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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 23:00

Pierre-Philibert Maubant

1803-1839

 

Pierre naquit à Vassy (Calvados) le 20 septembre 1803.

Après son ordination sacerdotale, il intégra les Missions Etrangères de Paris en 1831 et fut envoyé en Chine, d’où il fut volontaire pour aller évangéliser la Corée.

Il fut le premier missionnaire français à y entrer, habillé de deuil (ce qui lui permettait de couvrir sa tête et de passer inaperçu), et rejoignit Seoul en 1836, où quelques Chrétiens l’accueillirent avec enthousiasme.

Il commença par évangéliser et confesser en chinois, grâce à un interprète de confiance.

Mal nourri, mal logé et surtout exténué, il tomba malade et reçut les derniers Sacrements ; mais il guérit miraculeusement, trois mois plus tard et reprit son travail.

Avec le père Chastan qui le rejoignit, ils estimèrent le nombre des Chrétiens à six mille, car la communauté s’était déjà élargie depuis un demi-siècle. 

Ils établirent des missions, en des lieux retirés de la montagne, où ils établirent un catéchiste responsable.

Quelques chiffres pour la seule année 1837 : 1237 baptêmes, 2087 confessions, 1950 communions.

C’est le père Maubant qui proposa les trois candidats coréens pour le sacerdoce : Andreas Kim, Thomas Ch’oe Yang-ŏb, Franciscus Saverius Ch’oe Pang-je. Andreas fut le premier prêtre coréen. Les trois hommes étudièrent le latin avec le père Maubant, puis rejoignirent Macao pour y être préparés.

L’apostolat des missionnaires devint assez connu pour que les autorités s’en inquiétassent. On les rechercha.

Mgr Imbert fut arrêté le premier ; il enjoignit les pères Maubant et Chastan à se rendre spontanément, pour éviter des tracas aux communautés chrétiennes.

Avant de se livrer, les deux missionnaires firent un dernier rapport à Rome de leurs activités pour cette année 1839 : 10.000 catholiques ; 1.200 baptêmes ; 2.500 confirmations ; 4.500 confessions ; 4.000 communions ; 150 mariages ; 60 Onctions des Malades ; 600 catéchumènes.

Après avoir été interrogés, Mgr Imbert, le père Maubant et le père Chastan furent bastonnés pendant deux jours, puis condamnés à mort.

Avant l’exécution, les bourreaux dénudèrent la poitrine des victimes, leur enfondèrent des flèches à travers les oreilles et leur aspergèrent le visage avant de les saupoudrer de chaux ; exposés au pilori, à genoux, ils furent achevés à coups de sabre à Saenamt’ŏ (Seoul), le 21 septembre 1839.

Le père Maubant avait «fêté» son trente-sixième anniversaire la veille de son exécution.

Leurs corps furent brûlés sur la montagne Samsŏngsan, et leurs cendres, plus tard, placées dans la crypte de la cathédrale de Myŏngdong (Seoul).

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 23:00

Laurent Marie Joseph Imbert

1797-1839

 

Laurent naquit à la ferme Bricart (Calas, Cabriès, Marignane, Bouches-du-Rhône) le 15 avril 1797 (ou le 23 mai 1796 ?). Ses prénoms étaient plus précisément Laurent Joseph Marius.

Il étudia à Aix-en-Provence, au pensionnat de la Retraite Chrétienne. Il fabriquait des chapelets pour payer ses vêtements et ses fournitures.

Après quelque temps au grand séminaire d’Aix, il entra dans la Société des Missions Etrangères de Paris en 1818 et fut ordonné prêtre en 1819 : il n’avait que vingt-deux ans, et bénéficia d’un indult pour son ordination.

Il s’embarqua pour la Chine en 1820, mais avant d’y arriver, il fit halte à Singapore, où il passe pour être le premier missionnaire qui y travailla. Arrivé à Pinan, il remplaça un professeur malade, pendant neuf mois. De Macao, il passa en Cochinchine et au Tonkin, où il travailla pendant deux ans.

Enfin il rejoignit la Chine en 1825 et y dirigea le séminaire de Moupin.

Il y fit connaître la lithographie, pour diffuser plus facilement le christianisme.

En 1836, il fut nommé Vicaire Apostolique de Corée avec le titre de Capsa en Byzacène et fut sacré au Seu-Tchouen : il était le premier évêque de cette région de Corée, cinquante-deux ans après la fondation de l’Eglise en Corée.

Sur place, il retrouva deux missionnaires français, les pères Maubant et Chastan ; entre l’arrivée du père Maubant et celle de Mgr Imbert (1836-1839), les Catholiques baptisés passèrent de six-mille à neuf-mille.

En trois mois, Mgr Imbert sut assez de coréen pour prêcher et confesser. Bien vite, Mgr Imbert dut se cacher pour échapper à la persécution. 

Voici le récit qu’il fit lui-même de son emploi du temps : 

Je ne demeure que deux jours dans chaque mission où je réunis les chrétiens, et avant que le jour paraisse, je passe dans une autre maison. Je souffre beaucoup de la faim, car, après s’être levé à deux heures et demie, attendre jusqu’à midi un mauvais et faible dîner d’une nourriture peu substantielle, sous un climat froid et sec, n’est pas chose facile. Après le dîner, je prends un peu de repos, puis je fais la classe de théologie à mes grands écoliers ; ensuite, j’entends quelques confessions jusqu’à la nuit. Je me couche à neuf heures, sur la terre couverte d’une natte et d’un tamis de laine de Tartarie ; en Corée, il n’y a ni lits, ni matelas. J’ai toujours, avec un corps faible et maladif, mené une vie laborieuse et fort occupée ; mais ici, je pense être parvenu au superlatif et au nec plus ultra du travail. Vous pensez bien qu’avec une vie si pénible nous ne craignons guère le coup de sabre qui doit la terminer.

Un Chrétien coréen, Andreas Son, l’hébergea.

Mais un vilain stratagème le fit découvrir. Un collaborateur de la police alla trouver un brave paysan chrétien, auquel il raconta que le gouvernement de Seoul avait décidé d’embrasser la religion chrétienne et qu’il fallait lui envoyer des missionnaires. Tout naïvement, le bon paysan indiqua à son interlocuteur l’adresse d’Andreas Son, qui hébergeait Mgr Imbert.

Le paysan arriva le premier, et informa l’évêque, qui comprit qu’on avait trompé le paysan. Mgr Imbert résolut de ne pas se cacher, pour éviter des ennuis à Andreas et aux autres Chrétiens. Le 10 août 1839, jour de la fête de son Patron, saint Laurent, Mgr Imbert se rendit lui-même au bureau de police. De là, il fut conduit à la prison de Seoul. De sa prison, il invita les deux autres prêtres français, Maubant et Chastan à se présenter spontanément à la police.

Après avoir été interrogés, Mgr Imbert et ses deux Compagnons furent bastonnés pendant deux jours, puis condamnés à mort.

Avant l’exécution, les bourreaux dénudèrent la poitrine des victimes, leur enfondèrent des flèches à travers les oreilles et leur aspergèrent le visage avant de les saupoudrer de chaux ; exposés au pilori, à genoux, ils furent achevés à coups de sabre à Saenamt’ŏ (Seoul), le 21 septembre 1839.

Leurs corps furent brûlés sur la montagne Samsŏngsan, et leurs cendres, plus tard, placées dans la crypte de la cathédrale de Myŏngdong (Seoul).

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 23:00

 

Tôma Trân Vǎn Thiện

1820-1838

 

Tôma Trân vǎn Thiện était né vers 1820 à Trung Quán (Quẚng Bình, Vietnam).

Séminariste, il fut arrêté et mis en prison à Quẚng Tri, où arriva bientôt Mgr Jaccard.

