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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 23:03

François-Isidore Gagelin

1799-1833

 

Dans cette Franche-Comté qui autrefois fut une pépinière de vocations et de sainteté, naquit à Montperreux (Pontarlier, Doubs) un petit garçon, troisième enfant d’un couple très chrétien, qui reçut au Baptême les prénoms de François-Isidore.

Monsieur Charles-François Gagelin était un homme respecté dans le village : outre qu’il avait acquis une certaine science botanique et médico-vétérinaire, il avait ouvert sa maison aux prêtres réfractaires durant la Terreur, d’où il les faisait passer en Suisse.

François-Isidore naquit le 10 mai 1799, et fut baptisé «seulement» deux mois plus tard, ce qui était beaucoup à l’époque, mais on avait attendu le passage d’un prêtre insermenté.

Le papa décéda deux ans après et les deux sœurs aînées de François-Isidore s’occupèrent de lui.

A cinq ans, le petit garçon affirmait déjà sa vocation. Un jour qu’il pleuvait et que l’aînée lui apportait un vêtement pour se protéger de la pluie, il refusa l’offre en disant : Je veux m’endurcir pour aller prêcher dans des pays lointains.

Après l’école paroissiale, il étudia aux collèges de Pontarlier, Nozeroy, Dole, puis au Grand séminaire de Besançon.

En 1818, il vint au séminaire des Missions Etrangères de Paris, mais on ne pouvait l’y recevoir, faute de subsides. Il retourna donc à Besançon pour y achever la théologie, et se représenta à Paris l’année suivante : cette fois, l’institut recevait de quoi nourrir ses séminaristes.

En 1820, François-Isidore était sous-diacre et partait à destination du Vietnam. A sa famille éplorée, et surtout à sa chère maman, il écrivit : Ma mère, vous m’êtes bien chère. Mais le bon Dieu m’appelle aux missions ; vous n’oseriez pas vous opposer à sa volonté ?

Le Rose quitta Bordeaux en novembre 1820 et aborda en Chine au mois de mai suivant.

Durant la traversée, un ancien officier français qui avait travaillé en Chine, enseigna le chinois au missionnaire. Quant au baptême de ligne, le jeune sous-diacre y échappa en se cachant toute une journée au fond de la cale.

Le Vietnam avait été tout récemment constitué par la réunion de la Cochinchine et du Tonkin, et les missionnaires, d’abord espagnols et portugais, français ensuite, y avaient assez solidement implanté le christianisme, mais des persécutions apparaissaient selon les changements politiques.

Quand François-Isidore arriva au Vietnam, le nouvel empereur était fortement hostile aux Chrétiens, entre autres parce qu’on enseignait que l’empereur était l’égal du plus humble des sujets du royaume. 

Après qu’il fut ordonné diacre et prêtre (en 1822), François-Isidore se mit au travail, rencontrant selon les endroits de la bienveillance, de l’indolence, ou une nette opposition ; dans le sud Vietnam, il eut la faveur du vice-roi, mais l’empereur, malignement, invita tous les prêtres à la capitale Hué, pour leur confier (officiellement) des charges pratiques, comme traducteurs ; c’était en fait pour les empêcher de prêcher dans le royaume (1827-1828). Puis il reprit ses missions itinérantes, atteignant même le Cambodge.

Bientôt arriva un autre missionnaire franc-comtois, Etienne-Théodore Cuenot, plus tard nommé évêque (et lui aussi martyr). Il annonça à François-Isidore la triste nouvelle de la mort de sa mère, qu’il pleura chaudement ; elle était décédée depuis trois ans déjà…

En 1833, la persécution générale fut décrétée par l’empereur ; beaucoup de chrétiens apostasièrent et, pour redresser leur courage et éviter une certaine panique, François-Isidore se livra.

En août 1833, il entrait à Hué, la cangue au cou. En prison, il fut isolé et ne put communiquer avec l’extérieur que grâce à la complaisance de certains gardiens.

Le missionnaire fut condamné à mort. Quand il l’apprit, il manifesta toute sa joie de recevoir une grâce qu’il avait désirée depuis son enfance.

Il fut exécuté par strangulation, le 17 octobre 1833, à Hué.

L’empereur, qui avait entendu parler de la résurrection de Jésus trois jours après sa mort, ordonna l’exhumation du corps du Martyr pour vérifier qu’il fût bien mort et non ressuscité.

Plus tard, le corps du père Gagelin fut rapporté à Paris.

François-Isidore Gagelin fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988.

Le dies natalis de ce Martyr est au 17 octobre, tandis qu’une fête liturgique commune commémore tous les Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 23:00

Ignatius d’Antioche

† 107

 

Ignatius ou Egnatius était né en Syrie, vers 50 selon certains (voir la note plus bas).

Ses Lettres sont signées Ignatius, qui et Theophorus, «porté par Dieu».

Il fut peut-être baptisé «tardivement», déjà adulte. Humble de sa personne, se traitant même d’avorton, il fut élevé à l’épiscopat pour Antioche de Syrie, à la suite de saint Evodius.

Il fut une des victimes d’Antioche (ou la seule ?) de la persécution de Trajan. Condamné à être conduit d’Antioche à Rome pour y être livré aux bêtes, il écrivit en voyage des lettres aux différentes communautés qu’ll traversait, et qui nous donnent de précieux renseignements sur ses derniers mois de vie.

Son voyage se fit par terre et par mer, de jour comme de nuit, surveillé par dix soldats qu’il nomme des léopards, de sorte que son «combat contre les bêtes» débuta dès Antioche.

Au cours du voyage, devaient s’ajouter ici et là d’autres prisonniers, condamnés eux aussi aux bêtes à Rome.

