit l’arbre, qui sécha ; se reprenant de son impatience, il pria Dieu de faire reverdir l’arbre.

Severus avait l’habitude d’orner ses églises avec des lys. Ceux qu’on mit près de son tombeau se fanèrent, mais reprirent vie à chaque date anniversaire de sa mort, qui advint vers 502. On en parlait encore en 1753.

C’est la maison de Rustan qui devint un monastère bénédictin dès au moins le neuvième siècle. Il fut fermé à la Révolution. Les reliques de s.Severus furent brûlées par les Huguenots en 1573.

Saint Severus de Rustan est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Friardus de Vinduneta

† 570

 

Friardus était le fils de parents très modestes, gallo-romains, et naquit au pays nantais.

Dans sa jeunesse, il cultiva les terres de son père, mais surtout il tranchait au milieu de ses camarades par sa grande piété.

Un jour qu’un essaim de guêpes s’était abattu sur ces jeunes gens, Friardus s’agenouilla, pria et fit un grand signe de croix : l’essaim disparut.

Il se retira sur l’île de Vinduneta, sur la Loire (peut-être Besné), pour y mener la vie d’ermite. Le rejoignirent un abbé, Sabaudus, qui retourna bientôt à son monastère, et un diacre, nommé Secundellus.

Ce dernier crut devoir aller évangéliser les populations proches, mais Friardus sut que c’était une simple tentation diabolique, pour empêcher Secundellus de persévérer dans la prière ; on pourrait appeler cette tentation, activisme : un prétecte apparemment juste nous fait oublier notre vocation principale.

Peu après, Secundellus mourut dans les bras de Friardus.

Quand Friardus fut à son tour parvenu à ses derniers moments, il manda l’évêque s.Felix (v. 8 juin ?) qui, retenu, lui fit répondre de ne pas mourir avant sa venue : Friardus obéit ponctuellement.

Il mourut vers 570.

Saint Friardus de Vinduneta est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ionatus de Marchiennes

† 690

 

Ionatus fut un disciple de s.Amand (v. 6 février).

Il se trouvait au monastère d’Elnone, lorsque s.Amand le nomma abbé du monastère de Marchiennes.

Un autre monastère, de moniales, s’éleva aussi à Marchiennes, que dirigea sainte Rictrude (v. 12 mai).

Un ouvrage sur ses miracles fut publié, que nous ne connaissons malheureusement pas.

Une discussion qui n’est pas encore achevée, présente ce Ionatus comme le Ionas de Bobbio, disciple de s.Colomban (v. 23 novembre). L’argument est celui-ci : au moment où l’on perd de vue Ionas de Bobbio, apparaît Ionatus à Marchiennes, justement quand celui de Bobbio semble s’être déplacé dans le Nord de la Gaule. Intéressant, l’argument ne semble pas cependant être un alibi valable.

Saint Ionatus de Marchiennes est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Æthelwold de Winchester

904-984

 

Né vers 904, fils de haute famille, Æthelwold grandit à la cour du roi Athelstan.

Il reçut la tonsure des mains de s.Elphege l’Ancien (ou Ælfheah le Chauve, v. 12 avril ?) puis entra au monastère de Glastonbury, que gouvernait alors s.Dunstan (v. 19 mai). Il y étudia la grammaire, la métrique, la patristique.

En 954, il fut nommé à son tour abbé à Abingdon, un monastère tombé en grande décomposition et qu’il fallait restaurer. Il y établit la Règle bénédictine.

Il surveilla de près tous les travaux (il reçut un jour une grosse planche qui lui cassa plusieurs côtes) ; lui-même sut fondre deux cloches, et peut-être aussi les tuyaux d’un orgue.

Lui qui avait voulu voyager pour s’instruire de la vie monastique sur le continent, fut contraint par Dunstan et la reine de demeurer sur place ; il envoya un moine à Fleury-sur-Loire dans ce but.

En 963, Æthelwold fut nommé évêque pour le siège de Winchester. Aidé par le roi qui en demanda la permission au pape, il eut l’initiative de remplacer, même manu militari, beaucoup de membres du clergé diocésain par des moines et son exemple fut repris par s.Oswald (v. 29 février) et s.Dunstan.

Æthelwold refonda ainsi plusieurs monastères : Chertsey, Milton, Peterborough, Ely, Thorney, également celui des moniales à Winchester.

Avec s.Dunstan, Æthelwold rédigea une sorte de charte monastique qui devait servir de Règle normative pour tous les monastères d’Angleterre. Les abbayes profitèrent de ce mouvement et formèrent une élite de moines savants, intellectuels, dont plusieurs furent abbé, évêques. On attribue à l’influence d’Æthelwold le magnifique Bénédictionnaire de Saint Æthelwold, qui se trouve actuellement à la British Library.

On s’en doute, des mouvements contestataires se manifestèrent parmi certains moines récalcitrants : on essaya d’empoisonner Æthelwold, inutilement.

Dans le but d’aider la jeunesse, Æthelwold traduisit en anglais des ouvrages latins. Il était toujours souriant, un lion pour les déréglés, une colombe  pour les bons, l’Aigle du Christ et le Père des moines.

Il mourut à Beddington, le 1er août 984.

Saint Æthelweald de Winchester est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

Emericus de Quart

† 1313

 

Emericus (ou aussi Hemericus ou Eymericus, en français Emeric ou Aymeri) de Quart était le deuxième des cinq fils de Jacques II (ou Zacharie), seigneur de Quart (Aoste, Italie NO). Les autres fils furent Jacques III, Aymon (évêque de Genève), Henri (prévôt de la cathédrale d’Aoste) et Guillaume (archidiacre).

Chanoine de la collégiale Saint-Ours, Emericus était sous-diacre vers 1300 et fut probablement ordonné diacre et prêtre en 1300-1301, car il signe comme évêque d’Aoste en 1302.

Son épiscopat fut marqué par l’institution de la fête de la Conception de la Vierge Marie (1311).

Il mourut en 1313, apparemment le 1er septembre, mais le Martyrologe le mentionne au 1er août, rappelant l’austérité de sa vie et son zèle pastoral.

Il fut proclamé bienheureux en 1889.

 

 

Giovanni Bufalari

1318-1336

 

Giovanni, de la noble famille des Bufalari, naquit vers 1318 à Porchiano (Amelia, Ombrie, Italie C, auj. Porchiano del Monte). Sa sœur, Lucia, est mentionnée au Martyrologe le 27 juillet.

Très jeune, il entra dans l’Ordre augustinien et fut envoyé à Rieti.

Un témoignage contemporain affirme : (Giovanni) était simple, humble, toujours joyeux ; manger, boire, il faisait comme tout le monde, ainsi que dans toutes les autres occupations de la vie commune ; irrépréhensible dans ses rapports humains, et vraiment remarquable dans sa vie spirituelle.

Il nourrissait une amitié profonde envers tous les confrères et jamais il n’eut une parole déplacée ; aimable avec tous, surtout avec les malades ; les hôtes de passage, il leur lavait les pieds et leurs vêtements poussiéreux  et leur faisait mille gentillesses.

Envers les prêtres, il avait une attention encore plus grande, par respect pour l’Eucharistie qu’ils célébraient et leur servait la Messe avec grand empressement.

Il aimait aller faire une promenade solitaire dans le jardin, mais il en revenait avec les larmes, triste de contempler d’un côté les fruits, les oiseaux, les arbres qui obéissent à leur Créateur, et de l’autre les hommes à qui est promise la vie éternelle en récompense de leur obéissance, et qui n’obéissent pas au Créateur. 

Quelques jours avant sa mort, on entendit un rossignol qui chantait devant sa fenêtre ; Giovanni commenta le fait en disant que sa fiancée venait l’inviter au paradis. De fait, peu après, alors qu’il servait la Messe, il vit une belle lumière sur l’autel, et après une très brève maladie, s’endormit dans le Seigneur, un 1er août de 1336 environ, à dix-huit ans.

Il y eut tout de suite beaucoup de prodiges miraculeux obtenus par l’intercession de Giovanni, sagement consignés par écrit par les témoins : cent-cinquante pour la première année !

Son culte fut confirmé en 1832, la même année que pour sa sœur Lucia.

 

 

Pierre Favre

1506-1546

 

Pierre vit le jour au Villaret (Savoie) le 13 avril 1506, dans une famille nombreuse, catholique.

On a hésité entre deux formes pour l’orthographe de son nom de famille : Lefèvre ou Favre. La réponse s’impose, puisqu’il signa lui-même Favre et que ce nom s’est maintenu par la suite, comme par exemple pour un certain Jules Favre, un arrière-neveu de notre Saint.

Le garçonnet se montra très précoce. Il savait déjà, à six ou sept ans, tenir de belles prédications comme un petit docteur, disait-on.

Il ne put aller à l’école, à cause de la pauvreté des parents, et il sanglotait en rêvant d’aller à l’école. Ce fut un oncle, Mamert Favre, prieur à la chartreuse du Reposoir, qui le fit envoyer étudier à Thônes puis à La Roche, puis qui lui payera ses études à la Sorbonne. Excellent élève, après avoir épuisé la science de ses maîtres en Savoie, il gagna Paris, à dix-neuf ans. Il restera toujours très reconnaissant envers les Chartreux, avec il restera en contact, par exemple quand il sera à Cologne.

C’est à Paris qu’il partagea la chambre d’un certain François-Xavier (en basque : Pantxoa Xabier, voir au 3 décembre), qui lui fit aussi connaître un non moins célèbre Ignace de Loyola (en espagnol : Iñigo de Loyola, voir au 31 juillet).

Pierre fut très brillant et devint bachelier ès arts. Il aida Iñigo dans ses débuts universitaires parisiens et, l’élève ayant dépassé le maître, Iñigo devint à son tour son maître en choses spirituelles.

Autour d’Ignace se forma un petit groupe, dont le seul français était Pierre. Le premier, il fit les Exercices spirituels proposés par Iñigo, avant son ordination sacerdotale, qu’il reçut en juin 1534.

Il célébra sa première messe le 22 juillet, en la fête de sainte Marie-Madeleine.

La même année, le 15 août, le groupe des Amis dans le Seigneur monta à Montmartre et tous firent trois vœux : de pauvreté, de chasteté, et d’aller en pèlerinage à Jérusalem. Ils devaient se retrouver à Venise en janvier 1537.

Iñigo étant allé se refaire une santé, Pierre, l’unique prêtre du groupe alors, en fut le chef. 

En 1536, Pierre devint maître ès arts. 

On se mit en marche pour Venise à l’automne 1536 ; Iñigo les rejoignit à Venise, mais comme il n’y avait pas de bateau en partance, ils vinrent à Rome, demander sa bénédiction au pape, Paul III. Ensuite, ils exercèrent leur apostolat en Italie du nord.

Un an après, le vœu pour Jérusalem devenait caduc ; on revint voir le pape à Rome. Ce dernier nomma Pierre professeur d’Ecriture sainte à La Sapientia. Puis le pape, toujours Paul III, après avoir approuvé la naissante Compagnie de Jésus, envoya Pierre en Allemagne, auprès du conseiller impérial Ortiz (1540-1541) : il fallait quelqu’un pour diriger les colloques entre catholiques et protestants ; les colloques n’aboutirent pas, mais furent l’occasion pour Pierre de comprendre que le protestantisme gagnait à cause des désordres internes de la société : ignorance religieuse du peuple, immoralité du clergé.

Iñigo l’appelle ensuite en Espagne, où il séjourne quelques mois à Saragosse, Madrid, Ocaña, Tolède, mais le pape le rappelle en Allemagne, qu’il rejoint en totale obéissance, sans même s’arrêter chez les siens en Savoie ; c’est durant ce voyage (1542) que Pierre conquit Petrus Canisius (voir au 21 décembre). Pierre fonda la collège de Cologne, puis visitera Anvers et Louvain.

Puis Iñigo veut l’envoyer au Portugal ; tandis que Pierre manque le bateau à Anvers et doit aussi se faire soigner à Louvain, il apprend que le nonce en Allemagne l’appelle à Cologne. Nouveau dilemme d’obéissance envers le Fondateur et envers le Pape. L’obéissance comme un cadavre le fait rester à Cologne, où il réfute Melanchton et toute une cohorte de luthériens, préservant ainsi le diocèse de l’hérésie.

En 1544, Iñigo parvient à arracher son fils de l’Allemagne pour l’envoyer au Portugal ; Pierre passe par Lisbonne, Evora, Coimbra… puis rejoint l’Espagne (1545), suscitant par sa parole convaincante beaucoup de vocations missionnaires. Les étapes de son voyage en Espagne sont Valladolid, Madrid, Salamanque, Tolède, Alcala, de nouveau Madrid, mais à l’hôpital pour se faire soigner à nouveau.

C’est là que lui parvient un ordre du pape de gagner Trento, pour le concile. En route, il ouvre encore des maisons : Valencia, Gandia, Barcelone.

S’il arrive enfin à Rome, épuisé, c’est pour y mourir dans les bras de Iñigo, le 1er août 1546.

De lui, un des premiers compagnons de Pierre, Simon Rodrigues, écrivit : Il avait une rare et délicieuse douceur de rapports, que je n’ai trouvée chez personne à ce degré. C’était dire la manière charmante qu’avait Pierre de converser et de gagner les cœurs ; il préférait la conversation personnelle aux grands discours solennels dans la chaire des églises. A cela s’ajoutait son intégrité parfaite, qui confirmait sa parole.

Pierre Favre fut béatifié en 1872 (plus exactement, le culte immémorial fut confirmé, ce qui équivalait à une béatification).

En 2013, Pierre Favre reçut la canonisation équipollente, par décision du pape lui-même, sans nouvel examen.

 

Thomas Welbourne

?-1605

 

Thomas était un laïc anglais, né à Kitenbushel dans le Yorkshire nord.

On ne sait de lui presque rien, sauf le plus important : maître d’école catholique, il exhortait ses voisins à embrasser le Catholicisme et fut, pour ce motif, accusé et condamné au même titre que les traîtres.

Thomas Welbourne mourut en martyr à York, le 1er août 1605.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Martinus Gómez Tōzaemon

?-1627

 

C’était un laïc né à Hakata (Japon) à une date non connue.

Il portait une partie de son nom en espagnol, comme bien d’autres Martyrs, mais il était japonais, et très fervent.

Membre du Tiers Ordre franciscain, il fut arrêté avec le père Francisco de Sainte Marie en 1627, au moment où ce dernier allait célébrer la Messe chez Gaspar Vaz (voir les notices correspondantes).

Il était un des hôtes généreux des missionnaires franciscains. 

Il refusa d’apostasier, fut condamné à mort, et décapité le 1er août 1627 à Nagasaki, alors que tous les autres du groupe furent martyrisés le 16 août suivant.

Il fait partie des deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

(Le groupe de ces quinze Martyrs japonais est mentionné le 27 août au Martyrologe).

 

 

Alfonso de’ Liguori

1696-1787

 

Alfonso était l’aîné des huit enfants de la famille de’ Liguori, une très ancienne famille napolitaine.

Une tradition prétend que le bienheureux Francesco de Girolamo (voir au 11 mai) aurait prédit la naissance d’un évêque, qui mourrait à un âge avancé et ferait de grandes choses pour la gloire de Dieu.

Alfonso naquit le 27 septembre 1696 à Marianella (Naples, Italie), de Giuseppe et Anna Maria Caterina Cavalieri, qui lui firent donner une éducation très soignée avec des précepteurs de choix à la maison.

Alfonso étudia sans aucune difficulté les langues et les sciences, ainsi que les arts : latin et grec, français, mathématiques, peinture et musique. En 1708, il entrait déjà à l’université et se diplôma comme docteur en droits civil et ecclésiastique en 1713, à dix-sept ans.

Ses débuts immédiats au barreau furent brillants. Son avenir semblant se dessiner, son père le poussa au mariage, mais un échec cuisant lors d’une plaidoirie fit rentrer le jeune avocat en lui-même et l’orienta vers un changement radical. 

C’était en 1723 : il voulut entrer à l’Oratoire.

Il fallait vaincre la résistance de son père. Sa vie avait tellement changé que beaucoup de relations se détournèrent de lui ; même son père évitait de le rencontrer.

Reçu par l’archevêque de Naples, Alfonso eut la permission d’étudier la théologie à la maison. En 1726, il était ordonné prêtre. Peu auparavant, un excès de travaiil et de pénitences l’amenèrent à l’antichambre de la mort, mais il guérit de façon vraiment inattendue.

La prédication d’Alfonso eut immédiatement un merveilleux succès ; des pécheurs publics se convertirent. Venu incognito se confesser, le père d’Alfonso en ressortit très ému et reconnaissant.

Le récit de toutes les entreprises d’Alfonso sera une trop longue suite d’événements. Alfonso se donna à la prédication populaire, peu à peu entouré de condisciples.

En 1731, à Foggia, après un tremblement de terre, Alfonso prêchait dans la cathédrale, où la foule le vit en lévitation.

En 1732, à partir du Royaume de Naples puis dans toute l’Italie centrale, Alsonse et ses compagnons prêchèrent sans relâche dans les villes et les villages, où les gens des campagnes avaient besoin de recevoir enfin la Parole de Dieu.

Alfonso écrivit aussi beaucoup. Il composa des chants populaires (dont le fameux Tu scendi dalle stelle, que tous les Italiens chantent à Noël).

Ces premières années d’activité aboutirent finalement à la fondation de la Congrégation du Très Saint Rédempteur. Les débuts furent à la fois prometteurs et difficiles : les vocations ne manquaient pas, mais les défections aussi. A partir de l’approbation de Rome, l’institut s’affermit, les vocations affluèrent

En 1762, Alfonso fut nommé évêque à Sant’Agata dei Goti, une charge dont il profita, entre autres, pour venir en aide à la population frappée de famine en 1764. Pour honorer sa charge, il fut contraint de se faire raser proprement, de mettre une soutane neuve, de chausser des souliers neufs (mais qu’il garda jusqu’à sa mort).

Il s’occupa de réformer le séminaire et le clergé. Dans les nominations, il ne s’occupait pas des recommandations, mais du seul mérite du candidat. Il n’hésita pas à exposer quelques remontrances à l’occasion. Pour réformer les monastères de religieuses, il en fonda un de rédemptoristines, qui devaient vivre selon un style plus austère, plus authentiquement monastique.

En 1773-1774, deux maisons s’ouvrirent dans les Etats pontificaux.

Toujours en 1774, tandis qu’on le voyait immobile sur son fauteuil, comme prostré, il fut en même temps présent auprès du pape mourant, pour le réconforter. On appelle cela la bilocation.

Il présenta sa démission en 1774, trop durement frappé par une arthrite qui le courbait de plus en plus, outre qu’il n’entendait et ne voyait presque plus. 

Il se retira dans la maison-mère de sa congrégation, à Nocera de’ Pagani,. Sa retraite fut troublée par une scission à l’intérieur même de la congrégation. Le résultat était en quelque sorte que le Fondateur se trouvait en-dehors de sa propre fondation. L’épreuve fut très douloureuse, mais Alfonso la supporta avec courage, et prédit que les deux rameaux se réuniraient, après sa mort.

