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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 00:00

2e dimanche per annum - B

 

Après que nous avons revécu la naissance et l’enfance du Verbe de Dieu incarné, l’Eglise nous invite à écouter ce Verbe fait chair.

La première lecture nous présente le petit Samuel qui, docilement, selon le conseil du prêtre Eli, répond à Dieu : Parle, ton serviteur écoute. Il se met entièrement à la disposition de Dieu, sans retour en arrière, sans hésitation.

Durant toute sa mission sur terre, le Christ n’a fait que se soumettre à la volonté de Dieu, pour accomplir totalement le sacrifice que Dieu attendait de lui. On pourrait très bien dire que, le premier, le Christ a dit à son Père : Parle, ton serviteur écoute. Rappelons-nous que le verbe «obéir» vient tout droit du latin «obaudíre», écouter. Obéir, c’est écouter pleinement.

Ce qui précède ne veut pas pour autant dire que le Christ n’avait pas de volonté humaine propre. Parfaitement homme, Jésus-Christ avait sa volonté  humaine, qu’en homme parfait il soumit à la volonté divine. L’Eglise a combattu l’erreur du monothélisme lors du troisième concile de Constantinople (681).

 

*       *       *

Un mot sur le psaume 39 qui relie les deux lectures. David, entrevoyant le Messie, exprime l’offrande de celui-ci, exprimant à Son Père le don total de Sa Personne, Sa confiance tandis qu’Il se voit entouré d’ennemis.

Quand il dit Tu as ouvert mes oreilles, il exprime ce qu’on a dit plus haut : le Verbe incarné est prêt à écouter. Dans son épître aux Hébreux, saint Paul citera ce verset dans sa version grecque (Tu m’as façonné un corps, He 10:5-7).

Le Serviteur ajoute encore : Je ne retiens pas mes lèvres… J’ai dit ta vérité à la grande assemblée : David annonce là la vie publique du Christ et son enseignement.

 

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La deuxième lecture n’a pas de rapport direct avec la première et avec l’évangile. C’est la reprise de la première épître aux Corinthiens, dont on a lu les cinq premiers chapitres l’an dernier à la même époque. 

La péricope d’aujourd’hui fait partie du chapitre 6, où Paul parle de la pénible situation matrimoniale de certains Corinthiens, même chrétiens. Nos traducteurs ont peut-être craint d’offenser certaines consciences et n’ont pas traduit littéralement les mots de Paul. 

Or l’Apôtre ne parle pas d’impureté, un mot ambigu qu’on ne sait pas bien expliquer ; il parle précisément, en revanche, de la fornication, un mot qu’on masque souvent dans nos cours de catéchèse et dans nos familles, dans nos collèges et dans nos lycées. Quelques allusions vagues, parfois ironiques en coin, permettent de supposer “quelque chose”, sans qu’on dise quoi, tandis qu’un discours franc, précis, honnête, aiderait notre jeunesse à savoir se bien comporter. 

Il n’est pas permis par Dieu de vivre une situation matrimoniale sans que le mariage soit d’abord prononcé ; là se trouve le péché de la fornication. A plus forte raison, Dieu ne permet pas une autre liaison matrimoniale en-dehors d’un mariage déjà contracté : c’est l’adultère. 

C’est là une doctrine qui peut sembler difficile à beaucoup de nos contemporains, mais nous avons tous dans le cœur ce sentiment d’une situation stable et fidèle dans le mariage. Ce qui manque à beaucoup, c’est la persévérance, l’humilité et le pardon pour reconnaître et pardonner les erreurs.

Saint Paul nous rappelle une grande vérité : Tout être qui reçoit le baptême du Christ fait désormais partie du Corps du Christ, il est comme ce greffon enté sur un arbre pour en recevoir la vie ; celui qui reçoit la Vie du Christ ne s’appartient plus à lui-même, il est une créature nouvelle. Si un homme veut alors s’unir à une femme dans le lien du mariage, pour accomplir la Loi de Dieu, ils doivent ensemble s’unir dans le Christ et, en Christ, ne plus faire qu’une chair - qui se manifestera dans l’enfant qui en naîtra ; cette doctrine remonte aux premiers versets de la Sainte Ecriture (Gn 2:24). 

