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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 23:00

 

Francesc de Paula Castelló Aleu

1914-1936

 

Francesc (François) était né à Alicante (Espagne) le 19 avril 1914.

Ses parents venaient de Lleida (nom catalan de Lérida) et s’étaient établis à Alicante pour raisons professionnelles, en 1913, mais le papa mourut très peu de temps après, d’une congestion pulmonaire.

La maman alors, Teresa, retourna à Lleida avec ses trois fils, qui étaient tous en bas âge : Francesc venait de naître.

Teresa se mit au travail, prépara le Magistère et enseigna dans diverses écoles.

Francesc étudia à l’école de Juneda, puis au collège des Frères maristes de Lleida. Il avait un foi solide, était dévot de l’Eucharistie et de la Sainte Vierge, et toujours porté à aider son prochain. Il dut aussi combattre son vilain défaut de se croire supérieur aux autres.

En 1929, la maman Teresa mourut à son tour ; Francesc avait quinze ans ! Il dit à ses frères : Maman nous a laissés, mais Marie, notre maman céleste, sera toujours avec nous.

Il pensa chercher un travail, mais leur tante maternelle les accueillit tous les trois chez elle.

Après le baccalauréat, il put continuer ses études universitaires en physique et chimie, grâce à une bourse d’étude que lui procura un père jésuite.

Il alla à Barcelone, où il traversa une crise spirituelle. Celui qui l’aida à en sortir fut un jeune jésuite, qui lui proposa les Exercices spirituels. Francesc fut revigoré, reprit la vie chrétienne assidue, s’inscrivit à la Congrégation mariale, et se donna aux activités apostoliques et charitables.

En 1932 cependant, la république ferma tous les centres tenus par les Jésuites. Francesc fut à Oviedo pour poursuivre ses études, et obtint la licence en chimie, en 1934. Il n’avait que vingt ans.

Revenu à Lleida, il fut ingénieur chimique dans la Maison CROS.

Il se fiança en 1936 avec Mariona Pelegrí, une pieuse jeune fille très chrétienne.

Francesc se donna totalement aux activités chrétiennes ; il enseignait de nuit à des ouvriers qui ne pouvaient étudier de jour à cause de leur travail ; il aidait avec son salaire des compagnons moins fortunés, etc.

Le 1er juillet 1936, il rejoignit l’armée comme soldat remplaçant. 

Le régime révolutionnaire qui s’établit à Lleida fut immédiatement intransigeant avec tout ce qui était religieux. Francesc fut une des victimes.

Arrêté le 21 juillet et mis en prison à Seu Vella, jusqu’au 12 septembre, il fut transféré à la prison civile. Ses proches firent tout ce qui leur était possible pour obtenir sa libération, mais en vain. Un parent, qui adhérait au parti révolutionnaire, lui proposa la liberté s’il signait une déclaration d’apostasie. On imagine le refus catégorique de Francesc.

Il fut présenté au tribunal populaire, à La Paeria. On l’accusa de fascisme, ce qu’il nia catégoriquement, n’ayant jamais adhéré à un quelconque parti. Accusé de catholicisme, cette fois il répondit : Oui, je suis catholique. Le juge l’invita à se reprendre, car cette affirmation entraînait automatiquement la condamnation à mort ; mais Francesc préférait mille morts à la trahison.

Il fut condamné à mort avec six autres compagnons, et fut retenu à La Paeria jusqu’à l’heure de son exécution. 

Là, il put écrire trois lettres, une à sa famille, l’autre à sa fiancée Mariona, la troisième au père jésuite qui l’avait tant aidé. Il y exprimait toute sa joie : Je suis tranquille, content, très content, je m’attends à entrer dans la gloire, dans peu de temps.

Il fut conduit avec les six autres au cimetière de Lleida, où on les fusilla, tandis qu’ils avaient entonné le Credo

Francesc avait vingt-deux ans. C’était le 29 septembre 1936 et il fut béatifié en 2001. 

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 23:00

 

Pau Bori Puig

1864-1936

 

Pau (Paul) était né à Vilet de Maldá (Tarragona, Espagne) le 12 novembre 1864.

