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14 octobre 2018 7 14 /10 /octobre /2018 21:19

Rafael Lluch Garín
1917-1936

Né le 18 février 1917 à Valencia (Espagne), il était le benjamin des six enfants de José, un professeur de mathématiques, et de María, qui donnèrent une excellente éducation à leurs enfants. Le papa mourut le 24 octobre 1918, précisément le jour où l’on fêtait alors l’archange s.Raphael.

Les deux frères aînés de Rafael s’appelaient Vicente et Santiago ; ce dernier, bon musicien, fut missionnaire en Amérique du Nord.

En 1928, la famille déménagea à Madrid, où fut fondée en 1931 l’Association de la Médaille Miraculeuse ; les trois garçons appartinrent à cette Association. Puis ils revinrent à Valencia en 1933.

Malgré la persécution qui se déchaîna en juillet 1936, Rafael conservait dans son portefeuille une image de la Sainte Vierge ; il en connaissait le danger, mais répondait qu’on lui enlèverait plutôt la vie que sa Mère. Quand il entendait les coups de fusils des miliciens qui abattaient leurs victimes, il disait : S’ils viennent me prendre, je mourrai en criant Vive le Christ Roi !

A partir du 20 juillet, il s’occupa de la pharmacie de son beau-frère, qui avait été arrêté. Au soir du 12 octobre, trois miliciens - deux garçons et une fille - vinrent inspecter la boutique. Ils prirent d’abord la bicyclette de Rafael - qui lui servait pour se déplacer, mais il ne protesta pas. Mais quand ils commencèrent à blasphémer et à vouloir arracher du mur l’image de la Sainte Vierge, Rafael intervint : ils pouvaient prendre ce qu’ils voulaient, mais pas le cadre de la Mère de Dieu. C’est alors que la fille demanda aux garçons : Et ce mec, là, vous le laissez ici ? Ils l’emmenèrent.

Après trois jours de détention à Sollana, où ils cherchèrent en vain à le faire blasphémer, les miliciens allèrent le fusiller à Silla, le 15 octobre 1936.

Les miliciens eurent l’honnêteté de rapporter à la mère de Rafael son porte-feuille, où elle trouva ce petit billet : Ne pleure pas, maman, je veux que tu sois heureuse, parce que ton fils est très heureux. Je vais donner ma vie pour notre Dieu. Je t’attends au Ciel.

Béatifié en 2017 - un siècle après sa naissance -, Rafael Lluch Garín sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 15 octobre.

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25 septembre 2018 2 25 /09 /septembre /2018 18:56

Rafaél Calatrava Ros
1881-1936

Né le 9 août 1881 à Almería, il fut reçu docteur en droit à Grenade. Avocat unanimement respecté de ses collègues, il fut surtout un grand Chrétien, en toute simplicité.

Pratiquant convaincu, il priait la Sainte Vierge, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (canonisée depuis peu, v. 30 septembre), et appartenait à l’association de l’Adoration Nocturne.

En 1911, il épousa Carmen Romero Martínez ; ils eurent onze enfants, dont Jaime, qui allait mourir martyr comme lui.

Ils furent quatre laïcs appartenant à cette même association eucharistique, qui furent arrêtés et immolés ensemble, avec le prêtre don Ginés Céspedes Gerez (v. 26 septembre : Andrés Casinello Barroeta, Adolfo Martínez Sáez et Jaime Calatrava Romero). Ils partagèrent la prison «chez les Adoratrices», un couvent réquisitionné pour être prison, et sur le bateau-prison Astoy Mendi.

Martyrisé le 26 septembre 1936 à Pozo de Cantavieja (Tahal) et béatifié en 2017, Rafaél Calatrava Ros sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 septembre. On trouve aussi la date du 25 septembre, qui semble contredire la présence de Jaime aux côtés de son père jusqu’au bout.

