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25 septembre 2021 6 25 /09 /septembre /2021 23:00

26 SEPTEMBRE

 

-XII.    

S Gédéon, un des Juges d'Israel (cf. Jg 6-8).

?    

S Senator, martyr à Albano.

IV.    

SS Côme et Damien, martyrs en Cilicie, médecins "anargyres", du grec an et arguron parce qu'ils ne demandaient pas d'argent pour leurs prestations, mais seulement de se convertir et de suivre le Christ ; inscrits au Canon Romain, patrons des médecins.

S Eusebius, évêque à Bologne.

SS Cyprien et Justine, martyrs en Asie Mineure, mais très contestés : lui, un mage converti, martyrisé avec la vierge Justine.

VI.    

S Vigile, évêque à Brescia.

S Maugan, abbé en Angleterre.

VII.    

S Colman, moine irlandais, neveu présumé de s. Columba, abbé à Lann Elo.

XI.    

S Stefano de Rossano, disciple de s. Nilo (voir ci-après).

S Nilo le Jeune, calabrais, époux infidèle puis moine de rite byzantin, abbé à Tusculum (monastère transféré à Grottaferrata).

XIII.    

Bse Lucia de Caltagirone, religieuse du tiers-ordre franciscain à Salerne.

XIX.    

SS Hŏ Kye-im Magdalena, le catéchiste Nam I-gwan Sebastianus, Kim Yuridae Iulitta, Chŏn Kyŏng-hyŏb Agatha, Cho Shin-ch’ŏl Carolus, Kim Che-jun Ignatius, Pak Pong-son Magdalena, Hong Kŭm-ju Perpetua, Kim Hyo-im Columba, ainsi que (à des jours incertains de ce mois-ci) Kim «Kop-ch’u» Lucia, Yi Catharina et sa fille Cho Magdalena, laïcs coréens martyrs, canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

Ste Marie Victoire (Thérèse) Couderc, deuxième de dix enfants, fondatrice des Religieuses de Notre-Dame de la Retraite du Cénacle, pour les retraites, en souvenir des Apôtres au cénacle. 

B Gaspar Stanggassinger, rédemptoriste allemand, deuxième de seize enfants, éducateur et professeur, béatifié en 1988.

XX.    

B Luigi Tezza (1841-1923), camillien italien, orphelin de père à neuf ans, et dont la mère devint plus tard visitandine, fondateur de la congrégation des Filles de Saint-Camille ; il réconcilia avec Rome la communauté camillienne de Lima ; béatifié en 2001.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 1995 :

Doctrine Chrétienne : près de Valencia, Joséfa Romero Clariana (María du Calvaire) et Teresa Rosat Balasch (Amparo) (*1871, 1873) ;

  - béatifiés en 2001 :

Dominicains : près de Tarragona, le profès Ráfael Pardo Molina (*1899) ;

Capucins : près de Valencia, le prêtre Julio Esteve Flors (Buenaventura de Puzol, *1897) ;

Amigoniens : à Madrid, le prêtre Manuel Legua Martí (León María de Alaquás, *1875) ;

Laïques : près d’Alicante, María Jordá Botella (*1905), de l'Action Catholique ;

- béatifiés en 2013 :

Clarétains : près de Tarragona, les profès Pau Castellá Barberá et Andreu Felíu Bartomeu (*1862, 1870) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Ginés Céspedes Gerez (*1901) ;

Laïcs : près d’Almería, Rafaél Calatrava Ros, Andrés Casinello Barroeta, Adolfo Martínez Sáez (*1881, 1886, 1906), Jaime Calatrava Romero (*1913, fils de Rafaél.

 

Gédéon

XIIe siècle avant Jésus-Christ

 

Les Hébreux se sont laissés aller à l’infidélité. Pour les punir, Dieu lâche contre eux les peuples du pays. Les Hébreux accablés implorent Dieu, qui leur donne des chefs, des “juges”. L’un des principaux est Gédéon, “celui qui abat”. Ses actes sont racontés dans le Livre des Juges, aux chapitres 6, 7 et 8.

Il était de la tribu de Manassé. Son premier exploit fut d’abattre un autel à Baal édifié par son propre père. Celui-ci, pour excuser son fils, s’écria : “Que Baal se défende !” Ce cri, Yeroubbaal, demeura le surnom du jeune homme.

Avant d’entrer en campagne contre l’ennemi, Gédéon obtint du ciel un signe. Il avait mis une toison sur un pré en pleine nature, et la trouva le matin, sur sa demande, pleine de rosée, alors que le sol alentour était sec. La nuit suivante, il demanda l’inverse : c’est la toison qui restait sèche au milieu du sol humide.

Plusieurs Pères de l’Eglise commentèrent ainsi cet événement : la toison représente Israël autrefois humectée par la grâce, plus plus tard privée de cette grâce ; la terre entière, ce sont les nations, obtenant alors les biens spirituels qui auparavant leur étaient refusés.

Aux vêpres de la Maternité de Marie (1.janvier), une antienne chante : Quand tu es né de façon ineffable de la Vierge, les Ecritures se sont accomplies ; comme la rosée sur la toison tu es descendu pour sauver le genre humain. Ici, la toison est Marie elle-même, inondée de la grâce, recevant en son sein Jésus, silencieuse et douce rosée déjà annoncée par Isaïe : Cieux, faites tomber la rosée, et que les nuées fasse venir le Juste (Is 45:8).

Fort de ce signe, Gédéon rassembla une grande “armée” : trente-deux mille hommes, dont vingt-deux mille se retirèrent aussitôt, vaincus par la peur ; mais Dieu voulait montrer mieux encore sa puissance et mit à l’épreuve les dix mille qui restaient : il ne faudrait garder que ceux qui laperaient d’une main un peu d’eau fraîche le long du cours d’eau ; ceux qui se mettraient à genoux pour boire abondamment rentreraient chez eux. Il n’en resta finalement que trois-cents.

Ces trois-cents entourèrent le camp ennemi de nuit. Au signal, tous s’écrièrent Pour Yahwé et pour Gédéon, en sonnant de la trompe, sans bouger de leur place. L’effet de surprise et de panique fut tel dans le camp ennemi, qu’il s’entretuèrent eux-mêmes ou s’enfuirent, promptement rattrapés par les hommes de Gédéon.

Gédéon refusa la royauté et procura quarante ans de paix à Israël. Il mourut âgé, père de nombreux enfants (car il avait eu plusieurs épouses, chose encore admise ; on le verra encore à propos du roi David, mais cette polygamie finit par être totalement abandonnée et condamnée).

Le saint juge Gédéon a trouvé sa place au Martyrologe le 26 septembre.

 

 

Senator d’Albano

?

 

Senator fut assez probablement un Martyr.

Il est vénéré en la cité d’Albano, près de Rome, mais on ne sait s’il fut martyrisé là, ou seulement transféré d’ailleurs.

L’époque de sa mort semble  être vers le troisième ou quatrième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Senator d’Albano au 26 septembre.

 

 

Cosme et Damien

† 303

 

Cosmas (Cosme ou Côme) et Damianus seraient originaire de Cilicie ou d’Arabie. On a dit qu’ils étaient frères, et même jumeaux.

Ils pratiquaient la médecine d’abord en Cilicie, à Aigéai, puis vinrent à Cyr dans le sud de la Syrie.

Ils étaient connus pour pratiquer leur art sans demander à être payés, d’où leur surnom de “anargyres” (= sans argent). Mais surtout, ils s’efforçaient de guérir les plaies intérieures de leurs patients, en les amenant sur le chemin de la conversion au Christ.

On rapporte de façon assez traditionnelle une très mystérieuse “greffe” de jambe qu’ils auraient pratiquée, prélevant une jambe à un défunt maure, pour remplacer celle malade d’un de leurs patients. Si le fait est historique, on peut s’étonner d’une telle intervention car, s’il est vrai que la “greffe” de la jambe noire pouvait être un témoignage vivant et constant du miracle, le malade devait donc désormais apparaître avec ses deux jambes de couleur différente et susciter plus d’un regard au moins amusé, sinon indiscret.

Mais ce n’était là qu’un exemple des nombreux miracles opérés par nos saints médecins. Le préfet de Cilicie aurait voulu leur faire abjurer la foi, en les torturant d’horribles manières, et finalement les fit décapiter. Avec eux, auraient été aussi martyrisés leurs jeunes frères Antimos, Leontios et Euprepios.

Si les historiens ne croient pas beaucoup à ce qu’ils appellent là des “légendes fabuleuses”, il reste que ces deux Martyrs furent extrêmement célèbres dès le IVe siècle, de Jérusalem à Rome en passant par Constantinople.

Les crânes des saints Côme et Damien sont vénérés en plusieurs endroits, sans doute parce qu’on en a fractionné différentes parties, qui se trouveraient à Rome, à Brême, à Bamberg, à Madrid, à Münich, à Brageac (Cantal).

Côme et Damien sont invoqués comme les patrons des médecins. Ils sont nommés dans la prière du Communicantes au Canon Romain de la messe.

Leur fête est actuellement au 26 septembre.

 

 

Eusebius de Bologne

4e siècle

 

Eusebius fut le cinquième évêque de Bologne (Emilie, Italie NE).

On sait qu’il participa au concile d’Aquilée en 381, pour condamner l’arianisme, aux côtés de s.Ambroise (v. 7 décembre).

Ce dernier avait aussi une estime particulière pour Eusebius, parce qu’il avait vivement encouragé l’état de virginité pour les jeunes filles.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Eusebius de Bologne au 26 septembre.

Stefano de Rossano

925-1001

 

Stefano (Etienne) était d’une famille paysanne et naquit vers 925 à Rossano (Cosenza, Calabre, Italie).

Epris de l’idéal monastique, il rejoignit s.Nilo de Rossano (v. ce même jour) dont il devint le plus fidèle des disciples.

Nilo ne se contenta pas de la bonne volonté de Stefano, il l’aida à mettre le doigt sur son grand défaut : la paresse indolente. Ce n’est pas facile de «réveiller» un paresseux, mais Stefano montra, par son humilité et son obéissance, que la grâce de Dieu peut opérer de vrais changements dans le cœur de l’homme.

Lorsque Nilo se déplaça, Stefano l’accompagna : à Capoue, Vallelucio (Mont-Cassin), Serperi (Gaète).

C’est dans cette dernière ville qu’il mourut, en 1001.

Nilo désirait être enseveli auprès de son cher disciple, mais il dut quitter Gaète et mourut un peu plus tard à Tusculum (Grottaferrata).

Saint Stefano de Rossano est commémoré le 26 septembre dans le Martyrologe Romain, le même jour que son maître, Nilo.

 

 

Nilo de Rossano

910-1005

 

Dans une des premières familles de Rossano (Cosenza, Calabre, Italie), naquit un enfant qui reçut d’abord le nom de Nicola, par dévotion au grand s.Nicolas de Bari (v. 6 décembre).

Toute la région de Calabre était imprégnée de l’influence de Constantinople, particulièrement en ce qui concernait la liturgie. Mais aussi les habitants étaient la proie des incessantes razzias musulmanes en provenance de Sicile.

Nicola grandit dans cette ambiance «gréco-arabe» qui n’était pas de toute paix. Il devint décurion de Rossano, responsable des impôts, un poste bien en vue. Il se maria, mais fut infidèle. A la mort de son épouse, il fut touché de la grâce divine et voulut se faire moine : il avait trente ans (940). Mais il ne pouvait rester là où il était trop connu. Il rejoignit le monastère de San Nazareo, près de Seminara, où il reçut le nom de Nilos, comme ce célèbre disciple de Jean Chrysostome, ex-préfet de Constantinople devenu moine au Sinaï (v. 12 novembre).

Il alla ensuite au monastère San Mercurio à Palma (Campanie), où il se montra humble, mortifié, aimant la contemplation.

Il refusa d’être choisi comme higoumène (abbé) et se retira dans la solitude, où le rejoignirent deux disciples, dont Stefano (v. supra).

En 952, le monastère San Mercurio fut entièrement détruit par une incursion arabe. Nilo revint à Rossano, où il devint higoumène. Nouvelle invasion en 956, mais les Arabes furent repoussés.

Nil était alors devenu un personnage de référence, qu’on respectait, qu’on consultait, et qui en imposait par ses sentences pleines de sagesse - et par ses prophéties. Il ne cessait d’intervenir personnellement auprès des autorités en faveur des prisonniers, des malheureux, des opprimés, des victimes. L’émir arabe fut touché de sa générosité et lui renvoya les prisonniers avec la rançon.

Après 982, Nilo se réfugia à Capoue puis reçut du Mont-Cassin le monastère de Val Luce, où il put reprendre la liturgie en rit oriental. Ensuite,  il passa à Serperi (Gaete).

En 997 fut élu pape un intrus, Jean XVI, d’origine gréco-calabraise comme Nil. Celui-ci le supplia d’abdiquer, sans résultat. L’antipape fut détrôné, eut le nez et la langue coupés et les yeux crevés ; à son tour, l’empereur Otto III le jeta en prison : Nilo, alors - il avait quatre-vingt sept ans ! - intervint pour obtenir au moins un traitement moins cruel pour le malheureux prisonnier. Nilo annonça à l’empereur et au pape «légitime» (Grégoire V) une mort prochaine : Otto III mourut bientôt à vingt-deux ans, empoisonné ; le pape mourut à trente ans, terrassé par un mal horrible ; Jean XVI, lui, mourut en 1013, retiré dans un monastère et avec des sentiments de profonde repentance.

Après dix années passées à Serpeto, Nilo s’en vint à Tusculum, non loin de Rome, où il obtint le monastère de Sainte-Agathe. C’est là qu’il mourut en 1004 ou 1005, à quatre-vingt quinze ans.

Les moines furent successivement transférés à Grottaferrata, où il se trouvent toujours actuellement, non loin de Castel Gandolfo et Rocca di Papa.

Nilo a été appelé le Jeune, par opposition à l’Ancien, son patron de Constantinople.

Saint Nilo de Rossano est commémoré le 26 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lucia de Caltagirone

? - 1400

 

Née à Caltagirone (Sicile) dans la deuxième moitié du 14e siècle, de pieux parents, Lucia fut consacrée à saint Nicola de Bari (v. 6 décembre).

Petite, elle fit une grave chute, mais fut réconfortée par une vision de s.Nicola.

A treize ans, elle suivit à Salerno une tertiaire franciscaine, à la mort de laquelle elle entra au couvent franciscain, toujours comme tertiaire.

Elle y resta jusqu’à la fin de ses jours, dans une profonde prière pour expier les péchés, avec une particulière dévotion envers les Cinq plaies de Jésus-Christ.

On la nomma même maîtresse des novices, mais en plus le bruit de ses vertus s’étant répandu, on accourait de toutes parts pour lui parler, lui demander un conseil, une prière.

Elle mourut en 1400. Par manque d’autres précisions, on l’a inscrite dans le Martyrologe au 26 septembre.

Son culte a été reconnu en 1456 et confirmé en 1514.

Kim «Kop-ch’u» Lucia

(Gim «Gop-chu» Luchia)

1769-1839

 

Lucia était née en 1769 à Seoul (Corée du Sud).

«Kop-ch’u» était son surnom de bossue, c’est tout ce qu’on retenait de sa vie personnelle.

Probablement baptisée dès l’enfance, elle eut cependant pour époux un païen qui ne lui permettait pas d’aller voir les autres Catholiques, de sorte qu’elle l’abandonna et alla vivre en différentes familles catholiques, heureuses de l’accueillir. Elle rendait service, s’occupait des enfants et des vieillards, en échange de l’hospitalité.

Malgré l’absence quasi totale de culture, cette femme avait la science du cœur. On reste stupéfait de l’aplomb avec lequel elle répondit à certaines questions.

Ainsi, voulant expliquer à un noble ce qu’est l’enfer, et voyant l’autre étonné de ce que l’enfer pût contenir tant de monde, elle répliqua : Vous n’avez jamais remarqué que votre petit cœur peut contenir des milliers de livres ?

On l’arrêta. Cette femme toute menue, faible et âgée, soigna les co-détenus malades et leur donna les quelques pièces qu’elle avait sur elle.

On ne lui épargna pas les cruelles bastonnades, pour lui faire avouer où se cachaient les Catholiques, mais elle répondait simplement qu’elle voulait mourir pour Dieu.

Elle fut battue trente fois. On dit qu’on entendait taper sur ses os. De retour en prison, elle ne tenait plus debout.

Luchia agonisa et mourut dans la prison de Seoul, un jour imprécis de la fin du mois d’août ou du début de septembre 1839. Le Martyrologe Romain la mentionne cependant en même temps que les neuf Martyrs du 26 septembre.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

Hŏ Kye-im Magdalena

(Heo Gye-im Magdallena)

1773-1839

 

Magdalena était une coréenne chrétienne, dont la famille vivait à Pongchŏn (Shihŭng). Elle était née en 1773 à Yongin (Gyeonggi-do, Corée S).

Elle épousa un homme païen, qu’elle espérait conduire au baptême, sans y réussir ; mais elle éleva chrétiennement ses enfants, deux d’entre eux sont d’ailleurs également canonisées dans le même groupe de Martyrs coréens : Yi Magdalena (v. 20 juillet 1839) et Yi Barbara (v. 3 septembre 1839).

Ce qu’on sait sur cette sainte épouse et mère chrétienne, est qu’elle fut durement torturée, et qu’elle endura ces horribles souffrances avec courage et patience. Elle avait déjà préparé ses filles à souffrir, à son tour elle souffrit de façon exemplaire.

Au terme de ces tortures, Magdalena fut décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

Nam I-gwan Sebastianus

(Nam I-gwan Sebaseutianu)

1780-1839

 

Sebastianus était né en 1780 à Chungju (Chungcheong-do, Corée S), dans une famille chrétienne.

Sa mère mourut quand il était encore petit, et son père fut condamné à l’exil en 1801.

Sebastianus accompagna probablement son père en exil : c’est en exil, à Tansŏng (Kyŏngsang), qu’il se maria. Mais il ne savait encore rien du catholicisme ; sachant à peine le Notre Père et le Je vous salue, Marie, il ne savait pas qu’il y avait un sacrement de mariage.

Vers 1820, il tomba gravement malade, et reçut le baptême. Sa concubine le quitta.

Peu après, il put revenir d’exil ; il rencontra des Catholiques à Ŭiju et fit partie du groupe conduit par Chŏng Ha-sang (v. 22 septembre) pour accompagner le père Yu. Sebastianus devint l’assistant de ce prêtre et catéchiste, et le reçut chez lui.

Il est probable qu’alors il se maria de façon chrétienne et sacramentelle.

On ne sait pour quelle raison il gagna la campagne au moment de la persécution ; de toutes façons, il était beaucoup trop connu pour éviter une arrestation et se préparait lui-même à mourir en martyr pour le Christ.

Il fut arrêté à Ich’ŏn (Kyŏnggi), dénoncé par un apostat. Le chef de la police le tortura, lui demanda de renier sa religion, il eut les bras et les jambes tordus, il fut cruellement battu pendant plusieurs interrogatoires.

Condamné à mort, Sebastianus fit dire à sa femme par un des gardiens, qu’il partait le premier et qu’il l’attendait au Paradis.

Il fut décapité dans un faubourg de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres laïcs.

Béatifié en 1925, il fut canonisé en 1984.

 

 

Yi Catharina

(Yi Gatarina)

1783-1839

Cho Magdalena

(Jo Magdallena)

1807-1839

 

Catharina était née en 1783 à Seoul (Corée S).

Baptisée dès la naissance, elle ne reçut pas une formation chrétienne très soignée, et épousa un païen, qu’elle réussit cependant à convertir, et elle eut plusieurs enfants.

Un de ceux-ci fut Cho Magdalena, la plus fervente de tous. Elle se levait tôt pour prier ; la journée, elle aidait sa mère à coudre et à tisser.

Quand elle eut dix-huit ans, sa mère lui parla de mariage, mais Magdalena dit à sa mère qu’elle préférait rester consacrée au Christ. Yi Catharina ne s’opposait pas, en principe, à une telle décision, surtout par amour du Christ, mais elle craignait surtout qu’au cas où elle serait martyrisée, sa fille resterait seule sans aucun soutien, aussi tenta-t-elle de persuader Cho Magdalena ; mais celle-ci resta ferme dans son dessein.

On voit dans quelle ambiance vivaient les Catholiques coréens : le martyre pouvait être la part de n’importe qui à n’importe quel moment, c’était une issue «normale».

Que fit Magdalena ? Elle quitta la famille et les proches pour éviter d’autres remarques fastidieuses, et vint travailler à Seoul dans une autre famille catholique. Mais elle travailla au-delà de ses forces et tomba malade ; rétablie, elle alla dans une autre famille, où le travail était plus adapté à ses forces, put gagner un peu d’argent, qu’elle envoya à sa mère.

Quand elle eut atteint les trente ans, elle revint à la maison maternelle, pensant que désormais on ne la molesterait plus. Elle s’occupa en activités charitables, instruisant les catéchumènes, assistant les malades, baptisant les enfants en danger de mort, se chargeant toujours des tâches plus difficiles pour aider tout le monde.

Pour éviter cependant la persécution qui venait de reprendre, Catharina s’en vint avec Magdalena à Seoul. Mgr Imbert (v. 21 septembre) l’apprit et les aida à trouver une bonne famille pour y travailler en paix. Mais cette paix dura peu, et Seoul devint en réalité le centre le plus dangereux de la persécution. Nos deux Chrétiennes se préparèrent à affronter la situation avec courage.

Magdalena vint à apprendre qu’on recherchait Mgr Imbert. Elle suggéra à ses amies, en cas d’arrestation de l’évêque, d’aller se constituer avec elle pour obtenir sa libération. L’idée fut acceptée, mais les événements se précipitèrent. On arrêta les cinq demoiselles dès fin juin ou début juillet 1839, tandis que Mgr Imbert se rendit de lui-même à la police le 10 août 1839.

Magdalena allait sur ses trente-trois ans.

On n’épargna pas aux demoiselles les cruelles bastonnades, pour les faire apostasier, mais elles résistèrent à la souffrance.

Après des tortures cruelles, on les laissa agoniser quelques semaines dans les prisons de Seoul. Leur désir du martyre ne se réalisa peut-être pas au sens physique, mais elles moururent en glorifiant Dieu, et leur mort fut reconnue comme un martyre.

Tandis que Mgr Imbert fut martyrisé le 21 septembre, Catharina et Magdalena moururent vers la fin du mois de septembre (ou le commencement d’octobre) 1839. Le Martyrologe Romain les mentionne cependant en même temps que les neuf Martyrs du 26 septembre.

Béatifiées en 1925, elles furent canonisées en 1984.

 

 

Kim Iulitta

(Gim Yuriaeta)

1784-1839

 

Iulitta était née à la campagne en 1784, dans les environs de Seoul (Corée S).

Ses parents étaient des Chrétiens convaincus et exemplaires : l’évêque, Mgr Ferréol, en fit un  éloge éloquent.

Etablis à Seoul même, les parents pensèrent donner leur fille en mariage, mais Iulitta préférait rester vierge, épouse de l’Epoux éternel, Jésus-Christ ; et pour confirmer son ferme désir, elle se coupa les cheveux. Les parents alors lui dirent qu’ils en décideraient quand les cheveux auraient repoussé.

Au moment de la persécution de 1801, ils retournèrent dans leur campagne d’origine ; Iulitta en profita pour partir discrètement et elle put se faire engager à la cour royale comme domestique.

Mais il n’était pas facile de pratiquer la religion catholique à la cour, de sorte qu’elle partit se mettre au service d’une famille catholique.

Elle travailla les tissus, se fit couturière et, ayant économisé un peu d’argent, put s’acheter un petit logement.

C’est qu’elle avait une volonté de fer, et on admirait sa parole décidée et son style de vie sévère. On la voyait fréquemment en prière et en méditation. Les gens disaient qu’elle n’avait probablement jamais commis de péchés…

Elle se préparait à être un jour arrêtée, ce qui arriva. Le chef de la police lui demanda de renier sa foi, de révéler l’adresse des Catholiques et le lieu où ils cachaient leurs livres.

Sur son ferme refus de parler, elle fut battue.

Devant la haute cour, elle fut encore battue, par trois fois. Quand on sait en quoi consistait une seule flagellation, on comprend ce que Iulitta supporta. Elle fut exemplaire jusqu’à la fin.

Au terme de ces tortures, Iulitta fut décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

Chŏn Kyŏng-hyŏb Agatha

(Jeon Gyeong-hyeob Agata)

1790-1839

 

Agatha était née à Seoul en 1790, de parents non chrétiens.

A la mort de son père, elle était encore jeune, et dut vivre dans une grande pauvreté.

Une dame de la cour l’aida et s’établit avec elle. Quand le frère d’Agatha voulut la marier, cette dame ne voulait pas s’en séparer, de sorte qu’elle la fit admettre comme dame de cour elle aussi.

Sous l’influence de Pak Lucia, qui était à la cour, Agatha devint catholique.

Elle songea que, tout de même, cette vie à la cour était trop luxueuse pour pratiquer vraiment l’Evangile, de sorte qu’elle fit la malade et quitta la cour.

Elle habita chez Lucia, passant le temps à prier, à pratiquer les vertus chrétiennes et à faire des lectures pieuses.

On l’admirait, elle fit de nombreuses conversions. Elle ne se plaignait jamais ni de sa pauvreté ni de sa petite santé. Elle attendait seulement d’être arrêtée.

Ce jour arriva. On la tortura d’autant plus durement qu’elle était une dame de la cour.

Le chef de la police, n’arrivant pas à lui faire renier sa foi, la renvoya à la haute cour de justice.

Elle refusa énergiquement d’apostasier et de révéler des noms de Chrétiens, leurs domiciles et les cachettes de leurs livres, même devant mourir dix mille fois.

On la battit si cruellement, que sa chair partait en lambeaux, ses os furent cassés, son sang coulait à terre. Même des non-Catholiques admirèrent ce courage.

Le frère d’Agatha était un membre officiel du gouvernement, et craignait pour sa place ; il fit tout ce qu’il put pour la faire apostasier, et même chercha à la tuer : il lui envoya un gâteau empoisonné ; mais elle se méfia, y piqua une de ses épingles à cheveux, qui changea aussitôt de couleur… Alors le frère chargea le tortionnaire de la battre à mort. Mais il ne parvint pas à la faire mourir : même sa nièce, la fille de son frère, s’étonna de ce qu’elle avait récupéré en un seul jour. Le frère alors demanda qu’elle restât en prison à vie.

Agatha pria Dieu de pouvoir mourir pour sa foi : elle fut décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

 

Cho Shin-ch’ŏl Carolus

(Jo Sin-cheol Garollu)

1795-1839

 

Carolus était né en 1795 à Hoeyang (Kangwŏn, Corée S) dans une famille encore païenne.

Il fut orphelin de mère en 1800, et alors son père dilapida tous ses biens.

Le pauvre Carolus vécut quelques années dans un temple bouddhiste, y recevant quelques maigres aumônes. On lui proposa un jour d’accompagner un commissaire qui voyageait entre la Corée et Pékin.

Ayant accepté (il avait déjà vingt-trois ans) et s’étant imposé par son heureux caractère et son honnêteté, il put gagner assez d’argent pour aider son père et ses frères.

C’est durant ces déplacements qu’il rencontra les pères Yu Chin-gil et Chŏng Ha-sang, qui lui parlèrent du catholicisme. Il hésita, mais la parole des prêtres fut convainquante : il devint catholique, et même fervent.

Avec ces mêmes prêtres, il rendit visite à l’évêque de Pékin, fut baptisé et confirmé.

Les relations qui nous sont parvenues parlent de l’activité de Carolus : il travailla beaucoup pour l’Eglise, humblement, doucement, heureux de rendre service et d’amener à la foi d’autres personnes (au moins dix).

Sa «proie» la plus difficile fut son épouse, qui devint finalement une très bonne catholique et mourut dans la Foi. Carolus se remaria avec une Catholique, et continua son travail entre la Corée et Pékin. Quand les missionnaires français vinrent en Corée, en particulier le père Maubant (v. 21 septembre), il les aida de son mieux, leur servant à l’occasion d’interprète.

Carolus répétait qu’il voulait suivre la voie de la Croix. Durant un de ses déplacements, il vit en rêve, par deux fois, Jésus sur le Mont Thabor, entouré des apôtres Pierre et Paul et qui lui promettait la couronne du martyre. Il comprit que c’était un clair avertissement du Christ et se prépara désormais à cette ultime Rencontre.

Durant une de ses absences, la police vint arrêter tous ceux qui vivaient chez lui, y compris les enfants ; à son arrivée, voyant la situation, il se rendit au bureau ce police, déclarant qu’il était le propriétaire de cette maison : on l’arrêta à son tour.

Questionné sur l’origine de tous ces objets religieux trouvés chez lui, Carolus répondit qu’il les avait achetés à Pékin, mais sans dire chez qui, de sorte que le chef de la police le fit suspendre pieds et poings liés et le fit frapper.

Peu après, on arrêta Mgr Imbert (v. 21 septembre), la police l’interrogea, mais en vain, pour lui arracher la lieu de la cachette des autres missionnaires. Les coups ne lui firent pas ouvrir la bouche un instant. Même le chef de police reconnut qu’il semblait n’être qu’un bout de bois ou de fer.

Une fois les pères Maubant et Chastan arrêtés, on envoya Carolus avec eux à la Haute Cour ; là encore, il subit d’autres séances de bastonnades.

Condamné à mort, Carolus fit passer aux siens un petit mot, les invitant de le suivre eux aussi au Ciel.

Il fut décapité dans un faubourg de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres laïcs.

Béatifié en 1925, il fut canonisé en 1984.

 

 

Kim Che-jun Ignatius

(Kim Je-jun Inyasio)

1796-1839

 

Ignatius était né en 1796 à Myeoncheon (Chungcheong-do, Corée S). C’était le petit-fils d’un autre Martyr, Kim Chin-hu Pius (mort en 1814) et il fut le père de Kim Tae-gŏn, le premier prêtre coréen, martyrisé en 1846 (v. 16 septembre).

Quand Kim Tae-gŏn partit pour se former à Macao, Kim Che-jun comprit très bien le danger auquel s’exposait toute sa famille.

Il fut d’ailleurs dénoncé par un de ses gendres, qui le fit arrêter par la police. Ignatius, qui était de forte nature, aurait eu tôt fait de se débarrasser des policiers, mais il n’opposa aucune résistance.

Il fut traité de criminel non pas seulement parce qu’il était catholique, mais parce qu’il avait permis à son fils d’aller à Macao, ce qui était contraire à la loi nationale.

On ne sait pas quelles tortures il dut subir en «punition», mais Ignatius céda et renia oralement sa foi ; cependant il resta en prison, car son délit d’avoir laissé partir son fils en Chine, était impardonnable.

Les Catholiques qui lui rendirent visite lui expliquèrent que, même sans ce délit, il n’aurait jamais été relâché, et l’invitèrent à se reprendre pour confesser vaillamment sa foi.

A l’image de saint Pierre qui pleura après avoir renié le Christ, Ignatius se repentit au fond de son cœur. Il en appela à la Haute Cour et confessa sa foi ouvertement.

On ne lui épargna pas les cruelles bastonnades, mais cette fois-ci, il résista jusqu’au bout.

Condamné à mort, Ignatius fut décapité dans un faubourg de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres laïcs.

Béatifié en 1925, il fut canonisé en 1984.

 

 

Pak Pong-son Magdalena

(Bak Bong-son Magdallena)

1796-1839

 

Magdalena était de famille non-chrétienne et habitait Seoul.

Elle épousa à quinze ans un païen et en eut deux filles.

Bientôt veuve, elle revint dans la maison de son père, dont la deuxième épouse, Kim Cecilia, attendait vivement Magdalena pour l’aider à adhérer au catholicisme. C’était alors en 1834, Magdalena avait déjà trente-neuf ans.

Elle alla vivre chez le frère de sa belle-mère, en dehors de Seoul. Il y vivait bien une douzaine de personnes pauvres, dont Magdalena s’occupa avec tant de douceur et de charité, qu’elle s’oubliait tout-à-fait elle-même ; tous ceux qui la voyaient admiraient comment elle faisait tout cela pour l’amour de Dieu. Magdalena attendait calmement l’heure de son arrestation.

Cette heure sonna. Après son arrestation, on la tortura plusieurs fois, et toujours elle résista, maintenant fermement sa foi et refusant encore plus fermement de révéler les noms des Chrétiens et leurs cachettes. On lui tordit les jambes, on la frappa violemment sur les tibias : l’unique chose qu’elle disait, était qu’elle voulait mourir pour Dieu.

Elle mourut effectivement pour Dieu, fidèle, humble et glorieuse Martyre.

Magdalena fut décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

Hong Kŭm-ju Perpetua

(Hong Geum-ju Pereupetua)

1804-1839

 

Perpetua était née dans les faubourgs de Seoul (Corée S) en 1804.

C’était une femme forte, de caractère, d’intelligence, de manières et de paroles.

Elle grandit chez sa grand-mère, et épousa à quinze ans un homme non baptisé. Elle s’efforçait de pratiquer sa religion catholique comme elle pouvait.

Elle eut un fils, qui fut bientôt orphelin de père ; aussi alla-t-elle vivre avec lui à Minarikol. Là mourut aussi le petit garçon. Mais le propriétaire de la maison, un catholique, enseigna à Perpetua  les éléments du catéchisme qu’il savait, et Perpétue se mit à prier, avec une telle ferveur qu’elle en pleurait souvent.

On admirait sa ferveur, mais aussi sa compassion pour les autres, qu’elle servait comme la dernière des servantes.

Elle disait souvent : Je m’habille en rouge, parce que je veux être une martyre.

Elle fut bientôt arrêtée, torturée, battue ; on l’accrocha au plafond pour la battre encore : rien ne lui fit perdre son calme.

Après trois jours de tortures, elle fut présentée à la haute cour, de nouveau battue sur les jambes, sans jamais céder.

En prison, la fièvre l’amena presque à la mort, mais elle se reprit mystérieusement et continua de servir ses compagnons avec total désintéressement. Chacun la considérait comme sa sœur aînée.

Perpetua fut décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

Cho Magdalena

(Jo Magdallena)

1807-1839

 

 

Voir la notice Yi Catharina

 

 

Kim Hyo-im Columba

(Gim Hyo-im Gollumba)

1814-1839

 

Columba était née vers 1814 au lieu-dit Pamsŏn près de la rivière Han non loin de Seoul, dans une famille encore païenne.

Après la mort du père, la mère fut baptisée, ainsi que ses six enfants, dont trois voulurent rester vierges : notre Columba, et ses deux sœurs, Agnes et Clara.

Leur frère aîné Antonius les accueillit chez lui, à Yongmŏri, à douze kilomètres de Seoul.

Après plusieurs années, la persécution éclata.

Les deux sœurs Columba et Agnes étaient sur le point d’être arrêtées par des policiers, dont l’un commença à montrer de mauvaises intentions envers Agnes. Columba protesta : Si tu veux nous mettre en prison, on te suivra. Mais pourquoi attenter à une «criminelle» de la campagne ?

Columba et Agnes furent présentées à la cour. On leur demanda pourquoi elles n’étaient pas mariées ? La réponse fut : Nous ne nous sommes pas mariées pour servir Dieu, le Créateur de toutes choses, avec un corps et un cœur purs, et pour sauver nos âmes.

Elles ne cédèrent pas une seconde. Le chef de la police, fâché et humilié, les tortura, particulièrement Columba, qui eut les jambes tordues, et le corps tout percé par des objets pointus. La réponse de Columba fut toute simple : elle n’avait rien à dire, dût-elle mourir.

A leur retour en prison, les deux jeunes filles furent déshabillées et battues violemment. Columba eut le corps brûlé douze fois avec un charbon de bois incandescent, mais resta constante dans sa foi.

Quelques jours après, les plaies de Columba étaient déjà complètement guéries, et la jeune fille en pleine santé. Les gardes crurent qu’elle était possédée de quelque esprit et prirent certaines mesures, selon leurs habitudes des rites païens ; évidemment, ils ne pensaient pas à l’Esprit Saint qui avait donné cette force et cette grâce aux deux jeunes Martyres.

C’est alors que le chef de la police imagina quelque chose qu’on ne fait pas même dans des lieux païens : il déshabilla complètement Columba et Agnes et les mit dans la prison des hommes, où se trouvaient plein de voleurs. Ceux-ci étaient invités à faire n’importe quoi avec les femmes. Mais le céleste Epoux vêtit les deux vierges avec sa grâce et sa force ; pendant deux entières journées, elles furent là au milieu de ces voleurs qui étaient là à les regarder comme des bêtes, mais une mystérieuse force les subjugua et les empêcha de faire le moindre geste impudique sur les deux femmes. Finalement, les gardiens leur rendirent leurs vêtements et les reconduisirent dans la prison des femmes.

On demanda à Columba pourquoi elle n’offrait pas de sacrifices à ses ancêtres ; réponse :

- Ce n’est pas la peine d’offrir un repas à des personnes mortes, qui ne peuvent plus manger.

Et à la demande si Confucius et Mencius étaient des Saints :

- Ils étaient peut-être saints, mais seulement en ce monde.

A la fin de l’interrogatoire, Columba protesta devant les juges pour avoir été, elle et sa sœur, déshabillées et jetées au milieu des voleurs. Vous pouvez nous tuer, dit-elle, mais vous n’avez aucun droit légal de faire ce genre de choses avec nous. Le juge principal fut fâché du comportement des gardiens de prison et punit les responsables.

En prison, Columba tomba malade, mais se remit promptement. Elle reçut encore une cruelle flagellation, par trois fois, mais resta entièrement fidèle au Christ.

Elle fut finalement décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs. Parmi ces huit autres, on ne compta pas les deux sœurs de Columba ; les récits semblent les oublier pour ne mentionner que Columba, pour laquelle on a pu recueillir et vérifier davantage de détails.

Béatifiée en 1925, Columba fut canonisée en 1984.

Marie-Victoire (Thérèse) Couderc

1805-1885

 

Marie-Victoire Couderc est née à Sablières en Ardèche le 1er février 1805, quatrième des douze enfants de Claude et Anne Méry. La famille Couderc, tout en étant assez aisée, vit simplement et a l'estime des habitants du village : la foi est bien enracinée.

Marie-Victoire fait sa première communion en 1815 et parle bientôt de devenir religieuse, mais son père ne veut pas en entendre parler.

A dix-sept ans elle entre au pensionnat des Sœurs de Saint- Joseph aux Vans. Marie-Victoire y apprendra le bien-vivre, mais ne sera jamais une intellectuelle. Elle écrira simplement, comme elle parlait, sans trop de soucis pour son orthographe.

Deux ans après, son père vient la chercher pour qu'elle soit présente avec toute la famille à la mission animée par trois missionnaires diocésains, dont le père Étienne Terme. Ils viennent de Lalouvesc (ou La Louvesc, Ardèche) où ils ont la charge du pèlerinage auprès du tombeau de saint Jean-François Régis (v. 31 décembre). 

Le père Étienne Terme est aussi curé d'Aps (aujourd'hui Alba) où, voyant la pauvreté des villages environnants privés d'écoles chrétiennes, il réunit quelques jeunes filles qui souhaitent se consacrer à l'éducation humaine et chrétienne des enfants. Cette congrégation devient la Congrégation de Saint Régis. 

Au moment de la mission à Sablières, Marie-Victoire a vingt ans et un grand désir de se consacrer à Dieu. Elle se confie au père Terme qui lui propose d'entrer au noviciat d'Aps. Après quelques pourparlers difficiles avec Monsieur Couderc, en janvier 1826, elle quitte sa famille et rejoint la communauté d'Aps où elle prend le nom de Thérèse.

Nommé à Lalouvesc en 1824, le père Terme constate que la promiscuité dans les auberges ne favorise guère le pèlerinage surtout pour les femmes. Il lui vient alors l'idée d'ouvrir une maison d'accueil uniquement pour celles-ci. Dès l'hiver 1825-1826, il organise avec deux jeunes filles, l'accueil des femmes dans un lieu provisoire. Sans argent, ne comptant que sur la Providence, il entreprend en même temps la construction d'une maison : le Cénacle actuel. En 1827, il appelle Thérèse et deux autres sœurs à Lalouvesc pour prendre en charge cette nouvelle fondation. Thérèse est nommée maîtresse des novices. Un an plus tard, la supérieure étant appelée dans une autre communauté, elle doit « remplir les fonctions de supérieure »... elle n'a pas vingt-trois ans.

Vers 1832, Thérèse devient supérieure générale de toutes les communautés fondées par le père Terme : Lalouvesc est alors la Maison-Mère. Très vite, Thérèse prend conscience que l'accueil des femmes est insuffisant : elles arrivent là un peu par hasard, elles ne cherchent pas toujours le recueillement, et la communauté ne peut pas mener une réelle vie religieuse. En 1828, elle parvient, quoique difficilement, à convaincre le père Terme de n'accepter que des femmes qui voudraient prendre un temps de prière et d'approfondissement de la foi durant trois ou neuf jours pour mener ensuite une vie chrétienne solide dans leur milieu. 

C’est alors que le père Terme, au cours d’une retraite chez les jésuites de Vals près du Puy, découvre providentiellement les « Exercices spirituels » de Saint Ignace de Loyola. Dès son retour, il propose aux sœurs d’en faire à leur tour l'expérience et de s’en servir pour aider les personnes qui viennent en pèlerinage. Les sœurs n'osent pas employer tout de suite le mot de retraite. En 1831, le père Terme consacre les biens et les personnes de la communauté au Sacré-Cœur par les mains de Marie. Les maisons de retraite se développent malgré le manque de moyens. Entre temps, les sœurs émettent leurs premiers vœux.

Le 1er novembre 1834, avant d'entreprendre ses missions en Ardèche, le père Terme projette d'entrer dans la Compagnie de Jésus (ou Jésuites). Durant un mois, une mission le conduit de Viviers à Lanarce, puis dans son village natal (Le Plagnal) où, épuisé par son ministère et miné par la fièvre, il meurt le 12 décembre 1834 à l'âge de quarante-trois ans. Dans son testament, le père Terme confie son œuvre à Thérèse : à vingt-neuf ans, elle devient responsable. 

