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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 23:00

Jules-Nicolas Rèche

1838-1890

 

Jules-Nicolas naquit à Landroff (Moselle) le 2 septembre 1838, dans une famille si pauvre, qu’il dut très tôt travailler comme palefrenier, cocher, charretier.

Il se fit remarquer pour son honnêteté, sa discrétion.

Ayant rencontré les Frères des Ecoles Chrétiennes, il demanda à y être admis. 

Il commença le noviciat en 1862, avec le nom de Arnould et, après la profession, il enseigna pendant quatorze ans à Reims.

Son zèle ne s’arrêta pas là : il profita de ses «heures libres» pour étudier la théologie, les mathématiques, les sciences, l’agriculture, ce qui lui permit d’enseigner aussi à de petits groupes d’élèves plus âgés.

Durant la guerre de 1870, il travailla comme infirmier, pour soulager les blessés des deux camps. Il fut décoré de la médaille de bronze.

Bientôt nommé maître des novices à Thillois, sa renommée s’agrandit à cause de sa grande sainteté : vie ascétique, piété profonde, mais aussi miracles, discernement des pensées. Frère Arnould était particulièrement dévot de la passion du Christ et docile à l’action de l’Esprit Saint, qui fortifie le cœur des hommes.

Lors du déplacement du noviciat à Courlancy (Reims) en 1885, il fit consacrer la maison au Sacré-Cœur.

Frère Arnould mourut saintement le 23 octobre 1890 et fut béatifié en 1987.

 
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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 23:00

Phaolô Tống Viết Bưòng

1773-1833

 

Phaolô (Paul) était né vers 1773 à Phủ Cam (Phu Xuân, actuelle Huế, Vietnam), d’une famille où l’on était catholique depuis plusieurs générations.

Le père et le grand-père de Phaolô étaient mandarins ; lui-même entra dans la garde royale et devint capitaine de la 1e compagnie de son régiment ; même le roi disait de lui qu’il remplissait son devoir avec zèle et activité. Il avait été décoré de la plaque d’ivoire pour ses services.

Dans le cours de son service, le souverain l’envoya en mission inspecter les opérations militaires contre les populations primitives de la province de Quang-Ngai. Quand il vit son rapport, le roi lui demanda s’il était allé visiter la pagode de Non-Duoc. Phaolô répondit d’abord qu’il n’en avait pas reçu l’ordre exprès, et ajouta ensuite qu’il n’y était pas allé parce qu’il était chrétien.

Le roi lui fit alors de terribles reproches, se mit en colère et ordonna de le décapiter ; un des amis de Phaolô ayant intercédé pour lui, la peine fut commuée : le capitaine reçut quatre-vingts coups de rotin, fut dégradé et condamné à servir comme simple soldat.

Phaolô put acheter le droit de se retirer dans sa famille. Un an plus tard, le roi demanda la liste de ses soldats chrétiens ; Phaolô manquait : le roi le fit arrêter et mettre en prison.

Phaolô fut mis à la cangue en prison pour six mois, puis fut chargé d’une chaîne au cou et aux jambes. Tous les dix jours, on l’interrogeait et, comme il refusait d’apostasier, on lui administrait une vingtaine de coups de bâton. Il refusa catégoriquement de marcher sur la Croix. Ses blessures n’avaient pas le temps de cicatriser d’une séance à l’autre. Epuisé, il sentait ses forces le quitter, mais ne se plaignait jamais. Il priait pour obtenir la grâce d’être fidèle.

Le roi ne voulait pas le tuer ; il préférait une apostasie, plus efficace, selon lui, pour éteindre la foi dans le pays. Il ordonna de le battre encore et encore ; et s’il en mourait, qu’on le jetât hors des murs de la ville. Mais pour abréger l’attente, il finit par prononcer une sentence de mort. Phaolô devait être décapité et sa tête exposée plusieurs jours en signe d’ignominie.

Le vaillant soldat mourut pour le Roi céleste le 23 octobre 1833 à Thở Ɖuc (Saigon, Vietnam), et fut béatifié en 1900, canonisé en 1988.

 
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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 23:00

  

Giovanni de Capistrano

1386-1456

 

Giovanni, né le 24 juin 1386, à Capistrano (Abruzze, Italie centrale), reçut le nom du Saint du jour : Jean-Baptiste.

Il était fils d'un gentilhomme français qui avait suivi à Naples le duc d'Anjou, devenu roi de ce pays ; ce papa mourut bientôt, et la maman éduqua Giovanni avec une profonde piété.

Après ses humanités, le garçon fut envoyé à Pérouse pour y étudier le droit canonique et civil. Très brillant, il reçut une place de judicature, et fut très recherché pour la maturité de son jugement. Il devint même gouverneur de Pérouse.

Un homme riche et noble, charmé de ses qualités éminentes, lui proposa sa fille en mariage. Tout lui souriait dans le monde, quand tout à coup s'évanouirent ces flatteuses espérances.

Dans une guerre contre Rimini, la ville de Pérouse le soupçonna de trahir sa patrie ; on le fit arrêter. Malgré son innocence et son éloquence à se défendre, il fut jeté en prison. Ayant tenté de s’évader, il se brisa le pied et fut jeté dans un sombre cachot. 

Dans ce cachot, il eut la vision de saint François d’Assise. Il vendit tous ses biens, paya sa rançon, remit à sa fiancée sa dot, distribua le reste aux pauvres, et se réfugia chez les Franciscains, au monastère du Mont, près de Pérouse. 

Le Gardien (c’est-à-dire le Supérieur), craignant que cette vocation ne fût que l'effet d'un dépit passager plutôt que d'un mouvement de la grâce, voulut l'éprouver. Il lui ordonna de faire le tour de la ville de Pérouse dont il avait été gouverneur, monté à rebours sur un âne, couvert d'un mauvais habit et la tête coiffée d'un bonnet de carton où étaient écrits divers péchés. 

