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12 octobre 2021 2 12 /10 /octobre /2021 23:00

Géraud d’Aurillac

850-909

Le seigneur Géraud d'Aurillac et son épouse Adaltrude, probables parents des Carolingiens,  avaient dans leurs ascendants saint Césaire d’Arles et saint Yrieix (v. 27 et 25 août).
Dès avant la naissance de Géraud, son père avait vu en songe un grand arbre sortir de son pied droit ; peu de jours avant la naissance, les parents entendirent dans le sein de la mère la voix de leur enfant qui, plus tard, devait si souvent louer la Sainte Trinité.
Comme son père, Géraud était comte. Il apprit le métier des armes, la chasse, mais se révéla de santé médiocre ; il fut même un moment couvert de boutons qu’on ne parvenait pas à guérir ; Géraud se perfectionna intellectuellement : grammaire, musique, Ecriture, droit, au point qu’il étonnait les clercs qui passaient à la maison.
Il se trouva à la tête d’un immense domaine à la mort de ses parents, qu’il voulut administrer avec une sainte sagesse, dans un esprit évangélique.
Il songea bientôt à épouser une très jolie jeune fille qu’il avait rencontrée ; mais en voulant aller rendre visite à ses parents, il ne la reconnut pas, Dieu lui permettant de remarquer en elle des défauts inaperçus précédemment ; en «punition» de sa précipitation, Dieu le rendit aveugle pendant une année. Mais Géraud ne voulait pas laisser cette demoiselle et sa famille dans la nécessité : il accorda à la jeune fille une dot pour qu’elle pût se marier honorablement. Plus tard, le duc d’Aquitaine lui proposa sa fille, mais Géraud déclina l’offre pour conserver sa chasteté.
Géraud organisa sa vie sous le regard de Dieu : il vivait et s’habillait simplement ; il étudiait beaucoup ; il prenait comme serviteurs des laïques honnêtes ainsi que des clercs renommés, avec lesquels il priait chaque jour l’office divin et assistait à la messe ; il prenait un repas par jour, s’abstenait de viande trois fois par semaine, jeûnait souvent, entendait une bonne lecture avant et après le repas, dont il discutait ensuite avec son entourage.
Il se rendit sept fois en pèlerinage à Rome, distribuant sur son passage de larges aumônes à droite et à gauche, au point qu’on l’attendait là ou il passerait : le Mont-Joux, Aoste, Pavie, Plaisance, Lucques, Sutri…
Géraud administrait son domaine très sagement, mais aussi très efficacement, visiblement aidé par la grâce de Dieu. Un jour que ses subordonnés crurent qu’il les laisseraient piller ses terres, il essaya d’abord tous les moyens pacifiques pour les contraindre, en vain, et se décida à prendre les armes ; mais il ordonna à ses soldats de tenir leurs épées à l’envers : les hommes obéirent, à contre-cœur, comme on peut l’imaginer, mais remportèrent si vite la victoire, qu’ils comprirent que c’était Dieu qui combattait avec eux.
Le comte de Turenne se blessa lui-même avec son épée et rentra honteux. Le comte Adémar voulut le surprendre de nuit quand il dormait dans un pré, mais ne put le trouver ; Adémar occupa un de ses châteaux mais, quand il voulut attaquer Géraud, ses hommes crurent voir en face d’eux des tentes innombrables et se rendirent : Géraud les laissa partir. Le frère d’Adémar voulut prendre Aurillac tandis que Géraud assistait à la Messe : il ne put voler que sept chevaux et en perdit plus de soixante sur son retour, et mourut deux semaines plus tard, pendant qu’une tempête arrachait le toit de sa demeure.
Devant prendre les armes contre un petit seigneur brigand, un certain Arlaldus, Géraud réussit à s’en saisir sans le blesser et se contenta de lui dire : Tu n’es pas le plus fort, cesse de faire le mal ; je te relâche sans te demander ni otage, ni serment, ni réparation.
Le dimanche, Géraud présidait le plaid, assemblée de justice aux jugements sans appel ; s’il ne pouvait empêcher parfois une peine de mort, il n’hésitait pas à favoriser une évasion pour un délit mineur : il envoya deux malfaiteurs, condamnés à mort, chercher dans la forêt des lianes et leur ordonna de les rapporter pour se faire pendre ; ils ne revinrent jamais, d’autant plus qu’il n'y avait pas de lianes dans la forêt.
Frappé un jour de voir une pauvre paysanne pousser la charrue, parce que son mari était fort malade, il lui donna de quoi embaucher des domestiques pour l’aider ; rencontrant près de Rome un Berrichon malade et abandonné de ses compagnons de pèlerinage, il lui donna l’argent nécessaire pour se soigner et achever son voyage.
Géraud n’allait pas aux réunions bruyantes de seigneurs, préférant faire des pèlerinages aux tombeaux de saint Martial ou de saint Martin.
Toute sa vie fut ainsi une succession d’actes de générosité. Sa justice était véritablement évangélique. Il savait défendre son droit, mais aussi pardonner. Géraud ne chercha jamais à étendre son domaine, se contentant d’y faire régner la justice. Il pardonnait volontiers des injustices, des erreurs, des révoltes même.

