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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 00:00

Krikor Narekatsi
950-1010

Krikor Narekatsi (ou aussi Grigor Naregatsi) naquit vers 945-951 dans le Vaspourakan des Artzrouni, une province arménienne au nord de l'Irak.
Il avait deux frères : Hovhannès (Jean), qui sera moine copiste également à Narek, et Sahak, pratiquement inconnu.
Très tôt la mère mourut et c'est le père, l'évêque Khosrov Andzévatsi (le Grand) qui se chargea de leur éducation. Cet évêque était déjà auteur d'importants ouvrages théologiques. Puis ce fut l'oncle de Grigor, Anania Narekatsi, abbé du monastère de Narek, qui poursuivit l'éducation de son neveu.
Grigor fut donc moine au monastère de Narek, fondé en 935, non loin du lac de Van, près de l'église d'Aghtamar.
Il fut ordonné prêtre en 977 et fut vardapet (c’est-à-dire docteur en théologie), puis enseignant. C’était un esprit encyclopédique, maître en musique, astronomie, géométrie, mathématiques, littérature et théologie.
Reconnu comme maître spirituel, il fut chargé de former les novices de son couvent et, chose délicate, de réformer les monastères voisins.
Il arriva justement que des moines, jaloux de son influence et de ses qualités, le dénoncèrent comme coupable d'hérésie. De par sa formation, Grigor pouvait être taxé de chalcédonisme, comme son père qui avait même été un temps excommunié par le Catholicos Ananias Ier de Moks. Mis à l'écart et rejeté dans l'ombre, Grégor montrera son orthodoxie : on lui rendra justice, à cause de son humilité.
Vers la fin de sa vie, ce grand mystique a écrit en langue arménienne classique un poème intitulé Livre des Lamentations, chef d'œuvre de la poésie arménienne médiévale. Ce maître de la discipline a, pour ce faire, tiré la langue arménienne classique de la liturgie pour lui donner, après l'avoir remodelée et sculptée, une autre forme et un autre sens, la poésie arménienne médiévale.
Gregor a rédigé un Commentaire sur le Cantique des Cantiques de Salomon, une Histoire de la croix d'Aparan, des odes célébrant la Vierge Marie, des chants et des panégyriques.
Il a introduit à cette époque le vers monorime dans la poésie arménienne. Son influence a marqué la littérature arménienne et se retrouve chez d'autres poètes. Son œuvre est l'un des sommets de la littérature universelle.
Il mourut vers 1003 ou 1010 et un mausolée lui fut consacré à Narek, malheureusement détruit à la suite du génocide arménien.
Il sera canonisé par l'Eglise arménienne.
Les Lamentations ont été mises en musique en 1985 par Alfred Schnittke, dans une traduction russe de Naum Grebnev.
Grégoire de Narek est un théologien, poète et philosophe. Il a été appelé le Docteur des Arméniens et sera proclamé Docteur de l’Eglise en 2015.
Ses élégies constituent actuellement le recueil majeur de prières de la liturgie arménienne.
Gregor est mentionné le 27 février au Martyrologe Romain.

Extrait du Livre des Lamentations, XXVI :

« J'ai été orgueilleux, moi, poudre vivante,
et fier, moi, argile parlante,
et hautain, moi, terreau vil.
Je me suis exalté, moi, cendre sordide ;
j'ai brandi le poing, moi, coupe fragile.
Je me suis accru plus qu'un roi ;
puis comme l'homme qu'on expulse
je me suis reclus à nouveau en moi.
J'ai reflété l'incendie de la fureur
moi, boue intelligente ;
ma présomption m'enfla comme étant immortel,
moi, de mort encloué comme les bêtes ;
j'ai étendu les bras vers la passion de vivre,
n'ai pas tourné ma face mais mon dos ;
l'esprit ailé je me ruais vers de noirs mystères ;
j'ai dégradé mon âme pure en flattant mon corps. »

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24 février 2021 3 24 /02 /février /2021 00:00

Tommaso Maria Fusco

1831-1891

 

Tommaso naît le 1er décembre 1831 à Pagani (Salerno, Campanie) et reçoit le baptême le jour-même. Il est le septième des huit enfants d’un pharmacien bien en place.

Sa maman décède quand il a six ans, puis aussi son papa quand il en a dix.

Lors de la canonisation de saint Alfonso de’ Liguori (v. 1er août) en 1839, il participe aux festivités et promet à Dieu d’être prêtre lui aussi.

Mais il y a déjà deux prêtres dans la famille, son frère aîné et son oncle paternel, qui pensent que deux prêtres dans la famille suffisent et que Tommaso ferait mieux de perpétuer la famille.

Tommaso persévère, entre au séminaire, et reçoit l’ordination sacerdotale en 1855. 

Immédiatement, il ouvre chez lui une petite école privée et, non loin, une petite «chapelle du soir».

En 1857, il fait partie de la Congrégation des Missionnaires de Nocera, pour l’évangélisation des populations locales.

En 1861, il doit fermer l’école, et en ouvre une autre pour jeunes prêtres, qui doivent compléter leur formation en théologie morale sacramentelle, un cours qui durera vingt-cinq ans.

A cette époque en effet, les prêtres ne recevaient l’habilitation à confesser qu’après quelques années de sacerdoce ; pour don Tommaso cependant, l’évêque fit une exception, jugeant de la maturité précoce du jeune prêtre.

En 1862 don Tommaso fonde une Compagnie de l’Apostolat Catholique du Précieux Sang de Jésus-Christ, pour la prédication de missions au peuple. Un périodique parut aussi : La Voix du Précieux Sang, qui sera diffusé jusqu’en Inde. 

De 1861 à 1873, don Tommaso est aumônier du sanctuaire de Notre-Dame du Carmel, puis curé de la paroisse. Fervent dévot de Notre-Dame, il ajoute le nom de Maria au sien. Il fonde les dimanches catéchistiques, l’Association des Filles de Marie, les Moniales de la maison (Monelle di casa), qui deviendront les Filles du Précieux Sang.