A Smyrne, Ignatius put s’entretenir longuement avec l’illustre Polycarpe (voir au 23 février). C’est de Smyrne qu’il écrivit aux communautés d’Ephèse, de Magnésie, de Tralles. Aux Ephésiens il recommande aux prêtres d’être unis à leur évêque comme les cordes à la lyre.

Il écrivit aussi aux Chrétiens de Rome, avant même de les rejoindre, craignant que ceux-ci, poussés par trop de vénération, pussent intervenir et obtenir sa libération : Laissez-moi devenir la pâture des bêtes… Caressez plutôt ces bêtes pour qu’elles soient mon tombeau et que mes funérailles ne soient à la charge de personne… Mon martyre sera la preuve de votre bienveillance… 

On arriva enfin à Durazzo, sur l’Adriatique, puis Pouzoles : Ignace aurait beaucoup désiré descendre à terre, et refaire le voyage à pied, sur les traces de saint Paul (cf. Ac 28:13). Les vents poussèrent le bateau jusqu’à l’embouchure du Tibre. Ignatius était très heureux d’approcher ainsi de Rome : des foules de Chrétiens l’attendaient déjà sur son chemin.

Le martyre eut lieu sans tarder. Ignatius fut déchiqueté par deux lions, qui ne laissèrent à terre que quelques gros ossements du Martyr : on put les recueillir précieusement.

Ce martyre eut lieu, assez vraisemblablement, le 17 octobre 107, d’après un martyrologe syriaque ancien, et qui semble le plus authentique. C’est le jour où le mentionne l’actuel Martyrologe et où l’on fête saint Ignace d’Antioche.

 

Note. Ceux qui auront l’occasion de lire les Visions d’Anna-Katharina Emmerick, cette Religieuse stigmatisée et totalement ignorante (voir au 9 février), trouveront ces lignes (qui n’ont pas, rappelons-le, valeur de parole inspirée) :

La femme d’un riche marchand se tenait sous la porte d’une maison, avec son enfant âgé de quatre ans. Cette femme baissa son voile et s’avança avec son petit garçon ; elle le remit au Sauveur, puis se retira. Le Seigneur embrassa l’enfant, le plaça au milieu de ses disciples et, comme d’autres enrfants étaient venus l’entourer, il dit : «Si vous ne devenez comme ces petits, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux» (etc. cf. Mt 18:1-4).

…Le Seigneur bénit le petit garçon, qui était charmant, puis l’embrassa, lui donna des fruits et une petite robe et, ayant fait appeler la mère, le lui rendit, en lui adressant quelques paroles prophétiques sur la destinée de ce cher petit. Elles ne furent comprises que plus tard. Il devint disciple des apôtres, puis évêque et martyr : on lui avait donné le nom d’Ignace.

Cet épisode expliquerait très bien qu’Ignace eut le surnom de Théophore, «porté par Dieu», car Jésus lui-même dut un moment le mettre sur ses genoux tandis qu’il parlait aux Apôtres.

Si l’enfant avait quatre ans à ce moment-là, il a pu naître vers 24, et aurait été martyrisé à quatre-vingts ans passés.

Le nom d’Ignace, un des plus célèbres et premiers Pères de l’Eglise, est mentionné dans la prière du Nobis quoque, peccatoribus du Canon romain de la Messe.

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 23:00

Marguerite Marie Alacoque

1647-1690

 

Marguerite Alacoque naquit le 22 juillet 1647 à Lautecourt (Verosvres, Saône-et-Loire), cinquième des sept enfants de Claude Alacoque et Philiberte Lamyn, qui jouissaient d’une bonne position sociale. Claude était devenu notaire royal et juge ordinaire.

Dès sa première enfance, Marguerite fit preuve d’une dévotion particulière envers le Saint-Sacrement et elle préférait le silence et la prière aux jeux des enfants. À cinq ans, lors d’un séjour chez sa marraine, dont la fille était religieuse, elle entendit parler des vœux religieux, et fit, à l’insu de tous, sa première consécration à la messe où elle prononçait ces mots : Ô mon Dieu, je vous consacre ma pureté et vous fais vœu de perpétuelle chasteté. Après sa première communion, à l’âge de neuf ans, elle pratique en secret des mortifications sévères sur son corps, avant que la paralysie ne la cloue au lit pendant quatre ans.

A la fin de cette période, ayant fait le vœu à la Vierge de se consacrer à la vie religieuse, elle se serait retrouvée guérie sur-le-champ. C’est par reconnaissance à Marie qu’elle ajouta, le jour de sa confirmation, le prénom de Marie à son nom de baptême (elle reçut la Confirmation à vingt-deux ans). 

Devenue orpheline de père, la gestion des biens passa à des parents qui se montrèrent extrêmement durs envers Marguerite et sa mère. Marguerite était traitée moins bien que les derniers domestiques. 

La mère de Marguerite fut affligée d’un pénible érysipèle à la tête, que la jeune fille soigna amoureusement, et qui guérit enfin un 1er janvier, alors que Marguerite était à la messe. 

Durant toute cette période, Marguerite trouva son réconfort dans la prière, et c'est alors qu'elle aurait eu ses premières visions de Jésus Christ. Il lui apparaissait d'habitude sur la croix ou lors de l'épisode de l'Ecce Homo et elle ne s’en étonnait pas, pensant que d'autres recevaient aussi ces visions. Son désir d’entrer en religion grandissait.

Quand elle eut dix-sept ans, sa famille put récupérer son bien et sa mère lui confia son désir de l’établir dans le monde. Alors, bien que régulièrement meurtrie par les pénitences qu’elle s’imposait, elle commença à participer aux activités mondaines. Une nuit, alors qu’elle était revenue d’un bal, elle aurait eu une vision du Christ pendant sa flagellation : il lui reprochait son infidélité alors qu’il lui avait donné tant de preuves d'amour. Pendant le reste de sa vie Marguerite-Marie pleura deux fautes qu’elle avait commises en ce temps-là : avoir porté quelques ornements et mis un masque au carnaval pour faire plaisir à ses frères.