Son grand désir aurait été de tout donner à l’Eglise et de devenir moine, mais l’évêque l’en dissuada. Géraud obtint tout de même d’être tonsuré comme les clercs, et ne se vêtit que comme eux.
Il faut rappeler ici que la tonsure de l’époque, comme on le voit sur toutes les miniatures, ne laissait sur la tête qu’une couronne de cheveux, rappelant ainsi la couronne d’épines du Christ ; c’était le signe de l’appartenance au clergé. Mais Géraud, d’une part, était déjà partiellement chauve, et de plus portait habituellement sa coiffe de comte, pour dissimuler discrètement cette tonsure. S’il devait paraître en public avec son épée, il la faisait porter devant lui pour ne pas la porter lui-même.
C’est Géraud qui est à l’origine de l’abbaye d’Aurillac (890 environ), qui grandit vite et fut consacrée en 962 ; elle obtint du roi un diplôme d’immunité daté 899, et fut donnée à Saint Pierre, de sorte qu’elle était absolument exempte de toute autorité laïque ou religieuse. Elle était dotée de revenus suffisants pour nourrir les moines. La première église s’écroula ; c’est la deuxième qui fut dédiée à saint Pierre. C’est là que fut formé un certain Gerbert, le futur pape Sylvestre II. L’abbaye fut saccagée par les Huguenots en 1569.
Il y eut beaucoup de miracles déjà du vivant du saint comte ; on savait que l’eau dont Géraud se lavait les mains, faisait des guérisons, d’un boîteux ici, d’un enfant aveugle là ; il semble que les miracles de Géraud aient intéressé particulièrement les aveugles, en France ou en Italie. Gêné par cette renommée, il cherchait à faire des miracles «en secret» (!), rien à faire, on criait même Saint Géraud, saint Géraud !
Géraud apprit mystérieusement en Italie qu’un ami moine était mort et fit prier pour lui ; on remarqua qu’en effet le moine était mort au moment où Géraud faisait prier pour lui.
Géraud perdit définitivement la vue pendant les sept dernières années de sa vie, et passa son temps à entendre de saintes lectures.
En septembre 909, Géraud dicta son testament, léguant la quasi totalité de ses domaines à l’abbaye d’Aurillac, rendant la liberté à cent serfs (le maximum fixé par la loi).
Il tomba malade à Saint-Cirgues (Lot), récita encore l’office le vendredi 13 octobre, dit encore Subvenite, sancti Dei (Venez, vous les saints de Dieu), et put recevoir l’Eucharistie.
Un clerc de Rodez eut la vision de saint Pierre, saint André, saint Paul et saint Martial, qui disaient : Il a pu faire le mal et ne l’a pas fait, et accompagnaient Géraud jusqu’au Ciel au chant du Te Deum. Sept années après cette pieuse mort, un clerc limousin demanda aux moines si le sarcophage continuait à s’élever ;  les moines furent bien surpris, en l’examinant, qu’il n’était plus enterré que jusqu’au couvercle, et que le prodige continuait encore.
Le comte Raymond de Toulouse s’obstinait à garder prisonnier le neveu de Géraud ; celui-ci apparut auprès du lit de Raymond et le menaça des pires châtiments : Raymond implora son pardon et relâcha le prisonnier.
Les miracles continuèrent après la mort de Géraud. Aurillac devint célèbre, les bâtiments insuffisants. Une nouvelle église fut consacrée en 962. De cette abbaye sortit un certain Gerbert, le futur pape Sylvestre II. Un des abbés fut Odon, plus tard abbé de Cluny, et auteur de la première biographie de Géraud.
En 1569, les calvinistes détruisirent entièrement l’abbaye, brûlant tous les parchemins, les archives, les meubles ; l’église fut reconstruite plusieurs fois.
Géraud reste un exemple exceptionnel de «sainteté laïque» : il n’était ni prêtre, ni ermite, encore moins martyr ; il fut un saint homme, au sens propre du mot.
Saint Géraud est le patron de la Haute Auvergne.
Son culte s’est vite répandu, d’abord dans l’ordre de Cluny, puis dans toute l’Eglise. La fête de saint Géraud est au 13 octobre.

