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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 00:00

Manuel Lozano Garrido

1920-1971

 

Manuel naquit le 9 août 1920 à Linares (Jaén, Espagne). 

Dans les années 30, il s’était inscrit parmi les jeunes de l’Action Catholique. Vif, sportif, joyeux, il s’apprêtait à mordre la vie à pleines dents.

A l’âge de vingt-deux ans, il fut atteint d’une paralysie progressive qui le condamna à rester sur le fauteuil roulant pendant le reste de ses jours, trente-et-une années. En outre, les neuf dernières années, il fut aveugle.

Il apprit à connaître, à aimer, à vénérer la très Sainte Mère de Dieu, à qui il dédia des pages très belles, pleines d’amour filial.

Sa dévotion à l’Eucharistie était très profonde. Là aussi, il écrivit des pages sur la Fête-Dieu ou sur le Jeudi Saint, ou aussi sur le Sacerdoce du Christ. De son balcon, il aimait contempler l’église de son pays, «en face du sanctuaire». Durant la guerre civile, il s’offrit pour porter en cachette l’Eucharistie, un soir de Jeudi Saint : arrêté, il passa la nuit en prison, adorant l’Hostie qu’on lui avait remise cachée dans un bouquet de fleurs.

Quand la maladie le gagna, il dut renoncer à ses études, vivre dans le silence et la solitude. Il écrivit : Profession : invalide.

Quand il pouvait encore utiliser ses doigts, on lui offrit une machine à écrire. Voici ce qu’il y écrivit en tout premier lieu : Seigneur, merci. Le premier mot, c’est ton nom ; qu’il soit toujours la force et l’âme de cette machine. Que ta lumière et ta transparence soient toujours dans l’esprit et dans le cœur de tous ceux qui y travailleront, pour que ce qu’on en fera soit noble, pur et plein d’espérance. Et quand il eut la permission qu’on célébrât la Messe sur sa table, il fit mettre par-terre la machine en question pour que le bois de la Croix soit planté sur le clavier et y mette ses racines.

Quand sa main droite fut paralysée, il se mit à écrire de la gauche ; quand celle-ci aussi fut paralysée, il dicta sur magnétophone. Lui qui n’hésitait pas à prendre la parole même à la radio pour parler de Dieu, durant la persécution, le voilà immobile sur son fauteuil à roulettes, mais toujours actif et joyeux, infatigable.

Il voulut communiquer son élan et fonda un groupe de prière, le Sinaï, regroupant d’autres malades invalides, avec lesquels il reste en communication par un petit périodique qu’il rédige lui-même, et à travers lequel il encourage tous ses «compagnons», comme Moïse, à élever leurs prières pour le peuple. Par son périodique, il diffusait des articles sur la foi, la doctrine de l’Eglise, sur les mines et l’urbanisme, l’école et l’agriculture, les nouvelles de la ville… Il est devenu périodiste et écrivain.

Il écrivit neuf livres de spiritualité, des essais, un roman autobiographique, des centaines d’articles. Quand il reçoit quelque prix littéraire, il commente humblement : Je gagne mon pain à la sueur de mon front. C’est surtout un large apostolat qu’il exerce de son fauteuil roulant, sans bouger, transmettant sa foi et surtout sa dévotion eucharistique et mariale.

Désormais aveugle, il se faisait lire les articles sur le Concile Vatican II avec avidité et s’en imprégnait profondément.

Il vivait tellement chrétiennement sa maladie, qu’il semblait ne pas la sentir. Son médecin disait qu’il était, parmi les malades gravement atteints, celui qui était en meilleure santé.

Manuel, que tout le monde connaissait comme «Lolo», mourut le 3 novembre 1971.

Il a été béatifié en 2010.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 00:00

Carlo Borromeo

1538-1584

 

Carlo (Charles) Borromeo était né le 2 octobre 1538 au château Borromeo d’Arona (Lac Majeur, Italie nord), deuxième fils de Giberto et de Margherita de’ Medici et neveu du futur pape Pie IV. Il avait aussi des sœurs.

Dès 1550, à douze ans, il reçut l’habit clérical et les revenus de l’abbaye locale de San Gratiniano.

Il étudia sérieusement à Pavie, et fut reçu docteur en droit civil et canonique, en 1559.

Il n’était pas encore prêtre (il n’avait que vingt-deux ans), quand le nouveau pape Pie IV l’appela à Rome, le créa cardinal et lui confia diverses missions, dont la première était d’administrer le diocèse de Milan tout en demeurant à Rome. 

