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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 00:00

Lucien d’Antioche

† 312

 

Lucien était né à Samosate en Syrie.

Orphelin à douze ans, il alla à Edesse, où il se mit sous la direction d’un certain Macaire, un célèbre exégète.

Lucien put apprendre de lui la science des Ecritures, mais surtout un style de vie marqué par l’austérité, la mortification, le silence et la prière.

D’Edesse, Lucien vint à Antioche où il demanda le sacerdoce. Il ouvrit à son tour une école d’exégèse, comme il l’avait vu faire par Macaire à Edesse. Il entreprit alors une révision de la traduction de la Bible en grec, à partir du texte hébreu, un travail qui fut très répandu en Orient et dont se servit beaucoup saint Jérôme.

Il y eut une controverse au sujet d’un hypothétique moment de déviation doctrinale de Lucien : il aurait été séparé pendant un temps de la communion catholique. On peut suggérer que des faux aient circulé sous le nom de Lucien, ou que, dans le pire des cas, Lucien se soit un moment fourvoyé et soit rentré dans la pleine communion, après avoir compris son erreur.

Pratiquement, ses écrits, puis son martyre, attestent son orthodoxie.

Lucien était présent à Nicomédie lors de la persécution de Dioclétien. Dénoncé, il fut mis en prison, et y resta pendant de longues années.

Il fut traduit devant l’autorité romaine, en 311 seulement, et présenta une apologie du christianisme. Il fut remis en prison et privé de nourriture pendant deux semaines, après quoi on lui présenta des viandes offertes aux idoles, qu’il refusa.

Ramené devant le tribunal et questionné de mille façons, Lucien n’eut qu’une réponse à toutes les demandes : Je suis chrétien.

Lucien mourut le 7 janvier, soit décapité, soit en prison des suites de tous ces mauvais traitements.

Beaucoup de miracles ont été recensés. La veille de sa mort, jour de l’Epiphanie, il aurait demandé à ses amis de déposer le pain sur sa poitrine (car il était couché sur le dos, les mains liées), et aurait ainsi consacré l’Eucharistie, remplissant l’office de prêtre, d’autel et de victime, en prélude à sa mort glorieuse.

On possède le texte grec de Lucien, largement répandu au 4e siècle.

 

Le Martyrologe mentionne saint Lucien d’Antioche le 7 janvier. Ce n’est pas du tout le même qu’on fête le 8 janvier dans le Beauvaisis.

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 00:00

Jeanne Haze

1782-1876

 

Jeanne était la fille du secrétaire du dernier prince-évêque de Liège, et naquit à Liège (Belgique) le 17 février 1782 (1), avant-dernière de six enfants.

La France révolutionnaire occupa la Belgique jusqu’en 1815. La famille Haze dut fuir, et le père mourut dans ces circonstances à Düsseldorf. Les deux sœurs, Fernande et Jeanne, seraient volontiers entrées en religion, mais les lois antireligieuses interdisaient encore les congrégations religieuses et les deux sœurs s’organisèrent à domicile, discrètement, en groupe de piété. Elles vivaient de leçons privées à domicile.

La mère mourut à son tour en 1820. 

Les deux demoiselles s’occupèrent à Liège des pauvres et des enfants abandonnés de la ville, au lendemain des ravages causés par l’esprit révolutionnaire français.

En 1824, on leur demanda de prendre en charge une école paroissiale, privée et très discrète, officiellement interdite par le pouvoir hollandais. Mais quand la Belgique acquit son indépendance (1830), Jeanne put faire reconnaître son établissement. Puis, avec quelques compagnes, elle donna naissance à la Congrégation des Filles de la Croix.

Dès 1833 elles prononcèrent leurs premiers vœux. Jeanne prit le nom religieux de Marie-Thérèse du Sacré-Cœur de Jésus. En 1845 l’archevêque les reconnut officiellement, et approuva les constitutions en 1851.

Le mot d’ordre de Jeanne était : Aller aux pauvres avec un cœur de pauvre.

La priorité des nouvelles Religieuses allait à l’éducation des jeunes filles, mais aussi aux malades à domicile, aux femmes incarcérées, à la catéchèse, aux personnes âgées et handicapées, à la broderie, pour occuper les enfants durant la journée et les adultes dans les soirées. On commençait à les connaître dans la ville : elles avaient la charge de la prison des femmes, d’une maison pour réhabiliter les prostituées, d’une maison d’accueil pour les mendiants.

Bien vite s’ouvrirent d’autres maisons en Allemagne (1849), en Inde (1861), en Angleterre (1863) et particulièrement dans le monde anglophone… jusqu’à cinquante communautés et près d’un millier de Religieuses, lorsque la Fondatrice s’éteignit. 

Jeanne Haze mourut à Liège le 7 janvier 1876, à l’âge vénérable de quatre-vingt quatorze ans. Cinquante ans plus tard, le corps exhumé apparaissait intact.