En 1872, don Tommaso a comme une «inspiration» de fonder la Congrégation des Filles de la Charité du Précieux Sang, destinée à refléter au regard des hommes la Charité divine avec laquelle fut versé le Précieux Sang du Christ.

En 1873, l’évêque préside l’ouverture du premier orphelinat, tenu par trois Religieuses, et qui comptait déjà sept petites orphelines, que don Tommaso s’engageait à élever sur ses propres deniers. L’évêque lui dit alors : Tu as choisi le titre du Précieux Sang ? eh bien, prépare-toi à boire un calice amer !

La plus grosse amertume à avaler, fut une terrible calomnie, montée par deux prêtres soutenus par ces messieurs de la place. L’affaire arriva au Tribunal ecclésiastique et eut pour conclusion la pleine reconnaissance de l’innocence de don Tommaso, tandis que les auteurs de la calomnie se voyaient contraints d’avouer publiquement leur machination. Ce qui est dit ici en trois lignes, ne peut pas rendre quelle «agonie», au sens propre, vécut pendant plusieurs années le pauvre prêtre, qui toutefois sut en profiter pour monter encore plus haut dans la sainteté.

Don Tommaso Maria Fusco mourut le 24 février 1891, après avoir consacré toutes ses forces au service de Dieu et du prochain.

Il fut appelé la lèvre parlante de l’Evangile et le prophète et témoin de la Charité du Sang.

Les Filles de la Charité du Précieux Sang sont actuellement présentes en Italie, aux Etats-Unis, au Brésil, au Nigéria et aux Philippines.

Don Tommaso Maria Fusco a été béatifié en 2001.

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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 00:00

Carême - 2 B

 

Le sacrifice d’Isaac a été unanimement reconnu comme une préfiguration de la Passion de Jésus-Christ par des auteurs célèbres comme Tertullien, Origène, et bien sûr s.Augustin qui écrit : “Qui d’autre en Isaac portait lui-même le bois pour le sacrifice, si ce n’est Celui qui était lui-même chargé de la croix pour aller au terme de sa passion ?” (Contra Faustum, XII,25).

Le sacrifice d’Abraham a vraiment été complet, total : par sa promptitude à obéir, sans un mot de discussion, sans un instant d’hésitation, sans exprimer le moindre regret.

De cette bénédiction est venu le Fils de Dieu, incarné dans le sein de Marie, qui s’est offert totalement à Son Père jusqu’à la croix. 

*       *       *

Il y a un petit problème de traduction dans le psaume de méditation, où nous lisons : Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens, comme si Dieu avait accepté à contre-cœur le sacrifice de Jésus et le martyre de tant d’hommes et de femmes jusqu’à nos jours. 

Certes, Dieu ne prend pas plaisir à voir écorcher vifs Ses enfants, mais le psaume dit en réalité : Elle a du prix, aux yeux de Dieu, la mort de ceux qui l’aiment (traduction Segond). 

Une note de la Bible de Jérusalem explique que les versions ont interprété ce texte d’après le dogme de la résurrection, et tout le contexte de ce psaume 115 semble bien exprimer clairement l’Action de grâces du Christ pour son Sacrifice rédempteur. 

Ce psaume à lui seul pourrait constituer une excellente Prière Eucharistique, à utiliser à l’entrée de la maison du Seigneur, au milieu de Jérusalem.

*       *       *

Saint Paul est encore plus décisif : Dieu n’a pas refusé son propre Fils, il l’a livré pour nous : c’est bien la preuve que cette mort est précieuse aux yeux de Dieu.

 

*       *       *

Sur cette autre montagne du Thabor, Jésus apparaît transfiguré aux apôtres, et la voix du Père nous dit expressément que c’est Lui qu’il faut écouter.

Cette manifestation du Christ glorieux a été permise par Dieu pour, en quelque sorte, encourager les apôtres à ne pas se laisser abattre par la prochaine passion du Christ, en leur annonçant quelle serait ensuite la gloire du Ressuscité, même s’ils ne comprennent pas bien encore ce que peut signifier ressusciter d’entre les morts, une réalité encore inexistante et qui allait bientôt être la marque fondamentale du Christianisme .

Il faudrait dire un mot sur la phrase de Pierre qui ne savait que dire, tant était grande leur frayeur

En fait, Pierre exprime très clairement quelque chose qui est plein de respect et d’adoration, proposant une tente pour le Christ qui est Dieu, une pour Moïse (qui en reçut les Tables) et une pour Elie (qui annonça Sa naissance), mais pas pour lui-même et ses deux compagnons ; il disait donc quelque chose de tout-à-fait sensé, mais un peu sans s’en rendre compte, comme dans une extase. 

Et l’on ne pourrait pas vraiment parler de frayeur, puisqu’il dit qu’il est bon d’être ici : certainement il a pu être rempli d’un sentiment de sainte crainte, de cette crainte de Dieu dont le psaume dit : Venez, mes fils, écoutez-moi : je vous enseignerai la crainte du Seigneur (Ps 33:12).

Sans prétendre corriger la traduction officielle des textes liturgiques, on pourrait proposer de comprendre cette expression de la façon suivante : “Il ne s’apercevait pas des paroles qu’il disait, tant il était saisi de crainte”, un état d’esprit qui s’est répété dans maintes apparitions tout au long des siècles.

 

*       *       *

Ce n’est pas la mort en soi qui est douloureuse, ni aux yeux de Dieu ni aux nôtres, puisque dès notre conception nous sommes condamnés à la mort. Ce qui compte, en effet, c’est comment est offerte et acceptée cette mort, ainsi que les douleurs et les maladies qui l’accompagnent, comment chacun de nous accepte de s’offrir à Dieu pour collaborer à Son œuvre rédemptrice. 

