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15 août 2022 1 15 /08 /août /2022 23:00

16 AOUT

 

IV.    

S Arsacius, militaire persan retiré à Nicomédie, dont il annonça la destruction.

S Chérémon (Thérémon), ermite à Scété, mort centenaire assis sur sa chaise.

S Theodorus, premier évêque à Octodure ; il retrouva les reliques des Martyrs de la légion thébéenne.     

   

Ste Basilée, vierge martyre à Couvert.

V.    

S Vamnés, martyr en Perse.

S Titus, diacre romain tué durant l'occupation de Rome par les Goths.

S Balsème, martyr des Vandales à Arcis-sur-Aube ; décapité, il ramassa sa tête.

VI.    

S Armel, breton anglais venu en Armorique, à l'origine de Plouarzel, thaumaturge : on l'invoque contre maux de tête, fièvres, coliques, enflures, goutte, rhumatisme ; il est donc patron de maladreries et d'hôpitaux.

S Frambaldus, moine dans le Maine.

S Aré, évêque à Nevers.

   

S Cizy, martyr (des Arabes ?) en Languedoc. 

XII.    

S Raoul de la Fustaie, moine de Saint-Jouin-de-Marnes, à l'origine du double monastère de Saint-Sulpice-la-Forêt.

XIII.    

B Laurent l'Encuirassé, ermite à Subiaco ; en pénitence pour avoir tué quelqu'un par accident, il fit le pèlerinage de Compostelle, puis vécut longtemps bardé de plaques métalliques hérissées de pointes à l'intérieur.

XIV.    

S Roch, thaumaturge de Montpellier ; il guérit des malades (surtout pestiférés) sur son chemin pour Rome ; on l'invoque contre la peste.

XV.    

B Angiolino Agostino Mazzinghi, carme à Florence.

XVII.    

B Melchior Kumagai Motonao, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

B Juan Santamarta, prêtre franciscain espagnol, musicien, martyr au Japon.

Bx Simon Kiyota Bokusai, martyr japonais avec sa femme Magdalena, son hôte Thomas Gengoro avec sa femme Maria et leur petit garçon Iacobus Buzo, crucifiés la tête en bas.

Bx Francisco de Sainte-Marie, prêtre franciscain espagnol martyr à Nagasaki avec Bartolomé Díaz Laurel, prêtre franciscain mexicain et médecin ; également : le catéchiste japonais Antonius de Saint-François ; Tsuji Shobyoe (Gaspard Vaz, coréen) et son épouse japonaise Maria ; Franciscus Kuhyoe, qui les avait hébergés et qui recevra le baptême en prison, ainsi que son voisin Ludovicus Matsuo Soyemon ; Thomas Ou Jinyemon (coréen), les charpentiers Lucas Kyuemon et Michaël Kizayemon, brûlés vifs ou décapités. Il y eut aussi quatre tertiaires dominicains : le catéchiste japonais Leo Franciscus Kurobioye Nakamura, l'ancien bonze coréen Caius Akashi Jiemon, les japonaises Magdalena Kiyota et Francisca ; en plus, on décapita les enfants de ces martyrs, âgés de trois à vingt-cinq ans, mais ils ne sont pas béatifiés.

XVIII.    

B Jean-Baptiste Ménestrel, chanoine à Remiremont, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.    

Ste Luosa Fan Hui, martyre chinoise laïque, canonisée en 2000 et fêtée le 9 juillet.

XX.    

Bse Ana Josefa Pérez Florido (1845-1906), espagnole, dernière de dix-neuf enfants, fondatrice des Mères des Abandonnés, pour les vieillards, béatifiée en 1994.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Amigoniens : près de Valencia, le diacre Enrique García Beltrán (E. de Almazora, *1913), et le profès José María Sanchís Mompó (Gabriel María de Benifaió, *1858) ;

Frères Mineurs : près d’Alicante, le prêtre Plácido García Gilabert (*1895) ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : près de Cordoue, Antonio María Rodríguez Blanco (*1877), coopérateur salésien ;

Mineurs Conventuels : près de Ciudad Real,

les prêtres Ángel Hernández-Ranera de Diego (*1877), Domingo Alonso de Frutos et Martín Lozano Tello (*1900), Víctor Chumillas Fernández (*1902), Julián Navío Colado (*1904), Benigno Prieto del Pozo (*1906) ;

les clercs Marcelino Ovejero Gómez, Antonio Rodrigo Antón, José de Vega Pedraza et José Álvarez Rodríguez (*1913), Andrés Majadas Málaga, Santiago Maté Calzada, Anastasio González Rodríguez (*1914), Alfonso Sánchez Hernández-Ranera, Félix Maroto Moreno, Saturnino Río Rojo, Federico Herrera Bermejo, Ramón Tejado Librado, Vicente Majadas Málaga et Valentín Díez Serna (*1915) ;

Mercédaires : à Barcelone, le prêtre Josep Reñé Prenafeta (*1903) ;

Ouvriers du Sacré-Cœur : près de Tarragona, Amadeu Monje Altés (*1906) ;

- béatifié en 2015 :

Capucins : à Barcelone, le prêtre Laurentí Basil Matas (Anselm, *1878) ;

- béatifiés en 2021 :

Diocésains : près de Cordoue, Juan José Orellana del Moral et Juan Navas Rodríguez-Carretero (*1870, 1892).

Armel, abbé

482-?

 

Armel passe pour être né vers 482 en Grande-Bretagne.

Il étudia  auprès de maîtres qui l’aidèrent à progresser autant dans la science que dans la vertu. Même ses camarades le considéraient un saint ; l’un d’eux, très malade, se fit imposer sur les épaules le manteau d’Armel, et se trouva immédiatement guéri.

Pour appartenir davantage au Christ, Armel quitta famille et pays, et vint s’établir en Bretagne continentale, l’Armorique. Il avait quelques compagnons.

On lui attribue la fondation de l’abbaye de Plouarzel (ou Plou-Armel, car en breton l’m change souvent en z).

La renommée de sainteté de ce premier groupe arriva aux oreilles du roi Childebert, qui les fit venir à la cour. Plus tard, tous, sauf Armel, obtinrent de retourner en Bretagne, où le roi leur fit don de nombreux terrains, de sorte que chacun put à son tour bâtir un nouveau monastère.

Armel obtint enfin l’agrément du roi pour revenir en Bretagne et s’installa au pays de Rennes, sur la rivière de Sèche (ou Seiche) ; la localité qui s’y développa prit plus tard le nom de Saint-Armel-des-Bochaux. Armel y fit sourdre une fontaine. 

Thaumaturge de renom, Armel semble avoir passé le meilleur de sa vie des rives de l’Oust aux bords de la Seiche. Fuyant la célébrité, il alla visiter ses anciens compagnons et en profita pour prêcher dans toute la région. Il fit tant de conversions, que la légende se répandit qu’il avait commandé à un énorme serpent, l’obligeant à se jeter dans la Seiche : la légende embellissait la réalité, pour exprimer avec reconnaissance comment Armel avait expulsé l’erreur de la contrée.

Ami de Dieu et des hommes, il guérissait les maux de tête, les fièvres, les coliques, les enflures, la goutte et les rhumatismes. Des ladreries et des hôpitaux l’adoptèrent comme saint Patron.

Armel prédit longtemps à l’avance le jour de sa mort. Actuellement, on ne connaît pas de date précise pour cette sainte mort, qui advint de toutes façons au 6e siècle.

On le voit, il n’y a pas trace d’un quelconque épiscopat dans la vie d’Armel. Il ne faut donc pas le confondre avec quelque évêque du même nom, mort au siècle suivant.

Saint Armel abbé est commémoré le 16 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Arsacius de Nicomédie

† 358

 

Originaire de Perse, Arsacius (ou Ursicius) fut enrôlé dans l’armée, qu’il quitta bientôt pour mener une vie de solitaire et de prière.

Il se retira à Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW). On lui attribue de nombreux miracles, mais aussi une prophétie solennelle : il annonça que la ville de Nicomédie allait être détruite, et chercha à susciter un mouvement de prière et de pénitence. La ville fut détruite le 24 août 358, mais l’habitation d’Arsacius resta debout.

Le solitaire, qu’on n’avait plus revu depuis quelques jours, y était mort en prière, sans doute le 16 août 358.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 16 août.

 

 

Theodorus de Sion

4e siècle

 

La sonorité grecque de Theodorus a rendu cet évêque originaire d’Orient.

Il voyagea en effet en Grèce, en Egypte et s’en vint prêcher dans l’Italie septentrionale, mais on ne sait pas sur quel appel (divin ?) ni qui l’aurait envoyé en mission.

Il devint le premier évêque d’Octodure (auj. Martigny, Suisse).

Comme tel, il participa au concile d’Aquilée (381), en même temps qu’une vingtaine d’autres prélats, dont s.Ambroise de Milan (v. 7 décembre). C’est probablement aussi notre Theodorus un des neuf signataires de la lettre synodale du concile de Milan (390) ; on y avait condamné le moine Iovinianus qui niait l’utilité des bonnes œuvres pour notre salut ainsi que la virginité perpétuelle de Marie.

Theodorus aurait retrouvé les restes des Martyrs de la Légion thébéenne, qu’il honora d’un culte tout particulier.

Il mourut vers la fin du 4e siècle.

Le siège d’Octodure fut transféré à Sion au siècle suivant.

Le Martyrologe Romain mentionne s.Theodorus au 16 août.

 

 

Frambaldus

† 550

 

Ce moine du sixième siècle semble très mal connu, mais suffisamment célèbre pour que son nom fût orthographié de plusieurs manières, selon les régions : Phambaldus, Frambaud, Fraimbault, Frambalde, Frambourg, etc.

Après quelque temps de vie solitaire, il adopta le cénobitisme dans le Maine, du temps de l’évêque s.Innocent, qui mourut en 559 (v. 20 juin ?).

Frambaldus mourut avant ce dernier, donc vers 550 ou même 540.

Trois paroisses et un prieuré portaient le nom de ce saint Anachorète dans le diocèse du Mans. L’une fut supprimée lors de la Révolution ; le prieuré Saint-Fraimbault fut bâti à l’endroit où Frambaldus se retira au début comme anachorète.

Saint Frambaldus est commémoré le 16 août dans le Martyrologe Romain.

 

Raoul de la Fustaie

† 1129

 

Radulphus de Flageio, en français Raoul (ou Rou) de la Fustaie était né au 11e siècle à Saint-Mars-sur-la-Futaie (Mayenne).

Il entra dans la célèbre abbaye de Saint-Jouin-de-Marnes (Deux-Sèvres), puis suivit Robert d’Arbrissel (v. 25 février) et fonda à son tour près de Rennes l’abbaye Notre-Dame du Nid-au-Merle.

Cette abbaye était double, en ce sens qu’un même abbé gouvernait le monastère masculin et celui féminin, dont les offices communs se déroulaient dans une unique église centrale.

De l’abbaye dépendirent jusqu’à trente prieurés. Aujourd’hui il ne reste de cette magnifique construction que quelques pans de murs.

Raoul (qu’on a parfois aussi confondu avec un autre Raoul, abbé à Saint-Jouin-de-Marnes), reste qualifié de fondateur, mais ne semble pas avoir eu la charge d’abbé. Il s’éteignit le 16 août 1129.

 

 

Lorenzo l’Encuirassé

† 1243

 

Ce Lorenzo a été surnommé en italien Loricato, armé de cuirasse ; on a traduit en français : encuirassé.

Il était né vers la fin du 12e siècle, à Fanello (Manfredonia, Pouilles, Italie SE).

Il eut le malheur de tuer quelqu’un accidentellement et, en pénitence, il fit le pèlerinage de Compostelle.

De retour d’Espagne, il vint à l’endroit où saint Benoît (v. 11 juillet) avait vécu près de Rome, à Subiaco, puis se fixa dans une grotte à proximité.

Il y vécut extrêmement mortifié. Son équipement ascétique était effroyable : sur sa tête, des plaques métalliques qui se croisaient de l’occiput au bout du nez et d’une oreille à l’autre, tout cela garni intérieurement de pointes, en sorte qu’il ne pouvait appuyer sa tête pour sommeiller un peu. Son corps était bardé d’autres plaques hérissées, sanglé de chaînettes qui tuméfiaient sa chair. Le vendredi saint, il se brûlait le front au fer rouge.

Tombé malade après seize années de cette vie, il céda humblement aux prières du cardinal Ugolino et détendit un peu son austérité : il accepta de boire un peu de vin, de manger des légumes ! Que mangeait-il donc auparavant (s’il mangeait…) ?

De nouveau malade, il consentit cette fois à déposer son armure et à se nourrir un peu mieux.

Si dur pour lui, il savait être très accueillant, car on vint le voir et on lui fit des dons. Avec cela, il offrit à une brave fille de Subiaco sa dot de mariage ; un jour qu’il eut la présence du clergé local et des fidèles, il leur servit le peu qu’il avait, et il y en eut miraculeusement pour tout le monde.

Un jour qu’une inondation menaçait son repaire, il refusa de s’en éloigner : J’ai fait vœu de ne pas quitter cette grotte. Ni l’eau ni le feu ne me feront sortir. Dieu fera de moi ce qu’il voudra. L’eau prit peur et s’arrêta.

Lorenzo fit reconstruire une église à Notre-Dame, qui avait été détruite dans les temps anciens. On l’appela San Lorenzo après la mort de l’ermite.

Cette mort intervint le 16 août 1243, après trente-trois ans de pénitence. Son culte fut confirmé en 1778.

 

 

Roch

1340-1379

 

Roch est considéré comme l'un des saints les plus populaires et vénérés de tout le monde catholique. Malgré cette popularité, on sait peu de choses sur sa vie. 

Il existe de fortes différences jusqu’aux indications qu’on avance comme «sûres» sur le Personnage.

Il serait né vers 1300 ou vers 1340 à Montpellier, d’une famille honorable, les Rog (ou plus précisément Roctch), d’où lui serait venu l’appellatif qu’on lui connaît, sans qu’on sache mieux son prénom de baptême. Si l’on orthographie habituellement Roch, il faut écrire Róc en occitan.

Sa mère était, dit-on, déjà avancée en âge au moment de cette naissance, et l’enfant portait sur sa poitrine une marque en forme de croix.

On a présumé qu’il aurait fait des études de médecine à Montpellier, d’où lui serait venu l’usage d’une petite lancette pour soigner les bubons de la peste.

A l'âge de vingt ans, ayant perdu ses parents, il vendit tous ses biens pour rejoindre le Tiers-Ordre franciscain, faisant vœu de se rendre à Rome afin de prier sur la tombe des apôtres Pierre et Paul. 

S'étant arrêté à Acquapendente, près de Viterbe, durant son pèlerinage, il ignora les conseils de la population en fuite à cause de la peste et décida de rendre service dans l'hôpital du lieu. C'est de là que partit sa réputation de sainteté : en trois mois d'activité, il fit de nombreux miracles en guérissant des malades de la peste. Puis il passa à Cesena, où se vérifia la même situation, ainsi qu’à Rome.

Un cardinal, soigné par Roch, le garda à son service pendant trois ans, puis Roch gagna Novare et Piacenza. Là, touché par le même mal de la peste, il se retira dans une cabane isolée, où la Providence lui fit jaillir une source d’eau fraîche et suscita un brave chien pour lui apporter un bon pain qu’il dérobait un seigneur local ; ce dernier, intrigué par les disparitions et du pain et du chien, suivit ce dernier jusqu’à Roch et, tout honteux de sa vie égoïste, se convertit.

C’est à ce bon chien, ami de saint Roch, que remonteraient l’appellatif de roquet qu’on donne à un chien de la rue, ainsi qu’à l’expression Saint Roch et son chien qui désigne deux amis inséparables.

Roch remonta en Lombardie, où les autorités le mirent en prison, le soupçonnant d'être un espion. Puis Roch regagna Montpellier, où son oncle, gouverneur de la ville, ne le reconnut plus et le fit à son tour enfermer dans la prison. 

Il y mourut, cinq ans plus tard, un 16 août, entre 1376 et 1379. C’est alors qu’on le reconnut à la marque de la croix qu’il portait sur la poitrine.

Les versions ne s’accordent pas. Roch aurait été mis au cachot à Voghera (Lombardie) ou à Montpellier. Cette prison aurait duré quatre ou cinq ans, et Roch serait mort dans l’une ou l’autre de ces deux localités.

Le culte de saint Roch serait parti de Lombardie pour certains, pour d’autres de Constance, où il fut invoqué pendant le concile qui s’y tenait (1414-1419) et où avait surgi une nouvelle épidémie de peste. Le culte est attesté à Voghera dès 1382.

Le dominicain saint Vincent Ferrier (v. 5 avril) et tout l’Ordre dominicain diffusèrent beaucoup le culte à saint Roch, donnant à supposer que Roch était du Tiers-Ordre dominicain, et non du franciscain.

Sous le pontificat de Clément VIII (non pas l’anti-pape du même nom, mais celui qui reçut l’abjuration du futur Henri IV et régna de 1592 à 1605) - lorsque la peste représentait dans toute l'Italie un mal désormais connu depuis plusieurs siècles, on décida d'apporter à Rome une relique de saint Roch, le Saint Thaumaturge, pour préserver la Ville éternelle de catastrophes effroyables. Ainsi, le bras du Saint fut déposé dans l'église de Saint Sébastien-hors-les-Murs, ; avant saint Roch, saint Sebastien avait compté parmi les principaux protecteurs contre la peste. Quelques années à peine après l'arrivée de la relique dans la ville, on décréta le transfert de celle-ci dans l'église dédiée à saint Roch, près du port de Ripetta. Ce lieu était justement symbolique, puisque les épidémies de peste se contractaient là, en provenance des terres lointaines qui communiquaient avec Rome à travers les échanges commerciaux par bateaux.

D'après les chroniques de l'époque et les témoignages conservés dans les archives de l'Association européenne des amis de Saint Roch, la procession pour le transfert de la relique se déroula solennellement parmi le peuple. C'étaient des files de cardinaux, d'évêques et de prêtres, le Sénat romain, des confraternités, des corporations et des ouvriers, des commerçants, des écoles, des artisans et une immense foule de personnes simples, en particulier des pêcheurs.

Le premier grand prodige attribué à l’intercession de saint Roch remonte à 1624 ; une épidémie de peste fauchait des centaines de victimes par jour, dans la ville de Palerme, et certains symptômes faisaient craindre que le mal pût se diffuser jusqu'à Rome. Le pape Urbain VIII (1623-1644) avait une grande dévotion à Saint Roch. Il décida d'ordonner des prières publiques, auxquelles il participait, pour obtenir de Dieu, par l'intercession du Saint Thaumaturge, que la Sicile fût libérée de ce terrible mal et que Rome fût préservée de la contagion. Le dimanche 18 août 1624, Urbain VIII alla célébrer la messe dans l'église de Saint Roch où il fit installer la relique du Saint sur l'autel majeur. Quelques jours seulement passèrent et le fléau menaçant cessa à Palerme et dans toute l'île sicilienne, évitant aussi les rives du Tibre.

Urbain VIII ordonna que le Magistrat de la ville de Rome offrît chaque année à saint Roch, le jour de sa solennité, un calice en argent et quatre cierges. Aujourd'hui encore, sur un mur de la nef droite, à l'entrée de l'église de Saint Roch, on peut lire l'inscription, datée de juillet 1625, qui atteste l'approbation du Sénat romain.

Une autre épidémie se propagea à Rome en 1656. Au cours de l'été, un bateau provenant du port de Naples accosta à Nettuno, près de Rome, laissant aux abords du port des vêtements contaminés par la peste. On raconte que certains de ces habits furent accidentellement emportés dans la ville, propageant la maladie avec une rapidité foudroyante. Très rapidement, quatorze-mille cinq-cents personnes périrent. Le pape d'alors, Alexandre VI (1655-1667) qui se trouvait en vacances à Castelgandolfo, rentra précipitamment à Rome pour venir au secours des citoyens par des dispositions d'urgence et pour demander des prières publiques et des offices solennels en mémoire de saint Roch dans l'église qui lui était dédiée. Après cela, le fléau cessa. 

Le 18 septembre de l'an 1854. Le Journal de Rome, organe officiel de l'État pontifical, publiait l'annonce du pape Pie IX (1846-1878) que tout fidèle romain attendait avec frénésie, en ces jours où régnait l'angoisse due à l'épidémie de choléra qui s'était diffusée dans la ville. L'impatience fut apaisée à la lecture de la déclaration du pape : étaient accordées une indulgence de sept ans aux personnes qui visiteraient l'église de Saint-Roch, et une indulgence plénière pour celles qui s'y rendraient sept fois.

Ce geste réconforta la multitude des fidèles qui, en ces jours-là, affluaient sans discontinuer à l'intérieur de cette église à la façade néoclassique, qui se dresse avec élégance devant l'Autel de la paix (Ara Pacis). Les semaines qui avaient précédé la propagation de la peste jusqu'à Rome, Pie IX avait demandé d'urgence que, outre les images les plus vénérées de la Vierge et les reliques des saints Pierre et Paul, on exposât aussi au public le prodigieux bras de saint Roch dans son église.

L'ordre du pape fut rapidement exécuté mais avant même l'exposition, des bandes de fidèles s'entassaient déjà sur les marches de l'église, persuadés que l'intercession du Saint bien-aimé arrêterait ce fléau qui avait déjà causé des milliers de morts en quelques semaines. Dès lors, la calamité enregistra une baisse sensible et constante et finit par disparaître complètement en décembre 1854, quelques jours avant Noël.

Ce fut la dernière fois que la ville de Rome connut une épidémie de peste d'une telle ampleur.

On compte aussi d'innombrables intercessions miraculeuses attribuées à saint Roch, en Europe et dans le monde. 

Effectivement, on recourt à saint Roch dans tous les cas de maladies contagieuses, hommes ou bêtes : peste, silicose (donc en faveur des tailleurs de pierre, des paveurs, des carriers) ; pour les fripiers, les rôtisseurs, les cardeurs de laine.

Cette dévotion s’est répandue en France, en Allemagne et en Belgique, en Italie, mais aussi en Espagne et en Croatie, au Brésil et à Québec (Canada), au Sénégal…

Le culte à saint Roch fut confirmé sous Urbain VIII en 1629.

 

N’aurait-on pas bien fait de l’invoquer par prières publiques lors de la pandémie de la Covid 19 ?

 

 

Angiolino Agostino Mazzinghi

1377-1438

 

Angiolino (Petit ange) fut son nom de baptême. 

Il naquit certainement avant 1386, lit-on, et peut-être vers 1377 à (ou près de) Florence. Son père, Agostino, lui donna aussi son prénom.

Il avait un frère, Bianco, avec lequel il fut parmi les candidats aux charges de la ville, en 1411.

En 1413, Angiolino entra dans l’Ordre du Carmel et voulut, après sa profession, se préparer au sacerdoce dans quelque monastère retiré. Ordonné prêtre, il assuma diverses charges dans l’Ordre, toujours estimé pour ses vertus exemplaires.

Il fut le premier à embrasser la réforme dans le monastère Santa Maria delle Selve, où il fut prieur de 1419 à 1430 et de nouveau en 1437, alors qu’entre ces deux dates il fut prieur à Florence ainsi que provincial pour la Toscane.

Il fut lecteur (professeur) de théologie et excellent prédicateur. Son amour de l’Eucharistie et de la Vierge Marie, son esprit de pénitence et de profonde humilité, touchaient les cœurs, tant parmi les fidèles qu’à l’intérieur des couvents. Des témoins «dignes de foi» affirmèrent avoir vu des lys et des roses sortir de sa bouche, réunis et tissés par deux anges pour en faire une couronne qu’ils lui mirent sur la tête.

Toujours à Florence, le Petit Ange eut cette grâce insigne que les Anges vinrent de façon visible chercher son âme au moment de la mort et la porter au Paradis, le 16 août 1438, date conservée dans le Martyrologe, bien qu’on trouve souvent le 17 août).

Son culte fut confirmé en 1761.

Melchior Kumagai Motonao

1554-1605

 

Melchior était né vers 1554 à Miiri (Aki, Kōchi, Japon).

Ce samouraï converti était marié, et actif dans le diocèse de Hiroshima.

Son martyre eut lieu à Hagi (Yamaguchi), le 16 août 1605.

Il fait partie d’une procession de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, presque tous laïcs, mariés ou consacrés, parfois jeunes ou même très jeunes enfants, béatifiés en 2008.

 

 

Juan Santamarta

1578-1618

 

Il vit le jour à Prades (Tarragona, Espagne) en 1578.

Ce fut un garçon doué pour la musique. A huit ans, il était chantre à la cathédrale de Saragosse ; il étudia le latin, mais plus encore la musique et fit partie de la Schola Cantorum de la cathédrale de Zamora.

Il entra dans l’Ordre franciscain et chercha à y briller plus par les saintes vertus que par son talent artistique. Ordonné prêtre, il demanda à partir pour les missions et rejoignit les Philippines avec d’autres confrères, dont beaucoup seraient eux aussi bientôt martyrs.

Des Philippines, Juan passa au Japon, où il développa un intense apostolat pendant dix années.

Il organisa une école de musique où quatre-cents élèves venaient apprendre avec lui le chant, l’orgue et d’autres instruments.

Son zèle le fit choisir pour diriger la mission de Fuscimi, où il donna l’exemple du parfait pauvre : soutane rapiécée, pas de sandales. Même les païens l’admiraient.

A partir de la persécution de 1614, il dut s’exiler, mais rentra dans le pays, déguisé, et continua son apostolat dans les provinces de Arima et Ōmura, redonnant courage aux faibles, ramenant les apostats à la vérité, administrant les Sacrements, changeant chaque jour d’endroit pour célébrer la Messe. La nuit, il se reposait dans quelque cachette de la montagne.

Après son arrestation, il resta trois ans en prison, au milieu d’intenses douleurs. Le jour glorieux arriva : il continuait à parler de l’Evangile, chanta le Te Deum, pria pour ses bourreaux, leva les yeux au ciel et s’offrit au coup de sabre.

Son martyre eut lieu à Kyoto le 16 août 1618.

Il a été béatifié parmi deux-cent cinq Martyrs du Japon en 1867.

 

 

Simon Kiyota Bokusai

1559-1620

Magdalena de Kiyota

?-1620

 

Simon était né à Kiyota en 1559.

Après avoir servi dans l’armée, il devint un catéchiste catholique zélé et ouvrit une école. 

Il épousa Magdalena, probablement née aussi à Kiyota, et tous deux firent partie de la Confraternité du Rosaire. 

Quand l’empereur en entendit parler, il ordonna de mettre Simon en prison.

Ayant refusé tout compromis, Simon fut condamné à la crucifixion, avec son épouse Magdalena et la petite famille qui se trouvait chez lui, Thomas Gengorō, Maria et Jacobus.

La veille du martyre, Simon confia une lettre à un Religieux, où il espérait jouir dans quelques heures du bonheur éternel (si ses péchés n’y mettaient pas d’obstacle).

Avant de partir de la prison, les cinq s’agenouillèrent devant le Crucifix. Parvenus au lieu du martyre, ils s’agenouillèrent devant les croix où ils allaient être accrochés.

Leur martyre eut lieu à Kokura (Fukuoka) le 16 août 1620, ou peut-être un jour plus tard, entre le 17 et le 18 août ; le Martyrologe le mentionne le 16.

Ils ont été béatifiés parmi deux-cent cinq Martyrs du Japon en 1867.

 

 

Thomas Gengorō

?-1620

Maria de Kiyota

?-1620

Iacobus Bunzō

?-1620

 

Thomas et Maria étaient, sans doute, de Kiyota (Japon). Ils avaient un fils, Iacobus Bunzō.

Chrétiens, ils appartenaient tous les trois à la Confraternité du Rosaire.

Ils se trouvaient dans la maison de Simon Kiyota Bokusai, au moment où l’on vint arrêter ce dernier avec son épouse, et furent mis en prison eux aussi.

Tous les cinq furent condamnés à la crucifixion.

Avant de partir de la prison, les cinq s’agenouillèrent devant le Crucifix. Parvenus au lieu du martyre, ils s’agenouillèrent devant les croix où ils allaient être accrochés.

Leur martyre eut lieu à Kokura (Fukuoka) le 16 août 1620 (ou peut-être un jour plus tard, entre le 17 et le 18 août).

Ils ont été béatifiés parmi deux-cent cinq Martyrs du Japon en 1867.

 

 

Antonius de Saint-François

?-1627

 

C’était un laïc japonais.

Chrétien, catéchiste, il resta très lié au père Francisco de Sainte-Marie et à son «assistant» Bartolomé Díaz Laurel, dès que ces derniers arrivèrent au Japon en 1623.

Il demanda bientôt à être admis dans le Tiers-Ordre ; le père Francisco le lui promit.

Quand on arrêta le père Francisco de Sainte Marie en 1627, au moment où ce dernier allait célébrer la Messe chez Gaspar Vaz (voir les notices correspondantes), Antonius se trouvait dans la maison voisine. Ayant entendu le bruit des policiers et les voyant partir avec le père Francisco et les treize autres laïcs, il courut se présenter au gouverneur et lui fit cette déclaration : 

Vous avez un tas d’espions auxquels vous promettez des récompenses considérables pour leurs dénonciations. Alors, maintenant, vous avez ici présent un délateur qui va vous dénoncer un adorateur du Christ. Cet adorateur, c’est moi ; depuis des années je me dévoue à soutenir les fidèles et à convertir les païens (…) Je vous demande d’être récompensé pour ma dénonciation : mettez-moi avec mon cher Père et à mes chers frères qui sont en prison, pour partager avec eux leurs souffrances et la mort.

Il fut arrêté sur place et réuni aux autres. En prison, il fit enfin sa profession religieuse dans les mains du père Francisco.

Il fut condamné à mort, et brûlé vif le 16 août 1627 à Nagasaki.

Il fait partie des deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

(Dans le calendrier franciscain, ce groupe de quinze Martyrs se trouve au 27 août, jour où les mentionne le Martyrologe).

 

 

Caius Akashi Jiyemon

?-1627

 

Il avait dû naître en Corée, dans les îles d’Amacusen. Son nom pourrait s’orthographier Xeimon.

Bonze, il se convertit au christianisme dès qu’il connut les missionnaires. Il devint même tertiaire dominicain, catéchiste et fervent chrétien.

Il fut arrêté avec le père Francisco de Sainte-Marie et tout un groupe de laïcs.

Tous furent condamnés à mort ; Caius fut brûlé vif, le 16 août 1627 à Nagasaki.

Il fait partie des deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

(Dans le calendrier franciscain, ce groupe de quinze Martyrs se trouve au 27 août, jour où les mentionne le Martyrologe).

 

 

Francisca {Pinzokere}

?-1627

 

Elle était probablement native de Nagasaki.

Pinzokere était une sorte de surnom qu’on lui donnait couramment.

C’était une très pieuse veuve, très modeste, qui vivait dans le recueillement. Elle fut tertiaire dominicaine.

Elle fut arrêtée avec le père Francisco de Sainte-Marie et tout un groupe de laïcs.

Tous furent condamnés à mort ; Francisca fut brûlée vive, le 16 août 1627 à Nagasaki.

Elle fait partie des deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

(Dans le calendrier franciscain, ce groupe de quinze Martyrs se trouve au 27 août, jour où les mentionne le Martyrologe).

 

 

Francisco de Sainte Marie

1585-1627

 

Il vit le jour à Montalbanejo (Cuenca, Espagne), peut-être vers 1585.

Entré tôt dans l’Ordre franciscain, il fut ordonné prêtre et demanda à partir pour les missions.

Il passa quatorze années aux Philippines, de 1609 à 1623, puis rejoignit le Japon qui était en pleine persécution. Mais les communautés chrétiennes s’étaient suffisamment bien organisées pour maintenir la ferveur : les missionnaires pouvaient passer d’un repère à l’autre et administrer les Sacrements. Ils avaient la consigne de ne pas s’exposer inutilement, pour rester actifs dans l’apostolat et ne pas priver les fidèles de leur assistance sacerdotale. Par moments, ils durent rester cachés dans les bois.

Evidemment les autorités redoublaient de surveillance pour dénicher ces repères et arrêter les prêtres avec leurs hôtes.

C’est ce qui arriva pour le père Francisco et ses quatorze Compagnons, qui se trouvaient chez Gaspar Vaz au printemps 1627 pour la célébration de la Messe. Trahis par un apostat, ils furent arrêtés par la police. En prison, ils priaient, s’encourageaient les uns les autres. Condamnés à mort, ils furent martyrisés à Nagasaki le 16 août 1627, le père Francisco et certains brûlés vifs, les autres décapités.

Ils furent béatifiés dans un groupe de deux cent cinq Martyrs du Japon, en 1867.

(Dans le calendrier franciscain, ce groupe de quinze Martyrs se trouve au 27 août, jour où les mentionne le Martyrologe).

 

 

Franciscus Kuhyōe

?-1627

 

Il était né dans le district de Chicungo, dans une famille païenne. Son nom pourrait s’écrire Kuhioye ou aussi Cufioye.

Charpentier, il menait une vie simple et très honnête ; ayant rencontré Gaspar Vaz (voir Tsuji Shōbyōe), il en devint ami personnel. Gaspar lui permit de faire enregistrer à son nom propre la maison qu’il avait fait construire pour les missionnaires.

Malheureusement, la maison fut découverte, peut-être même à la suite d’une apostasie et d’une dénonciation. Franciscus fut accusé de ne pas avoir dénoncé les missionnaires.

Mis en prison, il partagea le sort du père Francisco de Sainte-Marie et de tout le groupe arrêté avec lui. 

Il demanda à être catéchisé pour recevoir le Baptême ; c’est à cette occasion qu’il prit le nom chrétien du Père, Franciscus. Il se fit aussi inscrire dans le Tiers-Ordre franciscain.

Tous furent condamnés à mort ; Franciscus fut brûlé vif, le 16 août 1627 à Nagasaki.

Il fait partie des deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

(Dans le calendrier franciscain, ce groupe de quinze Martyrs se trouve au 27 août, jour où les mentionne le Martyrologe).

 

 

Leo Franciscus Kurōbyōe Nakamura

?-1627

 

Il était né à Chikugo (ou Chikungo, Japon).

Chrétien fervent, très uni aux Dominicains, il fut un de leurs catéchistes et leur rendait tous les services possibles. 

Il fut arrêté avec le père Francisco de Sainte-Marie et tout un groupe de laïcs. On l’accusa en particulier de donner l’hospitalité aux missionnaires. Il refusa fermement d’apostasier.

Tous furent condamnés à mort ; Leo Franciscus fut décapité, le 16 août 1627 à Nagasaki.

Il fait partie des deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

(Dans le calendrier franciscain, ce groupe de quinze Martyrs se trouve au 27 août, jour où les mentionne le Martyrologe).

Lucas Tsuji Kyūemon

?-1627

 

Lucas était né en 1599 à Fingen, d’une famille aisée.

Il rencontra les missionnaires franciscains à Meaco, fut baptisé et admis au Tiers-Ordre.

Après la mort de ses parents, il distribua sa petite fortune aux pauvres et à l’hôpital tenu par les Religieux, se mettant à leur service.

Il fut aussi catéchiste.

Lors de la persécution de 1614, il fut exilé, mais il revint en 1618 et s’installa dans une petite demeure à côté de la maison de Gaspar Vaz (voir Tsuji Shōbyōe). Il construisit une cachette pour les missionnaires.

Arrêté avec le groupe du père Francisco de Sainte-Marie, il refusa d’apostasier. On l’accusa de ne pas avoir dénoncé les missionnaires.

Tous furent condamnés à mort ; Lucas fut décapité, le 16 août 1627 à Nagasaki.

Il fait partie des deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

(Dans le calendrier franciscain, ce groupe de quinze Martyrs se trouve au 27 août, jour où les mentionne le Martyrologe).

 

 

Ludovicus Matsuo Soyemon

?-1627

 

Ludovicus était né à Nagasaki (Japon).

Fervent chrétien, membre du Tiers-Ordre franciscain, il mettait sa maison au service des missionnaires.

Il fut découvert parmi les assistants de la Messe qu’allait célébrer le père Francisco de Sainte-Marie.

Tous furent condamnés à mort ; Ludovicus fut décapité, le 16 août 1627 à Nagasaki.

Il fait partie des deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

(Dans le calendrier franciscain, ce groupe de quinze Martyrs se trouve au 27 août, jour où les mentionne le Martyrologe).

 

 

Magdalena Kiyota

?-1627

 

Elle était probablement native de Nagasaki.

Parente du roi de Bungo, elle était devenue tertiaire dominicaine et, à la mort de son mari, fit la profession religieuse. Elle se dévoua à de nombreuses œuvres pieuses. Il y avait chez elle un petit oratoire, où les prêtres pouvaient célébrer la Messe discrètement.

Elle fut arrêtée avec le père Francisco de Sainte-Marie et tout un groupe de laïcs.

Tous furent condamnés à mort ; Magdalena fut décapitée, le 16 août 1627 à Nagasaki.

Elle fait partie des deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

(Dans le calendrier franciscain, ce groupe de quinze Martyrs se trouve au 27 août, jour où les mentionne le Martyrologe). 

 

 

Michaël Koga Kizayemon

?-1627

 

Michaël était né à Conga. Ses parents l’abandonnèrent et il fut adopté par un marchant espagnol, qui le confia au père franciscain Francisco de Rojas. A la suite de l’enseignement de ce dernier, Michaël demanda le Baptême et se fit inscrire dans le Tiers-Ordre franciscain.

Il vint s’installer à Nagasaki, chez Lucas Tsuji Kyūemon, et faisait le charpentier. Il construisit de très bonnes cachettes pour les missionnaires.

Il fut dénoncé, arrêté, interrogé, mais ne renia pas sa foi.

Il fut décapité, le 16 août 1627 à Nagasaki.

Il fait partie des deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

(Dans le calendrier franciscain, ce groupe de quinze Martyrs se trouve au 27 août, jour où les mentionne le Martyrologe).

 

 

Thomas Satō Shin’emon

?-1627

 

Thomas était originaire de Corée. Son nom pourrait aussi s’orthographier Jinyemon et l’on trouve aussi Wo Jinyemon.

Fervent chrétien, membre du Tiers-Ordre franciscain, il fut surpris chez lui, avec des missionnaires qu’il avait hébergés.

Arrêté avec le groupe du père Francisco de Sainte-Marie, il refusa d’apostasier.

Tous furent condamnés à mort ; Thomas fut décapité, le 16 août 1627 à Nagasaki.

Il fait partie des deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

(Dans le calendrier franciscain, ce groupe de quinze Martyrs se trouve au 27 août, jour où les mentionne le Martyrologe).

 

 

Tsuji Shōbyōe

?-1627

 

C’était un laïc d’origine coréenne, qui prit le nom espagnol de Gaspar Vaz.

Lui et María étaient époux, très chrétiens, et tertiaires franciscains.

Tsuji-Gaspar avait ouvert sa maison aux missionnaires et en avait construit une tout spécialement pour les Religieux, la mettant au nom de son ami Franciscus Kuhyōe.

Il reçut le père Francisco de Sainte Marie en 1627 ; au moment où ce dernier allait célébrer la Messe, la police vint arrêter tous les présents : outre le prêtre, il y avait quatorze laïcs.

En prison, on chercha à les faire apostasier, mais ils demeurèrent fermes dans la foi.

On les condamna à mort. Tsuji-Gaspar fut brûlé vif, son épouse María fut décapitée, le 16 août 1627 à Nagasaki.

Tsuji-Gaspar fait partie des deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

(Dans le calendrier franciscain, ce groupe de quinze Martyrs se trouve au 27 août, jour où les mentionne le Martyrologe).

 

 

María de Nagasaki

?-1627

 

On sait très peu de choses sur sa personne. Elle était probablement native de Nagasaki.

Elle était l’épouse de Tsuji Shōbyōe (alias Gaspar Vaz), qui avait reçu le père Francisco de Sainte-Marie pour célébrer la Messe.

Trahis et dénoncés, tous les présents furent arrêtés : outre le prêtre, il y avait quatorze laïcs, dont Maria et son époux.

En prison, on chercha à les faire apostasier, mais ils demeurèrent fermes dans la foi.

On les condamna à mort. Tsuji-Gaspar fut brûlé vif, son épouse María fut décapitée, le 16 août 1627 à Nagasaki.

Cette María (pour la distinguer d’autres, on l’appellera ici de Nagasaki) fait partie des deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

(Dans le calendrier franciscain, ce groupe de quinze Martyrs se trouve au 27 août, jour où les mentionne le Martyrologe).