On peut à juste titre s’étonner des méthodes utilisées par certains maîtres spirituels, mais Dieu le permet parfois pour honorer encore plus les vertus des Saints. Après une telle épreuve, les humiliations du noviciat ne coûtèrent pas beaucoup à Giovanni.

Admis en 1416, il eut pour maître de noviciat un simple frère convers, sans doute très spirituel, mais très dur, à la direction duquel Giovanni se soumit avec la simplicité d'un enfant. Il fut traité par lui avec la dernière sévérité. Je rends grâces au Seigneur, disait-il plus tard, de m'avoir donné un tel guide ; s'il n'eût usé envers moi de pareilles rigueurs, jamais je n'aurais pu acquérir l'humilité et la patience.

Giovanni fut renvoyé par deux fois du noviciat comme incapable de remplir jamais aucun emploi dans la religion. Il resta jour et nuit à la porte du couvent, souffrant avec joie l'indifférence des religieux, les railleries des passants et le mépris des pauvres qui venaient demander l'aumône. Une persévérance si héroïque désarma la sévérité des supérieurs et dissipa leurs craintes. Giovanni, reçu de nouveau, fut enfin admis à la profession.

Dès lors sa vie fut admirable, il vivait uniquement de Jésus sur la Croix. Embrasé d'amour pour Dieu, il faisait de sa vie une oraison continuelle : le Crucifix, le Tabernacle, l'image de Marie, le jetaient dans l'extase : Dieu, disait-il, m'a donné le nom de Giovanni, pour me faire le fils de Marie et l'ami de Jésus.

Pour la théologie, il eut pour maîtres saint Giacomo de la Marche et saint Bernardin de Sienne, dont il sera plus tard un vaillant collaborateur. En attendant, Giovanni semblait avoir la science infuse, en théologie comme en droit canonique.

Ordonné prêtre vers 1425, Giovanni fut appliqué au ministère de la parole. Ses paroles produisaient partout des conversions nombreuses. Une secte de prétendus moines, les Fraticelli, dont les erreurs et les mœurs scandalisaient l'Église, fut anéantie par son zèle et sa charité. Le Pape Eugène IV, frappé des prodigieux succès de Giovanni, l'envoya comme nonce en Sicile ; puis le chargea de travailler, au concile de Florence, à la réunion des Latins et des Grecs. Enfin il le députa vers le roi de France, Charles VII.

Ami de saint Bernardin de Sienne, il le défendit, devant la cour de Rome, contre les calomnies que lui attirait son ardeur pour la réforme de son Ordre ; il l'aida grandement dans cette entreprise, réformant les couvents selon la première règle de sainte Claire, comme le faisait sainte Colette en France. 

Plus tard, il travaillera activement à la canonisation de saint Bernardin.

Le pape Eugène IV proposa l’épiscopat à Giovanni, qui le refusa si humblement, que le pape n’insista pas.

Le pape suivant, Nicolas V, l'envoya en qualité de commissaire apostolique dans la Hongrie, l'Allemagne, la Bohème et la Pologne. Giovanni y alla avec Æneas Silvio Piccolomini, futur pape Pie II,  pour remettre la concorde entre les princes allemands. En voyage, pour passer un fleuve, Giovanni étendit le manteau de saint Bernardin au-dessus de l’eau, et l’escorte put passer à pieds secs. En Allemagne, les villes entières se portaient à la rencontre de Giovanni. Toutes sortes de bénédictions accompagnèrent ses pas. Il ramena au bercail de l'Église un grand nombre de personnes, et convertit une quantité prodigieuse de Juifs et de Musulmans. Giovanni prêchait en latin, traduit par un interprète.

Giovanni évangélisa la Carinthie, la Styrie, l’Autriche, la Bohême, la Moravie, la Silésie, la Bavière, la Thuringe, la Saxe, la Franconie, la Pologne, la Transylvanie, la Modavie, la Valachie… Les miracles accompagnaient sa prédication, jusqu’à des résurrections.

À cette époque, Mahomet II menaçait l'Occident d'une complète invasion, il tenait Belgrade assiégée et se promettait d'arborer le croissant dans l'enceinte même de Rome. Le Pape Calixte III chargea Giovanni de prêcher une croisade : à la voix puissante de cet ami de Dieu, une armée de quarante mille hommes se leva ; il lui trouva pour chef Huniade, qu’il conduisit à la victoire.

Étant à trois journées de marche des Turcs, tandis qu'il célébrait la Messe en plein air dans les grandes plaines du Danube, les témoins ont rapporté qu'une flèche partie d'en haut vint, pendant le Saint Sacrifice, se placer sur le corporal. Après la Messe, le Saint lut ces mots écrits en lettres d'or sur le bois de la flèche : Par le secours de Jésus, Giovanni de Capistran remportera la victoire.  Au fort de la mêlée, il tenait en main l'étendard de la Croix et criait : Victoire, Jésus, victoire ! Les Turcs se retirèrent en criant : Retirons-nous, car le Dieu des chrétiens combat pour eux. Belgrade fut sauvée. C'était le 14 juillet 1456.

C’est à la suite de cette victoire que fut instituée la fête de la Transfiguration.

Trois mois après, le 23 octobre 1456, Giovanni, se trouvant à Vilak (Sirmium), ayant prononcé ces paroles du Nunc dimittis : C'est maintenant, Seigneur, que tu laisseras mourir en paix ton serviteur, expira en disant une dernière fois : Jésus. Il avait soixante-dix ans.

D’après un manuscrit découvert en 1874, le corps de Giovanni fut, au siècle suivant, repris par les Turcs, et vendu à un riche seigneur, qui le remit à une communauté de moines basiliens orthodoxes : préservé de toute corruption, revêtu de l’habit franciscain, il se trouverait à Bistriz (Roumanie).

