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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 23:00

Chŏng Ha-sang Baolo
1795-1839

Paulus (Baolo) était né en 1795 à Mahyŏn (Yanggŭngun, Kyŏnggi, Corée S), dans une famille chrétienne de la noblesse, qui comptait déjà ses martyrs : son père, Chŏng Yak-jong Augustinus, ainsi que son frère aîné, Chŏng Ch’ŏl-sang Carolus, furent martyrisés le 8 avril 1801.
Augustinus avait rédigé un Catéchisme des plus importants articles de la doctrine chrétienne.
Cette même année 1839, où la persécution avait repris, allaient tomber notre Paulus, ainsi que sa mère, Yu So-sa Cæcilia (le 23 novembre), ainsi que sa sœur, Chŏng Chŏng-hye Elisabeth (le 29 décembre).
Ses deux oncles, Chŏng Yak-yong et Chŏng Yak-jŏn, étaient des personnalités en vue dans la Corée.
Quand le papa était mort, en 1801, le petit Paulus avait à peine moins de sept ans. Tous les biens du papa furent confisqués, la famille dut vivre dans une extrême pauvreté, mais la maman sut transmettre à Paulus sa foi inébranlable.
En 1815, il vint à Seoul, dans l’espoir de reconstruire l’Eglise, dévastée par la récente persécution, privée de prêtres.
Il rencontra un éminent professeur qui avait étudié en Chine, puis, malgré son origine noble, se fit serviteur d’un interprète qui allait souvent à Pékin.
En 1816, il put ainsi rencontrer à Pékin l’évêque, pour lui demander d’envoyer des missionnaires en Corée.
Ce fut l’occasion pour l’évêque de conférer à Paulus les sacrements de Confirmation et de l’Eucharistie.
En 1817, l’évêque envoya un prêtre en Corée, mais celui-ci mourut avant le terme de son voyage. Paulus chercha au moins à se faire aider par de nouveaux baptisés, parmi lesquels son oncle Chŏng Yak-yong, qui vivait en exil à Kang-jin.
Paulus et ceux de son groupe envoyèrent de nouvelles demandes insistantes, tant à Pékin qu’à Rome même, pour obtenir des missionnaires. Cette fois-ci, Rome réagit, établit en 1831 un Vicariat Apostolique pour la Corée, et chargea les Missions Etrangères de Paris de constituer l’Eglise en Corée.
Paulus fit neuf fois le voyage à Pékin. Il rencontra enfin le premier Vicaire Apostolique, Mgr Imbert (voir la notice) et l’introduisit en Corée, le reçut chez lui et le servit continuellement.
Mgr Imbert appréciait tellement les qualités de Paulus, qu’il lui enseigna le latin en vue de le préparer au sacerdoce, mais la persécution l’obligea à fuir à Suwŏn.
Paulus s’attendait chaque jour au martyre. Il eut l’audace d’écrire au Premier Ministre une lettre en défense de la foi catholique, qui constitue ainsi le premier ouvrage d’apologétique en Corée. Même les ennemis de l’Eglise en apprécièrent l’éminent contenu.
Vint pour Paulus l’heure de l’arrestation, en même temps que sa mère et sa sœur.
Considéré comme le leader de l’Eglise coréenne, il subit un raffinement de tortures, qu’il supporta patiemment, jusqu’à la décapitation à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 22 septembre 1839.
Il fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.
Rappelons que la fête commune de tous les Martyrs de Corée est au 20 septembre.

