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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 23:00

Josep Rabasa Bentanachs

1862-1936

 

Josep vit le jour le 26 juin 1862 à Noves de Segres (Lleida, Espagne).

Il fut orphelin encore petit ; une pieuse femme s’en chargea et le confia en 1890 aux Salésiens de Sarriá (Barcelone), pour aider à la cuisine.

Josep sentit l’appel de Dieu et demanda à être admis au noviciat. Il fit la profession en 1892, comme Frère laïc.

Après plusieurs postes, il revint à Sarriá.

Quand il arriva à soixante-dix ans, fatigué, il demanda à être déchargé et continua de vivre là, dans la prière fervente.

Le 21 juillet, les Religieux furent expulsés. Le directeur remit à chacun cinq pesetas, ne pouvant que leur dire de se réfugier où ils pouvaient. Frère Josep Rabasa et l’infirmier don Josep proposèrent de rester dans la maison pour s’occuper des blessés de guerre, puisque la maison était transformée en hôpital.

Le 31, on les mit à la rue. Ils se réfugièrent chez une pieuse femme où ils passèrent quelques jours dans le recueillement. Ils avaient juste à retirer leur passeport pour rejoindre l’Italie.

Mais en y allant, ils voulurent passer par la maison de Sarriá, pour y prendre quelques vêtements. Dans le tramway, ils furent reconnus, arrêtés, et assassinés.

C’était le 4 août 1936.

Frère Josep Rabasa fut béatifié en 2001.

 

  

Josep Rabasa Bentanachs

1862-1936

 

Josep vit le jour le 26 juin 1862 à Noves de Segres (Lleida, Espagne).

Orphelin encore petit, une pieuse femme s’en chargea et le confia en 1890 aux Salésiens de Sarriá (Barcelone), pour aider à la cuisine.

Josep sentit l’appel de Dieu et demanda à être admis au noviciat. Il fit la profession en 1892, comme Frère laïc.

Après plusieurs postes, il revint à Sarriá.

Quand il arriva à soixante-dix ans, fatigué, il demanda à être déchargé et continua de vivre là, dans la prière fervente.

Le 21 juillet, les Religieux furent expulsés. Le directeur remit à chacun cinq pesetas, ne pouvant que leur dire de se réfugier où ils pouvaient. Frère Josep Rabasa et l’infirmier don Josep proposèrent de rester dans la maison pour s’occuper des blessés de guerre, puisque la maison était transformée en hôpital.

Le 31, on les mit à la rue. Ils se réfugièrent chez une pieuse femme où ils passèrent quelques jours dans le recueillement. Ils avaient juste à retirer leur passeport pour rejoindre l’Italie.

Mais en y allant, ils voulurent passer par la maison de Sarriá, pour y prendre quelques vêtements. Dans le tramway, ils furent reconnus, arrêtés, et assassinés.

C’était le 4 août 1936.

Frère Josep Rabasa fut béatifié en 2001.

 

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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 23:00

Josep Batalla Parramón

1873-1936

Josep vit le jour le 15 janvier 1873 à Abella de la Conca (Lleida, Espagne).

Il entra dans la Société des Salésiens, y fit le noviciat, la profession en 1893 et fut ordonné prêtre en 1900.

Après plusieurs postes, il fut nommé en 1909 confesseur et infirmier à la maison de Sarriá (Barcelone).

Il s’y distingua tellement qu’on le surnomma saint Jean de Dieu (pour saint João Cidade de Dieu, v. 8 mars). Il resta à cette place pendant vingt-sept ans.

Le 21 juillet, les Religieux furent expulsés. Le directeur remit à chacun cinq pesetas, ne pouvant que leur dire de se réfugier où ils pouvaient. Don Josep ainsi que le Frère Josep Rabasa proposèrent de rester dans la maison pour s’occuper des blessés de guerre, puisque la maison était transformée en hôpital.

Le 31, on les mit à la rue. Ils se réfugièrent chez une pieuse femme où ils passèrent quelques jours dans le recueillement. Ils avaient juste à retirer leur passeport pour rejoindre l’Italie.

Mais en y allant, ils voulurent passer par la maison de Sarriá, pour y prendre quelques vêtements. Dans le tramway, ils furent reconnus, arrêtés, et assassinés.

C’était le 4 août 1936.

Don Josep Batalla fut béatifié en 2001.

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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 23:00

Josep Colom Alsina

1906-1936

 

Josep était né le 12 août 1906 à Súria (Bages, Espagne).

Ses parents s’installèrent bientôt à Casserres (Berguedà).

Il se trouvait dans le diocèse de Solsona, où il fréquenta le séminaire, puis il alla à Tarragona pour préparer sa licence de théologie : c’est dans cet archidiocèse qu’il fut alors incardiné et ordonné prêtre, en 1931.

Il sera vicaire à Alforja (Baix Camp), où il laissera un excellent souvenir.

Puis il sera nommé en 1935 à Montblanc (Conca de Barberà), où il se trouvait lors de la révolution de 1936.

En moins d’une année, il eut le temps de faire un travail important, particulièrement en fondant la Fédération des Jeunes Chrétiens de Catalogne, avec son confrère Dalmau Llebaria.

La nuit du 20 au 21 juillet 1936, les divers sanctuaires de la ville étaient déjà en flammes, quand on commença de s’attaquer aux portes de l’église Santa María : les révolutionnaires les aspergèrent d’essence et y mirent le feu.

Un des prêtres alla sonner les cloches pour appeler à l’aide, tandis que l’autre aspergeait le feu avec l’eau bénite : le feu s’éteignit, épargnant ainsi l’intérieur de l’église - et en particulier le vieil orgue baroque. C’est là l’origine de la poésie que don Josep écrivit ensuite en prison, avec le titre Le temple flamboyant (El temple flamejant).

Les deux prêtres allèrent retirer le Saint-Sacrement et autres choses précieuses pour les mettre en sûreté. Avec l’émotion qu’on imagine, ils célébrèrent ensuite leur dernière Messe à huis clos, puis allèrent se réfugier.

On arrêta d’abord don Dalmau. Pour aller le retrouver, don Josep sortit et fut à son tour arrêté. Ils se retrouvèrent donc tous deux dans la prison de Montblanc, le 21 juillet.

Le 22, arriva à son tour dans la prison don Josep Roselló ; le 23, le cardinal Vidal ; le 24 l’évêque auxiliaire, Mgr Borrás. Don Josep Colom fut chargé d’assister Mgr Borrás. Il priait beaucoup, donnait du courage aux autres prisonniers laïcs pour supporter leurs souffrances, et fit ainsi beaucoup de bien.

Au matin du 4 août, une patrouille vint chercher trois personnes, dont un caporal. Don Colom alors s’offrit à la place du caporal. Tous deux, avant de sortir, se confessèrent à don Dalmau. Puis don Colom remit son bréviaire à Sebastià Trèmol, en lui disant : Tiens, garde-le, et fais attention qu’on ne te le prenne pas. Dans le bréviaire, il y avait la poésie dont on a parlé plus haut, et un autre feuillet où étaient rédigés ces mots : Je suis très content d’accomplir la volonté de Dieu sur moi, et c’est pourquoi j’accepte que Notre-Seigneur veuille bien me donner la mort dans le temps et de la façon qu’il voudra. Je suis heureux. Au ciel !

Don Colom s’offrit à la place de ce caporal, qui était père de famille et dont l’épouse attendait un enfant. Le prêtre déclara : A moi, ça ne me fait rien de donner ma vie, en échange de ce Monsieur, qui a des enfants et toute une famille.

Don Colom salua tous les prisonniers et suivit l’officier. On le ligota fortement et on le fit monter dans la voiture.

Parvenus à Vallmoll (Baix Camp), sur la route de Masó, un peu en-dehors de la route, on fusilla le prêtre. C’était le 4 août.

A l’endroit du martyre se trouve maintenant une petite croix commémorative.

 

Don Josep Colom Alsina fut béatifié en 2013.