Mgr Alfonso de’ Liguori s’éteignit le 1er août 1787.

Comme il l’avait prédit, la recomposition de la congrégation se fit en 1793.

Alfonso fut béatifié en 1816, canonisé en 1839 et proclamé Docteur de l’Eglise en 1871.

Son œuvre est très important. On a de lui une Théologie morale, des Visites au Saint-Sacrement, l’œuvre mariale des Gloires de Marie, et d’autres titres pour les prêtres, pour les religieuses, pour le peuple.

Saint Alfonso fut béatifié en 1816, canonisé en 1839, et proclamé Docteur de l’Eglise en 1871, avec le titre de doctor zelantissimus.

Sa fête liturgique est au 1er août.

Bênadô Võ Văn Duê

1755-1838

 

Bênadô (Bernard) vit le jour en 1755 à Quần Anh (Nam Ɖịnh, Vietnam).

Ce fut un prêtre du vicariat du Tonkin oriental.

Il avait quatre-vingt-trois ans lorsqu’il apprit l’arrestation de son évêque, Mgr Delgado (voir au 12 juillet). Il se fit transporter auprès du Prisonnier, pour mourir avec lui ; il eut bien du mal à obtenir cette «faveur», mais finit par se faire entendre de soldats qui l’emmenèrent. C’était le 3 juin 1838.

Il confessa sa foi avec courage et fut condamné à la décapitation le 23 juin. 

Il fut décapité à Ba Tòa (Nam Ɖịnh) le 1er août 1838.

Béatifié en 1900, il a été canonisé en 1988, cent-cinquante ans après sa mort.

 

 

Đaminh Nguyễn Văn Hạnh

1772-1838

 

Ɖaminh (Dominique) vit le jour en 1772 à Năng A (Nghệ An, Vietnam).

Ce fut un prêtre de l’Ordre dominicain.

Arrêté le 7 juin 1838, il fut terriblement torturé en prison, où on voulait le faire apostasier.

On le condamna à mort, et l’on attendit la confirmation de cette sentence jusqu’à la fin de juillet.

Le père Ɖaminh fut décapité à Ba Tòa (Nam Ɖịnh) le 1er août 1838.

Béatifié en 1900, il a été canonisé en 1988.

 

 

Pierre-Julien Eymard

1811-1868

 

Il naquit le 4 février 1811 à La Mure (Isère), d’un père vendeur d’huile et d’une mère (Marie-Madeleine) très chrétienne. 

Le papa pensait remettre à son fils sa boutique, et s’opposa un certain temps à la vocation de Pierre-Julien. Ce dernier, très jeune, fut attiré par l’église paroissiale et le Saint-Sacrement. Un jour qu’il tendait sa tête en direction du tabernacle, il dit à une de ses grandes sœurs (Marie-Anne) : C’est que j’écoute, et je l’entends mieux d’ici.

Le papa finit par accepter de laisser partir son garçon à Grenoble, où un prêtre s’offrait à lui donner des leçons gratuitement, contre de petits services. 

Puis la maman mourut.

Notre garçon put enfin partir à Marseille chez les Oblats de Marie Immaculée, mais il se mit à l’étude avec un tel acharnement qu’il dut vite revenir à la maison pour se reposer.

Là-dessus, Monsieur Eymard mourut en 1831, et Pierre-Julien entra au Grand séminaire de Grenoble ; il fut ordonné prêtre en 1834.

L’abbé Eymard vécut quelques années de pastorale intense comme vicaire à Chatte, puis comme curé à Monteynard, deux paroisses qui furent toutes renouvelées. Le jeune prêtre avait été marqué par la tendance de l’époque au dolorisme (d’inspiration «janséniste»), mais il comprit un jour, en priant devant le Calvaire de Saint-Romans, que la spiritualité devait s’ouvrir davantage à l’amour gratuit, au don de soi à la Providence, à l’acceptation humble des circonstances, sans recherche volontariste de la souffrance en elle-même.

Pierre-Julien se sentait surtout une âme de Religieux ; il obtint enfin de l’évêque la permission d’entrer au noviciat des Pères Maristes, en 1839. Cette jeune congrégation mariale avait été fondée par le père Colin. Pierre-Julien, qui était déjà prêtre, y fit un noviciat «abrégé», et émit les vœux religieux dès l’année suivante. 

Ses supérieurs, ayant remarqué ses qualités d’organisateur, d’éducateur, de prédicateur, le nommèrent diecteur spirituel du collège de Belley (Ain, 1839), puis Provincial pour la France (1844), et Directeur du Tiers-Ordre de Marie (1845) : il organisa fort bien ce dernier en différentes branches, selon les états de vie.

Durant la procession de la Fête-Dieu 1845, Pierre-Julien eut l’inspiration de prêcher Jésus-Christ eucharistique, sous la protection de l’apôtre saint Paul.

Le 21 janvier 1851, pendant qu’il priait dans la basilique Notre-Dame de Fournière à Lyon, il se sentit mystérieusement, dit-il lui-même, fortement impressionné par la pensée de l’état d’abandon spirituel où se trouvaient les prêtres, d’ignorance des laïcs, du peu de dévotion que recevait le Corps du Christ dans le Tabernacle et même des sacrilèges.

De là lui vint l’inspiration, d’abord, de fonder un Tiers-Ordre masculin dévoué à l’adoration réparatrice, lequel allait devenir par la suite une congrégation religieuse proprement dite, consacrée au culte et à l’apostolat de l’Eucharistie. 

En attendant, il fut nommé supérieur du collège de La Seyne-sur-Mer, qu’il redressa de fond en comble ; il parla de son projet, mais le Supérieur des Maristes s’y opposait, n’y voyant pas de lien possible entre cette dévotion eucharistique et le but de la Société de Marie. Le père Eymard demanda, et finit par obtenir d’être relevé de ses vœux. Il partit pour Paris.

La nouvelle congrégation naquit à Paris en 1856, mais après que l’archevêque l’eut d’abord désapprouvée. Il l’approuva séance tenante, cependant, quand Pierre-Julien lui représenta l’important projet de la Première Communion des adultes à Paris. Ce fut le 13 mai 1856.

La communauté se développa très lentement, au milieu de mille péripéties, dans une pauvreté héroïque. Les religieux manquaient tellement du minimum, qu’ils demandaient de l’aide à d’autres congrégations voisines. Ils durent abandonner leur petite demeure pour laisser percer un nouveau boulevard.

Il y eut une branche masculine et une autre féminine. Des maisons s’ouvrirent : Marseille, Angers ; l’œuvre de l’Adoration prit bientôt un essor considérable.

L’approbation papale arriva dès 1863. Le père Eymard, contre sa volonté, fut contraint d’être nommé Supérieur. 

Pierre-Julien avait une autre idée en tête, qui ne put jamais se concrétiser : acquérir le Cénacle de Jérusalem, pour en faire un lieu de culte extraordinaire envers l’Eucharistie. Après des mois d’attentes, ce fut une réponse négative de la part de Rome, que Pierre-Julien accepta dans l’esprit de soumission du Christ envers son Père : Que ta volonté soit faite, non la mienne.

Après quelques autres fondations à Bruxelles, à St Maurice Montcouronne (Essonne), à Nemours (Seine-et-Marne), le père Eymard dut fermer la maison de Nemours, il perdit la confiance des évêques, tomba malade, mais son amour et son zèle pour l’Eucharistie redoublaient encore.

Il confia, peu de jours avant sa mort : Que le diable est mauvais quand il vous bat. Ses soufflets sont secs, comme s’il frappait sur du marbre. C’est qu’il frappe vraiment, et pas seulement d’une manière imaginaire.

Epuisé, amaigri, sans même la force de manger, il reçut l’ordre formel de son médecin d’aller se reposer à La Mure. Arrivé le 21 juillet, il mourut le 1er août 1868, succombant à un accident vasculaire.

Béatifié en 1925, canonisé en 1962, il fut introduit au calendrier romain en 1995 et proclamé Apôtre de l’Eucharistie : sa fête liturgique est au 2 août, puisque l’on fête au 1er août saint Alfonso de’ Liguori.

Les Religieux du Saint-Sacrement sont un millier, dans un peu plus de cent maisons. Les Religieuses sont moins nombreuses et présentes en France et Belgique, en Amérique du Nord, au Vietnam.

Alfonso Guadix Fuente-Robles

1872-1936

 

Alfonso Guadix Fuente-Robles naquit à Montalbán (Cordoue, Espagne S), le 9 décembre 1872.

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 1er août 1936 à Cañete de las Torres (Cordoue).

Alfonso Guadix Fuente-Robles sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 1er août.

 

 

 

Francisco García Pareja

1877-1936

 

Francisco García Pareja naquit à Saragosse (Espagne NE), le 7 juillet 1877.

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 1er août 1936 à Cañete de las Torres (Cordoue).

Francisco García Pareja sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 1er août.

 

 

Francisco Morales Valenzuela

1877-1936

 

Francisco Morales Valenzuela naquit le 22 septembre (novembre ?) 1877 à Alhama de Grenade (Espagne).

Après ses études au séminaire, il fut ordonné prêtre en 1900.

Il fut curé à Beas de Grenade et à Quentar, avant d’être nommé à Alhama de Grenade.

C’est là qu’il fut abattu le 1er août 1936, dans la rue de l’église paroissiale, près de la sacristie, où l’on retrouva son cadavre.

Francisco Morales Valenzuela devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 1er août.

 

 

Sebastià Tarragó Carré

1879-1936

 

Il naquit le 21 juillet 1879 à Vinaixa (Garrigues, Catalogne, Espagne), de Josep et Magdalena, qui le firent baptiser le lendemain.

Il fut ordonné prêtre en 1903.

Il fut curé à Bellmunt (Priorat). Bon prêtre, humble, il était l’ennemi acharné des critiques, au point qu’il trouvait toujours une excuse pour sauver ses fidèles.

Il avait pour le soigner une pieuse femme, Raimunda (Ramona) Abellí, de soixante ans, originaire de Figuera, presque aveugle et qui portait des verres très forts pour voir tout de même quelque chose.

Le 22 juillet, la révolution avait explosé. Le prêtre alla retirer le Saint Sacrement de l’église, observé par les miliciens. Ils lui proposèrent la vie sauve s’il acceptait de se marier avec cette Raimunda. Il répondit avec sainte indignation : Jusqu’à maintenant, j’ai vécu comme un bon prêtre, et c’est comme ça que je veux mourir !

Le 1er août, le comité révolutionnaire de Bellmunt fit venir un taxi de Falset, qu’ils chargèrent d’aller chercher Emili Rull Pedret, un ami de Sebastià, pour convaincre ce dernier d’aller à Vinaixa, son pays natal. Ils proposèrent aussi à Madame Raimunda de la conduire où elle désirait, mais elle répondit qu’elle devait s’occuper de don Sebastià à Vinaixa aussi.

Vers dix heures du matin, ils partirent pour Falset, accompagnés par deux miliciens. De là, après une heure d’attente, ils continuèrent vers la Vilella Alta et Poboleda. En chemin, ils croisèrent une autre voiture, dont ils obligèrent les occupants à repartir sur Poboleda, chercher d’autres volontaires pour fusiller don Sebastià.

Dans un ravin à mi chemin entre Poboleda et Escaladei, après avoir concédé aux deux victimes un quart d’heure pour prier, ils les dépouillèrent, les maltraitèrent avec des propos et des gestes grossiers et sarcastiques et, n’ayant pu obtenir de les faire renoncer à leurs devoirs sacrés, les aspergèrent d’essence et les brûlèrent vifs, en même temps qu’ils les tuaient à coup de balles.

On peut dire que tous deux furent martyrs de la pureté, ce 1er août 1936.

Seul don Sebastià fut béatifié en 2013.

 

 

Emilio García Pareja

1881-1936

 

Emilio García Pareja naquit en 1881.

C’était un laïc imprégné de sa foi et qui la défendit courageusement.

Son martyre eut lieu le 1er août 1936 à Morente (Cordoue).

Emilio García Pareja sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 1er août.

 

 

Benito Iñiguez de Heredia Alzola

1882-1936

 

Benito (Benoît) vit le jour le 16 avril 1882 à Dallo (Ávila, Espagne).

A la suite de son aîné, Alejandro, il entra à dix-sept ans dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et prit le nom de Gaudencio.

Il fut présent en diverses communauté : Ciempozuelos, Carabanchel, Madrid, Barcelone.

A partir de 1914, il fut supérieur à Valencia, Palencia, Málaga, puis économe à San Rafael, Madrid et au sanatorium de Ciempozuelos de 1931 à 1936.

L’établissement ayant été occupé par les éléments révolutionnaires, il fut envoyé à Madrid pour régler quelques achats. Dans le train, il fut arrêté, dérobé de l’argent qu’il portait et mis en prison.

La nuit de ce 1er août 1936, il fut assassiné à Valdemoro avec deux autres ecclésiastiques.

Son frère Alejandro (en religion Mauricio) devait être assassiné à son tour le 28 août suivant à Barcelone.

Frère Gaudencio, ainsi que son frère, furent béatifiés en 2013.

 

 

Juan de la Cruz Herruzo Ruiz

1884-1936

 

Juan de la Cruz Herruzo Ruiz naquit à Obejo (Cordoue, Espagne S), le 24 novembre 1884, jour où l'on fêtait alors s.Jean de la Croix (v.14 décembre), dont il reçut le nom au baptême.

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 1er août 1936 à Alcaracejos (Cordoue).

Juan de la Cruz Herruzo Ruiz sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 1er août.

 

 

Justino Alarcón de Vera

1885-1936

 

Justino vit le jour le 1er août 1885 à Fuensalida et fut baptisé le lendemain. Il fut confirmé en 1889.

En 1898, il entra au Petit séminaire de Tolède, dont il sortit avec les meilleurs résultats.

En 1909-1910, il fut successivement bachelier, licencié et docteur en théologie, pour être ordonné prêtre en 1910.

Il exerça le saint ministère successivement à Escalonilla, Talavera de la Reina (en même temps qu’aumônier des Petites Sœurs des Pauvres), puis aumônier des Ursulines à Tolède.

En 1912, il fut nommé professeur au séminaire, où il resta jusqu’à la fin de ses jours, tout en cumulant la charge de deuxième cérémoniaire à la cathédrale. Au séminaire, il enseignait la Logique, la Métaphysique, la Cosmologie, la Psychologie et la Théologie naturelle.

Il devait avoir encore un peu de temps libre, car il fonda et dirigea le périodique Editorial Católica Toledana, en même temps qu’il collaborait au périodique El Castellano.

Quand se déchaîna la guerre civile de 1936, Tolède fut aux mains des marxistes, qui attaquèrent tout de suite les prêtres. Malgré le danger, don Justino tint à porter sa chère soutane, signe de son appartenance à Dieu et au sacerdoce.

Le 1er août 1936, jour de ses cinquante-et-un ans, à midi, des miliciens vinrent l’arrêter chez lui. Sans résister, il les suivit ; en chemin, on se moquait de lui, on le frappait ; le prêtre ne pouvait presque plus marcher ; conduit au lieu-dit El Tránsito, il fut abattu.

Don Justino fut béatifié en 2007.

 

 

José de Miguel Arahal

1887-1936

 

José naquit à Dos Hermanas (Séville) le 17 juin 1887.

Après l’école primaire, il fréquenta l’école tenue par les pères Capucins de Saint-Herménégilde, où il ressentit la vocation religieuse.

S’étant présenté au couvent de Monte Sión (Torrent), il fut reçu par le Vénérable père Luis Amigó, qui lui dit : Sois le bienvenu, mon fils. C’est ce nom de Bienvenido que José conserva par la suite. Le père Luis Amigò avait opéré une réforme à l’intérieur de l’Ordre Capucin, dont les religieux, appelés Tertiaires Capucins, prirent aussi le nom de Amigoniens. 

En 1905, José-Bienvenido fit la première profession, suivie de la solennelle en 1911.

En 1920, il fut ordonné prêtre.

Il reçut successivement la charge de supérieur des Tertiaires capucins, maître des novices, conseiller et vicaire général, enfin, de 1927 à 1932, général de la congrégation entière.

Il s’employa à renforcer l’appel aux vocations, l’étude des Religieux, l’ouverture au monde d’Amérique du Sud. Il transmettait sa dévotion au Saint Sacrement, au Sacré-Cœur.

La révolution de 1936 le trouva à Madrid, à l’école de Santa-Rita. Il fut le dernier à la quitter, avec son habit religieux.

Le 31 juillet, des miliciens le forcèrent à remettre les fonds déposés à la Banque de Biscaye et à la Banque d’Espagne. Ensuite, ils lui retirèrent son repas et l’emmenèrent avec violence à la Pradera de San Isidro, où ils le fusillèrent. C’était le 1er août 1936.

Il a été béatifié en 2001.

 

 

José Giménez Reyes

1889-1936

 

José Giménez Reyes naquit le 20 septembre 1889 à Santafé (Grenade, Espagne).

Entré au Petit séminaire en 1902, il fut ordonné prêtre en 1915.

Après diverses paroisses, il fut nommé vicaire à Sainte-Catherine de Loja et administrateur de Riofrío

Il fut abattu au cimetière de Loja, le 1er août 1936.

José Giménez Reyes devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 1er août.

 

 

Joan Bonavida Dellá

1894-1936

 

Joan était né le 2 avril 1894 à Tortosa (Tarragona, Catalogne, Espagne).

Le 22 janvier 1925, il prit l’habit des Capucins. Après le noviciat, il prit à la profession le nom de Félix, comme frère convers ; il fit la profession solennelle l’année suivante, comme frère convers.

A Olot, il fut jardinier et quêteur. A Sarrià, il fut de nouveau quêteur, restant au service du père Provincial.

Le 19 juillet 1936, quand éclatèrent les émeutes révolutionnaires, il était à Tordera, toujours occupé à demander l’aumône pour son couvent. Il resta à l’abri dans une famille d’accueil.

Quand les communications furent apparemment rétablies, il décida de partir pour Arenys de Mar, mais à la gare, il ne put passer inaperçu, par son comportement aimable et réservé. On l’arrêta, Félix n’opposa aucune résistance.

On le fit monter dans un camion pour aller le fusiller avec le curé de l’endroit (qui fait très probablement partie d’une autre cause de béatification).

Félix reçut la palme du martyre, à Palafolls (Barcelone), le 1er août 1936.

Il a été béatifié en 2015.

 

 

Francesc de Paula Soteras Culla

1902-1936

 

Francesc de Paula était né le 12 avril 1902 à Mataró (Barcelone, Catalogne, Espagne).

Tout petit, il entendit l’appel au sacerdoce. Ayant rencontré le père Pio d’Igualada, il demanda à entrer au collège séraphique, à dix ans.

De là, il passa au noviciat de Manresa et prit l’habit en 1917 avec le nom de Ráfael María.

Au terme de sa préparation, il reçut le sacerdoce en 1925.

Il fut professeur de philosophie et directeur du collège de philosophie ; puis, au chapitre de 1933, il fut nommé secrétaire provincial et archiviste.