Elle visita plusieurs couvents, et en entrant dans celui de la Visitation de Paray-le-Monial, (Charolles, Saône-et-Loire), une voix intérieure lui aurait dit : C’est ici que je te veux.

Le 25 mai 1671, à l'âge de 24 ans, elle entra au monastère et, en novembre 1672, elle prononça ses vœux perpétuels. De santé fragile, elle n'en continuait pas moins ses flagellations, ainsi que les mortifications les plus extrêmes, voire les plus répugnantes, qu'elle mentionne elle-même dans ses Mémoires.

Une des difficultés qu’elle rencontra, fut la tyrophobie de toute sa famille : on ne supportait pas le fromage. Elle se domina, elle combattit, pendant des années, remporta la victoire au bout de huit ans… 

Peu après son entrée au monastère, elle reçoit, d'après son propre témoignage, plusieurs apparitions privées du Christ. La plus célèbre de ces apparitions est celle de juin 1675 : Jésus lui montrait son cœur en disant : Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, [...] jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour, et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes...Une autre fois, il lui disait : Mon divin Cœur est [...] passionné d’amour pour les hommes, et pour toi en particulier. Dès lors, Marguerite-Marie comprit qu’elle avait été investie de la mission d'établir une dévotion particulière envers le Sacré-Cœur.

Ces manifestations lui valurent d'être mal considérée par le reste des membres de la communauté, qui la traitaient de "visionnaire", au point que sa supérieure lui intima l'ordre de se plier à la vie commune. Cependant, son obéissance, son humilité et sa charité envers ceux qui la persécutaient finirent enfin par l’emporter et sa mission fut reconnue par ceux-là même qui lui avaient montré la plus forte opposition. 

Avec l’aide du Père Claude La Colombière (v. 15 février), que Jésus lui présenta comme son vrai et parfait ami, Marguerite-Marie fera connaître le message que Jésus lui avait adressé. C’est le début du culte du Sacré-Cœur. Inspirée par le Christ, Marguerite-Marie établit la pratique de l'Heure Sainte, qui pour elle consistait à prier, étendue par terre, le visage contre le sol depuis onze heures du soir jusqu'à minuit le premier jeudi de chaque mois, afin de partager la tristesse mortelle qu'avait supportée le Christ, quand il fut abandonné à son agonie par ses Apôtres - puis à recevoir le lendemain la Communion. 

Le Christ lui avait confié le désir que fût célébrée une fête en l'honneur de son Cœur le vendredi qui suit l'octave de la Fête-Dieu ; et il avait appelé Marguerite la disciple bien-aimée du Cœur Sacré, héritière de tous Ses trésors. Le Christ lui confia aussi la mission de recommander au roi (Louis XIV) de se consacrer au Sacré-Cœur, d’en mettre l’effigie sur le drapeau national, mais le roi ne fut peut-être pas informé de cette supplique ; l’impression du Sacré-Cœur sur notre drapeau se fera à titre privé, bien plus tard, et connut même une très grande vogue, par exemple lors de la première Guerre mondiale.

Après avoir été brimée de toutes les façons par deux supérieures successives, Marguerite-Marie fut nommée maîtresse des novices par une nouvelle supérieure, qui la connaissait bien et l’appréciait. 

Au cours de sa dernière maladie, elle refusa tout soulagement, ne cessant de répéter : Ce que j’ai dans le Ciel et ce que je désire sur la terre, c’est toi seul, ô mon Dieu  et elle mourut en prononçant le nom de Jésus.

Marguerite-Marie mourut à quarante-quatre ans, le 17 octobre 1690 et son dies natalis est mentionné ce jour-là au Martyrologe. Mais comme c’est ce jour-là la fête de saint Ignace d’Antioche, un des Pères de l’Eglise, la fête liturgique de sainte Marguerite est établie au 16 octobre.

La discussion au sujet de la mission et des vertus de Marguerite Marie se poursuivit pendant des années. On soumit à l’examen la totalité de ses actions, de ses révélations, de ses maximes spirituelles et de son enseignement concernant la dévotion au Sacré Cœur, qu’elle avait exposée et dont elle était l'apôtre. 

La fête du Sacré-Cœur fut établie en 1856.

La béatification eut lieu en 1864, et la canonisation en 1920.

Ses restes reposent dans la chapelle de la Visitation à Paray-le-Monial et de nombreuses et remarquables grâces y ont été obtenues par les pèlerins qui y viennent du monde entier. En 1925, lui est dédiée l'église Santa Margherita-Maria Alacoque dans le quartier de l'Esquilin à Rome près de la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem.

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 23:00

Perfecto Carrascosa Santos

1906-1936

 

Perfecto naquit le 18 avril 1906 à Villacañas (Toledo, Espagne), un des cinq enfants de Benito et Ángela, cultivateurs et surtout excellents chrétiens.

Le petit «Parfait» reçut donc dès son berceau le bon exemple d’une vie chrétienne, qui accompagna toute la vivacité et la gentillesse de son caractère.

Il aimait enseigner le catéchisme aux plus petits.

Après l’école primaire, il fréquenta le Petit séminaire tenu par les pères franciscains à Belmonte (Cuenca), qui se transféra d’ailleurs à Alcázar de San Juan (Ciudad Real). On remarqua dès lors son innocence et il s’attira l’affection de tous. Il parlait volontiers de son rêve, qui était d’être missionnaire et martyr.