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2 octobre 2021 6 02 /10 /octobre /2021 23:00

Gérard de Brogne
889-959

Gérard naquit sur la fin du 9e siècle à Stave (Fosses, Belgique), de parents appartenant à la haute noblesse, Santio et Plectrude, cette dernière étant la sœur d’Etienne, évêque de Liège.
Il entra au service du comte de Lomme, Béranger. Mais une vision de s.Pierre l’invita à fonder un monastère.
Dans une de ses propriétés, se trouvait un petit sanctuaire assez délabré et il voulut le restaurer et l’agrandir à ses frais. Il fallait pour cela démolir une petite maison où résidait un prêtre, et ce dernier ne voulait rien entendre : un dragon surgit alors, vomissant le feu qui détruisit la maison. En revanche, lors de  la construction, pas une goutte de pluie ne vint retarder le travail des maçons., de leur propre aveu (914).
On pense que Gérard se prépara à la vie monastique à Saint-Denis, où il aurait reçu le sacerdoce et d’où, en 919,  il ramena les reliques de s.Eugène.
Il fit consacrer la nouvelle église à s.Pierre et s.Eugène par l’évêque de Liège, Etienne, son oncle. Des clercs jaloux pensèrent bien faire d’exprimer des doléances à ce propos, et furent bien vite déboutés par l’évêque.
En 923, il put remplacer les clercs de cette église par des moines, qu’il dirigea alors en tant qu’abbé. Le monastère de Brogne comptait, par volonté du Fondateur, peu de moines et connut une calme prospérité.
La réputation de sainteté de Gérard amena les autorités à l’appeler pour réformer d’autres monastères. Qu’on en juge.
En 934, ce fut le cas de l’abbaye Saint-Ghislain en Hainaut.
En 937, Saint-Bavon de Gand, puis le Mont-Blandin. Dans cette dernière, et dans tous les monastères de son territoire, le comte Arnoul 1er revendiqua le droit de confirmer l’élection des abbés élus par les moines ; Gérard fut ainsi élu et confirmé abbé du Mont-Blandin, mais un siècle plus tard les moines du Mont-Blandin tachèrent d’encre les passages d’une charte mentionnant les droits du comte.
En 944, ce fut Saint-Bertain, dont les moines, réfractaires à toute réforme, s’enfuirent en Angleterre.
Puis il y eut Mouzon et Saint-Amand ; de là, les disciples de Gérard gagnèrent la Normandie : Saint-Wandrille, le Mont-Saint-Michel, Saint-Ouen de Rouen.
On signale au Mont-Blandin le séjour de Dunstan, futur archevêque de Canterbury (v. 19 mai), qui se formait au monachisme occidental, signe de la célébrité de la réforme appliquée au Mont-Blandin.
Gérard aurait effectué un voyage - ou un pèlerinage - à Rome. Au retour, le char qui transportait des pierres de porphyre destinées à l’église de Brogne, se renversa dans un ravin des Alpes, mais la prière de Gérard obtint que ni le conducteur (ni les pierres !) ne furent lésés.
En 953, Gérard renonça à son titre d’abbé et regagna Brogne. Il n’avait aucune ambition personnelle, et ne désirait que l’avancement des moines dans la ferveur et la sainteté.
Son influence, tout effacée et efficace, prépara la grande réforme grégorienne du siècle suivant.
Sentant sa mort approcher, Gérard fit sonner les cloches de Brogne, et s’endormit doucement, le 3 octobre 959.
Un acte officiel de 986 indique que l’abbaye est un lieu de brassage de la bière, activité que connut sans doute le Fondateur.
Gérard fut «canonisé» en 1131, par l’élévation de ses reliques.
Au 17e siècle, l’abbaye de Brogne prit le nom de Saint-Gérard. Elle fut détruite en 1525 lors des guerres «de religion», fermée en 1795, alors qu’il ne se trouvait plus que deux (2 !) moines. L’église et le cloître, qui étaient les éléments les plus importants de l’abbaye, ont été démolis pour faire passer une route ; le restant des bâtiments sert à des expositions et des activités culturelles. La brasserie y fut réinstallée en 2013.
Saint Gérard de Brogne est commémoré le 3 octobre dans le Martyrologe Romain.