On le décrivait comme un Religieux très intègre, d’intentions droites, profondément surnaturel et particulièrement obéissant.

Il fut surpris dans le train de Sarrià : apprenant qu’il était Religieux, on l’arrêta et on le fusilla.

Ráfael María reçut la palme du martyre à Vallvidrera (Barcelone), le 1er août 1936.

Il a été béatifié en 2015.

 

Vicente Montserrat Millán
1904-1936

Né le 6 janvier 1904 à Lorca (Murcia), il fut baptisé quatre jours plus tard. Il avait une sœur, Antonia.

En 1914, il entra au Petit séminaire de Murcia, mais passa à celui d’Almería lorsque son père transféra son négoce dans cette ville.

Il fut ordonné prêtre en 1928. En action de grâces pour cette ordination, la mère du jeune prêtre offrit à l’église de Lorca un beau retable pour l’autel de saint Vincent, le saint patron de son fils (sur s.Vincent, v. 22 janvier).

D’abord vicaire à Cantoria, Vicente fut chapelain à Villanueva de Sigena.

Sentant gronder la révolution et la persécution en 1936, il demanda à un Confrère de lui administrer le Sacrement des Malades.

Il se savait menacé. En effet, on l’arrêta au matin du 1. août après la célébration de la Messe, et on l’emmena à La Almolda, où on le fusilla à quatre heures de l’après-midi.

Les restes du Martyr reposent maintenant aux pieds de la statue de s.Vincent, au-dessus du retable d’autel que Madame Montserrat avait offert en 1928.

Martyrisé le 1. août 1936 et béatifié en 2017, le bienheureux Vicente Montserrat Millán sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 1.août.

 

 

Severino Ruiz Hidalgo

1907-1936

 

Severino vit le jour le 5 novembre 1907 à Fuencaliente de Lucio (Burgos, Espagne), de Feliciano et Jacinta, qui eurent sept enfants, dont plusieurs suivirent la voie de la vie consacrée.

Petit, il raconta souvent que la nuit, tandis qu’il priait les trois Je vous salue, Marie au pied de son lit avant de se coucher, la chambre se remplissait d’une lumière merveilleuse ; sa mère, une femme prudente, lui disait de ne pas y faire attention, qu’il devait avoir rêvé, mais le garçonnet protestait gentiment en l’assurant qu’il ne dormait pas, qu’il était bien à genoux et conscient de ce qu’il voyait.

Plus certain encore fut ce trait qu’on rapporta de lui lorsqu’il fut enfant de chœur. Comme souvent cela arrive, certains enfants de chœur s’amusaient en venant «servir la messe» et se dissipaient à l’intérieur de l’église. Severino le leur reprocha : Si c’est pour ça, vous auriez mieux fait de ne pas venir à l’église ; quand on est à la messe, on doit suivre les conseils de notre père et maître {le curé}.

Quand ses frères aînés entrèrent chez les Maristes, il les enviait, mais les parents avaient besoin de lui ; il attendit l’heure pendant onze ans.

Il profita de son service militaire en Afrique pour l’écrire à son père, qui ne lui refusa plus son autorisation. Il put enfin avoir sa place parmi les Frères maristes. 

En 1930, il entra au noviciat de Las Avellanas, et y reçut l’habit l’année suivante. 

En 1932, il fit la profession, avant de passer au scholasticat de Las Avellanas. Il y resta encore en 1933, comme préfet.

En 1935, il fut envoyé au séminaire de Vic (Barcelone), toujours comme préfet.

Il fut apprécié de tous, maîtres et élèves.

L’horizon s’obscurcit en 1936, et le Frère Severino conserva tout son calme. On savait que son plus grand désir était de mourir pour le Christ. Il en reçut la grâce.

Le 1er août 1936, il fut arrêté avec le Frère José Teófilo. Conduits à Palma de Cervelló (Barcelone), on les abattit, tandis qu’ils criaient Vive le Christ Roi.

Ils furent tous deux béatifiés en 2013.

 

 

José Mulet Velilla

1917-1936

 

José vit le jour le 28 juin 1917 à Mazaleón (Saragosse, Espagne), de Miguel et Benita, de bons chrétiens, cultivateurs céréaliers, qui donnèrent naissance ensuite à Melchor.

José fut baptisé le 1er juillet.

Il obéissait sans retard, c’était un travailleur.

En 1928, il entra au séminaire des Frères maristes de Vic (Barcelone).

En 1932, il passa au noviciat de Las Avellanas et reçut l’habit l’année suivante, avec le nom de José Teófilo.

En 1934, il émit les premiers vœux, avant de passer au scholasticat de Las Avellanas.

En 1935, le voilà professeur au séminaire de Vic (Barcelone), où il connut le Frère Severino, préfet depuis peu.

Fidèle et toujours joyeux, il fut apprécié de tous, maîtres et élèves.

Le 1er août 1936 (on lit parfois 30 juillet, sans doute par erreur), il fut arrêté avec le Frère Severino Ruiz Alarcón. Conduits à Palma de Cervelló (Barcelone), ils furent abattus, tandis qu’ils criaient Vive le Christ Roi. Frère José Teófilo venait d’avoir dix-neuf ans.

Ces deux Frères maristes furent béatifiés en 2013.

Aleksy Sobaszek

1895-1942

 

Né à Przygodzice (Pologne) le 17 juillet (août ?) 1895, Aleksy était le fils d’un simple facteur.

Il fréquenta l’Ecole Royale d’Ostrow et reçut le diplôme en 1914.

Puis il entra au séminaire, et étudia à Freising, Poznań et Gniezno.

Ordonné prêtre en 1919, il exerça le saint ministère à Wągrowiec, Słupy, Gniezno, Rogożno,  tout en étant préfet d’études aux écoles, avant d’être nommé curé à Siedlemin. En même temps, ce prêtre très actif préparait d’autres spécialisations en philosophie et en pédagogie à Poznań.

Devant l’invasion des troupes nazies, il eut un premier réflexe de fuir ; après trois semaines, il revint et demanda publiquement pardon.

Il continua son ministère courageusement pendant deux ans. Arrêté le 6 octobre 1941, il fut emmené à Dachau, où il succomba à la suite des tortures et autres mauvais traitements reçus, le 1er août 1942.

Il a été béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais du régime nazi, en 1999.

 

 

Gerhard Hirschfelder

1907-1942

 

Né le 17 février 1907 à Glatz en Silésie (Klodzko en Dolnoslaskie dans l’actuelle Pologne), de père inconnu, il fut éduqué chrétiennement et amoureusement par sa mère, Maria Hirschfelder. 

Au terme de ses études à Glatz, il passa son baccalauréat en 1927.

Il eut besoin d’une dispense pour ses études et son ordination, car il était illégitime. Il étudia la philosophie et la théologie à l’université de Breslau (Wroclaw).

Le 31 janvier 1932, il fut ordonné prêtre à Wroclaw (Pologne) pour la partie prussienne de l’archidiocèse de Prague. Sur la photographie de sa première messe, célébrée à Bad Lagenau, il écrivit : Le Christ, notre agneau pascal, est resssucité, Alleluia.

Vicaire à Tscherbeney pendant deux ans, à Grenzeck jusqu’en 1939, puis à Habelschwerdt, il prêchait contre les abus et la violence des Nazis, en particulier en exhortant la jeunesse à rejeter cette idéologie. 

Il montra partout cette joie naturelle, cet enthousiasme communicatif dans les groupes qu’il animait. Il utilisait sa guitare pour accompagner les chants de la jeunesse. Celle-ci se joignait à lui spontanément. Il en vint à proclamer courageusement en pleine homélie : Qui cherche à arracher la foi au Christ du cœur de la jeunesse, est un criminel.

La Gestapo prouva combien il avait raison en l’arrêtant le 1er août 1941, durant une réunion avec la jeunesse.

En prison à Glatz, il écrivit un Chemin de la Croix, et des réflexions sur le sacerdoce, le mariage et la famille. Très souvent revient sous sa plume le terme de “expiation” (Sühne) ; il s’offrait, comme le Christ et en union avec Lui :

Le monde ne peut pas comprendre notre réelle richesse spirituelle, voilà pourquoi le chrétien, et particulièrement le prêtre, peuvent toujours être les hommes les plus heureux : parce que le Christ, pour qui nous vivons, ne peut pas mourir (Unseren wirklichen seelischen Reichtum kann ja die Welt nicht erkennen... und so kann der Christ, besonders der Priester, der immer fröhlichste Mensch sein, weil Christus, für den wir leben, nicht zu töten ist).

Il a été déporté au camp de concentration de Dachau le 15 décembre 1941, sous le matricule 28972.

Dans ce camp s’était formé un groupe issu des prêtres du mouvement de Schönstatt, fondé par Josef Kentenich en 1914, basé sur une spiritualité mariale et dont la devise était Nichts ohne dich. Nichts ohne uns (Rien sans toi. Rien sans nous) ; il s’organisait autour de Josef Fischer, Karl Leisner en fit partie et Gerhard s’y joignit à son tour.

Gerhard Hirschfelder mourut de faim et de pneumonie, un an exactement après son arrestation, le 1er août 1942.

Il a été béatifié en 2010.

Adela Mardosewicz

1888-1943

 

Adela était née le 14 décembre 1888 à Ciasnówka (Nieświez, alors en Pologne, maintenant Njašvim en Biélorussie).

Elle entra en 1910 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, dont le noviciat était à Albano (Italie). Malgré une malformation cardiaque, elle fut admise et fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Stella du Très Saint Sacrement.

Elle fut remarquable pour sa dévotion à l’Eucharistie, pour son zèle auprès de la jeunesse, et de son sens pratique dans la gestion économique.

En 1936, elle fut appelée par l’évêque de Nowogródek, pour gérer l’internat qu’elles y avaient ouvert récemment, ainsi que pour collaborer à la catéchèse paroissiale.

 

En 1939, cet internat fut fermé d’autorité par les Soviétiques ; le couvent restant ouvert, Sœur Maria Stella fut élue supérieure en 1940.

En 1941, nouvelle invasion, mais de la part des Allemands. La Gestapo procéda à l’arrestation des Juifs.

Mère Maria Stella ne cacha pas sa désapprobation et, avec ses Religieuses, se déclara prête à s’offrir à la place des cent-vingt personnes arrêtées en juillet 1943.

Ces otages furent relâchés ou envoyés comme travailleurs du service obligatoire en Allemagne.

Les Religieuses, dont la Mère Maria Stella, furent convoquées au commissariat le 31 juillet. Elles y passèrent la nuit en prière, s’attendant à être à leur tour envoyées aux travaux forcés. En réalité, on les remit à des hommes de la Gestapo qui les fusillèrent à l’aube du 1er août 1943 dans la forêt proche de la ville.

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

Voir les notices :

  • Anna Kukołowicz
  • Eleonora Aniela Jóźwik
  • Eugenia Mackiewicz
  • Helena Cierpka
  • Jadwiga Karolina Żak
  • Józefa Chrobot
  • Julia Rapiej
  • Leokadia Matuszewska
  • Paulina Borowik
  • Weronika Narmontowicz

 

 

Anna Kukołowicz

1892-1943

 

Anna était née le 24 août 1892 à Barvanishki (Vilnius, Pologne, maintenant Lituanie).

Elle entra en 1918 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth à Grodno, puis à Nowogródek à partir de 1934. Elle fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Rajmunda de Jésus et Marie.

Il est vrai qu’elle n’avait pas le tempérament facile et qu’elle fut la cause de quelques malentendus avec les Religieuses ; on oublie que nous avons tous des défauts, les Saints aussi, et il est bon de montrer qu’ils les ont combattu humblement.

Dane le cas de Sœur Rajmunda, celle-ci sut demeurer patiente et gentille avec les élèves, qui aimaient venir prier avec elle à la chapelle.

En outre, Sœur Rajmunda souffrait d’arthrite, ce qui ne l’empêcha pas de travailler généreusement au jardin, à la ferme, à l’entretien de l’école.

Au moment de son martyre, elle était à trois semaines de son cinquante-et-unième anniversaire.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Jadwiga Karolina Żak

1892-1943

 

Jadwiga (Hedwige) était née le 27 décembre 1892 à Oświęcim (Małopolskie, Pologne).

Elle entra en 1911 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, dont le noviciat était à Albano (Italie). Elle fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Imelda de Jésus Eucharistie.

Puis elle vint avec la Sœur Adela à Nowogrodku, en 1936, où elle s’occupa de la sacristie et de l’autel. Elle voulait que les surplis fussent aussi propres que les âmes (et l’inverse…). Elle fut enseignante, et surveillante du dortoir.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Eleonora Aniela Jóźwik

1895-1943

 

Eleonora Aniela (Angèle) était née le 25 janvier 1895 à Poizdów (Lubelskie, Pologne).

Sa seule formation fut de fréquenter pendant trois mois une école du soir. Elle savait laver, cuisiner, nettoyer.

Elle entra en 1920 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth à Grodno. Elle fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Daniela de Jésus et Marie Immaculée.

En 1932, elle vint à Nowogrodku, nouvelle sainte Marthe au service de chacun, des Sœurs, de l’aumônier, des élèves.

A côté de la cuisine, elle s’occupa du réfectoire de l’école, montrant un degré élevé de modestie, d’amour pour les enfants pauvres, vivant sans cesse sous la présence de Dieu.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Józefa Chrobot

1896-1943

 

Józefa était née le 22 mai 1896 à Raczyn (Wieluń, Łódzkie, Pologne).

Elle était fiancée, et les bans étaient publiés, lorsqu’elle entendit une voix intérieure qui lui disait que son fiancé était à Grodno et qu’elle allait recevoir une belle robe rouge.

Elle annula alors son mariage et entra en 1921 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth

Elle fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Kanuta de Jésus aux Oliviers.

Dix ans après, elle fut appelée à Nowogrodku. Malgré une mauvaise santé, dont elle ne se plaignit jamais, elle travailla fidèlement à la cuisine.

A partir du déclanchement de la guerre, tous les jours à minuit elle alla à la chapelle se prosterner à terre, les bras en croix, implorant la miséricorde de Dieu sur le monde.

Il lui manquait quelque chose : cette robe rouge que la Voix lui avait promise naguère. L’infirmière lui suggéra de patienter…

Au moment de son martyre, elle vit son habit rougi par le sang.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Helena Cierpka

1900-1943

 

Helena était née le 11 avril 1900 à Granowiec (Odolanów, Wielkopolskie, Pologne).

Elle entra en 1927 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth à Grodno. Elle fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Gwidona de la Miséricorde de Dieu.

Après ses vœux perpétuels (1936), elle vint à Nowogrodnu, où elle montra toute sa joie de travailler à la ferme.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Julia Rapiej

1900-1943

 

Julia était née le 18 août 1900 à Rogożyna (Augustów, Podlaskie, Pologne).

Elle entra en 1922 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, à Grodno. 

Envoyée en 1923 à Philadelphie (Etats-Unis), elle y fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Sergia de la Douloureuse Mère de Dieu.

Elle revint en Pologne en 1933. En quittant l’Amérique, elle dit à sa sœur, qui s’inquiétait sur une possible guerre en Europe, qu’elle n’avait pas peur, ni du martyre, car elle voulait donner sa vie pour Jésus.

A Nowogrodku elle fut assistante à la cuisine, à l’infirmerie, à l’intendance.

Sa dévotion principale allait à la Vierge Marie ; elle rayonnait la paix.

Elle devait recevoir la grâce du martyre peu de jours avant son quarante-troisième anniversaire.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Eugenia Mackiewicz

1903-1943

 

Eugenia était née le 27 novembre 1903 à Suwałki, Podlaskie, Pologne).

Elle avait un frère prêtre, à la mort duquel elle voulut devenir religieuse, à trente-trois ans (1933).

Elle entra dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, dont le noviciat était à Albano (Italie). 

Elle fit la profession solennelle en 1936, avec le nom de Maria Kanizja.

Elle fut enseignante à Kalisz, avant d’être envoyée à Nowogrodku en 1938.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Paulina Borowik

1905-1943

 

Paulina était née le 30 août 1905 à Rudno (Lublin, Lubelskie, Pologne).

Elle entra en 1932 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, à Grodno. 

Elle fit la profession solennelle en 1935, avec le nom de Maria Felicyta, et fut envoyée à Nowogródek.

C’était une Religieuse simple, d’extraction très humble ; elle travailla de tout son cœur à la cuisine.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Leokadia Matuszewska

1906-1943

 

Leokadia était née le 8 février 1906 à Stara Huta (Świecie, Kujawsko-Pomorskie, Pologne).

Elle entra en 1933 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, à Grodno. Elle fit la profession en 1935, avec le nom de Maria Heliodora.

Elle fut envoyée deux ans après à Nowogrodku, où elle fut chargée de l’infirmerie et de la cuisine, transmettant à tous sa joie, en particulier aux enfants qui l’adoraient.

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Weronika Narmontowicz

1916-1943

 

Weronika était née le 18 décembre 1916 à Verjaliski (Hrodzyenskaya, Pologne, actuelle Biélorussie).

Elle entra en 1936 (le 24 décembre) dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth à Grodno. 

Elle fit la profession solennelle en 1939, avec le nom de Maria Boromea et fut envoyée à Nowogródek.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Pierre-Lucien Claverie

1938-1996

 

Né le 8 mai 1938 à Bab-el-Oued (Alger, Algérie), Pierre-Lucien Claverie était d’une famille catholique ; son père était un simple ouvrier.

Il fut actif dans le scoutisme et, après son baccalauréat, vint étudier à Grenoble.

En 1958, il entra chez les Pères Dominicains à Lille et étudia dans leur grand couvent du Saulchoir, en banlieue parisienne (et maintenant fermé).

En 1962 et 1963, sa mère et sa sœur, puis son père, quittèrent l’Algérie. Durant la même période, Pierre-Lucien accomplit son «service militaire», mais, refusant de porter les armes, il travailla dans le milieu de l’aumônerie.

Il reçut le sacerdoce en 1965.

De retour en Algérie, il apprit l’arabe et approfondit l’Islam. En Alger, il dirigea le Centre des Glycines, un institut destiné à initier à la culture islamique des Religieux vivant en Algérie, et aussi fréquenté par de nombreux étudiants algériens. Le père Claverie, quoique de nationalité française, se considérait pleinement algérien.

En 1981, il fut consacré évêque d’Oran. Mais on l’appelait aussi l’évêque des Musulmans, tant il connaissait si bien leur monde et savait dialoguer avec eux.

A partir de la guerre civile de 1992, l’Evêque se sentit de plus en plus menacé, mais refusa de quitter son diocèse. Après l’assassinat des moines de Tibhirine (mai 1996), il fut à son tour assassiné à la porte de son évêché, où il rentrait en compagnie de son chauffeur, un de ses fidèles amis, un jeune Musulman de vingt-et-un ans.

Mgr Claverie aurait été assassiné «parce qu’il en savait trop» sur la mort - officiellement non encore élucidée - des sept moines de Tibhirine.

Mgr Claverie reçut la palme du martyre en Oran (Algérie), le 1er août 1996, le dies natalis où il sera mentionné au Martyrologe.

