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31 juillet 2021 6 31 /07 /juillet /2021 23:00

18e dimanche per annum - B

 

 

A leur sortie d’Egypte, les Hébreux furent guidés de jour par la colonne de nuée et de nuit par la colonne de feu (cf. Ex 13:21) ; une telle présence divine, vraiment extraordinaire, ne suffit pas pour empêcher les enfants d’Israël de murmurer en voyant arriver les Egyptiens ; après le passage de la Mer Rouge, ils chantèrent un solennel hymne d’action de grâce, mais à peine au deuxième mois de la sortie d’Egypte, ils avaient de nouveau le murmure dans le cœur et sur les lèvres. C’est la lecture d’aujourd’hui.

Qu’aucun de nous n’ose reprocher aux Hébreux leur inconstance, leur facilité à se rebeller, à récriminer, comme dit le texte !

Dans leurs propos incendiaires, ils vont jusqu’à regretter de ne pas être morts en Egypte ; le texte grec ne dit pas Il aurait mieux valu mourir de la main du Seigneur, mais Que ne sommes-nous morts frappés par le Seigneur, où le mot frappés reprend le terme par lequel ont été désignés les fléaux qui ont accablé les Egyptiens, comme si, dans leur colère, les Israélites en venaient à désirer le sort des Egyptiens. Justin et Origène ont souligné cette ingratitude.

Philon, pour sa part (philosophe et exégète juif du 1er siècle), observe le caractère vraiment miraculeux de la patiente bonté de Dieu, qui offre à son peuple une nourriture gagnée sans peine et non terrestre, souvenir du Paradis où l’homme n’avait pas à travailler pour se nourrir, et prémices de l’Eucharistie.

L’expression chaque jour est plus complexe dans le texte ; il faudrait presque traduire littéralement ce qui est du jour pour un jour. Le même Philon interprète ainsi cette expression : les nourritures de l’âme, qui sont célestes, sont les paroles de Dieu ; mais l’âme ne peut recevoir en une seule fois la richesse de ces grâces ; aussi Dieu ne dispense-t-il que la nourriture du jour pour le jour. Il interprète aussi que la Lumière (le jour) nous est donnée uniquement «pour le jour», c’est-à-dire pour le Bien.

Le psaume et l’évangile vont tout-à-l’heure compléter cette exégèse.

 

*       *       *

Le psaume 77, pour qui le lit dans son intégralité, est une longue méditation didactique sur l’histoire d’Israël, les fautes de la nation et leur châtiment. Le psaume met en relief la responsabilité d’Ephraïm, ancêtre des Samaritains, l’élection de Juda et le choix de David.

Au milieu de l’énumération de tant et tant de bienfaits pour lesquels le peuple d’Israël n’a pas su se montrer reconnaissant, est évoquée cette «pluie» céleste des cailles et de la manne. 

La manne est le pain des Forts, c’est-à-dire la nourriture des Anges, dont il sera question dans l’évangile.

Le psaume dit plus bas que les Israélites avaient encore la nourriture dans la bouche, que la colère de Dieu fondit contre eux : aucun n’entra dans la Terre promise, sauf Josué et Caleb, qui ne s’étaient pas révoltés. Ceux qui y entrèrent ne furent pas même leurs fils, mais leurs petits-fils (cf. Nb 14:27sq) ; de ceux-là le psaume dit plus bas que Dieu conduit son peuple et le fait entrer dans son domaine sacré.

 

*       *       *

Quand nous entendons Paul rappeler aux Ephésiens de ne plus se conduire comme les païens qui se laissent guider par le néant de leur pensée, on peut très facilement rattacher ce comportement de païens à celui des Israélites ingrats qui péchèrent contre Dieu dans le désert.

Nous avons tous à nous défaire de (notre) conduite d’autrefois, car nous sentons tous qu’il reste encore quelque chose du vieil homme au fond de nous, qui cherche à tout moment à supplanter l’homme nouveau que nous avons reçu en Jésus-Christ.

Notre renouvellement, notre conversion, ne seront jamais acquis ; ce serait comme de croire qu’un champ une fois dépierré et ensemencé restera définitivement apte à produire sans aucun travail. Ce serait le Paradis terrestre ! 

Toute notre vie est un travail champêtre, qu’il faut sans cesse reprendre pour préparer la terre et y faire pousser le bon fruit.

 

*       *       *

Après le verset de l’Alleluia, qui reprend un verset du même psaume 77, nous commençons la lecture du discours sur le Pain de Vie ; il se prolongera sur quatre dimanches.

L’évangéliste Jean ne parle pas de l’institution de l’Eucharistie ; quand il écrivit son évangile, les trois autres, ainsi que l’épître de Paul aux Corinthiens, étaient largement diffusés parmi les Chrétiens ; aussi Jean a plutôt développé d’autres points connexes de l’amour du Christ pour nous : son Corps eucharistique, le Lavement des pieds lors de la Dernière Cène.

Après avoir multiplié les pains et les poissons, Jésus invite la foule à travailler pour une Autre nourriture que celle de la terre. On parlait plus haut du travail de toute notre vie : Jésus nous invite à ce travail passionnant, consistant à se préparer à recevoir la Nourriture qu’il nous donne.

La foule s’intéresse et questionne Jésus avec avidité : Que faut-il faire ? Cette humble question est celle des cœurs simples, qui s’ouvrent à la parole de Dieu ; elle rappelle celle de Marie à Nazareth : Comment cela se fera-t-il ? (Lc 1:34). Et de même que l’Ange annonce l’Incarnation du Verbe, de même Jésus demande à la foule de croire en Lui, en celui que (Dieu) a envoyé.

Croire vraiment en Jésus, le Verbe divin incarné, c’est croire à toute sa mission et à tout son enseignement, à ses Sacrements, à l’Eucharistie en particulier, et en l’Eglise.

Les interlocuteurs de Jésus découvrent peu à peu la Vérité : ils se souviennent de la Manne, mais que sera cette nouvelle Nourriture dont leur parle Jésus ? 

Jésus leur fait comprendre que la Manne était un Pain venu du Ciel. Mais le vrai Pain sera Celui qui descend du Ciel et donne la Vie au monde : Jésus passe maintenant du Pain-symbole de la Manne, au Pain Eucharistique, qu’il est Lui-même, et enfin dit explicitement : Moi, je suis le pain de la vie.

L’expression latine, comme la grecque, comporte une particularité saisissante : elle commence par le mot Ego, de sorte qu’il faut comprendre : C’est moi (et pas un autre)…

Jésus-Christ s’est exprimé ainsi maintes fois, s’identifiant à la vraie Vigne (Jn 15:1), au vrai Pasteur (Jn 10:11. Mais aussi, pour rassurer ses disciples, il leur dit simplement : C’est moi ! (Jn 6:20). 

Plus encore, en parlant un jour aux Juifs, il leur dit ces mots : Si vous ne croyez pas que Je Suis… (Jn 8:24), reprenant expressément le nom que Dieu se donna en parlant à Moïse : Je suis celui qui est (Ex 3:14), qu’on a parfois traduit : Je suis le «Je suis», l’Etre par essence, l’Etre éternel. Quand Jésus utilise l’expression Je suis, les Juifs comprennent aussitôt que Jésus leur montre sa divinité.

Quand Jésus parle de faim et de soif, il annonce encore plus précisément que l’Eucharistie comportera son Corps et son Sang.

“Ne plus avoir faim” ne veut pas dire qu’il suffira de communier une seule fois au Corps de Jésus, mais qu’il ne faut aller qu’à Lui pour vraiment être rassasié.

Au contraire, Jésus désire que nous Le recevions très souvent dans le Sacrement d’Amour eucharistique. Certes, l’Eglise ne veut pas nous obliger contre notre volonté ; si elle nous demande expressément de recevoir l’Eucharistie une fois l’an, au moment de Pâques, c’est pour que nous ne nous privions pas de l’Eucharistie, et que le plus grand nombre la reçoive au moins quelquefois. 

Mais si nous sommes convaincus de l’importance de cette démarche, si nous voulons vraiment nourrir en nous la vie divine, allons le plus souvent possible recevoir la sainte Hostie - et l’Eglise nous y encourage. 

Beaucoup de fidèles ne savent pas que les prêtres célèbrent chaque jour l’Eucharistie ; nous pouvons chaque jour y participer, selon le temps disponible. La Messe est à chaque fois la Pâque qui se reproduit : Chaque fois que vous mangez ce pain et buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne (1Co 11:26).

On ne peut pas mettre le Christ au centre de notre vie, sans y mettre en même temps l’Eucharistie, le Sacrement de la nouvelle créature en Jésus-Christ.

*       *       *

La Prière du jour nous rappelle la restauration de l’ordre primitif de la Création : Restaure pour eux ta création ; dans la Prière après la Communion nous disons avoir été renouvelés par le Pain du ciel.

Le 4 août, l’Eglise fête saint Jean Marie Vianney, patron des prêtres et des curés. L’ année sacerdotale, que nous fêtions il y a peu à l’occasion du 150e anniversaire de la mort de ce grand Saint, a été l’occasion pour beaucoup d’entre nous de renouveler notre attachement à la Vie divine eucharistique. Soyons-y fidèles !

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31 juillet 2021 6 31 /07 /juillet /2021 23:00

AOUT

 

01 AOUT

 

-II.        

SS Frères Maccabées et leur mère, cf. M 7, avec le vieillard s. Eléazar.

II.        

Ste Sophie, mère des trois sœurs Foi, Espérance et Charité (Pistis, Elpis et Agapé ; en russe : Nadia, Vera et Liouba), qu'elle suivit dans le martyre trois jours après elles ; on la fête aussi le 30 septembre.

       

S Secundinus, martyr à Rome.

IV.        

S Eusebius, évêque à Verceil où il mena avec ses prêtres une vie commune (c'était une nouveauté, qui sera suivie par s. Augustin) ; son anti-arianisme lui valut l'exil (Palestine, Cappadoce, Thébaïde), mais il put regagner sa ville et y mourut ; fêté le 2 août.

SS Léonce, Atte, Alexandre, agriculteurs martyrs à Pergé avec six autres.

S Vère, évêque à Vienne.

S Justin, enfant martyr près de Paris.

S Leus, prêtre à Ferrare.

?        

S Félix, martyr à Gerona.

V.        

S Exsuperius, premier évêque à Bayeux.

S Nectaire, évêque à Vienne.

S Severus de Rustan, prêtre au pays de Bigorre.

VI.        

S Bandry, évêque à Soissons ; exilé en Angleterre, rappelé par le peuple frappé de la peste.

S Arcade, évêque à Bourges.

SS Friardus et Secondellus, ermites à Vindunitta (Besné ?) ; Friard obtint la guérison de ses camarades piqués par des guêpes puis conduisit la vie d'ermite avec le diacre Secondel.

S Kined (Kenned), solitaire gallois.

Ste Almeda, vierge galloise martyre.

VII.        

S Pellegrino, pèlerin de souche irlandaise, mort en Italie centrale ; son corps est conservé justement à San Pellegrino.

S Ionatus, abbé à Marchiennes.

VIII.        

Ste Marie la Consolatrice, vierge à Vérone, sœur de l'évêque s. Annon.

X.        

S Ethelwold, moine à Glastonbury puis évêque à Winchester, grand restaurateur de la vie monastique, avec s. Dunstan et s. Oswald.

XI.      

Bx Rodolphe, abbé, et Albert, cellerier et prieur, à Vallombreuse.

XIV.        

B Emericus de Quart, évêque à Aoste.

B Giovanni Bufalari, augustin à Rieti, frère de la bse Lucia di Amelia.

XVI.        

S Pierre Favre (ou Lefèvre), savoyard, un des sept premiers jésuites, canonisé en 2013.

XVII.    

B Thomas Welbourne, laïc anglais, martyr à York.

B Martinus Gómez Tozaemon, laïc japonais tertiaire franciscain, martyr (le 27 août au Martyrologe).

XVIII.    

S Alfonso de’ Liguori, juriste napolitain, puis prêtre et fondateur des Rédemptoristes, voués aux missions populaires, évêque à Naples, auteur d'ouvrages de théologie morale, pour lesquels il sera proclamé Docteur, et patron des confesseurs et des moralistes.

XIX.        

SS Bênadô Võ Văn Duê et Đaminh Nguyễn Văn Hạnh, dominicain, prêtres, martyrs tonkinois, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

S Pierre Julien Eymard, prêtre de la Société de Marie, fondateur de deux Sociétés religieuses pour développer le culte au Saint-Sacrement ; fêté le 2 août.

XX.        

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2001 :

Capucins Amigoniens : à Madrid, le prêtre José de Miguel Arahal (Bienvenido-María de Dos Hermanas, *1887) ;

- béatifié en 2007 :

Diocésains : à Toledo, Justino Alarcón de Vera (*1885) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Sebastiá Tarragó Carré (*1879) ;

Hospitaliers : près de Madrid, le profès Benito Iñiguez de Heredia Alzola (Gaudencio, *1882) ;

Frères Maristes : près de Barcelone, Severino Ruiz Hidalgo (*1907) et José Mulet Velilla (José Teófilo, *1917) ;

- béatifiés en 2015 :

Capucins : près de Barcelone, le prêtre Francesc de Paula Soteras Culla (Ráfael María, *1902), et le convers Joan Bonavida Dellá (Félix, *1894) ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : près de Saragosse, Vicente Montserrat Millán (*1904) ;

- béatifiés en 2021 :

Diocésains : près de Grenade, Francisco Morales Valenzuela et José Giménez Reyes (*1877, 1889) ; près de Cordoue, Alfonso Guadix Fuente-Robles, Francisco García Pareja et Juan de la Cruz Herruzo Ruiz (*1872, 1877, 1884) ;

Laïcs : près de Cordoue, Emilio García Pareja (*1881).

B Aleksy Sobaszek (1895-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

B Gerhard Hirschfelder (1907-1942), prêtre allemand martyr à Dachau, béatifié en 2010.

Bses Adela Mardosewicz (Maria-Stella), Jadwiga Karolina Żak (M. Imelda), Anna Kukołowicz (M.Rajmunda), Eleonora Aniela Jóźwik (M.Daniela), Józefa Chrobot (M.Kanuta), Helena Cierpka (M.Gwidona), Julia Rapiej (M.Sergia), Eugenia Mackiewicz (M.Kanizja), Paulina Borowik (M.Felicyta), Leokadia Matuszewska (M.Heliodora), Weronika Narmontowicz (M.Boromea) (*1888, 1892, 1892, 1895, 1896, 1900, 1900, 1903, 1905, 1906, 1916), religieuses polonaises de la Sainte-Famille-de-Nazareth, exécutées par les nazis en 1943 ; elles s'étaient offertes à la place d'otages, béatifiées en 2000.

B Pierre-Lucien Claverie (1938-1996), dominicain, évêque en Oran, martyr, béatifié en 2018.

Les Sept Frères Maccabées et leur mère

2e siècle avant Jésus-Christ

 

Les deux Livres des Maccabées, les plus récents des livres de l’Ancien Testament, tirent leur nom de Judas Maccabée, qui entraîna ses frères de religion dans la lutte contre l’envahisseur pour maintenir la tradition religieuse juive.

C’est dans le deuxième Livre, au chapitre 6, qu’est relaté le martyre du vieillard Eléazar, de quatre-vingt-dix ans (v.24), puis, au chapitre 7, l’histoire des Sept Frères, arrêtés avec leur mère, tous suppliciés horriblement.

Eminemment admirable et digne d’une illustre mémoire fut la mère qui, voyant mourir ses sept fils dans l’espace d’un seul jour, le supporta allègrement en vertu des espérances qu’elle plaçait dans le Seigneur. Elle exhortait chacun d’eux… (2M 7:20-21).

La tradition chrétienne a appelé ces martyrs les sept frères Maccabées et les a tenus en grand honneur, avec des églises à Antioche, à Rome, à Lyon et à Vienne.

Le culte de ces Martyrs semble avoir été universel dans l’Eglise, jusqu’au 5e siècle. Plusieurs Pères composèrent des textes sur eux : Grégoire de Nazianze, Jean Chrysostome, Augustin, Ambroise, Gaudence de Brescia.

En général, on retenait que les reliques se trouvaient d’abord à Antioche de Syrie, mais saint Jérôme les situait à Modin. Différentes sources orientales donnent des noms à ces frères et à leur mère, mais diffèrent entre elles.

Le martyre aurait eu lieu à Antioche de Syrie, d’où les reliques furent transportées à Constantinople, puis à Rome. Elles sont vénérées dans l’église de Saint-Pierre-aux-Liens.

Le Martyrologe commémore le vieillard Eléazar et les Sept Frères avec leur Mère au 1er août.

 

 

Secundinus de Rome

† ?

 

L’actuel Martyrologe mentionne Secundinus, martyr à Rome sur la Via Prænestina au trentième mille, mais à une époque inconnue, sans doute assez ancienne.

L’ancien Martyrologe ne le mentionnait pas.

Saint Secundinus de Rome est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Félix de Gerona

† 304

 

Il existe plusieurs versions concernant Félix.

La plus populaire le fait originaire de Maurétanie (Maroc-Algérie).

Avant la persécution de Dioclétien (303) ou juste après le décret impérial, Félix gagna Gerona (Espagne NE), d’abord pour y prêcher le Christ, ensuite pour rencontrer le préfet Dacianus et tenter de le faire changer d’avis.

Félix endura de longs supplices, au terme desquels il rendit à Dieu son âme.

Un sanctuaire, puis une basilique furent construits à Gerona. On raconte cet événement qui se produisit plus tard : un voleur s’était emparé des précieux ornements de l’église ; un inconnu se présenta et le persuada d’aller à tel endroit où il pourrait vendre ces beaux tissus avec leurs pierres ; le voleur suivit le conseil et, peu après, se retrouva dans la basilique de Gerona, tandis que l’inconnu disparaissait ; c’était sans doute s.Félix.

Des reliques de s.Félix se trouvaient aussi à Narbonne, dans une église que le roi Alaric fit raser, parce qu’elle lui enlevait la vue qu’il avait de son palais ; Alaric en devint aveugle.

Saint Félix de Gerona est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eusebius de Vercelli

283-371

 

Eusebio naquit vers 283 en Sardaigne.

Après le martyre de son père, il vint à Rome avec sa mère et sa jeune sœur.

C’est à Rome qu’il fut ordonné prêtre, puis évêque (345).

Le diocèse de Vercelli (Piémont, Italie NO) venait d’être fondé et il en fut le premier évêque.

Dans son diocèse, il organisa la vie commune entre les membres du clergé et aurait institué l’Ordre des Chanoines Réguliers de Saint-Augustin.

Il fut en occident le plus chaleureux opposant à l’hérésie d’Arius, dont il appelait les fauteurs les Ariomanites ou fous d’Arius.

Pour sa fidélité à la doctrine, il fut exilé par l’empereur de 355 à 361 et fut relégué en Palestine, puis en Cappadoce et en Egypte méridionale.

Ayant repris son diocèse, il y mourut le 1er (ou le 2) août 371, à quatre-vingt-huit ans.

Sa fête liturgique est au 2 août depuis 1969.

 

 

Exsuperius de Bayeux

340-405

 

Exsuperius aurait été un Romain de famille noble et riche du premier siècle.

Le pape s.Clément (v. 23 novembre) l’aurait envoyé évangéliser le Bessin où, après avoir chassé plusieurs démons, Exsuperius serait devenu le premier évêque de Bayeux.

Les spécialistes restent perplexes devant ces dates : si Exsuperius vivait au premier siècle, les deux ou trois premiers évêques de Bayeux auraient dû mourir plus que centenaires, sauf s’il y eut des évêques que nous ne connaissons pas ou de longues périodes de vacance du siège.

On attribue à Exsuperius la guérison de plusieurs démoniaques, à la vue de quoi se serait converti Regnobert, futur successeur d’Exsuperius.

Exsuperius aurait légué à son Eglise un plat en argent (Missorium), qu’on retrouva en Angleterre en 1729, et disparu depuis (?).

Le nom d’Exsuperius devint, selon les localités : Spire (Corbeil), Dispar (Bretagne), et aussi Spirius, Soupir, Soupierre. Il y eut à Corbeil des reliques de s.Exsuperius, dispersées dans la Seine par les révolutionnaires en 1793.

Saint Exsuperius de Bayeux est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Severus de Rustan

? 500

 

Severus (Sever) devait être un grand propriétaire terrien, héréditaire des biens d’une famille noble de Bigorre (Hautes-Pyrénées).

Il devint prêtre et voulut favoriser les pauvres avec ses amples revenus.

Deux de ses propriétés devinrent des maisons religieuses, à vingt kilomètres l’une de l’autre. Il y célébrait la messe chaque dimanche. Il s’y rendait à cheval ; un jour qu’une branche de néflier lui balaya la figure, il maudit l’arbre, qui sécha ; se reprenant de son impatience, il pria Dieu de faire reverdir l’arbre.

Severus avait l’habitude d’orner ses églises avec des lys. Ceux qu’on mit près de son tombeau se fanèrent, mais reprirent vie à chaque date anniversaire de sa mort, qui advint vers 502. On en parlait encore en 1753.

C’est la maison de Rustan qui devint un monastère bénédictin dès au moins le neuvième siècle. Il fut fermé à la Révolution. Les reliques de s.Severus furent brûlées par les Huguenots en 1573.

Saint Severus de Rustan est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Friardus de Vinduneta

† 570

 

Friardus était le fils de parents très modestes, gallo-romains, et naquit au pays nantais.

Dans sa jeunesse, il cultiva les terres de son père, mais surtout il tranchait au milieu de ses camarades par sa grande piété.

Un jour qu’un essaim de guêpes s’était abattu sur ces jeunes gens, Friardus s’agenouilla, pria et fit un grand signe de croix : l’essaim disparut.

Il se retira sur l’île de Vinduneta, sur la Loire (peut-être Besné), pour y mener la vie d’ermite. Le rejoignirent un abbé, Sabaudus, qui retourna bientôt à son monastère, et un diacre, nommé Secundellus.

Ce dernier crut devoir aller évangéliser les populations proches, mais Friardus sut que c’était une simple tentation diabolique, pour empêcher Secundellus de persévérer dans la prière ; on pourrait appeler cette tentation, activisme : un prétecte apparemment juste nous fait oublier notre vocation principale.

Peu après, Secundellus mourut dans les bras de Friardus.

Quand Friardus fut à son tour parvenu à ses derniers moments, il manda l’évêque s.Felix (v. 8 juin ?) qui, retenu, lui fit répondre de ne pas mourir avant sa venue : Friardus obéit ponctuellement.

Il mourut vers 570.

Saint Friardus de Vinduneta est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ionatus de Marchiennes

† 690

 

Ionatus fut un disciple de s.Amand (v. 6 février).

Il se trouvait au monastère d’Elnone, lorsque s.Amand le nomma abbé du monastère de Marchiennes.

Un autre monastère, de moniales, s’éleva aussi à Marchiennes, que dirigea sainte Rictrude (v. 12 mai).

Un ouvrage sur ses miracles fut publié, que nous ne connaissons malheureusement pas.

Une discussion qui n’est pas encore achevée, présente ce Ionatus comme le Ionas de Bobbio, disciple de s.Colomban (v. 23 novembre). L’argument est celui-ci : au moment où l’on perd de vue Ionas de Bobbio, apparaît Ionatus à Marchiennes, justement quand celui de Bobbio semble s’être déplacé dans le Nord de la Gaule. Intéressant, l’argument ne semble pas cependant être un alibi valable.

Saint Ionatus de Marchiennes est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Æthelwold de Winchester

904-984

 

Né vers 904, fils de haute famille, Æthelwold grandit à la cour du roi Athelstan.

Il reçut la tonsure des mains de s.Elphege l’Ancien (ou Ælfheah le Chauve, v. 12 avril ?) puis entra au monastère de Glastonbury, que gouvernait alors s.Dunstan (v. 19 mai). Il y étudia la grammaire, la métrique, la patristique.

En 954, il fut nommé à son tour abbé à Abingdon, un monastère tombé en grande décomposition et qu’il fallait restaurer. Il y établit la Règle bénédictine.

Il surveilla de près tous les travaux (il reçut un jour une grosse planche qui lui cassa plusieurs côtes) ; lui-même sut fondre deux cloches, et peut-être aussi les tuyaux d’un orgue.

Lui qui avait voulu voyager pour s’instruire de la vie monastique sur le continent, fut contraint par Dunstan et la reine de demeurer sur place ; il envoya un moine à Fleury-sur-Loire dans ce but.

En 963, Æthelwold fut nommé évêque pour le siège de Winchester. Aidé par le roi qui en demanda la permission au pape, il eut l’initiative de remplacer, même manu militari, beaucoup de membres du clergé diocésain par des moines et son exemple fut repris par s.Oswald (v. 29 février) et s.Dunstan.

Æthelwold refonda ainsi plusieurs monastères : Chertsey, Milton, Peterborough, Ely, Thorney, également celui des moniales à Winchester.

Avec s.Dunstan, Æthelwold rédigea une sorte de charte monastique qui devait servir de Règle normative pour tous les monastères d’Angleterre. Les abbayes profitèrent de ce mouvement et formèrent une élite de moines savants, intellectuels, dont plusieurs furent abbé, évêques. On attribue à l’influence d’Æthelwold le magnifique Bénédictionnaire de Saint Æthelwold, qui se trouve actuellement à la British Library.

On s’en doute, des mouvements contestataires se manifestèrent parmi certains moines récalcitrants : on essaya d’empoisonner Æthelwold, inutilement.

Dans le but d’aider la jeunesse, Æthelwold traduisit en anglais des ouvrages latins. Il était toujours souriant, un lion pour les déréglés, une colombe  pour les bons, l’Aigle du Christ et le Père des moines.

Il mourut à Beddington, le 1er août 984.

Saint Æthelweald de Winchester est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

Emericus de Quart

† 1313

 

Emericus (ou aussi Hemericus ou Eymericus, en français Emeric ou Aymeri) de Quart était le deuxième des cinq fils de Jacques II (ou Zacharie), seigneur de Quart (Aoste, Italie NO). Les autres fils furent Jacques III, Aymon (évêque de Genève), Henri (prévôt de la cathédrale d’Aoste) et Guillaume (archidiacre).

Chanoine de la collégiale Saint-Ours, Emericus était sous-diacre vers 1300 et fut probablement ordonné diacre et prêtre en 1300-1301, car il signe comme évêque d’Aoste en 1302.

Son épiscopat fut marqué par l’institution de la fête de la Conception de la Vierge Marie (1311).

Il mourut en 1313, apparemment le 1er septembre, mais le Martyrologe le mentionne au 1er août, rappelant l’austérité de sa vie et son zèle pastoral.

Il fut proclamé bienheureux en 1889.

 

 

Giovanni Bufalari

1318-1336

 

Giovanni, de la noble famille des Bufalari, naquit vers 1318 à Porchiano (Amelia, Ombrie, Italie C, auj. Porchiano del Monte). Sa sœur, Lucia, est mentionnée au Martyrologe le 27 juillet.

Très jeune, il entra dans l’Ordre augustinien et fut envoyé à Rieti.

Un témoignage contemporain affirme : (Giovanni) était simple, humble, toujours joyeux ; manger, boire, il faisait comme tout le monde, ainsi que dans toutes les autres occupations de la vie commune ; irrépréhensible dans ses rapports humains, et vraiment remarquable dans sa vie spirituelle.

Il nourrissait une amitié profonde envers tous les confrères et jamais il n’eut une parole déplacée ; aimable avec tous, surtout avec les malades ; les hôtes de passage, il leur lavait les pieds et leurs vêtements poussiéreux  et leur faisait mille gentillesses.

Envers les prêtres, il avait une attention encore plus grande, par respect pour l’Eucharistie qu’ils célébraient et leur servait la Messe avec grand empressement.

Il aimait aller faire une promenade solitaire dans le jardin, mais il en revenait avec les larmes, triste de contempler d’un côté les fruits, les oiseaux, les arbres qui obéissent à leur Créateur, et de l’autre les hommes à qui est promise la vie éternelle en récompense de leur obéissance, et qui n’obéissent pas au Créateur. 

Quelques jours avant sa mort, on entendit un rossignol qui chantait devant sa fenêtre ; Giovanni commenta le fait en disant que sa fiancée venait l’inviter au paradis. De fait, peu après, alors qu’il servait la Messe, il vit une belle lumière sur l’autel, et après une très brève maladie, s’endormit dans le Seigneur, un 1er août de 1336 environ, à dix-huit ans.

Il y eut tout de suite beaucoup de prodiges miraculeux obtenus par l’intercession de Giovanni, sagement consignés par écrit par les témoins : cent-cinquante pour la première année !

Son culte fut confirmé en 1832, la même année que pour sa sœur Lucia.

 

 

Pierre Favre

1506-1546

 

Pierre vit le jour au Villaret (Savoie) le 13 avril 1506, dans une famille nombreuse, catholique.

On a hésité entre deux formes pour l’orthographe de son nom de famille : Lefèvre ou Favre. La réponse s’impose, puisqu’il signa lui-même Favre et que ce nom s’est maintenu par la suite, comme par exemple pour un certain Jules Favre, un arrière-neveu de notre Saint.

Le garçonnet se montra très précoce. Il savait déjà, à six ou sept ans, tenir de belles prédications comme un petit docteur, disait-on.

Il ne put aller à l’école, à cause de la pauvreté des parents, et il sanglotait en rêvant d’aller à l’école. Ce fut un oncle, Mamert Favre, prieur à la chartreuse du Reposoir, qui le fit envoyer étudier à Thônes puis à La Roche, puis qui lui payera ses études à la Sorbonne. Excellent élève, après avoir épuisé la science de ses maîtres en Savoie, il gagna Paris, à dix-neuf ans. Il restera toujours très reconnaissant envers les Chartreux, avec lesquels il restera en contact, par exemple quand il sera à Cologne.

C’est à Paris qu’il partagea la chambre d’un certain François-Xavier (en basque : Pantxoa Xabier, v. 3 décembre), qui lui fit aussi connaître un non moins célèbre Ignace de Loyola (en espagnol : Iñigo de Loyola, v. 31 juillet).

Pierre fut très brillant et devint bachelier ès arts. Il aida Iñigo dans ses débuts universitaires parisiens et, l’élève ayant dépassé le maître, Iñigo devint à son tour son maître en choses spirituelles.

Autour d’Ignace se forma un petit groupe, dont le seul français était Pierre. Le premier, il fit les Exercices spirituels proposés par Iñigo, avant son ordination sacerdotale, qu’il reçut en juin 1534.

Il célébra sa première messe le 22 juillet, en la fête de sainte Marie-Madeleine.

La même année, le 15 août, le groupe des Amis dans le Seigneur monta à Montmartre et tous firent trois vœux : de pauvreté, de chasteté, et d’aller en pèlerinage à Jérusalem. Ils devaient se retrouver à Venise en janvier 1537.

Iñigo étant allé se refaire une santé, Pierre, l’unique prêtre du groupe alors, en fut le chef. 

En 1536, Pierre devint maître ès arts. 

On se mit en marche pour Venise à l’automne 1536 ; Iñigo les rejoignit à Venise, mais comme il n’y avait pas de bateau en partance, ils vinrent à Rome, demander sa bénédiction au pape, Paul III. Ensuite, ils exercèrent leur apostolat en Italie du nord.

Un an après, le vœu pour Jérusalem devenait caduc ; on revint voir le pape à Rome. Ce dernier nomma Pierre professeur d’Ecriture sainte à La Sapientia. Puis le pape, toujours Paul III, après avoir approuvé la naissante Compagnie de Jésus, envoya Pierre en Allemagne, auprès du conseiller impérial Ortiz (1540-1541) : il fallait quelqu’un pour diriger les colloques entre catholiques et protestants ; les colloques n’aboutirent pas, mais furent l’occasion pour Pierre de comprendre que le protestantisme gagnait à cause des désordres internes de la société : ignorance religieuse du peuple, immoralité du clergé.

Iñigo l’appelle ensuite en Espagne, où il séjourne quelques mois à Saragosse, Madrid, Ocaña, Tolède, mais le pape le rappelle en Allemagne, qu’il rejoint en totale obéissance, sans même s’arrêter chez les siens en Savoie ; c’est durant ce voyage (1542) que Pierre conquiert Petrus Canisius (v. 21 décembre). Pierre fonde le collège de Cologne, puis visite Anvers et Louvain.

Puis Iñigo veut l’envoyer au Portugal ; tandis que Pierre manque le bateau à Anvers et doit aussi se faire soigner à Louvain, il apprend que le nonce en Allemagne l’appelle à Cologne. Nouveau dilemme d’obéissance envers le Fondateur et envers le Pape. L’obéissance comme un cadavre le fait rester à Cologne, où il réfute Melanchton et toute une cohorte de luthériens, préservant ainsi le diocèse de l’hérésie.

En 1544, Iñigo parvient à arracher son fils de l’Allemagne pour l’envoyer au Portugal ; Pierre passe par Lisbonne, Evora, Coimbra… puis rejoint l’Espagne (1545), suscitant par sa parole convaincante beaucoup de vocations missionnaires. Les étapes de son voyage en Espagne sont Valladolid, Madrid, Salamanque, Tolède, Alcala, de nouveau Madrid, mais à l’hôpital pour se faire soigner à nouveau.

C’est là que lui parvient un ordre du pape de gagner Trento, pour le concile. En route, il ouvre encore des maisons : Valencia, Gandia, Barcelone.

S’il arrive enfin à Rome, épuisé, c’est pour y mourir dans les bras de Iñigo, le 1er août 1546.

De lui, un des premiers compagnons de Pierre, Simon Rodrigues, écrivit : Il avait une rare et délicieuse douceur de rapports, que je n’ai trouvée chez personne à ce degré. C’était dire la manière charmante qu’avait Pierre de converser et de gagner les cœurs ; il préférait la conversation personnelle aux grands discours solennels dans la chaire des églises. A cela s’ajoutait son intégrité parfaite, qui confirmait sa parole.

Pierre Favre fut béatifié en 1872 (plus exactement, le culte immémorial fut confirmé, ce qui équivalait à une béatification).

En 2013, Pierre Favre reçut la canonisation équipollente, par décision du pape lui-même, sans nouvel examen.

 

Thomas Welbourne

?-1605

 

Thomas était un laïc anglais, né à Kitenbushel dans le Yorkshire nord.

On ne sait de lui presque rien, sauf le plus important : maître d’école catholique, il exhortait ses voisins à embrasser le Catholicisme et fut, pour ce motif, accusé et condamné au même titre que les traîtres.

Thomas Welbourne mourut en martyr à York, le 1er août 1605.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Martinus Gómez Tōzaemon

?-1627

 

C’était un laïc né à Hakata (Japon) à une date non connue.

Il portait une partie de son nom en espagnol, comme bien d’autres Martyrs, mais il était japonais, et très fervent.

Membre du Tiers Ordre franciscain, il fut arrêté avec le père Francisco de Sainte Marie en 1627, au moment où ce dernier allait célébrer la Messe chez Gaspar Vaz (voir les notices correspondantes).

Il était un des hôtes généreux des missionnaires franciscains. 

Il refusa d’apostasier, fut condamné à mort, et décapité le 1er août 1627 à Nagasaki, alors que tous les autres du groupe furent martyrisés le 16 août suivant.

Il fait partie des deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

(Le groupe de ces quinze Martyrs japonais est mentionné le 27 août au Martyrologe).

 

 

Alfonso de’ Liguori

1696-1787

 

Alfonso était l’aîné des huit enfants de la famille de’ Liguori, une très ancienne famille napolitaine.

Une tradition prétend que le bienheureux Francesco de Girolamo (v. 11 mai) aurait prédit la naissance d’un évêque, qui mourrait à un âge avancé et ferait de grandes choses pour la gloire de Dieu.

Alfonso naquit le 27 septembre 1696 à Marianella (Naples, Italie), de Giuseppe et Anna Maria Caterina Cavalieri, qui lui firent donner une éducation très soignée avec des précepteurs de choix à la maison.

Alfonso étudia sans aucune difficulté les langues et les sciences, ainsi que les arts : latin et grec, français, mathématiques, peinture et musique. En 1708, il entrait déjà à l’université et se diplôma comme docteur en droits civil et ecclésiastique en 1713, à dix-sept ans.

Ses débuts immédiats au barreau furent brillants. Son avenir semblant se dessiner, son père le poussa au mariage, mais un échec cuisant lors d’une plaidoirie fit rentrer le jeune avocat en lui-même et l’orienta vers un changement radical. 

C’était en 1723 : il voulut entrer à l’Oratoire.

Il fallait vaincre la résistance de son père. Sa vie avait tellement changé que beaucoup de relations se détournèrent de lui ; même son père évitait de le rencontrer.