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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 23:00

Thascius Cæcilius Cyprianus de Carthage
200-258

Ce très célèbre Père de l’Eglise naquit vers l’an 200 en Afrique du Nord, probablement dans la région berbère.
Après une brillante éducation, il devint professeur de rhétorique et avocat.
Par un ami prêtre, il connut la Sainte Ecriture, la lut et se convertit profondément, au point que désormais il ne citera plus jamais un auteur païen. Dès lors il fit le vœu de continence.
Sa droiture l’amena à être choisi pour recevoir le sacerdoce puis, quand le siège épiscopal de Carthage fut vacant en 249, il fut quasi unanimement désigné pour recevoir l’épiscopat.
Le nouvel évêque se montra à la hauteur de sa mission, dans tous les domaines, pastoral et doctrinal.
Il rappela aux clercs leur devoir d’une vie exemplaire, aux vierges d’être modestes (c’est-à-dire de ne pas sacrifier aux modes vestimentaires ou capillaires).
En 250, un édit de Dèce menaça tous les chrétiens qui n’auraient pas accepté de sacrifier au génie de l’empereur. Cyprien jugea opportun de se protéger, pour soutenir ses fidèles : confiant les affaires à un prêtre fidèle et à ce qu’on appellerait aujourd’hui son conseil presbytéral, il se cacha, tout en maintenant le contact épistolaire avec les fidèles et avec les chrétiens de Rome. Certains de ces derniers suggéraient que Cyprien avaient trahi ; l’évêque écrivit pour expliquer son point de vue et sa décision prudente.
Au lendemain de cette vague de persécution, se posa le problème des lapsi, les chrétiens qui avaient momentanément cédé à la pression pour ne pas être accusés de christianisme ; ils voulaient rentrer dans l’Eglise, mais sans formalités autres qu’un billet de réconciliation, qu’ils obtenaient trop facilement d’autres fidèles. Cyprien fit savoir qu’on ne s’acquittait pas d’un pardon bien nécessaire sans une pénitence adéquate, après avoir ainsi, pour certains, apostasié, pour d’autres même sacrifié aux idoles.
Le pape Fabien approuva cette décision. Mais sur place, Novat fomentait un schisme contre Cyprien ; partisan d’une réconciliation facile, il dressait les fidèles contre leur évêque ; de plus, et étrangement, il se mettait en même temps dans le parti du romain Novatien qui, de son côté, n’admettait rigoureusement aucune réconciliation possible des lapsi.
Cyprien rentra à Carthage dès 251, année où fut élu pape Corneille.
En mai 252, un concile africain décidait de réintégrer les lapsi pénitents, les Pères communiquèrent leur décision au pape, et la situation s’apaisa.
Il y eut alors une épidémie de peste dans l’empire, et les Chrétiens furent tout de suite pointés du doigt ; la tension remontait.
Deux événements sont ici à signaler, avant le grave problème qui allait surgir à propos du baptême conféré par des hérétiques.
En 253, on voit Cyprien, plein de sollicitude, organiser des secours en faveur des Chrétiens numides, victimes d’une razzia ; puis l’évêque s’élève contre la pratique erronée de consacrer de l’eau à la place du vin à la Messe.
Après Corneille, fut élu pape Lucius, qui mourut dès 254, puis vint Stephanus (Etienne) 1
er, réputé plus autoritaire que ses prédécesseurs, et qui ne manifesta pas un grand désir de communiquer avec Cyprien.
