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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 00:00

Johann Nepomuk de Tschiderer zu Gleifheim

1777-1860

 

La famille de Johann Nepomuk avait émigré des Grisons (Suisse orientale) au Tyrol au 16e siècle, et avait été annoblie par l’empereur d’Autriche au siècle suivant. Le Tyrol a appartenu à l’Autriche, et fut divisé entre l’Autriche et l’Italie après la Première guerre mondiale.

Johann Nepomuk naquit à Bozen (actuelle Bolzano) le 15 février 1777 et fut donc autrichien. Il était le cinquième des sept enfants de Joachim von Tschiderer zu Gleifheim et de Katharina von Giovanelli von Gerstenburg und H¨örtenberg.

Il fut affecté d’un grave défaut d’élocution (on a même parlé de mutisme), dont il put cependant guérir et fréquenta le collège des Franciscains à Bolzano.

En 1783, la famille déménagea à Innsbruck, où il étudia la théologie et fut ordonné prêtre en 1800.

Vicaire pendant deux années à Unterinn (Ritten) et Ulten, il fut envoyé à Rome où il reçut la distinction de Notaire Apostolique.

Revenu dans sa région d’origine, il fut professeur de morale et de théologie pastorale au grand séminaire de Trento.

En 1810 il fut nommé curé à Sarnthal, en 1819 doyen et inspecteur des écoles à Meran. Il fonda alors jusqu’à cinq écoles pour étrangers à Sarnthal (dont une école de dentelle pour les femmes), et un internat à Bolzano, qui devint plus tard le Johanneum.

En marge de ces œuvres «officielles», l’abbé de Tschiderer employait toute sa fortune personnelle au profit des prisonniers, des pauvres, des malades, vendant jusqu’à ses propres objets personnels.

En 1826 il fut nommé chanoine titulaire à la cathédrale de Trento et, en 1827, pro-vicaire pour la population de langue allemande.

En 1831, il devint Vicaire Général de Vorarlberg et, en 1832, reçut la dignité épiscopale. 

A cette période, il s’occupa activement des enfants de paysans tyroliens, qui étaient envoyés comme saisonniers en Souabe.

Il devint prince-évêque de Trento en 1835.

Désormais, il devait se poser ouvertement contre les dispositions impériales (ce qu’on a appelé le joséphisme, du nom de l’empereur Josef) qui prétendaient imposer des dispositions et des nominations aux autorités de l’Eglise. Mgr de Tschiderer nomma ses propres professeurs de séminaire, envoya ses propres prêtres pour être formés soit à Vienne soit à Rome, institua des Exercices spirituels annuels pour ses prêtres, et se préoccupa fondamentalement de l’unité et de l’enseignement de la Doctrine.

Contrairement à sa condition de prince (et aux suggestions de son entourage), il eut un train de vie très modeste, et même ascétique. C’est lui qui assuma les dépenses pour les réparations de son appartement ; il organisa sur ses deniers une maison pour sourds-muets à Trento, une maison pour ouvrières à Rovereto. Il pourvu les presbytères de bons livres, offrit toutes sortes d’objets sacrés aux paroisses et aux couvents : calices, ostensoirs, ornements, statues, croix, ou les commandait à des artistes.

Il eut bien sûr le souci de la visite pastorale régulière de tout son diocèse et y fit venir des Ordres religieux (Jésuites) et des Congrégations, masculines et féminines. 

Chargé de mérites et de bonnes œuvres, frappé à la fin par la maladie, ce digne prélat mourut à Trento le 3 décembre 1860.

Mgr Johannes Nepomuk fut béatifié en 1995. Le miracle retenu pour cette béatification, fut la guérison totalement inexpliquée d’un jeune mourant de quinze ans, en 1992.

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 00:00

Manuel Santiago y Santiago

1916-1936

 

Il était né le 6 octobre 1916, à Donado (Sanabria, Zamora, Espagne), et fut baptisé le 11, au sanctuaire voisin de la Peregrina : c’était le premier baptême qu’on y célébrait.

Après les études classiques à Notre-Dame de Rosinos (Vidriales), il entra au noviciat dominicain de Almagro (Ciudad Real) et fit la profession en 1934.

