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24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 00:00

24 JANVIER

 

III.

S Felicianus, évêque à Foligno pendant cinquante-six ans, martyr nonagénaire.

S Babylas, évêque à Antioche ; il eut la sainte audace d’ordonner à l’empereur d’aller dans les rangs des pénitents.

S Sabinianos, grec passé de la philosophie à la foi, baptisé près de Troyes, martyr à Rilly.? Ss Mardoine, Muson, Eugène et Metellus, martyrs à Néocésarée.

IV.

Ss Paul, Pausirion et Théodotion, frères martyrs en Egypte ; le troisième était brigand et vint se constituer pour s’unir à eux.

S Arthème, évêque à Clermont, où la maladie l’avait arrêté dans son voyage de Trèves en Espagne.

? Ss Thyrse et Prix, martyrs (en Gaule ?).

V.

S Macédone, anachorète près de Antioche, mort nonagénaire.

S Exsuperantius, africain, évêque à Cingoli.

VI.

B Suran, abbé à Sora, abattu par un brigand.

VII.

S Bertran (Ebertram), moine à Luxeuil, abbé à Saint-Quentin.

XVI.

Bse Paola Gambara Costa, noble italienne, veuve à Bene, tertiaire franciscaine ; elle convertit la maîtresse de son mari.

XVII.

Bx William Ireland, jésuite anglais et son disciple, John Grove, martyrs à Tyburn.

XVIII.

Bse Marie Poussepin, dans la région de Chartres, fondatrice des Sœurs dominicaines de la Présentation de la Vierge Marie, pour les jeunes filles, les pauvres et les malades ; béatifiée en 1994.

XIX.

Bx laïcs polonais de rite grec-catholique, martyrs, béatifiés en 1996 : Ignacy Frańczuk, Konstanty Bojko, Daniel Karmasz, Konstanty Łukaszuk, Filip Geryluk, Maksym Hawryluk, Bartłomiej Osypiuk, Jan Andrzejuk, Wincenty Lewoniuk, Lukasz Bojko, Onufry Wasyluk, Michał Wawryszuk, Anicet Hryciuk.

XX.

B Francisco María Colomer Presas (Pacià, 1916-1937), novice capucin espagnol, martyrisé près de Barcelone, béatifié en 2015.

B Luigj Prendushi (1894-1947), prêtre albanais martyr, béatifié en 2016.

B Giuseppe Giaccardo (Timoteo, 1896-1948), prêtre de la Société de Saint-Paul-Apôtre ou Pauliniens, mort à Rome de leucémie foudroyante, béatifié en 1989.

Felicianus de Foligno

160-249

 

Felicianus naquit vers 160 près de Foligno (Ombrie, Italie C) au temps de l’empereur Gordianus I, de parents chrétiens.

Modèle de vertu, il alla étudier à Rome, où même ses camarades païens admiraient et l’homme et sa science, tant il mit à profit son temps pour acquérir de larges connaissances. Ce fut au point que le pape Eleutherius (v. 26 mai) l’appela, lui conféra les Ordres sacrés et l’aurait même gardé près de lui, si la Providence n’en avait décidé autrement.

Felicianus en effet rentra dans son pays, et mit tout son zèle à évangéliser les païens, encore nombreux. Les baptêmes qu’il conférait, il les célébrait très discrètement, pour ne pas attirer l’attention sur lui.

C’était un peu peine perdue, car on ne pouvait plus l’ignorer. Quand l’évêque de Foligno mourut (193), c’est sur Felicianus que tous se tournèrent. Comme il s’y refusait, on l’emmena à Rome pour demander son avis au pape. Celui-ci, Victor (v. 28 juillet) qui connaissait déjà Felicianus ne put que se réjouir d’un pareil choix et consacra lui-même le nouvel évêque ; il lui conférait même le droit de consacrer d’autres évêques.

On ne sait exactement à qui Felicianus succédait sur le siège de Foligno ; en effet, les deux premiers évêques de ce siège, Crispoldus et Brictius, posent aux savants des problèmes d’identité ou même d’historicité ; le troisième évêque en revanche, si du moins il a vraiment existé, reste pour nous «anonyme», de sorte que Felicianus apparaît comme le premier évêque connu de Foligno.

Felicianus consacra plusieurs évêques dans les environs de Foligno, à Terni, à Spolète ; mais il n’est pas aisé de suivre ces événements lointains ; c’est ainsi que Spolète revendique aussi Felicianus comme son sixième évêque, à la même époque que le nôtre.

Cependant la persécution reprit sous l’empereur Dèce (249). Felicianus fut arrêté et soumis à la torture pour avoir refusé de sacrifier aux dieux romains ; sans aucun égard pour son grand âge, on le jeta en prison ; on voulut l’amener devant Dèce, mais le vénérable évêque nonagénaire mourut en route, d’épuisement et des suites de ces mauvais traitements.

C’était le 24 janvier 249.

Son épiscopat avait duré cinquante-six ans.

Saint Felicianus de Foligno est commémoré le 24 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Babylas d’Antioche

† 250

 

La ville d’Antioche (act. Antakya, frontière syro-turque) est le siège patriarcal le plus ancien de l’Eglise ; c’est là que s.Pierre s’établit avant d’aller à Rome.

On ne connaît rien de la personne de Babylas, jusqu’à son accession au siège épiscopal d’Antioche, dont il devenait en 237 le treizième titulaire.

S.Jean Chrysostome (v. 14 septembre) rapporte un unique fait, caractéristique, dit-il, de cet évêque, car il permet de juger avec une entière assurance qu’il n’a jamais donné même une parole à la faveur ou à la haine, à la crainte ou à la flatterie.

Voici de quoi il s’agit. L’empereur Philippos avait été associé à l’empire par Gordianus III, et comme gage d’union et de paix il avait reçu un enfant de ce même Gordianus. Or, Philippos eut la cruauté de mettre à mort cet enfant. Lors de la solennité de Pâques, il vint à Antioche et se plaça parmi les fidèles. Babylas s’avança au-devant du prince, lui mit la main sur la poitrine, le regarda d’un œil divinement illuminé, et lui ordonna d’aller se mettre au rang des pénitents publics ; en même temps, il le menaçait, en cas de refus d’obéissance, de le chasser de l’Eglise.

Jean Chrysostome ajoute qu’on doit surtout admirer là la sagesse pleine de modération dont usa Babylas ; il remplit son ministère, sans violer le respect dû à l’empereur ; il lui eût été facile de reprocher à Philippos son meurtre par des paroles sévères : il se contenta de faire une incision suffisamment profonde pour guérir la plaie.

Ceci se passait en 244, quand l’empire était encore dans une paix relative et que les Chrétiens n’étaient pas inquiétés. Mais la persécution se déchaîna à nouveau sous Dèce. Babylas fut alors un des premiers à être jetés en prison, tant son rang et son intégrité l’avaient rendu célèbre.

On n’eut pas le temps de le torturer longuement, ni même de le condamner à mort : il mourut en prison, des suites des mauvais traitements qu’on lui imposa : faim, soif, froid…

Avant de mourir, Babylas demanda à être enterré avec ses chaînes, car il les regardait comme l’instrument de son triomphe.

La date retenue de sa mort est le 24 janvier 250.

Le Martyrologe ajoute qu’avec lui souffrirent également trois enfants, nommés Urbanus, Prilidanus et Epolonus.

Saint Babylas d’Antioche est commémoré le 24 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sabinianos de Samos

† 275

 

Originaire de Samos (Mer Egée, Asie Mineure), Sabinianos avait un père païen, qui le poussa aux études.

Le garçon approfondit les philosophes, et trouva une Vérité bien supérieure dans l’Ecriture sainte.

Il s’arrêta un jour sur le verset du psaume 50 : Tu m’arroseras avec l’hysope, dont il ne percevait pas le sens ; un ange lui révéla alors qu’il s’agissait du baptême.

Dès lors, il s’adonna à la lecture assidue de l’Evangile. Son père le remarqua et menaça de le dénoncer au juge. Aussi Sabinianos résolut de quitter rapidement la maison paternelle.

Son périple le conduisit en Gaule, à Troyes, où s.Patrocle (v. 21 janvier) lui conféra le baptême.

Sabinianos prêcha alors dans toute la contrée, faisant beaucoup de conversions.

L’empereur Aurelianus, de passage, vint à l’apprendre ; il fit martyriser Patrocle et convoqua Sabinianos. Pour l’intimider, il fit exécuter sous ses yeux une cinquantaine de néophytes, puis le fit torturer de mille façons, sans que Sabinianos renonçât à sa Foi, ni même ne subît quoi que ce fût de ces diverses tortures. 

Sabinianos fut finalement décapité à Rilly, en 275.

Saint Sabinianos de Samos est commémoré le 24 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Exsuperantius de Cingoli

5e siècle

 

La fidèle tradition nous rapporte qu’Exsuperantius naquit au cinquième siècle en Afrique, dans une famille attachée à l’arianisme et au manichéisme.

Mais le jeune garçon voulait passer réellement au christianisme. Ayant enfin obtenu le consentement de son père, il fut baptisé à douze ans.

Une fois adulte, il refusa de se marier, quitta sa famille et commença à prêcher l’Evangile.

Avec un serviteur, il s’embarqua à destination de l’Italie. Durant la traversée, il fit cesser une forte tempête et amena au Christ tout l’équipage.

Parvenu à Rome, il se mit à prêcher et fut arrêté. Le pape (?) réussit à le faire libérer et l’ordonna évêque pour Cingoli (Marches, Italie CE). 

On ne connaît ni les dates de l’épiscopat d’Exsuperantius, ni le nom de ce pape (il y en eut treize durant le cinquième siècle, presque tous Saints, parmi lesquels s.Léon le Grand, v. 10 novembre). 

Exsuperantius devenait le deuxième évêque de cette ville et le resta quinze années.

Nombreux furent les miracles qu’on attribua à sa prière et à ses mérites.

Il annonça sa mort, qui advint un 24 janvier d’une année qu’on n’a pas précisée.

Douze années plus tard, plusieurs villes voisines furent frappées d’une épidémie : un ange apparut et ordonna une procession des reliques d’Exsuperantius pour faire cesser le mal.

Saint Exsuperantius de Cingoli est commémoré le 24 janvier dans le Martyrologe Romain.

Paola Gambara Costa

1473-1515

 

Paola naquit le 3 mars 1473, à Verola Alghisi (auj. Verolanuova, Brescia, Italie N), dans une famille noble.

Elle était l’aînée des sept enfants de Pietro et Taddea Caterina Martinengo ; après elle naquirent : Marietta (qui sera moniale), Ippolita (qui sera la mère de quatorze enfants), Laura, Federico, Lodovico et Maddalena.

Ce qui était remarquable, dès son enfance, était son attrait pour la solitude. Mais sans se soucier de cette tendance, les parents la promirent à Ludovico Antonio Costa, comte de Binasco. Paola avait… douze ans.

Paola reçut les conseils paternels d’un saint prêtre, Angelo de Chivasso (v. 11 avril), qui l’aida à être aussi bien une bonne épouse qu’à éviter les dangers des salons.

Le mariage eut lieu en grande pompe en 1485 et les époux s’installèrent à Bene.

Ludovico n’appréciait cependant pas de bon cœur les bonnes œuvres de son épouse, préférait la chasse et les banquets, tandis que Paola se portait spontanément auprès des pauvres, surtout les victimes des temps difficiles qu’on traversait : famines, guerres, épidémies. 

Elle fut la marraine d’une infante de la maison de Savoie.

En 1488, un enfant naquit, Gianfrancesco ; Paola obtint de son mari de faire distribuer alors à la population de grandes quantités de nourriture.

En 1491, Paola prit l’habit du Tiers-Ordre franciscain, qu’elle portait sous ses vêtements quotidiens.

Ludovico continuait à mépriser les habitudes saintes de son épouse. Il lui reprochait de gaspiller les réserves du château, mais Dieu au contraire les multiplia et elles ne manquèrent jamais. 

Bien pire, Ludovico en vint à introduire dans la maison une autre femme, mettant ainsi en grand danger l’harmonie du couple. Paola en fut réduite à vivre retirée, dans l’impossibilité même de sortir du château.

En 1495, le petit Gianfrancesco partit étudier à Chieri. Nouvelle épreuve pour la maman qui, de plus, à partir de ces années-là, souffrit de fréquents et très douloureux maux de tête.

En 1500 cependant, le couple fit une agréable visite à la famille de Paola. Mais au retour, Paola poussa la patience jusqu’à l’héroïsme envers sa «rivale» qui tomba malade brusquement ; elle la soigna amoureusement et l’aida à mourir chrétiennement. Là encore, il y eut des langues de vipères qui accusèrent Paola d’avoir été responsable de cette mort.

Quand Gianfrancesco revint au château, son père voulut organiser un banquet pour l’événement ; le vin manqua, car Paola en avait largement distribué à la population ; Ludovico se fâcha, mais sur la prière de Paola, les tonneaux se remplirent immédiatement. Un autre miracle convainquit enfin Ludovico : un jour qu’il surprit sa femme sortir avec le tablier rempli de victuailles pour les pauvres, il lui demanda d’ouvrir son tablier, et il en sortit de magnifiques roses (en plein hiver). 

Ludovico tomba malade en 1506 ; soigné amoureusement par son épouse, il guérit et voulut exprimer sa gratitude à Dieu en offrant au couvent de Cuneo un beau calice et deux burettes d’argent. C’est alors que Ludovico se convertit vraiment et désormais laissa faire Paola. Il mourut en bon chrétien.

Devenue veuve, Paola s’offrit totalement à Dieu dans une vie de mortification, de soulagement de la misère, au service des pauvres.

Elle mourut le 24 janvier 1515 et de nombreux miracles attestèrent encore sa sainteté. 

Le Martyrologe mentionne au 24 janvier la bienheureuse Paola, dont le culte fut reconnu en 1845.

 

 

William Ireland

1636-1679

 

William était le fils aîné de William Ireland de Crofton Hall (Yorkshire) et de Barbara Eure de Washingborough (Lincolnshire), et naquit en 1636.

Après ses études secondaires, il passa au Collège anglais de Douai, puis entra chez les Jésuites à Watten en 1655. 

Après sa profession religieuse et son ordination sacerdotale (1673), il fut le confesseur des Clarisses à Gravelines pendant quatre ans puis, en 1677, envoyé en mission dans son pays d’origine, comme procureur pour la province anglaise.

Il se dissimula sous le nom de William Ironmonger, pour mieux rejoindre les catholiques.

Lors du «complot de Titus Oates», il fut arrêté par Titus Oates lui-même dans la nuit du 28 septembre 1678, avec d’autres parmi lesquels John Grove, un laïc officiellement propriétaire de cette maison à Londres, mais occupée par des Jésuites. L’ambassadeur d’Espagne habitait là aussi.

Après une rigoureuse prison, William et John furent tous deux condamnés à mort le 17 décembre suivant, avec Thomas Pickering, pour avoir «le 19 août précédent, sous le toit du jésuite William Harcourt, projeté l’assassinat du roi». Concernant William Pickering, v. 9 mai ; pour William Harcourt, v. 20 juin.

Oates et Bedloe jurèrent que Grove devait recevoir 1500 £ pour ce travail, et Pickering 30000 messes. Dans son journal écrit à Newgate, Ireland racontait ce qu’il avait fait jour après jour durant son absence de Londres entre le 3 août et le 14 septembre, et avait donc un alibi évident, mais une femme vint jurer qu’elle l’avait vu à Fetter Lane - une rue de Londres - le 20 août. Ces faux-témoins refirent ce qui s’était passé pour Notre-Seigneur quinze siècles plus tôt.

Tous les trois furent jugés coupables ; après deux renvois, Ireland et Grove furent exécutés ensemble. Grove proclama : Nous sommes innocents, on nous prend la vie pour un motif tout-à-fait illégal, nous prions Dieu de pardonner à ceux qui en sont la cause.

William Ireland et John Grove furent exécutés le 24 janvier 1679 à Tyburn, et furent béatifiés en 1929.

 

 

John Grove

† 1679

 

Comme on l’a dit dans la notice du bienheureux William Ireland, John était le propriétaire officiel de la maison londonienne où habitaient les Jésuites. Il s’était fait leur serviteur.

Il était irlandais.

Il fut arrêté le 28 septembre 1678, en même temps que le père William Ireland, et tous deux furent mis en prison.

John fut accusé d’avoir reçu 1500 £ pour collaborer au complot contre le roi, le fameux «complot Titus Oate». 

Il fut exécuté le même jour que William Ireland, le 24 janvier 1679, et avec lui béatifié en 1929.

 

 

Marie Poussepin

1653-1744

 

Marie naquit le 14 octobre 1653 à Dourdan (actuelle Essonne), d'une vieille famille de notables parisiens. On ne dit rien sur son enfance.

Adulte, elle reprit la fabrique familiale du travail de la soie, mais quand l'industrie de la soie périclita, elle sut l'orienter vers l'industrie de la laine, introduisant le métier à tisser pour la première fois en France.

En 1685, son atelier était l'unique à fabriquer des bas de laine avec le métier à tisser ; en 1702, Dourdan était la deuxième ville de France pour cette activité.

Marie eut une idée fort heureuse pour sortir les jeunes de la rue et des plaisirs lâches : elle recruta des ouvriers entre quinze et vingt-deux ans, qui s'engageaient à produire chaque semaine quatre paires de bas, non payées, mais ce qu'ils produiraient en sus serait (largement) payé.

Mais Marie ne fut pas seulement chef d'entreprise ; elle s'engagea  dans une Fraternité de charité, dans une Fraternité du Tiers-Ordre dominicain, où elle donna le meilleur d'elle-même pour visiter les malades, les veuves, les mendiants.

En 1695, elle fera un pas de plus dans la Charité, en fondant une communauté qui s'occuperait des orphelines, des veuves, des femmes malades, pour apporter quelque chose d'évangélique à la condition de la femme.

La communauté, liée tout d’abord au Tiers-Ordre dominicain s'installa à Sainville, et Marie lui donna tous ses biens. La communauté s'enrichit d'une école pour les filles, visitait les malades... Elle s'agrandit et se multiplia : Auneau, Meung-sur-Loire, Joigny, Massy, Chilly-Mazarin, jusqu'à vingt maisons en 1725.

Par volonté de l'évêque de Chartres, cette communauté resta ensuite longtemps indépendante de l'Ordre dominicain. 

Les Religieuses doivent travailler dans le monde gratuitement, devant gagner leur vie par quelque travail personnel. D'abord appelées Sœurs de Charité Dominicaines de la Présentation de Tours, elles porteront le nom simplifié de Sœurs de la Présentation, qui enfin s'agrégeront à la famille dominicaine en 1959 et compte aujourd'hui plusieurs milliers de Religieuses dans le monde entier, dévouées à l'enseignement et à la médecine.

Marie mourut à quatre-vingt-onze ans, le 24 janvier 1744 à Sainville ; après que la Révolution eut dispersé les communautés, on oublia jusqu’à l’endroit de la tombe de Marie Poussepin ; elle fut retrouvée en 1857, sous une dalle rompue...

Marie Poussepin fut béatifiée en 1994.

Martyrs de Pratulin

1874

 

On ne va pas refaire l’histoire des mesures prises par le pouvoir russe contre l’Eglise catholique polonaise.

Disons seulement ici que le village de Pratulin (Biała Podlaska), à l’extrême frontière polono-biélorusse, faisait partie de la dernière communauté gréco-catholique de Chelm.

En 1873, le tsar ordonna de rattacher cette communauté au patriarcat orthodoxe de Moscou.

En janvier 1874, un prêtre orthodoxe, accompagné d’une troupe de policiers, se présenta pour prendre possession de l’église. A l’attendre se trouvaient là treize hommes laïcs, résolus à défendre leur trésor par fidélité à l’Eglise romaine.

L’épisode est communément relaté en date du 24 janvier 1874, ainsi qu’au Martyrologe.

On trouve cependant des dates différentes concernant la mort des treize Martyrs, dont la plupart seraient morts le 14 janvier, et trois les 16 et 17 janvier, des suites de leurs blessures.

L’attaque en question aurait-elle eut lieu le 14 janvier ? Quelle version choisir ?

On s’en tiendra à la date du Martyrologe pour l’événement proprement dit. Ci-dessous, on trouvera les prénoms et noms des victimes.

 

Anicet Hryciuk    mort le 14 janvier (?) Le plus jeune du groupe (dix-neuf ans).

Bartłomiej Osypiuk    mort le 14 janvier (?) Marié.

Daniel Karmasz    mort le 14 janvier (?) Marié.

Filip Geryluk    mort le 14 janvier (?) Marié.

Ignacy Frańczuk    mort le 14 janvier (?) Le doyen du goupe (cinquante ans). Marié.

Jan Andrzejuk    mort le 14 janvier (?) Marié.

Konstanty Bojko    mort le 14 janvier (?) Marié.

Konstanty Łukaszuk    mort le 16 janvier (?) Marié.

Łukasz Bojko    mort le 14 janvier (?)

Maksym Hawryluk    mort le 17 janvier (?) Marié.

Michał Wawryszuk    mort le 17 janvier (?) Marié.

Onufry Wasyluk    mort le 14 janvier (?) Marié.

Wincenty Lewoniuk    mort le 14 janvier (?) Marié.

 

Tous ces Martyrs furent béatifiés en 1996.

 

 

Ignacy Frańczuk

1824-1874

 

Laïc polonais, né en 1824 à Derlo.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Konstanty Bojko

1826-1874

 

Laïc polonais, né le 25 août 1826 à Derlo.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Daniel Karmasz

1826-1874

 

Laïc polonais, né le 22 décembre 1826 à Przedmiescie-Pratulin.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Konstanty Łukaszuk

1829-1874

 

Laïc polonais, né en 1829 à Zaczopki.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Filip Geryluk

1830-1874

 

Laïc polonais, né le 26 novembre 1830 à Zaczopki.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Maksym Hawryluk

1840-1874

 

Laïc polonais, né le 2 mai 1840 à Bohukały.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Bartłomiej Osypiuk

1843-1874

 

Laïc polonais, né le 3 septembre 1843 à Bohukały.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Jan Andrzejuk

1848-1874

 

Laïc polonais, né le 8 avril 1848 à Derlo.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Wincenty Lewoniuk

1849-1874

 

Laïc polonais, né en 1849 à Kryczew.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Łukasz Bojko

1852-1874

 

Laïc polonais, né le 29 octobre 1852 à Zaczopki.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Onufry Wasyluk

1853-1874

 

Laïc polonais, né le 20 avril 1853 à Zaczopki.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Michał Wawryszuk

1853-1874

 

Laïc polonais, né en 1853 à Derlo.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Anicet Hryciuk

1855-1874

 

Laïc polonais, né en 1855 à Zaczopki.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Francisco María Colomer Presas

1916-1937

 

Francisco María vit le jour le 29 avril 1916 à Barcelone (Catalogne, Espagne).

Il fit de brillantes études de commerce puis, en 1935 à dix-neuf ans, entra dans l’Ordre des Capucins.

Il reçut l’habit, et le nom de Pacià. Puis il fut envoyé à Sarriá pour les années de philosophie. Il n’eut le temps d’en faire qu’une année.

En juillet 1936, éclata la révolution marxiste, qui obligea les Capucins à évacuer leurs huit ou neuf couvents de Catalogne. Francisco trouva refuge chez une bonne famille d’accueil, mais pour ne pas en compromettre les membres - qui risquaient la peine de mort si on apprenait qu’ils cachaient des Religieux - il alla dans une pension de Barcelone.

La surveillance était intense ; on découvrit Pacià en compagnie d’un autre étudiant, le 21 janvier 1937. A cette date, les exécutions avaient beaucoup diminué car les marxistes manquaient de munitions et commençaient à devoir battre en retraite devant l’avancée des troupes «libératrices».

Le jeune Religieux et son camarade furent conduits en cachette au cimetière de Cerdanyola et là furent exécutés.

Pacià reçut la grâce du martyre le 24 janvier 1937 et fut béatifié en 2015.

 

 

Luigj Prendushi

1894-1947

 

Luigj Prendushi naquit le 24 janvier 1896 à Shkodrë (Albanie).

Il fit ses études dans des collèges et séminaires du Piémont (Italie), puis revint en Albanie.

Durant la traversée pour rejoindre l’Albanie, le bateau fut pris dans une dangereuse tempête et les passagers tremblaient de peur. Mais il restait calme, et s’en expliqua : Je n’ai aucune raison d’avoir peur. C’est ma force. Calmez-vous, aujourd’hui, nous ne nous noierons pas.

Ordonné prêtre en 1921, il fut curé à Ipeshkvininë, une grande paroisse qu’il visitait chaque jour à pied.

Quand s’installa le gouvernement marxiste (1944), l’évêque lui suggéra d’aller en Italie, mais le bon curé préféra rester auprès de son troupeau. Il fut bientôt accusé d’espionnage pour le compte du Vatican, arrêté le 8 décembre 1946, violé et condamné à mort.

Luigj fut exécuté à Shelqet, sur la place publique, en exemple pour tous ceux qui auraient l’intention de rester fidèles au Christianisme ; c’était le 24 janvier 1947, jour de ses cinquante-trois ans.

Luigj Prendushi fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 24 janvier.

 

 

Giuseppe Giaccardo

1896-1948

 

Giuseppe Domenico Vincenzo naquit le 13 juin 1896 à San Giovanni Sarmassa (Narzole d'Alba, Cuneo, Italie Piémont), aîné des cinq enfants de Stefano et Maria Cagna, des parents très pauvres.

De son enfance, son papa put en dire plus tard qu'il ne l'avait jamais pris à dire un mensonge, ni même qu'il avait dû le reprendre.

Giuseppe apprit les premiers rudiments chez les Sœurs de Sainte-Anne, puis à l'école communale.

Il fut confirmé à douze ans. A le confesser fut un certain don Alberione (v. 26 novembre), qui fut très impressionné et édifié de le voir servir la messe et prier.

Au séminaire, Giuseppe combattit spontanément ses défauts et ses tentations ; il se consacra comme esclave de Marie, fit chaque année le vœu de chasteté, et exprimait souvent son désir de devenir saint. Son confesseur affirma qu'il ne commit peut-être jamais quelque faute volontaire.

Il avait un gros regret : sa voix un peu mal exercée ne lui permettait pas de chanter juste, partant de chanter la Messe, plus tard.

En 1915, il fit son service militaire ; c'était la guerre et il fut envoyé à la 2e Compagnie de Santé à Alessandria, mais il fut réformé l'année suivante pour anémie.

De retour au séminaire, une épreuve l'attendait : on le nomma assistant des élèves, mais il était si pointilleux, si exigeant, qu'il dut être déchargé de cette responsabilité. Il en eut des tentations de découragement.

Le 8 décembre 1916, il put faire le vœu perpétuel de chasteté, après avoir victorieusement combattu les tentations du démon. 

Son amitié pour Don Alberione grandissait et il voulut travailler pour lui. D'abord, l'évêque le lui interdit, pour le mettre à l'épreuve, puis il le lui permit. A partir de 1917, Giuseppe fit partie de l'œuvre de don Alberione, qui lui confia de très importantes responsabilités. Ayant pris le nom religieux de Timoteo, comme le disciple de saint Paul, Giuseppe fut un modèle d'obéissance et d'humilité, et toute sa vie fidèle inconditionné à l'Eglise, au Pape, au Fondateur. 

Don Giaccardo fut ordonné prêtre en 1919. Il fut reçu docteur en théologie à Gênes en 1920.

Il fut chargé d'ouvrir une maison à Rome en 1926, y ouvrit une imprimerie, y acheta un terrain aux Trois Fontaines, pour y construire une nouvelle maison, car les vocations se multipliaient. Il reçut en peu de temps l'approbation du Vicariat de Rome.

En 1930, don Giaccardo fut rappelé à Alba pour deux années de « retraite », puis renvoyé à Rome en 1932 comme supérieur.

A partir de 1936, le Fondateur s'installa à Rome, et don Giaccardo fut supérieur à Alba. Il y resta dix ans, la période de sa vie la plus féconde et en même temps la plus travaillée, à cause des soucis qu'il dut supporter et des responsabilités qu'il avait vis-à-vis des autres Confrères.

Plein de zèle pour la maison de Dieu, il organisa des cérémonies splendides, il fit monter dans son église un orgue de trois mille tuyaux.

On disait qu'il n'avait pas de dons intellectuels particulièrement marqués, mais son amour de l'étude le portait à avoir une science théologique assez étendue ; il lisait les épîtres de saint Paul dans le texte grec.

Chargé en même temps de la direction spirituelle des Pie Discepole (autre branche féminine fondée par don Alberione), don Giaccardo fut critiqué et dénoncé pour ses « exagérations » ; après enquête, ce furent les Sœurs accusatrices à devoir demander pardon pour leur rébellion momentanée.

En 1946, il fut nommé vicaire général de l'Œuvre, et dut s'installer à Rome. Il souffrit beaucoup intérieurement, mais sans jamais se plaindre ni se révolter, de l'autorité un peu exigeante du Fondateur et resta toujours soumis.

En 1947, il commença à souffrir de ses jambes et se déplaça avec difficulté. 