Giovanni de Capistrano fut canonisé dès 1690.

  

Giovanni de Capistrano

1386-1456

 

Giovanni, né le 24 juin 1386, à Capistrano (Abruzze, Italie centrale), reçut le nom du Saint du jour : Jean-Baptiste.

Il était fils d'un gentilhomme français qui avait suivi à Naples le duc d'Anjou, devenu roi de ce pays ; ce papa mourut bientôt, et la maman éduqua Giovanni avec une profonde piété.

Après ses humanités, le garçon fut envoyé à Pérouse pour y étudier le droit canonique et civil. Très brillant, il reçut une place de judicature, et fut très recherché pour la maturité de son jugement. Il devint même gouverneur de Pérouse.

Un homme riche et noble, charmé de ses qualités éminentes, lui proposa sa fille en mariage. Tout lui souriait dans le monde, quand tout à coup s'évanouirent ces flatteuses espérances.

Dans une guerre contre Rimini, la ville de Pérouse le soupçonna de trahir sa patrie ; on le fit arrêter. Malgré son innocence et son éloquence à se défendre, il fut jeté en prison. Ayant tenté de s’évader, il se brisa le pied et fut jeté dans un sombre cachot. 

Dans ce cachot, il eut la vision de saint François d’Assise. Il vendit tous ses biens, paya sa rançon, remit à sa fiancée sa dot, distribua le reste aux pauvres, et se réfugia chez les Franciscains, au monastère du Mont, près de Pérouse. 

Le Gardien (c’est-à-dire le Supérieur), craignant que cette vocation ne fût que l'effet d'un dépit passager plutôt que d'un mouvement de la grâce, voulut l'éprouver. Il lui ordonna de faire le tour de la ville de Pérouse dont il avait été gouverneur, monté à rebours sur un âne, couvert d'un mauvais habit et la tête coiffée d'un bonnet de carton où étaient écrits divers péchés. 

On peut à juste titre s’étonner des méthodes utilisées par certains maîtres spirituels, mais Dieu le permet parfois pour honorer encore plus les vertus des Saints. Après une telle épreuve, les humiliations du noviciat ne coûtèrent pas beaucoup à Giovanni.

Admis en 1416, il eut pour maître de noviciat un simple frère convers, sans doute très spirituel, mais très dur, à la direction duquel Giovanni se soumit avec la simplicité d'un enfant. Il fut traité par lui avec la dernière sévérité. Je rends grâces au Seigneur, disait-il plus tard, de m'avoir donné un tel guide ; s'il n'eût usé envers moi de pareilles rigueurs, jamais je n'aurais pu acquérir l'humilité et la patience.

Giovanni fut renvoyé par deux fois du noviciat comme incapable de remplir jamais aucun emploi dans la religion. Il resta jour et nuit à la porte du couvent, souffrant avec joie l'indifférence des religieux, les railleries des passants et le mépris des pauvres qui venaient demander l'aumône. Une persévérance si héroïque désarma la sévérité des supérieurs et dissipa leurs craintes. Giovanni, reçu de nouveau, fut enfin admis à la profession.

Dès lors sa vie fut admirable, il vivait uniquement de Jésus sur la Croix. Embrasé d'amour pour Dieu, il faisait de sa vie une oraison continuelle : le Crucifix, le Tabernacle, l'image de Marie, le jetaient dans l'extase : Dieu, disait-il, m'a donné le nom de Giovanni, pour me faire le fils de Marie et l'ami de Jésus.

Pour la théologie, il eut pour maîtres saint Giacomo de la Marche et saint Bernardin de Sienne, dont il sera plus tard un vaillant collaborateur. En attendant, Giovanni semblait avoir la science infuse, en théologie comme en droit canonique.

Ordonné prêtre vers 1425, Giovanni fut appliqué au ministère de la parole. Ses paroles produisaient partout des conversions nombreuses. Une secte de prétendus moines, les Fraticelli, dont les erreurs et les mœurs scandalisaient l'Église, fut anéantie par son zèle et sa charité. Le Pape Eugène IV, frappé des prodigieux succès de Giovanni, l'envoya comme nonce en Sicile ; puis le chargea de travailler, au concile de Florence, à la réunion des Latins et des Grecs. Enfin il le députa vers le roi de France, Charles VII.

Ami de saint Bernardin de Sienne, il le défendit, devant la cour de Rome, contre les calomnies que lui attirait son ardeur pour la réforme de son Ordre ; il l'aida grandement dans cette entreprise, réformant les couvents selon la première règle de sainte Claire, comme le faisait sainte Colette en France. 

Plus tard, il travaillera activement à la canonisation de saint Bernardin.

Le pape Eugène IV proposa l’épiscopat à Giovanni, qui le refusa si humblement, que le pape n’insista pas.

Le pape suivant, Nicolas V, l'envoya en qualité de commissaire apostolique dans la Hongrie, l'Allemagne, la Bohème et la Pologne. Giovanni y alla avec Æneas Silvio Piccolomini, futur pape Pie II,  pour remettre la concorde entre les princes allemands. En voyage, pour passer un fleuve, Giovanni étendit le manteau de saint Bernardin au-dessus de l’eau, et l’escorte put passer à pieds secs. En Allemagne, les villes entières se portaient à la rencontre de Giovanni. Toutes sortes de bénédictions accompagnèrent ses pas. Il ramena au bercail de l'Église un grand nombre de personnes, et convertit une quantité prodigieuse de Juifs et de Musulmans. Giovanni prêchait en latin, traduit par un interprète.

Giovanni évangélisa la Carinthie, la Styrie, l’Autriche, la Bohême, la Moravie, la Silésie, la Bavière, la Thuringe, la Saxe, la Franconie, la Pologne, la Transylvanie, la Modavie, la Valachie… Les miracles accompagnaient sa prédication, jusqu’à des résurrections.

