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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 19:45

Manuel Solórzano

1905-1977

 

Manuel Solórzano naquit en 1905 à Suchitoto (Salvador).

Il épousa Eleuteria Antonia Guillén, dont il eut dix enfants.

Pour trouver du travail, il s’installa à Aguilares, où il participait aux opérations d’achat-vente de bétail et de produits de l’agriculture.

Très actif dans la paroisse d’Aguilares, où fut nommé curé le p.Rutilio Grande, il secondait ce dernier dans ses activités, spécialement dans la catéchèse.

Avec Nelson Rutilio Lemus, il accompagnait le p.Rutilio le 12 mars 1977, lorsque la jeep fut attaquée par un escadron de la mort. Manuel et le prêtre furent tués sur le coup ; Nelson fut achevé d’une balle dans la tête.

Manuel Solórzano devrait être béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 12 mars.

 

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 19:44

Rutilio Grande García

1928-1977

 

Rutilio Grande García naquit le 5 juillet 1928 à El Paisnal (Salvador), de parents modestes.

En 1932, mourut sa mère. Le petit garçon fut éduqué avec amour par un papa très travailleur. A douze ans, Rutilio put rencontrer l’évêque, Mgr Chavez, auquel il exprima son désir de devenir prêtre.

En 1941, ce même évêque prit sous sa protection Rutilio et l’envoya au Petit séminaire du Nicaragua.

En 1945, après son baccalauréat, Rutilio entra dans la Compagnie de Jésus. Il fit le noviciat à Caracas (Venezuela) et émit les premiers vœux en 1947.

Rutilio était un homme sincère, travaillé intérieurement, conscient de son devoir mais aussi de ses faiblesses. Dans le doute, il suspendit sa préparation au sacerdoce et partit deux années à Panama, où il fut professeur (1948-1950).

Puis il fut envoyé à Oña (Burgos, Espagne), où il reprit ses études de philosophie et de théologie, de 1953 à 1960. Là encore, le doute le tenta, mais il persévéra et fut ordonné prêtre en 1959, à Oña.

De retour au Salvador, il y enseigna pendant deux ans, et repartit en Espagne pour la dernière partie de sa formation dans l’Ordre des Jésuites. C’est alors qu’il fut envoyé à Bruxelles (1963) pour se spécialiser en Théologie pastorale, dans l’Institut Lumen Vitae ou CIEFR, affilié à l’université de Louvain ; il y découvrit la Théologie de la Libération, qui l’enthousiasma et le confirma tout-à-fait dans sa vocation. C’était l’époque du Concile Vatican II.

En 1964, de retour au Salvador, le p.Rutilio enseigna la théologie pastorale au Grand séminaire et fut chargé personnellement de la formation des séminaristes. En 1970, devant préparer avec Mgr Chavez la réunion des évêques, il leur lança un vibrant appel en faveur du peuple écrasé par trop d’injustices sociales. On commença de parler de Rutilio comme d’un crypto-communiste. Il ne craignait pas de présenter Jésus-Christ comme un révolutionnaire, jouant sur le mot Salvador, le nom du pays et celui du Sauveur. Rutilio avait parlé un peu trop vite ; on l’éloigna deux ans, comme professeur dans un collège, puis à l’Institut pastoral de Quito (Equateur).

En 1972, il revint au Salvador et fut nommé curé d’Aguilares, où il allait donner le meilleur de lui-même, organisant des communautés de base, où les participants relisaient l’évangile sous la responsabilité de Délégués de la Parole, spécialement formés par le p.Rutilio.

De ce travail essentiellement spirituel émanèrent bientôt des conséquences au niveau social. On prit conscience de la Charité, de la dignité des pauvres, des ouvriers, des paysans, de l’égalité de tous devant Dieu, de la responsabilité des dirigeants, des chefs, pour une justice sociale réelle et non pas seulement idéologique. Une révolution sociale était en marche, et l’on chercha à la subjuguer par la force au lieu de la comprendre : on parla de prêtres subversifs ou communistes, on tortura des travailleurs sociaux, on promit de «libérer le pays des Jésuites». Mgr Chavez recommanda la prudence et la modération.