Sur l’invitation de Dieu lui-même, écoutons son Fils bien-aimé : travaillons à faire mourir en nous les traces du vieil homme, nos concupiscences, nos petites choses humaines et terrestres, pour dès maintenant ressusciter à une vie nouvelle.

Ecoutons bien déjà la Prière du jour : ainsi purifiés, nous pourrons discerner (la) gloire du Christ, comme les Apôtres.

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19 février 2021 5 19 /02 /février /2021 08:05

Stanisława Rodzińska
1899-1945

Deuxième des cinq enfants de Michał Rodziński, Stanisława naquit le 16 mars 1899 à Nawojowa (Małopolskie, Pologne).
Le papa, qui était aussi organiste à la paroisse, était très proche des religieuses du Tiers-Ordre dominicain de Wielowski, dont la mère Stanisława Leniart avait fondé le couvent du village ; et c’est d’elle qu’il donna son nom à sa fille.
Ces religieuses faisaient l’école aux enfants du secteur, y ajoutant une formation musicale de qualité.
A six ans, Stanisława devint orpheline de sa mère, et à dix ans, de son père ; elle fut recueillie avec sa petite sœur Janine dans le couvent. A dix-sept ans, Stanisława demanda à être postulante, prit le nom de Maria Julia, puis continua des études pédagogiques à Poznan.
Après la réunification de la Pologne, il y eut un conflit avec les Soviétiques et les Lituaniens, et les Sœurs fondèrent des orphelinats à Wilno et à Rava Ruska (Lviv). Stanisława-Julia enseigna à Wilno.
En 1924 Stanisława prononça ses vœux définitifs et fut nommée dans différentes écoles de la Congrégation. C’était la mère des orphelins. Armée de son chapelet, qu’elle avait en grand honneur, elle se dépensait sans mesure auprès des orphelins, des pauvres, mettant à profit ses excellentes qualités d’administratrice.
En 1927, son expérience la fit désigner comme déléguée au chapitre capitulaire général. En 1934, elle fut supérieure à Wilno.
La ville (désormais Vilnius) fut occupée par les Soviétiques en 1939, puis devint lituanienne, repassa à l’Union soviétique en 1940, fut occupée par les Allemands en 1941. Les Sœurs furent dépossédées et dispersées, mais continuèrent leurs activités dans la clandestinité, portant de la nourriture aux prêtres emprisonnés, probablement aussi aux Juifs persécutés.
Mais Maria Julia fut arrêtée en août 1943 pour activités nationalistes. Elle fut torturée et emprisonnée à Lukiszki, de sinistre mémoire, et soumise pendant une année au strict régime d’isolement : dans son petit bloc, elle ne pouvait pas bouger.
Quand le front biélorusse se rapprocha de Vilnius (1944), elle fut déportée avec d’autres Sœurs en wagon à bestiaux à Stutthof (Dantzig, actuelle Gdansk), où elles furent violées. Stanisława-Julia fut placée dans le secteur juif avec le numéro 40992. Elle organisa la prière dans le baraquement.
Chaque jour, les femmes les plus fragiles étaient sélectionnées pour mourir gazées. Au milieu d’une atmosphère emplie de terreur, de faim, de torture, de labeur, de sadisme, Stanisława-Julia sut montrer son courage, son espérance et sa générosité. Elle partageait le peu qu’elle avait ; on lui demandait d’arbitrer les petits conflits entre prisonnières.
Une survivante témoigna : Elle était noble, désireuse d’aider, bonne. Dans le camp, où toute pitié était totalement oubliée, elle servait avec miséricorde.
Autre témoignage : le mari d’une prisonnière, présent lui aussi dans une autre section du camp, voulait se suicider. Stanisława-Julia lui fit passer plusieurs lettres pour lui redonner espoir : il survécut au camp et à la guerre.
A l’automne 1944, se propagea une épidémie de typhus. Elle demanda à être placée avec les personnes contaminées. Elle réussit à tirer d’un amas de corps destinés à la crémation une femme encore en vie, qui survécut et put rendre témoignage. Elle contracta la maladie. En hiver, les nazis évacuèrent le camp, y abandonnant les mourants, dont six-mille neuf-cent vingt-deux femmes agonisantes.
Stanisława fit alors le sacrifice de sa vie, et mourut le 20 février 1945, peu de semaines avant la fin de la guerre.
Elle a été béatifiée en 1999 parmi cent-huit Martyrs polonais, qui sont localement fêtés ensemble le 12 juin.

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17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 10:53

William Richardson
?-1603

William était né près de Sheffield (Yorkshire S) ou au Lancashire (Angleterre).
On le trouve aussi sous le nom de Anderson.
En 1592, il vint à Reims et, de là, passa à Valladolid. Il reçut le sacerdoce à Séville en 1594.
Deux récits s’affrontent à propos de son arrestation. L’un dit que William fut arrêté à Clement’s Inn le 12 février 1603, l’autre qu’il fut prisonnier à Newgate pendant une semaine avant d’être condamné à Old Bailey le 15 février, sous l’accusation d’être prêtre et d’être entré illégalement dans le royaume.
C’est un de ses amis qui le trahit. Le juge procéda avec une rapidité exceptionnelle à l’examen de la cause, apparemment plus animé par des sentiments de persécuteur que par ses devoirs de juge.
William montra une grande constance au moment de l’exécution, ce qui édifia beaucoup les témoins. Il pria pour la Reine.
William Richardson mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 17 février 1603, le dernier du règne de la reine Elizabeth.
Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 00:00