Après sa formation au séminaire de Tarragona, il fut ordonné prêtre en 1888.

Trois ans après, en 1891, il entrait chez les Jésuites et faisait la profession en 1904.

Il fut envoyé successivement à Barcelone, Veruela, Gandía, puis fut procureur du Sanatorium de Fontilles.

Quand la Compagnie de Jésus fut officiellement dissoute par le gouvernement républicain, il resta à Valencia comme aumônier des Petites Sœurs, et directeur spirituel des jésuites dispersés.

Lors de la révolution de 1936, il fut arrêté dans l’hôpital-même, dénoncé par un des résidents, et fusillé non loin de Valencia, à Benimaclet.

Avant de mourir, il pardonna à ses bourreaux.

C’était le 29 septembre 1936. Le père Pau, qui avait soixante-et-onze ans, fut béatifié en 2001. 

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 23:00

 

Darío Hernández Morató

1880-1936

 

Darío était né à Buñol (Valencia, Espagne) le 25 octobre 1880 jour où il fut baptisé. Ses parents étaient Joaquín Hernández et Inocencia Morató, un couple chrétien.

La famille s’étant établie à Valencia, Darío étudia au collège Saint-Joseph, tenu par les Pères jésuites, où il fit partie de la Congrégation mariale.

Excellent élève, il passa son baccalauréat en 1896 (à seize ans).

Le 28 septembre 1896, il entra dans la Compagnie de Jésus, fit le noviciat à Notre-Dame de Veruela (Saragosse), les études de philosophie et théologie, qu’il acheva à Tortosa, et fut ordonné prêtre.

En 1915, il fit la profession solennelle à Veruela.

Les lieux de son activité furent : Veruela (comme professeur de rhétorique), Barcelone, Valencia, Palma de Maiorque (comme supérieur), et finalement de nouveau à Valencia en 1928, toujours comme supérieur.

Quand la Compagnie de Jésus fut officiellement dissoute par le gouvernement républicain en 1932, il resta à Valencia comme supérieur des jésuites dispersés, se dédiant au ministère de la prédication, de la confession et de la direction spirituelle. Il était habillé en paysan et continuait son activité avec la plus grande prudence. Il restait persuadé que la Compagnie pourrait de nouveau se reconstituer.

Lors de la révolution de 1936, il dut passer de cachette en cachette, car il était personnellement recherché. Il restait même plutôt optimiste, affirmant que la révolution finirait vite. ILl eut tout de même un moment de lassitude, à force de se déplacer sans cesse furtivement, et confia à une proche : Si ça continue comme ça, j’irai me présenter moi-même à la police.

Une de ses cachettes fut chez un couple de Boliviens, qui étaient concierges. 

Finalement arrêté le 13 septembre, il fut mis en prison. On suppose qu’il fut dénoncé par le coiffeur qui était passé là où il se cachait, car il avait vraiment besoin d’arranger ses cheveux et sa barbe. Six hommes armés vinrent le prendre et le conduire au siège du gouvernement civil.

Il retrouva des confrères prêtres, arrêtés comme lui, leur redonna courage. Lui-même attendait l’heure de sa mort tranquillement, se confessant plusieurs fois.

Sans aucun jugement, il fut simplement condamné comme supérieur des Jésuites et fut fusillé à Picadero de Paterna, non loin de Valencia.

C’était au soir du 29 septembre 1936, lendemain du quarantième anniversaire de sa profession. 

Le père Darío fut béatifié en 2001. 

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 23:00

Francisco Edreira Mosquera

1914-1936

 

Il vit le jour le 25 novembre 1914 à La Coruña (Espagne), dans une grande famille très chrétienne. On verra quelle bonne influence il reçut de son aîné, Virgilio, qui l’accompagnera dans le martyre.

Il fut aspirant salésien à Madrid, puis fit le noviciat et professa en 1932 à Mohernando et, en 1934 fut envoyé au Paseo de Extremadura, où il commença son activité didactique avec grande compétence et des résultats très prometteurs.