En 1977, Mgr Romero succéda à Mgr Chavez ; adroitement, il avait condamné la théologie de la libération et jouissait d’une réputation de «conservateur» ; mais il n’hésita pas à censurer le gouvernement pour de nombreux crimes et disparitions jamais expliqués, ni punis. En particulier, un père jésuite fut expulsé du pays, le p. Mario Bernal, pour lequel le p.Rutilio protesta publiquement.

On se souvient des actions dramatiques des funestes escadrons de la mort. Le 12 mars 1977, ces derniers intervinrent à l’encontre du p.Rutilio. Celui-ci se dirigeait vers El Paisnal, son village natal, pour y célébrer la messe du soir. Il était accompagné de Manuel Solórzano, un fidèle coopérateur paroissial de soixante-douze ans, et de Nelson Rutilio Lemus, un adolescent de seize ans. Il y avait aussi trois enfants. Une rafale de mitraillette renversa la jeep dans le fossé, le père Rutilio et Manuel furent tués sur le coup, le jeune Nelson fut achevé d’une balle dans la tête. Les petits enfants purent se sauver.

Ce triple assassinat ne fut jamais revendiqué, ni expliqué. Mgr Romero protesta de façon solennelle, tout en sachant qu’il était condamné d’avance : il fut lui aussi assassiné trois ans plus tard (v. 24 mars).

Rutilio Grande García, avec ses deux Compagnons Manuel Solórzano et Nelson Rutilio Lemus, devraient être béatifiés en 2021, et inscrits au Martyrologe le 12 mars.

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 19:43

Nelson Rutilio Lemus Chávez

1960-1977

 

Nelson Rutilio naquit le 10 novembre 1960 dans une famille de paysans de El Paisnal (San Salvador, El Salvador), d’où était aussi originaire le curé, p.Rutilio Grande.

Nelson avait aussi une formation suffisante pour enseigner le catéchisme aux enfants.

Très actif dans la paroisse d’Aguilares, où fut nommé curé le père Rutilio, il accompagnait volontiers ce dernier dans toutes ses activités, bien conscient du danger qu’il courait si le père Rutilio venait à être attaqué.

Avec Manuel Solórzano, il accompagnait le p.Rutilio le 12 mars, lorsque la jeep fut attaquée par un escadron de la mort. Manuel et le prêtre furent tués sur le coup ; Nelson fut achevé d’une balle dans la tête ; il avait seize ans.

On peut lire d’autres détails dans la notice de Rutilio Grande García

Nelson Rutilio Lemus Chávez devrait être béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 12 mars.

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 10:01

Carlo Acutis

1991-2006

 

Carlo Acutis naquit le 3 mai 1991 à Londres, où se trouvaient ses parents pour raisons professionnelles, mais ils revinrent bientôt à Milan (Italie) dès le mois de septembre.

Ces parents sont des gens qui conservent les bonnes habitudes, mais ne sont pas vraiment pratiquants. En revanche, la semence chrétienne que leur fils Carlo recevra, germera et grandira de façon extraordinaire.

Carlo aimait prier, aller dans les églises, visiter les sanctuaires, et ses parents ne lui refusaient pas ces moments où le garçon rencontrait déjà l’Invisible.

Il désirait intensément recevoir l’Eucharistie, et put faire la Première communion à l’âge de sept ans ; de ce jour, il tint à participer chaque matin à l’Eucharistie de sa paroisse. Etre toujours uni à Jésus, tel est le but de ma vie, écrivit-il alors. Mieux : il savait se recueillir un moment avant la messe ou après, et répétait : Si l’on s’approche tous les jours de l’Eucharistie, on va tout droit au paradis.

Il aimait en même temps se purifier avant de communier, et pour cela se confessait chaque semaine. Et comme on ne peut dissocier Jésus de sa sainte Mère, il priait chaque jour le chapelet. De Marie, il dira plus tard : Elle est l’unique femme de ma vie. Il s’intéressa particulièrement aux apparitions mariales de Lourdes et de Fatima.

Il aurait certainement apprécié notre blog, car il aimait lire la vie des Saints, comme s.François d’Assise, s.Antoine de Padoue, s.Dominique Savio, les trois voyants de Fatima.

