Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 septembre 2022 1 19 /09 /septembre /2022 23:00

20 SEPTEMBRE

 

II.

S Eustachios, général romain, avec son épouse Theopisti et leurs enfants Agapitos et Theopistos, dont l'histoire assez rocambolesque fut très célèbre.

?

SS Fausta et Evilasios, martyrs à Cyzique.

SS Théodore et sa mère Philippa, martyrs à Pergé.

III.

S Dorymedon, martyr à Synnada en Phrygie.

V.

S Glycère, évêque à Milan.

S Montan, moine gaulois dans la Meuse : aveugle, il annonça à ste Célinie, déjà vieille, la naissance d'un fils, ce dernier fut Remi qui, enfant, frotta les yeux de Montan avec du lait de sa mère et le guérit.

VIII.

SS Hypathios, évêque, et Andreas, prêtre, ascètes renommés d'Asie Mineure, martyrs de l'iconoclasme : on les tortura avant de les livrer aux chiens, à Constantinople.

XII.

S Adelpreto, évêque à Trente, martyrisé par une ligue anti-impérialiste ; tous ne sont pas d'accord pour sa canonisation.

XVI.

B Thomas Johnson, chartreux martyr à Londres. 

XVIII.

B Francisco de Posadas, dominicain espagnol, mystique.

XIX.

S Jean-Charles Cornay, poitevin, missionnaire au Tonkin et martyr, taillé en pièces et décapité, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

SS Nam Kyŏng-mun Peteuro, Han I-hyŏng Leourensio, U Sur-im Susanna, Im Ch’i-baek Yosep, Kim Im-i Teresa, Yi Kan-nan Agata, Chŏng Ch’ŏl-yŏm Gatarina, laïcs coréens, faisant partie des cent-trois martyrs canonisés en 1984 et fêtés en ce jour ; fait unique dans l'histoire du catholicisme, l'Église en Corée naquit sur l'initiative d'un diplomate laïc ; il faut rappeler aussi que plus de dix-mille chrétiens moururent durant les persécutions.

XX.

S José María de Yermo y Parres (1851-1904), prêtre mexicain, fondateur des Servantes du Sacré-Cœur et des Pauvres, béatifié en 1990, canonisé en 2000.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiée en 2007 :

Salésiens : près de Cordoue, Teresa Cejudo Redondo de Caballero (*1890), tertiaire ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Andrés Molina Muñoz (*1909) ;

- béatifiés en 2021 :

Diocésains : près de Cordoue, Antonio Blanco Muñoz (*1871) ;

Laïcs : près de Cordoue, María del Carmen Alejandra Cabrera Llergo de Blanco et Saturnino Feliciano Cabrera Calero (*1886, 1893).


Bse Anna Maria Tauscher van den Bosch (Maria Teresa de Saint Joseph, 1855-1938), de père et grand-père pasteurs luthériens hollandais, fondatrice de la congrégation des Sœurs Carmélites du Divin Cœur de Jésus, béatifiée en 2006.

Eustachios général

2. siècle

 

L’histoire du général Eustachios (ou Eustathios) a connu une immense diffusion.

Mais elle a aussi suscité beaucoup de suspicions. En voici un petit résumé.

Sous l’empereur Trajan († 117), le général Placidas se divertissait à la chasse à courre, lorsqu’un cerf se dressa en face de lui, une belle croix lumineuse entre les cornes ; une voix s’adressait à Placidas : Pourquoi me poursuis-tu ? Je suis Jésus !

Nouveau Saul (cf. Ac 9:4-5), Placidas fut baptisé sous le nom de Eustathios.

Commencent une série de malheurs : sa femme (Theopisti) disparaît, un lion lui ravit un fils (Agapitos), un loup l’autre (Theopistos).

Peu après, Eustathios, reconnu par deux de ses soldats, est ramené à l’empereur, qui lui confie la lutte contre des barbares.

Après la victoire, Eustathios retrouve miraculeusement son épouse, puis ses deux fils qui, en réalité, ne furent pas dévorés par les bêtes qui les avaient attaqués.

L’empereur somme Eustathios de sacrifier aux dieux, en reconnaissance ; refus du général chrétien.

L’empereur alors, furieux, fait enfermer dans un bœuf d’airain qu’on chauffe à blanc et le général, et son épouse, et ses deux fils. Trois jours après, on les trouve «endormis», mais intacts.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Eustachios le Général au 20 septembre.

 

 

Dorymedon de Synnade

3. siècle

 

Seuls le nom et la ville de ce Martyr ont été conservés avec quelque certitude. Dorymedon a pu souffrir avec Trophimos, qu’on a rencontré le 19 septembre.

Synnade est aujourd’hui Şuhut (Turquie CW).

Dorymedon était sénateur à Antioche de Pisidie (auj. Yalvaç, Turquie CW).

Il devait être chrétien, ou le devint en rendant amicalement visite à Trophimos ; il fut arrêté et condamné aux bêtes avec ce dernier, mais comme les bêtes les respectaient, ils furent décapités, Trophimos le 19, Dorymedon le 20 septembre.

Dorymedon mourut assez probablement vers la fin du troisième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Dorymedon de Synnade au 20 septembre.

 

 

Hypathios et Andreas de Lydie

† 740

 

D’après le synaxaire (martyrologe) de Constantinople, Hypathios et Andreas étaient originaires de Lydie (Asie Mineure occidentale). Notre martyrologe romain nomme les deux évêques Hypathius et Asianus ainsi que le prêtre Andreas ; on se demande si le terme Asianus n’est pas simplement une apposition à Hypathios, «asiatique».

Hypathios et Andreas, donc, naquirent en Lydie et furent élevés dans un monastère. Hypathios reçut l’habit monastique, tandis qu’Andreas devint lecteur.

Chacun de son côté s’adonna aux plus intenses expressions de l’ascèse, en toute discrétion et sans  jamais oublier la charité fraternelle.

Cette sainte émulation fit que l’Eglise d’Ephèse promut Hypathios à l’épiscopat, et Andreas au presbytérat.

Mais il n’eurent pas que des amis. L’empereur iconoclaste Léon l’Isaurien s’en prit à eux, les fit déplacer à Constantinople, où les attendaient mille atrocités.

Ils furent tous deux emprisonnés, bâtonnés, déchirés, à demi tués. On leur enleva la peau de la tête et on brûla des icônes sur leur crâne. On les promena dans toute la ville après leur avoir enduit la barbe de poix. Finalement, on les égorgea et, pour compléter cet atroce tableau, on livra leurs corps aux chiens.

Ces horreurs se passaient à Constantinople, avant 741, date de la mort de ce malheureux empereur.

Les saint  Hypathios (Asianus ?) et Andreas sont commémorés le 20 septembre dans le Martyrologe Romain.

Adelpreto de Trente

† 1177

 

Adelpreto (Albert) est une figure contestée (et peut-être contestable) du 12e siècle.

On ignore tout de ses origines et de sa naissance.

En 1156, il fut nommé évêque de Trento, mais il semble qu’il ait eut davantage à faire la guerre qu’à administrer son diocèse.

En 1158, il fournit une escorte armée pour accompagner les légats pontificaux qui se rendaient auprès de l’empereur Friedrich Barbarossa. L’escorte fut cependant assaillie par les comtes de Piano, qui s’opposaient ainsi à l’empereur et retinrent prisonniers les légats. Il fallut verser une rançon pour les délivrer.

Le pauvre Adelpreto, qui avait pu s’échapper, alla se plaindre auprès du duc de Bavière (Henri le Lion), qui vint faire pression sur les comtes de Piano pour en faire les vassaux de l’Eglise de Trente, donc de notre évêque Adelpreto.

Mais quand l’empereur fut excommunié, les comtes se réveillèrent, obligèrent Adelpreto à quitter le diocèse, tandis qu’Adelpreto se rangeait aux côtés de l’empereur, méritant ainsi d’en être le fidelissimus.

Plus tard, après la bataille de Legnano (1176), les habitants de Bolzano se révoltèrent contre Adelpreto, qui dut réprimer cette nouvelle agression, mais les adhérents de la Ligue lombarde assaillirent ses troupes près de Rovereto et lui-même fut frappé d’un coup de lance mortel.

La date de cette mort semble contestée : on trouve le 8 mars 1181, ou 1177 ou 1172 (?), mais le Martyrologe le mentionne au 20 septembre, défenseur des pauvres et des orphelins.

Tandis que le diocèse de Trento considérait l’évêque Adelpreto comme martyr et saint, des historiens ont contesté la figure de l’évêque-soldat, partisan de l’empereur excommunié. Adelpreto n’a certainement pas agi contre Rome et le pape légitime ; pressé de trouver une issue à sa situation, il trouva momentanément un appui séculier pour être défendu, se réservant ensuite d’intervenir pour la conversion de l’empereur.

 

 

Thomas Johnson

? -1537

 

Il y avait à Londres une Chartreuse où vivaient une quarantaine de moines, dont la moitié environ étaient prêtres, et l’autre moitié frères convers.

Quand on leur demanda de prêter le serment reconnaissant la Suprématie du roi sur l’Eglise, ils refusèrent.

Thomas était un de ceux-là. On ne connaît rien d’autre de lui, ni sa date ni son lieu de naissance, ni sa famille.

Le 29 mai, on les envoya à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un filet aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin 1537.

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, Richard Bere mourut le 9 août, notre Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

 

 

Francisco de Posadas

1644-1713

 

Francisco de Posadas vit le jour le 25 septembre 1644 à Cordoue (Espagne), d’Esteban Martín Losada et María Fernández de Posadas, issus de famille ancienne mais ruinée. Ils vivaient d’un petit commerce de légumes et d’œufs.

La maman pria beaucoup pour obtenir cet enfant, qui fut baptisé le 4 décembre suivant.

De cette pieuse mère, Francisco conserva le nom de famille, car celle-ci fut bientôt veuve.

Il commença à étudier auprès d’un père dominicain et d’un autre jésuite.

La maman se remaria avec Juan Pérez Cerezo, qui retira le garçon des études et le plaça chez un patron cordonnier brutal. Un prêtre, cependant, réussit à donner quelques leçons de latin à Francisco. La providence permit que Juan mourût après quatre ans de cette union difficile.

La vocation ayant germé dans le cœur de Francisco, il demanda son admission chez les Dominicains de Cordoue qui, vu son extraction humble, le refusèrent. Le jeune homme fut cependant admis dans un autre couvent dominicain proche de Cordoue, Scala Cæli (ou Escalaceli), et ceux-ci l’envoyèrent bientôt étudier à Jaén.

Bien leur en prit, car le prieur de Cordoue n’apprécia pas du tout l’entrée du jeune homme et prétendit même qu’on le renvoyât de Jaén ; s’il accepta de le laisser aller à la profession, il lui interdit l’accès à Cordoue, même pas pour aller voir sa mère.

Francisco fit la profession en 1672 et passa au couvent de Sanlúcar de Barrameda, où son talent et ses vertus firent l’admiration ; en 1678, il fut ordonné prêtre à Cadix. La renommée du Frère s’étendait, et même le prieur de Cordoue finit par l’inviter à prêcher, mais ce furent les autres Religieux du couvent qui menacèrent de mettre le feu à la chaire ; la Providence fit qu’il fut nommé aumônier à l’hospice de Cordoue, qui dépendait du couvent de Scala Cæli. Quand Francisco y arriva, un ange vint le prévenir : Ici, ce sera ta croix. En effet, peu après un Religieux lança une calomnie contre Francisco, qu’on dut éloigner pendant quelque temps ; on vint tout de même à lui pour dépanner un autre Religieux que la maladie empêchait d’aller prêcher à Almadén et Chillón ; à son retour, le calomniateur s’était repenti, le prieur du couvent demanda pardon à Francisco pour son attitude passée et le réintégra à l’hôpital, qui s’appela désormais populairement Hospice du père Posadas.

Cet humble Religieux eut ensuite une double activité de prédicateur et d’écrivain.

Ses prédications furent suivies. Des gens de toutes sortes vinrent l’écouter, y compris des prélats, y compris le prieur qui l’avait tant persécuté. Tous étaient stupéfaits de sa doctrine, de ses conseils, de sa maîtrise. Francisco en vint à prohiber les représentations théâtrales, qui détournaient les âmes de Dieu, au point que la ville de Cordoue décida la destruction totale du théâtre, en 1694.

Il eut aussi du temps pour écrire. On a de lui une Vie de saint Dominique, un traité sur Le Triomphe de la Chasteté, des sermons.

Il refusa d’être nommé provincial, il repoussa par deux fois la mitre épiscopale qu’on lui proposait.

Le père Francisco confessa aussi très simplement à son directeur spirituel un phénomène étonnant, qui se produisait quand il célébrait la Messe ; il confiait lui-même : Je ne sais si c’est le sol qui me manque, je n’y comprends rien… Ce qu’il ne comprenait pas, est que son attrait pour le divin l’élevait littéralement de terre ; c’est ce qu’on appelle la lévitation.

Il annonça sa mort subite. Elle advint effectivement le 20 septembre 1713, lorsqu’il fut frappé d’une attaque en se mettant à table.

Francisco de Posadas fut béatifié en 1818.

 

 

Jean-Charles Cornay

1809-1837

 

Jean-Charles naquit le 27 février 1809 à Loudun (Vienne), de Jean-Baptiste et Françoise Mayaud ; il venait après Elisabeth et Olympe, et avant Eugène et Louise. C’est une famille de chrétiens pratiquants.

Il est baptisé le 3 mars suivant.

Il fait des études au collège Saint-Louis de Saumur, au Petit Séminaire des Jésuites de Montmorillon et au Grand Séminaire de Poitiers. C’est un élève régulier, humble, doux.

Il va recevoir les sept traditionnels ordres sacrés qui vont le conduire au Sacerdoce : après la tonsure, en 1828, il reçoit les quatre Ordres mineurs en 1829 (portier, exorciste, lecteur, acolyte), puis le sous-diaconat en 1830. Il pouvait être ordonné diacre et prêtre l’année suivante, mais un changement intervient dans sa marche spirituelle.

Avant de recevoir le Diaconat et d’être ordonné prêtre, il opte pour le Séminaire des Missions étrangères de Paris, ce qui contrarie passablement ses parents. Il écrit à sa mère : Laisse-moi seulement aller à Paris, j’aurai au moins trois ans à y rester et j’aurai là toutes les facilités d’examiner ma vocation, tous les moyens de m’y préparer si elle est véritable. 

Or 1830 est l’année de grands troubles à Paris : Hier, écrit-il encore, on a pénétré dans notre séminaire et l'on a affiché sept ou huit billets portant «Mort aux Jésuites de la rue du Bac», et un poignard comme signature.

Ces événements, en réalité, vont aider Jean-Charles à convaincre ses parents, auxquels il explique que, finalement, il y avait autant de risques à Paris qu’en Chine. Il persévère et reçoit, en secret d’ailleurs, le diaconat en 1831. Le 11 août 1831, il écrit encore : Je vous aime et je suis obligé de me séparer de vous peut-être pour toujours. Lundi dernier on m’a averti de me préparer à partir et c’est pour le 21 ; il faut que nous soyons arrivés à Bordeaux le 25. Il quitte la France pour la Chine, avant même d’être ordonné prêtre, car il remplace au pied levé un autre missionnaire empêché.

Après six mois de navigation sur le Cambacérès, il arrive à Macao. Il devait rejoindre la province chinoise du Sichuan, mais ses guides n’arrivent pas, de sorte qu’il va rester bloqué au Tonkin, où sévit la persécution.

Il fait le voyage à Hanoï trois ans plus tard, déguisé en chinois, pour y être ordonné prêtre, en 1834. C’est Mgr Joseph Havard qui l’ordonne, en secret.

Premier travail : apprendre l’annamite. Le père Jean-Charles se donne à l’exténuant travail apostolique, toujours calme, voire gai, malgré une santé qui décline vite.

Il était toujours promis à la mission chinoise, mais on fut dans l’impossibilité de lui fournir des guides sûrs ; il se résigna à rester au Tonkin, malgré la persécution. Il écrit : Nous sommes depuis trois mois dans une situation des plus sévères ; il ne reste pas sur pied une seule église ; on force les chrétiens à donner des billets d’apostasie ; on en veut aux prêtres du pays, et surtout à nous.

Sa santé continue de décliner, surtout sa vue. Il écrit à ses chers parents : Tous les jours mes yeux refusent de plus en plus à faire leur service. Je n’ai que trop à craindre d’être tout à fait aveugle dans moins de deux ou trois ans. S’il plaît à Dieu de me laisser au Tonkin, je souffrirai avec résignation jusqu’à ce qu’il me délivre des maux de cette vie, car le retour dans ma patrie est bien le dernier remède que je le prie d’employer.

Janvier 1837. Il répond à ses parents : J’ai reçu hier vos lettres de 1835. Pour vous répondre, il va falloir mettre ma tête et mes pauvres yeux à la torture. Il faut leur arracher jour par jour ces lignes ; encore suis-je obligé de leur donner relâche presque à chaque ligne pour les presser avec mes mains et comprimer par un bain d’eau froide l’ardeur qui les brûle. Il m’est impossible depuis longtemps d’ouvrir un livre et de soutenir une conversation… Me voilà donc devenu ermite et contemplatif au lieu de missionnaire.

Bientôt, sous la menace de la persécution, Jean-Charles se réfugie sur un radeau et même reprend quelques forces, durant cinq mois. Puis une dénonciation le fait arrêter (19 juin) et accuser d’être le chef d’une secte fausse et de fomenter la rébellion. Il est prisonnier, il subit la cangue et la cage. Torturé, il ne cesse de chanter : Après cinquante coups, on m’a délié. En arrivant à la prison, j’ai chanté le ‘Salve Regina’, le chant à la Vierge. Même les mandarins s’interrogent sur sa résistance intérieure.

La condamnation arrive : il sera taillé en pièces, les membres puis la tête coupés ; sa tête sera exposée trois jours, puis jetée au fleuve. 

Jean-Charles pardonne à son délateur.

La sentence est exécutée le 20 septembre 1837 : il est écartelé, décapité et démembré près de Son-Tây, non loin de Hanoï. Le bourreau lui arrache le foie et en mange un morceau pour devenir “courageux comme lui”.

Jean-Charles avait eu le temps d’écrire à ses parents quelques mots : Lorsque vous recevrez cette lettre, mon cher père, ma chère mère, ne vous affligez pas de ma mort ; en consentant à mon départ, vous avez déjà fait la plus grande partie du sacrifice.

Jean-Charles Cornay sera béatifié en 1900, et canonisé en 1988, parmi les cent-dix-sept Martyrs du Viêt-Nam. 

Ces Martyrs sont fêtés ensemble le 24 novembre, mais saint Jean-Charles est mentionné à son dies natalis le 20 septembre au Martyrologe.

C’est le martyre de saint Jean-Charles qui enthousiasma le jeune Théophane Vénard et suscita sa vocation à aller, lui aussi, annoncer l’évangile en Extrême-Orient et y verser son sang, près d’un quart de siècle plus tard, en 1861 (v. 2 février).

Nam Kyŏng-mun Petrus

(Nam Gyeong-mun Peteuro)

1796-1846

 

 

Petrus était né à Seoul en 1796.

Jeune encore, il fut soldat, puis il gagna sa vie en vendant des viandes salées.

Lors de ses rencontres avec les prêtres catholiques, il se forma à la religion. Or, il pratiquait l’usure à des taux très élevés : un prêtre lui fit remarquer que ce n’était pas là une pratique digne de l’Evangile, et Petrus mit immédiatement un terme à ces pratiques ; il remboursa tous les intérêts qu’il avait gagnés.

En 1818, il épousa Hŏ Barbara, se convertit totalement et reçut le Baptême.

Dès lors, il accompagna les missionnaires dans leurs déplacements pour administrer les sacrements.

En 1839, il faillit être arrêté par la police, mais ses frères l’aidèrent à s’échapper, quoiqu’ils fussent eux-mêmes encore païens.

A la fin de cette période de persécutions, il n’y avait plus de missionnaires et Petrus cessa de pratiquer sa religion pendant deux ou trois ans.

En 1844 ou 1845, il décida de corriger sa vie et de faire pénitence pour ses péchés. En l’absence de prêtre qui pût lui donner de bons conseils, il pensa que la meilleure pénitence pour lui était de devenir martyr à son tour.

En attendant l’heure où Dieu lui accorderait cette grâce, il prit l’habitude de se lever tôt le matin, avant le lever du soleil, pour prier pendant plusieurs heures. Il vivait et dormait dans une pièce froide et sans chauffage ; il en tomba malade, mais considéra cela comme une grâce spéciale de Dieu, sans jamais se plaindre.

En juillet 1846, la police finit par l’arrêter, malgré les efforts de Barbara, son épouse, pour le dissimuler, tandis que, de son côté, il disait à Barbara que de toutes façons il n’en avait plus pour longtemps à vivre.

En prison, Petrus reçut la visite de ses frères, qui voulurent lui faire passer de la nourriture et des vêtements, mais il refusa tout, en esprit de pénitence. La visite de ses frères était ce qui l’effrayait le plus, car il craignait de sentir sa foi chanceler.

Il fut torturé maintes fois. Durant une de ces séances, il fit remarquer le tag de son numéro militaire, pour démontrer qu’il avait été soldat. Une autre fois, le chef de la police le frappa si fort, que le club se cassa sur ses épaules.

Un de ses meilleurs amis lui suggéra de renier sa foi, ce qu’il refusa absolument. On le battit encore et encore, le sommant de révéler les adresses des autres Catholiques, mais il ne révéla que l’adresse de ceux qui étaient déjà morts.

Finalement, il fut condamné à être battu à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Han I-hyŏng Laurentius

(Han I-hyeong Leourensio)

1798-1846

 

Laurentius était né à Dŏksan (Ch’ung-ch’ŏng, Corée) en 1798, dans une famille de la noblesse.

De caractère solide, sachant prendre sur lui et servir les autres, il apprit le catéchisme à quatorze ans.

En quelques semaines, il devint un catholique fervent, passant plusieurs heures à méditer devant le crucifix et à demander pardon pour ses péchés antérieurs. Chaque dimanche et jour de fête, il se rendait à la chapelle de la mission, à quatre kilomètres de chez lui et par tous les temps. Il jeûnait tous les jours du carême.

En 1819, il épousa une Chrétienne et ils vécurent dans une contrée retirée près de Yangji.

Sa vie était vraiment exemplaire. Il recevait les pauvres chez lui, leur donnant de la nourriture et des vêtements, confiant que Dieu saurait le lui rendre.

Mgr Imbert le nomma catéchiste, car il était vraiment recommandable pour sa connaissance de la doctrine chrétienne, pour ses vertus et son comportement exemplaire.

Après l’arrestation du père Kim Andreas, la police chercha à arrêter tous les autres Catholiques qui le connaissaient ; Laurentius fut ainsi arrêté, presque «par hasard».

Il fut brutalement torturé. Plusieurs fois battu, il fut entièrement dévêtu et accroché au plafond ; on le battit fortement, cherchant à lui faire renier sa foi et révéler des adresses, mais il refusa.

Ses bourreaux lui lièrent les jambes en mettant entre ses pieds des bris de verre et de vaisselle, et en les serrant avec une grosse corde ; Laurentius supporta tout cela patiemment, sans rien révéler, et suscitant même l’admiration de ses bourreaux.

On l’emmena à Seoul pour son exécution ; il refusa le cheval qu’on lui proposait, préférant faire pieds-nus les cinquante-deux kilomètres du voyage.

Finalement, il fut condamné à être battu à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

U Sur-im Susanna

1802-1846

 

Susanna était la fille d’une famille encore païenne de Yangju (Kyŏnggi, Corée S) ; elle était née en 1802.

A quinze ans, elle épousa un Catholique de Inch’ŏn et devint à son tour catholique.

En 1828 elle fut arrêtée une première fois, mise en prison et durement torturée. Mais comme elle était enceinte, on la remit en liberté. Elle resta cependant marquée tout le reste de sa vie par les conséquences de ses blessures.

En 1841, son mari décéda, et elle se rapprocha de Seoul, travaillant comme domestique dans différentes familles.

Elle fut très amie de Yi Catharina, une future Martyre (v. 26 septembre), qui mourut en 1839, donc deux années avant la mort de son mari.

Susanna priait beaucoup, et acceptait n’importe quel travail pour l’amour de Dieu. Elle ne regrettait qu’une chose : d’avoir manqué le martyre ; mais Dieu allait la consoler.

Le 10 juillet 1846, Susanna fut arrêtée avec d’autres Compagnes chez Hyŏn Sŏng-mun Carolus (v. 19 septembre). Elles restèrent en prison pendant plus de deux mois, sans cesse torturées.

Finalement, elle fut condamnée à être battue à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Im Ch’i-baek Iosephus

(Im Chi-Pek Yosep)

1803-1846

 

Iosephus était né en 1803 dans un petit village près du fleuve Han, non loin de Seoul (Corée S).

Il fut orphelin de mère assez jeune, et fut élevé avec beaucoup d’amour par son père, mais n’était pas encore baptisé.

En grandissant, Iosephus se montra toujours très aimable. Il fréquenta une école traditionnelle pendant dix ans, apprenant la littérature chinoise, la musique, la poésie… Puis il trouva sa voie dans le commerce. Sa gentillesse lui gagna beaucoup d’amis.

Il se maria ; son épouse et ses enfants furent baptisés, mais lui-même remettait son baptême à plus tard. Il aimait profondément les Catholiques, les fréquentait, les aidait, sans se préoccuper du danger qu’il courait.

En 1835, il s’engagea volontairement dans la police, pour pouvoir aider les Catholiques quand ils étaient arrêtés (c’est ce que fit saint Sébastien à Rome au 4e siècle, v. 20 janvier).

En 1846, il arriva qu’un de ses fils accompagna le père Kim Andreas sur la côte Ouest de la province de Hwanghae, et fut arrêté avec lui le 5 juin. Iosephus partit aussitôt et s’adressa au gouverneur de Haeju pour obtenir la libération de son fils, mais il fut à son tour mis en prison, et put ainsi rencontrer personnellement le père Kim.

La personnalité du père impressionna Iosephus : Kim, le premier prêtre coréen, lui apparaissait très digne, avec une foi très profonde ; les fidèles lui obéissaient, et cela le rendait très admiratif pour le père Kim. Il décida de se faire baptiser.

C’est donc le père Kim Andreas lui-même qui prépara Iosephus au baptême, en prison. Et c’est au baptême que ce néophyte reçut officiellement son nom de Iosephus.

Les amis de Iosephus cherchèrent à le faire libérer, en lui suggérant de renier sa foi ; parfois même, ils venaient en compagnie de ses deux fils et de leurs épouses, pour tenter de le persuader encore plus violemment. Rien à faire !

Iosephus fut torturé ; le chef de la police le fit plusieurs fois soulever en l’air et retomber à terre, le battit lourdement, mais ce fidèle Chrétien demeura ferme dans sa foi.

Après trois mois de prison, Iosephus apprit qu’il serait condamné à mort, et s’en réjouit beaucoup. Il disait à ses compagnons de prison qu’il allait être le premier à arriver au Ciel, et qu’il serait là pour les accueillir quand viendrait leur tour.

Son bourreau se moqua de lui un jour, parce qu’il n’était pas en mesure de réciter les Dix Commandements par-cœur, à quoi Iosephus répliqua dignement que même un fils ignorant peut rester fidèle à son père.

Le chef de la police s’acharna sur sa victime ; il intensifia la torture avec des pointes et en lui tordant les jambes. Le pauvre Iosephus gémissait de douleur, mais comme le chef de la police lui disait qu’il considérerait ces gémissements comme un signe d’apostasie (pour le libérer), Iosephus cessa totalement de gémir et souffrit en silence.

Il faut admirer comment cet homme, qui n’était pas encore catholique lors de son arrestation, supporta tant de tortures sans fléchir un moment, jusqu’à la mort.

Finalement, il fut condamné à être battu à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Quand les enfants de Iosephus vinrent à apprendre la mort de leur père, ils pleurèrent, mais le chef de la police les consola en leur disant qu’il avait vu une mystérieuse lumière au-dessus du corps de leur père.

Iosephus et ses Compagnons furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

 

Kim Im-i Theresia

(Gim Im-i Teresa)

1811-1846

 

Theresia était née en 1811 à Seoul, dans une famille catholique.

Petite, elle raffolait de lire les vies des Saints ; jeune fille, à dix-sept ans, elle décida de rester vierge et de se consacrer par amour de Dieu à servir les voisins, surtout ceux qui étaient dans le deuil ; elle assistait les mourants.

Mais ses proches et amis ne comprenaient pas pourquoi elle ne se mariait pas. Pour dissiper tout équivoque, elle prit du service dans le palais princier comme couturière, pendant trois ans, puis s’en vint vivre chez des parents ou des amis, en particulier chez la nourrice de Yi Mun-u.

Successivement, elle eut la joie et l’honneur de tenir la demeure du père Kim, en 1845.

Elle semblait s’attendre à une nouvelle vague de persécution, et s’en réjouissait. Elle affirma à sa sœur qu’elle suivrait le père Kim jusqu’à la mort, et qu’elle ne vivrait plus très lontemps encore.

La veille de son arrestation, le 9 juillet 1846, elle vint voir sa sœur, qui lui proposa de passer la nuit chez elle. Mais Theresia répondit qu’elle devait aller chez Hyŏn Carolus pour parler de choses importantes avec les responsables catholiques.

Le lendemain, 10 juillet 1846, Theresia fut arrêtée avec d’autres Compagnes chez Hyŏn Carolus (v. 19 septembre). Elles restèrent en prison pendant plus de deux mois, sans cesse torturées, toujours patientes, humbles, pleines d’amour fraternel, mais Theresia était de loin la plus courageuse, exhortant ses compagnes à ne pas fléchir et à rester fidèles.

Finalement, elle fut condamnée à être battue à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresia, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Yi Kan-nan Agatha

(Yi Gan-nan Agata)

1813-1846

 

Agatha était née en 1813, de parents païens.

A dix-huit ans, elle se maria, mais fut veuve deux ans après.

L’année suivante, en 1834, elle entendit parler de la religion catholique ; elle refusa de se remarier et demanda à sa mère de lui faire rencontrer un Catholique. Ce n’était pas difficile, car justement un de leurs parents était baptisé.

Celui-ci vint enseigner l’Evangile à Agatha, à sa mère et à son frère. Tous trois furent baptisés par le père Pacificus Yu, un prêtre chinois.

Mais les problèmes surgirent à cause du père d’Agatha, qui était un païen très obstiné. Apprenant que sa famille était devenue chrétienne, il les mit tous à la porte : Agatha n’avait qu’à se réfugier dans sa belle-famille, la maman et le frère furent carrément exilés dans la province de Kyŏngsang, ce qui laisse supposer que ce papa avait des relations avec les autorités civiles.

Agatha se montra soumise : elle rejoignit la maison de sa belle-famille, où elle fut accueillie avec joie comme catholique.

Ayant pu économiser un peu d’argent, Agatha s’acheta une maison et y vécut avec ses amies. Elle était très pieuse, et jeûnait souvent. Les Catholiques avaient de l’admiration pour cette jeune veuve ; ils disaient qu’elle était aussi brillante qu’un miroir et aussi pure que la neige.

Le 10 juillet 1846, Agatha fut arrêtée avec d’autres Compagnes chez Hyŏn Carolus (v. 19 septembre). Elles restèrent en prison pendant plus de deux mois, sans cesse torturées, toujours patientes, humbles, pleines d’amour fraternel.

Finalement, Agatha fut condamnée à être battue à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Séoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Chŏng Ch’ŏr-yŏm Catharina

(Jeong Cheor-yeom Gatarina)

1816-1846

 

Catharina était née en 1816, d’une pauvre femme de ménage.

On ne sait au juste si elle fut baptisée petite ou plutôt à l’adolescence vers seize ou dix-huit ans.

Douce, elle était intérieurement décidée et forte.

Quand elle eut vingt ans, sa maîtresse voulut la forcer à participer aux cérémonies païennes du solstice d’hiver. Sur le refus de Catharina, la maîtresse se mit en colère, lui attacha les bras derrière le dos et la tint au-dessus d’un feu, puis la frappa jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. Même scénario au solstice d’été suivant. Catharina en eut des blessures qu’on pouvait voir sur tout le corps ; elle était pâle et ne pouvait faire de durs travaux.

Quand enfin ses blessures furent guéries, elle se cacha dans une famille catholique de Seoul et, en 1845, put travailler comme femme de ménage dans la propre maison du père Kim Andreas.

Le 10 juillet 1846, Catharina fut arrêtée avec d’autres Compagnes chez Hyŏn Sŏng-mun Carolus (v. 19 septembre). Elles restèrent en prison pendant plus de deux mois, sans cesse torturées, toujours patientes, humbles, pleines d’amour fraternel.

Finalement, Catharina fut condamnée à être battue à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

José María de Yermo y Parres

1851-1904

 

La famille de ce prêtre mexicain était originaire de Burgos en Espagne. Son père, Manuel de Yermo y Soviñas, avocat en retraite, et sa mère, Josefa Parres, tous deux excellents chrétiens, tenaient une propriété de campagne à Jalmolonga (Etat de Mexico). Il était leur fils unique, et fut baptisé le jour-même de sa naissance (10 novembre 1851).

La première de tant d’épreuves que dut éprouver José, fut le décès de sa maman à peine cinquante jours après sa naissance, juste avant la fête de Noël, qui fut cette année-là bien triste pour la famille Yermo. Mais le papa enseigna toujours au petit José ce que signifie être viril et chrétien : José grandit auprès de son père, de sa tante Carmen, de sa grand-mère, apprenant d’eux ce qui fut toute sa vie le trésor de son cœur : l’amour de Dieu et l’amour au service des pauvres.

José eut des maîtres à la maison, puis fréquenta des écoles privées. En 1864, à douze ans, il recevait des mains de l’empereur Maximilien la médaille d’honneur au mérite, pour s’être particulièrement signalé dans ses études. C’est à cette époque aussi qu’il se lia d’amitié avec Juan de Dios Peza, qui devint plus tard un grand poète mexicain : leur amitié dura jusqu’à la mort, quarante années plus tard. Sa formation continua à la maison, entre autres pour l’étude du latin.

Le désir du sacerdoce fut assez précoce chez José, mais les circonstances sociales du moment ne lui épargnèrent ni les luttes, ni les crises, ni les incertitudes. Sa première expérience religieuse fut chez les Pères Lazaristes dans la Congrégation de la Mission (fondés par s.Vincent de Paul).

Après sa profession religieuse, il fut envoyé à Paris pour poursuivre ses études théologiques. De retour dans sa patrie, l’année suivante, il se donna à l’apostolat avec ferveur et enthousiasme, dans diverses missions de l’archidiocèse. Mais il n’avait pas une bonne santé et ne put continuer ce dur travail apostolique, aussi revint-il pour quelque temps dans sa famille. Mais il resta lié aux supérieurs de la Congrégation et, au sein de l’archidiocèse de México, conserva la charge de secrétaire de l’archevêque Pelagio Antonio Labastida y Dávalos.

Les crises se succédèrent, au point qu’il obtint la dispense des vœux en 1874, puis réintégra la Congrégation, qu’il quitta définitivement en 1877. Il était persuadé de ne pas être sur le bon chemin. A l’école de saint Vincent, il avait appris à aimer et à servir les pauvres. Il atterrit finalement au séminaire de León (Etat de Guanajuato), accueilli par l’évêque José de Jesús Díez de Sollano, un lointain parent, qui l’ordonna sous-diacre, diacre et prêtre en 1879, à vingt-sept ans déjà.

Ses nombreuses qualités lui valurent dès son ordination plusieurs nominations et diverses charges. Ainsi les membres du Chapitre des Chanoines proposèrent à l’évêque de le nommer sixième chapelain de chœur et second maître des cérémonies, charges qu’il assuma jusqu’à son transfer à Puebla en 1889. Ses autres charges furent à cette époque : sous-secrétaire, puis secrétaire de la Curie, co-fondateur et secrétaire de l’Académie philosophico-théologique Saint Thomas d’Aquin, inaugurée en 1880 par le même évêque Sollano y Dávalos.

On citera ici le témoignage d’un témoin oculaire, sœur Refugio Ladrón de Guevara, qui décrit ainsi ses débuts apostoliques :

“Dès lors il montra une sublime éloquence, une sorte d’onction surnaturelle qui émouvait les cœurs ; quand on apprenait qu’il avait annoncé les sermons de carême, il s’y rendait une telle foule que l’église où il prêchait, Notre Dame des Anges, était remplie. Et comme cette église n’avait pas de tambour, toute la foule se tenait dans la rue, jusqu’au trottoir d’en face, au point que la rue était fermée à toute circulation ; tout ce monde écoutait et comprenait ce que disait notre Père, car notre Seigneur lui donna une voix à la fois douce, sonore et claire, ce qui faisait qu’on l’entendait distinctement même de loin. J’en donne le témoignage.”

Un autre témoignage vient de son ami, le prêtre Miguel Arizmendi : “Il faut parler surtout du zèle avec lequel il s’est consacré à l’exercice de son saint ministère. Des personnes de tout sexe et de toute condition venaient à lui pour entendre ses conseils et le consulter dans des cas difficiles, attirés par sa vaste culture, sa grande prudence et son inaltérable vertu.

Durant sa jeunesse, il avait déjà montré son zèle en fondant une association juvénile : L’Ange de la Pureté. Séminariste, il allait faire le catéchisme dans les quartiers pauvres. Une fois prêtre, son zèle le porta auprès des jeunes, organisant principalement la catéchèse et promouvant le culte au Sacré-Cœur et la dévotion mariale dans le diocèse. Il obtint même la conversion de Juifs et de Francs-maçons. 

En 1884, la délicate santé du père Yermo fut sérieusement menacée par une grave maladie pulmonaire qui préoccupa beaucoup ses supérieurs et lui-même, au point qu’il crut opportun de renoncer à la charge de sous-secrétaire de la Curie. Durant sa longue convalescence, il décida d’aider un brave vieux curé dans l’exercice de son ministère, dans la petite église du Calvaire, située en haut d’une colline non loin de la ville. Avec ce prêtre exemplaire (don Prudencio Castro), le père Yermo prit contact avec les pauvres et les marginaux de la vie, qui avaient besoin d’une assistance matérielle et surtout spirituelle. Il s’en occupa si bien, qu’à la mort de l’évêque, le successeur de ce dernier, Mgr Tomás Barón y Morales, nomma José dans les deux quartiers de banlieue du Calvaire et de l’Enfant-Jésus, pour succéder au curé défunt (1885). 

Ce fut une nomination qui, de l’aveu de José lui-même, blessa sérieusement son orgueil. Mais il prit à cœur son travail apostolique, se chargeant lui-même des travaux les plus humbles. Dieu le préparait ainsi à rencontrer la réalité de la souffrance des pauvres.

Et voici ce qu’il découvrit un jour d’août 1885, tandis qu’il se rendait à l’église du Calvaire. Comme tous les jours, il devait traverser un ruisseau pour y accéder, et voilà qu’il découvre sous ses yeux des porcs en train de dévorer deux nouveaux-nés, probablement abandonnés là par une pauvre malheureuse. Il n’en put dormir pendant plusieurs nuits, mais cette horrible scène lui suggéra de faire quelque chose pour les enfants abandonnés et pour les pauvres.

C’est ainsi que le 13 décembre 1885, avec l’accord de l’évêque, fut fondée sur cette même colline du Calvaire de la ville de León l’Asile du Sacré-Cœur qui bientôt devint un centre d’enseignement, et la première école du Père Yermo : cette école maternelle fut la Maison Mère de beaucoup d’autres œuvres que le Père Yermo mit sur pied, et qui continuèrent à se développer même après sa mort ; les quatre jeunes filles qui secondèrent le Père Yermo dans cette première fondation, furent ensuite les premières Sœurs de la prochaine Congrégation des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus et des Pauvres. Lui-même, très humblement, affirmait : “C’est là ce grain de moutarde qui, je ne sais comment, m’est tombé dans les mains, a pris vie et grandi, jusqu’à abriter aujourd’hui dans ses branches un grand nombre de pauvres”.

Chaque occasion nouvelle qui se présentait à lui pour aider les pauvres, était dès lors une nouvelle étape sur son chemin de fondateur ; dès lors le père Yermo chercha tous les moyens d’être fidèle à ce que Dieu lui inspirait, s’entourant de personnes sages, et priant beaucoup pour discerner la volonté de Dieu.

Les difficultés ne se firent pas attendre, et furent très nombreuses : obstacles, incompréhensions, même de la part de ses amis. Ce fut pour lui, en plus de sa mauvaise santé, le départ d’une longue ascension de son esprit d’amour vers Dieu et vers les frères en difficulté. Il surmonta toute chose avec grande force d’âme et de foi. Le père Yermo s’était donné entièrement à Dieu, et n’hésitait pas à se décharger de certaines initiatives, quand il voyait qu’elles n’étaient pas de Dieu.

Les premiers fruits aussi se firent sentir : trois ans après son arrivée au Calvaire, il avait réussi à transformer cette petite église en un centre d’adoration eucharistique et de charité chrétienne fervente. Beaucoup de fidèles venaient des autres paroisses pour s’inscrire à la Garde d’Honneur du Sacré-Cœur ; chaque premier vendredi du mois une foule de gens remplissait l’église du Calvaire et la rue jusqu’en face, comme au temps des prédications de carême du père Yermo.

Son projet était l’évangélisation et la promotion du pauvre, et surtout de la femme. Il avait conscience qu’une femme bien éduquée est la base d’une société plus juste et plus chrétienne. Ceci ne l’empêcha pas de tourner aussi son attention et sa sollicitude vers d’autres secteurs de la société défavorisée. Dès 1888, les Sœurs prirent en charge l’Asile de la Charité, une maison pour les vieillards de la ville de Puebla, qui fonctionne encore de nos jours.

Cette même année, au moment où il pensait transférer son œuvre à Puebla, survint à León une de ces terribles inondations qui se produisent quelquefois dans ces belles régions. Voici ce que rapporta un journal de l’époque : “Hier soir, au milieu de la tempête et avec l’eau jusqu’à la ceinture, le père Yermo se rendait de tous côtés, là où il pouvait y avoir quelque danger. Il semblait se multiplier. Il fit élever une digue près de la Garita et ce n’est qu’après des efforts titanesques que l’entreprise dut être abandonnée, par lui et par ceux qui l’aidaient, entraînés par son exemple…” C’est à cette occasion que le Gouverneur de l’Etat de Guanajuato, le général Manuel González, fit son éloge en lui donnant le titre de “Géant de la Charité”. Toutefois, quelqu’un a dit à sa mort que le Père Yermo fut un géant à tous les moments de sa vie.

Le Père Yermo se rendit compte que Puebla devait être la ville qui abriterait le siège de la nouvelle Congrégation. C’est là qu’il fonda l’œuvre de la “Miséricorde Chrétienne”, pour la régénération de la femme tombée dans la prostitution. C’est dans cette propriété, acquise au prix de mille sacrifices, qu’il construisit successivement des écoles, des ateliers et des dortoirs pour petites filles orphelines.

Tout lui réussissait, grâce à sa grande confiance en Dieu, mais aussi à cette façon noble, douce et convainquante qu’il avait pour se faire aider par les couches modestes de la société.