Les nuages s’accumulaient déjà sur l’Espagne et, en 1936, le père de Manuel vint lui proposer de revenir, au moins pour un temps, chez les siens. Mais Manuel préféra franchement et nettement rester avec ses Confrères.

C’était un jeune homme au caractère noble et droit, doux et même timide, agréable à vivre et pieux.

En juillet 1936, le couvent d’Almagro fut fermé, les Religieux expulsés. 

Manuel et deux autres, eux aussi martyrs, furent emmenés à Madrid, dans la prison Modelo.

Le 16 novembre, lui et Francisco Fernández Escosura furent conduits à la prison de Ventas, où on ne leur épargna ni les souffrances, ni les honteuses propositions de mariage et d’argent, s’ils renonçaient à leur condition de Religieux.

Leur refus signifiait la mort : on les fit sortir, liés l’un à l’autre, et on alla les fusiller, probablement à Paracuellos de Jarama, aux environs de Madrid, le 3 décembre 1936. 

Manuel avait vingt ans à peine.

Manuel fut un des Martyrs espagnols béatifiés en 2007.

 
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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 00:00

Francisco Fernández Escosura

1917-1936

 

Il était né le 23 janvier 1917, à Sotiello (Pola de Lena, Asturies, Espagne), fut baptisé le 28 et confirmé en 1926. Aîné de quatorze enfants, il eut quatre sœurs dominicaines.

Après les études classiques, et grâce à l’aide du prieur d’Almagro (plus tard évêque de Salamanque), il entra au noviciat dominicain de Almagro (Ciudad Real) et fit la profession en 1934.

Les nuages s’accumulaient déjà sur l’Espagne ; on renvoya même un moment les jeunes religieux dans leurs familles ; Francisco revint au couvent dès que possible et, en 1936, quand son père lui proposa de revenir à la maison, Francisco préféra franchement rester avec ses Confrères.

C’était un jeune homme exemplaire, droit.

En juillet 1936, le couvent d’Almagro fut fermé, les Religieux expulsés. 

Francisco et d’autres, eux aussi martyrs, furent emmenés à Madrid, dans la prison Modelo.

Le 16 novembre, lui et Manuel Santiago y Santiago furent conduits à la prison de Ventas, où on ne leur épargna ni les souffrances (on dormait par-terre, il faisait très froid et l’on mangeait mal), ni les honteuses propositions de mariage et d’argent, s’ils renonçaient à leur condition de Religieux.

Leur refus signifiait la mort : on les fit sortir, liés l’un à l’autre, et on alla les fusiller, probablement à Paracuellos de Jarama, aux environs de Madrid, le 3 décembre 1936. 

Francisco n’avait pas même vingt ans. 

Francisco fut un des nombreux Martyrs espagnols béatifiés en 2007.

 
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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 00:00

François Xavier

1506-1552

 

Basque espagnol, il s’appelait Frantzisko (que les Basques modernes ont transformé en Pantxoa), et naquit le 7 avril 1506 à Xavier (ou Javier, Navarre), une localité qu’il faudrait prononcer «Chabière». 

Le père, Juan de Jaxu, était conseiller du roi de Navarre ; sa mère, María de Azpilikueta, avait reçu en dot le château de Javier. Pantxoa semble avoir été le sixième de leurs enfants.

En 1525, il alla étudier à Paris, où il se lia d’amitié avec Pierre Favre (v. 1er août) et un certain Iñigo de Loyola (qu’on nomme communément chez nous Ignace de Loyola, v. 31 juillet).

En 1530, Pantxoa fut professeur au collège parisien de Dormans-Beauvais.

Le 15 août 1534, ces trois amis offrirent à Dieu leur bonne volonté : chastes et pauvres, ils seraient fidèles au pape, feraient le pèlerinage à Jérusalem et iraient prêcher l’Evangile par toute la terre.

Le pèlerinage s’arrêta à Venise en 1536, à cause de la guerre entre Venise et les Turcs. Les trois compagnons vinrent offrir leurs services au pape à Rome, qui les encouragea : Iñigo et Pantxoa furent ordonnés prêtres à Venise en 1537. Pantxoa célébra sa première Messe à Vicence, et se déplaça dans les localités environnantes, prêchant et assistant les malades, dans un italien approximatif qui faisait sourire, mais dont l’élan remuait les consciences.