Elle a été béatifiée en 1991.

Outre les pays mentionnés plus haut, les Filles de la Croix de Liège sont actuellement environ un millier, présentes dans cent treize maisons en Italie, au Congo belge, au Pakistan et au Brésil. En Inde, elles ont d’importants centres en pleine expansion.

 

Elles ont donné naissance à trois congrégations indigènes devenues autonomes, les Sœurs du Cœur Immaculé de Marie, en Inde et au Congo-Kinshasa.

 

 

(1)  On trouve aussi 27 février 1777, ce qui ferait mourir la Bienheureuse à quatre-vingt dix-neuf ans. Mais cette date semble moins officielle que celle qu’on a choisie ci-dessus.

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 00:00

Polyeucte

† 250

 

Le nom de ce martyr est assez connu dans le monde littéraire français, pour la tragédie que Pierre Corneille a écrite en 1641, et qui s’inspire directement de la Passio de saint Polyeucte.

Polyeucte était un officier romain, d’origine grecque, stationné à Mélitène (aujourd’hui Malatya en Turquie). Il avait épousé Pauline, la fille du gouverneur de la province, Félix, et pouvait déjà avoir quelques enfants. 

Quoiqu’encore païen, il écoutait amicalement ce que son compagnon Néarque lui disait sur le christianisme, quand fut publié l’édit impérial de la nouvelle persécution de Dèce. 

Une vision (ou une apparition) du Christ inspira à Polyeucte une ferme espérance de la gloire céleste, et un grand désir du baptême de sang.

Ayant lu l’édit de l’empereur, Polyeucte le déchira publiquement, puis alla briser les statues de douze dieux qu’on portait en procession. 

Ni les exhortations de Félix, ni celles de Pauline, ni celles des bourreaux éreintés de le frapper, ne purent ébranler Polyeucte. Il fut décapité.

La date historique de ce martyre semble avoir été établie au 7 janvier 250, comme le rappelle le Martyrologe romain.

Dès le 4e siècle fut construite à Mélitène une basilique en l’honneur de saint Polyeucte.

A Constantinople prévalut l’opinion que saint Polyeucte punissait les parjures ; c’est sans doute sur la base de cette croyance que les premiers rois de France confirmaient leurs traités par le nom de Polyeucte et le prenaient, avec saint Hilaire et saint Martin, pour juge et vengeur de celui qui romprait l’accord.

Peut-on qualifier l’attitude de Polyeucte d’imprudente ? Lui était-il permis d’affronter publiquement les autorités ? C’est sans doute la vision qu’il eut, qui lui suggéra son ardeur à se déclarer croyant, avant même d’avoir été baptisé. Il reçut le baptême du sang, qui lui ouvrait le Ciel.

La tragédie de Corneille comporte quelques altérations par rapport à l’Histoire, mais certains vers sont à la hauteur du Martyr : 

Ainsi à Pauline :

 

 Je vous aime

 Beaucoup moins que mon Dieu, mais bien plus que moi-même.

 

 

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 00:00

Rafaela Porras y Ayllón

1850-1925

 

Il y eut treize naissances dans le noble foyer de Ildefonso Porras et Rafaela Ayllón. C’étaient de bons chrétiens, assez riches et le père était en plus maire du village, Pedro-Abad (Cordoue, Espagne) ; ce dernier mourut du choléra qu’il avait cherché à combattre courageusement, en 1854. La maman éleva courageusement les six enfants qui restaient, et s’éteignit à la tâche en 1869.

Rafaela, qui était née le 1er mars 1850, était la dixième de cette fratrie ; à quinze ans, elle fit le vœu de virginité ; elle et sa sœur aînée, Dolorès, tinrent la maison. Elles allaient être inséparables pendant plus de vingt ans.

Elles s’occupèrent d’action sociale dans leur bourg, puis pensèrent entrer en religion, l’une carmélite, l’autre vincentienne, mais firent une retraite chez les Clarisses pour réfléchir.

En 1875, elles entrèrent à Cordoue dans une congrégation de Réparatrices, d’origine anglaise, mais elles allèrent s’installer à Madrid dont l’évêque était plus favorable à la fondation.

A Madrid, Dieu permit un fait extraordinaire qui obtint aux Religieuses de conserver chez elles la Présence réelle : deux jours de suite, la sœur sacristine constata, après la messe, la présence de grandes particules d’hostie dans le corporal du prêtre. 

(On appelle corporal la petite nappe qu’on ouvre sur l’autel pour y poser à la Messe le calice et la patène, contenant le Corps et le Sang du Christ).

En 1877, Rafaela prit le nom de Rafaela María du Sacré-Cœur, Dolores celui de María du Pilar, et prononcèrent leurs vœux ; la première fut chargée de la formation spiritelle des novices, l’autre de l’intendance. C’était peut-être trop séparer les responsabilités, et ce qui causa le drame treize ans plus tard. 

