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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 23:00

 

Giovanni Croese (Francesco da Camporosso)

1804-1866

 

Anselmo Croese et Maria Antonia Garzo étaient d’humbles cultivateurs, à Camporosso (proche Ventimiglia, Italie).

Quatrième des cinq enfants de cette famille, Giovanni naquit le 27 décembre 1804, et reçut au baptême le nom du saint Apôtre de l’Amour, l’évangéliste Jean qu’on fête ce jour-là. Le petit garçon commença d’aller à l’école, mais ne fut pas ce qu’on peut appeler un élève enthousiaste. de sorte qu’il resta à la ferme pour aider les parents aux travaux et pour garder le petit troupeau.

En 1816, il fait la Première Communion. Une vilaine maladie pousse ses parents à le conduire au sanctuaire marial de Laghet (La Turbie, Nice), dont il revient guéri.

Ce n’était pas un demi-chrétien : un jour qu’il voyageait avec son père, il donna à un pauvre petit garçon de son âge son habit tout neuf.

En 1822, Giovanni fait un essai chez les Frères Mineurs Conventuels de Sestri Ponente, avec le nom d’Antonio.

En 1824, il passe à Voltri, dont il préfère la style de vie plus austère. Postulant, il prend le nouveau nom de Francesco Maria. Là, on remarque la charité avec laquelle il sait donner aux pauvres son repas en se contentant pour lui des restes qu’il trouvait.

En 1825 il commence le noviciat proprement dit, au couvent des Capucins de Saint Barnabé à Gênes, comme frère lai. Le 17 décembre, il reçoit l’habit, et fait la profession religieuse le même jour de l’année suivante. 

Il n’a que vingt-et-un ans, mais ses supérieurs l’envoient tout de suite à la maison principale de la Province, au couvent de l’Immaculée Conception de Gênes. Il travaille à la cuisine et à l’infirmerie, puis il est frère quêteur, en 1831, d’abord dans la campagne, dans la vallée du Bisagno, puis en ville à partir de 1834, et sera finalement responsable de tous les frères quêteurs à partir de 1840.

Il restera dans ce couvent près de quarante ans, jusqu’à la mort.

Sa charge de quêteur se doubla d’un véritable apostolat auprès des familles, par ses conseils, son assistance discrète ; il savait être proche des marins, nombreux à Gênes, ainsi que de ceux qui allaient émigrer en Amérique. On le connaissait bien, on le voyait partout pieds-nus, toujours souriant, toujours bon, au point qu’on le surnomma le Padre santo, le saint Père, lui qui n’était pas même prêtre.

Il se mortifiait beaucoup, couchant sur des planches, prenant des croûtons de pain mouillés dans de l’eau chaude, portant de vieilles étoffes qu’il raccommodait lui-même.

En 1866, une épidémie de choléra éclata en août : il s’offrit à Dieu pour la faire cesser, et en mourut effectivement, le 17 septembre 1866.

Les miracles se multiplièrent.

Le Padre santo fut proclamé bienheureux en 1929, et réellement saint en 1962. Il est tellement connu avec ce surnom, qu’on en a complètement oublié son nom de famille.

Maintenant, saint Francesco Maria de Camporosso est mentionné au Martyrologe le 17 septembre. Les Franciscains le fêtent le 19 septembre. (1)

 

 

 

1 Les Italiens, qui n’aiment pas le jour 17 comme les Français le 13, remarqueront que saint Francesco reçut l’habit un 17, fit la Profession un 17, et mourut un 17…

 

 

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 23:00

 

Lambert de Maastricht

env.636-env.705

 

 

Lambert naquit à Maastricht. Sa famille devait être princière et certains de ses membres furent des comtes dans le royaume franc.

 

Ce petit prince fut confié d’abord à Théodard, l’évêque de Maastricht, puis à l’école royale. Lambert grandit en âge et en sagesse, il se montrait à la fois leste et courageux, modeste et chaste.

 

Une biographie raconte que, jeune homme, il opéra des miracles, faisant jaillir une source pour étancher la soif des ouvriers constructeurs d'une église, ou portant des charbons ardents dans les plis de son manteau sans l'endommager. 

 

Ses vertus  peu ordinaires l'élevèrent sur le siège épiscopal de Maastricht, pour succéder à Théodard, qui avait été assassiné (vers 671). On a avancé qu’il n’avait alors que vingt et un ans, un âge certainement impossible pour une consécration épiscopale, mais on admettra que Lambert ait pu être évêque autour de ses trente ans. Si l’on retient la date de naissance donnée plus haut, il pouvait avoir trente-six ans.