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23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 21:19

Ramón Roca Buscallà
1888-1936

Né le 15 mars 1888 à Alpens (Barcelone), il fut baptisé le lendemain et confirmé la même année, selon l’habitude de l’époque. Son père, Alfonso, était tailleur, sa mère s’appelait Mercedes. De leurs nombreux enfants, quatre furent de la congrégation des Missionnaires Clarétains : Ramón était l’aîné, Gonzalo était encore étudiant quand il mourut à vingt-six ans (1890-1916), Jaime fut aussi frère convers (1895-1980), le plus jeune, Alfonso, fut prêtre et mourut en Guinée Equatoriale (1897-1963). 

Ramón commença le noviciat en 1906 à Cervera, fit la profession l’année suivante et fut chargé de la couture : il avait appris le métier avec son père. Entre 1909 et 1930, il eut la même occupation à Solsona, puis revint à Cervera.

Les autorités civiles ayant donné l’ordre d’évacuer la maison, toute la communauté clarétaine de Cervera se dispersa le 21 juillet 1936.  Ramón fut un des derniers à partir, devant préparer pour chacun un habit laïc. En plus, avec un autre Convers, ils devaient accompagner les Religieux malades à l’hôpital ; pendant quelques jours, ils formèrent donc une petite communauté dans l’hôpital ; de cachette en cachette, Ramón rejoignit le 13 septembre Mas Claret, où il put enfin assister à une Messe et communier.

Il devait se cacher, puisqu’il n’avait pas l’autorisation de séjourner en cette localité ; il tenta de demander un visa pour rejoindre Barcelone, mais on le lui refusa.

Le 16 septembre, il rentrait à la maison avec son Compagnon, quand ils furent peut-être reconnus par quelqu’un qui les croisait. Le 18 on vint chercher le curé de Mas Claret, et en son absence on arrêta le frère Ramón ; on lui donna parole d’honneur qu’on ne lui ferait rien, mais il comprenait très bien ce qui lui arrivait. 

On lui fit subir un interrogatoire, puis on le fit passer par les rues jusqu’à la «prison» (un couvent de Religieuses réquisitionné), enfin on le conduisit à l’atelier de couture avant de le reconduire en prison, pour trois jours.

Le 24 septembre 1936, c’était la fête de Notre-Dame de la Merci. A un visiteur qu’il connaissait, le Frère dit : Aujourd’hui, je recevrai le martyre.

A vingt-trois heures trente de ce 24 septembre, on fit endosser à Ramón un habit neuf pour aller à Barcelone, mais on l’emmena au cimetière de Cervera. Du propre témoignage d’un milicien le Frère était très tranquille. Quand on lui dit de se mettre face au mur, il dit : On peut mourir aussi bien face au mur que dos au mur, et ajouta : Pour l’amour de Dieu, je vous pardonne tous. 

Martyrisé le 24 septembre 1936 et béatifié en 2017, Ramón Roca Buscallà sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 24 septembre.

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21 septembre 2018 5 21 /09 /septembre /2018 22:11

Ramón Rius Camps
1913-1936

Né le 26 janvier 1913 à Santa Fe (Lleida), il fut baptisé le 2 février suivant, fête de la Présentation du Seigneur au Temple ; son père, Jaime, était un ouvrier, sa mère s’appelait Josefa. Il eut quatre sœurs, dont deux furent carmélites, et il tenait l’avant-dernière place de la famille.

A quinze ans, en 1918, il entra au noviciat des Pères Clarétains de Vic et fit la profession comme frère convers. Il apprit très vite à être un bon cordonnier.

Il fut envoyé à Cervera. Ramón apprit à combattre son caractère irascible et fut un bon Religieux, pieux, travailleur et obéissant.

