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17 septembre 2018 1 17 /09 /septembre /2018 21:54

Manuel Requejo Pérez

1872-1936

 

Né le 10 novembre 1872 à Aranda de Duero (Burgos), Manuel était le fils de Tomás et Cándida, qui le firent baptiser deux jours plus tard.

Il fut ordonné prêtre en 1895 et devint le secrétaire particulier de l’évêque.

En 1928, il renonça à toutes les charges qu’il avait dans le diocèse et, avec l’approbation de l’Evêque, entra dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens). Il en commença le noviciat à Paris, où il fit la profession en novembre 1930.

Son unique poste dans cette nouvelle famille fut la communauté de Fernández de la Hoz à Madrid, où il arriva juste après sa profession.

Au moment de l’insurrection républicaine de 1936, le p. Manuel se réfugia parmi les vieillards de la maison de retraite tenue par les Petites Sœurs des Pauvres, avec un autre Religieux, rédemptoriste, Antonio Girón González. Au début, les communistes ne molestèrent pas les Religieuses, dont la congrégation était d’origine française. Mais le 24 août, ils occupèrent la maison, exigèrent les clefs et soumirent toutes les personnes à de longs et pénibles interrogatoires.

Les deux Prêtres et la Sœur sacristine consommèrent les Hosties du Saint-Sacrement pour ne pas les laisser profaner.

Le 30 août vint le tour des deux Prêtres à être interrogés. Ils ne cachèrent pas leur caractère sacerdotal et furent immédiatement embarqués. Là où ils s’arrêtèrent, se trouvait un jeune de dix-sept ans en train de s’exercer au tir. On lui dit de tirer sur ces deux Prêtres pour qu’ils ne bougent pas. Le lendemain, on retrouva leurs cadavres près de Vicálvaro.

Martyrisé le 30 août 1936 et béatifié en 2017, Manuel Requejo Pérez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 30 août.

L’autre prêtre, faisant partie de la cause de béatification d’autres Rédemptoristes, sera béatifié avec eux prochainement.

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17 septembre 2018 1 17 /09 /septembre /2018 21:54

Melitón Martínez Gomez
1878-1936

Né le 10 mars 1878 à Jérez del Marquesado (Grenade), il fut baptisé le jour-même.

Il se forma au séminaire de Guadix et fut ordonné prêtre en 1901. Il passa ensuite la licence de théologie à Grenade.

Il fut nommé curé de Fiñana pendant vingt-cinq ans, jusqu’à sa mort. Il y eut seulement une «absence» de trois années, qu’il passa à Galera (un nom de pays fort à propos pour illustrer ce moment de «galère») : une honteuse calomnie était arrivée aux oreilles de l’évêque, qui dut procéder à une enquête sérieuse. Au bout de trois ans, l’évêque conclut à l’innocence du Prêtre et le rétablit dans sa charge. Les paroissiens le reçurent avec grande démonstration de joie, y compris avec la musique de l’harmonie.

Don Melitón était si généreux que les samedis, une foule de pauvres gens faisaient la queue devant l’église pour recevoir quelque aumône du curé. Quand il visitait les malades, il leur laissait aussi quelque chose qu’il glissait sous l’oreiller.

Il sentait arriver la tourmente révolutionnaire. Quand ses proches lui proposèrent de revenir dans son pays, il refusa de quitter sa paroisse : J’irai au Ciel en versant mon sang pour le Christ.

Le 17 septembre, il fut arrêté en même temps que son vicaire, don Manuel Alcayde Pérez. On les fit passer sur la place centrale en se moquant d’eux, puis on les jeta en prison.

Le 18 septembre 1936 au petit matin, on les embarqua pour les conduire à la Côte de la Reine, où on les fusilla.

Martyrisé le 18 septembre 1936 à la Cuesta de la Reina et béatifié en 2017, Melitón Martínez Gomez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 septembre

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12 septembre 2018 3 12 /09 /septembre /2018 14:33

Manuel Martínez Giménez
1869-1936

Né le 12 mars 1869 à Oria (Almería), il était le fils de Manuel et Pastora ; ceux-ci, quand leur fils grandit, suivirent le conseil de leur évêque et envoyèrent Manuel chez les Jésuites de Orihuela, où il fit de très brillantes études et passa la licence de droit.

