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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 23:00

 

Jeanne Émilie de Villeneuve

1811-1854

 

Jeanne Emilie de Villeneuve était la troisième des quatre enfants du marquis de Villeneuve et de Rosalie d’Avessens. Son grand-père était comte de Villeneuve.

Elle naquit le 9 mars 1811 à Toulouse.

L’enfance se passa au château d’Hauterive, près de Castres, où s’était retirée la maman pour des raisons de santé. D’ailleurs celle-ci mourut en 1825, suivie trois ans plus tard par la sœur d’Emilie, Octavie. 

Emilie commença déjà à remarquer la misère sociale ; elle en fit part à son confesseur, le père jésuite Leblanc.

A dix-neuf ans, Emilie s’installa à Hauterive avec son père et son frère, et prit en charge la gestion de la vie familiale, tandis que son père était maire de Castres.

Essuyant un net refus de son père pour entrer chez les Filles de la Charité, elle fonda alors, avec la permission de l’évêque, une nouvelle famille religieuse qui s’appellera Congrégation de Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Castres (8 décembre 1836), dont les membres seront communément appelées les Sœurs bleues, en raison de leur habit. 

On notera avec surprise l’appellation de cette nouvelle famille, en 1836, bien avant la proclamation du dogme (1854) et des apparitions de Lourdes (1858) où la Sainte Vierge se définira comme l’Immaculée Conception.

Le but de cette congrégation était de servir les moins favorisés : ouvrières, condamnés, malades, enfants abandonnés…

Très vite, les vocations se multiplièrent et la famille religieuse s’implanta au Sénégal (1848), en Gambie, au Gabon. Plus tard, ce sera l’Espagne, l’Italie, l’Amérique du Sud, les Philippines.

Humblement, la fondatrice se fit bientôt remplacer à la tête de la congrégation.

En 1854, une épidémie de choléra atteignit Castres et frappa Jeanne Emilie, qui mourut le 2 octobre 1854.

Le miracle retenu pour la béatification est la guérison d’une jeune guinéenne de dix-neuf ans, musulmane, renvoyée par son père qui la croyait enceinte et qui tenta de se suicider par l’absorption de soude caustique ; opérée d’urgence à Barcelone (Espagne), on la disait en phase terminale. Mais les Sœurs et les Novices de la Congrégation prièrent, déposant des reliques de Jeanne Emilie près de la malade, qui guérit rapidement et vit encore actuellement à Barcelone.

Le miracle retenu pour la canonisation fut la guérison complète et durable d’une petite brésilienne qui, électrocutée, donnée pour morte, réanimée mais aveugle et muette, récupéra toutes ses facultés après une neuvaine à la Bienheureuse ; cette petite fille de sept ans participa à la procession des offrandes lors de la messe de canonisation.

Jeanne Emilie de Villeneuve a été béatifiée en 2009 et canonisée en 2015.

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 23:00

Mateu Garrolera Masferrer

1888-1936

 

Mateu vit le jour le 11 novembre 1888 à San Miquel de Olladels (Gerona, Espagne)

A vingt-cinq ans, il fut employé comme domestique chez les Salésiens de Sarriá (Barcelone) et, conquis par cette belle ambiance familiale salésienne, demanda à y faire le noviciat.

Il entra au noviciat de Carabanchel Alto et fit profession en 1916.

Il fut une année à Sarriá, six à La Coruña, six autres à Orense et finalement à Atocha (Madrid) en 1929, où il était chargé de recueillir les aumônes des coopérateurs pour la maison.

Lors de la guerre civile de juillet 1936, la maison fut prise d’assaut. On mit les Frères face au mur. Mateu, tranquillement, sortit son chapelet et commença à le prier. Quelqu’un lui parla d’imprudence, il répondit : Et pourquoi on aurait honte de montrer ce qu’on est ? Un milicien lui dit encore de le rentrer et il lui répondit : Qu’est-ce que ça peut me faire, si vous me tuez ? J’irai plus vite au Ciel ! et il continua sa prière.

Le 22 juillet, on les emmena devant le Gouverneur ; celui-ci les savait innocents, mais craignit les menaces de la foule : il fit enfermer les Religieux dans la prison provinciale, leur promettant la liberté pour le lendemain.

Au matin du 23, libres, les Salésiens se dispersèrent ; Mateu se réfugia quinze jours chez des amis, puis chez une coopératrice salésienne, mais dut partir à cause de l’hostilité affichée par certains voisins, et rejoignit une pension ; on l’y arrêta, le 1er octobre. 