Il fut béatifié en 2018.

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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 23:00

 

31 JUILLET

 

II.        

S Calimerus, évêque à Milan et martyr.

III.        

S Firmus, évêque à Thagaste ; son ferme refus de trahir et de mentir lui obtint la grâce de celui qu'il cachait chez lui.

?        

SS Democritus, Secundus et Dionysios, martyrs à Synnade de Phrygie.

S Tertullinus, martyr à Rome.

IV.        

S Fabius, soldat martyr à Césarée de Mauritanie.

S Pierre Chrysologue, évêque à Ravenne, où il combattit les saturnales, et Docteur de l'Eglise ; son surnom lui vient de son éloquence ; il est fêté le 30 juillet.

V.        

S Germain, évêque à Auxerre ; grand ascète, il devint comme le frère de son épouse ; ardent opposant des pélagiens en Angleterre, il mourut à Ravenne.

VI.        

S Pierre II, évêque à Ravenne ; il reçut du roi l'ordre de faire reconstruire les synagogues que ses diocésains indisciplinés avaient incendiées.

S Gonselin (Ansolin), évêque à Metz.

S Hymetiére, moine de Condat et fondateur d'un monastère.

IX.        

S Eudocime, à Constantinople, défenseur des saintes images, mort à trente-trois ans.

S Néot, moine à Glastonbury.

XII.        

Ste Elin, veuve suédoise martyre, c'est-à-dire assassinée, vénérée même après la Réforme, à cause d'une eau miraculeuse. 

XIV.        

B Giovanni Colombini, riche drapier siennois et père de deux enfants, ensuite fondateur des Jésuates, à la vie très dépouillée.

XVI.        

S Iñigo de Oñaz de Loyola, soldat espagnol converti à la suite d'une blessure de guerre et fondateur des Jésuites ; ses premiers compagnons furent Pierre Favre, Lainez, Salmeron, Pantxoa Xabier ; il est patron de tous les excercices spirituels.

B Everard Hanse, prêtre anglais martyr à Tyburn.

XVII.    

B Nicolaus Keian Fukunaga, jésuite japonais martyr, béatifié en 2008.

XVIII.    

B Jean-François Jarrige de la Morelie du Breuil, chanoine en Haute-Vienne, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.        

SS Phêrô Đoàn Công Quý, prêtre, et Emmanuel Lê Van Phung, catéchiste, martyrs en Cochinchine, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

S Giustino De Jacobis, évêque à Nilopolis ; il dut partir et mourut dans le désert, épuisé.

Bse Elisabeth Eppinger (Alphonse-Maria), alsacienne, l'Extatique de Niederbronn, mystique et fondatrice des Sœurs du Saint-Sauveur, béatifiée en 2018.

XX.        

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Franciscains Conventuels : près de Barcelone, le prêtre Dioniso Vicente Ramos (*1871) et le profès Francisco Remón Jatíva (*1890) ;

Salésiens : près de Valencia, le profès Jaume Buch Canals (*1889) ;

- béatifiés en 2007 :

Carmes Déchaux : près de Tolède, les prêtres Pedro Jiménez Vallejo (Pedro José des Sacrés-Cœurs), José Grijalvo Medel (Ramón de N.Dame du Carmel, Nazario Del Valle González (N. du Sacré-Cœur) (*1861, 1896, 1901) ; les clercs Luis Gómez de Pablo (Félix de N.Dame du Carmel), José Luis Collado Oliver (Plácido de l'Enfant-Jésus), Melchor Martín Monge (M. de l’Enfant-Jésus) (*1912, 1912, 1914), ; le profès Daniel Mora Nine (D. de la Passion, *1908) ;

Trinitaires : près de Jaén, les prêtres Prudencio Gueréquiz y Guezuraga (P. de la Croix) et Segundo García Cabezas (S. de Sainte-Thérèse (*1883, 1891) ;

Carmélites Missionnaires : près de Barcelone, Teresa Subirá Sanjaume (Esperanza de la Croix), María Roqueta Serra (M. Refuge de Saint-Ange), Francisca Pons Sardá (Gabriela de Saint-Jean-de-la-Croix), Vicenta Achurra Gogenola (Daniela de Saint-Barnabé (*1875, 1878, 1880, 1890) ;

- béatifiés en 2013 :

Capucins : près de Madrid, le prêtre Miguel Francisco González-Díez González-Núñez (Andrés, *1883) ;

Rédemptoristes : à Cuenca, les prêtres Ciriaco Olarte Pérez de Mendiguren et Miguel Goñi Áriz (*1893, 1902) ;

Lasalliens : à Tarragona, Bernabé Núñez Alonso (Alfeo Bernabé) et Alejandro Arraya Caballero (Alejandro Antonio) (*1902, 1908) ;

- béatifiés en 2017 :

Lazaristes : à Valencia, le prêtre Agapito Alcalde Garrido (*1867) ;

Clarétains : à Barcelone, le clerc Adolfo de Esteban Rada (*1912) ;

- béatifiées en 2018 :

Capucines de la Mère du Divin Pasteur : près de Barcelone, Josefa Noguera Manubens (María Auxilio), Ramona Solans Ballesté (Andrea) et María Magdalena Vilanova Alsina (Patrocini) (*1870, 1875, 1877) ;

- béatifiés en 2021 :

Mineurs Franciscains : près de Cordoue, les prêtres Domingo Montoya Elorza et Buenaventura Rodríguez Bollo (*1885, 1895) ; le convers José Roig Llorca (*1871).

Bx Michał Oziębłowski (1900-1942), prêtre mort héroïquement à Dachau, et Franciszek Stryjas (1882-1944), père de famille, martyrs polonais, béatifiés en 1999.

B Pjetër Çuni (1914-1948), prêtre albanais martyr, béatifié en 2016.

Bse Cecília Zdenka Schelingová (1916-1955), dixième de onze enfants, slovaque, des Religieuses de la Sainte-Croix ; infirmière, elle organisa la fuite d'un prêtre hospitalisé à la suite de tortures ; béatifiée en 2003.

B Bernard Casey (Francis Solano, 1870-1957), prêtre capucin américain, béatifié en 2017.

B Marcel Denis (1919-1961), prêtre français des Missions Etrangères de Paris, martyr au Laos, béatifié en 2016.

 

Iñigo de Oñaz de Loyola

1491-1556

 

Ce grand Saint, qu’on nomme habituellement par son nom francisé, Ignace de Loyola, eut une vie vraiment hors du commun. C’est pour en faire ressortir des éléments vraiment peu ordinaires qu’on a résumé ici une Autobiographie, publiée par un de ses plus proches amis à partir des confidences qu’il lui livra.

Loyola est la localité de sa naissance près du château d’Aspeitia, probablement le 23 octobre 1491, dans le pays basque espagnol.

Il était le huitième et dernier enfant d’une famille chrétienne. La jeunesse passa dans une joyeuse légèreté. En 1507, il fut orphelin de père et fut admis comme page à la cour du Contador Mayor Juan Velasquez de Cuellar, trésorier général de la Couronne de Castille, dans la bourgade d'Arevalo.

En 1515, notre jeune chevalier âgé de vingt-quatre ans, connut un petit malheur - un incident, une bêtise…- qui le fit comparaître devant un tribunal, à Pampe

Calimerus de Milan

† 2e ou 3e siècle

 

Calimerus aurait été originaire de Grèce, formé à Rome, converti par les ss.Faustinus et Iovita (v. 15 février). Ou aussi il aurait commencé une carrière militaire avant sa conversion.

S’il est vrai qu’il ait connu la persécution d’Adrien, il aurait vécu au 2e siècle. Mais comme on a proposé qu’il fut évêque vers 270, la conjecture précédente pourrait être discutée.

Calimerus est considéré comme un pourfendeur acharné du paganisme, au point que l’empereur (Adrien ?), irrité des contacts de Calimero jusque dans le palais impérial, le fit assassiner d’un coup de lance dans la tête, puis jeter au fond d’un puits.

Calimerus aurait ainsi été le quatrième évêque de Milan.

Selon la théorie acceptée ou rejetée, Calimerus aurait eu une cinquantaine ou une dizaine d’années d’épiscopat, et serait mort vers 192 ou 280.

Saint Calimerus de Milan est commémoré le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Democritus, Secundus et Dionysios de Synnade

† 2e siècle

 

Les trois Martyrs Democritus, Secundus et Dionysios reçurent la palme du martyre au 2e siècle à Synnade (Phrygie, act. Şuhut, Turquie O).

On ne sait rien en dire d’autre.

Saints Democritus, Secundus et Dionysios de Synnade sont commémorés le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tertullinus de Rome

† 255

 

On sait avec certitude que Tertullinus fut un martyr romain.

L’ancien Martyrologe le situait sous l’empereur Valerianus (253-260), l’actuel au quatrième siècle.

Selon l’ancienne version, Tertullinus était l’intendant d’Olympius ; quoique encore non baptisé, il ensevelit pieusement des Martyrs ; le pape Etienne (v. 2 août) l’apprit, l’appela, lui enseigna la Vérité ; à peine baptisé, Tertullinus fut ordonné prêtre. Deux jours après il fut arrêté.

La tradition raconte que Tertullinus fut d’abord meurtri à coups de bâtons, puis eut les flancs brûlés, le visage meurtri, fut étendu sur le chevalet et déchiré à coups de nerfs de bœuf, enfin décapité.

Saint Tertullinus de Rome est commémoré le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fabius de Maurétanie

† 303

 

Fabius (Fabio en italien) était originaire de Cartenna (auj. Mostaganem, Algérie).

Il était chrétien, et soldat en garnison à Césarée de Maurétanie (auj. Cherchell, Algérie). Il ne faut pas confondre la Maurétanie, ancienne province romaine à l’extrême nord de l’Afrique, et la Mauritanie, l’actuel pays au sud du Maroc. 

Lors d’une festivité, on lui demanda de participer à un cortège, auquel il se jugea en conscience non autorisé à prendre part, en raison de sa foi chrétienne.

Mis en prison pendant quelques jours, il fut soumis par deux fois à un interrogatoire, durant lequel on l’invitait à apostasier, avec des promesses de promotion ; mais Fabius préférait l’unique promotion chrétienne : rejoindre le Christ en versant son sang pour Lui.

Durement torturé, il fut décapité, le 31 juillet 303 ou 304.

Le gouverneur, pour empêcher les Chrétiens d’ensevelir le Martyr, fit jeter à la mer le corps et le chef de Fabius, mais les flots les ramenèrent sur le rivage. Une version sans doute peu authentique raconte que le corps fut dépecé en petits morceaux, jetés à la mer, et que miraculeusement tous ces morceaux se réunirent pour venir aboutir à Cartenna, la ville d’origine de Fabius.

Saint Fabius de Maurétanie est commémoré le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Germanus d’Auxerre

380-448

 

Germanus était de famille distinguée et naquit à Appoigny (Auxerre, Yonne), vers 380. Ses parents s’appelaient Rusticus et Germanilla.

Après ses études en Gaule et à Rome, il fut orateur puis reçut un poste de haut fonctionnaire en Gaule : il était gouverneur à la tête de plusieurs provinces, de l’Aquitaine à la Sénonoise.

Il épousa une certaine Eustachia et s’établit à Auxerre, tout en voyageant beaucoup.

Il est amusant de lire que l’évêque d’Auxerre, s.Amator (v. 1er mai), n’aimait pas beaucoup l’habitude qu’avait Germanus, après ses parties de chasse, d’exhiber les têtes de ses prises en les accrochant à un arbre. L’évêque y voyait une sorte d’idolâtrie, et finit par faire abattre l’arbre en l’absence de Germanus, lequel, à son retour le menaça de mort…

Mais Amator eut une révélation : il revint à Auxerre, rencontra Germanus qu’il amena au Christ et qu’il introduisit dans le clergé. Amator prédit à Germanus qu’il serait son successeur, au grand désarroi de Germanus.

En 418, mourut s.Amator. Un peu comme pour s.Ambroise (v. 7 décembre), on appela unanimement Germanus à succéder à Amator. A contre-cœur, il devint ainsi le sixième évêque d’Auxerre.

Son épouse devint pour lui une sœur. Lui-même vendit tous ses biens et distribua ses richesses aux pauvres ; son ordinaire se constitua désormais d’un pain d’orge qu’il fabriquait lui-même et de quelques légumes sans sel, encore jeûnait-il la moitié du temps ; un peu de vin à Pâques et à Noël. Qu’on juge de la richesse de son vêtement : le simple habit monastique des bénédictins, avec aussi un cilice pour «adoucir» cet habit.

C’est pendant cet épiscopat que séjourna à Auxerre s.Patrice (v. 17 mars).

Du vivant de Germain, des miracles s’accomplirent à sa prière, des guérisons, des délivrances de possédés.

Le zèle et la sainteté de cet évêque-moine le signalèrent opportunément au pape Célestin (v. 27 juillet) et aux évêques de Gaule pour l’envoyer en «Bretagne» (Angleterre), où les évêques locaux avaient besoin d’un «docteur» éloquent pour convaincre d’erreur une foule de partisans du pélagianisme. 

Il parti en 429 avec Lupus de Troyes (v. 29 juillet). A Lutèce, il rencontra une petite fille de dix ans, la future sainte Geneviève (v. 3 janvier). Durant la traversée de la Manche, il calma une tempête déchaînée.

Il n’eut pas de peine à démontrer leur erreur aux pélagianistes, surtout en rendant la vue à une petite fille, que les hérétiques n’avaient pas réussi à guérir. 

Germain ne faisait pas que prêcher : il donna des conseils fort inspirés pour résister à une invasion de Saxons et Pictes, qui s’enfuirent rapidement quand l’armée anglaise se mit à hurler Alleluia !

A son retour, Germain intervint auprès du préfet Auxiliaris, pour obtenir la suppression des impôts exagérés du peuple. Il obtint facilement gain de cause, en guérissant l’épouse du même Auxiliaris.

Vers 445, Germain refit un voyage en Angleterre, cette fois-ci avec s.Severus de Trèves (v. 15 octobre). Il put éliminer les quelques fauteurs d’hérésie qui persévéraient dans l’erreur : ils furent simplement exilés.

Revenu en Gaule, Germain devint diplomate : il intervint en Armorique, où le représentant impérial (Aetius) demandait à un terrible Goar (ou Eocharich) de mâter une rébellion locale. Germain s’approcha de Goar, saisit la bride du cheval, qui s’arrêta net, obligeant Goar à rebrousser chemin.

Germain voulut aller plaider la cause de l’Armorique auprès d’Aetius, qui se trouvait alors à Ravenne. Là, s.Pierre Chrysologue (v. 4 juillet) l’attendait avec tous les honneurs ; Germain y opéra une résurrection.

Il fut cependant averti intérieurement que sa dernière heure arrivait, et mourut le 31 juillet, toujours  à Ravenne.

Son corps fut transporté à Auxerre au milieu de nombreuses manifestations d’honneur, de reconnaissance, de prières et de chants ; des miracles eurent lieu, particulièrement des guérisons de possédés. La procession arriva à Auxerre en octobre.

En 1567, les Huguenots profanèrent les reliques de s.Germain, mais elles furent partiellement retrouvées. 

Plus de cent-vingt localités françaises portent le nom de s.Germain, sans compter les lieux de culte.

Saint Germain d’Auxerre est commémoré le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

Elin de Skövde

12e siècle

 

Elin (Hélène) était de la noblesse suédoise, fille de Jarl Guthorm, née vers 1101 à Västergötland.

De son mariage, elle eut beaucoup d’enfants.

Veuve, elle vécut pieusement, aidant l’Eglise de ses dons. Les églises de Våmb et de Skövde (diocèse de Skara) auraient été construites grâce à ses largesses. C’est à Våmb qu’elle avait sa propriété.

 En 1160, Elin fit le pèlerinage à Jérusalem. Pendant son absence, une de ses filles fut victime de violences conjugales, et le gendre d’Elin fut assassiné par la population. Les parents de l’homme accusèrent Elin à son retour et voulurent se venger sur elle. Elin fut assassinée tandis qu’elle se rendait à l’église de Götene , un 31 juillet ou un 1er août.

Une source d’eau aurait jailli sur le lieu du «martyre».

Sur sa tombe, à Skövde, eurent lieu des miracles et Elin fut canonisée dès 1164. Certaines Eglises protestantes la vénèrent traditionnellement, mais aussi l’Eglise orthodoxe, car la canonisation eut lieu avant le Grand Schisme d’Orient. Mais en dehors du Danemark, le culte de cette sainte Hélène ne s’est guère répandu en occident.

L’église de Skövde a, depuis, été dédiée à sainte Elin et s’appelle Sankta Helena Kyrka

Le Martyrologe la mentionne au 31 juillet.

 

 

Giovanni Colombini

1304-1367

 

Giovanni Colombini vit le jour vers 1304 à Sienne (Toscane, Italie C), fils de Piero, un riche et généreux marchand de laine, qui avait fondé un hôpital, et d’Agnolina.

Peu lettré, il aurait recouvré la charge de gonfaloniere. Il hérita du métier de son père et épousa en 1343 Biagia Cerretani ; naquirent deux enfants, Nicolò et Guccia.

Ce bon bourgeois aimait la vie, cherchait à arrondir son bien et n’était pas ce qu’on appellerait un pilier d’église ; sa bonne épouse priait pour sa conversion.

Et voilà qu’un incident banal provoqua en 1355 un retournement total dans la vie de Giovanni. Il rentra chez lui vers midi et demanda à manger immédiatement, pour repartir incontinent. Pour le faire patienter un instant, son épouse lui mit sous les yeux un livre de Vies de Saints que l’homme ouvrit en bougonnant. La Providence le fit tomber sur la vie de sainte Marie l’Egyptienne (v. 1er avril), une pécheresse publique convertie.

Giovanni reçut cette lecture comme une invitation. Totalement envahi par un esprit nouveau, il se mit à distribuer de larges aumônes, à liquider son commerce, à parler de Jésus. Un de ses amis, Francesco Vincenti, partageait ses idées. Biagia, l’épouse de Giovanni, n’en revenait pas et commentait avec un sourire : Je voulais de la pluie, mais pas un déluge !

Giovanni recueillit un lépreux dans le propre lit conjugal. Quand Biagia voulut y aller voir, il n’y avait plus personne, et la chambre embaumait d’un merveilleux parfum ; Giovanni et Francesco le remarquèrent aussi à leur tour.

Il donna un tiers de sa fortune à un couvent de moniales, Santa Bonda, le reste pour deux hôpitaux, avec toutefois une petite réserve pour Biagia.

Son fils Nicolò étant mort vers 1360, Giovanni confia sa fille Guccia à Santa Bonda ; son ami Francesco Vincenti fit de même avec sa fille en 1363. Biagia mourut en 1371.

Les deux amis se retrouvaient libres de tous liens terrestres. Ils se mirent à prêcher, pieds-nus, vêtus de haillons, invitant leurs auditeurs à tout laisser pour Jésus. Ils eurent des disciples ; ils s’appelèrent les Pauvres du Christ, mais leur habitude de se référer toujours à Jésus les fit appeler les Jésuates. Ce n’était pas un Ordre nouveau, car ils voulaient éviter les rites solennels, pompeux, compliqués ; ils voulaient la pauvreté, la simplicité, la honte même.