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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 23:00

Jean-Marie Vianney

1786-1859

1. L’enfance et la formation

Le petit Jean-Marie avait trois ans lorsqu’éclata la triste Révolution Française. Ses pieux parents reçurent chez eux des prêtres réfractaires, mais bien avant ces faits, ils reçurent un jour un pieux voyageur, un certain Benoît-Joseph Labre, qui sera un jour canonisé (v. 16 avril).
Les parents de Jean-Marie habitaient Dardilly, à quelques kilomètres de Lyon. C’étaient de bons paysans, croyants, fidèles à leurs devoirs chrétiens. De leurs six enfants, Jean-Marie était le quatrième, qui naquit le 8 mai 1786. Sans être un saint parfait dès le berceau, il montra vite des signes de profonde conviction.
Ainsi, à quinze mois, il se refusa à manger jusqu’à ce que sa mère ne fît avec lui le signe de croix comme à l’accoutumée. C’est de cette pieuse maman qu’il apprit aussi à bénir l’heure, en récitant un Ave Maria quand l’heure sonnait. Il aimait prier, où qu’il fût, en particulier avec une petite statuette de la Vierge, qu’il avait reçue de sa mère. Un jour qu’on le cherchait partout, on finit par le retrouver… entre deux bêtes à l’étable, en train de prier avec ferveur devant sa petite statuette. Plus tard, lorsqu’il mènera les bêtes au pré, il commencera toujours par s’agenouiller pour offrir à Dieu sa tâche. Il disposait ensuite sa statuette dans le creux d’un arbre, l’ornait de feuillages, et priait le chapelet.
Il avait environ sept ans : c’est à ce moment que commença son activité “pastorale” au sens apostolique du mot. En effet, il se mit en devoir de catéchiser d’autres petits pâtres qu’il rencontrait alentours. Il chantait et priait avec eux, leur rappelait les enseignements de l’évangile, leur inculquant le sens du péché et le respect de Dieu, partageant avec eux son casse-croûte.
C’est aussi à cette époque qu’une petite bergère lui dit innocemment qu’ils pourraient peut-être se marier un jour, ce qu’il refusa énergiquement en lui demandant de n’en jamais plus parler.
La difficulté des temps fit que Jean-Marie reçut assez tard son instruction scolaire ainsi que la préparation à la première communion. Il avait déjà treize ans quand il reçut l’Hostie pour la première fois, avec d’ailleurs une joie indicible. Il passa son adolescence à aider aux travaux des champs.
Deux vertus firent remarquer le garçon à cet âge déjà : son silence et son obéissance. Il savait se taire, éviter de répondre, de se disculper en entendant un reproche ou une taquinerie déplacée ; et par-dessus tout il obéissait sans hésitation à ses parents.
Quand il avait un petit moment de libre, c’est à l’église du village qu’il allait volontiers : peu à peu sa vocation se précisait. Un souci l’avait envahi : sauver les âmes !
Parler à sa bonne maman de sa vocation n’était pas un problème, elle s’en réjouit même. Mais le papa mit deux années à accepter cette décision : il avait déjà dû marier sa fille et lui offrir une dot ; puis, pour garder son grand fils François à la maison, il avait payé un remplaçant pour la conscription (c’était l’époque des grandes guerres de Bonaparte, qui procédait à des levées de troupes en masse) ; dans ces circonstances, le pauvre papa Vianney n’avait plus les moyens d’envoyer son fils au séminaire et s’y opposa catégoriquement. Il finit tout de même par se rendre, en apprenant que le curé de la paroisse voisine (Ecully) recevait chez lui des jeunes pour leur donner les premiers éléments de leur formation avant de les diriger vers le séminaire.
Mais ce fut le curé lui-même qui mit une nouvelle opposition à la présence de Jean-Marie chez lui : il n’avait plus de place, plus de temps… L’anecdote vaut la peine d’être mentionnée : quand ce bon prêtre vit Jean-Marie en face de lui, après quelques propos, il l’embrassa et dit tout haut : Oh ! pour celui-là, je l’accepte ! ; puis à Jean-Marie : Soyez tranquille, mon ami, je me sacrifierai pour vous, s’il le faut.
Si Jean-Marie était heureux de se sentir aidé, il fut vraiment malheureux dans l’étude : sa mémoire était comme rouillée, les rudiments péniblement appris étaient déjà loin ; et il fallait maintenant assimiler les déclinaisons latines ! Non seulement Jean-Marie était beaucoup moins rapide que ses confrères, mais en plus ces derniers - beaucoup plus jeunes que lui - ne pouvaient s’empêcher de sourire de ses échecs répétés : pendant les premiers mois, ses progrès furent à peu près nuls.
En plus, le pauvre garçon croyait qu’en s’imposant davantage de pénitences, de jeûnes, de privations, il obtiendrait plus de grâces pour ses études : peine perdue ! Et comme sa santé s’altérait, il se fit rappeler à l’ordre par le bon curé : Vois-tu, lui dit-il, il faut bien prier et faire pénitence sans doute, mais il faut aussi se nourrir et ne pas ruiner sa santé. Jean-Marie était découragé, proche de la crise, et faillit tout abandonner pour rentrer à la maison. Le bon curé lui parla des âmes : c’en fut assez pour lui redonner courage, mais pas pour faire entrer quelque chose dans sa mauvaise tête.
Alors Jean-Marie imagina de faire un vœu : d’aller en pèlerinage au tombeau de s.François Régis à La Louvesc, à une centaine de kilomètres de là. Ce grand saint avait été l’apôtre du Velay et du Vivarais, et s’était éteint après une vie apostolique harassante le 31 décembre 1640, à quarante-trois ans : Jean-Marie irait à pied demander une grâce spéciale pour ses études, et en se contentant en chemin de demander humblement un peu de nourriture et un peu de paille pour s’allonger la nuit. Ce pèlerinage fut très pénible et Jean-Marie arriva épuisé au sanctuaire. Là, un bon prêtre lui conseilla pour le retour de donner  plutôt que de demander,  selon le conseil donné par Jésus-Christ à ses Apôtres : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir (Ac 20:35) ; Jean-Marie avait en effet pris un peu d’argent par prudence ; au retour, il paya sa nourriture et son logis, mais aussi il donna à qui lui demandait. Le souvenir de ce pèlerinage le marqua longtemps ; il disait même : Je ne conseillerai jamais à personne de faire le vœu de mendier.
Il reste qu’après cet épisode, Jean-Marie reprit ses études avec un peu plus de succès ; ses livres étaient moins rébarbatifs. L’horizon semblait s’éclaircir. Peu après, il reçut le sacrement de Confirmation, au printemps 1807, à l’âge de plus de vingt ans. Pendant la Révolution, l’archevêque de Lyon avait suspendu ses visites pastorales, et beaucoup d’âmes n’avaient pas reçu la Confirmation. Maintenant que le calme était revenu, l’archevêque essayait de mettre les bouchées doubles : on estime qu’il confirma cette année-là quelque trente mille fidèles, de tous âges.
Jean-Marie vécut ce sacrement avec grande ferveur, on l’imagine. Ce jour-là il ajouta à son nom de baptême celui de saint Jean-Baptiste, qu’il aimait beaucoup. Désormais, il signerait toujours Jean-Marie-Baptiste ou Jean-Baptiste-Marie.
Qui était l’archevêque de Lyon ? C’était le cardinal Fesch, oncle de l’empereur Napoléon, et qui, comme tel, réussissait à en obtenir quelques faveurs pour son diocèse. Il avait obtenu ainsi que tous les étudiants ecclésiastiques inscrits sur les listes de l’archevêché fussent exempts de la milice, au même titre que les clercs déjà engagés dans les ordres sacrés. La mesure valait pour notre Jean-Marie.
