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14 mai 2021 5 14 /05 /mai /2021 23:00

15 MAI

 

III.

Ss Petrus, Andreas, Paulus et Dionysia, martyrs à Lampsaque ; Dionysia avait seize ans : elle fut décapitée pour avoir regretté l’apostasie d’un autre membre du groupe.

Ss Cassius (prêtre), Victorinus, Maximus, martyrs des Alamans à Clermont. 

?

S Libérateur, premier évêque à Ariano.

IV.

S Simplicius, martyr en Sardaigne.

S Eutice, prêtre martyr à Soriano.

S Achilleus le Thaumaturge, évêque à Larissa, un des membres du concile de Nicée ; il est patron de Presbo, où ont été transférées ses reliques.

S Rheticius, évêque à Autun après la mort de son épouse, tenu en très haute estime par l’empereur Constantin, par les saints Augustin et Jérôme.

V.

S Domnin, diacre à Plaisance.

S Primaël, de Grande-Bretagne, anachorète près de Quimper.

VI.

S Caleb (Elesbaan), roi chrétien en Éthiopie, mais assez cruel, finalement moine exemplaire à Jérusalem.

S Severinus, évêque à Septempeda, qui devint San Severino.

S Hilarus, fondateur d’un monastère près de Faenza, où furent ensuite des Camaldules.

S Melanius, évêque à Viviers.

VII.

S Franchy (Francoveus), moine puis solitaire près de Nevers.

S Ursus, évêque à Fano, dont il est patron secondaire.

IX.

S Rupert, duc de Bingen, fondateur d’hôpitaux, mort à vingt ans.

S Witesindo, un moment renégat sous l’empire de la peur, puis martyr à Cordoue.

X.

S Nicolas le Mystique, évêque à Constantinople ; son surnom était dû à son âge.

XI.

S Isidro, cultivateur madrilène, qu’on vit aidé dans son travail par deux anges ; retrouvé intact au début du XVIIe s., son corps fut à l’origine de la guérison miraculeuse du roi Philippe III ; trois ans après, Isidro sera le premier laïc canonisé par procédure officielle ; il est patron des cultivateurs et de la ville de Madrid.

XV.

B André Abellon, dominicain en Provence où il s’occupa de plusieurs monastères.

XX.

Bse Róża Czacka (1876-1961), religieuse polonaise, aveugle, fondatrice des Sœurs Franciscaines Servantes de la Croix au service exclusif des aveugles, béatifiée en 2021.

 

Martyrs de Lampsaque

† 251

 

Il s’agit ici de quatre Martyrs, dont on connaît les Actes authentiques. Ils étaient cinq, mais l’un d’eux apostasia, comme on va le voir.

Petros était un jeune homme. Invité par le proconsul Optimus à sacrifier à la déesse Vénus, il répondit : 

Je m’étonne que tu veuilles me persuader de sacrifier à une femme impudique et infâme dont les actions sont tellement honteuses qu’on ne pourrait les raconter sans rougir…

Le proconsul le fit étendre sur la roue, attaché avec des chaînes de fer. Tout autour étaient des pièces de bois qui frappaient le corps et brisaient les os du Héros. Finalement, il eut la tête tranchée.

Nicomaque, malheureusement, apostasia sous l’effet de la douleur. Remis à terre, il expira, brusquement étouffé en se mordant la langue. On dit que c’était là l’action du Diable.

Andreas et Paulos furent jetés en prison pendant la nuit ; le lendemain, ils persévéraient dans leur foi, malgré les coups de bâton ; finalement, ils furent livrés à la foule, qui les lapida.

Dionysia, une jeune fille de seize ans qui se trouvait dans la foule, reprocha à Nicomaque son péché et, pour cette attitude, fut arrêtée et remise à deux jeunes débauchés, qui s’épuisèrent à la provoquer. Dans la nuit, l’ange gardien de Denise leur apparut, plein de lumière ; ils en furent tellement bouleversés qu’ils demandèrent à Denise d’intercéder pour qu’il ne leur arrivât rien. 

Le lendemain, on avertit Dionysia que ses deux Compagnons Andreas et Paulos étaient lapidés. Elle se précipita hors de sa prison et alla rejoindre les deux Héros qui étaient en train d’expirer, voulant s’associer à leur mort pour être avec eux au Paradis. Mais on ne l’ «exauça» pas : on l’éloigna de là et on la décapita.

C’était sous l’empereur Dèce, le 15 mai 251.

Les saints Martyrs de Lampsaque, Petros, Andreas, Paulos et Dionysia, sont commémorés le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs de Clermont

† 260

 

Il s’agit ici de trois Martyrs qui moururent pour leur foi lors de l’invasion des Alamans.

Leur chef Chrocus arriva à Clermont, et mit à mort beaucoup de Chrétiens, dont on a retenu trois noms : 

Cassius, prêtre ; 

Victorinus

Maximus.

C’était en 260.

Les saints Martyrs de Clermont, Cassius, Victorinus et Maximus, sont commémorés le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simplicius de Fausina

† 304

 

Simplicius était un prêtre à Fausina (auj. Terranuova), Sardaigne. Il y eut quelque hésitation à reconnaître ou non à ce Martyr la qualité d’évêque, mais s’il l’avait été, on trouverait fort étonnant que son successeur ne fût nommé qu’après trois siècles de vacance.

Il subit le martyre en 304, transpercé d’une lance sous le préfet Barbarus, précisait l’ancien Martyrologe, sans jeu de mots. Toutefois, le Martyrologe actuel ne lui attribue pas non plus le titre de Martyr, qui est peut-être incertain.

On donnait à Simplicius trois Compagnons, qui ne sont pas nommés dans le Martyrologe : Diocletianus, Florentius, Rosula.

La proche cité épiscopale fut Civita, absorbée plus tard par le diocèse de Pise, puis d’Ampurias, enfin de Porto Torrès.

Saint Simplicius de Fausina est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Achilleus de Larissa

† 330

 

Avant d’être évêque à Larissa (Thessalie, Grèce CE), Achilleus fit les pèlerinages de Jérusalem et de Rome.

C’est dans la Ville éternelle qu’il reçut l’épiscopat.

Il participa au concile de Nicée (325).

Son activité pastorale fut marquée par une grande sollicitude pour les pauvres, les malades et les étrangers.

On lui a attribué le surnom de Thaumaturge, mais on n’a pas trouvé de récits illustrant ces nombreux et éclatants miracles.

Sa mort eut lieu en 330.

En 978, ses reliques furent portées à Presbo, qui prit alors le nom d’Achilli (Bulgarie). Depuis cet événement, ladite ville l’a pris comme céleste Patron.

Il ne faut pas le confondre avec le Martyr du même nom, fêté avec s.Nérée le 12 mai.

Saint Achilleus de Larissa est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rheticius d’Autun

† 334

 

Né d’une famille noble de Gaule, Rheticius naquit à Autun (act. 71).

A cette époque, enseignait dans cette ville un certain Eumène, qui prêchait alors l’idolâtrie. Malgré cette erreur, il était un professeur célèbre, et Rheticius suivit ses leçons.

Il se maria, mais son épouse mourut bientôt. Rheticius se donna entièrement à Dieu.

Vers 310, il devint le troisième évêque d’Autun.

Or en 311, l’empereur Constantin s’arrêta à Autun et rencontra providentiellement Rheticius, qui lui expliqua les premiers éléments de la religion chrétienne.

Rheticius eut une place de premier rang dans les assemblées conciliaires : en 313, il était aux côtés du pape Melchiade à Rome ; en 314, il était un des treize évêques de Gaule réunis en Arles ; dans les deux cas, il s’agissait d’examiner et de condamner le donatisme. La doctrine et l’éloquence de Rheticius s’imposa.

On connaît de lui deux ouvrages importants, dont on n’a malheureusement que des extraits : un traité contre les novatiens et un Commentaire sur le Cantique des Cantiques. Saint Jérôme (v. 30 septembre) en a parlé avec admiration. De Rheticius saint Augustin disait qu’il était un homme de Dieu.

Pour rehausser encore la solennité du baptême, il fit apporter de Terre Saine de l’eau du Jourdain, qu’il mélangea à celle de son baptistère.

Rheticius mourut vers 334.

Saint Rheticius d’Autun est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Elesbaan Caleb

† 535

 

Elesbaan était un roi éthiopien du 6e siècle. 

Son nom connut plusieurs variantes.

Un historien grec écrivit Ellatzbaas. Les Ethiopiens nommèrent leur roi Caleb, un nom à la résonnance biblique ; les Arabes, qui n’aimaient pas le roi d’Axoum, transformèrent son nom en al-asbah, «lie-de-vin».

L’historien dont il est question, Cosmas Indicopleustis («navigateur de l’Inde»), était présent dans le port d’Abdulis, quand Elesbaan y formait sa flotte.

Après avoir vaincu les ennemis du Christ, Élesbaan envoya sa couronne royale à Jérusalem, au temps de l'empereur Justin ; puis, après avoir mené la vie monastique, selon le vœu qu'il en avait fait, il s'en alla vers le Seigneur.

On a retrouvé des monnaies de cette époque, dont certaines émanent d’un prince chrétien.

Fêté par les Ethiopiens le 15 mai, saint Elesbaan a été inscrit en ce jour au Martyrologe Romain.

 

 

Severinus de Septempeda

† 545

 

Severinus avait un frère, nommé Victorinus. 

Tous deux distribuèrent aux pauvres leurs biens, qui étaient importants, et se retirèrent dans un ermitage du Monte Nero, proche de Septempeda ; Victorinus en particulier se retira dans une grotte de Pioraco.

Le bruit de leur sainteté parvint aux oreilles du pape Vigile, qui les nomma évêques : Severinus à Septempeda, Victorinus à Camerino. Toutefois, l’élection de Victorinus semble inexacte (ou douteuse), car son nom n’apparaît pas dans la liste épiscopale de Camerino. 

Selon certains, Severinus aurait été présent au moment de la destruction de la ville lors d’une invasion des Goths ou des Lombards ; selon d’autres, il pourrait même avoir été cet évêque Severus présent au concile de Sardica deux siècles plus tôt (vers 343).

Si l’on exclut cette dernière hypothèse, Severinus mourut vers 545. Septempeda, ville des Marches (Italie CE) devint justement San Severino des Marches.

Saint Severinus de Septempeda est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

Actuellement, le diocèse de Septempeda (San Severino) a été absorbé par celui de Camerino.

 

 

Rupert de Bingen

712-732

 

Rupert (qui pourrait se traduire par Robert) naquit vers 712 à Bingen (Mayence, Rhénanie, Allemagne W), d’un père encore païen, Robolaus, et d’une noble chrétienne, Berta.

Vers 715, le père mourut ; la maman mit toute son attention à éduquer son fils unique dans la droiture et la piété.

Rupert fut conquis par l’amour de Dieu et par la compassion envers les pauvres. Il n’en rencontrait jamais sans leur adresser quelques mots de consolation et quelque aumône.

Vers 724, sa mère lui procura une joie indicible en lui annonçant qu’elle voulait fonder un monastère où les pauvres seraient secourus.

A quinze ans, il fit le pèlerinage à Rome.

Par la suite, il consacra la plus grande partie de ses biens à fonder des hôpitaux. Il n’avait pas de plus grande joie que de visiter ces maisons et de soigner lui-même les malades.

Une de ses dernières fondations fut le monastère proche de Bingen, où il aimait se retirer.

C’est là qu’il mourut, vers 732, à vingt ans.

Saint Rupert de Bingen est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

La biographie de s.Rupert a été écrite par sainte Hildegard de Bingen, qui vécut dans ce monastère quatre siècle plus tard (v. 17 septembre).

 

 

Witesindo de Cordoue

† 855

 

L’attitude de Witedinso va en aider plus d’un à persévérer dans le témoignage de la Foi.

C’était une personne laïque des environs de Cordoue, à Cabra.

Chrétien, il prit peur devant les menaces des Musulmans, qui avaient déjà exécuté une trentaine de prêtres et de vierges. C’est que les Musulmans ne tolèrent pas qu’on dénigre la loi coranique et son Auteur.

Witesindo, donc, se laissa aller à renier sa foi chrétienne. Sommé cependant d’invoquer Allah et son Prophète, il s’y refusa et, cette fois-ci, fut condamné à mort comme renégat.

Il fut décapité en 855, un jour que s.Eulogio (v. 11 mars) ne précise pas.

Saint Witesindo est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Isidro le Laboureur

1082-1172

 

Né vers 1082 à Madrid (Espagne), Isidro de Merlo y Quintana était le fils de parents très humbles, qui lui enseignèrent à aimer Dieu et à haïr le péché.

Isidro ne fit pas d’études ; sa science lui venait de son élévation spirituelle et de la grâce de Dieu.

Ce grand garçon de deux mètres se mit au service d’un seigneur du pays, Juan (ou Ivan) de Vargas, et épousa une pieuse fille, María Toribia, ou María de la Cabeza (v. 9 septembre), qui eut un fils.

On rencontre généralement le récit du miracle intervenu lors de la chute du bébé de María dans un puits : elle pria avec son mari, et les eaux du puits montèrent jusqu’à rapporter l’enfant tout souriant. Cet enfant est d’ailleurs vénéré comme saint Illán (localement fêté le 16 mai en Espagne).

Isidro, de son côté, menait une vie toute de piété, sans délaisser jamais son travail. Il visitait les églises de Madrid, priait beaucoup, surtout les jours de fêtes, et y entendait la Messe.

Il fut cependant accusé de négligence pour tant d’heures accordées à la piété (qu’il prenait en réalité sur son sommeil et non sur son travail) : son patron l’observa, et remarqua deux personnages qui l’accompagnaient près de la charrue ; il l’interrogea sur cette présence, et Isidro lui révéla que c’étaient deux anges.

Isidro était aussi libéral que possible, donnant son repas aux pauvres, et aux animaux également. Il portait ainsi au moulin un sac de blé, dont il envoya une partie aux oiseaux du ciel ; mais de retour du moulin, il rapporta la quantité de farine correspondant au sac entier.

Isidro mourut le 15 mai, en 1172 à quatre-vingt-dix ans. Certains le font mourir plutôt un 30 novembre. Son épouse María mourut quelques années plus tard.

Il fut béatifié en 1619, et canonisé en 1622, mais la bulle de canonisation fut, dit-on, publiée seulement en 1724.

San Isidro est évidemment le saint Patron des cultivateurs, ainsi que des ingénieurs agricoles et agronomes (qui ne le savent peut-être pas).

 

 

André Abellon

1375-1450

 

André Abellon naquit vers 1375 à Saint-Maximin (Var) de parents aubergistes.

Jeune encore, il entra dans l’Ordre dominicain.

De Saint-Maximin, on l’envoya enseigner les arts libéraux à Marseille, puis étudier la théologie à Toulouse, et enseigner la philosophie à Montpellier.

En 1403, il fut Lecteur (professeur) en Avignon.

En 1408, il reçut le doctorat.

Sa vie fut très active et l’on a du mal de le suivre dans tous ses déplacements : 

En 1409, il fut vicaire du couvent de Saint-Maximin, professeur à Paris, en Avignon et à Montpellier, en même temps qu’il prêchait en Provence et dans le Comtat-Venaissin.

En Aix-en-Provence, où il prêcha le plus souvent, et même durant l’épidémie de peste de 1415, il encouragea les habitants à supporter patiemment le fléau tout en aidant généreusement les malades. La mortalité y fut d’ailleurs moins élevée qu’ailleurs, ce qu’on attribua à sa prière.

En 1419, il fut élu prieur à Saint-Maximin, et il y introduisit la réforme. D’ailleurs il y fut réélu en 1425. Il s’y montra excellent administrateur, pourvoyant le monastère de rentes suffisantes - qu’il sut habilement obtenir aussi de Louis II d’Anjou et de sa femme Yolande d’Aragon. On lui doit le cloître et le chœur du monastère.

Il faut signaler ici qu’on attribue aussi à l’habile main d’André quatre peintures qui se trouvent actuellement en la basilique Sainte-Marie-Madeleine à Saint-Maximin.

En 1432, il fut nommé au couvent d’Arles, avec la même mission de réforme. Celle-ci fut brève. Dès la fin de l’année, il regagna Saint-Maximin. En 1436 il alla au couvent d’Aix-en-Provence, dont il fut deux fois élu prieur, mais il renonça à cette deuxième élection.

Après un nouveau séjour à Marseille, il revint à Aix, où il s’éteignit le 15 mai 1450.

Ses reliques furent re-découvertes lors de la restauration de l’église au 19e siècle, et André Abellon fut béatifié en 1902.

 

 

Róża Czacka

1876-1961

 

Róża Czacka naquit le 22 octobre 1876 à Bila Tserkva (Kiev, Ukraine), sixième des sept enfants de Feliks Czacki et Zofia Ledóchowska et reçut dans sa famille le titre de comtesse. Un parent fut cardinal.

Róża apprit le piano, les langues (français, allemand, anglais, latin).

Elle allait à cheval aussi, et c’est un accident qu’elle subit dans sa jeunesse qui la rendit fragile des yeux, au point qu’elle perdit la vue à vingt-deux ans, malgré plusieurs interventions chirurgicales.

Dès lors, elle sillonna l’Europe pour s’informer des méthodes utilisées pour aider les aveugles, et en vint à adapter le braille à la langue polonaise.

En 1909, revenue en Pologne, elle ouvrit des ateliers pour handicapés puis, à Varsovie, l’équivalent de notre Institut des Jeunes Aveugles parisien.

Durant la Première Guerre mondiale, elle se retira à Żytomierz, où mûrit en elle l’idée d’un institut orienté exclusivement à l’assistance aux aveugles.

C’est dans ces circonstances qu’en 1917, elle entra dans le Tiers-Ordre franciscain et fit sa profession, assumant le nom d’Elzbieta (sur ste Elizabeth de Hongrie, v. 17 novembre).

Revenue à Varsovie, en 1918, elle fonda cette nouvelle famille religieuse d’esprit franciscain, les Sœurs Franciscaines Servantes de la Croix. Elle en reçut l’approbation de l’évêque du lieu, puis du pape Benoît XV (1919), du nonce Achille Ratti, futur pape Pie XI, qui qualifia cette œuvre d’apostolat exceptionnel.

En 1921, Róża subit en urgence une intervention chirurgicale pour l’ablation d’une tumeur cancéreuse.

En 1922, elle installa sa famille religieuse sur des terrains qu’on lui offrait à Laski et, en 1923, devint la Supérieure Générale de l’institut.

En 1925, elle fut décorée de la croix de l’Ordre des Chevaliers de Polonia Restituta et, en 1934, la méthode qu’elle avait mise au point fut imposée par le gouvernement à toutes les écoles pour aveugles.

En 1939, l’invasion de la Pologne par les troupes nazies fut la cause qu’elle reçut des blessures à la tête et qu’on dut lui retirer un œil sans anesthésie.

En 1944, Róża accepta d’héberger des soldats qui se préparaient à l’insurrection de Varsovie, et de cacher leurs armes dans le couvent.

En 1950, elle déposa sa charge de Supérieure et se mêla humblement à la vie quotidienne de toutes les sœurs.

Róża mourut le 15 mai 1961 ; ses funérailles furent célébrées par le cardinal Stefan Wyszyński (v. 28 mai).

A titre posthume, Róża fut nommée Grand-Croix de l’Ordre de Polonia Restituta (2009). L’institut s’est élargi ; il a gagné le Rwanda et l’Inde.

Róża Czacka sera béatifiée en 2021, et inscrite au Martyrologe le 15 mai.

 

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 23:00

14 MAI

 

I.

S Matthias (cf. Ac 15-26), apôtre mort à Jérusalem (ou en Éthiopie ?), dont les reliques seraient à Trêves, représenté avec hallebarde ou épée, et parfois même transpercé par celles-ci par allusion à son martyre.

II.

Stes Iusta, Iustina et Heredinavierges martyres en Sardaigne.

S Victor et ste Corona, lui, militaire, elle, jeune femme de seize ans et déjà mariée, martyrs en Egypte ; Victor eut les doigt brisés, fut jeté dans une fournaise ardente puis décapité ; Couronne fut écartelée après avoir été liée entre deux arbres qu’on avait inclinés, puis relâchés.

III.

S Maximos, martyr lapidé en Asie, peut-être à Ephèse.

S Isidoros, martyr à Chio ; il fut jeté dans un puits dont l’eau guérit les malades.

S Pontius, de famille sénatoriale romaine, martyr à Cimiez.

IV.

Ss Felix et Fortunatus, martyrs à Aquileia.

S Boniface, intendant débauché d’une riche romaine, venu à Tarse où, converti, il subit le martyre.

V.

S Aprunculus, évêque chassé de Langres et élu à Clermont, déjà mentionné le 4 janvier.

S Ampelius, forgeron égyptien, venu mourir près de Gênes, patron des forgerons. 

VI.

S Gallus, moine auvergnat, évêque à Clermont, oncle et maître de s. Grégoire de Tours. 

S Bévignat, ermite près de Pérouse.

S Boniface, évêque à Ferento.

VII.

S Gildéric (Joudry), écossais, ermite près de Exmes ; on l’invoque contre la fièvre.

S Carthage le Jeune (Mochuda), évêque à Lismore après avoir guidé plus de huit cents moines à Rathin.

S Erembert, évêque à Toulouse, qui finit sa vie à l’abbaye Saint-Wandrille.

X.

B Tuton, évêque à Ratisbonne, aveugle à la fin de ses jours.

XI.

S Halward (Harward), martyrisé en Norvège en protégeant une femme injustement accusée.

XIII.

B Gil de Vaozela, portugais, d’abord égaré dans la magie noire et la nécromancie, puis dominicain, provincial d’Espagne, retiré à Santarém au Portugal, mystique.

XIV.

Bse Julian de Norwich, mystique anglaise, recluse dès l’âge de treize ans.

XIX.

Bx Jeong Cheol-sang Carolus, Jeong In-hyeok Thaddeus, Jeong Bok-hye Candida, Yun Un-hye Lucia, Choe Pil-je Petrus, laïcs coréens martyrs, décapités, béatifiés en 2014.

Ste Anne Thérèse Guérin (Théodore), française, fondatrice aux Etats-Unis de la Congrégation des Sœurs de la Providence, béatifiée en 1998, canonisée en 2006.

S Mixel Garikoitz, basque, fondateur des prêtres du Sacré-Cœur de Bétharram.

Bse Maria Domenica Mazzarello, fondatrice piémontaise de l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice, œuvre très liée à celle de s. Giovanni Bosco.

Matthias, apôtre

Ier siècle

 

Saint Matthias est cet apôtre qui fut appelé à occuper, parmi les apôtres, la place laissée libre par la trahison de Judas.

Au lendemain de l’Ascension du Seigneur, ainsi que le narre saint Luc dans le livre des Actes des Apôtres (Ac 1:13-26), ces derniers étaient assemblés à Jérusalem, priant et attendant la venue de l’Esprit Saint. 

C’est alors que Pierre, usant de l’autorité que lui avait conférée le Christ, prononça son premier discours comme Chef des apôtres, et visiblement inspiré, citant les psaumes 69 et 109, annonce qu’il faut procéder à l’élection d’un douxième apôtre. Humblement, Pierre ne nomme pas d’emblée celui qu’il pense être l’élu, mais il demande à l’assemblée des cent-vingt frères de présenter des candidats, répondant aux deux critères suivants : ils doivent avoir accompagné les apôtres depuis le baptême de Jésus par Jean-Baptiste - c’est-à-dire depuis le début de la vie publique de Jésus, et avoir été témoins de Sa résurrection.

Cela prouve que, outre les apôtres qu’avait choisis Jésus, d’autres aussi accompagnaient au moins fréquemment le groupe apostolique, en tout cas étaient en contact assidu avec eux, connaissaient leur vie et l’enseignement de Jésus, vivant dans une réelle intimité avec eux, même s’ils n’en avaient pas, ou pas encore, la dignité reçue par l’appel du Christ. C’est d’ailleurs également dans leurs rangs que Jésus avait choisi les soixante-douze autres disciples, qu’il avait ensuite envoyés deux à deux en mission, et c’est le même saint Luc qui le rapporte dans son évangile (Lc 10).

On peut légitimement présumer que les deux candidats présentés par l’assemblée ce jour-là, faisaient partie de ces soixante-douze disciples.

Là encore, les frères réunis n’osent pas choisir eux-mêmes, mais ils prient ; ils demandent à Dieu de montrer celui qu’Il a choisi et tirent au sort pour connaître la volonté divine. Ainsi est choisi Matthias.

Saint Jean Chrysostome a loué l’humble douceur avec laquelle l’autre candidat, Joseph Bar Sabbas accepta ce choix. Dans l’Écriture, il disparaît totalement. Un témoignage de Papias, recueilli par l’historien Eusèbe, affirme qu’il aurait appartenu aux soixante-douze disciples, et que plus tard, il aurait bu un poison mortel mais qu’il n’en éprouva aucun mal. Ajoutons qu’au IXe siècle, s.Joseph Bar Sabbas fut introduit dans le Martyrologe au 20 juillet, mais n’a pas été retenu dans la dernière édition du Martyrologe Romain, faute d’indices historiques certains.

Quant à Matthias, il fut donc mis au nombre des douze apôtres, dit saint Luc (ibid, 1:26).

On ne connaît rien de sûr sur Matthias. Le nom lui-même signifie “Donné”. Des Actes apocryphes affirment qu’il aurait été originaire de Bethléem, de la tribu de Juda et d’une naissance illustre, ce qui n’est pas invraisemblable, mais reste incontrôlable.

La Tradition n’est pas plus éloquente sur l’apostolat de Matthias. Il aurait évangélisé en Palestine même, ou en Éthiopie, aurait été martyrisé.

Ce qu’on dit de ses reliques peut aussi être reçu avec quelque doute. Le corps transféré par sainte Hélène au IVe siècle, était-il celui de l’apôtre, ou de l’évêque Matthias de Jérusalem mort au IIe siècle ? Est-ce bien le corps et le chef de l’apôtre Matthias que l’on conserve sous l’autel de Sainte-Marie-Majeure à Rome ? Comment se fait-il donc que le corps de l’apôtre se trouve également à Trèves et à Padoue ? Comme cela arrive très souvent, on possède sans doute quelques fragments du corps de l’apôtre, que l’on introduit dans une châsse de cire représentant le corps entier. Il serait fort utile, de nos jours, de procéder à une analyse minutieuse de ces diverses reliques, avec les moyens que la Providence nous permet d’utiliser.

Une autre incertitude a plané sur le dies natalis de saint Matthias. La Tradition est silencieuse aussi à ce sujet. Les martyrologes anciens ne le mentionnent jamais jusqu’au VIIIe siècle ! Ce n’est qu’à partir du IXe siècle que chaque apôtre a sa fête propre, et encore les Grecs ne le mentionnent pas, eux d’habitude si fidèles aux traditions, que l’Église a reprises dans l’élaboration du nouveau Martyrologe.

A partir du XVIe siècle, on finit par fêter le douxième Apôtre au 24 février ; enfin, lors de la dernière réforme du calendrier, il a été fort justement décidé qu’on le fêterait en mai, à un jour correspondant grosso modo à l’anniversaire de son élection au collège apostolique, proche de la fête de l’Ascension et avant la Pentecôte, et cette fête a été établie au 14 mai.

Toutes ces vissicitudes ne doivent pas nous induire à penser que “peut-être” saint Matthias n’aurait pas existé, ni même qu’il n’aurait eu qu’un rôle mineur au sein du collège apostolique. L’Écriture est formelle : son élection est tout-à-fait historique, et c’est le plus important.

Certainement, Matthias aura été très discret, très effacé, conscient de son indignité devant un tel choix divin. Mais il sera non moins certain qu’il aura été fidèle jusqu’au bout, fidèle au Christ, fidèle à l’Église et à saint Pierre.

 

Note. La bienheureuse Anna Katherina Emmerick dit que les deux candidats, Matthias et Joseph Bar Sabbas, n’avaient pas même pensé à être choisis, tandis que d’autres parmi les frères avaient bien ambitionné dans leur cœur cette “promotion”. Elle explique qu’à la dernière Cène, Jésus imposa les mains à quelques-uns des apôtres, et qu’au jour de la Pentecôte, Pierre imposa les mains aux autres, et ici particulièrement à Matthias. Ce dernier devait être un de ceux qui auraient accompagné Pierre à la piscine de Béthesda pour administrer le baptême. C’est là que Pierre prononça le discours de Ac 22:14-40, après lequel furent baptisées trois mille personnes. Plus tard, elle croit voir notre apôtre aux côtés de Pierre à Antioche. Elle les revoit tous autour de Marie au moment de son trépas : André et Matthias en préparent le sépulcre et vont l’ensevelir avec les autres apôtres. Bien sûr, ceci n’est pas vérité d’Evangile, mais ne semble pas non plus contredire l’Ecriture. 

 

 

Iusta et Heredina en Sardaigne

2e siècle

 

Il s’agit ici de deux vierges sardes, qui furent mises à mort pour la Foi, sous Hadrien.

Autrefois, on leur adjoignait Iustina.

Ce n’est que sous Constantin, deux siècles plus tard, que la liberté de culte devait être assurée.

Il ressort de certains livres anciens que Iusta, fille de Cleodonia, aurait subi le martyre avec ses deux servantes, Iustina et Henedina (sic).

Deux localités se disputent le lieu de leur martyre : Sassari, Cagliari. Les Vierges auraient été originaires de Cagliari, et martyrisées à Sassari.

Ce martyre a dû avoir lieu vers 120-135.

Saintes Iusta et Heredina sont commémorées le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor et Corona en Egypte

2e siècle

 

Victor, originaire de Syrie, était un soldat sous Antonin le Pieux et se trouvait en Egypte (le Martyrologe dit en Syrie, par erreur).

Le juge l’ayant invité à abjurer le Christ et à offrir de l’encens aux dieux, Victor s’y refusa. 

Il eut les doigts brisés, on le jeta dans une fournaise dont il sorti indemne au bout de trois jours, et fut décapité.

Corona, une jeune femme de seize ans déjà mariée à un soldat, manifesta de la sympathie pour le courageux Martyr et fut immédiatement arrêtée. On ne sait si elle était baptisée, mais elle déclara ouvertement qu’elle était chrétienne et prête à mourir pour le Christ.

On l’attacha à deux arbres dont on inclina les branches avec des cordes, puis on relâcha brusquement les cordes, provoquant la dislocation complète de ce jeune corps. Si Corona n’avait pas encore reçu le baptême par l’eau, elle le reçut par le sang.

Ce pouvait être vers 140-160, durant le règne de l’empereur Antonin.

Saints Victor et Corona sont commémorés le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximos d’Ephèse

† 250

 

Maximos était né à Ephèse, ou y vivait de son petit négoce. On le savait chrétien.

Quand parut l’édit impérial obligeant les Chrétiens à renoncer au Christ et à adorer les idoles, Maximos fut arrêté.

Les questions et réponses de ce «procès» nous sont parvenus dans leur forme originale du greffe. Voici quelques réparties de Maximos : 

Je ne sacrifie qu’au seul Dieu à qui je me félicite d’avoir toujours sacrifié depuis mon enfance.

Ces coups dont je suis frappé pour le nom de Jésus-Christ ne sont point des tourments, mais plutôt une onction.

Les coups en question étaient la torture du bâton qu’avait ordonnée le proconsul. Puis il fit étendre Maximos sur le chevalet pour y être déchiré par les ongles de fer ; on y alluma aussi un feu qui brûlait les chairs de Maxime, en même temps que la fumée l’étouffait. De guerre lasse, le proconsul le fit lapider en-dehors de la ville. Le texte parle d’une grêle de pierres.

On n’est pas sûr de la ville où eut lieu ce martyre ; certains parlaient d’Ephèse, mais le texte original mentionne seulement en Asie.

Saint Maximos d’Ephèse est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isidoros de Chio

† 251

 

Isidoros fut, dit-on, jeté dans un puits, à cause de sa foi en Jésus-Christ, en 251.

L’eau de ce puits fut miraculeuse.

Saint Isidoros de Chio est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pontius de Cimiez

† 258

 

Pontius était un Romain, de parents païens et de famille sénatoriale.

Il fit de bonnes études dans les lettres et la philosophie.

Il eut le bonheur d’entendre une psalmodie de l’office divin, qui le poussa à demander le baptême. C’est le pape Pontianus qui lui conféra ce sacrement.

Le néophyte convainquit bientôt son père et toute la maisonnée de recevoir à leur tour le baptême.

A la mort du sénateur, Pontius vendit tout son héritage pour se donner à la prédication. Il vint à Cimiez (proche de l’actuelle Nice). 

Pontius fut arrêté pour sa foi et sommé de sacrifier aux dieux, ce qu’il refusa catégoriquement. Il subit diverses tortures, suspendu à un chevalet et déchiré par les fouets, exposé aux bêtes - qui ne le touchèrent pas -, jeté sur un bûcher - qui s’éteignit -, enfin décapité.

Ce devait être en 258.

La ville de Cimiez fut rasée par les Lombards. Il existe dans l’Hérault une localité Saint-Pons-de-Thomières, dont le monastère abrita les reliques du Martyr.

Saint Pontius de Cimiez est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Felix et Fortunatus d’Aquileia

† 305

 

Il s’agirait ici de deux frères, martyrisés à Aquileia (Frioul, Italie NE), du temps de la persécution de Dioclétien.

D’après la tradition, ils furent successivement écartelés sur le chevalet et brûlés par des torches ardentes, qui s’éteignirent aussitôt. Puis ils eurent le ventre brûlé avec de l’huile bouillante, et furent enfin décapités.

Saints Felix et Fortunatus sont commémorés le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Nota. Au 23 avril étaient mentionnés trois Martyrs, Felix, Fortunatus et Achilleus, dont les Actes ont semblé fort suspects aux historiens. N’aurait-on pas fabriqué des Martyrs pour l’église de Valence ? Les saints Felix et Fortunatus d’Aquileia seraient devenus Felix, Fortunatus et Achilleus, passant de l’Italie à la proche Valence… On sait que les Martyrs d’Aquileia étaient très connus en Gaule, puisque Venance Fortunat y fait allusion. Ce n’est qu’une hypothèse gratuite.

 

 

Aprunculus de Langres-Clermont

† 491

 

Aprunculus (Abrunculus, Aproncule) était le fils d’un Bourguignon et d’une Auvergnate. Son nom semble signifier petit sanglier.

En 456, il devint le onzième évêque de Langres.

En 484, on ne sait exactement dans quelles circonstances, Aprunculus fut suspecté d’infidélité envers le roi burgonde, Gondebaud, qui l’expulsa, ou le menaça de mort. 

L’infortuné alla se réfugier à Clermont, auprès de l’évêque Sidoine Apollinaire (v. 21 août) ; ce dernier prophétisa que son successeur serait Aprunculus, ce qui arriva en effet, en 489. Aprunculus devenait maintenant le douzième évêque de Clermont.

Entre Langres et Clermont, Aprunculus eut un épiscopat de trente-cinq ans.

Il mourut en 491, ou le 4 janvier ou le 14 mai : le Martyrologe présente en effet cette anomalie, qu’il mentionne le même Aprunculus à ces deux dates et dans des termes à peu près similaires.

Par respect pour le livre du Martyrologe, on a aussi gardé ici les deux dates.

Saint Aprunculus de Clermont est donc commémoré le 4 janvier et le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gallus de Clermont

486-551

 

Gallus naquit vers 486 à Clermont, fils du sénateur Georgius et de Leocadia, une descendante d’un Martyr, Vetius Apagathus (v. Martyrs de Lyon en 177, 2 juin). C’était donc une famille bien en vue, et chrétienne depuis longtemps.

Dans sa jeunesse, il fit plusieurs fois à pied le pèlerinage au sanctuaire de s.Julien de Brioude (v. 28 août) ; un jour qu’une épine lui avait blessé le pied, il en fut guéri, dit-il, grâce à l’intercession du Martyr.

Quand Gallus fut en âge, son père lui prépara un mariage digne de son rang. Gallus, qui ne l’entendait pas de cette oreille, se fit accompagner par un des esclaves de la maison et courut au monastère de Cournon.

L’abbé cependant, prudent, lui fit comprendre qu’il fallait le consentement de son père ; ce dernier répondit de façon très chrétienne : Que la volonté de Dieu se fasse plutôt que la mienne (cf. Lc 22:42).

Gallus avait une fort belle voix, étudiait volontiers, et surtout vivait intensément la vie monastique.

L’évêque de Clermont, Quinctianus, le fit venir à Clermont, en raison de cette belle voix ; puis le roi Thierry 1er se l’attacha : Gallus se retrouva à Cologne.

C’est dans cette ville qu’eut lieu un événement fameux, où Gallus faillit être martyr de son zèle : des païens avaient organisé une orgie dans un temple païen ; Gallus y mit le feu. Les païens cherchèrent à le tuer, mais il se réfugia bien vite dans le palais royal, et le roi calma ses sujets. Plus tard, Gallus se reprocha : Malheur à moi qui ne suis pas resté pour finir ma vie dans cette affaire.

En 525, mourut l’évêque de Cologne, Abrunculus, pour la succession duquel les habitants demandèrent Gallus, mais Thierry 1er refusa. Or Gallus se trouvait alors à Clermont, au moment de la mort de Quinctianus, et c’est lui qui vint en porter l’annonce à Thierry 1er. Gallus, encore diacre, fut alors désigné pour succéder à Quinctianus : il fut ordonné prêtre, puis alla à Clermont où il fut sacré évêque.

Il faut remarquer ici un flottement dans les dates. On lit en effet que Gallus aurait été nommé évêque en 486 ou en 525, un intervalle de quarante années durant lesquelles beaucoup de choses pouvaient se passer. Or on remarque quatre noms d’évêques entre 486 (mort de s.Sidoine Apollinaire) et 525 (mort de s.Quinctianus), qui posent problème aux historiens ; pourtant, des quatre, Aprunculus est connu (v. 4 janvier et 14 mai), Eufrasius est signalé en 515, Apollinaire II seul est inconnu, Quinctianus enfin est bien réel (v. 13 novembre). Il semble que la date de 525-526 soit la meilleure.

