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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 00:00

Jacopa de’ Settesoli

1192-1239

 

Cette dame romaine, Jacopa de’ Normanni, serait née plutôt en 1190, à Rome ou un peu plus au sud ; elle avait épousé très jeune encore le seigneur Graziano Frangipane de’ Settesoli, qui mourut bientôt (1217), lui laissant deux petits enfants, Giovanni et Giacomo, et d’immenses propriétés.

Le prénom de cette dame est recensé de diverses manières, Jacopa ou Giacoma, ou encore Giacomina, qui serait en français Jacqueline.

Le nom de Frangipane est bien connu des gourmands, et remonterait justement à Giacomina, veuve Frangipane, qui confectionnait admirablement bien ces excellentes pâtisseries, quoiqu’il y ait à ce sujet bien d’autres versions.

Mais sans être gourmand (c'est-à-dire sans excéder dans le boire ou le manger, car la gourmandise est justement ce vice de l'excès), un certain Francesco, originaire d'Assise, appréciait à sa juste valeur cette pâtisserie que lui servait Dame Giacomina quand il passait dans la demeure romaine de celle-ci : saint François d’Assise ne refusait pas par principe de manger de bonnes choses, simplement il n’en abusait pas.

Giacomina resta extrêmement dévouée à Francesco et à ses Confrères. Elle aurait suggéré à Francesco la fondation du Tiers-ordre franciscain, permettant aux laïcs de vivre selon l’idéal franciscain tout en restant dans le monde. C’est elle aussi qui obtint l’hôpital de San-Biagio pour en faire la première maison franciscaine à Rome : Saint François a Ripa (sur la rive du Tibre)

Quand Francesco fut cloué au lit par sa dernière maladie, il exprima le désir de revoir Giacomina. Or celle-ci, ayant pressenti la dernière heure de Francesco, s’était déjà mise en route pour Assise, avec son plus jeune fils. Elle se présenta bientôt au monastère. 

Or, la règle qu’avait écrite Francesco était stricte : une femme n’entre pas dans le monastère des hommes ; même Chiara (Claire) d’Assise, n’y avait pas posé le pied.

Quand on rapporta cependant à Francesco que Giacomina était restée à la porte du monastère, François, qui connaissait bien cette “soeur” spirituelle, leur répondit : Laissez donc entrer “frère” Giacomina. Ainsi cette sainte femme put encore entrevoir une dernière fois le Saint stigmatisé d'Assise avant son départ pour les prairies éternelles.

“Frère” Giacomina mourut à son tour quelque temps plus tard à Assise, le 8 février 1239 ; on a dit aussi 1274, ce qui semble vraiment tardif.

Elle est considérée comme bienheureuse, mais n’est pas mentionnée au Martyrologe.

 

Une représentation de Jacopa, signée Simone Martini, est reconnaissable à l’auréole chargée de sept soleils, du nom de famille de la Bienheureuse : Settesoli.

 

 

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 00:00

Giuseppina Bakhita

1867-1947

 

Giuseppina Bakhita naquit au Soudan en 1867 ou 1869. 

Bakhita n'est pas le prénom qu'elle reçut de ses parents à sa naissance. L'effroi éprouvé le jour où elle fut enlevée, provoqua quelques trous de mémoire. La terrible expérience lui avait fait également oublier son prénom.

Bakhita, qui signifie «fortunée», est le prénom que lui ont donné ses ravisseurs.

Vendue et revendue plusieurs fois sur les marchés de El Obeid et de Khartoum, elle connut les humiliations, les souffrances physiques et morales de l'esclavage.

Dans la capitale du Soudan, Bakhita fut rachetée par un Consul italien, Callisto Legnani. Pour la première fois, depuis le jour de son enlèvement, elle se rendit compte, avec une agréable surprise, que personne en lui donnant des ordres, n'utilisait plus le fouet, et qu'on la traitait même de façon affable et cordiale. Dans la maison du Consul, Bakhita connut la sérénité, l'affection et des moments de joie, peut-être même encore voilés par la nostalgie de sa famille, perdue pour toujours.

Quand le Consul dut repartir pour l'Italie. Bakhita demanda de partir avec lui et avec un de ses amis, Augusto Michieli.

Arrivé à Gênes, Monsieur Legnani, sur la demande de l'épouse d'Augusto Michieli, accepta que Bakhita restât avec eux. Elle suivit donc sa nouvelle «famille» dans leur domicile de Zianigo (dans la banlieue de Mirano Veneto) et, quand naquit leur fille Mimmina, Bakhita en devint l'éducatrice et l'amie.

L'acquisition puis la gestion d'un grand hôtel à Suakin, sur la Mer Rouge, contraignirent Madame Michieli à déménager dans cette localité pour aider son mari. Entre-temps, d'après un conseil de leur administrateur, Illuminato Checchini, Mimmina et Bakhita furent confiées aux Sœurs Canossiennes de l'Institut des catéchumènes de Venise. Et c'est là que Bakhita demanda et obtint de connaître ce Dieu que depuis son enfance elle sentait dans son cœur sans savoir qui Il était.

Voyant le soleil, la lune et les étoiles, je me disais en moi-même : Qui est donc le Maître de ces belles choses? Et j'éprouvais une grande envie de le voir, de le connaître et de lui rendre mes hommages.

Après quelques mois de catéchuménat, Bakhita reçut le Sacrement de l'Initiation chrétienne et donc le nouveau nom de Giuseppina. C'était le 9 janvier 1890. Ce jour-là, elle ne savait pas comment exprimer sa joie. Ses grands yeux expressifs étincelaient, révélant une émotion intense. Ensuite on la vit souvent baiser les fonts baptismaux et dire: C’est ici que je suis devenue fille de Dieu !