1er dimanche de Carême - B


Le personnage de Noé a souvent été mis en doute par les rationalistes : comment expliquer qu’un déluge universel se soit déversé sur le monde entier, que tant d’hommes, d’animaux et d’espèces végétales aient disparu par simple décision de Dieu pour «punir» les hommes ?
Des récits anciens ont aussi parlé d’une immense catastrophe dans la région de Babylone. Quand on voit les conséquences dramatiques d’un tsunami, d’une éruption volcanique ; ou celles d’un accident technique comme à Tchernobyl, ou aussi du comportement humain irresponsable causant l’actuel réchauffement de la planète, on peut très bien imaginer on ne sait quelle catastrophe immense.
Quelle qu’ait été l’ampleur de ce séisme, la Bible désire s’en servir pour nous donner un enseignement spirituel et théologique pérenne : le mal, comme le bien, ne restent pas sans conséquences. Autant le mal que je commets altère l’harmonie du créé et donc toutes les créatures, autant le bien que je m’efforce de faire contribue à consolider, à réparer l’harmonie perdue, ou même à l’embellir, comme on embellit de pierres précieuses un objet déjà finement tissé ou sculpté.
Toutes ces créatures qui étaient tombées dans le péché et furent englouties, représentent notre vieil homme et ses mauvaises passions ; le déluge annonce notre baptême, Noé et sa famille dans l’arche sont la nouvelle créature sauvée, de même qu’on verra plus tard Moïse sauvé des eaux, le peuple juif sauvé des eaux de la Mer Rouge.
Saint Hilaire de Poitiers (4e siècle), reprenant un commentaire d’Origène (3e siècle), montre comment le personnage de Noé préfigure celui de Jésus-Christ. En effet, écrit ce Père de l’Eglise, c’est Jésus-Christ qui abrite ses fils dans l’arche de sa doctrine et de son Eglise ; comme Noé inventa cette liqueur issue de la vigne, de même Jésus changera ce vin en Vin nouveau, en Son Sang rédempteur ; comme un de ses fils s’est moqué de la nudité de Noé, de même on se moquera du Christ dénudé en croix ; comme Noé fut victime de sa vigne qui lui provoca l’ivresse, de même Jésus, après avoir apporté la vigne d’Egypte (Ps 79:9) et l’avoir plantée en Palestine, souffrit justement de cette vigne d’Israël, jusqu’à la passion et la mort (voir Saint Hilaire, Traité des Mystères, 12-15).

La lecture d’aujourd’hui commence au verset 8 du neuvième chapitre de la Genèse. Quelques versets plus haut, on lit que Dieu établit tous les animaux de la terre, tous les oiseaux du ciel, tout ce dont la terre fourmille, tous les poissons de la mer comme nourriture au même titre que la verdure des plantes, précisant bien que tout ce qui se meut et possède la vie vous servira de nourriture, avec cette seule restriction que vous ne mangerez pas la chair avec le sang, toutes ces bêtes devant d’abord être immolées par le feu, le sang étant éliminé, de sorte qu’il ne restera que la chair à manger.
Au début, en effet, l’homme et les animaux ne devaient se nourrir que des fruits de la nature (cf. Gn 1:29-30). Ils n’avaient pas à tuer la vie pour se nourrir. L’homme devrait désormais conserver un souvenir de la destruction générale provoquée par le déluge.
On comprendra mieux ainsi pourquoi certaines saintes âmes, par nostalgie de la première innocence, cessèrent de manger de la viande.

*       *       *


Le psaume 24, qui est de David, est un poème alphabétique, dont chacun des vingt-deux versets commence par une des lettres de l’alphabet hébraïque.
Il évoque un homme qui regrette fortement son passé de pécheur (verset 11 : pardonne mes torts, car ils sont grands), qui est remis dans la voie qu’il faut prendre (verset 12) et qui, tout en ayant les yeux fixés sur Yahvé (v.18), a besoin de Lui pour le protéger des ennemis qui foisonnent (v.19) : Vois de quelle haine violente ils me haïssent (v.19). On perçoit bien ici le Christ, l’Homme nouveau, qui a pris en sa chair le péché des hommes et qui est l’objet de la risée des bourreaux.
Dans les trois strophes choisies aujourd’hui pour le Chant de méditation, se trouvent des expressions essentielles : le Dieu qui me sauve, le Dieu qui a sauvé Noé et sa famille ; le Dieu miséricordieux qui oublie les révoltes ; et qui montre au pécheur le chemin, c’est-à-dire le salut par la Croix.
Observons ici que l’ultime lettre de l’alphabet hébraïque, Tau, est justement le T de la croix, l’instrument du salut par lequel le Christ a achevé son existence terrestre pour nous donner la vie nouvelle.

*       *       *


Saint Pierre avait parfaitement compris tout ce mystère : le déluge était une image du baptême qui nous sauve maintenant.

C’est le sens profond de cette nouvelle alliance de Dieu avec Noé, promettant que les eaux ne produiront plus le déluge, alors que bien évidemment bien d’autres catastrophes météorologiques se sont abattues sur terre depuis Noé. En réalité, dans la nouvelle alliance, dans l’arche du salut de l’Eglise, tout sera accompli : le Sacrifice du Christ ouvrira définitivement la porte du salut à toute âme qui adhérera à la doctrine unique de la Vérité.
Pierre fait remarquer que huit personnes en tout furent sauvées. Le chiffre huit n’est pas un hasard : après la création, qui dura symboliquement six jours, Dieu se «reposa» le septième jour ; le Christ, après sa mort, «se reposa» le jour du sabbat. La Résurrection advint au huitième jour, premier jour de la nouvelle semaine, de la nouvelle créature. C’est dire l’importance du Jour du Seigneur, du Dimanche.
Ce symbolisme se retrouve dans la gamme musicale : la septième note «attend» la huitième, l’octave, la reprise de la première note. Dans la liturgie, «fêter l’octave» signifie que pendant huit jours les prières se réfèrent toutes à la fête du premier jour ; c’est le cas à Noël et à Pâques.
La conscience droite dont parle saint Pierre, est la conversion de cœur que Jésus attend de nous, quand Il nous dit Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle.