Gallus fut donc le seizième, et non le douzième évêque de Clermont.

Le nouvel évêque brilla par sa douceur et son humilité.

Un de ses prêtres s’emporta un jour contre lui. Celui-ci se contenta d’aller prier, l’autre demanda pardon, et Gallus lui annonça qu’il ne serait jamais évêque : en effet, le prêtre fut choisi pour l’évêché du Gévaudan, mais ne fut jamais sacré.

Gallus assista à plusieurs conciles : Clermont (535), Orléans (541 et 549). 

Des miracles furent attestés. Un prêtre malade arriva à se faufiler et à entrer, tout simplement, dans le lit de Gallus, et s’en trouva guéri. Lors d’un grave incendie dans le centre de Clermont, Gallus avança vers le feu avec le livre de l’Evangile, et le feu s’éteignit. Lors d’une grave épidémie de peste qui couvrait toute la région d’Arles, il refit le pèlerinage à Saint-Julien de Brioude, organisa des prières publiques, et le fléau cessa.

Au printemps 551, Gallus tomba malade et perdit tous ses cheveux et sa barbe. Il distribua une dernière fois l’Eucharistie à son peuple, et mourut le dimanche avant l’Ascension, 14 mai 551.

On connaît tous ces détails grâce à s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre), qui fut le neveu de Gallus.

Saint Gallus de Clermont est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Carthage le Jeune

555-637

 

Celui que l’anglais moderne appelle Carthage, s’appelait en irlandais Mo Chutu mac Fínaill, aujourd’hui Mochuda ; il naquit vers 555 dans la région de Munster (Irlande) ; son père s’appelait Fínall Fíngein, sa mère Finmed.

Il fut élevé par Carthage l’Ancien, lui-même disciple de s. Kieran (v. 5 mars).

En 580, il se bâtit une cellule à Kiltallagh en vue d’y mener la vie d’ermite. Il alla passer aussi une année à l’abbaye de Bangor.

Plus tard, sur l’avis de s.Colman (v. 6 juin), il fonda le monastère de Rathin pour lequel il rédigea une Règle, un réel monument de l’écriture en vieil irlandais ; y vécurent plus de huit cents moines. On ne prenait jamais de viande : toute la nourriture consistait dans les fruits de la culture des moines.

Vers 636, Carthage dut quitter ce monastère qu’il avait dirigé pendant quarante ans, parce que le roi l’expulsa, peut-être à cause de cette interminable controverse de la date de Pâques. Carthage alla fonder un autre monastère avec une grande école à un endroit qui s’appelait Magh-Sgiath, l’actuelle Lismore ; la ville qui s’y développa devint le siège du nouvel évêché de Lismore, dont Carthage fut le premier évêque. Il y construisit la cathédrale.

Il venait d’achever cette cathédrale, lorsqu’il mourut, le 14 mai 637 (ou 638).

La réputation de la sainteté et des miracles de Carthage fit de Lismore une ville sainte, à moitié habitée par des moines. Cette ville prit le nom de Lismore Mochuda.

La Règle de Rathin fut un peu mitigée au 11e siècle, et le diocèse de Lismore fut réuni à celui de Waterford au 14e siècle.

Saint Carthage le Jeune est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Erembert de Toulouse

† fin 7e siècle

 

Aucune date n’est certaine dans la vie de ce personnage édifiant.

Erembert naquit à Villiolicourt (Le Pecq, Pincerais, actuelles Yvelines), son frère s’appelant Gamard.

L’année de sa naissance se situe soit sous le règne de Dagobert Ier (629-639), soit sous celui de Clovis II (639-657).

Il entra à l’abbaye de Fontenelle, durant l’abbatiat de s.Wandrille, qui dura de 649 à 668 (v. 22 juillet).

Il fut nommé évêque de Toulouse sous le roi Clotaire III et la reine Bathilde, donc entre 657 (avènement de Clotaire III) et 664 (retrait de Bathilde à l’abbaye de Chelles).

Un des miracles retentissants d’Erembert fut que, lors d’un déplacement chez son frère à Villiolicourt, il arrêta d’un geste un immense incendie.

Peu après, il se retira à l’abbaye de Fontenelle, sous le nouvel abbé, Lambert, qui gouverna cette abbaye entre 666 et 678.

Erembert y mourut saintement.

Son frère Gamard entra à son tour à l’abbaye de Fontenelle, ainsi que ses deux fils, Namnacus et Zachée.

Saint Erembert de Toulouse est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gil de Vaozela

1184-1265

 

Gil était le troisième fils de Rui Pais de Valadares, gouverneur de Coimbra sous le règne de Sancho Ier de Portugal. Destiné à l’état ecclésiastique, il étudia à l’université de Coimbra, s’y distingua par ses talents et ses aptitudes précoces pour les sciences. Il fut donc pourvu de gros bénéfices même avant son entrée dans les ordres.

Passionné par les sciences profanes, il négligea le chœur, confia l’abbaye à son prieur et s’en fut étudier à Paris.

En route, il fut accosté par un inconnu qui lui proposa de lui enseigner l’alchimie, science qui lui procurerait tous les plaisirs et tous les honneurs de la terre. L’inconnu était Satan en personne, qui lui fit signer avec son sang une cédule ainsi rédigée : Je renonce au titre d’enfant de Dieu et je me soustrais à ses lois ; je renonce à ma foi et renie les vœux de mon baptême pour devenir l’esclave dévoué de Satan qui en retour me fera avoir les plaisirs et honneurs terrestres.

L’apprentissage de la science diabolique dura sept années, au terme desquelles Gil, parvenu à Paris où il fut encore plus brillant qu’à Coimbra, finit par rentrer en lui-même et désira changer de vie.

Il invoqua la Sainte Vierge ; rentré en Espagne, il rencontra la prieur du nouveau couvent dominicain à Palencia, auquel il se confessa et exprima le désir d’embrasser là la vie religieuse, dans l’obscurité, l’humilité et la pénitence. Pour la vérité historique, il semble qu’il eût déjà fait connaissance de l’ordre dominicain à Paris.

La conversion de Gil fut très sincère. Il s’efforça de surpasser tous les confrères par son ardeur au travail, par une prompte obéissance et un silence rigoureux. Il expia ainsi par une rude pénitence tous les péchés qu’il avait commis.

Il fit profession en 1221, fut provincial d’Espagne de 1234 à 1245, enfin envoyé au couvent de Santarém (alors Scallabis) en Portugal, où il devait finir ses jours.

Ce ne fut pas sans épreuves. Satan le poursuivait, cherchant à le pousser au désespoir en lui rappelant l’horrible donation de son âme faite par écrit. Gil pria Marie : après sept ans d’austères pénitences, il obtint que Marie arrachât à Satan la fameuse cédule. Enfin Gil fut en paix.

Il fut employé avec grand succès au ministère des âmes : il était merveilleusement doué pour toucher les pécheurs endurcis.

Réélu provincial en 1257, il préféra abdiquer en raison de son grand âge et passa ses dernières années à Santarém, favorisé du don des extases et des prophéties.

Gil mourut en la fête de l’Ascension, le 14 mai 1265, jour auquel il est inscrit au Martyrologe Romain.

Il a été béatifié en 1748.

 

 

Julian de Norwich

1342-1416

 

Les dates de Julian, 1342-1416, sont approximatives. 

Toute sa vie se déroula à Norwich (Norfolk, Angleterre).

Recluse dès l’âge de treize ans, elle avait seulement une servante, et laissait entrer quelques visites.

Julian de Norwich est une âme mystique dont on connaît seulement une série de visions qu’elle dicta en 1373.

Elle contempla les souffrances du Christ et la bonté de Dieu : Je vis Notre-Seigneur Jésus languir sur sa Croix pendant longtemps, car sa divinité donna à son humanité la force de souffrir plus que tous les hommes ne le pourraient… Et ce fut pour les péchés de chaque homme qu’il souffrit ; et il vit les douleurs et les chagrins de chacun ; et, par bonté comme par amour, il les partagea.

Prudente, l’Eglise ne s’est pas prononcée sur ces visions, et n’a pas béatifié Julian.

La date elle-même du 14 mai est conjecturale.

Jeong Bok-hye Candida

? -1801

 

Jeong Bok-hye Candida est une laïque coréenne née non loin de Seoul (Corée S).

Elle fut décapitée à Seoul le 14 mai 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Jeong Cheol-sang Carolus

? -1801

 

Jeong Cheol-sang Carolus est un laïc coréen né à Gwangju (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Jeong In-hyeok Thaddeus

? -1801

 

Jeong In-hyeok Thaddeus est un laïc coréen né à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Yun Un-hye Lucia

? -1801

 

Yun Un-hye Lucia est une laïque coréenne, mariée, née au Gyeonggi-do (Corée S).

Elle fut décapitée à Seoul le 14 mai 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Choe Pil-je Petrus

1770-1801

 

Choe Pil-je Petrus est un laïc coréen né en 1770 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Anne-Thérèse Guérin

1798-1856

 

Née le 2 octobre 1798 à Etables-sur-Mer (Côtes-d’Armor), Anne-Thérèse était l’une des quatre enfants de Laurent Guérin et Isabelle Lefèvre. De ces quatre enfants, deux seulement vivront : Anne-Thérèse et Marie-Jeanne ; l’aîné, Jean-Laurent mourut à deux ans et demi, le cadet à quatre ans et demi.

A cette époque, les horreurs de la Révolution n’étaient pas encore éteintes. Les prêtres et les religieux étaient encore poursuivis, les lieux de culte fermés. Un cousin séminariste vint se cacher chez les parents d’Anne-Thérèse : c’est ce cousin qui lui donna de si bons enseignements sur l’Ecriture Sainte et la Théologie.

Monsieur Guérin devint officier de la Marine sous Napoléon Bonaparte. Il était donc souvent absent, laissant toute la maison aux soins de sa fidèle épouse.

Anne-Thérèse reçut la Première Communion à dix ans, et confia à cette occasion au curé son désir d’être religieuse.

A quinze ans, elle fut orpheline de son père, abattu par des brigands près de Toulon, alors qu’il revenait à Etables en permission. La maman en fut très affectée, et c’est Anne-Thérèse qui assuma toutes les tâches domestiques, au point qu’à vingt-cinq ans seulement elle put suivre sa vocation.

En 1823 donc, elle entra chez les Sœurs de la Providence à Ruillé-sur-Loir (Sarthe) et prit à cette occasion le nom de sœur Saint-Théodore. Elle avait connu ces Religieuses lorsque l’une d’elles était venue aider le curé dans son village.

Elle fit la première consécration en 1825, et les vœux perpétuels en 1831. Elle n’était pas obligée d’émettre ces vœux, mais elle demanda à les faire.

Enseignante à Preuilly-sur-Claise (Indre-et-Loire), elle attrapa ce qu’on pense avoir été la variole, et en resta marquée tout le reste de sa vie, devant observer une diète sévère et permanente.

Ensuite elle sera supérieure à Rennes, où elle fit un travail très fructueux dans ce quartier livré à l’ignorance et à la délinquance. Et quand elle reçut l’ordre de quitter Rennes, ce fut la stupéfaction générale. Elle fut nommée alors à Soulaines (Angers), où l’inspection académique lui décernera une médaille pour son enseignement. Elle y prit également des leçons auprès d’un pharmacien et d’un médecin, pour être encore plus efficace auprès des malades qu’elle visitait.

En 1840, confiante au vœu d’obéissance plus qu’en ses propres forces, elle accepta de partir en mission aux Etats-Unis avec cinq Consœurs : elle sera fondatrice et supérieure de la communauté à Saint-Mary-of-the-Woods (Indiana) où elle ouvrira la première école catholique de filles du diocèse, prenant décidément le contre-pied du courant anti-catholique du temps.  

Devant le succès de ce travail, la jalousie grandit. L’école fut même incendiée. 

Même l’évêque, qui l’avait reçue, ne l’aida pas très efficacement : le «local» qu’elle trouva pour s’installer consistait en une pièce et un grenier de fermier, en pleine forêt. Et il fallait apprendre l’anglais ! 

La persévérance de Mère Théodore porta beaucoup de fruits. D’autres maisons suivront. 

Autre épreuve : l’évêque voulait être le supérieur de toute ces maisons. Même, il crut bon, pendant un temps, de l’excommunier, parce qu’elle n’acceptait pas les changements de la règle qu’il lui proposait. Ce n’est que l’évêque suivant qui leva cette excommunication.

En même temps, elle fut nommée supérieure générale des Sœurs de la Providence en Amérique.

En toutes ses charges, Mère Saint-Théodore se montra exemplaire dans son enseignement, ses dons divers, son aptitude à organiser, à affronter les difficultés les plus variées avec foi et espérance. En plus, elle développa de réelles dispositions pour la médecine et la théologie.

C’est aux Etats-Unis qu’elle mourra, le 14 mai 1856. A cette date, il y avait déjà quinze maisons, avec quatre-vingts sœurs, douze novices et vingt postulantes.

Elle a été béatifiée en 1998, et canonisée en 2006.

 

 

Mixel Garikoitz

1797-1863

 

Faisons une petite incursion dans le vrai Pays Basque, là où les fidèles habitants conservèrent jalousement leur foi chrétienne et pacifique.

Dans l’été 1796, se marièrent Eñaut Garikoitz et Gaxina Etcheberry : leur premier enfant naquit le 15 avril 1797, à Ibarre (Iholdy, Bayonne, Pyrénées-Atlantiques), et reçut au baptême le prénom de Michel, Mixel en basque.

On n’a pas retrouvé trace de ce baptême dans le registre paroissial : un oubli certainement dû à la difficulté des temps révolutionnaires. Il n’y avait pas même de curé dans la paroisse à ce moment-là.

Cinq enfants suivirent Mixel : Joanes, Manex, Paulo, et les deux jumeaux Bernat et Maria ; Bernat ne vécut que quatre mois.

Enãut et Gaxina étaient de très modestes paysans. Dès qu’il fut en âge, Mixel garda les brebis. A la maison, il «célébrait» sur un coin de la table de cuisine, avec deux bouts de chandelles comme bougies et un tesson de pot cassé en guise d’encensoir.

A dix ans, il fut placé pour deux années comme domestique dans une maison. Sans grande instruction que les bons enseignements de sa maman et de sa grand-mère, il dut attendre quatorze ans pour recevoir la Première communion. Dès lors, il n’eut qu’un grand désir : devenir prêtre.

Pour payer ses études, les parents ne négligèrent rien, mais Mixel y mit du sien aussi par son ardeur à l’étude : il fut élève à Saint-Palais, puis à Bayonne, à Aire-sur-Adour et Larressore.

A Bayonne, Mixel rendait service au secrétaire de l’évêque en promenant son petit chien ; c’était sa seule sortie dehors, mais il avait toujours un livre à la main pour ne perdre aucun instant.

Au Petit séminaire d’Aire-sur-Adour, il fut condisciple d’Edouard Cestac (v. 27 mars). D’eux un autre confrère disait plus tard : Dieu m’avait donné un grand bonheur : à ma droite, j’avais saint Garikoitz, à ma gauche saint Cestac. 

Mixel reçut les Ordres mineurs et majeurs entre juin 1822 et décembre 1823.

Il fut d’abord vicaire à Cambo (qu’on écrit Kanbo en basque) pendant deux ans, puis directeur du séminaire de Bétharram à partir de 1825. Cette maison qui était dans un état cruel d’abandon spirituel, redevint une maison sainte grâce à la douceur persévérante de Mixel. 

En même temps, Mixel fut trente ans l’aumônier des Filles de la Croix, qui étaient plus de mille. Cette congrégation avait été fondée par sainte Jeanne-Elisabeth Bichier des Ages (v. 26 août), envers laquelle Mixel conserva toujours une humble et profonde reconnaissance pour les salutaires conseils qu’elle lui prodigua.

C’est à Bétharram qu’en 1841 il fonda la congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur, dont les établissements scolaires se multiplièrent sur place et jusqu’en Amérique du Sud, auprès des Basques émigrés.

Le père Mixel Garikoitz mourut, chargé de bonnes œuvres, le 14 mai 1863, au soir de l’Ascension.

Il fut proclamé bienheureux en 1923 et canonisé en 1947.

 

 

Maria Domenica Mazzarello

1837-1881

 

Née le 9 mai 1837 à Mornese (Alessandria, Piémont, Italie nord-ouest), Maria Domenica était l’aînée des sept enfants de Giuseppe et Maddalena Calcagno, d’humbles métayers.

En 1860, lors d’une épidémie, elle fut frappée par une grave tuberculose après avoir assisté des malades. Elle fut malade du 15 août au 7 octobre, mais en conserva des séquelles dans son physique et ne put retourner aux travaux des champs ; à cette période remonte une vision qu’elle eut, où elle se voyait entourée de nombreuses petites filles, et entendait une voix qui lui disait : Je te les confie. 

Elle apprit le métier de couturière et ouvrit avec une amie un atelier pour y former les jeunes filles, matériellement et spirituellement.

Ce fut le début d’une réelle petite communauté, appuyée par le bon curé du pays, qui en fit une Association des Filles de Marie Immaculée.

En 1864, saint Giovanni Bosco (v. 31 janvier) la rencontra et, en 1872, lui proposa son projet des Filles de Marie Auxiliatrice, la branche féminine de la congrégation salésienne. C’est ainsi que Maria Domenica et ses compagnes furent les premières Auxiliatrices de don Bosco.

Nommée supérieure, Maria Domenica se fit appeler Vicaire, car  la Supérieure, c’est Marie.

La maison-mère s’établit à Nizza Monferrato et c’est là que Maria Domenica y mourut, le 14 mai 1881, tout juste âgée de quarante-quatre ans.

Dans l’espace de ces dix années, l’institut féminin comptait déjà une trentaine de maisons - dont six en Amérique - et presque deux-cents Religieuses. 

La Fondatrice fut béatifiée en 1938. Le miracle, retenu pour cette proclamation, fut la guérison totale et durable, en 1916, d’une petite fille de quatre ans affectée de poliomyélite.

Maria Domenica Mazzarello fut ensuite canonisée en 1951.

Sa fête est au 14 mai.

 

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 23:00

13 MAI

 

II.

Ste Glycère, fille d’un fonctionnaire romain, martyre à Héraclée.

? S Christantien, martyr en Italie, fêté à Ascoli, invoqué contre l’orage et la grêle.

Ste Rastragène, martyre de la chasteté à Soissons.

S Moeldod (Mac Eingin), abbé en Irlande.

IV.

S Mocius (Mutius), prêtre martyr à Byzance.

S Marcellien, deuxième évêque à Auxerre.

S Onésime, évêque à Soissons.

S Servais, évêque à Tongres ; la neige ne tombait jamais sur son tombeau, et il n’eut de successeur qu’un siècle plus tard.

VI.

S Jean le Silentiaire, évêque à Colonia, puis retiré à Jérusalem, mort à cent-quatre ans ; il savait garder le silence pendant des périodes entières.

Stes Agnès, abbesse à Poitiers, et Disciole, une de ses religieuses et nièce de s. Sauve.

S Flavius, évêque à Châlon-sur-Saône, après avoir été chancelier du roi s. Gontran.

VII.

S Pausicaque, médecin devenu évêque à Synnade.

VIII.

S Natalis, évêque à Milan.

Ste Rolende (Rollande), fille de prince, morte à Villiers-la-Poterie, où elle est invoquée contre la gravelle et les coliques ( XI.?).

XV.

Ste Gemma, bergère enlevée par le comte de Celano ; elle le convertit et vécut là en recluse.

Bse Maddalena Albrici, abbesse augustine à Brunate.

XVIII.

Bx Martyrs cisterciens de Casamari, béatifiés en 2021 : les deux prêtres Ignace (Siméon) Cardon et Jan Chrysostom Zavřel (Domenico Maria), le clerc Albertin-Marie Maisonade, les convers Modeste-Marie Burgen, Mathurin-Marie Pitri et Zosimo Maria Brambat ; ce dernier expira trois jours plus tard. 

XIX.

S André-Hubert Fournet, prêtre dans la Vienne, d’abord curé “tranquille” puis très zélé pendant la Révolution, parfois au péril de sa vie ; fondateur, avec la bse Elisabeth Bichier des Ages, de la congrégation des Filles de la Croix, pour l'enseignement et les soins des malades.

XX.

Apparition de Notre Dame à Fatima (1917).

B Joan Montpeó Masip (1918-1938), séminariste espagnol martyrisé près de Tarragona, béatifié en 2013.

Servais de Tongres

† 384

 

Des récits qui ressemblent à des contes fabuleux font de Servais un Arménien, d’une famille descendant de sainte Anne. Un ange - tout simplement - l’aurait transporté à Tongres (actuelle Belgique), tout en lui enseignant aussi les langues nécessaires à la prédication.

Le fait est que Servais se trouva être, au 3e siècle, le premier évêque de Tongres.

En 346, au concile de Cologne, Servais est un des co-signataires de la condamnation de l’évêque de cette ville, tombé dans l’erreur arienne. L’illustre évêque d’Alexandrie s’y trouvait aussi, Athanase, après son exil à Trèves entre 336 et 338.

En 347, à Sardique, Servais est encore présent pour confirmer le concile de Nicée.

En 359, Servais participa au concile de Rimini, où il ne craignit pas les menaces de toutes sortes des ennemis de la foi. Fatigué, il fut circonvenu par les ariens qui obtinrent un moment sa signature au bas d’une déclaration de foi frauduleuse. Il n’en ressortit que plus acharné contre l’erreur arienne.

Servais fut aussi envoyé en conciliateur entre les deux empereurs Magnence et Constance, mais sans succès.

L’évêque de Tongres connut d’avance les ravages des Huns et chercha par tous les moyens à en prévenir les chrétiens, s’offrant en sacrifice pour protéger le peuple du danger.

Il fit enfin le pèlerinage à Rome pour implorer la protection divine sur les villes de Tongres et de Metz : il y eut une apparition de saint Pierre, qui lui annonça cependant que Metz serait sauvée, par l’intercession de saint Etienne (premier évêque à Metz), mais que lui, Servais, ne verrait pas les maux qui s’abattraient sur son pays, qu’il devait vite regagner Tongres pour y préparer sa sépulture et se réfugier à Maëstricht pour attendre la volonté de Dieu. En même temps, saint Pierre lui aurait remis une clef en argent, confectionnée par les anges, qui aurait ensuite opéré beaucoup de miracles.

Au retour d’Italie, Servais fut un moment arrêté par les Huns en Italie, leur échappa, parvint dans les Vosges où il fit jaillir une source, avant de regagner son diocèse de Tongres.

Ses fidèles furent atterrés d’apprendre le sort qui les attendait, et la prochaine fin de leur évêque.

Servais connut le jour et l’heure de son trépas. Il mourut le 13 mai 384.

Le jour de ses obsèques, tous les malades présents furent guéris.

On remarqua que, lors des chutes de neige, son tombeau n’en était jamais recouvert, jusqu’à la construction d’une grande basilique en son honneur. 

Saint Servais fut honoré dans toute la Gaule et la Germanie. Plus tard, il fut proclamé spécial protecteur des Dominicains.

 

 

Agnès de Poitiers

† 588

 

Agnès grandit à la cour de sainte Radegonde, ce qui laisserait supposer qu’elle était une orpheline recueillie par la pieuse reine.

Quand celle-ci se fut retirée de la cour et consacrée à Dieu dans son monastère de Poitiers, elle voulut qu’Agnès fût placée à la tête des religieuses : la communauté nomma Agnès pour abbesse, qui reçut la bénédiction des mains de s.Germain de Paris (v. 28 mai).

On y observait la Règle donnée par s.Césaire d’Arles (v. 27 août).

La jeune abbesse gouverna avec grande sagesse ce monastère qui compta jusqu’à deux-cents moniales. S. Venance Fortunat (v. 14 décembre) en fait de vibrants éloges.

Agnès mourut le 13 mai 588, neuf mois après sainte Radegonde.

Sainte Agnès de Poitiers  est commémorée le 13 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Gemma de Goriano Sicoli

1372-1426

 

Cette Pierre précieuse (Gemma) était née vers 1372 d’une famille pauvre de San Sebastiano dei Marsi (L’Aquila, Abruzzes, Italie C), qui déménagèrent à Goriano Sicoli.

Durant une épidémie, Gemma devint orpheline et garda les troupeaux pour survivre.

La beauté de ses vertus se reflétait dans la beauté de ses jeunes traits, qui suscitèrent dans le cœur du Comte de Celano, Ruggeri, des sentiments peu honnêtes.

L’épisode se déroula en 1384, alors que Gemma avait douze ans. Le Comte s’approcha d’elle pour lui parler ; une autre version affirme qu’il la fit enlever ; la petite bergère cependant, forte de son amour pour Dieu, sut lui répondre de façon suffisamment convainquante pour que l’homme se sentît honteux de sa démarche.

Gemma alors le pria de lui construire une petite cellule en face de l’entrée de l’église, d’où elle pouvait apercevoir l’autel où l’on célébrait le Saint Sacrifice.

C’est là qu’elle vécut désormais jusqu’à la fin de ses jours, soit pendant un peu plus de quarante ans, dans la pénitence et la prière. 

La sainteté de Gemma fit accourir beaucoup de gens qui voulaient confier leurs intentions et demander des conseils à la Bergère, et qui en revenaient soulagés. 

Gemma vécut là pendant une quarantaine d’années, et s’éteignit le 13 mai 1426 (ou 1439 ?), jour où la commémore le Martyrologe. 

Après de nombreux miracles, le culte de la bienheureuse Gemma fut reconnu en 1890.

 

 

Maddalena Albrici

1415-1465

 

Maddalena était née vers 1415 à Côme (Italie N) de Nicola, un magistrat de la ville, qui eut aussi trois fils : Pietrolo, Zanino, Guasparino.

Encore toute jeune, elle fut vivement frappée par la misère à laquelle était réduite la population à la suite d’une grave famine. Un jour, elle prit la réserve de haricots de son père et alla la distribuer dans la rue ; à son retour, le papa lui dit que ces haricots étaient déjà promis, et qu’il fallait absolument les livrer ; Maddalena se mit à prier : la caisse se retrouva pleine à l’instant.

Après la mort de ses parents, M. alla prendre l’habit dans un monastère proche de Côme, mais une voix intérieure la dirigea vers la monastère Saint-André à Brunate, où vivaient des moniales sous la règle de Saint-Augustin. Cette règle l’enchantait et elle la fit connaître au point que beaucoup de novices se présentèrent et plusieurs autres couvents se rallièrent à l’Ordre. L’ordre augustinien admit la communauté de Brunate dans son giron en 1455.

Les Religieuses y vivaient parfois dans une extrême pauvreté. Maddalena eut l’occasion de montrer sa grande confiance en Dieu : un jour, la portière apporta un excellent pain qui fut déposé à l’accueil juste au moment du repas ; une autre fois, elle obtint de faire mûrir instantanément des cerises dans le jardin, dans un moment où les Religieuses souffraient terriblement de la soif.

D’autres miracles illustrèrent la sainteté de Maddalena et beaucoup de conversions eurent lieu.

Ses dernières années, Maddalena fut affligée d’une longue et pénible maladie, qu’elle supporta avec une patience exemplaire ; elle mourut le 12 mai 1465, pleines de mérites, qui furent couronnés en 1907, quand son culte fut reconnu.

Le Martyrologe la commémore le 13 mai.

 

 

Martyrs de Casamari

1799

 

L’abbaye cistercienne de Casamari se trouve à Veroli (Frosinone, Latium, Italie C).

En 1811, les troupes napoléoniennes s’emparèrent des bâtiments de l’abbaye ; dans leur élan dévastateur, ils s’apprêtaient à profaner les ornements liturgiques, les vases sacrés, le Saint Sacrement, que six moines tentèrent de protéger en s’interposant. Ils furent impitoyablement massacrés.

C’était le 13 mai 1799.

En voici les noms (v. plus bas une petite notice sur chacun d'eux) :

  • Ignace (Siméon) Cardon
  • Jan Chrysostom (Domenico Maria) Zavřel
  • Albertin-Marie Maisonade
  • Modeste-Marie Burgen
  • Mathurin-Marie Pitri
  • Zosimo Maria Brambat

 

Les Six Martyrs de Casamari seront béatifiés en 2021, et inscrits au Martyrologe le 13 mai.

 

 

 

Ignace Cardon

1759-1799

 

On lira avec fruit la notice Casamari (Martyrs de)

 

Ignace Alexandre Joseph Cardon naquit le 13 mars 1759 à Cambrai (Nord).

Entré chez les Bénédictins à Meaux, il fit la profession en 1782 et prit le nom de Siméon, sous lequel il est mieux connu.

Ayant publiquement refusé d’adhérer à la Constitution Civile du Clergé, il quitta la France en 1795 pour se réfugier à Casamari.

En 1798, il en deviendra le prieur.

On a retenu de lui sa sainteté de vie et sa charité à l’égard des malades.

Lors de l’irruption des soldats français en déroute, le 13 mai 1799, il commença par les accueillir en leur offrant à manger et à boire puis, devant leur furie, alla se cacher dans le jardin ; retournant en lui-même, il vint dans sa cellule, où les soldats le frappèrent à coups de sabre sur la tête, le bras et la cuisse, et le transpercèrent de deux coups de baïonette.

Blessé mortellement, il expira le lendemain.

Siméon Cardon sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe, avec ses Compagnons, le 13 mai.

 

 

Jan Chrysostom Zavřel

1725-1799

 

On lira avec fruit la notice Casamari (Martyrs de)

 

Jan Chrysostom Zavřel naquit en 1725 à Chodov (Prague, auj. République Tchèque).

D’abord dominicain dans son pays, en 1776 il entra à l’abbaye de Casamari, où il fit la profession religieuse en 1777, avec le nom religieux de Domenico Maria.

Il fut ordonné prêtre. On remarqua sa vie de prière et sa sagesse. Il était le maître des novices.

Lors du brutal assaut des soldats français en déroute, le 13 mai 1799,  il recueillit les saintes Hosties du tabernacle de l’église et de la chapelle de l’infirmerie, où il resta en adoration avec deux frères. Des soldats les surprirent là, et les frappèrent sans pitié. Le père Domenico reçut plusieurs coups d’épée sur la tête et sur le corps et tomba en murmurant Jésus Maria.

Domenico Maria Zavřel sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 13 mai.

 

 

 

Albertin-Marie Maisonade

?-1799

 

On lira avec fruit la notice Casamari (Martyrs de)

 

Albertin-Marie Maisonade naquit à Bordeaux.

En 1792, il entra à l’abbaye de Casamari et reçut l’habit en novembre ; l’année suivante, il émit la profession.

On remarqua chez ce jeune clerc sa particulière dévotion envers le Saint Sacrement.

Lors de l’irruption des soldats français au soir du 13 mai 1799, il était en adoration dans la chapelle de l’infirmerie, où il reçut deux coups de pistolet.

Albertin-Marie Maisonade sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 13 mai.

 

 

 

Modeste-Marie Burgen

?-1799

 

On lira avec fruit la notice Casamari (Martyrs de)

 

Modeste-Marie Burgen naquit à Bourgogne (auj.Bourgogne-Fresne, Marne).

Il était entré à l’abbaye bénédictine de Sept-Fonts, qu’il dut quitter lors de la Révolution française, et vint à Casamari en janvier 1796.

En 1797, il émit les premiers vœux, apparemment comme frère convers.

Au soir du 13 mai 1799, il fut frappé d’un coup d’arquebuse et achevé à coups de sabre.

Modeste-Marie Burgen sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 13 mai.

 

 

 

Mathurin-Marie Pitri

?-1799

 

On lira avec fruit la notice Casamari (Martyrs de)

 

Mathurin-Marie Pitri naquit à Fontainebleau. Son père était un des jardiniers du roi.

Il se trouva enrôlé contre son gré dans l’armée française et arriva ainsi en Italie.

En janvier 1799, à Veroli, il dut être hospitalisé pour une grave crise d’asthme. C’est alors qu’il eut l’opportunité de connaître le père Siméon Cardon et d’exprimer à ce dernier son désir de devenir cistercien, s’il guérissait.

Effectivement guéri trois jours plus tard, il fut accueilli dans l’abbaye de Casamari.

Au soir du 13 mai 1799, il fut mortellement blessé par un coup de fusil et se traîna dans sa cellule, où il expira. Sa vie conventuelle avait été très brève, mais il l’avait offerte totalement dans l’Amour de Dieu.

Mathurin-Marie Pitri sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 13 mai.

 

 

 

Zosimo Maria Brambat

?-1799

 

On lira avec fruit la notice Casamari (Martyrs de)

 

Zosimo Maria Brambat naquit à Milan.

En 1792, il entra à l’abbaye de Casamari.

Il porta d’abord l’habit des frères convers puis, en 1794, commença le noviciat. Il fit la première profession l’année suivante.

Lors de l’irruption des soldats français au soir du 13 mai 1799, il fut mortellement blessé et put se cacher. Quand les soldats furent partis, il se releva et voulut gagner le village proche de Boville Ernica, dans l’idée d’y demander le Sacrement des Malades (qu’on appelait alors l’Extrême-Onction) et le Viatique.

Il n’en eut certainement pas la force ; tous ses Compagnons étaient morts ; il mourut à son tour le 16 mai 1799.

Zosimo Maria Brambat sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe avec ses Compagnons le 13 mai.

 

 

André-Hubert Fournet

1752-1834

 

André-Hubert vit le jour le 6 décembre 1752 à Maillé (Poitiers, Haute-Vienne), avant-dernier des dix enfants d’une famille assez aisée et très chrétienne.

Il fut baptisé le 7 décembre.

La parenté comptait rien moins que quatre oncles prêtres, un autre Capucin et deux tantes Filles de Notre-Dame. Peut-être fut-ce cette abondance de vocations qui suscita d’abord chez l’adolescent un certain mépris de la vie consacrée : il écrivit en effet en guise d’ex libris : Ce livre appartient à André-Hubert Fournet, bon garçon qui ne veut être ni moine, ni prêtre. C’était une boutade, habituelle chez André-Hubert qui aimait bien la plaisanterie, mais le garçon cachait dans son cœur un tout autre désir.

Sa scolarité se passa à Chauvigny, puis au collège de Châtellerault, d’où il fugua, tant il avait en horreur ses études. Bien sûr, les parents le renvoyèrent, dûment admonesté.

Tant et si bien qu’il commença la carrière ecclésiastique à Poitiers ; il fut tonsuré en 1769 et reçut déjà un petit bénéfice.

Ceci ne l’intéressait pas ; il s’engagea dans l’armée, puis acheta un remplaçant, essaya d’être secrétaire, et échoua chez un de ses oncles, curé à Haims.

Cette nouvelle vie sobre et austère amena André-Hubert à se confesser vraiment, et il entra au Séminaire de Poitiers en 1774. Là, son application fut exemplaire et il fut ordonné prêtre en 1776.

Il fut nommé vicaire de son oncle à Haims, puis en 1779 à Maillé, avec un curé assez difficile de caractère. Bientôt, André-Hubert fut nommé curé pour succéder à son oncle, en 1783.

Il fut «bon prêtre», mais restait très mondain et faisait bonne chère. Jusqu’au jour où un mendiant se présenta chez lui à midi, au moment où il attendait des convives : comme le curé «n’avait rien», le mendiant explosa en lui reprochant sa table toute fumante. Qui sait si ce mendiant n’était pas quelque apparition céleste ?

De fait, le bon curé vendit ses meubles et son argenterie, se mit aux légumes, et changea son style de prédication. Son sacristain le lui fit remarquer avec satisfaction : avant, il prêchait si bien, que personne ne comprenait ; maintenant, tout le monde comprend.

A partir de 1791, il dut céder la paroisse à un prêtre assermenté et entra dans la clandestinité. Le Vendredi saint 1792, il fut arrêté avec une dizaine d’autres, qui s’étaient réunis pour prier ensemble l’office divin. Au cours du déplacement, l’abbé Fournet évita de justesse deux coups de baïonnette ; il n’en fut que légèrement blessé. Quand les prêtres furent libérés, ils entendirent sur leur chemin quelques apostrophes du genre : A l’eau ! à laquelle quelqu’un répondit : Voulez-vous gâter l’eau de la rivière en y jetant ce petit bonhomme ?

Peu après, deux gendarmes le repérèrent à nouveau. L’abbé étendit les bras devant une de ces croix plantée sur le bord de la route ; stupéfait, l’un des deux s’écria : Il faudrait être pire que Judas, et ils disparurent.

Par prudence, autant pour lui que surtout pour sa famille, il jugea opportun de quitter la France avec d’autres Confrères et gagna l’Espagne. Il fut assigné à une petite chapellenie à Los Arcos (Navarre). Il entreprit le pèlerinage de Compostelle, mais tomba malade et dut revenir au village, sur un âne qu’on lui avait vendu sans lui dire qu’il était aveugle… Il pensa entrer chez les Carmes, mais sans succès. Finalement en 1797, il regagna la France, passant la frontière de Béhobie, et retrouva Maillé, où un travail épuisant l’attendait pour célébrer baptêmes, mariages, sépultures pour toute une population qui n’avait pas confiance en son prêtre constitutionnel.

C’est ainsi que se présenta une certaine Demoiselle Bichier des Ages (v. 26 août), qui allait, avec lui, donner naissance aux Filles de la Croix.

Désormais, il allait réserver le peu de santé qui lui restait à soutenir cette fondation. En 1820, il laissa la paroisse de Maillé, après trente-sept ans de présence, pour s’installer à quelques kilomètres de là, à La Puye, où se trouvait la maison des Religieuses.

Chaque jour, il leur tenait une petite conférence spirituelle, dont les thèmes prépondérants étaient Jésus au Calvaire et Marie au pied de la Croix.

Il continua cependant à aider le curé et d’autres prêtres des environs. Lors du concordat de 1804, son travail se trouva encore augmenté par la suppression de certaines paroisses, ou la vacance d’autres. Il suscita beaucoup de vocations sacerdotales.

Accablé de fatigue et d’années, mais fertile aussi en miracles (entre autres il multiplia une récolte de blé), il obtint de l’évêque un coadjuteur, l’abbé Taury, curé de Chauvigny.