Chaque nouvelle journée la rendait toujours plus consciente de la façon dont ce Dieu, qui maintenant la connaissait et l'aimait, l'avait conduite à lui par des chemins mystérieux, la tenant par la main.

Quand Madame Michieli revint d'Afrique pour reprendre sa fille et Bakhita, celle-ci, avec un esprit de décision et un courage insolites, manifesta sa volonté de rester avec les Mères Canossiennes et de servir ce Dieu qui lui avait donné tant de preuves de son amour.

La jeune africaine, désormais majeure, jouissait de la liberté d'action que la loi italienne lui assurait.

Bakhita demeura dans le catéchuménat, où se fit plus clair pour elle l'appel à se faire religieuse, à se donner entièrement au Seigneur dans l'Institut de Sainte Maddalena de Canossa (v. 10 avril).

Le 8 décembre 1896, Giuseppina Bakhita se consacra pour toujours à son Dieu qu'elle appelait, usant une douce expression : Mon Maître !

Durant plus de cinquante ans, cette humble Fille de la Charité, vrai témoin de l'amour de Dieu, vécut en s'adonnant à diverses occupations dans la maison de Schio (Vicenza, Vénétie) : elle fut, en effet, cuisinière, lingère, brodeuse, concierge.

Lorsqu'elle se dédia à cette dernière tâche, ses mains se posaient avec douceur sur la tête des enfants qui fréquentaient chaque jour l'école de l'Institut. Sa voix aimable, qui rappelait les berceuses et les chants de sa terre natale, se faisait agréable pour les petits, réconfortante pour les pauvres et les souffrants, encourageante pour tous ceux qui frappaient à la porte de l'Institut.

Son humilité, sa simplicité et son sourire constant conquirent le cœur de tous les habitants de Schio. Les Sœurs l'estimaient pour sa douceur inaltérable, sa bonté exquise et son profond désir de faire connaître le Seigneur. Soyez bons, disait-elle, aimez le Seigneur, priez pour ceux qui ne le connaissent pas. Considérez cette grande grâce de connaître Dieu ! 

Arriva la vieillesse, puis la maladie longue et douloureuse, mais Mère Bakhita continua à donner un témoignage de foi, de bonté et d'espérance chrétiennes. À qui lui rendait visite et lui demandait comment elle se portait, elle répondait souriante : Comme veut le Maître !

Dans l'agonie, elle revécut les jours terribles de son esclavage, et, à maintes reprises, elle supplia l'infirmière qui l'assistait : Lâchez un peu les chaînes... elles me font mal !

Ce fut la très Sainte Vierge Marie qui la libéra de toute souffrance. Ses dernières paroles furent: Notre Dame ! Notre Dame !, tandis que son ultime sourire témoignait de sa rencontre avec la Mère du Seigneur.

Mère Bakhita s'est éteinte le 8 février 1947 dans la maison de Schio, entourée de la communauté en pleurs et en prières. Une foule accourut rapidement à la maison de l'Institut pour voir une dernière fois leur petite Mère noire et lui demander la protection du ciel. Sa réputation de sainteté s'est désormais répandue sur tous les continents.

Nombreuses sont les grâces obtenues par son intercession. 

 

Giuseppina Bakhita fut canonisée en 2000.

 
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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 00:00

Anselmo Polanco Fontecha

1881-1939

 

Anselmo naquit à Buenavista de Valdavia (Palencia, Espagne) le 16 avril 1881, de pauvres paysans Basilio et Ángela, qui le firent baptiser cinq jours plus tard.

Ses premières études se font à Barriosuso, où il apprend le latin et fait ses humanités. A quinze ans, il entre au noviciat des pères Augustiniens de Valladolid (dont le supérieur est un de ses oncles), reçoit l’habit en 1896 et fait la profession l’année suivante. Une vilaine tuberculose pulmonaire l’oblige à retourner chez lui pendant un certain temps ; sa conduite est édifiante et fait dire aux paysans que Etre frère, c’est pareil que d’être un saint ! Sa petite sœur de quatre ans meurt à ce moment-là.

Guéri, il passe au monastère de Santa María de La Vid (Notre Dame de la Vie, Burgos), où il fait la profession solennelle en 1900 et est ordonné prêtre en 1904. Il célèbre sa première messe le jour de Noël.

On l’envoie en Allemagne pour compléter ses études et dès 1907, il est professeur. En 1922 il est recteur du Collège de Valladolid ; à cette occasion, sa mère lui dit : Tu as été un bon fils pour tes parents, maintenant sois un bon père pour tes enfants. 

En 1929 il est élu conseiller pour les Philippines, et provincial en 1932, ce qui l’oblige à voyager pour visiter les autres monastères de cette même congrégation : aux Philippines, en Chine, au Japon, aux Etats-Unis, en Argentine, au Pérou et en Colombie, en Italie.

En 1935, il est nommé évêque de Teruel, au moment où se déclencha le soulèvement militaire contre la République. Sa devise épiscopale est Je dépenserai très volontiers et me dépenserai moi-même tout entier pour vos âmes (2Co 12:15). Son père était retenu par la maladie, mais sa mère était présente à la consécration, et baisa son anneau avec une profonde émotion.

Son horaire était strict : levé à cinq heures, il célébrait la messe et rendait grâces avec profond recueillement ; il était toujours vêtu de son habit religieux ; jamais de café, ni de liqueur, ni de tabac. Il assistait à genoux aux cérémonies eucharistiques ; recevait ses prêtres sans les faire attendre. 