Mais ses entreprises ne devaient pas s’arrêter à Puebla. Après y avoir installé diverses œuvres de bienfaisance, voici qu’en 1890 on le voit inaugurer une école à Mérida, dans l’Etat du Yucatán, à l’extrême limite de la patrie. En 1904, l’année de sa mort, fut fondée la première école parmi les indigènes de la Sierra Tarahumara, dans l’Etat de Chihuahua ; il y transféra les Servantes, pour la promotion des “rarámuri”, en collaboration avec les Jésuites (Les rarámuri sont une population très ancienne du Mexique, de race amérindienne, qu’on a successivement appelés “Tarahumara” ; ils sont réputés pour être d’excellents coureurs de fonds, habitués qu’ils sont à franchir à pied de grandes distances pour communiquer entre eux. Ils seraient environ cent mille aujourd’hui, catholiques, avec des traditions ancestrales. Ils sont menacés par l’infiltration chez eux de la drogue et de l’alimentation “moderne”) ; il disait que c’était là son œuvre la plus précieuse, montrant toujours un grand désir de pousser les Sœurs à travailler dans ces endroits ; dans sa prière, il disait au Seigneur : “Si c’est Toi qui m’inspires cet ardent désir de missions parmi les infidèles, rends-le fécond et fais-m’en connaître la route”.

Successivement, on le vit ouvrir des écoles, des Foyers, des Maisons pour Vieillards, des hôpitaux, lancer des missions, en différents points du Mexique.

Le père Yermo ne négligea aucun moyen pour impartir à ses filles spirituelles une doctrine solide, un réel amour pour l’Eglise et pour les pauvres, et une formation spirituelle et religieuse. Dès le départ il prescrivit d’utiles normes pour régler tous les rapports internes et externes de l’Œuvre, matériels et spirituels. Ce règlement, dûment révisé à la lumière du Magistère de l’Eglise, fut intégré aux Constitutions de la Congrégation, lesquelles furent approuvées par Rome dès 1910.

Il ne faudra pas croire que le père Yermo était un saint parfait en tout depuis sa naissance. La sainteté s’acquiert par étapes successives et parfois difficiles et même douloureuses. José avait un tempérament ardent, sanguin, avec des manifestations émotives assez visibles, mais qu’il apprit à dominer suffisamment pour qu’on pût dire de lui qu’il possédait une douce tranquillité en même temps qu’une profonde compassion. On le voyait régulier, ordonné, modeste, droit, tenace ; sincère, simple ; par son éducation soignée, il se montrait affable envers tous, quels qu’ils fussent.

Il se réjouissait de sentir la main de Dieu dans tout ce qu’il entreprenait, sans pour autant que lui fussent épargnées de grandes épreuves durant toute sa vie : malentendus avec ses évêques, souffrances et infirmités de tout genre. Ses derniers jours furent assombris par une terrible calomnie qui mina encore plus sa santé déjà bien précaire depuis longtemps (il fut honteusement accusé d’être le père naturel d’un enfant). L’évêque le pria de déposer sa charge auprès des Sœurs de la Congrégation qu’il avait fondée : il se soumit humblement, il obéit. Toujours il conserva une foi et une espérance à toute épreuve, même quand ses propres amis le “lâchaient”. Sa charité était plus qu’évidente : c’était “un homme d’amour”. 

Son zèle pastoral et sacerdotal lui suggéra la fondation de la première revue sacerdotale mexicaine (El Reproductor Eclesiástico Mexicano), grâce à laquelle il maintenait des contacts avec les prêtres de tout le Mexique et même d’autres pays d’Amérique Centrale et du Sud. 

Plus d’un siècle avant le récent document pastoral des évêques mexicains, le père Yermo apparaît comme le modèle sacerdotal que ces derniers décrivent pour les prêtres modernes du vingt-et-unième siècle :  fidèle au Christ et au sacerdoce; profonde insertion dans le monde actuel pour y apporter l’Evangile particulièrement là où il fait défaut, parmi les pauvres, parmi les jeunes, et surtout là où règne la délinquence, l’exploitation de la femme, l’analphabétisme, la misère, l’ignorance, la marginalisation ; enfin, le témoignage de la charité totale, dans le don total de soi, dans le célibat et dans une vie imprégnée de prière.

Il mourut au matin du 20 septembre 1904 à Puebla de los Angeles, de la mort des Justes et des grands hommes, et il se sentait très heureux parce qu’il allait vers son Seigneur, le fidèle Ami qui ne le trahit jamais : c’est pourquoi, au moment de mourir, il demanda qu’on lui chantât un chant à Marie, Etoile des Mers, qui l’accompagna au port de l’éternité.

Après l’avoir béatifié, le 6 mai 1990, lors de son voyage au Mexique, Jean-Paul II l’a canonisé le 21 mai 2000. Il est mentionné au Martyrologe le 20 septembre.

 

 

 

Antonio Blanco Muñoz

1871-1936

 

Antonio Blanco Muñoz naquit le 30 mars 1871 à Pozoblanco (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 20 septembre 1936 à Pozoblanco.

Antonio Blanco Muñoz sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 20 septembre.

 

 

 

María del Carmen Alejandra Cabrera Llergo de Blanco

1886-1936

 

María del Carmen Alejandra Cabrera Llergo de Blanco naquit le 21 septembre 1886 à Pozoblanco (Cordoue, Espagne S).

Cette laïque mariée sut montrer sa foi jusqu’à l’effusion de son sang.

Son martyre eut lieu le 20 septembre 1936 à Pozoblanco.

María sera béatifiée en 2021, et inscrite au Martyrologe le 20 septembre.

 

 

Teresa Cejudo Redondo de Caballero

1890-1936

 

Elle naquit le 15 octobre 1890 à Pozoblanco (Cordoue, Espagne), et reçut le nom de la sainte du jour, Thérèse d’Avila (Teresa de Ávila).

Ses parents, très chrétiens, étaient José Cejudo Muñoz et Isabel Redondo Caballero.

Après la mort de sa maman, Teresa dut quitter le collège des Religieuses Conceptionnistes, pour s’occuper de ses deux petites sœurs.

Elle épousa un architecte, Juan Bautista Caballero Cabrera, dont naquit une petite fille, qui s’appela aussi Teresa.

Elle fut une femme toute donnée à l’Action catholique, aux Conférences de Saint-Vincent-de-Paul, aux Marie du Sanctuaire (sacristines).

Quand les Pères salésiens s’installèrent dans la ville, elle s’en rapprocha avec enthousiasme et fut bientôt coopératrice. Quand ils érigèrent l’Association de Marie Auxiliatrice, elle en fut la secrétaire.

Lors de la révolution de 1936, Teresa s’offrit à Dieu en victime pour le triomphe de l’Eglise. 

Six jours après l’assassinat du curé, elle fut arrêtée pour sa condition de «propagandiste catholique». Elle dit adieu à sa chère famille.

En prison, elle continuait calmement à encourager ses compagnons. Au moment du repas, elle servait tous les autres, et elle prenait en dernier ce qui pouvait rester.

Le 16 septembre, elle passa en «jugement» et fut accusée de propagande politique contre les idées marxistes. Elle répondit : Je n’ai rien fait pour défendre le capital, mais pour la loi de Jésus-Christ.

Condamnée à mort avec d’autres personnes catholiques, elle put encore embrasser ses deux sœurs et sa fille ; quelques jours avant, son mari avait lui-même été assassiné à Valencia.

Elle fut exécutée le 20 septembre 1936, après avoir demandé à mourir la dernière pour pouvoir soutenir les autres au moment suprême.

Elle-même refusa d’avoir les yeux bandés. Au moment de tomber, elle cria encore : Je vous pardonne, frères ! Vive le Christ Roi !

Elle fut béatifiée en 2007.

 

 

 

Saturnino Feliciano Cabrera Calero

1893-1936

 

Saturnino Feliciano Cabrera Calero naquit le 11 février 1893 à Pozoblanco (Cordoue, Espagne S).

Ce laïc marié sut montrer sa foi jusqu’à l’effusion de son sang.

Son martyre eut lieu le 20 septembre 1936 à Pozoblanco.

Saturnino Feliciano Cabrera Calero sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 20 septembre.

 

 

Andrés Molina Muñoz

1909-1936

 

Né et baptisé le 15 avril 1909 à Ogíjares (Grenade), il entra au collège tenu par les Pères Carmes de Cordoue.

Mais il souffrait déjà de rhumatismes et dut changer d’orientation : il entra au Petit séminaire de Grenade, en 1922. Après les études de philosophie et de théologie au Grand séminaire, il fut ordonné prêtre en 1933.

Les paroisses où il exerça son ministère sacerdotal, qui dura seulement trois ans, furent Instinción et Rágol.

Peu avant le déclenchement de la persécution, don Andrés alla trouver sa mère, Carmen, à l’occasion de la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel (16 juillet). C’était un jeudi, et la maman suggérait à son fils : Les choses vont mal, reste donc quelques jours encore, mais don Andrés répondit à sa mère : Dimanche, il faut que je sois avec mes fidèles, et puis je célébrerai la Saint-Jacques (le 25 juillet, ndlr).

A peine arrivé, il écrivit une lettre à sa mère pour lui décrire la situation : Ces pauvres gens - je leur pardonne de tout mon cœur - me disent que, si je veux avoir la vie sauve, je n’ai qu’à me marier ; sinon, ils me tueront… Et moi je leur ai répondu qu’ils pouvaient bien me tuer, mais que je ne veux pas renier notre sainte Religion.

Il fut bientôt arrêté et mis en prison. Le 20 septembre, on l’emmena dans un coin de Terque, appelé El Umbrión, où on le fusilla.

Don Andrés avait vingt-sept ans.

Martyrisé le 20 septembre 1936 et béatifié en 2017, Andrés Molina Muñoz sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 20 septembre.

Anna Maria Tauscher van den Bosch

1855-1938

 

Fille d’Hermann Traugott Tauscher, pasteur luthérien, Anna Maria naquit à Sandow, dans la partie de l’Allemagne qui se trouve maintenant en Pologne, le 19 juin 1855. La maman d’Anna Maria, Pauline, était luthérienne aussi, mais très mariale en même temps, et c’est pour cette raison qu’elle fit donner ce nom à sa fille lors de son baptême (c’est le grand-père, lui aussi pasteur, qui la baptisa le 24 juillet suivant). Anna Maria aura deux autres petites sœurs.

En 1862, Hermann fut nommé à Arnswalde, où Anna Maria accompagna sa mère dans la visite des pauvres et des malades. Puis Hermann fut nommé à Berlin.

Anna Maria fut envoyée avec sa sœur dans une maison des “Frères Moraves”, à la campagne, pour reprendre des forces. En 1872, son père la rappela à Berlin pour sa confirmation. Mais Anna Maria ressentait de plus en plus d’incompatibilités avec le luthéranisme ; on lui dit justement qu’elle avait un esprit catholique.

En 1873, elle refusa un parti qu’on lui présentait en vue du mariage, provoquant la colère du grand-père.

En 1874, mourut la maman d’Anna Maria, qui dut s’occuper de la maison. Puis son père se remaria. 

Elle se mit, avec quelques compagnes, à confectionner des objets au profit des missions. Elle devint directrice d’une maison de malades psychiâtriques.

Elle se convertit au catholicisme en 1888, mais sans abjurer le luthéranisme, car, dit-elle, elle n’y avait jamais adhéré, pas même une heure. Son choix aboutit à une rupture avec son père, qui ne voulut plus la recevoir.

Elle désirait entrer chez les Carmélites, mais comprit que ce n’était pas vraiment sa voie. Ayant perdu sa place de directrice, elle erra, trouva une place de dame de compagnie. En voyant dans la rue des enfants, surtout italiens, qui traînaient là après un travail harassant, elle décida d’ouvrir un refuge pour sans-abris, la Maison pour les sans-maison (1891), dans la Pappelallee 91, à Berlin, qui abrita jusqu’à cent-vingt enfants. Elle prit le nom religieux de Maria Teresa de Saint-Joseph, mais ne pouvant obtenir de l’archevêque l’autorisation de porter un habit religieux, elle partit aux Pays Bas, où elle fut admise dans la famille carmélitaine.

Beaucoup de maisons seront ouvertes sous son impulsion. Il y en aura jusqu’à cinquante-huit lors de sa mort en 1938, avec plus de mille religieuses.

Toutes ses maisons prirent le nom de “Maison de Saint-Joseph” : à Sittard aux Pays-Bas, à Crémone en Italie, et à Rocca di Papa près de Rome, où elle établit sa “maison-mère”. 

Elle fit les vœux religieux avec quelques compagnes et fonda ainsi une nouvelle congrégation, agrégée au tiers-ordre de Notre-Dame du Carmel, les Sœurs Carmélites du Divin Cœur de Jésus (1906).

Les Sœurs essaimèrent en Amérique. 

Au lendemain de la première guerre mondiale, la maison de Rocca di Papa sera expropriée sous le prétexte qu’elle appartenait à des Allemands. On se replia donc à Sittard.

Mère Maria Teresa y rédigea les Constitutions.

Elle mourut le 20 septembre 1938, son dies natalis au Martyrologe, tandis qu’elle est localement fêtée le 30 octobre.

Elle a été béatifiée en 2006.

Partager cet article
Repost0
18 septembre 2022 7 18 /09 /septembre /2022 23:00

19 SEPTEMBRE

 

III.

S Trophimos, martyr à Synnada en Phrygie.

?

S Sabbatius, martyr à Antioche de Pisidie.

S Théodore, évêque à Vérone.

IV.

S Ianuarius, évêque à Bénévent, martyr avec les ss. Festus, Desiderius, Sosius (Sossus), Proculus, Eutychius ; il est patron principal de Naples, où chaque année son sang se liquéfie trois fois : le 1er samedi de mai, le 19 septembre, le 16 décembre.

SS Peleus, Nilus, Elia et Patermuthius, martyrs en Palestine ; Peleus et Nilus étaient évêques en Egypte, et Elia prêtre.

Ste Susanne, martyre à Eleuthéropolis.

V.

S Eustochius, évêque à Tours après Martin et Brice.

S Miletus, évêque à Trèves.

VI.

S Seine, prêtre à seize ans, fondateur d'un monastère qui portera son nom, jusqu'à la Révolution. 

S Marianus, ermite en Berry , vénéré à Evaux.

S Jean, évêque et martyr à Spolète.

VII.

S Goëry (Abbo), évêque à Metz ; auparavant il avait eu deux filles.

S Theodore, évêque à Cantorbury, originaire de Tarse, gloire de l'époque, surnommé “le philosophe”, organisateur de l'église d'Angleterre, favorisant les écoles et le chant grégorien.

IX.

Ste Pomposa, martyre à Cordoue ; elle était consacrée à Dieu ainsi que toute sa famille. 

X.

S Lantpert, évêque à Freising.

Ste Lucie, vierge écossaise et bergère à Sampigny ; les femmes l'invoquent pour avoir des enfants (ainsi naquit le fils d’Anne d'Autriche, futur Louis XIV).

XI.

S Ciriaco, abbé en Calabre.

S Arnoul, bénédictin, évêque à Gap, en remplacement de l'évêque simoniaque déposé, patron principal de Gap.

XIII.

Ste María de Cervelló, espagnole de l'ordre de Sainte-Marie de la Merci, surnommée Marie du secours, pour les grâces qu'elle obtient. 

XVI.

S Alonso de Orozco, espagnol, ermite de Saint-Augustin, prédicateur officiel de la cour, mort plus que nonagénaire, canonisé en 2002.

XIX.

S Hyŏn Sŏng-mun Garollu, catéchiste coréen martyr, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

Ste Émilie de Rodat, fondatrice de la congrégation de la Sainte-Famille de Villefranche-de-Rouergue, pour l'éducation et la scolarisation des enfants pauvres.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 2001 :

Piaristes : à Madrid, María Encarnación de la Yglesia de Varo (María de Jesús, *1891), et deux anciennes élèves de l'école : Dolores et Consuelo Aguiar-Mella Díaz (nées en Uruguay en 1897 et 1898) ;

Laïques : près de Valencia, Francisca Cualladó Baixauli (*1890), couturière engagée dans les œuvres ;

- béatifié en 2022 :

Diocésains : près de Grenade, le prêtre José Becerra Sánchez (*1875).

 

Trophimos de Synnade
3
e siècle

Seuls le nom et la ville de ce Martyr ont été conservés avec quelque certitude. Trophimos a pu souffrir avec Dorymedon, qu’on retrouvera le 20 septembre.
Synnade est aujourd’hui Şuhut (Turquie CW).
Trophimos fut longtemps torturé : on le fit marcher de Synnade à Antioche (de Pisidie) avec des chaussures garnies de pointes de fer à l’intérieur ; on le mit en prison et on lui creva les yeux ; il ne pouvait plus se diriger et ne voyait pas les bêtes fauves qu’on lançait contre lui, mais elles ne lui firent pas de mal ; enfin il fut décapité.
Trophimos mourut assez probablement vers la fin du troisième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Trophimos de Synnade au 19 septembre.

Ianuarius de Bénévent

† 305

 

S’il y a une occasion où le mot “légende” doit être pris au sens propre de “ce qu’il faut dire”, c’est bien le cas pour saint Janvier. Malgré quelques approximations, ce Saint peut être situé historiquement d’après des témoignages authentiques. Mais ses reliques ont été l’objet de beaucoup de vicissitudes.

Ianuarius a été simplement traduit Gennaro en italien, et Janvier en français.

Janvier, un descendant de la Gens Ianuari, était né à Naples vers 270. Prêtre, il fut élu en 302 évêque de Bénévent, près de Naples. 

Vers 303-304, au début de la grande persécution de Dioclétien, deux de ses diacres, Sosius, diacre de Misène, et Proculus, diacre de Pouzzoles, furent arrêtés avec deux gentilshommes, Eutychès et Acutius et jetés dans les prisons de Cumes par Dragontius, proconsul de Campanie.

En 305, lorsque Constance et Galère succédèrent à Dioclétien et Maximilien, Dragontius fut rappelé à Rome et remplacé par Timothée ; les chrétiens emprisonnés à Cumes furent relâchés.

Apprenant cette libération, saint Janvier, qui avait partagé la douleur des prisonniers, quitta son diocèse accompagné du diacre Festus et du lecteur Desiderius pour venir partager leur joie. Ils se rejoignirent dans une église aux environs de Pouzzoles et l'évêque, assisté de Sosius et Proculus y célébrait la messe quand il se fit au-dehors un grand bruit, suivi d'un long silence : une voix lisait le décret de persécution de Dioclétien que Timothée avait remis en vigueur.

A la sortie de l'église, Janvier guérit une de ses parentes paralytique et lui confia les deux burettes qui lui servaient à célébrer la messe ; alors, avec ses compagnons et la foule, il se rendit à Nola lors d'une marche qui parut un triomphe. Mais Timothée l'attendait sur la place de Nola et l'interrogea. Condamné à mort à l'issue de cet interrogatoire, saint Janvier sortit indemne du bûcher où on l'avait précipité ; il fut alors fouetté jusqu’au sang et jeté en prison avec Sosius, Proculus, Eutychès, Acutius, Festus et Desiderius. Puis les sept condamnés furent menés à l'amphithéâtre de Pouzzoles pour être donnés en pâture aux fauves mais les lions, les tigres et les hyènes, bien qu'affamés, se couchèrent à leurs pieds.

Timothée, fortement énervé, en perdit la vue mais Janvier la lui rendit. Devant ce miracle, cinq mille des trente mille spectateurs présents demandèrent à être baptisés par le Saint ; mais Timothée, éperdument vexé, ordonna la décapitation immédiate de Janvier, Proculus et Sosius et rentra dans son palais à Nola.

Les deux diacres furent ainsi décapités le 19 septembre 305 dans le forum proche du volcan Vulcano de Pouzzoles, puis ce fut le tour de Janvier, mais le bourreau ne trouvait plus de forces  ; Janvier le pria instamment d’aller au bout de sa besogne et l’y encouragea : revigoré, le bourreau coupa la tête du Saint, mais également un de ses doigts. A partir de ce moment, on ne parle plus des autres Compagnons de Janvier.

La nuit suivant le martyre, la parente paralytique que Janvier avait soignée recueillit du sang de l'évêque martyr avec une éponge, comme il était d'usage à l'époque, et en remplit les deux fioles qui avaient servi à Janvier à célébrer sa dernière messe puis elle emporta les ampoules chez elle, à Antignano. Un aveugle de Pouzzoles à qui saint Janvier avait rendu la vue à l'issue de son martyre récupéra la tête, le corps et le doigt du martyr et les plaça dans un coffre qu'il emporta à l'Agro Marciano (Fuorigrotta) à Naples ; puis, le corps fut ultérieurement transféré dans la catacombe dite de saint Janvier, toujours à Naples.

Pour certains, cela se serait passé le samedi précédant un premier jour de mai au début du IVe siècle. Ce jour-là, sur le chemin de Capodimonte, lorsque la relique passa à Antignano, la femme plaça les ampoules près du corps et le sang desséché du saint se liquéfia. 

Selon d’autres sources, ce ne serait qu’entre 413 et 431 que les reliques du martyr furent transportées dans la banlieue de Naples à la catacombe qui porte son nom et qui est, sans conteste, le plus important des cimetières paléo-chrétiens en dehors de Rome. Dès cette époque, saint Janvier était honoré comme le protecteur de la ville de Naples qui, à travers les âges, a toujours recouru à lui aux heures de dangers, spécialement lors des éruptions dévastatrices du Vésuve. 

Vers 831, un prince de Bénévent s’empara des reliques du saint et les emporta, pour les déposer au siège même où saint Janvier avait été évêque, mais en 1497 on les rapporta à Naples, où elles sont vénérées dans la cathédrale. A cette date il y avait déjà un siècle qu’on faisait état du célèbre “miracle” du sang de saint Janvier, attesté depuis 1389 (voir plus bas).

En 1964, on procéda à un examen des reliques de saint Janvier, dont il résulte que le Saint devait être assez grand, et surtout qu’il pouvait avoir environ trente-cinq ans, ce qui confirme pleinement les données historiques de sa naissance et de son martyre. 

Dès le haut moyen âge, le culte du saint martyr avait largement dépassé les frontières de la Campanie. Il a gagné tous les continents. L’un des plus beaux sites du monde, la baie de Rio de Janeiro (= Janvier), atteste sa popularité en Amérique latine.

 

 

A propos du Miracle de saint Janvier

 

Dans la notice ci-dessus, il est fait allusion au Miracle dont saint Janvier est le protagoniste depuis le XIVe siècle. 

La cathédrale de Naples abrite depuis fort longtemps, à part une éclipse à Bénévent, les reliques de saint Janvier : d’une part son Chef, car le Saint fut décapité ; d’autre part une ou deux ampoules où l’on avait pieusement recueilli un peu de son sang au moment de son martyre.

Des documents anciens prétendent - mais on ne peut le vérifier - que lors du premier transfert des reliques de saint Janvier, peu de temps après son martyre, le sang des ampoules se liquéfia au moment où passa à proximité le saint corps du Martyr, un premier samedi de mai. Ce qui est sûr, est que depuis 1389, lorsque l’évêque du lieu approche l’ampoule du reliquaire contenant le Chef de saint Janvier, le sang contenu dans l’ampoule se liquéfie, parfois instantanément, parfois au bout de quelque temps, parfois même quelques heures.

Le Miracle se reproduit trois fois dans l’année : le 19 septembre, jour anniversaire du martyre ; le premier samedi de mai, anniversaire de la première translation ; le 16 décembre, anniversaire d’une autre translation (durant laquelle cessa l’éruption du Vésuve).

On dit que, au moment du Miracle,  les pierres sur lesquelles furent décapités Janvier et ses deux Diacres, rougissent aussi. Ceci supposerait qu’on ait conservé aussi les pierres en question et qu’il s’y trouve des témoins pour observer la réalité du fait, ce que malheureusement il ne nous a pas encore été possible de vérifier.

Au cours des sept siècles écoulés depuis l’attestation de ce Miracle si étonnant, il y eut des exceptions, ou bien le Miracle se produisit à d’autres dates ; chaque fois ce fut le prélude à quelque calamité grave. 

C’est pourquoi les fidèles attendent avec une impatience non dissimulée que se produise le Miracle au moment voulu. Quand celui-ci se fait attendre, les prières et les chants des Napolitains se font plus intenses, les lamentations aussi, bientôt les cris et même, quelque part dans la foule, quelque menace à l’adresse du pauvre Saint en retard…

Mais mille ans sont aux yeux de Dieu comme un jour (cf.2P 2:8), et bientôt arrive - d’habitude - le Miracle, salué par les ovations retentissantes et victorieuses de la foule en liesse, agitant les mouchoirs blancs et chantant son action de grâce.

On se pose parfois la question de la signification à donner à ce Miracle. Sans aller chercher “midi à quatorze heures”, on peut très bien affirmer, sans risquer de se tromper beaucoup, que Dieu manifeste ainsi Sa présence au milieu de nous, par un signe inexplicable et répété qui, loin de devenir pour nous une habitude banale, doit susciter chaque fois en nous un regain de foi.

Le 19 septembre 2010, le Miracle a eu lieu précisément à 9 heures 22, répercuté au moins localement par les journalistes et les photographes. Il faut reconnaître que, sans Internet, nous serions bien embarrassés pour trouver cette nouvelle, même dans nos meilleurs journaux en langue française.

En 2013, le miracle s’est produit à 9h41 ; en 2014, à 10h11.

Le 22 mars 2015, lors de la visite de François à Naples, le pape a béni les fidèles avec cette Relique et le sang de saint Janvier s’est partiellement liquéfié ; le pape a commenté ainsi : Le sang s’est liquéfié à moitié, parce que nous ne sommes convertis qu’à moitié !

19 septembre 2016 : le miracle s’est reproduit à 10h38.

19 septembre 2018 : le miracle a été constaté à 10h05 ; le sang était déjà liquéfié quand le Cardinal Archevêque de Naples a soulevé l'ampoule pour la montrer aux fidèles.

19 septembre 2019 : le miracle a eu lieu à 10h04.

19 septembre 2020 : à 10h02, comme en 2018,  le sang était déjà entré en liquéfaction.

19 septembre 2022, 9h26 : nouvelle manifestation du prodige.

Peleus, Nilus, Elia, Patermuthius de Palestine
† 310

Peleus et Nilus étaient deux évêques d’Egypte.
Elia était prêtre.
On ne sait rien de plus sur Patermuthius, que son nom.
Ces quatre Martyrs furent jetés dans les flammes, avec beaucoup d’autres Compagnons, peut-être au nombre de cent cinquante.
Le lieu de leur martyre était en Palestine, sans doute en 310.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Peleus, Nilus, Elia, Patermuthius de Palestine au 19 septembre.


Eustochius de Tours
† 459

La famille d’Eustochius appartenait à l’ordre sénatorial.
Eustochius fut le cinquième évêque de Tours, à partir de 442.
Il fonda des paroisses : Braye, Yzeures, Loches (act. Braye-sur-Maulnes, Yzeures-sur-Creuse, Loches).
A l’intérieur même de la ville de Tours, il fit construire une église nouvelle pour abriter les reliques des ss.Gervais et Protais (v. 28 avril), rapportées naguère par s.Martin (v. 11 novembre).
En 453 eut lieu à Angers un concile régional : c’est Eustochius qui le présidait.
Eustochius adressa à ses prêtres une lettre dans laquelle il leur interdisait de s’adresser aux juges séculiers. L’Eglise, en effet, a ses propres juges, et n’a pas besoin de faire appel à des gens du monde pour examiner des affaires qui ne sont pas du monde.
L’épiscopat d’Eustochius dura dix-sept années, et ce saint homme mourut vers 458-459.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Eustochius de Tours au 19 septembre.

 

Marianus d’Evaux

6e siècle

 

Marianus serait né à Bourges.

Après avoir passé six années dans le monastère du Grand-Pressigny, il devint ermite dans la forêt de Combraille, se nourrissant exclusivement de fruits sauvages ou de miel qu’on lui apportait ou qu’il trouvait lui-même dans les forêts.

Beaucoup de gens venaient le visiter, mais un jour ils ne le trouvèreent pas. On l’aperçut enfin, gisant au pied d’un pommier, mort. On voyait les traces de ses pas et de ses genoux, là où il était venu se désaltérer une dernière fois dans la rivière.

On le porta au bourg d’Evaux, où se développa un culte important, à la suite de nombreux miracles opérés à la tombe de l’Ermite.

L’actuelle commune de Saint-Marien (Creuse) lui doit son appellation.

Saint Marianus d’Evaux est commémoré le 19 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sequanus abbé

† 581

 

Sequanus était le fils du comte de Mesmont (Côte-d’Or).

Le nom de Sequanus s’est aussi écrit Segonus ou Sigo, et est devenu Seine en français.

Ne pouvant obtenir de ses parents l’autorisation d’entrer dans un monastère, il se construisit une cabane à Verrey-sous-Drée et y mena une vie si austère que ses parents, craignant pour sa vie, l’autorisèrent à se faire tonsurer.

Le garçon se retrouva ainsi sous la protection du prêtre Eustadius qui, constatant l’état d’âme angélique de Sequanus, le fit ordonner prêtre alors qu’il n’avait que seize ans. Le fait est vraiment extraordinaire et dépasse tout ce que les lois canoniques de l’Eglise ont jamais permis. Mais Sequanus aurait-il eu la vingtaine d’années, qu’il n’en fallait pas plus pour susciter la jalousie des clercs : on ne devient pas prêtre avant vingt-cinq ans environ, sauf dérogation exceptionnelle.

Sequanus s’en vint auprès de s.Jean de Réomé (v. 28 janvier). Ensuite, dit la Vie extraordinaire de notre Personnage, un parent lui suggéra un endroit «idéal» pour construire un monastère : une forêt très épaisse où vivent des anthropophages, qu’on assimile à la forêt de Cestres.

Nous sommes aux alentours de 534. Sequanus rejoint sans tarder la féroce tribu, dont les habitants deviennent subitement très accueillants et l’aident à construire une maison. Les moines affluent, les malades guérissent, la moisson est protégée de la tempête menaçante…

Certains racontent que le père de Sequanus lui concéda tout le terrain dont il aurait pu faire le tour en un jour au trot de son âne. Le terrain  jouxtait les propriétés de l’actuelle abbaye de Flavigny.

De son vivant, Sequanus délivra des possédés.

Il mourut en 581.

L’abbaye prit le nom de Saint-Seine dès le 9e siècle ; Benoît d’Aniane (v. 12 février) y reçut sa formation, avant de devenir le grand réformateur de l’Ordre bénédictin. Les moines bénédictins qui l’habitaient au 17e, dépendaient de la Congrégation parisienne de Saint-Maur. Sous la Révolution, l’abbaye fut supprimée et les reliques qui s’y trouvaient furent dispersées.

Saint Seine est commémoré le 19 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Goëry de Metz

570-647

 

Goericus, diversement traduit en français : Goëry, Goeric, Goéry, Gœury, serait né vers 570, issu de la lignée Ansbertina d’Albi. Les traditions diffèrent, certaines nomment son père Gamardus, frère du sénateur Ansbertus et petit-fils de l’autre sénateur Tonantius Ferreolus.

Goëry semble avoir été marié et père de deux filles, Precia et Victorina.

D’abord soldat, il devint ensuite gouverneur de l’Albigeois.

Un premier «signe» de Dieu le toucha lorsque, frappé de cécité, il guérit par l’apposition d’une pierre rougie par le sang de s.Etienne (v. 26 décembre), ou plutôt lors d’un pèlerinage à la cathédrale de Metz, dédiée à s.Etienne, et dont l’évêque était alors son oncle, Arnoul (v. 18 juillet). En reconnaissance, il fit construire à ses frais une nouvelle église à Metz.

S.Arnoul l’ordonna prêtre et, vers 627, Goëry fut appelé à succéder à son oncle, comme trentième titulaire du siège de Metz.

Goëry fit construire à Epinal l’église Saint-Pierre ainsi que l’abbaye, à l’intention de ses deux filles.

La date retenue de sa mort se situe entre 642 et 649.

Dans le testament du roi Dagobert, Goëry est nettement désigné sour le nom de Abbo (altération de Abbas, c’est-à-dire Abbé, Père ?).

Depuis que ses reliques furent transférées à Epinal, il est devenu le Patron de cette ville.

Autrefois, on vénérait à Metz le 22 juin une sainte Prèce, qui aurait été l’une des deux filles de notre Goëry.

Saint Goëry de Metz est commémoré le 19 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodore de Canterbury

602-690

 

 Si l’on ne connaît pas la famille et les antécédents de Theodore, on connaît bien les grandes étapes de sa vie.

Theodoros, ce don de Dieu, eut dans sa destinée quelque chose de l’apôtre saint Paul : comme lui, il naquit à Tarse de Cilicie, vers 602 ; comme lui, il allait beaucoup voyager.

Si l’habitude de notre site est de nommer les Saints par le nom original de leur langue, nous donnerons à Theodoros son nom anglais, Theodore, puisque la Providence l’a destiné à œuvrer en Angleterre.

Tarse était un diocèse appartenant à la zone d’influence de Byzance, ce qui fait que Theodore reçut une culture grecque. Puis il y eut l’invasion persane et la prise des villes d’Antioche, Damas et Jérusalem en 613 ; la ville de Tarse tomba aux mains des Perses vers cette époque, et le jeune Theodore connut certainement la culture perse. Mais ces invasions n’empêchaient pas les jeunes étudiants de voyager, et l’on peut avancer avec d’assez fortes raisons qu’il connut aussi l’école exégétique d’Antioche et la culture syriaque. Quand enfin Tarse fut envahie par les troupes musulmanes, Theodore partit pour Constantinople, où il assimila tout ce qu’on pouvait lui enseigner en astronomie, astrologie, médecine, droit romain, rhétorique et philosophie. Son intelligence et sa science le faisaient surnommer philosophe.

Après Constantinople, Theodore gagna la Ville éternelle, où il se trouvait en 667.

Cette année-là, le pape avait reçu, envoyé par deux rois d’Angleterre, le prêtre Wighard, désigné pour devenir archevêque de Canterbury, mais celui-ci mourut de la peste… Deux autres candidats se récusèrent ; on «découvrit» notre Theodore, ce grand personnage à l’apparence monachale, discret : après quelques mois de préparation, le pape le consacra évêque le 26 mars 668 et l’envoya en mission.

Theodore partit le 27 mai, accompagné d’un théologien nommé Adrianus, et de Benoît Biscop (v. 9 et 12 janvier) ; on connaît leurs étapes : Marseille, Arles, Paris, Etaples. Theodore pénétra dans son diocèse un an plus tard, le 27 mai 669. On pourra remarquer avec intérêt que le voyage de Theodore commença et s’acheva sous les auspices de s.Augustinus, premier évêque de Canterbury, qui mourut le 26 mai 604. Theodore fut le septième.

Les rois de Kent et de Northumbrie accueillaient favorablement les coutumes romaines, mais non ceux de Wessex et de Mercie ; il fallait accorder les violons et rester dans la vérité ; Theodore ordonna des évêques qui suivraient sa direction. 

En 673 fut convoqué un synode à Hertford. La date de Pâques fut établie pour tous au dimanche suivant le 14 du premier mois lunaire (le nisan hébraïque) ; plusieurs canons définirent le rayon d’action des évêques, la stabilité des moines, la discipline des clercs ; un concile se réunirait chaque année.

Theodore se montra le réel organisateur de l’Eglise anglaise unie. Il favorisa la vie monastique, les écoles, l’usage du chant grégorien - lui qui était oriental ! 

Il savait à l’occasion se faire entendre : s.Chad (v. 2 mars) aimait se déplacer à pied dans son vaste diocèse, et ne voulait pas suivre le conseil de Theodore qui lui suggérait plutôt, par sage prudence, de prendre un cheval ; Theodore le mit en selle sans lui demander son avis, montrant par là une certaine force de tempérament - et de poignets !

On a vu dans la vie de s.Wilfrid (v. 24 avril) comment Theodore se préoccupa beaucoup du diocèse d’York : d’abord, il rétablit Wilfrid, qui avait été écarté illégalement ; puis il subdivisa ce grand diocèse en trois partie, obligeant Wilfrid à rester à l’écart de toute activité pastorale ; la mesure nous semblera excessive : sur son lit de mort, Theodore demandait la réintégration de Wilfrid. 

Theodore mourut le 19 septembre 690.

Saint Theodore de Canterbury est commémoré le 19 septembre dans le Martyrologe Romain.

Pomposa de Cordoue

† 853

 

Pomposa habitait Cordoue et avait décidé les siens, parents, frères et proches, à renoncer à leurs biens périssables pour acquérir des biens éternels.

Tous, comme elle, avaient promis à Dieu la chasteté. Les parents avaient donc aliéné leur patrimoine et fait bâtir Saint-Sauveur, un petit monastère où vivait toute cette communauté familiale, au lieu-dit Pina Mellaria («Pic Ruche»), un endroit célèbre pour ses abeilles.

L’aumônier était Fandilas (v. 13 juin). L’abbé et supérieur, Felix, fut le témoin des vertus de Pomposa, la plus jeune de toute la communauté, mais non la moins ardente.

A la nouvelle du martyre de sainte Colomba (v. 17 septembre), Pomposa fut saisie par un immense désir de la rejoindre au plus tôt. Déjà quelques années auparavant, dit saint Euloge (v. 11 mars), il avait fallu la retenir par la force et la surveiller, pour l’empêcher de courir trop vite à la mort.

Mais au soir du 18 septembre, le frère chargé de la fermeture de la porte, en retira la clef et la laissa entr’ouverte. Oubli ? Erreur volontaire ? Désobéissance ? Initiative inspirée ? Dieu le sait, et peut-être en trouverions-nous des explications dans le texte d’Euloge. Le fait est que Pomposa sortit et marcha toute la nuit jusqu’à Cordoue.

Au petit matin, elle se présente au juge, rend compte de sa foi et, pour bien compléter le tableau, s’en prend au faux prophète Mahomet, en en révélant son impudicité et ses mensonges.

Pomposa fut quasi immédiatement décapitée au sabre devant les portes du palais, le 19 septembre 853.

Elle n’était pas la première martyre de l’Islam, ni la dernière, loin de là.

Son corps fut jeté au fleuve, mais recueilli et enseveli près de celui de sainte Colomba.

Le Martyrologe Romain la mentionne le 19 septembre.

 

 

Lantpert de Freising

895-957

 

Le prénom de cet évêque se trouve aussi sous la forme Lantbert ou même Lambert.

Lantpert appartenait à la famille des comtes d’Ebersberg et naquit vers 895.

En 937, il fut nommé évêque de Freising (Bavière, Allemagne S). D’après une «légende», il provoqua un épais nuage autour de la cathédrale, de sorte que l’ennemi hongrois qui s’avançait dangereusement, ne put la détruire.

C’est à la même époque que Freising eut le droit de battre monnaie.

En 952, Lantpert prit part au synode d’Augsburg.

En 955 l’évêché fut à nouveau en grand péril à cause de l’invasion des Hongrois, qui cependant furent battus à la bataille du Lechfeld.

Lantpert mourut le 19 septembre 957 à Freising, où il avait occupé le siège épiscopal pendant vingt ans.

Le Martyrologe Romain mentionne maintenant saint Lantpert, au 19 septembre. 

Il faut distinguer saint Lantpert (Lambert) d’un autre saint Lambert, évêque de Maestricht et martyr, commémoré le 17 septembre.

 

 

Lucie de Sampigny

10e siècle

 

Cette Lucie serait venue d’Ecosse, pour garder les brebis d’un riche propriétaire à Sampigny (Meuse).

Ce propriétaire lui légua sa fortune, qu’elle utilisa pour construire un petit sanctuaire ; certains disent qu’elle le construisait de ses mains pendant qu’elle gardait son troupeau.

Au 17siècle, un couvent de religieux Minimes y fut construit pour desservir l’oratoire, mais le couvent a disparu depuis.

Sainte Lucie est invoquée par les femmes stériles. C’est ainsi que la reine Anne d’Autriche vint la prier et que naquit le futur Louis XIV (septembre 1638).

La quenouille de la sainte aurait même produit le cerisier ou le bois de sainte Lucie, dont les artisans lorrains tirèrent un bon parti.

Il va sans dire que les incertitudes au conditionnel de cette notice n’ont pas permis à Lucie d’intégrer le Martyrologe Romain, quoiqu’elle soit fêtée localement le 19 septembre.

 

 

Ciriaco de Buonvicino

950-1030

 

Buonvicino se trouve près de Cosenza dans la pointe sud de l’Italie. C’est là que naquit Ciriaco vers le milieu du 10e siècle. Il avait une sœur, Maria.

Il vécut en anachorète assez longtemps, puis demanda son admission au monastère basilien grec, près de Tripidoro, dont il devint abbé.

Sa sainteté de vie attira beaucoup de vocations.

Pendant ce temps, sa sœur fondait elle aussi un monastère non loin de Buonvicino.

La renommée de Ciriaco parvint jusqu’aux oreilles de l’empereur, Michel IV, dont la fille était possédée. Il fit venir Ciriaco, dont les prières délivrèrent sa fille. Reconnaissant, l’empereur concéda à l’abbaye des terres et des privilèges.

Ciriaco mourut le 19 septembre 1030 en grande odeur de sainteté.

Plus tard, une révélation fit savoir que son corps pouvait être détruit à cause des infiltrations d’eau, et on le replaça en un endroit plus adéquat. Mais le document de cet événement disparut lors d’une émeute qui mit à sac le palais épiscopal, en 1647.

Saint Ciriaco est à présent mentionné par le Martyrologe au 19 septembre.

 

 

Arnoul de Gap

† 1075

 

Arnoul (ou Arnoux) était né à Vendôme (Loir-et-Cher) et entra au monastère bénédictin de la Trinité.

Vers 1062, son abbé le prit avec lui pour aller à Rome.

A Rome où il resta quelque temps, on suppose qu’il fut au prieuré de Sainte-Prisque, où le pape avait concédé une église de l’Aventin aux bénédictins de Vendôme. Arnoul fut peut-être même prieur.

Vers 1064, l’évêque de Gap fut déposé pour corruption, concubinage et violence. Le pape sacra lui-même évêque Arnoul pour le remplacer.

On imagine sans peine le zèle qu’il mit à réformer son diocèse, pour le purifier de toute atteinte de l’esprit de corruption et pour infuser dans le cœur de son clergé et des diocésains l’amour de la sainteté.

On rappellera volontiers ici la scène du Christ chassant les vendeurs du Temple ; l’évangéliste rappelle qu’Un mot de l’Ecriture revint à la mémoire de ses disciples : Le zèle pour ta maison me dévorera (Jn 2:17 ; cf. Ps 69:10). Arnoul n’eut pas moins à souffrir pour la réforme de son Eglise.

Le saint évêque mourut le 19 septembre 1075, jour où le Martyrologe mentionne le saint patron de Gap.

 

 

María de Cervelló

1230-1290

 

Née à Barcelone le 1er décembre 1230, María reçut le baptême le 8 décembre suivant. Le baptistère était constitué par l’ancien sarcophage de sainte Eulalia de Barcelone.

Elle fut vivement attirée par cet esprit de charité qui animait les membres de l’Ordre des Mercédaires (pour le rachat des captifs), autour de s. Pedro Nolasco (v. 25 décembre et 6 mai).

En 1265, María reçut l’habit et fit les vœux, avec d’autres compagnes.

On a donné à María le surnom de María del Socós (en catalan) ou María del Socorro (en espagnol) : Marie du Secours, car on la vit plusieurs fois, durant sa vie ou après sa mort, «accourir» portée par le vent pour aider les bateaux en difficulté sur la mer déchaînée.

Elle mourut le 19 septembre 1290 et fut canonisée en 1692.