Thérèse manifeste alors ses capacités et son esprit de décision. Elle demande à l'évêque que la communauté soit confiée au père Renault, le provincial des Jésuites de France. Jusqu'en 1837, elle gouverne la petite congrégation avec l'appui des Jésuites et collabore avec eux. La communauté de Lalouvesc passe quelques années heureuses dans la paix et la vie apostolique. La question de maintenir dans une même congrégation maisons de retraite et écoles se pose. La séparation entre les Sœurs de Saint Régis qui garderont les écoles et les Sœurs de la Retraite (plus tard Notre Dame du Cénacle) sera une grosse épreuve pour Thérèse.

1837 est l’année où Thérèse prononce ses vœux perpétuels. Mais, épuisée, elle tombe malade et doit aller se reposer à Notre Dame d'Ay. En la fête du 15 août, renouvelant le geste du père Terme, elle remet tout à Marie et se démet de sa fonction de supérieure. Apaisée, elle remonte à Lalouvesc, où elle est confrontée à de gros problèmes financiers : une novice, jeune veuve fort riche, a remis son héritage au Cénacle, mais l’incompétence de l’économe était grande. En outre, pendant l’absence de Thérèse, la suspicion s'est développée à son égard. 

En octobre 1838, avec l'accord de l'Évêque de Viviers, le père Renault provoque la démission de Thérèse pour nommer à sa place une autre veuve qui vient d'entrer dans la communauté : Madame de La Villeurnoy, qui devient officiellement “supérieure fondatrice”. Très vite, les dettes s'accumulent, des sœurs partent. Le père Renault se rend compte de son erreur et destitue Madame de La Villeurnoy, qui laisse la communauté en plein désordre. Thérèse s'enfonce dans le silence et l'humilité, alors que le père Renault est prêt à lui redonner sa responsabilité et à lui rendre justice. Mais elle s'efface et encourage les sœurs à élire Mère Charlotte Contenet. Celle-ci réussit à redresser un peu la situation ; la congrégation se développe, mais Thérèse est continuellement tenue à l’écart et se trouve confinée dans d'humbles et pénibles travaux.

Le projet d'une fondation à Lyon se fait jour : Thérèse et une autre sœur sont envoyées pour nettoyer une maison proposée par Pauline Jaricot. Les locaux ne conviennent pas, les recherches s'engagent pour trouver un autre lieu. Thérèse prend l'initiative de signer l'acte d'achat pour un terrain sur la colline de Fourvière. Mère Contenet découvre alors les capacités et le dévouement de Thérèse : elle lui redonne sa confiance. 

En 1844, une communauté s'installe à Fourvière : Thérèse est nommée assistante. La congrégation prend désormais le nom de Notre Dame du Cénacle. A la mort de Mère Contenet, une pénible situation de schisme divisa les religieuses, jusqu’à ce que la “concurrente” de la nouvelle supérieure décidât de se retirer dans le monde. L’évêque nomma alors Thérèse supérieure générale. Pendant vingt-cinq ans, Thérèse sera de plus en plus entourée d'estime et d'affection. 

Fin 1856, elle devient supérieure de la communauté de Tournon. En 1860, elle est nommée assistante de la supérieure de Montpellier : durant cette période sa vie spirituelle s'intensifie, alimentée par des grâces mystiques.

En 1867, le Cénacle de Montpellier est fermé, et Thérèse revient à Lyon qu'elle ne quittera plus. Vers 1875, Mère Thérèse demande à sa supérieure la permission de s’offrir en victime à Notre-Seigneur. C’était le début d’une longue épreuve intérieure, la participation à l'agonie du Christ. Thérèse fut frappée particulièrement dans ses jambes, elle devint sourde, ce qui l’isola davantage encore. Sans le savoir, elle priait parfois à haute voix, provoquant l’édification de qui l’entendait. Dans les dernières années, sa santé se dégrade et elle éprouve de grandes souffrances physiques. Si Thérèse n'a plus de fonctions d'autorité sauf en de brèves occasions, elle n'est plus à l'écart. Elle est peu à peu reconnue comme témoin du passé, la première «religieuse».

La maladie puis la vieillesse vont la diminuer physiquement et au plan spirituel, ce sera aussi la nuit : Thérèse ne goûtera plus la présence de Dieu, mais continuera à prier longuement. 

En 1877, la nouvelle supérieure générale, au courant des différentes crises traversées par la congrégation, fait connaître Thérèse comme co-fondatrice avec le père Terme : c'est une reconnaissance officielle. En 1878, des chrétiennes laïques s'agrègent à la congrégation.

Désormais vénérée de toutes, Thérèse meurt le 26 septembre 1885 au Cénacle de Fourvière. Quelques jours plus tard, son corps est transporté à Lalouvesc.

Thérèse a été déclarée bienheureuse en 1951, et sainte en 1970. Le village de Lalouvesc, lieu de pèlerinage à saint Jean-François Régis est devenu aussi lieu de pèlerinage à sainte Thérèse Couderc, particulièrement fréquenté durant l’été.

En 2010, la congrégation compte environ cinq cents sœurs présentes dans treize pays, outre les autres formations qu’elles animent ailleurs, dans des pays où elles n’ont pas (encore… ) ouvert de maisons : Chine, Malaisie, Burkina Faso, Bénin, Côte d’Ivoire.

Sainte Thérèse Couderc est mentionnée le 26 septembre au Martyrologe.

 

 

Gaspar Stanggassinger

1871-1899

 

Il fut le deuxième de quinze (ou seize !) enfants d’une humble famille de Berchtesgarden (Bavière, Allemagne) et naquit le 12 janvier 1871.

Dès l’âge de neuf ans, il se sentit appelé au sacerdoce.

Il commença en 1881 à Freising des études qui ne furent pas brillantes. Mais trois ans plus tard, il put entrer au séminaire où l’ambiance et son heureux caractère lui firent surmonter ces difficultés.

Il eut moins de difficultés à aborder le chemin de la sainteté : à seize ans, il obtient la permission de faire le vœu de chasteté. Dans son journal, il écrit que tout est grâce. Il est envahi par l’ardeur de sa dévotion au Saint-Esprit.

En 1889, frappé par la fièvre typhoïde, il fit une confession générale, reçut les Sacrements… et se remit rapidement. L’ascension allait se poursuivre.

Durant les vacances, il s’occupa avec grand zèle des jeunes et des petits, leur enseignant qui est Jésus. 

Après le baccalauréat, il entra au Grand séminaire, où cette fois-ci il se passionna pour la philosophie de saint Thomas, pour les Sciences naturelles, la Dogmatique (où il eut la mention cum laude), l’Ecriture Sainte, l’Histoire de l’Eglise.

Il se sentit peu à peu appelé à rejoindre la congrégation des Rédemptoristes, qui avait été interdite par le Kulturkampf, raison pour laquelle sa famille s’y opposa aussi. Mais lors d’un pèlerinage à Altötting, il entendit la Sainte Vierge lui dire d’aller à Gars, près de l’Inn, chez les Rédemptoristes. 

Le 6 octobre 1892, il commença le noviciat à Gars, et reçut l’habit. Gaspar monta toujours plus en sainteté ; prières, méditations, mortifications, retraites, tout lui semblait bon pour se sanctifier davantage.

En 1893, il fit la profession, à Dürnberg, où il étudia la théologie, sans rien changer à ses exigences personnelles, acquises durant les années précédentes. Il comprit la nécessité de prendre sur soi davantage, d’écouter, de ne pas juger ni sermonner. 

Sous-diaconat en 1893, diaconat en 1894, sacerdoce en 1895 : Gaspar était prêt pour la prédication, pour laquelle il recommandait à lui-même : Je dois annoncer la parole de Dieu, non la mienne.

A peine ordonné, il fut nommé professeur au Petit séminaire rédemptoriste de Dürnberg, où les élèves le prirent tout de suite en grande estime pour ses profondes qualités pédagogiques. S’il se trompait, il pouvait demander pardon à genoux. S’il y avait des frottements entre les élèves et les professeurs, il intervenait pour rétablir la paix. Il abhorrait les révélations extraordinaires, il se contentait de l’évangile.

On lui confia l’économat, l’élaboration des nouveaux statuts, les programmes d’étude. En 1897, il fut chargé des postulants. Il allait s’asseoir avec les élèves pour parler avec eux : lui qui aurait voulu partir aux missions, considéra que les élèves étaient sa mission. Il leur répétait : Je ne suis qu’un roseau creux, à travers lequel Dieu parle.

Tout ce travail lui provoqua en 1897 un excès de tension et un moment d’épuisement, mais il ne rallentit pas pour autant son rythme d’activités.

En 1899, le Grand séminaire fut transféré à Gars. Il y arriva le 11 septembre pour y prêcher dès le 13 une retraite aux élèves, tout en se sentant proche de sa fin.

Le 22 septembre, avec de fortes douleurs d’abdomen, il fut sans forces et écrivit : Je vois bien la différence qu’il y a entre «prêcher la patience» et «souffrir avec patience».

Le 24 septembre il célébra la Messe dans l’infirmerie et demanda le Sacrement des malades, qu’on lui administra le 25. On lui diagnostiqua alors une appendicite, puis une péritonite. Ses derniers mots aux jeunes furent : Honorez et aimez la Bonne Mère, faites des visites à Jésus-Sacrement.

Après avoir reçu l’Eucharistie et invoqué saint Alfonso de’ Liguori (le Fondateur des Rédemptoristes, v. 1er août), il s’éteignit à cette vie dans la matinée du 26 septembre 1899.

Le premier miracle retenu pour sa béatification se vérifia en 1935, par la guérison totale d’une tumeur à l’estomac d’une Religieuse.

Gaspar Stanggassinger fut béatifié en 1988.

 

 

Luigi Tezza

1841-1923

 

Luigi vint au monde à Conegliano (Treviso, Italie du Nord) le 1er novembre 1841, fils de Augusto, un médecin, et Catalina Nedwiedt.

En 1850, orphelin de père, il accompagna sa mère à Padoue pour ses études.

En 1856, il entra chez les Camilliens ou Ministres des Infirmes de saint Camille de Lellis. Convaincue de la solidité de cette vocation, la maman entra alors chez les Visitandines de Padoue, où elle acquit une réelle réputation de Religieuse exceptionnelle.

Ordonné prêtre, Luigi fut nommé directeur des jeunes aspirants puis, après quatre ans, vice-maître des novices. Il aurait beaucoup aimé aller travailler dans les pays de mission, mais il y renonça par obéissance.

En 1871, il fut envoyé en France comme maître des novices, puis supérieur de la nouvelle province. En 1880, expulsé de France comme étranger, par la loi anti-religieuse, il y rentra clandestinement pour réunir la communauté dispersée.

Elu procureur et vicaire général, il partit pour Rome où il rencontra Giuditta (Giuseppina) Vannini (v. 23 février), à laquelle il proposa de donner naissance à la branche féminine des Camilliens : les Filles de Saint Camille, approuvées en 1931.

En 1900, il fut envoyé comme visiteur et réformateur de la communauté de Lima (Pérou). Il y resta vingt-trois ans. En même temps qu’il alla soigner les malades de toutes conditions, il fut aussi confesseur au séminaire et en diverses congrégations religieuses. 

Il fit tant de bien qu’on le surnomma le Saint de Lima. 

Il mourut à Lima le 26 (ou le 23) septembre 1923 et fut béatifié en 2001.

Pau Castellá Barberá

1862-1936

 

Pau (Paul) naquit le 3 mai 1862 à Selva del Camp (Tarragona, Espagne), de Pau et Francesca, qui le firent baptiser deux jours après.

Il grandit dans une ambiance très chrétienne, agrémentée par la musique.

A vingt-trois ans, il voulut entrer comme convers chez les Clarétains ou Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie.

Après le noviciat à Barbastro, il fit la profession en 1886. Dès lors, il resta six ans dans cette communauté, rendant service comme cordonnier.

Puis il fut envoyé à Lleida, et finalement dans les difficiles missions de Fernando Poo, des îles au large de la Guinée Equatoriale. C’était une destination «dangereuse», car on savait que beaucoup y étaient déjà morts de la malaria.

Pau avait alors trente ans. Il arriva sur l’île de Fernando Poo en janvier 1893. Il devait y rester jusqu’en 1908, s’occupant de tout, et surtout de traiter avec des personnes qui n’étaient pas particulièrement habituées à obéir ! Il fut sur l’île de Corisco, de Santa Isabel, Sant Carlos et Maria Cristina. Tout lui réussissait, rien n’était difficile. Habile, presque diplomate, il savait anticiper les réactions et prévoir les solutions. Pour cela, tous l’estimaient.

En 1908, il dut tout de même retourner en Espagne, avec une santé ébranlée qu’il ne put jamais récupérer. Il resta à Barbastro, exemple de piété et de douceur, avec sa vénérable barbe blanche.

Un séjour à La Selva del Camp en 1921 ne fut pas davantage salutaire. Et c’est là que la révolution de 1936 le rattrappa.

En juillet, toute la communauté dut se séparer, en tout vingt-trois personnes qui allaient recevoir la palme du martyre.

Lui-même fut reçu chez des neveux, où il put rester deux mois, passant son temps dans la prière. 

En septembre 1936, on le découvrit ; ce vieillard de soixante-quatorze ans fut jeté en prison et condamné à mort pour être Religieux. 

Il fut assassiné à Reus le 26 septembre 1936, avec un Confrère, et fut béatifié en 2013.

 

 

Andreu Feliu Bartomeu

1870-1936

 

Andreu naquit le 15 septembre 1870 à Selva del Camp (Tarragona, Espagne), de Josep et Francesca, qui le firent baptiser trois jours après.

Il grandit dans une ambiance très chrétienne, et surtout avec les Clarétains ou Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie., présents dans ce pays depuis 1868.

Andreu les aidait comme sacristain, chantait avec eux avec sa belle voix, montrant une profonde piété envers la Reine des Saints, dont il n’oublia jamais de fleurir l’autel.

A dix-sept ans, il voulut entrer au noviciat. Or à cet âge-là, il était déjà «trop tard» (?) pour commencer la préparation au sacerdoce, de sorte qu’il se prépara à être Frère convers. De toutes façons, ce qui lui importait, était de partir pour les missions.

Après une première formation comme postulant,, il fit le noviciat à Barbastro, et la profession à Cervera en 1889. 

Il resta quelque temps à Cervera, puis fut envoyé à Zafra (Badajoz). Conquis par les vertus de ce Frère exemplaire, ses Supérieurs l’envoyèrent en 1903 aux îles Fernando Poo (Guinée Equatoriale).

Le Frère Andreu savait très bien confectionner les vêtements, entretenir la sacristie, soigner les malades avec amour, et aussi cultiver la terre : on pouvait tout lui demander. On imagine le travail qu’il fit durant la trentaine d’années qu’il resta là-bas.

Il revint en Espagne en 1934, accosta à Barcelone et fut finalement envoyé à la communauté de Selva del Camp, son pays d’origine.

En juillet 1936, toute la communauté dut se séparer, en tout vingt-trois personnes qui allaient recevoir la palme du martyre. Andreu renonça à venir dans sa famille, pour ne pas la compromettre, et alla camper quelque part dans la nature, dans une pauvre cabane.

En septembre 1936, on le découvrit ; ce vieillard de soixante-six ans fut dénoncé au Comité de Reus, jeté en prison et condamné à mort pour être Religieux, comme son Confrère Pau Castellá.

Ils furent tous deux assassinés à Reus le 26 septembre 1936, et béatifiés en 2013.

Note. La date de ce martyre est parfois le 26 octobre, possible confusion avec la date de la béatification (27 octobre). Qu’on veuille bien nous aider à préciser ce détail.  

 

 

Josefa Romero Clariana

1871-1936

 

Elle vint au monde le 11 avril 1871 à Carlet (Valencia), de Agostino et Giuseppa, des gens très modestes.

Malgré l’avis opposé des siens, Josefa entra en 1892 chez les Sœurs de la Doctrine Chrétienne, où elle prit le nom de María du Calvaire. 

Elle fut dans les communautés de San Vicens dels Horts, Tabernes de Valldigna, Guadasuar et Carlet, travaillant dans les tâches humbles, à la cuisine, à la buanderie.

En 1909, elle fut témoin de la Semaine Tragique de Barcelone, quand déjà des groupes ennemis de l’Eglise se soulevèrent.

En 1931, à la proclamation de la République, elle assista à la fermeture de maisons religieuses.

En 1936 enfin, lors de la révolution de juillet, elle dut quitter précipitamment le collège de Carlet, malgré sa faible vue (car elle était presque aveugle) et se réfugia chez sa sœur, qui cachait déjà deux autres cousines, de la même congrégation, et où on la découvrit en septembre.

Le 26 septembre 1936, on la fusilla à Llosa de Ranes, au lieu-dit Barranco de los Perros, avec Mère María du Suffrage (Teresa Rosat Balasch), avec laquelle elle fut béatifiée en 1995.

Selon de récentes recherches, il s’avérerait qu’on ne sait pas réellement où et comment furent assassinées ces deux Religieuses. Des trois hommes qui les assassinèrent, deux furent fusillés à leur tour, avant qu’on les ait interrogés sur ce détail, le troisième disparut. Ainsi l’exécution aurait eu lieu probablement sur la route de Alcira à Benimuslem.

 

 

Teresa Rosat Balasch

1873-1936

 

Elle vint au monde le 15 octobre 1873 à Mislata (Valencia), fille unique de Emanuele et Teresa, et à qui fut donné le nom de la Sainte du jour, sainte Thérèse d’Avila.

Entrée en 1896 chez les Sœurs de la Doctrine Chrétienne, elle prit le nom de María du Refuge (ou Amparo). 

En 1898, elle fit la profession temporaire, la solennelle en 1906.

Elle fut supérieure à Tabernes de Valldigna, Molins del Rey, Cabrera de Mar, Cornellá et Carlet.

En 1909, elle fut témoin de la Semaine Tragique de Barcelone, quand déjà des groupes ennemis de l’Eglise se soulevèrent.

En 1931, à la proclamation de la République, elle assista à la fermeture de maisons religieuses, et dut s’habiller en civil.

En 1936 enfin, lors de la révolution de juillet, elle se réfugia chez une amie, mais fut bien vite repérée et mise en prison à Carlet le 19 septembre.

Sachant sa mère âgée et malade, elle disposa qu’elle fût reçue dans l’Institut.

Le 26 septembre, on la fusilla, dit-on, à Llosa de Ranes, au lieu-dit Barranco de los Perros, avec la Sœur María du Calvaire (Josefa Romero Clariana), avec laquelle elle fut béatifiée en 1995.

Selon de récentes recherches, il s’avérerait qu’on ne sait pas réellement où et comment furent assassinées ces deux Religieuses. Des trois hommes qui les assassinèrent, deux furent fusillés à leur tour, avant qu’on les ait interrogés sur ce détail, le troisième disparut. Ainsi l’exécution aurait eu lieu probablement sur la route de Alcira à Benimuslem.

 

 

Manuel Legua Martí

1875-1936

 

Manuel naquit le 23 avril 1875 à Alacuás (Valencia, Espagne) et fut baptisé le jour même.

Son père étant un bienfaiteur des Religieux, le garçon connut les Religieux Amigoniens de Torrent ou Tertiaires Capucins de Notre-Dame des Douleurs.

Il fit une première expérience, en 1892, mais la maladie l’obligea à interrompre.

Persévérant dans sa vocation, Manuel demanda sa réadmission, et put enfin faire la profession en 1904, avec le nom de León María de Alacuás. Il fut ordonné prêtre en 1906.

Cette congrégation s’occupait particulièrement de la rééducation de jeunes prisonniers, à l’Ecole Santa Rita de Madrid.

Le père León fut sous-directeur puis supérieur de la maison, et conseiller général. 

On sait, par une photographie de l’époque, qu’il accompagna en 1934 le Visiteur Général de la congrégation, qui devait visiter les communautés d’Amérique.

L’Ecole Santa Rita fut prise d’assaut en août 1936, et les miliciens commencèrent par réunir tous les Religieux dans une seule salle. Voyant venue leur dernière heure, ils se donnèrent mutuellement l’absolution avant de mourir… mais les miliciens les relâchèrent et ils se réfugièrent çà et là.

Le père León trouva refuge chez un de ses élèves, mais on vint l’en tirer avec violence, ainsi que le père de l’élève, et on alla les fusiller immédiatement sur la route de Madrid vers la France, le 26 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

Rafaél Calatrava Ros
1881-1936

Né le 9 août 1881 à Almería, il fut reçu docteur en droit à Grenade. Avocat unanimement respecté de ses collègues, il fut surtout un grand Chrétien, en toute simplicité.

Pratiquant convaincu, il priait la Sainte Vierge, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (canonisée depuis peu, v. 30 septembre), et appartenait à l’association de l’Adoration Nocturne.

En 1911, il épousa Carmen Romero Martínez ; ils eurent onze enfants, dont Jaime, qui allait mourir martyr comme lui.

Ils furent quatre laïcs appartenant à cette même association eucharistique, qui furent arrêtés et immolés ensemble, avec le prêtre don Ginés Céspedes Gerez (v. 26 septembre : Andrés Casinello Barroeta, Adolfo Martínez Sáez et Jaime Calatrava Romero). Ils partagèrent la prison «chez les Adoratrices», un couvent réquisitionné pour être prison, et sur le bateau-prison Astoy Mendi.

Martyrisé le 26 septembre 1936 à Pozo de Cantavieja (Tahal) et béatifié en 2017, Rafaél Calatrava Ros sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 septembre. On trouve aussi la date du 25 septembre, qui semble contredire la présence de Jaime aux côtés de son père jusqu’au bout.

Andrés Casinello Barroeta
1886-1936

Né le 23 août 1886 à Almería, Andrés était d’une famille d’avocats. 

Il fut ingénieur des Mines et exerça son métier à Vera, Linares et Almería.

En 1914, il épousa Serafina Cortés Barroeta, qui mit au monde sept enfants, dont deux moururent en bas âges ; Andrés les appelait les Anges de la famille. 

Son inspiration chrétienne était d’abord le Saint-Sacrement : il fut le président de l’association de l’Adoration Nocturne à partir de 1924 jusqu’à sa mort ; il lisait la Sainte Ecriture et avait toujours son chapelet à la main. Les évêques l’appréciaient : Mgr Martínez Noval lui confia en particulier la réalisation du monument au Sacré-Cœur : cette statue de cinq mètres de haut avait été installée solennellement en 1930 ; elle fut détruite et même fusillée lors de la révolte de 1936.

On comprend qu’un homme comme Andrés fut une des victimes de choix de la persécution religieuse de 1936. Andrés fut arrêté chez lui le 13 août par des miliciens qui prétendaient l’inviter à faire quelques déclarations. Andrés les suivit tout simplement, sans même saluer son épouse qu’il pensait retrouver quelques minutes plus tard. Mais il ne revint pas.

On le fit passer dans la «prison» du couvent des Adoratrices, puis à bord du bateau-prison Astoy Mendi, d’où il fut conduit avec trois autres Compagnons Adorateurs (v. ce même jour, Rafaél Calatrava Ros, Adolfo Martínez Sáez et Jaime Calatrava Romero) à Pozo de Cantavieja (Tahal) pour y être fusillé, un mois après ses cinquante ans.

Martyrisé le 26 septembre 1936 et béatifié en 2017, Andrés Casinello Barroeta sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 septembre.

Julio Esteve Flors

1897-1936

 

Il vit le jour le 9 octobre 1897 à Puzol (Valencia), de Vicente et Josefa, qui eurent neuf enfants. Il fut baptisé dès le lendemain.

Entré au Séminaire Séraphique de Massamagrell, il reçut l’habit en 1913, professa en 1914, avec le nom de Buenaventura de Puzol et fit les vœux solennels en 1918.

Il fut ordonné prêtre en 1921 à Rome, où il fut reçu au doctorat en philosophie et en droit canonique à l’Université Grégorienne.

Il fut professeur, il prêcha et fut assidu au confessionnal.

Il enseigna à Orihuela et en d’autres centres de l’Ordre.

Très intelligent, il était en même temps très humble.

L’été 1936, devant abandonner le couvent, il se réfugia chez ses parents à Puzol.

Il était conscient de son sort : Je me prépare pour la palme du martyre. Oui, je recevrai la palme du martyre, parce que je mourrai pour la religion.

Les miliciens l’arrêtèrent le 25 septembre 1936, avec son père et son frère qui, l’ayant hébergé, étaient complices.

A minuit, le 26 septembre 1936, ils les emmenèrent tous les trois au cimetière de Gilet (Valencia). Ils furent fusillés à deux heures du matin.

Juste avant de mourir, il prophétisa aux bourreaux : Avec la même mesure avec laquelle vous mesurez maintenant, vous serez à votre tour mesurés (cf. Mt 7:1). Après la guerre, quand les bourreaux furent arrêtés, ils reconnurent la vérité de cette phrase. 

Le père et le frère du p. Buenaventura ne sont pas béatifiés.

Le père Buenaventura fut béatifié en 2001.

 

Adolfo Martínez Sáez
1898-1936

Né le 23 juillet 1898 à Alhabia (Almería), il grandit avec sa mère et ses frères aînés à Pechina, après la mort de son père. 

Ce fut d’abord un Chrétien au sens fort du mot, toujours doux, aimable, serviable.

Il suivit les cours de Magistère à Almería tout en travaillant pour gagner sa vie.

Il appartenait à l’association de l’Adoration Nocturne. Il épousa en 1929 Carmen Gázquez Ferrer, qui mit au monde leur fils unique, Adolfo lui aussi, et mourut peu de temps après.

A Almería il fonda avec son frère un excellent collège chrétien. Lors de la persécution de 1936, on lui demanda de retirer le Crucifix de l’établissement ; sa réponse claire et nette fut : Pour me séparer du Christ, il faut d’abord qu’on passe sur mon corps ! 

Il fut alors arrêté, envoyé à la «prison» du couvent des Adoratrices, puis sur le bateau-prison Astoy Mendi.

Martyrisé le 26 septembre 1936 à Pozo de Cantavieja (Tahal) et béatifié en 2017, Adolfo Martínez Sáez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 septembre.

 

 

Ráfael Pardo Molina

1899-1936

 

Ráfael vit le jour le 28 octobre1899 à Valencia (Espagne), aîné de huit enfants.

Généreux, disponible pour rendre service, il dut travailler longtemps à la ferme pour aider sa famille. Il s’occupa en outre de la catéchèse paroissiale, participa à l’Adoration nocturne, à la confraternité de Saint-Filippo-Neri, visitait les malades chaque dimanche.

Il entra en 1919 à l’Ecole apostolique des Dominicains à Solsona (Lleida), avec l’idée d’accéder un jour au sacerdoce, mais la Providence ne le lui permit pas, aussi demanda-t-il à être admis comme convers, en 1921, comme son frère Luis.

En 1926, il fit la première profession à Calanda et s’occupa activement du jardin du couvent pendant six ans, suscitant l’admiration des paysans de l’endroit.

En 1932, il fit la profession solennelle et fut envoyé à Valencia, en qualité de sacristain adjoint. Il travailla beaucoup au culte des Saints, à la vénération des Reliques.

Ainsi, lorsque les temps devinrent difficiles et même dangereux, il s’employa à cacher tout ce qu’il put d’objets du culte dans des maisons privées. Quand les fouilles firent découvrir ces trésors et qu’on les confisqua, le Frère Ráfael n’hésita pas à aller trouver un avocat et aller déposer une déclaration à la mairie de Valencia, pour dénoncer le sacage subi au couvent. Grâce à cette démarche, ledit matériel fut déposé en sûreté à la mairie, et, au moins en partie, récupéré au lendemain de la guerre civile.

Lui-même se cacha en divers endroits de Valencia, du 19 juillet au 26 septembre, jour où on l’arrêta l’après-midi. Un groupe de miliciens le surprit, l’arrêta et alla le fusiller sur la route de Valencia à Nazaret, au lieu-dit Azud de Oro, Ribera del Turia, le 26 septembre 1936.

Le Frère Ráfael fut béatifié en 2001.

 

Ginés Céspedes Gerez
1901-1936

Né le 12 octobre 1901 à Garrucha (Almería), il fut baptisé quatre jours plus tard.

Il entendit très tôt l’appel de Dieu et eut une affectueuse dévotion envers la Mère de Dieu.

Son père le destinait à bien autre chose, mais Ginés tint à devenir prêtre ; il entra au Petit séminaire d’Almería en 1913, passa au Grand et fut ordonné prêtre en 1924.

Ses études de séminaire furent très brillantes ; il écrivait dans le journal La Independencia.

Il exerça son ministère sacerdotal à Níjar, puis à Fernán-Pérez jusqu’à sa mort. S’il ne fut pas chanoince de la cathédrale, il fut archiprêtre de Níjar dès 1932.

Lors de la persécution de l’été 1936, il se cacha. Mais ses parents ayant été menacés par les miliciens, il alla se présenter spontanément le 26 août ; arrêté immédiatement, il fut conduit sur le bateau-prison Astoy Mendi.

On lui proposa la liberté s’il acceptait de renoncer à son sacerdoce et de s’enrôler dans la propagande anti-religieuse. Sa réponse franche et courageuse fut son arrêt de mort : Si je devais naître vingt fois, je serais toujours prêtre.

Martyrisé le 26 septembre 1936 à Pozo de Cantavieja (Tahal) et béatifié en 2017, Ginés Céspedes Gerez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 septembre.

 

 

María Jordá Botella

1905-1936

 

Cette Marie vit le jour le 26 janvier 1905 à Alcoy (Alicante, Espagne) et fut baptisée le même jour avec le nom de María Pilar. Elle fut confirmée cette même année, selon une coutume de l’époque. Elle reçut la Première communion en 1912.

Elle fréquenta le collège Saint-Vincent-de-Paul et grandit dans la foi chrétienne.

A onze ans, elle s’inscrivit dans les rangs des Enfants de Marie.

Elle passa ensuite au collège de Onteniente, puis revint chez ses parents, où elle vécut d’une façon qu’on a pu justement qualifier d’exemplaire.

Elle faisait partie de l’Action Catholique, ainsi que d’autres associations chrétiennes, comme le Patronat des Ouvrières de Saint Maur et l’Apostolat de la Prière, montrant tout son zèle apostolique et son engagement social.

Dès 1931, à la proclamation de la République, elle fut le point de mire des ennemis de l’Eglise.

Quand se déchaîna la fureur révolutionnaire de l’été 1936, elle passa à Madrid pour vivre chez un de ses frères, mais c’est là qu’on la reconnut comme chrétienne pratiquante et qu’on l’arrêta pour la reconduire et l’emprisonner à Alcoy, du 20 au 26 septembre.

Le 26 septembre 1936, on l’emmena à Benifallim pour la martyriser. Ce martyre commença par une tentative de viol, auquel elle résista de toutes ses forces ; elle fut abattue, victime de sa foi et de sa pureté.

María fut béatifiée en 2001.

 

Jaime Calatrava Romero
1913-1936

Né le 20 décembre 1913 à Grenade, Jaime avait pour père Rafaél Calatrava Ros (v. ce même jour).

Dévôt marial comme son père, il ne manqua jamais de s’arrêter au sanctuaire de Notre-Dame de la Mer à Almeria.

Après ses études ches les Frères des Ecoles Chrétiennes, il passa la licence de droit à Grenade ; avocat, il travailla avec son père.

Il faisait partie, comme son père, de l’association de l’Adoration Nocturne, de l’Action Catholique ; il fonda l’Association des Etudiants Catholiques.

Il tenta une expérience chez les Dominicains d’Almagro, mais sa vocation n’était pas là : il se maria en février 1936 avec Elvira Enciso Reynaldo. 

Il fut arrêté en même temps que son père, mis en prison puis sur le bateau-prison Astoy Mendi, et dont il partagea le martyre. En effet, quand on appela son père, il s’avança spontanément pour rester avec lui. On voulait l’en empêcher, mais il insista.

Son épouse était enceinte de leur unique fils, mais il ne put le connaître, car il reçut la palme du martyre, en même temps que son père, à Pozo de Cantavieja (Tahal) le 26 septembre 1936.

Béatifié en 2017, Jaime Calatrava Romero sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 septembre.

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24 septembre 2021 5 24 /09 /septembre /2021 23:00

25 SEPTEMBRE

 

I.

S Cléophas, un des deux compagnons auxquels apparut Jésus ressuscité à Emmaüs (cf. Lc 24:18).

IV.

S Firminus, espagnol, premier évêque de Pampelune, mais patron d'Amiens, où il aurait été martyrisé.

SS Paulus, Tatta, et leurs enfants Sabinianus, Maximus, Rufus et Eugenius, martyrs à Damas.

VI.

S Principius, évêque à Soissons, frère ainé de s. Remi.

S Solemnis, évêque à Chartres, conseiller de Clovis.

?

SS Bardomien et Eucarpe, martyrs avec d'autres en Asie.

VII.

S Aunachaire, évêque à Auxerre, frère de Austrène (évêque à Orléans) et oncle de s. Loup (évêque à Sens).

S Finbarr, fondateur de l'école de Cork.

S Ermenfroi, abbé à Cusance après avoir vécu à la cour de Clothaire II.

VIII.

S Ceolfrid, abbé à Wearmouth, champion des usages romains (date de Pâques et port de la tonsure), maître de s. Bède ; il possédait trois exemplaires de la Bible de s. Jérôme, dont l'un fut longtemps conservé au Monte Amiata, d'où son nom de Amiatinus. 

XI.

B Hermann, bénédictin à Reichenau, tout perclus d'où son surnom de "contractus", mais d'une grande science, mathématicien, excellent historien, théoricien et compositeur de musique, auteur de l'"Alma Redemptoris Mater" et du "Salve Regina".

Stes Aurélie et Néomisie, vierges à Anagni.

XIV.

S Barthélemy (Serge) de Radonège, fondateur du fameux monastère de la Trinité près de Zagorsk.
XV.    

B Christófol, enfant martyr à La Guardia.

XVI.

B Marcos Criado, trinitaire espagnol, martyrisé par les Maures près de Grenade.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1989 :

Passionistes : près de Ciudad Real, le prêtre José María Bengoa Aranguren (Juan Pedro de Saint-Antoine, *1890), et le profès Pedro Leoz Portillo (Pablo María de Saint-Joseph, *1882) ;

  - béatifié en 1995 :

Marianistes : près de Ciudad Real, le profès Jesús Hita Miranda (*1900) ;

- béatifiés en 2007 :

Salésiens : à Madrid, le profès Juan Agustín Codera Marqués (*1883), et le postulant Tomás Gil de la Cal (*1898) ; à Bilbao, le profès Antonio Cid Rodríguez (*1890) ;

- béatifié en 2013 :

Fr. Maristes : près de Bilbao, Luis Huerta Lara (Luis Fermín, *1905) ;

- béatifié en 2016 :

Bénédictins : près de Madrid, le prêtre et prieur José Anton Gomez (*1878) ;

- béatifié en 2017 :

Clarétains : près de Vic, le prêtre Josep Capdevila Portet (*1890) ;

- béatifiés en 2021 :

Diocésains : près de Cordoue, Juan Castro Luque et Juan Elías Medina (*1872, 1902).

Cléophas

1er siècle

 

L’évangéliste saint Luc raconte qu’au soir de Pâques, Jésus se joint à deux voyageurs, aux environs d’Emmaüs, et que ces derniers le reconnaissent à la fraction du pain (Lc 24).

Luc nous apprend que l’un des deux est Cléophas. Le style et le contexte du récit des “pèlerins d’Emmaüs” fit penser à plusieurs que le compagnon de Cléophas était Luc lui-même, qui discrètement parle de soi sans se nommer.

Les informations anciennes que nous avons sur Cléophas ne sont pas absolument concordantes. Pour certains, ce Cléophas fut le père (ou le grand-père ? cf.infra) de Syméon, qui fut le deuxième évêque de Jérusalem, après l’apôtre saint Jacques ; pour d’autres, Cléophas serait cet évêque lui-même, qui aurait porté aussi le nom de Syméon.

Ce Syméon fut crucifié à Jérusalem, comme le Divin Maître, en 107.

L’évangile parle par ailleurs d’une Marie de Cléophas (Jn 19:25), qui serait la fille de notre Cléophas (certaines traductions écrivent femme de Cléophas, ce qui n’est pas sûr). Une tradition la présente comme l’épouse d’Alphée et mère de quatre garçons : Joseph, Simon, Jacques et Jude, ces deux derniers ayant fait partie des douze apôtres, communément appelés les “frères” de Jésus, car il y avait une proche parenté entre Marie de Cléophas et Marie, la mère du Christ. L’évangile parle de Marie, mère de Jacques et de Joseph (Mt 27:56 ; Mc 15:40),

L’Eglise a retenu la mémoire de Cléophas, cet heureux témoin de la résurrection du Christ, qui “brûlait” en son cœur, quand Jésus expliquait à lui et à son compagnon comment toutes les Ecritures s’accomplissaient en Jésus-Christ.

Le Martyrologe commémore donc saint Cléophas au 25 septembre, selon une tradition ancienne, tandis que saint Luc, on le verra, est commémoré le 18 octobre.

 

 

Firminus d’Amiens

4. siècle

 

Il était une fois… Qu’on nous pardonne cette expression qui évoque des contes anciens. L’histoire qui va suivre est effectivement discutée par les historiens, qui lui trouvent un excès de merveilleux, touchant quasi l’invraisemblable.

Il était une fois, donc - au 3e siècle -, un sénateur nommé Firmus, qui habitait Pampelune (Espagne). C’était un païen qui, en se rendant au temple de Jupiter, rencontra un prêtre chrétien nommé Honestus. Ce dernier interpella Firmus, lui parla du Christ… Firmus lui lança un défi : il se convertirait si l’évêque de Toulouse, Sernin (Saturninus, v. 29 novembre), venait là, sur place à Pampelune.

Et voilà que Sernin arriva la semaine suivante : en trois jours, il baptisa même quarante-mille personnes, parmi lesquelles notre Firmus et son fils, Firminus.

Sernin confia au prêtre Honestus le soin pastoral de cette toute jeune communauté ; ici, on s’interroge sur cette mission confiée à Honestus : comment Sernin lui abandonna-t-il le soin de quarante-mille baptisés sans ordonner au moins une vingtaine de prêtres et de diacres, sous la direction d’un évêque, avant de repartir pour Toulouse…

Honestus fit de son mieux, en particulier s’occupa du jeune Firminus et l’envoya, quand il eut dix-sept ans, prêcher dans les environs de Pampelune. S’il est vrai que Sernin baptisa quarante-mille personnes, Firminus dut aller assez loin pour trouver d’autres candidats au baptême !

Sept ans plus tard, Honestus appela le nouvel évêque de Toulouse, Honoratus (v. 22 décembre ?), pour conférer l’épiscopat à Firminus ; celui-ci avait donc vingt-quatre ans, un âge bien jeune pour recevoir l’épiscopat.

Sept ans plus tard encore, à trente-et-un ans, Firminus partit prêcher en Gaule : Agen, Clermont, Angers, Beauvais, Amiens. Qui lui avait confié cette «mission» ? Qui le remplaça à Pampelune ? les questions restent sans réponse.

A Beauvais il fut arrêté, mais délivré par les Chrétiens de l’endroit, à la mort (subite) du gouverneur.

En Amiens, Firminus amena au Christ trois mille personnes ; c’était beaucoup moins que les quarante-mille baptisés de Sernin à Pampelune, mais malgré tout le fait ne manqua pas d’attirer l’attention des gouverneurs Longulus et Sebastianus, qui envoyèrent des soldats arrêter et décapiter Firminus, discrètement, dans la prison même.

Ce pouvait être au début du quatrième siècle, un 25 septembre.

Amiens honore saint Firminus comme son premier évêque - alors que personne ne l’y avait envoyé -, mais aussi Pampelune : là-bas, on l’appelle Fermín ; les fêtes de Pampelune en l’honneur de San Fermín ont lieu en début juillet, elles sont hautes en couleurs et en manifestations mouvementées et sonores.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Firminus d’Amiens au 25 septembre.

 

 

Paulus, Tatta et leurs enfants à Damas

?

 

Toute une famille chrétienne, dont on connaît seulement le lieu de leur martyre, à Damas (Syrie).

Voici leurs noms sous la forme latine :

  • Paulus, le père
  • Tatta, la mère
  • Sabinianus
  • Maximus
  • Rufus
  • Eugenius

On les arrêta pour leur foi.

Ils subirent les coups de bâtons, d’autres supplices encore, durant lesquels ils rendirent leur âme à Dieu.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Paulus, Tatta et leurs enfants à Damas au 25 septembre.

 

 

Principius de Soissons

† 505

 

Principius était le frère aîné de s.Remi (v. 13 janvier).

Vers 474, il fut sacré évêque de Soissons, douzième à occuper ce siège.

C’est en 486 que Soissons fut reprise par Clovis, et qu’eut lieu le fameux épisode du vase de Soissons.

Les saintes qualités de Principius aidèrent Clotilde, l’épouse de Clovis (v. 3 juin), à convaincre totalement son mari d’embrasser le christianisme. On sait que c’est s.Remi qui baptisa Clovis à Reims en 496 (ou 499), en présence des autres évêques de Gaule.

Principius profita de l’appui de Clovis pour développer le culte chrétien et l’instruction des foules.

A sa mort, en 505, ce fut son neveu (son fils ?) Lupus, qui lui succéda.

Les reliques de Principius, conservées en la cathédrale de Soissons, furent réduites en cendres par les Protestants en 1567.

Saint Principius de Soissons est commémoré le 25 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Solemnis de Chartres

† 507

 

Puisque Solemnis (traduit Solenne, Solène, Solen) fut élu évêque de Chartres en 483, on peut donc situer sa naissance au plus tard vers 450.

Un récit qui n’est pas forcément légendaire, lui attribue la guérison d’un aveugle-muet. Il avait donc déjà une réputation de grande sainteté avant son épiscopat.

C’est sur cette réputation que Clovis s’appuya pour préconiser l’élection de Solemnis au siège de Chartres. Mais Solemnis alla se cacher pour éviter cette charge, de sorte que fut choisi l’archidiacre du diocèse, Aventinus. Lorsque ce dernier fut consacré, Solemnis sortit de sa cachette, mais fut immédiatement appréhendé par la foule qui réclama sa consécration. On le sacra évêque, Aventinus s’effaçant humblement pour laisser la place à l’Elu. En revanche, Solemnis fit ériger en diocèse la région de Châteaudun, et la confia à Aventinus.

Une autre version prétend qu’Aventinus était le propre frère de Solemnis.

Voici donc Solemnis établi treizième évêque de Chartres.