*       *       *


Cette phrase a été répétée par le prêtre en déposant sur notre tête un peu de cendres au début du Carême. L’invitation à la conversion du cœur, c’est le troisième des Mystères Lumineux du Rosaire. Nous l’entendons dans l’évangile.
L’évangéliste nous dit aussi que Jésus resta quarante jours dans le désert, très laconiquement. On sait par les autres évangélistes qu’Il y jeûna ; le jeûne a toujours été une attitude qui accompagnait une prière intense, ou une pénitence volontaire pour expier quelque mal commis, tant dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau. Il est dit de beaucoup de Saints qu’ils jeûnaient. Encore aujourd’hui, rappelons-le, l’Eglise nous demande de jeûner, mais seulement deux jours dans l’année : le Mercredi des Cendres (mercredi dernier, en début de Carême), et le Vendredi Saint, au terme du Carême, quand nous revivons la mort du Christ.
Jeûner n’est pas une attitude que certains appelleraient aujourd’hui “masochiste” ; il ne s’agit pas de  se complaire dans des pratiques douloureuses pour le plaisir de souffrir la faim - et de risquer d’en perdre la santé. Il est vrai que certains Pères du désert et certains Saints ont pratiqué des austérités véritablement effrayantes : ce qu’il faut admirer en cela n’est pas leur “prouesse”, mais l’humilité profonde avec laquelle ils ont uni leurs souffrances à celles du Sauveur. Mais pour nous, l’Eglise reste maternellement prudente et ne nous impose rien de si austère : un jour de jeûne, il nous est demandé de faire un seul vrai repas (plutôt à midi), avec aussi une boisson chaude au petit matin et avant de se coucher, et ce uniquement pour les adultes de dix-huit à soixante-cinq ans, pourvu qu’ils aient une santé qui puisse supporter cette privation.
Les mêmes jours de jeûne ainsi que tous les autres vendredis de Carême, il nous est demandé de faire “abstinence de viande”, et donc de manger du poisson ou de l’œuf, ce qui ne constitue pas vraiment une privation, vu que ces nourritures sont extrêmement riches pour la santé : c’est seulement une attention particulière pour honorer la mémoire de la mort du Christ le Vendredi Saint. Nous pouvons toujours pratiquer l’abstinence les autres vendredis de l’année ou en d’autres jours, mais ce n’est pas là une obligation.
Ceux qui ont jeûné peuvent témoigner que cette pratique est fort utile pour la vie intérieure : en nous détachant un peu de la vie matérielle, elle nous aide à approfondir la méditation, la prière, le don de soi, la préoccupation pour les autres.
Jésus a jeûné : non pas qu’Il ait eu besoin de cela pour apprendre à prier, à parler avec Dieu le Père, à s’offrir pour tous les hommes, mais pour nous montrer comment amener ce corps humain qu’Il avait pris de nous, à s’élever vers plus de spiritualité, vers plus de sainteté.

*       *       *


Que cette période de Carême soit pour chacun de nous l’occasion de nous convertir davantage, de progresser dans la connaissance de Jésus-Christ - ce sont les termes de la Prière - pour arriver à Pâques un peu plus “ressuscités” à la vie du Christ.

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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 22:00

Michał Sopoćko

1888-1975

 

Le père Michał Sopoćko naquit le 1er novembre 1888, fête de la Toussaint, à Nowosady en Pologne russe (actuelle Lituanie), dans une famille noble profondément attachée à la foi chrétienne.

Chaque jour, on priait en famille, et Michał grandit dans cette atmosphère de piété ; il se construisait des autels où il priait.

Il fréquenta le séminaire de Vilnius, grâce à une bourse que lui accorda le recteur, car la famille était trop pauvre. Il fut ordonné prêtre en 1914, et exerça son sacerdoce dans la paroisse de Taboryszki, qui allait être brutalement agressée en 1915, au passage des troupes germano-russes. 

Sans se décourager, il continua à célébrer les offices, mais aussi à ouvrir des écoles dans les environs. Mais les autorités y verront bientôt un «danger» et l’obligèrent à quitter son poste. 

En 1918, il alla faire des études à Varsovie, mais la situation politique et la maladie l’empêchèrent d’étudier. Volontaire aux armées, il fut aumônier à l’hôpital militaire de Varsovie, puis transféré au régiment de Vilnius. Malade et hospitalisé, il revint à Varsovie et s’occupa des officiers. Ses conférences étaient très appréciées, et le ministère de la Défense les fit publier et diffuser dans tous les services. 

En 1919, l’université rouvrit ses portes, et l’abbé Sopoćko s’inscrivit en morale, droit et philosophie. En outre il fréquenta l’institut supérieur de pédagogie où il obtiendra son diplôme en 1923, avec un mémoire sur L’Alcoolisme et les adolescents.

Rappelé à Vilnius en 1924, il y organisa la pastorale pour les jeunes et pour les militaires. Chaque semaine fut organisée une table ronde pour traiter de sujets moraux et religieux. Il créa des associations pour la jeunesse.

Continuant ses études de théologie par correspondance, il passa le doctorat en théologie en 1926. Ses études lui donnèren l’occasion d’apprendre l’allemand, l’anglais et le français.

Directeur spirituel au séminaire de Vilnius, responsable à la faculté de théologie pastorale à l’université, il se retira peu à peu de la pastorale militaire. Il développa la Société des Enfants de Marie, le Cercle Eucharistique, le Tiers-ordre franciscain, l’Union missionnaire du clergé.

Préparant une thèse d’habilitation pour l’éducation spirituelle, il voyagea en Europe de l’Ouest et en 1934 présenta sa thèse intitulée : Le but, le sujet et l’objet de l’éducation spirituelle d’après M.Leczycki. Il fut nommé professeur à l’université de Varsovie et à l’université Etienne Batory de Vilnius, puis recteur de l’église Saint-Michel, après un pèlerinage en Terre Sainte.