Voici le témoignage qu’écrivit Mgr Cuenot sur ce séminariste : 

Le jeune Thomas Thiên qui vient d’illustrer cette mission par sa mort glorieuse, était âgé de 18 ans… Il a suivi et servi le père Joseph Thô depuis l’âge de dix ans. M. Vialle lui a enseigné le latin pendant quelques mois et il venait d’arriver à Di-Loan par mon ordre pour être du petit établissement qu’y formait M. Candalh. Il ne vit qu’un seul instant ce cher confrère qui l’envoya se loger chez les chrétiens en attendant que les bruits de perquisition que l’on répandait déjà fussent éclaircis. Les soldats l’ayant rencontré deux jours après en faisant la perquisition à Di-Loan, le soupçonnèrent d’être écolier du Père et l’arrêtèrent. Je n’ai encore pu savoir jusqu’à quel excès les mandarins l’ont torturé pour le forcer à apostasier ; ce que je sais, c’est qu’il a été torturé et que de tous ceux qui ont été pris à cette occasion, il est le seul qui ait persévéré. Sa constance est d’autant plus admirable que les chrétiens de Di-Loan, pour le forcer à apostasier avec eux, refusèrent, dit-on, de partager avec lui la nourriture qu’on leur portait à tous en commun et lui reprochèrent d’être cause par son refus de la longueur de cette affaire...… Dans sa sentence il est qualifié de coadjuteur des maîtres de la religion et est condamné à mort pour n’avoir pas voulu consentir à abandonner cette religion. 

On le tortura encore, il subit les tenailles rougies au feu. Les mandarins lui demandaient : 

Comment peux-tu accepter ces souffrances et ne pas abandonner ta religion ?

- Dussé-je mourir, je n’y renoncerai jamais.

L’exécution eut lieu à Nhan-Biểu (Quẚng Tri, Cochinchine), le 21 septembre 1838, le même jour que Mgr Jaccard.

Comme ce dernier, Tôma fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 23:00

Jacques-Honoré Chastan

1803-1839

 

Jacques naquit à Marcoux (Alpes-de-Haute-Provence) le 7 octobre 1803.

C’était l’aîné des huit enfants d’un couple d’agriculteurs.

Il étudia à Digne, puis au petit séminaire d’Embrun en 1820, de nouveau à Digne en 1822.

En 1823, il entra au grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1826, à vingt-trois ans.

Après son ordination sacerdotale, il intégra sur sa demande les Missions Etrangères de Paris en 1827 et fut envoyé en Chine.

De Macao, il rejoignit Shanghai en 1834, mais ne put rejoindre la Corée et Seoul qu’en janvier 1837, et rencontra le père Maubant qui s’y trouvait depuis un an.

Mgr Imbert, qui arriva à la fin de cette année-là, organisa les missions de cette façon : le père Maubant travaillerait sur les provinces de l’est, et le père Chastan sur celles du sud.

Avec le père Maubant, ils estimèrent le nombre des Chrétiens à six mille, car la communauté s’était déjà élargie depuis un demi-siècle. 

Ils établirent des missions, en des lieux retirés de la montagne, où ils établirent un catéchiste responsable.

Quelques chiffres pour la seule année 1837 : 1237 baptêmes, 2087 confessions, 1950 communions.

Mgr Imbert fut arrêté le premier ; il enjoignit les pères Maubant et Chastan à se rendre spontanément, pour éviter des tracas aux communautés chrétiennes.

Avant de se livrer, les deux missionnaires firent un dernier rapport à Rome de leurs activités pour cette année 1839 : 10.000 catholiques ; 1.200 baptêmes ; 2.500 confirmations ; 4.500 confessions ; 4.000 communions ; 150 mariages ; 60 Onctions des Malades ; 600 catéchumènes.

Après avoir été interrogés, Mgr Imbert, le père Maubant et le père Chastan furent bastonnés pendant deux jours, puis condamnés à mort.

Avant l’exécution, les bourreaux dénudèrent la poitrine des victimes, leur enfondèrent des flèches à travers les oreilles et leur aspergèrent le visage avant de les saupoudrer de chaux ; exposés au pilori, à genoux, ils furent achevés à coups de sabre à Saenamt’ŏ (Seoul), le 21 septembre 1839.

Le père Chastan allait «fêter» son trente-sixième anniversaire.

Leurs corps furent brûlés sur la montagne Samsŏngsan, et leurs cendres, plus tard, placées dans la crypte de la cathédrale de Myŏngdong (Seoul).

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 23:00

Matthieu évangéliste

Ier siècle

 

Matthieu est le premier des quatre évangélistes du Nouveau Testament. Le nom de Matthieu signifie “don de Dieu”. Son nom et l’essentiel de sa personnalité nous apparaissent en divers passages évangéliques.

Lui-même raconte dans son écrit comment il fut appelé : 

Jésus vit en passant un homme assis au bureau de la douane ; son nom était Matthieu. Il lui dit : “Suis-moi”. Et, se levant, il le suivit (Mt 9:9).

Deux autres évangélistes, Marc et Luc, parlant du même épisode, lui donnent en revanche le nom de Lévi (Mc 2:15-17 ; Lc 5:27-28). Comme Paul qui s’appelait Saul avant sa conversion, Matthieu porta ce nom à partir de son appel, tandis que, employé à la douane, il portait le nom de Lévi.

Ces “douaniers” étaient mal vus, d’une part parce qu’ils travaillaient dans l’administration romaine, et d’autre part parce qu’ils “vivaient” de leur fonction, détournant des fonds par-ci par-là en profitant du change de la monnaie. Lévi était douanier à Capharnaüm, fils d’Alphée, assez instruit, contrairement aux autres apôtres qui étaient de simples pêcheurs. Il devait certainement parler ou au moins comprendre le grec et l’hébreu.

Lévi-Matthieu, donc, à peine appelé, quitte tout (précise Luc) et offre un bon repas à ses amis, autres “employés” comme lui, plus ou moins trafiquants, ingénieux à marchander n’importe quoi n’importe où avec n’importe qui. C’est ce qui vaut la critique des pharisiens présents, et la réponse sublime du Maître : Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Allez donc apprendre le sens de cette parole : C’est la miséricorde que je désire, et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs (Mt 9:12-13).

Saint Matthieu est extrêmement modeste sur sa personne : lui-seul mentionne humblement qu’il est  “publicain” ; son évangile, écrit d’abord en araméen, vise surtout à montrer aux Juifs la réalisation des prophéties de l’Ancien Testament par la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ.

On ne peut donc pas douter qu’il ait exercé un apostolat important auprès des Juifs. Une certaine tradition mentionne une possible mission de Matthieu, après l’Ascension du Seigneur, en Ethiopie, où il aurait reçu le martyre, en 61. On parle aussi de la Perse.

La bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février), qui était humainement complètement ignorante de ce qu’elle voyait en vision, dit ceci : 

Je vis André en Achaïe, et Matthieu dans une ville lointaine, où il était prisonnier, ainsi que plusieurs disciples et une soixantaine d’autres personnes. On avait mis dans les yeux de Matthieu un poison qui le faisait horriblement souffrir : ses yeux étaient rouges et gonflés ; cependant ils n’étaient pas perdus et il voyait encore. Cette ville était située en Ethiopie, au sud-est de Jérusalem, par-delà la mer Rouge, sur le bord d’un fleuve assez grand pour un pays de montagnes. Les habitants de la contrée étaient tout à fait noirs. André reçut dans une vision l’ordre de se rendre auprès de Matthieu. Il s’embarqua sans être connu, au milieu de beaucoup d’autres passagers, sur un vaisseau qui fit la traversée avec une rapidité extraordinaire. Il continua son voyage par terre, longeant alternativement les deux rives du fleuve qui baignait la ville. Il guérit Matthieu, fit tomber ses chaînes et celles de ses compagnons de captivité, et prêcha en ce lieu l’Evangile.

La visionnaire n’en dit pas plus sur Matthieu, et c’est bien regrettable. 

Il y aurait eu une invention (c’est-à-dire une découverte) du corps de Matthieu au Xe siècle, et sa translation à Salerno, au sud-ouest de Naples.

Diverses dates existent pour la fête de saint Matthieu. Dans le martyrologe romain, celle-ci est établie au 21 septembre.

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 23:00

 

Jonas

Ve siècle avant Jésus-Christ (?)

 

 

 

Jonas est l’un des douze “Petits Prophètes”, le mot “petits” se référant à la brièveté de son Livre.

Jonas vivait probablement sur la terre d’Israël. Des hésitations ont surgi au sujet de sa mission. Si notre Jonas est celui dont il est question dans le livre des Rois (2R 14:25), il aurait donc vécu sous Jéroboam II,  huit siècles avant Jésus-Christ, à l’époque des deux autres prophètes Amos et Osée. Dans le livre des Rois, Jonas est présenté comme fils d’Amittaï, de Gat-Hépher.

