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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 23:00

Yi Kwang-hŏn Augustinus
(Yi Gwang-heon Auguseutino)
1787-1839

Augustinus était né en 1787 à Kwangju (Gyeonggi-do, Corée S), d'une famille noble. Son jeune frère, Yi Kwang-nyŏl Ioannes Baptista, mourra lui aussi martyr, le 20 juillet de la même année (1838), et sera lui aussi canonisé.
Il épousa Kwŏn Hŭi Barbara, qui mourra martyre à son tour, le 3 septembre 1838, et sera canonisée avec lui.
De ce mariage naîtra une fille, Agatha, elle aussi martyrisée à dix-sept ans le 9 janvier 1840, et canonisée avec ses parents.
Augustinus avait un excellent caractère, tolérant, plein de talents et de grande intelligence. Jeune, il aimait les plaisirs et la vie aisée. Mais à trente ans tout changea, quand il devint catholique avec son épouse et son jeune frère. Il prit le nom d’Augustinus, en souvenir de la conversion de saint Augustin. Désormais, sa vie fut exemplaire.
Pour échapper aux persécutions, il déménagea plusieurs fois, et perdit finalement tous ses biens. Il embrassa la pauvreté avec la foi d’un vrai Chrétien. Personne ne l’entendit se plaindre.
Ce fut la communauté chrétienne qui se cotisa pour lui acheter une habitation, au-delà de la Porte Etroite Ouest.
Augustinus devint catéchiste, et sa maison servit de chapelle. Il était toujours prêt à rendre service, à convertir les tièdes, à enseigner aux catéchumènes. Il s’occupait des malades, baptisait les enfants en danger de mort.
Lors de la persécution, toute la famille fut arrêtée, le 7 avril 1839, voici comment : bien que la maison eût l’apparence d’une auberge, on la réquisitionna et on arrêta tous les catholiques qui s’y trouvaient. Parmi ceux-ci se trouvait l’épouse d’un catéchumène, qui en réclama la libération. En échange il donna le nom de cinquante-trois Catholiques qu’il connaissait, dont Augustinus et les siens.
On proposa à Augustinus la libération de son épouse et de ses enfants, s’il acceptait juste de dire qu’il n’était pas chrétien. Il répondit : Je ne peux pas renier Dieu parce que j’aime ma femme et mes enfants. Je ne peux pas leur montrer ma faiblesse.
Les policiers le battirent sur les jambes avec un gourdin triangulaire, puis il reçut le même supplice que saint Chŏng Kuk-bo Protasius le 20 mai précédent. Il saignait abondamment, sa chair était en lambeaux et l’on voyait ses os, brisés par les coups. Ceux qui le voyaient en étaient horrifiés, mais Augustinus ne bronchait pas.
Même le chef de la police se fatigua de le torturer et lui montra de la «sympathie», lui proposant de dire seulement qu’il obéirait au roi. Augustinus en profita pour demander la libération de ses deux enfants, en particulier de sa fille qui se trouvait au milieu des voleurs. Le chef de police lui proposa de les libérer purement et simplement, s’il apostasiait. Augustinus refusa.
Les enfants d’Augustinus et sa vieille maman de quatre-vingt ans demeurèrent volontairement en prison.
Le vendredi 24 mai 1839, Augustinus fut décapité avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Il avait presque cinquante-trois ans.
Il fut béatifié en 1925 et canonisé en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 11:21