Il fit encore quelques visites, entre autres dans son pays natal et célébra avec difficulté la Messe pour la dernière fois, le 12 janvier 1948. Il fut frappé d'anémie leucémique aiguë.

On lui fit les soins qu'on pouvait lui procurer. Son extrême pudeur les supportait avec difficulté. 

Le 22 janvier, don Alberione célébra la Messe non loin de la chambre du prêtre mourant. Don Giaccardo répéta trois fois le verset de Mt 25 :23 : Serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton Maître.

Le 24 janvier 1948, don Giaccardo rendait à Dieu l'âme qu'il avait conservée dans l'innocence baptismale.

Giuseppe-Timoteo Giaccardo a été béatifié en 1989.

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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 07:29

Benedetta Bianchi Porro
1936-1964

Benedetta naquit le 8 août 1936 à Dovadola (Forli, Italie CE), unique enfant de ses pieux parents.
Dès la naissance, elle fut sujette à de nombreux problèmes de santé ; elle fut baptisée en urgence, tant on craignait pour sa vie. Toute son enfance et sa jeunesse furent ponctuées de visites aux médecins.
A huit ans, elle reçut la Première communion et commença à tenir son journal quotidien.
A treize ans, elle commença aussi à perdre l’ouïe. Ses réflexions surprenaient par leur profondeur : «(La vie) est un rêve, un rêve beau et triste à la fois, un bonheur et une douleur mêlés». Dès lors, elle cherchait à accomplir tous les actes quotidiens comme des actes d’amour.
A dix-sept ans, elle put entrer à l’université de Milan pour des études de médecine. Depuis l’enfance, elle désirait être médecin, pour aider les autres. Mais à l’université, on ne la regarde pas d’un œil favorable, car on remarque son état de faiblesse, sa surdité progressive, et en plus… c’est une femme, une des rares de l’université, à l’époque. Mais Benedetta s’accroche, et décroche son diplôme à vingt-trois ans.
Elle perdait progressivement aussi la vue. En 1956, l’opération d’un ulcère à la cornée ne résolut rien. On lui diagnostiqua ensuite une neurofibromatose, une maladie très rare. Benedetta demeura très calme au milieu de ses souffrances ; elle s’unissait à la passion de Jésus-Christ, s’offrait intérieurement, et conservait imperturbablement sa disponibilité à recevoir et réconforter ses amis. Elles poursuivit encore ses études.
Les opérations répétées, loin de lui procurer une amélioration, la faisaient empirer. Elle perdit totalement l’usage de l’oreille droite ; son corps se couvrit de plaies profondes ; surgirent aussi des problèmes dentaires : on lui retira quatorze dents.
En 1962, durant son pèlerinage à Lourdes, elle ne demanda pas la grâce d’une guérison, mais celle d’obtenir la force de persévérer dans la souffrance, pour le salut des hommes.
Elle perdit presque toute la vue, ses membres se paralysèrent. Mais elle avait encore la force de recevoir des amis, qui repartaient réconfortés alors qu’ils étaient venus pour la consoler. Ensuite, c’étaient eux qui venaient demander des prières et des conseils : elle leur transmettait sa joie de vivre, sa foi en Dieu.
Benedetta s’éteignit à cette vie le 23 janvier 1963.
Le miracle retenu pour procéder à la béatification de Benedetta, fut le réveil inattendu d’un jeune homme italien plongé dans le coma pendant dix jours après un grave accident de la route. Les parents invoquèrent l’intercession de Benedetta et le malade se réveilla sans aucune séquelle. Ce miracle fut reconnu en 2018 et Benedetta fut béatifiée en 2019.
Elle sera mentionnée au martyrologe le 23 janvier.

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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 00:00

23 JANVIER

 

I.

S Parmenas, un des sept premiers diacres, martyr à Philippes, mentionné le 28 juillet avec les autres premiers diacres.

III.

Ste Messaline, vierge martyre à Foligno.

IV.

Ss Severianus et Aquila, époux martyrs à Césarée en Maurétanie.

Ste Emerentiana, sœur de lait de ste Agnès, martyre à Rome.

S Clemens, évêque à Ancyre et martyrisé avec son diacre s.Agathangelus.

S Amasius, prêtre grec expulsé par les ariens, évêque à Teano.

S Eusèbe, abbé sur le mont Coryphe.

S Ascholius, évêque à Thessalonique ; il baptisa Théodose.

VI.

S Martyr, moine dans les Abruzzes.

VII.

S Ildefonso, évêque à Tolède, auteur d’un ouvrage sur la virginité perpétuelle de Marie, dont il eut une vision célèbre.

XIV.

S Maimbœuf, missionnaire irlandais, martyr “à 8 milles de Besançon”.

XVI.

Bse Marguerite, vierge à Ravenne, co-fondatrice de l’ordre du Bon-Jésus, pour personnes qui continueraient à vivre dans le monde selon leur état, avec simplicité, humilité, mépris de soi-même.

XIX.

S Chŏng Hwa-gyŏng Andreas, catéchiste coréen, martyr, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

XX.

B Nikolaus Groß (1898-1945), mineur allemand puis rédacteur, père de sept enfants, ouvertement hostile au nazisme, arrêté et pendu à Berlin, martyr béatifié en 2001 (le 15 au Martyrologe Romain).

Bse Benedetta Bianchi Porro (1936-1964), jeune étudiante italienne, consummée en souffrances, béatifiée en 2019.

Parmenas

1er siècle

 

Parmenas fut un des sept premiers diacres de l’Eglise à Jérusalem.

L’épisode est raconté dans les Actes des Apôtres (Ac 6:1-6). Le nom des sept est donné au verset 5. 

Une tradition assure que Parmenas fut l’apôtre de la Macédoine et qu’il aurait reçu le martyre à Philippes.

Deux des sept diacres, saint Etienne et saint Philippe ont leur jour particulier, respectivement 26 décembre et 11 octobre.

Le 28 juillet étant un des jours où les Grecs honorent saint Parmenas, avec saint Nicanor, le Martyrologe mentionne ensemble ce jour-là les cinq autres diacres : Prochorius, Nicanor, Tomon, Parmenas et Nicolaus.

La date «traditionnelle» du martyre de Parménas aurait été le 23 janvier.

 

 

Emerentiana de Rome

† 304

 

Emerentiana était sœur de lait de sainte Agnès (v. 21 janvier), et dut naître vers 292.

Sa mère fut probablement affranchie par les parents d’Agnès.

La jeune Emerentiana reçut la même éducation qu’Agnès et fut sans doute aussi attirée vers la foi du Christ, tout en n’étant pas baptisée.

Après la sépulture d’Agnès, les fidèles s’assemblaient auprès de son tombeau et les païens s’embusquèrent pour les assaillir à coups de pierres. Les Chrétiens prirent la fuite, mais Emerentiana demeura dans le voisinage du tombeau, debout, immobile. 

Elle s’enhardit à reprocher aux païens leur cruauté. Ceux-ci répondirent en la lapidant : elle eut assez de force pour se rapprocher du tombeau d’Agnès, près duquel elle rendit le dernier soupir en priant.

Emerentiana, qui n’était donc pas encore baptisée par l’eau, reçut ainsi le baptême de sang, baptisée dans son propre sang, deux jours après sainte Agnès, le 23 janvier 304.

Elle devait avoir, comme Agnès, une douzaine d’années.

Dans le Martyrologe Romain, sainte Emerentiana de Rome est commémorée le 23 janvier.

 

 

Severianus et Aquila en Maurétanie

† 304

 

Il s’agit ici d’un couple chrétien, dont on ne sait rien de plus que la mention de leur martyre.

Durant la persécution de Dioclétien, ils furent jetés dans les flammes.

Cela se passait à Césarée de Maurétanie (act. Cherchell, Algérie), vers 304.

Unis dans l’amour conjugal, unis dans la Foi de l’Eglise, unis dans la fidélité au Christ jusqu’à la mort, ils nous inspireront la persévérance dans le combat pour la Vérité.

Dans le Martyrologe Romain, saints Severianus et Aquila sont commémorés le 23 janvier.

 

 

Clemens d’Ancyre et Agathangelus

† 309

 

Clemens était originaire d’Ancyre (auj. Ankara, Turquie).

Il devint évêque de cette ville.

Arrêté pour sa foi, il fut traîné de ville en ville et jusqu’à Rome, recevant partout des insultes, des injures, des coups, des humilitations de toutes natures, des mauvais traitements incessants. Ce douloureux «pèlerinage» aurait même duré vingt-huit ans. Des miracles successifs lui firent échapper plusieurs fois à la mort.

Durant sa captivité à Rome, il convertit et baptisa Agathangelus, dont il est question en même temps que l’évêque. 

A partir du moment où il fut baptisé, Agathange partagea en effet les tourments de Clémens. Ordonné diacre (par Clemens ?), il s’attacha à l’évêque et le suivit dans son douloureux retour à Ancyre.

Agathangelus fut décapité le 5 novembre, peut-être en 308.

Clemens célébrait les Saints Mystères en prison. C’est durant une célébration que ses bourreaux vinrent le décapiter, le 23 janvier suivant, donc probablement en 309.

Clemens est un de ceux que les Grecs appellent les grands martyrs.

Dans le Martyrologe Romain, saints Clemens d’Ancyre et Agathange sont commémorés le 23 janvier.

 

 

Amasius de Teano

† 356

 

Amasius venait d’Orient, et plus précisément de Grèce ; il faudrait peut-être écrire son nom Amasios.

Il était prêtre et fut expulsé par des factions ariennes, aux ordres de l’empereur Constance II. Venu à Rome, il rencontra le pape Jules (v. 12 avril), qui lui confia la mission de prêcher en Campanie.

Amasius fit une première expérience à Sora, d’où les ariens l’expulsèrent sans ménagement. 

Il vint alors à Teano. Là la grâce de Dieu l’attendait et son travail fut plus fructueux. 

En 346, à la mort de s.Paris (v. 5 août), le clergé et le peuple choisirent Amasius comme évêque, et il reçut la consécration des mains du même pape Jules, devenant le second évêque de Teano.

Il est dit qu’Amasius fut célèbre bien en-dehors de son diocèse, par l’éclat de sa sainteté et de ses miracles, et surtout les conversions qu’il suscita.

Parmi ses disciples, il choisit Urbanus, qu’il ordonna diacre et prêtre, et qui devait lui succéder.

Amasius mourut en paix, en 356.

Dans le Martyrologe Romain, saint Amasius de Teano est commémoré le 23 janvier.

Ildefonso de Tolède

606-667

 

Ildefonso était de sang royal. Il naquit à Tolède le 8 décembre 606 ou 607. Ce jour devait plus tard être la fête de l’Immaculée Conception de Marie, mais il semble que cette fête existât déjà en Orient. Apparemment, un oncle de l’enfant était évêque de Tolède, Eugenio III.

Ce fut justement par l’intercession de Marie que les pieux parents obtinrent la naissance de leur enfant. Il reçut sa première formation, très soignée, auprès de son oncle. 

Jeune encore, il voulut entrer au monastère de Agali, près de Tolède.

A la mort de ses parents, il héritait d’une grande fortune, qu’il utilisa pour la fondation d’un monastère de religieuses.

L’évêque de Tolède l’ordonna diacre (632). On n’arrive pas bien à comprendre si cet évêque était Eugenio ou Eladio. 

Puis Ildefonso fut appelé à succéder à l’abbé de Agali : comme tel, il participa à deux conciles de Tolède.

En 655 eut lieu un événement glorieux, dont furent témoins trop de personnes pour être ignoré et mis en doute. On était un 18 décembre, jour où à l’époque on célébrait l’Attente (Exspectatio) de Marie, huit jours avant la naissance du Christ. Très fervent pour cette célébration, Ildefonso se rendit très tôt à l’église avec ses moines. Tout à coup, une grande lumière fit arrêter le cortège, et seul Ildefonso s’avança ; la sainte Vierge était sur un trône, entourée de vierges célestes, et tendit à Ildefonso une magnifique chasuble en lui disant : Tu es mon chapelain et mon fidèle notaire, reçois cette chasuble que mon Fils t’envoie de ses trésors. La Sainte Vierge l’en revêtit, lui recommandant de ne l’utiliser que pour les fêtes solennelles en son honneur. L’expression fidèle notaire faisait allusion à l’ouvrage dont il va être question plus bas. 

Puis il fut désigné en 657 pour succéder à l’évêque Eugenio (?) : s’étant caché dans un coin de son monastère pour échapper à cette dignité, il en fut extirpé par la force.

Ce fut un saint évêque, bon prédicateur et pasteur exigeant pour l’élévation de son clergé. 

Il écrivit plusieurs ouvrages, dont un a retenu toute l’attention des théologiens, Sur la virginité de Sainte Marie, contre trois infidèles.

Les «trois infidèles» sont Joviniano, Elvidio et un juif. Contre le premier, il défend la virginité de Marie dans la conception et l’enfantement ; contre le second, il expose qu’elle est toujours restée vierge ; au troisième, il démontre que Jésus-Christ est Dieu et que Marie fut perpétuellement intègre. Cet ouvrage, qui s’appuie sur saint Augustin et saint Isidore de Séville, constitue la base de la théologie espagnole mariale.

Ildefonso avait une grande dévotion envers sainte Leocadia, célèbre martyre du 4e siècle, dont il désirait retrouver les reliques (cf. 9 décembre). Elle se manifesta elle-même à Ildefonso, lui indiquant l’endroit cherché et ajoutant : Par toi est maintenue ma souveraine qui règne au haut des cieux !, en allusion à l’ouvrage ci-dessus. En gage de cette vision, Ildefonso tailla un morceau du voile de sainte Leocadia, relique conservée depuis à Tolède.

Saint Ildefonso mourut le 23 janvier 667. Son corps fut inhumé dans l’église Sainte-Leocadia, puis transféré à Zamora, par crainte des Maures. On le vénéra pendant deux siècles, puis on l’oublia sous les décombres pendant cinq siècles, avant d’être à nouveau exposé à la vénération des fidèles.

 

 

Maimbodus

9e siècle

 

Maimbodus (Maimbod, Maimbœuf) était d’origine irlandaise, de famille illustre.

Il vint en Franche-Comté pour prêcher la doctrine de Jésus-Christ.

Il fut massacré par une bande de voleurs.

Le lieu de son martyre reste en partie mystérieux. En effet, le texte latin rapporte qu’il fut martyrisé Domnipetra, octo milibus a Vesuntione : plusieurs localités portent le nom de Dampierre, mais aucune ne se trouve à huit milles de Besançon.

Le tombeau avait été conservé, et des miracles y eurent lieu, mais les reliques furent transférées dans la chapelle privée du comte de Montbéliard.

La fête est célébrée le 23 janvier.

 

 

Chŏng Hwa-gyŏng Andreas

(Jeong Hwa-gyeong Andeurea)

1807-1840

 

Andreas était né en 1807 à Chŏngsan (Ch’ungch’ŏng, Corée S), dans une riche famille catholique.

Pour mieux pratiquer sa religion, il vint s’installer à Séoul et accorda son aide à l’Eglise autant qu’il le put.

Mais Andreas avait une petite faiblesse : ingénu, il se laissait tromper très facilement. Ainsi, une première fois, un traître lui annonça que le gouvernement de Seoul était passé au Catholicisme et accueillait volontiers les missionnaires français. Andreas alors, d’amener à l’évêque, Mgr Imbert, toute une troupe d’hommes, qui n’eurent plus qu’à capturer le prélat.

Une autre fois, la police vint dire à Andreas que bientôt les Catholiques pourraient pratiquer librement leur religion, et Andreas de communiquer la «nouvelle» tellement ouvertement, que la police put encore arrêter d’autres Catholiques.

Enfin mis sur ses gardes, Andreas refusa énergiquement de donner les coordonnées des autres missionnaires (les pères Mauban et Chastan (cf. 21 septembre) ; au contraire, il vint trouver les prêtres en cachette pour leur suggérer de fuir.

Auparavant, il se confessa, puis alla se rendre aux autorités.

Arrêté cette fois-ci, il fut invité à renier sa foi : Andreas était ingénu, mais fermement croyant, et ne céda pas, même torturé, battu, poignardé. Il reçut plus de cent fois la bastonnade (le texte n’est pas clair : peut-être reçut-il plutôt cent coups de bastonnade, ce qui est déjà énorme ; au bout d’une trentaine de coups, les chairs volaient déjà en éclats).

Andreas fut étranglé à Seoul, le 23 janvier 1840, à trente-trois ans.

Il fut béatifié en 1925 et, avec ses cent-deux Compagnons coréens, canonisé en 1984.

Leur fête liturgique est au 21 septembre.

 

 

Nikolaus Groß

1898-1945

 

Nikolaus naquit le 30 septembre 1898 à Niederwenigern (Hattingen, Westphalie, Allemagne). Comme son père, il fut mineur.

Il compléta sa formation par des cours du soir dans le cadre de l’Association pour l’Allemagne catholique. 

Dès 1917, il fit partie du syndicat Union des mineurs chrétiens et en 1918 adhèra au Parti Centriste, d’obédience catholique. En 1919 il travailla au sein de l’Association des mineurs de Saint Antoine (KAB), dont il devint secrétaire pour la section jeunes. Il fut rédacteur adjoint de Bergknappe (Le Mineur). En 1920, il quitta son métier pour être secrétaire du syndicat chrétien des mineurs à Oberhausen. 

Il épousa Elisabeth Koch et ils auront sept enfants.

Après différents postes syndicalistes à Waldenburg puis Zwickau, il fut rédacteur, puis rédacteur en chef au journal des ouvriers pour l’Allemagne de l’Ouest. Le journal, en opposition ouverte contre le régime national-socialiste (nazi), fut interdit une première fois pour trois semaines en 1933, définitivement en 1935.

Niolaus devint directeur du KAB à Düsseldorf et voyagea beaucoup pour faire des conférences fortement inspirées par le Catholicisme.

A partir de 1927, il milita avec d’autres collègues contre le national-socialisme, rencontra le groupe du KAB de Cologne, qui travailla en lien étroit avec le groupe de Berlin. On projeta l’après-Hitler.

En août 1944, à la suite de l’attentat manqué contre Hitler, Nikolaus fut arrêté bien qu’il n’y eût en rien participé. Il fut condamné à mort le 15 janvier 1945, avec cette sentence : Il nageait entièrement dans la trahison, il n’a plus qu’à s’y noyer (Er schwamm mit im Verrat, muß folglich auch darin ertrinken).

Le 23 janvier 1945, il fut pendu à Plötzensee (Berlin).

Le Martyrologe romain le mentionne au 15 janvier, jour de sa condamnation à mort. Son dies natalis est bien le 23 janvier.

Nikolaus a été béatifié en 2001.

 

 

Benedetta Bianchi Porro

1936-1964

 

Benedetta naquit le 8 août 1936 à Dovadola (Forli, Italie CE), unique enfant de ses pieux parents.

Dès la naissance, elle fut sujette à de nombreux problèmes de santé ; elle fut baptisée en urgence, tant on craignait pour sa vie. Toute son enfance et sa jeunesse furent ponctuées de visites aux médecins.

A huit ans, elle reçut la Première communion et commença à tenir son journal quotidien.

A treize ans, elle commença aussi à perdre l’ouïe. Ses réflexions surprenaient par leur profondeur : «(La vie) est un rêve, un rêve beau et triste à la fois, un bonheur et une douleur mêlés». Dès lors, elle cherchait à accomplir tous les actes quotidiens comme des actes d’amour.

A dix-sept ans, elle put entrer à l’université de Milan pour des études de médecine. Depuis l’enfance, elle désirait être médecin, pour aider les autres. Mais à l’université, on ne la regarde pas d’un œil favorable, car on remarque son état de faiblesse, sa surdité progressive, et en plus… c’est une femme, une des rares de l’université, à l’époque. Mais Benedetta s’accroche, et décroche son diplôme à vingt-trois ans.

Elle perdait progressivement aussi la vue. En 1956, l’opération d’un ulcère à la cornée ne résolut rien. On lui diagnostiqua ensuite une neurofibromatose, une maladie très rare. Benedetta demeura très calme au milieu de ses souffrances ; elle s’unissait à la passion de Jésus-Christ, s’offrait intérieurement, et conservait imperturbablement sa disponibilité à recevoir et réconforter ses amis. Elles poursuivit encore ses études.

Les opérations répétées, loin de lui procurer une amélioration, la faisaient empirer. Elle perdit totalement l’usage de l’oreille droite ; son corps se couvrit de plaies profondes ; surgirent aussi des problèmes dentaires : on lui retira quatorze dents.

En 1962, durant son pèlerinage à Lourdes, elle ne demanda pas la grâce d’une guérison, mais celle d’obtenir la force de persévérer dans la souffrance, pour le salut des hommes.

Elle perdit presque toute la vue, ses membres se paralysèrent. Mais elle avait encore la force de recevoir des amis, qui repartaient réconfortés alors qu’ils étaient venus pour la consoler. Ensuite, c’étaient eux qui venaient demander des prières et des conseils : elle leur transmettait sa joie de vivre, sa foi en Dieu.

Benedetta s’éteignit à cette vie le 23 janvier 1963.

Le miracle retenu pour procéder à la béatification de Benedetta, fut le réveil inattendu d’un jeune homme italien plongé dans le coma pendant dix jours après un grave accident de la route. Les parents invoquèrent l’intercession de Benedetta et le malade se réveilla sans aucune séquelle. Ce miracle fut reconnu en 2018 et Benedetta fut béatifiée en 2019.

Elle sera mentionnée au martyrologe le 23 janvier.

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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 00:00

22 JANVIER

 

II.

S Oulph, martyr dans le territoire de Arcis (III. ?).

IV.

S Vincentius, diacre à Saragosse, martyr à Valencia, patron des vignerons.

S Valerius, évêque à Saragosse ; il serait mort exilé à Anet.

Ss Vincent, Oronce et Victor, martyrs à Embrun, ou à Girone.

Ste Blésille, veuve romaine, fille de ste Paule, sœur de ste Eustochium.

V.

S Gaudentius, premier évêque à Novare, d’où il extirpa ce qui restait de paganisme.

VII.

S Anastase, moine à Bethsaloé et martyr ; il dut sa conversion à l’intérêt que les chrétiens avaient pour un “instrument de supplice”, la Croix, que son roi avait volée à Jérusalem.                                                     

IX.

S Barnard, abbé à Ambronay, évêque à Vienne, où il porta des lois sévères pour le clergé.

Ss Manuel, Georges, Pierre, Léon, évêques en Bulgarie, martyrs avec tout le clergé.

Ste Lufthilde (Leuchtilde), vierge à Luftenberg, invoquée contre les morsures de chiens enragés. 

XI.

S Domenico, abbé à Sora après avoir fondé sept monastères, invoqué contre les serpents.

S Brihtwold, évêque à Ramsbury ; il eut le don de prophétie.

XIII.

B Gautier de Bierbeek, militaire noble, cistercien à Hemmerod, où il avait le don d'apaiser les discordes.

XV.

Bse Caterina (Maria) Mancini, mère de famille à Pise, mariée à douze et seize ans, veuve, prieure dominicaine, mystique.

B Antonio Della Chiesa, noble piémontais, dominicain qui combattit l'antipape schismatique Félix V ; de la même famille naquit le futur pape Benoît XV.

XVI.

B William Patenson, prêtre anglais martyr à Tyburn ; dans sa prison, il ramena à l’Eglise six autres captifs.

XVIII.

Ss Francesc Gil de Federich i Sans et Mateo Alonso de Leciñana y Alonso, prêtres dominicains espagnols martyrs au Tonkin, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

XIX.

B Vincenzo Pallotti, prêtre romain, troisième de dix enfants, fondateur de la Société de l’apostolat catholique (pallotins), extrêmement actif et ingénieux.

B Guillaume-Joseph Chaminade, quatorzième enfant d’un marchand drapier, prêtre réfractaire durant la Révolution, fondateur des Filles de Marie Immaculée et des Pères marianistes, béatifié en 2000.

XX.

Bse Laura Vicuña (1891-1904), enfant chilienne ; sa ferveur et sa pureté obtinrent la conversion de sa mère ; béatifiée en 1988.

B Giuseppe Nascimbeni (1851-1922), curé extrêmement actif près de Vérone ; il fit construire dans sa petite paroisse : une nouvelle église, une poste, un aqueduc, une huilerie, une  caisse rurale, et une congrégation de Petites Sœurs de la Sainte-Famille, pour l’aider ; béatifié en 1988.

B Làszlò Batthyàny-Strattmann (1870-1931), prince et médecin hongrois, grand ophtalmologue, père de treize enfants ; il soignait gratuitement les pauvres ; béatifié en 2003.

B Esteve Santacana Armengol (Remigi, 1885-1937), prêtre capucin espagnol, martyrisé près de Barcelone, béatifié en 2015.

Timothée, disciple de Paul

† 97

 

Saint Timothée fut un des plus fidèles compagnons et disciples de saint Paul.

Né en Asie mineure, d’un père encore païen et d’Eunice, qui était juive, il reçut très probablement le baptême des mains de saint Paul, qui le fit également circoncire, contrairement à saint Tite, sans doute parce que ce rite devait ouvrir à Timothée les portes des synagogues juives.

Saint Timothée prêcha avec assiduité, malgré la douceur de son tempérament qui le rendait parfois plus timide. Il apporta à saint Paul maintes consolations dans les épreuves, l’ayant accompagné longuement dans ses courses apostoliques, à Ephèse, à Jérusalem, à Rome, toute l’Asie mineure, la Grèce.

Saint Paul l’établit évêque à Ephèse, où il rencontra peut-être et remplaça l’Apôtre saint Jean, exilé à Patmos.

Le même saint Paul écrivit deux Epîtres à saint Timothée.

Timothée mourut à la suite d’une émeute populaire, où il tenta en vain de dissuader la population de participer à une fête païenne. Il fut assommé à coups de massue et de pierres, et rendit son âme peu après, le 22 janvier 97, d’après la tradition la plus autorisée.

Il fut enseveli près d’Ephèse, ou près du tombeau de saint Jean. Plus tard, ses reliques arrivèrent à Constantinople.

Tandis que les Grecs vénèrent saint Timothée le 22 janvier, l’Eglise catholique le vénérait le 24 janvier, mais le fête actuellement en compagnie de saint Tite, l’autre disciple de saint Paul, le 26 janvier, au lendemain de la fête de la conversion du grand Apôtre.

 

 

Vincentius de Sarragosse

† 304

 

Le diacre saint Vincent eut une popularité immense dès les premiers temps après son martyre.

Né à Huesca (Espagne), il reçut une formation soignée à Saragosse, sous la direction de l’évêque Valerius, qui lui conféra le diaconat : Vincent devait ainsi suppléer à l’infirmité du saint évêque que son grand âge et une difficulté d’élocution empêchaient de parler clairement.

Dès le début de la persécution de Domitien, le préfet Dacianus fit arrêter l’évêque et son diacre et les amener de Saragosse à Valencia, espérant déjà que le voyage les auraient passablement ébranlés.

Ils sont d’abord interrogés et, à un moment, Valerius ne répond plus ; Vincentius alors propose à l’évêque de parler pour lui, ce que l’évêque accepte bien volontiers, laissant la parole au diacre. A partir de ce moment, le nom de Valerius disparaît de la Passio.

Vincentius est torturé de toutes les façons : chevalet, feu, ongles de fer, même les bourreaux se fatiguent. On jette Vincentius dans un local sombre rempli de poteries cassées : il ne sent pas les blessures ; c’est le geôlier qui se convertit. Dacianus, embarrassé, fait coucher Vincentius sur des coussins, pour qu’au moins il n’ait pas la gloire d’une mort cruelle. Mais Vincentius expire juste à ce moment-là.

Dacianus veut le laisser exposé aux bêtes, qui ne le touchent pas ; il veut le jeter dans la mer, qui le ramène au rivage. Finalement, le célèbre diacre recevra sa digne sépulture.

Saint Vincent eut très vite des églises dédiées à son nom. Celle de Saint-Germain-des-Prés s’appelait Saint-Vincent, où se trouverait la plus importante partie du corps du Martyr ; il y en eut trois à Rome, dont celle aux Trois Fontaines, là où saint Paul avait subi le martyre. Le chef de saint Vincent aurait été offert à l’évêque du Mans.

Saint Vincent est honoré comme patron des vignerons : soit parce que l’on recommence à travailler la vigne vers le 22 janvier, soit par jeu de mots avec le début de son nom, soit parce qu’on l’a confondu avec quelque autre Vincent dont la vie est liée à la vigne.

Saint Vincent est traditionnellement fêté le 22 janvier, en même temps que son saint évêque Valerius, dont le Martyrologe dit qu’il finit ses jours en exil.

 

 

Valerius de Saragosse

† 315

 

On suppose que Valerius naquit à Saragosse même, de la famille romaine des Valerii, qui aurait quitté la Ville éternelle pour s’établir à Saragosse durant le troisième siècle.

En 290, Valerius devint sixième évêque de cette ville, précédé et suivi par deux évêques qui portaient le nom de Valerus, ce qui ne facilite pas leur identification et leurs dates.

Ayant ordonné diacre Vincentius, il le chargeait de parler à sa place, empêché de le faire lui-même à cause de son grand âge et aussi à cause d’une certaine difficulté d’élocution qui l’empêchait de s’exprimer clairement.