Un des rôles importants qu’il joua à cette époque, fut d’être le conseiller très écouté de Clovis ; il contribua, par sa prière, à la victoire du Prince sur les envahisseurs, et à sa conversion. Il était présent aux côtés de s.Remi et de s.Vaast (v. 13 janvier et 6 février) lors du baptême de Clovis (496 traditionnellement, 499 d’après de récentes recherches «officielles»).

Après vingt-quatre ans d’épiscopat, Solemnis s’éteignit le 24 ou 25 septembre 507, à Maillé, une commune peu distante de Tours et où l’on aurait retrouvé son tombeau, grâce à une mystérieuse lumière qui y brillait chaque dimanche.

Saint Solemnis de Chartres est commémoré le 25 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aunacharius d’Auxerre

† 603

 

Aunacharius (Aunachaire, Aunaire, mais aussi Aunharius, Agnarius, Anianus…) était de famille très noble et chrétienne. Ses parents, Pastor et Ragnoara, eurent un autre fils, Austrène, futur évêque d’Orléans, et une fille, Austregilde, dont le fils, Loup, fut évêque de Sens (v. 9 octobre et 1er septembre).

Jeune encore, Aunacharius fut conduit à la cour du roi de Bourgogne (Gontran, ou plutôt son prédécesseur Chilpéric). Mais Aunacharius préféra un autre Roi, celui du Ciel, et alla à l’insu de ses parents, se faire tonsurer à Tours, au tombeau de s.Martin (v. 11 novembre).

Syagrius, l’évêque d’Autun (v. 2 septembre), l’appela auprès de lui pour lui procurer une formation soignée et l’ordonna prêtre.

En 572, le peuple et le clergé d’Auxerre choisirent d’une voix unanime Aunacharius pour gouverner leur diocèse. Aunacharius devenait ainsi le dix-huitième évêque d’Auxerre.

Outre qu’il fut d’une extrême vigilance liturgique et pastorale pour son diocèse, Aunacharius participa à plusieurs conciles : Paris (573), Mâcon (581 et 585), et convoqua ensuite un très important synode à Auxerre.

On sait qu’il y eut des troubles parmi les moniales de Sainte-Croix à Poitiers (589). Aunacharius fut de ceux qui travaillèrent à y rétablir la paix.

Aunacharius chargea un de ses prêtres, Stephanus Africanus, d’écrire la Vie de s.Amâtre et de s.Germain, deux évêques d’Auxerre du 5e siècle (v. 1 mai et 31 juillet).

Un des prêtres d’Aunacharius, Austregisile, devint évêque de Bourges (v. 20 mai).

C’est sous l’épiscopat d’Aunacharius que le Martyrologe Hiéronymien fut mis à jour et complété. On a aussi deux lettres du pape Pélage à Aunacharius.

Aunacharius mourut en 603.

Des miracles eurent lieu avant et après la mort d’Aunacharius, au tombeau duquel se développa un  culte fervent. En 1567 cependant, les Huguenots profanèrent ces précieuses reliques.

Saint Aunacharius d’Auxerre est commémoré le 25 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Finbarr de Cork

550-623

 

Finbarr (en irlandais Fionnbharra ou simplement Barra) vit le jour à Templemartin (Bandon, Irlande S) vers 550, d’un certain Amergin, un maître forgeron au service du roi Tighernach de Ui Eachach. Contrairement à la volonté de ce dernier, Amergin épousa une femme de la maison royale et le terrible roi voulait les faire brûler vifs, mais une providentielle pluie éteignit le feu.

Leur enfant reçut d’abord le nom de Luan. Il eut peut-être une sœur nommée Lassar.

Quand l’enfant eut sept ans, il fut pris en charge par trois clercs de Munster et fit ses études à Sliabh Muinchill, où il fut tonsuré. Au moment de le tonsurer, le ministre remarqua la belle chevelure de l’adolescent et se serait exclamé : Fair (= fine) is the hair (= barra) of Luan, à quoi l’autre ministre répondit : Appelons-le Finn Barr (en irlandais Fionnbharra, comme on l’a dit plus haut).

Elevé et formé par un disciple de s.Grégoire le Grand (v. 12 mars), Finbarr s’en vint à Rome. Au retour, il visita s.David de Menevia (v. 1er mars) : ce dernier lui donna un cheval, avec lequel il put traverser les flots pour regagner l’Irlande… Peut-être avait-il plus de foi que s.Pierre qui ne put faire que quelques pas pour rejoindre le Christ sur le lac de Tibériade (cf. Mt 14:29–31) !

Pour compléter sa formation, Finbarr se serait alors établi sur une île d’un petit lac appelé Loch Irce ; l’île porte maintenant le nom de Gougane Barra. Il aurait construit un bon nombre de petites églises en différents endroits.

Vers 606, Finbarr se fixa dans la région de Munster et de nombreux disciples, moines et étudiants le rejoignirent, donnant naissance à l’important centre culturel de Cork, dont on disait : Ionad Bairre Sgoil na Mumhan, c’est-à-dire La fondation de Finbarr, c’est l’école de Munster, mais les Anglais modernes du collège universitaire de Cork interprètent : Là où Finbarr enseigne, Munster apprend.

On dit que de Cork sortirent dix-sept saints évêques. On trouve aussi que Finbarr lui-même aurait été sacré évêque, et aurait eu un épiscopat de soixante-dix ans, ce qui est franchement impossible.

Après une dernière visite à Gougane Barra, Finbarr s’éteignit à Cell na Cluaine (Cloyne) le 25 septembre 623.

Saint Finbarr de Cork est commémoré le 25 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ermenfroi de Cusance

† 670

 

Ermenfredus - Ermenfroy - naquit au début du 7e siècle d’Ermenricus et Waldalina, de riches et nobles parents du comté de Bourgogne, dans leur domaine de Ranustal (Clerval, Montbéliard, Doubs).

Les deux frères Ermenfroi et Vandelin furent un temps à l’école du palais du roi Clotaire II, puis Ermenfroi entra à l’abbaye de Luxeuil.

Ordonné prêtre, il fut chargé par l’abbé Walbert (v. 2 mai) de relever un ancien couvent en ruines, à Cusance (Baume-les-Dames, Besançon).

Ermenfroi commença par rendre leur liberté aux serfs de la propriété. Puis il y installa une petite communauté qui dépendait de Luxeuil, et dont il fut l’abbé. On observait la Règle de s.Colomban (v. 23 novembre).

Ermenfroi mourut le 25 septembre 670.

Des miracles eurent lieu au tombeau d’Ermenfroi. Un aveugle recouvra la vue en se prosternant devant le tombeau ; une possédée fut libérée après y avoir prié ; l’huile de la lampe non seulement ne se consumait pas, mais se dédoublait, pouvant ainsi en alimenter une autre.

Saint Ermenfroi de Cusance est commémoré le 25 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

Barthélemy-Serge de Radonège

1313-1391

 

Dans cette notice, nous sommes dans le monde de l’Orthodoxie.

Barthélemy vit le jour en 1313 à Rostov (Russie), de Cyrille et Marie, deuxième de leurs trois garçons, dont l’aîné s’appelait Etienne et le cadet Pierre.

Durant le temps de la grossesse, la maman vivait dans une continuelle abstinence, se nourrissant exclusivement de pain et d’eau.

Contrairement à ses frères, Barthélemy n’arrivait pas à étudier, malgré son grand désir et ses efforts. Un staretz (moine) pria et lui obtint l’ouverture de l’esprit nécessaire à l’étude. Il prophétisa aussi que cet enfant deviendrait la demeure de la Sainte Trinité, et amènerait une multitude à la compréhension de Sa volonté. Plus tard, on comprit le sens de cette prophétie.

A douze ans, Barthélemy se mit au pain et à l’eau et même au jeûne complet les mercredis et vendredis. 

C’est alors que la famille s’installa à Radonège. Etienne et Pierre se marièrent, les parents moururent, ainsi que l’épouse d’Etienne.

Barthélemy remit à Pierre son héritage et, avec Etienne chercha un endroit solitaire pour mener une vie ascétique. Ils trouvèrent, non loin de Radonège. Ainsi fut construite la première église en l’honneur de la Sainte Trinité.

Barthélemy reçut alors la tonsure monastique et prit le nom de Serge : il avait vingt-quatre ans (1337). Quant à son frère, il partit pour le monastère de la Théophanie, à Moscou.

Serge vécut d’abord trois ans dans la complète solitude. Il apprivoisa un ours, avec lequel il partageait de la nourriture. Puis vinrent des disciples.

En 1354, Serge fut bien obligé de devenir l’higoumène (supérieur) du monastère naissant, et même d’être ordonné prêtre. Il célébrait chaque jour la liturgie.

Sur sa prière, les frères du monastère reçurent un jour une grande quantité de pains, apportés par de mystérieux messagers qui disparurent ensuite. 

Un jour, Serge entendit une voix l’invitant à regarder dehors : une foule d’oiseaux merveilleux représentaient les nombreux disciples qu’il aurait bientôt.

Le patriarche de Constantinople persuada Serge d’instituer le cénobitisme dans son monastère, alors que jusqu’alors chaque frère vivait dans sa petite cabane isolée. Serge fit édifier des bâtiments, une hôtellerie. Certains cependant quittèrent le monastère, refusant le cénobitisme. 

Serge eut aussi la tristesse de voir revenir son frère Etienne, enflammé de colère, insultant son frère devenu higoumène, alors que lui, Etienne, était le premier fondateur (avec son jeune frère Barthélemy). La  jalousie, on le voit, n’aime pas l’amitié.

Serge alors, quitta le monastère pour fuir les discordes, et s’installa à Kirjatch. Le métropolite Alexis le pria de revenir au monastère mais, sentant venir la fin de ses jours, voulut instituer Serge comme successeur par obéissance. Mais Serge répondit : Pardonne-moi, vénéré pasteur, mais tu veux me charger d’un fardeau qui dépasse mes forces. Tu ne trouveras pas en moi ce que tu cherches. Je suis le plus pécheur et le pire de tous.

Par la suite, lors de l’invasion des Tatares, la prière de Serge valut au grand Duc la célèbre victoire de Koulikovo.

Vers la fin de sa vie, Serge eut une apparition de la Mère de Dieu accompagnée des apôtres Pierre et Jean. La Vierge Marie lui promit qu’elle ne quitterait pas ce monastère, et qu’elle le protègerait.

Serge mourut le 25 septembre 1391.

Il fut canonisé dans l’Eglise orthodoxe en 1452 et le Martyrologe Romain le mentionne au 25 septembre, unique Saint orthodoxe introduit dans ce livre (voir par ailleurs s. Tikhon, 26 août).

 

 

Cristófol de La Guardia

1483-1490

 

Voici encore une «histoire» qui, si elle est vraie, n’est pas à l’honneur des Chrétiens. Quand bien même elle ne serait qu’une légende, celui ou ceux qui l’ont répandue n’ont pas à s’en glorifier.

Des textes «anciens» racontent qu’après un audafé qui eut lieu à Tolède (Espagne), des Juifs voulurent se venger par la sorcellerie. Pour cela, ils avaient besoin d’une Hostie consacrée et du cœur d’un innocent.

Cristófol (ou Juan), fils d’Alonso de Pasamonte et Juana la Guindera, est séquestré le Vendredi saint, conduit à La Guardia, fouetté, couronné d’épines et crucifié ; on lui arrache le cœur. Sa mère, aveugle, recouvre alors la vue.

Puis les assassins volent une Hostie : celui qui va «communier» conserve l’Hostie dans les pages d’un livre de prières, mais l’Hostie se met à rayonner, démasquant le voleur. Ce dernier avoue son crime, révèle les noms des complices, qui sont arrêtés, jugés, et exécutés ; leurs biens sont confisqués et, vendus, permettent la construction d’un monastère.

L’histoire est pratiquement la même que pour Dominguito (v. 31 août). L’interrogation évidente est la même : si les faits se sont passés un Vendredi saint, pourquoi Cristófol est-il «fêté» (encore actuellement) un 25 septembre ?

Pour comble, ce «petit martyr» est le patron de La Guardia et son culte fut confirmé en 1805. Mais il n’est pas mentionné au Martyrologe.

Il n’est évidemment pas question ici de réveiller des soupçons et des accusations. Il y avait quatre ou cinq cas de ce genre dans l’ancien Martyrologe, qui en ont été rayés. Mais ces récits ont fait partie de l’histoire, de même que l’Ecriture sainte contient des récits parfois effrayants. C’est une preuve de sincérité. Que Dieu pardonne à tous.

 

 

Marcos Criado

1522-1569

 

Marcos naquit à Andújar (Jaén, Espagne S) le 25 avril 1522, cinquième des enfants de Juan Criado Notario et María Guelamo Pasillas, qui lui donnèrent le nom du Saint du jour, l’évangéliste saint Marc.

En 1531, sa mère mourut ; son père entra en 1534 chez les Franciscains à Cordoue ; Marcos demanda à entrer au couvent local des Trinitaires.

Il se considéra désormais comme un véritable criado, serviteur, s’arrangeant pour obtenir la dernière place ; il préférait rater ses examens pour ne pas céder à l’orgueil ; il changera de couvent dès qu’on parlera de lui.

Après le noviciat (1536) et la profession (1537), il se prépara au sacerdoce. Une fois prêtre, il prêcha dans son couvent, puis à Jaén et Ubeda.

En 1560, il fut envoyé en mission dans la région de Alpujarras, très déchristianisée depuis l’occupation des Maures. 

Il commença son travail d’évangélisation à La Peza, puis s’adressa aux pays alentour. Il prêchait à tous, chrétiens et musulmans, dans les rues ou dans les églises, sans se laisser décourager par les incessantes insultes qu’il recevait, accompagnées de crachats, jets de pierres etc.

Il y eut en 1569 une importante rébellion de la population mauresque, au terme de laquelle Marcos reprit courageusement la prédication.

En septembre 1569, on s’empara de lui, on le traîna jusqu’à la place publique, où les femmes et les enfants le lynchèrent. Parvenu à s’échapper, il fut rattrapé au lieu-dit Fuente de Belchite, entièrement enroulé dans des cordes et accroché à un chêne. Avant de l’abandonner à une mort lente par hémorragie, faim ou soif, on le lapida encore. Mais trois jours plus tard, on le retrouva détaché, serein, en train de chanter des psaumes, de prêcher ; Marcos salua ses «visiteurs» avec paix et affection. Un des bourreaux alors lui ouvrit la poitrine d’un coup de poignard pour en extraire le cœur.

Plusieurs témoignages et écrits relatent qu’alors le cœur se mit à briller d’un lumineux éclat, faisant apparaître le monogramme du Christ (IHS) ; un des présents se serait alors emparé du cœur et l’aurait par la suite utilisé pour guérir des malades.

Marcos Criado fut martyrisé par les Maures le 25 (ou le 24) septembre 1569, et fut béatifié en 1899.

 

Juan Castro Luque

1872-1936

 

Juan Castro Luque naquit le 3 mars 1872 à Castro del Río (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 25 septembre 1936.

Juan Castro Luque sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 25 septembre.

 

 

José Anton Gomez

1878-1936

 

José Anton Gomez naquit le 26 août 1878 à Hacinas (Burgos, Espagne NC).

Il entra chez les Bénédictins de Silos (dépendants de la congrégation de Solesmes), fut ordonné prêtre et, en 1919, fut prieur à Madrid, où il restaura le petit sanctuaire de Notre-Dame-de-Montserrat.

C’était un homme polyglotte, grand intellectuel, professeur, bibliothécaire et conseiller de l’Ordre ; il se distinguait surtout par sa grande douceur.

Au début de la Guerre civile de juillet 1936, il dissolut cette communauté pour permettre à chacun de chercher refuge.

Certains furent vite retrouvés, et condamnés à mort pour le grave délit d’être prêtres.

Le Prieur fut abattu aux environs de Madrid, boulevard Andalucía, le 25 septembre 1936.

José Anton Gomez fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 25 septembre.

 

 

Pedro Leoz Portillo

1882-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

 

D’une famille très chrétienne, Pedro naquit le 16 février 1882, reçut le Baptême le lendemain, et la Confirmation en 1889.

Il avait déjà un frère passioniste (Cecilio Lopez, 1878-1958) et deux sœurs cloîtrées.

Bon travailleur, charitable, Pedro recevait chez lui les pauvres, les logeait, et ne les laissait pas partir le lendemain sans leur donner une bonne aumône.

A vingt-cinq ans, il pensait aller chercher fortune en Amérique, et alla prendre congé de son frère passioniste à Corella (Navarre). Il fut alors tellement frappé par l’idéal de cette Congrégation, qu’il abandonna là tous ses projets, et voulut se consacrer à Dieu.

Il entra au couvent de Gaviria (Guipúzcoa) l’année suivante (1906). Quand on lui demandait pourquoi il avait attendu si longtemps avant de se consacrer, il répondait qu’il ne se sentait pas digne de la vie religieuse.

Après la profession à Gaviria, où il prit le nom de Pablo María de Saint-Joseph, il travailla à Corella et à Daimiel, avec une courte période à Saragosse en 1927 pour y organiser la vie du collège.

Il travaillait au postulat ou bien allait demander l’aumône dans les rues et les places… Il écrivait à sa sœur religieuse : On n’en est pas venu à me battre, mais j’ai récolté toute une litanie d’insultes.

Il souffrait d’une douloureuse plaie à une jambe, qui ne cicatrisait pas. On était frappé par sa bonté, son humilité, sa dévotion mariale.

Après l’expulsion du couvent, la nuit du 21-22 juillet 1936, il trouva à se réfugier avec le père Bengoa dans une pension de Ciudad Real, et faisait de petits travaux de cordonnier pour gagner de quoi subsister.

On les arrêta tous les deux le 24 septembre suivant et on les fusilla à Carrión de Calatrava, non loin de Ciudad Real.

C’était le 25 septembre 1936.

Frère Pablo María et Père Juan Pedro Bengoa furent béatifiés en 1989.

 

 

Juan Codera Marqués

1883-1936

 

Il vit le jour à Barbastro (Huesca, Espagne) le 25 mai 1883. 

Travaillant comme employé dans la maison salésienne de Sarriá, il demanda à y faire le noviciat de coadjuteur.

Il fit la profession en 1919 à Carabanchel Alto (Madrid), où il resta dix années, puis passa à Salamanque, et Madrid. En 1933, il revint à Carabanchel comme infirmier.

Le 20 juillet 1936 il fut arrêté avec les autres membres de la communauté. Lors du transfer des prisonniers aux écoles transformées en prison, il priait le chapelet : on le lui arracha des mains et, comme punition, on le frappa à coups de poings jusqu’à le faire tomber.

Après cette première épreuve, momentanément libre, il se réfugia dans une pension avec don Enrique Saiz, don Pablo Gracia et Tomás Gil de la Cal. 

Au matin du 25 septembre, il partit avec ce dernier visiter les autres Confrères prisonniers : ils devaient revenir le soir, espérant apporter aussi la nouvelle de l’entrée des troupes nationalistes dans Tolède. Au début de l’après-midi, ils firent encore une visite, et disparurent. On suppose que leurs visites répétées à la prison des autres Salésiens aient éveillé les soupçons des républicains et qu’ils aient été fusillés ce jour-même.

On a donc établi leur dies natalis au 25 septembre 1936.

Don Juan Codera a été béatifié en 2007.

 

 

Antonio Cid Rodríguez

1890-1936

 

Antonio vit le jour le 15 avril 1890 à Calsadoira (San Xoán de Seoane, Allariz, Orense, Espagne).

Il entra dans l’Ordre Salésien à Écija et passa au noviciat de Séville ; il fit la profession en 1909 puis, à partir de 1911 fut en différentes maisons : Málaga, Carmona, Séville, Baracaldo, Salamanque (1919), Santander (1918), Madrid, de nouveau Santander (1931).

Il se trouvait à Santander au moment de la guerre civile de 1936. S’étant réfugié chez des parents à Bilbao, il fut bien vite arrêté en pleine nuit : on lui trouva un crucifix et quelques objets «religieux», c’est-à-dire «interdits». 

On l’emmena, mais Dieu seul sait où, les deux endroits les plus fréquentés par les miliciens pour ces exécutions étant l’Alto de Castrejana et le Cuartel de Garellano.

En l’un ou l’autre des deux lieux, don Antonio souffrit le martyre le 25 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

José María Bengoa Aranguren

1890-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

 

Il était né le 19 juillet 1890 à Santa Águeda (Guipúzcoa), où son père travaillait au sanatorium.

Baptisé le lendemain, il reçut la Confirmation en 1896.

Excellent nageur, il sauva de la noyade un ami.

Après avoir étudié au collège des Passionistes de Bilbao, il commença en 1907 le noviciat à Angosto (Álava) et fit la profession en 1908, prenant le nom de Juan Pedro de Saint-Antoine.

Après ses Humanités à Corella, il étudia la philosophie au Mexique. Mais lors de la persécution, il fut emprisonné, puis expulsé du Mexique, et s’en vint avec ses Confrères à Chicago, où il étudia la théologie et reçut le sacerdoce (1916).

En 1918, il rentra en Espagne, pour prendre la direction des étudiants de Daimiel, mais dès 1920 il repartait au Mexique, nommé recteur à Toluca.

Il avait une puissante voix de basse, dont il se servait pour le chant liturgique, accompagné par l’excellent organiste, le père Nicéforo (voir la notice Vicente Diez Tejerina).

En 1923, il devait revenir en Espagne, pour être assistant à Corella, puis à Daimiel.

En 1928, il était nommé supérieur de la nouvelle maison de Saragosse, et prêcha avec fruits dans un quartier difficile de la ville.

Assistant à Daimiel, il écrivait en avril 1936 que la situation était devenue très difficile.

On aura lu dans la notice des Passionistes de Daimiel les événements du 21 juillet.

Dans un premier temps, le père Bengoa put se réfugier dans une pension de Ciudad Real, avec un Frère (Pedro Leoz Portillo). C’est de là qu’il envoya à Rome un télégramme (sans doute en latin) pour informer les Supérieurs du martyre de ses Compagnons : ce télégramme fut publié par l’Osservatore Romano le 20 août.

Le 25 septembre 1936, il fut arrêté avec son Compagnon ; tous deux furent fusillés à Carrión de Calatrava (environs de Ciudad Real) et jetés dans une fosse commune, dont on put retirer leurs restes plus tard.

Le père Juan Pedro, martyrisé le 25 septembre 1936, fut béatifié en 1989.

 

Josep Capdevila Portet

1890-1936

 

Né le 2 août 1890 à Vic (Barcelone), il était l’aîné des huit enfants de José, un manœuvre, et María Ángela.

Ayant perçu très tôt la vocation sacerdotale, il entra au séminaire de Vic en 1900 et, en 1903 passa au postulat des Pères Clarétains à Barbastro. Apparemment, il redoubla la Première. En 1905 il commença le noviciat, fit la profession l’année suivante, puis étudia la philosophie à Cervera, ainsi que la théologie, qu’il acheva à Alagón, et fut ordonné prêtre en 1914.

Prêtre, il fut envoyé à Cervera pour prêcher. En novembre 1915, il fit un voyage à Vic, pour la première Communion de ses deux petits frère et sœur, Pepito et Carmina, qu’il ne connaissait pas encore.

Puis il fut à Berga, San Felio de Guixols, Tarragone, Selva del Campo. En 1931, il fut consulteur à Vic et, en 1934, supérieur de la maison de Sallent.

Excellent prédicateur, il publia aussi quelques écrits de dévotion mariale.

Du 20 au 27 juillet 1936, fuyant la maison de Sallent qui était fouillée par les miliciens, il passa de cachette en cachette, dormant même à la belle étoile, jusqu’à arriver à la maison de ses parents à Vic. 

En fin d’après-midi du 24 septembre, une patrouille vint enlever le p.Josep. Il tenta d’abord de sauter par une fenêtre, mais on le voyait et il se rendit. Sa mère tenta de l’approcher : on la bouscula à terre d’un coup de poing. Quand Josep dit à sa mère Adieu, au Ciel, un milicien répondit : Il n’y a pas de Ciel, et le Prêtre : Pour vous, il n’y en aura pas si vous ne vous convertissez pas.

On conduisit le p.Josep à la mairie, puis en prison. Quand son père et sa sœur vinrent le voir, on ne le leur permit pas, et on leur dit qu’il n’avait besoin de rien. Evidemment…

A vingt-trois heures, on l’emmena sur la route entre Vic et Manlleu, où il fut fusillé, en même temps qu’un autre prêtre (lequel, faisant partie d’une autre liste de martyrs, n’a pas encore été béatifié).

Martyrisé le 25 septembre 1936 et béatifié en 2017, Josep Capdevila Portet sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 septembre.

 

 

Tomás Gil de la Cal

1898-1936

 

Tomás vit le jour le 7 mars 1898 à Guzmán (Burgos, Espagne), de pieux parents dévots de la Mère de Dieu ; on priait régulièrement le chapelet en famille.

Fidèle à cette éducation, il n’hésitait pas à laisser ses camarades qui voulaient aller jouer, prétextant qu’il allait se confesser.

Entré comme domestique dans la maison des Salésiens de Carabanchel Alto, il sentit l’appel à être lui-même coadjuteur, mais les événements allaient précipiter la situation.

Il se sentait déjà faisant partie de la maison : quand les pères furent mis en prison, il n’hésita pas à accompagner le matin et le soir du 25 septembre 1936 le père Juan Codera, pour rendre visite aux prisonniers.

Tout ce qu’on sait du Père et de lui, c’est qu’ils disparurent ce soir-là.

On a établi ainsi la date de leur martyre au 25 septembre. 

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Jesús Hita Miranda

1900-1936

 

Jesús (il n’est pas rare que les Espagnols portent ce nom), naquit le 17 avril 1900 à Calahorra (Rioja, Espagne).

Après deux années de séminaire, il entra chez les Marianistes dans le but d’y devenir prêtre.

En 1918 il fit la première profession. Quand vint l’heure de la solennelle, on lui fit savoir que, en raison d’une certaine tendance naturelle au bégaiement, on allait le destiner non pas au sacerdoce, mais à l’état de Frère, pour l’éducation des jeunes.

N’importe quel autre novice aurait sans doute quitté l’Ordre pour en rejoindre un autre où on l’aurait accepté comme prêtre. Jesús, lui, comme son divin Maître, se soumit : à partir de 1921 et jusqu’à sa mort, il enseigna de tout son cœur, transmettant son amour de Dieu et de Marie à la jeunesse qui l’écoutait. 

Ses mots d’ordre étaient : Etre saint, être utile, se donner.

Il fut successivement dans les collèges de Suances (Santander), Escoriaza (Guipúzcoa), Vitoria, Ciudad Real, Jerez de la Frontera, Madrid.

Mettant à profit ses moments libres, et sa première préparation intellectuelle, il obtint à l’Université de Saragosse la licence d’Histoire.

Fin juin 1936, quand déjà les révolutionnaires s’agitaient et menaçaient, Jesús fut envoyé à Ciudad Real pour un remplacement. En partant, il dit à des intimes : Qu’il arrive ce que Dieu veut ; si nous sommes martyrs, tant mieux.

A Ciudad Real, la situation était déjà en ébullition. Peu de jours après son arrivée, le collège fut occupé et Jesús dut se réfugier dans une pension de famille, avec d’autres Religieux, sur le conseil des Supérieurs.

A partir de ce moment-là, il se recueillit dans la prière et la pénitence, pensant au martyre qui s’approchait et dont il parlait souvent. Il supprima son matelas et dormait directement sur les lattes de son lit. Il priait souvent les bras en croix, parfois même de nuit. Il restait très calme et se confessait jusqu’à deux fois par semaine, préparant son âme à la rencontre avec Jésus.

Le 25 septembre, les miliciens firent irruption dans la pension pour arrêter tout ce qui s’y trouvait comme prêtres et religieux. Jesús suivit calmement ses bourreaux, saluant les propriétaires de la maison avec un ultime sourire. 

La nuit suivante, il fut abbattu avec les deux Passionistes ci-dessus, à Carrión de Calatrava.

Il fut béatifié en 1995.

 

 

Juan Elías Medina

1902-1936

 

Juan Elías Medina naquit le 16 décembre 1902 à Castro del Río (Cordoue, Espagne S).

En 1926, il fut ordonné prêtre et fut curé à Castro del Río.

Dès le début des agitations de la guerre civile, il fut mis en prison, le 22 juillet 1936. Dès lors, il s’ingénia à porter toute l’assistance spirituelle possible auprès des autres détenus.

Au matin du 25 septembre 1936 (cette date semble plus précise que le 23, qu’on trouve quelquefois), on l’emmena avec d’autres prisonniers aux portes du cimetière, où on les abattit. Ils tombèrent en pardonnant à leurs bourreaux et en criant une dernière fois Vive le Christ Roi !

Juan Elías Medina sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 25 septembre.

 

 

Luis Huerta Lara

1905-1936

 

Luis était né le 21 juin 1905, en la fête de saint Luigi Gonzaga, dont il porta le nom, à Torrecilla del Monte (Burgos, Espagne), un des quatre garçons de Balbino et Lucía, paysans très chrétiens qui le firent baptiser le 24 juin. Il fut confirmé un an plus tard.

Il entra en 1918 au collège des Frères Maristes à Vic et commença le noviciat à Las Avellanas en 1920 ; en 1921 il reçut l’habit et le nom de Luis Fermín ; un an après il faisait les premiers vœux et devait faire la profession solennelle en 1927.

Il se trouva que le Frère était assez myope, raison pour laquelle ses supérieurs ne le destinèrent pas à l’enseignement. On ne voit pas bien quel inconvénient il pouvait y avoir à être un professeur myope, et surtout comment il n’y avait pas davantage de danger à le mettre à la cuisine, où il pouvait se tromper dans la quantité de sel, confondre le sel et le sucre, oublier l’eau ou l’huile sur le feu, etc.

Il reste que Luis Fermín fut envoyé en 1923 comme cuisinier à Vallejo de Orbó (Palencia) et comme jardinier à Las Avellanas.

Toutefois le Frère réitéra sa demande d’être enseignant. On l’envoya finalement à Barcelone (1925), puis de nouveau comme cuisinier à Centelles (1927), Palafrugell (1929), Arceniega (1929), Haro (1930) ; il revint à l’enseignement à Carrejo (1932), Arceniega de nouveau (1935).

Apparemment, il ne fut pas un mauvais professeur ! Comme cuisinier, il lui arriva souvent de se priver pour donner suffisamment à la communauté, quand la nourriture était trop restreinte (et c’était fréquent…)

En août 1936, des miliciens vinrent l’arrêter, le conduisirent à Bilbao et le firent monter sur le Cabo Quilates, en rade de Bilbao.

Il y fut assassiné, le 25 septembre 1936, jour qui fut retenu pour son dies natalis, quoique certains témoins aient affirmé que ce fut le 2 octobre.

Le Frère Luis Fermín fut béatifié en 2013.

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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 23:00

24 SEPTEMBRE

 

III.

S Anatolius, successeur immédiat de s. Barnabé (?) sur le siège de Milan.

?

SS Andochius, Thyrsus et Felix, martyrs à Autun. 

V.

S Rusticus, évêque à Clermont.

VI.

S Loup, évêque à Lyon après avoir été anachorète. 

Ste Ama, vierge à Joinville.

VIII.

S Brithun, abbé à Beverley.

XI.

S Gerardo Sagredo, bénédictin vénitien, évêque à Csanàd, grand promoteur du culte marial et de la liturgie, martyr.

S Isarn, abbé à Saint-Victor de Marseille.

XIV.

B Dalmacio Moner, dominicain espagnol, d'une extrême austérité, invoqué contre les maux de dents.

XVI.

Bx William Spenser, prêtre, et Robert Hardesty (qui l'avait hébergé), martyrs anglais, tous deux pendus.

XVII.

S Antonio González, dominicain espagnol martyr au Japon, béatifié en 1981 et canonisé en 1987, fêté avec s. Laurent Ruiz le 28 septembre.

XVIII.

S Carlo Antonio Divini (Pacifico de San Severino), franciscain, troubadour et prédicateur dans les Marches ; ses larmes le rendirent aveugle ; il sut miraculeusement la victoire contre les Turcs à Belgrade en 1717.

XIX.

B Anton Martin Slomšek, évêque slovène à Maribor, béatifié en 1999.

XX.

Bse Joanna Matylda Gabriel Rawski (Kolumba, 1858-1926), polonaise née en Ukraine, abbesse bénédictine à Leopoli, fondatrice à Rome des Bénédictines de la Charité, béatifiée en 1993.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, José María Ferrándiz Hernández et Pascual Ferrer Botella (*1879, 1894) ;

Dominicains : près de Tarragona, le prêtre Josep María Vidal Segú (*1912) (le 26 septembre au Martyrologe) ;

Laïcs : près de Valencia José Ramón Ferragud Girbés (*1887), père de famille de huit enfants, et Encarnación Gil Valls (*1888), vierge ;

- béatifiés en 2007 :

Trinitaires : à Cuenca, les prêtres Luis de Erdoiza Zamalloa (L. de St.Michel-des-Saints), Melchor Rodríguez Villastrigo (M. de l'Esprit-Saint) et Santiago Arriaga Arrien (S. de Jesús) (*1891, 1899, 1903) ; le profès Juan Francisco Joya Corralero (J. de la Vierge-du-Castellar, *1898) ;

Salésiens : à Málaga, les prêtres Manuel Gómez Contioso et Antonio Pancorbo López (*1877, 1896) ; les coadjuteurs Esteban García y García et Ráfael Rodríguez Mesa (*1901, 1913) ;

Carmes Déchaux : à Barcelone, le prêtre Alfons Arimany Ferrer (A. du Cœur de Marie, *1905) ;

- béatifiés en 2013 :

Fr. Maristes : à Málaga, Perfecto Becerril Merino (Guzmán) et Celedonio Martínez Infante (Fernando María) (*1885, 1895) ;

- béatifié en 2017 :

Clarétains : près de Lleida, le convers Ramón Roca Buscallà (*1888).

    

Anatolius de Milan
3
e siècle

Il existe en italien un grand nombre de variantes au nom d’Anatolius : Anatalone, Anatelon, Anatalo, Anatolo, Anatalofle… 
D’après les spécialistes, il ne semble pas possible qu’Anatolius eût été un disciple de s.Barnabé (v. 11 juin), encore moins de l’apôtre s.Pierre. Quelque auteur ancien a en effet écrit que s.Pierre aurait lui-même consacré Anatolius et l’aurait envoyé comme premier évêque à Milan.
Disciple de l’un ou de l’autre, Anatolius aurait échappé à la persécution de Néron en vivant dans la clandestinité.
En réalité, Anatolius aurait plutôt été évêque de Milan à la fin du deuxième siècle et serait mort au début du troisième. Il reste le premier évêque «officiel» de ce siège.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Anatolius de Milan au 24 septembre.


Andochius, Thyrsus et Felix d’Autun
3
e siècle

Beaucoup de doutes subsistent à propos de ces trois Martyrs.
Andochius, Benignus et Thyrsus seraient arrivés en Gaule sur révélation de s.Irénée et de s.Polycarpe (v. 28 juin et 23 février). Andochius était prêtre, Thyrsus diacre.
Leurs étapes furent Marseille, Lyon, Autun ; à Autun, le noble Faustus les reçut avec joie et leur fit baptiser son petit garçon Symphorianus, de trois ans.
Andoche poursuivit sa route à Langres avec Benignus, qui disparaît alors du récit.
A Saulieu, Andoche et Thyrsus furent reçus par un Chrétien d’origine orientale, nommé Felix. C’est à Saulieu qu’on dénonça à l’empereur Aurelianus (?) Andoche et Thyrsus ; Felix demanda à les suivre.
Devant cet empereur non identifié, les trois hommes furent suspendus par les bras, eurent les pieds chargés de pierres, mais se retrouvèrent sains et saufs le lendemain ; une pluie miraculeuse éteignit le feu où on les jeta pieds et poings liés. On leur brisa le cou avec des barres de fer.
Ce pouvait être vers la fin du 3
e siècle.
Après ce martyre, réapparut Faustus avec Symphorianus qui avait désormais quinze ans, pour recueillir et ensevelir les trois corps.
Les difficultés de ce récit sont : la «disparition» de Benignus ; le «successeur» de Septime-Sévère († 211) qui ne s’appelait pas Aurelianus, mais Aurelius Caracalla, tandis qu’Aurelianus ne régna qu’en 270.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Andochius, Thyrsus et Felix d’Autun au 24 septembre.


Rusticus d’Auvergne
5
e siècle

Après la mort de l’évêque Venerandus, on ne s’accordait pas pour lui désigner un successeur.
Une mystérieuse femme se présenta alors, racontant qu’elle avait vu en rêve un prêtre ; arriva alors le prêtre Rusticus, qu’elle reconnut et qui fut appelé à succéder à Venerandus. 
Rusticus apparaît donc comme le huitième évêque d’Auvergne, sans siège précis, la cathédrale de Clermont ne devant être construite que sous son successeur.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Rusticus d’Auvergne au 24 septembre.


Loup de Lyon
6
e siècle

De l’évêque Loup (Lupus) on a avancé qu’il avait été précédemment anachorète.
Il fut le vingt-cinquième évêque à occuper le siège de Lyon, après s.Viventiolus (v. 12 juillet) qui mourut en 523. On en peut déduire que Loup naquit au plus tard à la fin du 5e siècle.
Un document de 528 environ parle de lui comme d’un moine illustre.
En 538, Loup présida le troisième concile d’Orléans : on y rappela l’importance du Jour du Seigneur (le dimanche) et l’interdiction de travailler aux champs ce jour-là ; il y fut fait interdiction aux clercs de pratiquer l’usure, aux prêtres de critiquer leur évêque.
C’est actuellement l’unique fait connu de la vie de ce saint Loup, dont on ignore la date précise de la mort, puisque nous ne savons pas non plus quand son successeur monta sur le siège épiscopal (peut-être vers 545 ?).
Saint Loup de Lyon est commémoré le 24 septembre dans le Martyrologe Romain.

Gerardo Sagredo
980-1046

Gerardo était né à Venise (Italie NE) le 23 avril 980, en la fête de saint Georges, auquel il resta très attaché.
Il entra dès qu’il le put dans l’ordre bénédictin à Venise : le monastère était dédié à saint Georges et il en devint prieur.   
Voulant faire le pèlerinage en Terre sainte, il passsa par la Hongrie, où cependant le roi Etienne le retint (v. 15 août, István Király de Hongrie) : il lui fallait un précepteur pour son fils Emeric. Gerardo s’acquitta au mieux de sa mission ; il pensait ensuite se retirer dans la forêt de Bakony pour une vie de solitude et de prière, mais fut nommé évêque de Csanàd.
Il commença par bâtir une église en l’honneur de saint Georges, que le roi dota. 
Il se montra zélé pour le culte marial.
Vraiment humble, il allait chercher son bois, qu’il rapportait sur son dos.
Gerardo a laissé un ouvrage sur le Cantique des trois jeunes gens (cf. Dn 3:57sq), qui devait être une véritable encyclopédie philosophique, historique, théologique, mais dont les huit livres ne commentent que les huit premiers versets. On sait qu’il écrivit aussi d’autres ouvrages, maintenant perdus.
L’évêque savait se mortifier, s’humilier. Il portait le cilice ; il demandait pardon à son cocher s’il l’avait brimé trop sévèrement.
Quand le roi mourut, son neveu Pierre devait lui succéder mais fut écarté par un usurpateur. Gerard soutint ouvertement Pierre et, pour cela, fut lapidé à Buda, puis percé d’une lance et jeté dans le Danube, sur l’ordre de l’usurpateur, le 24 septembre 1046.
Il y a différentes versions concernant ce martyre. On aurait tiré Gerardo sur une colline, jeté en bas et achevé à coups de bâtons. On lui aurait associé deux autres évêques, Bystrik et Buldus.
Gerardo, en Hongrie, s’appelle Gellért.
Saint Gérard a été canonisé en même temps qu’Etienne de Hongrie, en 1083.


Isarn de Marseille
977-1047

Isarn était toulousain.
Après sa formation auprès des chanoines de Pamiers, il entra au monastère Saint-Victor de Marseille.
S’étant décidément engagé dans la voie de la sainteté, il fut bientôt choisi pour être prieur et, quand on eut besoin d’élire un abbé, le choix unanime se porta sur Isarnus, en 1020.
Le nouvel abbé demeura ce qu’il était déjà : humble et mortifié. Servait-on du poisson de bonne qualité ? Il éliminait longuement la tête et les arêtes, et finalement sa portion intacte et nettoyée allait aux mendiants.
Il ne se déshabillait jamais pour dormir ; après un bref somme au début de la nuit, il allait furtivement prier à la crypte des martyrs. Parfois on l’y trouvait à l’heure des matines, raidi par le froid ; il fallait l’emporter.
Il portait directement sur lui un cilice, qu’il ne quittait jamais. 
L’abbé de Cluny, s.Odilon (v. 1er janvier), l’estimait beaucoup, trouvant qu’il excellait en chacune des vertus. Taquin, il le traitait même d’hypocrite, tant il lui semblait un surhomme. Tous les deux, Odilon et Isarn, préconisèrent la Trève de Dieu, aux synodes d’Arles et de Nice (1040).
Du vivant d’Isarn, des signes merveilleux s’opérèrent par sa prière et sa sainteté : du vin abondant alors qu’on manquait, de l’eau fraîche qui guérit la fièvre, des morts qui se manifestent à Isarn pour lui demander des prières en suffrage pour eux ; même le cheval d’Ysarn savait contourner un arbre dont les branches basses auraient pu déranger le cavalier…
Isarn était actif aussi. L’abbaye Saint-Victor de Marseille fut entièrement reconstruite, elle prit de l’essor et essaima : à Vienne en Gaule, ainsi qu’en Catalogne.
Ultime marque de charité : Isarn se rendit en Espagne pour racheter aux Arabes des religieux raflés dans leurs razzias.
Il mourut à Saint-Victor, le 24 septembre 1047.
Saint Isarn de Marseille est commémoré le 24 septembre dans le Martyrologe Romain.

Dalmacio Moner

1291-1341

 

Dalmacio (Dalmau en catalan) vit le jour en 1291 à Santa Coloma de Farners (Girone, Espagne) de parents aisés, propriétaires de terres. Il n’était pas fils unique ; il avait au moins deux sœurs.

Il entra chez les Dominicains de Girona, à quinze ou seize ans.

