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25 juillet 2020 6 25 /07 /juillet /2020 23:00

26 JUILLET

 

I.

SS Anne et Joachim, parents de la Très Sainte Vierge Marie ; l'église dédiée à sainte Anne, à Jérusalem, serait construite sur les fondations de leur maison.

S Erastos, chrétien de Corinthe cité en Ro 16:23, peut-être même déjà un des soixante-douze disciples du Seigneur.

?

SS Symphronius, Olympius, Théodule et Exupérie, martyrs romains.

S Pasteur, mystérieux romain, peut-être martyr, peut-être à identifier avec Hermas ou Pimenius.

VI.

S Valens, évêque à Vérone.

Stes Pompaia (Koupaia) et Sève, mère et sœur de s.Tugdual ; Pompaia est patronne de Langoat.

VIII.

Ste Christine (Christiane), fille d'un roi anglais, vierge près de Termonde.

IX.

SS Bénigne et Charus, deux ermites près de Malcesine.

S Glisent, ancien soldat de Charlemagne, ermite près de Brescia, où il vivait avec une ourse et une brebis.

X.

S Turpion, évêque à Limoges.

XI.

B Gothalm, irlandais ou écossais mort près de Melk.

B Jore, évêque au Mont Sinaï, venu à Béthune où il mourut.

S Simeone, un arménien venu vivre en ermite près de Mantoue.

S Austindus, bénédictin et évêque à Auch, défenseur des libertés de l'Église contre les seigneurs d'Armagnac.

XIII.

SS Evangelista et Pellegrino, deux ermites de Saint-Augustin, prêtres à Vérone.

B Ugo de Actis, moine silvestrin à Sassoferrata.

XV.

Bse Camilla Gentili, martyre à San Severino, tuée par son mari impie.

XVI.

Bx John Ingram, prêtre, et George Swallowell, laïc, martyrs anglais, le premier à Gateshead, l’autre à Darlington.

Bx Edward Thwing et Robert Nutter, prêtres anglais martyrs, béatifiés en 1987. Robert se fit dominicain pendant la prison.

XVII.

B William Ward ou Webster, prêtre anglais martyr à Tyburn.

B André de Phu Yên, adolescent, catéchiste précoce, protomartyr du Vietnam ; béatifié en 2000, il n'est pas inclus dans la liste des cent dix-sept Saints martyrs du Vietnam fêtés le 24 novembre.

XVIII.

Bx Marcel-Gaucher Labiche de Reignefort, missionnaire à Limoges, et Pierre-Joseph Le Groing de la Romagère, chanoine à Bourges, martyrs aux pontons de Rochefort, béatifiés en 1995.

Bses Marie-Marguerite de Saint-Augustin Bonnet, Marie-Madeleine (Catherine de Jésus) de Justamont, Anne de Saint-Basile Cartier, Marie-Claire de Sainte-Rosalie du Bac, Elisabeth-Thérèse du Cœur de Jésus Consolin, ursulines guillotinées à Orange.

XIX.

Bse Bartolomea Capitanio, sainte femme de Lovere, co-fondatrice, avec Vincenta Gerosa, des Sœurs de Charité de Marie-Enfant.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1999 :

Augustins : à Motril, le prêtre Vicente Pinilla Ibáñez (*1870) ;

Diocésains : à Motril, Manuel Martín Sierra (*1892) ;

- béatifiés en 2007 :

Trinitaires : près de Jaén, le prêtre Santiago Altolaguirre Altolaguirre (Mariano de Saint-Joseph, *1857) ;

Lasalliens : près de Barcelone, Antonio Jaume Secases (Jaume Berti, *1905) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : à ou près de Tarragona, Josep Badía Minguella, Francesc Vidal Sanuy, Josep Masquef Ferrer, Josep Civit Timoneda, Aleix Miquel Rossell, Miquel Vilatimó Costa, Pau Roselló Borgueres, Pau Gili Pedrós  (*1863, 1867, 1872, 1874, 1882, 1888, 1895, 1912) ;

Bénédictins : près de Tarragona, le profès Josep María Jordá y Jordá (*1884), et près de Huesca le profès Vicente Burrel Enjuanes (*1896) ;

Mercédaires : près de Huesca, le prêtre Amancio Marín Mínguez (*1908) ;

- béatifiés en 2017 :

Clarétains : à Lleida et Barcelone, les prêtres Gumersindo Valtierra Alonso, Manuel Jové Bonet, Xavier Sorribas Dot  (*1874, 1895, 1909) ; les clercs Miguel Oscoz Arteta, Amadeu Amalrich Rasclosa (*1912), Pere Caball Juncà (*1913), José Elcano Liberal, Lluís Plana Rabugent, Teófilo Casajús Alduán (*1914), Senén López Cots, Lluís Hortós Tura, Josep Casdemont Vila, Vicente Vázquez Santos, Antonio Cerdá Cantavella (*1915), Amadeu Costa Prat, Onésimo Agorreta Zabaleta, Xavier Amargant Boada (*1916) ;

- béatifié en 2021 :

Laîques : près de Cordoue, Ángel Cantador González (*1892).

B Anno Sjoerd Brandsma (Titus, 1881-1942), grand carme hollandais, professeur à l'Université catholique de Nimègue, journaliste ardent, conduit à Dachau où on lui fit une injection mortelle, béatifié en 1985.

Bse Giuseppa Maria de Micheli (Maria Pierina, 1890-1945), italienne des Filles de l'Immaculée Conception, béatifiée en 2010.

S Ġorġ Preca (1880-1962), prêtre à Malte, fondateur de la Société de la Doctrine Chrétienne, béatifié en 2001 et canonisé en 2007.

 

 

 

Anne et Joachim

1er siècle

 

Dans l’Evangile, il est question de la généalogie de Joseph, père nourricier de Jésus, mais pas de celle de Marie. L’humilité de la Servante du Seigneur a couvert également la sainteté de ses parents, Anne et Joachim.

C’est que les Évangiles ne sont pas là pour nous faire des reportages historiques, mais pour nous présenter la Bonne Nouvelle apportée par le Verbe incarné. Anne et Joachim sont les heureux parents de Marie, et donc les grands-parents de Jésus, mais c’est la sainteté de Jésus surtout qui est retombée en grâces sur sa Mère et ses grands-Parents, comme le soleil qui communique sa lumière aux astres qui l’environnent.

Des écrits apocryphes très anciens, parmi lesquels le fameux Protévangile de Jacques, nous racontent des choses qui, sans être divinement inspirées, ont tout du vraisemblable et peuvent nous aider à admirer l’œuvre divine de la Rédemption, dans les derniers temps qui ont précédé la naissance de notre Sauveur.

D’après ce Protévangile, donc, le mariage d’Anne et Joachim était resté stérile ; ces pieux époux en étaient non seulement affligés, mais aussi méprisés par l’entourage juif. Cependant, après beaucoup de prières et de larmes, ils reçurent la visite d’un Ange qui leur annonça une prochaine naissance : ce fut Marie.

Reconnaissants, ils vinrent offrir leur petite fille au Temple dès qu’elle eut trois ans (c’est l’origine de la fête de la Présentation, le 21 novembre).

Le culte à sainte Anne et saint Joachim est tardif. Il commença en Orient et se développa en Occident à partir du XIIe siècle, en corrélation avec la dévotion à l’immaculée conception de Marie. Ce n’est qu’au XVIe siècle que la fête fut étendue à toute l’Eglise. Mais on séparait Anne de son époux Joachim : Anne fut fêtée le 26 juillet, et Joachim le 16 août, au lendemain de la fête de l’Assomption de Marie. Dans le calendrier réformé les saints époux sont maintenant réunis en une seule fête, le 26 juillet.

Les premiers sanctuaires en l’honneur de la mère de Marie furent élevés à Jérusalem, là où fut conçue la sainte Vierge immaculée, en Asie Mineure et en Grèce. En Occident, la dévotion envers sainte Anne se développa particulièrement en Silésie, en Rhénanie, en Provence (Apt), en Bretagne (Auray), dont sainte Anne a été proclamée patronne en 1914, au Canada (Beaupré). Ces trois derniers sanctuaires ont aussi été honorés par le couronnement des statues qui y sont vénérées.

Le pèlerinage d’Auray remonte aux apparitions de sainte Anne à Yves Nicolazic en 1626.

 

Pour terminer, voici une petite prière provençale en l’honneur de sainte Anne : 

 

Sainte Anne, mère de Notre Dame 

et mère-grand de Jésus-Christ,

Enseignez-moi le saint Paradis.

 

ou bien, en provençal : 

 

Santo Anno, mero de Nouestro Damo

Et mero grand de Jesus-Christ,

Enseignetz me lou sant Paradis.

 

 

Erastos

1er siècle

 

Le nom d’Erastos (Erastus, Eraste) apparaît trois fois dans l’Ecriture : deux fois sous la plume de saint Paul, une fois sous la plume de saint Luc, le compagnon de Paul : 

- aux Romains : Eraste, le trésorier de la ville, vous salue (Rm 16:23) ;

- dans les Actes des Apôtres : (Paul) envoya en Macédoine deux de ceux qui l’assistaient, Timothée et Eraste, et demeura lui-même quelque temps en Asie (Ac 19:22) ;

- à Timothée : Eraste est demeuré à Corinthe (2Tm 4:20).

 

Une première question : s’agit-il du même personnage ? D’après la tradition orientale et occidentale, on pourrait répondre par l’affirmative, tant il est vrai que, s’il s’agissait de plusieurs personnages, le texte le préciserait probablement. Eraste semble ici aussi connu que Timothée.

Il a pu être converti par saint Paul à Corinthe, accompagner son maître jusqu’à Ephèse, d’où il repartit pour la Macédoine.

Les Grecs ont cependant précisé qu’Eraste était un des soixante-douze disciples du Seigneur, qu’il serait passé à Corinthe avant de revenir à Jérusalem, où ses compétences furent mises à profit au service de l’Eglise naissante, avant de devenir évêque à Panéas (ancien site de Césarée de Philippe).

Les Latins, de leur côté, ont supposé que, puisque Paul avait envoyé Eraste en Macédoine, ce dernier y serait devenu évêque à Philippes, et même mort martyr.

Aussi prudemment que laconiquement, le Martyrologe dit qu’ Eraste, trésorier de Corinthe, avait rendu service à saint Paul.

Eraste est mentionné le 26 juillet.

 

 

 

Simeone de Polirone

† 1016

 

Simeone aurait été originaire d’Arménie, d’où le nom qu’on lui donne parfois de Siméon l’Arménien.

Suivant l’appel de Dieu, il aurait abandonné toute sa famille (et même son épouse ?) pour devenir un moine de l’Ordre de Saint-Basile, et un ermite.

Après avoir visité les Lieux Saints de Palestine, il vint à Rome (vers 983), où on le prit pour un hérétique. Examiné par le pape, il fut jugé orthodoxe.

Avant ou après son passage à Rome, il fit encore de longs pèlerinages à Tours au tombeau de saint Martin, à Compostelle au tombeau de saint Jacques, puis vint s’établir en Lombardie, au tout récent monastère bénédictin de Polirone, près de Mantoue.

Tout ce mouvement ne dit pas grand-chose sur l’extraordinaire sainteté de Simeone ; il aurait fait beaucoup de miracles, dès son vivant et après sa mort, qui advint le 26 juillet 1016.

Quand on demanda au pape d’élever une église en son honneur, la réponse servit de «canonisation» ; elle disait : S’il fait des miracles éclatants, bâtissez l’église pour l’y placer… Traitez-le comme saint.»

De la célèbre abbaye à San-Benedetto Po, il reste d’amples bâtiments, mais hélas pas de communauté.

 

 

Austindus d’Auch

1000-1068

 

Austindus était un Bordelais, né ves 1000.

Il entra au monastère bénédictin de Saint-Orens à Auch, où il devint abbé.

Le diocèse d’Auch traversait une pénible période, l’évêque étant simoniaque ; il fut déposé. En 1050, c’est Austindus qui devint alors le soixante-deuxième titulaire d’Auch. Plus précisément, Auch avait été un siège épiscopal jusqu’en 878 (cinquante-et-un évêques) et archiépiscopal depuis 879. Austindus était donc le onzième archevêque.

Son premier acte fut la consécration de l’église de Saint-Mont.

Il y avait deux prieurés dans le diocèse, Saint-Orens où il avait été moine et abbé, et Saint-Mons : il les affilia à Cluny, à l’époque de saint Hugues (v. 29 avril).

En 1054, il fut un des co-consécrateurs de l’église de Maguelonne ; en 1055, il fonda Nogaro, siège de plusieurs conciles, dont un dès 1056 et un autre en 1061. 

Toujours à Nogaro, fut construite en 1061 l’église Saint-Nicolas, une splendeur romane, classée aux Monuments historiques. L’église paroissiale de Nogaro fut profanée, pillée, abattue par les bandes protestantes en 1569.

Austindus voulut reconstruire et embellir la cathédrale. Il eut l’idée géniale de faire édifier le sanctuaire ainsi qu’une maison pour les chanoines, avec un cloître entre les deux. Ces travaux commencèrent en 1064.

La présence d’Austindus fut bénéfique également pour les évêchés avoisinants. En effet, un véritable usurpateur, nommé Raymond le Vieux, avait réussi la belle prouesse de cumuler six évêchés gascons ; Austindus obtint de Rome de le déposer et fit nommer des évêques pour les six sièges (1059).

Vers 1060, Austindus présida un concile à Jaca (Espagne : la ville dépendait d’Auch), sur la question des Chrétiens et des Arabes, et un autre à Saint-Sever (1061) au sujet des monastères bénédictins.

L’évêque dut affronter aussi les seigneurs d’Armagnac, qui avaient la dent dure : Austindus dut même se réfugier deux ans à Reims, pendant que la noblersse était frappée d’excommunication et le diocèse d’interdit. Il ne revint à Auch qu’en 1068.

Cette même année, il tint encore un concile dont, malheureusement, nous n’avons pas les actes.

Austindus mourut en 1068, et fut honoré officiellement à partir de 1350 environ.

Saint  Austindus d’Auch est commémoré le 26 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Evangelista et Pellegrino

13e siècle

 

Evangelista et Pellegrino furent deux ermites de Saint-Augustin qui vivaient à Vérone (Italie N) au 13e siècle.

On sait qu’ils étaient prêtres.

On ignore si ces noms étaient leurs noms de baptême, ou de religion, ou des surnoms qu’ils se méritèrent pour leurs activités, l’un en prêchant assidûment la Bonne Nouvelle (l’Evangile), l’autre en se déplaçant beaucoup d’un endroit à l’autre (ou en fréquentant beaucoup de lieux de «pèlerinages»).

Leur sainte vie et les miracles engendrèrent un culte qui fut reconnu en 1837. 

Ils sont fêtés le 26 juillet et commémorés en ce jour dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ugo de Actis

† 1270

 

Ugo de Actis ( ou degli Atti) était né à Serra San Quirico (Marches, Italie CE).

Il entra au monastère des Silvestrins de Sassoferrato, fondés par saint Silvestre (v. 26 novembre), qui l’accueillit personnellement (et dont le successeur devait être Giuseppe, le frère d’Ugo).

Il fit la profession en 1248.

Ugo se donna autant aux œuvres de miséricorde qu’à la prédication et mourut un 26 juillet, vers 1270, à Sassoferrato, dont il est le céleste patron.

Son culte fut approuvé en 1756 et l’on a inséré son nom dans le récent Martyrologe au 26 juillet.

 

 

Camilla Gentili

† 1486

 

Camilla était la fille de Luca Gentili, seigneur de Rovellone, et de Brandina Grassi. Elle était née à San Severino Marche.

Cette femme douce et pieuse fut donnée en mariage à un homme brutal, Battista Santucci, qui haïssait la famille Grassi, et donc sa belle-mère, autant d’ailleurs que sa propre épouse. On avait espéré le calmer par cette union, mais les espérances furent totalement déçues.

En 1482, il en vint à assassiner un membre de la famille Grassi ; il n’eut la vie sauve que sur l’intervention personnelle de son épouse Camilla, qui priait avec ferveur pour la conversion de son mari.

Libéré, l’homme conserva sa rancune personnelle contre sa belle-famille, et en vint à interdire à Camilla de rencontrer sa mère Brandina.

Camilla savait obéir, mais ne put s’empêcher d’aller chercher quelque consolation auprès de sa mère. Lorsque Battista s’en aperçut, il simula un moment de tendresse et invita Camilla à une petite promenade non loin de là, dans une de ses propriétés à Uvaiolo. Evidemment, Camilla était tout heureuse de le suivre et de passer un moment de paix avec son mari.

Arrivés à l’endroit, Battista sortit un poignard et frappa mortellement Camilla à la gorge et à la poitrine. La malheureuse martyre s’écroula en pardonnant à son mari. Celui-ci tenta de s’enfuir, mais se trouva comme paralysé sur place.

La population de San Severino apprit les faits avec profonde stupeur. On ne sait si Battista se repentit, ni par quel jugement il fut condamné.

C’était le 26 juillet 1486. 

On recourut à l’intercession de Camille, des grâces furent obtenues et un culte populaire s’instaura, qui fut confirmé en 1841.

 

 

George Swallowell

1564-1594

 

George Swallowell (ou Swalwell) serait né en 1564 à Darlington (Angleterre).

On dit qu’il entra dans la cléricature (anglicane) à Trimdon en 1575 et qu’il fut ordonné prêtre en 1577. Mais si ces dates sont correctes, il faut probablement anticiper la naissance de ce prêtre (ou retarder son ordination) de quelques années.

Nommé curé à Trimdon, il fut ensuite transféré à Houghton-le-Spring.

En 1590, il rendit visite à un prisonnier catholique à Durham. Les entretiens qu’il eut avec ce dernier l’amenèrent à se convertir au catholicisme. Sa conviction fut telle qu’il proclama sans tarder au pupître de son église qu’il avait été jusque là dans l’erreur et sortit de l’église à l’instant même.

Arrêté, jeté en prison à Durham, il passa en jugement un an plus tard, mais fut relâché. Ensuite, les autorités voulurent s’en prendre de nouveau à lui : on chercha un témoin de sa déclaration dans l’église, mais on ne trouva qu’un certain Finch, qui avait entendu un témoin parler des faits ; on s’en contenta pour accuser George de trahison et le condamner à mort, le 23 juillet.

Avec lui, se trouvaient deux prêtres accusés, dont John Boste. A l’énoncé de la sentence, George fut pris de panique et renia sa foi catholique, promettant au juge qu’il ferait tout ce qu’il lui dirait, pour rester en vie : le père Boste alors le fixa dans les yeux et lui demanda : George, qu’as-tu fait ? Le pauvre renégat se ressaisit sur place et se déclara catholique. Le juge ordonna alors qu’il fût pendu, éviscéré et écartelé à Darlington.

Le jour de l’exécution, on lui fit parcourir quelque trois kilomètres à pied depuis la prison, puis on le conduisit dans une charrette, où il demeura les yeux et les mains levés vers le ciel, jusqu’à Bakehouse Hill, où était installée la potence.

George Swallowell mourut en martyr à Darlington, le 26 juillet 1594. Dans cette localité, il fut le dernier condamné à mort. En réalité, George fit vraiment tout ce qu’avait dit le juge, et fut ainsi assuré de rester dans la Vie éternelle.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

John Ingram

1565-1594

 

John naquit en 1565 à Stoke Edith (Herefordshire, Angleterre).

Il était vraisemblablement le fils d’Anthony Ingram de Wolford et Dorothy Hungerford.

Après ses études en Worcestershire, il partit au Collège anglais de Reims, puis au collège des Jésuites à Pont-à-Mousson, enfin au Collège anglais de Rome, où il fut ordonné prêtre en 1589.

En 1592 il vint en Ecosse.

En 1593, il fut arrêté sur le Tyne et mis en prison : de Berwick on le passa à Durgam, puis York, pour finir à la Tower de Londres. On lui fit subir des tortures horribles, qu’il supporta avec grande constance.

Il eut la force de composer vingt épigrammes en latin, qu’on a conservées.

Puis on le renvoya à York, Newcastle, Durgam. Dans cette dernière localité, il fut jugé en compagnie de deux autres prêtres, John Boste et George Swalwell, ce dernier étant un ministre anglican converti. Déclaré coupable d’avoir séjourné comme prêtre en Angleterre, et taxé de haute trahison pour avoir été ordonné prêtre, il fut condamné à mort.

On dit qu’une personne écossaise aurait offert au gouvernement anglais mille couronnes en échange de sa vie.

John Ingram mourut en martyr à Newcastle-on-Tyne (Tyne and Wear), le 26 juillet 1594.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Robert Nutter

1550-1600

 

Né à Burnley (Lancashire) vers 1550, Robert Nutter étudia au Collège Brasenose (Oxford) en 1564 (ou 1565) et, avec son frère, futur martyr lui aussi, vint au Collège anglais de Reims.

Il reçut le sacerdoce à Soissons en 1581.

De retour en Angleterre, il fut arrêté avec son frère et envoyé à la Tour de Londres, en février 1584.

Il y resta quarante-sept jours, supportant les fers pendant quarante-trois jours, et subit deux fois la torture de Scavenger’s Daughter : cette horreur consistait à étendre la victime sur un chevalet métallique en forme de A, la tête attachée à la pointe supérieure du A, les mains au milieu, et les pieds aux extrémités inférieures ; faisant incliner la tête vers le bas, tandis qu’on forçait les genoux à se relever comme dans la position assise, on comprimait ainsi le corps du condamné jusqu’à faire sortir le sang par le nez et les oreilles. C’était l’opposé de l’autre supplice du chevalet, consistant à écarteler complètement le corps de la victime.

Ce supplice est, dit-on, «rarement mentionné» ; il fut appliqué à deux prêtres, Thomas Cottam et à notre Robert Nutter.

On fit ensuite assister Robert à l’exécution de son frère aîné, avant de le relâcher : on espérait par là, en le surveillant, arriver à d’autres repaires de Catholiques.

Curieusement, on l’arrêta et on le fit passer en France en janvier 1585 avec vingt autres prêtres et un laïc, sur le bateau Mary Martin de Colchester.

Abordant à Boulogne-sur-Mer le 2 février, il partit à Rome en juillet, et fut le guide de prêtres nouvellement ordonnés pour repartir en Angleterre.

A l’arrivée à Gravesend, Nutter se fit passer pour Rowley, mais on le reconnut : le 30 novembre 1585 il se retrouvait à la Newgate Prison de Londres, d’où il fut conduit en 1587 à la Marshalsea Prison, et enfin au Wisbech Castle (Cambridge) en 1590.

C’est durant ces années de prison que Robert se joignit à l’Ordre dominicain.

La prison dura : en 1597, il signe une pétition au père Henry Garnet, pour obtenir un supérieur des Jésuites en Angleterre ; en 1598, avec Edward Thwing et d’autres, il signe une autre pétition au Pape, pour instituer un archiprêtré en Angleterre.