L’expression à cause de son grand âge, sans doute reprise à la Passio de s.Vincentius, du poète Prudentius, va poser un certain nombre de questions qui restent sans réponse. 

Elle apporte d’abord une incertitude quant au prédécesseur de Valerius : ce Valerus, mentionné en 277, n’était-il pas déjà notre Valerius ?

Ce qui concerne la persécution de Dioclétien, appliquée à Saragosse par le gouverneur Dacianus, a été relevé dans la notice de s.Vincentius, du même jour.

Dacianus commença par faire charger de chaînes l’évêque Valerius et son diacre Vincentius, et se les fit amener à Valencia ; il pensait que le trajet aurait déjà bien fatigué les deux personnages ; mais ils lui arrivèrent si frais et dispos, qu’il demanda au geôlier pourquoi il les avait si bien traités.

Il s’adressa alors à l’évêque et au diacre, recourant d’abord aux belles promesses, puis aux menaces, et les invitant à sacrifier aux dieux païens. C’est alors que Vincentius, remarquant la faiblesse, puis le silence de son évêque, prit audacieusement la parole devant le gouverneur Dacianus.

Ce dernier, se considérant injurié par tant d’audace, se déchaînera contre le Diacre, comme on l’a vu. Il se contenta alors d’exiler l’Evêque à Anet (Aragon) ou bien à Enet (Barbastro), ce qui ne semble pas un exil très éloigné de Saragosse. On pourrait peut-être parler de résidence surveillée.

Or voilà qu’en 305, se tint à Elvira un concile où prirent part dix-huit évêques, dont notre Valerius. Cette ville étant Grenade, dans le sud de l’Espagne, la présence de Valerius avec son grand âge et exilé non loin de Saragosse, semble inexplicable. Eut-il l’autorisation de se déplacer ?

Valerius aurait ensuite vécu dix années à Anet, ce qui ajouta encore au grand âge dont il a été question plus haut.

Ayant appris la mort de son diacre Vincentius, il aurait été le premier à faire construire une église en son honneur.

Il s’éteignit paisiblement en 315. Son grand âge explique sans doute qu’il ne soit pas revenu dans son diocèse dès 313, puisque l’édit de Milan mettait fin aux persécutions.

Les questions posées dans cette notice ne doivent pas nous induire à douter du fond historique de ce saint Evêque. Que les spécialistes nous aident à y voir plus clair. 

Valerius est le patron de la ville de Saragosse.

Saint Valerius de Saragosse est commémoré le 22 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gaudentius de Novare

† 417

 

Gaudentius naquit vers 350, de parents encore païens, mais il eut toute la joie d’entendre parler du Christ dès sa jeunesse.

Convaincu dans la Foi chrétienne, il tenta même d’amener toute sa famille à l’Evangile. Le résultat ne fut pas immédiat, et Gaudentius dut même quitter sa patrie.

Sa première étape fut Vercelli, où l’évêque Eusebius (v. 2 août) l’ordonna lecteur.

Il rejoignit ensuite à Novare le prêtre Laurentius (v. 30 avril), qu’il soutint dans son travail d’évangélisation, car la population était encore très loin du christianisme.

Ce fut ensuite Milan, où il fit connaissance d’un certain Martinus, celui-là même qui devint l’évêque de Tours que nous connaissons bien, s.Martin (v. 11 novembre).

Il restait très attaché et reconnaissant à Eusebius et, quand celui-ci fut exilé en Palestine (355), il n’hésita pas à aller le retrouver. Eusebius cependant le renvoya bien vite à Vercelli pour s’occuper des fidèles de ce diocèse privé de son chef.

Comme on sait, l’exil d’Eusebius s’acheva au bout de six années et l’évêque put revenir dans son diocèse (361). 

C’est sans doute à ce moment qu’il ordonna prêtre Gaudentius et qu’il l’envoya à Novare pour remplacer Laurentius, tout récemment massacré par des païens. S.Ambroise de Milan (v. 7 décembre) vint à passer par Novare ; remarquant le zèle et les vertus de Gaudentius, il voulut le consacrer évêque, mais Gaudentius lui annonça : Un autre que toi me donnera cette consécration. Ambroise mourut en effet peu de temps après et c’est son successeur, Simplicianus (v. 15 août), qui consacra Gaudentius.

Novare jusque là n’avait jamais eu d’évêque ; Gaudentius en fut le premier (397). La grâce de Dieu fut avec lui et ses efforts pour la conversion des païens furent couronnés de succès ; il n’y en eut bientôt plus un seul dans toute la ville.

Sentant approcher sa dernière heure, Gaudentius désigna son successeur (s.Agabius, v. 10 septembre) et mourut le 22 janvier 417.

Saint Gaudentius de Novare est commémoré le 22 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anastase de Perse

594-628

 

La merveilleuse histoire d’Anastase nous a été transmise par un témoin oculaire, qui a toutes les garanties d’un témoin honnête et objectif.

Notre héros s’appelait Magundat et naquit vers 594 à Razech (Perse, peut-être act. Resafa, Syrie), fils de Hau, un père qui s’occupait de magie et d’astrologie et qui l’enseigna scrupuleusement à son fils.

Magundat entra dans l’armée. Rappelons ici qu’en 614, les Perses de Chosroès II prirent Jérusalem et emportèrent la précieuse relique de la Croix du Christ. Magundat venait d’être enrôlé, et pouvait donc avoir une vingtaine d’années. Il entendit parler de cette guerre, de la défaite des Chrétiens, de l’exil forcé de ces derniers avec leur patriarche de Jérusalem. Il fut vivement impressionné par l’intérêt que montraient les Chrétiens pour ce qu’il considérait jusqu’alors comme un vulgaire instrument de supplice. Il voulut en savoir plus et interrogea des Chrétiens.

Le témoignage de ces derniers, leur foi, le mystère de la Rédemption par le Sacrifice de Jésus-Christ - et la grâce de Dieu aidant, Magundat se sentit convaincu et voulut embrasser le christianisme. Il quitta l’armée, sa famille et son pays et, nouvel Abraham, vint à Hiérapolis de Syrie, où un orfèvre persan et chrétien l’embaucha. Il lui fit visiter l’église des Saints-Martyrs, où des fresques représentaient des scènes de divers Martyrs. Magundat fut remplii d’admiration pour ces glorieux Soldats du Christ.

Il alla alors à Jérusalem, là où avait été volée cette fameuse Croix, là où était mort et ressuscité Jésus. Un artisan chrétien l’hébergea et l’aida à s’inscrire parmi les catéchumènes. Après avoir été suffisamment instruit, il reçut le baptême, non pas des mains du Patriarche, qui était encore en exil, mais de son vicaire, Modestus, qui lui donna alors un nouveau nom : Anastasis, qui signifie «résurrection».

Anastase cependant désirait davantage encore. Le prêtre qui s’occupait de lui l’adressa au monastère… de Saint-Anastase et à son abbé, Ioustinos. Anastase étudia le grec et le psautier, reçut la tonsure et fut admis dans la communauté. Il y vécut sept années, étudiant l’Ecriture, exécutant les charges les plus humbles, lisant les récits des Pères et des Martyrs. Il finit par en concevoir lui-même un vif désir du martyre.

Il eut une nuit un songe, dans lequel le Christ lui prédisait qu’il serait bientôt martyr à son tour. Il en parla à l’abbé, participa à l’Office et aux Divins Mystères (la Messe), et se mit en marche pour Césarée de Palestine, où Dieu lui avait indiqué le but de son voyage.

Là, il rencontra des soldats persans qui s’adonnaient à la magie. Il leur raconta gentiment comment lui-même avait connu ces incantations, et comment il était devenu chrétien. Les soldats se moquèrent bien de lui, le dénoncèrent au gouverneur, Mazarban. Celui-ci l’interrogea, se moqua aussi de lui et du Christ, lui promit avancement et richesses s’il abjurait, finalement le mit en prison en attendant les ordres du roi local.

L’abbé Ioustinos fut averti des événements ; il envoya à Anastase deux moines pour le soutenir dans l’épreuve : Anastase leur raconta déjà ce qui lui était arrivé ; il eut aussi la visite des anges qui le réconfortaient. L’ordre du roi était : ou l’abjuration, ou la mort. Devant la persévérance d’Anastase, il fut décidé de le déférer au roi des Perses. 

Arriva le 14 septembre, jour de l’Exaltation de la Sainte Croix. Un chrétien obtint la permission de conduire Anastase à l’église, où les chrétiens furent très édifiés par ses exhortations et son courage. Le soir, il retourna en prison.

Cinq jours après, on partait pour la Perse ; un des deux moines venus voir Anastase l’accompagnait, et c’est de lui que nous tenons tant de détails sur cette passion. On s’arrêta à Bethsaloé, où un juge commença par interroger Anastase, qui persévéra sans cesse dans son adhésion à la foi chrétienne.

Il subit une bastonnade pendant trois jours ; puis l’horrible supplice de la grosse pièce de bois pesant sur les jambes du supplicié étendu sur le dos ; le juge n’en revenait pas, et de dépit renvoya Anastase en prison, où d’autres Chrétiens vinrent lui rendre visite.

Quinze jours plus tard arriva l’ordre du roi Chosroès : il fallait tuer Anastase sans attendre. Le juge commença par faire étrangler soixante-douze autres Chrétiens sous les yeux d’Anastase ; puis on étrangla Anastase, avant de lui trancher la tête.

C’était le 22 janvier 628.

Le fidèle moine racheta la tête et le corps du Martyr, qui fut enseveli dans la proche église Saint-Serge. Après bien des péripéties, ces reliques arrivèrent à Rome, dans l’église qui s’appelle Saints-Vincent-et-Anastase.

Les Grecs et les Latins fêtent saint Anastase le 22 janvier, comme le mentionne le Martyrologe Romain.

Barnard de Vienne

778-841

 

Barnard naquit à Izemore (Nantua, Ain) en 778, benjamin des enfants d’Héliarde, un noble puissant.

Il reçut une éducation soignée dans un collège de prêtres, puis revint auprès de ses parents après la mort de tous ses frères. Mais Barnard semblait toujours rêveur, il priait, il se retirait, on ne le voyait guère. Son père s’en irrita et lui reprocha son «excès» de piété. Aussi ses parents poussèrent-ils leur fils au mariage, en 796.

De cette union naquirent des enfants.

En même temps, Barnard alla servir, dès 797, dans les armées de Charlemagne. Cette vie disciplinée lui plaisait. Il devint officier et participa à l’annexion de la Frise. En 798, il accompagna Charlemagne à Aix-la-Chapelle puis reprendra la campagne contre les Saxons ; sa conduite, ses conseils, lui attirèrent l’estime des autres officiers.

En 799, les parents de Barnard moururent. Il revint chez lui et prit de graves décisions. D’un commun accord, les époux se séparèrent et Barnard pourvut aux nécessités de son épouse et de ses enfants.

Il consacra une partie de ses biens à la création d’un hospice (803) et à la fondation bénédictine d’Ambronay (Ain), où il prit l’habit monastique et devint abbé.

Il n’avait pas oublié ses chers enfants : aussi fit-il construire une hôtellerie pour les recevoir, ainsi que les visiteurs de passage. Cet endroit prit le nom de chapelle de saint Barnard.

Durant les trois années de son abbatiat (807-810), le monastère prit un grand essor, en vocations et en ressources.

En 810, Barnard fut appelé à être évêque de Vienne, et ne s’inclina devant ce choix que pour obéir à l’injonction formelle du pape. Il fut sacré par l’archevêque de Lyon, Leidrade.

Comme évêque, l’ancien abbé n’abandonna aucune de ses habitudes du monastère, offrant à Dieu ses austérités pour expier les fautes de tout son troupeau. Il entreprit la réforme de son diocèse, porta des lois sévères pour le clergé et fit la visite de toutes les paroisses, été comme hiver.

Il prit nettement position en faveur de l’introduction du fameux filioque dans le Credo romain.

Il advint que l’archevêque Leidrade se retira à l’abbaye Saint-Médard (Soissons), mais sans donner «officiellement» sa démission. Barnard, de son côté, ordonna son ami Agobard et l’installa sur le siège de Lyon : on lui fit grief de cette «très grave» violation des canons et il dut défendre sa cause et sa bonne foi au concile d’Arles : il eut gain de cause.

De son activité en face des troubles civils qui agitèrent la France à cette époque, on prétend que son intervention manqua parfois de sagesse, mais il faut reconnaître qu’elle se fit toujours pour défendre la pureté de la foi et le maintien de la discipline ecclésiastique.

On dit cependant que c’est à cause de sa prise de position au milieu des luttes entre les descendants de Charlemagne, qu’il dut quitter son siège. Au bout d’une trentaine d’années d’épiscopat, il fonda donc une abbaye bénédictine dédiée aux SS-Pierre-et-Paul, où il se retira en 838, et qui sera à l’origine de la ville de Romans-sur-Isère.

C’est là qu’il mourut, le 22 janvier 841.

Il aurait été canonisé en 944. Mais son culte immémorial a été confirmé en 1903.

 

Note. Il se pourrait que l’on ait confondu deux Saints du nom de Barnard. Le mariage et la séparation dont il est question ci-dessus, auraient été le fait de l’autre Barnard, un cistercien du 13e siècle. Il faudrait quelques précisions sur cette hypothèse.

 

 

Domenico de Sora

951-1031

 

Domenico naquit en 951 à Foligno (Ombrie, Italie C), de Giovanni et Apa, qui le confièrent tout petit aux moines bénédictins de l’endroit : il y apprit la rhétorique, la musique, l’arithmétique, et bien sûr la Règle de l’Ordre.

Quand il fut en âge de choisir son mode de vie, il se rapprocha de l’abbé Donnoso qui était en train d’édifier à Petra Demone un nouveau monastère bénédictin dédié à Notre-Dame. Domenico y entra, fit la profession en 974 et fut ordonné prêtre. Puis il fut envoyé à Montecassino.

Il passa ensuite plusieurs années de retraite, de profonde solitude, près de Farfa, où cependant son genre de vie attira les gens, curieux ou avides d’écouter ses saintes recommandations.

Vers 981, Domenico fut appelé à participer à la restauration d’un monastère à San Pietro Avellana.

Vers 990, de retour à Petra Demone, il eut l’autorisation papale de construire un premier monastère dans les environs de Scandriglia et dédié au Saint-Sauveur.

Domenico ne s’arrêta pas là. Avec le moine Giovanni, son fidèle ami et futur biographe, il reprit la vie solitaire, fonda plusieurs ermitages et un nouveau monastère sur le mont Pizzi, dédié à la Très Sainte Trinité, et un autre dans la vallée, dédié à Marie, Mère de Dieu.

De là, il descendit plus au sud, et fonda un nouveau monastère à Villalago (Prato Cardoso, Abruzzes) ; avec son condisciple Giovanni, Domenico cherchait à diffuser la Règle bénédictine, qui était tombée sinon dans l’oubli, du moins en grande décadence. Ce monastère, fondé vers 1000, fut dédié à saint Pierre, et complété par un ermitage à Plataneta (auj. Lago San Domenico).

Ensuite, Domenico passa en Campanie, aux monts Ernici, près de Veroli. Pendant trois ans, il vécut dans une grotte du mont Porca, où encore une fois son style de vie attira des foules qui voulaient l’entendre parler de Dieu. Finalement il construisit un nouveau monastère, dédié à saint Barthélemy. L’endroit est maintenant la localité Trisulti, où se trouve aussi une magnifique Chartreuse.

Ce fut alors le moment d’une activité missionnaire de Domenico, qui le rapprocha de Rome. Encore une fois, on lui demanda de construire un monastère bénédictin sur les monts Lepini, dédié à saint Michel Archange.

Les seigneurs de Sora l’appelèrent alors pour fonder d’autres monastères ; il se peut que Domenico ait eu le temps de construire encore un ermitage dédié à la Sainte Vierge, où il habita deux années avant de réaliser le monastère de Sora, qui fut dédié à l’Assomption de Marie.

Les fonds nécessaires à la construction de ce monastère furent avancés par le comte Pietro Rainerio ; Domenico le lui aurait imposé comme pénitence après que le comte ait confessé toute sa vie passée. Les bâtiments se trouvaient sur les restes de la maison natale de Cicéron.

A quatre-vingts ans, après avoir fondé sept monastères, Domenico s’éteignit à Sora le 22 janvier 1031.

Saint Domenico de Sora est invoqué pour les morsures de serpents. Il est surtout resté en honneur dans l’Ordre bénédictin, qu’il contribua beaucoup à faire revivre dans sa rigueur première.

 

 

Gautier de Bierbeek

† 1222

 

Gautier était né dans le Braband flamand (Louvain, Belgique), dans une famille seigneuriale de Bierbeek.

Il montra dès l’enfance une grande dévotion envers la très sainte Vierge et conserva ses pieuses pratiques après être entré dans la carrière des armes.

Il prit part à la troisième croisade et s’y fit remarquer par sa vaillance.

Après un tournoi où il s’était distingué, il renonça au monde et se consacra au service de Dieu sous la protection de Marie. Il promit de faire chaque année une offrande à la Mère de Dieu ; la veille des fêtes de celle-ci et chaque vendredi de la semaine, il jeûnait au pain et à l’eau ; il donnait en tout temps l’exemple des vertus chrétiennes.

Il entra à l’abbaye cistercienne de Hemmerod, où on le chargea du soin des étrangers.

Doux et pacifique, il s’employait à réconcilier ceux entre lesquels régnait la discorde ; il s’exprimait avec une onction particulière quand il s’agissait d’affermir les faibles contre la tentation. 

Le don de la prière et des larmes semblait être son partage.

Dans une visite à l’abbaye de Villers où il avait suivi l’abbé de Hemmerod, Gautier mourut, favorisé d’une vision de la sainte Vierge, le 22 janvier 1222.

Les nombreux miracles qui se vérifièrent après sa mort l’ont fait vénérer comme bienheureux dans l’Ordre cistercien.

Le Martyrologe Romain ne le mentionne pas.

 

 

Caterina (Maria) Mancini

1350-1431

 

Caterina naquit à Pise (Italie C) vers 1350, d’une famille assez aisée ; elle eut un frère, Tommaso, qui devint prêtre.

Petite, elle perdit son père ; mais aussi, elle fut favorisée de grâces extraordinaires, notamment de la présence visible de son Ange gardien.

Elle n’avait qu’à peine cinq ans, lorsque cet Ange la conduisit en esprit au lieu où l’on allait pendre Pietro Gambacorta : là, c’est la Sainte Vierge qui lui apparut et lui enjoignit de prier sept fois l’Ave Maria, à l’intention du condamné qui, en retour, l’assisterait efficacement. La petite pria : la corde se rompit et Pietro fut grâcié.

Son Ange gardien lui annonça qu’elle allait se marier et qu’elle souffrirait de deuils successifs. En effet, Caterina fut donnée en mariage une première fois à douze ans, à Baccio Mancini : les deux petites filles qui naquirent, moururent peu après la naissance et le mari mourut bientôt aussi.

A seize ans, elle se remaria, avec Guglielmo Spezzalaste, un négociant d’étoffes ; durant les huit années de ce mariage, cinq filles et un fils naquirent ; Guglielmo mourut peu avant la naissance de la dernière fille ; moururent bientôt aussi toute cette progéniture, ainsi que la maman de Caterina.

Son frère Tommaso songeait à la conduire à un troisième mariage, mais Caterina s’y refusa obstinément ; au contraire, elle s’abandonna entièrement à la volonté de Dieu et entra dans le Tiers-Ordre dominicain : c’est sainte Caterina de Sienne (v. 29 avril) qui le lui avait suggéré.

Pendant plusieurs années, Caterina eut une vie très retirée, priant, se mortifiant, et s’adonnant aux bonnes œuvres. Elle jeûnait quatre jours par semaine, se donnait la discipline, assistait aux offices des Dominicains ; à la maison, elle faisait tourner la quenouille, en compagnie d’une autre sainte femme qui partageait volontiers sa vie ascétique.

Au milieu de ses activités charitables, elle eut un jour à soigner un malade particulier, couvert de plaies : c’était Notre Seigneur ! C’est durant cette période qu’elle commença à avoir des extases.

Elle entra finalement au couvent des Dominicaines de Pise, et prit le nom de Maria. Là elle connut la bienheureuse Chiara Gambacorta (v. 17 avril), fille de Pietro dont il était question plus haut. Quand fut construit le monastère, par la bénéficience de Pietro, Maria y suivit Chiara, et lui succéda comme prieure en 1419.

Pendant douze années, elle fut prieure de ce couvent de stricte observance. Elle reçut de son Ange gardien de nombreuses faveurs, dont on ne connaît que cette «vision» de sa vie entière : 

Il lui sembla être à l’entrée d’un chemin ; à sa droite était un bois, repaire des bêtes féroces ; à sa gauche, un étang rempli d’eau saumâtre répandait une odeur de fièvre et de mort ; son guide lui ordonna d’avancer en se tenant au milieu du chemin parce que la discrétion est la condition indispensable de la persévérance dans la vertu. Plus loin, un large fleuve lui barrait la route, c’était la mort. L’ange, pur esprit, passa outre sans effort ; Maria, entravée par les liens du monde, ne le franchit qu’en s’appuyant sur la croix. Au-delà, une campagne fertile, de ravissants jardins, l’invitaient à avancer jusqu’à un temple aux murailles d’or et de gemmes, auquel on ne pouvait accéder que par trois portes placées l’une derrière l’autre. Maria dépassa la première, puis la seconde. En vain voulut-elle s’approcher de la troisième ; son ange gardien lui dit que nulle créature sur terre ne pouvait aller plus loin, mais qu’elle atteindrait sûrement le sanctuaire intime du merveilleux temple si elle continuait à pratiquer fidèlement les mêmes vertus qui l’avaient aidée à parvenir jusque là.

Maria Mancini mourut le 22 janvier 1431 - la même année que sainte Jehanne d’Arc, dont le procès commençait en janvier (v. 30 mai).

Le culte de la bienheureuse Maria Mancini fut confirmé en 1855.

 

 

Antonio Della Chiesa

1394-1459

 

Antonio naquit vers 1394 à San Germano Vercellese (Piémont, Italie NO), dans la noble famille des marquis Della Chiesa di Roddi.

Quand il voulut entrer chez les Dominicains, son père commença par s’y opposer, mais à vingt ans Antonio put commencer le noviciat à Verceil. Après la profession et les études habituelles de philosophie et de théologie, il passa au couvent de Venise pour obtenir le titre de lecteur (professeur). Il y fut ordonné prêtre.

Il commença à prêcher, tout en conservant un style de vie très contemplatif (il passait parfois la nuit en prière) et non moins actif, au service des pauvres.

Le parfait équilibre de sa vie déjà hautement vertueuse le fit nommer à vingt-huit ans prieur à Côme, où il devait réformer le couvent et le reconduire à la règle authentique. Il en profita pour apostoliser la population, soutenu en 1432 par saint Bernardino de Sienne (v. 20 mai), un franciscain de l’Observance. Rappelons que s. Domingo et s. Francesco, les deux grands Fondateurs, étaient très amis et que leurs couvents avaient toujours de bons rapports, s’invitant et se rencontrant régulièrement.

A Côme, Antonio prit la défense de la bienheureuse Maddalena Albrici (v. 13 mai) contre ses frères au sujet d’une disposition testamentaire de leur père. Il fut, exceptionnellement, reconduit dans sa charge de prieur à Côme.

En 1437, il fut vicaire général pour la Lombardie : il le resta jusqu’en 1446, et y fut à nouveau nommé en 1455 ; en outre, en 1440, il fut prieur à Bologne ; en 1441, prieur à Savone ; en 1443 prieur à Gênes. Dans cette dernière ville, les Dominicains s’installèrent contre la volonté de l’évêque et des chanoines, mais sur l’ordre du pape, qui voulait y imposer plus de rigueur apostolique.

De cette période date l’événement remarquable de sa prise en hôtage par des pirates sur le bateau qui l’emmenait de Savone à Gênes. Les ravisseurs menaçaient Antonio et son confrère ou de les tuer ou de les réduire à l’esclavage, mais furent tellement surpris de leur douceur et de leur sérénité devant le danger, qu’ils les libérèrent le lendemain matin.

En 1444, Antonio fut prieur à Plaisance, puis à Vérone en 1447.

Ces années-là durait le schisme de Felix V (Amédée VIII de Savoie) : Antonio fut chargé par le pape de réconcilier avec l’Eglise les partisans de l’antipape.

En 1454, il fut prieur à Florence, où il favorisa l’enrichissement de la bibliothèque et reprit les travaux intellectuels qu’il avait suspendus pour faire face à tant de missions. C’est à Florence qu’il rendit la parole à un petit enfant muet de naissance.

 En 1458, il fut envoyé réformer le couvent de Crémone et, en 1459, rejoignait Côme.

Signalons ici qu’Antonio fut un ennemi implacable de l’usure, qu’il condamna sans trêve. Mais il visita beaucoup les malades et eut des grâces célestes particulières. A Côme, un fidèle qui venait se confesser à lui, l’aperçut en conversation avec la Sainte Vierge. Antonio lui intima l’ordre de n’en parler à personne, mais le fidèle put témoigner après la mort d’Antonio.

Antonio restait très humble malgré les hautes missions qu’on lui confiait ; il dit un jour : On m’a mis à la barre, mais je ne sais pas même ramer.

Il avait eu le pressentiment de sa mort prochaine. Il s’éteignit à Côme le 22 janvier 1459 et son culte fut confirmé en 1819.

La famille Della Chiesa donna plus tard un autre personnage à l’Eglise : un certain Giacomo (1854-1922), qui devint en 1914 le deux-cent cinquante-huitième pape : Benoît XV.

 

William Patenson

? -1592

 

William était né à Durham (ou au Yorkshire).

Admis au Collège anglais de Reims en 1584, il fut ordonné prêtre en septembre 1587.

Il partit en Angleterre en janvier 1589.

Le troisième dimanche d’Avent de 1591, il célébra la messe chez Monsieur Lawrence Mompesson à Clerkenwell, et c’est pendant qu’ils dînaient, avec un autre prêtre nommé James Young, qu’ils furent surpris.

Le prêtre Young put se dissimuler à temps dans une cachette près de lui, mais William fut arrêté et condamné à Old Bailey, après les fêtes de Noël, en janvier 1592.

Toujours selon Young, William convertit en prison trois ou quatre voleurs, qui se confessèrent avant de mourir.

Selon Richard Verstegan, il convertit encore au catholicisme, la nuit précédant son martyre, six ou sept compagnons de cellule.

D’après ce dernier aussi, pour avoir commis le délit d’avoir converti d’autres prisonniers, William fut descendu du gibet encore vivant, de sorte qu’il avait encore toute sa conscience quand on commença de l’éviscérer avant de l’écarteler.

William Patenson fut béatifié en 1929. Son dies natalis est le 22 janvier.

 

 

Mateo Alonso de Leciñana y Alonso

1702-1745

 

Il était né le 26 novembre 1702 à Navas del Rey (Valladolid, Espagne).

Il entra au couvent dominicain de Ségovie et fit la profession en 1723.

Après d’intenses études, il fut ordonné prêtre et envoyé aux missions orientales.

En 1730, il fut le compagnon de voyage de Francesc Gil de Federich i Sans, et le retrouverait plus tard en prison.

Quand le père Francesc fut arrêté (1737), Mateo put continuer sa vie clandestine pendant encore huit ans, avant d’être à son tour arrêté.

Il parcourait les villages, voyageant même seul, quand les vietnamiens n’osaient pas l’accompagner à cause du danger ; il leur répondait : Pourquoi serais-je venu ici, si c’est pour refuser d’aller administrer les sacrements ? Il confessait parfois toute la nuit. Les pauvres l’assiégeaient, heureux de repartir ne serait-ce qu’avec un petit bol de riz.

Il fut trahi par un païen ; la police fit irruption dans la chapelle où il était en train de célébrer. Il eut le temps de consommer la sainte Hostie, mais pas le Précieux Sang, qu’un soldat renversa à terre.

On le dépouilla et on le frappa jusqu’au sang. Conduit à Vi-Hoang, il fut reconnu comme maître de la foi portugaise, et laissé libre : les Chrétiens purent l’approcher, une femme le reçut chez elle pour le soigner. Puis on l’appela devant le tribunal, où il fut interrogé, torturé de mille façons. 

Ayant appris cela, le père Francesc Gil de Federic lui écrivit, lui recommandant de ne pas révéler le lieu de sa première capture, pour ne pas compromettre les Chrétiens de l’endroit. 

Puis le père Mateo rejoignit le père Francesc. Ils purent d’abord se retrouver dans une maison à part, s’encourageant mutuellement, se confessant, célébrant. Mateo fut condamné à mort, mais non exécuté tout de suite.

En prison, ils se soutinrent tout en continuant d’annoncer la bonne nouvelle à leurs compagnons prisonniers.

En 1744, on ré-examina leurs causes : la sentence de mort fut confirmée pour le père Francesc, mais seulement la détention à vie pour le père Mateo. Ce dernier tenta un recours pour son Confrère, qui l’en dissuada.