Les exemples de saint mariage n’ont pas manqué tout au long des siècles, depuis Adam et Eve, à Abraham et Sara, Joachim et Anne, Joseph et Marie, le saint empereur germanique Henri et sa femme Cunégonde, jusqu’à ce couple romain des bienheureux Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi, béatifiés en 2001, et - encore tout récemment béatifié, le couple des parents de sainte Thérèse de Lisieux, les bienheureux Louis et Zélie Martin.

Ceux qui voudront lire le passage de saint Paul dans le texte, se rendront compte de la force des expressions de l’Apôtre, dont on évite même quelques versets dans la lecture publique. C’est peut-être prudent, mais c’est aussi regrettable de priver nos oreilles d’avertissements aussi solennels, autorisés, et salutaires.

Peut-être pourrions-nous ici répéter les paroles du jeune Samuel : Parle, ton serviteur écoute !

 

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L’évangéliste saint Jean ne fait pas le récit du baptême de Jésus-Christ, déjà raconté par les autres évangélistes : nous avons lu cet épisode en saint Marc dimanche dernier. Aujourd’hui, nous lisons en saint Jean le témoignage de Jean-Baptiste, un témoignage “théologique” et messianique s’il en fut.

Jean-Baptiste voit arriver Jésus. Humainement parlant, il aurait pu recevoir son Cousin avec quelques marques d’affection - car ils ne s’étaient peut-être pas vus depuis leur naissance. Au contraire, Jean est très réservé, effacé ; et il nous livre cette phrase magnifique que, depuis, l’Eglise répète à chaque Messe : Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.

Dans l’Ancien Testament, l’agneau a toujours été pris pour le sacrifice le plus parfait, pour sa douceur même, sa blancheur innocente, son mutisme devant la souffrance, en un mot l’image la plus adéquate du Sacrifice du Messie qui marchera vers la Croix avec douceur, soumission, et en toute innocence, s’offrant pour expier les péchés dont il se charge sans les avoir jamais commis. Au moment de la fête des Expiations, on envoyait dans le désert le “bouc émissaire”, chargé par le grand prêtre des malédictions qu’il voulait ainsi détourner de dessus le peuple. Aujourd’hui, cet Agneau s’actualise de façon vivante en la Personne du Christ.

Le lendemain, dit l’Evangéliste - ces deux mots introduisent le texte d’aujourd’hui - Jean se tenait encore là, et répète les mots qu’il avait dits la veille :  Voici l’Agneau de Dieu. 

Il faut imaginer cette scène vraiment mystérieuse : encore une fois, Jean-Baptiste reste discret, il fixe les yeux sur Jésus qui passait et dit seulement Voici l’Agneau de Dieu. Sa mission est seulement d’annoncer, de précéder, puis de disparaître en présence de Jésus. Il invite la foule a écouter cet Homme, à Le suivre, et Lui seulement.

Les disciples du Baptiste n’hésitent pas ; ils suivent Jésus. André est le premier appelé, celui que nos Frères d’Orient appellent le “Protoclet” ; l’autre n’est pas nommé et ne sera peut-être pas un Apôtre ; mais c’est alors que Simon entre en scène, et que Jésus l’appelle “Képha”, Pierre. Le nom ou le surnom qu’on donne à quelqu’un lui reste toujours comme une marque indissociable de sa personne, expression de sa mission particulière. Au jour du baptême, nous recevons un nom qui ne nous quittera jamais ; parfois aussi c’est à leur confirmation que certains chrétiens prennent ou ajoutent un autre nom, comme s. Jean-Marie Vianney qui ajouta celui du Baptiste.

 

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Pour conclure, relisons pour une fois la Prière sur les Offrandes, où est exprimée la doctrine du Sacrement Eucharistique de la Messe : Chaque fois qu’est célébré ce sacrifice en mémorial,  c’est l’œuvre de notre Rédemption qui s’accomplit.

A chaque Messe, Christ se fait présent, un au milieu de nous, se donnant à nous et nous unissant à Lui-même. Chaque Messe est pour ainsi dire une Naissance du Christ, et une renaissance de notre personne “par Lui, avec Lui et en Lui”.