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6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 23:00

  Gregorio Sánchez Sancho
1899-1936


Né le 19 avril 1899 à Valdecarros (Salamanque), Gregorio reçut le baptême le 23 suivant, et la confirmation en 1909. Il était le troisième fils de la famille.
Tout jeune, on le voyait toujours avec des livres entre les mains. En 1910, il entra au Collège thérésien (carme) de Medina del Campo, où se trouvait déjà un de ses frères.
Après le noviciat à Segovia, il prit l’habit en 1915 et fit la profession religieuse en 1916, prenant le nom de Tirso de Jésus-Marie.
Ses études de philosophie achevées (Ávila, 1920), ainsi que celles de théologie (Tolède et Salamanque), il fut ordonné prêtre en 1923 à Segovia.
Il fut envoyé en mission à Cuba, où il se trouvait dès 1924. Il exerça son activité pastorale à La Havane, à Ciego de Ávila, Matanzas, Sancti Spiritus. Il fut directeur de l’apostolat de la prière, prédicateur recherché pour les grandes occasions.
Ce bon prêcheur écrivait beaucoup, y compris des poèmes, qui furent publiés dans un journal paroissial.
Les nouveaux Supérieurs d’Espagne le rappelèrent en 1933, pour la communauté de Tolède. Il continua d’écrire de nombreux articles, des poésies, en plus de son activité pastorale à Tolède, Madrid, Talavera, Salamanque.
De retour de Madrid à Tolède, le 19 juillet 1936 au soir, il reçut l’hospitalité chez une pieuse personne, sur le conseil du Supérieur ; le lendemain, il rejoignit le couvent, et le 21 au soir, il retourna chez cette personne, jusqu’au 24 août, vivant dans le plus grand recueillement.
Au matin du 24 août, des miliciens frappèrent. Il alla ouvrir, après s’être agenouillé quelques secondes devant l’image de la Sainte Vierge. Les miliciens lui demandèrent ses papiers. Il ne les avait pas encore tous mis à jour, depuis son retour de Cuba.
Ils l’emmenèrent au commissariat, et le laissèrent revenir à la maison, où il demanda à prendre une tisane de tilleul. Pendant que la Dame la préparait, les miliciens revinrent et cette fois arrêtèrent le père Tirso.
On le transporta de ci et de là, pour le mettre finalement dans la prison provinciale, le 27 août, en attente d’un jugement. Prisonnier, le père Tirso est «suspect».
Une sorte de «jugement» a lieu. Le juge lui demande s’il est voyageur de commerce : le père Tirso le laisse dire ; quand on lui demande quelle a été sa participation dans les tirs qui se sont échangés dans le couvent (où il n’était pas les jours précédents), il répond qu’il n’y a pas participé, et précise alors qu’il est Religieux carme. Le juge est bien obligé de conclure qu’il n’y a pas d’élément à charge de l’accusé.
 Cependant le Tribunal Populaire écrit que, le 6 septembre à neuf heures, on procède contre Gregorio Sánchez Sancho, pour rébellion militaire. De plus, la session se tient dans le palais archiépiscopal de Tolède. On revient sur la «participation» du père Tirso aux tirs échangés depuis le couvent (en effet, des gardes civils s’étaient retranchés dans le couvent et tiraient sur les républicains pour les empêcher d’entrer dans la ville) : on voulait absolument que le père Tirso eût été à la tête des retranchés.
La sentence tomba, inexorable : le père Tirso, accusé de «rébellion militaire», était condamné à mort.
De retour à la prison, dans la journée du 6 septembre, le père Tirso écrivit à ses parents ses sentiments de pardon envers ceux qui l’avaient condamné et leur demanda de pardonner aussi à leur tour.
Au matin du 7 septembre, on l’emmena soi-disant à Ocaña, mais on s’arrêta au cimetière. Le Père demanda : Vous ne me disiez pas qu’on allait à Ocaña ? Et pour toute réponse, on lui répondit qu’il fallait exécuter la sentence.
Devant le mur du cimetière, les soldats et les miliciens tirèrent au sort pour désigner qui tirerait. On demanda au Père comment ils devaient tirer, et s’il fallait lui bander les yeux, à quoi il répondit qu’ils fissent comme ils voulaient, puis il demanda à avoir les yeux bandés, tout cela avec un calme impressionnant.
Tenant son crucifix entre les mains, il le baisait et disait des mots de miséricorde, de bonté, de pardon envers tous ceux qui allaient lui enlever la vie. Au moment de mourir, il pardonna encore à ses bourreaux, les bénissant et leur montrant son amour fraternel.
Une première décharge fit tomber le Religieux, mais il n’était pas mort. On rappela les miliciens, qui à leur tour interrogèrent le médecin : ce dernier constata qu’effectivement le Religieux n’était pas mort, et les miliciens tirèrent à nouveau.
C’était au matin du 7 septembre 1936.
Gregorio-Tirso Sánchez Sancho fut béatifié en 2007.