Là-dessus, en mars 1600, la porte étant restée ouverte par inadvertance, Robert et Edward en profitèrent pour s’échapper, ainsi que leurs autres compagnons. Certains ne furent jamais repris ; mais ceux qui étaient allés vers le sud furent retrouvés et arrêtés en mai : Nutter fut envoyé à Lancaster, où il fut exécuté avec son ami Edward le 26 juillet 1600.

Ils furent béatifiés en 1987.

 

Edward Thwing

1565-1600

 

Né dans le Yorkshire vers 1565, Edward Thwing (Thweng) vint à Reims durant l’été 1583 pour commencer les études en vue du sacerdoce.

Peu après, il entra au noviciat des Pères jésuites de Pont-à-Mousson, mais on le voit retourner au Collège anglais de Reims deux ans après.

Après un voyage à Rome, il reçut le sacerdoce à Laon en 1590.

Il s’était particulièrement signalé pour sa maturité en logique et en rhétorique, en grec et en hébreux.

Ses premières années sacerdotales furent troublées par un pénible ulcère au genou. Enfin, en 1597, il s’embarqua pour l’Angleterre ; il fut arrêté dès son arrivée, avec d’ailleurs un autre prêtre, Robert Nutter.

Tous deux réussirent à s’échapper en mars 1600 et à échapper aux recherches pendant deux mois.

On les retrouva et on les arrêta en mai 1600 ; les choses allèrent vite : tous deux furent jugés, condamnés, et exécutés le 26 juillet 1600 à Lancaster.

Ils furent béatifiés en 1987.

 

 

William Ward

1560-1641

 

William était né vers 1560 à Thornby (Westmoreland, Angleterre).

On ne connaît pas de détails sur sa vie jusqu’en 1604, date à laquelle il vint à Douai pour se préparer au sacerdoce.

En décembre 1605, il reçut les premiers Ordres, en 1607 le sous-diaconat, le diaconat et le sacerdoce au printemps de 1608.

En octobre, il partait pour l’Angleterre, mais fut dirigé vers les côtes d’Ecosse, où il fut arrêté et mis en prison pour trois ans.

Libéré, il vint en Angleterre, où il exerça ses fonctions sacerdotales pendant trente ans, dont une vingtaine… en prison, car il fut arrêté plusieurs fois. Il débordait de zèle et d’ardeur, il était particulièrement disponible pour entendre les confessions. Sévère, strict, il l’était d’abord pour lui-même, et beaucoup de gens s’attachèrent à lui. Extrêmement discret dans ses nombreuses activités charitables, il fut même taxé d’avarice.

Un édit du parlement anglais du 7 avril 1641 ayant banni tous les prêtres sous peine de mort, il refusa de partir et, le 15 juillet, fut arrêté chez son neveu. Six jours plus tard, il fut jugé à Old Bailey et condamné le 23 juillet.

William Ward mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 26 juillet 1641, fête de sainte Anne, pour laquelle il avait une particulière dévotion.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

André de Phú Yen

1625-1644

 

André est le dernier des enfants d’une jeune femme vietnamienne, Jeanne. Le papa meurt très vite après la naissance. C’est tout ce qu’on saura de l’enfance du garçon.

André naît à Phú Yên dans la province de Ran-Ran, en 1625 ou 1626 ; quand il est baptisé avec sa mère en 1641, il doit avoir une quinzaine d’années. Faible de constitution, il est très intelligent et naturellement bon.

En 1642, André est admis dans l’entourage du père Alexandre de Rhodes et, après une année d’études et de formation culturelle, fait partie du groupe de catéchistes ou “Maison Dieu” : là ils s’engageaient à servir l’Eglise en secondant le travail apostolique des prêtres. André vit intensément cet engagement.

En 1644, le roi d’Annam s’oppose à l’expansion du christianisme ; le gouverneur de la province, Ông Nghè Bô veut s’en prendre aux catéchistes et informe le père Alexandre qu’il ait à cesser toute activité en Cochinchine (qui dépend du royaume annamite) et à rentrer au plus vite à Macao, une zone portugaise. Mais le père Alexandre ne veut pas céder.

Tandis qu’il va rendre visite à un vieux catéchiste de soixante-treize ans arrêté deux jours plus tôt, qui s’appelle aussi André, des soldats viennent arrêter le jeune André dans la résidence et le conduisent au gouverneur, sous les coups de bâton.

Aux avances de ce dernier, André répond qu’il n’est pas disposé à abandonner la nouvelle loi qu’il professe, quelles que soient les conséquences, y compris souffrances et tortures.

André est chargé au cou de la “croix de Cochinchine”, un douloureux instrument de torture, et conduit en prison.

Là, il réconforte ses visiteurs, affirmant avec joie qu’il va souffrir pour le Christ et demandant la grâce d’être fidèle et reconnaissant jusqu’à la fin, pour répondre à tant d’amour de Dieu pour les hommes en donnant lui-même sa vie.

Au matin du 26 juillet 1644, on mène les deux André catéchistes en parade à travers le marché de Kè Chàm, toujours chargés de la croix au cou. Ils sont condamnés à mort, mais sur l’intervention du père de Rhodes, on épargne le vieux catéchiste en raison de son âge.

Vers dix-sept heures, André est conduit au lieu de l’exécution, escorté d’une trentaine de soldats, toujours en traversant la ville pour faire exemple. C’est tout un cortège d’amis chrétiens et païens, portugais et vietnamiens, le père de Rhodes en tête, qui accompagne le jeune martyr. André les exhorte à ne pas s’attrister, à rester fermes dans la foi.

Le père de Rhodes demande que, conformément à l’habitude, on étende une natte sous les genoux du supplicié, mais André préfère que son sang tombe à terre comme celui du Christ.

André est d’abord transpercé de lances, puis décapité. Juste avant le coup fatal, il crie d’une voix forte : Jésus.

André de Phú Yên est béatifié en 2000 ; considéré comme le protomartyr du Vietnam, il est proclamé patron de la jeunesse de ce pays. Il est commémoré le 26 juillet dans le Martyrologe.

 

 

Marie-Marguerite Bonnet

1719-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 18 juin 1719 à Sérignan (Vaucluse), elle entra chez les Sacramentines, avec le nom de Sœur Saint-Augustin (du Saint-Sacrement).

Elle fut condamnée le 26 juillet.

Martyrisée à Orange ce même 26 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

Madeleine de Justamont

1724-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 6 septembre 1724 à Bollène (Vaucluse), elle entra chez les Ursulines, avec le nom de Sœur Catherine de Jésus.

Elle fut condamnée le 26 juillet.

Martyrisée à Orange ce même 26 juillet 1794, comme ses trois nièces Marguerite-Eléonore (12 juillet), Dorothée-Madeleine et Madeleine Françoise (16 juillet).

Toutes quatre furent béatifiées en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

Marie-Claire du Bac

1727-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 9 janvier 1727 à Laudun (Gard), elle entra chez les Ursulines, avec le nom de Sœur Claire de Sainte-Rosalie.

Elle fut condamnée le 26 juillet.

Martyrisée à Orange ce même 26 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

Anne Cartier

1733-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 19 novembre 1733 à Livron (Drôme), elle entra chez les Ursulines, avec le nom de Sœur Saint-Basile.

Elle fut condamnée le 26 juillet.

Martyrisée à Orange ce même 26 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

Elisabeth-Thérèse de Consolin

1736-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 9 juin 1736 à Courthézon (Vaucluse), elle entra chez les Ursulines, avec le nom de Sœur du Cœur de Jésus.

Elle fut élue Supérieure du monastère de Sisteron.

A cause de sa fermeté, elle se mérita la qualificatif de fanatique obstinée.

Elle fut condamnée le 26 juillet.

Martyrisée à Orange ce même 26 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

Marcel-Gaucher Labiche de Reignefort

1751-1794

 

Prêtre du diocèse de Limoges, où il était né le 3 novembre 1751.

Arrêté dans la vague anticléricale de la Révolution, il se retrouva à bord du Deux-Associés aux pontons de Rochefort, où presque tous ces prêtres moururent des conditions inhumaines dans lesquelles ils étaient entassés.

Il mourut ainsi le 26 juillet 1794 et fut béatifié avec ses Confrères en 1995.

 

 

Pierre-Joseph Le Groing de la Romagère

1752-1794

 

Né à Saint-Sauvier (Allier) le 28 juin 1752, veille de la fête de saint Pierre, il en reçut le nom au Baptême.

Prêtre du diocèse de Bourges.

Arrêté dans la vague anticléricale de la Révolution, il se retrouva à bord du Deux-Associés aux pontons de Rochefort, où presque tous ces prêtres moururent des conditions inhumaines dans lesquelles ils étaient entassés.

Il mourut ainsi le 26 juillet 1794 et fut béatifié avec ses Confrères en 1995.

 

 

Bartolomea Capitanio

1807-1833

 

Comme Caterina Vincenza Gerosi (voir au 20 juin), Bartolomea naquit à Lovere (Bergame, Lombardie, Italie nord), le 13 janvier 1807, aînée des deux filles de Modesto et Caterina Canossi ; l’autre fille s’appela Camilla.

C’était une fille pleine d’idées innovatrices et décidée ; lors d’un jeu à la courte-paille où elle avait tiré la paille la plus longue, elle déclara sans ambages : Je veux être sainte, une grande sainte, et une sainte très vite.

Après l’école primaire, elle fréquenta les Clarisses et obtint son diplôme d’institutrice en 1822.

Elle fut institutrice pendant deux ans, mais revint chez ses parents et continua de faire l’école à des enfants pauvres, mais gratuitement, chez elle. Son curé l’encourageait.

Bartolomea avait le souci de remettre en honneur la religion, et mit sur pied une petite association de pieuses femmes. C’est à ce moment qu’elle rencontra  Caterina Gerosa et qu’elles collaborèrent dans un petit hôpital à Lovere.

Mais Bartolomea avait un projet bien plus important, qu’elle confia à Caterina : fonder une véritable congrégation religieuse, dont la mission serait d’assumer toutes les œuvres de miséricorde : école, orphelinat, hôpital, etc. Elle en rédigea la Règle.

Après les habituelles difficultés que rencontrent toutes les nouvelles familles religieuses, particulièrement quand elles sont proposées par une jeune femme comme Bartolomea, les deux amies purent acquérir une vieille maison et l’institut fut érigé en novembre 1932. Immédiatement elles y ouvrirent une petite école gratuite, un orphelinat. 

L’année suivante, elles furent reconnues par le gouvernement autrichien en juin 1933, mais Bartolomea mourut le 26 juillet, de tuberculose. Elle n’avait que vingt-six ans. Caterina prendra courageusement en mains ces premiers efforts et portera l’institut des Sœurs de Marie Enfant à l’accomplissement de sa mission.

Bartolomea et Caterina furent béatifiées en 1926, et canonisées en 1950.

 

 

Santiago Altolaguirre Altolaguirre

1857-1936

 

Né à Yurre (Álava, Espagne) le 30 décembre 1857, Santiago entra dans l’Ordre des Trinitaires et prononça ses vœux en 1875, prenant le nom de Mariano de Saint-Joseph.

Il fut ordonné prêtre en 1880.

Il fut supérieur dans diverses maisons de l’Ordre, avant de devenir supérieur général.

En 1936, il était au sanctuaire de Notre-Dame de Fuensanta, près de Villanueva del Arzobispo.  Le père Santiago passait ses vieux jours dans la méditation, dans la prière, et il confessait.

Le 22 juillet, quand la révolution s’était déchaînée, ce vieux prêtre octogénaire fut arrêté et cruellement torturé.

Pour commencer, on lui attacha les poignets, en lui imposant une position de prière à genoux, tandis qu’on lui donnait des coups de poing et qu’on le frappait avec la crosse des fusils, le rouant de coups sans pitié.

Ensuite, ils arrachèrent du sol de l’église des pointes de bois qu’ils lui piquèrent sous les ongles des doigts de la main droite ; le pauvre prêtre cria plusieurs fois Non, pour l’amour de Dieu !

Puis, toujours avec cette corde, ils l’attachèrent par le cou, et passant la corde par-dessus la grille qui fermait le chœur, ils le tirèrent en l’air et le firent retomber à terre, plusieurs fois de suite. Puis ils le traînèrent par les nefs de l’église.

Ensuite ils le firent monter aux chambres du couvent, où ils l’attachèrent de nouveau en position agenouillée sur des morceaux de bois ; ils lui retirèrent les chaussures et le frappèrent sur la plante des pieds avec des planches du parquet de chœur, qu’on avait démonté précédemment

Enfin on conduisit le vénérable prêtre aux écoles, transformées en prison, et là on le fusilla.

C’était le 26 juillet 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Josep Badia Minguella

1863-1936

 

Josep était natif de Salomó (Tarragona), le 18 septembre 1863. On fêtait ce jour-là saint Joseph de Cupertino.

Il fut baptisé deux jours après, et confirmé en 1877.

Ordonné prêtre en 1889, il fut à San Pedro de Reus (Tarragona).

Prêtre exemplaire, cherchant la perfection, il donnait tout ce qu’il avait ; il ne permettait jamais la moindre critique du prochain.

Dès les années 20, il parlait du martyre, et s’y préparait. Peu avant les événements de juillet 1936, il organisa un Chemin de Croix, durant lequel il appelait les fidèles à la pénitence.

Au matin du 26 juillet, il sortit de sa chambre beaucoup plus tard que d’habitude. Il dit à la maîtresse de maison : La Sainte Vierge m’a inspiré un grand courage. Je suis persuadé qu’il ne m’arrivera rien de mal.

Il commença à prier le chapelet. Au moment des mystères douloureux, cinq miliciens entrèrent pour fouiller. Ils cherchaient le prêtre, qui répondit : C’est moi ! On se rappelle Notre-Seigneur à Gethsémani (Jn 18:5).

Un des miliciens lui demanda : Du moment que tu es prêtre, pourquoi es-tu habillé en civil ? - C’est contre ma volonté, les circonstances m’y obligent, répondit le prêtre. Ils reprirent : On t’arrête ! et ils l’emmenèrent.

Parvenus au chemin du Molinet, devant l’usine de gaz de Reus, ils lui dirent de se mettre la face contre le mur. Il leur obéissait, mais il voulut d’abord les regarder en face et leur dit : Je vous pardonne. Vous m’envoyez au ciel. Il les bénit et ajouta : Tirez ! Vive le Christ Roi !

Il mourut sur place. On l’inhuma dans le cimetière de Reus. C’était le 26 juillet 1936.

Plus tard, un des assassins, à son tour moribond, raconta qu’il voyait constamment la main de don José en train de le bénir.

Don José a été béatifié en 2013.

 

 

Francesc Vidal Sanuy

1867-1936

 

Il naquit le 7 septembre 1867 à Montpalau (Segarra, Espagne), de Jaime et Teresa, qui le firent baptiser dès le lendemain. Il fut confirmé en 1877.

En 1880, il entra au Petit séminaire de Tarragona.

Terminées ses études de philosophie et de théologie, il fut ordonné prêtre en 1895.

Il fut nommé successivement aux paroisses de la Sainte-Trinité et de Saint-François, à Tarragona. Ce fut un prêtre droit, zélé, proche des pauvres.

Lors de la révolte de 1936, il s’installa dans un petit appartement ; au risque de sa vie, il alla prendre le Saint-Sacrement de l’église pour éviter une profanation possible, et pour donner la communion aux Religieuses qui étaient proches de chez lui.

Après beaucoup d’hésitation, il s’habilla en civil. Mais il priait le bréviaire avec ferveur et, avant de dîner, priait le chapelet avec tous ceux de l’étage.

Le 26 juillet 1936, un groupe de miliciens se présenta, pour chercher le curé. Don Francesc demanda : Et où allons-nous ? - Au commissariat, pour être enregistré.

Il les suivit sans rien dire. Il fut assassiné ce jour-là, avec don Gili. A l’autopsie, on vit qu’il avait reçu deux balles dans la nuque, qui étaient ressorties par le visage.

Ces deux prêtres furent béatifiés en 2013.

 

 

Vicente Pinilla Ibánez

1872-1936

 

Né à Calatayud (Tarazona, Espagne) le 9 avril 1872, Vicente entra chez les Augustins Récollets et fit la profession religieuse en 1886, prenant le nom de Vicente de Saint-Louis-de-Gonzague.

Après les études nécessaires, il fut ordonné prêtre en 1893.

Sa première destination fut les Philippines, où il exerça avec zèle le saint ministère, mais fut arrêté en 1898 par des insurgés, jusqu’en 1900.

De retour en Espagne, il fut cette fois envoyé au Brésil, où il travailla jusqu’en 1927.

Revenu sur le sol espagnol, il recouvrit quelques charges importantes, dont celle de supérieur du couvent de Motril, jusqu’en 1933, date à laquelle il resta simple membre de sa communauté.

C’est à Motril, en même temps que Manuel Martín Sierra, qu’il reçut la palme du martyre le 26 juillet 1936.

Il fut béatifié en 1999.

 

 

Josep Masquef Ferrer

1872-1936

 

Il était né le 11 mai 1872 à Tarragona, de Antoni et Isabel.

En 1897, il fut ordonné prêtre.

Vicaire à L’Aleixar (Baix Camp), il suscita sept vocations religieuses.

Ce bon prêtre recevait chaque jour deux pauvres à sa table.

Très heureux d’être prêtre, il exprima plusieurs fois sa ferme volonté de ne jamais renier son état sacerdotal, même pour chanter la messe quelques jours de plus.

Le 26 juillet 1936, la révolution faisait déjà son œuvre destructrice. On vint à sa porte à sept heures du soir. Il se présenta lui-même : C’est moi. Que s’accomplisse la volonté de Dieu !

On l’emmena avec un camion sur la route de Valls, où on l’assassinat d’une balle dans la tête, ainsi que l’autre prêtre, Antoni Perere.

C’était le 26 juillet 1936.

Don Josep fut béatifié en 2013.

 

 

Josep Civit Timoneda

1874-1936

 

Josep était né le 21 décembre 1874 à Omells de na Gaia (Urgell), de Josep et Cecilia, et fut baptisé deux jours après.

Après ses études aux Petit et Grand séminaire, il fut ordonné prêtre en 1899.

Il fut successivement à Rocafort de Nalec, Reus et Sarral.

Bon prêtre, il était connu pour sa discrétion, sa prudence. Il passait beaucoup de temps au confessionnal.

Lors de la révolution de 1936, l’abbé Civit Timoneda allait célébrer la Messe chez les Sœurs des Pauvres à Reus. Il y allait toujours en soutane, et sa gouvernante le priait sans cesse de ne pas la porter, par prudence envers les marxistes qui rôdaient de tous côtés.

Le 26 juillet, vers treize heures, on vint le prendre. Il portait sa soutane et son manteau (on l’appelait en français «douillette»). On le conduisit sur la route de Reus, au milieu des insultes les plus grossières.

A la route de Valls (Rambla de Miró), on le fit mettre à genoux et on le fusilla.

C’est ainsi, avec sa soutane, que l’abbé Josep Civit Timoneda reçut la palme du martyre, le 26 juillet 1936.

Il a été béatifié en 2013.

 

 

Gumersindo Valtierra Alonso

1876-1936

 

Né le 13 janvier 1876 à San Martín de Humada (Burgos), Gumersindo fut baptisé le jour-même, et confirmé l’année suivante. Ses parents, Santiago et Josefa, étaient de simples paysans chrétiens qui priaient fidèlement le chapelet.

En 1890, il commença le postulat chez les Clarétains de Ségovie, où ils étaient plus de cent-vingt garçons. Très bon élève, il passa au noviciat de Cervera en 1893, fit la profession l’année suivante, et commença la philosophie. Jusques là, ses résultats étaient excellents.

En 1897 cependant, il se trouvait à La Selva del Campo comme frère convers : des crises d’épilepsies l’empêchaient d’accéder au sacerdoce. L’épreuve était rude, mais il l’accepta humblement. Dieu le récompensa : les crises passèrent et il put reprendre les études.

Il fut professeur des postulants à Barbastro et préfet auxiliaire, tout en suivant les cours de théologie au séminaire de Barbastro. Il reçut enfin les Ordres et fut ordonné prêtre en 1908 à Lleida : il avait trente-deux ans.

L’enseignement lui allait à la perfection. Après Barbastro, il fut envoyé pour cela à Vich (1909), Cartagena (1916), Madrid (1922), Alagón (1923), puis au séminaire comme préfet de discipline, à Requena comme supérieur (1928), où il établit l’archiconfrérie du Cœur Immaculé de Marie.

Dès la proclamation de la Deuxième République (1931), il s’attendait au martyre et s’y préparait.

En 1932 on le nomma supérieur de la maison généralice à Barcelone, charge renouvelée en 1934. Il ne s’en sentait pas capable : J’aurai certainement plus de mal à tenir qu’à commander.

Le 20 juillet 1936, c’était la révolution, mais le père Gumersindo ne réalisait pas la situation : Si on n’a rien fait à personne… On le persuada de s’habiller en paysan et d’aller se cacher. Il dut changer de cachette plusieurs fois ; il ne comprenait pas le danger qu’il courait à sortir tout vêtu de noir avec son bréviaire en mains… Le dimanche 26, des miliciens l’arrêtèrent dans la rue.

Naïvement, il indiqua la maison où il logeait, mais comprit (trop tard) qu’il ne devait pas nommer les propriétaires et se tut : il reçut une violente gifle qui le fit saigner du nez et se mit à dire le chapelet. On le remit à d’autres miliciens : Celui-là, vous pouvez en faire ce que vous voulez. On l’emmena plus loin, on le fit descendre de voiture, marcher quelques mètres, et une décharge l’abattit en pleine rue.

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Barcelone, béatifié en 2017, le bienheureux Gumersindo Valtierra Alonso sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

 

Aleix Miquel Rossell

1882-1936

 

Aleix (Alexis) était né le 11 octobre 1882 à Pla de Santa María (Catalogne, Espagne).

Ordonné prêtre en 1906, il exerça le saint ministère à Solivella, Alforja, Constantí, Bellmunt del Priorat, Gratallops, Capafonts, Cerviá, Pira i la Masó, Riera de Gaiá.

On disait de lui qu’il avait des qualités extraordinaires, intellectuelles et artistiques. Il savait très bien faire chanter les enfants.

Lors de la révolution de 1936, il eut un pressentiment. Dès le 20 juillet, il alla trouver le confrère, don Dalmau, pour faire un confession générale, convaincu qu’il allait être martyrisé pour le Christ.

La nuit suivante, il alla se réfugier chez un autre confrère ; certains qu’ils allaient être assassinés, ils se confessèrent mutuellement.

Le 26 juillet 1936, se présentèrent deux miliciens à l’appartement où il s’était réfugié, pour l’emmener.

Le soir même, ils l’assassinèrent : don Aleix s’était bien préparé.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Josep María Jordá i Jordá

1884-1936

 

Il était né le 17 novembre 1884 à Tarragona (Espagne).

Bénédictin, il faisait partie de la communauté de Montserrat.

Actuellement, on ne sait pas en dire plus sur sa vie.

Au soir du 22 juillet 1936, les moines chantèrent une dernière fois les vêpres, puis commencèrent à se disperser, espérant échapper au massacre général qui se tramait. Ils emportèrent avec eux l’antique image de la Vierge Noire, vénérée dans leur église (la Moreneta). Personne ne fut attaqué à ce moment-là.