Mais par une erreur inexpliquée, fin 1809, Jean-Marie reçut une feuille de route, selon laquelle il devait rejoindre sans délai les recrues au dépôt de Bayonne, pour être incorporé à l’armée qui descendait en Espagne.
La vie militaire de Jean-Marie Vianney dura en tout deux années, mais Jean-Marie connut le monde militaire seulement quelques jours. Voici pourquoi. Quand il rejoignit le dépôt de Lyon, il tomba malade deux jours après et fut hospitalisé pendant deux semaines ; derechef à Roanne, où il resta six semaines hospitalisé chez de bonnes religieuses ; quand enfin sur pied il fut en mesure de repartir, il manqua le départ de la colonne : arrivé tôt au rendez-vous, il s’abîma en prière dans l’église voisine, et ne vit pas l’heure tourner !  Il se présenta dès que possible au capitaine, qui finit par lui laisser une nouvelle feuille de route, sans le déclarer déserteur. Mais sur la route de Clermont, n’en pouvant plus, il s’écarta dans un sous-bois pour se reposer un peu : c’est là qu’un autre soldat, déserteur celui-là, le rencontra, se chargea de son sac pesant, et le conduisit au proche village.
Les soldats déserteurs ou réfractaires étaient nombreux dans ces forêts. Ils échappaient aux recherches et vivaient de petits travaux dans les fermes alentours. Jean-Marie n’avait d’abord rien compris à ce vilain jeu ; ce dont il avait besoin c’était de se reposer un peu. Mais ensuite, son compagnon dut le laisser se débrouiller, et Jean-Marie était bien embarrassé : il était à son tour déserteur, sans l’avoir cherché une minute. Et il savait ce que cela signifiait pour sa famille : on afficherait au lieu de son domicile la liste des réfractaires, avec les noms des père et mère ; après huit jours, la force armée viendrait s’établir au domicile du déserteur pour y vivre aux dépens des parents : d’abord un seul homme, puis la garnison augmenterait ; les familles devraient indemniser cette garnison, sinon on procéderait à la saisie des meubles et des biens (animaux de la ferme, en particulier).
Jean-Marie ne pouvait ni ne voulait entrer délibérément dans la clandestinité. Il alla simplement rencontrer le maire pour lui exposer son cas. Bienheureuse initiative, qui veut demeurer dans la sincérité et l’obéissance aux normes. Le maire était un fonctionnaire, qui devait respecter et faire respecter les lois de l’empire ; mais c’était aussi un homme droit et honnête, qui partageait les idées de beaucoup au sujet du service militaire : en diverses régions de France, la désertion était devenue règle générale, par antipathie au régime napoléonien. Les guerres de l’empereur rencontraient la plus extrême aversion de la part de beaucoup de Français - et de la part de notre maire. Ce dernier protégea le pauvre Jean-Marie : il le rassura en lui expliquant que de toutes façons il était impossible de rallier son détachement à Bayonne, et qu’il n’avait qu’à échapper aux recherches des gendarmes pendant quelque temps. Et de lui indiquer une maison où une brave femme pourrait l’héberger en toute sécurité. On mit en place toute une tactique : Jean-Marie s’appellerait Jérôme Vincent et serait un cousin éloigné des enfants ; de jour, il habiterait dans la grange ou dans l’étable et la brave paysanne lui porterait son repas comme pour les bêtes, dans un seau de bois ! De nuit, notre Jérôme sortait un peu, rencontrait la famille, leur parlait de Dieu et des Saints, et gagna ainsi leur bienveillance. Il couchait dans une “chambre” aménagée grâce à une grossière cloison dans un coin de l’étable près de la fenêtre.
Peu à peu, Jérôme osa s’aventurer à l’église, se mêler aux travaux de la ferme, rencontrer les habitants du pays. Il y eut cependant des alertes : les gendarmes se présentaient quelquefois, mais mystérieusement Jean-Marie avait toujours eu le pressentiment et le temps de se dissimuler dans la forêt. Un jour, un gendarme soupçonneux tira un grand coup de sabre dans une meule de foin où, justement, s’était réfugié Jean-Marie en catastrophe ; il ne se trahit pas, mais avouera plus tard qu’il n’avait jamais eu si mal et avait alors promis à Dieu de ne jamais se plaindre.
L’épreuve finit quand même au bout de deux années. Jean-Marie était hors de danger, grâce à l’évolution des temps : il put retourner chez les siens. C’est à ce  moment que mourut sa chère Maman. Mais il continua vaillamment sa route pour le sacerdoce. D’abord en reprenant ses livres et son étude auprès du bon curé d’Écully, en même temps qu’il servait de domestique et de sacristain à ce prêtre désormais fatigué par les années. Jean-Marie atteignait ses vingt-cinq ans. Il put enfin franchir le tout premier degré en vue du sacerdoce : la tonsure, que tout clerc recevait à cette époque avant de recevoir les “ordres mineurs”, puis les “ordres majeurs”.
L’Eglise a récemment un peu simplifié cette progression vers l’autel : actuellement, les clercs reçoivent le lectorat, l’acolytat, le diaconat et la prêtrise. A l’époque de Jean-Marie Vianney, on recevait d’abord la tonsure, en signe d’appartenance au clergé de l’Eglise, puis les ordres mineurs : portier, exorciste, lecteur, acolyte ; puis les ordres majeurs : sous-diaconat, diaconat et prêtrise.
Jean-Marie Vianney fut donc tonsuré le 28 mai 1811 ; l’année suivante il intégra enfin le séminaire, mais les études philosophiques en latin furent trop difficiles. On dut le préparer en français. On se moquait même un peu de lui, parmi les condisciples. Parlant de ce séminaire, il avoua un jour : J’ai bien eu un peu à souffrir. Il se réfugia plus que jamais dans la prière confiante ; il se confiera à la Sainte Vierge par le “vœu de servitude”, s’inspirant de saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Mais il eut aussi de bons camarades, entre autres le futur Bienheureux Marcellin Champagnat, qui fonderait les “Petits Frères de Marie”.
Malgré des notes plutôt médiocres, Jean-Marie put entrer au Grand séminaire de Lyon à l’automne 1813 - il avait vingt-sept ans ! On peut dire qu’il s’y distingua par son effacement, son humilité. Là encore, il dut bénéficier de répétitions en français, où il se montrait excellent par ses réponses et ses jugements. Toutefois, certains de ses professeurs décidèrent de le congédier, au regard des progrès nuls qu’il faisait dans la science théologique latine !
Jean-Marie songea un moment à rejoindre les Frères des Ecoles Chrétiennes. Mais son bon curé d’Écully l’en dissuada encore, l’encourageant à la persévérance et reprenant patiemment le travail, en français d’abord puis un peu en latin aussi. Il fit des démarches pour faire réadmettre Jean-Marie au séminaire : un premier examen fut malheureux, mais Jean-Marie fut réinterrogé en français, et reçut un avis très favorable en vue des ordinations. Ensuite la Providence fit qu’on passa simplement sur les éléments purement intellectuels de ce Candidat. Ce fut le vicaire général qui fut l’artisan de l’admission aux ordres de Jean-Marie. La conversation entre celui-ci et le prêtre qui présentait Jean-Marie, est célèbre :
- L’abbé Vianney est-il pieux ?… A-t-il de la dévotion à la Sainte Vierge ?… Sait-il dire son chapelet ?
- Oui, c’est un modèle de piété.
- Un modèle de piété ! Eh bien, je l’appelle. La grâce de Dieu fera le reste.