 

 

Bartolomé Díaz Laurel

1599-1627

 

C’était un laïc hispano-mexicain ; on le disait né en 1599 à El Pozo de la Nación, Acapulco (Guerrero, Mexique), mais il naquit en réalité à Puerto de Santa María (Séville), et peut-être en 1593, d’où il gagna le Mexique encore enfant. Ajoutons que Laurel pourrait être un surnom.

Il s’établit ensuite à Valladolid (aujourd’hui Morelia, Mexique) et fit profession comme Convers chez les Franciscains en 1617.

Deux ans après, il s’offrit pour les missions et arriva aux Philippines en 1619. Au couvent de Manille, il étudia avec passion la langue japonaise, ainsi que la médecine et les soins médicaux. Il put ainsi se rendre très utile dans l’hôpital voisin que tenaient les Franciscains, où arrivaient les marins et commerçants japonais.

En 1623, il passa à son tour au Japon pour préparer, avec le frère Antonio de Saint-François, les déplacements du père Francisco de Sainte-Marie ; il partait le premier en éclaireur, portant le matériel pour la liturgie. Lui et Antonio, arrivés sur place, organisaient le catéchisme, préparaient les esprits à la réception des Sacrements, de sorte que le prêtre n’avait pas à passer plus de temps qu’il ne pouvait à cet endroit. Bartolomé allait aussi voir les malades, rendait visite à qui l’appelait, même auprès de non-baptisés. Il mettait un grand soin à préparer les enfants à la Première communion.

Il fut arrêté avec le père Francisco de Sainte Marie en 1627, au moment où ce dernier allait célébrer la Messe chez Gaspar Vaz (voir les notices correspondantes).

Il fut condamné à mort, et, étant étranger, fut brûlé vif le 16 août 1627 à Nagasaki, alors que tous les autres du groupe, japonais, furent décapités.

Il fait partie des deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

(Dans le calendrier franciscain, ce groupe de quinze Martyrs se trouve au 27 août, jour où les mentionne le Martyrologe).

 

 

Jean-Baptiste Ménestrel

1748-1794

 

Jean-Baptiste était né le 5 décembre 1748 à Serécourt (Vosges).

Il était chanoine du Chapitre de Remiremont (Vosges).

Déporté des Vosges avec tant d’autres prêtres de France, il fut entassé avec eux à bord du Washington, aux pontons de Rochefort. Le bateau était normalement destiné à la Guyane, mais ne partit jamais et les prêtres vécurent dans les cales du bâtiment, dans des conditions hygiéniques inimaginables.

 

Il mourut ensuite sur l’Ile d’Aix (où l’on se débarrassait des moribonds avant de les y enterrer), le 16 août 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Luosa Fan Hui

1855-1900

 

Luosa (Rosa) Fan Hui, née vers 1855 à Fan (Wuqiao, Hebei) reçut le martyre au même endroit le 16 août 1900.

Elle a été béatifiée en 1946 et canonisée en 2000.

 

 

Ana Josefa Pérez Florido

1845-1906

 

Ana Josefa naquit à Valle de Abdalajís (Málaga, Espagne), dix-neuvième enfant de José Pérez et de María González Reina Florido, qui étaient des agriculteurs aisés.

Née le 7 décembre 1845, elle fut baptisée le lendemain.

A trois ans, elle perdit sa mère. Sa grand-mère Teresa Reina aidera son père à élever les enfants.

Dès l’enfance Ana Josefa dirigeait sa piété vers le Christ présent dans l’Eucharistie, vers Notre-Dame des Douleurs et vers saint Joseph.

Par deux fois elle fut demandée en mariage, mais elle répondit clairement : Je ne me sens pas appelée au mariage. Très tôt, elle s’est senti la vocation de prier et de n’appartenir qu’à Dieu. Elle dira plus tard : Je ne pensais à rien d’autre qu’à devenir religieuse et ce désir me remplit tout le temps. 

Ana Josefa était intelligente, tenace, affectueuse et émotive, mais équilibrée, joyeuse, sensible à la douleur des autres, modeste. Son enthousiasme était communicatif.

Ses parents ne lui permettaient pas d’entrer en religion. Jusqu’à la mort de son père (1877), Ana Josefa se mit dès 1873 à s’occuper sur place de personnes âgées et fragiles, abandonnées à elles-mêmes. Avec une compagne, Josefita Muñoz Castillo, elle accueillit déjà quelques personnes abandonnées, dans une maison qu’on appela vite “Maison des Pauvres”, de sorte qu’on leur donna le nom de “Petites Sœurs des Pauvres”, mais sans lien avec la Congrégation du même nom. 

Elles furent bientôt rejointes par trois compagnes qui appréciaient sa manière simple et joyeuse de pratiquer ainsi la miséricorde : Frasquita et Isabel Bravo Muñoz, Rafaela Conejo Muñoz. Leurs efforts allaient déjà porter des fruits, mais Ana, modestement, voulut soumettre sa voie à un saint prêtre de Málaga et à l’évêque. Si elle était encouragée dans son idée, elle donnerait alors toute sa vie à cette activité. Elle partit donc pour Málaga, tandis que sa première Compagne resta à Valle de Abdalajís.

Dans un premier temps, son confesseur lui suggéra d’entrer dans la nouvelle Congrégation des Mercédaires de la Charité, mais ce n’était pas sa voie. L’évêque de Málaga, Mgr Manuel Salazar Gómez, l’encouragea sans hésitation dans cette orientation et même jeta les fondements d’une première communauté sous la protection de Notre-Dame de Valenza, Mère des Abandonnés.

En 1880, avec l’approbation de l’évêque, Ana Josefa fonda la Congrégation des Mères des Abandonnés et de Saint-Joseph de la Montagne. C’est l’évêque qui eut l’idée du titre Mère des Abandonnés, en raison de la façon maternelle avec laquelle Ana et ses Consœurs prenaient soin des pauvres malades. 

Les premières sœurs commencèrent alors le noviciat, et Ana prit le nom de Petra (Pierrette) de Saint-Joseph, tandis que ses trois compagnes (Frasquita, Isabel et Rafaela) prenaient les noms de Magdalena de Saint-Joseph, Nativitad de Saint-Joseph et Trinitad de Saint-Jospeh.

Les premiers vœux furent émis le 2 février 1881. La consécration définitive advint en octobre 1882. Ce jour-là, Petra s’offrit ainsi à Dieu : Seigneur, dispose de moi selon ta volonté entière et selon ton entière liberté… Sois le Maître absolu et légitime de tout mon être. Fais que toutes mes actions soient dignes de tes yeux ; je ne veux pas te servir autrement.

Le démarrage avait été difficile, mais l’œuvre prospéra vite, comptant jusqu’à huit maisons lors de la mort de la Fondatrice. Dans ces maisons, on dispensait une assistance maternelle pour les personnes âgées, fragiles et pauvres, ainsi qu’aux orphelins. La dernière fondation fut à Barcelone, en 1895, près du sanctuaire de Saint-Joseph de la Montagne, où l’église fut consacrée en 1901.

Les épreuves ne manquèrent pas à Petra : on la persécuta, on la calomnia, on chercha à l’isoler, et finalement ce fut aussi l’épreuve de la maladie. Mais Petra avait une confiance illimitée en Dieu et répondit toujours par l’amour et le sourire à ceux qui la faisaient souffrir.

Ana Josefa - Petra - s’éteignit à Barcelone, le 16 août 1906. Deux de ses trois premières Compagnes lui succédèrent comme Supérieures.

La Congrégation s’est étendue en Italie et dans sept pays d’Amérique. En 1917, Mère Trinidad ouvrit un couvent et un centre dans la maison natale de Ana Josefa : ultramoderne, il accueille soixante-dix vieillards. 

Béatifiée en 1994, Ana Josefa Petra est inscrite le 16 août au Martyrologe.

 

 

     José María Sanchís Mompó

1866-1936

 

Il vit le jour le 8 octobre 1866 à Benifayó de Espioca (Valencia, Espagne), de Gabriel et Vicenta.

Il devint menuisier-charpentier jusqu’à vingt-quatre ans.

Il entra alors au noviciat des Capucins amigoniens (branche refondée par le père Amigó) et fit la première profession en 1890 comme Frère Convers, avec le nom de Gabriel María, et la solennelle en 1896.

Son expérience mûre de la vie et du travail fit qu’en plus de ses activités de menuisier, on lui confia l’administration des couvents où il séjourna, en dernier lieu Godella et Valencia.

Ses Confrères le considéraient comme l’image du vrai frère franciscain, humble, travailleur, respectueux des prêtres.

Le 25 juillet 1936, il dut quitter son couvent et chercha à se réfugier dans son pays natal.

Le 14 août, on vint le chercher manu militari pour le conduire en prison.

Il fut exécuté au lieu-dit La Coma, au petit matin du 16 août 1936, et fut béatifié en 2001.

 

 

Juan José Orellana del Moral

1870-1936

 

Juan José Orellana del Moral naquit le 4 septembre 1870 à Lucena (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 16 août 1936 à Espejo.

Juan José Orellana del Moral sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 16 août.

 

 

Antonio María Rodríguez Blanco

1877-1936

 

Il vit le jour le 26 mars 1877 à Pedroche (Cordoue, Espagne), de Francisco et Manuela, qui le firent baptiser dès le lendemain.

Il fit ses études classiques au collège salésien de Utrera, et restera toujours un fidèle coopérateur salésien. Puis il étudia au Grand séminaire de Cordoue, où ses résultats furent très brillants ; il passera aussi la licence de théologie à Séville et celle de droit canonique à Grenade et préparera le diplôme d’enseignement dans les écoles.

Ordonné prêtre en 1901, il fut aumônier des Petites Sœurs de Vieillards Abandonnés et professeur au séminaire.

En 1902, l’année de sa licence de théologie, il fut nommé curé de son pays natal et professeur de théodicée au séminaire.

En 1905, encore bien jeune, il fut nommé curé à Pozoblanco, où il transmit à toute la paroisse un profond esprit religieux, qui fit l’admiration d’un prêtre jésuite de passage en 1907.

Le saint curé s’appliqua à sauvegarder, entretenir et augmenter le patrimoine artistique de sa paroisse, y ajoutant une bibliothèque, un archive : c’est par là que commença son douloureux calvaire, quand il vit la quasi totalité de ce patrimoine détruit, le 15 août 1936.

Le 16 août 1936, il s’en fut chez des cousines pour les rassurer. C’est là qu’une patrouille de miliciens vint le trouver pour l’arrêter. 

Il voulut passer sa soutane, on ne lui en laissa pas le temps ; il dut partir en vêtements civils, disant à ses cousines : Du ciel, je pourrai vous aider davantage.

En route pour le cimetière de Pozoblanco, il croisa une petite fille qui vint lui baiser la main et un de ses servants de messe qui l’embrassa et auquel il dit : Sois bien gentil, Pedro !, tandis que les miliciens l’insultaient, lui refusaient une goutte d’eau. Au cimetière, il demanda à prier un instant, à genoux, puis leur dit : Je suis à votre disposition. Que Dieu vous pardonne, comme je vous pardonne. Il voulut aller embrasser la grande croix centrale et ainsi mourir, mais ils l’abattirent avant.

Les miliciens le mirent dans une fosse commune, et récupérèrent le chapelet du prêtre, qu’ils portèrent à la famille.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Franciscains Martyrs de Castille

† 1936

 

La communauté franciscaine de Consuegra (Tolède, Espagne) comptait trente-deux Religieux : neuf prêtres, dix-neuf étudiants (futurs prêtres), et quatre convers. Vingt-huit d’entre eux subirent le martyre en 1936.

Le 21 juillet 1936, les autorités civiles s’emparèrent des églises et interdirent toute célébration liturgique, même à portes fermées.

Du 21 au 24, les Franciscains furent «prisonniers» dans leur propre couvent, gardés par des révolutionnaires qui les empêchaient de sortir. Ils priaient en silence, se confessaient, et purent célébrer la Messe dans la petite chapelle des étudiants.

Le 24 ils furent expulsés du couvent. Le dernier à partir, le gardien (supérieur), remit les clefs aux employés municipaux. Les Religieux trouvèrent d’abord un accueil fraternel dans les familles alentour.

Entre l’après-midi du 9 août et le 10 au matin, vingt-huit d’entre eux furent mis en prison. Les quatre autres les rejoignirent le 11 août. Ils se retrouvèrent dans une salle de la prison municipale, où ils s’entretenaient sur leur prochain martyre, se demandant pardon les uns aux autres, renouvelant leur consécration à Dieu, recevant du supérieur l’absolution. Ils priaient ainsi : 

Seigneur, notre cœur est prêt. Qu’ils viennent, ceux qui veulent nous faire mourir : quant à nous, nous attendons fermement de recevoir la vie éternelle de la main de Dieu miséricordieux. 

Ensuite, on les transféra à l’église Santa María, de l’ancien couvent franciscain transformée en prison. Ils purent recevoir des visites et des repas de la part des amis et bienfaiteurs.

Le 14, on en libéra trois, à cause de leur grand âge, ainsi qu’un jeune étudiant, parce qu’il était du pays.

Ainsi passa la fête de l’Assomption. Dans la nuit du 15 au 16, les Franciscains furent fait sortir de la prison. Huit d’entre eux furent laissés : ils seraient assassinés un peu plus tard.

Les vingt appelés furent entassés dans un camion qui, escorté par plusieurs voitures, dont celle du maire et de plusieurs élus de la mairie, sortit de Consuegra, traversa Urda et rejoignit Fuente el Fresno (Ciudad Real), au lieu-dit Boca de Balondillo.

Une fois descendus, les Franciscains reçurent l’ordre de s’aligner un peu en-dehors de la route; toujours les mains liées derrière le dos. Le Gardien demanda de les délier, parce qu’ils voulaient mourir les bras en croix, mais ce fut refusé ; il demanda de les fusiller de face et non de dos, et cela fut accordé.

Le père Gardien les invita à prier un ultime Notre Père, et à pardonner aux bourreaux. Puis il dit au maire : Nous sommes prêts à mourir pour le Christ.

Le frère Saturnino s’exclama : Seigneur, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! (cf. Lc 23:34).

Les tirs commencèrent. Plusieurs crièrent : Vive le Christ Roi ! Vive l’Ordre franciscain ! Seigneur, pardonne-leur !

Il était 4 heures du matin du 16 août 1936.

Ces Martyrs furent béatifiés en 2007.

 

Les 20 Martyrs de Consuegro furent (en ordre alphabétique) :

  • Alfonso Sánchez Hernández-Ranera
  • Anastasio González Rodríguez
  • Andrés Majadas Málaga
  • Ángel Hernández-Ranera de Diego
  • Antonio Rodrigo Antón
  • Benigno Prieto del Pozo
  • Domingo Alonso de Frutos
  • Federico Herrera Bermejo
  • Félix Maroto Moreno
  • José Alvarez Rodríguez
  • José de Vega Pedraza
  • Julian Navio Colado
  • Marcelino Ovejero Gómez
  • Martín Lozano Tello
  • Ramón Tejado Librado
  • Santiago Maté Calzada
  • Saturnino Río Rojo
  • Valentín Díez Serna
  • Vicente Majadas Málaga
  • Víctor Chumillas Fernández

 

 

Ángel Hernández-Ranera de Diego

1877-1936

 

Il vit le jour le 1er octobre 1877 à Pastrana (Guadalajara, Espagne), de Félix et Manuela, qui le firent baptiser le lendemain, fête des Anges Gardiens, ce qui explique son prénom.

Il eut une vie toute franciscaine : il fréquenta le collège tenu par les Franciscains, puis entra au noviciat de son pays, où il prit l’habit en 1892 et fit la profession.

Il passa par les couvents de Pastrana, La Puebla de Montalbán, Consuegra (où il fit la profession solennelle en 1897) et Almagro où il fut ordonné prêtre en 1900.

Après cinq années d’apostolat à Almansa, il partit en 1906 pour les Philippines, dans l’île de Samar, où il fut dix ans curé à Allen, cinq ans à Catubig et cinq autres à Laoang.

Il revint en Espagne en 1929, fut vicaire à Alcazár de San Juan en même temps que professeur au séminaire, vicaire ensuite à Quintanar de la Orden (1932), à Consuegra (1935).

Partout le souvenir qu’il laissa fut celui d’un prêtre saint et zélé. Ses élèves prenaient vraiment exemple sur lui pour se préparer au sacerdoce. Lui-même ne cachait pas son désir d’être martyr pour le Christ.

Il fut exaucé, lorsqu’il reçut les balles ennemies, le 16 août 1936.

Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille

Le père Ángel fut béatifié en 2007.

 

 

Laurentí Basil Matas

1878-1936

 

Laurentí naquit le 28 décembre 1878 à Olot (Catalogne, Espagne).

Ce fut un juriste : il acheva son doctorat avant de rentrer dans les Ordres.

En 1903, à vingt-cinq ans, il prit l’habit capucin, et le nom d’Anselm.

En 1907, il fit la profession solennelle et, en 1908, reçut le sacerdoce.

En 1910, il fut envoyé en Colombie (Caquetà), où il conquit l’amitié des habitants, qui appréciaient sa foi profonde et le culte particulier qu’il avait envers le Saint-Sacrement.

De retour en Espagne, il se trouvait en 1936 à Tarragona, quand commença la révolution et la persécution.

Il rejoignit Barcelone, où habitait un neveu, médecin. 

Une femme de ménage le dénonça ; on l’arrêta et on lui fit subir de mauvais traitements.

Au moment de partir, il s’adressa à l’infirmière (?) : Rosita, soyez assurée que je vous serai toujours reconnaissant pour ce que vous avez fait pour moi et qu’au ciel je me souviendrai de vous.

Qui était cette infirmière ? N’était-ce pas la femme de ménage, qui l’avait espionné, mais envers laquelle Anselm n’avait aucune rancœur ? Le récit n’est pas clair ici.

Le père Anselm fut assassiné le 16 août 1936 à Barcelone. Son neveu vint reconnaître le cadavre, dont le visage était horriblement défiguré.

Le père Anselm fut béatifié en 2015.

 

 

Juan Navas Rodríguez-Carretero

1892-1936

 

Juan Navas Rodríguez-Carretero naquit le 23 février 1892 à Castro del Río (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 16 août 1936 à Palma del Río.

Juan Navas Rodríguez-Carretero sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 16 août.

 

 

Miguel García Gilabert

1895-1936

 

Fils de cultivateurs, il naquit le 1er janvier 1895 à Benitachell (Alicante, Espagne) et fut baptisé le jour suivant.

Après l’école, il entra en 1907 au collège franciscain de Benissa.

Il entra au noviciat en 1910, prit le nom de Plácido et reçut l’habit à Santo Espíritu del Monte (Gilet, Valencia), et fit la première profession en 1911.

Après les années de philosophie et de théologie à Onteniente (Valencia), il fut ordonné prêtre en 1918.

En 1930-1933, il fut envoyé à Rome pour d’autres études, et fut nommé Recteur de la Faculté de Droit Canon de l’Antonianum (l’université franciscaine).

Puis il revint en Espagne et enseigna à Onteniente, où il était aussi supérieur et recteur du collège.

Trois jours après le 18 juillet 1936, il dut quitter le couvent avec ses Confrères et se réfugier chez son frère à Benitachell, mais sans se cacher particulièrement. On lui proposa de passer à Maiorque, mais il refusa, craignant qu’on se vengeât sur ses proches.

Depuis fin juillet, il eut comme une vie normale, prêtant son concours pour des activités spirituelles et pastorales. Sur les instances des siens, il vint habiter chez son frère Vicente, où il resta jusqu’au 15 août. Et c’est là qu’on l’arrêta. D’après le même Vicente García, un camion de miliciens armés de fusils mitrailleurs arrivèrent de Jávea et Denia dans Benatchell ; ils allèrent directement à la remise où ils pensaient trouver le père Plácido, qui ne s’y trouvait pas ; ils allèrent le chercher chez l’autre frère, Gabriel, qui commença par dire qu’il n’y avait pas de prêtre là. Mais le père Plácido vint se présenter spontanément. Les miliciens l’embarquèrent immédiatement et circulèrent dans tout le pays pour bien faire voir à tous leur victime. Puis ils rejoignirent Denia. Le lendemain matin, ils le conduisirent à La Plana de Denia, là ils le firent descendre en lui disant de repartir tout seul au pays, car il était libre et il connaissait le chemin. Mais à peine avait-il fait quelques pas, que les miliciens lui tirèrent dans le dos et qu’il mourut sur place, le 16 août 1936.

Quand Vicente alla chercher le corps de son frère, le cadavre avait déjà été tiré jusqu’au cimetière. Une autopsie révéla que le père avait été torturé, mutilé et brutalement assassiné ; il lui manquait un œil.

Martyrisé le 16 août 1936, le père Plácido a été béatifié en 2001.

Domingo Alonso de Frutos

1900-1936

 

Domingo vit le jour le 12 mai 1900 à Navares de Ayuso (Ségovie, Espagne), un des dix enfants de Pedro et Fernanda. Les parents étaient pauvres en moyens, mais riches de foi chrétienne.

Ce qui passionnait leur fils, n’était pas le travail des champs, mais l’étude et l’Eglise.

Domingo entra en 1912 au collège franciscain de Belmonte, prenait l’habit en 1915 et fit la première profession en 1916. Il fit la philosophie à La Puebla de Montalbán, professa à Pastrana en 1921, commença à Consuegra la théologie qu’il acheva à l’université de Manille (Philippines), où il fut reçut docteur en théologie et ordonné prêtre en 1924.

Son activité primordiale fut l’enseignement de la théologie dogmatique à Consuegra, sauf une période de deux ans à Quincy (Illinois, USA), sans oublier la rédaction d’articles pour les revues franciscaines et ses activités spirituelles.

Concernant les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains Martyrs de Castille

On y ajoutera cette anecdote : il était déjà monté dans le camion qui emmenait les Religieux à l’endroit de leur exécution ; or, le père Domingo n’était pas dans la liste prévue (peut-être sur intervention d’un de ses amis, qui appartenait à un parti de la gauche), et le milicien prétendait le faire descendre. Le père Domingo répliqua franchement : Domingo ne descendra pas ; Domingo ira là où vont ses Frères. 

Le père Domingo mourut le 16 août et fut béatifié en 2007.

 

 

Martín Lozano Tello

1900-1936

 

Il vit le jour le 19 septembre 1900 à Corral de Almaguer (Tolède, Espagne), de Román et Carmen.

Martín fut le guide de son papa, qui était aveugle, mais fut orphelin de ses deux parents dès huit-dix ans.

Attiré par la vie religieuse, il entra au collège des Franciscains à Belmonte en 1913, reçut l’habit à Pastrana en 1916 et y fit la première profession en 1917 ; après la profession solennelle en 1921, il acheva la théologie à Consuegra et fut ordonné prêtre en 1925.

Il étudia l’Ecriture Sainte à Rome et Jérusalem et passa la licence en 1929, puis enseigna à Consuegra, Quincy (Illinois, USA) et Consuegra.

Il fut un moment «maître de discipline», mais son caractère timide et introverti lui fit renoncer. Il préférait l’étude, mais surtout sa vie religieuse. On lui proposa d’ouvrir une école dans son pays, et de quitter l’Ordre ; sa réponse fut claire : Je suis au service de Dieu et des supérieurs ; franciscain, je mourrai franciscain. 

Il enseigna donc principalement l’Ecriture Sainte, et rédigea une Page biblique dans la revue franciscaine.

Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille

Quelqu’un lui fit remarquer que sortir dans la rue avec son habit l’exposait à se faire tuer. Il répondit : Je garderai mon habit. Quand ça leur fera plaisir, ils pourront faire de nous ce qu’ils voudront. Il fut exaucé, lorsqu’il reçut les balles ennemies, le 16 août 1936.

Le père Martín fut béatifié en 2007.

 

 

Víctor Chumillas Fernández

1902-1936

 

Víctor vit le jour le 28 juillet 1902 à Olmeda del Rey (Cuenca, Espagne), un des six enfants de Alfonso et Catalina. Le papa était maçon, la maman infirmière ; elle assistait les mourants, et lui allait les enterrer gratuitement.

Le petit garçon fut bientôt orphelin de son père, et s’habitua, au retour de l’école, à aller avec sa mère vendre du plâtre sur les places ; l’été, il allait battre le grain. A la paroisse, il fut servant de messe. Pour remplacer le chapelet, il avait avec lui de petites pierres, avec lesquelles il priait quand il se déplaçait.

Sur conseil du curé, il entra au collège des Franciscains de Belmonte (Cuenca), en 1914. Il prit l’habit en 1917 à Pastrana, fit les premiers vœux en 1918 à Ávila, étudia la philosophie à Pastrana et la théologie à Consuegra. Profession solennelle en 1923 et ordination sacerdotale en 1925.

Ministre enthousiaste, il travailla et enseigna à Arenas de San Pedro, Alcázar de San Juan, La Puebla de Montalbán, de nouveau Alcázar, Madrid, un an encore à Alcázar, Pastrana, Consuegra en 1931, Madrid de 1932 à 1935, période durant laquelle il dirigea les revues franciscaines Croisade Séraphique et Foyer Antonien. Transféré encore à Almagro, il fut nommé Gardien (Supérieur) à Consuegra. 

Prêtre et professeur, il confessait et enseignait, dirigeait la chorale, composait des poèmes… Infatigable, il était vraiment l’exemple sacerdotal. Un des séminaristes écrivit alors : Il nous est arrivé le Supérieur, c’est un saint.

Un de ses mots familiers était : Tout ce qu’on fait par amour de Dieu et pour Dieu, même difficile, triomphe toujours.

Concernant les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains Martyrs de Castille

Le père Víctor mourut le 16 août et fut béatifié en 2007.

 

 

Josep Reñé Prenafeta

1903-1936

 

Josep vit le jour le 15 juin 1903 à Lleida (Espagne), de Francisco et Carmen, qui le firent baptiser le 20. 

Tout petit, il grandit dans l’atmosphère de l’Ordre des Mercédaires, qu’il fréquentait pour le catéchisme, chez lesquels il reçut la Première communion.

Il avait une grande sœur, Carmen, et un grand frère, Francisco (les parents leur avaient donné leurs prénoms) ; la première put témoigner de la «sainteté» de son petit frère ; l’autre fut aussi Mercédaire, mais beaucoup moins docile, dit-on, que son petit frère.

Josep, donc, un certain samedi, resta comme extatique en entendant les postulants chanter le Salve Regina ; le père maître, devinant ce qui se passait dans l’âme du garçon, lui proposa de venir «plus souvent», si ses parents le permettaient.

Les parents permirent sans aucune difficulté ; le «plus souvent» fut en réalité un «définitivement» ! Le garçon, qui n’avait que dix ou onze ans, étudia dans le collège et demanda à être postulant.

Il alla à Lleida pour la vêture (1919), passa à San Ramón pour le noviciat (1920), fit la première profession en 1920.

On l’envoya à Rome pour la philosophie et la théologie ; revenu à San Ramón, il y fit la profession solennelle (1926) et reçut les ordres mineurs. La même année, il fut ordonné sous-diacre à Cervera, diacre et prêtre à Solsona.

Il fut alors nommé maître des postulants à San Ramón.

En 1932, on le voit économe à Palma de Maiorque, avec des voyages de prédication à Barcelone, Lleida, El Puig. En 1934, transfer à Barcelone. Où qu’il fût, il préparait ses homélies consciencieusement, célébrait avec une ferveur profonde, montrant son attachement au respect des rites liturgiques.

Qui ne le connaissait pas bien, le trouvait parfois un peu bourru au premier abord, mais découvrait en lui un cœur d’or. Il eut l’occasion de le montrer en s’occupant des malheureux habitants du tristement célèbre quartier Chinois de Barcelone.

On le vit diriger le chant, enseigner le catéchisme avec ferveur.

Au soir du 18 juillet 1936, les membres de la communauté de Barcelone se dispersèrent chez des amis.

Les trois jours suivants, ils célébrèrent la messe à portes fermées, mais ne restaient pas dans le couvent. Le 21 juillet, alors que tout Barcelone n’était déjà que feu et sang, certains Pères purent encore célébrer dans leur église, et récupérer divers objets de valeur, qu’ils déposèrent chez les amis. 

Jusqu’au 16 août, père José changea de maison une dizaine de fois, pour ne pas compromettre ses hôtes, priant et adorant le Saint Sacrement qu’il conservait avec lui. Finalement, il se mit dans une pension où un incident le trahit : un membre de la FAI, qui mangeait là, éternua, et, selon l’habitude espagnole, le père lança : Jésus ! et l’autre rétorqua : Ce Jésus, ça fait un moment qu’il est mort.

Le 16 août au matin, le père gagna une autre maison, mais il fut suivi. On vint l’y arrêter. Le père Josep reconnut sans hésitation qu’il était prêtre et mercédaire.

On trouva son corps le lendemain à la morgue, avec une blessure par balle dans le crâne. On suppose qu’il fut fusillé sur la route de Rabasada.

Martyrisé le 16 août 1936, le père Josep avait trente-trois ans ; il fut béatifié en 2013.

 

 

Julián Navío Colado

1904-1936

 

Il vit le jour le 12 août 1904 à Mazarete (Guadalajara, Espagne), un des huit enfants de Pedro et Lorenza, qui avaient un moulin et une pâtisserie.

Julián préférait la lecture aux jeux de ses camarades. 

Attiré par la vie religieuse, il entra au collège des Franciscains à Belmonte en 1915, reçut l’habit à Arenas de San Pedro en 1919 et y fit la première profession en 1920 ; il fit la philosophie et le début de la théologie à Pastrama, et acheva la théologie à Consuegra ; après la profession solennelle en 1925, il fut ordonné prêtre en 1927.

Il étudia l’Histoire de l’Eglise à Rome et Jérusalem et passa la licence, puis enseigna à Pastrana, Quincy (Illinois, USA) et Consuegra.

Il fut un moment «maître de discipline», charge qu’il remplit avec la plus grande discrétion et efficacité. Quand un des étudiants dut être hospitalisé, le père Julián l’entoura de tant d’attention, que le malade témoigna lui devoir la récupération physique et psychique.

Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille

Le père Julián fut béatifié en 2007.

 

 

Amadeu Monje Altés

1906-1936

 

Amadeu vint au monde le 10 avril 1906 à Batea (Tarragona, Espagne).

Il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre.

 

Il reçut la palme du martyre à Gandesa (Tarragona) le 16 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Benigno Prieto del Pozo

1906-1936

 

Il vit le jour le 15 septembre 1906 à Salce (León, Espagne), de parents modestes mais très chrétiens, surtout le papa, un menuisier-charpentier, qui assistait chaque jour à la messe.

Benigno profita de cette ambiance ; sa vocation naissait, s’affermissait… et déjà il ne se gênait pas pour reprendre ceux qui ne parlaient pas bien. 

Un de ses frères entra chez les Franciscains : il le suivit. Il entra au collège des Franciscains à Belmonte en 1918, reçut l’habit à Arenas de San Pedro en 1922 et y fit la première profession en 1923 ; il fit la philosophie à Pastrama, et la théologie à Consuegra ; après la profession solennelle en 1927, il fut ordonné prêtre en 1930.

De 1931 à 1934, il fut professeur des étudiants à Pastrana et écrivit quelques articles dans la revue franciscaine. De 1934 à 1936, il fut professeur et maître de discipline à Consuegra, où certains étudiants se montrèrent assez réticents à recevoir ses observations.

Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille

Le père Benigno fut béatifié en 2007.

 

 

Marcelino Ovejero Gómez

1913-1936

 

Il vit le jour le 13 février 1913 à Becedas (Ávila, Espagne), de Pablo et Cristina.

Le bon exemple et les conseils d’une Religieuse du collège de Becedas furent à l’origine de la vocation de Marcelino. 

Il entra au collège des Franciscains à Álcazar de San Juan en 1925, acheva ses Humanités à La Puebla de Montalbán, reçut l’habit à Arenas de San Pedro en 1928 et y fit la première profession en 1929.

Il dut ensuite faire le service militaire, ce qui retarda son avancée aux Ordres sacrés. Quand le couvent fut en flammes en 1931 et que sa famille le réclama, il resta ferme dans sa décision et fidèle à l’esprit franciscain, tandis que d’autres étudiants manifestaient des attitudes contestatrices.

Puis il fit la philosophie à Pastrana, la théologie à Alcázar de San Juan puis Consuegra. Il n’eut pas le temps de faire la profession solennelle.

Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille

Assassiné le 16 août 1936, le frère Marcelino fut béatifié en 2007.

 

 

Enrique García Beltrán

1913-1936

 

Il vit le jour le 16 mars 1913 à Almassora (Castellón), de Vicente et Concepción, qui le firent baptiser le jour-même.

De son enfance, on remarqua qu’il ne quittait pas l’église. S’il n’était pas à la maison ou à l’école, il était à l’église, à prier ou à rendre quelque service.

Entré dans l’Ordre des Capucins à Massamagrell, il fit la première profession en 1929, avec le nom de Enrique de Almazora, et la solennelle en 1935.

En 1936, il venait d’être ou allait être ordonné diacre, et si les événements ne lui permirent pas d’accéder au sacerdoce, il allait en réalité connaître le martyre.

Le 18 juillet 1936, il dut abandonner le couvent de Orihuela pour se réfugier chez ses parents.

Le 1er août il fut arrêté.

Dans la nuit du 15 au 16 août, il fut conduit avec d’autres prisonniers sur la route de Castellón et, au lieu-dit La Pedrera, on les fusilla. Ils tombèrent en criant Vive le Christ Roi !

Enrique fut béatifié, en 2001.

Antonio Rodrigo Antón

1913-1936

 

Il vit le jour le 8 juin 1913, à Velamazán (Soria, Espagne), de Lorenzo et Julia.

Trois frères de la maman étaient prêtres. 

Antonio adolescent s’occupa de garder le troupeau de son père : il profitait de son temps libre pour lire des livres religieux ; finalement, lui et deux de ses frères entrèrent dans l’Ordre franciscain, de sorte que le père vendit son troupeau, ne pouvant plus s’en occuper seul.

Entré au collège des Franciscains à Álcazar de San Juan en 1928, Antonio acheva ses Humanités à La Puebla de Montalbán, reçut l’habit à Arenas de San Pedro en 1930 et y fit la première profession en 1931.

Il fit la philosophie à Pastrana et deux années de théologie à Consuegra de 1934 à 1936. Mais il ne put émettre la profession solennelle, ni recevoir d’Ordres, à cause du service militaire.

S’il n’était pas dans les meilleurs élèves, il nourrissait un ardent esprit missionnaire et s’y préparait intensément. Il lisait la Bible. Ses lettres commençaient presque toujours par l’invocation au Saint-Esprit. 

Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille

Assassiné le 16 août 1936, le frère Antonio fut béatifié en 2007.

 

 

José de Vega Pedraza

1913-1936

 

Il vit le jour le 30 août 1913 à Dos Barrios (Toledo, Espagne), de Matías et María. Cette pieuse et courageuse mère devait offrir à Dieu le sacrifice et de son mari et de ses quatre garçons, qui moururent pour leur foi ; l’unique fille fut clarisse.

José fut enfant de chœur, mais aussi fut plusieurs fois surpris dans l’église en train de prier tout seul ; au curé ou à sa mère, qui l’interrogeaient, il répondit qu’il demandait pour les siens la sainteté, et pour lui le martyre. 

Un peu contre la volonté du papa, qui en avait besoin pour travailler, il entra au collège des Franciscains à Álcazar de San Juan en 1926, acheva ses Humanités à La Puebla de Montalbán, reçut l’habit à Arenas de San Pedro en 1929 et y fit la première profession en 1930. Durant ces années de préparation, on sait qu’il continuait à demander la grâce du martyre.

Il fit la philosophie à Pastrana et la théologie à Consuegra de 1933 à 1936. Il y fit la profession solennelle et reçut les Ordres mineurs en 1935. Le 6 juin 1936, il fut ordonné sous-diacre.

Bon élève, il cultivait volontiers en outre la musique et la poésie. Il souffrit un peu de son caractère timide et instable, et passa par deux crises, dans les années de la philosophie et durant la dernière année de théologie, qu’il dépassa dans l’obéissance, et obtint finalement la grâce tant demandée, le martyre.

Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille

Assassiné le 16 août 1936, le sous-diacre José fut béatifié en 2007.

 

 

José Álvarez Rodríguez

1913-1936

 

Il vit le jour le 14 octobre 1913 à Sorriba (León, Espagne), de Vidal et Natividad, d’humbles agriculteurs qui laissèrent bientôt cinq petits orphelins. Ces derniers furent recueillis par des oncle et tante de Valle de la Casas et entrèrent tous dans les Ordres. José fut enfant de chœur. 

Il entra au collège des Franciscains à Álcazar de San Juan en 1926, acheva ses Humanités à La Puebla de Montalbán, reçut l’habit à Arenas de San Pedro en 1929 et y fit la première profession en 1930.

Il fit la philosophie à Pastrana et la théologie à Consuegra de 1933 à 1936. Il y fit la profession solennelle et reçut les Ordres mineurs en 1935. Le 6 juin 1936, il fut ordonné sous-diacre. 

On peut ici remarquer qu’il eut le même iter que son confrère José de Vega Pedraza, avec lequel il n’avait pas deux mois de différence d’âge. Mais contrairement à ce dernier, notre José fut gagné par les craintes et le mouvement de contestation qui suivirent la proclamation de la République en 1931 ; il fut même un des plus contestataires du groupe d’étudiants ; il fut repris très sévèrement, mais il accepta la leçon. Ses derniers mois de vie le montrèrent soumis, recueilli, et prêt à recevoir le martyre avec les autres membres de la communauté.

Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille

Assassiné le 16 août 1936, le sous-diacre José fut béatifié en 2007.

 

 

Andrés Majadas Málaga

1914-1936

 

Il vit le jour le 2 mars 1914, à Becedas (Ávila, Espagne), onzième des douze enfants de Galo et Regina. On verra que le douzième enfant, Vicente, suivra les traces de son aîné, jusqu’au martyre (v. infra).

La vaillante maman de cette nombreuse fratrie mourut en 1921, et le papa, huissier, et charpentier de son état, travailla dur pour nourrir ses douze «apôtres». Il rendait aussi des services à la paroisse, comme sacristain.

Andrés fut reçu à l’orphelinat de Ávila, où une bonne Religieuse l’aida à s’orienter vers l’Ordre franciscain.

Il entra au collège des Franciscains à Álcazar de San Juan en 1924, acheva ses Humanités à La Puebla de Montalbán, reçut l’habit à Arenas de San Pedro en 1929 et y fit la première profession en 1930.

Il fit la philosophie à Pastrana et la théologie à Consuegra de 1933 à 1936. Il y fit la profession solennelle et reçut les Ordres mineurs en 1935. Le 6 juin 1936, il fut ordonné sous-diacre. 

Ce jeune Religieux était un travailleur, qui aimait approfondir ses études par d’autres lectures sur les mêmes thèmes. Infirmier dévoué, il connut l’épreuve d’une grave maladie, qui ne lui enleva pas sa sérénité. La revue franciscaine publia des articles et des poèmes du frère Andrés : certains expriment sa disposition à recevoir la palme du martyre.

Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille

Assassiné le 16 août 1936, le sous-diacre Andrés fut béatifié en 2007.

 

 

Santiago Maté Calzada

1914-1936

 

Il vit le jour le 25 juillet 1914, fête de saint Jacques dont il porta le nom, à Cañizar de Argaño (Burgos, Espagne), de Mariano et Agripina, d’humbles ouvriers. 

Il entra au collège des Franciscains à Álcazar de San Juan en 1924, acheva ses Humanités à La Puebla de Montalbán, reçut l’habit à Arenas de San Pedro en 1929 et y fit la première profession en 1930.

Il fit la philosophie à Pastrana et la théologie à Consuegra de 1933 à 1936. Il y fit la profession solennelle et reçut les Ordres mineurs en 1935. Le 6 juin 1936, il fut ordonné sous-diacre. 

Ce jeune Religieux resta fidèle à ses promesses et persévéra. Au début des études, sa mauvaise mémoire ne l’aidait pas, mais il s’acharna dans le travail.

Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille

Assassiné le 16 août 1936, le sous-diacre Santiago fut béatifié en 2007.