Quoi qu’il en soit, Jonas est envoyé par Dieu à Ninive, ville remplie de péchés et qui doit être bientôt détruite.

Mais le prophète doute de sa mission, et cherche à s’embarquer dans la direction tout opposée, sur la Méditerranée.

Lors d’une tempête, les marins le jettent à l’eau pour conjurer le mauvais sort, et il est absorbé par un grand dragon.

Après trois jours et trois nuits, Jonas est rejeté par le dragon et, maintenant convaincu de la mission divine qu’il a reçue, rejoint Ninive.

Il prêche, il annonce la prochaine destruction de la ville : sa parole est tellement convaincante, que tous, du roi au dernier des habitants et même des animaux, font pénitence.

Dieu alors annule le châtiment de Ninive.

Ici, Jonas apparaît terriblement vexé : il a annoncé un châtiment au nom de Dieu, et le châtiment n’arrive pas ! 

Dieu lui fait comprendre que la justice se double aussi de miséricorde, et la ville de Ninive a obtenu cette miséricorde par la pénitence.

Jésus-Christ lui-même a présenté l’histoire de Jonas comme un “signe” de sa prochaine résurrection (Mt 16:4 ; Lc 11:29) : de même que Jonas a montré aux Ninivites la voie du salut, de même Jésus l’a montrée à ses contemporains qui, moins généreux que les Ninivites, ont refusé de s’y engager.

Jonas, dont l’aventure préfigure la mort et la résurrection de Jésus, a été très souvent illustré dans l’art primitif chrétien.

En Orient, “le saint et illustre prophète” est commémoré le 21 septembre, le même jour que l’apôtre saint Matthieu, tous deux mentionnés ce jour dans notre Martyrologe.

 
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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 23:00

 

Manuel Torró García

1902-1936

 

 

Ce pieux laïc naquit le 2 juillet 1902 à Onteniente où il reçut la baptême et la première communion ; il fut confirmé au couvent des Pères Franciscains. 

 

Il fit ses études à l’école nationale et reçut le diplôme d’expert-comptable, en s’adonnant à l’étude chez lui, sous la direction de son oncle, Prudencio Alberto Estan, puis fréquenta le collège des Pères Franciscains. 

 

Il épousa Rosario Romero Almenar, mais leur petit garçon ne vécut que quelques heures. 

 

Manuel vécut de façon authentique sa vocation laïque, s’efforçant d’imprégner de l’esprit évangélique les réalités temporelles dans lesquelles il vivait comme époux, père de famille et expert-comptable.

 

Homme de foi profonde, il participait à la Sainte Messe et communiait chaque jour. Dévot de la Sainte Mère de Dieu, il récitait le Rosaire en famille. Dans cette intense vie de piété, toute sa personne se rendait entièrement disponible à répondre généreusement à l’action de l’Esprit Saint : membre de diverses associations laïques, il se lança dans l’apostolat organisé. Il participa à l’Action Catholique des Jeunes, dont il fut président dans la paroisse de Saint-Charles à Onteniente, il fonda les équipes d’Adoration Nocturne de Sainte-Thérèse, dont il fut le président ; il fut Tertiaire franciscain ; il fréquentait les Jeudis Eucharistiques, s’inscrivit dans la Confraternité de Notre Dame du Carmel et dans la Pieuse Union du Sacré Coeur ; il enseigna le catéchisme. Apôtre social, il pratiquait la charité par l’intermédiaire de l’Association de Saint Philippe Néri, et travaillait à l’hôpital.

 

Les témoins affirmèrent que Manuel était sérieux, travailleur, humble, obéissant, studieux, fidèle dans l’accomplissement de son devoir, pacifique, et ne se mettait jamais en colère. Il respirait la bonté, affable, séduisant, serviable, sensé, précis, très décent.

 

Ce fervent chrétien fut bien sûr la cible privilégiée des ennemis de la Religion, quand se déchaîna la persécution. Manuel en était bien conscient, disant qu’il s’attendait à affronter la persécution religieuse et probablement aussi le martyre. C’est ainsi que, peu avant le début de la révolution, le maire envoya un huissier chez Manuel pour lui demander la liste de tous les adorateurs. Manuel, comme président, s’adressa à tous les présents en ces termes : “Je sais que cette liste peut être celle de futurs martyrs ; si quelqu’un ne se sent pas de donner son nom, qu’il le dise.” A part deux, tous donnèrent leur nom, ainsi que certaines dames qui étaient là aussi, et plus tard en effet tous furent assassinés.

 

A Onteniente, la persécution commença par l’incendie de l’église, puis on brûla les images et les objets de la religion, et on emprisonna les catholiques. Avant cet l’incendie, Manuel s’efforça avec d’autres catholiques, de veiller à l’intérieur de l’église pour en éviter la profanation, puis s’empara du Saint Sacrement pour le mettre en sécurité chez lui. Dans toutes ces occasions, il demeurait serein, confiant sa vie à Dieu et poursuivant ses activités tout naturellement.

 

La veille de son martyre, il allait chez ses parents en compagnie de son épouse et, après avoir prié le rosaire, il lui dit : “Tu sais, Rosario, puisque le Seigneur ne nous a pas donné de famille, nous aurions pu aider les Nationalistes, toi comme infirmière et moi comme expert-comptable, si nous avions été dans l’autre zone ; mais une occasion comme celle-ci pour devenir des martyrs, nous n’en aurons pas d’autres ; si nous la demandons au Seigneur, il nous la donnera.” Comme son épouse la trouvait un peu dure, il lui confia que, humainement, il ne s’en sentait pas la force non plus, mais qu’il avait confiance dans la grâce de Dieu, pour cela et pour tout le reste.

 

Il fut arrêté le 20 septembre 1936 chez ses parents, et abattu la nuit même avec d’autres. On a dit que, déjà tombé à terre, Manuel commença à écrire de son doigt les mots du Salve Regina.  Le lendemain, sa veuve reçut quelques cigares de ceux qu’il avait donnés à ses bourreaux, mais celui qui les lui apportait lui dit qu’il ne pourrait pas les fumer, les ayant reçus de Manuel en signe de pardon et de bienveillance. Le secrétaire de la mairie affirma qu’il n’avait rien à faire avec la mort de cet innocent.

 

Ce même milicien “rouge” ajouta que, avant de mourir, Manuel leur demanda de les laisser chanter le Salve Regina, et ensuite de les fusiller par devant, parce que les catholiques meurent en regardant en face.

 

La veuve de Manuel, allant trouver les autres membres du Comité, les remercia pour l’honneur qu’ils lui faisaient d’avoir fait de Manuel un martyr, et elle leur suggérait aussi de changer de vie ; ils en furent vraiment émus et l’un dit : “Ou elle est folle, ou c’est une Sainte”.

 

Manuel Torró García fait partie des deux-cent trente-trois Martyrs d’Espagne béatifiés en 2001.

 

Il est commémoré au Martyrologe le 21 septembre. 

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 22:07

25e dimanche per annum

 

Lequel d’entre nous n’a-t-il jamais entendu une de ces réflexions : Le Bon Dieu nous a oubliés - Il s’est trompé d’adresse - Il pourrait un peu se réveiller - Il ne fait pas beaucoup attention à nous… ?

On pourrait dire que ces réflexions, irrespectueuses à l’adresse de notre Père céleste, notre Créateur, la Bonté-même et la Miséricorde par excellence, tiennent du blasphème. Mais il y a (presque) plus grave, lorsque l’homme arrive à douter que Dieu puisse pardonner. 

 

*       *       *

 

A qui en aurait encore quelque doute, le prophète Isaïe répond avec profonde conviction : Cherchez le Seigneur - Invoquez-le - Le Seigneur aura pitié (du pécheur) - Dieu est riche en pardon…

Il y a des pécheurs endurcis, qui doutent jusqu’au bout, malheureusement. Il y a aussi les hommes qui refusent le pardon pour les autres. Cette attitude n’est pas chrétienne.

Quand bien-même on aurait quelque «bon» argument pour accuser quelqu’un, Dieu nous rappelle aussi par la bouche d’Isaïe que (ses) pensées ne sont pas nos pensées.