 

Une lutte de palais fit assassiner Childéric II, roi d’Austrasie, dont le pouvoir fut repris par Ébroïn, maire du palais de Neustrie, qui s’en prit aux partisans du roi défunt. Aussi Lambert se retira pendant sept années dans le monastère de Stavelot, tandis qu’un intrus, certain Pharamond, usurpait sa place.

 

Une anecdote illustre la modestie et la sainteté de Lambert dans ce monastère. Une nuit froide d’hiver où il dormait dans le dortoir commun, il voulut se relever pour prier, mais une de ses sandales lui échappa et réveilla le dortoir en tombant par terre. L’abbé, sans attendre et sans vérifier, imposa à ce “grand coupable” (!) d’aller faire pénitence dehors devant le crucifix. Lambert obéit sans répliquer. Plusieurs heures après, l’abbé se rendit compte de sa méprise et alla retrouver l’évêque transi de froid et couvert de neige. Lambert n’eut qu’un mot fraternel : 

Saint Paul ne m'enseigne-t-il pas que je dois servir Dieu dans le froid et la nudité ? (cf. 1Co 4:11).

 

Lambert fut enfin rappelé sur son siège épiscopal ; il était le père de tous, surtout des pauvres. Pauvre lui-même, il tenait à avoir un siège sans ornementation, des vêtements modestes et usagés. Il lutta contre le culte païen envers les dieux celtes Cernunnos et Arduinna.

 

Son amour des âmes le porta même à entreprendre la conversion des peuples païens qui n'appartenaient pas à son diocèse.

 

Malgré des menaces de mort, son zèle ne se rebuta point, et il eut la consolation de ramener beaucoup de brebis égarées dans le bercail de l’Église. 

 

L’agent du fisc, Dodon, le fit assassiner, le 17 septembre 705. On a pu avancer que ce meurtre avait été commandité par Pépin II d’Héristal, auquel le saint évêque avait fait quelques remontrances sur sa conduite matrimoniale.

 

L’évêque égorgé (ou assommé) fut enterré à Maastricht, en la basilique Saint-Pierre, dans la banlieue, entre la Meuse et le Geer. Lors de l’examen de ses reliques en 1896, on constata une profonde blessure à l’occiput.

 

Peu après sa mort, vers 718, saint Lambert fut transporté à Liège et devint ainsi le patron de ce diocèse. La cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert de Liège fut construite sur les lieux de l’assassinat de Lambert.

 

Saint Lambert est reconnu comme le principal organisateur de l’Église belge. Plus de cent-quarante églises et sanctuaires lui sont dédiés.

 

Il est mentionné au 17 septembre dans le Martyrologe.

 

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 23:16

Manuel Ferrer Jordá

1872-1936

 

Manuel naquit le 26 novembre 1872 à Burriana (Castellón, Espagne).

Il avait un frère plus jeune, probablement d’un second mariage, Salvador Ferrer Cardet (Laureano María).

Après l’école publique, il participa à des associations paroissiales. Puis il entra chez les Tertiaires Capucins en 1890, au noviciat de Torrent (Valencia).

En 1892, il fit la première profession, avec le nom de Benito María de Burriana. 

En 1898, il fit la profession solennelle comme Frère convers.

Il exerça ses activités à Madrid, Séville et Saragosse, avant d’être envoyé en 1932 dans la communauté de Caldeiro (Madrid). Il obtenait plus de ses élèves par son exemple que par ses paroles.

Au moment de la révolution de l’été 1936, les Religieux furent expulsés de leur maison, qui fut transformée en tchéka. Le Frère chercha à se réfugier dans sa famille à Burriana, mais il lui arriva ce que dit l’évangéliste Jean : Il vint chez les siens, et les siens ne le reçurent pas (Jn 1:12), de sorte qu’il fut hébergé chez la même pieuse personne qui avait déjà reçu son frère.

Il y arriva le 14 août. Pendant un mois qu’il y fut, témoigna cette personne, le Frère Benito ne prononça peut-être pas plus qu’une douzaine de mots. Il était tout à la méditation de la Reine du Ciel.

Le 12 septembre, fête du Saint Nom de Marie, il pria dix-neuf dizaines de chapelet. 

Le 13 septembre, on vint arrêter les deux frères pour les conduire à la prison du pays. Dans cette prison, le 15 septembre, ils chantèrent encore une fois les Douleurs de Notre-Dame.