    

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4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 00:00

Baptême du Seigneur - B

 

Après la fête de l’Epiphanie, la liturgie de Noël fait un saut en avant dans le temps, en commémorant l’épisode du Baptême de Jésus par Jean-Baptiste. Nos amis lecteurs retrouveront toujours les homélies de l’année A et pourront y puiser des éléments qui ne seront pas répétés ici. En revanche, nous allons nous attarder un peu plus directement sur les textes de cette année B.

Dans la première édition du Missel, ces lectures étaient les mêmes pour les trois années A, B, C ; seul différait l’évangile. Actuellement deux autres lectures précèdent l’évangile de saint Marc.

 

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Voilà ce qu’annonçait Isaïe, huit siècles avant le Christ : manger de bonnes choses, des viandes savoureuses. Bien sûr, il ne s’agira pas de nos “réveillons”, parfois interminables et grotesques. Isaïe, avec son langage, veut annoncer ce festin eucharistique merveilleux, gratuit, où tout fidèle pourra se nourrir du Corps et du Sang du Verbe Incarné, Jésus-Christ, Fils de Dieu, fait homme.

Tout ce chant d’Isaïe n’est pas à prendre selon la lettre qui tue mais selon l’esprit qui vivifie (2 Co: 3,6b)  : le Prophète ne peut pas nous interdire d’aller acheter de quoi nourrir notre corps. Mais il nous adresse cet appel urgent à nourrir aussi et surtout notre âme, par les Sacrements de Jésus-Christ : Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver, invoquez-Le tant qu’il est proche.

Cet appel est au chapitre 55 ; mais déjà au chapitre 12 Isaïe chantait la présence du Seigneur, et c’est aujourd’hui le Chant de méditation que nous avons, au lieu du psaume habituel. Le Prophète proclame : Il est grand au milieu de vous, le Saint d’Israël. 

 

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La mission publique de Jésus-Christ commence à son Baptême ; elle s’achèvera par le sacrifice de la Croix. Sans la Croix, cette mission salvifique n’aurait pas été complète. Ainsi le souligne l’apôtre Jean, quand il dit que Jésus est venu par l’eau et par le sang ; et (que) celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit.

Témoignage impressionnant : toute la foule entendit cette voix mystérieuse, tandis que la divine Colombe voltigeait pacifiquement au-dessus de Jésus pour bien témoigner de sa divinité, du lien direct qui unissait cette Voix céleste et Jésus de Nazareth.

Le sang de Jésus, ce n’est pas non plus seulement celui qu’Il versera durant toute sa passion ; il y aura ce moment sublime où, après avoir rendu l’esprit (on pourrait peut-être écrire : rendu l’Esprit, avec la majuscule), jaillit de son côté percé par la lance, du sang et de l’eau, ces éléments divins des Sacrements de la Vie que Jésus nous a laissés avant de mourir : le baptême et l’eucharistie, l’un pour nous purifier, l’autre pour nous nourrir de son Corps et de son Sang ; et cet Esprit qu’il souffle du haut de la Croix, présage de la prochaine Pentecôte où les apôtres seront “confirmés” dans l’Esprit.

Eau, Sang, et Esprit, rendent chacun à leur façon témoignage à la Divinité de Jésus, et l’on ne peut pas prétendre croire en Lui, sans recevoir également Ses sacrements dans le baptême, la confirmation et l’eucharistie.

 

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L’évangéliste Marc est très bref, mais pas banal pour autant. Nous y lisons d’abord les paroles sublimes du Baptiste, bien conscient de sa mission de Précurseur ; de lui-même il dit ces mots pleins d’humilité : Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales ; on se souvient que, plus tard, Marie-Magdeleine se prosternera aux pieds de Jésus pour lui laver les pieds humblement, en signe de repentir : Jean-Baptiste se met encore en-dessous d’elle, ne se jugeant pas même digne de se courber devant son Maître. 

Mais ce n’est pas tout : Jean-Baptiste “relativise” en quelque sorte aussi sa propre mission, pourtant capitale, de préparation à la venue du Seigneur ; lui qui invite les foules à se convertir, à se faire purifier par le baptême, n’hésite pas à déclarer : Moi, je vous ai baptisés avec l’eau, lui vous baptisera dans l’Esprit Saint, montrant bien par là combien le serviteur tenait à s’effacer devant le Maître, le précurseur devant le Messie, le prophète devant le Christ. Jean-Baptiste est surtout grand parce qu’il est humble.