En 1311, il enseigna la logique à Tarragone, étudia la philosophie scholastique et fut ordonné prêtre à Valence.

En 1317, il fut assigné à la fondation de Castillon de Ampurias et semble avoir séjourné à Montpellier entre 1319 et 1321 (à moins que ce séjour ait eu lieu avant même son entrée dans l’ordre). C’est peut-être à cette époque qu’il fit le pèlerinage à pied à La Sainte Baume, auprès de la grotte de sainte Madeleine (v. 22 juillet)

En 1321, il fut lecteur (professeur) à La Seo de Urgel, puis passa à Manrese en 1324. En 1328, à Cervera ; à Balaguer en 1329, avant de revenir à Girona en 1331.

Jeune homme, il était déjà jaloux de la sainte vertu : il le resta toute sa vie.

Il se mortifiait abondamment, évitait les conversations, les rencontres, parlant aux dames sans les regarder (et seulement s’il y était obligé). Mêmes ses sœurs ne purent venir le voir quand il fut malade. Il mangeait froid, baptisait amplement son vin, se privait de boire même en plein juillet, se lavait en hiver à l’eau froide, etc. Cilices, toiles rèches, habit usés, étaient son quotidien. Il dormait assis, et peu.

A ces pénitences effrayantes, s’ajoutèrent quatre années dans une petite grotte, où Dalmacio côtoyait des scorpions et des serpents.

Dieu permit à Dalmacio d’opérer des miracles, aussi étonnants que nombreux. On l’appelait déjà de son vivant pour être secouru, et il intervenait : pour guider des confrères égarés, pour mettre en sûreté deux Dominicains surpris par des pirates, pour faire cesser un petit chien d’aboyer pendant la messe, pour des accouchements heureux… On l’a invoqué spécialement pour les maux de dents. La figure de Dalmacio était devenue si légendaire qu’on parlait communément du Frère qui parle à l’Ange.

Il a été rapporté qu’un jour d’été, la Vierge Marie lui aurait présenté des bonbons rafraîchissants au miel et à la rose.

Le pauvre Dalmacio était naturellement laid : grand, sec, bronzé, chauve, la parole rare et dure, la voix  haute et aiguë, mais la mort le transfigura. Il s’éteignit dans une grande sérénité après beaucoup de douleurs à l’abdomen, le 24 septembre 1341.

Il fut béatifié en 1721.

 

 

Robert Hardesty

1555-1589

 

Robert était né dans le Yorkshire (Angleterre).

Ce laïc était actif dans sa région et fut arrêté avec le père William Spenser.

Robert Hardesty mourut en martyr à York, le 24 septembre 1589.

Il fut béatifié en 1987 parmi quatre-vingt-cinq Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

William Spenser

1555-1589

 

William était né vers 1555 à Gisburn (Lancashire, Angleterre).

Il reçut son éducation de son oncle maternel, un prêtre ordonné avant le règne d’Elizabeth, à Chipping Norton. Puis il entra au Trinity College d’Oxford, où il reçut le diplôme en 1580.

Déjà comme laïc, quoique apparemment soumis à la loi, il montra un tel zèle pour la foi catholique, qu’il agaça les hérétiques et gagna beaucoup de jeunes par ses instructions. Après deux années de cette double vie, il songea à trouver la paix pour sa conscience et gagna Reims pour se préparer au sacerdoce.

Ordonné prêtre, il regagna l’Angleterre en 1584.

Son premier souci fut d’amener ses parents à la foi catholique ; pour les rencontrer, il se déguisa en paysan et put pénétrer sur un de leurs champs : ses parents se convertirent. Puis son oncle prêtre résilia son bénéfice, qu’il avait conservé uniquement parce qu’il avait un peu combiné avec l’hérésie : il partit loger dans une pension catholique.

Puis William s’occupa des prisonniers de York et s’arrangea pour les rencontrer secrètement.

Après cette heureuse activité, il fut démasqué lors d’un déplacement.

William Spenser mourut en martyr à York, le 24 septembre 1589 (on trouve parfois le 27).                              

Il fut béatifié en 1987 parmi quatre-vingt-cinq Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Antonio González

1593-1637

 

Né vers 1593 à León, il entra chez les Dominicains à dix-huit ans.

Après sa formation et son ordination sacerdotale, il fut au couvent de Piedrahita, comme professeur de théologie et prédicateur, car ses Supérieurs avaient noté sa brillante intelligence et ses capacités à enseigner.

Son désir d’annoncer l’Evangile le poussa à s’embarquer pour les Philippines avec d’autres Compagnons.

Ils arrivèrent à Manille en 1632 : à peine arrivé, il demanda à être envoyé au Japon. En attendant, il fut nommé supérieur du collège Saint-Thomas de Manille ; ensuite il sera recteur de l’Université de cette ville.

En 1636, il accompagna deux autres prêtres et deux laïcs en partance pour le Japon ; ils arrivèrent le 21 juin 1636 à Nagasaki.

Très rapidement, il fut arrêté, interrogé (malgré la maladie qu’il avait contractée durant le voyage), et torturé.

Une des premières tortures fut de le forcer à boire une grande quantité d’eau, qu’on lui faisait cracher en le frappant sur le ventre. Ne réussissant pas à le faire apostasier ni à détruire ou profaner les saintes images qu’il portait avec lui, les soldats le torturèrent davantage, n’aboutissant qu’à faire monter la fièvre du père Antonio, de sorte qu’ils durent le porter eux-mêmes en prison.

Le père Antonio González mourut d’épuisement dans cette prison, le 24 septembre 1637. On brûla son corps sur la colline sainte de Nagasaki. Les autres Compagnons furent décapités quelques jours après. 

Il fut béatifié en 1981, canonisé en 1987.

 

 

Carlo Antonio Divini

1653-1721

 

Carlo Antonio vit le jour le 1er mars 1653 à San Severino (Marches, Italie E), de Anton Maria et Maria Angela Bruni, qui moururent déjà en 1656. Dans ce noble foyer naquit aussi une petite fille.

Carlo fut élevé par un archidiacre de la cathédrale, oncle maternel assez sévère.

En 1670, le jeune homme entra chez les Frères Mineurs à Forano, et prit le nom de Frère Pacifico.

Il fut ordonné prêtre en 1678, nommé prédicateur et professeur en 1681 : il enseigna la philosophie à Montalboddo.

Après un séjour à Urbino, il fut à San Severino comme vicaire, puis à Forano, où il devait exercer son apostolat, rayonnant dans toute la province des Marches. Avant de quitter le couvent, il passait des heures en prière.

La parole du Frère Pacifico fut efficace : il sut ramener les grands à plus d’humilité, il réchauffa les tièdes, il remua le cœur des fidèles. Des miracles se produisirent sur sa prière ; des prophéties se vérifièrent (le tremblement de terre de 1703, la victoire sur les Turcs en 1717).

Frère Pacifico reçut des visions, mais aussi des maladies : une plaie à la jambe droite dégénéra ; le Frère perdit la vue (à cause de ses larmes), l’ouïe, au point qu’il ne pouvait plus lire les textes de la messe et du bréviaire, ni confesser, ni célébrer, ni même participer à la vie conventuelle. Rude épreuve pour un prêtre actif.

Malgré ses infirmités, en 1692, il fut élu gardien (c.à.d. supérieur) à San Severino, mais retourna à Forano dès 1693, et y resta douze ans. Pacifico pratiquait des jeûnes sévères, ajoutait de la cendre sur son pain, portait un cilice.

Détaché de ce monde, il n’était pas bavard. Recevant sa sœur qu’il n’avait pas rencontrée depuis lontemps, il lui dit seulement : Adieu ! Allons gagner l’indulgence de la Portioncule ; une autre fois encore : Tu vas bien ? Moi aussi ! Au revoir au ciel. Loué soit Notre-Seigneur.

Le temps qu’il aurait passé à l’autel, au chœur, ou au confessionnal, il le passait en longues heures devant le Tabernacle.

Frère Pacifico s’éteignit à San Severino le 24 septembre 1721. Il a été béatifié en 1786 et canonisé en 1839.

 

 

Anton Martin Slomšek

1800-1862

 

Anton naquit le 26 novembre 1800 au sein d’une famille de paysans dans le village de Slom (Ponikva, Šentjur, Slovénie).

A cette époque, la situation de l’enseignement en Slovénie était déplorable, suite à la politique du gouvernement autrichien, qui voulait supprimer la langue slovène, comme élément éventuellement subversif. Tout matériel d’enseignement ou de culture slovènes étaient rigoureusement interdits.

Anton, qui fut orphelin très jeune, étudia d’abord à l’école de son village, puis à l’école secondaire de Celje, où son professeur lui inculqua l’amour de la langue slovène et de la poésie. A l’issue de ses brillantes études, Anton fit la philosophie au lycée de Ljubljana, puis à Senju et Klagenfurt.

Par la suite, Anton Slomšek développa la langue et la culture de son pays avec autant de patience que de persévérance. 

Il entra au séminaire de Klagenfurt, où il fut ordonné prêtre en 1824.

Il exerça le ministère sacerdotal à Saint Laurent sur Bizeljskem puis à Vojnika, avant de devenir directeur spirituel au séminaire de Klagenfurt de 1829 à 1838. 

En 1838 il fut curé de Saldenhofen an der Drau.

En 1844, il se déplaça à Sankt Andrä, où un chapitre de chanoines suivait la règle de Saint Augustin, et fut directeur de l’école diocésaine de Lavant.

En 1846, il fut curé à Celje, avant d’être nommé évêque à Lavant. Le siège épiscopal de Lavant était suffragant (dépendant) de l’archidiocèse de Salzburg, et Mgr Slomšek s’efforça avec succès de transférer ce siège à Maribor (1859), suffragant de Ljubljana. C‘est aujourd’hui un archidiocèse.

Excellent prédicateur, Mgr Slomšek fut un pasteur infatigable autant que modeste et discret.

S’appuyant sur la constitution de 1848 qui garantissait des droits nationaux, il réussit à obtenir une approbation officielle de réforme des écoles. Ainsi furent publiés une série de textes - plusieurs étant de sa propre main - qui furent le fondement de toute une réforme religieuse et éducative. Il écrivit aussi des chants, dont certains devinrent si populaires qu’encore aujourd’hui on les chante en diverses occasions.

Ensuite, il fonda un hebdomadaire, Drobtinice («les Miettes») où furent diffusés beaucoup d’articles sur tous les sujets, dans un style facilement abordable par toute la population.

L’étape suivante aurait dû être la réalisation d’un de ses rêves : l’établissement d’une société pour la diffusion de la littérature catholique, mais ce projet sembla appartenir au mouvement panslave, et fut donc étouffé dès son apparition. Cependant, quelques années plus tard, le projet fut repris et s’étendit : des livres furent édités par des maisons catholiques, parmi lesquelles la Hermagoras Society, la plus ancienne maison d’édition slovène. On estime à un million le nombre d’ouvrages qui furent ainsi diffusés.

La modestie, la délicatesse, la persévérance de cet évêque, furent appréciés de ses contemporains, jusqu’à l’étranger et même dans les milieux non-catholiques.

Mgr Slomšek mourut le 24 septembre 1862, et fut béatifié en 1999.

 

 

Joanna Matylda Gabriel

1858-1926

 

Joanna Matylda naquit à Stanislawow (Pologne, aujourd’hui Ukraine) le 3 mai 1858, dans une famille aisée et de noble origine.

Après ses études qui la conduirent à Lwow, elle fut un temps maîtresse d’école puis elle entra chez les Bénédictines de Lwow, sous le nom de Kolumba (en souvenir de sainte Colombe de Sens, v. 31 décembre). Elle fit sa profession solennelle en 1882, et fut successivement élue abbesse.

Des difficultés internes au monastère, des calomnies, l’obligèrent à résilier sa charge. Elle quitta son monastère (1900) et rejoignit l’abbaye de Subiaco, près de Rome, où elle vécut jusqu’en 1902. 

Puis elle vint à Rome dans la paroisse de Testaccio pour s’occuper des petites filles ; peu à peu elle organisa une maison familiale pour les nécessiteux et ouvrit un petit foyer pour les jeunes ouvrières., avec l’appui de la Princesse Barberini et d’autres dames romaines.

Finalement elle fonda les Sœurs Bénédictines de la Charité, dont le charisme est de venir en aide aux jeunes filles abandonnées, puis aux jeunes filles en général et aux œuvres paroissiales. L’œuvre grandit et compta jusqu’à plus de cent maisons seulement en Italie.

Kolumba mourut le 24 septembre 1926, à Centocelle. 

Elle a été béatifiée en 1993.

Manuel Gómez Contioso

1877-1936

 

Manuel vit le jour le 13 mars 1877 à Moguer (Huelva, Espagne) dans une famille nombreuse d’humbles ouvriers.

Petit, il jouait déjà à célébrer la messe, mais il ne parla ouvertement de sa vocation qu’à dix-sept ans.

En 1894 il entra chez les Salésiens à Utrera, fit le noviciat à Sant Vicenç dels Horts (Barcelone), et professa en 1897.

Il passa ensuite à Sarriá, San Benito de Calatrava (Séville) et Utrera, avant de recevoir l’ordination sacerdotale (1903).

Les localités de son activité furent Utrera (1903) Málaga (1904-1917), où il fut aussi directeur à partir de 1911, Cordoue (1917-1922), Écija (1922-1928), Málaga (1929-1936).

La personnalité pieuse et délicate du père Manuel attira beaucoup d’autres vocations de sa région. Il avait un grand cœur, incapable de faire du mal à quiconque (et dont parfois on profita). Il donna un grand élan aux Coopérateurs et à l’archiconfrérie de Marie Auxiliatrice, ainsi qu’à l’association des Anciens Elèves, dont il présenta les statuts à l’autorité civile en 1917.

En août 1935, il fut à nouveau élu comme directeur à Málaga, malgré son âge, car son expérience et son tact le mettaient vraiment à la hauteur de cette responsabilité. La communauté comptait quatorze Salésiens (sept prêtres, deux clercs et cinq coadjuteurs), dont neuf allaient verser leur sang en 1936.

Dès le 18 juillet 1936, don Manuel invita les parents à vite venir chercher leurs enfants, et les Confrères à s’habiller en civil.

Le 20 juillet, il baptisa d’urgence un petit enfant moribond que lui amena une pauvre femme du pays.

Le 21, une foule de miliciens enragés s’amoncela devant le collège, demandant à fouiller et trouver les prétendues armes cachées. Don Manuel fit ouvrir les portes.

Les miliciens envahirent la maison, mettant les Religieux le long du mur, devant les pauvres élèves (une dizaine encore, qui attendaient leurs parents), en larmes. La maison fut totalement saccagée, les objets de piété profanés et détruits.

Les Religieux furent conduits en «prison» - le couvent des Capucins réquisitionné à cet effet, puis le Gouverneur, quoique conscient de leur innocence, les fit conduire à la prison provinciale pour les «protéger».

Le 23 août, quelques-uns furent relâchés. Don Manuel devait y rester encore un mois, durant lequel il fut d’abord soigné à l’infirmerie pour une affection intestinale.

Le 24 septembre, il y eut un appel de plus d’une centaine de prisonniers, qui allaient être exécutés. Les Salésiens furent appelés vers quinze heures, l’heure de la mort du Christ. 

L’exécution eut lieu contre les murs du cimetière de San Rafael de Málaga.

Don Manuel Gómez fut béatifié en 2007.

 

 

José María Ferrándiz Hernández

1879-1936

 

José naquit le 11 août 1879 à Campo de Mirra (Valencia, Espagne).

Très intelligent, il fréquenta le Collège de Vocations Ecclésiasiques à Valencia, puis le Collège Corpus Christi. Il passa le doctorat en Théologie.

Ordonné prêtre en 1904, il fut dans plusieurs paroisses : Jalón, Campo de Mirra, Benisivá ; puis Alberique (1912), où il fonda une œuvre sociale, El comedor de caridad (Le Mangeur de Charité) ; ensuite Denia, enfin Alcoy (1931). 

Le bien qu’il faisait l’avait rendu tellement estimé de tous, que personne n’imaginait qu’on lui ferait le moindre mal. 

Le mal arriva cependant. Quand la guerre civile éclata en 1936, le curé fut expulsé de son presbytère et se réfugia dans l’hôtel du pays. Le 28 août, on vint l’arrêter ; conduit au Comité de Alcoy, on lui fit signer un papier de reconnaissance des biens appartenant à la paroisse.

Durant ces trois jours de détention, on le traita d’abord avec grand respect, sans lui causer la moindre difficulté. Puis on le remit en liberté.

Et voilà que le 24 septembre 1936, l’après-midi, un milicien vint l’inviter à se rendre au Comité. Une voiture l’attendait sur la place, avec d’autres miliciens : Montez, nous allons à Valencia. Le prêtre monta et, à Rotglá, ils le firent descendre.

Don José María demanda tout simplement : Lequel d’entre vous va me tuer ? L’un d’eux se désigna ; et don José : Bon, eh bien, moi, qui suis prêtre, je te bénis et je te pardonne.

Il y eut un moment de silence. Les miliciens remontèrent en voiture, disant à celui qui devait tirer : Si tu ne le tues pas, ils te tueront toi. Quelques secondes d’hésitation, les phares s’allumèrent, plusieurs balles, dont une à la nuque, blessèrent mortellement le prêtre martyr.

Don José María fut béatifié en 2001.

 

 

Perfecto Becerril Merino

1885-1936

 

Perfecto était né le 19 avril 1885, à Grijalba (Burgos, Espagne), de Antonio et Benita, des cultivateurs très chrétiens qui le firent baptiser le jour même. Il reçut la Première communion en 1893 et la Confirmation en 1895.

Il entra en 1898 au collège des Frères Maristes à Burgos et fut un des premiers espagnols à y faire le noviciat ; en 1901 il reçut l’habit et le nom de Gúzman ; il compléta sa formation à San Andrés de Palomar (Barcelone).

Gúzman fut envoyé à Murcia comme cuisinier, puis comme professeur. Puis il fut à Valencia, Pamplona, etc. En 1923 il fut au collège de Barcelone, et en 1924 sous-directeur, puis directeur du nouveau collège de Málaga.

A partir du 19 juillet 1936, le Frère Gúzman vécut la fin de son collège : les Frères durent s’enfuir dans les montagnes, d’où ils virent brûler leur maison ; il leur remit de l’argent et leur recommanda de se disperser discrètement.

Lui et le Frère Fernando María se réfugièrent non loin du collège, et furent arrêtés une première fois ; conduits au commissariat, ils furent laissés en liberté et rejoignirent l’Hotel Imperio, où se trouvaient d’autres Frères.

Le 23 août 1936, trois voitures arrivèrent au collège et l’on demanda les curés. Il n’y avait plus que trois Frères et les révolutionnaires enquêtèrent sur les autres ; ils interrogèrent les élèves, qui parlèrent naïvement de l’Hotel Imperio. Ainsi furent arrêtés les Frères Gúzman et Fernando, qui furent conduits au Comité, puis en prison, au milieu des prisonniers de droit commun. 

Pour la journée du 24 septembre, deux versions s’affrontent. 

Dans l’une, les prisonniers furent remis en liberté, sur pression de la foule, sauf les Frères.

Dans l’autre, tous les prisonniers, y compris les Frères, furent entassés dans des camions et assassinés non loin de la prison.

Il reste que le Frère Gúzman fut assassiné le 24 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

José Ramón Ferragud Girbés

1887-1936

 

José Ramón naquit le 10 octobre 1887 à Algemesí (Valencia, Espagne), de bons parents chrétiens qui le firent baptiser deux jours après la naissance. Le petit garçon fut confirmé en 1889, selon les habitudes de l’époque.

Après l’école communale, il se maria avec Josefa Ramona Borrás Borrás, avec laquelle il eut huit enfants.

Agriculteur, époux et père chrétien, José Ramón chercha à vivre de façon cohérente avec sa foi.

Il appartint à plusieurs associations chrétiennes : Action Catholique, Adoration nocturne, Saint-Louis-de-Gonzague ; il répandait la bonne presse et enseignait le catéchisme.

Il fut co-fondateur du Syndicat Ouvrier Catholique et, en 1936, s’efforça par tous les moyens à sa disposition de contre-carrer les attaques anti-cléricales, ce qui lui occasionna la haine et des menaces de mort de la part des révolutionnaires.

Dès le début de la guerre civile, on vint l’arrêter chez lui le 28 juillet 1936. Sa «prison» fut l’ancien monastère Fons Salutis, comme pour le prêtre de cette paroisse, don José Ramón Pascual Ferrer Botella. On ne lui épargna pas les mauvais traitements, comme on s’en doute malheureusement.

Les prisonniers apprirent que leur heure arriverait dans la nuit du 23 au 24 septembre 1936. Au petit matin, on les conduisit à Alcira où ils furent fusillés.

José Ramón tomba en pardonnant à ses bourreaux et en proclamant : Vive le Christ Roi !

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Encarnación Gil Valls

1888-1936

 

Cette nouvelle Vierge martyre naquit le 27 janvier 1888 à Onteniente (Valencia), dans une famille chrétienne, mais où elle fut tôt orpheline avec son frère Gaspar.

Elle pensa devenir Religieuse, mais resta dans le monde pour s’occuper en priorité de son frère, devenu prêtre.

Elle fit donc les études de Magistère et fut maîtresse à Albuixech y Beniarrés.

A Valencia, elle rencontra cependant d’autres personnes consacrées, dans la mouvance carmélite et des Enfants de Marie. Elle s’engagea dans les rangs de l’Action catholique, co-fonda le Patronage de la Sainte Enfance, dirigea une école du soir pour femmes.

Quand éclata la révolution de juillet 1936, elle resta aux côtés de son frère, avec lequel elle fut arrêtée et fusillée à Puerto de L’Ollería, au soir du 24 septembre 1936.

Don Gaspar fait partie d’une importante cause de béatification concernant deux-cent cinquante prêtres et religieux de ce diocèse, et qui n’a pas encore abouti, tandis qu’Encarnación a été béatifiée en 2001.

 

Ramón Roca Buscallà
1888-1936

Né le 15 mars 1888 à Alpens (Barcelone), il fut baptisé le lendemain et confirmé la même année, selon l’habitude de l’époque. Son père, Alfonso, était tailleur, sa mère s’appelait Mercedes. De leurs nombreux enfants, quatre furent de la congrégation des Missionnaires Clarétains : Ramón était l’aîné, Gonzalo était encore étudiant quand il mourut à vingt-six ans (1890-1916), Jaime fut aussi frère convers (1895-1980), le plus jeune, Alfonso, fut prêtre et mourut en Guinée Equatoriale (1897-1963). 

Ramón commença le noviciat en 1906 à Cervera, fit la profession l’année suivante et fut chargé de la couture : il avait appris le métier avec son père. Entre 1909 et 1930, il eut la même occupation à Solsona, puis revint à Cervera.

Les autorités civiles ayant donné l’ordre d’évacuer la maison, toute la communauté clarétaine de Cervera se dispersa le 21 juillet 1936.  Ramón fut un des derniers à partir, devant préparer pour chacun un habit laïc. En plus, avec un autre Convers, ils devaient accompagner les Religieux malades à l’hôpital ; pendant quelques jours, ils formèrent donc une petite communauté dans l’hôpital ; de cachette en cachette, Ramón rejoignit le 13 septembre Mas Claret, où il put enfin assister à une Messe et communier.

Il devait se cacher, puisqu’il n’avait pas l’autorisation de séjourner en cette localité ; il tenta de demander un visa pour rejoindre Barcelone, mais on le lui refusa.

Le 16 septembre, il rentrait à la maison avec son Compagnon, quand ils furent peut-être reconnus par quelqu’un qui les croisait. Le 18 on vint chercher le curé de Mas Claret, et en son absence on arrêta le frère Ramón ; on lui donna parole d’honneur qu’on ne lui ferait rien, mais il comprenait très bien ce qui lui arrivait. 

On lui fit subir un interrogatoire, puis on le fit passer par les rues jusqu’à la «prison» (un couvent de Religieuses réquisitionné), enfin on le conduisit à l’atelier de couture avant de le reconduire en prison, pour trois jours.

Le 24 septembre 1936, c’était la fête de Notre-Dame de la Merci. A un visiteur qu’il connaissait, le Frère dit : Aujourd’hui, je recevrai le martyre.

A vingt-trois heures trente de ce 24 septembre, on fit endosser à Ramón un habit neuf pour aller à Barcelone, mais on l’emmena au cimetière de Cervera. Du propre témoignage d’un milicien le Frère était très tranquille. Quand on lui dit de se mettre face au mur, il dit : On peut mourir aussi bien face au mur que dos au mur, et ajouta : Pour l’amour de Dieu, je vous pardonne tous. 

Martyrisé le 24 septembre 1936 et béatifié en 2017, Ramón Roca Buscallà sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 24 septembre.

 

 

Luis de Erdoiza y Zamalloa

1891-1936

 

Luis naquit le 25 août 1891 à Amorebieta (Biscaye, Espagne), en la fête de saint Louis, dont il porta le nom.

En 1905, il entra comme aspirant chez les Trinitaires ; il prit l’habit en 1906 et fit la première profession en 1907, avec le nom de Luis de Saint-Michel-des-Saints (v. 10 avril).

Après les études de philosophie à La Rambla, au vu de ses aptitudes intellectuelles, il fut envoyé à Rome où il passa le doctorat en Philosophie et en Théologie à l’Université Grégorienne (1910-1917), et la licence de Droit Canonique à l’Université de l’Angelicum (1917-1919).

C’est durant sa présence à Rome qu’il reçut l’ordination sacerdotale (1916).

On l’envoya ensuite au couvent des Trinitaires à Vienne (Autriche) de 1920 à 1925, où il apprit à parler allemand couramment.

En 1926, il revint en Espagne ; il fut un an à Algorta avant de passer à Cordoue comme maître des étudiants (1926-1929) ; il fut alors nommé supérieur du couvent de Belmonte (1929-1933) et, en 1936, fut élu Conseiller Provincial.

Le père Luis souffrit longtemps de sciatique, de rhumatisme et de varices ; sa jambe droite saignait souvent et abondamment et il ne pouvait quitter sa chambre.

D’autre part, on le savait un peu pointilleux sur le règlement, sur les rubriques, mais il était extrêmement prévenant pour les malades.

Lors du soulèvement révolutionnaire de l’été 1936, le père Luis fut véritablement mal-traité par les ennemis de l’Eglise, malgré sa santé. Il fut d’abord aux arrêts dans son propre couvent, puis on le fit marcher jusqu’à la mairie, sans cesse frappé à coups de poings ou de crosses de fusils ; il avançait comme il pouvait, avec sa canne. On le devançait en criant : Il y a un moineau qui est tombé, on va le pendre au réverbère de la place.

Les chefs discutaient de ce qu’ils allaient en faire. On alla jusqu’à proposer de le mettre nu contre ce réverbère et de l’y fusiller. 

Pendant ce temps, les miliciens continuaient à le frapper sans arrêt. L’un d’eux vint lui poser cette question insolente : Dis, c’est toi qui nous poursuivais l’autre jour avec ton pistolet, à Vallecas ? Ah, tu ne réponds pas, preuve que c’était bien toi. Des gens du peuple intervinrent quand même pour dire que le Père n’avait pas quitté Belmonte les jours passés.

Trois autres Religieux trinitaires étaient arrêtés avec lui. Ils passèrent la nuit du 30 juillet à prier, ils se confessèrent. Le père Luis se mêlait spontanément aux autres prisonniers avec beaucoup d’attentions fraternelles, surtout lorsque l’un d’eux venait d’être assassiné.

Le 31 juillet, on les transporta à la prison de Cuenca, où ils restèrent jusqu’au 20 septembre. Ce jour-là, on les mit «en liberté», ce qui signifiait en réalité qu’on les laissait sortir de la prison, mais bien surveillés par d’autres miliciens qui pouvaient les capturer un peu plus tard.

C’est ce qui arriva. Des miliciens armés les arrêtèrent et les emmenèrent au lieu-dit Hacienda Vieja.

Les quatre Religieux trinitaires furent martyrisés aux portes du cimetière de Cuenca, le 24 septembre 1936, et furent béatifiés en 2007.

José Ramón Pascual Ferrer Botella

1894-1936

 

José Ramón Pascual naquit le 9 novembre 1894 à Algemesí (Valencia, Espagne). Il est probable qu’on l’appelait couramment Pascual.

La famille, très chrétienne, s’installa en 1902 à Valencia, où l’enfant fréquenta les Ecoles Pies.

Il passa au Collège de Vocations Ecclésiasiques à Valencia, puis au Collège Corpus Christi.

Ordonné prêtre en 1913, il fut nommé à La Sarga, puis Algemesí, dans une église quasi abandonnée, où il dut remettre à peu près tout en place : autels, façade, sacristie, cloches, ornements. Tout ce travail, qu’il payait de sa poche, attira beaucoup de fidèles à l’église.

Il ouvrit une école du soir, entourait de mille attentions les jeunes, les exhortant à se rapprocher des sacrements au moins pour Pâques. Il s’occupa des pauvres, il paya des loyers et des vêtements pour ceux qui ne le pouvaient pas.

L’estime qu’on avait de lui était universelle… ou peut-être pas totale. 

On vint l’arrêter la nuit du 9 août 1936. Sa «prison» fut l’ancien monastère Fons Salutis. On lui fit faire des travaux manuels ; tandis que les prisonniers appréciaient sa présence, les révolutionnaires le prévinrent que tout le monde l’aimait, mais qu’il serait puni pour être prêtre.

Les prisonniers apprirent qu’ils seraient fusillés dans la nuit du 23 au 24 septembre 1936. Don José Ramón les invita à se confesser, à conserver leur calme et à affronter la mort dignement.

En montant dans la voiture, il exprima des paroles de pardon à l’égard des bourreaux.

Sur la route de Albalat de la Ribera, au lieu-dit Canets de Sueca, le prêtre fut fusillé. Avant de recevoir le coup de grâce, il eut encore la force de dire : Seigneur, ouvre-moi les portes du Ciel et aussi Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (cf. Lc 23:34).

Don José Ramón Pascual fut béatifié en 2001.

 

 

Celedonio Martínez Infante
1895-1936

Celedonio était né le 30 août 1895, à Acedillo (Burgos, Espagne), de Salustiano et Gregoria, des cultivateurs très chrétiens qui le firent baptiser le jour même.
Il entra en 1907 au collège des Frères Maristes à Arceniega et commença le noviciat à Las Avellanas en 1910 ; en 1911 il reçut l’habit et le nom de Fernando María ; un an après il faisait les premiers vœux et fera la profession perpétuelle en 1917 à Burgos.
Fernando María fut envoyé à Burgos (1913), Algemesí (1918), Cullera (1918), Madrid (1921), Tolède (1927), Gerona (1928).
En 1930-1931, il était présent à Las Avellanas pour préparer la licence de Chimie, qu’il obtint à Valencia en 1932.
Puis il fut envoyé à Cordoue (1932) et Málaga en 1935.
En juillet 1936, il fallut quitter le collège, qui serait bientôt la proie des flammes. Les Frères se retrouvèrent à l’Hotel Imperio. Le 23 août 1936, il y fut arrêté avec le Frère Gúzman et mis en prison, au milieu des prisonniers de droit commun.
Il était tellement imprégné de sa vocation d’enseignant que, une fois en prison, il s’occupait des autres prisonniers comme de ses élèves ; il leur écrivait, il intervenait auprès des autorités pour obtenir des permissions, il les consolait et leur donnait des conseils fraternels ; ce fut au point que les détenus l’appelaient le maître.
Pour la journée du 24 septembre 1936, deux versions s’affrontent.
Dans l’une, les prisonniers furent remis en liberté, sur pression de la foule ; le Frère allait sortir en même temps qu’eux, mais quelqu’un le reconnut : Celui-là, c’est un Frère Mariste. Le chef présent lui enleva sa veste et lui tira un premier coup, laissant aux militiens présents le «soin» de l’achever.
Dans l’autre, tous les prisonniers, y compris les Frères, furent entassés dans des camions et assassinés non loin de la prison.
Le Frère Fernando María fut béatifié en 2013.


Antonio Pancorbo López
1896-1936

La particularité de ce prêtre fut qu’il naquit à Málaga (10 octobre 1896) et que de Málaga il partit directement pour naître au ciel, par la grâce du martyre.
Il y fréquenta le collège salésien, qu’il acheva à Écija en 1914.
Novice à San José del Valle, il passera à Alcalá de Guadaíra.
La première profession aura lieu à Utrera (1917), puis il étudia la théologie à Cadix, où il fut ordonné prêtre en 1925.
Il fut à Utrera (1925-1927), Las Palmas de Gran Canarias (1927-1933), pour revenir à sa patrie, Málaga (1933-1936).
Ce fut un prêtre optimiste, joyeux, taquin ; il savait pardonner ou même «passer par-dessus» les petites choses pour encourager et avancer. Très attentif pour les malades. Maître pour la mise en scène. En un mot : vrai disciple de Don Bosco, leur Fondateur, qui les voulait toujours joyeux, contents, souriants.
Le collège fut pris d’assaut par les révolutionnaires dès le 21 juillet 1936. Alignés contre le mur, les Pères s’attendaient au coup de feu fatal, mais on les transporta à la «prison», l’ancien couvent des Capucins réquisitionné à cet effet.  
Le 22, à cause de la foule en furie, on les conduisit en camions de Gardes d’Assaut au Gouvernement Civil, où le Gouverneur, quoique persuadé de leur innocence, donna l’ordre de les mettre à la Prison provinciale, dans la «Brigade des Curés», où se trouvaient déjà tant de prêtres et religieux.
Au bout de cinq semaines, après les bombardements de Málaga par l’aviation, les révolutionnaires résolurent de se «venger» en exécutant les prêtres prisonniers par vagues successives.
Le 30 août au soir, don Antonio fut un des appelés. Un milicien voulut lui arracher sa médaille de la Vierge : Tant qu’à me faire mourir, laissez-moi mourir avec ma médaille, dit-il. L’autre la lui arracha tout de même avec violence et la jeta par-terre. Un autre Salésien la rammassa et la passa à don Antonio, qui se la remit sur la poitrine.
Puis la Providence «taquina» ce taquin de don Antonio : un gardien observa que don Antonio portait un pantalon trop court, et lui dit d’en mettre un autre (il se pourrait bien que ce fût un pantalon «écourté» à porter sous la soutane). Dans l’intervalle, le nombre des appelés fut complet et on laissa don Antonio.
On l’appela à nouveau le 24 septembre 1936, avec trois autres Salésiens ; ils furent fusillés au cimetière San Rafael. Don Antonio allait fêter son quarantième anniversaire une quinzaine de jours plus tard.
Il fut béatifié en 2007.


Juan Francisco Joya y Corralero
1898-1936

Juan Francisco naquit le 16 mai 1898 à Villarrubia de Santiago (Tolède, Espagne).
A seize ans, il vint à Madrid pour travailler dans une maison de combustibles. Cette maison était proche de l’église tenue par les Pères trinitaires ; il y allait volontiers pour ses dévotions, y prit goût et demanda à entrer dans la communauté.
Il entra en 1918 comme aspirant à Algorta ; il commença le noviciat et prit l’habit, avec le nom de Juan Francisco de la Vierge de Castellar (la Patronne de son pays natal).
En 1920, il fit la première profession, comme convers, puis fut envoyé à Santiago de Chile, et c’est là-bas qu’il fit la profession solennelle (1923).
Les voyages n’étaient pas finis : on l’envoya à Buenos Aires comme catéchiste, de là à Rome (1930-1932), puis il passa par Madrid et se retrouva à Belmonte.
Que fit le frère Juan Francisco ? Ce que font en général les frères convers : des activités manuelles au service de la communauté. Juan Francesco fut sacristain, portier, tailleur.
Mais il fut aussi un apôtre. Peu instruit intellectuellement, son humilité, son imagination et sa piété l’aidèrent à être un excellent pédagogue. Joyeux, le frère Juan Francisco fonda l’Association de la Très Sainte Trinité pour les enfants, ainsi que celle de l’Enfant-Jésus. Il composa un hymne et une neuvaine en l’honneur de sa chère Notre-Dame du Castellar, qui fut longtemps pratiquée à Villarrubia de Santiago.
Lors du soulèvement révolutionnaire de l’été 1936, les quatre Religieux trinitaires furent arrêtés. Ils passèrent la nuit du 30 juillet à prier, ils se confessèrent. Le 31 juillet, on les transporta à la prison de Cuenca, où ils restèrent jusqu’au 20 septembre. Ce jour-là, on les mit «en liberté», ce qui signifiait en réalité qu’on les laissait sortir de la prison, mais bien surveillés par d’autres miliciens qui pouvaient les capturer un peu plus tard.
C’est ce qui arriva. Des miliciens armés les arrêtèrent et les emmenèrent au lieu-dit Hacienda Vieja.
Les quatre Religieux trinitaires furent martyrisés aux portes du cimetière de Cuenca, le 24 septembre 1936, et furent béatifiés en 2007.


Melchor Rodríguez Villastrigo
1899-1936

Melchor naquit le 28 janvier 1899 à Laguna de Negrillos (León, Espagne).
Il entra comme aspirant chez les Trinitaires à Algorta ; il prit l’habit en 1917 et fit la première profession en 1918, avec le nom de Melchor de l’Esprit-Saint.
Ses études de philosophie et de théologie se firent à Cordoue (1918-1924), où il fit aussi la profession solennelle en 1921. Il reçut l’ordination sacerdotale en 1924 à Valladolid.
En 1933, il fut nommé supérieur à Alcázar de San Juan, où il fut un excellent professeur et confesseur ; il introduisit l’habitude d’enseigner du catéchisme le dimanche. Sa collaboration avec le curé, don Antonio Martínez, qui l’appréciait beaucoup, fut excellente.
Finalement, le père Melchor fut nommé supérieur à Belmonte, en 1936.
Lors du soulèvement révolutionnaire de l’été 1936, les quatre Religieux trinitaires furent arrêtés. Ils passèrent la nuit du 30 juillet à prier, ils se confessèrent. Le 31 juillet, on les transporta à la prison de Cuenca, où ils restèrent jusqu’au 20 septembre. Ce jour-là, on les mit «en liberté», ce qui signifiait en réalité qu’on les laissait sortir de la prison, mais bien surveillés par d’autres miliciens qui pouvaient les capturer un peu plus tard.
C’est ce qui arriva. Des miliciens armés les arrêtèrent et les emmenèrent au lieu-dit Hacienda Vieja.
Les quatre Religieux trinitaires furent martyrisés aux portes du cimetière de Cuenca, le 24 septembre 1936, et furent béatifiés en 2007.


Esteban García García
1901-1936

Esteban (Etienne) vit le jour le 28 novembre 1901 à El Manzano (Salamanque, Espagne), de pieux parents agriculteurs qui eurent trois autres garçons après lui, parmi lesquels Eliseo, qui mourra martyr la même année que son frère (v. 19 novembre).
Esteban n’avait que neuf ans quand il fut orphelin de père et mère, de sorte qu’il fut accueilli chez des parents, où il sut se rendre utile dans divers travaux ; il commença le Petit séminaire à Cadix en 1914, mais sa petite santé l’empêcha de continuer, de sorte qu’il entra comme coadjuteur chez les Salésiens de Séville, où il apprit le métier de tailleur.
Après son service militaire, il entra en 1925 au noviciat de San José del Valle, où il fit profession en 1926.
Il fut une année aussi à Ronda, puis passa à Málaga en 1928, toujours comme tailleur.
En 1933, le 15 août, il fit la profession solennelle.
Discret, effacé, il accomplissait son travail sans parler, simplement, transmettant sa dévotion à Marie Auxiliatrice et à saint Joseph.
Lors de la guerre civile de juillet 1936, le collège de Málaga fut encerclé par des miliciens le 21 juillet. Prétextant que quelqu’un avait tiré depuis l’intérieur, ils l’envahirent à la recherche des «armes». N’en trouvant évidemment pas, ils emmenèrent les Salésiens à la «prison» improvisée, chez les Capucins, se livrant à toutes les exactions dans le collège et dans l’église.
Esteban crut sa dernière heure arrivée quand on le mit, avec les autres, face au mur de la cour. Le 22 juillet, on les emmena devant le Gouverneur ; celui-ci les savait innocents, mais craignit les menaces de la foule : il fit enfermer les Religieux dans la prison provinciale, leur promettant la liberté pour le lendemain.
Au matin du 23, libres, les Salésiens se dispersèrent ; Esteban, un des derniers à sortir, fut apostrophé dans la rue par des miliciens, qui l’accusèrent d’être prêtre, d’après son allure ; sans mentir, Esteban nia qu’il était prêtre. Les miliciens le mirent en joue et le firent reconduire à la prison provinciale, où il resta deux mois.
Le 24 septembre, suite à un bombardement de l’aviation nationale, les prisonniers furent fait sortir. Esteban, avec son numéro 180, fut conduit avec d’autres au cimetière de San Rafael, où il fut assassiné. Avec lui se trouvait Rafael Rodríguez, un autre coadjuteur salésien, avec lequel il était lié d’une profonde amitié.
Il fut béatifié en 2007.

 

 

Santiago Arriaga y Arrien

1903-1936

 

Santiago naquit le 22 novembre 1903 à Líbano de Arrieta (Biscaye, Espagne), aîné des enfants d’une belle famille paysanne.

Il entra en 1915 comme aspirant chez les Trinitaires à Algorta ; il commença le noviciat à Notre-Dame de l’Apparition (Cantabria), prit l’habit en 1919 et fit la première profession en 1920, avec le nom de Santiago de Jésus.

Ses études de philosophie commencèrent à Villanueva del Arzobispo (1920-1922) et s’achevèrent à l’Université Grégorienne de Rome (1922-1924), suivies des années de Théologie dans la même université (1924-1928) ; c’est à Rome qu’il fit aussi la profession solennelle en 1924. et qu’il reçut l’ordination sacerdotale en 1927.

Revenu en Espagne en 1928, il fut professeur des aspirants à Algorta, des philosophes à Belmonte (1930), puis des théologiens (1932) en même temps que des étudiants de Belmonte. On voit par là combien son enseignement était apprécié : il expliquait longuement, patiemment, sans perdre sa douceur fraternelle.

On se souvient aussi de sa belle voix quand il chantait à l’office.