Reçu par l’archevêque de Naples, Alfonso eut la permission d’étudier la théologie à la maison. En 1726, il était ordonné prêtre. Peu auparavant, un excès de travaiil et de pénitences l’amenèrent à l’antichambre de la mort, mais il guérit de façon vraiment inattendue.

La prédication d’Alfonso eut immédiatement un merveilleux succès ; des pécheurs publics se convertirent. Venu incognito se confesser, le père d’Alfonso en ressortit très ému et reconnaissant.

Le récit de toutes les entreprises d’Alfonso sera une trop longue suite d’événements. Alfonso se donna à la prédication populaire, peu à peu entouré de condisciples.

En 1731, à Foggia, après un tremblement de terre, Alfonso prêchait dans la cathédrale, où la foule le vit en lévitation.

En 1732, à partir du Royaume de Naples puis dans toute l’Italie centrale, Alsonse et ses compagnons prêchèrent sans relâche dans les villes et les villages, où les gens des campagnes avaient besoin de recevoir enfin la Parole de Dieu.

Alfonso écrivit aussi beaucoup. Il composa des chants populaires (dont le fameux Tu scendi dalle stelle, que tous les Italiens chantent à Noël).

Ces premières années d’activité aboutirent finalement à la fondation de la Congrégation du Très Saint Rédempteur. Les débuts furent à la fois prometteurs et difficiles : les vocations ne manquaient pas, mais les défections aussi. A partir de l’approbation de Rome, l’institut s’affermit, les vocations affluèrent

En 1762, Alfonso fut nommé évêque à Sant’Agata dei Goti, une charge dont il profita, entre autres, pour venir en aide à la population frappée de famine en 1764. Pour honorer sa charge, il fut contraint de se faire raser proprement, de mettre une soutane neuve, de chausser des souliers neufs (mais qu’il garda jusqu’à sa mort).

Il s’occupa de réformer le séminaire et le clergé. Dans les nominations, il ne s’occupait pas des recommandations, mais du seul mérite du candidat. Il n’hésita pas à exposer quelques remontrances à l’occasion. Pour réformer les monastères de religieuses, il en fonda un de Rédemptoristines, qui devaient vivre selon un style plus austère, plus authentiquement monastique.

En 1773-1774, deux maisons s’ouvrirent dans les Etats pontificaux.

Toujours en 1774, tandis qu’on le voyait immobile sur son fauteuil, comme prostré, il fut en même temps présent auprès du pape mourant, pour le réconforter. On appelle cela la bilocation.

Il présenta sa démission en 1774, trop durement frappé par une arthrite qui le courbait de plus en plus, outre qu’il n’entendait et ne voyait presque plus. 

Il se retira dans la maison-mère de sa congrégation, à Nocera de’ Pagani,. Sa retraite fut troublée par une scission à l’intérieur même de la congrégation. Le résultat était en quelque sorte que le Fondateur se trouvait en-dehors de sa propre fondation. L’épreuve fut très douloureuse, mais Alfonso la supporta avec courage, et prédit que les deux rameaux se réuniraient, après sa mort.

Mgr Alfonso de’ Liguori s’éteignit le 1er août 1787.

Comme il l’avait prédit, la recomposition de la congrégation se fit en 1793.

Son œuvre est très important. On a de lui une Théologie morale, des Visites au Saint-Sacrement, l’œuvre mariale des Gloires de Marie, et d’autres titres pour les prêtres, pour les religieuses, pour le peuple.

Saint Alfonso fut béatifié en 1816, canonisé en 1839, et proclamé Docteur de l’Eglise en 1871, avec le titre de doctor zelantissimus.

Sa fête liturgique est au 1er août.

Bênadô Võ Văn Duê

1755-1838

 

Bênadô (Bernard) vit le jour en 1755 à Quần Anh (Nam Ɖịnh, Vietnam).

Ce fut un prêtre du vicariat du Tonkin oriental.

Il avait quatre-vingt-trois ans lorsqu’il apprit l’arrestation de son évêque, Mgr Delgado (v. 12 juillet). Il se fit transporter auprès du Prisonnier, pour mourir avec lui ; il eut bien du mal à obtenir cette «faveur», mais finit par se faire entendre de soldats qui l’emmenèrent. C’était le 3 juin 1838.

Il confessa sa foi avec courage et fut condamné à la décapitation le 23 juin. 

Il fut décapité à Ba Tòa (Nam Ɖịnh) le 1er août 1838.

Béatifié en 1900, il a été canonisé en 1988, cent-cinquante ans après sa mort.

 

 

Đaminh Nguyễn Văn Hạnh

1772-1838

 

Ɖaminh (Dominique) vit le jour en 1772 à Năng A (Nghệ An, Vietnam).

Ce fut un prêtre de l’Ordre dominicain.

Arrêté le 7 juin 1838, il fut terriblement torturé en prison, où on voulait le faire apostasier.

On le condamna à mort, et l’on attendit la confirmation de cette sentence jusqu’à la fin de juillet.

Le père Ɖaminh fut décapité à Ba Tòa (Nam Ɖịnh) le 1er août 1838.

Béatifié en 1900, il a été canonisé en 1988.

 

 

Pierre-Julien Eymard

1811-1868

 

Il naquit le 4 février 1811 à La Mure (Isère), d’un père vendeur d’huile et d’une mère (Marie-Madeleine) très chrétienne. 

Le papa pensait remettre à son fils sa boutique, et s’opposa un certain temps à la vocation de Pierre-Julien. Ce dernier, très jeune, fut attiré par l’église paroissiale et le Saint-Sacrement. Un jour qu’il tendait sa tête en direction du tabernacle, il dit à une de ses grandes sœurs (Marie-Anne) : C’est que j’écoute, et je l’entends mieux d’ici.

Le papa finit par accepter de laisser partir son garçon à Grenoble, où un prêtre s’offrait à lui donner des leçons gratuitement, contre de petits services. 

Puis la maman mourut.

Notre garçon put enfin partir à Marseille chez les Oblats de Marie Immaculée, mais il se mit à l’étude avec un tel acharnement qu’il dut vite revenir à la maison pour se reposer.

Là-dessus, Monsieur Eymard mourut en 1831, et Pierre-Julien entra au Grand séminaire de Grenoble ; il fut ordonné prêtre en 1834.

L’abbé Eymard vécut quelques années de pastorale intense comme vicaire à Chatte, puis comme curé à Monteynard, deux paroisses qui furent toutes renouvelées. Le jeune prêtre avait été marqué par la tendance de l’époque au dolorisme (d’inspiration «janséniste»), mais il comprit un jour, en priant devant le Calvaire de Saint-Romans, que la spiritualité devait s’ouvrir davantage à l’amour gratuit, au don de soi à la Providence, à l’acceptation humble des circonstances, sans recherche volontariste de la souffrance en elle-même.

Pierre-Julien se sentait surtout une âme de Religieux ; il obtint enfin de l’évêque la permission d’entrer au noviciat des Pères Maristes, en 1839. Cette jeune congrégation mariale avait été fondée par le père Colin. Pierre-Julien, qui était déjà prêtre, y fit un noviciat «abrégé», et émit les vœux religieux dès l’année suivante. 

Ses supérieurs, ayant remarqué ses qualités d’organisateur, d’éducateur, de prédicateur, le nommèrent diecteur spirituel du collège de Belley (Ain, 1839), puis Provincial pour la France (1844), et Directeur du Tiers-Ordre de Marie (1845) : il organisa fort bien ce dernier en différentes branches, selon les états de vie.

Durant la procession de la Fête-Dieu 1845, Pierre-Julien eut l’inspiration de prêcher Jésus-Christ eucharistique, sous la protection de l’apôtre saint Paul.

Le 21 janvier 1851, pendant qu’il priait dans la basilique Notre-Dame de Fournière à Lyon, il se sentit mystérieusement, dit-il lui-même, fortement impressionné par la pensée de l’état d’abandon spirituel où se trouvaient les prêtres, d’ignorance des laïcs, du peu de dévotion que recevait le Corps du Christ dans le Tabernacle et même des sacrilèges.

De là lui vint l’inspiration, d’abord, de fonder un Tiers-Ordre masculin dévoué à l’adoration réparatrice, lequel allait devenir par la suite une congrégation religieuse proprement dite, consacrée au culte et à l’apostolat de l’Eucharistie. 

En attendant, il fut nommé supérieur du collège de La Seyne-sur-Mer, qu’il redressa de fond en comble ; il parla de son projet, mais le Supérieur des Maristes s’y opposait, n’y voyant pas de lien possible entre cette dévotion eucharistique et le but de la Société de Marie. Le père Eymard demanda, et finit par obtenir d’être relevé de ses vœux. Il partit pour Paris.

La nouvelle congrégation naquit à Paris en 1856, mais après que l’archevêque l’eut d’abord désapprouvée. Il l’approuva séance tenante, cependant, quand Pierre-Julien lui représenta l’important projet de la Première Communion des adultes à Paris. Ce fut le 13 mai 1856.

La communauté se développa très lentement, au milieu de mille péripéties, dans une pauvreté héroïque. Les religieux manquaient tellement du minimum, qu’ils demandaient de l’aide à d’autres congrégations voisines. Ils durent abandonner leur petite demeure pour laisser percer un nouveau boulevard.

Il y eut une branche masculine et une autre féminine. Des maisons s’ouvrirent : Marseille, Angers ; l’œuvre de l’Adoration prit bientôt un essor considérable.

L’approbation papale arriva dès 1863. Le père Eymard, contre sa volonté, fut contraint d’être nommé Supérieur. 

Pierre-Julien avait une autre idée en tête, qui ne put jamais se concrétiser : acquérir le Cénacle de Jérusalem, pour en faire un lieu de culte extraordinaire envers l’Eucharistie. Après des mois d’attentes, ce fut une réponse négative de la part de Rome, que Pierre-Julien accepta dans l’esprit de soumission du Christ envers son Père : Que ta volonté soit faite, non la mienne.

Après quelques autres fondations à Bruxelles, à St Maurice Montcouronne (Essonne), à Nemours (Seine-et-Marne), le père Eymard dut fermer la maison de Nemours, il perdit la confiance des évêques, tomba malade, mais son amour et son zèle pour l’Eucharistie redoublaient encore.

Il confia, peu de jours avant sa mort : Que le diable est mauvais quand il vous bat. Ses soufflets sont secs, comme s’il frappait sur du marbre. C’est qu’il frappe vraiment, et pas seulement d’une manière imaginaire.

Epuisé, amaigri, sans même la force de manger, il reçut l’ordre formel de son médecin d’aller se reposer à La Mure. Arrivé le 21 juillet, il mourut le 1er août 1868, succombant à un accident vasculaire.

Béatifié en 1925, canonisé en 1962, il fut introduit au calendrier romain en 1995 et proclamé Apôtre de l’Eucharistie : sa fête liturgique est au 2 août, puisque l’on fête au 1er août saint Alfonso de’ Liguori.

Les Religieux du Saint-Sacrement sont un millier, dans un peu plus de cent maisons. Les Religieuses sont moins nombreuses et présentes en France et Belgique, en Amérique du Nord, au Vietnam.

Alfonso Guadix Fuente-Robles

1872-1936

 

Alfonso Guadix Fuente-Robles naquit à Montalbán (Cordoue, Espagne S), le 9 décembre 1872.

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 1er août 1936 à Cañete de las Torres (Cordoue).

Alfonso Guadix Fuente-Robles sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 1er août.

 

 

 

Francisco García Pareja

1877-1936

 

Francisco García Pareja naquit à Saragosse (Espagne NE), le 7 juillet 1877.

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 1er août 1936 à Cañete de las Torres (Cordoue).

Francisco García Pareja sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 1er août.

 

 

Francisco Morales Valenzuela

1877-1936

 

Francisco Morales Valenzuela naquit le 22 septembre (novembre ?) 1877 à Alhama de Grenade (Espagne).

Après ses études au séminaire, il fut ordonné prêtre en 1900.

Il fut curé à Beas de Grenade et à Quentar, avant d’être nommé à Alhama de Grenade.

C’est là qu’il fut abattu le 1er août 1936, dans la rue de l’église paroissiale, près de la sacristie, où l’on retrouva son cadavre.

Francisco Morales Valenzuela devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 1er août.

 

 

Sebastià Tarragó Carré

1879-1936

 

Il naquit le 21 juillet 1879 à Vinaixa (Garrigues, Catalogne, Espagne), de Josep et Magdalena, qui le firent baptiser le lendemain.

Il fut ordonné prêtre en 1903.

Il fut curé à Bellmunt (Priorat). Bon prêtre, humble, il était l’ennemi acharné des critiques, au point qu’il trouvait toujours une excuse pour sauver ses fidèles.

Il avait pour le soigner une pieuse femme, Raimunda (Ramona) Abellí, de soixante ans, originaire de Figuera, presque aveugle et qui portait des verres très forts pour voir tout de même quelque chose.

Le 22 juillet, la révolution avait explosé. Le prêtre alla retirer le Saint Sacrement de l’église, observé par les miliciens. Ils lui proposèrent la vie sauve s’il acceptait de se marier avec cette Raimunda. Il répondit avec sainte indignation : Jusqu’à maintenant, j’ai vécu comme un bon prêtre, et c’est comme ça que je veux mourir !

Le 1er août, le comité révolutionnaire de Bellmunt fit venir un taxi de Falset, qu’ils chargèrent d’aller chercher Emili Rull Pedret, un ami de Sebastià, pour convaincre ce dernier d’aller à Vinaixa, son pays natal. Ils proposèrent aussi à Madame Raimunda de la conduire où elle désirait, mais elle répondit qu’elle devait s’occuper de don Sebastià à Vinaixa aussi.

Vers dix heures du matin, ils partirent pour Falset, accompagnés par deux miliciens. De là, après une heure d’attente, ils continuèrent vers la Vilella Alta et Poboleda. En chemin, ils croisèrent une autre voiture, dont ils obligèrent les occupants à repartir sur Poboleda, chercher d’autres volontaires pour fusiller don Sebastià.

Dans un ravin à mi chemin entre Poboleda et Escaladei, après avoir concédé aux deux victimes un quart d’heure pour prier, ils les dépouillèrent, les maltraitèrent avec des propos et des gestes grossiers et sarcastiques et, n’ayant pu obtenir de les faire renoncer à leurs devoirs sacrés, les aspergèrent d’essence et les brûlèrent vifs, en même temps qu’ils les tuaient à coup de balles.

On peut dire que tous deux furent martyrs de la pureté, ce 1er août 1936.

Seul don Sebastià fut béatifié en 2013.

 

 

Emilio García Pareja

1881-1936

 

Emilio García Pareja naquit en 1881.

C’était un laïc imprégné de sa foi et qui la défendit courageusement.

Son martyre eut lieu le 1er août 1936 à Morente (Cordoue).

Emilio García Pareja sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 1er août.

 

 

Benito Iñiguez de Heredia Alzola

1882-1936

 

Benito (Benoît) vit le jour le 16 avril 1882 à Dallo (Ávila, Espagne).

A la suite de son aîné, Alejandro, il entra à dix-sept ans dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et prit le nom de Gaudencio.

Il fut présent en diverses communauté : Ciempozuelos, Carabanchel, Madrid, Barcelone.

A partir de 1914, il fut supérieur à Valencia, Palencia, Málaga, puis économe à San Rafael, Madrid et au sanatorium de Ciempozuelos de 1931 à 1936.

L’établissement ayant été occupé par les éléments révolutionnaires, il fut envoyé à Madrid pour régler quelques achats. Dans le train, il fut arrêté, dérobé de l’argent qu’il portait et mis en prison.

La nuit de ce 1er août 1936, il fut assassiné à Valdemoro avec deux autres ecclésiastiques.

Son frère Alejandro (en religion Mauricio) devait être assassiné à son tour le 28 août suivant à Barcelone.

Frère Gaudencio, ainsi que son frère, furent béatifiés en 2013.

 

 

Juan de la Cruz Herruzo Ruiz

1884-1936

 

Juan de la Cruz Herruzo Ruiz naquit à Obejo (Cordoue, Espagne S), le 24 novembre 1884, jour où l'on fêtait alors s.Jean de la Croix (v.14 décembre), dont il reçut le nom au baptême.

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 1er août 1936 à Alcaracejos (Cordoue).

Juan de la Cruz Herruzo Ruiz sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 1er août.

 

 

Justino Alarcón de Vera

1885-1936

 

Justino vit le jour le 1er août 1885 à Fuensalida et fut baptisé le lendemain. Il fut confirmé en 1889.

En 1898, il entra au Petit séminaire de Tolède, dont il sortit avec les meilleurs résultats.

En 1909-1910, il fut successivement bachelier, licencié et docteur en théologie, pour être ordonné prêtre en 1910.

Il exerça le saint ministère successivement à Escalonilla, Talavera de la Reina (en même temps qu’aumônier des Petites Sœurs des Pauvres), puis aumônier des Ursulines à Tolède.

En 1912, il fut nommé professeur au séminaire, où il resta jusqu’à la fin de ses jours, tout en cumulant la charge de deuxième cérémoniaire à la cathédrale. Au séminaire, il enseignait la Logique, la Métaphysique, la Cosmologie, la Psychologie et la Théologie naturelle.

Il devait avoir encore un peu de temps libre, car il fonda et dirigea le périodique Editorial Católica Toledana, en même temps qu’il collaborait au périodique El Castellano.

Quand se déchaîna la guerre civile de 1936, Tolède fut aux mains des marxistes, qui attaquèrent tout de suite les prêtres. Malgré le danger, don Justino tint à porter sa chère soutane, signe de son appartenance à Dieu et au sacerdoce.

Le 1er août 1936, jour de ses cinquante-et-un ans, à midi, des miliciens vinrent l’arrêter chez lui. Sans résister, il les suivit ; en chemin, on se moquait de lui, on le frappait ; le prêtre ne pouvait presque plus marcher ; conduit au lieu-dit El Tránsito, il fut abattu.

Don Justino fut béatifié en 2007.

 

 

José de Miguel Arahal

1887-1936

 

José naquit à Dos Hermanas (Séville) le 17 juin 1887.

Après l’école primaire, il fréquenta l’école tenue par les pères Capucins de Saint-Herménégilde, où il ressentit la vocation religieuse.

S’étant présenté au couvent de Monte Sión (Torrent), il fut reçu par le Vénérable père Luis Amigó, qui lui dit : Sois le bienvenu, mon fils. C’est ce nom de Bienvenido que José conserva par la suite. Le père Luis Amigò avait opéré une réforme à l’intérieur de l’Ordre Capucin, dont les religieux, appelés Tertiaires Capucins, prirent aussi le nom de Amigoniens. 

En 1905, José-Bienvenido fit la première profession, suivie de la solennelle en 1911.

En 1920, il fut ordonné prêtre.

Il reçut successivement la charge de supérieur des Tertiaires capucins, maître des novices, conseiller et vicaire général, enfin, de 1927 à 1932, général de la congrégation entière.

Il s’employa à renforcer l’appel aux vocations, l’étude des Religieux, l’ouverture au monde d’Amérique du Sud. Il transmettait sa dévotion au Saint Sacrement, au Sacré-Cœur.

La révolution de 1936 le trouva à Madrid, à l’école de Santa-Rita. Il fut le dernier à la quitter, avec son habit religieux.

Le 31 juillet, des miliciens le forcèrent à remettre les fonds déposés à la Banque de Biscaye et à la Banque d’Espagne. Ensuite, ils lui retirèrent son repas et l’emmenèrent avec violence à la Pradera de San Isidro, où ils le fusillèrent. C’était le 1er août 1936.

Il a été béatifié en 2001.

 

 

José Giménez Reyes

1889-1936

 

José Giménez Reyes naquit le 20 septembre 1889 à Santafé (Grenade, Espagne).

Entré au Petit séminaire en 1902, il fut ordonné prêtre en 1915.

Après diverses paroisses, il fut nommé vicaire à Sainte-Catherine de Loja et administrateur de Riofrío

Il fut abattu au cimetière de Loja, le 1er août 1936.

José Giménez Reyes devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 1er août.

 

 

Joan Bonavida Dellá

1894-1936

 

Joan était né le 2 avril 1894 à Tortosa (Tarragona, Catalogne, Espagne).

Le 22 janvier 1925, il prit l’habit des Capucins. Après le noviciat, il prit à la profession le nom de Félix, comme frère convers ; il fit la profession solennelle l’année suivante, comme frère convers.

A Olot, il fut jardinier et quêteur. A Sarrià, il fut de nouveau quêteur, restant au service du père Provincial.

Le 19 juillet 1936, quand éclatèrent les émeutes révolutionnaires, il était à Tordera, toujours occupé à demander l’aumône pour son couvent. Il resta à l’abri dans une famille d’accueil.

Quand les communications furent apparemment rétablies, il décida de partir pour Arenys de Mar, mais à la gare, il ne put passer inaperçu, par son comportement aimable et réservé. On l’arrêta, Félix n’opposa aucune résistance.

On le fit monter dans un camion pour aller le fusiller avec le curé de l’endroit (qui fait très probablement partie d’une autre cause de béatification).

Félix reçut la palme du martyre, à Palafolls (Barcelone), le 1er août 1936.

Il a été béatifié en 2015.

 

 

Francesc de Paula Soteras Culla

1902-1936

 

Francesc de Paula était né le 12 avril 1902 à Mataró (Barcelone, Catalogne, Espagne).

Tout petit, il entendit l’appel au sacerdoce. Ayant rencontré le père Pio d’Igualada, il demanda à entrer au collège séraphique, à dix ans.

De là, il passa au noviciat de Manresa et prit l’habit en 1917 avec le nom de Ráfael María.

Au terme de sa préparation, il reçut le sacerdoce en 1925.

Il fut professeur de philosophie et directeur du collège de philosophie ; puis, au chapitre de 1933, il fut nommé secrétaire provincial et archiviste.

On le décrivait comme un Religieux très intègre, d’intentions droites, profondément surnaturel et particulièrement obéissant.

Il fut surpris dans le train de Sarrià : apprenant qu’il était Religieux, on l’arrêta et on le fusilla.

Ráfael María reçut la palme du martyre à Vallvidrera (Barcelone), le 1er août 1936.

Il a été béatifié en 2015.

 

Vicente Montserrat Millán
1904-1936

Né le 6 janvier 1904 à Lorca (Murcia), il fut baptisé quatre jours plus tard. Il avait une sœur, Antonia.

En 1914, il entra au Petit séminaire de Murcia, mais passa à celui d’Almería lorsque son père transféra son négoce dans cette ville.

Il fut ordonné prêtre en 1928. En action de grâces pour cette ordination, la mère du jeune prêtre offrit à l’église de Lorca un beau retable pour l’autel de saint Vincent, le saint patron de son fils (sur s.Vincent, v. 22 janvier).

D’abord vicaire à Cantoria, Vicente fut chapelain à Villanueva de Sigena.

Sentant gronder la révolution et la persécution en 1936, il demanda à un Confrère de lui administrer le Sacrement des Malades.

Il se savait menacé. En effet, on l’arrêta au matin du 1er août après la célébration de la Messe, et on l’emmena à La Almolda, où on le fusilla à quatre heures de l’après-midi.

Les restes du Martyr reposent maintenant aux pieds de la statue de s.Vincent, au-dessus du retable d’autel que Madame Montserrat avait offert en 1928.

Martyrisé le 1er août 1936 et béatifié en 2017, le bienheureux Vicente Montserrat Millán sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 1er août.

 

 

Severino Ruiz Hidalgo

1907-1936

 

Severino vit le jour le 5 novembre 1907 à Fuencaliente de Lucio (Burgos, Espagne), de Feliciano et Jacinta, qui eurent sept enfants, dont plusieurs suivirent la voie de la vie consacrée.

Petit, il raconta souvent que la nuit, tandis qu’il priait les trois Je vous salue, Marie au pied de son lit avant de se coucher, la chambre se remplissait d’une lumière merveilleuse ; sa mère, une femme prudente, lui disait de ne pas y faire attention, qu’il devait avoir rêvé, mais le garçonnet protestait gentiment en l’assurant qu’il ne dormait pas, qu’il était bien à genoux et conscient de ce qu’il voyait.

Plus certain encore fut ce trait qu’on rapporta de lui lorsqu’il fut enfant de chœur. Comme souvent cela arrive, certains enfants de chœur s’amusaient en venant «servir la messe» et se dissipaient à l’intérieur de l’église. Severino le leur reprocha : Si c’est pour ça, vous auriez mieux fait de ne pas venir à l’église ; quand on est à la messe, on doit suivre les conseils de notre père et maître {le curé}.

Quand ses frères aînés entrèrent chez les Maristes, il les enviait, mais les parents avaient besoin de lui ; il attendit l’heure pendant onze ans.

Il profita de son service militaire en Afrique pour l’écrire à son père, qui ne lui refusa plus son autorisation. Il put enfin avoir sa place parmi les Frères maristes. 

En 1930, il entra au noviciat de Las Avellanas, et y reçut l’habit l’année suivante. 

En 1932, il fit la profession, avant de passer au scholasticat de Las Avellanas. Il y resta encore en 1933, comme préfet.

En 1935, il fut envoyé au séminaire de Vic (Barcelone), toujours comme préfet.

Il fut apprécié de tous, maîtres et élèves.

L’horizon s’obscurcit en 1936, et le Frère Severino conserva tout son calme. On savait que son plus grand désir était de mourir pour le Christ. Il en reçut la grâce.

Le 1er août 1936, il fut arrêté avec le Frère José Teófilo. Conduits à Palma de Cervelló (Barcelone), on les abattit, tandis qu’ils criaient Vive le Christ Roi.

Ils furent tous deux béatifiés en 2013.

 

 

José Mulet Velilla

1917-1936

 

José vit le jour le 28 juin 1917 à Mazaleón (Saragosse, Espagne), de Miguel et Benita, de bons chrétiens, cultivateurs céréaliers, qui donnèrent naissance ensuite à Melchor.

José fut baptisé le 1er juillet.

Il obéissait sans retard, c’était un travailleur.

En 1928, il entra au séminaire des Frères maristes de Vic (Barcelone).

En 1932, il passa au noviciat de Las Avellanas et reçut l’habit l’année suivante, avec le nom de José Teófilo.

En 1934, il émit les premiers vœux, avant de passer au scholasticat de Las Avellanas.

En 1935, le voilà professeur au séminaire de Vic (Barcelone), où il connut le Frère Severino, préfet depuis peu.

Fidèle et toujours joyeux, il fut apprécié de tous, maîtres et élèves.

Le 1er août 1936 (on lit parfois 30 juillet, sans doute par erreur), il fut arrêté avec le Frère Severino Ruiz Alarcón. Conduits à Palma de Cervelló (Barcelone), ils furent abattus, tandis qu’ils criaient Vive le Christ Roi. Frère José Teófilo venait d’avoir dix-neuf ans.

Ces deux Frères maristes furent béatifiés en 2013.

Aleksy Sobaszek

1895-1942

 

Né à Przygodzice (Pologne) le 17 juillet (août ?) 1895, Aleksy était le fils d’un simple facteur.

Il fréquenta l’Ecole Royale d’Ostrow et reçut le diplôme en 1914.

Puis il entra au séminaire, et étudia à Freising, Poznań et Gniezno.

Ordonné prêtre en 1919, il exerça le saint ministère à Wągrowiec, Słupy, Gniezno, Rogożno,  tout en étant préfet d’études aux écoles, avant d’être nommé curé à Siedlemin. En même temps, ce prêtre très actif préparait d’autres spécialisations en philosophie et en pédagogie à Poznań.

Devant l’invasion des troupes nazies, il eut un premier réflexe de fuir ; après trois semaines, il revint et demanda publiquement pardon.

Il continua son ministère courageusement pendant deux ans. Arrêté le 6 octobre 1941, il fut emmené à Dachau, où il succomba à la suite des tortures et autres mauvais traitements reçus, le 1er août 1942.

Il a été béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais du régime nazi, en 1999.

 

 

Gerhard Hirschfelder

1907-1942

 

Né le 17 février 1907 à Glatz en Silésie (Klodzko en Dolnoslaskie dans l’actuelle Pologne), de père inconnu, il fut éduqué chrétiennement et amoureusement par sa mère, Maria Hirschfelder. 

Au terme de ses études à Glatz, il passa son baccalauréat en 1927.

Il eut besoin d’une dispense pour ses études et son ordination, car il était illégitime. Il étudia la philosophie et la théologie à l’université de Breslau (Wroclaw).

Le 31 janvier 1932, il fut ordonné prêtre à Wroclaw (Pologne) pour la partie prussienne de l’archidiocèse de Prague. Sur la photographie de sa première messe, célébrée à Bad Lagenau, il écrivit : Le Christ, notre agneau pascal, est resssucité, Alleluia.

Vicaire à Tscherbeney pendant deux ans, à Grenzeck jusqu’en 1939, puis à Habelschwerdt, il prêchait contre les abus et la violence des Nazis, en particulier en exhortant la jeunesse à rejeter cette idéologie. 

Il montra partout cette joie naturelle, cet enthousiasme communicatif dans les groupes qu’il animait. Il utilisait sa guitare pour accompagner les chants de la jeunesse. Celle-ci se joignait à lui spontanément. Il en vint à proclamer courageusement en pleine homélie : Qui cherche à arracher la foi au Christ du cœur de la jeunesse, est un criminel.

La Gestapo prouva combien il avait raison en l’arrêtant le 1er août 1941, durant une réunion avec la jeunesse.

En prison à Glatz, il écrivit un Chemin de la Croix, et des réflexions sur le sacerdoce, le mariage et la famille. Très souvent revient sous sa plume le terme de “expiation” (Sühne) ; il s’offrait, comme le Christ et en union avec Lui :

Le monde ne peut pas comprendre notre réelle richesse spirituelle, voilà pourquoi le chrétien, et particulièrement le prêtre, peuvent toujours être les hommes les plus heureux : parce que le Christ, pour qui nous vivons, ne peut pas mourir (Unseren wirklichen seelischen Reichtum kann ja die Welt nicht erkennen... und so kann der Christ, besonders der Priester, der immer fröhlichste Mensch sein, weil Christus, für den wir leben, nicht zu töten ist).

Il a été déporté au camp de concentration de Dachau le 15 décembre 1941, sous le matricule 28972.

Dans ce camp s’était formé un groupe issu des prêtres du mouvement de Schönstatt, fondé par Josef Kentenich en 1914, basé sur une spiritualité mariale et dont la devise était Nichts ohne dich. Nichts ohne uns (Rien sans toi. Rien sans nous) ; il s’organisait autour de Josef Fischer, Karl Leisner en fit partie et Gerhard s’y joignit à son tour.

Gerhard Hirschfelder mourut de faim et de pneumonie, un an exactement après son arrestation, le 1er août 1942.

Il a été béatifié en 2010.

Adela Mardosewicz

1888-1943

 

Adela était née le 14 décembre 1888 à Ciasnówka (Nieświez, alors en Pologne, maintenant Njašvim en Biélorussie).

Elle entra en 1910 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, dont le noviciat était à Albano (Italie). Malgré une malformation cardiaque, elle fut admise et fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Stella du Très Saint Sacrement.

Elle fut remarquable pour sa dévotion à l’Eucharistie, pour son zèle auprès de la jeunesse, et de son sens pratique dans la gestion économique.

En 1936, elle fut appelée par l’évêque de Nowogródek, pour gérer l’internat qu’elles y avaient ouvert récemment, ainsi que pour collaborer à la catéchèse paroissiale.

 

En 1939, cet internat fut fermé d’autorité par les Soviétiques ; le couvent restant ouvert, Sœur Maria Stella fut élue supérieure en 1940.

En 1941, nouvelle invasion, mais de la part des Allemands. La Gestapo procéda à l’arrestation des Juifs.

Mère Maria Stella ne cacha pas sa désapprobation et, avec ses Religieuses, se déclara prête à s’offrir à la place des cent-vingt personnes arrêtées en juillet 1943.

Ces otages furent relâchés ou envoyés comme travailleurs du service obligatoire en Allemagne.

Les Religieuses, dont la Mère Maria Stella, furent convoquées au commissariat le 31 juillet. Elles y passèrent la nuit en prière, s’attendant à être à leur tour envoyées aux travaux forcés. En réalité, on les remit à des hommes de la Gestapo qui les fusillèrent à l’aube du 1er août 1943 dans la forêt proche de la ville.

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

Voir les notices :

  • Anna Kukołowicz
  • Eleonora Aniela Jóźwik
  • Eugenia Mackiewicz
  • Helena Cierpka
  • Jadwiga Karolina Żak
  • Józefa Chrobot
  • Julia Rapiej
  • Leokadia Matuszewska
  • Paulina Borowik
  • Weronika Narmontowicz

 

 

Anna Kukołowicz

1892-1943

 

Anna était née le 24 août 1892 à Barvanishki (Vilnius, Pologne, maintenant Lituanie).

Elle entra en 1918 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth à Grodno, puis à Nowogródek à partir de 1934. Elle fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Rajmunda de Jésus et Marie.

Il est vrai qu’elle n’avait pas le tempérament facile et qu’elle fut la cause de quelques malentendus avec les Religieuses ; on oublie que nous avons tous des défauts, les Saints aussi, et il est bon de montrer qu’ils les ont combattus humblement.

Dane le cas de Sœur Rajmunda, celle-ci sut demeurer patiente et gentille avec les élèves, qui aimaient venir prier avec elle à la chapelle.

En outre, Sœur Rajmunda souffrait d’arthrite, ce qui ne l’empêcha pas de travailler généreusement au jardin, à la ferme, à l’entretien de l’école.

Au moment de son martyre, elle était à trois semaines de son cinquante-et-unième anniversaire.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Jadwiga Karolina Żak

1892-1943

 

Jadwiga (Hedwige) était née le 27 décembre 1892 à Oświęcim (Małopolskie, Pologne).

Elle entra en 1911 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, dont le noviciat était à Albano (Italie). Elle fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Imelda de Jésus Eucharistie.

Puis elle vint avec la Sœur Adela à Nowogrodku, en 1936, où elle s’occupa de la sacristie et de l’autel. Elle voulait que les surplis fussent aussi propres que les âmes (et l’inverse…). Elle fut enseignante, et surveillante du dortoir.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Eleonora Aniela Jóźwik

1895-1943

 

Eleonora Aniela (Angèle) était née le 25 janvier 1895 à Poizdów (Lubelskie, Pologne).

Sa seule formation fut de fréquenter pendant trois mois une école du soir. Elle savait laver, cuisiner, nettoyer.

Elle entra en 1920 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth à Grodno. Elle fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Daniela de Jésus et Marie Immaculée.

En 1932, elle vint à Nowogrodku, nouvelle sainte Marthe au service de chacun, des Sœurs, de l’aumônier, des élèves.

A côté de la cuisine, elle s’occupa du réfectoire de l’école, montrant un degré élevé de modestie, d’amour pour les enfants pauvres, vivant sans cesse sous la présence de Dieu.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Józefa Chrobot

1896-1943

 

Józefa était née le 22 mai 1896 à Raczyn (Wieluń, Łódzkie, Pologne).

Elle était fiancée, et les bans étaient publiés, lorsqu’elle entendit une voix intérieure qui lui disait que son fiancé était à Grodno et qu’elle allait recevoir une belle robe rouge.

Elle annula alors son mariage et entra en 1921 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth

Elle fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Kanuta de Jésus aux Oliviers.

Dix ans après, elle fut appelée à Nowogrodku. Malgré une mauvaise santé, dont elle ne se plaignit jamais, elle travailla fidèlement à la cuisine.

A partir du déclanchement de la guerre, tous les jours à minuit elle alla à la chapelle se prosterner à terre, les bras en croix, implorant la miséricorde de Dieu sur le monde.

Il lui manquait quelque chose : cette robe rouge que la Voix lui avait promise naguère. L’infirmière lui suggéra de patienter…

Au moment de son martyre, elle vit son habit rougi par le sang.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Helena Cierpka

1900-1943

 

Helena était née le 11 avril 1900 à Granowiec (Odolanów, Wielkopolskie, Pologne).

Elle entra en 1927 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth à Grodno. Elle fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Gwidona de la Miséricorde de Dieu.

Après ses vœux perpétuels (1936), elle vint à Nowogrodnu, où elle montra toute sa joie de travailler à la ferme.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Julia Rapiej

1900-1943

 

Julia était née le 18 août 1900 à Rogożyna (Augustów, Podlaskie, Pologne).

Elle entra en 1922 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, à Grodno. 

Envoyée en 1923 à Philadelphie (Etats-Unis), elle y fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Sergia de la Douloureuse Mère de Dieu.

Elle revint en Pologne en 1933. En quittant l’Amérique, elle dit à sa sœur, qui s’inquiétait sur une possible guerre en Europe, qu’elle n’avait pas peur, ni du martyre, car elle voulait donner sa vie pour Jésus.

