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18 mai 2024 6 18 /05 /mai /2024 23:00

19 MAI

II.

Ste Pudentiana, vierge romaine morte à seize ans ; elle ensevelissait les martyrs et mettait sa demeure et ses biens au service de l’Eglise.

S Pudens, romain, père des saintes Pudentienne (ci-dessus) et Praxède (cf.21 juillet).

III.

S Urbain Ier, pape (222-230), qu’il ne faut pas confondre avec un s.Urbain évêque à la même époque et vénéré le 25 mai.

IV.

S Philotère, dont on nie qu’il ait été martyr à Nicomédie.

Ste Cyriaque, vierge martyre à Nicomédie.

Ss Calogerus et Parthenius, eunuques au palais impérial, martyrs.

IX.

S Hadulfe, abbé et évêque à Arras.

X.

S Dunstan, évêque à Cantorbury, artiste, harpiste, auteur du Kyrie "Rex Splendens" (VII) ;  il travailla à la réforme de la vie de l’Eglise en Angleterre.

XIII.

Ste Humiliana, mariée à seize ans, veuve à vingt-et-un, mystique à Florence.

S Célestin V, pape (1294) : premier cas dans l’Histoire, il préféra abdiquer en constatant son inaptitude à gouverner l’Eglise.

XIV.

S Yves (en breton Erwan ou Ewan) Helory, avocat civil et ecclésiastique, canonisé quarante-quatre ans après sa mort. Il est le patron des avocats et des juristes.

B Agostino Novello, sicilien d’origine espagnole, devenu augustin et, malgré lui, grand pénitencier de la cour pontificale.

Bx Juan de Cetina et Pedro de Dueñas, franciscains, martyrisés à Grenade, décapités par le roi lui-même.

XVII.

B Peter Wright, jésuite anglais, martyr à Tyburn.

XVIII.

S Biagio de' Signori (Teofilo de Corte), franciscain, gardien à Fusecchio.

S Pietro Fioretti (Crispino de Viterbe), capucin, quêteur pendant quarante ans ; il semait la joie et le réconfort partout où il passait ; canonisé en 1982.

B Jean-Baptiste-Xavier Loir (Jacques-Louis de Besançon), capucin à Lyon, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

B Raphaël Rafiringa (Raphaël-Louis, 1856-1919), malgache, des Frères des Ecoles Chrétiennes, béatifié en 2009.

Ste Verena Bütler (Maria-Bernarda, 1848-1924), supérieure capucine à Altstätten, puis missionnaire en Equateur et en Colombie, où elle fonda les Franciscaines de Marie-Auxiliatrice, béatifiée en 1995, canonisée en 2008.

Bx Lucinio Fontanil Medina (Primitivo, *1884), prêtre capucin à Madrid, et Alberto Linares de la Pinta (Alberto Joaquín, *1913), des Frères des Ecoles Chrétiennes près de Saragosse, martyrs en 1937 et béatifiés en 2013. 

Bse Pina Suriano (1915-1950), vierge sicilienne très active dans l’Action Catholique, béatifiée en 2004 ; deux années avant sa mort, elle s’était offerte pour la sanctification des prêtres.

Pudens

1er ou 2e siècle

 

Une longue tradition entoure ce personnage de la première antiquité chrétienne, mais des preuves précises manquent.

Il s’agirait d’un sénateur romain, Quintus Cornelius Pudens, ou même plutôt le fils de ce dernier. Il aurait accueilli saint Pierre chez lui, en aurait reçu le baptême et, devenu veuf, aurait donné tous ses biens aux pauvres et transformé sa maison en lieu de prière pour la communauté romaine. 

Il aurait eu quatre enfants, deux garçons : Novatus, Timotheus, dont on ne sait rien de particulier ; et deux filles, Pudentiana et Praxedes, si célèbres que deux églises portent leur nom à Rome. Sainte Pudentiana est commémorée le même jour que son père, sainte Praxède le 21 juillet.

Un martyrologe ancien affirme qu’il garda immaculée jusqu’à sa mort la robe d’innocence dont il avait été revêtu au baptême par les saints apôtres.

C’est peut-être à lui que fait allusion saint Paul dans sa deuxième épître à Timothée : Tu as le salut d’Eubulus, de Pudens, de Linus, de Claudia et de tous les frères (2Tm 4:21), Claudia pouvant même être l’épouse de Pudens (mais on n’a aucune information sur cet Eubulus, et on ne sait si Linus est le futur successeur de saint Pierre).

La même tradition fait de ce Pudens un martyr sous Néron (54-68). Les Orientaux le commémorent le 14 avril.

Au 5e siècle, les actes d’un synode mentionnent le titre de Pudens, une église romaine connue aussi comme ecclesia Pudentiana.

Autrefois, saint Pudens était commémoré le 19 mai. 

On a proposé de distinguer deux personnages : le sénateur d’une part, le père de Pudentiana et Praxède d’autre part. Ce deuxième Pudens aurait été un disciple du pape Pie 1er, qui mourut en 161.

La difficulté de se retrouver au milieu de ces dates, a fait que le nom même de Pudens et aussi de Pudentiana ont été retirés du Martyrologe actuel.

 

 

Pudentiana

2e siècle

 

Fille de Pudens, dont l’Eglise faisait mémoire ce même 19 mai, Pudentienne était, avec sa sœur Praxède, une vierge très fidèle de la communauté romaine.

Jeune encore à la mort de son père, elle remit à l’Eglise tous ses biens et donna leur liberté à ses «esclaves».

La maison de son père devint une église avec un baptistère puis, lors de la persécution d’Antonin (dit «le Pieux»), un refuge pour les Chrétiens.

Pudentienne était connue pour ses vertus, mais surtout pour le zèle qu’elle mit à ensevelir les Martyrs. 

Elle mourut à seize ans, déjà remplie de mérites et de bonnes actions.

Elle était donc commémorée le même jour que son père Pudens, le 19 mai.

 

 

Urbain Ier, pape

222-230

 

Voici un pape qui, malgré huit années de pontificat reste très mystérieux, car on en connaît peu de choses certaines.

Romain, fils de Pontianus, il succéda à saint Calixte Ier comme dix-septième pape, et fut sur le siège de Saint-Pierre sept ans, onze mois et douze jours.

Il ordonna un certain nombre d’évêques, de prêtres et de diacres, mais les chiffres sont discordants.

On lui attribue une encyclique, Ad omnes christianos.

Certains le donnent comme martyr, décapité le 24 juin 230 ; d’autres mentionnent sa mort (naturelle) au 19 mai, ce que fait l’actuel Martyrologe romain.

D’après la bienheureuse voyante stigmatisée, Anna Katharina Emmerick, c’est lui qui baptisa sainte Cécile, ainsi que son fiancé Valérien et le frère de ce dernier, Tiburce.

Il eut pour successeur saint Pontien.

 

 

Parthenius et Calogerus de Rome

† 302

 

Parthenius était eunuque et avait un haut emploi dans le palais impérial.

Calogerus, eunuque lui aussi, était le chef des camériers de la femme de l’empereur.

Les textes ne sont pas d’accord, mentionnant soit l’empereur Dèce († 251), soit Dioclétien († 305).

Ils furent tous deux martyrisés pour avoir refusé de sacrifier aux dieux païens. On les tortura de diverses façons et ils expirèrent sous les coups de bâtons embrasés qui leur brisèrent la tête.

Saints Parthenius et Calogerus de Rome sont commémorés le 19 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Hadulphus d’Arras
† 728

Un mystérieux Ranulphus, qu’on fêtait le 27 mai, martyr, passait pour être le père de notre Hadulphus.
Hadulphus fut moine à Saint-Vaast d’Arras, peut-être prieur, puis abbé en 699 (ou un peu plus tard).
En 711 (ou 717), il fut unanimement appelé au siège épiscopal d’Arras, et unanimement aussi prié de rester en même temps abbé de son monastère.
Il mourut le 19 mai 728, unanimement pleuré.
Des miracles attestèrent sa sainteté.
Saint Hadulphus d’Arras est commémoré le 19 mai dans le Martyrologe Romain.


Dunstan de Canterbury
909-988

Dunstan naquit vers 909 à Baltonsborough (Glastonbury, Somerset, Angleterre), dans une famille très chrétienne, apparentée à la dynastie royale et d’où sortirent plusieurs évêques. Le père de Dunstan, Heorstan, était frère des évêques Athelm et Elphege (v. 8 janvier ? et 19 avril). La mère de Dunstan, Cynethryth, aurait reçu d’un mystérieux messager l’annonce que son fils serait une lumière pour l’Eglise d’Angleterre. Dunstan eut un frère, nommé Wulfric.
Dunstan reçut sa formation des moines irlandais qui vivaient en la vieille abbaye de Glastonbury, assez délabrée à cette époque. Le jeune garçon y apprit : la peinture, la calligraphie, l’art de la miniature, de la ciselure des métaux, et last but not least la harpe.
C’est à sa verve musicale que l’on devrait le Kyrie rex splendens du Kyriale vatican.
Dans cette abbaye, il reçut la tonsure et les ordres mineurs. C’est là aussi qu’il eut un rêve prémonitoire, qui se réalisera bien plus tard : il se voyait construire les bâtiments d’un monastère.
Adolescent, et sur présentation de son oncle Athelm, archevêque de Canterbury, il fut introduit à la cour, où cependant il fut mal accueilli, soit à cause de la supériorité de sa formation, soit à cause de son intégrité qui dérangeait. Des jaloux l’accusèrent de sorcellerie et il fut renvoyé.
Il songea alors au mariage, tandis que son oncle Elphege (ou Ælfheah), évêque de Winchester, lui suggérait la vie monastique ; Dunstan hésitait. Mais une grave maladie - une sorte de lèpre qui le conduisit à l’article de la mort - le fixa sur sa destinée : il se consacra à Dieu, sans toutefois encore appartenir à une communauté. Il fut ordonné prêtre, en même temps qu’un de ses amis, Ethelwood.
Dunstan se retira quelque temps à Glastonbury, dans une toute petite cellule, où il se concentra sur l’étude, la musique avec sa harpe… et la lutte contre le démon : on raconte qu’il gifla le Tentateur avec une espadrille.
En 940, le nouveau roi, Edmund, en fit son conseiller et, après un accident qui faillit lui coûter la vie, confia à Dunstan l’administration de l’abbaye de Glastonbury : Dunstan devenait abbé à trente ans, et chargé de reconstruire, matériellement et spirituellement, la communauté. En quinze ans, Dunstan éleva le niveau intellectuel et spirituel des moines, dont beaucoup devinrent qui abbés, qui évêques. La règle observée fut celle de s.Benoît (v. 11 juillet). Pour n’avoir pas à sortir de la clôture du monastère, maintenant restaurée, Dunstan confia les affaires économiques à son frère Wulfric.
Après Edmund, le roi Eadred renouvela sa confiance à Dunstan, qui en profita pour contribuer à l’unification du pays autour de la couronne. En 951 et 953, Dunstan refusa d’être nommé évêque (Winchester et Crediton), pour se consacrer à sa mission de conseiller du roi.
En 955, à l’avènement du jeune roi Eadwig, Dunstan préféra éviter ce pauvre débauché ; il s’enfuit et alla passer deux années près de Gand, dans un monastère réformé dépendant de Cluny, où il enrichit son expérience.
En 957, le nouveau roi Edgar rappela Dunstan : il lui donna l’évêché de Worcester (958), celui de Londres (959), enfin celui de Cantorbury en 960.
En qualité de primat, Dunstan consacra évêques Oswald et Ethelwood (v. 29 février et 1er août). Ces trois évêques soutinrent la réforme de l’Eglise d’Angleterre, qui connut bientôt une trentaine de monastères d’hommes et six de moniales. Lors d’une assemblée à Winchester, en 970, Dunstan et Ethelwood, approuvés par beaucoup d’abbés, rédigèrent une sorte de charte à l’usage de tous les monastères anglais, pour en renforcer la cohésion.
Dunstan continua, grâce à l’appui royal, à exercer une influence extrêmement bénéfique pour la vie de l’Eglise en Angleterre ; des lois contribuèrent à extirper les restes du paganisme, à développer le culte liturgique, à développer l’instruction du clergé.
Après la mort du roi Edgar en 973, et l’assassinat de s.Eadweard le Martyr (978, v. 18 mars), Dunstan cessa d’être conseiller du roi ; le jour du couronnement de ce dernier, il lui prophétisa les malheurs qui allaient bientôt s’abattre sur lui ; en 984, après une vision de s.André (v.30 novembre), il persuada le roi de nommer Ælfheah évêque de Winchester pour succéder à Ethelwold.
Désormais, il s’occupa exclusivement de son diocèse. Infatigable, il corrigeait encore des manuscrits au petit matin. Quand il alla se recueillir sur les tombes des ss.Augustin et Æthelberht (v. 26 mai et 24 février), il eut une vision des anges qui chantaient. Il s’occupa paternellement des jeunes étudiants qui venaient même d’Europe continentale pour profiter de l’école cathédrale.
La veille de l’Ascension de 988, des anges lui annoncèrent sa prochaine mort. Le jour de l’Ascension, Dunstan célébra une dernière fois la Messe ; il y prêcha et annonça sa mort imminente, puis il s’alita. Le samedi 19 au matin, on célébra la Messe près de lui, il reçut l’Onction des Malades et le Viatique. C’est alors qu’il s’éteignit à cette vie terrestre.
Il fut immédiatement vénéré comme un saint, et formellement canonisé en 1029. Il fut le Saint le plus vénéré en Angleterre jusqu’au martyre de s.Thomas Becket (v. 29 décembre).
Saint Dunstan de Canterbury est commémoré le 19 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Humiliana Cerchi

1219-1246

 

Humiliana Cerchi naquit en 1219 à Florence (Italie), d’un père issu de l’ancienne noblesse et qui eut… six filles et douze garçons.

On sait de son enfance qu’Humiliana se comportait toujours avec une docile obéissance envers ses parents, acceptant patiemment toutes sortes de situations contrariantes.

Son père cherchait, par l’intermédiaire des alliances de ses enfants, à élargir son pouvoir et ses domaines. Il arrangea ainsi le mariage d’Humiliana dès qu’elle eut seize ans. Le jeune fille, qui portait bien son nom, se soumit totalement à cette décision.

Cette vie maritale dura cinq ans, et elle eut deux filles. 

L’homme qu’elle avait épousé se montra cependant bien en-dessous des qualités de son épouse, qu’il traita durement. Malgré cela, Humiliana demeura fidèle. Son mari tomba bientôt gravement malade : non seulement elle le soigna avec profonde tendresse jusqu’à la mort, mais encore elle remit aux proches de celui-ci toute sa fortune personnelle, leur demandant seulement de pourvoir à réparer les injustices commises par son mari.

Elle s’en retourna à la maison paternelle. mais comme son père tentait de lui arranger un nouvelle alliance, elle quitta la maison. Elle alla revêtir l’habit des Tertiaires franciscaines et vécut dans la solitude, ne sortant que pour aller à l’église ou auprès des pauvres.

Son père alors la déshérita. Loin de se plaindre, Humiliana se réjouit de pouvoir ainsi renoncer à tout ce qu’elle possédait. Elle regrettait bien de ne pouvoir aider les pauvres, mais elle trouva son réconfort en allant mendier pour eux.

Humiliana reçut des dons extraordinaires, des extases, le don des larmes, les prophéties, mais elle eut aussi les épreuves du Démon, qui la tourmentait : il lui faisait voir les cadavres de ses proches, la frappait, l’étranglait, se présentait sous les traits d’un horrible serpent qui venait frôler sa tête pendant plusieurs jours… Humiliana le fit disparaître avec le Signe de la Croix, et délivra aussi d’autres personnes possédées.

Humiliana s’imposait aussi des mortifications surprenantes : elle jeûnait plusieurs fois la semaine, se contentant souvent de pain ; elle se donnait la discipline avec des nerfs de bœufs, ou des courroies ou des ronces ; son vêtement était en poils de chèvre et de crin ; quand elle ne veillait pas, elle dormait sur un sac de paille.

Elle se confessait chaque semaine, avant de communier le dimanche.

Elle tomba malade le jour de Pâques, en 1246. Après encore quelques tourments diaboliques, elle s’éteignit le 19 mai 1246, jour où la commémore le Martyrologe.

Son culte a été approuvé en 1694.

 

Célestin V, pape

1294-1296

 

Pietro Angeleri del Morrone naquit en 1209 dans les Abruzzes, avant-dernier des douze enfants d’une humble famille.

Bénédictin vers sa vingtième année, il voulut vivre une vie plus érémitique et se retira dans une grotte. Bientôt rejoint par d’autres disciples, il devint finalement l’involontaire fondateur des Ermites de saint Damien, qui furent reconnus par Urbain IV et affiliés à l’ordre bénédictin. Ils eurent jusqu’à trente-six monastères. Pietro dut se déplacer plusieurs fois, et finalement laissa le gouvernement de ces monastères pour se retirer à nouveau dans la solitude.

Or, après la mort du pape Nicolas IV en 1292, le Saint-Siège resta vacant deux années, les cardinaux n’arrivant pas à trouver une majorité sur un nom. 

Un “saint homme” aurait alors fait savoir aux cardinaux que Dieu ferait sentir sa justice dans quatre mois si cet état se prolongeait. Certains affirment que ce message était signé de Pietro lui-même ; les cardinaux eurent alors l’idée unanime d’élire cet ermite (1294) et on l’envoya chercher pour le lui annoncer.

Surpris et effrayé, Pietro finit par accepter la volonté de Dieu. On l’emmena, mais pour abréger les temps, on s’arrêta à L’Aquila pour le sacrer évêque et le couronner pape (août 1294). Lui qui était âgé de quatre-vingt quatre ans, il voulut entrer dans la ville sur le dos d’un âne, comme le Christ lors de son entrée à Jérusalem. Il prit le nom de Célestin V : il allait à son tour prendre le chemin du calvaire.

Célestin voulait favoriser tous les religieux austères, il concédait indulgences et faveurs, cédant parfois à la faiblesse et même se laissant tromper. Il nomma douze cardinaux, dont sept français, sans doute sur influence du roi Charles II. Au lieu de gagner Rome, il se laissa persuader de s’installer à Naples.

Célestin V voyait qu’il ne gouvernait pas l’Eglise. Il voulut renoncer et consulta. Après maintes réflexions, il annonça sa renonciation et son désir de retourner à sa solitude. 

On fut édifié de son humilité : le 13 décembre 1294, devant les cardinaux réunis, il descendit de son trône, déposa son anneau et les ornements pontificaux, et alla s’asseoir sur un tabouret.

Une humilité qui fut récompensée : passant ensuite devant un boîteux qui lui demandait sa bénédiction, Célestin (redevenu Pietro) lui répondit : “Lève-toi, lève-toi”, et l’infirme se releva.

Sans tarder, on élut à Naples un nouveau pape, Boniface VIII (décembre 1294), qui annula les concessions excessives accordées par Célestin V, mais aussi empêcha ce dernier de regagner son ermitage, pour éviter des soulèvements possibles des foules ; il voulait le maintenir sous bonne garde. Une escorte devait le ramener à Rome.

Malgré son grand âge, Pietro trompa l’attention de l’escorte, enfourcha un cheval et regagna le Monte Murrone ; on alla le chercher, il refusa de partir ; les moines le dissimulèrent ; puis il voulut s’éloigner à nouveau, mais on le reconnut ; il voulut s’embarquer pour la Grèce, mais le vent ramena le bateau au port ; on finit par le repérer et le pape Boniface VIII donna l’ordre de le lui amener à Anagni avec tous les honneurs dus à un pape (juin 1295).

“Emprisonné” avec deux de ses moines, Pietro accepta facilement cette nouvelle solitude et ne se plaignit jamais de son sort, jusqu’à sa mort onze mois après, le 19 mai 1296 ; il avait quatre-vingt sept ans.

Beaucoup de miracles suivirent sa mort. Le pape d’Avignon (Clément V) le canonisa en 1313, sous le nom de Pietro Celestino, reconnaissant ainsi à la fois la sainteté de l’ermite et l’authenticité du bref pontificat de son prédécesseur.