Jean-Marie Vianney reçut donc les quatre ordres mineurs et le sous-diaconat le 2 juillet 1814, le diaconat le 23 juin 1815 (veille de Saint-Jean-Baptiste), puis fut ordonné prêtre le 13 août 1815. Il avait vingt-neuf ans.
Jean-Marie écrira plus tard :
Oh ! que le prêtre est quelque chose de grand ! Le prêtre ne se comprendra bien que dans le ciel… Si on le comprenait sur la terre, on mourrait, non de frayeur mais d’amour !…

2. Jean-Marie Vianney, prêtre

Le premier poste que reçut Jean-Marie Vianney, fut celui de vicaire auprès de son bon curé d’Ecully. Ce choix faisait l’unanimité dans la joie, tant pour le curé que pour son vicaire, et que pour tous les paroissiens. Très vite l’abbé Vianney fut sollicité de tous côtés, d’autant plus que le curé était maintenant bien fatigué de ses années douloureuses de la Révolution et de ses activités pastorales.
Le premier pénitent à s’agenouiller aux pieds du jeune prêtre, fut le curé lui-même, humblement. Ce même curé continua à aider Jean-Marie à achever sa formation théologique. Ils vivaient tous deux en une harmonieuse fraternité, dans une sainte émulation.
Tous deux se mortifiaient : ce fut au point que le curé dénonça à l’évêché son vicaire comme dépassant les bornes, et le vicaire à son tour dénonça son curé pour excès de mortification. Ils furent simplement renvoyés dos à dos ! Il est vrai que, lorsqu’ils ne recevaient pas quelque Confrère, ils firent quelques excès de privation : pas de vin ; quelques pommes de terre avec du pain bis ; un morceau de bœuf bouilli revenait plusieurs fois sur la table, et finissait par devenir tout noir…
Jean-Marie apprit aussi de l’abbé Balley, son curé, la mortification par la flagellation ; le curé portait habituellement un cilice et se flagellait. Ces pratiques n’étaient pas nouvelles, elles ont même subsisté dans certains monastères jusqu’à présent. L’Eglise a connu cela presque dès les origines du Christianisme et l’a laissé faire, tout en rappelant toujours une sainte prudence et une pieuse discrétion, car des excès sont toujours à craindre, en particulier pour des âmes encore fragiles : le danger le plus grave est de faire de ces mortifications une fin en soi, et donc une source de véritable performance, et d’orgueil. Pour que ces mortifications soient vraiment fructueuses sur la vie spirituelle, il faut d’abord que cette vie spirituelle soit fortement ancrée dans un chemin de perfection. En réalité, la mortification la plus difficile à supporter, est d’obéir aux supérieurs sans le moindre retard, et l’obéissance est de beaucoup plus importante que toute mortification purement physique.
Deux vertus furent très vite remarquées en la personne du pieux Jean-Marie Vianney : sa pureté soutenue par une grande réserve de toute sa personne, et sa pauvreté.
Très réservé en effet, l’abbé Vianney écartait toute familiarité dans son comportement et savait, comme disait s.François de Sales, voir tout le monde sans regarder personne. Sa modestie virginale étonnait ; il confia un jour à un confrère qu’il avait prononcé à vingt-trois ans un vœu pour conserver toute sa vie la sainte vertu de la chasteté : il s’était engagé à prier chaque jour le Regina Cæli, et six fois cette jaculatoire : Bénie soit la très sainte et Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu. A jamais. Ainsi soit-il.
La pauvreté de Jean-Marie était presque aussi légendaire. Son curé disait : M.Vianney est toujours le même ; il donne tout ce qu’il a.
C’est aussi à cette époque qu’il connut la pieuse Pauline Jaricot, dont la famille était connue du curé d’Ecully, et avait acheté une grande maison tout près de là.
M. Balley, le pieux curé d’Ecully, mourut cependant prématurément, et l’abbé Vianney reçut une nouvelle mission : on lui confiait la paroisse d’Ars. Le vicaire général, signant la feuille de nomination de Jean-Marie, lui confiait : Il n’y a pas beaucoup d’amour du bon Dieu dans cette paroisse ; vous y en mettrez.
Ce n’est pas à dire que Ars était un bourg païen, sans foi ni loi. On y avait connu au XVIIIe siècle une activité religieuse très intense, avec plusieurs Confréries, une grande ferveur pour la fête du Sacré-Cœur récemment instituée, de fréquentes processions. Mais avec le temps, et surtout après la Révolution, la vie chrétienne s’était relâchée ; les habitants n’étaient pas à proprement parler des mécréants, mais il s’était installé généralement une forte dose d’indifférence, de négligence ; sans être hostiles à la Religion, ils n’allaient plus à l’église le dimanche, ils travaillaient aux champs ce jour-là, ou le passaient au cabaret, et l’on avait la bien vilaine habitude de blasphémer à tout propos. Ars, qui comptait moins de trois-cents habitants, se vantait d’avoir jusqu’à quatre cabarets !
En arrivant à Ars, perdu dans le brouillard, Jean-Marie Vianney dut demander son chemin à un jeune enfant qui gardait les moutons. Cet Antoine Givre est resté célèbre par la répartie que lui fit le nouveau curé d’Ars : Tu m’as montré le chemin d’Ars ; je te montrerai le chemin du ciel. Actuellement une célèbre statue commémore cette rencontre à l’entrée d’Ars. Fait étonnant : Antoine Givre fut justement le premier paroissien d’Ars à décéder après la mort du curé d’Ars.
Découvrant ensuite le village, avec quelques maisons entourant la petite église, Jean-Marie aurait eu cette phrase prophétique : Que c’est petit ! Cette paroisse ne pourra contenir tous ceux qui plus tard y viendront.
Le nouveau curé fut relativement bien accueilli. L’installation officielle du dimanche 13 février 1818 se fit en présence de toute la paroisse. Par la suite, si l’assistance ne brilla pas par son unanimité, l’église accueillit quand même plusieurs familles restées chrétiennes et fidèles à la vie chrétienne. Mais le zèle du curé nouvellement installé allait pour toutes les ouailles absentes ; dès le début il se mit en devoir d’aller chercher toutes ces brebis pour les ramener au bercail de la pratique religieuse.
Persuadé qu’on ne peut convertir sans donner l’exemple, le curé d’Ars s’habitua à une intense vie spirituelle de prière et de pénitence.
Très tôt le matin, on le voyait se rendre de son presbytère à l’église avec sa petite lanterne et il priait. On ne le trouvait qu’à l’église, à moins qu’il allât prier par les chemins du village. Quelqu’un l’entendit dire un jour : Mon Dieu, convertissez ma paroisse !
A la prière, le Curé joignit la pénitence, même excessive. Pas de matelas, au début quelques sarments au rez-de-chaussée du presbytère : des névralgies l’obligèrent à “mitiger” sa pénitence, et il se réfugia au grenier, la tête sur un morceau de poutre. Avant de dormir, il se flagellait d’importance, jusqu’au sang et même dut perdre connaissance parfois. Au moment du carême, il lui arriva de se priver de nourriture pendant plusieurs jours ; il cuisait d’avance des pommes de terre dans sa fameuse “marmite”, et en mangeait une ou deux pour dompter sa faim, froides, même celles qui commençaient à moisir. Il se préparait parfois de vilains matefaims avec une poignée de farine et un peu d’eau salée. Sa sévérité envers lui-même, envers son cadavre, comme il appelait son corps, l’amenait même à une sorte d’indélicatesse envers ceux ou celles qui voulaient lui apporter quelque assiette bien préparée : sans même ouvrir, il répondait de l’intérieur : Je n’ai besoin de rien !
Qu’on ne juge pas négativement ce que Jean-Marie Vianney appela lui-même ses folies de jeunesse. Certes, il eut quelques excès. Mais écoutons-le se confier lui-même plus tard à un Confrère :
Mon ami, le démon fait peu de cas de la discipline et des autres instruments de pénitence. Ce qui le met en déroute, c’est la privation dans le boire, le manger et le dormir. Il n’y a rien que le démon redoute comme cela et qui soit par conséquent plus agréable au bon Dieu. Oh ! comme je l’ai éprouvé ! Lorsque j’étais seul, et je l’ai été pendant huit ou neuf ans, pouvant me livrer à mon aise à mon attrait, il m’arrivait de ne pas manger pendant des journées entières… J’obtenais alors du bon Dieu tout ce que je voulais pour moi comme pour les autres.
Maintenant ce n’est pas tout à fait la même chose. Je ne puis pas demeurer si longtemps sans manger ; j’en viens à ne plus pouvoir parler… Mais que j’étais heureux quand j’étais seul ! J’achetais aux pauvres les morceaux de pain qu’on leur donnait ; je passais une bonne partie de la nuit à l’église : je n’avais pas autant de monde à confesser que j’en ai à présent… Et le bon Dieu me faisait des grâces extraordinaires…