A Nowogrodku elle fut assistante à la cuisine, à l’infirmerie, à l’intendance.

Sa dévotion principale allait à la Vierge Marie ; elle rayonnait la paix.

Elle devait recevoir la grâce du martyre peu de jours avant son quarante-troisième anniversaire.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Eugenia Mackiewicz

1903-1943

 

Eugenia était née le 27 novembre 1903 à Suwałki, Podlaskie, Pologne).

Elle avait un frère prêtre, à la mort duquel elle voulut devenir religieuse, à trente-trois ans (1933).

Elle entra dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, dont le noviciat était à Albano (Italie). 

Elle fit la profession solennelle en 1936, avec le nom de Maria Kanizja.

Elle fut enseignante à Kalisz, avant d’être envoyée à Nowogrodku en 1938.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Paulina Borowik

1905-1943

 

Paulina était née le 30 août 1905 à Rudno (Lublin, Lubelskie, Pologne).

Elle entra en 1932 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, à Grodno. 

Elle fit la profession solennelle en 1935, avec le nom de Maria Felicyta, et fut envoyée à Nowogródek.

C’était une Religieuse simple, d’extraction très humble ; elle travailla de tout son cœur à la cuisine.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Leokadia Matuszewska

1906-1943

 

Leokadia était née le 8 février 1906 à Stara Huta (Świecie, Kujawsko-Pomorskie, Pologne).

Elle entra en 1933 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, à Grodno. Elle fit la profession en 1935, avec le nom de Maria Heliodora.

Elle fut envoyée deux ans après à Nowogrodku, où elle fut chargée de l’infirmerie et de la cuisine, transmettant à tous sa joie, en particulier aux enfants qui l’adoraient.

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Weronika Narmontowicz

1916-1943

 

Weronika était née le 18 décembre 1916 à Verjaliski (Hrodzyenskaya, Pologne, actuelle Biélorussie).

Elle entra en 1936 (le 24 décembre) dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth à Grodno. 

Elle fit la profession solennelle en 1939, avec le nom de Maria Boromea et fut envoyée à Nowogródek.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Pierre-Lucien Claverie

1938-1996

 

Né le 8 mai 1938 à Bab-el-Oued (Alger, Algérie), Pierre-Lucien Claverie était d’une famille catholique ; son père était un simple ouvrier.

Il fut actif dans le scoutisme et, après son baccalauréat, vint étudier à Grenoble.

En 1958, il entra chez les Pères Dominicains à Lille et étudia dans leur grand couvent du Saulchoir, en banlieue parisienne (et maintenant fermé).

En 1962 et 1963, sa mère et sa sœur, puis son père, quittèrent l’Algérie. Durant la même période, Pierre-Lucien accomplit son «service militaire», mais, refusant de porter les armes, il travailla dans le milieu de l’aumônerie.

Il reçut le sacerdoce en 1965.

De retour en Algérie, il apprit l’arabe et approfondit l’Islam. En Alger, il dirigea le Centre des Glycines, un institut destiné à initier à la culture islamique des Religieux vivant en Algérie, et aussi fréquenté par de nombreux étudiants algériens. Le père Claverie, quoique de nationalité française, se considérait pleinement algérien.

En 1981, il fut consacré évêque d’Oran. Mais on l’appelait aussi l’évêque des Musulmans, tant il connaissait si bien leur monde et savait dialoguer avec eux.

A partir de la guerre civile de 1992, l’Evêque se sentit de plus en plus menacé, mais refusa de quitter son diocèse. Après l’assassinat des moines de Tibhirine (mai 1996), il fut à son tour assassiné à la porte de son évêché, où il rentrait en compagnie de son chauffeur, un de ses fidèles amis, un jeune Musulman de vingt-et-un ans.

Mgr Claverie aurait été assassiné «parce qu’il en savait trop» sur la mort - officiellement non encore élucidée - des sept moines de Tibhirine.

Mgr Claverie reçut la palme du martyre en Oran (Algérie), le 1er août 1996, le dies natalis où il sera mentionné au Martyrologe.

Il fut béatifié en 2018.

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30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 23:00

Marcel Denis

1919-1961

 

Marcel Denis naquit le 7 août 1919 à Alençon (Orne), deuxième de trois enfants d’un foyer chrétien où le père est un employé de la SNCF.

Alençon est aussi la ville native de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (v. 1 octobre), envers laquelle Marcel aura une grande dévotion.

Après ses études primaires à Montsort, il entra au Petit séminaire de Sées en 1932.

En 1942, il entra aux Missions Etrangères de Paris et, après le service militaire, fut ordonné prêtre (1945).

Sa mission fut le centre du Laos, pour lequel il s’embarqua à Marseille en 1946. Il arriva à destination en juin 1946 et restera à Thakhek pour apprendre la langue laotienne.

Comme on le sait, le Laos fut la proie des Japonais, puis devint l’arrière-base des communistes vietnamiens.

Après une période à Dong Makba, le père Marcel fut envoyé dans la région de Khammouane (1952). Il s’exténua à évangéliser, à baptiser, à construire des écoles, des églises ; à former des catéchistes, à soigner des malades.

La guerre civile commença en 1953. Elle n’avait pas cessé en 1961 : en avril, le père Marcel voulut aller chercher son catéchiste Unla dans le village de Phon Saat et mettre en sûreté la famille de celui-ci. Mais c’est là qu’il fut arrêté. Il aurait pu quitter l’endroit, mais il ne voulait pas compromettre son gardien.

On croit savoir qu’il fut enlevé en juillet, accompagné de soldats dans sa propre jeep. On l’aurait forcé à rejoindre le Vietnam, puis ramené au Laos. Il fut fusillé le 31 juillet 1961 à Kham Hè (Nhommalath, Khammouan, Laos).

Il a été béatifié le 11 décembre 2016, avec seize autres Compagnons.

Son dies natalis sera le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

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30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 23:00

 

31 JUILLET

 

II.        

S Calimerus, évêque à Milan et martyr.

III.        

S Firmus, évêque à Thagaste ; son ferme refus de trahir et de mentir lui obtint la grâce de celui qu'il cachait chez lui.

?        

SS Democritus, Secundus et Dionysios, martyrs à Synnade de Phrygie.

S Tertullinus, martyr à Rome.

IV.        

S Fabius, soldat martyr à Césarée de Mauritanie.

S Pierre Chrysologue, évêque à Ravenne, où il combattit les saturnales, et Docteur de l'Eglise ; son surnom lui vient de son éloquence ; il est fêté le 30 juillet.

V.        

S Germain, évêque à Auxerre ; grand ascète, il devint comme le frère de son épouse ; ardent opposant des pélagiens en Angleterre, il mourut à Ravenne.

VI.        

S Pierre II, évêque à Ravenne ; il reçut du roi l'ordre de faire reconstruire les synagogues que ses diocésains indisciplinés avaient incendiées.

S Gonselin (Ansolin), évêque à Metz.

S Hymetiére, moine de Condat et fondateur d'un monastère.

IX.        

S Eudocime, à Constantinople, défenseur des saintes images, mort à trente-trois ans.

S Néot, moine à Glastonbury.

XII.        

Ste Elin, veuve suédoise martyre, c'est-à-dire assassinée, vénérée même après la Réforme, à cause d'une eau miraculeuse. 

XIV.        

B Giovanni Colombini, riche drapier siennois et père de deux enfants, ensuite fondateur des Jésuates, à la vie très dépouillée.

XVI.        

S Iñigo de Oñaz de Loyola, soldat espagnol converti à la suite d'une blessure de guerre et fondateur des Jésuites ; ses premiers compagnons furent Pierre Favre, Lainez, Salmeron, Pantxoa Xabier ; il est patron de tous les excercices spirituels.

B Everard Hanse, prêtre anglais martyr à Tyburn.

XVII.    

B Nicolaus Keian Fukunaga, jésuite japonais martyr, béatifié en 2008.

XVIII.    

B Jean-François Jarrige de la Morelie du Breuil, chanoine en Haute-Vienne, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.        

SS Phêrô Đoàn Công Quý, prêtre, et Emmanuel Lê Van Phung, catéchiste, martyrs en Cochinchine, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

S Giustino De Jacobis, évêque à Nilopolis ; il dut partir et mourut dans le désert, épuisé.

Bse Elisabeth Eppinger (Alphonse-Maria), alsacienne, l'Extatique de Niederbronn, mystique et fondatrice des Sœurs du Saint-Sauveur, béatifiée en 2018.

XX.        

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Franciscains Conventuels : près de Barcelone, le prêtre Dioniso Vicente Ramos (*1871) et le profès Francisco Remón Jatíva (*1890) ;

Salésiens : près de Valencia, le profès Jaume Buch Canals (*1889) ;

- béatifiés en 2007 :

Carmes Déchaux : près de Tolède, les prêtres Pedro Jiménez Vallejo (Pedro José des Sacrés-Cœurs), José Grijalvo Medel (Ramón de N.Dame du Carmel, Nazario Del Valle González (N. du Sacré-Cœur) (*1861, 1896, 1901) ; les clercs Luis Gómez de Pablo (Félix de N.Dame du Carmel), José Luis Collado Oliver (Plácido de l'Enfant-Jésus), Melchor Martín Monge (M. de l’Enfant-Jésus) (*1912, 1912, 1914), ; le profès Daniel Mora Nine (D. de la Passion, *1908) ;

Trinitaires : près de Jaén, les prêtres Prudencio Gueréquiz y Guezuraga (P. de la Croix) et Segundo García Cabezas (S. de Sainte-Thérèse (*1883, 1891) ;

Carmélites Missionnaires : près de Barcelone, Teresa Subirá Sanjaume (Esperanza de la Croix), María Roqueta Serra (M. Refuge de Saint-Ange), Francisca Pons Sardá (Gabriela de Saint-Jean-de-la-Croix), Vicenta Achurra Gogenola (Daniela de Saint-Barnabé (*1875, 1878, 1880, 1890) ;

- béatifiés en 2013 :

Capucins : près de Madrid, le prêtre Miguel Francisco González-Díez González-Núñez (Andrés, *1883) ;

Rédemptoristes : à Cuenca, les prêtres Ciriaco Olarte Pérez de Mendiguren et Miguel Goñi Áriz (*1893, 1902) ;

Lasalliens : à Tarragona, Bernabé Núñez Alonso (Alfeo Bernabé) et Alejandro Arraya Caballero (Alejandro Antonio) (*1902, 1908) ;

- béatifiés en 2017 :

Lazaristes : à Valencia, le prêtre Agapito Alcalde Garrido (*1867) ;

Clarétains : à Barcelone, le clerc Adolfo de Esteban Rada (*1912) ;

- béatifiées en 2018 :

Capucines de la Mère du Divin Pasteur : près de Barcelone, Josefa Noguera Manubens (María Auxilio), Ramona Solans Ballesté (Andrea) et María Magdalena Vilanova Alsina (Patrocini) (*1870, 1875, 1877) ;

- béatifiés en 2021 :

Mineurs Franciscains : près de Cordoue, les prêtres Domingo Montoya Elorza et Buenaventura Rodríguez Bollo (*1885, 1895) ; le convers José Roig Llorca (*1871).

Bx Michał Oziębłowski (1900-1942), prêtre mort héroïquement à Dachau, et Franciszek Stryjas (1882-1944), père de famille, martyrs polonais, béatifiés en 1999.

B Pjetër Çuni (1914-1948), prêtre albanais martyr, béatifié en 2016.

Bse Cecília Zdenka Schelingová (1916-1955), dixième de onze enfants, slovaque, des Religieuses de la Sainte-Croix ; infirmière, elle organisa la fuite d'un prêtre hospitalisé à la suite de tortures ; béatifiée en 2003.

B Bernard Casey (Francis Solano, 1870-1957), prêtre capucin américain, béatifié en 2017.

B Marcel Denis (1919-1961), prêtre français des Missions Etrangères de Paris, martyr au Laos, béatifié en 2016.

 

Iñigo de Oñaz de Loyola

1491-1556

 

Ce grand Saint, qu’on nomme habituellement par son nom francisé, Ignace de Loyola, eut une vie vraiment hors du commun. C’est pour en faire ressortir des éléments vraiment peu ordinaires qu’on a résumé ici une Autobiographie, publiée par un de ses plus proches amis à partir des confidences qu’il lui livra.

Loyola est la localité de sa naissance près du château d’Aspeitia, probablement le 23 octobre 1491, dans le pays basque espagnol.

Il était le huitième et dernier enfant d’une famille chrétienne. La jeunesse passa dans une joyeuse légèreté. En 1507, il fut orphelin de père et fut admis comme page à la cour du Contador Mayor Juan Velasquez de Cuellar, trésorier général de la Couronne de Castille, dans la bourgade d'Arevalo.

En 1515, notre jeune chevalier âgé de vingt-quatre ans, connut un petit malheur - un incident, une bêtise…- qui le fit comparaître devant un tribunal, à Pampe

Calimerus de Milan

† 2e ou 3e siècle

 

Calimerus aurait été originaire de Grèce, formé à Rome, converti par les ss.Faustinus et Iovita (v. 15 février). Ou aussi il aurait commencé une carrière militaire avant sa conversion.

S’il est vrai qu’il ait connu la persécution d’Adrien, il aurait vécu au 2e siècle. Mais comme on a proposé qu’il fut évêque vers 270, la conjecture précédente pourrait être discutée.

Calimerus est considéré comme un pourfendeur acharné du paganisme, au point que l’empereur (Adrien ?), irrité des contacts de Calimero jusque dans le palais impérial, le fit assassiner d’un coup de lance dans la tête, puis jeter au fond d’un puits.

Calimerus aurait ainsi été le quatrième évêque de Milan.

Selon la théorie acceptée ou rejetée, Calimerus aurait eu une cinquantaine ou une dizaine d’années d’épiscopat, et serait mort vers 192 ou 280.

Saint Calimerus de Milan est commémoré le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Democritus, Secundus et Dionysios de Synnade

† 2e siècle

 

Les trois Martyrs Democritus, Secundus et Dionysios reçurent la palme du martyre au 2e siècle à Synnade (Phrygie, act. Şuhut, Turquie O).

On ne sait rien en dire d’autre.

Saints Democritus, Secundus et Dionysios de Synnade sont commémorés le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tertullinus de Rome

† 255

 

On sait avec certitude que Tertullinus fut un martyr romain.

L’ancien Martyrologe le situait sous l’empereur Valerianus (253-260), l’actuel au quatrième siècle.

Selon l’ancienne version, Tertullinus était l’intendant d’Olympius ; quoique encore non baptisé, il ensevelit pieusement des Martyrs ; le pape Etienne (v. 2 août) l’apprit, l’appela, lui enseigna la Vérité ; à peine baptisé, Tertullinus fut ordonné prêtre. Deux jours après il fut arrêté.

La tradition raconte que Tertullinus fut d’abord meurtri à coups de bâtons, puis eut les flancs brûlés, le visage meurtri, fut étendu sur le chevalet et déchiré à coups de nerfs de bœuf, enfin décapité.

Saint Tertullinus de Rome est commémoré le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fabius de Maurétanie

† 303

 

Fabius (Fabio en italien) était originaire de Cartenna (auj. Mostaganem, Algérie).

Il était chrétien, et soldat en garnison à Césarée de Maurétanie (auj. Cherchell, Algérie). Il ne faut pas confondre la Maurétanie, ancienne province romaine à l’extrême nord de l’Afrique, et la Mauritanie, l’actuel pays au sud du Maroc. 

Lors d’une festivité, on lui demanda de participer à un cortège, auquel il se jugea en conscience non autorisé à prendre part, en raison de sa foi chrétienne.

Mis en prison pendant quelques jours, il fut soumis par deux fois à un interrogatoire, durant lequel on l’invitait à apostasier, avec des promesses de promotion ; mais Fabius préférait l’unique promotion chrétienne : rejoindre le Christ en versant son sang pour Lui.

Durement torturé, il fut décapité, le 31 juillet 303 ou 304.

Le gouverneur, pour empêcher les Chrétiens d’ensevelir le Martyr, fit jeter à la mer le corps et le chef de Fabius, mais les flots les ramenèrent sur le rivage. Une version sans doute peu authentique raconte que le corps fut dépecé en petits morceaux, jetés à la mer, et que miraculeusement tous ces morceaux se réunirent pour venir aboutir à Cartenna, la ville d’origine de Fabius.

Saint Fabius de Maurétanie est commémoré le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Germanus d’Auxerre

380-448

 

Germanus était de famille distinguée et naquit à Appoigny (Auxerre, Yonne), vers 380. Ses parents s’appelaient Rusticus et Germanilla.

Après ses études en Gaule et à Rome, il fut orateur puis reçut un poste de haut fonctionnaire en Gaule : il était gouverneur à la tête de plusieurs provinces, de l’Aquitaine à la Sénonoise.

Il épousa une certaine Eustachia et s’établit à Auxerre, tout en voyageant beaucoup.

Il est amusant de lire que l’évêque d’Auxerre, s.Amator (v. 1er mai), n’aimait pas beaucoup l’habitude qu’avait Germanus, après ses parties de chasse, d’exhiber les têtes de ses prises en les accrochant à un arbre. L’évêque y voyait une sorte d’idolâtrie, et finit par faire abattre l’arbre en l’absence de Germanus, lequel, à son retour le menaça de mort…

Mais Amator eut une révélation : il revint à Auxerre, rencontra Germanus qu’il amena au Christ et qu’il introduisit dans le clergé. Amator prédit à Germanus qu’il serait son successeur, au grand désarroi de Germanus.

En 418, mourut s.Amator. Un peu comme pour s.Ambroise (v. 7 décembre), on appela unanimement Germanus à succéder à Amator. A contre-cœur, il devint ainsi le sixième évêque d’Auxerre.

Son épouse devint pour lui une sœur. Lui-même vendit tous ses biens et distribua ses richesses aux pauvres ; son ordinaire se constitua désormais d’un pain d’orge qu’il fabriquait lui-même et de quelques légumes sans sel, encore jeûnait-il la moitié du temps ; un peu de vin à Pâques et à Noël. Qu’on juge de la richesse de son vêtement : le simple habit monastique des bénédictins, avec aussi un cilice pour «adoucir» cet habit.

C’est pendant cet épiscopat que séjourna à Auxerre s.Patrice (v. 17 mars).

Du vivant de Germain, des miracles s’accomplirent à sa prière, des guérisons, des délivrances de possédés.

Le zèle et la sainteté de cet évêque-moine le signalèrent opportunément au pape Célestin (v. 27 juillet) et aux évêques de Gaule pour l’envoyer en «Bretagne» (Angleterre), où les évêques locaux avaient besoin d’un «docteur» éloquent pour convaincre d’erreur une foule de partisans du pélagianisme. 

Il parti en 429 avec Lupus de Troyes (v. 29 juillet). A Lutèce, il rencontra une petite fille de dix ans, la future sainte Geneviève (v. 3 janvier). Durant la traversée de la Manche, il calma une tempête déchaînée.

Il n’eut pas de peine à démontrer leur erreur aux pélagianistes, surtout en rendant la vue à une petite fille, que les hérétiques n’avaient pas réussi à guérir. 

Germain ne faisait pas que prêcher : il donna des conseils fort inspirés pour résister à une invasion de Saxons et Pictes, qui s’enfuirent rapidement quand l’armée anglaise se mit à hurler Alleluia !

A son retour, Germain intervint auprès du préfet Auxiliaris, pour obtenir la suppression des impôts exagérés du peuple. Il obtint facilement gain de cause, en guérissant l’épouse du même Auxiliaris.

Vers 445, Germain refit un voyage en Angleterre, cette fois-ci avec s.Severus de Trèves (v. 15 octobre). Il put éliminer les quelques fauteurs d’hérésie qui persévéraient dans l’erreur : ils furent simplement exilés.

Revenu en Gaule, Germain devint diplomate : il intervint en Armorique, où le représentant impérial (Aetius) demandait à un terrible Goar (ou Eocharich) de mâter une rébellion locale. Germain s’approcha de Goar, saisit la bride du cheval, qui s’arrêta net, obligeant Goar à rebrousser chemin.

Germain voulut aller plaider la cause de l’Armorique auprès d’Aetius, qui se trouvait alors à Ravenne. Là, s.Pierre Chrysologue (v. 4 juillet) l’attendait avec tous les honneurs ; Germain y opéra une résurrection.

Il fut cependant averti intérieurement que sa dernière heure arrivait, et mourut le 31 juillet, toujours  à Ravenne.

Son corps fut transporté à Auxerre au milieu de nombreuses manifestations d’honneur, de reconnaissance, de prières et de chants ; des miracles eurent lieu, particulièrement des guérisons de possédés. La procession arriva à Auxerre en octobre.

En 1567, les Huguenots profanèrent les reliques de s.Germain, mais elles furent partiellement retrouvées. 

Plus de cent-vingt localités françaises portent le nom de s.Germain, sans compter les lieux de culte.

Saint Germain d’Auxerre est commémoré le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

Elin de Skövde

12e siècle

 

Elin (Hélène) était de la noblesse suédoise, fille de Jarl Guthorm, née vers 1101 à Västergötland.

De son mariage, elle eut beaucoup d’enfants.

Veuve, elle vécut pieusement, aidant l’Eglise de ses dons. Les églises de Våmb et de Skövde (diocèse de Skara) auraient été construites grâce à ses largesses. C’est à Våmb qu’elle avait sa propriété.

 En 1160, Elin fit le pèlerinage à Jérusalem. Pendant son absence, une de ses filles fut victime de violences conjugales, et le gendre d’Elin fut assassiné par la population. Les parents de l’homme accusèrent Elin à son retour et voulurent se venger sur elle. Elin fut assassinée tandis qu’elle se rendait à l’église de Götene , un 31 juillet ou un 1er août.

Une source d’eau aurait jailli sur le lieu du «martyre».

Sur sa tombe, à Skövde, eurent lieu des miracles et Elin fut canonisée dès 1164. Certaines Eglises protestantes la vénèrent traditionnellement, mais aussi l’Eglise orthodoxe, car la canonisation eut lieu avant le Grand Schisme d’Orient. Mais en dehors du Danemark, le culte de cette sainte Hélène ne s’est guère répandu en occident.

L’église de Skövde a, depuis, été dédiée à sainte Elin et s’appelle Sankta Helena Kyrka

Le Martyrologe la mentionne au 31 juillet.

 

 

Giovanni Colombini

1304-1367

 

Giovanni Colombini vit le jour vers 1304 à Sienne (Toscane, Italie C), fils de Piero, un riche et généreux marchand de laine, qui avait fondé un hôpital, et d’Agnolina.

Peu lettré, il aurait recouvré la charge de gonfaloniere. Il hérita du métier de son père et épousa en 1343 Biagia Cerretani ; naquirent deux enfants, Nicolò et Guccia.

Ce bon bourgeois aimait la vie, cherchait à arrondir son bien et n’était pas ce qu’on appellerait un pilier d’église ; sa bonne épouse priait pour sa conversion.

Et voilà qu’un incident banal provoqua en 1355 un retournement total dans la vie de Giovanni. Il rentra chez lui vers midi et demanda à manger immédiatement, pour repartir incontinent. Pour le faire patienter un instant, son épouse lui mit sous les yeux un livre de Vies de Saints que l’homme ouvrit en bougonnant. La Providence le fit tomber sur la vie de sainte Marie l’Egyptienne (v. 1er avril), une pécheresse publique convertie.

Giovanni reçut cette lecture comme une invitation. Totalement envahi par un esprit nouveau, il se mit à distribuer de larges aumônes, à liquider son commerce, à parler de Jésus. Un de ses amis, Francesco Vincenti, partageait ses idées. Biagia, l’épouse de Giovanni, n’en revenait pas et commentait avec un sourire : Je voulais de la pluie, mais pas un déluge !

Giovanni recueillit un lépreux dans le propre lit conjugal. Quand Biagia voulut y aller voir, il n’y avait plus personne, et la chambre embaumait d’un merveilleux parfum ; Giovanni et Francesco le remarquèrent aussi à leur tour.

Il donna un tiers de sa fortune à un couvent de moniales, Santa Bonda, le reste pour deux hôpitaux, avec toutefois une petite réserve pour Biagia.

Son fils Nicolò étant mort vers 1360, Giovanni confia sa fille Guccia à Santa Bonda ; son ami Francesco Vincenti fit de même avec sa fille en 1363. Biagia mourut en 1371.

Les deux amis se retrouvaient libres de tous liens terrestres. Ils se mirent à prêcher, pieds-nus, vêtus de haillons, invitant leurs auditeurs à tout laisser pour Jésus. Ils eurent des disciples ; ils s’appelèrent les Pauvres du Christ, mais leur habitude de se référer toujours à Jésus les fit appeler les Jésuates. Ce n’était pas un Ordre nouveau, car ils voulaient éviter les rites solennels, pompeux, compliqués ; ils voulaient la pauvreté, la simplicité, la honte même.

La «vêture» se faisait simplement sur la place, où le candidat échangeait ses meilleurs habits pour des loques ; puis on gagnait la cathédrale en chantant. Rien à voir avec une vêture conventuelle, où l’on reçoit un habit bien coupé, correct, dans une salle de chapitre grave, après une allocution de bon goût, devant un cénacle choisi et quelques invités bienveillants. Parfois le candidat se hissait même sur un âne à rebours, la tête tournée vers la queue de la bête, tandis que, nu jusqu’à la ceinture, il était fouetté sur le dos, tout cela pour combattre le respect humain.

Si Giovanni faisait des émules, il suscitait aussi des réactions négatives : toujours, on se méfie des «rénovateurs» ou des «innovateurs» qui vont à contre-courant. Le père de Giovanni abrogea l’héritage qu’il réservait à son fils. Giovanni fut traité de personnage dangereux et exilé de la ville de Sienne. Dieu le permettait pour répandre en d’autres régions cet esprit réformateur. Giovanni parla à Arezzo, Città di Castello, Montalcino, Pise, dans le val d’Arno.

Sur sa parole, on se convertissait, on rendait l’argent volé, on se réconciliait. Un couvent de Dominicains fit un sérieux effort pour supprimer le superflu ; des femmes vinrent à constituer à leur tour un groupe du même esprit, parmi lesquelles la nièce de Giovanni, Caterina, qui fut considérée comme Bienheureuse mais ne se trouve pas dans le Martyrologe.

De bons fruits mûrissaient sur ce bel arbre, mais l’arbre vieillissait.

En 1367, Giovanni vint encore rencontrer le pape à Viterbo, avec ses compagnons. Le pape donna son approbation, et remit aux premiers Jésuates un habit blanc, qui en faisait les pauvres du pape.

Giovanni était ému, heureux, mais désormais l’arbre était trop secoué. Les forces déclinèrent vite. Il reprit le chemin de Sienne, passant le 22 juillet à Bolsena, le 23 à Acquapendente ; le 26 il reçut à genoux le saint Viatique, et expira à San Salvatore sull’Amiata, non loin de Sienne, le 31 juillet 1367.

Son ami Francesco mourut quinze jours plus tard.

Giovanni Colombini ne fut pas officiellement béatifié, mais son nom fut inséré dans le Martyrologe au 16e siècle. Il faillit même être canonisé, mais la mort du pape fit reporter le projet, qui attend toujours.

La branche masculine des Jésuates fut supprimée au 17e siècle.

 

 

Iñigo de Oñaz de Loyola

1491-1556

 

Ce grand Saint, qu’on nomme habituellement par son nom francisé, Ignace de Loyola, eut une vie vraiment hors du commun. C’est pour en faire ressortir des éléments vraiment peu ordinaires qu’on a résumé ici une Autobiographie, publiée par un de ses plus proches amis à partir des confidences qu’il lui livra.

Loyola est la localité de sa naissance près du château d’Aspeitia, probablement le 23 octobre 1491, dans le pays basque espagnol.

Il était le huitième et dernier enfant d’une famille chrétienne. La jeunesse passa dans une joyeuse légèreté. En 1507, il fut orphelin de père et fut admis comme page à la cour du Contador Mayor Juan Velasquez de Cuellar, trésorier général de la Couronne de Castille, dans la bourgade d'Arevalo.

En 1515, notre jeune chevalier âgé de vingt-quatre ans, connut un petit malheur - un incident, une bêtise…- qui le fit comparaître devant un tribunal, à Pampelune, et conduire en prison.

Deux ans après, il y eut le siège de Pampelune par les Français et Ignace fut blessé aux jambes. Mal soigné, il fut reconduit chez lui, de nouveau opéré, et son état empira tellement qu’on le croyait aux portes de la mort. A la veille de la fête de saint Pierre, dont il était très dévôt, il pria intensément et commença à reprendre des forces à partir de minuit. Il se remit, mais exigea des médecins une nouvelle intervention, fort douloureuse, pour lui remettre mieux un os mal placé. Iñigo subit ces trois horribles interventions sans broncher, sinon en serrant les poings.

Par la suite, il ne pouvait s’appuyer sur cette pauvre jambe, de sorte qu’il resta longtemps alité. C’est là qu’il eut l’occasion de lire, entre autres, une Vie du Christ et un autre livre sur la vie des Saints. 

Une nuit, il lui sembla voir une réelle image de la Vierge avec l’Enfant-Jésus, qui lui infusa un remords complet et définitif des plaisirs mondains et charnels qu’il avait eus jusqu’alors.

1522. Il voulait partir à Jérusalem et pour cela, se fit faire un vulgaire habit de toile fort rude à Montserrat, fit une confession qui dura trois jours, et laissa là son épée et son poignard. Il se livrait à sept heures d’oraison quotidienne ! Sa dévotion allait particulièrement à la Sainte Trinité, qu’il imagina sous la figure de trois touches d’orgue ; à la divine Eucharistie, dont il perçut des rayons éclatants dans une vision ; à la divine humanité de Jésus-Christ. Déjà il commençait à rédiger ses Exercices, ou expériences spirituelles et mystiques personnelles.

1523. Il s’embarqua à Barcelone, arriva à Gaète, où il délivra une femme et sa fille des mauvaises intentions de soldats, joignit Rome où il obtint la bénédiction du pape, puis Padoue et Venise. Là, il fut hébergé quelques jours par un homme de bien qui le présenta au Doge. C’est ainsi qu’Iñigo eut la permission de voyager pour Chypre avec le bateau des gouverneurs.

Il put arriver à Jérusalem, avec grande joie, mais on l’obligea à abréger son séjour et il dut repartir plus vite qu’il n’avait prévu. La traversée du retour fut difficile, et même un des bateaux de la flotte sombra, mais celui d’Iñigo accosta dans les Pouilles. Iñigo rejoignit Venise en 1524, puis Gênes, où il retrouva un ami d’autrefois qui l’aida à s’embarquer pour Barcelone.

A Barcelone, il résolut de faire quelques études, pendant deux ans, avant d’être envoyé à Alcalà (1526). Là il parla de ses expériences spirituelles, se fit des amis, ce qui provoqua la curiosité des Inquisiteurs de Tolède. On ne lui trouva aucune erreur dans sa spiritualité, et on lui conseilla seulement de faire teindre ses habits en noir, de se chausser, à quoi il obéissait fidèlement.

Il alla trouver l’évêque de Valladolid, qui lui conseilla d’aller à Salamanque. Il y fut reçu par des Dominicains, qui l’interrogèrent et le firent mettre en prison avec un de ses compagnons, liés ensemble par une chaîne. Puis ils comparurent devant des juges ecclésiastiques, qui ne trouvèrent rien à dire dans sa doctrine. Et comme tous les autres prisonniers avaient réussi à s’enfuir et qu’eux deux seuls étaient restés, on leur accorda tout un palais pour vivre. Puis il résolut d’aller étudier à Paris.

 Il y arriva en 1527 ou 1528. Pour pouvoir vivre et se loger, il suivit le conseil d’un religieux, en allant chaque année travailler environ deux mois dans les Flandres ; une fois il alla en Angleterre, d’où il rapporta davantage.

 A Paris, il étudia et se fit des amis. Parmi ceux-ci, il y en avait quelques-uns particulièrement fidèles, dont le futur saint François Xavier (en basque, il faudrait le prononcer : Pantchoa Chabier) ; il y avait aussi le prêtre Pierre Favre, Jacques Laynez, Alphonse Salmeron, Nicolas Bobadilla, et le portugais Simon Rodriguez. Ils firent à Paris les trois vœux de pauvreté, de chasteté, et de pèlerinage à Jérusalem. Tous ces amis voulaient aller à Jérusalem puis, de retour, demander au Pape de les employer à ce qu’il jugerait le plus utile pour la gloire de Dieu et le bien des âmes. 

Toujours à Paris, Iñigo eut l’occasion de faire examiner avec succès sa méthode des Exercices spirituels. Avant de retrouver ses amis à Venise, Iñigo passa en Espagne, prêchant chaque fois qu’il le pouvait, aux enfants de préférence. Mais les grandes personnes aussi venaient l’écouter de loin. Il fit cesser un abus assez fréquent, à savoir que des jeunes filles s’affichaient publiquement comme compagnes de prêtres. Il passa à Pampelune, Almazan, Sigüenza, Tolède, Valencia, s’embarqua pour Gênes et Bologne, puis gagna Venise.

Ces Compagnons restèrent deux mois à Venise, passèrent à Rome (sauf Iñigo) et revinrent à Venise, mais ne purent s’embarquer pour Jérusalem. Ils s’organisèrent donc pour prêcher partout où ils pourraient. Iñigo vint à Vicenza. Il y eut beaucoup de visions et de consolations. Puis il se prépara à recevoir le sacerdoce à Venise (1537). Il attendra Noël 1538 pour célébrer sa première messe, à Rome, à Sainte-Marie Majeure, où l’on conserve des fragments de la Crêche du Sauveur.

Il est étonnant de voir cet homme, apparemment vagabond, sans domicile fixe, mal vêtu, improvisateur perpétuel, réussir à se faire ordonner prêtre là, à Venise, où il n’était pas habituellement domicilié. D’habitude, les candidats au sacerdoce devaient être reconnus, établis, fournis d’une rente ; rien de tout cela pour ce chevalier de Dieu, visiblement poussé et protégé par la Providence divine.

De Venise, les Compagnons partirent tous à Rome.

1537. Les Compagnons, désormais neuf, commencent de se faire appeler Compagnons de Jésus plutôt que Etudiants de Paris. A Rome, on comprit que le pèlerinage à Jérusalem serait impossible, et le pape leur confia l’apostolat en Italie.

1540 est l’année de la constitution officielle de la Compagnie de Jésus. Elle se développa rapidement. François Xavier gagna les Indes, le Japon et la Chine. 

Iñigo restait humblement à Rome, multipliant les activités apostoliques : prêcher, visiter et nourrir les pauvres, fonder une Compagnie des orphelins, un catéchuménat pour Juifs et musulmans convertis, une maison de Sainte-Marthe pour les femmes repenties. Les pauvres, les pécheurs, les plus délaissés, avaient sa préférence : Je les aime tant, que je voudrais savoir le nombre des puces qui les dévorent.

Iñigo affirma lui-même avoir été favorisé de nombreuses visions célestes, de Dieu le Père, de la Sainte Trinité, de la Vierge Marie.

Il mourut à Rome au matin du 31 juillet 1556.

Béatifié en 1609, canonisé en 1623, Iñigo de Loyola a été proclamé patron de tous les exercices spirituels en 1922.

 

 

Everard Hanse

? -1581

 

Il était né dans le Northamptonshire.

Il étudia à Cambridge. Son frère William, prêtre depuis 1579, cherchait vainement à le convertir, jusqu’à ce qu’une grave maladie aida Everard à réfléchir.

Venu éudier la théologie à Reims (1580-1581), il fut ordonné prêtre et repartit immédiatement en Angleterre.

Déguisé, il rendit visite aux prisonniers catholiques de Marshalsea, où le gardien remarqua qu’il portait des chaussures de fabrication étrangère. Fouillé de pied en cap, il fut reconnu comme prêtre. Mais comme la loi contre les prêtres n’avait pas encore été prononcée, on chercha des motifs d’accusation.

Interrogé à Newgate, il affirma que le pape avait la même autorité que cent ans auparavant. Interrogé ensuite sur l’éventuelle erreur du pape en excommuniant Elizabeth Tudor, il répondit : Je ne le souhaite pas. On lui demanda aussi s’il voulait que d’autres crussent comme lui, et il répondit : J’aimerais bien que tous aient la même foi catholique que moi. 

Ainsi accusé de trahison, et de vouloir entraîner les autres dans cette trahison, il fut immédiatement condamné pour persuasion, ce qui signifiait le plus haut degré de trahison.

Il fut exécuté à Tyburn le 31 juillet 1581. Son dernier mot fut : O heureux jour !