Cervera se trouvait à quelques kilomètres de Santa Fe, le domicile familial. Le 21 juillet 1936, à bicyclette, Ramón rejoignit les siens, accompagné par un parent, qui se disait lui-même communiste. Chez ses parents, se trouvait une de ses sœurs carmélites, souffrante. Ramón alla habiter d’abord chez sa sœur, Monserrat, tout en gardant le contact avec ses Supérieurs, qu’il allait voir à Cervera : il en revenait très affligé, ayant appris la tournure des événements. 

D’autres Clarétains le rejoignirent bientôt, ainsi que l’autre sœur carmélite ; la maison abritait alors cinq Clarétains et cinq Religieuses : cette situation comportait un grand risque ; quatre des Clarétains allèrent se réfugier ailleurs ; Ramón lui-même, apprenant avec tristesse le martyre de plusieurs de ses Confrères, chercha à rejoindre ses Supérieurs, mais c’était désormais impossible, aussi resta-t-il chez ses parents.

Les Religieuses l’invitèrent à partager leur vie «de communauté», mais il s’excusa en expliquant qu’il n’avait pas l’habitude d’être en compagnie des dames ; il se retirait pour prier et méditer ; sa lecture préférée était l’Imitation de Jésus-Christ. Dans la journée, il aidait sa mère dans les tâches domestiques, jusqu’à se faire des ampoules aux mains.

Un jour qu’il accompagnait sa mère à chercher du bois, celle-ci lui recommanda encore une fois de préférer la mort à renier la Foi : même beaucoup de ceux qui avaient renié leur Foi, furent ensuite martyrisés. Ramón la rassura.

Il s’habilla en paysan pour éviter d’attirer l’attention des révolutionnaires par son habit religieux. Bien lui en prit ! Un jour, des communistes arrivèrent dans le pays en voiture ; courut le bruit qu’ils venaient chercher Ramón : celui-ci passa derrière la maison et alla grimper à un grand pin, d’où il pouvait observer la situation ; il y resta assez longtemps, de sorte que les hommes, ne l’ayant pas trouvé, repartaient avec les phares allumés. Un des phares passa sur Ramón, qui se crut repéré ; en fait, ils ne l’avaient pas vu, mais lui, tout paniqué, descendit de son arbre pour fuir ailleurs et, en sautant, se fit tellement mal qu’il ne pouvait plus bouger. Ensuite, il réussit à ramper jusqu’à la maison et raconta l’épisode ; il ne s’était rien cassé.

On arriva au 31 août, fête de saint Raymond, son saint Patron. La maman prépara pour manger le plus beau poulet de la basse-cour, mais lui, discrètement, expliqua qu’il n’en prendrait pas, car ainsi était la Règle de sa Congrégation. Voilà une rigueur qui nous étonne, aujourd’hui.

Le 1. septembre, Ramón eut un pressentiment. Il invita ses sœurs à prier le chapelet avec leur mère et, le soir, leur dit : A demain, si Dieu le veut.

Dans la nuit, vers 2 heures du matin, quatorze communistes vinrent tambouriner à la porte pour une «inspection». Il fallut ouvrir, sinon ils fracassaient la porte. Ramón alla trouver sa mère, qui lui dit : Sois courageux ; si tu dois mourir, garde la Foi ; et lui : Maman, n’aie pas peur.

Désormais, Ramón allait se montrer ferme et courageux. Les communistes regardèrent ses mains, pour voir si elles avaient travaillé, et lui posèrent les questions classiques : Etait-il religieux ? Qui l’avait trompé pour entrer au couvent ? Qui étaient ses Supérieurs ? Ramón ne répondit pas sur cette dernière question, mais déclara qu’il était entré de plein gré dans la Congrégation. On fouilla partout pour trouver des armes. 

Au milieu de cris et de blasphèmes, on emmena Ramón pour une déclaration au Comité. La maman tenta de gagner du temps en proposant de préparer le café, son fils lui dit : Ce ne sera pas la peine. Les sœurs tentèrent avec la maman de les empêcher de partir, mais on les menaça : Seulement le curé. Pour les autres, on viendra plus tard. Tout cela avait duré environ deux heures.