Le soir du 15, on vint les chercher pour les emmener à la Masía de Calabarra, Turis (Valencia), où ils furent assassinés, dans les première heures du 16 septembre 1936.

Le frère Benito, ainsi que son frère, furent béatifiés en 2001.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 23:15

Salvador Ferrer Cardet

1884-1936

 

On ne donne pas souvent le prénom de Sauveur en France. Salvador naquit le 13 octobre 1884 à Burriana (Castellón, Espagne).

Il avait un frère aîné, probablement d’un premier mariage, Manuel Ferrer Jordá (Benito María).

Après l’école publique, il entra à l’école séraphique de Torrent (Valencia), tenue par les Tertiaires Capucins.

En 1900, il fit la première profession, avec le nom de Laureano María de Burriana. 

En 1907, il fit la profession solennelle et reçut l’ordination sacerdotale à Turia.

Il exerça le saint ministère à Yuste (Cáceres), Madrid (Santa Rita), Teruel, Dos Hermanas (Séville), enfin Godella (Valencia), comme supérieur et conseiller général.

De cette sainte maison de Godella, il dut partir le 25 juillet 1936, et il se réfugia, avec son frère qui le rejoignit, chez une pieuse personne de Torrent. Celle-ci lui disait : Père, les rouges ne se souviennent pas de vous. Et lui : Détrompez-vous. L’heure n’est pas encore arrivée, mais je m’y prépare en lisant le Livre de Job.

Le 13 septembre, on vint arrêter les deux frères pour les conduire à la prison du pays. Dans cette prison, le 15 septembre, ils chantèrent encore une fois les Douleurs de Notre-Dame.

Le soir du 15, on vint les chercher pour les emmener à la Masía de Calabarra, Turis (Valencia), où ils furent assassinés, dans les première heures du 16 septembre 1936.

Le père Laureano, ainsi que son frère, furent béatifiés en 2001.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 23:14

Ignasi Casanovas Perramón

1893-1936

 

Ignasi (c’est l’orthographe catalane ; en espagnol : Ignacio) vit le jour le 21 juin 1893 à Igualada (Barcelone, Espagne) et fut orphelin de père à sept ans.

La maman, María, confia ses deux garçons aux Religieux de ce pays, les Piaristes, chez lesquels les deux garçons entendirent l’appel de Dieu.

Ignasi apprit le piano.

L’aîné, Jaime, entra au noviciat en 1905, Ignasi en 1909, à Moyá.

En 1911, après la profession simple, Ignasi partit à Irache (Navarre), pour la philosophie et la première année de théologie.

Il fit la profession solennelle en 1914 à Terrassa, prit le nom de Ignasi de Saint-Raymond, et fut ordonné prêtre en 1916 à Barcelone.

On signalera ici dans quel sanctuaire il célébra la première Messe : ce fut la chapelle de Can Brunet, une ancienne propriété de la famille remontant au 17e siècle, à Òdena.

Les Piaristes se dédient à l’enseignement. Le père Ignasi, à Terrassa, le fit avec un tel engouement, qu’il tomba malade. Aussi fut-il transféré à Vilanove i la Geltrú, puis à Olot. Plus tard, il fut au collège de Barcelone.

Quand il avait achevé son travail, il allait fréquemment auprès de sa mère, à qui il devait tant, et se mettait au piano, accompagnant les chansons que sa mère aimait chanter.

A la fin de l’année scolaire 1936, le père Ignasi se retira à Òdena, comme chaque année, pour un temps de vacances avec sa mère, dans la propriété familiale de Can Brunet.

Et voilà la révolution de juillet. Le père Ignasi pouvait obtenir un sauf-conduit et aller se cacher quelque part dans Barcelone, comme son frère aîné, mais il se refusait à laisser sa mère toute seule. Dans le pays, tout le monde le connaissait, et on lui proposa de le cacher, mais le prêtre n’avait guère envie de se déguiser, ni de mettre en danger ceux qui l’auraient dissimulé chez eux. Aussi resta-t-il à la maison, remettant son sort dans les mains de Dieu.

Le 16 août, vers deux heures du matin, il vit de la fenêtre un groupe de gens qui se dirigeaient vers la maison ; il alla vite se mettre dans le petit bosquet voisin. Pendant trois heures, les révolutionnaires fouillèrent la maison de fond en comble, chambre par chambre, prenant tout ce qu’ils trouvaient de religieux, crucifix, images, l’autel du prêtre, les ornements, pour les mettre au feu.

