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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 00:00

Martyrs d’Avrillé

1794

Les fusillades du Champ des Martyrs d’Avrillé furent les horribles journées de la période de la Terreur, durant la Révolution française, où furent exécutés des hommes et des femmes laïcs, en haine de la foi.

Des rafles eurent lieu en janvier, dont la plupart des habitants de la Poitevinière. 

Voici la liste des victimes d’Avrillé reconnues. On a suivi d’abord l’ordre chronologique, puis l’ordre alphabétique des prénoms.

Le 12 janvier 1794 :

  • Antoine Fournier, né le 26 janvier 1736 à La Poitevinière (Maine-et-Loire).

Le 18 janvier 1794 :

  • Charlotte Lucas, née le 1er avril 1752 à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loir).
  • Félicité Pricet, née vers 1745 à Châtillon-sur-Sèvre (Deux-Sèvres).
  • Monique Pichery, née le 4 avril 1762 à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loir).
  • Victoire Gusteau, née vers 1745 à Châtillon-sur-Sèvre (Deux-Sèvres).

Le 1er février 1794 :

  • Anne Hamard, née vers 1742, à Saint-Clément (Maine-et-Loire).
  • Anne-Françoise de Villeneuve, née le 11 septembre 1741, à Seiches-sur-le-Loir (Maine-et-Loire).
  • Catherine Cottanceau, née vers 1733, à Bressuire (Deux-Sèvres).
  • Charlotte Davy, née le 19 octobre 1760, à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire). 
  • Françoise Bellanger, née le 24 juin 1735, à La Trinité-d’Angers (Maine-et-Loire).
  • Françoise Bonneau, née vers 1763, à Saint-Léger-en-Anjou (auj. sous-Cholet) (Maine-et-Loire).
  • Françoise Michau, née vers 1765, à ?
  • Françoise Pagis-Railleau, née le 14 octobre 1732, à Gouis (Maine-et-Loire).
  • Gabrielle Androuin, née le 6 septembre 1755 à Saint-Lambert-du-Lattay (Maine-et-Loire). 
  • Jacquine Monnier, née le 16 janvier 1726, à Saint-Melaine (Maine-et-Loire).
  • Jeanne Bourigault, née le 24 octobre 1757, à Chaudefonds (Maine-et-Loire).
  • Jeanne Fouchard-Chalonneau, née le 10 septembre 1747, à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire).
  • Jeanne Gruget-Doly, née vers 1745, à Châtillon-sur-Sèvre (Deux-Sèvres).
  • Jeanne Sailland d’Espinatz, née le 3 juillet 1769, à Saint-Nicolas-de-Saumur (Maine-et-Loire).
  • Louise Déan de Luigné, née le 17 novembre 1757, à Argeton-Notre-Dame (Mayenne).
  • Louise-Olympe Rallier de la Tertinière-Déan de Luigné, née le 24 avril 1732, à Châteaugontier (Mayenne).
  • Madeleine Blond, née vers 1763, à Angers (Maine-et-Loire).
  • Madeleine Perrotin-Rousseau, née le 30 mars 1744, à Saint-Germain-des-Prés (Maine-et-Loire).
  • Madeleine Sailland d’Espinatz, née le 9 août 1770, à Saint-Nicolas-de-Saumur (Maine-et-Loire). Avec ses vingt-trois ans, c’est la plus jeune de tout ce groupe.
  • Marguerite Rivière-Huau, née le 20 août 1756, à La Ferrière-de-Flée (Maine-et-Loire).
  • Marie Cassin-Moreau, née le 21 janvier 1750, à Chanteloup (Maine-et-Loire).
  • Marie Fausseuse-Banchereau, née vers 1740, à Boësse (Deux-Sèvres).
  • Marie Gallard-Quesson, née vers 1739, à Saint-Laurent-de-la-Plaine (Maine-et-Loire).
  • Marie Gasnier-Mercier, née le 8 novembre 1756, à Ménil (Mayenne).
  • Marie Grillard, née le 5 octobre 1753, à Saint-Pierre de Cholet (Maine-et-Loire).
  • Marie Lenée-Lepage de Varancé, née le 14 juillet 1729, à Saint-Nicolas-de-Saumur (Maine-et-Loire).
  • Marie Leroy, née le 19 mai 1771, à Montilliers (Maine-et-Loire).
  • Marie Leroy-Brevet, née vers 1755, à ? 
  • Marie Rouault-Bouju, née le 26 octobre 1744, à Vezins (Maine-et-Loire).
  • Marie-Anne Pichery-Delahaye, née le 30 juillet 1754, à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire).
  • Marie-Anne Vaillot, née le 13 mai 1736 à Fontainebleau (Maine-et-Loire), des Filles de la Charité.
  • Marie-Jeanne Chauvigné-Rorteau, née le 21 février 1755, à La Jumellière (Maine-et-Loire).
  • Odile Baumgarten, née le 15 novembre 1750 à Gondrexange (Moselle), des Filles de la Charité. 
  • Perrine Androuin, née le 31 août 1760 à Saint-Lambert-du-Lattay (Maine-et-Loire). 
  • Perrine Besson, née vers 1742, à Essarts (Vendée).
  • Perrine Grille, née le 6 février 1742, à Rochefort-sur-Loire (Maine-et-Loire).
  • Perrine Ledoyen, née le 16 septembre 1764, à Saint-Aubin-de-Luigné (Maine-et-Loire).
  • Perrine Sailland d’Espinatz, née le 24 mars 1768, à Saint-Nicolas-de-Saumur (Maine-et-Loire).
  • Perrine-Charlotte Phelippeaux-Sailland d’Epinatz, née le 13 mai 1740, à Saint-Nicolas-de-Saumur (Maine-et-Loire).
  • Renée Cailleau-Girault, née le 6 juillet 1752, à Saint-Aubin-de-Luigné (Maine-et-Loire).
  • Renée Grillard, née le 10 février 1766, à Saint-Pierre de Cholet (Maine-et-Loire).
  • Renée Martin-Martin, née vers 1752, à ?
  • Renée Valin, née le 8 mars 1760, à Chaudefonds (Maine-et-Loire).
  • Rose Quenon, née le 20 janvier 1764, à Mozé-sur-Louet (Maine-et-Loire).
  • Simone Chauvigné-Charbonneau, née le 12 mars 1728, à Chaudefonds (Maine-et-Loire).
  • Suzanne Androuin, née le 16 mars 1757 à Saint-Lambert-du-Lattay (Maine-et-Loire). 
  • Victoire Bauduceau-Révélière, née le 20 septembre 1745, à Thouars (Deux-Sèvres).