La maman et la plus jeune sœur se décidèrent à rejoindre Cervera pour tenter de retrouver où était Ramón. Mais les communistes ne perdirent pas de temps : ils allèrent directement au cimetière de Cervera ; parmi eux se trouvait le jeune communiste qui avait dénoncé Ramón ; ils lui commandèrent : Toi qui l’as dénoncé, c’est toi qui va l’abattre. Honteux et tremblant, le malheureux garçon eut du mal à tirer et le frère Ramón souffrit beaucoup avant de recevoir enfin le coup de grâce.

Le frère Ramón fut ainsi martyrisé le 22 septembre 1936, à vingt-trois ans. Le jour de sa profession, ils étaient vingt-quatre novices : la moitié d’entre eux furent martyrisés (v. en particulier les 18 et 19 octobre).
Béatifié en 2017, Ramón Rius Camps sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 septembre.

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12 septembre 2018 3 12 /09 /septembre /2018 14:31

Ramiro Argüelles Hevia
1871-1936

Né le 16 Juillet 1871 à Mieres, Asturies, il se prépara au sacerdoce au séminaire d’Oviedo et fut ordonné prêtre en 1896.

Il fut professeur au séminaire, aumônier de diverses congrégations, s’occupa de la mutuelle du clergé.

En 1928, il fut nommé chanoine à la cathédrale d’Almería, tout en s’occupant encore d’enseignement au séminaire.

Très cultivé, don Ramiro était entre autres un maître de latin. Prêtre, il restait des heures au confessionnal. Il affectionnait tellement le séminaire et les jeunes séminaristes, qu’il fit de cette maison son héritier universel.

L’été 1936, il se reposait à Enix, où il fut dénoncé. Les révolutionnaires lui tombèrent dessus presque méchamment et l’emmenèrent à Almería, où il partagea le sort de don José Álvarez-Benavides de la Torre (v. plus haut). 

Don Ramiro fut un des douze prêtres martyrisés le 13 septembre 1936 à Pozo de Cantavieja (Tahal, Almería) et qui ont été béatifiés en 2017.

Ramiro Argüelles Hevia sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 septembre.

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10 septembre 2018 1 10 /09 /septembre /2018 15:06

Ráfael Vinagre Torres Muñoz
1867-1936

Né le 24 octobre 1867 à Feria (Badajoz), de Ildefonso et Isabel, il étudia au séminaire de Badajoz, puis entra dans la Congrégation de S.Vincent de Paul (Vincentiens ou Lazaristes), à Madrid.

En 1891, il fut ordonné prêtre et enseigna trois ans au séminaire. Puis il fut envoyé trois ans aux Philippines.

De retour en Espagne, il fut à Alcorisa et, en 1899, fut missionnaire au Mexique pendant vingt-deux ans (Tlapan, Oajaca, Mexico, Puebla), où il connut la persécution liée au gouvernemnt laïc, raison pour laquelle on l’envoya à Cuba.

En 1926, de retour en Espagne, il fut à Ecija puis Séville ; enfin, lui et le p. Agapito Alcalde Garrido (v. 31 juillet) furent aumôniers à la maison de retraite des Filles de la Charité à Puig (Valencia) ; il y avait là plus de cent Religieuses, âgées et malades.

Le dimanche 26 juillet, on vint les arrêter tous les deux. Tandis que le p.Agapito était assassiné le 31 juillet, le p.Ráfael fut remis en liberté quelque temps, mais fut à nouveau arrêté le 18 août et tenu en prison.

Il reçut les balles ennemies le 11 septembre 1936, à Valencia.

Béatifié en 2017, Ráfael Vinagre Torres Muñoz sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 11 septembre.