Ordonné prêtre vers 1893, il déborda d’activités caritatives : hospices de la Sainte-Famille à Tíjola et Oria, conférences Saint-Vincent-de-Paul, collaborateur des Petites Sœurs des Pauvres ; c’était un amant de la justice et n’avait pas peur de traiter avec les gitans de son pays.

Pour aider les vocations sacerdotales, il fonda une bourse d’études ; en 1926, il fut nommé vice-président de l’Œuvre diocésaine des Vocations. De même qu’il avait collaboré activement et financièrement à la restauration de la basilique de Notre-Dame d’Oria, il fut aussi chargé de suivre l’édification du monument en l’honneur du Sacré-Cœur à Almería.

Peu avant la tourmente révolutionnaire de 1936, il fut vice-président de l’Œuvre de l’Action Catholique dans le diocèse.

C’est de retour d’un pèlerinage en Terre Sainte que, trois jours après, il fut arrêté à Tíjola, enfermé dans le couvent des Adoratrices transformé en prison, puis emmené au centre des Milices.

Plus tard il fut conduit au Pozo de Cantavieja.

Comme on l’a vu plus haut à propos de José Álvarez-Benavides de la Torre, parvenus à l’endroit désigné, les bourreaux faisaient descendre un à un les prisonniers, les plaçaient au bord d’une grande fosse, et les tuaient avec une balle dans la tête ou dans le cœur en les jetant au fond. Les Martyrs tombaient en criant Vive le Christ Roi ! Certains n’étaient pas encore morts, mais on leur tirait dessus pour les achever, puis on les couvrit de chaux vive, de terre et de pierres.

Don Manuel fut un des douze prêtres martyrisés le 13 septembre 1936 et qui ont été béatifiés en 2017.

Manuel Martínez Giménez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 septembre.

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11 septembre 2018 2 11 /09 /septembre /2018 17:49

Manuel Binimelis Cabré
1892-1936

Né le 31 janvier 1892 à Reus (Tarragona), il fut baptisé le 7 février. Il était fils unique.

Après avoir été au séminaire de Barcelone, il entra en 1909 dans la Congrégation de S.Vincent de Paul (Vincentiens ou Lazaristes) et fut ordonné prêtre.

On l’envoya d’abord à Palma de Majorque (1917), puis à Espluga (1922) comme professeur de théologie dogmatique, enfin à la Maison mère de Barcelone et comme directeur spirituel des Religieuses.

En juillet 1936, il quitta la maison comme toute la communauté et se réfugia dans une famille connue. On le disait «en visite», mais un papier du Père le donnait comme résident de l’endroit, ce à quoi n’avait pas pensé le Religieux. Une patrouille des FAI (Fédération Anarchique ibérique), qui vint faire un contrôle, remarqua tout de suite la contradiction. On identifia le Père, on l’emmena manu militari, et fut fusillé vers minuit. On le retrouva sur la route de Tarragone avec deux balles dans la tête.

C’est sa mère, déjà veuve, qui fut appelée pour le reconnaître.

Martyrisé le 12 septembre 1936 et béatifié en 2017, Manuel Binimelis Cabré sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 12 septembre.

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9 septembre 2018 7 09 /09 /septembre /2018 09:35

 

Miguel Beato Sánchez

1911-1936

 

Beato (bienheureux), Miguel le fut de nature, mais aussi par la grâce de Dieu et le don de soi.

Il naquit le 10 avril 1911, à La Villa de Don Fadrique (Tolède, Espagne), avec un frère jumeau, Domingo, qui mourut à trois ans. Après eux naquirent cinq autres enfants : Juan et María Esperanza, qui moururent jeunes, María Teresa, María Dolores et Jesús, qui purent témoigner plus tard de la sainteté de leur aîné..

Les parents, Miguel et Andrea, étaient d’humbles travailleurs très chrétiens, craignant Dieu et aimant l’Eglise.

Miguel fut baptisé deux jours après sa naissance, et confirmé en 1916. Il reçut la Première communion en 1917. Dans son pays, on l’appelait Miguelillo. Il grandit dans la pratique des bonnes vertus, pieux, généreux ; jamais on ne le vit se battre avec ses camarades. Lui et ses sœurs firent partie de l’Alliance en Jésus par Marie, une congrégation laïque qui regroupait des jeunes vivant dans le monde.