Comme papiers, il montra ses livres de piété ; interrogé, il répondit calmement ; les miliciens notèrent : A ses réponses, on voit bien que c’est un Religieux. On l’arrêta et le conduisit à la tchéka de Fomento, où il retrouva d’autres Salésiens.

On n’en sut rien de plus. Il fut peut-être fusillé dès le 2 octobre 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 23:00

Felipe González de Heredia Barahona

1889-1936

 

(Voir aussi la notice : Clarétains espagnols martyrs à Fernán Caballero

 

Il naquit le 26 mai 1889 à San Asensio (La Rioja, Espagne).

Il fit la profession comme Frère convers chez les Clarétains.

Après l’expulsion forcée de la maison religieuse, il était resté chez son frère à Ciudad Real.

Bientôt découvert à son tour, il fut emmené à la tchéka du séminaire jusqu’au 2 octobre. Ce jour-là, on le conduisit en voiture à Fernán Caballero, entre deux miliciens. Avec un couteau, on le menaçait : C’est comme ça qu’on va te tuer ; avec ces chiens, pas besoin de gâcher de la poudre.

La voiture s’arrêta à la porte du cimetière. Le Frère Felipe sortit, mit les bras en croix et cria : Vive le Christ Roi et le Cœur de Marie ! Il tomba sous une décharge de fusil.

Il fut béatifié en 2013.

 
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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 23:00

Antoine Chevrier

1826-1879

 

Antoine-Marie Chevrier est né à Lyon en 1826. 

Ordonné prêtre en 1850, il consacra son ministère sacerdotal au service des pauvres dans la banlieue de Lyon où il découvrit la misère du monde ouvrier. 

En 1856, des inondations ravagent le quartier ouvrier de La Guillotière où il est vicaire de la paroisse Saint-André et se dévoue au service des sinistrés.

Il entre dans le Tiers-Ordre de saint François, désireux de suivre le Christ et l’Évangile comme François d’Assise. En méditant devant la crèche, il décide de se convertir à une existence évangélique et de vivre le mystère de la pauvreté à la suite de Jésus afin de “travailler plus efficacement au salut des âmes”. Il perçoit l’injustice qui frappe le monde du travail, tandis que se développe la grande industrie. Dans l’un de ses sermons, il dit : À mesure que les grands de la terre s'enrichissent, à mesure que les richesses s'enferment dans quelques mains avides qui les recherchent, on dirait que la pauvreté croît, que le travail diminue et que les salaires ne sont pas payés... Il pressent qu’il faut des prêtres pauvres pour rejoindre les pauvres...

Il se rend à Ars pour consulter le saint curé, Jean-Marie Vianney, sur son projet de fondation d’une société de prêtres pauvres au service des pauvres. Avec l’accord de l’évêque, il acquiert en 1860 ‘Le Prado’, une ancienne salle de bal à l’abandon. il y recueille des enfants et des adolescents. Les conditions pour être admis : "Ne rien avoir, ne rien savoir, ne rien valoir." 

Il cherche à s'associer des prêtres et demande l'autorisation de former lui-même des jeunes en vue du sacerdoce. Durant l'été 1866, au cours d'une retraite prêchée, il peint sur les murs sa doctrine du prêtre selon l'Évangile, appelée le Tableau de Saint-Fons : "Le prêtre est un homme dépouillé, crucifié, mangé". C'est l'axe de la spiritualité pradosienne.

Avec l’encouragement du Pape Pie IX, Antoine fonde la Société du Prado composée de prêtres voués à l’apostolat paroissial et missionnaire en milieu ouvrier. Il fonde aussi un institut de femmes consacrées au service des pauvres. Marie Boisson devient la première Sœur du Prado. Les premiers prêtres du Prado sont ordonnés à Rome en 1877. En janvier 1878, l’archevêque de Lyon approuve la règle de vie des premiers «Pradosiens».

Pour la formation spirituelle des prêtres et des religieuses du Prado, Antoine écrit des commentaires d’Évangile totalement centrés sur la personne de Jésus : le Christ pauvre dans la crèche, souffrant dans sa Passion, et se laissant manger dans la sainte Eucharistie. Dans une lettre à ses séminaristes, il écrit : La connaissance de Jésus-Christ est la clé de tout. Connaître Dieu et son Christ, c’est là tout l’homme, tout le prêtre, tout le saint. Son ouvrage le plus connu, mais inachevé, s’intitule : « Le Prêtre selon l’Évangile, ou le véritable disciple de Notre-Seigneur ».