Il rencontra une Religieuse du nom de Faustyna, chez les Sœurs de la Miséricorde à Vilnius. Sœur Faustyna Kowalska était une religieuse mystique, favorisée de révélations du Christ : elle avait vu en vision l’abbé Michał Sopoćko, à Varsovie et à Cracovie, et il deviendra le plus fidèle propagateur de la dévotion à la Divine Miséricorde, demandée par Faustyna de la part du Christ. Sœur Faustyna lui fit part du désir du Christ que fût instituée la fête de la Miséricorde divine, ainsi qu’une nouvelle congrégation religieuse. 

C’est lui qui demandera à l’artiste Kazimirowski de peindre l’icône de la Miséricorde divine, qui fut exposée le dimanche après Pâques de 1935, année du jubilé de la Rédemption. Il écrivit un ouvrage sur cette dévotion. En 1936, un premier opuscule envoyé à tous les évêques polonais, n’obtint aucune réponse. En 1937, deuxième opuscule. Sœur Faustyna mourut en 1938 (v. 5 octobre). A partir de 1939, la guerre confirmant les révélations de Sœur Faustyna, l’abbé Sopoćko les publia.

La construction du sanctuaire de la Miséricorde, qui devait se construire à Vilnius et qui avait obtenu l’agrément des autorités lituaniennes, fut remis à plus tard, à cause des hostilités. C’est alors que Edwige Osinska aida l'abbé à traduire et diffuser en Occident son traité sur la Miséricorde divine.

En 1940-1941, l'abbé reprit ses cours, près de l’église Saint-Michel. Il s’occupa de la conversion des Juifs et en baptisa soixante-cinq. Les Allemands alors s’alarmèrent. Il fut arrêté quelques jours. Fin 1941, il put se cacher chez les Ursulines, déguisé en charpentier, et continuant de célébrer et de travailler pour la diffusion de ses ouvrages. On le recherchait partout.

En 1944, il reprit des cours au séminaire, où il apportait ce qu’il pouvait trouver de provisions le dimanche dans les paroisses alentour. Son activité finit par ne plus être «clandestine», et il courut un réel danger.

En 1947, il fut appelé par Mgr Jalbrzykowki à Bialystok (Pologne) et se retrouva en septembre à Mysliborz, où il rencontra les premières supérieures de la nouvelle congrégation. A Bialystok il fut professeur et directeur spirituel au séminaire, confesseur des Missionnaires de la Sainte Famille. 

Faute d’examen suffisant, la dévotion fut interdite en 1958, mais elle était désormais largement connue. La construction, à Bialystok, d’une église consacrée à la Miséricorde divine, dut de nouveau être reportée. Dans un accident facial l'abbé perdit la voix et un autre accident de voiture en 1962 aggrava son état de santé. Il interrompit ses nombreuses activités, sauf celle de propager la dévotion. Il acheva la rédaction des quatre volumes de La Miséricorde de Dieu dans ses Œuvres.

En 1965, il témoigna au procès de béatification de Sœur Faustyna. En 1972, il devint Chanoine du Chapitre métropolitain. En 1974, il fêta soixante ans de sacerdoce.

Il décéda le 15 février 1975, le jour où l’on fête saint Faustin.

Michał Sopoćko a été béatifié en 2008.

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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 00:00

Mercredi des Cendres

 

Du quatrième au neuvième dimanche “ordinaires”, nous relisons d’amples passages du Discours sur la Montagne en saint Matthieu, mais pas celui que nous lisons aujourd’hui, en ce Mercredi des Cendres, précisément parce que l’Eglise veut aujourd’hui nous faire méditer sur le vrai jeûne, comme l’entend Jésus-Christ.

La pratique du jeûne n’est pas une innovation du Christ, car on le trouve maintes fois dans l’Ancien Testament (voir Tb 12:8 ; Ion 3:5 ; 2Par 20:3…). Le Prophète Joël nous y convie à son tour aujourd’hui. L’usage de la cendre non plus n’est pas nouveau : se couvrir la tête de cendre ou se coucher dans la cendre est une attitude de pénitence, d’humiliation, de repentir (cf. Job 2:8 ; Est 14:2 (gr 4:17k) …).

Nous lirons dimanche prochain comment Jésus se retira au désert et y jeûna quarante jours et quarante nuits, avant d’être tenté par le Démon. Avant de nous enseigner comment jeûner, Jésus pratique le premier ce qu’il veut nous suggérer : un jeûne authentique, qui nous aide à approfondir notre attachement à Dieu par le détachement de la terre.

La Prière du jour nous explicite le sens juste et le but de ce jeûne : Que nos privations nous rendent plus forts pour lutter contre l’esprit du mal. Et aussi la préface de la Messe : Tu veux, par notre jeûne et nos privations, réprimer nos penchants mauvais, élever nos esprits, nous donner la force et enfin la récompense

Il ne s’agit pas du tout de mourir de faim, de faire courir des risques à la santé. A certaines périodes, en certains endroits, on a pratiqué des jeûnes excessifs, parfois effrayants, qui finissaient par être plus des prouesses orgueilleuses que de vrais efforts vers la conversion intérieure. 

Jésus ne semble pas s’être privé de boire, même au désert ; le texte dit bien qu’il eut faim, donc qu’il ne mangea pas durant les quarante jours et les quarante nuits ;  Il ne s’est pas non plus “rattrapé” la nuit. Il y a des jeûnes qui consistent à ne rien prendre pas même une goutte d’eau, pendant tout un mois, même par la chaleur, mais on peut manger à sa faim durant toute la nuit : ceci n’est pas le jeûne que veut Jésus. 

Surtout, Il ne s’est pas montré ces jours-là ; il est resté discret ; tout au plus en aura-t-il parlé en secret avec les Apôtres, plus tard, ne serait-ce que pour leur expliquer comment il se prépara à sa mission, et comment ils auraient ensuite à expliquer aux croyants la façon de jeûner.