Ce n’était pas la meilleure décision à prendre, mais pour l’époque, elle se révéla excellente. Carlo était mondain, recevait, fondait une académie domestique culturelle, mais ce bourreau de travail fut d’une totale fidélité à la cause du pape et de l’Eglise.

Il seconda très efficacement le pape pour l’achèvement du concile de Trente, qui n’en finissait pas depuis 1545.

En 1563, il fut ordonné prêtre, et consacré évêque. A partir de ce moment, il restreignit considérablement son train de vie, augmentant en revanche ses veilles et ses austérités et surtout, en 1565, rentra dans son diocèse pour l’administrer personnellement sur place. Sauf à la mort de Pie IV et lors du conclave (d’où devait sortir Pie V), il ne quitta plus son vaste diocèse.

Il vendit ses meubles précieux, se débarrassa de ses pompeux ornements, employa tout ce qu'il avait de revenus à l'entretien des séminaires, des hôpitaux, des écoles, et au soulagement des pauvres et des mendiants. Son personnel était soumis à une règle sévère ; les heures de prières étaient marquées, et personne ne s'absentait alors sans permission. 

Il s’employa à réformer son clergé, ignorant et paresseux. Les prêtres de son entourage, soumis à une discipline encore plus stricte, formaient une véritable communauté, qui donna à l'Église un cardinal et plus de vingt évêques.

Il éleva un mur contre les prétentions laïques, menaça d’excommunication ceux qui participeraient au carnaval… Sa sévérité ne fut pas toujours admise, et il échappa de justesse à un attentat, quand un religieux indiscipliné de Milan tenta de l’atteindre presque à bout portant d’une flèche d’arquebuse (1569).

Il créa des séminaires, des collèges, un refuge pour repenties. Il lutta contre la fraude, organisa des confraternités (du Rosaire, du Saint-Sacrement). Il organisa onze synodes diocésains et six conciles provinciaux.

Le cardinal Borromeo, qui portait une petite barbiche, donna l’exemple de la tailler lorsqu’il exigea de son clergé d’être imberbe et propre.

L'archevêque transforma le service du culte dans sa cathédrale et y mit à la fois la régularité et la magnificence. Toutes les œuvres nécessaires furent fondées, et l'on vit apparaître partout un renouveau de vie chrétienne.

On sait le dévouement qu'il montra pendant la peste de Milan (1576-1577). Il visitait toutes les maisons et les hôpitaux, et sauva la vie, dit-on, à soixante-dix mille malheureux. Les pieds nus et la corde au cou, le crucifix à la main, il s'offrit en holocauste. 

Il mourut sur la cendre à quarante-six ans, le 3 novembre 1584, et fut canonisé dès 1610.

Il influença beaucoup Monsieur Ollier, le cardinal de Bérulle, le bienheureux Alain de Solminihac et bien d’autres saints évêques qui voulurent appliquer les décrets du concile de Trente.

 

La fête liturgique de saint Carlo Borromeo est célébrée le 4 novembre.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 00:00

Pierre-François Néron

1818-1860

 

Pierre-François naît à Bornay (Jura) le 21 septembre 1818, cinquième des huit enfants de cette belle famille chrétienne (un neuvième enfant ne vivra pas). Sa jeunesse se passe dans l’insouciance. 

A dix-neuf ans, il désire un soir aller danser, mais son père le lui interdit. Il passe alors sa nuit à lire un livre pieux qui va l’amener à la vocation. Le titre de l’ouvrage est significatif : Pensez-y bien !

Pierre-François change du tout au tout, du jour au lendemain ; un ami dit de lui qu’il n’avait jamais connu un tel changement radical. Le jeune homme veut devenir prêtre. Mais à dix-huit ans, sans autres études que l’école primaire (et encore…), et si pauvre…

Avec son curé, il se met à l’étude du latin.

A vingt-et-un ans, avec quelle humilité il entre en cinquième au petit séminaire de Nozeroy !Rien ne l’arrête : ensuite c’est la philosophie à celui de Vaux sur Poligny, puis la théologie au grand séminaire de Lons-le-Saunier.

En 1846, il va au Séminaire des Missions Etrangères de Paris, où Mgr Affre l’ordonne prêtre la même année : il a trente ans.

Deux mois plus tard, il doit s’embarquer pour le Tonkin ; avant le départ, il va prier à Notre-Dame des Victoires pour demander la grâce du martyre. Son bateau est contraint par les vents contraires, à faire un «crochet» par Rio de Janeiro, avant de repartir pour l’Indochine par le Cap de Bonne Espérance.