De sa cachette, le pauvre prêtre voyait la fumée noire du feu. A cinq heures, voyant le signal convenu du drap blanc à la fenêtre, il revint à la maison, mais la situation était désormais alarmante. Jour et nuit le prêtre et sa mère priaient et veillaient. Il dit un jour à sa mère : Ils vont me tuer, Maman. Mais puis-je mourir pour une cause plus sainte et plus noble ?

Le 16 septembre à midi, trois miliciens entrèrent brusquement par la cuisine et montèrent à l’étage. Le père Ignasi sorit tranquillement à leur rencontre, le bréviaire à la main, et leur demanda : On peut vous offrir quelque chose ? La réponse était qu’ils venaient pour lui. Il leur demanda de le laisser se changer de chaussures. A sa chère mère qui se mettait à pleurer, il lui dit : Adieu, maman, il n’arrivera que ce que Dieu veut.

En sortant de la maison, un des miliciens appela d’un coup de sifflet les six autres collègues qui s’étaient cachés autour de la maison pour empêcher toute fuite du prêtre, et ils partirent pour Òdena, tandis que la bonne maman le suivait avec des jumelles depuis la terrasse.

Parvenus au lieu-dit La Creueta, à vingt minutes de Can Brunet, le chef lui dit : Maintenant, prie, prie autant que tu veux, on ne te donne que quelques minutes pour prier.

Le père Ignasi leur répondit : Tuez-moi, mais ne faites rien à ma mère. Il fit quelques pas tranquillement, s’agenouilla et commença à prier. Il se trouvait si près de la chapelle où il avait célébré la Messe pour la première fois ! 

De sa terrasse, la maman entendit alors les six coups que reçut son fils dans la poitrine, et le dernier dans la nuque.

Quelques heures plus tard, les assassins forcèrent trois autres Piaristes à venir transporter au cimetière le cadavre du prêtre défunt. Jaime, le frère aîné de Ignasi, vint aussi se recueillir et trouva au cou de son frère la médaille de N.Dame de Montserrat, qu’il portait toujours.

Le lendemain, la maman et sa bonne vinrent voir le corps d’Ignasi, mais le gardien du cimetière préféra ne pas le leur montrer, pour éviter davantage d’émotion. La famille put récupérer le corps et l’enterrer dans une tombe à part, propriété familiale. 

Une pierre fut érigée à l’endroit de la mort du prêtre martyr, avec ces mots : 

16 septembre 1936. 

Ici donna sa vie pour Dieu et pour l’Espagne 

le Rév. P. Ignacio Casanovas Perramón, des Ecoles Pies. 

Passant, découvre-toi et prie.

Le père Ignasi fut béatifié en 1995, parmi treize Piaristes martyrs de la même époque.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 23:12

Kim Tae-gŏn Andreas

(Gim Dae-geon Andeurea)

1821-1846

 

 

Andreas naquit le 21 août 1821 à Solmoe (Naep’o, Ch’ungch’ōng, Corée), dans une famille déjà chrétienne.

Son arrière-grand-père, Kim Chin-hu Pius était un fonctionnaire d’Etat, de famille noble, et reçut le baptême à cinquante ans, grâce aux insistances de son fils, le grand-père d’Andreas. Pius déposa sa charge et vécut chrétiennement jusqu’à son martyre, le 20 février 1814, après plus de dix années de prison.

Le petit-fils de Pius, Kim Che-jun Inyasio, vivait avec son épouse Ko Ursula à Solmoe, où naquit leur fils Andreas. Successivement, ils s’installèrent à Kolbaemasil (Kyōnggi), pour tenter de s’éloigner des zones de la persécution.

En 1836, le père Maubant (v. 21 septembre) passa dans cette localité et remarqua Andreas : le garçon avait quinze ans, une intelligence vive, et avait déjà été fortifié par l’épreuve des persécutions. C’était un candidat idéal pour le séminaire et le sacerdoce. Deux autres jeunes désiraient être prêtres : Ch’oe Pang-je Peuranchiseuko (Franciscus) et Ch’oe Yang-ōb Tomaseu (Thomas). Tous trois accompagnèrent le père Maubant à Macao, où se trouvait le séminaire des Missions Etrangères.

Ils y arrivèrent après six mois de voyage, le 6 juillet 1837, et furent accueillis avec joie par les Pères du séminaire. Ils y étudièrent l’Histoire et la Géographie, le Français et le Latin, la Théologie… Il est étonnant et réconfortant de voir comment ces jeunes assimilaient si facilement des matières auxquelles ils étaient si peu préparés.