Il ne mit pas de bornes à son zèle, allant visiter les blessés de tous les bords. Sa mère mourut durant cette période : il alla célébrer les obsèques dans son pays natal. Après, on lui conseillait de demeurer quelque temps éloigné de Téruel, en attendant la fin de la bourrasque républicaine, mais il répondit : Le pasteur doit rester là où se trouvent ses brebis. Il n’eut jamais un mot dur contre ceux qui attaquaient sa ville ; délicatement, il parlait de frères dans l’erreur.

Particulièrement, il refusa catégoriquement de retirer sa signature de la lettre collective de l’Episcopat espagnol condamnant les persécutions.

Le séminaire de Téruel fut détruit, ainsi que le palais épiscopal ; toute une aile de la cathédrale fut bombardée (la ville reçut trois-cent-douze bombardements…), de sorte que Mgr Polanco se réfugia au monastère Sainte-Claire. On vint l’y arrêter le 8 janvier 1938, le lendemain du jour où se rendirent les forces nationales commandées par le colonel Rey d’Harcourt. Le ministre de la guerre républicain voulait faire escorter l’évêque jusqu’à la frontière française et le laisser libre, mais le gouvernement s’y opposa, de sorte que l’évêque, avec son vicaire général ainsi que le colonel, furent mis en prison.

Avec d’autres prisonniers, Mgr Polanco fut transféré par le train à la prison de Valencia (l’ancien couvent cistercien), puis à celle de Barcelone, le «Dépôt pour prisonniers et évadés du 19 juillet», installé dans le couvent des Servantes de Marie. Avant la chute de Barcelone aux mains des franquistes, les prisonniers furent transférés le 23 janvier 1939, successivement en train à Perpetua de Mogoda, Campdevánol, Puigcerdá, Ripoll, puis à pied à San Juan de las Abadesas, en camion à Figueras, enfin Can de Boach, à Pont de Molins.

Le 7 février au matin, trente soldats envoyés par le chef communiste chargèrent en camion quatorze de ces prisonniers, parmi lesquels l’évêque, son vicaire général et le colonel Rey d’Harcourt. Ils prirent la route des Escaules, s’arrêtèrent à un kilomètre et demi, tout près de Can Tretze, et obligèrent les prisonniers à remonter le lit desséché du Muga, où ils les fusillèrent. Puis ils répétèrent l’opération pour vingt-six autres prisonniers.

Dix jours plus tard un paysan les découvrit, roulés dans le fossé.

Une pierre fut posée à cet endroit : Passant, ici la furie rouge laissa quarante martyrs comme empreinte de son passage (…) Pense à eux avec une prière.

Le corps de l’évêque, à moitié brûlé, ne subit pas la putréfaction. Les autorités de Teruel le firent reporter dans la capitale de son diocèse.

Mgr Anselmo Polanco Fontecha fut béatifié en 1995, avec son vicaire général, Felipe Ripoll Morata ; leur dies natalis commun est au 7 février.

 

 

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 00:00

Wojciech Nierychlewski

1903-1942

 

Wojciech (Adalbert) naquit à Dąbrowice (Łódzkie, Pologne) le 20 avril 1903.

Il entra dans la récente congrégation de Saint-Michel, fondée par un salésien, Bronislas Markiewicz. Le père Wojciech fut un prêtre et un éducateur aux multiples talents.

Après les habituelles études de philosophie et de théologie, qu’il fit à l’université Jagellon de Cracovie, Wojciech fut ordonné prêtre en 1932.

Il disait qu’il aurait volontiers accepté d’être martyr de Jésus crucifié.

Il supervisait l’édition d’un petit journal catholique, qui s’appelait Modération et Travail. Lors d’une descente de la Gestapo, en octobre 1941, il s’offrit à la place d’un technicien père de famille qui allait être arrêté.

Emprisonné à Cracovie, il fut déporté à Oświęcim (Auschwitz) en janvier 1942. Là, on le tortura en le plongeant successivement dans de l’eau glacée puis dans une cuve d’eau bouillante (d’aucuns dirent qu’il avait été noyé). Il en mourut, le 7 (ou le 9 ?) février 1942. 

 

Il a été béatifié parmi cent-huit Martyrs polonais en 1999.

 
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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 00:00

Francesco Pontillo

1729-1812

 

Francesco naquit à Taranto (Pouilles, Italie du Sud) le 16 novembre 1729, de Cataldo et Grazia Procaccio, aîné de quatre enfants.

Il reçut au baptême les noms de Francesco, Antonio, Pasquale, qui furent comme d’involontaires présages de sa vie franciscaine : franciscain, il répétera les miracles de s.Antoine de Padoue, la ferveur eucharistique de s.Pasquale.

Francesco grandit dans la ferveur : visites au Saint Sacrement, dévotion à Marie, membre de la confraternité du Rosaire.

Il est probable qu’il restât quasi illettré, car tout jeune il fut envoyé travailler chez un tanneur, tout en conservant ses habitudes de dévotion : avant d’aller travailler, il assistait à la messe et communiait, en commençant son travail il faisait un grand signe de croix… au point que son patron disait : Depuis que j’ai Francesco chez moi, ma boutique est devenue un oratoire.

Le père de Francesco mourut en 1747, et Francesco dut travailler suffisamment pour nourrir sa mère et ses petits frères. Il se mit alors au métier de cordier, un peu plus rentable que l’autre, ce qui lui permit aussi d’aider les pauvres, sans rien conserver pour lui-même.

Il souffrit de voir sa mère se remarier, mais son beau-père eut la bonté de le laisser libre de son travail, de son salaire et de ses devoirs familiaux, de sorte qu’il put librement choisir la voie religieuse à laquelle il aspirait depuis longtemps.