Actuellement, l’Eglise a considérablement réduit les exigeances de ce jeûne du Carême. C’est aussi que notre vie est extrêmement stressante, et maternellement l’Eglise ne voudrait pas contraindre à des obligations dures des travailleurs déjà très éprouvés par les déplacements et le bruit. Au désert, on souffre de la soif ou de la faim, mais pas du bruit !

Il reste que notre Mère l’Eglise nous demande seulement de jeûner le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint. Et encore, jeûner s’entend : prendre un seul repas à midi, avec une boisson chaude le matin et une légère colation le soir. En outre, chaque vendredi de Carême, en souvenir de la mort de Jésus-Christ pour chacun de nous, nous sommes invités à nous abstenir de viande, en la remplaçant par du poisson ou de l’œuf ou du fromage, ce qui n’est pas à proprement parler une “pénitence”.

De ces pratiques sont exemptés les enfants et les adolescents, ainsi que les personnes âgées et bien sûr les malades. Mais rien n’empêche ceux qui le désirent ardemment d’ajouter quelque petite pratique plus personnelle, pourvu qu’elle soit dans l’esprit du Carême : s’abstenir de chocolat, de confiture, de vin n’est pas forcément nécessaire ; beaucoup plus important serait de perdre moins de temps devant la télévision ou l’ordinateur et la console de jeux, savoir se taire plutôt que de parler derrière le dos des autres, et surtout de lire un peu plus les saints livres de l’Eglise : l’Ecriture, le Catéchisme, tel ou tel document du Pape, des Vies de Saints, en priorité par exemple les plus récemment béatifiés ou canonisés.

 

*       *       *

 

Dans cet esprit faisons bien nôtre l’appel du prophète Joël : Revenez à moi de tout votre cœur…! Les larmes et le deuil que préconise le Prophète sont là pour pleurer nos péchés, sincèrement, et non pour se donner en spectacle à la foule.

 

*       *       *

 

Saint Paul à son tour nous demande de nous réconcilier avec Dieu : le mot est presque amusant, car ce n’est pas Dieu qui doit se réconcilier, mais comme les gens disent très souvent que Dieu semble ne pas les écouter ni s’occuper d’eux, saint Paul répond qu’au fond, pour que Dieu soit plus proche de nous, nous n’avons qu’à nous rapprocher un peu de Lui ; ayant fait ce pas vers Dieu, nous serons tout heureux de sentir la main puissante de Dieu sur nous.

Il est remarquable que Jésus-Christ, en prenant notre nature humaine, ait assumé tout le péché des hommes, de sorte que notre nature soit à son tour absorbée en Jésus-Christ qui nous reconduit à Dieu, divinisés.

 

*       *       *

 

L’appel que nous adresse le prêtre au moment de nous imposer la cendre sur le front, est significatif : 

Convertissez-vous et croyez à l’Evangile (cf. Mc 1,15), qui est plutôt un appel pressant à la joie de la conversion, dans l’esprit du troisième mystère lumineux du rosaire. C’est la raison pour laquelle c’est le rite des Cendres qui tient lieu d’acte pénitentiel, à la place du Je confesse à Dieu habituel.

 

*       *       *

 

Dans cet esprit lisons, méditons, ce psaume 50 : on y lit tout le repentir de David après son adultère, mais aussi l’espérance en la joie d’être sauvé, la confiance d’être pardonné et le désir intime de louer Dieu.

Autrefois la formule pour l’imposition des cendres était : 

Souviens-toi que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière (cf. Gn 3,19), qui insistait plus sur notre côté humain et mortel.

Convertissons-nous ! Avançons vers la sainteté de Dieu par de petits actes humbles, de petites victoires arrachées à notre Ennemi, parfois avec une certaine violence contre notre moi personnel. Si nous reconnaissions chaque soir une seule action imparfaite de notre journée et que nous nous en repentions, nous serions déjà sur le chemin de la sainteté.

N’oublions pas que l’Eglise nous demande au minimum de nous approcher de l’Eucharistie chaque année au moment de Pâques, et que pour y accéder, il faut s’y préparer par une bonne confession. Salutaire habitude, celle de s’examiner chaque soir en sachant pointer du doigt tel défaut, tel péché : non pas pour nous en sentir accablés, mais en remerciant Dieu de nous avoir ainsi éclairés pour nous rapprocher de Lui, pour nous réconcilier.

Que ce premier pas dans le Carême soit suivi d’autres, tous plus décisifs l’un que l’autre, pour franchir avec Christ le fossé de la Mort et ressusciter avec Lui à la victoire, à la résurrection, à la Vie.

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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 08:43

Francisco Tomás de San Juan Bautista Márquez Sánchez
1866-1956

Francisco naquit le 24 juin 1866 à Alpandeire (Málaga, Espagne), dans une famille paysanne, et reçut au baptême les noms de : Francisco Tomás de San Juan Bautista. Il fut l'aîné de quatre garçons et une fille. Un des garçons mourut au service militaire, durant la guerre de Cuba.
Dans les champs, on cultive les céréales, et on garde aussi les chèvres. Un jour d'orage menaçant, Francisco proposa à ses camarades d'aller prier le chapelet dans une cabane proche, tandis qu'un autre préférait revenir au village le plus vite possible. Finalement c'est cet avis qui l'emporte, mais en chemin, la foudre s'abat sur le garçon qui avait imposé son avis. C'est là un épisode qui a pu déterminer Francisco à devenir religieux.
Après quelques études à l'école primaire, il resta à la ferme pour y travailler.
En 1887-1888, il fit son service militaire au régiment d'Infanterie Pavía (Málaga).
En 1894, lors de la béatification de Diego José de Cádiz (v. 24 mars), il entendit prêcher deux pères Capucins de Ronda, dont le comportement et les paroles le décidèrent à entrer dans leur ordre.
Après quelques essais infructueux, il entra chez ceux de Séville en 1899, y émit les premiers vœux en 1900 et reçut le nom religieux de Leopoldo.
Il fut envoyé successivement à Antequera, Granada, Sevilla et, finalement, de nouveau à Granada, où il restera quarante-deux ans.
Sa fonction principale fut celle de quêteur : il allait par les rues et les places de la ville, pieds-nus, faisant l’aumône. On finit par le connaître partout, et on lui donna le surnom de humble quêteur aux trois Ave Maria, car telle était sa dévotion courante, chaque fois qu'on lui proposait une intention de prière, ou qu'il suggérait une prière. Frère Leopoldo ne manquait pas une occasion d'enseigner un peu de catéchisme, d'inviter à la prière, à la conversion.
Durant toute la période de la guerre civile, il continua à quêter, même au péril de sa vie.
Arrivé à l'âge vénérable de quatre-vingt dix ans, simple comme il avait toujours vécu, il s'éteignit saintement à Granada le 9 février 1956.
Il a été béatifié en 2010.