En 1539, sur la demande du roi du Portugal, il partit évangéliser les Indes. Le pape le nomma nonce apostolique pour l’Inde. Le voyage dura d’avril 1541 à mai 1542. Pour passer son mal de mer, Pantxoa se fit lui-même infirmier à bord, mais aussi apôtre, pour relever le niveau des conversations.

Arrivé à Goa, il y instaura une nouvelle méthode d’apostolat, contrecarrant celles des colons qui étaient si durs envers les indigènes. Pantxoa était douceur, patience, humilité ; il visitait les malades, les prisonniers, entraînait les enfants par ses chants. Il gagna le sud, chez les Paravers, qu’il défendit bec et ongles contre les exactions des colons portugais. Il gagna l’archipel des Comores, tenta de convertir Ceylan (actuel Sri Lanka) et gagna les Moluques, dont les habitants avaient des mœurs si barbares, puis regagna l’Inde.

Pantxoa fut supérieur des Jésuites en Inde de 1542 à 1551. A cette époque, un courrier de ou pour Rome pouvait mettre presque quatre années pour parvenir à destination.

En 1547, une occasion providentielle permit à Pantxoa de pénétrer au Japon, dont il décrira les habitants comme le meilleur des peuples. Il y baptisa un millier de personnes.

Après un nouveau passage en Inde, il s’embarqua alors pour la Chine mais, de Canton, aucun navire ne partait pour cette destination. La fatigue s’abattit sur lui ; fin novembre 1552, malade, il ne répétait plus que Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! (Mt 15:22). 

Il s’éteignit paisiblement là-bas, le 3 décembre 1552.

Il fut béatifié en 1619, canonisé en 1622 ; il fut proclamé patron des Indes en 1748, du Collège romain de la Propagande en 1904, co-patron des missions (avec sainte Thérèse de Lisieux) en 1927, patron de la Mongolie en 1952.

En outre, la journée du 3 décembre a été proclamée journée de la langue basque, car Pantxoa mourut en murmurant quelques mots en basque, sa langue maternelle.

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 00:00

Bibiane

4e siècle ?

 

D’après la Passio de sainte Bibiane, celle-ci ainsi que sa sœur Demetria étaient les deux filles du préfet de Rome, Flavianus, et de Dafrosa.

Flavianus était devenu chrétien en secret et ensevelissait pieusement les corps des martyrs.

Dénoncé à Julien l’Apostat, il fut martyrisé loin de là, peut-être aux Aquæ Tauri, actuelle Acquapendente près de Civitavecchia.

Dafrosa fut enfermée et devait mourir de faim ; mais elle convertit son gardien et mourut peu après le martyre de ce dernier.

Demetria, conduite devant l’empereur, mourut de peur.

Bibiane, enfin, confiée à une femme impie, persévéra dans sa foi, et, au bout de six mois, fut fouettée à mort sur ordre du même empereur, et en mourut quelques jours plus tard. Elle fut ensevelie de nuit auprès de sa mère et de sa sœur.

Au-dessus de ces corps fut construite une basilique aux frais d’une certaine Olimpina, de la famille de Flavianus.

Contrairement aux lois romaines, cette basilique est à l’intérieur des murs de Rome, les lois étant désormais tombées en désuétude. En 1624 on retrouva des reliques de corps, qu’on attribua sans hésitation aux martyres Dafrosa et Demetria, le corps de Bibiana ayant «peut-être» été transféré ailleurs (ou volé ?).

On suppose même que Bibiana aurait pu être martyrisée dès la fin du 3e siècle, mais on s’étonne de n’avoir aucune mention de culte avant le cinquième siècle. D’ailleurs, de culte proprement dit, il n’en est question vraiment qu’après 1624.

D’après le Liber Pontificalis, c’est le pape Simplicius (5e siècle) qui fit la dédicace de la basilique de sainte Bibiane.

Même au Martyrologe Romain, sainte Bibiane n’est arrivée que tardivement, au 2 décembre, sans qu’on sache vraiment pourquoi.

Cette sainte Martyre a certainement existé ; les éléments de la Passio restent difficiles à vérifier. Le Martyrologe mentionne la basilique qui lui a été dédiée à Rome par le pape Simplicius.