En 1921, il prit l’habit franciscain à Arenas de San Pedro (Ávila). Il avait trois dévotions centrales : l’Eucharistie, le Sacré-Cœur, la Sainte Vierge.

En 1922 il fait sa première profession. 

Il commençait ses études de philosophie au couvent de Pastrana (Guadalajara), mais une tumeur à la cheville les lui fit interrompre quelques mois, qu’il passa chez les siens. Puis se trouvant mieux, il vint terminer sa préparation philosophique et théologique à Consuegra (Toledo).

Son mal le faisait souffrir, mais ne l’arrêtait pas dans son ardeur à se préparer au sacerdoce. Il obtint d’excellent résultats à ses examens et collabora à la revue du séminaire.

En 1927 il fit la profession solennelle, et reçut le sacerdoce en 1929.

Son handicap l’accompagna toute la vie, mais ne lui enlevait pas sa bonne humeur. Doux, gentil, timide aussi, il était incapable de dire une méchanceté, même s’il était la cible de beaucoup de petites taquineries. Il était toujours un tantinet bavard, avec un verbe alerte et en même temps innocent.

De 1929 à 1935, il fut professeur de philosophie à Pastrana. Mais il donnait aussi des cours de sciences et monta un laboratoire de chimie. Il dirigeait la chorale, il confessait les séminaristes ; il fut parfois assistant pour le Tiers-Ordre franciscain et directeur spirituel au petit séminaire. Dans la revue Cruzada Seráfica (La Croisade Séraphique), il écrivait des articles pour défendre les vérités de la foi, pour soutenir l’Eglise et la religion catholique en face des attaques provenant de la Deuxième République espagnole.

Finalement, il fut envoyé à Madrid, au couvent de Saint-Antoine dans la rue Duque de Sesto, où il devait être secrétaire de la province franciscaine de Castille.

C’est là que le surprit la persécution en 1936. La communauté dut se disperser à partir du 18 juillet ; le père Perfecto trouva refuge chez des voisins. Suite à une perquisition, il passa chez d’autres connaissances, mais ne voulant compromettre personne, il se dirigea vers son village. Auparavant, il alla trouver son Gardien (le supérieur) pour lui en demander la permission et pour se confesser.

Il arriva chez lui le 24 juillet à onze heures du soir. Il y resta environ un mois et demi. Il se préparait au martyre de façon intense. Il confessa quelques fidèles.

Même s’il désirait le martyre, il éprouvait un sentiment répulsif pour la mort, et répétait : Si Dieu me veut martyr, il me donnera la force pour supporter ce martyre.

Dans le village, tout le monde savait que Perfecto était chez les siens, on l’avait vu arriver, mais personne, même les gauchistes, ne voulaient le toucher, parce qu’ils le considéraient comme un innocent. Mais l’un d’eux quand même vint frapper chez les Carrascosa au matin du 14 septembre (fête de la Sainte Croix), accompagné de trois hommes armés, en disant : Faites sortir le curé ! Perfecto s’habilla et sortit ; à partir de ce moment-là toute crainte s’évanouit en lui. Il dit aux siens : Ne craignez rien pour moi.

Tous pleuraient, la maman n’arrivait pas à parler. Finalement, le père de Perfecto dit avec fermeté : Mon fils, tu diras la vérité ! Et Perfecto répondit avec la même fermeté : Oui, Papa ! Oui !

Ils l’emportèrent à un endroit appelé Ermitage du Christ, où se trouvaient d’autres prisonniers. Ce furent ensuite trente-trois jours de prison héroïque.

Au début, c’est sa sœur Lucie qui lui apporta à manger ; puis ce fut sa mère. La famille ainsi que d’autres témoins purent constater les marques de la torture, tant sur le père Perfecto que sur ses compagnons : visage contusionné, gonflé, défiguré, les yeux rougis, le corps recroquevillé apparemment trop petit pour son habit, qui portait des traces de sang.

Une fois, l’un des bourreaux lui dit : Dis que ta mère est une femme de mauvaise vie, et la Vierge aussi ; à quoi il répondit : Ma mère n’est pas ce que tu dis, bien qu’elle aurait pu l’avoir été ; mais la Vierge, elle ne l’a pas été et ne pouvait pas l’être. 

Celui qui avait organisé son arrestation se vantait de lui avoir flanqué une bonne gifle ; transféré au front, il écrivait à ses sœurs qu’il aimerait bien retourner sur place pour lui en flanquer encore une. Une dame dont les fils faisaient la garde, disait partout que le père Perfecto était un sot, qu’il pouvait bien s’en tirer s’il le voulait, il n’avait qu’à répéter quelques blasphèmes ; elle ajoutait : Il faut voir les baffes qu’on lui passe pour le faire blasphémer ; et ils n’y arrivent pas !

Ces tortures se faisaient d’habitude dans la sacristie de l’ermitage, mais on entendait les coups depuis l’extérieur. Un des prisonniers, le prêtre Manuel Simón, expira devant tous les autres sous les coups.

Perfecto, lui, ne se laissa jamais abattre, ni ne se plaignit des tortures ou de ses bourreaux, et ne perdit rien de sa bonté et de son zèle apostolique. Il soutenait ses compagnons, les exhortait à accepter le martyre, les encourageait à éviter le blasphème, à pardonner les bourreaux, à prier. Certains se confessaient. On a dit de lui : C’était un ange pour tous.

Au matin du 17 octobre 1936, le père Perfecto fut conduit avec cinq autres prêtres séculiers au cimetière de Tembleque (Toledo). Pendant le trajet, celui qui l’avait fait arrêter invitait ses camarades à arroser son forfait avec une bouteille d’eau de vie ; le père Perfecto, lui, montrait sa joie d’être bientôt auprès de Dieu, grâce au martyre.