3. L’apostolat

Le curé d’Ars se mit donc au travail sans tarder. Pour convertir sa paroisse, il mit toute son ardeur à instruire les fidèles et à lutter contre leurs mauvaises habitudes.
Il commença par rendre plus attrayante sa petite église : un nouvel autel, de nouveaux ornements, jamais assez beaux selon son goût ; il repeignit lui-même les boiseries et les moulures de l’église. Plus tard il l’agrandit de plusieurs chapelles latérales et fit refaire le clocher.
Il s’attaqua à l’ignorance, qu’il voyait comme un réel péché : Nous sommes sûrs, dit-il en chaire, que ce seul péché en damnera plus que tous les autres ensemble ; parce qu’une personne ignorante ne connaît ni le mal qu’elle fait ni le bien qu’elle perd en péchant.
Puis il fit venir les enfants pour le catéchisme : chaque matin à six heures, de la Toussaint au mois de juin ! Il promettait : Je donnerai une image à celui qui arrivera le premier à l’église, et certains arrivaient dès quatre heures pour gagner le précieux cadeau ! Il s’occupa personnellement de la catéchèse des enfants, y mettant tout son zèle et aussi toute son exigence, rappelant à l’ordre les distraits, distribuant des chapelets à ceux qui n’en avaient pas.
Ces enfants finirent par être les mieux instruits de la région ; l’évêque le constata de lui-même. Mais certains eurent plus de difficultés à assimiler les réponses exactes du catéchisme, tel qu’il se faisait alors ; le curé d’Ars était inflexible et retarda parfois jusqu’à la seizième année la première communion de ses garçons. Le curé d’Ars voulait qu’ils fussent vraiment bien préparés à recevoir l’Eucharistie, mais il était aussi marqué par un relent de jansénisme qui sévissait encore à cette époque, et n’avait pas peur d’un certain rigorisme pratique, qu’il atténua d’ailleurs de lui-même en vieillissant.
Il s’appliquait aussi à bien préparer ses homélies du dimanche, s’installant à la sacristie, allant prier devant le tabernacle, à genoux : le saint curé n’avait pas une éloquence savante, il utilisait des phrases toutes simples, mais il cherchait à toucher et convaincre et n’avait pas peur d’entretenir les fidèles même pendant une heure de temps. Lui-même eut parfois du mal à retenir les dizaines de pages qu’il avait préparées pour prêcher ; il pria, fit prier, obtint la grâce d’une mémoire moins ingrate, et même eut le don d’improviser quelquefois.
Rigoureux pour les fidèles comme pour lui-même, le curé d’Ars exigeait une tenue exemplaire à l’église : pas de bavardage, pas de bâillements, pas de bruits ; pas de retardataires… Il voulait que tous comprissent l’importance de l’Eucharistie comme Sacrement fondamental de la vie chrétienne.
Il s’en prit énergiquement au travail du dimanche, au blasphème, à la danse et aux cabarets. En agissant ainsi, je fais tout ce que je dois faire. Il ne faut pas que cela vous irrite : votre pasteur fait son devoir.
Pour amener les âmes à l’église, il fallait faire fermer les cabarets. Il s’y attaqua fermement : Le cabaret, c’est la boutique du démon, l’école où l’enfer débite et enseigne sa doctrine, le lieu où l’on vend les âmes, où les ménages se ruinent, où les santés s’altèrent, où les disputes commencent et où les meurtres se commettent. Et les cabaretiers volent le pain d’une pauvre femme et de ses enfants, en donnant du vin à ces ivrognes, qui dépensent le dimanche tout ce qu’ils auront gagné la semaine…
La clientèle se raréfia, les quatre cabaretiers durent fermer leurs portes et changer de métier. Sept autres essayèrent d’ouvrir boutique : ils durent tous fermer ! Résultat inattendu : même le paupérisme diminua. En revanche plusieurs petits hôtels s’installèrent plus tard, pour accueillir les pèlerins.
Une autre victoire du curé d’Ars lui vint de sa lutte contre le blasphème. N’est-ce pas un miracle extraordinaire, disait-il, qu’une maison où se trouve un blasphémateur ne soit pas écrasée par la foudre et accablée de toutes sortes de malheurs ? Prenez bien garde ! Si la blasphème règne dans vos maisons, tout ira en périssant. Les expressions grossières disparurent d’Ars. Les paysans changèrent tout-à-fait de vocabulaire et on les entendait dire : Que Dieu est bon ! Dieu soit béni !
Le saint curé ne réussit pas à abolir totalement le travail du dimanche. Comme chacun sait, c’est un problème qui revient sans cesse dans les discussions et les débats politiques : les paysans sont souvent tentés de rentrer une récolte menacée par le mauvais temps, et les producteurs le sont aussi pour produire davantage et amasser plus de gains. Et Jean-Marie Vianney de s’écrier : Quand j’en vois qui charrient le dimanche, je pense qu’ils charrient leur âme en enfer ! Le dimanche, c’est le bien du bon Dieu, c’est son jour à lui, le jour du Seigneur. Il a fait tous les jours de la semaine ; il pouvait les garder tous ; il vous en a donné six ; il ne s’est réservé que le septième. De quel droit touchez-vous à ce qui ne vous appartient pas ? Vous savez que le bien volé ne profite jamais. Le jour que vous volez au Seigneur ne vous profitera pas non plus.
Un dimanche que le curé d’Ars partit faire une petite promenade en fin d’après-midi, voilà qu’il rencontra un paysan qui rentrait sa récolte. Honteux, ce dernier se cache derrière la charrette. Mais le saint curé, tout triste, lui fait remarquer : O mon ami, vous êtes bien attrapé de me trouver là… Mais le bon Dieu vous voit toujours : c’est lui qu’il vous faut craindre.
Le curé d’Ars sut parfois “comprendre” la situation, comme lorsqu’il laissa se poursuivre un dimanche les travaux de forage d’un puits, ou quand le mauvais temps persistait et qu’il fallait absolument rentrer les récoltes.
La persévérance du curé d’Ars fut bien payée : le dimanche redevint au sens propre du mot le Jour du Seigneur : l’église ne désemplissait pas du matin au soir, pour l’assistance à la Messe (où beaucoup communiaient), le catéchisme à 13 heures, les vêpres et complies l’après-midi, le chapelet et la prière le soir. Parfois s’y ajoutait quelque procession. Entre temps, les paroissiens se rendaient visite, les hommes jouaient aux boules, tout était calme. On pouvait même voir sur le pas de sa porte tel vieillard qui égrenait silencieusement son chapelet.
Les paroissiens allèrent même plus loin : ils s’arrangèrent pour que chaque jour, l’un au moins de leurs membres assistât à la Messe du matin en semaine, de sorte que quotidiennement une soixantaine de personnes du village entouraient le curé d’Ars durant la Messe. A cette époque, le principe de la Communion fréquente n’était pas encore établi ; au contraire, le jansénisme marquait encore les esprits et les meilleurs chrétiens ne recevaient pas toujours la Communion à la Messe. Le curé d’Ars les y invitait pourtant et, à la fin de sa vie, regrettait : S’ils m’avaient écouté, ils seraient tous des saints ! Les hommes en général “faisaient leurs pâques”, les femmes communiaient au moins une fois par mois ; mais un bon nombre d’entre elles la recevaient quand même quotidiennement.
On a mentionné plus haut un autre combat du saint curé : celui contre la danse et nos esprits actuels s’en étonneront. Dans notre monde habitué aux discothèques en fin de semaine, avec tout ce que cela comporte de consommation d’alcools, de tabac ou autres substances, de bruit et de déplacements, il est difficile de comprendre pourquoi un humble petit curé de campagne fit une guerre si énergique, si radicale contre les bals de son village. Nous sommes en plein XIXe siècle, loin des moyens techniques que nous connaissons, et ces réjouissances locales ne rassemblaient guère qu’un “violoneux” et des jeunes qui dansaient quelques valses ou menuets sur la place.
Ce qu’on sait moins est qu’en hiver surtout, les familles se retrouvaient dans les étables où la température est tiède ; et là, sous les yeux de parents muets ou complices, on voyait se renouveler des pratiques en honneur dans le paganisme lui-même.
Notre Curé ne voyait pas avec les yeux du corps ; en pasteur avisé, il pénétrait les cœurs et y voyait les vraies intentions des personnes. Tous les danseurs sincères savent et reconnaissent que ces intentions ne sont pas toujours honnêtes. Il y avait déjà celle de manquer les saints offices de la paroisse. Mais le très pur Jean-Marie Vianney savait ce qui se passait dans le cœur de ces jeunes ; il dit même un jour : Oh ! si (une telle) ne danse point, son cœur dansera !
Sa lutte fut sans merci. Pendant des années il dénonça les dangers, il rappela à l’ordre ; une fois il alla au devant du violoneux et lui paya le double de son cachet prévu, de sorte que la “fête” n’eut simplement pas lieu. Longtemps aussi, il refusa jusqu’à l’absolution du sacrement de la Réconciliation, à ceux ou celles qui ne promettaient pas sincèrement de renoncer au bal.
Le saint Curé y alla même un peu d’une sainte ironie. On sait (d’après l’évangéliste Marc 6:21-29), comment advint le martyre de s. Jean-Baptiste. Quand fut construite la chapelle en l’honneur de s.Jean-Baptiste, l’abbé Vianney fit inscrire tout au long de la voûte : Sa tête fut le prix d’une danse, ce qui ne manqua pas de faire une forte impression.
Encore une fois on jugera ici un peu excessive la sévérité du saint Curé, mais on remarquera que quelques années après, tous les villageois étaient heureux et satisfaits de cette ambiance chrétienne qui inspirait chaque moment de la vie quotidienne.
Il y eut tout de même des moqueries, des attaques, jusqu’à de honteuses insinuations, visant l’abbé Vianney ; on lui demanda même simplement de partir de là… Le curé d’Ars patienta douloureusement en silence ; il dit à un confrère : J’ai tout laissé dire, et de cette façon on a fini par se taire.
Le bon curé d’Ars surmonta victorieusement ces épreuves et bien d’autres aussi, en acceptant courageusement la croix qui parfois l’accablait : Souffrir en aimant, c’est n’est plus souffrir… Fuir la croix, au contraire, c’est vouloir en être accablé. Il faut demander l’amour des croix ; alors elles deviennent douces. J’en ai fait l’expérience pendant quatre ou cinq ans ; j’ai été bien calomnié, bien contredit. Oh ! j’avais des croix, j’en avais presque plus que je n’en pouvais porter. Je me mis à demander l’amour des croix, et je fus heureux ; je me dis : vraiment il n’y a de bonheur que là.
Une autre fois : La croix, nous faire perdre la paix !… Mais c’est elle qui doit l’apporter dans nos cœurs. Toutes nos misères viennent de ce que nous ne l’aimons pas.
Donc, en quelques années, certes de dur combat et d’âpre persévérance, le curé d’Ars obtint de ses paroissiens une profonde conversion. Ars n’est plus Ars, reconnut-il avec joie un jour.
Les paroissiens aimaient faire ce que disait leur curé : Notre curé est un saint, et nous devons lui obéir. Ils priaient et fréquentaient assidûment l’église. Trois fois par jours, ils interrompaient leurs occupations pour réciter l’Angelus, chaque heure qui sonnait au clocher était saluée par un Notre Père et un Je vous salue.
On pourra se demander si de telles habitudes pouvaient se retrouver aujourd’hui, en dehors d’un monastère. Une très grande majorité de chrétiens ignore ce qu’est l’Angelus, qui a inspiré un célèbre tableau de Millet. Cette brève prière rappelle l’Incarnation du Verbe Eternel. Elle est vraiment très facile à retenir, chacun pourrait y penser en allant au travail, ou en en revenant. Souvent on se demande : comment prier ? quoi dire ? Certes, une prière spontanée qui sort du cœur est une chose excellente ; mais en dire une toute simple comme l’Angelus, c’est s’unir aussi à tous ceux qui, dans le monde entier, prient en cet instant avec la même formule. C’est cette prière que récite le Pape chaque dimanche à midi avec les pèlerins venus le saluer.
Donc, une sainte atmosphère fraternelle régnait dans tout le village, où les maisons étaient toutes ornées de quelque statue ou image de la Vierge ou des Saints. Partout, quand il passait, le Curé était bien accueilli dans ces maisons.
Les parents ne toléraient plus le moindre larcin de leurs enfants. L’un d’eux osa un jour prendre une poire sur un étalage : sa mère le vit, lui lia les mains derrière le dos, et le fouetta jusqu’à la porte de la marchande, à qui l’enfant dut demander pardon en rendant la poire.
Le couronnement, en quelque sorte, de cet apostolat, fut la création d’une maison pour recueillir et éduquer gratuitement les petites filles pauvres et abandonnées à elles-mêmes. Pour cette œuvre, le Curé acquit une maison proche de l’église, la fameuse Providence, où il fit admettre parfois jusqu’à soixante petites filles de tous âges, qui apprenaient les rudiments de la lecture et du calcul, les occupations domestiques, et surtout les bonnes habitudes chrétiennes. Ensuite, ces jeunes filles trouvaient facilement quelque emploi dans la région, car le seul témoignage de leur passage à la Providence était pour elles un passeport de bonne conduite. Ce furent ensuite des mères exemplaires, qui surent éduquer leurs enfants selon tous les bons conseils qu’elles avaient reçus dans cette sainte maison.
Cette maison de la Providence subit, on le verra, quelques vicissitudes et même sembla compromise, mais elle reprit quelques années après la mort de Jean-Marie Vianney. Parallèlement, les dernières années de sa vie, il encouragea beaucoup la transformation de l’école communale en un petit pensionnat pour les garçons, œuvre qui fut menée à bien par le fameux frère Athanase, un Frère des Ecoles Chrétiennes qui seconda fidèlement le saint Curé et vécut à Ars jusqu’en 1912. Le pensionnat compta jusqu’à quatre-vingts enfants, mais fut anéanti en 1903 par la loi de l’Etat.
De même encore, le Curé d’Ars avait assuré des fondations de messes, en plaçant sur l’Etat d’importantes sommes, dont les revenus devaient assurer la célébration de quelque trois cents messes par an, dont beaucoup pour mettre les missionnaires de la Propagation de la Foi sous la protection de la Vierge Marie, et les autres pour la conversion des pécheurs. Là encore, l’Etat confisqua ce fonds et les messes cessèrent en 1908.