Miguel imita bien vite le curé de la paroisse, en «disant la messe» à la maison. Il se mettait au cou deux bavettes d’enfant, une devant et une derrière, pour figurer la chasuble. Dans la famille, on souhaitait bien que Juan, l’aîné, devînt prêtre, mais il ne ressentait pas la vocation ; Miguel s'amusait à dire : Yo, bela, yo seré cura (Et ben, c’est moi qui serai curé).

Il entra au Petit séminaire de Tolède en 1923, passa au Grand, et acheva ses études avec d’excellentes appréciations : benemeritus et valde meritus. Il reçut les premiers ordres en décembre 1934, le sous-diaconat en juin 1935.

Il aurait pu être ordonné prêtre dès 1935, mais il dut passer par le conseil de révision : on lui trouva la poitrine rétrécie, et il fut réformé.

Il attendit patiemment le moment de l'ordination, tout en s’occupant dans la bibliothèque de l’archevêque. La providence fit qu’il fut ordonné prêtre le 11 avril 1936, lendemain de ses vingt-cinq ans. En même temps que lui furent ordonnés aussi deux prêtres qui moururent martyrs, mais qui appartiennent à une cause de béatification non encore achevée.

Don Miguel célébra sa première Messe en forme privée, sans chanter, car les temps étaient déjà difficiles.

Il fut nommé vicaire dans son pays natal, où la tension était déjà forte depuis la proclamation de la République en 1931 : il y avait eu des assassinats. Don Miguel cependant se lança dans l’apostolat avec plein de zèle, réunissant les jeunes de l’Action Catholique, parlant aux enfants, même s’ils étaient fils d’anarchistes.

Le 18 juillet 1936, l’église fut fermée. Don Miguel se renferma chez lui avec le Saint-Sacrement, que le curé avait réussi à extraire du tabernacle, profitant d’un moment d’inattention des miliciens. Pendant quelques jours, don Miguel put encore célébrer la Messe et donner les Sacrements aux fidèles, chez lui.

Le 3 août, on arrêta le curé, don Francisco López-Gasco y Fernández-Largo, qui fut assassiné le 9 août.

Don Miguel attendait son heure. Une de ses prières quotidiennes était, les bras en croix : v Seigneur, si tu as besoin de ma vie pour le salut de l’Espagne, je te la donne ; que je sois une victime, jamais un traître. Il se préparait à son martyre en lisant les vies des Martyrs. Avec grande joie, il s’exclamait : Regarde comme ils répondent à leurs bourreaux !

Une pieuse dame lui suggéra de ne pas porter la soutane et d’aller travailler dans les champs en civil. L’idée partait d’un bon sentiment, mais il répondit : Ma soutane, je ne m’en sépare pas, même s’il faut la colorer de mon sang ! Quelques jours après, cependant, il apprit que la soutane de son curé, martyr, était l’objet de moqueries infâmes, aussi retira-t-il la sienne, bien à contre-cœur.

Le 28 août, les miliciens mirent le feu à toutes les saintes images de l’église, en particulier celle du Christ, à laquelle on avait attribué une protection spéciale, dix ans plus tôt, quand on avait réussi à éteindre un feu de campagne qui menaçait les champs et les habitations. Les jours suivants, les miliciens exhibaient des morceaux de ces images et statues, pour s’en moquer encore.

Le 5 septembre, un milicien vint lui dire d’aller ramasser dans l’église les restes des images et statues pour les brûler. Il y alla, voyant dans cet acte, une façon de mettre fin aux profanations.

Le 6 septembre, des miliciens vinrent le chercher. Il ne devait pas revenir chez lui.

On l’enferma en prison, en le frappant continuellement pour lui faire abjurer sa foi, pour le faire blasphémer, mais il ne répondait que Vive le Christ Roi !

On poussa la profanation jusqu’à lui faire endosser la tunique du Nazareno de l’église, on lui aurait mis aussi une croix entre les bras, et on lui fit faire le Chemin de Croix dans l’église, le drapeau rouge autour de la poitrine.