Le jour de l’exécution, des soldats tentèrent encore de convaincre Mateo d’intercéder pour Francesc. Mais lui répondit : Nous sommes frères ! Si vous en épargnez un, épargnez l’autre ; si vous en tuez un, tuez l’autre. Il fut alors condamné aussi à la décapitation.

Juste avant l’exécution, on leur proposa encore une fois la liberté, s’ils acceptaient de marcher sur la croix. Peine perdue !

Le père Mateo fut donc exécuté le même jour que le père Francesc, à Thăng Long (Hanoi). Ils furent les deux premiers missionnaires victimes de persécutions au Vietnam.

C’était le 22 janvier 1745.

Ils furent tous deux béatifiés en 1906, et canonisés en 1988.

Ils sont fêtés le 24 novembre.

 

 

Francesc Gil de Federic i Sans

1702-1745

 

Né le 14 décembre 1702 à Tortosa (Catalogne, Espagne), Francesc entra dès l’âge de quinze ans à l’école dominicaine de Tortosa.

Au couvent de Barcelone, il poursuivit sa formation et émit les vœux en 1718.

Après avoir étudié philosophie et théologie à Barcelone puis Orihuela, il fut ordonné prêtre en 1727, au couvent de Tremp.

On le nomma maître des novices et professeur de philosophie, et il fut admis en 1729 comme membre de l’Académie Royale des Belles Lettres, en reconnaissance pour ses écrits sur la morale et l’histoire.

En 1730, il put réaliser son profond désir d’aller aux missions d’Orient et partit avec vingt-quatre compagnons, parmi lesquels Mateo Alonso de Leciniana.

A Manille, en même temps qu’il était secrétaire du Père Provincial, il apprit tout de suite le dialecte tagal, très répandu ; on l’envoya prêcher à Luzón, Bataán et Pangasinán.

En 1735, il rejoignit enfin le pays de ses rêves, le Vietnam, alors Tonquin, où sévissait une persécution. Il avait trente-trois ans.

D’abord il apprit la langue, d’ordinaire si ardue, et put la parler couramment au bout de cinq mois. Les habitants l’appelèrent Ku-tê (sacrifice). Courageusement, il entreprit des tournées épuisantes d’apostolat pendant deux années, confessant parfois jusqu’à minuit, pratiquant une sévère abstinence de viande toute l’année, et prenant un seul repas durant le Carême.

Charitable et bon comme un père, il savait être sévère devant certaines fautes graves, obligeant parfois tel domestique à manger par terre, surveillant l’habillement, interdisant l’entrée de femmes chez lui, et luttant contre le temps perdu, par la méditation et la prière dès qu’il était un peu libre.

En 1737, il fut arrêté à Luc-Thuy-Ha. Quand on le mit sur la barque pour l’emmener, il y trouva d’autres Chrétiens et protesta : Maintenant que vous m’avez pris, libérez ces gens ! Curieusement, on les libéra en effet. Mais lui restera en prison pendant huit ans à Hanoi, subissant tous les maltraitements et les maladies possibles.

Avec l’aide d’une bonne Chrétienne, la veuve Ba-Gao, qui soudoya les gardiens, le père Francesc put sortir de prison et continuer un intense apostolat ; en prison, il baptisa cent vingt-deux personnes ! La même veuve obtint de le garder continuellement chez elle, pour le soigner.

Il était impatient de verser son sang pour le Nom de Jésus. Il apprit sa condamnation à mort en novembre 1738, mais la sentence n’était pas exécutée, à la suite de remous politiques. Les interrogatoires se répétaient, mais le prêtre se taisait. On lui enjoignit de marcher sur les objets religieux qu’on lui avait pris ; comme il refusait, le brigadier le fit sous ses yeux, lui provoquant une telle douleur qu’il en vomit et cracha du sang.

Le retard de son exécution lui permit de se déplacer jusqu’à l’extérieur de la capitale, pour confesser les fidèles.

De nouveau interrogé en 1743, il avertit les policiers que le pays était secoué par la disette et la maladie à cause des méchancetés injustement perpétrées contre les Chrétiens, qui ne faisaient aucun mal.

En décembre 1743, le père Mateo Alonso, à son tour capturé, le rejoignit, ce qui leur permit de s’encourager, de se confesser mutuellement, de célébrer. 

Les Chrétiens de la région tentèrent de le «racheter», mais il s’y opposa fermement : Jamais je ne permettrai qu’on gaspille une seule pièce de monnaie pour m’empêcher de mourir pour Dieu !

Le matin de son exécution, on lui proposa encore une fois d’abjurer la foi ; il refusa et se laissa attacher aux piquets avant de présenter son cou au bourreau.

Il fut décapité le 22 janvier 1745, à Hanoi, avec l’autre père dominicain, Mateo Alonso de Leciñana.

Le père Francesc Gil de Federic i Sans fut béatifié en 1906 et canonisé en 1988.

La fête liturgique des Martyrs du Vietnam est au 24 novembre.

 

 

Guillaume Joseph Chaminade

1761-1850

 

Guillaume naquit le 8 avril 1761 à Périgueux, avant-dernier des quinze enfants de Blaise, un vitrier et drapier qui habitait tout près de la cathédrale.

Neuf enfants moururent en bas--âge. Des six autres, dont quatre seront prêtres, l’aîné, Jean-Baptiste, sera jésuite après avoir fait partie de la Congrégation des prêtres de Saint-Charles ; Louis, son aîné immédiat, sera son compagnon de séminaire.

Guillaume eut une grave blessure au pied, dont il guérit de façon assez inattendue après avoir fait le vœu d’aller en pèlerinage au sanctuaire de Notre-Dame de Verdelais. De là lui vint cette grande dévotion mariale.

A la confirmation, il ajouta à son prénom celui de saint Joseph.

Quand Guillaume entra au séminaire de Mussidan, Jean-Baptiste en était l’économe. La référence à saint Charles (v. 4 novembre) montre bien l’esprit qui animait cette maison : mettre en pratique les principes du Concile de Trente ; rechercher d’abord la sainteté personnelle, en vue de l’évangélisation et en particulier de la formation de la jeunesse.

En 1776, Guillaume-Joseph demanda à être admis dans la communauté Saint-Charles, y fit le noviciat et les vœux. On le nomma aide-économe, économe, professeur de mathématiques, bientôt aumônier après son ordination (1785). 

La Révolution mit fin à ces activités, en dissolvant les Ordres et les collèges dont les professeurs refusaient le serment de fidélité à la Constitution.

Guillaume se réfugia à Bordeaux et entra délibérément dans la clandestinité pour assister les chrétiens fidèles. Il se déguisa en marchand ambulant, en rétameur ; il s’appuya sur la collaboration des laïcs courageux qui le protégèrent pour aller retrouver des malades, des mourants, des familles où il célébrait en cachette.

Lors de l’accalmie de 1794, on lui confia la réconciliation avec l’Eglise des prêtres jureurs : il en convainquit une cinquantaine.

Il dut rejoindre la clandestinité en 1795, et l’Espagne en 1797, où il retrouva son frère Louis à Saragosse. Il vécut de la fabrication de fleurs artificielles et de petites statues pour la dévotion. Il priait beaucoup, notamment au sanctuaire de Notre-Dame du Pilier, patronne de Saragosse.

C’est dans ce contexte qu’il aura une «vision», dont il parlera plus tard, en en démontrant l’inspiration divine : Je vous ai vus tels que vous êtes ici, et cela s’est fait dans un clin d’œil, il y a longtemps.

Revenu enfin à Bordeaux en 1800, il y fonda une Congrégation de l’Immaculée, pour réunir les jeunes chrétiens. A Agen en 1808, Adèle de Trenquelléon (v. 10 janvier) fonda dans le même esprit un groupe féminin dont sortira en 1816 l’Institut des Filles de Marie Immaculée.

En 1817, quelques jeunes hommes donnèrent naissance, autour du père Chaminade, à la Société de Marie, ou Marianistes, pour l’éducation de la jeunesse. Ils reprirent ou fondèrent de nombreux établissements : Paris, Cannes, Alsace, Belgique, Italie, Espagne, Autriche, Etats-Unis, Canada, Océanie, Japon.

Le père Guillaume-Joseph Chaminade mourut le 22 janvier 1850 à Bordeaux et fut béatifié en 2000.

 

 

Vincenzo Pallotti

1795-1850

 

Né le 21 avril 1795 à Rome, de famille noble, Vincenzo fut baptisé le lendemain. Son père, Pietro Paolo, était des Pallotti de Cascia, sa mère, Maria Maddalena, des De Rossi de Rome. Vincenzo était le troisième des six enfants de ce couple chrétien.

Après l’école primaire, il étudia au Collège Romain. Déjà particulièrement recueilli à cet âge, il aurait même fait quelque «prophétie».

Confirmé en 1801, il reçut la Première communion en 1805 et l’autorisation, exceptionnelle à l’époque, de communier chaque jour.

A seize ans, il entra au séminaire diocésain, et fut ordonné prêtre en 1818.

Il s’inscrivit à trois Tiers-Ordres, dominicain, minime et franciscain.

En juillet 1818, il était reçu docteur en théologie. 

Sa première action fut de fonder une Ligue Antidémoniaque, dont les membres devaient partout détruire ce qui se trouvait de scandaleux et malhonnête : quel travail déjà à l’époque ! et si seulement ce zèle pouvait aujourd’hui nettoyer nos kiosques à journaux…

Vincenzo comprit que sa véritable vocation était la prédication : il se mit à parcourir les rues de Rome, parlant de Dieu aux gens, rencontrant les pauvres, les abandonnés, leur redonnant confiance.

Cet apostolat dura trente-deux années, durant lesquelles Vincenzo ne s’épargna aucune fatigue pour venir en aide à tous ceux qu’il put approcher. On se demande comment un seul homme ait pu accomplir tant de travail. Qu’on en juge : 

Il développa la dévotion au Précieux Sang, à la Sainte Vierge ; il organisa des conférences sur le dogme, pour les jeunes ; des écoles du soir, qui se poursuivaient par des heures de prière et de confessions ; des exercices spirituels pour personnes de l’aristocratie, d’autres pour gens pauvres ; 

Il fut présent dans un hospice, dans un institut agraire ;

Outre la prédication, il confessait sans relâche, dans diverses églises romaines ;

De 1827 à 1840, il fut directeur spirituel au séminaire de Rome et au Séminaire Pontifical de la Propagande.

En 1834, don Vincenzo aurait opéré un miracle retentissant, obtenant par sa prière la guérison d’une jeune fille agonisante, suscitant le zèle du père de celle-ci pour aider les œuvres de don Vincenzo.

Voulant impliquer tous les chrétiens, religieux et laïcs, il fonda ainsi en 1835 la Pieuse Société des Missions, future Société de l’Apostolat Catholique, annonciatrice de l’Action Catholique du vingtième siècle. Les prêtres de cette Société, qu’on appela les pères Pallotins, assumèrent l’église romaine de Saint-Sauveur in Onda.

A cette branche masculine succéda la branche féminine.

A partir de 1836, Vincenzo commença une œuvre de rapprochement avec les Eglises orientales, qu’il organisa dans la semaine qui suivait la fête de l’Epiphanie. Là encore, son travail précédait l’effort œcuménique de notre époque.

Mais comme les «nouveautés» ne plaisent jamais, même (ou surtout) dans les rangs des ecclésiastiques, don Vincenzo fut critiqué, calomnié, traîné en dérision, jusqu’à obtenir du pape la dissolution de la Société (1838), mais cette mesure ne dura pas. La Société fut finalement approuvée.

Don Vincenzo savait et répétait que le Chemin le plus sûr est celui de la souffrance. 

De 1843 à 1849, il fut en outre aumônier militaire.

Il prit aussi le temps d’écrire des ouvrages, des articles divers pour tous les milieux, persuadé que tous, de quelque condition qu’ils fussent, étaient appelés à coopérer à témoigner de la foi.

Du vivant de don Vincenzo, l’œuvre atteignit l’Angleterre ; plus tard, tous les continents, de l’Uruguay à la Pologne, du Brésil à l’Inde.

Sa dernière œuvre de miséricorde fut de couvrir de son manteau les épaules d’un pauvre et de lui donner l’absolution : il en contracta une pleurésie, dont il mourut le 22 janvier 1850, le jour de la fête de saint Vincent.

Sa mort fut saluée comme celle d’un Saint, de l’apôtre de Rome, du père des pauvres.

Sa dépouille, dont on a retiré les cilices et les chaînes qu’il portait encore à sa mort, est conservée à Rome, incorrompue.

Don Vincenzo Pallotti fut béatifié en 1950, et canonisé en 1963.

Laura Vicuña

1891-1913

 

Née le 5 avril 1891 à Santiago du Chili, de José Domingo Vicuña et de Mercedes Pino, Laura fut baptisée le 24 mai suivant.

Le père était un militaire, il avait un frère prêtre et un autre qui recouvra une importante charge dans la politique (mais on ignore laquelle) ; la maman était couturière, sans doute de très humble extraction, et l’on n’a pas retrouvé son ascendance, ni même son nom de famille.

Laura eut une sœur, Julia Amanda.

En 1891, l’année où fut renversé le gouvernement, le papa fut nommé à Temuco, où il mourut de pneumonie en 1894. Madame Vicuña ouvrit une petite mercerie, qui fut cambriolée en 1898.

Cette année-là, s’arrêta à Temuco une petite communauté de Salésiennes, en attente de pouvoir rejoindre l’Argentine. Une des Religieuses vint à la mercerie de Madame Vicuña. Laura la reconnut plus tard, à Junin des Andes.

En 1899, la maman et ses deux filles finit par s’installer non loin de Junin des Andes, sur la propriété d’un Chilien, un homme brutal mais tout de même accueillant envers cette Chilienne, qu’il finit par prendre comme compagne.

Laura et sa sœur furent inscrites à l’école de Junin en 1900.

Les Religieuses disaient que leurs élèves empoignaient plus facilement les rênes des chevaux que la plume ou l’aiguille, mais elles s’aperçurent que Laura était une fille au cœur limpide et assoiffé de Dieu. Elle avait compris que prier ou travailler, c’est la même chose ; prier ou jouer ; prier ou dormir… En faisant ce qu’on me demande de faire, je fais ce que Dieu veut que je fasse, et c’est cela que je veux faire ; c’est ma meilleure prière… Ce n’est pas que je sois continuellement en train de penser à (Dieu), mais que, sans y penser, je me réjouis de ce souvenir.

Elle comprit bientôt que sa mère n’était pas en état de grâce, ayant accepté de vivre hors mariage avec ce monsieur. Elle en conçut une grande tristesse, et se mit à multiplier les prières et les pénitences pour la conversion de sa mère.

En 1901, elle reçut la Première communion dans un recueillement extraordinaire, et prit alors des résolutions très importantes : la mort plutôt que le péché ; la réparation pour les offenses de ses proches. La même année, elle adhéra aux Filles de Marie.

Durant les vacances d’été, Laura faillit être violée par le compagnon de sa mère, ivre et brutal, lequel, humilié d’avoir été tenu en échec par cette gamine, refusa désormais de payer la pension du collège. La directrice accepta alors de recevoir les deux sœurs gratuitement, mais seule Laura retourna au collège.

Laura demanda à être admise parmi les Salésiennes, mais celles-ci avaient des doutes sur la légitimité de Laura, à cause de la vie déréglée de sa mère et de son compagnon, de sorte que Laura fit seulement des vœux privés, en 1902 (et ce n’est que bien plus tard qu’on retrouva son acte de baptême, comme fille légitime).

Pour l’heure, Laura se rendait utile dans le collège, aidant les plus jeunes à s’habiller, à rester propres et joyeuses.

Toujours préoccupée par la conversion de sa mère, elle offrit sa vie à Dieu. Durant l’été 1903, sa santé s’altéra brusquement. En septembre, elle ne pouvait participer à la retraite spirituelle : elle avait contracté la tuberculose.

Sa mère vint la chercher, et Laura offrit encore le sacrifice de quitter son cher collège, pour la conversion de cette maman. Mais cette dernière dut placer sa fille à Junin, non loin du collège, pour lui faire donner sur place les soins nécessaires à sa maladie, et demeura avec sa fille.

En janvier 1904, le compagnon voulut rejoindre la maman, qui faillit céder. Laura alors se leva et sortit de la maison : l’homme la suivit et la gifla violemment, mais comme des passants étaient là, il laissa sa fille comme morte et s’enfuit. Pas une plainte ne sortit de la bouche de Laura.

Désormais elle resta alitée. Comble de sacrifice, l’aumônier et la supérieure du collège durent s’absenter. Elle accepta encore cette privation avec soumission à la volonté de Dieu.

Le 22 janvier, elle reçut les derniers Sacrements. Il y eut alors une conversation intense entre elle et sa maman :

Ma fille, tu vas me laisser ?

- Oui, Maman, … cela fait presque deux ans que j’ai offert (à Jésus) ma vie pour toi… N’aurai-je pas la joie de te voir te repentir ?

- Oh ma chère Laura, je te jure en cet instant que je ferai ce que tu me demandes. Je me repens, Dieu est témoin de ma promesse ! Oui, demain matin, j’irai à l’église et je me confesserai.

Et Laura, heureuse, dit au prêtre présent : 

Père, soyez témoin de sa promesse !

Merci, Jésus, merci Marie ! Maintenant, je meurs contente !

Laura mourut dans l’après-midi, le 22 janvier 1904 : elle avait douze ans et neuf mois.

Elle a été béatifiée en 1988.

Le miracle retenu pour cette cérémonie, fut la guérison instantanée, complète, durable, non explicable scientifiquement, d’une religieuse chilienne ; atteinte de broncho-stase bilatérale, de péri-bronchite chronique fibreuse avec des épisodes de pneumonie focale rebelle, elle subit plusieurs opérations de «soulagement», jusqu’à un stade d’étouffement total. Ayant commencé une neuvaine à Laura, elle fut soulagée la nuit même ; les Consœurs la crurent folle ; mais la guérison était bien là.

 

Il faut ajouter ici que la maman de Laura alla d’abord se cacher pour échapper à la fureur de son compagnon. Celui-ci mourut assassiné dans une bagarre vers 1906.

La maman fut fidèle : elle put communier aux funérailles de sa fille, repassa au Chili où elle se remaria chrétiennement, et mourut en 1929.

 

 

Giuseppe Nascimbeni

1851-1922

 

Giuseppe (Joseph) naquit le 22 mars 1851 à Torri del Benaco (Verona, Italie N), fils unique d’un humble artisan menuisier, Antonio, et de Amedea Sartori. La naissance fut difficile, et l’enfant fut ondoyé par le médecin.

Après avoir surmonté quelques difficultés à l’école de Vérone, Giuseppe entra au séminaire et fut ordonné prêtre en 1874.

Il passa avec succès le diplôme de maître d’école.

Il fut d’abord nommé vicaire à San Pietro di Lavagno (Vérone), où il sera aussi instituteur. Il demanda cependant lui-même son déplacement, car la population finissait par le considérer lui comme curé.

En 1877, il fut nommé vicaire à Castelletto di Brenzone, où il prendra en 1885 la succession du curé défunt : c’est que, déjà, les chefs de familles du pays ne veulent pas d’autre prêtre chez eux. Don Giuseppe restera là presque un demi-siècle, jusqu’à sa mort.

Don Giuseppe trouva un village de mille habitants complètement isolés du monde - et de toute instruction. Aussi multiplia-t-il les initiatives pour relever le niveau social, culturel, moral et spirituel de ses paroissiens.

Au bout de sept années, il se sentit d’abord découragé et présenta sa démission à l’évêque. Il n’avait pas même pu trouver deux Religieuses pour l’aider ! Et l’Evêque eut cette réponse fulgurante : Se nissuni ve le dà, fevele vu come voli ! (en dialecte de Vérone : Si personne ne vous les donne (les Religieuses), faites-les comme vous l’entendez !). Là, don Giuseppe reprit courage.

Il commença par envoyer quatre braves filles dans un noviciat de Vérone : ce furent les premiers éléments des Petites Sœurs de la Sainte Famille. De là naquirent une foule d’idées et de bonnes volontés, pour aboutir à : 

une nouvelle église, une nouvelle route, la lumière électrique, l’eau potable, une Caisse Rurale, une maison pour les jeunes, une assistance aux vieillards à domicile, une école maternelle, un orphelinat, un hospice, une fabrique de vêtements, une fabrique d’huile, une imprimerie, un bureau de poste… Qui sait ce que don Giuseppe n’aura pas fait pour sortir son village de l’ignorance, de l’isolement, de la misère, du chômage…

A qui se demandait comment il pouvait combiner la prière et tant d’activités, il répondait : Le Crucifix et l’horloge, la prière et la précision.

Le 31 décembre de 1916, il fut frappé d’hémiplégie et resta cinq années immobilisé.

Il mourut, d’après le Martyrologe, le 22 janvier 1922 ; on parle plus souvent du 21 janvier.

Don Giuseppe fut béatifié en 1988.

Les Petites Sœurs sont présentes en Italie, en Suisse, en Albanie, en Amérique du Sud, en Angola.

 

 

László Batthyány-Strattman

1870-1931

 

 

László (Ladislaus) Batthyány naquit le 28 octobre 1870 à Dunakiliti (Hongrie), dans une famille de l’ancienne noblesse, sixième de dix enfants.

Le papa, József, voulut passer au protestantisme et quitta la famille.

En 1876, la famille se transporta en Autriche et la maman mourut en 1882. On peut supposer qu’alors le père se rapprocha de ses enfants.

László avait douze ans : à cet âge-là, l’adolescent avait déjà exprimé son désir d’être médecin, et de soigner gratuitement les pauvres.

Son père voulut qu’il fréquentât l’Ecole d’Agriculture de Vienne, où il étudia aussi la chimie, la physique, la philosophie, la littérature et la musique. 

C’est à cette époque qu’il eut une petite fille illégitime. Puis il s’attaqua à la médecine en 1896 et reçut son diplôme en 1900.

En 1898, il épousa la comtesse Maria Teresa Coreth (de Coredo et Starkenberg), une femme profondément pieuse. Dieu bénit ce mariage par l’heureuse naissance de treize enfants. 

Tout ce joli monde allait chaque jour à la messe. Après la messe, le papa donnait une leçon de catéchisme à ses enfants et leur proposait à chacun un geste charitable à faire durant la journée. Le soir, après la prière du chapelet, chacun disait comment il avait accompli sa «mission».

En 1902, László ouvrit un hôpital privé à Kittsee (Autriche), pouvant contenir vingt-cinq lits, puis à Köpcsény (Hongrie). Il exerça d’abord comme généraliste, puis comme chirurgien et ophtalmologue. Durant la Première guerre mondiale, son établissement fut agrandi pour recevoir jusqu’à cent-vingt blessés.

En 1915, László hérita de son oncle défunt le nom de Strattman, le titre de Prince et le château de Körmend (Hongrie), où la famille s’établit en 1920.

Une aile du château fut transformée en hôpital ophtalmologique. László devint un spécialiste de renommée internationale dans ce domaine, en même temps que se répandait sa réputation de «docteur des pauvres». Il leur demandait seulement de prier un Notre Père pour ses intentions et, souvent, leur payait lui-même les médicaments à prendre.

Avant chaque opération, il priait Dieu de guider ses mains. Quand ses patients quittaient l’hôpital, il leur remettait un petit livret intitulé «Ouvrez les yeux et voyez», où ils pouvaient trouver quelques conseils utiles pour leur vie spirituelle. Ce geste, joint à la délicatesse de László, fit qu’on le qualifiait déjà de «saint», même dans sa famille.

En 1921, son fils aîné Ödön mourut à vingt-et-un ans d’une grave infection intestinale.

A la fin de l’année 1929, László eut une tumeur à la vésicule et fut admis au sanatorium Löw de Vienne. Cette épreuve, la plus grande de sa vie, allait lui donner l’occasion de montrer toute la patience et la charité dont il était capable. 

Il écrivit à une parente : Je suis heureux. C’est atroce, ce que je souffre, mais j’aime mes souffrances, et ma consolation est de savoir que je les supporte pour le Christ.

László mourut à Vienne le 22 janvier 1931, après quatorze mois de grandes souffrances et fut enterré dans la tombe familiale de Güssing.

Sa devise était : Dans la fidélité et la charité.

Il a été béatifié en 2003.

 

 

Esteve Santacana Armengol

1885-1937

 

Esteve (Etienne) vint au monde le 20 septembre 1885 à El Papiol (Barcelone, Catalogne, Espagne).

Il fut de ceux qui ressentent l’appel de Dieu dès la petite enfance et il entra au petit séminaire diocésain de Barcelone.

Ayant rencontré des pères Capucins, il fut impressionné par leurs façons austères, leur zèle dans l’évangélisation, et demanda à être admis parmi eux.

En 1901, donc, il reçut l’habit, avec le nom de Remigi. L’année suivante, il faisait la profession temporaire et, le 4 octobre 1905, la profession solennelle, en la fête de saint Francesco d’Assise.

En 1909, il reçut l’ordination sacerdotale, à Arenys de Mar.

Bientôt après, il fut envoyé aux Philippines, et de là au Nicaragua, puis au Costa Rica.

En 1921, revenu en Espagne, il fut élu maître des novices.

Il repartit encore aux missions et revint, cette fois-ci définitivement, au pays natal ; en 1936, le chapitre lui assignait le couvent de Sarriá.

La foi et une grande ferveur avaient toujours caractérisé le père Remigi ; il en eut besoin en ces moments dramatiques de la révolution marxiste. Il était particulièrement dévôt de sainte Thérèse de Lisieux (v. 1er octobre), canonisée dix ans auparavant (1925) et proclamée Patronne des missions en 1927.

A partir du 19 juillet 1936, il dut quitter son couvent, à l’instar de tous les pères Capucins de la province de Barcelone, et se réfugier ici et là, selon la charité des amis. Mais il fut un jour découvert par des anarchistes et conduit à leur tchéka.

Le père Remigi subit le martyre le 22 janvier 1937 et fut béatifié en 2015.

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 11:21

Yi Yun-il Ioannes
(Yi Yun-il Yohan)
1812-1867

Ioannes était né en 1812 à Hongju (Ch’ungch’ŏng, Corée) ; on a trouvé aussi 1823 comme date de naissance, probablement une erreur.
Il vint s’installer à Mungyŏng (Kyŏngsang) et travailla comme cultivateur.
Il se maria et eut des enfants.
On le décrivait comme «grand, avec une longue barbe», ce qui lui donnait une allure prophétique. En réalité, il était très doux et très pieux.
Il avait hérité de sa famille une tradition de catholiques et de catéchistes, et faisait de son mieux pour conserver ces traditions.
Ce qu’on sait de son arrestation et de son martyre, nous vient du témoignage de son fils.
Le 6 décembre 1866, Ioannes était assis dans sa chambre et aperçut l’arrivée de la police. Il pouvait s’échapper, mais ne le fit pas.
Interrogé s’il connaissait des Catholiques, il dit qu’il l’était, mais qu’il n’en connaissait pas d’autres dans le voisinage.
La police arrêta ce jour-là trente personnes, dont huit de la parenté de Ioannes, qui furent mises en prison à Mungyŏng.
Le gouverneur étant absent, il n’y eut pas d’interrogatoire, mais Ioannes fut déjà torturé, tandis qu’on pillait toute sa propriété.
Trois jours après, on les envoya à la prison de Sangju, où Ioannes subit trois interrogatoires. A chaque fois, il répondit qu’il ne connaissait pas d’autres Catholiques, en dehors de ceux qu’on avait arrêtés.
Il y avait là en tout soixante-dix prisonniers catholiques. On les divisa en trois groupes : l’un, pour ceux qui avaient des enfants et avaient apostasié ; le second, de vingt personnes, qui refusaient de renier Dieu ; le troisième, les responsables (catéchistes), dont Ioannes.
Les autorités de Seoul, consultées, ordonnèrent la condamnation à mort, le 4 janvier 1867.
L’exécution devait avoir lieu à Taegu (Kyŏngsang). Avant le départ, les prisonniers furent encore torturés. Ioannes, lui, était si joyeux, qu’il dit à ses enfants : Voilà que je vais devenir martyr. Vous, retournez à la maison, honorez le Bon Dieu, et quand vous serez grands, imitez-moi.
Comme précédemment, Ioannes continua d’encourager ses compagnons de cellule à rester fidèles dans leur foi.
Le jour de son exécution étant arrivé, Ioannes fut conduit dans un faubourg de Taegu, où il prit un dernier repas et remit aux bourreaux tout l’argent qu’il avait.
Il fut décapité, le 21 janvier 1867.
On ne connaît peut-être pas tous les Martyrs de cette persécution, mais Ioannes est le dernier en date de ces cent-trois Martyrs coréens. Ils furent béatifiés à des dates différentes (Ioannes en 1968), et tous canonisés en 1984.
Leur fête liturgique est au 20 septembre.

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 00:00

 

21 JANVIER

 

II.

S Publius, évêque à Athènes.

III.

Ss Fructuosus, premier évêque à Tarragone, martyr avec ses deux diacres Augurius et Eulogius. 

S Patroclus, martyr à Troyes.

IV.

Ss Valérien, Candide, Eugène, martyrs à Trébizonde.

S Eustase, martyr à Nicomédie.

Ste Agnès, martyre romaine de douze ans ; invoquée pour la conservation de la pureté, elle est la patronne des fiancées jusque dans l’Angleterre protestante.