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31 août 2018 5 31 /08 /août /2018 19:06

Rosa Maria Sgorbati

1940-2006

 

Rosa naquit le 9 décembre 1940 à Gazzola (Emilie de Romagne, Italie E), benjamine des trois enfants de Carlo et Giovannina Vigilini. Elle reçut le baptême peu après.

En 1950, la famille s’installa à Milan, où le père espérait trouver du travail ; il mourut cependant l’année suivante.

Déjà, Rosa manifestait son désir de devenir missionnaire. Elle en reparla à sa mère vers 1956, mais la maman lui conseilla d’attendre ses vingt ans.

Effectivement, vers 1963, elle alla se former à Sanfrè (Piémont), chez les Sœurs de la Consolata, fondées par s.Giuseppe Allamano (v. 16 février), et prit le nom religieux de Leonella. Après le temps de postulat, elle fit le noviciat à Nepi. Elle fit la première profession en 1963.

En 1966, elle alla en Angleterre pour recevoir une formation d’infirmière ; en même temps, elle apprenait la langue anglaise, qu’elle parla couramment.

En 1970, Sœur Leonella fut envoyée au Kenya ; c’était son rêve ! Elle travailla d’abord au Consolata Hospital Mathari de Nyeri puis au Nazareth Hospital de Kiambu, près Nairobi. comme sage-femme et aida à l’accouchement de quelque quatre mille bébés. Elle ouvrit elle-même une petite école d’infirmières au Nkubu Hospital de Meru.

C’est en 1972 que Leonella fit la profession solennelle.

En 1993, elle fut nommée Supérieure provinciale des Sœurs du Kenya.

En 2001, nouvelle destination : Mogadiscio (Somalie), un pays agité par des groupes islamistes. Sœur Leonella y fonda une école de soins pour enfants et en devint la directrice. Les trente-deux premières élèves reçurent un diplôme de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Tout le monde aimait Sœur Leonella, cette Religieuse si dévouée, tout le monde sauf certains groupuscules qui lui en voulaient ; on savait qu’elle était en danger, mais elle répondait : Je me suis donnée au Seigneur, il peut faire de moi ce qu’il veut.

Après un court séjour au Kenya, elle revint en Somalie, rencontrant beaucoup de difficultés pour obtenir son visa des autorités islamiques. Elle put revenir à Mogadiscio le 13 septembre 2006.

Le drame se vérifia quatre jours plus tard, le 17 septembre 2006. En sortant de l’hôpital de Mogadiscio, Leonella fut abattue en pleine rue, avec son garde du corps, par deux hommes se réclamant d’un Tribunal islamique.

Portée à l’hôpital, Leonella y mourut quelques minutes après ; elle répétait : Je pardonne !

Nouvelle martyre, Leonella a été béatifiée en 2018 et sera commémorée le 17 septembre au Martyrologe.

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26 août 2018 7 26 /08 /août /2018 18:21

Remigi Tamarit Pinyol

1911-1936

 

Né le 13 février 1911 à Solerás (Lleida) et baptisé le 16 suivant, Remigi était un des huit garçons de Pío et María, qui tenaient une boutique. On connaît les prénoms de quatre de ces garçons, qui furent Clarétains : Alfredo, Pío, Remigi et Arturo.

Remigi commença le postulat à Barbastro en 1922, et acheva les Humanités à Cervera. Le noviciat se fit à Vic, avec la profession en 1936. Il était nerveux, parfois emporté et têtu, tous petits défauts qu’il apprit à dominer.

Il étudia la philosophie à Solsona, la théologie à Cervera. Entre 1931 et 1936, il reçut les Ordres mineurs.

Le 21 juillet 1936, il fallut abandonner la maison. Remigi, avec son compagnon d’études Genaro, se réfugièrent chez sa tante, qui tenait un atelier de couture avec ses filles à Cervera. Elle les reçut avec empressement et leur donna de beaux vêtements propres, puis les installa commodément.