Ce jugement fut tellement «expédié» que les Autorités imposèrent un changement de méthode pour émettre des sentences.

Le culte d’Everard et de ses Compagnons a été confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Nicolaus Keian Fukunaga

1569-1633

 

Le frère Nicolaus naquit en 1569 à Nagawara (Azuchi, Japon), de parents samouraïs, et étudia chez les Jésuites à Azuchi.

En 1588 il entra au noviciat des pères jésuites de Amagusa, où il connut Paul Miki (v. 6 février).

Il fit les premiers vœux en 1590, puis les études de préparation au sacerdoce ; il semblait devoir devenir un excellent apôtre, mais «quelque chose» manquait toujours aux appréciations des Supérieurs, qui le jugeaient «médiocre», «ordinaire».

On l’envoya en 1603 dans la nouvelle maison de Fukuoka, où on lui confia la prédication.

Il fut envoyé comme assistant d’un de ses confrères devenu prêtre en 1608 (Julianus Nakaura), lui aussi béatifié comme Nicolaus (v. 21 octobre) ; il l’aida beaucoup et cependant ne fut jamais considéré comme «prêt» pour l’ordination sacerdotale.

Suite au décret de 1614 qui poussait à l’exil tous les prêtres, Nicolaus accompagna le groupe qui partait pour Macao, où il fut chargé de la formation des jeunes.

En 1620, il rentra clandestinement au Japon et reprit son activité pastorale à Kyushu, puis en compagnie de Sixtus Iyo (autre Martyr) et Gaspar Sadamatsu à Fukuoka (v. 20 juin).

Les Supérieurs appréciaient beaucoup les enseignements de Nicolaus, ses homélies émouvantes, mais ne voulurent jamais lui confier de totales responsabilités. Même ses Confrères intervinrent pour qu’il fût ordonné prêtre, mais à ce moment il n’y avait pas d’évêque sur place pour l’ordonner… 

Nicolaus dut finalement attendre d’avoir cinquante ans pour prononcer ses vœux définitis dans la Compagnie de Jésus, où il se trouvait depuis trente-sept ans. Mystère de Dieu…

Les rapports des Supérieurs établissaient qu’il était capable de prêcher, qu’il faisait des sermons pleins de force en japonais, et que son martyre était son meilleur sermon. Les Supérieurs n’étaient certainement pas animés de sentiments anti-japonais, puisqu’ils ordonnèrent prêtres bien d’autres Japonais. Dieu a permis ce mystère pour notre édification, pour admirer l’humilité de Nicolaus.

Au moment suprême de son martyre, on demanda à Nicolaus s’il regrettait quelque chose de sa vie ; il répondit : Oui, je regrette de n’avoir pas pu conduire tous les Japonais au Christ, y compris le shogun.

En juillet 1633, Nicolaus fut conduit à la prison de Nagasaki. Le 28, commença la torture d e la «fosse», consistant à attacher le supplicié par les pieds, la tête au-dessus d’une fosse pleine d’excréments, d’ordures et de cadavres de bêtes ; pour bloquer la circulation du sang, on serrait très fortement le corps avec des cordes ; de temps à autre, on ouvrait les veines pour diminuer la pression du sang et éviter une mort «trop rapide» ; cette horrible torture pouvait durer des jours, si le supplicié refusait d’apostasier. Certains y furent même soumis plusieurs fois.

Agé de soixante-quatre ans, toujours pas ordonné prêtre, Nicolaus mourut ainsi en fidèle témoin du Christ, le 31 juillet 1633, le même jour que le fondateur des Jésuites, saint Ignace.

Il fait partie des cent-quatre-vingt Japonais martyrs, béatifiés en 2008.

 

 

 

Jean-François Jarrige de la Morelie de Breuil

1752-1794

 

Il naquit le 11 janvier 1752 à saint-Yrieix (Haute-Vienne).

Il devint prêtre dans le diocèse de Limoges

Arrêté comme prêtre réfractaire, pour son refus de prêter le serment constitutionnel, il fut conduit avec quelques centaines d'autres prêtres et religieux à bord du navire négrier Deux Associés, qui devait partir pour la Guyane, mais qui resta dans le port de la Rochelle, où la plupart des prisonniers moururent d'épuisement, de mauvais traitements, de maladies.

L'abbé Jean-François Jarrige de la Morelie de Breuil mourut le 31 juillet 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Emmanuel Lê Vǎn Phụng

1796-1859

 

Ce père de famille était né à Ðấu Nước dans l'île de Cù Lao Giêng (Vietnam). 

Il avait neuf enfants.

Profondément chrétien, catéchiste rempli de zèle et de courage, il fit construire à Ðấu Nước une église, un couvent pour les Filles de Marie, un presbytère pour les missionnaires, un collège.

Il avait gagné la bienveillance du sous-préfet par sa bonté, et aussi par de bons pourboires, de sorte que toutes les perquisitions finissaient par un non-lieu. Il se risqua à héberger jusqu’à cinq missionnaires chez lui.

Mais deux individus, qui s'étaient vus refuser une aide financière d'Emmanuel, voulurent se venger et le dénoncèrent directement au gouverneur, l'accusant de recevoir un prêtre européen. Trois cents soldats vinrent perquisitionner, sans trouver le prêtre.

En revanche, un prêtre annamite se présenta spontanément, affirmant qu'il était le chef de la mission : c'était courageux de sa part, mais son audace suscita l'arrestation d'Emmanuel, du prêtre annamite et de trente-deux autres Chrétiens, que l'on conduisit à Châu Đốc (An Giang), le 7 janvier 1859.

Dans sa prison, Emmanuel continuait de recevoir ses enfants et ses amis, les encourageant à rester charitables et à pardonner à leurs ennemis.

Les invitations à apostasier, les menaces et les promesses n'ayant pas abouti, Emmanuel fut condamné à mort par la strangulation.

Le supplice eut lieu à Cay-Met où, à genoux, Emmanuel reçut la bénédiction et l'absolution du prêtre annamite, et pria ses enfants d'ensevelir discrètement son corps auprès de celui du missionnaire.

Puis il offrit sou cou à la corde et mourut ainsi, le 31 juillet 1859.

Il a été béatifié en 1909 et canonisé en 1988.

Nota :  Le Martyrologe mentionne ce Martyr au 13 juillet, mais aussi au 31 juillet (avec un nom abrégé : Emmnanuel Phụng. Il s’agit vraisemblablement d’un doublet. Plusieurs sources vietnamiennes ne retiennent que la date du 31 juillet.

 

 

Phêrô Đoàn Công Quý

1826-1859

 

Phêrô naquit en 1826 à Bùng (Gia Dinh) dernier des six enfants d’un couple chrétien, Antôn Đoàn Công Miêng et Anrê Nguyễn Thị Thường, eux-même issus d’immigrés du Vietnam central vers le sud.

Le garçon obtint de ses parents la permission d’étudier le latin avec un prêtre, puis, en 1848, fut admis au séminaire des Missions Etrangères de Paris à Penang (Malaisie), où il étudia la philosophie, la théologie, le latin et le français, et la littérature.

Tandis que la persécution se déchaînait en 1855, Phêrô fut ordonné prêtre en 1859.

Il exerça le saint ministère dans plusieurs paroisses : Lái Thiêu, Gia Định, Kiến Hòa, Cai Lun.

Arrêté le 1er juillet 1859, condamné à mort le 30 juillet, il fut exécuté le 31 juillet 1859 par décapitation, à Châu Đốc. Il avait l’âge du Christ, trente-trois ans.

Phêrô fut béatifié en 1909, canonisé en 1988.

 

 

Giustino De Jacobis

1800-1860

 

Septième de quatorze enfants, Giustino naquit le 9 octobre 1800 à San Fele (Potenza, Italie S), de Giovanni Battista et de Giuseppina Muccia, des parents très chrétiens.

La maman avait ses façons : pour encourager son fils à l’oraison mentale, elle lui donnait un sou quand il atteignait la demi-heure.

Giustino reçut la Communion à neuf ans. A dix-huit ans, à Naples, il entra dans la Congrégation de la Mission (Lazaristes), fondés par saint Vincent de Paul.

Extrêmement humble et dévoué, Giustino fut ordonné prêtre en 1824.

Un de ses «succès» fut une homélie sur le purgatoire, que personne ne voulait assumer, et qui émut profondément l’assemblée. Il fut en charge de paroisses à Oria et Monopoli.

En 1837, Giustino fut nommé supérieur de la maison de Lecce, puis de Naples, et bientôt choisi pour aller porter la Bonne Nouvelle en Abyssinie (Ethiopie).

L’Islam y progressait, avec ses intolérances et ses excès. Le nouveau Préfet apostolique du Tigré devait faire face à la superstition, à certains groupes chrétiens schismatiques, aux colons mal intentionnés, sans parler du très difficile climat auquel il n’était pas habitué.

Il commença, discrètement. Il fallait célébrer en cachette car, à l'époque, célébrer une messe privée dans une maison semblait un scandale, une grave irrévérence pour l’Eucharistie.

Giustino s’efforça d’apprendre la langue locale, il prit l’habit des indigènes, il mangea ce qu’on mangeait.

On conserve sa toute première «allocution» du 26 janvier 1840, à une dizaine d’Abyssins, dans leur langue, où il leur dit tout son amour, tout son désir d’être avec eux, de les aider, de partager son pain avec eux.

Sa piété et sa douceur firent quelques conquêtes. En particulier le prince lui demanda ni plus ni moins de conduire une délégation au Caire, pour en ramener un nouvel évêque copte monophysite ! De Jacobis réfléchit, accepta, proposant que l’on passerait aussi par Rome et par la Terre Sainte. Le nouvel évêque, Abouna Salâmâ (Père Pacifique) avait reçu sa formation chez des Protestants ; il toléra Giustino, mais le persécuta à l’occasion.

Giustino, surnommé par la population Abouna Yacob (Père Jacques), surprenait par sa simplicité de vie : un homme qui va chercher lui-même son bois, un travail réservé aux femmes ! Il marchait toute une nuit pour aller visiter un malade.

Il y eut des conversions : en 1844, une centaine de fidèles. Des paroisses étaient érigées en diverses localités : Adoua, Massaoua, Gouala où s’ouvrit un collège.

En 1846 arriva le nouveau Vicaire apostolique pour la région plus méridionale, Guglielmo Massaia, qui en 1849 consacra évêque le père Giustino, malgré l’aversion de ce dernier. La cérémonie se fit de nuit, discrètement. Giustino devenait évêque de Nilopolis.

En 1854 cependant, un décret du nouvel «empereur» proclamait que Quiconque ne se convertira pas à la religion de notre Père (Salâmâ), sera raccourci en haut et en bas, de la tête et des pieds : Jésus-Christ par son humanité a même science que le Père et le Saint-Esprit !

On voit par là quels rapports hostiles opposaient encore (depuis le 5e siècle) les catholiques et les orthodoxes de cette époque : bien sûr que Jésus-Christ a même science que le Père et l’Esprit, mais il n’empêche qu’il a bien deux natures, la divine et l’humaine ; Jésus est Dieu, comme le montrent ses miracles, et il est Homme, comme le montrent sa vie, sa parole, ses souffrances et sa mort.

Abouna Yacob fut arrêté, relaxé, emprisonné, exilé. On persécuta ses fidèles. Un de ceux-là, Ghébré-Mikaël, fut horriblement torturé, enfin martyrisé le 27 juillet 1855 ; il a été béatifié.

Après avoir pu jeter les fondements de l’Eglise catholique d’Ethiopie, Mgr De Jacobis dut se réfugier sur la côte ; il mourut, épuisé, dans le désert, le 31 juillet 1860.

Malgré la persécution, il restait encore quatre mille chrétiens romains en 1865 dans l’Abyssinie. Mgr Massaia, devenu cardinal, écrivit que Mgr De Jacobis était le fondateur de la mission d’Abyssinie, l’apôtre infatigable de l’Afrique orientale, le maître des missionnaires, le modèle de ce courage et de cette abnégation qui leur est nécessaire, l’ange de l’Eglise d’Ethiopie.

La tombe de Mgr De Jacobis est visitée autant par les catholiques que par les musulmans.

Giustino De Jacobis a été béatifié en 1939, canonisé en 1975. Il est inscrit au Martyrologe le 31 juillet.

 

 

Elisabeth Eppinger

1814-1867

 

Elisabeth naquit le 9 septembre 1814 à Niederbronn-les-Bains (Bas-Rhin), aînée des onze enfants de pieux et modestes agriculteurs.

On connaît bien les détails de la vie d’Elisabeth par le manuscrit qu’elle rédigea par obéissance au curé de Niederbronn ; c’est ce pasteur éclairé qui décela en elle des signes d’une vocation toute particulière.

Dès sa tendre enfance, Elisabeth se sentit poussée à la prière, à la sainteté. Très sensible à la Passion du Christ, à l’horreur du péché, elle demanda à Dieu de lui apprendre les moyens d’être sainte. Elle eut plusieurs fois une réponse intérieure qui lui disait : Je ne veux pas ta prière, mais ton obéissance ou aussi Je préfère ton obéissance à ta prière.

Son respect et son amour pour le prêtre et pour l’Eucharistie s’intensifièrent jusqu’à ce qu’elle put enfin recevoir la Communion. Elle avait alors treize ou quatorze ans.

A partir de cette date, Elisabeth fut portée encore davantage à prier et à se sanctifier. Ne pouvant communier que tous les quinze jours, elle pria le curé de lui permettre de communier plus souvent.

Elle allait à la messe aussi en semaine, et même une fois en désobéissant à ses parents ; elle en eut un tel remords, qu’elle s’en ouvrit à son confesseur et promit de ne jamais plus désobéir. D’autres fois, ses parents la trouvèrent très tard à prier à genoux par terre dans sa chambre, et le papa lui donna ordre d’aller au lit, par égard pour sa santé ; là encore, elle sut se mortifier en obéissant à l’ordre paternel.

Quand elle demanda au confesseur la permission de mettre une planche dans son lit, celui-ci l’autorisa à mettre seulement une paillasse, une planche les mercredi et vendredi. Mais peu après, le confesseur lui interdit toute mortification de ce genre.

Elisabeth raconte comment, travaillant aux champs, elle alternait le travail et la prière au point qu’elle réussissait, sans savoir pourquoi, à faire le travail de deux personnes.

En 1831, Elisabeth eut une sorte de maladie nerveuse pendant trois mois, suivie d’une maladie de poitrine qui dura près de trois ans. La souffrance l’empêchait de parler. Seul un petit crucifix qu’elle pressait dans ses mains et sur ses lèvres la soulageait un peu.

La maladie prit fin vers 1834, et Elisabeth jouit d’une santé assez bonne jusqu’en 1841. Durant cette période, elle eut la joie d’entrer dans le Tiers-Ordre franciscain, avec d’autres compagnes de sa paroisse. Elle eut l’inspiration de pratiquer trois moyens de se sanctifier davantage : parler peu et seulement par nécessité, ne pas écouter les conversations inutiles, dominer les regards de curiosité. Son confesseur l’approuva fortement.

A nouveau malade, vers 1846 Elisabeth vécut des extases remarquables, durant lesquelles elle eut la vision de Jésus-Christ. Son entourage s’en aperçut et Elisabeth devint l’Extatique de Niederbronn. Elle s’ouvrira toujours de ses expériences et de ses combats intérieurs au curé de Niederbronn, Jean-David Reichard, qui en informa à son tour l’évêque de Strasbourg. Le Prélat comme le Curé eurent la certitude de la destinée particulière réservée à Elisabeth.

Elle songea un moment à rejoindre la communauté des Sœurs de Ribeauvillé, une communauté alors récente qui s’occupait de l’instruction gratuite des jeunes filles. Mais bientôt Elisabeth ressentit l’inspiration de venir en aide aux détresses des corps et des cœurs, aux souffrances multiples des hommes. Ainsi naquit en 1849 l’Institut des Sœurs du Saint-Sauveur, qu’on a généralement appelées les Sœurs de Niederbronn. Elisabeth prit alors le nom d’un Saint qu’elle estimait particulièrement : Alphonse-Maria de Liguori (v. 1er août) et fut nommée Supérieure.

Beaucoup de communautés s’ouvrirent en Europe centrale, dans cet esprit d’apporter du soulagement aux malades dans leur propre maison, sans distinction de condition sociale ou de religion. Pendant les dix-huit années de sa présence à la tête de l’Institut, Mère Alphonse-Maria transmit son désir de faire reconnaître l’amour du Christ Sauveur pour tous les hommes, à travers les gestes qui apaisent la souffrance et font renaître l’espérance.

Les Religieuses manifestèrent particulièrement leur zèle au moment de l’épidémie de choléra de 1854, ce qui leur valut une approbation impériale de Napoléon III.

L’Institut fut approuvé par le pape dès 1863 et reconnu de droit pontifical en 1866. A cette date, il y avait déjà une centaine de maisons et quelque sept cents Religieuses.

Mère Alphonse-Marie mourut peu après, le 31 juillet 1867. Elle fut béatifiée en 2018.

Des maisons de cet Institut se sont ouvertes en Argentine, en Angola.

Pedro Jiménez Vallejo

1861-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

Josefa Noguera Manubens

1870-1936

 

Elle naquit le 3 juillet 1870 à Manresa (Barcelone, Espagne), dans une famille particulièrement chrétienne ; elle fut baptisée dès le lendemain et confirmée le 25 octobre suivant.

En 1896, elle entra dans la congrégation des Sœurs Capucines de la Mère du Divin Pasteur et prit le nom de María Auxilio lors de sa profession perpétuelle en 1903.

Les archives de la Congrégation ayant été détruites, on ignore les différents lieux où la Sœur vécut. On sait qu’elle devait être à Premiá de Mar (Barcelone) au moment de la guerre civile de 1936.

Dans un premier temps, elle se réfugia chez des connaissances, avec la sœur Andrea Solans, espérant trouver la possibilité de retourner à Manresa. Mais durant le déplacement, elles furent reconnues et arrêtées.

Toutes deux reçurent la palme du martyre entre L’Hospitalet et Prat de Llobregat (Barcelone), le 31 juillet 1936. Méconaissables, elles furent reconnues par le numéro de leur habit.

María Auxilio Noguera Manubens, béatifiée en 2018, sera commémorée au Martyrologe le 31 juillet.

 

 

 

José Roig Llorca

1871-1936

 

José Roig Llorca naquit à Oliva (Valencia, Espagne NE) le 5 septembre 1871.

Il fut convers chez les Frères Mineurs Franciscains.

Son martyre eut lieu le 31 juillet 1936 à Puente Genil.

José Roig Llorca sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 31 juillet.

 

 

Dionisio Vicente Ramos

1871-1936

 

Dionisio (Denis) vit le jour à Caudé (Teruel, Espagne) le 9 octobre 1871, jour où l’on fête saint Denis, son saint Patron.

A quinze ans, il voulut entrer chez les Frères Mineurs Conventuels, mais n’en put trouver un couvent qu’en Italie, où il partit avec le père Miguel Salvador.

C’est donc en Italie, à Montalto Marche (Ascoli Piceno), qu’il entra dans l’Ordre franciscain ; il fit le noviciat à San Miniato (Pisa, Toscane), étudia la philosophie à Bagnoregio (le village natal de saint Bonaventure, voir au 15 juillet), puis la théologie au collège Saint-Nicolas-de-Tolentino à Rome, où il obtint le doctorat.

Ordonné prêtre en 1894, il fut professeur au séminaire de Bagnoregio (Viterbo), jusqu’en 1899. Puis il fut vicaire à Civitavecchia et professeur au séminaire. En 1902, il exerça le saint ministère à Anzio, puis fut pénitencier à Notre-Dame de Loreto (Italie) de 1905 à 1912.

Il fut alors nommé à Granollers (Barcelone), où il eut la charge de directeur des postulants, maître des novices, directeur spirituel au séminaire, gardien (supérieur) du couvent, professeur au séminaire et en d’autres maisons.

En 1930-1932, il fut nommé professeur et maître des novices à Brescia (Italie).

Ce fidèle Religieux fut un homme fort, défenseur de la liberté et de la justice, ennemi de l’oisiveté, très cultivé : il traduisit du français et publia un livre en italien et un autre en espagnol, regardant l’histoire et la spiritualité.

Revenu en Espagne, la cataracte limita ses activités : il était confesseur. Quand il avait des moments libres, il reliait des livres, il rapiéçait ou cousait des habits, il confectionnait des chapelets.

Devenu complètement aveugle, âgé, vêtu civilement à cause de la révolution, il se réfugia en 1936 dans l’hôpital local, tenu par des Religieuses Carmélites de la Charité.

Le 31 juillet, on le fit monter avec le Frère Francisco Remón, dans le camion-fantôme, au milieu des coups et des insultes. Une Religieuse présente fit remarquer aux miliciens que le père Dionisio était âgé, et aveugle ; elle s’entendit répondre : On va lui faire, nous, une opération qui le guérira immédiatement de la cécité.

Ce bon prêtre fut conduit non loin de Granollers et fusillé, avec le Frère Francisco, le 31 juillet 1936 ; tous deux furent béatifiés en 2001.

 

 

Teresa Subirá Sanjaume

1875-1936

 

Teresa vit le jour à Ventolá (Girona, Catalogne, Espagne) le 27 février 1875.

Encore jeune, elle alla servir les malades de l’hôpital de Bagur.

A vingt ans, elle entra au noviciat des Carmélites Missionnaires de Gracia (Barcelone), où elle fit la profession l’année suivante, en 1896, prenant le nom de Esperanza de la Croix.

En 1902, elle fit la profession solennelle.

Elle fut infirmière à Tárrega et Alayor (Minorque), puis enseignante à Barcelone puis Vilarrodona (Tarragona), avec les soucis que provoquèrent les lois des années trente.

Elle était Supérieure à Vilarrodona en 1936.

Voyant la situation, et sachant ce qui pouvait arriver, elle confia aux Sœurs : Je suis prête pour le martyre ; je désire mourir pour Lui.

Le 21 juillet 1936, la communauté assistait aux messes célébrées par le curé, don José María Escolá et son vicaire Ángel Casas (on ne concélébrait pas à cette époque). Les miliciens les surprirent à ce moment-là. Il fallut quitter la maison et se cacher. Le soir elles se réunirent dans la chapelle et la Mère Esperanza leur distribua les Saintes Hosties pour éviter toute profanation.

Le 23 juillet l’église paroissiale était en flammes, on brûla les statues, les ornements, les croix.

Le 24, les miliciens donnèrent la chasse aux Religieuses, les rassemblèrent sur la place avec le curé et son vicaire, et partirent pour Villafranca del Panadés, où elles furent remises au Comité. On les enferma dans une pièce de la mairie, puis dans une maison de l’endroit.

Le 26, on assassina le curé et son vicaire, à La Almunia.

Le 31, on les libéra et elles prirent le premier train pour Barcelone. A la gare de Aragón-Paseo de Gracia, elles se séparèrent deux par deux, en se saluant par A Dieu, au Ciel !

La Supérieure Esperanza de la Croix et María du Refuge vinrent frapper chez les sœurs de cette dernière, mais elles étaient déjà parties, fuyant la persécution. Elles ne savaient où aller ; on les reconnut alors à leur allure et on les présenta au Comité. Ces messieurs demandèrent au Comité de Vilarrodona : Que faire avec ces dames ? - Ce que vous voulez.

Elles furent conduites avec d’autres victimes sur la route de La Arrabassada (Barcelone) et assassinées, le 31 juillet 1936.

Elles ont été béatifiées en 2007.

 

 

Ramona Solans Ballesté

1875-1936

 

Elle naquit le 3 avril 1875 à Lleida (Espagne), de pieux parents cultivateurs, Ramón et Antonia, qui eurent ensuite deux autres enfants, Dionisio et Teresa.

Ramona fut baptisée le jour-même de sa naissance et reçut les noms de ses parents : Ramona Antonia ; elle fut confirmée l’année suivante, selon la coutume de l’époque.

Elle révéla plus tard qu’elle sentit l’appel du Christ dès l’âge de six ans. Elle avait dix-sept ans lorsqu’elle demanda à ses bons parents la permission d’entrer dans la congrégation des Sœurs Capucines de la Mère du Divin Pasteur : non seulement ils le lui permirent, mais ils allèrent d’abord trouver leur curé pour lui annoncer leur volonté et leur joie d’offrir leur fille à l’Eglise.

Elle fut reçue comme postulante en 1892 à Sants, non loin de Barcelone, fit le noviciat et émit la profession en 1894, prenant désormais le nom de Andrea. En 1899, ce fut la profession solennelle.

La première destination de la Sœur Andrea fut Igualada, à une soixantaine de kilomètres de Barcelone, où elle s’occupa de la sacristie et de la formation des petites filles.

Les témoignages qu’on a pu recueillir sur elle, parlent de sa grande dévotion mariale, de sa joie communicative, de son esprit d’obéissance.

Sœur Andrea a pu être envoyée ensuite en d’autres maisons, mais les archives ayant été détruites au moment de la guerre civile, on en est réduit à connaître seulement son dernier poste, à Premià de Mar, où elle arriva fin 1934, toujours comme éducatrice des petites filles. Cette localité se trouve à une vingtaine de kilomètres de Barcelone.

Avec ses Compagnes, elle fut fusillée et reçut la palme du martyre à L’Hospitalet de Llobregat (Barcelone), le 31 juillet (ou le 1er août) 1936. On ne put la reconnaître que par le numéro de son habit.

Ramona Solans Ballester, béatifiée en 2018, sera commémorée au Martyrologe le 31 juillet.

 

 

María Magdalena Vilanova Alsina

1877-1936

 

Elle naquit le 13 avril 1877 à Sant Feliu de Codines (Barcelone, Espagne), dernière (et unique fille) des sept enfants de ses pieux parents, Salvador et Antonia. Des six garçons (Andrés, Josep, Felipe, Domingo, Salvador et Felipe), les deux derniers devaient mourir à l’âge de deux ans.

María fut baptisée dès le 15 avril et reçut les noms de María, Magdalena, Juana. Elle fut confirmée en 1884.

Quatre ans plus tard, la maman mourut, la veille des onze ans de María. La même année (1888), María reçut la Première Communion. Elle abandonna alors l’école - on suppose que ce fut pour s’occuper elle-même de son papa et de ses frères aînés.

En 1896, mourut à son tour son frère aîné, Andrés, qui était marié et père de trois enfants encore petits.

María eut donc une enfance travaillée, éprouvée, difficile, et ne parlait pas de sa vocation ; elle resta fidèlement à la maison pour s’occuper des charges matérielles. Ce n’est qu’à trente-et-un ans, en 1908, que son père la présenta au curé pour déclarer que sa fille désirait librement entrer chez les Sœurs Capucines de la Mère du Divin Pasteur.

Elle entra donc dans cette congrégation en 1908 et prit le nom de Patrocini. Le 31 décembre 1909, elle fit la première profession.

L’année 1914 fut douloureuse : le papa de María mourut en avril. Mais María continua sa marche vers le don total à Dieu et fit la profession solennelle en janvier 1915.

Les archives ayant été détruites, on n’a pas de précisions sur les différents emplois que María remplit pendant les vingt années de sa vie consacrée ; on sait qu’en 1936, elle se trouvait à Sarriá (Barcelone).

Dans cette maison, où se trouvaient des novices, on commença à prier spécialement pour la paix en Espagne, le 18 juillet. Dès le 19, la Supérieure demanda aux Religieuses de s’habiller en civil et de partir se réfugier dans des maisons où les attendaient des amis.

Le 20, elles purent encore se retrouver dans leur chapelle, pour une ultime Eucharistie. Ce même jour, fut incendiée l’église paroissiale, puis aussi la maison des Religieuses - avec leurs archives.

Ensuite, la sœur Patrocini tenta de rejoindre la maison de son frère à Sants, mais refusa d’y rester pour ne pas le compromettre, et alla à l’hôpital pour aider les infirmières.

On la reconnut vite, toutefois, tant son comportement était manifestement celui d’une personne religieuse. Elle fut arrêtée, mais on ne put jamais savoir exactement où et quand on la fusilla.

On croit généralement qu’elle reçut la palme du martyre près de Barcelone, le 31 juillet 1936, au lieu-dit La Rabassada, à moins que ce fût à Prat de Llobregat, comme les deux autres Religieuses de la même congrégation, ce même jour.

La même année fut détruite totalement l’église paroissiale de Sant Feliu, où María avait été baptisée.

María Magdalena Vilanova Alsina, béatifiée en 2018, sera commémorée au Martyrologe le 31 juillet.

 

 

María Roqueta Serra

1878-1936

 

María vit le jour dans le petit village de Gabarra (Lleida, Catalogne, Espagne) le 20 avril 1878 et fut baptisée le lendemain.

Elle entra au noviciat des Carmélites Missionnaires de Gracia (Barcelone), où elle fit la profession l’année suivante, en 1898, avec le nom de María du Refuge de Saint-Ange. Elle fit la profession solennelle en 1904.

Elle fut envoyée dans la communauté de Barcelone puis de Vilarrodona (Tarragona) en 1936.

Ses consœurs la décrivaient comme pieuse, effacée, effrayée et très impressionnée par le danger du martyre, mais disposée à accepter ce que Dieu demanderait.

Elle fut nommée vicaire de la communauté, ce qui montre la confiance qu’on avait en elle.

Ayant dû quitter la maison avec les Consœurs, elle put se cacher quelques jours. De là où elle était, elle aperçut le 23 juillet l’incendie de l’église paroissiale, avec les statues, les ornements, les croix. 

Le 24, les miliciens donnèrent la chasse aux Religieuses, les rassemblèrent sur la place avec le curé et son vicaire, et partirent pour Villafranca del Panadés, où elles furent remises au Comité. On les enferma dans une pièce de la mairie, puis dans une maison de l’endroit.

Le 26, on assassina le curé et son vicaire, à La Almunia.

Le 31, on les libéra et elles prirent le premier train pour Barcelone. A la gare de Aragón-Paseo de Gracia, elles se séparèrent deux par deux, en se saluant par A Dieu, au Ciel !

María du Refuge et la Supérieure Esperanza de la Croix (Teresa Subirá Sanjaume) vinrent frapper chez les sœurs de María, mais elles étaient déjà parties, fuyant la persécution. Elles ne savaient où aller ; on les reconnut alors à leur allure et on les présenta au Comité. Ces messieurs demandèrent au Comité de Vilarrodona : Que faire avec ces dames ? - Ce que vous voulez.

Elles furent conduites avec d’autres victimes sur la route de La Arrabassada (Barcelone) et assassinées, le 31 juillet 1936.

Elles ont été béatifiées en 2007.

 

 

Francisca Pons Sardá

1880-1936

 

Francisca vit le jour à Espluga de Francoli (Tarragona, Catalogne, Espagne) et fut baptisée le 18 juillet 1880.

Elle entra en 1907 au noviciat des Carmélites Missionnaires de Gracia (Barcelone), où elle fit la profession l’année suivante, le 6 octobre, avec le nom de Gabriela de Saint-Jean-de-la-Croix, et la profession solennelle en 1913.

Elle passa les années difficiles de 1909 à Barcelone et des années trente dans une fidélité à toute épreuve. Sa famille lui demanda de rentrer quelque temps à la maison, pendant les moments de la révolution. Elle répondit : Je suis disposée à donner ma vie et à mourir avec les Sœurs ; si Dieu me destine au martyre, c’est Lui qui m’en donnera la grâce nécessaire.

Elle fut envoyée plusieurs années à Villa Mercedes (Argentine).

En Espagne, elle fut active en diverses communautés : Tárrega, Santa Lucía (Barcelone), Santa Coloma de Queralt, séminaire de Barcelone, Las Corts.

En 1936, elle revint à Barcelone, où elle s’occupait de visiter les malades à domicile, avec la Sœur Daniela.

Le 26 juillet, elle et la Sœur Daniela allèrent, comme chaque jour, assister une malade dans sa famille. Ces gens se virent obligés de fermer leur maison, mais trouvèrent dans le quartier une autre famille, où les Sœurs purent prendre des habits civils et rester cachées quelques jours.

Elles tentèrent de rejoindre la maison d’une cousine, qui travaillait dans une pharmacie. Le pharmacien les reçut avec bonté. En le quittant, elles furent reconnues par un brave conducteur de tramway, qui utilisa le mot de moniales. Des miliciens entendirent et vinrent arrêter les Sœurs. De la maison du pharmacien, on put observer avec horreur comment les Religieuses furent malmenées, insultées, et fourrées dans un camion qui démarra en trombe.

Les deux Religieuses furent conduites au Comité Rouge, puis emmenées sur la route de l’Arrabassada, où elles furent assassinées, le 31 juillet 1936.

Elles furent béatifiées en 2007.

 

Prudencio Gueréquiz y Guezuraga

1883-1936

 

Prudencio vit le jour le 28 avril 1883 à Rigoitia (Biscaye, Espagne).

Il fut attiré par l’Ordre des Trinitaires et entra dans la communauté d’Algorta.

Il commença le noviciat en 1898, émit la profession simple en 1899, la solennelle en 1903 à Rambla (Cordoue), avec le nom de Prudencio de la Croix.

On ignore l’origine des fréquentes hémoptysies dont il souffrit depuis la jeunesse et toute sa vie, infirmité qu’il supporta avec grande patience.

En 1905 il fut ordonné prêtre à Cordoue.

Il commença par enseigner aux enfants à La Rambla, puis resta quelque temps à Madrid ; il fut nommé professeur de théologie à Cordoue et fut ensuite envoyé au sanctuaire de la Cabeza.

Il était si profondément attiré par la Présence eucharistique, il y passait tant d’heures en méditation que, si on le cherchait, on savait qu’il était dans le chœur de l’église.

Le 26 juin 1936, la communauté reçut l’ordre d’évacuer le sanctuaire. Le Supérieur fit valoir qu’il fallait faire un inventaire, car le sanctuaire appartenait à l’évêché. La réponse fut : Il n’est pas à l’évêché, il est à nous ; dès à présent, le sanctuaire est fermé et il faut déposer les clefs à la mairie.

L’expulsion se produisit réellement le 28 juin. Trois camions de gens armés arrivèrent, le sanctuaire fut encerclé et le Supérieur appelé. Le chef lui demanda : Si vous vous engagez à partir pour Andújar, nous vous laissons. Si le Supérieur avait discuté, les hommes auraient tiré impitoyablement.

Les Religieux consommèrent les Saintes Espèces, prièrent encore un peu Jésus-Christ et Notre-Dame de la Cabeza, chantèrent le Salve Regina… Même les miliciens prirent part aux chants !

Ils emmenèrent les Religieux à Andújar. Chemin faisant, ils dirent aux Religieux de s’habiller en civil. Le seul qui refusait était le père Prudencio. A la descente du camion, un milicien insista encore ; Prudencio répondit : Peu importe ! si c’est pour ça qu’on nous fusille, nous sommes disposés à mourir comme Religieux.

Il trouva accueil chez un avocat de l’endroit, avec le père Segundo. Il priait continuellement le chapelet et le bréviaire.

Le 31 juillet, des miliciens vinrent les chercher pour aller faire une déclaration au Comité. En route, les miliciens crièrent aux habitants de rentrer chez eux et de fermer portes et fenêtres. Puis ils tirèrent dans le dos des deux Religieux, ainsi qu’à trois autres prisonniers. Ils moururent sur place, et leur sang se répandit longtemps à terre. Après quelques heures, on porta les cadavres à l’hôpital : le père Prudencio avait en mains le chapelet et le bréviaire.

Prudencio de la Croix fut béatifié en 2007.

 

 

Miguel Francisco González-Díez González-Núñez

1883-1936

 

Miguel vit le jour le 8 mai 1883 à Palazuelo de Torío (León, Espagne), le jour où l’on fêtait l’apparition de l’archange saint Michel au Mont Gargano.

Entré chez les Capucins en 1899, il prit le nom de Andrés lors de sa profession en 1900.

Il fut ordonné prêtre en 1908.

Ce fut un professeur de philosophie, un définiteur et archiviste de talent, un écrivain connu.

Il se trouvait au monastère de Jesús Medinaceli (Madrid), lorsque les événements contraignirent tous les Religieux à quitter le 20 juillet 1936 la maison, qui fut effectivement attaquée quelques jours plus tard.

Les miliciens révolutionnaires avaient reçu l’ordre de ne laisser vivant aucun des Religieux pas même leur chat.

Le père Andrés fut arrêté le 30 juillet. Malmené par les miliciens, il répondait : Seigneur, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font (cf. Lc 23:34). 

Il reçut la palme du martyre à Pradera San Isidro (Madrid) le 31 juillet 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Domingo Montoya Elorza

1885-1936

 

Domingo Montoya Elorza naquit à Loza (Álava, Espagne N) le 4 août 1885, alors fête de s.Dominique, dont il reçut le prénom (sur s.Domingo, v. 8 août).