André-Hubert Fournet célébra une dernière fois la Messe le 27 avril 1834, et mourut le 13 mai 1834.

Béatifié en 1926, il fut canonisé en 1933.

 

 

Joan Montpeó Masip

1918-1938

 

Joan était né le 31 octobre 1918 à Les Borges del Camp (Tarragona, Catalogne, Espagne), de Juan et Isabel.

Baptisé le 3 novembre suivant, il fut confirmé en 1930.

Ses parents apprécièrent sa constante obéissance envers eux, mais aussi envers les prêtres.

Il entendit l’appel de Dieu, mais sa santé n’était pas excellente, et les conditions économiques de la famille ne permettaient pas de payer la pension au séminaire. Aussi le garçon commença à étudier auprès du curé de la paroisse.

Ces études s’interrompaient de temps à autre lors des crises intermittentes de la maladie, que Joan supportait patiemment et qui, un beau jour, cessèrent de se manifester. Le prodige réjouit le jeune garçon, qui l’attribua à Notre-Dame de Lourdes. 

En été 1936, Joan se trouvait en compagnie des séminaristes de Tarragona, à La Seu d’Urgell, quand ils furent tous arrêtés, conduits à la prison de Lleida, où ils restèrent quelques semaines.

Successivement, on les transféra sur le bateau-prison du port de Tarragone, d’où furent libérés les plus jeunes.

Joan revint chez lui à Les Borges del Camp. Il priait et étudiait.

Le 9 mai 1938, des miliciens vinrent l’enlever pour le conduire à la prison de Riudecols, où les mauvais traitements, verbaux et physiques, ne lui furent pas épargnés.

Le 11 mai suivant, il fut interrogé.

Deux jours après, donc le 13 mai 1938 au soir, il fut assassiné non loin de la prison de Riudecols. Ses compagnons de prison entendirent les coups.

La date du 13 mai a été déduite de la notice diocésaine ; la date du 15 mai est donc probablement une erreur. 

En juillet de la même année, le corps du Martyr fut reconnu par le médecin légiste, qui déclara depuis avoir obtenu beaucoup de grâces par son intercession.

Joan, jeune séminariste de dix-neuf ans, a été béatifié en 2013.

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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 23:00

12 MAI

 

I.

Ss Nereus et Achilleus, deux frères romains, exilés pour leur foi dans l'île de Ponza avec Flavie Domitille dont ils étaient les officiers, et décapités sur la voie Ardéatine. 

Ste Flavie Domitille, nièce de Domitien ; ayant refusé d’épouser un païen, elle fut brûlée vive avec deux compagnes qu’elle avait converties ; probablement à assimiler avec celle mentionnée le 7 mai.

III.

S Cyrille, martyr à Axiopolis avec six autres compagnons.

IV.

S Pancratius, jeune garçon venu d’Orient avec son oncle, s.Denis (fêté le même jour), décapité à quatorze ans à Rome ; Denis fut baptisé par le pape, arrêté quelques jours après et mis en prison, où il mourut peu après. 

V.

S Epiphane, évêque à Salamine, érudit dans les langues et les Saintes Ecritures ; il est patron de l’île de Chypre, avec s.Barnabé.

S Philippe, prêtre venu de Thrace, apôtre de la Sicile ; il est invoqué pour la délivrance des énergumènes.

VI.

S Mondry, confesseur (évêque ?) à Célettes.

VII.

S Modoald, oncle de ste Gertrude de Nivelles, évêque à Trèves.

Ste Rictrude, fondatrice de l'abbaye de Marchiennes où elle fut abbesse quand elle fut veuve ; sa fille lui succéda.

VIII.

S Germain, évêque à Constantinople ; il reprit fermement l’empereur iconoclaste ; il dut abdiquer, presque centenaire.

XII.

S Domingo, ermite à La Calzada : l’autre ermite qui l’accueillit là et l’ordonna était le b.Grégoire, futur cardinal-évêque d’Ostie.

XIV.

Bse Maria Maddalena (Imelda) Lambertini, bolognaise, “Fleur de la sainte eucharistie”, morte à treize ans dans le monastère dominicain.

XV.

Bse Joana de Portugal, fille du roi Alfonso V, dominicaine, patronne de Aveiro.

XX.

B Ejëll Deda (1917-1948), prêtre albanais martyr, béatifié en 2016.

Bx Lucien Galan (1921-1968), prêtre français des Missions Etrangères, et Thomas Khampheuane Inthirath (1952-1968), martyrs au Laos, béatifiés en 2016.

Nérée et Achille

1er siècle

 

Il semble assez probable que Nereus et Achilleus aient été deux soldats des cohortes prétoriennes.

Avant leur conversion, ils ont pu avoir pris part aux sanglantes exécutions que les mauvais empereurs firent plus d’une fois accomplir par ce corps privilégié. Soldats distingués, ils avaient obtenu les décorations que les Romains décernaient au courage.

Un jour, la foi nouvelle toucha leur cœur, peut-être grâce à saint Pierre en personne.

Après leur baptême, nos deux soldats se retirèrent du service. Ils purent avoir été attachés à la maison de Domitille, ce qui expliquerait leur sépulture dans le cimetière des Flaviens chrétiens.

Ils ont pu aussi suivre leur maîtresse exilée sur l’île de Ponza, puis de là à Terracina où ils furent martyrisés, décapités.

Puis ils auraient été ensevelis à côté du tombeau de Petronilla, une autre convertie de saint Pierre.

Leur fête est traditionnellement célébrée le 12 mai.

 

 

Pancrace à Rome

† 304

 

Au temps des empereurs Valérien et Gallien, un jeune enfant nommé Pancratius, fils de Clédonius le Phrygien, perdit son père et fut placé sous la tutelle de l’un de ses oncles, nommé Denis.

Le tuteur, chrétien dans l’âme mais pas encore baptisé, prit un grand soin de son neveu : quand celui-ci eut atteint l’âge de quatorze ans, tous deux se rendirent à Rome, y furent instruits de la religion chrétienne, reçurent le baptême et conçurent le grand désir de verser leur sang pour Jésus-Christ. 

Denis mourut avant d’avoir obtenu ce bonheur : bientôt arrêté, peu après son baptême par le pape, il mourut en prison.

Arrêté lui aussi, Pancrace fut amené devant l’empereur Dioclétien qui fit tous ses efforts pour déterminer l’adolescent à sacrifier aux idoles. Au contraire, le jeune garçon eut le cran d’afficher devant l’empereur une attitude digne de la plus parfaite maturité : Je m’étonne, dit-il, que vous me commandiez d’avoir de l’estime pour vos dieux, alors que vous puniriez du dernier supplice des esclaves qui mèneraient une vie aussi dépravée.

Irrité d’une telle réponse, l’empereur ordonna de décapiter Pancrace. La sentence fut exécutée sur la voie Aurélienne, le 12 mai 304. Une sainte femme, nommée Octavie, emporta secrètement le corps du martyr et l’ensevelit sur cette même voie Aurélienne.

Il y a à Rome une église de Saint-Pancrace-hors-les-Murs. Cette église est mentionnée par saint Grégoire le Grand : ceux qui allaient faire quelque serment solennel en l’église de Saint-Pancrace, étaient visiblement punis de Dieu quand ils ne disaient pas la vérité : ils tombaient morts sur place, ou ils étaient possédés du démon qui les tourmentait à la vue de tout le monde. La même église est maintenant un titre cardinalice.

Le culte de saint Pancrace s’est très répandu. Rien qu’à Rome, plusieurs sanctuaires possèdent des reliques de lui : son chef à Saint-Jean-de-Latran, d’autres reliques à Saint-Clément ; ailleurs, d’autres villes ont de ces reliques : Albano, Bologne, Venise, Milan, Marseille, Tours, Saintes, Saint-Riquier, Saint-Malo… Au VIIe siècle, le pape Vitalien envoyait des reliques de saint Pancrace à Wandrille, abbé de Fontenelle, qui construisit une église sous son invocation ; le même pape en envoyait au roi Oswi en Angleterre : Saint-Pancrace-de-Cantorbury fut la première église consacrée à Dieu dans ce pays, après la conversion des Anglais par saint Augustin.

A Milan, le nom de Pancrazio a été altéré en Brancaccio ou Brancas. Mais aussi en France, où l’on trouve l’invocation à Blancat, Planchat, Planchais, Planchers, Branchais… autant d’altérations qui témoignent de la célébrité du Saint.

Notons enfin que saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais, qui sont fêtés successivement les 11, 12 et 13 mai, sont appelés les Saints de glace, parce que ces jours-là se vérifie régulièrement un phénomène atmosphérique de refroidissement, après lequel on peut vraiment espérer que les froids hivernaux et printanniers sont passés. 


Martyrs à Axiopolis
† 303

En 1947, on a retrouvé à Cernavodă (Bulgarie) une inscription en grec qui fut déchiffrée comme suit : Je loue Kyrillos, Kyndaias et Tasios.
Cernavodă s’est développée sur le site ancien d’Axiopolis, un port sur le Danube dans l’ancienne Scythie Mineure.
Le martyr Cyrillos est cité en maints manuscrits, avec des Compagnons.
Outre Kyndeas et Dasius déjà cités, on trouve aussi les noms de Zeno, Dion, Accakios et Crispus.
De tous ces Héros chrétiens, seul Dasius a une petite histoire.
Il était soldat dans l’armée romaine stationnée à Durosturum. Lors de la fête des Saturnales, en l’honneur du dieu païen Saturnus, on tirait au sort un soldat qui, durant trente jours, avait droit de faire tout ce qu’il voulait, même les choses les plus atroces ou immorales, et il devait être offert à Saturne au terme de ces trente jours, dépecé à l’épée.
Cette année-là, le sort tomba sur le chrétien Dasius. Il raisonna ainsi : mourir pour mourir, mieux vaut rejoindre le Christ victorieux dès maintenant. Il confessa sa foi, affirmant qu’il préférait être offert au Christ.   Mis en prison, il fut le lendemain interrogé par son général, Bassus, qui, ne pouvant amener Dasius à l’apostasie, le fit décapiter.
Saint Cyrille d’Axiopolis, avec six Compagnons, est commémoré le 12 mai dans le Martyrologe Romain.


Epiphane de Salamine
315-403

Epiphanios et sa sœur Callitrope furent élevés par leur pauvre mère, une veuve qui tissait des pièces de lin pour trouver un peu de quoi vivre. Ils habitaient Bezanduc, près d’Eleuthéropolis (Beth Guvrin, auj. Beth Jibrin, Israël).
Il se trouva qu’un Juif très riche s’intéressa au jeune Epiphanios, lui fit faire de bonnes études et lui promit sa fille en mariage. Celle-ci étant morte prématurément, le Juif constitua Epiphanios héritier de tous ses biens. Une variante de ces faits dit que le Juif en question, Tryphon, lui enseigna l’hébreu et la culture hébraïque, ce qui ne semble pas coïncider avec les propres affirmations d’Epiphane.
On ne sait dans quelles circonstances providentielles Epiphanios et Callitrope furent initiés au christianisme et baptisés.
Renouvelant le geste de s.Antoine (v. 17 janvier), Epiphane confia sa sœur à une pieuse tante nommée Véronique, se défit de tout son héritage et en donna le prix aux pauvres, se réservant seulement de quoi acheter des ouvrages utiles pour ses études : c’est ainsi qu’il apprit l’hébreu, le syriaque, l’égyptien et le grec, pour approndir le sens de l’Ecriture.
Il alla aussi trouver les solitaires des déserts de Palestine et d’Egypte, pour en recevoir d’utiles conseils. C’est ainsi qu’il fut formé à la vie cénobitique par s.Hilarion de Gaza (v. 21 octobre).
En 340, revenu dans son pays, il fut ordonné prêtre ; sa maison devint un monastère. Dans ce monastère, Epiphane sut mitiger certaines exigences assez habituelles chez les solitaires de l’époque : il permettait un peu de viande et de vin.
Un moine d’Egypte qu’il rencontra, lui fit cette prédiction étonnante, qu’il serait évêque de Chypre ; Epiphane était à mille lieues de songer à une telle mission, et chercha à y échapper : il s’embarqua - on ne sait pour quelle destination - mais le vent poussa le bateau précisément sur l’île de Chypre, où les évêques étaient en train de choisir le nouvel évêque de Salamine (la future Constantia, qui serait détruite par les Arabes en 647) : et voilà notre Epiphane désigné pour cette charge qu’il ne désirait pas (367).
Il dut s’incliner, mais n’abandonna pas son monastère d’Eleuthéropolis, ce qui suggère qu’il fit de nombreux voyages entre son diocèse et la Palestine.
L’évêque resta moine : son mode de vie était ascétique, et le resta pendant tout son épiscopat.
C’était l’époque de l’arianisme : Epiphane afficha un ferme attachement à la doctrine de Nicée : cette attitude, jointe au prestige qui lui conférait son immense érudition, en fit un des évêques les plus respectés et consultés de l’époque. Même un empereur comme Valens n’osa s’en prendre à lui. Epiphane aurait même réussi à ramener dans l’orthodoxie l’évêque arien d’Eleuthéropolis.
En 382, lors d’un synode à Rome, il alla loger chez s.Paula (v. 26 janvier), cette pieuse veuve qui rejoignit s.Jérôme (v. 30 septembre) à Bethléem. Mais dire qu’il fut présent auprès de Jérôme à sa mort est une grossière erreur, puisque Jérôme mourut dix-sept ans après Epiphane.
Dans son élan et son zèle, Epiphane prit parfois parti trop vite pour certains évêques douteux, et se trouva en opposition avec des maîtres tels que s.Basile de Césarée (v. 1
er janvier) et même s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre), qu’il refusa de rencontrer et qui lui annonça sa mort prochaine. En 402 en effet, Epiphane, presque nonagénaire, se rendit à Constantinople, où il se laissa manipuler contre Chrysostome, mais sembla reconnaître son erreur.
Il quitta rapidement la capitale mais n’eut pas le temps de rejoindre Salamine : il mourut durant la traversée, le 12 mai 403, âgé de quatre-vingt-huit ans, dont trente-six d’épiscopat.
D’Epiphane, on a conservé quelques œuvres : Anchoratus, exposé de la foi ; Panarion, trois livres au sujet de nombreux courants de pensée ; Traité des poids et mesures, explication de termes bibliques.
Les erreurs d’Epiphane n’étaient pas fondamentales. Il s’est laissé emporter par des courants, ou n’a pas toujours eu la lumière pour bien juger. Il reste cependant un moine exemplaire, un évêque zélé, et un Père de l’Eglise.
Saint Epiphanios de Salamine est commémoré le 12 mai dans le Martyrologe Romain.


Philippos d’Agira
5
e siècle

Philippos aurait été d’origine syrienne par son père, mais naquit en Thrace (Grèce NE), au 5e siècle.
Il était prêtre, mais on ne sait s’il fut ordonné dans son pays ou à Rome.
Il vint à Rome, en pèlerinage semble-t-il, et rencontra un pape de cette époque : un des treize qui gouvernèrent l’Eglise au 5
e siècle, presque tous saints, parmi lesquels s.Léon le Grand (v. 10 novembre). Ce pape, donc, l’orienta vers l’apostolat en Sicile, où Philippos se rendit sans tarder.
Son travail apostolique fut fécond et la majorité des habitants se convertirent.
On disait qu’il avait le pouvoir de chasser les démons, et on l’invoque encore dans cette intention.
Il mourut à Agyrium, aujourd’hui Agira.
Saint Philippos d’Agira est commémoré le 12 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Modoald de Trèves

584-656

 

Il n’est pas facile de se retrouver dans les méandres des familles de cette lointaine époque. Des documents incertains, d’autres mis en lumière récemment, aboutissent à des «vérités» qui s’accordent difficilement, quand elles ne s’excluent pas.

On donnait Modoald comme originaire d’Aquitaine, mais il semble être né à Metz, vers 584. Il avait trois sœurs : Guuza, Afra, Severa, et un frère : Basin. 

Une autre source affirmait cependant qu’il avait une autre sœur, Itta, épouse de Pépin de Landen, dont la fille, sainte Gertrude de Nivelles (v. 17 mars), se trouvait donc être sa nièce.

Autre fait non encore vraiment élucidé : les parents de Modoald auraient été Arnoaldus et Oda ; Arnoaldus aurait successivement été élevé à l’épiscopat pour le diocèse de Metz.

Elevé à la cour de Dagobert Ier, Modoald en devint ensuite le conseiller.

Entre 614 et 626, apparemment en 622, sa piété et sa science le firent choisir pour être évêque de Trèves.

Il fonda un grand nombre de monastères, tant pour les moines que pour les moniales. Parmi ces derniers, on note celui de Saint-Symphorien, sur les bords de la Moselle, dont l’abbesse fut la sœur de Modoald, Severa.

Modoald mourut vers 645 ou 656, un 12 mai.

Saint Modoald de Trèves est commémoré le 12 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rictrude de Marchiennes

613-688

 

On a pu lire le 5 mai quelques éléments de la famille de Rictrude, épouse d’Adalbaud, mère de quatre saints enfants : Mauront, Eusébie, Adalsinde et Clodoswinthe.

Rictrude était née en Périgord vers 613 et eut la rare fortune de grandir dans la foi chrétienne. Elle fut guidée par s.Amand (v. 6 février). Avec son époux Adalbaud, elle vécut dans le pays d’Ostrevent, où elle éleva très chrétiennement ses enfants, ouvrant la porte à tous ceux qui avaient besoin de sa générosité.

Sa grande épreuve fut l’assassinat de son mari (652), par les mains de parents qui n’acceptaient pas ce mariage. 

Pensant pouvoir se consacrer totalement à Dieu, elle attendit la majorité de tous ses enfants, en particulier de Mauront, qui fut bientôt admis à la cour du roi des Francs.

Rictrude avait fondé le monastère féminin de Marchiennes, à proximité de celui des moines. Elle s’apprêtait à s’y retirer et y rejoindre ses trois filles, lorsque le roi Clovis V vint proposer à Rictrude d’épouser un de ses leudes. Rictrude voulait réfléchir, et s.Amand lui suggéra de remettre à un peu plus tard son entrée au monastère. Le jour du mariage, elle «rusa» avec son mari : elle en obtint de pouvoir continuer de vivre comme elle le désirait et, s’imposant alors un voile noir sur la tête, pria à haute voix le Seigneur de l’aider à le conserver jusqu’à la fin de ses jours. Le pauvre époux fut bien dépité, le roi indigné sortit de la salle, l’atmosphère était tendue : c’est s.Amand qui s’interposa et réussit peu à peu à rétablir le calme.

Plus tard, Rictrude put enfin finir ses jours à Marchiennes, où elle fut abbesse. 

Elle mourut le 12 mai 688 et sa plus jeune fille lui succéda.

Sainte Rictrude de Marchiennes est commémorée le 12 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Domingo García de la Calzada

1019-1109

 

Domingo naquit en 1019 à Viloria de Rioja (Burgos, Espagne), de Ximeno García et Orodulce.

Après la mort de ses parents, il chercha à entrer chez les Bénédictins de Valvanera et chez ceux de San Millán de la Cogolla, mais il ne fut pas accepté.

Il se retira alors près d’Ayuela et mena une vie d’ermite, jusqu’en 1039.

A ce moment-là, il connut l’évêque Gregorio, envoyé peu auparavant par le pape à Calahorra où, par sa prière, il avait écarté une invasion de sauterelles qui dévastaient les régions de Navarre et de Rioja (v. 9 mai).

Gregorio ordonna prêtre Domingo, qui s’attacha à lui comme disciple. Ensemble, ils construisirent un pont en bois sur l’Oja, pour faciliter le passage des pèlerins de Compostelle.

Après la mort de Gregorio (1044), Domingo revint vers Ayuela, où il s’occupa à défricher les terres, et à ouvrir une route de pierre qui se substitua à l’ancienne voie romaine entre Logroño et Burgos ; c’est là l’origine du surnom qu’on lui donna : Domingo de la Route (de la Calzada).

Pour sécuriser la route des pèlerins, il refit en pierres le pont de bois qu’il avait construit avec Gregorio, édifia un hôpital avec un puits et une église, et où s’élève encore la Maison du Saint (Casa del Santo). Plus tard, le roi Alfonso VI de León, satisfait de toutes ces installations, lui en confia officiellement l’administration (1090).

A tous ces édifices s’ajouta alors un grande église, qu’il construisit avec l’aide de son nouveau disciple, Juan de Ortega, consacrée en 1106, et contre laquelle Domingo se prépara sa propre tombe.

L’endroit s’appelait alors Masburguete (ou Margubete) et fut plus tard appelé justement Santo Domingo de la Calzada. L’église devint cathédrale.

Domingo s’éteignit le 12 mai 1109, à quatre-vingt-dix ans, mais ses bienfaits ne cessèrent pas pour autant ; des miracles se produisirent à son tombeau, parmi lesquels quatre sont restés très célèbres :

- un chevalier français, possédé du diable, fut délivré ; 

- un pèlerin allemand, certain Bernhard, au 15e siècle, fut guéri d’une grave infection aux yeux ; 

- un normand aveugle recouvrit la vue durant la visite de la cathédrale ; 

- le très fameux miracle du coq et de la poule, dont le récit se trouve ci-après.

Il s’agissait d’une famille, père, mère et enfant, ce dernier, Hugo (Hugonell), âgé de dix-huit ans. Durant leur séjour à Santo Domingo sur le chemin de Compostelle, la jeune domestique s’amouracha du jeune homme et chercha à le convaincre. Mais comme celui-ci refusa, elle voulut se venger : elle dissimula dans son bagage un plat en argent et alla l’accuser de vol.

Au moment de leur départ, arriva l’officier de justice pour inspecter le bagage du garçon. Hugo fut accusé et condamné à mort. Quand il fut pendu, les parents ne pouvaient rien faire d’autre que de poursuivre leur route et aller prier saint Jacques à Compostelle. Mais au moment où ils quittaient leur pauvre fils encore pendu au gibet, celui-ci leur adressa la parole, les assurant qu’il était bien vivant, par l’intercession de Saint Domingo.

Stupéfaits, les parents allèrent trouver l’officier de justice, qui se trouvait à table, devant un chapon fumant et une délicieuse poule, qu’il allait entamer. Entendant le récit de ces gens qui le dérangeaient à un moment si important de sa journée, il les méprisa fortement, ajoutant (la phrase est restée célèbre) que votre fils est aussi vivant que ce coq et cette poule que j’allais manger avant que vous vinssiez me déranger. A ce moment-même, les deux bêtes se mirent à chanter allègrement.

Depuis ce moment, on élève dans une cage en haut du sanctuaire, un coq et une poule, en souvenir du miracle.

Pour qui aurait quelque doute à croire cette histoire, qu’on se réfère aussi au cas de saint Pedro Ermengol (v. 27 avril).

Saint Domingo est commémoré au Martyrologe le 12 mai. On l’a pris comme céleste patron des ingénieurs des ponts et chaussées.

 

 

Maria Maddalena Lambertini

1320-1333

 

Maria Maddalena naquit vers 1320 à Bologne, fille d’Egano Lambertini et de Castora Galluzzi.

Petite, elle aimait fabriquer de petits autels devant lesquels elle s’arrêtait en méditation silencieuse. Elle aimait beaucoup sainte Agnès de Rome (v. 21 janvier). Un profond désir grandit en elle avec les années : recevoir l’Eucharistie, que les enfants de cette époque ne recevaient guère avant douze ou quatorze ans.

Elle obtint toutefois de ses parents de fréquenter les dominicaines de Val di Pietra, qui recevaient des petites filles en ne leur imposant qu’une règle adaptée à leur jeune âge.

Maria Maddalena prit le nom de Imelda. On ne nous dit pas comment l’on fit ce choix.

Toujours est-il que la jeune sœur Imelda conservait toujours fermement dans son cœur le désir de recevoir Jésus-Hostie. La veille de la fête de l’Ascension, 12 mai 1333, elle se trouvait avec la communauté durant la Messe. Au moment de la communion, toute l’assemblée vit une hostie s’élever du ciboire du prêtre et se déplacer jusqu’au-dessus de la tête d’Imelda, ce que voyant, le prêtre n’eut plus qu’à s’approcher, prendre la sainte hostie, et la déposer sur les lèvres d’Imelda.

Rayonnante de joie, Imelda se prosterna en adoration : un moment après, les Religieuses voulurent la relever, mais elle était morte.

Elle reçut bien vite un culte particulier, qui fut confirmé en 1826. La cause de canonisation a été reprise au 20e siècle.

Le Martyrologe la mentionne le 12 mai.

La bienheureuse Imelda a été proclamée patronne des Premiers communiants en 1910, quand saint Pie X (v. 20 août) permit aux petits enfants de recevoir la Première communion dès «l’âge de raison» : à l’époque, on situait cet âge à sept ans, maintenant on aurait tendance à le retarder vers la dizaine d’années.

 

 

Joana de Portugal

1452-1490

 

Joana naquit le 6 février 1452 à Lisbonne (Portugal) du roi Alfonso V et d’Isabel de Coimbra.

Son frère étant mort prématurément, elle devenait l’héritière du trône, malgré son sexe féminin, et reçut le titre de Princesse de Portugal, qu’on ne lui retira jamais, même quand naquit son jeune frère, le futur roi Joaõ II de Portugal, qui fut alors l’héritier royal.

Quand Alfonso V partit en 1471 dans une expédition militaire à Tanger, c’est elle qui exerça la régence du royaume portugais.

Elle refusa toutes les propositions de mariage qu’on lui fit, parmi lesquelles celle du roi de France Charles VII (qui avait dix-huit ans de moins qu’elle), ou celle du roi d’Angleterre Richard III, veuf et de huit mois plus jeune qu’elle : elle sut par inspiration céleste que ce dernier mourrait bientôt à la guerre ; son père finit par céder, à condition que le frère de Joana fût d’accord lui aussi, mais celui-ci refusa.

Joana désirait intimement embrasser la vie conventuelle ; déjà à la cour, elle vivait dans la pensée continuelle des souffrances du Christ, dissimulant sous ses vêtements de cour les instruments de ses austérités, et passant de longues heures en prière pendant la nuit ; seules quelques dames de sa suite connaissaient ses habitudes.

Malgré l’attitude de son frère, elle commença à se détacher de la vie de la cour, distribuant ses propres biens, et allant habiter chez les Bernardines d’Ordivellas.

En 1475, elle finit par entrer au couvent des Dominicaines de Aveiro ; la famille s’opposait toujours à ce qu’elle fît les vœux et qu’elle renonçât à ses propriétés, mais Joana vécut comme une simple Religieuse, assumant les plus humbles tâches, dans une continuelle pénitence pour la conversion des pécheurs, priant et consacrant ses ressources pour le rachat des captifs d’Afrique. Par ailleurs, elle soutint son frère Joaõ tant qu’il fut sur le trône.

Ses derniers jours furent affligés par une fièvre très pénible qu’elle supporta avec une invincible patience. Il se peut qu’elle eût été empoisonnée lors d’un déplacement à la cour, par une femme d’Aveiro à laquelle Joana avait reproché sa vie scandaleuse.

Elle s’éteignit le 12 mai 1490 et fut béatifiée en 1693.

La ville d’Aveiro l’a proclamée sa patronne céleste.

Joana n’est pas restée dans les lignes du Martyrologe.

 

 

Ejëll Deda

1917-1948

 

Ejëll Deda naquit le 22 février 1917 à Shkodër (Albanie).

C’est à Ballabane, un quartier de cette ville, qu’il fréquenta l’école primaire ; puis il alla chez des Franciscains et au Séminaire Pontifical Albanais, avant d’être envoyé au séminaire de la Propagande à Rome.

Il reçut l’ordination sacerdotale en 1943 et fut nommé curé de Bushat, où les paroissiens l’apprécièrent unanimement.

Le 12 novembre 1947, la police du régime communiste l’arrêta à Rranxa de Bushat et l’enferma dans la prison de Shkodër.

Passé en jugement pour ses crimes (d’être catholique et prêtre actif), il fut condamné à dix années de prison.

S’il ne fut pas condamné à mort comme beaucoup de ses Confrères, il n’eut pas le temps de purger cette longue peine : il succomba aux tortures le 12 mai 1948 dans la prison de Shkodër

Ejëll Deda fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 12 mai.


Dedë Malaj
1917-1959

Dedë Malaj naquit le 16 novembre 1917 à Dushkul (Mali Shëngjinit, Lezhë, Albanie).
Après l’école et le collège, il étudia au Séminaire Pontifical Albanais de Shkodër, puis en Italie.
En 1942, il fut ordonné prêtre à Castel Gandolfo (Rome, Italie).
Revenu en Albanie, il exerça son ministère dans la région de Djaç.
Sous le régime de terreur communiste qui s’instaura à partir de 1944, il commit le crime gravissime de communiquer à l’étranger une liste de prêtres qui avaient été fusillés. Il fut donc arrêté, jugé et condamné à mort.
Durant son procès, dont il devinait très bien l’issue, il proclama haut et fort les injustices du gouvernement athée albanais. Il ajouta aussi : Je suis fier d’être fusillé en tant que prêtre catholique, pour l’Albanie et pour l’habit que je porte. Je demande pardon à tous ceux que j’ai pu offenser durant ce procès ou dans ce tribunal et je pardonne à ceux qui m’ont offensé.
Le 12 mai 1959, il fut abattu, sur les rives du lac de Shkodër.
Dedë Malaj fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 12 mai.

 

 

Lucien Galan

1921-1968

 

Lucien Eugène Galan naquit le 9 décembre 1921 au hameau de la Moissetie (Golinhac, Aveyron), dans une famille d’agriculteurs.

Après ses études secondaires au collège d’Espalion, il passa (1942) au Grand séminaire de Rodez et, de là, en 1946,  aux Missions Etrangères de Paris et fut ordonné prêtre (1948).

Le 15 décembre 1948, il partit pour le Sichuan (Chine), où il arriva en mars 1949.

Il se mit tout de suite à l’étude du chinois, puis partit en juillet pour Mulochaiku ; en juin 1950, il partit au Hiens-chang.

Mais la révolution chinoise était en cours. Pendant un certain temps, le père Galan put encore se déplacer sans difficulté, mais en novembre il fut mis en prison, accusé d’être en relations avec des «rebelles» ; transféré à Hweili, il fut libéré grâce à l’intervention d’un prêtre chinois, Jean Yi. Mais il restait accusé d’avoir accepté des fermages de métayers, et il dut s’engager à tout restituer.

En décembre 1950, tous les étrangers durent se faire recenser au bureau de police. Le père Galan fut bloqué à Hweili : ne pouvant rejoindre sa paroisse, il s’occupa du dispensaire. On l’expulsa bientôt vers Hong-Kong (janvier 1952).

De là, il partit en avril pour une nouvelle mission, au Laos. Arrivé à Thakhek, il se mit à l’étude du laotien et fut nommé à Nason, d’où il rayonna vers d’autres périphéries, malgré la présence de soldats viêtminh. L’apostolat était fécond, les demandes de baptêmes nombreuses. Le père Galan eut la joie de bénir la nouvelle église de Nason, construite en style local.

Le père Galan déplorait que le travail des Occidentaux se limitaient aux infrastructures visibles : routes, ponts, hôpitaux, écoles, toutes choses utiles ; mais le travail en profondeur, la formation des esprits, était seulement le résultat de la présence des missionnaires : On a matérialisé des peuples qui sont portés surtout vers le spirituel, écrivit-il.

De 1957 à 1958, il fut curé intérimaire de Paksé, puis vint en France de 1959 à 1960. En repartant, il répondait : Eh bien, si on me tue, je resterai auprès de mes chrétiens !

Revenu au Laos, il se trouva au milieu des factions, et fut souvent soupçonné des uns contre les autres. En 1962, il s’établit à Nong-Khen (Muong-Khrai), en zone limitrophe, pour pouvoir rejoindre les chrétiens des deux côtés de la frontière : il fut plusieurs fois arrêté, puis relâché. En 1964-1965, nouvelle destination à Nong Sim. En décembre 1967, il reçut la charge de deux villages, Nong Mot et Nong Lou.

Toutes ces localités occasionnaient au père Galan de nombreux déplacements. Le dimanche 12 mai 1968, il prit avec lui deux jeunes catéchistes à Paksé, dont Thomas Khampheuane Inthirath qui avait seize ans. On devait rejoindre Paksé dans l’après-midi.

Sur la route, ils tombèrent dans une embuscade ; des balles immobilisèrent la voiture et Thomas fut tué sur le coup ; l’autre, grièvement blessé et laissé pour mort, put ensuite témoigner des faits. Des soldats parlant viêtnamien vinrent arrêter le père Galan, déjà blessé, et le fusillèrent un peu plus loin (ou l’achevèrent à coups de poignard).

Quand on put récupérer son corps, il portait des blessures graves dans le dos, vers le cœur, à la mâchoire, à la main gauche, à la cuisse droite.

C’est donc le 12 mai 1968 qu’il reçut la palme du martyre à Houey Makchan (Paksé, Champasak, Laos).

On a pu expliquer que le père Galan fut exécuté parce que, fréquentant souvent cette route, il pouvait savoir trop de choses sur les soldats communistes ou ceux qu’on appelait rebelles.

Lucien Galan a été béatifié le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 12 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Thomas Khampheuane Inthirath

1952-1968

 

Ce martyr fait partie des 17 Martyrs du Laos.

Thomas Khampheuane Inthirath naquit en mai 1952 à Nong Sim (Champasak, Laos), longtemps désiré et attendu par ses pieux parents.

Son père, comme son grand-père, était le catéchiste du village et avait déjà connu la prison.

Thomas fut baptisé dans le vicariat apostolique de Pakse. On le connaissait pour son caractère pacifique et généreux. Simple, pur, ce garçon montrait tous les signes d’une probable vocation sacerdotale. Sa voie devait aboutir bientôt à la sainteté.

A quinze ans, il fut choisi par le père Lucien Galan pour entrer à l’école des catéchistes de Paksong, pour y recevoir une formation intellectuelle complète, y compris dans des matières plus théologiques comme la doctrine et la liturgie. C’était là un motif de grande joie pour le jeune adolescent.

L’année suivante cependant, le même père Galan revint à Paksong : il se dirigeait vers des villages éloignés pour leur apporter la Bonne Nouvelle, et avait besoin de deux compagnons. L’entreprise comportait des dangers, mais ces gens-là attendaient la visite du prêtre. Sans hésiter, deux étudiants se portèrent volontaires pour l’assister : Thomas et Khamdi.

L’expédition se passa bien. C’est au retour que la voiture fut prise en embuscade : le père Galan et Thomas furent abattus. C’était le 12 mai 1968 : peu de jours avant ou après, Thomas avait seize ans. 

C’était aussi le jour où l’on fête un autre jeune martyr du même âge, s.Pancrace.

Thomas reçut la palme du martyre à Houey Makchan (Paksong, Champasak, Laos).

On imagine la douleur des parents. Mais l’attitude du papa de Thomas fut à la hauteur d’un vrai disciple du Christ : il se dit fier que son fils ait donné sa vie pour sa Foi.

Thomas, comme le père Galan, a été béatifié le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 12 mai dans le Martyrologe Romain.

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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 23:00

11 MAI

 

II.

S Maiulus, martyr à Hadrumète, livré aux bêtes.

III.

Ste Estelle, martyre vénérée à Saintes.

S Anastase, décapité avec sa famille ; il s’était converti à la vue des tortures de s. Venant (cf. 18 mai).

S Mokios, prêtre à Amphipolis, décapité à Byzance.

IV.

S Anthimus, prêtre romain, précipité dans le Tibre, puis décapité ainsi que son ami s. Maxime (patron secondaire de l’abbaye de Altamura) et que ss. Bassus et Fabius.

Ss Sisinius, diacre, Dioclès et Florent, disciples de s. Anthime, venus d’Orient à Osimo, lapidés ; Sisinius est patron secondaire de Toffia.

S Evelle, officier de Néron, décapité comme s. Torpès, au martyre duquel il avait assisté.V.

S Udaut, noble romain, apôtre des Ostrogoths en Espagne, torturé par leur chef à Ax, dont il est patron secondaire.

S Mamert, évêque à Vienne, le premier qui préconisa les Litanies, trois jours avant l’Ascension, pour détourner des calamités imminentes. 

VIII.

S Gengulfus, martyr, très saint époux trahi par son épouse ; convaincue d’adultère mais impénitente, elle poussa son complice à l’assassiner.

XI.

S Mayeul, provençal, prêtre à Mâcon, abbé à Cluny pour seconder l'impotent abbé Aymard, mort en allant, sur la demande de Hugues Capet, réformer le monastère de Saint-Denis ; il avait refusé l’évêché de Besançon.

S Gautier, abbé au monastère de l’Esterp.

XIII.

S Illuminato, franciscain ou bénédictin à San Severino.

XIV.

B Gregorio Celli, augustin, chassé du couvent construit par les soins de sa mère, hébergé chez les franciscains de Rieti, mort à cent-dix-huit ans.

XVI.

Bx John Rochester et James Walworth, chartreux de Londres, pendus.

Bse Catarina de Cardona, napolitaine, appelée à la cour d’Espagne pour l’éducation du prince : n’en pouvant rien tirer, elle alla se cacher dans une grotte d’un monastère carme.

XVIII.

S Francesco de Geronimo, jésuite italien, envoyé en mission dans les Pouilles, puis comme prédicateur à Naples. 

S Vincenzo Peis Cadello (Ignazio de Láconi), capucin à Cagliari.

S Matthêu Lê Văn Gẫm, laïc marié martyr en Cochinchine, canonisé en 1988 et fêté avec ses Compagnons le 24 novembre. 

B Zefirino Namuncurà (1886-1905), jeune Argentin conquis par l'idéal de s.Giovanni Bosco, mort de tuberculose à Rome ; béatifié en 2007.

B Gjon Koda (1893-1947), prêtre albanais des Frères Mineurs Franciscains, martyr, béatifié en 2016.

B Vincent L’Hénoret (1921-1961), prêtre français des Oblats de Marie Immaculée, martyr au Laos, béatifié en 2016.