Yi Yun-il Ioannes
(Yi Yun-il Yohan)
1812-1867

Ioannes était né en 1812 à Hongju (Ch’ungch’ŏng, Corée) ; on a trouvé aussi 1823 comme date de naissance, probablement une erreur.
Il vint s’installer à Mungyŏng (Kyŏngsang) et travailla comme cultivateur.
Il se maria et eut des enfants.
On le décrivait comme «grand, avec une longue barbe», ce qui lui donnait une allure prophétique. En réalité, il était très doux et très pieux.
Il avait hérité de sa famille une tradition de catholiques et de catéchistes, et faisait de son mieux pour conserver ces traditions.
Ce qu’on sait de son arrestation et de son martyre, nous vient du témoignage de son fils.
Le 6 décembre 1866, Ioannes était assis dans sa chambre et aperçut l’arrivée de la police. Il pouvait s’échapper, mais ne le fit pas.
Interrogé s’il connaissait des Catholiques, il dit qu’il l’était, mais qu’il n’en connaissait pas d’autres dans le voisinage.
La police arrêta ce jour-là trente personnes, dont huit de la parenté de Ioannes, qui furent mises en prison à Mungyŏng.
Le gouverneur étant absent, il n’y eut pas d’interrogatoire, mais Ioannes fut déjà torturé, tandis qu’on pillait toute sa propriété.
Trois jours après, on les envoya à la prison de Sangju, où Ioannes subit trois interrogatoires. A chaque fois, il répondit qu’il ne connaissait pas d’autres Catholiques, en dehors de ceux qu’on avait arrêtés.
Il y avait là en tout soixante-dix prisonniers catholiques. On les divisa en trois groupes : l’un, pour ceux qui avaient des enfants et avaient apostasié ; le second, de vingt personnes, qui refusaient de renier Dieu ; le troisième, les responsables (catéchistes), dont Ioannes.
Les autorités de Seoul, consultées, ordonnèrent la condamnation à mort, le 4 janvier 1867.
L’exécution devait avoir lieu à Taegu (Kyŏngsang). Avant le départ, les prisonniers furent encore torturés. Ioannes, lui, était si joyeux, qu’il dit à ses enfants : Voilà que je vais devenir martyr. Vous, retournez à la maison, honorez le Bon Dieu, et quand vous serez grands, imitez-moi.
Comme précédemment, Ioannes continua d’encourager ses compagnons de cellule à rester fidèles dans leur foi.
Le jour de son exécution étant arrivé, Ioannes fut conduit dans un faubourg de Taegu, où il prit un dernier repas et remit aux bourreaux tout l’argent qu’il avait.
Il fut décapité, le 21 janvier 1867.
On ne connaît peut-être pas tous les Martyrs de cette persécution, mais Ioannes est le dernier en date de ces cent-trois Martyrs coréens. Ils furent béatifiés à des dates différentes (Ioannes en 1968), et tous canonisés en 1984.
Leur fête liturgique est au 20 septembre.

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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 23:30

Yūsuf Habīb Melkī

1881-1915

 

Yūsuf Habīb Melkī naquit le 1er octobre 1881 à Baabdāt (Liban), septième des onze enfants de Habīb Awaiss Melkī et de Noura Bou Moussi Kanaan Yammine.

La famille était de rit maronite, et Yusuf reçut le baptême dans l’église de ce rit, où d’ailleurs le papa avait la fonction importante de chantre. Par la suite, ils passèrent au rit latin romain.

L’éducation de Yūsuf commença auprès du curé de la paroisse, puis auprès des pères Capucins nouvellement installés. En 1895, il rejoignit leur séminaire à Istanbul.

En 1899, il commença le noviciat chez ces mêmes pères Capucins et prit l’habit, avec le nom religieux de Léonard de Baabdāt (en arabe Līūnar).

L’année suivante, il fit la profession, puis reçut les ordres sacrés. En 1904, il fut ordonné prêtre.

Sa première mission fut à Mardin (Turquie SE), comme professeur et prédicateur. Pour des raisons de santé, il fut momentanément à Maamouret-el-Aziz, puis au Liban, puis à Urfa, avant de retourner à Mardin.

Nous sommes alors en 1915. On sait comment le gouvernement turc se déchaîna contre toute présence catholique ou non-musulmane dans le pays, générant le tristement célèbre génocide arménien.

C’est ainsi que fut arrêté notre p.Léonard, accusé de «conspiration au profit du gouvernement français». On est en droit de se demander de quelle conspiration il pouvait s’agir. Les hommes qui l’arrêtèrent le mirent immédiatement devant cette alternative : ou tu te convertis à l’Islam, et tu es libre, ou tu meurs. Léonard n’hésita pas une seconde.

Dès lors, il fut torturé de façon impitoyable : on le battit, on le tira par la barbe, on le jeta dans les escaliers de la forteresse de Mardin, on le pendit par les pieds durant des heures, on lui arracha les ongles. Puis on le réunit à une caravane de plusieurs centaines de Chrétiens de Mardin, contraints à marcher à pied sur plusieurs kilomètres, en direction de Diyarbakir, leur destination d’exil ; en chemin cependant, ils furent exécutés près de la localité Kalaat Zirzawane.

