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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 23:00

Nicolau Diniz

† 1570

 

Nicolau Diniz était natif de Bragança (Portugal).

C’est un des Quarante Martyrs du Brésil. 

Se reporter à la notice Inácio de Azevedo

Le martyre eut lieu le 15 juillet 1570 et la béatification en 1854.

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 23:00

Niccolò Albergati

1375-1443

 

Niccolò Albergati était d’une noble famille de Bologne (Italie), où il naquit en 1375.

Dans l’université de cette ville, il étudia le droit mais, peu avant d’obtenir le doctorat, il se retira en 1394 dans la chartreuse proche de Bologne.

Il fut ordonné prêtre en 1404, et nommé prieur de la chartreuse de Casara, avant d’être visiteur pour tous les monastères de chartreux d’Italie (il y en avait à Florence, Rome, Mantoue, Bologne…).

Vaillant défenseur de l’autorité papale, il fut nommé archevêque de Bologne en 1417, mais pour trois ans seulement, car une rébellion le poussa à démissionner en 1420.

En 1422, il fut envoyé en France pour exercer ses bons offices entre les rois de France et d’Angleterre ; on sait que la mission de Jehanne d’Arc commença en 1428…

En 1426, Niccolò fut créé cardinal, du titre romain de Sainte-Croix-en-Jérusalem, tout en restant administrateur apostolique de Bologne jusqu’en 1440.

En 1427, le pape le chargea d’une mission pacificatrice entre les maisons d’Italie du Nord (Milan, Venise, Savoie, Mantoue, Ferrare et Florence), qui fut un succès.

Une rébellion le poussa à quitter à nouveau Bologne en 1428, et le pape l’envoya pour une autre mission entre Venise, Ferrare et Florence. En 1437, il fut présent à un concile de Ferrare, où tous admirèrent son assiduité aux séances et sa profonde modestie.

Entre 1431 et 1440, il fut successivement nommé Cardinal Camerlingue, Grand Pénitencier et Archiprêtre du Latran.

On le voit, le chartreux n’eut guère de paix durant toute cette vie agitée, tout entière au service de l’Eglise. Mais Niccolò garda toujours un style de vie austère, recueilli, prudent. Une de ses grandes mortifications fut d’apprendre les désordres dans lesquels la ville de Bologne était retombée.

Il veilla à s’entourer de personnalités savantes, parmi lesquelles deux futurs papes, Nicolas V et Pie II.

Le pape Eugène tint cependant à le conserver près de lui pour bénéficier de ses bons conseils. Durant un séjour à Sienne, Niccolò fut pris d’une crise de pierre, qu’il endura avec une patience exemplaire.

Il s’éteignit à Sienne, le 9 mai 1443 (ou plutôt le 10 mai, d’après le Martyrologe).

Trois siècles plus tard, le 6 octobre 1744, il a été béatifié en la fête de saint Bruno, fondateur des Chartreux.

 

 

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 23:00

Nils Hermansson

1325-1391

 

Nils (Nicolas) Hermansson naquit en 1325 (ou 1326) à Skänninge (Suède) dans une famille aisée.

Après avoir fréquenté l’école-cathédrale de Linköping, il vint en France, à Paris et Orléans, pour étudier la philosophie, la théologie et le droit.

De retour en Suède, il fut quelque temps à la cathédrale d’Uppsala, puis fut nommé chanoine à la cathédrale de Linköping.

On ne précise pas l’année où il fut ordonné prêtre, mais on rapporte son zèle pour secourir les pauvres et les affligés de toutes sortes, son amour de la justice, n’hésitant pas à rappeler à l’ordre les grands, au point que sa vie fut plusieurs fois en danger.

Conseiller spirituel, il fut en contact avec la reine sainte Brigitte (v. 23 juillet), dont un des fils en reçut des leçons de latin. 

En 1374, il fut choisi pour être évêque de Linköping et confirmé par le pape l’année suivante.

Dans sa mission pastorale, il lutta pour le célibat ecclésiastique. Il continua de composer des hymnes pour le bréviaire et à soutenir l’œuvre de sainte Brigitte, avant même sa canonisation. Il inaugura le monastère brigitain de Vadstena en 1384. Quelques mots de cet hymne : 

Rose à la rosée de bonté, étoile à la pluie de lumière, Brigitte, porte-grâce ! verse-nous la charité céleste, rafraîchis-nous d’une vie pure dans ce vallon misérable.