Lors du soulèvement révolutionnaire de l’été 1936, les quatre Religieux trinitaires furent arrêtés. Ils passèrent la nuit du 30 juillet à prier, ils se confessèrent. Le 31 juillet, on les transporta à la prison de Cuenca, où ils restèrent jusqu’au 20 septembre. Ce jour-là, on les mit «en liberté», ce qui signifiait en réalité qu’on les laissait sortir de la prison, mais bien surveillés par d’autres miliciens qui pouvaient les capturer un peu plus tard.

C’est ce qui arriva. Des miliciens armés les arrêtèrent et les emmenèrent au lieu-dit Hacienda Vieja.

Les quatre Religieux trinitaires furent martyrisés aux portes du cimetière de Cuenca, le 24 septembre 1936 ; le père Santiago avait trente-trois ans moins deux mois.

Ces quatre Martyrs furent béatifiés en 2007.

 

 

Alfons Arimany Ferrer

1905-1936

 

Alfons naquit le 19 mai 1905 à Balaguer (Lleida-Lérida, Espagne), dernier d’une grande famille de quinze enfants.

Il reçut le baptême le 25 mai suivant, et la confirmation le 11 novembre 1908.

En 1916, il entre au Petit séminaire des Carmes déchaux de Barcelone et prononce ses premiers vœux dès 1921, à seize ans, avec le nom de Alfons du très saint Cœur de Marie.

Il prépare ensuite sa philosophie à Badalona, sa théologie à Barcelone.

En 1926, il est envoyé en Terre Sainte, au Mont Carmel, pour y enseigner la littérature, classique et latine ; et c’est en Palestine qu’il reçoit l’ordination sacerdotale, en 1928.

L’année suivante, il revient en Espagne et enseigne au Petit séminaire de Palafrugell.

Il est maître des novices et supérieur des carmes déchaux à Badalona en 1933.

Il collabore avec des articles et des poèmes à la revue Amunt.

En juillet 1936 éclatent les douloureux événements révolutionnaires et le père Alfons se réfugie dans une tour du quartier de la Bonanova à Barcelone.

Le 23 septembre suivant, alors qu’il s’était caché avec deux frères maristes et un autre religieux des Piaristes dans une cantine du Portal del Ángel, ils furent tous arrêtés et conduits sur la place de la cathédrale (de la Sagrada Familia), au siège du Comité révolutionnaire pour y être soumis à de pénibles interrogatoires.

Les religieux répondirent qu’ils étaient consacrés à Dieu et furent enfermés dans les cellules des condamnés à mort.

Le lendemain, 24 septembre, ils furent emmenés avec six autres condamnés pour être mis à mort, en un lieu qui est resté inconnu.

Le jeune père Alfons avait donc trente-et-un ans.

D’après les informations reçues ci-dessus, la date de la mort du père Alfons semble bien être le 24 septembre. Or d’autres sources mentionnent le 25 octobre ou aussi le 24 juillet. On vérifiera cela dès que possible.

Alfons Arimany Ferrer a été béatifié en 2007.

 

 

Josep María Vidal Segú

1912-1936

 

Josep vit le jour le 3 février 1912 à Secuits (Tarragona, Espagne), dans une famille qui connaissait l’appel de Dieu : il eut deux sœurs Religieuses, ainsi que deux tantes et deux oncles consacrés.

Dès l’âge de dix ans, il parlait de sa vocation ; il voulait partir pour les missions au milieu des Infidèles. Malgré ses dons peu développés pour l’étude, il persévéra.

Il entra à l’Ecole apostolique des Dominicains à Solsona, puis à Calanda, fit le noviciat à Valencia et, après les études nécessaires, fut ordonné prêtre, le Samedi Saint de 1936.

Dès lors, dans le contexte anti-clérical qu’on vivait déjà, la communauté dominicaine de Valencia dut se disperser et le père Josep fut accueilli par une pieuse famille de l’endroit. Il n’y resta que quelques jours, pour ne pas compromettre cette famille et vagabonda dans les rues de Valencia.

Après quelques péripéties, et grâce à un de ses frères, il réussit à rejoindre sa famille ; il se cacha dans une ferme de Piera (Barcelone) et travailla aux champs avec eux, entre autres aux vendanges ; mais là encore, il risquait d’être reconnu. Il restait serain : On m’a appris le chemin du martyre, disait-il.

Il fut sans doute dénoncé. Le 20 septembre 1936, on vint le chercher et on le mit en prison. Très calme, il n’avait qu’un souci : les risques que couraient les siens pour l’avoir caché ; mais il se rassurait en mettant toute sa confiance en Dieu.

Le 24 septembre, il fut fusillé. (Le Martyrologe le mentionne au 26 septembre).

Le père Josep, qui n’avait que vingt-quatre ans, et quelques mois de sacerdoce, fut béatifié en 2001.

 

 

Rafael Rodríguez Mesa

1913-1936

 

Rafael vit le jour le 5 juillet 1913 à Ronda (Málaga, Espagne).

Orphelin de sa mère à quatre ans, il s’occupa bien vite des tâches domestiques, et sacrifia ainsi les études.

Grâce à un oncle prêtre, il entra chez les Salésiens à Málaga en 1926, où il apprit à lire et à écrire, jusqu’à devenir un excellent menuisier.

Sa piété le fit mettre à la présidence de la Compagnie Saint-Joseph. 

Il entendit l’appel de Dieu, commença le noviciat en 1932, et professa en 1933. On jugeait sa conduite morale et scolaire parfaite (óptima).

Après son service militaire, en 1934, il était destiné comme professeur aux Ecoles d’Artisans de San Bartolomé (Málaga).

Tout ce qu’il faisait, était par amour et pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Quand on lui demanda comment il allait se faire respecter, si jeune, il répondit : Ben, je ferai en sorte que par mon exemple, mon comportement, ma piété, on puisse dire : Celui-là, il est différent.

Quand la maison fut prise d’assaut en juillet 1936, il aurait pu sauter par une fenêtre et rejoindre inaperçu sa sœur Dolores à Málaga. Mais il préféra partager le sort de la communauté et resta dans le collège.

Le 21 juillet, donc, tous les membres de la communauté furent mis en prison, l’ancien couvent des Capucins réquisitionné à cet effet ; au moment de l’assaut, le Frère Rafael reçut un coup de fusil au visage, qui lui ouvrit le nez et la lèvre supérieure ; évanoui, il tomba la face contre terre et saignait abondamment. On le traînait comme un mort entre deux Confrères. 

Le 22 juillet, les Religieux furent transférés à la prison provinciale ; tandis que certains étaient libérés, Rafael resta incarcéré.

Le 24 septembre suivant, il fut un des appelés qui devaient être conduits au cimetière San Rafael de Málaga, où ils furent fusillés.

Don Rafael fut béatifié en 2007.

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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 23:00

23 SEPTEMBRE

 

I.

SS Zacharie et Elisabeth, parents de s. Jean-Baptiste.

S Lin, pape (65-76), successeur de s. Pierre, martyr, nommé au Canon de la Messe.

Ste Thècle, jeune fille convertie par s. Paul à Iconium, ermite, morte nonagénaire.

IV.

Stes Thècle, Marie, Marthe, Marie et Amai, martyres à Hazza, décapitées par un prêtre avare apostat.

S Sossius, diacre de s.Janvier, martyr en Campanie.

V.

S Projet, évêque à Imola ; il aurait été un enfant abandonné. 

S Constantius, sacristain à Ancône, d'une humilité remarquable.

VII.

S Cissa, moine ou ermite anglais (Croyland ?).

VIII.

S Adamnan, un des plus célèbres abbés à Iona. 

IX.

SS Andrea, Giovanni, Pietro, Antonio, siciliens déportés et suppliciés en Afrique par les Arabes. 

XII.

B Guy de Durnes, moine de Clairvaux, un des préférés de s. Bernard qui l'envoya fonder le monastère Notre-Dame-de-Charlieu et l'en nomma abbé ; sa révision des livres de chants liturgiques en usage à Cîteaux fut approuvée au chapitre général de l'Ordre.

B Pietro Acotanto, camaldule vénitien ; il sortit du monastère pour gérer les affaires de son père défunt et se maria ; bientôt veuf, il rentra au monastère et évita de justesse l'abbatiat.

XVI.

Bse Elena Duglioli, veuve à Bologne.

Bx Cristóbal, Antonio et Juan, jeunes martyrs de douze ans, lors de la première évangélisation du Mexique, béatifiés en 1990, canonisés en 2017.

B William Way, martyr en Angleterre.

XIX.

Bse Emilie Tavernier Gamelin, veuve canadienne à l'origine des Sœurs de la Providence, pour s’occuper des plus pauvres, béatifiée en 2001.

XX.

B Francisco de Paula Victor (1827-1905), fils d'une esclave brésilienne, curé pendant cinquante-trois ans, béatifié en 2015.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près d’Alicante, le prêtre Vicente Ballester Far (*1888) ;

Carmélites de la Charité : près de Valencia, María-Josefa del Río Mesa (María-Josefa de Ste Sophie, *1895) et Purificación Ximénez y Ximénez (P. de-Saint-Joseph, *1871) ainsi que la sœur de cette dernière, Sofía Ximénez y Ximénez del Río (*1876), qui les hébergeait ;

- béatifiés en 2013 :

Carmes de l’Ancienne Observance : près de Cordoue, le prêtre Críspulo Moyano Linares (Carmelo María, *1891) ;

Oblats capucins : à Madrid, Norberto Cembranos de la Verdura (*1891) ;

- béatifiés en 2017 :

Lazaristes : à Madrid, les prêtres Maurilio Tobar González, Ponciano Nieto Asensio, José Santos Ortega (*1869, 1875, 1882).

Bse Maria Jablonska (Bernardyna, 1878-1940), polonaise, co-fondatrice avec le b. Albert Chmielowski, des Sœurs Albertines, tertiaires franciscaines Servantes des Pauvres, béatifiée en 1997. 

B Józef Stanek (1916-1944), prêtre pallottin polonais, pendu par les nazis à Varsovie, béatifié en 1999.

S Francesco Forgione (Pio de Pietrelcina, 1887-1968), capucin italien à San Giovanni Rotondo, premier prêtre stigmatisé de l'Eglise, mystique, béatifié en 1999, canonisé en 2002.

Zacharie et Elisabeth
(I
er siècle)

Zacharie et son épouse Élisabeth, parents de Jean le Baptiste, sont des personnages bibliques de transition : ils appartiennent à la fois à l'Ancien et au Nouveau Testament. C'est par l'évangéliste Luc que nous les connaissons. Luc nous a rapporté la vision que le prêtre Zacharie eut dans la partie intérieure du temple appelée « le saint », où il offrait l'encens. Élisabeth était stérile, et un envoyé de Dieu, l'ange Gabriel, apparaît dans ce lieu au prêtre qui officiait, et il lui annonce la naissance d'un fils. Ce sera le futur Précurseur de Jésus-Christ. J'ai été envoyé pour te faire connaître cette bonne nouvelle, dit l’Ange (Lc 1:19). 
A la suite de cette vision, Zacharie était devenu muet, et sourd, semble-t-il. Il le restera jusqu'au moment où l'on circoncira l'enfant. Punition pour n'avoir pas eu assez foi en la parole de l'ange, comme celui-ci le laisse entendre. Mais n'y a-t-il pas aussi, comme il en sera plus tard pour Paul qui devint aveugle sur le chemin de Damas, une sorte de retrait des sens s'effaçant pour que Zacharie puisse plus facilement intérioriser le message reçu d'en Haut ? Lorsqu'il retrouvera l'usage de la parole, ce qui jaillira de son cœur plein, sera le cantique appelé Benedictus, car il bénit Dieu pour son intervention dans la vie de son peuple, où commence à se réaliser le plan du salut pour tous les hommes.
Quant à Élisabeth, son chant d'action de grâce et sa joie, elle les avait exprimés lorsqu'elle était encore enceinte, lors de la visite de Marie, sa cousine. En attendant son enfant, comme la Vierge Marie, comme Zacharie, elle avait médité dans son cœur les merveilles accomplies par le Très-Haut. On nous dit, en effet, qu'elle était restée cachée durant cinq mois (Lc 1:24). N'est-ce pas ainsi que l'on peut interpréter ce retrait?
Que sont devenus ensuite Zacharie et Élisabeth ? Ils disparaissent totalement des textes sacrés. La légende a pris le relais, mais au-delà de ce qu'elle peut nous raconter, c'est encore le récit évangélique qui nous parle le mieux d'eux ; Luc nous dit qu'ils étaient justes devant Dieu, et qu'ils suivaient irréprochablement tous les commandements du Seigneur (Lc 1:6).
Lors de l'Annonciation, Marie avait appris qu’Elisabeth était enceinte. Voici, lui avait dit l'envoyé de Dieu, que ta parente Élisabeth vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle que l'on appelait la stérile (Lc 1:36). Aussitôt Marie se rend en hâte dans la ville où se trouvait la maison de Zacharie et de sa femme, parents du futur Jean-Baptiste.
L’annonciation à Marie est fêtée, comme on sait, le 25 mars, suivie de l’épisode de la visitation de Marie à Elisabeth (31 mai), de la naissance de Jean-Baptiste (24 juin), enfin de la naissance de Jésus à Noël. 
C’est lors de la visitation de Marie, qu’Elisabeth prononce ces mots prophétiques que nous répétons dans notre prière : Tu es bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de ton sein, est béni (Lc 1:42). Cette expression reprend la traduction assez courante qu’on trouve dans nos bibles. Le texte sacré dit en grec et en latin, simplement : ton ventre. Le mot est peut-être un peu rude à nos oreilles, mais il l’est beaucoup moins que les entrailles que nous répétons pourtant à l’envi sans plus y prêter attention…
Par l’évangéliste Matthieu, on connaît l’épisode du massacre des petits enfants de moins de deux ans (Mt 2:16), Hérode cherchant par là à faire périr ce nouveau Roi qui venait le concurrencer. Normalement, Jean-Baptiste aurait dû périr dans ce massacre, mais nous lisons aussi qu’il demeura dans les solitudes jusqu’au jour où il se manifesta devant Israël (Lc 1:80). Ces quelques mots peuvent laisser supposer que les parents eurent le temps de mettre leur enfant en sécurité juste avant le passage des soldats.
Si l’Evangile ne nous apprend rien de plus sur Zacharie et Elisabeth, une tradition veut que Zacharie ait été abattu par ces soldats, parce qu’il ne voulait pas révéler où il avait caché son fils.
On n’a pas souvent donné le nom de Zacharie à des enfants, mais celui d’Elisabeth a été fréquemment repris, et transformé de mille façons : Elisa, Elise, Lisa, Lison, Isabel (en espagnol) et Isabelle, Isabeau, Isabey, Isabet, enfin Babet (ou Babette).
Les saints Zacharie et Elisabeth, autrefois mentionnés le 5 novembre, le sont actuellement au 23 septembre dans le Martyrologe.


Thècle
1
er siècle

L’origine des informations qui suivent remontent à un écrit assez célèbre, connu sous le nom de Acta Pauli et Theclæ, cité par Tertullien et saint Jérôme, mais pas très apprécié d’eux. C’est pourquoi on ne parlera de sainte Thècle qu’avec circonspection.
Thècle serait une martyre du temps des Apôtres, appelée avec enthousiasme la femme apostolique, la fille aînée de saint Paul, la protomartyre parmi les femmes, comme saint Étienne fut le protomartyr parmi les hommes. 
Thècle, très versée dans la philosophie, dans les sciences et dans les belles-lettres, fut convertie par saint Paul, à Iconium. Elle voulut rester vierge et fut dénoncée comme chrétienne par Thamyris, le jeune homme qui aspirait à sa main.
Condamnée au feu, dans l'amphithéâtre, à la demande de sa mère, elle vit Notre-Seigneur lui apparaître sous les traits de saint Paul, puis remonter au ciel comme pour lui en tracer le chemin. Pleine alors d'un courage tout nouveau, elle s'arma du signe de la croix et monta, rayonnante de joie et de beauté, sur le bûcher ; bientôt les flammes l'entourèrent de toutes parts, mais sans la toucher, et la foule étonnée aperçut la victime pleine de vie et priant Dieu ; nouveau miracle : un nuage s'abattit sur le bûcher et en éteignit les flammes.
Bientôt Thècle put revoir l'apôtre saint Paul et être confirmée par lui dans la foi. L'ayant suivi à Antioche, elle fut bientôt accusée de nouveau et condamnée aux bêtes. On lâcha contre elle, une lionne furieuse et affamée ; mais celle-ci, loin de dévorer sa victime, vint lui lécher les pieds ; ni la rage de la faim, ni les excitations des bourreaux, ni les clameurs du peuple ne purent réveiller son instinct carnassier. La lionne, dit saint Ambroise, vénéra sa proie et fut pénétrée d'une compassion dont les hommes s'étaient dépouillés.
Peu de jours après, la jeune martyre fut exposée au même supplice ; on lança sur elle des lions et des ours ; aussitôt la lionne qui l'avait épargnée une première fois courut vers elle et lui lécha les pieds. Un ours s'avança, mais la lionne le mit en pièces ; un lion, voulut aussi se précipiter sur la victime ; mais une lutte acharnée se livra entre la lionne et lui, et ils périrent tous les deux. Le préfet fit alors jeter Thècle dans une fosse remplie de serpents. À peine y fut-elle précipitée, qu'un globe de feu consuma tous les reptiles, et la sainte fut délivrée. L'ordre fut donné d'attacher chacun de ses pieds à des taureaux furieux, pour l'écarteler ; les bêtes, excitées par des aiguillons rougis au feu, bondirent en mugissant ; mais les liens de la vierge se brisèrent, et elle resta sans blessure. 
Le préfet étonné, lui demanda l'explication de ces prodiges : Je suis, dit-elle, la servante de Dieu, Maître de l'univers. Thècle, rendue à la liberté, revint dans sa patrie pour y prêcher la foi, et y mourut à l'âge de quatre-vingts ans.
Il reste que sainte Thècle fut extrêmement célèbre dans tout l’Orient, en particulier près de Séleucie, à Meriamlik où une basilique était l’un des plus illustres sanctuaires de l’antiquité, monumentale et splendidement décorée, dont parle saint Basile ou saint Grégoire de Nazianze.
Sa fête était au 23 septembre.


Linus
67-76

Successeur immédiat de saint Pierre à Rome, Linus (Lin) était, selon le Liber Pontificalis, fils d’Herculanus et Claudia, et né à Volterra en Étrurie, l’actuelle Toscane, vers 16 après Jésus-Christ. Ce même Herculanus aurait été un ancien gladiateur, venu de l’île de Bretagne.
Venu à Rome pour ses études, Linus se convertit au christianisme et reçut le sacerdoce trois ans après, des mains de saint Pierre (44). 
C’est peut-être de lui qu’il s’agit quand saint Paul écrit à Timothée : Eubule, Pudens, Linus, Claudia et tous les frères te saluent (2Tm 4:21b).
La Tradition le rend suppléant de saint Pierre lors de ses absences de Rome. Il lui succède donc logiquement après le martyre de saint Pierre, communément établi vers 67 (ou 64-65). 
La sainteté de saint Lin lui a fait attribuer des miracles de délivrance du démon et même des résurrections de morts. Il aurait lui-même relaté la conduite de saint Pierre à l’égard de Simon le magicien.
Toujours d’après la même source, Lin aurait statué que les femmes portassent le voile dans l’église, en conformité avec l’avis de saint Paul (1Co 11:5).
Quels événements importants marquèrent ce pontificat de onze ans, deux mois et vingt-trois jours (même ces indications ne sont pas constantes) ?
Politiquement, cinq empereurs se succèdent à Rome : Néron, Galba, Otho, Vitellius, Vespasien. 
C’est ce dernier qui soumet la Judée révoltée, laissant ensuite à Titus la charge de détruire totalement Jérusalem (70).
Ménandre perpétue l’erreur de Simon le Magicien (simonie, magie, spiritisme) et celle des Ébionites (judéo-chrétiens qui perpétuaient les usages juifs et n’acceptaient pas la filiation divine du Christ par essence ni sa naissance virginale).
Lin aurait aussi ordonné quinze évêques et dix-huit prêtres.
Les Actes de Pierre sont un écrit apocryphe attribué à saint Lin, mais du IIe siècle.
On dit aussi que Lin serait allé évangéliser la ville de Vesuntio, actuelle Besançon, qu’il y aurait été son premier évêque et exercé un apostolat très fécond, au point que les païens le forcèrent à repartir à Rome. En réalité l’évêque saint Lin de Besançon y vécut au IIIe siècle, après l’évangélisation des saints Ferréol et Ferjeux. Il y eut plus tard une confusion et un amalgame entre les deux personnages.
Saint Lin aurait été martyrisé, peut-être décapité par ordre du consulaire Saturnin, en 76 ou 78, et enterré aux côtés de saint Pierre au Vatican.
Dans la prière Communicantes du Canon Romain de la messe, saint Lin est nommé en premier lieu après les apôtres, et juste avant Clet, qu’on a fini par identifier avec Anaclet, son successeur.
Saint Lin est fêté, et en Orient aussi, le 23 septembre.


Sosius de Misenum
† 305

Si la prononciation du s latin est toujours forte, il devrait être inutile d’écrire Sossius, comme dans le Martyrologe. Il existe toutefois une variante, plus sûre : Sossus.
Sosius, donc, était diacre à Misenum (act. Bacoli, Naples, Campanie, Italie CW). Nous l’avons rencontré lors du martyre de saint Ianuarius (Janvier), le 19 septembre.
S’il s’agit bien de lui, et qu’il fut décapité en même temps que son évêque saint Janvier, on ne comprend pas pourquoi il est recensé au 23 septembre.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Sosius de Misenum au 23 septembre.


Constantius d’Ancône
5e siècle

D’après s.Grégoire le Grand (v. 12 mars), Constantius était mansionnaire, c’est-à-dire sacristain de l’église Saint-Etienne à Ancône (Marches, Italie CE).
Il accomplissait son devoir régulièrement, simplement, sans autre but que de plaire à Dieu.
Un jour que l’huile vint à manquer pour les lampes du sanctuaire, Constantius les remplit tout simplement d’eau et alluma les mèches ; l’eau brûla comme l’huile. Malheureusement, on ne nous dit pas combien de temps les lampes restèrent allumées, mais au moins le bon sacristain eut le temps d’aller chercher de l’huile.
Notre saint homme était si discret et vertueux, qu’on parlait de lui alentour. Un paysan voulut vérifier à sa façon si Constantius semblait si remarquable. Il le trouva sur son escabeau, avec son tablier, en train de réparer ou d’astiquer quelque lampe. Le paysan lui lança : Je pensais voir un grand homme, mais ce type n’a rien d’un homme ! Constantius lui rétorqua tout gentiment : Toi, au moins, tu es le seul qui m’ait jugé exactement !
On peut dire en vérité que Constantius fut plus remarquable par son humilité que par ses miracles. L’humilité est la première des vertus : (Jésus-Christ) s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort. C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé (Ph 2:8-9).
Le Martyrologe Romain mentionne saint Constantius d’Ancône au 23 septembre.


Adamnan d’Iona
624-704

Sans doute né à Drumhome (Ulster), vers 624, de Ronan, Adamnan pouvait être apparenté au célèbre s.Columba (v. 9 juin).
Adamnan signifierait petit Adam.
Entré à son tour au monastère d’Iona, il en devint le neuvième abbé en 679.
De par son origine, son rang et son ascendant personnel, Adamnan joua un grand rôle dans la vie ecclésiastique et sociale de son époque.
Vers 686, il fit une démarche auprès du roi de Northumbrie, par ailleurs son élève, et obtint la libération de soixante prisonniers irlandais.
Vers 688, durant une visite à l’abbaye de Jarrow, il se rallia à la position de s.Ceolfrid (v. 25 septembre ?) pour la date de Pâques, que désormais il recommanderait partout où il pourrait. Si son propre monastère d’Iona fut lent à accepter la réforme, il eut plus de succès auprès des Irlandais durant son voyage de 692.
Vers 697, dans un synode tenu à Birr, Adamnan fit approuver une Loi destinée à protéger les faibles, les femmes, les enfants, les ecclésiastiques ; il y est stipulé que les femmes n’auraient pas à assumer d’obligations militaires… 
Un jour à Iona, aborda un navire que les tempêtes avaient balloté et égaré de son chemin ; à bord se trouvait un évêque gaulois qui revenait de Jérusalem. Adamnan le reçut fraternellement et l’on pense que c’est grâce aux souvenirs de cet évêque qu’Adamnan rédigea un Guide pour la Terre Sainte, fort détaillé.
S.Bède (v. 25 mai) le jugeait un homme bon et sage, ayant une connaissance très distinguée de la science des Ecritures.
Adamnan avait une grande vénération pour s.Martin de Tours (v. 11 novembre). Il rédigea aussi une Vita de s.Columba.
Adamnan mourut le 23 septembre 704.
Saint Adamnan d’Iona est commémoré le 23 septembre dans le Martyrologe Romain.


Andrea, Giovanni, Pietro, Antonio de Syracuse
† 883

En 881, la ville de Syracuse (Sicile) fut prise par les Arabes.
Soit que des Chrétiens eussent tenté de résister à l’envahisseur, soit que les Arabes voulussent imposer la terreur par quelque supplice exemplaire, quatre habitants de cette ville furent emmenés en Afrique, où ils furent suppliciés, peu après 881.
Ces quatre saints Martyrs sont commémorés le 23 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

Guy de Durnes

† 1157

 

Guy était de la maison de Durnes (Doubs) et fut moine cistercien à Clairvaux, où il connut saint Bernard (v. 20 août).

En 1131, il fut le premier abbé à Cherlieu (Haute-Saône), qu’il fonda avec douze compagnons et qui abrita jusqu’à six-cents moines.

Cette abbaye essaimera à son tour à Acey, Le Gard, Haut-Crêt et Beaulieu. L’abbaye d’Acey est toujours vivante ; celle du Gard fut démolie en 1790, partiellement reconstruite, à nouveau vendue en 1906, transformée en zoo en 1963 et tout récemment revendue et transformée en appartements de luxe ; celle de Haut-Crêt (Suisse) avait totalement disparu et fut redécouverte en 2006 ; celle de Beaulieu enfin, devint paroisse en 1793, et il n’en reste qu’une chapelle.

En accord avec saint Bernard, Guy composa un traité de chant d’église, approuvé par le chapitre général.

Il mourut vers 1157, un 23 septembre.

Le Martyrologe ne mentionne pas le bienheureux Guy.

 

 

Pietro Acotanto

1110-1187

 

Il y a deux «traditions» concernant Pietro Acotanto : dans l’une, c’est un laïc à la piété profonde ; dans l’autre, c’est un moine bénédictin. Des spécialistes affirment qu’en reprenant quelques petits détails, on pourrait les concilier.

La famille de Pietro était vénitienne. Pietro serait né vers 1110, de Filippo et Agnese.

Enfant, Pietro tomba gravement malade et guérit miraculeusement dans l’église de Saint-Jacques de Rialto ; ses parents firent vœu de l’offrir à l’abbaye Saint-Georges pour son éducation.

Son père partit pour la Terre sainte, mais mourut au combat, victime des troupes de l’Islam, vers 1126. 

Pietro l’apprit avant de faire la profession monacale, et jugea de son devoir de revenir auprès de sa mère et de reprendre en main les affaires de son père.

Pour faire plaisir à sa mère, il épousa une certaine Maria : ici les deux «traditions» coïncident en parlant de la générosité des deux époux envers les pauvres.

Mais voici que mourut à son tour la mère de Pietro, qui partit en Terre sainte sur les traces de son père, et se retrouva veuf à son retour, trois ans plus tard.

Il demanda alors pour la deuxième fois son admission chez les moines de Saint-Georges, peut-être même comme simple convers. Mais à la mort de l’abbé, c’est lui qu’on choisit pour lui succéder. 

Le choix était sans doute excellent, devant les mérites réels de Pietro, mais ce dernier refusa si catégoriquement ce choix, qu’on en élit un autre, certain Leonardo, qui connaissait bien la musique et le chant. Quant à Pietro, il se retira en reclus non loin du cloître.

Lui qui avait connu le monde et ses richesses, vivait dans la joie de ne posséder que le Seigneur.

Il eut une réputation de thaumaturge. Il avait pour les pauvres une générosité sans borne et les pauvres prenaient d’assaut sa maison, littéralement ; il sortait aussi de nuit, prenait une barque et rejoignait d’autres pauvres pour ne pas être vu par les voisins. Sa charité se manifesta encore plus lors de l’incendie de 1149 ou de l’inondation de 1164.

Il mourut saintement vers 1187, certains disent en août, d’autres en septembre.

Quand on l’exhuma en 1250, on trouva son corps intact, enveloppé d’un cilice.

Son culte fut reconnu en 1759. Le Martyrologe le mentionne au 23 septembre.

 

 

Elena Duglioli

1472-1520

 

Elena était la fille d’un notaire de Bologne (Italie), Silverio Duglioli, et de Pentesilea Boccaferri.

On a raconté bien des choses étonnantes sur la naissance et la parenté de cette personne.

Quoique préférant la virginité, elle accepta d’épouser à dix-sept ans un certain Benedetto Dall’Olio, avec lequel elle vécut une trentaine d’année dans une parfaite concorde.

Ayant reçu le céleste don du discernement, elle devint la conseillère de tous ceux qui venaient à elle, petits et grands, pauvres et puissants ; deux papes l’interrogèrent.

Elena promut beaucoup d’œuvres de piété ; ces œuvres, ses dons de vie mystique, lui donnèrent une place importante dans l’Eglise de Bologne.

Quelques années après son veuvage, elle s’éteignit saintement le 23 septembre 1520, au jour qu’elle avait elle-même annoncé.

Si le peuple s’empressa un peu vite de canoniser la Santa Beata Lena Dall’Olio, le pape Benoît XIV dans ses écrits lui laissa son titre ; son culte fut confirmé en 1828, et le Martyrologe la mentionne comme Bienheureuse, au 23 septembre.

 

 

 

Cristóbal, Antonio et Juan de Tlaxcala
† 1527 et 1529

Cristóbal naquit vers 1514-1515 à Atlihuetzía (Tlaxcala, Mexique), fils aîné d’Acxotécatl et de la première femme de celui-ci, Tlapaxilotzin. La deuxième épouse fut Xochipapalotzin, avec laquelle Acxotécati eut trois autres garçons.
Quand les premiers Franciscains s’établirent à México, Cristóbal et ses demi-frères y furent envoyés. Mais les parents pensaient seulement à la culture humaine, tandis que le jeune Cristóbal reçut la semence de l’Evangile dans une excellente terre, où elle fructifia au point qu’il demanda la baptême. Les Religieux appelèrent Cristóbal Cristobalito, petit Christophe.
En outre, il voulut amener son père à la foi, car celui-ci, un petit tyran, adorait les idoles et se donnait à l’ivresse. Cristóbal usa de tous les arguments possibles, sans résultat apparent, aussi décida-t-il de «passer aux actes», et se mit à détruire les idoles de la maison, ainsi qu’à jeter l’alcool d’agabe de son père. C’était imprudent, mais c’était innocent de la part du garçon ; le père pouvait le comprendre et chercher à calmer son fils ; peut-être que les Religieux ignoraient cet état de choses ou bien ne purent intervenir à temps pour parler gentiment au papa irrité…
Les serviteurs se fâchèrent aussi et la deuxième femme d’Acxotécati, qui désirait beaucoup que son aîné héritât à la place de Cristóbal, conseilla au père de tuer son aîné. Le père imagina un stratagème, feignit une fête de famille et fit appeler son fils de l’école ; quand Cristóbal fut arrivé, il s’enferma avec lui dans sa chambre.
 Un frère de Cristóbal observa la scène depuis sa fenêtre, c’est lui qui servit de témoin plus tard. 
Le père le frappa, lui cassa les bras, les épaules et les mains, car le petit se protégeait ; fatigué, le père abandonna la «lutte», mais ce fut la marâtre qui intervint pour empêcher le garçon de sortir.
La propre mère du petit martyr voulut intervenir et secourir son fils, mais le père l’en empêcha. Il tira alors son fils vers un tas de bois et y mit le feu. Le pauvre petit garçon ne pouvait plus bouger et allait brûler lentement. Quand on le retira du feu, il respirait encore et priait : il appela encore son père pour lui demander pardon, s’il l’avait offensé. Pour toute réponse, le père l’aurait encore frappé avec son poignard.
Cristóbal agonisa jusqu’au lendemain. Son père le fit dissimuler dans une chambre de la maison, interdisant à quiconque de parler ; il fit emmener la mère de Cristóbal à Quimichucan pour la tuer ; il fut cependant arrêté pour une autre histoire et l’on finit par savoir la vérité. Il fut pendu.
Un an plus tard, quand les Religieux vinrent rechercher le corps pour l’ensevelir, ils le trouvèrent intact.
Cristóbal avait alors douze ou treize ans, en 1527 ; ce premier martyr du Mexique tout récemment découvert et évangélisé, fut béatifié avec Antonio et Juan en 1990, et canonisé avec eux en 2017.
Tous trois sont mentionnés le 23 septembre dans le Martyrologe Romain.

Antonio était fils d’Ytzehecatzin et petit-fils de Xicohténcati, seigneur de Tizatlán (Tlaxcala, México) et devait en hériter. Juan était du même âge et du même pays, mais de famille très humble ; il était comme le serviteur d’Antonio, quoique du même âge. Ils naquirent en 1516-1517.
Ils furent tous deux envoyés à l’école des pères franciscains de Tlaxcala.
Lorsque, deux ans après le martyre de Cristóbal, arrivèrent des pères dominicains, ceux-ci demandèrent aux Franciscains de leur donner quelques élèves, qui auraient été catéchistes et interprètes. Spontanément se présentèrent Antonio, Juan et Diego.
Ils reçurent de justes conseils de prudence, des exhortations à la fidélité au Christ…
A Tepeyacac, tandis que les prêtres commencèrent à prêcher l’évangile, les garçons entreprirent sans tarder de détruire les idoles qu’ils trouvèrent dans les villages proches, à Tecali et Cuahutinchán. A l’une des maisons où entra Antonio, Juan l’attendit à la porte. Les habitants, fâchés, abattirent Juan à coups de gourdins. Antonio sortit et protesta : Vous avez tué un innocent ! C’est moi qui ai pris vos idoles, et il les brisa sous leurs yeux. Alors ils le tuèrent aussi. Diego avait réussi à s’enfuir et put raconter ce qu’il avait vu.
Eux aussi, ont-ils manqué de prudence ? Les Religieux eurent-ils raison de les laisser faire ? L’Eglise a fait son enquête et a considéré qu’Antonio et Juan avaient bien été martyrisés pour leur foi au Christ.
Les corps des jeunes Martyrs furent d’abord jetés dans un ravin ; on vint les récupérer pour les ensevelir dignement.
Antonio et Juan avaient alors eux aussi une douzaine d’années, en 1529. 
Ils furent béatifiés avec Cristóbal en 1990, et canonisés en 2017 ; tous trois sont mentionnés au 23 septembre dans le Martyrologe.
 

William Way

? -1588

 

William naquit près d’Exeter en Devonshire (Angleterre).

Il porta aussi le pseudonyme de May ou aussi de Flower, ce qui fit qu’on l’a confondu avec trois autres Martyrs : Richard Flower ou Lloyd (v. 30 septembre), William Wiggs ou Way, et William Wyggs.

Notre William se prépara au sacerdoce au Collège anglais de Douai-Reims. Il reçut la tonsure à Reims en 1584, des mains du Cardinal de Guise, les ordres majeurs à Laon en septembre 1586.

C’était un prêtre assidu à l’abstinence et aux austérités.

En décembre de cette même année, il partit pour l’Angleterre.

En juin 1587, il fut fait prisonnier. En septembre 1588, il fut mis en accusation à Newgate, pour le seul fait d’être prêtre. Il refusa d’être jugé par un tribunal civil, aussi on envoya l’évêque (anglican) de Londres pour le juger, mais il refusa de le reconnaître comme une autorité religieuse, de même qu’il refusa d’admettre l’autorité de la Reine sur l’Eglise et fut, pour cela, immédiatement condamné.

Il fut exécuté à Kingston-sur-Tamise le 23 septembre 1588.

William a été béatifié en 1929.

 

 

Emilie Tavernier-Gamelin

1800-1851

 

Emilie Tavernier naquit à Montréal (Canada) le 19 février 1800, dans une famille qui comptera quinze enfants : de cette nombreuse fratrie, neuf mourront en bas âge.

Orpheline de sa mère en 1804, de son père en 1814, elle se chargea de s’occuper de sa tante et de son frère.

En 1823, elle épousa Jean-Baptiste Gamelin, un homme de quarante-sept ans, qui mourra quatre ans plus tard, laissant cette jeune veuve avec trois enfants qui mourront bientôt du choléra.

Emilie s’ouvrit maternellement aux nécessités de ceux qui sont dans la peine et travailla activement dans les œuvres caritatives ; elle s’inscrivit dans la Confrérie de la Sainte-Famille.

Bientôt, elle vendit ses propriétés et ouvrit un refuge pour femmes seules.

En 1832 et 1834, les épidémies de choléra (dont moururent ses enfants) lui donnèrent l’occasion de visiter les malades et d’apporter du réconfort dans les familles éprouvées. Elle ouvrit une nouvelle maison à Montréal.

En 1837, elle visita les prisonniers. Elle attrapa la fièvre typhoïde, mais en guérit rapidement.

En 1840, l’évêque appella les Filles de la Charité de Paris pour soutenir l’œuvre de Madame Gamelin. Emilie ouvrit l’Asile de la Providence.

Les Religieuses françaises tardant à arriver, l’évêque proposa à Madame Gamelin d’être la supérieure d’un nouveau noviciat, pour former des Religieuses selon l’esprit qu’elle avait déjà mis dans ses premières œuvres.

Emilie rencontra aux Etats-Unis Elizabeth Ann Bayley Seton (v. 4 janvier), pour comprendre comment diriger une telle œuvre. Elle fut élue supérieure en 1844.

En peu d’années s’ouvrirent diverses maisons : hospice Saint-Joseph, maison et asile de Longue-Pointe, maison de La Prairie, couvent de L’industrie, bureau de placement et centre de soins pour malades mentaux.

En 1847, Emilie intervint auprès des victimes du typhus, en 1849, de celles du choléra. Même le gouverneur la soutint et l’aida.

En 1851, elle fit un voyage pour visiter les couvents des Etats-Unis. A son retour à Montréal, affaiblie et atteinte par une nouvelle épidémie de choléra, elle mourut le 23 septembre 1851.

Emilie Tavernier-Gamelin a été béatifiée en 2001.

Francisco de Paula Victor

1827-1905

 

Il naquit le 12 avril 1827 à Campanha (Minas Gerais, Brésil), fils d’une esclave nommée Lourença Maria de Jesus, qui le fit baptiser le 20 avril suivant. La patronne de cette maman était bonne, et se donna la peine d’aider Francisco : avec elle, le garçon apprit à lire et à écrire, à jouer du piano, à parler français.

En 1848, lors d’une visite de l’évêque de Mariana à Campanha, Francisco lui exprima son désir d’être prêtre. Sans hésiter, l’évêque le fit admettre au séminaire de Mariana, où cependant l’atmosphère n’était pas toujours vraiment évangélique : certains séminaristes (ou professeurs) considéraient parfois comme un inférieur, ce noir «fils d’esclave», qui plus est de père inconnu.  Mais l’humilité et la douceur de Francisco firent taire les mauvaises langues. Après les années régulières de philosophie et de théologie, en 1851, Francisco fut ordonné prêtre.

Son premier poste, pendant un an, fut sa propre ville natale. Puis, en 1852, il fut nommé curé à Três Pontas où il allait donner le meilleur de lui-même pendant cinquante-trois ans, jusqu’à sa mort.

Il voulut vraiment conduire toute sa paroisse au Christ, et par tous les moyens. Tout le monde l’aimait et recourait à lui, sans pouvoir empêcher non plus certaines critiques, qui ne manquent jamais dans la société humaine, à cause de la jalousie et de l’orgueil des hommes.

Francisco montra vraiment l’exemple des grandes vertus chrétiennes et sacerdotales de foi, d’espérance et surtout de charité envers tous ; ce fut un prêtre courageux et prudent à la fois, obéissant, chaste, humble.

Il ouvrit l’école de la Sainte Famille, d’où sortirent des «têtes», comme le futur évêque de Campanha et son coadjuteur (Mgr Ferrão et Mgr Rabello) et bien d’autres qui s’illustrèrent en divers secteurs de la société.

Francisco mourut à soixante-dix-huit ans, le 23 septembre 1905 à Três Pontas (Minas Gerais). Pendant les jours qui précédèrent les funérailles, tout le monde remarqua un délicat et fort parfum de roses, dont personne ne pouvait expliquer l’origine.

Les miracles suivirent cette lumineuse mort. Un des premiers miracles fut le suivant : quelques années après la mort du père Francisco, un couple de travailleurs vint demander aux prêtres de la paroisse de baptiser leur enfant ; les prêtres prétendaient cependant à une «taxe», que les parents ne pouvaient payer ; aussi allèrent-ils prier à l’église pour présenter à Dieu leur difficulté. Arriva alors un prêtre qui leur proposa de baptiser leur enfant, gratuitement. Après la cérémonie, les heureux parents racontèrent l’événement, sans savoir de quel prêtre il s’agissait ; quand on leur montra la photographie du père Francisco, ils reconnurent leur bienfaiteur.

Le père Francisco de Paula Victor a été béatifié en 2015.

 

 

Maurilio Tobar González
1869-1936

Maurilio naquit et fut baptisé le 14 septembre 1869 à Tardajos (Burgos), en la fête de la Sainte Croix. Ses parents s’appelaient Manuel et Gregoria. On retrouvera son aîné, Saturnino, martyrisé le 23 octobre.

Il étudia à Las Quintanillas avec un prêtre puis au sanctuaire des Miracles (Orense).

Entré en 1885 dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens), il fit la profession en 1887 et reçut toute sa formation à leur maison centrale de Madrid, où il fut ordonné prêtre en 1893.

Après dix années passées au collège d’Alcorisa, il fut envoyé à Cuba : à Santiago comme Supérieur, à Guantánamo comme curé, à La Havane encore un an, puis revint en Espagne en 1919, avec une santé assez délabrée. Il resta quatre années à Madrid, sortant peu et pour prêcher des retraites ; il eut à s’occuper de la province de Valencia pendant dix ans ; enfin, il fut nommé supérieur de la maison madrilène de la rue Lope de Vega, non loin du noviciat des Filles de la Charité.