A vingt-quatre ans donc, il entra chez les Franciscains de Taranto, dans la branche des réformés ou Alcantarini. Il prit d’abord le nom de Egidio (Gilles) de la Mère de Dieu, puis préféra Egidio Maria de Saint-Joseph, en référence à l’humble vie de la Sainte Famille de Nazareth.

Le noviciat eut lieu à Galatone. Puis il passa à Squinzano, puis à Naples en 1759, au couvent de saint Pasquale de Chiaia.

D’abord à la cuisine, il s’occupa ensuite du tissage de la laine, puis devint le portier du couvent, toujours aimable et délicat avec les visiteurs, quels qu’ils fussent. Il faut préciser ici que, selon la volonté du fondateur et réformateur Pedro di Alcantara, la charge de portier doit être confiée au meilleur des frères, car c’est de ce premier contact que les visiteurs conserveront un bon sentiment de tout le couvent.

De fait, la patience du frère Egidio, sa charité, sa douceur, furent les qualités dont parlèrent bien vite tous les malheureux de Naples, et ils étaient nombreux, qui venaient frapper à la porte. Constatant cette sainteté peu commune, les supérieurs nommèrent ensuite Egidio quêteur, charge qu’il devait exercer dans les rues et places publiques, et qu’il recouvra durant un demi-siècle.

Bien sûr, Egidio ne se contentait pas de demander de l’argent : il parlait, il visitait, il consolait, il transmettait la paix, il écoutait ceux qui lui confiaient des intentions de prières, il partageait les peines et les chagrins de tous. La journée finie, il repartait aux pieds de Notre-Dame du Puits, où il passait la nuit à prier, à pleurer, à implorer pour les malades, les familles pauvres, les égarés, les pécheurs. Il mérita bientôt le surnom de Consolateur de Naples.

Finalement, tous recouraient à lui, croyants ou sceptiques. On ne compte pas les effets miraculeux de sa prière, qu’il dissimulait en exhibant une relique de saint Pasquale Baylon qu’il conservait toujours. Les miracles qu’on lui attribua sont légion : guérisons, prédictions, multiplications de fruits ou légumes, résurrections même… 

On cite universellement ce miracle vraiment extraordinaire, concernant une génisse appartenant au couvent.

Celle-ci se promenait souvent par les rues de Naples, avec au cou le nom du couvent (San Pasquale), et rentrait fidèlement tous les soirs ; elle s’appelait Catarinella (Catherinette). Un jour, elle ne revint pas. Egidio va droit à la boutique d’un certain boucher et lui intime l’ordre d’aller à «telle» grotte, qui servait à l’époque de chambre froide : Catarinella avait déjà été mise en morceaux. Egidio se fait apporter la peau de la bête, y replace tous les morceaux, recoud la peau et, avec un grand signe de croix proclame : Au nom de Dieu et de saint Pasquale, Catarinella, lève-toi et… au couvent ! Et la bête s’en revint «chez elle».

Egidio souffrait déjà d’une douloureuse sciatique ; il prit en plus un asthme pénible, compliqué d’une «hydropisie» ou œdème de poitrine et finalement mourut le 7 février 1812.

 

Il fut béatifié en 1888 et canonisé en 1996.

 
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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 00:00

Francesco Maria Lantrua

1760-1816

 

Francesco naquit le 15 mars 1760 à Molino (Triora, Ligurie, Italie), de Antonio Maria Lantrua et Maria Pasqua Ferraironi.

Après quelques études chez les Barnabites de Porto-Maurizio, il entra en 1777 chez les Frères Mineurs Conventuels de Rome, où il prit le nom de Giovanni (Jean), rendu en chinois par Liu Fangji ou Liu Fang-chi.

Ordonné prêtre en 1784, il enseigna d’abord la théologie à Tivoli, Tarquinia. Gardien (c’est-à-dire supérieur) à Tarquinia, Velletri et Montecelio, il fut ensuite envoyé comme missionnaire en Chine, où il arriva à Macao en 1800 : il commença par se vêtir à la chinoise, apprendre le chinois, et initia son activité de prédication.

Il exerça le ministère sacerdotal parmi sept-mille fidèles, résidant surtout à Wangijawan (Hanzhong).

A partir de 1812 il travailla dans le vicariat apostolique de Hu Guang.

Arrêté pour activité «subversive», il célébra la messe pour la dernière fois le 26 juillet 1815. Il fut arrêté avec d’autres fidèles, torturé et mis en prison.

Le 7 février 1816, il fut conduit au lieu du supplice : après avoir fait le signe de la croix, il s’inclina cinq fois, à la manière des Chinois chrétiens, en signe de reconnaissance à la Sainte Trinité : pour la création, pour la rédemption, pour la foi, pour la grâce des sacrements, pour toutes les grâces reçues.

Lié à une croix, il fut étranglé avec une corde qu’on lui serra autour de la gorge, à Changsha (Hunan),.

 

Il fut béatifié en 1900, et canonisé en 2000.

 
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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 00:00

Petro Verhun

1890-1957

 

Ce prêtre de l’archiéparchie de Lviv (Ukraine) était né le 18 novembre 1890 à Horodok (Lvov), où il étudia la philosophie.

Il fut ordonné prêtre le 30 octobre 1927, selon le rite grec-catholique (uniate).

Il fut d’abord responsable des catholiques ruthènes d’origine ukrainienne sub-carpathique  et d’autres pays limitrophes de l’ancien empire austro-hongrois, en même temps que des grecs-catholiques ukrainiens résidants à Berlin, et dont il deviendra visiteur apostolique en 1940.