Nils mourut en 1391 et fut béatifié en 1499, mais l’introduction de la Réforme en Suède a sans doute interrompu le chemin vers la canonisation, quoique Nils soit toujours vénéré en Suède.

Le Martyrologe l’a maintenant introduit au 2 mai.

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 23:00

Nicoló Pico de Montecorvino

François de la Terre de Labour

Pietro de Rome

Thomas

† 1358

 

Nicoló naquit à Montecorvino, dans la famille Pico qui, depuis longtemps déjà, était liée à l’Ordre franciscain.

Après sa profession et l’ordination sacerdotale, il fut envoyé en mission en Egypte.

Au moment de la Semaine sainte de 1358, il y reçut un soldat hongrois qui, par opportunisme, s’était fait musulman et par là avait obtenu les grâces du sultan, ainsi que par sa bravoure.

Or, dans ce couvent franciscain, Thomas (c’est le nom du soldat) fut conquis par les paroles chaleureuses et les exhortations du père Nicoló, au point qu’il eut le profond désir d’expier son apostasie.

Nicoló lui proposa de l’accompagner pour aller témoigner le Nom du Christ devant le sultan.

Ils emmenèrent aussi un autre Frère, François de la Terre de Labour, ainsi qu’un tertiaire, Pietro de Rome. Et les voici en marche vers le Caire.

Chemin faisant, des marchands chrétiens leur suggérèrent de ne pas risquer le déclenchement d’une nouvelle persécution, au cas où le sultan se déchaînerait contre eux et, par la suite, contre les Chrétiens.

Mais nos Franciscains étaient trop heureux de rencontrer le sultan ; Thomas en particulier ne demandait qu’à expier sa faute par un acte courageux.

Introduits devant le sultan, Thomas prit la parole en premier et déclara qu’il s’était trompé, qu’il croyait toujours en Jésus-Christ, Dieu et Homme, et se rétractait.

Le sultan accusa les Religieux d’être à la source de cette rétractation, mais Nicoló lui parla du Christ, qui avait redonné la lumière à Thomas. Et d’ajouter que la religion chrétienne était seule dans la Vérité.

François et Pietro confirmèrent leurs paroles.

Le sultan fit alors enfermer les quatre hommes. Deux jours après, il les interrogea de nouveau et, devant leur persévérance à confesser le Christ, les fit mettre à mort, le 4 avril 1358.

On ne sait s’ils furent pendus, décapités ou empalés. On voulut ensuite brûler leurs corps en cachette mais une lumière, brillant au-dessus d’eux, empêcha la réalisation du dessein.

La béatification de ces Héros du Christ appartient aux proclamations «officieuses» de l’Eglise, avant la création de la Congrégation des Rites (1588), l’ancêtre de notre actuelle Congrégation pour les Causes des Saints, créée en 1969.

 

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 00:00

Nicholas Owen

1550-1606

 

Né vers 1550 en Oxfordshire (Angleterre), ce laïc discret et immensément actif ne nous a rien laissé sur sa parenté, sa jeunesse.

Au regard de son activité au service des prêtres persécutés, on peut légitimement supposer qu’il était menuisier ou charpentier de métier.

On ne sait au juste quand, mais ce fut avant 1580, il entra dans la Compagnie de Jésus comme laïc ; on a même affirmé qu’il fut le premier Frère laïc anglais jésuite.

Il fut une première fois mis en prison en 1581, à la mort d’Edmund Campion (v. 1er décembre), pour avoir ouvertement affirmé l’innocence de ce prêtre.

Libéré, il servit de tout son cœur les pères Garnett et Gerard pendant dix-huit ans. Il fut arrêté avec ce dernier, s’échappa de la Tour et, dit-on, aurait aidé l’autre à s’enfuir aussi. On l’arrêta fiinalement à Hindlip Hall (Worcestershire), alors qu’il se faisait passer pour le père Garnett.

On n’a pas pu compter le nombre de cachettes que Nicholas put arranger avec tant d’adresse pour protéger des prêtres dans toute l’Angleterre. S’il les avait révélées… 

Conduit au Marshalsea, puis de nouveau à la Tour, il fut soumis aux terribles interrogatoires (et tortures) de Topcliffe, suspendu par les bras à des anneaux de fer, puis avec d’énormes poids accrochés aux jambes, sans parler des autres tortures et mauvais traitements.