La vie à Macao n’était cependant pas toujours facile. Par deux fois, les élèves et les Pères durent se replier sur Manille, pour échapper à la Guerre de l’opium. Autre épreuve : Peuranchiseuko, l’un des trois séminaristes coréens, mourut en 1838 à Macao. L’année suivante, alors qu’Andreas avait dix-huit ans, son père, Inyasio, fut martyrisé, le 26 septembre 1839 ; il n’est pas sûr qu’Andreas ait appris la nouvelle tout de suite, les communications étant très conditionnées.

Andreas continuait ses études. En 1842, il fut désigné pour être l’interprète auprès de l’amiral Cécil, qui commandait un navire de guerre français ; il fut donc présent au moment de la signature du Traité de Nanking.

Après ces événements, Mgr Ferréol essaya vainement d’entrer en Corée par la frontière nord, en compagnie d’Andreas, mais toutes leurs tentatives échouèrent. Andreas retourna donc en Chine, et c’est en Chine qu’il fut ordonné diacre.

Rempli de zèle pour son pays, il fit une autre tentative, qui réussit : il s’introduisit seul en Corée, en passant par Ūiju, et arriva à Seoul le 15 janvier 1846. Mais pour ne pas éveiller les soupçons, il rencontra seulement quelques catéchistes ; il n’alla même pas rencontrer sa mère, qui tournait dans les environs en quête de nourriture.

Il tomba malade pendant un mois environ. A peine remis, il conduisit des missionnaires français en Chine : ils quittèrent Chemulp’o dans une petite embarcation en bois et finirent par arriver sains et saufs à Shanghai, après une traversée dans une mer houleuse.

Le 17 août 1845, Andreas Kim fut ordonné prêtre à Shanghai, par Mgr Ferréol : c’était le premier prêtre coréen.

A la fin du même mois, Andreas accompagna en Corée Mgr Ferréol et le père Daveluy (v. 30 mars). Ils passèrent par l’île Cheju Island, traversèrent cette fois-ci encore de fortes tempêtes et accostèrent à Kanggyōng (Ch’ungch’ōng). en octobre.

Cette fois-ci, le père Andreas rencontra sa chère maman, mais très brièvement.

Un de ses premiers soucis fut d’introduire d’autres prêtres en Corée : son Confrère, Ch’oe Yang-ōb, et les missionnaires français qui attendaient en Chine une occasion pour rejoindre la Corée. Andreas rencontra des pêcheurs chinois de l’île de Yōnp’yōng, qui auraient pu prendre à bord les prêtres et les amener en Corée.

L’idée était réalisable, mais la manœuvre extrêmement dangereuse. Andreas fut découvert et arrêté le 5 juin 1846.

On l’envoya à la prison de Seoul. Mais le personnage embarrassait : c’était un homme très cultivé, parlant plusieurs langues, et en outre très bon, très poli avec l’entourage. Le roi n’aurait pas voulu le faire mourir, mais il céda à la pression de ses ministres et le condamna.

C’est alors qu’Andreas écrivit une dernière lettre ; les précédentes, il les avait écrites en latin, mais celle-ci le fut en coréen. S’adressant à tous les Croyants, qu’il appelle ses Frères, il leur rappelle la vanité de ce monde qui passe, la nécessité d’être des Chrétiens non seulement de nom, leur recommandant de s’aimer les uns les autres, ajoutant :

Vingt d’entre nous sont ici en prison ; ils vont bien, grâces à Dieu. Après notre mort, prenez soin de leurs familles endeuillées.

Soyez fidèles, et nous nous retrouverons au Ciel. Je vous embrasse avec tout mon amour.

Il signe avec la mention Vicaire Général, bien qu’il n’ait été prêtre qu’un an, dont trois mois en prison, mais il avait réellement aidé l’évêque dans sa charge pastorale.

Après ces trois mois de prison, et juste avant de mourir, Kim Andreas fit encore une petite homélie avec ces mots : Ma vie éternelle commence maintenant.

Il fut décapité à Saenamt’ō, près de la rivière Han, le 16 septembre 1846, à vingt-cinq ans.

Kim Tae-gǒn Andreas fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.

Une fête liturgique célèbre tous les martyrs de Corée le 20 septembre.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 23:00

 Pablo Martínez Robles

1879-1936

 

Il vit le jour le 28 janvier 1879 à Andújar (Jaén, Espagne) et fut baptisé trois jours plus tard.

Pauvres, ses parents le mirent très tôt au métier de ferronnier, en même temps qu’il travaillait aussi aux champs.