Maiulus d’Hadrumète

† fin 2e siècle

 

Maiulus est un martyr de la Bysacène (act. Tunisie) et fut condamné aux bêtes.

Son martyre eut lieu à Hadrumète (act. Sousse), à la fin du 2e siècle ou au début du 3e.

Saint Maiulus d’Hadrumète est commémoré le 11 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mokios d’Amphipolis

† 295

 

Mokios était un prêtre dans la ville d’Amphipolis (Macédoine NE, la ville a disparu).

Lors d’une fête en l’honneur du dieu Dionysios, Mokios exhorta les païens à renoncer aux idoles, et à se convertir à l’unique Seigneur.

Pour ce délit, Mokios fut déféré devant le gouverneur de Laodicée, et proclama sa foi. On ne comprend pas, ici, pourquoi ce transfert jusqu’à une ville si éloignée (Asie Mineure, act. Turquie O)

On voulut le conduire devant des idoles et le forcer à sacrifier : Mokios invoqua le Nom du Christ, et les idoles se brisèrent.

Il fut introduit dans un four brûlant, mais en sortit indemne, alors que le gouverneur fut atteint et brûlé par les flammes.

Soumis à d’autres tortures, Mokios fut jeté en pâture aux bêtes, qui l’épargnèrent et se couchèrent à ses pieds. Le peuple alors demandait la liberté pour Mokios, mais le gouverneur s’entêtait : il envoya Mokius à Perinthe (Thrace), puis à Byzance, pour y être exécuté.

Juste avant son exécution, il pria : Seigneur, reçois mon esprit dans la paix. Il fut décapité.

Saint Mokios d’Amphipolis est commémoré le 11 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anthimus de Rome

† 301

 

Anthimus était un prêtre du clergé de Rome.

Il était très actif et brillait par ses vertus et ses prédications. 

Il avait des disciples : le diacre Sisinius, Dioclès et Florent, originaires d’Orient, qui vinrent à Osimo, où ils convertirent le proconsul Faltonus Pinianus et furent hébergés chez lui. Ils furent lapidés par la populace.

On signalait aussi quelques-uns de ses amis : Maximus, Bassus et Fabius, qui furent torturés et décapités, à Rome.

Anthimus, avec quelques paysans, alla détruire le temple du dieu Silvanus. Il n’en fallait pas tant pour être condamné : il fut précipité dans le Tibre, d’où le tira un ange, puis décapité.

C’était durant la persécution de Dioclétien, donc au début du 4e siècle.

Ni les disciples, ni les amis d’Anthimus, dont il a été question, ne sont mentionnés dans le Martyrologe, sauf peut-être les deux Diocletianus et Florentius du 16 mai.

Saint Anthimus de Rome est commémoré le 11 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mamert de Vienne

† 475

 

Mamert eut un frère, Claudianus. Tous deux étaient fort cultivés.

Vers 462, Mamert fut le dix-huitième évêque de Vienne (Isère).

Il eut le malheur, qui sait pourquoi, d’ordonner un évêque en-dehors de sa juridiction, ce qui lui valut des remontrances du clergé, des avertissements sévères du pape Hilaire (v. 29 février), qui rappelait en même temps à tous les évêques des provinces Sud-Est de la Gaule, leur devoir de ne pas empiéter sur les territoires d’autres évêques, comme l’avait fait Mamert.

Mamert dut se soumettre sans discuter, car on ne signale pas d’autre «difficulté» dans son épiscopat, qui dura treize ans, environ.

Au contraire, Mamert fut extrêmement zélé pour consoler ses diocésains frappés par mille dangers. Outre les invasions barbares qui sévirent dans toute la Gaule, la région de Vienne subit des tremblements de terre, des irruptions d’ours et de sangliers. En plus, une nuit de Pâques, un incendie fallit dévorer toute la ville. Mamert se prosterna devant l’autel, on le vit prier et pleurer, et l’incendie cessa. S.Avit écrivit que cela tenait véritablement du miracle.

La population était terrorisée. Mamert consola, encouragea, prêcha la conversion et le repentir ; peut-être que la clémence de Dieu se manifesterait si on l’implorait avec de ferventes prières.  

C’est alors qu’il eut l’idée des Rogations : durant trois jours, le peuple et le clergé prieraient et chanteraient des psaumes, on jeûnerait, on se confesserait, et l’on implorerait de Dieu qu’il éloignât les intempéries, la grêle, la sécheresse, la peste, et tous les fléaux possibles, pour favoriser de bonnes récoltes et la paix dans la société.

Ces prières des Rogations, durant les trois jours qui précédaient l’Ascension, se répandirent bientôt dans toute la Gaule, et le pape Léon III (v. 12 juin) les étendit à toute l’Eglise. Aujourd’hui, elles ne sont plus de précepte, mais elles restent possibles et le Missel les mentionne.

Il est probable que Mamert prit part au concile d’Arles en 473 ; il mourut peu après, le 11 mai 475 ou 476.

Un mot sur le frère de Mamert, Claudianus. Il fut un génie de poésie, de philosophie, de théologie, en même temps qu’extrêmement modeste. Il écrivit notamment trois livres sur la Nature de l’âme et mourut vers 474.

Saint Mamert de Vienne est commémoré le 11 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gengulfus de Bourgogne

702-760

 

Gengulfus ou Gengulphus (on le connaît sous les noms de Gengou, Gengoulf, Gangolf), vécut au 8e siècle en Bourgogne. Il serait né en 702 à Varennes-sur-Amence (Langres, Haute-Marne).

Ses parents lui firent enseigner autant la piété que les lettres et Gengoulf devint un bon jeune homme d’une rare innocence.

Il s’engagea dans la voie militaire et combattit avec Pépin le Bref, participant aux efforts de celui-ci pour évangéliser les populations de Frise.

On ne peut dire s’il se maria du vivant de ses parents ou après la mort de ceux-ci. Vers 722 il épousa, peut-être pour suivre respectueusement leurs conseils, une certaine Ganea.

Or, de ses parents, riches propriétaires terriens, il hérita d’une immense fortune, qu’il administra avec une sagesse et une prudence consommées.

Son épouse alors dévoila le vrai fond de son âme, se montrant légère, coquette, mondaine. Non seulement elle se moquait ouvertement des aumônes que distribuait son pieux mari, mais elle le trompa effrontément.

Gengoulf patienta, hésita, finit par avertir Ganea et l’inviter à changer de conduite. Rien n’y fit. Il lui assigna une riche résidence pour qu’elle ne manquât de rien et se retira lui-même près d’Avallon dans une autre propriété. 

Gengoulf proposa à Ganea de plonger son bras dans l’eau d’une fontaine : si elle était vraiment innocente comme elle le prétendait, Dieu ferait que son bras resterait sain. La femme n’eut pas peur d’affronter un tel jugement, mais son bras devint comme atteint d’une lèpre douloureuse ; malgré le prodige, Ganea refusait de reconnaître son péché. 

Elle finit même par exciter son amant à assassiner Gengoulf. L’homme réussit à pénétrer chez Gengoulf à son lever et le frappa mortellement.

Des historiens supposent que toute cette histoire soit une pieuse légende. De fait, le Martyrologe ne mentionne ni la piété, ni le «martyre» de Gengoulf Mais la dévotion envers Gengoulf se diffusa largement et rapidement, jusqu’en Allemagne et en Suisse ; on invoque s.Gengoulf dans les situations matrimoniales difficiles.

Saint Gengulfus est commémoré le 11 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mayeul de Cluny

906-994

 

Mayeul naquit vers 906 (ou un peu plus tard), de Foucher, un très riche propriétaire de Valensolle (Avignon, Vaucluse).

Très tôt orphelin de ses parents, Mayeul se retira à Mâcon, chez un riche parent.

Sur les conseils de l’évêque, Mayeul embrassa l’état ecclésiastique ; il fut chanoine de la cathédrale, alla étudier à Lyon auprès d’un saint abbé et, rentré à Mâcon, fut ordonné diacre et nommé archidiacre. Il enseigna également aux clercs.

En 930, on lui proposa l’archevêché de Besançon, qu’il refusa fermement et, pour bien confirmer ses sentiments, alla frapper à l’abbaye de Cluny, où il prononça les vœux en 943 ; il devint bibliothécaire et apocrisiaire (représentant).

L’abbé de Cluny, Aymard, l’estima profondément pour ses vertus et ses qualités, au point que, devenu aveugle et infirme, il fit nommer en 948 Mayeul à sa place pour lui succéder, ce que Mayeul n’accepta qu’avec grande difficulté, tant il était humble et fuyait les premièrs places.

Voici un incident qui montra l’humilité de Mayeul. Un moine s’était laissé aller à déconsidérer le vieil abbé et presque à le mépriser. Aymard, qui s’en était aperçu, convoqua la communauté, invita Mayeul à «reprendre son rang», ce qu’il fit sans broncher ; puis Aymard, de nouveau investi de son rang d’abbé, punit sévèrement le moine fautif ; ensuite, il céda à nouveau sa place à Mayeul, qui la reprit avec soumission. 

A partir de 954, Mayeul exerça pleinement sa charge avec grande douceur, avec prudence et profonde efficacité ; il fut appelé à réformer beaucoup de monastères en toute l’Europe. Il avait la réputation du plus saint homme de son siècle, à quoi contribuèrent aussi les nombreux miracles qu’il opéra. Un aveugle fut guéri par sa prière, de même qu’un évêque qu’il rencontra en allant à Rome.

Au retour de ce même voyage (972), il fut retenu avec sa suite par des Sarrasins qui tenaient les cols des Alpes. Mayeul pria Notre-Dame de bien vouloir les délivrer à temps pour célébrer la prochaine fête de l’Assomption ; non seulement il fut délivré, mais plusieurs Sarrasins, frappés de sa bonté, demandèrent le baptême.

Il faut signaler que la prise et la libération de Mayeul par les Sarrasins fut l’occasion d’une guerre de libération de la Provence, dont les Sarrasins furent chassés après la bataille de Tourtour (973).

Mayeul eut aussi une action efficace sur la famille impériale ; en retour Othon II fit tous ses efforts pour appuyer, si c’était possible, l’élection de Mayeul sur le siège de Saint-Pierre en 974 (il s’agissait en effet, ces années-là, d’éloigner l’influente famille des Crescenzi de s’imposer à Rome). Peut-être que la papauté aurait gagné à avoir Mayeul pour réformer l’Eglise, mais l’Eglise a peut-être plus gagné par l’humilité et le désintéressement de Mayeul

C’est aussi pour cette grande réputation de sainteté qu’affluèrent les donations à l’abbaye de Cluny, dont les possessions territoriales s’étendirent sur quelque neuf-cents villages. Les vocations furent également si nombreuses que Mayeul fit édifier une nouvelle église, qui sera consacrée en 981.

Très savant lui-même, expert dans l’Ecriture, le droit et la philosophie, Mayeul développa énormément l’activité du scriptorium.

En 991, après quarante années d’abbatiat, Mayeul se choisit un successeur en la personne d’Odilon (v. 1er janvier). Ses forces déclinèrent beaucoup.

En 992, Hugues Capet, qui ne connaissait pas son état de santé, le supplia de venir réformer un monastère à Paris. Mayeul dit adieu à toute la communauté et se mit en route : il dut s’arrêter à Souvigny, où il mourut le 11 mai 994, âgé de quatre-vingt-huit ans (ou un peu moins, selon la date de sa naissance).

Dès 998, une bulle papale évoque la bienheureuse mémoire de saint Mayeul.

Saint Mayeul est commémoré le 11 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Gautier de l’Esterp

990-1070

 

Né vers 990 au château de Confolens (Charente), Gualterius, ou Gautier, reçut son éducation à l’abbaye du Dorat (Haute-Vienne).

Il grandit avec cette sainte maturité qui lui faisait fuir la colère et l’envie, la médisance et toute espère de rivalité. 

Devenu à son tour chanoine de cette même abbaye, il dut un jour la quitter, ayant encouru l’ire du brave abbé, en cherchant à adoucir la sévérité de celui-ci envers les bons chanoines.

Réfugié à Confolens, il fit un pèlerinage à Jérusalem. A son retour, Gautier fut bientôt appelé par d’autres chanoines, ceux de l’Esterp (Limoges), dont il dut accepter de devenir l’abbé.

Sa réputation était telle, que le pape lui concéda des pouvoirs particuliers pour absoudre les grands pécheurs. 

Vers 1063, il fut frappé de cécité, infirmité qu’il supporta avec grande patience.

Il reçut l’Onction des Malades peu avant sa mort. L’ayant reçue, il demanda à être déposé nu sur la cendre, expliquant que, comme un athlète oint de l’huile, il devait combattre nu son dernier combat, et il rendit son âme le 11 mai 1070.

Saint Gautier de l’Esterp est commémoré le 11 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Illuminato de San Severino

13e siècle

 

Illuminato fut un personnage très célèbre, dont on ne croyait guère connaître autre chose que son lieu de naissance, San Severino (Macerata, Marches, Italie CE).

Mais voilà que même cette localité est devenue douteuse, au profit de San Mariano.

En résumé, on ne peut pas même dire si Illuminato fut un moine bénédictin ou un religieux franciscain.

L’urne contenant son corps se trouve actuellement dans le monastère des Cisterciennes, dans la partie historique de San Severino, dite Le Château.

On lui attribue un culte très ancien, en raison de sa sainteté, des grâces obtenues et des miracles, et il est invoqué comme co-patron de la localité, où on le fête le 11 mai.

Evidemment, saint Illuminato ne se trouvera pas dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gregorio Celli

1225-1343

 

Gregorio Celli naquit en 1225 à Verucchio (Rimini, Italie CE).

Orphelin de père à trois ans, il frappa à quinze ans, en 1240, à la porte des Ermites de Saint-Augustin, présents dans son village, dont le couvent avait été fait construire par sa mère.

Dix ans plus tard, Gregorio était la fleur du couvent, exemplaire dans l’accomplissement de la Règle, fidèle dans tous ses engagements… au point qu’il était le reproche vivant des Religieux moins attachés que lui à la perfection évangélique. Le diable se mit de la partie et suscita une telle jalousie envers le pauvre Gregorio, qu’on lui rendit la vie impossible. 

On pourrait se demander comment réagirent les Supérieurs, comment ils laissèrent se développer une telle situation ; ils ne surent pas être à la hauteur du problème et fermèrent les yeux. 

Gregorio résolut de s’éloigner. Il quitta son village et trouva où se réfugier dans un vieil ermitage sur le mont Carnerio, près de Fonte Colombo (Rieti), ou bien chez les Franciscains du même endroit.

Si l’on calcule bien, il serait venu là en 1250 et y resta quatre-vingt treize années : il s’éteignit le 11 mai (ou le 23 octobre) 1343, âgé de cent dix-huit ans.

Le retour de ses cendres dans l’église de Verucchio aurait été dû à une intervention céleste.

La confirmation de son culte ainsi que la béatification furent proclamées en 1357, mais le document s’étant perdu, une nouvelle enquête eut lieu et le culte fut à nouveau confirmé en 1757.

Le bienheureux Gregorio Celli est invoqué dans les grandes calamités.

James Walworth

? -1537

 

On ne sait quand ni où James était  né.

Son nom de famille pourrait aussi être Wannert ou même Walwerke. Un Jacobus Walwerke signa le Serment de Succession de 1534.

James était un moine chartreux du couvent de Londres.

S’étant prononcé contre la suprématie du Roi sur l’Eglise, il fut arrêté et enfermé dans la chartreuse de St. Michael in Hull (Yorkshire). De là, il fut conduit à York, condamné à mort, et supplicié, avec son saint Confrère, John Rochester.

On les pendit avec des chaînes aux remparts de la ville jusqu’à ce que leurs corps tombèrent en morceaux.

C’était le 11 mai 1537.

Leur culte a été reconnu en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

John Rochester

1498 -1537

 

John était né vers 1498 à Terling (Essex, Angleterre), troisième fils de John et Grisold Writtle ; son frère, Robert, fut contrôleur des comptes.

C’était un moine chartreux du couvent de Londres.

S’étant prononcé contre la suprématie du Roi sur l’Eglise, il fut arrêté et enfermé dans la chartreuse de St. Michael in Hull (Yorkshire). De là, il fut conduit à York, condamné à mort, et supplicié, avec son saint Confrère, James Walworth.

On les pendit avec des chaînes aux remparts de la ville jusqu’à ce que leurs corps tombèrent en morceaux.

C’était le 11 mai 1537.

Leur culte a été reconnu en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Caterina de Cardona

1519-1577

 

Caterina vit le jour à Naples (ou à Barcelone) en 1519, fille du vice-roi de Naples, Raimondo de Cardona.

D’aucuns prétendent qu’elle était illégitime, de mère inconnue, à une date et en une localité non précisées. On sait seulement que Raimondo venait d’être nommé en 1519 Grand Amiral du royaume de Naples.

La petite fille fut confiée à treize ans aux Clarisses près de Naples en attendant le jour de son mariage : on l’avait déjà «fiancée» à un jeune homme, mais Caterina s’employa plutôt à amener celui-ci à s’unir à ses prières : ce jeune homme eut ainsi l’heur de bientôt mourir dans de saintes dispositions.

Caterina continua sa vie cloîtrée. En 1557, elle fut préconisée pour aller à la cour d’Espagne et s’occuper de l’éduction de Carlos, le fils du roi. Mais ne réussissant pas comme elle le désirait, elle quitta la cour et, en 1562, alla se cacher dans une grotte. C’est un berger qui la découvrit quatre ans plus tard et révéla sa cachette : on vint de toute la Mancia pour la voir, la consulter.

Sur son initiative fut fondé le couvent de Carmes près d’Albacete ; puis Caterina demanda aux Carmélites de l’accueillir pour échapper à la curiosité du monde et s’adonner librement à la prière et à la pénitence.

Il n’est pas certain qu’elle ait pris le voile des Carmélites ; elle se serait retirée dans une grotte dépendant du monastère carme, pendant plusieurs années encore. Sainte Thérèse d’Ávila (v. 15 octobre) en parlait comme ermite, femme d’admirable pénitence et perfection.

Quand Caterina mourut, le 11 mai 1577, tout le monde parla de la Bienheureuse Caterina de Cardona ; la même sainte Thérèse l’appella Sainte Mère Catherine.

La grotte où elle mourut,  aux Casas de Benítez, s’appela Grotte de Doña Catalina de Cardona.

Caterina (en espagnol Catalina) n’a pas été béatifiée et ne se trouve pas dans le Martyrologe. Si le peuple espagnol la fête le 12 mai, c’est que pendant longtemps le 11 mai était la fête des apôtres Philippe et Jacques (auj. 3 mai).

 

 

Francesco De Geronimo

1642-1716

 

Ce saint qu’on peut appeler extraordinaire naquit à Grottaglie (Taranto, Italie) de Giovanni Leonardo et de Gentilesca Gravina, le 17 septembre 1642, premier de onze enfants, dont trois seront ecclésiastiques.

On peut noter ici que le nom de famille “Geronimo” est aussi orthographié “Girolamo”, deux traductions possibles du latin Hieronymus, Jérôme.

La famille était assez aisée, mais surtout très chrétienne. On confia Francesco tout jeune à une congrégation locale vouée à l’enseignement et aux missions. Non seulement le garçonnet y fit déjà de bonnes études, mais il reçut la charge de sacristain et du catéchisme aux petits enfants.

A seize ans il reçut la tonsure puis alla fréquenter le séminaire de Taranto ; il compléta ses études en droit à Naples et fut ordonné prêtre en 1666.

Il fut préfet des jeunes étudiants au collège jésuite napolitain, et fut lui-même novice en 1670. 

Chargé de missions dans les Pouilles, il revint à Naples en 1674 pour y achever ses études théologiques, et fut nommé prédicateur à l’église des Jésuites : ses prédications dureront quarante ans.

Il aurait bien voulu partir pour les missions au Japon, mais les supérieurs lui répondirent que Naples serait “ses Indes et son Japon”, où les épines lui seraient comme un autre martyre.

Il était humble, doux et soumis au-delà de ce qu’on pouvait imaginer. Un jeune un jour le frappa au visage : il tendit l’autre joue. On lui interdit un jour de célébrer la Messe plus de trois fois par semaine, il se soumit, et cette obéissance reçut sa miraculeuse récompense : il reçut l’Eucharistie des mains de Jésus-Christ.

Sa prédication était convaincante, produisait des conversions éclatantes, et s’accompagnait de miracles, de prédictions multiples. Francesco s’en cachait en invoquant l’intercession de saint Cyr (Ciro, v. 31 janvier) , mais il fut trop souvent “pris en flagrant délit” de miracles pour que sa sainteté personnelle échappât à l’attention des témoins.

Francesco exerça son apostolat non seulement dans l’église des Jésuites de Naples, mais dans les régions alentour. Il convainquait les foules de se diriger vers l’église pour se confesser, il animait la “Communion générale du troisième dimanche du mois”, et eut une particulière attention à ramener dans le bon chemin les prostituées, qui furent nombreuses à se convertir.

Francesco alla aussi prêcher dans les monastères, les collèges de jeunes, les prisons, les galères : rien n’arrêtait son zèle au point qu’on pouvait parler de miracle à propos de ses nombreuses prédications, pour lesquelles plusieurs missionnaires y auraient passé la vie.

Francesco annonça lui-même sa mort prochaine, et le jour précis de celle-ci : 11 mai 1716.

Béatifié en 1806, canonisé en 1839, il est mentionné au Martyrologe ce même 11 mai, et est un des patrons de la ville de Naples. Son corps, longtemps conservé à Naples, fut transféré à Grottaglie, son pays natal.

 

 

Vincenzo Peis Cadello

1701-1781

 

Vincenzo naquit à Láconi (Oristano, Sardaigne) le 17 décembre 1701, deuxième des neuf enfants de Mattia Peis Cadello et d’Anna Maria Sanna Casu, d’humbles et fervents chrétiens.

Fervent à son tour, Vincenzo assistait à la Messe quotidienne, savait se mortifier, mais n’alla jamais à l’école. Il parlait tout juste le dialecte sarde, si l’on peut dire qu’il parlait, car il était très taciturne.

Jusqu’à sa vingtième année, il aida ses parents dans les travaux des champs. A dix-huit ans, il fut très malade et promit d’entrer chez les Capucins s’il guérissait ; guéri, il n’accomplit pas tout de suite sa promesse ; après une grave chute de cheval, il se souvint de son vœu, et demanda alors à être admis chez les Capucins de Cagliari (1721).

On hésita à l’accepter, à cause de sa maigreur (car un sujet de santé fragile pouvait coûter cher au monastère…), mais on l’admit sur l’intervention d’un pieux marquis (1721). Dans ce noviciat, il prit le nom de Fra Ignazio et fit la profession en 1722, comme Frère Convers.

Commença alors une longue vie de serviteur dans les couvents d’Iglesias, Sanluri, Domusnovas, Oristano, Quartu Sant’Elena, puis de nouveau à Cagliari, où il resta jusqu’à la mort.

Il travailla alors à l’élaboration du tissu pour confectionner les habits des Religieux. A partir de 1741 et pendant les quarante dernières années de sa longue vie, il fut quêteur, arpentant les rues et les ruelles de Cagliari, demandant ici et là un peu de soutien matériel pour les Religieux du couvent, tout en donnant aussi quelques conseils spirituels, promettant de prier pour telle intention : bientôt on lui attribuera des grâces célestes obtenues par sa prière, des réconciliations, des miracles…

Deux ans avant sa mort, il perdit la vue et fut déchargé de sa besogne quotidienne, mais pas de la prière, qu’il affectionnait particulièrement dans la méditation du rosaire.

Un précieux témoin de sa sainteté fut un pasteur protestant qui vivait dans cette région et qui le décrivit comme un saint vivant, parlant aussi de ses miracles.

Ignazio s’éteignit sereinement à Cagliari le 11 mai 1781.

Fra Ignazio de Láconi fut béatifié en 1940 et canonisé en 1951. A cette cérémonie de canonisation était présent un capucin de Cagliari, Nicola de Gesturi (voir Giovanni Medda, au 8 juin).

Ignazio de Láconi, qui était illettré, est considéré en Sardaigne comme le patron des étudiants.

 

 

Matthêu Lê Văn Gẫm

1813-1847

 

Matthêu était né vers 1813 à Gò Công (Biên Hòa, Vietnam), aîné de cinq garçons et une sœur, enfants de Paul Le Van Lai et Maria Nguyen Thi.

A quinze ans, il entra au séminaire de Lai Thieu, mais en ressortit très vite sur l’insistance des parents, pour les aider dans leur travail.

Vers vingt ans, il se maria. Il semble que, souvent absent de la maison pour son travail, il ait été tenté d’adultère, mais il se ressaisit et s’occupa essentiellement de ses quatre enfants. Mais sur les quatre, l’aîné et le dernier moururent de maladie, le deuxième mourut dans un incendie, le troisième mourut pour sa foi, brûlé en prison.

Fervent dans sa foi et son désir d’aider l’Eglise, il s’offrit spontanément pour transporter dans son bateau des missionnaires européens depuis Singapour et les introduire dans son pays.

Un premier voyage réussit fort bien. Mais au second, une chaloupe militaire le découvrit : se trouvaient à bord le vicaire apostolique, Mgr Lefebvre, un prêtre et un groupe de séminaristes ; ils avaient avec eux des objets pour le culte (calices, missels, encensoirs, ornements…). Matthêu pensait résister aux soldats, se battre et sauver les missionnaires, mais l’évêque le dissuada d’en venir aux mains.

C’était le 6 juin 1846.

Matthêu fut arrêté comme principal responsable, étant propriétaire et capitaine du bateau.

Mis en prison à Troi-Ya-Ma, il fut soumis à maintes tortures dans le but de le faire apostasier sa foi et révéler d’autres informations sur les missionnaires et leurs activités, mais le vaillant chrétien resta fidèle, refusa de marcher sur la croix et ne trahit pas.

Un prêtre put, déguisé, lui rendre visite, le confesser et lui donner l’Eucharistie.

Les mandarins le condamnèrent à mort et demandèrent la confirmation au roi. Celui-ci faisant attendre sa décision, les mandarins annulèrent la condamnation. Cependant, le roi changea d’avis après les incursions françaises, et donna l’ordre de procéder à l’exécution, sauf si l’homme apostasiait. Comme Matthêu persévérait toujours dans sa foi, après un an de prison, il fut décapité.

C’était le 11 mai 1847 à Chợ Đŭi (Dong Nai, Vietnam).

Il fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

Ceferino Namuncurá

1886-1905

 

Né le 26 août 1886 à Chimpay (Valle Medio, Rio Negro, Argentine), il était le sixième enfant de Manuel et Rosario Burgos. Manuel était un chef Mapuche.

Ceferino reçut le baptême à huit ans, d'un missionnaire salésien.

De l'enfance de Ceferino, on ne rapporte qu'un fait, non sans importance : Ceferino tomba un jour dans le Rio Negro ; s'il échappa à la noyade, il ne le dut qu'à une intervention surnaturelle.

Manuel Namuncurà, ayant été promu colonel de l'armée argentine, pensa envoyer son fils étudier à Buenos Aires, dans le but de le préparer à faire quelque chose d'utile pour son peuple. C'est ainsi que, grâce à son amitié avec le général Campos, ministre de la guerre, Manuel put placer son fils aux ateliers nationaux de la marine en tant qu’apprenti charpentier.

L'essai dura trois mois : Ceferino écrivit à son père qu'il ne se trouvait pas bien dans cette ambiance, et son père, après avoir consulté l'ancien président argentin, envoya Ceferino chez les Pères salésiens, fondés par Giovanni Bosco.

C'est ainsi que Ceferino entra au collège Pie IX des Salésiens, à Almagro (Buenos Aires), où il se montra excellent élève autant que choriste. C'est là qu'il connut Carlos Gardel, futur chanteur et acteur, avec qui il se lia d'amitié.

A la fin de ses études, au lieu de revenir à la maison et servir d'interprète et de secrétaire, - comme le désirait son père –, Ceferino voulut rester parmi les Salésiens.

Sa santé n'était pas bonne : il était déjà atteint par la tuberculose. Mais il commença les études en vue du sacerdoce.

En 1904, il accompagna à Rome Mgr Giovanni Cagliero, ancien élève de saint Giovanni Bosco et futur archevêque, qui le présenta au pape Pie X : ayant entendu le compliment que lui adressa Ceferino en cette occasion, le pape fut très ému d'entendre cet Amérindien s'exprimer en parfait italien ; il le bénit tout spécialement et lui remit la médaille qu'il réservait d'habitude aux Princes.

Ceferino fut reçu à Turin, puis à Frascati (Rome), toujours en vue de devenir prêtre.

Sa santé périclita encore davantage durant l'hiver 1904-1905, et il fut hospitalisé au Fatebenefratelli de Rome, où il s'éteignit le 11 mai 1905, à dix-neuf ans.

Juste avant de mourir, il dit à Mgr Cagliero : Bénis soient Dieu et la Très sainte Vierge Marie ! J'ai assez de pouvoir sauver mon âme ; pour le reste, que la volonté de Dieu soit faite.

Grâce aux Salésiens, l'image de Ceferino fut très répandue dans toute l'Argentine, où on l'appela le lys de la Patagonie, mais aussi dans le monde entier. Beaucoup de grâces furent obtenues par son intercession. 

C'est en 1972 que le pape proclama l'héroïcité des vertus de Ceferino.

En 2000, un miracle fut reconnu, attribué à l'intercession de Ceferino : ce fut la guérison totale et inexplicable d'une jeune maman argentine, qui souffrait d'un cancer à l'utérus.

Ceferino Namuncurà fut béatifié en 2007, premier Argentin à être porté sur les autels.

Fêté dans son pays le 26 août, en été, Ceferino sera inscrit au Martyrologe le 11 mai.

 

 

 

Gjon Koda

1893-1947

 

Gjon Koda naquit le 25 avril 1893 à Janjevo (auj. Janjevë, Lypjan, Serbie).

Il entra dans l’Ordre des Frères Mineurs Franciscains, prit le nom de Serafin et fut ordonné prêtre en 1925.

Il fut professeur en même temps que vicaire à Lezhë.

Il fut arrêté en avril 1947 : on voulait lui faire avouer que les Franciscains étaient en train de comploter contre l’Etat. Ce n’était qu’un vilain prétexte pour le condamner.

Après deux semaines de tortures indescriptibles, Gjon fut exécuté à Lezhë, le 11 mai 1947. On lui enfila des clous dans la gorge. On l’enterra secrètement et sa tombe ne fut découverte qu’en 1994.

Gjon Koda fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 11 mai.

 

 

Vincent L’Hénoret

1921-1961

 

Vincent naquit le 12 mars 1921 à Pont-l’Abbé (Finistère), dans une famille très chrétienne de quatorze enfants.

Après avoir fréquenté le collège de sa ville, il entra au juniorat des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (OMI), à Pontmain, pour ses études secondaires, de 1933 à 1940.

A Pontmain encore, il fit le noviciat.

Tous les Français ne connaissent pas le sanctuaire de Pontmain, où la Sainte Vierge vint demander à des enfants de prier : peu après finit la guerre de 1870.

Vincent n’était certes pas le meilleur élève, au point de se décourager parfois, mais il était doux, surnaturel, dévoué, nota son maître des novices. 

Durant la guerre, il étudia la philosophie et la théologie à La Brosse-Montceaux, cette localité où, en 1944, furent sommairement exécutés cinq membres de la communauté, dont deux de la promotion de Vincent. Lui-même fut ensuite déporté à Compiègne et, heureusement, bientôt libéré par les Alliés.

En 1946, il fut ordonné prêtre et, pour éviter l’anglais, se proposa pour la mission du Laos ou celle du Tchad, affirmant humblement que ses moyens intellectuels ne sont pas à la même hauteur que sa santé.

En mai 1947, on lui annonça qu’il irait au Cameroun, mais le 10 août, il apprit qu’il irait au Laos.

A Kangsadok, il apprit la langue et les coutumes laotiennes. Certains ont dit qu’il parlait laotien mieux que tous les autres missionnaires. Il sera ensuite à Nong Bua, puis à Paksane.

En 1956, après un petit congé en France, l’unique qu’il prendra, il fit partie de l’équipe de Xieng Khouang, et son poste sera Ban Ban (auj. Muang Kham). Une de ses préoccupations fut d’extirper de la population l’habitude de sacrifier aux «esprits».

Fin 1960, s’installa à Sam Neua le régime dissident communiste, obligeant la population aux réunions répétées ; le père Vincent devait pour chaque déplacement demander un laissez-passer.

Le mercredi 10 mai 1961, le père Vincent alla célébrer la messe de l’Ascension à Ban Na Thoum, à sept kilomètres, et pensait être de retour le lendemain à Ban Ban, jour de l’Ascension.

Le jeudi 11, il quitta Ban Na Thoum à bicyclette ; il fut arrêté par des hommes de la guérilla qui, voyant son laissez-passer, feignirent de le laisser continuer, mais ils l’abattirent un peu plus loin.

L’église de Na Thoum fut ensuite détruite.

Vincent L’Hénoret, béatifié le 10 décembre 2016, sera commémoré le 11 mai dans le Martyrologe Romain.

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9 mai 2021 7 09 /05 /mai /2021 23:00

10 MAI

 

-XV.

S Job, prophète.

I.

S Aurélien, évêque à Limoges (III.?).

III.

Ss Calépode, prêtre, Palmace, consul, avec sa femme et ses enfants, Simplice, sénateur, avec sa femme, ses enfants et bon nombre de membres de sa famille, martyrs à Rome.

Ss Alphius, Philadelphe, Cyrin, leur sœur Benedicta, leur neveu Erasmus, leur maître Onesimus,  martyrs les uns à Pouzzoles, les autres à Lentini.

?

S Dioscoride, martyr  à Myre.

Ss Quartus et Quintus, du clergé de Capoue, martyrs à Rome.

.IV.

S Gordianus, juge romain, converti à la vue de la patience des chrétiens, décapité.

Ss Silvestre et Fronime, évêques à Besançon ; le premier fit édifier l’église de Saint-Maurice, l’autre celle de Saint-Etienne.

S Palais Ier (Palladius), évêque à Bourges.

V.

S Palais II, évêque à Bourges.

VI.

S Léonard, anachorète dans la forêt de Marchenoir.

VII.

S Comgall, abbé fondateur à Bangor, où vivaient trois mille moines.

Ste Eustadiole, veuve à Bourges, où elle fonda l’abbaye de Moyen-Moutier ; elle resta végétarienne pendant soixante-dix ans et mourut nonagénaire, un 8 juin.

S Cataldo, écossais, évêque à Taranto, dont il est patron.

IX.

Ste Solange, vierge et martyre près de Bourges, patronne du Berry.

XI.

B Mire, anachorète près de Canzo puis à Sorigo.

XII.

B Anthelm (William), anglais, prêtre à Pontoise ; honoré par Philippe-Auguste, dans le palais duquel il mourut.

XIII.

Bse Beatrice d’Este l’Ancienne, restauratrice d’un monastère au mont Gemola et morte vers trente-trois ans. 

XV.

B Niccolò Albergati, chartreux puis évêque à Bologne et cardinal, plusieurs fois légat papal.

XVI.

S Juan de Ávila, patron du clergé espagnol et apôtre de l'Andalousie ; ami de s. Ignace, de ste Thérèse, il a été un précurseur en matière de réforme comme en d'autres domaines spirituels et le concile de Trente a adopté des décisions qu'il avait préconisées longtemps auparavant ; auteur d’un traité spirituel Audi Filia, il goûta même les geôles de l’Inquisition pour ses idées «avancées» et fut proclamé Docteur de l’Eglise en 2012.

XX.

B Ivan Merz (1896-1928), premier laïc bosniaque béatifié, en 2003.

B Enrico Rebuschini (1860-1938), de l’ordre Camillien, ordonné prêtre par Mgr Sarto, futur Pie X, actif à Vérone et Crémone, béatifié en 1997.

B Vasile Aftenie (1899-1950), évêque roumain gréco-catholique, sauvagement torturé en prison, béatifié en 2019.

Job, patriarche

15e siècle avant Jésus-Christ

 

Dans l’Ecriture, le Livre de Job est le premier des Livres sapientiaux, écrits dont le genre a été très répandu dans l’Orient ancien.

Job était né dans la terre de Hus, entre l’Idumée et l’Arabie.

Fidèle à la foi reçue, il craignait Dieu et conduisait toute sa famille, ses sept fils et ses trois filles, dans la piété traditionnelle. Il avait de grands biens, un cheptel immense.

Sur la permission de Dieu, dit l’Ecriture, Satan éprouva le saint homme. Tout son troupeau périt, ses enfants moururent, mais Job réagit avec foi et confiance en Dieu, adorant la volonté divine : 

Yahvé a donné, Yahvé a repris, que le nom de Yahvé soit béni (1:21).

Derechef, Satan s’acharna sur Job, qui fut affligé d’un ulcère horrible. Devant cette lèpre hideuse, l’épouse de Job lui suggérait de se rebeller contre Dieu, et lui, au contraire, la réprimanda :

Si nous recevons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur ? (2:10).

Trois «amis» viennent le «consoler», mais veulent à tout prix lui faire comprendre qu’il souffre pour ses péchés. Job se défend : le mal est partout dans le monde ; lui, il n’a pas péché contre Dieu.

Tout au long des quarante-deux chapitres de ces longues discussions, on voit Job passer par différents états d’âme, passant de la révolte à la soumission, des souffrances et des rémissions dans sa maladie.

Finalement, intervient encore un autre personnage qui s’en prend autant à Job qu’à ses amis, et tente de justifier la conduite de Dieu.

C’est Dieu lui-même qui va intervenir pour mettre fin à cette longue discussion, blâmant autant les trois premiers amis que le dernier intervenant. 

Après ce long combat, Job est récompensé de son humilité et de sa fidélité : Dieu lui rend ses biens, et même le double d’avant. Job engendra sept autres fils et trois autres filles, et mourut dans une sainte vieillesse, comblé de mérites et d’années.

Job est à nouveau nommé en Ezéchiel (Ez 14:14).

Le patriarche Job est honoré à diverses dates en Orient ; il est mentionné au 10 mai dans le Martyrologe.