Quand Jésus demandera à ses apôtres de baptiser au nom du Père et du Fils et de l’Esprit-Saint, il n’annulera pas le baptême de Jean avec l’eau, mais il y ajoutera la puissance de l’Esprit, qui procède du Père et du Fils, selon l’expression que nous répétons dans notre Credo dominical. Le baptême de pénitence deviendra alors le Sacrement de la Vie nouvelle en Jésus-Christ.

 

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Au jour de son Baptême, Jésus a trente ans environ ; il sera présent, visible, au milieu de son peuple pendant trois années. Aujourd’hui, Jésus est toujours présent parmi nous : dans l’Ecriture, dans les Sacrements et particulièrement dans l’Eucharistie, dans l’Eglise, avec son Chef, le Pape, avec nos Evêques et nos Prêtres, mais aussi dans nos Frères, surtout les plus humbles et les plus démunis, et il est au milieu de nous, chaque fois que deux ou trois sont réunis en (son) Nom.

Nous unir à Lui, nous transformer en Lui, faire Un avec Lui. Une des Prières du jour l’exprime : puisque nous reconnaissons que son humanité fut semblable à la nôtre, donne-nous d’être transformés par lui au plus intime de notre cœur. 

On pourra aussi prêter attention à la prière que prononce le prêtre à la Messe, quand il unit une gouttelette d’eau au vin du calice : 

Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité.

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1 janvier 2021 5 01 /01 /janvier /2021 00:00

Epiphanie - ABC

 

Le mot grec epiphania signifie manifestation. La fête de l’Epiphanie commémore le jour où des rois païens ont reçu la manifestation de Dieu. 

Plutôt que de rois mages il vaudrait mieux parler de savants. L’événement fondamental de ces savants, venus se prosterner aux pieds du Christ, est une pierre milliaire dans l’Eglise en Orient, ce qui explique pourquoi nos frères orientaux, catholiques et orthodoxes, célèbrent Noël en ce jour, le 6 janvier, plutôt que le 25 décembre. Dans certaines familles chrétiennes de nos régions, on fait d’ailleurs cette distinction, en célébrant Noël (religieusement) le 25 décembre, avec les chants devant la crèche, et remettant au 6 janvier pour offrir les cadeaux aux enfants : idée judicieuse, qui donne tout leur sens aux cadeaux.

Ajoutons que, dans nos pays dangereusement laïcisés, on ne peut célébrer solennellement l’Epiphanie le 6 janvier, raison pour laquelle on la célèbre au dimanche le plus proche de cette date, qui peut tomber entre le 2 et le 8 janvier.

 

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La prophétie d’Isaïe est en lien direct avec l’événement que nous relisons aujourd’hui dans l’Evangile : des rois arrivent de loin pour honorer le Roi des Juifs à Jérusalem. L’évangile ne nous dira pas qu’ils soient venus avec des foules de chameaux, mais il est évident que trois personnages de leur rang ne sont pas venus sans équipage, ne serait-ce que pour leur propre subsistance, donc avec armes et bagages, ce qui représente une certaine quantité de domestiques et donc de bêtes pour transporter tout ce monde. Un déplacement qui ne peut passer inaperçu.

Les rois, donc, marchent vers la clarté de l’aurore. Ils reviennent de loin, avec des trésors, avec l’or et l’encens.

Les mages représentent une énigme importante dans la vie de Jésus. Comment ont-ils pu comprendre le “sens” de cette mystérieuse étoile ? Ont-ils eu une sorte de révélation, un écho des prophéties d’Israel ? Il faudrait le supposer comme fort probable, sinon on ne pourrait expliquer comment ils furent poussés à offrir des présents dignes de la royauté (l’or), de la divinité (l’encens), et la myrrhe, ce parfum très fort utilisé pour la sépulture ?

Saint Grégoire de Nazianze fait aussi sur eux cette remarque fort intéressante, reprise par l’encyclique de Benoît XVI, que le moment où les mages, guidés par l’étoile, adorèrent le nouveau roi, le Christ, marque la fin de l’astrologie, parce que désormais les étoiles tournaient selon l’orbite déterminée par le Christ (Spe Salvi, §5).