En 1945, les services secrets soviétiques l’arrêtèrent à Berlin et le condamnèrent à huit ans de travaux forcés.

Libéré en 1952, gravement malade, il mourut à Angarsk (Krasnoyarsk, Sibérie) le 7 février 1957.

 

Il a été béatifié en 2001 parmi vingt-cinq Martyrs ukrainiens.


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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 00:00

Anna Maria Adorni

1805-1893

 

Anna Maria naquit à Fivizzano (Massa Carrara, Toscane, Italie) le 19 juin 1805, et perdit son père à quinze ans. Elle se retira avec sa mère à Parme, où elle épousa en 1826 Domenico Botti, un employé de la maison ducale de Parme. 

De leurs six enfants, l’unique qui resta en vie, devint moine bénédictin.

Après la mort de son mari (1844), cette veuve bien éprouvée par tant de deuils se mit à visiter les prisonnières et à accueillir les filles de la rue. D’autres pieuses personnes se joignirent à elle et formèrent une Pieuse Union de dames qui visitaient les prisons, approuvée par la duchesse de Parme.

De là se forma l’institut du Bon Pasteur pour accueillir les ex-prisonnières et les réinsérer dans la société, ainsi que pour venir en aide aux jeunes filles et fillettes abandonnées.

Anna Maria (qu’on appelait désormais Carolina Botti) donna naissance, avec huit compagnes, à la congrégation des Servantes de l’Immaculée (Ancelle dell’Immacolata), qui fut approuvée en 1893.

L’évêque qui guidait le diocèse de Parme à l’époque d’Anna Maria, était Guido Maria Conforti (v. 5 novembre) : il écrivit que la charité de cette femme était sans limites. En effet, Anna Maria était près de toutes celles qui étaient en difficulté, qui souffraient physiquement ou moralement.

Anna Maria était aussi appelée le Rosaire vivant, tant elle passait de temps à prier, spécialement durant le mois du Rosaire (octobre).

Elle mourut le 7 février 1893, et fut béatifiée en 2010.

 

Le miracle obtenu par son intercession et qui servit à la béatification, fut la guérison totale et inexplicable d’un homme frappé d’encéphalite léthargique, père d’une des Religieuses de cette congrégation.

 

 

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 00:00

Pie IX

1846-1878

 

Giovanni Maria était le fils du comte Girolamo Mastai Ferretti et de Caterina Solazzi, une famille installée dans les Marches d’Ancône depuis plusieurs siècles. Ce comte était le maire de Senigallia, où naquit Giovanni Maria, le dimanche 13 mai 1792, aîné de neuf enfants.

Après ses études chez les Clercs réguliers de Ecoles Pies (Piaristes) de Volterra (Toscane), il étudie la philosophie et la théologie à Rome et sera ordonné prêtre en 1819.

Son entrée aux Gardes Nobles lui a été refusée, car il était sujet à l’épilepsie. 

Prêtre, il est nommé directeur spirituel d’un grand orphelinat romain puis, en 1823, est envoyé à la nonciature du Chili.

A son retour en 1825, il est nommé chanoine de Sainte-Marie in Via Lata et directeur de l’établissement Saint-Michel, où quelque deux mille élèves reçoivent une formation professionnelle (c’est la première école européenne de cette envergure).

En 1827, il est nommé évêque de Spolète, transféré à Imola en 1832, et créé cardinal en 1840.

Il est élu deux-cent cinquante-cinquième pape en 1846, pour succéder à Grégoire XVI. Le conclave n’avait pas duré vingt-quatre heures. L’élu prit le nom de Pie IX, en hommage à Pie VII.

Après comme avant son élection, Pie IX conserva un régime frugal et un horaire soutenu, consacrant chaque jour cinq heures à la prière, et treize au travail.

A cette époque, les Etats Pontificaux couvraient de larges provinces en Italie, et le pape en était le souverain. Pie IX voulut y apporter des réformes innovatrices (liberté de presse), créer un gouvernement composé majoritairement de laïcs, apporter des modernisations (chemin de fer, télégraphe, éclairage public).

Le pape est toutefois écartelé entre sa volonté d’ouverture et la pression des libéraux qui pensent s’appuyer sur lui pour «libérer» l’Italie et créer l’unité italienne autour du roi du Piémont. Une émeute à Rome oblige le pape à rester retranché dans son palais du Quirinal, pendant huit jours, au terme desquels l’ambassadeur de France réussit à le faire sortir sous un déguisement. Le pape se réfugie à Gaète (1848).

En 1849, une «assemblée nationale» s’établit à Rome et procède à une première persécution religieuse : expulsion des congrégations, confiscation de leurs biens, pillage des églises ; des bandes sillonnent les Etats Pontificaux et se livrent aux pillages, massacres, incendies.

La France envoie des troupes, conduites par le général Oudinot, pour évacuer de Rome les révolutionnaires. Le pape peut rentrer dans Rome triomphalement en avril 1850.

Toujours en 1850, le pape crée quatorze cardinaux et, jusqu’en 1860 procédera à cinquante-six béatifications. Il appuiera les congrégations bénédictines de Subiaco et du Mont-Cassin, ainsi que le retour en France des Dominicains et des Franciscains, précédemment chassés par la Révolution.

En France, de nombreuses nouvelles congrégations vont être fondées, entre autres les Missionnaires du Sacré-Cœur d’Issoudun, les Religieux de Notre-Dame de Sion (par les frères Ratisbonne), les Sacramentins (par s.Pierre-Julien Eymard), le Prado (par le père Antoine Chevrier)… En Italie aussi de très nombreux Instituts virent le jour, particulièrement les Salésiens de saint Giovanni Bosco.