Il n’y a rien à ajouter ici. Que chacun s’examine au plus profond de soi, et expulse toute rancune de son cœur, envers qui que ce soit, pour quelque motif que ce soit.

 

*       *       *

Le psaume 144 renchérit : Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour.

Ce psaume, l’un des derniers du psautier, est signé de David. C’est un psaume «alphabétique», dont chaque verset commence par une des lettres de l’alphabet hébraïque. C’est donc dommage de n’en proclamer que quelques versets : l’intégralité nous donnerait mieux l’intelligence de la pensée de l’Auteur : chanter Dieu dans toute sa splendeur, Dieu qui est tout Amour, toute Miséricorde, toute Justice, toute Vérité.

Que Dieu soit lent à la colère, ne doit pas être pour nous une insinuation que «parfois» Dieu soit en colère. C’est nous qui nous mettons en colère. Et quand le bras de Dieu laisse faire des catastrophes ou des épreuves, on lui attribue cette qualification tout humaine de «colère».

C’est comme si on accusait de colère un professeur pour la mauvaise note qu’il met à un travail, alors que cette mauvaise note n’exprime strictement que la valeur du travail de l’élève.

Les hommes s’efforcent par tous les moyens de mettre Dieu à la porte : on ne prie pas, on déserte l’église paroissiale et on envahit les stades et les routes, aux grandes fêtes chrétiennes on ne pense qu’à son estomac, la société est gonflée de mille discordes jusqu’à exploser, on ne pardonne pas… et l’on s’étonne que cette Terre soit abandonnée de Dieu.

Heureusement, il y a des âmes qui prient pour les autres, qui pardonnent, qui aiment ; ces âmes font vivre l’Eglise et la société.

 

*       *       *

 

Voulons-nous que la société change, que notre pays change, que le monde change ? que cessent les guerres ?

Faisons la paix dans notre cœur, en y invitant le Christ. C’est le cri du cœur de l’apôtre Paul.

Quand il écrit aux Chrétiens récemment convertis à Philippes en Grèce, Paul est prisonnier : à Rome ou en Asie mineure, peu importe, mais il pense à sa mort possible.

Saint Paul ne désire pas pour autant mourir immédiatement, car sa mission n’est pas encore achevée. Comme sainte Thérèse de Lisieux dira en mourant : Je ne meurs pas, j’entre dans la Vie., ainsi la joie de saint Paul, c’est d’être avec le Christ, et que les Chrétiens mènent une vie digne de l’Evangile du Christ.

 

Imaginons que s. Paul et tous les chrétiens à sa suite, se soient immédiatement offerts au glaive des persécuteurs, comment l’Eglise aurait-elle pu s’étendre ? Et si un jeune étudiant, las de ses études fastidieuses, entamait une grève de la faim pour “aller vers le Christ” plus rapidement, on aura de bonnes raisons de penser que son âme n’ira pas tout de suite vers le Christ…! Ses pensées n’auront pas été les pensées de Dieu.

La solution est difficile à trouver à chaque instant : qu’est-ce que Dieu attend de moi en ce moment présent ? Poser cette question loyalement, c’est déjà ouvrir son cœur pour écouter la réponse de Dieu. C’est déjà se rendre disponible à Sa voix. Dieu n’est pas loin de nous, c’est nous qui nous en éloignons. 

 

*       *       *

On peut supposer facilement que si les ouvriers de la première heure avaient connu d’avance le salaire de ceux de la dernière heure, ils auraient sans doute attendu le soir pour se faire embaucher. Avec un tel raisonnement, toute la société aurait vite fait de sombrer dans le chaos le plus total !

Mais derrière cette parabole apparemment «sociale» se profile un appel beaucoup plus eschatologique : il s’agit de la récompense finale du Royaume, à laquelle tous les hommes sont conviés.

Les ouvriers de la première heure représentent le Peuple élu, les premiers Appelés, les Juifs. Ceux des autres heures sont ceux qui connaîtront la Bonne Nouvelle de Jésus à des périodes plus tardives, jusqu’à aujourd’hui. Personne n’oserait imaginer que les baptisés du 21e siècle auraient moins de bonheur dans le Royaume que les pieux Juifs de l’Ancien Testament.

Cette parabole n’a pas ici une portée sociale et nous ne sommes pas ici dans le contexte d’une lutte syndicale. Dans notre monde, il serait certainement injuste qu’un maître payât autant l’ouvrier d’une heure que celui d’une journée. 

Mais supposons un moment qu’un patron épris de charité profonde, considérant la situation difficile d’un de ses ouvriers (maladie, épreuve familiale, revers…), décide de lui remettre une prime exceptionnelle pour l’aider dans cette mauvaise passe ; qui pourrait l’en empêcher ? Certes, personne, mais le même patron aurait bientôt tous les ouvriers de son usine à sa porte, dénonçant l’un une prétendue maladie, l’autre une situation difficile, etc.

Non, la parabole n’est pas une «doctrine sociale» pour le monde ouvrier. Il s’agit bien, dit Jésus, du Royaume des cieux, donc de l’autre monde, de l’éternité, d’un monde où, comme on l’a entendu précédemment, (les pensées de Dieu) sont au-dessus de (nos) pensées.

La conclusion de la parabole (les derniers et les premiers) reprend le dernier verset du chapitre  19 qui la précède immédiatement. On dirait que Jésus voulait à la fois achever l’enseignement sur  le détachement et annoncer cette nouvelle parabole : ceux qui auront tout laissé pour embrasser la voie du Christ, même s’ils ne sont pas considérés dans le monde, seront dans le Royaume préférés à ceux qui y étaient appelés les premiers, les Juifs.

La vigne, c’est l’Eglise ; la place où attendent les ouvriers, c’est le monde païen. A tous ceux qui sont appelés à la troisième, sixième et neuvième heures, le maître promet ce qui est juste, selon cette justice divine qui, encore une fois ici, est différente de celle des hommes : Dieu récom

pense le mérite de chacun. Et l’on voit aussi que le maître va à chaque fois en quête d’autres ouvriers, comme la sollicitude de Dieu pour le salut de tous les hommes.

 Si les derniers appelés semblent mieux récompensés, c’est que leur mérite est plus grand, ayant vraiment suivi totalement l’appel du Christ, contrairement à ceux qui étaient appelés avant eux et qui n’ont pas correspondu à cette grâce d’élection.

Certains ont cherché à comprendre qui pouvait être cet intendant de la vigne, chargé de payer les ouvriers. Origène pensait qu’il s’agissait de l’Archange saint Michel ; saint Irénée de Lyon, du Saint-Esprit, qui distribue les dons et donc aussi les récompenses.

Concernant alors le Royaume des Cieux, comment imaginera-t-on que les «premiers» soient jaloux et grognons ? C’est que, expliquent certains commentateurs, ceux-là se sont d’eux-mêmes exclus du Royaume. Quand le maître dit : Prends ce qui est à toi et va, cette phrase pourrait nous laisser entendre que l’ouvrier, révolté, ait refusé même son salaire et quitté le Royaume ; d’ailleurs Jésus note qu’il a l’œil méchant, ce qui n’existe pas dans le Royaume des Cieux.

Une interprétation amusante de l’élection des derniers, fut qu’effectivement le Bon Larron entra le premier au Ciel, avant saint Pierre ! Saint Jean Chrysostome note simplement que l’extrême miséricorde (divine) n’observe pas d’ordre (humain). Encore une fois : vos pensées ne sont pas mes pensées.

Le même Chrysostome remarque que cette parabole pourrait aussi s’appliquer aux personnes qui se convertissent au soir de leur vie. Là encore, Dieu récompensera le mérite de leurs décisions et de leurs actions, un mérite qui pourra être supérieur à celui de ceux qui auront eu une vie plus longue, certes, mais moins chrétienne.

 

*       *       *

La conclusion et le principe de tout cet enseignement, la Prière le rappelle : la Loi consiste à aimer (Dieu), d’abord, et le Prochain en même temps, comme Jésus.