On lui mit dans la bouche le canon d’un pistolet, qui lui provoqua un vomissement de sang ; on l’emmena dans une porcherie ; on voulut lui faire piétiner un crucifix, mais il refusa toujours. Un voisin de prison lui suggéra : Dis-leur ce qu’ils veulent ; Dieu sait bien que tu ne le dis que des lèvres. Et lui : Je ne peux pas !

Les bourreaux se sentaient terriblement vexés de voir ce jeune prêtre plus courageux qu’eux-mêmes. N’en pouvant plus de l’entendre répéter invariablement Vive le Christ Roi !, ils lui coupèrent la langue avec un couteau de boucher.

Le Martyr avait la bouche en sang, les dents tombaient, la langue coupée, le corps tout défait. On lui porta son repas du soir, assez loin de lui pour se moquer encore : Allez, appelle le Bon Dieu ! Pourquoi ne vient-il pas t’aider ?

Les bourreaux avouèrent plus tard qu’ils auraient bien voulu lui sauver la vie, mais qu'ils se virent "contraints" de le tuer, et qu’il mourut «seulement» pour n’avoir pas cédé.

Au soir du 8 septembre, ils lui dirent encore une fois de piétiner un crucifix. Sur son refus, un milicien lui donna un tel coup de poing qu’il tomba par-terre. 

Ici, les détails ne coïncident pas totalement. Selon une version, on lui donna tant de coups, qu’on le crut mort ; venus le lendemain matin, 9 septembre, pour l’enterrer, et s’apercevant qu’il vivait encore, les miliciens l’abattirent. Dans l’autre version, les miliciens ne revinrent qu’au matin du 10 septembre. S’apercevant qu’il murmurait encore Ah, mon Dieu !, ils lui déchargèrent une pluie de coups de bâtons, jusqu’à son dernier soupir. Alors ils l’emportèrent pour l’enterrer dans un coin de champ, laissant une de ses mains en-dehors : des chiens la dévorèrent. De fait, quand on exhuma le corps en 1939, la main du prêtre manquait. Le corps était couvert de plaies.

La date retenue pour la mort de don Miguel est le 10 septembre 1936 : il avait tout juste cinq mois de sacerdoce.

Don Miguel a été béatifié en 2007 : Beato de famille, il est maintenant Bienheureux au ciel.

  

Miguel Beato Sánchez

1911-1936

 

Miguel vit le jour le 10 avril 1911 à La Villa de Don Fadrique (Tolède, Espagne), troisième des sept enfants de Miguel et Andrea : Juan, Domingo (son jumeau), et María Esperanza moururent jeunes, María Teresa, María Dolores et Jesús purent témoigner plus tard de la sainteté de leur aîné.

Miguel fut baptisé le 12 avril, et confirmé en 1916. Il reçut la Première communion en 1917.

La famille était très pratiquante. Miguel (qu’on surnommait Miguelillo) et ses sœurs firent partie de l’Alliance en Jésus par Marie, une congrégation laïque qui regroupait des jeunes vivant dans le monde.

Miguel imita bien vite le curé de la paroisse, en «disant la messe» à la maison. Il se mettait au cou deux bavettes d’enfant, une devant et une derrière, pour figurer la chasuble. Dans la famille, on souhaitait que Juan, l’aîné, devînt prêtre, mais il ne ressentait pas la vocation, et Miguel répliquait : Yo, bela, yo seré cura (Et ben, c’est moi qui serai curé).

Fidèle au catéchisme, qu’il apprenait avec plaisir, il fuyait ses camarades qui se battaient, et, à la maison, faisait volontiers tout ce que sa mère lui demandait.

Miguel entra au Petit séminaire de Tolède dès 1923 et passa au Grand séminaire. Les appréciations sur sa conduite et ses études furent benemeritus et valde meritus. Il reçut donc les premiers ordres en décembre 1934, le sous-diaconat en juin 1935. Ses études étaient formellement achevées, et il devait recevoir l’ordination diaconale et sacerdotale, mais il dut faire le service militaire.

En réalité, il en fut exempté à cause de sa poitrine trop étroite, et il attendit ces ordinations patiemment, tout en s’occupant dans la bibliothèque de l’archevêque. Il fut ordonné diacre en mars 1936, et prêtre le 11 avril, lendemain de son vingt-cinquième anniversaire.