Bibiana a aussi été orthographié Viviana.

 
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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 00:00

Silvère

536-537

 

Le cinquantième pape succédait à saint Agapit 1er.

Le père de Silvère était Hormisdas qui, successivement fut élu pape en 514.

Le clergé de Rome n’était pas favorable à l’élection de Silvère, qui n’était que sous-diacre, et aurait préféré le diacre Vigile ; mais Silvère était le candidat du roi des Ostrogoths, qui occupaient alors grande partie de l’Italie. Aussi le clergé s’inclina.

Mais ensuite, Silvère jugea opportun d’ouvrir les portes de Rome au général byzantin envoyé par l’empereur Justinien contre les Goths. Les Goths s’éloignèrent mais revinrent bloquer Rome. 

Silvère, qui avait été appuyé par les Goths pour son élection, restait suspect aux yeux de l’empereur ; son général, Bélisaire, chercha à circonvenir le pape puis, devant sa résistance, l’accusa de haute trahison, le fit dépouiller de son pallium, l’habilla en moine et l’expédia en Asie Mineure, à Patare.

Silvère abdiqua en faveur de Vigile, pour ne pas laisser le Siège vacant.

Cependant, l’évêque de Patare, informé de la situation, intervint vigoureusement, et Silvère fut rapatrié. Vigile fit en sorte que Silvère restât sur l’île de Palmaria, au large du Latium, nourri au pain et à l’eau, et où il mourut le 2 décembre 537, après un pontificat de dix-sept mois.

Saint Silvère est inscrit au Martyrologe le 2 décembre.

Son successeur fut, justement, Vigile qui, une fois sur le Siège de Pierre, eut la force de résister aux pressions de Byzance.

 
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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 00:00

Melchior Chyliński

1694-1741

 

Né le 6 janvier 1694 à Wysoczka (Buk, Pologne), de Jan Arnolf et Marianna Małgorzata Kierski, de famille noble, Melchior reçut le nom d’un des trois Rois de l’Epiphanie.

Le garçon ne se préoccupa jamais de son origine, de ses droits, de son héritage possible.

Après la mort de son père (1707) et l’incendie de leur maison familiale, Melchior et son frère furent envoyés par l’évêque Stanislaus Kierski (un probable frère de la maman), à l’école des Jésuites de Poznan.

En 1712, Melchior entra dans l’armée et devint officier.

En 1715, il quitta l’armée polonaise pour entrer dans l’armée du Christ, dans la famille des Frères mineurs franciscains, à Cracovie, recevant le nom de Rafał.

Il étudia la théologie à Kalisz et Obornikach et, en 1717, fut ordonné prêtre à Poznan. Il fut successivement dans les monastères de Radziejów, Pyzdry, Poznan, Gniezno, Varsovie, Kalisz, Warka et Cracovie.

A partir de 1728, il fut curé de Łageiewniki (Łódż).

Le frère Rafał eut l’occasion de prononcer maintes fois des exorcismes pour délivrer les âmes. Ses homélies étaient simples, dans le langage du peuple, jamais en latin. Il s’occupa intensément des pauvres et des malades, jusqu’à porter de l’eau aux mourants, et soigna particulièrement sa mère qui se retira à Łagiewnik. Il montra tout son zèle envers les victimes de la peste en 1736, tandis que personne n’osait les approcher.

Ce saint curé dormait seulement trois heures par nuit, et souvent sur une simple planche. Outre ses mortifications volontaires, ses jeûnes, ses flagellations, il souffrit de deux pénibles ulcères aux jambes. 

Il mourut le 2 décembre 1742. 

Une pauvre femme vint un jour au monastère remercier le père qui lui avait donné du pain ; or aucun des Religieux ne l’avait fait : la femme reconnut le père Rafał sur une peinture au mur ; et on lui répondit : Mais il est mort depuis des années ! 

On retrouva son corps intact en 1949, lors d’une nouvelle invention.

Rafał fut béatifié en 1991.

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 00:00

Ivan Slezyuk

1896-1973

 

On ne dispose pas toujours de beaucoup de détails sur la vie des héros martyrisés durant la triste période du régime soviétique.