En grandissant, Carlo ne se distingua pas de ses camarades de jeux et d’école ; il jouait au football, comme tout Italien, apprenait le saxophone ; bon élève, tant chez les Marcellines de Milan qu’à l’Institut Léon XIII des bons pères Jésuites, il montrait simplement son enthousiasme et sa gentillesse envers tous. Il encourageait ses camarades de l’aumônerie : L’Eucharistie, c’est l’autoroute qui mène au ciel.

Son temps libre passait en bonnes œuvres : le catéchisme aux plus jeunes de la paroisse, la visite aux personnes âgées ; s’il avait de l’argent, il le gardait pour le redonner en aumônes, répétant : Le bonheur s’est d’avoir le regard tourné vers Dieu. La tristesse, c’est d’avoir le regard tourné vers soi-même.

Mais surtout, ce jeune garçon fut un passionné d’informatique. Sans avoir encore la formation d’un professionnel, il «flairait» les trucs qui lui permettaient de réaliser des merveilles : montages de films, création de sites (pour la paroisse, pour le lycée), et expliquait aux autres comment il fallait faire.

Sa plus belle réussite fut sa recherche enthousiaste sur les miracles eucharistiques. Pendant deux années, avec l’aide de ses parents, bien sûr, il visita les lieux de cent trente-six miracles reconnus par l’Eglise, recueillant toutes les informations, les récits, les photographies possibles. Ce fut d’abord un petit site internet, qui aboutit finalement à une magnifique exposition : elle fut présentée dans le monde entier, sur les cinq continents, dans les paroisses, dans les sanctuaires de Lourdes, de Fatima, de Guadalupe…

Et voilà qu’en octobre 2006, le jeune Carlo de quinze ans fut diagnostiqué très gravement malade : leucémie foudroyante de type M3. Il fut hospitalisé à Monza ; mais il demeura le garçon souriant qu’il avait toujours été. Jamais une plainte : J’offre toutes les souffrances que je dois subir au Seigneur, pour le pape et pour l’Eglise, et pour aller directement au Paradis.

Toujours préoccupé des autres, il dit à ses parents d’aller se reposer, il encourageait les autres patients ; le personnel médical était étonné, édifié par cette attitude si tranquille, alors que Carlo était en phase terminale.

Avant de voir mourir ce jeune garçon, digne d’un Domenico Savio (v. 9 avril), citons encore deux phrases de ce «cyber-apôtre» :

Notre objectif doit être l’infini, non pas le fini. L’Infini est notre Patrie. Depuis toujours nous sommes attendus au Ciel.

Tous naissent comme des originaux, mais beaucoup meurent comme des photocopies.

Carlo s’éteignit à ce monde au matin du 12 octobre 2006.

Selon son souhait, il fut enterré à Assise, la ville de s.François.

Douze ans plus tard, dans le cadre du procès de béatification de Carlo, on procéda à la reconnaissance canonique de son corps : la maman put l’attester, son fils lui semblait comme mort à peine quelques instants auparavant, tant il était bien conservé.

On attendait un miracle : en 2010, un petit enfant brésilien était atteint d’une grave déformation du pancréas ; l’opérer aurait coûté la vie du jeune garçon. On invoqua l’intercession de Carlo : le pancréas reprit sa forme et sa place normales, sans aucune intervention. Le changement était inexplicable.

Carlo Acutis devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 12 octobre.

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 09:32

Olinto Marella

1882-1969

 

Olinto Marella naquit le 4 juin 1882 à Pellestrina (Venise, Italie NE), deuxième des trois enfants d’un père médecin, Luigi, et d’une mère institutrice, Carolina de’ Bei.

Le papa mourut en 1892 et un des frères d’Olinto, Ugo, mourut aussi, en 1902. L’autre frère s’appelait Tullio.

En 1896, Olinto entra au séminaire et, une fois ordonné prêtre (1904), poursuivit des études universitaires à l’Apollinaire de Rome : là, il se lia d’amitié avec un certain Angelo Roncalli, futur Jean XXIII, et fut reçu au doctorat en Théologie et en Philosophie.

Il fut nommé professeur au séminaire de Chioggia. Simultanément, il se préoccupa de la trop importante population analphabète italienne, et créa le Ricreatorio popolare (Récréation Populaire) ainsi qu’une école maternelle a Pellestrina.