Genaro dut voir un médecin, la vie à la campagne lui manquait. Dix jours plus tard, on apprit que les Rouges venaient contrôler les maisons. Le frère de Genaro, Josep, vint le chercher, accompagné d’un ami surnommé Alma Gitana.

La «fuite» commença le 25 août à minuit. Elle fut mouvementée, difficile. Les voyageurs auraient presque réussi à s’échapper s’ils n’avaient commis quelque imprudence en parlant trop. Les miliciens finirent par les arrêter dans la matinée du 27. Il en venait de tous les pays voisins, ils étaient plus de vingt !

On les conduisit au Comité de Borjas, puis au cimetière de La Floresta, et après une discussion, ils annoncèrent aux deux Religieux : Selon la loi, nous devons vous fusiller, à quoi Remigi et Genaro répondirent : C’est bien ce que nous pensions.

Les miliciens discutaient à qui devait fusiller les deux Religieux ; les uns n’osaient pas, les autres refusaient, finalement on désigna les miliciens de La Floresta. La gérante du bar où ils discutaient intervint aussi : Il faut accomplir la loi, il ne faut pas être lâche ! On se rendit au cimetière, où les deux Religieux purent encore prier un peu, écrire à leurs parents ; ils demandèrent aussi de pouvoir passer une dernière fois dans leur pays, pour saluer leurs amis et parents, mais on ne le leur accorda pas.

Il y eut encore un incident : ils avaient soif. On leur apporta quantité de bouteilles de limonade et de liqueurs du bar, qu’ils ne voulaient pas toucher ; ils demandaient seulement de l’eau. C’est le chef des miliciens qui eut un malaise, et les Religieux lui firent boire de la limonade.

A ce moment-là, ils tendirent la main aux miliciens, en signe de pardon fraternel. Ils dirent l’Acte de contrition, se mirent à genoux, demandant à recevoir les balles dans la poitrine, mais les miliciens préférèrent leur tirer dans le dos, car ils tremblaient beaucoup et hésitaient à tirer. D’ailleurs, les balles se succédèrent très irrégulièrement. On entendit les victimes crier trois fois : Vive le Christ roi ! Ceux de la milice crièrent : Vive la révolution sociale ! Les deux Religieux ne moururent pas sur le coup ; le «chef» vint leur donner le coup de grâce en tirant plusieurs balles dans l’œil droit.

Martyrisé avec Genaro Pinyol Ricard le 27 août 1936 et béatifié en 2017, Remigi Tamarit Pinyol sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 27 août.

 

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21 juillet 2018 6 21 /07 /juillet /2018 21:25

Roque Catalán Domingo
1874-1936

Né le 24 janvier 1874 à Aldehuela (Teruel), Roque était le fils de braves agriculteurs, Vicente et Joaquina. Celle-ci mourut de bonne heure.

Il suivit l’école primaire du pays, et aidait son père dans les travaux de la ferme. Les champs, les bêtes, n’avaient aucun secret pour lui. Mais surtout, son père lui parlait avec profonde conviction de la vie éternelle. Jamais ils n’allaient se coucher sans avoir prié le chapelet et lu quelque page d’un bon livre.

Il est bon de raconter comment l’innocent garçon orienta sa vie. Il alla voir son oncle et lui demanda tout bonnement s’il était mieux, selon lui, d’épouser sa fille ou de se faire religieux. Et l’oncle de lui répliquer : Ma fille est une brave fille, mais Dieu est meilleur : fais-toi religieux.

Ce n’est pas tout. Quand Roque annonça sa décision à son père, celui-ci lui répondit qu’il voulait se consacrer avec lui. Ils se présentèrent tous deux chez les Lazaristes. Toutefois, on leur imposa un délai ; le père, qui avait soixante ans, fut orienté vers les cisterciens de Dueñas, où sa sainte vie le fit désigner comme maître des novices pendant une vingtaine d’années. Il mourut en odeur de sainteté.