 

Le 10 février 1794 :

  • Catherine du Verdier de la Sorinière, née le 29 juin 1758 à Saint-Pierre-de-Chemillé (Maine-et-Loire).
  • Louise Bessay de la Voûte, née le 22 août 1721 à Saint-Mars-des-Prés (Vendée). A soixante-treize ans, c’est la «doyenne» de tout ce groupe, 
  • Louise Poirier-Barré, née le 22 février 1754 à Le Longeron (Maine-et-Loire).
  • Marie-Anne Hacher du Bois, née le 3 avril 1765 à Jallais (Maine-et-Loire).
  • Marie-Louise du Verdier de la Sorinière, née le 27 juin 1765 à Saint-Pierre-de-Chemillé (Maine-et-Loire).
  • Pierre Frémond, né le 16 septembre 1754 à Chaudefonds (Maine-et-Loire).

 

Le 16 avril 1794 :

  • Anne Maugrain, née le 12 avril 1760 à Rochefort-sur-Loire (Maine-et-Loire).
  • Françoise Micheneau-Gillot, née le 19 mai 1737 à Chanteloup-les-Bois (Maine-et-Loire).
  • Françoise Suhard-Ménard, née le 5 février 1731 à Saint-Gemmes-d’Andigné (Maine-et-Loire).
  • Jean Ménard, né le 16 novembre 1736 à Andigné (Maine-et-Loire).
  • Jeanne Gourdon-Moreau, née le 8 octobre 1733 à Sainte-Christine (Maine-et-Loire).
  • Jeanne Leduc-Paquier, née le 10 février 1754 à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire).
  • Jeanne Onillon-Onillon, née le 19 avril 1753 à Montjean (Maine-et-Loire).
  • Jeanne Thomas-Delaunay, née vers 1730 à ?
  • Madeleine Cady-Desvignes, née le 7 avril 1756 à Saint-Maurille de Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire).
  • Madeleine Sallé-Havard, née vers 1751 à ? 
  • Marguerite Robin, née le 22 décembre 1725 à Montjean (Maine-et-Loire).
  • Marie Forestier, née le 16 janvier 1768 à Montjean (Maine-et-Loire). 
  • Marie Gingueneau-Coiffard, née vers 1739 à ?
  • Marie Lardeux, née vers 1748 à ? 
  • Marie Piou-Supiot, née le 19 mai 1755 à Montrevault (Maine-et-Loire).
  • Marie Rechard, née le 29 avril 1763 à Montjean (Maine-et-Loire).
  • Marie Roger-Chartier, née le 14 janvier 1727 à Montjean (Maine-et-Loire).
  • Marie-Geneviève Poulain de la Forestrie, née le 3 janvier 1741 à Lion-d’Angers (Maine-et-Loire).
  • Marthe Poulain de la Forestrie, née le 2 octobre 1743 à Lion-d’Angers (Maine-et-Loire).
  • Perrine Bourigault, née le 7 août 1743 à Montjean (Maine-et-Loire).
  • Perrine Laurent, née le 2 septembre 1746 à Louvaines (Maine-et-Loire).
  • Perrine Pottier-Turpault, née le 26 avril 1750 à Cléré-sur-Layon (Maine-et-Loire).
  • Pierre Delépine, né le 24 mai 1732 à Marigné (Maine-et-Loire).
  • Renée Bourgeais-Juret, née le 12 novembre 1751 à Montjean (Maine-et-Loire).
  • Renée Rigault-Papin, née le 14 mai 1750 à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire).
  • Renée Sechet-Davy, née le 28 décembre 1753 à Montjean (Maine-et-Loire).

 

 

On remarquera dans ces groupes : deux Religieuses des Filles de la Charité, et quatre hommes ; toutes les autres sont des veuves, des épouses, des mères, des jeunes filles.

Tous ces Martyrs ont été béatifiés en 1984. Le «chef de file» de ces quatre-vingt dix-neuf Bienheureux est le prêtre Guillaume Repin, commémoré le 2 janvier.

 

La notice d'aujourd'hui concerne les seuls Martyrs d'Avrigné, qui furent fusillés en cinq jours différents entre janvier et avril 1794 : les 12 et 18 janviers, les 1er et 10 février, et le 16 avril. Pour faciliter la recherche, on a répété cette notice en ces cinq jours.

Les Bienheureux sont mentionnés au Martyrologe à leur dies natalis, parfois avec de petites altérations orthographiques.

 

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 00:00

Alojzije Stepinac

1898-1960

 

Cinquième des huit enfants d’un gros propriétaire foncier de la région de Zagreb, Alojzije (Louis) est né le 8 mai 1898 à Brezarić kraj Krašića (Zagreb, Croatie).

En 1909 il va au lycée de Zagreb où il passe son baccalauréat en 1916.

Juste avant son dix-huitième anniversaire, il est conscrit dans l’armée austro-hongroise et se retrouve sur le front italien pendant la Première guerre mondiale. Blessé à la jambe en 1918, il est fait prisonnier des Italiens pendant cinq mois.

Après la formation du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes en novembre 1918, il n’est plus considéré comme soldat ennemi. Libéré, il est volontaire dans la légion yougoslave envoyée à Salonique. Démobilisé, il revient chez lui en 1919. 

Ayant servi dans les armées alliées, il reçoit la médaille décernée pour actes d’héroïsme, l’Etoile de Karađorđe.

Après cette guerre, il fréquente pendant six mois seulement la faculté d’agronomie de Zagreb, et rejoint son père dans l’exploitation familiale.

En 1924, il part à Rome pour ses études ecclésiastiques. Il réside au Collegium Germanicum et fréquente l’université Grégorienne.

Ordonné prêtre en 1930, il est curé à Zagreb, puis évêque coadjuteur de Zagreb en 1934, et archevêque de Zagreb en 1937 : c’est un des plus jeunes archevêques de l’histoire de l’Eglise. Sa devise épiscopale est In te, Domine, speravi (C’est en toi, Seigneur, que j’ai espéré).

Lors de l’établissement de l’état indépendant de Croatie, il se montre pleinement favorable à cette séparation entre Croatie et Serbie : Les Croates et les Serbes sont de deux mondes différents… Le schisme d’Orient est la plus grande malédiction en Europe…

Il se prononce énergiquement contre les luttes raciales et intervient auprès des autorités pour faire cesser les persécutions contre les Juifs, contre les Gitans, contre les Noirs. Le grand rabbin de Zagreb de cette époque affirma que Mgr Stepinac avait fait de son mieux en faveur des Juifs.

Il protesta avec véhémence contre la conversion forcée des Serbes par le régime Oustachi. Un évêque écrivait à Mgr Stepinac : Les hommes sont égorgés, assassinés, jetés vivants du haut des falaises… Ils ont été attachés par centaines, emmenés dans des wagons et tués comme des bêtes.