Célestin V avait été le cent-quatre-vingt douzième pape.

 

Note. On a plusieurs fois invoqué l’exemple de l’abdication de Célestin V à propos du pontificat douloureux de Jean-Paul II : certains préconisaient que ce dernier pût démissionner en raison de sa santé fortement compromise. 

Le pape reçoit une mission divine qu’il ne peut résilier une fois qu’il l’a acceptée. Mais les deux cas sont cependant différents : d’un côté Célestin V, qui constatait son impuissance et son incapacité, décida sans aucune contrainte sa propre démission pour le bien de l’Eglise et pouvait couvrir sa décision de sa propre autorité suprême ; de l’autre, Jean-Paul II répondait avec justesse qu’il “ne gouvernait pas avec ses jambes”, car il conserva jusqu’au bout sa pleine lucidité et son entière autorité sur le gouvernement de l’Eglise : ses écrits, ses décisions, ses nominations, ses voyages, ses discours le montrent bien ; en outre il voulut donner à tous l’exemple de l’acceptation du sacrifice de sa personne jusqu’au bout de ses forces physiques.

Maintenant, nous avons un autre cas de démission pontificale : Benoît XVI a humblement renoncé à exercer une charge qui lui était devenue trop lourde. En viendra-t-on à imposer aux papes, comme aux évêques, une «limite d’âge» ? Et si l’on clouait la bouche à un vénérable vieillard en lui disant : Tu n’es plus grand-père !…

N’avons-nous pas oublié le mot de saint Paul : Avec l’épreuve, Dieu nous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter (1Co 10:13) ?

 

 

Yves Helory de Kermartin

1253-1303

 

Ewan Helory vit le jour le 17 octobre 1253 au manoir de Kermartin, dans la paroisse de Minihy-Tréguier, d’un humble gentilhomme et d’une mère fort pieuse. Il eut une sœur.

Le prénom, Ewan, qu’il reçut au baptême a suscité beaucoup de commentaires et d’hypothèses. C’est un prénom à mille variantes, qu’on retrouvera sur internet ; pourquoi ce prénom ne pourrait-il pas dériver d’une forme altérée de Ioannes, comme Ivan en russe ? Le fait est que c’est à partir d’Ewan qu’on a fabriqué le nom latin Yvo, à son tour retraduit Yves en français.

Jusqu’à quatorze ans, Yves étudia avec un compatriote, Jean de Kerhoz puis, quand l’élève eut acquis la science du professeur, ils allèrent tous deux à Paris, où Yves étudiera en plus la théologie. Yves et Jean se dirigèrent ensuite à Orléans pour le droit.

Travailleur, Yves se démarqua vite de ses confrères bruyants. Il travaillait, il priait, impressionnant ses camarades par sa douceur et son innocence.

Ce fut au point qu’en 1280, il fut nommé official (c’est-à-dire juge ecclésiastique) à Rennes, alors qu’il n’avait que vingt-sept ans et n’était pas prêtre.

Avec ses modestes rentes, il hébergeait deux orphelins, se contentant de coucher sur un maigre grabat. Quand l’évêque de Tréguier l’apprit, il appela Yves pour être son official, lui faisant attribuer un bénéfice ecclésiastique, de sorte qu’Yves dut, par obéissance, accepter d’être ordonné prêtre.

L’activité juridique d’Yves est légendaire, et lui a valu d’être le céleste protecteur des avocats et des membres du barreau. Le trait dominant du saint Avocat, était avant tout de réconcilier les parties opposées, se faisant d’abord le protecteur du bon droit, même contre les puissants.

A partir de 1290, insatisfait de ses habituelles mortifications, Yves abandonna aussi ses habits soignés pour se contenter de la plus simple bure et de chaussures grossières. 

Son manoir de Kermartin devint une auberge où il accueillait chaque nuit les pauvres et les pèlerins de passage, tandis qu’il dormait à l’étage sur un peu de paille, la tête sur deux livres.

Yves fut curé de Tredrez, puis, plus proche, de Louannec, une paroisse qu’il dut faire émerger d’un niveau de grand abandon spirituel. Yves poussa l’audace jusqu’à célébrer la Messe en breton, et non en latin. Il prêcha beaucoup en divers endroits du diocèse.

Vers 1297, il renonça à sa charge d’official et, en 1298, se retira dans son manoir de Kermartin. En 1302, il voulut encore faire un pèlerinage à Saint-Renan (Quimper), dont il revint épuisé. Le 15 mai 1303, il célébra la messe pour la dernière fois. Il s’éteignit au matin du dimanche 19 mai 1303.

Bien sûr, la piété populaire le canonisa sans attendre et l’on se partagea ses reliques. Le procès de canonisation officiel s’ouvrit en 1330, la canonisation eut lieu en 1347. Voici comment commence la bulle papale de canonisation : 

Le doux créateur des astres, qui, dans sa grande clémence, illumine la succession des siècles, a daigné jeter une clarté nouvelle sur ce temps où le monde vieillissant accélère son déclin vers le dernier des soirs ; le Père des lumières, Orient de l'éternelle lumière, admirable splendeur, a fait surgir de l'extrémité de l'Occident, je veux dire de la Bretagne, une étoile matinale qui ne s'éteindra pas. L'unique soleil a fait surgir un soleil reflétant dès maintenant sa propre lumière.

 

 

Matteo da Termini (Agostino Novello)

1240–1309

 

Matteo da Termini n’est connu ni par son prénom ni par son nom de famille ; de plus, l’année, 1240,  et le lieu de sa naissance restent approximatifs.

Matteo en effet naquit soit dans la province de Rieti (Italie C), à Tarano ou Terranova, soit dans celle de Palermo (Sicile), à Termini Imerese ou Trapani ou Taormina ou même Palermo… De toutes ces localités, celle de Termini Imerese pourrait correspondre au nom sous lequel Matteo fut inscrit au registre du baptême.

On a plus de certitudes sur les événements postérieurs de sa vie.

Il fit des études de droit à Bologne, où il eut comme compagnon d’études Manfredi, qui serait bientôt roi de Sicile. Docteur en droit civil et ecclésiastique, il enseigna sur place, avant d’être appelé par le même Manfredi à la cour de Sicile.

En 1266, dans la bataille où Manfredi perdit la vie, Matteo fut très gravement blessé, au point qu’on le laissa comme mort sur le champ de bataille. D’aucuns précisent qu’en réalité il avait quitté le champ de bataille à temps et que, bientôt atteint d’une dangereuse maladie, il résolut de changer complètement de vie.

Il songea à l’Ordre dominicain, mais choisit l’Ordre augustinien et entra au couvent de Palerme en 1268, et c’est là qu’il prit le nom du Fondateur historique de l’Ordre, Augustinus d’Hippone (v. 28 août), à ce détail près qu’on le nomma «nouvel Augustin», Agostino Novello. 

De Palerme, on l’envoya à Sienne, où il dissimula si bien sa science, qu’on le crut analphabète et qu’on lui réserva les tâches des serviteurs. Puis on l’envoya à Rosia, où un événement peu commun le fit sortir de l’incognito.

En 1288 en effet, le couvent fut emporté dans un dangereux procès, et Agostino se proposa au Prieur pour préparer la défense. Le juge comprit que ce travail venait de quelqu’un d’instruit et reconnut à Rosia son ancien camarade de Bologne. Finie la vie cachée d’Agostino !

Le Prieur général l’appela à Rome, le fit ordonner prêtre, lui fit rédiger les constitutions de l’Ordre, le présenta au pape qui en fit le Grand Pénitencier du Vatican.

En 1298, il dut s’incliner devant le choix du Chapitre (et l’ordre du pape) pour devenir Prieur général de l’Ordre ; il réussit quand même à démissionner en 1300, pour se retirer dans un autre couvent proche de Sienne, et se donner uniquement à la prière et aux œuvres de charité.

Quelques années plus tard, il fut averti de sa mort prochaine et s’y prépara sereinement.

Agostino mourut le 19 mai 1309, lundi de Pentecôte cette année-là. Les miracles accomplis par son intercession engendrèrent un culte populaire qui fut reconnu en 1759.

 

 

Juan Lorenzo de Cetina

1340-1397

 

Juan Lorenzo naquit en 1340 à Cetina (Calatayud, Saragosse, Espagne), de Juan Lorenzo, qui lui donna son nom, et grandit comme page à la cour du seigneur local.

Insatisfait de cette vie de luxe, il se retira dans un ermitage proche de Cartagena et y mena une vie de prière, de jeûne et de pénitence.

Il demanda à être admis au couvent franciscain de Monzón, où il fut ordonné prêtre.

Envoyé à Barcelone pour y compléter sa formation, il cherchait à y convertir les Juifs et les Musulmans. Il obtint des conversions, mais des ennemis de l’Evangile commencèrent à le persécuter.

Envoyé au couvent de Chelva (Valencia), qui avait été fondé récemment (1388), il préféra là aussi une vie plus austère, dans une grotte de l’endroit, tout en revenant dans le couvent pour participer aux activités de la communauté.

C’est alors qu’il apprit comment quatre Confrères franciscains avaient été martyrisés à Jérusalem en novembre 1391 (v. 14 novembre) et le désir de partager leur sort lui fit aller en demander la permission au pape à Rome. Ce dernier lui suggéra d’aller prêcher aux Musulmans n’importe où, mais pas à Jérusalem. Juan pensait à Grenade, mais son Supérieur l’envoya à Cordoue, où sa prière et sa sainteté obtinrent divers miracles. Dans toute l’Espagne, on parla de frère Juan.

Juan se prépara à sa mission dans la prière et la sainteté de vie, et le chapitre de 1396 lui accorda finalement la permission d’aller précisément à Grenade. Il partit avec son jeune confrère, Pedro de Dueñas.

A Grenade, où ils arrivèrent le 28 janvier 1397 et commencèrent de parler du Christ, ils furent arrêtés par le cadi, qui chercha à les dissuader de parler publiquement, leur permettant de pratiquer leur foi privément, comme les autres Chrétiens. Mais les deux Franciscains continuèrent de prêcher la Vérité et furent finalement mis en prison. On les envoya travailler aux champs. 

De retour dans la ville, le roi les convoqua, les fit torturer et, ne pouvant les faire renier le Christ, fit décapiter Juan, espérant que Pedro, lui, apostasierait. Devant la constance de ce dernier, le roi le fit aussi exécuter. Une version autorisée du récit affirme que le roi lui-même les décapita.

Les restes des deux Martyrs furent récupérés par des Chrétiens et remis à des marchands catalans. Ils se trouvent principalement dans la cathédrale de Vich, tandis que d’autres reliques sont à Séville et à Cordoue.

Leur martyre eut lieu le 19 mai 1397 et leur culte fut approuvé en 1731.

 

 

Pedro de Dueñas

1379-1397

 

Pedro de Dueñas naquit vers 1379 à Bujalance (Cordoue, Espagne), d’Alonso et Isabel Sebastián. Alonso étant de Dueñas, Pedro fut aussi désigné de cette façon.

Le garçon travaillait aux champs et entendit l’appel à l’idéal franciscain ; il alla frapper au couvent San Francisco del Monte, proche de Cordoue, où se trouvait Juan de Cetina.

Après sa vêture, il fit la profession comme frère convers, et fut remarqué pour son  humilité. Il avait à peu près dix-huit ans. 

C’est Juan qui lui proposa de l’accompagner à Grenade ; le Gardien trouvait Pedro bien jeune et trop peu expérimenté pour une telle mission, mais accepta de le confier à la sainte compagnie de Juan.

Pour toute la suite de leur aventure, voir la notice Juan Lorenzo de Cetina, ci-dessus.

Leur martyre eut lieu le 19 mai 1397 et leur culte fut approuvé en 1731. 

Peter Wright

1603-1651

 

Peter naquit en 1603 à Slipton (Northamptonshire, Angleterre).

Après dix années d’activité comme avocat, il s’engagea dans l’armée anglaise aux Pays-Bas, mais la quitta après un mois, se réfugiant chez les Jésuites à Gand, pendant deux ans.

En 1629, il entra au noviciat de Watten et, après diverses charges à Liège et Saint-Omer, fut aumônier d’un régiment anglais basé en Espagne.

En 1644, il retourna en Angleterre pour accompagner le chef de ce régiment qui résidait chez le Marquis de Winchester, dont il devint ensuite l’aumônier en 1645, mais dans sa maison de Londres.

C’est là qu’il fut arrêté, le 2 février 1651.

Conduit à Newgate, il fut condamné par le tribunal de Old Bailey.

Peter Wright mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 19 mai 1651, lundi de Pentecôte, qu’on appelle White Monday. Il y avait plus de deux-mille badauds sur la place. Peter eut la «permission» de mourir «tout de suite», c’est-à-dire qu’il mourut réellement de la pendaison, alors que d’ordinaire on remettait sur pied avant leur complète expiration les condamnés pendus, pour les éviscérer alors qu’ils étaient encore bien conscients. Peter échappa à cette «boucherie».

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Biagio de’ Signori

1676-1740

 

Biagio (Blaise) naquit le 30 octobre 1676 à Corte (Corse, alors gênoise).

A dix-sept ans il entra chez les Capucins, et passa chez les Frères Mineurs de l’Observance, prenant en 1693 le nom de Teofilo.

On l’envoya étudier la philosophie à Rome, la théologie près de Salerno, où il fit la profession solennelle et fut ordonné prêtre.

Il embrassa ensuite la vie érémitique dans le Latium, où il rencontra saint Tommaso de Cori (v. 11 janvier).

Il resta proche de ce dernier à Bellegra, puis retourna en Corse en 1730, pour fonder un couvent franciscain à Zúani ; en 1734, il fut rappelé à Rome et à Bellagra en 1735, avant de fonder un nouveau couvent à Fucecchio (Toscane).

Biagio-Teofilo de Corte mourut le 19 mai 1740 à Fucecchio. Il fut béatifié en 1896 et canonisé en 1930.

 

 

Pietro Fioretti (Crispino de Viterbe)

1668-1750

 

Pietro Fioretti (en religion Crispino) est né le 13 novembre 1668, à Viterbe (Latium, Italie), de parents ouvriers. Sa mère, dès son plus jeune âge, lui inspira une grande dévotion à la Vierge Marie. Chaque fois qu'elle emmenait son fils à l'église, ils s'arrêtaient devant l'autel de la Vierge, et elle lui disait Voilà ta vraie Mère !

Tout enfant, il fut placé chez un oncle, cordonnier. Avec les quelques sous qu'il gagnait, Pietro allait acheter des fleurs pour apporter à la Sainte Vierge.

Sa mère lui avait enseigné de mettre toute sa confiance dans la Vierge Marie et d'avoir recours à elle en toutes circonstances. Un jour qu'il était monté sur un arbre avec trois camarades, une branche se cassa, et ils tombèrent sur des pierres. Le petit Pietro s'écria aussitôt : Sainte Vierge Marie, venez à mon aide ! Ses trois camarades furent gravement blessés et seul Pietro se releva sans une égratignure.

A l'âge de 25 ans, voyant autour de lui des frères Capucins, il eut envie de les rejoindre, malgré sa faible santé. Il intégra donc le couvent où il exerça toutes les tâches ancillaires qu'on lui demandait : bêcher le jardin, quêter, faire la cuisine, soigner les malades, etc., tâches dont il s'acquittait dans la joie et la bonne humeur constantes. Le frère infirmier disait de lui : Frère Crispino n'est pas un novice, mais un ange.

Il fut cuisinier dans le couvent de Tolfa. Une cuisine pauvre dans une cuisine propre était sa devise.

Pendant quarante ans, il fut moine quêteur pour son couvent d'Orvieto ; tout en demandant le pain à ceux qu'il sollicitait, il leur parlait de Dieu et de la Vierge Marie pour laquelle il avait toujours une aussi profonde dévotion. D'ailleurs, quand on lui soumettait des cas douloureux ou difficiles, il répondait : Laissez-moi parler un peu avec Madame ma Mère (Mia Signora Madre), puis revenez me voir.

Dans tous les couvents où on l'envoyait, Crispino dressait à son usage un petit autel à Marie. Un jour qu'il y avait placé deux belles fleurs, elles furent volées par deux malandrins. Le lendemain, un religieux lui donna deux cierges ; Crispino les alluma et sortit pour aller cueillir des légumes dans le jardin ; le religieux qui les lui avait donnés les enleva, et se cacha pour voir comment Crispino allait réagir. A son retour, Crispino, ne voyant plus les cierges, se plaignit à Marie: Comment ! Hier les fleurs et aujourd'hui les cierges ! Ô ma Mère, vous êtes trop bonne ; bientôt on vous prendra votre Fils dans les bras et vous n'oserez rien dire !

Quand on le plaignait de son excès de travail, il disait en riant le mot de saint Filippo Neri: Le Paradis n'est point fait pour les lâches !

Un jour, une maladie contagieuse se répandit dans son couvent. Son supérieur lui demanda : Voulez-vous risquer votre vie et aller soigner vos frères ? Crispino lui répondit : Voulez-vous ? J'ai laissé ma volonté à Viterbe, en entrant chez les Capucins. Il alla soigner tous ses frères et ne fut pas atteint lui-même par l'épidémie.

Il aimait beaucoup aller quêter pour sa communauté et s'appelait lui-même l'âne des Capucins. Si, pour l'éprouver, on l'insultait, il s'écriait : «Dieu soit loué ! On me traite ici comme je le mérite».

Il mourut à Rome le 19 mai 1750 en laissant à tous ses contemporains le souvenir d'un saint homme joyeux, partageant sa bonne humeur et témoignant de sa foi sans limite devant ses frères tout en accomplissant les plus humbles besognes.

Crispino de Viterbe a été béatifié en 1806 et canonisé en 1982. Son corps parfaitement conservé repose à Rome.

 

 

Jean-Baptiste-Xavier Loir

1720-1794

 

Né le 11 mars 1720 à Besançon, Jean-Baptiste entra chez les Capucins au Petit-Forez (Lyon), prenant le nom de Jacques-Louis.

Lors de la Révolution, il fut déporté aux Pontons de Rochefort, avec de nombreux autres prêtres.

Il mourut à bord du Les Deux Associés, victime des mauvais traitements et des pénibles conditions de vie à bord de ce bateau négrier, en principe à destination de la Guyane, mais qui ne partira jamais.

On retrouva le Religieux, âgé de soixante-quatorze ans, figé, à genoux, le 19 mai 1794.

Il fut béatifié en 1995.

 

Raphaël Rafiringa 

1856-1919

 

Né le 13 novembre 1856 (ou peut-être le 3 novembre, ou aussi le 1er mai ?) à Mahamasina (Antananarivo, Madagascar), de Rainiantoandro et de Rahaga, Rafiringa grandit dans les coutumes de la famille, de son milieu et de la cour royale. Il avait une sœur, Ernestine.

Son père était forgeron à la cour royale, un métier qui consistait entre autres à mettre des anneaux de fer au cou, aux mains et aux pieds des prisonniers.

Rafiringa fut très impressionné par les premiers Frères des Ecoles Chrétiennes qui arrivèrent sur l’île. Il recevra le baptême à treize ans, sous le nom de Raphaël, et continuera sa formation chez les Frères.

En 1874, Rafiringa fut choisi pour être à son tour un jeune enseignant : il est Maître d’Ecoles Chrétiennes. Sa vocation mûrit, et il devint réellement postulant des Frères des Ecoles Chrétiennes, en 1876. Il ne pouvait rejoindre le noviciat sur l’Ile Bourbon (Réunion), et resta sur place, sous la conduite des Frères.

C’est à ce moment qu’il prit le nom religieux de Raphaël-Louis. Il fit les premiers vœux en 1879.

Cette année-là, le gouvernement malgache renvoya tous les étrangers français résidant à Madagascar. Les Religieux durent faire leurs malles, et confièrent à deux Malgaches le soin d’apostoliser Madagascar : l’une est Victoire Rasoamanarivo (v. 21 août), l’autre est notre Rafiringa.