 

 

Aurelianus de Limoges

1er ou 3e siècle

 

Les données concernant cet Aurelianus restent un peu conjecturales.

Aurelianus Cotta aurait été un prêtre des dieux païens et, comme tel, se serait farouchement opposé à l’œuvre évangélisatrice des missionnaires, de saint Martial en particulier, et fut frappé par la foudre.

Saint Martial, inspiré par Dieu, ayant ressuscité Aurelianus, ce dernier se serait alors converti, devenant un fidèle serviteur de Martial, et ensuite son propre successeur sur le siège de Limoges.

Martial ayant été situé par les uns au 1er siècle, ordonné et envoyé par saint Pierre, et par les autres au 3e siècle, il résulte de là qu’Aurelianus hésite à son tour entre le 1er et le 3e siècles.

Il reste certain qu’Aurelianus est le deuxième évêque de Limoges.

Quand on retrouva ses reliques en 1315, dans l’église de Saint-Cessateur, on les replaça dans une nouvelle chapelle de l’actuelle rue de la Boucherie. De là vient que saint Aurelianus est le patron des bouchers de Limoges. Il existe une confrérie de Messieurs les Bouchers de Limoges.

Saint Aurélien n’est pas au Martyrologe ; il est fêté localement au 10 mai.

 

 

Dioscoride de Myre

† ?

 

Ce Martyr qu’on situait autrefois à Smyrne, est maintenant mentionné à Myre (Lycie, act. Demre, Turquie SW).

On ne connaît malheureusement ni l’époque ni le genre de son martyre.

Saint Dioscoride de Myre est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Quartus et Quintus de Capoue

?

 

Quartus et Quintus faisaient partie du clergé de Capoue (Campanie, Italie CW).

Ils furent arrêtés comme Chrétiens, mais comme ils étaient de familles nobles, ils furent déférés à Rome.

L’empereur - on ignore lequel - les condamna à être décapités.

Saints Quartus et Quintus de Capoue sont commémorés le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs de Lentini

† 251

 

Trois frères, avec leur sœur et leur neveu, accompagnés de leur maître et treize autres Compagnons, originaires de la région d’Otrante (Italie SE), furent conduits à Rome, de là à Pouzzoles (Campanie, Italie CW), où furent mis à mort les trois frères et le maître.

Les autres furent alors jugés à Taormina (Sicile), enfin exécutés à Lentini (Sicile).

Les trois frères s’appelaient : Alphius, Philadelphius, Cyrinius. Ce sont eux qui sont mentionnés dans le Martyrologe actuel.

Leur sœur, Benedicta, leur neveu, Erasmus, leur maître, Onesimus, ne sont pas mentionnés.

C’était durant la persécution de Dèce, en 251.

Il faut reconnaître qu’il est difficile de suivre le long voyage qu’on imposa à ces dix-neufs Héros du Christ. Le premier groupe parcourut quelque neuf-cents kilomètres, les autres quinze cents !

Malgré cette différence, ils sont réunis ici sous l’unique mention de Lentini, où ils sont particulièrement honorés.

Les Actes de ces Martyrs sont, dit-on, sans valeur.

Les Martyrs de Lentini sont commémorés le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gordianus de Rome

† 362

 

Gordien était juge à Rome, sous l’empereur Julien l’Apostat.

Il avait des occasions de voir des Chrétiens torturés et il fut très frappé de voir avec quelle constance, avec quelle paix, ceux-ci enduraient ces tourments, sans se plaindre, en pardonnant à leurs bourreaux…

Gordianus demanda bientôt à être initié à la foi, il fut catéchumène et reçut le baptême.

On lui prête des Compagnons, dont on ne donne pas le nom.

Dénoncé à l’empereur, Gordianus fut condamné à mort et décapité.

C’était le 10 mai 362.

On déposa son corps dans le sépulcre où se trouvait déjà celui de s.Epimachus (v. 12 décembre), ce qui les a fait souvent commémorer ensemble, mais plus d’un siècle les sépare.

Saint Gordianus de Rome est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Comgall de Bangor

510-602

 

Comgall naquit entre 510 et 520 à Dál nAraidi (Dalaradia, auj. Magheramome, Ulster), de Setna et Briga.

Après avoir suivi les pas de son père dans la vie militaire, Comgall se mit sous la direction de s.Fintan de Clonenagh, de s.Finian de Clonard, de Mobi Clairenach de Glasnevin, de s.Ciaran de Conmacnoise (v. 17 février et 9 septembre).

Il reçut le diaconat et la prêtrise des mains de l’évêque Lugidius.

Avec quelques compagnons, il alla vivre sur l’île de Lough Erne ; le style de vie qu’il avait appris auprès de ses maîtres et qu’il imposait à sa petite communauté, était si rigide que plusieurs d’entre eux moururent de froid et de faim…

Comgall songea à passer en Angleterre, mais l’évêque Lugidius lui conseilla de rester en Irlande et d’y développer le monachisme. Ainsi naquit le monastère de Bangor, près de Belfast, vers 555. Il y eut jusqu’à trois ou quatre mille moines à ou près de Bangor, qui étaient tous sous la direction de Comgall, dont la règle ne manquait pas de sévérité : un seul repas par jour, d’une nourriture consistant en herbes (souvent crues), pain et eau ; le lait était parfois concédé ; jeûnes longs et fréquents ; silence quasi continu ; peines sévères contre les manques ; on se confessait à voix haute devant la communauté rassemblée.

Parmi les disciples célèbres de Comgall il y aurait eu s.Colomban et s.Moluag (v. 23 novembre et 25 juin). Comgall fut aussi très lié avec d’autres grands saints : Brendan, Cainnech et Finnian (v. 16 mai, 11 octobre et 12 décembre).

Après d’intenses souffrances, Comgall mourut à Bangor, vers 602.

Ses reliques furent dispersées en 822 par les envahisseurs Vikings.

Saint Comgall de Bangor est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cataldo de Tarante

610-685 

 

Une «tradition» fait de Cataldo un Irlandais venu dès le 2e siècle prêcher la Bonne Nouvelle à Tarante. Qui, à moins d’une intervention surnaturelle, dans cette Irlande encore païenne, aurait inspiré Cataldo de venir prêcher à Taranto, là où s.Pierre l’avait précédé ?

Pour rendre les choses plus plausibles, les spécialistes penchent plutôt pour le 7e siècle. 

Cataldo aurait d’abord dirigé l’école de Lismore, après la mort de s.Carthag (v. 14 mai), puis serait parti en pèlerinage à Jérusalem.

Au retour, s’étant arrêté à Taranto, il fut retenu pour y être évêque. Là encore, à moins d’un signe céleste extraordinaire, on imagine difficilement toute une population s’adresser à un étranger fraîchement débarqué dans le port, et lui demander d’assumer une mission épiscopale. 

Cataldo serait ainsi le deuxième évêque connu de Tarante, le premier étant s.Amasiano, au Ier siècle. Le siège de Taranto aurait donc été vaquant pendant plusieurs siècles… Cette histoire semble aussi invraisemblable que la première «tradition».

Cataldo serait mort vers 685 (ou peut-être au 5e siècle).

Saint Cataldo de Tarante est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

Solange du Berry

IXe siècle

 

Solange naquit au bourg de Villemont, à deux ou trois lieues de la ville de Bourges. Son père était un pauvre vigneron qui menait une vie très chrétienne. Solange était une jeune fille aussi belle que pure.

De vieilles chroniques l’appellent Solange ou Soulange ; son lieu natal n’existe plus ; on voit au milieu du Pré-Verdier les ruines d’une maison qu’habitait, dit-on, sainte Solange. Cette prairie est à une demi-lieue du bourg appelé du nom de la Sainte depuis sa mort, et auparavant Saint-Martin-du-Cros.

Si l’on en croit les leçons de l’office que l’Eglise lui avait consacré, il paraissait le jour et la nuit, au-dessus de sa tête, une étoile qui la conduisait en ses démarches, et qui lui servait de règle en tout ce qu’elle devait faire.

Un jour, attiré par la réputation de la bergère, Bernard de la Gothie, fils de Bernard, comte de Poitiers, de Bourges et d’Auvergne, monta à cheval et, sous prétexte d’aller à la chasse, se rendit sur les terres de Villemont, où Solange gardait son troupeau. Il fut pris d’un vif désir pour elle, la saisit et l’emporta sur son cheval. 

Refusant ses avances, Solange lui échappa et se laissa tomber dans un ruisseau au bord de la route. Ivre de rage devant le refus de Solange, Bernard transforma son amour en haine et la décapita de son glaive.

Solange qui était debout, étendit paisiblement ses bras pour recevoir sa tête et marcha jusqu’à Saint Martin du Cros, où elle fut ensevelie. 

Le pape Alexandre VII (1655-1667) autorisa la création d’une confrérie des Cousins de Sainte Solange.

Solange fait partie des Saints patrons du Berry. On l'invoque contre la sécheresse. 

Sa fête est au 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Beatrice d’Este l’Ancienne

1192-1226

 

Cette Beatrice, née vers 1192, était la fille du marquis Azzo VI d’Este de Ferrare et de Sofia, comtesse de Savoie.

Elle connut la vie brillante de la cour dans les châteaux d’Este et de Calaone, où l’on admira unanimement sa beauté et ses vertus.

Son père mourut au combat dans les rivalités entre guelfes et gibelins ; son frère fut assassiné (ou empoisonné) en 1215 : ces tristes événements l’aidèrent à considérer la vanité de ce monde et elle se retira au monastère bénédictin de Sainte-Marguerite de Salarola, près du château de Calaone, où elle resta un an et demi (1220-1221).

Mais il y avait un petit désaccord avec son frère, Azzo VII, nouveau marquis d’Este. Beatrice travailla à la réconciliation, puis obtint de l’évêque un ancien monastère abandonné, sur le mont Gemola, qu’elle restaura de ses biens. 

Là, dans la solitude et la pénitence, elle se distingua par son amour de l’humilité et de la pauvreté. D’autres femmes de la noblesse la rejoignirent et formèrent une communauté de dure pénitence et de prière.

Beatrice, qui refusa constamment d’être élue abbesse, vaincue par la tuberculose, s’éteignit à ce monde qui passe pour entrer dans le monde de l’éternité, le 10 mai 1226.

Le culte dont on l’honora fut approuvé en 1763.

Il ne faut pas confondre cette première Beatrice avec celle du même nom, sa nièce (v. 18 janvier) ni avec une autre homonyme du 15e siècle, qui fut même béatifiée par confusion avec la précédente !

Notre Martyrologe la mentionne au 10 mai.

 

 

Niccolò Albergati

1375-1443

 

Niccolò Albergati était d’une noble famille de Bologne (Italie), où il naquit en 1375.

Dans l’université de cette ville, il étudia le droit mais, peu avant d’obtenir le doctorat, il se retira en 1394 dans la chartreuse proche de Bologne.

Il fut ordonné prêtre en 1404, et nommé prieur de la chartreuse de Casara, avant d’être visiteur pour tous les monastères de chartreux d’Italie (il y en avait à Florence, Rome, Mantoue, Bologne…).

Vaillant défenseur de l’autorité papale, il fut nommé archevêque de Bologne en 1417, mais pour trois ans seulement, car une rébellion le poussa à démissionner en 1420.

En 1422, il fut envoyé en France pour exercer ses bons offices entre les rois de France et d’Angleterre ; on sait que la mission de Jehanne d’Arc commença en 1428…

En 1426, Niccolò fut créé cardinal, du titre romain de Sainte-Croix-en-Jérusalem, tout en restant administrateur apostolique de Bologne jusqu’en 1440.

En 1427, le pape le chargea d’une mission pacificatrice entre les maisons d’Italie du Nord (Milan, Venise, Savoie, Mantoue, Ferrare et Florence), qui fut un succès.

Une rébellion le poussa à quitter à nouveau Bologne en 1428, et le pape l’envoya pour une autre mission entre Venise, Ferrare et Florence. En 1437, il fut présent à un concile de Ferrare, où tous admirèrent son assiduité aux séances et sa profonde modestie.

Entre 1431 et 1440, il fut successivement nommé Cardinal Camerlingue, Grand Pénitencier et Archiprêtre du Latran.

On le voit, le chartreux n’eut guère de paix durant toute cette vie agitée, tout entière au service de l’Eglise. Mais Niccolò garda toujours un style de vie austère, recueilli, prudent. Une de ses grandes mortifications fut d’apprendre les désordres dans lesquels la ville de Bologne était retombée.

Il veilla à s’entourer de personnalités savantes, parmi lesquelles deux futurs papes, Nicolas V et Pie II.

Le pape Eugène tint cependant à le conserver près de lui pour bénéficier de ses bons conseils. Durant un séjour à Sienne, Niccolò fut pris d’une crise de pierre, qu’il endura avec une patience exemplaire.

Il s’éteignit à Sienne, le 9 mai 1443 (ou plutôt le 10 mai, d’après le Martyrologe).

Trois siècles plus tard, le 6 octobre 1744, il a été béatifié en la fête de saint Bruno, fondateur des Chartreux.

 

 

Juan de Ávila

1500-1569

 

Né le 6 janvier 1500 (1502 ?) à Almodóvar del Campo (Ciudad Real, Espagne), Juan avait pour père un Juif, Alfonso (ou Antonio ?), propriétaire de quelques mines d’argent en Sierra Morena, et pour mère Catalina Gijón (ou Xixona ?). 

Il est moins que certain que le nom de Ávila fasse de Juan un parent de sainte «Teresa de Ávila». Il est plutôt probable que son père ait pris ce nom de localité pour dissimuler son origine juive.

Juan commença des études de droit à Salamanque (1514), mais les interrompit au bout de quatre ans, à cause des lois de discrimination, exigeant de ceux qui voulaient entrer dans les institutions espagnoles, l’appartenance à une souche chrétienne.

Il revint donc dans son pays natal, où il s’imposa une vie de dure pénitence.

Un bon père franciscain lui suggéra d’aller étudier les arts et la théologie à Alcalá de Henares. Pendant ces années (1520-1526), il fréquenta Domingo de Soto, Pedro Guerrero (futur archevêque), mais aussi Ignacio de Loyola (v. 31 juillet).

Quand il fut ordonné prêtre (1526), ses parents étaient déjà morts, de sorte qu’il célébra sa première messe pour eux. Puis il vendit tout son héritage, le distribua aux pauvres et commença à évangéliser. Il aurait voulu partir en pays de mission (au Mexique), mais l‘évêque de Séville lui conseilla de se dédier à l’Andalousie. Obéissant, Juan se consacra entièrement à cette tâche, au point qu’il se mérita le nom d’Apôtre de l’Andalousie.

Excellent prédicateur, il suscita la jalousie du clergé, qui le «dénoncèrent» comme rigoriste à l’Inquisition : Juan fut mis en prison à Triana (Séville) de 1531 à 1533. Il mit à profit cette retraite forcée pour prier et écrire son Audi filia. Lors de son procès, cinq accusateurs se retrouvèrent en face de cinquante-cinq autres témoins en sa faveur. En réalité on lui reprochait d’avoir utilisé des formules «érasmiennes» (car il avait connu Erasme à l’université), et on lui demandait d’aller les corriger là où il avait prêché précédemment. Quand il fut libéré, il remercia ses juges de lui avoir fait partager un peu la vie du Divin crucifié.

Son traité Audi filia est un commentaire du psaume 44, qu’il rédigea à l’intention d’une pieuse femme de Écija, récemment convertie. C’est un précis d’ascétisme qui fut hautement apprécié : le cardinal archevêque de Tolède put affirmer que cet ouvrage «avait converti plus d’âmes qu’il n’y avait de lettres de l’alphabet». C’est l’ouvrage que l’on consulta le plus durant tout le 16e siècle. 

Juan fréquenta saint Ignace de Loyola, comme on l’a dit, et encouragea vivement le mouvement des «Jésuites» ; il aurait bien voulu que les prêtres qui l’entouraient en fissent partie ; il connut saint Francisco de Borja (dont il favorisa la conversion), saint Pedro de Alcántara, saint Juan de Ribera, pour ne citer que ceux-ci (v. 30 septembre, 18 octobre et 6 janvier).

A partir de 1535, il se rendit à Cordoue, sur l’invitation de l’évêque de Tolède. C’est là qu’il rencontra Luis de Granada, qui fut son disciple et lui aussi grand prédicateur,. Les écrits de Juan de Ávila influencèrent beaucoup de ses contemporains : Juan de Dieu et ses Frères Hospitaliers, Teresa de Ávila et les Carmélites (v. 15 octobre), (desquels il encouragea beaucoup les projets de réforme ; Juan de Ribera et Pedro de Alcántara (déjà cités), ainsi que Tomás de Villanueva ; mais aussi d’autres auteurs postérieurs : Antonio de Molina, Luis de la Palma, Luis de la Puente, Carlo Borromeo (v. 4 novembre), Pierre de Bérulle, François de Sales (v. 24 janvier), Alfonso Maria de’ Liguori (v. 1er août), Antonio María Claret (v. 24 octobre)…

Juan évangélisa ainsi toute l’Andalousie actuelle, qui comprenait alors la Mancha et l’Extremadura. Il fonda beaucoup de séminaires et de collèges, l’université de Baeza. Toutes ces fondations anticipèrent, par leur esprit réformateur, le mouvement que le concile de Trente allait préconiser (1545-1563).

Il tomba malade en 1554, mais continua à prêcher pendant encore une quinzaine d’années, jusqu’en 1569, où alors la maladie empira. Il cessa sa longue vie apostolique le 10 mai 1569, à Montilla.

Juan de Ávila fut béatifié en 1894 et fut proclamé patron du clergé espagnol en 1946.

Canonisé en 1970, il a été proclamé Docteur de l’Eglise en 2012.

Il y a quatre Saints espagnols actuellement Docteurs de l’Eglise : Isidore de Séville, Juan de la Croix, Thérèse de Ávila, Juan de Ávila.

 

 

Ivan Merz

1896-1928

 

Né le 16 décembre 1896 à Banja Luka (Bosnie, Serbie), Ivan (Jean) était de famille bourgeoise et libérale. Son pays faisait partie de l'empire austro-hongrois, qui allait être si profondément marqué par les événements européens du vingtième siècle. Le père d'Ivan, un ancien officier dans cet empire austro-hongrois, était maintenant employé dans les chemins de fer ; la mère, d'origine juive, était hongroise. 

Ivan eut un maître à penser remarquable, en la personne du docteur Ljubomir Marakovic, qui lui fournit d'excellents conseils dans sa quête intellectuelle et spirituelle.

Après un essai de trois mois à l'Académie militaire de Wiener Neustadt, qui le déçut profondément en raison de la corruption qui y régnait, Ivan fréquenta l'université de Vienne en droit et en lettres.

En 1916 il fut enrôlé d'office dans l'armée et envoyé sur le front italien (1917-1918). Le traité de Versailles allait complètement démanteler l'empire austro-hongrois et donner naissance à la Yougoslavie.

En 1919, Ivan retourne à Vienne pour ses études puis, en 1920, muni d'une bourse d'étude, part pour Paris où il fréquente les cours à la Sorbonne et à l'Institut Catholique. Sa vie spirituelle s'enrichit au contact de la liturgie. Il connaît là les Conférences Saint-Vincent-de-Paul et aura l'occasion de faire son premier pèlerinage à Lourdes : dans les colonnes du journal La Croix, il polémiquera contre Emile Zola sur les apparitions de Lourdes. Pour sa part, il fait connaître la Croatie à ses amis de Paris. 

C'est à Zagreb qu'il présentera sa thèse de doctorat « L'influence de la liturgie sur les écrivains français de Chateaubriand à nos jours». Cette thèse est actuellement publiée en France.

A Zagreb, il devient professeur de français et d'allemand au collège archiépiscopal.

Ivan a trouvé seul la voie de la sainteté. Il promut le mouvement liturgique en Croatie et fut le pionnier enthousiaste de l'Action catholique en Croatie. Pour les jeunes il fonda un mouvement (inspiré de la Croisade eucharistique française), l'Union Croate des Aigles (Hrvatski orlovski savez). Il appuie son activité sur l'Eucharistie et le Successeur de Pierre ; il voulait fonder un journal catholique croate à l'image de ce qu'il avait trouvé en France.

Pour toujours mieux connaître l'Eglise, il en étudia l'histoire, les textes pontificaux, la théologie.

Ses origines, ses études, ses voyages, qui embrassaient tant d'éléments culturels différents, se fondaient harmonieusement dans sa personne chrétienne profondément catholique. Ivan était un vrai « européen » avant la lettre.

Ivan souffrait depuis sa jeunesse d'une inflammation chronique de la cavité maxillaire : cette maladie dégénéra et le conduisit à une mort prématurée, quand il n'avait pas trente-deux ans, le 10 mai 1928.

Il a été béatifié en 2003, proposé à tous les jeunes catholiques européens comme modèle d'assimilation des diverses cultures dans un unique idéal chrétien.

Ivan écrivait : 

Grâce à la liturgie, tout catholique devient grand et universel, il laisse de côté ses intérêts personnels et commence à avoir les mêmes sentiments que l’Eglise.

 

 

Enrico Rebuschini

1860-1938

 

Né le 25 (ou le 28) avril 1860 à Gravedona (Lac de Côme, Italie N), Enrico appartenait à une famille aisée. 

Il se montra toujours sensible envers les nécessiteux et donnait toujours ce qu'il avait.

Sa sœur Dorina épousa un commerçant de soie, chez lequel il travailla pendant trois années. Mais ce travail dans l'administration ne lui convenait pas. Quand il parla de sa vocation sacerdotale, son père ne s'y montra vraiment pas favorable. Enrico attendit, persévéra, son état physique s'en ressentit et sa maigreur fut inquiétante. Un prêtre, don Luigi Guanella (v. 24 octobre), pria et fit prier dans tous les monastères pour la vocation de ce jeune homme, et Enrico finit par convaincre son père de le laisser partir pour le séminaire de Côme.

Ensuite, il se rendit au Collège Lombard, à Rome. Il suivit les cours de l'Université Grégorienne. Il y fut heureux et ses parents vinrent le trouver à la fin de 1885, le trouvant dans une grande paix. Il reçut les ordres mineurs.

En 1886 cependant, une crise dépressive le ramena quelque temps au foyer familial : Enrico se mortifiait excessivement, et mangeait trop peu, au lieu de s'alimenter suffisamment. Mais au bout d'un an, la paix se rétablit providentiellement en son cœur, et il décida de s'engager auprès des plus nécessiteux.

Son confesseur l'orienta vers la congrégation des pères camilliens, voués au soin des malades. Une illumination intérieure, qu'il reçut devant un tableau de saint Camille (v. 14 juillet), le convainquit de son orientation. 

Il commença le noviciat à vingt-sept ans, au milieu de compagnons qui avaient dix ans de moins que lui. Il combattit sa vivacité et devint très estimé de ses supérieurs : encore novice, il fut présenté pour l'ordination sacerdotale, qu’il reçut en 1889, des mains de l'évêque de Mantova, Mgr Giuseppe Sarto, futur pape Pie X.

Dès 1890 il fut nommé aumônier des hôpitaux civil et militaire de Vérone. Là où d'autres prêtres ne réussissaient pas, Enrico faisait des merveilles : les malades se convertissaient, demandaient les sacrements, car il avait les paroles justes pour toucher les cœurs.

Il fit la profession solennelle en 1891, après laquelle il eut des «rechutes», des épreuves intérieures, des tentations, à cause de sa nature perfectionniste et de sa faible constitution. Une de ses tentations majeures était de se croire damné. 

Il fut cependant nommé vice-maître des novices et professeur de théologie, ce qui prouvait bien combien on pouvait s’appuyer sur lui. Mais il retomba en crise, se croyant incapable d'assumer ces responsabilités.

Toutefois, malgré toutes ces crises, le père Rebuschini faisait un travail admirable auprès des malades. En réalité, pendant dix ans, il exerça son apostolat à Vérone, puis, de 1899 jusqu'à la mort, il soigna les malades dans la maison des Camilliens de Crémone. Ses moments de dépression étaient tout intérieurs et jamais le père Enrico ne les laissait paraître. Un Confrère qui l'avait côtoyé put témoigner qu'il n'en avait eu connaissance que par ce qu'il avait lu plus tard.

C'est que le père Enrico ne manquait pas d'occupations : outre l'apostolat auprès des âmes, il devait s'occuper de mille choses pratiques, de petites réparations, de la fabrication du vin, de la salle d'opération, du jardin, des salaires à payer ; il installa le chauffage central ; il dut manœuvrer habilement au milieu des difficultés encontrées par la faillite de la banque...

Il exerça toutes ces activités jusqu'en 1938. Ses forces déclinèrent. Début mai 1938, il demanda pardon à chacun, demanda de prier pour lui, reçut les derniers sacrements avec profonde piété. 

Enrico mourut le 10 mai 1938, au petit matin.

Il fut béatifié en 1997.

 

 

Vasile Aftenie

1899-1950

 

Vasile Aftenie naquit le 14 juin 1899 à Lodroman (Târnava-Mică, Valea Lunga, Roumanie W), de Petru et Agafia.

Après l’école primaire, il fréquenta le lycée de Blaj.

En 1917, il fut enrôlé dans l’armée et envoyé au front en Galice et en Italie.

En 1918, il commença des études de Droit à Bucarest mais, en 1919, s’inscrivit à la faculté de Théologie de Blaj ; puis il fut envoyé au collège grec Saint-Athanase de Rome : en 1925, il était docteur en Philosophie et en Théologie.

Ordonné prêtre en 1926, il fut nommé successivement professeur à l’académie de Théologie de Blaj, archiprêtre à Bucarest en 1934, chanoine du chapitre de Blaj en 1937 ; enfin, en 1939, il fut nommé recteur de l’académie de Théologie de Blaj.

En 1940, il fut consacré évêque titulaire d’Ulpiana, auxiliaire de l’archevêque Mgr Nicolescu. Mgr Aftenie siégea à Bucarest, l’église Saint-Basile étant devenue cathédrale. Rappelons que saint Basile (v. 2 janvier) était le saint Patron de Mgr Aftenie.

En 1941, après la mort de Mgr Nicolescu, il fut administrateur apostolique de Făgăraş et Alba Iulia.

Comme on le sait, le régime communiste s’imposa au pays roumain, persécutant durement le clergé, cherchant en particulier à rallier les prêtres et les évêques à l’église orthodoxe roumaine ; certains prêtres cédèrent, parfois sous la pression. En 1948, Mgr Aftenie reçut une quarantaine de ces prêtres et les admonesta fortement pour avoir abandonné l’Eglise romaine.

Comme Mgr Frențiu, Mgr Aftenie fut arrêté le 28 octobre 1948, juste après sa sortie de la cathédrale, sur la Piața Romană, et conduit à Dragoslavele, puis de là au monastère Căldăruşani, transformé en prison ; le 10 mai 1949, on l’emmena dans le sous-sol du Ministère de l’Intérieur, dans une cellule d’isolement où, sous les ordres d’un général impie, il fut sauvagement torturé et mutilé, puis conduit dans la prison de Văcăreşti, où il mourut le 10 mai 1950.

Cela ne suffisait pas encore. La caisse qu’on fabriqua pour servir de cercueil à l’Evêque, était trop petite : on coupa alors les pieds du Martyr ; on aurait voulu brûler son corps, mais il fut enterré au cimetière Bellu de Bucarest, grâce à l’intervention d’un prêtre qui put, quelques jours après sa mort, célébrer les rites des funérailles. Sur la croix de sa tombe, on n’eut pas la permission d’écrire autre chose que V.A. 1950.

En 2010, la dépouille de Mgr Aftenie fut transférée en l’église Adormirea Maicii Domnului (Dormition de la Mère de Dieu) de Bucarest.

Vasile Aftenie est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

 

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8 mai 2021 6 08 /05 /mai /2021 23:00

09 MAI

 

-VIII.

S Isaïe, prophète, martyrisé scié en deux.

II.

S Hermas, frère du pape Pie Ier, romain, esclave chrétien affranchi, auteur du "Pasteur", qui dépeint la première chrétienté de Rome ; à moins qu’il soit le frère mentionné par s.Paul aux Romains (Ro 16:14).

S Dionysios, évêque à Vienne.

III.

S Beatus, italien venu vivre près de Laon, dans une caverne.

IV.

S Pacôme , abbé en Egypte, fondateur d’une congrégation de sept monastères, dont la règle, la première règle monastique, servira de base à la vie cénobitique.

V.

S Tudy (Tudin, Thetgo), ermite près de Landevennec, compagnon de s.Corentin.

VI.

S Geruntius, premier évêque à Cervia, martyrisé à Cagli.

X.

B Adalgar (Adger, Auger, Alger), évêque à Hambourg et Brême.

XI.

B Grégoire, cardinal-évêque à Ostie, légat en Navarre, qu’il délivra des sauterelles, miracle qui lui valut d’être invoqué contre ces petites bêtes.

B Forte Gabrielli, ermite près de Fonte Avellana.

XV.

B Benincasa, des Servites de Marie, près de Monticchiello.

XVI.

B Hans Wagner, de Souabe, frère lai chez les chartreux de Ittingen.

XVII.

B Thomas Pickering, moine bénédictin, arrêté à Londres, pendu à Tyburn.

XIX.

S Giuse Đỗ Quang Hiền, prêtre dominicain tonkinois martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Bse Karolina Gerhardinger (Maria Teresa de Jésus), allemande, fondatrice des Pauvres Sœurs Scholastiques de Notre-Dame, pour l'éducation chrétienne des jeunes filles, béatifiée en 1985.

XX.

B Stefan Grelewski (1898-1941), prêtre polonais, déporté et mort à Dachau, béatifié en 1999 ; son jeune frère, prêtre aussi, y sera pendu l’année suivante.

B Józef Cebula (1902-1941), prêtre polonais des Missionaires Oblats de la Vierge Immaculée, martyr au camp de Mauthausen, béatifié en 1999 (le 28 avril au Martyrologe).

B Alexandru Rusu (1884-1963), métropolite roumain de l’Eglise gréco-catholique, persécuté pendant dix-sept ans par le régime communiste, martyr, béatifié en 2019.

Bse Carmen Elena Rendiles Martínez (María Carmen, 1903-1977), fondatrice des Servantes de Jésus du Venezuela, béatifiée en 2018.

Isaïe, prophète

8e siècle avant Jésus-Christ

 

Isaïe est le premier des quatre «grands» prophètes de la Bible. Il serait né vers 765 avant Jésus-Christ, et prophétisa à partir de 740. Il était contemporain des «petits» prophètes Amos et Osée.

Isaïe est fils d’Amotz. Son nom signifie Yahwe sauve. Ce prophète rappellera toujours à ses contemporains de mettre leur espérance en Dieu, plutôt qu’en des alliances humaines.

Le livre des prophéties d’Isaïe semble ne pas être d’un unique rédacteur, et l’on a parlé de «plusieurs» prophètes Isaïe. Mais il est aussi permis d’imaginer qu’un seul homme peut très bien adopter un style différent selon l’inspiration qu’il reçoit, selon le but ou selon le genre de son texte, de la même façon que nous parlons sur un ton différent de «Jésus», de «Jésus-Christ», du «Seigneur», du «Fils de Dieu», pour parler d’un seul et unique Sauveur.

C’est dans Isaïe que se trouve la phrase du Sanctus de la Messe, reprise aussi dans le chant du Te Deum : Saint, Saint, Saint est Yahvé des armées. Sa gloire remplit toute la terre (6:3).

Isaïe annonça au roi Achaz l’Emmanuel et la virginité de Marie : Le jeune fille est enceinte et va enfanter un fils qu’elle appellera Emmanuel (7:14).

Il prophétisa la naissance du Christ : Un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu l’empire sur les épaules, on lui donne ce nom : Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de-la-Paix (9:5).

Sous le roi Achaz encore, un homme impie et idolâtre, Isaïe appela son fils Rapide-pillage-prompte-rafle, pour annoncer quel châtiment allait fondre sur Jérusalem (8:1).

Vers 711, quand Israël avait tenté de s’allier avec l’Egypte, Isaïe se promena longtemps dévêtu et pieds-nus, pour annoncer la prochaine captivité des soldats égyptiens, vaincus par l’Assyrie. 

Dans la dernière partie de la prophétie, se trouvent les quatre Chants du Serviteur, qui annoncent les souffrances de Jésus-Christ dans la passion (42:1-7 ; 49:1-9 ; 50:4-9 ; 52:13-53:12).

On ne connaît pas précisément les circonstances de la fin de la vie du prophète Isaïe. Une tradition constante le présente comme martyr, sous le roi Manassé (après 700), peut-être même scié en deux.

Une ancienne fête en l’honneur du saint Prophète Isaïe avait lieu à Constantinople le 9 mai et c’est à ce jour que le mentionne le Martyrologe.

 

 

Hermas

1er ou 2e siècle

 

De saint Hermas il est question à la fin de l’épître de saint Paul aux Romains, parmi les frères que Paul demande de saluer de sa part (cf. Ro 16:14) ; c’est l’opinion d’Origène et c’est ce que rappelle le Martyrologe.

Pour certains, Hermas aurait plutôt été contemporain du pape saint Clément 1er (88-97), et selon d’autres, du pape Pie 1er, qui était son frère (140-155). Cette opinion, assez probable, s’appuie sur l’autorité du canon de Muratori et du catalogue libérien : Quant au ‘Pasteur’, il a été écrit tout récemment de notre temps, dans la ville de Rome, par Hermès, pendant que son frère Pie occupait comme évêque le siège de l’Eglise de la ville de Rome.

Le Pasteur est une œuvre d’un grand intérêt pour nous, car dès sa rédaction originelle en grec, il fut très lu, apprécié et même parfois cité au même titre que l’Ecriture inspirée.

D’après cet écrit, Hermas était un ancien esclave affranchi par une riche romaine. Devenu riche, il aurait laissé son épouse et ses enfants s’adonner au vice. Au moment de la persécution, cependant, les deux époux se montrèrent de courageux témoins de la Foi, mais furent dénoncés par leurs propres enfants. Hermas survécut à la persécution, mais fut désormais un chrétien fervent, cherchant à réparer sa tiédeur passée.

Il y a certainement de bons éléments historiques dans ces faits. Qu’ensuite Hermas eût été évêque à Philippes et là terminé sa vie par le martyre, reste beaucoup plus conjectural.

Il est mentionné au 9 mai par le Martyrologe.

 

 

Dionysius de Vienne

2e-3e siècles

 

Denis fut le sixième évêque de Vienne (Gaule).

On n’en connaît pas les dates exactes. Il succéda à Iustus, vers 193, et mourut certainement avant 235, date à laquelle on trouve mention de son successeur.

L’affirmation qu’il aurait été un des dix missionnaires envoyés en Gaule par le pape Xyste 1er, doit être erronée, car elle ferait mourir Denis plus que centenaire. Certes, rien n’est impossible à Dieu (cf. Lc 1:37) : en admettant que Denis eût environ une trentaine d’années en partant de Rome (avant 125, date de la mort de Xyste), il aurait reçu l’onction épiscopale déjà centenaire…

A moins qu’on puisse retarder les dates des cinq premiers évêques de Vienne, ce qui permettrait de situer l’épiscopat de Denis plutôt dans la deuxième moitié du 2e siècle.

Saint Dionysius de Vienne est commémoré le 9 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Beatus de Vendôme

3e siècle

 

Beatus (Béat, Bié) s’en vint d’Italie en Gaule.

Les informations se contredisent ou se complètent : Beatus serait venu dans la région de Laon (02), dans une grotte où il priait et dont il ne sortait que pour aller prêcher ; il serait cependant mort à Vendôme (41), qui est à plus de trois-cents kilomètres de Laon.

Sa sainteté de vie, ses austérités, ses prières, lui attirèrent des fidèles, des curieux également, et des malades, qui furent guéris.

Il mourut dans un âge avancé et ses reliques se trouveraient dans la cahédrale de Vendôme.

Saint Bié est commémoré le 9 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pacôme de Tabenne

† 348

 

Pacôme était d’une famille égyptienne païenne, et naquit vers 292. Il eut un frère et une sœur.

Aussi étrange que cela puisse nous sembler, il n’était pas baptisé, il participait aux «cérémonies» païennes, mais détestait celles-ci. Il était doux et modeste de caractère, et très chaste.

Il avait une vingtaine d’années lorsqu’il fut enrôlé dans les armées impériales et, avec d’autres recrues, emmené en bateau jusqu’à Thèbes. C’est là que Dieu l’attendait : les Chrétiens, nombreux dans cette ville, allèrent au-devant de ces jeunes soldats qu’on traitait sans délicatesse sur les bateaux. Pacôme fut touché de cette proximité désintéressée : il s’informa sur ces gens.

Apprenant que les Chrétiens adoraient un Dieu unique, et s’efforçaient d’aider leur prochain sans attendre de retour, mais seulement pour préparer le Royaume de Dieu, il résolut de suivre cette religion si nouvelle pour lui.

L’empereur ayant été vaincu, les troupes furent dispersées, et Pacôme, au lieu de remonter le Nil et retrouver ses parents, s’éloigna en Thébaïde pour se joindre à une communauté de Chrétiens.

Il fut catéchumène, reçut le baptême à Chenoboscia avec la plus grande ferveur. Voici la petite prière qu’il répétait : 

Dieu, créateur du ciel et de la terre, jette sur moi un regard de compassion, délivre-moi de mes misères, apprends-moi le véritable moyen de te plaire ; toute mon occupation et la plus grande application de ma vie seront de te servir et d’accomplir ta volonté.

Pour s’engager réellement dans cette sainte voie, Pacôme eut la sage et humble idée d’aller trouver un solitaire, certain Palémon (v. 25 jhanvier). Ce dernier mit à l’épreuve son candidat : il feignit de le refuser, de le décourager et - mais peut-être avec une pointe d’orgueil, toujours possible même chez les Saints - lui exposa son mode de vie : un peu de pain et de sel, pas de vin ni d’huile, veille la moitié de la nuit et parfois la nuit entière, dans la méditation de l’Ecriture et le chant des psaumes.