Il avait le goût du travail, de l’étude, et nourrissait une dévotion toute particulière envers saint Joseph, auquel il ressemblait par son innocence.

Le 20 juillet 1936, lors de l’assaut de la maison, il passa en diverses pensions, avec les Confrères, et se retrouva finalement avec son propre frère Virgilio, avec lequel il fut arrêté le 29 septembre.

Un témoin aurait raconté que les deux frères auraient été conduits à la tchéka de Marqués de Riscal, et assassinés le 29 septembre 1936.

Ils ont été tous les deux béatifiés en 2007.

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 23:00

 

Vicente Sales Genovés

1881-1936

 

Il était né le 15 octobre 1881 à Valencia.

En 1915, à trente-quatre ans, il entra chez les Jésuites et fit la profession comme Frère coadjuteur. Il émit les vœux définitifs en 1926.

il fut portier du noviciat de Gandía, puis envoyé à la maison de Valencia.

C’est dans cette ville qu’il fut arrêté et assassiné pour sa foi.

Au moment suprême, il criait encore : Vive le Christ Roi !

C’était le 29 septembre 1936. Vicente fut béatifié en 2001. 

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 23:00

 

Michel, Gabriel, Raphael


Qu’il existe des anges, il n’en faut pas douter, car l’Ecriture Sainte y fait fréquemment allusion. Notre-Seigneur demande de respecter les petits enfants car leurs anges voient constamment la face de Dieu (Mt 18:10). 

La mission des anges est, par définition, d’annoncer, d’être porteurs d’un message divin.

Dieu rappelle à son peuple d’avoir un grand respect pour l’ange, car, dit Dieu, mon nom est en lui (Ex 23:21). Nous retrouvons en effet le nom de Dieu (El) dans le nom des anges. Il existe une classification des esprits célestes, qui remonte à Denys l’Aréopagite, selon lequel ces créatures parfaites seraient : les anges, les archanges, les principautés, les puissances, les vertus, les dominations, les trônes, les chérubins, les séraphins. Ces dénominations s’appuient d’ailleurs sur différents passages de l’Ecriture. Saint Paul en énumère quelques unes en plusieurs endroits : aux Colossiens il parle des trônes, dominations, principautés, puissances qui ont été crées en Christ et par Lui (Co 1:15-16 ; cf. Eph 1:21) ; et notre liturgie les reprend à la Préface, où nous unissons nos voix aux leurs pour chanter : Saint, Saint, Saint, le Seigneur, Dieu des Armées célestes.

Il y aurait sept archanges, dont seuls trois sont nommés dans la Bible : Gabriel,  Raphael et Michel.

Le nom de Gabriel signifie en hébreux force de Dieu ; celui de Raphael, Dieu guérit ; celui de Michel, Qui est comme Dieu ?

L’archange Gabriel apparaît au prophète Daniel pour lui expliquer sa vision (Dn 8:16 et 9:21) et il est celui qui annonce à Zacharie la naissance de Jean-Baptiste et à Marie l’Incarnation du Verbe (Lc 1). En vertu de cette mission annontiatrice, saint Gabriel a été proclamé en 1951 céleste patron de toutes les activités relatives aux télécommunications et de tous leurs techniciens et ouvriers. L’archange Gabriel est donc par extension le patron de la “toile” d’Internet. Il a été choisi comme patron des transmissions militaires, des ambassadeurs, des diplomates. Dans le Coran, il porte le nom de Djibrîl.

L’archange Raphaël est l’acteur principal du livre de Tobie, dans lequel il se présente comme l’un des sept qui se tiennent devant Dieu (Tb 12:15), nombre repris par Jean dans l’Apocalypse (Ap 8:2). Ayant guéri Tobit de sa cécité et accompagné Tobie dans son voyage, il est le céleste patron de la médecine, mais surtout des voyageurs. En arabe, son nom est Israfil.

L’archange Michel est présenté par l’apôtre Jude dans son épître comme étant celui qui discutait avec le diable au sujet du corps de Moïse et lui répondit simplement : Que le Seigneur te méprise (Jude 8-9). Michel est chez le prophète Daniel le chef des armées célestes (Dn 10-12), le protecteur d’Israël, puis dans l’Apocalypse celui de l’Eglise (Ap 12:7-10).