Victoire dit en sanglotant au père Jésuite qui la quittait : Mon Père, je ferai ce que je pourrai. Rafiringa, lui, n’avait que vingt-sept ans, mais bien décidé à continuer sa vie religieuse. En saluant les Frères qui partaient, il leur dit : J’ai renouvelé mes vœux de trois ans il y a quelques jours, avec bonheur ; je regrette qu’ils ne soient pas perpétuels.

Rafiringa entretint une correspondance suivie avec le Supérieur, le mettant au courant de ses activités : il fut élu Préfet de l’Eglise catholique de l’Imerina par les chrétiens eux-mêmes ; il s’occupait des postulantes des Sœurs de Saint-Joseph-de-Cluny, leur donnant des conférences ; il suivait les écoles de Antananarivo, formant les maîtres ; il entretenait la piété des Eglises par des retraites, des prières, des exhortations ; il visitait les lépreux d’Ambahivoraka (actuelle Sabotsy Namehgana, à quinze kilomètres d’Antananarivo).

Ce n’était pas tout : il traduisait en malgache les livres français ; il écrivit aussi de nombreux ouvrages littéraires (poésie, théâtre, vies de saints). Il sera membre de l’Académie Malagasy en 1902.

Quand les missionnaires purent revenir sur l’île, Rafiringa reprit simplement son poste d’éducateur. 

En 1889, il fit la profession solennelle (les vœux perpétuels).

En 1894, lors d’un deuxième conflit entre Madagascar et la France, il fut à nouveau nommé responsable de la Mission Catholique.

Les missionnaires revinrent en 1896. Rafiringa continua d’aider l’Eglise et il enseigna la langue malgache aux résidents français.

En 1903, le général français Gallieni le décora de la Médaille du Mérite Civil pour l’efficacité de son engagement pour la pacification des relations entre France et Madagascar.

En 1915, il fut injustement accusé de conspiration et emprisonné avec deux autres Religieux. Il continua en prison sa vie de prière et de mortification, demandant à Dieu des vocations pour Madagascar. L’épreuve dura une année, au terme de laquelle il fut innocenté.

Frère Rafiringa-Raphaël-Louis mourut le 19 mai 1919 à Fianarantsoa.

Il a été béatifié en 2009.

 

 

Verena Bütler

1848-1924

 

Née le 28 mai 1848 à Auw (Aargau, Suisse), Verena était la quatrième des huit enfants de Heinrich et Katharina Bütler, d’humbles paysans très croyants, qui lui enseignèrent l’amour de Dieu et du prochain.

Verena fut baptisée le jour-même de sa naissance. Elle reçut la Première communion à douze ans, avec une telle ferveur qu’elle en resta marquée toute sa vie.

Après l’école primaire, elle participa aux travaux de la ferme et fut demandée en mariage par un bon jeune homme, qu’elle aima aussi. Mais l’appel de Dieu en elle-même fut plus fort et elle rompit tout lien sentimental humain pour répondre entièrement à cet appel divin.

Il semble qu’elle ait eu quelque «locution» intérieure, car elle écrivit : Expliquer mon état d’âme à quelqu’un qui n’a jamais reçu d’expérience semblable, est quelque chose d’extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible. Et encore : Le Saint Esprit m’a enseigné à adorer, à prier, à louer, à remercier Jésus dans le tabernacle, à tout moment, même durant le travail et la vie courante.

Elle entra d’abord comme postulante dans un couvent de sa région, mais comprit que ce n’était pas là qu’elle était appelée.

Revenue dans son pays, où elle participa activement à la vie paroissiale, elle fut orientée par le curé vers les Franciscaines de Maria Hilf à Altstätten, où elle entra en 1867.

En 1868, recevant l’habit, elle prit le nom de Maria Bernarda du Cœur de Marie, puis fit la première profession en 1869.

Bientôt élue maîtresse des novices, elle fut élue par trois fois supérieure de la communauté.

Après ces neuf années déjà bien remplies par son attitude fraternelle, elle reçut une invitation de l’évêque d’Equateur, à lui envoyer des Religieuses pour l’aider à annoncer l’Evangile.

Voyant là la volonté de Dieu, elle obtint de l’évêque de Saint-Gall et du pape les permissions nécessaires pour laisser la communauté et partir, avec six Compagnes, pour l’Equateur, en 1888.

Maria Bernarda pensait rester en lien étroit avec sa congrégation de Suisse. Mais Dieu l’amena plutôt à fonder une nouvelle famille religieuse : les Franciscaines Missionnaires de Marie Auxiliatrice.

L’évêque les reçut paternellement et leur confia la région de Chone, où l’absence de prêtres se faisait cruellement sentir. Les Religieuses se mirent hardiment au travail, rencontrant les familles, enseignant l’Evangile, reconduisant la population sur le chemin de l’Eglise. Apprenant en même temps la langue et les coutumes des habitants, elles purent bientôt récolter des fruits abondants de leur semence.

La communauté elle-même grandit et l’on fonda bientôt deux autres maisons.

Les difficultés furent toutefois nombreuses et pesantes : même le clergé n’acceptait pas volontiers la «réussite» de ces Religieuses étrangères ; et quelques-unes se détachèrent pour fonder une autre famille. A cela s’ajoutaient les tracas quotidiens : l’extrême pauvreté, le climat inhabituel, les risques pour leur santé ou même leur vie. Tout cela, Mère Maria Bernarda le supporta avec son inébranlable bonté, son sens du pardon, et sa prière pour tous ceux qui lui occasionnaient des tristesses.

En ce qui concerne la nouvelle ramification dont il a été question ci-dessus, Maria Bernarda eut la clairvoyance de ne pas la considérer comme une désertion, mais comme une autre lumière de l’Esprit Saint : sa fondatrice, Maria Charitas Brader est d’ailleurs béatifiée elle aussi (v. 27 février).

Quand la communauté de Maria Bernarda s’était établie, l’ancien président chrétien de l’Equateur, Gabriele García Moreno, avait été assassiné depuis longtemps déjà (1875), et la révolution couvait. Une violente persécution reprit en 1895, obligeant les Religieuses à quitter le pays et à trouver refuge dans la voisine Colombie. L’évêque de Cartagena les reçut paternellement à son tour et leur confia un ancien hôpital, où elles purent s’établir. C’est là que Mère Maria Bernarda resta jusqu’à la fin de sa vie.

De nouveau la congrégation s’agrandit… et fonda des maisons en Autriche et au Brésil.

Mère Maria Bernarda donnait la préférence aux pauvres, aux marginalisés. Elle insuffla son idéal aux Sœurs pendant plus de trente ans. Même après avoir remis sa charge, elle continuait humblement à donner l’exemple du service humble et joyeux, par sa vie et ses lettres.

Frappée par des douleurs intestinales, entourée de l’amour et de la vénération de toutes les Sœurs, Mère Maria Bernarda s’éteignit le 19 mai 1924, à soixante-quatorze ans : elle en comptait cinquante-six de vie consacrée, et trente-huit en pays de mission.

En annonçant sa mort, le curé de la cathédrale dit aux fidèles : Aujourd’hui est morte une Sainte dans cette ville : la révérende Mère Bernarda ! 

Elle a été béatifiée en 1995, et canonisée en 2008.

Le miracle retenu pour la béatification a été la guérison spontanée d’un cancer au cerveau d’un bébé colombien en 1967. Celui retenu pour la canonisation a été la guérison d’une femme médecin colombienne atteinte d’une broncho-pneumopathie chronique obstructive.

 

 

Lucinio Fontanil Medina

1884-1937

 

Lucinio était né le 12 février 1884 à Villamizar (León, Espagne).

Il entra chez les pères Capucins, reçut l’habit en 1914, avec le nom de Primitivo et fit la profession en 1915 comme Frère convers.

Il fut au service de la maison d’El Pardo (Madrid).

Lors des hostilités de 1936, les Religieux se croyaient suffisamment en sécurité, sur la parole du colonel. Mais le 20 juillet, ils entendirent le canon qui détruisait El Cuartel de la Montaña, puis virent les flammes qui envahissaient Madrid.

Le 21 juillet, des centaines de miliciens attaquèrent le couvent et tirèrent par toutes les fenêtres, au moment du déjeuner ; il y avait jusqu’à deux cents personnes présentes dans le couvent.

Ce fut ensuite un long calvaire pour les Religieux.

Les miliciens voulaient les pendre aux arbres voisins ; ils en furent empêchés.

Après une première arrestation, Lucinio fut libéré et trouva refuge chez un neveu et vécut dans une relative paix pendant quelques mois.

Finalement reconnu comme un des Religieux d’El Pardo, il fut arrêté le 19 mai 1937 à Madrid et abattu le même jour ou le lendemain, 20 mai, une des dernières victimes de cette cruelle période.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Alberto Linares de la Pinta

1913-1937

 

Alberto naquit le 7 août 1913 à Cheste (Valencia, Espagne) et fut baptisé un mois plus tard, le 7 septembre.

En 1925, il rejoignit son frère chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils, où il commença le «petit noviciat» (le collège).

En 1930, il commença le noviciat proprement dit et émit les vœux en 1931, avec le nom de Alberto Joaquín.

Il exerça son activité apostolique à Voltregá, à Berga, en 1934 à Bonanova.

Le 19 juillet 1936, il fallut rapidement évacuer le collège et chercher où se réfugier.

Alberto passa à la maison d’un ancien élève, puis rejoignit un de ses frères à Chiprana (Saragosse).

Un des plus féroces parmi les chefs révolutionnaires le découvrit et l’arrêta ; mais grâce à l’intervention de plusieurs personnalités, le chef le remit en liberté et lui confia même l’école de Chiprana. Comme l’établissement était assez éloigné de la maison de son frère, Alberto s’installa dans une famille proche de l’école.

Le 3 mai 1937, le chauffeur du Comité l’invita à monter dans son camion pour le faire passer dans la zone «nationale». Depuis, on ne sut plus rien de lui.

Mais au lendemain de la guerre, le curé de Castillonroy put donner des informations : Alberto avait été assassiné le 19 mai 1937.

Il a été béatifié en 2013.  

  

Pina Suriano
1915-1950

Née le 18 février 1915 à Partinico (Palerme, Sicile), unique enfant de Giuseppe et Graziella Costantino, modestes agriculteurs, Pina reçut le baptême le 6 mars suivant. Son prénom était, comme celui de son père, Giuseppina (Joséphine), mais on l’appela couramment Pina.
A sept ans, elle reçut la Première communion, après avoir reçu le sacrement de Réconciliation (qu’on appelait à l’époque Pénitence), puis la Confirmation. Depuis peu, le pape Pie X avait encouragé les curés et les catéchistes à préparer les petits enfants à recevoir l’Eucharistie «dès l’âge de raison», donc vers la septième année.
Cette même année 1922, Pina entra dans les rangs de l’Action Catholique, dont elle franchit tous les «degrés» : benjamine, aspirante, jeune active ; plus tard déléguée (1938), secrétaire (1939-1948), cumulant en même temps la charge de présidente de 1945 à 1948, à la demande des jeunes filles elles-mêmes.
Elle participait à toutes les activités de l’Action Catholique au niveau paroissial ou diocésain, en parfaite entente avec le curé, son directeur spirituel.
En 1937 fut érigée une nouvelle paroisse, dont elle fit partie, et où elle continua son intense participation. Là aussi le nouveau curé fut son directeur, et futur biographe, un témoin authentique de cette belle âme.
En 1948 elle fonda et présida l’Association des Filles de Marie, rassemblant celles de ses compagnes qui voulaient vivre plus intensément encore leur foi, par la prière, les petits sacrifices de la journée, la sainte Messe, la communion et la méditation quotidiennes, l’étude de la Sainte Ecriture et la fidélité à l’enseignement de l’Eglise.
On pourrait peut-être se demander pourquoi une telle âme, si religieuse, n’était pas entrée dans telle ou telle congrégation. Ce serait oublier que des laïcs ont aussi la vocation à la sainteté, tout en vivant dans le monde, donnant un témoignage authentique de foi, de charité et d’espérance, au milieu de la société qui a besoin de ce levain spirituel.
Mais surtout, la famille de Pina ne manquait pas de «projets» pour elle. La maman l’aurait bien donnée en mariage, en lui objectant ouvertement qu’elle préférait une fille morte à une religieuse. Ce fut l’épreuve de vie de Pina, qu’elle appela même son martyre. Mais le cœur de Pina appartenait au Christ. En 1932, à dix-sept ans, elle avait fait le vœu de chasteté perpétuelle, et le renouvelait chaque mois, en accord avec son directeur spirituel et, de ce fait, repoussa toujours les propositions de mariage qu’on lui adressa.
En 1940, à vingt-cinq ans, elle eut la liberté d’entrer chez les Filles de Saint-Anne, à Palerme. Mais on lui trouva alors une malformation cardiaque qui lui interdisait la vie conventuelle. Elle reprit ses activités.
Renonçant à son désir, elle s’offrit à Jésus-Christ en victime pour la sanctification des prêtres. C’était le 30 mars 1948.
Son sacrifice devait plaire à Dieu, qui l’exauça bientôt. Une arthrite rhumatismale se manifesta, dont elle mourut «prématurément», mais à l’heure de Dieu, remplie de mérites.
Le 19 mai 1950, au moment de se rendre à la Messe, une violente attaque cardiaque interrompit cette vie terrestre toute donnée à Dieu. Pina avait trente-cinq ans.
Pina Suriano a été béatifiée en 2004.

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18 mai 2024 6 18 /05 /mai /2024 05:25

18 MAI

 

III.

S Venantius, martyr de quinze ans, mal connu, honoré à Camerino ; il aurait été suspendu par les pieds pendant plusieurs jours au-dessus d’un grand brasier, puis décapité.

IV.

Ss Theodotus et sept vierges, martyrs à Ancyre ; il avait recueilli les reliques des vierges Thecusa, Alexandra, Claudia, Phaina, Euphrasia, Matrona et Iulitta, et fut décapité.

S Dioscorus, lecteur, martyr à Cynopolis.

S Felix, martyr à Split.

S Potamon, prêtre martyrisé en Alexandrie avec deux autres : Ortasius et Serapion.

S Potamon, évêque à Héraclée, martyr, victime des ariens ; dans une première persécution, on lui avait crevé un œil et coupé une paupière.

VI.

S Jean Ier, pape (523-526) ; suite aux travaux de Denys le Petit il fixa la date de Pâques, prépara le travail de s. Grégoire le Grand pour le chant liturgique, affirma la primauté romaine en couronnant l'empereur Justin à Byzance, ce qui lui valut l’emprisonnement à son retour en Italie, par le roi arien, et il mourut d’épuisement dans sa geôle. 

XII.

B Burchard, curé à Beinwil.

S Eric IX, surnommé le Législateur, roi de Suède ; il contribua à l’évangélisation des Suédois et des Norvégiens, et fut martyrisé au sortir d’une messe ; patron de la Suède jusqu’au XVIe siècle.

XIV.

B Guillaume de Naurose, ermite de Saint-Augustin près de Toulouse.

XVI.

S Felice Porri de Cantalice, italien, devenu frère convers capucin après avoir échappé miraculeusement à un accident, quêteur, ami de s. Filippo Neri ; son exclamation favorite était Deo gratias ! il eut une vision de la Vierge Marie en mourant.

XIX.

S Son Cha-sŏn Thomas, laïque coréen, martyr, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

XX.

Bse Maria-Magdalena Merten (Blandina, 1883-1918), ursuline allemande, béatifiée en 1987. 

Bx Stanisław Kubski (*1876), prêtre diocésain, et Jan Marcin Oprządek (*1884), franciscain, martyrs polonais gazés à Hartheim, après avoir séjourné à Dachau, en 1942 et béatifiés en 1999.

Venantius de Camerino

3e siècle

 

Les critiques historiens n’attribuent pas une grande valeur aux Actes du martyre de ce Saint. Il est vrai que, parfois, cette littérature contient des éléments d’un caractère tellement extraordinaire, mais aussi tant de fois répétés en d’autres récits, qu’on peut se poser la question de savoir qui, et quand, écrivit ces lignes.

L’histoire de saint Venant appartient à ce genre-là. Mais on trouvera tout de même ici un résumé de son martyre, dont les éléments reposent certainement au moins sur quelques détails authentiques.

La ville de Camerino se trouve en Italie, dans la province des Marches, mais non loin de la célèbre Assise. Là sévissait au 3e siècle un préfet païen nommé Antiochus. La persécution de l’empereur Dèce (250) faisait ses ravages dans les rangs des chrétiens, mais notre Venantius, avec ses quinze ans, n’avait pas d’autre ambition que de rester fidèle à son idéal chrétien.

On le recherche et on l’arrête, on le menace, rien ne le fait fléchir ; on le fait flageller, on l’attache par les pieds et on allume un grand feu qui dégage une épaisse fumée pour l’asphyxier : il en sort indemne, provoquant la conversion des badauds et même des persécuteurs.

On le jette en prison, où les tourments continuent : charbons brûlants sur la tête, dents et mâchoires brisées, abandonné dans une fosse à purin puis exposé à cinq lions affamés. A chaque fois, l’Ange de Dieu le libère et le sauve.

Remis en prison, il guérit une foule de malades qu’on lui amène, et qu’il convertit au Christ.

Exaspéré, le préfet de la ville le fait jeter au bas des murs, mais il se relève indemne, chantant les louanges du Tout-Puissant.

On le ligote et on le traîne par toute la campagne, mais c’est encore Venantius qui fait surgir une fontaine pour désaltérer les pauvres soldats qui n’en peuvent plus. A chaque prodige, beaucoup se convertissent.

Finalement, avec dix autres chrétiens dont on ignore les noms, Venantius est décapité ; sa vie humaine n’aura duré que quinze années, mais il entre victorieux dans la vie éternelle.

Le culte de saint Venantius fut extrêmement répandu, de même que ce jeune martyr suscita une abondance de production artistique de tous genres. Quoiqu’il ne soit plus mentionné au Martyrologe, ce jeune martyr reste localement fêté le 18 mai. 

 

 

Theodotus d’Ancyre

et sept Vierges : Thecusa, Alexandra, Claudia, Phaina, Euphrasia, Matrona, Iulitta

† 303

 

Chrétien à Ancyre (actuelle Ankara, Turquie), Theodotus tenait ce qu’on appellerait un bar, dont il vivait chichement.

Il devait sa conviction chrétienne à une sainte femme, Thecusa, sa tante, et pratiquait toutes les saintes vertus envers tous, de n’importe quelle origine ou appartenance qu’ils fussent.

Lors de la nouvelle persécution de 303, Theodotus ne diminua en rien ses préoccupations envers le prochain, visitant les Chrétiens arrêtés en prison, leur apportant des vivres et des encouragements à la persévérance.

Là-dessus, les persécuteurs arrêtèrent Thecusa et six autres saintes femmes, toutes septuagénaires, qu’on força à se mêler à un défilé grotesque, où l’on portait solennellement deux statues païennes, Diane et Minerve, pour aller les «purifier» dans un étang voisin.

Parvenues à l’endroit, les saintes femmes se virent invitées à devenir les prêtresses de ces divinités païennes (et, bien sûr, à se prostituer). Sur leur net refus, on leur attacha une grosse pierre au cou et on les précipita dans l’étang.

Theodotus vit alors en songe sa tante Thecusa, qui l’informa de l’événement. Réveillé, il se décida sans attendre à aller retrouver ces corps, qu’il repêcha, non sans peine, on l’imagine. Un cousin de Thecusa l’aida dans sa besogne et les corps furent dignement ensevelis. Mais le cousin, arrêté à son tour, subit la flagellation et céda, avouant qui avait sorti de l’eau les corps des Martyres, et où ils se trouvaient ensevelis. Les païens se précipitèrent à l’endroit, déterrèrent les corps et les brûlèrent.

On n’arrêta pas Theodotus : il se présenta spontanément au gouverneur, qui lui proposa d’abord de grands honneurs, jusqu’à être pontife d’Apollos, à condition, bien sûr, d’apostasier et de sacrifier aux dieux païens. 

Theodotus répondit courageusement en réaffirmant sa foi et son inébranlable décision de rester fidèle au Christ. Il fut très durement torturé et, quand les soldats eux-mêmes furent lassés de le frapper, laissé dans sa prison. Quelques jours plus tard, on le tortura de nouveau avant de le décapiter.