Mais Cyprien «osa» bientôt intervenir pour déclarer que le nouveau pape avait été trompé au sujet de la réintégration de deux évêques espagnols, précédemment déposés pour s’être procuré de faux «billets de sacrifice». Cyprien écrivit aussi au pape pour demander la déposition de l’évêque d’Arles, coupable de déviation dans le sens novatianiste. Le pape ne réagit pas.
En revanche, il se manifesta énergiquement quand on souleva la question du baptême conféré par des hérétiques. Cyprien soutenait que ce baptême était impossible, car seule l’Eglise peut conférer le sacrement. Toutefois, la doctrine de l’Eglise est plus universelle, et proclame que en cas de nécessité, toute personne, même non baptisée, ayant l’intention requise, peut baptiser. L’intention requise, c’est de vouloir faire ce que fait l’Eglise en baptisant, et appliquer la formule baptismale trinitaire (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n.1256) ; à cela s’ajoute la pratique de verser soi-même l’eau (ou de pratiquer l’immersion) en prononçant cette formule trinitaire (N, je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit). Cette doctrine était déjà celle de l’Eglise au 3
e siècle, et le pape Stephanus la rappela, précisant que Rome n’admettait aucune nouveauté.
Cyprien ne trahissait pas la tradition de l’Eglise. Il jugeait cependant nécessaire, localement, d’imposer une pratique plus sévère à l’encontre des partisans de Novat.
C’était apparemment une rupture ; deux conciles à Carthage appuyèrent l’avis de Cyprien. Certains commencèrent à s’en prendre au pape autoritaire, qui eut cependant l’heur de mourir en 257, et auquel succéda un esprit plus conciliateur en la personne de Sixte II.
Finalement, la polémique s’apaisa d’elle-même, lorsque se déclencha la persécution de Valérien en 257.
Cyprien fut une première fois condamné à l’exil à Curubis, une petite ville peu éloignée de Carthage, d’où il put maintenir le contact avec les fidèles du diocèse.
En 258, Cyprien regagna Carthage, mais Valérien intensifia la persécution : on devait décapiter tout évêque, prêtre et diacre, à peine identifiés. C’est ainsi que mourut à Rome le pape Sixte II (v. 6 août) et son diacre Laurent (v. 10 août).
A nouveau arrêté, Cyprien subit un procès, dont on a reçu un compte-rendu exact, au terme duquel la sentence fut que Thascius Cyprianus est condamné à périr par le glaive, ce qu’entendant, Cyprien répondit : Deo gratias !
Le saint évêque fut conduit au lieu de l’exécution, avec beaucoup d’autres Chrétiens qui criaient Qu’on nous décapite nous aussi avec lui !. Cyprien retira son manteau et sa dalmatique, pria, fit remettre vingt-cinq pièces d’or au bourreau, se noua un bandeau sur les yeux, se fit attacher les mains par un prêtre et un diacre, encouragea le bourreau qui n’osait pas lever la main, et reçut le coup fatal.
Saint Cyprien mourut le 14 septembre 258 et fut immédiatement honoré en Afrique, à Rome et ailleurs ; on inscrivit son nom dans le Communicantes du Canon romain de la Messe, seul martyr non romain mentionné dans cette prière. Il est actuellement fêté avec saint Corneille, le 16 septembre.
Jusqu’à la ruine de Carthage (698), le culte de saint Cyprien fut très en honneur et trois basiliques furent construites. Ses reliques furent ensuite rapportées à Lyon.
On conserve de saint Cyprien de nombreux écrits, parmi lesquels un commentaire du Pater, un traité sur l’habillement des vierges, sur la pratique de l’aumône, sur la patience, sur la pudeur, sur la jalousie, sur l’unité de l’Eglise ; c’est dans ce dernier qu’il proclame qu’ hors de l’Eglise, il n’y a pas de salut.