Il entra au noviciat des Capucins amigoniens (branche refondée par le père Amigó) à Sierra Morena, avec le nom de Bernardino.

Il fut un excellent Frère, travaillant en cuisine, au jardin, à l’infirmerie, à la sacristie, à Madrid, Séville, Saragosse, Torrent.

Le 13 août 1936, on le mit en prison à Torrent pendant un mois, au terme duquel il fut exécuté avec deux Confrères à Turís (Valencia) aux premières heures du 16 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2001. 

 

Pablo Martínez Robles

1879-1936

 

Pablo naquit le 28 janvier 1879 à Andújar (Jaén, Espagne).

Il fit peu d’études, car son père, assez pauvre, avait besoin de lui pour travailler aux champs et, de plus, le fit travailler à la forge.

Une fois grand, Pablo put aller à Cordoue ; il y rencontra les Ermites de Sierra Morena, où il commença le noviciat, mais ce n’était pas là sa vocation ; il fut dirigé vers les Tertiaires Capucins, où il reçut l’habit, fit le noviciat avec le nom de Bernardino María et fit la première profession en 1909.

En 1915, il fit la profession solennelle, comme Frère convers.

Comme Frère convers, il exerça ses activités à Madrid, Séville et Saragosse, comme cuisinier, comme jardinier et comme infirmier, avant d’être envoyé dans la communauté de N.Dame de Sion à Torrent (Valencia)., comme sacristain.

Au moment de la révolution de l’été 1936, les Religieux furent expulsés de leur maison. Le Frère trouva refuge chez la même personne que les frères Ferrer, à Torrent.

Le 13 septembre, les trois Religieux furent arrêtés et jetés en prison. 

Le soir du 15 septembre, on vint les chercher pour les emmener à la Masía de Calabarra, Turis (Valencia), où ils furent assassinés, dans les première heures du 16 septembre 1936.

Le Frère Bernardino, ainsi que les deux autres frères, furent béatifiés en 2001.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 23:00

 

Rogelio et Servodeo

† 852

 

Au Martyrologe du 15 septembre, on a mentionné deux Martyrs, Emilas et Jeremías, qui devaient être exécutés dans l’après-midi.

Ils étaient encore en prison quand on leur adjoignit deux autres Chrétiens, Rogelio et Servodeo.

Rogelio était un moine déjà âgé, eunuque, originaire probablement de Grenade.

Servodeo (traduction de Abdallah, serviteur de Dieu), était un autre eunuque depuis l’enfance, qui accompagnait Rogelio. Il venait, lui, d’Orient.

Le désir commun de ces deux amis était de donner leur vie pour extirper du sol espagnol l’erreur musulmane. Un jour ils profitent d’une réunion de prière dans la mosquée pour s’y introduire et, sans autre entrée en matière, se mettent à prêcher l’Évangile à la foule, promettant le ciel aux justes, et l’enfer aux impies.

On imagine la bousculade, les protestations, les insultes, les coups et déjà les mauvais traitements. Un juge put imposer le silence et ordonner d’enfermer les deux Témoins chrétiens, qui retrouvent ainsi nos Emilas et Jeremías, juste avant leur supplice.

On met aux fers Rogelio et Servodeo, avec des chaînes pesantes et meurtrières. Bien affaiblis, ils ont encore l’audace de proclamer leur foi intacte.

La sentence ne tarde pas : on leur coupera les mains, puis les pieds, puis la tête.

Infiniment heureux de mourir pour leur foi, les deux sont impatients d’attendre. 

Un récit contemporain exalte ce moment : La gentilité elle-même, stupéfaite d’un tel spectacle, commençait à juger le christianisme avec je ne sais quoi qui sentait l’indulgence. Donc, placés au lieu de la décapitation, les saints martyrs, avant même l’avertissement du licteur, tendent les mains, présentent les bras : le fer tombe sur l’articulation, et les mains sautent de part et d’autre. Puis les jambes sont amputées. Il ne montrèrent aucune tristesse ; finalement, le cou tranché, ils s’écroulèrent. Leurs cadavres tronqués, accrochés à des fourches, sont placés au delà du fleuve parmi les croix des autres.

C’était le 16 septembre 852, jour où les deux saint martyrs Rogelio et Servodeo sont commémorés au Martyrologe.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 23:00

 

Juan Macías

1585-1645

 

 

Juan naquit le 2 mars 1585 à Ribera del Fresno, en Extremadure, au diocèse de Plasencia. Son père s’appelait Pedro de Arcas et sa mère Juana Sánchez, qu’il perdit dès l’âge de quatre ans. Son oncle l’employa à la garde des brebis.