De toute la communauté, vingt-trois furent arrêtés et martyrisés. Certains de ceux qui échappèrent eurent cependant beaucoup à souffrir dans les difficultés, les déplacements nocturnes, les cachettes, les dangers d’être dénoncés. Certains purent rejoindre d’autres communautés à l’étranger. Le plus jeune des Martyrs avait dix-huit ans, le plus âgé quatre-vingt-deux.

Le père Josep María Jordá i Jordá reçut la palme du martyre à Pont Negre (Terragona) le 26 juillet 1936, et fut béatifié en 2013.

Miquel Vilatimó Costa

1888-1936

 

Miquel était né le 24 octobre 1888 à Vic (Osona, Catalogne, Espagne), de Climent et María, qui le firent baptiser dès le lendemain. 

Il fut confirmé l’année suivante et reçut en 1899 la Première communion.

La famille comptait neuf enfants, qui furent éduqués très chrétiennement. Miquel apprit à être bon et docile.

Après les Petit et Grand séminaires de Vic, il fut ordonné prêtre en 1913, et célébra sa première messe solennelle deux jours après à Montserrat.

L’évêque l’envoya poursuivre des études à l’université de Louvain ; le jeune prêtre était un étudiant acharné : en deux années, il passa la licence de théologie et le doctorat de philosophie.

Dès 1915, il était professeur de philosophie au séminaire de Vic.

En 1928, il fut nommé chanoine de la cathédrale de Tarragona, tout en restant professeur à Vic. 

En 1933, il fit un nouveau voyage d’études en Allemagne.

De caractère jovial et ouvert, érudit et doué, il publia des articles dans le périodique local La Croix et en d’autres revuestint des conférences, publia des livres, dont un portait comme titre Le syndicalisme, erreurs et dangers.

Lors de le révolution de 1936, il habitait dans la maison canoniale. Apprenant qu’on saccageait la cathédrale, il envoya un employé récupérer l’unique exemplaire existant en Europe d’un livre inédit du Cardinal Mercier.

Avant d’aller se réfugier chez son confrère Pau Roselló, il prit congé d’un ami en lui disant : Si nous ne nous voyons plus, à Dieu, au ciel. Une fois chez don Roselló, il donna l’ordre exprès qu’on ne niât pas sa condition de prêtre, si on venait le chercher. Les deux prêtres menèrent une vie de prière, dont ils savaient qu’elle finirait par le martyre.

Chaque jour il allait donner la communion à des Religieuses de la Compagnie de Sainte-Thérèse, qui habitaient à un autre étage.

Arrivèrent les révolutionnaires, demandant à don Pau Roselló s’il était aumônier. Le prêtre répondit : Oui, mais pas que moi. Nous sommes deux, et si vous voulez quelque chose de nous, vous nous trouverez toujours ici.

Un groupe de miliciens se présenta au soir du 26 juillet, à l’heure du repas. Don Pau se présenta et fit venir don Miquel ; tous deux suivirent les miliciens, tranquilles et sereins, jusqu’au Comité et, de là, furent conduits en camion, jusqu’à la route de Reus. Les miliciens tenaient leurs fusils aux fenêtres du camion. 

A un certain moment, ils firent descendre les deux prêtres et les assassinèrent, par balles et chevrotines, comme l’indiqua le résultat de l’autopsie.

C’était le 26 juillet 1936.

Les deux prêtres, don Pau et don Miquel, furent béatifiés en 1936.

 

 

Ángel Cantador González

1892-1936

 

Ángel Cantador González naquit en 1892 à Belalcázar (Cordoue, Espagne S).

C’était un laïc marié et pieux, qui montra sa fidélité à Dieu jusqu’à la mort.

Il reçut la grâce du martyre le 26 juillet 1936, à Pedroche.

Ángel Cantador González sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 26 juillet.

 

 

Manuel Martín Sierra

1892-1936

 

Né à Churriana de la Vega (Grenade, Andalousie, Espagne) le 2 octobre 1892, Manuel était le second de onze enfants.

Il fit ses études chez les Religieux piaristes (des Ecoles Pies) et entra au séminaire de Grenade en 1909.

Il fut ordonné prêtre en 1915 et, successivement, reçut le doctorat en théologie.

Après avoir enseigné la théologie au séminaire, été aumônier de Religieuses, il fut nommé curé en plusieurs paroisses, en dernier lieu à Motril (Granada).

Lors de la persécution, on lui proposa de se réfugier dans sa famille, dès le 24 juillet 1936, mais il préféra demeurer au milieu de ses paroissiens.

Réfugié avec les Religieuses et les Pères augustins dans la paroisse (ou même dans l’église), il tomba aux mains des révolutionnaires qui le traînèrent sur le parvis, l’obligeant à blasphémer. Sur son refus, ils le fusillèrent dans l’église, en même temps que le père Vicente Pinilla Ibánez, le 26 juillet 1936.

Il fut béatifié en 1999.

 

 

Pau Roselló Borgueres

1895-1936

 

Pau (Paul) était né le 9 mai 1895 à Vimbodí (Conca de Barberá en Catalogne, Espagne), de Pau et María, qui le firent baptiser trois jours plus tard.

Suivant le bon exemple de son curé et de son maître, il voulut entrer dans la vie ecclésiastique, mais le papa n’avait pas de quoi lui payer les études. Aussi, le curé s’offrit pour lui payer sa pension au séminaire, convainquant ainsi le papa à le laisser suivre sa vocation.

Durant les vacances, Pau préparait ses frères à la Première communion. A la maison, il se montrait pieux, effacé, sachant se dominer.

Il fut ordonné prêtre en 1921. 

Il devint féru de sciences naturelles, qu’il enseigna aux séminaristes de Tarragona. Il réussit à monter un émetteur d’ondes courtes, et fit une conférence où il anticipait ni plus ni moins la télévision (sans penser au mal qu’elle diffuserait plus tard, comme tous les moyens de communication). 

Mais il fut surtout un bon prêtre, ennemi acharné des critiques malveillantes.

Arriva le triste mois de juillet 1936. A Tarragona, le couvent de Sainte-Claire était en flammes. L’abbé Pau se dirigea, en soutane, vers le couvent de la Compagnie de Sainte-Thérèse, dont il était aussi aumônier, pour en retirer le Saint-Sacrement, qui pouvait être profané par les révolutionnaires. Les Religieuses lui demandèrent pourquoi il s’exposait ainsi, en soutane ; il répondit : Que voulez-vous qu’il m’arrive ? Qu’ils me tuent parce que je suis prêtre ? Eh bien, qu’ils me tuent avec ma soutane !

Le 26 juillet 1936 au soir, on vint l’arrêter pour le conduire au Comité, puis immédiatement sur la route de Reus, où on l’abattit en lui tirant à la tête et au cœur, avec son Confrère, don Miquel Vilatimó (voir sa notice, avec quelques autres détails).

Don Pau Roselló Borgueres a été béatifié en 2013.

 

 

Manuel Jové Bonet

1895-1936

 

Né le 14 septembre 1895 à Vallbona de las Monjas (Lleida), et baptisé trois jours plus tard, Manuel était l’un des sept enfants de Juan et Ramona, de bons paysans chrétiens. Le père avait un frère chez les Clarétains.

En 1907, Manuel commença les études secondaires chez les Clarétains à Vic, lorsque le préfet était le p.Gumersindo, qui serait martyrisé le même jour que lui.

Il commença le noviciat en 1911 à Cervera et fit la profession en 1912. Il fit là aussi la philosophie et une partie de la théologie, qu’il acheva à Alagón. C’est l’archevêque de Saragosse qui lui conféra les Ordres sacrés et l’ordonna prêtre en 1920.

Après une année de prédication, il fut nommé professeur de latin à Vic. C’était sa passion ; il collaborait à la revue Alma Roma, s’ingéniait à trouver les mots latins pour traduire les expressions modernes.

En 1925, il fut professeur à Cervera. Ses interventions suscitaient les éclats de rire parmi les postulants, qui d’habitude trouvaient les conférences ennuyeuses.

En 1928, il commencça la publication de la revue Candidatus Latinus, qui devint Palaestra Latina deux ans plus tard, une revue qui servit de référence pour beaucoup d’étudiants. Il préparait aussi un dictionnaire latin-espagnol. C’est en travaillant à cet ouvrage qu’il vit arriver la révolution d’été 1936.

Le 24 juillet, avec ses quatorze étudiants, il partit pour Vallbona de las Monjas, à vingt-cinq kilomètres de là, en veillant à faire assez de détours pour éviter les miliciens. Ils durent passer la nuit chez l’habitant et se remirent en route au matin du 25. En chemin, quelqu’un les reconnut et les dénonça. Ils marchaient deux par deux à quelque distance les uns des autres, mais des miliciens arrêtèrent le dernier groupe et remontèrent au premier. Un ami proposa au p. Manuel de fuir par une porte de derrière, mais il s’y refusa énergiquement, pour ne pas abandonner les jeunes qui lui étaient confiés.

On réunit le père et les quatorze postulants. Le père se mit à écrire (en latin) les événements ; un jeune sortit son chapelet, on l’obligea à le piétiner mais il refusa ; on voulait forcer le père José à piétiner son crucifix et, comme il refusait, on le lui fourra dans la bouche avec un coup de poing qui le fit saigner abondamment. On arracha au père Manuel son pantalon et on s’apprêtait à le mutiler, mais le «chef» intervint : Ça, non ! Mais on lui fit une profonde coupure à l’aine, qui saignait énormément. On se moqua copieusement aussi de tous les postulants, qui avaient avec eux des chapelets, des crucifix, des cilices aussi.

On les attacha ensuite deux à deux et on les fit descendre à coups de poings et de pieds. On les fit monter dans un camion qui partit pour Verdú ; on voulait les fusiller sur place, mais le président du Comité le leur refusa ; ils ne savaient que faire. Ils repartirent pour Lleida et s’arrêtèrent au cimetière, firent descendre les postulants et le p.Manuel.

Le père dit aux postulants : Nous allons mourir pour Dieu ! Vive le Christ Roi ! Il répéta encore trois fois : Vive le Christ Roi ! Juste avant de mourir, ils crièrent tous ensemble Vive le Christ Roi ! Les miliciens les fusillèrent quatre par quatre, jusqu’aux trois derniers. Il était quatorze heures.

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida et béatifié en 2017, le bienheureux Manuel Jové Bonet sera mentionné avec ses quatorze Postulants dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

 

Vicente Burrel Enjuanes

1896-1936

 

Il était né le 28 décembre 1896 à Juseu (Huesca, Espagne), dans une famille aisée et très chrétienne.

Il entra dans la communauté bénédictine de El Pueyo, de la congrégation de Solesmes, comme frère convers (1921).

Il fit les premiers vœux en 1922, et les solennels en 1925.

Quoique humble frère, Vicente avait une culture au-dessus de l’habituelle, ayant passé le diplôme de Magistère ; il enseignait aux petits enfants.

Comme frère dans sa communauté, il sut rendre maints services, comme d’installer jusqu’à soixante-dix personnes au réfectoire, d’aider en cuisine ou de faire le cordonnier.

Lors de la révolution de juillet 1936, la communauté se dispersa. Vicente accompagna un autre frère, Lorenzo Santolaria, dans la famille de celui-ci à Torres de Alcanadre. 

Le 25 juillet, très tôt, il dut les quitter, habillé en pauvre paysan, seul, avec un sauf-conduit dans la poche et une chemise de rechange.

A neuf heures du matin, à Berbegal, on le reconnut, on l’enregistra, on lui détruisit le sauf-conduit, mais on le laissa continuer. Une heure après, à Fornillos, les gens l’accueillirent avec bonté et le maire lui-même lui donna à manger et le cacha. Le pauvre frère, timide de nature, était épuisé et triste.

Il repartit de Fornillo pour Fonz, avec un bon casse-croûte dans sa besace, espérant rejoindre là sa sœur mariée. En route, on l’accueillit dans des barraques de campagne, où il put se rafraîchir. Mais la marche forcée à travers les champs, la soif, l’impossibilité de trouver où se reposer un moment, l’avaient exténué : on calcule qu’il avait dû faire une trentaine de kilomètres dans sa journée, en pleine chaleur.

De la route, il aperçut l’incendie qui montait de El Pueyo, où l’église était la proie des flammes.

Il continua ainsi son chemin, parfois accompagné par de braves gens, et gagna Los Certales, en vue de Fonz, qu’il devait rejoindre en traversant le Rio Cinca.

Le 26 au matin, un brave homme lui montra où passer. Le Frère voulut le remercier en lui montrant les douze duros qu’il avait, ce qu’on avait pu lui donner en partant du monastère, mais le monsieur lui répondit : Vous n’avez besoin de dire à personne que vous avez cet argent-là.

Ensuite, il passa par deux autres barraques, où on lui donna à boire.

Au moment où il crut pouvoir traverser le Rio, arriva un camion de miliciens en direction de Barbastro ; ils s’arrêtèrent, vidèrent le balluchon du Frère et comprirent que c’était un Religieux : ils l’arrêtèrent.

Ils l’emmenèrent à Barbastro. Un passant l’aperçut avec les miliciens au pont de l’Amparo, tête basse, silencieux, pauvrement vêtu. Les miliciens le maltraitèrent sans compassion, remontèrent la côte du Rollo et lui dirent : Tu vois bien : avec ce que tu portes, tu ne peux pas nier qui tu es. - Je ne dis pas le contraire : je suis de El Pueyo, mais arrêtez de me battre !

Ils le bousculèrent, lui firent monter la rue en se moquant de lui : Avance, on va te donner la communion.

Il passa devant le couvent des Capucines, arriva au promontoire de Santa Bárbara ; ils lui firent faire quelques pas et lui tirèrent dessus. Le Frère tomba, mort sur le coup, premier de sa communauté à être exécuté.

Il était dix heures trente du matin, de ce 26 juillet 1936.

Le frère Vicente Burrel Enjuanes fut béatifié en 2013.

 

 

Antonio Jaume Secases

1905-1936

 

Né à Alás (Lérida, Espagne) le 19 novembre 1905, Antonio Jaume entra en 1918 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, et fit ses premiers vœux à Mollerusa en 1931, prenant le nom de Jaime Bertino.

Rappelons qu’à l’époque, ces Frères fermaient leur habit au cou avec un col blanc, qui retombait sur le haut de la poitrine comme une petite «bavette».

Le noviciat se fit à Irún en 1921, puis le scolasticat à Talence, en France.

Sa première étape d’apostolat fut à Manresa, pendant neuf ans, puis à Calaf et de nouveau à Manresa en 1935.

Au début de la révolution, le 21 juillet 1936, il put se réfugier chez un ami, se présentant comme un parent de la famille. Mais il fut dénoncé aux miliciens, qui vinrent rechercher le «moine».

Quand ils purent l’identifier, l’un d’eux lui lança : Alors, tu es un de ceux qui ont la bavette blanche ! Tu peux l’enlever, tu n’en auras plus besoin.

On emmena le Frère, qui subit tous les mauvais traitements possibles : on lui cracha au visage, comme pour le Christ ; on le traîna vers l’escalier qu’on lui fit dévaler en roule-tonneau. 

On le conduisit non loin de là, à La Torre del Mitje, où on l’acheva d’une décharge de fusil.

C’était le 26 juillet 1936.

On retrouva son corps dans le cimetière de Manresa ; le Frère, qui avant trente ans, portait la trace des nombreux coups de bâtons qu’on lui asséna avant de l’achever.

Il fut béatifié en 2007.

Amancio Marín Mínguez

1908-1936

 

Il y a des Saints dont on dit parfois qu’ils n’ont rien fait de spécial, précisément parce qu’ils n’ont fait que de grandes choses pour Dieu, qui voit en profondeur ce que les hommes ne font qu’apercevoir de l’extérieur.

Amancio est de ceux-là.

Il naquit le 26 mars 1908 à Celada del Camino (Burgos, Espagne), de Miguel et María Candelas, qui le firent baptiser trois jours après. Il fut confirmé en 1910.

Ayant perçu l’appel de Dieu, il entra chez les Mercédaires à Lleida en 1921. Il fit le noviciat à San Ramón, où il reçut l’habit en 1923 et fit la profession en 1925.

Il montrait un grand intérêt à bien apprendre comment célébrer l’Office divin.

Il étudia la philosophie et la théologie à Poyo (Pontevedra), où il fit la profession solennelle en 1930. Il fut ordonné prêtre en 1931 à Tuy.

Comme beaucoup de Religieux, il fut envoyé en divers endroits : au couvent de Maiorque en 1932, à Lleida en 1933, à El Olivar en 1934 pour assister le curé de la paroisse d’Estercuel, à San Ramón en 1935, pour enseigner au collège.

Quand la révolution éclata en 1936, les Religieux durent laisser leur couvent au soir du 23 juillet. Amancio se réfugia chez un grand ami, le pharmacien de l’endroit, mais préféra repartir sans tarder, pour ne pas compromettre son ami et sa famille, et jugea opportun de rejoindre Burgos.

Un membre du comité de San Guim lui procura un passeport comme assistant de pharmacie, et le mit au train de Lleida, l’avertissant qu’il courait des risques à porter sous sa chemise un chapelet et des médailles. Mais il n’en fit rien. Quant à ce brave membre du comité, il fut dénoncé et mis en prison.

Amancio arriva à Lleida, y passa la nuit et continua son voyage. Le 25 juillet, il descendit à Binéfar et reçut l’hospitalité d’amis qu’il y connaissait. Voyant que sa présence provoquait des inquiétudes, il s’en alla ailleurs. A peine retiré dans sa chambre, il fut arrêté par des envoyés du Comité, qui l’avaient suivi dès son arrivée en gare. Ils l’emmenèrent au Comité, où il passa la nuit.

Le lendemain, ils revinrent fouiller chez les gens qui l’avaient reçu, puis conduisirent le Père à la mairie. Le chef lui proposa ciniquement : Si tu veux bien venir combattre avec nous, on te laisse en vie - Jamais je n’irai me battre pour les ennemis de mon Dieu, répondit-il.

L’après-midi, ils organisèrent dans les rues de Binéfar une procession burlesque, où la foule fut invitée à insulter le Religieux, lui sortir une quantité de calomnies et de sarcasmes vulgaires. On lui lia les mains derrière le dos et on lui accrocha dans les doigts des préservatifs. Amancio, quant à lui, gardait la tête basse, tranquille, silencieux.

A sept heures du soir, ils le conduisirent au cimetière. Amancio demanda cinq minutes : il fit le signe de la croix, se recueillit, bénit ses bourreaux et cria : Vive le Christ Roi ! Il tomba sous les balles.

Le chef en question, plus tard, révéla qu’il n’avait jamais vu quelqu’un de si détendu. Quelques secondes avant de l’abattre, il lui prit le pouls, qui était aussi régulier et normal que si rien ne se passait.

Un journal rouge de l’endroit écrivit le lendemain : A Binéfar, on a arrêté le fasciste Amancio Marín, qui avait trompé les Comités de San Guim et de Lleida. Ledit Amancio a été justicié.

On avait qualifié le père Amancio d’ordinaire : il n’avait apparemment rien fait de bien spécial, ce n’était pas un «grand» prédicateur, il n’a pas eu de charge particulière ; il fut vicaire de paroisse pendant un an et fit la classe aux gamins.

Amancio fut un vrai Religieux : obéissant, humble, pieux. Après cinq années de sacerdoce, il reçut la couronne du martyre à vingt-huit ans, le 26 juillet 1936, et fut béatifié en 2013.

 

 

Francisco Xavier Sorribas Dot

1909-1936

 

Il était né le 7 novembre 1909 à Torelló (Barcelone), benjamin des trois enfants de Jaime et María, dont le fils aîné fut aussi Clarétain. Les parents tenaient un commerce. Francisco Xavier fut baptisé le 8 novembre 1909 et confirmé en 1911.

Il entra chez les Clarétains de Vic en 1920, et retrouva son frère à Cervera en 1924. Il commença le noviciat en 1925, fit la profession en 1926, et partit étudier la philosophie à Solsona. Il trouvait cette étude facile.

En 1928, il alla à Cervera pour la théologie, puis en 1931 à Tarragona à cause de sa santé, et revint à Cervera. Il reçut l’ordination sacerdotale en 1931 à Solsona.

Il avait une mémoire prodigieuse et un don marqué pour la parole ; il était en outre animé d’un grand zèle pour le salut des âmes et se proposa dès 1934 pour les missions de Chine.

Après une année de préparation, il fut cependant envoyé à Sallent en 1934, puis à La Selva del Campo, où il fut organiste et prédicateur.

En juillet, à l’annonce des mauvaises nouvelles politiques, on décida de disperser la communauté. Le 21 juillet, tous évacuèrent la maison, car l’église avait déjà commencé à brûler.

Le p.Sorribas se cacha dans une cabane avec deux autres jeunes. Ils furent bien accueillis par le curé de Almoster, mais ils durent s’enfuir rapidement, emportant le Saint-Sacrement avec eux, de façon à pouvoir au moins communier. Ils trouvèrent une autre cabane, mais le propriétaire leur dit : Si on vous tue, vous allez au ciel, mais s’ils me tuent à cause de vous, que fera ma famille ? Alors, ils se remirent en marche pendant toute la journée du 24.

A La Riba, ils furent bien accueillis par le président du Comité, qui leur donna à manger et les cacha dans une cabane pour la nuit ; le lendemain, 25, on leur fit prendre des billets de train. Le p. Sorribas préféra accompagner Juan Costa à Lleida (l’autre étant parti dans une autre direction).

A cette époque, tous les prêtres et les religieux portaient la marque de la tonsure cléricale, et Xavier tenait à l’entretenir : ce fut à cela qu’on le reconnut dans la gare de Lleida. Tandis qu’on emmenait le jeune en prison, on s’acharna sur le p.Sorribas, qui n’avait pas de laisser-passer. On lui dit d’aller en demander un, mais à un moment donné, on le plaqua contre le mur d’une place et il tomba sous les balles.

Martyrisé le dimanche 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Francesc Xavier Sorribas Dot sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

 

Pau Gili Pedrós

1912-1936

 

Pau (Paul) naquit à Omellons (Garrigues, Espagne) le 29 janvier 1912.

Il fréquenta les séminaires de Tarragona, et alla préparer le doctorat à l’université de Comilles.

Les dernières années de ces études, il vivait avec ses parents à Vimbodí (Conca de Barberá).

Ordonné prêtre très jeune, à vingt-deux ans, en 1934, il fut le secrétaire particulier de l’évêque auxiliaire, Mgr Borrás (voir au 12 août), et vivait dans un appartement qu’il partageait à Tarragona avec un autre prêtre, Pere Batlle.

Dans la matinée du 26 août 1936, des miliciens vinrent les arrêter et les emmenèrent ; ils rejoignirent d’abord un autre prêtre déjà arrêté, Francesc Vidal, et les conduisirent tous trois au Comité, qui s’était installé dans le couvent de Jésus-Marie.

Là, ils furent séparés. Pau et Francesc furent conduits au bateau-prison Cabo Cullera, dans l’idée de les y mettre en prison. Mais le commandant leur refusa l’accès, sous prétexte qu’ils ne lui présentaient pas de mandat d’arrêt.