 

 

Anastasio González Rodríguez

1914-1936

 

Il vit le jour le 11 octobre 1914, à Villaute (Burgos, Espagne), dixième des quatorze enfants de José et Fructuosa. Le papa, humble ouvrier, faisait le sacristain à la paroisse, où Anastasio fut enfant de chœur. Quatre de ses sœurs furent Franciscaines ainsi que son jeune frère, Eutiquio.

Il entra au collège des Franciscains à Álcazar de San Juan en 1925, acheva ses Humanités à La Puebla de Montalbán, reçut l’habit à Arenas de San Pedro en 1930 et y fit la première profession en 1931.

Il fit la philosophie à Pastrana et deux années de théologie à Consuegra de 1934 à 1936. Devant faire le service militaire, il ne put émettre la profession solennelle ni recevoir les Ordres. 

Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille

Assassiné le 16 août 1936, le frère Anastasio fut béatifié en 2007.

 

 

Alfonso Sánchez Hernández-Ranera

1915-1936

 

Il vit le jour le 26 janvier 1915, à Lleida (Espagne), de Andrés et Paula Ángela. Cette dernière était précédemment entrée en religion, mais avait dû y renoncer à cause de sa santé.

A l’école, Alfonso se révéla un garçon surdoué, mais aussi joyeux compagnon et toujours ennemi du mal. Quand il n’était pas à l’école, il était presque toujours chez les Franciscains, où il servait la messe.

Il entra au collège des Franciscains à Álcazar de San Juan en 1926, acheva ses Humanités à La Puebla de Montalbán, reçut l’habit à Arenas de San Pedro en 1930 et y fit la première profession en 1931.

Il fit la philosophie à Pastrana et deux années de théologie à Consuegra de 1934 à 1936. Il fit la profession solennelle en mai 1936 et, début juin, reçut les quatre Ordres mineurs. 

Au vu de ses qualités intellectuelles exceptionnelles, ses Supérieurs voulurent lui faire passer le baccalauréat. En outre c’était un excellent chantre et organiste. Il fut un moment directeur de la revue du séminaire.

Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille

Assassiné le 16 août 1936, le frère Alfonso fut béatifié en 2007.

 

 

Félix Maroto Moreno

1915-1936

 

Il vit le jour le 30 janvier 1915, à Gutierremuñoz (Ávila, Espagne), benjamin des six enfants de Abundio et Juana. Pauvres, les parents savaient être généreux en aumônes ; à son tour, Félix donnait volontiers les piécettes qu’il recevait quand il servait les baptêmes ou les mariages à la paroisse.

Il entra au collège des Franciscains à Álcazar de San Juan en 1925, acheva ses Humanités à La Puebla de Montalbán, reçut l’habit à Arenas de San Pedro en 1930 et y fit la première profession en 1931.

Il fit la philosophie à Pastrana et deux années de théologie à Consuegra de 1934 à 1936. Devant faire le service militaire, il ne put émettre la profession solennelle ni recevoir les Ordres.

Ce Frère au caractère marqué, sut se dominer ; étant dans les meilleurs élèves, il ne se vantait jamais et même en aidait certains : l’un d’eux reconnut devoir à ses encouragements d’être resté dans l’Ordre. Félix dirigea un moment la revue du séminaire. Son travail lui causait parfois de violents maux de tête, mais il ne s’arrêta jamais : il demandait aux siens de prier pour lui obtenir la persévérance.

Quand sa famille lui fit remarquer que, si on l’envoyait en missions, il risquait le martyre, il répondit : Que pourrais-je désirer de plus que de donner mon sang pour Jésus !

Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille

Assassiné le 16 août 1936, le frère Félix fut béatifié en 2007.

 

 

Saturnino Río Rojo

1915-1936

 

Il vit le jour le 16 février 1915, à Mansilla (Burgos, Espagne), un des onze enfants de Lorenzo et Julia, des gens chrétiens qui, malgré leurs revenus discrets, savaient accueillir les pauvres et les voyageurs.

Saturnino désira très tôt être religieux pour être saint ; il évitait toujours les bagarres de ses camarades et fréquentait l’église de sa paroisse ; il eut deux sœurs et deux cousins dans l’Ordre franciscain.

Entré au collège des Franciscains à Álcazar de San Juan en 1926, Antonio acheva ses Humanités à La Puebla de Montalbán, reçut l’habit à Arenas de San Pedro en 1930 et y fit la première profession en 1931. Ces années-là, il eut de pénibles maux d’estomac qui faillirent compromettre cette profession. 

Il fit la philosophie à Pastrana et deux années de théologie à Consuegra de 1934 à 1936. Il émit la profession solennelle en mai 1936, et reçut les Ordres mineurs en juin 1936.

S’il n’était pas dans les meilleurs élèves, il avait toutes les qualités pour être un bon fils de saint François. 

Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille

C’est le frère Saturnino qui, au moment de recevoir les balles, cria fortement : Seigneur, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font (cf. Lc 23:34).

Assassiné le 16 août 1936, il fut béatifié en 2007.

 

 

Federico Herrera Bermejo

1915-1936

 

Il vit le jour le 21 février 1915, à Almagro (Ciudad Real, Espagne), de Victor et Dolores.

Federico, qu’on vit souvent prier seul dans l’église paroissiale, était enfant de chœur ; un frère aîné, José, fut franciscain : il le suivit.

Il entra au collège des Franciscains à Álcazar de San Juan en 1925, acheva ses Humanités à La Puebla de Montalbán, reçut l’habit à Arenas de San Pedro en 1930 et y fit la première profession en 1931.

Il fit la philosophie à Pastrana et deux années de théologie à Consuegra de 1934 à 1936.

D’un côté, Federico fut le meilleur élève du séminaire, particulièrement doué en latin et en musique (il fut l’organiste titulaire). D’un autre côté, il fut de ceux qui furent gagnés par un esprit contestataire en 1931-1932 ; mais il accepta les remontrances et donna des signes certains de sa réelle vocation. 

Aussi fut-il admis à la profession solennelle (mai 1936) et aux quatre Ordres mineurs (juin 1936).

Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille

Assassiné le 16 août 1936, le frère Federico fut béatifié en 2007.

 

Ramón Tejado Librado
1915-1936

Il vit le jour le 3 mai 1915, à Alcázar de San Juan (Ciudad Real, Espagne), de Natalio et Joaquina. La maman était très chrétienne, mais pas le papa et un frère de Ramón, qui pria intensément pour leur conversion et fut exaucé.
S’il n’était pas excellent à l’école, il était assidu au couvent franciscain de Ciudad Real, et s’emballait à la lecture des récits sur les Martyrs du Japon.
Son père lui ayant refusé l’autorisation d’entrer chez les Franciscains, Ramón, pour une fois, lui désobéit et se présenta seul à la porte du couvent, en août 1926. Un des Religieux, sagement, l’accompagna à la maison et, avec les mots adaptés à la circonstance, convainquit le papa.
Entré au collège des Franciscains à Álcazar de San Juan en 1926, Ramón acheva ses Humanités à La Puebla de Montalbán, reçut l’habit à Arenas de San Pedro en 1930 et y fit la première profession en 1931.
Il faut noter ici que, apprenant comment on incendiait les couvents déjà en 1931, le père de Ramón vint le prendre au noviciat et le ramena chez lui ; mais l’insistance du jeune homme fit que cette absence ne dura que quinze jours.
Il fit la philosophie à Pastrana et deux années de théologie à Consuegra de 1934 à 1936. Cette année-là, il aurait pu émettre la profession solennelle et recevoir les premiers Ordres, mais il dut faire le service militaire.
S’il n’était pas dans les meilleurs élèves, il était tenace ; bon pour ses confrères, dont il savait reconnaître les qualités ; doué pour la musique et la littérature, il écrivit de jolis poèmes où s’exprimait sa ferveur.
Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille
Sa famille chercha à nouveau à le faire revenir à la maison devant les événements de 1936, mais Ramón préféra rester parmi ses Frères et partager leur sort : le martyre.
Assassiné le 16 août 1936, le frère Ramón fut béatifié en 2007.


Vicente Majadas Málaga
1915-1936

Il vit le jour le 27 octobre 1915, à Becedas (Ávila, Espagne), benjamin des douze enfants de Galo et Regina. Son aîné immédiat, Andrés, le précédera dans l’Ordre franciscain, et tous deux recevront la grâce du martyre.
La vaillante maman de cette nombreuse fratrie mourut en 1921, et le papa, huissier, et charpentier de son état, travailla dur pour nourrir ses douze «apôtres». Il rendait aussi des services à la paroisse, comme sacristain, tandis que Vicente était enfant de chœur.
Vicente fut reçu à l’orphelinat de Ávila, où une bonne Religieuse l’aida à s’orienter vers l’Ordre franciscain.
Il entra au collège des Franciscains à Álcazar de San Juan en 1926, acheva ses Humanités à La Puebla de Montalbán, reçut l’habit à Arenas de San Pedro en 1930 et y fit la première profession en 1931.
Il fit la philosophie à Pastrana et deux années de théologie à Consuegra de 1934 à 1936. Il n’avait pas l’âge canonique pour émettre la profession solennelle (il n’avait que vingt ans), et donc ne reçut pas d’Ordres.
Ce jeune Religieux ne se montrait peut-être pas dans les plus assidus à l’étude, mais il aima son Ordre et réussit à convaince un condisciple de ne pas le quitter, de sorte qu’ils reçurent ensemble la couronne du martyre, quand Vicente avait seulement vingt ans.
Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille
Assassiné le 16 août 1936, le frère Vicente, comme son frère Andrés, fut béatifié en 2007.


Valentín Díez Serna
1915-1936

Il vit le jour le 11 novembre 1915, à Tablada de Villadiego (Burgos, Espagne), un des dix enfants de Antonio et María, qui furent les premiers professeurs de leurs enfants, car le pays n’avait ni curé ni école.
L’école la plus proche était à deux kilomètres, à Villalbilla ; on y allait à pied, bien sûr, et Valentín y alla volontiers et il fut le premier de sa classe.
Déjà formé par la bonne ambiance du foyer, Valentín se décida pour la vie franciscaine en entendant les parents de Frère Anastasio (v. supra) parler de la vie de leur fils.
Entré au collège des Franciscains à Álcazar de San Juan en 1926, Ramón acheva ses Humanités à La Puebla de Montalbán, reçut l’habit à Arenas de San Pedro en 1930 et y fit la première profession en 1931.
Il fit la philosophie à Pastrana et deux années de théologie à Consuegra de 1934 à 1936, toujours dans les meilleurs élèves. Mais cette année-là, il ne put émettre la profession solennelle, car il n’avait pas l’âge canonique (il n’avait que vingt ans), il reçut cependant les quatre premiers Ordres en juin 1936.
Ses condisciples lui trouvaient un air de saint. Il traversa des épreuves qui en même temps le fortifièrent : la mort de sa mère, l’ardeur au travail pour vaincre les difficultés qu’il y rencontrait parfois, et les migraines des deux dernières années, qui ne lui firent pas perdre son sourire.
Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille
Assassiné le 16 août 1936, le frère Valentín fut béatifié en 2007.

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14 août 2022 7 14 /08 /août /2022 23:00

15 AOUT

 

I.

Assomption de la Très Sainte Vierge Marie ; cette fête resta chômée depuis qu'on y avait intronisé un s.Napoléon au début du XIXe s. (et bientôt tombé en discrédit dès 1814). Le dogme de l’Assomption a été proclamé en 1950.

III.

S Tarsicius, acolyte ou diacre (donc pas un enfant), martyrisé pour la défense de l'Eucharistie.

?

SS Straton, Philippos et Eutychianos, martyrs à Nicomédie.

V.

S Simplicianus, évêque à Milan, successeur de s.Ambroise.

S Alypius, évêque à Thagaste, compatriote, ami, disciple de s.Augustin et baptisé le même jour, puis consacré évêque avant s.Augustin, qui l'a fait connaître.

IX.

S Altfrid, bénédictin à Corvey, évêque à Hildesheim ; il tenta de maintenir la paix entre les Carolingiens, fit construire des monastères et une nouvelle cathédrale dédiée à la Sainte Vierge.

X.

S Baudran (Baltran), abbé à Lure.

XI.

S Arduinus, ordonné prêtre à Rimini par l'évêque simoniaque ; il célébrait la Messe chaque jour, fait rare à l'époque.

S Etienne, roi de Hongrie ; il consacra son pays à la Vierge Marie ; fêté le 16 août.

XIII.

S Hyacinthe, dominicain polonais à Cracovie, un des apôtres de la Pologne.

XV.

B Aimone Taparelli, dominicain à Savigliano et Inquisiteur pour la Lombardie, mort quasi centenaire un 15 août.

XVI.

Bse Giuliana Puricelli de Busto Arsizio, des Ermites Ambrosiennes.

S Stanisłas Kostka, polonais, jeune novice jésuite, mort à Rome à presque dix-huit ans, favorisé de visions de la Sainte Vierge avec l'Enfant-Jésus, et des Anges ; patron de la Pologne.

XX.

B Isidore Bakanja (1885 env.-1909), jeune homme du Congo Belge, martyrisé pour avoir refusé d'enlever son scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel, béatifié en 1994.

B Alberto Del Corona (Pio Alberto, 1837-1912), dominicain, évêque à San Miniato, fondateur des Dominicaines du Saint-Esprit, béatifié en 2015.

SS Luis Batis Sáinz (*1870), prêtre, Manuel Morales (*1898), père de trois enfants, ainsi que Salvador Lara Puente (*1905) et son cousin David Roldan Lara (*1902), mexicains martyrs en 1926, béatifiés en 1992, canonisés en 2000, fêtés avec leurs compagnons le 21 mai.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1992 :

Clarétains : à Barbastro, le prêtre Lluís Masferrer Vila (*1912), avec les dix-huit clercs : Faustino Pérez García et José Figuero Beltrán (*1911), José Blasco Juan, Eduardo Ripoll Diego, Lluis Lladó Teixidor, Lluis Escalé Binefa, Josep María Badía Mateu, Rafael Briega Morales, Alfons Sorribes Teixidó, Manuel Martínez Jarauta (*1912), Francesc Roura Farró, José María Amorós Hernández, Sebastiá Riera Coromina, Miguel Masip González, Juan Baixeras Berenguer (*1913), Ramón Illa Salvía, Agustín Viela Ezcurdia, Josep Ros Florensa (*1914) ; ainsi que le profès Francisco Castán Meseguer (*1911) ;

- béatifié en 1995 :

Disciples de Jésus : près de Castellón, le prêtre José María Peris Polo (*1889), grand musicien et organiste ;

- béatifiée en 1998 :

Carmélites Déchaussées : à Madrid, Elvira Moragas Cantarero (María Sacrário de Saint-Louis-de-Gonzague, *1881) ;

- béatifié en 1999 :

Augustins Récollets : à Motril, le prêtre Vicente Soler Munárriz (*1867) ;

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, Carmelo Sastre Sastre (*1890) ;

Capucins Amigoniens : à Madrid, le prêtre Agustín Hurtado Soler (Domingo María de Alboraya, *1872), compositeur ;

- béatifiés en 2007 :

Dominicains : à Madrid, les prêtres Maximino Fernández Marínas et Josep Santoja Pinsach (*1867, 1879) ;

Salésiens : à Málaga, le prêtre Francisco Míguez Fernández (*1887) ;

Augustins : à Oviedo, le prêtre Severiano Montes Fernández, et à Málaga, le prêtre Manuel Formigo Giráldez (*1887, 1894) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : à Barcelone, Joan Ceró Cedó et Agustí Ibarra Angüela (*1908, 1911) ; près d’Ávila, Juan Mesonero Huerta (*1913) ;

Capucins : à Madrid, le prêtre Juan Francisco Barahona Martín (Alejandro, *1902) ;

Picpus : à Madrid, Luis Ros Ezcurra (Mario, *1910) ;

Clarétains : près de Lleida, le profès Sebastiá Balcells Tonijuan (*1885) ;

Lasalliens : près de Castellón, Ildefonso Alberto Flos (Luis Alberto) et Miguel Alberto Flos (Exuperio), eux-mêmes frères naturels, et Clemente Vea Balaguer (Clemente Adolfo) (*1880, 1881,1898) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : à Cartagena, Pedro Gambín Pérez et Cayetano García Martínez (*1886, 1895) ;

Laïcs : à Almería, Juan José Vivas-Pérez Bustos et Luis Belda Soriano de Montoya (*1901) ;

Clarétains : près de Barcelone, le prêtre Joan Prats Gibert (*1903) ;

- béatifiés en 2021 :

Diocésains : près de Cordoue, Teodoro Martín Camacho (*1895) ;

Laîcs : près d’Almería, Fructuoso Pérez Márquez (*1884), courageux journaliste ; près de Cordoue, Isidoro Fernández Rubio, Bartolomé Cantador Gonzáles et Isidra Fernández Palomero de Fernández (*1887, 1892, 1893).

B Riccardo Granzotto (Claudio, 1900-1947), franciscain italien, sculpteur (il construisit entre autres quatre “grottes de Lourdes”), béatifié en 1994.

Bse Armida Barelli (1882-1952), laïque italienne consacrée, collaboratrice du p.Agostino Gemelli et propagatrice de l'Action Catholique, béatifiée en 2022.

Assomption de Marie

 

Comme pour le Christ, qu’elle a suivi intégralement, Marie est fêtée dans son immaculée Conception (8 décembre) et en sa Nativité (8 septembre). En ce 15 août, comme tous les Saints, Marie est fêtée en son dies natalis, sa naissance au ciel.

Nous honorons ainsi aujourd’hui la très Sainte Vierge Marie sous le titre le plus récent qu’on lui ait décerné dans le domaine de la Foi, à savoir qu’elle a été élevée à la gloire du Ciel en son corps et en son âme, au terme de sa vie terrestre.

C’est le 1er novembre 1950 que le pape Pie XII a proclamé le dogme. Cette date “tardive” ne veut pas dire que l’Assomption de Marie n’ait pas été évoquée auparavant. Il en a été du dogme de l’Assomption comme de celui de l’Immaculée Conception : maints auteurs en ont parlé, depuis très longtemps, c’étaient des vérités sous-jacentes, des croyances affirmées parfois même avec force par certains, et qui aussi générèrent quelques polémiques entre théologiens de renom. Mais l’Eglise en son autorité ne jugeait pas encore à propos de reconnaître ces vérités comme dogmatiques, et ce d’autant plus que, à strictement parler, la Sainte Ecriture n’en parle pas.

La raison fondamentale pour laquelle l’Ecriture ne nous donne aucune indication sur la vie proprement dite de Marie, est que l’œuvre rédemptrice du salut se concentre essentiellement dans le message de Jésus-Christ, centre de la Révélation, et que les “détails” historiques entourant cette Bonne Nouvelle n’avaient pas à être consignés dans le Dépôt Sacré : ils étaient transmis oralement, formant ainsi la première Tradition orale, une tradition parfois un peu déformée, mais dont les diverses expressions se font l’écho fidèle d’un héritage commun, solide et constamment confirmé.

C’est ainsi que s’est transmis ce fait tout-à-fait exceptionnel pour une créature humaine, du “passage”, transitus, de Marie. Le corps de la Mère de Jésus n’aurait pas connu la corruption qui est le sort de tout corps humain après la mort.

La mort elle-même de Marie fut mise en discussion : Marie est-elle morte ou bien est-elle passée directement de la terre au ciel, comme fut enlevé au ciel le prophète Elie ? Sur la Dormition de Marie, l’encyclique du pape Pie XII ne veut rien affirmer de décisif. Toutefois, il est plus que légitime de penser que Marie ait suivi de façon intégrale les traces de son divin Fils ; et de même que Jésus est mort et ressuscité, comme nous l’affirmons dans notre Credo, de même Marie est certainement morte à cette vie humaine, juste avant d’être portée corps et âme au ciel.

Quant à la date choisie pour cet événement, elle était celle d’une fête mariale déjà existante à Jérusalem comme Mémoire de la Mère de Dieu. Un texte affirme même que Marie mourut le jour de Noël… Une fête de Noël en plein mois d’août expliquerait mieux que les bergers dormaient en pleine campagne au moment où les Anges leur annoncèrent la naissance du Christ.

Maintenant, si en France cette fête est chômée, on le doit indirectement à l’empereur qui avait établi au 15 août une fête de saint Napoléon, martyr, évidemment chômée. Fort heureusement la fête reprit son nom… et resta chômée.

Tarsicius de Rome

† 257

 

Le nom de Tarsicius semblerait indiquer que notre Héros était originaire de Tarse. Mais l’histoire de Tarsicius se passe à Rome.

On a quelquefois présenté Tarsicius comme un enfant (ou un jeune garçon) qui s’était proposé pour porter la sainte Eucharistie, pensant passer plus facilement inaperçu. Mais des camarades, l’ayant rencontré, lui demandèrent ce qu’il portait donc avec tant de précautions. Devant le silence de Tarsic ius, ils l’auraient lapidé.

Une inscription du pape s.Damase (v. 11 décembre) qui rapproche Tarsicius du diacre s.Etienne (v. 26 décembre), laisserait entendre que Tarsicius était diacre. Et d’ajouter :

Tarsicius portait les Mystères du Christ, quand une main criminelle s’efforça de les profaner : il préféra se laisser massacrer plutôt que de livrer aux chiens enragés le Corps du Sauveur. On dit traditionnellement que Tarsicius fut lapidé.

C’est tout ce qu’on peut dire sur ce Martyr.

Sa tombe se trouve dans les catacombes de s.Calliste sur la Via Appia de Rome, ce qui fait pencher pour dater approximativement les faits vers 257.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 15 août.

 

 

Straton, Philippos et Eutychianos de Nicomédie

?

 

De ces trois Martyrs, on disait dans l’ancien Martyrologe, qu’ils furent exposés aux bêtes sans en recevoir aucun mal et qu’ils achevèrent leur martyre par le feu, à Nicomédie.

Cette ville de Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW), est l’unique détail certain.

L’actuel Martyrologe les mentionne simplement comme martyrs à Nicomédie.

On ignore la période où ils vécurent.

Le Martyrologe Romain les mentionne au 15 août.

 

 

Simplicianus de Milan

320-401

 

Simplicianus dut naître vers 320 dans une localité de Lombardie correspondant à l’actuelle Beverate di Brivio, mais sa famille devait être romaine.

Il se lia d’amitié avec le catéchumène Ambroise, qu’on venait d’acclamer pour monter sur la chaire épiscopale de Milan (v. 7 décembre). Ambroise, consacré évêque, encouragea Simplicianus à compléter et élargir sa propre formation intellectuelle. C’est ainsi qu’il passa plusieurs années à s’imprégner des auteurs classiques et à voyager.

Ordonné prêtre, Simplicianus se signala par son zèle à prêcher. Il amena ainsi à la foi l’illustre orateur romain Gaius Marius Victorinus.

Par la suite, Simplicianus fut aux côtés du jeune Augustin (v. 28 août), au moment de la conversion et du baptême de ce dernier.

Simplicianus fut connu et cité par de grands auteurs, tels s.Paulin de Nole (v. 22 juin), s.Ennodius de Pavie (v. 17 juillet)…

En 397, Ambroise mourant le désigna comme son successeur : Simplicianus avait alors près de quatre-vingts ans.

Cette même année 397, Simplicianus consacra le premier évêque de Novare, Gaudentius (v. 22 janvier). Il fit construire une église en l’honneur des trois saints Sisinnius, Martyrius et Alexander (v. 29 mai), dont il venait d’apprendre le martyre.

Toujours en 397, les pères réunis en concile à Carthage, lui envoyèrent la copie de leurs décisions ; ceux de Tolède firent de même en 400. C’est dire la renommée et l’autorité qu’avait Simplicianus aux yeux de l’épiscopat occidental. Il présida aussi un concile à Turin.

L’épiscopat de Simplicianus ne dura que quatre ans. Il mourut en effet en 401.

On l’inhuma dans l’église qu’il avait fait construire à Milan.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 15 août.

 

 

Alypius de Thagaste

360-430

 

Alypius naquit vers 360 à Thagaste (act. Souk Ahras, Algérie), d’une famille parmi les plus notables de la ville. Quelques années avant lui était né là un certain Augustin (v. 28 août).

Ce dernier, devenu professeur à Thagaste puis à Carthage, fut le professeur d’Alypius, qu’il entraîna dans les idées du manichéisme.

Quand Augustin fut nommé professeur à Milan, Alypius y alla aussi. Les deux finirent par être liés dans une profonde amitié toute pure. Alypius regrettait les frasques où tombait parfois son professeur ; Augustin aidait Alypius à approfondir la Vérité. Ils s’entraidèrent à marcher vers la conversion.

Tous deux se préparèrent au baptême, qu’ils reçurent à Milan le 24 avril 387, des mains de s.Ambroise.

Pendant trois ans, tous deux partagèrent une vie de pénitence et d’austérités à Thagaste, puis Alypius fut ordonné prêtre.

Il fit le pèlerinage en Palestine, où il rencontra s.Jérôme (v. 30 septembre).

De retour à Thagaste, Alypius devint évêque de cette ville en 394, avant même qu’Augustin fût à son tour consacré évêque d’Hippone.

Le nom d’Alypius paraît dans leur correspondance jusqu’en 430. Il mourut probablement peu après cette date.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 15 août.

 

 

Altfrid de Hildesheim

800-874

 

Altfrid était, pense-t-on avec quelque raison, issu de noble famille saxonne, qui possédait des terres dans la région de Essen. Il naquit vers 800.

Moine en l’abbaye bénédictine de Corvey (Saxe), il y eut la charge d’écolâtre (professeur). Il devait donc avoir une culture remarquable.

En 851, il fut appelé au siège épiscopal de Hildesheim, dont il devint le quatrième évêque.

Son prédécesseur, Ebo, s’était montré quelque peu turbulent : évêque de Reims déposé, il avait repris son siège ; non content de sa désobéissance, il avait aussi pris possession de l’évêché de Hildesheim. Deux conciles réunis à Soissons (853 et 866), déclaraient invalides les ordinations accomplies par Ebo après sa déposition. Altfrid, qui était déjà évêque à ces dates, partageait pleinement ces dispositions.

Si Altfrid fut très estimé de l’empereur Louis le Germanique, il eut de grandes difficultés à maintenir la paix entre les Carolingiens. En 860 il prit part à la rencontre entre Louis le Germanique et Charles le Chauve à Coblence ; les années suivantes, on le retrouve en déplacements diplomatiques à Asselt an der Maas, Compiègne, Savonnières, Pitres, Thousey an der Maas, Metz. Sa présence fut déterminante, en 870, pour le partage de la Lorraine entre les royaumes francs de l’Est et de l’Ouest.

En 864, il reçut solennellement les reliques de s.Marsus d’Auxerre, un Saint totalement oublié aujourd’hui, mais très vénéré à Auxerre depuis le 3e siècle.

Moine dans l’âme, Altfrid le resta comme évêque et favorisa la vie monastique. Vers 850, il établit des moniales à Essen, des moines à Seligenstadt ; il fit construire deux autres monastères de femmes à Gandersheim et Lambspringe.

A Hildesheim, il fit construire une nouvelle cathédrale, qu’il dédia à la Sainte Vierge le 1er novembre 872.

Marial, il mourut le 15 août 874, en la fête de l’Assomption de Marie, qu’on célébrait déjà depuis le 7e siècle.

Saint Altfrid de Hildesheim est commémoré le 15 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

István Király de Hongrie

975-1038

 

Vajk Árpád serait né vers 975 à Eztergom (Hongrie), de Géza et Sarolt.

Vers 985, Vajk reçut au baptême le nom de István (Etienne), en l’honneur du Protomartyr (v. 26 décembre), le sacrement lui étant conféré par saint Adalbert de Prague (v. 23 avril).

István fit des études soignées et apprit le latin. Il épousa vers 995 Gisèle, fille de Henri II de Bavière.

Saintement conseillé par le moine Aschéric, futur évêque, il eut une activité toute chrétienne, en profonde soumission au pape, qui le couronna en 1000 et lui conféra des pouvoirs pour instituer des diocèses.

C’est dans celui de Csanád que fut placé le bénédictin saint Gellért (Gérard, v. 24 septembre).

Il appela les moines de Cluny pour fonder des abbayes à Pannonhalma et Pécsvárad.

Le roi István est resté célèbre pour les services qu’il organisa en faveur des pèlerins de Jérusalem, de Rome, de Ravenne.

Pacifique, il dut résister à un rival de la couronne, Koppány, et aux ambitions de l’empereur Conrad II de Germanie, mais il s’y prit non pas avec les armes, préférant décréter des prières et des jeûnes, autrement efficaces contre l’armée germanique, qui dut se replier lamentablement.

István eut (au moins) deux fils, Otton et Imre (ou Emeric, qui mourut d’un accident de chasse en 1031).

Le saint roi mourut le 15 août 1038, tandis que sa sainte épouse se retirait chez les Bénédictines de Passau ; elle mourut, abbesse de Niederburg, vers 1095.

István et son fils Emeric furent «canonisés» tous deux en 1083, d’ailleurs avec l’évêque de Csanád, Gellért. Cette canonisation du roi de Hongrie a été reconnue en 2000 par l’Eglise orthodoxe.

Saint István est la patron de la Hongrie, des rois, des maçons, des tailleurs de pierre et des enfants souffrant de maladies mortelles.

Concernant saint Emeric, qui mourut un 2 septembre, voir au 4 novembre.

La fête liturgique de saint István est au 16 août.

Jacek Odrowąż (Hyacinthe)

1183-1257

 

Né vers 1183 en Silésie (Pologne), Jacek (Jean) était d’une importante famille chrétienne.

Il serait entré dans l’Ordre dominicain en 1217 à Rome, où il aurait assisté à un éclatant miracle opéré par saint Dominique lui-même, qui ressuscita un mort. Selon d’autres, Jacek ne pouvait pas se trouver à Rome à ce moment-là.

C’est en tout cas dans l’Ordre que Jacek fut «renommé» Iacinctus, qui devint Hyacinthus, et Hyacinthe en français.

En 1222, Jacek arriva en Pologne. Ce serait à Jacek que l’on devrait la fondation des monastères dominicains de Friesach, Prague, Breslau.

Il aurait été favorisé d’une apparition mariale, aurait opéré de grands miracles, dont une résurrection et la traversée à pied sec de la Vistule débordée.

Revenu à Cracovie, il organisa le monastère de la Sainte-Trinité, puis celui de Gdansk.

Vers 1228, il serait passé en Russie, revenu en Prusse où il opéra beaucoup de conversions et demeura à Cracovie. 

L’Ordre dominicain rayonna vers la Russie, les Balkans, la Lituanie. En 1241-1242, une invasion de Tartares provoqua beaucoup de destructions, et de martyrs.

Jacek mourut le 15 août 1257. Lors de sa mort, de saints témoins eurent la vision de l’accueil de Jacek au Paradis.

Jacek Odrowąź fut très vite considéré comme l’apôtre de la Pologne, comme la lumière de la Silésie, et sa tombe attira les pèlerins. 

Il fut béatifié en 1527, canonisé en 1594.

 

 

Aimone Taparelli

1398-1495

 

Aimone Taparelli vint au monde en 1398, dans la noble famille des Taparelli au château des comtes de Lagnasco.

Après ses études académiques, il se maria et eut des enfants. Mais Dieu lui enleva son épouse et ses enfants en peu de temps, lorsqu’il avait la cinquantaine d’années.

Imbibé de sa foi profonde, il ne sombra pas dans l’angoisse ou le désespoir : il se consacra à la diffusion de la Vérité, se faisant humble frère dans l’Ordre des Dominicains.

Sa préparation était déjà excellente ; on lui fit faire la licence de théologie et d’Ecriture sainte.

On l’envoya enseigner à l’université de Turin, où le le duc de Savoie, Amédée IX (v. 30 mars) le prit comme prédicateur à la cour et comme directeur spirituel.

En 1466, il fut rappelé à Savigliano pour être commissaire de l’Inquisition, succédant au martyr Bartolomeo Cerveri (v. 21 avril). Il fut nommé inquisiteur et exerça cette charge jusqu’à sa mort dans tout le nord de l’Italie.

Plusieurs fois prieur à Savigliano et vicaire provincial, il sut remettre en honneur la discipline primitive de son Ordre dans les monastères.

Il aimait le silence et la solitude et, pour cela, se retirait volontiers dans un petit ermitage de Verzuolo, non loin de Saluzzo.

Parmi ses ouvrages se trouvent des écrits en l’honneur de Notre Dame.

Il prédit le jour de sa mort (ou bien : en aurait eu l’annonce par les Anges), qui advint effectivement le 15 août 1495, quand il avait quatre-vingt dix-sept ans. Sur son lit de mort, il répétait : Servir Dieu, c’est régner (1Pt 2:9).

Très vite se vérifièrent des miracles, particulièrement la guérison d’un femme atteinte de cancer au sein, et la naissance d’un enfant chez un couple âgé et stérile ; l’enfant s’appela Aimone.

Son culte fut ratifié en 1856.

 

 

Giuliana Puricelli

1427-1501

 

Elle naquit en 1427 à Busto Arsizio (Varese, Lombardie, Italie N), plus précisément au lieu-dit Cascina dei Poveri (la petite maison des pauvres), de parents cultivateurs.

Fuyant ses parents qui voulaient la marier, et particulièremebnt son père qui était violent, elle vint en 1454 à Santa Maria del Sacro Monte, où vivait une Religieuse mystique, Caterina Morigi de Pallanza (v. 6 avril).

Giuliana, qui était analphabète, y vécut en converse, dans la pénitence et l’humilité, l’obéissance et le service du prochain. Aux pèlerins de passage, elle offrait de l’eau fraîche tirée du puits de l’ermitage. Sa dévotion allait principalement au Crucifié et à sa Sainte Mère.

D’autres femmes les rejoignirent et formèrent une petite communauté qui devint les Ermites Ambrosiennes (Saint Ambroise fut évêque de Milan, v. 4 avril), sous la règle augustinienne. En 1474 Caterina fut élue première abbesse ; Giuliana lui succéda à sa mort en 1478.

Giuliana mourut le 15 août 1501, jour de l’Assomption de Marie, et son culte fut autorisé en 1769.

 

 

Stanisław Kostka

1550-1568

 

Stanisław est le dernier enfant de Jan Kostka et de Małgorzata Kryska de Drobni. Jan était sénateur du royaume de Basse-Pologne, et Małgorzata était la sœur du Palatin de Masovie, issue de la maison d’Odrowąż, rendue célèbre par un de ses membres, saint Hyacinthe (v. plus haut).

Stanisław donc, naquit au château de Rostkow, le 28 octobre 1550. Il eut six frères, mais on ne rapporte que le nom de l’aîné, Paweł. Stanisław montra très tôt les signes d’un grand amour de la perfection, se distinguant par la piété et l’amour de l’étude. Il ne supportait pas la moindre conversation licencieuse sans défaillir. Ses parents, à l’époque, l’appelaient leur Ange.

Quand l’enfant eut quatorze ans, son père l’envoya avec son frère et leur précepteur commun, un certain Bilinski, étudier à Vienne, dans un pensionnat régi par les pères Jésuites. Stanisław y était très heureux, et surtout y grandit dans la piété. Mais ce qui fut surprenant, c’était de voir ce jeune adolescent être souvent ravi en extase. Il avait un comportement délicatement spirituel en toutes circonstances, qui imposait à tout l’entourage un plus grand amour de la religion.

Malheureusement, le pensionnat des Jésuites leur fut retiré par le nouvel empereur, Maximilien, ce qui détermina le précepteur et le frère de notre Saint à prendre pension chez un luthérien de Vienne, au grand désarroi de Stanisław.

Stanisław persévéra dans la piété et l’étude. Il apprit le latin, le grec, l’allemand, tandis que son frère Paweł se relâchait ; on en vint à une rude opposition, et même à des violences que Paweł exerçait contre son jeune frère, jusqu’à le battre. Mais Stanisław, qui aimait son frère, ne s’en plaignit jamais et supportait tout avec grande patience. Il cherchait au contraire à lui rendre mille services, et alla même, pour le contenter, à prendre quelques leçons de danse. Le précepteur Bilinski aussi cherchait à détourner Stanisław de sa vie de piété.

La vie de Stanisław était très ascétique, peut-être même avec quelque excès, dûs à sa jeunesse, son inexpérience et l’absence de conseils judicieux, mais enfin on ne peut qu’admirer les décisions qu’un garçon de son âge (quatorze ans) s’était imposées : il entendait deux messes chaque jour, priait longuement, même la nuit, jeûnait la veille du jour où il devait communier, et communiait chaque dimanche et jour de fête, portait souvent le cilice et se flagellait jusqu’au sang, et n’allait jamais à l’école sans s’être d’abord arrêté pour adorer le Saint-Sacrement à l’église.

Ces mauvais traitements et ces austérités portèrent Stanisław à une grave maladie, dont on craignit même une issue mortelle.

Le diable même apparut à Stanisław sous forme d’un chien enragé comme pour l’étrangler, mais Stanisław le chassa d’un signe de croix. Puis il demanda à recevoir le Viatique, croyant qu’il allait mourir prochainement. Mais comme le propriétaire des lieux, luthérien convaincu, s’y opposait, Stanisław recourut à une Sainte qu’il aimait beaucoup, sainte Barbe, pour l’aider en cette circonstance : elle lui apparut un soir, avec deux Anges dont l’un portait l’Eucharistie. On ne peut douter de l’événement, puisque Stanisław lui-même invita Bilinski à s’agenouiller aussi, le temps de recevoir l’Hostie ; après quoi, Stanisław resta longtemps dans un profond recueillement.

Peu après, Stanisław étant presque à l’agonie, la Sainte Vierge lui apparut et lui remit dans les bras l’Enfant-Jésus, en lui annonçant qu’il allait guérir, et qu’il devait entrer dans la Compagnie de Jésus, les Jésuites. Or Stanisław désirait déjà être religieux dans la Compagnie, sans oser en parler.

Ayant pris conseil de son directeur spirituel, il demanda son admission chez les Jésuites de Vienne, qui pourtant ne voulurent pas accepter un garçon aussi jeune. Stanisław était peut-être très jeune, mais assez mûr pour se décider à s’enfuir secrètement de Vienne, en direction de l’Allemagne où il espérait rencontrer le père provincial, Peter Canisius, un célèbre jésuite originaire des Pays-Bas (v. 21 décembre).

Il faut relater ici que, dès que sa fuite fut évidente, son frère Paweł et son hôte luthérien partirent à sa recherche, d’abord dans Vienne, puis sur la route, le rattrapèrent mais ne le reconnurent pas tout de suite, le dépassèrent, s’en revinrent mais ne purent plus le retrouver ; même le luthérien raconta que les chevaux ne voulurent plus changer de route et continuer de poursuivre Stanisław. Un autre valet de l’équipage affirma avoir vu Stanisław marcher sur les eaux d’une rivière pour la traverser.

Les choses étaient évidentes et claires, mais le père de Stanisław, à la nouvelle de cette fuite, entra dans une colère noire et menaça son fils des pires traitements…

En Allemagne, Stanisław ne trouva pas le père provincial à Augsbourg et se remit en  route pour le trouver à Dillingen. En chemin, il entra dans une église où il espérait entendre la Messe et communier ; mais s’apercevant que l’office était luthérien, il supplia la Providence de venir à son aide, et se vit bientôt entouré d’Anges, dont l’un lui donna l’Eucharistie.

Arrivé à Dillingen, il fut très bien reçu par le Provincial. Pour l’éprouver, ce dernier lui confia quelques tâches assez humbles au service des pensionnaires de la maison, dont Stanisław s’acquitta avec grande joie et grande humilité. Enfin convaincu de la sainteté et de la réelle vocation de Stanisław, le provincial l’envoya à Rome, pour le soustraire à la colère de son père, toujours extrêmement contrarié de la fuite de son fils.

A Rome, Stanisław alla trouver le père Général, François de Borgia, qui, prévenu par d’autres lettres, le reçut très paternellement : Je vous reçois avec joie, Stanisław, j’ai trop de preuves que Dieu vous veut dans notre Compagnie, pour vous en refuser l’entrée. On dit que vos parents exciteront un grand orage contre vous ; Dieu aura soin de le calmer, n’ayez plus que celui de lui plaire, et soyez un aussi saint Jésuite, que vous avez été vertueux écolier.

Stanisław eut à Rome un saint compagnon, chargé de lui enseigner la langue italienne : Stefano Augusti. C’est par ce dernier qu’on a appris le secret des manifestations sublimes que reçut Stanisław précédemment.