 
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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 23:00

  

José María de Yermo y Parres

1851-1904

 

 

La famille de ce prêtre mexicain était originaire de Burgos en Espagne. Son père, Manuel de Yermo y Soviñas, avocat en retraite, et sa mère, Josefa Parres, tous deux excellents chrétiens, tenaient une propriété de campagne à Jalmolonga (Etat de Mexico). Il était leur fils unique, et fut baptisé le jour-même de sa naissance (10 novembre 1851).

La première de tant d’épreuves que dut éprouver José, fut le décès de sa maman à peine cinquante jours après sa naissance, juste avant la fête de Noël, qui fut cette année-là bien triste pour la famille Yermo. Mais le papa enseigna toujours au petit José ce que signifie être viril et chrétien : José grandit auprès de son père, de sa tante Carmen, de sa grand-mère, apprenant d’eux ce qui fut toute sa vie le trésor de son cœur : l’amour de Dieu et l’amour au service des pauvres.

José eut des maîtres à la maison, puis fréquenta des écoles privées. En 1864, à douze ans, il recevait des mains de l’empereur Maximilien la médaille d’honneur au mérite, pour s’être particulièrement signalé dans ses études (1). Sa formation continua à la maison, entre autres pour l’étude du latin.

Le désir du sacerdoce fut assez précoce chez José, mais les circonstances sociales du moment ne lui épargnèrent ni les luttes, ni les crises, ni les incertitudes. Sa première expérience religieuse fut chez les Pères Lazaristes dans la Congrégation de la Mission (fondés par s.Vincent de Paul).

Après sa profession religieuse, il fut envoyé à Paris pour poursuivre ses études théologiques. De retour dans sa patrie, l’année suivante, il se donna à l’apostolat avec ferveur et enthousiasme, dans diverses missions de l’archidiocèse. Mais il n’avait pas une bonne santé et ne put continuer ce dur travail apostolique, aussi revint-il pour quelque temps dans sa famille. Mais il resta lié aux supérieurs de la Congrégation et, au sein de l’archidiocèse de México, conserva la charge de secrétaire de l’archevêque Pelagio Antonio Labastida y Dávalos.

Les crises se succédèrent, au point qu’il obtint la dispense des vœux en 1874, puis réintégra la Congrégation, qu’il quitta définitivement en 1877. Il était persuadé de ne pas être sur le bon chemin. A l’école de saint Vincent, il avait appris à aimer et à servir les pauvres. Il atterrit finalement au séminaire de León (Etat de Guanajuato), accueilli par l’évêque José de Jesús Díez de Sollano, un lointain parent, qui l’ordonna sous-diacre, diacre et prêtre en 1879, à vingt-sept ans déjà.

Ses nombreuses qualités lui valurent dès son ordination plusieurs nominations et diverses charges. Ainsi les membres du Chapitre des Chanoines proposèrent à l’évêque de le nommer sixième chapelain de chœur et second maître des cérémonies, charges qu’il assuma jusqu’à son transfer à Puebla en 1889. Ses autres charges furent à cette époque : sous-secrétaire, puis secrétaire de la Curie, co-fondateur et secrétaire de l’Académie philosophico-théologique Saint Thomas d’Aquin, inaugurée en 1880 par le même évêque Sollano y Dávalos.

On citera ici le témoignage d’un témoin oculaire, sœur Refugio Ladrón de Guevara, qui décrit ainsi ses débuts apostoliques :

“Dès lors il montra une sublime éloquence, une sorte d’onction surnaturelle qui émouvait les cœurs ; quand on apprenait qu’il avait annoncé les sermons de carême, il s’y rendait une telle foule que l’église où il prêchait, Notre Dame des Anges, était remplie. Et comme cette église n’avait pas de tambour, toute la foule se tenait dans la rue, jusqu’au trottoir d’en face, au point que la rue était fermée à toute circulation ; tout ce monde écoutait et comprenait ce que disait notre Père, car notre Seigneur lui donna une voix à la fois douce, sonore et claire, ce qui faisait qu’on l’entendait distinctement même de loin. J’en donne le témoignage.”

Un autre témoignage vient de son ami, le prêtre Miguel Arizmendi : “Il faut parler surtout du zèle avec lequel il s’est consacré à l’exercice de son saint ministère. Des personnes de tout sexe et de toute condition venaient à lui pour entendre ses conseils et le consulter dans des cas difficiles, attirés par sa vaste culture, sa grande prudence et son inaltérable vertu.

Durant sa jeunesse, il avait déjà montré son zèle en fondant une association juvénile : L’Ange de la Pureté. Séminariste, il allait faire le catéchisme dans les quartiers pauvres. Une fois prêtre, son zèle le porta auprès des jeunes, organisant principalement la catéchèse et promouvant le culte au Sacré-Cœur et la dévotion mariale dans le diocèse. Il obtint même la conversion de Juifs et de Francs-maçons. 

En 1884, la délicate santé du père Yermo fut sérieusement menacée par une grave maladie pulmonaire qui préoccupa beaucoup ses supérieurs et lui-même, au point qu’il crut opportun de renoncer à la charge de sous-secrétaire de la Curie. Durant sa longue convalescence, il décida d’aider un brave vieux curé dans l’exercice de son ministère, dans la petite église du Calvaire, située en haut d’une colline non loin de la ville. Avec ce prêtre exemplaire (don Prudencio Castro), le père Yermo prit contact avec les pauvres et les marginaux de la vie, qui avaient besoin d’une assistance matérielle et surtout spirituelle. Il s’en occupa si bien, qu’à la mort de l’évêque, le successeur de ce dernier, Mgr Tomás Barón y Morales, nomma José dans les deux quartiers de banlieue du Calvaire et de l’Enfant-Jésus, pour succéder au curé défunt (1885). 

Ce fut une nomination qui, de l’aveu de José lui-même, blessa sérieusement son orgueil. Mais il prit à cœur son travail apostolique, se chargeant lui-même des travaux les plus humbles. Dieu le préparait ainsi à rencontrer la réalité de la souffrance des pauvres.

Et voici ce qu’il découvrit un jour d’août 1885, tandis qu’il se rendait à l’église du Calvaire. Comme tous les jours, il devait traverser un ruisseau pour y accéder, et voilà qu’il découvre sous ses yeux des porcs en train de dévorer deux nouveaux-nés, probablement abandonnés là par une pauvre malheureuse. Il n’en put dormir pendant plusieurs nuits, mais cette horrible scène lui suggéra de faire quelque chose pour les enfants abandonnés et pour les pauvres.

C’est ainsi que le 13 décembre 1885, avec l’accord de l’évêque, fut fondée sur cette même colline du Calvaire de la ville de León l’Asile du Sacré-Cœur qui bientôt devint un centre d’enseignement, et la première école du Père Yermo : cette école maternelle fut la Maison Mère de beaucoup d’autres œuvres que le Père Yermo mit sur pied, et qui continuèrent à se développer même après sa mort ; les quatre jeunes filles qui secondèrent le Père Yermo dans cette première fondation, furent ensuite les premières Sœurs de la prochaine Congrégation des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus et des Pauvres. Lui-même, très humblement, affirmait : “C’est là ce grain de moutarde qui, je ne sais comment, m’est tombé dans les mains, a pris vie et grandi, jusqu’à abriter aujourd’hui dans ses branches un grand nombre de pauvres”.

Chaque occasion nouvelle qui se présentait à lui pour aider les pauvres, était dès lors une nouvelle étape sur son chemin de fondateur ; dès lors le père Yermo chercha tous les moyens d’être fidèle à ce que Dieu lui inspirait, s’entourant de personnes sages, et priant beaucoup pour discerner la volonté de Dieu.

Les difficultés ne se firent pas attendre, et furent très nombreuses : obstacles, incompréhensions, même de la part de ses amis. Ce fut pour lui, en plus de sa mauvaise santé, le départ d’une longue ascension de son esprit d’amour vers Dieu et vers les frères en difficulté. Il surmonta toute chose avec grande force d’âme et de foi. Le père Yermo s’était donné entièrement à Dieu, et n’hésitait pas à se décharger de certaines initiatives, quand il voyait qu’elles n’étaient pas de Dieu.

Les premiers fruits aussi se firent sentir : trois ans après son arrivée au Calvaire, il avait réussi à transformer cette petite église en un centre d’adoration eucharistique et de charité chrétienne fervente. Beaucoup de fidèles venaient des autres paroisses pour s’inscrire à la Garde d’Honneur du Sacré-Cœur ; chaque premier vendredi du mois une foule de gens remplissait l’église du Calvaire et la rue jusqu’en face, comme au temps des prédications de carême du père Yermo.