Pour le moment, le vent fut en poupe. Les Réparatrices du Sacré-Cœur s’engageaient à réparer par l’adoration les outrages commis contre le Saint-Sacrement, à chanter l’office du Sacré-Cœur, celui de la Vierge Marie le samedi, à pratiquer quelques mortifications par la discipline et le cilice, à enseigner gratuitement.

Les vocations se multiplièrent rapidement, des maisons s’ouvrirent : Jerez de la Frontera, Saragosse, Bilbao, La Coruña, Cadix, Rome enfin.

En 1886, on leur demanda cependant de modifier leur nom de Réparatrices pour celui d’Ancelles (Servantes) du Sacré-Cœur.

L’approbation romaine arriva en 1887.

C’est à partir de 1890 que María du Pilar commença à s’émanciper de sa sœur Supérieure, la traitant de demeurée à qui voulait bien l’entendre.

María démissionna en 1893, prétextant le mauvais état des finances et entraînant à sa suite quelques consœurs. Au chapitre, on l’élut Supérieure générale, tandis que Rafaela se recueillit comme une inconnue dans la maison de Rome, pour les trente dernières années de sa vie.

Le schisme dura dix ans. María fut déposée en 1903 et elle accepta de prendre sa place de simple religieuse ; elle mourut en 1916.

Rafaela, de son côté, continua de vivre dans la discrétion, assistant aux fondations en Espagne, en Angleterre, en Amérique.

Les novices ignoraient totalement qui était cette vieille Religieuse si gentille et si pieuse : elle passait des heures à genoux devant le Saint-Sacrement, ce qui lui provoqua des douleurs très vives.

Rafaela mourut le 6 janvier 1925, et c’est alors qu’on connut la vérité. Elle apparut effectivement comme l’humilité incarnée.

Elle fut béatifiée en 1952 et canonisée en 1977.

 
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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 00:00

Rita Lopes de Almeida

1848-1913

 

Rita naquit le 5 mars 1848 dans le petit village de Casalmendinho (Ribafeita, Viseu, Portugal), quatrième des cinq enfants de Manuel Lopes et de Josefa de Jesus Almeida.

Dans cette famille chrétienne, où l’on priait chaque soir le chapelet, Rita eut une dévotion spéciale pour la Sainte Famille, et un amour tout dévoué pour le Pape.

La politique portugaise de l’époque, inspirée des idées maçonniques, fit fermer les Ordres masculins, et interdire aux féminins de recruter. 

Voyant les jeunes abandonnés à eux-mêmes, Rita sentit en elle une vocation missionnaire spéciale pour soustraire cette jeunesse à l’indifférentisme religieux, à l’immoralité, pour soutenir les valeurs de la famille et pour servir l’Eglise.

Elle parcourut les villages pour faire le catéchisme et prier le chapelet avec les gens. Elle aida ceux qu’elle put et même reçut à la maison des femmes nécessiteuses ou en danger. Cela n’alla pas sans heurts, et on attenta même à la vie de Rita.

Plusieurs fois on la demanda en mariage : refus. Son désir de se consacrer fut aussi contré par son père, qui l’aimait beaucoup et ne voulait pas s’en séparer. Masi à vingt-neuf ans, elle put entrer chez les Sœurs de la Charité à Porto, car cette congrégation, d’origine française et l’unique autorisée par l’Etat, s’occupait d’assistance sociale.

Mais Rita, voulant principalement s’occuper des petites filles pauvres, finit par obtenir de son confesseur la permission de quitter ce couvent.

Finalement à Ribafeita, elle put ouvrir en 1882 une maison pour un nouvel Institut des Sœurs de Jésus-Marie-Joseph, destiné à donner aux familles l’exemple de la Sainte Famille. Curieusement, c’est à la même époque qu’en Italie, Pietro Bonilli diffusait la dévotion à la Sainte Famille (voir au 5 janvier).

En 1902 elle ouvrit aussi un collège. Dès cette date, elle prit le nom de Rita Amada (Aimée) de Jésus. Trois mots résument son idéal : Aimer, souffrir, se taire. 

Les écoles se multiplièrent, les difficultés aussi : le gouvernement chercha à fermer ces établissements ; on manquait d’argent ; et même une de ses religieuses la contesta à l’intérieur. En 1910 la République se déchaînait encore plus contre le clergé, qu’en France : tout le clergé étranger fut expulsé, les biens de l’Eglise expropriés. Rita se déguisa en bohémienne et s’enfuit, avec ses petites filles.

La tourmente passée, Rita revint à Ribafeita, regroupa des enfants et quelques sœurs, tandis que d’autres émigraient au Brésil : c’est grâce à cette expatriation que l’Institut put survivre. En 1912 s’ouvrit une maison à Igarapava (Ribeiráo Preto) puis, grâce aux nombreuses vocations qui y vinrent, l’Institut aura sa Maison généralice à Saõ Paolo. 