Les miliciens repartirent alors et allèrent les fusiller, pour la seule raison qu’ils étaient prêtres.

Ces deux Martyrs entrèrent dans l’Eternité le 26 août 1936.

Lors de l’autopsie, on constata que Pau avait reçu des balles à la poitrine et à la tête. Il avait vingt-quatre ans.

Pau Gili Pedrós fut béatifié en 2013.

 

 

Amado Amalrich Rasclosa

1912-1936

 

Né le 28 avril 1912 à Celrá (Girona), Amado (Amadeu) était le fils de Narciso et Hermenegilda, qui le firent baptiser le 5 mai suivant.

Il commença le postulat chez les Clarétains de Cervera en 1923, où il fit de très bonnes études, retardées une année par la maladie. Il commença le noviciat en 1927 à Vic, passa à Solsona pour la philosophie, à Cervera pour la théologie en 1931 : déjà il dut s’habiller en paysan pour voyager sans ennui.

 

La maladie retarda à nouveau ses études ; il fut soigné à Gracia et reprit la théologie à Solsona en 1934. Il fut réformé au service militaire.

Il était du nombre des quatorze Postulants qui accompagnaient le p. Manuel Jové Bonet.

Pour les détails connus sur le martyre de ces quatorze Postulants, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida et béatifié en 2017, le bienheureux Amadeu Amalrich Rasclosa sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

 

Miguel Oscoz Arteta

1912-1936

 

Miguel fut le premier-né des onze enfants de León et Eugenia, de bons paysans chrétiens. Né le 12 novembre 1912 (ou peut-être 1910 ?) à Artazu, Navarra, il fut baptisé le même jour et confirmé en 1915.

Il eut deux frères clarétains, Eugenio et Francisco, et deux tantes maternelles Hospitalières.

Dans son pays, il étudia déjà le latin avec son curé, de sorte qu’il sauta une année en entrant au postulat clarétain d’Alagón en 1926 ; l’année suivante, il passait à Cervera.

En 1929, il commença le noviciat à Vic, fit la profession en 1930, étudia la philosophie, puis commença la théologie. Il avait aussi, dit-on, des dons pour la musique.

Il fut retardé pour la profession solennelle et les Ordres à cause du service militaire et de la maladie. Il ne fit la deuxième année de théologie qu’en 1934-35.

Il était du nombre des quatorze Postulants qui accompagnaient le p. Manuel Jové Bonet.

Pour les détails connus sur le martyre de ces quatorze Postulants, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida et béatifié en 2017, le bienheureux Miguel Oscoz Arteta sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

 

Pere Caball Juncá

1913-1936

 

Né le 1.août 1913 à Vilanova de la Muga (Girona), de Hermenegildo et María, il fut baptisé le 9 août et confirmé en 1925. Le papa était un berger.

Pere fréquenta le Petit séminaire d’El Collell pendant trois ans, puis intégra le postulat clarétain de Cervera en 1928 ; il commença le noviciat à Vic en 1930.

Tout fils de berger qu’il était, il n’en étudiait pas moins avec ardeur et avec d’excellents résultats. Le latin lui réussissait très bien : c’était une des espérances du p.Manuel Jové. Il accomplit les études de philosophie sans difficulté à Solsona, et commença la théologie en 1934.

Il reçut les deux premiers Ordres mineurs (portier et lecteur) et passa en 1935 à Cervera pour la suite de ces études, que la persécution vint interrompre.

Il se préparait intensément à l’éventualité du martyre et demandait à Dieu la force, la foi nécessaires pour être fidèle jusqu’au bout.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Pere Caball Juncá sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

 

José Elcano Liberal

1914-1936

 

Né le 31 mars 1914 à Olóriz (Navarre), José fut ondoyé ce même jour. Le curé acheva les rites le lendemain. José fut confirmé la même année, comme cela pouvait se faire alors. Les parents s’appelaient Pantaleón et Evarista ; ils eurent six autres enfants après José.

Celui-ci entra au postulat clarétain d’Alagón en 1926 et acheva ses Humanités à Cervera. En 1930, il passa au noviciat de Vic. Après la profession (1931), il fit les études de philosophie à Solsona et y commença la théologie. Il se trouva ensuite à Cervera pour la suite de ses études. Mais les événements politiques mirent fin à ces projets.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux José Elcano Liberal sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

 

Lluís Plana Rabugent

1914-1936

 

Né le 20 juillet 1914 à La Sellera (Girona), et baptisé le lendemain, Lluís était l’un des huit enfants de Francisco et Margarita. L’enfant reçut la Confirmation trois ans plus tard.

En 1926, il commença les Humanités, à Cervera et Alagón ; il fit le noviciat à Vic, la profession en 1931, et passa à Solsona pour la Philosophie et la Théologie. En 1935, il fut à Cervera, où l’année suivante la maladie retarda ses études.

Le 20 juillet 1936, quand commença la guerre civile, il accomplissait vingt-deux ans.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Lluís Plana Rabugent sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

 

Teófilo Casajús Alduán

1914-1936

 

Né le 4 novembre 1914 à Murchante (Navarre), il fut baptisé le lendemain et confirmé l’année suivante. Il était l’un des sept enfants de Jacinto, un menuisier-charpentier, et Agustina. Cette dernière avait déjà deux frères dans la congrégation des pères Clarétains. Teófilo était vif, intelligent.

Il commença ses Humanités chez les Clarétains à Alagón et Cervera ; outre ses dons pour l’étude, il en avait particulièrement pour la musique ; il fit le noviciat à Vic en 1930, la profession l’année suivante et passa à Solsona pour la philosophie et le début de la théologie. Il reçut en juin 1935 les premiers Ordres mineurs (portier et lecteur). Puis il alla à Cervera pour achever la théologie…

Il ne put l’achever, à cause de la guerre civile et de la persécution.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Teófilo Casajús Alduán sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

Lluís Hortós Tura

1915-1936

 

Né le 8 février 1915 à Argelaguer (Girona), Lluís était l’un des cinq enfants de Lorenzo, modeste ouvrier, et Magdalena, qui le firent baptiser le 14 février suivant.

Il fit le postulat à Barbastro (1925) puis Cervera (1928), le noviciat à Vic (1930), la profession en 1931, la philosophie à Solsona, puis la théologie à Cervera (1935).

 

Ces études furent dramatiquement interrompues par les événements politiques de 1936.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Lluís Hortós Tura sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

 

Senén López Cots

1915-1936

 

Né le 21 février1915 à Barcelone, Senén était le fils d’un commerçant, Constantino et d’Antonia, qui le firent baptiser le 17 mars suivant, et confirmer en 1926.

Il fit ses Humanités à Barbastro (1924) et Cervera, commença la philosophie à Solsona (1929) et seulement après le noviciat à Vic (1930), car il était très jeune. En 1931, la maladie l’obligea à interrompre momentanément ce noviciat, qu’il reprit l’automne suivant. Il se remit si bien, et montrait de telles aptitudes, qu’on demanda une dispense pour avancer la date de sa profession (janvier 1932). ll fit la philosophie et le début de la théologie à Solsona, avec une brève interruption pour sa santé.

De là, il passa à Cervera en 1935.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Senén López Cots sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

 

Josep María Casademont Vila

1915-1936

 

Né le 12 mars 1915 à San Feliu de Pallarols (Girona), Josep était le fils de Josep et Teresa, qui le firent baptiser le 15 mars suivant, et confirmer l’année suivante. Le papa était forgeron. Josep eut un frère.

Il fit le postulat chez les pères Clarétains de Cervera et Barbastro de 1926 à 1930, puis fit le noviciat à Vic, terminé par la profession en 1931. Il alla à Solsona pour la philosophie et la théologie.

En 1935, il revenait à Cervera…

Ces études furent dramatiquement interrompues par les événements politiques de 1936.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Josep Casademont Vila sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

 

Vicente Vázquez Santos

1915-1936

 

Né le 23 août 1915 à Villada (Palencia), Vicente était l’aîné des deux enfants de Vicente et Concepción, qui le firent baptiser le 29 suivant et confirmer en 1917.

Le papa de Vicente, un ouvrier journalier, mourut en 1918, de sorte que Vicente fut orienté  en 1926 par son oncle, Anastasio Vázquez, prêtre clarétain, vers le postulat d’Alagón, où le rejoignit d’ailleurs son frère. Vicente y fit ses Humanités et les acheva à Cervera.

En 1930, il intégra le noviciat de Vic, où il fit la profession l’année suivante. Il fut ensuite à Solsona pour la philosophie et le début de la théologie, puis passa à Cervera en 1935.

Vicente montrait des aptitudes particulières pour les langues, et surtout le grec : il rédigeait des articles en grec dans la revue Katholikon d’Athènes.

Ces études furent dramatiquement interrompues par les événements politiques de 1936.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Vicente Vázquez Santos sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

 

Antonio Cerdá Cantavella

1915-1936

 

Né le 25 septembre 1915 à Játiva (Valencia), d’Antonio et María, Antonio fut baptisé deux jours plus tard et confirmé en 1924. De ses deux frères aînés, José María devait aussi tomber en novembre 1936, tandis qu’Enrique mourra en 1933 ; ces trois frères appartinrent à la famille religieuse des Clarétains.

Antonio fit ses Humanités à Alagón puis Cervera de 1926 à 1930 ; ses camarades reçurent l’habit le 14 août 1930, mais comme il ne devait accomplir quinze ans qu’un mois plus tard, il fit la vêture le 26 septembre ;  après le noviciat à Vic, il fit la profession (1931) et partit à Solsona pour la philosophie. En 1935, il rejoignit Cervera pour la théologie.

Ses études furent dramatiquement interrompues par les événements politiques de 1936.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

A vingt ans, il fut martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida. Béatifié en 2017, le bienheureux Antonio Cerdá Cantavella sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

Amadeu Costa Prat

1916-1936

 

Né le 4 janvier 1916 à Tona (Barcelone), de Paladio, un tailleur, et Rosa, qui le firent baptiser le 7 janvier suivant, et confirmer en 1918.

Il commença l’étude du latin au séminaire de Vic, puis intégra le postulat de Cervera (1928) ; après les Humanités, il fit le noviciat à Vic, la philosophie à Solsona et arriva à Cervera en 1935 pour la théologie, en vue du sacerdoce…

Il avait une très belle voix, une bonne santé, ce qu’il fallait pour un bon prédicateur.

Ses études furent dramatiquement interrompues par les événements politiques de 1936.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Amadeu Costa Prat sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

 

Onésimo Agorreta Zabaleta

1916-1936

 

Né le 16 février 1916 à Ujué (Navarre), il était l’aîné des trois enfants de Julián et Francisca, qui le firent baptiser deux jours après et confirmer la même année. Les deux autres enfants étaient Josefa et Cándido, leur père était ouvrier.

Onésimo fit ses Humanités à Alagón puis Cervera de 1927 à 1931 ; après le noviciat à Vic, il fit la profession (1932) et partit à Solsona pour la philosophie. Onésimo avait un don pour apprendre les langues. En 1935, il rejoignit Cervera pour la théologie.

Ses études furent dramatiquement interrompues par les événements politiques de 1936.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

A vingt ans, il fut martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida. Béatifié en 2017, le bienheureux Onésimo Agorreta Zabaleta sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

 

José Amargant Boada

1916-1936

 

Il naquit le 25 septembre 1916 à Sant Feliu de Pallarols (Girona), de Miguel et Dolores, qui le firent baptiser une semaine plus tard et confirmer en 1929. Le père était manœuvre.

José fit ses Humanités à Barbastro puis Cervera de 1926 à 1931 ; il reçut l’habit le lendemain de ses quinze ans (26 septembre 1931) et, après le noviciat à Vic, fit la profession (1932) et partit à Solsona pour la philosophie. En 1935, il rejoignit Cervera pour la théologie.

Ses études furent dramatiquement interrompues par les événements politiques de 1936.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

A moins de vingt ans, il fut martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida. Béatifié en 2017, le bienheureux José Amargant Boada sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

Anno Sjoerd Brandsma

1881-1942

 

Il naquit à Oegelklooster (Bolsward, Pays-Bas) le 23 février 1881, dans une famille de paysans.

Après les études à Megen, il entra en 1898 au noviciat des Grands-Carmes à Boxmeer, avec le nom de Titus Brandsma.

Titus étudie la philosophie et la théologie à Zenderen et Oss.

Le fr. Titus n’avait pas une santé excellente, mais il fut très actif, vivant très profondément une vie toute mystique, qu’il ne laissait pas paraître à l’extérieur.

Dès 1901, il traduisit en néerlandais les œuvres de sainte Thérèse d’Avila.

Ordonné prêtre en 1905, il fut envoyé à Rome à l’Université Grégorienne, où il passa le doctorat de philosophie et de sociologie.

Revenu aux P    ays-Bas, Titus enseigna la philosophie, la sociologie, l’histoire de l’Eglise, au Philosophicum, le séminaire des Carmes d’Oss.

Il n’avait sans doute pas assez d’occupations : il trouva le temps de fonder un lycée à Oss, un autre à Oldenzaal, agrandissant celui de Zenderen. Il se mobilisa pour soutenir la langue frisonne et l’esperanto.

S’intéressant au journalisme, à la presse catholique et au travail des journalistes, il obtint un diplôme de journaliste professionnel, avant de devenir lui-même rédacteur en chef d’un journal local à Oss. A Nimègue, il écrivit dans le journal De Gelderlander. Il fut aumônier des journalistes catholiques. L’école pour journalistes qu’il voulait fonder, ne verra le jour qu’après sa mort.

En 1923, lors de la fondation de l’Université catholique de Nimègue (aujourd’hui Université Radboud), il est professeur d’histoire de la philosophie et de la mystique. Une de ses leçons porte sur la mystique néerlandaise et flamande : il s’attache à montrer aux étudiants les racines religieuses des Pays-Bas. Par la suite, sa collection de reproductions de manuscrits religieux sera à l’origine du Centre d’Etudes Titus Brandsma, toujours à Nimègue.

Il aborde aussi avec ses élèves les problèmes du moment, le nazisme…

Titus reste d’abord un religieux : il devient membre du conseil général de l’Ordre du Carmel, qu’il veut renouveler.

En 1926, il est prieur à Nimègue, en 1929 il fonde un couvent à Doddendaal. 

Entre temps, il est co-fondateur d’un journal chrétien, Ons geestelijk erf (Notre patrimoine spirituel).

En 1932-1933, il est recteur de l’université et prend position fermement contre l’idéal nazi.

En 1935, il est le porte-parole de l’archevêché d’Utrecht et comme tel s’oppose ouvertement aux théories nazies et à la persécution des Juifs, dont il prend la défense dans une série de conférences en 1938-1939.

En 1940, les troupes hitlériennes envahissent les Pays-Bas ; Titus persuade audacieusement tous les rédacteurs de journaux catholiques de ne faire aucune publicité pour le parti national-socialiste, noyauté par les nazis. Titus est «noté» par les services d’information allemands.

Le 19 janvier 1942, il est arrêté à Nimègue, emprisonné à Arnhem, interrogé pendant deux jours à La Haye.

Prisonnier à Scheveningen jusqu’au 12 mars, il est interné dans le camp de transit de Amersfoort pendant plus d’un mois ; le Vendredi Saint, 3 avril, il tient encore une conférence pour les autres prisonniers sur la Passion du Christ.

Reconduit à Scheveningen du 28 avril au 16 mai, puis à Clèves du 16 mai au 13 juin, il est finalement transféré à Dachau, où il arrive la 19 juin. Sa santé est très affaiblie, il tombe parfois même dans le coma.

Paisiblement, il soutient le moral des codétenus, partage avec eux sa ration, et surtout les invite à pardonner à leurs ennemis, qui sont aussi des enfants de Dieu.

Lors d’un dernier passage à l’infirmerie, il reçoit une injection mortelle, dont il décède en quelques minutes, le 26 juillet 1942, en la fête de sainte Anne dont il avait reçu le nom au baptême.

Il fut béatifié en 1985.

 

 

Giuseppa De Micheli

1890-1945

 

Elle naquit à Milan le 11 septembre 1890, dans une famille profondément chrétienne, et reçut au Baptême les noms de Giuseppa Francesca Maria. Elle eut (au moins) un frère prêtre et deux sœurs religieuses.

Orpheline de père à deux ans, elle entendit l’appel de Dieu durant la cérémonie de vêture de sa sœur aînée (1909).

A douze ans, durant la cérémonie du Vendredi Saint, elle avait entendu en elle une voix qui lui disait : Personne ne me donnera un baiser, pour réparer celui du traître Juda ? Et au moment de la vénération de la Croix, elle embrassa de tout son cœur le visage du Crucifié.

En 1913, donc, elle entra chez les Filles de l’Immaculée Conception à Milan, récemment fondées par Eufrasia Jaconis, qui la reçut elle-même.

L’année suivante, elle prenait l’habit, et le nom de Maria Pierina.

En 1919, trois ans après la mort de la Fondatrice, Maria Pierina rejoignait l’Argentine. Sa dévotion principale était la contemplation de la Sainte Face du Christ bafoué et insulté.

En 1921, à Buenos Aires, elle fit les vœux perpétuels et revint en Italie. Deux ans après, mourait sa pieuse maman.

En 1928, elle était élue supérieure à Milan, et en 1930 déléguée de la Mère générale pour l’extérieur.

Au milieu de ces activités, elle eut une vie mystique très profonde. Jésus lui parlait. Durant le Carême de 1936, Il la fit participer aux douleurs de son agonie à Gethsémani, lui demandant de répandre la dévotion réparatrice envers sa Sainte Face : Chaque fois que l’on contemplera ma Face, mon amour se répandra dans les cœurs, et grâce à ma Sainte Face, on obtiendra le salut de beaucoup d’âmes.

Le 31 mai 1938, dernier jour du Mois de Marie, la Mère du Christ lui présenta un scapulaire où était écrit sur le devant Illumina, Domine, vultum tuum super nos (Seigneur, fais resplendir ta Face sur nous, cf. Ps 118:135), et sur l’autre côté se trouvait une Hostie brillante avec les mots Mane nobiscum, Domine (Reste avec nous, Seigneur, cf. Lc 24:29). Ceux qui le porteraient, qui visiteraient le Saint Sacrement chaque mardi, en réparation pour les offenses que reçut le Seigneur durant sa Passion, seraient réconfortés dans leur foi et mourraient dans la paix. 

Maria Pierina devait aussi faire frapper une médaille. Or c’est à ce moment que le fameux photographe Giovanni Bruner, de Trento, réalisa la photographie du Saint Suaire, qu’il présenta au cardinal Schuster, archevêque de Milan, lequel la transmit à son tour à Marie Pierina. C’est donc de la miraculeuse représentation de la Sainte Face que l’on s’inspira pour frapper cette nouvelle médaille. Plus tard, la Sainte Vierge expliqua que la médaille pouvait «remplacer» le scapulaire.

Le Seigneur fit comprendre à Maria Pierina combien Il était ignoré, et combien Il désirait l’institution d’une fête de réparation, qui aurait eu lieu le mardi précédant le Carême.

Toutes ces manifestations divines et ces grâces passaient presque inaperçues des Consœurs de  Maria Pierina, qui demandait au Christ de rester inconnue et cachée, tout en cherchant à s’immoler pour le salut des âmes.

En 1939, Maria Pierina fut élue supérieure de la nouvelle maison de Rome (Institut Saint-Esprit). C’était le début du conflit mondial, au terme duquel s’acheva en même temps la mission de Maria Pierina : en 1945, elle quitta Rome pour Milan, et mourut à Centonara d’Artó (Novare), le 26 juillet 1945.

La fête de la Sainte Face n’a pas (encore) été instituée, mais le cardinal Schuster répandit avec zèle la dévotion à la Sainte Face, fondant la congrégation bénédictine des Sœurs Réparatrices de la Sainte Face. Les bénédictins silvestrins la répandirent à leur tour au sanctuaire de Bassano Romano et à Clifton (USA).

Maria Pierina fut béatifiée en 2010.

 

 

Ġorġ Preca

1880-1962

 

Ġorġ (Georges) naquit à La Vallette (Malte) le 12 février 1880, de Vincenzo et Natalina Ceravolo, et fut baptisé le 17 suivant.

En 1888, il reçut la Première Communion à Hamrun, où s’était établie la famille.

Après le lycée, il entra au séminaire de Malte. Diacre, il fut mortellement malade mais, raconta-t-il, fut guéri par l’intercession de saint Joseph.

Il fut ordonné prêtre en 1906.

Déjà avant d’être prêtre, il rassemblait des jeunes pour leur parler de l’Evangile. Une fois ordonné, il fonda en 1907 la Société de la Doctrine Chrétienne, destinée à former des laïcs pour la catéchèse, dont le premier supérieur était un de ses «garçons», ouvrier des chantiers navals, gagné par l’enseignement de Ġorġ.

Cette Société porta d’abord le nom de MUSEUM, acrostiche de Magister, utinam sequatur Evangelium universus mundus ! (Maître, puisse le monde entier suivre l’Evangile !).

En 1910 fut créée la branche féminine de l’œuvre. Tous les membres de la société seraient des laïcs, célibataires, modestement vêtus, vivant simplement, passant suffisamment de temps dans la prière et l’étude.

Malgré le succès de ce départ, l’évêque lui demanda de fermer ses centres, car l’idée d’évangéliser les ouvriers par des ouvriers était trop révolutionnaire à cette époque… Ġorġ obéit. Ce fut une longue période de souffrance, durant laquelle on accusa même Ġorġ de folie (tant qu’à faire, il aurait même été un homosexuel contrarié). Ġorġ prêcha à ses amis le pardon et conserva toute sa sérénité : l’évêque ordonna une enquête en 1916, dont les conclusions furent favorables à Ġorġ, mais il fallut attendre 1932 pour la reconnaissance canonique.

Durant cette retraite forcée, Ġorġ entra dans le Tiers-Ordre carmélitain (1918) sous le nom de Fra Franco (d’après le bienheureux Franco Lippi, un ermite carme) ; il suggéra à tous ses amis de porter le scapulaire du Carmel.

En 1952, des membres partirent pour l’Australie ; des centres furent ouvert ensuite en Angleterre, en Albanie, au Kenya, au Soudan et au Pérou.

Ġorġ Preca mourut le 26 juillet 1962 à Santa Venera (Malte), laissant derrière lui de nombreux ouvrages et une œuvre apostolique qu’il avait préconisée soixante ans avant le concile de Vatican II.

Son zèle apostolique, par référence à saint Paul qui a évangélisé l’île de Malte, l’ont fait appeler le second apôtre de Malte. Les Maltais l’ont affectueusement surnommé Dun Ġorġ, don Georges.

Ġorġ Preca fut béatifié en 2001 et canonisé en 2007, premier saint de l’île de Malte (du moins après saint Publius, du 1er siècle, qui fut évêque d’Athènes, dont dépendait alors Malte ; Ġorġ au contraire, n’était «que» maltais).