On raconta qu’il s’était suicidé dans sa prison, mais le père Garnett réfuta la calomnie : il mourut en prison des tortures qu’il y souffrit. Toute la vie de Nicholas fut marquée par une extraordinaire innocence, ainsi qu’une profonde prudence, qui lui permit de sauver la vie de beaucoup de prêtres.

D’après le récit du père Garnett, Nicholas était encore en vie le 3 mars 1606, et certains récits repoussent sa mort jusqu’au 12 novembre 1606.

Le Martyrologe le mentionne au 22 mars.

Il a été béatifié en 1929 et canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 00:02

 

Nicholas Horner

?-1590

 

Nicholas Horner était né à Grantley (Yorkshire, Angleterre).

Ce laïc était sur le point d’entrer au service d’un tailleur de Londres, lorsqu’il fut appréhendé pour avoir hébergé un prêtre catholique.

Longtemps en prison dans de mauvaises conditions hygiéniques, il eut une jambe infectée et on dut l’amputer. Durant cette intervention, il aurait eu une vision qui l’aurait soulagé dans ses souffrances.

Libéré, mais bientôt repris pour le même motif, il refusa de se «conformer» au culte officiel (anglican) et fut condamné.

Avec Nicholas Horner, étaient jugés et condamnés le prêtre Christopher Bales, qu’il avait reçu chez lui, et Alexander Blake.

La veille de son exécution, il eut une vision où il se voyait couronné de gloire, ce qui le remplit de courage pour aller au-devant de la mort. Il raconta cela à un ami, qui le transmit à son tour au père Robert Southwell (v. 21 février).

Nicholas Horner mourut en martyr à Smithfield (Londres), vers Pâques, ce qui a fait positionner au 4 mars 1590 son dies natalis.

Il fut béatifié en 1987 parmi quatre-vingt-cinq Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 00:00

Nicolás Factor Estaña

1520-1583

 

Nicolás Factor Estaña naquit le 29 juin 1520 près de Valencia (Espagne), de Vicente, un sicilien tailleur de son métier, et Ursula Estaña. Son premier prénom était en réalité Pedro, étant né le jour de la fête de saint Pierre. 

Il semblait être né pour suivre saint François d’Assise. Encore enfant, il se prosterna à la porte de son église paroissiale pour embrasser les pieds d’un lépreux. Il vint collaborer aux soins des malades dans l’hôpital. Il jeûnait chaque semaine.

Le jeune homme, qui n’avait aucune inclination pour quelque métier, entra chez les Franciscains Observants en 1537 et fut ordonné prêtre en 1544.

Il allait être chargé de la prédication pendant presque quarante ans. Mais sa sainteté le fit nommer Gardien (supérieur) de plusieurs couvents : Santo Espíritu, Chelva, Val de Jesús, Murviedro, Bocairent. Et il fut chargé de confesser les Religieuses de la Trinité à Valencia, les Clarisses à Gandía, les Carmélites à Madrid.

Sa prédication était enflammée, il émouvait et obtenait des conversions. 

S’il n’eut pas la permission d’aller verser son sang en pays musulman, il s’efforça de gagner des mahométans à la Vérité : à Segorbe, il leur proposa même l’épreuve du feu, pour leur prouver la vérité de la religion chrétienne.

Maître des novices, il s’humiliait devant eux et leur ordonnait de lui donner la discipline, exigeant un certain nombre de coups. A part cela, il s’imposait trois fois la discipline chaque jour ; il ne prenait que du pain et de l’eau. Il marchait pieds nus, il dormait sur une table, la tête sur une pierre. Avant de célébrer, il prenait un bain complet, mais d’eau froide : son amour de Dieu devait réchauffer l’eau.

Il soulagea les pauvres, leur donnant parfois jusqu’à la tunique ; quand il puisait dans le coffre du couvent pour donner l’aumône, jamais l’argent ne manqua pour les nécessités du couvent.

Nicolás aimait beaucoup la musique, et maniait les pinceaux adroitement.

Dieu le favorisa d’extases ; la Vierge Marie lui remit l’Enfant-Jésus dans les bras. Un jour qu’il se trouvait devant l’archevêque de Tarragona, on entonna le psaume 112 (Laudate Pueri Domini), et Nicolás se trouva déjà en extase au second verset (Que le nom du Seigneur soit béni) : le prélat demanda alors à un peintre d’en faire immédiatement un tableau.