Rita Amada mourut un mois à peine après la première installation de ses Religieuses au Brésil. Elle quitta ce monde le 6 janvier 1913, à Casalmendinho, son village natal.

En 1934 on put enfin ériger une province religieuse au Portugal. Actuellement ces Religieuses sont présentes en Amérique du sud (Bolivie et Paraguay), en Afrique (Angola, Mozambique).

 

Rita Amada a été béatifiée en 2006.

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 00:00

Alfred Bessette

1845-1937

 

Alfred était le neuvième des treize enfants de Isaac et Clothilde, humbles travailleurs non loin de Montréal (Québec, Canada). Le papa était menuisier, charpentier, tonnelier et charron.

Né le 9 août 1845, Alfred fut baptisé dès le lendemain «sous condition», car il était très frêle. Alfred perdra quatre de ses frères et sœurs et sera tôt orphelin de père et mère : à Farnham le papa mourut d’un accident dans la forêt en 1855, tué par l’arbre qu’il abattait, et la maman mourut de tuberculose en 1857. C’est la tante Rosalie qui l’hébergea pendant trois ans.

Déjà bien préparé par sa mère, qui lui avait enseigné la dévotion à la Sainte-Famille, Alfred put recevoir la Première communion en 1857 et la Confirmation en 1858, mais il resta pratiquement sans instruction, et savait à peine signer son nom.

Il essaya un peu tous les métiers, mais sa très mauvaise santé et sa petite taille (1m55) ne lui permettaient pas d’avenir. Quand ses oncle et tante décidèrent de partir chercher de l’or en Californie, Alfred fut recueilli par le maire du village. Il essaia encore d’autres métiers dans divers villages, pour se retrouver apprenti boulanger et cordonnier en 1862.

Cette vie errante et misérable s’accompagna toutefois de manifestations qu’on qualifia d’étranges : Alfred s’imposait de dures mortifications, se privant de son dessert, portant une ceinture de cuir avec des pointes de fer, restant longtemps à genoux pour prier, les bras en croix, dans sa chambre ou à l’église…

Accompagnant d’autres Canadiens émigrant aux Etats-Unis, il alla vivre de 1863 à 1867 au Connecticut, au Massachusetts, au Rhode Island : il apprit ainsi l’anglais, tout en travaillant dans des filatures de coton ou dans des fermes.

En 1867 fut proclamée la Confédération canadienne et Alfred revint dans son pays d’origine. Il vécut chez sa sœur Léocadie et son frère Claude, à Sutton, puis chez le curé de Farnham, où étaient enterrés ses parents. Curieusement, le curé lui confia des travaux difficiles : le soin du cheval, le jardin, les gros travaux dans la cure, qu’Alfred exécutait gentiment, sans rien dire. 

Quand le curé fut muté, Alfred revint chez le maire et s’en vint trouver l’abbé Joseph André Provençal. Alfred avait alors vingt-trois ans : l’abbé Provençal remarqua son dévouement, sa piété et l’orienta vers la Congrégation de Sainte-Croix de Montréal.

Alfred se présenta à cette communauté en 1870, muni d’une lettre de recommandation de l’abbé Provençal, annonçant au maître des novices qu’il lui envoyait un saint.

En décembre, Alfred prit l’habit et choisit comme nom de religion André (en reconnaissance pour l’abbé Alfred Provençal). On le connaîtra désormais sous le nom de Frère André. 

Le noviciat se prolongea (trois ans), on hésita à garder ce jeune homme toujours malade ; finalement on l’accepta et le nouveau maître des novices déclara : Si ce jeune homme devient incapable de travailler, il saura au moins bien prier.

Frère André fit ses premiers vœux en 1872 et la profession perpétuelle en 1874.

Qu’allait faire ce cher Frère illettré ? Il fut d’abord portier, et le sera jusqu’en 1909 : lui-même ironisera plus tard en disant qu’à son entrée dans la communauté, on lui avait montré la porte. Il balayait, faisait les courses, donnait l’aumône aux pauvres, faisaitt le barbier et l’infirmier, portait le courrier, les colis, accompagnait les élèves pendant les promenades. En un mot : le factotum !

Sa joie était de pouvoir aider, et de prier autant que possible, seul ou avec ceux qu’il rencontrait. Cette prière allait bientôt produire des fruits étonnants.

En 1877, un Frère de la communauté fut guéri d’une blessure à la jambe ; un autre put aller jouer dehors alors que la fièvre le clouait au lit… C’était Frère André qui faisait des miracles ! Tous les éclopés et les malades du coin assaillirent le petit Frère qui guérit tous les maux. Quelle était donc sa recette ?