C’est ainsi qu’on ne connaît rien de la famille de Ivan. Il naquit le 14 janvier 1896 dans le village de Zhyvachiv (Obertynsk, maintenant Tlumatsk, près de Stanislav, aujourd’hui Ivano-Frankivsk, Ukraine).

Il fréquenta le séminaire de Stanislav, où il fut ordonné prêtre en 1923.

Jusqu’en 1935, il enseigna la religion dans les écoles et les lycées de Stanislav, en même temps qu’il fut professeur au séminaire.

Il fut sacré évêque en 1945, avec droit de succession, mais fut aussitôt arrêté, une première fois, et condamné à dix ans de travaux forcés à Vorkuta (Russie). D’ailleurs, l’évêque qui l’avait consacré, Hryhori Khomyshyn, fut immédiatement exilé à Kiev, où il mourra à la fin de l’année 1945 ; il est lui aussi béatifié (v. 28 décembre).

Relâché en 1954, Mgr Slezyuk reprit une activité pastorale fébrile, quoique clandestine, préparant des candidats au sacerdoce, et écrivant des livres de pastorale et de théologie.

En octobre 1962 (officiellement en avril 1963) il fut à nouveau arrêté, et à nouveau condamné à cinq ans de privation de liberté et de travaux forcés. Durant ce temps, il fut interné dans la prison de Ivano-Frankivsk.

En 1967, remis en liberté, il en profita pour reprendre son activité épiscopale, et tout spécialement en ordonnant des prêtres pour l’Eglise «souterraine» de rite gréco-catholique. Songeant aussi à sa fin probable, il consacra évêque Sofron Dmyterko en 1968. Il fut plusieurs fois convoqué dans les bureaux du KGB, pour «conversations», jusqu’à deux semaines avant sa mort, ce qui laisse planer un certain doute sur la cause réelle de sa mort.

Il mourut à Ivano-Frankivsk le 2 décembre 1973, son dies natalis au Martyrologe.

En 1992, la cour de justice d’Ivano-Frankivsk le «lava» de son second emprisonnement, pour absence de crime. Mais on se demande encore : quel crime avait donné lieu à la première condamnation ?

Mgr Slezyuk a été un des Martyrs ukrainiens béatifiés en 2001.

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 00:00

Jerónima Cortey Astorch

1592-1665

 

Jerónima María Inés naquit le 1er septembre 1592 à Barcelone, benjamine des quatre enfants de Cristóbal Cortey, un libraire, et Catalina Astorch. Cette dernière avait hérité d’un certain Pedro Miguel Astorch, avec l’unique condition de conserver ce patronyme et de le transmettre.

La maman mourut peu après l’accouchement, le papa en 1597, de sorte que Jerónima sera élevée par une nourrice, puis par les Clarisses Capucines de Barcelone, où se trouvait déjà sa sœur aînée, Isabel.

En 1599, une intoxication conduisit Jerónima à la mort. On commença effectivement de préparer les funérailles de la petite fille de quatre ans, qui cependant reprit vie à ce moment-là ; on attribua le miracle à la fondatrice du monastère, Ángela Serafina Prat, qui devait mourir en odeur de sainteté.

Suite à ce miracle, le petite fille se révéla surdouée, jusqu’à dévorer les livres, et en particulier ceux en latin. Quand elle se présentera en 1603 au monastère Sainte-Marguerite de Barcelone, elle tenait les six volumes du bréviaire, en latin, qu’elle lisait déjà assidûment.

Mais ce n’est qu’en 1608 que Jerónima obtint l’autorisation de commencer, à seize ans, le noviciat chez ces Religieuses, sous le nom de María Ángela.

La pauvre novice, déjà si divinement inspirée, suscita la jalousie de la maîtresse des novices qui ira même jusqu’à la maltraiter, au point que l’abbesse dut la déposer… et la remplacer par la sœur de María Ángela, Isabel !

María Ángela fit la profession en 1609 et fut élue conseillère en 1612.

Outre le don de lire les psaumes en latin, elle avait un don spécial d’interprétation de l’Ecriture. On la vit aussi ravie en extase.