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19 juin 2021 6 19 /06 /juin /2021 23:00

Caterina Vincenza Gerosa
1784-1847

Caterina naquit le 29 octobre 1784 à Lovere (Bergame, Lombardie, Italie N), aînée des cinq filles de Gianantonio et Giacomina Macario, commerçants de fourrures, et ne fit pas d’autres études.
Elle grandit dans la foi, participant à la Messe quotidienne et servant dans la boutique. Bientôt moururent son père, ses sœurs, sa mère ; héritière, elle ouvrira sa maison aux pauvres.
Lors de l’invasion napoléonienne, Lovere passa de la République de Venise à l’empire français. Après l’Empereur de France, ce sera l’Empereur d’Autriche. La boutique ne fonctionnait plus. Caterina se mit à enseigner gratuitement à des filles pauvres, à assister des malades.
En 1824, avec Bartolomea Capitanio (v. 26 juillet), elle ouvrit un hôpital, modeste, puis en 1832 elles décidèrent toutes deux de fonder un institut dont la mission serait d’assister les malades, d’instruire gratuitement les petites filles, recueillir les orphelins, épauler la jeunesse.
Le travail s’annonçait immense, mais Bartolomea mourut de tuberculose dès 1833. La «communauté» se réduisit à Caterina ! Sans perdre de temps en larmes de deuil, tout de suite elle accueillit d’autres jeunes filles, vivant selon la règle de sainte Jeanne Antide Thouret (v. 24 août).
En 1840, elles obtinrent l’approbation pontificale et s’appelèrent Sœurs de Marie Enfant. Caterina prit le nom de Vincenza. Leur Règle sera désormais celle écrite par Bartolomea avant sa mort, sous les conseils de Caterina.
Sept ans après, à la mort de Caterina Vincenza, les Sœurs étaient déjà cent soixante-et-onze. Elles sont aujourd’hui environ cinq mille, concentrées en Lombardie, dans le Trentino et le Veneto (Italie N et NE).
Caterina-Vincenza Gerosa mourut le 20 juin 1847, fut béatifiée en 1926 et canonisée en 1950.

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 23:00

Martyrs de Casamari

1799

 

L’abbaye cistercienne de Casamari se trouve à Veroli (Frosinone, Latium, Italie C).

En 1811, les troupes napoléoniennes s’emparèrent des bâtiments de l’abbaye ; dans leur élan dévastateur, ils s’apprêtaient à profaner les ornements liturgiques, les vases sacrés, le Saint Sacrement, que six moines tentèrent de protéger en s’interposant. Ils furent impitoyablement massacrés.

C’était le 13 mai 1799.

En voici les noms :

  • Ignace (Siméon) Cardon
  • Jan Chrysostom (Domenico Maria) Zavřel
  • Albertin-Marie Maisonade
  • Modeste-Marie Burgen
  • Mathurin-Marie Pitri
  • Zosimo Maria Brambat

 

Les Six Martyrs de Casamari seront béatifiés en 2021, et inscrits au Martyrologe le 13 mai.

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18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 23:36

Cándido del Cacho Cruz

1886-1936

 

Cándido del Cacho Cruz naquit le 3 octobre 1886 à Fonteovejuna (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 21 septembre 1936 à Granja de Torrehermosa (Badajoz).

Cándido del Cacho Cruz sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 21 septembre.

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18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 17:46

Claudio Pedro Gómez Gil

1883-1936

 

Claudio Pedro Gómez Gil naquit le 28 janvier 1883 à Hinojosa del Duque (Cordoue, Espagne S).

Lui et son frère Francisco, deux laïcs mariés, soutenaient l’Eglise, qu’ils défendirent de leur sang plutôt que de trahir.

Leur martyre eut lieu le 4 septembre 1936 à Hinojosa del Duque.

Claudio Pedro Gómez Gil et son frère seront béatifiés en 2021, et inscrits au Martyrologe le 4 septembre.

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 10:31

Carolina  Santocanale

1852-1923

 

Carolina Santocanale naquit le 2 octobre 1852 à Palerme (Sicile), de nobles parents : Giuseppe Santocanale des Barons de la Celsa Reale, est avocat ; son épouse est Caterina Andriolo Stagno.

La petite fille reçut le baptême dès le lendemain, 3 octobre, avec les noms de Carolina Concetta Angela, et reçut la Première Communion en 1860.

Sa toute première formation se fit dans un institut proche, géré par deux demoiselles aidées par d’autres enseignants ; elle reçut ainsi des leçons de lettres, de musique, de français. Puis elle reçut le reste de son éducation à la maison, avec de bons précepteurs.

Un premier épisode important la fit profondément réfléchir sur la vanité du monde : ce fut le Carême prêché en la cathédrale de Palerme par un de ses précepteurs, dont elle resta fortement impressionnée. Elle abandonna ses habits trop luxueux, et se prépara à recevoir la Confirmation, en 1869, à dix-sept ans.