S Busiride, à Ancyre, où il endura les tortures après avoir renoncé à l’erreur encratite.

V.

S Epiphanius, évêque à Pavie, surnommé “pacifique”, “gloire de l’Italie”, “lumière des évêques”.

VI.

S Vimin (Wynnin, Gwynnin), abbé et évêque à Fife, fondateur d’une autre abbaye à Holy-Wood.

S Lawdog (Lleuda, Laudatus), abbé à Bardsey ; peut-être assimilable à s.Lô.

VII.

S Avit, frère de s.Bonet et évêque à Clermont ; il convertit les assassins de son prédécesseur, s.Prix.

S Aptat, évêque à Metz.

IX.

S Meinrad, excellent professeur d’Ecriture Sainte à Reichenau, ermite près de Altendorf, où sa dévotion à une image de Notre-Dame fut à l’origine du pélerinage de Einsiedeln ; il fut martyrisé par des brigands.

X.

S Zaccaria Angelico, moine au Monte Mercurio.

S Maccalein (Maccalan), irlandais, abbé bénédictin à Saint-Michel en Thiérache.

XVI.

Bx Edward Stransham et Nicholas Wheeler (ou Woodfen), prêtres anglais martyrs à Tyburn.

XVII.

S Bartholomew (Alban) Roe, bénédictin, et Thomas Green (ou Richard Reynolds), prêtres anglais, martyrs à Tyburn, l'un après dix-sept années, l'autre après quatorze années de prison.

Bse Josefa Maria de Santa Iñès, augustine espagnole à Beniganim, favorisée du don de prophétie.

XVIII.

Bx martyrs de Laval ; les prêtres : Julien Moulé, Augustin-Emmanuel Philippot, Joseph Pellé, René-Louis Ambroise, André Duliou, Louis Gastineau, François Migoret Lambardière, Pierre Thomas, Jean-Baptiste Turpin du Cormier, Julien-François Morvin de la Girardière, Jean-Baptiste Triquerie (cordelier), Jacques André, Jean-Marie Gallot ; le diacre François Duchesne.

B Bang Franciscus, laïc coréen martyrisé par pendaison, béatifié en 2014.

XIX.

S Yohan Yi Yun-il, père de famille coréen, paysan et catéchiste, martyr, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre ; c’est le dernier martyr coréen.

XX.

B Joan Font Taulat (Arnal Ciril, 1890-1937), lassallien espagnol, martyr de la persécution à Lleida, béatifié en 2013.

Publius d’Athènes

† 125

 

Publius est considéré comme le troisième ou quatrième évêque d’Athènes.

Il y aurait été nommé vers 120.

L’ancien Martyrologe disait qu’il fut célèbre à la fois par les vertus et l’excellence de la doctrine, ajoutant cette belle périphrase, désignant son martyre : il fut couronné de gloire pour avoir rendu témoignage au Christ.

Ce martyre semble devoir être daté de 125, date à laquelle on connaît le successeur de Publius, Quadratus, peut-être l’apologiste commémoré le 21 septembre.

Dans le Martyrologe Romain, saint Publius d’Athènes est commémoré le 21 janvier.

 

 

Fructuosus de Tarragone

et ses diacres Augurius et Eulogius

† 259

 

Fructuosus fut le premier évêque de Tarragone (Espagne E).

On ne connait rien sur sa vie, sinon le récit de son martyre.

Le gouverneur Æmilianus le fit arrêter avec ses deux diacres, Augurius et Eulogius. Fructuosus demanda seulement le temps de mettre ses chaussures, car il était allongé sur sa couche, et suivit allègrement les gardes.

En prison, les trois prièrent, chantèrent, se préparant au martyre. Ils recevaient des fidèles, Fructuosus leur donnait sa bénédiction.

Il baptisa un catéchumène prisonnier, Rogatianus.

Après six jours de prison, eut lieu l’interrogatoire au tribunal. On y relève cette perle :

Ne sais-tu pas qu’il y a d’autres dieux ? - Non.

Fructueux et ses Diacres furent condamnés à être brûlés vifs. Sur le chemin, même des païens pleuraient, connaissant la bonté de l’Evêque. Un Chrétien lui présenta un verre d’eau, que Fructuosus refusa poliment, car ce matin-là, vendredi, on jeûnait.

A l’amphithéâtre, le Lecteur Augustalis voulut aider l’Evêque à retirer ses chaussures, mais Fructuosus se déchaussa lui-même. Puis il adressa une petite allocution à ses fidèles présents : 

Le Seigneur ne vous laissera pas sans pasteur, car il est fidèle à ses promesses. Ne vous attristez pas de mon sort, car une heure de souffrance est vite passée.

Alors, on les attacha sur le bûcher. Quand les bandelettes furent consumées, les trois Martyrs s’agenouillèrent, les bras en croix, priant, et c’est dans cette noble position qu’ils rendirent leur âme à Dieu.

On vit alors s’ouvrir les Cieux, où entrèrent glorieusement les trois Martyrs.

Quand des Chrétiens voulurent emporter des reliques de Fructueux, Augurius et Eulogius, Fructuosus leur apparut pour leur demander de ne pas séparer les trois corps et de les mettre dans un même tombeau.

Dans le Martyrologe Romain, saint Fructuosus de Tarragone est commémoré avec ses deux Diacres Augurius et Eulogius le 21 janvier.

 

 

Patroclus de Troyes

† 259

 

Patroclus (Patrocle, Parre) habitait avec ses parents à Troyes ; il en avait hérité une certaine fortune, qu’il distribua aux pauvres à la mort de ceux-ci.

Retiré dans le voisinage de Troyes, Patroclus vivait dans la pénitence, les mortifications, la prière, l’assistance aux pauvres. Mais la persécution l’atteignit.

On hésite sur la date de cette persécution : 259 ou 273.

On le jeta tout d’abord trois jours en prison, durant lesquels il fut interrogé et refusa de renier le divin Maître. A nouveau interrogé, à nouveau il confessa sa foi.

Conduit le long de la Seine pour y être décapité, il échappa aux bourreaux et passa le fleuve indemne ; mais le prodige ne suffit pas à convaincre les bourreaux. Rattrappé, il fut décapité ; Patroclus recueillit dans ses mains son chef et le porta sur une colline proche.

Deux pauvres mendiants, qui sans doute le connaissaient, lui donnèrent une sépulture honorable. Une chapelle fut ensuite construite, où se produisirent des miracles, et remplacée par une grande église plus tard.

Des représentations de Patroclus lui donnent l’aspect d’un soldat, portant un poisson avec une perle dans la bouche ; on invoquait s.Patroclus contre les fièvres.

Des reliques de s.Patroclus furent portées à Soest en Allemagne ; en 1447, assiégés, les habitants attribuèrent leur libération à l’intercession de saint Patroclus.

Dans le Martyrologe Romain, saint Patroclus de Troyes est commémoré le 21 janvier.

 

 

Agnès de Rome

† 304 ?

 

Sainte Agnès est une des plus illustres martyres de Rome, mais des doutes subsistent à son sujet.

Elle a certainement été martyrisée à douze ou treize ans, assez probablement lors de la persécution de Domitien (304), mais certains proposent la persécution de Dèce (254).

On a opposé entre eux deux récits, latin et grec, de sa Passio, alors qu’ils sont compatibles en se complétant.

Comme cela se répète chaque fois qu’on abandonne une jeune fille aux mains de soldats ou de jeunes mal intentionnés, Agnès fut donc d’abord enfermée dans une salle, où des scélérats tentèrent de lui arracher sa petite chemise ; alors elle laissa tomber ses longs cheveux comme pour s’en couvrir, tandis qu’un ange resplendissant aveuglait les garçons, qui s’enfuirent. 

Un autre vint, qu’Agnès repoussa par deux fois jusqu’à la porte, où il tomba mort. Survint son père, furieux, à qui Agnès promit qu’elle prierait pour la vie de son fils, s’il le demandait au nom de Jésus-Christ ; calmé par cette promesse, il le fit, et le garçon se redressa effectivement.

Ensuite, on voulut la jeter sur un bûcher, dont les flammes brûlèrent d’abord les bourreaux, renouvelant l’épisode de la fournaise ardente, qu’on lit en Dn 3:22.

Un autre bourreau lui porta alors un coup d’épée en lui tranchant le cou. Puis le corps d’Agnès fut jeté au feu, où cependant il ne fut pas entièrement consumé, de sorte que des amis vinrent prendre ce corps pour lui donner une sépulture honorable.

Ce martyre eut lieu le 21 janvier, probablement en 304.

L’actuelle église de Sainte-Agnès de la place Navone, à Rome, serait l’endroit où la sainte combattit pour sa chasteté. La basilique Sainte-Agnès-hors-les-Murs, sur la Via Nomentana, abrite le corps de sainte Agnès. Il a été reconnu encore en 1605. En revanche, le chef de la Sainte a été recueilli à part dans un reliquaire qui se trouve dans la chapelle Sancta Sanctorum du Latran, où il a été reconnu en 1903.

Il est de tradition que chaque année deux agneaux soient offerts au pape le jour de la fête de sainte Agnès, 21 janvier. La laine de ces agneaux est destinée à la confection des palliums, genre de collier de toile que remet le pape aux nouveaux archevêques, lors de la messe des saints Pierre et Paul, le 29 juin. Le pallium est le signe du pouvoir dont est investi l’archevêque en pleine union avec le pape : par la laine dont il est fait, il symbolise la brebis que le Bon Pasteur ramène au bercail.

Très honorée dès l’antiquité, sainte Agnès est fêtée le 21 janvier. Elle est nommée dans la prière du Nobis quoque peccatoribus du canon romain de la Messe.

Sainte Agnès est invoquée pour la conservation de la pureté. En Angleterre, même dans le contexte anglican, sainte Agnès est la patronne des jeunes filles fiancées.

Saint Ambroise a des mots très inspirés pour chanter la jeune Martyre, en son dies natalis :

En un si petit corps, y eut-il place pour la blessure ? N’ayant pas où recevoir le glaive, elle eut de quoi vaincre le glaive. Les filles de cet âge ne peuvent soutenir le regard irrité de leurs parents, une piqûre les fait pleurer ; Agnès, intrépide, immobile, offre tout son corps à la pointe du glaive. Sans savoir encore ce qu’est la mort, elle est prête à la subir… Elle n’a point l’âge requis pour le supplice et elle est capable d’en triompher… Le bourreau redoutait pour Agnès ce qu’Agnès ne redoutait pas pour elle-même…

 

 

Epiphanius de Pavie

438-496

 

C’est en 438 que naquit Epiphanius, à Pavie (Italie NE).

Le nom d’Epiphanius signifie manifesté, de même que l’Epiphanie est la Manifestation de la divinité du Christ. Une intense lumière avait resplendit sur le berceau du petit bébé.

Epiphanius fut confié dès 446 à l’évêque Crispinus, qui l’ordonna sous-diacre, diacre, prêtre enfin.

A la mort de Crispinus (vers 465), Epiphanius fut choisi à l’unanimité pour lui succéder ; il n’avait qu’un peu moins de trente ans et devenait le huitième évêque de Pavie.

Il s’imposa une règle de vie austère, accordant beaucoup de temps à la prière et au travail.

Respecté de tous, il eut à accomplir diverses ambassades pour aller arbitrer des discussions politiques. Durant ses déplacements, il priait, il chantait aussi ; durant les arrêts, il méditait silencieusement.

En 476, la ville de Pavie fut la proie des troupes d’Oreste et d’Odoacre, pillée, saccagée. Epiphanius s’employa à implorer la délivrance des prisonniers, en particulier des femmes emmenées en captivité. Sans ressources personnelles, il s’employa à relever les églises ; il obtint au moins une exemption d’impôts de cinq ans pour ses concitoyens.

En 489, nouvelles guerres, entre Theodoricus, chef des Ostrogoths, et Odoacre. Un moment assiégé dans Pavie, Theodoricus admira la prudence d’Epiphanius, sa patience, sa charité. Vainqueur enfin, Theodoricus envoya Epiphanius auprès du roi de Bourgogne Gondebaud pour traiter de la délivrance des prisonniers. Epiphanius réussit pleinement. En chemin, il guérit plusieurs malades, des possédés, et particulièrement une hémorroïsse.

En 495, malgré sa fatigue, Epiphanius entreprit un nouveau voyage, à Ravenne, où il voulait solliciter une décharge d’impôts en faveur des habitants de Ligurie. Mais au retour il fut pris de pneumonie. Tristesse unanime, mais joie du Prélat, qui se prépara à rencontrer le Seigneur.

Epiphanius mourut à Pavie le 21 janvier 496, après trente ans d’épiscopat.

Epiphanius a été surnommé Pacifique, Gloire de l’Italie, Lumière des évêques.

Dans le Martyrologe Romain, saint Epiphanius de Pavie est commémoré le 21 janvier.

Meinrad d’Einsiedeln

797-861

 

Meinrad (en latin Meinhardus ou Meginardus), vint au monde vers 797, à la suite des instantes prières de ses pieux parents ; Berthold, son père, était un parent des Hohenzollern ; la famille habitait Rottenburg (Württemberg, Allemagne SO).

L’enfant fut, à dix ans, confié à la sage protection de deux moines parents, bénédictins à Reichenau, Haito et Erlebald.

Il devint prêtre en 821, puis voulut embrasser la vie monastique et fit la profession en 822.

Son plus haut centre d’intérêt était la lecture et l’étude de la Sainte Ecriture ainsi que des grands maîtres spirituels, comme Ioannes Cassianus (Cassien). 

Excellent professeur d’Ecriture Sainte, il fut appelé à enseigner à l’abbaye de Bollengen, où sa réputation grandit encore, mais Meinrad préférait toujours plus l’isolement et le silence. 

Il obtint la permission de se retirer au village d’Altendorf, où il resta pendant sept ans, assisté par une brave femme du pays, et s’adonnant à la vie érémitique. Puis en 835, il se retira plus loin encore, derrière le mont Etzel, pensant y rester vraiment seul. C’est le Démon qui le retrouva et le dérangea : Meinrad obtint de Dieu la grâce de l’éloigner.

L’abbesse Hildegarde de Zürich entendit parler de lui et lui fit bâtir une chapelle ; elle lui envoya en outre une statue de Marie Mère de Dieu : placée dans la chapelle, elle y fit beaucoup de miracles (sur la prière de Meinrad). Là est l’origine du pèlerinage de Notre-Dame-des-Ermites ou d’Einsiedeln.

Meinrad eut la faveur céleste de la visite d’un Ange, qui priait avec lui.

Les pèlerins se multiplièrent, les dons aussi, que Meinrad distribuait aux pauvres ou utilisait pour orner la chapelle. C’est ainsi que des brigands furent attirés par la convoitise, espérant ravir les dons déposés par les pèlerins. S’étant approchés, ils furent reçus fraternellement par Meinrad, selon l’aimable coutume bénédictine ; il leur révéla avoir été prévenu de leur dessein, mais les brigands persévérèrent dans leur intention et assassinèrent l’Homme de Dieu, qui venait de célébrer la Messe ce matin-là, 21 janvier 861.

La tradition affirme que, dans leur fuite, les deux brigands furent poursuivis par deux corbeaux, dressés par Meinrad, qui les suivirent jusqu’à Zürich, où ils furent arrêtés, et condamnés à mourir sur le bûcher. C’est là l’origine des deux corbeaux de l’actuel blason d’Einsiedeln.

Très vite, Meinrad fut vénéré comme martyr, mais on ne peut pas dire qu’il ait été «témoin de la foi» au sens propre traditionnel. Il fut certainement victime de sa bonté.

Depuis 934, un monastère a été construit à Einsiedeln, qui devint un centre très important de la vie bénédictine, et en particulier de notation des mélodies grégoriennes authentiques.

Saint Meinrad est mentionné au Martyrologe le 21 janvier.

 

 

Zaccaria Angelico

† 950

 

Il faut chercher beaucoup les rares informations de ces grands Saints qui, de leur vivant, ont vécu dans l’oubli total du monde.

Zaccaria, donc, fut sur le mont Mercurio (Emilie Romagne, Italie E), et y pratiqua la vie cénobitique de façon exemplaire, au point qu’il fut surnommé angelico.

Il s’éteignit vers 950.

Saint Zaccaria a été récemment introduit dans le Martyrologe Romain, au 21 janvier.

 

 

Nicholas Woodfen (Wheeler)

1550-1586

 

Ce prêtre anglais naquit en réalité sous le nom de Nicholas Wheeler, vers 1550, à Leominster (Herefordshire, Angleterre).

Durant sa formation sacerdotale au collège anglais de Douai puis à Reims, il fut connu sous le nom de Nicholas Woodfen. Il prit apparemment un pseudonyme pour, plus tard, mieux passer inaperçu. 

Ordonné prêtre à Reims en 1581, il retourna exercer son ministère sacerdotal en Angleterre. Il travailla ainsi aux Inns of Court de Londres. Il ne dut sa survie qu’à la charité d’un ancien camarade d’école qui lui donna des vêtements et assez d’argent pour louer une chambre.

Il fut arrêté, accusé de «haute trahison», cette fois-ci sous le nom de Nicholas Devereux : ce nouveau patronyme de consonance française existe aussi en Angleterre. Le prêtre pouvait avoir des parents portant ce nom.

Nicholas fut condamné à mort puis «hung, drawn and quartered» (pendu, éviscéré et écartelé), selon l’habituelle formule, à Tyburn (Londres), avec son compagnon Edward Stransham, le 21 janvier 1586.

Leur dies natalis est au 21 janvier.

Ils ont été béatifiés en 1929.

 

 

Edward Stransham

1554-1586

 

Ce prêtre anglais naquit vers 1554 à Oxford, où il fréquenta le Collège Saint-Jean et fut bachelier en 1575-1576.

Ayant renoncé au Protestantisme, et se destinant au sacerdoce, il passa en France, arriva à Douai en 1577 et à Reims en 1578, où se préparaient les candidats anglais. Mais la maladie l’obligea à rentrer quelque temps en Angleterre.

Sans s’avouer vaincu, il repassa en France : on le retrouve à Reims en 1579, pour être finalement ordonné prêtre à Soissons en décembre 1580.

Après quelques mois de préparation, il repartit en Angleterre en juin 1581, avec Nicholas Woodfen (alias Wheeler), qui venait d’être ordonné en mars de la même année.

En 1583, l’intrépide Stransham revint en France, conduisant à Reims douze convertis d’Oxford.

Après quelques mois, il resta à Paris, où il resta entre la vie et la mort, pendant un an et demi.

Malgré tout il repartit en Angleterre. Il fut arrêté à Londres le 17 juillet 1585, pendant qu’il célébrait la messe. 

Condamné pour sa condition de prêtre, il fut exécuté en même temps que son compagnon, Nicholas Wheeler, à Tyburn le 21 janvier 1586, son dies natalis.

Il a été béatifié en 1929.

 

 

Thomas Green (Richard Reynolds)

1562-1642

 

Prêtre anglais difficile à situer, car il y eut un autre Thomas Green (v. 10 juin), et un autre Richard Reynolds (v. 4 mai).

Il dut naître vers 1562 à Oxford

On ne sait au juste si le nôtre descendait des Greene de Great Milton (Oxfordshire) et (ou) des Reynolds du Vieux Stratford (Warwickshire). Il prit en effet le pseudonyme de Reynolds pour se déplacer incognito.

Il reçut le diaconat à Reims en 1590, fut envoyé à Valladolid et Séville et reçut le sacerdoce à Cadix en 1592.

Envoyé sans tarder en Angleterre, il y exerça le saint ministère pendant de nombreuses années, jusqu’à une première arrestation qui lui valut l’exil en 1606 ; il revint, et fut à nouveau arrêté vers 1628 .

Un jugement le condamna à mort, mais il attendit quatorze années en prison. Il fut exécuté sans autre jugement le 21 janvier 1642 à Newgate (Londres), en même temps que Bartholomew (Alban) Roe, qui, lui, avait attendu dix-sept ans en prison.

Il était âgé, dit-on, de quatre-vingts ans environ.

Au moment suprême, ils se confessèrent l’un à l’autre.

Thomas-Richard a été béatifié en 1929.

 

 

Bartholomew Roe

1583-1642

 

Bartholomew Roe naquit en 1583 à Suffolk (Angleterre).

Il fréquenta l’école de Suffolk et l’université de Cambridge.

Sa conversion au catholicisme lui vint après une visite qu’il fit à un prisonnier de St. Albans qui voulait renoncer à ses vœux religieux.

Il entra au Collège Anglais de Douai puis au monastère bénédictin de Dieulouard (Meurthe-et-Moselle), aujourd’hui disparu, y fit la profession en 1613 avec le nom de Alban, et y reçut l’ordination sacerdotale.

Envoyé en mission en 1615, il fut emprisonné à New Prison (Maiden Lane) de 1618 à 1623, puis fut banni. Il revint à l’abbaye bénédictine de Douai, mais retourna en Angleterre quatre mois après.

De nouveau arrêté en 1625,  il resta deux mois en prison à St.Albans, à Fleet, finalement à Newgate. De Fleet, il fut plusieurs fois mis en liberté conditionnelle sur sa parole.

Globalement, il resta vingt-deux ans en prison.

Accusé d’être prêtre, il fut condamné à mort et exécuté à Tyburn (Londres), le 21 janvier 1642, avec Thomas Green.

Béatifié en 1929, il a été canonisé en 1970, parmi les quarante Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles.

Le miracle retenu pour la canonisation, par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons eut lieu en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Josefa Teresa Albiñana y Gomar

1625-1696

 

En catalan, on écrit son nom ainsi: Albiniana i Gomar.

Elle naquit le 9 février 1625 à Benigánim (Valencia, Espagne), de Luís et Vicenta, un couple pauvre d’origine noble. Son frère jumeau, puis son père, moururent bientôt. Elle alla travailler chez un oncle, un homme assez dur qui eut tôt fait de la brutaliser pour un rien.

Elle n’étudia pas, et ne sut guère parler que dans son dialecte de Valencia. Elle fut confirmée à huit ans. Son confesseur la mettait à l’épreuve, pour l’humilier, la faisant passer pour une folle, lui ordonnant de mâchonner toujours un quignon de pain.

Or voilà que vers 1638, elle eut une vision du Christ qui lui demandait si elle voulait être son épouse ; elle accepta avec enthousiasme. Dès lors, sa vie continua en visions et révélations, qui la firent passer pour une épileptique. Quand on voulait la faire parler de ses expériences, elle parlait du O, la seule lettre de l’alphabet qu’elle connût et qui termine le terme Nazareno (Celui de Nazareth).

Inès voulut entrer dans le plus proche monastère : chez les Augustines déchaussées de Benigánim. On temporisa, à cause de sa grande simplicité d’esprit. Sur son insistance, on finit par l’accepter comme converse, en 1643 : elle prit le nom de Josefa-María de Sainte-Agnès, reçut l’habit en 1644 et fit la profession en 1645. 

Elle se vit donner toutes les corvées du couvent, pendant que les Révérendes Sœurs, qui savaient lire, chantaient l’office au chœur. Elle sut se faire la dernière de toutes, au service de chacune, même des plus jeunes. Aux récréations, les Sœurs se payaient un peu sa tête, en lui demandant par exemple quel âge elle avait, sachant d’avance qu’elle répondrait en montrant ses dix doigts, ne sachant compter davantage. Elle demanda innocemment un jour ce qu’était un scrupule, et une Sœur lui répondit que c’était du thon avec de l’oignon, ce qu’elle crut jusqu’à la fin de sa vie.

Elle s’imposait de dures mortifications et passait de longues heures en adoration devant le Saint-Sacrement.

Elle conut aussi une assez longue période de sécheresse spirituelle, durant laquelle elle dut affronter de pénibles tentations diaboliques.

Dieu la favorisa du don de prophétie, de discernement des esprits, de présence auprès de personnes en danger. Elle conseilla les rois, les théologiens.

Elle fut mourante dès 1693, mais continua de se déplacer appuyée sur son bâton. A la fin de 1695, connaissant le jour de sa mort prochaine, elle envoya des avis de décès à ses proches. Elle s’éteignit dans son couvent de Benigánim, le jour de la fête de sainte Agnès, 21 janvier 1696.

On l’appelait et on l’appelle toujours habituellement Inès de Benigánim: Josefa María de Sainte-Agnès fut béatifiée en 1888.

Martyrs de Laval (Quatorze)

† 1794

 

On sait que la répression fut particulièrement violente durant la Révolution française dans le département de la Mayenne. Parmi les nombreuses victimes, l’Eglise a retenu les noms des plus remarquables, et dont on put certifier que la mort fut causée pour des motifs religieux.

Beaucoup de prêtres avaient refusé le serment constitutionnel, certains l’avaient prêté sous conditions, avec des restrictions n’entraînant pas leur caractère schismatique. Ces prêtres entretenaient la foi chez les fidèles. 

Sous le Directoire, ces prêtres réfractaires furent sommés de venir habiter à Laval, dans la prison de la Patience (!), l’ancien couvent des Clarisses, et de se présenter à l’appel chaque jour à dix heures.

Lors de la loi de proscription, on excepta les prêtres infirmes et sexagénaires. Mais on ne voulait pas s’arrêter là. C’est ainsi que le Tribunal voulut plutôt en finir, en soumettant à un interrogatoire chacun des prêtres enfermés, avant de les condamner à la guillotine.

Voici le nom de ces treize prêtres et un diacre, en ordre alphabétique de leur prénom, avec quelques indications qu’on a trouvées sur eux.

André Duliou, né le 18 juillet 1727, ordonné prêtre en 1752, vicaire successivement à Luigné, Marigné, Miré, puis curé à Saint-Fort ; déjà prisonnier à Château-Gontier, on le transféra à Laval.

Augustin Emmanuel Philippot, né le 11 juin 1716, curé à Bazouges-des-Alleux depuis cinquante ans ; on lui reprochait d’être trop généreux pour les pauvres.

François Duchesne, né le 8 janvier 1736, avait été recteur de collège à Sablé et Laval, et occupait les fonctions de diacre à Laval.

François Migoret-Lamberdière, né le 28 août 1728, avait été vicaire puis recteur à Oisseau, et curé à Rennes-en-Grenouilles.

Jacques André, né le 15 octobre 1743, ordonné en 1768, vicaire à Rouez, curé à Rouessé-Vassé, s’était retiré à Laval.

Jean-Baptiste Triquerie, né le 1er juillet 1737, était l’unique religieux du groupe, appartenant aux Cordeliers ; chapelain et confesseur des Franciscaines de Buron, et réfugié à Laval.

Jean-Baptiste Turpin du Cormier, né le 8 septembre 1732, ordonné en 1756, bachelier en théologie à l’université d’Angers, était curé de la Trinité de Laval, la future cathédrale. C’est sa fermeté et son autorité qui encouragèrent les autres à suivre son exemple. Tous, et même les geôliers, le considéraient comme le chef du groupe.

Jean-Marie Gallot, né le 14 juillet 1747, était vicaire à Bazougers, sous-chantre à la Trinité de Laval et chapelain des Bénédictines. C’est le plus jeune de ce groupe de Martyrs.

Joseph Pellé, né le 22 janvier 1720, ordonné en 1746, vicaire à la Trinité de Laval, chapelain des Clarisses Urbanistes, était réputé pour ses façons un peu rustres, mais il était réellement droit et pieux. Une fois expulsées les Clarisses Urbanistes, le monastère devint la prison Patience, où lui et ses Confrères furent enfermés. Il mourut donc la veille de son soixante-quatorzième anniversaire.

Julien Moulé, né le 29 mars 1716, avait été vicaire à Beaufray, puis curé à Saulges ; il n’était pas réputé pour sa science et ne savait pas prêcher ; en outre, le pauvre homme souffrait de la goutte. C’est le plus âgé de ce groupe de Martyrs.

Julien François Morin de la Girardière, né le 14 décembre 1733, avait étudié la théologie à Angers et avait été ordonné en 1763 mais, malade, s’était retiré.

Louis Gastineau, né le 10 novembre 1727, ordonné vers 1754, avait été vicaire à Loiron, Saint-Berthevin, de nouveau Loiron, Olivet, Port-Brillet.

Pierre Thomas, né le 13 décembre 1729, ordonné vers 1759, avait été vicaire à Peuton, puis chapelain de l’hôpital de Château-Gontier ; on le savait brusque, un peu loufoque, mais il fut toujours lucide devant les juges.

René-Louis Ambroise, né le 1er mars 1720, ordonné en 1745, était vicaire à la Trinité de Laval.

 

Une première fois libérés par l’armée vendéenne, les prêtres furent sommés de réintégrer Patience dans les vingt-quatre heures, ce qu’ils firent avec soumission.

L’interrogatoire commença le 21 janvier 1794 au matin. Voici quelques réponses des prêtres accusés : 

- L’abbé Turpin du Cormier : (Je n’ai pas prêté le serment) parce qu’il attaquait ma religion et était contre ma conscience… 

- L’abbé Gallot : Citoyen, je suis catholique.

- L’abbé Pellé : Vous m’ennuyez avec votre diable de serment. Je ne le ferai pas, je ne le ferai pas, je ne le ferai pas.