Il fut prêtre chez les Frères Mineurs Franciscains.

Son martyre eut lieu le 31 juillet 1936 à Puente Genil.

Domingo Montoya Elorza sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 31 juillet.

 

 

Jaume Buch Canals

1889-1936

 

Jaume (ou Jaime, ou Santiago, Jacques) vit le jour le 9 avril 1889 à Bescanó (Gerona, Catalogne).

A quatorze ans, il fut pensionnaire à la Ferme-école de Sant Isidro à Gerona-Pont Major.

Il entra chez les Salésiens en 1908 à Sarriá.

En 1914, après son noviciat et sa profession, on l’envoya parmi les fondateurs de la nouvelle maison d’Alicante.

Là il s’occupa de la catéchèse et de l’administration.

En 1931, la maison d’Alicante fut détruite par un incendie, et Jaume passa à Valencia.

Arrêté en même temps que tous les Religieux de la maison, il fut remis en liberté le 29 juillet 1936.

Mais il ne trouva pas de famille qui pouvait le recevoir : c’est que tous se savaient menacés. Aussi se réfugia-t-il avec un prêtre… dans la clinique d’un ancien élève : l’un dormit sur la table d’opération, l’autre sur un fauteuil métallique.

Le 30 juillet, il sortit pour aller manger, avec la carte d’identité du prêtre. C’était peut-être une imprudence, mais son intention était, si c’était possible, de faire établir une nouvelle carte d’identité sans mentionner l’état sacerdotal du prêtre. L’opération ne réussit pas : on l’arrêta.

On retrouva son corps au cimetière de Valencia, toujours en possession de cette carte d’identité.

Il fut martyrisé à El Saler (Valencia), le 31 juillet 1936, et béatifié en 2001.

 

 

Vicenta Achurra Gogenola

1890-1936

 

Vicenta vit le jour à Berriatúa (Biscaye, Espagne) le 4 avril 1890, dans une famille chrétienne de ce pays basque.

A vingt ans, elle choisit d’entrer dans la vie religieuse. Elle entra en 1915 au noviciat des Carmélites Missionnaires de Gracia (Barcelone), où elle fit la profession l’année suivante, avec le nom de Daniela de Saint-Barnabé, et fit la profession solennelle en 1921.

On la décrivit comme joyeuse, charitable, grande travailleuse, bonne compagne, pieuse (elle avait deux dévotions préférées : le Sacré-Cœur et Notre-Dame du Carmel).

Elle fut envoyée à Las Corts, puis au service du séminaire de Barcelone, puis à Badalona, et auprès des aveugles à Barcelone.

En 1936, elle se trouvait dans la maison de Gracia (Barcelone), chargée de visiter à domicile les malades de la paroisse de Sarriá.

Dès le 19 juillet, on lui ordonna de porter des vêtements séculiers, ce qu’elle fit. 

Le 31 juillet 1936, elle se trouvait avec la Sœur Gabriela dans le tramway, quand le conducteur la reconnut et la dénonça.

Les deux Religieuses furent arrêtées, conduites au Comité Rouge, puis emmenées sur la route de l’Arrabassada, où elles furent assassinées, le 31 juillet 1936.

Elles furent béatifiées en 2007.

 

 

Francisco Remón Játiva

1890-1936

 

Francisco vit le jour le 22 septembre 1890 à Caudé (Teruel, Espagne) et reçut prophétiquement au baptême le nom de saint François d’Assise, qu’il allait suivre toute sa vie.

En 1906, à seize ans, il entra au nouveau couvent des Franciscains de Granollers, mais accomplit son noviciat à Assise, où il se rendit avec le jeune Alfonso López (v. 3 août) et où il fit la profession comme Frère convers.

Son séjour à Assise fut interrompu seulement en 1909-1911, quand il fut à Costacciaro.

Il fit la première profession en 1912, la solennelle en 1916.

Il passa presque toute sa vie religieuse (1914-1935) à Assise, comme sacristain de la basilique Saint-François, où il avait un don particulier pour construire la crêche de Noël.

En 1935, il fut envoyé à Granollers (Barcelone), comme sacristain et comme portier, occasionnellement aussi comme quêteur.

Le 19 juillet 1936, il se réfugia chez des amis de Granollers, le lendemain, il passa au couvent où était resté son frère Buenaventura ; ce dernier lui conseilla d’aller dans une autre famille, non loin de la gare de Granollers : il y passa une journée dans la prière et le quasi-silence, disant seulement qu’il allait peut-être souffrir le martyre, mais qu’il n’en était pas digne.

Le 20 au soir, il apprit que le couvent était en flammes. 

Quelques jours après, il voulut rejoindre un endroit plus sûr, mais fut arrêté dans la rue.

En prison, il fut sauvagement battu, au point qu’on lui causa une hémorragie interne. Le Comité fut bien contraint de le faire soigner à l’hôpital, pour qu’il fût au moins lucide (!) au moment où on lui aurait fait connaître la sentence.

Dans cet hôpital, il rencontra le bon père Dionisio Vicente Ramos, auquel il se confessa. 

Le 31 juillet, on les fit monter tous les deux dans le camion-fantôme. 

Originaire du même pays, c’est aussi en compagnie de ce père Dionisio que Francisco fut fusillé le 31 juillet 1936 à Granollers, et béatifié en 2001.

Note. On trouve parfois la date du 30 juillet, peut-être parce que ce martyre a pu avoir lieu dans la nuit du 30 au 31, un peu avant ou après minuit. 

 

 

Segundo García Cabezas

1891-1936

 

Segundo vit le jour le 24 mars 1891 à Barrios de Nistoso (León, Espagne).

Il fut attiré par l’Ordre des Trinitaires et entra dans la communauté d’Alcazár de San Juan (Ciudad Real).

Il prit l’habit en 1906, et commença le noviciat ; il émit la profession simple en 1907.

Intelligent, studieux, il fut envoyé à Rome où il fut reçu docteur en philosophie (1910). 

Cette année-là il fit la profession solennelle, avec le nom de Segundo de Sainte-Thérèse. Mais une maladie l’empêcha d’achever le doctorat en théologie et il revint en Espagne.

En 1914 il fut ordonné prêtre à Madrid.

Il fut d’abord envoyé en Argentine comme professeur d’école puis comme directeur à Damacio-Vélez (Córdoba), collaborant aussi à la paroisse locale.

En 1919, il revint en Espagne, comme professeur de théologie à La Rambla, puis comme vicaire à Barcelone, où s’ouvrait un nouveau collège. Il y enseigna.

En 1923, il fut à Algorta ; en 1928, professeur de philosophie à Villanueva del Arzobispo ; en 1931, professeur de philosophie à La Cabeza.

Il collabora à la revue El Santo Trisagio, par des articles qui montrent la grande culture de ce prêtre. En outre, il traduisit de l’italien un manuel de prédication à l’usage des étudiants.

A noter aussi sa sensibilité musicale, grâce à laquelle il put tenir l’orgue au sanctuaire de La Cabeza.

Le 26 juin 1936, la communauté reçut l’ordre d’évacuer le sanctuaire. Le Supérieur fit valoir qu’il fallait faire un inventaire, car le sanctuaire appartenait à l’évêché. La réponse fut : Il n’est pas à l’évêché, il est à nous ; dès à présent, le sanctuaire est fermé et il faut déposer les clefs à la mairie.

Quant au père Segundo, il demanda aux miliciens : Que va devenir cette société, avec un gouvernement qui n’admet pas les religieux ? Vous ne savez pas que les religieux ont été les plus grands bienfaiteurs de l’humanité dans tous ses aspects et les plus grands amis des pauvres et des ouvriers ?

L’expulsion se produisit réellement le 28 juin. Trois camions de gens armés arrivèrent, le sanctuaire fut encerclé et le Supérieur appelé. Le chef lui demanda : Si vous vous engagez à partir pour Andújar, nous vous laissons. Si le Supérieur avait discuté, les hommes auraient tiré impitoyablement.

Les Religieux consommèrent les Saintes Espèces, prièrent encore un peu Jésus-Christ et Notre-Dame de la Cabeza, chantèrent le Salve Regina… Même les miliciens prirent part aux chants !

Ils emmenèrent les Religieux à Andújar. Chemin faisant, ils dirent aux Religieux de s’habiller en civil. Le seul qui refusait était le père Prudencio.

Segundo trouva accueil chez un avocat de l’endroit, avec le père Prudencio. Ils priaient continuellement le chapelet et le bréviaire.

Il remit à un ami son appareil photographique, pour le reporter au couvent, si on le tuait.

Le 31 juillet 1936, des miliciens vinrent les chercher pour aller faire une déclaration au Comité. Le père Segundo, qui était un fumeur invétéré, les accueillit avec gentillesse et leur offrit à chacun un cigarillo. 

En route, les miliciens crièrent aux habitants de rentrer chez eux et de fermer portes et fenêtres. Puis ils tirèrent dans le dos des deux Religieux, ainsi qu’à trois autres prisonniers. Ils moururent sur place, et leur sang se répandit longtemps à terre. Après quelques heures, on porta les cadavres à l’hôpital : dans ses poches, le père Segundo avait deux paquets de tabac avec la blague, et ses lunettes ; il tenait en mains le chapelet et le bréviaire.

Segundo de Sainte-Thérèse fut béatifié en 2007.

Ciriaco Olarte Pérez de Mendiguren

1893-1936

 

Des dix enfants du foyer Olarte Pérez, cinq furent offerts à l’Eglise : trois prêtres et deux religieuses.

Ciriaco naquit le 8 février 1893 à Gomecha (Álava, Espagne), troisième enfant de Saturnino et María, qui le firent baptiser le jour-même. A six ans, il reçut l’Eucharistie et la Confirmation.

Tout petit, il voulut être enfant de chœur, mais il était vraiment petit, et encore faible, et n’arrivait pas à la hauteur du missel (à cette époque, le missel était sur la droite de l’autel, et il fallait le transporter à gauche pour l’évangile ; de plus, le missel était très gros, très pesant). Le Curé lui conseilla alors de bien manger, de se fortifier, pour être en mesure d’y arriver. Le garçon s’entraîna à la maison : tous les soirs, il s’ingéniait à porter plusieurs gros livres, espérant ainsi réussir à porter le gros missel. Un jour, il estima être arrivé au niveau suffisant et s’en alla convaincre le curé de le laisser servir la messe ; comme preuve qu’il pouvait le faire, il alla s’emparer du missel… qui lui retomba sur la tête.

En grandissant, Ciriaco montra souvent la charité dont son cœur était capable ; il cherchait à consoler des enfants tristes, partageait avec eux ce qu’il avait ou les invitait à la maison ; il accompagnait des vieillards qu’il voyait seuls ; et s’il voyait des Religieux passer par le pays, il les accompagnait et s’arrangeait pour les faire achever leur tournée chez ses parents, et les inviter à table.

Son père lui-même, le présentant au Supérieur des pères Rédemptoristes, le définit comme très obéissant, doux, pieux, travailleur. Il le fut vraiment. A ces qualités, s’ajoutèrent les dons naturels de la parole, de la sensibilité musicale, et une grande vivacité, tout ce qu’il fallait pour un bon missionnaire rédemptoriste.

Il entra effectivement au juvénat de cet Ordre en 1904 à El Espino (Burgos), où les études furent tout de même difficiles, car la mémoire n’était pas au rendez-vous. Mais il était doué pour le théâtre et l’art déclamatoire ; la volonté et l’acharnement au travail firent que Ciriaco put accomplir le noviciat et être admis à la profession en 1911. 

Puis il fut à Astorga pour les études théologiques. En 1917 il fut ordonné prêtre.

En 1918, on l’envoya pendant un an à Nava del Rey, où il alterna sa présence à la caserne et au couvent. En 1919, il alla à Cuenca. 

En 1921 il partit au Mexique, où il accomplit un travail épuisant et ce, malgré le climat de persécution. On a pu établir qu’il fut à Oaxaca (1922), Puebla (1924), Monterrey (1926). L’activité sacerdotale étant devenue vraiment impossible, il rejoignit Espagne.

En 1926, il fut à La Coruña, où on lui confia de nouvelles responsabilités ; en 1929 à Madrid,  où il sera aussi bibliothécaire, en plus de ses nombreuses missions à Jaén, Madrid, León, Valladolid ; en 1932 à Grenade, d’où il partit en mission pour Cordoue, Málaga, Grenade et Almería, avec prédications et neuvaines dans des monastères de clôture ; en 1933 de nouveau à Madrid, avec missions à Carabanchel, Terrer et Calatayud (Saragosse), et Plasencia (Cáceres) ; en 1935 il rejoignit Cuenca. Son sentiment devant les événements en ébullition, n’est pas l’inquiétude pour la situation elle-même, mais la tristesse de ne plus pouvoir prêcher.

En juillet 1936, il fallut abandonner le couvent. Ciriaco se cacha d’abord chez un chanoine, puis chez un vicaire de la cathédrale d’Almería ; dans ces circonstances, lui-même écrivit de façon prophétique : La fête de saint Fondateur Alphonse de Liguori, nous la passerons au ciel (saint Alfonso est fêté le 1er août).

En effet, dénoncés (probablement par une domestique), lui et son Confrère Miguel Goñi Áriz furent arrêtés le 31 juillet au matin, emmenés par les rues sous bonne escorte de miliciens déchaînés, jusqu’à l’endroit de la centrale électrique de El Batán. 

Juste avant de recevoir les balles ennemies, les deux prêtres se donnèrent réciproquement l’absolution et ils furent fusillés, vers midi. Ciriaco agonisa longtemps et mourut vers vingt heures, suite à l’hémorragie ; Miguel agonisa deux heures durant, sans assistance à cause de la présence d’un garde qui empêchait toute approche. Le soir tard seulement, on autorisa la sépulture.

A l’autopsie, on remarqua que le père Ciriaco avait reçu des balles à la poitrine et à la nuque, ce 31 juillet 1936.

Les pères Olarte et Goñi furent les premiers Martyrs de Cuenca. Peu après, tombèrent l’évêque et son secrétaire.

Ciriaco Olarte Pérez de Mendiguren fut béatifié en 2013.

 

 

Buenaventura Rodríguez Bollo

1895-1936

 

Buenaventura Rodríguez Bollo naquit à Villalcampo (Zamora, Espagne OC) le 28 octobre 1895.

Il fut prêtre chez les Frères Mineurs Franciscains.

Son martyre eut lieu le 31 juillet 1936 à Puente Genil.

Buenaventura Rodríguez Bollo sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 31 juillet.

 

 

José Grijalvo Medel

1896-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Nazario del Valle González

1901-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Miguel Goñi Áriz

1902-1936

 

Miguel naquit le 27 avril 1902 à Imarcoain (Navarre, Espagne), de Domingo et María, qui le firent baptiser dès le lendemain. Il fut confirmé en 1904 et reçut la Première communion en 1909.

Sa pieuse mère ne lui cachait pas son grand désir de le voir entrer au séminaire ; en attendant, il servait la messe à la paroisse.

La science de Dieu mûrit abondamment dans l’âme du garçon, mais pas la science humaine, car c’est à peine s’il fréquenta l’école. Ses parents pensèrent quand même l’envoyer au collège de Pamplona ; mais il fallut un peu retarder la décision, puis le papa mourut.

Sur ces entrefaîtes, passèrent dans le pays deux pères Rédemptoristes, dont la parole conquit Miguel.

Il entra effectivement au juvénat des Rédemptoristes en 1913 à El Espino (Burgos), puis fut envoyé au nouveau collège du même Ordre à Cuenca, en 1915. Miguel traversa alors une difficile crise spirituelle ; il pria, s’accrocha à la Vierge Marie, triompha.

Il fut postulant en 1919 à Cuanca, et fit le noviciat à Nava del Rey, recevant l’habit de la Congrégation. Il fit la profession en 1920.

Après les études (laborieuses !) de philosophie et de théologie à Astorga, en 1925 il fut ordonné prêtre.

Il s’adonna à la prédication sans réserve. Il fut à Nava del Rey, Grenade (1927).

A Grenade, il assista au couronnement de Notre-Dame du Perpétuel Secours. En 1928, il alla à Barcelone, en 1929 à Santander, en 1932 à Vigo comme bibliothécaire ; il alla aussi prêcher.

A cause d’une vilaine infection pulmonaire, il dut regagner Nava del Rey en 1935, d’où il vint à Cuenca en 1936.

Il raconta lui-même aux siens qu’il faillit déjà perdre la vie en mai, quand les éléments de gauche commençaient déjà à se manifester. Le bruit se répandit que, qui avait tiré, étaient les Religieux déguisés en Gardes Civils. Il y eut dans Cuenca une forte agitation et Miguel eut toutes les peines du monde à sortir indemne de cette journée du 2 mai.

En juillet 1936, il fallut abandonner le couvent. Miguel se cacha d’abord chez un chanoine, avec les pères Olarte, Jorge et Posado. Chaque matin, ils allaient célébrer à la catédrale, mais se rendant compte que les miliciens les avaient repérés, ils se séparèrent. Avec le père Olarte, Miguel se réfugia chez un autre prêtre.

Ils furent arrêtés le 31 juillet au matin, emmenés par les rues sous bonne escorte de miliciens déchaînés, jusqu’à l’endroit de la centrale électrique de El Batán. 

Juste avant de recevoir les balles ennemies, il se rapprocha du père Ciriaco, ils se donnèrent réciproquement l’absolution et ils furent fusillés, vers midi. Ciriaco agonisa longtemps et mourut vers vingt heures, suite à l’hémorragie ; Miguel agonisa deux heures durant, sans assistance à cause de la présence d’un garde qui empêchait toute approche. Le soir tard seulement, on autorisa la sépulture, ce 31 juillet 1936.

A l’autopsie, on remarqua que le père Miguel avait le crâne et la poitrine complètement déchiquetés, une épaule détruite, et qu’il présentait les signes d’une agonie prolongée.

Miguel Goñi Áriz fut béatifié en 2013.

 

 

Bernabé Núñez Alonso

1902-1936

 

Il était né le 11 juin 1902, fête de saint Barnabé (d’où son nom de baptême) à Santa María del Invierno (Burgos, Espagne) et reçut le Baptême quatre jours après.

Il commença le noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) à Cambrils en 1916, l’acheva à Hostalets, où il reçut l’habit, et le nom de Alfeo Bernabé (1924), et fit le scholasticat à Bujedo.

Frère plus pratique qu’intellectuel, il fut envoyé à Cambrils pendant six années, où il collabora à la construction de la maison de formation. Oublieux de lui-même, il était disponible pour n’importe quelle tâche.

Appelé au service militaire, il fut trois ans à Cuba, hôte du collège lasallien de La Habana, où il fit le catéchisme aux plus petits : on lui découvrit alors d’excellentes qualités d’enseignant.

En 1931, il revint en Espagne et fut à Tarragona.

Peu avant la révolution de 1936, il se trouvait momentanément à Madrid avec quatre autres Frères : sur disposition du Frère Visiteur, ils devaient rejoindre leurs pays d’origine pour promouvoir d’éventuelles vocations.

Mais voilà qu’à peine arrivés à Madrid, éclata la guerre civile, et la persécution ouverte. Aucune des maisons lasalliennes ne pouvait les héberger, puisqu’elles avaient été abandonnées (de force). Ils errèrent dans les rues pendant une dizaine de jours. Enfin, ils entendirent que la ligne de chemin de fer était ouverte pour rejoindre Barcelone.

Mais le voyage ne fut pas du tout ce qu’ils espéraient. Plusieurs fois la police les contrôla. Deux des cinq descendirent à Tarragona, tandis que les trois autres poursuivaient jusqu’à Barcelone.

Alfeo était l’un des deux descendus à Tarragona. Les miliciens, à l’affût de prêtres et de religieux, les remarquèrent vite à leur comportement. Au moment où ils traversaient le quartier de la mairie pour rejoindre leur collège, ils durent passer par des ruelles sombres, où on les identifia très vite : on les assassina sur place.

Alfeo tomba en martyr à Tarragona ce 31 juillet 1936 et a été béatifié en 2013.

 

 

Daniel Mora Nine

1908-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Alejandro Arraya Caballero

1908-1936

 

Il était né le 29 mai 1908 à Rodilla (Burgos, Espagne) et reçut le Baptême deux jours après.

Il commença le noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) à Cambrils en 1922, l’acheva à Fortianell, où il reçut l’habit, et le nom de Alejandro Antonio (1924), et fit le scholasticat à Cambrils.

Ses activités le conduisirent à l’internat de Tarragona (1926), puis à Bonanova (1919), Teruel et Manlleu.

Frère zélé et efficace, il succomba à un excès de travail et dut se reposer.

En 1935, il dut effectuer le service militaire à Manresa, sans cacher sa condition de Religieux, au point que les officiers lui confièrent la formation des soldats moins préparés.

Peu avant la révolution de 1936, il se trouvait momentanément à Madrid avec quatre autres Frères : sur disposition du Frère Visiteur, ils devaient rejoindre leurs pays d’origine pour promouvoir d’éventuelles vocations.

Mais voilà qu’à peine arrivés à Madrid, éclata la guerre civile, et la persécution ouverte. Aucune des maisons lasalliennes ne pouvait les héberger, puisqu’elles avaient été abandonnées (de force). Ils errèrent dans les rues pendant une dizaine de jours. Enfin, ils entendirent que la ligne de chemin de fer était ouverte pour rejoindre Barcelone.

Mais le voyage ne fut pas du tout ce qu’ils espéraient. Plusieurs fois la police les contrôla. Deux des cinq descendirent à Tarragona, tandis que les trois autres poursuivaient jusqu’à Barcelone.

Alejandro était l’un des deux descendus à Tarragona. Les miliciens, à l’affût de prêtres et de religieux, les remarquèrent vite à leur comportement. Au moment où ils traversaient le quartier de la mairie pour rejoindre leur collège, ils durent passer par des ruelles sombres, où on les identifia très vite : on les assassina sur place.

Alejandro tomba en martyr à Tarragona ce 31 juillet 1936 et a été béatifié en 2013.

 

 

Luis Gómez de Pablo

1912-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

José Luis Collado Oliver

1912-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

Adolfo de Esteban Rada
1912-1936

Né le 28 septembre 1912 à Berbinzana (Navarre), il était le fils de Quintín et Faustina, qui le firent baptiser le lendemain et confirmer l’année suivante ; on connaît aussi la date de sa Première communion : 1921. Il avait (au moins) deux frères.

En 1923, il commença ses Humanités à Alagón, qu’il poursuivit en 1925 à Cervera ; en 1927 il partit faire le noviciat à Vic, et y reçut l’habit le 30 septembre, deux jours après ses quinze ans ; après la profession en 1928, il partit étudier la philosophie à Solsona. En 1931, vêtu en paysan comme ses confrères, il voyagea à Cervera pour y préparer la théologie. En 1935, il avait achevé ces études, mais le service militaire retarda les ordinations. Il fut envoyé à Barcelone, comme professeur, en août 1935.

Il avait un bon talent musical. Dans son zèle pour le salut des âmes, il réussit à convaincre ses deux frères d’abandonner les idées socialistes et de cesser de critiquer l’Eglise ; ils redevinrent de bons catholiques pratiquants.

Dès le 19 juillet 1936, Adolfo dut abandonner la maison et se réfugier chez un autre Confrère. Il aurait pu y rester tranquillement, mais il fut dénoncé : les miliciens vinrent contrôler le 31 juillet. Avant d’être embarqué, il laissa sa montre à la maîtresse de maison, la priant de la faire parvenir à son père ; puis les miliciens l’emmenèrent à la maison des Clarétains pour se faire indiquer les passages sacrets (qui n’existaient pas) ; en passant, Adolfo fut salué par un enfant qui l’appela Padre !

Adolfo fut exécuté non loin de l’hôpital San Pablo de Barcelone.

Martyrisé le 31 juillet 1936 et béatifié en 2017 Adolfo de Esteban Rada sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 juillet.

 

 

Melchor Martín Monge

1914-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

Michał Oziębłowski

1900-1942

 

Michal naquit la veille de la fête de son Saint patron, le 28 septembre 1900, à Izdebno (Mazowieckie, Pologne), dans une famille nombreuse d’ouvriers.
Entré au séminaire à vingt-deux ans, il fut malade de tuberculose, au point qu’il croyait devoir renoncer à sa vocation. Mais il put réintégrer le séminaire en 1934 et être ordonné prêtre en 1938.
Il fut vicaire à Kutno.
Après l’invasion de la Pologne par les troupes nazies, il fut arrêté le 6 octobre 1941 et envoyé au camp de Lad, puis à Dachau, avec le numéro 28201.
Maltraité, souffrant de la faim, devant exécuter des tâches excessives pour ses forces, épuisé, il succomba le 31 juillet 1942.
Des compagnons du camp, qui survécurent, purent témoigner auprès de sa famille, de la façon dont il se comporta généreusement dans ce camp pour servir les uns et les autres.
Il a été béatifié en 1999.

 

 

Franciszek Stryjas

1882-1944

 

Il vit le jour le 26 janvier 1882 à Popów (Pologne), de pieux parents cultivateurs, Martin et Antonina, qui le firent baptiser le lendemain.

Ce sont eux aussi qui lui enseignèrent les premiers éléments scolaires.

En 1901, il épousa Jozefa Kobylka, avec laquelle il eut sept enfants. Ils habitaient Kuczowoli. Quand son épouse décéda, il épousa en secondes noces une autre Jozefa, Nosal, et vint habiter à Takomyśli.

Un des rêves de jeunesse de Franciszek était de parler de Dieu aux enfants et de les préparer à la Première communion ; ce rêve se réalisa lorsque les deux prêtres de Godzieszach et Opatówek furent envoyés à Dachau. Avec son épouse, il organisa clandestinement cette catéchèse, prévoyant de faire héberger les enfants chez des habitants, car ces enfants devaient parfois venir de loin.

Le 20 juillet 1944, Franciszek reçut une convocation au bureau de police de Opatówek. On lui déconseillait de s’y rendre, mais il y alla courageusement.

A Opatówek, puis à Kalisz, il fut durement torturé et succomba à ses blessures le 31 juillet 1944.

Le corps, ramené chez lui, portait des traces évidentes de coups et de tortures.

Il a été béatifié en 1999.

 

 

Pjetër Çuni

1914-1948

 

Pjetër Çuni naquit le 9 juillet 1914 à Shkodër (Albanie).

Il étudia au Séminaire Pontifical d’Albanie, puis à celui de la Propagande à Rome.

Ordonné prêtre en 1940, il exerça son apostolat sacerdotal dans diverses paroisses de montagne : Shkrel, Rrjoll, Lohe e Reç.

Le 27 juillet 1947, arrêté à Rrjoll, il fut mis en prison à Koplik.

Les circonstances ultimes de sa mort ne sont pas claires. On trouve qu’il aurait été précipité dans une fosse septique, ou bien dans la baie de Koplik, le 31 (ou le 29) juillet 1948.

Son père apprit la nouvelle à la fin de l’année 1948, le lendemain de Noël.

Pjetër Çuni fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 31 juillet.

 

 

Cecilia Schelingová

1916-1955

 

Cecilia naquit le 25 (ou le 24) décembre 1916 à Krivá (Orava, Slovaquie), dans une famille de dix enfants (certains disent qu’elle était la dixième des onze enfants), dont les parents étaient de simples paysans, mais très croyants et pratiquants. Ils reçurent avec joie ce beau cadeau de Noël !

Pavel et Susana, les parents, firent baptiser leur fille trois jours après.

Cecilia fréquenta l’école primaire de 1922 à 1930, travailleuse, obéissante, serviable et douce. Tous l’aimaient.

Dès 1931, elle demanda à entrer à l’Institut des Sœurs de la Charité de la Sainte-Croix. 

En attendant d’être admise, elle fit ses études d’infirmière et y ajouta une spécialisation en radiologie.

Elle entra au noviciat en 1936, et fit les vœux en 1937 avec le nom de Zdenka (Sidonie).

Elle travailla d’abord à Humenné, puis à partir de 1942, au service de radiologie de Bratislava, où ses qualités, sa compétence, sa disponibilité, lui acquirent l’estime unanime.

Dans ce même hôpital, se trouvaient des prêtres et des séminaristes persécutés par le régime communiste, au pouvoir depuis 1948. Tous étaient promis, dès leur «guérison», aux camps de concentration de Sibérie, d’où ils ne seraient probablement jamais revenus.

Dans la nuit du 19 au 20 février 1952, Zdenka réussit à faire fuir un Religieux ; elle pria ainsi dans la chapelle : Jésus, je t’offre ma vie pour la sienne. Sauve-le !

Une deuxième tentative, malheureusement, échoua. La police vint arrêter la Religieuse dès le 29 février pour la conduire en prison, où elle subit d’indicibles tortures physiques et morales.

Suivit une farce de procès, au terme duquel elle fut condamnée à douze ans de prison pour «haute trahison» et à la perte de ses droits civiques pendant dix ans.

Elle fut transférée à la prison de Rimavská Sobota dès le 26 juin 1952, puis à celle de Pardubice, encore plus dure, à partir du 16 avril 1953, pour n’avoir pas voulu collaborer avec les gardiens.

On la fit passer ainsi de prison en prison, avec de tels mauvais traitements qu’après un an et demi de détention, une tumeur au sein fut diagnostiquée. Malgré les soins et l’opération qu’elle subit, l’état ne s’améliora pas, au contraire la Religieuse contracta la tuberculose.

En 1955, quand il était désormais trop tard, le Président de la République lui concéda l’amnistie le 7 avril : ce n’était pas une amnistie, c’était pour éviter que la Religieuse mourût en prison.

Sortie de prison le 16 avril, Zdenka fut immédiatement hospitalisée à Trnava, où elle agonisa et mourut le 31 juillet 1955.

En 1970, la Cour Suprême de Slovaquie annula totalement l’accusation et la peine de Zdenka.

L’héroïque Religieuse avait trente-huit ans. Elle fut béatifiée en 2003.

 

 

Bernard Casey

1870-1957

 

Bernard Francis naquit le 25 novembre 1870 à Oak Grove (Wisconsin, USA), sixième des seize enfants de Bernard James et Ellen Elizabeth, qui étaient d’origine irlandaise. Ils firent baptiser leur fils le 18 décembre suivant.

A huit ans, il eut la diphthérie, qui lui laissa des séquelles permanentes dans la voix et sa configuration physique. Deux de ses frères et sœurs moururent de cette maladie la même année.

Toujours en 1878, la famille déménagea à Hudson et Bernard commença l’école Saint Mary ; quatre ans plus tard, on déménagea encore à Burkhardt.

A partir de 1887, Bernard alla en quête de travail dans le Minnesota ; il fut bûcheron, infirmier dans un hôpital, gardien de prison, chauffeur de taxi.

Il conçut le désir de se marier, mais la jeune fille fut brusquement envoyée dans un pensionnat.

Un grave accident dont il fut témoin pendant son dernier job, fit jaillir en lui la vocation sacerdotale : il aperçut un marin ivre en train de battre à mort une femme.

En 1891, il demanda son admission au séminaire tenu par les Franciscains dans le diocèse de Milwaukee ; mais les cours se faisaient en latin ou en allemand ! Il fut orienté vers les ordres monastiques, où il aurait pu être ordonné et célébrer la Messe, sans avoir à prêcher ni à confesser.

Il réfléchit et, pendant qu’il priait, entendit une voix qui lui disait : Va à Detroit ! Bernard fit le voyage : plus de six cents kilomètres ! et il n’avait jamais vu Detroit ! Il y trouva un couvent de pères Capucins et y fut admis, en janvier 1897.

Il y prit le nom religieux de Francis Solano, en référence à s.Francisco Solano (v. 14 juillet) : tant Francisco que Bernard aimaient le violon ! Il fit la profession en 1898 et fut ordonné prêtre en 1904. Il avait trente-quatre ans.

Tout d’abord, il fut envoyé dans des communautés de New York : Yonkers, la City, Penn Station, Harlem. On sentait que sa parole était «inspirée». Puis en 1924, il fut envoyé à Detroit, où il fut portier jusqu’en 1945. Chaque mercredi, il recevait des malades et c’est ainsi qu’on remarqua quelle tendre compassion il démontrait pour ceux-ci, mais aussi les résultats qui en découlaient : les malades étaient soulagés, voire guéris.

Une nuit, un père frappé d’insomnie alla prier à la chapelle : il y vit Francis Solano à genoux devant l’autel, immobile, comme en extase et ne s’apercevant de rien autour de lui.

Francis aimait bien son violon ; durant les récréations, il jouait et chantonnait à ses Confrères des chansons irlandaises, mais sa voix était si éraillée (comme on l’a dit plus haut), que certains ne pouvaient s’empêcher de toussoter pendant qu’il chantait, de sorte que Francis, sans se fâcher, allait humblement à la chapelle chantonner et jouer pour un public invisible et plus bienveillant.

Le père Francis n’était pas un faux mystique, il participait volontiers aussi aux parties de volley ou de tennis avec des Confrères, ou les accompagnait au jogging.

Mais à partir de 1946 sa santé déclina beaucoup. Les dix dernières années de sa vie furent marquées par un eczema qui lui dévorait tout le corps ; il fut envoyé dans un autre couvent à Huntington pour y être soigné, jusqu’à ce qu’on fût obligé de l’hospitaliser à Detroit en 1956. L’année suivante, nouvelle hospitalisation d’urgence pour un empoisonnement, après quoi on nota qu’il marchait beaucoup plus lentement, et qu’il souffrait davantage de la peau ; admis encore une fois à l’hôpital, on lui diagnostiqua un érysipèle, incurable à l’époque, et on envisagea l’amputation.

Le père Francis mourut le 31 juillet 1957, après avoir dit Je rends mon âme à Jésus Christ.

Un grand nombre de guérisons, avenues tant de son vivant qu’après sa mort, furent reconnues. Le miracle reconnu pour la béatification du père Francis, fut la guérison totale et inexplicable d’une malade atteinte d’ichtyose, une maladie génétique incurable (2012).

Le père Francis Solano, dans le monde Bernard Casey, fut béatifié en 2017 et sera commémoré le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcel Denis

1919-1961

 

Marcel Denis naquit le 7 août 1919 à Alençon (Orne), deuxième de trois enfants d’un foyer chrétien où le père est un employé de la SNCF.

Alençon est aussi la ville native de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (v. 1 octobre), envers laquelle Marcel aura une grande dévotion.

Après ses études primaires à Montsort, il entra au Petit séminaire de Sées en 1932.

En 1942, il entra aux Missions Etrangères de Paris et, après le service militaire, fut ordonné prêtre (1945).

Sa mission fut le centre du Laos, pour lequel il s’embarqua à Marseille en 1946. Il arriva à destination en juin 1946 et restera à Thakhek pour apprendre la langue laotienne.

Comme on le sait, le Laos fut la proie des Japonais, puis devint l’arrière-base des communistes vietnamiens.

Après une période à Dong Makba, le père Marcel fut envoyé dans la région de Khammouane (1952). Il s’exténua à évangéliser, à baptiser, à construire des écoles, des églises ; à former des catéchistes, à soigner des malades.

La guerre civile commença en 1953. Elle n’avait pas cessé en 1961 : en avril, le père Marcel voulut aller chercher son catéchiste Unla dans le village de Phon Saat et mettre en sûreté la famille de celui-ci. Mais c’est là qu’il fut arrêté. Il aurait pu quitter l’endroit, mais il ne voulait pas compromettre son gardien.

On croit savoir qu’il fut enlevé en juillet, accompagné de soldats dans sa propre jeep. On l’aurait forcé à rejoindre le Vietnam, puis ramené au Laos. Il fut fusillé le 31 juillet 1961 à Kham Hè (Nhommalath, Khammouan, Laos).

Il a été béatifié le 11 décembre 2016, avec seize autres Compagnons.

Son dies natalis sera le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

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29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 23:00

30 JUILLET

Anc. Test.

S Abel le Juste, victime de son frère Caïn (cf. Gn 4).

III.

SS Abdon et Sennen, princes persans martyrs à Rome.

IV.

Ste Iulitta, riche veuve, martyre à Césarée de Cappadoce.

Stes Maxima, Donatilla et Secunda, martyres à Thuburbo ; Maxima avait quatorze ans, Secunda douze; exposées aux bêtes qui les respectèrent, elles furent décapitées.

V.

S Expletius, évêque à Metz. 

S Ursus, évêque à Auxerre, dont il avait arrêté l'incendie par sa prière, quand il était ermite.

VI.

S Sylvain, ermite à Saint-Pierre-sur-Erve.

?

S Térence, diacre à Faenza.

VIII.

S Tatwin, évêque à Cantorbury.

XI.