Après la Seconde guerre mondiale, le nouveau gouvernement yougoslave arrêta Mgr Stepinac en 1945, du 17 mai au 3 juin. Le 4 juin, Mgr Stepinac rencontrait Tito, et refusa les propositions de créer une Eglise serbo-croate indépendante de Rome. En octobre, il publia une lettre qui dénonçait déjà l’assassinat ou l’emprisonnement de centaines de membres du clergé.

Mgr Stepinac fut alors ouvertement accusé par le gouvernement. Le 4 novembre 1945, des partisans lui jetèrent des pierres. En 1946, on demanda au Vatican de le déplacer. On l’accusa de collaboration avec les Nazis, avec les Oustachis, de défiance au gouvernement yougoslave, et il fut arrêté le 18 septembre 1946.

Le 11 octobre suivant, Mgr Stepinac était condamné à seize ans d’emprisonnement et de travaux forcés.

Il resta cinq ans dans la prison de Lepoglava, puis sa peine fut commuée en assignation à domicile, à Krašić, sur forte pression du Vatican. En décembre 1951, il fut transféré à son domicile. On voulait s’en débarrasser et l’envoyer à Rome, mais il refusa de quitter son pays.

En 1952, Pie XII le crée cardinal, ce qui poussa Tito à rompre les relations diplomatiques avec Rome.

En 1953, le cardinal Stepinac fut atteint de polycythémie, une maladie rare du sang. Il mourut d’une thrombose le 10 février 1960.

Le Cardinal Stepinac n’a pas été à proprement parler assassiné par les ennemis de l’Eglise, mais il fut clairement affirmé qu’il a enduré dans son corps et dans son esprit les atrocités du système communiste et qu’on peut maintenant le contempler avec l’étiquette rayonnante du martyre.

Alojzije Stepinac a été béatifié en 1998.

Le gouvernement croate a symboliquement condamné le procès du Cardinal en 1992. Les Serbes ont contesté la béatification, mais pas les Juifs croates, dont certains ont même proposé son inscription sur la liste des Justes parmi les nations.


 

 

 

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 00:00

Eusebia Palomino Yenes

1899-1935

 

Dans une famille très pauvre de Cantalpino (Salamanque, Espagne), naît le 15 décembre 1899 Eusebia, qui reçoit avec ses trois grandes sœurs une éducation très chrétienne de leurs bons parents : Agustin Palomino, un travailleur saisonnier, et Juana Yenes.

L’hiver, Agustin va quémander un peu de nourriture dans les villages alentour, avec sa petite Eusebia.

Elle peut faire la Première communion à huit ans. Elle se sent appelée à appartenir au Christ pour toujours et complètement. 

Très tôt, elle doit arrêter l’école et travailler comme bonne à tout faire : à la campagne, d’abord, puis chez les Salésiennes. Elle travaille à la cuisine, ramasse le bois, balaye l’école, rends mille services humbles et cachés, mais surtout donne tout son temps à la catéchèse des petites filles qui sont captivées par sa simplicité, son humilité, sa foi ; c’est au point qu’elles trouvent toujours des «excuses» pour se retrouver avec elle.

Elle n’ose pas exprimer son désir d’être elle-même religieuse, à cause de sa pauvreté et son manque d’instruction. Mais lors de la visite d’une Supérieure, celle-ci l’accepte au nom de la Mère Générale.

En 1922, elle entre au noviciat des mêmes Sœurs Salésiennes (ou Filles de Marie Auxiliatrice), et fait sa profession deux ans plus tard. Elle est envoyée à Valverde del Camino (Huelva), à l’extrême sud-ouest de l’Espagne. Son arrivée provoque déception parmi les plus jeunes : elles voient en effet arriver une sœur petite, pale, laide, avec de grosses mains de paysanne… et puis ce prénom… 

Eusebia ne fait pas attention. Elle se met au travail comme d’habitude : cuisine, laverie, porte, jardin… Elle raconte de belles histoires aux enfants, qui finalement sont vite conquis par le talent qu’elle a à raconter toutes les anectodes des vies de Saints, dont elle se souvient très bien. Finalement non seulement les enfants, mais à travers eux les parents, les séminaristes, les prêtres, désirent rencontrer Sœur Eusebia, lui demander un conseil. Elle qui n’avait aucune formation théologique, elle a un cœur empli de la sagesse de Dieu.

Elle répand ses dévotions favorites, aux Saintes Plaies de Notre-Seigneur, et à l’Amour miséricordieux, selon les révélations à sainte Faustyna Kowalska (v. 5 octobre), dans le but d’obtenir miséricorde pour les pécheurs ; également la dévotion mariale de saint Louis-Marie Grignion de Montfort (voir au 28 avril) : elle en envoie des feuillets dans sa correspondance : aux petites filles, aux jeunes, aux mères de famille, aux séminaristes, aux prêtres. Durant le procès de béatification, il est dit que «peut-être il n’y a pas de curé dans toute l’Espagne, qui n’ait pas reçu un courrier de Sœur Eusebia sur le saint esclavage prôné par saint Louis-Marie.»

A partir de 1930, elle est favorisée de visions dans lesquelles elle entrevoit la prochaine guerre civile qui va ensanglanter l’Espagne.

En 1932, elle s’offre tout entière pour l’Espagne et contracte une mystérieuse maladie : les médecins n’arrivent pas à diagnostiquer pourquoi ses membres se recroquevillent, et la transforment en une sorte de pelote. Son asthme, auparavant toujours discret, devient insupportable.

Le 4 octobre 1934, lors d’une prière avec d’autres Consœurs, elle pâlit et dit : «Priez beaucoup pour la Catalogne» : c’était le début de l’insurrection des Asturies et de Barcelone (4-15 octobre 1934). Autre vision : sa chère supérieure Carmen Moreno Benítez, qui sera fusillée le 6 septembre 1936 avec sœur Amparo Carbonell Muñoz (béatifiées en 2001). 

Malgré ces grandes souffrances, elle reste paisible et douce, respectueuse de chacun et reconnaissante pour son entourage. Elle meurt le 10 février 1935.

 

Elle a été béatifiée en 2004.

 
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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 19:26

5e dimanche per annum - A

 

 

Dimanche dernier, le prophète Sophonie nous parlait du Reste d’Israël, ce petit noyau très minoritaire d’où devait sortir la résurrection du Peuple choisi. 

Jésus-Christ n’a jamais promis à ses disciples d’être nombreux, forts, majoritaires, mais il leur demande d’être ce petit troupeau, ce ferment que les chrétiens doivent insérer dans le monde, un témoignage de charité envers tous, sans distinction. 

 

*       *       *

 

Aujourd’hui, le prophète Isaïe appelle Israël à cette générosité envers le pauvre, exposant déjà au 8e siècle avant Jésus-Christ cette charte de l’amour fraternel. Prochainement, quand arrivera la période du Carême, l’Eglise nous fera lire cette même lecture du prophète (le samedi après le Mercredi des Cendres).