Le monastère eut des fondations, à Gerona, Valencia, Mataró, Manresa, Saragosse. Dans ce dernier, María Ángela fut nommée maîtresse des novices en 1614 ; elle avait trente ans. En 1623, elle passa maîtresse des jeunes professes et, en 1626, elle fut élue abbesse, avec une dispense d’âge de Rome.

Comme telle, elle réforma la règle, autorisant - avec la nécessaire autorisation papale - les sœurs converses à participer davantage à la vie de communauté, à la célébration de la liturgie.

En 1645, elle fonda un nouveau monastère à Murcia où, comme maîtresse des novices et abbesse, elle favorisa la dévotion envers l’Eucharistie, ainsi qu’à la Passion de Jésus-Christ et au Sacré-Cœur. 

Une de ses disciples fut Ursula Micaela Morata, fondatrice du couvent de Alicante, dont la cause de béatification est en cours.

La mère María Ángela cessa d’écrire à partir de 1655, sachant que sa mort approchait. Elle souffrit alors d’une dégénérescence cérébrale pénible : en 1661, elle renonça à sa charge d’abbesse. En 1665, elle subit une hémiplégie, tandis qu’elle recouvrait ses facultés mentales.

Elle ferma les yeux à ce monde le 2 décembre 1665 à Murcia et depuis, on put observer maintes fois que son corps restait incorrompu. 

En 1773 et en 1776, ses écrits furent approuvés par l’Autorité.

Le miracle nécessaire à la béatification eut lieu en 1890.

En 1936, les révolutionnaires profanèrent le saint corps de la Religieuse, en l’ensevelissant dans la fosse commune du cimetière. Par bonheur, on put le retrouver en 1939.

La mère María Ángela fut béatifiée en 1982. Lors de cette cérémonie, le pape la désigna comme une Mystique du Bréviaire.

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 00:00

Francisco del Valle Villar

1906-1936

 

Ce n’est pas l’enfance de ce Frère qui est ici particulièrement connue. On sait juste qu’il naquit le 25 mai 1906 à Grañón (La Rioja, Espagne) et fut baptisé le 3 juin suivant.

Il entra à treize ans au collège des Frères des Ecoles Chrétiennes, où se trouvait déjà son grand frère. 

Novice chez les mêmes Frères, à Irún, il prit l’habit en 1922, fit le scolasticat à Toulouse en France et sa profession comme religieux, avec le nom de León Justino.

De 1926 à 1931, ses postes successifs furent l’école de Pobla de Segur (deux ans), puis celle de Pons et celle de La Seo de Urgel.

En 1931, il fut nommé professeur à Manresa, où il démontra d’excellentes qualités pédagogiques, au point que même le directeur profitait de son enseignement, depuis la salle à côté de la sienne. Ses méthodes servirent de référence aux autres Frères.

Toute sa préoccupation, sa passion, c’était la formation des enfants. Il appuyait son activité sur une vie intérieure pleine de piété et de renoncement personnel. 

Au moment de la révolution de 1936, avec ses Confrères, ils quittèrent le collège pour se cacher en divers endroits, là où quelque amitié courageuse leur offrait l’hospitalité. Il fut d’abord quinze jours chez le cuisinier, avec deux autres Frères. En dernier lieu, le frère León se trouvait dans la famille Munt-Alabern, jusqu’au 1er décembre.

Ce jour-là, les miliciens le découvrirent, et voulurent lui arracher l’habit. Il en retira le livre de l’Imitation de Jésus-Christ, pour le remettre à la maîtresse de maison. Un des miliciens le lui arracha et, visiblement assez ignorant des habitudes de l’Eglise, lui demanda : C’est avec ça que tu dis la Messe tous les jours ? Et lui de répondre calmement : Moi, je ne suis pas prêtre.

Les miliciens firent semblant de le laisser là, mais revinrent le lendemain, s’en saisirent, et le traînèrent littéralement jusqu’à la rue del Bruch, devant les numéros 91-93, où ils lui tirèrent cinq balles de révolver, le «punissant» pour l’unique faute d’être religieux et éducateur des jeunes, enfants des pauvres travailleurs catalans de Manresa. Il avait trente ans.

Le Frère León sera inscrit le 2 décembre au Martyrologe. Il a été béatifié en 2007, parmi les quatre-cent quatre-vingt dix-huit Martyrs d’Espagne béatifiés cette année-là.

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