D’astrologues, de savants, nos rois mages s’ouvraient ainsi à l’adoption divine.

Seule une prédisposition, une attente de la Vérité, jointe à une grâce spéciale, une inspiration divine, peut expliquer tant de coïncidences. Les rois mages ont eut l’humilité de se soumettre à une Vérité qu’ils ne connaissaient pas encore, à reconnaître quelqu’un de plus grand qu’eux. C’est l’attitude même des savants honnêtes, prêts à apprendre quelque chose que d’autres leur révèlent.

 

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Le psaume 71 allude à son tour à cet événement : Les rois de Tarsis et des Iles, les rois de Saba et de Seba… 

Tarsis est une région non identifiée, «lointaine», peut-être imaginaire, comme les Iles lointaines, au-delà des mers. Le royaume de Saba pourrait se situer au sud de l’actuelle Arabie, sur le territoire du Yemen ainsi que sur les territoires d’Erythrée. On se souvient que la reine de Saba rendit visite à Salomon (1R 10:1-13). Seba serait en revanche une région de l’actuelle Ethiopie.

Ce psaume fut composé, d’abord, en l’honneur de Salomon, fils de David, ancêtres du Roi céleste incarné, Jésus-Christ. Et c’est principalement au Christ que s’applique maintenant ce texte du psaume.

 

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La lettre de l’apôtre Paul aux Ephésiens souligne l’importance de la fête de l’Epiphanie. Paul fait remarquer que Ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus. Les trois rois-savants incarnent les païens appelés au salut. 

Plus tard (cf. Ac 11), après la conversion du centurion Corneille, les premiers chrétiens finirent par comprendre quand même que Aux païens aussi Dieu a donné la repentance qui conduit à la vie (Ac 11:18). 

L’adoration des mages, venus de si loin, contraste nettement avec l’endurcissement d’Hérode et des Juifs qui n’ont pas voulu accueillir Jésus sur place en Palestine. 

 

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L’évangéliste Matthieu, le seul qui relate l’événement, avait le souci de montrer l’accomplissement des prophéties. 

Il est donc venu, le moment où se vérifie la prophétie d’Isaïe, ainsi que celle du psaume 71. 

En outre, Hérode apprend, de la bouche même des prêtres et des scribes, qu’à Bethléem devait naître le pasteur d’Israël (Mi 5:1) ; c’est dire combien les Juifs qui le voulaient, savaient parfaitement expliquer l’Ecriture.

Matthieu fait aussi remarquer, peu après la visite des Mages, que certaines situations historiques passées étaient en elles-mêmes prophétiques : Rachel (la femme de Jacob) pleurant ses enfants (c’est-à-dire ses descendants) à Rama (que l’on situait près de Bethléem) - rappelle les massacres et les déportations des populations d’Ephraïm, Benjamin et Manassé par la main des Assyriens - mais aussi annonce le massacre des petits Innocents ; c’est le prophète Jérémie qui le disait (Jr 31:15).

Sur le massacre des Saints Innocents proprement dit, on pourra se reporter à la méditation sur cette fête.

Mais pourquoi l’étoile n’a-t-elle pas guidé les Mages directement au lieu où se trouvait l’enfant ?

On pourrait sans doute répondre qu’en s’adressant à Hérode, les mages lui donnaient une occasion, s’il en avait accepté la grâce, de se convertir lui-même et d’avoir lui aussi la joie d’adorer l’Enfant-Dieu. De la part des mages, aller le saluer était une marque de respect ; si à son tour Hérode s’était joint à eux pour reconnaître le Christ, il n’aurait pas fait massacrer les petits Innocents, puis n’aurait bien probablement pas scandalisé les contemporains en répudiant sa femme pour épouser Hérodiade (cf. Mt 14:3), et n’aurait pas fait décapiter Jean-Baptiste ; sa vie politique, ses ambitions, tout aurait changé. 

Faisons ici une autre remarque concernant la grotte de Bethléem. Matthieu ne parle pas de grotte ; il dit même deux versets plus loin : Entrant dans la maison… Il s’est donc passé un certain temps déjà depuis la naissance de Jésus dans la crèche dont parle Luc 2:7 ; après le recensement, les voyageurs ont quitté les auberges, et la Sainte Famille aura trouvé un petit logement sur place, pour éviter un voyage de retour difficile avec le petit Bébé. 