Quand il entra dans la communauté (1870), le pape venait de proclamer saint Joseph patron de l’Eglise universelle. Frère André eut une dévotion particulière envers saint Joseph. Il en distribuait une médaille à ceux qui sollicitaient des prières, recueillait un peu d’huile de la lampe qui brûlait devant sa statue et conseillait aux malades de s’en frictionner avec confiance. Les guérisons furent nombreuses.

Mais survinrent aussi les suspicions : on accusa Frère André de charlatanisme, la communauté lui demanda de ne plus recevoir à l’intérieur du collège. Qu’à cela ne tienne, il se mit à l’arrêt du tramway sur le bord de la rue, où se retrouvaient de très nombreux voyageurs, tant et si bien que même la Compagnie, qui ne voyait pas d’un bon œil ces rassemblements, fermera les yeux devant l’énorme affluence de clients : c’était plutôt une bonne affaire !

Frère André installa une belle statue de saint Joseph non loin du collège sur la colline du Mont Royal, et demandera la permission d’y construire un petit oratoire. L’évêque accepta à condition que les frais fussent pris en charge par les demandeurs. Le petit oratoire fut inauguré en 1904.

Les guérisons se multiplièrent encore. Le pauvre Frère André avait beau répéter que c’était l’œuvre du Bon Dieu, par l’intercession de saint Joseph, tous parlaient à l’envi du thaumaturge de Mont Royal.

De 1908 à 1912, le petit oratoire dut être agrandi à quatre reprises. Les autorités du collège, qui avaient prié André de recevoir dehors, assumèrent désormais l’administration de l’oratoire ; on déchargea le Frère André de sa fonction de portier du collège pour le faire gardien de l’oratoire ; on lui accorda même un secrétaire pour répondre au courrier qu’il recevait. Sans le vouloir, et plutôt à contre-cœur, Frère André était devenu quelqu’un d’important !

A partir de 1915, ses supérieurs l’autorisèrent à prendre un peu de repos deux fois par an ; il en profita pour aller revoir les siens au Canada, ou des amis. Mais il ne put jamais rester incognito : même les chefs de gare annonçaient son arrivée, les gens se pressaient à sa descente du train, aux hôtels ou presbytères où il descendait. Les journaux locaux relataient les miracles continuels. De retour à la maison, il était chargé d’offrandes reçues en reconnaissance des faveurs obtenues.

Peu à peu, les supérieurs furent gagnés à la cause de Frère André. Ils comprirent enfin que tout ce mouvement ne s’appuyait que sur l’humble et sincère dévotion du Frère à saint Joseph, à la Sainte-Famille, au Sacré-Cœur. Frère André racontait la passion du Christ avec des larmes, qui gagnaient ceux qui l’écoutaient. Il priait, il faisait prier.

Le petit oratoire devint une immense basilique. Une crypte pouvant contenir mille personnes fut construite en 1917, sur laquelle allait s’élever cette basilique. 

Dès 1920 le Frère André institua chaque vendredi soir une Heure sainte, suivie du Chemin de la Croix. Les autorités religieuses invitèrent les fidèles à élever des prières de réparation ainsi que pour contrer la menace du socialisme et du communisme. 

Fin 1936, il restait à construire la coupole de la basilique, qui ne sera achevée vraiment qu’en 1967. La basilique est l’une des plus grandes du monde.

En cette fin d’année 1936, le Frère André se trouva à New York, pour solliciter du riche banquier Rockefeller une aide financière à cet achèvement. Fin décembre, un malaise le frappa. On le conduisit à l’hôpital de Saint-Laurent. 

Au matin du 6 janvier 1937, jour de l’Epiphanie, Frère André mourut. Ce pauvre homme malingre et chétif avait atteint l’âge de quatre-vingt onze ans !

Des millions de fidèles défileront devant sa dépouille ; sa mort fut relatée dans le monde entier. Bientôt commença le procès de béatification.

En 1963, le corps du Frère André fut retrouvé intact.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison, en quelques jours, d’un malade américain atteint de cancer du foie puis généralisé. Un dossier de près de mille pages donna aux experts la conviction que cette guérison ne pouvait pas être le fruit de la médecine.

Un autre miracle a ensuite été retenu pour la canonisation. Il s’agissait d’un enfant de dix ans, renversé à bicyclette par une voiture : double fracture du crâne, hémorragie cérébrale majeure ; l’enfant, dans le coma depuis plusieurs semaines, était en phase terminale. Or, au moment où un parent priait à l’oratoire, l’enfant sortit du coma et se rétablit complètement. Ici encore, près d’un milliers de pages de constatations et d’analyses conduisirent à l’authenticité du miracle.

Béatifié en 1982, Frère André (Alfred Bessette) fut canonisé en 2010.

 

 

Nota. On remarquera, non sans quelque étonnement, que moururent presque aux mêmes jours deux Bienheureux et un Saint qui ont favorisé la dévotion à la Sainte Famille : l’italien Pietro Bonilli (5 janvier), l’espagnole Rafaela Porras y Ayllón et le canadien Alfred Bessette (6 janvier), peu de jours après la fête de la Sainte Famille. 