En juillet 1936, ayant dû quitter cette maison par la force, il trouva accueil très fraternel chez sa cousine, Julia, où il put survivre avec le p.Ponciano Nieto et son frère, fr. Saturnino. Ils célébraient la Messe et pouvaient ainsi faire parvenir l’Eucharistie aux Religieuses.

Le 23 septembre 1936, juste à midi de ce jour-là, les révolutionnaires vinrent tambouriner à la porte ; le frère Saturnino étant absent, ils s’emparèrent du p.Maurilio et du p.Ponciano qui était avec lui, ainsi que de Julia, la cousine du p.Maurilio - et disparurent. On ne sait à quel endroit précis furent fusillés les deux prêtres, mais on demeure persuadé qu’ils furent martyrisés avec la cousine l’après-midi même de ce 23 septembre : les deux Prêtres parce qu’ils étaient prêtres, la cousine parce qu’elle les avait hébergés.

Il semble que la date du 29 octobre, parfois indiquée, soit une erreur.

Martyrisé le 23 septembre 1936 à Madrid et béatifié en 2017, Maurilio Tobar González sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 septembre.

 

 

Purificación Ximénez Ximénez

1871-1936

 

Elle vit le jour à Valencia (Espagne) le 3 février 1871, lendemain de la fête de la Purification de Marie, dont elle porta le nom.

Entrée au noviciat des Carmélites de la Charité à Vic (Barcelone) elle prit le nom de Purificación de Saint-Joseph.

Elle œuvra dans différentes maisons de la province et, en 1900, fut une des co-fondatrices de la maison de La Unión (Murcia) ; en 1906, elle fut nommée maîtresse des novices à Vic, en 1911 supérieure à Gandía, et à Tarragona en 1917.

Lors des soulèvements de 1936, le collège dut être évacué et Purificación vint se réfugier chez sa sœur Sofía à Valencia, où vint aussi Josefa del Río Mesa, elle aussi carmélite et nièce de Purificación.

Dans la nuit du 22 au 23 septembre 1936, des révolutionnaires vinrent les arrêter toutes les trois. On en retrouva les cadavres au croisement des routes pour Campanar-Benicalap.

Purificación a été béatifiée en 2001, ainsi que sa cousine.

 

 

Ponciano Nieto Asensio
1875-1936

Ponciano naquit le 9 mars 1875 à Valverde del Campo (Valladolid), d’Eustasio et Felicidad, qui le firent baptiser le 15 mars suivant. 

Il étudia à Medina de Rioseco et entra en 1890 dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) ; il fit la profession le 10 mars 1893 (le lendemain de ses dix-huit ans) et fut ordonné prêtre en 1899.

On l’envoya à Alcorisa et Limpias ; puis à Cuba et au Mexique. C’est à lui qu’on doit l’histoire de la Congrégation lazariste au Mexique.

De retour en Espagne (1920), il se fixa à la maison de la rue Lope de Vega (Madrid).

Outre ses occupations sacerdotales, le père Ponciano écrivait beaucoup, car il était très cultivé. Historien de valeur, il savait parler français et pouvait traduire l’hébreu et le grec, l’allemand, l’anglais et l’italien. C’est ainsi qu’il devint directeur des revues L’Immaculée de la Médaille Miraculeuse et Annales de la Congrégation de la Mission et des Filles de la Charité. En 1934 parut son ouvrage important : Histoire des Filles de la Charité.

En juillet 1936, ayant dû quitter cette maison par la force, il trouva accueil très fraternel chez la cousine du p.Maurilio Tobar, Julia, où il put survivre avec le p.Maurilio et son frère, Saturnino. Ils célébraient la Messe et pouvaient ainsi faire parvenir l’Eucharistie aux Religieuses.

Le 23 septembre 1936, juste à midi de ce jour-là, les révolutionnaires vinrent tambouriner à la porte ; le frère Saturnino étant absent, ils s’emparèrent du p.Maurilio et du p.Ponciano ainsi que de Julia - et disparurent. On ne sait à quel endroit précis furent fusillés les deux prêtres, mais on demeure persuadé qu’ils furent martyrisés avec la cousine l’après-midi même de ce 23 septembre : les deux Prêtres parce qu’ils étaient prêtres, la cousine parce qu’elle les avait hébergés.

Il semble que la date du 29 octobre, parfois indiquée, soit une erreur.

Martyrisé le 23 septembre 1936 à Madrid et béatifié en 2017, Ponciano Nieto Asensio sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 septembre.

 

 

Sofía Ximénez y Ximénez del Río

1876-1936

 

Elle naquit le 11 octobre 1876 à Valencia (Espagne), d’un père militaire qui, après la mort précoce de sa première épouse, se remaria. 

Cette seconde mère ne voulait pas garder chez elle les enfants du premier lit, de sorte que Sofía et sa sœur s’en furent chez une tante.

Autre douleur : le curateur qui était chargé de gérer les biens des deux filles, détourna de fortes sommes d’argent.

En 1905, Sofía épousa un veuf, mari de sa marraine, qui avait déjà trois enfants petits. A son tour, elle mit au monde quatre enfants. De ces sept enfants, un seul survécut, et frappé de paralysie dès le jeune âge.

Après avoir habité à Barcelone, León, Ségovie et Tolède, le mari mourut en 1927. Sofía vint s’installer à Valencia.

Femme de caractère, courageuse et bonne chrétienne, elle fut active au sein de la paroisse, présidente de l’association de la Vierge Miraculeuse, membre de l’Action Catholique.

Elle assista la première belle-mère de son mari défunt, jusqu’à sa mort.

Quand éclata la guerre civile de 1936, elle accueillit généreusement des Religieuses expulsées, tenta d’obtenir la libération de prisonniers.

Une femme de chambre la dénonça comme chrétienne. On vint l’arrêter, elle et son fils malade, en même temps que sa sœur carmélite, María Purificación, et une autre parente, María Josefa del Río Mesa.

On les fusilla au Picadero de Paterna. Juste avant de mourir, le 23 septembre 1936, on les entendait prier en remerciant Dieu de leur accorder la grâce de donner leur vie par amour pour Lui.

Sofía fut béatifiée en 2001.

 

José Santos Ortega
1882-1936

Né le 18 septembre 1882 à Rabé de las Calzadas (Burgos), José avait deux jeunes frères et deux sœurs ; les trois frères devinrent prêtres vincentiens, les deux sœurs Filles de la Charité : José, Francisco, Saturnino, Rufina et Eustasia. 

José reçut sa première formation justement chez les Filles de la Charité de son pays, puis au collège des Pères Lazaristes (ou Vincentiens) de Tardajos.

Entré à son tour dans la Congrégation des Lazaristes, il fit le noviciat à Madrid (1899), étudia la philosophie à Hortaleza et la théologie à Madrid ; il fut ordonné prêtre en 1908.

Il fut d’abord sous-directeur du noviciat, puis exerça son talent de missionnaire à Badajoz (1914), Tardajos (1917), Oviedo (1927), où il fut économe du séminaire.

En 1931, il dut être hospitalisé en asile psychiatrique à Leganés pour une grave affection cérébrale, dont il put se remettre. Ensuite il fut affecté à la basilique de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, rue García de Paredes.

Le père José avait un talent pour travailler le bois : il savait se faire menuisier ou fabriquer des chapelets ; bon photographe à l’occasion.

En 1936, devant le danger de la persécution, le p.José se réfugia à Madrid chez une cousine. Cependant, la concierge lui demanda de partir au plus vite, parce que sa présence dérangeait et pouvait même compromettre les voisins. La cousine alors, avec son mari, accompagnèrent le p.José au Comité du quartier, sollicitant la permission de le garder, puisqu’il était de leur famille ; l’autorisation fut refusée, mais le président du Comité feignit de les aider en faisant conduire le Père à une pension, où un jeune milicien allait l’accompagner. Ce dernier était un certain Chicharro que nous allons retrouver par la suite. Le p.José lui donna cinquante pesetas.

Les gens acceptèrent de laisser entrer le Père et, pendant les deux mois où il fut avec eux, finirent par sympathiser avec lui. Le p.José fit le catéchisme aux enfants, leur apprit à lire, pria avec eux, fit de petits travaux de menuiserie ; il sortait peu, soit pour aller manger ailleurs, soit pour aller se confesser à un autre Père. 

Le fameux Chicharro revint le voir une fois - pour lui demander encore cinquante pesetas. Il revint encore le 23 septembre vers midi, mais cette fois c’était pour l’emmener : une voiture les attendait dans la rue. Le p.José se montrait naïvement très heureux de le revoir, tandis que l’autre lui dit qu’il fallait seulement aller signer une déclaration.

Ils se dirigèrent vers Hortaleza, en face du bâtiment des Ballesteros où ils descendirent. La voiture alla se garer un peu plus loin, on fit faire quelques pas au p.José, et il reçut une décharge.

Pour une fois, l’histoire ne s’arrête pas à la mort du Martyr. Au printemps de 1940, on appela vers vingt-deux heures deux Pères vincentiens à leur maison de Madrid, pour aller assister un condamné à mort. C’était le fameux Chicharro, qui se confessa et communia avant de mourir. En quittant la prison, il embrassa le prêtre qui était venu l’assister à cette heure ultime.

Martyrisé le 23 septembre 1936 et béatifié en 2017, José Santos Ortega sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 septembre.

 

 

Vicente Ballester Far

1888-1936

 

Il était né le 4 février 1888 à Benidoleig (Alicante, Espagne).

Il fréquenta le séminaire de Valencia. Extrêmement doué, il mérita une bourse spéciale.

Ordonné prêtre an 1913, il fut envoyé à Jávea (en catalan : Xábia), d’abord comme aumônier de la mer, puis des Augustines Déchaussées.

Les pêcheurs l’estimaient tellement qu’ils envoyèrent une pétition à l’archevêque pour annuller le déplacement du prêtre !

Prêtre soucieux du salut des âmes, il était très attaché à l’Eucharistie. Il vivait très pauvrement, était large en aumônes et payait de sa poche les prix de catéchisme que méritaient les enfants.

Les vendredis de carême, il ne mangeait qu’un morceau de pain avec de l’huile. Il se flagellait jusqu’au sang et portait un cilice.

Lors de la guerre civile de juillet 1936, il resta à Jávea jusqu’au 2 août, puis gagna son pays natal, jusqu’au 23 septembre.

Ce jour-là, le comité de Jávea fit semblant de le convoquer pour quelques explications. Le comité de Benidoleig le laissa partir ; mais en réalité, on voulait l’assassiner durant le trajet.

Don Vicente fut assassiné entre Teulada et Benisa. Durant sa douloureuse agonie, après avoir reçu des balles dans le ventre, il priait pour ses bourreaux, et particulièrement pour celui qui lui donnerait le coup de grâce, qu’il aurait reçu le 24 septembre 1936 selon certains (mais le 23 d’après le Martyrologe).

On le retrouva avec le chapelet entre ses doigts.

Puis, on remarqua qu’un rosier s’était développé à l’endroit même où son sang s’était répandu, signe qu’on interpréta comme la confirmation de la sainteté du prêtre.

Don Vicente fut béatifié en 2001.

Norberto Cembranos de la Verdura

1891-1936

 

Norberto vit le jour le 6 juin 1891 à Villalquite (León, Espagne), le jour de la fête de saint Norbert.

Ce fut un laïc oblat de l’Ordre des Capucins, bon et fidèle serviteur à El Pardo (Madrid).

Lors des hostilités de 1936, les Religieux se croyaient suffisamment en sécurité, sur la parole du colonel. Mais le 20 juillet, ils entendirent le canon qui détruisait El Cuartel de la Montaña, puis virent les flammes qui envahissaient Madrid.

Le 21 juillet, des centaines de miliciens attaquèrent le couvent et tirèrent par toutes les fenêtres, au moment du déjeuner ; il y avait jusqu’à deux cents personnes présentes dans le couvent.

Ce fut ensuite un long calvaire pour les Religieux.

Les miliciens voulaient les pendre aux arbres voisins ; ils en furent empêchés.

Norberto put un moment se réfugier dans une auberge, mais il fut arrêté.

Il reçut la palme du martyre à Madrid le 23 septembre 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Críspulo Moyano Linares

1891-1936

 

Críspulo était né le 10 juin 1891 à Villaralto (Cordoue).

Entré chez les Carmes de l’Ancienne Observance, il prit le nom de Carmelo María et fut ordonné prêtre.

Il se trouvait au couvent de Hinojosa del Duque (Cordoue), quand il fut arrêté, torturé, et finalement assassiné le 23 septembre 1936.

Il a été béatifié en 2013.

 

 

María Josefa del Río y Mesa

1895-1936

 

Elle vit le jour à Tarragona (Espagne) le 30 avril 1895.

Sa mère mourut en 1901 et son père épousa alors Sofía Ximénez Ximénez, sœur de Purificación, elle aussi de la congrégation des Carmélites de la Charité.

María Josefa fréquenta les collèges de Barcelone et León, en fonction des nominations de son père.

Entrée en 1917 au noviciat des Carmélites de la Charité à Vic (Barcelone) elle prit le nom de María Josefa de Sainte Sophie.

Elle œuvra dans les maisons de Tarrasa puis Barcelone, où le collège dut être évacué en juillet 1936.

María vint se réfugier avec sa tante Purificación chez sa (deuxième) mère, Sofía, à Valencia.

Dans la nuit du 22 au 23 septembre 1936, des révolutionnaires vinrent les arrêter toutes les trois. On en retrouva les cadavres au croisement des routes pour Campanar-Benicalap.

Josefa a été béatifiée en 2001, ainsi que sa tante.

Maria Jabłońska

1878-1940

 

Elle naquit le 5 août 1878 à Pizunach (Narol, Pologne) de Grzegorz et Maria, d’humbles paysans qui eurent quatre enfants.

A dix huit ans, elle entra dans la congrégation fondée par Albert Chmielowski (v. 25 décembre) et prit le nom de Bernardyna.

C’est ainsi qu’elle fut au contact de la grande misère qui sévissait à cette époque en Pologne. Elle s’occupa particulièrement des femmes sans abri à Cracovie, qu’elle reçut amoureusement et pour lesquelles elle travailla à la cuisine.

Elle n’avait que vingt-quatre ans quand le Fondateur la nomma supérieure générale des Religieuses, les Sœurs du Tiers-Ordre de Saint-François, qu’on appelait désormais les Sœurs Albertines.

Considérée comme co-fondatrice de cette congrégation, Mère Bernardyna mourut à Cracovie le 23 septembre 1940, répétant aux Sœurs : Faites du bien à tous.

Elle fut béatifiée en 1997.

 

 

Józef Stanek

1916-1944

 

Józef naquit à Łapsze Niżne (Małopolskie, Pologne) le 4 ou le 6 décembre 1916.

Après ses études au Collegium Marianum de Wadowice, tenu par les Pères Pallottins, il commença le noviciat de cette congrégation à Suchary en 1935, et poursuivit ses études au séminaire de Ołtarzew. Quand il fut de retour à Suchary, le séminaire dut être évacué devant l’avance soviétique.

L’abbé Józef aurait aussi été quelque temps prisonnier des Soviétiques et aurait réussi à s’échapper.

Il repassa donc à Ołtarzew et fut ordonné prêtre en 1941, poursuivant clandestinement des études de sociologie à Varsovie.

Son activité clandestine se doubla d’une assistance sacerdotale dans l’armée secrète polonaise, sous le pseudonyme de Rudy. Lors du soulèvement de Varsovie (été 1944), il se dépensa au profit des blessés et des mourants. Ayant refusé de passer la Vistule, pour demeurer au milieu des insurgés, il fut arrêté par les Allemands.

Après de longues séances de torture, il fut exécuté par pendaison le 23 septembre 1944 à Varsovie.

Il fut un des cent-huit Martyrs polonais du régime nazi, béatifiés en 1999.

 

 

Francesco Forgione, Pio da Pietrelcina

1885-1968

 

1885 - Le 25 mai, Francesco Forgione naît à Pietrelcina, (Benevento, Italie S), huitième enfant d'Orazio Forgione et Maria Giuseppa Da Nunzio. De condition très modeste, le père de famille s'exile à deux reprises en Amérique afin de subvenir aux besoins du foyer et notamment pour payer la scolarité de Francesco. 

L’enfance de Francesco est calme. Il reçoit déjà des apparitions du Christ, dès l’âge de cinq ans. Il ne va pas jouer avec les autres garçons de son âge qui blasphèment.

1903 - À 15 ans et demi, Francesco se présente au couvent des Frères Mineurs Capucins de Morcone. Novice, il reçoit le nom de Pio. Malgré l'austérité de la vie du couvent, il persévère. L'année suivante, le 22 janvier 1904, il prononce ses premiers vœux. Fra Pio commence alors ses études de philosophie. Ses confrères remarquent sa vie spirituelle hors du commun, ainsi que les vexations diaboliques auxquelles il est affronté. Durant cette période, Fra Pio se met sous la direction de deux maîtres exceptionnels, les pères Benedetto et Agostino. À cause d'une très mauvaise santé, Fra Pio changera fréquemment de couvents, il résidera souvent en famille pour changer d'air. 

1910 - Le 10 août, en la cathédrale de Benevento, Fra Pio reçoit l'ordination sacerdotale. Dès 1911 il signale à son confesseur des signes rouges et des douleurs vives aux mains et aux pieds. Les années suivantes, sa santé toujours chancelante l'oblige à rester en famille. Cette période correspond à une maturation spirituelle extraordinaire. En passant par des épreuves et des consolations, il se laisse guider par la volonté de Dieu en vue de sa mission future. En 1916, les supérieurs envoient le Padre Pio au couvent de San Giovanni Rotondo. 

En 1917-1918, il sert dans le corps médical. Lui-même raconta plus tard qu’il s’était mystérieusement montré au général Cadorna (vaincu à Caporetto et qui voulait se suicider) ; or les gardes jurèrent qu’ils n’avaient vu passer personne ; le général reconnut plus tard sur un journal la photographie du Père Pio, qui l’avait ainsi empêché de se suicider.

1918 - Le 20 septembre, dans le chœur du couvent, il reçoit les stigmates visibles et permanents. Malgré tous ses efforts pour cacher ces plaies, la nouvelle se répand. Sa vie bascule dans l'insolite. Les douleurs de ces plaies qui saignent, les examens médicaux, les foules et enfin les mesures du Saint Office l'atteignent de plein fouet. Face à toutes ces épreuves, Padre Pio reste humble et obéissant. 

Lors d’un examen (parmi tant d’autres) de ses stigmates, on lui suggéra que, peut-être, à force de s’unir à la Passion du Christ, il en avait conçu lui-même les plaies dont il souffrait. A cela, le Père Pio répondit gentiment : Et croyez-vous que, si je pense intensément à une vache, il va me pousser des cornes ?

En 1923 l'autorité ecclésiastique décide de son transfert, c’est la foule qui s'y oppose. 

De 1931 à 1933 il est séquestré dans son couvent, isolé du reste du monde. Enfin le Père Pio peut à nouveau célébrer publiquement et entendre les confessions.

1940 - Padre Pio lance l'idée de la Casa Sollievo della Sofferenza (Maison du Soulagement de la Souffrance) ; elle sera inaugurée en 1956. C’est un établissement doté des installations les plus modernes. 

Dans la foulée, les Groupes de Prière se développent, des foules de pénitents et de pèlerins viennent à la rencontre du Padre Pio. La fécondité de son ministère prend une dimension mondiale. 

On dit qu’en 1947, le Père Pio aurait prédit au jeune abbé Karol Wojtyla sa future élection au siège de Pierre et son attentat sur la place Saint-Pierre. Mais ces révélations arrivent toujours après les faits… Par contre, en 1962, le même Karol Wojtyla, devenu évêque, demanda par écrit au Père Pio des prières pour une mère de quatre enfants atteinte de cancer, Wanda Poltawska, qui se trouva guérie quatre jours plus tard. 

1968 - Du 20 au 22 septembre, les Groupes de Prière venus de partout célèbrent les cinquante ans des stigmates du Padre Pio. Le 23 au matin, après avoir reçu l'onction des malades, le Padre meurt dans son humble cellule de capucin. Le 26, des dizaines de milliers de personnes viennent assister à ses obsèques. En quelque sorte déjà “glorifié”, le Père Pio ne porte plus de trace des stigmates.

Des miracles nombreux de guérisons et de conversions ont été scrupuleusement examinés et confirmés.

Père Pio a été béatifié en 1999, et canonisé en 2002. Il est inscrit le 23 septembre au Martyrologe.

 

Frère Narsi Decoste in Le Padre Pio, décrit ainsi la messe du Padre Pio :

 

Dès deux ou trois heures du matin, les lourds autobus déchargeaient devant le couvent leurs occupants, surpris de voir déjà la place de l'église noire de monde. On attendait patiemment l'ouverture des portes pour entrer ; en attendant, on récitait le chapelet. Pour l'incroyant qui venait simplement en curieux, la messe du Père Pio était peut-être une cérémonie comme toutes les autres ; mais, pour le croyant, elle était d'une valeur infinie par la présence réelle du Seigneur que le célébrant appelle infailliblement sur l'autel par les paroles consécratoires. La messe a toujours et partout la même valeur, là où elle est célébrée validement : pourquoi vouloir assister à celle du Père Pio ? Indubitablement parce que ce capucin rendait tangible la mystérieuse et pourtant réelle présence. On comprend, dès lors, que rien ne peut être ajouté à sa grandeur, à sa valeur, à sa signification, qui est uniquement limitée par l'impénétrable volonté de Dieu. 

Lorsque le Père Pio célébrait la messe, il donnait l'impression d'une si intime, si intense, si complète union avec Celui qui s'offrait au Père Éternel, en victime d'expiation pour les péchés des hommes. Dès qu'il était au pied de l'autel, le visage du célébrant se transfigurait. Il ne s'y trouvait pas seulement comme prêtre pour l'Offrande, mais comme l'homme de Dieu pour témoigner de son existence, comme prêtre qui portait lui-même les cinq plaies sanglantes de la crucifixion sur le corps. 

Le Père Pio possédait le don de faire prier les autres. On vivait la messe. On était fasciné. Je puis dire, qu'à San Giovanni seulement, j'ai compris le divin Sacrifice. Cette messe durait longtemps ; cependant, à la suivre dans sa longue célébration, on perdait toute notion de temps et de lieu. La première fois que j'y assistai, j'ai regretté qu'elle touchât à sa fin. Avec stupeur, je me rendis compte qu'elle avait duré plus de deux heures ! 

Toute la vie du Père Pio était centrée sur le saint Sacrifice de la messe qui, disait-il, jour par jour, sauve le monde de sa perdition. Brunatto, qui assistait généralement le Père et eut le bonheur de le servir, témoigne que, pendant les années de son isolement, la célébration durait jusqu'à sept heures. Plus tard, elle fut limitée par l'obéissance et durait environ une heure. Oui, vraiment, cette messe du Père Pio était un événement inoubliable et on avait raison de vouloir y assister au moins une seule fois. 

Lorsqu'il quittait la sacristie, le Père était généralement soutenu par deux confrères, car ses pieds transpercés le faisaient atrocement souffrir. D'un pas lourd, traînant, incertain, chancelant, il s'avançait vers l'autel. Ce stigmatisé passait encore toute la nuit en prière ; ce qui fut vrai tout un demi-siècle. On l'aurait cru écrasé sous le poids des péchés du monde. Il offrait toutes les intentions, les demandes, les supplications, qui lui avaient été confiées par écrit ou oralement, de l'univers entier. Il portait, en outre, toutes les afflictions, les souffrances, les angoisses pour lesquelles on venait à lui et dont il s'était chargé. C'est pourquoi l'Offrande de cette messe était si longue et si impressionnante. Il faisait tout pour détourner l'attention de lui. Il évitait tout ce qui pouvait être spectaculaire dans son maintien, son expression, ses gestes, dans sa manière de prier et de se taire ; et pourtant, son maintien, sa façon de prier, son silence, et surtout les longues pauses, dans toute leur simplicité, étaient vraiment dramatiques. Lorsque, dans le silence recueilli d'une foule intimement unie à lui, le Père Pio prenait la patène dans ses mains sanglantes et l'offrait au Père Tout-Puissant, elle pesait lourd de cet énorme amas de bonnes œuvres, de souffrances et de bonnes intentions. Ce pain qui allait tantôt prendre vie, changé en Celui qui, seul, réellement, était capable de payer complètement la rançon des péchés des hommes. 

Ce n'était pas seulement les principales parties de la messe qui étaient remarquables, dans cette célébration. Le Père Pio célébrait toute la messe avec la même attention soutenue, visiblement conscient de la profonde signification de chaque mot, de chaque geste liturgique. Ce qui se passait entre Dieu et lui demeurait un mystère, mais on pouvait en deviner quelque chose dans certains silences, dans certaines pauses plus longues ; les traits de son visage trahissaient parfois son intense participation au Drame qu'il vivait. Les yeux fermés, il était souvent en conversation avec Dieu, ou transporté en extase dans la contemplation. Seul, un ange serait capable de décrire dignement cette messe. Les plaies permanentes de son corps n'étaient que les signes visibles du martyre intérieur qu'il subissait avec le « divin Crucifié ». C'est pourquoi, l'attention de l'assemblée était fixée sur le point culminant du Saint Sacrifice : la Consécration. 

En effet, ici, il s'arrêtait un instant comme pour se concentrer. Une lutte semblait s'engager entre lui, qui tenait dans ses mains l'hostie immaculée et, Dieu sait quelle force obscure et invisible qui, sur ses lèvres, retenait les paroles consécratoires chargées de force créatrice. Certains jours, la messe était pour lui, à partir du Sanctus, un vrai martyre. La sueur couvrait son visage et les larmes coulaient le long de ses joues. C'était vraiment l'homme des douleurs aux prises avec l'agonie. Involontairement, je pensais au Christ au Jardin des Oliviers. On voyait clairement, qu'en proférant les paroles de la Consécration, il subissait un réel martyre. À chaque mot, un choc semblait parcourir ses membres. Serait-il possible, comme certains le pensent, qu'il souffrait alors plus intensément la Passion du Christ et que les spasmes pénibles, qu'il réprimait autant que possible, l'empêchaient un moment de poursuivre ? Ou devons-nous interpréter à la lettre les paroles du Père disant que le démon s'aventure parfois jusqu'à l'autel ? Dans son attitude si impressionnante, on assistait donc à une lutte réelle contre Satan, qui, à ce moment, redoublait ses efforts pour le tourmenter. Les deux suppositions sont acceptables. Souvent, lorsqu'il quittait l'autel, après la messe, certaines expressions involontaires et révélatrices lui échappaient. Comme se parlant à lui-même, il disait par exemple: Je me sens brûler... et aussi : Jésus m'a dit... 

Quant à moi, j'ai été, comme tous ceux qui ont eu le bonheur de participer à cette messe, vivement impressionné par cette émouvante célébration. Un jour, nous posions au Père, la question : Père, qu'est votre messe pour vous ? Le Père répondit : Une union complète entre Jésus et moi. La messe du Padre Pio était vraiment cela : le Sacrifice du Golgotha, le Sacrifice de l'Église, le Sacrifice de la dernière Cène et aussi notre Sacrifice.

Et, encore : 

Sommes-nous seuls à être rangés autour de l'autel pendant la messe ? 

- Autour de l'autel, il y a les Anges de Dieu. 

Père, qui se trouve autour de l'autel ? 

- Toute la Cour céleste. 

Père, la Madone est-elle aussi présente pendant la messe ?

- Une mère peut-elle rester indifférente à son Fils ? 

Et dans une lettre que le Père écrivit, en mai 1912, nous apprenons que la Sainte Vierge l'accompagnait à l'autel. La Mère de Dieu et notre Mère n'a évidemment pas d'autre souci que celui de son Fils Jésus qui devenait visible, à nos yeux, dans la chair du Padre Pio, blessé par amour pour Dieu et ses frères. 

Père, comment devons-nous assister à la messe ? 

- Comme la Sainte Vierge et les saintes femmes, avec amour et compassion. Comme saint Jean assistait à l'Offrande Eucharistique et au Sacrifice sanglant de la Croix. 

Un jour que la foule des pèlerins était particulièrement dense dans l'église de San Giovanni, le Père me dit après la messe : Je me suis souvenu de vous à l'autel ! Je lui demandai : Père, avez-vous à l'esprit toutes les âmes qui assistent à votre messe ? Il répondit : À l'autel, je vois tous mes enfants comme dans un miroir !

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 23:00

22 SEPTEMBRE

 

III.    

Ste Emerita, martyre à Rome.

SS Mauritius, Exuperius, Candidus, Victor, et leurs compagnons de la légion, martyrs à Agaune ; s. Maurice est le patron des Etats de Savoie ainsi que du diocèse d'Angers, où s. Martin rapporta de ses reliques.

Ste Basilla, martyre romaine.

S Yon, martyr près de Arpajon, peut-être compagnon de s. Denis.

IV.    

Ste Iraïs (Rhaïs, Raïssa), martyre à Alexandrie.

S Septimius, évêque et martyr à Iesi, dont il est le patron.        

S Florent, ermite vénéré au Mont-Glonne.

V.    

S Silvanus, à Levroux.

Ste Liutrude, sœur de ste Menehould, recluse près de Châlons-en-Champagne.

VI.    

S Lô, évêque à Coutances pendant quarante ans.

VII.    

S Higbald, abbé dans le Lincolnshire, peut-être Bardney.    

S Emmeram, peut-être originaire du Poitou, évêque et martyr à Ratisbonne.

Ste Salaberge, guérie de la cécité par s.Eustase ou s.Colombande de Luxeuil, abbesse à Laon.

?    

Ste Gunthilde, servante à Biberbach ; il y eut une abbesse du même nom en Thuringe. 

XII.    

B Otto, cistercien évêque à Freising.

XVIII.    

S Lorenzo Maurizio Belvisotti (Ignazio da Santhià), capucin piémontais, canonisé en 2002.

B Joseph Marchandon, curé en Creuse, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.    

SS Yu Chin-gil Auguseutino et Chŏng Ha-sang Baolo, martyrs coréens, canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

XX.    

- béatifié en 1995 :

Piaristes : près de Valencia, le prêtre Carlos Navarro Miquel (C. de la Vierge de l’Abandon, *1911) ;

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, Vicente Sicluna Hernández, Vicente Pelufo Corts et Germán Gozalvo Andreu (*1859, 1868, 1913), ce dernier martyrisé deux mois après son ordination ;

Laïques : près de Valencia, les vierges Josefina Moscardó Montalvá et María Purificación Vidal Pastor (*1880, 1892) ;

- béatifiés en 2007 :

Fr. Mineurs : près de Badajoz, les prêtres Félix Echevarría Gorostiaga, Francisco Carlés González, Luis Echevarría Gorostiaga (*1893, 1894, 1895) ; le clerc Ruperto Sáez de Ibarra López (Antonio, *1914) ; les convers Miguel Zarragùa Iturrízaga et Simón Miguel Rodríguez (*1870, 1912) ;

Salésiens : près de Madrid, le clerc Esteban Cobo Sanz (*1905) et son jeune frère Federico (*1919), aspirant, qui n’avait pas même dix-sept ans ;

- béatifiés en 2013 :

Lasalliens : près de Teruel, Alejandro Monforte (Antonio Gil) et Francisco Vicente Edo (Félix Adriano),  nés en 1903 ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Juan Antonio López Pérez et Diego Morata Cano et Juan García Cervantes (*1881, 1885) ;

Clarétains : près de Barcelone, le profès Ramón Rius Camps (*1913) ;

Laïcs : près d’Almería, Modesto Allepuz Vera, Enrique Pedro Gonzálvez Andreu, José Ardil Lázaro (*1906, 1910, 1914) ;

- béatifiés en 2021 :

Laïcs : près de Cordoue, José Fernández de Henestrosa Boza (*1898).

Emerita de Rome

† 260

 

Emerita fut une martyre, et fut enterrée sur la Via Ostiense au cimetière de Comodilla près de Rome.

Sans doute vers 262.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Emerita de Rome au 22 septembre.

 

 

Légion Thébéenne

302

 

On a vu au 1er septembre l’histoire de sainte Verena et comment elle fut liée à celle de la Légion Thébéenne.

Cette «légion» pose des problèmes aux historiens, mais qu’importe !

En général, elle est indifféremment appelée thébéenne ou thébaine, mais le premier terme lui semble plus spécifique.

L’empereur Maximien Hercule s’était installé à Trèves et combattit les tribus germaniques en 285-288. Ensuite il combattit dans le Sud et s’installa en Italie jusqu’en 305, date de sa première abdication. Il est un peu difficile de situer à quelle époque il aurait levé des troupes en Egypte pour sécuriser la route vers Cologne et Trèves.

C’est une tactique bien connue des chefs militaires, d’installer dans une région des soldats étrangers à cette région, pour éviter les risques de complaisance. Mais il se trouve qu’en l’occurence, tous les soldats «thébéens» étaient chrétiens.

Une autre difficulté concerne l’importance de cette «légion». Sous Dioclétien et Maximien, une légion comportait beaucoup moins que les six-mille six-cents hommes des temps passés, peut-être même mille seulement.

Laissant de côté ces questions, venons-en aux faits rapportés par une longue tradition.

Le chef de cette légion s’appelait Mauritius - il était, paraît-il le cousin de sainte Verena, nommée ci-dessus. Un sous-officier s’appelait Exuperius ; un autre officier s’appelait Candidus.

A ces trois noms s’en ajoute un quatrième, Victor, un vétéran.

Au terme d’une victoire, l’empereur prétendit obliger tous ses soldats à participer à un culte de reconnaissance aux dieux - à moins qu’il ait voulu les contraindre à persécuter les Chrétiens de l’endroit. C’est alors que Mauritius et tous ses hommes refusèrent catégoriquement de se plier à cet ordre, de sorte que Maximien ordonna de décimer l’armée une première fois, et une seconde fois encore, avant d’ordonner le massacre de tous ceux qui restaient.

Une petite remarque s’impose ici : si la légion n’était composée que de Chrétiens, à qui l’empereur donna-t-il l’ordre de la décimer ? Prit-il le temps de faire venir d’autres soldats, de Gaule ou d’Italie ? Ou alors ces Thébéens chrétiens ne constituaient qu’une partie de la légion, et ce furent les soldats non chrétiens qui exécutèrent leurs camarades chrétiens. Ce fut un véritable carnage, et d’autant plus rapide et aisé pour les bourreaux, que les soldats chrétiens, déposant leurs armes, n’offraient aucune résistance.

Or, pendant que ces bourreaux festoyaient à côté des corps sans vie de leurs victimes, passa un vétéran, un certain Victor ; ils se reconnurent et on invita Victor à participer à la fête. Sur son refus, il fut tué sur place.

On tâche de situer cet épisode vers 302, à Agaune, proche de l’actuelle Martigny (Suisse).

Le Martyrologe Romain mentionne les Martyrs de la Légion Thébéenne au 22 septembre.

 

 

Basilla de Rome

304

 

Basilla fut une Martyre enterrée sur l’ancienne Via Salaria de Rome.

On la disait de race royale et fiancée à un haut personnage de la cour impériale.

L’empereur (Gallien ou Dioclétien ?) la mit en face de ce dilemme : ou son «fiancé», ou le glaive. Basilla répondit que son Epoux était le Roi du ciel.

Elle mourut d’un coup d’épée.

Autrefois, on situait l’épisode sous Gallien († 268), mais aujourd’hui on a préféré sous Dioclétien, et vers 304.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Basilla de Rome au 22 septembre.

 

 

Florent du Mont-Glonne

4e siècle

 

Un ermite du nom de Florent s’établit au 4e siècle sur le Mont Glonne (Maine-et-Loire).

Il pouvait s’agir de Florent d’Anjou. Avec des condisciples, il construisit une église, autour de laquelle seront édifiées des cellules, plus tard une magnifique abbaye.

Les moines bénédictins de cette abbaye subirent beaucoup de destructions et durent se réfugier maintes fois. Lorsqu’on fonda l’abbaye de Saint-Florent-le-Jeune à Saumur, celle du Mont-Glonne prit le nom de Saint-Florent-le-Vieil.

Lors de la Révolution et de la Guerre de Vendée, l’église abbatiale servit de prison pour des milliers de Vendéens, hommes, femmes et enfants, que les soldats massacrèrent sans pitié lors des fusillades du Marillais. Ensuite, le monastère fut vendu en trois lots.

Tout cela est fort intéressant, mais on ne sait rien sur saint Florent.

Saint Florent du Mont-Glonne est commémoré le 22 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Silvanus de Levroux

5e siècle

 

La collégiale de Levroux ou petite cathédrale du Berry (Indre) est suffisamment imposante et belle, ainsi que son orgue, datant de 1502, pour qu’on puisse supposer que s.Silvanus ait été un personnage renommé.

Silvanus aurait vécu au 1er siècle et, avec Silvestre, aurait accompagné s.Pierre au départ d’Antioche. Ce dernier les envoya prêcher en Berry : Silvestre mourut en cours de route, Silvanus retourna à Rome et reçut de Pierre le pouvoir de ressusciter Silvestre. Tous deux, avec la vierge Rodène récemment convertie, parviennent à Gabatum, où ils prêchent, font des miracles, guérissent les infirmes, chassent les démons.

D’après Sulpice Sévère, s.Martin de Tours vint à Gabatum vers 380, y détruisit un temple païen et guérit de la lèpre le seigneur de l’endroit, ce qui donna lieu à l’expression Vicus Leprosus (village du lépreux) et maintenant Levroux.

D’après les historiens, on ne peut pas beaucoup se fier aux récits concernant s.Silvanus.

Signalons avant de conclure qu’il n’est pas vraiment justifié d’écrire Sylvanus ou Sylvestre, puisque ces prénoms remontent à l’origine latine Silva (forêt), qui n’a que tardivement été orthographiée Sylva.

Saint Silvanus de Levroux est commémoré le 22 septembre dans le Martyrologe Romain, qui en fait un ermite du 5e siècle environ.

 

 

Lô de Coutances

† 565

 

Lauto ou Laudus, dont le nom a été donné à la ville bien connue de Saint-Lô, anciennement Briovera, était probablement originaire de cette localité.

Quand il fut nommé évêque de Coutances, vers 525, on le vit signer évêque de Coutances ou de Briovera. Mais qu’il ait été ordonné évêque à douze ans, ne semble pas être acceptable.

A Coutances, il fut le cinquième évêque.

On sait qu’il fut présent aux conciles d’Orléans de 533, 538 et 549. A celui de 541, il se fit représenter.

D’autres mentions de lui existent, lorsqu’il fut présent aux obsèques de s.Marcoul ou de s.Paterne d’Avranches (v.1er mai et 15 avril).

Lô s’éteignit vers 565, donc après un épiscopat d’environ quarante années.

Saint Lô de Coutances est commémoré le 22 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Emmeram de Ratisbonne

† 652

 

Les plus anciens documents connus parlent de Haimhramm, un ermite originaire de Poitiers. Selon les sources, l’orthographe varie : Emmeran, Haimeran…

Il ne semble pas possible de retenir qu’Emmeram était d’abord évêque à Poitiers. Mais parvenu dans la région de Regensburg (que les Français appellent Ratisbonne), le duc l’aurait supplié de rester là pour évangéliser les habitants de la ville et des environs.

Après trois années d’apostolat, il reçut la confidence de la fille du duc, Uta, qu’elle était enceinte d’un domestique du château. Pour leur épargner à tous les deux les foudres du duc, Emmeram s’offrit à assumer la paternité de l’enfant. Puis il partit à Rome expliquer au pape la situation, avec l’intention d’exposer ensuite la vérité au duc.

Durant l’absence de l’évêque, Uta exposa à son père la version des faits imaginée par Emmeram. Furieux, le duc envoya son fils à la poursuite de l’évêque, qu’il retrouva non loin de Münich ; au lieu-dit Kleinhelfendorf, il fit attacher Emmeram à une échelle et on lui tailla un à un les membres et les organes de son corps ; à la fin, on le décapita.

Mais quand le duc apprit la vérité des choses, il fit exhumer les restes d’Emmeram pour les enterrer avec honneur.

Une récente analyse des reliques d’Emmeram a mis en évidence l’estrême brutalité des coups que reçut le Martyr.

Saint Emmeram de Ratisbonne est commémoré le 22 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sadalberge de Laon

† 664

 

On écrit aussi Salaberge.

Elle naquit vers ce qui serait aujourd’hui Meuse-en-Bassigny (près de Dammartin, Haute-Marne), de Gondoin.

Elle serait née aveugle et, lors de son passage dans la famille, s.Eustase ou s.Colomban de Luxeuil (v.2 avril et 23 novembre) la guérit de sa cécité, car elle désirait instamment vivre au service de Dieu.

Sadalberge, cependant, se maria, ou plutôt fut mariée contre son gré à un certain Richramme, qui mourut deux mois après la célébration du sacrement ; elle tenta d’entrer au monastère de Remiremont, mais à nouveau la famille la contraignit à épouser un certain Bason ; ce fut là une union très heureuse et harmonieuse, mais Sadalberge restait infertile : après un pèlerinage au tombeau de s.Remi (v. 13 janvier), elle obtint la grâce de cinq maternités ; ces enfants se nommèrent Sartrude, Ebane, Anstrude, Eustase et Baudoin.

Pleine de reconnaissance, Sadalberge voulut fonder un monastère. Avec le concours de l’abbé Waldebert de Luxeuil, elle fit construire une immense maison, comportant jusqu’à sept églises, près de Langres, puis transférée à Laon, qui était mieux fortifiée. Il y eut là jusqu’à trois cents moniales qui se relayaient pour chanter sans interruption la Laus perennis.

Sadalberge devint ainsi sans le vouloir la mère et supérieure d’un immense monastère. Même des moines se trouvaient sous son autorité. Sa douceur et sa gaieté la rendaient extrêmement agréable auprès de toutes les moniales.

Ses dernières années furent éprouvées douloureusement par la maladie.

Elle confia le gouvernement du monastère à sa fille Anstrude et mourut sereinement vers 654 ou 664.

Sainte Sadalberge de Laon est commémorée le 22 septembre dans le Martyrologe Romain.

Otto de Freising

1112-1158

 

Otto naquit vers 1112, probablement à Klosterneuburg (Vienne, Autriche), cinquième des dix-huit enfants de Leopold III d’Autriche (v. 15 novembre) et Agnes de Waiblingen, fille de l’empereur Heinrich IV.