Son style était nouveau et tranchait avec certaines idées reçues ; et puis, il eut l’audace de recevoir chez lui un prêtre récemment condamné pour modernisme, Romolo Murri, comme s’il n’était pas permis de rester charitable même (et surtout) avec un condamné. Certains prêtres, jaloux de son influence, ne se gênèrent pas pour l’accuser à son tour de modernisme, ce qui eut pour conséquence que don Olinto fut exclu du clergé en 1909, suspendu a divinis et, dirait-on aujourd’hui, mis au chômage. Les hommes d’Eglise, qui prêchent la charité, sont parfois impitoyables dans leurs sentences.

On ne peut imaginer la douleur qu’éprouve un prêtre que l’on prive de son état sacerdotal : c’est un peu comme interdire à un père en bonne santé d’avoir des enfants. Et pour Olinto, cette peine dura pendant seize année.

Que fit don Marella ? Il se soumit humblement, quitta son diocèse et erra dans diverses villes du pays, pour enseigner la philosophie. En 1916, il obtint le doctorat en Histoire de la Philosophie ainsi que l’aptitude à enseigner, qu’il mit à profit à Treviso, Messina, Pola, Rieti, Padoue.

Pendant tout ce temps, notre victime ne critiqua jamais l’Eglise. Il s’occupa des pauvres de diverses façons, édifiant par sa conduite et son zèle. Enfin en 1925, le Cardinal Giovanni Battista Nasalli Rocca di Corneliano, nouvel archevêque de Bologne, s’émut de cette situation anormale et s’employa à réhabiliter le pauvre prêtre. Ressuscité, don Olinto reprit et élargit son activité dans les milieux défavorisés.

En 1934, il fonda le Pieux Groupe d’Assistance religieuse dans les Agglomérations des plus pauvres.

En 1941, il fonda une association de tertiaires franciscains «Pro infantia et iuventute».

Pendant la guerre, il sauva la vie à un groupe de Juifs, cacha chez lui une trentaine de militaires destinés à la déportation, sauva un père de famille qui était déjà devant le peloton d’exécution, ainsi qu’une religieuse arrêtée par les Nazis.

Après cette guerre atroce, il créa en 1948 la Città dei Ragazzi (Cité des Garçons), pour accueillir des gamins des rues, des orphelins, pour lesquels il passait des heures dans les rues de Bologne à mendier.

Des confrères le critiquèrent encore, même le Saint-Office du Vatican demandait chaque année au diocèse de Bologne un rapport écrit sur les activités de don Olinto.

En même temps, beaucoup de volontaires s’offrirent pour l’aider. Un second refuge s’ouvrit en 1954 à San Lazzaro di Savena, et encore un Village artisanal et une Maison de la Charité.

Don Olinto savait aussi éclairer les esprits, et l’on note parmi ses dirigés Gianna Beretta Molla et Maria Bolognesi (v. 28 avril et 30 janvier).

C’est dans cette maison de San Lazzaro di Savena qu’il s’éteignit, le 6 septembre 1969.

Son œuvre continue, à Bologne, avec beaucoup de volontaires qui sont là pour accueillir tout un monde de personnes en difficulté : drogués, migrants, filles-mères, jeunes sans travail.

Suite à la reconnaissance d’un miracle, don Olinto Marella devait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 6 septembre.

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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 21:10

Maria Velotti

1826-1886

 

Maria Velotti naquit le 16 novembre 1826 à Soccavo (Naples, Italie), de Francesco et Teresa Napoletano, qui la firent baptiser le jour-même. Francesco s’était remarié après son veuvage et avait un fils, Giovanni.

L’enfance de Maria fut marquée par de rudes épreuves. Ses parents moururent vers 1828. La petite fille fut alors hébergée par une tante célibataire, qui la maltraita. Mariella, comme on l’appelait, n’avait qu’à se taire et faire les travaux de l’entretien de la maison ; elle ne mangeait pas à sa faim, était facilement battue et, voulant aller à la messe, devait y aller pieds-nus. Maria fut finalement «adoptée» par de bons voisins, Lorenzo Sabatino et Giuseppa Tuzzolo, qui n’avaient pas d’enfants.

Le résultat de cette période agitée, fut que la jeune fille savait à peine lire et écrire.