 

En 1854, le pape proclame le dogme de l’Immaculée Conception par la bulle Ineffabilis, confirmée par les apparitions de Lourdes en 1858. En 1856, la fête du Sacré-Cœur est étendue à toute l’Eglise.

L’agitation en Italie n’était pas calmée ; des mesures anti-cléricales frappaient l’Eglise. En 1855 Pie IX dut fulminer l’excommunication contre tous les violateurs des libertés de l’Eglise.

Pendant ce temps, Napoléon III, après avoir soutenu Victor-Emmanuel contre les Autrichiens, devait maintenant aussi soutenir le pape ; deux Italiens voulurent alors attenter à la vie du couple impérial : l’attentat à l’Opéra de Paris, où trois bombes provoquèrent huit morts et cent quarante-huit blessés, laissa cependant l’empereur indemne ; et leurs auteurs (Orsini et Pieri) furent condamnés à mort. Ensuite Napoléon III promit à Cavour de l’aider à expulser les Autrichiens d’Italie (batailles de Montebello, Palestro, Magenta, Solferino). 

Les révolutionnaires italiens continuèrent leurs machinations ; le gouvernement français lâcha alors la papauté. Pie IX appela le général de Lamoricière pour constituer un corps spécial, les zouaves pontificaux.

Victor-Emmanuel s’étant proclamé roi d’Italie, avec Rome comme capitale, Napoléon décida de se retirer de Rome. Garibaldi s’en prit aux détachements pontificaux, fut battu par le colonel de Charette à Nerola puis par le général Kanzler à Mentana (1867).

Entre temps le Pape continuait de s’occuper de l’Eglise malgré ces événements politiques. Il canonisa les Martyrs japonais, saint Josaphat Kuncewicz, les Martyrs de Gorcum,  saint Paul de la Croix, saint Leonardo de Porto-Maurizio, sainte Germaine Cousin (de Pibrac)…

L’encyclique Nullis certe vobis (1860) condamne la politique de Napoléon III ; Quanta cura et le Syllabus (1864), condamnent le rationalisme et le naturalisme ; Etsi multa (1873) condamnera le césarisme. 

Pie IX convoque le concile de Vatican I qui s’ouvre le 8 décembre 1869. A la totale unanimité, les pères du concile approuvèrent une Constitution dogmatique sur la foi catholique ; puis à l’unanimité moins deux voix, le dogme de l’Infaillibilité pontificale. 

Il était temps d’achever ce Concile : après la défaite de Sedan et la chute de l’empereur Napoléon III, le général Cadorna s’empara de Rome et Pie IX dut capituler définitivement (1870). Rome fut entièrement saccagée, tous les bâtiments officiels réquisitionnés par le pouvoir civil (y compris le palais du Quirinal), toutes les subventions aux hôpitaux et autres œuvres de bienfaisance furent supprimées. Le Pape restait enfermé dans le Vatican.

Pie IX s’éteignit le 7 février 1878. Son pontificat, le plus long de l’histoire après saint Pierre, avait duré trente-deux ans. Son successeur fut Léon XIII.

Pie IX a été béatifié en 2000.

 

 

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 00:00

Jeanne-Marie Rendu

1786-1856

 

Jeanne Marie Rendu naît le 9 septembre 1786 à Confort, au canton de Gex, dans le Jura. Elle est l'aînée de quatre filles. Les parents, petits propriétaires montagnards à la vie simple, jouissent d'une certaine aisance et d'une réelle estime dans tout le pays. Jeanne Marie est baptisée le jour même de sa naissance dans l'église paroissiale de Lancrans. Son parrain par procuration est Jacques Emery, ami de la famille et futur Supérieur Général des Sulpiciens à Paris.

Jeanne Marie Rendu a trois ans lorsqu'éclate en France la Révolution. Dès 1790, l'adhésion par serment à la Constitution civile du clergé est imposée. De nombreux prêtres refusent ce serment. La maison de la famille Rendu devient un refuge pour ces prêtres réfractaires. L'évêque d'Annecy y trouve asile sous le nom de Pierre. Jeanne Marie est intriguée par ce domestique qui est mieux traité que les autres. Une nuit, elle découvre qu'il célèbre la messe. Elle s'offusque de ce qu'on ne lui ait pas dit la vérité. Quelque temps plus tard, dans une discussion avec sa mère, elle lui lance sous forme de menace : Prenez garde, je dirai que Pierre n'est pas Pierre. Madame Rendu pour éviter toute indiscrétion de la part de sa fille, la met au courant de la situation.

C'est dans cette atmosphère de foi solide, sans cesse exposée au danger de dénonciation, que Jeanne Marie est éduquée. Elle fera sa première communion une nuit, dans la cave de sa maison, à la lueur d'une bougie. Ce climat exceptionnel forge son caractère.

La mort du père, le 12 mai 1796, et celle de la dernière petite sœur âgée de quatre mois, le 19 juillet de la même année, bouleversent toute la famille. Jeanne Marie, consciente de sa responsabilité d'aînée, aide sa mère, spécialement dans la garde de ses petites sœurs.

Au lendemain de la Terreur, madame Rendu, soucieuse de l'éducation de sa fille aînée, l'envoie chez les Sœurs Ursulines à Gex, Jeanne Marie demeure deux ans dans ce pensionnat. Au cours de ses promenades dans la ville, elle découvre l'hôpital où les Filles de la Charité assurent les soins aux malades. Elle n'a plus qu'un désir, aller les rejoindre. Sa mère consent à ce que Jeanne Marie, malgré son jeune âge, fasse un stage dans ce lieu de souffrance. L'appel de Dieu, qu'elle pressentait depuis plusieurs années, se précise: elle sera Fille de la Charité.