En 1871, elle assista Paolo Stagno, son grand-père, qui était mourant. Cet homme avait racheté les terrains des Bénédictins de Cinisi, confisqués par l’Etat ; la mort de cet homme chrétien (1872) fut pour elle l’occasion d’un nouveau mouvement intérieur, décisif. Elle demanda au père Mauro Venuti d’être son directeur spirituel. Bien que demandée en mariage assidûment, elle se sentait irrésistiblement attirée par la vie religieuse, mais sans réussir encore à choisir entre la vie contemplative et la vie au service des pauvres et des malades.

Elle songea un moment au monastère Sainte-Catherine de Palerme, mais son père s’y opposa, ayant en tête quelque projet matrimonial pour sa fille. Ce n’était pas le seul obstacle à sa vocation : un litige s’éleva bientôt entre la grand-mère et le père, au point que Carolina ne put retourner dans la maison de Cinisi que huit années plus tard.

En attendant le retour à la paix familiale, fin 1873, elle entra dans l’Association des Enfants de Marie dans une paroisse de Palerme, dont elle fut même nommée présidente, y voyant là comme le prélude à son prochain noviciat.

En 1880, elle retrouva la grand-mère à Cinisi et, là, eut l’occasion de catéchiser trois jeunes ; son désir de vie active reprit. Elle reçut alors la permission de recevoir l’Eucharistie à la messe quotidienne, ce qui était très rare.

En 1884, elle contracta alors une mystérieuse douleur à la jambe, qui l’épuisa durant plus d’une année, au point qu’elle n’avait plus la force de faire son signe de croix ; elle s’en remit difficilement et s’en sortit définitivement en 1887 seulement.

Durant ces années, elle fut invitée à participer au Boccone del Povero (la Bouchée du Pauvre), organisé par Giacomo Cusmano (v. 14 mars) ; mais en 1887, elle fut orientée vers l’Ordre Séculier Franciscain, car on fêtait alors le septième centenaire de la mort de s.François d’Assise (v. 4 octobre) ; elle en reçut l’habit et prit le nom de Maria de Jésus.

Désormais elle parcourut toute la ville de Palerme, de maison en maison, assistant, distribuant des aumônes, consolant, soignant. Devant l’immensité de la tâche, elle songea enfin à regrouper celles qui le voulaient dans une nouvelle branche franciscaine, les Sœurs Capucines de l’Immaculée de Lourdes.

En 1891, elle eut la faveur de pouvoir s’installer dans la propriété des grands-parents, à Cinisi, où s’ouvrirent successivement un orphelinat, une maison pour jeunes filles bourgeoises, un jardin d’enfants. Maria et ses Compagnes enseignaient la broderie.

Maria souffrit de la mort prochaine de ses parents, puis eut l’opération de la cataracte. Elle dut faire face à quelques réticences de son propre directeur spirituel, qui rompit même avec cette œuvre. Il invita un père Capucin à s’occuper de la nouvelle famille : ce dernier rédigea la Règle, rapprocha les Religieuses de l’Ordre des Capucins, et organisa leur véritable noviciat.

La fondation proprement dite remonte au 8 décembre 1908, et l’approbation diocésaine dès 1909. En 1911, Maria reçut l’habit nouveau de cette famille, et le remit ensuite aux autres Religieuses.

D’autres épreuves arrivèrent : Maria dut être opérée d’un adénofibrome au sein ; puis le nouvel évêque lui imposa sa visite canonique, lui disant qu’elle ne devait plus gouverner comme une mère de famille, mais comme une supérieure de communauté (!). En outre, une des Religieuses, récemment admise, se mit aussi à critiquer l’ensemble de la fondation. Maria en tomba malade, mais se reprit.

On arriva enfin à un heureux compromis ; l’évêque consentit à la réouverture du noviciat, émit un (nouveau !) décret de Droit diocésain, le 24 janvier 1923, couronnement de l’intense labeur de Maria de Jésus.