Le miracle retenu pour la canonisation si rapide du prêtre maltais, fut la guérison inattendue et incroyable, inexplicable, d’un Maltais dont l’œil gauche souffrait d’un décolement de rétine incurable. Or, le malade, sorti de l’hôpital, se confia à l’intercession de Ġorġ Preca, glissant sous son oreiller un tissu ayant appartenu au prêtre. Le docteur put constater le miracle et en témoigner : ce docteur devint ensuite président de Malte (Ċensu Tabone).

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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 23:00

Clotilde épouse de Clovis

473-545

 

Clotilde - réellement Crotechildis -, l’illustre épouse de notre premier roi chrétien Clovis, était l’une des deux filles de Chilpéric II, roi burgonde, et Carétène ; elle était née vers 473 ; l’autre fille s’appelait Sédeleube.

Chilpéric siégeait à Lyon mais, à sa mort, son épouse et les deux filles se retirèrent à Genève.  C’est là que Sédeleube fonderait bientôt un monastère et s’y retirerait.

La belle Clotilde fut bientôt proposée en mariage à Clovis, le jeune roi des Francs ; les fiançailles se firent par procuration et, quand on annonça à Clovis la prochaine arrivée de Clotilde, il se hâta d’aller au-devant d’elle à Villery, au sud de Troyes. Les noces furent célébrées solennellement.

On sait quel rôle tint la chrétienne Clotilde auprès de Clovis, qui n’était pas encore baptisé, ni même bien croyant.

Une première épreuve frappa le couple, quand leur premier enfant, Ingomer, mourut peu après son baptême : Clovis accusa alors le Dieu de Clotilde de lui avoir pris son enfant. Mais leur deuxième fils, Clodomir, gravement malade lui aussi, resta en vie, et le roi cessa alors d’accuser son épouse. Ils eurent ensuite trois enfants : Childebert, Clotaire et Clotilde.

Vers 496, Clovis eut à affronter des Barbares à Tolbiac et, durant la mêlée, implora le Dieu de Clotilde, en promettant de se faire baptiser s’il obtenait la victoire. Victorieux, Clovis reçut les leçons de catéchisme de Clotilde, conseillée par le saint évêque Remi (v. 13 janvier).

On date traditionnellement le baptême de Clovis et de ses trois mille soldats, en la fête de Noël 496.

Clotilde eut une heureuse influence sur les décisions de son mari qui, évidemment, n’avait pas grandi dans la même douceur chrétienne qu’elle.

Une de leur œuvre commune fut l’édification, à Paris, de l’église qui abriterait leur futur caveau, où ils firent déposer d’abord les restes de sainte Geneviève (v. 3 janvier) ; ce fut l’origine de l’église Sainte-Geneviève.

Leur vie conjugale ne dura cependant guère plus de vingt ans, car Clovis mourut vers 511, laissant sa chère Clotilde avec ses quatre enfants, qui allaient lui donner tant et tant de soucis.

Sa fille Clotilde fut bientôt donnée en mariage à Amalaric, roi des Wisigoths d’Espagne - que Clovis avait refoulés à Vouillé en 507 ; Amalaric n’était pas chrétien ; plus tard, Clotilde poussa son fils Childebert à attaquer cet époux violent, qui maltraitait son épouse Clotilde.

Son fils Clodomir, après avoir enlevé et assassiné son oncle Sigismond, ainsi que la femme et les deux fils de celui-ci, voulut conquérir la Burgondie en 524, mais y fut battu et tué, et l’on promena sa tête sur une pique, comme cela se fit bien plus tard durant la Révolution. Clodomir laissait trois fils, qui pouvaient être ses héritiers.

Mais les deux autres fils de Clovis et Clotilde, Clotaire et Childebert, dépossédèrent les fils de Clodomir de leur droit à la succession puis, trompant leur sainte mère, en assassinèrent deux sans pitié, tandis que miraculeusement s’échappait le troisième, Clodoald, plus tard mieux connu sous le nom de Cloud (v. 7 septembre).

La pauvre Clotilde fut chargée de s’occuper elle-même des funérailles de ses malheureux fils, puis elle se retira à Tours, près du tombeau de s.Martin (v. 11 novembre). Elle suggérait de bons candidats aux élections épiscopales. Elle était active et très généreuse, elle fonda ou enrichit bien des églises, dont Saint-Georges de Chelles ; sa générosité sans borne la fit mourir dans la plus extrême pauvreté.

Mais avant de mourir, elle eut encore un geste digne de son rang royal et chrétien : elle fit venir ses deux fils assassins, leur parla maternellement, leur prédit certains événements, et s’éteignit après avoir reçu les derniers Sacrements, le 3 juin 545.

La dépouille de Clotilde fut déposée dans le tombeau préparé par Clovis à Paris, avec celle de sainte Geneviève. Des reliques de la sainte Reine furent attribuées en divers lieux. En 1793, on profana les tombes et les cendres de sainte Geneviève furent jetées au vent. Pour éviter une ultérieure profanation, un chanoine crut bien faire de recueillir les restes de sainte Clotilde et de les brûler lui-même ; elles se trouveraient aujourd’hui en l’église Saint-Leu.                                                                                                                                                                                                  

Clotilde de France ne fut jamais officiellement canonisée, sinon par la vox populi.

En 1994, sainte Clotilde fut élue pour un heureux patronnage : celui de l’aviation légère de l’armée de terre. L’explication en est que, il y a quinze siècles, Clovis avait, à Tolbiac, submergé l’ennemi sous le feu du ciel, ce qui est aujourd’hui la mission des hélicoptères de combat.

Sainte Clotilde est inscrite au Martyrologe romain le 3 juin. En France, on la fête le 4, en raison de la fête des Martyrs d’Ouganda qui est célébrée le 3 juin.

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 23:00

Chang Sŏng-jip Iosephus

1785-1839

 

Joseph était né dans une famille païenne de Seoul.

Il était pharmacien.

Il se maria deux fois, mais ses deux épouses moururent rapidement. Vers trente ans, il commença à étudier la foi catholique.

Joseph avait une difficulté pour croire en l’Incarnation du Verbe et en sa naissance virginale : il ne pouvait se résoudre à croire que Dieu s’était humilié au point de devenir un homme comme nous, uniquement par amour pour l’humanité.

Découragé par ce problème, il abandonna l’étude du catéchisme pendant quelque temps et chercha à se faire de l’argent. Mais un de ses amis le persuada de revenir à Dieu et Joseph se repentit de son éloignement.

Il se livra à la prière, à la méditation, à la lecture de l’Ecriture ; il évitait de rencontrer les amis et vivait dans une grande solitude.

Ses amis lui demandaient pourquoi il ne travaillait plus ; il répondait qu’il préférait souffrir la faim et le froid par amour pour Dieu et pour obtenir le bonheur éternel, plutôt que de conserver la santé de cette terre.

Il reçut le baptême et la confirmation le même jour en avril 1838.

Quand il entendit parler des martyrs, il en fut si ému qu’il voulut se rendre volontairement à la police pour partager leur sort, mais son beau-père l’empêcha.

Il fut tout de même arrêté le 18 mai 1839. Des voisins, des amis et les policiers eux-mêmes le pressaient de renier sa foi. Au contraire, il leur rappela la doctrine catholique, selon laquelle chacun doit aimer Dieu, créateur de toutes choses sur terre, qui recevra au ciel tous les hommes bons, et repoussera en enfer tous les mauvais.

Finalement, le chef de la police l’envoya à la Haute Cour. Comme on ne l’interrogeait pas tout de suite, Joseph demanda pourquoi on le laissait tout seul, sans l’interroger et sans le torturer. On le prit pour un fou et on l’envoya en prison.

Pressé par le chef de police de renier sa foi, il refusa et fut sévèrement battu : il reçut au moins vingt coups de konjang, ce gourdin en chêne, long 1,5 mètre, large 15 cm, épais 5 cm, avec un long manche. Une dizaine de coups seulement de ce gourdin sur le postérieur du supplicié, couché sur le ventre, fait jaillir le sang et met la chair en lambeaux.

Puis il fut renvoyé en prison à Seoul.

C’est là qu’il mourut quelques jours plus tard, le 26 mai 1839.

Chang Sŏng-jip Iosephus fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.

Saint Kim Sŏng-u Antonius (martyrisé le 29 avril 1841 et canonisé avec lui) serait son frère, d’après certains.

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 12:53

Erik  de Suède

† 1160

 

Les origines d’Erik sont quelque peu incertaines. Il serait fils d’un noble nommé Jedward (Edward) - d’où son nom de Erik Jedvardsson - et de Cécilia, fille du roi suédois Blot-Sven, mais cette descendance apparaît douteuse pour les historiens. On suppose qu’il était plutôt un noble personnage, d’une province christianisée, non soumise au roi de Suède.

On pourrait ainsi supposer que, en opposition au roi païen Blot-Sven, une conspiration lui aurait préféré un roi chrétien et aurait acclamé roi notre Erik, vers 1156 ; ce choix en faveur d’Erik serait dû à son mariage avec la princesse danoise Kristina.

De cette union naquirent quatre enfants : Knut (qui succédera à son père), Filip, Katarina, Margareta.

Erik dut rapidemant faire face à un rival, Karl, fils du roi Sverker Ier de Suède, lui aussi acclamé roi vers 1156.

Chrétien, le nouveau roi Erik IX voulut propager le christianisme dans la Finlande voisine, encore païenne. Cette «croisade» lui paraissait aisée, mais il rencontra une résistance assez farouche et ne put «conquérir» que quelques localités sur la côte ; l’évêque André, qui l’accompagnait dans son expédition, mourut assassiné. On a un témoignage du pape Alexandre III (1159-1181), qui regrette que les Finnois promettent de se convertir quand ils sont menacés par l’armée, mais retournent au paganisme quand le «danger» est écarté.

Dans son pays, Erik s’occupa avec grand zèle de la juste administration de la Suède, protégeant et favorisant l’expansion du culte chrétien par la construction d’églises.

Il eut à cœur de promulguer une législation en faveur des droits des femmes.

Ce règne prometteur s’acheva rapidement. En mai 1160, Erik assistait à l’office divin, lorsqu’on l’avisa que les troupes danoises envahissaient le pays et s’approchaient. Il entendit la messe jusqu’à la fin et enfourcha ensuite sa monture pour marcher avec ses troupes contre l’envahisseur, le prince danois Magnus Henriksson. A la bataille d’Ostra-Aros, sur l’emplacement de l’actuelle Upsal, Erik tomba, percé de coups.

C’était le 18 mai 1160, jour de l’Ascension.

Erik IX fut de tous temps honoré pour ses vertus, ses mœurs austères et sa mort héroïque. Jusqu’à la Réforme du XVIe siècle, il fut reconnu comme le patron de la Suède.

Avec le titre de martyr, saint Erik IX de Suède est inscrit au Martyrologe le 18 mai.

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13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 23:00

14 MAI

 

I.

S Matthias (cf. Ac 15-26), apôtre mort à Jérusalem (ou en Éthiopie ?), dont les reliques seraient à Trêves, représenté avec hallebarde ou épée, et parfois même transpercé par celles-ci par allusion à son martyre.

II.

Stes Iusta, Iustina et Heredinavierges martyres en Sardaigne.

S Victor et ste Corona, lui, militaire, elle, jeune femme de seize ans et déjà mariée, martyrs en Egypte ; Victor eut les doigt brisés, fut jeté dans une fournaise ardente puis décapité ; Couronne fut écartelée après avoir été liée entre deux arbres qu’on avait inclinés, puis relâchés.

III.

S Maximos, martyr lapidé en Asie, peut-être à Ephèse.

S Isidoros, martyr à Chio ; il fut jeté dans un puits dont l’eau guérit les malades.

S Pontius, de famille sénatoriale romaine, martyr à Cimiez.

IV.

Ss Felix et Fortunatus, martyrs à Aquileia.

S Boniface, intendant débauché d’une riche romaine, venu à Tarse où, converti, il subit le martyre.

V.

S Aprunculus, évêque chassé de Langres et élu à Clermont, déjà mentionné le 4 janvier.

S Ampelius, forgeron égyptien, venu mourir près de Gênes, patron des forgerons. 

VI.

S Gallus, moine auvergnat, évêque à Clermont, oncle et maître de s. Grégoire de Tours. 

S Bévignat, ermite près de Pérouse.

S Boniface, évêque à Ferento.

VII.

S Gildéric (Joudry), écossais, ermite près de Exmes ; on l’invoque contre la fièvre.

S Carthage le Jeune (Mochuda), évêque à Lismore après avoir guidé plus de huit cents moines à Rathin.

S Erembert, évêque à Toulouse, qui finit sa vie à l’abbaye Saint-Wandrille.

X.

B Tuton, évêque à Ratisbonne, aveugle à la fin de ses jours.

XI.

S Halward (Harward), martyrisé en Norvège en protégeant une femme injustement accusée.

XIII.

B Gil de Vaozela, portugais, d’abord égaré dans la magie noire et la nécromancie, puis dominicain, provincial d’Espagne, retiré à Santarém au Portugal, mystique.

XIV.

Bse Julian de Norwich, mystique anglaise, recluse dès l’âge de treize ans.

XIX.

Bx Jeong Cheol-sang Carolus, Jeong In-hyeok Thaddeus, Jeong Bok-hye Candida, Yun Un-hye Lucia, Choe Pil-je Petrus, laïcs coréens martyrs, décapités, béatifiés en 2014.

Ste Anne Thérèse Guérin (Théodore), française, fondatrice aux Etats-Unis de la Congrégation des Sœurs de la Providence, béatifiée en 1998, canonisée en 2006.

S Mixel Garikoitz, basque, fondateur des prêtres du Sacré-Cœur de Bétharram.

Bse Maria Domenica Mazzarello, fondatrice piémontaise de l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice, œuvre très liée à celle de s. Giovanni Bosco.

Matthias, apôtre

Ier siècle

 

Saint Matthias est cet apôtre qui fut appelé à occuper, parmi les apôtres, la place laissée libre par la trahison de Judas.

Au lendemain de l’Ascension du Seigneur, ainsi que le narre saint Luc dans le livre des Actes des Apôtres (Ac 1:13-26), ces derniers étaient assemblés à Jérusalem, priant et attendant la venue de l’Esprit Saint.

C’est alors que Pierre, usant de l’autorité que lui avait conférée le Christ, prononça son premier discours comme Chef des apôtres, et visiblement inspiré, citant les psaumes 69 et 109, annonce qu’il faut procéder à l’élection d’un douxième apôtre. Humblement, Pierre ne nomme pas d’emblée celui qu’il pense être l’élu, mais il demande à l’assemblée des cent-vingt frères de présenter des candidats, répondant aux deux critères suivants : ils doivent avoir accompagné les apôtres depuis le baptême de Jésus par Jean-Baptiste - c’est-à-dire depuis le début de la vie publique de Jésus, et avoir été témoins de Sa résurrection.

Cela prouve que, outre les apôtres qu’avait choisis Jésus, d’autres aussi accompagnaient au moins fréquemment le groupe apostolique, en tout cas étaient en contact assidu avec eux, connaissaient leur vie et l’enseignement de Jésus, vivant dans une réelle intimité avec eux, même s’ils n’en avaient pas, ou pas encore, la dignité reçue par l’appel du Christ. C’est d’ailleurs également dans leurs rangs que Jésus avait choisi les soixante-douze autres disciples, qu’il avait ensuite envoyés deux à deux en mission, et c’est le même saint Luc qui le rapporte dans son évangile (Lc 10).

On peut légitimement présumer que les deux candidats présentés par l’assemblée ce jour-là, faisaient partie de ces soixante-douze disciples.

Là encore, les frères réunis n’osent pas choisir eux-mêmes, mais ils prient ; ils demandent à Dieu de montrer celui qu’Il a choisi et tirent au sort pour connaître la volonté divine. Ainsi est choisi Matthias.

Saint Jean Chrysostome a loué l’humble douceur avec laquelle l’autre candidat, Joseph Bar Sabbas accepta ce choix. Dans l’Écriture, il disparaît totalement. Un témoignage de Papias, recueilli par l’historien Eusèbe, affirme qu’il aurait appartenu aux soixante-douze disciples, et que plus tard, il aurait bu un poison mortel mais qu’il n’en éprouva aucun mal. Ajoutons qu’au IXe siècle, s.Joseph Bar Sabbas fut introduit dans le Martyrologe au 20 juillet, mais n’a pas été retenu dans la dernière édition du Martyrologe Romain, faute d’indices historiques certains.

Quant à Matthias, il fut donc mis au nombre des douze apôtres, dit saint Luc (ibid, 1:26).

On ne connaît rien de sûr sur Matthias. Le nom lui-même signifie “Donné”. Des Actes apocryphes affirment qu’il aurait été originaire de Bethléem, de la tribu de Juda et d’une naissance illustre, ce qui n’est pas invraisemblable, mais reste incontrôlable.

La Tradition n’est pas plus éloquente sur l’apostolat de Matthias. Il aurait évangélisé en Palestine même, ou en Éthiopie, aurait été martyrisé.

Ce qu’on dit de ses reliques peut aussi être reçu avec quelque doute. Le corps transféré par sainte Hélène au IVe siècle, était-il celui de l’apôtre, ou de l’évêque Matthias de Jérusalem mort au IIe siècle ? Est-ce bien le corps et le chef de l’apôtre Matthias que l’on conserve sous l’autel de Sainte-Marie-Majeure à Rome ? Comment se fait-il donc que le corps de l’apôtre se trouve également à Trèves et à Padoue ? Comme cela arrive très souvent, on possède sans doute quelques fragments du corps de l’apôtre, que l’on introduit dans une châsse de cire représentant le corps entier. Il serait fort utile, de nos jours, de procéder à une analyse minutieuse de ces diverses reliques, avec les moyens que la Providence nous permet d’utiliser.

Une autre incertitude a plané sur le dies natalis de saint Matthias. La Tradition est silencieuse aussi à ce sujet. Les martyrologes anciens ne le mentionnent jamais jusqu’au VIIIe siècle ! Ce n’est qu’à partir du IXe siècle que chaque apôtre a sa fête propre, et encore les Grecs ne le mentionnent pas, eux d’habitude si fidèles aux traditions, que l’Église a reprises dans l’élaboration du nouveau Martyrologe.

A partir du XVIe siècle, on finit par fêter le douxième Apôtre au 24 février ; enfin, lors de la dernière réforme du calendrier, il a été fort justement décidé qu’on le fêterait en mai, à un jour correspondant grosso modo à l’anniversaire de son élection au collège apostolique, proche de la fête de l’Ascension et avant la Pentecôte, et cette fête a été établie au 14 mai.

Toutes ces vissicitudes ne doivent pas nous induire à penser que “peut-être” saint Matthias n’aurait pas existé, ni même qu’il n’aurait eu qu’un rôle mineur au sein du collège apostolique. L’Écriture est formelle : son élection est tout-à-fait historique, et c’est le plus important.

Certainement, Matthias aura été très discret, très effacé, conscient de son indignité devant un tel choix divin. Mais il sera non moins certain qu’il aura été fidèle jusqu’au bout, fidèle au Christ, fidèle à l’Église et à saint Pierre.

 

Note. La bienheureuse Anna Katherina Emmerick dit que les deux candidats, Matthias et Joseph Bar Sabbas, n’avaient pas même pensé à être choisis, tandis que d’autres parmi les frères avaient bien ambitionné dans leur cœur cette “promotion”. Elle explique qu’à la dernière Cène, Jésus imposa les mains à quelques-uns des apôtres, et qu’au jour de la Pentecôte, Pierre imposa les mains aux autres, et ici particulièrement à Matthias. Ce dernier devait être un de ceux qui auraient accompagné Pierre à la piscine de Béthesda pour administrer le baptême. C’est là que Pierre prononça le discours de Ac 22:14-40, après lequel furent baptisées trois mille personnes. Plus tard, elle croit voir notre apôtre aux côtés de Pierre à Antioche. Elle les revoit tous autour de Marie au moment de son trépas : André et Matthias en préparent le sépulcre et vont l’ensevelir avec les autres apôtres. Bien sûr, ceci n’est pas vérité d’Evangile, mais ne semble pas non plus contredire l’Ecriture.

 

 

Iusta et Heredina en Sardaigne

2e siècle

 

Il s’agit ici de deux vierges sardes, qui furent mises à mort pour la Foi, sous Hadrien.

Autrefois, on leur adjoignait Iustina.

Ce n’est que sous Constantin, deux siècles plus tard, que la liberté de culte devait être assurée.

Il ressort de certains livres anciens que Iusta, fille de Cleodonia, aurait subi le martyre avec ses deux servantes, Iustina et Henedina (sic).

Deux localités se disputent le lieu de leur martyre : Sassari, Cagliari. Les Vierges auraient été originaires de Cagliari, et martyrisées à Sassari.

Ce martyre a dû avoir lieu vers 120-135.

Saintes Iusta et Heredina sont commémorées le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor et Corona en Egypte

2e siècle

 

Victor, originaire de Syrie, était un soldat sous Antonin le Pieux et se trouvait en Egypte (le Martyrologe dit en Syrie, par erreur).

Le juge l’ayant invité à abjurer le Christ et à offrir de l’encens aux dieux, Victor s’y refusa.

Il eut les doigts brisés, on le jeta dans une fournaise dont il sorti indemne au bout de trois jours, et fut décapité.

Corona, une jeune femme de seize ans déjà mariée à un soldat, manifesta de la sympathie pour le courageux Martyr et fut immédiatement arrêtée. On ne sait si elle était baptisée, mais elle déclara ouvertement qu’elle était chrétienne et prête à mourir pour le Christ.

On l’attacha à deux arbres dont on inclina les branches avec des cordes, puis on relâcha brusquement les cordes, provoquant la dislocation complète de ce jeune corps. Si Corona n’avait pas encore reçu le baptême par l’eau, elle le reçut par le sang.

Ce pouvait être vers 140-160, durant le règne de l’empereur Antonin.

Saints Victor et Corona sont commémorés le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximos d’Ephèse

† 250

 

Maximos était né à Ephèse, ou y vivait de son petit négoce. On le savait chrétien.

Quand parut l’édit impérial obligeant les Chrétiens à renoncer au Christ et à adorer les idoles, Maximos fut arrêté.

Les questions et réponses de ce «procès» nous sont parvenus dans leur forme originale du greffe. Voici quelques réparties de Maximos :

Je ne sacrifie qu’au seul Dieu à qui je me félicite d’avoir toujours sacrifié depuis mon enfance.

Ces coups dont je suis frappé pour le nom de Jésus-Christ ne sont point des tourments, mais plutôt une onction.

Les coups en question étaient la torture du bâton qu’avait ordonnée le proconsul. Puis il fit étendre Maximos sur le chevalet pour y être déchiré par les ongles de fer ; on y alluma aussi un feu qui brûlait les chairs de Maxime, en même temps que la fumée l’étouffait. De guerre lasse, le proconsul le fit lapider en-dehors de la ville. Le texte parle d’une grêle de pierres.

On n’est pas sûr de la ville où eut lieu ce martyre ; certains parlaient d’Ephèse, mais le texte original mentionne seulement en Asie.