Pacôme accepta. Il faisait tout ce que Palémon lui disait. Ils chantaient ensemble, ils travaillaient de leurs mains pour s’assurer quelque subsistance. Quand Pacôme était gagné par le sommeil, Palémon lui faisait transporter quelques seaux de sables pour que l’ennemi ne ruine pas tous (ses) efforts.

Les maîtres savent parfois mettre durement à l’épreuve l’obéissance de leurs élèves. Un jour de Pâques, Palémon demanda à Pacôme de préparer un repas. Notre Pacôme de réunir un peu d’huile, de sel, et quelques herbes amères, ce festin devant être consommé avec quelques bouchées de pain : Palémon refusa d’y toucher, alléguant les souffrances du Christ crucifié. Pacôme accepta la leçon sans se révolter.

Pacôme se retirait quelquefois dans une solitude, à Tabenne. ; il y entendit une voix qui lui annonçait qu’il construirait là un monastère, puis un ange vint lui donner quelques indications sur la vie monastique. De retour auprès du maître, il lui fit part de sa vision immédiatement. 

C’était en 325, et tous deux se rendirent à Tabenne pour y vivre quelque temps, puis Palémon retourna à sa première solitude. Il mourut peu après (v.330).

Pacôme reçut comme premier disciple son propre frère, Jean, puis d’autres, puis beaucoup d’autres : ils furent bientôt une centaine !

Vers 333, Pacôme reçut une visite rare : s.Athanase (v. 2 mai) en personne !

Pendant quinze ans, Pacôme ne se coucha jamais ; il se reposait assis sur une pierre. Sa tunique était un cilice. 

Il recevait les malades et les faibles avec la plus grande délicatesse. Son souci était d’aider chacun à s’engager dans la voie de la perfection. Il eut tant et tant de disciples, qu’il dut construire six autres monastère ; ils devaient être jusqu’à sept mille à la mort de Pacôme (348). Un des monastère qu’il fit construire, fut pour les moniales, de l’autre côté du Nil : sa sœur fut la première à y entrer.

Les moines avaient une Règle sévère, mais les mortifications, les jeûnes, les travaux étaient proportionnés à la santé de chacun. On mangeait en silence, encapuchonné pour ne pas voir le voisin ; sur la tunique, un manteau de peau de chèvre. L’Eucharistie était célébrée le premier et le dernier jours de la semaine, mais aucun moine n’était prêtre : un prêtre venait de l’extérieur pour célébrer. Silence absolu. Cette Règle, traduite en latin par s.Jérôme (v. 30 septembre), existe toujours.

 

Vers 344, Pacôme établit à la tête de Tabenne son meilleur disciple, Théodore (v. 27 avril), et se retira dans son monastère de Pabau, qui devint presque plus célèbre que celui de Tabenne. Sur l’invitation de l’évêque Sérapion, il construisit une église pour les bergers de l’endroit, et leur y fit la lecture de l’Ecriture. Il refusa toujours de recevoir le sacerdoce.

Pacôme eut le don de guérir des malades. Mais il leur disait souvent que la patience dans la maladie est parfois plus méritoire que beaucoup de mortifications : L’abstinence et la prière sont sûrement une source de grands mérites, mais la maladie supportée avec patience est assurément d’un plus grand mérite encore.

Il combattait surtout l’orgueil. Un moine avait réussi à fabriquer plus que d’habitude et s’arrangea pour le lui faire savoir. Pacôme de rétorquer : Il s’est donné bien de la peine du matin jusqu’au soir pour livrer son travail au démon !

Pacôme reçut un jour un bouffon. Il voulait changer de vie, mais pendant longtemps il se laissa aller aux plaisanteries. Pacôme l’avertit d’abord, mais en vain ; il lui représenta enfin qu’on ne se moque pas de Dieu : alors Silvain (c’était son nom) rentra en lui-même et mena désormais une telle vie de pénitence, qu’à sa mort, Pacôme vit son âme monter au ciel.

En 348, Pacôme dut se présenter à un concile à Latopolis, pour répondre de certaines accusations qui circulaient à son sujet ; son humilité convainquit tous les évêques.

La même année, des centaines de moines moururent d’une épidémie de peste, et Pacôme en fut atteint. 

Il mourut le 9 mai 348.

Saint Pacôme de Tabenne est commémoré le 9 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gerontius de Cervia

† 501

 

Cervia est une localité italienne qui s’appelait Ficocle jusqu’au 10e siècle, proche de Ravenne (Italie CNE).

Son premier évêque fut, précisément, notre Gerontius.

On sait qu’il participa au concile de Rome de 501, où les soixante-seize évêques présents rendirent justice au pape Symmaque, injustement contesté. 

A son retour, il fut assailli par des brigands, peut-être incités au crime par ces contestaires, et mis à mort à Cagli, ce qui l’a fait considérer comme martyr.

Son premier successeur connu mourut en 599, ce qui fait apparaître une longue vacance du siège, à moins qu’on ait simplement oublié ou perdu les noms des évêques du 6e siècle.

Saint Gerontius de Cervia est commémoré le 9 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Forte Gabrielli

965-1040

 

Forte était né vers 965 à Gubbio (Ombrie, Italie C), dans l’illustre famille Gabrielli.

Encore enfant, et toujours davantage en grandissant, Forte resta étranger aux jeux et aux plaisirs du monde. De plus, il conçut très vite le désir de se soumettre à de sévères mortifications, dans les jeûnes et les veilles. Il se retira dans les montagnes du Monte della Schieggia, situées entre Monte Cucco et Monte Catria, pour y conduire la vie érémitique.

Cette vie érémitique n’était pas, pour lui, une vie de plaisirs. Il voulait bien au contraire mortifier, châtier davantage sa chair, se nourrissant d’herbes et de racines, buvant seulement l’eau pure de quelque source, portant comme tunique une vieille toile et dormant - quand il dormait - sur la terre nue.

A quelques kilomètres de là se trouvait le monastère camaldule de Fonte Avellana. Forte s’y rendit souvent pour en rencontrer le saint fondateur, le père Lodolfo. Mais il ne faut pas en déduire que Forte ait «quitté» son ermitage, qu’il ait revêtu l’habit camaldule et ait vécu dans ledit monastère, avant de revenir à la vie érémitique.

Forte s’éteignit à cette vie le 9 mai 1040. On estimait qu’il avait vécu soixante-quinze ou quatre-vingts ans, d’où l’on a déduit qu’il ait pu naître en 965 ou 960.

Son culte fut confirmé en 1756.

Le Bienheureux Forte Gabrielli est commémoré le 9 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

Benincasa de Montepulciano

1375-1426

 

Benincasa s’appelait réellement Giovanni Benincasa, soit Jean de bon augure, et naquit en 1375 à Montepulciano (Sienne, Toscane, Italie C), même si on l’a parfois fait naître à Florence, qui n’est pas loin.

On se heurte dans la biographie de Benincasa à deux sources «authentiques» dont certains détails ne coïncident pas.

Adolescent, Benincasa entra dans l’Ordre des Servites de Marie.

A vingt-cinq ans, il décida de se retirer dans un ermitage de Monticchiello, sur un terrain appartenant aux Servites, où ils devaient édifier un couvent en 1494. Benincasa se construisit une cabane (ou bien : occupa une grotte) et, pour vivre, confectionna de petits objets artisanaux qu’il échangeait contre un peu de pain que lui apportaient des visiteurs.

L’autre source affirme que le lieu de cet ermitage était le Monte Amiata, là où s’était lui-même retiré saint Filippo Benizi (v. 22 août).

Benincasa n’avait pas besoin de beaucoup d’aliments, tant il se mortifiait dans le jeûne ; par ailleurs ses visiteurs ne pouvaient jamais entrer dans cette cabane, car il n’apparaissait qu’à la fenêtre, et encore, jamais aux femmes. Il devait sans doute recevoir son directeur de conscience, pour se confesser et recevoir l’Eucharistie.

Les tentations de la chair ne manquaient pas, et il demandait à Dieu la force de les vaincre, disant que le Seigneur l’avait immergé dans le feu pour le libérer de la rouille.

L’ermite ne perdait pas son temps : d’un signe de croix, il libéra des possédés ; l’eau qu’il bénissait guérissait les malades qui la buvaient.

Quand il eut cinquante ans (1425), le Supérieur général des Servites lui aurait enjoint de gagner le proche monastère (sans doute pas celui de Monticchiello, édifié seulement en 1494). Il avait dû être averti par le Ciel, car Benincasa mourut effectivement peu après, le 9 mai 1426 : ce jour-là toutes les cloches de l’endroit se mirent à sonner.

Le corps de l’ermite fut déposé dans une église de Monticchiello, près de laquelle les habitants, reconnaissants envers les bienfaits miraculeux de Benincasa, aidèrent les Servites à édifier le couvent dont il était question plus haut. Au 16e siècle, église et couvent furent abandonnés, et les restes du Bienheureux furent déposés dans l’église paroissiale, où ils se trouvent encore maintenant.

Le culte de Benincasa fut confirmé en 1829 et le Martyrologe le mentionne au 9 mai.

 

 

Hans Wagner

1456-1516

 

Hans Wagner naquit vers 1456 à Riedlinger sur le Danube (Ulm, Allemagne).

En 1475, à dix-neuf ans, il frappa à la porte de la chartreuse d’Ittingen en Suisse et fut admis comme frère lai.

En 1476, il fit la profession après une année de noviciat, durant laquelle on remarqua son profond esprit de méditation et de pénitence.

Il faut savoir qu’alors cette chartreuse était en pleine restructuration, car c’était auparavant un couvent augustinien ; il fallait donc adapter l’édifice à la règle de saint Bruno (v. 6 octobre), selon laquelle chaque moine habite une petite maisonnette dont la porte donne sur le cloître.

Ces travaux étaient bruyants, et les moines y participaient activement de leurs mains, au point que le temps de la méditation était souvent négligé. Hans ne s’y retrouvait pas.

Après avoir sollicité la permission au Prieur, il écrivit directement au Pape, lui exposant sa pensée, sa situation, et son désir de se retirer dans un vrai ermitage solitaire.

La réponse papale alla exactement dans le sens de la demande de Hans. En 1489, à trente-trois ans, ce dernier se retira sur le Mont Pilate où se trouvait un petit «ermitage» abandonné, ou plus exactement une sombre grotte entourée de ronces. L’endroit, qui se trouve non loin d’Obernau, s’appelait Herrgotteswald (la forêt de Dieu Seigneur), et Hans allait y passer vingt-sept années.

Il y vécut dans la stricte observance de la règle cartusienne, se nourrissant de légumes et de fruits, jamais de viande ; il y ajouta ses austérités, dormant sur la roche, la tête appuyée sur une pierre. Peut-être y mettait-il un peu de paille…

L’histoire nous dit qu’il ne sortit presque jamais de sa solitude, où d’ailleurs on put souvent l’observer dans une position extatique. Que voyait-il durant ces extases ? Dieu seul le sait. Le bruit se répandit de l’immense paix qui rayonnait de son visage.

La population alentour se mit à le vénérer comme un saint et construisit pour lui une petite chapelle (1504).

Quand Hans mourut, les gens affirmèrent avoir vu une lumière céleste descendre sur lui. Ce fut le 9 mai 1516.

On l’enterra dans la petite chapelle en question. Un siècle plus tard, en 1613, on rouvrit son tombeau, dont s’exala un très agréable parfum de fleurs.

Les chartreux vivent dans un grand silence et restent dans un quasi anonymat ; c’est peut-être là la raison pour laquelle le bienheureux Hans Wagner n’est pas inscrit au Martyrologe.

 

 

Thomas Pickering

1621-1679

 

Né en Westmorland (Angleterre NO) vers 1621, il entra chez les Bénédictins de Douai (qui se sont maintenant transférés à Downside, Somerset), et fit les vœux religieux comme Frère convers en 1660.

En 1665, il fut envoyé à Londres, comme économe des moines bénédictins de la chapelle de la reine Catherine de Braganza, l’épouse catholique du roi Charles II.

Quand le roi ordonna l’expulsion des moines bénédictins (1675), il y eut une exception pour ce Frère Thomas, sans doute parce qu’il n’était pas prêtre.

Lors du complot de Titus Oate, qui prétendait que les Catholiques conspiraient contre la vie du roi, Thomas fut personnellement accusé de faire partie de la conspiration. La reine, qui le connaissait bien, plaida pour lui. Mais les juges maintinrent l’accusation, et le condamnèrent à mort avec deux autres.

Le roi hésitait beaucoup : il connaissait l’innocence de Thomas, mais il craignait l’opinion publique qui réclamait l’exécution des «victimes» de Titus Oate. Deux fois de suite dans le même mois, l’exécution fut ordonnée, puis commuée. Finalement, le roi ordonna l’exécution des deux autres, mais «plus tard», espérant pour le moment préserver le sort de Thomas. Mais le 26 avril 1679, la Chambre des Communes réclama l’exécution de Thomas et le roi céda.

Thomas Pickering fut, selon la formule rituelle, hanged, drawn and quartered (pendu, éviscéré et écartelé) à Tyburn le 9 mai 1679, avec trois autres. Parmi ces derniers se serait trouvé le bienheureux George Gervase, qui cependant est commémoré le 11 avril.

Frère Thomas Pickering a été béatifié en 1929.

 

 

Giuse Đỗ Quang Hiền 

1769-1840

 

Né vers 1769 (1775 ?) à Quân Anh Ha (Nam Định, Vietnam), Giuse (Joseph) était un prêtre dominicain.

Dès l’enfance il s’était consacré à Dieu et fut aux côtés de l’évêque.

Entré dans l’Ordre dominicain, il fit la profession (ou fut ordonné prêtre) en 1812. Son zèle et sa piété furent remarqués par tous les fidèles. Il cherchait à gagner à la foi de nombreux païens.

Lors de la persécution, il sa cacha, non pour échapper à la mort, mais pour pouvoir rendre service aux fidèles le plus possible. Mais il était prêt à donner sa vie, si Dieu le voulait.

Il chercha à venir en aide à Mgr Henares, l’évêque de Nam Định, se cacha chez son frère, puis chez ses parents et en d’autres endroits.

Appelé auprès d’un moribond, il fut dénoncé comme voleur. Une troupe arriva de nuit pour encercler le village et fouiller partout. Le père Giuse prit le temps de célébrer et d’achever la messe. Le lendemain, les soldats découvrirent sa cachette et arrêtèrent tous ceux qui habitaient dans la maison,  y compris deux catéchistes et un jeune serviteur de la mission. C’était le 12 décembre 1839.

On les tortura horriblement dans le but de les faire apostasier, mais ils ne cédèrent pas. Le jeune serviteur, Dominique, souffrit beaucoup, mais ne fut pas exécuté.

Le père Giuse reçut de nombreux coups de fouet, qui le mirent en sang. Il souffrait mais ne disait rien, sauf le nom de Jésus. On le mit en prison, avec de lourdes chaînes, mais Giuse s’efforçait toujours d’apporter du réconfort aux autres prisonniers. Il prépara au baptême des païens. Il en rapprocha beaucoup des Sacrements. 

Après plusieurs jours de captivité, il fut emmené devant le gouverneur. On lui demanda où résidait l’évêque, mais Giuse persévéra dans la discrétion et la détermination : Je ne sais pas où est mon évêque. Je suis prêt à mourir pour remercier le Seigneur qui est mort pour moi. 

Il fut encore fouetté, invité à apostasier, mais à chaque fois Giusé répétait : Je préfère mourir. Après beaucoup d’interrogatoires et de tortures, refusant toujours de trahir Jésus-Christ, il déclara : Je suis vieux, je ne dois pas craindre la mort. Je veux mourir parce que Dieu est mort pour moi. Je refuse d’apostasier.

C’était l’hiver, il faisait froid. On versa de l’eau glacée sur ses plaies. Sentant sa mort prochaine, il voulait mourir devant la population, pour donner publiquement l’exemple, et demanda aux soldats de le reconduire dans la prison, sinon il serait bientôt mort.

Il resta ainsi en prison pendant quatre mois. La sentence du roi tomba le 29 avril ; Giuse devait être exécuté le 9 mai.

Trois jours avant l’exécution, Giuse répéta encore qu’il était heureux de mourir. Les soldats le battirent encore et encore, cherchant à le faire apostasier. Giuse avait une résistance d’acier.

Au moment du martyre, Giuse se mit encore à genoux pour prier. Son visage était rayonnant. Même les soldats admirent que ce prêtre était plus fort que Confucius.

Le père Giuse, qui était septuagénaire (ou presque), fut décapité le 9 mai 1840 (d’aucuns ont dit le 29 avril).

Giuse Đỗ Quang Hiền fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988.

 

 

Karolina Gerhardinger

1797-1879

 

Karolina est la fille unique d’un capitaine de marine, Willibald, et de Franziska, née le 20 juin 1797 à Stadtamhof (Ratisbonne, Allemagne).

C’est l’époque où le gouvernement de Bavière s’allie à Napoléon : l’école et le couvent des Chanoinesses augustines de Notre-Dame sont confisqués en 1809. Karolina n’en perd pas pour autant les références chrétiennes qu’elle y a reçues.

Quand la liberté religieuse est enfin retrouvée dans les années 1820, Karolina est institutrice dans des écoles de campagne : la tâche est immense ! Il faudrait fonder une œuvre nouvelle, pour l’éducation des fillettes pauvres et des orphelines.

L’évêque de Ratisbonne, Georg Michael Wittmann, la soutient dans cette fondation. Elle se consacrera en 1835 sous le nom de Maria-Teresa de Jésus (en hommage à sainte Thérèse d’Avila) et ouvre un premier couvent, modeste, avec deux, puis quatre compagnes à Neunburg vorn Wald (car le maire de Stadtamhof était hostile à la fondation). 

Plus tard, le roi de Bavière, Louis Ier, leur offrira l’ancien couvent de clarisses à Münich (1843). Elles prennent l’appellation de Pauvres Sœurs Enseignantes de Notre-Dame (Arme Schulschwestern von Unserer Lieben Frau).

A partir de 1847, beaucoup d’Allemands émigrent aux Etats-Unis (Pennsylvanie) : cinq religieuses de Notre-Dame s’y rendront également, et Maria-Teresa les y accompagnera. Elle sera appuyée par un prêtre rédemptoriste, Johannes Nepomuk Neumann, futur évêque de Philadelphia (et canonisé en 1977, fêté le 5 janvier) et ouvrira trois écoles, soutenue par les Pères rédemptoristes.

Il y eut quelques difficultés dans l’approbation des constitutions, car l’archevêque de Münich, selon la mentalité de l’époque, jugeait impossible de confier à une religieuse la direction d’une congrégation féminine. Karolina fut même “interdite” de 1852 à 1854. Elle accepta cette humiliation avec grande soumission, mais fut enfin reconnue comme supérieure à vie par le pape lui-même, Pie IX. Les constitutions de la nouvelle congrégation seront enfin approuvées en 1865. Les religieuses vivent selon la règle des chanoinesses augustines.

Les élèves de l’école reçoivent une formation chrétienne et apprennent un métier. 

Karolina - Maria-Teresa - meurt à Münich le 9 mai 1879, elle est béatifiée en 1985.

Aujourd’hui, les religieuses de Notre-Dame sont près de quatre mille, présentes dans les cinq continents.

Il y a près de Ratisbonne un mausolée érigé par le roi Louis Ier pour honorer des citoyens allemands particulièrement méritants. Depuis 1847, c’est le gouvernement de Bavière qui les choisit : la bienheureuse Maria-Teresa a été la première femme à en faire partie, en 1998.

Stefan Grelewski

1898-1941

 

Né le 3 juillet 1898 à Dwikozy (Sandomierz, Pologne), Stefan était le fils de Michał, un meunier, et Eufrozyny Jarzynów. Il reçut au baptême, le 24 juillet, les noms de Stefan Alexis. Il eut un petit frère, Kazimierz, lui aussi futur prêtre, et une sœur, Jadwiga.

Après l’école communale, il fréquenta le collège à Sandomierz. Il obtint le baccalauréat en 1916 et entra au séminaire de Sandomierz.

En 1919, il fut envoyé à Lublin pour étudier le droit canonique. et fut ordonné prêtre en 1921.

En 1920, il fut très actif à l’occasion du plébiscite de la Haute-Silésie.

En 1922 il fut envoyé à Strasbourg pour y achever ses études commencées à Lublin et fut reçu docteur en droit canon avec sa thèse : La réaction contre les ordalies en France depuis le 9e siècle jusqu’au décret de Gratien.

Ce prêtre studieux avait encore du temps «libre» : il le consacra à étudier la pastorale dans les milieux des émigrés polonais en France.

En 1925, revenu dans son pays, il y fut secrétaire général de l’Union des Travailleurs Chrétiens à Radom, y fonda un petit périodique bi-mensuel et participa à la Caisse d’Assurance Chômage.

En 1928, il fut nommé directeur des écoles élémentaires à Radom et, comme canoniste, il fut ensuite chargé de la rédaction du mensuel juridique Katolicka Prawda (La Vérité Catholique).

Thérèse de l’Enfant-Jésus venait d’être canonisée (1925), et le père Stefan en diffusa largement la dévotion parmi les jeunes, d’ailleurs sous l’influence de son frère, Kazimierz.

En 1932, il fut nommé directeur de l’école secondaire de garçons à Radom, en plus de son enseignement au collège.

Le père Stefan était un «écrivain» ; il voulait diffuser des informations sur le diocèse, et publia des articles dans un petit journal de Varsovie. En 1929, il publia des Annales du diocèse.

En 1935, il fut co-organisateur du premier congrès eucharistique de Radom.

Les années suivantes il publia des articles sur le protestantisme et les sectes en Pologne. Stefan se montrait journaliste habile et même polémiste, pour rétablir et défendre la Vérité. Le plume du père Stefan ne se reposait jamais.

En 1938, comme son frère Kazimierz, il participa au congrès eucharistique de Budapest, où il rencontra le légat du pape, Eugenio Pacelli, le futur Pie XII.

Dès le déclenchement de la guerre, il organisa des services de cuisine pour les pauvres, pour les déplacés de Poznan. Dès avril 1940, il dut se cacher, tout en demeurant très actif. Il fut nommé recteur de l’église de la Sainte-Trinité à Radom.

Il fut arrêté une première fois le 27 septembre 1940, mais assez vite libéré. Il se mit alors à s’occuper des prisonniers polonais, pour lesquels il organisa des collectes de nourriture et de vêtements.

Les Nazis organisèrent une nouvelle rafle dans le nuit du 24 au 25 janvier 1941, recherchant plusieurs centaines de personnes de l’intelligentsia locale. Stefan et Kazimierz furent arrêtés. Il y a d’ailleurs eu une confusion entre la date de cette arrestation et celle du martyre de Stefan (on trouve parfois en effet la date du 24 janvier pour la mort de Stefan).

Les deux frères furent d’abord transportés à Skarzysko, où la police les condamna à mort, sans aucun jugement.

Le 24 février, les prisonniers furent transportés en train à Auschwitz, où on leur annonça qu’on en choisirait un sur dix. Les cinq premiers choisis furent immédiatement exécutés, les autres envoyés en compagnie disciplinaire, dont ils savaient qu’ils ne pouvaient sortir vivants.

Quant aux deux frères Grelewski, ils furent transférés à Dachau le 4 mai 1941.

A Auschwitz, Stefan porta le numéro 10444, et le 25281 à Dachau.

Stefan ne résista pas longtemps à la faim et à l’épuisement. Placé à l’infirmerie du camp, il décéda le 9 mai 1941, dans les bras de son jeune frère Kazimierz.

Stefan Grelewski et son frère Kazimierz furent béatifiés en 1999.

 

 

Józef Cebula

1902-1941

 

Né le 23 mars 1902 à Malnia (Olmet, Pologne), Józef était l’aîné des trois enfants de Adrian et Rozalia Buhl, modestes parents. Józef fut très tôt atteint par la tuberculose., qu’on pensait incurable. Il guérit cependant, de façon tout-à-fait inattendue.

Après l’école primaire, il passa en 1923 au séminaire des Oblats de Marie Immaculée à Krotoszyn ; il fit le noviciat à Markowice, le scolasticat à Liège (Belgique) et fut ordonné prêtre en 1927, avant même d’avoir terminé le séminaire. Il enseigna en même temps au juniorat de Lubliniec.

En 1931, il fut nommé supérieur du séminaire, puis maître des novices à Markowice en 1937. Il fut remarqué pour sa douceur et son humilité.

Lors de l’invasion de la Pologne par les troupes nazies, faire partie de l’Eglise devenait illégal. Le 4 mai 1940, les novices de Markowice furent tous emmenés au camp de concentration de Dachau.

Quant au père Cebula, il put continuer à exercer le ministère en cachette jusqu’au 2 avril 1941, date à laquelle il fut découvert et arrêté.

Emmené au camp de concentration d’Inowrocław, puis de Mauthausen (Autriche), où il eut le numéro 70, il fut insulté, maltraité, battu jusqu’au sang, et reçut même l’ordre de se pendre. Puis il fut soumis à de très pénibles travaux : il devait porter sur ses épaules des pierres d’environ trente kilogrammes d’une carrière à un campement qui se trouvait à deux kilomètres. Il fallait en outre monter un escalier de cent-quarante-quatre marches, qu’on appelait l’escalier de la mort, sous les coups et les insultes des bourreaux. Józef ne put faire que deux trajets. 

Le vendredi 9 mai 1941, rassemblant ce qui lui restait de forces, il déclara : Ce n’est pas vous qui me gardez ; c’est Dieu qui vous jugera.

Les Nazis lui ordonnèrent de courir avec la pierre sur le dos, le long des barbelés du camp.  Il ne put faire que cinquante mètres, avant de s’écrouler. L’un des officiers lui envoya une rafale de mitraillette, et déclara que le père Cebula fut tué au moment où il cherchait à s’échapper. Une autre rafale l’acheva.

Son corps fut brûlé au crématorium du camp. Au moment de la crémation, des témoins auraient vu son bras se lever, comme en signe de bénédiction.

Józef Cebula fut béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais de l’époque nazie, en 1999.

Le dies natalis du père Cebula est soit au 28 avril (Martyrologe et certaines sources), soit au 9 mai (entre autres site des OMI, et aussi Wikipedia en polonais). Il semble que cette dernière date soit plus «officielle».

 

 

Alexandru Rusu

1884-1963

 

Alexandru Rusu naquit le 22 novembre 1884 à Şăulia de Câmpie (Transylvanie, alors Autriche-Hongrie, act. Roumanie), dans une famille de rit gréco-catholique, dont le chef de famille était lui-même prêtre, comme cela arrive dans cette partie orientale de l’Eglise. Des douze enfants de cette famille (onze garçons et une fille), deux devinrent prêtres.

Alexandru étudia à Bistrița, Târgu Mureş et Blaj. En 1903, il obtint son baccalauréat.

Il étudia la Théologie au Grand séminaire de Budapest et fut ordonné prêtre en 1910, après avoir obtenu le doctorat en Théologie.

Il fut d’abord nommé professeur de théologie dogmatique à Blaj, ainsi qu’au lycée Saint-Basile-le-Grand de Blaj.

De 1911 à 1918, il fut rédacteur de la revue Cultura Creştină (La Culture Chrétienne).

A la fin de la Guerre mondiale, de 1918 à 1920, il y eut un Conseil Dirigeant de la Transylvanie, provisoire, où Alexandru fut secrétaire général pour les cultes.

De 1922 à 1930, il dirigea le journal Unirea.

En 1923, il fut nommé chanoine de la cathédrale.

De 1925 à 1930, il fut recteur de l’Académie théologique de Blaj.

Cette année-là, en octobre 1930, Alexandru fut nommé évêque du nouveau diocèse gréco-catholique de Maramureş et fut consacré en janvier 1931.

Cette même année, Alexandru Rusu fut élu sénateur au parlement roumain.

Le nouvel évêque se montra un excellent organisateur, un pasteur très zélé, un véritable apôtre. Il y avait tant à faire… En 1940, après le Deuxième arbitrage de Vienne, la quasi totalité du diocèse passa sous l’administration du régime hongrois, créant beaucoup de nouvelles difficultés à Mgr Rusu, en plus des conditions difficiles dues à la Deuxième Guerre mondiale.

En 1946 cependant, Mgr Rusu fut appelé à succéder au métropolite défunt Alexandru Nicolescu ; cette élection avait été longuement préparée par des pourparlers entre le clergé roumain, le Vatican et le gouvernement pro-soviétique. Mais le gouvernement roumain refusa cette élection, en raison de la fermeté de Mgr Rusu vis-à-vis du communisme. C’est pourquoi Mgr Rusu n’a jamais été reconnu officiellement par le gouvernement, qui a déclaré le siège métropolite «vacant» (il l’est resté jusqu’en 1990). Pour l’Eglise catholique cependant, Mgr Rusu restera métropolite de l’Eglise gréco-catholique de Roumanie jusqu’à sa mort.

Mgr Rusu en était réduit à agir dans une grande discrétion, dans la clandestinité même, mais il était étroitement surveillé. Le 18 octobre 1948, on lui retira toutes ses fonctions officielles et, le 28 octobre suivant, il fut arrêté et incarcéré au Ministère de l’Intérieur, à Bucarest. Le 1er décembre, le culte gréco-catholique était interdit et l’Eglise était expropriée de tous ses biens, églises et presbytères.

Alors commença le pénible périple du Métropolite, qui passa de prison en prison pendant une quinzaine d’années. De Bucarest, on le transféra à la maison patriarcale de Dragoslavele pour passer ensuite, en février 1949, au monastère de Căldăruşani transformé en prison, puis en mai 1950 dans la prison de Sighetu Marmației, puis en 1955 à l’hôpital Gerota de Bucarest «pour redressement», puis au monastère de Curtea de Argeş, puis encore au monastère de Ciorogâria, où il fut en compagnie des autres évêques Iuliu Hossu et Ioan Balan (v. 28 mai et 4 août). Le Métropolite avait alors plus de soixante-dix ans et avait survécu à sept années de mauvais traitements.

Or, en 1956, les trois évêques prisonniers eurent l’idée d’adresser un mémoire au gouvernement roumain - et de le faire connaître à l’étranger -, signé par des milliers de fidèles, pour demander la restauration de l’Eglise gréco-catholique de Roumanie. On célébra même en pleine rue une Divine Liturgie. Cette «provocation» fut durement réprimée par le gouvernement : on accusa Mgr Rusu d’en être l’instigateur et, le 13 août 1956, sous prétexte qu’il allait être reçu par le ministre des Cultes, il fut isolé au monastère Cocoşu de la Dobroudja, en attendant son procès. Mgr Rusu fut alors condamné, en 1957, à vingt-cinq années de travaux forcés pour instigation et crime de haute trahison. Il devait donc purger sa peine à quatre-vingt dix-sept ans ; dernier transfert du Métropolite : prison de Gherla, cellule 10 en sous-sol.

Mgr Rusu resta encore six années dans cette geôle. Au printemps 1963, il eut une maladie des reins. Le 9 mai 1963, son heure arrivait. Il bénit ses compagnons de cellule et leur dit ses ultimes paroles : Mes frères, maintenant je vais auprès de Dieu, afin que je reçoive ma récompense pour la vie que j’ai reçue de Lui, pour l’Eglise et pour les Roumains (traduction imparfaite). Mgr Rusu avait soixante dix-huit ans.

La dépouille du Prélat fut jetée dans le cimetière des détenus politiques, tombe 133, où les tracteurs retournèrent plus tard le terrain, sur ordre de la Police secrète.

Alexandru Rusu est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

 

 

Carmen Elena Rendiles Martínez

1903-1977

 

Carmen naquit le 11 août 1903 à Caracas (Venezuela), au sein d’une famille nombreuse et profondément chrétienne. Les parents, Ramiro Antonio et Ana Antonia eurent sept enfants, dont Carmen était la troisième.

Elle reçut le baptême en septembre 1903, et la Confirmation en 1905 ; elle reçut la Première communion en 1911.

A cela s’ajoute ce trait important, tout-à-fait imprévu, que Carmen naquit sans le bras droit, une anomalie à laquelle il fallut remédier par une prothèse que Carmen porta toute sa vie.

Sa vocation religieuse s’épanouit dès l’âge de quinze ans. Ayant rencontré la Supérieure des Servantes de Jésus, en voyage au Venezuela, elle demanda à être admise. La paternité de cette congrégation remonte au bienheureux polonais Honorat de Biala (v. au 16 décembre, Florentyn Wacław Koźmiński).

Cette congrégation étant présente en France, Carmen fut envoyée dans la maison de Toulouse pour y recevoir sa formation ; elle reçut l’habit en 1927. Désormais elle s’appellera en religion María Carmen. Elle fit la première profession en 1929, la solennelle en 1932.

Revenue au Venezuela, elle deviendra maîtresse des novices ; en 1944, elle sera nommée Supérieure de la maison de Caracas. Sous son impulsion, les Servantes de Jésus se développèrent beaucoup dans le pays, au point qu’elles se constituèrent finalement en congrégation autonome : les Servantes de Jésus du Venezuela.

Carmen en fut nommée Supérieure, plusieurs fois réélue, de 1969 à 1977.

Très active, Carmen voyageait dans toutes les communautés, pour encourager les Religieuses. Elle-même donnait l’exemple en participant à toutes les tâches, sans jamais considérer son handicap comme une excuse pour moins travailler. A ce labeur quotidien, Carmen ajouta celui de l’enseignement du catéchisme aux enfants de Caracas.

Cette Religieuse infatigable laissait à sa mort une vingtaine de maisons et une centaine de Religieuses, au Venezuela et en Colombie.

Elle s’éteignit, vaincue par la grippe, le 9 mai 1977.

María Carmen Rendiles Martínez a été béatifiée en 2018 et sera commémorée le 9 mai au Martyrologe.

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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 23:00

08 MAI

 

IV.

S Victor le Maure, soldat martyr à Milan.

S Acakios, centurion, martyr à Constantinople, patron de Squillace.

S Helladius, évêque à Auxerre.

V.

Apparition de s. Michel Archange au Mont Gargan (492).

S Jean, évêque à Chalon-sur-Saône.

S Arsenius, ermite égyptien à Scété : ses larmes lui brûlèrent les cils.

VI.

S Gibrian, prêtre irlandais venu près de Châlons-en-Champagne avec tous ses frères et sœurs : Tressan, Helan, German, Veran, Abran, Petran, Francia, Portia et Promptia.

S Désiré, gardien du sceau royal sous les rois Clotaire et Childebert, évêque à Bourges.

S Martin, prêtre et abbé près de Saintes.

VII.

S Boniface IV, pape (607-615), qui fit la dédicace du Panthéon à Rome.

Ste Iduberge (Itta), fondatrice de l’abbaye bénédictine de Nivelle, où elle se retira sous la direction de l’abbesse Gertrude, sa fille.

S Benoît II, pape (683-685) ; il dut attendre un an la confirmation de Constantinople pour gouverner l’Eglise ; l’empereur Constantin IV supprima justement cette obligation : il connaissait bien Benoît, au point de lui donner ses deux fils à adopter ; ce pape avait particulièrement cultivé le chant, apprentissage, selon lui, de ce que font les saints au ciel.

S Godon, évêque à Metz. 

?

S Metro, à Vérone ; il s’enchaîna plusieurs années à un rocher pour faire pénitence d’un inceste inconscient qu’il avait commis, puis fut absout et ordonné prêtre.

VIII.

Ss Indract et Dominica, irlandais venus à Skapwith, massacrés par des brigands.

S Wiron, évêque régionnaire en Ecosse, retiré dans le Limbourg, patron de Roermond.

XI

S Stanislas, évêque à Cracovie, martyr : il osait reprocher ses graves immoralités au roi, qui alla le frapper dans l’église où il célébrait ; fêté le 11 avril.

B Frédéric, moine à Einsiedeln, abbé à Hirschau, déposé sur une atroce calomnie de trois de ses moines.

XII.

B Seher, fondateur et abbé à Chaumouzey.

S Pierre, cistercien à Bonnevaux, fondateur de Tamié, évêque à Tarentaise ; il mourut à Bellevaux ; il fut presque le seul de l'Empire à soutenir le pape légitime ; le Martyrologe Romain le commémore le 14 septembre.

XIII.

B Amato Ronconi, à Saludecio ; du tiers-ordre franciscain, il accepta d’être pris pour un fou, par amour de Jésus-Christ ; il fonda un hospice ; canonisé en 2014.

XV.

B Angelo de Massacio, camaldule et martyr, zélé défenseur de l’observance dominicale.

B Luigi Rabatà, carme en Sicile.

XVII.

Bse Catherine Symon de Longprey (Marie-Catherine de Saint-Augustin), religieuse normande des Hospitalières de la Miséricorde, active au Canada, béatifiée en 1989.

XIX.

Clara Fey, fondatrice allemande de la Congrégation du Pauvre Enfant Jésus, en faveur des orphelins ; béatifiée en 2018.

XX.

Bse Franziska Ulrika Nisch (1882-1913), des Sœurs de la Charité de la Sainte Croix à Baden-Baden, cuisinière et mystique, béatifiée en 1987.

Bse Teresa Demjanovič (Miriam Teresa, 1901-1927), américaine des Sœurs Elisabétaines de la Charité, mystique, béatifiée en 2014.

B Jan Eugeniusz (Antonin) Bajewski (1915-1941), franciscain d’origine lituanienne mort à Auschwitz, martyr polonais béatifié en 1999.

Bx Henri Vergès, frère mariste, et Paul-Hélène Saint-Raymond, assomptionniste (*1930, 1927), français assassinés en Algérie en 1994 et béatifiés en 2018.

Victor le Maure

† 303

 

Originaire de Maurétanie (act. Maroc), Victor fut pour cela surnommé le Maure.

Il avait été éduqué dans la foi chrétienne dès l’enfance.

Soldat à Milan, il fut invité à offrir le sacrifice aux idoles, ce qu’il refusa de faire.

Il fut battu, eut tout le corps brûlé par du plomb fondu, et fut décapité.

A son tombeau se produisirent beaucoup de miracles.

C’est l’un des principaux Patrons de l’Eglise de Milan.