Quand on fut au cimetière, il encouragea ses compagnons, leur donnant encore une fois l’absolution, et demandant pour cela à être fusillé le dernier.

Ils furent enterrés sur place.

Le père Perfecto Carrascosa Santos honora vraiment son nom de «Parfait». Il fut un des quatre-cent quatre-vingt dix-huit Martyrs espagnols béatifiés en 2007.

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 23:00

  Osée, prophète

VIIIe s. av. Jésus-Christ

 

Osée signifierait «Sauve !», racine qui se retrouve dans Josué et Jésus, ainsi que dans le mot Hosanna.

Osée fut un prophète en Israël, dans le «royaume du nord». Il fut envoyé par Dieu de manière singulière pour reprocher au peuple sa trahison, son «adultère», son infidélité envers l’unique et vrai Dieu : sur mission divine, Osée devait épouser une femme adultère, qui devait enfanter trois enfants aux noms terriblement prophétiques : Jezraël (du nom d’une localité où le roi infidèle Achaz avait laissé de bien mauvais souvenirs), puis «Sans-miséricorde», enfin «Pas-mon-peuple».

Dieu voulait ainsi montrer sa répulsion pour l’idolâtrie où était tombé Israël, mais il l’attend, et promet la miséricorde et un amour renouvelé pour sa «fiancée» qui reviendra à Lui.

Osée est le premier des «Douze petits Prophètes» de notre Bible, ceux dont les livres sont beaucoup moins étendus que ceux des «Quatre grands Prophètes».

Le saint prophète Osée est fêté avec les Orthodoxes le 17 octobre, jour où le mentionne maintenant le Martyrologe Romain.

On remarquera que ce même jour du 17 octobre est le dies natalis de sainte Marguerite Marie Alacoque, la messagère de Cœur miséricordieux du Christ. 

Osée, prophète

VIIIe s. av. Jésus-Christ

 

Osée signifierait «Sauve !», racine qui se retrouve dans Josué et Jésus, ainsi que dans le mot Hosanna.

Osée fut un prophète en Israël, dans le «royaume du nord». Il fut envoyé par Dieu de manière singulière pour reprocher au peuple sa trahison, son «adultère», son infidélité envers l’unique et vrai Dieu : sur mission divine, Osée devait épouser une femme adultère, qui devait enfanter trois enfants aux noms terriblement prophétiques : Jezraël (du nom d’une localité où le roi infidèle Achaz avait laissé de bien mauvais souvenirs), puis «Sans-miséricorde», enfin «Pas-mon-peuple».

Dieu voulait ainsi montrer sa répulsion pour l’idolâtrie où était tombé Israël, mais il l’attend, et promet la miséricorde et un amour renouvelé pour sa «fiancée» qui reviendra à Lui.

Osée est le premier des «Douze petits Prophètes» de notre Bible, ceux dont les livres sont beaucoup moins étendus que les «Quatre grands Prophètes».

Le saint prophète Osée est fêté avec les Orthodoxes le 17 octobre, jour où le mentionne maintenant le Martyrologe Romain.

On remarquera que ce même jour du 17 octobre est le dies natalis de sainte Marguerite Marie Alacoque, la messagère de Cœur miséricordieux du Christ.

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 23:00

Contardo Ferrini

1859-1902

 

Contardo naquit le 4 avril 1859, un an jour pour jour après le mariage chrétien de ses parents, Rinaldo Ferrini et Luigia Buccellati. Le père était professeur de physique générale et de technologie au Politecnico de Milan, et passa à son fils la contagion du travail acharné et persévérant. Contardo fut baptisé le jour-même de sa naissance.

Il ne fut pas, comme on l’écrit parfois de certains Saints médiévaux, “consommé en sainteté dès le plus jeune âge” ; polisson à sa manière, il ne se fit pas scrupule de jeter un jour au fond du puits une paire de pantoufles, cédant à quelque caprice coléreux ou même seulement pour “jouer un tour” mal placé.

Toujours est-il qu’il fit la première Communion à douze ans, l’âge habituel à cette époque. Dans quels sentiments ? On peut en avoir une intuition par ce qu’il écrivit quelques années plus tard à sa sœur cadette, qui à son tour se préparait à communier pour la première fois : 

Un pacte éternel, ineffable, où nous nous engageons à ne vouloir que le bien…, une promesse d’impérissable amour qui nous fasse passer à travers le monde sans pouvoir comprendre même comment le mal y soit possible ; après quoi il ne reste plus qu’à soupirer vers la plénitude de notre adoration dans le ciel.

A l’école, Contardo se fit remarquer par une mémoire prodigieuse, une habileté à versifier et à saisir les choses abstraites. On le surnommait Aristote. Jeune lycéen, il s’en alla demander des leçons d’hébreu, de syriaque, de sanscrit et de copte. A dix-sept ans, on le trouve à Pavie étudiant de droit auprès de son oncle, don Buccellati, professeur de droit pénal. 

Contardo était pensionnaire du collège Borromeo, où les horaires et la discipline pouvaient faire penser à Oxford ou Cambridge, mais aussi où les élèves avaient comme partout leur langage, leurs grivoiseries. Contardo les évita scrupuleusement. En hiver, quand seules les salles communes étaient chauffées, il préférait rester dans sa chambre : 

Seigneur, plutôt le malheur que la faute ; une vie entière de larmes qu’une heure de rire inconvenant.