Antoine Chevrier aurait souhaité que sa société de prêtres restât affiliée au Tiers-Ordre franciscain, mais les membres du Prado préférèrent conserver leur autonomie et leur incardination dans leurs diocèses d’origine. 

Le Père Chevrier, épuisé par les labeurs et l’austérité de sa vie, mourut à l’âge de cinquante-trois ans, le 2 octobre 1879, jour où il est inscrit au Martyrologe. 

Il a été proclamé bienheureux en 1986.

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 23:00

María Francisca Ricart Olmos

1881-1936

 

Elle naquit le 23 février 1881 à Albal (Valencia, Espagne), deuxième des quatre enfants de Francisco et María.

En 1885, le papa mourut et la maman éduqua courageusement et saintement ses quatre enfants : trois filles et un garçon.

María Francisca reçut la Première communion en 1891, date à partir de laquelle elle se «transforma» de plus en plus, par une participation très fréquente à l’Eucharistie.

Il y eut un «incident» lors de cette cérémonie. Le curé posa simplement cette question : Y aura-t-il parmi vous quelqu’un qui sera l’épouse de Jésus-Christ ? María Francisca leva spontanément le doigt en disant bien clairement : Moi, je veux en être une !

Elle fréquenta l’école du village jusqu’à quatorze ans, bonne élève, joyeuse et sérieuse à la fois, au point que la maîtresse lui confiait la garde des plus petits. En grandissant, elle participa aux activités paroissiales. Elle apprit la musique et le chant : elle eut pour professeur une certaine Francesca Peneli, qui entra aussi chez les Servantes de Marie, et fut aussi martyrisée le 2 octobre.

Avec le consentement de sa mère et du curé, elle partit à quinze ans chez les Servantes de Marie à Valencia, dont le monastère s’appelait Au pied de la Croix. Durant le trajet, on parlait, on échangeait ; un inconnu voulut protester contre la vie religieuse et lança : Regardez cette gamine, on l’a trompée pour l’emmener ! Mais la gamine répondit crânement : Je sais parfaitement ce que je fais, c’est Jésus qui m’appelle.

Après le noviciat, elle professa solennellement en 1900, avec le nom de María Guadalupe.

Inutile de dire qu’elle vécut la Règle saintement, pieusement, profondément, méditant les douleurs de la Passion du Christ et de Marie, sans jamais pour autant perdre sa joie.

En 1928, elle fut maîtresse des novices, en 1931 prieure, de nouveau maîtresse des novices en 1934.

En juillet 1936, la communauté se dispersa et María Guadalupe se réfugia dans sa famille, d’abord chez une nièce, mais qu’elle quitta pour ne pas déranger cette jeune femme enceinte, puis chez sa sœur.

Le 2 octobre, du vacarme la fit sortir de sa méditation. Sa sœur et son beau-frère cherchaient à empêcher des miliciens de fouiller la maison. María Guadalupe sortit de sa chambre, son livre de prières à la main. On lui demanda : C’est vous la nonne ? Sa réponse démontra encore une fois sa personnalité : Je suis moniale et si je naissais mille fois, je serais Au pied de la Croix, faisant allusion au monastère et à la dévotion principale de la congrégation.

On l’embarqua dans une fourgonnette. Elle dit aux siens : Ne pleurez pas pour moi. Tenez : ils vont me faire mourir et donner la vie pour Celui qui l’a le premier donnée pour moi.

Il était deux heures du matin. On l’emmena à un soi-disant tribunal, qui la condamna à mort, ce même 2 octobre 1936 à Silla (Valencia). L’exécution se fit vers quatre heures, on en en entendit les coups. Durant les deux heures précédentes, on commit sur la Religieuse et les autres qui étaient arrêtées avec elle, des atrocités que même une des miliciennes, témoin de la scène, eut honte et horreur de raconter. 

María Guadalupe a été béatifiée en 2001.

 
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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 23:00

Bartolomé Blanco Márquez

1914-1936

 

Bartolomé naquit en 1914 à Pozoblanco (Cordoue, Espagne), dans un milieu très modeste.

A trois ans, il fut orphelin de père et fut élevé par ses oncle et tante. Il devint très tôt rempailleur de chaises.