On le voit, l’Ancien Testament avait déjà ces mêmes exigences que nous enseigne la charité évangélique : partager, accueillir le pauvre, vêtir le malheureux.

On se souviendra de l’empressement que montre Abraham à recevoir ses trois mystérieux visiteurs à Mambré (Gn 18:1-15), de celui de Tobie qui n’hésitait pas à se lever, et à quitter la table, pour aller ensevelir un mort (cf. Tb 12:13).

Un autre exemple lumineux d’hospitalité nous vient de l’attitude de saint Phocas au 4e siècle : il hébergea fraternellement ceux-là même qui étaient envoyés pour l’arrêter et le décapiter à cause de sa foi (sa fête est au 5 mars). Et saint Benoît prescrit dans sa Règle (ch.53), de saluer les hôtes par l’inclination de tête ou même la prostration jusqu’à terre, adorant en eux le Christ.

Le prophète recommande aussi des attitudes de paix et d’humilité. Faire disparaître le joug, c’est ne pas se mettre au-dessus de l’autre, c’est reconnaître que nous avons tous le même Maître dans les Cieux (cf. Mt 23:8). Le geste de menace n’a pas à être commenté ; saint Paul le rappellera aussi aux maîtres : laissez de côté les menaces (cf. Eph 6:9).

Notre vie ne serait-elle pas plus «lumineuse» si nous évitions davantage toute attitude conflictuelle ? Dieu est-il content de nos bagarres, de nos disputes, parfois quotidiennes ?

C’est donc par ces attitudes toutes simples que le juste irradiera la lumière, cette lumière dont Jésus va nous parler tout-à-l’heure dans l’évangile.

 

*       *       *

 

Le psaume 111 chante ce juste qui craint le Seigneur et reprend les idées du prophète Isaïe.

Mais on relèvera ici une expression du psaume : Il ne craint pas l’annonce d’un malheur. Le texte initial dirait plutôt : «Il n’aura pas peur d’entendre quelque chose de mal», ce que saint Augustin commente comme étant cette parole terrible du Juge qui dira aux condamnés : Allez au feu éternel, préparé pour le démon et ses anges (cf. Mt 25:41, in Sermon sur le psaume 95). Ce que leur reproche en effet le Christ dans cette parabole du Jugement dernier, c’est d’avoir manqué à la charité.

 

*       *       *

 

Mais pourquoi le prophète et le psalmiste mentionnent-ils particulièrement le pauvre, le malheureux ? C’est que Jésus nous demandera explicitement de prêter sans rien attendre en retour (Lc 6:34-35).

C’est cette charité sans borne qui fera des Chrétiens la lumière et le sel de la société. 

Le sel, dissout dans les aliments, ne se voit pas, mais manque beaucoup lorsqu’on l’oublie ! Mais attention à n’en pas abuser : il faut une juste dose, sans excéder ! autrement dit : être discrets. 

La lumière dont a besoin le monde, est cette référence à la Loi de Dieu qui permet de sortir de la noirceur quotidienne des conflits et des jalousies continuelles.

 

*       *       *

Même si l’épître aux Corinthiens n’a pas de lien direct avec ce qui précède, car on en lira des extraits pendant plusieurs dimanches de suite, l’attitude de l’apôtre Paul est pour nous un encouragement.

Devant ces Corinthiens qui se vantaient tellement de leurs raisonnements, de leurs doctrines philosophiques savantes, l’apôtre du Christ se fait tout petit, et leur rappelle, non sans une pointe d’humour, qu’il est tout juste venu leur parler… d’un Crucifié, d’un Condamné à mort. 

C’est cette humble prédication qui a fait de Paul une lumière, une référence doctrinale, à la suite de notre Maître qui s’est «contenté» de prendre sa croix et d’y mourir.

 

*       *       *

Comment réussir, nous, pauvres pécheurs, à être lumière, dans une vie si pleine d’embûches, si agitée, si bruyante ? Où trouver cette force intérieure qui nous aidera à entretenir notre lampe à huile toujours allumée ?

Seuls, nous sommes faibles, tentés. Avec la grâce de Dieu, nous sommes forts. C’est pourquoi, dans la Prière du jour, nous demanderons à Dieu sa constante protection.

 

Ne laissons pas le prêtre tout seul quand il prononce ces paroles. Avec lui, demandons à Dieu sincèrement cette protection, de tout notre cœur, confiants que Dieu nous aidera.


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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 00:00

Francisco Luis Febres Cordero 

1854-1910

 

Francisco naquit le 7 novembre 1854 à Cuenca (Equateur), d’un père très en vue en politique, mais qui devint plutôt professeur de séminaire, et d’une mère extrêmement croyante qui obtint par ses prières la guérison de son garçon, né estropié des jambes.

Le petit garçon fut très précoce ; à l’école chez les Frères des Ecoles Chrétiennes qui venaient d’ouvrir une école à Cuenca (1863), Francisco s’enthousiasme pour l’étude et exprime son désir d’entrer en religion chez les Frères. 

Les parents, cependant, auraient préféré que leur fils devînt prêtre, de sorte que l’unique recours de Francisco fut sa Maman du ciel : la maman de la terre finit par signer l’autorisation et Francisco entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes le 24 mars 1868, veille de l’Annonciation. Le papa restera quand même fâché de cette décision, et n’écrira pas un mot à son fils durant cinq années.

Francisco a quatorze ans, et prend le nouveau nom de Miguel : un an après, on l’envoie déjà enseigner dans l’école de Quito ! Miguel demeurera professeur pendant trente-huit années.

Devant enseigner l’espagnol, et ne disposant pas de livres imprimés, il se mit à composer des ouvrages que le gouvernement fera adopter dans tout le pays.

Miguel publia aussi des ouvrages de catéchèse, et il sera particulièrement attentif à la préparation des petits à la Première Communion, jusqu’en 1907, l’année où il partira pour l’Europe.

Malgré le gouvernement anti-clérical de l’époque (c’était avant l’élection de Gabriel García Moreno en 1861), la réputation de Miguel se répandait dans tout le pays. En raison des traductions qu’il avait faites des œuvres et de la vie de saint Jean-Baptiste de la Salle (v. 7 avril), c’est lui qui fut chargé de représenter son institut pour l’Equateur lors de la béatification du saint Fondateur à Rome.

Encore aujourd’hui ses textes ont été adoptés à l’échelon national pour leur exceptionnelle clarté, la méthodologie, la langue coulante, et on les considère comme un guide sûr pour l’étude de la langue espagnole de tout niveau.