Jeté au feu, le corps ne se consuma pas. Un prêtre de passage réussit à tromper les soldats qui montaient la garde et chargea le saint corps sur son âne. Le prêtre feignit de laisser partir la bête, qui alla s’arrêter plus loin, là où manifestement il fallait enterrer le Martyr. On y construisit une chapelle.

D’après le Martyrologe, les sept Vierges martyres étaient, outre Thecusa : Alexandra, Claudia, Phaina, Euphrasia, Matrona et Iulitta.

Le martyre des ces Vierges semble avoir eu lieu le 18 mai 303 (ou 304), et donc celui de Theodotus aurait eu lieu plutôt «dix-neuf jours plus tard», d’après un manuscrit ancien, soit le 7 juin, jour où les Grecs le fêtent en effet.

Le Martyrologe commémore cependant et les Vierges et Theodotus le 18 mai.

 

Nota. Actuellement, le Martyrologe ne mentionne plus un autre groupe de sept vierges martyres qui se trouvaient auparavant au 20 mars. 

Leur mention comportait d’étranges similitudes avec le groupe ci-dessus. Les sept noms étaient : Alexandra, Claudia, Euphrasia, Matrona, Iuliana, Euphemia, Theodosia. En outre, la localité était Amide, une ville de Paphlagonie (actuelle Turquie, nord).

Des confusions se sont souvent produites dans la rédaction des manuscrits. On aura pu transformer amita (tante) en Amide, Theodotus en Theodosia, Phaina en Euphrasia.

Ces sept vierges auraient été martyrisées une soixantaine d’années plus tôt que celles dont on parlait plus haut ; elles étaient accompagnées aussi par une certaine Derphutha et sa sœur. 

Apparemment, on a trouvé davantage de certitudes pour les faits du premier groupe, fêté le 18 mai, mentionné au Martyrologe.

Peut-être que tel rédacteur aura voulu donner plus d’importance à cette Derphutha, du reste inconnue par ailleurs, en lui adjoignant tout un groupe de Compagnes.

 

 

Dioscorus de Cynopolis

† 303

 

Dioscorus était le fils d’un lecteur à Cynopolis (peut-être Hardaï, auj. Sheikh Fadel, Egypte).

Dès le début de la persécution de Dioclétien, on soupçonna sa complicité avec son père pour cacher les livres liturgiques. Il fut arrêté et traduit devant le gouverneur d’Alexandrie. Les Actes de son procès sont authentiques.

Durant l’interrogatoire, le président du tribunal ordonna de brûler Dioscorus avec trois fers rougis au feu. Dioscorus n’en ressentit aucun effet ; mieux, les bourreaux constatèrent, avant d’appliquer le troisième fer, que le corps de Dioscorus était comme recouvert de rosée.

Une des magnifiques réponses de Dioscorus : Je suis venu ici de grand cœur afin que, même si j’ai péché un peu dans ma jeunesse, cela soit purifié dans le siècle à venir.

Un moment plus tard, le juge fit suspendre Dioscorus et lui poser sur le corps deux lampes brûlantes. Dioscorus demanda à Dieu qu’Il ouvrît les yeux des bourreaux : effectivement, ceux-ci virent une grande lumière et retirèrent les lampes.

Le juge ordonna de lui arracher la barbe petit à petit, de l’étendre et de le flageller, enfin de le décapiter.

Ce devait être vers 303.

Saint Dioscorus de Cynopolis est commémoré le 18 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Felix de Spalato

† 305

 

Ce Martyr reçut la couronne de son combat au début du 4e siècle.

Spalato (Dalmatie) est aujourd’hui Split (Croatie).

C’est sans doute par erreur qu’on en a parfois fait un évêque d’Epetium, (auj. Stobreč, Croatie), qui n’a jamais été un siège épiscopal.

Saint Felix de Spalato est commémoré le 18 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Potamon, Ortasius et Serapion d’Alexandrie

† 305

 

Potamon, Ortasius et Serapion étaient trois prêtres d’Alexandrie d’Egypte.

Ils furent martyrisés en Alexandrie, vraisemblablement au début du 4e siècle et sous Dioclétien, puisque la paix allait être accordée aux Chrétiens à partir de 313.

Saint Potamon d’Alexandrie, avec ses deux Compagnons, est mentionné dans le Martyrologe Romain, le 18 mai.

 

 

Potamon d’Héraclée

† 341

 

Potamon fut évêque d’Héraclée ou plutôt Heracléopolis Magna (Egypte) ; il y a huit villes Héraclée mentionnées dans l’Antiquité, de l’Italie à l’Asie Mineure.

Sous l’empereur Maximin II († 313), il avait eu l’œil droit crevé et la paupière gauche coupée.

En 325, il prit part au concile de Nicée.

En 335, il était au concile de Tyr et prenait hardiment la défense de s.Athanase (v. 2 mai) contre les ariens.

Quelques années plus tard, les ariens s’en prirent à lui à nouveau et le rouèrent de coups. L’évêque mourut de ses blessures.

Ce devait être vers 341.

Saint Potamon d’Héraclée n’est pas mentionné dans le Martyrologe Romain, sans doute «effacé» par un autre Potamon, martyr, plus connu (v. 18 mai).

 

 

Jean Ier

? - 526

 

Jean, fils de Constantius, naquit en Toscane, et vint à Rome pour ses études.

Il était cardinal-prêtre et archidiacre au moment de la mort du pape Hormisdas (523) et fut élu sur le siège de Saint-Pierre ; c’était le cinquante-troisième pape.

A Rome, il s’occupa de plusieurs cimetières et basiliques, et ordonna quinze évêques.

Une décision importante de ce pontificat fut la ratification des calculs du moine Denys le Petit, et de l’établissement de la date de la fête de Pâques, d’où il résulta le cycle pascal tel que nous l’observons encore maintenant. Jusqu’à cette date, la chrétienté suivait l’ère de Dioclétien, tandis que Denys compta les années à partir de la naissance de Jésus-Christ. 

Les savants ont contesté et contestent encore ce calcul, démontrant que le Sauveur est né en réalité quelques années avant la date calculée par Denys le Petit. Disons que si l’on arrive à préciser avec certitude absolue cette date, il sera impossible matériellement de revenir sur toutes les datations qui se sont effectuées depuis : il faudrait corriger toutes les éditions du monde entier.

Continuant l’œuvre d’autres papes, Jean Ier prépara le travail de saint Grégoire le Grand concernant le chant grégorien.

Mais l’événement important qui précipita la fin de ce pontificat, fut l’opposition qui s’éleva entre l’empereur (orthodoxe) d’Orient et le roi (arien) d’Italie.. Tous deux avaient - pour différents motifs - un grand respect pour le pape : l’empereur, parce qu’il était anti-arien ; le roi, parce qu’il avait un saint respect pour la personne du Pontife.

Mais le roi (Théodoric) s’opposa à la décision de l’empereur (Justin) de vouloir reprendre aux ariens les églises prises aux catholiques. Théodoric, y voyant probablement un désir de l’empereur d’établir son autorité en occident, força le pape à aller trouver l’empereur à Constantinople pour en obtenir de revenir sur son édit.

Le pape céda (ou fut obligé de le faire) et quitta Rome ; c’était la première fois qu’un pape s’éloignait de la Ville. Arrivé à Constantinople, il fut reçut avec beaucoup d’honneur par l’empereur (qui se fit re-couronner par lui) ; même le patriarche céda la place d’honneur au pape lors de la célébration de Noël (525).

Théodoric fut informé de tout cela et fut très irrité de ce que le pape n’ait pas obtenu ce qu’il voulait, de sorte qu’il fit arrêter et enfermer Jean Ier à Ravenne lors de son retour, avec ceux de sa suite : tous moururent de faim et d’épuisement dans cette geôle.

Jean Ier succomba le 18 mai 526 et fut honoré du titre de martyr. 

C’est saint Félix IV qui lui succéda.

Erik  de Suède

† 1160

 

Les origines d’Erik sont quelque peu incertaines. Il serait fils d’un noble nommé Jedward (Edward) - d’où son nom de Erik Jedvardsson - et de Cécilia, fille du roi suédois Blot-Sven, mais cette descendance apparaît douteuse pour les historiens. On suppose qu’il était plutôt un noble personnage, d’une province christianisée, non soumise au roi de Suède.

On pourrait ainsi supposer que, en opposition au roi païen Blot-Sven, une conspiration lui aurait préféré un roi chrétien et aurait acclamé roi notre Erik, vers 1156 ; ce choix en faveur d’Erik serait dû à son mariage avec la princesse danoise Kristina.

De cette union naquirent quatre enfants : Knut (qui succédera à son père), Filip, Katarina, Margareta.

Erik dut rapidemant faire face à un rival, Karl, fils du roi Sverker Ier de Suède, lui aussi acclamé roi vers 1156.

Chrétien, le nouveau roi Erik IX voulut propager le christianisme dans la Finlande voisine, encore païenne. Cette «croisade» lui paraissait aisée, mais il rencontra une résistance assez farouche et ne put «conquérir» que quelques localités sur la côte ; l’évêque André, qui l’accompagnait dans son expédition, mourut assassiné. On a un témoignage du pape Alexandre III (1159-1181), qui regrette que les Finnois promettent de se convertir quand ils sont menacés par l’armée, mais retournent au paganisme quand le «danger» est écarté.

Dans son pays, Erik s’occupa avec grand zèle de la juste administration de la Suède, protégeant et favorisant l’expansion du culte chrétien par la construction d’églises.

Il eut à cœur de promulguer une législation en faveur des droits des femmes.

Ce règne prometteur s’acheva rapidement. En mai 1160, Erik assistait à l’office divin, lorsqu’on l’avisa que les troupes danoises envahissaient le pays et s’approchaient. Il entendit la messe jusqu’à la fin et enfourcha ensuite sa monture pour marcher avec ses troupes contre l’envahisseur, le prince danois Magnus Henriksson. A la bataille d’Ostra-Aros, sur l’emplacement de l’actuelle Upsal, Erik tomba, percé de coups.

C’était le 18 mai 1160, jour de l’Ascension.

Erik IX fut de tous temps honoré pour ses vertus, ses mœurs austères et sa mort héroïque. Jusqu’à la Réforme du XVIe siècle, il fut reconnu comme le patron de la Suède.

Avec le titre de martyr, saint Erik IX de Suède est inscrit au Martyrologe le 18 mai.

 

 

Burchard de Beinwil

1100-1192

 

Burchard est un prénom germanique qui fut porté par plusieurs saints personnages, évêques ou abbés. Mais celui dont on va parler n’est pas de ceux-là.

Il naquit vers 1100, non loin de l’abbaye suisse de Mury (Aargau).

Prêtre, il fut nommé curé de Beinwil, une paroisse proche de la même abbaye, sur le Lindenberg.

Quoiqu’on ne sache presque rien sur lui, sinon qu’il administra sa paroisse avec beaucoup de zèle pastoral - ce qui est déjà très méritoire -, on rapporte qu’il aurait un jour redonné la vie à une grue.

L’oiseau avait été dressé par le prêtre et savait lui exprimer à sa façon beaucoup de choses. La grue lui fit comprendre les méfaits d’une famille, qui résolut alors de tuer la bête pendant son absence. A son retour, Burchard fut étonné de ne pas recevoir le salut de son cher animal, qu’il retrouva mourant (ou déjà mort) ; alors il lui rendit la vie.

Une autre fois, appelé au chevet d’une mourante, et parvenu quelques instants après la mort de celle-ci, il la «réveilla» pour lui administrer l’Onction des Malades.

Burchard serait mort le 18 mai 1192 (ou même seulement 1200).

On ne sait rien de plus sur lui, mais de nombreux miracles se produisirent à son tombeau. 

En 1506, un document officiel parle de Saint Burchard.

On le mentionnait autrefois au 20 août, jour où l’on fête s.Burchard, évêque de Worms, avec lequel il semble avoir été confondu.

Saint Burchard de Beinwil est commémoré le 18 mai dans le Martyrologe Romain, qui cependant lui donne le titre de Bienheureux.

 

 

Guillaume de Naurose

1297-1369

 

Il est regrettable que les maigres détails concernant Guillaume de Naurose soient simplement répétés d’une source à l’autre, sans informations plus approfondies.

Guillaume était né vers 1297 à Toulouse, dans une famille noble.

Entré vers 1316 dans l’Ordre des Augustins, il fut envoyé à Paris pour approfondir la théologie et reçut le sacerdoce.

De retour au monastère de Toulouse, il acquit une grande réputation de prédicateur, mais aussi pour sa charité envers les pauvres.

Il ne cessait de «prier, contempler, parler de Dieu». Il semble qu’il ait été favorisé d’extases et qu’il ait exercé plusieurs fois des exorcismes.

Il mourut le 18 mai 1369 et son culte fut confirmé en 1893.

 

 

Felice Porri de Cantalice

1515-1587

 

Né vers 1515, Felice (Félix) rendit vraiment heureux ses parents, d’humbles laboureurs de Cantalice (Rieti, Latium, Italie C).

Il montra dès son enfance une grande piété, pratiquant, malgré les pénibles travaux des champs, une rigoureuse mortification , et montrant d’extraordinaires vertus d’humilité et de douceur.

Il échappa à la mort alors que la charrue traînée par les bœufs lui passa sur le corps, déchirant ses habits mais le laissant indemne. Il vit là une indication providentielle à ne pas différer le projet qu’il avait formé de se donner à Dieu, et entra en 1544 comme frère convers chez les Capucins de Anticoli di Campagna (auj. Fiuggi).

En 1545, il émit la profession religieuse.

Jusqu’en 1547, il fut dans les couvents d’Anticoli, Monte San Giovanni, Tivoli et Palanzana (Viterbe).

De 1547 à sa mort, il fut chargé de quêter à Rome ; les dernières années de sa vie, il quêtait le pain, le vin et l’huile, qu’il partageait ensuite entre son couvent, les pauvres et les familles ruinées.

A Rome aussi, il fut un grand ami de Filippo Neri (v. 26 mai) ; tous deux se souhaitaient surnaturellement d’endurer les plus atroces supplices pour la gloire de Jésus-Christ.

Felice ne dormait que deux heures par nuit ; quand il ressentit de violentes douleurs au ventre, il les appela ses faveurs du ciel et ses roses du paradis, chantant des cantiques pour les calmer.

Il n’omit pas d’opérer les miracles dont Dieu lui avait confié le don ; il guérit beaucoup de bébés et d’enfants, au point qu’on le surnomma le Saint des Enfants.

Particulièrement, il apporta la guérison d’un élevage de vers à soie contaminés, en y introduisant des feuilles trempées dans l’eau (ce qu’il ne faudrait surtout pas faire en temps normal) ; les vers se multiplièrent, et Felice fut désormais choisi comme le saint Patron des éleveurs de vers à soie.

Il disait que son sac (qui contenait tant de choses, comme on l’a dit) ne lui pesait pas ; un jour que des coquins y introduisirent une pièce de monnaie, Felice se mit à crier, n’en pouvant plus de porter ce sac si lourd, assurant que le diable s’y était introduit.

Il marchait toujours pieds nus, refusant toujours les chaussures, même en hiver. Ses pieds étaient tout craquelés et on le vit plusieurs fois chez le cordonnier, occupé à recoudre ses talons crevassés ; mais après sa mort, ses pieds apparurent absolument sains et sans aucune cicatrice.

Pendant ces quarante années romaines, Felice édifia tous ceux qui le voyaient, par son recueillement et son affabilité, profitant de la nuit et des jours de fête pour aller voir les malades et les pauvres ; partout il semait la paix et la charité par son exclamation favorite : Deo gratias !

Il tomba malade à la fin du mois d’avril 1587 et mourut le 18 mai suivant, ravi de joie par une vision de la Sainte Vierge.

Après la  mort, un mystérieux liquide suinta du corps de Felice, dont on se servit pour guérir des malades.

Un premier procès en vue de la canonisation fut achevé dès l’année de la mort, mais la béatification ne fut proclamée qu’en 1625 et la canonisation en 1712. 

 

 

Son Cha-sŏn Thomas

(Son Ja-seon Tomaseu)

1838-1866

 

Né en 1838 (ou à peu près, car il est difficile de concilier plusieurs sources), à Hongsŏng (Ch’ungch’ŏng, Corée), Tomaseu (Thomas) était d’une famille catholique qui avait déjà eu ses martyrs.

Au moment de la persécution de 1866, Tomaseu persévérait dans la foi, conservait ses habitudes chrétiennes, avec son épouse. Jamais il n’omettait la prière du matin et du soir.

Peu de jours après l’arrestation de Mgr Daveluy (v. 30 mars), la police fit irruption dans son village, le 11 mars 1866, détruisant les propriétés des habitants catholiques. Ceux-ci présentèrent de légitimes plaintes auprès du gouverneur de district, qui promit des réparations.

Tomaseu se présenta personnellement au gouverneur dans le même but : le gouverneur lui demanda alors de renier sa foi. Tomaseu répondit : J’ai bien un peu peur de mourir, mais j’ai encore plus peur de renier Dieu.

On l’arrêta sur place et on le soumit à des tortures. On le suspendit par les pieds et on le battit violemment. On lui enfila des ordures dans la bouche. Tout cela ne réussit pas à lui faire abandonner sa foi.

Ses plaies étaient si profondes, qu’il faillit en mourir. Les prisonniers essayèrent de le soigner comme ils purent, sans grande efficacité. Tomaseu leur dit : Jésus et Marie vont venir soigner mes plaies. Or, peu de jours après, les plaies étaient miraculeusement guéries.

Le gouverneur de Tŏksan envoya Tomaseu à la prison de Haemi. Nouvelles tortures. On lui tordit et on lui brisa les jambes. Le gouverneur le força à mordre la chair de ses propres mains. Tomaseu resta ferme dans sa foi. Finalement, on l’envoya au gouverneur de Kongju, pour le condamner à mort.

L’oncle de Tomaseu, lui, avait apostasié, et suggérait à son neveu d’en faire autant, mais Tomaseu ne l’entendait pas de cette oreille. Pas un moment il n’abandonna ses prières, ses jeûnes, ses mortifications, même en prison, car on était en période de carême.

Le gouverneur de Kongiu le fit battre jusqu’à perdre connaissance, sans obtenir le moindre changement. Pour en finir, il l’étrangla.

C’était le 18 mai 1866. Tomaseu avait environ trente-huit ans.

Tomaseu fut enterré dix jours après son martyre : on dit que son corps était resté sans corruption.

Il a été béatifié en 1968 et canonisé en 1984. Son dies natalis est au 18 mai, tandis que la fête de tous les Martyrs coréens est célébrée le 20 septembre.

 

 

Maria Magdalena Merten

1883-1918

 

Née le 10 juillet 1883 à Düppenweiler (Trèves, Sarre, Allemagne), Maria Magdalena était la neuvième des onze enfants d'humbles fermiers.

Après ses études locales, elle se diplôma comme institutrice à Marienau (Vallendar) (1902).

D'abord institutrice dans l'école laïque à Oberthal (Sarre) de 1902 à 1908, elle entra chez les Ursulines du Mont-Calvaire à Ahrweiler, voulant ainsi unir ses deux vocations à la vie religieuse et à l'enseignement. Sa sœur l'accompagna dans cette vocation.

Maria Magdalena y prit le nom de Blandina, mais même en Allemagne, on l'appela communément Blandine.

Elle fit la première consécration en 1910, puis la solennelle en 1913. 

De 1910 à 1916, à Saarbrücken puis à Trèves, elle se donna consciencieusement aux enfants qui lui étaient confiés, tout en menant une vie intérieure pleine de prière et de contemplation, particulièrement nourrie de la dévotion au Saint Sacrement.

Elle mourut de tuberculose à Trèves, le 18 mai 1918, à pas même trente-cinq ans.

Elle a été béatifiée en 1987. 

 

Le miracle retenu pour cette béatification, fut la guérison totale et durable d'une religieuse autrichienne, atteinte d'un mélanome.