Son projet était l’évangélisation et la promotion du pauvre, et surtout de la femme. Il avait conscience qu’une femme bien éduquée est la base d’une société plus juste et plus chrétienne. Ceci ne l’empêcha pas de tourner aussi son attention et sa sollicitude vers d’autres secteurs de la société défavorisée. Dès 1888, les Sœurs prirent en charge l’Asile de la Charité, une maison pour les vieillards de la ville de Puebla, qui fonctionne encore de nos jours.

Cette même année, au moment où il pensait transférer son œuvre à Puebla, survint à León une de ces terribles inondations qui se produisent quelquefois dans ces belles régions. Voici ce que rapporta un journal de l’époque : “Hier soir, au milieu de la tempête et avec l’eau jusqu’à la ceinture, le père Yermo se rendait de tous côtés, là où il pouvait y avoir quelque danger. Il semblait se multiplier. Il fit élever une digue près de la Garita et ce n’est qu’après des efforts titanesques que l’entreprise dut être abandonnée, par lui et par ceux qui l’aidaient, entraînés par son exemple…” C’est à cette occasion que le Gouverneur de l’Etat de Guanajuato, le général Manuel González, fit son éloge en lui donnant le titre de “Géant de la Charité”. Toutefois, quelqu’un a dit à sa mort que le Père Yermo fut un géant à tous les moments de sa vie.

Le Père Yermo se rendit compte que Puebla devait être la ville qui abriterait le siège de la nouvelle Congrégation. C’est là qu’il fonda l’œuvre de la “Miséricorde Chrétienne”, pour la régénération de la femme tombée dans la prostitution. C’est dans cette propriété, acquise au prix de mille sacrifices, qu’il construisit successivement des écoles, des ateliers et des dortoirs pour petites filles orphelines.

Tout lui réussissait, grâce à sa grande confiance en Dieu, mais aussi à cette façon noble, douce et convainquante qu’il avait pour se faire aider par les couches modestes de la société.

Mais ses entreprises ne devaient pas s’arrêter à Puebla. Après y avoir installé diverses œuvres de bienfaisance, voici qu’en 1890 on le voit inaugurer une école à Mérida, dans l’Etat du Yucatán, à l’extrême limite de la patrie. En 1904, l’année de sa mort, fut fondée la première école parmi les indigènes de la Sierra Tarahumara, dans l’Etat de Chihuahua ; il y transféra les Servantes, pour la promotion des “rarámuri” (2), en collaboration avec les Jésuites ; il disait que c’était là son œuvre la plus précieuse, montrant toujours un grand désir de pousser les Sœurs à travailler dans ces endroits ; dans sa prière, il disait au Seigneur : “Si c’est Toi qui m’inspires cet ardent désir de missions parmi les infidèles, rends-le fécond et fais-m’en connaître la route”.

Successivement, on le vit ouvrir des écoles, des Foyers, des Maisons pour Vieillards, des hôpitaux, lancer des missions, en différents points du Mexique.

Le père Yermo ne négligea aucun moyen pour impartir à ses filles spirituelles une doctrine solide, un réel amour pour l’Eglise et pour les pauvres, et une formation spirituelle et religieuse. Dès le départ il prescrivit d’utiles normes pour régler tous les rapports internes et externes de l’Œuvre, matériels et spirituels. Ce règlement, dûment révisé à la lumière du Magistère de l’Eglise, fut intégré aux Constitutions de la Congrégation, lesquelles furent approuvées par Rome dès 1910.

Il ne faudra pas croire que le père Yermo était un saint parfait en tout depuis sa naissance. La sainteté s’acquiert par étapes successives et parfois difficiles et même douloureuses. José avait un tempérament ardent, sanguin, avec des manifestations émotives assez visibles, mais qu’il apprit à dominer suffisamment pour qu’on pût dire de lui qu’il possédait une douce tranquillité en même temps qu’une profonde compassion. On le voyait régulier, ordonné, modeste, droit, tenace ; sincère, simple ; par son éducation soignée, il se montrait affable envers tous, quels qu’ils fussent.

Il se réjouissait de sentir la main de Dieu dans tout ce qu’il entreprenait, sans pour autant que lui fussent épargnées de grandes épreuves durant toute sa vie : malentendus avec ses évêques, souffrances et infirmités de tout genre. Ses derniers jours furent assombris par une terrible calomnie qui minèrent encore plus sa santé déjà bien précaire depuis longtemps (3). L’évêque le pria de déposer sa charge auprès des Sœurs de la Congrégation qu’il avait fondée : il se soumit humblement, il obéit. Toujours il conserva une foi et une espérance à toute épreuve, même quand ses propres amis le “lâchaient”. Sa charité était plus qu’évidente : c’était “un homme d’amour”. 

Son zèle pastoral et sacerdotal lui suggéra la fondation de la première revue sacerdotale mexicaine (4), grâce à laquelle il maintenait des contacts avec les prêtres de tout le Mexique et même d’autres pays d’Amérique Centrale et du Sud. 

Plus d’un siècle avant le récent document pastoral des évêques mexicains, le père Yermo apparaît comme le modèle sacerdotal que ces derniers décrivent pour les prêtres modernes du vingt-et-unième siècle :  fidèle au Christ et au sacerdoce; profonde insertion dans le monde actuel pour y apporter l’Evangile particulièrement là où il fait défaut, parmi les pauvres, parmi les jeunes, et surtout là où règne la délinquence, l’exploitation de la femme, l’analphabétisme, la misère, l’ignorance, la marginalisation ; enfin, le témoignage de la charité totale, dans le don total de soi, dans le célibat et dans une vie imprégnée de prière.

Il mourut au matin du 20 septembre 1904, de la mort des Justes et des grands hommes, et il se sentait très heureux parce qu’il allait vers son Seigneur, le fidèle Ami qui ne le trahit jamais : c’est pourquoi, au moment de mourir, il demanda qu’on lui chantât un chant à Marie, Etoile des Mers, qui l’accompagna au port de l’éternité.

Après l’avoir béatifié, le 6 mai 1990, lors de son voyage au Mexique, Jean-Paul II l’a canonisé le 21 mai 2000. Il est mentionné au Martyrologe le 20 septembre.

 

 

1 C’est à cette époque aussi qu’il se lia d’amitié avec Juan de Dios Peza, qui devint plus tard un grand poète mexicain : leur amitié dura jusqu’à la mort, quarante années plus tard. 

2 Les rarámuri sont une population très ancienne du Mexique, de race amérindienne, qu’on a successivement appelés “Tarahumara” ; ils sont réputés pour être d’excellents coureurs de fonds, habitués qu’ils sont à franchir à pied de grandes distances pour communiquer entre eux. Ils seraient environ cent mille aujourd’hui, catholiques, avec des traditions ancestrales. Ils sont menacés par l’infiltration chez eux de la drogue et de l’alimentation “moderne”.

3 Le père Yermo fut honteusement accusé d’être le père naturel d’un enfant.

4 “El Reproductor Eclesiástico Mexicano”. 

José María de Yermo y Parres

1851-1904

 

La famille de ce prêtre mexicain était originaire de Burgos en Espagne. Son père, Manuel de Yermo y Soviñas, avocat en retraite, et sa mère, Josefa Parres, tous deux excellents chrétiens, tenaient une propriété de campagne à Jalmolonga (Etat de Mexico). Il était leur fils unique, et fut baptisé le jour-même de sa naissance (10 novembre 1851).

La première de tant d’épreuves que dut éprouver José, fut le décès de sa maman à peine cinquante jours après sa naissance, juste avant la fête de Noël, qui fut cette année-là bien triste pour la famille Yermo. Mais le papa enseigna toujours au petit José ce que signifie être viril et chrétien : José grandit auprès de son père, de sa tante Carmen, de sa grand-mère, apprenant d’eux ce qui fut toute sa vie le trésor de son cœur : l’amour de Dieu et l’amour au service des pauvres.