Gregorio Sánchez Sancho

1899-1936

 

Né le 19 avril 1899 à Valdecarros (Salamanque), Gregorio reçut le baptême le 23 suivant, et la confirmation en 1909. Il était le troisième fils de la famille.

Tout jeune, on le voyait toujours avec des livres entre les mains. En 1910, il entra au Collège thérésien (carme) de Medina del Campo, où se trouvait déjà un de ses frères.

Après le noviciat à Segovia, il prit l’habit en 1915 et fit la profession religieuse en 1916, prenant le nom de Tirso de Jésus-Marie.

Ses études de philosophie achevées (Ávila, 1920), ainsi que celles de théologie (Tolède et Salamanque), il fut ordonné prêtre en 1923 à Segovia.

Il fut envoyé en mission à Cuba, où il se trouvait dès 1924. Il exerça son activité pastorale à La Havane, à Ciego de Ávila, Matanzas, Sancti Spiritus. Il fut directeur de l’apostolat de la prière, prédicateur recherché pour les grandes occasions.

Ce bon prêcheur écrivait beaucoup, y compris des poèmes, qui furent publiés dans un journal paroissial.

Les nouveaux Supérieurs d’Espagne le rappelèrent en 1933, pour la communauté de Tolède. Il continua d’écrire de nombreux articles, des poésies, en plus de son activité pastorale à Tolède, Madrid, Talavera, Salamanque.

De retour de Madrid à Tolède, le 19 juillet 1936 au soir, il reçut l’hospitalité chez une pieuse personne, sur le conseil du Supérieur ; le lendemain, il rejoignit le couvent, et le 21 au soir, il retourna chez cette personne, jusqu’au 24 août, vivant dans le plus grand recueillement.

Au matin du 24 août, des miliciens frappèrent. Il alla ouvrir, après s’être agenouillé quelques secondes devant l’image de la Sainte Vierge. Les miliciens lui demandèrent ses papiers. Il ne les avait pas encore tous mis à jour, depuis son retour de Cuba.

Ils l’emmenèrent au commissariat, et le laissèrent revenir à la maison, où il demanda à prendre une tisane de tilleul. Pendant que la Dame la préparait, les miliciens revinrent et cette fois arrêtèrent le père Tirso. 

On le transporta de ci et de là, pour le mettre finalement dans la prison provinciale, le 27 août, en attente d’un jugement. Prisonnier, le père Tirso est «suspect».

Une sorte de «jugement» a lieu. Le juge lui demande s’il est voyageur de commerce : le père Tirso le laisse dire ; quand on lui demande quelle a été sa participation dans les tirs qui se sont échangés dans le couvent (où il n’était pas les jours précédents), il répond qu’il n’y a pas participé, et précise alors qu’il est Religieux carme. Le juge est bien obligé de conclure qu’il n’y a pas d’élément à charge de l’accusé. 

 Cependant le Tribunal Populaire écrit que, le 6 septembre à neuf heures, on procède contre Gregorio Sánchez Sancho, pour rébellion militaire. De plus, la session se tient dans le palais archiépiscopal de Tolède. On revient sur la «participation» du père Tirso aux tirs échangés depuis le couvent (en effet, des gardes civils s’étaient retranchés dans le couvent et tiraient sur les républicains pour les empêcher d’entrer dans la ville) : on voulait absolument que le père Tirso eût été à la tête des retranchés.