 

 

Stanisław Kubski

1876-1942

 

Né le 13 août 1876 à Książ (Strzelno, Poméranie, Pologne) au sein d’une famille d’agriculteurs, Stanisław était le fils de Michał et Franciska.

Il étudia à Trzemesznie, Wągrowcu (où il passa son baccalauréat en 1897) (c'est dans cette dernière école que les élèves feraient "grève" en 1906, en refusant de parler allemand).

Puis Stanisław entra au séminaire de Gnieźno.

Il fut ordonné prêtre en 1900.

Il fut successivement vicaire à Srem, curé à Gnieźno puis Inowrocław : cette église récente n’était pas encore consacrée ; il y installa l’image de Notre-Dame de Czestochowa. Puis il fut à nouveau à Gnieżno. Un de ses vicaires fut Alexei Sobaszek, futur martyr lui aussi.

C’est dans cette paroisse qu’il baptisa Jozef Glemp, futur cardinal.

Stanisław fut aussi aumônier de prison.

Le père Stanisław fut un pasteur zélé, qui s’occupa de tous les milieux de ses paroisses : enfants, jeunes, pauvres, ouvriers, artisans. Sa charité se déployait sans mesure, puisant sa force dans la dévotion au Saint-Sacrement.

Arrêté le 8 septembre 1939, il fut d’abord conduit à la caserne, les mains levées comme un brigand arrêté en flagrant délit. La nuit, il la passa à genoux dans la cour de la caserne.

On l’emmena à Dachau (où il porta le numéro 21878), puis à Büchenwald (21 novembre 1939) ; les tortures ne cessaient pas, il eut un bras cassé, mais il ne perdait pas sa sérénité et priait.

En mai 1942, désormais inapte au travail, il fut transporté à Hartheim, où les prisonniers subissaient des expériences pseudo-médicales, puis fut gazé à Linz (Autriche).

Sa mort est recensée au 18 mai.

Le père Stanisław a été béatifié en 1999.

 

 

Jan Oprządek

1884-1942

 

Né le 4 mars 1884 à Kościelec (Małopolskie, Pologne), Jan avait cinq frères et sœurs, enfants du couple très chrétien que formaient Stanislas et Juliana.

Après ses études primaires dans son village, il travailla comme ouvrier.

A vingt-huit ans, il entra chez les pères Capucins, au monastère Saint-Laurent Kazimierz de Cracovie (1912), où il prit le nom de Marcin (Martin).

Durant la Guerre mondiale, il fut enrôlé dans l'armée autrichienne.

En 1919, il reprit le noviciat, à Wrocław, puis revint à Cracovie où il fut portier.

Comme c'est l'habitude dans cet Ordre, il changea plusieurs fois de monastère : Przemysl, Lviv Konin, Wrocław, Kazimierz Dolny, de nouveau Wrocław.

Un an après le déclenchement de la Deuxième guerre mondiale, il fut arrêté dans le cadre des rafles de prêtres et religieux organisées par la Gestapo.

Il fut d'abord à Szczeglin (Poznan), puis Sachsenhausen (29 août 1940), puis Dachau.

On offrit aux plus âgés et aux handicapés la possibilité de choisir un camp “moins dur”, et le père Marcin (à qui il manquait un doigt à une main) crut ingénûment à cette proposition : en réalité, c'était pour transférer ces “malades” à Mauthausen ou Linz, en vue de les faire disparaître.

Ainsi, on les embarqua dans des wagons qui étaient de véritables chambres à gaz, et on les conduisit directement aux fours crématoires. 

Les autorités du camp annoncèrent que Marcin était décédé le 2 juin, mais il était mort déjà le 18 mai 1942.

Il a été béatifié en 1999.

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16 mai 2024 4 16 /05 /mai /2024 23:00

17 MAI

 

?

S Adrion, martyr en Alexandrie.

S Victor, martyr à Rome.

Ss Heraclius et Paulus, martyrs à “Nivedunum”, au bord du Danube en Scythie.

Ss Solochon, Pamphamer et Pamphalon, trois soldats martyrs à Chalcédoine.

III.

Ste Restituta, vierge et martyre à Carthage.

VI.

S Æmilianus, évêque à Verceil, qui serait mort centenaire.

XVI.

S Pascual Baylon, franciscain espagnol ; il fit tant de miracles que s. Roberto Bellarmino, lors du procès de canonisation, dira qu'on n'avait jamais rien vu de pareil ; il mourut le jour de la Pentecôte, au moment de l'élévation, le jour de ses cinquante-deux ans ; son amour pour l’Eucharistie en a fait le patron des Congrès Eucharistiques.

XVII.

Bx Ioachim Mine Sukedayū (sa femme Maria fut martyrisée le 28 février), Paulus Nishida Kyūhachi, Maria, Ioannes Matsutake Chōzaburō, Bartholomeus Baba Han’emon, Ludovicus Furue Sukeemon, Paulus Onizuka Magoemon, Ludovicus Hayashida Sōka, Magdalena Hayashida, Paulus Hayashida Mohyōe, laïcs japonais martyrs, béatifiés en 2008.

XIX.

S Baiduo Liu Wenyuan, catéchiste chinois exilé pendant vingt ans, étranglé, canonisé en 2000 et fêté avec ses compagnons le 9 juillet.

XX.

Ste Giulia Salzano (1846-1929), fondatrice des Sœurs catéchistes du Sacré-Cœur ; sa devise était : “A la plus grande gloire du Cœur de Jésus” ; béatifiée en 2003, canonisée en 2010.

Bse Antonia Mesina (1919-1935), jeune fille sarde, très attachée à l’Eucharistie, à l’Action Catholique, martyre de la virginité ; son assassin se convertit et reçut les sacrements avant son exécution en 1937 ; béatifiée en 1987.

B Ivan Ziatyk (1899-1952), prêtre rédemptoriste ukrainien, martyrisé au goulag de Oserlag, béatifié en 2001 ; il mourut probablement plutôt en avril, "quelques jours après le Vendredi Saint".

Adrion d’Alexandrie

?

 

Adrion est un Martyr dont on ne connaît que le nom.

Saint Adrion d’Alexandrie est commémoré le 17 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor de Rome

?

 

Victor est un Martyr dont on ne connaît que le nom.

Saint Victor de Rome est commémoré le 17 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Heraclius et Paulus à Nivedunum

?

 

Heraclius et Paulus sont des Martyrs dont on ne connaît que le nom. 

De même la localité Nivedunum n’a pas été vraiment identifiée. Autrefois, on l’a confondue avec Nevers en Gaule (58), et dans l’actuel Martyrologe on la situe au bord du Danube en Scythie (act. Ukraine S).

Saints Heraclius et Paulus à Nivedunum sont commémorés le 17 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Restituta de Carthage

† 255

 

Le nom et le martyre de Restituta sont restés très célèbres, mais les documents authentiques manquent.

Restituta aurait été martyrisée à Carthage (Afrique proconsulaire, act. Tunisie) sous l’empereur Valérien et, après divers tourments, abandonnée sur une barque remplie de poix et d’étoupes, pour être brûlée en pleine mer.

Les flammes se retournèrent au contraire vers les bourreaux, et Restituta rendit alors son âme à Dieu.

La barque fut providentiellement poussée vers l’Italie et arriva à l’île d’Ischia, où les fidèles l’accueillirent avec grand respect. Une basilique dédiée à sainte Restitute fut construite à Naples.

Sainte Restituta de Carthage est commémorée le 17 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Æmilianus de Vercelli

† 506

 

Æmilianus naquit vers 450 (ou peut-être même plus tôt), sans doute dans le Piémont (Italie NO).

On a dit, mais le fait est contesté, qu’il vécut quarante années comme ermite près de Sostegno.

Il monta sur le siège épiscopal de Vercelli vers 493, ou un peu plus tard, devenant ainsi le treizième titulaire de ce diocèse.

La ville de Vercelli, comme tant d’autres cités, avait été dévastée par les incursions des Ostrogoths de Theodoric, et l’évêque chercha à obtenir de lui des conditions de vie acceptables. En effet, les impôts furent réduits et beaucoup d’esclaves affranchis. Plus particulièrement, il obtint de Theodoric de construire un pont, pour faciliter le travail des habitants.

Emiliano participa au pénible concile romain de 503 où le pape Symmaque, «réhabilité» par les évêques présents, prit des mesures pour mettre fin au schisme de Laurentius. Même Theodoric y mit du sien, en prenant des dispositions pour éviter les interférences externes dans l’élection du pape et les désordres qui s’ensuivaient.

On sait aussi qu’Emiliano donna le voile à quatre vierges, Licinia, Leontia, Ampelia et Flavia.

Il mourut le 11 septembre, vers 506. Selon sa date de naissance présumée, on l’a dit centenaire. 

On «oublia» son tombeau assez longtemps, même si la vénération de cet évêque se maintenait vivante. Le 17 mai 1181 cependant, l’évêque d’alors transféra les restes d’Æmilianus près du maître-autel, et c’est cette translation qui est maintenant retenue pour fêter Æmilianus. 

Saint Æmilianus de Vercelli est donc commémoré le 17 mai dans le Martyrologe Romain.

Pascual Baylon

1540-1592

 

Il naquit en 1540 le 17 mai, à Torre-Hermosa, dans le royaume d’Aragon en Espagne. Ses parents étaient d’humbles ouvriers de campagne, pauvres mais vertueux. Dès ses premières années, sa mère le conduisit fréquemment à l’église et lui apprit à adorer Jésus présent dans l’Eucharistie. L’enfant se sentit mystérieusement attiré vers le tabernacle. Un jour qu’il avait disparu de la maison, ses parents le retrouvèrent à l’église. Il s’était approché le plus près possible du tabernacle, et il était si absorbé dans sa prière qu’il ne s’apercevait pas du bruit qui se faisait autour de lui. 

Dès qu’il fut en âge de pouvoir rendre service, son père le plaça chez des fermiers comme berger. Déjà il manifestait un vif attrait pour la solitude et la prière. S’étant procuré quelques livres de piété, il se faisait apprendre à lire par des personnes de rencontre et apportait une grande application à s’instruire des vérités de la religion.

Il aimait aussi particulièrement la sainte Vierge. Quand il le pouvait, il conduisait son troupeau auprès d’un sanctuaire de Marie, Notre Dame de la Sierra. Là il se sentait plus près de sa mère du ciel et se trouvait à l’abri de tout danger. De sa main il avait sculpté sur sa houlette l’image de Notre-Dame, surmontée d’une hostie rayonnante, afin d’avoir toujours sous les yeux le double objet de sa dévotion. A genoux au milieu des champs, devant cette image, il priait avec autant de piété que s’il se fût trouvé à l’église. Chaque objet qui se présentait à son regard servait à exciter sa foi. Sans cesse il méditait sur les merveilles de la création, et par là s’élevait vers Dieu qu’il contemplait dans toutes ses œuvres. Il eut plusieurs fois des ravissements et ne put pas toujours cacher aux yeux des hommes les faveurs dont il était comblé par Dieu.

Tout pauvre qu’il fût, il trouvait cependant moyen de faire l’aumône, prenant pour assister les malheureux sur ce qu’on lui fournissait pour assurer sa subsistance.

Jamais on ne le vit maltraiter une brebis. Il veillait également avec soin à ne causer aucun dommage dans les pâturages voisins, et si quelque dégât se produisait, il indemnisait le propriétaire sur son propre salaire. Un jour qu’on lui refusa son argent, il aida à couper les blés de l’intéressé jusqu’à concurrence du dommage causé par ses bêtes.

Vers l’âge de vingt ans, il se rendit dans le royaume de Valence, où il y avait un couvent de franciscains que l’on appelait “Soccolans”, dans un lieu désert, non loin de la ville de Montfort. Son allure un peu gauche, son accoutrement bizarre, mirent en défiance les supérieurs qui lui refusèrent l’entrée du couvent. Il reprit alors son métier de berger chez les cultivateurs du voisinage ; mais il ne s’éloignait pas trop, afin de ne pas perdre des yeux le petit campanile du couvent. Il avait remarqué les sonneries de cloche ; il savait quand les religieux allaient à l’office, à la méditation, et il prenait part ainsi à leurs exercices. Et surtout, au moment du Saint-Sacrifice, il suivait par la pensée les mouvements du prêtre et s’unissait à ses prières. 

Des faits miraculeux prouvèrent plus d’une fois combien cette dévotion était agréable à Dieu. Un jour que la cloche annonçait l’approche de l’élévation et que le pieux berger était prosterné à genoux avec un saint respect, une hostie lui apparut soutenue par deux anges. Cette vision ne fit que raviver encore son amour envers le Dieu de l’autel.

Sa réputation de sainteté se répandit dans toute la région et lui ouvrit les portes du couvent. Le 2 février 1564, il reçut l’habit de Saint-François. Ses supérieurs, édifiés de l’humble soumission avec laquelle il avait supporté ce temps d’épreuve, voulaient le faire religieux de chœur, mais il refusa cet honneur et demeura frère convers, pour remplir les offices les plus bas et les plus pénibles, et se sanctifier davantage dans ce rôle plus humble.

Jamais on ne l’entendit critiquer personne. Son amour de la mortification lui faisait ajouter de nouvelles austérités à celles de la règle. Et s’il lui arrivait parfois de dépasser les limites de la prudence, cet excès-même était compensé par sa pureté d’intention et le peu d’attache qu’il avait à son propre sentiment. Dès que ses supérieurs le rappelaient à la modération, il déférait à leur avis avec la plus humble soumission.

Il prononça ses vœux perpétuels le 2 février 1565, n’ayant pas encore accompli vingt-cinq ans. Le Père Gardien aimait à dire qu’il n’avait connu personne qui fût à la fois plus dur à lui même et plus doux pour les autres, que frère Pascual. L’idéal qu’il se proposait était d’avoir pour Dieu un cœur de fils, pour le prochain un cœur de mère, et pour lui-même un cœur de juge.

Quand il changeait de couvent, conformément à la coutume de son ordre qui veut ainsi prévenir les attaches secrètes du cœur, on ne l’entendait jamais émettre la moindre plainte. Il trouvait là une excellente occasion de se regarder comme un étranger sur la terre. On le chargeait ordinairement de la porte et du réfectoire, parce qu’on le savait affable, discret, vigilant, actif et fidèle.

En qualité de portier, il avait coutume de distribuer aux pauvres les restes de la table, et pour que cette aumône fût profitable à leur âme en même temps qu’à leur corps, il adopta l’usage de prier avec eux avant et après chaque repas.

Son amour eucharistique grandit encore. Le plus souvent, quand ses fonctions ne le retenaient pas ailleurs, on le trouvait à l’église. Le premier, il était debout au milieu de la nuit pour les saintes veilles ; le dernier, il regagnait sa pauvre couche pour y prendre un repos très court.

Pendant quelque temps aussi, il remplit l’office de quêteur. La première visite, en arrivant dans un village, était pour l’Hôte divin du tabernacle. Et quand, le soir, il rentrait au monastère, épuisé de fatigue, pour se dédommager de n’avoir pu passer auprès de son Bien-aimé tout le temps de ses courses, il consacrait une grande partie de la nuit à l’adoration du Très Saint Sacrement.

Le Général de son ordre étant à Paris, il fut député vers lui pour les affaires de sa province. Il partit pour la France, sans se laisser effrayer par les dangers qu’il aurait à affronter de la part des huguenots, maîtres de presque toutes les villes qu’il lui fallait traverser. Maintes fois il fut exposé à la fureur des hérétiques qui le poursuivirent à coups de pierres et de bâton. Il reçut même à l'épaule une blessure dont il souffrit tout le reste de sa vie. Deux fois il fut arrêté comme espion et menacé de mort. Mais Dieu le délivra de tout danger.

Lorsqu’il se fut acquitté de sa mission auprès de son Général, il quitta la France pour retourner en Espagne, On ne l’entendit jamais parler des dangers qu’il avait courus. Il se contentait de répondre en peu de mots aux questions qu’on lui posait ; encore avait-il soin de supprimer tout ce qui aurait pu lui attirer quelques louanges.

Les dernières années se passèrent au couvent de Villa-Real près de Valence. Un jour, au cours du saint Sacrifice de la messe, Dieu lui révéla sa mort prochaine. Il en conçut une vive joie. Quelques jours après, il tomba gravement malade. Le Supérieur le fit transporter à l’infirmerie. Il reçut les sacrements avec une tendre piété, et s’endormit en prononçant le nom de Jésus, le 17 mai 1592, jour de la Pentecôte, jour de son cinquante-deuxième anniversaire, au moment de l’élévation de la sainte Hostie.

Il fit tant de miracles que saint Robert Bellarmin, lors du procès de canonisation, dira qu'on n'avait jamais rien vu de pareil ; il fut béatifié en 1618 et canonisé en 1690. Enfin il fut proclamé patron des congrès et œuvres eucharistiques en 1897. 

On le fête le 17 mai.

 

 

Paulus Nishida Kyūhachi

1553-1627

 

Il était né vers 1553 à Fukae (Shimabara, Nagasaki, Japon).

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Magdalena Hayashida

1559-1627

 

Elle était née vers 1559 à Arie (Nagasaki, Japon). 

C'était l'épouse de Ludovicus Hayashida Sōka (ci-après) ; leur fils Paulus fut martyrisé le même jour.

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Ludovicus Hayashida Sōka

1560-1627

 

Il était né vers 1560 à Arie (Nagasaki, Japon).

Il était marié avec Magdalena (ci-dessus) ; leur fils Paulus fut martyrisé le même jour (voir plus bas).

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Paulus Onizuka Magaemon

1563-1627

 

Il était né vers 1563 à Hachirao (Nagasaki, Japon). 

Il était marié.

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Ioachim Mine Sukedayū

1567-1627

 

Un des innombrables Catholiques martyrisés durant la première moitié du 17e siècle.

Ioachim était né à Kuchinotsu (Nagasaki, Japon), vers 1567.

C'était un magistrat de Kuchinotsu, et sa femme (Maria Mine) avait été martyrisée le 28 février 1627.

Il fut condamné à mourir dans la Bouche de l'enfer, un cratère de volcan actif sur le Mont Unzen (à une quarantaine de km à l’est de Nagasaki).

On le conduisit à cet endroit, le 17 mai 1627. Ioachim fut écorché vif, puis ébouillanté avec de l'eau sortant de ce cratère.

La patience qu'il montra à surmonter ce supplice horrible fit tellement enrager ses bourreaux, qu'ils lui écorchèrent les flancs avec leurs couteaux et qu'ils versèrent sur les plaies de l'eau sulfureuse.

Puis ils lancèrent Ioachim dans le cratère sulfureux.

Ioachim pouvait avoir soixante ans.

Le même jour furent exécutés neuf autres Compagnons (ci-dessus et ci-après).

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Bartholomeus Baba Han'emon

1574-1627

 

Il était né vers 1574 à Fukae (Nagasaki, Japon).

Il était marié.

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Ioannes Matsutake Chōzaburō

1589-1627

 

Il était né vers 1589 à Fukae (Nagasaki, Japon).

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Ludovicus Furue Sukeemon

1590-1627

 

Il était né vers 1590 à Arie (Nagasaki, Japon). 

Il était marié.

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Maria de Fukae

1591-1627

 

Cette femme était née vers 1591 à Fukae (Nagasaki, Japon). 

Elle était mariée. C'était la sœur d'un autre martyr, Michael Yokichi (non encore béatifié).

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Paulus Hayashida Mohyōe

1592-1627

 

Il était né vers 1592 à Arie (Nagasaki, Japon). 

C''était le fils de Ludovicus et Magdalena Hayashida (voir plus haut).

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Baiduo Liu Wenyuan

1760-1834

 

Baiduo (Pierre) était né vers 1760 à Guizhou (Chine).

Il se maria et se convertit au Catholicisme.

Catéchiste, il subit une première fois la prison en 1797, puis il fut exilé en Mongolie pour sa foi, en 1814.

Ayant bénéficié d'une “mesure de clémence”, il put rentrer chez lui en 1827. Sans tarder, il se mit au service des missionnaires.

A la reprise de la persécution, beaucoup de Chrétiens furent mis en prison, mais Baiduo put éviter d'être arrêté.