On rejoint ici la résolution du jeune Domenico Savio : “La mort, mais pas le péché” (voir au 9 mars). La moindre allusion douteuse amenait sur sa figure une grimace. Il ne regardait jamais les gens en face, n’allait pas aux fêtes mondaines, aux soirées. En wagon, un vis-à-vis féminin l’incitait à changer de place. Jeune, il portait un cilice et se confessait tous les jours. Le futur Pie XI, qui le connut bien quand il n’était que Mgr Ratti, écrivait de lui : 

(On avait) l’impression de quelque chose de vraiment délicat en fait de vertu et de vraiment virginal, qui se dégageait de toute sa personne.

Avec le temps, Contardo s’affirma dans la paix et fut moins tendu. Au reste, il ne voulait pas être mélancolique. Il s’efforçait de garder le sourire, ce sourire dont il écrivit un jour que c’est souvent un acte d’héroïsme, le comble de l’abnégation. L’été 1881, à vingt-deux ans, il fit le vœu de chasteté, avec l’approbation de son directeur de conscience. 

Sa thèse de doctorat brillamment soutenue à Pavie en 1880 lui valut une bourse de voyage. Il avait présenté une savante dissertation en latin sur l’importance d’Homère et d’Hésiode pour l’histoire du droit pénal. Il alla d’abord à Berlin, fréquenta de grands juristes qui l’apprécièrent particulièrement. Le professeur luthérien von Lingenthal devait le choisir pour héritier de son œuvre scientifique.

Contardo n’avait pas d’ambitions humaines, lucratives, mondaines. Il voulait trouver et enseigner la Vérité. Il préféra se spécialiser dans des matières ardues comme le droit pénal romain et le droit byzantin.

En 1881, il entreprit une édition critique de la paraphrase grecque des Institutes de Justinien, et dut en chercher les manuscrits à Copenhague, Paris, Rome, Florence et Turin. En 1883, il fut chargé à Pavie d’un cours d’histoire du droit pénal romain, puis on créa pour lui une chaire d’exégèse des sources du droit romain. On le voit enseigner à Messine en 1887, à Modène en 1890, de nouveau à Pavie en 1894, où il enseigna le droit romain, le droit et la procédure pénale, l’histoire du droit pénal romain, les institutions du droit romain, et fit aussi un cours libre pour l’exégèse des Institutes de Justinien, son cours de prédilection.

Ses élèves appréciaient ce professeur qui savait se mettre à leur disposition. Hors des cours, Contardo était affable, doux, toujours disposé à conseiller et à aider. C’était un travailleur acharné, dont Mgr Ratti - déjà cité, écrivait : 

Un travail scientifique au suprême degré… que Ferrini accomplissait avec un zèle passionné, mais que l’on peut bien classer parmi les plus arides, se déroulant presque tout entier sur des textes antiques, des écritures difficiles à déchiffrer et encore plus difficiles à comprendre… Il lisait à première vue… du latin, du grec, du syriaque ; car il passait avec la plus grande aisance d’une langue à l’autre.

Contardo s’affirma, s’imposa avec une douceur humble. Sa docilité aux directions pontificales fut irréprochable. En 1895 il fut élu conseiller municipal de Milan et se montra excellent dans cette charge, luttant vaillamment pour les bonnes causes de son temps, contre le divorce et pour sauver l’enfance abandonnée.

En famille, ce savant restait petit garçon prêt aux menues corvées que lui commandait sa mère. Il laissait son travail pour mettre la table ou descendre à la cave, plaquait ses livres pour ramasser du bois. Pour son père il avait un profond respect. Souverainement discret, s’il recevait quelque compliment, il répondait avec un sourire “Lascia andare !”, littéralement “Laisse aller”, comme pour dire : aucune importance.

Il avait le sens de la liturgie, savait faire honneur à la messe quotidienne ; son immersion dans la contemplation du Tabernacle avait quelque chose de l’extase, durant laquelle on pouvait lui dérober même son manteau sans qu’il réagît. Détaché de la terre, il prêta sans difficulté à un ami toutes ses économies, quelque chose comme 30 000 francs or, que l’autre engloutit dans une mauvaise affaire ; aucune protestation de la part de notre Contardo.

Il avait un horaire quotidien très réglé. A Pavie il logeait chez sa sœur, à trois kilomètres de la ville. Levé à cinq heures et demie ou six heures, il regagnait sa chambre à vingt-deux heures. Il faisait ses dévotions à Pavie, déjeunait chez son beau-frère et faisait son cours en veston sombre et gants noirs. Fini son travail, il allait à la bibliothèque ou à l’église. Il rencontrait l’évêque, recevait les élèves qui voulaient lui parler, rentrait à pied chez sa sœur. La soirée s’achevait par le chapelet en famille. Un dimanche qu’on le demandait, le portier répondit : Les jours de fête, le professeur n’est pas facile à trouver chez lui. Il est toujours à l’église, où il a tant de choses à faire.

Tertiaire franciscain, il s’était fait un petit règlement de vie : 

… Je chercherai à être un modèle de mansuétude, de douceur, de charité et d’humilité. Je réparerai chaque manquement par un redoublement d’attention… Pour le café, je me tiendrai indifférent et, si possible, je ne le sucrerai pas… Je résisterai au désir des sucreries… Durant le jour, je ferai une visite à Jésus dans le Saint Sacrement… Je me tiendrai en union avec lui tout le jour par de fréquentes aspirations et une grande pureté d’intention… La charité spirituelle pour les autres sera mon premier souci…

Voyons s’il réussit dans ces intentions, en lisant ce qu’en décrivait le même Mgr Ratti : 

De moyenne stature, solide, harmonieuse, élégante de ligne ; le pas rapide, mais ferme, le pas d’un marcheur qui en a l’habitude et qui sait où il va ; la plume toujours prête et savante, la parole aisée et persuasive ; sur le visage un air de gaieté toujours égale et qui ne l’abandonna jamais jusqu’à la veille de sa mort ; mais surtout, sur ce visage, un rayonnement de pureté et d’aimable jeunesse. Son regard avait toutes les douceurs de la bonté de son cœur excellent ; ses yeux, son vaste front portaient l’éclatant reflet d’une intelligence vraiment souveraine.