- L’abbé Ambroise : Je veux bien être fidèle au gouvernement, mais je ne peux renoncer à la religion… Je conviens que j’ai eu le malheur d’adopter des opinions qui n’étaient pas conformes à la pure et saine doctrine. Mais Dieu m’a fait la grâce de reconnaître mes erreurs et je les ai abjurées et anathématisées devant mes confrères, qui m’ont réconcilié avec la sainte Eglise. Prêt à paraître devant Dieu, je suis content de laver mon crime dans mon sang.

- Le diacre Duchesne n’était pas soumis au serment. Interrogé s’il ferait le serment, il répondit : Je demanderais un délai, pour que Dieu m’inspirât ce que je devrais faire.  

- Le père Triquerie : Ah ! vraiment, non, citoyen, je ne ferai jamais un pareil serment. Je serai fidèle à Jésus-Christ jusqu’au dernier soupir.

- L’abbé Migoret-Lambardière devait choisir entre le serment et la mort, et répondit simplement : La mort.

 

L’accusateur public requit la peine de mort : Je demande que tous subissent la peine de mort et que Turpin du Cormier, ex-curé de cette commune, soit exécuté le dernier, pour avoir fanatisé son clergé.

Les prêtres se confessèrent mutuellement et préparèrent à la mort cinq autres vendéens condamnés avec eux.

Vers midi ils furent conduits place au Blé, aujourd’hui place du Palais.

L’abbé Pellé, connu pour ses sentences raides, s’adressa aux badauds : Nous vous avons appris à vivre, nous vous montrerons comment mourir.

Ils moururent en martyrs de la foi et de leur sacerdoce, un an après l’exécution du roi Louis XVI.

Plusieurs assistants imbibèrent des linges dans le sang des Martyrs, pour conserver des reliques.

Ces quatorze Martyrs furent béatifiés en 1955 et sont mentionnés le 21 janvier au Martyrologe.

Julien Moulé

1716-1794

 

Julien était né le 29 mars 1716 au Mans (Sarthe).

Ordonné prêtre, plus pour sa piété que pour sa science, il fut vicaire à Beaufray, puis curé à Saulges.

Il souffrait d’une douloureuse goutte.

Du groupe des quatorze Martyrs du 21 janvier 1794, il était le plus âgé : il allait avoir soixante-dix-huit ans.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

Augustin Emmanuel Philippot

1716-1794

 

Augustin était né le 11 juin 1716 à Paris.

Ordonné prêtre pour le diocèse de Laval, il était curé à Bazouges-des-Alleux depuis cinquante ans. Généreux, peut-être trop, il s’était fait reprocher d’être trop bon pour les pauvres.

Il fut guillotiné à soixante-dix-sept ans.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

Joseph Pellé

1720-1794

 

Joseph était né le 22 janvier 1720 à Laval (Mayenne).

Ordonné prêtre, il fut vicaire à l’église de la Trinité de Laval, et aumônier des Clarisses Urbanistes.

On lui connaissait, dit-on, des façons un peu rustres, peut-être des répliques à l’emporte-pièce, mais son âme était droite avec la Vérité, et sa piété réelle.

Ainsi, interrogé à propos du serment constitutionnel, il répondit : Vous m’ennuyez avec votre diable de serment. Je ne le ferai pas, je ne le ferai pas, je ne le ferai pas.

Les Religieuses ayant été expulsées de leur couvent, celui-ci devint la prison Patience, et c’est là que furent enfermés Joseph et les autres prêtres qui allaient être immolés.

Cette immolation eut lieu le 21 janvier 1794, à la veille de l’anniversaire (sur terre) de l’abbé Pellé : il allait avoir soixante-quatorze ans.

Désormais, on fêtera son anniversaire au ciel, le 21 janvier.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

René-Louis Ambroise

1720-1794

 

René-Louis était né le 1er mars 1720 à Laval (Mayenne).

Ordonné prêtre en 1745, il fut vicaire à l’église de la Trinité de Laval, la future cathédrale, pendant presque un demi-siècle, à moins qu’auparavant il ait eu d’autres postes.

Voici une de ses déclarations : 

Je veux bien être fidèle au gouvernement, mais je ne peux renoncer à la religion… Je conviens que j’ai eu le malheur d’adopter des opinions qui n’étaient pas conformes à la pure et saine doctrine. Mais Dieu m’a fait la grâce de reconnaître mes erreurs et je les ai abjurées et anathématisées devant mes confrères, qui m’ont réconcilié avec la sainte Eglise. Prêt à paraître devant Dieu, je suis content de laver mon crime dans mon sang.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

André Duliou

1727-1794

 

Il était né le 18 juillet 1727 à Saint-Laurent-des-Mortiers (Mayenne).

Ordonné prêtre en 1752, il fut vicaire à Luigné, Marigné, Miré, puis curé à Saint-Fort.

Mis en prison d’abord à Château-Gontier, il fut transféré à Laval.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

Louis Gastineau

1727-1794

 

Louis était né le 10 novembre 1727 à Loiron (Mayenne).

Ordonné prêtre vers 1754, il fut vicaire à Loiron et Saint-Berthevin, de nouveau à Loiron, puis Olivet et Port-Brillet.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

François Migoret-Lamberdière

1728-1794

 

François était né le 28 août 1728 à Saint-Fraimbault-de-Lassay (Mayenne).

Ordonné prêtre, il fut vicaire à Oisseau, puis recteur, avant d’être nommé curé à Rennes-en-Grenouilles.

Invité à choisir entre le serment constitutionnel et la mort, il répondit simplement : La mort.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

Pierre Thomas

1729-1794

 

Pierre était né le 13 décembre 1729 à Mesnil-Rainfray (Manche).

Ordonné prêtre vers 1759 pour le diocèse de Laval, il fut vicaire à Peuton, puis aumônier de l’hôpital de Château-Gontier.

On lui remarqua des façons parfois brusques ou loufoques, mais ses réponses devant les juges furent droites et courageuses.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze), 21 janvier.

Il y a un autre Pierre Thomas, du 14e siècle, voir la notice Pierre Thomas de Sales

 

 

Jean-Baptiste Turpin du Cormier

1732-1794

 

Né le 8 septembre 1732 à Laval (Mayenne), Jean-Baptiste fut ordonné prêtre en 1756.

Il fréquenta l’Université d’Angers et fut reçu bachelier en théologie.

Il fut nommé curé à l’église centrale de Laval, l’église de la Sainte-Trinité, qui devait devenir la cathédrale du nouveau diocèse.

Sa formation, sa position, mais surtout sa fermeté, en firent comme le «chef» du groupe des Martyrs de Laval ; tous se référaient à lui, car il savait leur redonner courage. Même les geôliers le considéraient comme tel.

Aux «juges», il répondit : (Je n’ai pas prêté le serment) parce qu’il attaquait ma religion et était contre ma conscience…

L’accusateur public s’exprima ainsi : 

Je demande que tous subissent la peine de mort et que Turpin du Cormier, ex-curé de cette commune, soit exécuté le dernier, pour avoir fanatisé son clergé.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

Julien-François Morin de la Girardière

1733-1794

 

Il était né le 14 décembre 1733, à Saint-Fraimbault-de-Prières (Mayenne).

Après des études de théologie à l’université d’Angers, il fut ordonné prêtre en 1763, mais dut bientôt se retirer, à cause d’une maladie.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

François Duchesne

1736-1794

 

François était né le 8 janvier 1736 à Laval (Mayenne).

Diacre, il fut recteur de collège à Sablé et Laval, où il assumait également ses fonctions liturgiques de diacre.

Il n’était pas soumis au serment. Interrogé s’il ferait le serment, il répondit : Je demanderais un délai, pour que Dieu m’inspirât ce que je devrais faire.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

Jean-Baptiste Triquerie

1737-1794

 

Le père Jean-Baptiste était né le 1er juillet 1737 à Laval (Mayenne).

Il entra chez les Franciscains Conventuels, qu’on appelait alors les Cordeliers ; c’était l’unique Religieux du groupe d’aujourd’hui.

Ordonné prêtre, il fut aumônier des Franciscaines de Buron, puis s’était réfugié à Laval.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

Jacques André

1743-1794

 

Jacques était né le 15 octobre 1743 à Saint-Pierre-la-Cour (Mayenne).

Ordonné prêtre en 1768, il fut vicaire à Rouez, puis curé à Rouessé-Vassé, avant de se retirer à Laval.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

Jean-Marie Gallot

1747-1794

 

Jean-Marie était né le 14 juillet (une date tristement prémonitoire…) 1747, à Laval (Mayenne).

Ordonné prêtre, il fut vicaire à Bazougers, sous-chantre au chapitre de l’église de la Trinité à Laval, et aumônier des Bénédictines.

A quarante-six ans, il était le plus jeune de ce groupe du 21 janvier 1794.

A ses «juges», il répondit : Citoyen, je suis catholique.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

Bang Franciscus

? -1799

 

Bang Franciscus est un laïc coréen né à Myeoncheon (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut pendu à Hongju (Chungcheong-do) le 21 janvier 1799 et béatifié en 2014.

 

 

Yi Yun-il Ioannes

(Ni Youn-il Yohan)

1812-1867

 

Ioannes était né en 1812 à Hongju (Ch’ungch’ŏng, Corée) ; on a trouvé aussi 1823 comme date de naissance, probablement une erreur.

Il vint s’installer à Mungyŏng (Kyŏngsang) et travailla comme cultivateur.

Il se maria et eut des enfants.

On le décrivait comme «grand, avec une longue barbe», ce qui lui donnait une allure prophétique. En réalité, il était très doux et très pieux.

Il avait hérité de sa famille une tradition de catholiques et de catéchistes, et faisait de son mieux pour conserver ces traditions.

Ce qu’on sait de son arrestation et de son martyre, nous vient du témoignage de son fils.

Le 6 décembre 1866, Yohan était assis dans sa chambre et aperçut l’arrivée de la police. Il pouvait s’échapper, mais ne le fit pas.

Interrogé s’il connaissait des Catholiques, il dit qu’il l’était, mais qu’il n’en connaissait pas d’autres dans le voisinage. 

La police arrêta ce jour-là trente personnes, dont huit de la parenté de Yohan, qui furent mises en prison à Mungyŏng.

Le gouverneur étant absent, il n’y eut pas d’interrogatoire, mais Yohan fut déjà torturé, tandis qu’on pillait toute sa propriété.

Trois jours après, on les envoya à la prison de Sangju, où Yohan subit trois interrogatoires. A chaque fois, il répondit qu’il ne connaissait pas d’autres Catholiques, en dehors de ceux qu’on avait arrêtés.

Il y avait là en tout soixante-dix prisonniers catholiques. On les divisa en trois groupes : l’un, pour ceux qui avaient des enfants et avaient apostasié ; le second, de vingt personnes, qui refusaient de renier Dieu ; le troisième, les responsables (catéchistes), dont Yohan.

Les autorités de Séoul, consultées, ordonnèrent la condamnation à mort, le 4 janvier 1867.

L’exécution devait avoir lieu à Taegu (Kyŏngsang). Avant le départ, les prisonniers furent encore torturés. Yohan, lui, était si joyeux, qu’il dit à ses enfants : Voilà que je vais devenir martyr. Vous, retournez à la maison, honorez le Bon Dieu, et quand vous serez grands, imitez-moi.

Comme précédemment, Yohan continua d’encourager ses compagnons de cellule à rester fidèles dans leur foi.

Le jour de son exécution étant arrivé, Yohan fut conduit dans un faubourg de Taegu, où il prit un dernier repas et remit aux bourreaux tout l’argent qu’il avait.

Il fut décapité, le 21 janvier 1867.

On ne connaît peut-être pas tous les Martyrs de cette persécution, mais Yohan est le dernier en date de ces cent-trois Martyrs coréens. Ils furent béatifiés à des dates différentes (Ioannes en 1968), et tous canonisés en 1984.

Leur fête liturgique est au 20 septembre.

 

 

Joan Font Taulat

1890-1937

 

Il vit le jour le 1er juillet 1890 à Viladomat (Girona) et fut baptisé le 6.

En 1903 il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Bujedo.

En 1906, à Bujedo, il prit l’habit et le nom de Arnoldo Cirilo ou Arnal Ciril.

Après le scholasticat, il fit de l’apostolat à Arenys de Mar (1907) puis passa à Manlleu. Durant ce séjour, il fut atteint d’un sérieux rhumatisme, qui l’accompagnera toute la vie, lui causant même certaine déformation. Mais il continua de travailler fidèlement.

En 1920, il fut nommé directeur de Santa Coloma de Farnés, une ville thermale, où il pouvait en même temps suivre une cure salutaire.

En 1933, les lois sur l’éducation obligèrent le Frère à changer de lieu, et il fut nommé directeur à Mollerusa.

Sa piété et son zèle se manifestèrent largement durant ces années de direction. Il avait en outre une particulière dévotion à saint Joseph.

Lors de la révolution de 1936, les miliciens se présentèrent à douze heures trente, juste avant le repas, obligeant le Directeur à évacuer immédiatement le collège. On put confier les plus jeunes à des familles alentour, le temps que leurs propres familles pussent venir les chercher.

Les miliciens saccagèrent et détruirent tout le bâtiment, s’acharnant spécialement sur tout le matériel sacré : crucifix, images saintes, cadres, statues, chapelle, sacristie. Le lendemain, ils mirent le feu à l’église du village.

Le 25 juillet, ils revinrent arrêter le Frère Arnal, hébergé chez le docteur Lluch. Ils fouillèrent encore l’établissement ; découvrant quelque part une carabine de salon, ils accusèrent le Directeur de posséder des armes de guerre, et lui réclamèrent les autres… (qui n’existaient pas).

Devant cette situation, le Frère Arnal tenta de fuir. A quarante-six ans, on a encore les jambes jeunes ! Mais avant d’arriver là où il pensait se réfugier, sur la route de Vilasana, un autre milicien le reconnut, le mit en joue, lui demanda ce qu’il portait et le conduisit au Comité de Utxafaba.

Là, on lui prit son chapelet et le crucifix, et on les piétina devant lui. Puis on le confia à une famille, avec ordre de ne pas le laisser partir. Mais se sentant mal à l’aise, il écrivit à un ami de Mollerusa de venir le chercher. L’ami eut la permission du Comité de Mollerusa de le recevoir chez lui. C’était le 8 août 1936.

Le 24 août, les miliciens firent une rafle en camion, y faisant monter trente-neuf personnes dans la même situation que le Frère Arnal ; ce dernier était du groupe, et retrouva ainsi le Frère Hilario. Tout le groupe fut enfermé dans un local où ils ne pouvaient que se tenir debout, pendant trois jours.

Le 27 août, le Comité les fit conduire à la prison de Lleida.

De nouveau en camion, surveillés par des policiers, suivis par des miliciens, qui tentèrent par trois fois de faire arrêter le camion pour fusiller les prisonniers dans le cimetière des villages qu’ils traversaient. Mais les policiers s’y opposèrent.

A Lleida, la prison fut… l’église, vide, car l’évêque et d’autres ecclésiastiques avaient été récemment assassinés. Les prisonniers furent donc dans cette église, pendant quinze jours, au bout desquels on libéra presque tout le monde, ne conservant que les deux Frères, un prêtre et trois laïcs de Mollerusa. D’après ces derniers, qui survécurent, l’attitude du Frère Arnal fut exemplaire et héroïque.

Le Frère fut informé que le «tribunal populaire» l’avait condamné à mort. On l’enferma alors dans la «chapelle» des condamnés à mort, d’où il écrivit un petit mot à ses amis, empli de toute sa force de caractère et de sa foi.

Frère Arnal fut assassiné le 21 janvier 1937.

Il fut béatifié en 2013.

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20 janvier 2021 3 20 /01 /janvier /2021 00:00

20 JANVIER

 

II.

Ss Innas, Rimas et Pinas, grecs convertis par s.André, martyrisés dans un étang glacé.

III.

S Fabien, pape (236-250)  : premier cas d’un laïque élu pape, désigné par une colombe ; il divisa Rome en sept districts confiés à sept diacres ; il aurait envoyé en Gaule les sept célèbres évêques Saturnin, Trophime, Gatien, Denis… ; martyr.

S Sébastien, martyr romain ; il s’était enrôlé dans l’armée pour pouvoir plus facilement assister les chrétiens persécutés ; chef de la garde prétorienne, dénoncé, il fut percé de flèches, assommé et jeté aux égouts ; une procession de ses reliques en 680 arrêta la peste à Rome, raison pour laquelle il est invoqué contre la peste ; il est aussi le patron des policiers.

S Asclas, martyr à Antinoé, précipité dans le Nil.

IV.

S Néophyte, martyr à Nicée, à quinze ans.

V.

S Euthymios le Grand, abbé en Palestine, à Coutila, puis au Sahel ; il convertit beaucoup de Sarrasins, soutint les conciles orthodoxes et mourut presque centenaire.

S Minase, abbé à Condat.

VII.

S Féchin, abbé à Fore, thaumaturge.

XI.

S Wulfstan, évêque à Worcester ; il avait vaincu la tentation de la chair en se roulant dans les épines, comme s.Benoît ; un siècle après sa mort, il fut retrouvé sans corruption.

XII.

B Benedetto Ricasoli, ermite près le monastère de Vallombreuse à Coltibuono.

S Henri, anglais, évêque à Upsal, lapidé.

B Didier, évêque à Thérouanne, soutien des cisterciens, dont il prit l’habit peu avant sa mort.

XV.

Ste Smeralda (Eustochia) Calafato, clarisse sicilienne fondatrice du couvent de Montevergine, canonisée en 1988. Son corps est resté sans corruption.

XVIII.

B Francesco Paoli (Angelo), prêtre carme de l’ancienne observance, surnommé par les paroissiens romains “le Père du Pauvre” ; béatifié en 2010.

XIX.

B Basile Antoine Moreau, fondateur français de la congrégation de Sainte-Croix au Mans (frères enseignants et sœurs soignantes), béatifié en 2007.

XX.

Bse Adelaide Brando (Maria Cristina de l’Immaculée, 1856-1906), napolitaine, fondatrice des Sœurs Victimes expiatrices de Jésus-Sacrement, pour l’éducation des enfants, béatifiée en 2003.

B Michael Iwene Tansi (Cyprian, 1903-1964), curé au Nigéria, cistercien près de Leicester puis au Cameroun, béatifié en 1998.

 

Fabianus, pape

236-250

 

Fabianus (Fabien) succéda à saint Antherus comme vingtième pape. Il était italien.

Son élection fut extra-ordinaire : laïc, il revenait de la campagne avec des amis et rejoignit l’assemblée qui, dans une église, devait nommer le successeur d’Antherus. A ce moment-là une colombe se posa sur la tête de Fabianus qui, tout confus, fut acclamé et désigné pour monter sur la chaire de Pierre.

Fabianus est ainsi le premier laïc à être élu pape. Toute sa conduite fit honneur à cette charge.

L’Eglise étant en paix à ce moment-là, il en profita pour organiser l’Eglise à Rome, en la partageant en sept diaconies. Il fit faire des travaux au cimetière de Calliste, rapporter de Sardaigne le corps du pape saint Pontien.

A l’extérieur, il dut déposer un évêque africain indigne. 

Origène s’adressa à lui pour justifier l’orthodoxie de sa propre doctrine.

On a moins de certitude sur l’envoi qu’il aurait fait de sept évêques pour évangéliser la Gaule : Austremoine, Denis, Gatien, Martial, Paul, Saturnin, Trophime, car pour certains au moins de ceux-ci des «traditions» les font remonter au 1er siècle.

La persécution reprit violemment sous l’empereur Dèce, et le pape Fabianus en fut une des premières victimes, le 20 janvier 250.

Son successeur fut saint Corneille.

 

 

Asclas d’Egypte

† 287

 

Asclas était né à Hermopolis la Grande (Thébaïde, Moyenne Egypte).

Chrétien, il fut dénoncé pour sa foi au Christ et traduit devant Arrianus, le gouverneur de la Thébaïde.

Sommé d’adorer les idoles, il déclara qu’il craignait le jugement de Dieu, bien plus que celui des hommes. A cela il ajouta cette prédiction, qu’Arrian se verrait bientôt contraint d’invoquer le Dieu unique.

Arrianus le fit suspendre par les mains et durement flageller avec des instruments en métal, de sorte que la chair d’Asclas tombait en morceaux. A un moment donné, un des bourreaux fit remarquer qu’Asclas était désormais sans connaissance, mais Asclas ouvrit les yeux et rétorqua : Non seulement j’ai toute ma connaissance, mais encore je ne cesse pas de glorifier mon Dieu et Sauveur.

Puis Arrian voulut emmener sa victime de l’autre côté du Nil, pour reprendre publiquement là-bas les tortures sur Asclas, mais celui-ci implora de Dieu un miracle : que le bateau ne puisse plus se déplacer. En plein milieu du fleuve, le bateau s’arrêta, pas de vent dans les voiles, tous les avirons ensemble ne parvenaient plus à le faire bouger. Arrianus cria à la sorcellerie et, à un moment, proféra le nom de Dieu… et le bateau se remit en marche.

Une fois débarqué non loin d’Antinoé, il ordonna de suspendre à nouveau Asclas, cette fois-ci au-dessus d’un brasier. Asclas pouvait avoir de profondes brûlures à l’endroit de ses plaies précédentes et rapidement rendre l’esprit par asphyxie. Mais il eut encore la force de dire quelques mots aux Chrétiens qui l’entouraient : Frères, cherchez à recevoir la récompense divine. Dans trois jours, vous trouverez mon corps au nord de la ville. Enterrez-le avec la pierre qui y sera attachée.

En effet, on décida alors de le précipiter dans le fleuve, une pierre au cou. Les Chrétiens le retrouvèrent trois jours après et firent comme Asclas leur avait dit.

Ce devait être le 20 janvier vers 287.

Dans le Martyrologe Romain, saint Asclas d’Egypte est commémoré le 20 janvier.

 

 

Sebastianus

† 288

 

Sebastianus (Sébastien) naquit soit à Narbonne soit à Milan, suivant les interprétations. D’autres pensent que son père était de Narbonne, et sa mère de Milan.

Ces parents chrétiens élevèrent leur fils dans la fidélité au Christ.

Vers 283, sous l’empereur Carinus, Sébastien s’enrôla dans l’armée, non pas par amour de la carrière des armes, mais pour avoir la possibilité d’approcher plus commodément les Chrétiens persécutés.

Les Chrétiens qu’il put ainsi assister en 284 furent les saints Marcus et Marcellianus (v. 18 juin), leurs parents Tranquillinus et Marcia ; le greffier du tribunal, Nicostrate et sa femme Zoe, qui se convertirent après que Sébastien ait guéri Zoe de son mutisme par le signe de la croix ; le geôlier Claudius avec toute une cohorte de prisonniers qui reçurent le baptême ; le gouverneur de Rome, Chromace et son fils Tiburce (v. 11 août) ; également Castulius (v. 26 mars). Certains autres martyrs n’ont pas été retenus dans le Martyrologe.

A la fin de l’année 284, l’empereur Dioclétien, ignorant tout de cette belle activité de Sébastien, le nomma capitaine de la garde prétorienne.

De son côté, le pape Caïus conféra le diaconat aux deux Marcus et Marcellianus, et le sacerdoce à leur père Tranquillinus ; en outre il nommait Sébastien «glorieux défenseur de l’Eglise».

En 286, la persécution s’accentua et tous les Chrétiens dont il était question plus haut furent tour à tour exécutés.

De retour à Rome, Dioclétien apprit les «méfaits» de son centurion Sébastien et le convoqua au tribunal, pour lui reprocher son «ingratitude» et son «impiété». Mais Sébastien protesta de sa fidélité à remplir tous ses devoirs et aussi de sa piété envers Dieu pour demander la prospérité de l’empire.

Vexé de cette franchise, Dioclétien ordonna à ses archers de percer Sébastien de leurs flèches. Ils le laissèrent pour mort, mais Sébastien respirait encore et guérit, pieusement soigné par une sainte femme, Irène, la veuve de Castulius, martyrisé l’année précédente.

Bien déterminé à protéger les Chrétiens, même au risque de sa vie, Sébastien se présenta sur le chemin de Dioclétien, tout surpris de le voir debout devant lui. Sébastien s’adressa à l’empereur : Si tu veux vivre en paix, cesse de répandre le sang des innocents.

L’empereur ordonna alors d’assommer le glorieux centurion Sébastien à coups de bâton et de jeter son corps dans l’égout. 

Peu de jours après, Sébastien apparut à une certaine Lucina, lui révélant où était son corps.

Saint Sébastien est un des Martyrs les plus illustres de Rome. La basilique d’abord nommée «des Saints Apôtres», construite au 4e siècle sur la Via Appia, s’appela ensuite Saint-Sébastien-hors-les-Murs, quand on y reporta les restes du Martyr.

Les Carabinieri italiens ont pris saint Sébastien comme patron ; de plus, il est invoqué contre le fléau de la peste, depuis qu’on porta en procession ses reliques lors d’une épidémie de peste à Rome (680), qui cessa immédiatement. De même à Milan en 1575 et à Lisbonne en 1599, où le saint Martyr fut invoqué avec succès.

Saint Sébastien est fêté le 20 janvier.

 

 

Neophytus

4e siècle

 

Quel beau nom pour un jeune Martyr !

Ce jeune chrétien était originaire de Nicée en Bithynie (actuelle Iznik, en Turquie sur la Mer de Marmara.

Dès l’âge de neuf ans, il réunit ses camarades pour les instruire.

A dix ans, nouveau Jean-Baptiste, il se retira dans une grotte du mont Olympe, où il prit la place d’une bête fauve.

Il avait quinze ans, lorsque la persécution le fit arrêter à Nicée. Sur son refus de sacrifier aux idoles, il fut frappé de verges, jeté dans un brasier, enfin décapité.

Saint Néophyte est commémoré le 20 janvier dans le Martyrologe.

 

 

Euthymios le Grand

377-473

 

Euthymios naquit à Mélitène (Cappadoce, auj. Malatya, Turquie) en 377, de parents pieux et sages.

Le papa et la maman, Dionysia, vinrent prier au tombeau de s.Polyeucte (v. 7 janvier), où il leur fut annoncé une prochaine naissance : leur fils serait une bénédiction pour toute l’Eglise.

A l’époque de la naissance d’Euthymios, cessa en effet une période de persécutions qui avaient duré quarante ans.

A trois ans, Euthymios perdit son père ; Dionysia voulut l’offrir à Dieu et se consacrer elle-même. Effectivement, l’évêque Otrée les reçut avec bienveillance ; Dionysia devint «diaconesse», comme on appelait alors les religieuses. Divinement inspiré, Otrée baptisa l’enfant, le tonsura et lui conféra déjà le lectorat.

Béni de Dieu, Euthymios grandit dans une sainte sagesse, une grande culture, un profond respect des lois liturgiques et de la doctrine chrétienne.

En 396, à dix-neuf ans, il reçut le sacerdoce et fut nommé archimandrite pour tous les monastères de la région de Mélitène.

Dix ans plus tard, il renonça à cette charge trop honorable et trop en vue, pour aller se cacher dans un désert de Judée et se fixa dans la laure de Pharan.

Veilles prolongées, court sommeil, jeûnes incessants, prière, travail manuel de vannerie, telle devint la vie d’Euthymios.

Avec Théoctiste, autre solitaire, il vécut chaque année le Carême dans une profonde solitude à Coutila, sur les bords de la Mer Morte. Un jour qu’ils s’égarèrent, ils trouvèrent une grotte qui leur convint : ils édifièrent une église. Ce furent des bergers qui les découvrirent, les firent connaître et leur firent apporter un peu de nourriture.

Des disciples ne tardèrent pas à se présenter. Après les avoir reçus, Euthymios alla seul vivre dans une autre grotte, d’où il sortait pour donner quelques conseils.

Vers 420 vinrent se présenter là des Sarrasins. Le fils de leur chef, Terebon, semi-paralysé, affirmait avoir vu en vision Euthymios qui l’invitait à venir le voir pour être guéri. Euthymios obéit à ce signe divin, fit un signe de croix et guérit le malade. Tous les Sarrasins présents demandèrent alors le baptême ; le chef, Aspebet, reçut le nom de Pierre ; le beau-frère de ce dernier, Maris, se fit moine.

L’épisode rendit Euthymios célèbre dans toute la région et les malades affluèrent pour implorer leur guérison. Euthymios s’enfuit avec, cette fois, Domitien, passa par Rouba, Mird, Ziph, Aristoboulias, autant de localités où il établit des monastères, et vint s’établir dans une grotte du Sahel.

Là, d’autres Sarrasins, envoyés par Aspebet, vinrent demander le baptême, et voulurent rester près d’Euthymios. Celui-ci construisit pour eux une église, ils y établirent leurs tentes et leur groupe donna naissance à une communauté chrétienne, la Parembole. Finalement, Aspebet devint leur évêque, consacré par le patriarche de Jérusalem, Juvénal, qui consacra aussi l’église (428).

Euthymios se vit contraint d’édifier aussi un nouveau monastère. La Parembole se trouvait alors entre le monastère de Théoctiste et celui d’Euthymios.