La sentence tomba, inexorable : le père Tirso, accusé de «rébellion militaire», était condamné à mort. 

De retour à la prison, dans la journée du 6 septembre, le père Tirso écrivit à ses parents ses sentiments de pardon envers ceux qui l’avaient condamné et leur demanda de pardonner aussi à leur tour. 

Au matin du 7 septembre, on l’emmena soi-disant à Ocaña, mais on s’arrêta au cimetière. Le Père demanda : Vous ne me disiez pas qu’on allait à Ocaña ? Et pour toute réponse, on lui répondit qu’il fallait exécuter la sentence.

Devant le mur du cimetière, les soldats et les miliciens tirèrent au sort pour désigner qui tirerait. On demanda au Père comment ils devaient tirer, et s’il fallait lui bander les yeux, à quoi il répondit qu’ils fissent comme ils voulaient, puis il demanda à avoir les yeux bandés, tout cela avec un calme impressionnant. 

Tenant son crucifix entre les mains, il le baisait et disait des mots de miséricorde, de bonté, de pardon envers tous ceux qui allaient lui enlever la vie. Au moment de mourir, il pardonna encore à ses bourreaux, les bénissant et leur montrant son amour fraternel.

Une première décharge fit tomber le Religieux, mais il n’était pas mort. On rappela les miliciens, qui à leur tour interrogèrent le médecin : ce dernier constata qu’effectivement le Religieux n’était pas mort, et les miliciens tirèrent à nouveau.

C’était au matin du 7 septembre 1936. 

Gregorio-Tirso Sánchez Sancho fut béatifié en 2007.

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 23:00

Georges de Lydda

† ? 303

 

Ce qui est certain, dans la vie de cet illustre soldat, c’est qu’il fut martyrisé à Lydda en Palestine (ou non loin de cette ville).

Ce qui le semble moins, c’est tout ce qu’on trouve dans divers manuscrits postérieurs, remontant à une tradition ancienne dont on n’a malheureusement pas de témoignages sûrs.

A partir de là, tout sera dit au conditionnel.

Georges serait le fils de Gerontius, un idolâtre, et de Polychronia, une chrétienne. Le père était d’origine cappadocienne (Turquie C) et vivait en Arménie.

On a dit que le nom de Georgius serait à l’origine du nom de la Géorgie, mais cette étymologie est aujourd’hui réfutée au profit d’une autre, qui prétend que le nom vient du grec, georgia, agriculture.

Georgius donc, fut dès sa jeunesse animé d’un grand zèle pour la religion chrétienne, et n’hésitait pas à détruire les temples païens, à en abattre les statues, même à tuer les prêtres païens, tout en se «rachetant» par d’abondantes aumônes aux pauvres.

La Légende dorée de Giacomo de Voragine ajoute que Georgius aurait abattu un monstre dans la province de Libye, délivrant ainsi la fille du roi qui devait être livrée à la bête et provoquant la conversion de toute la population. On a pu attribuer cette victoire au grand soldat par imitation du combat entre saint Michel et le Dragon infernal, ou par allégorie de la victoire du Bien sur le Mal, de la Foi sur le Péché, avec ces deux différences que l’archange saint Michel porte des ailes et n’a pas besoin de cheval pour se déplacer.

Georgius aurait été tribun dans l’armée impériale. Au moment où l’empereur Dioclétien se préparait à exterminer la religion chrétienne, Georgius aurait été sommé de sacrifier aux dieux païens, et cela se passait à Lydda, en Palestine.

Sur son refus, il subit alors une série de tortures : flagellation avec lanières de cuir garnies de petits plombs, écrasement de la poitrine avec une lourde pierre, déchirures sur tout le corps, qu’un ange vint miraculeusement guérir. 

Georgius se présenta à nouveau devant l’empereur, provoquant la conversion de deux chefs de l’armée et de l’impératrice elle-même. Jeté pendant trois jours dans une fosse remplie de chaux vive, il en sortit indemne ; obligé de marcher avec des chaussures garnies de pointes rougies au feu, il en fut encore une fois guéri miraculeusement.