Elu à l’Académie de l’Equateur, il devint alors une célébrité internationale. En 1894, il donna le départ à un institut pour la formation des adultes, que malheureusement un décret gouvernemental fit bientôt fermer. Miguel retourna à l’enseignement dans une école libre, en 1896, pour devenir ensuite maître des novices et président de l’Ecole libre en 1902, poste qu’il n’occupa qu’un an.

Pendant ce temps, on le demandait en Europe, car on avait besoin d’un expert pour former rapidement les religieux à la langue espagnole : il vint quelques mois à Paris, puis dans la maison-mère de Belgique (Lembecq-les-Hal) en 1907, où on lui demanda de traduire encore d’autres textes du français en espagnol. 

Mais comme le climat ne lui réussissait pas, on l’envoya à Premia de Mar (Barcelone) en 1909. Là encore, une révolution anti-cléricale survint, déclenchant une grève générale et des incendies d’églises : les Frères se réfugièrent dans un aviso-torpilleur du port, puis dans le collège Bonanova, et ce fut encore notre frère Miguel qui était là pour porter en sécurité les Hosties du Saint-Sacrement.

Tous ces événements ne manquèrent pas d’altérer encore plus la santé du frère Miguel, qui fit encore un pélerinage à la Madonne de Saragosse. En janvier 1910 il fut atteint de pneumonie et mourut le 9 février.

En Equateur, ce fut un deuil national.

En 1937, par crainte de profanations au moment de la révolution espagnole, on transféra ses reliques en Equateur, où des célébrations nationales marquèrent le centenaire de sa naissance.

Les biographes du frère Miguel disent que sa vie spirituelle était toute faite de pratiques méticuleuses, de saintes résolutions, parfois difficiles à comprendre aujourd’hui. Mais ils s’accordent pour lui reconnaître un amour de Dieu constant, qui s’exprimait dans la mission apostolique et dans son souci ininterrompu du bien des Frères et de leurs élèves. Il eut une particulière dévotion à l’Enfant-Jésus.

Francisco Luis Febres Cordero, ou frère Miguel de la Salle, fut béatifié en 1977, et canonisé en 1984. Il est commémoré le 9 février. 

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 00:00

Maroun

† 410

 

Maroun (Maron) eut pour maître un saint Zabina, qu’il avait en grande vénération. Il vivait en Syrie, dans la région de Cyrrhestique

Il vint s’installer au sommet d’une haute montagne, dans le voisinage d’un village qui pourrait être Kfar Nabo, et consacra au Dieu unique le temple païen qui s’y trouvait.

Beaucoup de disciples se groupèrent autour de lui et sa renommée s’étendit assez loin, au point que, de son exil à Cucuse, Jean Chrysostome lui écrivit une lettre pleine de respect et lui demandant ses prières. Le fait est fidèlement repris par toutes les sources.

D’après cette lettre, Maroun était prêtre.

Parmi ses disciples, il y eut des saints : Jacques de Cyr, Limnée, Domnina, qui ne sont pas inscrits dans le Martyrologe romain et appartiennent à la liturgie orientale.

Maroun mourut vers 410, ayant exprimé le désir d’être enterré dans la tombe-même de son cher maître, Zabina.

Les reliques de saint Maroun eurent cependant quelques vicissitudes. D’abord, les habitants de Barad, proche de Kfar Nabo, vinrent s’emparer du corps de Maroun pour l’ensevelir avec honneur dans une grande église qui fut effectivement construite vers 410. Plus tard, le crâne de Maroun aurait été transféré au couvent de saint Maron (Beit Maroun), sur l’Oronte, entre Alep et Hama.

Au 7e siècle, ce crâne fut rapporté au couvent de Kfarhaï (Batroun, Liban), qui porte le nom de Rach Maro (Tête de Maroun). Ce transfert se fit par les soins de Jean Maron, qui organisa la société et la liturgie maronites.

Plus tard encore, au 12e siècle, ce crâne arriva dans un monastère bénédictin proche de Foligno (Italie), par les soins de l’un de ces moines. Le culte se développa au point que l’évêque de Foligno voulut recueillir cette précieuse relique dans sa propre chapelle.

Saint Maroun est commémoré le 9 février.

 

 

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 00:00

Luis Magaña Servin

1902-1928

 

Luis naquit dans une terre mexicaine dont la population avait hérité des traits espagnols et français des explorateurs arrivés là quelque deux siècles auparavant : ces habitants étaient donc de type plus “européen”, le visage clair, les yeux bleus, la taille haute. Cette région était la Terre de Sainte Marie de Guadalupe de las Arandas, dans l'état de Jalisco.

Les heureux parents qui accueillirent leur premier-né le 24 août 1902, étaient Raymundo Magaña Zúñiga et María Concepción Servín. Comme c'était la veille de la fête de saint Louis, ils lui donnèrent le nom de Luis. Plus tard ils eurent encore deux garçons, Delfino et José Soledad.

Le curé de la paroisse chargea un jour un artiste de peindre un tableau de Notre-Dame du Refuge, et pour modèle des yeux de l'Enfant-Jésus, le peintre choisit le petit Luis.

En grandissant, il se mit à aider son père à la tannerie. Il se levait très tôt, participait avec son père à la messe de cinq heures, déjeunait et partait à l'école. L'après-midi, il aidait au travail du cuir ; le soir, après le chapelet, on mangeait et il allait se coucher. Deux fois par semaine, il allait au catéchisme.

Avec cet horaire régulier, le garçon grandit à l'ombre de son père, dont il devint le bras droit.

Dans ces années-là, les ouvriers chrétiens lisaient la récente encyclique de Léon XIII sur la question sociale, et Luis montrait un grand intérêt pour les problèmes sociaux. Il appartenait à l'Association Notre-Dame de Guadalupe, qui regroupait les ouvriers et les artisans. 

Des témoins se rappelaient que Luis s'intéressait de près à la condition sociale, au gouvernement ; il organisait des réunions chez lui. Lui-même s'imposait de traiter les ouvriers de manière juste et généreuse. Il parlait de tous ces problèmes avec la même sincérité et le même esprit de justice avec les riches qu'avec les pauvres.

Fidèle dévot de Notre-Dame de Guadalupe, comme tous les Mexicains, il participa à la cérémonie d'expiation qui eut lieu à Mexico après l'attentat à l'image de la Vierge qui avait eu lieu en 1921 dans la basilique.

Luis s'inscrivit à l'Action catholique de la Jeunesse mexicaine, et fonda la section de sa ville de Arandas. Puis il fut un des membres fondateurs de l'Adoration nocturne, à laquelle il fut toujours fidèle. Tous les jours il communiait à la messe.

Quand il allait vendre la marchandise avec son père à Atotonilco, il priait durant le déplacement. Il se répétait l'homélie du dimanche précédent. Jamais un mot contre quelqu'un. Il aidait les pauvres chaque fois qu'il le pouvait. Il vendait sa marchandise avec justice, honnêtement.