Parmi ses frères et sœurs, se trouve Konrad, qui fut archevêque de Salzburg.

Otto reçut sa première formation dans l’école du chapitre de Klosterneuburg, fondé par son père et dont il devint le prévôt.

En 1126, il alla étudier à la Sorbonne de Paris, où il rencontra entre autres Abélard, Hugo de Saint-Victor, Gilbert de la Porrée.

En 1132, il entra chez les Cisterciens, à Morimond (Champagne) avec quinze compagnons et, six ans plus tard, l’année de son ordination sacerdotale, fut déjà élu abbé du monastère : il n’avait que vingt-six ans. Mais il n’exerça pas longtemps cette charge, car aussitôt après il fut nommé évêque de Freising. Il allait désormais consacrer toute sa personne au renouvellement et au développement spirituel de son diocèse.

Ses préoccupations allèrent aux monastères : les Prémontrés de Schäftlarn, les Augustins de Schlehdorf, l’école cathédrale et la cathédrale elle-même de Freising. Il fonda les couvents de Schliersee (Chanoines) et Neustift (Prémontrés), mais, ce qui est étonnant, pas de maisons cisterciennes.

Dans le domaine des inverstitures, il put profiter fort heureusement de ses liens parentaux avec l’Empire, pour sortir des conflits avec les maisons princières et restaurer la liberté de l’Eglise.

Sur l’appel de Bernard de Clairvaux (v. 20 août), il participa à la deuxième Croisade, à la fin de laquelle il ne put rentrer avec quelques compagnons qu’au prix de grandes difficultés.

Par ailleurs, on a pu écrire que Bernard de Clairvaux et Otto furent toute leur vie comme étrangers l’un à l’autre, Otto étant trop absorbé par son diocèse et les événements de l’empire. S’ils ne se connurent pas personnellement, ils furent certainement en communauté spirituelle, car l’idéal d’Otto était la mesure, la prudence.

Il fit trois fois le voyage à Rome, et s’impliqua personnellement pour un arrangement entre Friedrich Barbarossa et le pape, et fut présent à la diète de Besançon (1157).                                                                                                                                  

Par sa famille et sa position, Otto se révéla un des premiers historiographes du Moyen-Age. Il a laissé huit volumes d’une Histoire des Deux Cités, dans laquelle il reprend les idées de saint Augustin sur les Deux Cités, en les appliquant aux développements de l’Eglise et de l’Empire. Il travailla en outre à une Chronique de l’Empereur Friedrich, en deux volumes, qu’il chargea son disciple Rahewin de poursuivre. Ses ouvrages contiennent des détails de premier intérêt sur des ambassades arméniennes, musulmanes ou perses.

En 1157, Otto fut chargé par l’empereur Barbarossa de conduire ses affaires, charge éminemment importante qui pouvait amener l’empereur à une meilleure politique, mais Otto n’eut guère le temps d’organiser son travail : en se rendant au chapitre général de Cîteaux, il mourut dans le monastère où il avait commencé son noviciat, à Morimond, le 22 septembre 1158.

L’Ordre cistercien a très vite honoré Otto comme bienheureux ; le Martyrologe le mentionne au 22 septembre.

 

 

Lorenzo Maurizio Belvisotti

1686-1770

 

Lorenzo Maurizio fut le quatrième des six enfants de Pier Paolo et Maria Elisabetta Balocco. Il naît le 5 juin 1686 à Santhià (province de Vercelli, Italie du Nord).

Il perd son papa à sept ans, sa mère le confie à un saint prêtre de la parenté, certain Bartolomeo Quallio, qui l’aide à découvrir peu à peu sa vocation sacerdotale.

Lorenzo Maurizio part à Vercelli pour sa formation philosophique et théologique.

Ordonné prêtre en 1710, il reçoit une place de chapelain-précepteur dans la noble famille des Avogadro, qui à l’époque ont le droit de le “nommer” aussi curé de la paroisse de Casanova Elvo, tandis qu’à Santhià il est aussi nommé chanoine-recteur de la collégiale.

Durant ces premières années de sacerdoce, il fait la connaissance d’un père jésuite, le père Cacciamala, qu’il seconde dans les missions populaires et qui va devenir son directeur spirituel.

Mais Lorenzo Maurizio veut davantage ; il renonce à ces nominations prometteuses et entre en 1716 chez les Capucins de Chieri (province de Turin), où il commence à trente ans un humble noviciat, dans l’espoir de partir un jour pour les missions. Il porte désormais le nom de Ignazio de Santhià. On admire son désir de perfection, son observance fidèle de la règle, spontanée et joyeuse. Il séjourne successivement dans les couvents de Saluzzo, Chieri et Turin.

En 1731, il est nommé maître des novices à Mondovì (province de Cuneo), où il reste treize ans. Son charisme attirera plus de cent-vingt nouveaux novices, dont certains moururent en odeur de sainteté. Entre autres, un de ses anciens novices, Bernardino Ignazio de la Vezza, parti au Congo, tomba gravement malade : le père Ignazio s’offrit spontanément à Dieu pour son “disciple” ; son humble prière fut celle-ci : Jésus-Christ, mon Seigneur, si vous désirez que le mal dont souffre ce bon ouvrier tombe sur moi qui suis un bon à rien, faites-le. Je l’accepte volontiers pour votre plus grande gloire. Le missionnaire guérit et reprit son apostolat, tandis que le père Ignazio dut renoncer à sa charge à cause des souffrances qu’il reçut alors.

Il fut nommé aumônier en chef des armées du roi de Sardaigne Carlo Emanuele III en guerre contre les forces franco-espagnoles (1745-1746). Il assista ainsi les soldats blessés ou contagieux dans les hôpitaux d’Asti, d’Alessandria et de Vinovo où les malades atteints de blessures très graves, les corps déchiquetés s’empilaient dans les salles. 

La guerre terminée, il rejoint le couvent du Mont des Capucins (Turin) où, toujours retranché dans sa profonde humilité, il partage son temps entre le couvent et la ville de Turin, prêchant, confessant, parcourant les rues pour rencontrer et réconforter les pauvres, les malades, malgré son âge et ses souffrances.

Le père Ignazio était un mystique, en même temps qu’un apôtre. S’il aimait le silence, le recueillement et les veilles prolongées devant le Saint Sacrement, il courait au service du prochain. Les prodiges, d’ailleurs, se multipliaient, car la prière d’Ignazio obtenait des grâces… On l’appelait le Saint du Mont, les autorités religieuses et officielles l’avaient en grande vénération.

L’humilité d’Ignazio était sa grande vertu. Ses actions, ses paroles, ses services dans les plus humbles tâches, toute sa vie était humilité.

Les deux dernières années de sa vie, qu’il passa à l’infirmerie, furent encore occupées à recevoir, à bénir, à conseiller, à confesser. Il était absorbé dans la contemplation du Crucifix.

Lui qui portait au baptême le nom de Maurizio, il s’éteignit le jour de la fête de son saint Patron, le 22 septembre 1770, chargé d’années et de mérites.

Sa sainteté et ses miracles l’avaient tellement rendu populaire, qu’un énorme concours de peuple se manifesta au moment de sa mort, au point que l’ont dut, pour éviter plus de confusion, célébrer les obsèques très tôt le matin.

Malgré les nombreux témoignages sur sa sainteté, à cause de divers événements, le saint père Ignazio attendit, humblement encore, jusqu’en 1966 pour être proclamé bienheureux.

 

 

Joseph Marchandon

1745-1794

 

Joseph était né le 21 août 1745 à Bénévent (Creuse).

Prêtre du diocèse de Limoges, il était curé de Marsac (Creuse).

Arrêté durant la vague révolutionnaire fanatique, il fut de ces centaines de prêtres qui, entassés à bord de deux navires négriers aux pontons de Rochefort, dans des conditions de détention on ne peut plus déplorables et honteuses, moururent de mauvais traitements, d’épidémies, d’épuisement, pour le seul délit d’avoir été prêtres et fidèles à l’Eglise.

L’abbé Marchandon mourut sur le Deux-Associés, le 22 septembre 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Yu Chin-gil Auguseutino

1791-1839

 

Augustinus était né en 1791 à Jo Dong (Seoul, Corée S), dans une famille d’importantes personnalités du gouvernement.

Homme de profonde réflexion, il cherchait la vérité, particulièrement les origines de l’Homme et devint un expert de bouddhisme et de taoïsme.

Il rencontra des Chrétiens, qui d’abord se méfièrent de lui. Il trouva un opuscule sur La vraie Doctrine de Dieu, écrit par le père jésuite Matteo Ricci, et son intérêt alla croissant, jusqu’à ce qu’enfin il put recevoir des explications complètes sur le Christianisme, lire d’autres livres et finalement voulut entrer dans l’Eglise.

Il rencontra Chŏng Ha-sang Paulus, avec lequel il collabora de toutes ses forces pour rétablir en Corée une hiérarchie ecclésiastique catholique.

Lors d’un voyage à Pékin, il fut baptisé par un missionnaire. 

Augustinus fut co-signataire de ces lettres envoyées par toute la petite communauté réunie autour de Chŏng Ha-sang Paulus, à l’évêque de Pékin et au pape à Rome, pour obtenir enfin des prêtres pour la Corée.

Entre temps, Augustinus prêchait et faisait beaucoup de conversions, mais il n’eut pas la consolation d’amener au Christ son épouse et ses filles. Ses fils se convertirent, et Petrus (Yu) fut martyrisé le 21 octobre 1839, étranglé, à l’âge de treize ans, devenant ainsi le plus jeune Martyr coréen.

Augustinus fut arrêté chez lui en juillet 1839. Ses parents cherchaient à le convaincre d’apostasier, mais il resta constant dans la foi, estimant bien plus important de sauver son âme que son corps, tout en regrettant la peine qu’ils en avaient pour lui.

Le chef de la police fut d’abord délicat envers lui. Il lui rappela sa condition de personnalité gouvernementale, du danger qu’il faisait courir aux siens ; il lui demandait de dire simplement où se cachaient les Catholiques avec leurs livres.

Augustinus resta ferme comme un roc. Il fut torturé par cinq fois, sa chair partait en lambeaux.

Il répondit au chef de la police que l’évêque et les missionnaires français étaient venus pour enseigner les Coréens sur Dieu et leur salut, que c’était lui qui avait amené l’évêque en Corée.

Puis le chef introduisit l’évêque en présence de Augustinus pour les interroger ensemble. 

Augustinus refusa de révéler les noms des responsables de l’Eglise coréenne et subit encore d’autres tortures, qu’il supporta patiemment, jusqu’à la décapitation à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 22 septembre 1839, en même temps que Chŏng Ha-sang Paulus.

Il fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.

Rappelons que la fête commune de tous les Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Chŏng Ha-sang Baolo

1795-1839

 

Paulus (Baolo) était né en 1795 à Mahyŏn (Yanggŭngun, Kyŏnggi, Corée S), dans une famille chrétienne de la noblesse, qui comptait déjà ses martyrs : son père, Chŏng Yak-jong Augustinus, ainsi que son frère aîné, Chŏng Ch’ŏl-sang Carolus , furent martyrisés le 8 avril 1801.

Augustinus avait rédigé un Catéchisme des plus importants articles de la doctrine chrétienne.

Cette même année 1839, où la persécution avait repris, allaient tomber notre Paulus, ainsi que sa mère, Yu So-sa Cæcilia (le 23 novembre), ainsi que sa sœur, Chŏng Chŏng-hye Elisabeth (le 29 décembre).

Ses deux oncles, Chŏng Yak-yong et Chŏng Yak-jŏn, étaient des personnalités en vue dans la Corée.

Quand le papa était mort, en 1801, le petit Paulus avait à peine moins de sept ans. Tous les biens du papa furent confisqués, la famille dut vivre dans une extrême pauvreté, mais la maman sut transmettre à Paulus sa foi inébranlable.

En 1815, il vint à Seoul, dans l’espoir de reconstruire l’Eglise, dévastée par la récente persécution, privée de prêtres.

Il rencontra un éminent professeur qui avait étudié en Chine, puis, malgré son origine noble, se fit serviteur d’un interprète qui allait souvent à Pékin.

En 1816, il put ainsi rencontrer à Pékin l’évêque, pour lui demander d’envoyer des missionnaires en Corée.

Ce fut l’occasion pour l’évêque de conférer à Paulus les sacrements de Confirmation et de l’Eucharistie.

En 1817, l’évêque envoya un prêtre en Corée, mais celui-ci mourut avant le terme de son voyage. Paulus chercha au moins à se faire aider par de nouveaux baptisés, parmi lesquels son oncle Chŏng Yak-yong, qui vivait en exil à Kang-jin.

Paulus et ceux de son groupe envoyèrent de nouvelles demandes insistantes, tant à Pékin qu’à Rome même, pour obtenir des missionnaires. Cette fois-ci, Rome réagit, établit en 1831 un Vicariat Apostolique pour la Corée, et chargea les Missions Etrangères de Paris de constituer l’Eglise en Corée.

Paulus fit neuf fois le voyage à Pékin. Il rencontra enfin le premier Vicaire Apostolique, Mgr Imbert (voir la notice) et l’introduisit en Corée, le reçut chez lui et le servit continuellement.

Mgr Imbert appréciait tellement les qualités de Paulus, qu’il lui enseigna le latin en vue de le préparer au sacerdoce, mais la persécution l’obligea à fuir à Suwŏn.

Paulus s’attendait chaque jour au martyre. Il eut l’audace d’écrire au Premier Ministre une lettre en défense de la foi catholique, qui constitue ainsi le premier ouvrage d’apologétique en Corée. Même les ennemis de l’Eglise en apprécièrent l’éminent contenu.

Vint pour Paulus l’heure de l’arrestation, en même temps que sa mère et sa sœur.

Considéré comme le leader de l’Eglise coréenne, il subit un raffinement de tortures, qu’il supporta patiemment, jusqu’à la décapitation à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 22 septembre 1839.

Il fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.

Rappelons que la fête commune de tous les Martyrs de Corée est au 20 septembre.

Vicente Sicluna Hernández

1859-1936

 

Il vit le jour le 30 septembre 1859 à Valencia, de Vicente, un garde civil, et María Rosario, qui le firent baptiser le 1er octobre avec les noms de Vicente José María Ramón. Sa sœur s’appelait Amparo ; le grand-père était maltais.

Le métier du papa obligea la famille à se déplacer entre autres à Ollería, où grandit Vicente.

Il passa aussi bien le diplôme de Maître d’école (1878) que la licence de théologie et la Maîtrise en Arts.

Ordonné prêtre en 1884, il exerça le saint ministère à Cortés de Pallás, puis fut plus de trente années curé de Navarrés, très actif dans le monde social et le syndicat agricole chrétien.

Prêtre zélé, il ne reculait devant aucune activité utile, faisant l’école aux enfants, donnant des leçons de latin aux adolescents. 

Ses homélies, théologiques et sans doute un peu longuettes, lui valurent le surnom affectif de «pico de oro», qu’on pourrait volontiers traduire par «bouche d’or», mais qui signifierait plutôt «grand bavard»… Il prêchait la dévotion aux Douleurs de Marie ou aux Sept Paroles du Christ en Croix.

Il fit les portraits de plusieurs personnalités du pays, embellit l’église, mit à jour les archives paroissiales, qui remontaient à 1610, quand partirent les Maures.

Un prêtre aussi érudit et actif ne pouvait qu’être la cible privilégiée des ennemis de Dieu.

Lors de la révolution espagnole de 1936, l’église fut fermée et des paroissiens voulurent le recevoir chez eux, mais ce bon vieillard ne voulait pas les compromettre ; il se réfugia avec sa bonne dans un appartement inoccupé, priant et lisant. Les marxistes vinrent à le savoir et frappèrent à sa fenêtre le 22 septembre à trois heures du matin. Don Vicente comprit de quoi il s’agissait ; sans répondre, il se leva et consomma les quelques hosties consacrées qu’il conservait.

Les révolutionnaires, eux, impatients, sautèrent sur le balcon et entrèrent dans la chambre, obligeant le prêtre à monter dans leur voiture. Don Vicente dit alors : Seigneur, que ta volonté soit faite. Jésus, assiste-moi dans ma dernière agonie.

On ne sait ce qui se passa précisément alors ; le vénérable prêtre reçut une balle dans la poitrine, et ses bourreaux le conduisirent à Bolbaite, déjà moribond, où ils lui tirèrent le coup de grâce dans la nuque. Ensuite, ils promenèrent son cadavre sur le dos d’un âne dans les rues au milieu de moqueries véritablement sataniques.

Don Vicente Sicluna fut assassiné, le 22 septembre 1936 : il allait avoir soixante-dix-sept ans.

Il a été béatifié en 2001.

 

 

Vicente Pelufo Corts

1868-1936

 

Vicente naquit le 26 février 1868 à Alzira (Valencia, Espagne).

Il étudia au séminaire de Orihuela et fut ordonné prêtre en 1894.

Il fut curé à Raspeig, puis, en 1904, dans sa ville natale d'Alzira.

Chapelain des Petites Sœurs des Anciens Abandonnés à Alzira, il se fit remarquer pour son engagement auprès des ouvriers catholiques et pour son zèle à répandre la doctrine sociale de l'Eglise, par des conversations et des conférences.

Il fut martyrisé à Alzira le 22 septembre 1936, date du Martyrologe, qui semble plus exacte que le 11 septembre qu'on trouve dans certains documents.

Don Vicente fut béatifié en 2001.

 

 

León (Miguel) Zarragua Iturrízaga

1870-1936

 

León naquit en ce monde le 11 avril 1870 à Yurreta (Biscaye, Espagne) et fut baptisé le jour-même.

Il entra au noviciat des Frères Mineurs franciscains de Chipiona en 1889 : il fit la première profession comme Frère convers, en 1890, la solennelle en 1893, prenant alors le nom de Miguel.

Après Regla, il exerça ses activités au Marroc pendant onze ans ; revenu en Espagne en 1915, il fut à Lebrija, puis Chipiona, où il se dépensa particulièrement au profit des victimes de la grippe espagnole en 1918 ; en 1919, il fut envoyé à Fuente Obejuna, comme sacristain.

Sa douceur et sa sérénité lui acquirent une réelle auréole de sainteté.

Il était le plus âgé de la communauté de Fuente Obejuna.

Il y avait dans ce couvent sept Religieux franciscains.

Les 20 et 22 juillet 1936, le couvent fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, à la recherche de ces mystérieuses armes qu’on les accusait de cacher dans le couvent, et qui ne furent jamais trouvées, bien sûr.

Le 27, on vint les chercher, sous prétexte de les protéger, et le couvent fut laissé en proie à la foule qui le saccagea. Les Religieux furent en réalité «protégés» dans les bureaux des Télégraphes puis, le 14 août, dans le palais de la Marquise de Valdeloro, transformé en prison.

Il y avait là une soixantaine de prisonniers. Le 20 septembre, sept camions les embarquèrent en dehors de la ville. Une bonne quarantaine d’entre eux furent fusillés à quelques kilomètres seulement, tandis que les Franciscains et autres Religieux furent emmenés dans la prison de Azuaga (Badajoz). Le martyre proprement dit commençait.

On chercha à les faire blasphémer. Sur leur refus catégorique, on fusilla en prison le père José dès le 21 à midi, puis le père gardien, Félix Echevarría, au matin du 22 ; dans la même matinée, les cinq autres furent emmenés en camionnette, attachés deux par deux, au cimetière de Azuaga (Badajoz), où ils furent abattus, ayant toujours refusé de blasphémer.

Ces sept Franciscains furent béatifiés en 2007.

 

Josefina Moscardó Montalvá

1880-1936

 

Cette sainte femme naquit le 10 avril 1880 à Alzira (Valencia, Espagne). Son frère, trésorier provincial d’une autre association catholique, fut aussi assassiné, en octobre 1936.

Elle grandit dans l’amour de Dieu et de l’Eglise, faisant activement partie de l’Action Catholique, mais aussi de toutes ces belles associations chrétiennes qui constituaient la vie de l’Eglise : l’Adoration nocturne, les Marie du Sanctuaire, la Propagation de la foi…

Toute consacrée à Dieu, elle resta célibataire.

Au moment de la révolution de juillet 1936, sa sœur Antonia fut arrêtée. Sans hésiter, elle alla se présenter et fut, pour cela, arrêtée à son tour.

En prison, elle fit tout son possible pour apporter de la consolation, du courage, aux autres prisonniers.

Elle avait annoncé qu’elle serait sans doute assassinée, et qu’elle mourrait en criant Vive le Christ Roi !

C’est ce qui arriva à Alzira le 22 septembre 1936 et Josefina fut béatifiée en 2001.

 

 

Diego Morata Cano

1881-1936

 

Né le 29 mars 1881 à Vera (Almería), il avait pour père un humble cordonnier et pour mère une femme de ménage.

Diego aussi dut travailler comme domestique, tout en fréquentant le collège, avant d’entrer en 1891 au Grand séminaire. Ses études furent brillantes et, après avoir été ordonné prêtre en 1903, il passa la licence de théologie à Grenade.

Ce fut un prêtre extraordinairement actif. Il fut d’abord vicaire à Almería, où il fonda une petite école pour enseigner l’Evangile. En 1909, il fut curé de Bédar, où son zèle pour assister les victimes d’une épidémie de typhus fut récompensé officiellement. Par la suite, il eut diverses responsabilités importantes dans Almería même et fut nommé chanoine de la cathédrale en 1929, en même temps qu’il était l’aumônier de Religieuses.

Il fut arrêté dès le 1er août 1936 et si maltraité, qu’on dut l’envoyer à l’hôpital. Il avait refusé énergiquement de blasphémer, de sorte qu’on lui avait annoncé que, le jour où il sortirait de l’hôpital, on le ferait passer en jugement. L’infirmier tenta de lui prolonger son traitement pour le sauver, mais don Diego le «rassura» en lui affirmant qu’il se confiait au Bon Dieu.

Le lendemain de sa sortie, on le rencontra en train de prier le chapelet ; il reçut une première balle dans l’épaule, puis une dans la tête. Don Diego eut le temps de crier : Reine des Martyrs ! Seigneur, c’est pour Toi et je leur pardonne ! Ils ne savent pas ce qu’ils font ! (cf. Lc 23:34).

Ceux qui l’avaient abattu étaient vraiment acharnés. En arrivant au cimetière où ils le traînaient, ils l’insultaient encore : Allez, Morata, si je n’ai pas pu te tuer avant, je le fais maintenant ! Et au petit matin, ils racontaient : Plus on lui tirait dessus, plus il criait Vive le Christ Roi, cette canaille ! Au lieu de crier grâce, il nous pardonnait ! Et si on ne lui avait pas tiré dans la bouche, il ne se serait pas arrêté de crier.

Martyrisé le 22 septembre 1936 et béatifié en 2017, Diego Morata Cano sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 septembre.

 

 

Juan Antonio López Pérez

1881-1936

 

Né le 19 septembre 1881 à Cantoria (Almería) et baptisé trois jours plus tard, il étudia à l’école de son pays, puis entra au séminaire d’Almería.

Ordonné prêtre en 1904, il eut des fonctions à la curie diocésaine mais, ayant dû subir une importante opération pour l’ablation d’un poumon, il revint dans son pays, où il fut successivement vicaire et curé. Son apostolat dura une trentaine années.

Lui aussi, il sentit arriver la tourmente révolutionnaire. Le jour de son anniversaire, en 1936, il reporta les Hosties du Saint-Sacrement à la maison et les consomma. Il avait aussi un crucifix que lui avait offert sa mère : il le donna à un séminariste qui partait au front : Garde-le, je n’ai pas envie qu’on le profane ici. Si le soldat devait mourir à la guerre, au moins le crucifix n’aurait pas été profané.

Le 22 septembre 1936, une voiture vint l’enlever et le conduisit à Albox. A l’endroit de la boutique El Guarducha, on le fit descendre pour le fusiller. L’assassin lui-même reconnut plus tard qu’il avait tué un Saint : don Juan Antonio mourut à genoux, pardonnant à ses bourreaux ; c’était le cinquante-cinquième anniversaire de son baptême.

Béatifié en 2017, Juan Antonio López Pérez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 septembre.

 

 

Juan García Cervantes

1885-1936

 

Né le 16 mars 1885 à Garrucha (Almería), il fut baptisé deux jour plus tard ; son père était le maire du village ; Juan avait (au moins) un frère.

Après avoir reçu sa formation au Petit, puis au Grand Séminaires, Juan fut ordonné prêtre en 1910.

Les paroisses où il officia furent : Lubrín, Pulpí, Turre (1916), Cantoria. En 1924, il fut nommé vicaire à Garrucha. Proche des fidèles, il aidait particulièrement les jeunes dans leurs études et savait stimuler des vocations sacerdotales ou religieuses.

Quand explosa la persécution religieuse de l’été 1936, des parents l’invitèrent à les rejoindre à Barcelone, pensant qu’il y serait plus en sécurité (et ils se trompaient !) ; mais don Juan se rapprocha seulement d’Almería. C’est d’ailleurs là qu’il fut dénoncé et arrêté.

Après l’avoir conduit au couvent des Adoratrices, transformé en prison, on l’emmena de prison en prison. On voulut le forcer à blasphémer et à renier la Foi, en échange de quoi on lui aurait laissé la vie, mais le Prêtre répondit qu’il préférait rejoindre le But de sa vie : verser son sang pour défendre Celui en qui il avait toujours cru. Cela dura jusqu’au 22 septembre.

Ce jour-là, on l’appela : il recommanda au gardien de prison de porter ou de faire porter à son frère son vêtement, car c’était la seule chose qu’il pouvait lui donner. On le conduisit près du cimetière d’Almería, où il fut fusillé, tombant en pardonnant à ses bourreaux.

Béatifié en 2017, Juan García Cervantes sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 septembre.

 

 

María Purificación Vidal Pastor

1892-1936

 

Cette sainte femme naquit le 14 septembre 1892 à Alzira (Valencia, Espagne). 

Elle grandit dans l’amour de Dieu et de l’Eglise, faisant activement partie de l’Action Catholique, mais aussi de toutes ces belles associations chrétiennes qui constituaient la vie de l’Eglise : l’Adoration nocturne, les Marie du Sanctuaire, la Propagation de la foi…

Grâce à son instruction, elle fit beaucoup de bon travail dans l’Ecole des Ouvrières et aussi par de nombreuses conférences. 

Toute consacrée à Dieu, elle resta célibataire.

Au moment de la révolution de juillet 1936, elle fut arrêtée en même temps que ses sœurs Antonia et Emilia. Au moment de l’assassiner, les bourreaux feignirent de l’enterrer vivante, et lui jetaient des pelletées de terre. A chacune, elle répondait en acclamant le Christ Roi. Finalement, on la fusilla, ainsi que ses sœurs.

C’était à Corbera (Valencia) le 22 septembre 1936.

María Purificación fut béatifiée en 2001.

 

 

Félix Echevarría Gorostiaga

1893-1936

 

Félix naquit en ce monde le 15 juillet 1893 à Ceánuri (Biscaya, Espagne), dans une famille qui comptait six frères et sœurs ; trois d’entre eux furent franciscains, dont Félix et son frère Luis, qui moururent le même jour.

En 1904, Félix vint à Chipiona pour étudier au collège des Frères Mineurs franciscains, puis il commença le noviciat : première profession en 1909, la solennelle en 1912, ordination sacerdotale en 1916.

Il exerça ses activités à Vélez Málaga et Lebrija ; en 1919, il fut nommé recteur et professeur, organiste et maître de chœur à Chipiona où, à partir de 1922, il sera vicaire du collège, directeur de la branche séculière franciscaine et responsable de la formation dogmatique et d’Ecriture sainte.

Après quelques autres destinations, il demanda à partir en mission et fut envoyé en 1933 au Maroc, d’où de vilaines fièvres l’obligèrent à revenir en Espagne ; il fut à Estepa puis à Fuente Obejuna (Cordoue), comme gardien (ou supérieur).

Il y avait dans ce couvent sept Religieux franciscains.

Les 20 et 22 juillet 1936, le couvent fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, à la recherche de ces mystérieuses armes qu’on les accusait de cacher dans le couvent, et qui ne furent jamais trouvées, bien sûr.

Le 27, on vint les chercher, sous prétexte de les protéger, et le couvent fut laissé en proie à la foule qui le saccagea. Les Religieux furent en réalité «protégés» dans les bureaux des Télégraphes puis, le 14 août, dans le palais de la Marquise de Valdeloro, transformé en prison.

Il y avait là une soixantaine de prisonniers. Le 20 septembre, sept camions les embarquèrent en dehors de la ville. Une bonne quarantaine d’entre eux furent fusillés à quelques kilomètres seulement, tandis que les Franciscains et autres Religieux furent emmenés dans la prison de Azuaga (Badajoz). Le martyre proprement dit commençait.

Tandis qu’on fusillait le père José dès le 21 et cinq autres au matin du 22, on s’acharna particulièrement sur le père gardien, Félix Echevarría.

On essaya par tous les moyens de le faire blasphémer, en lui envoyant deux bonnes raclées, en lui tirant deux balles dans les jambes, en lui enlevant les deux yeux, en lui coupant une oreille, puis la langue ; tous les efforts furent vains. Finalement, on lui envoya des coups de crosse de fusil sur la bouche et sur la tête. Le pauvre Martyr finit par expirer dans la matinée du 22 septembre 1936, tandis que ses Confrères étaient abattus au cimetière de Azuaga (Badajoz).

Ces sept Franciscains furent béatifiés en 2007. Le père Félix, heureux de nom, devint ainsi Bienheureux dans le Ciel.

 

 

Francisco Carlés González

1894-1936

 

On trouve parfois Francisco avec le prénom de Jesús Francisco. Ce Jésus naquit en ce monde le 14 janvier 1894 à San Julián de Requeijo (Pontevedra, Espagne).

En 1909, il vint à Chipiona pour étudier au collège des Frères Mineurs franciscains, puis il commença le noviciat : première profession en 1910, la solennelle en 1913, ordination sacerdotale en 1917.

Il exerça ses activités à Fuente Obejuna puis, à partir de 1920, fut envoyé en Terre Sainte : là, après avoir été à Jérusalem au Saint-Sépulcre, il fut envoyé à Alep (Syrie) pour y étudier l’arabe, langue qu’il parla comme le français et l’italien ;  il fut alors nommé coadjuteur à Knaje, puis à Alep, et supérieur à Er-Ram. En 1931, il revint près de Jérusalem comme curé pendant trois ans.

Revenu en Espagne, il fut à Chipiona, en 1934 et, en 1935, de nouveau à Fuente Obejuna.

Il y avait dans ce couvent sept Religieux franciscains.

Les 20 et 22 juillet 1936, le couvent fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, à la recherche de ces mystérieuses armes qu’on les accusait de cacher dans le couvent, et qui ne furent jamais trouvées, bien sûr.

Le 27, on vint les chercher, sous prétexte de les protéger, et le couvent fut laissé en proie à la foule qui le saccagea. Les Religieux furent en réalité «protégés» dans les bureaux des Télégraphes puis, le 14 août, dans le palais de la Marquise de Valdeloro, transformé en prison.

Il y avait là une soixantaine de prisonniers. Le 20 septembre, sept camions les embarquèrent en dehors de la ville. Une bonne quarantaine d’entre eux furent fusillés à quelques kilomètres seulement, tandis que les Franciscains et autres Religieux furent emmenés dans la prison de Azuaga (Badajoz). Le martyre proprement dit commençait.

On chercha à les faire blasphémer. Sur leur refus catégorique, on fusilla en prison le père José dès le 21 à midi, puis le père gardien, Félix Echevarría, au matin du 22 ; dans la même matinée, les cinq autres furent emmenés en camionnette, attachés deux par deux, au cimetière de Azuaga (Badajoz), où ils furent abattus, ayant toujours refusé de blasphémer.

Ces sept Franciscains furent béatifiés en 2007.

 

 

Luis Echevarría Gorostiaga

1895-1936

 

Luis naquit en ce monde le 26 août 1895 à Ceánuri (Biscaya, Espagne), dans une famille qui comptait six frères et sœurs ; trois d’entre eux furent franciscains, dont Félix et Luis, qui moururent le même jour.

Luis fut baptisé le jour même de sa naissance, et confirmé à quatre ans. 

Il vint à Chipiona (Cadix) pour étudier au collège des Frères Mineurs franciscains, puis il commença le noviciat : première profession en 1913, la solennelle en 1916, ordination sacerdotale en 1920.

Il exerça ses activités deux années à Chipiona puis à Puente Genil, où il fut directeur (1922-1923) ; en Terre Sainte pendant six ans, à Jérusalem puis à Nazaret, comme directeur du chœur ; de retour en Espagne en 1929, il fut à Vélez Málaga où il vécut les pénibles journées de 1931, quand furent incendiés plusieurs couvents et églises ; il dut abandonner le couvent et vint à Coín ; en 1933, il vint à Fuente Obejuna (Cordoue), comme vicaire chargé de la Jeunesse Antonienne et des Enfants de Marie ; il fonda là une bibliothèque populaire.

Il y avait dans ce couvent de Fuente Obejuna sept Religieux franciscains.

Les 20 et 22 juillet 1936, le couvent fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, à la recherche de ces mystérieuses armes qu’on les accusait de cacher dans le couvent, et qui ne furent jamais trouvées, bien sûr.

Le 27, on vint les chercher, sous prétexte de les protéger, et le couvent fut laissé en proie à la foule qui le saccagea. Les Religieux furent en réalité «protégés» dans les bureaux des Télégraphes puis, le 14 août, dans le palais de la Marquise de Valdeloro, transformé en prison.

Il y avait là une soixantaine de prisonniers. Le 20 septembre, sept camions les embarquèrent en dehors de la ville. Une bonne quarantaine d’entre eux furent fusillés à quelques kilomètres seulement, tandis que les Franciscains et autres Religieux furent emmenés dans la prison de Azuaga (Badajoz). Le martyre proprement dit commençait.

Tandis qu’on fusillait le père José dès le 21, le 22 au matin on s’acharna particulièrement sur le père gardien, Félix Echevarría, le frère aîné de Luis ; dans la même matinée, les cinq autres, dont le père Luis, furent emmenés en camionnette, attachés deux par deux, au cimetière de Azuaga (Badajoz), où ils furent abattus, ayant toujours refusé de blasphémer.

Ces sept Franciscains furent béatifiés en 2007.

 

 

 

José Fernández de Henestrosa Boza

1898-1936

 

José Fernández de Henestrosa Boza naquit en 1898 à Fuente Obejuna (Cordoue, Espagne S).

Ce pieux laïc marié offrit sa vie en même temps que de nombreux prêtres, pour défendre l’Eglise.

Son martyre eut lieu le 22 septembre 1936 à Fuente Obejuna.

José Fernández de Henestrosa Boza sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 22 septembre.

 

 

Alejandro Gil Monforte

1903-1936

 

Alejandro vit le jour le 9 février 1903 à Mosqueruela (Teruel, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils en 1916.

Il commença le noviciat en 1919 à Hostalets et reçut l’habit avec le nom de Antonio.

En 1920, il rejoignait le scholasticat à Bujedo. Après le scholasticat, il fut catéchiste à Bonanova en 1921.

Quelques années après avoir commencé son activité didactique, il fut frappé par une surdité croissante, et dut suspendre l’enseignement.

Il fut alors dirigé sur Cambrils, où on lui confia diverses tâches pratiques, qu’il accomplit avec intelligence et habileté.

L’été 1936, il fut envoyé avec le Frère Félix Adriano dans son pays, un peu pour prendre quelques jours de vacances, un peu aussi pour parler autour d’eux et éventuellement susciter des vocations.

Dès le début de la révolution, le Comité assassina les quatre prêtres de la paroisse, mirent le feu à l’église, détruisirent l’archive et s’acharnèrent sur tout ce qui avait odeur de religieux.

Ils vinrent à apprendre la présence des deux Frères, ainsi que d’un Frère carme. Ils les arrêtèrent tous les trois, leur demandèrent de l’argent pour «acheter» la liberté de circuler. Puis ils les mirent en prison pour de bon, le 8 septembre, obligeant les parents à leur porter à manger. Ils retirèrent aux Religieux tout ce qu’ils avaient avec eux, y compris l’appareil auditif du pauvre Frère Antonio. 

Le 22 septembre 1936 au soir, des miliciens vinrent prendre les trois Religieux et les conduisirent au Pilar del Palio, pour les fusiller. Ils obligèrent les habitants de l’endroit à les enterrer sur place.

Les deux Frères avaient trente-trois ans.

Il ne semble pas que le Frère carme ait fait partie de la même cause que les Frères Antonio et Adriano, qui ont été béatifiés en 2013.

Francisco Vicente Edo

1903-1936

 

Francisco vit le jour le 31 juillet 1903 à Mosqueruela (Teruel, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils en 1917.

Il commença le noviciat en 1919 à Hostalets et reçut l’habit avec le nom de Félix Adriano.

En 1920, il rejoignait le scholasticat à Bujedo. Après le scholasticat, il fut catéchiste à Roquetas et Tortosa en 1921.

En 1922, il arriva à Manlleu et, en 1925, il fut envoyé à Santa Madrona, puis San Feliu de Guixols et Bonanova.

Il fit le service militaire à Cuba : à Santiago et Guantánamo.

A son retour en Espagne, il réintégra Bonanova (1931), pour être finalement dirigé sur Tarragona en 1934.

L’été 1936, il fut envoyé avec le Frère Antonio Gil dans son pays, un peu pour prendre quelques jours de vacances, un peu aussi pour parler autour d’eux et éventuellement susciter des vocations.

Dès le début de la révolution, le Comité assassina les quatre prêtres de la paroisse, mirent le feu à l’église, détruisirent l’archive et s’acharnèrent sur tout ce qui avait odeur de religieux.

Ils vinrent à apprendre la présence des deux Frères, ainsi que d’un Frère carme. Ils les arrêtèrent tous les trois, leur demandèrent de l’argent pour «acheter» la liberté de circuler. Puis ils les mirent en prison pour de bon, le 8 septembre, obligeant les parents à leur porter à manger. Ils retirèrent aux Religieux tout ce qu’ils avaient avec eux, y compris l’appareil auditif du pauvre Frère Antonio Gil.

Le 22 septembre 1936 au soir, des miliciens vinrent prendre les trois Religieux et les conduisirent au Pilar del Palio, pour les fusiller. Ils obligèrent les habitants de l’endroit à les enterrer sur place.

Les deux Frères avaient trente-trois ans.

Il ne semble pas que le Frère carme ait fait partie de la même cause que les Frères Antonio Gil et Adriano, qui ont été béatifiés en 2013.

 

 

Esteban Cobo Sanz

1905-1936

 

Esteban (Etienne) naquit à Rábano (Valladolid, Espagne) le 21 novembre 1905.

En 1919 il entra chez les Salésiens à El Campello, puis fit le noviciat à Carabanchel Alto, où il fit la profession en 1925.

Après les études de philosophie, il fut envoyé à la maison madrilène de Ronda de Atocha (1927-1931), puis à celle de Carabanchel Alto pour les études de théologie (1931-1935).

Finalement, il fut au collège de Paseo de Extremadura, où le surprit la révolution.

Il se réfugia chez sa sœur Cristina, qui habitait Madrid.

Là le rejoignit à son tour son jeune frère Federico ; dont il sera parlé par ailleurs.

Les deux frères organisèrent leur vie dans l'intimité et dans la piété, et fréquentant la Bibliothèque Nationale d'une part pour éviter les perquisitions à domicile, d'autre part pour continuer leurs études.

Durant ces journées tragiques, Esteban répétait souvent qu'il serait bien content si Dieu le choisissait comme Martyr, et que, si cela entrait dans les desseins de Dieu, qu'il donnerait volontiers sa vie pour Lui. Il disait aussi que les ennemis de l'Eglise ne savaient pas ce qu'ils faisaient (cf. Lc 23:34) et qu'il fallait leur pardonner, parce qu'ils n'avaient reçu aucune éducation religieuse.

Le 22 septembre 1936 au matin, quatre miliciens firent irruption chez Madame Cristina Cobo et arrêtèrent les deux frères, Esteban et Federico, leur disant qu'ils avaient seulement à les conduire à la Direction Générale de Sécurité : en réalité, ils les conduisirent à la Porte de Hierro où ils les fusillèrent.

On retrouva leurs cadavres au Dépôt Judiciaire de Santa Isabel.

Esteban fut béatifié en 2007.

 

 

Modesto Allepuz Vera

1906-1936

 

Né le 5 avril 1906 à Cartagena (Murcia), il était marié et père de deux enfants très jeunes. Il était employé dans l’entreprise Contrataciones e Industrias.

Membre de l’Action catholique et Secrétaire de l’Association des Enfants de Marie, il était toujours aux côtés des deux autres Martyrs, Enrique Pedro Gonzálvez Andreu et José Ardil Lázaro dans la défense courageuse de la Religion Chrétienne.

Quand commença la révolution de 1936, il chercha à s’installer dans un pays un peu éloigné, espérant épargner à sa famille la furie des ennemis de Dieu.

Les trois Amis furent arrêtés à leur domicile à la fin du mois d’août 1936, mis en prison et condamnés à mort après un jugement plus que sommaire. Un des plus graves griefs qu’on reprocha au groupe, est qu’ils étaient toujours ensemble.

Peu avant de mourir, ils se confessèrent ; ils chantèrent l’antienne mariale Salve, Regina ainsi que l’hymne de l’Association, pardonnèrent aux responsables de leur mort et, en quittant la prison, serrèrent dans leurs bras les gardiens en signe de pardon. Puis ils dirent à un autre détenu, qui devint prêtre plus tard : Que notre sang ne soit pas inutile.

On les emmena au cimetière de Cartagena pour les fusiller. Au moment de mourir, ils se mirent au cou le ruban bleu et blanc de l’Association mariale, avec la Médaille Miraculeuse. On demanda à Modesto de se mettre face au mur, mais il répondit que ce n’était pas nécessaire. Il mourut en souriant.

Martyrisé le 22 septembre 1936 et béatifié en 2017, Modesto Allepuz Vera sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 septembre.

 

 

Enrique Pedro Gonzálvez Andreu

1910-1936

 

Né le 15 juillet 1910 à Cartagena (Murcia), il était clerc de notaire.

Membre de l’Action catholique et vice-président de l’Association des Enfants de Marie, il était toujours aux côtés des deux autres Martyrs, Modesto Allepuz Vera (v. plus haut) et José Ardil Lázaro dans la défense de la Religion Chrétienne.