4. Le Démon

Parmi les épreuves que subit le curé d’Ars, il y eut les fameuses manifestations du Grappin, comme il appelait le Démon. Aujourd’hui, on s’étonnera un peu de ce chapitre, qui pourtant reprend des faits tout-à-fait historiques et constatés par des témoins, parfois même à leur corps défendant. N’ayons pas peur d’en parler.
Dans les débuts, le saint Curé ne parla de rien ; il se contenta de constater le bruit de rideaux déchirés pendant la nuit, croyant que des rats sévissaient chez lui ; mais les rideaux étaient absolument intacts au petit matin. Puis il y eut des coups contre les portes, des cris dans la cour : le Curé jugea bon de faire venir un de ses paroissiens pour, éventuellement, mettre en fuite les voleurs. Peine perdue ! Le brave villageois entendit de tels bruits, eut une telle frayeur, qu’il n’accepta pas de revenir la nuit suivante ! Mais d’autres villageois furent invités à venir monter la garde, qui pourtant n’entendirent rien ces nuits-là. Un jour qu’il avait neigé, le Curé d’Ars entendit comme une armée dans la cour, dont il ne comprenait pas la langue : n’apercevant sur la neige aucune trace de pas, il fut enfin certain que c’était vraiment là la présence du Diable, qui cherchait à le troubler durant ses quelques heures de sommeil. Il fit même cette constatation : J’ai remarqué que le bruit est plus fort et les assauts plus multipliés lorsque, le lendemain, il doit venir quelque grand pécheur.
Et de commenter : Le grappin est bien bête : il m’annonce lui-même l’arrivée des grands pécheurs… Il est en colère. Tant mieux !
Il y eut beaucoup de manifestations diverses et étranges du Grappin. Bruits de marteau, de sabots, hurlements ; un joli tableau de l’Annonciation fut horriblement maculé et couvert d’immondices… Ces faits ne sont pas inconnus de la théologie mystique. On les appelle faits préternaturels extraordinaires. Ordinairement, le diable nous tente tous de mille manières. De façon extra-ordinaire, le démon intervient par des vexations pénibles, effrayantes même, mais non douloureuses : on appelle cela infestations. Le saint Curé s’y habitua, en quelque sorte, au point qu’il répliqua un jour : On s’habitue à tout. Le grappin et moi, nous sommes quasi camarades.
Mais le saint Curé persévérait, et tenait tête aux menaces infernales. On le sut, le bruit se répandit, et l’on vint auprès de lui pour le solliciter de délivrer telle ou telle personne qui montrait les signes évidents d’une possession diabolique. Toujours, ces personnes repartirent délivrées. Et le Curé eut ainsi l’occasion de fustiger une autre manifestation diabolique : les tables tournantes. On pourra en sourire, mais le Curé savait de quoi il parlait ; il fit même cette question à une possédée : Qu’est-ce qui fait tourner et parler les tables ? - C’est moi ! répondit la pauvre femme… Tout cela, c’est mon affaire. Pour une fois, le Menteur avait dit juste.
Finalement, ce fut l’abbé Vianney qui gagna la partie ; le Grappin lui-même se découragea et abandonna la lutte. Les quatre dernières années de sa vie, le Curé ne fut plus dérangé de cette façon.

5. Le Curé d’Ars, confesseur et directeur d’âmes.

Les événements d’Ars finirent par être connus, même au loin. Et des foules vinrent pour voir, rencontrer même le Curé d’Ars, se confesser à lui. Jusqu’à quatre cents pèlerins arrivaient chaque jour, au point que de la gare de Lyon un train spécial pour Ars partait, avec billet aller-retour valable huit jours (car il fallait environ ce temps pour arriver jusqu’au saint Prêtre).
Il était très bref, sachant toucher “le” point névralgique de l’âme malade ; il eut aussi un don extraordinaire, celui de lire dans les âmes ; il sut aider ainsi plus d’un pécheur à retourner en lui-même pour voir vraiment l’état de son âme.
Un chasseur un peu goguenard attendait un jour de voir passer le Curé d’Ars qui, effectivement, s’arrêta juste devant lui ; regardant tour à tour le chien et le chasseur, il lui dit : Monsieur, il serait à souhaiter que votre âme fût aussi belle que votre chien ! L’homme fut tellement frappé de cette remarque faite à brûle-pourpoint, qu’il alla se confesser, puis entra bientôt à la Trappe, où il s’éteignit très saintement une trentaine d’année plus tard.
Si le Curé d’Ars sut découvrir mainte vocation sacerdotale ou religieuse, il ne faudrait pas croire qu’il “forçait” toutes les saintes âmes à entrer en religion. Un pieux officier qui n’était pas marié, pensait se faire religieux ; le Curé d’Ars lui rétorqua vivement : Gardez-vous-en bien, l’armée a trop besoin de bons exemples comme les vôtres.
Parfois une simple petite phrase : Mon garçon, vous êtes damné ou bien O mon ami, des bonnes volontés !… l’enfer en est pavé, firent réfléchir profondément et aboutirent à des conversions profondes.
Beaucoup furent très impressionnés de le voir lui-même pleurer sur leurs propres péchés, et en conçurent un réel regret. Ah ! disait-il un jour, les pauvres pécheurs ! si seulement je pouvais me confesser pour eux !
Le Curé d’Ars s’efforça de guider les âmes dans leurs dévotions, préférant les pratiques officielles de l’Eglise aux dévotions privées, dans lesquelles il savait dénicher quelque égoïsme déguisé. La prière particulière ressemble à la paille dispersée çà et là dans un champ ; si l’on y met le feu, la flamme a peu d’ardeur ; mais réunissez ces brins épars, la flamme est abondante et s’élève haut vers le ciel ; telle est la prière publique. Celles qu’il conseillait en priorité étaient donc la Messe et les saints offices (les vêpres, par exemple), le chapelet, l’Angelus, les “oraisons jaculatoires”. Quand on l’interrogeait sur les lectures les plus utiles, il conseillait l’Evangile, l’Imitation de Jésus-Christ, la vie des Saints.
La prudence, mère de toutes les vertus, était celle que recommandait le saint Curé. A telle personne il déconseillait le jeûne : Mais, Monsieur le Curé, vous jeûnez bien vous. - C’est vrai, mais moi en jeûnant je peux faire mon ouvrage ; vous, vous ne le pourriez pas. A une mère de famille, il défendait de négliger le soin de sa maison pour venir à l’église lorsqu’elle n’y était pas obligée.
Signalons enfin que, en avance sur son temps, le saint Curé préconisa la communion fréquente - tout en exigeant de chacun de s’y bien préparer. De saintes personnes communiaient une fois le mois, ou une fois la semaine : il les invitait à s’approcher quotidiennement de l’Eucharistie.
Tous les efforts du Curé d’Ars, ses prières, ses lumières, ses conseils, firent un bien immense que seul Dieu pourra connaître. Mais le Grappin aussi s’en rendait compte, qui cria un jour par la bouche d’une pauvre possédée : Que tu me fais souffrir !… S’il y en avait trois comme toi sur la terre, mon royaume serait détruit.
Comme tout prêtre zélé, il aimait assister les moribonds, et se portait rapidement à leur chevet dès qu’il était informé de leur situation. Il conseillait à ses confrères : Quand vous serez auprès des moribonds, lisez fort, parce que le malade entend, lors même qu’il paraît sans connaissance. Jusqu’au bout, le souci de la conversion des âmes.
Plus tard, le saint Curé contribua avec enthousiasme à une autre œuvre destinée à la conversion des pécheurs : les Missions diocésaines. L’évêque désirait en effet toucher les paroisses les plus retirées du diocèse par la présence de missionnaires, qui y auraient prêché quelque temps et ranimé le sens religieux de ces populations ; et il en parla au Curé d’Ars. Ce dernier fit bientôt remettre à l’évêché une forte somme d’argent dont les revenus devaient aider à donner une mission tous les dix ans en deux paroisses différentes ; ce ne fut là qu’un début : à sa mort, on compta qu’il avait fondé près de cent missions décennales, de sorte que une fois disparu, il continua à ramener les âmes à Dieu.