Plus tard, devenue adulte, elle eut l’opportunité de rencontrer son demi-frère Giovanni.

En 1849, Maria rencontra par bonheur un bon prêtre qui fut son directeur spirituel, Filippo Antonio da Domicella, qui l’accompagna dans son chemin spirituel : en 1853, elle revêtit un habit religieux et, l’année suivante, fit la profession chez les Franciscaines. Elle prit le nom religieux de Maria Luigia du Très-Saint-Sacrement, en souvenir de s.Luigi Gonzaga (v. 21 juin).

Dès 1853, Maria fut favorisée d’extases, de visions de Notre-Seigneur, de la Vierge Marie, de saint François d’Assise. Comme ce dernier, elle reçut les stigmates de la Passion, mais de façon invisible. Elle fut aussi persécutée par le Démon, qui la laissa blessée ; elle dut même rester alitée plusieurs jours. Outre ces grâces particulières, Maria s’imposait d’autres mortifications, portant un cilice et se flagellant.

Dans son petit couvent de Franciscaines, Maria devint la maîtresse des novices. Mais en 1867, le couvent ferma ses portes. Malade, Maria fut hospitalisée à Naples. On vint la voir, lui demander ses conseils, et aussi, pourquoi pas, fonder avec elle une nouvelle famille. Ce fut ainsi que naquit en 1875 la congrégation des Sœurs Franciscaines Adoratrices de la Sainte Croix, dont le but devait être la formation des jeunes filles et promouvoir leur rôle et leur place dans la société napolitaine. La maison était à Naples.

La renommée de Maria Luigia se répandait ; des guérisons lui étaient attribuées ; des vocations se présentèrent et la Fondatrice établit la maison-mère à Casoria, dans des locaux plus amples. Une école se fonda pour les jeunes filles de la campagne.

Les dernières années et surtout les dernières semaines de sa vie, Maria Luigia souffrit énormément, paralysée sur un fauteuil roulant, où elle mourut, le 3 septembre 1886.

Maria Velotti - Sœur Maria Luigia - qfut béatifiée en 2020, et inscrite au Martyrologe le 3 septembre.

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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 19:26

Isabel Sánchez Romero

1861-1937

 

Isabel Sánchez Romero naquit le 9 mai 1861 à Huéscar (Grenade, Espagne S).

En 1878, elle entra dans l’Ordre des Dominicaines, prenant le nom religieux de Ascension de Saint-Joseph.

Religieuse exemplaire, elle portait une infirmité rare, qui lui causait des plaies sur tout le corps ; elle ne s’en plaignit jamais.

Lors de la Guerre civile de 1936-1937, elle fut arrêtée en février 1937, mise en prison, violée. Sommée de renoncer à la Foi chrétienne et de blasphémer, elle ne fit que répondre par des paroles jaculatoires, comme Vive le Christ Roi !  Elle fut battue. Ses bourreaux auraient été fort contents de voir cette vieille Religieuse de soixante-seize ans, si gentille, rejoindre leurs rangs en abandonnant la vie religieuse, mais ils se trompaient.

Le 17 février 1937, on voulut conduire au cimetière de Huéscar tout un groupe de prisonniers chrétiens, dont cette Religieuse et son propre neveu, Florencio. Comme elle ne pouvait monter dans le camion, à cause de son grand âge, les miliciens s’emparèrent d’elle et l’envoyèrent sans ménagement dans le camion, comme on le fait d’un sac de pommes de terre.

Au cimetière, pendant qu’elle continuait de prier sans relâche, tous tombèrent l’un après l’autre. Elle était la dernière ; les bourreaux ne voulurent pas se «contenter» de la fusiller : ils la mirent la tête sur une pierre et, avec une autre, lui écrasèrent le crâne.

Ainsi «monta au ciel» la Sœur Ascension de Saint-Joseph.

Pour Florencio et tous les autres, on attend l’enquête.

Isabel Sánchez Romero devrait être béatifiée en 2021, et inscrite au Martyrologe le 17 février.

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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 11:02

Giuseppe Ambrosoli

1923-1987

 

Giuseppe Ambrosoli naquit le 25 juillet 1923 à Ronago (Côme, Italie N) dans une famille aisée, propriétaire d’une fabrique de miel. Il était le septième fils de Giovanni Battista Ambrosoli et de Palmira Valli.