Au moment de la révolution et de la persécution de l’été 1936, il se cacha d’abord chez des parents, mais en apprenant qu’on avait menacé sa mère, il se livra spontanément.

On a dit qu’au moment de mourir, les trois Amis se mirent au cou le ruban de l’Association mariale, avec la Médaille Miraculeuse : la balle meurtrière qui tua Enrique traversa cette Médaille.

Martyrisé le 22 septembre 1936 et béatifié en 2017, Enrique Pedro Gonzálvez Andreu sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 septembre.

 

 

Carlos Navarro Miquel

1911-1936

 

Né à Torrente (Valencia, Espagne) le 11 février 1911, Carlos était le dernier des quatre enfants de la famille.

Dès qu'il parla de sa vocation sacerdotale, ses parents n'hésitèrent pas à l'inscrire au Petit séminaire de Valencia.

A Noël de 1927, il se sentit appelé à entrer chez les Pères des Ecoles Pies, comme sa sœur aînée qui était déjà religieuse.

Il entra donc chez ces Religieux, où il se montra tout-à-fait dans son élément, bon frère, bon religieux, obéissant, aimable et joyeux.

En 1934, après le noviciat, il fit la profession, prenant le nom de Carlos de la Vierge des Abandonnés.

En 1935, il fut ordonné sous-diacre, diacre et prêtre.

Il fut alors envoyé dans la communauté de Albacete, pour faire la classe aux enfants.

Au moment de la Révolution espagnole, la communauté dut se disperser. Carlos fut hébergé dans la famille d'un élève de l'école, qui l'appréciait beaucoup. On le suppliait de ne pas partir de là, mais il préféra rejoindre sa famille, où il arriva le 20 août.

Si sa famille était bien contente de le retrouver, on savait bien quel danger cela représentait en même temps pour chacun.

Le 12 septembre se présentèrent quelques miliciens, qui voulaient conduire Carlos au Comité. Les parents tentèrent d'expliquer que, depuis son retour à Albacete, ils n'avaient pas de nouvelles de lui (c'était un mensonge apparent : effectivement, ils n'avaient pas de « reçu de nouvelles » de Carlos, puisqu'ils le voyaient chaque jour).

Mais comme les miliciens voulaient alors emmener l'un des deux autres garçons à la place de Carlos, ce dernier descendit de l'étage et dit à son père : C'est moi qui dois y aller.

Au Comité, on le mit en prison, où les siens purent lui rendre visite et lui apporter de la nourriture. C'est lui qui redonnait courage à sa famille : Si je meurs pour le Christ, j'irai tout droit dans le Royaume des Cieux.

Le 22 septembre, à 2 heures du matin, on le fit sortir avec deux autres prêtres. Tous trois furent fusillés sur la route de Montserrat (Valencia).

Les bourreaux déclarèrent eux-mêmes combien les avaient frappés leur calme, leur foi, leur charité, tandis qu'eux, les bourreaux, en perdaient leur sérénité.

Il faut remarquer que le jeune père Carlos n'avait que vingt-cinq ans : ce fut l'unique Martyr de la communauté piariste de Albacete.

Martyrisé le 22 septembre 1936, Carlos fut béatifié en 1995.

 

 

Simón Miguel Rodríguez

1912-1936

 

Simón naquit en ce monde le 23 novembre 1912 à Villalcampo (Zamora, Espagne) et baptisé le lendemain.

Il vint au noviciat franciscain de Chipiona, où il avait déjà deux oncles et où il reçut l’habit en 1928 ; il fit le noviciat à Lebrija (Séville), qu’il dut interrompre pendant quelques temps à cause des événements troubles de 1931, quand des couvents furent incendiés. Il ne fit donc la première profession qu’en 1932, la solennelle en 1935, comme Frère convers.

Il exerça ses brèves activités à Fuente Obejuna.

Il y avait dans ce couvent sept Religieux franciscains.

Les 20 et 22 juillet 1936, le couvent fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, à la recherche de ces mystérieuses armes qu’on les accusait de cacher dans le couvent, et qui ne furent jamais trouvées, bien sûr.

Le 27, on vint les chercher, sous prétexte de les protéger, et le couvent fut laissé en proie à la foule qui le saccagea. Les Religieux furent en réalité «protégés» dans les bureaux des Télégraphes puis, le 14 août, dans le palais de la Marquise de Valdeloro, transformé en prison.

Il y avait là une soixantaine de prisonniers. Le 20 septembre, sept camions les embarquèrent en dehors de la ville. Une bonne quarantaine d’entre eux furent fusillés à quelques kilomètres seulement, tandis que les Franciscains et autres Religieux furent emmenés dans la prison de Azuaga (Badajoz). Le martyre proprement dit commençait.

On chercha à les faire blasphémer. Sur leur refus catégorique, on fusilla en prison le père José dès le 21 à midi, puis le père gardien, Félix Echevarría, au matin du 22 ; dans la même matinée, les cinq autres furent emmenés en camionnette, attachés deux par deux, au cimetière de Azuaga (Badajoz), où ils furent abattus, ayant toujours refusé de blasphémer.

Ces sept Franciscains furent béatifiés en 2007.

Ramón Rius Camps

1913-1936

 

Né le 26 janvier 1913 à Santa Fe (Lleida), il fut baptisé le 2 février suivant, fête de la Présentation du Seigneur au Temple ; son père, Jaime, était un ouvrier, sa mère s’appelait Josefa. Il eut quatre sœurs, dont deux furent carmélites, et il tenait l’avant-dernière place de la famille.

A quinze ans, en 1918, il entra au noviciat des Pères Clarétains de Vic et fit la profession comme frère convers. Il apprit très vite à être un bon cordonnier.

Il fut envoyé à Cervera. Ramón apprit à combattre son caractère irascible et fut un bon Religieux, pieux, travailleur et obéissant.

Cervera se trouvait à quelques kilomètres de Santa Fe, le domicile familial. Le 21 juillet 1936, à bicyclette, Ramón rejoignit les siens, accompagné par un parent, qui se disait lui-même communiste. Chez ses parents, se trouvait une de ses sœurs carmélites, souffrante. Ramón alla habiter d’abord chez sa sœur, Monserrat, tout en gardant le contact avec ses Supérieurs, qu’il allait voir à Cervera : il en revenait très affligé, ayant appris la tournure des événements.

D’autres Clarétains le rejoignirent bientôt, ainsi que l’autre sœur carmélite ; la maison abritait alors cinq Clarétains et cinq Religieuses : cette situation comportait un grand risque ; quatre des Clarétains allèrent se réfugier ailleurs ; Ramón lui-même, apprenant avec tristesse le martyre de plusieurs de ses Confrères, chercha à rejoindre ses Supérieurs, mais c’était désormais impossible, aussi resta-t-il chez ses parents.

Les Religieuses l’invitèrent à partager leur vie «de communauté», mais il s’excusa en expliquant qu’il n’avait pas l’habitude d’être en compagnie des dames ; il se retirait pour prier et méditer ; sa lecture préférée était l’Imitation de Jésus-Christ. Dans la journée, il aidait sa mère dans les tâches domestiques, jusqu’à se faire des ampoules aux mains.

Un jour qu’il accompagnait sa mère à chercher du bois, celle-ci lui recommanda encore une fois de préférer la mort à renier la Foi : même beaucoup de ceux qui avaient renié leur Foi, furent ensuite martyrisés. Ramón la rassura.

Il s’habilla en paysan pour éviter d’attirer l’attention des révolutionnaires par son habit religieux. Bien lui en prit ! Un jour, des communistes arrivèrent dans le pays en voiture ; courut le bruit qu’ils venaient chercher Ramón : celui-ci passa derrière la maison et alla grimper à un grand pin, d’où il pouvait observer la situation ; il y resta assez longtemps, de sorte que les hommes, ne l’ayant pas trouvé, repartaient avec les phares allumés. Un des phares passa sur Ramón, qui se crut repéré ; en fait, ils ne l’avaient pas vu, mais lui, tout paniqué, descendit de son arbre pour fuir ailleurs et, en sautant, se fit tellement mal qu’il ne pouvait plus bouger. Ensuite, il réussit à ramper jusqu’à la maison et raconta l’épisode ; il ne s’était rien cassé.

On arriva au 31 août, fête de saint Raymond, son saint Patron. La maman prépara pour manger le plus beau poulet de la basse-cour, mais lui, discrètement, expliqua qu’il n’en prendrait pas, car ainsi était la Règle de sa Congrégation. Voilà une rigueur qui nous étonne, aujourd’hui.

Le 1er septembre, Ramón eut un pressentiment. Il invita ses sœurs à prier le chapelet avec leur mère et, le soir, leur dit : A demain, si Dieu le veut.

Dans la nuit, vers 2 heures du matin, quatorze communistes vinrent tambouriner à la porte pour une «inspection». Il fallut ouvrir, sinon ils fracassaient la porte. Ramón alla trouver sa mère, qui lui dit : Sois courageux ; si tu dois mourir, garde la Foi ; et lui : Maman, n’aie pas peur.

Désormais, Ramón allait se montrer ferme et courageux. Les communistes regardèrent ses mains, pour voir si elles avaient travaillé, et lui posèrent les questions classiques : Etait-il religieux ? Qui l’avait trompé pour entrer au couvent ? Qui étaient ses Supérieurs ? Ramón ne répondit pas sur cette dernière question, mais déclara qu’il était entré de plein gré dans la Congrégation. On fouilla partout pour trouver des armes.

Au milieu de cris et de blasphèmes, on emmena Ramón pour une déclaration au Comité. La maman tenta de gagner du temps en proposant de préparer le café, son fils lui dit : Ce ne sera pas la peine. Les sœurs tentèrent avec la maman de les empêcher de partir, mais on les menaça : Seulement le curé. Pour les autres, on viendra plus tard. Tout cela avait duré environ deux heures.

La maman et la plus jeune sœur se décidèrent à rejoindre Cervera pour tenter de retrouver où était Ramón. Mais les communistes ne perdirent pas de temps : ils allèrent directement au cimetière de Cervera ; parmi eux se trouvait le jeune communiste qui avait dénoncé Ramón ; ils lui commandèrent : Toi qui l’as dénoncé, c’est toi qui va l’abattre. Honteux et tremblant, le malheureux garçon eut du mal à tirer et le frère Ramón souffrit beaucoup avant de recevoir enfin le coup de grâce.

Le frère Ramón fut ainsi martyrisé le 22 septembre 1936, à vingt-trois ans. Le jour de sa profession, ils étaient vingt-quatre novices : la moitié d’entre eux furent martyrisés (v. en particulier les 18 et 19 octobre).

Béatifié en 2017, Ramón Rius Camps sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 septembre.

 

 

Germán Gozalbo Andreu

1913-1936

 

Il vit le jour le 30 août 1913 à Torrent (Valencia).

Il entra au séminaire à onze ans puis au Collège des Vocations de Valencia, grâce à une bourse d’études. Brillant élève, il fut ordonné le 16 juin 1936 (ou même le 14 juillet), certainement un peu plus tôt que prévu, à cause de la dangereuse situation anti-cléricale qui se présentait en Espagne.

Don Germán devait aller suivre quelques stages d’Action Catholique à Santander, mais la guerre civile l’en empêcha.

Tout jeune vicaire, il fut chargé par le curé de Torrent de la pastorale des malades et des mourants ; par sa jeunesse et sa rapidité, il pouvait mieux se dissimuler que le vieux curé. Et don Germán accomplit fidèlement sa mission jusqu’au 29 août.

Ce jour-là (fête de la décapitation de saint Jean-Baptiste), des miliciens se présentèrent chez ses parents, où il résidait alors, lui demandant de venir avec eux au Comité pour répondre à deux questions.

Il se trouve que deux jours auparavant, il avait dit à des jeunes qu’était de nouveau venue l’heure du martyre, et qu’il y était prêt.

En fait de deux questions,, le jeune prêtre fut transféré du Comité à la prison. La nuit du 21 au 22 septembre, un soi-disant juge le soumit à un pénible interrogatoire et le remit avec deux autres prêtres à des miliciens : ceux-ci commencèrent par les frapper avec une violence quasi mortelle puis, à coups de poings et de pieds les firent monter en voiture. Parvenus à la route de Montserrat, ils firent descendre les trois victimes, qui se donnèrent réciproquement l’absolution.

Ils furent fusillés aux premières heures du 22 septembre 1936 : don Germán allait avoir vingt-trois ans.

Il a été béatifié en 2001.

 

 

Ruperto Sáez de Ibarra y López de Arcaute

1914-1936

 

Ruperto naquit en ce monde le 25 mars 1914 à Hijona (Álava, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il entra chez les Franciscains comme postulant à Estepa (Séville), prit l’habit en 1931 avec le nom de Antonio.

Suite à l’incendie des couvents en 1931, son noviciat fut momentanément interrompu ; il put le reprendre et fit la première profession en 1932.

Envoyé à Chipiona, il y fit une partie des études de philosophie et de théologie. Joyeux et doué d’une belle voix, il fut cependant frappé par une maladie de la gorge qui lui fit interrompre ses études. Il fut envoyé faire sa convalescence à Fuente Obejuna. Il n’eut pas le temps de revenir à Chipiona pour y reprendre ses études en vue du sacerdoce.

Il y avait dans ce couvent de Fuente Obejuna sept Religieux franciscains.

Antonio y était le plus jeune.

Les 20 et 22 juillet 1936, le couvent fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, à la recherche de ces mystérieuses armes qu’on les accusait de cacher dans le couvent, et qui ne furent jamais trouvées, bien sûr.

Le 27, on vint les chercher, sous prétexte de les protéger, et le couvent fut laissé en proie à la foule qui le saccagea. Les Religieux furent en réalité «protégés» dans les bureaux des Télégraphes puis, le 14 août, dans le palais de la Marquise de Valdeloro, transformé en prison.

Il y avait là une soixantaine de prisonniers. Le 20 septembre, sept camions les embarquèrent en dehors de la ville. Une bonne quarantaine d’entre eux furent fusillés à quelques kilomètres seulement, tandis que les Franciscains et autres Religieux furent emmenés dans la prison de Azuaga (Badajoz). Le martyre proprement dit commençait.

On chercha à les faire blasphémer. Sur leur refus catégorique, on fusilla en prison le père José dès le 21 à midi, puis le père gardien, Félix Echevarría, au matin du 22 ; dans la même matinée, les cinq autres furent emmenés en camionnette, attachés deux par deux, au cimetière de Azuaga (Badajoz), où ils furent abattus, ayant toujours refusé de blasphémer.

Antonio avait vingt-deux ans.

Ces sept Franciscains furent béatifiés en 2007.

 

 

José Ardil Lázaro

1914-1936

 

Il naquit le 18 août 1914 à Cartagena et fut un exemple de la jeunesse catholique par son élan et son ardeur juvéniles et sa fidélité au Christ.

Membre de l’Association des Enfants de Marie, il alla à Murcia au début de la guerre civile de 1936, pensant s’éloigner du tumulte général.

Quand il apprit que sa sœur était arrêtée, il alla se constituer aux autorités, à la mi-août, et fut mis en prison. Il fut condamné à mort en même temps que Modesto Allepuz Vera et Enrique Pedro González Andreu (v. tous les détails plus haut).

Martyrisé le 22 septembre 1936 et béatifié en 2017, José Ardil Lázaro sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 septembre.

 

 

Federico Cobo Sanz

1919-1936

 

Federico naquit à Rábano (Valladolid, Espagne) le 16 novembre 1919. Il avait quatorze ans de moins que son aîné, Esteban, qui entra chez les Salésiens cette même année 1919.

En 1933 Federico entra à son tour chez les Salésiens à Carabanchel Alto.

Il n'avait que quatorze ans et n'eut que le temps de faire trois années d'études.

Au moment de la révolution, le séminaire fut pris d'assaut le 20 juillet 1936, et tous se replièrent dans le proche collège militaire Santa Bárbara. Le lendemain, 21 juillet, Madame Cristina Cobo, sa sœur aînée, vint le chercher pour venir chez elle, à Madrid, où elle avait déjà accueilli l'autre frère, Esteban.

Les deux frères organisèrent leur vie dans l'intimité et dans la piété, et fréquentant la Bibliothèque Nationale, d'une part pour éviter les perquisitions à domicile, d'autre part pour continuer leurs études.

Le 22 septembre 1936 au matin, quatre miliciens firent irruption chez Madame Cristina Cobo et arrêtèrent les deux frères, Esteban et Federico, leur disant qu'ils avaient seulement à les conduire à la Direction Générale de Sécurité : en réalité, ils les conduisirent à la Porte de Hierro où ils les fusillèrent.

On retrouva leurs cadavres au Dépôt Judiciaire de Santa Isabel.

Federico n'avait pas dix-sept ans.

Comme son frère Esteban, il fut béatifié en 2007.

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20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 23:00

21 SEPTEMBRE

-VIII.

S Jonas, prophète.

I.

S Matthieu, apôtre et évangéliste, évangélisateur de l'Ethiopie.

Ste Iphigénie, vierge éthiopienne de sang royal, baptisée par s. Matthieu.

II.

S Quadratus, le premier apologiste connu, mais dont on a perdu l'ouvrage qu'il adressa à l'empereur Hadrien.

?

S Pamphilius, martyr romain.

S Alexander, martyr près de Rome.

SS Isace (martyr) et Mélèce, évêques en Chypre.

S Eusèbe, martyr en Phénicie.

IV.

SS Eusebios, Nestabios, Zenon et Nestor, martyrs horriblement torturés à Gaza.

S Francaire, père de s. Hilaire, en Poitou.

SS Bonose et Maximilien, soldats, martyrs pour avoir maintenu la croix sur leur étendard. 

V.

S Grégoire, évêque à Amnice, venu mourir à Tallard.

S Castor, évêque à Apt, pour qui son ami Cassien écrivit les Institutions Cénobitiques et autres Conférences des Pères.

VI.

S Cadoc (Docus), fondateur d'une église, d'un monastère et d'une école à Llan-Carvan.

S Fragan, père de s. Guénolé, en Bretagne.

VII.

S Landelin, ermite irlandais assassiné à Ettenheimmünster.

VIII.

S Gérulphe, jeune flamand, frappé par son oncle.

IX.

Ste Maure, vierge à Troyes ; elle avait le don des larmes, qui firent des miracles.

XV.

B Marco Scalabrini de Modène, dominicain : il ressuscita un petit enfant, dont la sœur témoigna du miracle.

XIX.

SS François Jaccard, de Haute-Savoie, prêtre et missionnaire en Indochine, et Tôma Trân vǎn Thiệ, séminariste de dix-huit ans, martyrs en Annam, étranglés, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

SS Laurent-Marie-Joseph Imbert, évêque, Pierre-Philippe Maubant et Jacques-Honoré Chastan, prêtres, missionnaires en Corée, martyrs canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre. 

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Laïques : près de Valencia, Manuel Torró García (*1902) et Vicente Galbis Gironés (*1910) ;

- béatifiés en 2007 :

Fr. Mineurs : près de Badajoz, le prêtre José María Azurmendi Mugarza (*1870) ;

Augustins : à Cuenca, les prêtres Jacinto Martínez Ayuela et Nicolás de Mier Francisco (*1882, 1903) ; à Málaga, le profès Diego Hompanera París (*1915) ;

- béatifié en 2013 :

Fils de la Sainte-Famille : près de Barcelone, Josep Vila Barri (*1910) ;

- béatifiés en 2015 :

Cisterciens : près de Santander, les prêtres Herminio García Pampliega (Eugenio) et Francisco Pastor Garrido (Vicente) (*1902, 1905) ;

- béatifiés en 2021 :

Diocésains : près de Cordoue, Ambrosio Torrico López (*1881) ; près de Badajoz, Ignazio Carretero Sobrino, Cándido del Cacho Cruz, José Castro Díaz, Juan Porras Redondo, Doroteo Barrionuevo Peña, Diego Albañil Barrena (*1879, 1886, 1888, 1894, 1902, 1903).

 

B Rosario Livatino (1952-1990), juge sicilien, abattu par la Stidda, martyr, béatifié en 2021.

Jonas

Ve siècle avant Jésus-Christ (?)

 

Jonas est l’un des douze “Petits Prophètes”, le mot “petits” se référant à la brièveté de leur Livre.

Jonas vivait probablement sur la terre d’Israël. Des hésitations ont surgi au sujet de sa mission. Si notre Jonas est celui dont il est question dans le livre des Rois (2R 14:25), il aurait donc vécu sous Jéroboam II, huit siècles avant Jésus-Christ, à l’époque des deux autres prophètes Amos et Osée. Dans le livre des Rois, Jonas est présenté comme fils d’Amittaï, de Gat-Hépher.

Quoi qu’il en soit, Jonas est envoyé par Dieu à Ninive, ville remplie de péchés et qui doit être bientôt détruite.

Mais le prophète doute de sa mission, et cherche à s’embarquer dans la direction tout opposée, sur la Méditerranée.

Lors d’une tempête, les marins le jettent à l’eau pour conjurer le mauvais sort, et il est absorbé par un grand dragon.

Après trois jours et trois nuits, Jonas est rejeté par le dragon et, maintenant convaincu de la mission divine qu’il a reçue, rejoint Ninive.

Il prêche, il annonce la prochaine destruction de la ville : sa parole est tellement convaincante, que tous, du roi au dernier des habitants et même des animaux, font pénitence.

Dieu alors annule le châtiment de Ninive.

Ici, Jonas apparaît terriblement vexé : il a annoncé un châtiment au nom de Dieu, et le châtiment n’arrive pas !

Dieu lui fait comprendre que la justice se double aussi de miséricorde, et la ville de Ninive a obtenu cette miséricorde par la pénitence.

Jésus-Christ lui-même a présenté l’histoire de Jonas comme un “signe” de sa prochaine résurrection (Mt 16:4 ; Lc 11:29) : de même que Jonas a montré aux Ninivites la voie du salut, de même Jésus l’a montrée à ses contemporains qui, moins généreux que les Ninivites, ont refusé de s’y engager.

Jonas, dont l’aventure préfigure la mort et la résurrection de Jésus, a été très souvent illustré dans l’art primitif chrétien.

En Orient, “le saint et illustre prophète” est commémoré le 21 septembre, le même jour que l’apôtre saint Matthieu, tous deux mentionnés ce jour dans notre Martyrologe.

 

 

Matthieu évangéliste

1er siècle

 

Matthieu est le premier des quatre évangélistes du Nouveau Testament. Le nom de Matthieu signifie “don de Dieu”. Son nom et l’essentiel de sa personnalité nous apparaissent en divers passages évangéliques.

Lui-même raconte dans son écrit comment il fut appelé :

Jésus vit en passant un homme assis au bureau de la douane ; son nom était Matthieu. Il lui dit : “Suis-moi”. Et, se levant, il le suivit (Mt 9:9).

Deux autres évangélistes, Marc et Luc, parlant du même épisode, lui donnent en revanche le nom de Lévi (Mc 2:15-17 ; Lc 5:27-28). Comme Paul qui s’appelait Saul avant sa conversion, Matthieu porta ce nom à partir de son appel, tandis que, employé à la douane, il portait le nom de Lévi.

Ces “douaniers” étaient mal vus, d’une part parce qu’ils travaillaient dans l’administration romaine, et d’autre part parce qu’ils “vivaient” de leur fonction, détournant des fonds par-ci par-là en profitant du change de la monnaie. Lévi était douanier à Capharnaüm, fils d’Alphée, assez instruit, contrairement aux autres apôtres qui étaient de simples pêcheurs. Il devait certainement parler ou au moins comprendre le grec et l’hébreu.

Lévi-Matthieu, donc, à peine appelé, quitte tout (précise Luc) et offre un bon repas à ses amis, autres “employés” comme lui, plus ou moins trafiquants, ingénieux à marchander n’importe quoi n’importe où avec n’importe qui. C’est ce qui vaut la critique des pharisiens présents, et la réponse sublime du Maître : Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Allez donc apprendre le sens de cette parole : C’est la miséricorde que je désire, et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs (Mt 9:12-13).

Saint Matthieu est extrêmement modeste sur sa personne : lui-seul mentionne humblement qu’il est publicain ; son évangile, écrit d’abord en araméen, vise surtout à montrer aux Juifs la réalisation des prophéties de l’Ancien Testament par la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ.

On ne peut donc pas douter qu’il ait exercé un apostolat important auprès des Juifs. Une certaine tradition mentionne une possible mission de Matthieu, après l’Ascension du Seigneur, en Ethiopie, où il aurait reçu le martyre, en 61. On parle aussi de la Perse.

La bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février), qui était humainement complètement ignorante de ce qu’elle voyait en vision, dit ceci :

Je vis André en Achaïe, et Matthieu dans une ville lointaine, où il était prisonnier, ainsi que plusieurs disciples et une soixantaine d’autres personnes. On avait mis dans les yeux de Matthieu un poison qui le faisait horriblement souffrir : ses yeux étaient rouges et gonflés ; cependant ils n’étaient pas perdus et il voyait encore. Cette ville était située en Ethiopie, au sud-est de Jérusalem, par-delà la mer Rouge, sur le bord d’un fleuve assez grand pour un pays de montagnes. Les habitants de la contrée étaient tout à fait noirs. André reçut dans une vision l’ordre de se rendre auprès de Matthieu. Il s’embarqua sans être connu, au milieu de beaucoup d’autres passagers, sur un vaisseau qui fit la traversée avec une rapidité extraordinaire. Il continua son voyage par terre, longeant alternativement les deux rives du fleuve qui baignait la ville. Il guérit Matthieu, fit tomber ses chaînes et celles de ses compagnons de captivité, et prêcha en ce lieu l’Evangile.

La visionnaire n’en dit pas plus sur Matthieu, et c’est bien regrettable.

Il y aurait eu une invention (c’est-à-dire une découverte) du corps de Matthieu au Xe siècle, et sa translation à Salerno, au sud-ouest de Naples.

Diverses dates existent pour la fête de saint Matthieu. Dans le martyrologe romain, celle-ci est établie au 21 septembre.

 

 

Iphigénie

1er siècle

 

L’histoire d’Iphigénie aurait été interpolée dans une passio légendaire de saint Matthieu.

Fille du roi d’Ethiopie Eglippus et de la reine Iphianassa, tous convertis par l’apôtre Matthieu, Iphigénie fut demandée en mariage par le nouveau prince, successeur du roi défunt. Mais elle refusa, s’étant déjà consacrée à Dieu et ayant déjà sous sa conduite près de deux cents vierges.

Sur le refus de Matthieu de faire céder Iphigénie, le prince fit égorger Matthieu.

Iphigénie fit don au clergé de toutes ses richesses pour l’édification d’une basilique et le soutien des pauvres.

Furieux, le prince tenta de faire intervenir des magiciens, mais c’est le prince qui se vit contraint de fuir.

Si cette histoire n’est qu’une invention, elle a inspiré une Religieuse française de prendre pour nom Iphigénie de Saint-Matthieu : cette Religieuse, qui faisait partie des Sœurs de l’Adoration Perpétuelle du Très Saint Sacrement, fut guillotinée à Orange en 1794, et béatifiée (v. 7 juillet).

Actuellement, «sainte» Iphigénie n’est pas mentionnée au Martyrologe.

 

 

Quadratus d’Athènes

† 129

 

Quadratus fut un des premiers disciples des Apôtres, mais on ne sait pas où il les rencontra.

Le fait est qu’il se trouvait à Athènes lors du passage du nouvel empereur, Hadrien ; ce pouvait être vers 124. Voici ce que l’historien Eusèbe raconte :

Quadratus dédia à Hadrien un discours qu’il lui fit remettre et où il présentait l’apologie de notre religion, parce qu’alors des hommes malfaisants essayaient de tracasser les nôtres. On trouve encore maintenant ce livre chez beaucoup de frères et nous l’avons nous aussi. On y peut voir des preuves éclatantes de l’esprit de son auteur comme aussi de son exactitude apostolique. Cet écrit porte en lui la preuve de son antiquité dans le récit qu’il présente en ces termes :

‘Les œuvres de notre Sauveur, parce qu’elles étaient vraies, ont été longtemps présentes. Ceux qu’il a guéris, ceux qu’il a ressuscités des morts n’ont pas été vus seulement au moment où ils étaient délivrés de leurs maux ou rappelés à la vie ; ils ont continué à exister pendant la vie du Christ et ont survécu à sa mort pendant d’assez longues années, si bien que quelques-uns sont même venus jusqu’à nos jours.’

Quadratus aurait obtenu d’Hadrien un édit en faveur des Chrétiens, du moins une promesse.

Le même historien Eusèbe ajoute ailleurs que Quadratus devint évêque d’Athènes, mais cette assertion pourrait se rapporter à un autre personnage du même nom. Cet évêque d’Athènes, d’après une très belle icône, serait mort décapité.

Quadratus mourut vers 129. Il est le tout premier apologiste de la religion chrétienne que nous connaissions. On regrette, bien sûr, de n’avoir pas encore retrouvé son ouvrage.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Quadratus d’Athènes au 21 septembre.

 

 

Pamphilus de Rome

?

 

Pamphilus de Rome est un martyr attesté historiquement.

On n’en sait rien de plus.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Pamphilus de Rome au 21 septembre.

 

 

Alexander de Rome

?

 

Alexander est mentionné sur la via Cassia au vingtième mille de Rome, au lieu-dit Ad Baccanas.

C’est un Martyr.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Alexander de Rome au 21 septembre.

 

 

Eusebios, Nestabios, Zenon et Nestor de Gaza

362

 

Les trois frères Eusebios, Nestabios et Zenon habitaient Gaza (Palestine).

Nestor était leur grand ami.

En raison de la persécution imminente, les trois frères se cachèrent. On les découvrit.

On les emprisonna, on les flagella.

Nestor était-il avec eux ou voulut-il les suivre ? Il fut pris avec ses trois amis.

Au théâtre, un mouvement de foule fit bientôt hurler contre eux qu’ils avaient saccagé des temples. On alla les chercher dans leur prison, on les traîna par terre, sur le ventre, sur le dos ; on outragea leurs corps avec des bâtons, avec des pierres, avec des fuseaux ; on leur jeta de l’eau bouillante.

Les bourreaux remarquèrent cependant la beauté singulière du corps du pauvre Nestor : ils le retirèrent de là et le traînèrent hors la ville. Il respirait encore.

Les trois frères n’étaient plus que des écorchures humaines, de leurs têtes sortait la cervelle. On les tira encore, hors de la ville, pour les jeter avec les bêtes crevées. On y mit le feu. Les os qui purent encore rester furent mélangés à ceux des bêtes.

Dieu suscita alors dans le cœur d’une brave femme un mouvement héroïque : elle alla de nuit à l’endroit de ce foyer, où une providentielle lumière lui indiqua quels étaient les os des Martyrs. Elle les recueillit avec vénération.

Puis Dieu guida mystérieusement la même femme à Maïoumas, le port de Gaza, pour y retrouver un autre Zenon, qui se trouvait être le cousin des trois Martyrs. La femme lui remit son précieux trésor.

Ce Zenon était un chrétien fervent. Devant la persécution qui menaçait, fuyant Gaza , il s’était caché non loin, à Anthedon. Dénoncé, il fut flagellé durement et expulsé de là : ainsi arriva-t-il à Maïoumas, où il se cacha à nouveau et c’est là que Dieu conduisit cette pieuse femme.

Discrètement, comme elle était arrivée, la femme s’éclipsa. Dieu se servit d’elle pour conserver la mémoire des glorieux Martyrs.

C’est également chez Zenon que l’on porta Nestor agonisant, qui mourut peu après. Il n’est donc pas mort au même moment ni au même lieu que les trois frères, mais on commémore ensemble ces quatre Martyrs.

Ajoutons que ce pieux Zenon devint ensuite évêque de Gaza.

Ces événements sont datés en 362 approximativement.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Eusebios, Nestabos, Zenon et Nestor de Gaza au 21 septembre.

Castor d’Apt

350-426

 

Castor - encore un nom d’animal !- serait né d’une grande famille de Nîmes, vers le milieu du 4e siècle, en tout cas après 350. Dire que la forme latine de son nom est Castorius, semble être une erreur.

Il exerça en Arles le métier d’avocat.

En 395, il se maria et eut une fille, nommée Perculiarita.

Toute la famille cependant décida de se retirer dans la vie érémitique, en un endroit contesté par les historiens : le mas Saint-Castor (Gard) ? près de Ménerbes (Vaucluse) ?

C’est dans cette dernière localité que serait élevé le monastère Saint-Faustin fondé par Castor (et qui devait être détruit au siècle suivant lors d’une invasion.

Une profonde amitié liait Castor à Jean Cassien (v. 23 juillet). C’est pour Castor que Jean Cassien rédigea ses si fameuses Institutiones sur la vie cénobitique, ainsi qu’une collection de Conférences des Pères du désert. Castor voulait en faire profiter une nouvelle communauté fondée près d’Apt et qui fut cependant détruite peu après.

Vers 419, Castor fut élu évêque d’Apt. On ne peut pas dire qu’il en ait été le premier titulaire, car il existerait des allusions à ce diocèse dès le 2e siècle, mais Castor est attesté liturgiquement et historiquement.

Castor mourut vers 426.

Le diocèse d’Apt fut supprimé en 1801, et son territoire rattaché à ceux d’Avignon et de Digne.

Saint Castor d’Apt est commémoré le 21 septembre dans le Martyrologe Romain, qui ne nomme pas Castorius, mais bien Castor.

 

 

Cadoc de Llan-Carvan

497-577

 

Autrefois, le Martyrologe du 29 mars mentionnait deux personnages, deux époux, Gundleus (Gwynllyw) et Gladys (Glwadys), de race royale. Ils ont quitté le Martyrologe, mais ils y ont laissé leur fils : Cadoc (gallois : Cattwg).

Il n’est pas très facile de s’y retrouver dans les différentes traditions reçues concernant la vie de Cadoc. 

Gundleus, qui gouvernait une province du Pays de Galles, renonça au monde peu avant de mourir et mena la vie érémitique. 

Des signes extraordinaires auraient déjà précédé la naissance de Cadoc : la maison familiale se remplit d’une mystérieuse lumière et le cellier se trouva empli de nourriture. 

Cadoc, donc, naquit vers 497 à Monmouthshire. Un ange avertit l’ermite Meuthi d’aller le baptiser, probablement à Cathmail (Cadfael), et de lui procurer un enseignement. 

Cadoc eut aussi une sœur, Maches. 

Il seconda son père dans le gouvernement de la province, puis embrassa à son tour la vie religieuse.

Il se plaça d’abord sous la conduite d’un moine irlandais nommé Tathyw, à Gerent (Monmouthshire). On trouve dans tel récit ancien que la rencontre avec Tathyw eut lieu lors d’une chevauchée de Gundleus près de l’ermitage de Tathyw et qu’il lui vola son unique vache ; l’ermite vint se planter devant Gundleus et lui réclama sa bête. Gundleus fut alors saisi d’une pieuse crainte, remit la vache, et décida de confier Cadoc à Tathyw. Cadoc apprit le latin et les bases qui lui seraient nécessaires pour ses études en Irlande et Pays de Galles ; mais surtout il ouvrait les yeux sur la vie du prêtre et du moine.

Revenu parmi les siens, il se trouvait un jour sur un vaste terrain appartenant à son oncle, le roi Pawl de Penychen, lorsqu’il fut un instant en face d’un sanglier qui, d’abord fit trois bonds dans sa direction, puis disparut. Cadoc y vit un signe de Dieu pour construire là une église et un monastère, Llan-Carvan, ainsi qu’une école - qui allait être célèbre - et un refuge pour accueillir un grand nombre de pauvres. Cette version des faits contraste avec une autre version, selon laquelle Cadoc fut seulement le successeur du fondateur de Llan-Carvan.

En même temps, et tant qu’il le put, il allait rendre visite à son père pour l’encourager à persévérer. Quand à sa sœur Maches, elle aurait péri assassinée par des voleurs qui, plus tard, reconnurent et confessèrent leur péché. Ils édifièrent une église à l’endroit de leur crime.

Cadoc partit trois ans en Irlande pour étudier. A son retour, il aurait trouvé son monastère en ruine : il força les moines à y revenir, à reprendre le travail et la culture ; deux cerfs sortirent alors de la forêt pour se mettre à leur service.

Cadoc étudia avec un professeur de rhétorique d’origine italienne, Bachan. Puis après la mort de son père, vers 528, il voyagea en Ecosse, fonda le monastère de Cambuslang, de Kilmadock (il y serait resté sept années).

D’aucuns ont prétendu qu’il fit le pèlerinage à Rome, ce qui semble impossible. En revanche, il alla s’établir sur la petite île de Cado près de la rivière Etel.

Cadoc eut parmi ses disciples s.Illtut, qui allait à son tour fonder le monastère de Llan-Illtut. S.Gildas vint aussi enseigner dans cette école pendant une année, puis Cadoc et Gildas se retirèrent dans les îles de Ronech et Echni.

Il y a une controverse au sujet de la fin de la vie de Cadoc. Certains ont affirmé qu’il mourut à Benevenna (Northampton) ; d’autres l’ont envoyé à Benevento (Italie) où il aurait été évêque et martyr… Y aurait-il eu deux personnages du même nom, ou simple confusion à propos de la localité ? Quoi qu’il en soit, en Angleterre, on ne dit pas que Cadoc ait été martyr.

Il y eut peut-être plusieurs Cadoc. Le nôtre, anciennement au 24 janvier, est actuellement mentionné au 21 septembre, date à laquelle on le vénère aussi dans le diocèse de Vannes. 

Les nombreuses versions de cette sainte vie ne nous épargnent pas quelques difficultés à assembler tous ces détails parfois incontrôlables. On en arriva même à donner une généalogie de Cadoc remontant aux empereurs romains.

Saint Cadoc  de Llan-Carvan est commémoré le 21 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Landelin de Ettenheimmünster

7e siècle

 

Landelin (ou Landolin) venait de l’Irlande.

Comme beaucoup d’autres missionnaires de cette époque, au début du 7e siècle, il vint évangéliser la région germanique de l’Ortenau (Baden-Württemberg).

On ne sait s’il était prêtre, s’il avait des compagnons, s’il avait reçu une mission particulière par révélation divine ou par décision de quelque évêque (Willibrord ? Bonifatius ? v. 7 novembre et 5 juin).

Il s’installa à l’endroit de l’actuelle Ettenheimmünster et y vécut en ermite.

D’après la tradition, il fut assassiné par un chasseur encore incroyant. A l’endroit du meurtre seraient jaillies cinq sources.

Au siècle suivant, s’éleva à cet endroit un petit monastère bénédictin.

Depuis le 11e siècle, on vint en foule vénérer Landelin, qu’on invoqua contre les maladies des yeux : on se frottait les yeux avec l’eau d’une des sources. La dévotion existe encore de nos jours.

Peut-on considérer Landelin comme martyr ? Répondre à cette question supposerait qu’on connût les réels sentiments du chasseur : a-t-il agi en ennemi de Dieu et de l’Eglise ? était-il seulement dérangé par la présence de l’Ermite ? On ne le sait pas.

Saint Landelin de Ettenheimmünster est commémoré le 21 septembre dans le Martyrologe Romain, qui le désigne comme moine, mais pas comme martyr.

 

 

Gerulphe de Flandre

† 750

 

Il s’agit ici d’un adolescent flammand, né vers 735 de parents nobles, vivant dans leur propriété de Mérendrée.

Vers 750, accompagné de son oncle, il se rendit à cheval à l’abbaye du Mont-Blandin (Gand), où se trouvait alors l’évêque de Noyon, pour y recevoir le sacrement de Confirmation.

Sur le chemin du retour, Gerulphe voulut faire une petite halte près du monastère de Tronchiennes, pour se recueillir un moment dans l’église Sainte-Marie. Après la cérémonie au Mont-Blandin, on avait dû repartir sans attendre, les moines ayant leurs horaires ; quoi de plus indiqué, après avoir reçu un tel Sacrement, que de vouloir exprimer à Dieu sa reconnaissance, dans un moment de recueillement auprès du Saint-Sacrement ?

Mais l’oncle avait d’autres idées en tête. Il voulait rentrer plus vite, et surtout depuis longtemps, il convoitait l’héritage de son neveu. Quand nos deux voyageurs repartirent, l’oncle s’approcha assez près de Gerulphe et le frappa à mort, avant de disparaître. Le cheval du blessé continua sa route vers la demeure des parents. Le père de Gerulphe alors monta le fidèle animal et retrouva son fils, agonisant.

Gerulphe eut encore la force de demander à être enterré chez les moines de Tronchiennes, à leur donner son cheval et remettre son héritage à l’église Sainte-Marie. Pas un mot de rancune contre l’oncle assassin. La Passio de Gerulphe d’ailleurs, ne s’étend pas sur ce dernier : ne fut-il pas retrouvé ? interrogé ? jugé ?

Cet assassinat fut considéré comme un véritable martyre. 

Le père de Gerulphe l’enterra d’abord dans la propriété familale, et ce n’est que deux siècles plus tard que l’évêque procéda au transfert du corps à Tronchiennes.

Il y eut d’autres transferts de reliques ; on conserva le chef dans une châsse séparée. Le reste du corps fut détruit par les Protestants.

Saint Gerulphe de Flandre est commémoré le 21 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

Marco Scalabrini de Modène

1430-1498

 

Marco vit le jour dans la première moitié du 15e siècle - on ne peut en dire davantage - à Mocogno (Modène, Italie N).

Entré jeune chez les Dominicains, ordonné prêtre, il jouissait d’une grande culture, que les supérieurs voulurent mettre à profit, en envoyant Marco prêcher en diverses villes de l’Italie.

Vers 1481, il demeura à Pesaro, où il fut prieur du couvent dominicain. On ne sait s’il fut réélu, mais le bruit de ses vertus se répandait et l’on venait le consulter, l’écouter.

Parmi les faits remarquables de son apostolat, on cite la résurrection d’un petit garçon de trois ou quatre ans ; mais Marco prédit à la maman, très heureuse, que son fils mourrait jeune ; il mourut en effet à quatorze ans, Dieu l’ayant peut-être rappelé pour le préserver du monde. C’est sa sœur qui déposa ce témoignage.

Marco mourut à Pesaro le 21 septembre 1498 et son culte fut approuvé en 1857. Le Martyrologe, en mentionnant le Bienheureux, parle des nombreuses conversions qu’il opéra par sa parole sacerdotale.

 

 

François Jaccard