A Rome, Stanisław brilla particulièrement par un esprit d’obéissance sans faille, ainsi qu’une humilité vraiment remarquable. Il montra aussi une dévotion profonde pour la Mère de Dieu, dont il parlait avec l’inspiration la plus touchante.

Stanisław n’était pas à Rome depuis une année, qu’il fut averti de sa mort prochaine. Il en parla, on ne le crut pas, bien évidemment. Mais il s’y prépara vraiment saintement. Au mois d’août, il demanda particulièrement à saint Laurent (le 10 août) de l’aider à s’y préparer : la veille de cette fête, Stanisław voulut s’imposer une rude discipline devant tout le monde au réfectoire ; ce fut sa dernière mortification.

Le 14 août, il écrivit une lettre à la sainte Vierge, comme l’avait fait saint Herman Josef (voir au 7 avril), lui demandant la grâce de mourir “avant” l’Assomption, pour pouvoir participer à cette fête solennelle avec Elle au paradis. Puis il alla aider le cuisinier à préparer le repas.

Au soir, une légère fièvre le fit mettre à l’infirmerie. Il s’affaiblit tellement vite qu’on comprit qu’il arrivait vraiment à son dernier moment. Il demanda à être étendu par-terre pour recevoir les derniers Sacrements, s’entretint un peu avec ceux qui l’entouraient. Lui-même révéla qu’il reçut alors la visite de la Mère de Dieu avec toute une troupe de saintes Vierges, et il mourut vers trois heures du matin du 15 août 1568 : il n’avait pas même dix-huit ans.

Tandis qu’on ne parle pas de la réaction des parents de Stanisław après cette sainte mort, son frère Paweł se repentit bientôt des mauvais traitements qu’il avait infligés à son jeune frère, se convertit vraiment, renonça au mariage, vécut très saintement jusqu’à sa soixantième année, et mourut juste après avoir obtenu de pouvoir entrer à son tour dans la Compagnie de Jésus.

Un des plus éclatants miracles obtenus par l’intercession de Stanisław fut qu’un petit enfant de dix ans noyé sous la glace d’une rivière, réapparût trois heures plus tard, non loin des roues d’un moulin qui l’auraient broyé si des branches ne l’avaient retenu. Repêché et considéré comme mort, il reprit cependant vie, sur les prières qu’on fit alors au bienheureux Stanisław. Ce petit enfant portait aussi le nom de Stanisław, fréquent en Pologne ; il embrassa très vite la religion catholique.

Dès 1604, Stanisław fut reconnu bienheureux. Canonisé en 1726, il est commémoré au Martyrologe le 15 août en la sainte compagnie de Marie élevée au Ciel, et localement fêté le 13 novembre, en particulier dans la Compagnie de Jésus.

 

 

Isidore Bakanja

1885-1909

 

Bakanja naquit entre 1880 et 1890 à Bokendela (Congo Belge à l’époque, maintenant République démocratique du Congo). Sa tribu était celle des Boangi, sa langue, le lingala.

Il reçut le baptême en 1906, grâce à des pères trappistes de Mbandaka, qui lui donnèrent le nom de Isidore, et pourvurent à son éducation religieuse.

La même année il reçut la Première communion et la Confirmation.

Il priait fidèlement le chapelet.

Devenu aide-maçon, il profitait de ses moments libres pour enseigner à son tour l’Evangile à ses camarades.

Comme on le voit sur une des rares photographies qu’on a de lui, il portait ostensiblement le scapulaire du Carmel, ce qui irritait particulièrement son chef, un Blanc.

Nous sommes au début de 1909. Le chef blanc donna ordre à Isidore de retirer son scapulaire ; comme Isidore refusait, il commença par lui faire donner vingt-cinq coups de fouet dans le dos, qu’Isidore supporta patiemment en pensant à la flagellation du Christ. Mais son silence patient irritait encore plus son chef, qui se mit à proférer des insultes contre les prêtres.

Isidore, lui, aurait aimé aller prier dans son église, mais étant en déplacement avec son chef et son patron, il se trouvait à quatre-cents kilomètres de son lieu habituel de travail.

Quelques temps après, Isidore fut faussement accusé par son patron, qui le fit encore fouetter et mettre en prison. C’était à Wenga (Busira).

Comme des inspecteurs étaient annoncés, le chef le fit cacher dans la forêt où, ne pouvant marcher, Isidore souffrait, priant pour son chef et lui pardonnant. Mais un des inspecteurs le découvrit et le fit soigner. Ses souffrances patientes édifièrent beaucoup l’entourage ; certains se convertirent.

En juin, Isidore fut transporté à Busira. Fin juillet, deux prêtres de passage lui donnèrent les sacrements de Réconciliation et des Malades. Interrogé, Isidore expliqua :

Ce Blanc n’aime pas les Chrétiens. Il ne voulait pas que je porte le vêtement de Marie… Ce n’est rien si je meurs. Si Dieu veut que je vive, je vivrai, s’il veut que je meure, je mourrai. C’est égal pour moi… Je ne suis pas fâché contre cet homme. Il m’a frappé, c’est son affaire, ce n’est plus la mienne… Si je meurs, je prierai pour lui au ciel.

Isidore ne voulut jamais dénoncer son bourreau, ni qu’il fût traduit en justice, ni renvoyé dans son pays, ni ne demanda de compensation. Son corps devint une énorme plaie en putréfaction. Il offrit sa vie à Dieu sans un mot amer contre son persécuteur.

Isidore agonisa encore quelques jours. Le 15 août 1909 au matin, il fit l’effort de se lever (il n’avait pas quitté son lit depuis longtemps), fit une petite promenade, son chapelet à la main. Epuisé, il revint se coucher et mourut calmement.

C’était en la fête de l’Assomption de Marie. Isidore avait «environ» vingt-quatre ans.

Isidore a été béatifié en 1994, et proclamé patron des laïcs congolais (1999).

 

 

Alberto Del Corona

1837-1912

 

Alberto vit le jour le 5 juillet 1837 à Livorno (Italie CO), benjamin des quatre enfants de Giuseppe et Ester Bucalossi, d’humbles cordonniers, qui le firent baptiser le 8 juillet suivant.

En famille, on l’appelait Albertino.

Il reçut la Confirmation en 1843 et l’Eucharistie en 1851, selon la coutume de l’époque.

Il fut élève des Pères barnabites et participa aux Conférences de Saint-Vincent-de-Paul.

En 1855, il entra au couvent dominicain San Marco de Florence, où il ajouta à son prénom de baptême celui du pape d’alors, Pio. Il fit profession en 1859 et fut ordonné prêtre en 1860.

A la formation habituelle pour tout candidat au sacerdoce, il ajouta personnellement une vaste érudition s’étendant de la doctrine thomiste à l’Ecriture Sainte, en passant par les langues orientales. Il fut professeur de philosophie et de théologie, d’abord à San Marco puis au séminaire de Florence.

En 1872, avec une de ses dirigées, Elena Bruzzi Bonaguida, il fonda la congrégation des Sœurs Dominicaines du Saint-Esprit, à la fois contemplatives et vouées à l’éducation des petites filles, mission à laquelle s’est récemment ajoutée celle de l’assistance aux femmes âgées.

Cette même année, il deviendra prieur du couvent San Marco.

Trois ans plus tard, en 1875 (il avait trente-huit ans), consacré évêque, il fut nommé coadjuteur et vicaire général de Mgr Barabesi, qui s’éteindra en 1897. Mgr Del Corona devint ainsi évêque de San Miniato.

Une de ses lettres pastorales mettait en garde son diocèse contre l’influence néfaste de la Franc-Maçonnerie. Il développa aussi l’Apostolat de la Prière et les œuvres de bienfaisance.

En 1900, il recevra le titre honorifique d’Assesseur au Trône Pontifical.

En 1906, une grave maladie au foie le poussa à présenter sa démission ; le pape ne se résignait pas à l’accepter et nomma d’abord un Administrateur pour l’assister ; mais Mgr Del Corona ne put retourner à San Miniato ; il se retira au couvent de Fiesole, une des trois maisons des Dominicaines du Saint-Esprit.

L’année suivante il reçut le titre d’Archevêque in partibus de Sardique.

Il mourut le 15 août 1912, date à laquelle il s’attendait à rencontrer le Seigneur.

Sa béatification était prévue pour l’année 2015.

 

 

Luis Batis Sainz

1870-1926

 

Luis naquit le 13 septembre 1870 à San Miguel del Mezquital (Durango, Mexique), de Wenceslao et María de Jesús, qui le firent baptiser trois jours après, avec les noms de José Luis Amado.

Tôt orphelin, il fut aidé par son grand frère, déjà prêtre.

Il entra au Petit séminaire en 1882 et fut ordonné prêtre en 1894.

Prêtre, il fut nommé vicaire à San Juan de Guadalupe (Durango), puis à Canatlán (1902), directeur spirituel au séminaire de Durango (1922) et, en 1925, curé de San Pedro Chalchihuites (Zacatecas).

Il s’attacha à montrer aux jeunes de l’Action Catholique la Voie du Christ, leur enseignant la vertu de l’héroïsme chrétien dans la foi. Il ouvrit une école, une maison de soins, un atelier pour ouvriers catholiques, organisa une catéchèse du soir pour adultes. Il célébrait le Saint Sacrifice avec une ferveur exceptionnelle, qu’il savait transmettre aux fidèles.

Quand les évêques suspendirent l’exercice public du culte, il fut dénoncé comme fomentant contre le gouvernement. La réalité était qu’il réunissait des groupes pour les faire prier et les encourager à rester fidèles à Dieu. De fait, au moment de fermer l’église, le 30 juillet 1926, il rappela à ses paroissiens que ce n’était pas le gouvernement ni le président à être responsables de cette situation, mais les péchés de tout le peuple et que, pour ce motif, il ne fallait pas prendre les armes.

Il alla vivre dans une maison particulière, vêtu civilement. Il apprit qu’on le cherchait : Que la volonté de Dieu se fasse ; s’Il le veut, je serai un des martyrs de l’Eglise.

Le 14 août dans la nuit, un peloton de soldats vint l’arrêter. Le chef lui annonça ses crimes : il avait, en cachette, célébré la Messe, baptisé et béni des mariages.

Le 15 août, des paroissiens réfléchirent aux moyens de faire libérer leur curé. Mais des soldats vinrent encore arrêter trois autres laïcs (voir les notices sur Manuel Morales, Salvador Lara Puente et David Roldán Lara). On proposa aux soldats de l’argent, pour les libérer, mais ils répondirent qu’ils obéissaient aux ordres et que, dans trois jours, les prisonniers reviendraient libres.

Les soldats firent monter les quatre prisonniers en camion, mais la foule les empêcha de partir. Le chef fit descendre don Luis, qui calma lui-même la foule, disant que les soldats faisaient leur devoir, que tout allait s’arranger ; il portait déjà des marques des coups reçus depuis la veille. Finalement, le chef donna l’ordre de tirer dans la foule ; il y eut des morts.

Les soldats repartirent avec leurs victimes, au lieu-dit Puerto de Santa Teresa. En les faisant descendre, ils les invitèrent encore une fois à accepter les Lois de Calles. Réponse : D’abord, mourir.

Don Luis s’avança vers le chef et le supplia pour les trois jeunes, en particulier pour Manuel, qui était père de famille, en vain. Manuel dit au prêtre : Laissez-les me tuer, Monsieur le Curé ; moi, je meurs, mais Dieu ne meurt pas. C’est Lui qui s’occupera de ma femme et de mes enfants. Le prêtre sourit alors à ses fidèles compagnons, leur donna l’absolution en disant : Au Ciel.

Quant aux soldats, diaboliquement enragés devant cette douceur, ils firent tomber à terre le curé à coups de poings et de pieds, et lui tirèrent à la tête. Puis ils abattirent les trois autres.

Les quatre Martyrs célébrèrent cette fête de l’Assomption au Ciel, avec la Reine des Martyrs, le 15 août 1926.

Ils furent béatifiés en 1992 et canonisés en 2000.

La fête liturgique commune des Martyrs mexicains est au 21 mai.

 

 

Manuel Morales

1898-1926

 

Manuel naquit le 8 février 1898 à Mesillas (Zacatecas, Mexique), de père inconnu et de Matiana Morales ; ses grands-parents le firent baptiser le 19 février suivant.

Encore petit, il vint vivre à Chalchihuites, où il fréquenta l’école publique, puis il entra au séminaire de Durango. Mais il dut le quitter et travailler pour aider les grands-parents. On ne sait pas grand-chose de sa jeunesse.

En 1921, il se maria avec Consuela Loera, avec laquelle il eut trois enfants.

Très actif dans l’Action Catholique, il écouta fidèlement le curé, don Luis Batis Sáinz, et devint secrétaire du cercle des Ouvriers catholiques, président de la Ligue Nationale pour la Défense des la Liberté Religieuse (LNDLR), dont l’idéal était de résister légalement et pacifiquement contre les lois laïques du gouvernement.

Au terme de l’ultime cérémonie publique du 29 juillet 1926, il termina son allocution par ces mots : Vive le Christ Roi et la Petite Noire de Tepeyac ! (c’est-à-dire Notre-Dame de Guadalupe).

Le 15 août, il apprit l’arrestation du curé don Luis. Il partit immédiatement rencontrer des paroissiens pour réfléchir aux moyens de faire libérer leur curé. Il alla trouver la junte locale, où il fut brutalisé et arrêté. Son épouse vint intercéder pour lui, et le responsable lui répondit avec ce mensonge : Madame, partez tranquille, je vous jure par ma mère qu’il n’arrivera rien de mal à votre mari, ajoutant qu’il ne faisait qu’exécuter les ordres, qu’il ne pouvait rien faire et que son mari retournerait dans deux ou trois jours. La femme revint avec son aîné ; le chef en fut irrité et lui lança : Vous pouvez lui dire adieu, si vous voulez. - Mais vous ne venez pas de me dire qu’il allait revenir ? Le petit garçon trompa l’attention des soldats, alla embrasser son père ; les deux époux se quittèrent avec émotion.

Puis des soldats vinrent encore arrêter deux autres laïcs (voir les notices sur Salvador Lara Puente et David Roldán Lara). On proposa aux soldats de l’argent, pour les libérer, mais ils répondirent qu’ils obéissaient aux ordres et que, dans trois jours, les prisonniers reviendraient libres.

Les soldats firent monter les quatre prisonniers en camion, mais la foule les empêcha de partir. Le chef fit descendre don Luis, qui calma lui-même la foule, disant que les soldats faisaient leur devoir, que tout allait s’arranger ; il portait déjà des marques des coups reçus depuis la veille. Finalement, le chef donna l’ordre de tirer dans la foule ; il y eut des morts.

Les soldats repartirent avec leurs victimes, au lieu-dit Puerto de Santa Teresa. En les faisant descendre, ils les invitèrent encore une fois à accepter les Lois de Calles. Réponse : D’abord, mourir.

Don Luis s’avança vers le chef et le supplia pour les trois jeunes, en particulier pour Manuel, qui était père de famille, en vain. Manuel dit au prêtre : Laissez-les me tuer, Monsieur le Curé ; moi, je meurs, mais Dieu ne meurt pas. C’est Lui qui s’occupera de ma femme et de mes enfants. Le prêtre sourit alors à ses fidèles compagnons, leur donna l’absolution en disant : Au Ciel.

Quant aux soldats, diaboliquement enragés devant cette douceur, ils firent tomber à terre le curé à coups de poings et de pieds, et lui tirèrent à la tête. Puis ils abattirent les trois autres.

Les quatre Martyrs célébrèrent cette fête de l’Assomption au Ciel, avec la Reine des Martyrs, le 15 août 1926.

Ils furent béatifiés en 1992 et canonisés en 2000. Le jour de la canonisation à Rome, était présent un petit-fils de Manuel, lui-même prêtre.

La fête liturgique commune des Martyrs mexicains est au 21 mai.

 

 

Salvador Lara Puente

1905-1926

 

Salvador naquit le 13 août 1905 à El Súchil (Durango, Mexique), de Francisco et María Soledad, qui le firent baptiser le 10 septembre suivant.

José Salvador (c’était son prénom exact), ainsi que son frère Carlos furent très unis à leur mère, qui resta veuve très jeune.

Il entra au séminaire de Durango, mais dut le quitter pour aider sa mère par son travail à la mine El Conjuro, tout en restant très fidèle à la paroisse de Chalchihuites et à son curé, don Luis Batis Sáinz (voir la notice). Il pratiquait l’élevage des chevaux.

Lié à Manuel Morales, il fut le secrétaire de la Ligue Nationale pour la Défense de la Liberté Religieuse (LNDLR), dont l’idéal était de résister légalement et pacifiquement contre les lois laïques du gouvernement.

Le 15 août 1926, il apprit l’arrestation du curé don Luis. Il partit immédiatement rencontrer des paroissiens pour réfléchir aux moyens de le faire libérer.

Pendant leur réunion, des soldats vinrent arrêter les présents et appelèrent Salvador, qui répondit : C’est moi (on se rappellera ici l’arrestation du Christ à Gethsémani, cf. Jn 18:5).

Au poste, le chef retint seulement Salvador et son cousin David, expliquant qu’on les emmenait à Zacatecas pour une déclaration et qu’ils allaient revenir. La mère de Salvador le bénit.

Les soldats firent monter les quatre prisonniers en camion (le curé don Luis, Manuel, Salvador et David), mais la foule les empêcha de partir. Le chef fit descendre don Luis, qui calma lui-même la foule, disant que les soldats faisaient leur devoir, que tout allait s’arranger ; il portait déjà des marques des coups reçus depuis la veille. Finalement, le chef donna l’ordre de tirer dans la foule ; il y eut des morts.

Les soldats repartirent avec leurs victimes, et s’arrêtèrent au lieu-dit Puerto de Santa Teresa. Il ne s’agissait plus d’aller à Zapatecas, mais uniquement de les tuer pour leur foi. En les faisant descendre, ils les invitèrent encore une fois à accepter les Lois de Calles. Réponse : D’abord, mourir.

Le prêtre sourit alors à ses fidèles compagnons, leur donna l’absolution en disant : Au Ciel.

Quant aux soldats, diaboliquement enragés devant cette douceur, ils bousculèrent le curé à coups de poings et de pieds, et lui tirèrent à la tête. Salvador, avec la fierté des vingt-et-un ans qu’il venait d’avoir deux jours plus tôt, cria fortement avec David : Vive le Christ Roi et la Vierge de Guadalupe !

La décharge partit. Même les bourreaux avouèrent : Quel dommage d’abattre un type si courageux.

Les quatre Martyrs célébrèrent cette fête de l’Assomption au Ciel, avec la Reine des Martyrs, le 15 août 1926.

Ils furent béatifiés en 1992 et canonisés en 2000.

La fête liturgique commune des Martyrs mexicains est au 21 mai.

 

 

David Roldán Lara

1907-1926

 

David naquit le 2 mars 1907 à Chalchihuites (Zacatecas, Mexique), de Pedro et Reinalda, qui le firent baptiser le 29 mars suivant.

A un an, il fut orphelin de son père. Courageuse, la maman éleva son unique garçon très chrétiennement et le confia à un collège particulier.

David entra au séminaire de Durango, mais dut le quitter pour aider sa mère par son travail à la mine El Conjuro, tout en restant très fidèle à la paroisse et à son curé, don Luis Batis Sáinz (voir la notice). Son honnêteté au travail en fit l’homme de confiance et le secrétaire du patron, un allemand nommé Gustav Windel, dont il demanda la fille en mariage.

Il fut président de la section d’Action Catholique de la paroisse, puis vice-président de la Ligue Nationale pour la Défense des la Liberté Religieuse (LNDLR), dont l’idéal était de résister légalement et pacifiquement contre les lois laïques du gouvernement. Ils refusaient explicitement l’usage des armes.

Le 15 août 1926, tandis qu’il s’apprêtait à fêter l’Assomption, il fut arrêté chez lui et conduit au poste, où se trouvaient déjà don Luis ainsi que Manuel Morales et Salvador Lara. Gustav Windel se présenta en personne, proposant une somme d’argent en échange de la liberté de David ; on lui répondit que ce n’était pas nécessire, qu’on emmenait les garçons à Zacatecas seulement pour une déclaration et qu’ils allaient revenir.

A midi, les soldats firent monter les quatre prisonniers en camion (le curé don Luis, Manuel, Salvador et David), mais la foule les empêcha de partir. Le chef fit descendre don Luis, qui calma lui-même la foule, disant que les soldats faisaient leur devoir, que tout allait s’arranger ; il portait déjà des marques des coups reçus depuis la veille. Finalement, le chef donna l’ordre de tirer dans la foule ; il y eut des morts.

Les soldats repartirent avec leurs victimes. Le camion de David et Salvador arriva un peu après le premier, à cause d’un petit incident technique ; ils s’arrêtèrent au lieu-dit Puerto de Santa Teresa. Il ne s’agissait plus d’aller à Zapatecas, mais uniquement de les tuer pour leur foi. En les faisant descendre, ils les invitèrent encore une fois à accepter les Lois de Calles. Réponse : D’abord, mourir.

Le prêtre sourit alors à ses fidèles compagnons, leur donna l’absolution en disant : Au Ciel.

Quant aux soldats, diaboliquement enragés devant cette douceur, ils bousculèrent le curé à coups de poings et de pieds, et lui tirèrent à la tête. Après avoir abattu le prêtre et Manuel Morales, les soldats firent marcher les deux cousins Salvador et David un peu plus loin. David et Salvador crièrent fortement : Vive le Christ Roi et la Vierge de Guadalupe !

Un soldat leur donna le coup de grâce dans le front, défigurant complètement leur visage.

David avait dix-neuf ans.

Les quatre Martyrs célébrèrent cette fête de l’Assomption au Ciel, avec la Reine des Martyrs, le 15 août 1926.

Ils furent béatifiés en 1992 et canonisés en 2000.

La fête liturgique commune des Martyrs mexicains est au 21 mai.

Vicente Soler Munárriz
1867-1936

Né le 4 avril 1867 à Malón (Saragosse, Espagne), Vicente reçut au baptême le nom de saint Vincent Ferrier, qu’on fête le 5 avril.
Entré chez les Augustins Récollets, il y professa en 1883 avec le nom de Vicente de Saint-Louis-de-Gonzague.
Il fut envoyé en mission aux Philippines : c’est là qu’il acheva ses études de théologie et fut ordonné prêtre (1890).
Il devait y rester jusqu’en 1906, pour un fécond apostolat qui ne fut pas exempt d’épreuves : il subit la prison de la part des insurgés, pendant au moins un an et fut libéré en 1900.
Revenu en Espagne, il fut assistant provincial et, en 1926, élu prieur général, charge qu’il déposa humblement après quelques mois, pour se retirer à Motril.
Il y fonda l’atelier Sainte Rita, le Cercle Catholique, des cours du soir.
Le 25 juillet 1936, les révolutionnaires mirent le feu aux églises et aux couvents. Le père Vicente se réfugia chez un ami, mais fut traîtreusement dénoncé et arrêté le 29 juillet.
Le 14 août au soir, on le fit sortir avec d’autres prisonniers et, vers une heure du matin du 15 août, il fut fusillé près du cimetière. Il était le dixième de la file, et donnait l’absolution à chacun au fur et à mesure des tirs. On les fusillait de dos, mais lui, on le fusilla de face. Un des autres condamnés survécut à ses blessures et put témoigner des faits.
Le père Vicente Soler fut béatifié en 1999.
Le même jour était mise à mort une Carmélite de Madrid, qui portait le même nom de religion : María Sagrario de Saint-Louis-de-Gonzague (voir la notice Elvira Moragas Cantarero).

Maximino Fernández Marínas

1867-1936

 

Né le 2 novembre 1867 à Castañedo (Valdés, Luarca, Asturies), Maximino fut baptisé dès le lendemain.

Entré chez les Dominicains, il fit la profession en 1885, à Ocaña, et la profession solennelle à Ávila en 1888.

Encore diacre, il fut envoyé aux missions des Philippines, en 1892, où il acheva ses études et fut ordonné prêtre en 1893.

Il exerça le saint ministère à Cagayán durant six années. En 1898, au moment de la guerre d’indépendance des Philippines, il fut fait prisonnier pendant un an, souffrant beaucoup des mauvais traitements et des privations.

Remis en liberté, il rejoignit Manille et, de là, revint en Espagne, en très mauvaise santé. Il fut reçut à Ocaña (1902), la maison de sa première profession, vingt ans plus tôt. Il fut ensuite au collège de Santa María de Nieva (Segovie).

En 1914, il fut vicaire provincial pour l’Espagne et visiteur.

En 1919, il fut envoyé en Italie, où il confessa dans les sanctuaires de Pompei et de Notre-Dame del Arco, avant d’être économe et sacristain au couvent romain de la Sainte-Trinité.

En septembre 1920, il revint à Ocaña, d’où il assuma encore divers apostolats : aumônier des Dominicaines à Santa Inés (Saragosse), de 1927 à 1931, responsable des retraites chez les Dominicaines de Olmedo (Valladolid) et Ajofrín (Toledo).

En 1936, il s’établit au couvent d’Ocaña pour assister les Pères âgés qui s’y trouvaient.

Le couvent fut prit d’assaut le 22 juillet 1936.

Le père Manuel, le supérieur, laissa les Religieux aller se réfugier où mieux il leur semblait, en leur donnant un peu d’argent. Lui-même alla se réfugier avec le père Maximino dans une maison privée, d’où il gardait contact avec chacun.

Les révolutionnaires mirent complètement à sac ce couvent, profanant l’église, pillant, brûlant les saintes images et les archives.

Le 5 août, le père Manuel obtint un sauf-conduit en règle pour Madrid, où il pensait pouvoir loger tous les membres du couvent d’Ocaña. En réalité, c’était un piège : arrivé avec deux autres Pères, dont le père Maximino, et un Frère à la gare de Madrid-Astocha, on les fit descendre et on les fusilla, tandis qu’ils criaient : Vive le Christ Roi ! Vive l’Eglise catholique !

Le père Maximino fut très gravement blessé, et agonisa pendant dix jours, à l’hôpital voisin où on le déposa. On lui trouva onze balles dans le corps ; on imagine les souffrances qu’il supportait dans un semi-coma, au milieu de moqueries et des insultes qu’on ne lui ménageait pas même dans l’état où il se trouvait.

Au Martyrologe, le père Maximino est mentionné dans le même éloge que le père Manuel Moreno Martínez, mais il ne mourut pas le jour-même.

Il expira le 15 août, en la fête de l’Assomption et fut béatifié en 2007.

 

 

Agustín Hurtado Soler

1872-1936

 

Il vit le jour le 28 août 1872 à Villa de Alboraya (Valencia, Espagne), de Vicente et Antonia, qui furent des gens plutôt aisés.

Il fit d’abord ses études classiques et le séminaire dans cette ville de Valencia, puis entra en 1889 dans la congrégation des Tertiaires Capucins de Notre-Dame des Douleurs (amigoniens) qui venaient de s’installer à Ara Christi del Puig.

Il fit aussi de bonnes études musicales, d’harmonie et de composition.

Il était donc un des premiers qui firent la première profession en 1890 entre les mains du Fondateur (Luis Amigó), prenant le nom de Domingo. En 1896 il fit la profession solennelle et fut ordonné prêtre.

Il fut un excellent pédagogue auprès des jeunes délinquants, fut directeur d’école, conseiller et secrétaire général.

C’était un personnage de belle taille, orateur, animateur. Il organisa une fanfare avec ses Confrères.

Fin 1935, il se trouvait à l’Ecole Santa Rita de Carabanchel (Madrid) et, lors de la guerre civile de 1936, se réfugia chez un ami.

Il fut arrêté aux Beaux-Arts à Madrid, et exécuté non loin de là, le 15 août 1936.

Le père Agustín a été béatifié en 2001.

 

 

José Santonja Pinsach

1879-1936

 

José naquit le 1er avril 1879 à Olot (Girona, Espagne), fut baptisé le lendemain et confirmé en juin.

Il fut orphelin de ses parents à douze ans : il étudiait déjà le latin, en privé.

Entré au noviciat dominicain d’Ocaña, il y fit la profession en 1895 et fut ordonné prêtre à Ávila en 1903.

Ce père était un artiste fini, musicien, peintre, poète. Il enseigna à Ségovie, à Olmedo (Valladolid) et Ocaña.

En 1928, il fut nommé vice-procurateur à la procure de Madrid. A partir de 1935, il faisait partie de la communauté du Rosaire, toujours à Madrid.

Lors de l’assaut du couvent par les révolutionnaires, le 19 juillet 1936, il fut gravement blessé par balle. Il fut arrêté dans la rue au moment où il sortait : il ruisselait de sang, et les révolutionnaires consentirent à le laisser aller se faire soigner à l’hôpital. Deux Confrères s’occupèrent de lui, le père Leoncio Arce (voir au 10 septembre) et le père Inocencio (voir au 13 août).

Ce dernier put le faire interner au sanatorium du Rosaire. On vint encore le chercher là pour l’exécuter à la Pradera de San Isidro (Madrid), le 15 août 1936, fête de l’Assomption.

Ce père dominicain, si dévot de la Sainte Vierge, fêta alors avec elle son Assomption.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Ildefonso Alberto Flos

1880-1936

 

Il vit le jour le 26 février 1880 à Benicarló (Castellón, Espagne).

Après ses études sur place chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, il entra au noviciat mineur de Bujedo, en même temps que son frère, Miguel, en 1896, année où il prit l’habit et le nom de Luis Alberto.

Après le scholasticat, il fit de l’apostolat à Barceloneta, puis passa au collège Condal pendant neuf ans, au terme desquels il passa à Teruel.

En 1910, il fut à Tarragona et, en 1914, fut envoyé - qui sait pourquoi - au noviciat de Lembecq-les-Hal (Belgique), en pleine période de guerre.

En 1920, il fut directeur de Santa Madrona, en 1926 à Farnés, en 1927 à San Feliu de Guixols, en 1928 à Barceloneta.

En 1933, les lois sur l’éducation obligèrent le Frère à changer de lieu, et il fut nommé directeur à Las Corts.

Sa piété et son zèle se manifestèrent largement durant ces années de direction. On voyait en lui un homme accompli, serein, discret de sa personne, préoccupé des autres, surtout des Frères.

Lors de la révolution de 1936, le 21 juillet, il fallut abandonner la maison. Le Frère Luis Alberto et ses Confrères se dirigèrent à Castellón, où on les arrêta et les chassa, car on n’avait (pas encore) de motifs pour les mettre en prison. Arrivés à Alcora, ils y découvrirent leur collège saccagé et abandonné. Ils retournèrent à Castellón, Luis Alberto pensant trouver refuge chez son frère à Benicarló.

Ici, la chronique ne parle plus des autres Frères, qui durent trouver où se réfugier de leur côté.

Luis Alberto resta deux jours chez son frère ; des miliciens vinrent l’appeler, mais le voyant avec son frère, le laissèrent tranquille.

Le 1er août, arriva l’autre frère, Miguel, maintenant Frère Exuperio, qui avait accompagné Luis Alberto à Bujedo en 1896.

Ils travaillèrent ainsi aux champs, pensant passer inaperçus. Mais on les surveillait et, au lieu d’en capturer un, on les captura les deux.

C’est ce qui arriva le 14 août à minuit : des miliciens demandèrent les deux Frères. Ceux-ci sortirent de leur chambre en disant : Nous voici.

On partit pour la prison. La nuit passée, on les prit tous les deux en camion : ils comprirent, et s’embrassèrent.

Arrivés à Torre Fibla, ils descendirent du camion. Le Frère Exuperio se faisait un peu attendre. Luis l’interpella : Allez, Miguel, la victoire est pour nous !

Aux miliciens, Luis dit ensuite : Vous allez me tuer, mais vous ne pourrez pas tuer la religion : le Christ triomphera ! Et tous les deux : Vive le Christ Roi !

15 août 1936, fête de l’Assomption de Marie. Les deux frères, Frères en religion, arrivés le même jour dans l’Institut, arrivaient ensemble au Paradis.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Elvira Moragas Cantarero

1881-1936

 

Elle naquit le 8 janvier 1881 à Lillo (Tolède, Espagne), deuxième fille de Ricardo et Isabel, et aînée d’un garçon, Ricardo, qui fut toujours proche d’elle.

Quand son père fut nommé à Madrid, il y ouvrit une pharmacie.

Elvira fut confirmée en 1887. Capricieuse et volontaire, elle apprit de sa mère à se dominer.

Elle fréquenta le collège des Mercédaires, et fit deux pèlerinages à Rome et à Lourdes.

Très intelligente, elle passa son baccalauréat en 1899, avec mention excellente, chose rare qui fut relevée dans les journaux.

Cette jeune fille grandissait dans la joie des plaisirs mondains : elle faisait du cheval ; mais aussi elle grandissait dans l’amour de Dieu ; elle entra à l’Université, fait tellement nouveau que son père ou son oncle l’accompagna chaque jour aux cours ; elle fut une des premières femmes espagnoles à passer la licence de pharmacie (1905).

Deux jeunes gens pensèrent à l’épouser ; le premier renonça lui-même, l’autre fut éconduit pour ses idées anti-religieuses.

Après la mort du papa en 1909, ce fut le fils qui lui succéda (après avoir pris le diplôme de pharmacie) et non Elvira ; cette dernière resta auprès de sa mère jusqu’à sa mort en 1911, et dirigea la pharmacie jusqu’à ce que son frère eût le diplôme.

En même temps, elle s’occupait de catéchèse paroissiale ; le saint curé, José María Rubio Peralta (voir au 2 mai) l’orienta vers le Carmel.

Le 21 juin 1915, elle entra chez les Carmélites, prenant le nom de María Sagrario de Saint-Louis-Gonzaga : Notre-Dame du Sagrario est la patrone de Tolède ; saint Luigi Gonzaga est le Saint fêté le 21 juin.

Elle reçut l’habit en décembre 1915, fit la première profession en 1916, la solennelle en 1920.

Cette nouvelle religieuse n’avait pas pour autant perdu sa vivacité. Elle aimait collaborer aux tâches humbles et venait souvent aider à la cuisine ; un jour qu’on lui en barra l’accès (elle devait y venir trop souvent), elle y entra par la fenêtre ! Une jeune religieuse ne voulait pas se faire aider pour éplucher les pommes de terre : María Sagrario lui expliqua qu’en épluchant une pomme de terre, elle considérait qu’elle «perfectionnait» une créature de Dieu.

En 1927, elle fut élue prieure du couvent, elle la plus jeune. Puis elle fut nommée maîtresse des novices.

A partir de 1933, elle fut à l’accueil, et reçut ainsi les premières nouvelles des événements alarmants de l’Espagne.

Dieu permit qu’elle fût réélue prieure le 1er juillet 1936.

Le 18 juillet, on envoya des pierres contre les portes de l’église et du couvent. Elle proposa aux Religieuses de rejoindre leurs familles, mais aucune ne voulut se séparer d’elle.

Les 18 et 19 juillet, elles prièrent devant le Saint-Sacrement. Des Sœurs partirent se mettre en sûreté, d’autres restèrent, dont la prieure.

Le 20, n’ayant pu mettre le feu au couvent, la foule enragée força les portes et pénétra dans la clôture. Les Carmélites consommèrent les Saintes Hosties et s’enfuirent dans le jardin, tandis que le couvent était saccagé.

La prieure se présenta devant les envahisseurs et fit sortir les Carmélites. On les bloqua contre le mur et María Sagrario crut qu’elles allaient être fusillées sur place ; elle cria Vive le Christ Roi, mais on ne leur fit rien ce jour-là ; elles entonnèrent le Te Deum, le Salve Regina et quelques psaumes. Puis on les emmena à la Direction de Sécurité.

On les fit attendre, on les oublia, on finit par les conduire dans leurs familles respectives. María Sagrario se retrouva avec trois autres Carmélites chez les parents de l’une d’elles. Son frère vint lui proposer de partir avec lui chez les siens, mais elle préféra rester avec ses Compagnes.

Quand les fouilles de maisons commencèrent, María Sagrario resta seulement avec une autre. Une dénonciation fit arrêter d’autres Religieuses, dont l’une portait sur elle l’adresse de María Sagrario, qui fut ainsi repérée.

Le 14 août au soir, des miliciens arrivèrent, lui demandèrent où était le trésor du couvent, puis l’emmenèrent à leur tchéka. Ils voulurent lui prendre un papier qu’elle tenait cousu dans son habit, mais elle l’avala (ce devait être une attestation de dépôt en banque, prévu pour le maintien du couvent). Après des heures d’interrogatoire et de pressions, on la condamna à mort. Peu après minuit, elle fut abattue dans le square San Isidro. Elle reçut ainsi la palme du martyre au matin de l’Assomption, 15 août 1936.

De retour à la tchéka, les bourreaux mentirent aux autres Carmélites : La Mère est en route pour Burgos. Se rendant compte qu’elles n’étaient pas dupes, une autre milicienne ajouta ironiquement : Pauvres petites, elles n’ont pas de Mère.

María Sagrario fut béatifiée en 1998.

 

 

Miguel Alberto Flos

1881-1936

 

Il vit le jour le 12 novembre 1881 à Benicarló (Castellón, Espagne).

Après ses études sur place chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, il entra au noviciat mineur de Bujedo, en même temps que son frère, Ildefonso, entrait au noviciat ; il prit l’habit avec le nom de Exuperio.

Après le scholasticat, il fit de l’apostolat à Barcelone, puis en diverses communautés.

En 1902, il fut à Condal, pour quatre ans, période pendant laquelle il compléta sa formation scientifique et pédagogique, puis il passa à Sampedor pendant deux ans.

Ensuite, il «voyagea» dans la province de Madrid : Puerto Real, Bustiello, Asturies, Cadix, Madrid.

En 1928, il fut envoyé à San Feliu de Guixols (Barcelone).

Lors de la révolution de 1936, il finit par arriver, le 1er août, chez son frère de Benicarló, où il retrouva le cher Frère Luis Alberto, qu’il avait accompagné à son entrée à Bujedo en 1896.

Ils travaillèrent ainsi aux champs, pensant passer inaperçus. Mais on les surveillait et, au lieu d’en capturer un, on les captura les deux.

C’est ce qui arriva le 14 août à minuit : des miliciens demandèrent les deux Frères. Ceux-ci sortirent de leur chambre en disant : Nous voici.

On partit pour la prison. La nuit passée, on les prit tous les deux en camion : ils comprirent, et s’embrassèrent.

Arrivés à Torre Fibla, ils descendirent du camion. Le Frère Exuperio se faisait un peu attendre. Luis l’interpella : Allez, Miguel, la victoire est pour nous !

Aux miliciens, Luis dit ensuite : Vous allez me tuer, mais vous ne pourrez pas tuer la religion : le Christ triomphera ! Et tous les deux : Vive le Christ Roi !

15 août 1936, fête de l’Assomption de Marie. Les deux frères, Frères en religion, arrivés le même jour dans l’Institut, arrivaient ensemble au Paradis.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Fructuoso Pérez Márquez

1884-1936

 

Fructuoso Pérez Márquez naquit le 9 février 1884 à Almería (Espagne), de Francisco Pérez Aznar et María Josefa Márquez et fit de bonnes études au séminaire.

Il entra dans le Tiers-Ordre dominicain, mais ne persévéra pas dans la voie du sacerdoce -, probablement pour travailler et aider la famille économiquement.

Après avoir accompagné en Amérique son oncle prêtre (Andrés Márquez), il s’occupa à Almería du journal La Independencia, dont une autre employée deviendra son épouse, María Barceló Toro. Ils eurent quatre enfants.

Il devint administrateur du journal et l’un des plus importants directeurs.

Fructuoso était aussi un excellent pianiste.

Quand il fut responsable principal du journal, il s’efforça de maintenir coûte que coûte la ligne chrétienne et royaliste de cette publication. C’est pour cette raison que le siège en fut plusieurs fois attaqué par des groupes de gauche anticléricaux.

Fructuoso n’avait pas peur de ses positions personnelles ; il quitta le parti Action Nationale pour celui de Communion Traditionaliste (1934).

Au moment de l’explosion de la Révolution de l’été 1936, le journal devait paraître dans une nouvelle formule élargie ; mais les agitations d’Almería ne permirent pas même la réouverture des ateliers.

Le 28 juillet, Fructuoso fut arrêté et jeté dans un bateau-prison du port d’Almería. Le 15 août, le jour de la fête de l’Assomption, on le conduisit sur la plage de La Garrofa pour le fusiller. En même temps, on fusilla le fils de son collaborateur principal.