A Hong Kong, Pierre-François doit apprendre la langue tonkinoise ; il n’y met que cinq mois, avant d’être envoyé à Kim Son, où on l’accueille assez bien, car le mandarin est encore tolérant. Mais bientôt Pierre-François doit rejoindre Ké-Vinh (ou Vinh-Tri), car la persécution se fait sentir.

Pierre-François enseigne les mathématiques, les sciences, la philosophie, et devient supérieur du collège. Puis il s’installe à Ta Xa pour s’occuper des seize mille chrétiens : à cause de la persécution, on doit se déplacer de nuit seulement. Peu à peu, même la population prend peur et les prêtres ne sont plus en sécurité.

Début août 1860, Pierre-François est arrêté par le maire de Ta-Xa, un de ses amis, qui «s’excuse» de devoir «faire son devoir». Pierre-François lui répond gentiment : C’est bien, je vous pardonne tout ! 

Livré au mandarin, il attend sa sentence, enfermé dans une cage où il ne peut que rester accroupi. Interrogatoires et bastonnades de rotin se succèdent.

Le 3 novembre arrive de Hué la confirmation de la sentence de mort. Pierre-François est décapité dans la journée à Son-Tay.

Selon le «rite» annamite, la tête du supplicié reste exposée trois jours avant d’être jetée dans le fleuve ; le corps de Pierre-François, toutefois, a pu être enseveli par un chrétien.

Pierre-François Néron, prêtre jurassien et missionnaire, martyr, fait partie des nombreux Martyrs du Vietnam canonisés en 1988, et fêtés ensemble le 24 novembre.

Son dies natalis est au 3 novembre dans le Martyrologe Romain.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 00:00

Cecilio Manrique Arnáiz

1909-1936

 

Cécilio était né le 1er février 1909 à Monasterio de Rodilla (Burgos, Espagne) et fut baptisé le 8 février suivant.

D’abord au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils, il passa au noviciat de Fortianell en 1925, où il fit la première profession en 1926 avec le nom de Cirilo Pedro.

Après avoir complété sa formation à Cambrils, il fut professeur successivement à Benicarló, puis Cambrils (1930), Barcelone (1933), puis fut promu à la Procure de Barcelone, avec le Frère Cándido Alberto auprès du Frère Crisóstomo (voir notices de José Ruiz de la Torre et de José Llorach Bretó).

En 1935, malade du typhus, il fut soigné à Cambrils.

Au moment de la révolution, il se réfugia chez un parent, tout en restant en contact avec le Frère Crisóstomo.

Il fut arrêté le 3 novembre 1936 en pleine place publique par les miliciens, pour deux motifs «très graves» : d’abord, parce qu’il était religieux, et donc un contre-révolutionaire et ennemi du peuple ; ensuite parce qu’il était de Burgos, dans l’Espagne nationaliste, et donc un espion. 

Le Frère Cirilo Pedro a été béatifié en 2007.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 00:00

Martino de Porrés

1569-1639

    

Martino naquit à Lima, au Pérou, le 9 décembre 1579. Il fut baptisé à Lima aux mêmes Fonts baptismaux que sainte Rose de Lima (voir au 24 août).

Son père, Don Juan de Porrés, était un conquérant espagnol, et sa mère, Anna Velasquez, une esclave noire d’origine africaine, devenue libre. Comme Martino ressemblait beaucoup à sa mère par sa couleur, son père l'abandonna à son sort et ne s’occupa guère de lui ; sa mère chercha à lui faire donner un minimum d’instruction. 

Le gamin s’évertua très tôt à gagner quelques sous en se faisant embaucher chez un barbier, puis il eut l’occasion d’apprendre quelques notions de «chirurgie», jusqu’à devenir plus tard un excellent infirmier.

Sa pureté de mœurs, sa modestie, son humilité et sa charité pour les pauvres furent les vertus caractéristiques de son enfance et de toute sa vie.

À quinze ans, Martino entra dans le Tiers-Ordre de saint Dominique. Il déploya son dévouement dans l'office d'infirmier dont il fut chargé.

Il était très dévot envers le Saint Sacrement et Dieu favorisa son serviteur en le gratifiant de façon extraordinaire.