On complétera ce beau portrait un ajoutant qu’il portait de fortes moustaches, une barbe dense, assez courte, plutôt en pointe, de coloration foncée et des cheveux courts. En somme, un homme soigné, propre, qui faisait honneur à ses interlocuteurs.

Une fièvre typhoïde l’enleva rapidement à Suna (Novare), en 1902, quand il n’avait que quarante-trois ans. On a pu le comparer au Bienheureux Ozanam, mort jeune aussi en 1853, et père infatigable des Conférences Saint-Vincent-de-Paul.

Contardo Ferrini a été béatifié en 1947. Il est mentionné au Martyrologe Romain au jour de sa mort, le 17 octobre.

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 23:00

Tarsila Córdoba Belda

1861-1936

 

Cette pieuse femme était née à Sollana (Valencia, Espagne CE) le 8 mai 1861. 

Elle épousa Vicente Girona Gozalbo en 1884 et ils eurent trois enfants.

Une pénible épreuve affligea ce couple chrétien : le mari perdit la raison et mourut beaucoup plus tard en 1922. Puis elle perdit aussi ses trois enfants.

Courageusement, Tarsila continua à participer aux bonnes œuvres : elle appartenait à l’Action Catholique, à la Conférence Saint-Vincent-de-Paul, et prêtait son concours aux activités paroissiales. Elle se dépensait en activités caritatives et en apostolat auprès des malades, des pauvres et des nécessiteux.

Sa nourriture était la communion eucharistique quotidienne.

Le Comité révolutionnaire la fit arrêter à cause de sa foi. En prison, elle réconforta ses compagnes et les encouragea à accepter avec confiance la volonté de Dieu.

Arrêtée le 10 octobre, elle se trouvait dans l’ex-couvent des Mercédaires, d’où on la sortit au matin du 17 octobre pour l’emmener au cimetière de Algemesí (Valencia), où on la plaqua contre le mur avant de la fusiller.

Le Martyrologe la commémore le 17 octobre.

Elle a été béatifiée en 2001.

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 23:00

Józef Jankowski

1910-1941

 

Józef était né à Czyczkowy (Brus, Poméranie, Pologne) le 17 novembre 1910, deuxième des huit enfants de Robert et Michalina.

Après l'école de Suchar et le Collegium Marianum de Wadowice, il étudia philosophie et théologie au séminaire des Pères Pallottins à Ołtarzew et fut ordonné prêtre en 1936.

Il fut aumônier des écoles de Ołtarzew et des environs, en même temps que directeur spirituel du Mouvement Eucharistique.

Au début de la Deuxième guerre mondiale, en septembre 1939, il fut nommé secrétaire du Comité d'aide à l'enfance, aumônier militaire et aussi administrateur du séminaire.

Il aimait sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et enseigna aux jeunes la petite voie de l'enfance spirituelle.

Le 16 mai 1941, il fut arrêté par la Gestapo ; après deux semaines à la prison de Pawiak, il fut déporté dans le camp de concentration de Auschwitz, dans le même convoi que Maximilien Kolbe (v. 14 août) ; il porta le numéro 16895. 

Immédiatement exténué par les travaux forcés et maltraité à mort par un gardien, il expira le 16 octobre 1941.

Józef Jankowski fut béatifié en 1999.

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 23:00

  

Jesús Villaverde Andrés

1877-1936

 

Les Espagnols donnent volontiers le prénom-même de Jésus à leurs enfants, mais avec cette accentuation : Jesús.

Celui d’aujourd’hui naquit à San Miguel de Dueñas (León), diocèse de Astorga, le 4 octobre 1877. 

Son père étant officier militaire, le garçon fit ses études au collège des Jésuites de Salamanque, puis au séminaire diocésain de Madrid.

Il entra au noviciat des Jésuites à Ocaña et fit profession en 1895 ; il fut ordonné prêtre en 1903.

Sa vie religieuse et sacerdotale fut une suite d’activités comme professeur et comme supérieur.

Il enseigna d’abord au collège Saint-Jean-de-Latran à Manille, de 1905 à 1910 ; puis il fut envoyé au couvent de Valencia ; il retourna aux Philippines en 1916 et enseigna la théologie à l’université Saint-Thomas de Manille, dont il fut aussi le doyen après y avoir pris son grade de Docteur en Théologie : il enseigna la Dogmatique et le Droit Canon ; puis il fut recteur au collège Saint-Jean-de-Latran, toujours à Manille, et passa aux Etats-Unis, où il fut prieur de la communauté de Rosaryville (New Orleans) de 1921 à 1924. Il fut secrétaire général puis trésorier de 1929 à 1932. En 1934, le voilà de retour sur notre continent, comme prieur du couvent de Saint-Thomas à Ávila, et s’en vint finalement dans la communauté du Rosaire à Madrid, où le surprit la révolution.

Il publia quelques-uns de ses nombreux sermons, ainsi qu’un petit traité sur la très Sainte Vierge.

Le couvent du Rosaire de Madrid fut pris d’assaut par les révolutionnaires et les religieux cherchèrent à se réfugier chez des parents et des amis. Le père Jesús trouva l’hospitalité chez sa mère puis chez son frère pendant quelque temps.

Le 15 octobre, des soldats vinrent l’arrêter. Les enfants de son frère tentèrent de le sauver en racontant qu’il n’y avait pas de prêtre chez eux. Mais le père Jésus se présenta spontanément aux soldats. Interrogé, il se déclara religieux et disposé à mourir pour le Christ.