Notre Juan aurait dû porter le nom de Arcas Sánchez, mais on l’appela bien vite comme on appelait tous les bergers de la propriété familiale les “macías”, du nom des terres de l’endroit ; ou aussi Juan Pastorcillo : Jean le petit berger.

Une nuit de Noël, à huit ans, sans doute sur quelque invitation céleste, il annonce qu’il part.

Il rejoint un marchand qu’il avait connu et travaille quelques années avec lui. Puis il s’embarque pour l’Amérique. On rejoint Carthagène (Colombie), on traverse la Nouvelle Grenade, on passe par Pasto et Quito (Equateur) et on arrive finalement au Pérou.

Le premier souci de Juan fut de s’enquérir des Dominicains présents à Lima, car, disait-il, il avait entendu une voix, à vingt ans, qui lui disait de les rejoindre au Pérou.

 Formé au métier, il travaille dans les foires de la ville : il partage avec les pauvres le peu qu’il gagne, et rend des services au monastère dominicain de Sainte Marie-Magdeleine, auquel il se lie comme frère et où il est enfin admis et prend l’habit le 23 janvier 1622. Il fait les vœux solennels le 25 mars 1623, jour de l’Annonciation.

Il se lie d’amitié avec Martín de Porres et Rosa (1) .

Désormais membre de la communauté dominicaine, Juan prit le chemin de la prière assidue, de la pénitence et de la charité. 

Il dut bientôt subir une opération difficile pour soigner une grave infirmité, ce qui ne l’empêcha pas de continuer à se soucier des nécessiteux, qu’il aidait à la porte du couvent : tous les pauvres, les malades, les abandonnés de Lima venaient lui demander ses conseils.

De caractère, il préférait se retirer et éviter la conversation. Seule l’obéissance put le maintenir comme portier du couvent, pendant plus de vingt ans, charge qu’il exerça avec toute la joie et la disponibilité possibles. Il se montrait d’une humilité exemplaire envers ses semblables. A genoux il donnait à manger aux pauvres. Jamais il ne regardait les femmes en face, dirigeant son regard vers le sol pour éviter toute tentation.

Juan fut favorisé de grâces extraordinaires. Ainsi, lors d’un tremblement de terre à Lima, tandis que tous les religieux sortirent dans le jardin, Juan affirma qu’une voix le retenait là, la voix de la Vierge Marie, qui le protégeait : en effet, ni le couvent ni l’église ne furent détruits.

A soixante ans, Juan comprit qu’il allait enfin partir pour rejoindre au Ciel son cher ami, saint Jean l’Évangéliste, qu’il avait vu plusieurs fois en vision. Il raconta lui-même, plein de reconnaissance à Dieu, toutes les grâces qu’il avait reçues depuis sa jeunesse, en particulier de la vision de la gloire qu’il aurait reçue au ciel.

A Juan de la Torre, son ami, qui le suppliait de “ne pas l’abandonner”, il répondit : Je vous en donne ma parole, je vous serai plus ami là-bas que je ne l’ai été ici.

Quand vint “l’heure”, Juan en avertit ses Confrères, qui vinrent lui apporter le Saint Viatique dans sa cellule. Après quelques instants, le Prieur lui administra le Sacrement des Malades, qu’on appelait alors l’Extrême Onction, tandis que la Communauté priait et chantait. Juan s’éteignit au chant du Salve Regina, au matin du 16 septembre 1645.

Quand, trente-six ans plus tard, on voulut transférer les restes de Juan dans un cercueil de cèdre, ceux-ci étaient intacts.

Plus tard, en 1678, un jeune novice qui souffrait déjà d’une hernie inguinale, fit malencontreusement un effort physique en travaillant, de sorte que les médecins ne pouvaient le sauver que par une intervention qu’on ne savait pas faire à l’époque. Le novice reçut les derniers sacrements, mais le Prieur lui mit entre les mains une petite image de Juan, qui était mort une trentaine d’années plus tôt. Quand les religieux revinrent visiter le malade, il était debout et ne souffrait plus.

Un autre miracle attesté, fut la multiplication du riz dans le grenier, quand une religieuse invoqua Juan pour donner à manger aux pauvres.

Juan fut béatifié en 1837, et canonisé en 1975.

Le Martyrologe le mentionne le 16 septembre.

 

 

 

1 Saint Martín de Porrès est fêté le 3 novembre ; sainte Rose de Lima a son dies natalis le 24 août, et est fêtée le 23 août.