En même temps que lui furent ordonnés aussi deux prêtres qui moururent martyrs, qui appartiennent à une cause de béatification non encore achevée.

On le destinait à sa paroisse natale, La Villa de Don Fadrique, comme vicaire. Le curé et son vicaire allaient bientôt verser leur sang.

Dans cette localité, la tension était déjà forte depuis la proclamation de la République en 1931.  Il y avait eu des assassinats. Don Miguel cependant se lança dans l’apostolat avec plein de zèle, réunissant les jeunes de l’Action Catholique, parlant aux enfants, même s’ils étaient fils d’anarchistes.

Le 18 juillet 1936, l’église fut fermée. Don Miguel se renferma chez lui avec le Saint-Sacrement, que le curé avait réussi à extraire du tabernacle, profitant d’un moment d’inattention des miliciens. Pendant quelques jours, don Miguel put encore célébrer la Messe et donner les Sacrements aux fidèles, chez lui.

Le 3 août, on arrêta le curé, don Francisco López-Gasco y Fernández-Largo, qui fut assassiné le 9 août.

Don Miguel attendait son heure. Chaque jour, il priait un Notre Père, qu’il achevait par cette jaculatoire : Que je sois une victime, mais jamais un traître. Les bras en croix, il répétait : Seigneur, si tu as besoin de ma vie pour le salut de l’Espagne, je te la donne ; que je sois une victime, jamais un traître.

Une pieuse femme du pays lui fit dire par ses frère et sœurs de ne pas porter la soutane en sortant de chez lui. Il répondit fermement : La soutane, je ne l’enlève pas, même si je dois la teindre de mon sang. Mais quand il apprit que les miliciens profanaient celle de son curé martyr, il la retira, avec douleur.

Le 28 août, les miliciens mirent le feu à toutes les saintes images de l’église, en particulier celle du Christ, à laquelle on avait attribué une protection spéciale, dix ans plus tôt, quand on avait réussi à éteindre un feu de campagne qui menaçait les champs et les habitations. Les jours suivants, les miliciens exhibaient des morceaux de ces images et statues, pour s’en moquer encore.

Le 5 septembre, un milicien vint convoquer don Miguel, qui le suivit sans rien dire. On l’emmena à l’église avec d’autres prêtres du pays, pour rammasser dans l’église les morceaux de statues, les charger dans un camion et aller les brûler. Ce faisant, don Miguel remerciait Dieu qu’ainsi les miliciens ne pourraient plus profaner ces saints objets. Il revint chez lui le soir.

Le 6 septembre, on vint l’arrêter pour de bon. L’interrogatoire fut pénible : don Miguel répliqua que Dieu existe, qu’il croyait en Dieu et, au lieu de blasphémer, répondit : Vive le Christ Roi !

On lui fit faire un véritable Chemin de Croix : avec un drapeau rouge autour de la poitrine, un morceau de colonne sur les épaules, on le fit marcher dans l’église ; il tomba à terre et on se moqua de lui. N’obtenant du prêtre que des Je suis croyant et Vive le Christ Roi toujours plus convaincus, ils le mirent dans la maison du Marquis de Mudela, transformée en prison.

Là, une double file de miliciens armés l’attendaient. Le chef recommença les mêmes questions, obtint les mêmes réponses ; il enfila dans la bouche du prêtre le canon de son pistolet, provoquant un vomissement de sang. On mit le prêtre dans la porcherie : les miliciens passaient le voir en le provoquant : Dis, tu es plus fort que nous ? On voulut lui faire piétiner un crucifix, on lui promit de le laisser en vie s’il acceptait seulement de faire ce qu’ils lui demandaient. Ils n’obtinrent qu’un refus répété et total.

Les miliciens se fatiguaient ; ils voyaient bien que ce jeune prêtre de vingt-cinq ans était plus courageux qu’ils ne le pensaient. Ils en vinrent à lui sectionner la langue avec un couteau de boucher.