Il fut un des premiers à fréquenter l’oratoire salésien de son pays, et devint catéchiste.

En 1932, il fit partie de la nouvelle section Jeunesse Action Catholique, dont il devint le secrétaire ; puis en 1934, il adhéra à l’Institut Social Ouvrier. Au terme de ses études, il fonda huit sections de syndicats catholiques.

Le 18 juillet 1936 Bartolomé se mit immédiatement au service de la Garde Civile, persuadé qu’il pourrait combattre contre les ennemis de l’Eglise.

Il fut arrêté et mis en prison à la fin de septembre 1936.

Transféré à Jaén, il confessa fermement sa foi au Christ et fut condamné à mort.

La veille de son exécution, il écrivit : En me fusillant, ils me donnent la vraie vie. En me condamnant pour avoir défendu les idéaux de la religion, de la patrie et de la famille, ils m’ouvrent les portes du ciel.

Parvenu à l’endroit de l’exécution, il baisa les mains du bourreau et se tint bien en face de lui parce que celui qui meurt pour le Christ, doit présenter sa poitrine. Devant un chêne, il mit les bras en croix, cria Vive le Christ Roi ! et reçut les balles.

C’était le 2 octobre 1936 ; Bartolomé n’avait pas vingt-deux ans.

Il a été béatifié en 2007.

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 23:00

Manuel Borrajo Míguez

1915-1936

 

Manuel vit le jour le 22 août 1915 à Rudicio-San Xoan de Seoane-Allariz (Orense, Espagne).

Il entra au noviciat salésien de Allariz, continua sa formation à Madrid et Mohernando-Guadalajara, où il fit la profession en 1932 ainsi que ses études de philosophie.

Il prit pour modèle saint Domenico Savio (v. 9 mars).

Il alla faire en 1934 son apprentissage pédagogique et la théologie à Salamanque. Les lois l’obligèrent à être vêtu civilement.

Il se trouva de passage à Carabanchel Alto (Madrid), où il fut arrêté le 1er octobre 1936 avec don Artolozaga. On les interrogea longuement dans la tchéka Fomento, et on retrouva le corps de Manuel au kilomètre 10 de la route de Castellón.

Don Manuel avait été assassiné le 2 octobre 1936, à vingt-et-un ans.

Il fut béatifié en 2007.

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 23:00

  

Isidoro Bover Oliver

1890-1936

 

Né le 2 mai 1890 à Vinaroz (Castellón), Isidoro se préparait à recevoir le sacerdoce à Tortosa, quand il entra dans l’Institut ou Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains.

Il fut ordonné en 1912 et partit au Mexique, où il travailla au séminaire de Cuernavaca (Tacabaya).

En 1914, il revint en Espagne, à Tortosa jusqu’à la fin de sa vie, sauf deux mois au séminaire de Almería pour un remplacement.

Il continua de diriger une revue pour les vocations, Le Courrier Joséphique (El Correo Josefino), grâce auquel il restait en liaison avec beaucoup de séminaires et de séminaristes.

En avril 1936, il écrivait à son frère José María que la dictature marxiste était en train de s’installer en Espagne.

Il fut dénoncé par le maire de son village.

Il fut arrêté et mis en prison à Castellón, avec le père Francesc Carceller et une trentaine d’autres.

Le 2 octobre 1936 fut le jour du martyre. A quatre heures de l’après-midi, survinrent des miliciens de la Colonne de Feu, qui appelèrent vingt noms : ils furent menottés et conduits à Almazara pour être fusillés. 

A vingt-deux heures, dix autres furent appelés et fusillés au cimetière de Castellón. A vingt-trois heures trente, furent appelés tous les autres, parmi lesquels le père Francesc Carceller et le père Isidoro Bover. Dans une pièce voisine, avait été dressé une sorte de tribunal, où on leur demanda leurs noms, prénoms, profession. Pour les prêtres, il n’y eut pas d’autre question…

Les militiens leur ligotèrent les mains derrière le dos, les contrôlèrent et leur prirent tout ce qu’ils avaient ; on les força à monter dans un camion, non sans un flot d’insultes et de coups, frappant leurs visages avec les chapelets qu’on leur avait trouvés.

On les conduisit au cimetière, où gisaient à terre les cadavres du groupe précédent, éclairés seulement par la pâle lueur de la lune. On les mit sur deux rangs ; le silence fut rompu par la voix ferme d’un prêtre qui interpella ses Confrères : Répétons les paroles de Calvo Sotelo : Vous pouvez nous prendre nos vies, mais rien de plus ! Vive le Christ Roi ! Vive l’Espagne.