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 00:00

Julien et Basilisse

4e siècle

 

Il y a des incertitudes sur ce saint couple.

Ils seraient nés à Antioche de Syrie, où ils auraient aussi été martyrs, mais d’autres sources les font mourir à Antinoé en Egypte.

Julien avait de riches parents, très chrétiens. Sur leur conseil il épousa à dix-huit ans une jeune fille, Basilisse, avec laquelle il garda une entière virginité, préférant consacrer leur fortune au soin des pauvres et des malades.

Leur maison devint en quelque sorte un immense hôpital, et saint Julien fut appelé plus tard Hospitalier.

Ils souffrirent tous deux des persécutions, sous Dioclétien. Basilisse ne mourut pas martyre, mais Julien subit beaucoup de tortures, avant d’être décapité, un jour qui devrait être le 6 janvier (parfois déplacé au 9 janvier), peut-être en 304 (ou en 313), et à Antinoé en Egypte.

Le Martyrologe mentionne au 6 janvier les saints martyrs Julien et Basilisse.

 

 

Note. L’histoire de Julien a aussi été écrite différemment. Ayant été mystérieusement averti qu’il aurait tué ses parents, Julien serait parti très loin, mais fut retrouvé par ses parents qui le recherchaient ; ils se présentèrent à Basilisse avant le retour de Julien, lequel, découvrant deux personnes dans son lit, crut y voir la trahison de son épouse et les décapita ; Basilisse lui ayant expliqué qu’elle avait donné à ses parents leur unique lit pour se reposer du voyage, Julien s’enfuit expier sa faute involontaire dans la solitude de la forêt. Cette histoire effrayante racontée par Giacomo de Voragine, rappelle assez le mythe d’Œdipe.


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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 00:00

Andrea Corsini

1302-1373

 

Issu de l'illustre famille des Corsini, ce Saint naquit à Florence le 30 novembre 1302, le jour de saint André, dont il reçut le nom. Ses pieux parents, Nicola et Pellegrina (Pèlerine) prièrent longtemps avant de recevoir cette bénédiction ; ils s’engagèrent à consacrer à Dieu cet unique enfant.

La veille de sa naissance, sa mère eut un songe, dans lequel il lui semblait mettre au monde un louveteau qui, entré dans l'église des Carmes, s'y transforma aussitôt en un agneau d'éclatante blancheur. Aussi cette pieuse mère eut-elle soin de vouer son enfant à la Très Sainte Vierge et de lui inspirer l'amour de la piété et de la vertu.

Malgré les exemples édifiants de ses parents et les sages instructions de ses précepteurs, Andrea, entraîné par les mauvaises compagnies dans toute espèce de désordres, ne tarda pas à vérifier la première partie du songe maternel. Nouvelle Monique, la pauvre mère n'avait d'autres ressources que ses larmes et ses prières.

Or un jour, Andrea, mû par un reste de tendresse, demanda à sa mère pourquoi elle pleurait ainsi : "Ah! mon fils, répondit-elle, je pleure sur le louveteau que j'ai mis au monde. Quand donc se changera-t-il en agneau ? Souviens-toi que tu appartiens à la Vierge Marie et que tu dois la servir."

Ces paroles, comme une flèche divine, pénétrèrent le cœur d'Andrea. Le lendemain il entra dans l'église des Carmes et, se prosternant devant l'image de Notre-Dame du Peuple : "Glorieuse Vierge Marie, dit-il, voici le loup dévorant qui vous prie de le rendre désormais un agneau docile ; il veut vous servir dans l'Ordre du Carmel." Aussitôt, il alla prier le supérieur du monastère de l'admettre dans son couvent. Il avait alors seize ans.

Dès le début de son noviciat, sa ferveur étonna les plus parfaits : l'esprit de la pénitence lui faisait accepter avec joie les offices les plus humbles. Il résista aux sollicitations d’un oncle qui le rappelait dans le monde. Ses passions un instant se révoltèrent, mais avec son énergie, l'amour de la prière et de la mortification, il les dompta si bien qu'il en demeura pour jamais vainqueur. Il fut un modèle d'obéissance, de ferveur et d'humilité.

Ordonné prêtre en 1328, il offrit à Dieu les prémices de son sacerdoce dans un petit couvent où il était inconnu et y célébra sa première Messe avec un recueillement et une dévotion extraordinaires. Aussitôt après la communion, la Très Sainte Vierge lui apparut, disant : "Tu es mon serviteur, je t'ai choisi, et je serai glorifiée par toi." Dans la suite Andrea ne voulut plus d'autre titre que celui de serviteur de Marie.