Nicolás eut de grands amis, tous aussi assoiffés de sainteté, parmi lesquels Pascual Baylón (v. 17 mai), Gaspar de Bono (v. 14 juillet), Juan de Ribera (v. 6 janvier) et surtout Luis Bertrán (v. 9 octobre).

Après la mort de ce dernier (1581), Nicolás voulut trouver plus d’austérité en passant chez les Récollets (réformés) d’Onda ; ce couvent ayant été supprimé, il rejoignit alors les Capucins de Barcelone, où la règle franciscaine stricte était plus conforme à celle des premiers Franciscains. Enfin en 1583, Nicolás regagna le premier couvent de l’Observance, où il avait commencé sa vie religieuse.

Nicolás Factor Estaña mourut le 23 décembre 1583, répétant Jésus, je crois.

Il fut béatifié en 1786.

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 00:04

 Noël Chabanel

1613-1649

 

Noël vit le jour le 2 février 1613 à Saugues (Haute-Loire).

En 1630, il entra au noviciat des pères Jésuites à Toulouse. Au cours de ses études, il enseigna en classe de rhétorique au collège, de 1632 à 1639. Après les études de théologie (1639-1641), il fut ordonné prêtre an 1642 et partit pour le Canada, qu’on appelait alors la Nouvelle-France. 

Arrivé à Québec en 1643, il fut envoyé chez les Hurons, dont, parmi tous les missionnaires, il fut le seul à étudier avec grande difficulté la langue. Les autres en effet, l’avaient apprise assez rapidement.

Malgré cela, et malgré la répugnance qu’il avait pour les us des Peaux-Rouges, non seulement il ne se découragea pas, mais il fit un vœu spécial de demeurer parmi eux jusqu’à la mort.

En décembre 1649, il se trouvait à la mission Saint-Jean, chez les Pétuns, et fut muté à la mission Sainte-Marie de l’île Saint-Joseph, où il assista le père Charles Garnier. 

Parti le 7 décembre, il fut traitreusement assassiné le 8 décembre 1649 par un Huron apostat. Ce dernier, plus tard, reconnut son geste : il avait assassiné le père en haine de la foi.

Le père Noël Chabanel est commémoré le 8 décembre ; sa fête liturgique, avec ses sept Compagnons martyrs au Canada, a lieu le 19 octobre. 

Noël Chabanel

1613-1649

 

Noël ne vint pas au monde le jour de Noël, mais le 2 février 1613, en la fête de la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem.

Ses parents habitaient Saugues (Haute-Loire). Le père était notaire ; lui et son épouse éduquèrent leurs quatre enfants dans la foi catholique.

Après ses études secondaires, Noël entra à dix-sept ans dans la Compagnie de Jésus (Jésuites), à Toulouse. Ce jeune novice s’appliqua à approfondir la règle, cherchant à devenir sans cesse plus humble, s’imposant maints sacrifices.

Puis il eut la charge d’enseigner les lettres en classe de rhétorique dans différents collèges, pendant dix ans.

Ordonné prêtre en 1641, il enseigna encore une année à Rodez, puis demanda à faire partie de la mission en Nouvelle-France, comme on appelait le Canada. Après une première réponse négative, il reçut la permission de s’embarquer. Parti de La Rochelle le 8 mai 1643, il n’arrivait à destination que le 18 août suivant.

A Québec, il resta une année, avant de passer chez les Hurons, dans la Mission Sainte-Marie, en septembre 1644.

Il faut savoir que le contact avec ces populations était une véritable épreuve pour les missionnaires. Saint Jean de Brébeuf, qui avait la réputation de ne jamais se plaindre, disait de leurs cabanes qu’elles étaient une petite image de l’enfer, tant ces gens étaient habitués à des façons grossières. Un autre encore, saint Jérôme Lalemant, affirmait que parfois on aimerait mieux recevoir un coup de hache sur la tête que de mener, des années durant, la vie qu’il faut mener (là) tous les jours.