Tous répondirent Viva ! juste avant de tomber sous les balles.

Le lendemain, 3 octobre, les corps furent mis dans des cercueils individuels et brûlés. 

Isidoro Bover Oliver fut béatifié en 1995. 

Isidoro Bover Oliver

1890-1936

 

Né le 2 mai 1890 à Vinaroz (Castellón), Isidoro se préparait à recevoir le sacerdoce à Tortosa, quand il entra dans l’Institut ou Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains.

Il fut ordonné en 1912 et partit au Mexique, où il travailla au séminaire de Cuernavaca (Tacabaya).

En 1914, il revint en Espagne, à Tortosa jusqu’à la fin de sa vie, sauf deux mois au séminaire de Almería pour un remplacement.

Il continua de diriger une revue pour les vocations, Le Courrier Joséphique (El Correo Josefino), grâce auquel il restait en liaison avec beaucoup de séminaires et de séminaristes.

En avril 1936, il écrivait à son frère José María que la dictature marxiste était en train de s’installer en Espagne.

Il fut dénoncé par le maire de son village.

Il fut arrêté et mis en prison à Castellón, avec le père Francesc Carceller et une trentaine d’autres.

Le 2 octobre 1936 fut le jour du martyre. A quatre heures de l’après-midi, survinrent des miliciens de la Colonne de Feu, qui appelèrent vingt noms : ils furent menottés et conduits à Almazara pour être fusillés. 

A vingt-deux heures, dix autres furent appelés et fusillés au cimetière de Castellón. A vingt-trois heures trente, furent appelés tous les autres, parmi lesquels le père Francesc Carceller et le père Isidoro Bover. Dans une pièce voisine, avait été dressé une sorte de tribunal, où on leur demanda leurs noms, prénoms, profession. Pour les prêtres, il n’y eut pas d’autre question…

Les militiens leur ligotèrent les mains derrière le dos, les contrôlèrent et leur prirent tout ce qu’ils avaient ; on les força à monter dans un camion, non sans un flot d’insultes et de coups, frappant leurs visages avec les chapelets qu’on leur avait trouvés.

On les conduisit au cimetière, où gisaient à terre les cadavres du groupe précédent, éclairés seulement par la pâle lueur de la lune. On les mit sur deux rangs ; le silence fut rompu par la voix ferme d’un prêtre qui interpella ses Confrères : Répétons les paroles de Calvo Sotelo : Vous pouvez nous prendre nos vies, mais rien de plus ! Vive le Christ Roi ! Vive l’Espagne.

Tous répondirent Viva ! juste avant de tomber sous les balles.

Le lendemain, 3 octobre, les corps furent mis dans des cercueils individuels et brûlés. 

Isidoro Bover Oliver fut béatifié en 1995.

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 23:00

Jan Beyzym

1850-1912

 

Jan (Jean) naquit le 15 mai 1850 à Beyzymy Wielkie (Ukraine, alors en Pologne), dans une famille aristocratique.

Très timide de nature, il apprit très jeune la dévotion de sa famille à la Vierge Marie. Il pensait devenir prêtre de campagne, mais fut orienté par son père vers les Jésuites.

Il fit des études à Kiev, puis entra effectivement au noviciat de la Compagnie de Jésus à Stara Wies (Pologne) en 1872.

Cette période de formation se fit normalement en plusieurs étapes : philosophie à Stara Wies (1876-1877), enseignement au collège de Tchernopil (1877-1879), théologie à Cracovie (1879-1881).

Il fut ordonné prêtre en 1881 à Cracovie.

Cette même année, il fut envoyé au collège de Tchernopil, puis à celui de Chyrów, pour y être préfet, professeur de russe et de français, et infirmier. Au service des petits malades, il déploya un trésor de patience, d’humour aussi, pour soulager tout son petit monde.

Ce prêtre austère a ses délicatesses : il cultive les fleurs, pour en mettre dans les chambres des malades ; il a un aquarium, une cage de canaris, un écureuil.

Ayant développé ses dons d’assistance aux petits malades, il demanda par écrit en 1897, son envoi auprès des lépreux de Madagascar, où se trouvait une mission jésuite française. Dans sa lettre, il écrivait : Je sais très bien ce qu’est la lèpre, et ce que je peux craindre, mais cela ne m’effraie pas. Au contraire, cela m’attire.