Suivant les langues et les prononciations, l’orthographe de Michel s’est présentée sous différentes formes :  Mîkhâ’êl en arabe, ou aussi Mîhâ’îl, Mîkâ’îl, Mîkâl, Mickael…

On dit communément que c’est saint Michel qui retient la main d’Abraham pour ne pas immoler son fils (Gn 22), qui apparaît à Josué devant Jéricho (Jos 5:13-15).

C’est saint Michel qui est l’intermédiaire entre les hommes et Dieu, pour Lui présenter l’offrande du Sacrifice de la messe (prière Supplices du Canon Romain), qui se tient à droite de l’autel de l’encens (l’expression, pour bénir l’encens à la messe, était reprise à Ap 7:3-4). Il est dit que saint Michel introduit les âmes dans le sein d’Abraham après leur mort, qu’il intercède pour elles, qu’il les “pèse” selon la miséricordieuse justice divine.

Trois apparitions célèbres de saint Michel ont beaucoup contribué au développement du culte envers l’Archange. 

Au Mont Gargan (dans l’éperon de la botte de l’Italie, province des Pouilles), un sanctuaire célèbre remonte à une apparition de saint Michel à un berger local (492). C’est cette apparition qui est à l’origine de la fête du 29 septembre.

A Rome, une grande statue de saint Michel en haut du mausolée d’Hadrien, rappelle la vision du pape saint Grégoire le Grand, qui vit l’Archange remettre son épée au fourreau, mettant fin à une épidémie de peste dans la Ville éternelle (590). C’est depuis que ce mausolée s’est appelé “Château Saint-Ange”. Cette apparition était commémorée le 8 mai, et c’est ce jour-là que Jeanne d’Arc reprit la ville d’Orléans (1429).

Au Mont Tombe, devenu le Mont Saint-Michel (Manche, France), la basilique aurait été construite sur l’ordre exprès de saint Michel à l’évêque du lieu, qui se fit tellement prier pour exécuter les ordres célestes, que l’Archange lui brûla la tempe de son doigt. L’abbatiale fut consacrée en 709. La basilique et l’abbaye de Mont Saint-Michel ont été un haut lieu imprenable pendant des siècles. Ils sont monuments historiques, et classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

Mentionnons aussi que saint Michel apparut à sainte Jeanne d’Arc. 

Saint Michel est évidemment le patron des armées (et des policiers, des escrimeurs, récemment aussi des parachutistes), mais aussi de pays entiers comme la France, l’Espagne, l’Allemagne, l’Angleterre ; de la Normandie, de la Bavière ; de Bruxelles. Vainqueur du Dragon infernal et donc des flammes, saint Michel est devenu le patron des épiciers, des boulangers et des pâtissiers (en même temps que saint Honoré).

Autrefois une fête spéciale était dédiée aux trois Archanges (24 mars pour Gabriel, veille de l’Annonciation, 29 septembre pour saint Michel, 24 octobre pour saint Raphael), qui sont maintenant fêtés ensemble le même jour, le 29 septembre.

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 23:00

 

Luigi Monza

1898-1954

 

 

La famille de Luigi vivait de la campagne : travail, courage, foi étaient leur maîtres mots.

 

Luigi naquit à Cislago (province de Varese, Italie) le 22 juin 1898.


Toute sa jeunesse, il travailla aux champs de jour, et s’efforçait d’étudier le soir ou la nuit pour achever ses études. 


Il entra au séminaire à dix-huit ans et fut ordonné prêtre en 1925. 


C’était l’époque du fascisme. Don Luigi dut subir, entre mille humiliations, celle de la prison. Les autorités fascistes du moment l’accusèrent, avec son curé, d’avoir fomenté un attentat contre le maire, et leur infligèrent une peine de quatre mois de prison, avant de s’apercevoir de leur erreur.

 

Sa première mission fut les jeunes de la paroisse de Vedano Olona (Varese), puis, en 1929, celle du sanctuaire marial de Saronno.