Giuseppe étudia à Côme, puis chez les Piaristes de Gênes et passa le baccalauréat en 1942.

Déjà il occupait son temps libre au Cénacle, un groupe d’Action Catholique. Il commença les études de médecine à Milan, interrompues par la guerre.

Lors de la création de la République de Salò (septembre 1943), il aida des Juifs à passer en Suisse, jusqu’au moment où il se crut lui-même obligé de se réfugier en Suisse ; mais sur l’appel de ses parents qui étaient menacés de représailles, il revint en Italie, où il fut immédiatement réquisitionné et envoyé au camp de Heuberg-Stetten. Là-bas, il s’efforça de soutenir ses compagnons, durement éprouvés par les mauvais traitements, le travail et la faim. Un de ceux-là affirma : Son attitude vers le prochain m’a confirmé que les saints existent encore de nos jours.

En décembre 1944, Giuseppe revint en Italie et fut envoyé à Collecchio, puis à Berceto. Déjà mûrissait sa vocation missionnaire.

La guerre terminée, il reprit les études de médecine, qu’il acheva en 1949, et compléta à l’Ecole d’Hygiène et de Médecine Tropicale de Londres.

En 1951 - il a vingt-huit ans - il entra dans la congrégation des Missionnaires Comboniens du Sacré-Cœur ; novice à Gozzano, il étudia la théologie à Venegono et fut ordonné prêtre en 1955 : l’évêque qui l’ordonna était Mgr Giovanni Battista Montini, devenu le pape Paul VI en 1963 (v. 6 août).

En 1956, Giuseppe partit pour l’Ouganda. A part quelques brefs séjours en Italie, il y restera jusqu’à sa mort.

Envoyé au dispensaire de Kalongo, il le transforma peu à peu en un grand hôpital de trois-cent quarante-cinq lits, où il pratiqua particulièrement la chirurgie et l’obstétrique.

En même temps il fréquentait le séminaire de Lacor pour y achever ses études de théologie ; en outre, il apprit correctement la langue locale, l’acioli.

En 1959, il fonda une école d’obstétrique et d’infirmières ; ensuite il réunit à son hôpital ceux des lépreux d’Alito et de Morulem, pour que ces pauvres malades ne fussent plus abandonnés dans des léproseries malsaines.

Le père Giuseppe voulait véritablement soulager les souffrances de Jésus-Christ en la personne de tous ses malades. Il se disait le serviteur des gens malades. Quand c’était nécessaire, il donnait lui-même son sang pour un malade qui en avait besoin.

Il reçut en Italie des distinctions, qu’il accepta à contre-cœur, affirmant qu’il ne les méritait pas.

En Ouganda, l’instabilité politique dégénéra en guerre civile et l’hôpital de Kalongo dut, dans un premier temps, être évacué, avant que les troupes gouvernementales n’y mettent le feu, détruisant tout le travail du père Ambrosoli (février 1987).

Le pauvre Père ne survécut pas à cet anéantissement : déjà malade d’insuffisance rénale, il célébra sa dernière messe le 22 mars et s’éteignit le 27 mars 1987 à Lira (Ouganda), où il avait pu transférer les patients.

En 2009, une jeune Ougandaise frappée de septicémie en phase terminale, guérit soudainement et totalement, après que l’aumônier eut placé près d'elle une image du père Ambrosoli et l’eut invoqué.

Giuseppe Ambrosoli devrait être béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 27 mars.

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 19:54

Jan Franciszek Macha

1914-1942

 

Jan Franciszek Macha naquit le 18 janvier 1914 à Chorzów (Pologne S), aîné des quatre enfants de Paweł et Anna Cofałka. Ses deux sœurs s’appelaient Róźę et Marię, son frère Piotr. Jan était surnommé Hanik.

De 1921 à 1924, il étudia à l’école de son pays, puis au collège. En 1933, il ne put entrer au Séminaire, en raison du trop grand nombre de séminaristes, aussi étudia-t-il le Droit à l’université Jagellon de Cracovie, avant d’intégrer le séminaire de Katowice en 1934.