Un autre prisonnier, feignant un étourderie, réussit à passer près de la cellule de don Miguel et lui lança : Miguel, répète ce qu’ils te disent ; Dieu sait bien que tu le diras des lèvres, mais pas du cœur. Et don Miguel : Je ne peux pas. Il avait la bouche pleine de sang, 

On lui apporta son repas, à l’opposé de la place qu’il occupait, en se moquant de lui, comme pour le Christ en croix : Allez, appelle ton Dieu, pourquoi ne vient-il pas t’aider ?

Les miliciens tenaient à le faire céder. Ce fut inutile. Ils se virent «obligés» de le tuer.

On arriva au 8 septembre, jour de la Nativité de Notre-Dame, on le sortit de la porcherie pour le conduire dans une autre pièce. Dans l’intervalle, on le frappait en l’insultant : Le type du Christ Roi. D’autres l’attendaient et voulaient le faire marcher sur un crucifix ; sur son refus, on l’envoya à  terre avec un coup de poing.

Le 9 (ou le 10) au matin, on le croyait mort, mais on l’entendit encore souffler : Ah, mon Dieu ! On lui assena alors tant de coups de bâton, qu’il n’eut plus la force que de dire Ah, ma mère ! et expira.

Les bourreaux allèrent l’enterrer au lieu-dit La Veguilla, en laissant hors de terre sa main, avec le poing fermé, qui fut dévorée par les chiens. De fait, quand on exhuma le corps en 1939, la main du prêtre manquait. Le corps était couvert de plaies.

Don Miguel fut béatifié en 2007. Beato de famille, il est maintenant Bienheureux au ciel.

 

 

 

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1 septembre 2018 6 01 /09 /septembre /2018 20:24

Martín Salinas Cañizares
1895-1936

Né le 25 mai 1895 à Canjáyar (Almería) et baptisé six jours plus tard, il était le fils d’un policier (ou d’un concierge).

Il entra au séminaire d’Almería et fut introduit dans l’entourage proche de l’évêque, qui l’estimait beaucoup. En 1920, il fut ordonné prêtre.

Après avoir enseigné au séminaire, il fut envoyé en paroisse : au sanctuaire d’Almería d’abord (1923), puis il fut nommé chanoine de la cathédrale (1927). Il fut notaire durant le synode diocésain de 1929.

Le 22 juillet 1936, il pénétra courageusement dans la chapelle du collège lasallien pour en retirer le Saint-Sacrement, se déclarant ouvertement aumônier devant les miliciens qui l’insultaient et le maltraitaient. Le 1.septembre, un milicien - qui avait reçu de l’aide de ce Prêtre - vint fouiller chez lui pendant deux heures. Le Prêtre fut ensuite arrêté, mis en prison au commissariat et envoyé sur le bateau-prison Astoy Mendi.

A cause de la violence avec laquelle on l’attachait, don Martín ne put dominer sa douleur ; on lui répondit : Ne t’en fais pas, il n’y en a pas pour longtemps. Effectivement, on l’emmena le lendemain au Pozo de la Lagarta, pour le fusiller.

Martyrisé le 2. septembre et béatifié en 2017, Martín Salinas Cañizares sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 2. septembre.

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1 septembre 2018 6 01 /09 /septembre /2018 18:56

Martín Salinas Cañizares
1895-1936

Né le 25 mai 1895 à Canjáyar (Almería) et baptisé six jours plus tard, il était le fils d’un policier (ou d’un concierge).

Il entra au séminaire d’Almería et fut introduit dans l’entourage proche de l’évêque, qui l’estimait beaucoup. En 1920, il fut ordonné prêtre.

Après avoir enseigné au séminaire, il fut envoyé en paroisse : au sanctuaire d’Almería d’abord (1923), puis il fut nommé chanoine de la cathédrale (1927). Il fut notaire durant le synode diocésain de 1929.

Le 22 juillet 1936, il pénétra courageusement dans la chapelle du collège lasallien pour en retirer le Saint-Sacrement, se déclarant ouvertement aumônier devant les miliciens qui l’insultaient et le maltraitaient. Le 1.septembre, un milicien - qui avait reçu de l’aide de ce Prêtre - vint fouiller chez lui pendant deux heures. Le Prêtre fut ensuite arrêté, mis en prison au commissariat et envoyé sur le bateau-prison Astoy Mendi.