On ne communiqua pas cette nouvelle à la famille. Plus tard, l’épouse de Fructuoso reçut une petite carte au nom de la veuve de Monsieur Fructuoso Pérez Márquez.

Fructuoso Pérez Márquez devrait être béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 15 août.

 

 

Sebastiá Balsells Tonijuan

1885-1936

 

Il naquit le 3 décembre 1885 à La Fuliola (Lleida, Espagne), de Baltasar et Bonaventura, de bons chrétiens qui eurent six enfants. Outre Sebastiá, ils eurent aussi une fille religieuse.

Le garçon entra au noviciat des Clarétains à Vic en 1902. Il voulait servir l’Eglise comme Frère convers.

Pieux, jovial, il fut un excellent maître pour les enfants, à Cervera, Selva del Camp et Xátiva.

En 1932, il y eut déjà des émeutes anti-religieuses et les Religieux durent momentanément abandonner leur collège de Xátiva.

En 1936, ils durent à nouveau le quitter, et même sortir de la ville.

Le Frère Sebastiá fut d’abord hébergé quelques jours dans la famille d’un de ses élèves, puis il rejoignit la communauté de Grao ; on l’envoya à La Selva del Camp, d’où il fallut aussi s’enfuir le 20 juillet. Le Frère repartit pour Grao, puis alla dans sa famille à La Fuliola.

Le 15 août, Sebastiá et sa sœur Silvèria s’entretenaient fraternellement de Dieu, de l’Eglise, du martyre, quand des miliciens frappèrent violemment à la porte.

Ils emmenèrent Sebastiá en voiture au Comité de Tàrrega ; le Frère n’était pas dupe de son sort réel, à cette heure de la nuit, et demanda : Dites, vous allez me tuer, non ? - Oui.

Le Frère se mit à prier le chapelet. La voiture s’arrêta à La Serra d’Almenara (Agramunt), on attacha le Frère à un arbre et on l’abattit.

On retient que son dies natalis fut le 15 août, mais il serait plus exact de le situer au 16.

Frère Sebastiá fut béatifié en 2013.

 

 

Pedro Gambín Pérez

1886-1936

 

Né le 17 juillet 1886 à Cartagena (Murcia), il était le fils de Pedro et Juana, qui le firent baptiser le lendemain.

Il fit toutes ses études aux séminaires diocésains, petit et grand, de Murcia.

Prêtre diocésain, il fut ordonné en 1911. Il fut nommé à Alhama, Lorquí et, en 1926, Cartagena, où il fut archiprêtre. Parallèlement, il s’occupa activement de l’association des Enfants de Marie, dont nombreux furent ceux qui donnèrent un très bel exemple de témoignage de la Foi durant la persécution.

Le 20 juillet 1936 - don Pedro avait cinquante ans depuis trois jours -, un autocar vint enlever toute la communauté des Filles de la Charité. L’archiprêtre Gambín appela au téléphone le maire, d’où était parti l’ordre de cet enlèvement : le résultat fut l’arrestation et l’emprisonnement de don Pedro. Avec lui se trouvaient des jeunes des Enfants de Marie, qu’il prépara à mourir dignement.

Au petit matin du 15 août, on emmena don Pedro et d’autres détenus à la carrière de Murcia, au lieu-dit Los Puertos. Don Pedro obtint des bourreaux de mourir en dernier, et put donner l’absolution, un à un, à tous les autres avant d’être lui-même fusillé. Juste avant de mourir, il remit son crucifix au bourreau, en signe de pardon. Il reçut cinq projectiles, qui ne le tuèrent pas immédiatement. Un peu plus tard, quelqu’un qui passait par là entendit les gémissements du prêtre et voulut le soulager, mais don Pedro eut tout juste la force de lui dire : Je n’ai besoin de rien, mon âme va bientôt être unie à Dieu, tout est accompli. L’homme s’écarta quelques secondes en entendant passer une voiture ; quand il revint, le prêtre avait expiré.

Martyrisé le 15 août 1936 à Cartagena et béatifié en 2017, Pedro Gambín Pérez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 15 août.

 

 

Isidoro Fernández Rubio

1887-1936

 

Isidoro Fernández Rubio naquit en 1887.

Laïc, marié, il se montra fidèle à l’Eglise jusqu’au bout.

Son martyre eut lieu le 15 août 1936 à Villaralto.

Isidoro Fernández Rubio sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 15 août.

 

 

Francisco Míguez Fernández

1887-1936

 

Francisco vit le jour le 9 février 1887 à Corvillón (Ourense, Espagne).

Après le séminaire d’Ourense et de Séville, il entra dans l’Ordre Salésien, et fut ordonné prêtre en 1916.

Il exerça son ministère à Alicante, Séville, Écija, enfin Málaga, où en 1924 il fut chargé des Ecoles et de l’Oratoire.

Le 21 juillet 1936, au petit matin, la maison fut assaillie et occupée par les révolutionnaires. Le 22, deux camions vinrent les prendre pour les emmener au poste, d’où on les envoya à la prison provinciale, où s’accumulèrent des prêtres et des religieux, de sorte que ce dortoir fut appelé la brigade des curés.

Le 23, on les fit sortir. Don Miguez se réfugia dans un hôtel tenu par un fervent chrétien, qui fut plus tard exécuté pour avoir reçu des prêtres.

Don Miguez ne se rendit pas compte qu’on observait ses allées et venues, encore moins qu’un employé de l’hôtel informait régulièrement les miliciens.

Le 15 août, une patrouille vint «inspecter». Don Míguez s’avança tranquillement ; les miliciens en furent si contents, qu’ils oublièrent de fouiller l’hôtel.

L’après-midi, ils le fusillèrent au lieu-dit Camino de Suárez, et comme il respirait encore, le convrirent de branchages et y mirent le feu, après avoir horriblement profané son corps.

Don Míguez fut béatifié en 2007.

 

 

Severiano Montes Fernández

1887-1936

 

Severiano vit le jour le 14 mars 1887 à San Julián de Bimenes (Asturies, Espagne), un des neuf enfants de Antonio et Cándida. Le père était maître d’école.

Il fit ses humanités au séminaire de Valdediós, puis entra au noviciat de l’Ordre Augustinien à Valladolid en 1904. Il étudia la théologie à Santa María de la Vid, et fut ordonné prêtre en 1912.

Malgré son désir d’aller en mission en Chine, il fut envoyé quatre ans à Calatrava, puis à Ceuta (1916) comme sous-directeur puis directeur, fondant dans le collège la congrégation de la Doctrine Chrétienne, organisant la catéchèse.

Pour soigner son rhumatisme, il fut transféré à Salamanque, où il passa une licence de philologie, puis il fut à Santander comme professeur de latin et de français.

A la mi-juillet 1936, il alla faire une cure anti-rhumatismale à Caldas (Oviedo) comme tous les ans. Début août, le Comité Rouge vérifia son identité et le surveilla.

La nuit du 14 au 15 août, il fut arrêté, ainsi que le curé ; on les interrogea puis un peloton les conduisit on ne sait où.

Parvenu à l’endroit, le père Severiano dit à ses bourreaux : Je regrette ce que vous allez faire, parce que c’est un crime, mais je vous pardonne devant Dieu et devant les hommes.

Il reçut la palme du martyre le 15 août 1936.

Le père Manuel fut béatifié en 2007.

 

 

José María Peris Polo

1889-1936

 

Il naquit le 1er novembre 1889 à Cinctorres (Castellón, Espagne).

Son père fut son premier professeur de musique ; il joua dans l’harmonie du pays et étudia à Tortosa l’harmonie, le contrepoint et la composition avec Felipe Pedrell.

A Tortosa il entra en 1900 au collège tenu par les Prêtres Ouvriers Diocésains ; c’est durant ces années-là que mourut sa mère.

En 1912, il fit partie à son tour des Prêtres Ouvriers Diocésains ; il fut ordonné prêtre en 1914 et émit la profession la même année.

Il aurait dû aller se diplômer à Rome, mais sa faible santé ne le lui permit pas. Il étudia le chant grégorien chez les moines de Maredsous (Belgique), Solesmes (Sarthe, France) et de En-Calcat (Tarn, France).

En revanche, la même année 1914, il suivit des cours à Valencia, avec don Vicente Ripollès ; de 1916 à 1926, il sera recteur du séminaire de Tortosa, puis à Cordoue (1926) et Barcelone (1933).

C’est pendant sa présence à Cordoue que mourut son père (1927).

Il composa beaucoup de musique religieuse, écrivit des méthodes de solfège et de chant grégorien, des manuels pour les chorales.

Il quitta le séminaire de Cordoue à la suite d’une mésentente entre l’évêque et certains professeurs (et lui). Après quelques semaines à Tortosa, il fut appelé à remplacer le recteur, malade, de Barcelone ; quand il y arriva, les responsables étaient dominés par les élèves. Sa méthode fut cependant de connaître personnellement chacun des séminaristes, qui l’apprécièrent unanimement. Il les forma à la spiritualité, à la musique sacrée, à la liturgie, grâce aussi à la proche abbaye bénédictine de Montserrat. Il y avait près de trois-cents séminaristes.

En juin 1936, il organisa une grande fête sacerdotale, à laquelle participèrent plus de mille cinq-cents prêtres et religieux.

Au début de la Guerre civile de juillet 1936, il se réfugia d’abord chez son frère Daniel à Cinctorres ; le 13 août 1936, on vint les arrêter ; Daniel prit la fuite, mais pas don José María qui fut emmené à Almassora.

Le 14, il dit à sa cousine : Ils vont me tuer, mais ne t’en fais pas. C’est un vrai plaisir de mourir pour la foi.

Il fut fusillé au matin du 15 août 1936, et béatifié en 1995.

 

 

Carmelo Sastre Sastre

1890-1936

 

Il vit le jour le 21 décembre 1890 à Pego (Alicante, Espagne), de José et Josefa, qui le firent baptiser le jour-même.

Entré au séminaire de Valencia, il fut ordonné prêtre en 1919.

Les paroisses qu’il desservit furent Margarida, Villalonga, Tabernes de Valldigna, Oliva, enfin Piles.

Très généreux, don Carmelo donnait tout ce qu’il avait. Il vendit une maison de sa famille pour survivre. Un jour que la police était venue, sur appel des voisins, pour arrêter des voleurs qui étaient entrés dans le presbytère, il répondit qu’il ne savait rien…

Il lutta contre l’analphabétisme, et son presbytère devint une petite école. Il organisa une fanfare, des excursions, pour occuper sainement les enfants en-dehors des heures d’étude. Il monta aussi une petite salle de cinéma, une des toutes premières.

En 1936, les offices de la Semaine Sainte furent interdits. En juillet, le Saint Sacrement fut profané et l’église totalement pillée ; il n’en restait que les quatre murs.

Don Sastre s’était replié à Villalonga, mais le jour de Notre-Dame du Carmel, 16 juillet, il tint à célébrer sa Patronne céleste à Piles.

Il y eut une première visite des miliciens la nuit, une deuxième le 13 août après-midi. On l’emmena au poste. Avant de partir, il dit à sa gouvernante : Mourir en martyr, c’est la chose la plus glorieuse et la plus grande grâce.

Il resta très calme jusqu’à la fin, détendu, et réconfortant les autres prisonniers.

Il fut exécuté à Palma de Gandía le 15 (ou le 16) août 1936. Des témoins affirmèrent qu’il avait agonisé longtemps, répétant sans cesse, en catalan, Ay Mare de Deu (Ah, Mère de Dieu). Son corps fut découvert par un marchand de passage.

Don Carmelo fut béatifié en 2001.

Bartolomé Cantador Gonzáles

1892-1936

 

Bartolomé Cantador Gonzáles naquit le 10 juin 1892 à Balalcázar (Cordoue, Espagne S).

Laïc, marié, il se montra fidèle à l’Eglise jusqu’au bout.

Son martyre eut lieu le 15 août 1936 à Balalcázar.

Bartolomé Cantador Gonzáles sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 15 août.

 

 

Isidra Fernández Palomero de Fernández

1893-1936

 

Isidra Fernández Palomero de Fernández naquit en 1893.

Laïque, mariée, elle se montra fidèle à l’Eglise jusqu’au bout.

Son martyre eut lieu le 15 août 1936 à Villaralto.

Isidra Fernández Palomero de Fernández sera béatifiée en 2021, et inscrite au Martyrologe le 15 août.

 

 

Manuel Formigo Giráldez

1894-1936

 

Manuel vit le jour le 13 novembre 1894 à Pazos Hermos (Orense, Espagne), de Juan et Asunción, qui le firent baptiser le lendemain.

Un oncle augustinien fut sans doute un des éléments qui orientèrent la vocation de Manuel.

Il fit ses humanités chez les bénédictins de San Clodio, puis entra au noviciat de l’Ordre Augustinien à l’Escorial (Madrid), fit la première profession en 1910, la solennelle en 1914.

Il dut interrompre ses études à Madrid pour faire le service militaire. Pendant cette période, il étudia l’anglais, ainsi que le piano au conservatoire de Madrid.

En 1916, il fut transféré à Guernica, en 1918 à l’Escorial, et fut ordonné prêtre en 1925.

Il exerça ensuite son ministère à Leganés, Madrid. Il se proposa pour la mission au Brésil, où cependant il ne put demeurer longtemps à cause de sa santé ; il revint à Guernica, enfin Portugalete, d’où il rejoignait Santurce, Sestao, Baracaldo etc.

En 1935, il fut transféré à Málaga, où il s’occupa de l’école des petits, de la confession des religieuses, de l’apostolat en paroisse.

Le couvent fut pris d’assaut la nuit du 18-19 juillet, de sorte que les Religieux se dispersèrent là où ils purent trouver l’hospitalité.

Ainsi, le père Manuel fut le 19 chez un ami, le 20 dans une auberge, et changea ainsi chaque jour d’endroit ; il célébrait la messe et consacrait des Hosties pour aller ensuite donner la communion dans d’autres maisons. Il avait un sauf-conduit du Gouverneur qui lui ouvrit plusieurs fois son chemin barré par une patrouille.

Le 15 août, il célébra dans le sanatorium Gálvez, alla à sa pension où attendait une religieuse pour communier ; ils ne purent se parler. Il fut arrêté juste après, et fusillé dans une rue voisine, tout près du couvent Saint Augustin.

C’était la fête de l’Assomption, 15 août 1936.

Le père Manuel fut béatifié en 2007.

 

 

Cayetano García Martínez

1895-1936

 

Né le 6 janvier 1895 à Jumilla (Murcia), il était le fils de José et Baldomera, qui le firent baptiser le 11 janvier suivant.

A dix ans, il alla au Petit séminaire.

Prêtre diocésain, il fut ordonné en 1922. Ses postes successifs furent Blanca et Albujón, puis Cartagena (1932). Dans cette dernière localité, il fut en rapport avec l’association des Enfants de Marie, dont il partagea pleinement l’idéal marial.

En juillet 1935, il fut nommé à la paroisse de Lorquí, un pays profondément gagné aux idées marxistes ; lors du carnaval, on vint chanter des obscénités à la porte de l’église. Certains entrèrent même dans l’église pour y insulter le prêtre et le menacer. Don Cayetano eut le courage de leur répliquer en face : La vie, on ne la reçoit qu’une fois ; la donner pour le Christ, c’est ce qu’il y a de plus grand.

En juillet 1936 se déchaîna la persécution religieuse. Les miliciens vinrent mettre dehors le curé et son vicaire, sans même leur laisser le temps de prendre avec eux quelque chose ; don Cayetano put quand même emporter le Saint-Sacrement et trouver un accueil chez une paroissienne.

Le 14 août, il disait aux siens : Et si je devais mourir demain, jour de l’Assomption…

Le 15 août, il se trouvait avec son cousin dans la maison, lorsque des miliciens de Jumilla vinrent les emmener de force. Ils les gardèrent un moment dans la mairie de Jumilla et, vers onze heures, les conduisirent jusqu’à un ermitage pour les fusiller. Juste avant l’exécution, le prêtre donna l’absolution à son cousin et l’embrassa ; ils tombèrent en criant Vive le Christ Roi !

Une fois terminée la guerre civile, un de ces miliciens vint demander pardon à la famille, leur racontant tous les détails des derniers instants de don Cayetano.

Martyrisé le 15 août 1936 à Jumilla et béatifié en 2017, Cayetano García Martínez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 15 août.

 

 

Teodoro Martín Camacho

1895-1936

 

Teodoro Martín Camacho naquit le 2 septembre 1895 à Carcabuey (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 15 août 1936 à Morente.

Teodoro Martín Camacho sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 15 août.

 

 

Clemente Vea Balaguer

1898-1936

 

Clemente vit le jour le 9 juin 1898 à La Jana (Castellón, Espagne) et fut baptisé le 12.

Il entra au noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes de Fortianell en 1916 ; l’année suivante il reçut l’habit avec le nom de Clemente Adolfo ; c’était le 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes, envers laquelle il avait une dévotion toute spéciale. Il fit ensuite le scholasticat à Bujedo.

Il exerça son activité à Benicarló de 1920 à 1923, avec deux brefs séjours à Monreal del Campo et Bonanova.

Il passa ensuite à Barcelone (1923), Gracia (1931) et Tortosa (1933).

Le 22 juillet 1936, fuyant la persécution, il revint dans sa famille. Mais on l’arrêta. Après un examen en règle, on le laissa aller chez lui, en lui intimant l’ordre ni de sortir ni de recevoir quiconque. Le Frère obéit.

Le 14 août dans la soirée, on vint le chercher, ainsi que le curé, don Vicente Castell.

Les deux furent assassinés au matin du 15 août 1936, pour fêter au Ciel l’Assomption de Marie.

Frère Clemente Adolfo fut béatifié en 2013.

 

 

Juan José Vivas-Pérez Bustos

1901-1936

 

Né le 29 janvier 1901 à Almería. il fut baptisé le 2 février suivant. Son père était un illustre savant pharmacien, mais surtout un chrétien profondément convaincu, qui ouvrit des écoles et fonda le journal catholique La Independencia. Juan José était l’un de ses huit enfants.

Elève des Jésuites, Juan José fit des études de pharmacie à Grenade tout en reprenant et poursuivant les activités de son père. Il devint directeur de La Independencia.

Il communiait chaque jour à la messe. Il épousa Rafaela Torres Benitez, dont il eut trois fils : le dernier naquit très peu de temps avant le déclenchement de la guerre civile et de la persécution.

Sa position de directeur du journal catholique le mettait en point de mire et, de fait, on vint occuper sa pharmacie et sa propre maison le 7 juillet. On le conduisit en «prison» dans le couvent des Adoratrices, réquisitionné à cet effet.

On lui confisqua son chapelet, qu’il portait toujours, de sorte qu’il s’en fit un autre en nouant une petite ficelle qu’il trouva dans un coin de la prison. Il s’inquiéta aussi de faire payer ses employés.

Au début du mois d’août, on l’emmena à bord du Capitán Segarra, où on lui fit nettoyer des ordures. Au soir du 15 août, on l’emmena sur la plage de La Garrofa pour l’exécuter. Juste avant de mourir, il s’adressa à ses bourreaux : J’ai vécu comme chrétien, et vous me tuez comme chrétien. Je suis né pour Dieu et je meurs pour Dieu. Vive le Christ Roi !

Martyrisé le 15 août 1936 et béatifié en 2017, Juan José Vivas-Pérez Bustos sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 15 août.

 

 

Luis Belda Soriano de Montoya

1901-1936

 

Né le 11 décembre 1901 à Palma de Mallorca (Baléares), Luis était l’un des onze enfants d’une famille très croyante. Il fut baptisé deux jours après sa naissance.

En 1910, il fit la Première communion.

En 1911, mourut son père, qui alors préparait activement le Congrès Eucharistique International.

Luis fit partie de la Conférence S.Vincent-de-Paul, visitant les pauvres, plus tard faisant des conférences.

Au terme de ses études de Droit, il fut nommé avocat à Almería.

En 1925, il épousa Josefina Alberti Merello, sœur du poète Rafael Alberti. Ils devaient avoir six enfants.

Courageux et très actif, Luis intervint en 1931 pour sauver la statue de Notre-Dame de la Mer, patronne d’Almería, ainsi que le monument au Sacré-Cœur.

En 1934, il fonda à Almería une Association catholique de Propagande et ouvrit une Ecole d’Ouvriers. Il se déplaçait beaucoup pour encourager l’Action Catholique, particulièrement aussi pour défendre le mariage chrétien et s’opposer à la pratique déjà connue de l’avortement.

Il fut membre de l’Adoration Nocturne, des Chevaliers de l’Immaculée, et même du Conseil diocésain. Les Jésuites le prirent comme avocat, ainsi que l’évêque. Enfin, il appuya le parti social-chrétien Action Populaire et fut président de la Junte provinciale de la Réforme agraire.

Dès le début de la guerre civile de 1936, on lui retira sa licence d’avocat et on lui confisqua sa maison. Arrêté, il fut mis en prison et porté sur le Capitán Segarra, comme l’autre martyr Juan José Vivas-Pérez Bustos ; à son épouse qui venait le voir, il dit : Je pardonne de tout mon cœur à tous ceux qui m’ont offensé. Le 15 août, jour de l’Assomption, un escadron des FAI (Fédération Anarchique Ibérique) l’emmena avec d’autres compagnons pour les exécuter sur la plage de La Garrofa.

Le corps de Luis, jeté à la mer, fut retrouvé sur la plage de Zapillo, à 6 kilomètres de là, deux mois plus tard.

Martyrisé le 15 août 1936 et béatifié en 2017, Luis Belda Soriano de Montoya sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 15 août.

 

 

Juan Francisco Barahona Martín

1902-1936

 

Juan Francisco vit le jour le 10 janvier 1902 à Sobradillo (Salamanque, Espagne).

Entré chez les Capucins, il prit le nom de Alejandro, revêtant l’habit en 1918, faisant profession en 1919 et il fut ordonné prêtre en 1926.

Lors des hostilités de 1936, il était Gardien au couvent d’El Pardo (Madrid), où les Religieux se croyaient suffisamment en sécurité, sur la parole du colonel.

Le 20 juillet, ils entendirent le canon qui détruisait El Cuartel de la Montaña, puis virent les flammes qui envahissaient Madrid.

Le 21 juillet, des centaines de miliciens attaquèrent le couvent et tirèrent par toutes les fenêtres, au moment du déjeuner ; il y avait jusqu’à deux cents personnes présentes dans le couvent.

Avec des larmes, le père Alejandro implora la vie sauve pour les plus jeunes séminaristes en les accompagnant à l’orphelinat du village, d’où ils purent gagner ensuite Valencia et même la France.

Ce fut ensuite un long calvaire pour les Religieux.

Les miliciens voulaient les pendre aux arbres voisins ; ils en furent empêchés. On conduisit les Religieux au sous-sol de la caserne de El Pardo ; le 23 au soir, à la Direction Générale de la Sécurité (Madrid) ; ils étaient là plusieurs centaines.

On les libéra quelques jours après, et le père trouva refuge dans une famille.

On l’arrêta à nouveau le 15 août et il rejoignit ce jour-là la Très Sainte Vierge Marie au ciel.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Joan Prats Gibert

1903-1936

 

Né le 26 octobre 1903 à Selva del Camp (Tarragone), Joan fut baptisé le 1er novembre suivant, en la fête de Tous les Saints, et confirmé en 1909. Il était le sixième des huit enfants de Antonio et Milagros.

Enfant de chœur, il lui arrivait d’aller à l’église très tôt le matin, avec sa sœur María.

En 1916, il entra au postulat clarétain de Barbastro, puis à celui de Vich. Il fit le noviciat à Cervera, qui s’acheva avec la profession le 15 août 1921.

Il fit les études de philosophie à Cervera et y commença aussi la théologie ; il continua au séminaire de Barbastro, puis à celui de Vich, où il était aussi organiste.

Des appréciations de ses supérieurs, on remarqua que Joan tenait beaucoup à sa vocation sacerdotale et missionnaire, qu’il parlait bien, qu’il avait une imagination vive, et qu’il n’était pas toujours à l’heure…

Joan reçut tous les ordres dans l’année 1928. On rappellera seulement qu’il reçut le diaconat des mains d’un évêque du Mexique, exilé par le gouvernement de Calles. Joan fut ordonné prêtre en décembre 1928.

En 1929, il eut la faveur d’être exempté du service militaire. On l’envoya passer la licence de Droit à Rome (qu’il eut avec la deuxième meilleure note) et qu’il compléta avec la thèse de doctorat en 1932.

Son père lui suggérait d’attendre que la situation en Espagne s’arrangeât, mais Joan rentra au pays dès septembre 1932. Il gagna Cervera, où il devait enseigner le droit canon, tout en continuant des études à propos du droit catalan. Il se déplaça aussi à Barcelone pour traduire en italien le récit d’un miracle attribué au fondateur des Clarétains, Mgr Antonio María Claret (v. 24 octobre). Il faisait aussi des traductions d’articles italiens en catalan.

En 1934, moururent ses deux sœurs María et Dolores, et son père en 1935.

Le 21 juillet 1936, il fallut évacuer la maison de Cervera. Le p.Prats s’achemina vers plusieurs localités et espérait gagner La Selva del Camp, pour y retrouver sa mère et sa sœur, mais il dut s’arrêter à Viñalets, avec deux autres Frères convers. Là, des parents purent le rejoindre, mais hésitèrent à emmener les trois Religieux, par peur d’être découverts. On conseilla au p.Prats de se déguiser en mendiant, mais il préféra se faire passer pour un domestique et rester là en attendant la volonté de Dieu. Les parents repartirent donc le 9 août. On suppose que c’est leur chauffeur qui dénonça le p.Prats.

De fait, des envoyés du Comité vinrent l’arrêter le matin du 15 août (anniversaire de sa profession en 1921). On l’embarqua. En chemin, les envoyés s’arrêtèrent pour manger, mais le Père se sentait mal et vomissait ; l’un d’eux lui lança : Ça se voit, qu’il se sent mal, mais ça va vite lui passer !

Arrivés à San Guim, ils firent subir un interrogatoire au Père, qui leur demanda d’être transféré au Comité de La Selva ; ils lui dirent qu’il fallait payer ; le Père leur répondit qu’il avait de l’argent à Viñalets : on y retourna, le Père distribua l’argent et fut reconduit à San Guim. On le trompa en lui disant qu’on allait le conduire à La Selva : à Montmaneu, on s’arrêta et on fusilla le Père, puis on fit brûler son corps. Le chef de la troupe s’évanouit alors, tandis que les autres arrosèrent cela à grands coups de bouteilles d’alcool. Le père Prats allait sur ses trente-trois ans.

Tandis que différents articles datent ce martyre au 17 août, les relations de la congrégation clarétaine parlent du 15 août, date apparemment préférable.

Martyrisé le 15 août 1936 et béatifié en 2017, Joan Prats Gibert sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 15 août.

Joan Baptista Ceró Cedó

1908-1936

 

Il naquit le 20 octobre 1908 à Flix (Ribera d’Ebre, Tortosa, Espagne), de Pere et Victorina, et fut baptisé trois jours après ; il reçut la Confirmation l’année suivante, comme c’était la coutume. Il avait un frère, Josep, et une sœur, Teresa.

A cinq ans, il servait déjà la messe, et manifestait le désir de devenir prêtre.

Il reçut la Première communion en 1916.

Il étudia cinq années au séminaire de Tortosa, puis continua à celui de Tarragona.

Arriva la proclamation de la république, en 1931, et Madame Cedó exprima à son fils sa crainte que les prêtres fussent persécutés, à quoi Joan Baptista répondit : Quel bonheur pour une mère, d’avoir un fils martyr du Christ !

Justement cette année-là, il fut ordonné prêtre et célébra la première Messe solennelle le 2 juillet (alors, fête de la Visitation).

En octobre, il fut nommé vicaire à Bráfim (Alt Camp).

En 1932, il recevait le doctorat et se voyait nommé à Cornudella (Priorat), en 1934 à Sarral (Conca de Barberá).

Cette année-là, le 6 octobre, il passa toute la nuit dans un coin de l’église, serrant le Saint Sacrement contre sa poitrine, pour le consommer à temps au cas où il risquerait d’être profané.

Puis il fut nommé à Pla de Santa María (Alt Camp).

Il aimait s’occuper des enfants, des jeunes ; il se passionnait pour la catéchèse ; heureux et fier de son sacerdoce, il leur disait que, s’il devait naître à nouveau, il serait prêtre.

La révolution éclata en 1936. Le 19 juillet, il se trouvait à Valls et disait : Demain, j’irai encore célébrer et prêcher le soir, même au risque de ma vie. Il y alla donc mais, par prudence, passa la nuit dans la ferme d’un paysan de l’endroit.

Le 6 août, après qu’on ait assassiné le recteur, don Pau Virgili, il vint à Barcelone, retrouver deux prêtres qu’il connaissait bien, don Agustí Ibarra et un autre prêtre (peut-être Josep Rovira Camps).

Sa mère vint le voir avec son autre fils et le supplia : Fais tout le possible pour te sauver. Et lui : Si je devais nier que je suis de prêtre pour me sauver, je ne le ferai pas ; jamais je ne le nierai. Et d’ajouter : Peut-être que nous ne nous verrons plus ; restez tranquilles, il ne vous arrivera rien. A son frère enfin : S’ils me demandent si je suis prêtre, je ne pourrai répondre que par l’affirmative, je ne leur ferai pas de réponse ambiguë.

Le 15 août, en fin d’après-midi, un groupe de miliciens vint perquisitionner. On lui posa la fameuse question, s’il était prêtre. Il répondit : Oui, je le suis.

Les miliciens les emmenèrent tous les trois, et les assassinèrent en pleine nuit sur la route de Ganduxer. On retrouva le cadavre de Joan Baptista à l’hôpital : il avait une blessure d’arme à feu à la tête.

Ces trois prêtres fêtèrent l’Assomption au ciel !

Don Josep Rovira Camps, qui était d’un autre diocèse, ne fait pas partie du groupe de martyrs béatifiés avec don Joan Baptista et don Agustí, qui furent béatifiés en 2013.

 

 

Luis Ros Ezcurra

1910-1936

 

Il vit le jour le 30 avril 1910 à Lezáun (Navarre, Espagne).

Entré à l’Ecole apostolique de la Congrégation des Sacrés-Cœurs (Pères de Picpus) à Miranda de Ebro, il y fit ensuite le noviciat et la profession le 15 août 1929, avec le nom de Mario.

Très discret, très sincère, il disait lui-même naïvement qu’il ne savait pas mentir.

Ordonné prêtre le 21 juillet 1935, il fut incorporé au Collège de Madrid, d’où il dut partir en juillet 1936 pour se réfugier dans une pension appartenant à un de ses oncles.

Au soir du 14 août 1936, on vint l’arrêter dans la pension en question pour lui faire subir une sorte de jugement, durant lequel il affirma qu’il appartenait à la congrégation des Sacrés-Cœurs et qu’il était prêtre.

On retrouva son cadavre le 15 août 1936 aux environs de Madrid, le visage complètement défiguré par les balles ; ce sont ses oncles qui le reconnurent.

Ce jeune martyr de vingt-six ans avait été fusillé au jour anniversaire de sa profession et n’avait qu’à peine plus d’une année de sacerdoce.

Le père Mario fut béatifié en 2013.

 

 

Francisco Castán Meseguer

1911-1936

 

Francisco vit le jour le 1er février 1911 à Fonz (Huesca, Espagne).

Son frère, Fernando, fut aussi martyrisé près de Cervera (mais ne semble pas faire partie d’une cause de béatification).

Francisco entra au collège des Pères Clarétains à Vic, comme Frère convers.

Il aida les communautés de Játiva, Solsona, Alagón, enfin Barbastro. C’est là que, portier, il sonna la cloche pour appeler tous les membres à descendre dans l’entrée de la maison.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Francisco signa la lettre commune des Martyrs Clarétains à la Congrégation avec ces mots : Vive Dieu ! Je n’avais jamais pensé être digne d’une grâce si grande.

Il fut martyrisé avant ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro, le jour de l’Assomption, 15 août 1936, à vingt-cinq ans.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Agustí Ibarra Anguela

1911-1936

 

Agustí était né le 2 mars 1911 à Alió (Alt Camp, Catalogne, Espagne), de Isidre et Dionisia, et fut baptisé le 8 suivant.

Il fut ordonné prêtre le 2 décembre 1934, et fut nommé vicaire à la paroisse Saint-Jean de Tarragona, où était curé le bon Miquel Grau Antolí, futur martyr lui aussi.

Le jeune prêtre se donna avec grand enthousiasme à la catéchèse des enfants de la paroisse.

Il payait de sa poche l’entretien des enfants pauvres à la colonie d’été de Salou. Quand on lui objectait que c’était trop pour lui et sa famille, il répondait : J’ai assez d’une paire de chemises ; si je suis malade, j’aurai les portes ouvertes de l’hôpital.

A l’occasion de la fête de Notre-Dame du Carmel (16 juillet 1936), il fut invité à prêcher dans son pays natal. On a conservé ses propres lignes, que voici :

Le droit triomphera toujours. L’idéal chrétien ne peut mourir ni s’écrouler. La vérité catholique est et sera. C’est pourquoi je suis dans une position imprenable. Mon droit triomphera, la vérité que je défends se redressera, mon droit s’imposera. La cause de l’Eglise, c’est ma cause, et j’aurai la victoire. Ce n’est pas moi qui triompherai, ni nos droits personnels, ni un idéal privé ou particulier, ni une vérité quelconque que je pense incarner ; la vérité du Christ et de ses droits, voilà ce qui triomphera, c’est l’idéal du christianisme, qui ne mourra pas. Mon échec apparent, ma mort elle-même, ne pourront être - quel bonheur ! - que le prélude d’une sainte victoire. Et si j’avais une chose à te demander, bon Jésus, ce serait cela : que mes ennemis m’humilient, qu’ils soient vainqueurs, qu’ils me tuent, à condition qu’ils soient à leur tour humiliés et vaincus par ta cause. Je défendrai cet idéal ; c’est cette vérité et ce droit qui triompheront, après ma mort. Espérons ! Mon bon Jésus, si tu me faisais cette grâce, je t’en remercie d’avance. Espérons ! Merci !

On peut imaginer l’atmosphère du sanctuaire où le jeune prêtre prononça ces mots pleins d’enthousiasme et de conviction. Une ardeur juvénile qui traduit la volonté totale de la personne. Plus d’une fois il avait déclaré aux siens : Jamais je ne nierai ma condition sacerdotale ; s’ils m’interrogent, je ne me défendrai pas, même au prix de ma vie.

Aux premiers jours du mois d’août, Agustí passa à Barcelone, où il retrouva deux autres confrères.

C’est le 15 août que Dieu appela Agustí : les trois prêtres furent arrêtés vers six heures du soir, par des miliciens qui leur demandèrent s’ils étaient prêtres, question à laquelle ils répondirent tous les trois par l’affirmative, clairement et résolument.

Ils partirent sans opposer la moindre résistance ou protestation que ce soit et ils furent fusillés quelques instants plus tard. Le soir, leurs cadavres étaient à l’hôpital de Barcelone, pour être reconnus par les familles.

Agustí Ibarra Anguela, empourpré de son sang, rejoignit ainsi Marie, Reine des Martyrs, au soir de la fête de l’Assomption, le 15 août 1936. Il fut béatifié en 2013.

 

 

 

Faustino Pérez García

1911-1936

 

Faustino vit le jour le 30 juillet 1911 à Barindano (Navarre, Espagne).

Il entra au collège des Pères Clarétains à Alagón, et fut ensuite à Cervera, Vic, Solsona, encore Cervera et enfin Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

C’est Faustino qui rédigea la lettre commune des Martyrs Clarétains à la Congrégation.

Dans le camion qui emmenait les Martyrs au lieu d’exécution, il cria tellement et si souvent Vive le Christ Roi !, que les miliciens lui enfoncèrent le crâne à coups de canon de fusil, avant même de parvenir à destination.

Jeune clerc, il fut donc martyrisé avant ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro, le jour de l’Assomption, 15 août 1936, peu après son vingt-cinquième anniversaire.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

José Figuero Beltrán

1911-1936

 

José vit le jour le 14 août 1911 à Gumiel del Mercato (Burgos, Espagne).

Il entra au collège des Pères Clarétains à Alagón, et fut ensuite à Cervera, Vic, Solsona, enfin Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

José signa la lettre commune des Martyrs Clarétains à la Congrégation avec ces mots : Je pardonne à mes ennemis.

Jeune clerc, il fut martyrisé avant ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro, le jour de l’Assomption, 15 août 1936, lendemain de son vingt-quatrième anniversaire.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

José Blasco Juan

1912-1936

 

José vit le jour le 2 janvier 1912 à Játiva (Valencia, Espagne).

Il entra au collège des Pères Clarétains à Alagón (Saragosse), et fut ensuite à Cervera, Vic, Solsona, Cervera à nouveau, enfin Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

José signa une lettre commune des Martyrs Clarétains, où il ajouta ces mots : Je meurs pour la Congrégation et pour les âmes !

Jeune clerc, il fut martyrisé avec ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro le jour de l’Assomption, 15 août 1936, à vingt-quatre ans.

Il fut béatifié en 1992.

 

Eduardo Ripoll Diego

1912-1936

 

Eduardo vit le jour le 9 (ou le 6 ?) janvier 1912 à Játiva (Valencia, Espagne).

Il entra au collège des Pères Clarétains à Alagón (Saragosse), et fut ensuite à Cervera, Vic, Solsona, Cervera à nouveau, enfin Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Eduardo signa une lettre commune des Martyrs Clarétains, où il ajouta ces mots : Vive le Christ Roi et le Cœur de Marie !

Jeune clerc, il fut martyrisé avec ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro le jour de l’Assomption, 15 août 1936, à vingt-quatre ans.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Lluís Lladó Teixidor

1912-1936

 

Lluís vit le jour le 12 mai 1912 à Viladàsens (Girona, Espagne).

Il entra au collège des Pères Clarétains à Cervera, et fut ensuite à Alagón, Barbastro, Vic, Solsona, Cervera à nouveau et encore Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Lluís signa une lettre commune des Martyrs Clarétains, où il ajouta ces mots : Vive le bon Père Claret {leur Fondateur, v. 24 octobre), apôtre et ouvrier !

Jeune clerc, il fut martyrisé avec ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro le jour de l’Assomption, 15 août 1936, à vingt-quatre ans.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Lluis Masferrer Vila

1912-1936

 

Lluís vit le jour le 9 juillet 1912 à San Vicente de Torelló (Barcelone, Espagne).

Il entra au collège des Pères Clarétains à Cervera, et fut ensuite à Vic, Solsona, Cervera à nouveau, enfin Barbastro.

Il reçut l’ordination sacerdotale le 19 avril 1936, trois mois avant l’insurrection qui mit à feu l’Espagne.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Lluís signa une lettre commune des Martyrs Clarétains, où il ajouta ces mots : Vive le Cœur de Marie, ma Mère, et le Christ Roi, mon Rédempteur !

Il fut martyrisé avec ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro le jour de l’Assomption, 15 août 1936, quand il n’avait que vingt-quatre ans et pas même quatre mois de sacerdoce.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Lluís Escalé Binefa

1912-1936

 

Lluís vit le jour le 18 septembre 1912 à Fontarella (Lleida, Espagne).

Il entra au collège des Pères Clarétains à Cervera, et fut ensuite à Vic, Solsona, Cervera à nouveau, enfin Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Lluís signa une lettre commune des Martyrs Clarétains, où il ajouta ces mots : Vivent les Martyrs !

Jeune clerc, il fut martyrisé avec ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro le jour de l’Assomption, 15 août 1936, à un mois de son vingt-quatrième anniversaire.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Josep Maria Badía Mateu

1912-1936

 

Josep Maria vit le jour le 30 septembre 1912 à Puigpelat (Tarragona, Espagne).

Son père était employé aux Chemins de fer.

Josep Maria entra au collège des Pères Clarétains à Cervera, et fut ensuite à Vic, Cervera à nouveau, enfin Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Josep Maria signa une lettre commune des Martyrs Clarétains, où il ajouta ces mots : Victoire au Cœur de Jésus et au Cœur de Marie !

Jeune clerc, il fut martyrisé avec ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro le jour de l’Assomption, 15 août 1936, quand il n’avait pas même vingt-quatre ans.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Rafael Briega Morales

1912-1936

 

Rafael vit le jour le 24 octobre 1912 à Saragosse (Espagne), jour où l’on fêtait alors saint Raphaël.