La «vêture» se faisait simplement sur la place, où le candidat échangeait ses meilleurs habits pour des loques ; puis on gagnait la cathédrale en chantant. Rien à voir avec une vêture conventuelle, où l’on reçoit un habit bien coupé, correct, dans une salle de chapitre grave, après une allocution de bon goût, devant un cénacle choisi et quelques invités bienveillants. Parfois le candidat se hissait même sur un âne à rebours, la tête tournée vers la queue de la bête, tandis que, nu jusqu’à la ceinture, il était fouetté sur le dos, tout cela pour combattre le respect humain.

Si Giovanni faisait des émules, il suscitait aussi des réactions négatives : toujours, on se méfie des «rénovateurs» ou des «innovateurs» qui vont à contre-courant. Le père de Giovanni abrogea l’héritage qu’il réservait à son fils. Giovanni fut traité de personnage dangereux et exilé de la ville de Sienne. Dieu le permettait pour répandre en d’autres régions cet esprit réformateur. Giovanni parla à Arezzo, Città di Castello, Montalcino, Pise, dans le val d’Arno.

Sur sa parole, on se convertissait, on rendait l’argent volé, on se réconciliait. Un couvent de Dominicains fit un sérieux effort pour supprimer le superflu ; des femmes vinrent à constituer à leur tour un groupe du même esprit, parmi lesquelles la nièce de Giovanni, Caterina, qui fut considérée comme Bienheureuse mais ne se trouve pas dans le Martyrologe.

De bons fruits mûrissaient sur ce bel arbre, mais l’arbre vieillissait.

En 1367, Giovanni vint encore rencontrer le pape à Viterbo, avec ses compagnons. Le pape donna son approbation, et remit aux premiers Jésuates un habit blanc, qui en faisait les pauvres du pape.

Giovanni était ému, heureux, mais désormais l’arbre était trop secoué. Les forces déclinèrent vite. Il reprit le chemin de Sienne, passant le 22 juillet à Bolsena, le 23 à Acquapendente ; le 26 il reçut à genoux le saint Viatique, et expira à San Salvatore sull’Amiata, non loin de Sienne, le 31 juillet 1367.

Son ami Francesco mourut quinze jours plus tard.

Giovanni Colombini ne fut pas officiellement béatifié, mais son nom fut inséré dans le Martyrologe au 16e siècle. Il faillit même être canonisé, mais la mort du pape fit reporter le projet, qui attend toujours.

La branche masculine des Jésuates fut supprimée au 17e siècle.

 

 

Iñigo de Oñaz de Loyola

1491-1556

 

Ce grand Saint, qu’on nomme habituellement par son nom francisé, Ignace de Loyola, eut une vie vraiment hors du commun. C’est pour en faire ressortir des éléments vraiment peu ordinaires qu’on a résumé ici une Autobiographie, publiée par un de ses plus proches amis à partir des confidences qu’il lui livra.

Loyola est la localité de sa naissance près du château d’Aspeitia, probablement le 23 octobre 1491, dans le pays basque espagnol.

Il était le huitième et dernier enfant d’une famille chrétienne. La jeunesse passa dans une joyeuse légèreté. En 1507, il fut orphelin de père et fut admis comme page à la cour du Contador Mayor Juan Velasquez de Cuellar, trésorier général de la Couronne de Castille, dans la bourgade d'Arevalo.

En 1515, notre jeune chevalier âgé de vingt-quatre ans, connut un petit malheur - un incident, une bêtise…- qui le fit comparaître devant un tribunal, à Pampelune, et conduire en prison.

Deux ans après, il y eut le siège de Pampelune par les Français et Ignace fut blessé aux jambes. Mal soigné, il fut reconduit chez lui, de nouveau opéré, et son état empira tellement qu’on le croyait aux portes de la mort. A la veille de la fête de saint Pierre, dont il était très dévôt, il pria intensément et commença à reprendre des forces à partir de minuit. Il se remit, mais exigea des médecins une nouvelle intervention, fort douloureuse, pour lui remettre mieux un os mal placé. Iñigo subit ces trois horribles interventions sans broncher, sinon en serrant les poings.

Par la suite, il ne pouvait s’appuyer sur cette pauvre jambe, de sorte qu’il resta longtemps alité. C’est là qu’il eut l’occasion de lire, entre autres, une Vie du Christ et un autre livre sur la vie des Saints. 

Une nuit, il lui sembla voir une réelle image de la Vierge avec l’Enfant-Jésus, qui lui infusa un remords complet et définitif des plaisirs mondains et charnels qu’il avait eus jusqu’alors.

1522. Il voulait partir à Jérusalem et pour cela, se fit faire un vulgaire habit de toile fort rude à Montserrat, fit une confession qui dura trois jours, et laissa là son épée et son poignard. Il se livrait à sept heures d’oraison quotidienne ! Sa dévotion allait particulièrement à la Sainte Trinité, qu’il imagina sous la figure de trois touches d’orgue ; à la divine Eucharistie, dont il perçut des rayons éclatants dans une vision ; à la divine humanité de Jésus-Christ. Déjà il commençait à rédiger ses Exercices, ou expériences spirituelles et mystiques personnelles.

1523. Il s’embarqua à Barcelone, arriva à Gaète, où il délivra une femme et sa fille des mauvaises intentions de soldats, joignit Rome où il obtint la bénédiction du pape, puis Padoue et Venise. Là, il fut hébergé quelques jours par un homme de bien qui le présenta au Doge. C’est ainsi qu’Iñigo eut la permission de voyager pour Chypre avec le bateau des gouververneurs.

Il put arriver à Jérusalem, avec grande joie, mais on l’obligea à abréger son séjour et il dut repartir plus vite qu’il n’avait prévu. La traversée du retour fut difficile, et même un des bateaux de la flotte sombra, mais celui d’Iñigo accosta dans les Pouilles. Iñigo rejoignit Venise en 1524, puis Gênes, où il retrouva un ami d’autrefois qui l’aida à s’embarquer pour Barcelone.

A Barcelone, il résolut de faire quelques études, pendant deux ans, avant d’être envoyé à Alcalà (1526). Là il parla de ses expériences spirituelles, se fit des amis, ce qui provoqua la curiosité des Inquisiteurs de Tolède. On ne lui trouva aucune erreur dans sa spiritualité, et on lui conseilla seulement de faire teindre ses habits en noir, de se chausser, à quoi il obéissait fidèlement.

Il alla trouver l’évêque de Valladolid, qui lui conseilla d’aller à Salamanque. Il y fut reçu par des Dominicains, qui l’interrogèrent et le firent mettre en prison avec un de ses compagnons, liés ensemble par une chaîne. Puis ils comparurent devant des juges ecclésiastiques, qui ne trouvèrent rien à dire dans sa doctrine. Et comme tous les autres prisonniers avaient réussi à s’enfuir et qu’eux deux seuls étaient restés, on leur accorda tout un palais pour vivre. Puis il résolut d’aller étudier à Paris.

 Il y arriva en 1527 ou 1528. Pour pouvoir vivre et se loger, il suivit le conseil d’un religieux, en allant chaque année travailler environ deux mois dans les Flandres ; une fois il alla en Angleterre, d’où il rapporta davantage.

 A Paris, il étudia et se fit des amis. Parmi ceux-ci, il y en avait quelques-uns particulièrement fidèles, dont le futur saint François Xavier (en basque, il faudrait le prononcer : Pantchoa Chabier) ; il y avait aussi le prêtre Pierre Favre, Jacques Laynez, Alphonse Salmeron, Nicolas Bobadilla, et le portugais Simon Rodriguez. Ils firent à Paris les trois vœux de pauvreté, de chasteté, et de pèlerinage à Jérusalem. Tous ces amis voulaient aller à Jérusalem puis, de retour, demander au Pape de les employer à ce qu’il jugerait le plus utile pour la gloire de Dieu et le bien des âmes. 

Toujours à Paris, Iñigo eut l’occasion de faire examiner avec succès sa méthode des Exercices spirituels. Avant de retrouver ses amis à Venise, Iñigo passa en Espagne, prêchant chaque fois qu’il le pouvait, aux enfants de préférence. Mais les grandes personnes aussi venaient l’écouter de loin. Il fit cesser un abus assez fréquent, à savoir que des jeunes filles s’affichaient publiquement comme compagnes de prêtres. Il passa à Pampelune, Almazan, Sigüenza, Tolède, Valencia, s’embarqua pour Gênes et Bologne, puis gagna Venise.

Ces Compagnons restèrent deux mois à Venise, passèrent à Rome (sauf Iñigo) et revinrent à Venise, mais ne purent s’embarquer pour Jérusalem. Ils s’organisèrent donc pour prêcher partout où ils pourraient. Iñigo vint à Vicenza. Il y eut beaucoup de visions et de consolations. Puis il se prépara à recevoir le sacerdoce à Venise (1537). Il attendra Noël 1538 pour célébrer sa première messe, à Rome, à Sainte-Marie Majeure, où l’on conserve des fragments de la Crêche du Sauveur.

Il est étonnant de voir cet homme, apparemment vagabond, sans domicile fixe, mal vêtu, improvisateur perpétuel, réussir à se faire ordonner prêtre là, à Venise, où il n’était pas habituellement domicilié. D’habitude, les candidats au sacerdoce devaient être reconnus, établis, fournis d’une rente ; rien de tout cela pour ce chevalier de Dieu, visiblement poussé et protégé par la Providence divine.

De Venise, les Compagnons partirent tous à Rome.

1537. Les Compagnons, désormais neuf, commencent de se faire appeler Compagnons de Jésus plutôt que Etudiants de Paris. A Rome, on comprit que le pèlerinage à Jérusalem serait impossible, et le pape leur confia l’apostolat en Italie.

1540 est l’année de la constitution officielle de la Compagnie de Jésus. Elle se développa rapidement. François Xavier gagna les Indes, le Japon et la Chine. 

Iñigo restait humblement à Rome, multipliant les activités apostoliques : prêcher, visiter et nourrir les pauvres, fonder une Compagnie des orphelins, un catéchuménat pour Juifs et musulmans convertis, une maison de Sainte-Marthe pour les femmes repenties. Les pauvres, les pécheurs, les plus délaissés, avaient sa préférence : Je les aime tant, que je voudrais savoir le nombre des puces qui les dévorent.

Iñigo affirma lui-même avoir été favorisé de nombreuses visions célestes, de Dieu le Père, de la Sainte Trinité, de la Vierge Marie.

Il mourut à Rome au matin du 31 juillet 1556.

Béatifié en 1609, canonisé en 1623, Iñigo de Loyola a été proclamé patron de tous les exercices spirituels en 1922.

 

 

Everard Hanse

? -1581

 

Il était né dans le Northamptonshire.

Il étudia à Cambridge. Son frère William, prêtre depuis 1579, cherchait vainement à le convertir, jusqu’à ce qu’une grave maladie aida Everard à réfléchir.

Venu éudier la théologie à Reims (1580-1581), il fut ordonné prêtre et repartit immédiatement en Angleterre.

Déguisé, il rendit visite aux prisonniers catholiques de Marshalsea, où le gardien remarqua qu’il portait des chaussures de fabrication étrangère. Fouillé de pied en cap, il fut reconnu comme prêtre. Mais comme la loi contre les prêtres n’avait pas encore été prononcée, on chercha des motifs d’accusation.

Interrogé à Newgate, il affirma que le pape avait la même autorité que cent ans auparavant. Interrogé ensuite sur l’éventuelle erreur du pape en excommuniant Elizabeth Tudor, il répondit : Je ne le souhaite pas. On lui demanda aussi s’il voulait que d’autres crussent comme lui, et il répondit : J’aimerais bien que tous aient la même foi catholique que moi. 

Ainsi accusé de trahison, et de vouloir entraîner les autres dans cette trahison, il fut immédiatement condamné pour persuasion, ce qui signifiait le plus haut degré de trahison.

Il fut exécuté à Tyburn le 31 juillet 1581. Son dernier mot fut : O heureux jour !

Ce jugement fut tellement «expédié» que les Autorités imposèrent un changement de méthode pour émettre des sentences.

Le culte d’Everard et de ses Compagnons a été confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Nicolaus Keian Fukunaga

1569-1633

 

Le frère Nicolaus naquit en 1569 à Nagawara (Azuchi, Japon), de parents samouraïs, et étudia chez les Jésuites à Azuchi.

En 1588 il entra au noviciat des pères jésuites de Amagusa, où il connut Paul Miki (voir au 6 février).

Il fit les premiers vœux en 1590, puis les études de préparation au sacerdoce ; il semblait devoir devenir un excellent apôtre, mais «quelque chose» manquait toujours aux appréciations des Supérieurs, qui le jugeaient «médiocre», «ordinaire».

On l’envoya en 1603 dans la nouvelle maison de Fukuoka, où on lui confia la prédication.

Il fut envoyé comme assistant d’un de ses confrères devenu prêtre en 1608 (Julianus Nakaura), lui aussi béatifié comme Nicolaus (voir au 21 octobre) ; il l’aida beaucoup et cependant ne fut jamais considéré comme «prêt» pour l’ordination sacerdotale.

Suite au décret de 1614 qui poussait à l’exil tous les prêtres, Nicolaus accompagna le groupe qui partait pour Macao, où il fut chargé de la formation des jeunes.

En 1620, il rentra clandestinement au Japon et reprit son activité pastorale à Kyushu, puis en compagnie de Sixtus Iyo (autre Martyr) et Gaspar Sadamatsu à Fukuoka (voir au 20 juin).

Les Supérieurs appréciaient beaucoup les enseignements de Nicolaus, ses homélies émouvantes, mais ne voulurent jamais lui confier de totales responsabilités. Même ses Confrères intervinrent pour qu’il fût ordonné prêtre, mais à ce moment il n’y avait pas d’évêque sur place pour l’ordonner… 

Nicolaus dut finalement attendre d’avoir cinquante ans pour prononcer ses vœux définitis dans la Compagnie de Jésus, où il se trouvait depuis trente-sept ans. Mystère de Dieu…

Les rapports des Supérieurs établissaient qu’il était capable de prêcher, qu’il faisait des sermons pleins de force en japonais, et que son martyre était son meilleur sermon. Les Supérieurs n’étaient certainement pas animés de sentiments anti-japonais, puisqu’ils ordonnèrent prêtres bien d’autres Japonais. Dieu a permis ce mystère pour notre édification, pour admirer l’humilité de Nicolaus.

Au moment suprême de son martyre, on demanda à Nicolaus s’il regrettait quelque chose de sa vie ; il répondit : Oui, je regrette de n’avoir pas pu conduire tous les Japonais au Christ, y compris le shogun.

En juillet 1633, Nicolaus fut conduit à la prison de Nagasaki. Le 28, commença la torture d e la «fosse», consistant à attacher le supplicié par les pieds, la tête au-dessus d’une fosse pleine d’excréments, d’ordures et de cadavres de bêtes ; pour bloquer la circulation du sang, on serrait très fortement le corps avec des cordes ; de temps à autre, on ouvrait les veines pour diminuer la pression du sang et éviter une mort «trop rapide» ; cette horrible torture pouvait durer des jours, si le supplicié refusait d’apostasier. Certains y furent même soumis plusieurs fois.

Agé de soixante-quatre ans, toujours pas ordonné prêtre, Nicolaus mourut ainsi en fidèle témoin du Christ, le 31 juillet 1633, le même jour que le fondateur des Jésuites, saint Ignace.

Il fait partie des cent-quatre vingt Japonais martyrs, béatifiés en 2008.

 

 

 

Jean-François Jarrige de la Morelie de Breuil

1752-1794

 

Il naquit le 11 janvier 1752 à saint-Yrieix (Haute-Vienne).

Il devint prêtre dans le diocèse de Limoges

Arrêté comme prêtre réfractaire, pour son refus de prêter le serment constitutionnel, il fut conduit avec quelques centaines d'autres prêtres et religieux à bord du navire négrier Deux Associés, qui devait partir pour la Guyane, mais qui resta dans le port de la Rochelle, où la plupart des prisonniers moururent d'épuisement, de mauvais traitements, de maladies.

L'abbé Jean-François Jarrige de la Morelie de Breuil mourut le 31 juillet 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Emmanuel Lê Vǎn Phụng

1796-1859

 

Ce père de famille était né à Ðấu Nước dans l'île de Cù Lao Giêng (Vietnam). 

Il avait neuf enfants.

Profondément chrétien, catéchiste rempli de zèle et de courage, il fit construire à Ðấu Nước une église, un couvent pour les Filles de Marie, un presbytère pour les missionnaires, un collège.

Il avait gagné la bienveillance du sous-préfet par sa bonté, et aussi par de bons pourboires, de sorte que toutes les perquisitions finissaient par un non-lieu. Il se risqua à héberger jusqu’à cinq missionnaires chez lui.

Mais deux individus, qui s'étaient vus refuser une aide financière d'Emmanuel, voulurent se venger et le dénoncèrent directement au gouverneur, l'accusant de recevoir un prêtre européen. Trois cents soldats vinrent perquisitionner, sans trouver le prêtre.

En revanche, un prêtre annamite se présenta spontanément, affirmant qu'il était le chef de la mission : c'était courageux de sa part, mais son audace suscita l'arrestation d'Emmanuel, du prêtre annamite et de trente-deux autres Chrétiens, que l'on conduisit à Châu Đốc (An Giang), le 7 janvier 1859.

Dans sa prison, Emmanuel continuait de recevoir ses enfants et ses amis, les encourageant à rester charitables et à pardonner à leurs ennemis.

Les invitations à apostasier, les menaces et les promesses n'ayant pas abouti, Emmanuel fut condamné à mort par la strangulation.

Le supplice eut lieu à Cay-Met où, à genoux, Emmanuel reçut la bénédiction et l'absolution du prêtre annamite, et pria ses enfants d'ensevelir discrètement son corps auprès de celui du missionnaire.

Puis il offrit sou cou à la corde et mourut ainsi, le 31 juillet 1859.

Il a été béatifié en 1909 et canonisé en 1988.

Nota :  Le Martyrologe mentionne ce Martyr au 13 juillet, mais aussi au 31 juillet (avec un nom abrégé : Emmnanuel Phụng. Il s’agit vraisemblablement d’un doublet. Plusieurs sources vietnamiennes ne retiennent que la date du 31 juillet.

 

 

Phêrô Đoàn Công Quý

1826-1859

 

Phêrô naquit en 1826 à Bùng (Gia Dinh) dernier des six enfants d’un couple chrétien, Antôn Đoàn Công Miêng et Anrê Nguyễn Thị Thường, eux-même issus d’immigrés du Vietnam central vers le sud.

Le garçon obtint de ses parents la permission d’étudier le latin avec un prêtre, puis, en 1848, fut admis au séminaire des Missions Etrangères de Paris à Penang (Malaisie), où il étudia la philosophie, la théologie, le latin et le français, et la littérature.