On a parfois avancé que l’Enfant-Jésus pouvait déjà avoir dix-huit mois environ, lors de la visite des Mages : ceci expliquerait bien pourquoi Hérode fait rechercher les enfants de moins de deux ans (Mt 2:16).

 

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L’Epiphanie est la fête de l’entrée des nations non-croyantes (païennes) dans la communauté des croyants, par l’annonce de l’Evangile. Tous les peuples sont invités à entrer dans la grande famille de l’Eglise. Les rois mages sont les premiers “étrangers” à croire en Jésus-Christ, et une très ancienne tradition rapporte qu’ils furent baptisés très vite après l’Ascension, par les Apôtres eux-mêmes. 

Si nous voyons tant d’injustices, tant de haine et de guerres, c’est que sans doute Jésus-Christ n’est pas adoré, pas aimé, pas reconnu. Et si tous les chefs se tournaient vers Jésus, ils trouveraient bien d’autres issues aux conflits, que celle de guerroyer sans fin. De même qu’ il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtellerie (Mt 2:7), de même aujourd’hui on refuse une place à Jésus dans nos cités, dans nos gouvernements, dans nos écoles, dans nos constitutions, et jusque dans nos familles ; On accroche aux murs des photographies, des posters variés, mais une image du Christ ou de Marie, un crucifix, c’est plus rare… 

Il est urgent d’appeler tous les hommes à retrouver la référence à l’enseignement de Jésus. 

Quand les traditions deviennent purement folkloriques, elles n’ont plus de sens. On “fait les fêtes” au moment de Noël, sans plus aucune référence au contenu historique de Noël. Il faut rappeler que Noël, comme son nom l’indique, c’est la Naissance, et saint Léon nous dit que la naissance de la Tête, c’est la naissance du Corps (de l’Eglise). Ne pas parler du Sauveur, et allumer partout des lampions à grands frais ne sont que l’expression d’une société dangereusement laïque. On en est même à se demander pourquoi souhaiter de “Joyeuses Fêtes”.

Il ne manquera pas une association, pas un club, pas une famille, où l’on ne “tirera les rois”, dans la mesure où la fève cachée dans la galette représentera encore un roi… ou une reine ; mais quand la fève est une figurine quelconque… 

Les mages, eux, regagnèrent leur pays par un autre chemin. Cette phrase apparemment technique peut avoir une signification profonde, car quand on a rencontré Jésus, toute notre vie doit prendre une autre direction.

Unissons notre prière à celle de nos frères en Orient, pour que d’une seule voix et d’un seul mouvement nous venions ensemble nous prosterner devant le Roi des Juifs qui vient de naître.

Et repartons, nous aussi, par un autre chemin.

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27 décembre 2020 7 27 /12 /décembre /2020 00:00

Sainte Famille - B

Chaque année, l’Eglise nous propose de méditer sur la Sainte Famille, le dimanche qui suit la fête de Noël. Les années où cette fête coïncide avec le 28 décembre, nous ne fêterons pas les Saints Innocents, mais nous n’oublierons pas la douleur de toutes ces mamans qui perdirent leur petit garçon à cause de la haine jalouse d’Hérode pour la Venue de Jésus parmi les hommes.
Les fidèles qui seraient en possession des premiers missels parus après la réforme du calendrier liturgique, seront surpris du choix des lectures de cette année en cette fête. C’est que, dans un premier temps, on n’avait pas prévu de lectures différentes pour les trois années A, B et C. C’est maintenant chose faite.