A cause de la violence avec laquelle on l’attachait, don Martín ne put dominer sa douleur ; on lui répondit : Ne t’en fais pas, il n’y en a pas pour longtemps. Effectivement, on l’emmena le lendemain au Pozo de la Lagarta, pour le fusiller.

Martyrisé le 2. septembre et béatifié en 2017, Martín Salinas Cañizares sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 2. septembre.

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31 août 2018 5 31 /08 /août /2018 21:39

Maria Gargani

1892-1973

 

Maria naquit au soir du 23 décembre 1892, à Morra de Santis (Avellino, Latium, Italie C) ; elle était la benjamine des huit enfants de Rocco et Angiolina De Paola.

Le papa était un homme fort pieux et c’est lui qui se chargea de l’enseignement du catéchisme à ses enfants.

Maria fit son «école primaire» à la maison, puis chez son oncle à Avellino ; elle réussit sans peine son examen de maîtresse d’école en 1913.

Dans la région de Foggia, de 1913 à 1945, elle allait se donner entièrement à la formation des enfants du catéchisme pour les préparer à la Première communion. C’est durant cette période qu’elle entra dans le Tiers-Ordre franciscain, ayant découvert en s.François d’Assise «le» Saint qui l’inspirait dans son amour pour Dieu.

Mais ce qui marqua très profondément Maria, à partir de 1916, ce fut la direction spirituelle qu’elle reçut du père Pio de Pietrelcina (v. 23 septembre). Jusqu’en 1915, Maria avait eu successivement deux pères spirituels, dont le second fut appelé à être aumônier militaire durant la guerre ; c’est ce dernier qui adressa Maria au père Pio. Il s’ensuivit une correspondance soutenue et l’on conserve plus d’une soixantaine de lettres que reçut Maria de ce Prêtre stigmatisé.

Dès 1934, Maria commença à réunir autour d’elle des jeunes filles qui étaient captivées par son amour de Dieu. Ce fut le début des Sœurs Apôtres du Sacré-Cœur, vivement encouragées par le père Pio, bientôt approuvées par l’évêque de Naples, où s’établit la maison-mère. Maria y fit sa profession en 1936, avec le nom religieux de Marie Crucifiée du Divin Amour.

Elle fit la profession perpétuelle en 1956.

Elle mourut à Naples le 23 mai 1973.

Le miracle qui fut examiné dès 1975 pour sa béatification, fut la guérison d’une femme italienne affectée d’un cancer généralisé. Guérie, celle-ci vécut encore trente année.

Les Religieuses appartenant aux Sœurs Apôtres du Sacré-Cœur, s’occupent de l’évangélisation des enfants, des pauvres, des marginalisés. Elles prêtent ainsi leur concours dans les paroisses. Elles sont présentes en Afrique (Burkina Faso, Bénin).

Maria Crocefissa a été béatifiée en 2018 et sera commémorée le 23 mai au Martyrologe.

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31 août 2018 5 31 /08 /août /2018 07:08

María Guggiari Echeverría

1925-1959

 

María Guggiari Echeverría est née le 12 janvier 1925 à Villarica (Paraguay), aînée d’une fratrie de sept enfants ; on connaît les noms de certains d’entre eux : Federico Augusto Ramón, María Teresa Arminda et Mañica González Raveti. Les parents s’appelaient Ramón et María Arminda.

Le papa appelait souvent son aînée Chiquitunga, intraduisible en français : «Toute petite Chérie», car María était toute menue.

Celle-ci fut baptisée en 1929 et reçut la Première Communion en 1937.

Tout cela s’est fait jusqu’à présent de façon «ordinaire», selon la coutume des familles chrétiennes. Mais María éprouvait le besoin de s’investir davantage ; en 1941, elle s’engagea de tout son cœur dans l’Action Catholique : elle avait alors seize ans, et les parents trouvaient son engagement exagéré. María persévérait, elle allait visiter et soulager des pauvres, des malades, des prisonniers, enseigner le catéchisme aux enfants.

María apparaissait à tout son entourage comme une fille joyeuse, sociable, serviable, modeste, simple. En octobre 1942 elle fit un vœu privé d’engagement dans l’apostolat, auquel elle ajouta celui de virginité.