Il fut ordonné prêtre en juin 1939, peu de temps avant l’invasion hitlérienne de la Pologne. Lors de sa première Messe, sa sœur était près de lui à la sacristie et il lui avoua son pressentiment : il mourrait bientôt, mais pas de mort naturelle.

Il rejoignit la paroisse de Ruda Śląska le 1er septembre, justement le jour de cette invasion.

Malgré cette intime conviction, ses premiers soucis furent de venir en aide aux familles qui avaient perdu leur maison, leurs bêtes, leurs biens, et surtout les maris et les fils, tués à la guerre… Puis il fit le catéchisme dans la clandestinité, car les Nazis interdisaient violemment toute pratique chrétienne. L’abbé Macha forma aussi des groupes d’étudiants, des troupes de scouts, et il aidait ces jeunes à conserver la foi, à rester forts dans l’épreuve.

La Gestapo surveilla ce prêtre «trop» zélé. Une première fois arrêté et interrogé au début de 1940, il fut relâché. Le 5 septembre 1941, il fut arrêté à la gare de Katowice, enfermé dans la prison de Mysłowice jusqu’au 13 novembre, soumis pendant ce temps à d’interminables interrogatoires, interrompus seulement par un cortège de tortures et d’humiliations.

Avec grande force d’âme, Jan Franciszek demanda à Dieu de pardonner à ses bourreaux ; il se fabriqua un chapelet avec des bouts de ficelles.

En juin 1942, dans la prison de la rue Mikołowska eut lieu une sorte de jugement, aboutissant à une honteuse condamnation à mort, le 17 juillet 1942. Le prêtre reçut cette sentence avec sérénité, comme sa famille put s’en rendre compte dans les lettres qu’il leur envoya. Sa mère eut le courage d’aller jusqu’à Berlin en août, pour tenter d’implorer la grâce de son fils auprès de la sœur de Hitler, laquelle lui promit qu’elle s’intéresserait à cette cause.

Le 3 décembre au soir on annonça au p.Macha qu’il serait exécuté la nuit suivante ; au même moment, chez les Macha, arriva la nouvelle que la grâce était accordée : soit fausse nouvelle macabre pour augmenter la douleur de la famille, soit retard dans la transmission de cette «nouvelle», Jan Franciszek fut effectivement guillotiné dans la prison de Katowice peu après minuit du 3 décembre.

Détails étranges : peu après minuit, chez les Macha, le bénitier qui était accroché au mur, tomba à terre, et l’horloge s’arrêta à 24h.15.

Peu avant cette heure suprême, Jan Franciszek écrivit une dernière lettre aux siens :

Dans peu de temps, je serai devant le Juge Tout-puissant. J’espère qu’il m’accueillera près de Lui… Ne vous inquiétez pas : un arbre en moins ne supprime pas une forêt ; une hirondelle en moins n’empêche pas le printemps ; un homme en moins ne fait pas la fin du monde… Au-revoir là où est le Très-haut !

Sa dépouille ne fut pas restituée à la famille, mais envoyée à Auschwitz et incinérée. En outre, on interdit de célébrer des funérailles avec quelque solennité : pas de lumière, sauf deux cierges, pas de musique, pas de chants. A travers cette mort, les Nazis voulaient donner un avertissement à tout le clergé et une totale humiliation à la famille chrétienne. Mais c’était sans compter sur la force du Christ mort et ressuscité.

Jan Franciszek Macha fut béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 3 décembre.

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 12:37

Stefan Wyszyński

1901-1981

 

Stefan Wyszyński naquit le 3 août 1901 à Zuzela (Mazovia O., Pologne) ; cette région, au début du siècle, faisait partie de l’empire de Russie, et le resta jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. De vieille noblesse polonaise, les parents s’appelaient Stanisław et Julianna Karp, les cinq frère et sœurs de Stefan : Julia, Anastazja, Janina, Wacław, Stanisława.

M. Wyszyński était très chrétien et très marial ; il s’occupait de la sacristie et de la vie de la paroisse.

En 1910, mourut la mère de Stefan. L’année suivante, le garçon fut envoyé à Varsovie pour ses études. En 1914-1916, il étudia à Łomża, puis intégra le séminaire de Włocławek.