Un jour qu’un grand groupe d’Arméniens se présentèrent pour saluer Euthymios, ce dernier donna ordre de leur servir à manger ; mais comme il n’y avait de farine que pour quelques personnes, Euthymios convainquit son économe d’obéir : on ne pouvait plus ouvrir la porte, tant les pains s’étaient brusquement multipliés ; il fallut enlever la porte, qu’on ne put remettre en place que trois mois plus tard !

A cette époque, on ne célébrait pas chaque jour la Liturgie eucharistique. Euthymios célébrait les samedis, dimanches et certains jours de fêtes ; en-dehors de ces festivités, Euthymios donnait aux moines l’Eucharistie de la Sainte Réserve.

Les luttes trinitaires furent l’occasion de deux autres événements importants, qui soulignèrent encore plus la sainteté d’Euthymios.

Un de ses moines, Domnus, voulut aller trouver son oncle Ioannis, patriarche d’Antioche, pour le persuader de ne pas adhérer à l’erreur de Nestorius ; Euthymios lui prédit que ce voyage finirait mal, mais Domnus partit tout de même : il fut élu pour succéder à son oncle, décédé, mais fut peu après dépossédé de son siège et n’eut plus qu’à venir demander pardon à Euthymios.

L’autre événement se vérifia vers 456, quand l’impératrice Eudoxie voulut rentrer dans la communion de l’Eglise. Elle alla trouver s.Siméon le Stylite (v. 27 juillet), qui la redirigea vers Euthymios : Tu as là-bas l’homme de Dieu, Euthyme ; suis son enseignement et tu seras sauvée. Euthymios à son tour l’exhorta en des termes qui valent pour nous une véritable confession de Foi : Désormais, il faut écarter toute dispute déraisonnable : outre les trois synodes œcuméniques tenus à Nicée contre Arius, à Constantinople contre Macédonius, à Ephèse contre Nestorius, il faut recevoir aussi celui qui a été réuni récemment à Chalcédoine, abandoner la communion de Dioscore et communier avec l’évêque de Jérusalem, Juvénal.

En 458, mourut le patriarche Juvénal, dont le successeur fut Anastase, comme l’avait prédit Euthymios. En 466, mourut le cher ami d’Euthymios, Théoctiste.

Euthymios connut d’avance le jour de sa mort, mais n’en avertit personne jusqu’aux derniers jours qui la précédèrent. Le 17 janvier, on fêta s.Antoine, puis Euthymios demanda aux moines qui ils désiraient comme supérieur ; leur choix fut d’abord Domitien, mais Euthymios leur annonça qu’il devait mourir une semaine plus tard (ce qui devait arriver) ! Ils désignèrent alors Elie : Euthymios lui recommanda de veiller consciemment sur lui-même et sur son troupeau, et lui annonça que cette laure allait devenir un monastère.

Euthymios mourut le 20 janvier 473, âgé de quatre-vingt seize ans. 

Au onzième siècle, on disait que le monastère était en ruines, probablement victime de l’avancée des Arabes.

Dans le Martyrologe Romain, saint Euthymios le Grand est commémoré le 20 janvier.

Wulfstan

1008-1095

 

Wulfstan (qu’on trouve aussi écrit Wolstan, Wulstan ou Ulfstan) était né vers 1008 à Itchington (Warwick, Angleterre), d’Æthelstan et Wulfgifu qui eurent aussi une fille.

Il reçut son éducation dans les abbayes d’Evesham et Peterborough (de la première, il ne reste que le clocher, le reste ayant été détruit par ordre d’Henri VIII ; de la deuxième, on ne parle que de sa Chronique).

Revenu dans sa famille, Wulfstan ne put se faire au monde. Un jour qu’il s’était distingué dans un tournoi, il vit s’approcher de lui une belle créature qui, croyant honorer sa victoire, se mit à danser devant lui : Wulfstan sentit monter en lui la passion et, tout effrayé, alla se rouler dans un massif de ronces, ce qui éteignit pour le reste de ses jours toute tentation de la chair, comme cela advint pour saint Benoît (v. 11 juillet).

Ses pieux parents, d’un commun accord, décidèrent d’entrer en religion ; Æthelstan se fit moine, Wulfgifu entra chez les moniales de Worcester. Wulfstan alla alors se mettre sous la conduite de l’évêque, Brihthead, qui l’ordonna prêtre, tant son disciple cultivait en lui de grandes vertus.

Mais l’humble Wulfstan ne se sentait pas capable d’exercer le ministère des âmes. Il entra dans le chapitre cathédral de Worcester où, pendant un quart de siècle, il fut écolâtre, préchantre, sacristain, enfin prieur.

Il sortait peu et peu le connaissaient. Mais on parlait de ses hautes vertus : un comte orgueilleux ne voulut se confesser qu’à lui et fit bien une trentaine de miles pour venir le trouver.

Vers 1062, arriva à Worcester l’évêque d’York, Ealdred, accompagné de deux cardinaux romains. Après être restés tout un carême dans le monastère où se trouvait le pieux prieur, ils revinrent auprès du roi Edouard (v. 5 janvier), qu’ils persuadèrent facilement que Wulfstan était le meilleur candidat pour le siège épiscopal de Worcester. Certes il manquait un peu d’instruction, mais sa parole était pleine de l’esprit divin. Sans trop penser à la dignité de cette charge, Wulfstan accepta humblement sa nomination et fut sacré évêque le 8 septembre 1062. Il devait rester sur ce siège pendant trente-trois ans.

L’évêque ne changea guère les habitudes du prieur, sauf qu’il y ajouta les visites du diocèse. En se déplaçant, il priait les psaumes, les litanies, l’office des morts ; son intendant devait conserver une bourse bien pleine et toujours ouverte, pour venir aux besoins des nécessiteux ; chaque église l’arrêtait pour un moment de prière.

La cathédrale de Worcester, construite par saint Oswald (v. 29 février) fut reconstruite, des églises furent édifiées dans le diocèse.

Wulstan savait, dit-on, reprendre, et même vertement, les habitudes efféminées des gens de cour, mais tout le monde l’aimait et l’admirait.

Quand le roi Guillaume voulut imposer des prélats normands pour remplacer les anglais nommés par l’ancien roi saxon, Wulfstan fut le seul qu’on n’osa pas démettre, mais il y eut ensuite un autre incident : lors d’un synode de Westminster, l’évêque Lanfranc crut bon de demander à Wulfstan de remettre son bâton et son anneau, car on lui reprochait son peu d’aptitude «épiscopale». Il se leva, reconnut humblement son indignité et affirma qu’ayant reçu son bâton du roi Edouard, il ne le remettrait qu’à lui, et alla le planter auprès du tombeau du saint Roi. Dieu fit que le bâton alors resta fiché en terre ; personne ne pouvait l’en retirer ; Lanfranc ordonna alors à Wulfstan d’aller le reprendre - et il resta sur son siège.

Lanfranc lui confia même la visite apostolique du diocèse voisin de Chester. Aux Anglais qui se plaignaient de la domination normande, Wulfstan répondait : C’est un châtiment de Dieu pour nos péchés, il faut l’endurer avec patience sans nous soucier du bâton avec lequel il nous frappe.

Guillaume mourut, Lanfranc aussi ; Wulfstan assista au sacre d’Anselmo de Canterbury (v. 21 avril).

A partir de la Pentecôte de 1094, il fut malade et atteint d’une fièvre lente qui traîna pendant des mois. En janvier 1095, il dut garder le lit, d’où il suivait mentalement les psaumes qu’on chantait près de lui.

Il s’éteignit saintement le 20 janvier 1094, jour qui est actuellement son dies natalis.

Comme Wulfstan l’avait prédit, on ne put retirer son anneau pastoral ; on l’enterra dans sa cathédrale, où se produisirent beaucoup de miracles. Un siècle plus tard, on retrouva son corps intact.

Wulfstan a été canonisé en 1203.

 

 

Benedetto Ricasoli

1040-1107

 

Les parents de Benedetto avaient connu le fondateur de l’Ordre de Vallombreuse, Giovanni Gualberto (v. 12 juillet) et lui avaient remis un grand terrain à Coltibuono (Toscane, Italie C)).

Benedetto, lui, naquit vers 1040 à Montegrossi, une localité de Toscane mieux connue comme le centre du vin de Chianti.

Vers 1093, il entra dans le monastère fondé à Coltibuono. L’abbé remarqua les excellentes dispositions de son candidat pour la vie solitaire et lui permit de se retirer dans une pauvre cabane non loin du monastère.

Ce petit ermitage s’appelait le Castellacio (ce qui voudrait dire : le vilain château). 

De temps en temps, Benedetto revenait parmi les moines à certaines grandes fêtes. Une année où il resta là durant le temps de Noël, il leur parla avec grande conviction sur la nécessité de se détacher, répétant : Notre vie doit être une continuelle préparation à la mort.

Revenu dans sa solitude, il s’éteignit le 20 janvier 1107. Les cloches auraient salué cette mort en sonnant spontanément.

Le culte du bienheureux Benedetto fut confirmé huit siècles plus tard, en 1907.

 

 

Henri d’Uppsala

† 1156

 

Les faits concernant Henri remontent à des documents dont l’authenticité peut faire problème. Il en est resté une légende dont on ne peut pas prouver les détails.

Henri était anglais et naquit vers le début du 12e siècle.

En 1153, à la suite du cardinal Nicholas Breakspeare, il vint prêcher la foi aux peuples de Scandinavie. Le cardinal le sacra évêque à Uppsala.

Henri bénéficia de l’appui du roi Eric IX, qui fit construire une cathédrale sous le vocable de Notre-Dame de l’Assomption, consacrée le 15 août 1155.

Puis Eric conquit la Finlande, où il voulut envoyer des missionnaires. Henri se lança dans la mission. Un jour qu’il tentait de convaincre un pécheur, celui-ci le lapida (ou le décapita).

Si, comme on l’a dit, beaucoup d’épisodes sont plus ou moins contestés par la critique historique, Henri reste un personnage célébré autant dans l’Eglise catholique de Finlande que dans l’Eglise protestante.

Des miracles furent attribués à l’intercession de l’évêque martyr.

Les reliques de saint Henri, conservées jusqu’au 15e siècle, furent dispersées par les hérétiques.

Le dies natalis d’Henri est au 20 janvier.

 

 

Smeralda (Eustochia) Calafato

1434-1485

 

Smeralda (Emeraude) naquit à Messine (Sicile) en la fête de l’Annonciation du Seigneur, le 25 mars 1434, quatrième des six enfants de Cofino Calafato et Mascalda Romano.

Cofino gagnait sa vie modestement avec son petit bateau en transportant des marchandises. Mascalda était une maman très chrétienne, pleine d’enthousiasme pour la réforme franciscaine appuyée par saint Bernardin de Sienne (cf. 20 mai), par saint Giovanni de Capestrano (cf. 23 octobre), par saint Giacomo de la Marche (cf. 28 novembre).

Un événement particulièrement marquant frappa la jeune Smeralda : elle n’avait que onze ans, lorsqu’elle fut promise à un riche parti. Le mariage était prévu, mais le fiancé mourut subitement en 1446. La petite fille ne fut pas insensible à l’épreuve, mais ce fut pour elle une occasion de monter encore plus haut dans son désir de vivre avec l’Epoux des vierges. A quatorze ans, elle était fermement décidée à se consacrer à Dieu.

Le papa s’y opposait farouchement et proposa plusieurs autres candidats à sa fille, qui les refusa tous. Le conflit n’était pas apaisé, que le papa mourut brusquement durant un de ses voyages en Sardaigne.

A cette même époque, le mouvement franciscain de l’Observance fut très appuyé et encouragé par l’évêque d’Agrigente, Matteo Guimerà (cf. 7 janvier). Un premier monastère fut fondé justement à Messine. La jeune épouse Mascalda, qui avait dix-huit ans, s’engagea bientôt dans le Tiers-Ordre franciscain, entraînant par son exemple la jeune Smeralda. 

Cette dernière entra parmi les Clarisses à la fin de l’année 1449, alors qu’elle n’avait pas encore seize ans, et prit le nom de Eustochia. 

On put dire d’elle qu’elle fut parfaitement exemplaire, par sa vie intérieure, son esprit de mortification, l’assistance aux malades, la méditation de la Passion du Christ. 

Toutefois, l’abbesse se laissait aller à un certain relâchement et Eustochia, avec d’autres Consœurs, en vint à vouloir fonder un nouveau monastère, fidèle à la stricte Observance franciscaine.

Elle en obtint l’autorisation pontificale. Non sans de nombreuses difficultés (et cette brève expression couvre tout ce qu’on peut imaginer d’obstacles divers : contradictions, oppositions internes et externes, travaux, dépenses…), Eustochia obtint un ancien hôpital transformé en couvent, où elle s’installa avec une ancienne Consœur (Iacopa Pollicino), sa propre sœur Mita (Marguerite) et une nièce, auxquelles se joignirent bientôt d’autres femmes.

Mais on dut bientôt évacuer le couvent, et se réfugier dans un autre bâtiment du quartier Montevergine, en 1464. De nouveau les travaux, dépenses, privations, soucis… Mais Eustochia donnait surtout l’exemple de la méditation de la Passion du Christ, de l’amour des vertus jusqu’à l’héroïsme. Elle entraînait ses cinquante Religieuses dans un élan d’amour inconditionné pour Jésus-Christ et l’Eglise.

Eustochia mourut le 20 janvier 1485. Des phénomènes extra-ordinaires qui se manifestèrent dès sa mort, produisirent tout de suite un grand mouvement de piété envers elle. Une biographie fut bientôt rédigée. 

La cause de béatification fut cependant interrompue. Trois siècles après la mort d’Eustochia, le culte fut approuvé ; cinq siècles après sa mort, en 1985, ont été proclamées «héroïques» ses vertus, et Eustochia a été canonisée en 1988.

Francesco (Angelo) Paoli

1642-1720

 

Né le 1er septembre 1642 à Argigliano di Casola (Massa Carrara, Italie), Francesco était le frère aîné de trois autres frères et de trois sœurs.

Dans l’enfance et l’adolescence, ce qui l’attirait particulièrement, c’étaient les offices, la liturgie, qui stimulaient sa piété et son amour des pauvres.

Il reçut une bonne petite formation grâce à son oncle maternel, prêtre à Minacciano, et avant d’avoir accompli les dix-huit ans, put recevoir la tonsure et les ordres mineurs.

En 1660, avec son frère Tommaso, il demanda à être admis chez les Carmes de Cerignano.

Le noviciat devait se faire à Sienne, où le papa les conduisit. Francesco y prit le nom de Angelo (Ange) et y fit les vœux solennels l’année suivante.

Il fit cinq années de philosophie à Pise, où l’on remarqua si bien son esprit charitable, que plusieurs notables de la ville lui remirent des aumônes pour les pauvres.

Après sept années d’études théologiques, il fut ordonné prêtre en 1667, à Florence, où il restera pendant sept autres années. 

Ce qu’on n’a pas dit jusqu’ici, est que Francesco avait appris à jouer de l’orgue, et c’est en qualité d’organiste et de sacristain qu’il resta à Florence jusqu’en 1674, année où il revint chez les siens pour motifs de santé.

Or, le 15 août de 1674, il fit un premier «miracle», en distribuant le pain aux pauvres : la réserve de pain ne diminuait pas ! Le pauvre frère Ange, tout gêné, s’enfuit dans les montagnes de la Garfagnana et se joignit aux bergers dans une vie tout érémitique ; pour célébrer la messe, il montait chaque matin au sanctuaire de San Pellegrino.

Il revint à Pistoia, où au lieu de se soigner, il s’occupa des pauvres, puis à Florence, suffisamment remis pour qu’on lui confiât alors la charge de maître des novices.

En 1676-1677, il fut curé à Corniola di Empoli, siège d’un carmel, mais il profitait de ses moments libres pour aller visiter les malades à l’hôpital de Pistoia.

En 1677-1680, il fut de nouveau à Sienne, où il organisa dans le jardin du couvent une grande table pour les pauvres, qui venaient même de la campagne alentour, car c’étaient des années de disette.

On l’envoya à Montecatini pour enseigner la grammaire aux novices ; mais notre Ange ne pouvait pas s’empêcher de voler au secours des pauvres gens.

En 1682, on l’envoya à Cerignano ; il y allait de nuit, comme toujours, pour éviter les remerciements habituels lors des départs. Là encore, pendant cinq ans, organiste et sacristain, il donna son temps libre aux personnes en difficulté. Pour trouver un peu de calme, il se retirait dans une grotte voisine.

En 1687, le Supérieur général l’appela à Rome : il y alla avec toutes ses affaires, c’est-à-dire sa cappe blanche, son bréviaire, et un peu de pain dans un sac, de nuit.

En voyage, il fit deux arrêts : à Argigliano pour saluer son vieux papa et ses frères et sœurs, à Sienne pour saluer son frère Tommaso.

Il arriva enfin à Rome en mars 1687, où le couvent Saints-Sylvestre-et-Martin l’accueillit avec joie, car sa réputation l’avait précédé. L’été suivant, il monta pieusement la Scala Santa (c’est, d’après la Tradition, l’escalier du prétoire qu’on fit monter à Jésus-Christ pour être interrogé par Ponce Pilate. En plusieurs endroits on y observe des taches foncées qui seraient les marques de Son sang. Les fidèles montent cet escalier à genoux en priant, chacun selon son rythme et sa dévotion)puis il alla visiter les malades dans le voisin hôpital du Latran ; il observa la misère spirituelle de ces pauvres malades…

Son supérieur l’autorisa à s’occuper des malades à ses heures libres, à condition de ne pas manquer à ses obligations de maître des novices, pour lesquels on l’avait fait venir à Rome.

Désormais, pendant plus de trente ans, le père Angelo élargira son apostolat à toutes les misères qu’il trouvera à Rome, si bien qu’il sera partout appelé «le père des pauvres».

Ainsi, il faisait donner à manger jusqu’à trois cents pauvres chaque jour ; il ouvrit une maison de convalescence pour les malades qui sortaient de l’hôpital ; il visita les prisonniers, ainsi que leurs familles ; il eut en charge l’assistance spirituelle du Conservatoire de la très Sainte Vierge, qui recevait des adolescentes ; il fut appelé hors de Rome pour résoudre des conflits ; les chartreux de Trisulti lui confiaient l’examen des jeunes incertains sur leur vocation…

Il fut en rapport avec d’éminentes personnalités, entre autres Giuseppe Maria Tomasi, qui allait recevoir le cardinalat juste avant de mourir (v. 1er janvier). Lui-même refusa par deux fois le cardinalat.

Il intervint aussi directement auprès du pape pour obtenir les fonds nécessaires à quelques travaux au Colisée. Ce saint lieu en effet, un peu délaissé et en ruines, était le rendez-vous d’affaires douteuses. Il y fit mettre des portes, et élever trois croix, qui y sont encore, devant lesquelles on célèbre le Chemin de Croix.

Sa dévotion à la Croix était profonde. En d’autres endroits il avait aussi fait ériger ces trois croix : près de chez lui à Lusignano, et au Mont Testaccio.

L’orgue fut son dernier compagnon : tandis qu’il jouait, au matin du 14 janvier 1720, la fièvre le prit et l’obligea à rester dans sa cellule. Il s’éteignit au matin du 20 janvier.

De très nombreux miracles eurent lieu pendant sa vie et après sa mort.

Le Père des pauvres et Apôtre de Rome fut béatifié en 1999.

 

Une phrase célèbre d’Angelo Paoli : 

Qui cherche Dieu, doit aller le trouver au milieu des pauvres.

 

 

Basile Moreau

1799-1873

 

Basile Moreau naquit en 1799 à Laigné-en-Belin, neuvième des quatorze enfants de parents cultivateurs. Après le collège, il entra au séminaire du Mans et fut ordonné prêtre en 1821, à l'âge de 22 ans. A Paris, il étudia la théologie chez les Sulpiciens puis, durant treize années, il enseignera au séminaire, successivement, la philosophie, le dogme et l'Écriture sainte.

En 1835, il organisa un groupe de prêtres auxiliaires pour prêcher des missions et, à la demande de son évêque, assura la direction de la communauté des Frères de Saint-Joseph. Pour les services intérieurs, de la communauté et du pensionnat, il engagea quelques femmes, les premières Sœurs. Il proposa à tous et à toutes les vœux de religion, qu'il prononcera lui même le 15 août 1840. L'association Sainte-Croix, du nom de la commune où elle est implantée, était née.

La petite congrégation connut une croissance rapide. En plus de l'esprit d'union et de collaboration mutuelle, Basile Moreau voulut donner aux prêtres, frères et sœurs de Sainte-Croix, une ferme confiance en la divine Providence. 

Mais en 1855 commença une douloureuse période pour le fondateur. Dissensions à l'intérieur de la congrégation, graves déboires financiers, accusations de mauvaise administration, l'amenèrent à offrir sa démission de supérieur général et il se retira, avec deux de ses Sœurs, dans une petite maison à côté de l'Institution de Sainte-Croix. 

Sans amertume ni haine, et pardonnant à tous, il passa ses dernières années à donner des prédications dans les paroisses du Mans et des environs. 

Il tomba malade en janvier 1873 et mourut vingt jours plus tard. 

Son zèle apostolique a pris les dimensions du monde : la congrégation de Sainte Croix, présente sur quatre continents, regroupe près de 4000 religieux. 

Basile Moreau a été béatifié au Mans le 15 septembre 2007. Il est inscrit au Martyrologe le 20 janvier.

 

 

Adelaide Brando

1856-1906

 

Adelaide était une napolitaine, née le 1er mai 1856. Sa mère, Concetta Marrazzo, mourut peu après sa naissance. Son père, Giovanni Giuseppe Brando, était de condition aisée. Il y avait aussi une autre fille.

Dans ce foyer chrétien, les filles reçurent une éducation à domicile. Très vite, Adelaide sentit en elle l’appel à la vie religieuse, et fit à douze ans le vœu de chasteté. Elle n’avait qu’un désir, et un seul : être sainte. Elle se confessait souvent et recevait l’Eucharistie chaque jour, son «pain quotidien».

Mais depuis toute petite elle souffrait d’une bronchite chronique qui l’obligeait à dormir assise. Sa santé lui ferma la porte des Clarisses et des Sacramentines. 

Elle sentit alors l’inspiration de fonder une nouvelle famille religieuse, les Sœurs Victimes Expiatrices de Jésus au Saint-Sacrement, qui se dévoueraient à l’adoration perpétuelle de l’Eucharistie, en même temps qu’à la formation et à l’instruction des jeunes filles. Elle fut soutenue par deux saintes personnalités : le Vénérable Michelangelo de Marigliano et le Bienheureux Ludovico de Casoria (cf. 30 mars).

Après avoir fait la première profession en 1897, elle obtint l’approbation papale en 1903 et fit sa profession perpétuelle cette même année, le 2 novembre.

Malgré sa santé et ses problèmes financiers, elle vit sa famille grandir rapidement. 

C’est à Casoria qu’elle s’établit. Sa sœur la suivit dans cette fondation. Elle-même porta le nom de Maria Cristina de l’Immaculée Conception, qu’elle avait déjà reçu lors de sa tentative chez les Sœurs Sacramentines. 

Pendant les trois années qui lui restèrent à vivre, elle fut la Supérieure de la congrégation, remarquable pour sa constante prière d’adoration, sa dévotion à la naissance et à la passion du Christ, et à l’Eucharistie.

Comme cellule, elle se fit aménager une petite «grotte» contre l’église, comme dans la grotte de la Nativité, pour être tout près du tabernacle, toujours assise sur sa chaise, éveillée ou endormie.

Son esprit d’expiation passa dans la Congrégation. Elle voulait expier les offenses reçues par le Sacré-Cœur dans le Sacrement eucharistique de l’Amour, les irrévérences, les indifférences, les communions sacrilèges, les messes mal célébrées et suivies avec distraction. Toutes les maisons qui allaient s’ouvrir devaient l’être dans cet esprit réparateur : écoles pour les filles, orphelinats…

Elle mourut le 20 janvier 1906, à peine cinquantenaire, et fut béatifiée en 2003.

Elle devait être canonisée en 2015.

 

 

Michael Iwene Tansi

1903-1964

 

Né en 1903 à Onitsha (Nigeria) dans une famille animiste, le jeune Iwene rencontra des missionnaires : il reçut à neuf ans le baptême, et le prénom de Michael.

Heureux, il se fit apôtre de ses camarades pour leur communiquer sa foi et reçut la mission de catéchiste.

Entré au séminaire, il fut ordonné prêtre en 1937.

Nommé curé dans son propre pays d’origine, à Onitsha, il ne s’épargna aucune fatigue pour gagner les âmes à Dieu, en orientant les jeunes, en défendant la dignité des femmes et en les préparant convenablement au mariage ; il lisait et commentait les textes de la Bible, invitant les gens à aimer, à pardonner, même entre ethnies différentes, et à s’approcher des Sacrements. Il fut très apprécié.

Il sentit cependant un appel à une vie plus retirée. D’abord il reçut de l’évêque la permission d’implanter le monachisme au Nigéria. Et pour être à même de mieux réussir dans cette mission, il se rendit en 1950 dans un monastère cistercien anglais, à Leicester, où il prit le nom de Cyprian.

Il émit les premiers vœux en 1953, mais sa santé ne lui permit pas de retourner au Nigéria. 

Le monastère envoya tout de même des moines pour une fondation au Nigéria, mais à cause des troubles politiques, ces derniers se replièrent vers le Cameroun.

Le père Cyprian Michael Tansi mourut d’une rupture d’anévrisme, en Angleterre, le 20 janvier 1964.

Un des prêtres concélébrants présents à ses funérailles, avait été baptisé à onze ans par le père Tansi : il devait devenir le cardinal Arinze.

La dépouille du père Tansi fut reportée au Nigéria en 1986, année où commença l’enquête en vue de la béatification, car de nombreuses grâces avaient été signalées, dues à l’intercession du saint prêtre.

Cyprian Michael Tansi a été béatifié en 1998.

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19 janvier 2021 2 19 /01 /janvier /2021 00:00

19 JANVIER

 

II.

S Germanikos, martyr à Smyrne.

S Pontianus, martyr à Spolète.

III.

Ss Maris, Marthe, Audifax et Abachum, famille persane venue à Rome, martyrs.

IV.

Ss Paul, Géronce, Janvier, Saturnin, Successus, Jules, Cat, Pia et Germaine, martyrs en Afrique.

S Makarios l’Ancien ou le Grand, solitaire et prêtre dans le désert de Scété ; il fut calomnié de fornication dans son village.

S Makarios, abbé des anachorètes près de Alexandrie, thaumaturge ; patron des pâtissiers, parce qu’il avait été auparavant marchand de dragées.

?

S Appien, évêque en Corse et martyr.

V.

S Bassianus, sicilien, premier évêque à Lodi ; depuis, cette ville a toujours été épargnée de la lèpre.

S Giovanni, évêque à Ravenne, impuissant à pacifier les ennemis Théodoric et Odoacre.

VI.

Stes Liberata et Faustina, vierges près de Côme ; elles décidèrent de se consacrer en voyant la tristesse désespérée d’une veuve pour son mari défunt.

S Lhômer, abbé à Corbion, mort plus que centenaire. 

S Contest, évêque à Bayeux, qu’il quitta un moment pour attendre que ses diocésains se corrigeassent.

VIII.

S Remigius, fils naturel de Charles-Martel, évêque à Rouen ; il fit venir de Rome des moines pour la bonne exécution du chant.

S Blaithmac, abbé irlandais, martyrisé par les danois sur l’île de Iona.

X.

S Arsenios, évêque à Corfou.

XIII.

Bse Béatrice de Lens, cistercienne à Spinlieu.

XX.

B Marcelo Spínola y Maestre (1835-1906), évêque à Coria, puis Málaga, enfin Séville, fondateur des Servantes du Divin-Cœur, pour l’éducation de la jeunesse, béatifié en 1987.

B Jeroni Fábregas Camí (1910-1939), prêtre espagnol martyr près de Barcelone, béatifié en 2013.

Germanikos de Smyrne

† 155

 

Germanikos était un jeune et fidèle disciple de s.Polycarpe (v. 23 février), l’illustre évêque de Smyrne (Asie Mineure, auj. Izmir, Turquie W).

Des témoins oculaires écrivirent ceci : 

Livré aux bêtes, il remarqua que le proconsul manifestait quelque compassion pour lui et voulait l’inviter à songer au moins à son jeune âge, pendant qu’il dédaignait les autres avantages ; il n’eut que du mépris pour cette compassion d’un ennemi qui simulait le désir de l’épargner. Il provoqua lui-même la bête qui devait le dévorer, l’invitant à se jeter sur lui pour le faire sortir plus promptement de ce monde impie.

Germanikos mourut ainsi environ un mois avant Polycarpe, vers 155.

Saint Germanikos de Smyrne est commémoré le 19 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pontianus de Spolète

† 160

 

Sous l’empereur Antonin († 161), Pontianus faisait preuve d’un grand zèle pour propager la doctrine évangélique à Spolète.

Le juge Fabien le fit arrêter et traduire devant son tribunal. A la simple déclaration qu’il avait devant lui un chrétien, ce juge entra en fureur, ordonna d’enlever à Pontianus ses vêtements et de le frapper de verges jusqu’au sang.