Martino connaissait les secrets des cœurs, prédisait l'avenir, dévoilait les ruses des démons et repoussait leurs assauts avec autorité. Pendant une épidémie qui sévit au couvent du Rosaire, on garda toutes les portes closes : les malades furent ébahis de constater la présence subite du Saint près de leur lit. On a vu et entendu saint Martino de Porrés en Europe, en Chine, en Algérie, au Japon, alors qu'il n'a jamais quitté l'Amérique.

Quoiqu'il n'eût point fait d'études religieuses, l'humble infirmier résolvait les plus graves questions de la théologie avec tant de sûreté que les hommes les plus doctes proclamaient avec émerveillement que sa science ne pouvait lui venir que du ciel.

Il mourut à Lima le 3 novembre 1639.

Martino de Porrés fut béatifié en 1836, et canonisé en 1963.

Au Pérou, il est le Patron céleste de la Justice sociale, et il est commémoré au 3 novembre dans le Martyrologe Romain.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 00:00

 

Francisco Colom González

1887-1936

 

Francisco était né le 12 juillet 1887 à Santa Magdalena de Pulpis (Castellón, Espagne) et fut baptisé quatre jours après.

Après avoir fréquenté le collège de Benicarló tenu par les Frères des Ecoles Chrétiennes, il entra au noviciat de Bujedo en 1903, avec le nom de Leónides.

Il fut en poste successivement à Calonge (Gerona), Tortosa (1906), Manlleu (1908), Cassá de la Selva (1911), San Feliu de Guixols (1912), Barcelone-Condal (1917).

A partir de 1919, il fut directeur à Voltregá, puis à Cassá de la Selva (1925), Las Corts (1930), enfin Santa Colomá de Farnés (1933).

Le 7 août 1936, des miliciens vinrent réquisitionner la maison «au nom du peuple». Les Frères durent s’éparpiller. Leónides, avec le plus jeune de la communauté, rejoignirent Gerona, avec l’idée de passer en France ; mais ils durent plutôt se diriger sur Barcelone, où ils trouvèrent à se loger dans un hôtel.

Ils furent arrêtés le 2 novembre.

Quatre jours après, on retrouva à la morgue le cadavre du Frère Leónides, avec ceux des Frères Crisóstomo et Cándido, avec cette indication : Cadavres trouvés à Vallvidriera (voir par ailleurs les notices José Llorach Breto et José Ruiz de la Torre).

D’après l’autopsie ou d’autres recoupements, on a établi le jour de leur assassinat au 3 novembre 1936.

C’est le consulat de France qui s’occupa de la sépulture, car une pieuse personne qui y travaillait, était en relations avec le Frère José-Crisóstomo. Cette personne acheta les cercueils et le Secrétaire du Consulat présida l’enterrement, traversant les rues de Barcelone sous le drapeau français. Les Martyrs furent inhumés au cimetière le 8 novembre.

Le Frère Francisco-Leónides a été béatifié en 2007.

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 00:00

Luigi Campidelli

1868-1889

 

Quatrième des six enfants de Giuseppe et Filomena Belpani, Luigi (Louis) naquit le 29 avril 1868 à Rimini (province d’Emilie-Romagne, Italie centre-est), après Attilio, Emilia 1 et 2 (la première mourut à dix-huit mois), et avant Teresa et Adele.

Le papa mourut en 1874, de la thyphoïde, laissant cette grande famille dans une pauvreté encore plus grande.

Luigi (familièrement appelé Gigino) fit sa Première Communion en 1878 et voulut entrer chez les Passionistes dès douze ans, mais il dut attendre encore deux années. En attendant il édifiait tout le monde, étonnant de piété et de vertu.

Il fut reçu chez les Passionistes en 1882, dans leur couvent de Casale, proche de Rimini. Désormais, il portera le nom de Pio de Saint-Louis. On ne dit pas à quel saint Louis il se référait, mais on peut bien supposer qu’il admirait saint Luigi de Gonzaga..

En 1883, le noviciat fut transféré à Soriano, près de Viterbo, où Pio restera six mois seulement : en effet, pour ses études de lycée, pour la philosophie et la théologie, il sera à nouveau à Casale. 

En 1884, il fit les premiers vœux, admis à l’unanimité des voix par la communauté. 

En 1887, il reçut les Ordres Mineurs (à l’époque : Portier, Lecteur, Exorciste, Acolyte), mais fut bientôt frappé de tuberculose. Déjà, à la visite médicale pour le service militaire, il ne fut pas admis, parce que, pour un garçon d’un mètre soixante-quinze, il était «trop maigre de poitrine». Mais en 1888, les signes de la maladie ne laissaient plus de doute. 