En raison des miracles répétés au secours des matelots, elle est devenue leur patronne.

 

 

Alonso de Orozco

1500-1591

 

D’origine noble, Alonso (Alphonse) naquit à Oropesa (Tolède, Espagne) le 17 octobre 1500.

Petit, il étudia la musique et fut servant de messe à la cathédrale de Tolède.

Il fit des études à Talavera de la Reina et à l’Université de Salamanque.

En 1520, saint Tomás de Villanueva (v. 22 septembre) l’incita à entrer dans l’Ordre de Saint-Augustin, ce qu’il fit.

En 1523 il fit la profession, et en 1527 reçut le sacerdoce.

De 1530 à 1537 il fut au couvent de Medina del Campo.

En 1538 il fut nommé prieur à Soria, en 1540 à Medina.

En 1541, il fut «définisseur» (c’est-à-dire provincial) pour l’Espagne tout entière.

En 1542, il fut prieur à Séville, en 1544 à Grenade et, à partir de 1545, visiteur pour l’Andalousie.

Pendant son priorat de Séville, il affirma avoir vu en songe la Vierge Marie, qui lui commandait d’écrire. Il écrivit en effet beaucoup, et fut un des premiers à le faire en castillan.

En 1549, il s’embarqua pour aller évangéliser au Mexique, mais dès les îles Canaries la maladie le força à revenir en Espagne.

En 1554, il fut prieur à Valladolid et Carlos V le nomma prédicateur à la cour. Aussi se déplaça-t-il à Madrid dès 1561, quand la cour s’y installa et vécut alors au couvent San Felipe el Real.

A la cour, il ne se présentait que lorsque sa mission officielle l’y appelait, et réussit à faire du bien non seulement à la noblesse, mais aussi à tout le personnel subalterne.

Il aurait voulu fuir ce monde de splendeurs, mais le roi Carlos V fit savoir qu’il ne voulait pas chasser les Saints de la cour. Il lui proposa des évêchés, même celui de Tolède, qu’il refusa énergiquement.

Il fonda beaucoup d’autres monastères. Parmi ceux-ci, on rappellera celui de moniales (franciscaines) de Sainte-Isabelle, en 1589.

Il mourut en odeur de sainteté, le 19 septembre 1591.

Il fut béatifié en 1882, et canonisé en 2002.

Hyŏn Sŏng-mun Garollu

1797-1846

 

Garollu (Carolus, Charles) naquit à Séoul (Corée du nord) en 1797.

Son père mourut martyr en 1801, son épouse et ses enfants moururent en prison en 1839. Sa sœur, Benedicta, reçut aussi le martyre le 29 décembre 1839. Quelle famille héroïque !

Carolus mit toute sa vie au service de l’Eglise catholique. Le document du Saint-Siège atteste ses nombreuses contributions, ses éminentes vertus, sa personnalité chaleureuse, aimable et simple.

A l’éclosion de la persécution de 1838, Carolus pensa se dénoncer spontanément aux autorités, en témoignage de sa foi, mais les missionnaires le détournèrent vivement de cette pensée, en lui rappelant aussi la place importante qu’il avait pour assurer la vie de l’Eglise.

Avant son martyre, Mgr Imbert (v. 21 septembre) lui confia l’Eglise catholique coréenne, c’est dire à quel point l’Eglise avait confiance en ce Chrétien.

Carolus alors fit de nombreuses visites aux diverses missions catholiques, encourageant les fidèles, recueillant des offrandes pour aider les pauvres et organiser la vie spirituelle de la population.

A la fin de cette persécution, il fit publier et distribuer de courts récits sur les Martyrs et envoya des messagers jusqu’à Pékin pour établir des contacts avec les missionnaires. C’est ainsi qu’il accompagna le père Andreas Kim dans son périlleux voyage à Shanghai, sur sa petite barque de fortune en bois. A son retour à Séoul, il abrita chez lui le père Kim et se risqua même à le faire enregistrer sous son propre nom.

Après l’arrestation du père Kim, Carolus fut à son tour arrêté, ainsi que plusieurs autres femmes chrétiennes, le 10 juillet 1846.

En prison, Carolus continuait à exhorter ses compagnons chrétiens.

On dit qu’il fut durement torturé, certains affirment au contraire que la torture lui fut épargnée, mais tous savent qu’il fut condamné à mort.

Carolus fut décapité à Saenamt’ŏ, le 19 septembre 1846.

Il fut béatifié en 1925, et canonisé en 1984.

 

 

Émilie de Rodat

1787-1852

 

Fille aînée de Jean-Louis, trésorier de France à Montauban, et d’Henriette de Pomayrols, Émilie naît le 6 septembre 1787, deux ans avant l’explosion de la Révolution française, au château de Druelle, près de Rodez (Aveyron, France).

La petite fille est prise en charge par la grand-mère maternelle au château de Ginals. Plus tard, Émilie écrira elle-même que sa grand-mère lui apprit à aimer le Bon Dieu. Une grand-tante sut aussi lui apprendre à forger son petit caractère. Elle écrit : Étant petite, j’avais le défaut de bouder. J’allais me tapir dans l’embrasure d’une fenêtre. Alors ma grand-mère me disait : “Émilie, viens près de moi”. Quand je m’étais rendue à son ordre, elle ajoutait : “Regarde-moi, il faut rire”. Je faisais la revêche, mais elle persistait jusqu’à ce que je fusse décidée et que j’eusse repris mon air ordinaire.

A onze ans elle fit enfin sa Première Communion, dans la chapelle du château, après la tourmente révolutionnaire. Elle dira plus tard qu’elle s’était bien un peu ennuyée après sa communion, mais qu’elle y avait été bien préparée.

L’adolescence fut un moment douloureux dans l’évolution de la jeune fille. Une mission prêchée alors en 1804, lui permit de dissiper ses hésitations.

Émilie fréquenta quelque temps à Villefranche-de-Rouergue une sorte de “communauté” où vivaient différentes religieuses qui s’étaient retrouvées ensemble après la tourmente révolutionnaire. Sa grand-mère et sa tante s’y étaient aussi retirées. On parlait, on était pieux, on visitait les pauvres.

Émilie reçoit la Confirmation en 1805 et cherche à trouver sa voie dans la vie religieuse. Trois essais infructueux la laissent sur sa faim de dévouement, jusqu’à ce qu’en 1815 elle entende parler des Ursulines, dont les écoles gratuites pour petites filles avaient disparu. Émilie est soudain illuminée sur sa voie : elle va ouvrir une petite école, chez elle. Elle s’entourera de Consœurs pour donner le départ à une nouvelle congrégation, de la Sainte Famille. On instruira les petites filles, et on ira visiter les malades, les orphelins et les prisonniers.

Elle regroupe très vite beaucoup d’élèves, et doit plusieurs fois changer d’adresse, mais aussi elle fait l’objet de jalousies et de potins qui cherchent à la discréditer. Émilie persévéra avec une force d’âme peu commune. Elle finit par acquérir le couvent des Cordeliers, qui était abandonné.

Parmi les épreuves d’Émilie il faut parler du décès de plusieurs sœurs, emportées par la maladie, d’une crise interne à l’établissement, où l’on crut bon de subdiviser l’institut en deux branches, cloîtrée et non-cloîtrée, et aussi de la douloureuse épreuve physique qu’Émilie dut supporter à cause d’un polype au nez, qu’on lui opéra par trois fois.

Émilie subit surtout une épreuve très douloureuse, la nuit spirituelle, longue période (vingt années !) durant laquelle elle croyait avoir perdu la foi et l’espérance, et être condamnée. Par sa persévérance dans l’action charitable, elle put ne rien montrer de cette nuit à son entourage. Elle recouvra enfin la paix dans les dernières années de sa vie.

A la fin de sa vie, la Congrégation a déjà ouvert une quarantaine de maisons. Aujourd’hui, les religieuses sont plusieurs centaines.

Émilie de Rodat mourut le 19 septembre 1852 ; elle a été béatifiée en 1940, et canonisée en 1950. 

Son dies natalis est mentionné le 19 septembre au Martyrologe.

José Becerra Sánchez

1875-1936

 

José Becerra Sánchez naquit le 7 mars 1875 à Alhama (Grenade, Espagne).

Il fut ordonné prêtre en 1902, nommé vicaire à Loja et Padul. En 1922, il fut nommé dans la paroisse de sa naissance, Alhama de Grenade.

On retrouva son cadavre à Málaga, le 19 septembre 1936.

José Becerra Sánchez devrait être béatifié en 2022, et inscrit au Martyrologe le 19 septembre.

 

 

Francisca Cualladó Baixauli

1890-1936

 

Cette pieuse laïque du diocèse de Valencia naquit le 3 décembre 1890 à Molino de San Isedro (Ruzafa, Valencia, Espagne), et reçut au baptême le nom du Saint du jour, François-Xavier.

Jeune encore, elle fut orpheline de son père. Couturière de son état, elle s’occupait de sa mère et son travail leur permettait de vivre.

Chrétienne fervente et habituée de l’Eucharistie et du chapelet quotidiens, elle fit partie du syndicat catholique féminin et s’engagea de toutes ses forces dans l’Action Catholique, par la catéchèse et les œuvres de charité, secourant les pauvres avec ses propres deniers.

Arrêtée à la mi-septembre, jetée en prison, elle mourut fusillée pour sa foi. On lui avait tranché la langue pour l’empêcher de crier sans arrêt Vive le Christ Roi  !

Ce martyre eut lieu à Torres de Espioca (Benifaió, Valencia), le 19 septembre 1936.

Francisca a été béatifiée en 2001.

 

 

María Encarnación de la Iglesia de Varo

1891-1936

 

María naquit le 25 mars 1891 à Cabra (Cordoue, Espagne), et reçut au baptême les noms de Marie et de l’Incarnation, puisqu’on fêtait ce jour-là l’Annonciation, et donc l’Incarnation du Christ.

Elle fut la première élève du nouveau collège des Piaristes en 1899.

Intelligente, appliquée, elle se fit remarquer par ses études sérieuses et son comportement excellent.

Elle entra chez les Religieuses des Ecoles Pies et fit la profession à Carabanchel (Madrid) avec le nom de María de Jésus.

Elle resta à Carabanchel de 1911 à 1918, à Santa Victoria (Cordoue) de 1918 à 1922, à Madrid de 1922 à 1936, et devint supérieure du collège de Carabanchel.

Le 19 juillet, la communauté jugea opportun de quitter la maison et de se réfugier où elles pouvaient, chez des parents ou des amis.

Mère María et six autres Compagnes trouvèrent un appartement, mais elles furent dénoncées.

A cinq heures du matin du 8 août, des miliciens vinrent les appeler à se présenter au Gouvernement Civil. Ne pouvant entrer toutes dans le véhicule, trois restèrent : María et deux autres pieuses femmes, anciennes élèves liées à la congrégation, Consuelo et Dolores Aguiar-Mella Díaz.

Le 19 septembre suivant, à neuf heures du matin, fut arrêtée dans la rue Dolores, d’origine uruguayenne, dont le frère était vice-consul à Madrid et fut immédiatement alerté. Entre temps, un milicien vint annoncer que si la Supérieure l’accompagnait, on délivrerait Dolores. María le suivit, accompagnée de Consuelo, la sœur de Dolores. Mais on ne revit plus ni Dolores, ni Consuelo, ni María, et toutes les démarches du brave vice-consul n’aboutirent à rien.

On retrouva les corps des trois Religieuses, complètement défigurées, sur la route qui conduisait en Andalousie. On ne les reconnut qu’à leur habit, et au bracelet diplomatique des deux Uruguayennes, dont le frère put récupérer les corps et les ensevelir chrétiennement au cimetière de Almudena.

Ce martyre eut donc lieu près de Madrid, le 19 septembre 1936.

María, et ses deux Compagnes, ont été béatifiées en 2001.

 

 

Dolores et Consuelo Aguiar-Mella Díaz

1897-1936/1898-1936

 

Dolores naquit le 29 mars 1897, Consuelo le 29 mars 1898, à Montevideo (Uruguay), de père espagnol et de mère uruguayenne.

Elles vinrent en Espagne où elles furent élèves du collège des Piaristes. Elles ne purent devenir religieuses, mais continuèrent à vivre dans le monde comme des religieuses, unies à Dieu et au service des autres.

Elles vivaient donc à Madrid, après leurs études chez les Mères Piaristes.

Le 19 juillet 1936, la communauté jugea opportun de quitter la maison et de se réfugier où elles pouvaient, chez des parents ou des amis.

Mère María, la supérieure, et six autres Compagnes, dont Dolores et sa sœur Consuelo, trouvèrent un appartement, mais elles furent dénoncées.

A cinq heures du matin du 8 août, des miliciens vinrent les appeler à se présenter au Gouvernement Civil. Ne pouvant entrer toutes dans le véhicule, trois restèrent : María et les deux sœurs Aguiar-Mella Díaz, qui portaient le brassard diplomatique.

Le 19 septembre suivant, à neuf heures du matin, fut arrêtée dans la rue Dolores, dont le frère était vice-consul à Madrid et fut immédiatement alerté. Entre temps, un milicien vint annoncer que si la Supérieure l’accompagnait, on délivrerait Dolores. María le suivit, accompagnée de Consuelo, laquelle pensait que son brassard diplomatique la protégerait. Mais on ne revit plus ni Dolores, ni Consuelo, ni María, et toutes les démarches du brave vice-consul n’aboutirent à rien.

On retrouva les corps des trois Religieuses, complètement défigurées, sur la route qui conduisait en Andalousie. On ne les reconnut qu’à leur habit, et au brassard diplomatique des deux Uruguayennes, dont le frère put récupérer les corps et les ensevelir chrétiennement au cimetière de Almudena.

Ce triple assassinat eut de très fortes répercussions dans le monde entier, surtout en Uruguay, qui rompit les relations diplomatiques avec l’Espagne.

Ce martyre eut donc lieu près de Madrid, le 19 septembre 1936.

María, et ses deux Compagnes, ont été béatifiées en 2001.

Lors de la béatification, le pape confia à l’intercession des deux-cent trente-trois nouveaux Bienheureux, martyrs espagnols, la fin du terrorisme en Espagne, vivement applaudi par les vingt-cinq mille fidèles présents.

Dolores et Consuelo sont les premières Bienheureuses d’Uruguay.

Partager cet article
Repost0
17 septembre 2022 6 17 /09 /septembre /2022 23:00

18 SEPTEMBRE

 

?

Ste Ariadni (ou Maria), servante, martyre en Phrygie.

III.

S Ferreolus, tribun militaire, martyr à Vienne.

?

Stes Sophie et Irène, peut-être martyres, mais on ne sait rien de plus. 

IV.

S Okeanus, martyr à Nicomédie.

S Eustorgius, évêque à Milan, ferme adversaire de l'arianisme.

VI.

S Senarius, évêque à Avranches.

S Ferréol, évêque à Limoges.

VII.

SS Walbert et Bertille, époux, parents des stes abbesses Aldegonde et Waudru.

S Eumenios, évêque à Gortyne.

IX.

Ste Richarde, impératrice, fondatrice d'une abbaye à Andlau ; une ourse avec ses petits en aurait indiqué l'endroit : longtemps, on y élevait un ours, en souvenir.

XVII.

S Giuseppe de Cupertino, mystique franciscain et thaumaturge, parfois même suspecté par ls autorités vaticanes, mais consulté par des Princes et des Cardinaux.

XIX.

S Ɖaminh Trạch (Ɖoài), prêtre dominicain tonkinois, martyr béatifié en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1992 :

Hospitaliers : près de Madrid, le profès Jacinto Hoyuelos Gonzalo (*1914) (le 17 septembre au Martyrologe).

- béatifié en 1995 :

Marianistes : près de Ciudad Real, le profès Carlos Eraña Guruceta (*1884) ;

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, José García Mas et Fernando García Sendra (*1896, 1905) ;

Amigoniens : près de Valencia, les prêtres Salvador Chuliá Ferrandis (Ambrosio María de Torrent) et Vicente Jaunzarás Gómez (Valentín María de Torrent) (*1866, 1896) ; les profès José María Llópez Mora (Recaredo María de Torrent), Vicente Gay Zarzo (Modesto María de Torrent), et Justo Lerma Martínez (Francisco María de Torrent) (*1874, 1885, 1886) ;

- béatifiés en 2007 :

Salésiens : à Madrid, le prêtre Salvador Fernández Pérez (*1870).

Lasalliens : près de Tarragona, Lucas Martín Puente (Anastasio Lucas), Sebastián Obeso Alario (Honorio Sebastián), Juan Pérez Rodrigo (Nicolás Adriano) et Herman José Fernández Sáenz (Clemente Faustino) (*1908, 1910, 1914, 1915) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Manuel Alcayde Pérez et Melitón Martínez Gomez (*1869, 1878) ;

- béatifié en 2018 :

S.Pierre-aux-Liens : près de Téruel, le frère convers Ismael Tajadura Marcos (Estanislao Kostka, *1902).

B Józef Kut (1905-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

Ariadni de Primnesse

?

 

Du peu qu’on a retrouvé d’authentique sur cette Martyre, Ariadni aurait été la servante d’un maître païen.

Tandis que celui-ci était dénoncé comme receleur de chrétienne, puis absous, Ariadni fut présentée au juge et interrogée sur sa foi :

« Quel est ton nom ?

- Chrétienne.

- Ce monsieur, c’est ton maître ?

- Maître de mon corps, mais le maître de mon âme, c’est Dieu.

- Pourquoi n’adores-tu pas les dieux, comme ton maître ?

- Je suis chrétienne, je n’adore pas les idoles. J’adore Dieu vivant, vrai, éternel.

- Qui t’a appris à être chrétienne ?

- Mes parents.

- Vite, sacrifie, ou je te fais mourir.

- Tes supplices ne durent qu’une heure. Fais ce que tu veux : j’ai le Christ en moi qui me fortifie.

Ariadni fut condamnée au supplice ; soulevée et attachée presque nue sur un horrible chevalet, on allait la déchirer, mais la foule intercéda en sa faveur et obtint un sursis de trois jours.

La fin du martyre d’Ariadni est inconnue, de même que l’époque même de celui-ci.

Ariadni est aussi nommée Maria dans certaines recensions.

La ville de Primnesse serait en Phrygie (act. Akşehir, Turquie CW).

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Ariadni de Primnesse au 18 septembre.

 

 

Ferreolus de Vienne

? 250

 

On a vu au 28 août comment Ferreolus conseilla à son subalterne, Iulianus, de s’éloigner de Vienne pour éviter, si possible, la persécution.

Ce Ferreolus était tribun militaire, en garnison à Vienne en Gaule (act. Isère).

Il refusa d’obtempérer aux ordres de rechercher les Chrétiens, comme de sacrifier aux dieux païens. Interrogé par le juge, il répondit :

Je suis chrétien. Je ne peux pas sacrifier. J’ai servi les empereurs aussi longtemps que la religion me l’a permis. J’ai promis obéissance aux lois justes, jamais aux lois sacrilèges. Je me suis engagé à servir contre des coupables et non contre des chrétiens. Je ne réclame aucune solde. Il me suffit de vivre en chrétien et, si ce n’est pas possible, je suis prêt à mourir.

Il fut flagellé et conduit en prison.

Ici, un ange serait intervenu pour le libérer et l’aider à s’échapper (cf. Ac 5:19s), mais cette intervention ne fut guère efficace, puisque Ferreolus fut bientôt rattrapé et décapité.

Si vraiment un ange était intervenu, ç’aurait été en vue de quelque mission divine importante, comme ce fut le cas pour s.Pierre.

La persécution dont il est question pour Ferreolus, comme pour Iulianus, semble bien être celle de Dèce, vers 250.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Ferreolus de Vienne au 18 septembre.

 

 

Okeanus de Nicomédie

? 303

 

Okeanus fut peut-être un Martyr de Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW) vers 303, et eut peut-être des Compagnons.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Okeanus de Nicomédie au 18 septembre.

 

 

Eustorgius de Milan

† 350

 

De par son nom, Eustorgius apparaît à certains comme issu de famille grecque.

On rapporte qu’en 344, Eustorgius (Eustorgios ?) serait justement arrivé de Constantinople à Milan, avec les reliques des Rois Mages, dans un pesant sarcophage que soutenaient deux jeunes genisses (v. une histoire très similaire dans la notice de s.Priscus de Nocera, 17 septembre).

Il est certain qu’en 344 il fut appelé à être le dixième (ou neuvième) évêque de Milan, selon qu’on retient ou non s.Barnabé comme l’évêque fondateur du diocèse au premier siècle.

En 345 et 347, il convoqua deux synodes diocésains et fit construire plusieurs églises.

Dans le cadre de la lutte contre l’hérésie arienne, Eustorgius se montra fidèle à la doctrine trinitaire. S.Athanase (v. 2 mai) le cite parmi les évêques italiens hostiles à l’arianisme ; s.Ambroise (v.7 décembre) écrit : Jamais je ne livrerai l’héritage des Pères… l’héritage d’Eustorgius le confesseur… et de tous les évêques fidèles qui m’ont précédé.

Eustorgius mourut vers 350.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Eustorgius de Milan au 18 septembre.

 

 

Senerius d’Avranches

† 578

 

On n’est pas même sûr des dates d’épiscopat de Senerius/Senarius (ou Senier), septième évêque à Avranches.

Il a succédé à s.Paterne (v. 15 avril), et donc a sans doute commencé son épiscopat vers ou après 563.

Son successeur ayant été mentionné à partir de 578, on peut en déduire que Senerius mourut vers ou avant cette dernière date.

Il est très difficile de trouver quelques autres indications particulières sur s.Senarius.

Le titre d’évêque d’Avranches, supprimé en 1801, fut restauré et réuni à celui de Coutances en 1854.

Saint Senerius d’Avranches est commémoré le 18 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ferréol de Limoges

† 597

 

Voici encore un personnage très peu connu. Seules des concordances peuvent le situer approximativement dans l’histoire, mais on ne nous a pas laissé de détails sur sa personnalité.

Il pouvait être le cinquième ou le sixième évêque de Limoges, cette imprécision étant due à la chronique du fondateur lui-même du diocèse, s.Martial (v. 30 juin), que certains ont fait vivre au 3e siècle, et d’autres, moins scrupuleux, au 1er siècle.

En 579, Ferréol apparaît lors d’une émeute populaire qui s’était déchaînée contre les exactions des rois mérovingiens (où l’on voit que les protestations contre la hausse des impôts ne sont pas une chose récente).

En 584, l’église de Brive fut incendiée et Ferréol la fit reconstruire dans sa beauté primitive.

En 585, Ferréol était présent au concile de Mâcon, où fut rappelé le devoir des Chrétiens de sanctifier le jour du Seigneur.

Enfin en 591, Ferréol est présent aux obsèques de s.Yrieix (v. 25 août), qu’il aurait même présidées.

Quand mourut Ferréol ? La réponse est difficile, car son successeur fut nommé en 614. En l’absence d’autres données sur Ferréol après 597, on suppose qu’il mourut avant la fin du 6e siècle et qu’il y eut une longue vacance du siège après lui.

Saint Ferréol de Limoges est commémoré le 18 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eumenios de Gortyne

7e siècle

 

Durant sa jeunesse, Eumenios distribua ses richesses aux pauvres et vécut dans une grande ascèse.

On le voyait souvent le visage baigné de larmes. Jamais on ne l’entendit proférer quelque parole critique envers le prochain, et jamais il ne permettait d’en entendre.

Le peuple de Gortyne (Crète) le voulut comme évêque. Eumenios fut un pasteur zélé pour son troupeau ; sa prière obtint des miracles, il guérit des malades et chassa les démons.

Eumenios serait venu en pèlerinage à Rome, puis serait venu visiter la Thébaïde, où il mourut ; son corps fut rapporté et enseveli à Rhaxos en Crète.

L’Eglise orthodoxe est active en Crète, mais le titre catholique de Gortyne est seulement honorifique.

Saint Eumenios de Gortyne est commémoré le 18 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Richarde impératrice

840-900

 

Richarde naquit vers 840, fille du comte Erchanger de Souabe, comte palatin de Nordgau.

Vers 862, elle devint l’épouse de Charles le Gros, troisième fils de Louis le Germanique.

Très attachée à la foi romaine, Richarde s’empressa de soutenir divers monastères tant en Allemagne du Sud qu’en Suisse et jusqu’en Italie septentrionale.

Vers 880, elle fonda l’abbaye d’Andlau, qui est au Sud du Mont Sainte-Odile. Une pieuse légende raconte que l’emplacement de la construction fut signalé par une ourse qui, avec ses petits, gratta la terre à l’endroit idéal. C’est en souvenir de cela que l’abbaye élevait fidèlement un ours dans ses murs. Romaine dans l’âme, Richarde dédia son monastère aux saints apôtres Pierre et Paul.

En 881, les deux époux furent couronnés à Rome par le pape Jean VIII.

Faible, victime de crises de folie, Charles était incapable de gouverner sagement ; Richarde prit l’administration politique en main ; Charles alla jusqu’à humilier son épouse, l’accusa d’adultère avec son chancelier et la répudia, prétendant que leur mariage n’avait jamais été consommé. La réalité fut que Charles eut un fils naturel, Bernhard, que Richarde adopta avec plein d’amour et de douceur.

A cela s’ajoute que Richarde aurait subi l’épreuve du feu ou ordalie, sans aucune souffrance apparente. Elle fut réhabilitée. Après la mort de Charles (888) et de Bernhard, elle se retira à Andlau.

Richarde s’éteignit, croit-on, vers 900, un 18 septembre.

En 1049, le pape Léon IX (v. 19 avril) bénit l’église d’Andlau et canonisa Richarde.

Sainte Richarde impératrice est commémorée le 18 septembre dans le Martyrologe Romain.

Giuseppe Maria Desa de Copertino

1603-1663

 

Les parents de Giuseppe étaient d’humbles chrétiens de Cupertino (Naples, Italie), assez pauvres : leur petit garçon naquit, comme Jésus, dans une étable. Felice Desa était charpentier, et mourut avant la naissance de son fils ; Francesca Panara, pour sa part, fut pour lui suffisamment énergique, au point que plus tard le garçon pouvait dire : Je n’ai pas eu besoin de noviciat pour me broyer à la vie religieuse.

Giuseppe commença l’école à sept ans, mais une grave maladie l’empêcha de continuer ; il n’en guérit, dit-il, qu’à quinze ans, par une grâce obtenue de la Madonne de Galatone, à laquelle il restera toute sa vie très dévot.

On le voyait si souvent bouche bée, l’air hébété, qu’on l’avait justement surnommé bocca aperta (bouche ouverte) ; il n’était pas plus habile de ses dix doigts.

A dix-sept ans, il voulut entrer chez les Frères Mineurs conventuels, mais on n’en voulut pas. Les Capucins furent plus accueillants, mais se crurent obligés de le renvoyer, à cause de ses (déjà) trop fréquentes extases : toujours ravi en Dieu, il mettait un temps si considérable à exécuter des travaux de peu d'importance que les supérieurs, le jugeant incapable de rendre le moindre service à la communauté, le renvoyèrent dans le siècle.

Les Conventuels cependant le rappelèrent : il était sûrement assez bon pour s’occuper de la mule du couvent de la Grottella. La soumission totale du jeune Religieux les édifia, et les convainquit de le garder, et même de le pousser à la cléricature.

Il fallut étudier, pour au moins lire les prières du missel, du bréviaire. Giuseppe s’y appliqua de toute sa bonne volonté, mais dut lui-même supplier son maître : Prenez patience, vous n’en aurez que plus de mérite.

Avant le diaconat et le sacerdoce, les étudiants passent un examen. Qu’allait répondre Giuseppe à l’évêque ? Au premier examen, le prélat demanda à Giuseppe un commentaire sur Bienheureux le ventre qui t’a porté (Lc 11:27). Ce thème marial convenait parfaitement à Giuseppe, qui s’en tira merveilleusement. A l’examen suivant, les premiers s’étant montrés très brillants, l’évêque en conclut que tous les autres l’étaient aussi, et les admit tous sans autre question.

C’est ainsi que Giuseppe devint le patron des examinands, - et fut ordonné prêtre en 1627.

Après comme avant son ordination, toute la vie de Giuseppe n’est qu’une suite d’extases, de lévitations, de miracles, dont parfois on se méfia, croyant qu’il simulait un faux mysticisme. On l’amena devant le pape, qui assista lui-même à une extase de Giuseppe ; plus tard, l’Inquisition s’en mêla, et chercha à l’éloigner, mais on fut bien obligé de constater que Giuseppe n’était pas un mystificateur.

Il pratiquait des austérités inouïes, ne mangeait que tous les trois ou quatre jours, et cela avec tant de discrétion, qu'il était facile de voir que son corps même vivait d'une nourriture cachée, que les hommes ne connaissaient pas. Son corps, aussi bien que son âme, était soutenu par la sainte Eucharistie; qu'il célébrait tous les jours, avec une grande dévotion.

Comme à saint François, les animaux lui obéissaient, les éléments étaient dociles à sa voix ; à son contactt, les malades étaient guéris. En un mot, la nature semblait n'avoir plus de lois en présence des désirs de Joseph.

Il fut envoyé à Assise (1639-1653), où il s’étonna beaucoup de la richesse du sanctuaire, mais saint Francesco le consola en le convainquant que tout cela était pour l’Hôte du tabernacle. Le Gardien du couvent fut très dur pour Giuseppe ; mais celui-ci désirait surtout revoir la Madonne de Grottella à Cupertino. Pour le consoler, le général l’invita quelque temps à Rome ; à son retour, il aperçut l’image de cette Madonne, peinte sur la voûte : ravi hors de lui, Giuseppe s’envola littéralement pour baiser l’image.

Une autre fois, on l’avait appelé pour répondre à des dames dans l’église ; il obéissait, mais à peine dans l’église, il s’éleva en extase pour baiser les pieds de la Madonne ; après une prière, il «redescendit», rabattit son capuchon et se retira, oubliant complètement les dames, dont l’une était l’épouse de l’ambassadeur d’Espagne, tout effarée de ce qu’elle avait vu !

On raconte qu’il aimait tellement prier la Vierge Marie qu’un jour, les paysans refusant de venir, il fit entrer des brebis dans une chapelle et qu’elles répondaient régulièrement à l’énoncé des litanies de la Vierge.

Il aimait particulièrement le sacrement de pénitence et de la réconciliation : « Mon fils, va te laver le visage », dit-il un jour à un jeune homme qui comprit bien l’appel à se confesser.

Il célébrait habituellement la Messe en deux  heures, parfois même rappelé à la réalité par quelque ordre divin pour aller à son office de quêteur.

Il fut envoyé en divers couvents, toujours plus reculés, pour échapper aux regards indiscrets et aussi pour le mettre à l’épreuve. Giuseppe obéit sans aucune difficulté. Il se retrouva chez les Capucins de Pietrarubbia, puis à Fossombrone (1653-1657). On voulut le rappeler à Assise, mais le pape répliqua qu’il y avait assez de Francesco ! On l’envoya donc à Osimo (Ancône, non loin du sanctuaire de Loreto) ; en y arrivant, Giuseppe s’écria : Hæc requies mea (Voici le lieu de mon repos).

Il y mourut effectivement, le 18 septembre 1663.

Il a été béatifié en 1753 et canonisé en 1767.

 

 

Ɖaminh Trch (Ɖoài)

1772-1840

 

Ɖaminh (Dominique) vit le jour vers 1772 (ou 1773) à Ngoi Vi (Nam Đnh, Vietnam).

Petit il rencontra un missionnaire et sentit l’appel de Dieu.

Il fréquenta le séminaire et fut ordonné prêtre en 1822.

Il voulut alors entrer dans l’Ordre dominicain, et y fit la profession en 1825.

Ce fut un prédicateur rempli de zèle pour le salut des âmes. Il fut atteint de tuberculose, mais continua de toutes ses forces à exercer le saint ministère. Il s’occupa des séminaristes et des malades.

En 1839, il fut arrêté à Ngoc, mais les villageois purent verser une caution et obtenir sa libération. Le 10 avril 1840, il subit une nouvelle arrestation et fut mis en prison.

Il souffrait beaucoup de sa maladie, mais restait fidèle, toujours préoccupé de consoler les autres prisonniers.

Il y eut, semble-t-il, un premier procès. On le tortura pour n’avoir pas voulu fouler aux pieds le crucifix :

Voici l’image de la Croix sur laquelle est mort mon Seigneur ; c’est l’emblème de la foi et de la religion que vous devez tous professer si vous voulez être sauvés. Pour moi je l’adore et j’aime mieux mourir que de la profaner !

Quand le gouverneur apprit la constance et le courage du père Ɖaminh, il entra dans une grande fureur, fit gifler le Père, le fit frapper à coups de poing et de pied. Finalement condamné à mort, le père Ɖaminh fut décapité le 18 septembre 1840 à By Mu (Hanoi).

Ce prêtre fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988.

Une fête liturgique commune célèbre les Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

Salvador Chuliá Ferrandis

1866-1936

 

Salvador était d’une famille chrétienne, et naquit le 16 avril 1866 à Torrent (Valencia, Espagne).

Il fréquenta le séminaire diocésain de Valencia et, une fois ordonné diacre, voulut entrer dans la congrégation des Tertiaires Capucins, fondés par le père Luis Amigó, d’où leur nom de Amigoniens.

Il entra dans le noviciat en 1891, prenant le nom de Ambrosio María.

En 1892 il fut ordonné prêtre, et fit la première profession ; en 1898, ce fut la profession solennelle.

Il résida successivement dans les couvents de Torrent, Santa Rita, Madrid, Yuste, Fundación Caldeiro (Madrid) et Godella. Il reçut les charges de maître des novices, sous-directeur, conseiller, et particulièrement de directeur spirituel et de confesseur.

Il était de nouveau à Torrent au moment de la révolution de 1936. D’abord réfugié chez sa famille, il fut arrêté, emprisonné à La Torre.

De là, on l’emmena avec sept autres prêtres et religieux au quartier La Mantellina (ou Puchá d’Alt), près de Montserrat. Durant le trajet, il remontait le courage des autres condamnés. Une fois descendus du camion, on les mit devant un fossé et on éclaira la scène avec les phares.

Au moment d’être fusillé, il demanda à avoir les mains déliées, pour donner sa bénédiction aux bourreaux, mais on le lui refusa et il les bénit avec les deux mains attachées ensemble ; une dizaine de miliciens tirèrent.

Les huit martyrs (dont cinq Amigoniens) furent d’abord ensevelis dans une fosse commune.

Le père Salvador-Ambrosio mourut martyr le 18 septembre 1936, et fut béatifié en 2001.

 

 

Manuel Alcayde Pérez

1869-1936

 

Né le 15 février 1869 à Fiñana (Almería), il reçut sa formation sacerdotale au séminaire de Guadix et fut ordonné prêtre en 1893.

 

Don Manuel n’était pas un homme porté à l’étude, mais il était imprégné de son devoir sacerdotal et accomplit son ministère fidèlement jusqu’à la fin.

 

Il fut presque uniquement vicaire de son pays natal, Fiñana, où il visitait patiemment les malades et enseignait le catéchisme dans les différents quartiers.

 

Lorsque se déchaîna la persécution de juillet 1936, une nièce vint de Barcelone pour lui proposer de partir avec elle et échapper ainsi à la persécution - c’est du moins ce qu’elle espérait, sans savoir encore que la guerre civile n’allait pas épargner Barcelone. Mais don Manuel préféra rester à son poste.

 

Le 17 septembre, il fut arrêté en même temps que son curé, don Melitón Martínez Gómez. On les fit passer sur la place centrale en se moquant d’eux, puis on les jeta en prison.

 

Le 18 septembre 1936 au petit matin, on les embarqua pour les conduire à la Côte de la Reine. Quand on les fit descendre, don Manuel dit à don Melitón : Les jours et les heures sont accomplis. Ma consolation est que nous mourions ensemble. Il demanda aussi à être exécuté à la place de don Melitón, mais les miliciens le lui refusèrent. Il demanda alors à mourir le premier.

 

Martyrisé le 18 septembre 1936 à la Cuesta de la Reina et béatifié en 2017, Manuel Alcayde Pérez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 septembre.

 

 

Salvador Fernández Pérez

1870-1936

 

Salvador naquit le 29 juillet 1870 à San Pedro de Creciente (Pontevedra, Espagne).

Il entra à l’école salésienne de Sarriá à dix-neuf ans. Il y fit le noviciat et fit la profession en 1891.

Après ses études de philosophie, il fut envoyé à l’oratoire Don Bosco de Santander, où il reçut le sacerdoce.

Il exerça son ministère à Málaga, à Vigo-San Matías, Santander (dans les deux maisons de Don Bosco et María Auxiliadora).

En 1910-1913, il fut le premier directeur du nouveau collège d’Orense, puis alla à Vigo-San Matías. En 1915, il fut pour sept années à Baracaldo, puis revint à Orense comme confesseur.

En 1924, il fut nommé à Allariz, puis de nouveau à Orense comme directeur-préfet.

En 1931, il revint à Baracaldo comme confesseur, puis en 1935 à Estrecho.

Le 19 juillet 1936, après l’assaut du collège, il alla se présenter avec les derniers salésiens à la Direction Générale de Sécurité, et fut laissé en liberté.

Il se réfugia chez diverses familles parentes ou amies, jusqu’au 28 août. Il trouva alors un logement dans la pension Manzano, jusqu’au 18 septembre.

Ce jour-là, des miliciens vinrent l’arrêter comme prêtre et l’emmenèrent d’abord à la tcheka Méndez Álvaro, puis à celle de Fomento.

On ne sait pas où il fut martyrisé, et l’on présume que ce fut ce même 18 septembre 1936. Dix jours après, on put voir la photographie de son cadavre à la Direction de Sécurité.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

José María Llópez Mora

1874-1936

 

José María naquit le 22 août 1874 à Torrent (Valencia, Espagne).

Il fréquenta l’école communale avant d’entrer en 1889 dans la congrégation des Tertiaires Capucins, fondés par le père Luis Amigó, d’où leur nom de Amigoniens.

En 1896 il fit la profession comme frère coadjuteur et porta désormais le nom de Recaredo María.

Il exerça un apostolat très fécond auprès des jeunes en situation difficile, en plusieurs écoles, montrant des dons peu communs pour approcher et aider ces malheureux garçons.

En dernier lieu, il se trouva au couvent de Notre-Dame-du-Mont-Sion, à Torrent, s’occupant inlassablement à enseigner la doctrine de la foi aux enfants, à ouvrir des écoles du soir gratuites pour eux, ainsi qu’à établir des œuvres de charité.

On le connaissait pour son naturel doux, toujours entouré d’enfants, visitant les malades et les prisonniers.

Au moment de la révolution de 1936, il fut expulsé avec les confrères du couvent, le 20 juillet.

D’abord réfugié chez une parente, il fut arrêté le 4 août et enfermé dans la prison de l’endroit.

De là, au petit matin du 18 septembre 1936, on l’emmena avec sept autres prêtres et religieux au quartier La Mantellina (ou Puchá d’Alt), près de Montserrat. Une fois descendus du camion, on les mit devant un fossé et on éclaira la scène avec les phares.

Fusillés, les huit martyrs (dont cinq Amigoniens) furent d’abord ensevelis dans une fosse commune.

Le frère José-Recaredo María mourut martyr ce 18 septembre 1936, et fut béatifié en 2001.

 

 

Melitón Martínez Gomez

1878-1936

 

Né le 10 mars 1878 à Jérez del Marquesado (Grenade), il fut baptisé le jour-même.

 

Il se forma au séminaire de Guadix et fut ordonné prêtre en 1901. Il passa ensuite la licence de théologie à Grenade.

 

Il fut nommé curé de Fiñana pendant vingt-cinq ans, jusqu’à sa mort. Il y eut seulement une «absence» de trois années, qu’il passa à Galera (un nom de pays fort à propos pour illustrer ce moment de «galère») : une honteuse calomnie était arrivée aux oreilles de l’évêque, qui dut procéder à une enquête sérieuse. Au bout de trois ans, l’évêque conclut à l’innocence du Prêtre et le rétablit dans sa charge. Les paroissiens le reçurent avec grande démonstration de joie, y compris avec la musique de l’harmonie.

 

Don Melitón était si généreux que les samedis, une foule de pauvres gens faisaient la queue devant l’église pour recevoir quelque aumône du curé. Quand il visitait les malades, il leur laissait aussi quelque chose qu’il glissait sous l’oreiller.

 

Il sentait arriver la tourmente révolutionnaire. Quand ses proches lui proposèrent de revenir dans son pays, il refusa de quitter sa paroisse : J’irai au Ciel en versant mon sang pour le Christ.

 

Le 17 septembre, il fut arrêté en même temps que son vicaire, don Manuel Alcayde Pérez. On les fit passer sur la place centrale en se moquant d’eux, puis on les jeta en prison.

 

Le 18 septembre 1936 au petit matin, on les embarqua pour les conduire à la Côte de la Reine, où on les fusilla.

 

Martyrisé le 18 septembre 1936 à la Cuesta de la Reina et béatifié en 2017, Melitón Martínez Gomez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 septembre.

 

 

Carlos Eraña Guruceta

1884-1936

 

Carlos vit le jour le 2 novembre 1884 à Arechavaleta (Guipuzcoa, Espagne).

Entré dans la Société de Marie (Marianiste) en 1899, il y fit la profession en 1903 et prononça les vœux perpétuels en 1908.

Il excella dans l’enseignement auprès des enfants. Il fut successivement à Escoriaza, Villafranca de Oria (aujourd’hui Ordizia), Madrid. Il fut directeur d’école à La Mancha, Ciudad Real (1916-1927), à Tetouán (Maroc, 1927-1933), où il fit construire un nouveau bâtiment, enfin à Madrid (1933-1936).

Le 24 juillet 1936, le collège de Madrid fut incendié, obligeant les membres de la communauté à se disperser. Carlos fut arrêté et relâché par deux fois. Il vint à Ciudad Real, pensant que la situation y était plus calme. Mais la persécution y sévissait tout autant, aussi se mit-il en devoir de retrouver les Confrères éparpillés dans divers endroits, leur apportant son soutien, quelques ressources financières aussi quand il le pouvait.

Le 6 septembre, il fut à nouveau arrêté et conduit en «prison», dans l’ancien séminaire, où il continua à montrer une attitude pleine de sérénité et de confiance en Dieu.

Il fut fusillé à Alarcos au matin du 18 septembre 1936.

Frère Carlos fut béatifié en 1995.

 

 

Vicente Gay Zarzo

1885-1936

 

Il vit le jour le 19 janvier 1885 à Torrent (Valencia, Espagne), de bons parents chrétiens du Tiers-Ordre franciscain.

Il entra au noviciat des Capucins amigoniens (branche refondée par le père Amigó) en 1903, avec le nom de Modesto María.

Il fit la profession solennelle en 1911 ; malgré ses demandes réitérées, il ne put accéder au sacerdoce, sans qu’on en connaisse actuellement d’explications.

Il fut un excellent pédagogue auprès des jeunes délinquants, transmettant son savoir-faire en maçonnerie. Ses dernières années se passèrent à Torrent, où il enseigna aux enfants en même temps qu’il était économe du couvent.

Vers le 8 septembre 1936, on le mit à la prison El Torre de Torrent.

Il fut exécuté à la Fuente de la Mantellina aux premières heures du 18 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Justo Lerma Martínez

1886-1936

 

Il vit le jour le 12 novembre 1886 à Torrent (Valencia, Espagne), de bons parents chrétiens du Tiers-Ordre franciscain.