6. Autres épreuves

Jean-Marie Vianney connut les tentations et les sacrifices qui éprouvent tout homme sur la terre. On a parlé des calomnies diverses. Il fut aussi tenté : tant de grâces qui se répandaient ne pouvaient laisser indifférent l’ennemi du Bien, qui tenta la pauvre Curé d’abandonner sa cure, plusieurs fois, pour se retirer dans la solitude, dans quelque couvent. Son intention semblait emplie d’une sainte préoccupation : Il ne faut pas rester curé jusqu’à la fin de sa vie, disait-il : on doit se réserver quelque temps pour se préparer à la mort. Mais en même temps un scrupule d’obéissance animait sa conscience : Est-ce bien la volonté de Dieu que j’accomplis en ce moment ? ; et considérant que sa place était là, dans sa paroisse d’Ars, il revint sur sa décision.
Une autre douloureuse épreuve fut celle de devoir fermer sa chère Providence ; en réalité, il fut amené à la céder à des Religieuses ; peut-être avait-on voulu progressivement remettre à d’autres l’organisation matérielle de cette maison, car le saint Curé n’attribuait pas beaucoup d’importance à certains détails de la vie quotidienne, pourvu que ces petites filles fussent de bonnes chrétiennes et qu’elles reçussent une éducation entièrement gratuite. Un moment, il n’y eut même plus que quelques-unes de ces petites dans l’école, alors qu’elles étaient une soixantaine auparavant ; mais bientôt elles revinrent et le bon Curé eut la joie de les rencontrer chaque jour, pour les bénir, les encourager.
Il persévérait, il priait, il restait humble et c’est cette humilité qui l’aida à traverser toutes les embûches. Cette humilité va se retrouver dans deux épisodes fameux, qui furent pour le saint Curé de véritables épreuves.
La célébrité du Curé d’Ars se répandait toujours plus, à son corps défendant, au point que les autorités ecclésiastiques et civiles voulurent l’honorer à leur façon.
C’est ainsi que l’évêque voulut lui remettre le camail de Chanoine. L’épisode eut lieu à Ars même, mais le bon Curé se démena comme un malheureux, baissant la tête comme un condamné, et finalement… revendant son camail, comme l’atteste ce petit billet qu’il écrivit lui-même à l’évêque :
Monseigneur, le camaille (sic) que vous avez eu la grande charité de me donner m’a fait un grand plaisir ; car, ne pouvant achever de compléter une fondation, je l’ai vendu 50 francs. Avec ce prix j’ai été content.
De son côté, l’administration civile n’était pas insensible au bien que faisait le Curé sur les populations, et voulut le remercier en le décorant de la Légion d’Honneur. La Croix lui fut remise en effet, mais on ne put la lui faire porter… que sur son cercueil.
Un brave artiste pensa bien faire de brosser un portrait de M.le chanoine Vianney, chevalier de la Légion d’honneur ; mais le Curé d’Ars fit remarquer : Je vous conseille de me peindre avec mon camail et ma croix d’honneur, et vous écrirez en bas : néant, orgueil !
Citons encore cette ultime épreuve, concernant son frère François, qui s’éteignait doucement à Dardilly. Ce dernier désirait ardemment revoir son frère avant de mourir et le fit mander ; mais le Curé d’Ars s’était désormais “figé” dans sa paroisse qu’il ne voulait plus quitter. Malade et fatigué, il regretta amèrement de ne pas revoir son frère, mais s’y résolut courageusement.

7. Les vertus de Saint Jean-Marie Vianney

Le Curé d’Ars manifesta donc une réelle sainteté, prêchant d’exemple devant tous ses paroissiens qui, à l’unanimité, reconnaissaient combien ce chaste prêtre savait se montrer humble, généreux, patient, constant, délicat avec chacun. Son zèle ne diminuait pas ; il avait toujours une attention paternelle pour chaque âme dans le besoin, pour chaque pauvre, pour chaque personne triste. Il aidait, il consolait, il encourageait, jamais on ne le quittait sans ressentir un réel soulagement. A qui savait comprendre, il disait parfois : Creusez la patience de Notre Seigneur. Il savait ce qu’il disait !
On lui demanda un jour : Comment pouvez-vous rester calme avec la vivacité de votre caractère ? - Ah ! mon ami, répondit-il, la vertu demande du courage, une violence continuelle et surtout le secours d’en-haut.
On comprend ici cette phrase de l’Evangile où Notre Seigneur dit que le Royaume des Cieux souffre la force, et les violents s’en emparent (Mt 11:12).
Patient en toute circonstance, patient avec les pèlerins, patient et même bon avec l’abbé Raymond, son vicaire assez indélicat, patient avec lui-même et ses ennuis de santé… Maux de tête dûs au rhumatisme, double hernie qui l’obligeait à rester courbé, violents maux de dents (il s’en fit arracher avec des tenailles par le brave instituteur) ; et surtout - les prêtres savent de quoi il s’agit - surtout il supporta l’inconfortable position au confessionnal, pendant des heures, des jours entiers, pendant des mois et des années, suffocant en été, grelottant en hiver, alors qu’il était depuis l’enfance habitué à respirer l’air pur des champs et à entendre le gazouillis des oiseaux. Depuis la Toussaint jusqu’à Pâques, disait-il, mes pieds, je ne les sens pas !
Aujourd’hui, on a pensé à améliorer les lieux pour la Réconciliation ; on peut s’y asseoir sur une chaise, ou s’agenouiller sur un prie-dieu confortable ; les confessionaux d’autrefois étaient réellement des objets de pénitence, où les nœuds des planches rentraient dans les genoux des pénitents, mais surtout où le siège du confesseur lui rendait sa position absolument inconfortable, ne serait-ce qu’au bout de quelques minutes ; après deux heures de ce Sacrement, le prêtre pouvait ressortir du confessionnal littéralement vanné. D’autres que le saint Curé d’Ars furent les “martyrs de la confession” ; on connaît aussi saint Leopold Mandic, récemment canonisé, qui brilla par la même vertu de patience au siècle dernier à Padoue (v. 30 juillet).

8. Miracles, intuitions, prédictions

Jusqu’ici on s’est occupé du chemin que le Curé d’Ars parcourut pour réaliser le but premier de notre existence : la sainteté. Dieu en effet exige de nous cet effort persévérant qui conduit peu à peu vers les cîmes. Il arrive que Dieu accorde aussi à certaines âmes privilégiées quelques charismes particuliers, sur lesquels l’Eglise conserve une grande prudence. Des témoignages sérieux et conservés par écrit ont permis, dans le cas du saint Curé, d’établir qu’il avait effectivement reçu des grâces toutes particulières.
Sur les miracles, les faits sont assez nombreux et frappants, mais en même temps l’humble Curé savait se dissimuler derrière sa Sainte de prédilection, sainte Philomène, qu’il invoquait et faisait invoquer à tout instant. Je n’ai jamais rien demandé par elle sans être exaucé, disait-il. Mais il voulait surtout la guérison des âmes, plus que celle des corps, et avait passé un contrat avec la Sainte en lui défendant de faire des miracles visibles sur place, ce qui arriva effectivement : plusieurs malades guérirent une fois revenus chez eux, mais… pas toujours, et maintes fois le Saint fut pris en flagrant délit de miracle !
Un de ces miracles concerna une demoiselle sourde et aveugle. Jean-Marie Vianney la rencontra dans la foule, la prit par la main et la conduisit au confessionnal, où immédiatement elle put voir et entendre ; après sa confession, le Saint lui annonça qu’elle redeviendrait sourde pendant douze ans ; elle sortit en effet de l’église les yeux guéris, mais redevint sourde pendant douze années exactement et guérit alors.
Ceci nous amène à parler des intuitions et prédictions du Curé d’Ars. Mille fois il aida les pénitents à avouer tel péché qu’ils n’osaient formuler ou qu’ils oubliaient ; ou les orientait vers un choix meilleur. Ainsi à une demoiselle qui allait se marier et lui demandait de la bénir, il se met à pleurer : Que vous serez malheureuse… Entrez à la Visitation, dépêchez-vous ; vous n’avez pas cinquante ans pour faire votre couronne ; elle suivit son conseil, et mourut dans cet ordre, à quarante-neuf ans.
Une autre prédiction semblerait être d’actualité, lorsque le saint Curé dit à un évêque anglais : Monseigneur, je crois que l’Eglise d’Angleterre retournera à son ancienne splendeur.


Terminons cette petite illustration d’un grand Saint, par quelques notes de son humour, qui était vif, toujours délicat.
Un petit garçon de six ans n’éprouvait pas beaucoup d’attrait à apprendre la lecture ; il demande au bon Curé : Faut-il que j’apprende ou que je jouille ? - Joue, mon enfant, c’est de ton âge.
Un de ses bons confrères, un peu corpulent, lui fait part de son intention de “s’accrocher à (sa) soutane” quand il ira au ciel ; le Saint lui répartit : O mon ami, gardez-vous en bien. L’entrée du ciel est étroite : nous resterions tous deux à la porte !
Enfin, pour les “météo-dépendants” que nous sommes tous : Il fait toujours beau temps pour le juste ; il ne fait mauvais temps que pour les pauvres pécheurs.

9. Conclusion

Jean-Marie Vianney s’éteignit dans son presbytère dans la nuit du 3 au 4 août 1859. C’est le pape saint Pie X qui le proclama Bienheureux le 8 janvier 1905 en l’établissant céleste patron de tous les curés de France, et c’est le pape Pie XI qui le canonisa le 31 mai 1925.
Depuis son enfance, le Curé d’Ars avait une passion, une seule : la conversion des pécheurs. Notre terre de France peut se glorifier d’avoir abrité une si belle Figure au XIXe siècle. Nous l’invoquions particulièrement en 2009, cent-cinquantième anniversaire de sa mort : quel bonheur si beaucoup de Français se convertissaient en relisant les traits de la vie de saint Jean-Marie Vianney.

 

 

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 23:00

Josep Guardiet i Pujol

1879-1936

 

Il naquit à Manlleu le 21 juin 1879. Son père était pharmacien.

Il fréquenta le séminaire de Vic et passa le doctorat de théologie à la faculté de Tarragona.

Ordonné prêtre en 1902, il exerça le saint ministère à Ullastret, Olesa de Montserrat, Sabadell (1905-1912), Barcelone, et surtout Rubí (1916-1936).