L’intuition de don Luigi était de “reconduire d’urgence le monde à l’amour de Dieu”. Il fallait revenir à la charité des premiers chrétiens, qui n’avaient “qu’un seul cœur et une âme” (Ac 4:32) dans la vie fraternelle. La vraie vocation de don Luigi commençait à se faire jour.


En 1936 il est nommé curé à San Giovanni di Lecco. C’est là que tout se précise. Il est proche de ses paroissiens, des pauvres, des malades, il assiste les familles dont les hommes sont au front. Il cache des “partisans” anti-fascites, mais aussi, à la libération, il intervient en faveur de fascites menacés de violences injustes.


En 1937 il fonde les “Petites Servantes de la Charité”, appelées à apporter dans le monde la plénitude de la vie consacrée à Jésus-Christ, avec la ferveur apostolique de la première communauté chrétienne. Ainsi naquit “Notre Famille”, une association vouée à l’assistance sociale et sanitaire, à l’instruction et à la formation, en particulier à l’éducation des enfants, avec les techniques les plus modernes en matière de médecine et de pédagogie.


L’association s’est diversifiée en structures diverses, qui travaillent en Italie, au Soudan, au Brésil, en Equateur, apportant aussi son concours au Maroc, en Palestine et jusqu’en Chine


Don Luigi ne vit pas tout ce développement. Un infarctus le frappe et il meurt discrètement, humblement, le 29 septembre 1954.


Il est proclamé bienheureux en 2006.

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 23:00

 

Jean de Gand

† 1439

 

Moins connu que sainte Jeanne d’Arc, notre ermite précéda la grande Héroïne auprès des rois de France et d’Angleterre.

L’ermite habitait la grotte Sainte-Anne, qui dominait Saint-Oyend-de-Joux, l’actuelle Saint-Claude, que Louis XI appelait “Monseigneur Saint Claude”. On utilisait fréquemment des “patenostres de sainct Claude” ou chapelets : Jean en laissa un au roi Louis XI, qui tenait cette relique en grande vénération. Le tombeau du Saint comtois était le but de pèlerinages européens, et Jean était donc venu s’y établir, vraisemblablement originaire de Gand.

 

Divinement inspiré, Jean alla trouver le dauphin Charles, réfugié à Bourges depuis juin 1418. Il lui promit un fils et la paix. Notons qu’à cette date, Jeanne d’Arc avait six ans et sa mission commencera en 1428, même si ses “Voix” lui parlèrent déjà bien avant cette date.

 

Jean alla ensuite voir Henri V d’Angleterre. Il le rencontra après août 1421 et lui demanda d’abandonner sa conquête de la France. Le roi ayant répondu de façon évasive, l’ermite lui annonça que Dieu le ferait mourir avant un an.

 

Près de mourir, Henri V revit l’ermite, qui lui ôta tout espoir de triompher de la France en la personne de son héritier (1422). 

 

C’est donc quelques années plus tard que Jeanne d’Arc entrera en action, et fut immolée, comme l’on sait, en 1431.

 

L’ermite Jean, quant à lui, mourut à Troyes le 29 septembre 1439, après avoir vu ses prédictions réalisées. Il aimait fréquenter les frères prêcheurs de cette ville, et fut enterré dans leur église.

 

Louis XI, qui était scrupuleusement fidèle à ses amis célestes, tint à prouver sa reconnaissance au bon ermite qui avait annoncé sa naissance et la libération du royaume. En 1482, il fit lever le corps de l’ermite. L’épitaphe disait : “Ci-gît l’ermite de saint Claude, qui se nommait Jean de Gand…” Puis le roi écrivit au pape Sixte IV une supplique en vue de la canonisation du prophète patriote. Il envoya un drap d’or pour placer sur le cercueil de Fr. Jean de Gand. Le 18 juillet 1483 - il devait mourir le 30 août - Louis demandait aux dominicains de Troyes des “patenôtres du saint ermite”. Sixte IV, bien disposé envers saint Claude, mourait à son tour en 1484, et la cause du bon ermite ne fut pas poussée plus avant. De nos jours, à Gand et surtout à Troyes, il a été question de la reprendre. Un reste des reliques de Jean a échappé à la Révolution et se trouve au carmel de Troyes.