Petit, Justo fit partie de la Pieuse Union de Saint Antoine de Padoue. C’était un enfant vif, taquin, peu travailleur et joueur. La vie religieuse le changea totalement.

Il entra au noviciat des Capucins amigoniens (branche refondée par le père Amigó) en 1905, avec le nom de Francisco María.

Il fit la première profession en 1907 comme Frère Convers.

Il fut un excellent pédagogue auprès des jeunes délinquants, et en reçut expressément les félicitations des autorités académiques.

La Fondation Caldeiro où il se trouvait, ayant été évacuée, il rejoignit son pays natal.

On ne tarda pas à le mettre en prison à Torrent.

Il fut exécuté à la Fuente de la Mantellina aux premières heures du 18 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Vicente Jaunzarás Gómez

1890-1936

 

Il vit le jour le 6 mars 1890 à Torrent (Valencia, Espagne).

Il entra au noviciat des Capucins amigoniens (branche refondée par le père Amigó) en 1911, avec le nom de Valentín.

Il fit la profession solennelle en 1919 et fut ordonné prêtre en 1920.

Il fut un excellent pédagogue auprès des jeunes délinquants, transmettant son optimisme avec ses bonnes histoires.

Le 29 août 1936, on le mit en prison à Torrent.

Le 15 septembre, fête de Notre-Dame des Douleurs, leur Patronne, et le 17 septembre, fête des Stigmates de Saint-François d’Assise, les prisonniers chantèrent ensemble leur Office ; on entendait particulièrement le père Valentín depuis la place.

Il fut exécuté à la Fuente de la Mantellina aux premières heures du 18 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

José García Mas

1896-1936

 

José vit le jour le 11 juin 1896 à Pego (Alicante, Espagne).

Après ses études chez les Franciscains de Pego et Benissa, il entra au séminaire de Valencia.

Ordonné prêtre en 1923, il exerça son ministère sacerdotal à Carroja, Patró y Benisili (Alicante) ; en 1936, il était recteur du sanctuaire Ecce Homo de son pays natal, Pego.

Son zèle et sa clairvoyance stimula plusieurs jeunes à distinguer leur vocation sacerdotale.

Le 4 septembre 1936, il fut arrêté chez lui et mis en prison. Il avait prévenu ses frères que, si on l’arrêtait et qu’on le tuât, il fallait pardonner.

Le 18 septembre 1936, lui et don Fernando García furent emmenés, les mains liées derrière le dos, au lieu-dit La Pedrera de Gandía, où ils furent fusillés.

Don José fut béatifié en 2001.

 

 

Ismael Tajadura Marcos

1902-1936

 

Il naquit le 17 juin 1902 à Las Quintanillas (Burgos, Espagne) et fut baptisé trois jours plus tard. Il reçut la Confirmation en 1904.

En 1918, il entra dans la congrégation de Saint-Pierre-aux-Liens, prit le nom de Estanislao Kostka et fit la profession en 1919.

Sa sensibilité envers les malades et son esprit de service lui valurent d’être chargé de l’infirmerie.

En juillet 1936, les miliciens prirent d’assaut la maison de Barcelone, et Ismael réussit d’abord à s’enfuir chez des amis. Peu après, on l’arrêta une première fois, mais on le laissa en liberté.

Pensant pouvoir encore rendre service, Ismael s’engagea dans l’armée. On l’envoya sur le front près de Teruel, mais, reconnu, il fut arrêté, accusé d’espionnage et condamné à mort.

Il reçut la palme du martyre en la localité Alcañiz (Teruel), le 18 septembre 1936.

Ismael Tajadura Marcos, béatifié en 2018, sera commémoré au Martyrologe le 18 septembre.

 

Fernando García Sendra

1905-1936

 

Fernando vit le jour le 31 mars 1905 à Pego (Alicante, Espagne).

Après ses études chez les Franciscains de Pego, il fut un an chez eux comme aspirant, puis entra au séminaire de Valencia.

Ordonné prêtre en 1931, il exerça son ministère sacerdotal à Bolulla et Sagra.

Lors de la révolution de juillet 1936, il vint simplement habiter chez ses parents à Pego.

C’est là qu’il fut arrêté le 4 septembre et mis en prison, comme d’autres prêtres du même endroit.

Le 18 septembre 1936, lui et don José García Mas furent emmenés, les mains liées derrière le dos, au lieu-dit La Pedrera de Gandía, où ils furent fusillés. Mais don Fernando ne mourut pas tout de suite sous les balles ; gravement blessé, il perdit connaissance ; plusieurs heures après, il se réveilla dans une mare de sang ; il trouva encore quelques forces pour se relever et se diriger vers une habitation proche, demandant un peu d’eau et d’aide. Or, les occupants de la maison non seulement lui refusèrent toute assistance, mais ils appelèrent les gens de la milice.

Alors don Fernando s’éloigna, mais culbuta dans une mare et se blottit dans un champ cultivé. C’est là que les miliciens le retrouvèrent, et lui donnèrent le coup de grâce, lui tirant une balle dans la tête.

Don Fernando fut béatifié en 2001.

 

 

Lucas Martín Puente

1908-1936

 

Il vit le jour le 20 septembre 1908 à Castroceniza (Burgos, Espagne) et fut baptisé dès le lendemain.

En 1923 il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils.

En 1925, à Fortianell, il prit l’habit et le nom de Anastasio Lucas, puis fit le scholasticat.

En 1927, il fit de l’apostolat à Barceloneta, puis en 1930 fut professeur au Sacré-Cœur de Cambrils.

En 1933, il dut passer à Alcora, conformément aux nouvelles lois concernant l’enseignement. Mais en 1935 sa santé l’obligea à rejoindre Tarragona.

Il fut un Religieux plein de piété, pacifique, aimant l’ordre. 

Lors de la révolution de 1936, le collège fut fait évacuer par les miliciens, qui le saccagèrent, en brûlèrent les meubles. 

Notre Anastasio, avec quatre autres Frères, devant éviter de compromettre les gens qui les hébergeaient, furent accueillis dans l’Hôtel Nacional, se présentant comme un professeur avec ses élèves, en voyage d’études. Le patron, un bon chrétien, ne s’y trompa pas et leur accorda l’hospitalité. Mais il fut dénoncé par une employée ; les Frères furent immédiatement arrêtés, avec le patron en question.

Le soir, les miliciens les firent monter en camion découvert et, sous une pluie battante, les conduisirent hors de Tarragona. 

Profitant de l’obscurité et de la pluie, le Frère Anastasio réussit à sauter du camion. On mitrailla les autres dans le camion même, entre Ferrán et Tamarit, tard dans la nuit du 18 septembre 1936.

Il ne semble pas que le brave maître d’hôtel ait été retenu dans la cause de béatification des Frères. Les quatre Frères furent béatifiés en 2013.

 

 

Sebastián Obeso Alario

1910-1936

 

Il vit le jour le 12 décembre 1910 à Añoza (León, Espagne) et fut baptisé le 18.

En 1923 il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils.

En 1926, il commença le noviciat proprement dit, prit l’habit et le nom de Honorio Sebastián, puis fit le scholasticat.

Il fit de l’apostolat à Cambrils puis, en 1930, à Tarragona.

Il fut un Religieux plein de piété, énergique, volontaire, plein d’amour pour les enfants et efficace dans l’enseignement. 

Lors de la révolution de 1936, le collège fut fait évacuer par les miliciens, qui le saccagèrent, en brûlèrent les meubles. 

Notre Sebastián, avec quatre autres Frères, devant éviter de compromettre les gens qui les hébergeaient, furent accueillis dans l’Hôtel Nacional, se présentant comme un professeur avec ses élèves, en voyage d’études. Le patron, un bon chrétien, ne s’y trompa pas et leur accorda l’hospitalité. Mais il fut dénoncé par une employée ; les Frères furent immédiatement arrêtés, avec le patron en question.

Le soir, les miliciens les firent monter en camion découvert et, sous une pluie battante, les conduisirent hors de Tarragona. 

Profitant de l’obscurité et de la pluie, le Frère Anastasio réussit à sauter du camion. On mitrailla les autres dans le camion même, entre Ferrán et Tamarit, tard dans la nuit du 18 septembre 1936.

Il ne semble pas que le brave maître d’hôtel ait été retenu dans la cause de béatification des Frères. Les quatre Frères furent béatifiés en 2013.

 

 

Juan Pérez Rodrigo

1914-1936

 

Il vit le jour le 27 janvier 1914 à Añoza (León, Espagne) et fut baptisé le 29.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Monreal.

En 1930, à Cambrils, il commença le noviciat proprement dit, prit l’habit et le nom de Nicolás Adriano, puis fit le scholasticat.

Il fit de l’apostolat à Bonanova puis, en 1933, fut professeur au scholasticat. En 1934, il fut envoyé à Tarragona.

Il fut un Religieux plein de piété, sérieux, exigeant, plein de respect pour les supérieurs. 

Lors de la révolution de 1936, le collège fut fait évacuer par les miliciens, qui le saccagèrent, en brûlèrent les meubles. 

Notre Nicolás, avec quatre autres Frères, devant éviter de compromettre les gens qui les hébergeaient, furent accueillis dans l’Hôtel Nacional, se présentant comme un professeur avec ses élèves, en voyage d’études. Le patron, un bon chrétien, ne s’y trompa pas et leur accorda l’hospitalité. Mais il fut dénoncé par une employée ; les Frères furent immédiatement arrêtés, avec le patron en question.

Le soir, les miliciens les firent monter en camion découvert et, sous une pluie battante, les conduisirent hors de Tarragona. 

Profitant de l’obscurité et de la pluie, le Frère Anastasio réussit à sauter du camion. On mitrailla les autres dans le camion même, entre Ferrán et Tamarit, tard dans la nuit du 18 septembre 1936.

Il ne semble pas que le brave maître d’hôtel ait été retenu dans la cause de béatification des Frères. Les quatre Frères furent béatifiés en 2013.

 

 

Jacinto Hoyuelos Gonzáles (Gonzalo)

1914-1936

 

Jacinto vit le jour le 11 septembre 1914 à Matarrepudio (Santander, Cantabria, Espagne), de Flaviano et Dalmacia, qui le firent baptiser dès le lendemain. Il fut confirmé en 1921.

Les premiers mots qu’il apprit à dire, furent le nom de Jésus et l’Ave Maria.

En 1923, il entra au collège des Frères Maristes, où il reçut la Première communion, puis ses parents déménagèrent à Menaza (Palencia).

Pauvre, il prit très vite l’habitude de donner son pain à plus pauvre que lui, et même son lit. Plus d’une fois, à l’exemple de ses parents, il introduisit chez lui un malheureux, et disait à sa mère : Maman, ce Pauvre ne sait pas où dormir cette nuit et n’a rien mangé aujourd’hui ; s’il vous plaît, recevez-le.

A seize ans, il dut quitter la maison pour aller travailler aux champs comme journalier.

Grâce à son curé, il fut heureusement orienté vers les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et put entrer dans cet Ordre à Palencia. En 1935, il émit la profession religieuse.

En janvier 1936, il fut envoyé comme conscrit à Ciempozuelos (Madrid). Il accomplit son service militaire à la clinique militaire, où étaient soignés les militaires atteints de maladie psychique.

Le 7 août 1936, il fut arrêté par les miliciens, mais sauvé in extremis par le docteur de la clinique, qui le réclama comme étant un soldat à ses ordres.

Un mois plus tard, d’autres infirmiers du clan de la milice le prirent à parti, cherchant à le faire blasphémer ; refusant, il fut par eux maltraité, et condamné à mort.

Le soir du 18 septembre 1936, ils l’emmenèrent aux environs de Ciempozuelos, où se trouvait un pont. Ils lui attachèrent une corde au cou, de sorte que, poussé dans le vide, il mourut étranglé ; puis ils le criblèrent de balles. Il venait d’avoir vingt-deux ans.

Frère Jacinto fut béatifié en 1992. Le Martyrologe l’a mis au 17 septembre.

 

 

Hermán Fernández Sáenz

1915-1936

 

Il vit le jour le 6 avril 1915 à Logroño (Espagne) et fut baptisé le 18.

En 1928 il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils.

En 1930, il commença le noviciat proprement dit, prit l’habit et le nom de Clemente Faustino, puis fit le scholasticat.

Il fit de l’apostolat à Tarragona.

Il fut un Religieux plein de piété, travailleur, discret. 

Lors de la révolution de 1936, le collège fut fait évacuer par les miliciens, qui le saccagèrent, en brûlèrent les meubles. 

Notre Clemente, avec quatre autres Frères, devant éviter de compromettre les gens qui les hébergeaient, furent accueillis dans l’Hôtel Nacional, se présentant comme un professeur avec ses élèves, en voyage d’études. Le patron, un bon chrétien, ne s’y trompa pas et leur accorda l’hospitalité. Mais il fut dénoncé par une employée ; les Frères furent immédiatement arrêtés, avec le patron en question.

Le soir, les miliciens les firent monter en camion découvert et, sous une pluie battante, les conduisirent hors de Tarragona. 

Profitant de l’obscurité et de la pluie, le Frère Anastasio réussit à sauter du camion. On mitrailla les autres dans le camion même, entre Ferrán et Tamarit, tard dans la nuit du 18 septembre 1936. Clemente Faustino avait vingt-et-un ans.

Il ne semble pas que le brave maître d’hôtel ait été retenu dans la cause de béatification des Frères. Les quatre Frères furent béatifiés en 2013.

 

 

Józef Kut

1905-1942

 

Józef est originaire de la voïvodie de Grande Pologne. Il naît le 21 janvier 1905, de Józef et Marianna Piaskowska.

Après ses études primaires, il fréquente le lycée de Ostrow Wielkopolski, dont il sort bachelier en 1924. 

Il se prépare au sacerdoce aux séminaires de Poznan et Gniezno et reçoit l’ordination sacerdotale le 16 juin 1929. 

Il est successivement vicaire à Chodziez, puis à la paroisse de Saint-Nicolas de 1930 à 1936, enfin curé de paroisse à Goscieszyn.

Arrêté par les forces nazies le 30 octobre 1941, il est envoyé au camp de Dachau.

Il aurait pu obtenir sa libération s’il acceptait de renoncer au ministère sacerdotal et s’il donnait sa signature pour obtenir la nationalité allemande. Ce qu’il refusa évidemment.

Torturé, affamé, malade, il meurt le 18 septembre. Son corps est brûlé dans un four crématoire.

Il a été béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais de la Seconde Guerre mondiale, en 1999, qui sont fêtés ensemble le 12 juin (en Pologne), tandis qu’au Martyrologe le bienheureux Józef Kut est mentionné à son dies natalis le 18 septembre.

Partager cet article
Repost0
16 septembre 2022 5 16 /09 /septembre /2022 23:00

17 SEPTEMBRE

 

IV.

S Satyrus, frère de s. Ambroise, juriste, qui voulut rester célibataire. 

Ste Théodora, dame romaine qui s'était mise au service des martyrs.

VII.

S Flaceau, prêtre au Mans.

VIII.

S Lambert, évêque à Maastricht, dont il fut éloigné un temps à cause du maire du palais ; un domesticus du domaine royal le fit égorger.

S Rodingus, peut-être irlandais, fondateur et abbé à Beaulieu-en-Argonne.

IX.

Ste Columba, martyre à Cordoue, où ses frère et sœur étaient abbé et abbesse.

X.

S Unni, évêque à Hambourg, successeur de s. Oscar et missionnaire en Scandinavie.

XII.

S Regnauld, chanoine régulier à Soissons, ermite dans la forêt de Craon, puis à Mélinais.

XIII.

Ste Hildegard de Bingen, mystique, auteur de divers ouvrages de médecine et pour le chant, proclamée Docteur de l’Eglise en 2012.

XV.

B Cherubino Testa, des ermites augustins près de Turin.

S Pedro de Arbués, espagnol, chanoine à Saragosse où il devint le premier Inquisiteur, ce qui lui valut un complot, et le martyre : il mourut en priant pour ses ennemis.

XVII.

S Roberto Bellarmino, troisième de douze enfants d'une famille toscane, jésuite, évêque à Capoue, cardinal et Docteur, auteur d'un "Petit catéchisme", traduit en soixante-deux langues.

XVIII.

S Emmanuel Nguyễn Vǎn Triệu, prêtre martyr en Cochinchine, ancien garde du corps du mandarin, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

B Jan (Stanisław) Papczyński, fondateur polonais des Clercs de l'Immaculée Conception (pères mariens), béatifié en 2007, canonisé en 2016.

XIX.

S Giovanni Croese (Francesco Maria da Camporosso), berger, capucin à Gênes, surnommé le “Padre santo” ; il s'offrit à Dieu au moment d'une épidémie, qui s'arrêta juste après sa mort.

S Zygmunt Szczesny Felinski, évêque à Varsovie, originaire de l'actuelle Ukraine, longtemps exilé en Sibérie par le pouvoir tsariste, fondateur de la Famille de Marie, pour les enfants et les pauvres, béatifié en 2002, canonisé en 2009.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Castellón, Juan Ventura Solsona (*1875), un temps envoyé au Mexique ;

Amigoniens : près de Madrid, le prêtre Timoteo Valero Pérez (*1901) ;

- béatifié en 2007 :

Laïcs : près de Ciudad Real, Álvaro Santos Cejudo Moreno Chocano (*1880).

B Zygmunt Sajna (1897-1940), prêtre polonais martyr, fusillé par les nazis, béatifié en 1999.

Bse Rosa Maria (Leonella) Sgorbati (1940-2006), missionnaire italienne martyre, abattue à Mogadiscio, béatifiée en 2018. 

Satyrus, frère d’Ambroise
† 379

S.Ambroise de Milan (v. 7 décembre) avait une sœur aînée, Marcellina (v. 17 juillet) et un jeune frère, Uranius Satyrus.
Leur père était préfet en Gaule. A sa mort, la famille s’installa à Rome.
Aidé d’un certain Symmacus, Satyrus fit de brillantes études de droit et devint avocat. On lui confia le gouvernement d’une province, où son sens de la justice le fit aimer.
Il n’avait pas encore reçu le Baptême, mais se comportait très dignement, sobrement ; il tenait à conserver la chasteté. Les propriétés qu’il possédait, il les gérait honnêtement, simplement, payant ses ouvriers, dont il n’exigeait pas l’impossible.
Satyre tint à reprendre à un certain Prosperus des biens qu’il avait soustrait à Ambroise, et pour bien mener l’affaire, dut s’embarquer pour l’Afrique. Un naufrage menaça l’embarcation. Satyrus sut que des Chrétiens portaient l’Eucharistie avec eux ; il la leur demanda, se la noua autour du cou avec un linge et se jeta à l’eau ; une fois en sûreté, il organisa le sauvetage de tous les passagers. 
Son premier geste fut de remercier Dieu, puis de demander le Baptême. 
L’affaire avec Prosperus fut résolue dans la justice et l’amitié : Prosperus restitua les biens, sans devenir ennemi de Satyrus.
Passant par Rome, Satyrus rejoignit promptement Ambroise à Milan, où il mourut bientôt, assisté de Marcellina et d’Ambroise. Ce fut vers 379.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Satyrus, frère d’Ambroise, au 17 septembre.


Rodingus de Beaulieu
† 680

Ce personnage, qu’on appelle Rouin en français, pouvait être d’originie irlandaise et même s’appeler Chrodingus.
Il aurait d’abord été moine dans l’abbaye de Tholey, dont l’abbé, Paul, appelé au siège épiscopal de Verdun (641), confia la direction à Rodingus.
Rodingus ensuite se serait retiré dans la forêt d’Argonne. Ici intervient une «légende», selon laquelle le seigneur de l’endroit fit fouetter notre Fondateur, qui décampa rapidement et partit en pèlerinage à Rome ; là, s.Pierre lui aurait demandé de retourner à Beaulieu ; arrivé sur place, il guérit le seigneur malade (tout le reste de la famille ayant péri de mort mystérieuse) ; ce dernier manifesta sa reconnaissance en aidant Rodingus à construire un monastère, qui devint l’abbaye de Beaulieu-en-Argonne.
Devenu presque centenaire, Rodingus se serait retiré dans le voisinage, à Bonneval, qui est maintenant connu comme ermitage Saint-Rouin. Il s’y trouverait une fontaine miraculeuse.
Rodingus serait mort en 680.
L’abbaye fut détruite en 1789, on devine pourquoi, et il n’en subsiste aujourd’hui que des pans de murs et, surtout, un pressoir du 13e siècle, classé Monument Historique : les moines pouvaient y presser quelque trois tonnes de raisin.
Saint Rodingus de Beaulieu est commémoré le 17 septembre dans le Martyrologe Romain.


Lambert de Maastricht
636-705

Lambert naquit vers 636 à Maastricht. Sa famille devait être princière et certains de ses membres furent des comtes dans le royaume franc.
Ce petit prince fut confié d’abord à l’évêque de Maastricht, Théodard (v. 10 septembre), puis à l’école royale. Lambert grandit en âge et en sagesse, il se montrait à la fois leste et courageux, modeste et chaste.
Une biographie raconte que, jeune homme, il opéra des miracles, faisant jaillir une source pour étancher la soif des ouvriers constructeurs d'une église, ou portant des charbons ardents dans les plis de son manteau sans l'endommager. 
Ses vertus  peu ordinaires l'élevèrent sur le siège épiscopal de Maastricht, pour succéder à Théodard, qui avait été assassiné (vers 669). On a avancé qu’il n’avait alors que vingt et un ans, un âge certainement impossible pour une consécration épiscopale, mais on admettra que Lambert ait pu être évêque autour de ses trente ans. Si l’on retient la date de naissance donnée plus haut, il pouvait avoir trente-trois ans.
Une lutte de palais fit assassiner Childéric II, roi d’Austrasie, dont le pouvoir fut repris par Ébroïn, maire du palais de Neustrie, qui s’en prit aux partisans du roi défunt. Aussi Lambert se retira pendant sept années dans le monastère de Stavelot, tandis qu’un intrus, certain Pharamond, usurpait sa place.
Une anecdote illustre la modestie et la sainteté de Lambert dans ce monastère. Une nuit froide d’hiver où il dormait dans le dortoir commun, il voulut se relever pour prier, mais une de ses sandales lui échappa et réveilla le dortoir en tombant par terre. L’abbé, sans attendre et sans vérifier, imposa à ce “grand coupable” (!) d’aller faire pénitence dehors devant le crucifix. Lambert obéit sans répliquer. Plusieurs heures après, l’abbé se rendit compte de sa méprise et alla retrouver l’évêque transi de froid et couvert de neige. Lambert n’eut qu’un mot fraternel : Saint Paul ne m'enseigne-t-il pas que je dois servir Dieu dans le froid et la nudité ? (cf. 1Co 4:11) ; revenu de sa méprise, l’abbé fit chauffer un bon bain chaud pour réconforter le pauvre évêque tout transi.
Lambert fut enfin rappelé sur son siège épiscopal ; il était le père de tous, surtout des pauvres. Pauvre lui-même, il tenait à avoir un siège sans ornementation, des vêtements modestes et usagés. Il parcourut la grande région nordique de Taxandrie, l’ancienne Campine, s’efforçant d’y faire disparaître le culte païen envers les dieux celtes Cernunnos et Arduinna.
Son amour des âmes le porta même à entreprendre la conversion des peuples païens qui n'appartenaient pas à son diocèse.
Malgré des menaces de mort, son zèle ne se rebuta point, et il eut la consolation de ramener beaucoup de brebis égarées dans le bercail de l’Église. 
Durant un de ses déplacements, il fut protégé par deux amis, lesquels «éliminèrent» deux agents du fisc qui guettaient sans cesse l’évêque et entravaient son action pastorale. La riposte ne se fit pas attendre : Lambert et ses deux amis furent à leur tour abattus, à Liège, le 17 septembre 705. On a pu avancer que ce meurtre avait été commandité par Pépin II d’Héristal, auquel le saint évêque avait fait quelques remontrances sur sa conduite matrimoniale.
L’épiscopat de Lambert avait duré trente-six ans.
L’évêque égorgé (ou assommé) fut enterré à Maastricht, en la basilique Saint-Pierre, dans la banlieue, entre la Meuse et le Geer. Lors de l’examen de ses reliques en 1896, on constata une profonde blessure à l’occiput.
Peu après sa mort, vers 718, saint Lambert fut transporté à Liège et devint ainsi le patron de ce diocèse. La cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert de Liège fut construite sur les lieux de l’assassinat de Lambert.
Saint Lambert est reconnu comme le principal organisateur de l’Église belge. Plus de cent-quarante églises et sanctuaires lui sont dédiés.
Il est mentionné au 17 septembre dans le Martyrologe.


Columba de Cordoue
† 853

Columba est l’une des quarante-huit martyrs recensés par s.Eulogio (v. 11 mars), témoin contemporain des événements.
Elle appartenait à une famille chrétienne de Cordoue, où sa sœur aînée, Isabel, avait épousé un autre chrétien, Jeremía. Leur frère s’appelait Martino.
La sainte vie de ce couple suggéra très tôt à Columba de se consacrer totalement au Christ ; sa mère tenta de s’y opposer fermement, mais elle mourut subitement.
Isabel et Jeremía avaient fondé un double monastère à Tábanos, proche de Cordoue, et c’est leur frère Martino qui était l’abbé des moines. Isabel et son mari voulurent à leur tour s’y retirer, et Isabel devint abbesse.
Columba était à bonne école ; elle grandit dans la science de l’Ecriture, et surtout de la sainteté. Il lui arrivait de rester en oraison trois ou quatre heures de suite, parfois une demi-journée, pleurant tout doucement. Elle priait prosternée sur une natte, et le pavé sous cette natte était mouillé par ses pleurs.
Au moment de la persécution, les moniales se replièrent à Cordoue dans une maison privée, près de la basilique Saint-Cyprien. 
Un jour, Columba fut envahie d’un zèle impétueux et d’un désir irrésistible du martyre. Il est probable qu’elle ait été dans l’ignorance d’une décision toute récente des évêques réunis en concile à Cordoue en 852, lesquels prohibaient aux Chrétiens toute provocation. Columba, donc, sortit furtivement de son habitation et alla directement se présenter au juge, se déclarant chrétienne et l’invitant tout simplement à se convertir.
La sentence fut immédiate : elle n’eut que le temps de remettre une pièce au bourreau, avant d’être décapitée, le 17 septembre 853. Le corps de la Martyre fut jeté au Guadalquivir, et retrouvé quelques jours plus tard, indemne de toute corruption.  
Sainte Columba de Cordoue est commémorée le 17 septembre dans le Martyrologe Romain.

Hildegard de Bingen
1098-1179

Hildegard Vermerssheim naquit le 16 septembre 1098, de parents nobles et très chrétiens, à Bermersheim près d’Alzey (Hesse, Germanie). Elle est leur dixième enfant.
Toute petite elle fut favorisée de visions surnaturelles, de choses que personne ne voyait autour d’elles.
A cinq ans, elle dit à sa gouvernante : Regarde le joli petit veau qui est dans cette vache, et de le décrire tel qu’on le voit apparaître peu après.
A huit ans, on la confie aux moniales bénédictines de Disibodenberg (“Montagne de saint Disibode”, cf. 8 juillet), auprès de la célèbre recluse sainte Jutta : elle apprend à lire, à écrire, apprend le latin, la médecine, l’histoire naturelle.
A quinze ans, elle reçoit le voile et, à la mort de Jutta, est nommée supérieure : elle a trente-huit ans (1136). C’est que ses visions ne l’empêchent pas d’être moniale exemplaire, et c’est pour ses vertus - non pour ses visions - qu’elle devient abbesse.
Sur invitation céleste, et aussi de son entourage, Hildegard commence à rédiger ou à dicter ses visions ; elle a plusieurs secrétaires successifs, dont deux écriront une biographie de la sainte.
En 1147, elle fonde l’abbaye de Rupertsberg (“Montagne de saint Rupert”, cf. 15 mai), près de Bingen, et en 1165 celui de Eibingen.
Contemporaine de saint Bernard, Hildegard vivait en pleine Querelle du Sacerdoce et de l’Empire. Elle sera en correspondance avec les papes, les empereurs, les princes, les prélats, les abbés. Elle voyagera en Germanie de Cologne à Bamberg en passant par Trèves, elle viendra en Lorraine, sans épargner sa faible santé pour venir en aide là où la Providence l’appelait.
Outre les centaines de lettres de sa correspondance qu’on a conservées, elle nous a laissé divers ouvrages : Scivias (Sci : sache, apprends ; vias : les voies du Seigneur), le Liber vitæ meritorum (Livre des Mérites), le Liber divinorum operum (Livre des œuvres divines), un commentaire sur la règle de saint Benoît, un autre sur le Symbole trinitaire de saint Athanase, une vie de saint Rupert et une de saint Disibodus, un traité de médecine en neuf livres, de nombreuses œuvres pour le chant liturgique (où la mélodie couvre parfois plus de deux octaves, quand on sait qu’une voix ordinaire n’en couvre qu’une et demie), à quoi il faudra ajouter toutes sortes de visions et de prophéties, que saint Bernard a lui-même qualifiées de grâces du ciel.
Hildegard élaborera aussi une sorte de langue personnelle, avec des signes et des phonèmes qu’elle seule connaissait, avec laquelle elle écrivit son ouvrage Lingua ignota (avec version latine), fruit de ses visions qui l’emportaient, comme saint Paul, jusqu’au troisième ciel (2Co 12:2), ou peut-être encore plus haut…
Hildegard mourut le 17 septembre 1179 à Rupertsberg. Elle venait d’avoir quatre-vingt-un ans.
Sa grande célébrité la fit vite “béatifier” et son nom arriva dans le Martyrologe, au 17 septembre, avec le titre de sainte sans canonisation vraiment officielle.
Le pape allemand Benoît XVI a reconnu officiellement cette canonisation en 2012, et annonça qu’il proclamerait sainte Hildegard Docteur de l’Eglise, reconnaissant ainsi l’inspiration de cette grande Sainte et la garantie doctrinale de ses écrits.


Regnault de Mélinais
?-1190

Regnault demeure aujourd’hui à peu près inconnu.
D’après les chroniques de Mélinais, il était originaire de Picardie et était devenu chanoine régulier à Saint-Jean-des-Vignes, à Soissons.
Une légende raconte que Regnault lui-même avait participé à l’assassinat de Thomas Becket (v. 29 décembre) en 1170 ! Regnault serait venu dans la forêt de Mélinais pour y terminer ses jours dans la solitude et le remords. Conscient de sa co-responsabilité, le roi Plantagenêt lui aurait octroyé une chapelle et y aurait fait construire une église pour des chanoines réguliers de l’Ordre de Saint-Augustin.
Plus objective, la tradition rapporte qu’obsédé par le désir de la vie érémitique, comme beaucoup de ses contemporains, sans écouter les objurgations d’Yves de Chartres, qui lui proposait plutôt la vie cénobitique (communautaire), Regnault se rendit dans la forêt de Craon, près de Robert d’Arbrissel (v. 25 février).
Après la mort de Robert, Regnault se retira à Mélinais (Sarthe), où s’élevait depuis 1138 la fameuse abbaye, royalement subventionnée par les rois d’Angleterre, ainsi que par les comtes et ducs des provinces voisines. Elle possédat jusqu’à trente paroisses. Comme en beaucoup d’autres lieux, il ne reste de cette abbaye si prospère que quelques ruines.
Regnault mourut un 17 septembre, vers 1104.
Saint Regnault est mentionné au 17 septembre dans le Martyrologe.


Cherubino Testa
1451-1479

Il portait bien son prénom ! Cherubino naquit en 1451 à Avigliana (Turin, Italie NO), unique enfant de Filippo et Lucrezia, un couple de famille ancienne et renommée.
En 1471, il entra au couvent des Ermites de Saint-Augustin de cette même localité et fut ordonné prêtre.
Dans l’intervalle de quelques années, il monta les degrés de la sainteté par l’austérité de sa vie, sa mortification, son obéissance joyeuse, sa profonde piété et sa grande pureté.
Il avait une particulière dévotion envers la Passion du Seigneur, qui le ravissait en extase devant l’image du Crucifié.
On lui confia le soin de recevoir les pauvres, qu’il accueillit avec le plus grand empressement, et recourant à l’occasion à la générosité de ses propres parents.
La maladie le frappa, et le conduisit à la mort, survenue le 17 septembre 1479, quand il n’avait que vingt-huit ans.
Les cloches du pays se mirent à sonner d’elles-mêmes, comme pour signifier l’entrée de cette belle âme dans la Vision béatifique.
Il y aurait eut un autre prodige. Les frères de la communauté remarquèrent un parfum qui sortait de son tombeau. On voulut alors transférer les restes de Cherubino dans un endroit plus adéquat et, en ouvrant son tombeau, on remarqua qu’un lys sortait de son cœur. Ce serait la raison pour laquelle on représente Cherubino avec le lys dans sa main, comme saint Joseph ou saint Antoine de Padoue et d’autres encore, qui brillèrent particulièrement par la vertu de Pureté.
Le culte de Cherubino se développa et fut confirmé en 1865.
Le Martyrologe mentionne maintenant le bienheureux Cherubino au 17 septembre.


Pedro de Arbués
1441-1485

Né en 1441 à Épila (Aragon, Espagne centre-nord), de bons et nobles chrétiens, il étudia d’abord avec son père, puis à Huesca, d’où on l’envoya à la grande université de Bologne (Italie), où il prit ses grades en théologie et en droit.
En 1474 il fut ordonné prêtre, puis fut chanoine augustin à Saragosse. Il se montra zélé dans l’exercice de son sacerdoce.
C’était l’époque où l’on voulait éradiquer les erreurs provenant de l’Islam (rappelons que l’Espagne avait été sous le joug musulman pendant cinq siècles), mais aussi du Judaïsme, qui avait accueilli favorablement l’invasion islamique au 8e siècle.
En 1484, Pedro fut nommé inquisiteur pour l’Aragon. Faute de documents certains, on ne sait exactement s’il ordonna des tortures et des condamnations à mort ou s’il fut seulement victime de son zèle. Le fait est qu’un complot se trama, dont il fut averti, mais qu’il attendit sans inquiétude, assurant qu’il préférait être un bon martyr qu’un mauvais prêtre.
Le 14 septembre 1485, en la fête de la Sainte Croix, alors qu’il se rendait au chœur pour les matines, s’étant agenouillé devant le maître-autel, il fut assailli par huit hommes qui l’égorgèrent et prirent la fuite. Les autres chanoines étaient en train de chanter le psaume de l’invitatoire : N’endurissez pas vos cœurs comme à Meriba (Ps 94), verset où le psalmiste invite à ne pas imiter la dureté des Juifs au désert ; ils accoururent, mais Pedro n’avait plus qu’un souffle et dit : Loué soit Jésus-Christ, je meurs pour sa sainte foi.
Sa blessure au cou était mortelle ; il agonisa trois jours, priant pour ses ennemis.
Don Pedro de Arbués mourut le 17 septembre 1485.
On lava la dalle où il était tombé, mais le sang y réapparut mystérieusement. Les gens en imbibèrent des linges.
Pedro fut béatifié en 1664, canonisé en 1867. Pie IX, qui le canonisa, l’invoqua pour la conversion des Juifs et des Francs-maçons.


Roberto Bellarmino
1542-1621

Roberto Francesco Bellarmino naquit à Montepulciano, non loin de Florence, le 4 octobre 1542, jour de la fête de saint François d’Assise, dont il porta le nom. Il était le troisième de douze enfants. Les parents, bons chrétiens, étaient de petite noblesse. Le père s’appelait Vincenzo Bellarmini. La maman, Cinthia Cervini, était la sœur du pape Marcel II.
La maison paternelle fut pour lui une école de vertu, où sa piété se développa promptement, et plus d'une fois, dès l'âge de six ans, les gens du voisinage se réunissaient autour de lui pour l'entendre prêcher la Passion de Notre-Seigneur. 
Après avoir reçu ses premières leçons d’un précepteur, il entra à quatorze ans au collège des Jésuites de sa ville natale. Il s’y fit remarquer par sa piété, sa bonne camaraderie, son aptitude pour les études, son goût pour le chant et la musique. Par la façon dont il riposta un jour à ceux qui attaquaient l’honneur de son collège, on eût pu deviner déjà en lui le futur ardent défenseur de l’Église.
Après le collège, son père eût préféré qu’il suivît des cours de médecine à Padoue, mais Roberto entra dans la Compagnie de Jésus (1560). Après le noviciat, il étudia la philosophie au Collège Romain, puis les Humanités à Florence et Mondoví. Après plusieurs années d'éloquentes et fructueuses prédications, et quatre ans de professorat au collège romain, il gagna Padoue pour y faire la théologie. 
Ses prédications y furent très appréciées : on remarquait son affabilité, sa maîtrise de soi et sa maturité d’esprit.
En 1569, le supérieur des Jésuites, Francesco Borgia, envoya Roberto à Louvain, où se trouvait une très célèbre Université, pour y compléter ses études de théologie, mais en même temps il devait s’occuper de l’apostolat auprès des étudiants, charge pour laquelle il reçut les ordres mineurs, puis les ordres majeurs. Là encore, ses prédications enthousiasmèrent tous ceux qui l’entendaient, par son ardeur, sa science et la force de son éloquence, qui se doublait d’une constante simplicité, nourrie par sa piété et son humilité.
Il devint professeur de théologie à Louvain même, pendant sept ans. Grand admirateur de saint Thomas d’Aquin, il en introduisit la méthode dans l’Université. Son zèle le poussa à étudier l’hébreux et il publia une grammaire hébraïque. Il voulait réfuter les hérétiques, et il commença par Baïus, le chancelier de l’Université de Louvain !
Le climat nordique ne lui ayant pas profité, il dut regagner l’Italie (1576). Il reçut alors la chaire de controverse au Collège romain, qu’il occupera pendant douze années. Des milliers d’étudiants l’écoutaient, parmi lesquels ceux des Collèges germanique et anglais, qui devraient ensuite affronter les hérésies dans leurs propres pays. La doctrine de Roberto Bellarmino était si sûre qu’on le surnomma le “marteau des hérétiques”.
Ses Controverses eurent un tel succès unanime, qu’on le pria de les publier. Les trois volumes connurent maintes éditions et traductions. Le protestant Théodore de Bèze reconnaîtra la valeur de cet ouvrages en disant : C’est le livre qui nous a perdus ! Roberto savait se montrer rigoureux dans la défense de la doctrine catholique, mais extrêmement respectueux dans sa façon de parler aux “adversaires”, ce qui les confondait doublement.
Il fut deux ans supérieur du Collège romain. C’est à Rome qu’il se lia au jeune Luigi de Gonzaga, dont il deviendra le père spirituel. Puis il fut nommé provincial des Jésuites à Naples.
Le pape Clément VIII le rappela pour être son théologien particulier, consulteur au Saint-Office (l’actuelle Congrégation pour la Doctrine), et recteur de la Pénitencerie. Le père Bellarmino continuait d’écrire, de publier. Ainsi fut édité son Catéchisme, traduit en diverses langues, dont la française fut approuvée par Richelieu et utilisée par saint François de Sales. Le même pape Clément VIII ordonna l’utilisation de ce Catéchisme dans les paroisses.
Clément VIII voulut récompenser tant de zèle et de succès en nommant le père Bellarmino cardinal. Un religieux jésuite, normalement, ne peut recevoir une telle distinction, et l’ordre s’y opposait, mais le pape passa outre et imposa la calotte rouge au père Bellarmino qui protestait de toute son âme (1599).
Le Cardinal Bellarmino chercha à vivre dans la simplicité de toujours, malgré un certain faste auquel il devait se plier à contre-cœur. Il resta modeste, et fermement réticent à toute manifestation de népotisme, si fréquent à l’époque, et dont même sa famille aurait voulu bénéficier.

Une querelle assez âpre s’éleva entre les Jésuites et les Dominicains à propos d’un livre de Molina sur le libre arbitre et la grâce. Le pape, d’une façon un peu autoritaire, voulait imposer ses conclusions malgré les suggestions du cardinal Bellarmino. Pour faire court, le pape alors nomma brusquement Bellarmino archevêque de Capoue. Mais la querelle ne s’apaisa finalement que sous le pape suivant, qui eut enfin la bonne idée de se ranger à l’avis du cardinal Bellarmino.
Comme archevêque, le nouvel élu entendit bien résider dans son diocèse, contrairement à une habitude fréquente alors, où les évêques résidaient à la cour d’un roi ou au Vatican. Mgr Bellarmino répara sa cathédrale, assez délaissée, et visita chaque année les paroisses de son diocèse, qu’il aidait au besoin de ses propres deniers. Il chercha particulièrement à relever le niveau du clergé. Là encore ses prédications remportèrent un grand succès.
C’est de cette époque que furent retenus déjà quelques miracles opérés par ce saint Cardinal : des malades à l’agonie furent guéris ; un figuier reverdit ; un chanoine de Capoue fut témoin d’une bilocation… Il fit aussi quelques prédictions. Il avait le don de lire dans les âmes, il chassa des démons…
Aux deux conclaves suivants, le cardinal Bellarmino aurait pu être désigné pour le siège de saint Pierre, mais une autre majorité se forma, à sa plus grande satisfaction. Lui-même penchait pour le cardinal français François de la Rochefoucauld. Même Henri IV avait suggéré aux cardinaux français d’élire Roberto Bellarmino.
Le nouveau pape (Paul V) nomma le cardinal Bellarmino à plusieurs fonctions auprès des Congrégations romaines, de sorte que le cardinal donna sa démission d’archevêque, pour être totalement à l’œuvre dans ses responsabilités vaticanes. 
En même temps qu’il continuait à écrire pour défendre l’autorité du pape (notamment en Angleterre, contre James Ier), le Cardinal Bellarmino entretenait une vaste correspondance dans toute l’Europe, composait un commentaire sur les Psaumes, et s’occupait activement à Rome.
Saint François de Sales disait de lui : « Il sait tout, excepté faire le mal. » 
Il soutint les causes de canonisation de Ramón de Peñafort, de Francesca Romana, de Carlo Borromeo, d’Iñigo (Ignace) de Loyola, le fondateur des Jésuites (voir des notices de ces Saints aux 7 janvier, 9 mars, 4 novembre, 31 juillet. Il affirma avec conviction la doctrine de l’Immaculée Conception (qui ne serait proclamée qu’au XIXe siècle). Il protégea efficacement l’ordre des Célestins, parvenant à réconcilier les deux branches française et italienne.
Il dut aussi s’occuper en première personne de l’instruction du procès de Giordano Bruno, dont il démontra l’hérésie au terme d’une longue série d’interrogatoires. Ceci ne veut pas dire que c’est lui qui demanda la mise à mort de l’hérétique. Ces façons font partie d’un contexte historique auquel notre Cardinal n’a rien à voir : les actes mêmes du procès exigeaient qu’on n’attentât pas à la vie du condamné, mais le fanatisme prévalut et Giordano fut brûlé vif à Rome en 1600.
Bellarmino rencontra aussi Galileo. Il admettait que le système héliocentriste pouvait être une théorie mathématique, mais sans devoir aboutir à une affirmation philosophique et à un système théologique dangereux.
Le cardinal Bellarmino entretint des relations très amicales avec d’autres saintetés de l’époque : Filippo Neri, Carlo Borromeo, Jean Berchmans, Luigi de Gonzaga (voir aux 26 mai, 4 novembre, 13 août, 21 juin). 
Le Cardinal Bellarmino était devenu complètement sourd. A la fin de l’été 1621, la fièvre le gagna durant sa retraite annuelle au noviciat de Saint-André au Quirinal. Tout Rome défila près de lui, le pape Grégoire XV en tête. On ne se gênait pas pour emporter quelque objet en guise de relique, jusqu’au sang que les médecins lui prélevaient pour le soulager.
Le cardinal Roberto Bellarmino mourut le 17 septembre 1621. Il voulait des funérailles discrètes, mais le pape en fit de solennelles.
La cause de canonisation avança lentement, non pas par manque de témoignages - qui furent au contraire nombreux et unanimes - mais entre autres par la suppression temporaire de la Compagnie de Jésus.
Saint Roberto Bellarmino fut béatifié en 1923, canonisé en 1930, et proclamé Docteur de l’Eglise en 1931.
Il est mentionné au 17 septembre dans le Martyrologe.