José eut des maîtres à la maison, puis fréquenta des écoles privées. En 1864, à douze ans, il recevait des mains de l’empereur Maximilien la médaille d’honneur au mérite, pour s’être particulièrement signalé dans ses études. C’est à cette époque aussi qu’il se lia d’amitié avec Juan de Dios Peza, qui devint plus tard un grand poète mexicain : leur amitié dura jusqu’à la mort, quarante années plus tard. Sa formation continua à la maison, entre autres pour l’étude du latin.

Le désir du sacerdoce fut assez précoce chez José, mais les circonstances sociales du moment ne lui épargnèrent ni les luttes, ni les crises, ni les incertitudes. Sa première expérience religieuse fut chez les Pères Lazaristes dans la Congrégation de la Mission (fondés par s.Vincent de Paul).

Après sa profession religieuse, il fut envoyé à Paris pour poursuivre ses études théologiques. De retour dans sa patrie, l’année suivante, il se donna à l’apostolat avec ferveur et enthousiasme, dans diverses missions de l’archidiocèse. Mais il n’avait pas une bonne santé et ne put continuer ce dur travail apostolique, aussi revint-il pour quelque temps dans sa famille. Mais il resta lié aux supérieurs de la Congrégation et, au sein de l’archidiocèse de México, conserva la charge de secrétaire de l’archevêque Pelagio Antonio Labastida y Dávalos.

Les crises se succédèrent, au point qu’il obtint la dispense des vœux en 1874, puis réintégra la Congrégation, qu’il quitta définitivement en 1877. Il était persuadé de ne pas être sur le bon chemin. A l’école de saint Vincent, il avait appris à aimer et à servir les pauvres. Il atterrit finalement au séminaire de León (Etat de Guanajuato), accueilli par l’évêque José de Jesús Díez de Sollano, un lointain parent, qui l’ordonna sous-diacre, diacre et prêtre en 1879, à vingt-sept ans déjà.

Ses nombreuses qualités lui valurent dès son ordination plusieurs nominations et diverses charges. Ainsi les membres du Chapitre des Chanoines proposèrent à l’évêque de le nommer sixième chapelain de chœur et second maître des cérémonies, charges qu’il assuma jusqu’à son transfer à Puebla en 1889. Ses autres charges furent à cette époque : sous-secrétaire, puis secrétaire de la Curie, co-fondateur et secrétaire de l’Académie philosophico-théologique Saint Thomas d’Aquin, inaugurée en 1880 par le même évêque Sollano y Dávalos.

On citera ici le témoignage d’un témoin oculaire, sœur Refugio Ladrón de Guevara, qui décrit ainsi ses débuts apostoliques :

“Dès lors il montra une sublime éloquence, une sorte d’onction surnaturelle qui émouvait les cœurs ; quand on apprenait qu’il avait annoncé les sermons de carême, il s’y rendait une telle foule que l’église où il prêchait, Notre Dame des Anges, était remplie. Et comme cette église n’avait pas de tambour, toute la foule se tenait dans la rue, jusqu’au trottoir d’en face, au point que la rue était fermée à toute circulation ; tout ce monde écoutait et comprenait ce que disait notre Père, car notre Seigneur lui donna une voix à la fois douce, sonore et claire, ce qui faisait qu’on l’entendait distinctement même de loin. J’en donne le témoignage.”

Un autre témoignage vient de son ami, le prêtre Miguel Arizmendi : “Il faut parler surtout du zèle avec lequel il s’est consacré à l’exercice de son saint ministère. Des personnes de tout sexe et de toute condition venaient à lui pour entendre ses conseils et le consulter dans des cas difficiles, attirés par sa vaste culture, sa grande prudence et son inaltérable vertu.

Durant sa jeunesse, il avait déjà montré son zèle en fondant une association juvénile : L’Ange de la Pureté. Séminariste, il allait faire le catéchisme dans les quartiers pauvres. Une fois prêtre, son zèle le porta auprès des jeunes, organisant principalement la catéchèse et promouvant le culte au Sacré-Cœur et la dévotion mariale dans le diocèse. Il obtint même la conversion de Juifs et de Francs-maçons. 

En 1884, la délicate santé du père Yermo fut sérieusement menacée par une grave maladie pulmonaire qui préoccupa beaucoup ses supérieurs et lui-même, au point qu’il crut opportun de renoncer à la charge de sous-secrétaire de la Curie. Durant sa longue convalescence, il décida d’aider un brave vieux curé dans l’exercice de son ministère, dans la petite église du Calvaire, située en haut d’une colline non loin de la ville. Avec ce prêtre exemplaire (don Prudencio Castro), le père Yermo prit contact avec les pauvres et les marginaux de la vie, qui avaient besoin d’une assistance matérielle et surtout spirituelle. Il s’en occupa si bien, qu’à la mort de l’évêque, le successeur de ce dernier, Mgr Tomás Barón y Morales, nomma José dans les deux quartiers de banlieue du Calvaire et de l’Enfant-Jésus, pour succéder au curé défunt (1885). 

Ce fut une nomination qui, de l’aveu de José lui-même, blessa sérieusement son orgueil. Mais il prit à cœur son travail apostolique, se chargeant lui-même des travaux les plus humbles. Dieu le préparait ainsi à rencontrer la réalité de la souffrance des pauvres.

Et voici ce qu’il découvrit un jour d’août 1885, tandis qu’il se rendait à l’église du Calvaire. Comme tous les jours, il devait traverser un ruisseau pour y accéder, et voilà qu’il découvre sous ses yeux des porcs en train de dévorer deux nouveaux-nés, probablement abandonnés là par une pauvre malheureuse. Il n’en put dormir pendant plusieurs nuits, mais cette horrible scène lui suggéra de faire quelque chose pour les enfants abandonnés et pour les pauvres.

C’est ainsi que le 13 décembre 1885, avec l’accord de l’évêque, fut fondée sur cette même colline du Calvaire de la ville de León l’Asile du Sacré-Cœur qui bientôt devint un centre d’enseignement, et la première école du Père Yermo : cette école maternelle fut la Maison Mère de beaucoup d’autres œuvres que le Père Yermo mit sur pied, et qui continuèrent à se développer même après sa mort ; les quatre jeunes filles qui secondèrent le Père Yermo dans cette première fondation, furent ensuite les premières Sœurs de la prochaine Congrégation des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus et des Pauvres. Lui-même, très humblement, affirmait : “C’est là ce grain de moutarde qui, je ne sais comment, m’est tombé dans les mains, a pris vie et grandi, jusqu’à abriter aujourd’hui dans ses branches un grand nombre de pauvres”.

Chaque occasion nouvelle qui se présentait à lui pour aider les pauvres, était dès lors une nouvelle étape sur son chemin de fondateur ; dès lors le père Yermo chercha tous les moyens d’être fidèle à ce que Dieu lui inspirait, s’entourant de personnes sages, et priant beaucoup pour discerner la volonté de Dieu.

Les difficultés ne se firent pas attendre, et furent très nombreuses : obstacles, incompréhensions, même de la part de ses amis. Ce fut pour lui, en plus de sa mauvaise santé, le départ d’une longue ascension de son esprit d’amour vers Dieu et vers les frères en difficulté. Il surmonta toute chose avec grande force d’âme et de foi. Le père Yermo s’était donné entièrement à Dieu, et n’hésitait pas à se décharger de certaines initiatives, quand il voyait qu’elles n’étaient pas de Dieu.

Les premiers fruits aussi se firent sentir : trois ans après son arrivée au Calvaire, il avait réussi à transformer cette petite église en un centre d’adoration eucharistique et de charité chrétienne fervente. Beaucoup de fidèles venaient des autres paroisses pour s’inscrire à la Garde d’Honneur du Sacré-Cœur ; chaque premier vendredi du mois une foule de gens remplissait l’église du Calvaire et la rue jusqu’en face, comme au temps des prédications de carême du père Yermo.

Son projet était l’évangélisation et la promotion du pauvre, et surtout de la femme. Il avait conscience qu’une femme bien éduquée est la base d’une société plus juste et plus chrétienne. Ceci ne l’empêcha pas de tourner aussi son attention et sa sollicitude vers d’autres secteurs de la société défavorisée. Dès 1888, les Sœurs prirent en charge l’Asile de la Charité, une maison pour les vieillards de la ville de Puebla, qui fonctionne encore de nos jours.