Arrivé à Madagascar en 1898, il rejoignit la léproserie de Ambahivoraka : cent cinquante malades y vivaient, abandonnés à eux-mêmes, mourant de faim et de soif ; affectés, outre de leur lèpre, d’autres maux comme la gale, la syphilis, incapable de se laver et de se peigner, car ils n’avaient plus de doigts. C’était une misère physique, mais aussi une misère totale spirituelle ; délicatement, il écrivit : Je regarde ces petits enfants qui non seulement n’apprennent pas à aimer Dieu, mais encore ne savent même pas s’il y a un Dieu, tandis que les grands leur apprennent déjà à l’offenser.

Au début, le père Jan habitait Antananarivo et n’allait à la léproserie que pour les enterrements et le dimanche, puis on lui accorda d’y vivre en permanence. Il n’avait pas encore de gros moyens, mais il commença au moins par améliorer l’hygiène et la nourriture de ces malheureux, ce qui fit tomber la mortalité de cinq par semaine à cinq par an (!). Il devait tout faire seul : médecin, infirmier, coiffeur, sacristain, jardinier.

Jan reconnut que cette assistance n’était pas facile : l’odeur générale n’était pas celle des fleurs de l’île, comme il le disait, mais celle de la putréfaction des corps. Lui-même s’évanouit plusieurs fois. Mais il répétait sans cesse : Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait (cf. Mt 25:40).

Les soins qu’il donnait quotidiennement à ses malheureux, finit par toucher leurs cœurs ; ils lui demandèrent le baptême.

En 1901, il alla habiter deux mois dans un village proche pour y apprendre mieux le malgache et pouvoir mieux converser avec ses lépreux. Il put ensuite prêcher une véritable retraite selon la méthode de saint Ignace, qui se solda par des confessions et des communions. D’ailleurs, durant les quatorze années de son ministère, aucun des lépreux ne mourut sans le Sacrement des Malades.

Lui qui était arrivé sans un sou, il obtint d’amis polonais, autrichiens et allemands, des milliers de francs, et construisit un hôpital à Marana (Fianarantsoa), doté de tout ce qui pouvait se trouver de mieux à l’époque, avec une chapelle, une habitation pour les Religieux, une pharmacie, un dispensaire, deux pavillons (hommes et femmes). Il y fit venir des Religieuses de Saint-Joseph-de-Cluny et l’hôpital fut inauguré en 1911, dédié à Notre-Dame de Czestochowa, comme il se doit pour un Polonais. Il existe toujours actuellement, entouré de petites maisons pour les familles des malades.

Le centre de la vie du père Jan était la Messe quotidienne. Une de ses tristesses était qu’on ne pouvait maintenir constamment un tabernacle, à cause des intempéries. Il mettait toute sa confiance dans la Sainte Vierge et lui attribuait ce qu’il arrivait à faire. Il priait beaucoup, à tout moment. N’ayant pas beaucoup de temps à consacrer à la prière silencieuse, il demandait aux Carmélites de prier pour lui et sa mission.

Miné par l’artériosclérose, couvert de plaies, épuisé par le labeur et le climat, peut-être aussi contaminé par la maladie, Jan Beyzym mourut le 2 octobre 1912, dans son hôpital à Marana, assisté par un autre prêtre lui-même contaminé par la lèpre.

Le père Jan a été béatifié en 2002.

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 23:00

Felipe González de Heredia Barahona

1889-1936

 

(Voir aussi la notice : Clarétains espagnols martyrs à Fernán Caballero

 

Il naquit le 26 mai 1889 à San Asensio (La Rioja, Espagne).

Il fit la profession comme Frère convers chez les Clarétains.

Après l’expulsion forcée de la maison religieuse, il était resté chez son frère à Ciudad Real.

Bientôt découvert à son tour, il fut emmené à la tchéka du séminaire jusqu’au 2 octobre. Ce jour-là, on le conduisit en voiture à Fernán Caballero, entre deux miliciens. Avec un couteau, on le menaçait : C’est comme ça qu’on va te tuer ; avec ces chiens, pas besoin de gâcher de la poudre.

 

La voiture s’arrêta à la porte du cimetière. Le Frère Felipe sortit, mit les bras en croix et cria : Vive le Christ Roi et le Cœur de Marie ! Il tomba sous une décharge de fusil.


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  • : Le blog de samuelephrem
  • : Près de 9600 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
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