Jan (Stanisław) Papczyński

1631-1701

 

Il naquit le 18 mai 1631 à Podegrodzie (Pologne), benjamin des sept enfants de Tomasz et Zofia Tacikowskich. 

Petit, il «joua à être prêtre», construisant des autels, faisant des processions. 

Il fréquenta l’école des Jésuites et des Piaristes à Podolińiec, Jarosław, Lviv et Rawa Mazowie.

A la fin de ses études, contrairement aux souhaits de ses parents, il voulut entrer en religion. Il préféra la congrégation des Piaristes, en raison de leur dévotion mariale. Il y prit le nom de Stanisław de Jésus et Marie.

Après le noviciat, il fit la profession en 1656, et reçut l’ordination sacerdotale en 1661.

Séminariste, il enseigna déjà la rhétorique avec un texte qu’il avait lui-même écrit : Le Messager de la Reine des Arts, qui lui valut bien des louanges.

Il fut professeur à Varsovie, mais aussi confesseur renommé ; il eut parmi ses pénitents le nonce papal, Antonio Pignatelli, futur pape Innocent XII.

Ses dévotions personnelles étaient en particulier : la Divine Providence, la Passion du Christ, l’Eucharistie, la Sainte Vierge, les Ames du Purgatoire et leur salut.

Lorsqu’en 1669 on prétendit atténuer la règle de la Congrégation, il préféra demander une dispense des vœux et fonder une nouvelle famille religieuse, les Marianistes de l’Immaculée Conception (différents des Marianistes français). Les Religieux porteraient un habit tout blanc en l’honneur de l’Immaculée Conception de Marie. On trouve aussi l’appellation moins équivoque de Pères mariens.

Pour une fois, cette fondation était due à un homme natif de Pologne, de sorte qu’il obtint assez facilement l’approbation diocésaine.

La première communauté s’établit dans la forêt Korabiewickiej et fut approuvée en 1673. C’était une communauté d’ermites, qui recevaient des hôtes désireux de vivre un temps de retraite. En 1679, l’institut devint de droit diocésain et répandit la dévotion à l’Immaculée Conception ainsi que la prière pour le salut des âmes du Purgatoire. Les Religieux enseignaient aussi les fondements de la Foi, confessaient. 

Le père Stanisław prit une mesure énergique pour combattre l’alcoolisme, qui pénétrait jusque dans les murs du monastère : il interdit totalement la vodka. 

Désireux d’obtenir aussi l’approbation papale, Stanisław partit pour Rome, à pied, en 1690, mais le pape mourut en février 1691 et il y eut une vacance de cinq mois avant l’élection d’Innocent XII, de sorte que Stanisław remplaça provisoirement l’approbation papale en affiliant sa Congrégation à d’autres Ordres déjà approuvés.

En 1699, il envoya cette fois-ci un Confrère à Rome, qui entra en contact avec les Frères Mineurs franciscains ; le Général franciscain présenta au nouveau pape la Règle des Dix Vertus de la Bienheureuse Vierge Marie, qui comportait l’affiliation légale de la Congrégation à l’Ordre franciscain. Le pape donna son approbation. 

L’évêque leur confia ensuite le couvent de Nouvelle Jérusalem, qui s’appelle aujourd’hui Mont Calvaire, où les Religieux reçoivent des pèlerins.

Le père Stanisław fut peu à peu rongé par la maladie. Il s’éteignit à ce monde le 17 septembre 1701 et fut béatifié en 2007.

La canonisation a été proclamée en 2016, après qu’une jeune fille de vingt ans soit sortie indemne du coma à la suite de problèmes respiratoires. Les médecins avaient supprimé toute assistance et la maman fit une neuvaine de prières, au terme de laquelle la jeune fille avait repris toutes ses facultés ; elle put se marier et elle est la maman de deux enfants.

 

 

Emmanuel Nguyễn Vǎn Triệu

1756-1798

 

Emmanuel vit le jour vers 1756 à Thợ Đùc (Phu Xuân, aujourd’hui Huế, Vietnam).

Orphelin de père encore petit, il grandit avec sa sœur chez sa mère et, à quinze ans, rejoignit l’armée.

Après quinze autres années d’activités militaires, il choisit d’entrer plutôt au service de l’armée du Ciel, et se prépara au sacerdoce.

Il fut ordonné prêtre en 1793.

Aguerri par ses longues années militaires, il organisa son apostolat avec autant de zèle que d’efficacité et fit beaucoup pour l’expansion du Règne du Christ dans le Vietnam.

A la fin du siècle, la situation des Chrétiens devint à nouveau difficile, à la suite de tensions politiques qui entraînèrent la méfiance vis-à-vis des croyants, jusqu’à ce qu’un édit de mai 1798 proscrivît la religion catholique.

Le père Emmanuel vint alors se réfugier chez sa vieille mère, qui avait maintenant les cheveux tout blancs. Il resta là et construisit une petite maison pour elle et sa sœur, allant célébrer la Messe dans la paroisse voisine.

Le 8 juillet, toute une troupe vint encercler le village pour arrêter le curé et des Chrétiens ; ne connaissant pas encore le père Emmanuel, ils ne pensèrent pas à l’arrêter, mais c’est lui-même qui se présenta pour partager le sort de ceux qui avaient été arrêtés. Sa mère pleurait, mais il la reprit doucement : Dieu m’a donné l’honneur de témoigner pour Lui. Ne pleure pas, Maman, faisons la volonté de Dieu.

Pendant les quarante jours suivants, il fut enchaîné par les mains et les pieds, trois fois il fut battu jusqu’au sang, plusieurs fois traîné devant un tribunal. On lui demanda qui était sa femme, il répondit : Je ne suis pas marié, parce que je vis le célibat du prêtre.

Pendant tout le temps de sa captivité, le père Emmanuel resta serein, confiant en Dieu, réconfortant les autres prisonniers. Il reçut la visite d’un autre prêtre déguisé, auquel il put se confesser, ainsi que sa mère.

La condamnation arriva le 17 août : le père devait être écrasé sous les pieds des éléphants, mais la condamnation fut remise.

On fit encore des propositions au père ; il répondit qu’il préférait mourir que de cesser de prêcher le Nom du Christ.

Condamné à mort, à l’image de Notre-Seigneur, le père Emmanuel fut emmené avec six autres voleurs condamnés. Sur le lieu du supplice, un soldat lut la sentence capitale. Emmanuel s’agenouilla et pria. Il fut décapité le 17 septembre 1795 à Bãi Dâu (Saigon). 

Ce prêtre fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988.

Une fête liturgique commune célèbre les Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

 

 

Giovanni Croese (Francesco da Camporosso)

1804-1866

 

Anselmo Croese et Maria Antonia Garzo étaient d’humbles cultivateurs, à Camporosso (proche Ventimiglia, Italie).

Quatrième des cinq enfants de cette famille, Giovanni naquit le 27 décembre 1804, et reçut au baptême le nom du saint Apôtre de l’Amour, l’évangéliste Jean qu’on fête ce jour-là. Le petit garçon commença d’aller à l’école, mais ne fut pas ce qu’on peut appeler un élève enthousiaste. de sorte qu’il resta à la ferme pour aider les parents aux travaux et pour garder le petit troupeau.

En 1816, il fait la Première Communion. Une vilaine maladie pousse ses parents à le conduire au sanctuaire marial de Laghet (La Turbie, Nice), dont il revient guéri.

Ce n’était pas un demi-chrétien : un jour qu’il voyageait avec son père, il donna à un pauvre petit garçon de son âge son habit tout neuf.

En 1822, Giovanni fait un essai chez les Frères Mineurs Conventuels de Sestri Ponente, avec le nom d’Antonio.

En 1824, il passe à Voltri, dont il préfère la style de vie plus austère. Postulant, il prend le nouveau nom de Francesco Maria. Là, on remarque la charité avec laquelle il sait donner aux pauvres son repas en se contentant pour lui des restes qu’il trouvait.

En 1825 il commence le noviciat proprement dit, au couvent des Capucins de Saint Barnabé à Gênes, comme frère lai. Le 17 décembre, il reçoit l’habit, et fait la profession religieuse le même jour de l’année suivante. 

Il n’a que vingt-et-un ans, mais ses supérieurs l’envoient tout de suite à la maison principale de la Province, au couvent de l’Immaculée Conception de Gênes. Il travaille à la cuisine et à l’infirmerie, puis il est frère quêteur, en 1831, d’abord dans la campagne, dans la vallée du Bisagno, puis en ville à partir de 1834, et sera finalement responsable de tous les frères quêteurs à partir de 1840.

Il restera dans ce couvent près de quarante ans, jusqu’à la mort.

Sa charge de quêteur se doubla d’un véritable apostolat auprès des familles, par ses conseils, son assistance discrète ; il savait être proche des marins, nombreux à Gênes, ainsi que de ceux qui allaient émigrer en Amérique. On le connaissait bien, on le voyait partout pieds-nus, toujours souriant, toujours bon, au point qu’on le surnomma le Padre santo, le saint Père, lui qui n’était pas même prêtre.

Il se mortifiait beaucoup, couchant sur des planches, prenant des croûtons de pain mouillés dans de l’eau chaude, portant de vieilles étoffes qu’il raccommodait lui-même.

En 1866, une épidémie de choléra éclata en août : il s’offrit à Dieu pour la faire cesser, et en mourut effectivement, le 17 septembre 1866.

Les miracles se multiplièrent.

Le Padre santo fut proclamé bienheureux en 1929, et réellement saint en 1962. Il est tellement connu avec ce surnom, qu’on en a complètement oublié son nom de famille.

Saint Francesco Maria de Camporosso est mentionné au Martyrologe le 17 septembre. Les Franciscains le fêtent le 19 septembre.

Note. Les Italiens, qui n’aiment pas le jour 17 comme les Français le 13, remarqueront que saint Francesco reçut l’habit un 17, fit la Profession un 17, et mourut un 17…

 

 

Zygmunt Szczesny Felinski

1822-1895

 

Septième de onze enfants, Zygmunt (Sigismond) naquit le 1er novembre 1822, dans la noble famille de Gerard et Eva Wendorff à Wojutyn (Pologne, aujourd’hui Ukraine). Sa mère était écrivain.

De ses parents très chrétiens, Zygmunt apprendra l’amour de Dieu, le sacrifice pour la patrie, le respect de l’homme, valeurs qui le soutinrent dans l’épreuve, à la mort de son père en 1838, ou quand sa mère fut déportée en Sibérie pour avoir soutenu les paysans, ou aussi quand le gouvernement tsariste confisqua le patrimoine de la famille.

Il étudia les mathématiques à l’université de Moscou et, en 1847, partit à Paris où il étudia à la Sorbonne et au Collège de France.

Il se lia aux émigrés polonais et, en 1848, soutint l’insurrection de Poznan.

En 1851, il décida de devenir prêtre et rentra dans sa patrie au séminaire diocésain de Zytomierz (Jitomir), pour poursuivre ensuite ses études à l’Académie ecclésiastique catholique de Saint Petersbourg (Russie).

Il sera ordonné prêtre en 1855, à trente-trois ans.

Son activité pastorale commence parmi les pères dominicains de la paroisse Sainte Catherine à Saint Petersbourg, de 1855 à 1857, puis comme directeur spirituel des élèves de l’Académie ecclésiastique, enfin comme professeur de philosophie.

En 1856, il fonde le “Refuge pour les Pauvres” et, en 1857, la congrégation religieuses des Franciscaines de la Famille de Marie.

En 1862, il est nommé archevêque de Varsovie, capitale de la Pologne assiégée par les troupes tsaristes et où les évêques, par protestation, avaient ordonné la fermeture de toutes les églises. Le nouvel archevêque commençe par re-consacrer la cathédrale, profanée par les troupes russes, puis fait rouvrir toutes les églises.

Mgr Szczesny Felinski put gouverner son archidiocèse jusqu’en 1863, malgré l’hostilité de certains milieux, y compris du clergé, s’efforçant d’appliquer une vaste réforme religieuse et morale de la nation, tout en  s’efforçant de réduire au maximum l’impact gouvernemental sur les affaires intérieures de l’Eglise.

Ses travaux furent incessants : visites pastorales, réforme des études à l’Académie de Varsovie et dans les séminaires, élévation du niveau culturel du clergé, encouragement auprès du clergé pour une activité plus pastorale pour annoncer la Parole de Dieu, catéchiser, organiser de petites écoles primaires pour y diffuser de sains principes de vie morale dans la société.

Il appela les Franciscaines de la Famille de Marie, qu’il avait fondées à Saint Petersbourg, pour s’occuper à Varsovie des enfants abandonnés, et développa le culte au Saint Sacrement et envers Notre-Dame.

Courageusement, il écrivit au Tsar après l’insurrection de janvier 1863, le suppliant de mettre fin aux représailles du gouvernement russe. Plus tard, il s’éleva contre l’exécution de l’aumônier des insurgés, Agrypin Konarski, qui fut pendu le 12 juin 1863, ce qui lui valut, deux jours après, d’être déporté à Jaroslavl, sur la Volga au centre de la Russie, où on le laissa pendant vingt ans dans la plus grande pénurie.

Mais il ne restait pas inactif pour autant : sur place, il s’intéressa aux catholiques et en particulier aux prêtres déportés en Sibérie, fondant plusieurs œuvres de miséricorde. Il recueille des fonds pour la construction d’une église catholique à Jaroslavl.

Des négociations entre le Vatican et la Russie aboutirent à sa libération en 1883, mais pas à sa réintégration comme archevêque de Varsovie. Il fut alors nommé évêque titulaire de Tarse. 

Mgr Szczesny Felinski passa les douze dernières années de sa vie à moitié exilé à Dzwiniaczka (diocèse de Lviv) sous l’autorité autrichienne du moment.

Là encore il se donna infatigablement au bien spirituel des paysans polonais et ukrainiens, fondant la première école de l’endroit, un orphelinat, une église et un couvent pour ses Religieuses.

Il mourut à Cracovie, le 17 septembre 1895. Il n’avait plus que sa soutane et son bréviaire, mais il laissait tout son amour pour le peuple.

Il a été béatifié en 2002, et canonisé en 2009. 

Il sera inscrit au Martyrologe dans une prochaine édition.

 

Juan Ventura Solsona

1875-1936

 

Juan naquit à Villahermosa del Río (Castellón, Espagne) en l’an 1875, dans une famille pauvre qui comptait onze enfants. Le papa était tisserand.

Juan fut très tôt orphelin de père, et sa mère dut souffrir beaucoup pour élever tous ses enfants.

Il obtint une bourse d’étude pour fréquenter le séminaire de Valencia. Il fit partie de la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains et fut ordonné prêtre en 1901.

Il fut envoyé huit ans comme vice-recteur et professeur au séminaire de Cuernavaca (Mexique).

En 1909, il revint en Espagne et enseigna dans les séminaires de Tolède et Cuenca, avant d’être envoyé comme vice-recteur au Collège Espagnol de Rome de 1911 à 1919. 

Il fut ensuite nommé directeur spirituel au séminaire de Barcelone, jusqu’en 1923 : cette année-là, il eut la permission de quitter la Fraternité dont il faisait partie et, malgré sa demande d’y revenir, sa santé ne le lui permit pas.

Nommé curé de Notre-Dame-des-Anges à Cabanyal, il y resta dix ans, et finit par être nommé archiprêtre de Villahermosa del Río, son pays natal où vivait encore sa vieille maman octogénaire.

Il fut arrêté une première fois le 18 juillet 1936 au moment de la guerre civile espagnole, durant un voyage à Valencia. Quelqu’un obtint sa libération et lui fournit un habit de paysan pour revenir chez lui.

Le 2 août, l’église était fermée, le 10 il se cacha dans un grenier, où il put encore célébrer la messe le 29 août. Pour ne pas compromettre ceux qui l’hébergeaient, il devait changer d’endroit continuellement ; finalement, il décida de se présenter spontanément au Comité.

On lui promit qu’il ne lui arriverait rien et il se mit à travailler dans les champs.

Toutefois, un commando vint l’arrêter le 17 septembre suivant, pour l’enfermer au siège de Castillo de Villamalefa. Là, l’abbé Juan demanda à pouvoir encore dire quelque chose : il pardonna à ceux qui allaient le fusiller, répétant les paroles du Christ en croix.

Puis il fut exécuté : c’était le 17 septembre 1936.

Ensuite, les miliciens vinrent chez sa mère, qu’ils expulsèrent, et saccagèrent la maison.

Don Ventura Solsona fut béatifié en 2001.

 

 

Álvaro Santos Cejudo y Moreno Chocano

1880-1936

 

Ce pieux laïc naquit à Daimiel (Ciudad Real) le 19 février 1880, de Francisco Cejudo y Lara, ouvrier, et de María Moreno Chocano y García, qui le firent baptiser dès le lendemain ; le petit garçon s’appela ainsi Álvaro Santos ou Santos Álvaro on trouve les deux formes, mais il semble bien que le prénom habituel fut Álvaro.

Il eut une petite sœur, Manuela, avec laquelle il partagea ses jeux d’enfance.

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes en 1893, dans leur noviciat de Bujedo, et prit l’habit en 1896, avec le nom de Álvaro de Cordoue (qu’on fête le 19 février).

Malheureusement, en 1901, diverses circonstances familiales l’obligèrent à quitter la congrégation.

Álvaro devint alors machiniste dans les Chemins de fer. 

Il épousa María Rubio Márquez, et devint père de sept enfants, dont trois moururent en bas âge.

Devenu veuf en 1931, il vivait encore avec deux filles. Un jour, celles-ci lui exprimèrent leur désir d’entrer chez les religieuses Trinitaires à Cuenca.

Il eut d’abord la réaction, bien compréhensible, de se sentir abandonné ; mais tout aussitôt affirma : Oui, j’offrirai à Dieu ce double sacrifice ; dès maintenant, vous avez ma permission.

Ils se rendirent tous trois à Cuenca, où, malgré ses faibles revenus, il se déclara très honoré d’offrir au Seigneur ses deux filles et de pourvoir à toutes leurs nécessités.

Un témoignage unanime le montra fils, époux, père et frère vraiment irréprochable. Au travail, il ne voulait pas prendre de congés, pour gagner davantage et donner plus à ses filles. 

Quand ses compagnons de travail le critiquaient sur sa religion, il haussait la voix seulement pour défendre les intérêts de Dieu et de l’Eglise, sinon, il restait toujours calme et discret. Il répétait : Mes ennemis ne pourront pas me faire plus de mal que ce que Dieu permettra. Je peux tout en Celui qui me réconforte (cf. Ph 4:13). Après certaines de ses réponses, ils lui dirent un jour : Dis-donc, tu as bu un peu plus que d’habitude, aujourd’hui, mais il rétorqua : Dites-moi ce que vous voulez ; mais je ne peux pas entendre que Dieu est si offensé, et rester muet. 

Il portait une petite croix ; ils lui disaient : Enlève ça, sinon on va te tuer. Mais il lui en fallait davantage pour être intimidé.

Adorateur nocturne de l’Eucharistie, qu’il recevait fréquemment, fervent du Sacré-Cœur et du chapelet, généreux pour les pauvres malgré ses maigres ressources, il s’efforçait de faire passer entre les mains de ses compagnons de travail des articles sur la foi et l’Evangile, s’efforçant ainsi d’être apôtre à chaque instant.

Arrêté le 2 août 1936 à Santa Cruz de Mudela (Ciudad Real), pour le fait d’avoir deux filles Religieuses, d’être un bigot et de ne rien faire d’autre que d’entendre la Messe, il eut la grande consolation de se retrouver prisonnier avec ses anciens Confrères des Ecoles Chrétiennes.

Il fut ensuite transféré dans le couvent des Trinitaires, transformé en prison, d’où on le fit sortir la nuit du 17 septembre.

Il fut assassiné pour sa fidélité au Christ, le 17 septembre 1936, et fut béatifié en 2007.

 

 

Timoteo Valero Pérez

1901-1936

 

Il naquit à Villarejo (Terriente, Teruel, Espagne) et fut baptisé le 24 janvier 1901, jour où l’on fête saint Timothée, dont il reçut le nom. 

Il était le cinquième des six enfants de Jorge Valero Gómez et de María Pérez Pérez, qui s’appelaient Román, Baltasara, Jerónimo, Roberto, Timoteo, Pedro.

Il fréquenta l’école du village, fondée comme école primaire pour enfants pauvres et orphelins, et tenue par les pères Tertiaires Capucins (Amigoniens). C’est là qu’il reçut ses leçons de latin, qu’il fit ses humanités… et ressentit la vocation religieuse.

Il en était pleinement convaincu, rappelant à ses parents ce mot de Notre Seigneur : Celui qui aime son père et sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi (Mt 10:37). Aussi était-il rassuré qu’en offrant à Dieu leur fils, ils ne manqueraient de rien par la suite.

Il entra chez les Pères Amigoniens en 1917, prenant l’habit dans la maison du noviciat à Godella (Valencia), et fit la première profession en 1919.

Il acheva ses études de philosophie à Madrid en 1922, de théologie à Carabanchel Bajo en 1926, où il fit la profession perpétuelle (1925).

Il reçut le sacerdoce à Godella en 1928, des mains du Fondateur lui-même, Mgr Luis Amigó.

Il exerça le saint ministère à Carabanchel Bajo (Madrid) et à Madrid même, particulièrement auprès des jeunes en difficulté. Jeune, joyeux, musicien, le père Timoteo réussissait pleinement auprès de ces adolescents.

Dès 1931, quand fut proclamée la République et que le danger montait, il alla ouvrir le tabernacle et consomma, avec un des élèves, toutes les saintes hosties, pour éviter le danger qu’elles fussent profanées.

Au moment de la guerre civile, la communauté fut dissoute et le père Timoteo trouva refuge à Madrid.

Le 17 juillet 1936, il était en train d’accompagner des jeunes à Segovia, et ils visitèrent l’aqueduc romain, mais durent revenir bien plus tôt que prévu.

Le 20 juillet, l’école fut transformée en tchéka par les miliciens, de sorte que les Religieux durent se trouver un refuge quelque part dans Madrid. Le père Timoteo fut quelques heures chez une couturière du collège, mais préféra se rendre chez son frère Roberto. De là, il fut à Tolède, et repartit dans la belle-famille de Roberto, puis de nouveau chez Roberto : on n’était jamais à l’abri d’une perquisition de la part des miliciens, ni d’une dénonciation ; il semble que le père Timoteo fut dénoncé par la belle-sœur de Roberto, qui ne s’entendait pas bien avec l’épouse de celui-ci.

Les agents vinrent perquisitionner, mais ne trouvèrent rien ni personne ; mais Timoteo, qui était un farceur, s’approcha sur la pointe des pieds du trou de la serrure et lança une boutade qui, en réalité, attira l’attention des miliciens ; ceux-ci revinrent sur leurs pas et arrêtèrent Timoteo.

C’était le 14 septembre, fête de la Sainte Croix. Timoteo fut conduit à la tchéka Alberto Lista, puis à celle de Fomento, transformée fin août en Comité Provincial d’Investigation Publique et installée ensuite dans les sous-sols des Beaux-Arts : ceux qui y étaient introduits, étaient d’habitude fusillés sans jugement et enterrés dans la fosse commune.

Le père Timoteo fut conduit au quartier de Vicálvaro, où il fut exécuté en sa qualité de prêtre et religieux, le 17 septembre 1936.

C’est son frère Roberto qui alla le reconnaître, dans la fosse commune du cimetière de Vicálvaro.

Il fut béatifié en 2001.

Zygmunt Sajna

1897-1940

 

Zygmunt (Sigismond) naquit à Żurawlówce (Podlasie, Pologne) le 20 janvier 1897, de Franciszki et de Franciszka. Il a une sœur : Maria Zyta.

En 1909, la famille déménagea à Melnik.

Après son baccalauréat au lycée de Siedlce (1918), il fit ses études sacerdotales au séminaire de Varsovie et fut ordonné prêtre en 1924.

Il fut d’abord nommé vicaire à Jadów, puis à Babice.

Dès octobre 1924, il fréquenta l’Université Grégorienne de Rome pour des études de droit canonique, mais n’arriva qu’au grade du baccalauréat, car des problèmes cardio-pulmonaires l’obligèrent à revenir prématurément dans son pays.

En 1926, il fut donc nommé aumônier des Sœurs de l’Immaculée Conception à Szymanów.

En 1931, il dut recevoir un traitement particulier à Zakopane, puis, sa santé s’étant améliorée, il fut nommé successivement en plusieurs paroisses de Varsovie : Saint-Antoine-de-Padoue en 1931, Saint-Alexandre en 1932, Saint-Jean-Baptiste (1935), finalement le Mont-Calvaire (1938).

Au moment de l’invasion hitlérienne, il soutenait avec patriotisme le moral des Polonais et, pour ce motif, fut surveillé activement par les autorités allemandes. On lui imposa la résidence surveillée, lui interdisant d’aller officier à l’église.

Il aurait pu s’échapper, mais préféra rester au milieu de ses paroissiens. Finalement, il fut arrêté, gardé prisonnier dans la caserne, puis dans un refuge pour personnes âgées et malades.

En avril 1940 on l’emprisonna à Varsovie ; il réussit à conserver avec lui des ornements sacerdotaux, son bréviaire et le chapelet. Battu, torturé (il eut les dents enfoncées), sommé de renier sa foi, il ne céda jamais. 

Pendant tout le temps qu’il fut détenu, il réussit à se procurer en cachette des hosties qu’on lui apportait de l’extérieur ; autant qu’il le put, il confessa et donna la communion.

Le 17 septembre 1940, tout un groupe de deux-cents personnes, comprenant en majeure partie des gens de l’intelligentsia polonaise, fut abattu à Palmiry. Un témoin raconta qu’au dernier moment, l’abbé Zygmunt donna l’absolution à tous ces co-détenus et leur adressa une dernière parole avant la mort. 

Il fut béatifié parmi cent-huit martyrs polonais, en 1999.

 

Rosa Maria Sgorbati

1940-2006

 

Rosa naquit le 9 décembre 1940 à Gazzola (Emilie de Romagne, Italie E), benjamine des trois enfants de Carlo et Giovannina Vigilini. Elle reçut le baptême peu après.

En 1950, la famille s’installa à Milan, où le père espérait trouver du travail ; il mourut cependant l’année suivante.

Déjà, Rosa manifestait son désir de devenir missionnaire. Elle en reparla à sa mère vers 1956, mais la maman lui conseilla d’attendre ses vingt ans.

Effectivement, vers 1963, elle alla se former à Sanfrè (Piémont), chez les Sœurs de la Consolata, fondées par s.Giuseppe Allamano (v. 16 février), et prit le nom religieux de Leonella. Après le temps de postulat, elle fit le noviciat à Nepi. Elle fit la première profession en 1963..

En 1966, elle alla en Angleterre pour recevoir une formation d’infirmière ; en même temps, elle apprenait la langue anglaise, qu’elle parla couramment.

En 1970, Sœur Leonella fut envoyée au Kenya ; c’était son rêve ! Elle travailla d’abord au Consolata Hospital Mathari de Nyeri puis au Nazareth Hospital de Kiambu, près Nairobi. comme sage-femme et aida à l’accouchement de quelque quatre mille bébés. Elle ouvrit elle-même une petite école d’infirmières au Nkubu Hospital de Meru.

C’est en 1972 que Leonella fit la profession solennelle.

En 1993, elle fut nommée Supérieure provinciale des Sœurs du Kenya.

En 2001, nouvelle destination : Mogadiscio (Somalie), un pays agité par des groupes islamistes. Sœur Leonella y fonda une école de soins pour enfants et en devint la directrice. Les trente-deux premières élèves reçurent un diplôme de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Tout le monde aimait Sœur Leonella, cette Religieuse si dévouée, tout le monde sauf certains groupuscules qui lui en voulaient ; on savait qu’elle était en danger, mais elle répondait : Je me suis donnée au Seigneur, il peut faire de moi ce qu’il veut.

Après un court séjour au Kenya, elle revint en Somalie, rencontrant beaucoup de difficultés pour obtenir son visa des autorités islamiques. Elle put revenir à Mogadiscio le 13 septembre 2006.

Le drame se vérifia quatre jours plus tard, le 17 septembre 2006. En sortant de l’hôpital de Mogadiscio, Leonella fut abattue en pleine rue, avec son garde du corps, par deux hommes se réclamant d’un Tribunal islamique.

Portée à l’hôpital, Leonella y mourut quelques minutes après ; elle répétait : Je pardonne !

Nouvelle martyre, Leonella a été béatifiée en 2018 et sera commémorée le 17 septembre au Martyrologe.

Partager cet article
Repost0
15 septembre 2022 4 15 /09 /septembre /2022 23:00

16 SEPTEMBRE

 

III.

S Priscus, premier évêque à Nocera, dont il est le patron principal ; on ne sait s'il fut martyr.

IV.

SS Abundius et Abundantius, avec Marcianus et Johannes, martyrs romains.

Ste Euphemia, vierge et martyre à Chalcédoine.

?

SS Victor, Felix, Alexander et Papias, martyrs à Rome.

V.

Ste Camelle, martyre à Ricaud, invoquée contre les maladies des yeux.

S Nynia, évêque écossais, d'origine bretonne. 

VI.

S Principe, évêque au Mans : il eut quelques difficultés avec Clovis, qui avait fait assassiner au Mans son parent Rignomer, frère du roi de Cambrai.

VIII.

Ste Eugénie, abbesse au Mont Sainte-Odile.

IX.

SS Rogel et Serdieu (Abdallah), martyrs à Cordoue pour avoir osé prêcher l'Evangile dans la mosquée.

X.

Ste Ludmilla, grand-mère de s. Venceslas : la mère de celui-ci, païenne, la fit assassiner.

Ste Edith, vierge anglaise à Wilton, fille du roi Edgar.

XI.

S Victor III, pape éphémère († 1087), après avoir été un brillant abbé au Mont-Cassin.

XII.

S Vital, fondateur et abbé à Savigny.

XIII.

S Martín dit Sacerdos, abbé cistercien à Huerta puis évêque à Sigüenza, d'où il retourna à son abbaye.

XV.

B Louis Aleman, évêque en Arles ; de bonne foi il combattait la primauté romaine au profit de la suprématie du concile.

XVII.

Bx Dominicus Shobioye, Michael Timonoya et son fils Paulus, martyrs à Nagasaki.

S Juan Macias, berger espagnol, frère convers dominicain à Lima et portier.

XIX.

S Kim Tae-gŏn Andreas, premier prêtre coréen martyr, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1995 :

Piaristes : près de Barcelone, le prêtre Ignasi Casanovas Perramón (*1893) ;

- béatifiés en 2001 :

Amigoniens : près de Valencia, le prêtre Salvador Ferrer Cardet (Laureano María de Burriana, *1884) ; les profès Manuel Ferrer Jordá (Benito María de Burriana) et Pablo Martínez Robles (Bernardino María de Andújar) (*1872, 1879) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Antonio Martínez García (*1892) ;

Clarétains : près de Barcelone, Joan María Alsina Ferrer, prêtre, et Antoni Perich Comas, profès (*1874, 1911).

Priscus de Nocera

3e siècle

 

Une dizaine d’évêques et de martyrs de ce nom sont vénérés. De l’un d’eux, il est dit qu’il fut un des soixante-douze disciples du Seigneur, que la Dernière Cène eut lieu chez lui à Jérusalem et qu’il vint en Occident dès le premier siècle. Il serait mort en 68, contemporain de s.Pierre.

A Capoue également on vénère un saint Priscus comme premier évêque.

Même s.Paulinus de Nole (v. 22 juin) a peut-être fait une confusion entre plusieurs Priscus, écrivant que le premier évêque de Nocera était aussi vénéré à Nole, ce qui n’est pas non plus invraisemblable.

Il est tout de même très probable que le premier évêque de Nocera vécut au moins au troisième siècle.

On lui attribue quelques miracles étonnants.

Le premier est que, ayant célébré les Saints Mystères très tôt et seul, il fut accusé d’hérésie (!). Il devait se présenter au pape pour se justifier ; mais n’ayant rien à offrir au Pontife romain, il convainquit un troupeau d’oies de le suivre jusqu’à Rome, où il les remit au pape (si l’on connaissait le nom de ce pape, on aurait une précision au sujet de la date de l’événement). Toujours est-il que le pape, illuminé par une apparition angélique qui disculpait totalement Priscus, le renvoya avec une énorme fontaine de marbre, que Priscus transporta simplement sur deux genisses. On peut encore la voir sur une place de Nocera.

Après ce deuxième miracle, on en signale un troisième, à la mort de Priscus. Celui-ci, sentant arriver sa dernière heure, alla demander aux ossements de ses sœurs de lui faire un peu de place : les ossements se déplacèrent en effet et Priscus s’y coucha pour rendre le dernier soupir.

Ce dernier «miracle» pourrait contredire la tradition qui fait de Priscus un martyr.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Priscus de Nocera au 16 septembre.

 

 

Abundius du Mont Soratte

† 304

 

Les historiens ont abandonné les textes se rapportant à Abundius.

On le donnait comme prêtre, accompagné d’un diacre nommé Abundantius.

Ils auraient ressuscité par leurs prières le fils, Iohannes, d’un certain personnage nommé Marcianus.

Sur ordre de Dioclétien, ils auraient été décapités tous les quatre, au nord de Rome, vers le Mont Soratte le long de la Via Flaminia.

Actuellement, seul s.Abundius est nommé dans le Martyrologe Romain avec ses Compagnons, au 16 septembre.

 

 

Euphemia de Chalcédoine

284-305

 

Il existe différentes versions du martyre d’Euphemia. En voici une.

Le père d’Euphemia était un sénateur, Philophronos, marié à Theodosia.

Ils vivaient à Chalcédoine (auj.Kadıköy, Istanbul, Turquie).

Or le gouverneur fit donner l’ordre à tous les habitants de venir adorer l’idole d’Arès et de lui offrir des sacrifices.

Une ciquantaine de Chrétiens refusèrent, parmi lesquels notre Euphemia. Ils restèrent dans une maison où ils priaient intensément. La maison fut découverte, les Chrétiens arrêtés et torturés.

Fou de rage devant la fermeté de ces Chrétiens, le gouverneur les envoya à l’empereur Dioclétien pour les juger ; il garda seulement Euphemia, espérant que, une fois seule, cette jeune fille aurait cédé.

Mais Euphemia résista aux fausses promesses de richesse du gouverneur. Elle fut alors soumise à diverses tortures, dont elle sortit indemne à chaque fois : la roue garnie de couteaux tranchants s’immobilisa ; le four chauffé à bloc effraya les bourreaux qui y virent deux anges redoutables ; elle marcha sans se blesser sur un faux tapis de gazon qui recouvrait une quantité de lames tranchantes ; les bêtes lâchées contre elle la respectèrent.

Euphemia ne mourut d’aucune de ces tortures ; mais bientôt elle rendit l’âme et un terrible tremblement de terre mit en fuite et les gardes et les badauds, de sorte que les parents purent reprendre son corps et l’enterrer dignement. Ce devait être vers 305.

Sainte Euphémie fut immensément vénérée, jusqu’en Espagne ou en Autriche. De plus, le concile de Chalcédoine (451), fut célébré dans son église, ce qui la rendit, si l’on peut dire, encore plus célèbre.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Euphemia de Chalcédoine au 16 septembre.

 

 

Victor, Felix, Alexander et Papias de Rome

?

 

On commémore ces quatre Martyrs ensemble, sans connaître mieux leur identité, leur vie, leur martyre. La période de leur mort est simplement inconnue.

Victor était peut-être un évêque : aurait-il été arrêté dans sa province et amené à Rome ? Certains ont pensé l’identifier avec le pape s.Victor 1er (v. 28 juillet).

Leurs corps furent ensevelis à Rome, sur la voie Nomentane, au lieu-dit «près de la Chèvre».

Le Martyrologe Romain mentionne les saints Victor, Felix, Alexander et Papias de Rome au 16 septembre.

 

 

Nynia d’Ecosse

† 432

 

De cet évêque écossais assez peu connu, on s’en remettra utilement au jugement de s.Bède (v. 26 mai) :

Les Pictes du Sud avaient abandonné l’erreur de l’idolâtrie et reçu la foi en la vérité par la prédication de l’évêque Nynia, très révérend et très saint ; c’était un homme de la nation des Bretons, qui avait fait des études régulières à Rome sur la foi et les mystères de la vérité.

Son siège épiscopal, remarquable par une église dédiée à saint Martin évêque, où Nynia lui-même repose avec plusieurs saints, est maintenant aux mains des Angles. Ce lieu, contigu à la province de Bernicie, est appelé par le peuple ‘Ad candidam casam’ {Près de la Maison Blanche}, car il fit une église de pierre, ce qui est insolite chez les Bretons.

Il serait mort vers 432.

Le nom lui-même de Nynia a reçu une multitude de variantes : Nynia, Nyniga, Ringan, Lingan, Roman, Trinyon, Trinian, Triman, Truinnein, Truyons. En latin : Ninianus, bien sûr, mais aussi Nennius, Nemnius, Nemnivus. Il y aurait certainement des formes celtiques ou irlandaises. Ces nombreuses variantes peuvent attester la grande diffusion du culte envers s. Nynia.

Il existe aussi un Livre des Miracles de s.Nynia, dont apparemment on ne peut disposer du texte.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Nynia d’Ecosse au 16 septembre.

 

 

Rogelio et Servodeo

† 852

 

Au Martyrologe du 15 septembre, on a mentionné deux Martyrs, Emilas et Jeremías, qui devaient être exécutés dans l’après-midi.

Ils étaient encore en prison quand on leur adjoignit deux autres Chrétiens, Rogelio et Servodeo.

Rogelio était un moine déjà âgé, eunuque, originaire probablement de Grenade.

Servodeo (traduction de Abdallah, serviteur de Dieu), était un autre eunuque depuis l’enfance, qui accompagnait Rogelio. Il venait, lui, d’Orient.

Le désir commun de ces deux amis était de donner leur vie pour extirper du sol espagnol l’erreur musulmane. Un jour ils profitent d’une réunion de prière dans la mosquée pour s’y introduire et, sans autre entrée en matière, se mettent à prêcher l’Évangile à la foule, promettant le ciel aux justes, et l’enfer aux impies.

On imagine la bousculade, les protestations, les insultes, les coups et déjà les mauvais traitements. Un juge put imposer le silence et ordonner d’enfermer les deux Témoins chrétiens, qui retrouvent ainsi nos Emilas et Jeremías, juste avant leur supplice.

On met aux fers Rogelio et Servodeo, avec des chaînes pesantes et meurtrières. Bien affaiblis, ils ont encore l’audace de proclamer leur foi intacte.

La sentence ne tarde pas : on leur coupera les mains, puis les pieds, puis la tête.

Infiniment heureux de mourir pour leur foi, les deux sont impatients d’attendre.

Un récit contemporain exalte ce moment : La gentilité elle-même, stupéfaite d’un tel spectacle, commençait à juger le christianisme avec je ne sais quoi qui sentait l’indulgence. Donc, placés au lieu de la décapitation, les saints martyrs, avant même l’avertissement du licteur, tendent les mains, présentent les bras : le fer tombe sur l’articulation, et les mains sautent de part et d’autre. Puis les jambes sont amputées. Ils ne montrèrent aucune tristesse ; finalement, le cou tranché, ils s’écroulèrent. Leurs cadavres tronqués, accrochés à des fourches, sont placés au delà du fleuve parmi les croix des autres.

C’était le 16 septembre 852, jour où les deux saint martyrs Rogelio et Servodeo sont commémorés au Martyrologe.

Victor III

1086-1087

 

Danferius de Benevento prit le nom de Desiderius en entrant en religion.

Il était né de famille princière en 1027, son père étant le prince lombard Landolfo V. Danferius fut d’abord ermite à La Cava, avant d’entrer au monastère bénédictin de Bénévent.

Quand l’abbé du Mont-Cassin fut élu pour devenir Étienne IX (1058), il lui succéda, pour un abbatiat glorieux qui dura près de trente ans. C’est pendant cette période que le Mont-Cassin devint une abbaye magnifique et célèbre.

Peu après, le même Étienne IX élève Desiderius au cardinalat et l’envoie comme représentant pontifical auprès de l’empereur Isaac Commène ; malheureusement, la rencontre n’aboutit pas à la résolution du schisme.

A Étienne IX succédèrent Nicolas II, Alexandre II, et surtout Grégoire VII. Recueillir l’héritage et continuer la réforme de saint Grégoire VII était une charge redoutable, à laquelle fut appelé Desiderius, qui prit le nom de Victor.

L’élection s’était faite en plusieurs temps : Grégoire VII l’aurait lui-même désigné comme “papable”, mais les cardinaux réformateurs auraient mis en question cette élection. Puis il aurait été acclamé par les cardinaux sur pression du parti normand, qui connaissait bien Desiderius (il avait beaucoup travaillé à rapprocher les Normands du pape Grégoire VII). Mais Desiderius hésitait toujours. L’année suivante, toujours désigné, mais attaqué par le parti schismatique de Clément III (Guibert de Ravenne), il fait convoquer un concile à Capoue, où enfin il semble bien qu’il ait fait l’unanimité (1087).

Victor III n’était toujours pas consacré. Il commença par aller célébrer Pâques dans son monastère du Mont-Cassin, puis accepta de se faire consacrer en mai.

Toutefois l’antipape Clément III avait toujours ses partisans dans Rome. Victor III retourna au Mont-Cassin, d’où il convoqua un concile à Bénévent pour condamner Clément III, mais il condamna aussi, qui sait pourquoi, deux grands partisans de Grégoire VII, l’évêque Hugues de Die et l’abbé Richard de Saint-Victor à Marseille.

Il semble que Victor III ait aussi organisé une croisade contre les Sarrasins de Tunisie où, selon un auteur contemporain, cent-mille musulmans furent tués en un seul jour.

L’œuvre papale de Victor III s’arrête là : il mourut cette même année 1087, le 16 septembre, jour où il est mentionné au Martyrologe.

Victor III fut béatifié en 1727. En l’absence de canonisation officielle, c’est Léon XIII qui lui confirma son titre de Saint.

Son successeur sera Urbain II.

 

Note. Une curieuse histoire rapporte qu’en réalité Victor III était un enfant juif, ravi en Germanie et éduqué au monastère du Mont-Cassin ; devenu pape, il aurait reconnu être fils d’un célèbre Rabbin, et aurait alors disparu… On attendra sans doute longtemps encore les preuves historiques certaines.

 

 

Vital de Savigny

1050-1122

 

Vital naquit vers 1050 au village de Tierceville (Calvados), de Raimfroy et Roharde.

Quand il commença à fréquenter les écoles, ses condisciples, par déférence pour sa vertu, le surnommèrent le «petit abbé».