Saint Victor le Maure est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Akakios centurion

† 303

 

Originaire de Cappadoce (act. Turquie C), Akakios fut centurion de la cohorte impériale des Martésiens.

Mais il était aussi chrétien.

Dénoncé, et arrêté, il confessa courageusement sa foi devant le tribun Firmus.

On l’envoya en Thrace, où il souffrit une première série de tortures, puis, chargé de chaînes, il fut conduit à Byzance : peut-être y fut-il suspendu à un noyer, selon une tradition locale. Enfin, il fut décapité.

Ce fut en 303. 

Akakios est l’unique Martyr de Byzance que mentionne le Martyrologe pour les périodes des persécutions romaines.

Les reliques de s.Akakios ont été transportées à Squillace (Calabre, Italie S), dont il est le Patron principal.

Saint Akakios le centurion est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Helladius d’Auxerre

† 385

 

Nous avons déjà rencontré s.Helladius (ou Elladius) à propos d’Amator (v. 1er mai).

Il fut le quatrième évêque d’Auxerre, en 361.

C’est lui qui reçut Amator dans le clergé et lui conféra le diaconat et le sacerdoce.

On dit que, par son exemple et sa parole, il amena beaucoup de gens à la conversion.

Il s’éteignit en 385, après vingt-quatre années d’épiscopat.

Saint Helladius d’Auxerre est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Arsenius de Scété

† 411

 

Arsenius était d’une famille romaine sénatoriale.

Il exerça de hautes charges dans le palais impérial.

Certaines versions affirment qu’il fut ordonné diacre à Rome, et que le pape lui-même l’aurait indiqué à l’empereur Théodose pour être le précepteur de ses deux fils, Arcadius et Honorius. Mais comme Arcadius était insupportable, mais aussi après la prise de Rome par Alaric (410), Arsenius laissa la Ville éternelle pour se retirer dans la solitude du désert de Scété (Egypte).

Il y reçut la visite du patriarche Théophile, lequel dit, au moment de mourir (412 ou 413) : Heureux Arsenius, qui avait toujours en tête cette heure suprême !, ce qui laisse entendre qu’Arsenius était mort à cette date.

Un contemporain décrivit ainsi Arsenius : tout blanc, grand, voûté, d’allure encore distinguée, une barbe jusqu’à la ceinture. Les pleurs avaient usé ses cils. En effet, en travaillant, Arsenius avait toujours sous la main un linge pour essuyer ses larmes.

Arsenius dormait très peu : il s’assoupissait, sans se coucher. Le samedi soir, il tournait le dos au soleil couchant et levait ses mains vers le ciel ; il cessait quand le soleil levant l’éblouissait. 

Il mourut donc entre 410 et 412.

Saint Arsenius de Scété est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

Martinus de Saintes

† 5e siècle

 

Martinus est un personnage attesté historiquement, puisque Grégoire de Tours (v. 17 novembre) en fait un long éloge dans son  livre A la Gloire des Confesseurs. 

Mais Grégoire ne sait lui-même pas grand-chose sur ce Martinus.

Par ouï-dire, il le dit disciple de s.Martin de Tours (v. 11 novembre), constructeur d’un monastère à Saujon (Saintes) et thaumaturge.

Le disciple de Martin de Tours serait donc du 4e siècle, et aurait pu mourir au 5e, mais des historiens sévères accueillent avec un certain doute cette affirmation.

Grégoire cite un certain nombre de miracles opérés dès le vivant de Martinus : un malade aux mains paralysées fut guéri, un estropié eut les genoux remis en place…

L’évêque de Saintes s.Palais (v. 7 octobre) mit à l’honneur Martinus, qu’on avait déjà tout-à-fait oublié au 6e siècle. On n’a rien retrouvé non plus de ce monastère de Saujon.

Saint Martinus de Saintes est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gibrian de Châlons-en-Champagne

† 515

 

Il y avait en Irlande une belle fratrie de sept frères et trois sœurs qui s’appelaient Gibrian, Helan, Tressan, German, Veran, Abran, Petran, Francla, Portia et Promptia.

Tous les dix voulurent trouver en Gaule un endroit idoine pour la méditation, la prière, la louange divine, et s’arrêtèrent dans un premier temps en Bretagne.

En 508, ils préférèrent se déplacer davantage vers l’intérieur et arrivèrent dans le diocèse de Reims. A partir de ce moment-là, on ne sait plus rien des frères et sœurs de Gibrian.

Gibrian, donc, qui d’après le Martyrologe était prêtre, se choisit un lieu de retraite non loin de Châlons-en-Champagne, probablement l’actuelle commune de Saint-Gibrien.

En 509 d’après certains, 515 d’après le Martyrologe, Gibrian mourut et fut enterré dans une petite chapelle de l’endroit.

Au 9e siècle, ladite chapelle fut détruite par les Vikings envahisseurs, qui cependant respectèrent le tombeau de Gibrian ; au 12e siècle, les reliques de Gibrian furent transférées à Reims : entre le jour de la translation (16 avril) et le 24 août suivant, on recensa cent-deux miracles. Les précieuses reliques disparurent à la Révolution.

Saint Gibrian de Châlons-en-Champagne est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Désiré de Bourges

† 550

 

Désiré naquit en 512 à Sancy (Soissons, Aisne), quatrième enfant d’Auginus et Agia, des parents très généreux pour les pauvres ; les premiers enfants furent Agia, Didier (moine, martyr des ariens), Deodatus (trésorier de Clotaire, assassiné par des envieux).

Il devint gardien du sceau royal sous les rois Clotaire et Childebert. Profitant de cette fonction, il fit construire des églises et des monastères. Il s’attaqua aussi à la simonie.

En 538, il fut nommé vingt-troisième évêque de Bourges, succédant à s.Arcadius.

Désiré fit un voyage à Rome, et en rapporta des reliques pour son diocèse.

Il fut célèbre pour ses miracles.

Le 28 octobre 549, il participa au cinquième concile d’Orléans, convoqué par Childebert Ier : on y renouvela la condamnation de Nestorius et d’Eutychès (déja condamnés en 431 et 449) ; on y interdit aux clercs de recevoir chez eux des femmes étrangères et, s’ils étaient déjà mariés, on leur demandait de vivre dans la continence ; on rappelle l’interdiction de la simonie ; parmi d’autres canons concernant la discipline ecclésiastique, on prescrit à l’archidiacre de visiter chaque dimanche les prisonniers, aux évêques d’avoir un soin paternel pour les lépreux ; on confirme la fondation d’un hôpital à Lyon.

Successivement, au deuxième concile d’Auvergne, furent confirmés les canons précédents.

C’est peu après ce concile que Désiré, comme il l’avait annoncé, fut pris de fièvres et mourut le 8 mai 550.

Saint Désiré de Bourges est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Boniface IV, pape

617-615

 

Fils du médecin Johannes, né dans les Abruzzes (Italie C), il était moine à Rome. Du temps de Grégoire Ier  il était diacre dispensator, c’est-à-dire responsable de l’administration du patrimoine.

Succédant à Boniface III après plus de dix mois de vacance du siège apostolique, il est le soixantième pape.

Comme l’empereur Phocas montrait de bonnes dispositions envers le pontife romain, Boniface lui demanda de confirmer officiellement la primauté du siège romain sur celui de Constantinople.

Le même empereur céda au pape le temple romain du Panthéon, qui était encore debout malgré les démolitions des temples païens, et le pape le consacra au culte en l’honneur de la Vierge Marie et de tous les Saints sous le titre de Sancta Maria Rotunda : premier exemple dans l’histoire de l’Eglise d’un temple devenu église. C’est à cette occasion que fut composée la messe Terribilis de la Dédicace.

En 610 il y eut un concile à Rome où il fut traité de “la vie et le repos des moines”. L’évêque anglais Mellitus fit qu’on parla de l’ordination des moines “s’ils avaient les qualités requises” et qu’ils pouvaient exercer le “ministère de lier et de délier”. Les usages celtes y furent abolis.

On ne connaît pas la réponse ni la réaction de Boniface IV aux vives admonestations que se permit de lui écrire saint Colomban (malgré toute la déférence de celui-ci pour le Saint-Siège).

Il y eut à cette époque des inondations à Rome, une période de famine et d’épidémie de peste.

Boniface IV mourut le 25 mars pour les uns, le 8 mai 615 pour les autres, et c’est cette dernière date qui est retenue au Martyrologe Romain. Son pontificat aurait duré cinq ans, huit mois et douze jours.

Il eut pour successeur Deusdedit (Adeodatus) Ier.

 

 

Benoît II, pape

683-685

 

Benedictus était romain de naissance, et attaché à l’Eglise dès l’enfance, appliqué à l’étude de l’Ecriture et du chant ecclésiastique, qu’il considérait comme l’apprentissage de ce que font les saints au paradis.

Élu au siège apostolique en 683, il succédait à saint Léon II comme quatre-vingt-unième pape, connu pour sa piété, son humilité, sa douceur, sa patience, son amour des pauvres.

Un “incident” marqua son élection, car à cette époque on devait attendre la confirmation de l’élection par l’empereur avant d’introniser le nouveau pape. Cette attente dura près d’un an dans le cas de Benoît II. C’est d’ailleurs ce dernier qui, d’entente avec l’empereur Constantin Pogonat, décida qu’il ne serait plus nécessaire d’attendre cette confirmation.

L’empereur était justement bien disposé envers le pape : il lui fit adopter ses deux fils, Iustinianus et Heraclius.

Benoît II s’employa à faire recevoir partout les décrets du concile de Constantinople contre le monothélisme. Entre autres, il demanda à l’épiscopat espagnol de s’exprimer plus clairement à ce sujet.

Le pape chercha à ramener le patriarche d’Antioche, Makarios, à la sainte union, car il avait été déposé un moment pour hérésie. Il se montra favorable à la cause de l’archevêque d’York, saint Wilfrid, pour le faire réintégrer sur son siège.

Le pontificat de Benoît II fut très bref, mais intense en œuvres diverses : réparation d’édifices, souci des pauvres, conversion des hérétiques.

Benoît II mourut le 8 mai 685, et eut pour successeur Jean V.

 

 

Wiro d’Ecosse

† 710

 

Wiro était né en Ecosse, où son mérite l’avait fait nommer évêque, mais son humilité ne put se résoudre à accepter cette charge.

Il alla trouver le pape, avec deux compagnons, nommés Plechelm et Otger, pour lui expliquer les raisons de son refus, mais le pape jugea que Wiron était d’autant plus digne de l’épiscopat, qu’il le craignait davantage, aussi l’ordonna-t-il évêque, ainsi d’ailleurs que Plechelm, et les renvoya tous deux en Ecosse, pour y collaborer avec les autres évêques dont les diocèses étaient assez vastes.

Wiro réussit, ainsi que Plechelm, à se démettre de ses fonctions en Ecosse et gagna la région du Limbourg, plus précisément à Roermond : non loin se trouvait un Mont Saint-Pierre, qui fut plus tard appelé Mont Sainte-Odile (à distinguer du site de même nom en Alsace). 

Il a été avancé qu’avant de s’installer là, Wiro et Plechelm collaborèrent en Germanie avec s.Boniface (v. 5 juin), lequel aurait nommé Wiro évêque d’Utrecht. Mais Wiro était déjà mort quand Boniface entreprit sa grande œuvre évangélisatrice. La réalité est que des reliques de Wiro furent transportées à Utrecht au 9e siècle.

C’est Pépin d’Héristal qui fit don à Wiro du Mont Saint-Pierre. Il choisit Wiro comme directeur de conscience et venait souvent le visiter, parfois pieds-nus, déposant ses insignes royaux et se mettant parmi les pénitents. Après la mort de Wiro, Pépin alla trouver Plechelm, qui se trouvait dans la même région.

Wiro mourut vers 710, peut-être déjà vers 700.

Saint Wiro d’Ecosse est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Metro de Vérone

† 8e siècle

 

La période où vécut Metro est très approximative ; si son existence est parfaitement attestée, on n’en peut préciser la naissance ni la mort.

Metro, qui pourrait bien être d’origine grecque, eut le malheur de commettre involontairement un inceste. Quand il comprit son crime, il s’enchaîna lui-même à un rocher, s’imposant là de sévères mortifications en pénitence de son péché.

Ayant longuement expié, il reçut l’absolution et fut ordonné prêtre.

Après sa mort, il fut honoré comme saint.

Saint Metro de Vérone est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

Pierre de Tarentaise

1102-1174

 

Pierre naquit vers 1102 près de Vienne en Dauphiné, de parents humbles, pauvres en ressources matérielles, mais riches de vertus chrétiennes : la maison était un véritable hospice pour les étrangers et les pauvres, les religieux de passage, dont les récits et les exhortations étaient une excellente instruction pour les enfants.

Tout en gardant les troupeaux, Pierre cherchait à s’instruire. On remarqua sa mémoire prodigieuse quand il récita le psautier. Il transcrivit et apprit par-cœur le commentaire de saint Augustin sur les psaumes.

A vingt ans, il entra à la nouvelle abbaye cistercienne de Bonnevaux.

Dix ans plus tard, estimé pour ses dons et ses qualités, il fut chargé de fonder l’abbaye de Tamié. Dans ce lieu perdu, les moines vivaient tout juste de pain et eau, avec des herbes mal apprêtées ; mais ils recevaient les voyageurs, les pèlerins, les pauvres, leur procurant toute l’aide possible ; le comte de Savoie (Amédée III) fut un de ces hôtes ; Pierre les servait personnellement.

Les miracles commencèrent : Pierre multipliait le pain pour la communauté.

En 1138 (ou 1142 ?), Pierre dut, par obéissance à saint Bernard de Clairvaux, accepter l’évêché de Tarentaise. Il s’employa à remonter le niveau du clergé, installa des chanoines réguliers de Saint-Augustin à la cathédrale, visita et dota les églises de matériel liturgique, fonda des hospices pour les pauvres et les pèlerins. Dans ses déplacements, il restait humblement vêtu en religieux ; il se mortifiait, jeûnait, priait longuement.

Chaque année, au printemps, il organisait une distribution générale de soupe et de pain. Ce pain de mai dura jusqu’à la Révolution.

Sa bonté était désormais légendaire, on se pressait pour l’accoster ; il reçut ainsi trois étrangers qui venaient le remercier (!) de les avoir délivrés : ils expliquèrent que, prisonniers, ils s’étaient convertis à la lecture des vertus et des miracles de Pierre, et l’avaient invoqué ; Pierre leur était apparu, leur avait rompu les chaînes et les avait fait passer à travers les gardes.

Pierre décida d’échapper à cette notoriété et disparut : on le retrouva quand même au fond d’un couvent d’Allemagne, d’où on le tira pour combattre le schisme de Victor III, nommé par Frédéric Barberousse. Pierre fut presque le seul sujet de l’empire à se déclarer ouvertement pour le pape légitime, suivi par tout l’ordre cistercien. C’est pourquoi le pape Alexandre III l’invita à Rome : tout au long de son voyage, Pierre fut acclamé ; il guérit l’évêque de Bologne.

En 1170, le pape le chargea d’une mission de réconciliation entre les rois de France et d’Angleterre ; là encore, les miracles se multiplièrent sur son passage. Il ne cessait de consacrer des autels, de guérir des malades.

Arrivé à proximité de Bellevaux (Haute-Saône), la fatigue et la fièvre l’obligèrent à s’asseoir sur le bord de la route ; on vint l’aider à gagner l’abbaye, où il mourut le 8 mai 1174.

Les nombreux miracles de Pierre de Tarentaise continuèrent après sa mort, et il fut canonisé en 1191.

Pour une raison à présent inconnue, le Martyrologe mentionne saint Pierre de Tarentaise au 14 septembre.

 

 

La magnifique abbaye de Bonnevaux, qui reçut Pierre au début de sa vie religieuse, fut vendue vers 1830 comme carrière de pierres. Celle de Bellevaux, où il mourut, déclina beaucoup, se reprit, fut vendue en 1791, rachetée, restaurée, abandonnée ; c’est maintenant une demeure privée, classée aux monuments historiques. Les reliques de s. Pierre de Tarentaise devraient se trouver actuellement en la proche église de Cirey.

 

 

Amato Ronconi

1225-1292

 

Amato (Aimé) naquit vers 1225 à Monte Orciaro (San Lauditius - auj. Saludecio -, Rimini, côte Adriatique, Italie C), de parents assez aisés, Felice et Santa, qui eurent quatre enfants : Girolamo, Giacomo, Amato et Clara.

Il fut tôt orphelin de ses parents et fut pris en charge par son frère aîné, Girolamo et son épouse.

Il fréquenta le couvent franciscain de Formosino et devint membre du Tiers-Ordre franciscain. 

Il s’imposait une vie dure, avec flagellations, se nourrissant de quelques légumes. Il fit le pèlerinage à saint Gaudenzio de Rimini et à saint Marino au Mont Titano. Il fit quatre fois le pèlerinage à Compostelle. Sur son chemin, il aurait accompli des miracles, et en particulier à Compostelle même, celui de ressusciter un mort.

Sa belle-sœur lui proposa de se marier avec sa sœur, mais sur son refus, elle le prit en grippe et alla jusqu’à l’accuser d’inceste avec sa sœur Clara. Amato redoubla ses flagellations. Une tradition orale rapporte que Dieu prouva l’innocence d’Amato par des miracles.

Il se retira avec sa sœur Clara dans une maison sur le Monte Orciaro, sa part d’héritage. Cette maison devint bientôt un hospice, dédicacé à Notre-Dame, pour offrir un lit aux pauvres et aux pèlerins. Pour subvenir aux dépenses nécessaires, Amato vendit tout ce qu’il avait.

Un jour qu’il n’y avait vraiment plus rien à donner à manger aux pèlerins de passage, Amato dit à sa sœur d’aller prendre au potager ce qu’elle y trouverait : elle revint avec d’énormes raves, tout juste semées le matin.

Au cours de son cinquième pèlerinage à Compostelle, un ange l’avertit de vite revenir à la maison, car le cours de sa vie allait se terminer.

Le testament écrit d’Amato date du 10 janvier 1292, la seule date précise reçue pour cet humble frère de saint François d’Assise. Par ce testament, Amato remettait son hospice aux Bénédictins de Rimini.

Amato mourut, croit-on, le 8 mai 1292, et fut presqu’aussitôt considéré «bienheureux». De son corps qui ne subissait pas de corruption, sortait un parfum céleste. Qui le touchait, guérissait.

En 1330, on dut transférer en hâte le corps d’Amato, à cause d’un incendie. A la fin de la cérémonie, les bœufs ne voulaient plus repartir ; le bouvier exaspéré planta à terre son aiguillon, qui donna naissance à un orme, appelé depuis l’Orme du Bienheureux Amato.

Lors du bombardement de 1944, l’église fut quasi détruite, mais l’urne de verre qui contient le corps du Bienheureux, ne subit aucun dommage.

Le culte qu’on lui rendait fut confirmé en 1776.

Le martyrologe romain le commémore au 8 mai. 

Amato fut canonisé en 2014.

 

 

Angelo Urbani de Massaccio

† 1458

 

Angelo était né dans la deuxième moitié du 14e siècle, à Massaccio (auj. Cupramontana, Ancône, Italie), dans la famille des Urbani.

Entré dans l’Ordre des Camaldules, il fut prieur à Santa Maria della Serra.

Saint Giacomo de la Marche (v. 28 novembre : Domenico Gangale) a mentionné le martyre que subit Angelo, par les mains de la secte des berlotani : de passage dans la campagne un dimanche, Angelo aperçut ces gens en train de travailler dans les bois et leur reprocha de ne pas respecter le repos dominical : pour toute réponse, ils vinrent le frapper avec leurs haches.

On a calculé que ce pouvait être le 8 mai 1458.

Des miracles ont tout de suite attesté la sainteté d’Angelo, dont le culte s’établit dès le 15e siècle. Deux siècles plus tard, Angelo était proclamé céleste patron de Massaccio.

Le culte fut confirmé en 1842 ; Angelo est donc Bienheureux.

Le Martyrologe le mentionne au 8 mai.

 

 

Luigi Rabatà

1443-1490

 

Luigi Rabatà était né à Erice (Trapani, Sicile) vers 1443.

Entré au Carmel de Trapani, il y fit les études et reçut le sacerdoce.

Par la suite il fut nommé prieur à Randazzo, où il resta jusqu’à la fin de sa vie.

En 1489, il eut l’occasion de reprocher à un habitant sa conduite désordonnée et ce dernier,  vexé, lui tira une flèche dans le front. Luigi pardonna et ne voulut jamais révéler le nom de son agresseur ; mais la plaie s’infecta et Luigi mourut de gangrène le 8 mai 1490, date à laquelle le mentionne le Martyrologe.

 

Catherine Symon de Longprey

1632-1668

 

Née le 3 mai 1632 à Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche), Catherine était la fille de Jacques Simon et de Françoise Jourdan de Launay. Elle avait plusieurs frères et sœurs.

Une sainte âme de la famille aurait prédit dès sa conception qu’elle serait une grande servante de Dieu. Elevée par ses grands-parents maternels, elle en reçut de sages leçons de piété et d’amour du prochain. Elle montra effectivement très tôt des signes manifestes d’une grande âme de prédilection, cherchant toute petite déjà à faire la volonté de Dieu.

Il semble qu’elle ait eut une certaine «familiarité» avec Notre-Dame et l’Enfant-Jésus, à qui elle parlait à tous moments. 

A cinq ans, elle commença de souffrir de maux de tête, avec une forte infection des oreilles, et les médecins n’y purent rien faire, jusqu’à ce qu’un mystérieux personnage vînt se présenter, qui lui administra un remède très efficace avant de disparaître. Elle ne sut jamais qui était ce Saint mystérieux, qui se présentait comme venant de Paris et d’Italie.

Elle fit la première Communion en 1640, le 1er novembre. Elle-même écrit qu’elle perdit sa première ferveur, et qu’un songe lui fit comprendre le danger où elle était, et la vocation religieuse qui l’attendait. 

En attendant elle se prépara avec grand soin, se confessant deux fois la semaine, cherchant à être fidèle dans les petites choses quotidiennes. Elle rencontrait souvent des pères Jésuites, dont les missions dans le Cotentin produisirent d’excellents résultats parmi toute la population.

Elle reçut l’influence bienfaisante d’un grand Saint : Jean Eudes (v. 19 août). A dix ans, elle se consacra à la Sainte Vierge, selon un acte qu’elle signa de son sang. On a à juste titre supposé qu’elle avait eu une céleste inspiration pour rédiger cet acte. L’acte est du 8 septembre 1642, jour où elle s’inscrivit dans la Confrérie du Rosaire et dans celle de la Rédemption des Captifs.

L’année suivante, le 19 mars, elle entra dans l’Association de la Sainte Famille, pour obtenir la grâce de bien mourir. Le 25 mars, elle prit le petit habit de Notre-Dame, et se trouva guérie d’une mystérieuse fièvre qui la tenait depuis trois années.

Vers ses douze ans, elle eut l’inspiration du Saint Esprit de faire trois vœux : prendre Marie pour sa mère ; éviter le péché mortel ; vivre dans la chasteté.

A douze ans, après quelques hésitations et quelques combats pour renoncer vraiment au monde, elle fut accueillie (avec sa sœur aînée) parmi les Sœurs Hospitalières de Bayeux, tout récemment établies. 

Tout de suite, on apprécia sa disponibilité et sa gentillesse à toute épreuve. Elle apprit vite le chant ; elle participa efficacement à la sacristie, à la cuisine, au réfectoire, à l’hôpital. Elle communiait chaque jour.

Elle reçut l’habit religieux à quatorze ans (1646) ; ce 24 octobre, sa sœur aînée fit profession, et sa grand-mère entra au monastère. Alors commença le noviciat de Catherine, qui prit le nom de Marie-Catherine de Saint-Augustin.

En mars de 1648, elle refit une consécration totale de tout son être et de toute sa vie à Notre-Dame ; un véritable acte juridique, daté, signé, circonstancié, où Marie-Catherine dit bien qu’elle a «15 an passé».

Bien vite, elle s’offre pour la mission du Canada, voulant vivre et mourir en ce pays si Dieu lui en ouvre la porte. On ne pensait pas d’abord à elle, qui était si jeune et encore novice, mais comme sa sœur aînée, qui devait partir, changea d’avis, Marie-Catherine se trouva en bonne position pour être acceptée. Là, c’est son père qui essaya tous les moyens pour l’en empêcher, mais c’est la jeune novice qui gagna.

Il se passa ceci : Monsieur de Longprey était fort affligé du départ de sa chère fille et demanda à lire la relation du martyre d’Isaac Jogues, qui avait été mis à mort par des Iroquois l’année précédente. Puis il sombra dans un profond sommeil, dont il se réveilla tout changé, très disposé à faire le sacrifice de sa fille ; et son épouse eut le même «songe» de son côté.

Puis le chapitre exposa à nouveau des raisons opposées à ce voyage, pour finalement consentir à laisser partir cette jeune novice.

Elle put faire les vœux simples, quoique n’ayant pas encore les seize ans requis pour la première profession. Un des vicaires généraux du diocèse put se rendre compte personnellement de l’étonnante fermeté de la décision de cette jeune fille adolescente. L’ancien évêque de Bayeux était fort ému d’avoir une telle Sainte dans son diocèse et baisait les lettres qu’il en recevait.

Le départ fut émouvant, d’autant plus que Catherine était unanimement estimée, dans sa famille naturelle et dans sa famille religieuse. La douleur était grande de se quitter, mais l’amour que Catherine portait pour les «Sauvages» l’emportait de beaucoup.

Ainsi, en 1648, cette novice de seize ans est parmi les premières apôtres du Canada.

Durant la traversée, il y eut une épidémie de peste avec des morts ; Catherine fut à toute extrémité, mais la Vierge Marie vint l’assister et la guérir.

Arrivée à Québec, elle se mit vaillamment à l’œuvre, apprit les langues indiennes, fit l’infirmière, l’économe, l’hospitalière, la maîtresse des novices : elle avait de remarquables qualités d’organisation et de responsabilité.

Marie-Catherine avait coutume de prier pour les âmes des Défunts. Or non loin du monastère mourut une pauvre femme prostituée, abandonnée de tous. Elle apparut à Marie-Catherine quatre années après sa mort, lui demandant des prières. Peu après, cette âme était sauvée.

Pendant tout le temps de sa présence au Canada, Marie-Catherine ne cessa d’être affligée de douleurs diverses et continues, mystérieuses et insensibles à tous les remèdes, de sorte qu’on put dire d’elle qu’elle était réellement clouée sur la croix. On lui proposa de revenir en France, ce qu’elle refusa catégoriquement.

Pendant toute cette période, ce ne fut que crainte et terreur à cause de la fureur des Iroquois,  qui s’en prirent continuellement aux Hurons, mais aussi aux populations établies dans cette région du Canada. Leurs nombreuses victimes furent torturées et horriblement mises à mort.

Souvent, les Religieuses devaient quitter le couvent le soir, pour aller se réfugier ailleurs, ne laissant dans le couvent que deux ou trois d’entre elles pour rester près du Saint-Sacrement, et presque toujours ce fut Marie-Catherine qui était «de garde», ce qu’elle appréciait beaucoup, pouvant ainsi rester longtemps auprès de l’Eucharistie.

Par cette offrande qu’elle avait faite de soi-même, Marie-Catherine est considérée comme la co-fondatrice de l’Eglise en Canada.

Elle s’éteignit le 8 mai 1668, à Québec : elle avait trente-six ans.

Marie Thérèse de Saint-Augustin a été béatifiée en 1989.

 

Clara Fey

1815-1894

 

Clara naquit à Aix-la-Chapelle (Aachen, Allemagne) le 11 avril 1815, quatrième des cinq enfants des époux Ludwig et Katharina. On connaît le nom d’un de ses frères, Andreas, qui sera prêtre.

Ludwig, un riche industriel du textile, mourra d’un accident cardio-vasculaire en 1820.

Durant ses études, Clara fut fortement influencée par Luise Hensel, de même que certaines de ses camarades, comme Pauline von Malllinckrodt ou Franziska Schervier (v. 30 avril et 14 décembre). Clara se préoccupera très particulièrement de la condition des enfants de familles pauvres, des orphelins.

Vers 1835, Clara songea un moment à entrer chez les Carmélites, après avoir lu des pages de sainte Thérèse d’Avila (v. 15 octobre). Mais son directeur spirituel eut l’inspiration de lui faire lire alors des écrits de s.François de Sales, qui l’aidèrent à préciser son orientation.

Appuyée par son frère Andreas, entourée d’amis gagnés par sa parole et touchés par son exemple, Clara ouvrit en 1837 à Aix-la-Chapelle une école. C’était la première pierre d’une grande œuvre qui allait devenir, en 1844, la Congrégation du Pauvre Enfant-Jésus. Très vite de nombreux enfants purent ainsi recevoir une formation scolaire et un soutien social.

Dès 1848, la nouvelle congrégation fut approuvée par l’évêque de Cologne ; en 1868, le pape la reconnaissait comme institut de droit pontifical.

Les Religieuses porteraient désormais un habit noir - en signe de repentance - avec le scapulaire blanc comme chez les dominicains. Clara en sera la première Supérieure.

Très vite, les vocations se multiplièrent, jusqu’à atteindre six cents Religieuses, dans vingt-sept maisons de la Prusse. Mais le rigoureux Kulturkampf imprima un violent coup d’arrêt à cette expansion. Les Religieuses durent se replier à Simpelveld (Pays-Bas), et s’installèrent successivement en Angleterre, en Belgique et en France.

Lorsque les Sœurs purent revenir en Prusse, en 1887, Clara restera dans la maison de Simpelveld. C’est là qu’elle s’éteignit, le 8 mai 1894.

Clara a été béatifiée en 2018 et sera commémorée le 8 mai au Martyrologe.

Franziska Ulrika Nisch

1882-1913

 

Franziska naît en 1882. Ses parents n’étaient pas encore mariés et ne le firent qu’une année après. Vinrent ensuite douze autres enfants ; la famille était si pauvre que Franziska ainsi que ses petits frères et sœurs devaient aller rendre des services alentour pour gagner un peu de pain, des œufs, des fruits, que son père ne pouvait acheter avec sa petite paie de journalier. De cette nombreuse fratrie, seuls quatre enfants atteindront l’âge adulte.

La petite Franzi est éduquée surtout par sa douce grand-mère et sa marraine, qui lui donnent l’affection qu’elle ne trouve pas auprès de son père. Ce dernier est dur, mais elle lui obéira toujours. A l’école, elle ne brille guère, elle est un peu lourdaude, maladroite, cassant facilement les objets ; solitaire, elle reste simple, pieuse, toujours aimable ; souffreteuse, elle manque souvent l’école et les résultats s’en ressentent.

Après son école primaire, elle est placée à douze ans en différents endroits et finalement comme bonne dans une famille à Rorschach en Suisse. Elle tombe malade de la tuberculose et elle est soignée à l’hôpital par les Sœurs de la Charité de la Sainte Croix avec une grande bonté, si bien qu’elle choisit d’entrer chez elles en 1904. Elle est reçue à Hagne, leur maison provinciale allemande. Désormais elle s’appellera en religion : Sœur Ulrika. 

L’année suivante, elle assiste les malades à Zell-Weierbach près Offenburg, puis comme aide-cuisinière à Bühl et ensuite à Baden-Baden. Elle accepte tous les travaux, les humiliations, et elle souffre de maux de tête dont elle ne se plaint jamais. Parfois, ce sont les ténèbres dans la prière. « Ces pénibles expériences conduisent Sœur Ulrika à une sérénité du cœur qui lui permet de voir dans les plus petites choses la main paternelle de Dieu et d’accueillir de sa part chaque heure de sa vie avec une reconnaissance d’enfant. » (Jean-Paul II). Elle prie jour et nuit. Tout se transforme pour elle en prière.

Un de ses mots favoris était : L’Amour ne connaît pas de mesure. Nous ne devons souffrir et travailler que dans l’Amour et pour l’Amour. Son biographe, Ferdinand Holböck a pu écrire : “Elle atteignit un degré de profonde mystique dans la prière silencieuse, dans l’extase, jusqu’à l’état des noces mystiques et de l’union totale avec le Christ”. Ulrika disait sans cesse : Il faut fermer les volets, comme pour souligner l’importance du silence.

Elle jouit de visions mystiques. Au début de sa vie religieuse, elle voyait son Ange gardien et pensait que tout homme voyait son Ange gardien. Plus tard elle vit la sainte Vierge, les Anges et d’autres Saints encore. Elle eut aussi, dit-on, des visions sur l’avenir. Auprès d’elle, les gens se sentaient comme en paradis.

Les visions cessèrent en 1912, lorsque Ulrika tomba à nouveau malade de la tuberculose ; on la ramena à la maison provinciale, à Hagne, où elle mourut à 31 ans, le 8 mai 1913. 

Quand on veut écrire sa vie, certaines personnes s’étonnent, car ils ne voient pas en quoi réside sa sainteté. D’ailleurs les titres des premières brochures sont éloquents : ‘‘La sainte de rien’’, ‘‘La sainte aux marmites’’, ‘‘La voix silencieuse’’. Mais les faits parlent d’eux-mêmes : sa tombe est toujours fleurie et de multiples témoignages font état de grâces obtenues. 

Notons en souriant que sœur Franciska sera béatifiée (en 1987) avant sa fondatrice, Mère Maria Theresia Scherer, une grande sainte pourtant.

 

 

Teresa Demjanovič

1901-1927

 

Therese naquit le 26 mars 1901 aux Etats-Unis, à Bayonne (New Jersey). Elle était la dernière des sept enfants d’Alexander et Johanna, une famille originaire de Slovaquie.

Cette famille très chrétienne appartenait au rite oriental, dit gréco-catholique ; Therese reçut le baptême et la confirmation dans l’église gréco-catholique de Saint-Jean-Baptiste à Bayonne, le 31 mars 1901.

En plus de ses études secondaires, brillamment achevées en 1917, elle reçut deux heures quotidiennes de formation à la paroisse, pour apprendre l’alphabet cyrillique et prier dans la langue slavonne.

Elle ressentit l’appel du Christ et pensait entrer chez les Carmélites, mais resta auprès de sa mère malade. Prenant le temps de réfléchir, et fidèle à la promesse qu’elle fit à sa mère mourante, Therese fréquenta l’université et obtint un brillant doctorat en Lettres (1923).

Ne sachant pas encore précisément dans quelle congrégation entrer, elle accepta un poste d’enseignement du latin et de l’anglais à l’Académie Saint-Louis de Jersey City. Là, on l’observa souvent en prière quasi extatique, à genoux dans la chapelle et priant le chapelet.

Therese fit partie de la chorale paroissiale, d’une association mariale.

En 1924, elle pensait rejoindre les rangs des Carmélites Déchaussées, mais sa santé ne le lui permettait pas. Le 8 décembre, elle se décida enfin pour les Sœurs-de-la-Charité-de-Sainte-Elisabeth, cette fois-ci dans le giron de l’Eglise latine.

Début 1925, son père prit froid et mourut. En la fête de Notre-Dame de Lourdes, le 11 février, elle entra dans la vie religieuse, accompagnée ce jour-là de son frère Charles, prêtre, et de deux de ses sœurs.

Lors de ses premiers vœux, en 1925, elle prit le nom de Miriam Theresa : Miriam en l’honneur de la Sainte Vierge, Theresa en l’honneur de sainte Teresa d’Avila et aussi de sainte Thérèse de Lisieux, canonisée le 17 mai 1925, le jour de sa prise d’habit.

Son enthousiasme pour la vie intérieure, pour l’Eucharistie, pour tout ce qui est surnaturel, lui valut le surnom de Petite Thérèse de l’Enfant-Jésus d’Amérique ! L’aumônier lui demanda même de préparer des conférences spirituelles pour les autres novices.

Les deux années qu’elle vécut ensuite, se passèrent dans la simplicité, dans l’humilité, dans une joyeuse obéissance, mais surtout dans une union toute particulière au Christ et à Marie ; l’intense vie mystique de Myriam Therese apparaît dans ses nombreux écrits spirituels, échos de ses expériences mystiques.

En 1926, elle dut subir une ablation des amygdales, et revint très affaiblie au couvent ; elle ne se remettait pas. L’aumônier, plus clairvoyant que la Supérieure, fit examiner Myriam Therese à hôpital, où elle  fut diagnostiquée d’ affaiblissement physique et nerveux, avec myocardie et appendicite aiguë. On hésitait à l’opérer.

Le 2 avril 1927 elle fit sa profession religieuse in articulo mortis.

Le 6 mai 1927, on tenta tout de même l’opération de l’appendicite ; Myriam-Therese, trop affaiblie, s’éteignit le 8 mai suivant.

Le miracle retenu pour la béatification de Myriam-Therese, fut la guérison totale et inexpliquée d’un jeune garçon aveugle, en 1963.

Myriam-Therese fut béatifiée en 2014, et inscrite au Martyrologe le 8 mai.

 

 

 Jan Eugeniusz Bajewski

1915-1941 

 

Né le 17 janvier 1915 à Vilnius (alors Pologne, actuelle Lituanie), Jan fut le fils unique de Jan et Aniela Wińkowska, un couple aisé. Le père était imprimeur. En réalité, il eut trois autres frères, tous trois morts-nés.

Il fut baptisé le 14 mars 1918.

Il fréquenta l’école primaire à partir de 1922, puis le collège royal Lelewel et le lycée classique Mickiewicz de Vilnius. Jan était très doué et apprit à parler couramment plusieurs langues. Il passa son baccalauréat en 1933.

Il hésita alors entre le séminaire diocésain et la vie religieuse, outre qu’il eut à affronter une certaine réticence de la part de sa famille. Mais les parents ne s’opposèrent pas radicalement à la vocation de leur fils.

Jan entra d’abord au séminaire de Vilnius, mais un an après rejoignit l’Ordre des Franciscains Conventuels, dans la province polonaise, en 1934 : en septembre il recevait l’habit religieux, et le nom d’Antonin.

Après le noviciat à Niepokalanów, il fit les premiers vœux en 1935, partit étudier la philosophie et la théologie au séminaire franciscain de Cracovie, fit la profession solennelle en 1938 et fut ordonné prêtre en 1939. Malheureusement, à cette date, son père était déjà mort, l’année précédente.