Il s’était toujours montré enjoué, humble, assidu et exigeant pour lui-même ; malade, il offrit sa vie pour l’Eglise, pour le Pape, pour la congrégation, pour la conversion des pécheurs et pour (sa) chère Romagne natale.

Quelques jours avant de mourir, il revit sa chère maman au parloir et lui dit : Courage, Maman, nous nous reverrons au Paradis.

Peu avant d’expirer, il dit : Voici la Sainte Vierge ! et il mourut en souriant, le regard fixé vers le mur où il La vit.

C’était au soir du 2 novembre 1889 : il avait vingt-et-un ans.

En 1923, sa dépouille fut transférée à l’intérieur du sanctuaire de Casale ; en 1944, le sanctuaire croulera sous les bombes, mais le sépulcre de Pio restera en place ; en 1945, on retrouvera aussi sous les décombres l’image sainte de la Vierge, intacte.

Pio de Saint-Louis Campidelli a été béatifié en 1985.

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 00:06

    La fête de tous les Saints

 

 

    Une grande confusion s’est depuis longtemps installée dans les esprits de beaucoup de fidèles, à savoir que la Toussaint soit la triste journée des Morts. Nous parlerons des Morts demain, 2 novembre, et nous verrons même que ce jour ne doit pas être triste.

 

    Aujourd’hui, 1er novembre, nous fêtons dans une grande joie tous les Saints et toutes les Saintes du Paradis. Cette fête existe dans l’Eglise depuis des siècles.

 

    Dès le IVe siècle les Eglises d’Orient célébraient en une fête commune tous les martyrs de la terre. Saint Ephrem composa pour cette circonstance une hymne où l’on voit qu’à Edesse cette fête était fixée au 13 mai. En Syrie, elle était placée au vendredi après Pâques. Dans une homélie sur les Martyrs, saint Jean Chrysostome précise qu’il parle le premier dimanche après la Pentecôte ; cet usage a été conservé jusqu’à nos jours par l’Eglise byzantine, qui a par une évolution normale transformé la fête des “Martyrs de toute la terre” en celle de “Tous les Saints”.

 

    Le choix de ces différentes dates est significatif : on a voulu associer les Saints au triomphe du Christ à Pâques ou à l’effusion de l’Esprit à la Pentecôte ; suivant la poétique formule de l’empereur Léon le Sage, l’Eglise célèbre les fleurs produites par la terre arrosée des fleuves du Saint-Esprit.

 

    Comme souvent, l’Orient a montré la voie à l’Occident. C’est probablement le 13 mai 609 que le pape Boniface IV transforma le Panthéon de Rome en une église de la Bienheureuse Marie toujours Vierge et de tous les Martyrs. C’était la première fois qu’un temple païen devenait église chrétienne. Sans doute la Providence y avait préparé le terrain, en faisant que justement l’architecture de ce temple fût tout-à-fait exceptionnelle : la voûte surbaissée éclairée seulement par son centre où pénètrent la lumière et le ciel.

 

    Successivement, à la fête “de tous les Martyrs”, se substitua peu à peu la fête de “tous les Saints”, avec les Confesseurs et les Vierges. La première mention d’une véritable “Toussaint” apparaît à Salzburg à la fin du VIIIe siècle, sans doute par l’influence du théologien Alcuin, lui-même abbé à Tours.

 

    Certains demanderont : Pourquoi une fête de “Tous” les Saints, puisqu’on les fête déjà tout au long de l’année ? C’est une bonne question, qui masque toutefois une mauvaise information assez généralisée aujourd’hui. C’est l’occasion de parler d’un Livre de l’Eglise, qui s’appelle le “Martyrologe”. Selon une habitude remontant aux premiers temps de l’Eglise, on a consigné par écrit, dans un premier temps, la liste de tous les Martyrs, au jour de leur mort (c’est-à-dire au jour de leur naissance au Ciel, leur jour “anniversaire”, qu’on a appelé le dies natalis) ; plus tard, on y adjoignit peu à peu tous les Saints canonisés officiellement, et dernièrement aussi tous les Bienheureux. Certains jours, il y a deux pages entières de liste de Saints et Bienheureux, c’est dire combien il est impossible de les fêter chaque jour tous à la fois. On ne pourra que vivement conseiller à tous les fidèles la lecture assidue de ce beau Livre.