Ce trait rappelle la réputation qu’avait saint Basile durant ses études à Athènes (v. 1er janvier).

Vital, donc, alla étudier à Liège. Revenu dans son pays, il y ouvrit une école apostolique. Sa réputation grandit.

Mais tandis qu’il songeait à quitter son pays, le comte de Mortain, en fit son chapelain, et Vital le resta pendant environ vingt ans. Il s’évertua à ramener la paix autour de lui, et entre le comte et son épouse.

En 1093, ne rêvant que de la vie solitaire, Vital se retira, d’abord dans les environs de Mortain, et avec ses premiers disciples fonda une première communauté dite du Neubourg. D’autres communautés s’ouvrirent dans toute la région, particulièrement au désert de Dompierre, paroisse de Mantilly, diocèse de Séez.

Non loin de là se trouvait l’ermitage fondé par saint Guillaume Format (v. 24 avril). Dans un esprit de charité pour les âmes, Vital sortit de temps en temps de sa retraite en vue de combattre la licence et les désordres des mœurs ; il opéra des conversions et vit des disciples venir se grouper autour de son ermitage.

En 1105 Raoul de Fougères lui donna une partie de la forêt de Savigny pour y construire un monastère.

Vital s’appliqua à établir le bon ordre dans sa communauté, devenue nombreuse ; il lui imposa la règle de saint Benoît avec d’austères constitutions. En moins de quarante ans, l’abbaye prit de grands développements ; elle essaima en Angleterre et en Irlande.

On offrit à Vital le monastère de Château-Gontier ; il alla aussi à Saint-Sulpice-des-Chèvres (forêt de Pail), deux fois en Angleterre, appelé par saint Anselme (v. 21 avril) ; en 1106, il chercha vainement à empêcher la bataille entre Robert Courteheuse et Henri Beauclerc.

Le fondateur se dépensait pour l’accroissement de son œuvre, quand il sentit sa fin approcher ; il s’y prépara par un redoublement de ferveur. La nuit même qui précéda son trépas, il se rendit à l’office, mais ne put l’achever. Au moine qui demandait la bénédiction avant de lire la lecture, il dit : Que l’intercession de la sainte Vierge Marie nous unisse à l’assemblée des Anges !, et il expira, le 16 septembre 1122.

Un nuage lumineux remplit alors l’église d’un suave parfum.

Il y eut des miracles au tombeau de Vital. Le culte qu’on lui rendit aboutit à une fête en son honneur dans l’ordre de Cîteaux, en 1738. En 1793, les reliques furent profanées, mais on put les recueillir et les sauver.

De l’abbaye de Savigny ne restent que quelques pans de murs, magnifiques.

Saint Vital de Savigny est mentionné au Martyrologe le 16 septembre.

 

 

Martín de Hinojosa

1140-1213

 

Martín vit le jour vers 1140 à Deza (Soria, Castille, Espagne), de Miguel Muñoz, seigneur de Hinojosa (Finojosa) et courtisan d’Alonso VII, et de Sancha Gómez ; il fut parent de l’archevêque Rodrigo Jiménez de Rada.

A vingt ans, Martín entra au monastère cistercien de Cántavos, qui se transféra en 1162 à Huerta : c’est l’abbaye, encore existante, de Notre-Dame-de-Huerta.

Elu abbé du monastère dès 1166 (à vingt-six ans, mais certains disent : en 1185), Martín bénéficiera de l’appui des rois de Castille et Aragon, de la noblesse, mais aussi des petites gens qui collaborèrent à la construction des principaux bâtiments.

Il dut quitter le monastère quand il fut élu pour l’évêché de Sigüenza. Dans ce diocèse, il rétablit la discipline parmi les chanoines, en envoya quelques-uns à l’université de Paris. Il fut présent au chapitre général des Cisterciens en France.

Après quelques années d’activité pastorale (certains disent deux, d’autres huit), il revint dans son cher monastère en simple moine.

Mais il ne resta pas inactif. On l’appela pour l’inauguration du nouveau couvent de Notre-Dame de Óvila. C’est au retour qu’il s’éteignit, à Sotoca de Tajo, le 16 septembre 1213.

Son corps est conservé dans l’abbaye de Huerta ; son chef se trouve, dit-on, dans la cathédrale de Sigüenza, mais d’aucuns prétendent que cette dernière relique appartient à un autre évêque, saint Sacerdos, évêque de Limoges et connu comme saint Sardot ou Sardou (v. 5 mai). Il y aurait eu confusion, puis assimilation : Martín est surnommé Sacerdos dans le Martyrologe, qui le mentionne au 16 septembre.

 

 

Louis Aleman

1390-1450

 

Voici un nouvel exemple de personnage qui, dans la confusion du Grand Schisme d’Occident, combattit énergiquement, mais de bonne foi, le pape légitime, mais resta intimement attaché à la Vérité.

Louis Aleman naquit vers 1390 au château d’Arbent (Bugey, Ain).

Après ses études en Avignon, il sera diplômé en droit canonique. Son parent François de Conzié et son oncle archevêque de Narbonne lui obtinrent des promotions rapides.

En 1409, il fut chanoine et secrétaire de son oncle au concile de Pise ; en 1410, il fut légat du pape Alexandre V en France ; en 1417, il eut les titres de gardien de l’Eglise de Lyon et abbé au Puy.

Il assista au concile de Constance, où fut élu le pape Martin V, qui le nomma alors archevêque de Maguelone (1418), puis d’Arles (1423, puis gouverneur des Romagnes, de Bologne, de l’exarchat de Ravenne, puis cardinal de Sainte-Cécile au Transtévère (1426).

En 1428, une faction de Bologne le tint prisonnier pendant presque un mois.

Libéré, il se retira à Rome, dans une situation apparente de disgrâce ; mais durant l’interminable concile de Bâle (1431-1449), il regagnera un moment son diocèse d’Arles, puis apparaîtra au concile de Bâle en 1434, où il jouera un rôle très important. D’esprit conciliariste de par sa formation et ses relations, Louis s’opposait à l’autorité du pape et tenta même de le faire déposer.

Nommé président du concile en 1438 (et nommé aussi abbé commendataire de l’abbaye de Montmajour), il réussit, avec l’appui de l’empereur, à faire déposer le pape Eugène IV en 1439 et à faire élire pape Amédée VIII de Savoie, qui prit le nom de Félix V. Ce dernier fut évidemment excommunié par le pape légitime Eugène IV, qui de conséquence priva aussi Louis Aleman de toutes ses charges.

Mais Louis comprit son erreur ; il convainquit Félix V d’abdiquer (1449) et le nouveau pape Nicolas V restitua à Louis tous ses honneurs, le nommant même son légat en Allemagne.

Louis revint enfin à Arles, où il n’avait plus reparu depuis 1434. Il mourut de la peste le 16 septembre 1450 à Salon, dans le château de l’Empéri, résidence des évêques d’Arles.

Un culte populaire se développa rapidement autour de sa tombe ; des miracles eurent lieu, un procès commença. Louis fut béatifié en 1527.

Le Martyrologe le mentionne au 16 septembre.

 

 

Dominicus Shobyōye

?-1628

 

Dominicus Shobyōye était un laïc japonais, né à Nagasaki.

Il était membre du Tiers-Ordre dominicain.

Il fut martyrisé par la décapitation le 16 septembre 1628 à Nishizaka (Nagasaki) et béatifié en 1867.

 

 

Michaël et Paulus Himonoya

?-1628

 

Michaël et Paulus Himonoya étaient deux laïcs japonais, nés à Nagasaki ; Paulus était le fils de Michaël.

Ils étaient tous deux membres du Tiers-Ordre dominicain.

Ils furent martyrisés par la décapitation le 16 septembre 1628 à Nishizaka (Nagasaki) et béatifiés en 1867.

 

 

Juan Macías

1585-1645

 

Juan naquit le 2 mars 1585 à Ribera del Fresno, en Extremadure, au diocèse de Plasencia. Son père s’appelait Pedro de Arcas et sa mère Juana Sánchez, qu’il perdit dès l’âge de quatre ans. Son oncle l’employa à la garde des brebis.

Notre Juan aurait dû porter le nom de Arcas Sánchez, mais on l’appela bien vite comme on appelait tous les bergers de la propriété familiale les “macías”, du nom des terres de l’endroit ; ou aussi Juan Pastorcillo : Jean le petit berger.

Une nuit de Noël, à huit ans, sans doute sur quelque invitation céleste, il annonce qu’il part.

Il rejoint un marchand qu’il avait connu et travaille quelques années avec lui. Puis il s’embarque pour l’Amérique. On rejoint Carthagène (Colombie), on traverse la Nouvelle Grenade, on passe par Pasto et Quito (Equateur) et on arrive finalement au Pérou.

Le premier souci de Juan fut de s’enquérir des Dominicains présents à Lima, car, disait-il, il avait entendu une voix, à vingt ans, qui lui disait de les rejoindre au Pérou.

Formé au métier, il travaille dans les foires de la ville : il partage avec les pauvres le peu qu’il gagne, et rend des services au monastère dominicain de Sainte Marie-Magdeleine, auquel il se lie comme frère et où il est enfin admis et prend l’habit le 23 janvier 1622. Il fait les vœux solennels le 25 mars 1623, jour de l’Annonciation.

Il se lie d’amitié avec Martín de Porres et Rosa (v. 3 novembre et 24 août).

Désormais membre de la communauté dominicaine, Juan prit le chemin de la prière assidue, de la pénitence et de la charité.

Il dut bientôt subir une opération difficile pour soigner une grave infirmité, ce qui ne l’empêcha pas de continuer à se soucier des nécessiteux, qu’il aidait à la porte du couvent : tous les pauvres, les malades, les abandonnés de Lima venaient lui demander ses conseils.

De caractère, il préférait se retirer et éviter la conversation. Seule l’obéissance put le maintenir comme portier du couvent, pendant plus de vingt ans, charge qu’il exerça avec toute la joie et la disponibilité possibles. Il se montrait d’une humilité exemplaire envers ses semblables. A genoux il donnait à manger aux pauvres. Jamais il ne regardait les femmes en face, dirigeant son regard vers le sol pour éviter toute tentation.

Juan fut favorisé de grâces extraordinaires. Ainsi, lors d’un tremblement de terre à Lima, tandis que tous les religieux sortirent dans le jardin, Juan affirma qu’une voix le retenait là, la voix de la Vierge Marie, qui le protégeait : en effet, ni le couvent ni l’église ne furent détruits.

A soixante ans, Juan comprit qu’il allait enfin partir pour rejoindre au Ciel son cher ami, saint Jean l’Évangéliste, qu’il avait vu plusieurs fois en vision. Il raconta lui-même, plein de reconnaissance à Dieu, toutes les grâces qu’il avait reçues depuis sa jeunesse, en particulier de la vision de la gloire qu’il aurait reçue au ciel.

A Juan de la Torre, son ami, qui le suppliait de “ne pas l’abandonner”, il répondit : Je vous en donne ma parole, je vous serai plus ami là-bas que je ne l’ai été ici.

Quand vint “l’heure”, Juan en avertit ses Confrères, qui vinrent lui apporter le Saint Viatique dans sa cellule. Après quelques instants, le Prieur lui administra le Sacrement des Malades, qu’on appelait alors l’Extrême Onction, tandis que la Communauté priait et chantait. Juan s’éteignit au chant du Salve Regina, au matin du 16 septembre 1645.

Quand, trente-six ans plus tard, on voulut transférer les restes de Juan dans un cercueil de cèdre, ceux-ci étaient intacts.

Plus tard, en 1678, un jeune novice qui souffrait déjà d’une hernie inguinale, fit malencontreusement un effort physique en travaillant, de sorte que les médecins ne pouvaient le sauver que par une intervention qu’on ne savait pas faire à l’époque. Le novice reçut les derniers sacrements, mais le Prieur lui mit entre les mains une petite image de Juan, qui était mort une trentaine d’années plus tôt. Quand les religieux revinrent visiter le malade, il était debout et ne souffrait plus.

Un autre miracle attesté, fut la multiplication du riz dans le grenier, quand une religieuse invoqua Juan pour donner à manger aux pauvres.

Juan fut béatifié en 1837, et canonisé en 1975.

Le Martyrologe le mentionne le 16 septembre.

Kim Tae-gŏn Andreas

(Gim Dae-geon Andeurea)

1821-1846

 

 

Andeurea (Andreas) naquit le 21 août 1821 à Solmoe (Naep’o, Ch’ungch’ōng, Corée), dans une famille déjà chrétienne.

Son arrière-grand-père, Kim Chin-hu Pius était un fonctionnaire d’Etat, de famille noble, et reçut le baptême à cinquante ans, grâce aux insistances de son fils, le grand-père d’Andreas. Pius déposa sa charge et vécut chrétiennement jusqu’à son martyre, le 20 février 1814, après plus de dix années de prison.

Le petit-fils de Pius, Kim Che-jun Inyasio, vivait avec son épouse Ko Ursula à Solmoe, où naquit leur fils Andreas. Successivement, ils s’installèrent à Kolbaemasil (Kyōnggi), pour tenter de s’éloigner des zones de la persécution.

En 1836, le père Maubant (v. 21 septembre) passa dans cette localité et remarqua Andreas : le garçon avait quinze ans, une intelligence vive, et avait déjà été fortifié par l’épreuve des persécutions. C’était un candidat idéal pour le séminaire et le sacerdoce. Deux autres jeunes désiraient être prêtres : Ch’oe Pang-je Peuranchiseuko (Franciscus) et Ch’oe Yang-ōb Tomaseu (Thomas). Tous trois accompagnèrent le père Maubant à Macao, où se trouvait le séminaire des Missions Etrangères.

Ils y arrivèrent après six mois de voyage, le 6 juillet 1837, et furent accueillis avec joie par les Pères du séminaire. Ils y étudièrent l’Histoire et la Géographie, le Français et le Latin, la Théologie… Il est étonnant et réconfortant de voir comment ces jeunes assimilaient si facilement des matières auxquelles ils étaient si peu préparés.

La vie à Macao n’était cependant pas toujours facile. Par deux fois, les élèves et les Pères durent se replier sur Manille, pour échapper à la Guerre de l’opium. Autre épreuve : Peuranchiseuko, l’un des trois séminaristes coréens, mourut en 1838 à Macao. L’année suivante, alors qu’Andreas avait dix-huit ans, son père, Inyasio, fut martyrisé, le 26 septembre 1839 ; il n’est pas sûr qu’Andreas ait appris la nouvelle tout de suite, les communications étant très conditionnées.

Andreas continuait ses études. En 1842, il fut désigné pour être l’interprète auprès de l’amiral Cécil, qui commandait un navire de guerre français ; il fut donc présent au moment de la signature du Traité de Nanking.

Après ces événements, Mgr Ferréol essaya vainement d’entrer en Corée par la frontière nord, en compagnie d’Andreas, mais toutes leurs tentatives échouèrent. Andreas retourna donc en Chine, et c’est en Chine qu’il fut ordonné diacre.

Rempli de zèle pour son pays, il fit une autre tentative, qui réussit : il s’introduisit seul en Corée, en passant par Ūiju, et arriva à Seoul le 15 janvier 1846. Mais pour ne pas éveiller les soupçons, il rencontra seulement quelques catéchistes ; il n’alla même pas rencontrer sa mère, qui tournait dans les environs en quête de nourriture.

Il tomba malade pendant un mois environ. A peine remis, il conduisit des missionnaires français en Chine : ils quittèrent Chemulp’o dans une petite embarcation en bois et finirent par arriver sains et saufs à Shanghai, après une traversée dans une mer houleuse.

Le 17 août 1845, Andreas Kim fut ordonné prêtre à Shanghai, par Mgr Ferréol : c’était le premier prêtre coréen.

A la fin du même mois, Andreas accompagna en Corée Mgr Ferréol et le père Daveluy (v. 30 mars). Ils passèrent par l’île Cheju Island, traversèrent cette fois-ci encore de fortes tempêtes et accostèrent à Kanggyōng (Ch’ungch’ōng). en octobre.

Cette fois-ci, le père Andreas rencontra sa chère maman, mais très brièvement.

Un de ses premiers soucis fut d’introduire d’autres prêtres en Corée : son Confrère, Ch’oe Yang-ōb, et les missionnaires français qui attendaient en Chine une occasion pour rejoindre la Corée. Andreas rencontra des pêcheurs chinois de l’île de Yōnp’yōng, qui auraient pu prendre à bord les prêtres et les amener en Corée.

L’idée était réalisable, mais la manœuvre extrêmement dangereuse. Andreas fut découvert et arrêté le 5 juin 1846.

On l’envoya à la prison de Seoul. Mais le personnage embarrassait : c’était un homme très cultivé, parlant plusieurs langues, et en outre très bon, très poli avec l’entourage. Le roi n’aurait pas voulu le faire mourir, mais il céda à la pression de ses ministres et le condamna.

C’est alors que Andreas écrivit une dernière lettre ; les précédentes, il les avait écrites en latin, mais celle-ci le fut en coréen. S’adressant à tous les Croyants, qu’il appelle ses Frères, il leur rappelle la vanité de ce monde qui passe, la nécessité d’être des Chrétiens non seulement de nom, leur recommandant de s’aimer les uns les autres, ajoutant :

Vingt d’entre nous sont ici en prison ; ils vont bien, grâces à Dieu. Après notre mort, prenez soin de leurs familles endeuillées.

Soyez fidèles, et nous nous retrouverons au Ciel. Je vous embrasse avec tout mon amour.

Il signe avec la mention Vicaire Général, bien qu’il n’ait été prêtre qu’un an, dont trois mois en prison, mais il avait réellement aidé l’évêque dans sa charge pastorale.

Après ces trois mois de prison, et juste avant de mourir, Andreas Kim fit encore une petite homélie avec ces mots : Ma vie éternelle commence maintenant.

Il fut décapité à Saenamt’ō, près de la rivière Han, le 16 septembre 1846, à vingt-cinq ans.

Kim Tae-gǒn Andreas fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.

Une fête liturgique célèbre tous les martyrs de Corée le 20 septembre.

Manuel Ferrer Jordá

1872-1936

 

Manuel naquit le 26 novembre 1872 à Burriana (Castellón, Espagne).

Il avait un frère plus jeune, probablement d’un second mariage, Salvador Ferrer Cardet (Laureano María).

Après l’école publique, il participa à des associations paroissiales. Puis il entra chez les Tertiaires Capucins en 1890, au noviciat de Torrent (Valencia).

En 1892, il fit la première profession, avec le nom de Benito María de Burriana.

En 1898, il fit la profession solennelle comme Frère convers.

Il exerça ses activités à Madrid, Séville et Saragosse, avant d’être envoyé en 1932 dans la communauté de Caldeiro (Madrid). Il obtenait plus de ses élèves par son exemple que par ses paroles.

Au moment de la révolution de l’été 1936, les Religieux furent expulsés de leur maison, qui fut transformée en tchéka. Le Frère chercha à se réfugier dans sa famille à Burriana, mais il lui arriva ce que dit l’évangéliste Jean : Il vint chez les siens, et les siens ne le reçurent pas (Jn 1:12), de sorte qu’il fut hébergé chez la même pieuse personne qui avait déjà reçu son frère.

Il y arriva le 14 août. Pendant un mois qu’il y fut, témoigna cette personne, le Frère Benito ne prononça peut-être pas plus qu’une douzaine de mots. Il était tout à la méditation de la Reine du Ciel.

Le 12 septembre, fête du Saint Nom de Marie, il pria dix-neuf dizaines de chapelet.

Le 13 septembre, on vint arrêter les deux frères pour les conduire à la prison du pays. Dans cette prison, le 15 septembre, ils chantèrent encore une fois les Douleurs de Notre-Dame.

Le soir du 15, on vint les chercher pour les emmener à la Masía de Calabarra, Turis (Valencia), où ils furent assassinés, dans les première heures du 16 septembre 1936.

Le frère Benito, ainsi que son frère, furent béatifiés en 2001.

 

 

Joan María Alsina Ferrer

1874-1936

 

Né le 5 septembre 1874 à Seva (Barcelone), batisé le lendemain, il était un des neuf enfants de José, un manœuvre, et de Rosa.

Il entra au noviciat des Pères Clarétains de Cervera en 1899. Ce n’est pas facile de commencer des études de philosophie, et un noviciat à vingt-cinq ans ! Il persévéra, fit la profession en 1900.

Il étudia la théologie à Cervera et Alagón, surmontant vaillamment maintes difficultés. A partir de 1902, il reçut les Ordres mineurs, puis les Ordres majeurs, et fut ordonné prêtre en 1907, à trente-trois ans.

Après une année de préparation à Aranda de Duero, il fut envoyé à Cervera, puis Olesa de Montserrat, Barcelone (Gracia) en 1920, de nouveau à Cervera en 1921.

Le p.Joan avait pris des habitudes avant son noviciat ; il eut à lutter contre le tabac ; il fumait de nuit ; il prenait aussi des médicaments, des savons parfumés… Et puis, il était catalan et ne parlait presque pas l’espagnol ! Mais il était dévoué à la Congrégation. Il savait toucher les cœurs et recueillir des aumônes. Il avait un sens très haut de la liturgie : ce fut même sa matière d’enseignement. Il publia aussi de petites compositions littéraires, sous le pseudonyme-anagramme d’Alanis. Ses bonnes qualités l’aidaient à dépasser ses façons un peu gauches de paysan. On signala sa foi profonde, sa pratique fervente du chapelet (il en fabriquait de ses mains), et ses progrès.

Le 21 juillet 1936, il fallut évacuer la maison de Cervera. On devait rejoindre Solsona, mais on dut se replier sur San Ramón. Dans le groupe où se trouvait le p.Joan, se trouvait aussi le jeune Antoni Perich Comas (v. ce même jour). Arrivés le 24 à Castell de Santa María, ils furent visités par des miliciens, qui détachèrent les jeunes enfants du groupe ; ceux-ci durent certainement dire innocemment qu’ils suivaient les Pères ; de fait, le 25 juillet, des miliciens se présentèrent à la maison où les Pères s’étaient réfugiés et menacèrent les propriétaires. Les Pères cherchèrent alors à voyager séparément.

Le p.Alsina prit le train à San Guim pour Manresa. D’autres aussi, mais sans rester ensemble. Le policier du train les repéra et les arrêta tous, les livra au comité de gare suivant, qui les conduisit au comité central ; on les jeta en prison. C’est là qu’on retira au p.Alsina sa petite valise, qui contenait tout le matériel pour fabriquer des chapelets.

Dans la prison, le p.Alsina dirigeait et commentait la prière du chapelet. A quel moment précis on l’appela pour l’emmener au lieu de son exécution, on ne le sait précisément. Toujours est-il qu’on reconnut son cadavre à Castellvell del Vilar, le 16 septembre 1936, grâce… aux cigares qu’il portait dans sa poche. Il portait une blessure au cœur, signe qu’on l’avait fusillé, mais aussi il avait le crâne terriblement enfoncé, pour avoir sans doute reçu un formidable coup sur la tête, au point qu’on lui voyait la cervelle.

Martyrisé le 16 septembre 1936 et béatifié en 2017 - malgré le tabac ! -, Joan María Alsina Ferrer sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 16 septembre.

 

 

Pablo Martínez Robles

1879-1936

 

Pablo naquit le 28 janvier 1879 à Andújar (Jaén, Espagne).

Il fit peu d’études, car son père, assez pauvre, avait besoin de lui pour travailler aux champs et, de plus, le fit travailler à la forge.

Une fois grand, Pablo put aller à Cordoue ; il y rencontra les Ermites de Sierra Morena, où il commença le noviciat, mais ce n’était pas là sa vocation ; il fut dirigé vers les Tertiaires Capucins, où il reçut l’habit, fit le noviciat avec le nom de Bernardino María et fit la première profession en 1909.

En 1915, il fit la profession solennelle, comme Frère convers.

Comme Frère convers, il exerça ses activités à Madrid, Séville et Saragosse, comme cuisinier, comme jardinier et comme infirmier, avant d’être envoyé dans la communauté de N.Dame de Sion à Torrent (Valencia)., comme sacristain.

Au moment de la révolution de l’été 1936, les Religieux furent expulsés de leur maison. Le Frère trouva refuge chez la même personne que les frères Ferrer, à Torrent.

Le 13 septembre, les trois Religieux furent arrêtés et jetés en prison.

Le soir du 15 septembre, on vint les chercher pour les emmener à la Masía de Calabarra, Turis (Valencia), où ils furent assassinés, dans les première heures du 16 septembre 1936.

Le Frère Bernardino, ainsi que les deux autres frères, furent béatifiés en 2001.

 

 

Salvador Ferrer Cardet

1884-1936

 

On ne donne pas souvent le prénom de Sauveur en France. Salvador naquit le 13 octobre 1884 à Burriana (Castellón, Espagne).

Il avait un frère aîné, probablement d’un premier mariage, Manuel Ferrer Jordá (Benito María).

Après l’école publique, il entra à l’école séraphique de Torrent (Valencia), tenue par les Tertiaires Capucins.

En 1900, il fit la première profession, avec le nom de Laureano María de Burriana.

En 1907, il fit la profession solennelle et reçut l’ordination sacerdotale à Turia.

Il exerça le saint ministère à Yuste (Cáceres), Madrid (Santa Rita), Teruel, Dos Hermanas (Séville), enfin Godella (Valencia), comme supérieur et conseiller général.

De cette sainte maison de Godella, il dut partir le 25 juillet 1936, et il se réfugia, avec son frère qui le rejoignit, chez une pieuse personne de Torrent. Celle-ci lui disait : Père, les rouges ne se souviennent pas de vous. Et lui : Détrompez-vous. L’heure n’est pas encore arrivée, mais je m’y prépare en lisant le Livre de Job.

Le 13 septembre, on vint arrêter les deux frères pour les conduire à la prison du pays. Dans cette prison, le 15 septembre, ils chantèrent encore une fois les Douleurs de Notre-Dame.

Le soir du 15, on vint les chercher pour les emmener à la Masía de Calabarra, Turis (Valencia), où ils furent assassinés, dans les première heures du 16 septembre 1936.

Le père Laureano, ainsi que son frère, furent béatifiés en 2001.

 

 

Antonio Martínez García

1892-1936

 

Né le 29 janvier 1892 à Almería, Antonio fut baptisé dès le lendemain ; fils d’un humble foyer, il entra au Petit séminaire en 1905, puis au Grand séminaire ; il était si brillant dans ses études, qu’il pouvait aussi donner des leçons ou des répétitions aux autres séminaristes.

En 1916, il fut ordonné prêtre et exerça son apostolat à Tabernas, Níjar, Alcudia de Monteagud, et de nouveau à Tabernas. En 1918, lors de la fameuse épidémie européenne de grippe espagnole, il s’occupa des paroisses de Senés et Gádor, et revint à Tabernas en 1919 ; puis il fut curé à Senés, enfin à Viator à partir de 1927.

Prêtre, il se préoccupa beaucoup de la question sociale, tellement qu’on le nomma membre honoraire du syndicat de Velefique. En 1922 il fonda un syndicat et une caisse rurale à Senés. Quand la République le priva de toute assistance pécunière, il fonda une association pour aider sa marraine et ses deux cousins.

Quand explosa la persécution de l’été 1936, les révolutionnaires n’osèrent pas le molester, tant il était estimé de ses fidèles, mais il fut tout de même expulsé de Viator. On lui proposa de l’héberger dans une ferme voisine, où il pouvait se cacher, mais il exposait ainsi les propriétaires à des tribulations et préféra tenter de rejoindre les siens à Almería.

C’est justement à Almería qu’il fut trahi et arrêté le 16 septembre. On lui cracha au visage, comme à Notre-Seigneur, et on l’abattit près du pont du Río Andarax, à l’entrée de Viator.

Tous les paroissiens pleurèrent cet assassinat ; on voulait enterrer le Prêtre au cimetière, mais les miliciens s’y opposèrent.

Martyrisé le 16 septembre 1936 et béatifié en 2017, Antonio Martínez García sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 16 septembre.

 

 

Ignasi Casanovas Perramón

1893-1936

 

Ignasi (c’est l’orthographe catalane ; en espagnol : Ignacio) vit le jour le 21 juin 1893 à Igualada (Barcelone, Espagne) et fut orphelin de père à sept ans.

La maman, María, confia ses deux garçons aux Religieux de ce pays, les Piaristes, chez lesquels les deux garçons entendirent l’appel de Dieu.

Ignasi apprit le piano.

L’aîné, Jaime, entra au noviciat en 1905, Ignasi en 1909, à Moyá.

En 1911, après la profession simple, Ignasi partit à Irache (Navarre), pour la philosophie et la première année de théologie.

Il fit la profession solennelle en 1914 à Terrassa, prit le nom de Ignasi de Saint-Raymond, et fut ordonné prêtre en 1916 à Barcelone.

On signalera ici dans quel sanctuaire il célébra la première Messe : ce fut la chapelle de Can Brunet, une ancienne propriété de la famille remontant au 17e siècle, à Òdena.

Les Piaristes se dédient à l’enseignement. Le père Ignasi, à Terrassa, le fit avec un tel engouement, qu’il tomba malade. Aussi fut-il transféré à Vilanove i la Geltrú, puis à Olot. Plus tard, il fut au collège de Barcelone.

Quand il avait achevé son travail, il allait fréquemment auprès de sa mère, à qui il devait tant, et se mettait au piano, accompagnant les chansons que sa mère aimait chanter.

A la fin de l’année scolaire 1936, le père Ignasi se retira à Òdena, comme chaque année, pour un temps de vacances avec sa mère, dans la propriété familiale de Can Brunet.

Et voilà la révolution de juillet. Le père Ignasi pouvait obtenir un sauf-conduit et aller se cacher quelque part dans Barcelone, comme son frère aîné, mais il se refusait à laisser sa mère toute seule. Dans le pays, tout le monde le connaissait, et on lui proposa de le cacher, mais le prêtre n’avait guère envie de se déguiser, ni de mettre en danger ceux qui l’auraient dissimulé chez eux. Aussi resta-t-il à la maison, remettant son sort dans les mains de Dieu.

Le 16 août, vers deux heures du matin, il vit de la fenêtre un groupe de gens qui se dirigeaient vers la maison ; il alla vite se mettre dans le petit bosquet voisin. Pendant trois heures, les révolutionnaires fouillèrent la maison de fond en comble, chambre par chambre, prenant tout ce qu’ils trouvaient de religieux, crucifix, images, l’autel du prêtre, les ornements, pour les mettre au feu.

De sa cachette, le pauvre prêtre voyait la fumée noire du feu. A cinq heures, voyant le signal convenu du drap blanc à la fenêtre, il revint à la maison, mais la situation était désormais alarmante. Jour et nuit le prêtre et sa mère priaient et veillaient. Il dit un jour à sa mère : Ils vont me tuer, Maman. Mais puis-je mourir pour une cause plus sainte et plus noble ?

Le 16 septembre à midi, trois miliciens entrèrent brusquement par la cuisine et montèrent à l’étage. Le père Ignasi sorit tranquillement à leur rencontre, le bréviaire à la main, et leur demanda : On peut vous offrir quelque chose ? La réponse était qu’ils venaient pour lui. Il leur demanda de le laisser se changer de chaussures. A sa chère mère qui se mettait à pleurer, il lui dit : Adieu, maman, il n’arrivera que ce que Dieu veut.

En sortant de la maison, un des miliciens appela d’un coup de sifflet les six autres collègues qui s’étaient cachés autour de la maison pour empêcher toute fuite du prêtre, et ils partirent pour Òdena, tandis que la bonne maman le suivait avec des jumelles depuis la terrasse.

Parvenus au lieu-dit La Creueta, à vingt minutes de Can Brunet, le chef lui dit : Maintenant, prie, prie autant que tu veux, on ne te donne que quelques minutes pour prier.

Le père Ignasi leur répondit : Tuez-moi, mais ne faites rien à ma mère. Il fit quelques pas tranquillement, s’agenouilla et commença à prier. Il se trouvait si près de la chapelle où il avait célébré la Messe pour la première fois !

De sa terrasse, la maman entendit alors les six coups que reçut son fils dans la poitrine, et le dernier dans la nuque.

Quelques heures plus tard, les assassins forcèrent trois autres Piaristes à venir transporter au cimetière le cadavre du prêtre défunt. Jaime, le frère aîné de Ignasi, vint aussi se recueillir et trouva au cou de son frère la médaille de N.Dame de Montserrat, qu’il portait toujours.

Le lendemain, la maman et sa bonne vinrent voir le corps d’Ignasi, mais le gardien du cimetière préféra ne pas le leur montrer, pour éviter davantage d’émotion. La famille put récupérer le corps et l’enterrer dans une tombe à part, propriété familiale.

Une pierre fut érigée à l’endroit de la mort du prêtre martyr, avec ces mots :

 

16 septembre 1936.

Ici donna sa vie pour Dieu et pour l’Espagne

le Rév. P. Ignacio Casanovas Perramón, des Ecoles Pies.

Passant, découvre-toi et prie.

 

Le père Ignasi fut béatifié en 1995, parmi treize Piaristes martyrs de la même époque.

 

 

Antoni Perich Comas

1911-1936

 

Né le 21 juin 1911 à San Jordi des Valls (Girona), Antoni fut baptisé le 9 juillet ; ses parents s’appelaient Juan et Carmen, c’étaient des paysans.

Après l’école du village, Antoni entra au postulat des Pères Clarétains à Cervera et à Vic. Il eut des difficultés dans l’étude à Cervera, à cause de douloureux maux de tête. Mais cela ne l’empêcha pas de commencer le noviciat à Vic (1927), qui s’acheva avec la profession l’année suivante.

Il fit la philosophie à Solsona, où on le proclama «docteur» pour ses excellents résultats, puis la théologie à Cervera ; c’était alors en 1931, peu après la proclamation de la Deuxième République, ouvertement anti-cléricale, et Antoni dut, comme ses Confrères, voyager sans l’habit religieux pour éviter des représailles.

Il fit là aussi de brillantes études, avec une facilité étonnante. Un de ses professeurs affirma qu’il ne l’avait jamais vu étudier, et qu’il passait son temps en classe à dessiner des caricatures.

De Cervera il passa à Barbastro (1935) et, après un court séjour à Lleida, retourna à Cervera. A cette date-là, il n’avait toujours pas reçu les Ordres majeurs. Malgré sa santé, ses maux de têtes et quelque nervosité, Antoni était une espérance pour la Congrégation.

Arriva la révolution et la persécution de juillet 1936. Le 21 juillet, la communauté se dispersa. Antoni partit pour Solsona, mais dut rejoindre San Ramón. Le 22, il arriva à Castell de Santa María avec d’autres Confrères. Le 27, dans le train de Manresa, il fut arrêté et mis en prison.

Le 16 septembre 1936, on le fit sortir de la prison et il fut fusillé. On retrouva son cadavre avec une balle dans le cœur.

Béatifié en 2017, Antoni Perich Comas sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 16 septembre.

Partager cet article
Repost0
14 septembre 2022 3 14 /09 /septembre /2022 23:00

15 SEPTEMBRE

 

 

I.

Notre Dame des sept Douleurs, qui sont, à quelques variantes près : la prophétie de Syméon, la fuite en Egypte, la perte de Jésus au Temple, la rencontre de Jésus sur le chemin du Calvaire, le crucifiement, la descente de la Croix, la mise au Tombeau.

II. 

S Nicomedes, prêtre romain, martyr.

III.

S Valerianus, chrétien emprisonné à Lyon, délivré par un ange, arrêté et martyrisé à Tournus.

IV.

S Porphyre, mime, qui se convertit au moment de se faire baptiser par dérision et fut décapité sur le champ.

SS Strato, Valerius, Macrobius et Gordianus, martyrs à Tomes.

S Niketas, Goth, martyr.

S Alpinus, évêque à Lyon.

?

S Hernin, ermite en Bretagne, patron de Locarn.

VI.

S Evre, évêque à Toul, frère de ste Aprona.

S Merinus, abbé ou évêque en Ecosse, patron de Paisley.

VII.

S Ribert, abbé à Varenne.

S Achard, abbé à Jumièges, où vivaient neuf-cents moines et quinze-cents domestiques.

IX.

SS Emilas, diacre, et Jeremías, martyrs à Cordoue.

XIV.

S Rolando de' Medici, ermite à Borgo San Donnino, mystique ; il ne se confessait pas pour “obéir à Dieu” et pratiquait des pénitences incroyables.

XVI.

Ste Caterina Fieschi-Adorno, gênoise, mystique, connue pour ses visions sur le Purgatoire. 

XVII.

B Camillo Costanzo, jésuite calabrais, missionnaire au Japon, brûlé vif ; au moment d'expirer, il répétait "Sanctus, sanctus, sanctus". 

Bx Juan Bautista et Jacinto de los Ángeles, pères de famille et catéchistes mexicains martyrs, béatifiés en 2002.

XX.

B Anton Maria Schwartz (1852-1929), autrichien, fondateur de la congrégation de Saint-Joseph-Calasanz (Kalasantiner), pour les apprentis et les ouvriers, béatifié en 1998.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, Pascual Penadés Jornet (*1894) ;

- béatifié en 2013 :

Mercédaires : près de Teruel, le prêtre Mariano Alcalá Pérez (*1867) ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Antonio Sierra Leyva (*1876) ;

- béatifiés en 2021 :

Diocésains : près de Cordoue, Bernardo Suárez Jurado (*1910) ;

Séminaristes : à Valencia, Antonio Artero Moreno (*1912).

B Paolo Manna (1872-1952), missionnaire italien en Birmanie, premier supérieur général de l'Institut Pontifical des Missions Etrangères (PIME), fondateur de l'Union pontificale missionnaire, de revues missionnaires, du séminaire du Sacré-Cœur à Ducenta pour les Missions étrangères, béatifié en 2001.

B Giuseppe Puglisi (1937-1997), prêtre, martyr à Palerme, béatifié en 2013.

 

Notre-Dame des Douleurs

Lola (Lolita)

 

Ce joli nom espagnol (Lola), ainsi que son diminutif dérivé (Lolita), se rattachent à une très ancienne dévotion mariale, chère à beaucoup de chrétiens qui vénéraient particulièrement la mère du Christ sous le vocable de Notre Dame des Douleurs, en espagnol : de los Dolores. Ce fut au point que, oubliant progressivement le nom de Marie, c’est celui des “Douleurs” qu’on finit par donner à mainte petite fille espagnole ; et de même qu’une “Marie-Joseph” devient vite “Marie-José” ou “Marie-Jo”, de même on est passé de Dolorès à Lola, puis Lolita, la petite Lola.

En principe, ce vocable n’évoque donc pas vraiment des joies, et l’on pourrait bien s’étonner que des parents veuillent l’imposer à leur progéniture. Pourtant, à entendre le chant d’action de grâce de Marie (le Magnificat), on se rend compte que même Marie, avec toutes les souffrances qu’elle subit pour son Fils et avec lui, s’est elle-même proclamée “bienheureuse” (Lc 1:48).

Oui, bienheureuse parce que, à travers les douleurs on arrive toujours à une joie plus grande : après sa passion, Jésus Christ est ressuscité, suivi en cela par Marie qui, après avoir vu son Jésus mourir horriblement sur cette croix, fut élevée au ciel où elle l’a retrouvé dans la gloire.

Dans notre vie courante, on dit souvent A quelque chose, malheur est bon, ou bien Il n’y a pas de roses sans épines, ou même encore plus simplement Après la pluie le beau temps. Après l’accouchement, la joie de la maman efface bien vite le souvenir même de ses douleurs.

Dans son épître aux Romains, Paul, évoquant ces douleurs, écrit : Je pense que les souffrances de ce temps sont sans rapport avec la gloire future qui se révélera en nous (Ro 8:18).

Dans notre vie de tous les jours, on remarque que jamais une joie n’est parfaite, il s’y ajoute toujours un bémol pour ternir un bel événement.

Revenons donc aux douleurs de Marie, qui l’ont ainsi rendue “bienheureuse”. A une certaine époque, on parlait de “Notre Dame des Sept Douleurs”, évoquant sous ce chiffre sept la plénitude des douleurs que vécut Marie aux côtés de son Fils. Certains ont même voulu comptabiliser ces sept douleurs, qui seraient les suivantes, à quelques variantes près :

  • la prophétie de Siméon (Lc 2:25-35)
  • la fuite en Égypte (Mt 2:13-15)
  • la perte de Jésus au Temple (Lc 2:41-51)
  • la rencontre de Jésus sur le chemin du Calvaire
  • le crucifiement (Jn 19:25-27)
  • la descente de la Croix
  • la mise au Tombeau

Reprenons-les successivement :

1. Quarante jours après sa naissance, Jésus fut présenté au temple. Là se trouvait un vieillard, Siméon, à qui il avait été prédit qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Sauveur. On imagine la joie de cet homme âgé, prenant dans ses bras fatigués ce petit poupon, divinement informé qu’il y là le Sauveur, et chantant son fameux Nunc dimittis (Maintenant, Seigneur, laisse ton serviteur en paix, car mes yeux ont vu le Sauveur…). Grande joie, mais avec cette autre prédiction, dite par le même Siméon à Marie : Un glaive transpercera ton cœur.  Dire cela à cette jeune maman (elle pouvait avoir entre quinze et vingt ans…), pauvre Marie. Mais elle savait bien qu’elle allait au-devant de grandes douleurs, car elle connaissait les prophéties annonçant la passion de Jésus (cf. Isaïe, Jérémie).

2. Jésus a connu l’exil, avec ses parents. Tout quitter, partir vers l’inconnu, se refaire une vie à l’étranger, sans en connaître ni la langue ni les habitudes… Mais aussi, quelle solidité dans l’amour qui unit ces trois êtres, Joseph, Marie, Jésus, se soutenant l’un l’autre, partageant les soucis, les fatigues. L’épreuve consolide l’amour. Heureusement pour eux, cet exil ne dura que quelques mois, et ils purent bientôt revenir à Nazareth.

3. Jésus a douze ans, c’est encore un gamin ; il ose rester dans le Temple de Jérusalem sans prévenir ses parents, qui doivent le chercher pendant trois jours. Que d’angoisses ! Trois jours qui annoncent les trois jours de la mort à la résurrection du Christ, vingt ans plus tard. Difficile à comprendre ! En effet, “ils ne comprirent pas ce que Jésus leur répondit”, dit saint Luc (Lc 2:50).

4.5.6.7. On imagine bien quelle fut l’émotion de Marie, tout au long du calvaire et au moment de la mort de Jésus.

Il faut préciser que les «douleurs» de la rencontre, de la descente de Croix et de la mise au Tombeau, ne sont pas explicitement relatées dans l’évangile ; selon une tradition orale assez affermie, on les suppose avec une forte vraisemblance. Reine des Martyrs, Marie supporta tout cela avec la même douceur que son fils, bien certaine que c’était là la voie conduisant à la résurrection. C’est aussi avec grande générosité qu’elle accepte la nouvelle mission que Jésus lui confie sur la croix : être la mère spirituelle de Jean, donc de l’Eglise et de chacun de nous.

On peut dire ainsi que Notre Dame des Sept Douleurs est la Mère de la Résurrection, de la joie retrouvée après toute tristesse, de la victoire après toute chute : pour chacun de nous, et en particulier pour toutes celles qui en portent le nom.

Dans la liturgie catholique romaine, on fête Notre Dame des Douleurs le 15 septembre, au lendemain de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix.

Outre cette fête mariale, il existe une dizaine de femmes espagnoles, religieuses ou laïques, récemment béatifiées ou canonisées, qui ont porté le nom de Dolorès, Maria Dolorès, Rita Dolorès, etc.