Sa première destination fut, justement, Niepokalanów, où le Gardien (supérieur), Maksymilian Kolbe (v. 14 août), le prit comme substitut, et deuxième vicaire du couvent. Il le nomma aussi rédacteur en chef du bulletin Le Chevalier de l’Immaculée (Miles Immaculatæ).

Les membres de la communauté se souvenaient de ce jeune prêtre réfléchi, pieux, serviable. Mais Jan-Antonin n’avait pas une excellente santé : au bout de quelques mois, il dut être admis en clinique, le Lasek (Les Bois), comme on l’appelait en raison de sa situation au milieu des bois. C’est là qu’il était encore au moment où éclata la Seconde guerre mondiale.

Quand les nazis vinrent enlever la quasi totalité des Religieux du Niepokalanów, ils laissèrent dans un premier temps ceux du Lasek, mais revinrent les prendre eux aussi en février 1941. C’est ainsi qu’Antonin se retrouva avec le père Kolbe, le père Bartosik et deux autres Religieux dans la prison Pawiak de Varsovie, où il se montra bon compagnon, patient, donnant aux autres sa ration de nourriture. Il continua à porter son habit religieux, ce qui lui causait encore plus de mauvais traitements de la part des gardiens nazis.

Dans la nuit du 4 au 5 avril 1941, lui et le père Bartosik furent transportés à Auschwitz, où il porta le numéro 12764. A son arrivée, il fut brutalement battu par les SS avec son propre rosaire, qu’il portait à la ceinture.

Bien vite, Jan-Antonin fut pris de typhus, et mis dans le secteur des malades. Malgré ses souffrances, il tâchait d’apporter du réconfort auprès des autres malades, particulièrement en les confessant. Il savait qu’il risquait sa vie, mais il répétait : Je suis cloué sur la croix avec le Christ

Epuisé par le travail pénible, Jan mourut dans le camp d’Auschwitz le 8 mai 1941.

Il avait vingt-six ans. Il avait dit au père Szweda, qui reçut sa dernière confession : Dis aux frères de Niepokalanów que je suis mort ici, fidèle au Christ et à Marie. Il s’éteignit en prononçant les noms de Jésus et Marie.

Son corps fut probablement brûlé sur place.

Jan-Antonin fut béatifié en 1999.

 

 

Paul-Hélène Saint-Raymond

1927-1994

 

Née le 24 janvier 1927 à Paris, Paul-Hélène était la huitième des dix enfants d’une grande famille très chrétienne.

Elle acheva ses études comme ingénieur puis, en 1952, entra chez les Petites Sœurs de l’Assomption.

De 1954 à 1957, elle sera travailleuse familiale à Creil, auprès de la population ouvrière.

Ensuite, elle suivra une formation d’infirmière.

Douée d’une grande mémoire, très cultivée, elle s’attira le surnom de Madame Encyclopédie.

En 1960, elle émit les vœux définitifs et fut envoyée à Rouen, toujours dans les quartiers marqués par la pauvreté.

En 1964, elle fut appelée à partager ses talents en Algérie, comme infirmière et comme travailleuse sociale. La tâche était immense. Sœur Paul-Hélène mit tout son temps, toutes ses forces au service de cette population démunie : soins à domicile, et même petite chirurgie, démarches auprès des organismes, appareillage et rééducation des blessés.

Il semblait qu’elle n’en faisait jamais assez. Mais aussi, elle galvanisait les autres collègues : ce fut au point qu’on dut la modérer dans son rythme de travail. Elle souffrit même des moments de tension avec les autres Religieuses, qu’elle dépassa humblement en cherchant toujours l’harmonie et le dialogue.

Vint le moment de la «retraite», mais un volcan s’arrête-t-il si facilement ? Sœur Paul-Hélène se rapprocha alors de la bibliothèque gérée par le Frère Henri Vergès, où elle se rendit chaque jour pour accueillir les étudiants.

Lors de la douloureuse décennie des années 90, même l’évêque lui conseillait la prudence ; elle osa encore lui répondre respectueusement : Père, nos vies sont déjà données.

Le 8 mai 1994, trois islamistes firent irruption dans la bibliothèque ; Frère Henri reçut deux balles dans la tête, Sœur Paul-Hélène une balle dans la nuque.

Ce 8 mai sera le dies natalis où elle sera mentionnée au Martyrologe.

Elle fut béatifiée en 2018.

 

 

 

Henri Vergès

1930-1994

 

Né le 15 juillet 1930 à Matemale (Pyrénées Orientales), Henri avait un jeune frère, Pierre.

Il entra à douze ans chez les Frères Maristes.

Au terme de ses études secondaires, il demanda à faire partie de cette Congrégation. Il fit les vœux perpétuels en 1952.

En 1958, il fut nommé sous-maître des novices à Lacabane.

En 1969, il fut envoyé en Algérie, où il fut directeur de l’école Saint-Bonaventure d’Alger.

En 1976, l’école fut nationalisée ; le frère Henri dut laisser sa place de directeur et fut professeur de mathématiques à l’école de Sour-El-Ghozlane.

En 1988, il devint directeur de la bibliothèque diocésaine d’Alger, où il eut l’occasion d’accueillir des centaines d’étudiants, heureux de trouver là une ambiance fraternelle, calme, pour poursuivre leurs études dans un climat de paix.

Le Frère se donna entièrement à son apostolat. S’il prenait quelques «vacances», c’était seulement tous les deux ou trois ans, et pas longtemps, pour revoir les siens.

Il n’hésita pas à s’engager dans les rapports de fraternisation entre Musulmans et Chrétiens ; dans cet esprit, il participa au Ribât-el-Salâm (Le Lien de la paix), fondé à Tibhirine par le p. de Chergé (v. 21 mai).

Mais l’islamisation gagnait du terrain. Bientôt, les étrangers et surtout les catholiques étaient menacés sur le sol algérien. Le frère Henri savait qu’il pouvait lui arriver quelque-chose de funeste, mais, disait-il en riant, ça fait partie du contrat, et ça sera quand il voudra !

C’est dans la bibliothèque-même que Dieu le voulut : Henri y fut agressé par trois jeunes, qui lui tirèrent deux balles dans la tête ; au même moment fut aussi assassinée la Sœur Paul-Hélène.

Le frère Henri Vergès reçut ainsi la palme du martyre en Alger (Algérie), le 8 mai 1994.

Il fut béatifié en 2018. Son frère était présent à la cérémonie.

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6 mai 2021 4 06 /05 /mai /2021 23:00

07 MAI

 

I.

Ste Flavie Domitille, nièce de Flavius Clemens, suppliciée à Terracina, à assimilier fort probablement avec celle mentionnée le 12 mai.

III.

S Quadrat, martyr à Nicomédie, décapité.

IV.

Ss Flavius, martyr à Nicomédie avec ses compagnons, peut-être Auguste, Augustin ; Marcellin, Macrobe, Eutychès, deux groupes de frères.

S Innocent, évêque en Afrique, chassé puis martyrisé par les ariens.

S Valérien, évêque à Auxerre.

?

S Juvénal, martyr, patron secondaire de Benevento, invoqué contre la peste.

Ste Mastidie (Mathie), vierge à Troyes.

Ste Même, vierge et martyre près de Chartres. 

V.

S Misselin (Mesclin), patron de Arcizac-sur-Adour.

VI.

S Hernin (Hoiernin), venu de Grande-Bretagne en Bretagne, ermite à Duault.

S Domitien, évêque à Tongres, puis Maastricht, patron de Huy, qu’il délivra d’un dragon.

VII.

S Cenericus, diacre ermite à Hyesmes près du Mans ; il serait venu de Spolète avec son frère s. Serenedus, diacre aussi, qui s’installa à Saulges.

S Maurelius, évêque à Vicohabentia ; quand il voulut transférer le siège à Ferrare, les habitants le mirent à mort.

S Milehar (Malehard, Maillard), évêque à Sées.

Ste Sessétrude, cellérière à Faremoutier. 

S Blier, venu d’Ecosse en Champagne.

VIII.

S John, évêque à Hexham puis à York (il ordonna s. Bède), fondateur du monastère de Beverley où il mourut.

S Pierre, évêque à Pavie.

XI.

Bse Gisela, fille d'Henri II de Bavière, sœur de s. Henri et femme de s. Etienne de Hongrie, mère de s. Émeric (qui mourut prématurément en 1031) ; veuve, elle fut abbesse à Niedernburg.

S Antoine, ermite à Kiev après le Mont Athos.

XII.

S Reginald (Rinaldo), calabrais, ermite à Falasconi.

XIII.

B Villanus, camaldule, évêque à Gubbio où il construisit un hospice.

B Alberto de Bergame, époux d’une femme acariâtre, tertiaire dominicain.

XVIII.

Ste Rosa Venerini, fondatrice des Maîtresses Pies à Viterbe et Montefiascone, pour l’école des petites filles, canonisée en 2006.

XX.

S Agostino Roscelli (1818-1902), prêtre de Gênes, fondateur à Bobbio des Sœurs de l’Immaculée, apôtre dans les prisons et auprès des jeunes prostituées, béatifié en 1995, canonisé en 2001.

B Francesco Paleari (1863-1939), prêtre italien, avant-dernier de huit enfants, conseiller et collaborateur du b.Giuseppe Allamano (cf. 16 février), béatifié en 2011.

Flavia Domitilla

96

 

Cette illustre Martyre était la fille de Plautilla, cette dernière étant la sœur du consul Flavius Clemens (et peut-être une parente du pape Clemens 1er s’il est avéré que celui-ci était un neveu de Flavius Clemens).

Elle reçut le voile des vierges de ce même Clemens 1er (v. 23 novembre).

Durant la persécution de Domitien, elle fut reléguée en l’île de Ponza (face à Latina, Latium, Italie centrale), avec ses serviteurs Nérée et Achille (qui seront mis à mort le 12 mai suivant).

Rappelée d’exil sous Trajan, elle fut conduite à Terracina (Latina) pour y subir le martyre, asphyxiée dans sa chambre.

Ce martyre est commémoré au Martyrologe le 7 mai.

 

 

Flavius de Nicomédie

3e-4e siècles

 

Flavius reçut le martyre à Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW), à une époque mal déterminée.

On lui adjoignait deux frères, Augustus et Augustinus, ainsi que d’autres encore : Marcellinus, Macrobius, Euthychès, mais qui ne sont plus mentionnés actuellement.

Le Martyrologe mentionne Flavius et quatre Compagnons

Saint Flavius de Nicomédie est commémoré le 7 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cenericus de Hyesmes

† 669

 

Cenericus serait né à Spolète (Ombrie, Italie), ainsi que son frère Serenedus, issus d’une des familles les plus en vue dans cette ville.

Après avoir amplement étudié les saintes Ecritures, ils voulurent se donner à Dieu. Venus à Rome, ils furent quelque temps dans une communauté bénédictine proche du Vatican, et reçurent le diaconat des mains du pape.

Puis ils allèrent chercher en Gaule un endroit solitaire pour y vivre loin du monde, dans la prière et l’unique recherche de Dieu. Ils visitèrent les tombeaux de s.Martin à Tours et de s.Julien au Mans (v. 11 novembre et 27 janvier), et se fixèrent à Saulges.

Tandis que Serenedus devenait le soutien et la consolation de tous les nécessiteux, Cenericus choisit de se retirer encore plus, au pays d’Hyesmes (auj. Exmes).

Son premier disciple fut un certain Flavart, jeune garçon qu’il avait déjà orienté dans la voie de la piété, puis d’autres vocations se présentèrent. Ces cent-quarante moines apprirent de Cenericus la règle monastique, et surtout l’art de psalmodier.

Cenericus était et demeurait humblement diacre, excerçant sa fonction chaque jour à l’église. Il espérait construire une grande basilique en l’honneur de s.Martin, mais Dieu ne lui en laissa pas le temps. Il mourut le 7 mai 669.

En 910, par crainte des Normands, ses reliques furent transportées à Château-Thierry, où elles furent profanées lors de la Révolution.

Serenedus mourut, lui, vers 680.

Saint Cenericus, mais pas son frère, est commémoré le 7 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

John de Beverley

? -721

 

John naquit au VIIe siècle dans le village de Harpham, province de Deirie qui comprenait les comtés d’York, de Lancastre et la partie du royaume de Northumbrie située au sud de la Tyne. Un désir ardent de se donner au service de Dieu l’attira tout jeune dans le royaume de Kent où il fit de rapides progrès dans la science et la piété, sous la direction de l’abbé Adrian de Cantorbury. Il retourna ensuite dans son pays, reçut l’habit monastique dans l’abbaye de Withby, alors gouvernée par sainte Hilda (v. 17 novembre).

Au commencement du règne d’Alfred, à la mort d’Eata, John fut tiré de sa solitude pour être placé sur le siège de Hexham (687). Il continua néanmoins la vie qu’il menait dans le cloître et consacrait à la contemplation céleste les moments qui n’étaient pas occupés par l’exercice des fonctions épiscopales. Le lieu de sa retraite était une cellule située dans le cimetière de Saint-Michel, au-delà de la Tyne, à près de deux milles de Hagulstad : il y passait en particulier les quarante jours du Carême. Il y prenait pour compagnon quelque pauvre malade auquel il donnait ses soins : une année, il se chargea d’un pauvre muet dont la tête était couverte d’une dartre hideuse. Pendant qu’un médecin soignait ce mal, Jean donnait sa bénédiction aux remèdes qui eurent raison du mal ; de plus, il rendit au muet l’usage de la parole et lui apprit à lire.

Ce fut le même John, évêque de Hexham, qui donna le diaconat et la prêtrise au vénérable Bède (v. 25 mai), sur la présentation de l’abbé Ceolfrid. C’est à Bède que nous devons divers témoignages sur la sainteté et les miracles de John.

John fonda un monastère, dans une forêt à vingt-sept milles d’York. Conformément à l’usage du temps, il y avait là un double monastère, l’un pour les hommes, placé sous la direction de Berchtun, son disciple, l’autre pour les femmes. Ce monastère est à l’origine de la ville de Beverley.

En 705, John fut promu au siège épiscopal de York, qu’il gouverna pendant sept ans. Accablé par l’âge et les fatigues, John se donna un successeur dans la personne de saint Wilfrid, dit le Jeune, et se retira définitivement en 717 dans le monastère de Beverley. Il y passa les quatre dernières années de sa vie dans l’accomplissement exact de la règle monastique et mourut le 7 mai 721.

Le tombeau de John, illustré par ses miracles, devint un des principaux lieux de pèlerinage de l’Angleterre. En 1037, l’archevêque de York, Alfric, fit une translation des reliques de John et c’est alors que John fut officiellement canonisé. Les nombreux miracles de guérisons attribués à John le rendirent très célèbre durant tout le Moyen-Age et furent en même temps un facteur de grande prospérité pour la ville de Beverley.

Un siècle après, il est question de la “bannière de saint John”. Au treizième siècle, lorsqu’on devait lever des impôts dans le Yorkshire, il suffisait, pour la ville de Beverley, qu’un homme allât se présenter avec cette bannière. 

A la fin du treizième siècle, le Chapitre de la cathédrale de Beverley commanda une châsse en or et en argent à un certain Roger, lequel s’engageait à n’entreprendre aucun autre travail avant l’achèvement de cette châsse.

Edward Ier avait une réelle dévotion pour saint John de Beverley. Il alla plusieurs fois s’y recueillir, notamment pour aller combattre les Ecossais en 1300. Le roi s’estima redevable de sa victoire à l’intercession du saint évêque et fit bâtir sur l’emplacement de l’ancien monastère, détruit par les Danois, une riche collégiale sous le vocable de John. D’autres rois utilisèrent à leur tour cette sainte bannière dans leurs campagnes militaires. Quatre siècles plus tard, Henri V se déclara redevable de la victoire d’Azincourt à la protection de John de Beverley qu’il avait invoqué. En conséquence, il voulut que la fête fût chômée dans toute l’Angleterre (1416). La victoire avait eu lieu précisément au jour anniversaire de la translation de John, et ce jour-là on avait remarqué que la tombe faisait jaillir du sang et de l’huile. 

En 1541, le roi Henri VIII ordonna la destruction de cette châsse. Mais en 1664, des artisans découvrirent sous le dallage de l’allée centrale de la cathédrale un caveau contenant diverses reliques avec une inscription attestant l’appartenance de ces reliques à saint John de Beverley. En 1738, lors de la réfection du dallage, les mêmes reliques furent remises en honneur par la construction d’une tombe recouverte d’une large plaque de marbre.

Encore récemment, lors de la fête du 7 mai, une procession avait lieu entre Harpham et l’église, où les enfants déposaient autour de la tombe de saint John des fleurs cueillies dans les champs alentour.

La Bienheureuse Julienne de Norwich, mystique anglaise (v. 14 mai), était dévote de saint John de Beverley, ainsi que le saint chancelier John Fisher, lui-même natif de Beverley (voir au 22 juin).

Pour être complets sur ce grand saint anglais que nous ne connaissons guère, nous retiendrons ici les œuvres attribuées à saint John, recensées par J.Bale, et dont certaines ont malheureusement été perdues : une “Exposition sur saint Luc”, des “Homélies sur les Évangiles”, des Lettres à Herebaldum, Audena et Bertin, des Lettres à l’Abbesse Hyldant.

 

 

 

Gisela de Bavière

985-1060

 

Gisela était la fille aînée d’Henri II de Bavière dit le Querelleur et de Gisèle de Bourgogne.

Elle naquit vers 985, sans doute au château d’Abbach (Ratisbonne).

Elle eut deux frères et une sœur : Heinrich, qui fut l’empereur Henri II ; Bruno, qui fut évêque à Augsburg ; Birgitta, qui fut abbesse à Ratisbonne.

En 995, à dix ans, elle «épousa» (c’est-à-dire : on lui fit épouser) István (ou Etienne), qui allait devenir le premier roi de Hongrie (v. 15 août) ; elle fut ainsi la première reine de Hongrie. Ils eurent trois enfants : Imre (ou Emeric), qui mourut d’un accident de chasse en 1031 ; Otto ; Agatha, qui fut l’épouse d’Edward d’Angleterre (celui-ci s’étant trouvé exilé au Danemark puis réfugié en Hongrie.

En 1038 à la mort de s.Etienne, elle fut très maltraitée par le successeur de celui-ci, qui la fit enfermer. C’est Heinrich III qui la délivra en 1042.

Gisela se retira alors chez les Religieuses de Kochel am See, puis devint abbesse des Bénédictines de Niedernburg (Passau), jusqu’à sa mort, qui advint entre 1060 (date généralement admise) et 1095.

Elle fut déclarée Bienheureuse en 1975.

Elle est inscrite au Martyrologe le 7 mai.

Villano de Gubbio

† 1230

 

Villano signifie proprement de la campagne.

Que le bienheureux Villano fût originaire de campagne, nous ne le savons pas. Il devait être né à Gubbio (Ombrie, Italie C).

Selon certains, il faisait partie de la communauté des camaldules de Fonte Avellana, selon d’autres il fut abbé bénédictin de l’abbaye locale San Pietro, et fut appelé à diriger le diocèse de Gubbio en 1206.

On lui attribue la fondation d’un hospice. 

En 1213, il accueillit favorablement les premiers compagnons de François d’Assise, leur concédant le couvent de Santa Maria della Vittoria.

Villano mourut un 7 mai, vers 1230, 1237 selon certains.

Il n’est pas mentionné dans l’actuel Martyrologe.

 

 

Alberto de Bergame

1214-1279

 

D’une modeste famille de paysans, Alberto naquit à Villa d’Ogna, près de Bergame, vers 1214. Bon travailleur, pieux, il se maria sur les conseils et la volonté des siens, sans jamais oublier ses habitudes de piété et de charité envers les plus pauvres. 

Sa générosité était sans borne, au point que son épouse lui rendait la vie très difficile par ses remontrances. Mais sa patience resta inaltérable.

Même ses voisins lui rendirent la vie dure, en lui faisant croire qu’il n’était pas propriétaire de ses terres, au point que, par amour de la paix, il quitta Villa d’Ogna, sa femme et ses champs. Après un pèlerinage à Rome, il s’en vint à Crémone, où il entra dans le Tiers-Ordre dominicain.

Toutes ses énergies et tout son temps passèrent à secourir les plus pauvres. Il avait coutume de dire qu’on trouve toujours le temps de faire le bien, quand on le veut.

Il pressentit sa mort, reçut les derniers Sacrements et mourut le 7 mai 1279. Les cloches se mirent alors à sonner d’elles-mêmes et toute la population accourut. Un autre fait extraordinaire eut lieu lors de sa sépulture : au fur et à mesure qu’on creusait, la terre se durcissait comme pierre, au point qu’on finit par ensevelir Alberto dans le chœur-même de l’église. Beaucoup de grâces et de miracles furent obtenus par son intercession.

Son culte fut approuvé en 1749, et on le fête encore à Bergame et Crémone en son dies natalis, comme le commémore aussi le Martyrologe Romain au 7 mai.

A Villa d’Ogna, en ce jour, un cortège va puiser de l’eau au “puits de Saint Albert”, sur la place du bourg, et la porte à l’église où elle est bénite. Tout cela sur fond de fanfare et, le soir, de feux d’artifice.

Rosa Venerini

1656-1728

 

Née le 9 février 1656 à Viterbe (Latium, Italie C), Rosa était la troisième des quatre enfants de Goffredo et Marzia Zampichetti. Le père était médecin au grand hôpital de Viterbe. Les enfants s’appelaient : Domenico, Maria Maddalena, Rosa, Orazio.

Rosa était très intelligente et encore plus sensible. Son excellente éducation l’aida à développer ses talents intellectuels et moraux, au sein d’une famille très chrétienne.

A sept ans, elle fit le vœu de consacrer toute sa vie à Dieu. Durant l’adolescence, Rosa fut très tentée par les plaisirs du monde, et, pour rester fidèle à son vœu, recourut à la prière et à la mortification.

A vingt ans, elle se demandait quelle serait sa voie. Le mariage ou le cloître ? Elle appréciait les deux. Un appel intérieur la poussait vers «quelque chose», qu’elle ne comprenait pas encore.

Sur le conseil de son père, elle entra en 1676 chez les Dominicaines de Sainte-Catherine, où sa tante, Anna Cecilia, lui enseigna à écouter la voix de Dieu dans le silence et la méditation. Mais, elle dut sortir du monastère quelques mois plus tard, pour aider sa pauvre mère, subitement devenue veuve.

Successivement moururent son frère Domenico (âgé de vingt-sept ans), et peu après aussi, sa mère, affligée par le chagrin.

Sa sœur Maria Maddalena s’étant mariée, elle se retrouvait seule à la maison avec son frère Orazio. Elle a alors vingt-quatre ans, et ne sait toujours pas quoi faire pour Dieu.

A partir de 1684, elle invite chez elle des jeunes filles et d’autres dames pour prier le chapelet. Elle se rend compte alors, d’après les conversations, que toutes ces personnes ont un niveau de culture d’une extrême pauvreté spirituelle. Elle conçoit alors le dessein de se donner à la formation des jeunes femmes, en ouvrant pour elles une vraie école.

En 1685, avec l’approbation de l’évêque, et avec deux autres amies, elle donne le départ à la première Ecole Publique pour Jeunes Filles d’Italie. Ce n’était qu’un début modeste, mais prometteur.

Les premiers à faire obstacle à Rosa, furent les membres du clergé, qui estimaient que l’enseignement de la doctrine chrétienne était leur affaire. D’autres obstacles vinrent de la bourgeoisie locale, scandalisée de la hardiesse de cette femme du monde, cette femme qui prétendait à elle seule assumer l’enseignement des filles ignorantes.

Rosa ne se laissa pas intimider. Elle savait qu’elle faisait la volonté de Dieu. Qui lui donnèrent raison, furent les prêtres eux-mêmes qui durent reconnaître les fruits excellents de cette œuvre parmi les jeunes filles et les mamans.

Ces fruits ce multiplièrent : en deux ans, Rosa ouvrit dix écoles autour du Lac de Bolsena, proche de Viterbe. L’évêque de Montefiascone l’encouragea, lui fournit le matériel nécessaire, et Rosa organisa les écoles, avec les professeurs adéquats. Elle confia tout ce travail à Lucia Filippini, qui sera la co-fondatrice de l’œuvre et elle même canonisée (v. 25 mars).

En 1706 une école ouverte à Rome fut un échec ; mais Rosa put en ouvrir une avec succès en 1713. Trois ans après, le pape lui-même vint lui rendre visite avec huit cardinaux ; ils écoutèrent les cours et en furent aussi étonnés que satisfaits ; en fin de matinée, le pape lui dit : Mademoiselle Rosa, vous faites là ce que nous ne pouvons pas faire. Nous vous remercions profondément, parce que avec ces écoles, vous allez sanctifier Rome.

Désormais, on va appeler Rosa de partout. Pour répondre, elle devra se déplacer, tout en continuant son travail de formation, avec les joies et les sacrifices que cela comportait. Partout où s’ouvrait une nouvelle école, on notait bien vite le redressement moral de la jeunesse.

Après des débuts très discrets, Rosa avait finalement fondé une nouvelle famille : les Maîtresses Pies (en italien : Maestre Pie, littéralement : les pieuses maîtresses).

Rosa demandait à ses Consœurs de parler continuellement avec Dieu, de Dieu et devant Dieu. Tout ce qu’elle faisait et entreprenait devait être toujours selon la volonté de Dieu et pour le salut des âmes, des femmes en particulier, mais aussi à l’occasion, des malades et des pauvres.

Rosa Venerini mourut saintement à Rome, au soir du 7 mai 1728, après avoir ouvert plus de quarante écoles.

Les Maestre Pie furent aux côtés des Italiens émigrés aux Etats-Unis à partir de 1909, en Suisse à la fin du 20e siècle. Elles ont maintenant étendu leur activité en Europe (Roumanie, Albanie), en Asie (Inde), en Afrique (Cameroun, Nigeria), en Amérique du Sud (Brésil, Chili, Vénézuéla).

Rosa Venerini a été béatifiée en 1952, et canonisée en 2006 ; elle est commémorée le 7 mai.

 

 

Agostino Roscelli

1818-1902

 

Né le 27 juillet 1818 à Bargone di Casarza (Ligurie, Italie), de Domenico et Maria Gianelli, de pauvres paysans, riches de foi. Agostino fut baptisé le jour-même de sa naissance, car on craignait pour sa santé. Il passa son enfance à garder les troupeaux, profitant de sa solitude pour prier. C'est le curé qui lui enseigna les premiers éléments de lecture et écriture.

En 1835, il entendit la vocation sacerdotale. Trop pauvre, il fut aidé par un bon chanoine de Gênes, qui lui trouva une place de sacristain. Une aide financière providentielle lui paya la pension au séminaire de Gênes. Il fut ordonné prêtre en 1846.

Il fut d'abord à Saint-Martin d'Albaro, puis à la paroisse de la Consolata de Gênes en 1854. 

Nommé ensuite aumônier de l'orphelinat, il y resta pendant vingt-deux ans (1874-1896), et y donna le baptême à plus de huit mille enfants abandonnés, en moyenne un chaque jour. 

Puis il sera aumônier de la prison, et particulièrement auprès des condamnés à mort.

Il eut l'idée d'ouvrir une école particulière pour les jeunes filles en danger, sans famille, et sur le point de tomber dans le désordre moral. Pour elles il fonda la Congrégation des Sœurs de l'Immaculée (1876). Le pape lui-même l'encouragea dans cette voie. 

Ces Religieuses se trouvent aujourd'hui en Amérique latine, au Canada, en Roumanie.

Agostino Roscelli mourut le 7 mai 1902 à Gênes, fut béatifié en 1995 et canonisé en 2001.

 

 

Francesco Paleari

1863-1939

 

Francesco naît à Pogliano Milanese le 22 octobre 1863. Son père est Angelo Paleari, sa mère Serafina Oldani ; ce sont de pieux cultivateurs qui eurent huit enfants, dont deux morts en très bas âge. Francesco est l’avant-dernier.

La famille Paleari est très pauvre, mais les parents ont aussi une coutume très rare pour l’époque : ils reçoivent l’Eucharistie chaque dimanche à la Messe. En plus, de retour à la maison, ils amènent avec eux un pauvre qu’ils invitent à table. Tel est l’enseignement qu’ils donnent à leurs enfants : on ne peut pas recevoir Jésus dans l’Hostie, sans ouvrir sa porte aux pauvres.

Francesco viendra à Turin, sur les conseils de son curé. La séparation de la famille lui coûtera, et il aura des doutes sur son choix. Il essaiera même de “faire le mur”, tant la tentation sera forte.

Il fréquente donc le Grand Séminaire de la “Petite Maison de la Divine Providence” (Piccola Casa della Divina Provvidenza) à Turin, une œuvre fondée par s. Giuseppe Cottolengo (v. 30 avril), et sera ordonné prêtre dès 1886, à  vingt-trois ans.

Tout de suite le “pretino” (le petit prêtre, car il était de petite taille) enseigne le latin et la philosophie au séminaire des Tommasini ainsi qu’aux missionnaires de la Consolata, tous deux fondés par le bienheureux Giuseppe Allamano (v. 16 février) . Pendant plus de quarante ans il sera confesseur et directeur spirituel au séminaire diocésain, ainsi que chargé de prêcher les exercices spirituels. On dit de lui qu’il est “le prêtre qui sourit”.

Tous vont à lui, les enfants les premiers, mais aussi les grands : les évêques, les prêtres, les dames de la haute société, les séminaristes, le petit peuple. Tous ont recours à ses conseils paternels et fraternels.

En 1922, il est nommé Chanoine de la Collégiale de la Très Sainte Trinité à Turin. Successivement il reçoit la charge de pro-vicaire général et de vicaire (on dirait aujourd’hui : vicaire épiscopal) pour la Vie Consacrée, dans le diocèse de Turin.

En 1936, une maladie cardiaque le contraint en peu de temps à une quasi inactivité totale. Il a soixante-treize ans, toutes ses activités l’ont éreinté.

Trois ans après, le 7 mai 1939, il s’éteint à Turin.

D’après les constitutions de la Maison Cottolengo, on n’emploiera pas de sommes d’argent pour des causes de béatification, pour réserver tout cet argent à la seule œuvre de bienfaisance. Mais pour Francesco Paleari, on fit une exception : Don Francesco Paleari a été béatifié en 2011, et inscrit au Martyrologe le 7 mai.

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5 mai 2021 3 05 /05 /mai /2021 23:00

06 MAI

 

I.

S Lucius de Cyrène, dont il est question dans les Actes des Apôtres (Ac 13:1).

S Evodius, premier évêque à Antioche, nommé par s. Pierre.

II.

S Juste, évêque à Vienne.

III.

Ss Marianus, lecteur, et Iacobus, diacre, martyrs avec d’autres à Lambèse. 

Ste Avoye (Aurée), vierge (sicilienne ?), compagne de ste Ursule, et martyre, très honorée en Bretagne (V. ?).

IV.

S Théodote, évêque à Cyrenia.

S Protogène, évêque à Carrhes.

? S Héliodore, martyr près d’Alger.

S Girons (Géronce), premier apôtre à Aire-sur-l’Adour.

B Henri, évêque en Belgique, retiré à Cambron comme simple moine.

V.

S Venerius, évêque à Milan, ami de s. Chromace d’Aquilée, de s. Delphin de Bordeaux, de s. Jean Chrysostome. 

VI.

Ste Benedicta, moniale d'un couvent de Rome ; sa sainte mort fut annoncée un mois plus tôt par s.Pierre à ste Galla.

S Maurelius, évêque à Imola.

VII.

S Eadberht, évêque à Lindisfarne.

B Hatta, abbé à Saint-Vaast.

Ss Pétronax, abbé au Mont-Cassin, et Paldon, Tason, Taton, moines.

XIII.

S Pedro  Nolasco, auquel remonte la fondation de l’Ordre de Notre-Dame de la Merci, avec s. Raymond de Peñafort ; il est en réalité mort la nuit de Noël.

XIV.

B Bartolomeo Pucci-Franceschi, franciscain après avoir renoncé à sa femme, ses fils et ses richesses.

Bse Elisabeth, dominicaine hongroise à Toess.

XV.

Ste Prudence, religieuse augustine à Come.

XVI.

Bx Edward Jones et Anthony Middleton, prêtres anglais et martyrs, pendus à la porte de leur propre domicile.

XVIII.

S François de Montmorency-Laval, prêtre à Chartres à 19 ans, évêque à Québec (son séminaire deviendra l’université de Laval) ; il défendit les Indiens ; béatifié en 1980, canonisé en 2014.

XIX.

Bse Costanza (Maria Caterina de Sainte Rose de Viterbe) Troiani, clarisse italienne, fondatrice en Egypte de l’Institut des Franciscaines Missionnaires du Cœur Immaculé, béatifiée en 1985.

Bse Rosa Gattorno (Anna Rosa) , veuve à Gênes et fondatrice extrêmement active à Plaisance des Filles de Sainte-Anne-Mère-de-Marie-Immaculée, pour les malades et la pauvre enfance, béatifiée en 2000 ; elle portait les stigmates invisibles de la passion ; à sa mort il y avait trois-cent soixante-huit maisons pour trois-mille cinq-cents religieuses, surtout en Amérique latine.

XX.

Bx Kazimierz Gostyński (*1884) et Henryk Kaczorowski (*1888), prêtres polonais déportés à Dachau, gazés en 1942, béatifiés en 1999.

Lucius de Cyrène

† 1er siècle

 

L’expression de Cyrène peut être trompeuse.

Elle peut signifier l’origine de Lucius, ce qui est le plus vraisemblable. Lucius était né en Libye, à Cyrène. Il s’agit alors de ce Lucius dont il est question dans les Actes des Apôtres (Ac 13:1) : à Antioche, Lucius était du nombre des prophètes et des docteurs.

Si la même expression veut dire évêque de Cyrène, on ne peut qu’élever un doute sur cette nomination, qui semble n’avoir aucun fondement historique.

Saint Lucius de Cyrène est commémoré le 6 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Evodius d’Antioche

1er siècle

 

Voici ce qu’Ignace d’Antioche écrit à ses fidèles : 

Vous êtes devenus les disciples de Pierre et de Paul ; ne perdez pas le dépôt qui vous est confié. Souvenez-vous aussi du bienheureux Evodius, votre pasteur, qui vous a gouvernés le premier après les apôtres. Montrons-nous dignes fils d’un tel père, et ne soyons pas comme des enfants adultères.

D’après ce témoignage, Evodius aurait donc été établi évêque à Antioche par saint Pierre, au moment où ce dernier quittait cette ville pour se rendre à Rome.

Evodius semble venir du grec, et signifier la bonne voie, celle que l’évêque devait montrer aux fidèles.

Dans les Actes des Apôtres, saint Luc écrit que C’est à Antioche que pour la première fois les disciples reçurent le nom de «chrétiens» (Ac 11:26). En supposant que saint Pierre avait déjà quitté Antioche, on a voulu déduire que cette appellation remontait donc à saint Evodius ; mais il se peut aussi que le nom de «chrétien» ait été d’abord un sobriquet donné par les païens.

Evodius, d’après Nicéphore, aurait aussi composé des ouvrages, dont il ne cite qu’un fragment.

Pour résumer, nous avons là bien des conditionnels au sujet de Evodius, qui n’est plus nommé dans le Martyrologe, où il se trouvait autrefois le 6 mai.

Il mourut peut-être par le martyre, vers 67, mais ce n’est pas sûr. Ignace, qui lui succéda, mourut en 107.

 

 

Marianus et Iacobus de Lambèse

† 259

 

Les Actes de ces deux Martyrs de Numidie (act. Tunisie) constituent une des pièces les plus authentiques de l’histoire des persécutions, ayant été consignés par un témoin (anonyme) direct, qui de plus connaissait bien les deux Héros.

Marianus était lecteur, Iacobus diacre. Ce dernier avait déjà vécu la persécution de Dèce (250) et semblait plus aguerri que son Compagnon.

Dans un songe qu’il eut durant un de ses déplacements, Marianus vit un jeune homme d’aspect magnifique qui venait remettre une ceinture de pourpre à lui, Marianus, et à Iacobus.

Tous deux avaient appris le martyre des saints Agapius et Secundinus (v. 4 mai). Ils voyageaient pour rejoindre les communautés et exercer leur ministère et arrivèrent ainsi aux environs de Cirtha, dans le faubourg de Muguas (auj. Constantine), où la persécution faisait rage.

A peine arrivés, ils furent arrêtés par une troupe armée et interrogés. Professant courageusement et sans ambage leur foi au Christ, ils furent mis en prison.

Un bourreau, assisté d’un centurion et de magistrats, s’acharna sur les deux hommes. Iacobus répétait qu’il était diacre ; Marianus fut suspendu, des poids attachés à ses pieds, et déchiré sur tout le corps : il eut tous les membres disloqués, les entrailles ouvertes, mais il restait heureux de son combat pour le Seigneur.

La nuit suivante, Marianus eut un songe où il voyait s.Cyprien (v. 14 septembre), qui l’invitait à boire la même coupe que lui. Iacobus, lui, vit l’évêque Agapius ainsi qu’un des deux petits garçons jumeaux, martyrisés deux jours plus tôt, qui lui annonçait qu’ils allaient souper ensemble le jour suivant.

Le jour suivant en effet, tomba la sentence du juge, qui condamnait à mort les deux Soldats, mais ceux-ci se réjouissaient d’entrer bientôt dans l’Eternité, où ils allaient retrouver les autres Martyrs. Il n’y avait pas qu’eux, mais on ne connaît pas les noms des autres ; le récit laisse entendre qu’ils étaient nombreux.

Le bourreau disposa toutes ces victimes en longues files le long du fleuve ; il leur banda les yeux et leur donna le coup d’épée final.

Ce fut le 6 mai 259.

L’auteur de ce récit ajoute que la mère de Marianus était transportée de joie d’avoir donné le jour à un tel Soldat fidèle au Christ jusqu’au bout.

Saints Marianus et Iacobus de Lambèse sont commémorés le 6 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Venerius de Milan