Toutefois, courageusement, il visitait les prisonniers, pour les encourager, leur apporter consolation et réconfort. Parmi ces prisonniers, se trouvaient ses propres fils.

Baiduo fut repris et condamné à mort.

Son exécution, par strangulation, eut lieu le 17 mai 1834.

Il a été béatifié en 1900, et canonisé en 2000.

Giulia Salzano

1846-1929

 

Née le 13 octobre 1846 à Santa Maria Capua Vetere (Caserta, Campanie, Italie), Giulia était la quatrième des sept enfants de Diego Salzano, un capitaine, et Adelaide Valentino, qui descendait de la famille de saint Alfonso de’ Liguori (v. 1er août). Giulia fut orpheline de son père à l'âge de quatre ans et grandit dans l'orphelinat des Sœurs de la Charité jusqu'à quinze ans.

Devenue institutrice, elle enseigna aussi le catéchisme à Casoria (Naples), où vint s'installer sa famille à partir de 1865.

Depuis sa jeunesse, elle sentait en elle une forte propulsion à la sanctification personnelle, en particulier par la dévotion au Sacré-Cœur : elle savait offrir de petites actions en réparation des péchés, elle se confessait et communiait souvent, elle était une habituée des "neuf premiers vendredis du mois", de l'adoration nocturne du Saint-Sacrement.

Elle voulut se consacrer totalement au Sacré-Cœur, et se consacrer à l'évangélisation des petits et des jeunes. Son activité fut célèbre dans Casoria, où on l'appelait Madame Giulietta. Elle se lia d'amitié et dans cette œuvre d'évangélisation, avec Caterina Volpicelli, la fondatrice des Servantes du Sacré-Cœur (v. 28 décembre).

Elle en arriva à fonder la congrégation des Sœurs Catéchistes du Sacré-Cœur, en 1890. Ce nouvel Institut suscita des perplexités et des jalousies ; on voulait le réunir aux Servantes du Sacré-Cœur, mais l'archevêque fit en sorte de protéger l'indépendance des Sœurs Catéchistes. Celles-ci prirent le voile en 1905, et purent bientôt essaimer en divers endroits de la province de Naples.

Mère Salzano fut aussi fortement soutenue par de saints prêtres, entre autres Ludovico de Casoria, lui aussi fondateur (v. 30 mars).

Les constitutions furent approuvées dès 1922, et l'Institut fut reconnu en 1960.

Comme elle l'enseignait à ses Consœurs, Mère Salzano voulut faire le catéchisme tant qu'elle aurait encore un fil de vie ; la  veille de sa mort, elle interrogea encore une centaine d'enfants qui se préparaient à la Première communion.

Elle mourut saintement le 17 mai 1929, fut béatifiée en 2003, puis canonisée en 2010.

Le miracle reconnu pour la béatification de Giulia concerna une petite fille de dix ans, guérie rapidement, totalement et durablement d'une grave sepsis avec méningite purulente, compliquée de coagulation intravasculaire disséminée et de syndrome de Waterhouse-Friederichsen.

Le miracle pour la canonisation, fut la guérison incompréhensible d'une femme, gravement blessée dans un accident de la circulation, dont le cœur cessa de battre pendant une bonne vingtaine de minutes durant l'opération. Puis il se remit à fonctionner ; le chirurgien, qui désespérait de sauver cette vie, dut finalement reconnaître que cette femme était sauvée, contre toute espérance.

L'institut des Sœurs Catéchistes s'est répandu en diverses villes d'Italie, mais aussi maintenant au Canada, au Brésil et au Pérou, en Inde et dans les Philippines.

Au moment de sa béatification, Jean-Paul II la proclama prophète de la Nouvelle Evangélisation.

 

 

Antonia Mesina

1919-1935

 

Née le 21 juin 1919 à Orgosolo (Nuoro, Italie), Antonia était la deuxième des dix enfants de Agostino, le garde champêtre, et Grazia Rubanu.

Elle reçut le sacrement de Confirmation en 1920, selon l'habitude du temps, puis la Première communion en 1926.

Dès 1929, elle fréquenta la Jeunesse Féminine de l'Action Catholique : d'abord comme benjamine, puis à partir de 1934, comme membre active.

Au matin du 17 mai 1935, après la messe, elle partit ramasser du bois pour entretenir le feu du four à pain. Elle s'y rendit avec une compagne, Annedda Castangia, qui sera témoin de l'horrible scène de cette journée.

A un moment donné, un jeune du village aggressa Antonia et chercha à la violenter. Elle se débattit et le garçon la frappa violemment à coups de pierres : on releva soixante-quatorze traces de coups, le dernier, avec une grosse pierre, brisa le crâne de la jeune fille et lui défigura totalement le visage.

Antonia n'avait pas accompli seize ans : elle tomba, martyre de sa virginité, comme Maria Goretti, au début du siècle (v. 6 juillet).

Le malheureux assassin fut arrêté, condamné à mort, et fusillé en 1937. Il mourut cependant repenti et reçut les sacrements avant de mourir.

Le martyre d'Antonia fut reconnu et le pape en fut informé dès 1935. Antonia a été proclamée Bienheureuse en 1987.

Antonia Mesina est commémorée le 17 mai.

 

 

Ivan Zyatik

1899-1952

 

Ivan naquit le 26 décembre 1892 à Odrekhova près Sanok (Ukraine, aujourd’hui en Pologne), de parents pauvres, Stefan et Maria.

Petit, c’était un garçon obéissant, et on découvrit son talent pour l’étude dès l’école primaire.

Il avait quatorze ans à la mort de son père, et fut aidé par sa mère et son frère aîné, Mykhailo.

Il fréquenta avec d’excellents résultats le lycée de Sanok entre 1911 et 1919, puis entra au séminaire catholique ukrainien de Przemyśl.

Il termina ses études de théologie avec succès en 1923 et fut ordonné prêtre la même année.

De 1925 à 1935, il fut préfet du séminaire de Przemyśl, où il assura la direction spirituelle, l’enseignement de la catéchèse et de la théologie dogmatique, activités qu’il développa aussi au lycée ukrainien pour filles.

Il était très estimé pour son obéissance et sa douceur ; désirant cependant vivre une vie plus austère, il finit par entrer chez les Rédemptoristes. Après son bref noviciat à Holosko (Lviv) il fit la profession en 1936 et fut envoyé au monastère de Notre-Dame du Perpétuel Secours à Stanislaviv (auj. Ivano-Frankivsk), puis au monastère de Lviv comme économe.

Quand ouvrit le séminaire de Holosko en 1934, Ivan devint professeur d’Ecriture Sainte et de Théologie dogmatique.

De 1941 à 1946 il fut successivement supérieur au monastère de la Dormition de la Mère de Dieu à  Ternopil, puis Zboiska, où il fut également chargé de l’accueil de jeunes vocations.

Dans cette période de l’après-guerre, les religieux d’Ukraine furent terriblement maltraités. Le régime soviétique désirait fondamentalement détacher l’Eglise catholique de Rome et l’immerger dans l’Eglise orthodoxe, plus facile à «contrôler» puisqu’elle n’obéissait pas au Pape de Rome.

Après l’arrestation, en 1946, de tous les évêques catholiques, la police secrète soviétique rassembla à Holosko tous les religieux Rédemptoristes, pendant deux ans.

Quand l’archevêque Joseph Slipyj fut arrêté, il remit ses pouvoirs au Belge Joseph De Vocht. Ce dernier fut expulsé en 1948, année où le père Ivan lui succéda. Il devenait ainsi la cible particulière de la police.

Le père Ivan Ziatyk fut arrêté courant janvier 1950. Interrogé longuement, il fut déclaré coupable d’avoir répandu les idées du Pape de Rome, d’avoir répandu la Foi catholique parmi les nations du monde entier pour tous en faire des catholiques. En outre, le Père était gravement coupable d’avoir coopéré avec des associations nationalistes anti-soviétiques et d’avoir soutenu la propagande anti-soviétique. Pour expier ces graves crimes, le père Ivan fut condamné à dix ans de travaux forcés. Il commença son bagne à la prison de Zolochiv (Ukraine occidentale), puis à Ozernyi (Irkutsk, Sibérie).

Pendant ces dures périodes, le Père affronta de fréquents interrogatoires, de dures vexations et de pénibles tortures : on voulait le faire quitter l’Eglise catholique et adhérer à l’Orthodoxie. Il refusa constamment.

Le Vendredi Saint (11 avril) 1952 (ou bien, selon le calendrier oriental, le 18 avril ; selon le calendrier julien c’était au contraire le 5 avril), on plongea le père Ivan dans un bain d’eau froide, où il perdit connaissance ; puis il fut battu et abandonné dehors dans le désert de Sibérie, où il mourut quelques jours plus tard.

Ivan est commémoré au Martyrologe le 17 mai, mais il mourut peut-être le 17 avril, car on voit mal comment le malheureux aura résisté au froid glacial de Sibérie pendant un mois, surtout après les mauvais traitements qui l’avaient déjà tellement affaibli.

Ivan Ziatyk fut ensuite enterré dans le cimetière 373 de la zone du Lac Baikal, district de Tajshet, région d’Irkyts’k, a-t-on précisé officiellement.

Le Martyr a été béatifié en 2001.

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15 mai 2024 3 15 /05 /mai /2024 23:00

16 MAI

 

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Ss Felix et Gennadius, martyrs à Uzalum.
Ss Aquilin et Victorien, martyrs à Isaurie.

Ste Maxime, vierge à Fréjus.

III.

S Fort, premier évêque à Bordeaux et martyr (?) ; chaque année les mamans avec leurs enfants accourent sur son tombeau ; peut-être pieuse déformation du “saint Feretrum”, “saint brancard” d’où l’on portait la châsse de s.Seurin, et qui devint le saint fort… et s.Fort.

IV.

Ss Florentius et Diocletianus, martyrs à Osimo.

S Peregrinus, premier évêque à Auxerre, martyr.

Ss Abdas et Ebedjesus, évêques en Perse, martyrs avec trente-huit Compagnons : seize prêtres, neuf diacres, six moines, sept vierges.

S Hilaire, évêque à Pavie.

V.

S Possidius, évêque à Calama, disciple et historien de s.Augustin, patron de La Mirandola où sont ses reliques.

VI.

S Fidolus, abbé à l’Isle-Aumont.

S Brendan, abbé à Clonfert.

S Carantoc, abbé et évêque à Cardigan.

S Eman, venu de Cappadoce en Gaule, prêtre, martyr dans la région de Chartres.

S Honoré, évêque à Amiens ; il vit un jour la main du Christ qui consacrait en même temps que lui ; il fut invoqué pour mettre fin à la sécheresse, mais il reste le patron des boulangers.

S Germier, mystérieux évêque à Toulouse, où il aurait été nommé par Clovis.

VII.

S Geins, solitaire à Bausset, où il fit jaillir une source d’eau et de vin.

VIII.

S Annobert (Alnobert), évêque à Sées. 

XII.

S Geins, solitaire (différent de celui du même nom et du même jour), au même lieu.

S Ubaldo, évêque à Gubbio où il réforma le chapître et résista à Frédéric Barberousse.

XIII.

B Adamo, abbé bénédictin à San Savino, invoqué contre l’épilepsie.

S Simon Stock, carme anglais, favorisé d’une très fameuse vision de la Sainte Vierge.

XIV.    

S Jean Népomucène, prêtre bohème, martyrisé sur ordre du roi qui voulait en obtenir le secret des confessions de sa femme ; le 20 mars au Martyrologe.

XVII.

S Andrzej Bobola, jésuite polonais, horriblement torturé en Lituanie, et dont le corps fut retrouvé intact quarante-cinq ans plus tard.

XX.

B Michał Woźniak (1875-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

B Vladimir Ghika (1873-1954), prélat catholique, de famille roumaine princière et orthodoxe, martyr, mort en prison près de Bucarest, béatifié en 2013.

Felix et Gennadius d’Uzalum

?

 

Uzalum était une localité d’Afrique proconsulaire (act. Tunisie) et se trouvait non loin d’Utica (et de Carthage).

C’est là que furent martyrisés Felix et Gennadius, à une époque et dans des circonstances que nous ignorons.

Saints Felix et Gennadius d’Uzalum sont commémorés le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Florentius et Diocletianus d’Osimo

† 301

 

On a déjà parlé de ces deux Martyrs dans la notice de s.Anthimus (v. 11 mai).

Ils venaient d’Orient et furent disciples d’Anthimus à Rome.

Fuyant la persécution qui commençait, ils se réfugièrent à Osimo, chez le proconsul Pinianus, mais la populace les retrouva et les lapida.

Saints Florentius et Diocletianus sont commémorés le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Peregrinus d’Auxerre

† 304

 

Peregrinus (Pèlerin) venait de Rome, envoyé par le pape Xyste II, avec des compagnons : le prêtre Marsus, le diacre Corcodemus, les sous-diacres Iovinianus et Alexander, le lecteur Iovinianus.

Leur voyage passa par Marseille et Lyon, où ils accomplirent déjà quelques prodiges.

Ils parvinrent à Autissiodorum, l’actuelle Auxerre (89), où déjà se firent des conversions. On mit fin au culte d’Icauna, la déesse personnifiée de l’Yonne et on planta la croix du Christ.

Mais à quelques lieues de là, se trouvait le centre d’un culte païen, avec un temple dédié à Jupiter. Peregrinus ne tarda pas à s’y présenter pour prêcher la Vérité. Mais là, on se jeta sur lui, on le conduisit au préfet romain. Peregrinus fut immédiatement remis aux soldats et aux bourreaux ; roué de coups, épuisé de mauvais traitements, il allait expirer quand il reçut un coup d’épée qui lui trancha la tête.

C’était le 16 mai 304 (certains voudraient avancer cette date aux années 250).

Saint Peregrinus d’Auxerre est commémoré le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Abdas et Ebedjesus de Perse

† 375

 

Ces deux évêques furent très liés à leur saint Confrère, Marutha (v. 16 février).

Abdas était évêque de Suse (ou Chouchan dans la Bible, auj. Shush, Iran SW).

Un incident remit en cause la bonne entente à laquelle étaient parvenus le roi Yazdgard 1er et Marutha. Un prêtre chrétien d’Hormizd-Ardachir avait détruit l’autel du feu des Zoroastriens et le roi exigeait que les chrétiens de Suse le reconstruisissent à leurs frais, ce que refusa Abdas.

Ebedjesus était évêque de Nisibe (auj. Nusaybin, Mardin, Turquie SE).

On n’en sait pas grand-chose ; il mentionne des œuvres de Marutha. On a de lui aussi une homélie pour le dimanche de Quasimodo.

 

En 375, sous le roi Sapor II, ces deux évêques furent martyrisés, ainsi que seize prêtres, neuf diacres, six moines et sept vierges, mais pas aux mêmes jours ni aux mêmes endroits.

Abdas fut décapité à Ledan, le 28 mai, avec les prêtres, les diacres et les moines. 

Ebedjesus et le prêtre Abdalah furent décapités quelques jours plus tard ; comme ils ne pouvaient plus marcher parce qu’on leur avait brisé tous les os, on dut les porter de la prison à l’endroit du martyre. Les vierges furent envoyées à Lapet, chargées de chaînes, pour y être jugées ; la foule indignée protestait contre les mauvais traitements qu’on infligeait à ces pauvres innocentes, mais elles furent aussi décapitées sans tarder.

Le Martyrologe actuel ne reprend pas les noms des trente-huit Compagnons des deux Evêques, mais on les connaît ; les voici : 

Les seize prêtres :  trois Abdalah, Simeon, Abraham, Aba, Ajabel, Joseph, Han, trois Ebedjesu, Jean, Maris, Barhadbesciab, Rozicha.

Les neuf diacres : Eliab, Ebedjesu, Han, Marjab, deux Maris, Abdia, Barhadbesciab, Simeon.

Les six moines : Papa, Evoles, deux Ebedjesu, Phachide, Samuel.

Les sept vierges : deux Maria, Tathe, Eme, Adrame, Mame, Marache.

Saints Abdas et Ebedjesus de Perse, avec leurs trente-huit Compagnons sont commémorés le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Possidius de Calama

† 440

 

Possidius fut disciple de s.Augustin (v. 28 août) à Hippone, où il connut Alypius (v. 15 août), le successeur d’Augustin.

Il est resté célèbre pour l’amitié qui le lia à s.Augustin ; la biographie qu’il en écrivit nous est particulièrement précieuse pour son authenticité et sa précision historique.

En 397, il fut élu évêque de Calama (ou Malaca, act. Guelma, Algérie).

Avec Augustin, il lutta conte le donatisme, assista au concile de Milève contre le pélagianisme (416).

Il assistait encore son Ami sur son lit de mort en 430.

On présume qu’il mourut après 437, mais sans certitude.

Saint Possidius de Calama est commémoré le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fidolus d’Isle-Aumont

480-540

 

Fidolus, qu’on a traduit ou orthographié diversement en français : Phal, Fal, Fidole, Fidèle, Fiel, naquit vers 480 à Clermont, d’un père «sénateur», soit gouverneur de la province.

Vers 526, l’armée de Théodoric, roi d’Austrasie, l’enleva et le fit prisonnier. Aventinus, un célèbre moine des environs de Troyes, divinement informé, le racheta pour douze pièces d’or et l’orienta dans la pratique des vertus. Effectivement, Fidolus se montra exemplaire par son humilité, son obéissance, son esprit d’oraison… et ses mortifications.

Aventinus le fit ordonner prêtre et le nomma prieur de sa communauté d’Isle-Aumont. Puis désirant se retirer, il établit Fidolus abbé.

Pour les moines, Fidolus savait conserver un juste milieu entre l’indulgence et la sévérité, mais il était beaucoup moins indulgent pour lui-même.

Il fit quantité de miracles : deux aveugles furent guéris par un seul signe de croix ; un homme atteint de la rage fut guéri. Ces miracles ne cessèrent pas après la mort de Fidolus, bien au contraire.

Fidolus mourut le 16 mai, vers 540.

Saint Phal est commémoré le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

C’est de la localité de Saint-Phal que sainte Jehanne d’Arc (v. 30 mai) écrivit aux Troyens, leur demandant d’ouvrir les portes au gentil Roy de France. C’est pour cette raison que le blason de Saint-Phal porte la tête de Jehanne d’Arc.

Quant à l’abbaye d’Isle-Aumont, qui prit le nom d’Isle-Saint-Aventin, elle fut détruite lors d’une invasion des Vikings, et remplacée en 1097 par un prieuré bénédictin, dépendant de Molesme.

 

 

Brendan de Clonfert

484-571

 

Brendan, en irlandais Breanainn, naquit vers 484 à Ciarraight Luachra (Munster, Irlande). Il eut une sœur.

Il reçut le baptême des mains de l’évêque Erec.

Il étudia à l’abbaye de Llancarfan, où il étudia le latin, le grec, les mathématiques, la littérature, la médecine et l’astronomie.

Un très ancien et célèbre manuscrit raconte la Navigatio sancti Brendani, récit apparemment fabuleux de grands et longs voyages que Brendan aurait effectués.

Vers 515, son premier voyage l’aurait conduit aux îles Féroé et en Islande. Vers 530, il s’aventura sur l’Atlantique, pendant sept ans, et serait arrivé aux Canaries ; vers 545, il aurait rejoint les Açores ou même les Antilles, qu’il comparait au Paradis.

Il voyagea beaucoup (vingt-cinq ans, dit-on, mais le chiffre est exagéré) dans les îles Britanniques, en Bretagne ; il serait à l’origine d’un monastère à Aleth.

En 561, donc quinze ans après son dernier voyage, il aurait fondé le célèbre monastère de Clonfert.

Brendan aurait écrit une Règle monastique sous la dictée des anges.

Il mourut vers 577, près de sa sœur, qui avait fondé de son côté l’abbaye d’Enach Dvin.

Saint Brendan est commémoré le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Carantoc de Cardigan

6e siècle

 

Diverses histoires, parfois extrêmement fabuleuses, ont circulé sur Carantoc, confondant probablement plusieurs personnages. On a déjà rencontré s.Caradoc (v. 13 avril) ; voici Carantoc.