Dieu donna à ses paroles une onction et une force merveilleuse pour convertir les pécheurs et le favorisa du don des miracles. Un de ses parents fut guéri par lui d'un mal de jambe qui lui rongeait les chairs, et il rendit la vue à un aveugle dans la ville d'Avignon où il terminait ses études près du cardinal Corsini, son oncle.

De retour dans sa patrie, élu prieur du couvent de Florence, il devint comme le second apôtre du pays. Dans son admiration pour Andrea, la ville de Fiésole le choisit pour évêque (1360). A cette nouvelle il prit la fuite et se cacha dans un couvent de Chartreux ; mais un  mystérieux petit enfant de trois ans dévoila sa retraite, en même temps qu’il apparaissait à Andrea pour le rassurer.

Son élévation lui fit redoubler ses austérités. Au cilice il joignit une ceinture de fer. Il couchait sur des sarments de vigne étendus à terre. Chaque jour il récitait les sept psaumes de la pénitence et les Litanies des Saints, et se donnait une rude discipline. Sa charité pour les pauvres et surtout pour les pauvres honteux était inépuisable ; Dieu lui accorda un jour de multiplier le pain qu'il distribuait aux indigents.

Il réussit à reporter la paix dans Bologne, sur mission du pape Urbain V.

Il fit aussi rebâtir sa cathédrale qui tombait en ruine.

Pris d'un mal subit le jour de Noël, il reçut de la Vierge Marie l’annonce de son prochain dernier moment. Il mourut dans la soixante-douzième année de son âge et la treizième de son épiscopat, le 6 janvier 1373, après avoir répété le dernier verset du Nunc dimittis : Lumen ad revelationem gentium, et gloriam plebis tuæ Israel (Lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël)

 

Canonisé en 1629, Andrea est nommé au Martyrologe le 6 janvier.

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 00:00

Joan Grau i Bullich

1895-1937

 

Joan naquit le 14 avril 1895 à Coll de Nargó (Lleida, Espagne).

Il entra au collège des Bénédictins à Montserrat dès l’âge de quinze ans et revêtit l’habit monastique en 1913 ; en 1917, il fit la profession solennelle et prit le nom de Robert, et fut ordonné prêtre en 1920.

Ensuite il fut envoyé en Palestine pour accomplir ses obligations «militaires» en terres de mission.

En 1922, il fut préfet du collège et, en 1926, participera à une importante mission œcuménique en Bulgarie, en compagnie de Mgr Roncalli, futur pape Jean XXIII (voir au 3 juin).

Il traduisit en catalan Le Christ, idéal du moine, l’œuvre célèbre du Bénédictin, dom Marmion (voir au 30 janvier).

En 1928, il fut nommé prieur à l’abbaye de Montserrat, devant tenir la responsabilité de l’abbé, qui devait s’absenter.

En 1936, les miliciens prirent d’assaut le monastère. Certains moines eurent le temps d’aller se cacher, d’autres furent arrêtés, parmi lesquels le père Grau i Bullich.

 

Il reçut la palme du martyre, probablement à Barcelone, le 5 janvier 1937, et fut béatifié en 2013.

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 00:00

Pietro Bonilli

1841-1935

 

Pietro naquit le 15 mars 1841 à San Lorenzo di Trevi (Perugia, Italie centrale), de Sabatino et Maria Allegretti. Cette dernière était d’extraction modeste, et Sabatino dut s’éloigner des siens pour vivre avec sa chère épouse, alors que ses parents, plutôt aisés, auraient pu l’aider davantage.

Quand Pietro eut neuf ans, encouragé par son curé, il s’enhardit à demander aux parents de pouvoir étudier, et pour ce faire, de partir «travailler» à Trevi pour gagner un peu d’argent et se payer des leçons. Les parents, stupéfaits, inquiets, le laissèrent tenter l’aventure. 

On ne sait au juste comment il s’y prit ; ce qui est sûr, est qu’il réussit à survivre. Puis il rencontra un bon et saint prêtre, don Ludovico Pieri, qui le prit sous sa protection.

Don Pieri le fit entrer au collège Lucarini, puis au séminaire de Spolète.

Il n’était encore que sous-diacre, quand l’évêque lui confia déjà la charge pastorale de Cannaiola di Trevi, un patelin complètement isolé et perdu au fin-fond du diocèse, marécageux et insalubre.

Devant le manque de prêtres, le saint garçon, qui n’avait que vingt-deux ans, fut ordonné prêtre en 1863, avec dispense du Saint-Siège pour l’âge. Il devait rester pendant trente-quatre ans dans sa petite paroisse.

Il eut l’excellente idée de rédiger dans un cahier les événements importants de sa présence et de son apostolat. La paroisse était complètement à l’abandon, desservie seulement par des remplaçants qui ne pouvaient assurer que la messe dominicale et les sacrements, mais pas l’instruction. En outre, les ressources de la paroisse étaient très faibles, ce qui explique aussi pourquoi aucun autre prêtre ne s’y intéressait.