En 1802, Amande Jacquinot du village de Lancrans confie à son amie qu'elle se prépare à partir à Paris pour entrer dans la Compagnie des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul. Jeanne Marie saute sur l'occasion et elle supplie sa mère de la laisser partir. Ayant questionné Monsieur de Varicourt, curé-doyen à Gex, Madame Rendu, heureuse mais très émue de la vocation de sa fille, acquiesce à sa demande.

Le 25 mai 1802, Jeanne Marie arrive à la Maison Mère des Filles de la Charité, rue du Vieux Colombier à Paris. Elle va avoir 16 ans ! La réouverture du Séminaire (noviciat supprimé par les Révolutionnaires) a eu lieu en décembre 1800. À leur arrivée, les voyageuses sont accueillies par cinquante jeunes en formation. Jeanne Marie est très soucieuse de bien correspondre aux exigences de sa nouvelle vie. Sa santé est ébranlée tant par la tension de son esprit, que par le manque d'exercice physique. Sur le conseil du médecin et de son parrain, Monsieur Emery, Jeanne Marie est envoyée à la maison des Filles de la Charité du quartier Mouffetard pour être au service des pauvres. Elle y restera 54 ans !

La soif d'action, de dévouement, de service qui brûlait Jeanne Marie ne pouvait trouver un terrain plus propice à son apaisement que ce quartier parisien. C'est, à l'époque, le quartier le plus misérable de la capitale en pleine expansion. Jeanne Marie, qui a reçu le nom de Sœur Rosalie, y fait “son apprentissage”, accompagnant les Sœurs dans la visite des malades et des pauvres. Entre temps, elle enseigne le catéchisme et la lecture aux petites filles accueillies à l'école gratuite. En 1807, Sœur Rosalie s'engage par vœux au service de Dieu et des pauvres.

En 1815, Sœur Rosalie devient la Supérieure de la communauté de la rue des Francs Bourgeois qui sera transférée, deux ans plus tard, rue de l'Épée de Bois pour des raisons de place et de commodité. Toutes ses qualités de dévouement, d'autorité naturelle, d'humilité, de compassion, ses capacités d'organisation vont pouvoir se révéler. “Ses pauvres”, comme elle les appelle, sont de plus en plus nombreux en cette époque troublée. Les ravages d'un libéralisme économique triomphant accentuent la misère des laissés-pour-compte. Elle envoie ses Sœurs dans tous les recoins de la Paroisse Saint-Médard pour apporter des vivres, des vêtements, des soins, une parole réconfortante.

Pour venir en aide à tous ceux qui souffrent, Sœur Rosalie ouvre un dispensaire, une pharmacie, une école, un orphelinat, une crèche, un patronage pour les jeunes ouvrières, une maison pour les vieillards sans ressources... Bientôt tout un réseau d'œuvres charitables va s'établir pour contrer la pauvreté.

Elle répétait souvent : Une fille de la Charité est comme une borne sur laquelle tous ceux qui sont fatigués ont le droit de déposer leur fardeau. Sa foi, ferme comme un roc et limpide comme une source, lui révèle Jésus-Christ en toute circonstance : elle expérimente au quotidien cette conviction de saint Vincent de Paul : Dix fois par jour, vous irez voir le pauvre, dix fois par jour vous y trouverez Dieu... vous allez en de pauvres maisons, mais vous y trouvez Dieu. Comme l'affirme une sœur, elle vivait continuellement en la présence de Dieu : avait-elle une mission difficile à remplir, nous étions assurées de la voir monter à la chapelle ou de la trouver à genoux dans son bureau.

Elle était attentive à assurer à ses compagnes le temps pour l'oraison, mais “Fallait-il quitter Dieu pour Dieu” comme saint Vincent l'avait enseigné à ses filles et l'accompagner dans une visite charitable, elle disait à la sœur qui l'accompagnait : Ma Sœur, commençons notre oraison !. Elle en indiquait le plan, la division en peu de mots simples et clairs, et entrait dans un saint recueillement. Comme la moniale dans le cloître, Sœur Rosalie marchait avec son Dieu : elle lui parlait de cette famille en détresse parce que le père n'a plus de travail, de ce vieillard qui risque de mourir seul dans une mansarde : Jamais je ne fais si bien l'oraison que dans la rue, disait-elle.

Les pauvres eux-mêmes avaient remarqué sa manière de prier et d'agir, rapporte une de ses compagnes. 

Humble dans son autorité, Sœur Rosalie nous reprenait avec une grande délicatesse et avait le don de consoler. Ses conseils étaient dictés par la justice et donnés avec toute l'effusion d'un cœur qui pénétrait les besoins des âmes.

Elle était sévère sur la manière dont nous recevions les pauvres: ils sont nos Seigneurs et nos Maîtres !

Les pauvres vous diront des injures, plus ils sont grossiers, plus vous devez être dignes — disait-elle — Rappelez-vous ces haillons qui vous cachent notre Seigneur.

Les Supérieurs lui confièrent les postulantes et les jeunes sœurs pour les former. Elle eut dans sa maison des sœurs passantes, mauvaises têtes ou fragiles. Un jour, elle donna, à une de ses sœurs en difficulté ce conseil qui était le secret de sa vie : Si vous voulez que quelqu'un vous aime, aimez d'abord en premier ; et si vous n'avez rien à donner, donnez-vous vous-même. En raison du nombre croissant de sœurs, le Bureau de Bienfaisance devint une maison de charité avec un dispensaire et une école. Elle y voyait la Providence de Dieu.