Il entra au collège des Pères Clarétains à Alagón (Saragosse), et fut ensuite à Cervera, Vic, Solsona, Cervera à nouveau, enfin Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Rafael signa une lettre commune des Martyrs Clarétains, où il ajouta ces mots : Vive le Cœur de Marie !

Jeune clerc, il fut martyrisé avec ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro le jour de l’Assomption, 15 août 1936, à pas même vingt-quatre ans.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Alfons Sorribes Teixidó

1912-1936

 

Alfons vit le jour le 17 décembre 1912 à Rocafort de Nálech (Lleida, Espagne).

Il entra au collège des Pères Clarétains à Cervera, et fut ensuite à Barbastro, Cervera, Vic, Solsona, Cervera à nouveau, enfin Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Alfons signa une lettre commune des Martyrs Clarétains, où il ajouta ces mots : Vive le bienheureux père Claret ! {leur Fondateur, v. 24 octobre}.

Jeune clerc, il fut martyrisé avec ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro le jour de l’Assomption, 15 août 1936, à vingt-trois ans.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Manuel Martínez Jarauta

1912-1936

 

Manuel vit le jour le 22 décembre 1912 à Murchante (Navarre, Espagne), et fut sans doute baptisé le 25, recevant le nom de l’Emmanuel.

Il entra au collège des Pères Clarétains à Alagón, et fut ensuite à Cervera.

Après sa profession comme Frère convers, il fut à Alagón et Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Manuel signa une lettre commune des Martyrs Clarétains, où il ajouta ces mots : Vive la religion catholique !

Il fut martyrisé avec ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro le jour de l’Assomption, 15 août 1936, à vingt-trois ans.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Francesc Roura Farró

1913-1936

 

Francesc vit le jour le 1er (ou le 13 ?) janvier 1913 à Sords de Cornellà (Girona, Espagne).

Il entra au collège des Pères Clarétains à Cervera, puis à Vic, Solsona, Cervera à nouveau, enfin Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Francesc signa une lettre commune des Martyrs Clarétains, où il ajouta ces mots : Vive la Catalogne Catholique !

Jeune clerc, il fut martyrisé avec ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro le jour de l’Assomption, 15 août 1936, à vingt-trois ans.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

José María Amorós Hernández

1912-1936

 

José María vit le jour le 14 janvier 1913 à Puebla Larga (Valencia, Espagne).

Son père était employé aux Chemins de fer.

José María entra au collège des Pères Clarétains à Alagón et fut ensuite à Cervera, Vic, Solsona, Cervera à nouveau, enfin Barbastro.

Déjà prisonnier, il n’eut que le temps d’émettre sa profession dans les mains du père Secundino Ortega (v. 13 août)

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

José María signa une lettre commune des Martyrs Clarétains, où il ajouta ces mots : Vive le Cœur de Jésus !

Jeune clerc, il fut martyrisé avec ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro le jour de l’Assomption, 15 août 1936, quand il n’avait que vingt-trois ans.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Sebastià Riera Coromina

1913-1936

 

Sebastià vit le jour le 13 mai (ou octobre ?) 1913 à Ribas de Freser (Girona, Espagne), anniversaire de l’apparition de Notre-Dame à Fatima.

Il entra au collège des Pères Clarétains à Cervera, puis à Barbastro, Vic, Solsona, Cervera à nouveau, enfin Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Sebastià signa une lettre commune des Martyrs Clarétains, où il ajouta ces mots : Vive le Cœur Immaculé de Marie !

Jeune clerc, il fut martyrisé avec ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro le jour de l’Assomption, 15 août 1936, à environ vingt-trois ans.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Miquel Masip González

1913-1936

 

Miquel vit le jour le 8 juin 1913 à Llardecans (Lleida, Espagne).

Il entra au collège des Pères Clarétains à Cervera, et fut ensuite à Alagón, Barbastro, Vic, Solsona, Cervera à nouveau, enfin Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Miquel avait une sœur religieuse qui, durant la traversée de l’Atlantique, prit soin d’un malade ; ce dernier, devenu milicien, proposa à Miquel la liberté, par reconnaissance, mais Miquel refusa d’obtenir une grâce pour lui seul, comme le firent Salvador Pigen Serra et Manuel Torras Sais (v. 13 août).

Il signa une lettre commune des Martyrs Clarétains, où il ajouta ces mots : Pour Dieu, lutter jusqu’à la mort.

Jeune clerc, il fut martyrisé avec ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro le jour de l’Assomption, 15 août 1936, à vingt-trois ans.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Juan Mesonero Huerta

1913-1936

 

Juan vit le jour le 12 septembre 1913 à Rágama (Salamanque, Espagne), de Vicente et Ceferina, qui le firent baptiser le 28 septembre ; il fut confirmé en 1923.

En 1925, Juan entra au Petit séminaire d’Ávila, passa au Grand et fut ordonné prêtre le 6 juin 1936.

Il se distingua par ses dons en peinture, mais surtout pour sa piété, y compris durant les jours de vacances dans son pays.

Le 3 juillet 1936, il fut nommé curé-économe de El Hornillo, où il arriva le 11. Courageusement, il resta dans sa petite paroisse jusqu’au 3 août.

Les communistes s’en prirent à lui, lui arrachèrent les clefs de l’église, l’empêchant de célébrer.

Le tout jeune prêtre se réfugia dans une maison de paroissiens, où il organisa la prière du chapelet, évitant de se manifester au-dehors pour ne pas provoquer les ennemis de l’Eglise.

L’après-midi du 15 août, fête de l’Assomption de Marie, il entendit dans la rue un jeune garçon débiter des insultes contre la religion, et tenta gentiment de lui faire changer d’avis. Mais le garçon alla trouver les révolutionnaires, accusant le prêtre de l’avoir menacé avec un pistolet. La réaction de ces derniers, avec le père du garçon, fut immédiate : ils se rendirent armés à la maison où habitait le jeune curé, tirèrent des balles contre les fenêtres et exigèrent de voir don Juan.

On lui conseillait de fuir par derrière, mais il se présenta lui-même, pour éviter des ennuis à la famille. On l’emmena au Comité au milieu des insultes et des blasphèmes, pour le «juger».

On le déshabilla, on se moqua de lui. On retourna à la maison pour rechercher son arme, qui n’existait pas. On le fit déambuler de-ci de-là pieds-nus, tiré par une corde comme une bête, battu, bousculé, insulté.

Certains voulaient le fusiller sur la place, d’autres préférèrent le conduire à Arenas de San Pedro. Il faisait nuit, et l’on n’a pas pu retrouver tous les détails du martyre de don Mesonero. On retrouva son cadavre au lieu-dit Puente Pelayo, entre Arenas de San Pedro et Poyales del Hoyo, où il resta sans sépulture pendant plusieurs jours.

Don Juan Mesonero mourut le 15 août 1936, un mois avant son vingt-troisième anniversaire, après deux mois et demi de sacerdoce. Il fut béatifié en 2013.

 

 

 

 

 

 

Juan Baixeras Berenguer

1913-1936

 

Juan vit le jour le 21 novembre 1913 à Castellterçol (Barcelone, Espagne).

Il eut deux frères Clarétains également, dont Miquel, qui fut martyrisé dès le 25 juillet 1936.

Juan entra au collège des Pères Clarétains à Cervera, et fut ensuite à Alagón, Solsona, Cervera à nouveau, enfin Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Juan signa une lettre commune des Martyrs Clarétains, où il ajouta ces mots : Vive les Saints Cœur de Jésus et de Marie !

Jeune clerc, il fut martyrisé avec ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro le jour de l’Assomption, 15 août 1936, quand il n’avait pas même vingt-trois ans.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Agustín Viela Ezcurdia

1914-1936

 

Agustín vit le jour le 4 avril 1914 à Oteiza de la Solana (Navarre, Espagne).

Il entra au collège des Pères Clarétains à Alagón, puis Cervera, et fut ensuite à Vic, Solsona, Cervera de nouveau et enfin Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Agustín signa une lettre commune des Martyrs Clarétains, où il ajouta ces mots latins : Domine, dimitte illis (Seigneur, pardonne-leur).

Jeune clerc, il fut martyrisé avec ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro le jour de l’Assomption, 15 août 1936, à vingt-deux ans.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Ramón Illa Salvia

1914-1936

 

Ramón (Raymond) vit le jour le 23 août 1914 à Belibís (Lleida, Espagne). On trouve aussi la date du 12 février 1914 (?).

Il entra au collège des Pères Clarétains à Cervera, et fut ensuite à Vic, Solsona, enfin Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Ramón signa une lettre commune des Martyrs Clarétains, où il ajouta ces mots : Merci et gloire à Dieu pour toutes choses !

Jeune clerc, il fut martyrisé avec ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro le jour de l’Assomption, 15 août 1936, huit jours avant ses vingt-deux ans.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Josep Maria Ros Florensa

1914-1936

 

Josep Maria vit le jour le 29 octobre 1914 à Els Torms (Lleida, Espagne).

Il entra au collège des Pères Clarétains à Cervera, et fut ensuite à Vic, Solsona, enfin Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Josep Maria signa une lettre commune des Martyrs Clarétains, où il ajouta ces mots : Vive le monde ouvrier catholique !

Jeune clerc, il fut martyrisé avec ses dix-neuf jeunes Compagnons à Barbastro le jour de l’Assomption, 15 août 1936, peu avant ses vingt-deux ans.

Il fut béatifié en 1992.

Riccardo Granzotto

1900-1947

 

Riccardo naquit le 23 août 1900 à Santa Lucia di Piave (Treviso, Italie), dans un foyer tout simple, où l’avait précédé un grand frère.

Après l’école communale, il travailla avec son aîné, maçon, puis fit un long service militaire vers la fin de la Première guerre mondiale.

Doué pour le dessin et la scupture, il fit de brillantes études à l’Académie des Beaux-Arts de Venise.

En 1930, il remporta un concours national pour une statue de Joueur de foot, qui devait être érigée au Foro Mussolini à Rome, mais la statue n’arriva jamais à terme, car Riccardo refusa nettement d’adhérer au parti fasciste. Cependant diverses œuvres de lui se trouvent dans l’église de son pays, ou de sa région.

Riccardo alors «rencontra» Jésus au Tabernacle. Il n’eut d’yeux que pour Lui et demanda à son curé de pouvoir rester en adoration toute la nuit dans l’église. Il disait : Si Jésus est là, et qu’il est Tout, où veux-tu que j’aille ?

C’est ainsi qu’il entra chez les Franciscains, mais pas pour être prêtre ; seulement pour être Frère Convers, humblement, et aider la communauté dans les tâches quotidiennes ; il prit le nom de Claudio.

Il continua à sculpter, et ses statues semblèrent vraiment avoir été inspirées d’En-haut.

Il resta très attaché à l’Eucharistie, et restait longtemps en prière devant le Tabernacle ; il semble que, durant ses nuits d’adoration, il ait eu des extases. Au moins une fois, il reconnut candidement avoir vu Jésus-Christ.

Au terme de la Deuxième guerre mondiale, il s’offrit à Dieu pour obtenir des temps meilleurs. Il fut frappé d’une douloureuse tumeur au cerveau et expira, comme il l’avait annoncé, le jour de l’Assomption, 15 août 1947.

Il fut béatifié en 1994.

 

Armida Barelli
1882-1952

Armida naquit le 1er décembre 1882 à Milan (Italie).
Elle n’était pas particulièrement orientée vers la sainteté, sa famille, de condition bourgeoise, étant plutôt indifférente à la religion.
Mais on voulut donner à Armida une «bonne formation» et on la plaça chez les Ursulines, puis chez les Sœurs de la Sainte-Croix : c’est d’elles qu’Armida reçut la foi chrétienne.
En grandissant, elle ne se sentait appelée ni au mariage, ni à la vie religieuse ; aussi choisit-elle une voie «de milieu» : elle resta dans le monde, mais en se consacrant à Dieu ; en 1909, elle fit le vœu de chasteté. Alors, les événements vont s’enchaîner providentiellement.
En 1910, Armida rencontra un prêtre, don Agostino Gemelli, qui orienta prudemment Armida vers le Tiers-Ordre franciscain, et lui suggéra de s’occuper des prisonniers et des orphelins.
Cette première mission produisant de bons fruits, le cardinal archevêque de Milan (v. 2 février) confia à Armida le lancement de la Jeunesse Féminine de l’Action Catholique, à Milan. Ce fut un grand succès, dont le pape lui-même (Benoît XV) apprit la bonne nouvelle : en 1918 il étendit ce mouvement à toute l’Italie, et Armida s’en trouva la présidente : elle allait le rester jusqu’en 1946 !
Mais le père Gemelli avait encore d’autres projets, et s’adressa encore à Armida pour le seconder : ce fut la fondation de l’Institut des Missionnaires de la Royauté du Christ (1919), de l’Université Catholique du Sacré-Cœur (1921).
Dès 1927, Armida parcourut l’Italie pour exhorter tous les fidèles catholiques à travailler à reconnaître l’importance du Christ-Roi en toute la société : petits et grands, jeunes et adultes, ouvriers et ouvrières, paysans, étudiants, tous pouvaient et devaient placer le Christ-Roi comme modèle dans leur vie.
Armida fut atteinte dans sa santé : des crises de paralysie l’immobilisèrent et la firent beaucoup souffrir : elle offrait ces souffrances pour le succès de son apostolat.
Elle s’éteignit chez les siens à Marzio, le 15 août 1952, en la fête de l’Assomption de Marie dont le dogme venait d’être proclamé en 1950.
Le miracle examiné pour la prochaine béatification d’Armida concerne une cycliste italienne de soixante-cinq ans renversée par un camion en 1989 ; alors qu’on lui prévoyait d’importantes séquelles, sa famille invoqua Armida, elle se remit totalement de sa commotion cérébrale et mourut… en 2012.
Armida sera béatifiée en 2022, et inscrite au Martyrologe le 15 août.

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13 août 2022 6 13 /08 /août /2022 23:00

14 AOUT

 

   

S Démétrius, martyr à Sirmium.

S Félix, évêque, martyr à Gardumo.

IV. 

S Ursicinus (Ursicius), soldat martyr en Illyrie.

S Eusebius, prêtre romain, enfermé pendant des mois dans une chambre basse, à cause de sa foi.

S Marcel, évêque à Apamée et martyr.

VI.    

S Fachanan, évêque et abbé en Irlande.

VIII.    

S Werenfrid, prêtre missionnaire à Westervoort et Elst.

X.    

B Eberhard, premier abbé à Einsiedeln.

XI.    

S Arnoult, chevalier, moine, abbé contre son gré, évêque malgré lui à Soissons.

XIV.    

B Giansante Brancorsini d'Urbino, devenu frère convers franciscain après avoir blessé à mort un adversaire ; il obtint la grâce de souffrir à l'endroit où il avait blessé sa victime, et un ulcère à la cuisse le tourmenta jusqu'à la fin ; miracles nombreux avant (?) et après sa mort ; son corps fut préservé de la corruption.

XV.    

S Antonio Primaldi, martyr avec huit-cents autres habitants de Otranto : n'ayant pas voulu renier leur foi, ils furent tous exécutés par les Turcs et leurs corps, quoique non ensevelis pendant plusieurs mois, restèrent sans corruption ; ils ont été canonisés en 2013.

XVII.    

SS Domingo Ibañez de Erquicia, prêtre espagnol, et Franciscus Shōemon, novice japonais, dominicains, martyrs au Japon, béatifiés en 1981 et canonisés en 1987, fêtés avec s. Laurent Ruiz le 28 septembre.

XIX.    

Bse Elisabetta Renzi, d'abord augustine à Petrarubbia, fondatrice des Sœurs de la Vierge des Douleurs à Rimini, pour l'éducation des jeunes filles des milieux pauvres, béatifiée en 1989.

B Michael McGivney, prêtre américain, fondateur des Chevaliers de Colomb, béatifié en 2020.

XX.    

Bx martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, Vicente Rubiols Castelló et Félix Yuste Cava (*1874, 1887) ;

- béatifiée en 2007 :

Carmélites : près de Barcelone, Maria de Puiggraciós Badia Flaquer (M. Patrocinio de s.Joseph, *1903) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Jocund Bonet Mercadé et Andreu Prats Barrufet (*1875, 1886) ; près d’Ávila, José García Librán (*1909) ;

Capucins : les prêtres Joaquín Frade Eiras (Berardo, *1878), près de Lugo ; Segundo Pérez Arias (Ildefonso, 1874), Ángel de la Red Pérez (Arcángel, *1882), près de León ; les convers Basilio González Herrero (Alejo, *1874), près de León, et Ezequiél Prieto Otero (Eusebio, *1885), aux Asturies ;

Carmes de l’Ancienne Observance : près de Cordoue, les convers Antonio María Martín Povea et Pedro Velasco Narbona (*1887, 1892) ;

Lazaristes : aux Asturies, le prêtre Ricardo Atanes Castro (*1875) ;

Lasalliens : près de Valencia, Patricio Gellida Llorach (Rafaél José, *1871) ;

- béatifiés en 2020 :

Diocésains : près de Cordoue, Antonio Luque Jurado (*1874) ;

Dominicains : près de Ciudad Real, les sept prêtres Natalio Camazón Junquera, Manuel Fernández-Herba Pereira, Ángel Marina Álvarez, Luis Suárez Velasco, Antonio Trancho Andrés, Eduardo Sáinz Lantarón, Pedro López Delgado (*1873, 1878, 1890, 1897, 1900, 1906, 1909) ; les deux clercs Francisco Santos Cadierno et Sebastián Sáinz López (*1913, 1915) ; les trois convers Arsenio de la Viuda Solla, Ovidio Bravo Porras, Dionisio Pérez García  (*1880, 1908, 1912) ; le novice Fernando García de Dios (*1916).

    

S Rajmund Kolbe (Maksymilian, 1894-1941), franciscain polonais, à l'origine de la Milice de l'Immaculée, de la revue Le Chevalier de l'Immaculée (plus d'un million d'exemplaires) et de Niepokalanow (Cité de l'Immaculée), en Pologne et au Japon ; mort à Auschwitz, achevé d'une injection mortelle, après s'être offert à la place d'un co-détenu condamné au bunker de la faim, béatifié en 1971, canonisé en 1982.

Ursicinus d’Illyrie

? 300

 

Ursicinus était fort probablement un soldat, et se trouvait en Illyrie lorsqu’il fut martyrisé.

Son culte, local, passa à Milan et de là à Ravenne.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 14 août.

 

 

Marcel d’Apamée

? 390

 

Marcel  pouvait être originaire de Chypre. 

Il se maria et eut des enfants.

Par la suite, il devint évêque d’Apamée en Syrie (auj. Qal`at al-Madhīq), peut-être le quatrième sur ce siège.

Son souci majeur fut de faire disparaître l’idolâtrie, recourant le cas échéant aux voies de fait, en détruisant ou en faisant détruire les temples païens.

C’est ainsi qu’il se trouva avec sa petite troupe autour d’un temple de Zeus qu’il voulait abattre. Retenu par la maladie de la goutte dont il souffrait, il se tenait un peu à l’écart des opérations. Survinrent quelques païens qui n’appréciaient pas beaucoup la destruction de leur temple : ils se ruèrent sur l’évêque et le jetèrent dans un brasier.

On croit pouvoir situer ce martyre vers 390.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Les enfants de Marcel voulurent poursuivre les assassins. Le clergé leur rappela qu’il ne convenait pas aux descendants d’un Martyr de se venger.

Le Martyrologe Romain mentionne Marcel d’Apamée au 14 août.

 

 

Eusebius de Rome

? 4e siècle

 

L’histoire de ce Personnage reste énigmatique.

Saint homme de son état, il avait fondé vers la fin du 4e siècle une église qui, d’église d’Eusebius devint l’église Saint-Eusebius.

Le brave Eusebius devint finalement un prêtre, fidèle au pape, persécuté par l’empereur arien Constance, enfermé dans une chambre basse pendant plusieurs mois, au terme desquels il rendit son âme à Dieu.

Cette belle histoire ne rencontre pas l’approbation des historiens et nous laisse bien perplexes : Eusebius, prêtre martyr ou pieux donateur ? Ou les deux ?

Le Martyrologe Romain le mentionne au 14 août.

 

 

Fachanan de Ross

† 600

 

Fachanan (ou Fachtna) vécut au sixième siècle, en Irlande.

On sait de lui qu’il fonda un monastère à Ros Ailithir (Cork), et qu’il y fut abbé-évêque.

Il mourut vers 600.

La «cathédrale» de Ross est la plus petite de l’Irlande, elle ressemble à une jolie petite église de campagne. La ville actuelle de Rosscarbery s’appelle en irlandais Ros Ó gCairbre.

Saint Fachanan de Ross est commémoré le 14 août dans le Martyrologe Romain.

 

Arnoult de Soissons

1040-1087

 

Arnoult naquit en 1040 à Audenarde (act. Oudenaarde, Flandre, Belgique) de Fulbert, descendant des seigneurs d’Audenarde, et de Pamela, descendante des seigneurs de Namur.

Arnoult est aussi nommé Arnulf (du latin Arnulphus).

Son parrain, un autre Arnoult, l’empêcha d’étudier pour lui barrer la route ecclésiastique, et le poussa dans la chevalerie. Arnoult s’y distingua assez pour être surnommé le Fort.

Insatisfait de cette vie mondaine et militaire, il feignit de vouloir se rendre à la cour de France, mais se retira au monastère bénédictin Saint-Médard de Soissons. Non content d’avoir quitté le monde, il fut encore plus heureux de «succéder» à un moine qui y vivait en reclus : ce moine, Eremboldus, était un compatriote ; Arnoult s’y attacha et, à sa mort, intégra la «cabane» : il s’y creusa une fosse où il se tenait habituellement, imperturbable sous l’eau qui tombait du toit de l’église. Il y resta trois années et demie sans parler, mais on parla de lui et des novices affluèrent, attirés par sa sainteté, de Flandre mais aussi d’Angleterre.

En 1072, Arnoult fut élu abbé ; malgré le choix de l’ensemble des moines, il chercha à échapper à la charge en s’enfuyant, mais fut contraint de se plier à la volonté divine. Son administration fut aussi active qu’efficace.

Il paraît que c’est lui qui eut l’idée de brasser la bière : en portant l’eau à ébullition, on détruisait les microbes, puis l’alcool et le houblon permettaient une bonne conservation. Mais l’invention pourrait aussi revenir à Arnoul de Metz.

Arnoult avait cependant quelques opposants, dans le monastère ou à l’extérieur. On se moqua de son attachement à la pauvreté monastique. Une machination arriva aux oreilles du roi, qui le convoqua pour l’envoyer à son armée. Arnoult comprit, se démit de sa charge, et rejoignit sa cellule de reclus.

En 1081, il fut à nouveau appelé par Dieu à sortir de sa solitude, car il fut élu évêque pour le siège de Soissons. Mais il eut la «joie» d’avoir un «concurrent» et, dès 1084, il déposa sa charge épiscopale. Un autre version affirme que le roi lui-même, Philippe Ier, l’empêcha d’entrer dans sa ville.

Chargé par le pape d’une mission pacificatrice auprès du comte de Flandre, il sut par sa douceur convaincre totalement le prince et ses sujets. Il fonda alors l’abbaye Saint-Pierre à Oudenburg.

C’est dans cette abbaye qu’il mourut, le 14 août 1087.

La poussière recueillie près de sa tombe servit de remède efficace : les miracles se vérifièrent. En 1121, les reliques de l’Evêque furent, selon la terminologie ecclésiastique, élevées solennellement, ce qui équivalait à une canonisation.

 

 

Giansante Brancorsini d’Urbino

1343-1394

 

Giansante (Jean-Saint) naquit en 1343 à Montefabbri (Urbino, Marches, Italie CE), de Giandomenico Brancorsini et Eleonora Ruggeri.

Après l’école supérieure d’Urbino, il commença la carrière militaire.

En 1362, provoqué en duel par un parent, il se défendit et blessa mortellement l’agresseur à la jambe. 

Décontenancé, il abandonna le monde et se retira comme Convers chez les Frères Mineurs de Scotaneto (Montebaroccio), dans un esprit de réparation, de pénitence, de prière, avec une grande dévotion envers l’Eucharistie et la Vierge Marie.

Il fut maître des novices.

Pour marquer encore davantage sa volonté d’expier sa faute de jeunesse, il demanda à Dieu (et obtint) de souffrir sur son corps à l’endroit même où il avait blessé son adversaire. Il souffrit désormais d’une douloureuse plaie à la cuisse droite, qui ne put jamais guérir.

Des miracles eurent lieu dès son vivant, certains attribués au monde des Fioretti : il obligea un loup, qui avait dévoré son âne, de le remplacer et le loup devint son fidèle serviteur (ceci rappelle l’histoire de saint Hervé, v. 17 juin) ; il servit la soupe pour tout le réfectoire, alors que la soupière venait de tomber à terre, répandant le précieux contenu ; il fit trouver en plein hiver des cerises bien mûres au jardin, car il en avait bien besoin dans sa dernière maladie.

Il mourut à Montebaroccio le 14 août 1394, jour où le mentionne le Martyrologe Romain.

Son culte fut approuvé en 1770.

 

 

Martyrs d’Otranto

† 1480

 

 

1. Situation géographique

 

Otranto est une petite ville à l’extrême pointe du talon de la botte italienne, dans la province des Pouilles, canton de Lecce. L’Albanie se trouve en face du canal d’Otrante, à environ 70 km.

La position d’Otranto en fit un port important entre Orient et Occident, et la ville devint un centre byzantin autant que normand, angevin et aragonais. Témoin de ces dominances est la cathédrale, construite au 11e siècle.

 

2. Situation historique

 

Le 28 juillet 1480, une énorme armée turque, provenant de Valona et conduite par Gedik Ahmed Pacha, se présenta sous les murs d’Otrante. On ne sait pourquoi les Turcs avaient besoin d’assiéger cette ville où ne vivaient que de braves gens.

La ville résista autant qu’elle put, mais le combat était très inégal : les Turcs, avec leur ravitaillement, avaient environ dix-huit mille hommes, tandis qu’Otrante n’en abritait que quelques milliers, assiégés et donc affamés.

Le 29 juillet, sous le bombardement effréné des Turcs, les habitants laissèrent le bourg pour se réfugier dans la citadelle. Les Turcs se ruèrent sur les lieux abandonnés, pillant et volant.

Gedik Ahmed Pacha proposa aux défenseurs de se rendre, mais ils refusèrent. Les bombardements reprirent jusqu’au 11 août, où les Turcs réussirent à s’emparer du château.

Ce fut un massacre organisé. Tous les hommes de plus de quinze ans furent tués ; les femmes et les enfants furent réduits en esclavage.

D’après certains récits, sur les vingt-deux mille habitants, douze mille furent massacrés et cinq mille réduits en esclavage, mais les historiens doutent que la ville pût abriter plus de six mille âmes, ce qui augmente encore plus l’infériorité de ceux-ci en face de l’envahisseur.

Pendant ce massacre, huit cents personnes environ se réfugièrent avec l’évêque, Stefano Agricoli, dans la cathédrale. Gedik Ahmed Pacha ordonna aux chrétiens de renier leur foi et d’adhérer à l’Islam. Sur le refus catégorique des Otrantins, sans aucun respect pour le lieu saint, les Turcs entrèrent dans la cathédrale, firent prisonniers les huit cents chrétiens qui s’y trouvaient, et y installèrent leurs chevaux.

Le vénérable évêque fut décapité et dépecé à coups de cimeterres ; sa tête fut embrochée sur une pique et portée par les rues de la ville dans un simulacre de procession.

Le commandant de la garnison, Francesco Largo, fut scié vivant.

Le tailleur Antonio Pezzulla, dit Primaldi, qui avait convaincu ses compatriotes de ne pas adhérer à l’Islam, fut un des premiers exécutés.

Le 14 août, Gedik Ahmed Pacha fit attacher le reste des survivants et les fit traîner au col de la Minerva, où il en fit décapiter plusieurs centaines, au moins huit cents, sous les yeux de leurs proches.

Il paraîtrait qu’alors un certain Bersabei, de l’armée turque, impressionné par le courage des Otrantins mourant pour leur foi, aurait ouvertement renié l’Islam et, pour ce fait, aurait été empalé par ses compagnons d’armes. 

Non contents d’avoir réduit à rien la forteresse d’Otrante et massacré tant d’innocents, les Turcs complétèrent leur besogne en détruisant un monastère proche, San Nicola di Casole, qui abritait la plus vaste bibliothèque de l’époque en Occident, avec une célèbre école.

Quatorze mois après, en octobre 1481, les Aragonais, sous la conduite d’Alfonso d’Aragon, reprirent Otranto. Ils retrouvèrent les corps des Martyrs, miraculeusement indemnes bien qu’étant restés sans sépulture aussi longtemps.

En 1771, les Martyrs d’Otrante furent béatifiés.

En 2013, le pape François procéda à la canonisation d’Antonio Primaldi et de ses huit-cents concitoyens.

Ces Martyrs d’Otranto sont commémorés au Martyrologe le 14 août.

 

 

Antonio Primaldi

† 1480

 

Voir la notice des Martyrs d’Otranto.

 

 

Domingo Ibáñez de Erquicia

1589-1633

 

Né vers 1589 à Régil (San Sebastián, Guipuzcoa, Espagne), Domingo entra chez les dominicains.

En 1605 il fit la profession et fut envoyé en 1600 aux Philippines.

Il travailla avec un grand zèle comme missionnaire dans la province de Panganisan, puis fut nommé professeur de théologie au collège de Saint-Thomas.

En 1623, il fut envoyé au Japon, où la persécution était déjà très violente. Pendant dix années, le père Domingo ne s’épargna pas pour conforter et encourager les Chrétiens persécutés.

Recherché activement par les autorités, trahi par un apostat, finalement capturé en juillet 1633, il fut emprisonné à Nagoya avant d’être transféré à Nagasaki.

Avec lui fut arrêté aussi un laïc, Franciscus Shōemon, qui aidait le père Domingo. Il faisait la catéchèse et traduisait les textes en japonais, car la persécution ne permettait pas au père Domingo de faire l’apprentissage de la langue. Durant le temps de la prison, le père Domingo reçut Franciscus comme Frère coopérateur dans l’Ordre dominicain.

Ayant fermement refusé de renier leur foi, ils furent soumis à la torture appelée ana-tsurushi :  suspendus par les pieds, la tête et le buste dans une fosse remplie d’immondices et fermée par des planches de bois à hauteur de leur ceinture ; les suppliciés étaient ainsi comme asphyxiés d’une part par le sang qui s’accumulait dans leur tête, d’autre part par l’odeur insupportable qui émanait de la fosse.

C’était sur la colline Nishizaka à Nagasaki, le 13 août.

Leur agonie dura ainsi jusqu’au lendemain et ils rendirent leur âme à Dieu le 14 août 1633.

Ils furent béatifiés en 1981 et canonisés en 1987.

Liturgiquement, ils sont fêtés le 28 septembre, avec saint Lorenzo Ruiz.

 

 

Franciscus Shōemon

?-1633

 

Ce saint homme laïc fut un vaillant auxiliaire du père Domingo Ibáñez de Erquicia, qu’il accompagna dans son apostolat, dans sa captivité, et dans son martyre.

On ne sait de lui ni sa date ni son lieu de naissance, mais on sait qu’il fut fidèle.

Il faisait la catéchèse et traduisait les textes en japonais, car la persécution ne permettait pas au père Domingo de faire l’apprentissage de la langue. Durant le temps de la prison, le père Domingo reçut Franciscus comme Frère coopérateur dans l’Ordre dominicain.

Ayant fermement refusé de renier leur foi, ils furent soumis à la torture appelée ana-tsurushi :  suspendus par les pieds, la tête et le buste dans une fosse remplie d’immondices et fermée par des planches de bois à hauteur de leur ceinture ; les suppliciés étaient ainsi comme asphyxiés d’une part par le sang qui s’accumulait dans leur tête, d’autre part par l’odeur insupportable qui émanait de la fosse.

C’était sur la colline Nishizaka à Nagasaki, le 13 août.

Leur agonie dura ainsi jusqu’au lendemain et ils rendirent leur âme à Dieu le 14 août 1633.

Ils furent béatifiés en 1981 et canonisés en 1987.

Liturgiquement, ils sont fêtés le 28 septembre, avec saint Lorenzo Ruiz.

 

 

Maria Elisabetta Renzi

1786-1859

 

Née à Saludecio (Rimini, Italie) le 19 novembre 1786 dans une famille aisée, Maria Elisabetta reçut le prénom de la Sainte du jour, sainte Elisabeth de Hongrie, qu’on fêtait alors le 19 novembre (elle est aujourd’hui fêtée le 17 novembre).

Son père, Giambattista Renzi, était expert ; sa mère était d’une famille noble de Urbino. Maria Elisabetta avait un frère aîné, Giancarlo, et une jeune sœur, Dorotea.

En 1791, la famille s’établit à Mondaino et la petite fille fut confiée aux Clarisses. Elle y recevra la Première Communion.

En grandissant, elle se montrait souvent comme recueillie, silencieuse.

En 1807, elle désira entrer chez les Religieuses agostiniennes de Pietrarubbia, un couvent très isolé dans une région très froide, où la postulante se sentait parfaitement à l’aise et heureuse. Mais le couvent fut supprimé par le décret anticlérical de l’empereur Napoléon en 1810, et Elisabetta fut contrainte de revenir chez ses parents.

Il s’ensuivit une longue période de réflexion et de recherche. 

En 1813, mourut sa sœur Dorotea. En 1821, Elisabetta fit une chute de cheval, qui lui sembla être un signe de Dieu.

Son directeur spirituel la rassura et l’orienta vers Coriano, où se trouvait une école pour les filles pauvres. Elle s’y rendit, et y rencontra Maddalena di Canossa, une autre fondatrice, qui lui suggéra d’assumer la direction de cette école. Sans tarder, l’évêque la nomma supérieure de cette petite communauté.

Devenir supérieur expose toujours à des épreuves inattendues, et Elisabetta eut les siennes, qu’elle supporta avec courage. 

Dès 1828, elle élabora une sorte de règle de vie pour des femmes qui apprendraient à se détacher du monde et à vivre selon l’esprit de la croix.

Elle en vint à fonder, en 1839, la congrégation des Maîtresses Pies de l’Addolorata, toujours à Coriano (Rimini), qui sera canoniquement érigée par l’évêque la même année. Maria Elisabetta s’y consacra avec dix compagnes en août 1839.

Par la suite, d’autres communautés virent le jour à Sogliano al Rubicone, Roncofreddo, Faenza, Cotignola, Savignano sul Rubicone, Mondaino. Les Maîtresses Pies sont aujourd’hui présentes sur tous les continents. En marge de la congrégation, s’est développé le Mouvement Pour l’Alleluia (MPA, qui reproduit les initiales des Maîtresses Pies de l’Addolorata), où des laïcs s’engagent à vivre le même idéal dans leur vie quotidienne.

Elisabetta Renzi mourut le 14 août 1859 et fut béatifiée en 1989.

 

Michael McGivney
1852-1890


Michael naquit le 12 août 1852 à Waterbury (Connecticut, USA), de parents irlandais émigrés.
En 1868, il commença le séminaire à Saint-Hyacinthe (Québec) et en 1873 passa au séminaire St.Mary’s de Baltimore (Maryland, Etats-Unis).
Il dut cependant interrompre momentanément sa préparation sacerdotale pour retourner à la maison, où venait de mourir son père ; il devait s’occuper de ses frères et sœurs.
En 1877, il fut ordonné prêtre.
Vicaire à la paroisse Saint Mary de New Haven, il fonda en 1882 une organisation masculine dont le but était de venir en aide aux veuves et aux orphelins ; c’étaient les Knights of Columbus ou Chevaliers de Colomb.
Nombreux étaient en effet les hommes victimes des mauvaises conditions de travail, dans les mines, les chemins de fer, les usines ; accidents, maladies, surmenage entraînaient souvent les hommes à une mort prématurée : leurs veuves et leurs enfants étaient dans une grande misère. Il faut aussi rappeler que ces ouvriers, catholiques, étaient à l’époque mal vus par les responsables, en grande partie protestants.
L’abbé McGivney se dépensait au service de tous les malheureux ; il visitait les prisons. On a cité le cas d’un jeune condamné à mort de vingt-et-un ans, qui retrouva la paix et la foi grâce à l’amitié de l’abbé McGivney et affronta la mort avec courage, tandis que le prêtre en pleurait de douleur.
Victime probablement d’une pneumonie, il s’éteignit à Thomaston (Connecticut), le 14 août 1890 : il venait d’accomplir trente-huit ans.
Michael McGivney a été béatifié en 2020, et sera inscrit au Martyrologe le 14 août.

Le miracle retenu pour sa béatification, fut la guérison inexplicable d’un bébé proche de la naissance, atteint d’hydrops foetal, une maladie mortelle. Les parents, renonçant à l’avortement, recoururent à l’intercession de Michael McGivney.


Les Chevaliers de Colomb s’engageaient à apporter tout le réconfort possible à ces victimes innocentes de la société d’alors. L’Œuvre se développa dans de nombreux états. En 1895, le Saint-Siège reconnaissait «cette splendide organisation catholique». En 1897, elle passa au Canada, puis gagna le Mexique, Panama, Cuba, les Philippines. Les Chevaliers furent très actifs durant la Première Guerre mondiale, secourant les blessés quels qu’ils fussent, Blancs ou Noirs ; le Pape les invita à ouvrir des centres à Rome (ils existent toujours). Ce furent aussi les Chevaliers qui alertèrent le Pape de la persécution des Chrétiens au Mexique en 1926. La Deuxième Guerre mondiale leur donna encore l’occasion de montrer leur esprit de charité. Plus tard, on les rencontra aux côtés des Noirs, des victimes de tremblements de terre, des Sœurs de Mère Thérèse de Calcutta, et tout récemment dans le cadre de la pandémie du coronavirus.
Ils sont aujourd’hui deux millions, constituant la plus grande association laïque catholique au monde.

 

 

 

Dorotea Llamanzarez Fernández

1870-1936

 

Dorotea naquit le 6 février 1870 à Cerezales del Condado (León, Espagne), de Agustín Llamanzarez et Francisca Fernández. Ce jour-là se fête sainte Dorothée, dont elle reçut le nom, trois jours après au Baptême.

Elle entra dans la Congrégation des Sœurs Missionnaires de la Mère du Divin Pasteur en 1896, où elle fit la profession et prit le nom de Gertrudis.

Elle eut la mission d’être portière, c’est-à-dire responsable de l’accueil. Tous ceux qui la connurent en conservèrent une profonde impression pour sa discrétion et sa délicatesse.

Au début de la guerre civile, elle se réfugia avec d’autres Religieuses dans un appartement, dont les voisins se plaignirent d’avoir trop de moniales près d’eux. Aussi changea-t-elle d’endroit, mais des miliciens vinrent l’arrêter avec l’autre Religieuse et le prêtre qui se trouvaient là.

On les fit monter dans un camion qui partit pour une pinède sur la route de la Hortaleza. On les fit alors descendre, on les tortura, et on les attacha au camion, qui continua de rouler jusqu’à Hortaleza. Les trois corps arrivèrent ainsi complètement déchiquetés, ils furent ensuite piétinés et profanés.

On retrouva ces corps le 14 août, laissant supposer que le martyre avait eu lieu la veille, 13 août 1936.

La tête de la Martyre portait une large blessure à la tête, causée - on ne sait - ou par le déplacement sur la route, ou par un coup d’arme à feu.

La Sœur Gertrudis fut béatifiée en 2013.

 

 

Patricio Gellida Llorach

1871-1936

 

Il vit le jour le 16 mars 1871 à Benicarló (Castellón, Espagne) et fut, probablement, baptisé dès le lendemain, fête de saint Patrick, dont il porta le nom.

Il avait déjà vingt-six ans, quand il entra au noviciat lasallien de Bujedo ; il prit l’habit avec le nom de Rafaél José. C’était en 1897.

En 1899 il commença son apostolat à Voltregá, puis Santa Madrona, Colunga, Tortosa, Cambrils.

En 1908, il revint à Voltregá, où il resta quatorze ans, avant de passer à Roquetas et d’être nommé directeur à l’école de Tarragona en 1909, pendant dix ans, puis à l’internat jusqu’en 1933.

Cette année-là, il fut envoyé à Bonanova, mais il fut frappé d’hémiplégie. Il ne s’en remit pas et resta infirme les trois années de vie qui lui restaient. Il se retira à San Feliu de Guixols.