Saint Maximos d’Ephèse est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isidoros de Chio

† 251

 

Isidoros fut, dit-on, jeté dans un puits, à cause de sa foi en Jésus-Christ, en 251.

L’eau de ce puits fut miraculeuse.

Saint Isidoros de Chio est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pontius de Cimiez

† 258

 

Pontius était un Romain, de parents païens et de famille sénatoriale.

Il fit de bonnes études dans les lettres et la philosophie.

Il eut le bonheur d’entendre une psalmodie de l’office divin, qui le poussa à demander le baptême. C’est le pape Pontianus qui lui conféra ce sacrement.

Le néophyte convainquit bientôt son père et toute la maisonnée de recevoir à leur tour le baptême.

A la mort du sénateur, Pontius vendit tout son héritage pour se donner à la prédication. Il vint à Cimiez (proche de l’actuelle Nice).

Pontius fut arrêté pour sa foi et sommé de sacrifier aux dieux, ce qu’il refusa catégoriquement. Il subit diverses tortures, suspendu à un chevalet et déchiré par les fouets, exposé aux bêtes - qui ne le touchèrent pas -, jeté sur un bûcher - qui s’éteignit -, enfin décapité.

Ce devait être en 258.

La ville de Cimiez fut rasée par les Lombards. Il existe dans l’Hérault une localité Saint-Pons-de-Thomières, dont le monastère abrita les reliques du Martyr.

Saint Pontius de Cimiez est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Felix et Fortunatus d’Aquileia

† 305

 

Il s’agirait ici de deux frères, martyrisés à Aquileia (Frioul, Italie NE), du temps de la persécution de Dioclétien.

D’après la tradition, ils furent successivement écartelés sur le chevalet et brûlés par des torches ardentes, qui s’éteignirent aussitôt. Puis ils eurent le ventre brûlé avec de l’huile bouillante, et furent enfin enfin décapités.

Saints Felix et Fortunatus sont commémorés le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Nota. Au 23 avril étaient mentionnés trois Martyrs, Felix, Fortunatus et Achilleus, dont les Actes ont semblé fort suspects aux historiens. N’aurait-on pas fabriqué des Martyrs pour l’église de Valence ? Les saints Felix et Fortunatus d’Aquileia seraient devenus Felix, Fortunatus et Achilleus, passant de l’Italie à la proche Valence… On sait que les Martyrs d’Aquileia étaient très connus en Gaule, puisque Venance Fortunat y fait allusion. Ce n’est qu’une hypothèse gratuite.

 

 

Aprunculus de Langres-Clermont

† 491

 

Aprunculus (Abrunculus, Aproncule) était le fils d’un Bourguignon et d’une Auvergnate. Son nom semble signifier petit sanglier.

En 456, il devint le onzième évêque de Langres.

En 484, on ne sait exactement dans quelles circonstances, Aprunculus fut suspecté d’infidélité envers le roi burgonde, Gondebaud, qui l’expulsa, ou le menaça de mort.

L’infortuné alla se réfugier à Clermont, auprès de l’évêque Sidoine Apollinaire (v. 21 août) ; ce dernier prophétisa que son successeur serait Aprunculus, ce qui arriva en effet, en 489. Aprunculus devenait maintenant le douzième évêque de Clermont.

Entre Langres et Clermont, Aprunculus eut un épiscopat de trente-cinq ans.

Il mourut en 491, ou le 4 janvier ou le 14 mai : le Martyrologe présente en effet cette anomalie, qu’il mentionne le même Aprunculus à ces deux dates et dans des termes à peu près similaires.

Par respect pour le livre du Martyrologe, on a aussi gardé ici les deux dates.

Saint Aprunculus de Clermont est donc commémoré le 4 janvier et le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gallus de Clermont

486-551

 

Gallus naquit vers 486 à Clermont, fils du sénateur Georgius et de Leocadia, une descendante d’un Martyr, Vetius Apagathus (v. Martyrs de Lyon en 177, 2 juin). C’était donc une famille bien en vue, et chrétienne depuis longtemps.

Dans sa jeunesse, il fit plusieurs fois à pied le pèlerinage au sanctuaire de s.Julien de Brioude (v. 28 août) ; un jour qu’une épine lui avait blessé le pied, il en fut guéri, dit-il, grâce à l’intercession du Martyr.

Quand Gallus fut en âge, son père lui prépara un mariage digne de son rang. Gallus, qui ne l’entendait pas de cette oreille, se fit accompagner par un des esclaves de la maison et courut au monastère de Cournon.

L’abbé cependant, prudent, lui fit comprendre qu’il fallait le consentement de son père ; ce dernier répondit de façon très chrétienne : Que la volonté de Dieu se fasse plutôt que la mienne (cf. Lc 22:42).

Gallus avait une fort belle voix, étudiait volontiers, et surtout vivait intensément la vie monastique.

L’évêque de Clermont, Quinctianus, le fit venir à Clermont, en raison de cette belle voix ; puis le roi Thierry 1er se l’attacha : Gallus se retrouva à Cologne.

C’est dans cette ville qu’eut lieu un événement fameux, où Gallus faillit être martyr de son zèle : des païens avaient organisé une orgie dans un temple païen ; Gallus y mit le feu. Les païens cherchèrent à le tuer, mais il se réfugia bien vite dans le palais royal, et le roi calma ses sujets. Plus tard, Gallus se reprocha : Malheur à moi qui ne suis pas resté pour finir ma vie dans cette affaire.

En 525, mourut l’évêque de Cologne, Abrunculus, pour la succession duquel les habitants demandèrent Gallus, mais Thierry 1er refusa. Or Gallus se trouvait alors à Clermont, au moment de la mort de Quinctianus, et c’est lui qui vint en porter l’annonce à Thierry 1er. Gallus, encore diacre, fut alors désigné pour succéder à Quinctianus : il fut ordonné prêtre, puis alla à Clermont où il fut sacré évêque.

Il faut remarquer ici un flottement dans les dates. On lit en effet que Gallus aurait été nommé évêque en 486 ou en 525, un intervalle de quarante années durant lesquelles beaucoup de choses pouvaient se passer. Or on remarque quatre noms d’évêques entre 486 (mort de s.Sidoine Apollinaire) et 525 (mort de s.Quinctianus), qui posent problème aux historiens ; pourtant, des quatre, Aprunculus est connu (v. 4 janvier et 14 mai), Eufrasius est signalé en 515, Apollinaire II seul est inconnu, Quinctianus enfin est bien réel (v. 13 novembre). Il semble que la date de 525-526 soit la meilleure.

Gallus fut donc le seizième, et non le douzième évêque de Clermont.

Le nouvel évêque brilla par sa douceur et son humilité.

Un de ses prêtres s’emporta un jour contre lui. Celui-ci se contenta d’aller prier, l’autre demanda pardon, et Gallus lui annonça qu’il ne serait jamais évêque : en effet, le prêtre fut choisi pour l’évêché du Gévaudan, mais ne fut jamais sacré.

Gallus assista à plusieurs conciles : Clermont (535), Orléans (541 et 549).

Des miracles furent attestés. Un prêtre malade arriva à se faufiler et à entrer, tout simplement, dans le lit de Gallus, et s’en trouva guéri. Lors d’un grave incendie dans le centre de Clermont, Gallus avança vers le feu avec le livre de l’Evangile, et le feu s’éteignit. Lors d’une grave épidémie de peste qui couvrait toute la région d’Arles, il refit le pèlerinage à Saint-Julien de Brioude, organisa des prières publiques, et le fléau cessa.

Au printemps 551, Gallus tomba malade et perdit tous ses cheveux et sa barbe. Il distribua une dernière fois l’Eucharistie à son peuple, et mourut le dimanche avant l’Ascension, 14 mai 551.

On connaît tous ces détails grâce à s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre), qui fut le neveu de Gallus.

Saint Gallus de Clermont est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Carthage le Jeune

555-637

 

Celui que l’anglais moderne appelle Carthage, s’appelait en irlandais Mo Chutu mac Fínaill, aujourd’hui Mochuda ; il naquit vers 555 dans la région de Munster (Irlande) ; son père s’appelait Fínall Fíngein, sa mère Finmed.

Il fut élevé par Carthage l’Ancien, lui-même disciple de s. Kieran (v. 5 mars).

En 580, il se bâtit une cellule à Kiltallagh en vue d’y mener la vie d’ermite. Il alla passer aussi une année à l’abbaye de Bangor.

Plus tard, sur l’avis de s.Colman (v. 6 juin), il fonda le monastère de Rathin pour lequel il rédigea une Règle, un réel monument de l’écriture en vieil irlandais ; y vécurent plus de huit cents moines. On ne prenait jamais de viande : toute la nourriture consistait dans les fruits de la culture des moines.

Vers 636, Carthage dut quitter ce monastère qu’il avait dirigé pendant quarante ans, parce que le roi l’expulsa, peut-être à cause de cette interminable controverse de la date de Pâques. Carthage alla fonder un autre monastère avec une grande école à un endroit qui s’appelait Magh-Sgiath, l’actuelle Lismore ; la ville qui s’y développa devint le siège du nouvel évêché de Lismore, dont Carthage fut le premier évêque. Il y construisit la cathédrale.

Il venait d’achever cette cathédrale, lorsqu’il mourut, le 14 mai 637 (ou 638).

La réputation de la sainteté et des miracles de Carthage fit de Lismore une ville sainte, à moitié habitée par des moines. Cette ville prit le nom de Lismore Mochuda.

La Règle de Rathin fut un peu mitigée au 11e siècle, et le diocèse de Lismore fut réuni à celui de Waterford au 14e siècle.

Saint Carthage le Jeune est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Erembert de Toulouse

† fin 7e siècle

 

Aucune date n’est certaine dans la vie de ce personnage édifiant.

Erembert naquit à Villiolicourt (Le Pecq, Pincerais, actuelles Yvelines), son frère s’appelant Gamard.

L’année de sa naissance se situe soit sous le règne de Dagobert Ier (629-639), soit sous celui de Clovis II (639-657).

Il entra à l’abbaye de Fontenelle, durant l’abbatiat de s.Wandrille, qui dura de 649 à 668 (v. 22 juillet).

Il fut nommé évêque de Toulouse sous le roi Clotaire III et la reine Bathilde, donc entre 657 (avènement de Clotaire III) et 664 (retrait de Bathilde à l’abbaye de Chelles).

Un des miracles retentissants d’Erembert fut que, lors d’un déplacement chez son frère à Villiolicourt, il arrêta d’un geste un immense incendie.

Peu après, il se retira à l’abbaye de Fontenelle, sous le nouvel abbé, Lambert, qui gouverna cette abbaye entre 666 et 678.

Erembert y mourut saintement.

Son frère Gamard entra à son tour à l’abbaye de Fontenelle, ainsi que ses deux fils, Namnacus et Zachée.

Saint Erembert de Toulouse est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

Gil de Vaozela

1184-1265

 

Gil était le troisième fils de Rui Pais de Valadares, gouverneur de Coimbra sous le règne de Sancho Ier de Portugal. Destiné à l’état ecclésiastique, il étudia à l’université de Coimbra, s’y distingua par ses talents et ses aptitudes précoces pour les sciences. Il fut donc pourvu de gros bénéfices même avant son entrée dans les ordres.

Passionné par les sciences profanes, il négligea le chœur, confia l’abbaye à son prieur et s’en fut étudier à Paris.

En route, il fut accosté par un inconnu qui lui proposa de lui enseigner l’alchimie, science qui lui procurerait tous les plaisirs et tous les honneurs de la terre. L’inconnu était Satan en personne, qui lui fit signer avec son sang une cédule ainsi rédigée : Je renonce au titre d’enfant de Dieu et je me soustrais à ses lois ; je renonce à ma foi et renie les vœux de mon baptême pour devenir l’esclave dévoué de Satan qui en retour me fera avoir les plaisirs et honneurs terrestres.

L’apprentissage de la science diabolique dura sept années, au terme desquelles Gil, parvenu à Paris où il fut encore plus brillant qu’à Coimbra, finit par rentrer en lui-même et désira changer de vie.

Il invoqua la Sainte Vierge ; rentré en Espagne, il rencontra la prieur du nouveau couvent dominicain à Palencia, auquel il se confessa et exprima le désir d’embrasser là la vie religieuse, dans l’obscurité, l’humilité et la pénitence. Pour la vérité historique, il semble qu’il eût déjà fait connaissance de l’ordre dominicain à Paris.

La conversion de Gil fut très sincère. Il s’efforça de surpasser tous les confrères par son ardeur au travail, par une prompte obéissance et un silence rigoureux. Il expia ainsi par une rude pénitence tous les péchés qu’il avait commis.

Il fit profession en 1221, fut provincial d’Espagne de 1234 à 1245, enfin envoyé au couvent de Santarém (alors Scallabis) en Portugal, où il devait finir ses jours.

Ce ne fut pas sans épreuves. Satan le poursuivait, cherchant à le pousser au désespoir en lui rappelant l’horrible donation de son âme faite par écrit. Gil pria Marie : après sept ans d’austères pénitences, il obtint que Marie arrachât à Satan la fameuse cédule. Enfin Gil fut en paix.

Il fut employé avec grand succès au ministère des âmes : il était merveilleusement doué pour toucher les pécheurs endurcis.

Réélu provincial en 1257, il préféra abdiquer en raison de son grand âge et passa ses dernières années à Santarém, favorisé du don des extases et des prophéties.

Gil mourut en la fête de l’Ascension, le 14 mai 1265, jour auquel il est inscrit au Martyrologe Romain.

Il a été béatifié en 1748.

 

 

Julian de Norwich

1342-1416

 

Les dates de Julian, 1342-1416, sont approximatives.

Toute sa vie se déroula à Norwich (Norfolk, Angleterre).

Recluse dès l’âge de treize ans, elle avait seulement une servante, et laissait entrer quelques visites.

Julian de Norwich est une âme mystique dont on connaît seulement une série de visions qu’elle dicta en 1373.

Elle contempla les souffrances du Christ et la bonté de Dieu : Je vis Notre-Seigneur Jésus languir sur sa Croix pendant longtemps, car sa divinité donna à son humanité la force de souffrir plus que tous les hommes ne le pourraient… Et ce fut pour les péchés de chaque homme qu’il souffrit ; et il vit les douleurs et les chagrins de chacun ; et, par bonté comme par amour, il les partagea.

Prudente, l’Eglise ne s’est pas prononcée sur ces visions, et n’a pas béatifié Julian.

La date elle-même du 14 mai est conjecturale.

 

 

Jeong Bok-hye Candida

? -1801

 

Jeong Bok-hye Candida est une laïque coréenne née non loin de Seoul (Corée S).

Elle fut décapitée à Seoul le 14 mai 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Jeong Cheol-sang Carolus

? -1801

 

Jeong Cheol-sang Carolus est un laïc coréen né à Gwangju (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Jeong In-hyeok Thaddeus

? -1801

 

Jeong In-hyeok Thaddeus est un laïc coréen né à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Yun Un-hye Lucia

? -1801

 

Yun Un-hye Lucia est une laïque coréenne, mariée, née au Gyeonggi-do (Corée S).

Elle fut décapitée à Seoul le 14 mai 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Choe Pil-je Petrus

1770-1801

 

Choe Pil-je Petrus est un laïc coréen né en 1770 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Anne-Thérèse Guérin

1798-1856

 

Née le 2 octobre 1798 à Etables-sur-Mer (Côtes-d’Armor), Anne-Thérèse était l’une des quatre enfants de Laurent Guérin et Isabelle Lefèvre. De ces quatre enfants, deux seulement vivront : Anne-Thérèse et Marie-Jeanne ; l’aîné, Jean-Laurent mourut à deux ans et demi, le cadet à quatre ans et demi.

A cette époque, les horreurs de la Révolution n’étaient pas encore éteintes. Les prêtres et les religieux étaient encore poursuivis, les lieux de culte fermés. Un cousin séminariste vint se cacher chez les parents d’Anne-Thérèse : c’est ce cousin qui lui donna de si bons enseignements sur l’Ecriture Sainte et la Théologie.

Monsieur Guérin devint officier de la Marine sous Napoléon Bonaparte. Il était donc souvent absent, laissant toute la maison aux soins de sa fidèle épouse.

Anne-Thérèse reçut la Première Communion à dix ans, et confia à cette occasion au curé son désir d’être religieuse.

A quinze ans, elle fut orpheline de son père, abattu par des brigands près de Toulon, alors qu’il revenait à Etables en permission. La maman en fut très affectée, et c’est Anne-Thérèse qui assuma toutes les tâches domestiques, au point qu’à vingt-cinq ans seulement elle put suivre sa vocation.

En 1823 donc, elle entra chez les Sœurs de la Providence à Ruillé-sur-Loir (Sarthe) et prit à cette occasion le nom de sœur Saint-Théodore. Elle avait connu ces Religieuses lorsque l’une d’elles était venue aider le curé dans son village.

Elle fit la première consécration en 1825, et les vœux perpétuels en 1831. Elle n’était pas obligée d’émettre ces vœux, mais elle demanda à les faire.

Enseignante à Preuilly-sur-Claise (Indre-et-Loire), elle attrapa ce qu’on pense avoir été la variole, et en resta marquée tout le reste de sa vie, devant observer une diète sévère et permanente.

Ensuite elle sera supérieure à Rennes, où elle fit un travail très fructueux dans ce quartier livré à l’ignorance et à la délinquance. Et quand elle reçut l’ordre de quitter Rennes, ce fut la stupéfaction générale. Elle fut nommée alors à Soulaines (Angers), où l’inspection académique lui décernera une médaille pour son enseignement. Elle y prit également des leçons auprès d’un pharmacien et d’un médecin, pour être encore plus efficace auprès des malades qu’elle visitait.

En 1840, confiante au vœu d’obéissance plus qu’en ses propres forces, elle accepta de partir en mission aux Etats-Unis avec cinq Consœurs : elle sera fondatrice et supérieure de la communauté à Saint-Mary-of-the-Woods (Indiana) où elle ouvrira la première école catholique de filles du diocèse, prenant décidément le contre-pied du courant anti-catholique du temps.

Devant le succès de ce travail, la jalousie grandit. L’école fut même incendiée.

Même l’évêque, qui l’avait reçue, ne l’aida pas très efficacement : le «local» qu’elle trouva pour s’installer consistait en une pièce et un grenier de fermier, en pleine forêt. Et il fallait apprendre l’anglais !

La persévérance de Mère Théodore porta beaucoup de fruits. D’autres maisons suivront.

Autre épreuve : l’évêque voulait être le supérieur de toute ces maisons. Même, il crut bon, pendant un temps, de l’excommunier, parce qu’elle n’acceptait pas les changements de la règle qu’il lui proposait. Ce n’est que l’évêque suivant qui leva cette excommunication.

En même temps, elle fut nommée supérieure générale des Sœurs de la Providence en Amérique.

En toutes ses charges, Mère Saint-Théodore se montra exemplaire dans son enseignement, ses dons divers, son aptitude à organiser, à affronter les difficultés les plus variées avec foi et espérance. En plus, elle développa de réelles dispositions pour la médecine et la théologie.

C’est aux Etats-Unis qu’elle mourra, le 14 mai 1856. A cette date, il y avait déjà quinze maisons, avec quatre-vingts sœurs, douze novices et vingt postulantes.

Elle a été béatifiée en 1998, et canonisée en 2006.

 

 

Mixel Garikoitz

1797-1863

 

Faisons une petite incursion dans le vrai Pays Basque, là où les fidèles habitants conservèrent jalousement leur foi chrétienne et pacifique.

Dans l’été 1796, se marièrent Eñaut Garikoitz et Gaxina Etcheberry : leur premier enfant naquit le 15 avril 1797, à Ibarre (Iholdy, Bayonne, Pyrénées-Atlantiques), et reçut au baptême le prénom de Michel, Mixel en basque.

On n’a pas retrouvé trace de ce baptême dans le registre paroissial : un oubli certainement dû à la difficulté des temps révolutionnaires. Il n’y avait pas même de curé dans la paroisse à ce moment-là.

Cinq enfants suivirent Mixel : Joanes, Manex, Paulo, et les deux jumeaux Bernat et Maria ; Bernat ne vécut que quatre mois.

Enãut et Gaxina étaient de très modestes paysans. Dès qu’il fut en âge, Mixel garda les brebis. A la maison, il «célébrait» sur un coin de la table de cuisine, avec deux bouts de chandelles comme bougies et un tesson de pot cassé en guise d’encensoir.

A dix ans, il fut placé pour deux années comme domestique dans une maison. Sans grande instruction que les bons enseignements de sa maman et de sa grand-mère, il dut attendre quatorze ans pour recevoir la Première communion. Dès lors, il n’eut qu’un grand désir : devenir prêtre.

Pour payer ses études, les parents ne négligèrent rien, mais Mixel y mit du sien aussi par son ardeur à l’étude : il fut élève à Saint-Palais, puis à Bayonne, à Aire-sur-Adour et Larressore.

A Bayonne,  Mixel rendait service au secrétaire de l’évêque en promenant son petit chien ; c’était sa seule sortie dehors, mais il avait toujours un livre à la main pour ne perdre aucun instant.

Au petit séminaire d’Aire-sur-Adour, il fut condisciple d’Edouard Cestac (voir au 27 mars). D’eux un autre confrère disait plus tard : Dieu m’avait donné un grand bonheur : à ma droite, j’avais saint Garikoitz, à ma gauche  saint Cestac.

Mixel reçut les Ordres mineurs et majeurs entre juin 1822 et décembre 1823.

Il fut d’abord vicaire à Cambo (qu’on écrit Kanbo en basque) pendant deux ans, puis directeur du séminaire de Bétharram à partir de 1825. Cette maison qui était dans un état cruel d’abandon spirituel, redevint une maison sainte grâce à la douceur persévérante de Mixel.

En même temps, Mixel fut trente ans l’aumônier des Filles de la Croix, qui étaient plus de mille. Cette congrégation avait été fondée par sainte Jeanne-Elisabeth Bichier des Ages (voir au 26 août), envers laquelle Mixel conserva toujours une humble et profonde reconnaissance pour les salutaires conseils qu’elle lui prodigua.

C’est à Bétharram qu’en 1841 il fonda la congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur, dont les établissements scolaires se multiplièrent sur place et jusqu’en Amérique du Sud, auprès des Basques émigrés.

Le père Mixel Garikoitz mourut, chargé de bonnes œuvres, le 14 mai 1863, au soir de l’Ascension.

Il fut proclamé bienheureux en 1923 et canonisé en 1947.

 

 

Maria Domenica Mazzarello

1837-1881

 

Née le 9 mai 1837 à Mornese (Alessandria, Piémont, Italie nord-ouest), Maria Domenica était l’aînée des  sept enfants de Giuseppe et Maddalena Calcagno, d’humbles métayers.

En 1860, lors d’une épidémie, elle fut frappée par une grave tuberculose après avoir assisté des malades. Elle fut malade du 15 août au 7 octobre, mais en conserva des séquelles dans son physique et ne put retourner aux travaux des champs ; à cette période remonte une vision qu’elle eut, où elle se voyait entourée de nombreuses petites filles, et entendait une voix qui lui disait : Je te les confie.