Celui que l’on nomme ici Carantoc est présenté, selon les endroits, comme Carannog en gallois, Cairnech en irlandais, Karanteg en breton, Carantock en anglais, Carantocus en latin, etc (!).

Carantoc - appelons-le ainsi - serait né au 5e siècle en l’île de Bretagne, fils du roi Keredig et petit-fils de Cuneda, qui fonda le Pays de Galles après le départ des Romains.

Quand on proposa à Carantoc la succession de son vieux père, il aurait pris peur devant cette responsabilité et se serait enfui, devenant désormais un moine itinérant.

Il fonda l’église de Llangrannog, avant d’aller se fixer en Irlande, auprès de s.Patrice (v. 17 mars). Puis il se déplaça : au Pays de Galles, en Armorique, de nouveau au Pays de Galles et dans le Somerset, enfin en Cornouaille.

Au Pays de Galles, il aurait fondé un monastère, où une sainte amitié se tissa entre lui et son disciple, s.Tenenan, qu’il guérit de la lèpre.

Au Somerset, le roi Arthur lui fit le don d’un grand terrain pour fonder un autre monastère.

En Cornouailles, il fonda une église, à Crantock.

Le passage de Carantoc en Armorique est peut-être attesté par la toponymie : Ranngrannog, Carantec, Grannog…

Carantoc serait aussi passé en Franche-Comté, où il fit cesser une grave famine dont souffrait s.Colomban (v. 23 novembre) et ses moines à Luxeuil, à moins que Colomban ait été favorisé d’une apparition miraculeuse de Carantoc.

Enfin, Carantoc serait aussi devenu évêque de Cardigan (Pays de Galles), d’après le Martyrologe.

C’est en Irlande qu’il serait mort, au terme de ces longues pérégrinations.

Saint Carantoc est commémoré le 16 mai dans le Martyrologe Romain, qui le nomme évêque et abbé de Cardigan.

Honoré d’Amiens

† 600

 

Honoratus serait né à Port-le-Grand (Abbeville, Somme) dans la famille des comtes de Ponthieu.

C’est peut-être sur l’anecdote suivante, remontant à son adolescence, que s’appuie la tradition du protecteur des boulangers.

Lorsque le jeune Honoratus fit part à la domestique qu’il voulait devenir prêtre, cette dernière était en train d’enfourner le pain et lui répondit, moqueuse : Tu seras évêque quand ma pelle aura des feuilles. La pelle se mit à verdir !

On raconte cependant qu’Honoratus montra de bonnes dispositions dès son jeune âge. Il eut pour maître l’évêque d’Amiens, Beatus, à la mort duquel il succéda, vers 554. 

Un prodige aurait eu lieu au moment où l’on manifestait ce choix à Honoratus : alors que par modestie il refusait, un rayon de lumière et une mystérieuse huile apparurent sur sa tête.

Devenu évêque, il fit l’heureuse invention des reliques des saints Fuscianus et Victoricus (v. 11 décembre).

Durant une célébration liturgique, il aurait eu la vision du Christ qui, de sa main, consacrait avec lui le Pain eucharistique.

Honoratus mourut à Port-le-Grand vers l’an 600.

En 1060, une grave sécheresse cessa à Amiens après qu’on ait porté en procession la châsse de saint Honoré.

Au 13e siècle, fut construite à Paris une grande église Saint-Honoré, qui abrita au 15e siècle la première confrérie de boulangers (l’église fut détruite sous la Révolution et il n’en reste que le faubourg et la rue). C’est donc en l’honneur du Patron des boulangers qu’on a donné le nom de saint-honoré au fameux gâteau à la crème.

Saint Honoré est commémoré, très laconiquement, le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Germier de Toulouse

† 691

 

La figure de Germier reste enveloppée de mystère.

Il aurait été évêque de Toulouse, après Erembert (v. 14 mai), et aurait été sacré évêque par un certain Tornoald, qu’on ne trouve dans aucune liste épiscopale.

Un de ses grands mérites, d’après le Martyrologe, fut d’avoir développé le culte envers s.Saturninus, le fondateur du diocèse de Toulouse (v. 29 novembre).

Il serait mort vers 691.

Saint Germier de Toulouse est commémoré le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

Ubaldo Baldassini

1084-1160

 

Ubaldo Baldassini naquit vers 1084 à Gubbio, de Rovaldo ; il eut une sœur.

Orphelin de père, il fut confié à son oncle, qui s’appelait lui-même Ubaldo et qui le fit étudier auprès des chanoines de San Secondo, puis de San Mariano.

Une de ses premières expériences négatives, fut d’observer la vie immorale du clergé. Il retourna à San Secondo et fut ordonné prêtre en 1114. Nommé à son tour chanoine, il fit une retraite chez les chanoines de Ravenne pour s’imprégner de l’esprit canonical et s’employa ensuite à restaurer un style de vie exemplaire parmi les chanoines de la cathédrale. 

En 1125, un incendie ravagea la ville de Gubbio ; les bâtiments du chapitre furent détruits ; Ubaldo se retira à Fonte Avellana pour y vivre en simple moine, mais le prieur le convainquit d’aller restaurer le chapitre de Gubbio : Ubaldo obéit et le chapitre prit un essor merveilleux.

En 1126, il refusa l’évêché de Pérouse, mais dut accepter celui de Gubbio en 1128. Il allait se montrer vrai pasteur.

D’abord, il continua de vivre dans la pauvreté ; avec opiniâtreté, il refusa d'accorder des dignités à sa parenté. Ensuite, il se montra homme de paix et de pardon, en plusieurs occasions mémorables.

Ainsi, il reprocha à un maçon, chargé de travaux sur les murs de la ville, d’avoir commis des dégâts dans la vigne d’un voisin ; le maçon s’emporta et lança l’évêque dans une cuve de mortier frais ; Ubaldo retourna à l’évêché comme si de rien n’était ; mais quand la population réclama le bannissement du coupable, l’évêque le convoqua et lui dit : Donne-moi le baiser de paix, et que le Seigneur tout-puissant te remette cela et tous tes péchés.

Lors d’une sédition au cœur de la ville, Ubaldo intervint entre les deux factions, qui l’accablèrent de pierres. Le croyant mort, les combattants s’arrêtèrent stupéfaits et navrés ; l’évêque se releva cependant, pour la joie de tous, ayant épargné de plus grands malheurs à la ville.

Par sa prière, il obtint la cessation du siège de Gubbio par les villes voisines. Pour se venger, celles-ci prièrent Frédéric Barberousse, qui venait de saccager Spolète, d’aller saccager aussi Gubbio. Ubaldo alla courageusement au-devant de l’empereur qui, conquis par la douceur de l’évêque, le traita très respectueusement et épargna la ville (1155).

Les dernières années d’Ubaldo furent douloureuses : il se cassa deux fois la jambe et une fois le bras droit et son corps fut couvert d’ulcères. Patient, Ubaldo supporta ces maux jusqu’à la fin, au soir de la Pentecôte, 16 mai 1160.

Les habitants de Gubbio vénèrent ainsi leur évêque : 

Si vis salutem Patriæ

Gens Eugubina Præsulem

Ubaldum semper invoca

ipsumque exora ut protegat.

 

«Si tu veux le salut de ta ville, ô peuple de Gubbio, invoque toujours l’Evêque Ubaldo et supplie-le de te protéger».

Ubaldo Baldassini de Gubbio fut canonisé en 1192. Son culte s’est répandu jusqu’en Alsace.

 

 

Adamo de Fermo

?-1209

 

Adamo naquit dans la deuxième moitié du 12e siècle à Fermo (Marches, Italie CE).

On ne nous renseigne pas davantage sur ses origines.

Il mena quelque temps la vie de solitaire, puis entra dans le proche monastère bénédictin de San Savino, dont il devint abbé.

Sa mort advint (très probablement) le 16 mai 1209 (1213 ?) et il fut considéré comme Saint.

On l’invoque contre l’épilepsie.

Le Martyrologe le mentionne brièvement au 16 mai.

 

 

Simon Stock

1164-1265

 

Simon Stock semble poser quelques problèmes aux historiens scrupuleux.

Il serait né en 1264 dans le Kent (Angleterre) et aurait porté d’abord le nom de John.

Le nom même de Stock («tronc d’arbre») lui aurait été donné parce qu’à l’âge de douze ans il se serait retiré dans le tronc d’un grand chêne, pour y mener une vie d’ermite.

En 1213, il serait entré dans l’Ordre du Carmel, récemment établi en Angleterre à Aylesford (Kent) et aurait été nommé vicaire de l’Ordre pour les provinces occidentales dès 1215.

En 1226, il eut une audience du pape à Rome, et partit en Terre Sainte pour assister au chapitre général de 1237, et fut de retour en Angleterre en 1245, après le concile de Lyon.

D’après une autre tradition, les événements précédents se seraient succédé diversement : Simon ne serait entré au Carmel qu’après son pèlerinage en Terre Sainte ; puis, à la suite de la reprise de la Palestine par les Turcs (Jérusalem était tombée en 1187), les Carmes avaient dû se replier en Europe.

En Angleterre, Simon montra tout son zèle pour l’expansion et l’affermissement de l’Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel. En 1247, à quatre-vingt-deux ans, il fut élu Général de l’Ordre : il fonda plusieurs maisons (Cambridge, Oxford en 1248, Paris et Bologne en 1260), obtint l’approbation papale de l’Ordre et de la règle.

C’est en 1251, à Cambridge, que Simon aurait eu la si fameuse apparition de la Sainte Vierge lui présentant le scapulaire qu’elle désirait faire porter aux membres de l’Ordre, et promettant que tous ceux qui le porteraient, seraient assurés d’entrer dans la Vie éternelle.

C’est au cours d’un voyage pour visiter les maisons de l’Ordre, que Simon Stock mourut, à Bordeaux, le 16 mai 1265, à cent-un ans.

Ses dernières paroles furent cette prière, répétée depuis par des millions de bouches : Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

Les miracles opérés à sa tombe engendrèrent un début de culte à Bordeaux dès le 15e siècle. La voix populaire le «canonisa» ; des reliques furent portées ailleurs : un tibia à Kensington, une partie du crâne à Aylesford. Les reliques présentes à Bordeaux furent cachées durant la Révolution française et se trouvent actuellement dans la cathédrale bordelaise.

Simon Stock est «saint» dans son Ordre, bienheureux pour l’Eglise, qui l’a inscrit au Martyrologe au 16 mai.

 

 

Jan Velflín de Pomuk

1345-1393

 

Jan Velflín de Pomuk était né vers 1345 dans la petite localité de Pomuk en Bohême (auj. Nepomuk, République tchèque). On l’appelle en français : Jean Népomucène.

Sa mère l’aurait obtenu après beaucoup de prières à la Sainte Vierge. Sauvé ensuite d’une maladie mortelle par la protection de Marie, il fut consacré à Dieu par ses parents dans le proche monastère cistercien.

Il étudia d’abord à Prague, puis fut reçu docteur en théologie et en droit canonique à l’université de Padoue (années 1383-1387).

Il se prépara à l’ordination sacerdotale par une retraite d’un mois et, sitôt ordonné, fut chargé de la prédication dans la paroisse Notre-Dame de Tein : on courait à ses sermons, beaucoup se convertirent.

On lui conféra un canonicat au chapitre de Prague et, en 1393, il fut nommé vicaire général de l’archevêque Jan de Jenštejn.

Sur ces entrefaites, le roi Wenceslas (non pas le Saint, v. 28 septembre), invita Jan à prêcher à la cour. C’était un bien grand honneur pour l’humble prêtre, mais Jan n’accepta que pour pouvoir parler à tout ce monde et en obtenir la conversion, outre qu’il pouvait disposer de plus de ressources pour secourir les pauvres. La reine, beaucoup plus vertueuse que son mari, se réjouit beaucoup de la présence de Jan, qui devint son confesseur.

Il semble que le différent principal qui surgit entre le roi et Jan, fut la nomination contestée du nouvel abbé de Kladruby.

Mais à cela s’ajoute que le roi aurait exigé de Jan de lui révéler les confessions de la reine et que le net refus de Jan aurait été la cause de son prochain martyre. Toutefois ce genre de détails semble avoir été ajouté tardivement.

On rapporte aussi qu’après une erreur du cuisinier, le roi aurait ordonné de faire rôtir ce dernier à petit feu ; Jan aurait dûment protesté, et aurait été jeté en prison, sans nourriture ; puis le roi l’aurait fait libérer et l’aurait reçu à sa table, renouvelant encore ses instances au sujet des confessions de la reine.

Le refus constant de Jan aurait irrité le roi ; remis en prison, libéré sur les instances de la reine, il put prêcher encore quelque temps, annonçant les maux qui allaient fondre sur le royaume.

La réalité est que, rentrant à Prague un soir, Jan fut introduit manu militari devant le roi, qui réitéra sa demande et finalement, sur la négation constante de Jan, le fit jeter dans la Moldau pieds et poings liés, assez tard pour que personne ne vît cette horrible mort. Le digne prêtre fut précipité du pont qui relie la grande et la petite Prague.

C’était la veille de l’Ascension, 16 mai 1393.

Contrairement à la volonté du roi, l’épisode fut extrêmement connu, car de mystérieuses clartés accompagnèrent le saint corps, qui fut ramené sur terre et enterré dignement dans la cathédrale.

Le roi chercha à oublier ce crime, sans y parvenir, perdit bientôt son trône et fut frappé d’apoplexie.

De nombreux miracles eurent lieu sur le tombeau de Jan, qui devint le Protecteur céleste de la Maison d’Autriche et des empereurs d’Allemagne.

Jan de Pomuk fut béatifié en 1721, canonisé en 1729, le Martyrologe le mentionne au 20 mars.

Il est le protecteur des prêtres, gardiens du secret de la confession ; on l’invoque aussi contre les inondations et les noyades.

 

 

Andrzej Bobola

1591-1657

 

D’une famille de petite noblesse, il naquit le 30 novembre 1591 à Strachocina (Pologne) et reçut le nom du Saint du jour, l’apôtre André. Son père, Nicolas, travaillait dans les domaines royaux.

Après ses études au collège jésuite de Braniewo, il entra au noviciat des Jésuites à Wilno (actuelle Vilnius) et prononça ses premiers vœux en 1613. 

Il étudia la philosophie, puis effectua deux années d’apostolat et d’enseignement aux collèges de Braniewo et Polotsk. Il entama la théologie et passa son examen en 1621.

Il fut ordonné prêtre en 1622, le jour même où étaient canonisés deux Fondateurs de l’Ordre jésuite : Ignace de Loyola et François Xavier. Il échoua cependant à l’examen final de théologie.

Andrzej fut suivi par Philipp Frisius pour achever sa formation. Ce dernier l’aimait beaucoup, il le savait assidu, attentif aux autres, sensible à la misère de la population ; c’était l’un de ses meilleurs étudiants, quoique un peu trop adonné à la nourriture et à la boisson… Malgré quelques réticences de certains supérieurs, ce bon élève fit enfin sa profession solennelle en 1630.

Un moment recteur de l’église de Nieśwież, Andrzej se vit confier des activités à Vilnius. Sa prédication était très appréciée, et on le vit à Bobroujsk, Rock, Varsovie, Płock, Łomża, Pińsk, Wilno, Pińsk. Pendant plus de vingt ans, tour à tour supérieur, prédicateur, conseiller, il enseignera, baptisera, administrera les sacrements, rencontrera le peuple, qui l’appréciera pour son authenticité de vie, sa foi, son immense charité. 

Il combattait l’erreur partout où il la rencontrait, et devint l’objet des attaques des schismatiques. Dans cette région orientale de la Pologne, les orthodoxes étaient divisés entre Rome et Moscou, tandis que les Cosaques s’en prenaient aux Catholiques, détruisant leurs églises et leurs cultures. Andrzej fut une de leur cible. On le fit insulter, bafouer, frapper, quotidiennement ; mais comme la patience d’Andrzej servait sa cause au lieu de la perdre, ses ennemis convinrent avec deux Cosaques de le faire disparaître.

On l’arrêta à la sortie de sa messe, à Janów Poleski : il fut attaché à un arbre, dénudé, battu, violemment frappé à la tête ; on le conduisit chez un boucher, on le brûla avec des torches, on l’étrangla à demi avec des branches vertes, on lui arracha la peau de la tête, on lui cassa les dents en le frappant au visage, on lui arracha la peau du dos en essuyant avec de la paille le sang qui coulait, et on lui fit des griffes en lui enfonçant des roseaux sous les ongles. On lui coupa le nez et les lèvres et on l’abandonna sur un fumier ; deux heures après il fut achevé d’un coup de sabre.

C’était le 16 mai 1657. Une lumière brillante signala à Janów l’endroit du martyre, mettant en fuite les malheureux Cosaques. Les chrétiens ensevelirent pieusement leur Martyr à Pińsk, qui fut retrouvé sans corruption quarante-cinq ans plus tard.

Andrzej aurait prédit l’indépendance de la Pologne.

Suite à la partition de la Pologne, Andrzej ne sera béatifié qu’en 1853, canonisé en 1938, proclamé en 2002 patron de la Pologne avec saint Adalbert et saint Stanislas. Il est inscrit au 16 mai dans le Martyrologe.

En 1926, le Vatican rachètera à Moscou les reliques d’Andrzej Bobola pour les déposer dans l’église jésuite, d’où elles seront finalement reportées à Varsovie.

 

 

Michał Woźniak

1875-1942

 

Michał, né le 9 septembre 1875 à Suchy (Varsovie, Pologne) était le fils unique d’un couple de paysans, Jan et Marianna. Tout petit il voulait devenir prêtre, mais son père s’y opposait : cela arrive souvent lorsqu’un père de famille compte sur son fils pour lui léguer la ferme qu’il a entretenue avec beaucoup de passion.

Mais le garçon persévéra dans sa vocation : il entra au séminaire de Varsovie à vingt-sept ans, et fut ordonné prêtre en 1906, le jour de la fête de saint Michel (29 septembre).

Avant d’exercer une charge pastorale, il fut envoyé pendant trois années à Turin chez les pères salésiens, récemment fondés par saint Giovanni Bosco, qu’il admirait profondément (v. 31 janvier). 

Revenu en Pologne, il recouvrit plusieurs ministères, successivement à Minsk Mazowiecki, Lodz, Varsovie.

A Minsk, il gagna plus d'une centaine de personnes qui revinrent au catholicisme.

En 1911, il fut nommé à la paroisse Chojnata Mszczonowa, où il resta près de dix ans.

En 1920, il fut curé-doyen près de Lochow, où il put faire reconstruire la belle église néo-gothique détruite en 1915 par l'armée russe.

En 1923, il fut nommé curé à Kutno.

Il reçut la distinction honorifique de prélat domestique du pape en 1922.

Il eut comme vicaire un autre Michał, Oziębłowski celui-là, de vingt-cinq ans son cadet, qui partagera son sort et sera lui aussi béatifié.

Arrêté par la Gestapo le 6 octobre 1941, il fut envoyé au camp d’extermination de Lad, puis à celui de Dachau (Allemagne), où les mauvais traitements qu’il subit eurent raison de sa santé.

Il mourut dans ce camp le 16 mai 1942, jour où il est inscrit au Martyrologe.

Son cher Confrère, Michał Oziębłowski, mourra au même endroit le 31 juillet 1942.

Il a été béatifié en 1999 et, en Pologne, tout le groupe de ces cent-huit martyrs est fêté le 13 juin.

 

 

Vladimir Ghika

1873-1954

 

Vladimir Ghika naquit le 25 décembre 1873, à Constantinople, dans une famille régnante roumaine. Il fut baptisé et confirmé dans l’Église orthodoxe.

Il arriva en 1878 en France, suivit des cours à Toulouse, où il fut licencié en droit, et ensuite à Paris, où il intégra l’Institut d’Études Politiques.

Fidèle à la «théologie du besoin», qui sera la règle de sa vie, Vladimir ira se vouer à diverses actions de charité, en France et en Roumanie, avec une immense disponibilité pour les pauvres, les malades, les blessés.