Parmi les martyrs, se trouvait l’archevêque de Mardin, Mgr Shoukrallah Ignatius Maloyan, déjà béatifié en 2001.

C’était le vendredi 11 juin 1915, fête du Sacré-Cœur. Léonard avait trente-trois ans.

Yūsuf Habīb Melkī - Léonard de Baabdāt sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 11 juin.

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 11:22

Yi Mae-im Theresia

(Yi Mae-im Teresa)

1787-1839

 

Theresa était née vers 1787, à Pongch’ŏn (Seoul, Corée S).

On ne connaît rien d'elle, sinon que ses deux nièces furent à leur tour martyrisée : Yi Chŏng-hŭi Barbara et Yi Yŏng-hŭi Magdalena, cette dernière le même jour (20 juillet), la première le 3 septembre.

Theresia est l'une de ces quatre femmes vaillantes dont il est parlé à propos de Rosa et Martha, martyrisées par la décapitation le même 20 juillet 1839, béatifiées en 1925, canonisées en 1968 et fêtées ensemble le 20 septembre.

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 15:59
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21 octobre 2018 7 21 /10 /octobre /2018 09:15

Yu Tae-ch’ōl Petrus

(Yu Dae-jeol Peteuro)

1826-1839

 

Petrus était le fils d’un père chrétien, mais d’une mère strictement attachée à la religion des ancêtres et opposée au christianisme.

Son père, Yu Chin-gil Augustinus, fut ce laïc qui alla à Pékin pour demander aux missionnaires d’envoyer des prêtres en Corée ; il fut arrêté en juillet 1839 et martyrisé le 22 septembre 1839.

Petrus, reçut le baptême, comme ses frères, avec le nom du Prince des Apôtres.

La mère et la sœur en revanche lui reprochaient de ne pas «obéir» quand on lui demandait d’offrir l’encens aux ancêtres, mais Petrus répondait gentiment qu’il obéirait en tout ce qu’on lui demanderait, mais que, pour ce qui concernait la foi, il obéirait d’abord à Dieu, qui a créé toutes choses.

Lors de la persécution, Petrus désirait ardemment le martyre. Profondément impressionné par le courage de son père et d’autres Martyrs qu’il vit en prison, il n’eut plus d’autre désir et alla se présenter spontanément aux autorités, dès juillet 1839, peu après l’arrestation de son père.

Après un premier interrogatoire, le juge se rendit compte que Petrus était fils d’un Chrétien, et le mit en prison.

Présenté devant la cour, Petrus fut invité à apostasier, menacé, torturé ; rien n’y fit, il ne renia pas son Dieu.

En prison, le gardien le frappa durement, lui écorchant profondément la jambe ; Petrus répondit qu’il croyait toujours en Dieu et qu’il n’avait pas peur d’être frappé. Le gardien le menaça de lui enfiler un charbon ardent dans la bouche, le garçon ouvrit grand la bouche, prêt à recevoir le charbon : même le gardien n’osa pas. Un jour qu’il fut frappé plus fort, il perdit conscience ; réveillé par ses camarades de prison, il leur dit : N’ayez pas peur, je ne vais pas mourir pour ça.

Les tortures que subit Petrus furent effrayantes. Il fut interrogé quatorze fois et à chaque fois soumis à la torture. Il fut fouetté six-cents fois, et quarante-cinq fois avec le cudgel, ce mince morceau de chêne allongé, d’une vingtaine de centimètres de large et épais de quelques centimètres, avec lequel on frappait la victime allongée sur le ventre : après dix coups, les chairs «sautaient» de tous côtés et le sang coulait abondamment.

On ne comprenait pas comment Petrus avait encore la force de résister et de sourire : il avait les os brisés, les chairs en sang, le corps couvert de bleus. C’étaient les bourreaux qui devenaient ridicules… A un moment, Petrus prit un morceau de chair qui lui tombait de l’épaule et alla le montrer au gardien de prison : tout le monde en demeurait surpris, stupéfait, embarrassé : comment un adolescent de treize ans pouvait-il donc avoir ce cran, cette force, cette endurance ?

Et qu’on ne dise pas que, peut-être, on ait embellit le cadre de ce martyre prolongé : les témoins étaient là, qui purent voir et raconter ce qu’ils virent de leurs yeux.

Les autorités voulaient battre à mort Petrus, mais Petrus ne mourait pas ! Aussi finit-on par l’étrangler dans la prison-même.