À cette époque, Mahomet II menaçait l'Occident d'une complète invasion, il tenait Belgrade assiégée et se promettait d'arborer le croissant dans l'enceinte même de Rome. Le Pape Calixte III chargea Giovanni de prêcher une croisade : à la voix puissante de cet ami de Dieu, une armée de quarante mille hommes se leva ; il lui trouva pour chef Huniade, qu’il conduisit à la victoire.

Étant à trois journées de marche des Turcs, tandis qu'il célébrait la Messe en plein air dans les grandes plaines du Danube, les témoins ont rapporté qu'une flèche partie d'en haut vint, pendant le Saint Sacrifice, se placer sur le corporal. Après la Messe, le Saint lut ces mots écrits en lettres d'or sur le bois de la flèche : Par le secours de Jésus, Giovanni de Capistran remportera la victoire.  Au fort de la mêlée, il tenait en main l'étendard de la Croix et criait : Victoire, Jésus, victoire ! Les Turcs se retirèrent en criant : Retirons-nous, car le Dieu des chrétiens combat pour eux. Belgrade fut sauvée. C'était le 14 juillet 1456.

C’est à la suite de cette victoire que fut instituée la fête de la Transfiguration.

Trois mois après, le 23 octobre 1456, Giovanni, se trouvant à Vilak (Sirmium), ayant prononcé ces paroles du Nunc dimittis : C'est maintenant, Seigneur, que tu laisseras mourir en paix ton serviteur, expira en disant une dernière fois : Jésus. Il avait soixante-dix ans.

D’après un manuscrit découvert en 1874, le corps de Giovanni fut, au siècle suivant, repris par les Turcs, et vendu à un riche seigneur, qui le remit à une communauté de moines basiliens orthodoxes : préservé de toute corruption, revêtu de l’habit franciscain, il se trouverait à Bistriz (Roumanie).

Giovanni de Capistrano fut canonisé dès 1690.

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 23:00

Martín Erro Ripa

1914-1936

 

Martín était né le 3 mars 1914 à Viscarret (Navarre, Espagne), de Francisco et Teresa, qui le firent baptiser le jour même.

Le papa mourut de la grippe espagnole en 1918. Martín fut confirmé en 1919.

Un autre frère de Martín devint aussi Frère mariste, ainsi qu’un cousin.

Martín entra en 1925 au collège des Frères Maristes à Villafranca (Navarre) et commença le noviciat à Las Avellanas en 1929 ; il reçut l’habit et le nom de Teófilo Martín ; un an après il faisait les premiers vœux. Jeune, Teófilo Martín eut peu de missions : après Tuy, il enseigna à Burgos (1932), et Barruelo de Santullán (1935).

La profession solennelle était prévue pour le mois d’août 1936, mais…

Le 22 juillet, il s’enfuit jusqu’à Burgos en compagnie du Frère Egberto, mais ils furent arrêtés et mis en prison à Reinosa.

Le Frère Teófilo Martín et son Confrère furent assassinés sur le Monte Saja (Campoo de Suso) au soir du 23 octobre 1936. Il avait vingt-deux ans.

Il fut béatifié en 2013.

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 23:00

José María Cuartero Gascón

1918-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

 

De trois ans plus jeune que son frère Tomás, José María était né à Tabuenca (Saragosse) le 24 juillet 1918, fut baptisé le 26 suivant, et confirmé en 1922.

Il accompagna son grand frère au collège de Saragosse, et décida avec lui d’entrer chez les Passionistes, après avoir entendu la prédication du père Ildefonso à Tabuenca durant le carême de 1930.

José María commença la noviciat à son tour à Corella en 1934. Il était plus expansif que son frère aîné, mais fit correctement tout son parcours et, lors du vote pour l’admission à la profession, reçut seulement une boule noire contre sept blanches.

Il fit donc la profession en octobre 1935, avec le nom de José María de Jésus et Marie. Il était le plus jeune de tout le groupe des étudiants passionistes.

C’est alors qu’il retrouva avec joie son aîné à Daimiel. Avec ses dix-sept ans, benjamin de la communauté, c’était encore un adolescent vif, joyeux, qui mettait une saine ambiance durant les récréations. Il avait la voix un peu rauque, disait-on.

José María avait une réelle admiration pour son frère aîné, en particulier pour ses dons oratoires ; en effet, durant les années de préparation sacerdotale, les jeunes étaient invités à prêcher dans la chapelle à l’occasion des fêtes importantes comme saint Gabriel de l’Addolorata, saint Thomas d’Aquin, saint Louis de Gonzague (voir la note ci-dessous). En ce début de l’année 1936, le sort tomba sur Tomás.

A partir de la nuit du 21-22 juillet 1936, les deux frères furent encore plus unis dans leur destinée commune. 

Le 23 juillet, ils subirent la première fusillade de Manzanares. Le 24, José María «fêtait» ses dix-huit ans, à l’hôpital où la Croix-Rouge l’avait recueilli avec les cinq autres Passionistes, dont son frère. José María eut alors la mâchoire fracassée.

Le 23 octobre 1936, Tomás et José María tombèrent sous la deuxième fusillade de Manzanares, avec leur directeur, le père Ildefonso.

Unis dans la consécration et dans le martyre, ils furent unis dans une même cérémonie de béatification, en 1989. 

 

Note. Ces trois Saints intéressent directement les jeunes séminaristes : Gabriele de l’Addolorata (de N.Dame des Douleurs), était un jeune Passioniste qui mourut à vingt-quatre ans ; Tommaso d’Aquino, Docteur de l’Eglise, est le patron céleste des étudiants de philosophie scholastique ; Luigi Gonzaga, jeune novice jésuite, mort à vingt-trois ans, est le patron céleste de la jeunesse. Ils sont fêtés respectivement les 27 février, 28 janvier et 21 juin.