Dioclétien, changeant de tactique, chercha à l’amadouer, et Georgius feignit d’être convaincu ; mais conduit au temple païen, il renversa les idoles d’un seul signe de croix.

A ce point, la sentence impériale fut irrémédiable et définitive : Georgius fut décapité.

Saint Georges bénéficia d’un culte extraordinaire dans tout l’Orient, puis en Occident. La seule Egypte avait une quarantaine d’églises consacrées à lui. Il y a à Rome une église Saint-Georges-in-Velabro, dont on ignore l’origine. 

Lors des croisades, l’invocation à saint Georges et à saint Demetrius était habituelle : on leur attribua la reprise de Jérusalem.

En Angleterre, un concile tenu à Oxford en 1222 ordonne que la fête de saint Georges soit une fête d’obligation. L’Ordre de la Jarretière était à l’origine l’ordre des Chevaliers de saint Georges. La célébration de la fête de saint Georges devait avoir la même solennité que celle de Noël, et les Protestants conservèrent cette fête dans leur calendrier. En Angleterre, Georges ne porte pas d’s : George.

Cette fête est traditionnellement au 23 avril. La fête, un moment retirée du calendrier romain, y fut remise récemment.

Il est trop long d’énumérer tous les pays, tous les mouvements et associations qui se réclament de saint Georges. En voici quelques-uns : 

Les pays : Géorgie, Ethiopie, Angleterre, Serbie, Espagne (Aragon et Catalogne), Russie, Grèce. La Croix de saint Georges figure sur le drapeau anglais, et sur les armoiries de Russie.

Les villes : Beyrouth, Gênes, Venise, Barcelone, Rio de Janeiro.

Les ordres : Ordre du Temple, ordre Teutonique.

Les associations : l’armée blindée française, l’armée bulgare, les gendarmes à cheval belges, certains Scouts.

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 00:00

German Gardiner

 ? -1544

 

Laïc anglais, on suppose qu’il fut parent (et secrétaire) de Stephen Gardiner, l’évêque de Winchester.

Formé probablement au Trinity Hall de Cambridge, il ne craignit pas de s’exposer pour défendre la foi catholique.

Il publia ainsi un tract en 1534. Pendant la persécution de cette période, il fut pénétré de courage par l’héroïcité des Martyrs, en particulier de Thomas More (v. 6 juillet). Il eut une occasion de donner un témoignage remarquable.

En 1543, il fut accusé d’avoir dressé une liste d’erreurs contre la foi. Cette année-là, le Despote royal changea de caprice, et préféra sacrifier les Catholiques au lieu des hérétiques, tandis qu’ensuite il se retourna plutôt contre les Protestants. 

L’acte d’accusation de German montre clairement qu’il fut accusé de vouloir priver le roi de sa dignité et de son titre de Chef suprême de l’Eglise d’Angleterre et du Pays de Galles.

Il fut exécuté pour sa foi le 7 mars 1543 ou 1544 à Tyburn, dernier des Martyrs catholiques sous le roi Henry VIII, en même temps que les prêtres John Larke et John Ireland.

Le culte de German et de ses Compagnons a été confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 08:23