Et voilà que notre ancien professeur, aux habitudes délicates, se retrouve dans cet enfer, pour lequel il ressent une répugnance encore plus grande que les autres. Les Indiens ne se lavent jamais et sentent terriblement mauvais, leur cuisine - si tant est qu’on puisse prononcer ce mot - est au mieux nauséabonde, ils transmettent la vermine à tous leurs visiteurs, ils sont loin d’avoir quelques notions minimales de morale, et sont comme naturellement portés au vol. Les Hurons montreront longtemps aux Pères leur désinvolture à étaler sous leurs yeux leur immoralité, leurs moqueries, et enfin leurs menaces.

Ne pouvant disposer d’une hutte pour lui, Noël partageait la vie des Hurons, toujours entouré d’une douzaine d’entre eux, enfants ou adultes, toujours en train de parler, de questionner, de discuter, et obligé de prier ou d’écrire ses notes dans cette atmosphère bruyante.

Pauvre Père Chabanel ! Lui qui se délectait de grec et de latin, n’arrivait pas à assimiler les rudiments de la langue indienne : quatre ans après son arrivée il peinait à se faire comprendre dans la langue algonquine, tandis que d’autres conversaient parfois au bout de quelques semaines…

On comprend comment Noël pouvait être tenté de penser qu’après tout, il n’était pas fait pour ces missions ; qu’il ferait mieux de rentrer en France où il ferait autant de bien auprès des jeunes qui voulaient vraiment apprendre quelque chose. Le découragement menaçait le missionnaire, mais c’est lui qui gagna la partie contre les tentations de toutes sortes : le jour de la Fête-Dieu, 20 juin 1647, il fit le vœu de rester définitivement chez les Hurons jusqu’à sa mort. 

On sait que les Jésuites, outre les vœux de religion habituels de pauvreté, chasteté et obéissance, en font un quatrième de fidélité au Pape. Noël en fit donc un cinquième, dont voici le texte : 

«Seigneur Jésus qui, par une disposition admirable de votre Providence paternelle, avez voulu faire de moi l'aide des saints apôtres de cette vigne des Hurons, bien que j'en sois absolument indigne, moi, Noël Chabanel, poussé par le désir de travailler au service de votre Esprit-Saint dans l'œuvre de la conversion à la foi des sauvages de ce pays, en présence du très saint Sacrement de votre précieux Corps et de votre Sang, je fais vœu de stabilité perpétuelle dans cette mission des Hurons, entendant toutes choses suivant l'interprétation et la disposition de la Compagnie de Jésus et de ses supérieurs. Je vous supplie donc, recevez-moi pour serviteur perpétuel de cette mission et rendez-moi digne d'un aussi sublime ministère. Amen !»

Or les Iroquois menaçaient à cette époque les Hurons. Le père de Brébeuf tomba bientôt sous les coups de hache des envahisseurs, en 1648. Noël écrivait alors à son frère Pierre, jésuite lui aussi : Peu s’en fallut dans les apparences humaines, que Votre Révérence n’ait eu un frère martyr. Mais hélas ! Il faut devant Dieu une vertu d’une autre trempe que la mienne, pour mériter l’honneur du martyre. On aura noté au passage le profond respect que se donnent entre eux les pères jésuites, même proches par le sang.

En 1649, Noël changea plusieurs fois de poste, soit pour aller assister les populations menacées, soit pour obéir aux Supérieurs, qui voulaient protéger leurs membres. Lors d’un de ces changements, c’est le père Gabriel Lalemant qui le remplaça - et qui tomba martyr un mois après. L’apprenant, le père Chabanel s’écria : J’ai manqué d’un mois le martyre ! Mais cette grâce allait lui être bientôt accordée.

Début décembre, il se confessa à un confrère et lui dit : Mon cher Père, que ce soit pour de bon cette fois que je me donne à Dieu et que je Lui appartienne.

Avait-il le pressentiment de sa mort prochaine ? Voici ce qu’il écrit encore à la même période : Je ne sais ce qu'il y a en moi, mais je me sens tout changé en un point. Je suis fort appréhensif de mon naturel ; toutefois, maintenant que je vais au plus grand danger, et qu'il me semble que la mort n'est pas éloignée, je ne sens plus de crainte. Cette disposition ne vient pas de moi.

Le 5 décembre, il quitte le poste Saint-Jean pour celui de Saint-Joseph. Il s’arrête en chemin à celui de Saint-Matthias et disait aux confrères : Je vais où l’obéissance m’appelle. La route est exténuante, il est accompagné de quelques chrétiens Hurons.