Lors de la révolution de 1936, le maire recommanda aux Frères de partir, car il se voyait impuissant à contenir la fureur des révolutionnaires.

Les Frères rejoignirent la proche communauté de Farnés, mais se virent obligés de partir de là aussi. Rafaél José décida de rejoindre sa famille à Benicarló.

Il n’eut que quelques jours de tranquillité. Le 14 août, trois miliciens vinrent l’arrêter avec son cousin, un bon chrétien, employé chez les Piaristes de Barcelone.

Les deux furent emprisonnés, en même temps que leurs compatriotes, les deux Frères (et frères) Ildefonso et Miguel Flos. Les proches de Rafaél lui firent porter un matelas, qui fut refusé car  il n’en avait pas besoin.

Dès le 14 août au soir, semble-t-il (et non le 18), des miliciens emmenèrent les deux cousins Gellida jusque sur la route de Valencia, où ils les assassinèrent.

Un des bourreaux, qu’on appelait El Gallinero, assura qu’ils moururent en criant : Vive le Christ Roi !

Le Frère Rafaél José fut béatifié en 2013.

 

 

Natalio Camazón Junquera

1873-1936

 

Natalio Camazón Junquera naquit le 1er décembre 1873 à Castromocho (Palencia, Espagne).

Au couvent dominicain d’Almagro, il avait fait la profession et reçu le sacerdoce.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il reçut la grâce du martyre à El Picado (Almagro, Ciudad Real), le 14 août 1936.

Natalio Camazón Junquera devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 14 août.

 

 

Vicente Rubiols Castelló

1874-1936

 

Vicente Gregorio était né à Gandía le 13 mars 1874.

Ayant fréquenté le séminaire de Valencia, il fut ordonné prêtre en 1894 (? à vingt ans).

Après divers postes de vicaire, il fut curé de La Pobla Llarga en 1898.

Rempli de zèle apostolique, attentif à soigner la sainte liturgie, généreux, il dédia sa vie à sa paroisse, sans prendre jamais un jour de vacances.

En février 1936, quand s’installa le Front Populaire, il fut obligé de quitter sa paroisse, mais y revint en juin, pour la quitter, définitivement, et se réfugier, discrètement et prudemment, à Picanya.

Des miliciens de La Pobla Llarga vinrent l’arrêter le 14 août et l’emmenèrent sur la route de Valencia.

Au lieu-dit Torre de Espioca, près de Picassent, il arrêtèrent la voiture et firent descendre don Vicente. Le prêtre comprit la situation et leur dit : La seule chose qui me fait de la peine, c’est que vous, que j’ai baptisés, c’est vous qui allez commettre ce crime.

En face des armes, il cria encore : Vive Jésus au Saint Sacrement !

Les miliciens le laissèrent là, dans une position honteuse. Un habitant de son pays le reconnut trois jours après et organisa l’enterrement.

C’était le 14 août 1936, veille de la fête de l’Assomption.

Don Vicente Rubiols Castelló a été béatifié en 2001.

 

 

Segundo Pérez Arias

1874-1936

 

Segundo vit le jour le 2 mai 1874 à Armellada (León, Espagne).

Il fut ordonné prêtre diocésain en 1900.

Après quelques mois comme vicaire de paroisse, il entra chez les Capucins en 1902, avec le nom de Ildefonso, et fit la profession en 1903.

Il fut professeur et prédicateur de missions populaires.

Lors des hostilités de 1936, il fut arrêté avec quatre autres frères dès le 21 juillet et fut enfermé dans l’église des Jésuites.

Il reçut la palme du martyre à Jove (Asturies) le 14 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Basilio González Herrero

1874-1936

 

Basilio vit le jour le 14 juin 1874 à Terradillos (León, Espagne), jour où l’on fêtait alors saint Basile (voir au 2 janvier).

Entré chez les Capucins en 1906, il prit le nom de Alejo et fit la profession en 1907.

Il fut Frère convers.

Lors des hostilités de 1936, il fut arrêté avec quatre autres frères dès le 21 juillet et fut enfermé dans l’église des Jésuites.

Il reçut la palme du martyre à Jove (Asturies) le 14 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

 

Antonio Luque Jurado

1874-1936

 

Antonio Luque Jurado naquit le 18 juin 1874 à Balalcázar (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 15 août 1936 à Balalcázar.

Antonio Luque Jurado sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 15 août.

 

 

Jocund Bonet Mercadé

1875-1936

 

Jocund naquit le 10 mars 1875 à Tarragona (Espagne), de Jocund et Francesca.

Il fut à Cuba, pendant la guerre hispano-américaine.

A son retour en 1900, il fut ordonné prêtre.

Il fut successivement vicaire à la cathédrale, puis curé de paroisse à Reus, où il fera construire la nouvelle église avec toutes ses économies ; l’église sera ensuite consacrée en 1931. Il organisera l’Action Catholique, avec la section de la jeunesse. Plus tard, un de ses assassins lui reprochera d’avoir trop fait d’action catholique.

Le prêtre montra un grand soin et un grand zèle pour tout ce qui touchait le culte et les lieux saints. Il venait en aide aux nécessiteux, avec une grande charité pour le prochain.

Lors de la révolution de 1936, on lui proposa de quitter Reus pour se mettre en lieu sûr, mais il répondit qu’il ne pouvait pas laisser sa paroisse. Il se réfugia seulement chez des paroissiens, priant, veillant, à genoux, les bras en croix.

Le 14 août à une heure du matin, quatre miliciens se présentèrent à son appartement. Arrêté, il les suivit en silence, comme un agneau innocent. On partit pour la route de Falset ; à un croisement, on le fit descendre.

A genoux, le chapelet dans les mains, les yeux levés au ciel, il dit : Pardonne-leur, Seigneur, car ils ne savent pas ce qu’ils font !

Il mourut alors sous les balles, ce 14 août 1936, veille de l’Assomption de Marie.

Don Jocund a été béatifié en 2013.

 

 

Ricardo Atanes Castro

1875-1936

 

Ricardo vit le jour le 5 août 1875 à Cualedro (Orense, Espagne) et fut baptisé le jour-même.

Ses parents étaient de simples cultivateurs, durs au travail.

Il demanda à entrer chez les pères Vincentiens (de la congrégation de la Mission, fondée par saint Vincent de Paul, v. 27 septembre) en 1891 et fut jugé digne d’y être admis dès ses quinze ans.

Il professa en 1893, à Madrid. Il avança au milieu de petites «crises» qu’il dépassait dans la piété, dans l’obéissance, dans l’humble exécution des tâches qu’on lui confiait, comme de balayer la maison ou de nettoyer les plates-bandes.

Après ses études de philosophie et théologie, il fut ordonné prêtre en 1899. Ses Confrères notèrent son esprit hautement spirituel et mystique, son recueillement, sa ferveur dans le culte des plus grands Mystères, sa soumission à la Providence…

Une des dévotions préférées de Ricardo fut Notre-Dame de la Rue du Bac, dont l’apparition à sainte Catherine Labouré (1830) fut reconnue par le Vatican ; en outre, le pape encouragea l’Association de la Médaille Miraculeuse en 1909. Plus tard, il répandit autant qu’il le put l’invocation Ô Marie conçue sans péché, prie pour nous qui avons recours à toi.

On l’envoya d’abord… au Mexique, où il se dépensa sans compter, sans ménager sa santé. Il souffrit de fortes fièvres à Mérida, avant de s’habituer au climat.

En 1909, il ne s’occupa plus que de la catéchèse aux Indios ; en 1914, on l’envoya aux Etats-Unis, d’où il écrivit à son frère, Álvaro : Je te confie que je ne suis ici que pour l’obéissance ; pour tout l’or du monde je n’y resterais pas.

Il se retrouva donc à Fort Worth (Texas), au service de la population d’origine mexicaine ou de langue espagnole.

Les Supérieurs le rappelèrent en Espagne en 1924, pour une période de repos. Ricardo pensait devoir repartir à Fort Worth, mais on l’envoya à Orense, où il n’avait jamais pensé aller, car il s’était bien mis en tête de ne jamais revenir en arrière, dans son pays natal ; tout de même il «céda à la tentation» d’aller prier au sanctuaire de Notre-Dame des Miracles. Il fit si bien qu’on le nomma supérieur de Orense (1928).

Il était parvenu à une grande maîtrise de soi-même : un jour qu’un déséquilibré lui envoya une gifle en pleine figure, il ne répondit pas un mot.

En 1935, on l’envoya à Gijón (Asturies). Il confia qu’il eut à ce moment-là un fort pressentiment que quelque chose de grave allait lui arriver. A une nièce il écrivit : Ici, il y a beaucoup d’ouvriers, et presque tous les jours on parle de révolution ; même les enfants, une fois sortis des collèges, nous taquinent, et nous saluent avec le poing avec un «vive le communisme» ; nous avons des tenues de paysans, que nous n’avons pas encore utilisées… Prie beaucoup pour nous, pour que nous puissions parvenir à la couronne que Jésus nous destine.

La nièce lui répondit en l’invitant chez elle ; le 27 mai 1936, il l’en remercia, préférant toutefois rester là où Dieu l’avait envoyé.

Il ne quitta la maison que sous la contrainte des événements, le 19 juillet 1936 (alors fête de saint Vincent de Paul, qu’on célèbre maintenant le 27 septembre). Il sortit en habits civils, la tête couverte et rejoignit une famille amie. Mais l’ambiance de l’endroit lui fit préférer changer d’endroit et il se réfugia chez d’autres amis. Il commit l’imprudence de regarder dans la rue et on le reconnut.

Arrêté, conduit à la tchéka, insulté et frappé, il eut tout le corps marqué de coups de chaîne de fer ; le sang lui sortait par la bouche.

On l’emmena en «prison» (l’église des Jésuites). Le 14 août 1936, veille de l’Assomption de Notre-Dame, il fut conduit avec trois cents autres prêtres et religieux sur une des collines avoisinantes, où ils furent fusillés.

Don Ricardo fut béatifié en 2013.

 

 

Joaquín Frade Eiras

1878-1936

 

Joaquín vit le jour le 5 avril 1878 à Visantoña (Lugo, Espagne).

Entré chez les Capucins en 1900, il prit le nom de Berardo.

Il fit la première profession en 1901, la solennelle en 1904 et fut ordonné prêtre en 1905.

Il compléta sa formation par un doctorat en philosophie et un diplôme en droit canonique. Puis il enseigna.

Il fut provincial entre 1919 et 1922.

A partir de 1930, il se dédia à la confession à Gijón.

Lors des hostilités de 1936, il fut arrêté avec quatre autres frères dès le 21 juillet et fut enfermé dans l’église des Jésuites.

Il reçut la palme du martyre à Jove (Asturies) le 14 août 1936, après avoir donné l’absolution à tous les autres condamnés.

Quand ils furent abattus dans le cimetière, le père Berardo cria : Vive le Christ Roi !

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Manuel Fernández-Herba Pereira

1878-1936

 

Manuel Fernández-Herba Pereira naquit le 30 septembre 1878 à Lisbone (Portugal).

Au couvent dominicain d’Almagro, il avait fait la profession et reçu le sacerdoce.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il eut la grâce du martyre à El Picado (Almagro, Ciudad Real), le 14 août 1936.

Manuel Fernández-Herba Pereira devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 14 août.

 

 

 

 

 

Arsenio de la Viuda Solla

1880-1936

 

Arsenio de la Viuda Solla naquit le 19 juin 1880 à Valdespino Vaca (León, Espagne).

Au couvent dominicain d’Almagro, il avait fait la profession comme Frère convers.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il reçut la grâce du martyre à El Picado (Almagro, Ciudad Real), le 14 août 1936.

Arsenio de la Viuda Solla devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 14 août.

 

 

Ángel de la Red Pérez

1882-1936

 

Ángel vit le jour le 26 février 1882 à Valdavida (León, Espagne).

Entré chez les Capucins en 1889, il prit le nom de Arcángel.

Il fit la profession en 1900 et fut ordonné prêtre en 1909.

On l’envoya travailler au Vénézuéla entre 1912 et 1926.

Revenu en Espagne, presque aveugle, il se dédia à la confession à Gijón.

Lors des hostilités de 1936, il fut arrêté avec quatre autres frères dès le 21 juillet et fut enfermé dans l’église des Jésuites.

Il reçut la palme du martyre à Jove (Asturies) le 14 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Ezequiel Prieto Otero

1885-1936

 

Ezequiel vit le jour le 19 février 1885 à Saludes (León, Espagne).

Entré chez les Capucins, il prit le nom de Eusebio, revêtant l’habit en 1907 et faisant profession en 1908 comme Frère convers.

Il fut envoyé à Cuba entre 1919 et 1927, comme menuisier et catéchiste.

Il souffrit d’anémie pendant toute une année.

Lors des hostilités de 1936, il fut arrêté avec quatre autres frères dès le 21 juillet et fut enfermé dans l’église des Jésuites.

Il reçut la palme du martyre à Jove (Asturies) le 14 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Andreu Prats Barrufet

1886-1936

 

Andreu naquit le 7 août 1886 à Selva del Camp (Baix Camp, Catalogne, Espagne), de Marià et Dolors, qui le firent baptiser le 17 suivant.

Il reçut l’ordination sacerdotale en 1912.

En 1915, il fut nommé à la paroisse Saint-Michel-Archange de l’Espluga de Francolí et, en 1921, curé de celle du Saint-Sauveur à Pallaresos.

Ses paroissiens le tenaient en grande estime, et même le considéraient comme un saint. Même ses ennemis lui reconnaissaient de grands mérites, tout en le haïssant parce qu’il était prêtre.

Don Andreu faisait chaque jour l’heure sainte d’adoration devant le Saint-Sacrement, le Chemin de la Croix et encore une petite visite d’un quart d’heure près du Tabernacle de la Présence Réelle. Il vivait pauvrement et donnait ce qu’il avait aux gens dans le besoin.

Son église était très propre, scrupuleusement tenue. Le prêtre soignait toutes ses activités, sermons, catéchisme, confessions, visites aux malades, etc. Il ne décidait rien avant d’avoir longuement prié.

Voyant arriver la persécution, il disait à ses Confrères : Nous devons nous préparer au martyre ; je suis sûr que l’heure de notre sacrifice est proche.

Lors de la révolution de 1936, il se trouvait donc à Pallaresos. Le 22 juillet, il fut invité à laisser le presbytère avant les quatre heures de l’après-midi. Il alla voir des amis à qui il dit : Je ne fuirai pas, sauf par la force, pour que mes paroissiens ne puissent pas dire que je les ai abandonnés. L’un d’eux cependant lui objecta que c’était peut-être là de la témérité. Aussi, vers quinze heures, il rassembla dans l’église un bon groupe de fidèles, il les bénit avec le Saint-Sacrement et les quitta avec des mots tout paternels.

Il se réfugia chez un ami. Il pleurait amèrement et priait le chapelet, en voyant le soir le ciel tout éclairé par les flammes de l’incendie de l’église. Il resta là, célébrant la Messe chaque jour.

Le 27 juillet, quelqu’un vint menacer la famille : Je ne sais pas où se trouve le curé, mais s’il est ici, ils l’assassineront ici-même. Aussi le prêtre résolut de partir, à travers champs, pour rejoindre son frère à Selva del Camp. Pendant les trois jours suivants, on lui porta à manger à un endroit appelé la Cogullada, où il passait la journée dans la prière. Il disait : Je suis bien disposé à supporter tout ce que Dieu veut ; si ma mort peut contribuer au triomphe de la foi, qu’il m’advienne ce qu’il y a de mieux. Il finit par arriver chez son frère à la Selva del Camp, où il passait son temps à prier, souvent les bras en croix.

Le 13 août, il se présenta au Comité. On fit savoir à sa belle-sœur qu’on serait obligé de la tuer si le prêtre disparaissait de chez elle sans dire où il allait. A dix heures du soir, deux hommes armés vinrent réclamer le prêtre. Il répondit : J’arrive. Il prit son bréviaire et fut conduit au Comité, où on l’insulta et le maltraita. On décida de le conduire à Reus pour être enregistré.

Il prit congé d’un ami, auquel il dit : Soyez gentils, adieu, au Ciel.

On partit pour Reus. A peine quelques kilomètres plus loin, on lui donna par trois fois l’ordre de crier Vive la République, à quoi il répondit trois fois Vive le Christ Roi !, ajoutant des paroles pour les inviter à la conversion et leur dire qu’il leur pardonnait.

Pour en finir, ils lui tirèrent plusieurs coups, mais de telle façon que le lendemain, le Martyr gémissait encore (c’est pourquoi on trouve la date de son martyre au 13 août, alors qu’il agonisa encore jusqu’au lendemain). On l’avait assassiné pour le seul fait d’être prêtre.

Don Andreu expira le 14 août 1936. Il fut béatifié en 2013.

 

 

Félix Yuste Cava

1887-1936

 

Né à Chulilla (Valencia) le 21 février 1887, de Pascual et Felisa, Félix fréquenta le collège Saint Joseph de Valencia, puis le séminaire.

Très intelligent et pieux, il fut envoyé en 1902 par son archevêque à Rome pour prendre ses grades à l’Université Grégorienne, en philosophie, théologie et droit canonique.

Il reçut le sacerdoce en 1910.

Il eut divers postes de vicaire près de Valencia, à San Miguel de Burjassot, à San Valero de Ruzafa, et de professeur au séminaire.

En 1919 il fut curé de Santa María del Mar.

En 1930, il fut curé de Saint Jean et Saint Vincent, la paroisse la plus importante de Valencia.

Il y développa l’Action Catholique, fonda des écoles paroissiales pour les enfants.

Lors de la révolution de 1936, il dut se cacher chez un de ses frères, avec un autre prêtre. Ils célébraient la Messe ; les miliciens vinrent inspecter plusieurs fois, mais ne trouvèrent pas les Saintes Hosties.

Le 13 août 1936, de nuit, les miliciens vinrent arrêter les prêtres et leur hôte.

Conduits à El Saler, ils furent fusillés tous les trois le lendemain, 14 août, veille de la fête de l’Assomption.

Seul des trois, Don Félix a été béatifié en 2001.

 

 

Antonio María Martín Povea

1887-1936

 

Antonio était né le 27 novembre 1887 à El Saucejo (Séville, Espagne).

Entré chez les Carmes de l’Ancienne Observance, il était au couvent de Hinojosa del Duque (Cordoue), comme Frère portier.

C’est là qu’il reçut la palme du martyre, le 14 août 1936.

Il a été béatifié en 2013.

 

Voir aussi la notice Carmes martyrs à Cordoue 1936

 

 

Ángel Marina Álvarez

1890-1936

 

Ángel Marina Álvarez naquit le 28 mars 1890 à Barruelos de los Carabeos (Santander, Espagne).

Au couvent dominicain d’Almagro, il avait fait la profession et reçu le sacerdoce.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il eut la grâce du martyre à El Picado (Almagro, Ciudad Real), le 14 août 1936.

Ángel Marina Álvarez devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 14 août.

 

 

Pedro Velasco Narbona

1892-1936

 

Pedro était né le 12 octobre 1892 à Minas de Río Tinto (Huelva, Espagne).

Entré chez les Carmes de l’Ancienne Observance, il était au couvent de Hinojosa del Duque (Cordoue).

Encore postulant, c’est là qu’il reçut la palme du martyre, le 14 août 1936.

Il a été béatifié en 2013.

 

Voir aussi la notice Carmes martyrs à Cordoue 1936

 

 

Luis Suárez Velasco

1897-1936

 

Luis Suárez Velasco naquit le 22 septembre 1897 à Pelúgano (Aller, Asturies, Espagne).

Au couvent dominicain d’Almagro, il avait fait la profession et reçu le sacerdoce.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il reçut la grâce du martyre à El Picado (Almagro, Ciudad Real), le 14 août 1936.

Luis Suárez Velasco devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 14 août.

 

 

Antonio Trancho Andrés

1900-1936

 

Antonio Trancho Andrés naquit le 9 décembre 1900 à Becerril de Campos (Palencia, Espagne).

Au couvent dominicain d’Almagro, il avait fait la profession et reçu le sacerdoce.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il reçut la grâce du martyre à El Picado (Almagro, Ciudad Real), le 14 août 1936.

Antonio Trancho Andrés devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 14 août.

 

 

María de Puiggraciós Badía Flaquer

1903-1936

 

Elle naquit à Bigas (Barcelone, Catalogne, Espagne) le 28 août 1903, dernière des cinq enfants d’une famille très chrétienne.

Elle connut les Carmélites de l’Ancienne Observance de Vic et voulut y entrer. Mais la famille, si chrétienne, s’y opposa, et fermement.

María patienta un peu, et finalement décida de quitter la famille, un matin très tôt, pour rejoindre le monastère. Elle avait tout de même vingt-six ans (1929), et avait bien laissé mûrir sa vocation. Une fois entrée au monastère, elle écrivit à sa mère et à ses frères pour expliquer et justifier sa démarche : Je devais le faire, écrivit-elle.

Elle commença le noviciat avec le nom de Sœur María de la Protection de Saint-Joseph et fit la profession solennelle en 1934.

Le 18 juillet 1936, les révolutionnaires hurlèrent aux portes du couvent : il fallait quitter la maison.

Le 21, les religieuses sortirent. C’était la terreur partout. Sœur María : Qu’ils me martyrisent ou me tuent, peu importe… ; mais s’ils viennent me toucher, ça, jamais !

Le 25, elles se réfugièrent chez un Chanoine, bien conscientes de leur prochaine immolation.

Le 13 août, perquisition, interrogatoire : Nous y allons. Il faut du courage ; comme Dieu voudra.

Après deux heures d’interrogatoire, le «président» dit à ses sbires : Prenez cette femme et faites-en ce que vous voulez.

Avec les Carmélites, il y avait un père clarétain et le curé de Artés. A minuit, on les conduisit à la prison, où ils remplacèrent le curé d’Artés par un vieux prêtre de quatre-vingt-neuf ans. Les deux voitures partirent pour la route de Sant Hilari. Au kilomètre quatre, juste devant l’église Sant Martí Riudeperes, les miliciens firent tout un tapage, les deux prêtres furent abattus. Quelques minutes plus tard, une voix féminine criait : Ça, non ! Mille fois mourir plutôt que faire ça !

Les hommes : Mets-toi à courir ! (six ou sept fois, un témoin de l’endroit percevait distinctement tout cela).

Les phares des voitures éclairaient la situation : la pauvre Sœur courait, tandis qu’on lui tirait dessus. Trente mètres plus loin, encore debout, elle cria : Mon Dieu, je suis morte, pardonne-moi !

Elle tomba face contre terre, les mains croisées serrant le crucifix. On lui trouva plus de trente balles dans le ventre.

Un des assassins dira plus tard : Nous avons dépassé les limites avec cette femme. Ah oui, on pourra la proclamer vierge et martyre !

María de la Protection de Saint-Joseph Badía Flaquer reçut la palme du martyre le 14 août 1936 ; elle avait trente-trois ans et fut béatifiée en 2007.

 

 

Eduardo Sáinz Lantarón

1906-1936

 

Eduardo Sáinz Lantarón naquit le 14 novembre 1906 à Renedo de Valdearroyo (Santander, Espagne).

Au couvent dominicain d’Almagro, il avait fait la profession et reçu le sacerdoce.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il reçut la grâce du martyre à El Picado (Almagro, Ciudad Real), le 14 août 1936.

Eduardo Sáinz Lantarón devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 14 août.

 

 

Ovidio Bravo Porras

1908-1936

 

Ovidio Bravo Porras naquit le 13 avril 1908 à Fuenteandrino (Palencia, Espagne).

Au couvent dominicain d’Almagro, il avait fait la profession comme Frère convers.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il reçut la grâce du martyre à El Picado (Almagro, Ciudad Real), le 14 août 1936.

Ovidio Bravo Porras devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 14 août.

 

 

Pedro López Delgado

1909-1936

 

Pedro López Delgado naquit le 9 février 1909 à Nogarejas de Valdería (León, Espagne).

Au couvent dominicain d’Almagro, il avait fait la profession et reçu le sacerdoce.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il reçut la grâce du martyre à El Picado (Almagro, Ciudad Real), le 14 août 1936.

Pedro López Delgado devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 14 août.

 

 

José García Librán

1909-1936

 

Il vit le jour le 19 août 1909 à Herreruela de Oropesa (Tolède, Espagne), de Florentino et Gregoria, très chrétiens.

Après les Petit et Grand séminaires d’Ávila, il fut ordonné prêtre en 1933.

Il exerça le saint ministère à Magazos, Palacios Rubios et Gavilanes.

Au moment de la guerre civile, l‘église paroissiale de don José fut saccagée et le prêtre rejoignit son frère Serafín, étudiant en médecine à Madrid ; se sachant déjà repérés, ils allèrent se cacher dans une maison de campagne. Mais ils furent vite repérés ; ils cherchèrent à s’enfuir en courant, mais furent rattrappés.

C’était le 14 août 1936 dans l’après-midi ; au lieu-dit La Cuesta de Lancho, les deux frères furent immobilisés ; les miliciens dirent à Serafín qu’ils le laissaient partir, s’il voulait, et don José le supplia de se sauver, mais Serafín ne voulut pas se séparer de son cher frère ; il s’adressa aux bourreaux : Préparez vos fusils, nous mourrons embrassés et don José cria Vive le Christ Roi !

Ils eurent le temps de prier un Notre Père et tombèrent sous les balles. Les bourreaux tirèrent les corps vers une barraque pour les laisser à la merci des bêtes.

Don José García a été béatifié avec d’autres prêtres martyrs, en 2013. Son frère Serafín fait partie d’une autre cause, non encore aboutie.

 

 

Dionisio Pérez García

1912-1936

 

Dionisio Pérez García naquit le 7 avril 1912 à Villavilla de Villadiego (Burgos, Espagne).

Au couvent dominicain d’Almagro, il avait fait la profession comme Frère convers.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il reçut la grâce du martyre à El Picado (Almagro, Ciudad Real), le 14 août 1936.

Dionisio Pérez García devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 14 août.

 

 

Francisco Santos Cadierno

1913-1936

 

Francisco Santos Cadierno naquit le 7 mars 1913 à Nogarejas de Valdería (León, Espagne).

Au couvent dominicain d’Almagro, il avait fait la profession et se préparait au sacerdoce.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il reçut la grâce du martyre à El Picado (Almagro, Ciudad Real), le 14 août 1936.

Francisco Santos Cadierno devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 14 août.

 

 

Sebastián Sáinz López

1915-1936

 

Sebastián Sáinz López naquit le 18 janvier 1915 à Villasuso (Santander, Espagne).

Au couvent dominicain d’Almagro, il avait fait la profession et se préparait au sacerdoce.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il reçut la grâce du martyre à El Picado (Almagro, Ciudad Real), le 14 août 1936.

Sebastián Sáinz López devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 14 août.

 

 

Fernando García de Dios

1916-1936

 

Fernando García de Dios naquit le 30 mai 1916 à Sanfelices de Gallegos (Salamanque, Espagne).

Tout jeune novice au couvent dominicain d’Almagro, il en était le benjamin, à vingt ans.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il reçut la grâce du martyre à El Picado (Almagro, Ciudad Real), le 14 août 1936.

Fernando García de Dios devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 14 août.

Rajmund Maksymilian Kolbe

1894-1941

 

Rajmund Kolbe naquit et fut baptisé le 7 (ou le 8 ?) janvier 1894 à Zdunska-Wola près de Lodz en Pologne. Signe providentiel : la titulaire de la paroisse est Marie en son Assomption. Il a un grand frère, Franciszek, et un plus jeune, Józef. Les parents sont Juliusz et Marianna Dabrowska.

La famille se déplace à Lodz, puis Pabianice pour trouver du travail. Là Rajmund fréquente l’école primaire. Ce n’est pas un mauvais garçon, mais il est désordonné, instable, polisson. Sa mère un jour lui lance : Mon pauvre Rajmund, qu’est-ce que je vais faire de toi ?

Déjà frappé en son cœur par cette tristesse maternelle, il a peu après une vision de la Sainte Vierge : celle-ci lui propose de choisir entre deux couronnes : une blanche pour la chasteté et une rouge pour le martyre. Raymund les prit les deux. Mais surtout, son comportement changea complètement, au point que sa mère s’en aperçut et qu’il lui confia son “secret”. 

En 1907, il entre au séminaire des Frères Mineurs Conventuels de Leopoli. D’ailleurs ses deux frères le suivront aussi. Sa vocation sacerdotale mûrit. 

Un moment, il pense quitter cette voie, avec son grand frère, pour s’engager dans une milice de libération de la Pologne. Mais grâce à l’exemple de ses parents qui veulent se donner entièrement au service de Dieu, Raymund comprend son erreur : il avait été tenté. Il se reprend et commence son noviciat chez les mêmes Frères Mineurs en 1910, avec le nom de Maksymilian et émet les premiers vœux en 1911.

Envoyé à Rome au Collège Séraphique pour y parfaire ses études, il fréquente l’Université Pontificale Grégorienne. Il fait la profession solennelle en 1914 sous le nom de Maksymilian Maria, prends les grades de doctorat en philosophie (1915) et en théologie (1919). Il a aussi des intuitions scientifiques : il publie un essaie sur un engin interplanétaire, l’Eteroplan. 

En 1917 on célébrait à Rome deux grand anniversaires : quatre siècles que Luther avait publié sa déclaration, et deux siècles que la Franc-Maçonnerie existait. Un juif devenu Grand Maître de la Maçonnerie, organisa une sorte de procession diabolique où Lucifer piétinait l’Archange saint Michel, tandis qu’on faisait crier à la foule : “Le diable va renverser le Vatican et le Pape sera son esclave”.

Maksymilian voulait réagir. Rempli de zèle pour rénover toute chose dans le Christ par l’Immaculée Vierge Marie, Maksymilian fonda la Milice de l’Immaculée en 1917, invitant ses propres Confrères à s’associer à son effort de diffusion par le don total de soi à l’Immaculée pour devenir un instrument entre ses mains. 

Il reçoit l’ordination sacerdotale en 1918 et célèbre sa première messe en l’église Saint-André-delle-Fratte, à l’autel où peu auparavant le juif Alphonse Ratisbonne avait eu une apparition de la Sainte Vierge et s’était converti.

De retour en Pologne, sa santé l’oblige à passer de longues périodes en sanatorium, mais il se donne tout entier au ministère sacerdotal et, avec l’approbation de l’archevêque de Cracovie, diffuse des formulaires d’inscriptions à la Milice.

En janvier 1922 il publie le journal Le Chevalier de l'Immaculée (Rycerz Niepokalanej), organe de la Milice, qui est approuvée canoniquement à Rome. Les adhésions se multiplient. Dans le couvent de Grodno, il organise tout un centre d’édition pour diffuser son “Chevalier” pour porter l’Immaculée dans les foyers, pour que les âmes, en s’approchant de Marie, reçoivent la grâce de la conversion et de la sainteté.

En août 1927, il fonde Niepokalanow, la cité de l'Immaculée, près de Varsovie où ils seront jusqu'à près de 800 religieux. Il y met en place une maison d'édition et une station de radio (il était lui même radioamateur sous l'indicatif SP3RN), toutes deux destinées à promouvoir la vénération de la Vierge tout particulièrement dans le mystère de l'Immaculée Conception. C’est toute une petite ville qui grouille là, chacun collaborant à l’activité éditoriale, et suscitant beaucoup de vocations religieuses et sacerdotales.

De 1930 à 1936 il passera quelques années au Japon où il vivra le même apostolat. Encouragé par l’évêque à Nagasaki, il réussit à publier en japonais le Chevalier jusqu’à cinquante-mille exemplaires, touchant ainsi des milliers de Japonais qui, d’abord admiratifs, furent ensuite conquis par l’Immaculée et peu à peu amenés à la foi chrétienne. C’est dans les environs proches de Nagasaki que le père Maksymilian fit construire un nouveau couvent à l’imitation du Niepokalanow de Varsovie : Mugenzai no Sono (Jardin de l’Immaculée), où se multiplièrent conversions, baptêmes, vocations religieuses et sacerdotales. Mugenzai no Sono devint noviciat et séminaire philosophico-théologique. Mystérieusement, le père Maksymilian avait choisi le site pour la construction, choix qui se révéla providentiel au moment de l’explosion de la bombe de Nagasaki, qui épargna le couvent.

En 1936, Maksymilian doit retourner en Pologne. C’est là que l’attend sa vocation de martyr.

Niepokalanow atteint son plus haut niveau dans les années 36-39 : jusqu’à un million d’exemplaires pour le Chevalier ! La Milice se répand dans le monde entier : plus de cent-vingt-mille adhérents. Dans le Niepokalanow vivent treize prêtres, dix-huit séminaristes, cinq-cent vingt-sept frères, quatre-vingt deux aspirants, et cent vingt-deux petits séminaristes. Le plus grand monastère du monde !

En 1939, commence la persécution nazie. La police emmène un premier groupe de Frères Conventuels le 19 septembre, à destination du camp de concentration de Amtlitz en Allemagne, puis de Ostrzeszów. Tous sont libres le 8 décembre suivant, fête de l’Immaculée Conception ; ils reprennent comme ils peuvent les activités à Niepokalanow. On y reçoit jusqu’à trois mille réfugiés polonais, dont deux-mille Juifs. 

Si l’imprimerie cesse, on s’oriente vers d’autres activités : on fabrique des montres, des bicyclettes ; il y a une forge, un atelier de couture, un service sanitaire. Tout cela à l’ombre de l’Eucharistie toujours exposée.

Mais la Gestapo les surveille étroitement.

Le 17 février 1941, Maksymilian est arrêté par la Gestapo, mis en prison à Pawiak, puis transféré en mai dans le camp d'Auschwitz, sous le matricule 16670. Les tortures de toutes sortes n’arrêtent pas le témoignage de Maksymilian : partout il transmet l’amour, la douceur, le pardon ; il prie et fait prier.

En juillet 1941, un homme disparaît dans le bloc 14, où se trouve le père Kolbe. Aussitôt, par représailles, les nazis sélectionnent dix hommes de la même baraque qui seront condamnés à mourir de faim et de soif.

Un des condamnés est père de deux petits enfants, et pleure amèrement. Le père Maksymilian s’offre spontanément pour le remplacer, se disant ouvertement prêtre ; le chef nazi se montre très satisfait de l’envoyer à la mort à la place de l’autre. 

Les dix prisonniers sont enfermés dans un bunker souterrain du camp à peine éclairé par des ouvertures étroites. Bien que la faim et la soif poussent les condamnés à la folie de s'entre-tuer, après quelques jours seulement, le prêtre Maksymilian réussit à faire régner le calme et la piété entre les compagnons de cette tragédie au moyen de la prière. Après deux semaines de famine, seul le père Kolbe qui a soutenu et vu mourir tous ses compagnons, est encore miraculeusement en vie. On l’achève d'une injection de phénol dans le bras, au soir du 14 août 1941. Son corps est brûlé le lendemain, 15 août, fête de l'Assomption de la Vierge Marie. 

Maksymilian Kolbe a été béatifié comme confesseur en 1971, et canonisé comme martyr en 1982. Il avait véritablement hérité des deux couronnes, blanche et rouge. Le Martyrologe le mentionne au 14 août, jour où il est fêté partout dans le monde dans l’Eglise catholique.

Saint Maksymilian Maria Kolbe a en outre été proclamé céleste patron des donneurs de sang bénévoles (1999).

Franciszek Gajowniczek, qui survit à la captivité, était présent à la canonisation de son sauveteur en 1982 et décéda en 1995.

En juillet 1998, l'Église d'Angleterre a inauguré une statue de Maksymilian Maria Kolbe sur la porte occidentale de l'abbaye de Westminster, à Londres, en tant qu'élément d'un monument à la mémoire de dix martyrs du XXe siècle.

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12 août 2022 5 12 /08 /août /2022 23:00

13 AOUT

II.

SS Pontien et Hippolyte. Le premier, pape (230-235), exilé en Sardaigne, y mourut des mauvais traitements subis ; s. Hippolyte, premier antipape de l'histoire, se réconcilia avec l'Église et s. Pontien, dont il partagea le sort en Sardaigne.

III.

S Cassianus, maître d'école à Imola, martyr, exécuté par ses propres élèves.

IV.

Ste Vitalina, vierge à Artonne.

VI.

S Antiochus, évêque à Lyon ; il était allé en Egypte visiter son ancien évêque s. Just (cf. 2 septembre).

Ste Radegonde, princesse de Thuringe, épouse de Clotaire Ier, fondatrice à Poitiers d'un monastère qui prit plus tard le nom de Sainte-Croix.

S Junien, abbé à Mairé-Lévescaut.

?

Stes Centolle et Hélène, martyres à Burgos.

VII.

S Maximos le Confesseur, très illustre théologien de Constantinople qui lutta contre le monophysisme et le monothélisme, exilé, torturé avec deux autres Anastase (on leur coupa la langue et la main droite).

VIII.

S Wigbert, anglo-saxon, à qui s. Boniface confia le monastère de Fritzlar.

S Hariulf , évêque à Langres, fondateur du monastère de Elwangen.

IX.

S Swentibold, roi de Lotharingie, autoritaire et emporté, mais pieux.

X.-XI.

SS Ludolphe et Druthmar, abbés à Corvey.

XII.

S Nersès IV, patriarche arménien comme son frère, fervent artisan de l'union entre les églises arménienne et grecque, auteur d'écrits théologiques, poétiques et épiques admirables. 

XIII.

Bse Gertrude, fille de ste Elisabeth de Hongrie, abbesse au monastère prémontré de Altenberg, où elle introduisit la célébration de la fête du Saint-Sacrement.

XVI.

Bx franciscains Patrick O'Healy (évêque) et Conus O'Rourke (prêtre), martyrs irlandais.

B William Freeman, martyr anglais, un moment anglican, mais repenti à la vue d'un martyr à Tyburn ; il entonna le Te Deum en allant au supplice. 

XVII.

S Jan Berchmans, jésuite flamand venu à Rome, exemplaire en toutes choses ; son père devint prêtre après la mort de sa mère.

B Carlo Domenico Cristofori (Marco d'Aviano), capucin italien, actif en Vénétie puis en Pologne et en Germanie ; il eut un rôle prépondérant dans la libération de Vienne le 12 septembre 1683 (à l'origine de la fête du s. Nom de Marie), de Buda et de Belgrade ; il s'était donné le surnom de "médecin de l'Europe", béatifié en 2003. 

XVIII.

S Tikhon de Zadonsk, moine russe très cultivé, évêque à Voronéje, très proche de la spiritualité occidentale, mystique.

B Pierre Gabilhaud, curé en Creuse, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

S Pierre (Bénilde) Romançon, frère des Écoles Chrétiennes en Auvergne.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1992

Clarétains : à Barbastro, le prêtre Secundino Maria Ortega García (*1912) ; les clercs Hilario Llorente Martín et Pedro García Bernal (*1911), Antolín Calvo y Calvo, Antoni Dalmau Rosich, Teodoro Ruiz de Larrinaga García, Xavier Luis Bendrés Jiménez, et Salvador Pigem Serra (*1912), Josep Brengaret Pujol, Esteve Casadevall Puig, Juan Echarri Vique, Ramón Novich Rabionet, Juan Sánchez Munárriz et Josep Ormo Seró (*1913), Joan Codinachs Tuneu et Eusebi María Codina Millá, (*1914), Manuel Torras Sais et Tomás Capdevila Miró (*1915) ; les profès Alfons Miquel Garriga et Manuel Buil Lalueza (*1914) ;

- béatifié en 1995 :

Piaristes : près de Castellón, le prêtre Juan Agramunt Riera (J. des Sacrés-Cœurs, *1907) ;

- béatifiés en 2001 :

Salésiens : à Barcelone, le prêtre José Bonet Nadal (*1875) ;

Capucins : près de Castellón, le prêtre Modesto García Martí (M. de Albocácer, *1880) ;

- béatifiés en 2005 :

Diocésains : près de Lleida, l’organiste Josep Tápies y Sirvant, Francesc Castells Brenuy, le Français Josep Joan Perot Juanmartí, Josep Boher Foix, Pasqual Araguàs Guàrdia, Pere Martret Moles, Silvestre Arnau Pasquët (*1869, 1876, 1877, 1887, 1899, 1901, 1911) ;

- béatifiés en 2007 :

Dominicains : à Madrid, les prêtres Inocencio García Díez et le Mexicain Luciano Hernández Ramírez (Reginaldo) (*1875, 1909) ;

Lasalliens : près de Barcelone Eugenio Cuesta Padierna (Hilarion Eugenio) et Francisco Mallo Sánchez (Francisco Alfredo) (*1912, 1916) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Ramon Artiga Aragonés et Pere Rofes Llauradó (*1880, 1909) ;

Ouvriers du Sacré-Cœur : près de Castellón, Mateo Despóns Tena (*1884) ;

Sœurs Missionnaires : près de Madrid, Dorotea Llamanzarez Fernández (Gertrudis, *1870) ;

- béatifié en 2015 :

Capucins : près de Barcelone, le prêtre Josep Alcina Casas (Agustí, *1907) ;

- béatifiés en 2017 :

Clarétains : près de Valencia, les prêtres José Ignacio Gordón de la Serna et Marceliano Alonso Santamaría (*1902, 1906) ; près de Lleida, le convers Ferran Saperas Aluja (*1905), martyr de la chasteté ;

- béatifié en 2019 : 

Laïcs : près de Barcelone, le médecin catalan Mariano Mullerat Soldevila (*1897) ;

- béatifiés en 2021 : 

Diocésains : près de Cordoue, Julián Rivas Rojano et Andrés Serrano Muñoz (*1878, 1884).