Il pensait un jour se marier, fit des économies et s'acheta une maison en 1925.

Il se fiança avec une jeune fille orpheline, Elvira Camarena Méndez, qu'il rencontrait comme une sœur, jusqu'à leur mariage, le 6 janvier 1926. Elvira avait dix-huit ans,  lui, vingt-quatre.

En 1927 devait naître Gilberto. 

Luis fut parfaitement fidèle envers son épouse. Il ne buvait pas, il ne fumait pas.

Quand se forma le mouvement des Cristeros, tout en les aidant à sa façon, avec des vêtements, de l'argent ou de la nourriture, jamais il ne voulut prendre les armes. Il avait un «messager» très fidèle qui lui apportait les nouvelles, José Refugio Aranda, surnommé Pancho la Muerte, qui fut arrêté le même jour que lui.

En 1926, quinze jours après que furent fermés les lieux de culte, on fusilla le 15 août un prêtre et trois jeunes de l'Action Catholique (Luis Batis, Salvador Lara, David Roldán et Manuel Morales), canonisés en 2000 ; le 1er avril 1927, on fusilla son maître Anacleto González Flores et trois jeunes de l'Action Catholique (Jorge y Ramón Vargas, et Luis Padilla Gómez), béatifiés en 2005.

Le gouvernement demanda aux autorités locales une liste de noms de ceux qui aidaient les Cristeros. Pour mieux les cerner, il fut établi de concentrer les populations dans certains centres, ce qui les aurait empêchés de se joindre aux Cristeros. Toute personne et tout prêtre, qui auraient été trouvés hors de ces centres, auraient été arrêtés et fusillés. Luis allait être du nombre. En prévision de ces moments difficiles, il s’était construit un passage souterrain entre la maison de son père et la sienne, ce qui lui permettait éventuellement de disparaître très vite.

En février 1928, des soldats vinrent occuper le village et s’installèrent dans l’église. A midi du 9 février, ils se présentèrent chez Raymundo ; n'y trouvant pas Luis, qui s’était précipité dans son abri, ils arrêtèrent Delfino, menaçant de le fusiller si Luis ne se présentait pas dans la journée.

Luis alors sortit de sa cachette, rassura calmement les siens en leur disant qu'il allait trouver le général, et qu'il leur ramènerait Delfino sans faute.

Il commença par prendre un bain, il se rasa fraîchement et se mit son plus bel habit, celui qu'il avait acheté à Guadalajara pour son mariage. Il se mit à table avec les siens et mangea tranquillement. Après, il s'agenouilla devant ses parents en leur demandant leur bénédiction. Il leur dit d'avoir courage, car il allait vite revenir. Il embrassa les siens un à un, il serra contre son cœur et embrassa son petit Gilbert de dix mois, et embrassa sa chère épouse, qui était enceinte.

Il était trois heures de l'après-midi. Une amie le vit passer et lui demanda où donc il allait, si bien vêtu ; il lui expliqua en deux mots la situation et elle lui dit : N'y va pas, ils vont te fusiller. Mais Luis, écartant les bras et regardant vers le ciel, répondit :  Quel bonheur, dans une heure je serai dans les bras de Dieu.

Luis alla droit au quartier militaire, demanda à rencontrer le général et lui dit : Mon général, je suis Luis Magaña, que vous cherchez ; celui que vous avez pris, c'est mon frère, qui n'a rien fait de mal. Si c'est moi que vous cherchez, libérez mon frère.

Le général admira le cran de cet homme, qui le regardait en face, les yeux dans les yeux. Il échangea deux mots avec son adjoint et dit à Luis : Bien, jeune homme. On va voir si tu es vraiment aussi courageux que tu le parais. Et à l'officier : Libère-moi l'autre, et fusille-moi celui-ci immédiatement sur le porche de l'église.

Il était trois heures et demie, l'heure de la sieste. Huit soldats sortirent, poussant devant eux Luis et son fidèle messager, Pancho la Muerte, qu'on avait arrêté précédemment. On arriva à l'église et on mit les deux prisonniers à droite du portail. L'officier voulut bander les yeux de Luis, qui refusa. Il avait les mains liées derrière le dos ; il leva les yeux au ciel et dit bien fort à tous les soldats (d'autres personnes entendirent clairement ses paroles) : 

Moi, je n'ai jamais été ni cristero ni rebelle, comme vous m'accusez. Mais si m'accusez d'être chrétien, oui, je le suis. Soldats, qui allez me fusiller ! Je désire vous dire qu'à partir de cet instant, vous êtes pardonnés, et je vous promets qu'en arrivant devant Dieu, vous serez les premiers pour qui je l'implorerai. Vive le Christ Roi ! Vive Notre-Dame de Guadalupe !

Le général voulait ainsi intimider les habitants ; jamais encore, on n'avait fusillé quelqu'un à l'entrée d'une église. Un soldat accrocha une pancarte avec ces mots : Ainsi meurent les Cristeros. 

Le père de Luis alla demander au général la permission de reprendre le corps de son fils. Il le ramena à la maison, où sa mère et son épouse lui mirent une chemise propre, conservant celle qui avait été ensanglantée. Toute la nuit, on le veilla. Des dames imbibèrent du coton avec le sang du Martyr, qui ne se coagulait pas. La mère et l'épouse de Luis donnèrent des morceaux de cette précieuse chemise comme reliques à des amies.

Cinq mois plus tard, naissait la petite fille de Luis, qui reçut le nom de Marìa Luisa, en souvenir de son père.

 

Plus tard, les reliques de Luis, avec celles des frères Ezequiel et Salvador Huerta, furent déposées dans la chapelle du séminaire des missions, qui se trouve à Arandas. Le père de Luis fit ériger une croix à l'endroit où son fils fut fusillé. Pendant longtemps, on put voir sur les murs de l'église, les trous creusés par les balles ; on ne les a rebouchés que tout récemment.

 

Luis Magaña Servin fut béatifié avec d'autres Compagnons mexicains martyrs en 2005. Le dies natalis de Luis est le 9 février.

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 00:00

Anna Katharina Emmerick

1774-1824

 

Anna Katharina Emmerick naquit près de Coesfeld en Allemagne le 8 septembre 1774 d’une famille de paysans et commença à travailler très jeune. Elle ne fréquenta guère l’école, mais possédait une bonne instruction religieuse.

Dès la plus petite enfance elle fut favorisée de visions sur les mystères de la Bible : elles lui étaient tellement familières qu’elle pensait que tout le monde en recevait comme elles. Quand elle comprit que ce n’était pas le cas, elle se referma dans le silence.