En 1950, toute la famille s’installa dans la capitale, Asunción ; María y cherchait aussi du travail. Elle ne manqua pas de se rapprocher des rangs de l’Action Catholique, dont le responsable local était un jeune étudiant en médecine, Ángel Sauá, qui entretint avec elle une profonde amitié, très pure.

María en vint même à se demander si elle se marierait, tout en préférant la vie chaste : elle priait. Ángel, de son côté, sentit l’appel au sacerdoce et le lui dit en 1951. María décida d’apporter toute l’assistance dont aurait besoin Ángel, en particulier elle le cacha pour le protéger de son propre père, qui était musulman, et l’aida à partir à Madrid en 1952 pour achever ses études.

En novembre 1952, María se décida à entrer dans l’Ordre des Carmélites, mais rencontra momentanément l’opposition de ses parents. Elle intensifia son activité au sein de l’Action Catholique, dont elle devint responsable au niveau diocésain, en 1953. En 1955, elle reçut enfin l’habit au couvent des Carmélites, et prit le nom de María Felicia de Jésus Sacrement.

Elle maintint une correspondance assidue avec Ángel, désormais nouveau prêtre ; on en a conservé quarante-huit lettres. La vie contemplative ne signifie pas inactivité. La Supérieure du couvent décrivait ainsi María : Un grand esprit de sacrifice, charité et générosité, le tout enveloppé dans une grande douceur et une joie communicative, toujours vivante et joyeuse. María fit la première profession en 1956, pour une durée de trois ans.

En janvier 1959, cependant, la sœur de María mourut d’une hépatite virale ; María en ressentit elle aussi les premiers symptômes quelques jours plus tard et dut faire un séjour au sanatorium d’Asunción. S’étant apparemment reprise, elle revint au couvent mais, le Samedi Saint, 28 mars, elle eut une hémorragie et cracha du sang. Son frère, médecin, constata que l’hépatite avait évolué en purpura et qu’il ne pourrait malheureusement pas sauver sa sœur. Un mois plus tard, entourée de ses parents et frères et sœurs, elle demanda à la Mère Prieure, qui était présente aussi, de lui lire le poème de sainte Thérèse d’Avila (v. 15 octobre) : Je meurs de ne pas mourir ! A quatre heures du matin, elle sortit de son sommeil et murmura Jésus, je t’aime ! Quelle belle rencontre ! Vierge Marie ! Ce furent ses dernières paroles.

C’était le 28 avril 1959. Elle avait, pour ainsi dire, anticipé de quatre mois sa profession perpétuelle.

María Felicia Guggiari Echeverría a été béatifiée en 2018 ; elle est la première Bienheureuse du Paraguay ; elle sera commémorée le 28 avril au Martyrologe.

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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 21:57

Mariano Morate Domínguez

1884-1936

 

Né le 8 septembre 1884 à Palencia, en la fête de la Nativité de Marie, Mariano reçut au baptême un prénom marial.

Après ses brillantes études aux séminaires de Palencia et Salamanque, il fut reçu Docteur en théologie à Salamanque et en droit canonique à Comillas.

Ordonné prêtre en 1908, il fut vicaire à Becerril de los Campos, puis à Villasavariego de Ucieza. En 1913, il fut nommé professeur au séminaire de Palencia et, en 1925, chanoine de la cathédrale. En 1933, il fut chanoine à Almería, tout en continuant à donner des cours au séminaire de cette ville.

La persécution avait commencé en 1936, et un jour de juillet, en sortant du séminaire, don Mariano s’assit un moment sur un banc de la place. Un confrère (Ángel Alonso Escribano, v. ce même jour) lui demanda ce qu’il faisait à rester là, et don Mariano répondit : Ici, je ne connais personne. S’ils veulent me martyriser, ça m’est bien égal que ce soit ici ou ailleurs. Ça ne gêne personne que je sois persécuté.

Il fut effectivement arrêté là. Il partagea ensuite le sort des deux évêques Diego Ventaja et Manuel Medina Olmos (v. leurs notices) avec beaucoup d’autres prêtres.

Don Mariano est un des nombreux martyrs - parmis lesquels les deux évêques - de Barranco del Chisme (Enix), dont une quinzaine furent exécutés le 30 août 1936 ; béatifié en 2017, don Mariano sera mentionné avec eux dans le Martyrologe Romain au 30 août.

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