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 23:00

  

Eufrasio de Celis Santos

1915-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

 

Eufrasio était né le 13 mars 1915 (on trouve parfois 1913, sans doute une erreur) à Salinas de Pisuerga (Palencia, Espagne), troisième enfant de Emiliano de Celis et Juana Santos ; ils s’appelaient María Rosario, Eutiquio, Eufrasio et Severino ; Eufrasio fut baptisé le 21 suivant, avec les noms de Eufrasio Benito, car à cette époque on fêtait saint Benoît le 21 mars.

Eufrasio fut confirmé la même année, selon une coutume de l’époque, et reçut la Première communion en 1923. 

Petit, il aidait le curé et l’organiste de la paroisse, servait la messe, participait aux chants… malgré sa mauvaise oreille musicale, disait-on. A la maison, il se mettait des pages de journaux en guise d’ornements et se faisait servir la messe par son petit frère.

En 1927 il partit pour le tout nouveau collège de Saragosse. En 1931, il passa l’été en famille, car l’atmosphère de Saragosse n’était pas tranquille : la révolution grondait déjà. Eufrasio voulut rendre visite à son maître d’école, et en chemin fut assailli par quatre garçons qui le menacèrent pour le décourager de retourner à Saragosse. C’était déjà le début de la persécution.

En septembre cependant, les autorités l’avertirent qu’il pouvait revenir à Saragosse. Un témoin, présent chez lui lorsque lui parvint l’invitation à revenir à Saragosse, raconta qu’Eufrasio, de joie, aurait alors jeté en l’air sa cuillère sans manger rien d’autre ! 

En réalité, une crise allait se déclarer peu après. De Saragosse, on l’envoya commencer le noviciat à Corella, où une crise intérieure le travailla au point de lui arracher les larmes, écrivit-il. Mais sa persévérance porta ses fruits et il put faire la profession en 1932, prenant le nom de Eufrasio de l’Amour Miséricordieux.

A Corella se trouvaient les pères Ildefonso, supérieur, et Fulgencio, maître des novices, avec lesquels les jeunes étudiants seraient bientôt martyrisés. D’après les comptes-rendus des Pères, Eufrasio donna entière satisfaction par son combat spirituel intérieur et son comportement. 

Lors de la profession, Eufrasio se confiait à la Vierge Marie pour recevoir les forces et le courage d’accomplir les obligations qu’il venait de contracter.

Il aimait les fleurs, et demanda (en janvier 1934) à sa mère de lui envoyer des graines de fleurs de la passion, espérant les voir déjà fleurir à l’automne prochain. 

En août 1934 cependant, terminées les Humanités, il sait qu’il va partir pour Daimiel avec quatorze confrères. Il en est heureux. Il sait que la persécution est présente, qu’au Mexique, on leur a confisqué trois maisons, mais il ne faut pas avoir peur, la parole de Dieu ne faiblit pas. Fin 1935, il s’attend à ce que l’année suivante soit tragique pour l’Espagne.

Dans une lettre de février 1936, il se dit prêt pour le martyre.

Ses professeurs s’étonnaient de la maturité de son jugement ; Eufrasio était un homme de réflexion, posé, heureux de sa consécration chez les Passionistes. Il écrivait à sa famille : Ma vie est chaque jour plus heureuse. Aidez-moi à remercier Dieu pour le don de la vocation religieuse.  Il se confiait à Notre-Dame : Soyons assurés que, si nous aimons Marie, elle nous protégera durant notre vie et encore plus à l’heure de la mort. 

Il devait revenir à Saragosse en août 1936, mais les événements de juillet lui donnèrent l’occasion de témoigner pour sa foi : une première fois fusillé le 23 juillet à Manzanares, il en conserva de graves lésions au visage ; il survécut grâce à la Croix-Rouge qui le fit hospitaliser avec cinq autres Compagnons ; à peine sorti de l’hôpital, trois mois après, il tomba sous les balles d’une deuxième fusillade, le 23 octobre 1936, avec les cinq autres. Eufrasio mourut d’une balle dans l’abdomen et une autre qui lui traversa la tête.

Tous furent béatifiés en 1989.

  

Eufrasio de Celis Santos

1915-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

 

Eufrasio était né le 13 mars 1915 (on trouve parfois 1913, sans doute une erreur) à Salinas de Pisuerga (Palencia, Espagne), troisième enfant de Emiliano de Celis et Juana Santos ; ils s’appelaient María Rosario, Eutiquio, Eufrasio et Severino ; Eufrasio fut baptisé le 21 suivant, avec les noms de Eufrasio Benito, car à cette époque on fêtait saint Benoît le 21 mars.

Eufrasio fut confirmé la même année, selon une coutume de l’époque, et reçut la Première communion en 1923. 

Petit, il aidait le curé et l’organiste de la paroisse, servait la messe, participait aux chants… malgré sa mauvaise oreille musicale, disait-on. A la maison, il se mettait des pages de journaux en guise d’ornements et se faisait servir la messe par son petit frère.

En 1927 il partit pour le tout nouveau collège de Saragosse. En 1931, il passa l’été en famille, car l’atmosphère de Saragosse n’était pas tranquille : la révolution grondait déjà. Eufrasio voulut rendre visite à son maître d’école, et en chemin fut assailli par quatre garçons qui le menacèrent pour le décourager de retourner à Saragosse. C’était déjà le début de la persécution.

En septembre cependant, les autorités l’avertirent qu’il pouvait revenir à Saragosse. Un témoin, présent chez lui lorsque lui parvint l’invitation à revenir à Saragosse, raconta qu’Eufrasio, de joie, aurait alors jeté en l’air sa cuillère sans manger rien d’autre ! 

En réalité, une crise allait se déclarer peu après. De Saragosse, on l’envoya commencer le noviciat à Corella, où une crise intérieure le travailla au point de lui arracher les larmes, écrivit-il. Mais sa persévérance porta ses fruits et il put faire la profession en 1932, prenant le nom de Eufrasio de l’Amour Miséricordieux.