Petrus mourut ainsi le 21 octobre 1839, un mois après son père.

Il est le plus jeune des Martyrs coréens, béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

La fête liturgique de ces Martyrs est au 20 septembre.

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9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 23:02

Youssouf de Perse
† 343

Lire la notice Narses et Youssouf de Perse

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 18:51

Ya’qûb de Saroug

450-521

 

Jacques naquit vers 450 dans le village de Kurtam (Saroug, act. Suruç, Turquie SE).

Son père était prêtre et, croit-on, le poussa à fréquenter l’école théologique d’Edesse en Syrie.

Il devint périodeute de l’évêque d’Edesse pour sa région natale, chargé de visiter les prêtres au nom de l’évêque.

En 502-503, il y eut une invasion des Perses, à l’occasion de laquelle Ya’qûb écrivit des lettres à toutes les villes, pour encourager les Chrétiens à rester confiants en Dieu, à ne pas s’enfuir.

En 519, Ya’qûb fut ordonné évêque de Batnan, ville principale du district de Saroug, et diocèse suffragant d’Edesse. Mais Ya’qûb démissionna l’année suivante, peut-être pour n’avoir pas à prendre part aux discussions interminables sur la nature unique ou double du Fils de Dieu incarné, ou peut-être pour demeurer plus solitaire et consacrer davantage de temps à ses ouvrages.

On a reçu de lui pas moins de quatre cents homélies, versifiées, sur un total de plus de sept cents.

Ces homélies sont composées d’un nombre variable de stances (en moyenne plusieurs dizaines) de quatre vers de douze syllabes chacun. Pour cet immense champ de travail, Ya’qûb se fit aider par soixante-dix secrétaires, qui l’aidaient à retrouver et à traduire des passages de l’Ecriture et de la Vie des Pères.

Outre ce vaste corpus, Ya’qûb nous a laissé aussi quelques œuvres et homélies en prose et des lettres.

Si l’on a appelé s.Ephrem le Syrien la lyre du Saint-Esprit (v. 9 juin), Ya’qûb en revanche fut surnommé la flûte du Saint-Esprit. Ses poèmes furent utilisés dans la liturgie.

Il semble que Ya’qûb n’ait pas envisagé l’immaculée Conception de la Vierge Marie, et qu’il ait même penché pour le monophysisme, mais il ignora la diatribe des théologiens, sa doctrine fut généralement reçue par toutes les Eglises comme celle d’un Saint et il fait partie des Pères de l’Eglise.

Ya’qûb mourut, semble-t-il, le 29 novembre 521.

Saint Ya’qûb de Saroug est commémoré le 29 novembre dans le Martyrologe Romain.

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 06:52

Ywius, diacre

† 704

 

On a vu (v. 1er mars) le personnage de s.Dewi. Une récente analyse identifierait à Dewi notre Ywius, par déformation de saint Dewi en saint Yvi.

Il ne s’agit pas ici de mépriser ou de contester le travail des chercheurs. Grande est la difficulté de retrouver ce qui est historique et légendaire dans les vies des Saints gallois, irlandais ou écossais. Il faudra sans doute attendre de nouvelles recherches ou découvertes pour confirmer ou non ce qui est dit ici.

Jusqu’à plus amples précisions, Ywius serait né en Ecosse, de Branon et Egida. Très jeune orphelin, il aurait été recueilli à Lindisfarne, sous s.Cuthbert (v. 20 mars), et serait devenu moine (et diacre). Il y a une difficulté ici, à savoir que s.Bede (v. 25 mai) dans son Histoire, mentionne Cuthbert, mais pas Ywius. Est-ce parce qu’Ywius quitta la Grande-Bretagne ?

Ywius serait venu en 685 dans notre Bretagne, où ses vertus, sa sainteté, ses miracles seraient attestés par un certain nombre de localités (Pontivy, Loguivy…).

Ywius serait mort vers 704 (donc un siècle après s.Dewi).

Sous l’autel où se trouve la châsse de s.Ywius, suinte une source dans laquelle les mamans trempent la chemisette des bébés, pour les guérir des coliques. Cette châsse se trouve sans doute en l’église de Saint-Ivi, où mourut Ywius, et contient des fragments du corps d’Ywius, puisqu’au 10 ou 11e siècle son corps fut transporté en Angleterre au monastère de Wilton.