 

Ce Bienheureux ne se trouve pas actuellement inscrit au Martyrologe.

 

 

 

 

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 23:00

 

Cyriaque

449-557

 

 

Cet ermite du VIe siècle eut une vie très longue, qui dépassa le siècle, et mouvementée : c’est que l’amour total de Dieu lui suggérait de rechercher la solitude chaque fois que sa renommée s’étendait.

 

Grec, il naquit à Corinthe le 9 janvier 449 de Jean et Eudoxie. Jean était prêtre, le frère de celui-ci évêque, et Cyriaque devint bientôt lecteur de cette église à Corinthe. 

 

Vers l’âge de dix-huit ans, il fut conquis par l’appel de Jésus : “Si quelqu’un veut se mettre à ma suite, qu’il se renonce, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive” (Mt 16:24), aussi s’embarqua-t-il bientôt pour la Palestine, où florissait alors le monachisme.

 

Après avoir passé l’hiver hors de Jérusalem, il fut reçu par l’abbé saint Euthyme lequel, le trouvant trop jeune, ne voulut pas le garder. Cyriaque alla trouver saint Gérasime, près du Jourdain, où il fut durant neuf ans, au dur régime du pain et de l’eau. 

 

Après le décès de Gérasime et d’Euthyme, le jeune Cyriaque retourna dans la laure d’Euthyme, pendant une dizaine d’années ; mais des contestations s’élevèrent entre les moines de cette laure érémitique, qui allait se transformer en monastère cénobitique (1) ; le pacifique Cyriaque préféra quitter cette atmosphère houleuse et se retirer dans la laure de Souca, où il resta près de quarante ans et où il reçut le sacerdoce.

 

Dans cette laure, il reçut plusieurs charges : sacristain, il fut chargé du soin des vases sacrés et des reliques, et aussi d’annoncer les offices, ce dont il s’acquittait en frappant une pièce de bois avec un ustensile en fer, et très consciencieusement, en récitant le long psaume 118, qui compte vingt-quatre strophes de huit vers chacune. Canonarque, il devait diriger le chant en donnant le ton. Il reconnut humblement que “pendant les trente ans qu’(il fut) trésorier et canonarque, le soleil ne (l’)a pas vu manger ni en colère”.

 

Amoureux de plus de silence, il passa à la laure de Natoupha ; il avait près de quatre-vingts ans. L’auteur de sa biographie, contemporain, dit qu’il se nourrissait de bulbes de scilles. Mais notre ermite avait aussi reçu le don des miracles, et sa notoriété s’étendait : il émigra au désert de Rouba. Après une dizaine d’années, il se fixa sept ans à Sousakim, mais il finit par accepter de revenir à Souca, pour soutenir la lutte contre les doctrines origénistes : là, il demanda à habiter la grotte de Chariton, un lieu extrêmement rude, caverneux, mal aéré, très difficile d’accès, où Cyriaque se sentait heureux. Il y resta cinq années.

 

La doctrine origéniste qui prétendait se réclamer d’Origène, comportait des relents de plusieurs doctrines païennes (Pythagore, Platon, Evagre, Didyme d’Alexandrie). Il y eut des bagarres, des moines “origénistes” se barricadèrent dans une laure, que d’autres moines orthodoxes finirent par reconquérir et occuper, au sud de Souca. Après ces événements, Cyriaque ne demanda pas mieux que de réintégrer Sousakim, où il resta huit ans. Le voici à peu près centenaire, et il a auprès de lui, pour monter la garde, un lion énorme qu’il avait dressé admirablement ; le lion veillait sur lui, et recevait les visiteurs très poliment. Ainsi se manifeste la sainteté de ceux qui recherchent la volonté de Dieu : la nature déchue réapprend à obéir et à retrouver l’ordre de la création divine originelle.