A Corella se trouvaient les pères Ildefonso, supérieur, et Fulgencio, maître des novices, avec lesquels les jeunes étudiants seraient bientôt martyrisés. D’après les comptes-rendus des Pères, Eufrasio donna entière satisfaction par son combat spirituel intérieur et son comportement. 

Lors de la profession, Eufrasio se confiait à la Vierge Marie pour recevoir les forces et le courage d’accomplir les obligations qu’il venait de contracter.

Il aimait les fleurs, et demanda (en janvier 1934) à sa mère de lui envoyer des graines de fleurs de la passion, espérant les voir déjà fleurir à l’automne prochain. 

En août 1934 cependant, terminées les Humanités, il sait qu’il va partir pour Daimiel avec quatorze confrères. Il en est heureux. Il sait que la persécution est présente, qu’au Mexique, on leur a confisqué trois maisons, mais il ne faut pas avoir peur, la parole de Dieu ne faiblit pas. Fin 1935, il s’attend à ce que l’année suivante soit tragique pour l’Espagne.

Dans une lettre de février 1936, il se dit prêt pour le martyre.

Ses professeurs s’étonnaient de la maturité de son jugement ; Eufrasio était un homme de réflexion, posé, heureux de sa consécration chez les Passionistes. Il écrivait à sa famille : Ma vie est chaque jour plus heureuse. Aidez-moi à remercier Dieu pour le don de la vocation religieuse.  Il se confiait à Notre-Dame : Soyons assurés que, si nous aimons Marie, elle nous protégera durant notre vie et encore plus à l’heure de la mort. 

Il devait revenir à Saragosse en août 1936, mais les événements de juillet lui donnèrent l’occasion de témoigner pour sa foi : une première fois fusillé le 23 juillet à Manzanares, il en conserva de graves lésions au visage ; il survécut grâce à la Croix-Rouge qui le fit hospitaliser avec cinq autres Compagnons ; à peine sorti de l’hôpital, trois mois après, il tomba sous les balles d’une deuxième fusillade, le 23 octobre 1936, avec les cinq autres. Eufrasio mourut d’une balle dans l’abdomen et une autre qui lui traversa la tête.

Tous furent béatifiés en 1989.

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 23:00

Leonardo Olivera Buera

1889-1936

 

Leonardo Olivera Buera était né le 6 mars 1889 à Campo (Huesca, Espagne).

Il fut ordonné prêtre pour le diocèse de Saragosse en 1916, et nommé curé de Movera (Puente Gallego, Saragosse) et en même temps chapelain de l’Ecole Notre-Dame du Carmel à Bonanova, gérée par les Frères des Ecoles Chrétiennes.

Comme prêtre, il collabora fraternellement avec les Frères, de sa parole prudente et sage, autant qu’avec tout le zèle nécessaire pour les jeunes, en particulier ceux qui montraient quelque attirance pour la vie religieuse.

Au moment de la persécution religieuse, le 9 juillet 1936, des miliciens firent irruption dans le collège et allèrent frapper à sa porte. Cette fois-ci, ce n’était pas un jeune adolescent qui venait le trouver, mais des soldats enragés. L’un d’eux le blessa au bras d’un coup de pistolet. Il put aller se faire soigner à l’hôpital, avant de tenter de rejoindre sa sœur à Valencia.

Le 22 septembre, il fut reconnu et arrêté, partageant ainsi le sort des Frères, qui furent les uns après les autres arrêtés, parfois torturés et fusillés.

L’abbé Leonardo Olivera Buera fut fusillé à El Saler (Valencia) le 23 octobre 1936 (cet assassinat eut peut-être lieu dès le 22 ou 23 septembre).

Il a été béatifié en 2001.

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 23:00

Honorino Carracedo Ramos

1917-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

 

Né le 21 avril 1917 à La Lastra, Honorino était du même pays que son Confrère Julio Mediavilla, qui tomba à Carabanchel Bajo (Madrid).

Il reçut le Baptême dès le 22 avril 1917, et la Confirmation en septembre de la même année.

Il entraîna derrière lui deux autres frères, Jesús et Casimiro ; le premier vivait encore il y a peu au Mexique, l’autre mourut à Toluca en 1992. Honorino était particulièrement attaché à son frère Jesús.

Dès 1928, il rejoignit le collège passioniste de Saragosse, plein d’enthousiasme. 

L’été 1931, il dut regagner sa famille à cause des événements difficiles, puis retourna à Saragosse, où il reçut l’habit en 1932, avec le nom de Honorino de la Vierge des Douleurs. Il écrivit à ses parents : Réjouissez-vous d’avoir eu la chance de consacrer au Seigneur le plus aimé de vos fils.

Il fit le noviciat et la profession (1933) à Corella, puis fut envoyé à Daimiel en 1934.

Il avait la voix puissante et présentait bien. Il avait un rêve : partir en mission en Amérique Latine, comme d’autres étaient déjà allés au Mexique, à Cuba, au Vénézuéla… A son cher Jesús, il écrivait encore, en mai 1936 : Toujours de l’avant, le regard fixé sur Jésus Crucifié et sur Notre-Dame des Douleurs.

Honorino reçut la grâce du martyre «en deux fois». 

La première fois, ce fut le 23 juillet 1936 à Manzanares, où tombèrent six de ses Confrères ; il fut hospitalisé par les soins de la Croix-Rouge ; à cette occasion, on devait lui extraire du bras une balle, au milieu d’indicibles souffrances et Honorino encourageait le personnel infirmier : Allez-y, je suis «passioniste» ! 

La deuxième fois, ce fut trois mois après, toujours à Manzanares, juste après être sorti de l’hôpital ; une nouvelle raffale de balles abattit les Religieux, au soir du 23 octobre 1936.