Le 7 décembre au soir, on prend un peu de repos. En pleine nuit, on apprend que la mission Saint-Jean vient d’être complètement saccagée par les Iroquois, qui sont en train de rentrer chez eux : c’est ce soir-là que fut martyrisé le père Charles Garnier. Panique générale, les Hurons veulent s’enfuir, mais le pauvre père Chabanel, malgré ses jeunes trente-six ans, n’a pas la force de les suivre et leur conseille quelque chose comme «Mettez-vous en sécurité au plus vite ! Pour moi, peu importe que je meure ici ou ailleurs».

On ne le revit plus. Comble de tristesse, ce fut un Huron apostat qui se vanta de lui avoir porté le coup fatal, prétendant venger sa nation des malheurs qui l’avaient frappée depuis l’arrivée des «Robes Noires». Il jeta le corps du Martyr dans le fleuve.

 En vertu de ce «témoignage», le dies natalis de Noël Chabanel est inscrit au 8 décembre dans le Martyrologe. Né un jour de fête mariale, il retournait à Dieu en la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 1649 : le dogme ne serait proclamé qu’en 1854, mais la fête était déjà célébrée quasi universellement dès le 14e siècle.

Noël, avec ses Compagnons Jésuites martyrs, a été béatifié en 1925 et canonisé en 1930. Ils sont fêtés tous ensemble le 19 octobre (mais le 26 septembre au Canada, dont ils sont les Patrons secondaires).

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 00:00

Narcisa Martillo Morán

1832-1869

 

Pedro Martillo et Josefa Morán étaient d’humbles paysans très profondément croyants. Ils eurent neuf enfants, dont la sixième était Narcisa.

Celle-ci naquit en 1832, à San José de Nobol (Daule, Equateur). Depuis trois siècles déjà la paroisse était tenue par des Dominicains.

Pedro, le papa, était intelligent et habile : par son travail il put se faire une petite fortune. Dans sa piété, il recourait volontiers à Mariana de Jesús (future sainte) et à saint Hyacinthe, dominicain polonais (v. 26 mai et au 15 août). Josefa, la maman, mourut bientôt, en 1838. 

Narcisa apprit de sa grande sœur et d’une maîtresse particulière toutes sortes de choses : lire, écrire, chanter, jouer de la guitare, coudre, tisser, broder, cuisiner… Elle avait  d’immenses qualités, particulièrement dans la musique.

Dès ses sept ans, quand elle reçut la Confirmation, elle perçut un appel marqué à la sainteté (1839). Elle aimait se retirer dans la solitude d’un bois, non loin de la maison, pour méditer sur les choses divines. L’arbre où elle se recueillait est encore aujourd’hui le but d’un pèlerinage assidu. A la maison, elle transforma tout un coin en oratoire.

Elle se sentit poussée à être, elle aussi, victime, en union avec Jésus Sauveur, qu’elle voulait aider dans le rachat des âmes. Aussi s’imposait-elle de rudes pénitences, tout en participant activement aux tâches domestiques et paysannes.

Dans le pays, on l’estimait beaucoup. Avec ses beaux yeux bleus et ses cheveux roux, svelte et agile, c’était une jeune fille joyeuse et discrète, aimable et douce, obéissante et charitable, très pieuse. Excellente catéchiste, elle transmettait à tout son entourage le feu de son amour pour Dieu.

A la mort de son père (1852), elle trouva un hébergement chez des amis à Guayaquil, près de la cathédrale. Elle resta à Guayaquil pendant seize ans, mais changea plusieurs fois de domicile, pour préserver son intimité et s’adonner librement à la prière et à la pénitence. Elle vivait de son travail de couturière, tout en aidant les pauvres et les malades qu’elle rencontrait, dans une réelle soumission aux conseils de ses directeurs spirituels successifs.

Elle rencontra et reçut Mercedes Molina (v. 12 juin), dont elle partageait les idéaux.

Dans son désir de plus grande perfection, et conseillée par un père franciscain, elle s’embarqua pour Lima (Pérou) en 1868, où elle vécut comme tertiaire dans le couvent dominicain du Patrocinio, fondé en 1688 sur les terrains où saint Juan Macías faisait paître ses troupeaux (v. 16 septembre). 

Favorisée de dons extraordinaires, Narcisa recevait aussi des épreuves douloureuses.