Ste Godelina, malheureuse épouse flamande, assassinée, qui, après sa mort, convertit son mari.

XII.

S Hathebrand, abbé à Feldwirth et près de Groningue.

XIII.

B Manés Guzmán, prêtre, le frère de s. Dominique et son fidèle assistant.

XVI.

Bx Edward Powell, Richard Fetherston, Thomas Abel, prêtres martyrs en Angleterre ; Edward et Thomas avaient écrit sur l'indissolubilité du mariage ; Thomas était chapelain, précepteur de musique et de langue auprès de la reine Catherine, dont le roi Henri VIII voulait se séparer ; tous trois furent exécutés en même temps que trois hérétiques (protestants).

XIX.

S Joseph Yuan Gengyin, martyr chinois, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1992 :

Hospitaliers : près de Tarragona le prêtre Pablo Corres Díaz de Cerio (Braulio María, *1897) ; les profès Antoni Forcades Ferraté (Eusebi), Arsenio Mañoso González (Benito José Labre), Miguel Carrasquer Ros (Julian), Vicente de Paúl Canelles Vives, Sadurní Roca Huguet (Constanci), Manuel Jiménez Salado (*1875, 1879, 1881, 1894, 1895, 1907) ; les novices Enrique Beltrán Llorca, Tomás Urdánoz Aldaz, Rafaél Flamarique Salinas, Domingo Pitarch Gurrea, Antonio Sanchiz Silvestre, Antoni Llauradó Parisi, Manuel López Orbara, Ignacio Tejero Molina (*1899, 1903, 1903, 1909, 1910, 1910, 1913, 1916) ;

- béatifiés en 2001 :

Dominicains : près de Teruel, le prêtre José María Muro Sanmiguel (*1905) ; le novice Joaquín Prats Baltueña (*1915) ; le prêtre diocésain et tertiaire dominicain Zosimo Izquierdo Gil (*1895) ;

Salésiens : à Barcelone, Sergio Cid Pazo (*1884) ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : à Tolède, le prêtre Ricardo Pla Espí (*1898) ;

Carmes Déchaux : à Tolède, le clerc José Mata Luis (Constancio de s.Joseph, *1914), et le profès Vicente Alamano Jiménez (José María de N.Dame des Douleurs, *1901) ;

Lasalliens : à Barcelone, Ramón Palos Gascón (Cayetano José, *1885) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : à Tarragona, le prêtre Rafael Martí Figueras (*1878) ;

Fils de la Sainte Famille : près de Barcelone, le prêtre Jaume Puig Mirosa (*1908) ;

Lazaristes : le frère Luis Aguirre Bilbao (*1914), près de Teruel ;

Lasalliens : à Madrid, Eugenio García Tribaldos (Agustín María), Juan Sanz Palanca (Crisólogo), Guillermo Álvarez Quemada (Oseas,), Miguel Solas del Val (Anselmo Pablo), Alejandro González Blanco (Braulio José,), Pablo Díaz de Zárate y Ortiz de Zárate (Norberto José), Luis Herrero Arnillas (Esteban Vicente) (*1877, 1880, 1890, 1890, 1890, 1892, 1893) ;

Laïcs : Sebastiá Llorens Telarroja (*1909), près de Girona ;

- béatifiés en 2020 :

Dominicains : près de Ciudad Real, le prêtre José Garrido Francés (*1893), le clerc Justo Vicente Martínez (1913) et le convers Santiago de Prado Fernández (*1907).

S Bogdan Mandic (Leopoldo de Castelnuovo, 1866-1942), dalmate né dans une province austro-hongroise qui allait devenir yougoslave, capucin à Padoue où il confessa pendant quarante ans, mystique, canonisé en 1983.

Bse Dorotea Chávez Orozco (María Vicenta de Sainte Dorothée, 1867-1949), mexicaine, guérie d'une grave infirmité à vingt-cinq ans, consacrée aux malades, fondatrice de la congrégation des Servantes de la Sainte Trinité et des Pauvres ; elle quitta humblement sa charge de supérieure sur l'ordre de l'évêque ; béatifiée en 1997. 

Ste María Natividad Venegas de la Torre (M. de Jésus-Sacrement, 1868-1959), mexicaine, fondatrice des Filles du Sacré-Cœur de Jésus, pour le service des malades à l'hôpital de Guadalajara, béatifiée en 1992, canonisée en 2000.

Abel

Ancien Testament

 

L’histoire d’Abel et de Caïn peut se lire au chapitre 4 de la Genèse.

On y lit comment Dieu préfère les sacrifices d’Abel, qui les offre avec un cœur pur, tandis que Caïn n’a pas le cœur droit ; jaloux, il tue son frère.

Abel est le première victime de la violence humaine dans l’histoire, la première victime de l’injustice.

Dans le Canon Romain de la Messe, il est demandé à Dieu d’accepter le Sacrifice qu’on est en train de lui offrir comme il a daigné accepter les sacrifices de son serviteur Abel le Juste. Dans l’évangile de saint Matthieu, le Christ met Abel le Juste au rang des prophètes et des saints (Mt 23:32-35), et les Pères de l’Eglise ont toujours présenté Abel comme une préfiguration du Christ ; avec saint Cyprien de Carthage, on peut dire qu’Abel fut le premier Martyr.

L’actuel Martyrologe n’a pas gardé la commémoration d’Abel au 30 juillet, comme c’était le cas auparavant. 

 

 

Abdon et Sennen de Perse

† 250

 

La «légende» dit qu’Abdon et Sennen étaient deux princes persans. Sennen aurait même connu l’un ou l’autre des Apôtres (v. ss.Simon et Jude, 28 octobre), ce qui ne semble pas possible.

Ils mettaient un point d’honneur à enterrer dignement les martyrs.

Ils furent arrêtés lors de la persécution de Dèce. Mais ces princes devaient être jugés par l’empereur, qui se les fit amener à Rome, enchaînés, et traduits devant le Sénat. On les invita à sacrifier au dieu soleil : ils crachèrent sur la statue ; on les offrit aux bêtes, qui les respectèrent ; on les égorgea.

Les deux Martyrs furent plus tard enterrés dans le cimetière de Pontien.

Des reliques d’Abdon et Sennen furent portées à Arles-sur-Tech (Pyrénées Orientales) et se trouvent dans deux bustes-reliquaires fort beaux ; en outre, on y vénère un sarcophage antique qui contient toujours de l’eau, bien que le couvercle en soit scellé. On l’appelle la Sainte Tombe : cette eau «abonde» (sans jeu de mots) au jour de la fête.

Saints Abdon et Sennen sont commémorés le 30 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iulitta de Césarée de Cappadoce

† 303

 

La ville de Césarée de Cappadoce est aujourd’hui Kayseri (Turquie C).

Une riche veuve, Iulitta, cita au tribunal de cette ville un notable malhonnête qui avait détourné une grande partie de sa fortune, mais le notable déclara que la plaignante n’avait pas le droit d’ester en justice, étant chrétienne.

On chercha à faire à Iulitta de belles promesses, la flatter, l’exhorter à offrir ne serait-ce qu’un grain d’encens symbolique, elle répondit crânement : Je suis servante du Christ.

Condamnée elle-même au bûcher, elle s’y dirigea avec la joie radieuse d’aller rejoindre le Christ.

Ce fut le 30 juillet 303.

Une autre Iulitta est commémorée avec le petit Quiricus (Cyr), le 16 juin.

Sainte Iulitta de Césarée de Cappadoce est commémorée le 30 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maxima, Donatilla et Secunda de Thuburbo

† 304

 

Dans la périphérie de Carthage (act. Tunisie N), vivaient les deux adolescentes Maxima et Donatilla, la première de quatorze ans, la deuxième guère plus âgée.

Lors de la persécution de Maximien (304), le proconsul Anullinus voulut appliquer sans délai les décrets impériaux : les Chrétiens devaient livrer tous leurs livres religieux pour les faire brûler. Un certain nombre obtempérèrent, mais non Maxima et Donatilla. Elles furent interrogées et sommées d’offrir de l’encens à une statue de dieu païen.

Sur leur refus constant, elles furent conduites à Thuburbo Maius (auj. proche de Henchir-Kasbat, Tunisie N).

A Thuburbo, on regardait passer ce cortège, et une jeune fille nommée Secunda, voulut se joindre spontanément aux deux autres. Une version prétend qu’elle aurait fait volontairement une chute de son balcon «pour s’associer à ces deux Martyres et rejoindre plus vite le Christ», ce qui n’est pas acceptable dans la loi de l’Eglise.

On condamna les trois adolescentes aux bêtes féroces, mais un ours vint délicatement leur lécher les pieds ; elles furent décapitées.

C’était un 30 juillet, sans doute en 304. 

Saintes Maxima, Donatilla et Secunda de Thuburbo sont commémorées le 30 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ursus d’Auxerre

427-508

 

Ursus était un ermite qui vivait en reclus près de l’église Saint-Amâtre (sur s.Amator, v. 1er mai).

Lors d’un grave incendie qui menaçait toute la ville d’Auxerre, il pria intensément et le feu s’arrêta.

Ses mérites furent évidents pour tout le peuple, et en 502 il fut acclamé dixième évêque d’Auxerre, à la mort de s.Censurius (v. 10 juin). Il devait alors avoir soixante-quinze ans, l’âge auquel on demande aujourd’hui aux évêques de présenter leur démission.

Le pontificat d’Ursus dura six ans environ ; il mourut en 508 (ou 507).

Saint Ursus d’Auxerre est commémoré le 30 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Godelina de Flandre

1049- 1070

 

Godelina (en latin Godeleva, connue aussi sous les variantes : Godeliève, Godeleine, Godelive) était née vers 1049 à Londefort (Wierre-Effroy, Pas de Calais), du seigneur Hemfried.

Elle refusa toutes les propositions de mariage, mais fut contrainte d’accepter celle de Bertolf de Gistel, qui obtint sa main par l’entremise du comte de Boulogne.

Que désirait donc cet homme ? Godelina fut bientôt prise en grippe par sa belle-mère qui, profitant de l’absence de Bertolf, enferma la pauvre jeune femme dans une cellule étroite, lui laissant à peine de quoi manger.

Godelina réussit à s’enfuir et à revenir chez ses parents. On dirait aujourd’hui qu’un mariage célébré sous la contrainte, non consommé, et vécu dans la maltraitance, aurait de fortes chances d’être déclaré nul. 

Mais les braves parents en référèrent à l’évêque, réclamant les droits de leur fille. L’évêque de Tournai convoqua Bertolf et l’obligea à reprendre sa femme.

C’était une tromperie. Bertolf s’éloigna de nouveau ; deux valets étranglèrent la jeune femme, et la lavèrent soigneusement avant de la recoucher dans son lit, pour faire croire à une mort naturelle. 

Cette horreur se produisit le 6 ou le 30 juillet 1070.

D’après les récits, Godelina intervint encore après sa mort. Après que Bertolf se remaria, il eut une fille aveugle : Godelina la guérit, obtenant ainsi la conversion du père. Bertolf alla se faire absoudre à Rome, fit le pèlerinage de Jérusalem, et finit ses jours comme moine à Saint-Winoc de Bergues. Sa fille fonda un monastère de bénédictines à Gistel, sous le patronage de Godelina.

Godelina fut en effet vénérée comme martyre, et des miracles se produisirent sur sa tombe. On l’invoque encore maintenant pour les maux de gorge. Une source jaillit aussi à l’endroit de sa maison natale.

Elle fut «canonisée» en 1084 et le Martyrologe a opté pour le 30 juillet.

 

 

Hathebrand d’Anvers

?-1198

 

Hathebrand était fils unique d’un humble cultivateur des Pays-Bas.

A quinze ans, il se sentit appelé au sacerdoce. Après la mort de ses parents, il entra au monastère bénédictin d’Utrecht.

Par la suite, il construisit sur le domaine paternel quelques cellules pour des moines avec un oratoire : ce serait le plus ancien monastère de Groningue, qu’on appela Oldekloster (ou Vieux Moûtier). Les moines demandèrent à l’évêque de le consacrer Abbé.

Hathebrand fonda d’autres monastères dans la région ouest de la Frise. Il ne manqua pas non plus de faire des miracles.

Mais comme le diable est toujours présent pour diviser (dia-bolos), il y eu des tensions entre l’Abbé et les moines, au point qu’il sentit sa vie en danger ; il s’enfuit à Merehuzum (ou Meerhusen, Aurich).

Dans cette région, il eut l’occasion de guérir une femme paralysée du bras. L’événement provoqua un afflux de malades qui demandèrent à être guéris, mais provoquèrent plutôt l’éloignement de Hathebrand, car le pauvre moine était fait pour le silence et la solitude, plutôt que pour la célébrité.

A partir de ce moment, on ne dit plus grand-chose sur l’abbé d’Oldekloster. 

Il mourut en 1198, probablement le 30 juillet , mais le Martyrologe ne le mentionne pas.

On pourrait presque dire que les reliques de s.Hathebrand eurent une existence plus mouvementée que le Saint lui-même. Elles furent remises à l’abbé d’Anvers, qui les fit reconnaître par l’évêque. En 1796, les Français chassèrent les Bénédictins et détruisirent l’abbaye ; les reliques arrivèrent à l’église Saint-André d’Anvers puis furent remises à l’église Saint-Benoît d’Anvers, où elles ont été solennellement déposées au cimetière qui entoure l’église, dans la tombe des prêtres. Quelques reliques de s.Hathebrand ont été remises aussi en divers endroits de Belgique.

 

 

Manés de Guzmán

1170-1234

 

Saint Domingo (Dominique) de Guzmán avait deux frères aînés : le premier, António, fut chanoine ; le second, Manés, était né à Calaruega (Burgos, Espagne), vers 1170. Leurs pieux parents étaient Félix de Guzmán et Juana de Aza.

Manés étudia auprès de son oncle maternel Gonzalo à Gumiel de Izán et serait même entré un temps dans le monastère cistercien de Calaruega. Il avait l’âme du contemplatif, mais aussi il fut conquis par l’idéal de son frère : prêcher la Vérité, et fut ainsi parmi les premiers disciples de Domingo.

Le saint Fondateur des Frères Prêcheurs (Dominicains) envoya son frère Manés avec quelques autres à Paris, pour y fonder le couvent Saint-Jacques.

A partir de 1219, Manés dut s’occuper des religieuses dominicaines de Madrid.

Quand Domingo fut canonisé (1234), Manés vint à Caleruga pour y faire construire un sanctuaire sur le lieu de naissance de son saint Frère. Ce sanctuaire serait plus tard un monastère de contemplatives.

Manés mourut cette même année, le 30 juillet 1234, dans le monastère Saint-Pierre de Gumiel de Izán.

Son culte fut confirmé six siècles plus tard, en 1834.

 

 

Richard Fetherston

 ? -1540

 

On n’en connaît pas le lieu et la date de la naissance. Son nom se trouve aussi sous les formes Fetherstone, Featherstone.

Dans son De Illustribus Angliæ Scriptoribus, Pits le qualifie de Docteur en Théologie Sacrée.

Aumônier de la reine Catarina d’Aragon, épouse du roi Henry VIII, il fut le précepteur de leur fille, Mary, future reine, et fut un des théologiens nommés pour défendre la Reine dans la procédure du divorce demandé par le Roi. Il aurait écrit un Contra Divortium Henrici et Catharinæ Liber unus, qu’on n’a pas retrouvé.

Il fut un des rares à refuser de signer la déclaration de nullité du mariage d’Henry VIII et de Catarina ; puis, en 1534, il refusa aussi de signer le Serment de Suprémacie, qui mettait l’autorité du roi au-dessus de celle du Pape.

Enfermé dans la Tour de Londres le 13 décembre 1534, il fut apparemment prisonnier jusqu’au jour de son exécution, à Smithfield, le 30 juillet 1540, avec Edward Powell et Thomas Abell, ainsi que trois autres ministres «hérétiques» (protestants), qui professaient les thèses de Zwingli.

Après leur exécution, les morceaux de membres des Martyrs furent exposés aux portes de la ville, leurs têtes sur des piques le long du pont de Londres.

Le culte de Richard et de ses Compagnons a été confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Edward Powell

1478-1540

 

Il était né vers 1478 dans le Pays de Galles.

Cet illustre théologien fut élève de l’université d’Oxford, puis de Oriel College en 1495. Docteur en 1506, avec le titre de perdoctus vir, il fut recteur à Bleadon (Somerset), Lincoln, Cariton-cum-Thuriby (1505), Sutton-in-Marisco (1525), ainsi qu’aux environs de Bristol et Salisbury.

Très considéré par le roi Henri VIII, il écrivit pour lui une Assertio Septem Sacramentorum, en réponse à Luther et qui fut louée par l’université d’Oxford, qualifiant Edward de gloire de l’université. Il fut ensuite un des quatre théologiens choisis pour défendre la légalité du mariage de Catarina d’Aragon, au sujet duquel il écrivit un Tractatus de non dissolvendo Henrici Regis cum Catherina matrimonio.

C’était sa condamnation. Dénoncé à Cromwell, il tomba en discrédit, privé de sa charge à Salisbury (1534), et la même année accusé de haute trahison.

Prisonnier à la Tour de Londres, il attendit l’exécution de la sentence jusqu’au 30 juillet 1540 ; avec lui devaient mourir aussi Thomas Abel et Richard Featherstone, mais aussi trois Protestants, jugés hérétiques. Tandis que ces derniers furent brûlés vifs, les trois prêtres catholiques furent pendus, éviscérés et écartelés.

Le culte d’Edward et de ses Compagnons a été confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Thomas Abell

1497-1540

 

Thomas Abell (souvent abrégé en Abel, par erreur) naquit vers 1497, mais on n’a pas retrouvé les circonstances familiales de son enfance ni le lieu de sa naissance.

On sait qu’il étudia à Oxford et que, devenu prêtre, il entra avant 1528 au service de la reine Catherine comme aumônier, mais aussi comme professeur de musique et de langues vivantes. 

La reine lui confia une mission auprès du roi d’Espagne et, à son retour, elle l’honora du bénéfice de Bradwell (Essex).

De son côté, Thomas resta un inébranlable soutien de la reine dans son infortune, quand elle fut renvoyée par le roi. Il publia même en 1532 un écrit, Invicta veritas, où il affirmait et démontrait que la loi ne permettait pas au roi de divorcer de son épouse légitime. C’était publié à Anvers, sous un pseudonyme, mais l’auteur fut vite démasqué.

Une première fois arrêté à Beauchamp Tower, libéré pendant un an, de nouveau arrêté en décembre 1533, Thomas fut accusé de répandre les prophéties d’Elizabeth Barton (une voyante de l’époque), de soutenir la reine Catherine.

On le tint enfermé dans la Tour de Londres. Durant cette période, il écrivit un rebus sur le mur, paraphrasant son nom (A bell Thomas), ainsi qu’une pétition à Cromwell le suppliant d’alléger un peu le strict confinement où il se trouvait et de lui permettre de célébrer la Messe.

Thomas fut condamné pour s’être soumis à l’évêque de Rome (le Pape), et pour s’être révélé un ennemi à la fois du roi et du royaume. On énonça la sentence : Vous serez traîné sur une claie jusqu’à l’endroit de l’exécution, vous serez pendu et remis à terre encore vivant, on vous coupera les membres et on les jettera au feu, on vous brûlera les boyaux sous les yeux, on vous coupera la tête, on mettra votre corps en morceaux, selon la volonté du Roi, et que Dieu ait pitié de votre âme.

Ce supplice «raffiné» eut lieu le 30 juillet 1540 à Smithfield (Londres) ; avec Thomas devaient mourir aussi Edward Powell et Richard Featherstone, mais aussi trois Protestants, jugés hérétiques. Tandis que ces derniers furent brûlés vifs, les trois prêtres catholiques furent pendus, éviscérés et écartelés.

Deux jours avant, avait été exécuté un autre Thomas : Cromwell.

Le culte de Thomas Abell et de ses Compagnons a été confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Ruose (Josephus) Yuan Gengyin

1853-1900

 

Ruose (Josephus) Yuan Gengyin, né vers 1853 à Hui (Zaoqiang, Hebei), fut martyrisé à Dayin (Zaoqiang) fin juillet 1900 (mentionné le 30 juillet au Martyrologe).

Il a été béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

 

Antoni Forcades Ferraté

1875-1936

 

Antoni naquit le 28 septembre 1875 à Reus (Tarragona, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il fit la profession comme Frère convers, avec le nom de Eusebi.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Eugenio García Tribaldos

1877-1936

 

Eugenio eut un parcours particulier.

Né le 13 juillet 1877 à Vellisca (Cuenca, Espagne), il reçut en 1893 l’habit des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) et fit la profession en 1895 à Bujedo.

Que se passa-t-il ensuite ? Maladie ? Doute ? Epreuve ? Le Frère quitta la vie religieuse, déposa l’habit et rentra dans le siècle, où il s’adonna, pendant huit années, à l’enseignement du français, mais aussi à de pieuses activités, parmi lesquelles les Conférences Saint-Vincent-de-Paul et l’Adoration nocturne du Saint-Sacrement.

Passé cet intervalle, il sollicita et obtint à nouveau son admission chez les Lasalliens : il reprit l’habit en 1905 et fit la profession une deuxième fois, avec le nom de Agustín María.

Mûri, affermi, le Frère apparut à tous vraiment «bien dans sa peau». Il fit la profession solennelle à Bujedo en 1913.

Il commença son apostolat à Valladolid, puis fut professeur à Bujedo, pendant dix-neuf années.

Il fut un des principaux collaborateurs de la revue lasallienne Eco de Belén, destinée aux élèves, en particulier ceux de l’archiconfrérie de l’Enfant-Jésus, et qui prendrait plus tard le nom de Vie et Lumière. Le Frère Agustín en devint le directeur.

En 1926, il fut directeur de la maison de Bujedo, et les sept dernières années de sa vie, il fut à la Librairie Bruño, la Procure de Madrid.

Cette Procure éditait quantité de livres excellents, qui furent même adoptés dans les écoles statales.

Le 30 juillet 1936, des miliciens s’introduisirent dans la maison, forcèrent les Frères à se rassembler à l’accueil, les soumirent à un pénible interrogatoire, concernant leurs hypothétiques armes (?), l’argent, les activités, les personnes, etc. 

Ensuite, ils les ligotèrent et les firent monter dans un autobus, direction la Casa de Campo, à l’époque en-dehors de Madrid. 

Là, furent fusillés sept Frères Lasalliens, ce 30 juillet 1936.

On n’en sut plus rien, jusqu’au 15 septembre suivant, quand le Frère Visiteur et le Frère Directeur général se rendirent à la Préfecture pour s’enquérir : ils reconnurent six des sept Frères parmi des milliers de photographies ; impossible de reconnaître le septième, dont le corps fut sans doute davantage déformé.

Ces sept Frères, dont Agustín María, furent béatifiés en 2013.

 

 

Rafael Martí i Figueras

1878-1936

 

Il naquit le 4 décembre 1878 à Tarragona, de Rafael et Dolors, qui le firent baptiser le 8, en la fête de l’Immaculée Conception.

Au terme de ses études philosophiques et théologiques, il fut ordonné prêtre en 1902.

Il exerça le saint ministère à Selva del Camp et à Cabra (Alt Camp).

Son église n’était pas vraiment pleine de paroissiens quand il célébrait, mais il mettait toujours dans la célébration liturgique le même enthousiasme et prêchait comme si l’église était pleine. Quand on lui suggérait qu’il pourrait s’épargner tant de peine, il répondait : Je ne fais qu’accomplir mon devoir.

Il faisait en outre chaque soir le Chemin de la Croix, auquel participait quelque brave fidèle.

Il rendait visite aux malades, et y revenait si on le renvoyait la première fois. Il se mortifiait beaucoup. Très modeste de sa personne, on le trouvait parfois même trop effacé. Il passait des heures devant le Saint Sacrement à prier et méditer. Jamais une parole critique contre quiconque. On le considérait comme un Saint.

Lors de la visite pastorale de l’archevêque, il y eut un incident. Quelqu’un fit sauter un pétard juste devant la porte du presbytère, pour protester contre la «sévérité» de don Martí : on lui avait suggéré de ne plus aller visiter les écoles ou les malades, et il avait «osé» refuser. Quand les coupables furent identifiés et mis en prison, il intervint lui-même pour leur pardonner et obtenir leur libération.

Quand éclata la révolution de 1936, le Comité se chargea de l’accompagner hors du pays et de lui trouver un logement à Tarragona, se félicitant d’avoir mis leur curé en sécurité.

Il semble qu’un passant l’ait vu monter l’escalier et l’ait dénoncé, car des révolutionnaires vinrent bientôt le trouver pour l’emmener et l’assassiner, probablement le 29 juillet très tard ou le 30 très tôt. L’autopsie pratiquée le 30 juillet révéla plusieurs blessures d’arme à feu. On put identifier le prêtre aux initiales RM de ses vêtements, ainsi qu’au scapulaire et au cordon de Saint-François qu’il portait.

Don Ramon Martí fut béatifié en 2013.

 

 

Arsenio Mañoso González

1879-1936

 

Arsenio naquit le 19 juillet 1879 à Lomoviejo (Valladolid, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il fit la profession comme Frère convers, avec le nom de Benito José Labre.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Juan Sanz y Palanca

1880-1936

 

Né le 11 août 1880 à Pamplona (Espagne), il entra en 1897 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) à Bujedo, passa au noviciat en 1898, reçut l’habit et fit la profession avec le nom de Crisólogo. Il fit la profession perpétuelle en 1910 à Bujedo.

Après beaucoup d’étapes en diverses régions d’Espagne, il fut nommé par deux fois directeur d’une des maisons de Madrid et aussi de celle de Viloria de la Rioja.

Le Frère Crisólogo fut un excellent professeur, dynamique, jeune d’esprit, qui suscita beaucoup de belles vocations.

En 1931, il déposa la charge de directeur et fit la classe à Santa Susana de Madrid.

Le 30 juillet 1936, il était de passage à la Procure (on a dit aussi qu’il s’y était réfugié car il se trouvait en danger à Santa Susana). Des miliciens s’introduisirent dans la maison, forcèrent les sept Frères présents à se rassembler à l’accueil, les soumirent à un pénible interrogatoire, concernant leurs hypothétiques armes (?), l’argent, les activités, les personnes, etc. 

Ensuite, ils les ligotèrent et les firent monter dans un autobus, direction la Casa de Campo, à l’époque en-dehors de Madrid. 

Là, furent fusillés ces sept Frères Lasalliens, ce 30 juillet 1936.

On n’en sut plus rien, jusqu’au 15 septembre suivant, quand le Frère Visiteur et le Frère Directeur général se rendirent à la Préfecture pour s’enquérir : ils reconnurent six des sept Frères parmi des milliers de photographies ; impossible de reconnaître le septième, dont le corps fut sans doute davantage déformé.

Ces sept Frères, dont Crisólogo, furent béatifiés en 2013.

 

 

Miguel Carrasquer Ros

1881-1936

 

Miguel naquit le 11 mai 1881 à Sueca (Valencia, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il fit la profession comme Frère convers, avec le nom de Julian.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Luis Herrero Arnillas

1883-1936

 

Luis, né le 22 août 1883 à La Serna (León, Espagne), entra en 1909 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) au noviciat mineur de Bujedo, passa au noviciat, reçut l’habit en 1912 et fit la profession avec le nom de Esteban Vicente. Il fit la profession perpétuelle en 1918, à Bujedo.

Il voulait travailler, et ses supérieurs lui remarquèrent, outre ses bonnes qualités de religieux, des dons excellents pour les travaux manuels. Il fut d’abord à Bujedo (1918) comme tailleur et cordonnier, puis aussi comme jardinier habile et cuisinier, puis à l’école du Sacré-Cœur (1922), et à celle du Bon Pasteur (1926), puis à Griñón, enfin à Madrid, à la Librairie Bruño (1935) et à l’école Santa Susana.

Malgré ses fortes douleurs de rhumatisme, il ne s’arrêtait et ne se plaignait jamais.

Le 30 juillet 1936, il était de passage à la Librairie Bruño, avec le Frère Braulio, quand les miliciens s’introduisirent dans la maison, forcèrent les sept Frères présents à se rassembler à l’accueil, les soumirent à un pénible interrogatoire, concernant leurs hypothétiques armes (?), l’argent, les activités, les personnes, etc. 

Ensuite, ils les ligotèrent et les firent monter dans un autobus, direction la Casa de Campo, à l’époque en-dehors de Madrid. 

Là, furent fusillés ces sept Frères Lasalliens, ce 30 juillet 1936.

On n’en sut plus rien, jusqu’au 15 septembre suivant, quand le Frère Visiteur et le Frère Directeur général se rendirent à la Préfecture pour s’enquérir : ils reconnurent six des sept Frères parmi des milliers de photographies ; impossible de reconnaître le septième, dont le corps fut sans doute davantage déformé.

Ces sept Frères, dont Esteban Vicente, furent béatifiés en 2013.

 

 

Sergio Cid Pazo

1884-1936

 

Sergio vit le jour le 24 avril 1884 à Allariz (Orense, Espagne).

Dès la petite jeunesse, sa personnalité manifestait des signes évidents de sa vocation sacerdotale.

Entré dans la Société des Salésiens, il fit la profession en 1905 et fut ordonné prêtre en 1912.

Toute son activité se déroula à Sarriá (Bardelone). Il avait conquis la vénération unanime, par sa bonté et son travail infatigable.

Le dimanche 19 juillet 1936, durant sa prédication, il parla avec enthousiasme de la grâce du martyre pour Jésus-Christ.

Le 22 juillet, comme tous les autres Confrères, il fut contraint de quitter la maison. Sans savoir où aller, il monta dans un tramway de Barcelone. 

A partir de là, on trouve deux versions très différentes de son martyre.

Dans l’une, des miliciens l’observèrent attentivement et suspectèrent le prêtre ; s’approchant, ils lui tirèrent la main de sa sacoche : il tenait le chapelet. Les miliciens le jetèrent du tramway en marche. Le prêtre alla s’écraser contre un réverbère.

Dans l’autre version, les miliciens l’emmenèrent dans leur voiture jusqu’à la route de Sarriá, non loin de l’arrêt du funiculaire de Vallvidriera, où ils le fusillèrent.

C’était le 30 juillet 1936.

Don Sergio Cid fut béatifié en 2001.

 

 

Ramón Palos Gascón

1885-1936

 

Ramón (Raymond) était né le 11 août 1885 à Forcall (Tortosa, Espagne) et fut baptisé le jour même.

A dix-sept ans, il rencontra à Benicarló les Frères des Ecoles Chrétiennes, et se sentit appelé : il entra au noviciat de Bujedo en 1908, à vingt-trois ans, prit l’habit et fit la profession avec le nom de Cayetano José.

Il commença son activité à Teruel en 1910.

En 1919, il passa à l’école gratuite de Bonanova, dont il fut économe en 1925.

Il était dans cette charge lorsque, le 10 juillet 1936 déjà (alors que les événements révolutionnaires se déclenchèrent généralement à partir du 19 juillet) - une horde de miliciens armés envahit le collège, mit le feu à la chapelle et détruisirent beaucoup de matériel.

Ils trouvèrent le Frère Cayetano dans son bureau, où ils l’enfermèrent avec quelques employés ; il se trouva que l’un d’eux était justement de la FAI ou Fédération Anarchique Ibérique, et profita de la situation pour faire subir au Frère un véritable calvaire pendant ces quelques jours de «prison» commune.

Le Frère fut ensuite détenu ailleurs, avec un autre Frère, qui put ainsi adoucir les peines de son Compagnon.

Dix jours après, on l’appela pour lui demander des éclaircissements sur les bâtiments du collège, mais c’était de toutes apparences un prétexte. Il le firent sortir pour le fusiller.

L’autopsie révéla qu’il avait reçu des balles dans la tête, dans le cerveau et dans la poitrine, ce 30 juillet 1936.

Frère Cayetano a été béatifié en 2007.

Guillermo Álvarez Quemada

1890-1936

 

Guillermo, né le 10 février 1890 à Santa Cruz de la Salceda (Burgos, Espagne), entra en 1905 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) au noviciat mineur de Bujedo, passa au noviciat, reçut l’habit en 1907 et fit la profession avec le nom de Oseas. Il fit la profession perpétuelle en 1921, toujours à Bujedo.

Ses études se révélèrent pour lui difficiles, mais comme c’était un homme sérieux et pieux, on en fit un travailleur manuel ; il aida le Frère à la cuisine et devint en peu de temps un cuisinier hors pair. Dans une maison religieuse, c’est une acquisition précieuse.

Oseas fut donc cuisinier en titre à Bujedo pendant huit ans, puis deux ans à Iturribide (Bilbao), puis quatre ans à Griñón, puis encore à Jerez, avant de rejoindre Madrid.

En 1934, il fit un bref séjour en Belgique (Lembecq-lez-Hal), où cependant ses faibles connaissances de la langue française motivèrent son rapide retour en Espagne.

Le 30 juillet 1936, il était de passage à la Procure, toujours à la cuisine, car le cuisinier «chef» était à une retraite à Bujedo. 

C’est alors que des miliciens s’introduisirent dans la maison, forcèrent les sept Frères présents à se rassembler à l’accueil, les soumirent à un pénible interrogatoire, concernant leurs hypothétiques armes (?), l’argent, les activités, les personnes, etc. 

Ensuite, ils les ligotèrent et les firent monter dans un autobus, direction la Casa de Campo, à l’époque en-dehors de Madrid. 

Là, furent fusillés ces sept Frères Lasalliens, ce 30 juillet 1936.

On n’en sut plus rien, jusqu’au 15 septembre suivant, quand le Frère Visiteur et le Frère Directeur général se rendirent à la Préfecture pour s’enquérir : ils reconnurent six des sept Frères parmi des milliers de photographies ; impossible de reconnaître le septième, dont le corps fut sans doute davantage déformé.

Ces sept Frères, dont Oseas, furent béatifiés en 2013.

 

 

Miguel Solas del Val

1890-1936

 

Miguel, né le 8 mai 1890 à Briviesca (Burgos, Espagne), reçut au Baptême le nom de l’Archange, dont on fêtait alors en ce jour l’apparition au Mont Gargan.

Il entra en 1903 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) au noviciat mineur de Bujedo, passa au noviciat, reçut l’habit en 1909 et fit la profession avec le nom de Anselmo Pablo. Il fit la profession perpétuelle en 1919, à Valladolid.

Ce fut un excellent pédagogue et professeur ; les élèves qui sortaient de ses cours furent particulièrement bien notés et remarqués aux examens.

En 1934, il fut envoyé à la Procure de Madrid. Il écrivit lui-même divers ouvrages didactiques (dessin, sciences physiques et naturelles) ou collabora à des ouvrages d’arithmétique et de géométrie.

Le 30 juillet 1936, des miliciens s’introduisirent dans la maison, forcèrent les sept Frères présents à se rassembler à l’accueil, les soumirent à un pénible interrogatoire, concernant leurs hypothétiques armes (?), l’argent, les activités, les personnes, etc. 

Ensuite, ils les ligotèrent et les firent monter dans un autobus, direction la Casa de Campo, à l’époque en-dehors de Madrid. 

Là, furent fusillés ces sept Frères Lasalliens, ce 30 juillet 1936.

On n’en sut plus rien, jusqu’au 15 septembre suivant, quand le Frère Visiteur et le Frère Directeur général se rendirent à la Préfecture pour s’enquérir : ils reconnurent six des sept Frères parmi des milliers de photographies ; impossible de reconnaître le septième, dont le corps fut sans doute davantage déformé.

Ces sept Frères, dont Anselmo Pablo, furent béatifiés en 2013.

 

 

Alejandro González Blanco

1890-1936

 

Alejandro naquit le 23 juillet 1890 à Villovicco (Palencia, Espagne).

Il entra en 1905 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) au noviciat mineur de Bujedo, passa au noviciat, reçut l’habit en 1909 et fit la profession avec le nom de Braulio José. Il fit la profession perpétuelle en 1919, à San Fernando (Cadix).

Il eut des débuts difficiles comme professeur, car il se laissait chahuter. Mais il apprit peu à peu à s’imposer dans la douceur ; à Jerez, il fut chargé de la confraternité de l’Enfant-Jésus, qu’il orienta de façon très efficace, suscitant maintes vocations religieuses.

De 1922 à 1932, il fut à Madrid, d’abord au collège Maravillas, puis à la Procure, collaborant à la Librairie Bruño.

Le 30 juillet 1936, des miliciens s’introduisirent dans la maison, forcèrent les sept Frères présents à se rassembler à l’accueil, les soumirent à un pénible interrogatoire, concernant leurs hypothétiques armes (?), l’argent, les activités, les personnes, etc. 