En 1924, après une assez grave maladie, il fut ordonné prêtre. La Première Messe qu’il célébra, eut lieu au sanctuaire marial Jasna Góra de Częstochowa.

L’abbé Stefan poursuivit sa formation intellectuelle et obtint en 1929 le doctorat de Droit canonique à l’université de Lublin. Puis il fit des voyages d’étude qui le conduisirent en différents lieux de l’Europe.

De retour en Pologne, il enseigna au séminaire de Włocławek.

En 1939, quand la Pologne fut envahie par les troupes nazies, Stefan Wyszyński fut contraint d’entrer dans la clandestinité, et de changer sans cesse de domicile ; il était très recherché, comme le fut Maksymilian Kolbe (v. 14 août). Durant l’occupation, il protégea des Juifs. Il vécut impuissant l’insurrection de Varsovie le 1er août 1944 ; à cette date, il assuma le «nom de guerre» de Radwan II, et s’occupa d’assister les malades et les mourants, tant polonais qu’allemands, à l’hôpital de Laski. En 1945, il put retourner à Włocławek. : il fallait désormais reconstruire la Pologne chrétienne ; il fut recteur du séminaire et directeur d’une revue catholique.

En 1946, il fut consacré évêque de Lublin puis, en 1948, archevêque de Gniezno et Varsovie, devenant alors le Primat de Pologne.

Les années suivantes ne connaissaient pas encore la paix, car le gouvernement pro-stalinien polonais contre-carrait l’Eglise, confisquant les bâtiments, les écoles, contrôlant toute la vie de l’Eglise. Aussi, en 1950, Mgr Wyszyński se décida à entrer en pourparlers avec ce gouvernement et l’on aboutit à un accord qui resta secret mais qui assouplit les relations et le travail. L’Eglise conservait son indépendance ; les évêques seraient choisis par l’Etat dans une liste proposée par l’Eglise ; c’est ainsi que fut choisi un certain Mgr Wojtyła.

En 1953, Mgr Wyszyński fut créé cardinal, mais non officiellement - in pectore, comme on dit. Cette même année cependant commença une vague de persécutions impitoyables, dont le nouveau Cardinal fut une des plus illustres victimes. Les prêtres furent arrêtés, et internés : en septembre, le Cardinal Wyszyński fut mis en prison à Rywałd, puis à Stoczek, puis à Prudnik et au monastère-prison de Komańcza. Durant ces multiples séjours en prison, il fut sauvagement torturé, maltraité, agressé même de façon perverse. Cela dura trois années, jusqu’en octobre 1956 - l’année de l’insurrection hongroise, mais aussi d’un nouveau compromis passé avec les autorités.

En 1957, le Cardinal put recevoir officiellement la barrette cardinalice.

Affaibli, mais toujours actif, le Prélat reprit son action et prépara en 1966 le millénaire de la Pologne chrétienne, commémorant le baptême de son premier roi, Mieszko Ier. A cette occation, les autorités polonaises interdirent au pape Paul VI de visiter la Pologne et empêchèrent aussi le Cardinal de célébrer d’autres manifestations à l’étranger.

Après la mort du pape Paul VI, le Cardinal put participer au conclave de 1978, d’où sortit élu Karol Wojtyła, devenu désormais Jean-Paul II. On apprit alors que le Cardinal Wyszyński avait personnellement supplié Karol d’accepter son élection, mais lui avait fortement déconseillé de prendre le nom de Stanislas : il fallait se «contenter» de cette élection historique, et rester dans la lignée des papes précédents.

En 1980, durant les grèves historiques du syndicat Solidarność, le Cardinal Wyszyński tenta encore de prévenir autant les gouvernants que les ouvriers, de rester dans les justes limites de leurs responsabilités.

Le 13 mai 1981, lors de l’attentat perpétré contre le Pape Jean-Paul II, le Cardinal offrit à Dieu sa vie pour celle du Pontife. Désormais atteint d’un cancer de l’abdomen, il s’éteignit à Varsovie le 28 mai 1981.

Un miracle inexpliqué advint en 1989 : une jeune femme de dix-neuf ans fut guérie d’un cancer incurable. Ce miracle fut retenu pour la cause de la béatification.

Stefan Wyszyński devrait être béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 28 mai.

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