 

    Dans son calendrier officiel, l’Eglise fête certains Saints particulièrement caractéristiques : les Apôtres, les Fondateurs d’Eglises locales, le ou les premiers Martyrs de ces Eglises, les Pères de l’Eglise, les Docteurs. Bien évidemment, l’Eglise ne dispose “que” de trois-cent soixante-cinq jours, alors que les Saints sont des milliers et des milliers.

 

    Autre question maintenant : Quel intérêt représentent pour nous ces célébrations en l’honneur des Saints ? N’avons-nous pas suffisamment de l’enseignement de Christ dans l’Evangile ?

 

    Posée ainsi, cette judicieuse question porte en elle-même sa réponse parfaitement théologique : notre vie doit suivre en tout celle de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme. Il n’y a que Jésus que nous pouvons et devons imiter en tout, sans risque de nous tromper. Et il n’y a que Jésus envers qui nous devons avoir des attitudes d’adoration. En langage musical on pourrait dire que Jésus a écrit la partition de l’Evangile, tandis que les Saints l’ont interprétée.  

 

    Les Saints, eux, ne sont pas de “petits dieux” subalternes, qui devraient accaparer notre dévotion et satisfaire tous nos caprices : obtenir ceci, faire que cela se fasse ainsi et pas autrement, jusqu’à certaines attitudes de véritables superstitions. Dans beaucoup d’églises, de braves personnes se précipitent sur les cierges ou les luminaires à allumer devant une statue de Madone ou de saint Antoine, sans même adresser un petit salut à Celui qui est présent réellement dans le Tabernacle eucharistique. Ne disons pas que ces personnes soient de mauvaise foi ! Simplement, leur dévotion est mal éclairée, et les prêtres doivent s’employer à le leur expliquer patiemment.

 

    En revanche, théologiquement, l’Eglise nous rappelle chaque jour que les Saints ont été des êtres humains comme nous, avec leurs faiblesses, leurs erreurs, leurs défauts, qu’ils ont combattus de toutes leurs forces durant leur vie terrestre, par amour de Dieu et pour se rapprocher toujours plus de la perfection à laquelle Dieu nous convie. En regardant ces saintes Figures, en admirant les grands moments de leurs vies, leurs combats, nous ne pourrons qu’être encouragés à les suivre, bien persuadés que ce qu’ils ont fait pourrait aussi être humainement à notre portée, la grâce de Dieu aidant.

 

    Dieu ne nous demande pas d’être parfaits ici-bas, tout-de-suite, et sans jamais céder à quelque tentation. Dieu connaît notre faiblesse et ne nous la reprochera jamais. Ce qu’Il attend de nous, est un effort, une recherche du mieux, et cela, chacun peut le faire.

 

    C’est dans ce sens-là que nous pouvons recourir à nos grands Amis, les Saints : “Toi, saint X qui as réussi à faire ceci, cela, aide-moi, donne-moi quelque chose de ton amour pour Dieu, quelque chose de ta force d’âme”. C’est un peu comme si, pour mieux préparer un examen, j’appelle un de mes camarades en lui disant : Toi, tu es bien préparé, tu ne pourrais pas venir relire avec moi telle matière ? Personnellement, je ferai le même travail pour mon examen, mais de le faire en compagnie d’un camarade mieux préparé que moi et que j’aime bien, cela me donnera plus d’ardeur pour me préparer. N’oublions pas non plus cet élément doctrinal, souvent oublié, de la puissante intercession des Saints auprès de Dieu.

 

    C’est aussi dans cette perspective que depuis les débuts, les Chrétiens ont pris l’habitude de donner à leurs petits enfants non plus des noms de divinités, de héros ou de “vedettes”, mais des noms de Martyrs : très souvent furent donnés les noms de Pierre, Paul, Laurent, et celui-là-même de “Martyr”. Ce prénom qu’on reçoit au sacrement du Baptême n’est jamais un hasard, et tous nous pourrons trouver dans tel ou tel trait de la vie de notre saint Patron, quelque chose qui se rapportera à notre vie. On aimera comprendre pourquoi on invoque saint Antoine de Padoue pour retrouver un objet perdu, saint François Régis pour les femmes stériles, sainte Claire pour la télévision, Notre Dame de Lorette pour les aviateurs, etc. 

 

    Les Saints nous attendent au Ciel : saint Jean-Baptiste, saint Joseph, saint Pierre, saint Paul, saint Benoît, saint Vincent de Paul, saint François, saint Jean-Marie Vianney… Ce devrait être pour nous un stimulant très fort de penser que dans “peu” de temps nous serons en leur compagnie, au Ciel, devant Dieu, avec Marie, la glorieuse Mère de Jésus et Ses myriades d’Anges et de Saints.