Honorino avait dix-neuf ans. 

Il fut béatifié avec les vingt-cinq autres Passionistes de Daimiel, en 1989.

 

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 23:00

Leonardo Arce Ruiz

1907-1936

 

Leonardo était né le 6 novembre 1907, jour où l’on fête un saint Léonard, dont il porta le nom, à Arcellares del Tozo (Burgos, Espagne), de Bernabé et Gabina, qui eurent ensuite une petite fille, Paulina.

L’enfant fut baptisé dès le 7 novembre et fut confirmé en 1921.

Signalons ici que son père mourut fort jeune et que sa mère se remaria avec un veuf, Cristóbal Arroyo, père de quelques enfants qu’elle éduqua vraiment chrétiennement.

Leonardo entra en 1919 dans la congrégation des Frères Maristes à Arceniega et commença le noviciat à Las Avellanas en 1922 ; en 1923 il reçut l’habit et le nom de Egberto ; un an après il faisait les premiers vœux et la profession perpétuelle en 1930.

Deux de ses demi-frères entrèrent à leur tour dans la même congrégation : Miguel, qui mourut encore séminariste en 1924, et Evelio, qui disparut en 1936. Un neveu de Leonardo, Gilberto, fils de Paulina, fut aussi mariste et missionnaire au Chili. 

Egberto fut envoyé à Palafrugell (1924) et La Garriga (1925) comme cuisinier ; à Las Avellanas (1926) comme jardinier ; puis il enseigna à Sabadell (1928), Barcelone (1929), Valencia (1929), La Garriga (1932), Alcazarquivir (Maroc, 1933) en remplacement du service militaire, enfin Palencia (1935).

Le Frère Egberto fut un vrai Religieux, humble et serviable, amant de la pauvreté et bon professeur.

Le 22 juillet 1936, il s’enfuit à destination de Burgos avec le Frère Teófilo Martín ; reconnus en voyage et arrêtés, ils furent conduits à Reinosa. Ils furent assassinés sur le mont Saja à Campoo de Suso le 23 octobre 1936.

Ils furent béatifiés en 2013.

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 23:00

 

 

Passionistes de Daimiel

† 1936

 

Daimiel est une localité proche de Ciudad Real (Castille la Manche, Espagne centrale), où se trouvait un important couvent de Passionistes, dédié au «Christ de la Lumière» (Santo Cristo de la Luz). On y formait principalement de jeunes vocations en vue de les envoyer en mission en Amérique latine (Mexique, Cuba, Vénézuéla) : on s’apercevra plus bas que beaucoup avaient en effet entre dix-huit et vingt-et-un ans.

Dans le couvent se trouvait le père Provincial, Nicéforo de Jésus et Marie, avec, à ses côtés, le supérieur du couvent, Felipe de l’Enfant-Jésus.

La Révolution anti-cléricale venait d’éclater au grand jour. Le 21 juillet 1936 un peu avant  minuit, un groupe d’hommes armés se présenta au couvent de Daimiel. Les trente-et-un Religieux étaient en ce moment rassemblés autour de leur Supérieur, le père Nicéforo de Jésus, qui leur adressait ces paroles : 

Mes enfants, voici notre Gethsémani. Notre esprit est profondément angoissé à contempler cette dure perspective du Calvaire, comme ce fut le cas pour Jésus ; de même notre nature humaine, dans sa faiblesse, tremble, prend peur… Mais Jésus est avec nous. Je vais vous Le donner, Lui qui est la force du faible… Jésus a été réconforté par un ange ; c’est Jésus lui même qui nous réconforte et nous soutient… Dans quelques instants, nous serons avec le Christ… Citoyens du Calvaire, courage ! Mourons avec le Christ ! C’est mon devoir, maintenant, de vous encourager, et moi-même je suis encouragé par votre exemple.

Ensuite, le père Nicéforo donna à toute la communauté l’absolution générale puis la Communion. 

Les hommes armés firent sortir toute la communauté et la rassembla dans le cimetière voisin. Un des cinq rescapés put raconter : 

Notre imagination s’emballait à la vue des tombes déjà creusées. Allaient-ils nous enterrer vivants ou morts ? Déjà, la pensée de la mort suffisait à nous terroriser, mais l’idée d’être enterrés vivants, encore plus.

Les hommes partagèrent les Religieux en différents groupes, qu’ils laissèrent partir librement, avec ordre de ne plus reparaître à Daimiel. Mais leurs mouvements, leurs points de chute, furent strictement contrôlés par le Front populaire et annoncés à divers groupes armés, avec cet avertissement fallacieux : Les Passionistes de Daimiel vont passer par là. C’est de la viande fraîche ! Ne les laissez pas partir… A part cinq d’entre eux qui réussirent à rejoindre Madrid et à survivre après mille péripéties, les vingt-six autres furent martyrisés.

1. Le 22 (ou plutôt probablement le 23) juillet, neuf d’entre eux, furent mis dans un train à destination de Madrid, avec un sauf-conduit indiquant qu’ils étaient religieux : ce sauf-conduit suffisait par lui-même à dénoncer les Religieux. Mis en prison dans le proche quartier de Carabanchel Bajo, accusés d’être des religieux qui tuaient les gens, puis exposés dans la rue pour recevoir les moqueries des passants ; ils furent ensuite abattus et mis dans une fosse commune, avec au poignet l’énoncé de leur «crime» : Pour être un religieux Passioniste de Daimiel.

2. Le 23 juillet, furent abattus à Manzanares (Ciudad Real) le père Nicéforo et cinq autres. Six autres furent «seulement» blessés (l’un perdit un œil, un autre avait une balle dans le bras, un autre avait la mâchoire fracassée) ; ils formeront le dernier groupe, et seront fusillés une deuxième fois le 23 octobre suivant (voir plus bas).