Elle apprit le métier de couturière et ouvrit avec une amie un atelier pour y former les jeunes filles, matériellement et spirituellement.

Ce fut le début d’une réelle petite communauté, appuyée par le bon curé du pays, qui en fit une Association des Filles de Marie Immaculée.

En 1864, saint Giovanni Bosco la rencontra et, en 1872, lui proposa son projet des Filles de Marie Auxiliatrice, la branche féminine de la congrégation salésienne. C’est ainsi que Maria Domenica et ses compagnes furent les premières Auxiliatrices de don Bosco.

Nommée supérieure, Maria Domenica se fit appeler Vicaire, car la Supérieure, c’est Marie.

La maison-mère s’établit à Nizza Monferrato et c’est là que Maria Domenica y mourut, le 14 mai 1881, tout juste âgée de quarante-quatre ans.

Dans l’espace de ces dix années, l’institut féminin comptait déjà une trentaine de maisons - dont six en Amérique - et presque deux-cents Religieuses.

La Fondatrice fut béatifiée en 1938. Le miracle, retenu pour cette proclamation, fut la guérison totale et durable, en 1916, d’une petite fille de quatre ans affectée de poliomyélite.

Maria Domenica Mazzarello fut ensuite canonisée en 1951.

Sa fête est au 14 mai.

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 23:00

10 MAI

 

-XV.

S Job, prophète.

I.

S Aurélien, évêque à Limoges (III.?).

III.

Ss Calépode, prêtre, Palmace, consul, avec sa femme et ses enfants, Simplice, sénateur, avec sa femme, ses enfants et bon nombre de membres de sa famille, martyrs à Rome.

Ss Alphius, Philadelphe, Cyrin, leur sœur Benedicta, leur neveu Erasmus, leur maître Onesimus,  martyrs les uns à Pouzzoles, les autres à Lentini.

?

S Dioscoride, martyr  à Myre.

Ss Quartus et Quintus, du clergé de Capoue, martyrs à Rome.

.IV.

S Gordianus, juge romain, converti à la vue de la patience des chrétiens, décapité.

Ss Silvestre et Fronime, évêques à Besançon ; le premier fit édifier l’église de Saint-Maurice, l’autre celle de Saint-Etienne.

S Palais Ier (Palladius), évêque à Bourges.

V.

S Palais II, évêque à Bourges.

VI.

S Léonard, anachorète dans la forêt de Marchenoir.

VII.

S Comgall, abbé fondateur à Bangor, où vivaient trois mille moines.

Ste Eustadiole, veuve à Bourges, où elle fonda l’abbaye de Moyen-Moutier ; elle resta végétarienne pendant soixante-dix ans et mourut nonagénaire, un 8 juin.

S Cataldo, écossais, évêque à Taranto, dont il est patron.

IX.

Ste Solange, vierge et martyre près de Bourges, patronne du Berry.

XI.

B Mire, anachorète près de Canzo puis à Sorigo.

XII.

B Anthelm (William), anglais, prêtre à Pontoise ; honoré par Philippe-Auguste, dans le palais duquel il mourut.

XIII.

Bse Beatrice d’Este l’Ancienne, restauratrice d’un monastère au mont Gemola et morte vers trente-trois ans. 

XV.

B Niccolò Albergati, chartreux puis évêque à Bologne et cardinal, plusieurs fois légat papal.

XVI.

S Juan de Ávila, patron du clergé espagnol et apôtre de l'Andalousie ; ami de s. Ignace, de ste Thérèse, il a été un précurseur en matière de réforme comme en d'autres domaines spirituels et le concile de Trente a adopté des décisions qu'il avait préconisées longtemps auparavant ; auteur d’un traité spirituel Audi Filia, il goûta même les geôles de l’Inquisition pour ses idées «avancées» et fut proclamé Docteur de l’Eglise en 2012.

XX.

B Ivan Merz (1896-1928), premier laïc bosniaque béatifié, en 2003.

B Enrico Rebuschini (1860-1938), de l’ordre Camillien, ordonné prêtre par Mgr Sarto, futur Pie X, actif à Vérone et Crémone, béatifié en 1997.

B Vasile Aftenie (1899-1950), évêque roumain gréco-catholique, sauvagement torturé en prison, béatifié en 2019.

Job, patriarche

15e siècle avant Jésus-Christ

 

Dans l’Ecriture, le Livre de Job est le premier des Livres sapientiaux, écrits dont le genre a été très répandu dans l’Orient ancien.

Job était né dans la terre de Hus, entre l’Idumée et l’Arabie.

Fidèle à la foi reçue, il craignait Dieu et conduisait toute sa famille, ses sept fils et ses trois filles, dans la piété traditionnelle. Il avait de grands biens, un cheptel immense.

Sur la permission de Dieu, dit l’Ecriture, Satan éprouva le saint homme. Tout son troupeau périt, ses enfants moururent, mais Job réagit avec foi et confiance en Dieu, adorant la volonté divine :

Yahvé a donné, Yahvé a repris, que le nom de Yahvé soit béni (1:21).

Derechef, Satan s’acharna sur Job, qui fut affligé d’un ulcère horrible. Devant cette lèpre hideuse, l’épouse de Job lui suggérait de se rebeller contre Dieu, et lui, au contraire, la réprimanda :

Si nous recevons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur ? (2:10).

Trois «amis» viennent le «consoler», mais veulent à tout prix lui faire comprendre qu’il souffre pour ses péchés. Job se défend : le mal est partout dans le monde ; lui, il n’a pas péché contre Dieu.

Tout au long des quarante-deux chapitres de ces longues discussions, on voit Job passer par différents états d’âme, passant de la révolte à la soumission, des souffrances et des rémissions dans sa maladie.

Finalement, intervient encore un autre personnage qui s’en prend autant à Job qu’à ses amis, et tente de justifier la conduite de Dieu.

C’est Dieu lui-même qui va intervenir pour mettre fin à cette longue discussion, blâmant autant les trois premiers amis que le dernier intervenant.

Après ce long combat, Job est récompensé de son humilité et de sa fidélité : Dieu lui rend ses biens, et même le double d’avant. Job engendra sept autres fils et trois autres filles, et mourut dans une sainte vieillesse, comblé de mérites et d’années.

Job est à nouveau nommé en Ezéchiel (Ez 14:14).

Le patriarche Job est honoré à diverses dates en Orient ; il est mentionné au 10 mai dans le Martyrologe.

 

 

Aurelianus de Limoges

1er ou 3e siècle

 

Les données concernant cet Aurelianus restent un peu conjecturales.

Aurelianus Cotta aurait été un prêtre des dieux païens et, comme tel, se serait farouchement opposé à l’œuvre évangélisatrice des missionnaires, de saint Martial en particulier, et fut frappé par la foudre.

Saint Martial, inspiré par Dieu, ayant ressuscité Aurelianus, ce dernier se serait alors converti, devenant un fidèle serviteur de Martial, et ensuite son propre successeur sur le siège de Limoges.

Martial ayant été situé par les uns au 1er siècle, ordonné et envoyé par saint Pierre, et par les autres au 3e siècle, il résulte de là qu’Aurelianus hésite à son tour entre le 1er et le 3e siècles.

Il reste certain qu’Aurelianus est le deuxième évêque de Limoges.

Quand on retrouva ses reliques en 1315, dans l’église de Saint-Cessateur, on les replaça dans une nouvelle chapelle de l’actuelle rue de la Boucherie. De là vient que saint Aurelianus est le patron des bouchers de Limoges. Il existe une confrérie de Messieurs les Bouchers de Limoges.

Saint Aurélien n’est pas au Martyrologe ; il est fêté localement au 10 mai.

 

 

Dioscoride de Myre

† ?

 

Ce Martyr qu’on situait autrefois à Smyrne, est maintenant mentionné à Myre (Lycie, act. Demre, Turquie SW).

On ne connaît malheureusement ni l’époque ni le genre de son martyre.

Saint Dioscoride de Myre est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Quartus et Quintus de Capoue

?

 

Quartus et Quintus faisaient partie du clergé de Capoue (Campanie, Italie CW).

Ils furent arrêtés comme Chrétiens, mais comme ils étaient de familles nobles, ils furent déférés à Rome.

L’empereur - on ignore lequel - les condamna à être décapités.

Saints Quartus et Quintus de Capoue sont commémorés le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs de Lentini

† 251

 

Trois frères, avec leur sœur et leur neveu, accompagnés de leur maître et treize autres Compagnons, originaires de la région d’Otrante (Italie SE), furent conduits à Rome, de là à Pouzzoles (Campanie, Italie CW), où furent mis à mort les trois frères et le maître.

Les autres furent alors jugés à Taormina (Sicile), enfin exécutés à Lentini (Sicile).

Les trois frères s’appelaient : Alphius, Philadelphius, Cyrinius. Ce sont eux qui sont mentionnés dans le Martyrologe actuel.

Leur sœur, Benedicta, leur neveu, Erasmus, leur maître, Onesimus, ne sont pas mentionnés.

C’était durant la persécution de Dèce, en 251.

Il faut reconnaître qu’il est difficile de suivre le long voyage qu’on imposa à ces dix-neufs Héros du Christ. Le premier groupe parcourut quelque neuf-cents kilomètres, les autres quinze cents !

Malgré cette différence, ils sont réunis ici sous l’unique mention de Lentini, où ils sont particulièrement honorés.

Les Actes de ces Martyrs sont, dit-on, sans valeur.

Les Martyrs de Lentini sont commémorés le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gordianus de Rome

† 362

 

Gordien était juge à Rome, sous l’empereur Julien l’Apostat.

Il avait des occasions de voir des Chrétiens torturés et il fut très frappé de voir avec quelle constance, avec quelle paix, ceux-ci enduraient ces tourments, sans se plaindre, en pardonnant à leurs bourreaux…

Gordianus demanda bientôt à être initié à la foi, il fut catéchumène et reçut le baptême.

On lui prête des Compagnons, dont on ne donne pas le nom.

Dénoncé à l’empereur, Gordianus fut condamné à mort et décapité.

C’était le 10 mai 362.

On déposa son corps dans le sépulcre où se trouvait déjà celui de s.Epimachus (v. 12 décembre), ce qui les a fait souvent commémorer ensemble, mais plus d’un siècle les sépare.

Saint Gordianus de Rome est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Comgall de Bangor

510-602

 

Comgall naquit entre 510 et 520 à Dál nAraidi (Dalaradia, auj. Magheramome, Ulster), de Setna et Briga.

Après avoir suivi les pas de son père dans la vie militaire, Comgall se mit sous la direction de s.Fintan de Clonenagh, de s.Finian de Clonard, de Mobi Clairenach de Glasnevin, de s.Ciaran de Conmacnoise (v. 17 février et 9 septembre).

Il reçut le diaconat et la prêtrise des mains de l’évêque Lugidius.

Avec quelques compagnons, il alla vivre sur l’île de Lough Erne ; le style de vie qu’il avait appris auprès de ses maîtres et qu’il imposait à sa petite communauté, était si rigide que plusieurs d’entre eux moururent de froid et de faim…

Comgall songea à passer en Angleterre, mais l’évêque Lugidius lui conseilla de rester en Irlande et d’y développer le monaschisme. Ainsi naquit le monastère de Bangor, près de Belfast, vers 555. Il y eut jusqu’à trois ou quatre mille moines à ou près de Bangor, qui étaient tous sous la direction de Comgall, dont la règle ne manquait pas de sévérité : un seul repas par jour, d’une nourriture consistant en herbes (souvent crues), pain et eau ; le lait était parfois concédé ; jeûnes longs et fréquents ; silence quasi continu ; peines sévères contre les manques ; on se confessait à voix haute devant la communauté rassemblée.

Parmi les disciples célèbres de Comgall il y aurait eu s.Colomban et s.Moluag (v. 23 novembre et 25 juin). Comgall fut aussi très lié avec d’autres grands saints : Brendan, Cainnech et Finnian (v. 16 mai, 11 octobre et 12 décembre).

Après d’intenses souffrances, Comgall mourut à Bangor, vers 602.

Ses reliques furent dispersées en 822 par les envahisseurs Vikings.

Saint Comgall de Bangor est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cataldo de Tarante

610-685

 

Une «tradition» fait de Cataldo un Irlandais venu dès le 2e siècle prêcher la Bonne Nouvelle à Tarante. Qui, à moins d’une intervention surnaturelle, dans cette Irlande encore païenne, aurait inspiré Cataldo de venir prêcher à Taranto, là où s.Pierre l’avait précédé ?

Pour rendre les choses plus plausibles, les spécialistes penchent plutôt pour le 7e siècle.

Cataldo aurait d’abord dirigé l’école de Lismore, après la mort de s.Carthag (v. 14 mai), puis serait parti en pèlerinage à Jérusalem.

Au retour, s’étant arrêté à Taranto, il fut retenu pour y être évêque. Là encore, à moins d’un signe céleste extraordinaire, on imagine difficilement toute une population s’adresser à un étranger fraîchement débarqué dans le port, et lui demander d’assumer une mission épiscopale.

Cataldo serait ainsi le deuxième évêque connu de Tarante, le premier étant s.Amasiano, au Ier siècle. Le siège de Taranto aurait donc été vaquant pendant plusieurs siècles… Cette histoire semble aussi invraisemblable que la première «tradition».

Cataldo serait mort vers 685 (ou peut-être au 5e siècle).

Saint Cataldo de Tarante est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Solange

IXe siècle

 

Solange naquit au bourg de Villemont, à deux ou trois lieues de la ville de Bourges. Son père était un pauvre vigneron qui menait une vie très chrétienne. Solange était une jeune fille aussi belle que pure.

De vieilles chroniques l’appellent Solange ou Soulange ; son lieu natal n’existe plus ; on voit au milieu du Pré-Verdier les ruines d’une maison qu’habitait, dit-on, sainte Solange. Cette prairie est à une demi-lieue du bourg appelé du nom de la Sainte depuis sa mort, et auparavant Saint-Martin-du-Cros.

Si l’on en croit les leçons de l’office que l’Eglise lui avait consacré, il paraissait le jour et la nuit, au-dessus de sa tête, une étoile qui la conduisait en ses démarches, et qui lui servait de règle en tout ce qu’elle devait faire.

Un jour, attiré par la réputation de la bergère, Bernard de la Gothie, fils de Bernard, comte de Poitiers, de Bourges et d’Auvergne, monta à cheval et, sous prétexte d’aller à la chasse, se rendit sur les terres de Villemont, où Solange gardait son troupeau. Il fut pris d’un vif désir pour elle, la saisit et l’emporta sur son cheval.

Refusant ses avances, Solange lui échappa et se laissa tomber dans un ruisseau au bord de la route. Ivre de rage devant le refus de Solange, Bernard transforma son amour en haine et la décapita de son glaive.

Solange qui était debout, étendit paisiblement ses bras pour recevoir sa tête et marcha jusqu’à Saint Martin du Cros, où elle fut ensevelie. 

Le pape Alexandre VII (1655-1667) autorisa la création d’une confrérie des Cousins de Sainte Solange.

Solange fait partie des Saints patrons du Berry. On l'invoque contre la sécheresse.

Sa fête est au 10 mai dans le Martyrologe Romain.

Beatrice d’Este l’Ancienne

1192-1226

 

Cette Beatrice, née vers 1192, était la fille du marquis Azzo VI d’Este de Ferrare et de Sofia, comtesse de Savoie.

Elle connut la vie brillante de la cour dans les châteaux d’Este et de Calaone, où l’on admira unanimement sa beauté et ses vertus.

Son père mourut au combat dans les rivalités entre guelfes et gibelins ; son frère fut assassiné (ou empoisonné) en 1215 : ces tristes événements l’aidèrent à considérer la vanité de ce monde et elle se retira au monastère bénédictin de Sainte-Marguerite de Salarola, près du château de Calaone, où elle resta un an et demi (1220-1221).

Mais il y avait un petit désaccord avec son frère, Azzo VII, nouveau marquis d’Este. Beatrice travailla à la réconciliation, puis obtint de l’évêque un ancien monastère abandonné, sur le mont Gemola, qu’elle restaura de ses biens.

Là, dans la solitude et la pénitence, elle se distingua par son amour de l’humilité et de la pauvreté. D’autres femmes de la noblesse la rejoignirent et formèrent une communauté de dure pénitence et de prière.

Beatrice, qui refusa constamment d’être élue abbesse, vaincue par la tuberculose, s’éteignit à ce monde qui passe pour entrer dans le monde de l’éternité, le 10 mai 1226.

Le culte dont on l’honora fut approuvé en 1763.

Il ne faut pas confondre cette première Beatrice avec celle du même nom, sa nièce (v. 18 janvier) ni avec une autre homonyme du 15e siècle, qui fut même béatifiée par confusion avec la précédente !

Notre Martyrologe la mentionne au 10 mai.

 

 

Niccolò Albergati

1375-1443

 

Niccolò Albergati était d’une noble famille de Bologne (Italie), où il naquit en 1375.

Dans l’université de cette ville, il étudia le droit mais, peu avant d’obtenir le doctorat, il se retira en 1394 dans la chartreuse proche de Bologne.

Il fut ordonné prêtre en 1404, et nommé prieur de la chartreuse de Casara, avant d’être visiteur pour tous les monastères de chartreux d’Italie (il y en avait à Florence, Rome, Mantoue, Bologne…).

Vaillant défenseur de l’autorité papale, il fut nommé archevêque de Bologne en 1417, mais pour trois ans seulement, car une rébellion le poussa à démissionner en 1420.

En 1422, il fut envoyé en France pour exercer ses bons offices entre les rois de France et d’Angleterre ; on sait que la mission de Jehanne d’Arc commença en 1428…

En 1426, Niccolò fut créé cardinal, du titre romain de Sainte-Croix-en-Jérusalem, tout en restant administrateur apostolique de Bologne jusqu’en 1440.

En 1427, le pape le chargea d’une mission pacificatrice entre les maisons d’Italie du Nord (Milan, Venise, Savoie, Mantoue, Ferrare et Florence), qui fut un succès.

Une rébellion le poussa à quitter à nouveau Bologne en 1428, et le pape l’envoya pour une autre mission entre Venise, Ferrare et Florence. En 1437, il fut présent à un concile de Ferrare, où tous admirèrent son assiduité aux séances et sa profonde modestie.

Entre 1431 et 1440, il fut successivement nommé Cardinal Camerlingue, Grand Pénitencier et Archiprêtre du Latran.

On le voit, le chartreux n’eut guère de paix durant toute cette vie agitée, tout entière au service de l’Eglise. Mais Niccolò garda toujours un style de vie austère, recueilli, prudent. Une de ses grandes mortifications fut d’apprendre les désordres dans lesquels la ville de Bologne était retombée.

Il veilla à s’entourer de personnalités savantes, parmi lesquelles deux futurs papes, Nicolas V et Pie II.

Le pape Eugène tint cependant à le conserver près de lui pour bénéficier de ses bons conseils. Durant un séjour à Sienne, Niccolò fut pris d’une crise de pierre, qu’il endura avec une patience exemplaire.

Il s’éteignit à Sienne, le 9 mai 1443 (ou plutôt le 10 mai, d’après le Martyrologe).

Trois siècles plus tard, le 6 octobre 1744, il a été béatifié en la fête de saint Bruno, fondateur des Chartreux.

 

 

Juan de Ávila

1500-1569

 

Né le 6 janvier 1500 (1502 ?) à Almodóvar del Campo (Ciudad Real, Espagne), Juan avait pour père un Juif, Alfonso (ou Antonio ?), propriétaire de quelques mines d’argent en Sierra Morena, et pour mère Catalina Gijón (ou Xixona ?).

Il est moins que certain que le nom de Ávila fasse de Juan un parent de sainte «Teresa de Ávila». Il est plutôt probable que son père ait pris ce nom de localité pour dissimuler son origine juive.

Juan commença des études de droit à Salamanque (1514), mais les interrompit au bout de quatre ans, à cause des lois de discrimination, exigeant de ceux qui voulaient entrer dans les institutions espagnoles, l’appartenance à une souche chrétienne.

Il revint donc dans son pays natal, où il s’imposa une vie de dure pénitence.

Un bon père franciscain lui suggéra d’aller étudier les arts et la théologie à Alcalá de Henares. Pendant ces années (1520-1526), il fréquenta Domingo de Soto, Pedro Guerrero (futur archevêque), mais aussi Ignacio de Loyola.

Quand il fut ordonné prêtre (1526), ses parents étaient déjà morts, de sorte qu’il célébra sa première messe pour eux. Puis il vendit tout son héritage, le distribua aux pauvres et commença à évangéliser. Il aurait voulu partir en pays de mission (au Mexique), mais l‘évêque de Séville lui conseilla de se dédier à l’Andalousie. Obéissant, Juan se consacra entièrement à cette tâche, au point qu’il se mérita le nom d’ Apôtre de l’Andalousie.

Excellent prédicateur, il suscita la jalousie du clergé, qui le «dénoncèrent» comme rigoriste à l’Inquisition : Juan fut mis en prison à Triana (Séville) de 1531 à 1533. Il mit à profit cette retraite forcée pour prier et écrire son Audi filia. Lors de son procès, cinq accusateurs se retrouvèrent en face de cinquante-cinq autres témoins en sa faveur. En réalité on lui reprochait d’avoir utilisé des formules «érasmiennes» (car il avait connu Erasme à l’université), et on lui demandait d’aller les corriger là où il avait prêché précédemment. Quand il fut libéré, il remercia ses juges de lui avoir fait partager un peu la vie du Divin crucifié.

Son traité Audi filia est un commentaire du psaume 44, qu’il rédigea à l’intention d’une pieuse femme de Écija, récemment convertie. C’est un précis d’ascétisme qui fut hautement apprécié : le cardinal archevêque de Tolède put affirmer que cet ouvrage «avait converti plus d’âmes qu’il n’y avait de lettres de l’alphabet». C’est l’ouvrage que l’on consulta le plus durant tout le 16e siècle.

Juan fréquenta saint Ignace de Loyola, comme on l’a dit, et encouragea vivement le mouvement des «Jésuites» ; il aurait bien voulu que les prêtres qui l’entouraient en fissent partie ; il connut saint Francisco de Borja (dont il favorisa la conversion), saint Pedro de Alcántara, saint Juan de Ribera, pour ne citer que ceux-ci (pour ces trois derniers, voir aux 31 juillet, 30 septembre, 18 octobre et 6 janvier).

A partir de 1535, il se rendit à Cordoue, sur l’invitation de l’évêque de Tolède. C’est là qu’il rencontra Luis de Granada, qui fut son disciple et lui aussi grand prédicateur,. Les écrits de Juan de Ávila influencèrent beaucoup de ses contemporains : Juan de Dieu et ses Frères Hospitaliers, Teresa de Ávila et les Carmélites (voir au 15 octobre), (desquels il encouragea beaucoup les projets de réforme ; Juan de Ribera et Pedro de Alcántara (déjà cités), ainsi que Tomás de Villanueva ; mais aussi d’autres auteurs postérieurs : Antonio de Molina, Luis de la Palma, Luis de la Puente, Carlo Borromeo (voir au 4 novembre), Pierre de Bérulle, François de Sales (voir au 24 janvier), Alfonso Maria de’ Liguori (voir au 1er août), Antonio María Claret (voir au 24 octobre)…

Juan évangélisa ainsi toute l’Andalousie actuelle, qui comprenait alors la Mancha et l’Extremadura. Il fonda beaucoup de séminaires et de collèges, l’université de Baeza. Toutes ces fondations anticipèrent, par leur esprit réformateur, le mouvement que le concile de Trente allait préconiser (1545-1563).