Cette même année, au moment où il pensait transférer son œuvre à Puebla, survint à León une de ces terribles inondations qui se produisent quelquefois dans ces belles régions. Voici ce que rapporta un journal de l’époque : “Hier soir, au milieu de la tempête et avec l’eau jusqu’à la ceinture, le père Yermo se rendait de tous côtés, là où il pouvait y avoir quelque danger. Il semblait se multiplier. Il fit élever une digue près de la Garita et ce n’est qu’après des efforts titanesques que l’entreprise dut être abandonnée, par lui et par ceux qui l’aidaient, entraînés par son exemple…” C’est à cette occasion que le Gouverneur de l’Etat de Guanajuato, le général Manuel González, fit son éloge en lui donnant le titre de “Géant de la Charité”. Toutefois, quelqu’un a dit à sa mort que le Père Yermo fut un géant à tous les moments de sa vie.

Le Père Yermo se rendit compte que Puebla devait être la ville qui abriterait le siège de la nouvelle Congrégation. C’est là qu’il fonda l’œuvre de la “Miséricorde Chrétienne”, pour la régénération de la femme tombée dans la prostitution. C’est dans cette propriété, acquise au prix de mille sacrifices, qu’il construisit successivement des écoles, des ateliers et des dortoirs pour petites filles orphelines.

Tout lui réussissait, grâce à sa grande confiance en Dieu, mais aussi à cette façon noble, douce et convainquante qu’il avait pour se faire aider par les couches modestes de la société.

Mais ses entreprises ne devaient pas s’arrêter à Puebla. Après y avoir installé diverses œuvres de bienfaisance, voici qu’en 1890 on le voit inaugurer une école à Mérida, dans l’Etat du Yucatán, à l’extrême limite de la patrie. En 1904, l’année de sa mort, fut fondée la première école parmi les indigènes de la Sierra Tarahumara, dans l’Etat de Chihuahua ; il y transféra les Servantes, pour la promotion des “rarámuri”, en collaboration avec les Jésuites (Les rarámuri sont une population très ancienne du Mexique, de race amérindienne, qu’on a successivement appelés “Tarahumara” ; ils sont réputés pour être d’excellents coureurs de fonds, habitués qu’ils sont à franchir à pied de grandes distances pour communiquer entre eux. Ils seraient environ cent mille aujourd’hui, catholiques, avec des traditions ancestrales. Ils sont menacés par l’infiltration chez eux de la drogue et de l’alimentation “moderne”) ; il disait que c’était là son œuvre la plus précieuse, montrant toujours un grand désir de pousser les Sœurs à travailler dans ces endroits ; dans sa prière, il disait au Seigneur : “Si c’est Toi qui m’inspires cet ardent désir de missions parmi les infidèles, rends-le fécond et fais-m’en connaître la route”.

Successivement, on le vit ouvrir des écoles, des Foyers, des Maisons pour Vieillards, des hôpitaux, lancer des missions, en différents points du Mexique.

Le père Yermo ne négligea aucun moyen pour impartir à ses filles spirituelles une doctrine solide, un réel amour pour l’Eglise et pour les pauvres, et une formation spirituelle et religieuse. Dès le départ il prescrivit d’utiles normes pour régler tous les rapports internes et externes de l’Œuvre, matériels et spirituels. Ce règlement, dûment révisé à la lumière du Magistère de l’Eglise, fut intégré aux Constitutions de la Congrégation, lesquelles furent approuvées par Rome dès 1910.

Il ne faudra pas croire que le père Yermo était un saint parfait en tout depuis sa naissance. La sainteté s’acquiert par étapes successives et parfois difficiles et même douloureuses. José avait un tempérament ardent, sanguin, avec des manifestations émotives assez visibles, mais qu’il apprit à dominer suffisamment pour qu’on pût dire de lui qu’il possédait une douce tranquillité en même temps qu’une profonde compassion. On le voyait régulier, ordonné, modeste, droit, tenace ; sincère, simple ; par son éducation soignée, il se montrait affable envers tous, quels qu’ils fussent.

Il se réjouissait de sentir la main de Dieu dans tout ce qu’il entreprenait, sans pour autant que lui fussent épargnées de grandes épreuves durant toute sa vie : malentendus avec ses évêques, souffrances et infirmités de tout genre. Ses derniers jours furent assombris par une terrible calomnie qui mina encore plus sa santé déjà bien précaire depuis longtemps (il fut honteusement accusé d’être le père naturel d’un enfant). L’évêque le pria de déposer sa charge auprès des Sœurs de la Congrégation qu’il avait fondée : il se soumit humblement, il obéit. Toujours il conserva une foi et une espérance à toute épreuve, même quand ses propres amis le “lâchaient”. Sa charité était plus qu’évidente : c’était “un homme d’amour”. 

Son zèle pastoral et sacerdotal lui suggéra la fondation de la première revue sacerdotale mexicaine (El Reproductor Eclesiástico Mexicano), grâce à laquelle il maintenait des contacts avec les prêtres de tout le Mexique et même d’autres pays d’Amérique Centrale et du Sud. 

Plus d’un siècle avant le récent document pastoral des évêques mexicains, le père Yermo apparaît comme le modèle sacerdotal que ces derniers décrivent pour les prêtres modernes du vingt-et-unième siècle :  fidèle au Christ et au sacerdoce; profonde insertion dans le monde actuel pour y apporter l’Evangile particulièrement là où il fait défaut, parmi les pauvres, parmi les jeunes, et surtout là où règne la délinquence, l’exploitation de la femme, l’analphabétisme, la misère, l’ignorance, la marginalisation ; enfin, le témoignage de la charité totale, dans le don total de soi, dans le célibat et dans une vie imprégnée de prière.

Il mourut au matin du 20 septembre 1904 à Puebla de los Angeles, de la mort des Justes et des grands hommes, et il se sentait très heureux parce qu’il allait vers son Seigneur, le fidèle Ami qui ne le trahit jamais : c’est pourquoi, au moment de mourir, il demanda qu’on lui chantât un chant à Marie, Etoile des Mers, qui l’accompagna au port de l’éternité.

Après l’avoir béatifié, le 6 mai 1990, lors de son voyage au Mexique, Jean-Paul II l’a canonisé le 21 mai 2000. Il est mentionné au Martyrologe le 20 septembre.

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 23:00

Han I-hyŏng Laurentius

(Han I-hyeong Leourensio)

1798-1846

 

Laurentius était né à Dŏksan (Ch’ung-ch’ŏng, Corée) en 1798, dans une famille de la noblesse.

De caractère solide, sachant prendre sur lui et servir les autres, il apprit le catéchisme à quatorze ans.

En quelques semaines, il devint un catholique fervent, passant plusieurs heures à méditer devant le crucifix et à demander pardon pour ses péchés antérieurs. Chaque dimanche et jour de fête, il se rendait à la chapelle de la mission, à quatre kilomètres de chez lui et par tous les temps. Il jeûnait tous les jours du carême.

En 1819, il épousa une Chrétienne et ils vécurent dans une contrée retirée près de Yangji.

Sa vie était vraiment exemplaire. Il recevait les pauvres chez lui, leur donnant de la nourriture et des vêtements, confiant que Dieu saurait le lui rendre.

Mgr Imbert le nomma catéchiste, car il était vraiment recommandable pour sa connaissance de la doctrine chrétienne, pour ses vertus et son comportement exemplaire.

Après l’arrestation du père Kim Andreas, la police chercha à arrêter tous les autres Catholiques qui le connaissaient ; Laurentius fut ainsi arrêté, presque «par hasard».

Il fut brutalement torturé. Plusieurs fois battu, il fut entièrement dévêtu et accroché au plafond ; on le battit fortement, cherchant à lui faire renier sa foi et révéler des adresses, mais il refusa.

Ses bourreaux lui lièrent les jambes en mettant entre ses pieds des bris de verre et de vaisselle, et en les serrant avec une grosse corde ; Laurentius supporta tout cela patiemment, sans rien révéler, et suscitant même l’admiration de ses bourreaux.

On l’emmena à Seoul pour son exécution ; il refusa le cheval qu’on lui proposait, préférant faire pieds-nus les cinquante-deux kilomètres du voyage.

Finalement, il fut condamné à être battu à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

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