3. Trois autres Religieux pensèrent rejoindre Madrid, en train ou à pied ; on les fit descendre du train à Urda (Tolède), et on les fusilla au matin du 25 juillet.

4. Deux autres, le père Juan Pedro de Saint-Antoine et le frère Pablo María de Saint-Joseph, rejoignirent Carrion de Calatrava (Ciudad Real), où ils purent se cacher pendant deux mois. Découverts, on les abattit, le 25 septembre, tandis qu’ils baisaient leur crucifix et criaient Vive le Christ Roi ! Avec eux fut aussi exécuté un autre Religieux mariste.

5. Six autres, ceux dont il a été question plus haut, recueillis par la Croix-Rouge à Manzanares, hospitalisés pendant trois mois, sortis de l’hôpital, furent exécutés trois mois plus tard, le 23 octobre, dans les environs de Manzanares (Ciudad Real).

Des témoins oculaires purent affirmer que tous les Passionistes pardonnèrent à leurs assassins avant de mourir. Un autre raconta que, après avoir été abattu, le père Nicéforo avait les yeux tournés vers le ciel et souriait. L’un des assassins alors, furieux, lui tira encore une fois à brûle pourpoint, en disant Quoi, tu souris encore ?

Ces vingt-six Martyrs furent béatifiés en 1989.

Ils sont commémorés au Martyrologe à leurs dies natalis respectifs. Comparant d’autres sources, on pourra trouver quelques variantes de dates (entre le 22 et le 23 juillet, entre le 23 juillet et le 23 octobre) ; on a privilégié ici les sources officielles passionistes.

 

Voici la liste de ces Martyrs, rangés par ordre chronologique de leur martyre, puis par ordre chronologique de leur naissance

 

1. Le 23 (ou peut-être le 22) juillet 1936, à Carabanchel Bajo (Madrid) :

Prénom Nom Nom de religion Qualité Naissance Lieu de Naissance
Felipe Valcobado Granado F. de l’Enfant-Jésus Prêtre 26-05-1874 San Martín de Rubiales (Burgos)
Manuel Pérez Jiménez Germán de Jésus et Marie Prêtre 07-09-1898 Cornago (La Rioja) 
Anacario Benito Nozal A. de l’Immaculée Frère 23-09-1906 Becerril del Carpio (Palencia)
Felipe Ruiz Fraile F. de Saint-Michel Frère 06-03-1915 Quintanilla de la Berzosa (Palencia)
Maurilio Macho Rodrígue M. de l’Enfant-Jésus Clerc 15-03-1915 Villafría (Burgos)
José Osés Sáinz J. de Jésus et Marie Clerc 29-04-1915 Peralta (Navarra)
Julio Mediovilla Concejero J. du Cœur de Jésus Clerc 07-05-1915 La Lastra (Palencia)
José Ruiz Martínez J. María de Jésus Agonisant Clerc 03-02-1916 Puente La Reina (Navarra)
Laurino Proaño Cuesta L. de Jésus Crucifié Clerc 14-04-1916 Villafría (Burgos)

 

2. Le 23 juillet 1936, à Manzanares (Ciudad Real) :

Prénom Nom Nom de religion Qualité Naissance Lieu de naissance
Vicente Diez Tejerina Nicéforo de Jésus et Marie Prêtre 17-02-1893 Herreruela (Cáceres)
José Estalayo García J. des Sacrés-Cœurs Clerc 17-03-1915 San Martín de Perapertú (Palencia)
Epifanio Sierra Conde Sierra Conde Clerc 12-05-1916 San Martín de los Herreros (Palencia)
Fulgenzio Calvo Sánchez F. du Cœur Imm. de Marie Clerc 16-01-1917 Cubillo de Ojeda (Palencia)
Abilio Ramos y Ramos A. de la Croix Clerc 22-02-1917 Resoba (Palencia)
Zacarías Fernández Crespo Z. du Saint-Sacrement Clerc 24-05-1917 Cintruénigo (Navarra)

 

3. Le 25 juillet 1936, à Urdá (Tolède) : 

Prénom Nom Nom de religion Qualité Naissance Lieu de naissance
Benito Solana Ruiz B. de N.Dame de Villar Frère 17-02-1882 Cintruénigo (Navarra)
Pedro Largo Redondo P. du Cœur de Jésus Prêtre 19-05-1907 Alba de los Cardaños (Palencia)
Felix Ugalde Irurzun F. des Cinq Plaies Clerc 06-11-1915 Mendigorria (Navarra)

 

4. Le 25 septembre 1936, à Carrion de Calatrava (Ciudad Real) :

Prénom Nom Nom de religion Qualité Naissance Lieu de naissance
Pedro  Leoz Portillo Pablo María de Saint-Joseph Frère 17-02-1882 Leoz (Navarra)
José María    Bengoa Aranguren Juan Pedro de Saint-Antoine Prêtre 19-06-1890 Santa Águeda de Guesalíbar (Guipúzcoa)

 

 

5. Le 23 octobre 1936, à Manzanares (Ciudad Real) : 

Prénom Nom Nom de religion Qualité Naissance Lieu de naissance
Anatolio García Nozal  Ildefonso de la Croix Prêtre 15-03-1898 Becerril del Carpio (Palencia)
Justiniano Cuesta Redondo J. de S.Gabriel de l’Addolorata Prêtre 19-08-1910 Alba de los Cardaños (Palencia)
Eufrasio De Celis Santos E. de l’Amour Miséricordieux Clerc 13-03-1913 Salinas de Pisuerga (Palencia)
Tomás Cuartero Gascón T. du Saint-Sacrement Clerc 22-02-1915 Tabuenca (Saragosse)
Honorino Carracedo Ramos H. de N.Dame des Douleur Clerc 21-04-1916 La Lastra (Palencia)
José María Cuartero Gascón J.M. de Jésus et Marie Clerc 24-04-1918 Tabuenca (Saragosse)
           

 

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