Giacomo Abbondo
1720-1788

Giacomo naquit le 27 août 1720 à Salomino (Tronzano Vercellese, Verceil, Italie N), de Carlo Benedetto et Francesca Maria Naya ; l’aînée, Maria Margherita, était morte peu de temps avant la naissance de Giacomo, et après lui naquirent encore quatre frères et sœurs.
La famille était chrétienne ; elle comptait déjà un prêtre, frère du papa.
Giacomo fréquenta l’école primaire à Tronzano, puis à Verceil.
Sa vocation se faisait déjà sentir, au point qu’en 1740, non seulement il reçut la Confirmation, mais aussi il fut admis à l’état clérical, recevant la Tonsure, puis les Ordres dits «mineurs» de Portier et de Lecteur.
A cette époque, il n’y avait pas de véritable séminaire ; Giacomo dut fréquenter la faculté royale pour compléter ses études. Et pour payer celles-ci, il fut engagé chez le conte Agostino Benedetto Cusani de Sagliano, maire de Verceil, qui le chargea de la formation de ses sept enfants.
En 1743, Giacomo fut nommé professeur aux Ecoles Royales.
Cette même année, il reçut le sous-diaconat et, compte tenu de son excellente préparation intellectuelle, fut nommé professeur de théologie scholastique à l’université royale de Verceil.
L’année suivante, il reçut successivement le diaconat et, le 21 mars, la prêtrise.
Il continua sa formation et, en 1748, obtint le doctorat en Lettres à l’université de Turin, ce qui lui valut d’être nommé professeur des Humanités aux Ecoles Royales de Verceil.
On lui confia alors des activités pastorales, d’abord à la paroisse Saint-Michel de Verceil, enfin à la paroisse Saints Pierre-et-Paul de Tronzano, son pays natal.
Cette dernière paroisse avait subi négativement l’enseignement du curé précédent, qui était de tendance janséniste. Les bancs de l’église étaient vides.
Don Giacomo se mit au travail avec ardeur. Il visita les familles, il encouragea l’assistance à la Messe dominicale, il enseigna le catéchisme aux adultes et aux enfants ; il prépara ces derniers à la Première communion dès l’âge de dix ans (ce qui était une nouveauté à l’époque, car on attendait parfois jusqu’à douze ou quatorze ans) ; il visitait les malades, faisait porter de la nourriture et du bois de chauffage aux plus pauvres… Et alors qu’en été, beaucoup suspendaient leurs activités, lui au contraire affirmait : Ici, on n’est pas en vacances !
Il eut lui-même la joie de recevoir le nouvel évêque pour consacrer l’église de Tronzano, qui n’était pas encore consacrée !
La paroisse reprit vie, au vu de l’activité intense et de la sainteté de vie de leur cher Curé.
Don Giacomo mourut le 9 février 1788 à Tronzano, pleuré et regretté unanimement de toute la population.
Les grâces reçues par son intercession furent très nombreuses, on recueillit les témoignages de «miracles» obtenus. La cause de la béatification commença le 22 janvier 1923, fut reprise récemment et approuvée.
Le miracle retenu pour la béatification officielle, fut la guérison totale d’un jeune garçon qui, en déchargeant des bottes de foin, lâcha malencontreusement sa fourche et, en tombant, eut tout le ventre traversé par les dents de l’outil. On invoqua don Giacomo et, très vite, malgré cet accident, tout l’organisme du blessé se remit très vite du choc et le garçon vécut sans aucun problème.
Don Giacomo Abbondo fut béatifié en 2016 et inscrit au Martyrologe le 9 février.

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16 janvier 2021 6 16 /01 /janvier /2021 19:16

Giovanna de Fonte Chiusi
? - 1105

Giovanna (Jeanne) vit le jour à Fonte Chiusi (Bagno di Romagna, Forlí, Emilie-Romagne, Italie CNE) et se consacra à Dieu dès l’enfance.
Elle fut sœur converse, puis religieuse de chœur chez les camaldules à Bagno di Romagna.
Au moment de sa mort, toutes les cloches sonnèrent d’elles-mêmes.
Des miracles nombreux furent opérés à son tombeau.
En 1506, une procession de ses reliques mit fin à une épidémie de peste.
Son culte immémorial a été confirmé en 1823.
La bienheureuse Giovanna est mentionnée au 16 janvier dans le Martyrologe Romain.

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 11:15

Gregorio Ernesto Mohedano Cabanillas

1898-1936

 

Gregorio Ernesto Mohedano Cabanillas naquit le 9 mai 1898 à Belmez (Cordoue, Espagne S).

Ce jeune laïc préféra verser son sang pour la Vérité, que trahir le Christ.

Son martyre eut lieu le 13 octobre1936 à Peñarroya-Pueblonuevo.

Gregorio Ernesto Mohedano Cabanillas sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 13 octobre.

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16 décembre 2020 3 16 /12 /décembre /2020 22:58

Gregorio Gómez Molina

1887-1936

 

Gregorio Gómez Molina naquit le 9 mai 1887 à Priego de Córdoba (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 12 août 1936 à Vallecas (Madrid).

Gregorio Gómez Molina sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 12 août.

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15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 22:27

Guillermo Fernández Aguilera

1874-1936

 

Guillermo Fernández Aguilera naquit en 1874 à Baena (Cordoue, Espagne S).

Laïc et marié, il montra sa foi inébranlable jusqu’au bout.

Avec deux autres prêtres (Pablo Brull Carasco et Rafael Contreras Leva), son martyre eut lieu à Baena, le 29 juillet 1936.

Guillermo Fernández Aguilera sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 29 juillet.

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