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Il s’est écoulé un quart de siècle entre les deux épisodes réunis aujourd’hui dans la première lecture. Au chapitre 15 de la Genèse, Dieu promet à Abram un fils et une grande descendance ; Abram a alors soixante-quinze ans. Au chapitre 21, Sara met au monde son fils Isaac, alors qu’Abraham a alors quatre-vingt dix-neuf ans.
Entre ces deux moments, sont intervenus d’autres faits importants, mais aujourd’hui, la liturgie met l’accent sur la famille et la descendance.
Nous relèverons cette expression divine si consolante, lorsque Dieu ou son Ange dit aux hommes : Ne crains pas ! Dieu veut de nous la confiance, l’espérance, et non la peur d’être condamnés, oubliés ou bannis. Cette expression intervient plusieurs centaines de fois dans la Bible.
A la question toute simple d’Abraham Que vas-tu me donner ?, Dieu lui fait comprendre qu’Il est capable de lui attribuer une immense descendance. La famille, en effet, vient de Dieu. C’était déjà l’ordre donné par Dieu à Adam et Eve : Croissez, multipliez-vous, remplissez la terre (Gn 1:28) ; l’ordre fut répété à Noé (Gn 9:1 et 7).
Ne l’oublions jamais : la famille est une bénédiction de Dieu, qui attend toujours de l’homme des actes de générosité, de confiance, sans exclure d’ailleurs la prudence ni l’humilité, qui sont les vertus fondamentales de notre vie chrétienne.

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Abraham vivait environ vingt siècles avant le Christ ; dix siècles plus tard le roi David chante le psaume 104, évoquant la puissance de Dieu, l’auteur de tant de merveilles, de prodiges, de promesses.
De la part de David, c’est une innovation d’inviter ses compatriotes à rechercher sans trêve la face de Dieu, ce Dieu dont on avait si peur de l’entendre et qu’on ne pouvait pas voir en face (cf. Ex 33:20). Pourtant David, rempli de confiance, et inspiré par Yahwé, n’hésite pas à nous encourager dans cet élan de confiance filiale envers notre Créateur et Père.
David évoque mille générations, un chiffre évidemment symbolique qui veut exprimer la continuité incessante de la promesse faite par Dieu à Abraham. Dix siècles après David, Marie chantera à son tour la miséricorde de Dieu et sa promesse faite à Abraham et à sa descendance pour les siècles (Lc 1:55).

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L’épître aux Hébreux évoque encore cette foi sans faille d’Abraham, qui accepta même d’immoler son fils Isaac, pensant, ajoute l’auteur, que Dieu peut aller jusqu’à ressusciter les morts. La foi d’Abraham alla sans doute jusqu’à entrevoir la mort et la résurrection de Jésus-Christ, puisque le Seigneur affirme lui-même : Abraham vit mon Jour, et s’en réjouit (Jn 8:56). Ce Jour est bien celui de la Résurrection, puisque nous chantons à Pâques : Voici le Jour, que fit le Seigneur (Ps. 117).

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Signalons que le verset de l’Alléluia est traduit de façon un peu curieuse. Le psaume 117 ne dit pas «Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient», mais bien précisément : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.

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Et nous voici à l‘un des principaux épisodes de l’enfance de Jésus : sa Présentation au Temple.
On remarquera tout de suite l’humble volonté de Marie et Joseph, de se soumettre aux prescriptions de la Loi, malgré leur extrême pauvreté et malgré aussi le caractère vraiment miraculeux et divin de la naissance de Christ. Leur esprit d’obéissance et d’humilité les pousse à accomplir toute la Loi, par des rites dont on aurait légitimement pu penser qu’ils en étaient dispensés : imposer la circoncision à Jésus ? «purifier» Marie d’un accouchement virginal ? consacrer Jésus qui est déjà Fils de Dieu ? Joseph et Marie ne se posent pas le problème, ils obéissent à la Loi que Dieu a donnée à Moïse, humblement, comme tous les couples en Israël, mêlés à la foule qui se presse chaque jour dans le Temple. En réalité, Jésus n’a pas «besoin» de ces rites saints, mais c’est Sa divinité qui leur confère leur merveilleuse efficacité et sacramentalité.
Syméon, cet homme juste et religieux, est au comble de la joie et de l’émotion. Avec ses mains fatiguées, dans ses bras de vieillard, il prend l’Enfant divin, il Le regarde, il Le remercie, comme s’il recevait l’Eucharistie ; comblé, il chante son Nunc dimittis (c’est ce chant qui est à l’origine de l’expression souvent utilisée en français).
Syméon connaît aussi les prophéties. Il sait que le Sauveur doit souffrir, que le Serviteur de Dieu sera trahi et insulté ; il sait que cette jeune Maman, Marie, souffrira un martyre intérieur inimaginable : fuir rapidement en Egypte, puis entendre les critiques des pharisiens contre Jésus, et jusqu’à cette cruelle passion, que Jésus subira avant sa résurrection.
Eux aussi, Marie et Joseph, connaissent les Ecritures. Ils savent que des jours douloureux les attendent. Mais ils s’y préparent sans révolte, dans l’union, dans la paix intérieure, dans la joie d’accomplir la volonté de Dieu.
Pélerin à Nazareth, le saint pape Paul VI exprima sa joie profonde de méditer sur l’école de cette Sainte Famille, où il percevait d’abord
une leçon de silence, cette admirable et indispensable condition de l’esprit, en nous qui sommes assaillis par tant de clameurs, de fracas et de cris dans notre vie moderne, bruyante et hypersensibilisée,…
Une leçon de vie familiale aussi, là où Nazareth nous enseigne ce qu’est la famille, son austère et simple beauté, son caractère sacré et inviolable, … son rôle primordial sur le plan social.
Une leçon de travail enfin : pour comprendre la loi sévère et rédemptrice du labeur humain et montrer à tous les travailleurs leur grand modèle, leur frère divin, le prophète de toutes leurs justes causes, le Christ notre Seigneur (homélie de s.Paul VI, le 5 janvier 1964).
N’oublions pas que la Sainte Famille est l’essence-même de l’Eglise ; s.Jean-Paul II parlait de la famille comme d’une Ecclesiola, une «petite Eglise», là où commence à s’exercer l’amour fraternel et filial. Comme il est urgent que les Chrétiens s’efforcent à tout prix de maintenir la concorde dans la famille. Sans famille, pas de société !