Roque, lui, fut admis chez les Lazaristes. Le jour de sa profession, il demanda une seule grâce au supérieur : aller voir son père une dernière fois : il y alla et put même obtenir une photographie de la rencontre.

Le nouveau Frère Coadjuteur fut rempli de zèle apostolique et participa avec grande joie aux missions des Pères : Teruel, Madrid, Fuencarrall, Alcobendas, San Sebastián (1898-1900).

Il fit la profession solennelle en 1900 à Val de Olmos.

Quand le Vatican confia aux Pères Lazaristes la mission de Cuttack (Inde), Roque se proposa d’emblée pour y aller, mais les supérieurs s’y opposèrent de façon énergique. Alors le jeune profès confia à l’un des partants la photographie dont on parlait plus haut : Quand tu seras là-bas, mets cette photographie en terre ; puisque mon corps ne pourra y être enterré, j’y aurai mis ma photographie !

En même temps que jardinier, il fut ensuite nommé infirmier à la Maison Mère de Madrid. Rien ne l’arrêtait, ni le danger de la contagion (lors de la grippe espagnole de 1918), ni le travail, ni les souffrances ; souvent il ne se couchait même pas. On le vit baiser les plaies des pieds d’un prêtre malade. Roque avait aussi cette délicieuse habitude, quand mourait un malade, d’aller déposer dans les plis de son linceul une petite prière au Bon Dieu, une demande de grâce particulière - qu’il obtint toujours.

Il réussit à se construire un petit autel, avec les ornements et le nécessaire pour y faire célébrer la messe en l’honneur de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse. C’était une joie de le voir prier le Chemin de Croix, de l’entendre parler dans les réunions. Au jardin, il ne s’arrêtait pas ; il proposait plutôt à un autre Frère de se reposer et lui demandait de lire à haute voix une page de l’Imitation de Jésus-Christ.

Il exprima souvent son désir, mieux : sa certitude qu’il serait martyr.

Le 20 juillet 1936, on apprit que deux Frères avaient été assassinés à Hortaleza. Roque se proposa immédiatement pour aller chercher des nouvelles et savoir de qui il s’agissait. Il partit en annonçant : Si je ne reviens pas, chantez un Te Deum. Il ne revint pas : arrivé près de la maison des Filles de la Charité, il constata que leur maison était saccagée ; il se planta debout devant les attaquants, comme pour protester, et reçut une balle qui lui traversa le crâne.

Le Frère Roque fut martyrisé le 22 juillet 1936 à Hortaleza (Madrid) et béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Roque Catalán Domingo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 juillet.

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20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 11:21

Rafaél García Torres
1904-1938

Né le 22 février 1904 à Níjar (Almería, Espagne SE), Rafaél fut baptisé dès le lendemain de ce jour.
Pour aider sa famille qui était pauvre, il se dédia au commerce après avoir achevé ses études.
Chrétien convaincu, il fit partie de l’Action Catholique, des Adorateurs nocturnes de l’Eucharistie. C’était l’ange gardien et le bras droit du curé de la paroisse, don Berruezo (v. 31 août).
Lors de la persécution révolutionnaire, il refusa de se cacher, mais il fut dénoncé par un ancien bienfaiteur de la famille. Le 1. mars, il fut mis en prison à Almería, d’où on le transféra au camp de Turón, où il fut victime de multiples tortures.
Il eut la force d’écrire aux siens pour les consoler.
Son martyre se prolongea et l’on s’acharna sur lui, pour le faire apostasier, mais il resta ferme dans sa foi. Alors qu’il ne pouvait plus se tenir sur ses jambes, il jeta à terre sa pelle et cria encore : Vive le Christ Roi ! Ce fut sa dernière parole, le 20 mai 1938 à Turón.
Rafaél  fut béatifié en 2017.
Le nom du bienheureux Rafaél García Torres sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 20 mai.

 

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Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Près de 9600 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
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