Le 27 janvier 1923, Maria organisa encore le repas de noces d’une jeune couple avec soixante invités. Un infarctus la frappa vers vingt-trois heures. Pleine d’action de grâce, de joie - et de mérites, elle s’éteignit doucement.

La congrégation devint de droit pontifical en 1947 et reçut successivement le Décret de Louange en 1968. Elle est présente en Albanie, au Mexique et au Brésil, à Madagascar.

Le miracle retenu pour la béatification, eut lieu en 2003. On était en train de construire la nouvelle chapelle, près de la Maison-mère ; une poutre se rompit et un jeune ouvrier qui s’y déplaçait, fit alors une chute de plus de onze mètres sur la dalle de ciment. Les autres collègues pensaient relever un cadavre, mais le jeune homme se releva de lui-même et n’eut aucune marque ni aucune séquelle de sa chute. On remarqua alors qu’il était tombé exactement à l’endroit où l’on devait bientôt déposer les restes de la Fondatrice.

Carolina  Santocanale fut béatifiée en 2016, et inscrite au Martyrologe le 27 janvier.

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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 23:00

Clotilde épouse de Clovis

473-545

 

Clotilde - réellement Crotechildis -, l’illustre épouse de notre premier roi chrétien Clovis, était l’une des deux filles de Chilpéric II, roi burgonde, et Carétène ; elle était née vers 473 ; l’autre fille s’appelait Sédeleube.

Chilpéric siégeait à Lyon mais, à sa mort, son épouse et les deux filles se retirèrent à Genève.  C’est là que Sédeleube fonderait bientôt un monastère et s’y retirerait.

La belle Clotilde fut bientôt proposée en mariage à Clovis, le jeune roi des Francs ; les fiançailles se firent par procuration et, quand on annonça à Clovis la prochaine arrivée de Clotilde, il se hâta d’aller au-devant d’elle à Villery, au sud de Troyes. Les noces furent célébrées solennellement.

On sait quel rôle tint la chrétienne Clotilde auprès de Clovis, qui n’était pas encore baptisé, ni même bien croyant.

Une première épreuve frappa le couple, quand leur premier enfant, Ingomer, mourut peu après son baptême : Clovis accusa alors le Dieu de Clotilde de lui avoir pris son enfant. Mais leur deuxième fils, Clodomir, gravement malade lui aussi, resta en vie, et le roi cessa alors d’accuser son épouse. Ils eurent ensuite trois enfants : Childebert, Clotaire et Clotilde.

Vers 496, Clovis eut à affronter des Barbares à Tolbiac et, durant la mêlée, implora le Dieu de Clotilde, en promettant de se faire baptiser s’il obtenait la victoire. Victorieux, Clovis reçut les leçons de catéchisme de Clotilde, conseillée par le saint évêque Remi (v. 13 janvier).

On date traditionnellement le baptême de Clovis et de ses trois mille soldats, en la fête de Noël 496.

Clotilde eut une heureuse influence sur les décisions de son mari qui, évidemment, n’avait pas grandi dans la même douceur chrétienne qu’elle.

Une de leur œuvre commune fut l’édification, à Paris, de l’église qui abriterait leur futur caveau, où ils firent déposer d’abord les restes de sainte Geneviève (v. 3 janvier) ; ce fut l’origine de l’église Sainte-Geneviève.

Leur vie conjugale ne dura cependant guère plus de vingt ans, car Clovis mourut vers 511, laissant sa chère Clotilde avec ses quatre enfants, qui allaient lui donner tant et tant de soucis.

Sa fille Clotilde fut bientôt donnée en mariage à Amalaric, roi des Wisigoths d’Espagne - que Clovis avait refoulés à Vouillé en 507 ; Amalaric n’était pas chrétien ; plus tard, Clotilde poussa son fils Childebert à attaquer cet époux violent, qui maltraitait son épouse Clotilde.