 

    Oh ! dans le Ciel, il n’y aura plus de maladies, plus de souffrances, plus de jalousies, plus de rivalités ; plus d’impôts, plus de procès ; plus de voitures, plus de moteurs, plus de catastrophes… 

 

    Vraiment, il y a de quoi se réjouir, en ce jour de Toussaint. Réjouissez-vous tous, frères et sœurs, et mettez-vous promptement à l’école de Jésus-Christ, à la suite de tous les Saints ; apprenez à connaître qui est votre saint Patron ou votre sainte Patronne, fêtez-les au jour de leur “naissance au ciel” : le Martyrologe vous l’enseignera.

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 00:00

Valentín Berriochoa

1827-1861

 

Valentín (on trouvera aussi Balentín ou Balendín Berrioxoa, en basque) naquit à Palacio de Arriola (Elorrio, Biscaye, Espagne) le 14 février 1827, de Juan Isidro Berriochoa et María Mónica Aristi. Au baptême, il reçut les noms de Valentín-Faustino, car on fête le martyr saint Valentin le 14 février, comme chacun sait.

Il fréquenta le séminaire de Logroño dès 1845, d’où il sortit trois ans pour aller aider sa famille. Il y retourna et reçut l’ordination sacerdotale en 1851.

Il entra chez les pères Dominicains à Ocaña (Tolède) en 1854, et on l’envoya dès 1856 à Manille, et de là aux missions du Tonquin.

C’était la période de la persécution de Tu-Duc, qui considérait les missionnaires européens comme des émissaires des gouvernements étrangers pour assujettir son royaume. C’est ainsi que fut arrêté et martyrisé le Vicaire Apostolique José María Díaz Sanjurjo (voir au 20 juillet).

En 1857, en la fête de Noël, le père Valentín fut nommé évêque de Centuria et coadjuteur du Vicaire Apostolique Melchor García Sampedro, auquel il succèda après le martyre de ce dernier (voir au 28 juillet), en 1858.

Il ne put exercer son apostolat épiscopal que trois ans. Arrêté sur dénonciation en 1861, il fut soumis à des interrogatoires. Jusqu’à présent on le connaissait sous le nom de Vinh, «le victorieux» ; on lui demanda s’il avait rencontré les agitateurs révoltés en 1858, à quoi il répondit qu’il avait toujours conseillé de ne pas prendre les armes ; on lui demanda s’il connaissait l’évêque Hermosilla, à quoi il répondit, bien sûr, par l’affirmative.

Comme ce dernier, Mgr Berriochoa fut enfermé dans une petite cage où il ne pouvait pas tenir debout. 

Peu de temps après, on l’interrogea encore en lui proposant de renier sa foi. Sur son net refus, il fut condamné à mort, et décapité le 1er novembre 1861. Il avait trente-quatre ans.

Béatifié en 1906, Mgr Berriochoa a été canonisé en 1988, parmi les cent dix-huit Martyrs du Vietnam, qui sont fêtés ensemble le 24 novembre.

Son corps a été ramené au Pays Basque où il repose dans l’église paroissiale de Elorrio.

Saint Valentín Berriochoa, évêque et martyr, est mentionné le 1er novembre au Martyrologe.

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 00:00

Rupert Mayer

1876-1945

 

Rupert naquit à Stuttgart le 23 janvier 1876, un des six enfants de parents chrétiens et bons commerçants. C’est une gouvernante qui s’occupa de lui.

Très tôt, il accompagna à cheval son père dans les visites aux clients, et devent un excellent cavalier. Ce sera un excellent sportif.

Il fit ses études à Stuttgart et à Ravensburg.

Dès 1894, à vingt-deux ans, il désirait entrer chez les pères Jésuites, mais son père s’y opposa fermement. A cette époque, les Jésuites étaient exclus de l’Empire, considérés comme des ennemis, des parias, des apatrides.

Sans perdre de temps, Rupert fit des études de philosophie, de théologie et d’histoire dans les universités de Fribourg (Suisse), Münich et Tübingen.

Finalement, il entra au séminaire de Rottenburg (1898), ayant déjà presque achevé ses études sacerdotales ; aussi fut-il ordonné prêtre dès 1899.