Saint Ywius (qui n’est pas s.Yves, v. 19 mai) est commémoré le 6 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 23:00

Yrieix d’Attanum

511-591

 

Aredius, devenu Yrieix en français, naquit vers 511 à Augustoritum, ancêtre de l’actuelle Limoges. Ses parents appartenaient à la noblesse ; son père s’appelait Jocondus, et sa sainte mère Pelagia, qui était même inscrite autrefois le 26 août au Martyrologe. Yrieix avait aussi un frère, Renosinde.

Jeune homme, Yrieix se rendit à Trèves, à la cour du roi Théodebert, où l’évêque Nizier le remarqua et l’admit dans le clergé. C’est que des prodiges avaient déjà lieu, entre autres on vit quelque temps une colombe voltiger longuement au-dessus de la tête d’Yrieix, ce qui fut interprété comme la présence évidente du Saint-Esprit dans ce jeune clerc. Il fut bientôt ordonné prêtre.

Quand il apprit la mort de son père, Yrieix s’empressa de venir assister sa pieuse mère ; mais il refusa tout héritage et l’abandonna à la gestion de sa mère et de son frère. Seulement, il demandait à pouvoir bénéficier de quelques rentes pour l’édification de sanctuaires.

Il eut bientôt quelques compagnons, avec lesquels il édifia un monastère qui se situait à Attanum (à l’origine de l’actuelle St-Yrieix-la-Perche, Haute-Vienne). La Règle s’inspirait de plusieurs autres, de Jérôme, Pacôme, Cassien, Basile, Benoît, Césaire… Ce n’était pas un rassemblement hétéroclite, mais un choix judicieux, qui savait s’inspirer des meilleurs maîtres et adapter ces préceptes aux conditions particulières du nouveau monastère.

Yrieix préconisait la stabilité des moines dans leur maison, mais lui-même voyagea beaucoup, non pas par désir de voir du pays, mais pour s’enquérir des coutumes des autres, pour s’enrichir de quelque pèlerinage, et aussi pour prêcher… et faire des miracles. Il se trouva ainsi à Poitiers, auprès de s.Venantius Fortunatus et de sainte Radegonde (v. 14 décembre et 13 août), au tombeau de s.Martin de Tours (v. 11 novembre), à celui de s.Denys de Paris (v. 3 et 9 octobre), etc.

Les miracles opérés par Yrieix furent à ce point nombreux que son biographe et contemporain, s.Grégoire de Tours, qui le connut personnellement, affirme ne pouvoir les compter : il fit jaillir une source, cesser une pluie torrentielle, il délivra des posssédés… 

En 584 mourut sa mère, Pelagia. Il continua encore ses pèlerinages.

Le dernier fut en 591, à Tours. Sentant sa fin prochaine, il revint en hâte à son monastère, rédigea son testament. Il fut pris de dysenterie pendant plusieurs jours et mourut le 25 août 591.

Au 10e siècle, le monastère d’Attanum devait passer à un chapitre de Chanoines Augustins, et donner naissance à une cité très active. Lors de la Révolution française, les Chanoines refusèrent la constitution civile du clergé et furent déportés aux pontons de Rochefort ; la communauté ne se reformera pas. Certains de ces prêtres furent béatifiés en 1995 (v. Raymond Petiniaud de Jourgnac, 26 juin ;  Pierre-Yrieix Labrouhe de Laborderie, 1er juillet ; Barthélemy Jarrige de la Morelie de Biars, 13 juillet ; Jean-Baptiste de Bruxelles, 18 juillet) ; Jacques Lombardie, 22 juillet ; Marcel-Gaucher Labiche de Reignefort, 26 juillet ; Jean-François Jarrige de la Morelie de Breuil, 31 juillet ; Pierre Jarrige de la Morelie de Puyredon, 12 août ; Pierre Gabilhaud, 13 août ; Antoine Bannassat, 18 août ; Louis-Wulphy Huppy, 29 août ; Claude-Barnabé Laurent de Mascloux et François d’Oudinot de la Boissière, 7 septembre ; Joseph Marchandon, 22 septembre ; tous ces prêtres étaient du diocèse de Limoges, sans qu’on puisse affirmer avec certitude qu’ils étaient de ces Chanoines de Saint-Yrieix). 

Saint Yrieix d’Attanum est commémoré le 25 août dans le Martyrologe Romain.

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