Sa notoriété gagne vite tous les quartiers de la capitale, et au-delà , les villes de province. Les dons affluent vite. Même les souverains qui se sont succédé à la tête du pays ne l'ont pas oubliée dans leurs libéralités. Dans le parloir de la communauté on voyait souvent des évêques, des prêtres, l'Ambassadeur d'Espagne, Donoso Cortés, Charles X, le Général Cavaignac, des écrivains et des hommes politiques, même l'Empereur Napoléon III et sa femme, des jeunes gens appartenant à toutes les écoles et aspirant à toutes les carrières: étudiants en droit et en médecine, élèves de l'École Normale et de l'École Polytechnique, chacun venant chercher chez Sœur Rosalie, des conseils, des renseignements, une “bonne œuvre” à accomplir. Parmi eux, le Bienheureux Frédéric Ozanam cofondateur de la Conférence de Saint Vincent de Paul et le Vénérable Jean Léon Le Prévost, futur fondateur des Religieux de Saint Vincent de Paul. Elle était au centre du mouvement de charité qui caractérisa Paris et la France dans la première moitié du XIXe siècle.

Elle entre aussi en relation avec la Supérieure du Bon Sauveur de Caen et lui demande d'accueillir de nombreuses personnes. Elle est particulièrement attentive aux prêtres et religieuses atteintes de troubles psychiatriques. Sa correspondance est brève, mais émouvante de délicatesse, de patience et de respect pour ces malades.

Les épreuves ne manquent pas dans ce quartier Mouffetard. Les épidémies de choléra se succèdent. Le manque d'hygiène, la misère favorisent leur virulence. Spécialement en 1832 et 1846, le dévouement, les risques pris par Sœur Rosalie et ses Filles ont frappé l'imagination. On l'a vu ramasser elle-même les corps abandonnés dans les rues!

Durant les journées d'émeutes de juillet 1830 et de février 1848, barricades et luttes sanglantes opposent le pouvoir à une classe ouvrière déchaînée. Monseigneur Affre, archevêque de Paris, est tué en voulant s'interposer entre les belligérants. Sœur Rosalie souffre : elle aussi monte sur les barricades pour secourir les combattants blessés de quelque camp qu'ils soient. Sans crainte aucune, elle risque sa vie dans les affrontements. Son courage et son esprit de liberté forcent l'admiration.

Lorsque l'ordre est rétabli, elle essaie de sauver nombre de ces hommes qu'elle connaît et qui sont victimes d'une répression féroce. Elle est beaucoup aidée par le maire de l'arrondissement, le docteur Ulysse Trélat, pur républicain, lui aussi très populaire.

En 1852, Napoléon III décide de lui remettre la Croix de la Légion d'honneur : elle est prête à refuser cet honneur personnel, mais Monsieur Etienne, supérieur des Prêtres de la Mission et des Filles de la Charité l'oblige à l'accepter.

De santé fragile, Sœur Rosalie n'a jamais pris aucun instant de repos, finissant toujours par surmonter fatigues et fièvres. L'âge, une grande sensibilité nerveuse, l'accumulation des tâches finissent par venir à bout de sa grande résistance et de sa forte volonté. Durant les deux dernières années de sa vie, elle devient progressivement aveugle. 

Elle meurt le 7 février 1856, après une courte maladie.

De nombreux articles de presse viennent témoigner de l'admiration, de la vénération même que Sœur Rosalie avait suscitées. Des journaux de toute tendance se font l'écho des sentiments du peuple.

L'Univers, principal journal catholique de l'époque, dirigé par Louis Veuillot, écrit dès le 8 février : Nos lecteurs comprendront l'importance du malheur qui vient de frapper la classe pauvre de Paris : ils joindront leurs suffrages aux larmes et aux prières des malheureux.

Le Constitutionnel, journal de la gauche anticléricale, n'hésite pas à annoncer la mort de cette Fille de la Charité : Les malheureux du 12e arrondissement viennent de faire une perte bien regrettable : la Sœur Rosalie, Supérieure de la communauté de la rue de l'Épée de Bois, est décédée hier à la suite d'une longue maladie. Depuis de longues années, cette respectable religieuse était la providence des classes nécessiteuses et nombreuses dans ce quartier.

Le journal officiel de l'Empire, le Moniteur, loue l'action bienfaisante de cette Sœur : Les honneurs funèbres ont été rendus à la Sœur Rosalie avec un éclat inaccoutumé. La sainte femme était depuis cinquante-deux ans hospitalière dans un quartier où il y a beaucoup de malheureux à soulager et tous les malheureux reconnaissants l'ont accompagnée à l'église et au cimetière. Un piquet d'honneur faisait partie du cortège.

Des visiteurs affluent nombreux au cimetière Montparnasse. Ils viennent se recueillir sur la tombe de celle qui fut leur Providence. Mais comme il est difficile de trouver l'enclos réservé aux Filles de la Charité, le corps est alors transporté dans un lieu beaucoup plus accessible, plus près de l'entrée du cimetière. 

Sur la tombe toute simple, surmontée d'une grande Croix, sont gravés ces mots : À la bonne mère Rosalie, ses amis reconnaissants, les riches et les pauvres. Des mains anonymes ont fleuri et continuent de fleurir cette sépulture : hommage discret mais durable rendu à cette humble Fille de Saint Vincent de Paul.

Il y a à Paris une Avenue Sœur Rosalie, dans le 13e arrondissement.

Sœur Rosalie a été béatifiée en 2003, et inscrite au Martyrologe le 7 février.

 

 

 

 

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