 

Cyriaque fut jusqu’à la fin zélé pour la psalmodie, attentif à bien soigner son visiteur, doux, facile, doué pour enseigner, d’une orthodoxie parfaite, et avec l’esprit de prophète. Son biographe le dit bel homme, mais débilité par l’âge.

 

Deux ans avant sa mort, les moines de Souca ramenèrent Cyriaque dans la caverne de Chariton, où il mourut en 557, âgé de plus de cent-huit ans, après avoir embrassé tous les moines de la laure. 

 

Cet ermite changea souvent de résidence, mais c’était par amour du silence, pour répondre à l’exigence fondamentale de stabilité, par fidélité à l’esprit de l’érémitisme.

 

Des calculs incertains ont fini par établir sa mention au 29 septembre dans le Martyrologe.

 

(1)   On donnait  à ces monastères le nom de “laure”. Les ermites vivent seuls dans leur cabane, mais sous l’autorité d’un Abbé ; les cénobites partagent davantage leur temps en commun (chant, travaux, artisanat).

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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 23:20

Václav de Bohême

907-935

 

Wenceslas (ou aussi Venceslas), en tchèque Václav, était né vers 907 à Stochov (Libušin, Bohême) ; lui et son frère, Boleslas, étaient les fils de Vratislav 1er et de Dragomir (Drahomira).

L’adolescence de Václav fut marquée par la mort de son oncle paternel, Spitigniev, et de son père, dans quelque expédition militaire contre les Hongrois, de sorte que Dragomir assuma la régence. 

Cette femme, qui avait accepté de faire baptiser ses garçons, n’était pas vraiment convaincue de son christianisme, et jalousait l’excellente influence que la grand-mère, Ludmilla, une grande chrétienne, avait sur les enfants. On suppose que c’est grâce à cette grand-mère que des prêtres passèrent à la cour ou dans la famille. 

Ensuite, Václav fréquenta l’école à Budeč, où il apprit le latin.

Tandis que sa foi grandissait avec lui, des courtisans en prirent ombrage et suscitèrent la haine dans le cœur de Dragomir, qui éloigna tout clergé de son fils, et alla jusqu’à faire assassiner la grand-mère. Ludmilla, considérée martyre, fut canonisée (voir au 16 septembre).

Dans la Bohême, ce fut le chaos ; le duc de Bavière l’envahit et pensait la mettre sous la tutelle germanique.

Václav accède au trône en 924, et tandis qu’on s’attendait à partir en guerre contre l’envahisseur, le jeune Duc étonna tout le monde en imposant ses vues pacifiques : il «acheta» la paix avec la Bavière contre un tribut annuel de cent-vingts bœufs et cinq-cents talents d’argent.

Il adressa de sévères reproches à tous les courtisans qui étaient intervenus pour éloigner de la cour toute influence chrétienne ; au contraire il fit venir des prêtres ; les reliques de sainte Ludmilla furent rapportées à Prague. Et Dragomir fut ni plus ni moins éloignée de la cour.

Le jeune Prince chercha à supprimer la peine capitale, et fit détruire les potences dans son royaume. Il racheta au marché des esclaves païens pour les amener au baptême chrétien ; il fit construire une première chapelle pour recevoir les reliques de saint Guy (Vitus, Veit), ce qui explique que l’actuelle cathédrale de Prague soit dédiée à ce Martyr.

Le frère de Václav, Boleslav, conspira contre son frère pour s’emparer du pouvoir. Un premier attentat fut annulé le 27 septembre 929 (ou 935) lors d’un banquet ; Boleslas attendit son frère le lendemain matin, 28 septembre, et le frappa au moment où le Prince entrait à l’église pour assister à l’office du matin. Blessé, Václav se précipita dans l’église, où les sicaires de son frère le poursuivirent pour l’achever.

Saint Václav fut très vite reconnu comme martyr et des miracles eurent lieu. Le plus beau fut sans doute la conversion de Boleslav, qui reconnut son erreur, appliqua la même politique pacifiste que son frère, et fit rapporter la dépouille de son frère dans la cathédrale de Praque. 

Saint Václav fut canonisé dès le 10e siècle. Sa fête est au 28 septembre.

 

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