A partir de septembre 1869, la fièvre la gagna, mais elle continua ses activités habituelles. Peu avant la fête de l’Immaculée Conception (8 décembre), elle voulut faire la neuvaine avec une particulière ferveur, habillée de blanc. Ce jour-là, le pape Pie IX ouvrait le concile de Vatican I. En fin de journée, elle prit congé des Sœurs, «pour aller faire un long voyage». Elles crurent à une petite plaisanterie, mais peu après, celle qui était chargée d’implorer la bénédiction sur les cellules, remarqua une lumière particulière sur celle de Narcisa, ainsi qu’un parfum très fort.

Elle appela la communauté et on se rendit compte qu’elle venait de mourir, à trente-sept ans, au soir de la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 1869.

On apprit bientôt qu’elle avait fait les vœux privés de virginité perpétuelle, de pauvreté et obéissance, de clôture et d’érémitisme, de jeûne au pain et à l’eau, de communion quotidienne, de mortification et d’oraison, vœux qu’elle vécut fidèlement.

Elle avait vécu en union perpétuelle avec Jésus-Christ. Ses mortifications étaient très rudes et elle portait en son corps les marques de la crucifixion. Les médecins s’émerveillaient de la voir vivre avec si peu de nourriture.

Son corps demeura longtemps souple et dégageait un parfum agréable. Beaucoup de grâces furent obtenues par son intercession. Lima, Guayaquil et Nobol l’acclamèrent comme sainte. Son corps, intact, fut transféré à Guayaquil en 1955.

Béatifiée en 1992, Narcisa a été canonisée en 2008.

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 00:00

Nicolas de Myre

270-343

 

Tous les épisodes de ce Saint mondialement vénéré doivent être donnés au conditionnel, car aucun document ancien solide n’est là pour attester les miracles éclatants qu’on lui attribue.

Nicolas fut un thaumaturge dès la naissance, qui aurait eut lieu en 270, à Patara en Lycie (sud-ouest de l’actuelle Turquie d’Asie), sur la Mer Méditerranée. Le jour de sa naissance, il se tenait debout dans son bain. Le mercredi et le vendredi, il ne prenait qu’une fois le sein.

Plus tard, il apprit qu’un voisin très pauvre prostituait ses trois filles : Nicolas envoya trois fois de suite, de nuit, une bourse d’or, qui permit d’établir honorablement les trois personnes.

Une indication expresse d’En-haut le fit évêque de Myre, tout près de Patara, et il aurait assisté au concile de Nicée (325).

Des matelots en péril l’invoquèrent avec succès. En période de famine, son recours apportait des vivres. L’idolâtrie s’effondrait à son appel. Saint Nicolas serait apparu en songe à l’empereur Constantin, lui demandant la grâce de trois officiers condamnés à mort injustement.

Les anges vinrent accueillir son âme à son décès (343).

A son tombeau, jaillit une source d’huile qui guérit les maladies.

Les miracles continuèrent après la mort du saint évêque, des conversions de Juifs, une libération d’otage aux mains d’Arabes…

La fameuse résurrection de deux (ou trois) écoliers égorgés et mis en morceaux au saloir, comme de la viande de porc, pourrait être une pieuse chanson populaire tardive. Les Français chantent traditionnellement Ils étaient trois petits enfants qui s’en allaient glaner aux champs.

Saint Nicolas, par référence à divers miracles, est le patron des matelots, et de conséquence des bâteliers, des commerçants de blé et de vin, des détaillants, débardeurs, tonneliers, pêcheurs au filet ; des jeunes filles en quête de mari, de la nation de Russie, des juristes (dont le président portant un bâton surmonté d’un saint Nicolas, prit le nom de bâtonnier), des élèves, des enfants sages… 

Notre Saint est très invoqué en Lorraine, en Allemagne et dans les pays scandinaves, en Angleterre, en Amérique.

Les fêtes populaires de saint Nicolas en ont fait une Santa Claus, d’où finalement est sorti notre malheureux Père Noël.

Saint Nicolas de Myre est aussi appelé «de Bari», depuis que des reliques en ont été apportées dans cette ville du sud de l’Italie, en 1087 : Myre avait été attaquée par les Turcs, et les habitants s’enfuyaient précipitamment ; aussi les corsaires italiens qui étaient là s’emparèrent des reliques de saint Nicolas pour les rapporter à Bari.

On fête saint Nicolas le 6 décembre.

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  • : Le blog de samuelephrem
  • : Près de 9600 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
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