Il tomba malade en 1554, mais continua à prêcher pendant encore une quinzaine d’années, jusqu’en 1569, où alors la maladie empira. Il cessa sa longue vie apostolique le 10 mai 1569, à Montilla.

Juan de Ávila fut béatifié en 1894 et fut proclamé patron du clergé espagnol en 1946.

Canonisé en 1970, il a été proclamé Docteur de l’Eglise en 2012.

Il y a quatre Saints espagnols actuellement Docteurs de l’Eglise : Isidore de Séville, Juan de la Croix, Thérèse de Ávila, Juan de Ávila.

 

 

Ivan Merz

1896-1928

 

Né le 16 décembre 1896 à Banja Luka (Bosnie, Serbie), Ivan (Jean) était de famille bourgeoise et libérale. Son pays faisait partie de l'empire austro-hongrois, qui allait être si profondément marqué par les événements européens du vingtième siècle. Le père d'Ivan, un ancien officier dans cet empire austro-hongrois, était maintenant employé dans les chemins de fer ; la mère, d'origine juive, était hongroise.

Ivan eut un maître à penser remarquable, en la personne du docteur Ljubomir Marakovic, qui lui fournit d'excellents conseils dans sa quête intellectuelle et spirituelle.

Après un essai de trois mois à l'Académie militaire de Wiener Neustadt, qui le déçut profondément en raison de la corruption qui y régnait, Ivan fréquenta l'université de Vienne en droit et en lettres.

En 1916 il fut enrôlé d'office dans l'armée et envoyé sur le front italien (1917-1918). Le traité de Versailles va complètement démanteler l'empire austro-hongrois et donner naissance à la Yougoslavie.

En 1919, Ivan retourna à Vienne pour ses études puis, en 1920, muni d'une bourse d'étude, part pour Paris où il fréquente les cours à la Sorbonne et à l'Institut Catholique. Sa vie spirituelle s'enrichit au contact de la liturgie. Il connaît là les Conférences Saint-Vincent-de-Paul et aura l'occasion de faire son premier pèlerinage à Lourdes : dans les colonnes du journal La Croix, il polémiquera contre Emile Zola sur les apparitions de Lourdes. Pour sa part, il fait connaître la Croatie à ses amis de Paris.

C'est à Zagreb qu'il présentera sa thèse de doctorat « L'influence de la liturgie sur les écrivains français de Chateaubriand à nos jours». Cette thèse est actuellement publiée en France.

A Zagreb, il devient professeur de français et d'allemand au collège archiépiscopal.

Ivan a trouvé seul la voie de la sainteté. Il promut le mouvement liturgique en Croatie et fut le pionnier enthousiaste de l'Action catholique en Croatie. Pour les jeunes il fonda un mouvement (inspiré de la Croisade eucharistique française), l'Union Croate des Aigles (Hrvatski orlovski savez). Il appuie son activité sur l'Eucharistie et le Successeur de Pierre ; il voulait fonder un journal catholique croate à l'image de ce qu'il avait trouvé en France.

Pour toujours mieux connaître l'Eglise, il en étudia l'histoire, les textes pontificaux, la théologie.

Ses origines, ses études, ses voyages, qui embrassaient tant d'éléments culturels différents, se fondaient harmonieusement dans sa personne chrétienne profondément catholique. Ivan était un vrai « européen » avant la lettre.

Ivan souffrait depuis sa jeunesse d'une inflammation chronique de la cavité maxillaire : cette maladie dégénéra et le conduisit à une mort prématurée, quand il n'avait pas trente-deux ans, le 10 mai 1928.

Il a été béatifié en 2003, proposé à tous les jeunes catholiques européens comme modèle d'assimilation des diverses cultures dans un unique idéal chrétien.

Ivan écrivait :

Grâce à la liturgie, tout catholique devient grand et universel, il laisse de côté ses intérêts personnels et commence à avoir les mêmes sentiments que l’Eglise.

 

 

Enrico Rebuschini

1860-1938

 

Né le 25 (ou le 28) avril 1860 à Gravedona (Lac de Côme, Italie du nord), Enrico appartenait à une famille aisée.

Il se montra toujours sensible envers les nécessiteux et donnait toujours ce qu'il avait.

Sa sœur Dorina épousa un commerçant de soie, chez lequel il travailla pendant trois années. Mais ce travail dans l'administration ne lui convenait pas. Quand il parla de sa vocation sacerdotale, son père ne s'y montra vraiment pas favorable. Enrico attendit, persévéra, son état physique s'en ressentit et sa maigreur fut inquiétante. Un prêtre, don Luigi Guanella (voir au 24 octobre), pria et fit prier dans tous les monastères pour la vocation de ce jeune homme, et Enrico finit par convaincre son père de le laisser partir pour le séminaire de Côme.

Ensuite, il se rendit au Collège Lombard, à Rome. Il suivit les cours de l'Université Grégorienne. Il y fut heureux et ses parents vinrent le trouver à la fin de 1885, le trouvant dans une grande paix. Il reçut les ordres mineurs.

En 1886 cependant, une crise dépressive le ramena quelque temps au foyer familial : Enrico se mortifiait excessivement, et mangeait trop peu, au lieu de s'alimenter suffisamment. Mais au bout d'un an, la paix se rétablit providentiellement en son cœur, et il décida de s'engager auprès des plus nécessiteux.

Son confesseur l'orienta vers la congrégation des pères camilliens, voués au soin des malades. Une illumination intérieure, qu'il reçut devant un tableau de saint Camille (voir au 14 juillet), le convainquit de son orientation.

Il commença le noviciat à vingt-sept ans, au milieu de compagnons qui avaient dix ans de moins que lui. Il combattit sa vivacité et devint très estimé de ses supérieurs : encore novice, il fut présenté pour l'ordination sacerdotale, qu’il reçut en 1889, des mains de l'évêque de Mantova, Mgr Giuseppe Sarto, futur pape Pie X.

Dès 1890 il fut nommé aumônier des hôpitaux civil et militaire de Vérone. Là où d'autres prêtres ne réussissaient pas, Enrico faisait des merveilles : les malades se convertissaient, demandaient les sacrements, car il avait les paroles justes pour toucher les cœurs.

Il fit la profession solennelle en 1891, après laquelle il eut des «rechutes», des épreuves intérieures, des tentations, à cause de sa nature perfectionniste et de sa faible constitution. Une de ses tentations majeures était de se croire damné.

Il fut cependant nommé vice-maître des novices et professeur de théologie, ce qui prouvait bien combien on pouvait s’appuyer sur lui. Mais il retomba en crise, se croyant incapable d'assumer ces responsabilités.

Toutefois, malgré toutes ces crises, le père Rebuschini faisait un travail admirable auprès des malades. En réalité, pendant dix ans, il exerça son apostolat à Vérone, puis, de 1899 jusqu'à la mort, il soigna les malades dans la maison des Camilliens de Crémone. Ses moments de dépression étaient tout intérieurs et jamais le père Enrico ne les laissait paraître. Un Confrère qui l'avait côtoyé put témoigner qu'il n'en avait eu connaissance que par ce qu'il avait lu plus tard.

C'est que le père Enrico ne manquait pas d'occupations : outre l'apostolat auprès des âmes, il devait s'occuper de mille choses pratiques, de petites réparations, de la fabrication du vin, de la salle d'opération, du jardin, des salaires à payer ; il installa le chauffage central ; il dut manœuvrer habilement au milieu des difficultés encontrées par la faillite de la banque...

Il exerça toutes ces activités jusqu'en 1938. Ses forces déclinèrent. Début mai 1938, il demanda pardon à chacun, demanda de prier pour lui, reçut les derniers sacrements avec profonde piété.

Enrico mourut le 10 mai 1938, au petit matin.

Il fut béatifié en 1997.

 

 

Vasile Aftenie

1899-1950

 

Vasile Aftenie naquit le 14 juin 1899 à Lodroman (Târnava-Mică, Valea Lunga, Roumanie W), de Petru et Agafia.

Après l’école primaire, il fréquenta le lycée de Blaj.

En 1917, il fut enrôlé dans l’armée et envoyé au front en Galice et en Italie.

En 1918, il commença des études de Droit à Bucarest mais, en1919, s’inscrivit à la faculté de Théologie de Blaj ; puis il fut envoyé au collège grec Saint-Athanase de Rome : en 1925, il était docteur en Philosophie et en Théologie.

Ordonné prêtre en 1926, il fut nommé successivement professeur à l’académie de Théologie de Blaj, archiprêtre à Bucarest en 1934, chanoine du chapitre de Blaj en 1937 ; enfin, en 1939, il fut nommé recteur de l’académie de Théologie de Blaj.

En 1940, il fut consacré évêque titulaire d’Ulpiana, auxiliaire de l’archevêque Mgr Nicolescu. Mgr Aftenie siégea à Bucarest, l’église Saint-Basile étant devenue cathédrale. Rappelons que saint Basile (v. 2 janvier) était le saint Patron de Mgr Aftenie.

En 1941, après la mort de Mgr Nicolescu, il fut administrateur apostolique de Făgăraş et Alba Iulia.

Comme on le sait, le régime communiste s’imposa au pays roumain, persécutant durement le clergé, cherchant en particulier à rallier les prêtres et les évêques à l’église orthodoxe roumaine ; certains prêtres cédèrent, parfois sous la pression. En 1948, Mgr Aftenie reçut une quarantaine de ces prêtres et les admonesta fortement pour avoir abandonné l’Eglise romaine.

Comme Mgr Frențiu, Mgr Aftenie fut arrêté le 28 octobre 1948, juste après sa sortie de la cathédrale, sur la Piața Romană, et conduit à Dragoslavele, puis de là au monastère Căldăruşani, transformé en prison ; le 10 mai 1949, on l’emmena dans le sous-sol du Ministère de l’Intérieur, dans une cellule d’isolement où, sous les ordres d’un général impie, il fut sauvagement torturé et mutilé, puis conduit dans la prison de Văcăreşti, où il mourut le 10 mai 1950.

Cela ne suffisait pas encore. La caisse qu’on fabriqua pour servir de cercueil à l’Evêque, était trop petite : on coupa alors les pieds du Martyr ; on aurait voulu brûler son corps, mais il fut enterré au cimetière Bellu de Bucarest, grâce à l’intervention d’un prêtre qui put, quelques jours après sa mort, célébrer les rites des funérailles. Sur la croix de sa tombe, on n’eut pas la permission d’écrire autre chose que V.A. 1950.

En 2010, la dépouille de Mgr Aftenie fut transférée en l’église Adormirea Maicii Domnului (Dormition de la Mère de Dieu) de Bucarest.

Vasile Aftenie est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 10:19

Enrique Ángel Angelelli Carletti

1923-1976

 

Enrique Ángel était le fils d’un couple d’immigrés italiens et naquit le 18 juillet 1923 à Córdoba (Argentine).

Il entra au séminaire Notre-Dame-de-Lorette en 1938 et acheva ses études au Collège Pontifical latino-américain de Rome, où il fut ordonné prêtre en 1949. Il se diplôma ensuite en Droit canonique à l’Université Grégorienne de Rome.

De retour en Argentine, il fut nommé vicaire de la paroisse Saint-Joseph de Barrio Alto et aumônier de l’hôpital ; il s’occupa particulièrement de visiter les pauvres dans les bidonvilles et de former des groupes de jeunes. Il fut aussi nommé professeur de Droit canonique au Grand séminaire et de théologie à l’Institut Lumen Christi.

En 1960, il fut nommé évêque auxiliaire de Córdoba et fut recteur du Grand séminaire ; de concert avec des prêtres préoccupés comme lui de la condition des classes inférieures, des ouvriers, des paysans, le jeune évêque s’intéressa aux conflits sociaux, déclarant ouvertement que l’Eglise devait faire évoluer son attitude devant ces graves problèmes. Le nouvel archevêque de Córdoba, en revanche, n’aimait pas ce genre de déclarations, condamnant même cette position trop gauchisante, et releva l’évêque contestataire de ses fonctions, le nommant simple aumônier du couvent des Adoratrices au Collège Villa Eucharistica.

Mais Mgr Angelelli restait évêque, et comme tel participa aux sessions du Concile Vatican II. Au terme du Concile, il fut rétabli évêque auxiliaire de Córdoba (1965).

En 1968, il fut nommé évêque de La Rioja. Dès lors, il avait les mains libres pour s’introduire dans la cause des mineurs, des ouvriers agricoles, des employés domestiques, qu’il encouragea à se regrouper en syndicats, en coopératives (tissage, briques, boulangerie, coopératives agricoles).

En 1973, un premier incident grave se produisit lors de la visite de Mgr Angelelli à Anillaco : une troupe menée par des grands propriétaires pénétra de force dans l’église, forçant l’évêque à interrompre la cérémonie et jeta des pierres contre l’évêque quand il sortit de l’église ; l’évêque alors frappa d’interdit les auteurs de ces faits.

Une enquête fut ordonnée par Rome, qui fut menée par le général des Jésuites et l’archevêque de Santa Fe. Mgr Angelelli offrit sa démission au Pape. Les prêtres du diocèse soutenaient leur évêque, et tandis que le nonce restait très prudent dans sa position neutre, l’archevêque de Santa Fe prenait ouvertement position pour Mgr Angelelli.

Il y eut ensuite la Guerre Sale et les changements politiques. Attentats, enlèvements, tortures, disparitions. Mgr Angelelli voulut obtenir des renseignements sur les prisonniers ; il lui fut répondu : C’est vous qui devez vous tenir sur vos gardes. L’évêque savait dès lors qu’il était visé et attendait son tour.

Le 4 août 1976, dans la localité de Punta de los Llanos, un «accident» mystérieux renversa la camionnette conduite par l’évêque. Mgr Angelelli mourut ; on releva sur son cou de fortes lésions dues à un objet contondant, une fracture en forme d’étoile dans l’os occipital et plusieurs côtes cassées.

Après la version de l’accident de la route, il y eut celle de l’homicide froidement prémédité. En 2009, une autopsie officielle révéla que la mort avait été causée par les fractures du crâne et non par un banal accident de la route. Peu à peu, l’Eglise reconnut que l’accident avait été provoqué intentionnellement ; enfin un certain cardinal Jorge Bergoglio parla de martyre.

Mgr Enrique Ángel Angelelli Carletti fut béatifié en 2019, et inscrit au Martyrologe le 4 août.

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 09:47

Wenceslao Pedernera

1936-1976

 

Wenceslao Pedernera naquit à Los Jagüeles (La Calera, Argentine) le 28 septembre 1936, jour où l’on fête s.Wenceslas, dont il reçut le nom au baptême.

Ses études ne dépassèrent pas ce qui est pour nous le cours élémentaire, mais ce fut un travailleur, dans les vignobles d’un certain Gargantini, italien d’origine.

On le surnommait Wence ; en 1961, il rencontra Martha Ramona Cornejo, qu’il voudra épouser, mais pas à l’église, car il n’aimait pas ces prêtres qui ne savent rien dire aux grands propriétaires. Martha cependant, surnommée Coca, finit par l’emporter et le mariage fut célébré chrétiennement en 1962.

La vraie conversion de Wence se fit en réalité six ans plus tard, lors d’une mission populaire ; son cœur fut touché par la prédication de prêtres qui parlaient vraiment au nom de l’Evangile. Sa conviction fut telle qu’il organisa et dirigea un groupe de prière, qui s’appuyait directement sur l’enseignement du Christ. Coca rayonnait de joie. Naîtront bientôt trois filles, María Rosa, Susana et Estela.

Wence fut alors totalement conquis par les idées de Mgr Angelelli, l’évêque de La Rioja, où il désirait s’installer. Coca lui proposa d’abord de rester à Mendoza, mais en 1973, ils déménagèrent à Anguinan, puis à Sañogasta : là, ils firent partie d’une coopérative agricole, où le travail était nourri par la prière et par la lecture de l’évangile.

Avec les prêtres qu’il connaissait bien, il partageait un lopin de terre qu’il cultivait avec amour. Parmi ceux qui fréquentaient Wence, il y eut trois jeunes, qui devinrent prêtres par la suite.

Encouragé par l’évêque Mgr Enrique Angelelli (v. 4 août), Wence organisa le Mouvement Rural Catholique. Ce genre d’organisation syndicale allait à l’encontre des immenses latifundi, dont les grands propriétaires s’enrichissaient sur le dos de leurs ouvriers. Wenceslao fut lui aussi accusé de marxisme et menacé.

Le 25 juillet 1976, quatre hommes masqués firent irruption chez lui et, devant son épouse et ses filles terrorisées, dont l’aînée avait douze ans, le frappèrent de vingt balles. Huit jours plus tôt, avaient été assassinés les deux prêtres Gabriel Longueville et Carlos Murias (v. 18 juillet) ; Mgr Angelelli serait à son tour assassiné le 4 août.

Avant d’expirer à l’hôpital où le transporta son épouse, Wenceslao pardonna à ses assassins et pria Coca de ne pas garder de rancœur envers les assassins.

En 2019, Wenceslao Pedernera fut béatifié avec l’évêque et les deux prêtres martyrs, et inscrit au Martyrologe le 25 juillet.

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 09:40

Gabriel Longueville

1931-1976

 

Gabriel Joseph Roger Longueville naquit le 18 mars 1931 à Etables (Ardèche).

Après avoir fréquenté le séminaire d’Annonay, il fut ordonné prêtre en 1957, pour le diocèse de Viviers ; il enseigna pendant quelques années.

En 1969, selon l’encyclique Fidei Donum, il fut envoyé au Mexique d’abord, puis en Argentine.

Curé de la paroisse El Salvador (El Chamical), il organisa sa paroisse en y installant des religieuses et surtout en mettant l’accent sur la formation des laïcs.

Il se mit réellement au service des pauvres et des marginalisés. On a noté sa patience extraordinaire.

Dans ses moments de loisirs, Gabriel sculptait le bois ; on a de lui une très jolie croix sur les montants de laquelle sont sculptés les quatorze stations du Chemin de Croix.

Mais son action pastorale dérangeait ceux des Chrétiens qui préféraient maintenir leur autorité sur les populations faibles et exploitées. Ces prêtres, ainsi que l’évêque Angelelli (v. 4 août), étaient accusés de vouloir introduire une politique marxiste, et devaient être éliminés.

Gabriel fut enlevé avec son vicaire, Carlos Murias, le 18 juillet 1976. Quand on retrouva leurs corps, dans un terrain vague bien connu sous l’appellation Los Martires, ils avaient les yeux bandés, et leurs corps étaient criblés de balles. Mgr Angelelli, lui, périt dans un «accident», le 4 août suivant.

L’année suivante, l’évêque de Viviers apporta du village d’Etables des épis de blé pour les répandre à l’endroit où fut assassiné Gabriel Longueville, en signe de «semence nouvelle».

Durant les sept années de la «dictature militaire» en Argentine, périrent deux évêques, plus de cent membres du clergé (prêtres, religieux et religieuses, séminaristes) et, estime-t-on, des milliers de chrétiens engagés.                                                      

Gabriel Longueville fut béatifié en 2019, et inscrit au Martyrologe le 18 juillet.

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 09:39

Carlos de Dios Murias

1945-1976

 

Carlos de Dios Murias naquit le 10 octobre 1945 à San Carlos Minas (Córdoba, Argentine) ; son père, Carlos María Murias, était un grand propriétaire terrien et homme politique influent ; sa mère, Eba Ángela Grosso était institutrice.

Carlos était le benjamin des enfants, après trois filles : Hebe Elizabeth, María Cristina et Marta Elena ; il fut baptisé le 24 novembre 1945.

Il fréquenta l’école primaire chez les Religieuses de Villa Ciardino, le collège Virgen Niña.

En 1954, il reçut avec grande dévotion la Première communion.

De 1958 à 1962, il étudia au Lycée Militaire General Paz, à Córdoba, où il fit la connaissance de l’aumônier, le père Fulgencio Rojas.

Après le baccalauréat, il aurait volontiers suivi les cours de Vétérinaire, mais il n’y en avait pas encore, aussi s’orienta-t-il vers la faculté d’Ingénierie. Il n’en fit que deux années, mais il s’intéressa aux réunions d’un mouvement universitaire catholique, dont l’aumônier était le même père Rojas. C’est là aussi qu’il rencontra Mgr Angelelli, évêque auxiliaire de Córdoba et futur évêque de La Rioja, alors aumônier de l’Action Catholique (v. 4 août).

Les sœurs de Carlos décrivaient leur jeune frère comme un idéaliste, généreux, simple et passionné ; il chantait bien et jouait de la guitare et du piano. Carlos était prudent, discret, aimait la vérité, mais aussi se rebellait contre l’injustice.

En 1965, il revint chez son père pour travailler aux champs avec les ouvriers, mais repartit peu après et connut bientôt l’Ordre des Frères Mineurs Conventuels, où il trouva sa vocation. En 1966, il entra au noviciat, fit la première profession en 1968, la solennelle en 1971.

En 1972, il fut ordonné prêtre par Mgr Angelelli.

Il passa deux années comme vicaire paroissial à La Reja puis à José León Suárez, deux localités des environs de Buenos Aires : il s’y occupa beaucoup des jeunes et des pauvres.

En 1975, il prospecta Chamical (La Rioja) pour y implanter une communauté de Franciscains ; enthousiasmé par l’accueil de la population, encouragé par son Supérieur et ses confrères, il fut transféré en 1976 dans le diocèse de La Rioja, dont l’évêque était désormais Mgr Angelelli ; ce dernier envoya Carlos, avec l’abbé Longueville, dans la paroisse de Chamical.

Les deux prêtres s’entendirent parfaitement pour donner la voix aux populations injustement traitées, contre une minorité de grands propriétaires. La situation se tendit. Dans une de ses dernières homélies, le père Carlos proclama : On pourra étouffer la voix de Carlos Murias ou celle de notre évêque Angelelli, mais pas celle du Christ, qui réclame justice et amour.

Le dimanche 18 juillet 1976, des hommes qui se disaient envoyés de la «Police fédérale» firent irruption dans un couvent où déjeunaient Carlos et le père Longueville avec des Religieuses, après avoir célébré la messe dominicale : enlevés, conduits à la base aérienne de Chamical, ils furent interrogés et torturés.

Deux jours plus tard, on retrouva leurs corps, mutilés et criblés de balles dans un champ proche. Le père Carlos avait eu les yeux crevés et les mains mutilées.

C’est Mgr Angelelli qui célébra leurs funérailles, le 22 juillet suivant ; le 4 août, il était à son tour victime d’un «accident».                                               

Carlos Murias fut béatifié en 2019, avec Mgr Angelelli et Gabriel Longueville, et inscrit au Martyrologe le 18 juillet.

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