 

 

Nicomedes de Rome

2e siècle

 

Il s’agirait ici d’un prêtre romain des tout premiers temps du christianisme.

On l’arrêta et on voulait le forcer à sacrifier aux idoles païennes. Sa franche réponse fut : Je ne sacrifie qu’au Dieu tout-puissant qui règne dans le ciel.

Il fut alors déchiré à coups de fouets, de ces fouets romains à lanières de cuir triangulaires, très coupantes, auxquelles on attachait en outre de petits plombs ou des osselets pointus. C’est le supplice qu’on infligea à Notre-Seigneur lors de sa Flagellation.

Les auteurs sont partagés pour situer Nicomède ; on a préconisé même le premier siècle. Il semble qu’on ne puisse se prononcer.

Une basilique a été élevée sur la tombe de Nicomède au septième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Nicomedes de Rome au 15 septembre.

 

 

Valerianus de Tournus

2e siècle

 

Valerianus aurait fait partie d’une cinquantaine de prisonniers chrétiens de Lyon, et qui aurait été délivré miraculeusement par un ange en même temps que Marcellus (v. 4 septembre).

Certes, les mystères de la Providence sont insondables. Mais on pourrait quand même poser cette question : si le Bon Dieu avait besoin de Marcellus et Valerianus pour évangéliser la région de Bourgogne, en libérant les cinquante prisonniers, la moisson aurait été plus abondante…

Après le martyre de Marcellus, Valerianus fut signalé au préfet Priscus lors de son passage à Tournus.

Arrêté et conduit à Priscus, Valerianus fut sommé d’adorer des statues païennes, ce qu’il refusa de faire, en objectant combien les mœurs des dieux et des déesses étaient scandaleusement dissolues.

Furieux, Priscus fit suspendre Valerianus pour le faire déchirer avec des ongles de fer. Valerianus continuait à proclamer sa foi ; il fut décapité.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Valerianus de Tournus au 15 septembre.

 

 

Strato, Valerius, Macrobius et Gordianus de Tomes

4e siècle

 

On a déjà rencontrés plusieurs groupes de Martyrs à Tomes (Scythie, act. Constanța, Roumanie), au 2 janvier et au 27 août.

En voici un autre, sur lequel on n’est pas vraiment bien documenté.

L’empereur Licinius (†325) régna sur la partie orientale de l’empire et résidait à Nicomédie (act. İzmit, grande banlieue d’Istanbul, Turquie NO). C’est peut-être là qu’on lui amena Macrobius et Gordianus.

Macrobius et Gordianus auraient été exilés d’Asie sur l’ordre de Licinius, et martyrisés en même temps que Strato et Valerius à Tomes.

Le Martyrologe Romain mentionne Strato, Valerius, Macrobius et Gordianus de Tomes au 15 septembre.

 

 

Niketas le Goth

† 370

 

Parmi les chefs qui se faisaient la guerre au-delà du Danube, en Dacie, se trouvait un certain Athanaric (plus précisément Athanareiks) qui, entre 369 et 372, lutta contre Fritigern, dont les partisans étaient majoritairement ariens.

Niketas n’était pas arien, mais il fut sans doute victime d’une «rafle» où il périt. Il aurait été brûlé vif.

Plus tard, Athanaric fut reçu avec honneur par l’empereur Theodosios à Constantinople, parce qu’il avait combattu l’arianisme. C’est là qu’il mourut peu après (381).

Le Martyrologe Romain mentionne saint Niketas le Goth au 15 septembre.

 

Alpinus de Lyon

† 390

 

Alpinus serait le quatorzième évêque de Lyon, ayant succédé à s.Just (v. 2 septembre).

S.Just se retira de l’épiscopat vers 381 : Alpinus vécut donc au 4e siècle, et non au 6e, comme cela est parfois affirmé. 

C’est peut-être Alpinus qui fit construire l’église Saint-Etienne avec son baptistère.

Il mourut vers 390.

De lui, c’est tout ce que nous savons.

Saint Alpinus de Lyon est commémoré le 15 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Evre de Toul

† 507

 

Le nom de ce saint évêque s’écrivait autrefois Epvre, dérivant du latin aper (sanglier).

Il vit le jour à Trancol (Troyes) ou à Trèves. Sa sœur s’appelait Aprona («grosse laie», v. 15 juillet ?).

Evre fut d’abord un homme de droit avant de s’orienter vers l’état clérical.

Il fut ordonné prêtre pour le diocèse de Troyes, dont l’évêque était alors s.Loup (v. 29 juillet), autre personnage qui portait un nom d’animal.

Vers 500 mourut l’évêque de Toul, s.Ours (décidément !), auquel Evre fut appelé à succéder, devenant ainsi le septième titulaire de ce diocèse.

Evre laissa à ses diocésains le témoignage d’un homme généreux, distribuant ses biens aux pauvres. Il se donna beaucoup de peine à faire disparaître le paganisme des campagnes.

Il entreprit la construction de l’église Saint-Maurice, où il fut enterré (vers 507).

Saint Evre de Toul est commémoré le 15 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Achard de Jumièges

613-687

 

Achard (le latin Aichardus a été traduit diversement : Aichard, Achard, Aicadre) naquit à Poitiers, de Anscharius et Ermena, époux craignant Dieu et charitables envers les pauvres et les pèlerins.

Au moment d’accoucher, Ermena craignit de perdre la vie et promit à Dieu de lui consacrer son enfant, si la naissance s’accomplissait heureusement.

Les parents confièrent sans tarder Achard à l’école du monastère de la ville, où il resta jusqu’à l’âge de seize ans. Puis Anscharius fit introduire son fils à la cour, dans l’espoir de lui préparer un avenir brillant. L’adolescent sut y conserver sa candeur et éviter les pièges d’une facile mondanité.

Quand il eut dix-huit ans, Achard s’ouvrit de son désir intime à ses parents : il voulait suivre l’appel de Dieu dans la vie consacrée. Ermena en fut heureuse, et Anscharius eut l’intelligence de respecter une volonté si ferme.

Achard entra dans l’abbaye d’Ansion (act. Saint-Jouin de Marnes, Deux-Sèvres), aux confins du Poitou, où il resta quelque trente-cinq ans. On dit que sa prière obtenait la guérison des malades qui venaient le voir.

C’est alors que s.Philibert (v. 20 août) entra dans la vie de notre Achard. En 677, Philibert, abbé de Jumièges, fonda l’abbaye de Noirmoutiers puis releva celle de Saint-Benoît près de Poitiers, qu’il confia alors à Achard. Les vieux parents de celui-ci furent trop heureux de lui céder une grande propriété qu’ils possédaient à Quinçay.

Philibert, devenu vieux, abdiqua et fit appel à Achard pour lui succéder à Jumièges ; les moines accueillirent Achard avec respect et soumission, et restèrent fidèles à leurs promesses. 

L’abbaye ne compta pas moins de neuf cents moines et quinze cents domestiques, si les dires des biographes sont exacts. Achard vieillissant songea à se démettre d’une telle responsabilité ; il craignait aussi une baisse de ferveur de ces moines. Dans une vision, il vit un ange qui le rassurait : une partie des moines mourrait bientôt, destinés à la gloire céleste, une autre partie aurait le temps de sa sanctifier pour rejoindre la gloire des premiers.

Achard fut divinement informé de la mort de Philibert, puis de la sienne propre, prochaine. Il s’y prépara en conjurant encore une fois les moines de la communauté de rester fidèles et s’éteignit le 15 septembre 687. 

Saint Achard de Jumièges est commémoré le 15 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Emilas et Jeremías de Cordoue

† 852

 

Ces deux jeunes gens nobles de Cordoue versèrent ensemble leur sang pour leur foi.

Ils avaient fait leurs études là, et parlaient l’arabe de façon très correcte.

Emilas fut diacre, Jeremías, non ; les détails qu’on a sur eux ne parlent pas de leur âge, de leur enfance. Jeremías était peut-être plus jeune et pas encore décidé d’entrer au service de Dieu, ou bien n’était-il simplement pas appelé par Dieu, mais les deux jeunes gens s’entendaient bien, surtout pour conserver intacte leur foi et, à l’occasion, la témoigner ouvertement.

Emilas cueillit un jour cette occasion en disant haut et fort ce qu’il savait et ce qu’il pensait sur Mahomet.

Ce fut l’arrestation immédiate, les mauvais traitements en prison, et la décapitation.

La journée de leur martyre était une belle journée automnale, mais au moment de la décapitation un orage violent se déchaîna brusquement, on crut à un tremblement de terre, la grêle tomba drue, le soleil fut complètement masqué par d’épais nuages. On aurait pu se croire au Golgotha, quand l’obscurité se fit sur tout le pays et que la terre trembla  (Mt 27:45 et 51).

Les corps des deux Athlètes du Christ furent pendus à des chevalets, de l’autre côté du Guadalquivir, bien en vue de toute la population.

Ils n’étaient pas les premiers ni les derniers courageux témoins de la foi de cette période ; en une dizaine d’années, plus de cinquante hommes et femmes furent exécutés à Cordoue par les autorités musulmanes.

Emilas et Jeremías sont commémorés le 15 septembre au Martyrologe.

 

 

Orlando de’ Medici

1330-1386

 

Orlando (Rolando) était de la famille milanaise des Medici, et était né vers 1330.

En 1360, il voulut embrasser un genre de vie totalement anachorète et vint dans la forêt qui se trouve entre Tabiano et Salsomaggiore (Bargone), dans le domaine du château des Pallavicino.

Pendant vingt-six ans, il vécut dans le silence et la solitude.

Il mangeait ce qu’il pouvait trouver dans le bois, en hiver il demandait par geste quelque chose à manger, que d’ailleurs on ne lui donnait pas, car son aspect n’inspirait pas confiance.

En effet, il portait au début un habit sombre, qui s’usa, et qu’il compléta (ou remplaça) par des roseaux et de la paille ; ce fut ensuite un genre de pagne de coquillages (?) et de feuilles ; finalement, il se trouva une peau de chèvre.

Plus étonnant encore, on le vit parfois immobile sur un pied, durant des heures, à méditer, le regard vers le ciel.

Un jour d’août 1386, les chasseurs du château Pallavicino découvrirent au milieu des ronces un moribond nu, qui se révéla être Orlando. On lui proposa - et il accepta bien volontiers, d’être entendu par le Carme de Crémone, Domenico de’ Dominici.

La confession dura deux heures. Orlando s’expliqua sur son attitude, son choix, ses pénitences. Il révéla avoir obéi à Dieu, avoir toujours fait la volonté du Créateur, s’être entretenu avec Dieu, non pas oralement, mais en esprit, son esprit étant inondé de grâce ; ses pénitences étaient conformes à la sagesse divine ; son silence se référait au verset des Proverbes (Pr 10:19) : Qui parle beaucoup péchera. Ses longues méditations debout sur un pied étaient le fruit de la grâce : il voyait alors clairement la face de Jésus-Christ dans le soleil ou dans la lune.

Orlando reçut l’absolution ; il se résigna à accepter un bouillon de poule qui le soulagea ; son agonie dura vingt-six jours et il s’éteignit le 15 septembre 1386.

Cette vie assez étrange a quelque chose de commun avec celle du bienheureux Schetzelon de Trèves (v. 6 août) ou aussi de l’anachorète Leon (v. 1 juillet).

Le bienheureux Orlando reçut très vite un culte, qui fut reconnu en 1853.

 

 

Caterina Fieschi Adorno

1447-1510

 

Caterina Fieschi Adorno vit le jour le 5 avril 1447 à Gênes (Ligurie, Italie nord-ouest), benjamine des cinq enfants de Giacomo Fieschi et Francesca di Negro. Le père était un noble gênois, neveu du pape Innocent IV et, pendant un temps, vice-roi de Naples. La famille Fieschi était à la tête des guelfes, partisans du pape.

Caterina reçut une formation intellectuelle soignée, étudiant les classiques latins et grecs, mais aussi les auteurs de son époque : Dante, Petrarque, Jacopone da Todi.

Ayant déjà sa sœur aînée, Limbania, chez les chanoinesses de Gênes, Caterina y demanda son admission à treize ans. Evidemment, c’était trop tôt.

Et voilà qu’en 1463, on arrangea un mariage politique entre elle et Giuliano Adorno, dont la famille était autrefois ennemie des Fieschi ; ainsi on parvenait à une sorte de trêve, au moins apparente.

Le couple n’eut pas d’enfants, c’était une vie mondaine sans plus, pendant dix années.

En 1473, Caterina eut son heure de conversion, versa des larmes, se confessa, eut la vision du Christ ensanglanté sous la Croix. Désormais, elle irait communier chaque jour, s’imposant mille mortifications, des jeûnes, des veilles, et s’adonnant aux bonnes œuvres. Bientôt, son mari l’imita et le couple s’installa dans une humble maison proche de l’hôpital de Pammatone. Giuliano entra même dans le Tiers-Ordre franciscain.

Puis Caterina se purifia encore davantage, grâce aux visions qu’elle reçut ; les mortifications diminuèrent, et durent même cesser tant elle était affaiblie.

De 1490 à 1496, elle dirigera l’hôpital. Contaminée par une malade de la peste, elle guérira tout de même. C’est sur son initiative que fut construit à Gênes le Réduit, pour accueillir des malades graves ou même incurables.

Veuve à partir de 1497, elle passera ses dernières années dans de grandes souffrances en union avec le Christ, dans de grandes épreuves mystiques où elle connaîtra les douleurs des âmes du Purgatoire.

Ce lui fut l’occasion de rédiger le Traité du Purgatoire, ainsi qu’un Dialogue Spirituel, deux ouvrages dans lesquels elle expliqua en termes simples son expérience spirituelle.

Elle s’éteignit à ce monde le 15 septembre 1510.

Béatifiée en 1675, elle fut canonisée en 1737.

 

 

Camillo Costanzo

1572-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Camillo naquit en 1572 à Bovalino Superiore (Calabre, Italie S), de Tommaso et Violante Montana, de famille noble.

Après l’école de Bovalino, il étudia le droit à Naples, puis s’enrôla dans l’armée et combattit en Flandre.

En 1592, il entra dans la Compagnie de Jésus, toujours à Naples.

Il fut à Nole puis à Salerno, où il enseigna la grammaire et, en 1601, dirigea l’oratorio.

En 1602, il fut ordonné prêtre et se porta volontaire pour les missions d’Extrême Orient.

En 1605, il arriva à Macao, mais les portugais l’obligèrent à débarquer au Japon.

Il commença par apprendre la langue japonaise pendant un an, puis évangélisa le royaume de Bugen et la ville de Sakai, où, en six ans, il conduisit au baptême plus de huit-cents personnes, dont beaucoup furent ensuite martyrisées.

En 1614, la persécution le contraignit à retourner à Macao où, pendant sept ans, il rédiga quinze livres en parfait japonais, réfutant les erreurs du bouddhisme.

En 1621, déguisé en soldat, il pénétra au Japon, se réfugiant sur l’île de Firando (actuelle Hirado) ; après trois mois, il tenta de rejoindre Noscima, mais il fut dénoncé : une pieuse chrétienne l’avait prié de venir convertir son mari, mais ce dernier s’empressa d’aller dénoncer le missionnaire à l’autorité ; le gouverneur envoya immédiatement des soldats pour arrêter le prêtre et tous ceux qui l’avaient accompagné.

C’est ainsi que fut martyrisé Augustinus Ōta (v. 10 août).

Prisonnier sur l’île de Ichinoscima, le père Costanzo fut condamné à mourir par le feu, sur ordre exprès de l’empereur.

On le reconduisit à Firando pour l’exécution de la sentence ; le bûcher fut préparé tout près de la mer, pour bien le faire voir aux Anglais et aux Hollandais dont les vaisseaux étaient amarrés dans le port.

Le Père  continua longuement à s’adresser à la foule, en japonais, en portugais, en flamand ; il chanta le psaume 116 (Laudate Dominum, omnes gentes), prononça cinq fois le mot Sanctus, et expira.

C’était le 15 septembre 1622, cinq jours après le «Grand Martyre».

Il fut béatifié en 1867.

Nota. Il semble erroné d’attribuer au père Camillo Costanzo les prénoms de Giovanni Battista qui désignent un tout autre personnage.

 

 

Juan Bautista

Jacinto de los Ángeles

1660-1700

 

Ces deux indigènes zapatèques de la Sierra Nord de Oaxaca (Mexique) pourraient être deux jumeaux parfaits, si l’on considère la trajectoire commune de leur vie.

L’unique différence fut leur mariage : Juan Bautista épousa Josefa de la Cruz et eut une fille, Rosa. Jacinto épousa Petrona et eut deux enfants, Juan et Nicolasa.

Nés tous deux en 1660 à San Francisco Cajonos, ils étaient fidèles aux enseignements des pères Dominicains et leur rendaient mille services.

Choisis déjà pour leur honnêteté à remplir diverses charges civiles (arbitres, juges, syndics, maires), ils collaborèrent fidèlement avec les Pères, pour tenir l’église, servir la messe, entretenir la sacristie.

En outre, au vu de leur irréprochable honnêteté, ils furent chargés de signaler ce qui n’allait pas dans le village, les déviations, les irrégularités (matrimoniales ou morales), les blasphèmes, etc.

Ils avaient ainsi le titre de «Procureur» (Fiscal, en mexicain).

On arriva au 14 septembre 1700, jour où nos deux amis découvrirent un petit groupe de personnes qui pratiquaient un culte païen. Ils en parlèrent immédiatement aux Pères. On vint avec le «capitaine» du lieu pour dissoudre la réunion et confisquer les offrandes des participants.

Le jour suivant, 15 septembre 1700, la population fut excitée par les «victimes» ; les gens vinrent réclamer au couvent la remise des «offrandes» ; ils voulaient aussi rencontrer les deux Procureurs.

Le peuple menaça de mettre le feu au couvent. Finalement, le capitaine accepta de livrer les deux Procureurs, avec promesse qu’on respecterait leur vie.

Les Pères tentèrent de s’opposer à cette tractation. Mais les Procureurs eux-mêmes déposèrent leurs armes, acceptèrent l’éventualité de mourir, se confessèrent et reçurent la Communion. Juan Bautista déclara : Nous allons mourir pour la loi de Dieu ; comme j’ai reçu en moi la Divine Majesté, je ne crains rien, et je n’ai pas besoin d’armes.

Une fois aux mains de leurs «bourreaux», il ajouta : Me voilà. Si vous voulez me tuer demain, faites-le dès maintenant.

Ils furent attachés sur la place publique et reçurent les moqueries des bourreaux. Le 16 septembre, on les conduisit à San Pedro, où on les ligota de nouveau en prison. On les invita à renier leur foi pour être libérés, mais ils déclarèrent qu’ils resteraient fidèles à leur baptême.

On les mena par monts et par vaux jusqu’à la montagne Xagacía, où on les jeta à terre, presque on les égorgea et on les tua à coup de machettes ; on leur arracha le cœur, qu’on donna aux chiens, mais que les bêtes ne touchèrent pas. Deux des bourreaux burent le sang des deux martyrs, comme pour en recevoir la force, mais en réalité selon une antique coutume, en signe de haine.

Les deux Martyrs furent ensevelis sur place, et la montagne prit dès lors le nom de Montagne des Saints Procureurs (Monte Fiscal Santos).

Certains ont objecté que les deux Procureurs n’avaient fait que dénoncer leurs concitoyens, en s’opposant aux coutumes ancestrales. Mais les procès tant civil qu’ecclésiastique qui se déroulèrent peu après, firent bien apparaître que les deux hommes étaient bien morts pour leur foi en Dieu.

L’Eglise a sanctionné ces jugements et a béatifié les deux Martyrs en 2002.

Ils moururent le 16 septembre 1700, mais le Martyrologe les mentionne au 15 septembre.

 

 

Anton Maria Schwartz

1852-1929

 

Anton fut le quatrième de treize enfants et naquit à Baden (Vienne, Autriche) le 28 février 1852.

Son père était musicien au théâtre. Après l’école primaire, Anton devint petit chanteur à Heiligenkreuz et fréquenta le collège Schotten à Vienne.

En 1869, il entra chez les Piaristes à Krems, mais à cause du Kulturkampf (la politique anticléricale de la Prusse), la congrégation fut supprimée et Anton gagna le séminaire diocésain de Vienne.

Malgré sa mauvaise santé, il fut ordonné prêtre en 1875. Mais après la mort de son père, la famille était très pauvre, et Anton dut louer le nécessaire pour célébrer sa Première Messe : il n’avait pas même son calice personnel, comme en ont tant de prêtres.

Pendant quatre années, il fut aumônier à Marchegg, où il s’inquiéta principalement de la question ouvrière, et pour cela reçut le surnom de pape de Marchegg.

En 1879, il fut nommé aumônier des Filles de la Charité à l’hôpital de Vienne-Sechshaus, où il rencontra personnellement les malades, jeunes apprentis et ouvriers. Un jour, un apprenti mourant lui dit : L’Eglise a des instituts pour s’occuper de tout le monde, pour les malades, pour les prisonniers, pour les étudiants. Mais nous, les apprentis, on nous a oubliés.

Cette vérité déclencha dans le cœur de l’abbé Anton le désir de fonder pour ces apprentis une œuvre où les prêtres se dévoueraient pour eux, ainsi naquit la Congrégation des Ouvriers Chrétiens de Saint-Joseph-Calasanz, qu’on a communément appelés les Calasantiens (Kalazantiner).

Il construisit à Vienne une église «pour les ouvriers», consacrée en 1889. Avec quelques prêtres, il donna vie à une première maison ; de là partit un apostolat en faveur des apprentis, rappelant aux dirigeants leur foi chrétienne, et donc leur obligation de payer justement et régulièrement les ouvriers, de ne pas les exploiter, de ne pas les obliger à travailler les jours de fêtes.

D’autre part, il reçut les apprentis pour leur donner une instruction, intellectuelle et sociale, pour leur trouver du travail, les occuper sainement.

En 1889, il jugea opportun d’appuyer le mouvement de grève des chauffeurs de tramways ; en 1905, celui des charpentiers et des domestiques, des tailleurs, des cordonniers, contre de grandes firmes.

En 1908, fatigué, il s’abstint désormais de toute controverse publique. Des partis de droite, et même des personnalités chrétiennes l’accusaient de socialisme.

L’abbé Anton Maria Schwartz mourut le 15 septembre 1929, et fut béatifié en 1998.

 

Mariano Alcalá Pérez

1867-1936

 

Mariano vit le jour le 11 mai 1867 en Andorre (Espagne), douzième enfant de Tomás et Vicenta, qui le firent baptiser le lendemain.

A quatorze ans, il fit partie du premier groupe de Mercédaires qui reprit le couvent de El Olivar. Il y reçut l’habit en 1881, fit la première profession en 1883, la solennelle en 1886.

Après les études de philosophie et de théologie, il passa à Lleida (1887) et, remarqué pour ses excellentes aptitudes intellectuelles, fut envoyé à l’Université Grégorienne de Rome. C’est à Rome qu’il fut ordonné prêtre, en 1889.

En même temps, on le chargeait de cours au couvent de Pontevedra. Après deux années, il revint à Lleida, où ses prédications lui valurent les appréciations de l’évêque : il fut nommé examinateur diocésain.

Il fut ensuite à San Ramón, Lleida, Guissona, Andorre, Madrid.

En 1903, il fut nommé provincial, pour huit années, résidant à Lleida puis à Barcelone.

Le Supérieur général ayant été nommé évêque, c’est le père Mariano qui fut élu à sa place, en 1911.

Il rencontra alors beaucoup de difficultés : l’ancien général avait gardé son poste pendant plus de trente ans ; des factions s’étaient créées, des contestations sourdes, au point que le père Mariano, saintement humble, renonça à sa charge dès 1913. Sur son chemin de retour en Espagne, il s’arrêta à Loreto, où il eut une vision de la Sainte Vierge (dont furent témoins quelques amis proches).

Le père Mariano était vraiment un mystique. Il prophétisa aussi à une Religieuse qu’elle serait la Supérieure de son Institut, ce qui arriva. Il fut miraculeusement sauvé d’un accident par son Ange Gardien, envers lequel il avait une grande dévotion.

Ensuite il fut alternativement à San Ramón et à Barcelone. A partir de 1915, il s’installa à Lleida, d’où il partit prêcher à Manresa, Andorre, San Ramón, Barcelone, San Hilario, Bilbao, Borges, Monzón, Jaca, Fraga, Barbastro, Saragosse. Mais son activité préférée était le confessionnal, assiégé par une foule de pénitents avides d’entendre ses bons conseils inspirés.

Une méchante calomnie l’éprouva encore davantage, quand une religieuse ex-carmélite prétendit être enceinte de lui, alors que son complice reconnut lui-même l’innocence du Père et épousa la femme en question. Devant cette situation, le Père n’eut qu’un mot : Prions pour elle.

Désormais il vécut très effacé, se déplaçant de moins en moins, sinon pour aller aux eaux de Barcelone ou Saragosse. Il devait se soigner et prendre toujours plus de médicaments. Aux chapitres, des voix se prononçaient en sa faveur pour le nommer définisseur ; il proposa la consécration de la province au Sacré-Cœur.

En mars 1936, son cousin le prit chez lui en Andorre pour l’aider à se reprendre. Mais ce cousin étant pharmacien, beaucoup de miliciens passaient par là, de sorte qu’une autre cousine prit le Père chez elle.

Quand se déchaîna la guerre civile, il dit : Ne parlons pas, prions. Il s’attendait au martyre.

A partir du 26 juillet, il resta à la maison, par prudence. Il fut convoqué au Comité, où l’accompagnèrent ses cousins. Les miliciens ne lui adressèrent même pas la parole, le laissant partir comme il était venu, à cause de son âge et de sa santé.

Le 15 septembre, fête de Notre-Dame des Douleurs, le Comité convoqua le Père et la cousine, mais celle-ci refusa de sortir. Peu après arriva un peloton qui emmena le Père au Comité, au milieu des coups et des menaces, lui reprochant de ne pas marcher à leur rythme.

Avant de partir, il laissa sur la table sa montre, précieux cadeau de son père pour son ordination sacerdotale, et son chapelet.

Les miliciens obligèrent un habitant à venir avec son camion pour charger de l’orge : en réalité, c’était pour prendre des prisonniers et des miliciens armés jusqu’aux dents. Le camion eut l’ordre de prendre la route d’Alcañiz, puis de s’arrêter au cimetière d’Andorre, où les miliciens firent descendre leurs victimes. Le conducteur reconnut au passage le père Mariano, dont les lèvres prononçaient de ferventes prières.

Des coups partirent. Quelqu’un cria Vive la Vierge du Pilar ! Un autre témoin assura qu’en mourant, le père Mariano souffla encore Vive le Christ Roi !

Martyrisé le 15 septembre 1936, le père Mariano fut béatifié en 2013.

 

 

Antonio Sierra Leyva

1876-1936

 

Né le 22 novembre 1876 à Churriana de la Vega (Grenade), il fut baptisé deux jours plus tard.

Il passa son baccalauréat en 1894 à Grenade, où s’étaient établis ses parents et entra au Grand séminaire ; en 1897, il fut déjà nommé sacristain de la cathédrale et fut ordonné prêtre en 1901.

En 1904, il passa la licence en Droit canonique.

Outre diverses charges d’aumônier, il fut curé d’Ogíjares entre 1911 et 1914, puis fut chanoine de la cathédrale. Autre chanoine était un certain don Federico Salvador Ramón, fondateur en 1901 de la pieuse union des Esclavas de la Inmaculada Niña, une appellation difficile à traduire : cette congrégation de droit diocésain voulait honorer Marie, immaculée et divine Petite Fille et ses membres s’engageaient à en être les esclaves.

Don Antonio voulut soutenir cette œuvre de toute son âme et, pour en élargir l’esprit à une branche masculine, renonça dès 1926 à ses charges de la cathédrale ; il fit sa propre profession en 1933, mais dut finalement renoncer à fonder cette branche masculine ; il se voua totalement à la branche féminine, qui s’installa à Intinción.

Vers le 20 juillet 1936, don Antonio sortit de nuit de la maison avec le prétexte d’aller chercher un livre à l’église ; prudemment, en fait, il voulait consommer le Saint-Sacrement pour éviter toute profanation.

Le 22 juillet, à cinq heures du matin, arriva l’ordre d’expulser toutes les Religieuses ; le Père avait laissé de la veille quelques Hosties consacrées, et les distribua ; il en remit une aussi à une Sœur qui souffrait d’appendicite, et communia avec la dernière parcelle.

Vers le 20 août, on vint l’arrêter, le même jour qu’un autre prêtre, Andrés Molina Muñoz (v. 19 septembre). Ce dernier n’avait que vingt-sept ans, de sorte que les miliciens qualifièrent don Antonio de vieux. La «prison» de ces deux prêtres fut une vieille maison en ruines.

Le 1.septembre, le vieux fut amené au Comité, où on le menaça de le décapiter s’il ne payait pas mille pesetas ; le Prêtre ne disposait évidemment pas de cette somme et écrivit à une famille de bien vouloir payer en son nom. La transaction n’eut pas lieu. Entre-temps, les Religieuses présentèrent la demande que les deux Prêtres fussent envoyés à un autre Comité, ce qui fut refusé. Don Antonio eut alors cette phrase : Je ne suis pas digne de la grâce du martyre, mais si Dieu accepte ma vie, je la Lui offre pour les pécheurs d’Instinción. Parmi ces pécheurs, il entendait bien probablement les révolutionnaires qui profanaient les églises et torturaient les prêtres : il s’offrait pour eux.

Le 11 septembre, on fit paraître les deux Prêtres ensemble au Comité : ils auraient la vie sauve, s’ils renonçaient au célibat et se mariaient. Sur leur refus, on les renvoya à leur prison.

Dans la nuit du 14 septembre, on emmena le vieux prêtre, don Antonio, au lieu-dit Venta Pavón  sur la route d’Alicún. Il reçut huit balles, puis les bourreaux bloquèrent une camionette qui passait, en pompèrent l’essence dont ils arrosèrent le cadavre, pour le brûler avant de l’enterrer.

Martyrisé le 15 septembre 1936 - en la fête de Notre-Dame des Douleurs - et béatifié en 2017, Antonio Sierra Leyva sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 15 septembre.

 

 

Pascual Penadés Jornet

1894-1936

 

Il vit le jour le 3 janvier 1894 à Montaverner (Valencia, Espagne), de José et Trinidad, qui le firent baptiser le lendemain de sa naissance.

Dès l’enfance, il voulut être prêtre. Après les études au séminaire de Valencia, il fut ordonné prêtre en 1921.

Il exerça le saint ministère à La Pobla del Duc, Campos de Arenoso, Sempere, Salem, Adsubia et Bélgida.

Ce fut un prêtre zélé, soucieux de son devoir pastoral et apostolique, estimé de ses paroissiens.

Lors de la persécution de l’été 1936, on condamna l’accès à l’église, on profana le lieu saint et on persécuta les fidèles. Don Pascual tenta de continuer son apostolat, mais un jour on le convoqua pour lui demander de remettre les clefs de l’église. Il déclara qu’il ne le pouvait pas ; il demanda plutôt qu’on lui laissât le temps de retirer le Saint Sacrement, ce qu’on lui accorda après de longues discussions : il put alors consommer les Saintes Hosties, et s’en trouva très réconforté.

S’étant mis à la disposition des miliciens, il fut expulsé de sa paroisse et alla se réfugier chez ses parents à Montaverner ; un cousin lui proposa l’hospitalité, qu’il accepta quelques jours, mais il préféra s’en retirer pour ne pas compromettre toute la famille de cet homme, et retourna chez ses parents.

Le 15 septembre vers deux heures du matin, on vint l’arrêter, sans lui laisser le temps d’embrasser ses parents. Conduit au Comité révolutionnaire il fut immédiatement condamné à mort, sous le prétexte qu’il avait organisé une procession sans leur autorité (mais il en avait demandé et obtenu la permission de l’évêché) ; en réalité, son seul délit était d’être prêtre.

Il fut assassiné, le 15 septembre 1936, vers six heures du matin.

On lui tira deux balles dans la nuque, à Llosa de Ranes (Valencia). Le cousin du Martyr eut du mal à le reconnaître, tant il était défiguré.

Don Pascual a été béatifié en 2001.

 

 

Bernardo Suárez Jurado

1910-1936

 

Bernardo Suárez Jurado naquit le 31 mars 1910 à Hinojosa del Duque (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 15 septembre 1936 à Morente.

Bernardo Suárez Jurado sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 15 septembre.

 

 

Antonio Artero Moreno

1912-1936

 

Antonio Artero Moreno naquit en 1912 à Pozoblanco (Cordoue, Espagne S).

Il allait être prochainement ordonné prêtre : il fut lui-même victime, avant d’offrir la Victime.

Son martyre eut lieu le 15 septembre 1936 à Valencia.

Antonio Artero Moreno sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 15 septembre.

Paolo Manna

1872-1952

 

Paolo naquit le 16 janvier 1872 à Avellino (Italie).

Il étudia à Avellino et Naples et entra à quinze ans chez les Salvatoriens. 

Après la lecture de revues missionnaires, il fut littéralement captivé par le problème et la situation des Missions, trop méconnues dans notre Occident. Il écrivit immédiatement aux Missions Etrangères de Lyon.

Tandis qu’il étudiait à l’Université Grégorienne de Rome, il entra au Séminaire des Missions Etrangères de Milan en 1891.

Il avait une passion : les missions ; son mot d’ordre fut toute sa vie : Toute l’Eglise pour le monde entier.

Ordonné prêtre en 1894, il fut envoyé à Toungoo (Birmanie orientale).

En 1907, malade, il revint en Italie, où il diffusa l’idéal missionnaire par ses homélies, ses conférences, ses écrits.

Directeur de Les Missions Catholiques en 1909, il fonda en 1914 un bulletin (Propagande Missionnaire), puis en 1919 Italie Missionnaire, pour les jeunes.

Puis il ouvrit à Ducenta (Caserta) le Séminaire du Sacré-Cœur pour les Missions Etrangères, toujours dans le but de sensibiliser les fidèles de la région à l’esprit missionnaire.

En 1916, il fonda l’Union Missionnaire du Clergé, pour que les prêtres fussent des agents de diffusion de l’esprit missionnaire parmi les fidèles. En 1956, cette Union serait déclarée de droit pontifical ; elle est actuellement répandue dans le monde entier.

En 1924, le père Paolo fut élu supérieur général de l’Institut des Missions étrangères de Milan. Puis, en 1926, les deux instituts missionnaires de Milan et Rome fusionnèrent pour donner naissance au PIME (Pontificio Istituto per le Missioni Estere).

En 1936, il fut une figure de premier plan dans la fondation des religieuses Missionnaires de l’Immaculée.

De 1937 à 1941, il dirigea le secrétariat international de l’Union Missionnaire du Clergé.

En 1943, il s’établit à Ducenta, comme supérieur du PIME pour l’Italie du Sud. Il fonda alors Venga il tuo Regno (Que ton Règne vienne), un périodique missionnaire pour les familles.

Le père Manna publia aussi différents ouvrages, toujours dans cet esprit missionnaire, pour susciter des vocations, appeler à la prière, travailler à l’unité des Chrétiens.

Il mourut à Naples le 15 septembre 1952 et fut béatifié en 2001.

 

 

Giuseppe Puglisi

1937-1993

 

Il vit le jour le 15 septembre 1937 à Palerme (Sicile, Italie), d’un cordonnier et d’une couturière.

Il fréquenta le séminaire de Palerme dès 1953 et fut ordonné prêtre en 1960.

Le petit Pino Puglisi devenait ainsi le Padre Pino Puglisi, qu’on appela aussi 3P, en italien : Tre Pi.

Dans ses diverses activités paroissiales et didactiques, il s’efforça de guider les jeunes dans la droiture et de les écarter des maillons de la Mafia. Il rencontra les populations marginales des faubourgs et réussit à réconcilier des familles déchirées par la violence.

Il fut à Settecannoli (Brancaccio), Godrano (Palerme).

En 1978, il fut nommé vice-recteur du Petit séminaire de Palerme, puis chargé du service des vocations.

De 1978 à 1993, il fut professeur de religion au lycée classique de Palerme.

En 1990, curé de Brancaccio, il s’intéressa aussi à la condition des jeunes femmes et des mères en difficulté.

Il s’entoura de laïcs groupés en associations pour revendiquer les droits civils des populations méprisées, pour dénoncer la criminalité organisée.

Don Pino savait qu’il dérangeait le milieu. Devant ses jeunes, il apporta un jour un carton sur lequel il sauta, illustrant ce qu’on disait de lui en italien : il «cassait les boîtes», c’était un casse-pied.

Plusieurs fois menacé, il fut assassiné dans son propre quartier paroissial par la Mafia, qui choisit pour ce crime le jour de son anniversaire, le 15 septembre 1993, devant sa porte.

Au moment où l’assassin lui mit le revolver sur la nuque, il dit en souriant : Je m’y attendais. A l’autopsie, son visage conservait ce sourire.

Lors de l’examen de ses restes, en vue du procès de béatification, son corps fut retrouvé intact et sans traces de décomposition.

Don Giuseppe fut reconnu martyr par l’Eglise et béatifié en 2013.

Il faut rappeler que son assassin, arrêté en 1997, a fait un chemin de conversion, s’est profondément repenti et demande chaque soir pardon à Dieu. Il a reconnu avoir assassiné une cinquantaine de personnes : il pleure et prie pour eux.

Partager cet article
Repost0
13 septembre 2022 2 13 /09 /septembre /2022 23:00

14 SEPTEMBRE

 

III.

S Corneille, pape (251-253) : contesté à propos de la réadmission des apostats ("lapsi") repentis : Novatien accusait Corneille de laxisme, et Novat, de rigueur excessive ; exilé à Centum Cellæ (Civitavecchia), où il mourut ; fêté le 16 et mentionné au Canon Romain.

S Cyprien, évêque à Carthage, grand ami de s. Corneille, fêté avec ce dernier le 16 septembre et mentionné au Canon Romain.

IV.

S Maternus, évêque à Trèves, Tongres et Cologne.

S Jean Chrysostome, qui attirait les foules par son éloquence (d'où son surnom), évêque à Constantinople, exilé jusqu'à Cucuse par l'impératrice qui n'admettait pas ses reproches ; fêté le 13 septembre. 

?

S Criscentius, jeune martyr à Rome. 

VII.

Exaltation de la Sainte Croix du Sauveur ; déjà au IVe s. on montrait à l'"adoration" des fidèles, la Croix du Christ ; cette ostension reçut un nouvel éclat lorsque la précieuse relique fut rapportée à Jérusalem en 630 après que l'empereur Héraclius l'eut reprise au Perse Chosroès II.

IX.

S Odilard, évêque à Nantes.

X. S Cormac, évêque et roi à Cashel, martyr , c'est-à-dire tué au combat.

XIII.

B Alberto, évêque à Bobbio, puis Verceil, puis Jérusalem. Il fut assassiné pendant l'office de la Sainte Croix.

XV.

Ste Notburge, servante en Bavière.

XVIII.

Bse Giulia Crostarosa (Maria Celeste du Saint Désert), fondatrice italienne des Sœurs Rédemptoristes, béatifiée en 2016.
B Claude Laplace, prêtre à Moulins, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

S Gabriel-Taurin Dufresse, des Missions Etrangères de Paris, missionnaire en Chine, évêque et martyr ; pendant les trente années de son apostolat, les baptêmes passèrent d'environ sept-cents à dix-sept-mille ; canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

Bx Yi Yang-deung Petrus, Gim Jong-ryun Lucas et Heo In-baek Iacobus, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

XX.    

Bx Martyrs espagnols  de 1936 :

- béatifiés en 2007 :

Dominicains : à Madrid, le prêtre Manuel Álvarez y Álvarez (*1871), et le profès Teófilo Montes Calvo (*1912) ;

Marianistes : à Madrid, les profès Florencio Arnáiz Cejudo, Joaquín Ochoa Salazar et Sabino Ayastuy Errasti (*1909, 1910, 1911) ;

- béatifié en 2013 :

Lasalliens : à Madrid, Pedro Bruch Cotacáns (Anastasio Pedro, *1869).

Corneille, pape

251-253

 

Cornelius, fils de Castinus, appartenait au clergé romain, et fut porté au siège de Pierre après le martyre du pape Fabien (v. 20 janvier). L’élection fut d’ailleurs retardée de quinze mois, profitant d’une expédition de Dèce aux frontières de l’empire, car Dèce s’était acharné contre les chrétiens.

Corneille devenait donc le vingt-et-unième pape.

Mais l’élection de Corneille fut contestée sur place par Novatien, un prêtre romain, qui réussit même à se faire consacrer à Rome : sa position était qu’on ne pouvait pas réadmettre dans la communion les lapsi, les chrétiens qui avaient momentanément apostasié durant la persécution, et qui regrettaient pourtant leur chute.

Il trouvait un appui en Novat, prêtre de Carthage, qui s’opposait aussi à l’élection de Corneille, mais qui, pour sa part, pensait au contraire inutile de soumettre les lapsi repentants à quelque pénitence.

L’évêque de Carthage, Cyprien, se convainquit rapidement de la sainteté de Corneille et de sa doctrine et fit convoquer un concile à Carthage, qui approuva pleinement la position du pape Corneille, en condamnant et Novat et Novatien.

Les efforts communs de Corneille et de Cyprien en firent d’excellents amis.

Sous le pape Corneille, on apprend que le clergé de Rome est composé de quarante-six prêtres, sept diacres, sept sous-diacres, quarante-deux acolytes, cinquante-deux exorcistes, lecteurs et portiers, plus de quinze cents veuves et indigents et que, écrit Corneille lui-même, la grâce et la charité du Maître les nourrit tous.

Fin 251, une terrible peste sévit sur l’Empire, dont on accuse évidemment les chrétiens. L’empereur Gallus rouvre la persécution. Corneille devait être sacrifié, mais un tel mouvement de foule induisit le juge à une certaine clémence : Corneille fut exilé à Centum Cellæ (actuelle Civitavecchia), au nord de Rome, où il mourut en juin 253.

Après Corneille, le pape fut Lucius Ier.

Le Liber pontificalis attribue à Corneille un voyage secret à Rome, pour en prélever les reliques des Apôtres Pierre et Paul et les replacer à leurs lieux de martyre, Pierre au Vatican, Paul à Ostie, ce qu’apprenant, Dèce se fit amener le pape, le fit frapper sur la bouche avec des fouets plombés, puis décapiter. Mais l’histoire nous aide à corriger : Dèce était mort deux années avant Corneille, et le transfert des reliques des Apôtres devait n’avoir lieu qu’après la mort de Corneille.

La mort de Corneille a pu avoir lieu en juin, mais le Martyrologe ne reporte pas son dies natalis. On mentionne en revanche sa depositio (translation de son corps) dans le cimetière de Calliste, au 14 septembre, dies natalis de saint Cyprien.

Corneille et Cyprien, compagnons de lutte et amis, sont fêtés ensemble liturgiquement le 16 septembre. Leurs noms sont aussi proclamés ensemble dans la prière Communicantes du Canon romain ou Première Prière Eucharistique du nouveau Missel.

 

 

Thascius Cæcilius Cyprianus

200-258

 

Ce très célèbre Père de l’Eglise naquit vers l’an 200 en Afrique du Nord, probablement dans la région berbère.

Après une brillante éducation, il devint professeur de rhétorique et avocat.

Par un ami prêtre, il connut la Sainte Ecriture, la lut et se convertit profondément, au point que désormais il ne citera plus jamais un auteur païen. Dès lors il fit le vœu de continence.