Ensuite, ils les ligotèrent et les firent monter dans un autobus, direction la Casa de Campo, à l’époque en-dehors de Madrid. 

Là, furent fusillés ces sept Frères Lasalliens, ce 30 juillet 1936.

On n’en sut plus rien, jusqu’au 15 septembre suivant, quand le Frère Visiteur et le Frère Directeur général se rendirent à la Préfecture pour s’enquérir : ils reconnurent six des sept Frères parmi des milliers de photographies ; impossible de reconnaître Braulio, dont le visage fut sans doute davantage déformé.

Ces sept Frères, dont Braulio José, furent béatifiés en 2013.

 

 

Pablo Díaz de Zárate y Ortíz de Zárate

1892-1936

 

Pablo, né le 21 janvier 1892 à Murua-Cogoitia (Álava, Espagne), entra en 1905 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) au noviciat mineur de Bujedo, passa au noviciat, reçut l’habit en 1907 et fit la profession avec le nom de Norberto José. Il fit la profession perpétuelle en 1920, à Valladolid.

Il fut envoyé successivement à Puerto Real (1920), Cadix (1924), Séville (1929), Madrid enfin, à la Librairie Bruño (1935).

Quand on lui demandait s’il se souvenait de ses années d’enseignement, il répondait franchement : Oui, je me souviens beaucoup des enfants, et ils me manquent. Mais si Dieu me veut ici, qu’il soit béni… D’ailleurs, quand nous prononçons les vœux, nous disons bien «…en quelque lieu que je sois envoyé…».

Le 30 juillet 1936, les miliciens s’introduisirent dans la maison, forcèrent les sept Frères présents à se rassembler à l’accueil, les soumirent à un pénible interrogatoire, concernant leurs hypothétiques armes (?), l’argent, les activités, les personnes, etc. 

Ensuite, ils les ligotèrent et les firent monter dans un autobus, direction la Casa de Campo, à l’époque en-dehors de Madrid. 

Là, furent fusillés ces sept Frères Lasalliens, ce 30 juillet 1936.

On n’en sut plus rien, jusqu’au 15 septembre suivant, quand le Frère Visiteur et le Frère Directeur général se rendirent à la Préfecture pour s’enquérir : ils reconnurent six des sept Frères parmi des milliers de photographies ; impossible de reconnaître le septième, dont le corps fut sans doute davantage déformé.

Ces sept Frères, dont Norberto José, furent béatifiés en 2013.

 

 

José Garrido Francés

1893-1936

 

José Garrido Francés naquit le 11 octobre 1893 à Villaherreros (Palencia, Espagne C).

Prêtre, il vivait dans le couvent dominicain d’Almagro.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il eut la grâce du martyre à Miguelturra (Ciudad Real), le 30 juillet 1936.

José Garrido Francés devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 30 juillet.

 

 

 

Vicente de Paúl Canelles Vives

1894-1936

 

Vicente de Paúl naquit le 25 juin 1894 à Onda (Castellón, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il fit la profession comme Frère convers.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Sadurní Roca Huguet

1895-1936

 

Sadurní naquit le 12 août 1895 à Sant Sadurní d’Anoia (Barcelona, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il fit la profession comme Frère convers, avec le nom de Constanci.

Son jeune frère, Miquel (Cristino), entra à son tour dans le même Ordre, et fut martyrisé le 1er septembre 1936.

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 et béatifié, avec son frère, en 1992.

 

 

Zósimo Izquierdo Gil

1895-1936

 

Il vit le jour le 17 décembre 1895 à Villahermosa del Campo (Espagne), fils de Juan Manuel et Rosa, qui le firent baptiser le jour même.

Après ses études classiques au Petit séminaire de Belchite, il étudia la philosophie et la théologie au Grand séminaire de Saragosse.

Ordonné prêtre en 1920, il exerça le saint ministère à Ariño, Corbatón, Alpeñes, Huesa del Común, Castelseras.

Son zèle se manifesta pour la catéchèse des enfants et le développement de l’Action catholique naissante.

Le 28 juillet 1936, les milices révolutionnaires entrèrent dans le pays, semant la terreur avec les arrestations et les saccages. Ils se rendirent au presbytère, où ils trouvèrent don Zósimo, ainsi qu’un jeune Dominicain de Calanda. Cette présence pourrait s’expliquer par le fait que don Zósimo aurait aussi appartenu au Tiers-Ordre dominicain.

Don Zósimo leur demanda ce qu’ils voulaient. Ils lui répondirent : Sauver le peuple. Et don Zósimo, gentiment : Et c’est avec des pistolets que vous cherchez à sauver le peuple ? Réponses injurieuses. Zósimo resta pacifique. Un milicien voulut le poignarder ; Zósimo lui ouvrit tout grand son habit et lui présenta la poitrine ; six autres s’emparèrent du milicien, déconcerté et furieux.

Certains voulaient le fusiller sur place, mais leur chef s’interposa, prétendant procéder d’abord à un jugement du Comité. Ils arrêtèrent formellement le prêtre, puis réclamèrent de sa cousine présente une énorme somme d’argent, mirent le feu à tous les livres, les meubles et autres objets personnels.

Le prêtre et le novice dominicain furent mis en prison. Don Zósimo resta très calme et profita de son temps pour confesser d’autres prisonniers. Ils priaient le chapelet. Le bon curé demanda à plusieurs reprises la libération des prisonniers, surtout des pères de famille, qui avaient des enfants à la maison.

Au milieu de la nuit du 30 juillet 1936, on l’emmena avec les deux Dominicains, José María Muro et Joaquín Prats, en dehors du pays près de la rivière Mezquin, où ils furent exécutés dans une barraque près de la route de Alcañiz.

On pourra trouver quelques petites différences entre ce résumé et ceux concernant le père Muro et le frère Prats, lesquels ne semblent pas avoir été en prison avant d’être conduits à l’endroit de leur exécution.

De même, deux récits se rapportent au moment de l’exécution des Martyrs. Dans l’un, les trois s’agenouillèrent pour recommander leur âme à Dieu et demander pardon pour leurs bourreaux, et furent abattus dans cette position. 

Dans l’autre récit, ils reçurent les balles debout, une fois achevée leur prière à genoux. Don Zósimo reçut d’abord des balles dans les jambes et, s’étant retourné pour exprimer son pardon envers les bourreaux, reçut une salve qui lui traversa le crâne.

Son corps fut ensuite particulièrement profané.

Don Zósimo fut, avec les deux Dominicains, béatifié en 2001.

Pablo Corres Díaz de Cerio

1897-1936

 

Pablo vit le jour le 26 juin 1897 à Torralba del Río (Navarre, Espagne).

Il entra à treize ans à l’école des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, à Ciempozuelos, puis y fut novice. Il fit la profession avec le nom de Braulio María, et fut ordonné prêtre en 1922.

Il était conseiller provincial de son Ordre. En outre, il était maître des novices à Calafell (Tarragona) depuis 1931 : cette communauté tenait un sanatorium pour les enfants de familles pauvres. La grande popularité du père Braulio suscitait la générosité de la population, qui lui procurait les dons nécessaires à nourrir jusqu’à deux-cent-cinquante enfants malades.

La communauté comprenait trois prêtres, des Frères convers et les novices.

Lors de la révolution espagnole, il pensa à envoyer tous ses novices à Marseille, mais les événements ne lui en donnèrent pas le temps. 

Au soir du 22 juillet, les enfants demandèrent aux Religieux ce qu’était ce gros nuage de fumée qui se répandait sur Calafell : c’était l’église qui était incendiée. Les Religieux s’efforcèrent de ne pas inquiéter les enfants.

Le père Braulio réunit la communauté et demanda à tous de prier le Sacré-Cœur de Jésus pour le maintien de la foi en Espagne. Beaucoup d’entre eux passèrent la nuit en prière devant le Saint-Sacrement.

Au petit matin, ils retirèrent le Saint-Sacrement et tous les objets sacrés pour les mettre en sécurité dans la petite chapelle du noviciat, tandis que de grandes colonnes de feu continuaient à s’élever, à la suite de l’incendie des églises du pays.

Le 22 juillet en fin d’après-midi, la communauté s’apprêtait à célébrer les Vêpres, lorsque les miliciens en armes envahirent le sanatorium, s’emparèrent des Frères, fouillèrent l’établissement à la recherche des «armes» (qui n’existaient pas) ; le père Braulio eut la bonté de leur servir à manger.

Ils partirent en prévenant qu’ils reviendraient le lendemain avec d’autres effectifs, pour prendre en charge l’établissement, non sans les avertir aussi : Enlevez donc ces habits ; personne ne les porte plus ; nous sommes tous égaux.

Le père Braulio dit aux Religieux : Nous sommes entre les mains de gens qui nous haïssent à cause de notre appartenance au Christ. Heureux sommes-nous si Dieu demande notre vie pour expier les nombreux péchés qui se commettent en Espagne ! 

On ne dormit pas beaucoup cette nuit-là ; tous se confessèrent. Dès quatre heures du matin, les trois prêtres célébrèrent la Messe et distribuèrent la Communion aux enfants plus grands, leur donnant parfois plusieurs Hosties, pour les consommer et ainsi éviter toute profanation de l’Eucharistie.

Puis le père Braulio dit aux autres : Notre devoir est de rester auprès de ces enfants innocents, dont le sort sera le nôtre. Dieu nous donnera la force de mourir martyrs, si telle est sa volonté.

Dans l’après-midi, arrivèrent les miliciens qui exigèrent les clefs, et consentirent seulement aux Frères de rester là en attendant l’arrivée du personnel laïque qui devait prendre en charge les enfants.

Le dimanche 26, il fut impossible de célébrer la Messe. Quand les Religieux voulurent commencer la prière du matin avec les enfants, comme chaque jour, on le leur interdit, en se moquant de la Religion. Les miliciens promirent aux enfants qu’on leur donnerait des jouets, qu’on leur ferait du cinéma dans la chapelle et que désormais, quand on leur dirait Dieu n’existe pas !, ils devraient répondre : Vive le communisme ! Un des Frères survivants racontera qu’à ce moment il fit un acte de réparation au Sacré-Cœur.

Le mardi 28, les miliciens éliminèrent tout signe religieux du sanatorium. Les Religieux firent leur bagage ; on leur promit un sauf-conduit pour rejoindre la France par Barcelone, mais il fallait seulement attendre la relève du personnel laïque. Ainsi passa aussi le mercredi 29.

Le jeudi 30 à six heures du matin, le père Braulio put célébrer la Messe pour la communauté. On consomma les dernières Hosties. Le prieur ajouta : Ce sera peut-être la dernière fois que nous recevrons Jésus Hostie, et nous le reverrons bientôt face à face. Courage, soyons contents de pouvoir verser notre sang pour le Christ.

A neuf heures, arriva le chef des miliciens, qui leur proposa cette alternative : ou ils restaient sur place avec les «civils», ou ils partaient, mais on ne pouvait leur donner ni sauf-conduit ni pièce d’identité, et l’on ne répondait pas de leur vie dès qu’ils quitteraient la maison.

Pour les Religieux, partir était donc un risque ; mais rester dans cette ambiance, comportait aussi un grand risque pour leur âme, car il fallait renoncer à toute expression de foi. Aussi choisirent-ils de partir.

Le chef en fut le premier surpris. Il ordonna à huit Religieux de rester sur place. Les autres partirent en deux groupes : d’un côté, le père Braulio avec six Frères et huit novices, vers la gare de San Vicente, de l’autre le père Maître vers celle de Calafell.

Peu avant d’arriver à la gare de Calafell, le groupe fut arrêté par une patrouille. On demanda le Frère Constanci (Sadurní Roca Huguet), qui reçut une rafale de mitraillette et fut laissé pour mort ; quelques heures après, des enfants du sanatorium qui passaient par là, l’entendirent gémir et appelèrent au secours, mais ceux qui vinrent, l’achevèrent.

Les Religieux qui se dirigeaient vers la gare de San Vicente, furent arrêtés et conduits vers la gare de Calafell. Cette fois, le père Braulio leur dit : Je vous donne l’absolution. Maintenant, ils nous conduisent à la mort ; pardonnez-leur.

On les conduisit vers la place El Vendrell, où une populace en fureur était en train de profaner l’église. Voyant les Religieux, elle voulut s’en emparer, mais les conducteurs ne voulaient pas perdre leurs proies. Ils se firent ouvrir le passage et prirent la route de Barcelone, avec les vingt-deux Religieux.

Ils arrivèrent devant la gare de Calafell et furent arrêtés par une vingtaine d’autres miliciens, qui firent descendre tous les Religieux et les alignèrent. Quatre d’entre eux qui étaient très jeunes, ainsi qu’un Argentin qui avait son passeport, reprirent place sur le camion. On fit avancer tout le reste du groupe un peu plus loin ; alors, du camion, les cinq rescapés entendirent des coups de feu, puis des coups de pistolet.

On entendit sonner les cinq heures de l’après-midi de ce jeudi 30 juillet 1936.

Revenant au camion, les miliciens constatèrent qu’un des cinq avait pris la fuite ; ils le rattrappèrent et l’assassinèrent.

Un des quatre qui restaient demanda à être assassiné le dernier, encourageant les autres avec le crucifix dans une main et le chapelet dans l’autre ; il criait : Vive le Christ Roi !

On n’arrive pas à trouver le nombre exact des Religieux de la communauté de Calafell, ni celui des Martyrs et des survivants. La béatification de 1992 comprend quinze martyrs : le père Braulio, six Frères convers (dont Constanci), huit novices.

Leur dies natalis commun est au 30 juillet.

 

 

Ricardo Plá Espí

1898-1936

 

Ricardo vit le jour le 12 décembre 1898 à Agullent (Valencia, Espagne).

Il entra en 1908 au collège San José de Valencia, puis au Grand séminaire.

Intelligent, doué pour l’étude, il fut envoyé à l’université Grégorienne de Rome, où il fut reçu aux trois doctorats de philosophie, de théologie et de droit canonique.

Il fut ordonné prêtre en 1922, par l’archevêque, Mgr Reig y Casanova, qui le nomma professeur au Grand séminaire.

Quand l’archevêque fut créé cardinal et déplacé à Tolède, il prit le jeune prêtre comme secrétaire : don Ricardo le resta jusqu’à la mort du prélat, en 1927.

Ensuite, il fut nommé professeur et secrétaire des études à la faculté de philosophie de l’unversité de Tolède, chapelain à la cathédrale, et conseiller à l’Association Catholique de Propagande (ACDP). Il dirigea les Jeudis eucharistiques, jours d’adoration du Saint-Sacrement.

Arriva la révolution de 1936.

Le 24 juillet, don Ricardo fut arrêté avec ses parents et sa sœur Consuelo. C’est de cette dernière que nous savons les détails qui suivent.

Au moment où on allait les fusiller tous les quatre, un jeune garçon, habillé en milicien, se mit devant le prêtre et cria à ses compagnons : Qu’est-ce que vous allez faire, barbares ? Ce curé, c’est un saint. Je réponds pour les quatre. Les quatre furent mis en liberté.

Mais quelques jours plus tard, les miliciens revinrent appeler don Ricardo. Dans un premier temps, ils ne lui permirent pas de saluer sa mère, malade. C’est elle qui se leva et vint dire à son fils : Mon fils, il faut beaucoup de courage pour souffrir, et encore beaucoup plus d’amour pour pardonner. 

Sur le seuil de la maison, il s’adressa à sa mère : Maman, vous ne m’avez pas élevé pour aller au Ciel ? Voici l’heure. Je ne méritais pas tant. Dieu me donne une bien grande récompense en m’accordant la palme du martyre. On aura remarqué le voussoiement du prêtre envers sa mère.

Ils l’emmenèrent au-lieu dit du Tránsito, et le fusillèrent. Il tomba en criant Vive le Christ Roi !

C’était le 30 juillet 1936.

Don Ricardo Plá Espí fut béatifié en 2007.

 

 

Enrique Beltrán Llorca

1899-1936

 

Enrique naquit le 14 novembre 1899 à Villareal (Castellón, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il n’était encore que novice et, probablement se destinait à être Frère convers.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936, et béatifié en 1992.

 

 

Vicente Alamano Jiménez

1901-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Tomás Urdánoz Aldaz

1903-1936

 

Tomás naquit le 7 mars 1903 à Echarri (Navarre, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il n’était encore que novice.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 (à trente-trois ans) et béatifié en 1992.

 

 

Rafaél Flamarique Salinas

1903-1936

 

Rafaél naquit le 24 octobre 1903 à Mendívil (Navarre, Espagne) et reçut au baptême le nom du Saint du jour à l’époque, saint Raphaël Archange.

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il n’était encore que novice.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 (à trente-trois ans) et béatifié en 1992.

 

 

José María Muro Sanmiguel

1905-1936

 

Il vit le jour le 26 octobre 1905 à Tarazona (Saragosse, Espagne).

Après ses études classiques au Petit séminaire, il étudia la philosophie et la théologie au Grand séminaire de Tarazona.

Ordonné prêtre en 1928, il exerça le saint ministère à Villalengua, Regente de Purojosa et Novallas.

Il sentit la vocation religieuse et entra dans l’Ordre dominicain, en 1934, à Calanda.

Ce novice était déjà un prêtre mûr et décidé ; être missionnaire et martyr, était son grand désir intérieur, que les événements allaient bien vite combler.

Quand les milices révolutionnaires entrèrent dans Calanda, le père Muro jugea opportun de rejoindre Alacañiz par Torre Mazas. Il se trouva avec un novice, Joaquín Prats Baltueña.

Le 29 juillet, en chemin, à Castelserás, ils s’informèrent de la route et on les trompa en leur indiquant une autre maison, où se trouvaient des membres du Comité.

Ils furent immédiatement arrêtés, soumis à une farce de jugement durant lequel on se moqua d’eux de façon outrageuse. Au milieu de la nuit suivante, 30 juillet 1936, ils furent exécutés, avec le curé de Castelseras, don Zósimo.

José María Muro a été béatifié en 2001.

Santiago de Prado Fernández (Mateo)

1907-1936

 

Santiago de Prado Fernández naquit le 25 juillet 1907 à La Mata de Monteagudo (León, Espagne) et reçut au baptême le nom du Saint du jour, s.Jacques.

Frère convers dominicain, il vivait au couvent d’Almagro.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il eut la grâce du martyre à Miguelturra (Ciudad Real), le 30 juillet 1936.

Santiago de Prado Fernández devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 30 juillet.

 

 

Manuel Jiménez Salado

1907-1936

 

Manuel naquit le 29 octobre 1907 à Jerez de la Frontera (Cadix, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il fit la profession comme Frère convers.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Jaime Puig Mirosa

1908-1936

 

Jaime (ou Jaume) vit le jour le 3 juin 1908 à Terrassa (Barcelone, Espagne), aîné d’une famille très dévote de la Sainte-Famille. Il allait être aussi la première victime de la congrégation de la Sainte Famille.

Le jour de son baptême, son grand-père eut une «inspiration» étonnante : il offrit une peseta pour le baptême de l’eau, et une autre pour le baptême de sang de son petit-fils.

Jaime fréquenta les Ecoles Pies de Terrassa, puis passa au collège de Blanes, étudia philosophie et théologie à Les Corts, fut un peu à Begues et reçut l’ordination sacerdotale en 1932.

A Blanes, son directeur l’avait en grande estime, trouvant qu’il était quasi partout un modèle d’aspirant à la vie religieuse.

Il fut professeur de théologie à Vilatorta, puis fut envoyé à Blanes, comme professeur et ensuite comme directeur du collège. On apprécia son travail et son exemple. On remarqua son extraordinaire dévotion envers l’Eucharistie et la Sainte Vierge.

Arriva la révolution de 1936.

Avec un ancien élève (Sebastiá Llorens), don Jaime se préoccupa de dissimuler la statue de la Vierge de Vilar, patronne de Blanes. Ils furent tous deux assassinés au soir du 30 juillet 1936. Don Jaime mourut en disant : Mon Dieu ! Mon Dieu !

Il fut béatifié en 2013, parmi vingt membres de la même congrégation.

 

 

Domingo Pitarch Gurrea

1909-1936

 

Domingo naquit le 12 février 1909 à Villareal (Castellón, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il n’était encore que novice.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936, et béatifié en 1992.

 

 

Sebastiá Llorens Telarroja

1909-1936

 

Sebastiá vit le jour le 2 décembre 1909 à Tordera (Barcelone, Espagne), dans une famille très attachée aux valeurs et aux vertus chrétiennes ; il reçut ce précieux héritage tout particulièrement de sa très pieuse mère.

Il fit ses études à Blanes, avec des professeurs (le père Sagalés et le père Puig) qui seraient à leur tour martyrs.

Travailleur sérieux, intelligent, perspicace, ce fut un élève vraiment exceptionnel. Il avait un penchant naturel pour la mécanique ; il suivit les cours du soir du père Puig pour l’algèbre. En outre, il participa activement à l’Action Catholique.

Très imprégné de sa foi, il fréquentait régulièrement l’Eucharistie, servait la Messe, restait longuement en prière le soir devant le Tabernacle. Il vénérait profondément Notre-Dame du Vilar, la patronne du pays, dont la statue se trouvait dans l’église paroissiale, cherchant à infuser sa dévotion dans le cœur de ses jeunes amis.

Il n’était pas appelé à la vie consacrée et voulait fonder un foyer chrétien, dans lequel il aurait continué à rechercher la sanctification personnelle, tout en demeurant actif dans l’apostolat auprès des jeunes. 

Les événements allaient lui faire connaître un autre type de sainteté, dans l’accomplissement total du témoignage de la foi. En effet, quand les révolutionnaires mirent l’Espagne à feu et à sang, répandant leur haine féroce en face de tout ce qui était du domaine de Dieu et de l’Eglise, Sebastiá recueillit chez lui le cher père Puig, qui était recherché par les miliciens.

Il aida le Père à cacher la statue miraculeuse de la Vierge du Vilar, et l’accompagna au Comité, quand il y fut convoqué, le 30 juillet 1936.

Les hommes du Comité firent semblant de les laisser repartir libres. Tandis qu’ils regagnaient leur maison, les miliciens passèrent dans la rue en ordonnant aux habitants de rentrer chez eux et de bien fermer portes et fenêtres (pour ne pas voir ce qui allait se passer). Un moment après, ils se saisirent du prêtre et du jeune homme, les conduisirent en-dehors de la ville, à un endroit d’où surgirent tout d’un coup d’autres miliciens qui tirèrent sur le père Puig et sur Sebastián.

Le Père s’écroula dans les bras de Sebastián, en disant Mon Dieu ! Mon Dieu !, tandis que Sebastián, déjà grièvement blessé, fut achevé par plusieurs coups de feu à la tête.

Les deux cadavres des Martyrs restèrent là dans la rue, jusqu’à ce qu’on les ramassât pour les enterrer au cimetière local.

Ainsi s’acheva cette triste journée du 30 juillet 1936 à Blanes.

Comme le père Puig, Sebastián Llorens Telarroja fut béatifié en 2013.

 

 

Antoni Llauradó Parisi

1910-1936

 

Antoni naquit le 13 juin 1910 à Reus (Tarragona, Espagne) et reçut au Baptême le nom du Saint du jour, Antoine de Padoue.

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il n’était encore que novice.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Antonio Sanchiz Silvestre

1910-1936

 

Antonio naquit le 6 décembre 1910 à Villamarchante (Valencia, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il n’était encore que novice.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936, et béatifié en 1992.

 

 

 

Manuel López Orbara

1913-1936

 

Manuel naquit le 5 février 1913 à Puente de la Reina (Navarre, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il n’était encore que novice.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Justo Vicente Martínez

1913-1936

 

Justo Vicente Martínez naquit le 17 octobre 1913 à Villanázar de Valverde (Zamora, Espagne).

Il avait émis les vœux et vivait au couvent d’Almagro, se préparant au sacerdoce.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il eut la grâce du martyre à Miguelturra (Ciudad Real), le 30 juillet 1936.

Justo Vicente Martínez devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 30 juillet.

 

 

José Mata Luis

1914-1936

 

Voir la notice : Carmes espanols martyrs

 

 

Luis Aguirre Bilbao

1914-1936

 

Luis, né le 13 septembre 1914 à Murguía (Biscaye, Espagne), entra dans la congrégation de la Mission (Vincentiens, de saint Vincent de Paul, v. 27 septembre). Il fit la profession perpétuelle en 1933, comme Frère coadjuteur.

Il arriva à Alcorisa (Teruel) le 30 juillet 1933, où tous l’estimaient pour sa bonté, sa candeur, tant les Confrères de la maison que les gens du pays.

Pendant trois années, le Frère Luis fut la sainte Marthe au service de tous.

Une de ses «pauses» favorites, au milieu de son travail, était de participer à l’Heure Sainte à la paroisse.

Lors des événements révolutionnaires de 1936, sa foi et sa confiance en Dieu s’élevèrent chaque jour plus. Dans les conversations, à tout moment, il montrait toujours plus son union à Dieu, sa préparation personnelle à la mort en lisant les prières de la Recommandation de l’âme. 

A ce moment-là, ses parents étaient déjà morts. Il écrivait cependant à ses frères et sœurs, à ses oncles et tantes, sa tristesse devant les sacrilèges qui se commettaient dans le pays : 

Je m’adresse à vous tous, plein de tristesse pour la situation de notre chère Espagne… Je ne sais où nous allons… Où irons-nous avec ces églises incendiées, ces couvents rasés et le Saint-Sacrement piétiné, ces statues brûlées ? Priez pour notre Patrie : prières et sacrifices, beaucoup de prières pour notre Patrie. Mettons-nous dans les mains de Dieu notre Seigneur ; que Sa volonté soit faite, préparons-nous à une bonne mort, car il faut mourir pour la foi. Telle fut sa dernière lettre.

Il était arrivé au village un 30 juillet ; c’est encore un 30 juillet qu’il allait entrer dans l’Eternité.

Le 29 juillet, arrivèrent en effet à Alcorisa des miliciens, dont le chef voulait absolument fusiller quelqu’un le soir-même. Il demanda au maire une victime. Et si on ne lui en donnait pas une, il aurait fusillé tous les prisonniers présents dans la prison. Le maire, voulant éparner ses administrés, lui indiqua le couvent.

Ils trouvèrent le Frère Luis, l’interrogèrent en long et en large sur les objets et les armes (?) du couvent ; le Frère déjoua habilement les questions et fut emmené à la mairie, puis reconduit au couvent, à une heure du matin. Fouille du couvent. Puis ils firent agenouiller le Frère sur la place, devant la porte du couvent ; tandis qu’il avait les bras en croix, il dit encore : Je suis innocent et je suis prêt à vous dire ce que je sais. - Tu dois mourir. - Bon, si je dois mourir, je meurs pour Dieu et pour l’Espagne. Alors ils le fusillèrent

Les révolutionnaires entrèrent ensuite dans l’église, détruisant tout sur leur passage, décapitant la statue de la Sainte Vierge, et couvrant la tête de l’Enfant-Jésus avec la casquette rouge d’un milicien. 

Frère Luis fut la première victime à Alcorisa, le 30 juillet 1936. On le retrouva le matin, toujours les bras en croix.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Joaquín Prats Baltueña

1915-1936

 

Il vit le jour le 5 mars 1915 à Saragosse (Espagne).

Ses premières études se firent chez les pères Piaristes, où il étudia le latin et la philosophie.

A l’avènement de la République, il interrompit ces études pour se préparer au baccalauréat universitaire.

Après deux pèlerinages à Lourdes en 1935, il se décida fermement à entrer chez les Dominicains, et fut novice à Calanda.

Quand les milices révolutionnaires entrèrent dans Calanda, un groupe de ces Religieux partit à pied pour Saragosse, mais Joaquín n’avait pas la résistance pour affronter un tel voyage, aussi chercha-t-il à rejoindre son grand-père à Mas de Las Matas (Teruel), à quelques kilomètres seulement de Calanda.

C’était le 29 juillet vers midi.

Il rencontra alors le père José María Muro, qui voulait rejoindre Alacañiz par Torre Mazas. A Castelserás, ils s’informèrent de la route et on les trompa en leur indiquant une autre maison, où se trouvaient des membres du Comité.

Ils furent immédiatement arrêtés, soumis à une farce de jugement durant lequel on se moqua d’eux de façon outrageuse. On demanda à Joaquín de crier Vive le communisme ! et lui de répliquer par trois fois Vive le Christ Roi !

Au milieu de la nuit suivante, 30 juillet 1936, ils furent exécutés, avec le curé de Castelseras, don Zósimo. Joaquín avait vingt-et-un ans.

Joaquín Prats Baltueña a été béatifié en 2001.

 

 

Ignacio Tejero Molina

1916-1936

 

Ignacio naquit le 31 juillet 1916 à Monzalbarba (Zaragoza, Espagne), et reçut au Baptême le nom du Saint du jour, Ignace de Loyola.

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il n’était encore que novice.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936, la veille de son vingtième anniversaire, et béatifié en 1992.

Bogdan Mandić

1866-1942

 

Dans la petite localité croate de Castelnuovo di Cattaro (Herceg-Novi, dans l’actuel Montenegro), aux Bouches de Kotor, vivait une belle famille chrétienne où les parents, Petar Mandić et Carlotta Zarević avaient déjà dix enfants. Le onzième et avant-dernier naquit le 12 mai 1866 et reçut au baptême les noms de Bogdan (Dieudonné) et Ivan (certains avancent qu’il était le douzième et dernier enfant).

Le papa dirigeait une petite pêcherie, mais perdit toute sa fortune dans des revers socio-politiques.

L’arrière-grand-père paternel, Nicola Mandić venait de Poljica, dans le diocèse de Split, où étaient arrivés ses ancêtres bosniaques au XVe siècle.

Bogdan n’était pas très favorisé par la nature ; de constitution physique plutôt discrète (il ne mesurait pas même un mètre cinquante), difforme, il souffrait en outre d’un défaut de prononciation. Mais c’était un garçon viril, volontaire, qui montra très tôt une piété remarquable, une grande noblesse d’âme, et une ardeur à l’étude peu commune. Il sentit assez tôt l’appel à la vie religieuse.

Il y avait à Castelnuovo des Capucins, et c’est chez eux que Bogdan voulut entrer. Il passa d’abord par le séminaire de Udine (1882), puis reçut en 1884 l’habit franciscain à Bassano del Grappa (Vicenza), avec le nom de Leopoldo. Il continua ses études de philosophie à Padoue et de théologie à Venise, où il fut ordonné prêtre en 1890.

L’obéissance ne lui permit pas même d’aller célébrer sa première Messe au pays natal : les Supérieurs envoyèrent à la famille une photographie de son ordination.

Son grand désir, depuis quelque temps, était de travailler à la réunion à l’Eglise catholique des chrétiens séparés d’Orient, et c’est pourquoi il étudia avec amour les langues orientales, le grec, le croate, le slovène, le serbe.

Toutefois à cause de son petit handicap d’élocution, on ne lui confia pas d’apostolat de prédication, mais plutôt celui de la réconciliation. C’est par une grâce particulière que Leopoldo put toujours prononcer les paroles de la Consécration et de l’Absolution sans erreur.

C’est ainsi qu’il fut successivement confesseur à Venise puis à Zadar, où il fut supérieur du couvent : là, tout près de sa région natale, il allait au-devant des étrangers qui arrivaient par la mer, et se mettait à leur parler de la foi chrétienne en général, et de la religion catholique en particulier.

Cet apostolat s’arrêtera quand les Supérieurs l’envoyèrent comme confesseur à Bassano del Grappa (1900), supérieur à Capodistria (1905), confesseur à Thiene puis Padoue (1906), de nouveau Thiene en 1908. 

A partir de 1909, il fut à Padoue, où, disait-il, il se sentait comme un oiseau en cage, car il désirait beaucoup aller apostoliser son pays natal. On lui fit même passer une année dans les prisons italiennes (Tora, Nola, Arienzo) durant la guerre mondiale, de 1917 à 1918, parce qu’il ne voulait pas renoncer à la nationalité croate. 

En 1923 il fut transféré à Fiume (actuelle Rijeka, Croatie), mais les fidèles de Padoue le réclamèrent avec tant d’insistance, qu’on l’y renvoya, et qu’il y resta jusqu’à la mort : il passera donc là trente-trois années à accueillir et conseiller patiemment des centaines et des milliers de pénitents qui avaient besoin de trouver la paix, la consolation, un conseil, une orientation. 

Brisé de froid en hiver, accablé de chaleur en été, sans vacances, frappé de multiples malheurs de santé, sans jamais perdre son sourire, Leopoldo souffrit un véritable martyre dans le confessionnal, où il restait jusqu’à quinze heures par jour ; on se souviendra qu’à cette époque les confessionaux n’avaient pas le «confort» qu’on y met aujourd’hui, loin de là. Le saint Curé d’Ars en savait quelque chose, le père Leopoldo aussi…

Un pénitent qui venait de recevoir l’absolution sacramentelle, lui aurait dit un jour : Père, Jésus m’a ordonné de vous dire ceci : Votre Orient, c’est chacune des âmes que vous assistez ici par la confession. Lui-même reconnaissait que, n’ayant pas reçu le don de la parole, il devait se consacrer à ramener les âmes à Dieu par le sacrement de la Réconciliation.

Discrètement, Leopoldo devint ainsi un des plus grands précurseurs de l’œcuménisme, vingt-cinq ans avant ce qui fut dit et écrit par les Pères du Concile Vatican II.

Le père Leopoldo était universellement estimé et apprécié. On recourait à sa prière de toutes parts, et il obtint en maintes occasions des faveurs célestes et des miracles.

L’hiver 1941-1942, sa santé se dégrada, le cancer à l’œsophage le minait. Le 30 juillet, entouré des Confrères qui chantaient le Salve Regina, il s’éteignit aux dernière paroles : O Clemens, o Pia, o Dulcis Virgo Maria. 

C’est qu’il aimait particulièrement la Sainte Vierge : chaque jour, il lui renouvelait un petit bouquet de fleurs ; parfois, il prenait congé quelques instants, allait se recueillir devant l’image de Marie, et en revenait tout renouvelé. Il eut la joie de faire un pèlerinage à Lourdes. Au retour, un inévitable accident allait se produire lorsque, inexplicablement, la voiture passa à côté du tramway, comme si la rue s’était élargie ; le père Leopoldo dit simplement : C’est la Vierge qui nous a sauvés.

Comme il l’avait prédit, les bombes de la guerre détruisirent totalement l’église et le couvent, mais pas sa cellule, témoin de la miséricorde infinie de Dieu.

Le père Leopoldo fut béatifié en 1976, et canonisé en 1983, au moment du Synode des Évêques consacré à la Réconciliation, durant l’Année Sainte extraordinaire de la Rédemption.

Saint Bogdan Leopoldo est inscrit le 30 juillet au Martyrologe, tandis que l’Ordre franciscain le fête au 12 mai.

 

Le père Leopoldo avait dit : Un prêtre doit mourir de ses fatigues apostoliques ; il n’y a pas d’autre mort digne d’un prêtre.

 

 

Dorotea Chávez Orozco

1867-1949

 

Dorotea vit le jour le 6 février 1867 à Cotija (Michoacán, Mexique), benjamine des six enfants des époux Luis et María de Jesús.

Dans son enfance, elle eut à garder le petit troupeau de brebis de ses parents, leur unique patrimoine.

La petite fille aimait se faire de petits autels, où elle exprimait sa dévotion à l’Enfant-Jésus et invitait les camarades à prier avec elle.

L’école, elle la fit à la maison, avec son grand frère Eligio, qui était maître d’école.

Vers 1877, la famille déménagea à Cocula, puis à Guadalajara (Jalisco), dans le quartier Mexicaltzingo, un quartier pauvre.

Il y avait dans la paroisse un modeste hôpital, disons plutôt une petite maison ouverte par le curé pour recueillir quelques malades, tenue par de pieuses dames de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul. Dorotea y fut admise en 1892 pour être soignée d’une pleurésie. Elle avait déjà vingt-cinq ans.

C’est dans ces circonstances que cette pieuse demoiselle sentit un appel à consacrer sa vie au service des pauvres et des malades. Une fois guérie, elle voulut rester dans l’hôpital, mais comme soignante et consacrée.

En 1897, avec deux autres compagnes, elle fit les vœux privés de pauvreté, chasteté et obéissance ; l’année suivante, toutes les infirmières partirent et elle se retrouva seule avec les malades.

Sans se décourager, bien au contraire, elle alla ouvrir d’autres maisons de soins en Jalisco et Guadalajara, ainsi qu’une maison pour vieillards.

Finalement, en 1905, elle fonda officiellement la congrégation des Servantes des Pauvres, qui s’appela ensuite des Servantes de la Très Sainte Trinité et des Pauvres, pour aimer et servir leurs frères les plus nécessiteux, par imitation du Divin Epoux. Elle voulait suivre le Christ en prenant chaque jour Sa croix. Elle dut aussi supporter beaucoup de douleurs, de diffamations, de calomnies.