Pietro fut cependant bien accueilli. Il commença par bonifier les terrains de la paroisse. Puis il invita toute la population à contribuer à la restauration de l’église et il aménagea le cimetière. 

Ensuite il concentra ses efforts sur la dévotion à la Sainte Famille, pour servir de référence à tous les foyers de la paroisse. Il fonda une Compagnie des Gardes d’Honneur de la Sainte Famille et développa les exercices de piété, les fêtes, les processions, le culte au Saint protecteur local.

Puis il fonda la Pieuse Union de la Sainte Famille, en quatre sections selon l’âge et la condition des adhérents et s’appliqua à répandre la dévotion à la Sainte Famille ; il en écrivit un petit «règlement» qu’il soumit à l’approbation de l’archevêque, espérant que cette dévotion dépasserait même les frontières de l’Italie (ce qui arriva : c’est dans le sillage de cette dévotion que surgit la grande cathédrale de Barcelone, dédiée à la Sagra Familia).

Il se préoccupa de porter la Bonne Nouvelle auprès de tous, utilisant déjà les moyens que pouvait lui offrir l’imprimerie : ainsi sortit en 1880 L’apôtre de la Sainte Famille, imprimé d’abord à Foligno, puis à Trevi où il fit la grande folie d’acheter une imprimerie (1881), qu’il transporta ensuite à Cannaiola même (1884), utilisant pour le Bien ce moyen de l’imprimerie si souvent utilisé pour le Mal dans la société. Son imprimerie éditera des opuscules, des livres ; bientôt circulèrent des bibliothèques ambulantes.

En 1884, il fonda aussi un orphelinat, l’Orphelinat de Nazareth, qu’il organisa près de son imprimerie, pour donner un travail à cesEn 1884, il fonda aussi un orphelinat, l’Orphelinat de Nazareth, qu’il organisa près de son imprimerie, pour donner un travail à ces orphelins. Et un autre pour les orphelines en 1886, avec des leçons de couture, de broderie, de cuisine, de tissage.

On observera qu’à la même époque, une portugaise confiait un nouvel Institut à la Sainte Famille, pour la formation des petites filles (voir Rita Lopes de Almeida, au 6 janvier).

Don Pietro, en 1893, s’intéressant aux malheureuses petites filles sourdes et muettes, et aveugles, se les fit signaler par tous les maires des environs, leur demandant quelque contribution pour ériger une maison en vue de les accueillir : ainsi naquit un Abri pour les sourds-muettes, dont les résultats suscitèrent l’admiration même des spécialistes.

Une des plus grandes joies de toute sa vie fut qu'en 1893, le Vatican approuva la fête de la Sainte Famille, qui devait se célébrer au troisième dimanche après l'Epiphanie, et qui actuellement se célèbre le dimanche après Noël.

Ne réussissant pas à trouver un personnel adéquat, ni de congrégation religieuse disposée à l’aider pour toutes ces œuvres, en 1888, il fonda la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Spolète. Des vocations arrivèrent, des maisons s’ouvrirent en Italie, en Sicile. L’archevêque donna son approbation en 1897, le Vatican en 1932.

Des personnalités furent enfin touchées par ses efforts, et l’aidèrent à prendre possession, en 1898, d’un ancien couvent à Spolète, où il put installer toute son œuvre, avec la typographie. 

Cette même année, il fut nommé chanoine de la cathédrale de Spolète, pour pouvoir rester sur place et gérer toute son œuvre. Il fallut quitter Cannaiola, après trente-quatre ans !

Mais il n’avait toujours que cinquante-sept ans ! Il fut pénitencier à la cathédrale, assailli par les pécheurs, puis administrateur et recteur du séminaire.

Quand l’archevêque fut nommé ailleurs, don Pietro fut pressenti comme Vicaire capitulaire (c’est-à-dire pour «remplacer» l’évêque en attendant la nomination officielle du nouveau), mais il refusa cette charge trop importante pour lui, pour s’occuper seulement de son œuvre.

En 1918, il reçut avec surprise le titre honorifique de Camérier du pape, ce qui lui permettait de porter le titre de Monseigneur. En 1930, il fut nommé Chevalier de la Couronne d’Italie, mais n’en voulut pas porter les insignes.

En 1929, à quatre-vingt huit ans, il dut subir une opération chirurgicale, qu’il supporta très bien.

Les dernières années de sa vie, il perdit peu à peu la vue, lui qui s’était tellement occupé des petits aveugles. Il continuait à recevoir, à confesser, à célébrer même, ayant assimilé par-cœur les textes de la liturgie.

Il s’éteignit enfin, nonagénaire, le 5 janvier 1935, a près soixante-douze ans de sacerdoce.

Don Pietro Bonilli a été béatifié en 1986.

 

Les Sœurs de la Sainte Famille sont présentes en République Démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire.

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