 

(1)   Saint Martín de Porrès est fêté le 3 novembre ; sainte Rose de Lima a son dies natalis le 24 août, et est fêtée le 23 août.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 23:00

 

José Manuel Ferrer Jordá

1872-1936

Salvador Ferrer Cardet

1884-1936

 

Impossible de séparer ces deux frères, religieux de la même famille, arrêtés ensemble et assassinés ensemble lors de la Guerre civile espagnole.

 

José Manuel Ferrer Jordá naquit à Burriana (Castellón) le 26 novembre 1872.

 

Il fréquente l’école communale et participe aux activités paroissiales.

 

En 1890 il entre au noviciat des Tertiaires Capucins de Notre-Dame des Douleurs et fait la profession religieuse deux ans après. Il prend le nom de Benito María.

 

En 1898, il émet les vœux perpétuels comme religieux coadjuteur, donc sans être prêtre.

 

Son activité principale sera, pendant vingt-cinq ans, de s’occuper des jeunes en difficulté dans des maisons de rééducation, reconduisant ces élèves sur le chemin de la Vérité et du Bien.

 

Ce fut un religieux discret, austère, peu bavard, très dévot de l’Eucharistie et de Notre-Dame des Douleurs. Bon pasteur, il obtenait davantage de bons résultats de la part de ses “garnements” par son exemple que par ses discours.

 

En 1932, il est envoyé au Collège Fondation Caldeiro, à Madrid. Au moment de la guerre civile, il est expulsé du Collège, transformé en caserne, et cherche refuge dans son pays natal. Mal accueilli, il se dirige à Torrent, où il retrouve son frère chez Trinidad Navarro, le 14 août 1936. Durant tout le mois qui suivit, il ne prononça qu’une douzaine de paroles, selon l’affirmation de la même Trinidad, laquelle assura aussi que Le 12 septembre, fête du saint Nom de Marie, il récita dix-neuf dizaines du Rosaire.

 

Salvador Ferrer Cardet, lui, était né à Burriana (Castellón) le 13 octobre (août ?) 1884, où il fit ses premières études ; à onze ans, il imite son frère aîné Benito, et entre dans l’école séraphique, tenue par les Tertiaires Capucins de Notre-Dame des Douleurs, au couvent de Monte Sión, à Torrent (Valencia).

 

Il émet les premiers vœux le 8 décembre 1900 (à seize ans) et prend le nom de Laureano María, puis les vœux solennels le 12 avril 1907, année où il reçoit le sacerdoce en septembre à Turia. Il exerce son ministère sacerdotal au Monastère Royal de Yuste (Cáceres), à l’Ecole Santa Rita (Madrid), à Teruel, à Dos Hermanas (Séville) et finalement à Godella (Valencia) ; dans ces maisons il fut généralement Supérieur, charge qu’il menait de front avec celle de ministre général.

 

C’est dans cette dernière localité que le surprend la guerre ; quittant son couvent le 25 juillet, il trouve un accueil chaleureux à Torrent, chez Madame Trinidad Moreno. Il passa les jours qui précédèrent son martyre, en priant et en s’y préparant. Quand Madame Trinidad lui disait : “Mon Père, les Rouges ne sont pas d’accord à votre sujet”, il répondait : “Ne vous en faites pas, ce n’est pas encore l’heure : je me prépare en lisant le livre de Job”. Jamais il ne se mêla de politique.

 

Le père Laureano était de taille moyenne, chauve depuis longtemps, avec une petite barbe clairsemée et quelques pustules sur le visage. Il avait un caractère prévenant et aimable, où dominait une grande bonté. Il était connu pour sa délicatesse, sa propreté, et il montrait un don spécial dans ses attentions pleines de délicatesse à l’égard des pauvres, des infirmes et des nécessiteux. Il eut aussi un grand zèle pour l’expansion de son Institut, ainsi qu’une profonde dévotion envers Notre Dame des Douleurs.

 

 Le 13 septembre, les deux frères furent arrêtés et conduits à la prison du village. Le 15, fête de Notre-Dame des Douleurs et fête patronale de leur Institut, ils chantèrent encore une fois les Douleurs de Marie. A la tombée de la nuit de ce même jour, ils furent arrêtés et conduits à la Masía de Calabarra, commune de Turís (Valencia), où ils furent assassinés, avec un autre Confrère, au matin du 16 septembre.

 

Le Martyrologe mentionne ces deux frères martyrs le 16 septembre. 

 

Ils ont été béatifiés en 2001.

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