L’approbation diocésaine eut lieu en 1905, celle de Rome en 1911. Entre ces deux dates, Dorotea prit l’habit de religieuse, devenant maîtresse des novices en 1908, et émettant sa première profession le 15 août de la même année, avec le nom de María Vicenta de Sainte Dorothée. 

En 1910, elle ouvrit l’hôpital de Zapotlán el Grande (actuelle Ciudad Guzmán, Jalisco), dont elle fut supérieure.

Malgré la révolution qui éclatait, elle fit en 1912 la profession solennelle, en 1915 la profession avec les vœux perpétuels. Elle fut saintement guidée et encouragée par un saint prêtre, don Miguel Cano Gutiérrez.

En 1914, les troupes révolutionnaires occupèrent la cathédrale de Guadalajara, capturant les prêtres et les religieux. En 1926, l’hôpital de Zapotlán fut réquisitionné pour abriter la garnison militaire. 

Les Sœurs continuèrent leur travail au service des blessés, sans craindre le danger ; même, une fois, la Mère Vicenta se retrouva seule avec une jeune postulante chez une personne amie, et continua à aller soigner des blessés, malgré les insultes et les menaces de mort qu’elle recevait. Le commandant lui-même reprocha aux soldats leur conduite indigne.

On signale que dans leur grande majorité, les blessés purent recevoir les Sacrements, grâce à l’attention des Religieuses.

La sainteté de la Fondatrice attira dès son vivant beaucoup de vocations ; entre hôpitaux, cliniques et maisons d’accueil, il y eut jusqu’à dix-sept établissements ouverts dans la trentaine d’années du supériorat de Mère Vicenta.

Vers 1942, elle fut affectée d’un mal douloureux aux yeux, qu’elle supporta pacifiquement, toujours souriante.

Le 29 juillet 1949, elle reçut l’Onction des Malades, à l’hôpital de Guadalajara. Le lendemain, le Cardinal de Mexico vint l’assister, entendit sa dernière confession et célébra la Messe auprès de la mourante, qui s’éteignit à cette vie terrestre au moment de l’élévation, le 30 juillet 1949.

Mère María Vicente a été béatifiée en 1997.

Le miracle retenu pour cette cérémonie, fut la guérison totale et durable d’un enfant atteint de gangrène à une jambe, et dont la maman fut exaucée par l’intercession de la Mère María Vicente.

 

 

María Venegas de la Torre

1868-1959

 

María vit le jour le 8 septembre 1868, en la fête de la Nativité de Marie, raison pour laquelle elle reçut au Baptême le nom de María Natividad. Les gens de son pays l’appelèrent et l’appellent toujours María Nati.

C’était une petite famille mexicaine, qui vivait à Zapotlanejo (Jalisco, Mexique). L’enfance de María se passa dans une simplicité tout-à-fait naturelle, avec les occupations et les jeux habituels de tous les enfants. Les parents s’appelaient Doroteo et Nieves.

María reçut la Confirmation en 1872.

Son père avait étudié à l’université de Guadalajara, mais préféra quitter ce monde de libéralisme et de rationalisme, pour travailler à la campagne. Une vie difficile, mais saine, où ces pieux chrétiens prirent l’habitude de soulager les pauvres. Chaque soir, on priait le chapelet les bras en croix. Pour trouver cependant de meilleurs moyens de vivre, ils passèrent à l’état voisin de Nayarit, comme fermiers de riches propriétaires, à Las Varas, Mecatán, San Pedro Lagunillas.

C’est de ce papa que María apprit à prier, à lire, à composer des poésies en vers, à connaître la Bible.

A neuf ans, en 1877, elle reçut la Première communion.

Peu après, mourut la maman. On décida de s’installer à Compostela (Guadalajara). Là mourut brutalement Higino, le frère de María. Puis le papa Doroteo voulut aller travailler à Tepic, confiant ses deux filles, María et Adelaida, à son frère Donaciano, qui habitait à Zapotlanejo. C’était vraiment un A Dieu, car Doroteo allait bientôt mourir, en 1887, sans revoir les siens.

María vécut alors chez son oncle et sa tante, au ranch de Los Zorrillos. Elle connut de près la vie des paysans ; elle donna des leçons aux enfants, car il n’y avait pas d’école, et finalement les reçut dans la maison de son oncle, qui n’appréciait pas toujours ce remue-ménage, mais María restait patiente, pour conserver la confiance de ces enfants.

Puis mourut sa tante, et María alla vivre chez une autre tante, toujours à Zapotlanejo, qui lui acheta une machine à coudre et permit ainsi à María de vivre de travaux de couture. 

María continuait sa vie de piété. Elle se sentait appelée vers la vie religieuse.

Le 8 décembre 1898, fête de l’Immaculée Conception, elle fit partie de l’Association des Filles de Marie. Son directeur spirituel lui prêta L’Imitation de Jésus-Christ, qu’elle lui rendit après l’avoir lue et méditée ; le prêtre lui conseilla d’abord de la lire cinq fois, pour être sûre de bien comprendre l’appel de Dieu pour elle.

En 1905, elle fit partie aussi des Filles du Sacré-Cœur de Jésus, une pieuse union qui s’occupait des malades dans un petit hôpital récemment fondé, dédié aussi au Sacré-Cœur. Sa famille n’apprécia pas vraiment sa décision ; la tante l’accusait de l’abandonner ; Adelaida aussi… Un jeune homme pressenti pour lui être présenté, fut gentiment éconduit. María pensa s’orienter vers les Carmélites, ou les Sœurs salésiennes, ou aussi à la fondation de la bienheureuse María Vicenta de Santa Dorotea (qui mourut aussi un 30 juillet), mais finalement opta pour les Filles du Sacré-Cœur.

Bientôt, mourut aussi la tante, qui laissait un héritage pour les deux nièces : María laissa sa part à sa sœur Adelaida.

La dévotion au Sacré-Cœur imprégna désormais toute sa personne, toute son activité ; elle montra envers ses consœurs, envers les malades et envers tout le monde, une douceur fraternelle communicative qui fut tout son apostolat. Elle s’occupait de chacun, s’intéressait de procurer les Sacrements à tous, aux mourants. Elle apprit l’art de la pharmacie, pour s’occuper des médicaments et les préparer ; puis la comptabilité. En 1912, elle fut élue Vicaire de la Directrice.

Toutes les Sœurs n’étaient pas des anges (du moins pas dès l’abord) ; l’une d’elles un jour, cédant à l’impatience, voulut balancer une bassine d’eau sale sur la Fondatrice elle-même, mais sa maladresse fit que l’eau se déversa sur une autre Sœur présente… 

Une autre Sœur s’était mise en colère ; elle la prit à part, lui fit répéter plusieurs fois Jésus, doux et humble de cœur, rend mon cœur semblable au tien, puis lui demanda : Tu es en colère ? - Plus maintenant, ma Mère, répondit l’autre.

Tout cela et d’autres choses, la Mère les supportait avec une bonté et une patience maternelles et pleines de douceur, qui aidaient les protagonistes à se convertir, Religieuses ou infirmes, médecins et employés. 

Elle eut un zèle particulier envers le clergé, évêques et prêtres, dans lesquels elle voyait la présence du Christ souverain Prêtre. Un jeune prêtre fut hospitalisé ; elle alla lui dire : Vis saintement ton sacerdoce, car on te fera évêque. Le prêtre fut en effet évêque de Ciudad Obregón (Mgr Soledad Torres ; on n’a jamais su par qui ni pourquoi il fut plus tard assassiné).

Dès 1917, on put craindre que les Autorités auraient fait fermer cet hôpital, mais il fut protégé, et même soutenu par le Gouverneur de Jalisco, en reconnaissance de tout ce que faisaient les Religieuses ; ce fut le cas en particulier lors d’un déraillement de train en 1918, où les blessés furent évacués dans cet hôpital.

En 1921, quoique malade, elle fut élue Supérieure. Lors de la persécution de 1926, les Religieuses eurent des moments très difficiles ; l’hôpital fut maintes fois fouillé à la recherche d’armes (?), de prêtres cachés ; on dut cacher le Saint Sacrement pour éviter des profanations. Malgré tout, María arrivait à agrandir l’hôpital, à le moderniser, à le décorer…

Après la persécution, elle dut encore démanteler la chapelle, sinon on lui aurait confisqué l’hôpital. Mais elle alla fonder d’autres communautés : Puerto de Mazatlán, Sinaloa, et jusqu’à seize établissements, seulement de son vivant.

En tant que Supérieure, elle rédigea les constitutions des Filles du Sacré-Cœur, qui seraient approuvées en 1929, date à laquelle elle fit la profession religieuse et s’appela désormais : María de Jésus-Sacrement (de Jesús Sacramentado). Cette famille religieuse fut élevée au niveau de droit diocésain, en 1946.

En 1947, elle eut une vision du Christ en Croix, qui se penchait vers elle ; pour s’unir plus à Lui, la Mère Nati s’imposa le cilice, se privait de bonnes choses qu’elle aimait…

Il y avait une colombe mystérieuse qui la cherchait dans l’hôpital et, quand elle la trouvait, se posait sur son épaule ; quelqu’un trouva la situation déplacée et tua l’animal : la Mère sut cacher la tristesse qu’elle en éprouva.

Très mariale, elle fêtait particulièrement l’Assomption de Marie. Elle avait toujours le chapelet dans les mains ; cette pratique fut contagieuse : d’autres l’imitèrent.

Mère Nati fut réélue Supérieure jusqu’en 1954, année où elle devint simple Sœur, obéissante à la nouvelle Supérieure.

Le 11 février 1956, fête de Notre-Dame de Lourdes, elle eut une embolie cérébrale. Son état nécessita le fauteuil roulant. Elle se remit suffisamment pour pouvoir encore ranger sa chambre et même cuisiner, car elle était excellente cuisinière.

L’une des dernières fois où elle fêta l’Assomption, elle pleura beaucoup, car elle désirait tant être avec le Seigneur. Elle n’avait pas peur de mourir, disant que la mort n’est pas quelque chose qui arrive, c’est quelqu’un qui vient.

Le 26 juillet 1959, fête de sainte Anne, elle descendit assister à la messe de communauté, à la stupéfaction générale. 

Le 28, on la vit sourire voyant tant de petits poussins sans leur mère ; elle prévoyait sa fin. Le 29, elle eut une syncope ; le soir, l’aumônier put lui faire absorber une parcelle d’Hostie. Le 30 juillet 1959 au matin, elle s’éteignait à ce monde.             

Un miracle se produisit bientôt : lors d’une opération chirurgicale, un malade sombra dans un coma profond dont les médecins ne purent le sortir ; l’arrêt cardiaque dura plus de dix minutes ; pendant cet intervalle, l’épouse du patient et les Religieuses invoquèrent l’intercession de María : les battements du cœur reprirent, l’opération put être reprise et le malade ne subit aucune conséquence de cet arrêt cardiaque prolongé.

María fut béatifiée en 1992, et canonisée en 2000.

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28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 23:00

29 JUILLET

I.

Ste Marthe, une des saintes femmes qui entouraient Jésus-Christ.

S Lazare, l'ami du Seigneur, et frère des stes Marthe et Marie ; persécuté après sa résurrection et celle du Christ, il fut évêque à Chypre ou à Marseille, d'après des traditions mal vérifiées.

?

Ste Sérapie, vierge romaine martyre ; voir ste Sabine au 29 août.

S Kallinikos, martyr à Gangres.

IV.

SS Simplicius, Faustinus, Viatrix, martyrs romains ; les premiers jetés dans le Tibre, l'autre étouffée ; et près d'eux fut aussi enterré s. Rufus.

S Felix, martyr romain ; le pape Felix II qu'on vénérait en ce jour était un antipape, non martyr.

?

S Genevé (Juvenel, Juthmaël), évêque à Dol.

V.

S Loup, évêque à Troyes pendant cinquante-deux ans ; d'accord avec sa femme, ils s'étaient séparés et lui s'était fait moine. 

S Prosper, évêque à Orléans.

VII.

S Constantin, évêque à Constantinople.

XI.

S Olaf, roi de Norvège ; un peu brutal dans son zèle à imposer le christianisme, il fut vaincu et tué par les Danois, mais vénéré comme martyr et patron de la Norvège.

B Urbain II, pape (1088-1099) ; élève de s. Bruno à Reims, moine à Cluny, évêque à Ostie, il appliqua l'esprit grégorien de la réforme de l'Eglise et suscita la première Croisade.

XIII.

S Guillaume Pinchon, évêque à Saint-Brieuc ; jeune, il triompha par sa pureté des assauts d'une femme effrontée.

XVII.

Bx Luis Bertrán Exarch (prêtre espagnol), Mancius de la Sainte Croix et Pierre de Sainte-Marie (japonais), dominicains martyrs au Japon ; Mancius et Pierre firent leur profession le matin de leur martyre ; Petrus avait dix-sept ans.

XVIII.

B Charles-Antoine-Nicolas Ancel, eudiste à Lisieux, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

SS Ruose Zhang Wenlan et Baolu Chen Changpin, séminaristes, leur administrateur Ruohan Luo Tingyin, et la sainte femme Mande Wang Luoshi, martyrs chinois canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

S Louis Martin, père de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, béatifié en 2008 et canonisé en 2015 en même temps que son épouse.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936-1938 :

- béatifié en 1992 :

Hospitaliers : à Barcelone, le profès Juan Bautista Egozcuezábal Aldaz (*1882) ;

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Teruel, Matías Manuel Albert Ginés (*1867) ; près d’Alicante, Joaquín Vilanova Camallonga (*1888) ;

Dominicains : près de Teruel, les prêtres Antonio Manuel López Couceiro, Tirso Manrique Melero, Lucio Martínez Mancebo, Felicísimo Díez González, Saturio Rey Robles (*1869, 1877, 1902, 1907, 1907), le profès Gumersindo Soto Barros (*1869), et le novice Lamberto María de Navascués de Juan (*1911) ;

Salésiens : près de Valencia, le prêtre José Calasanz Marqués (*1872) ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : près d’Albacete Bartolomé Rodríguez Soria (*1894) ;

Carmes de l’Ancienne Observance : près de Lleida, les prêtres Ángel Prat Hostench (Ángel María), Eliseo Maneus Besalduch (Eliseo María), Pere Dorca Coromina (Anastasi María), Manuel Serrano Buj (Eduardo Maria, qui avait un an de sacerdoce) (*1896, 1896, 1907, 1912) ; le profès Pere Ferrer Marín (Pere María, *1909) et les quatre profès nés en 1919 Josep Solé Rovira (Andreu Corsini María), Miquel Soler Sala (Miquel María), Joan María Puigmitjá Rubió et Joan Prat Colldecarrera (Pere Tomás María) ; le convers Lluis Fontdecava Quiroga (Eliseu Maria, *1891) ; les novices Gabriel Escoto Ruiz (José Maria), Ginés Garre Egea (Elías María (*1878, 1910) ;

Lasalliens : près de Barcelone, Joseph-Louis Marcou Pecalvel (Louis de Jésus, *1881, d'origine française) ;

- béatifiés en 2013 :

Clarétains : à Tarragona, le prêtre Jaume Mir Vime (*1889) ;

Frères Maristes : près de Madrid, Severino Ruiz Báscones (Feliciano), Fermín Zabaleta Armendáriz (Felipe Neri), Saturnino Jaunsarás Zabaleta (Herminio Pascual (*1884, 1899, 1912) ;

Lasalliens : près de Lleida, Javier Salla Saltó (Magí Pere, 1918-1938) ;

Laïques : près de Madrid, Julián Aguilar Martín (*1912) ;

- béatifiés en 2021, martyrisés près de Cordoue :

Diocésains : Pablo Brull Carrasco et Rafael Contreras Leva (*1881, 1901) ;

Laïques : Guillermo Fernández Aguilera (*1874).

Marthe

1er siècle

 

Sainte Marthe est mentionnée trois fois dans l’Evangile.

Il y a l’épisode bien connu de la réception de Notre-Seigneur chez Marthe et Marie (Lc 10:38-42), lorsque Marthe interpelle le Christ pour qu’il lui envoie Marie à la cuisine ; scène pittoresque, qui nous laisse pensifs sur la situation : qui alors devait recevoir le Christ, si les deux femmes passaient à la cuisine ?

Ce fut l’occasion pour le Christ de nous rappeler «l’unique nécessaire».

L’autre épisode important, est la résurrection de Lazare, le frère de Marthe et Marie (Jn 11), qui donne à Marthe l’occasion d’exprimer toute sa foi : Je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui devait venir en ce monde.

Le passage suivant du même évangile nous parle encore de Marthe, qui servait (Jn 12:2).

 

Marthe, la femme dévouée au service de Jésus, a été choisie comme patronne par les hôteliers.

La date de sa fête s’est fixée au 29 juillet, jour octave de la fête de sainte Marie-Madeleine.

 

 

Lazare

1er siècle

 

L’évangéliste Jean raconte au chapitre 11 les circonstances de la mort et de la résurrection de Lazare, un ami de Jésus.

Lazare devenait ainsi une preuve vivante de la divinité de Jésus-Christ, et constituait un reproche direct à l’attitude des Juifs incrédules.

N’allons pas confondre ce Lazare avec celui de la parabole rapportée par saint Luc (Lc 16:19-31).

L’Evangile ne parle pas de la suite des événements concernant Lazare : ce n’en était pas le but. Mais on est en droit de se demander ce que devint cet homme ressuscité, comment il vécut cette deuxième vie, quels rapports il eut éventuellement avec l’Eglise naissante.

Il a été plusieurs fois question, sur ce blog, d’une Bienheureuse, Anna Katharina Emmerick, une stigmatisée allemande sans aucune instruction humaine (voir au 9 février). Ses visions valent ce que valent toutes les visions des Mystiques, que l’Eglise n’interdit pas de lire tout en invitant chacun à la plus grande prudence. C’est dans cet esprit que sont reproduites ci-après quelques lignes tirées de ces visions.

Lazare se tenait le plus souvent caché et ne se montrait que la nuit. Trois au quatre ans après l’Ascension… éclata à Jérusalem une persécution contre Lazare et ses sœurs. Après les avoir accablés de mauvais traitements, les Juifs les firent monter dans une méchante barque faisant eau de toutes parts, et n’ayant ni voiles ni gouvernail. Elle fut ammarrée à un grand vaisseau, qui l’abandonna après l’avoir remorquée en pleine mer.

Lazare et ses sœurs arrivèrent sur les côtes de la Gaule avec une vitesse miraculeuse. Sans le savoir, Anna Katharina confirmait ainsi l’antique «légende» de la présence en Provence de Lazare et ses sœurs. Elle continue : Lazare, en sa qualité d’évêque, continua à prêcher l’Evangile dans cette ville (Massilia, alias Marseille). Que Lazare ait été ordonné évêque par les Apôtres, n’a rien de surprenant.

Comme on n’a pas d’autre documentation scientifique sûre de ces faits, le Martyrologe ne fait pas état de l’épiscopat de saint Lazare à Marseille, mais établit sa commémoraison au 29 juillet, comme sainte Marthe, au jour octave de la fête de sainte Marie-Madeleine (v. 22 juillet).

 

 

Kallinikos de Gangres

† 4e siècle

 

Voici comment les Grecs présentent la vie de Kallinikos.

Sa famille était fort aisée. Lui-même reçut une formation très poussée et devint orateur.

Il reçut la grâce de la conversion, et se mit à prêcher avec ardeur dans la ville de Gangres (Paphlagonie, auj. Çankırı, Turquie CN), puis alentour, enfin à Ancyre (Galatie, act. Ankara, Turquie NW).

C’est là qu’il fut arrêté et soumis à la torture ; mais il n’en trouvait que plus d’ardeur à parler au gouverneur. Ce dernier, jugeant compromettant pour lui de le faire mourir à Ancyre, le fit reconduire à Gangres avec une troupe de soldats. En route, il faisait si chaud que les soldats et leurs chevaux mouraient de soif, tandis que Kallinikos n’en éprouvait rien. Les soldats le supplièrent : Kallinikos pria et fit jaillir une source. Les soldats, convertis, l’accompagnèrent jusqu’à Gangres, mais ne voulaient pas le tuer.

Kallinikos leur imposa d’exécuter l’ordre reçu : aussi bien, il était prêt à quitter cette courte vie pour entrer dans la vie éternelle.

Saint Kallinikos de Gangres est commémoré le 29 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simplicius, Faustinus, Viatrix, et Rufus de Rome

† 304

 

Simplicius, Faustinus et Beatrix étaient trois frères et sœur, chrétiens.

Simplicius et Faustinus, ainsi que d’autres, anonymes, venaient d’être précipités dans le Tibre.

Leur sœur, Viatrix, réussit à récupérer leurs corps un peu plus loin en aval et les fit enterrer dans le cimetière d’une certaine Generosa.

Arrêtée pour ce crime, Viatrix fut étouffée ; on put l’ensevelir auprès de ses frères.

Au même endroit fut aussi enseveli un autre Martyr, nommé Rufus.

On ne connaît pas mieux ces quatre Martyrs, sinon la date de leur mort, 304.

Saints Simplicius, Faustinus et Beatrix, avec Rufus, de Rome, sont commémorés le 29 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lupus de Troyes

383-479

 

Il y a bien des Saints qui portèrent le  nom de Lion, celui-ci s’appela Loup.

Il naquit vers 383 à Toul, de noble famille.

Après ses études de rhétorique, il épousa en 417 Pimeniola, la sœur de s.Hilaire d’Arles (v. 5 mai).

Après six années de saint mariage, ils se séparèrent d’un commun accord, pour se donner davantage à Dieu. Loup se rendit à l’abbaye de Lérins. Un an après, on le retrouve à Mâcon, où il distribue aux pauvres ses biens.

En 426, on l’appela à monter sur le siège de Troyes, dont l’évêque, Ursus (Ours, v. 25 juillet ?) venait de mourir. Lupus en était le huitième titulaire.

Lupus resta moine, par la prière et la pénitence. 

En 429, il accompagna en Angleterre s.Germain d’Auxerre (v. 31 juillet), pour une mission destinée à combattre l’hérésie pélagienne qui s’y développait dangereusement.

Vers 453, Lupus intervint en personne auprès d’Attila, pour épargner la population. Attila ne dévasta pas la ville de Troyes, mais emmena en hôtage l’évêque, qu’il relâcha plus tard en lui demandant de prier pour lui.

Après plus d’un demi-siècle d’épiscopat, Lupus mourut le 29 juillet 478 ou 479.

Saint Lupus de Troyes est commémoré le 29 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Felix de Rome (Felix II)

† 492

 

Le pape qui fut sur le siège de saint Pierre après saint Simplicius, de 483 à 492, a longtemps été mentionné comme “Félix III”, car un pape précédent avait porté le titre de Félix II. 

Mais ce dernier est désormais reconnu comme antipape, imposé par l’empereur, ensuite confondu avec un martyr homonyme. Actuellement le Martyrologe mentionne au 29 juillet seulement le martyr romain Felix, qui n’est pas pape. 

Notre Félix III devrait en réalité être Félix II (ce qui vaudrait aussi pour Félix IV, sans parler de l’antipape Félix V). 

Un doute cependant planait sur la légitimité de Félix II : il fut imposé par l’empereur et donc irrégulièrement élu ; mais le clergé de Rome l’accepta tacitement, ce qui pouvait équivaloir à une élection légitime et à son rang de Félix “deuxième”. Ainsi s’expliquerait que Félix III et Félix IV gardent leur rang de “troisième” et “quatrième” dans l’actuel Martyrologe. 

En réalité, Félix II ne régna guère que par son titre, sans autre fait marquant de son pontificat, si ce n’est qu’il dut finalement abandonner la place et se retirer chez lui, où il mourut sans être martyrisé, peu de temps d’ailleurs avant le pape légitime, Libère, revenu à Rome sur ces entrefaites.

Actuellement «Felix II» a été retiré du Martyrologe. 

Le pape Libère (352-366) n’est pas non plus mentionné au Martyrologe : il eut la faiblesse de signer une déclaration semi-arienne, la reconnut et la désapprouva ensuite.

Quant au martyr Felix - qui a plusieurs homonymes -, on sait seulement qu’il était vénéré sur la Via Portuensi.

Ce Felix martyr est mentionné au 29 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prosper d’Orléans

5e siècle

 

Ce dixième évêque d’Orléans est à peu près inconnu.

Une correspondance avec s.Sidoine Apollinaire (v. 21 août) ou plutôt la réponse de ce dernier à Prosper, nous permet de le situer à peu près dans le temps. Prosper lui parlait de s.Aignan, qui vivait un siècle plus tôt.

Saint Prosper d’Orléans est commémoré le 29 juillet dans le Martyrologe Romain.

Olaf de Norvège

995-1030

 

Olaf naquit vers 995 en Norvège, d’Harald Grenske du Vestfold et d’Åsta Gudbrandsdotter. Son père ayant été assassiné, sa mère épousa Sigurd Syr Halfdansson, roi du Ringerike.

Il fut baptisé, dit-on, en 1014 à Rouen, par Robert le Danois, frère du duc Richard de Normandie.

Olaf se rendit plusieurs fois en Angleterre, où il compléta sa formation chrétienne. Quelques missionnaires occidentaux avaient déjà porté la foi en Scandinavie, en premier s.Oscar (Anscharius, v. 3 février).

Olaf monta sur le trône de Norvège en 1015. Il eut le surnom de Olaf le Gros. 

Son premier geste fut de profiter de l’absence de Knut de Danemark pour proclamer l’indépendance de la Norvège. Il s’établit alors à Nidaros (act. Trondheim) et y fit bâtir une église.

Pendant les quinze années de son règne, on peut dire qu’il persévéra contre vents et tempêtes pour christianiser son pays. Il faut dire que sa méthode n’était pas dans la douceur. Mais au moins on peut admettre que le jeune roi n’avait que de bonnes intentions.

Il voulut imposer le christianisme par la force, en détruisant les édifices païens ; mais il faisait construire des églises, venir des prêtres d’Angleterre, établir une hiérarchie catholique. Ses façons autoritaires cependant lui aliénèrent les seigneurs et le peuple ; il y eut des révoltes, et une répression très forte.

A ce moment-là, le roi danois, s.Knut (v. 10 juillet), tenta de reprendre la couronne à Olaf. Une première bataille les opposa, sans suite (1026). En 1028, il battit Olaf, qui partit en Suède. En 1030, Olaf reprit les armes, mais fut battu et tué à Siklestad. 

Olaf avait, à sa façon, préparé la conversion de la Norvège. Knut, qui était chrétien, la poursuivit.

Le roi norvégien fut proclamé martyr, mais ne l’a pas été - et le Martyrologe se tait là-dessus. Mais Olaf a été reconnu saint pour ses mérites à lutter contre le paganisme.

Saint Olaf de Norvège est commémoré le 29 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Urbain II

1088-1099

 

Odon (ou Eudes) de Lagery était né à Châtillon-sur-Marne vers 1040, d’une famille noble. Il eut à Reims comme professeur un certain Bruno, futur fondateur des moines Chartreux, et devint archidiacre et chanoine du diocèse de Reims en 1064.

Sur l’influence de son cher professeur, il renonce à se charge et prend l’habit cistercien à Cluny. Il devient grand prieur de l’ordre de Cluny.

Il fait partie de la délégation qui entoure le pape à Canossa (1077).

Le pape Grégoire VII ayant demandé à l’abbé de Cluny, saint Hugues, de lui désigner quelques bons sujets à consacrer évêques, Eudes fut de ceux-là et devint cardinal-évêque d’Ostie, où avait été précédemment saint Pietro Damiano.

Après Grégoire VII, fut élu Victor III, qui ne régna qu’un an ; c’est alors que fut élu pape Eudes, qui prit le nom de Urbain II (1088).

Comme Rome était aux mains des partisans de l’empereur Henri IV et de son antipape Clément III, l’élection avait eu lieu à Terracina. Puis Urbain II s’installa d’abord au Mont Cassin avant d’entrer à Rome en 1089. Une nouvelle sédition l’obligeait à se réfugier… à Canossa, chez la comtesse Mathilde de Toscane. Cette dernière, mariée au duc de Bavière, protégeait la papauté, contre l’empereur. Ce dernier fut défait dans le nord de l’Italie, et Urbain II revint à Rome.

Toujours en 1089, le pape tint un concile à Melfi en vue de mettre en œuvre une réforme à l’intérieur de l’Eglise. Mais Urbain II préféra la patience et l’indulgence avant de sévir contre les désobéissants.

Mais en 1095, il tint un concile à Plaisance, durant lequel il improvisa la préface des messes de la Sainte Vierge. Dans ce concile furent promulgués à nouveau des canons condamnant la simonie (péché consistant à acheter une charge ecclésiastique, du nom de Simon le Magicien, cf. Ac:8:9-24) et le nicolaïsme (erreur consistant à contester la continence des clercs).

Au même concile, Urbain II confirma l’excommunication des “conjoints” Philippe 1er de France et Bertrade de Montfort, tous deux déjà mariés, lui avec Berthe de Hollande, elle avec le Comte Foulques d’Anjou.

En novembre 1095, il était à Clermont où il avait convoqué tous les évêques et personnages importants pour leur parler de son projet de croisade. 

Lors de ce concile fut rendue obligatoire la trève de Dieu, pour protéger les faibles.

Puis dès la fin du mois de novembre 1095, le pape sillonnait la France pour galvaniser encore plus les populations : Sauxillanges, Brioude, Saint-Flour, Aurillac, Uzerche, Limoges à Noël, Charroux, Poitiers, Angers le 15 août : là il signa le départ de la grande armée ; puis Chinon, où il fit libérer Geoffroy le Barbu qui était prisonnier de son frère (Foulques d’Anjou, encore lui) depuis vingt ans ; Sablé, Le Mans, Vendôme, Tours. Et le retour se fit par Saintes, Bordeaux, Toulouse (où il consacra la cathédrale), Arles, Avignon ; enfin l’Italie : Pavie, Milan, Lucques, Rome.

Les démêlés avec l’Angleterre furent houleux là-aussi : Guillaume II le Roux voulait reprendre leurs droits aux évêques, se éritant ainsi l’excommunication papale. Mais la mort empêcha Urbain II de le faire.

Bénédictin, Urbain II favorisa et encouragea le monachisme : il approuva l’ordre de Fontevrault fondé par Robert d’Arbrissel (1096) et bénit la fondation de Cîteaux par saint Robert de Molesme (1098).

Après ce pontificat très actif, le saint pape Urbain II se reposa de ses travaux, le 29 juillet 1099, après un pontificat de onze ans. Et son successeur fut Pascal II.

Il fut béatifié en 1881 et se trouve inscrit au 29 juillet dans le Martyrologe.

 

Nota. Pour ce qui est de l’issue de la Croisade prêchée par Urbain II, on sait comment tout ce petit peuple généreux fut balayé par les Turcs sur les premières côtes de l’Asie Mineure ; comment les chefs croisés furent gagnés par l’esprit de conquête plus que par le saint but de l’opération ; comment finalement on arriva à prendre Antioche le 28 juin 1098, et Jérusalem le 15 juillet, quelques jours avant la mort d’Urbain II, qui ne connut pas la “bonne” nouvelle.

 

 

Guillaume Pinchon

1184-1234

 

Guillaume Pinchon (ou Pichon) vit le jour à Fleur d’Aulne, d’Ollivier et Jeanne Fortin.

Garçon au cœur pur, on dit qu’il opposa une ferme fin de non-recevoir à une femme effrontée qui le provoquait.

Elevé à Saint-Brieuc, clerc, il devint le secrétaire de l’évêque, Josselin, qui lui conféra le sacerdoce.

Sous les évêques suivants, il obtint un canonicat à Tours. A la mort de l’évêque Silvestre (1220), il fut appelé à lui succéder sur le siègle de Saint-Brieuc, à trente-six ans.

Un de ses soucis fut l’édification de la cathédrale, déjà commencée, mais qui ne fut achevée qu’après sa mort.

Une grave disette s’abattit sur le diocèse en 1225, et l’évêque vint au-devant des difficultés en donnant à manger aux pauvres. On le vit lui-même faire le feu sous la marmite.

Un long conflit opposa le duc de Bretagne aux évêques bretons, dont il contesta les droits fiscaux perçus par le clergé local, tels le tierçage, les dîmes, le past nuptial. Les évêques en appelèrent à Rome, le pape jeta l’interdit sur la Bretagne (1228), les évêques durent s’exiler. Guillaume rejoignit Poitiers où, pendant deux ans, il aida fraternellement l’évêque local, qui était malade.

En 1230, le duc de Bretagne capitula et les évêques purent reprendre leurs sièges. 

Désormais, l’évêque Guillaume put donner libre cours à sa charité, accueillant chaque jour des pauvres, vidant ses greniers, empruntant et mendiant pour leur donner à manger.

En juillet 1234, il tomba malade et mourut pieusement, entouré de ses chanoines, le 29 juillet 1234.

Il y eut tant de miracles à son tombeau, que les aumônes du peuple reconnaissant suffirent à payer les frais pour achever rapidement la cathédrale. Guillaume avait bien prédit : J’achèverai mon Eglise, vif ou mort.

Le successeur de Guillaume, Philippe, fit tout de suite l’enquête sur les miracles et présenta son rapport au pape, qui se trouvait en déplacement à Lyon, pour le 13e concile œcuménique (1245).

Guillaume Pinchon put donc être canonisé dès 1247.

 

 

Luis Exarch

1596-1627

 

Il naquit à Barcelone (Espagne) en 1596.

Entré chez les Dominicains de Barcelone à l’âge de quatorze ans, il demanda à prendre le nom de son oncle, Luis Bertrán (voir au 9 janvier).

Après sa profession, il fut envoyé à Orihuela. 

Il n’avait pas vingt ans quand il demanda à partir pour les missions d’Extrême-Orient. En 1618, il partit à pied pour rejoindre le port d’embarcation, Séville, arriva à Manille, où il fut vraisemblablement ordonné prêtre après y avoir achevé ses études. Il apprit le dialecte local, mais surtout le chinois. C’était l’époque où la persécution s’était déchaînée au Japon. Luis fut pressenti pour partir sur ce champ d’apostolat. Il y parvint en 1622.

Ayant d’abord étudié la langue, il sillonna pendant trois ans la région de Ōmura, catéchisant, baptisant, confessant, jour et nuit, inlassablement.

Arrêté le 28 juin 1626, il fut jeté en prison, dans une cellule très étroite, où il resta une année. Durant ce temps, il put célébrer la Messe ; il remit aussi à deux jeunes compagnons l’habit religieux.

C’est à Ōmura (Nagasaki) qu’il subit le martyre, le 29 juillet 1627. Ce matin-là, les deux compagnons firent la profession. Ils furent attachés tous les trois à des colonnes et moururent asphyxiés par les flammes qu’on allumait près d’eux, mais pas trop près pour faire durer le supplice.

Luis a été béatifié en 1867, avec ses deux Compagnons.

 

 

Petrus de Sainte-Marie

1610-1627

 

De ce tout jeune Japonais, on sait juste qu’il était né à Ōmura en 1610 et qu’il fut arrêté et mis en prison pour sa foi ; en prison il rencontra le père Luis Exarch.

Ce dernier put lui remettre l’habit de l’Ordre dominicain, et Petrus fit sa profession au matin du 29 juillet 1627.

Ce matin-là, on emmena au lieu de leur supplice le père Luis et ses deux compagnons de cellule, qui étaient désormais aussi ses frères en religion. 

C’est sur une colline proche d’Ōmura (Nagasaki) qu’ils furent attachés tous les trois à des colonnes et moururent asphyxiés par les flammes qu’on allumait près d’eux, mais pas trop près pour faire durer le supplice.

Petrus a été béatifié en 1867, avec le père Luis et son Compagnon, Mancius de la Croix.

 

 

Mancius de la Croix

?-1627

 

De ce jeune Japonais, on sait juste qu’il fut arrêté et mis en prison pour sa foi et qu’en prison il rencontra le père Luis Exarch.

Ce dernier put lui remettre l’habit de l’Ordre dominicain, et Mancius fit sa profession au matin du 29 juillet 1627.

Ce matin-là, on emmena le père Luis et ses deux compagnons de cellule, et désormais aussi ses frères en religion, au lieu de leur supplice. 

C’est sur une colline proche d’Ōmura (Nagasaki) qu’ils furent attachés tous les trois à des colonnes et moururent asphyxiés par les flammes qu’on allumait près d’eux, mais pas trop près pour faire durer le supplice.

Mancius a été béatifié en 1867, avec le père Luis et son Compagnon, Petrus de Sainte-Marie.