L’année suivante, après quelques activités pastorales, il obtint de son père l’ «autorisation» d’entrer chez les Jésuites : noviciat à Feldkirch (Autriche) en 1900, études complémentaires de philosophie et théologie à Valkenburg (Pays-Bas), et dernière année de préparation spirituelle (1905).

Il fut envoyé prêcher quelques missions populaires en Allemagne, en Suisse et en Autriche.

En 1912, il fut à Münich pour assister les milliers de paysans qui envahissaient cette ville en recherche de travail. Le père Rupert se fit «tout à tous», il fut connu partout pour son activité efficace à créer des structures sociales d’assistance. Il fonda même une petite congrégation religieuse féminine, les Sœurs de la Sainte Famille, pour le seconder dans sa tâche.

Lors de la Guerre mondiale, le père Rupert fut infirmier et aumônier dans l’armée allemande. Il recevra sur le front occidental plusieurs distinctions militaires, dont la Croix de Fer, qu’il fut le premier prêtre catholique à recevoir (car les catholiques étaient toujours soupçonnés d’être de «mauvais Allemands»). 

En 1916, en Roumanie, il fut gravement blessé et subit l’amputation de la jambe gauche. Il portera désormais une prothèse qui le fera de plus en plus souffrir.

Démobilisé, il rentra à Münich, où les Jésuites avaient pu reprendre leurs activités après avoir été un moment bannis.

L’archevêque de Münich confia au père Mayer la direction de la congrégation mariale des hommes, où il allait donner le meilleur de lui-même. Il fut tellement engagé et connu, qu’on vint par milliers l’écouter sur la place. A partir de 1925, il célèbra chaque matin la messe à la gare de Münich, où assisteront jusqu’à des milliers de fidèles ! Les nazis interdiront cette célébration en 1935.

Dès l’apparition du national-socialisme, le père Rupert exposera clairement sa conviction du point de vue du catholicisme social. Il multiplia les meetings politiques, et l’on pense qu’il put rencontrer Adolf Hitler lors d’un débat contradictoire (1919 ?). Il démontra leurs erreurs, et s’avança jusqu’à dire que Hitler était, peut-être, un brillant orateur, mais surtout un séducteur et pas un témoin de la Vérité. On ne l’accueillit pas toujours très bien, et ce furent même parfois des groupes nationaux-socialistes qui intervinrent pour le protéger ! 

Quand Hitler accéda au pouvoir, le père Rupert fut de plus en plus surveillé et menacé, car il s’opposait violemment à la politique anti-religieuse du gouvernement.

En 1936, on lui interdit de prêcher en-dehors de son église Saint-Michel, mais il refusa de se soumettre à une autorité civile ; arrêté en 1937, il fit six mois de prison pour abus de la chaire de vérité comme arme politique et attaques vicieuses contre le gouvernement. On lui conseilla la modération, mais ses supérieurs se rangèrent finalement à ses arguments, car le silence du père Mayer aurait été tout-à-fait mal interprété de la part des nazis. D’ailleurs, il demanda de faire écrire dans le procès-verbal de la police cette mention : Je déclare que au cas où je serais libéré, je continuerai de prêcher malgré l’interdiction de prendre la parole qui m’a été donnée, tant dans les églises de Münich que dans toutes celles de la Bavière et ce, pour des questions de principe.

Le père Mayer devait encore être arrêté par deux fois, cinq mois en 1938 à la prison de Landsberg, et en novembre 1939 comme conspirateur, d’où il fut conduit au camp de concentration de Oranienburg et/ou de Sachsenhausen (Berlin). On ne sait pour quel motif providentiel cet internement prit fin brusquement.

Sans doute parce que la santé du père se dégradait, et que les autorités ne voulaient pas d’un «martyr» de l’opposition, on l’enferma alors dans l’abbaye bénédictine d’Ettal (Bavière), où il ne pouvait rencontrer que sa famille proche.

A la fin de la guerre, les Américains lui redonnèrent sa pleine liberté, et le père Rupert en profita pour revenir à Münich, complètement dévastée ; il mit à profit sa personnalité et ce qui lui restait de forces pour venir en aide aux plus démunis.

Le jour de la Toussaint (1er novembre 1945), alors qu’il prêchait durant la messe, une hémorragie cérébrale le frappa, lui laissant juste le temps de répéter «Le Seigneur… le Seigneur… le Seigneur…». Il mourut trois heures après.

Ce soldat du Christ, toujours debout pour défendre la Vérité, mourut debout dans la fidélité à l’Eglise et à son pays.

Le père Rupert Mayer a été béatifié en 1987.

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