Plus tard sa vocation religieuse mûrit et elle demanda d’entrer dans plusieurs monastères. Elle fut toujours repoussée, car elle était pauvre et sans dot. Elle aurait pu être accueillie au couvent de Clarisses de Münster, “pourvu qu’elle apprît à jouer de l’orgue” , mais les parents étaient trop pauvres pour lui payer les leçons, de sorte que son séjour chez l’organiste Söntgen fut inutile. Enfin elle put entrer chez les religieuses d’Agnetenberg, près de Dülmen, avec d’ailleurs son amie Klara Söntgen ; là, elle participa avec ferveur à la vie monastique, toujours prête à exécuter les travaux les plus lourds ; elle prononça ses vœux l’année suivante.

En 1811, à cause du mouvement de la sécularisation, le monastère d’Agnetenberg fut fermé. Anna Katharina trouva accueil comme domestique chez un prêtre français qui avait fui la Révolution, l’abbé Lambert, mais bien vite elle tomba malade et fut alitée. 

Une nuit, alors qu’elle priait, Jésus lui apparut, il lui offrit une couronne de roses et une d’épines. Elle choisit celle d’épines que Jésus lui posa sur la tête. Tout de suite sur son front apparurent les premières stigmates. Après une autre apparition de Jésus comparurent les blessures aux mains, aux pieds et au côté.

Le docteur Wesener, un jeune médecin lui rendit visite et fut très impressionné par les stigmates. Pendant les onze années qui suivirent il devint son ami et fidèle assistant, tenant un journal dans lequel il transcrivait les visions d’Anna Katharina. 

La religieuse ne se nourrissait pratiquement plus. Un peu d’eau et l’Hostie consacrée furent suffisantes pour la garder en vie des années. Très dévote à l’Eucharistie, elle écrivit de nombreuses pages à ce sujet : « Mon désir de la Très Sainte Eucharistie était si fort et irrésistible que je sortais souvent la nuit de ma cellule pour entrer dans l’église ; souvent je m’agenouillais et me prosternais vers le Très Saint Sacrement, les bras étendus et quelquefois j’entrais en extase. »

Anna Katharina unit toujours sa souffrance à celle de Jésus et la lui offrit pour la rédemption des hommes. 

Le plus fameux biographe d’Anna Katharina fut l’écrivain allemand Clemens von Brentano qui transcrivit toutes ses visions. Il compila des milliers de pages sur la bienheureuse, dont beaucoup doivent encore être publiées. Dans un de ces passages plus fameux il écrivit : « Anna Katharina est comme une croix sur un côté de la route pour indiquer la direction aux fidèles. Ce qu’elle dit est court, simple, plein de profondeur, de chaleur, de vie. Je comprenais tout. Elle était toujours heureuse, affectueuse, digne, merveilleuse. Toujours malade, proche de l’agonie, mais en même temps délicate et fraîche, chaste et éprouvée, saine. Être assis à côté d’elle était la plus belle place au monde ».

Une des visions d’Anna Katharina permit de repérer la maison de la Sainte Vierge à Éphèse. Selon d’antiques traditions il semble en effet que Marie se soit établie dans cette ville avec l’Apôtre Jean et qu’elle y mourut.

Béatifiée en 2004, Anna Katharina est inscrite dans le Martyrologe au 9 février, car elle mourut ce jour en 1824.

 
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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 00:00

Girolamo Miani (Emiliani)

1481-1537

 

Girolamo naquit à Venise en 1481, dernier des quatre enfants de Angelo et de Dionora (ou Leonora) Morosini.

Certaines sources donnent 1486, mais la plus sûre indiquant que Girolamo mourut à cinquante-six ans, on corrige l’année de naissance à 1481.

Le nom de famille de son père était très probablement Emiliani, une famille romaine ; mais quand cette famille s’établit à Venise, les gens lui donnèrent le nom de Miani, et c’est apparemment sous ce nom que naquit et fut connu notre Girolamo (Jérôme). Ses frères s’appelaient Carlo, Luca et Marco.

Girolamo reçut une éducation chrétienne ; il avait beaucoup d’amis ; on le disait robuste et, quelquefois, emporté. A dix ans, il perdit son père.

Il entra dans le Grand Conseil de Venise, et devint gouverneur de la place de Quero.

Il s’enrôla dans la cavalerie de Venise, et connut ce que la vie militaire peut offrir de moments glorieux, mais aussi, malheureusement, de chutes morales. En août 1511, il fut fait prisonnier. Girolamo affirma toujours qu’il fut libéré un mois plus tard, sur intervention de Notre-Dame.

Peu après la guerre, mourut son frère Luca, dont il soutint alors la veuve et les enfants, ainsi que le commerce des étoffes.

En 1527, il renonça à toutes ses responsabilités civiles, se retira dans la méditation et se mit à aider les pauvres, visiter les églises, écouter les sermons, assister à la messe. Regrettant ses écarts de la vie militaire, il priait et implorait Dieu de lui pardonner. Il se mit sous la conduite d’un saint prêtre de Venise.

Jeûnes, veilles, lectures, prières, travail : ce fut sa vie ; modestement vêtu, il parlait le moins possible ; il se montrait toujours heureux ; chaque jour, il combattait particulièrement un défaut en multipliant des actes de la vertu opposée.

Voici un fait qui eut des témoins et qui montre son degré de conversion. Un homme l’injuria gravement et injustement, et lui saisit la barbe qu’il voulait, disait-il, lui arracher poil par poil ; à quoi Girolamo répondit calmement : Si le Seigneur le veut ainsi, vas-y ! Or, si la scène s’était produite avant l’époque de sa conversion, il est sûr et certain que Girolamo se serait défendu énergiquement et aurait déchiré son adversaire avec les dents !

Il y eut en 1528 une grave famine dans toute l’Italie et en Europe, et beaucoup en moururent. Les familles laissèrent les campagnes et vinrent s’accumuler dans les villes, où l’on vivait «mieux». Girolamo vit ces pauvres gens gémir dans les rues et vendit tout ce qu’il avait encore chez lui pour leur venir en aide. Il en introduisait chez lui, il les exhortait à penser à Dieu, à mourir dans l’espérance du Ciel. Puis il se chargeait de porter au cimetière les cadavres des malheureux, de nuit pour rester discrètement inaperçu.

Une épidémie de peste se développa ; au contact de ces gens, Girolamo prit la contagion et pensa qu’il était proche de la mort. Mais de façon inattendue, il guérit bientôt et reprit ses activités charitables. Il remit définitivement le commerce de la laine à son neveu, et prit un habit tout simple. Il loua une petite maison dans le quartier Saint-Roch et commença à faire l’école à de petits orphelins. Il appela des artisans pour enseigner aux enfants à fabriquer des clous, il travaillait avec eux et leur enseignait à vivre de leur travail plutôt qu’à mendier. Ce petit «commerce» lui permit bientôt d’aller aider d’autres pauvres dans les quartiers éloignés. Les dirigeants de l’hôpital des Incurables lui confièrent alors leurs deux écoles pour enfants.  