On l’emmena au siège révolutionnaire de Fomento à Madrid le soir du 15 octobre, et il fut exécuté le lendemain, 16 octobre, qui sera son dies natalis au Martyrologe.

Il a été béatifié en 2007.

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 23:00

Longinus, soldat

1er siècle.

 

Une vieille tradition attache le nom de Longinus au soldat qui transperça le côté du Christ après sa mort.

Quelques détails pourront apparaître utiles pour mieux discerner le personnage. Ils proviennent des visions de la bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février), pieuse religieuse allemande stigmatisée du 19e siècle, dont les visions ont été au mieux recueillies par son secrétaire. Il va sans dire que ces «visions» ne sont pas paroles d’Evangile. Elles apparaissent comme «vraisemblables», et certainement dépourvues d’atteinte à la Doctrine de l’Eglise..

Au moment de la mort de Jésus-Christ sur le Calvaire, une garde de soldats romains se trouvait là pour assurer l’ordre.

«Les cent soldats romains furent relevés par cinquante autres, commandés par un Arabe appelé Abénadar, qui plus tard fut baptisé et reçut le nom de Ctésiphon. Le commandant en second, qui était attaché au service de Pilate, s’appelait Cassius, et fut baptisé depuis sous le nom de Longin (…)

Après avoir rendu cet hommage public au Fils de Dieu, Abénadar converti ne voulut plus rester au service de ses ennemis. Il mit pied à terre, donna sa lance à Cassius, appelé depuis Longin, et lui confia le commandement (…).  D’où l’on peut déduire que le nom traditionnel de Longin est dérivé de la «longueur» de cette lance, ndr.

(Après la mort du Sauveur), une partie des cinquante soldats romains vinrent rejoindre ceux qui gardaient la porte de la ville qu’on avait fermée ; d’autres furent placés dans quelques positions environnantes pour empêcher les rassemblements ; Cassius avec cinq hommes restèrent seuls sur le lieu du supplice (…)

(Après que les bourreaux aient brisé les os des deux larrons), Cassius fut saisi d’un mouvement de zèle extraordinaire. C’était un officier de vingt-cinq ans, dont les airs d’importance et les yeux louches excitaient souvent l’hilarité des soldats. L’ignoble cruauté des bourreaux, l’angoisse des saintes femmes, une inspiration soudaine d’en-haut lui firent accomplir en cet instant une prophétie 

(C’est bien ce que relève l’évangéliste saint Jean (Jn 19:36-37), reprenant Ex 12:46, Ps 34:21 et Za 12:10 : Cela est arrivé pour que s’accomplît l’Ecriture : On ne lui brisera pas un os. Ailleurs l’Ecriture dit encore : Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé). 

Il dirigea rapidement son cheval vers l’élévation où se trouvait la croix, et, s’arrêtant entre la croix de Jésus et celle du bon larron, il prit sa lance des deux mains et l’enfonça avec tant de force dans le côté droit, que la pointe traversa le cœur et atteignit le sein gauche. Il en sortit aussitôt du sang et de l’eau qui rejaillirent sur sa face comme une source de grâce et de salut. Il sauta à bas de son cheval, s’agenouilla, se frappa la poitrine, et confessa à haute voix Jésus-Christ.

Cassius louait Dieu à genoux ; les yeux de son âme s’étaient ouverts, en même temps que ceux de son corps avaient été guéris. (Ce n’était) plus le même homme : il était devenu humble et modeste. Les soldats, en voyant le miracle qui s’était opéré en lui, se jetèrent à genoux frappant leur poitrine et confessant Jésus-Christ (…)

(Après la mise au tombeau) Cassius ne quitta pas son poste. Il se tenait assis ou debout devant l’entrée du caveau. Il avait reçu de grandes grâces intérieures, et Dieu, en illuminant son âme, lui avait révélé beaucoup de mystères. N’étant pas accoutumé à se trouver dans cet état d’intuition, il resta presque tout le temps dans une extase qui lui enlevait la conscience des objets extérieurs. Il fut entièrement transformé, devint un autre homme, et passa toute la journée dans le repentir, l’action de grâces et l’adoration (…)

(Vers minuit) Cassius avait les regards fixés sur le tombeau comme quelqu’un qui adore le saint Sacrement (…) Le rocher fut ébranlé. Cassius fut très ému, car il sentait qu’il se passait quelque chose d’extraordinaire, quoique cela ne fût pas très clair pour lui ; mais il resta à sa place, attendant avec recueillement ce qui allait enfin arriver de ces mystérieux événements (…) Voyant le tombeau rempli de lumière, il entrouvrit hardiment la porte, et toucha les linges vides ; ensuite il se retira pour annoncer à Pilate ce qui était arrivé (…)

Pilate était encore couché, et on fit entrer Cassius près de lui. Il lui raconta avec une grande émotion comment le rocher avait été ébranlé, comment un ange, descendu du ciel, avait renversé la pierre, et comment il ne s’était plus trouvé là que les linges vides. Enfin il déclara que le Sauveur était ressuscité, et qu’il était certainement le Messie et le Fils de Dieu.»

Les grecs croient que Cassius-Longin souffrit le martyre près de Tyanes en Cappadoce et honorent sa mémoire le 16 octobre. Saint Grégoire de Nysse atteste que les Cappadociens avaient fait de Longin un de leurs premiers évêques, et qu’il aurait souffert le martyre.

Pour certains, le centurion qui confesse sa foi et le soldat Longin ne font qu’un seul et même personnage. Pourtant, il semble bien que l’évangile parle de deux hommes différents.

Il reste que notre Martyrologe Romain mentionne saint Longin le 16 octobre, sans parler de son martyre éventuel, rappelant seulement la «commémoration à Jérusalem» du saint soldat.

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