Sa droiture l’amena à être choisi pour recevoir le sacerdoce puis, quand le siège épiscopal de Carthage fut vacant en 249, il fut quasi unanimement désigné pour recevoir l’épiscopat.

Le nouvel évêque se montra à la hauteur de sa mission, dans tous les domaines, pastoral et doctrinal.

Il rappela aux clercs leur devoir d’une vie exemplaire, aux vierges d’être modestes (c’est-à-dire de ne pas sacrifier aux modes vestimentaires ou capillaires).

En 250, un édit de Dèce menaça tous les chrétiens qui n’auraient pas accepté de sacrifier au génie de l’empereur. Cyprien jugea opportun de se protéger, pour soutenir ses fidèles : confiant les affaires à un prêtre fidèle et à ce qu’on appellerait aujourd’hui son conseil presbytéral, il se cacha, tout en maintenant le contact épistolaire avec les fidèles et avec les chrétiens de Rome. Certains de ces derniers suggéraient que Cyprien avaient trahi ; l’évêque écrivit pour expliquer son point de vue et sa décision prudente.

Au lendemain de cette vague de persécution, se posa le problème des lapsi, les chrétiens qui avaient momentanément cédé à la pression pour ne pas être accusés de christianisme ; ils voulaient rentrer dans l’Eglise, mais sans formalités autres qu’un billet de réconciliation, qu’ils obtenaient trop facilement d’autres fidèles. Cyprien fit savoir qu’on ne s’acquittait pas d’un pardon bien nécessaire sans une pénitence adéquate, après avoir ainsi, pour certains, apostasié, pour d’autres même sacrifié aux idoles.

Le pape Fabien approuva cette décision. Mais sur place, Novat fomentait un schisme contre Cyprien ; partisan d’une réconciliation facile, il dressait les fidèles contre leur évêque ; de plus, et étrangement, il se mettait en même temps dans le parti du romain Novatien qui, de son côté, n’admettait rigoureusement aucune réconciliation possible des lapsi.

Cyprien rentra à Carthage dès 251, année où fut élu pape Corneille.

En mai 252, un concile africain décidait de réintégrer les lapsi pénitents, les Pères communiquèrent leur décision au pape, et la situation s’apaisa.

Il y eut alors une épidémie de peste dans l’empire, et les Chrétiens furent tout de suite pointés du doigt ; la tension remontait.

Deux événements sont ici à signaler, avant le grave problème qui allait surgir à propos du baptême conféré par des hérétiques.

En 253, on voit Cyprien, plein de sollicitude, organiser des secours en faveur des Chrétiens numides, victimes d’une razzia ; puis l’évêque s’élève contre la pratique erronée de consacrer de l’eau à la place du vin à la Messe.

Après Corneille, fut élu pape Lucius, qui mourut dès 254, puis vint Stephanus (Etienne) 1er, réputé plus autoritaire que ses prédécesseurs, et qui ne manifesta pas un grand désir de communiquer avec Cyprien.

Mais Cyprien «osa» bientôt intervenir pour déclarer que le nouveau pape avait été trompé au sujet de la réintégration de deux évêques espagnols, précédemment déposés pour s’être procuré de faux «billets de sacrifice». Cyprien écrivit aussi au pape pour demander la déposition de l’évêque d’Arles, coupable de déviation dans le sens novatianiste. Le pape ne réagit pas.

En revanche, il se manifesta énergiquement quand on souleva la question du baptême conféré par des hérétiques. Cyprien soutenait que ce baptême était impossible, car seule l’Eglise peut conférer le sacrement. Toutefois, la doctrine de l’Eglise est plus universelle, et proclame que en cas de nécessité, toute personne, même non baptisée, ayant l’intention requise, peut baptiser. L’intention requise, c’est de vouloir faire ce que fait l’Eglise en baptisant, et appliquer la formule baptismale trinitaire (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n.1256) ; à cela s’ajoute la pratique de verser soi-même l’eau (ou de pratiquer l’immersion) en prononçant cette formule trinitaire (N, je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit). Cette doctrine était déjà celle de l’Eglise au 3e siècle, et le pape Stephanus la rappela, précisant que Rome n’admettait aucune nouveauté.

Cyprien ne trahissait pas la tradition de l’Eglise. Il jugeait cependant nécessaire, localement, d’imposer une pratique plus sévère à l’encontre des partisans de Novat.

C’était apparemment une rupture ; deux conciles à Carthage appuyèrent l’avis de Cyprien. Certains commencèrent à s’en prendre au pape autoritaire, qui eut cependant l’heur de mourir en 257, et auquel succéda un esprit plus conciliateur en la personne de Sixte II.

Finalement, la polémique s’apaisa d’elle-même, lorsque se déclencha la persécution de Valérien en 257.

Cyprien fut une première fois condamné à l’exil à Curubis, une petite ville peu éloignée de Carthage, d’où il put maintenir le contact avec les fidèles du diocèse.

En 258, Cyprien regagna Carthage, mais Valérien intensifia la persécution : on devait décapiter tout évêque, prêtre et diacre, à peine identifiés. C’est ainsi que mourut à Rome le pape Sixte II (voir au 6 août) et son diacre Laurent (voir au 10 août).

A nouveau arrêté, Cyprien subit un procès, dont on a reçu un compte-rendu exact, au terme duquel la sentence fut que Thascius Cyprianus est condamné à périr par le glaive, ce qu’entendant, Cyprien répondit : Deo gratias !

Le saint évêque fut conduit au lieu de l’exécution, avec beaucoup d’autres Chrétiens qui criaient Qu’on nous décapite nous aussi avec lui !. Cyprien retira son manteau et sa dalmatique, pria, fit remettre vingt-cinq pièces d’or au bourreau, se noua un bandeau sur les yeux, se fit attacher les mains par un prêtre et un diacre, encouragea le bourreau qui n’osait pas lever la main, et reçut le coup fatal.

Saint Cyprien mourut le 14 septembre 258 et fut immédiatement honoré en Afrique, à Rome et ailleurs ; on inscrivit son nom dans le Communicantes du Canon romain de la Messe, seul martyr non romain mentionné dans cette prière. Il est actuellement fêté avec saint Corneille, le 16 septembre.

Jusqu’à la ruine de Carthage (698), le culte de saint Cyprien fut très en honneur et trois basiliques furent construites. Ses reliques furent ensuite rapportées à Lyon.

On conserve de saint Cyprien de nombreux écrits, parmi lesquels un commentaire du Pater, un traité sur l’habillement des vierges, sur la pratique de l’aumône, sur la patience, sur la pudeur, sur la jalousie, sur l’unité de l’Eglise ; c’est dans ce dernier qu’il proclame qu’ hors de l’Eglise, il n’y a pas de salut.

 

 

Jean Chrysostome

344-407

 

Ioannis, communément traduit par Jean en Occident, naquit à Antioche de Syrie vers 344 (349 ?), fils de Secundus et d’Anthuse, qui avaient déjà une fille. Secundus est un officier de l’armée syrienne.

Anthuse était déjà veuve à vingt ans et ne voulut pas se remarier ; elle s’occupa amoureusement de ses deux enfants. Jean écrit lui-même qu’il devait beaucoup au dévouement inépuisable et à l’affection éclairée de sa mère, qui se préoccupa de lui donner les meilleurs maîtres, intellectuels et spirituels.

A Antioche, Jean développa, dit-on, ses talents d’éloquence auprès d’un maître païen, Libanius. Excellent orateur en herbe, Jean ne se laissa pas gagner pour autant par la vanité ou les idées fausses, et demanda le baptême, qu’il reçut de l’évêque Mélèce, à dix-huit ans.

Jean avait un grand ami, Basile, qui lui aurait donné le désir de se retirer dans la solitude, mais sa mère le pria de bien vouloir attendre sa mort, le suppliant de ne pas “la laisser veuve une seconde fois”, à quoi le bon Jean acquiesça, demeurant sous le toit maternel à Antioche. Il reçut bientôt l’ordre de lecteur. Il s’imposa dans le clergé par sa science, mais surtout par sa sainteté. Il soutenait les âmes en peine ou tentées, il gagna à la foi des Maxime et des Théodore, qui furent de saints évêques à Séleucie et à Mopsueste.

Il fut désigné, avec Basile, pour recevoir l’épiscopat, mais par un stratagème plein d’humour et d’amitié, il réussit à faire consacrer son ami Basile, tout en se cachant et échappant ainsi à la consécration, que son humilité lui faisait craindre.

Peu après, la pieuse maman Anthuse remit son âme à Dieu, laissant son fils libre de gagner la vie solitaire (374). Au bout de quatre ans, cependant, il dut regagner Antioche à cause d’une maladie d’estomac.

Il est ordonné diacre en 381, prêtre en 386. C’est de cette période, jusqu’en 398, que datent ses célèbres homélies, qui lui valurent son surnom de Chrysostome, Bouche d’Or.

A la mort de l’évêque Nectaire de Constantinople (397), un seul nom était dans tous les cœurs pour lui succéder, celui de Jean., qui fut donc consacré en 398.

Le nouveau patriarche de Constantinople continua sa sainte vie, aussi ascétique et pauvre qu’il le pouvait, dormant et mangeant peu, recevant les pauvres, cherchant à redresser les défauts de son clergé, lui rappelant en particulier le devoir du célibat, la pauvreté et la modestie de leur vie.

Jean Chrysostome dut combattre durement ce qui restait encore d’arien, de païen et de novatien dans son nouveau diocèse. Plusieurs incidents marquants, mais trop longs à résumer, finirent par lui rendre hostile l’impératrice elle-même, Eudoxie.

Protégé par elle, Théophile d’Alexandrie convoqua le conciliabule du Chêne (403), qui déposa Jean et le condamna à l’exil, sentence bientôt confirmée par l’empereur, mais un mouvement de foule obligea l’impératrice à faire marche arrière. Peu après, un nouvel incident ralluma les cendres, et Jean fut, dans un premier temps, détenu dans son propre palais épiscopal, puis l’empereur lui intima l’ordre de partir, peu après la Pentecôte de 404.

On ne manqua pas de rejeter sur lui un grave incendie qui détruisit la basilique Sainte-Sophie et le Sénat, et qui occasionnèrent le martyre de Tigre et Eutrope (v. 12 janvier). Un appel à l’arbitrage du pape Innocent Ier (v. 12 mars) échoua.

Sur le siège de Constantinople, on remplace Jean par Arsace, un vieillard, auquel succède Atticus, un ennemi acharné de Jean.

L’évêque fut traîné jusqu’à Cucuse, à l’autre bout de la Cappadoce, sur les frontières de la Cilicie dans la Petite Arménie. On connaît pas mal de détails sur cet exil par les lettres-mêmes que Jean put faire parvenir à Olympiade, une sainte veuve de Constantinople, et à ses amis fidèles.

On passa par Nicée, où il put se reposer et même s’intéresser à l’évangélisation de la Phénicie. En route pour Césarée de Cappadoce, il fut en revanche mal reçu par certains évêques. Après soixante-dix jours de voyage, on arriva à Cucuse. Il ne s’y trouva pas si mal qu’il le craignait. De là, il continuait à veiller sur les missions en Cilicie, en Phénicie, en Perse, tout en gardant malgré tout des contacts avec ses amis de Constantinople et d’Antioche.

Ses amis crurent bon de lui trouver une “meilleure” résidence et lui trouvèrent Pityonte, sur la côte orientale de la mer Noire : il fallait retraverser l’Asie Mineure, mais du sud au nord (juin 407). Jean était épuisé, le voyage fut lent. On s’arrêta à Comane, où Jean remit son âme à Dieu, en prononçant encore : Gloire à Dieu pour toutes choses !

C’était le 14 septembre 407. La nouvelle traversa toute la chrétienté. Jean fut aussitôt honoré comme confesseur, et le pape Innocent demanda de le faire inscrire sur les diptyques des Églises d’Orient (414).

A Constantinople, Jean Chrysostome fut réhabilité sous l’empereur Théodose le Jeune. Le 27 janvier 438, on procéda à la translation de son corps de Comane à Constantinople.

Au concile de Chalcédoine (451), Jean Chrysostome fut proclamé Docteur de l’Église.

Pendant longtemps, la fête commune de Jean Chrysostome tant en Orient qu’en Occident fut placée au 27 janvier, jour anniversaire de la première translation, tandis que la mention de sa mort (ou dies natalis) était au 14 septembre. Récemment, la fête liturgique de saint Jean Chrysostome a été établie au 13 septembre, car le 14 est la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix.

Selon une tradition, le corps de saint Jean Chrysostome fut plus tard rapporté à Rome, et déposé dans la basilique Vaticane (741). On l’y vénère en effet. Peut-être que la science moderne pourra confirmer un jour l’origine de ces précieuses reliques.

 

 

Maternus de Trèves

† 4. siècle

 

Maternus fut le troisième évêque de Trèves, mais on n’en peut pas préciser davantage les dates. Ce fut au début du quatrième siècle.

Qu’il ait été disciple de s.Pierre n’est sûrement pas à prendre à la lettre historique ; sa fidélité totale et inconditionnelle à la doctrine romaine lui a valu le juste éloge de disciple du Premier Apôtre. On prétend qu’il en possédait le bâton pastoral…

En 313, il fut un des trois évêques convoqués d’urgence à Rome pour se prononcer sur Cæcilianus et les donatistes.

En 314, Maternus participa au concile d’Arles comme évêque de Cologne. Maternus est en effet considéré comme le premier évêque de Cologne. Il se peut que Maternus dirigea les fidèles de Trèves, Cologne et Tongres, puis se réserva Cologne en laissant Trèves et Tongres à d’autres évêques.

On pense qu’il mourut vers 328.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Maternus de Trèves au 14 septembre.

 

 

 

Alberto de Jérusalem

1149-1215

 

Alberto Avogadro vint au monde en 1149 à Gualtieri (Parme, Italie N).

Ses nobles parents le préparèrent à l’état ecclésiastique et lui firent étudier la théologie, puis le droit canonique et le droit civil. En suite de quoi, Alberto entra chez les chanoines réguliers à Mortara, dont il devint le prieur général en 1180.

En 1183, et malgré ses résistances, on le fit évêque de Vercelli, où pendant vingt années il sut remettre dans le diocèse un sage équilibre entre le spirituel et le temporel.

Il démontra ainsi un art merveilleux de conciliateur ; on le choisit alors comme médiateur entre Rome et l’empereur Frédéric Barberousse. L’heureux résultat de cette mission fut d’une part que l’empereur lui accorda le titre de Prince d’empire et mit l’Eglise de Vercelli sous sa protection, d’autre part que le pape lui confia d’autres missions en Haute-Italie, notamment la réconciliation entre Parme et Plaisance, où Alberto réussit pleinement.

En 1204, le choix du nouveau patriarche de Jérusalem tomba sur Alberto, dont on connaissait les capacités et les vertus. Même le pape regretta de devoir s’en séparer, mais il imposa à Alberto l’obéissance.

Légat du pape jusqu’à sa mort, Alberto arriva en Terre Sainte dès 1206 et s’installa à Saint-Jean-d’Acre, la ville de Jérusalem étant retombée au pouvoir islamique.

Une de ses premières réalisations fut la rédaction, très mesurée, des coutumes des premiers ermites du Mont-Carmel, sur l’invitation de saint Brocard, alors prieur général des ermites ; Alberto réussit à trouver un merveilleux équilibre entre les habitudes des ermites palestiniens et ceux d’origine européenne ; cette règle fut confirmée par le pape ; malheureusement, l’original a été perdu, mais Alberto est toujours considéré comme le premier législateur de l’Ordre du Mont-Carmel.

Le patriarche bénit le mariage de Jean de Brienne et Marie de Montferrat, et les couronna, en 1210.

Alberto s’employa activement à maintenir la paix entre les chefs et les communautés chrétiennes, ainsi qu’entre les Chrétiens et les Musulmans.

En 1213, le pape l’invitait au concile de Latran qui devait s’ouvrir en 1215, mais il ne put s’y rendre, et voici pourquoi. Alberto avait dû intervenir de façon disciplinaire et déposer, pour sa mauvaise conduite, le Maître de l’hôpital du Saint-Esprit en lui nommant un remplaçant. Le 14 septembre, tandis que le patriarche Alberto célébrait l’office de la Sainte Croix à Saint-Jean-d’Acre, le ministre déposé, furieux, se porta contre le digne patriarche et le poignarda.

Certains ont donné à Alberto le titre de martyr, qu’il ne méritait pas à proprement parler, car il ne fut pas assassiné en haine de la foi, mais par esprit colérique et vengeur. Pour autant, Alberto de Jérusalem, qu’il ne faut pas confondre avec un homonyme de Bethléem, a très vite reçu un culte, qui fut approuvé en 1609.

Saint Alberto était autrefois fêté le 8 avril, mais il a été replacé à son dies natalis, le 14 septembre, au Martyrologe.

 

 

Notburge de Rotenburg

1265-1313

 

Notburge vit le jour vers 1265 à Rotenburg, un village du Tyrol (Autriche), dans la vallée inférieure de l’Inn.

Son père, très pauvre, la plaça comme cuisinière vers 1283 chez le comte Heinrich et son épouse Otilia, les seigneurs du lieu.

Notburge accomplissait son travail avec toute son énergie, mais surtout avec toute sa foi. Elle priait, exhortait les domestiques à se corriger, allait donner aux pauvres les restes du repas.

Tous les soirs, les pauvres accouraient pour recevoir leur «festin», mais aussi les pieuses paroles de Notburge.

Ottilia, avare et dure, lui enjoignit de donner ces restes aux porcs et non plus aux pauvres. Notburge alors leur partagea son propre repas. Le manège dura quelque temps, jusqu’à ce qu’Ottilia demanda à son mari de surveiller lui-même leur servante. Un soir, le seigneur surprit Notburge et lui demanda ce qu’elle portait ; ouvrant son manteau, elle laissa tomber… des copeaux de bois et, de la cruche, ne sortit que de la vulgaire eau de lessive : Dieu avait ainsi protégé Notburge et le comte n’eut plus qu’à aller raconter les choses à sa femme.

Au lieu d’admirer le prodige, ils renvoyèrent Notburge. Mal leur en prit : Ottilia fut prise de fièvre et mourut, assistée d’ailleurs par Notburge qui l’aida à mourir en de meilleurs sentiments.

Ottilia devait cependant expier sa dureté et l’histoire dit qu’on vit errer son âme parmi les pourceaux avec des cris horribles.

Quant à Notburge elle alla servir un cultivateur dans la proche localité d’Eben, qui lui permit de vaquer à sa piété et, en particulier, d’être exemptée de tout travail après l’Angelus du soir, y compris les veilles des dimanches et fêtes.

Or un samedi soir de l’été, quand les moissonneurs se hâtaient de faucher la récolte, on voulut forcer Notburge à travailler à l’heure de l’Angelus du soir. Notburge jeta en l’air sa faucille, qui resta suspendue aux yeux de tous. Notburge continua sa vie, amenant la prospérité dans la ferme de son patron.

Mais son ancien patron n’eut que des revers et s’en vint un jour supplier Notburge de lui pardonner sa dureté, et de revenir.

Notburge accepta (on ne dit pas comment elle put quitter Eben si facilement) ; au château de Rotenburg, la vie heureuse reprit, les pauvres revinrent avec joie bénéficier de la bonté de Notburge et, sur les conseils de celle-ci, le comte se réconcila avec son frère. Le comte se remaria, et ses enfants imitèrent sa bonté envers les pauvres.

Notburge resta encore dix-huit ans à Rotenburg et y mourut saintement à quarente-sept ans, le 14 septembre 1313.

Certaines sources décalent d’un demi-siècle les dates de Notburge, la faisant naître vers 1313 et donc mourir vers 1360.

Les faits extraordinaires ne s’arrêtèrent pas à la mort de Notburge. Suivant les désirs de Notburge de son vivant, le comte plaça son corps sur un char tiré par deux bœufs, les laissant s’acheminer d’eux-même au lieu où Notburge devait être inhumée. Les bœufs partirent, franchirent à pieds secs l’Inn qui s’écarta comme le Jourdain devant les Israélites, et gagnèrent la chapelle d’Eben. A la stupéfaction générale de l’immense foule qui suivait le cortège, les bœufs pénétrèrent dans la chapelle (dont le portail devait être singulièrement large !) et en ressortirent peu après, sans le cercueil : personne d’autre que des Anges n’avait pu ensevelir Notburge si rapidement au pied de l’autel.

Les critiques historiens émettent quelques doutes sur l’historicité totale de tous ces faits. Il reste que les nombreux miracles opérés en ce lieu ont nécessité la construction d’une vaste église.

Le culte de Notburge fut reconnu en 1862 et le Martyrologe la mentionne au 14 septembre.

 

 

Giulia Crostarosa

1696-1755

 

Giulia Marcella Santa Crostarosa naquit à Napoli (Italie) le 31 octobre 1696, dixième des douze enfants d’un noble magistrat, Giuseppe Crostarosa et de Paola Battistini Caldari.

De cette grande fratrie, un devint prêtre et jésuite, trois furent moniales, dont notre Giulia.

Une enfance heureuse et une formation soignée rythmèrent les années de l’enfance et de l’adolescence.

En 1713, entendant l’appel à la vie consacrée, elle fit personnellement le vœu de chasteté et, en 1718 entra chez les Carmélites de Naples. Mais ce monastère fut supprimé en 1723, aussi revint-elle dans sa famille puis entra chez les Visitandines d’Amalfi (Salerno), avec le nom de Maria Celeste du Saint-Désert.

En 1725, elle se sentit interpellée intérieurement - peut-être même eut-elle une vision du Christ - à fonder une nouvelle famille religieuse, dont elle rédigea la règle, vivement encouragée par son directeur spirituel et par la maîtresse des novices.

Après bien des difficultés - car l’Ennemi s’oppose toujours aux initiatives heureuses - et sur l’influence déterminante de s.Alphonse de’ Liguori (v. 1er août), naquit enfin l’Ordre du Très Saint Sauveur, dont l’appellation définitive sera Ordre du Très Saint Rédempteur, avec l’approvation pontificale en 1750.

Mais le Diable s’acharna : Mère Maria Celeste fut éloignée et isolée de sa propre communauté, et même privée de l’Eucharistie, pendant sept années. En 1738, on lui «permit» de s’installer à Foggia, où elle ouvrit alors une maison avec quelques consœurs, et où elles purent enfin recevoir beaucoup de jeunes filles.

Le but de cette nouvelle famille était de vivre et témoigner la mémoire du Christ Rédempteur dans toutes les activités. Selon Maria Celeste, il fallait viser à une imitation parfaite de la vie du Christ et concevoir un réel amour rédempteur envers toutes les âmes. A l’image du Christ, Maria Celeste vécut de nombreux obstacles et incompréhensions, dans une inaliénable disponibilité pacifique.

Elle eut aussi des expériences mystiques, des dons surnaturels de lecture des âmes.

Mère Maria Celeste s’éteignit à ce monde le 14 septembre 1755, en la fête de la Croix, qu’elle avait si amoureusement embrassée.

Giulia Crostarosa fut béatifiée en 2016, et inscrite au Martyrologe le 14 septembre. En raison de la fête de la Croix célébrée en ce jour, l’Ordre fête sa Fondatrice le 11 septembre.

 

 

Claude Laplace

1725-1794

 

Claude était né le 15 novembre 1725 à Bourbon-Lancy (Saône-et-Loire).

Prêtre du diocèse d’Autun, il était curé à Saint-Jean de Moulins.

C’était un homme intérieur, large envers les pauvres, très versé dans toutes les sciences ecclésiastiques. Dans ses devoirs pastoraux, il se montra excellent dans la conduite des âmes et dans la prédication.

Après avoir longtemps édifié le peuple de Dieu dans son diocèse par son zèle et sa réputation, il fut déporté sur le Deux-Associés à Rochefort, avec des centaines d’autres prêtres. Là il édifia encore tous ses Confrères par ses vertus et ses lumières.

Son âge aurait dû lui éviter la déportation. Quoique septuagénaire et affaibli, il résista longtemps, avant d’être frappé par la contagion.

Il mourut le 14 septembre 1794, en la fête de la Sainte Croix, sur l’Île Citoyenne (Île Madame), et fut béatifié en 1995.

 

 

Gabriel-Taurin Dufresse

1750-1815

 

Gabriel-Taurin naquit à Lezoux (Puy-de-Dôme) le 8 décembre 1750, le jour où serait établie un siècle plus tard la fête de l’Immaculée Conception de Marie.

Après avoir fréquenté l’école de son village, il vint au collège de Riom, puis au lycée Louis-le-Grand, à Paris où il intégra le séminaire de Saint-Sulpice.

Diacre, il entra au séminaire des Missions Etrangères (1774), et fut ordonné prêtre cette même année.

En 1775, il partit pour la Chine, dont il avait déjà entendu parler par un missionnaire, durant ses études au collège.

En 1776, de Macao, déguisé en Chinois, il pénétra à l’intérieur de la Chine, atteignit le Sichuan… et fut une première fois emprisonné à Pékin, mais relâché.

Il apprit le chinois et fut envoyé dans le nord, où il put exercer son ministère sacerdotal pendant une dizaine d’années.

En 1784, lors d’une période de persécution, Gabriel fut arrêté, mais réussit à s’évader dans une famille amie : là, il reçut une lettre de l’évêque lui enjoignant de se livrer, pour ne pas envenimer la situation et provoquer d’autres représailles.

Gabriel obéit : il se livra et, conduit à Tchen-Tout, fut remis en prison en février 1785. Transféré peu après à Pékin avec l’évêque et deux autres missionnaires, il subit de pénibles interrogatoires et fut tout de même relâché en novembre.

C’est durant cette même période qu’un soldat chinois fut bouleversé par la foi et la patience du père Gabriel, se convertit et devint prêtre : Augustin Zhao Rong sera aussi martyrisé en 1815, le 21 mars.

Pour déjouer la surveillance des autorités (qui lui interdisaient de retourner au Sichuan), le père Gabriel partit pour Macao et de là entra à nouveau au Sichuan (1789).

Son activité fut débordante : il baptisa, confessa, se déplaçant sans cesse d’une communauté à l’autre. Il y eut jusqu’à plus de deux mille baptêmes par an.

En 1800, il fut nommé évêque coadjuteur (avec le titre d’évêque de Tabraca) puis, l’année suivante, vicaire apostolique pour le Sichuan.

En 1803, il y tint un synode, successivement ratifié par Rome et proposé comme exemple aux autres régions de Chine.

En 1805, la persécution reprit, et Mgr Dufresse dut rejoindre la clandestinité, sans pour autant cesser ses activités, y ajoutant aussi la pastorale sur les territoires de Tchen-tou et de Tsong-king Tcheou. Traqué, et finalement signalé par un néophyte qui fut battu pour parler, il fut arrêté en mai 1815.

Conduit à Tchen-Tou avec d’autres Chrétiens qui, eux, furent condamnés à l’exil, il fut condamné à mort et exécuté le jour de la fête de la Sainte Croix, le 14 septembre 1815, par décapitation.

Sa tête fut recueillie par des bonzes respectueux, qui la remirent à un prêtre chinois. Depuis, cette précieuse relique, ainsi que les restes du Missionnaire, furent rapportés au Séminaire des Missions Etrangères de Paris.

Mgr Gabriel-Taurin Dufresse fut béatifié en 1900 : c’est par erreur qu’on lui a alors accolé le prénom de Jean avant celui de Gabriel. Depuis, il lui a été conservé dans la liturgie : Mgr «Jean-Gabriel Dufresse» a été canonisé en 2000 mais, depuis, a perdu son prénom johannique.

La fête liturgique des Martyrs chinois a été établie au 9 juillet : ce jour-là on commémore Mgr Gabriel-Taurin Dufresse en même temps qu’Augustin Zhao Rong.

 

 

Yi Yang-deung Petrus

? -1868

 

Yi Yang-deung Petrus est un laïc coréen né en Chungcheong-do (Corée S).

Il fut décapité à Ulsan (Gyeongsang-do) le 14 septembre 1868 et béatifié en 2014.

 

 

Gim Jong-ryun Lucas

1819-1868

 

Gim Jong-ryun Lucas est un laïc coréen né en 1819 à Gongju (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Ulsan (Gyeongsang-do) le 14 septembre 1868 et béatifié en 2014.

 

 

Heo In-baek Iacobus

1822-1868

 

Heo In-baek Iacobus est un laïc coréen né en 1822 à Gimhae (Gyeongsang-do, Corée SS).

Il fut décapité à Ulsan (Gyeongsang-do) le 14 septembre 1868 et béatifié en 2014.

Manuel Álvarez Álvarez

1871-1936

 

Il naquit le 16 mars 1871 à Llanuces (Asturies) et fut baptisé le lendemain.

Entré dans la communauté dominicaine de Ocaña, il y fit la profession en 1891 et fut ordonné prêtre en 1899.

En 1903, il partait pour le Vénézuéla où, pendant sept années, il exerça son ministère sacerdotal à Caracas ; devenu supérieur de son couvent, il développa le culte au Sacré-Cœur.

En 1910, sa santé l’obligea à revenir en Espagne.

Il resta dans les couvent d’Ávila, puis de Madrid, où il travailla pendant dix-huit ans.

Retiré dans le couvent, il dut l’abandonner en juillet 1936, pour aller se réfugier dans une maison charitable.

Il s’attendait au martyre et avait écrit que, si la persécution le destinait à être une victime, il aurait la gloire d’être un martyr du Christ.

Il fut arrêté le 13 septembre 1936 ; les miliciens voulurent le forcer à blasphémer, puis le portèrent à la tchéka Saint-Bernard (un couvent réquisitionné par le Front Populaire), avant d’aller le fusiller sur la route de El Pardo (Madrid) la nuit suivante. Il avait soixante-cinq ans.

Le père Manuel mourut donc au matin du 14 septembre 1936, et fut béatifié en 2007.

 

 

Florencio Arnáiz Cejudo

1909-1936

 

Florencio (Florent) naquit le 10 mai 1909 à Espinosa de Cerrato (Palencia), benjamin des quatre enfants d’une famille de cultivateurs.

Il fut suffisamment intelligent et sérieux pour que le maître d’école lui confiât la formation des plus petits. Il aimait rendre service, il aimait être servant de messe à l’église.

Un jour, un de ses amis lui dit : Moi, je vais à Escoriaza, pour être Religieux. Et Florencio : Et pourquoi pas moi, alors ? A Escoriaza se trouvait le noviciat des Marianistes.

Il y alla, fit les premiers vœux en 1926, passa le diplôme de Magistère, et se retrouva maître des petits enfants, à Jerez puis à Madrid en 1933.

Il était toujours à l’affût des nouveautés pédagogiques et pastorales.

En 1934, il fit la profession perpétuelle ; et demanda de perfectionner ses connaissances en français.

Le 18 juillet 1936, il restait quatorze Marianistes. Le 24, des miliciens vinrent occuper l’établissement en même temps qu’une commission gouvernementale ; ils se disputaient leur «proie». A peine entrés, des miliciens tinrent en joue les Religieux tandis que d’autres allaient à la recherche des fameuses «armes», qu’ils ne trouvaient jamais ! Ils repartirent, mais avec les Religieux, dont ils vérifièrent les papiers et qu’ils laissèrent libres, leur conseillant même de «disparaître».

Les trois Frères Florencio, Joaquín et Sabino se réfugièrent chez des connaissances, où ils retrouvèrent un père et un frère dominicains (voir : Manuel Álvarez et Teófilo Montes).

Le 12 septembre, ce fut la dernière «fête» : le Saint Nom de Marie, fête patronale des Marianistes. Ce jour-là le portier les dénonça.

Le 13 septembre, irruption des miliciens, qui fouillèrent l’appartement de fond en comble ; voyant tant de livres et d’objets de piété, l’un dit : C’est tout des trucs de curé, ici.

On emmena les Religieux à la tchéka, le couvent des Salésiennes réquisitionné, où ils furent rapidement jugés et condamnés à mort, leur délit étant d’être religieux.

En attendant l’exécution, un boxeur professionnel «s’entraînait» sur les victimes.

Aux premières heures du 14 septembre 1936, fête de la Croix, ils furent fusillés sur la route de El Pardo. A la fin de la guerre, c’est un ancien élève qui reconnut la photographie des Frères.

Florencio et ses Confrères furent béatifiés en 2007.

 

 

Joaquín Ochoa Salazar

1910-1936

 

Joaquín naquit le 16 avril 1910 à Villanueva de Valdegovia (Álava, Espagne), dans une famille unie de quatre filles et deux garçons.

Le père, étant employé du Conseil provincial d’Álava, fut nommé à Peñacerrada, où enseignaient les Marianistes.

Joaquín fréquenta ce collège, et demanda à être admis au noviciat.

Il fit les premiers vœux en 1928, et en 1935, la profession perpétuelle ; après Escoriaza, il se trouvait depuis 1932 dans la maison de Madrid, pour préparer sa licence d’Histoire, en même temps qu’il s’occupait des enfants.

Dans sa demande de vœux, il avait écrit : Je demande à être pour toujours inscrit sous l’étendard de Marie, pour travailler à son honneur jusqu’à l’heure de succomber à son service.

Le 18 juillet 1936, il restait quatorze Marianistes. Le 24, des miliciens vinrent occuper l’établissement en même temps qu’une commission gouvernementale ; ils se disputaient leur «proie». A peine entrés, des miliciens tinrent en joue les Religieux tandis que d’autres allaient à la recherche des fameuses «armes», qu’ils ne trouvaient jamais ! Ils repartirent, mais avec les Religieux, dont ils vérifièrent les papiers et qu’ils laissèrent libres, leur conseillant même de «disparaître».

Les trois Frères Florencio, Joaquín et Sabino se réfugièrent chez des connaissances, où ils retrouvèrent un père et un frère dominicains (voir : Manuel Álvarez et Teófilo Montes).

Le 12 septembre, ce fut la dernière «fête» : le Saint Nom de Marie, fête patronale des Marianistes. Ce jour-là le portier les dénonça.

Le 13 septembre, irruption des miliciens, qui fouillèrent l’appartement de fond en comble ; voyant tant de livres et d’objets de piété, l’un dit : C’est tout des trucs de curé, ici.

On emmena les Religieux à la tchéka, le couvent des Salésiennes réquisitionné, où ils furent rapidement jugés et condamnés à mort, leur délit étant d’être religieux.

En attendant l’exécution, un boxeur professionnel «s’entraînait» sur les victimes.

Aux premières heures du 14 septembre 1936, fête de la Croix, ils furent fusillés sur la route de El Pardo. A la fin de la guerre, c’est un ancien élève qui reconnut la photographie des Frères.

Joaquín Ochoa Salazar et ses Confrères furent béatifiés en 2007.

 

 

Sabino Ayastuy Errasti

1911-1936

 

Sabino naquit le 29 décembre 1911 à Otala-Selay (Guipuzcoa, Espagne), avant-dernier des sept enfants d’un père qui mourra bientôt..

Garçon délicat, il avait un caractère très violent et parfois coléreux, dont il se repentait dans des actes d’humilité émouvants.

Sabino demanda à être admis au noviciat des Marianistes.

Il fit les premiers vœux en 1928 ; après Escoriaza et une brève parenthèse à San Sebastian, il se trouvait depuis 1933 dans la maison de Madrid, pour préparer sa licence d’Histoire, en même temps qu’il s’occupait des enfants.

Il fut aimé de ceux-ci. Il les aidait, les guidait dans leur vocation, leur répétait le mot de saint Paul : La volonté de Dieu, c’est que vous soyez saints.

Son grand désir : Vivre et mourir aux pieds de Notre-Dame.

Le 18 juillet 1936, il restait quatorze Marianistes. Le 24, des miliciens vinrent occuper l’établissement en même temps qu’une commission gouvernementale ; ils se disputaient leur «proie». A peine entrés, des miliciens tinrent en joue les Religieux tandis que d’autres allaient à la recherche des fameuses «armes», qu’ils ne trouvaient jamais ! Ils repartirent, mais avec les Religieux, dont ils vérifièrent les papiers et qu’ils laissèrent libres, leur conseillant même de «disparaître».

Les trois Frères Florencio, Joaquín et Sabino se réfugièrent chez des connaissances, où ils retrouvèrent un père et un frère dominicains (voir : Manuel Álvarez et Teófilo Montes).

Le 12 septembre, ce fut la dernière «fête» : le Saint Nom de Marie, fête patronale des Marianistes. Ce jour-là le portier les dénonça.

Le 13 septembre, irruption des miliciens, qui fouillèrent l’appartement de fond en comble ; voyant tant de livres et d’objets de piété, l’un dit : C’est tout des trucs de curé, ici.

On emmena les Religieux : en passant devant le concierge, Sagino le remercie et l’embrasse ; les Religieux furent conduits à la tchéka, le couvent des Salésiennes réquisitionné, où ils furent rapidement jugés et condamnés à mort, leur délit étant d’être religieux.

En attendant l’exécution, un boxeur professionnel «s’entraînait» sur les victimes.

Aux premières heures du 14 septembre 1936, fête de la Croix, ils furent fusillés sur la route de El Pardo. A la fin de la guerre, c’est un ancien élève qui reconnut la photographie des Frères.

Sabino et ses Confrères furent béatifiés en 2007.

 

 

Teófilo Montes Calvo

1912-1936

 

Il naquit le 2 octobre 1912 à Gumiel del Mercado (Burgos) et fut baptisé le 6 octobre suivant, frère aîné de neuf garçons.

La lecture de la vie de saint Dominique suscita en lui l’appel de Dieu.

Entré à l’école dominicaine de La Mejorada (Valladolid) en 1925, il commença le noviciat à Ávila en 1929.

La maladie l’obligea à repartir un certain temps dans sa famille, puis il travailla dans une ferme de Ventosilla, mais l’appel du couvent était plus fort.

Il revint à Ávila, où il fut portier, fit en 1933 la profession de Frère coopérateur, et fut envoyé à Madrid.

En 1936, le couvent fut assailli le 19 juillet et Teófilo dut l’abandonner pour aller se réfugier dans une famille charitable.

Il fut arrêté le 13 septembre 1936 ; les miliciens voulurent le forcer à blasphémer, puis le portèrent à la tchéka Saint-Bernard (un couvent réquisitionné par le Front Populaire), avant d’aller le fusiller sur la route de El Pardo (Madrid) la nuit suivante. Il allait avoir vingt-quatre ans.

Le frère Teófilo mourut donc au matin du 14 septembre 1936, et fut béatifié en 2007.

Partager cet article
Repost0
12 septembre 2022 1 12 /09 /septembre /2022 23:00

13 SEPTEMBRE

 

IV.

Dédicace de la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem.

S Ioulianos, martyr à Ancyre.

S Litorius, évêque à Tours, entre s. Gatien et s. Martin.

S Æmilianus, premier évêque à Valence.

V.

S Marcellinus, martyr à Carthage ; tribun et notaire, grand ami de s. Augustin et de s. Jérôme, accusé frauduleusement par les donatistes et exécuté, mais réhabilité l'année suivante par l'empereur Honorius.

S Maurilius, évêque à Angers, thaumaturge.

VI.

SS Nectaire et Evance, évêques à Autun.

VII.

S Amatus, ermite à Agaune, abbé à Habend (Remiremont). 

S Venerius, ermite en l'île de Tino.

S Amé, évêque à Sion : accusé à tort, exilé à Péronne puis à Bruel-sur-la-Lys, il y vécut en simple moine.

S Colombin, disciple de s. Colomban, abbé à Lure.

XVII.

Bse María de Jesús López de Rivas, carmélite à Tolède, conseillère du roi, prieure ; des calomnies la firent écarter de sa charge pendant vingt ans.

XVIII.

B Claude Dumonet, professeur au collège de Mâcon, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

Bx Martyrs espagnols  de 1936 :

- béatifiés en 1993 :

Lasalliens : près d’Almería, Bonifacio Rodríguez González (José Cecilio) et Bienvenido Villalón Acebrón (Aurelio-María) (*1885, 1890) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Joaquim Balcells Bosch (*1900) ;

Trinitaires : près de Ciudad Real, le convers Esteban Barrenechea Arriaga (de Saint-Joseph, *1880) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Luis Eduardo López Gascón, Pío Navarro Moreno, José Álvarez-Benavides de la Torre, Emilio Antequera Lupiáñez, Manuel Martínez Giménez, Francisco Rodríguez Martínez, Ramiro Argüelles Hevia, Juan Capel Segura, Juan Ibánez Martín, José Román García González, Joaquín Gisbert Aguilera, José Cano García (*1855, 1860, 1865, 1868, 1869, 1869, 1871, 1875, 1878, 1881, 1903, 1904) ;

- béatifié en 2021 :

Ouvriers du S.Cœur : à Ciudad Real, Francisco Cástor Sojo López (*1881).

Ioulianos d’Ancyre

4e siècle

 

Ioulianos était un prêtre à Ancyre (act. Ankara, capitale de Turquie).

Lors de la persécution de Licinius (avant l’édit de Constantin, de 313), Ioulianos s’était réfugié non loin d’Ancyre avec une quarantaine de chrétiens.

Les païens le recherchaient, dans l’intention de le contraindre à sacrifier dans le temple d’Hécate.

Il fallait bien vivre et boire : Ioulianos allait chercher l’eau nécessaire à son petit troupeau, et fut un jour aperçu.

On le conduisit au préfet, qui espérait obtenir de lui des noms, en vain. Le préfet se vengea en ordonnant de décapiter Ioulianos.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Ioulianos d’Ancyre au 13 septembre.

 

 

Litorius de Tours

† 371

 

Le fait le plus marquant de cet évêque, est peut-être que le siège de Tours resta vacant pendant presque quarante ans, s.Gatien étant mort en 304. Cette vacance était due, d’abord, aux persécutions, puis peut-être à un certain laisser-aller ou bien aussi à la trop petite communauté chrétienne d’alors.

Litorius (Lidoire) naquit à Tours.

En 341, il fut donc appelé à être le second évêque de Tours et il le resta jusqu’en 371, après un épiscopat de trente ans.

C’est lui qui édifia la première église de Tours, à partir du palais d’un ancien sénateur (ou bien en construisit une autre sur les fondations de ce palais). Cette église reçut le nom de Saint-Lidoire, et fut rebaptisée Saint-Maurice, puis Saint-Gatien : c’est l’actuelle cathédrale.

Litorius mourut en 371, et eut pour successeur s.Martin (v. 11 novembre).

Le Martyrologe Romain mentionne saint Litorius de Tours au 13 septembre.

 

 

Æmilianus de Valence

† 374

 

A moins qu’on ignore quelques noms anciens, Æmilianus est le premier évêque connu de la ville gauloise de Valence.

Il y fut nommé en 347.

Avec s.Eusèbe de Verceil (v. 1er août), il fut le co-consacrateur de s.Marcellin d’Embrun (v. 20 avril).

Il eut encore le temps de participer au concile de Valence en 374 et mourut cette année-là, après un épiscopat de près de trente ans.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Æmilianus de Valence au 13 septembre.

 

 

Marcellinus de Carthage

† 413

 

Marcellinus était un excellent chrétien, marié, qui occupait la charge de tribun et de notaire à Carthage. Il avait un frère.

S.Augustin (v. 28 août) le connut très bien et le décrivit comme un homme actif et prudent, toujours désireux d’apprendre.

Il lui arriva aussi de demander à s.Jérôme (v. 30 septembre) un traité sur l’origine de l’âme, mais Jérôme le renvoya gentiment à Augustin.