B Jakob Gapp (1897-1943), marianiste autrichien, arrêté par la Gestapo à Hendaye (où il se cachait), guillotiné à Berlin, béatifié en 1996.

Pontianus, pape

230-235

 

Pontianus (Pontien), était le fils du romain Calpurnius. Il fut appelé à succéder à saint Urbain Ier.

Ce dix-huitième pape eut le bonheur de voir la réconciliation du premier antipape de l’histoire, Hippolytus, qui mourut martyr avec lui.

Hippolytus s’était rebellé contre un précédent pape, Callixte Ier. Son agitation lui valut de se faire déporter lui aussi, en compagnie de Pontianus, sur l’ordre de l’empereur, sur l’îlot de Buccina, près de Tavolato en Sardaigne.

Considérant sa situation comme définitive et irrémédiable, Pontianus se désista lui-même, le 28 septembre 235, geste qui poussa Hippolytus à rentrer dans le rang.

Tous deux moururent d’épuisement, réconciliés, et tous deux furent reconnus comme martyrs. D’après le Liber Pontificalis, Pontianus serait mort le 30 octobre 235, mais le Martyrologe réunit les deux ennemis réconciliés le 13 août, anniversaire probable de leur depositio, leur inhumation à Rome, lorsque le pape Fabianus les fit revenir et enterrer, Pontianus au cimetière de Callixte, Hippolytus sur la Voie Tiburtine.

Pontianus avait eu le temps d’ordonner à Rome six évêques, six prêtres et cinq diacres.

Après ce pontificat de cinq ans, c’est Anterus qui lui succéda (quatre mois seulement), suivi par saint Fabianus.

 

 

Hippolytus de Rome

3e siècle

 

Cet Hippolytus était un prêtre romain, fort érudit dans la connaissance de l’Ecriture, et très agressif envers les fauteurs d’hérésies de l’époque.

Dans son zèle implacable, il n’hésitait pas à s’en prendre même à l’autorité des papes, dont il jugeait la doctrine trop faible. Il reprocha particulièrement au pape Calliste sa position trop indulgente à l’égard des pécheurs.

C’est qu’Hippolytus, attaché excessivement à la Tradition, tombait dans une position trop rigoureuse, n’arrivant pas à admettre que des actes d’indulgence ne ruinaient pas l’antique discipline. Il refusait aussi d’admettre des mariages entre matrones romaines et hommes de condition inférieure, alors que depuis les débuts du Christianisme, l’Eglise avait aboli cet esprit de classes. Il essaya aussi de corriger le calcul de la date de Pâques, qui s’avéra très vite défectueux, et fut donc écarté.

Il nous reste cependant un précieux document d’Hippolytus, la Tradition apostolique, qui nous fait connaître les plus anciennes prières liturgiques romaines qui nous soient parvenues.

Quand le prêtre Calliste monta sur le siège de Pierre (217), Hippolytus refusa cette élection et se laissa élire comme évêque de Rome : c’est le premier cas d’antipape dans l’histoire de l’Eglise.

Quand la persécution reprit en 235, on voulut frapper l’Eglise à la tête : le pape Pontien fut relégué en Sardaigne. Mais comme Hippolytus aussi se donnait comme chef de l’Eglise, il fut réuni à Pontianus dans son exil. C’est là que la grâce de Dieu les toucha.

Pontien et Hippolyte se réconcilièrent, démissionnant chacun au profit d’un autre successeur de Pierre, qui pouvait être librement élu à Rome (Anterius ou Anthère, v. 3 janvier).

Ils moururent tous deux dans cet exil et furent tous deux honorés comme martyrs. Pontianus fut enterré avec les papes au cimetière de Calliste, Hippolytus sur la voie Tiburtina, au cimetière qui devait prendre son nom.

C’est cette double translation qui est commémorée aujourd’hui en la fête des deux «papes», le légitime et l’antipape converti, le 13 août.

Le pape Damase, un siècle plus tard, qui travailla tellement pour honorer la mémoire des Martyrs, composa cette très intéressante inscription pour le tombeau d’Hippolyte : 

On raconte qu’Hippolyte, lorsque sévissaient les ordres du tyran,

Fut prêtre et demeura toujours dans le schisme de Novat :

Au temps où le glaive déchira les pieuses entrailles de la mère l’Eglise, 

Alors que, fidèle au Christ, il marchait vers le royaume des saints,

Le peuple lui demanda quelle direction il devait suivre :

Il répondit que tous devaient suivre la foi catholique.

Ainsi il mérita en confessant la foi d’être notre martyr.

Damase rapporte ce qu’il a entendu. Le Christ éprouve tout.

On le comprend, Damase écrit par ouï-dire, mais nous laisse bien entendre qu’Hippolyte était schismatique (Novat est cependant une erreur, car ce schisme éclata quinze ans après la mort d’Hippolyte) et qu’il se réconcilia avec l’Eglise avant de mourir.

Il y eut d’autres Hippolyte. On parle d’un martyr romain ou d’un évêque à Porto «célèbre par son érudition», fêtés aussi au mois d’août. Il semble qu’on ne puisse pas préciser de qui il s’agit, ni s’il s’agit du même que l’antipape. Il y aurait eu un Hippolyte comme gardien de saint Laurent (v. 10 août), converti et baptisé par le saint Diacre. Au 8e siècle, le corps d’un saint Hippolyte - mais lequel donc ? - fut apporté en France et déposé à Saint-Denis.

 

 

Cassianus d’Imola

300

 

Il y avait à Imola (Emilie-Romagne, Italie CN), un maître d’école et professeur de sténographie, nommé Cassianus.

Chrétien, il refusa d’adorer les idoles. On le livra alors à la cruauté de ses élèves qui, de leurs poinçons, écrivirent sur son corps des phrases entières, jusqu’à la dernière goutte de son sang.

Ce pouvait être vers 300-303.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 13 août.

 

 

Antiochus de Lyon

† 410

 

Il fut le seizième évêque de Lyon.

Prêtre, il alla retrouver l’ancien évêque de Lyon, s.Just (v. 2 septembre), qui s’était retiré en Egypte. Il voulait, disait-on, le ramener à Lyon, mais Just lui annonça au contraire qu’il serait à son tour évêque de Lyon, ce qui arriva autour de l’an 400, après Alpinus et Martinus.

En revanche, une fois évêque, Antiochus fit revenir à Lyon les corps de s.Just et de son lecteur, s.Viateur.

Antiochus, qu’on confond parfois avec s.Andéol (v. 1er mai), s’éteignit vers 410.

Saint Antiochus de Lyon est commémoré le 13 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Radegonde de Poitiers

520-587

 

Poitiers fut le témoin de la fondation de Radegonde après les vicissitudes de sa jeunesse. Elle naquit vers 520, croit-on, à Erfurt (Thuringe, Germanie), fille du roi Berthaire qui eut aussi des fils.

Berthaire et son frère Baderic furent assassinés par leur autre frère Hermanfred, qui se fit aider pour ces crimes par les rois francs, fils de Clovis et ste Clotilde (v. 3 juin), Thierry et Clotaire. Radegonde et un de ses frères furent «enlevés». Elle avait trois ans. Mais Thierry et Clotaire se retournèrent ensuite contre la Thuringe et l’envahirent (531).

Clotaire s’éprit violemment de la jeune Radegonde ; il la fit «élever» dans sa villa d’Athies ; la culture de Radegonde semble avoir connu les auteurs latins et grecs.

En 536, Clotaire devenu veuf voulut épouser sa jeune «prisonnière», qui chercha alors à s’échapper et fut rattrappée à Péronne. En 539, un somptueux mariage fut célébré à Soissons, dont on pourrait légitimement douter de la validité, au regard des vrais sentiments de Radegonde. Après cette cérémonie, Clotaire fit don à Radegonde de cette villa d’Athies. Elle y fondera bientôt un hôpital.

Radegonde n’était pas faite pour la vie conjugale ; elle se retirait pour prier, s’absentait pour fuir la mondanité. Le roi maugréait : C’est une nonne que j’ai épousée là !

En 555, la Thuringe s’étant soulevée, Clotaire fit exécuter en représailles le frère de Radegonde, qui se trouvait à la cour. Désormais, Radegonde ne désirait que fuir ce roi meurtrier et ne cherchait plus qu’à se consacrer totalement à Dieu.

C’est le très âgé s.Médard (v. 8 juin) qui lui remit le voile des «vierges», même si l’on doute que Clotaire eût respecté la virginité de son épouse. 

Radegonde ira s’établir d’abord à Saix, où elle s’adonna au soin des lépreux. Pour échapper ensuite à Clotaire qui cherchait à la retrouver, elle se réfugia à Poitiers, près du tombeau de s.Hilaire (v. 13 janvier). Elle établit là un grand monastère dédié à Notre-Dame, où elle fut suivie de nombreuses jeunes filles (552).

Clotaire ne s’avouait toujours pas vaincu, mais il reçut une sévère admonestation de s.Germain de Paris (v. 28 mai), qui le menaça d’excommunication, et mourra en 562.

Au monastère de Notre-Dame, Radegonde se mêlera aux autres Religieuses avec une humilité vraiment royale, balayant, nettoyant les ordures, obéissant comme une petite fille. Une sainte amitié la liera au poète Venance Fortunat (v. 14 décembre).

En 569, elle obtint de Constantinople d’insignes reliques de la Sainte-Croix, qui furent solennellement apportées à Poitiers ; ce fut l’occasion, pour Venance Fortunat, de composer les hymnes Vexilla Regis et Pange, lingua, gloriosi.

Radegonde alla trouver à Arles s.Césaire (v. 27 août), pour en étudier la Règle, qu’elle fit adopter à Poitiers. Le monastère, qui prit le nom de Sainte-Croix, abritera bientôt deux cents moniales.

Quand cette royale Fondatrice mourut, en 587, toutes les moniales la pleurèrent.

Sainte Radegonde est commémorée le 13 août dans le Martyrologe Romain.

En France une vingtaine de localités, et plus encore de sanctuaires, portent le nom de Sainte Radegonde.

 

 

Maximos le Confesseur

580-662

 

Maximos naquit en 580 à Constantinople, de famille fort illustre.

Vers 610, il devint secrétaire de l’empereur Héraclius, mais trois ans plus tard entra au monastère de Chrysopolis.

En 626, devant la menace des Perses, il passa en Egypte (ou à Carthage ?). 

L’Eglise orientale était agitée par la controverse du monophysisme, qui affirmait qu’il n’y avait plus qu’une nature dans la personne du Christ ; successivement, l’erreur avait abouti à celle du monothélisme, selon laquelle le Christ n’avait qu’une volonté. Maximos prit décisivement parti contre l’une et l’autre, et se trouva en opposition avec le patriarche de Constantinople, Pyrrhos. En 645, Maximos eut un débat public avec ce dernier, qui s’avoua vaincu et s’en vint à Rome exposer sa soumission à la doctrine. 

Il est intéressant de noter ici comment l’autorité romaine était vraiment incontestée, et comment on la considérait comme l’expression de la Vérité.

Maxime se montrait ainsi excellemment doué pour exposer une synthèse de l’unique Doctrine catholique. En 649, simple moine, il se trouvait à Rome mais sans participer au concile du Latran, où les prélats adoptèrent ses positions. 

En 653, il fut fait enlever avec le pape s.Martin (v. 13 avril) et conduit à Constantinople.

On a vu que le pape Martin mourut en 655, exilé au fond de la Crimée ; Maximos, pour sa part, subit plusieurs interrogatoires, plusieurs exils.

En 662, on le ramena à Constantinople pour un nouvel interrogatoire, au cours duquel on lui coupa la langue et la main droite. On le renvoya enfin à Schemaris (Lazique, actuelle Géorgie), où il mourut le 13 août 662.

On adjoignit à Maximos deux «compagnons», tous deux nommés Anastasios, l’un moine, l’autre apocrisiaire (envoyé) de Rome, dont il sera question les 22 juillet et 11 octobre.

Mutilé, Maximos n’est pas pour autant considéré comme martyr, puisqu’il n’est pas mort de ces atrocités. Il reste un glorieux Confesseur, qui sut témoigner de la Vérité jusqu’à la mort.

L’œuvre de Maximos est très important, comme le nom de son Auteur. Il y a des commentaires de l’Ecriture et des Pères, des ouvrages de théologie, d’ascétisme, de liturgie.

Citation de saint Maximos : Nous avons été sauvés par la volonté humaine d’une personne divine.

En 2016, on aurait récemment retrouvé les reliques de s.Maximos et de ses deux Compagnons sous l’autel de l’église du monastère de Saint-Maxime à Tsageri (Géorgie) ; on attend les résultats définitifs des analyses en cours.

Saint Maximos le Confesseur est commémoré le 13 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wigbert de Fritzlar

675-747

 

Il était originaire d’une noble famille du Wessex (Angleterre).

Il fut, semble-t-il, moine bénédictin à Glastonbury et, vers 720, rejoignit s.Boniface (v. 5 juin) en Germanie, pour l’apostolat en Hesse et en Thuringe.

Les dates qui suivent ne semblent pas certaines, et l’on en trouve des variantes.

Vers 730, Wigbert construisit un monastère à Ohrdruf et en devint le premier abbé.

En 724, s.Boniface avait construit un monastère à Fritzlar, utilisant le bois du chêne consacré au dieu Thor ; en 734, il appela Wigbert pour en être l’abbé.

C’est vers cette époque que se produisirent deux «signes» extraordinaires, rapportés fidèlement par la tradition : un jour qu’on manquait de vin de messe, Wigbert en «fabriqua» en serrant une mystérieuse grappe de raisin sur le calice, puis il planta devant l’église des grains de raisin, d’où sortit une importante vigne. Une autre fois, un oiseau du ciel vint lui remettre un gros poisson.

Wigbert mourut après une longue et pénible maladie.

Certains pensent qu’il mourut vers 736, d’autres vers 747, à Ohrdruf ou plutôt à Fritzlar. 

Des oiseaux de toutes les couleurs se seraient manifestés par trois fois autour de sa tombe.

Les reliques de Wigbert reposent principalement à Hersfeld, où certains pensent que Wigbert aurait été abbé (au lieu de Fritzlar).

Saint Wigbert de Fritzlar est commémoré le 13 août dans le Martyrologe Romain.

Nersès IV Chnorhali

1102-1173

 

Nersès naquit en 1102 en Arménie, un des fils d’Aboul Djahad, de la famille princière des Pahlavouni. Il fut l’oncle de saint Nersès de Lamprun.

Il étudia dans un monastère de Cilicie et fut ordonné prêtre en 1135, par son frère aîné, Grigor III.

Sacré évêque coadjuteur, il servit fidèlement son frère, s’occupa de la chancellerie, à l’occasion le conseilla et travailla ardemment à l’union des Eglises arménienne et grecque.

En 1166, il succéda à son frère défunt comme catholicos (patriarche) et redoubla ses efforts en vue de l’union. Il montra que les Arméniens n’étaient pas dans l’hérésie monophysite et montra un grand esprit conciliateur sur certaines pratiques, tout cela en vue d’un rapprochement. A cela s’ajouta évidemment un souci passionné pour le rapprochement avec l’Eglise romaine.

Il fut un écrivain prolixe et merveilleux. Les spécialistes en vantent l’inspiration, la langue, la poésie. On a de lui un commentaire de l’évangile de Matthieu, un formulaire de prières pour les vingt-quatre heures de la journée, traduit en trente-six langues (au moins). Nersès a chanté l’Histoire sainte en milliers de vers ; il écrivit un long poème sur la prise d’Edesse par le sultan d’Alep en 1144, un autre sur la Croix, un autre encore sur la divine hiérarchie.

Cette abondante littérature, ajoutée à sa bonté personnelle, a valu à Nersès le surnom de Chnorhali, le Gracieux.

Dieu ne lui permit pas de voir la récompense de ses efforts, car il mourut avant cette union tant espérée, le 13 août 1173, usé par la fatigue et la malaria.

Dans l’Eglise arménienne, il a été canonisé, mais ne se trouve pas (encore) dans notre Martyrologe Romain, ce qu’on ne pourrait que souhaiter, depuis que Grigor Naregatsi a été proclamé Docteur de l’Eglise (v. 27 février). Il faudrait pour cela que l’entière Eglise arménienne se rattache à l’Eglise romaine.

 

 

Gertrud d’Altenberg

1227-1297

 

On a pu lire par ailleurs la notice de sainte Elisabeth de Hongrie (v. 17 novembre).

Gertrud était la benjamine des trois enfants de Ludwig de Thuringe et d’Elisabeth de Hongrie, mais - du moins si les dates peuvent être confirmées - elle naquit alors que son père venait de partir en croisade, le 29 septembre 1227.

Quand Elisabeth fut chassée du château de son mari, elle confia ses enfants à des Religieuses. Gertrud fut ainsi reçue par des Prémontrées d’Altenberg, où elle grandit et reçut toute sa formation.

En 1248, à vingt-et-un ans, elle fut élue abbesse et consacra son héritage à la construction de l’église gothique du monastère.

Dès 1270, elle fit célébrer dans l’abbaye la solennité de la Fête-Dieu, qu’une autre Prémontrée, Julienne du Mont Cornillon (v. 5 avril) avait eu révélation de faire instituer.

Gertrud fonda deux hospices pour recevoir les malades indigents.

C’est avec une émotion bien compréhensible qu’elle reçut dans son monastère la précieuse relique du bras de sa sainte mère.

Gertrud mourut à Altenberg le 13 août 1297 et son culte aurait été reconnu en 1348, mais elle ne se trouve pas inscrite au Martyrologe, car le document de cette reconnaissance semble être un faux. Toutefois elle est toujours honorée localement le 13 août.

La relique de sainte Elisabeth se trouve maintenant à Bendorf, au château de ses descendants, les comtes de Sayn-Wittgenstein-Sayn.

 

 

Patrick O’Healy de Mayo

1543 - 1579

 

Le nom gaélique de Patrick O’Healy est Pádraig Ó Héilí.

Il naquit entre 1543 et 1546 à Dromahaire (Leitrim, Irlande).

Entré assez jeune (avant 1561) chez les Frères Mineurs Observants à Dromahaire, il fit la profession et fut ordonné prêtre. Un peu plus tard, il fut envoyé à l’université d’Alcala (Espagne), où il dépassa ses contemporains dans les études sacrées. Après Alcala, il alla approfondir la philosophie et la théologie en diverses communautés, y compris à Molina en Aragon, à Cuenca et à San Clemente ; il enseigna pendant quatre ans.

Il fut aussi actif au Portugal. Revenu en Espagne en 1574, il fut invité par l’archevêque irlandais de Cashel à former les clercs irlandais contre les décisions de la reine Elizabeth I.

En 1576, il fut nommé évêque de Mayo.

Sur son chemin, il s’arrêta à Paris, où il tint des discussions publiques à la Sorbonne, où ses auditeurs furent stupéfaits de sa science patristique, théologique et philosophique. Franciscain, il était évidemment un émule du célèbre Duns Scot (v. 8 novembre).

En 1578 il repassa à Madrid pour défendre et faire avancer la cause de l’Irlande, menacée par le schisme anglais. Mais après quelques contacts avec Fitzmaurice, il préféra ne pas être mêlé aux projets guerroyers de ce dernier.

Il arriva en Irlande en 1579, en compagnie d’un autre Franciscain, Conn O’Rourke. Débarqués à Askeaton, ils demandèrent l’hospitalité au château du comte de Desmond, ce Fitzmaurice dont il était question plus haut ; mais ce dernier était justement absent ce jour-là, et son épouse, tout en recevant les deux Religieux, les dénonça aux officiers anglais, qui vinrent les arrêter trois jours plus tard.

On les transporta à la prison Kilmallock, à une quinzaine de kilomètres de Limerick. Le saint évêque refusa de reconnaître la primauté de la Reine en matière religieuse et, questionné sur des projets d’invasion de l’Irlande par les Espagnols, resta silencieux. On le tortura, mais on ne put rien lui extorquer. Aussi fut-il sur place condamné à mort.

L’exécution eut lieu hors de Kilmallock le 13 août 1579.

Patrick O’Healy fut le premier évêque irlandais martyrisé ; il n’avait en réalité pas encore pris possession de son siège épiscopal ; il fut béatifié en 1992.

 

 

Conn O’Rourke

1549- 1579

 

Le nom gaélique de Conn O’Rourke est Conn Ó Ruairc. Certains interprètent son prénom Cornelius, d’autres Conrad.

Il naquit vers 1549 à Breifne (Leitrim, Irlande).

Entré chez les Frères Mineurs Observants, sans doute à Creevelea (Dromahaire), il fut, croit-on, ordonné prêtre «sur le continent».

Il accompagna l’évêque Patrick O’Healy à son retour en Irlande et fut capturé avec lui.

Condamnés tous deux à être pendus, ils se confessèrent l’un à l’autre, et récitèrent les Litanies.

Leur martyre eut lieu à Kilmallock (Limerick) le 13 août 1579 ; ils furent béatifiés en 1992.

 

 

William Freeman

1558-1595

 

William était né vers 1558 à Menthorpe (Yorkshire N, Angleterre).

Malgré la foi reçue de ses parents catholiques, il professa extérieurement la religion officielle de sa région.

Après ses études au Magdalen College d’Oxford, il reçut son diplôme en 1581 et vécut à Londres.

Témoin du martyre de Edward Stransham en 1586 (v. 17 juillet), vivement impressionné, il vint à Reims pour se préparer au sacerdoce, qu’il reçut en 1587.

Retourné en Angleterre en 1589, il y travailla pendant six années dans le Warwickshire. Il fut engagé dans une famille de Stratford-on-Avon comme tuteur.

En 1595, cette maison fut fouillée et William fut arrêté. Il passa sept mois dans la prison de Drison.

Il réussit à cacher son état sacerdotal, mais refusa toute proposition de fuite, trop content de recevoir bientôt la grâce du martyre.

Finalement on l’accusa au même titre que les prêtres, c’est-à-dire comme traître, et il fut pour cela condamné à mort.

William Freeman mourut en martyr à Warwick, le 13 août 1595.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Jan Berchmans

1599-1621

 

Ce Saint flamand (on pourrait dire aujourd’hui : belge), naquit le 13 mars 1599 à Diest, aîné des cinq enfants de Jan et Elisabeth Van Den Hove, et fut baptisé le lendemain, dimanche 14 mars.

Le père était maître-corroyeur, marguillier de l’église, et fut deux fois échevin de Diest.

Jan fils grandit dans une foi et une innocence qui ne le quittèrent jamais. Pendant longtemps il ne sut pas même sa date de naissance.

Quand il rentrait à la maison et que la porte ne s’ouvrait pas, il allait prier le chapelet à l’église.

Il fréquenta l’école dès sept ans, en s’imposant déjà un régime sévère, se levant assez tôt pour servir deux ou trois Messes avant l’école. En 1608, il étudia à Diest. Malgré la pauvreté de ses parents, il put rejoindre en 1613 un chanoine de Malines pour continuer d’étudier et se préparer au sacerdoce. En 1615, il entra en rhétorique chez les Jésuites de Malines, où il se mit au grec avec une ardeur telle, qu’il fut vite le premier de la classe.

En 1616, il entra au noviciat des Jésuites de Malines. Ce fut désormais une ascension continuelle, sans faille, où l’on vit Jan se perfectionner sans cesse dans une obéissance aussi parfaite qu’édifiante et étonnante.

Fatigué ou malade, il se levait toujours à quatre heures, comme tout le monde, sauf si la veille on lui en avait donné un avis contraire ; si on le voyait trop exténué le matin et qu’on le renvoyât au lit, il repartait se coucher tranquillement.

Si on lui recommandait de bien mâcher, il mangeait lentement par obéissance.

Il faisait jusqu’à sept visites par jour au Saint-Sacrement, il priait l’office marial chaque jour.

Quand les Supérieurs en donnèrent l’ordre, il se mit au français, qu’il parla parfaitement dès 1618. 

Cette même année 1618, le père de Jan reçut le sacerdoce : devenu veuf, il s’était préparé docilement dans la prière et l’étude. Jan fit sa profession en septembre.

Il devait partir à Anvers pour la philosophie, mais deux nouvelles lui arrivèrent coup sur coup : l’une, que son père venait de mourir brusquement, l’autre, qu’il devait partir pour faire ses études à Rome.

Concernant la mort de son père, il répondit seulement : Maintenant, je pourrai dire «Pater noster qui es in cælis».

Arrivé à Rome le 31 décembre, il entrait au Collège romain le 2 janvier 1619. Il continua d’être exemplaire dans l’obéissance, dans la pauvreté, dans la piété, mais tout en même temps dans l’amabilité et la douceur envers les Confrères.

Selon les dispositions, il parlait toujours en latin ; il bannissait le superflu dans sa cellule ; il mettait au pied du lit son crucifix, pour aller le baiser d’un bond le matin et mieux se réveiller. Il priait parfois trois chapelets pour l’âme d’un défunt, avant de s’endormir. Son obéissance lui attirait toutes les corvées, qu’il exécutait toujours de bonne grâce.

Il se mit à l’italien dès son arrivée à Rome, et désirait passer une année au collège anglais et une autre au germanique, pour élargir son esprit.

Son filial amour pour Marie lui fit écrire un premier ouvrage pour défendre et louer l’immaculée conception de Marie. 

Le 31 juillet 1621, Jan reçut, selon l’usage, un billet portant le nom d’un patron pour le mois suivant : c’était saint Zéphyrin, pape et martyr (fêté à l’époque le 26 août, v. 20 décembre), auquel on avait adjoint ce texte : Veillez et priez, vous ne savez pas quand ce sera le moment (cf. Mt 25:13 et 26:41). Jan vit là comme un avertissement céleste. Le 5 août, il eut un peu de dysenterie ; le 6, il y avait soutenance de thèses au collège grec. On délégua Jan, qui dut parler une heure ; le soir, il avait la fièvre et on l’envoya à l’infirmerie. Pour la Saint-Laurent (v. 10 août), il voulait bien communier, mais se contenta d’une communion de désir pour faire comme tout le monde, car on ne portait la communion aux malades que le dimanche.

Son compatriote et confrère, Cornelius a Lapide, vint lui rendre visite. Ce père Cornelius est l’auteur d’un très important recueil de toutes les explications des Pères sur chacun des versets de l’Evangile. Il demanda à Jan s’il avait quelque inquiétude, et le Malade répondit : Absolument rien !

Il reçut le viatique le 11 août, puis le Sacrement des malades. Tous pleuraient, lui souriait. Il confia alors au Supérieur que sa grande consolation était de n’avoir jamais commis un péché délibéré, jamais enfreint une règle, un ordre d’un supérieur.

Il pria qu’on lui lût le récit de la mort de saint Luigi Gonzaga (v. 21 juin). Il saisit son crucifix, son chapelet et le livre de la Règle et déclara : Ces trois choses sont ce que j’ai de plus cher.

Il s’éteignit sereinement le vendredi 13 août 1621 à 8 heures 7 précisément. Il avait vingt-deux ans. On se rendit compte alors qu’on n’avait jamais vu la couleur de ses yeux, tant il les tenait habituellement baissés, par modestie.

Jan Berchmans fut béatifié en 1865, canonisé en 1888.

 

 

Carlo Domenico Cristofori

1631-1699

 

Carlo était né le 17 novembre 1631 à Villotta (Aviano, Pordenone, Italie NE), de Marco Pasquale et Rosa Zanoni, de bonnes conditions.

Après l’école d’Aviano, il étudia auprès de son oncle prêtre à San Leonardo puis, de 1643 à 1647, au collège des Jésuites de Gorizia.

Emu par les bruits concernant la Guerre de Candia (entre Venise et les Turcs à propos de l’île de Crète), il voulut se «rendre utile» en allant montrer sa foi en face des Musulmans, quitte à y subir le martyre.

Mais en attendant un navire, il fut hébergé chez les pères Capucins de Capodistria, où finalement il préféra quitter le monde.

Entré au noviciat de Conegliano en 1648, il fit la première profession en 1649, avec le nom de Marco d’Aviano.

En 1655, il fut ordonné prêtre ; en 1664, il fut habilité à prêcher.

En 1672 il fut élu gardien (supérieur) du couvent de Belluno, et en 1674 de celui d’Oderzo. Puis il se dédiera entièrement à la prédication, attirant les foules par ses grandes qualités de prédicateur.

En 1676, lors d’une prédication à Padoue, il donna sa bénédiction à une malade qui guérit instantanément : ce fut la confirmation de sa réputation de thaumaturge. Une autre guérison, du commandant en chef de l’armée autrichienne, lui valut une invitation à Vienne de la part de l’empereur Leopold 1er, dont il devint le conseiller spirituel et politique.

En 1683, sur la demande du pape, Marco convainquit l’empereur de reconstituer une Ligue contre les Turcs (Musulmans) qui menaçaient l’Europe. Marco put faire tomber les mutuelles suspicions entre les pays et cette Ligue fut constituée par l’Autriche-Hongrie, l’Espagne, le Portugal, la Pologne, ainsi que les républiques italiennes de Florence, Gênes et Venise. Il faut noter que le «très chrétien» roi de France (Louis XIV), refusa de s’allier et même souhaitait la défaite de Vienne pour accroître le prestige français en Europe, mais nombreux furent les Français qui rejoignirent les rangs de Venise.

Le père Marco réussit aussi à convaincre l’empereur de laisser son (traditionnel) rival polonais, Jan III, commander les troupes. 

Le siège de Vienne avait commencé le 14 juillet 1683. Les troupes chrétiennes devaient engager la bataille le 12 septembre. Auparavant, le père Marco célébra la Messe sur le Kahlenberg (au-dessus de Vienne), galvanisant toutes les troupes avec ses mots en partie latins, en partie italiens, en partie allemands.

La victoire de la Ligue fut totale. Elle fut l’occasion de la création de la fête du Saint Nom de Marie, que nous célébrons toujours le 12 septembre.

Mais la victoire n’avait pas éloigné la présence turque. Le pape demanda à Marco, dès 1684, de réunir à nouveau une ligue chrétienne. On reprit Buda en 1685.

Après la mort du pape (1689), on entama des négotiations interminables avec les Turcs, de sorte que l’armée chrétienne ne s’aventura pas au-delà de la Hongrie. En 1697, le duc de Savoie reprit l’initiative et l’armée turque fut définitivement battue près de Zenta. Le traité de paix fut signé à Carlowitz en 1699.

Le père Marco mourut alors, le 13 août 1699, et fut béatifié en 2003.

 

Pierre Gabilhaud

1747-1794

 

Pierre était né le 26 juillet 1747 à Point-Saint-Martin (Haute-Vienne).

Prêtre du diocèse de Limoges, il était curé de Saint-Christophe.

Déporté de Haute-Vienne avec tant d’autres prêtres de France, il fut entassé avec eux à bord du Deux-Associés, aux pontons de Rochefort. Le bateau était normalement destiné à la Guyane, mais ne partit jamais et les prêtres vécurent dans les cales du bâtiment, dans des conditions hygiéniques inimaginables.

Il avait été hébergé dans le petit hôpital, mais fut ramené trop tôt à bord, et rechuta bientôt.

Ne pouvant se faire transporter de nouveau dans la barque destinée à recevoir les malades, il voulut, après avoir reçu le sacrement de la Réconciliation, rester auprès de son confesseur pour parler des choses de Dieu et de la Vie éternelle.

Il mourut ensuite sur l’Ile d’Aix (où l’on se débarrassait des moribonds avant de les y enterrer), le 13 août 1794, et fut béatifié en 1995. 

 

 

Pierre Romançon

1805-1862

 

Né le 14 juin 1805 à Thuret (Puy-de-Dôme), Pierre était le troisième des six enfants d’une famille d’agriculteurs. Cette grande famille fut frappée en peu de temps par la mort de la maman, de deux filles et d’un fils.

La première fois que Pierre aperçut des Frères Lasalliens (des Ecoles Chrétiennes), ce fut dans un magasin de Clermont-Ferrand. Ce fut un coup de foudre et il voulut absolument les rejoindre, malgré les objections de son père.

Durant ses études chez les Frères des Ecoles Chrétiennes de Riom, Pierre était tellement en avance sur ses camarades, qu’on l’envoyait parfois remplacer tel ou tel instituteur.

Il voulut à son tour en prendre le chemin et entra en 1820 au noviciat de Clermont-Ferrand, avec le nom de Frère Bénilde. Il paraît que les Supérieurs hésitèrent à le recevoir, sous prétexte qu’il était trop petit (?!).

Aussi rigoureux dans l’application de la Règle, que bon pédagogue, le Frère fut instituteur successivement à Aurillac, Moulins, Limoges, Billom et Clermont-Ferrand (1821-1841).

A partir de 1841, il fut directeur de l’école de Saugues, jusqu’à la fin de sa vie.

Il se montra extrêmement zélé pour ses élèves, auxquels il faisait la classe et le catéchisme ; mais il prenait aussi du temps pour visiter les malades. Son exemple et son amour des élèves suscitèrent beaucoup de vocations sacerdotales et lasalliennes.

En plus de toutes ces occupations, le Frère apprit à jouer de l’accordéon diatonique, pour enseigner la musique, pour organiser de petites fêtes, pour accompagner les chants liturgiques ; il paraît qu’on en a ainsi fait le Patron des accordéonistes.

A toutes ces responsabilités, s’ajoutèrent les difficultés avec les autorités locales, vraisemblablement jalouses de l’impact des Frères et de l’esprit chrétien de la maison sur les jeunes garçons.

A qui voudrait avancer qu’au fond, le Frère Bénilde n’a fait que des choses habituelles, on rappellera la phrase du pape Pie XII lors de la béatification : Il fit les choses communes d’une manière non commune.

Frère Bénilde mourut à Saugues (Haute-Loire), le 13 août 1862.

Il fut béatifié en 1948, et canonisé en 1967.

Josep Tàpies Sirvant

1869-1936

 

Josep vint au monde le 15 mars 1869 à Ponts (Noguera, Lleida, Espagne).

Ordonné prêtre en 1892, il officia à La Pobla de Segur.

Sa porte était toujours ouverte. Il était respecté de tous, même de ses ennemis. Au commencement, on ne lui fit aucun mal, même quand on vint saccager son église.

Lors des événements de 1936, on lui obtint un sauf-conduit pour rejoindre sa famille à Barcelone, mais il préféra rester près de ses fidèles.

Le 13 août 1936, très tôt, il fut appelé par les miliciens et il les suivit, toujours vêtu de sa soutane.

Au Comité révolutionnaire, il fut bientôt rejoint par ses Confrères de sacerdoce. Après l’interrogatoire, ils furent mis dans un camion avec une cinquantaine de miliciens. En passant devant son église, dédiée à Notre-Dame, don Josep lui dit : Adieu, Vierge de Ribera, au Ciel.

Du camion, il saluait en souriant tous ceux qu’il apercevait, jusqu’au moment où un milicien le frappa pour l’obliger à s’asseoir.

Au moment d’être exécuté, il interpellait son voisin : Tu tiens déjà la palme du martyre dans tes mains, ne la laisse pas s’échapper.

Les sept prêtres de ce groupe furent martyrisés à Salàs de Pallars, le 13 août 1936 et béatifiés en 2005.

 

 

Dorotea Llamanzarez Fernández

1870-1936

 

Dorotea naquit le 6 février 1870 à Cerezales del Condado (León, Espagne), de Agustín Llamanzarez et Francisca Fernández. Ce jour-là se fête sainte Dorothée, dont elle reçut le nom, trois jours après au Baptême.

Elle entra dans la Congrégation des Sœurs Missionnaires de la Mère du Divin Pasteur en 1896, où elle fit la profession et prit le nom de Gertrudis.

Elle eut la mission d’être portière, c’est-à-dire responsable de l’accueil. Tous ceux qui la connurent en conservèrent une profonde impression pour sa discrétion et sa délicatesse.

Au début de la guerre civile, elle se réfugia avec d’autres Religieuses dans un appartement, dont les voisins se plaignirent d’avoir trop de moniales près d’eux. Aussi elle changea d’endroit, mais des miliciens vinrent l’arrêter avec l’autre Religieuse et le prêtre qui se trouvaient là.

On les fit monter dans un camion qui partit pour une pinède sur la route de la Hortaleza. On les fit alors descendre, on les tortura, et on les attacha au camion, qui continua de rouler jusqu’à Hortaleza. Les trois corps arrivèrent ainsi complètement déchiquetés, ils furent ensuite piétinés et profanés.

On retrouva ces corps le 14 août, laissant supposer que le martyre avait eu lieu la veille, 13 août 1936.

La tête de la Martyre portait une large blessure à la tête, causée - on ne sait - ou par le déplacement sur la route, ou par un coup d’arme à feu.

La Sœur Gertrudis fut béatifiée en 2013.

 

 

José Bonet Nadal

1875-1936

 

José vit le jour le 26 décembre 1875 à Santa María de Montmagastrell (Lleida, Catalogne, Espagne).

Il entra chez les Salésiens, fit la profession en 1897 et étudia la théologie à Séville. Il fut ordonné prêtre en 1904.

Il fut à Sarriá, Sevilla, Ciudadela (Minorque), et surtout Rocafort.

En juillet 1936, il put se cacher chez des coopérateurs salésiens, mais fut arrêté le 13 août.

Il déclara sans hésiter sa condition de prêtre.

Il fut martyrisé à Barcelone le soir même du 13 août 1936 et fut béatifié en 2001.

Son jeune frère, Jaime, suivit le même chemin (v. 18 août).

 

 

Inocencio García Díez

1875-1936

 

Il était né à Alar del Rey (Palencia, Espagne) le 28 décembre 1875, en la fête des Saints Innocents, dont il reçut le prénom au Baptême, le 30 suivant.

Il eut une sœur carmélite, morte en odeur de sainteté.

Après l’école apostolique de Ocaña, il entra au noviciat des Dominicains et fit la profession en 1892.

Une fois ordonné diacre, il fut envoyé au Vietnam (1899), où il reçut l’ordination sacerdotale.

Six mois après, il partait pour les Philippines, au couvent dominicain de Manille, puis à celui de Tuguegarao, de 1903 à 1910, où il fut professeur et vicaire de paroisse.

En 1911, il revint en Espagne, fut à Ségovie jusqu’en 1917, directeur à Ocaña jusqu’en 1922, puis recteur à Ségovie. Enfin à Madrid en 1925.

D’ordinaire, on ne parle que des qualités éminentes des Religieux, qui sont toujours parfaits. Pour une fois, concernant le père Inocencio, on relève qu’il avait un caractère un peu fougueux, peut-être un peu brusque ; mais il était bon, travailleur, assidu au confessionnal et directeur spirituel avisé.

Le 19 juillet 1936, il se trouvait devant le couvent de Madrid que les révolutionnaires étaient en train de prendre d’assaut. Dans la précipitation, il se cogna fortement (ou on le frappa) et en fut bien endolori.

Apprenant qu’un Confrère était blessé, il vint le prendre pour le porter au sanatorium, où il resta près de lui trois jours. Dans cette clandestinité, il alla aussi secourir d’autres Religieux, calmement, disposé à offrir sa vie pour le Christ. 

Le 13 août, on le démasqua, on le conduisit à la tchéka Bellas Artes. On le fusilla dans le sous-sol.

Le père Inocencio fut béatifié en 2007.

 

 

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