Un des nombreux miracles obtenus par son intercession, et retenu pour sa béatification fut la guérison rapide, totale et durable d'une malade qui, en 1994, fut envahie de douleurs musculaires très fortes dans les jambes et les bras, assorties de grave anémie, nausées, difficultés pour marcher et pour manger, perte progressive de la vue, hémoglobine et plaquettes réduites à un niveau incompatible avec la vie, péricardite, pneumonie bilatérale. Les termes cliniques étaient : Lupus érythémateux disséminé systémique (LES) compliqué d’anémie hémolytique auto-immune, purpura thrombotique thrombocytopénique, polyradiculonévrite périphérique démyélinisante (Syndrome de Guillain-Barré), pneumopathie interstitielle, neuropathie lupique, péricardite.
Des proches lui présentèrent une image du fr. Leopoldo avec une relique ; au moment où l'on jugeait la situation vraiment désespérée, la mère de la malade se retira pour prier dans la chapelle de l'hôpital avec d'autres personnes. Le lendemain, les douleurs avaient disparu, le cœur fonctionnait normalement, toutes les valeurs des analyses étaient normales ; les jours suivants, on n'observait plus de séquelles.
Le miracle fut reconnu : actuellement, la malade continue de jouir d'une bonne santé et d'une vie normale.

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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 08:23

Giacomo Abbondo
1720-1788

Giacomo naquit le 27 août 1720 à Salomino (Tronzano Vercellese, Verceil, Italie N), de Carlo Benedetto et Francesca Maria Naya ; l’aînée, Maria Margherita, était morte peu de temps avant la naissance de Giacomo, et après lui naquirent encore quatre frères et sœurs.
La famille était chrétienne ; elle comptait déjà un prêtre, frère du papa.
Giacomo fréquenta l’école primaire à Tronzano, puis à Verceil.
Sa vocation se faisait déjà sentir, au point qu’en 1740, non seulement il reçut la Confirmation, mais aussi il fut admis à l’état clérical, recevant la Tonsure, puis les Ordres dits «mineurs» de Portier et de Lecteur.
A cette époque, il n’y avait pas de véritable séminaire ; Giacomo dut fréquenter la faculté royale pour compléter ses études. Et pour payer celles-ci, il fut engagé chez le conte Agostino Benedetto Cusani de Sagliano, maire de Verceil, qui le chargea de la formation de ses sept enfants.
En 1743, Giacomo fut nommé professeur aux Ecoles Royales.
Cette même année, il reçut le sous-diaconat et, compte tenu de son excellente préparation intellectuelle, fut nommé professeur de théologie scholastique à l’université royale de Verceil.
L’année suivante, il reçut successivement le diaconat et, le 21 mars, la prêtrise.
Il continua sa formation et, en 1748, obtint le doctorat en Lettres à l’université de Turin, ce qui lui valut d’être nommé professeur des Humanités aux Ecoles Royales de Verceil.
On lui confia alors des activités pastorales, d’abord à la paroisse Saint-Michel de Verceil, enfin à la paroisse Saints Pierre-et-Paul de Tronzano, son pays natal.
Cette dernière paroisse avait subi négativement l’enseignement du curé précédent, qui était de tendance janséniste. Les bancs de l’église étaient vides.
Don Giacomo se mit au travail avec ardeur. Il visita les familles, il encouragea l’assistance à la Messe dominicale, il enseigna le catéchisme aux adultes et aux enfants ; il prépara ces derniers à la Première communion dès l’âge de dix ans (ce qui était une nouveauté à l’époque, car on attendait parfois jusqu’à douze ou quatorze ans) ; il visitait les malades, faisait porter de la nourriture et du bois de chauffage aux plus pauvres… Et alors qu’en été, beaucoup suspendaient leurs activités, lui au contraire affirmait : Ici, on n’est pas en vacances !
Il eut lui-même la joie de recevoir le nouvel évêque pour consacrer l’église de Tronzano, qui n’était pas encore consacrée !
La paroisse reprit vie, au vu de l’activité intense et de la sainteté de vie de leur cher Curé.
Don Giacomo mourut le 9 février 1788 à Tronzano, pleuré et regretté unanimement de toute la population.
Les grâces reçues par son intercession furent très nombreuses, on recueillit les témoignages de «miracles» obtenus. La cause de la béatification commença le 22 janvier 1923, fut reprise récemment et approuvée.
Le miracle retenu pour la béatification officielle, fut la guérison totale d’un jeune garçon qui, en déchargeant des bottes de foin, lâcha malencontreusement sa fourche et, en tombant, eut tout le ventre traversé par les dents de l’outil. On invoqua don Giacomo et, très vite, malgré cet accident, tout l’organisme du blessé se remit très vite du choc et le garçon vécut sans aucun problème.
Don Giacomo Abbondo fut béatifié en 2016 et inscrit au Martyrologe le 9 février.

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