Son fils Clodomir, après avoir enlevé et assassiné son oncle Sigismond, ainsi que la femme et les deux fils de celui-ci, voulut conquérir la Burgondie en 524, mais y fut battu et tué, et l’on promena sa tête sur une pique, comme cela se fit bien plus tard durant la Révolution. Clodomir laissait trois fils, qui pouvaient être ses héritiers.

Mais les deux autres fils de Clovis et Clotilde, Clotaire et Childebert, dépossédèrent les fils de Clodomir de leur droit à la succession puis, trompant leur sainte mère, en assassinèrent deux sans pitié, tandis que miraculeusement s’échappait le troisième, Clodoald, plus tard mieux connu sous le nom de Cloud (v. 7 septembre).

La pauvre Clotilde fut chargée de s’occuper elle-même des funérailles de ses malheureux fils, puis elle se retira à Tours, près du tombeau de s.Martin (v. 11 novembre). Elle suggérait de bons candidats aux élections épiscopales. Elle était active et très généreuse, elle fonda ou enrichit bien des églises, dont Saint-Georges de Chelles ; sa générosité sans borne la fit mourir dans la plus extrême pauvreté.

Mais avant de mourir, elle eut encore un geste digne de son rang royal et chrétien : elle fit venir ses deux fils assassins, leur parla maternellement, leur prédit certains événements, et s’éteignit après avoir reçu les derniers Sacrements, le 3 juin 545.

La dépouille de Clotilde fut déposée dans le tombeau préparé par Clovis à Paris, avec celle de sainte Geneviève. Des reliques de la sainte Reine furent attribuées en divers lieux. En 1793, on profana les tombes et les cendres de sainte Geneviève furent jetées au vent. Pour éviter une ultérieure profanation, un chanoine crut bien faire de recueillir les restes de sainte Clotilde et de les brûler lui-même ; elles se trouveraient aujourd’hui en l’église Saint-Leu.                                                                                                                                                                                                  

Clotilde de France ne fut jamais officiellement canonisée, sinon par la vox populi.

En 1994, sainte Clotilde fut élue pour un heureux patronnage : celui de l’aviation légère de l’armée de terre. L’explication en est que, il y a quinze siècles, Clovis avait, à Tolbiac, submergé l’ennemi sous le feu du ciel, ce qui est aujourd’hui la mission des hélicoptères de combat.

Sainte Clotilde est inscrite au Martyrologe romain le 3 juin. En France, on la fête le 4, en raison de la fête des Martyrs d’Ouganda qui est célébrée le 3 juin.

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 09:39

Carlos de Dios Murias

1945-1976

 

Carlos de Dios Murias naquit le 10 octobre 1945 à San Carlos Minas (Córdoba, Argentine) ; son père, Carlos María Murias, était un grand propriétaire terrien et homme politique influent ; sa mère, Eba Ángela Grosso était institutrice.

Carlos était le benjamin des enfants, après trois filles : Hebe Elizabeth, María Cristina et Marta Elena ; il fut baptisé le 24 novembre 1945.

Il fréquenta l’école primaire chez les Religieuses de Villa Ciardino, le collège Virgen Niña.

En 1954, il reçut avec grande dévotion la Première communion.

De 1958 à 1962, il étudia au Lycée Militaire General Paz, à Córdoba, où il fit la connaissance de l’aumônier, le père Fulgencio Rojas.

Après le baccalauréat, il aurait volontiers suivi les cours de Vétérinaire, mais il n’y en avait pas encore, aussi s’orienta-t-il vers la faculté d’Ingénierie. Il n’en fit que deux années, mais il s’intéressa aux réunions d’un mouvement universitaire catholique, dont l’aumônier était le même père Rojas. C’est là aussi qu’il rencontra Mgr Angelelli, évêque auxiliaire de Córdoba et futur évêque de La Rioja, alors aumônier de l’Action Catholique (v. 4 août).

Les sœurs de Carlos décrivaient leur jeune frère comme un idéaliste, généreux, simple et passionné ; il chantait bien et jouait de la guitare et du piano. Carlos était prudent, discret, aimait la vérité, mais aussi se rebellait contre l’injustice.