La société ne peut pas se construire si chaque famille ne cherche pas à s’agréger à la Sainte Famille, à son esprit d’humilité, d’obéissance, de fidélité, d’harmonie.

 

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 15:43

Francisco Salamanca Bujalance

1875-1939

 

Francisco Salamanca Bujalance naquit le 8 décembre 1875 à Baena (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 12 janvier 1939 à Villanueva de Córdoba.

Francisco Salamanca Bujalance sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 12 janvier.

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 15:34

Francisco Bejanaro Fernández

1877-1938

 

Francisco Bejanaro Fernández naquit le 1er juin 1877 à Añora (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 26 février 1938 à Daimiel (Ciudad Real).

Francisco Bejanaro Fernández sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 26 février.

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 14:02

Juan Muñoz Mediavilla

1868-1936

 

Juan Muñoz Mediavilla naquit à Cabeza del Buey (Badajoz, Espagne O) le 2 décembre 1868, et reçut probablement le baptême le 4 décembre, jour de la fête de s.Jean Damascène, dont il porta le nom.

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 29 novembre 1936 à Cabeza del Buey.

Juan Muñoz Mediavilla sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 29 novembre.

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 13:46

Francisco Fernández Sánchez Toril

1854-1936

 

Francisco Fernández Sánchez Toril naquit à Cabeza del Buey (Badajoz, Espagne O) le 4 octobre 1854 ; ce jour-là on fêtait s.François d’Assise, dont il porta le nom.

Ce pieux vieillard de quatre-vingt-deux ans ne fut pas épargné par la fureur révolutionnaire des ennemis de Dieu.

Son martyre eut lieu le 28 novembre 1936 à Cabeza del Buey.

Francisco Fernández Sánchez Toril sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 28 novembre.

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 13:45

Pedro Simancas Valderramas

1872-1936

 

Pedro Simancas Valderramas naquit à Cabeza del Buey (Badajoz, Espagne O) le 28 avril 1872 ; ce jour-là on fêtait déjà le b.Pierre Chanel, dont il porta le nom - et qu’il allait suivre aussi dans le martyre.

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 28 novembre 1936 à Cabeza del Buey.

Pedro Simancas Valderramas sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 28 novembre.

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 12:05

José Toral Cascales

1914-1936

 

José Toral Cascales naquit en 1914 à Peñarroya-Pueblonuevo (Cordoue, Espagne S).

Ce jeune laïc et son frère aîné Antonio versèrent leur sang pour l’amour inconditionnel du Christ.

Leur martyre eut lieu le 24 octobre 1936 à Almagro (Ciudad Real).

José Toral Cascales, comme son frère, sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 24 octobre.

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