Tandis que la persécution se déchaînait en 1855, Phêrô fut ordonné prêtre en 1859.

Il exerça le saint ministère dans plusieurs paroisses : Lái Thiêu, Gia Định, Kiến Hòa, Cai Lun.

Arrêté le 1er juillet 1859, condamné à mort le 30 juillet, il fut exécuté le 31 juillet 1859 par décapitation, à Châu Đốc. Il avait l’âge du Christ, trente-trois ans.

Phêrô fut béatifié en 1909, canonisé en 1988.

 

 

Giustino De Jacobis

1800-1860

 

Septième de quatorze enfants, Giustino naquit le 9 octobre 1800 à San Fele (Potenza, Italie sud), de Giovanni Battista et de Giuseppina Muccia, des parents très chrétiens.

La maman avait ses façons : pour encourager son fils à l’oraison mentale, elle lui donnait un sou quand il atteignait la demi-heure.

Giustino reçut la Communion à neuf ans. A dix-huit ans, à Naples, il entra dans la Congrégation de la Mission (Lazaristes), fondés par saint Vincent de Paul.

Extrêmement humble et dévoué, Giustino fut ordonné prêtre en 1824.

Un de ses «succès» fut une homélie sur le purgatoire, que personne ne voulait assumer, et qui émut profondément l’assemblée. Il fut en charge de paroisses à Oria et Monopoli.

En 1837, Giustino fut nommé supérieur de la maison de Lecce, puis de Naples, et bientôt choisi pour aller porter la Bonne Nouvelle en Abyssinie (Ethiopie).

L’Islam y progressait, avec ses intolérances et ses excès. Le nouveau Préfet apostolique du Tigré devait faire face à la superstition, à certains groupes chrétiens schismatiques, aux colons mal intentionnés, sans parler du très difficile climat auquel il n’était pas habitué.

Il commença, discrètement. Il fallait célébrer en cachette, car célébrer une messe privée dans une maison semblait un scandale, une grave irrévérence pour l’Eucharistie.

Giustino s’efforça d’apprendre la langue locale, il prit l’habit des indigènes, il mangea ce qu’on mangeait.

On conserve sa toute première «allocution» du 26 janvier 1840, à une dizaine d’Abyssins, dans leur langue, où il leur dit tout son amour, tout son désir d’être avec eux, de les aider, de partager son pain avec eux.

Sa piété et sa douceur firent quelques conquêtes. En particulier le prince lui demanda ni plus ni moins de conduire une délégation au Caire, pour en ramener un nouvel évêque copte monophysite ! De Jacobis réfléchit, accepta, proposant que l’on passerait aussi par Rome et par la Terre Sainte. Le nouvel évêque, Abouna Salâmâ (Père Pacifique) avait reçu sa formation chez des Protestants ; il toléra Giustino, mais le persécuta à l’occasion.

Giustino, surnommé par la population Abouna Yacob (Père Jacques), surprenait par sa simplicité de vie : un homme qui va chercher lui-même son bois, un travail réservé aux femmes ! Il marchait toute une nuit pour aller visiter un malade.

Il y eut des conversions : en 1844, une centaine de fidèles. Des paroisses étaient érigées en diverses localités : Adoua, Massaoua, Gouala où s’ouvrit un collège.

En 1846 arriva le nouveau Vicaire apostolique pour la région plus méridionale, Guglielmo Massaia, qui en 1849 consacra évêque le père Giustino, malgré l’aversion de ce dernier. La cérémonie se fit de nuit, discrètement. Giustino devenait évêque de Nilopolis.

En 1854 cependant, un décret du nouvel «empereur» proclamait que Quiconque ne se convertira pas à la religion de notre Père (Salâmâ), sera raccourci en haut et en bas, de la tête et des pieds : Jésus-Christ par son humanité a même science que le Père et le Saint-Esprit !

On voit par là quels rapports hostiles opposaient encore (depuis le 5e siècle) les catholiques et les orthodoxes de cette époque : bien sûr que Jésus-Christ a même science que le Père et l’Esprit, mais il n’empêche qu’il a bien deux natures, la divine et l’humaine ; Jésus est Dieu, comme le montrent ses miracles, et il est Homme, comme le montrent sa vie, sa parole, ses souffrances et sa mort.

Abouna Yacob fut arrêté, relaxé, emprisonné, exilé. On persécuta ses fidèles. Un de ceux-là, Ghébré-Mikaël, fut horriblement torturé, enfin martyrisé le 27 juillet 1855 ; il a été béatifié.

Après avoir pu jeter les fondements de l’Eglise catholique d’Ethiopie, Mgr De Jacobis dut se réfugier sur la côte ; il mourut, épuisé, dans le désert, le 31 juillet 1860.

Malgré la persécution, il restait encore quatre mille chrétiens romains en 1865 dans l’Abyssinie. Mgr Massaia, devenu cardinal, écrivit que Mgr De Jacobis était le fondateur de la mission d’Abyssinie, l’apôtre infatigable de l’Afrique orientale, le maître des missionnaires, le modèle de ce courage et de cette abnégation qui leur est nécessaire, l’ange de l’Eglise d’Ethiopie.

La tombe de Mgr De Jacobis est visitée autant par les catholiques que par les musulmans.

Giustino De Jacobis a été béatifié en 1939, canonisé en 1975. Il est inscrit au Martyrologe le 31 juillet.

 

 

Elisabeth Eppinger

1814-1867

 

Elisabeth naquit le 9 septembre 1814 à Niederbronn-les-Bains (Bas-Rhin), aînée des onze enfants de pieux et modestes agriculteurs.

On connaît bien les détails de la vie d’Elisabeth par le manuscrit qu’elle rédigea par obéissance au curé de Niederbronn ; c’est ce pasteur éclairé qui décela en elle des signes d’une vocation toute particulière.

Dès sa tendre enfance, Elisabeth se sentit poussée à la prière, à la sainteté. Très sensible à la Passion du Christ, à l’horreur du péché, elle demanda à Dieu de lui apprendre les moyens d’être sainte. Elle eut plusieurs fois une réponse intérieure qui lui disait : Je ne veux pas ta prière, mais ton obéissance ou aussi Je préfère ton obéissance à ta prière.

Son respect et son amour pour le prêtre et pour l’Eucharistie s’intensifièrent jusqu’à ce qu’elle put enfin recevoir la Communion. Elle avait alors treize ou quatorze ans.

A partir de cette date, Elisabeth fut portée encore davantage à prier et à se sanctifier. Ne pouvant communier que tous les quinze jours, elle pria le curé de lui permettre de communier plus souvent.

Elle allait à la messe aussi en semaine, et même une fois en désobéissant à ses parents ; elle en eut un tel remords, qu’elle s’en ouvrit à son confesseur et promit de ne jamais plus désobéir. D’autres fois, ses parents la trouvèrent très tard à prier à genoux par terre dans sa chambre, et le papa lui donna ordre d’aller au lit, par égard pour sa santé ; là encore, elle sut se mortifier en obéissant à l’ordre paternel.

Quand elle demanda au confesseur la permission de mettre une planche dans son lit, celui-ci l’autorisa à mettre seulement une paillasse, une planche les mercredi et vendredi. Mais peu après, le confesseur lui interdit toute mortification de ce genre.

Elisabeth raconte comment, travaillant aux champs, elle alternait le travail et la prière au point qu’elle réussissait, sans savoir pourquoi, à faire le travail de deux personnes.

En 1831, Elisabeth eut une sorte de maladie nerveuse pendant trois mois, suivie d’une maladie de poitrine qui dura près de trois ans. La souffrance l’empêchait de parler. Seul un petit crucifix qu’elle pressait dans ses mains et sur ses lèvres la soulageait un peu.

La maladie prit fin vers 1834, et Elisabeth jouit d’une santé assez bonne jusqu’en 1841. Durant cette période, elle eut la joie d’entrer dans le Tiers-Ordre franciscain, avec d’autres compagnes de sa paroisse. Elle eut l’inspiration de pratiquer trois moyens de se sanctifier davantage : parler peu et seulement par nécessité, ne pas écouter les conversations inutiles, dominer les regards de curiosité. Son confesseur l’approuva fortement.

A nouveau malade, vers 1846 Elisabeth vécut des extases remarquables, durant lesquelles elle eut la vision de Jésus-Christ. Son entourage s’en aperçut et Elisabeth devint l’Extatique de Niederbronn. Elle s’ouvrira toujours de ses expériences et de ses combats intérieurs au curé de Niederbronn, Jean-David Reichard, qui en informa à son tour l’évêque de Strasbourg. Le Prélat comme le Curé eurent la certitude de la destinée particulière réservée à Elisabeth.

Elle songea un moment à rejoindre la communauté des Sœurs de Ribeauvillé, une communauté alors récente qui s’occupait de l’instruction gratuite des jeunes filles. Mais bientôt Elisabeth ressentit l’inspiration de venir en aide aux détresses des corps et des cœurs, aux souffrances multiples des hommes. Ainsi naquit en 1849 l’Institut des Sœurs du Saint-Sauveur, qu’on a généralement appelées les Sœurs de Niederbronn. Elisabeth prit alors le nom d’un Saint qu’elle estimait particulièrement : Alphonse-Maria de Liguori (v. 1er août) et fut nommée Supérieure.

Beaucoup de communautés s’ouvrirent en Europe centrale, dans cet esprit d’apporter du soulagement aux malades dans leur propre maison, sans distinction de condition sociale ou de religion. Pendant les dix-huit années de sa présence à la tête de l’Institut, Mère Alphonse-Maria transmit son désir de faire reconnaître l’amour du Christ Sauveur pour tous les hommes, à travers les gestes qui apaisent la souffrance et font renaître l’espérance.

Les Religieuses manifestèrent particulièrement leur zèle au moment de l’épidémie de choléra de 1854, ce qui leur valut une approbation impériale de Napoléon III.

L’Institut fut approuvé par le pape dès 1863 et reconnu de droit pontifical en 1866. A cette date, il y avait déjà une centaine de maisons et quelque sept cents Religieuses.

Mère Alphonse-Marie mourut peu après, le 31 juillet 1867. Elle fut béatifiée en 2018.

Des maisons de cet Institut se sont ouvertes en Argentine, en Angola.

Pedro Jiménez Vallejo

1861-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

Josefa Noguera Manubens

1870-1936

 

Elle naquit le 3 juillet 1870 à Manresa (Barcelone, Espagne), dans une famille particulièrement chrétienne ; elle fut baptisée dès le lendemain et confirmée le 25 octobre suivant.

En 1896, elle entra dans la congrégation des Sœurs Capucines de la Mère du Divin Pasteur et prit le nom de María Auxilio lors de sa profession perpétuelle en 1903.

Les archives de la Congrégation ayant été détruites, on ignore les différents lieux où la Sœur vécut. On sait qu’elle devait être à Premiá de Mar (Barcelone) au moment de la guerre civile de 1936.

Dans un premier temps, elle se réfugia chez des connaissances, avec la sœur Andrea Solans, espérant trouver la possibilité de retourner à Manresa. Mais durant le déplacement, elles furent reconnues et arrêtées.

Toutes deux reçurent la palme du martyre entre L’Hospitalet et Prat de Llobregat (Barcelone), le 31 juillet 1936. Méconaissables, elles furent reconnues par le numéro de leur habit.

María Auxilio Noguera Manubens, béatifiée en 2018, sera commémorée au Martyrologe le 31 juillet.

 

 

 

José Roig Llorca

1871-1936

 

José Roig Llorca naquit à Oliva (Valencia, Espagne NE) le 5 septembre 1871.

Il fut convers chez les Frères Mineurs Franciscains.

Son martyre eut lieu le 31 juillet à Puente Genil.

José Roig Llorca sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 31 juillet.

 

 

Dionisio Vicente Ramos

1871-1936

 

Dionisio (Denis) vit le jour à Caudé (Teruel, Espagne) le 9 octobre 1871, jour où l’on fête saint Denis, son saint Patron.

A quinze ans, il voulut entrer chez les Frères Mineurs Conventuels, mais n’en put trouver un couvent qu’en Italie, où il partit avec le père Miguel Salvador.

C’est donc en Italie, à Montalto Marche (Ascoli Piceno), qu’il entra dans l’Ordre franciscain ; il fit le noviciat à San Miniato (Pisa, Toscane), étudia la philosophie à Bagnoregio (le village natal de saint Bonaventure, voir au 15 juillet), puis la théologie au collège Saint-Nicolas-de-Tolentino à Rome, où il obtint le doctorat.

Ordonné prêtre en 1894, il fut professeur au séminaire de Bagnoregio (Viterbo), jusqu’en 1899. Puis il fut vicaire à Civitavecchia et professeur au séminaire. En 1902, il exerça le saint ministère à Anzio, puis fut pénitencier à Notre-Dame de Loreto (Italie) de 1905 à 1912.

Il fut alors nommé à Granollers (Barcelone), où il eut la charge de directeur des postulants, maître des novices, directeur spirituel au séminaire, gardien (supérieur) du couvent, professeur au séminaire et en d’autres maisons.

En 1930-1932, il fut nommé professeur et maître des novices à Brescia (Italie).

Ce fidèle Religieux fut un homme fort, défenseur de la liberté et de la justice, ennemi de l’oisiveté, très cultivé : il traduisit du français et publia un livre en italien et un autre en espagnol, regardant l’histoire et la spiritualité.

Revenu en Espagne, la cataracte limita ses activités : il était confesseur. Quand il avait des moments libres, il reliait des livres, il rapiéçait ou cousait des habits, il confectionnait des chapelets.

Devenu complètement aveugle, âgé, vêtu civilement à cause de la révolution, il se réfugia en 1936 dans l’hôpital local, tenu par des Religieuses Carmélites de la Charité.

Le 31 juillet, on le fit monter avec le Frère Francisco Remón, dans le camion-fantôme, au milieu des coups et des insultes. Une Religieuse présente fit remarquer aux miliciens que le père Dionisio était âgé, et aveugle ; elle s’entendit répondre : On va lui faire, nous, une opération qui le guérira immédiatement de la cécité.

Ce bon prêtre fut conduit non loin de Granollers et fusillé, avec le Frère Francisco, le 31 juillet 1936 ; tous deux furent béatifiés en 2001.

 

 

Teresa Subirá Sanjaume

1875-1936

 

Teresa vit le jour à Ventolá (Girona, Catalogne, Espagne) le 27 février 1875.

Encore jeune, elle alla servir les malades de l’hôpital de Bagur.

A vingt ans, elle entra au noviciat des Carmélites Missionnaires de Gracia (Barcelone), où elle fit la profession l’année suivante, en 1896, prenant le nom de Esperanza de la Croix.

En 1902, elle fit la profession solennelle.

Elle fut infirmière à Tárrega et Alayor (Minorque), puis enseignante à Barcelone puis Vilarrodona (Tarragona), avec les soucis que provoquèrent les lois des années trente.

Elle était Supérieure à Vilarrodona en 1936.

Voyant la situation, et sachant ce qui pouvait arriver, elle confia aux Sœurs : Je suis prête pour le martyre ; je désire mourir pour Lui.

Le 21 juillet 1936, la communauté assistait aux messes célébrées par le curé, don José María Escolá et son vicaire Ángel Casas (on ne concélébrait pas à cette époque). Les miliciens les surprirent à ce moment-là. Il fallut quitter la maison et se cacher. Le soir elles se réunirent dans la chapelle et la Mère Esperanza leur distribua les Saintes Hosties pour éviter toute profanation.

Le 23 juillet l’église paroissiale était en flammes, on brûla les statues, les ornements, les croix.

Le 24, les miliciens donnèrent la chasse aux Religieuses, les rassemblèrent sur la place avec le curé et son vicaire, et partirent pour Villafranca del Panadés, où elles furent remises au Comité. On les enferma dans une pièce de la mairie, puis dans une maison de l’endroit.

Le 26, on assassina le curé et son vicaire, à La Almunia.

Le 31, on les libéra et elles prirent le premier train pour Barcelone. A la gare de Aragón-Paseo de Gracia, elles se séparèrent deux par deux, en se saluant par A Dieu, au Ciel !

La Supérieure Esperanza de la Croix et María du Refuge vinrent frapper chez les sœurs de cette dernière, mais elles étaient déjà parties, fuyant la persécution. Elles ne savaient où aller ; on les reconnut alors à leur allure et on les présenta au Comité. Ces messieurs demandèrent au Comité de Vilarrodona : Que faire avec ces dames ? - Ce que vous voulez.

Elles furent conduites avec d’autres victimes sur la route de La Arrabassada (Barcelone) et assassinées, le 31 juillet 1936.

Elles ont été béatifiées en 2007.

 

 

Ramona Solans Ballesté

1875-1936

 

Elle naquit le 3 avril 1875 à Lleida (Espagne), de pieux parents cultivateurs, Ramón et Antonia, qui eurent ensuite deux autres enfants, Dionisio et Teresa.

Ramona fut baptisée le jour-même de sa naissance et reçut les noms de ses parents : Ramona Antonia ; elle fut confirmée l’année suivante, selon la coutume de l’époque.

Elle révéla plus tard qu’elle sentit l’appel du Christ dès l’âge de six ans. Elle avait dix-sept ans lorsqu’elle demanda à ses bons parents la permission d’entrer dans la congrégation des Sœurs Capucines de la Mère du Divin Pasteur : non seulement ils le lui permirent, mais ils allèrent d’abord trouver leur curé pour lui annoncer leur volonté et leur joie d’offrir leur fille à l’Eglise.

Elle fut reçue comme postulante en 1892 à Sants, non loin de Barcelone, fit le noviciat et émit la profession en 1894, prenant désormais le nom de Andrea. En 1899, ce fut la profession solennelle.

La première destination de la Sœur Andrea fut Igualada, à une soixantaine de kilomètres de Barcelone, où elle s’occupa de la sacristie et de la formation des petites filles.

Les témoignages qu’on a pu recueillir sur elle, parlent de sa grande dévotion mariale, de sa joie communicative, de son esprit d’obéissance.

Sœur Andrea a pu être envoyée ensuite en d’autres maisons, mais les archives ayant été détruites au moment de la guerre civile, on en est réduit à connaître seulement son dernier poste, à Premià de Mar, où elle arriva fin 1934, toujours comme éducatrice des petites filles. Cette localité se trouve à une vingtaine de kilomètres de Barcelone.

Avec ses Compagnes, elle fut fusillée et reçut la palme du martyre à L’Hospitalet de Llobregat (Barcelone), le 31 juillet (ou le 1er août) 1936. On ne put la reconnaître que par le numéro de son habit.

Ramona Solans Ballester, béatifiée en 2018, sera commémorée au Martyrologe le 31 juillet.

 

 

María Magdalena Vilanova Alsina

1877-1936

 

Elle naquit le 13 avril 1877 à Sant Feliu de Codines (Barcelone, Espagne), dernière (et unique fille) des sept enfants de ses pieux parents, Salvador et Antonia. Des six garçons (Andrés, Josep, Felipe, Domingo, Salvador et Felipe), les deux derniers devaient mourir à l’âge de deux ans.