En 1965, il revint chez son père pour travailler aux champs avec les ouvriers, mais repartit peu après et connut bientôt l’Ordre des Frères Mineurs Conventuels, où il trouva sa vocation. En 1966, il entra au noviciat, fit la première profession en 1968, la solennelle en 1971.

En 1972, il fut ordonné prêtre par Mgr Angelelli.

Il passa deux années comme vicaire paroissial à La Reja puis à José León Suárez, deux localités des environs de Buenos Aires : il s’y occupa beaucoup des jeunes et des pauvres.

En 1975, il prospecta Chamical (La Rioja) pour y implanter une communauté de Franciscains ; enthousiasmé par l’accueil de la population, encouragé par son Supérieur et ses confrères, il fut transféré en 1976 dans le diocèse de La Rioja, dont l’évêque était désormais Mgr Angelelli ; ce dernier envoya Carlos, avec l’abbé Longueville, dans la paroisse de Chamical.

Les deux prêtres s’entendirent parfaitement pour donner la voix aux populations injustement traitées, contre une minorité de grands propriétaires. La situation se tendit. Dans une de ses dernières homélies, le père Carlos proclama : On pourra étouffer la voix de Carlos Murias ou celle de notre évêque Angelelli, mais pas celle du Christ, qui réclame justice et amour.

Le dimanche 18 juillet 1976, des hommes qui se disaient envoyés de la «Police fédérale» firent irruption dans un couvent où déjeunaient Carlos et le père Longueville avec des Religieuses, après avoir célébré la messe dominicale : enlevés, conduits à la base aérienne de Chamical, ils furent interrogés et torturés.

Deux jours plus tard, on retrouva leurs corps, mutilés et criblés de balles dans un champ proche. Le père Carlos avait eu les yeux crevés et les mains mutilées.

C’est Mgr Angelelli qui célébra leurs funérailles, le 22 juillet suivant ; le 4 août, il était à son tour victime d’un «accident».                                               

Carlos Murias fut béatifié en 2019, avec Mgr Angelelli et Gabriel Longueville, et inscrit au Martyrologe le 18 juillet.

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 15:21

Clotilde Campos Urdiales

1897-1936

 

Clotilde Campos Urdiales naquit le 4 juin 1897 à Valdealcón (León, Espagne NW), de Felice et Mauricia, qui lui donnèrent au baptême le nom de sainte Clotilde, qu’on fête en effet le 4 (ou le 3) juin.

La famille tout entière ne sut jamais comprendre quelle vocation mûrissait dans le cœur de cette jeune fille pleine d’entrain, studieuse, bonne chrétienne - et manifesta une totale contrariété à l’entrée de Clotilde dans la vie religieuse. Elle attendit patiemment.

Quand les parents comprirent, enfin, que leur fille n’avait aucun autre désir dans la vie que d’appartenir à Jésus-Christ, ils lui accordèrent leur bénédiction. Clotilde fut alors reçue dans le monastère Saint-Joseph de Madrid, chez les Conceptionnistes.

C’était en 1923, Clotilde avait déjà vingt-six ans. Clotilde devint María du Pilar, sans doute par référence à Notre-Dame du Pilar (du Pilier), un pèlerinage marial fameux à Saragosse (Espagne).

Elle aimait rendre service aux autres moniales. On la savait dévote de la Sainte Vierge : elle décorait de fleurs la «grotte de Lourdes» qui se trouvait dans le jardin.

Elle dut subir une bien douloureuse opération chirurgicale, qu’elle supporta patiemment, exprimant toute sa reconnaissance au personnel médical.

A trente-neuf ans, en 1936, elle vécut avec ses Consœurs les tristes événements de la guerre civile.

On trouvera un petit exposé de ces douloureux moments dans la notice d’Isabel Lacaba Andía, ce même jour.

María du Pilar a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

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