En 1902, après de longues réflexions, il fit son entrée officielle dans l’Église catholique. Après des études à Rome, il obtint, en 1906, une licence en philosophie et un doctorat en théologie. Il fut ordonné prêtre du diocèse de Paris le 7 octobre 1923.

Le 18 novembre 1952, il fut arrêté à Bucarest et condamné à trois ans d’incarcération dans la prison de Jilava près de Bucarest. 

Il y mourut en martyr de la foi le 16 mai 1954.

Mgr Vladimir Ghika a été béatifié en 2013.

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15 mai 2024 3 15 /05 /mai /2024 08:42

15 MAI

 

III.

Ss Petrus, Andreas, Paulus et Dionysia, martyrs à Lampsaque ; Dionysia avait seize ans : elle fut décapitée pour avoir regretté l’apostasie d’un autre membre du groupe.

Ss Cassius (prêtre), Victorinus, Maximus, martyrs des Alamans à Clermont. 

?

S Libérateur, premier évêque à Ariano.

IV.

S Simplicius, martyr en Sardaigne.

S Eutice, prêtre martyr à Soriano.

S Achilleus le Thaumaturge, évêque à Larissa, un des membres du concile de Nicée ; il est patron de Presbo, où ont été transférées ses reliques.

S Rheticius, évêque à Autun après la mort de son épouse, tenu en très haute estime par l’empereur Constantin, par les saints Augustin et Jérôme.

V.

S Domnin, diacre à Plaisance.

S Primaël, de Grande-Bretagne, anachorète près de Quimper.

VI.

S Caleb (Elesbaan), roi chrétien en Éthiopie, mais assez cruel, finalement moine exemplaire à Jérusalem.

S Severinus, évêque à Septempeda, qui devint San Severino.

S Hilarus, fondateur d’un monastère près de Faenza, où furent ensuite des Camaldules.

S Melanius, évêque à Viviers.

VII.

S Franchy (Francoveus), moine puis solitaire près de Nevers.

S Ursus, évêque à Fano, dont il est patron secondaire.

IX.

S Rupert, duc de Bingen, fondateur d’hôpitaux, mort à vingt ans.

S Witesindo, un moment renégat sous l’empire de la peur, puis martyr à Cordoue.

X.

S Nicolas le Mystique, évêque à Constantinople ; son surnom était dû à son âge.

XII.

S Isidro, cultivateur madrilène, qu’on vit aidé dans son travail par deux anges ; retrouvé intact au début du XVIIe s., son corps fut à l’origine de la guérison miraculeuse du roi Philippe III ; trois ans après, Isidro sera le premier laïc canonisé par procédure officielle ; il est patron de Madrid et des cultivateurs.

XV.

B André Abellon, dominicain en Provence où il s’occupa de plusieurs monastères.

XX.

Bse Róża Czacka (1876-1961), religieuse polonaise, aveugle, fondatrice des Sœurs Franciscaines Servantes de la Croix au service exclusif des aveugles, béatifiée en 2021.

 

Martyrs de Lampsaque

† 251

 

Lampsaque (act.Lapseki) se trouve à l'extrême ouest de l'Asie Mineure, en Turquie, au bord de la mer.

Il s’agit ici de quatre Martyrs, dont on connaît les Actes authentiques. Ils étaient cinq, mais l’un d’eux apostasia, comme on va le voir.

Petros était un jeune homme. Invité par le proconsul Optimus à sacrifier à la déesse Vénus, il répondit : 

Je m’étonne que tu veuilles me persuader de sacrifier à une femme impudique et infâme dont les actions sont tellement honteuses qu’on ne pourrait les raconter sans rougir…

Le proconsul le fit étendre sur la roue, attaché avec des chaînes de fer. Tout autour étaient des pièces de bois qui frappaient le corps et brisaient les os du Héros. Finalement, il eut la tête tranchée.

Nicomaque, malheureusement, apostasia sous l’effet de la douleur. Remis à terre, il expira, brusquement étouffé en se mordant la langue. On dit que c’était là l’action du Diable.

Andreas et Paulos furent jetés en prison pendant la nuit ; le lendemain, ils persévéraient dans leur foi, malgré les coups de bâton ; finalement, ils furent livrés à la foule, qui les lapida.

Dionysia, une jeune fille de seize ans qui se trouvait dans la foule, reprocha à Nicomaque son péché et, pour cette attitude, fut arrêtée et remise à deux jeunes débauchés, qui s’épuisèrent à la provoquer. Dans la nuit, l’ange gardien de Denise leur apparut, plein de lumière ; ils en furent tellement bouleversés qu’ils demandèrent à Denise d’intercéder pour qu’il ne leur arrivât rien. 

Le lendemain, on avertit Dionysia que ses deux Compagnons Andreas et Paulos étaient lapidés. Elle se précipita hors de sa prison et alla rejoindre les deux Héros qui étaient en train d’expirer, voulant s’associer à leur mort pour être avec eux au Paradis. Mais on ne l’ «exauça» pas : on l’éloigna de là et on la décapita.

C’était sous l’empereur Dèce, le 15 mai 251.

Les saints Martyrs de Lampsaque, Petros, Andreas, Paulos et Dionysia, sont commémorés le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs de Clermont

† 260

 

Il s’agit ici de trois Martyrs qui moururent pour leur foi lors de l’invasion des Alamans.

Leur chef Chrocus arriva à Clermont, et mit à mort beaucoup de Chrétiens, dont on a retenu trois noms : 

Cassius, prêtre ; 

Victorinus

Maximus.

C’était en 260.

Les saints Martyrs de Clermont, Cassius, Victorinus et Maximus, sont commémorés le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simplicius de Fausina

† 304

 

Simplicius était un prêtre à Fausina (auj. Terranuova), Sardaigne. Il y eut quelque hésitation à reconnaître ou non à ce Martyr la qualité d’évêque, mais s’il l’avait été, on trouverait fort étonnant que son successeur ne fût nommé qu’après trois siècles de vacance.

Il subit le martyre en 304, transpercé d’une lance sous le préfet Barbarus, précisait l’ancien Martyrologe, sans jeu de mots. Toutefois, le Martyrologe actuel ne lui attribue pas non plus le titre de Martyr, qui est peut-être incertain.

On donnait à Simplicius trois Compagnons, qui ne sont pas nommés dans le Martyrologe : Diocletianus, Florentius, Rosula.

La proche cité épiscopale fut Civita, absorbée plus tard par le diocèse de Pise, puis d’Ampurias, enfin de Porto Torrès.

Saint Simplicius de Fausina est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Achilleus de Larissa

† 330

 

Avant d’être évêque à Larissa (Thessalie, Grèce CE), Achilleus fit les pèlerinages de Jérusalem et de Rome.

C’est dans la Ville éternelle qu’il reçut l’épiscopat.

Il participa au concile de Nicée (325).

Son activité pastorale fut marquée par une grande sollicitude pour les pauvres, les malades et les étrangers.

On lui a attribué le surnom de Thaumaturge, mais on n’a pas trouvé de récits illustrant ces nombreux et éclatants miracles.

Sa mort eut lieu en 330.

En 978, ses reliques furent portées à Presbo, qui prit alors le nom d’Achilli (Bulgarie). Depuis cet événement, ladite ville l’a pris comme céleste Patron.

Il ne faut pas le confondre avec le Martyr du même nom, fêté avec s.Nérée le 12 mai.

Saint Achilleus de Larissa est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rheticius d’Autun

† 334

 

Né d’une famille noble de Gaule, Rheticius naquit à Autun (act. 71).

A cette époque, enseignait dans cette ville un certain Eumène, qui prêchait alors l’idolâtrie. Malgré cette erreur, il était un professeur célèbre, et Rheticius suivit ses leçons.

Il se maria, mais son épouse mourut bientôt. Rheticius se donna entièrement à Dieu.

Vers 310, il devint le troisième évêque d’Autun.

Or en 311, l’empereur Constantin s’arrêta à Autun et rencontra providentiellement Rheticius, qui lui expliqua les premiers éléments de la religion chrétienne.

Rheticius eut une place de premier rang dans les assemblées conciliaires : en 313, il était aux côtés du pape Melchiade à Rome ; en 314, il était un des treize évêques de Gaule réunis en Arles ; dans les deux cas, il s’agissait d’examiner et de condamner le donatisme. La doctrine et l’éloquence de Rheticius s’imposa.

On connaît de lui deux ouvrages importants, dont on n’a malheureusement que des extraits : un traité contre les novatiens et un Commentaire sur le Cantique des Cantiques. Saint Jérôme (v. 30 septembre) en a parlé avec admiration. De Rheticius saint Augustin disait qu’il était un homme de Dieu.

Pour rehausser encore la solennité du baptême, il fit apporter de Terre Sainte de l’eau du Jourdain, qu’il mélangea à celle de son baptistère.

Rheticius mourut vers 334.

Saint Rheticius d’Autun est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Elesbaan Caleb

† 535

 

Elesbaan était un roi éthiopien du 6e siècle. 

Son nom connut plusieurs variantes.

Un historien grec écrivit Ellatzbaas. Les Ethiopiens nommèrent leur roi Caleb, un nom à la résonance biblique ; les Arabes, qui n’aimaient pas le roi d’Axoum, transformèrent son nom en al-asbah, «lie-de-vin».

L’historien dont il est question, Cosmas Indicopleustis («navigateur de l’Inde»), était présent dans le port d’Abdulis, quand Elesbaan y formait sa flotte.

Après avoir vaincu les ennemis du Christ, Élesbaan envoya sa couronne royale à Jérusalem, au temps de l'empereur Justin ; puis, après avoir mené la vie monastique, selon le vœu qu'il en avait fait, il s'en alla vers le Seigneur.

On a retrouvé des monnaies de cette époque, dont certaines émanent d’un prince chrétien.

Fêté par les Ethiopiens le 15 mai, saint Elesbaan a été inscrit en ce jour au Martyrologe Romain.

 

 

Severinus de Septempeda

† 545

 

Severinus avait un frère, nommé Victorinus. 

Tous deux distribuèrent aux pauvres leurs biens, qui étaient importants, et se retirèrent dans un ermitage du Monte Nero, proche de Septempeda ; Victorinus en particulier se retira dans une grotte de Pioraco.

Le bruit de leur sainteté parvint aux oreilles du pape Vigile, qui les nomma évêques : Severinus à Septempeda, Victorinus à Camerino. Toutefois, l’élection de Victorinus semble inexacte (ou douteuse), car son nom n’apparaît pas dans la liste épiscopale de Camerino. 

Selon certains, Severinus aurait été présent au moment de la destruction de la ville lors d’une invasion des Goths ou des Lombards ; selon d’autres, il pourrait même avoir été cet évêque Severus présent au concile de Sardica deux siècles plus tôt (vers 343).

Si l’on exclut cette dernière hypothèse, Severinus mourut vers 545. Septempeda, ville des Marches (Italie CE) devint justement San Severino des Marches.

Saint Severinus de Septempeda est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

Actuellement, le diocèse de Septempeda (San Severino) a été absorbé par celui de Camerino.

 

 

Rupert de Bingen

712-732

 

Rupert (qui pourrait se traduire par Robert) naquit vers 712 à Bingen (Mayence, Rhénanie, Allemagne W), d’un père encore païen, Robolaus, et d’une noble chrétienne, Berta.

Vers 715, le père mourut ; la maman mit toute son attention à éduquer son fils unique dans la droiture et la piété.

Rupert fut conquis par l’amour de Dieu et par la compassion envers les pauvres. Il n’en rencontrait jamais sans leur adresser quelques mots de consolation et quelque aumône.

Vers 724, sa mère lui procura une joie indicible en lui annonçant qu’elle voulait fonder un monastère où les pauvres seraient secourus.

A quinze ans, il fit le pèlerinage à Rome.

Par la suite, il consacra la plus grande partie de ses biens à fonder des hôpitaux. Il n’avait pas de plus grande joie que de visiter ces maisons et de soigner lui-même les malades.

Une de ses dernières fondations fut le monastère proche de Bingen, où il aimait se retirer.

C’est là qu’il mourut, vers 732, à vingt ans.

Saint Rupert de Bingen est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

La biographie de s.Rupert a été écrite par sainte Hildegard de Bingen, qui vécut dans ce monastère quatre siècle plus tard (v. 17 septembre).

 

 

Witesindo de Cordoue

† 855

 

L’attitude de Witedinso va en aider plus d’un à persévérer dans le témoignage de la Foi.

C’était une personne laïque des environs de Cordoue, à Cabra.

Chrétien, il prit peur devant les menaces des Musulmans, qui avaient déjà exécuté une trentaine de prêtres et de vierges. C’est que les Musulmans ne tolèrent pas qu’on dénigre la loi coranique et son Auteur.

Witesindo, donc, se laissa aller à renier sa foi chrétienne. Sommé cependant d’invoquer Allah et son Prophète, il s’y refusa et, cette fois-ci, fut condamné à mort comme renégat.

Il fut décapité en 855, un jour que s.Eulogio (v. 11 mars) ne précise pas.

Saint Witesindo est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Isidro le Laboureur

1082-1172

 

Né vers 1082 à Madrid (Espagne), Isidro de Merlo y Quintana était le fils de parents très humbles, qui lui enseignèrent à aimer Dieu et à haïr le péché.

Isidro ne fit pas d’études ; sa science lui venait de son élévation spirituelle et de la grâce de Dieu.

Ce grand garçon de deux mètres se mit au service d’un seigneur du pays, Juan (ou Ivan) de Vargas, et épousa une pieuse fille, María Toribia, ou María de la Cabeza (v. 9 septembre), qui eut un fils.

On rencontre généralement le récit du miracle intervenu lors de la chute du bébé de María dans un puits : elle pria avec son mari, et les eaux du puits montèrent jusqu’à rapporter l’enfant tout souriant. Cet enfant est d’ailleurs vénéré comme saint Illán (localement fêté le 16 mai en Espagne).

Isidro, de son côté, menait une vie toute de piété, sans délaisser jamais son travail. Il visitait les églises de Madrid, priait beaucoup, surtout les jours de fêtes, et y entendait la Messe.

Il fut cependant accusé de négligence pour tant d’heures accordées à la piété (qu’il prenait en réalité sur son sommeil et non sur son travail) : son patron l’observa, et remarqua deux personnages qui l’accompagnaient près de la charrue ; il l’interrogea sur cette présence, et Isidro lui révéla que c’étaient deux anges.

Isidro était aussi libéral que possible, donnant son repas aux pauvres, et aux animaux également. Il portait ainsi au moulin un sac de blé, dont il envoya une partie aux oiseaux du ciel ; mais de retour du moulin, il rapporta la quantité de farine correspondant au sac entier.

Isidro mourut le 15 mai, en 1172 à quatre-vingt-dix ans. Certains le font mourir plutôt un 30 novembre. Son épouse María mourut quelques années plus tard.

Il fut béatifié en 1619, et canonisé en 1622, mais la bulle de canonisation fut, dit-on, publiée seulement en 1724.

San Isidro est évidemment le saint Patron des cultivateurs, ainsi que des ingénieurs agricoles et agronomes (qui ne le savent peut-être pas).

 

 

André Abellon

1375-1450

 

André Abellon naquit vers 1375 à Saint-Maximin (Var) de parents aubergistes.

Jeune encore, il entra dans l’Ordre dominicain.

De Saint-Maximin, on l’envoya enseigner les arts libéraux à Marseille, puis étudier la théologie à Toulouse, et enseigner la philosophie à Montpellier.

En 1403, il fut Lecteur (professeur) en Avignon.

En 1408, il reçut le doctorat.

Sa vie fut très active et l’on a du mal de le suivre dans tous ses déplacements : 

En 1409, il fut vicaire du couvent de Saint-Maximin, professeur à Paris, en Avignon et à Montpellier, en même temps qu’il prêchait en Provence et dans le Comtat-Venaissin.

En Aix-en-Provence, où il prêcha le plus souvent, et même durant l’épidémie de peste de 1415, il encouragea les habitants à supporter patiemment le fléau tout en aidant généreusement les malades. La mortalité y fut d’ailleurs moins élevée qu’ailleurs, ce qu’on attribua à sa prière.

En 1419, il fut élu prieur à Saint-Maximin, et il y introduisit la réforme. D’ailleurs il y fut réélu en 1425. Il s’y montra excellent administrateur, pourvoyant le monastère de rentes suffisantes - qu’il sut habilement obtenir aussi de Louis II d’Anjou et de sa femme Yolande d’Aragon. On lui doit le cloître et le chœur du monastère.

Il faut signaler ici qu’on attribue aussi à l’habile main d’André quatre peintures qui se trouvent actuellement en la basilique Sainte-Marie-Madeleine à Saint-Maximin.

En 1432, il fut nommé au couvent d’Arles, avec la même mission de réforme. Celle-ci fut brève. Dès la fin de l’année, il regagna Saint-Maximin. En 1436 il alla au couvent d’Aix-en-Provence, dont il fut deux fois élu prieur, mais il renonça à cette deuxième élection.

Après un nouveau séjour à Marseille, il revint à Aix, où il s’éteignit le 15 mai 1450.

Ses reliques furent re-découvertes lors de la restauration de l’église au 19e siècle, et André Abellon fut béatifié en 1902.

 

 

Róża Czacka

1876-1961

 

Róża Czacka naquit le 22 octobre 1876 à Bila Tserkva (Kiev, Ukraine), sixième des sept enfants de Feliks Czacki et Zofia Ledóchowska et reçut dans sa famille le titre de comtesse. Un parent fut cardinal.

Róża apprit le piano, les langues (français, allemand, anglais, latin).

Elle allait à cheval aussi, et c’est un accident qu’elle subit dans sa jeunesse qui la rendit fragile des yeux, au point qu’elle perdit la vue à vingt-deux ans, malgré plusieurs interventions chirurgicales.

Dès lors, elle sillonna l’Europe pour s’informer des méthodes utilisées pour aider les aveugles, et en vint à adapter le braille à la langue polonaise.

En 1909, revenue en Pologne, elle ouvrit des ateliers pour handicapés puis, à Varsovie, l’équivalent de notre Institut des Jeunes Aveugles parisien.

Durant la Première Guerre mondiale, elle se retira à Żytomierz, où mûrit en elle l’idée d’un institut orienté exclusivement à l’assistance aux aveugles.

C’est dans ces circonstances qu’en 1917, elle entra dans le Tiers-Ordre franciscain et fit sa profession, assumant le nom d’Elzbieta (sur ste Elizabeth de Hongrie, v. 17 novembre).

Revenue à Varsovie, en 1918, elle fonda cette nouvelle famille religieuse d’esprit franciscain, les Sœurs Franciscaines Servantes de la Croix. Elle en reçut l’approbation de l’évêque du lieu, puis du pape Benoît XV (1919), du nonce Achille Ratti, futur pape Pie XI, qui qualifia cette œuvre d’apostolat exceptionnel.

En 1921, Róża subit en urgence une intervention chirurgicale pour l’ablation d’une tumeur cancéreuse.

En 1922, elle installa sa famille religieuse sur des terrains qu’on lui offrait à Laski et, en 1923, devint la Supérieure Générale de l’institut.

En 1925, elle fut décorée de la croix de l’Ordre des Chevaliers de Polonia Restituta et, en 1934, la méthode qu’elle avait mise au point fut imposée par le gouvernement à toutes les écoles pour aveugles.

En 1939, l’invasion de la Pologne par les troupes nazies fut la cause qu’elle reçut des blessures à la tête et qu’on dut lui retirer un œil sans anesthésie.

En 1944, Róża accepta d’héberger des soldats qui se préparaient à l’insurrection de Varsovie, et de cacher leurs armes dans le couvent.

En 1950, elle déposa sa charge de Supérieure et se mêla humblement à la vie quotidienne de toutes les sœurs.

Róża mourut le 15 mai 1961 ; ses funérailles furent célébrées par le cardinal Stefan Wyszyński (v. 28 mai).

A titre posthume, Róża fut nommée Grand-Croix de l’Ordre de Polonia Restituta (2009). L’institut s’est élargi ; il a gagné le Rwanda et l’Inde.

Róża Czacka sera béatifiée en 2021, et inscrite au Martyrologe le 15 mai.

 

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