Quand il était encore à Barcelone, il passa un jour avec un groupe de jeunes par Rubí et s'écria : Oh Rubí ! Qui pourrait verser son sang pour toi ? Les jeunes lui firent remarquer que cette ville était très peu chrétienne. Et lui : Personne n'est bon complètement ; moi, j’éprouve ce désir.

Ce fut un prêtre extrêmement actif, qui créera plusieurs associations ou manifestations : Ecole Montserrat, le concours des crèches de Noël, une maison populaire, le journal Endavant, une Schola Cantorum, un musée ; il stimula en outre la culture féminine ; il organisa plusieurs pélerinages à Lourdes, ainsi que la première Journée catéchétique inter-diocésaine à Montserrat (1933).

On l'appela le prêtre du sourire ; il transforma sa paroisse.

Au moment de la proclamation de la République, on lui interdit de sonner les cloches. Il eut l'idée alors d'illuminer son clocher de différentes couleurs, selon la cérémonie annoncée : blanc pour un baptême, rose pour un mariage, bleu pour les funérailles d'un enfant, violet pour celles d'un adulte, rouge pour une grande fête, vert pour des fêtes moins importantes. L'idée fut saluée jusqu'en Angleterre !

Quand commença la révolution, un habitant de Rubí lui proposa l'hospitalité : ayant des idées opposées à celles du curé, il pensait que personne n'aurait l'idée de le rechercher chez lui ; mais le prêtre refusa aimablement.

Le 19 juillet, le médecin de la ville vint le prévenir de vite partir avant que la frontière soit fermée, mais il préféra encore rester parmi ses paroissiens.

Le 20 juillet 1936, des miliciens vinrent le contraindre à remettre les clefs de l'église, pour l'incendier. Avant de les remettre, le digne curé alla retirer le Saint Sacrement ; il pensait que les révolutionnaires se limiteraient à quelques désordres réparables, mais il eut l’amère tristesse de voir disparaître en cendres cette vieille église.

Le lendemain, deux jeunes miliciens de dix-sept ans vinrent l'arrêter tandis qu'il était en réunion avec des jeunes, et le conduisirent à la prison locale.

Au matin du 3 août 1936, d'autres miliciens anarchistes arrivèrent de Barcelone, vinrent s'emparer de don Josep pour le conduire sur la route de l'Arrabassada, au lieu-dit Pi Bessó, où ils le fusillèrent.

Don Josep fut béatifié en 2013.

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 23:00

Juan Díaz Nosti

1880-1936

 

Juan vit le jour le 17 février 1880 à Oviedo (Asturies, Espagne).

Une fois que ses parents vinrent s’intaller à Barcelone, il connut les Clarétains et allait devenir le premier asturien de cette congrégation.

Entré au collège des Clarétains à Barbastro, il fit le noviciat à Cervera et Alagón. 

Il enseigna la morale à Alagón et Aranda de Duero, puis fut supérieur à Calatayud.

En 1936, il était professeur de morale à Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Le père Juan souffrit le martyre le 2 août 1936.

Il a été béatifié en 1992.

 
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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 23:00

José de Miguel Arahal

1887-1936

 

 

José naquit à Dos Hermanas (Séville) le 17 juin 1887.

Après l’école primaire, il fréquenta l’école tenue par les pères Capucins de Saint-Herménégilde, où il ressentit la vocation religieuse.

S’étant présenté au couvent de Monte Sión (Torrent), il fut reçu par le Vénérable père Luis Amigó, qui lui dit : Sois le bienvenu, mon fils. C’est ce nom de Bienvenido que José conserva par la suite. Le père Luis Amigò avait opéré une réforme à l’intérieur de l’Ordre Capucin, dont les religieux, appelés Tertiaires Capucins, prirent aussi le nom de Amigoniens. 

En 1905, José-Bienvenido fit la première profession, suivie de la solennelle en 1911.

En 1920, il fut ordonné prêtre.

Il reçut successivement la charge de supérieur des Tertiaires capucins, maître des novices, conseiller et vicaire général, enfin, de 1927 à 1932, général de la congrégation entière.

Il s’employa à renforcer l’appel aux vocations, l’étude des Religieux, l’ouverture au monde d’Amérique du Sud. Il transmettait sa dévotion au Saint Sacrement, au Sacré-Cœur.

La révolution de 1936 le trouva à Madrid, à l’école de Santa-Rita. Il fut le dernier à la quitter, avec son habit religieux.

Le 31 juillet, des miliciens le forcèrent à remettre les fonds déposés à la Banque de Biscaye et à la Banque d’Espagne. Ensuite, ils lui retirèrent son repas et l’emmenèrent avec violence à la Pradera de San Isidro, où ils le fusillèrent. C’était le 1er août 1936.

Il a été béatifié en 2001.

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 23:00

Jadwiga Karolina Żak

1892-1943

 

Jadwiga (Hedwige) était née le 27 décembre 1892 à Oświęcim (Małopolskie, Pologne).

Elle entra en 1911 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, dont le noviciat était à Albano (Italie). Elle fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Imelda de Jésus Eucharistie.

Puis elle vint avec la Sœur Adela à Nowogrodku, en 1936, où elle s’occupa de la sacristie et de l’autel. Elle voulait que les surplis fussent aussi propres que les âmes (et l’inverse…). Elle fut enseignante, et surveillante du dortoir.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 23:00

Julia Rapiej

1900-1943

 

Julia était née le 18 août 1900 à Rogożyna (Augustów, Podlaskie, Pologne).

Elle entra en 1922 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, à Grodno. 

Envoyée en 1923 à Philadelphie (Etats-Unis), elle y fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Sergia de la Douloureuse Mère de Dieu.

Elle revint en Pologne en 1933. En quittant l’Amérique, elle dit à sa sœur, qui s’inquiétait sur une possible guerre en Europe, qu’elle n’avait pas peur, ni du martyre, car elle voulait donner sa vie pour Jésus.

A Nowogrodku elle fut assistante à la cuisine, à l’infirmerie, à l’intendance.

Sa dévotion principale allait à la Vierge Marie ; elle rayonnait la paix.

Elle devait recevoir la grâce du martyre peu de jours avant son quarante-troisième anniversaire.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 23:00

 Justino Alarcón de Vera

1885-1936

 

Justino vit le jour le 1er août 1885 à Fuensalida et fut baptisé le lendemain. Il fut confirmé en 1889.

En 1898, il entra au Petit séminaire de Tolède, dont il sortit avec les meilleurs résultats.

En 1909-1910, il fut successivement bachelier, licencié et docteur en théologie, pour être ordonné prêtre en 1910.

Il exerça le saint ministère successivement à Escalonilla, Talavera de la Reina (en même temps qu’aumônier des Petites Sœurs des Pauvres, puis aumônier des Ursulines à Tolède.

En 1912, il fut nommé professeur au séminaire, où il resta jusqu’à la fin de ses jours, tout en cumulant la charge de deuxième cérémoniaire à la cathédrale. Au séminaire, il enseignait la Logique, la Métaphysique, la Cosmologie, la Psychologie et la Théologie naturelle.

Il devait encore un peu de temps libre, car il fonda et dirigea le périodique Editorial Católica Toledana, en même temps qu’il collaborait au périodique El Castellano.

Quand se déchaîna la guerre civile de 1936, Tolède fut aux mains des marxistes, qui attaquèrent tout de suite les prêtres. Malgré le danger, don Justino tint à porter sa chère soutane, signe de son appartenance à Dieu et au sacerdoce.

Le 1er août 1936, jour de ses cinquante-et-un ans, à midi, des miliciens vinrent l’arrêter chez lui. Sans résister, il les suivit ; conduit au lieu-dit El Tránsito, il fut abattu.

Don Justino fut béatifié en 2007. 

Justino Alarcón de Vera

1885-1936

 

Justino vit le jour le 1er août 1885 à Fuensalida et fut baptisé le lendemain. Il fut confirmé en 1889.

En 1898, il entra au Petit séminaire de Tolède, dont il sortit avec les meilleurs résultats.

En 1909-1910, il fut successivement bachelier, licencié et docteur en théologie, pour être ordonné prêtre en 1910.

Il exerça le saint ministère successivement à Escalonilla, Talavera de la Reina (en même temps qu’aumônier des Petites Sœurs des Pauvres), puis aumônier des Ursulines à Tolède.

En 1912, il fut nommé professeur au séminaire, où il resta jusqu’à la fin de ses jours, tout en cumulant la charge de deuxième cérémoniaire à la cathédrale. Au séminaire, il enseignait la Logique, la Métaphysique, la Cosmologie, la Psychologie et la Théologie naturelle.

Il devait avoir encore un peu de temps libre, car il fonda et dirigea le périodique Editorial Católica Toledana, en même temps qu’il collaborait au périodique El Castellano.

Quand se déchaîna la guerre civile de 1936, Tolède fut aux mains des marxistes, qui attaquèrent tout de suite les prêtres. Malgré le danger, don Justino tint à porter sa chère soutane, signe de son appartenance à Dieu et au sacerdoce.

Le 1er août 1936, jour de ses cinquante-et-un ans, à midi, des miliciens vinrent l’arrêter chez lui. Sans résister, il les suivit ; en chemin, on se moquait de lui, on le frappait ; le prêtre ne pouvait presque plus marcher ; conduit au lieu-dit El Tránsito, il fut abattu.

Don Justino fut béatifié en 2007.

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