María fut baptisée dès le 15 avril et reçut les noms de María, Magdalena, Juana. Elle fut confirmée en 1884.

Quatre ans plus tard, la maman mourut, la veille des onze ans de María. La même année (1888), María reçut la Première Communion. Elle abandonna alors l’école - on suppose que ce fut pour s’occuper elle-même de son papa et de ses frères aînés.

En 1896, mourut à son tour son frère aîné, Andrés, qui était marié et père de trois enfants encore petits.

María eut donc une enfance travaillée, éprouvée, difficile, et ne parlait pas de sa vocation ; elle resta fidèlement à la maison pour s’occuper des charges matérielles. Ce n’est qu’à trente-et-un ans, en 1908, que son père la présenta au curé pour déclarer que sa fille désirait librement entrer chez les Sœurs Capucines de la Mère du Divin Pasteur.

Elle entra donc dans cette congrégation en 1908 et prit le nom de Patrocini. Le 31 décembre 1909, elle fit la première profession.

L’année 1914 fut douloureuse : le papa de María mourut en avril. Mais María continua sa marche vers le don total à Dieu et fit la profession solennelle en janvier 1915.

Les archives ayant été détruites, on n’a pas de précisions sur les différents emplois que María remplit pendant les vingt années de sa vie consacrée ; on sait qu’en 1936, elle se trouvait à Sarriá (Barcelone).

Dans cette maison, où se trouvaient des novices, on commença à prier spécialement pour la paix en Espagne, le 18 juillet. Dès le 19, la Supérieure demanda aux Religieuses de s’habiller en civil et de partir se réfugier dans des maisons où les attendaient des amis.

Le 20, elles purent encore se retrouver dans leur chapelle, pour une ultime Eucharistie. Ce même jour, fut incendiée l’église paroissiale, puis aussi la maison des Religieuses - avec leurs archives.

Ensuite, la sœur Patrocini tenta de rejoindre la maison de son frère à Sants, mais refusa d’y rester pour ne pas le compromettre, et alla à l’hôpital pour aider les infirmières.

On la reconnut vite, toutefois, tant son comportement était manifestement celui d’une personne religieuse. Elle fut arrêtée, mais on ne put jamais savoir exactement où et quand on la fusilla.

On croit généralement qu’elle reçut la palme du martyre près de Barcelone, le 31 juillet 1936, au lieu-dit La Rabassada, à moins que ce fût à Prat de Llobregat, comme les deux autres Religieuses de la même congrégation, ce même jour.

La même année fut détruite totalement l’église paroissiale de Sant Feliu, où María avait été baptisée.

María Magdalena Vilanova Alsina, béatifiée en 2018, sera commémorée au Martyrologe le 31 juillet.

 

 

María Roqueta Serra

1878-1936

 

María vit le jour dans le petit village de Gabarra (Lleida, Catalogne, Espagne) le 20 avril 1878 et fut baptisée le lendemain.

Elle entra au noviciat des Carmélites Missionnaires de Gracia (Barcelone), où elle fit la profession l’année suivante, en 1898, avec le nom de María du Refuge de Saint-Ange. Elle fit la profession solennelle en 1904.

Elle fut envoyée dans la communauté de Barcelone puis de Vilarrodona (Tarragona) en 1936.

Ses consœurs la décrivaient comme pieuse, effacée, effrayée et très impressionnée par le danger du martyre, mais disposée à accepter ce que Dieu demanderait.

Elle fut nommée vicaire de la communauté, ce qui montre la confiance qu’on avait en elle.

Ayant dû quitter la maison avec les Consœurs, elle put se cacher quelques jours. De là où elle était, elle aperçut le 23 juillet l’incendie de l’église paroissiale, avec les statues, les ornements, les croix. 

Le 24, les miliciens donnèrent la chasse aux Religieuses, les rassemblèrent sur la place avec le curé et son vicaire, et partirent pour Villafranca del Panadés, où elles furent remises au Comité. On les enferma dans une pièce de la mairie, puis dans une maison de l’endroit.

Le 26, on assassina le curé et son vicaire, à La Almunia.

Le 31, on les libéra et elles prirent le premier train pour Barcelone. A la gare de Aragón-Paseo de Gracia, elles se séparèrent deux par deux, en se saluant par A Dieu, au Ciel !

María du Refuge et la Supérieure Esperanza de la Croix (Teresa Subirá Sanjaume) vinrent frapper chez les sœurs de María, mais elles étaient déjà parties, fuyant la persécution. Elles ne savaient où aller ; on les reconnut alors à leur allure et on les présenta au Comité. Ces messieurs demandèrent au Comité de Vilarrodona : Que faire avec ces dames ? - Ce que vous voulez.

Elles furent conduites avec d’autres victimes sur la route de La Arrabassada (Barcelone) et assassinées, le 31 juillet 1936.

Elles ont été béatifiées en 2007.

 

 

Francisca Pons Sardá

1880-1936

 

Francisca vit le jour à Espluga de Francoli (Tarragona, Catalogne, Espagne) et fut baptisée le 18 juillet 1880.

Elle entra en 1907 au noviciat des Carmélites Missionnaires de Gracia (Barcelone), où elle fit la profession l’année suivante, le 6 octobre, avec le nom de Gabriela de Saint-Jean-de-la-Croix, et la profession solennelle en 1913.

Elle passa les années difficiles de 1909 à Barcelone et des années trente dans une fidélité à toute épreuve. Sa famille lui demanda de rentrer quelque temps à la maison, pendant les moments de la révolution. Elle répondit : Je suis disposée à donner ma vie et à mourir avec les Sœurs ; si Dieu me destine au martyre, c’est Lui qui m’en donnera la grâce nécessaire.

Elle fut envoyée plusieurs années à Villa Mercedes (Argentine).

En Espagne, elle fut active en diverses communautés : Tárrega, Santa Lucía (Barcelone), Santa Coloma de Queralt, séminaire de Barcelone, Las Corts.

En 1936, elle revint à Barcelone, où elle s’occupait de visiter les malades à domicile, avec la Sœur Daniela.

Le 26 juillet, elle et la Sœur Daniela allèrent, comme chaque jour, assister une malade dans sa famille. Ces gens se virent obligés de fermer leur maison, mais trouvèrent dans le quartier une autre famille, où les Sœurs purent prendre des habits civils et rester cachées quelques jours.

Elles tentèrent de rejoindre la maison d’une cousine, qui travaillait dans une pharmacie. Le pharmacien les reçut avec bonté. En le quittant, elles furent reconnues par un brave conducteur de tramway, qui utilisa le mot de moniales. Des miliciens entendirent et vinrent arrêter les Sœurs. De la maison du pharmacien, on put observer avec horreur comment les Religieuses furent malmenées, insultées, et fourrées dans un camion qui démarra en trombe.

Les deux Religieuses furent conduites au Comité Rouge, puis emmenées sur la route de l’Arrabassada, où elles furent assassinées, le 31 juillet 1936.

Elles furent béatifiées en 2007.

 

Prudencio Gueréquiz y Guezuraga

1883-1936

 

Prudencio vit le jour le 28 avril 1883 à Rigoitia (Biscaye, Espagne).

Il fut attiré par l’Ordre des Trinitaires et entra dans la communauté d’Algorta.

Il commença le noviciat en 1898, émit la profession simple en 1899, la solennelle en 1903 à Rambla (Cordoue), avec le nom de Prudencio de la Croix.

On ignore l’origine des fréquentes hémoptysies dont il souffrit depuis la jeunesse et toute sa vie, infirmité qu’il supporta avec grande patience.

En 1905 il fut ordonné prêtre à Cordoue.

Il commença par enseigner aux enfants à La Rambla, puis resta quelque temps à Madrid ; il fut nommé professeur de théologie à Cordoue et fut ensuite envoyé au sanctuaire de la Cabeza.

Il était si profondément attiré par la Présence eucharistique, il y passait tant d’heures en méditation que, si on le cherchait, on savait qu’il était dans le chœur de l’église.

Le 26 juin 1936, la communauté reçut l’ordre d’évacuer le sanctuaire. Le Supérieur fit valoir qu’il fallait faire un inventaire, car le sanctuaire appartenait à l’évêché. La réponse fut : Il n’est pas à l’évêché, il est à nous ; dès à présent, le sanctuaire est fermé et il faut déposer les clefs à la mairie.

L’expulsion se produisit réellement le 28 juin. Trois camions de gens armés arrivèrent, le sanctuaire fut encerclé et le Supérieur appelé. Le chef lui demanda : Si vous vous engagez à partir pour Andújar, nous vous laissons. Si le Supérieur avait discuté, les hommes auraient tiré impitoyablement.

Les Religieux consommèrent les Saintes Espèces, prièrent encore un peu Jésus-Christ et Notre-Dame de la Cabeza, chantèrent le Salve Regina… Même les miliciens prirent part aux chants !

Ils emmenèrent les Religieux à Andújar. Chemin faisant, ils dirent aux Religieux de s’habiller en civil. Le seul qui refusait était le père Prudencio. A la descente du camion, un milicien insista encore ; Prudencio répondit : Peu importe ! si c’est pour ça qu’on nous fusille, nous sommes disposés à mourir comme Religieux.

Il trouva accueil chez un avocat de l’endroit, avec le père Segundo. Il priait continuellement le chapelet et le bréviaire.

Le 31 juillet, des miliciens vinrent les chercher pour aller faire une déclaration au Comité. En route, les miliciens crièrent aux habitants de rentrer chez eux et de fermer portes et fenêtres. Puis ils tirèrent dans le dos des deux Religieux, ainsi qu’à trois autres prisonniers. Ils moururent sur place, et leur sang se répandit longtemps à terre. Après quelques heures, on porta les cadavres à l’hôpital : le père Prudencio avait en mains le chapelet et le bréviaire.

Prudencio de la Croix fut béatifié en 2007.

 

 

Miguel Francisco González-Díez González-Núñez

1883-1936

 

Miguel vit le jour le 8 mai 1883 à Palazuelo de Torío (León, Espagne), le jour où l’on fêtait l’apparition de l’archange saint Michel au Mont Gargano.

Entré chez les Capucins en 1899, il prit le nom de Andrés lors de sa profession en 1900.

Il fut ordonné prêtre en 1908.

Ce fut un professeur de philosophie, un définiteur et archiviste de talent, un écrivain connu.

Il se trouvait au monastère de Jesús Medinaceli (Madrid), lorsque les événements contraignirent tous les Religieux à quitter le 20 juillet 1936 la maison, qui fut effectivement attaquée le 2 juillet.

Les miliciens révolutionnaires avaient reçu l’ordre de ne laisser vivant aucun des Religieux pas même leur chat.

Le père Andrés fut arrêté le 30 juillet. Malmené par les miliciens, il répondait : Seigneur, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font (cf. Lc 23:34). 

Il reçut la palme du martyre à Pradera San Isidro (Madrid) le 31 juillet 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Domingo Montoya Elorza

1885-1936

 

Domingo Montoya Elorza naquit à Loza (Álava, Espagne N) le 4 août 1885, alors fête de s.Dominique, dont il reçut le prénom (sur s.Domingo, v. 8 août).

Il fut prêtre chez les Frères Mineurs Franciscains.

Son martyre eut lieu le 31 juillet à Puente Genil.

Domingo Montoya Elorza sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 31 juillet.

 

 

Jaume Buch Canals

1889-1936

 

Jaume (ou Jaime, ou Santiago, Jacques) vit le jour le 9 avril 1889 à Bescanó (Gerona, Catalogne).

A quatorze ans, il fut pensionnaire à la Ferme-école de Sant Isidro à Gerona-Pont Major.

Il entra chez les Salésiens en 1908 à Sarriá.

En 1914, après son noviciat et sa profession, on l’envoya parmi les fondateurs de la nouvelle maison d’Alicante.

Là il s’occupa de la catéchèse et de l’administration.

En 1931, la maison d’Alicante fut détruite par un incendie, et Jaume passa à Valencia.

Arrêté en même temps que tous les Religieux de la maison, il fut remis en liberté le 29 juillet.

Mais il ne trouva pas de famille qui pouvait le recevoir : c’est que tous se savaient menacés. Aussi se réfugia-t-il avec un prêtre… dans la clinique d’un ancien élève : l’un dormit sur la table d’opération, l’autre sur un fauteuil métallique.

Le 30 juillet, il sortit pour aller manger, avec la carte d’identité du prêtre. C’était peut-être une imprudence, mais son intention était, si c’était possible, de faire établir une nouvelle carte d’identité sans mentionner l’état sacerdotal du prêtre. L’opération ne réussit pas : on l’arrêta.

On retrouva son corps au cimetière de Valencia, toujours en possession de cette carte d’identité.

Il fut martyrisé à El Saler (Valencia), le 31 juillet 1936, et béatifié en 2001.

 

 

Vicenta Achurra Gogenola

1890-1936

 

Vicenta vit le jour à Berriatúa (Biscaye, Espagne) le 4 avril 1890, dans une famille chrétienne de ce pays basque.

A vingt ans, elle choisit d’entrer dans la vie religieuse. Elle entra en 1915 au noviciat des Carmélites Missionnaires de Gracia (Barcelone), où elle fit la profession l’année suivante, avec le nom de Daniela de Saint-Barnabé, et fit la profession solennelle en 1921.

On la décrivit comme joyeuse, charitable, grande travailleuse, bonne compagne, pieuse (elle avait deux dévotions préférées : le Sacré-Cœur et Notre-Dame du Carmel).

Elle fut envoyée à Las Corts, puis au service du séminaire de Barcelone, puis à Badalona, et auprès des aveugles à Barcelone.

En 1936, elle se trouvait dans la maison de Gracia (Barcelone), chargée de visiter à domicile les malades de la paroisse de Sarriá.

Dès le 19 juillet, on lui ordonna de porter des vêtements séculiers, ce qu’elle fit. 

Le 31 juillet 1936, elle se trouvait avec la Sœur Gabriela dans le tramway, quand le conducteur la reconnut et la dénonça.

Les deux Religieuses furent arrêtées, conduites au Comité Rouge, puis emmenées sur la route de l’Arrabassada, où elles furent assassinées, le 31 juillet 1936.

Elles furent béatifiées en 2007.

 

 

Francisco Remón Játiva

1890-1936

 

Francisco vit le jour le 22 septembre 1890 à Caudé (Teruel, Espagne) et reçut prophétiquement au baptême le nom de saint François d’Assise, qu’il allait suivre toute sa vie.

En 1906, à seize ans, il entra au nouveau couvent des Franciscains de Granollers, mais accomplit son noviciat à Assise, où il se rendit avec le jeune Alfonso López (voir au 3 août) et où il fit la profession comme Frère convers.

Son séjour à Assise fut interrompu seulement en 1909-1911, quand il fut à Costacciaro.

Il fit la première profession en 1912, la solennelle en 1916.

Il passa presque toute sa vie religieuse (1914-1935) à Assise, comme sacristain de la basilique Saint-François, où il avait un don particulier pour construire la crêche de Noël.

En 1935, il fut envoyé à Granollers (Barcelone), comme sacristain et comme portier, occasionnellement aussi comme quêteur.

Le 19 juillet 1936, il se réfugia chez des amis de Granollers, le lendemain, il passa au couvent où était resté son frère Buenaventura ; ce dernier lui conseilla d’aller dans une autre famille, non loin de la gare de Granollers : il y passa une journée dans la prière et le quasi-silence, disant seulement qu’il allait peut-être souffrir el martyre, mais qu’il n’en était pas digne.

Le 20 au soir, il apprit que le couvent était en flammes. 

Quelques jours après, il voulut rejoindre un endroit plus sûr, mais fut arrêté dans la rue.

En prison, il fut sauvagement battu, au point qu’on lui causa une hémorragie interne. Le Comité fut bien contraint de le faire soigner à l’hôpital, pour qu’il fût au moins lucide (!) au moment où on lui aurait fait connaître la sentence.

Dans cet hôpital, il rencontra le bon père Dionisio Vicente Ramos, auquel il se confessa. 

Le 31 juillet, on les fit monter tous les deux dans le camion-fantôme. 

Originaire du même pays, c’est aussi en compagnie de ce père Dionisio que Francisco fut fusillé le 31 juillet 1936 à Granollers, et béatifié en 2001.

Note. On trouve parfois la date du 30 juillet, peut-être parce que ce martyre a pu avoir lieu dans la nuit du 30 au 31, un peu avant ou après minuit. 

 

 

Segundo García Cabezas

1891-1936

 

Segundo vit le jour le 24 mars 1891 à Barrios de Nistoso (León, Espagne).

Il fut attiré par l’Ordre des Trinitaires et entra dans la communauté d’Alcazár de San Juan (Ciudad Real).

Il prit l’habit en 1906, et commença le noviciat ; il émit la profession simple en 1907.

Intelligent, studieux, il fut envoyé à Rome où il fut reçu docteur en philosophie (1910). 

Cette année-là il fit la profession solennelle, avec le nom de Segundo de Sainte-Thérèse. Mais une maladie l’empêcha d’achever le doctorat en théologie et il revint en Espagne.

En 1914 il fut ordonné prêtre à Madrid.

Il fut d’abord envoyé en Argentine comme professeur d’école puis comme directeur à Damacio-Vélez (Córdoba), collaborant aussi à la paroisse locale.

En 1919, il revint en Espagne, comme professeur de théologie à La Rambla, puis comme vicaire à Barcelone, où s’ouvrait un nouveau collège. Il y enseigna.

En 1923, il fut à Algorta ; en 1928, professeur de philosophie à Villanueva del Arzobispo ; en 1931, professeur de philosophie à La Cabeza.

Il collabora à la revue El Santo Trisagio, par des articles qui montrent la grande culture de ce prêtre. En outre, il traduisit de l’italien un manuel de prédication à l’usage des étudiants.

A noter aussi sa sensibilité musicale, grâce à laquelle il put tenir l’orgue au sanctuaire de La Cabeza.

Le 26 juin 1936, la communauté reçut l’ordre d’évacuer le sanctuaire. Le Supérieur fit valoir qu’il fallait faire un inventaire, car le sanctuaire appartenait à l’évêché. La réponse fut : Il n’est pas à l’évêché, il est à nous ; dès à présent, le sanctuaire est fermé et il faut déposer les clefs à la mairie.

Quant au père Segundo, il demanda aux miliciens : Que va devenir cette société, avec un gouvernement qui n’admet pas les religieux ? Vous ne savez pas que les religieux ont été les plus grands bienfaiteurs de l’humanité dans tous ses aspects et les plus grands amis des pauvres et des ouvriers ?

L’expulsion se produisit réellement le 28 juin. Trois camions de gens armés arrivèrent, le sanctuaire fut encerclé et le Supérieur appelé. Le chef lui demanda : Si vous vous engagez à partir pour Andújar, nous vous laissons. Si le Supérieur avait discuté, les hommes auraient tiré impitoyablement.

Les Religieux consommèrent les Saintes Espèces, prièrent encore un peu Jésus-Christ et Notre-Dame de la Cabeza, chantèrent le Salve Regina… Même les miliciens prirent part aux chants !