Il fut ensuite convié à Bergame, à Crémone, à Milan. Il y alla avec ses meilleurs «disciples», mais ils tombèrent malades à Milan. Un ami le reconnut et lui proposa de l’héberger, mais ne pouvant héberger tous les enfants, il les recommanda au duc Alfonso Sforza, qui les fit admettre à l’hôpital. 

Girolamo réunit bientôt dans toute la région plus de trois-cents personnes qui l’imitaient dans l’assistance aux pauvres ; il s’employa à les organiser et leur donna le nom de «Serviteurs des Pauvres», puis il revint à Venise, où il rendit visite à ses plus proches amis, parmi lesquels Gaetano de Thiene (v. 7 août) et l’évêque Gian Pietro Carafa, futur pape Paul IV.

Puis il visita encore Vicenza, Vérone, Brescia, Bergame, Pavie. On l’invita à organiser à Rome les mêmes œuvres que dans le nord. Ce fut un pèlerin de la charité. 

Or, fin 1536, une nouvelle épidémie ravagea la ville de Somasque. Un des siens fut à l’agonie et l’on attendait sa dernière heure. Or le moribond se réveilla et dit à l’entourage qu’il venait de voir un siège tout lumineux, qui devait être celui de Girolamo.

Discrètement ce dernier prit congé de tous, annonçant que bientôt ni eux ni personne ne le verrait plus, parlant de sa mort prochaine. En effet, il contracta à son tour la maladie et mourut le dimanche 8 février 1537.

En 1540, le pape Pie IV érigea la famille en Ordre religieux, sous l’appellation de Clercs Réguliers de Somasque (du nom de la ville de leur maison principale).

Girolamo Miani sera béatifié en 1747, canonisé en 1767 ; en 1928, il sera proclamé Patron céleste des orphelins et de la jeunesse abandonnée.

 

Saint Girolamo est fêté le 8 février.

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 00:00

Giuseppina Gabriella Bonino

1843-1906

 

Giuseppina naquit à Savigliano (Cuneo, Turin, Italie) le 5 septembre 1843, de Domenico Bonino, médecin, et Giuseppa Ricci. Baptisée dès le lendemain de sa naissance, elle reçoit les noms de Anna Maria Maddalena Giuseppina.

Elle est la fille unique de ce couple très chrétien, qui a les moyens de la faire éduquer à la maison.

Intelligente, Giuseppina sera vite orientée par ses parents vers l'Institut des Rosine, ouvert pas la Mère Rosa Gavone à Savigliano en 1757. 

Giuseppina comprend vite, “au vol”, ce qui lui est expliqué. Elle peut faire la Première Communion à sept ans et recevoir la Confirmation l'année suivante, ce qui est très exceptionnel pour cette époque. Giuseppina montre aussi une grande dévotion à Marie, mère de Dieu.

En 1855, la famille déménage à Turin, où Giuseppina continue ses études chez les Sœurs de Saint-Joseph. Un saint prêtre l'assiste spirituellement, et l'autorise à faire un premier vœu de chasteté, à dix-huit ans.

A partir de 1869, la famille revient à Savigliano, mais le papa est malade, et Giuseppina l'assistera jusqu'à la mort, qui survient en 1874.

Giuseppina se donne alors beaucoup plus aux œuvres paroissiales. Elle préside la Pieuse Union des Enfants de Marie ; en 1875, elle prend l'habit du Tiers-ordre du Carmel et change son nom en Sœur Gabrielle de Jésus, Marie, Joseph et fait sa consécration totale en 1877. Elle s'agrège aussi au Tiers-ordre de la Pénitence de saint François.

En 1876, une tumeur à la colonne vertébrale l'oblige à subir une intervention chirurgicale, mais l'anesthésie est trop faible pour l'intervention. Le chirurgien l'opère pratiquement à vif, tandis qu'elle serre dans ses mains son crucifix. La guérison est estimée miraculeuse, grâce au recours à Notre Dame de Lourdes. Elle se rend à Lourdes en remerciement, avec sa mère, en septembre 1877. Là, elle a l'inspiration de se consacrer entièrement aux pauvres. Deux mois plus tard, la maman meurt des suites d'une broncho-pneumonie très violente.

La Sœur Gabriella ouvre à Savigliano une maison pour accueillir les petites filles orphelines dont personne ne voulait. Elle appelle cette maison La Sainte Famille ; dans les milieux bourgeois où on la connaissait, on la traite de fanatique, mais elle persévère dans son choix.

En 1880, elle fait deux séjours chez les Carmélites de Moncalieri et les Visitandines de Pinerolo, pour se préparer à sa Fondation : son directeur spirituel lui déconseille la vie cloîtrée et l'oriente décidément vers la fondation d'un nouvel Institut religieux pour les orphelines, les pauvres et les vieillards, à l'exemple de la Sainte Famille de Nazareth : humble, travailleuse, modeste, charitable, animée du zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.

Sœur Gabriella devient donc, à trente-huit ans, supérieure des Sœurs de la Sainte Famille (1881). L'institut reçoit l'approbation le 8 septembre 1887, fête de la nativité de Marie, et les douze premières Sœurs, Gabriella en premier, firent leur consécration, reçurent l'habit et leur nom : Sœur Gabriella se serait désormais appelée Sœur Giuseppina Gabriella de Jésus.

Les onze autres sont : Cecilia, Cristina, Luigia, Domenica, Maria, Geltrude, Teresa, Raffaella, Chiara, Pietrina, Agnese. Chiara fut la première à voler au ciel, peu de temps après cette vêture.

Giuseppina s'appliqua à dispenser aux Sœurs une formation solide ; la maison-mère et la chapelle furent construites à Savigliano. La première maison s'ouvrit à Loreto (Lorette), où elle séjourna très souvent, priant et méditant longuement dans la “Sainte Maison” de la Sainte Famille. Suivirent quatre autres maisons, où la Fondatrice exigeait une authentique vie religieuse, un esprit de sacrifice, un don total au service des bisogneux.

Comme elle l'avait annoncé, elle s'éteignit à Savona, frappée de pneumonie, le 8 février 1906. Ses dernières paroles furent : Mon Dieu, que ta volonté soit faite en moi ; et aux Sœurs : Priez pour moi.

Elle avait un rêve : ouvrir une branche sacerdotale dans l'Institut, que les actuelles Religieuses espèrent concrétiser dans l'avenir.

 

Sœur Giuseppina Gabriella a été béatifiée en 1995, et son dies natalis est le 8 février.

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