Ils emmenèrent les Religieux à Andújar. Chemin faisant, ils dirent aux Religieux de s’habiller en civil. Le seul qui refusait était le père Prudencio.

Segundo trouva accueil chez un avocat de l’endroit, avec le père Prudencio. Ils priaient continuellement le chapelet et le bréviaire.

Il remit à un ami son appareil photographique, pour le reporter au couvent, si on le tuait.

Le 31 juillet 1936, des miliciens vinrent les chercher pour aller faire une déclaration au Comité. Le père Segundo, qui était un fumeur invétéré, les accueillit avec gentillesse et leur offrit à chacun un cigarillo. 

En route, les miliciens crièrent aux habitants de rentrer chez eux et de fermer portes et fenêtres. Puis ils tirèrent dans le dos des deux Religieux, ainsi qu’à trois autres prisonniers. Ils moururent sur place, et leur sang se répandit longtemps à terre. Après quelques heures, on porta les cadavres à l’hôpital : dans ses poches, le père Segundo avait deux paquets de tabac avec la blague, et ses lunettes ; il tenait en mains le chapelet et le bréviaire.

Segundo de Sainte-Thérèse fut béatifié en 2007.

Ciriaco Olarte Pérez de Mendiguren

1893-1936

 

Des dix enfants du foyer Olarte Pérez, cinq furent offerts à l’Eglise : trois prêtres et deux religieuses.

Ciriaco naquit le 8 février 1893 à Gomecha (Álava, Espagne), troisième enfant de Saturnino et María, qui le firent baptiser le jour-même. A six ans, il reçut l’Eucharistie et la Confirmation.

Tout petit, il voulut être enfant de chœur, mais il était vraiment petit, et encore faible, et n’arrivait pas à la hauteur du missel (à cette époque, le missel était sur la droite de l’autel, et il fallait le transporter à gauche pour l’évangile ; de plus, le missel était très gros, très pesant). Le Curé lui conseilla alors de bien manger, de se fortifier, pour être en mesure d’y arriver. Le garçon s’entraîna à la maison : tous les soirs, il s’ingéniait à porter plusieurs gros livres, espérant ainsi réussir à porter le gros missel. Un jour, il estima être arrivé au niveau suffisant et s’en alla convaincre le curé de le laisser servir la messe ; comme preuve qu’il pouvait le faire, il alla s’emparer du missel… qui lui retomba sur la tête.

En grandissant, Ciriaco montra souvent la charité dont son cœur était capable ; il cherchait à consoler des enfants tristes, partageait avec eux ce qu’il avait ou les invitait à la maison ; il accompagnait des vieillards qu’il voyait seuls ; et s’il voyait des Religieux passer par le pays, il les accompagnait et s’arrangeait pour les faire achever leur tournée chez ses parents, et les inviter à table.

Son père lui-même, le présentant au Supérieur des pères Rédemptoristes, le définit comme très obéissant, doux, pieux, travailleur. Il le fut vraiment. A ces qualités, s’ajoutèrent les dons naturels de la parole, de la sensibilité musicale, et une grande vivacité, tout ce qu’il fallait pour un bon missionnaire rédemptoriste.

Il entra effectivement au juvénat de cet Ordre en 1904 à El Espino (Burgos), où les études furent tout de même difficiles, car la mémoire n’était pas au rendez-vous. Mais il était doué pour le théâtre et l’art déclamatoire ; la volonté et l’acharnement au travail firent que Ciriaco put accomplir le noviciat et être admis à la profession en 1911. 

Puis il fut à Astorga pour les études théologiques. En 1917 il fut ordonné prêtre.

En 1918, on l’envoya pendant un an à Nava del Rey, où il alterna sa présence à la caserne et au couvent. En 1919, il alla à Cuenca. 

En 1921 il partit au Mexique, où il accomplit un travail épuisant et ce, malgré le climat de persécution. On a pu établir qu’il fut à Oaxaca (1922), Puebla (1924), Monterrey (1926). L’activité sacerdotale étant devenue vraiment impossible, il rejoignit Espagne.

En 1926, il fut à La Coruña, où on lui confia de nouvelles responsabilités ; en 1929 à Madrid,  où il sera aussi bibliothécaire, en plus de ses nombreuses missions à Jaén, Madrid, León, Valladolid ; en 1932 à Grenade, d’où il partit en mission pour Cordoue, Málaga, Grenade et Almería, avec prédications et neuvaines dans des monastères de clôture ; en 1933 de nouveau à Madrid, avec missions à Carabanchel, Terrer et Calatayud (Saragosse), et Plasencia (Cáceres) ; en 1935 il rejoignit Cuenca. Son sentiment devant les événements en ébullition, n’est pas l’inquiétude pour la situation elle-même, mais la tristesse de ne plus pouvoir prêcher.

En juillet 1936, il fallut abandonner le couvent. Ciriaco se cacha d’abord chez un chanoine, puis chez un vicaire de la cathédrale d’Almería ; dans ces circonstances, lui-même écrivit de façon prophétique : La fête de saint Fondateur Alphonse de Liguori, nous la passerons au ciel (saint Alfonso est fêté le 1er août).

En effet, dénoncés (probablement par une domestique), lui et son Confrère Miguel Goñi Áriz furent arrêtés le 31 juillet au matin, emmenés par les rues sous bonne escorte de miliciens déchaînés, jusqu’à l’endroit de la centrale électrique de El Batán. 

Juste avant de recevoir les balles ennemies, les deux prêtres se donnèrent réciproquement l’absolution et ils furent fusillés, vers midi. Ciriaco agonisa longtemps et mourut vers vingt heures, suite à l’hémorragie ; Miguel agonisa deux heures durant, sans assistance à cause de la présence d’un garde qui empêchait toute approche. Le soir tard seulement, on autorisa la sépulture.

A l’autopsie, on remarqua que le père Ciriaco avait reçu des balles à la poitrine et à la nuque, ce 31 juillet 1936.

Les pères Olarte et Goñi furent les premiers Martyrs de Cuenca. Peu après, tombèrent l’évêque et son secrétaire.

Ciriaco Olarte Pérez de Mendiguren fut béatifié en 2013.

 

 

Buenaventura Rodríguez Bollo

1895-1936

 

Buenaventura Rodríguez Bollo naquit à Villalcampo (Zamora, Espagne OC) le 28 octobre 1895.

Il fut prêtre chez les Frères Mineurs Franciscains.

Son martyre eut lieu le 31 juillet à Puente Genil.

Buenaventura Rodríguez Bollo sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 31 juillet.

 

 

José Grijalvo Medel

1896-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Nazario del Valle González

1901-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Miguel Goñi Áriz

1902-1936

 

Miguel naquit le 27 avril 1902 à Imarcoain (Navarre, Espagne), de Domingo et María, qui le firent baptiser dès le lendemain. Il fut confirmé en 1904 et reçut la Première communion en 1909.

Sa pieuse mère ne lui cachait pas son grand désir de le voir entrer au séminaire ; en attendant, il servait la messe à la paroisse.

La science de Dieu mûrit abondamment dans l’âme du garçon, mais pas la science humaine, car c’est à peine s’il fréquenta l’école. Ses parents pensèrent quand même l’envoyer au collège de Pamplona ; mais il fallut un peu retarder la décision, puis le papa mourut.

Sur ces entrefaîtes, passèrent dans le pays deux pères Rédemptoristes, dont la parole conquit Miguel.

Il entra effectivement au juvénat des Rédemptoristes en 1913 à El Espino (Burgos), puis fut envoyé au nouveau collège du même Ordre à Cuenca, en 1915. Miguel traversa alors une difficile crise spirituelle ; il pria, s’accrocha à la Vierge Marie, triompha.

Il fut postulant en 1919 à Cuanca, et fit le noviciat à Nava del Rey, recevant l’habit de la Congrégation. Il fit la profession en 1920.

Après les études (laborieuses !) de philosophie et de théologie à Astorga, en 1925 il fut ordonné prêtre.

Il s’adonna à la prédication sans réserve. Il fut à Nava del Rey, Grenade (1927).

A Grenade, il assista au couronnement de Notre-Dame du Perpétuel Secours. En 1928, il alla à Barcelone, en 1929 à Santander, en 1932 à Vigo comme bibliothécaire ; il alla aussi prêcher.

A cause d’une vilaine infection pulmonaire, il dut regagner Nava del Rey en 1935, d’où il vint à Cuenca en 1936.

Il raconta lui-même aux siens qu’il faillit déjà perdre la vie en mai, quand les éléments de gauche commençaient déjà à se manifester. Le bruit se répandit que, qui avait tiré, étaient les Religieux déguisés en Gardes Civils. Il y eut dans Cuenca une forte agitation et Miguel eut toutes les peines du monde à sortir indemne de cette journée du 2 mai.

En juillet 1936, il fallut abandonner le couvent. Miguel se cacha d’abord chez un chanoine, avec les pères Olarte, Jorge et Posado. Chaque matin, ils allaient célébrer à la catédrale, mais se rendant compte que les miliciens les avaient repérés, ils se séparèrent. Avec le père Olarte, Miguel se réfugia chez un autre prêtre.

Ils furent arrêtés le 31 juillet au matin, emmenés par les rues sous bonne escorte de miliciens déchaînés, jusqu’à l’endroit de la centrale électrique de El Batán. 

Juste avant de recevoir les balles ennemies, il se rapprocha du père Ciriaco, ils se donnèrent réciproquement l’absolution et ils furent fusillés, vers midi. Ciriaco agonisa longtemps et mourut vers vingt heures, suite à l’hémorragie ; Miguel agonisa deux heures durant, sans assistance à cause de la présence d’un garde qui empêchait toute approche. Le soir tard seulement, on autorisa la sépulture, ce 31 juillet 1936.

A l’autopsie, on remarqua que le père Miguel avait le crâne et la poitrine complètement déchiquetés, une épaule détruite, et qu’il présentait les signes d’une agonie prolongée.

Miguel Goñi Áriz fut béatifié en 2013.

 

 

Bernabé Núñez Alonso

1902-1936

 

Il était né le 11 juin 1902, fête de saint Barnabé (d’où son nom de baptême) à Santa María del Invierno (Burgos, Espagne) et reçut le Baptême quatre jours après.

Il commença le noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) à Cambrils en 1916, l’acheva à Hostalets, où il reçut l’habit, et le nom de Alfeo Bernabé (1924), et fit le scholasticat à Bujedo.

Frère plus pratique qu’intellectuel, il fut envoyé à Cambrils pendant six années, où il collabora à la construction de la maison de formation. Oublieux de lui-même, il était disponible pour n’importe quelle tâche.

Appelé au service militaire, il fut trois ans à Cuba, hôte du collège lasallien de La Habana, où il fit le catéchisme aux plus petits : on lui découvrit alors d’excellentes qualités d’enseignant.

En 1931, il revint en Espagne et fut à Tarragona.

Peu avant la révolution de 1936, il se trouvait momentanément à Madrid avec quatre autres Frères : sur disposition du Frère Visiteur, ils devaient rejoindre leurs pays d’origine pour promouvoir d’éventuelles vocations.

Mais voilà qu’à peine arrivés à Madrid, éclata la guerre civile, et la persécution ouverte. Aucune des maisons lasalliennes ne pouvait les héberger, puisqu’elles avaient été abandonnées (de force). Ils errèrent dans les rues pendant une dizaine de jours. Enfin, ils entendirent que la ligne de chemin de fer était ouverte pour rejoindre Barcelone.

Mais le voyage ne fut pas du tout ce qu’ils espéraient. Plusieurs fois la police les contrôla. Deux des cinq descendirent à Tarragona, tandis que les trois autres poursuivaient jusqu’à Barcelone.

Alfeo était l’un des deux descendus à Tarragona. Les miliciens, à l’affût de prêtres et de religieux, les remarquèrent vite à leur comportement. Au moment où ils traversaient le quartier de la mairie pour rejoindre leur collège, ils durent passer par des ruelles sombres, où on les identifia très vite : on les assassina sur place.

Alfeo tomba en martyr à Tarragona ce 31 juillet 1936 et a été béatifié en 2013.

 

 

Daniel Mora Nine

1908-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Alejandro Arraya Caballero

1908-1936

 

Il était né le 29 mai 1908 à Rodilla (Burgos, Espagne) et reçut le Baptême deux jours après.

Il commença le noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) à Cambrils en 1922, l’acheva à Fortianell, où il reçut l’habit, et le nom de Alejandro Antonio (1924), et fit le scholasticat à Cambrils.

Ses activités le conduisirent à l’internat de Tarragona (1926), puis à Bonanova (1919), Teruel et Manlleu.

Frère zélé et efficace, il succomba à un excès de travail et dut se reposer.

En 1935, il dut effectuer le service militaire à Manresa, sans cacher sa condition de Religieux, au point que les officiers lui confièrent la formation des soldats moins préparés.

Peu avant la révolution de 1936, il se trouvait momentanément à Madrid avec quatre autres Frères : sur disposition du Frère Visiteur, ils devaient rejoindre leurs pays d’origine pour promouvoir d’éventuelles vocations.

Mais voilà qu’à peine arrivés à Madrid, éclata la guerre civile, et la persécution ouverte. Aucune des maisons lasalliennes ne pouvait les héberger, puisqu’elles avaient été abandonnées (de force). Ils errèrent dans les rues pendant une dizaine de jours. Enfin, ils entendirent que la ligne de chemin de fer était ouverte pour rejoindre Barcelone.

Mais le voyage ne fut pas du tout ce qu’ils espéraient. Plusieurs fois la police les contrôla. Deux des cinq descendirent à Tarragona, tandis que les trois autres poursuivaient jusqu’à Barcelone.

Alejandro était l’un des deux descendus à Tarragona. Les miliciens, à l’affût de prêtres et de religieux, les remarquèrent vite à leur comportement. Au moment où ils traversaient le quartier de la mairie pour rejoindre leur collège, ils durent passer par des ruelles sombres, où on les identifia très vite : on les assassina sur place.

Alejandro tomba en martyr à Tarragona ce 31 juillet 1936 et a été béatifié en 2013.

 

 

Luis Gómez de Pablo

1912-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

José Luis Collado Oliver

1912-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

Adolfo de Esteban Rada
1912-1936

Né le 28 septembre 1912 à Berbinzana (Navarre), il était le fils de Quintín et Faustina, qui le firent baptiser le lendemain et confirmer l’année suivante ; on connaît aussi la date de sa Première communion : 1921. Il avait (au moins) deux frères.

En 1923, il commença ses Humanités à Alagón, qu’il poursuivit en 1925 à Cervera ; en 1927 il partit faire le noviciat à Vic, et y reçut l’habit le 30 septembre, deux jours après ses quinze ans ; après la profession en 1928, il partit étudier la philosophie à Solsona. En 1931, vêtu en paysan comme ses confrères, il voyagea à Cervera pour y préparer la théologie. En 1935, il avait achevé ces études, mais le service militaire retarda les ordinations. Il fut envoyé à Barcelone, comme professeur, en août 1935.

Il avait un bon talent musical. Dans son zèle pour le salut des âmes, il réussit à convaincre ses deux frères d’abandonner les idées socialistes et de cesser de critiquer l’Eglise ; ils redevinrent de bons catholiques pratiquants.

Dès le 19 juillet 1936, Adolfo dut abandonner la maison et se réfugier chez un autre Confrère. Il aurait pu y rester tranquillement, mais il fut dénoncé : les miliciens vinrent contrôler le 31 juillet. Avant d’être embarqué, il laissa sa montre à la maîtresse de maison, la priant de la faire parvenir à son père ; puis les miliciens l’emmenèrent à la maison des Clarétains pour se faire indiquer les passages sacrets (qui n’existaient pas) ; en passant, Adolfo fut salué par un enfant qui l’appela Padre !

Adolfo fut exécuté non loin de l’hôpital San Pablo de Barcelone.

Martyrisé le 31 juillet 1936 et béatifié en 2017 Adolfo de Esteban Rada sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 juillet.

 

 

Melchor Martín Monge

1914-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

Michał Oziębłowski

1900-1942

 

Michal naquit la veille de la fête de son Saint patron, le 28 septembre 1900, à Izdebno (Mazowieckie, Pologne), dans une famille nombreuse d’ouvriers.

Entré au séminaire à vingt-deux ans, il fut malade de tuberculose, au point qu’il croyait devoir renoncer à sa vocation. Mais il put réintégrer le séminaire en 1934 et être ordonné prêtre en 1938.

Il fut vicaire à Kutno.

Après l’invasion de la Pologne par les troupes nazies, il fut arrêté le 6 octobre 1941 et envoyé au camp de Lad, puis à Dachau, avec le numéro 28201.

Maltraité, souffrant de la faim, devant exécuter des tâches excessives pour ses forces, épuisé,  il succomba le 31 juillet 1942. 

Des compagnons du camp, qui survécurent, purent témoigner auprès de sa famille, de la façon dont il se comporta généreusement dans ce camp pour servir les uns et les autres.

Il a été béatifié en 1999.

 

 

Franciszek Stryjas

1882-1944

 

Il vit le jour le 26 janvier 1882 à Popów (Pologne), de pieux parents cultivateurs, Martin et Antonina, qui le firent baptiser le lendemain.

Ce sont eux aussi qui lui enseignèrent les premiers éléments scolaires.

En 1901, il épousa Jozefa Kobylka, avec laquelle il eut sept enfants. Ils habitaient Kuczowoli. Quand son épouse décéda, il épousa en secondes noces une autre Jozefa, Nosal, et vint habiter à Takomyśli.

Un des rêves de jeunesse de Franciszek était de parler de Dieu aux enfants et de les préparer à la Première communion ; ce rêve se réalisa lorsque les deux prêtres de Godzieszach et Opatówek furent envoyés à Dachau. Avec son épouse, il organisa clandestinement cette catéchèse, prévoyant de faire héberger les enfants chez des habitants, car ces enfants devaient parfois venir de loin.

Le 20 juillet 1944, Franciszek reçut une convocation au bureau de police de Opatówek. On lui déconseillait de s’y rendre, mais il y alla courageusement.

A Opatówek, puis à Kalisz, il fut durement torturé et succomba à ses blessures le 31 juillet 1944.

Le corps, ramené chez lui, portait des traces évidentes de coups et de tortures.

Il a été béatifié en 1999.

 

 

Pjetër Çuni

1914-1948

 

Pjetër Çuni naquit le 9 juillet 1914 à Shkodër (Albanie).

Il étudia au Séminaire Pontifical d’Albanie, puis à celui de la Propagande à Rome.

Ordonné prêtre en 1940, il exerça son apostolat sacerdotal dans diverses paroisses de montagne : Shkrel, Rrjoll, Lohe e Reç.

Le 27 juillet 1947, arrêté à Rrjoll, il fut mis en prison à Koplik.

Les circonstances ultimes de sa mort ne sont pas claires. On trouve qu’il aurait été précipité dans une fosse septique, ou bien dans la baie de Koplik, le 31 (ou le 29) juillet 1948.

Son père apprit la nouvelle à la fin de l’année 1948, le lendemain de Noël.

Pjetër Çuni fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 31 juillet.

 

 

Cecilia