Comme Pontianus demeurait ferme dans sa foi, on lui ordonna de marcher sur des charbons ardents, ce qu’il fit sans exprimer la moindre douleur ; il traversa aussi d’autres tourments qu’on lui imposa, montrant à chaque fois une foi encore plus grande d’appartenir au Christ.

Fabien le fit jeter dans une prison obscure, où des anges seraient venus le réconforter. On se rend compte que Pontianus vécut réellement la douloureuse agonie du Seigneur, qui fut réconforté par un ange à Gethsémani.

Après quelques jours encore, et encore d’autres tortures, Pontianus fut décapité.

Ce martyre aurait eu lieu le 14 janvier 160, mais certains documents avancent la date du 19 janvier.

Saint Pontianus de Spolète est commémoré le 19 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maris, Marthe, Audifax et Abachum

† 270 env.

 

Maris (latinisé en Marius), était un notable persan qui, avec son épouse Marthe et leurs deux enfants Audifax et Abachum, avaient embrassé le christianisme, vendant leurs biens, secourant les pauvres.

Ils s’en vinrent en pélerinage à Rome, pour vénérer le tombeau des saints Apôtres. A cette époque, l’empereur Claude le Gothique persécutait les chrétiens. 

Toute la famille se mit alors au service des persécutés, visitant les prisonniers, ensevelissant dignement les martyrs (v.   25 mars, s.Quirin).

A leur tour, ils furent dénoncés, arrêtés, invités à sacrifier aux idoles, et finalement exécutés : Maris et ses enfants décapités, Marthe noyée dans un étang à treize milles de Rome.

Une pieuse dame romaine fit racheter les corps pour les ensevelir dans son propre tombeau. Plus tard, ces reliques furent transportées en différentes églises de Rome. La ville de Crémone en reçut aussi, qui sont dans une magnifique châsse.

La date de leur martyre s’est finalement stabilisée au 19 janvier, jour où le Martyrologe les commémore.

 

 

Makarios l’Ancien

300-390

 

Makarios signifie heureux ; il y a un bon nombre de Makarios dans le Martyrologe, et deux en ce 19 janvier, contemporains, mais bien différents (voir plus bas).

Le nôtre naquit vers 300 en Haute-Egypte.

Un seul fait peut donner une idée de sa nature délicate. Un jour que des camarades avaient volé des figues, il leur en échappa une à terre, et Makarios la mangea : toute sa vie il pleura sa faute.

Il eut l’inspiration de se retirer dans une petite cabane de son village, pour y prier et vivre du travail de ses mains.

Une fille répandit le bruit qu’elle avait conçu de lui et ameuta tout le village ; les parents de la fille vinrent s’emparer de Makarios et le traînèrent dans toutes les rues, l’insultant et le frappant ; on lui demanda de subvenir aux nécessités de la jeune maman et de l’enfant, ce qu’il accepta sans discuter. Mais on découvrit le mensonge, et toute la population admira la sainteté de Makarios.

Aussitôt, Makarios s’enfuit dans le désert de Scété, près de la Libye. On était en 330, et Makarios allait rester soixante années dans cette solitude.

Il eut des disciples, qu’il établit chacun dans de petits ermitages séparés, ne conservant qu’un seul disciple auprès de lui, Evagrius, chargé de recevoir des visiteurs et épargner à Makarios des conversations trop longues.

Il se peut que Makarios fût quelque temps auprès de s.Antoine (v. 17 janvier).

Vers 340, Makarios dut accepter de recevoir le sacerdoce, car les nombreux moines avaient besoin de recevoir l’Eucharistie.

Ces moines en effet se multiplièrent : on dut construire jusqu’à quatre églises et ordonner suffisamment de prêtres pour y officier.

Pour encourager son disciple à la mortification, Makarios lui rappela que, pendant vingt ans, il ne mangea et ne but que ce qui suffisait au strict besoin de son corps, et lui conseillait… de se mettre un peu à l’ombre. Si, rarement, il cédait à la gourmandise d’accepter des visiteurs un petit verre de vin, il en faisait pénitence en s’abstenant de boire pendant deux ou trois jours.

Beaucoup recouraient à ses instructions, mais Makarios parlait surtout par son silence, son humilité et, à l’occasion, par quelques mots très brefs.

Pour la prière, il n’est pas besoin de recourir à beaucoup de paroles. Répétez avec un cœur sincère : Mon Dieu, viens à mon secours.

Le diable lui dit un jour : Je peux te surpasser en fait de veilles, de jeûnes et d’autres privations, il n’y a que ton humilité qui me dépasse et me désarme.

A un jeune qui voulait entrer dans cette vie d’ascétisme, Makarios lui demanda… d’aller déterrer des morts et de leur adresser soit des louanges soit des insultes ; le jeune obéit et revint dire que ces morts ne lui avaient adressé aucune réponse. Makarios lui expliqua alors qu’il devait arriver à être aussi insensible au monde que l’avaient été ces morts.

L’hérésiarque Hiérax réussit à répandre ses erreurs parmi les moines. Il prétendait qu’il n’y avait pas de résurrection des morts. Makarios invita Hiérax à venir prier avec lui au cimetière : celui des deux qui obtiendrait une résurrection de mort, celui-là aurait la doctrine juste. Makarios ressuscita un mort, pas Hiérax.

Comme son homonyme Makarios d’Alexandrie, Makarios fut exilé par les ariens, mais peu de temps, sur une île. Il put en revenir assez rapidement.

Makarios mourut à l’âge de quatre-vingt dix ans, en 390.

Saint Makarios l’Ancien est commémoré le 19 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Makarios d’Alexandrie

293-393

 

Makarios signifie heureux ; il y a un bon nombre de Makarios dans le Martyrologe, et deux en ce 19 janvier, contemporains, mais bien différents (voir plus haut).

Le nôtre naquit en Alexandrie à la fin du troisième siècle.

Il commença par être confiseur.

Vers 335, il se retira au désert, où il fut disciple de s.Antoine (v. 17 janvier).

Il séjourna en plusieurs endroits. D’une part dans le désert de Nitrie, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest d’Alexandrie, d’autre part et surtout dans le désert de Basse-Egypte, plus proche de la même ville.

Il fut ordonné prêtre.

On sait que chaque anachorète y vivait dans sa propre cellule, occupé à prier et à confectionner des nattes. Le samedi et le dimanche voyaient les solitaires se réunir dans une église pour la louange dominicale.

Makarios reçut un jour un grand panier de raisins, qu’il fit tout de suite passer à son voisin malade ; mais ce dernier eut le même geste à l’égard d’un autre, et ainsi de suite ; finalement, Makarios reçut à nouveau son panier, intact, heureux de constater comment chacun s’était privé pour son Prochain.

Pendant trois années, sa nourriture quotidienne consista en l’équivalent d’une demi-baguette de pain, guère plus d’eau.

Pour lutter contre le sommeil, il s’imposa de demeurer hors de sa cellule jours et nuits, vingt jours de suite ; le soleil le brûlait le jour, la nuit était glaciale ; la prudence seulement le força à cesser ce régime excessif qui menaçait de lui détruire la raison.

Un jour qu’un gros moustique le piqua au pied, il eut le réflexe, comme chacun de nous, de l’attrapper et de l’écraser ; mais ce geste nerveux l’attrista et, pour expier sa faute, il alla s’exposer tout nu au bord du marais proche, où les bestioles vinrent littéralement le dévorer.

Vers 349, Makarios apprit que les moines de Tabenne (ou Tabennèse), sous la direction de s.Pacôme (v. 9 mai) suivaient une Règle extrêmement sévère. Il s’y rendit incognito. Pacôme le reçut plutôt durement, pour l’éprouver, le trouvant «trop vieux». Makarios dut rester une semaine à la porte, sans manger ; ayant enfin été reçu, il étonna tellement les moines par ses austérités, que ceux-ci vinrent «se plaindre» à Pacôme : ce moine n’était pas un homme, il était trop saint pour eux, ils allaient désespérer de persévérer, etc. Pacôme eut alors une révélation céleste et comprit de qui il s’agissait. Il avait déjà entendu parler de ce fameux Makarios : il le pria de rentrer chez lui, se recommandant à ses prières.

Makarios eut beaucoup de pouvoir sur les démons ; mais le Démon lui-même vint le tenter, par exemple lui suggérant d’aller à Rome pour s’occuper des malades. C’était bien une «pieuse intention», mais on sait que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Makarios s’étendit de tout son long dans sa cellule et proposa au Diable de le tirer dans cette position, car il n’avait nulle intention de quitter son désert ; et comme le Diable insistait, il se chargea d’un énorme sac de sable et s’efforçait de marcher avec ce fardeau, pour tourmenter celui qui le tourmentait.

Makarios eut aussi une influence bienfaisante sur les bêtes. Un jour qu’une hyène vint déposer à ses pieds son petit aveugle, Makarios le prit délicatement et lui rendit la vue. Le lendemain, la maman vint manifester sa reconnaissance en apportant à Makarios une toison de brebis, dont il usa jusqu’à la mort. Bien sûr, la hyène avait dû se nourrir, avant de disposer de cette toison…

Le témoin privilégié de tous ces faits, un certain Palladios, entendit un jour Makarios se traiter de goinfre aux cheveux blancs : il s’accusait en effet d’avoir cédé à la gourmandise, ayant touché à un peu d’huile et à un verre de vin.

Palladios sentit un jour la tentation du découragement ; Makarios au contraire le consola : Ne t’arrête jamais à cette tentation et dis simplement : Mon amour pour Jésus ne me permet pas de quitter ma cellule, je suis déterminé à y rester pour lui plaire et accomplir agréablement sa volonté.

Makarios se trouva un jour sur le bateau qui traversait le Nil. Des officiers à bord remarquaient la joie de Makarios, qui leur répondit très gentiment, alludant au sens de son nom : Si nous sommes si «heureux» en méprisant le monde, n’êtes-vous pas misérables de vivre comme ses esclaves ? Le chef du groupe fut touché de cette gentille remarque, vendit ses biens et se fit ermite.

Un autre diable affligea la retraite de Makarios Ce fut la lutte de l’arianisme. Le parti hérétique d’Alexandrie réussit à le faire bannir. On hésite à dire à quel moment eut lieu cet exil, et combien de temps il dura. Ce ne fut probablement pas sous le patriarche arien Lucius, qui ne fut présent en Alexandrie que quelques jours ; l’exil dura en réalité très peu de temps, car il y eut une véritable levée de boucliers contre l’intrus Lucius, qui dut rappeler Makarios.

Makarios mourut centenaire ou presque, vers 393.

Pour le distinguer des autres Makarios, on lui a donné le surnom de Citadin (originaire de la ville d’Alexandrie) ou aussi de Jeune, par rapport à l’Ancien, dont il a été question plus haut. Il paraît aussi que les pâtissiers l’ont choisi comme patron.

Saint Makarios d’Alexandrie est commémoré le 19 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bassianus de Lodi

319-409

 

Bassianus était le fils du gouverneur païen de Syracuse (Italie, Sicile SE), qui l’envoya à Rome pour des études adéquates en vue de devenir son successeur.

Le jeune garçon cependant rencontra des Chrétiens à Rome, s’intéressa à l’Evangile, et reçut le baptême des mains d’un prêtre nommé Gordianus.

Bassianus eut sans doute la joie d’annoncer l’événement à son père, mais ce dernier entra dans toutes les fureurs et fit rechercher son fils.

Divinement averti, Bassianus partit pour Ravenne, où il reçut le sacerdoce.

En 374, Bassianus avait cinquante-cinq ans : il fut choisi pour être le premier évêque de Lodi et fut, peut-être, consacré le 19 janvier de cette année-là.

Désormais, soit que son père cessât de le poursuivre, soit qu’il mourût, Bassianus n’eut plus rien à craindre de la part de sa famille.

Quand le nouvel évêque entra à Lodi, des lépreux furent guéris. De plus, une voix céleste fit savoir que, désormais, personne ne serait atteint de cette maladie dans Lodi.

Bassianus fit construire à Lodi la première basilique des Douze Apôtres, consacrée par s.Ambroise en 387.

Bassianus connut très bien s.Ambroise (v. 7 décembre) : avec lui il combattit l’arianisme qui se répandait aussi en Occident et assista aux conciles d’Aquilée en 381 et de Milan en 390.

Ce fut encore Bassianus qui assista Ambroise à sa mort.

D’après l’inscription de sa pierre tombale, ce saint évêque mourut le 8 février 409.

Dans le Martyrologe Romain, saint Bassianus de Lodi est commémoré le 19 janvier, jour anniversaire de son épiscopat.

Giovanni de Ravenne

† 494

 

Giovanni (Jean), fut évêque de Ravenne (Emilie-Romagne, Italie NE) entre 477 et 494, après Esuperanzio. D’autres évêques de Ravenne portèrent aussi par la suite le nom de Giovanni, mais le nôtre fut le premier à le porter, et non le deuxième, ceci étant dit seulement pour corriger une histoire ancienne, mise à jour depuis.

Giovanni eut beaucoup à souffrir, de ses propres infirmités d’abord, et de la difficulté des temps.

Il semble qu’il faille rejeter l’épisode où Giovanni serait allé en ornements pontificaux au-devant d’Attila pour le supplier d’épargner la ville de Ravenne, car Attila est mort en 453, un quart de siècle avant l’épiscopat de Giovanni. En revanche, l’événement se serait plutôt produit à Mantoue, avec le pape s. Léon I (v. 10 novembre).

En 482, il y eut un petit incident entre Giovanni et le pape Simplicius : Giovanni avait sacré évêque de Modène un prêtre, nommé Gregorio, contre le désir de celui-ci ; on ne connaît pas exactement les détails de cet épisode : était-ce humilité excessive de la part du prêtre (beaucoup de Saints ont refusé la consécration épiscopale), était-ce nécessité dans l’esprit de l’évêque, on ne sait. Il reste que le pape sembla assez sévère envers Giovanni.

Lors des terribles luttes qui opposèrent Odoacre à Théodoric (490-493), Odoacre vint se réfugier à Ravenne, que Théodoric assiégera pendant trois années. L’évêque Giovanni intervint de tout son prestige et de son cœur de père pour tenter de pacifier les ennemis, en vain : traîtreusement, Théodoric assassinera lui-même Odoacre, tous les membres de son armée et leur famille, lors d’un banquet à la «clôture» de ce siège. 

Sous le pontificat du pape Gélase enfin, Giovanni s’appliqua à faire appliquer strictement les décrets de ce pape.

Giovanni semble être mort âgé en 494, un 19 janvier, son dies natalis dans le Martyrologe Romain.

 

 

Liberata et Faustina de Côme

† 580

 

Ces deux demoiselles pieuses étaient les filles de Giovannato, un riche seigneur de Plaisance ; elles naquirent à Rocca d’Olgisio (Plaisance, Italie N).

Leur mère mourut assez tôt  et elles furent confiées à un précepteur nommé Marcello.

Lors d’une cérémonie de funérailles, elles furent frappées par la tristesse désespérée d’une veuve à la mort de son mari, au point qu’elles en conçurent une grande aversion pour la vie du monde et se consacrèrent à l’unique Epoux immortel, Jésus-Christ.

Giovannato n’était pas favorable à leurs vues, et désirait au contraire pour elles un mariage digne de leur rang. Aussi s’enfuirent-elles de la maison. 

Elles se construisirent des cabanes aux environs de Côme, puis un véritable monastère, dédié à Sainte Marguerite (v. 20 juillet), pour recevoir les vocations qui affluaient. Elles adoptèrent la règle bénédictine.

Une tradition rapporte que Liberata délivra un jour une pauvre femme du supplice de la croix que lui avait infligé son cruel époux ; il y a peut-être là une confusion avec une sainte Liberata, vierge martyrisée sur la croix (vénérée localement le 11 janvier).

Après avoir donné l’exemple d’une si pieuse vie et de rudes pénitences, les deux sœurs s’éteignirent toutes deux en 580, Faustine d’abord le 15 janvier, Liberata ensuite le 18 janvier.

Le Martyrologe commémore ensemble ces deux Saintes, le 19 janvier.

 

 

Lhômer de Corbion

490-593

 

Lhômer ou Laumer - en latin Laudamarus, Launomarus) était d’une famille de gens simple. Il naquit à Neuville-la-Mare (Eure-et-Loir).

Dans son enfance, il gardait les troupeaux de son père, mais trouva moyen d’apprendre de solides rudiments avec un bon prêtre de l’endroit, dont on sait aussi qu’il s’appelait Chérimir.

En même temps, le jeune homme s’exerçait à la pénitence, à la mortification ; il partageait ou donnait son pain ; il priait. Il fut admis au monastère de Saint-Mesmin.

Il devait avoir déjà une sorte d’auréole de sainteté, car on l’investit bientôt du sacerdoce. On le nomma économe du chapitre de la cathédrale de Chartres.

Mais Lhômer préférait la solitude et se retira dans la forête du Perche, où il se fit une petite cabane.

Il eut bientôt de la visite : des voleurs de passage, convaincus qu’il avait de l’argent avec lui, s’approchèrent pour le dépouiller ; mais il leur parla avec tant de douceur et de conviction, qu’ils répandirent partout le bruit de sa «sainteté». Des vocations se présentèrent et donnèrent naissance à un monastère appelé Bellomer.

En 575 cependant, Laumer préféra aller fonder un autre monastère à Corbion, qui s’appela plus tard Moutier-au-Perche. La règle pouvait être celle de saint Benoît (v. 11 juillet).

L’esprit de prière du Fondateur, et ses miracles, le rendirent célèbre malgré lui. L’évêque l’invita à venir à Chartres, avec la perspective d’échanges fructueux sur la vie divine. Mais Laumer fut alors pris de fièvre ; c’est l’évêque qui vint à lui, désolé de cette mort trop rapide ; Laumer consola l’évêque, lui prophétisa les malheurs qui allaient tomber sur Chartres, mais que lui, l’évêque, ne connaîtrait pas. Puis il s’éteignit en paix, plus que centenaire, le 19 janvier 593, son dies natalis dans le Martyrologe Romain.

Les reliques de saint Laumer, transférées finalement à Blois, furent brûlées presque entièrement en 1567.

 

 

Remigius de Rouen

727-771

 

Frère du roi Pépin le Bref, Remigius (Remi) est réputé fils naturel de Charles-Martel, né vers 727.

Il reçut de son frère l’usufruit de plusieurs propriétés de l’évêché de Langres, alors vacant. Entre autres, il perçut les rentes de l’abbaye de Bèze, dont il profita pour mener une vie assez déréglée, avec sa maîtresse Angla, déjà mariée. Ceci provoqua la fuite des moines de Bèze pour Luxeuil. 

Remigius avait presque trente ans, quand il songea à racheter cette jeunesse. Il se retira dans la pénitence et recevra bientôt les saints ordres. 

En 750, il fut chargé de rapporter du Mont-Cassin les reliques de saint Benoît. 

Il fut bientôt appelé à occuper le siège épiscopal de Rouen, en 755, dont le titulaire avait été déposé par Pépin le Bref. Désormais il fut une sainte brebis parmi les brebis du Maître, et un saint évêque parmi les prélats de Gaule.

En 760, il fut chargé d’une mission en Italie, concernant le roi des Lombards : il fallait négocier la restitution des biens enlevés au pape.

Avant de revenir à Rouen, il s’employa à faire venir de Rome des moines formés à la bonne exécution du chant. Dans un second temps, il enverra ses propres chantres à Rome, pour parfaire leur formation.

Dans son diocèse, il mit en œuvre la réforme déjà prônée à Metz par s.Chrodegang (v. 6 mars). L’installation de chanoines à Rouen peut remonter à cette période.

En 765, on le vit parmi les prélats présents au synode d’Attigny.

Il mourut probablement en 771, ou 772.

Son corps fut enterré dans la cathédrale de Rouen, un moment transféré à Soissons, puis rapporté à l’église Saint-Ouen de Rouen, jusqu’à la profanation de 1562.

Saint Remigius est commémoré le 19 janvier.

 

 

Arsenios de Corfou

† 10e siècle

 

Arsenios naquit en Bithynie (act. Turquie NO) ou peut-être même à Constantinople, d’un père juif et d’une mère chrétienne. 

Il adhéra pleinement à la foi chrétienne, devint moine, puis fut nommé évêque de Corfou (Kerkyra), au 9e siècle. Ce n’était certainement pas le premier évêque de l’île, puisqu’on signale des persécutions au 4e siècle et la présence de l’évêque de Corfou à différents conciles.

L’administration d’Arsenios fut empreinte de sagesse. Arsenios aimait aussi se retirer dans la solitude d’une grotte pour prier, parfois durant toute la nuit ; cette grotte porta le nom de Crypte de saint Arsenios.

Plusieurs fois, le pieux évêque dut aller défendre son troupeau à Constantinople.

Il serait mort au retour d’un de ces voyages, à une date imprécise, au début du 10e siècle.

Son dies natalis est mentionné au 19 janvier.

Marcelo Spínola y Maestre

1835-1906

 

Marcelo naquit le 14 janvier 1835 sur la petite île de San Fernando (Cádiz, Espagne). Ses parents étaient les marquis de Spínola. On ne connaît presque rien sur son enfance, sinon qu’il déménageait avec son père, au gré des nominations de ce dernier, commandant de la Marine : Motril, Valencia, Huelva, Sanlúcar de Barrameda, Séville.

Licencié en droit à l’université de Séville en 1856 (à vingt-et-un ans), déjà préoccupé par la situation des pauvres, il ouvrit à Huelva un cabinet d’avocat, gratuit pour les pauvres.

Il entra au séminaire et fut ordonné prêtre en 1864 à Séville. Il célébrera sa première Messe  le 3 juin, fête du Sacré-Cœur. On verra par la suite qu’il mettra toute son activité au service du Sacré-Cœur. Il fut d’abord chapelain à la paroisse de la Merci à Sanlúcar puis à Saint-Laurent de 1871 à 1879, année où il fut fait chanoine de la cathédrale de Séville. 

En 1881, il fut nommé évêque auxiliaire de Séville ; en 1884, évêque de Coria (Cáceres), puis à Málaga en 1886, enfin archevêque de Séville en 1896. Un mois avant sa mort, il recevra la dignité de cardinal. Il était très âgé et malade, et c’est le roi qui lui remit la barrette cardinalice.

Il choisit comme devise épiscopale : Je peux tout en Lui (Ph 4:13).

On l’appela le «saint évêque», et, à Séville, «l’archevêque mendiant», tant il s’occupait des pauvres. Il se dépensa sans compter en faveur des pauvres, des humbles, des délaissés. Il restait longtemps au confessionnal pour redonner la paix aux pécheurs. Entre autres, il sera le premier évêque espagnol à visiter la zone de Las Hurdes (diocèse de Coria), la zone la plus délaissée et pauvre d’Espagne.

Durant son épiscopat à Coria, il fonda les Esclavas del Divino Corazón (Esclaves du Cœur Divin), avec Celia Méndez y Delgado, marquise de la Puebla de Obando, dans le but d’éduquer et d’enseigner les jeunes ouvrières et les jeunes ouvriers, auxquels il ouvrit sa propre maison. Il fonda aussi le périodique El Correo de Andalucía (Le Courrier d’Andalousie).

Marcelo Spínola y Maestre a été béatifié en 1987. Le Martyrologe le mentionne le 19 janvier.

 

 

Jeroni Fábregas Camí

1910-1939

 

On est (tristement) habitué à entendre parler des martyrs espagnols de 1936, mais il ne faut pas oublier que les assassinats sauvages des prêtres et des religieux, de la part des ennemis de l’Eglise, perdurèrent jusqu’en 1939. Ce fut le cas pour ce jeune prêtre.

Jeroni (Jérôme) naquit le 5 décembre 1910 à L’Espluga Calba (Garrigues, Lleida, Espagne), de Joan et Carme. On sait qu’il fut confirmé en 1918.

Petit, il allait chaque jour servir la messe, jusqu’à son entrée au séminaire de Tarragona. Peut-être y eut-il un «trop-plein» dans le cœur et les activités du garçon, toujours est-il qu’il traversa une crise et, une année, refusa de rentrer au séminaire après les vacances d’été.

Sa brave mère ne lui fit aucun reproche ; elle alla seulement prier dans un sanctuaire proche pour la vocation de son fils. Au retour, elle lui demanda : Jeroni, est-ce que tu vas au séminaire ? et le garçon répondit sans hésiter Oui, maman. Dès lors, il ne fut plus question de doute.

Il avait une grande dévotion au saint Curé d’Ars, Jean-Marie Vianney (v. 4 août) et se prépara intensément à son ordination sacerdotale ; durant l’été 1933, il passa tout un mois à fréquenter le Musée Biblique du séminaire, puis suivit à Santander tout un congrès national d’Action Catholique.

En février 1934, il fut ordonné prêtre, peu de jours après le décès de sa mère, de sorte que sa première Messe fut de Requiem, pour l’âme de celle qui avait prié pour sa vocation.

Il fut nommé vicaire à Vilabella, où il montra à la fois un grand zèle pour l’apostolat et une exigence de sainte vie personnelle.

En 1936, devant les événements douloureux qui déchiraient l’Espagne, il multiplia ses mortifications, ses efforts, ses prières.

En juillet, il continua son ministère jusqu’au 22, jour où il célébra les funérailles d’une Religieuse dominicaine. Il eut juste le temps ensuite de retirer le Saint Sacrement de l’église, avant l’arrivée d’un groupe de révolutionnaires. Puis il se réfugia chez un ami. Quand quelque danger s’annonçait, il disparaissait derrière la maison ; il put encore célébrer la Messe, parfois avec l’assistance de quelques personnes sûres.

C’est dans ces circonstances qu’il sculpta une croix qui, depuis, est tenue en grande vénération par les paroissiens.

Il rejoignit Barcelone, chez ses frères, et développa un grand apostolat.

Au moment de son service militaire, il déclara sans ambage son état sacerdotal, et il fut envoyé au front, à l’Ebre, dans la 14e brigade de la 45e division internationale. Le matin très tôt, il célébrait, puis il allait se présenter à l’appel. Il profita de ces occasions pour aider les soldats à se rapprocher des Sacrements, surtout avant de partir au combat. 

A Noël 1938, il célébra la messe de minuit, puis aussi le 31 décembre au soir, avec une certaine solennité. Etait présent un soldat qui relata l’événement à sa famille, confiant la lettre à un chauffeur de camion qui revenait sur Barcelone. Mais la lettre tomba aux mains du commandant, le 5 janvier, de sorte que tous les intéressés furent arrêtés et enfermés au château de Vilafortuny, déjà rempli de détenus.

Le 13 janvier, don Jeroni fut conduit à Santa Coloma de Queralt. Il était surveillé très étroitement. Le 19, des témoins le virent marcher, presque pieds nus, entre deux gardiens. Il avait le visage très calme et serein. A onze heures du matin, il fut fusillé, pour le seul motif qu’il était prêtre, au lieu-dit Pla de Manlieu (Aiguamúrcia, Alt Camp). 

On lui tira dans le dos. Il avait vingt-huit ans.

Don Jeroni a été béatifié en 2013.

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18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 00:00

18 JANVIER

 

III.

Ste Prisca, vierge martyre à Rome ; elle aurait même été baptisée à douze ans par s. Pierre (I.?).

Ss Successus, Paulus et Lucius, évêques à et près de Carthage.

Ss Mosée et Ammone, soldats martyrs dans le Pont.

Stes Archélaa, Thècle et Susanne, martyres à Salerne.

IV.

Ss Koskonios, Zenon et Melanippos, martyrs à Nicée en Bithynie.

V.

S Vénérand, évêque à Clermont.

S Volusien, évêque à Tours, exilé par les Goths, martyrisé près de Foix.

S Sulpice, évêque à Tongres et Maastricht.

VII.

S Déicole, irlandais, disciple de s.Colomban à Luxeuil, abbé à Lure.                                                       

XI.

S Ulfrid (Wolfred), anglais missionnaire en Suède, martyr.

XIII.

Bse Beatrice d’Este, nièce de l’autre Beatrice d’Este (cf. 10 mai), fondatrice d’une abbaye bénédictine à Ferrare.

Ste Margit, fille du roi Béla IV, dominicaine près de Buda, thaumaturge, morte à vingt-huit ans, béatifiée six ans après sa mort, canonisée en 1943.

B Facio, orfèvre à Vérone, si habile que ses confrères en étaient jaloux ;  plus tard il fonda un ordre du Saint-Esprit pour les œuvres de miséricorde ; thaumaturge, il fut nommé visiteur diocésain des monastères du diocèse de Crémone.

XV.

B Andrea Grego de Peschiera, dominicain, prédicateur en Valteline.

XVI.

Bse Mattia (Cristina) Ciccarelli, augustine à L’Aquila, mystique.

XVII.

Bse Regina Protmann, polonaise, fondatrice des Sœurs de Sainte-Catherine-d’Alexandrie, pour les bisogneux, béatifiée en 1999.

XVIII.

Bses Félicité Pricet, Monique Pichery, Charlotte Lucas et Victoire Gusteau, martyres à Avrillé, béatifiées en 1984.

XX.

B Jirays Ḫanā S̱āleẖ (Thomas, 1879-1917), prêtre libanais capucin, martyr, béatifié en 2021.

S Manuel Barbal Cosán (Jaume Hilari, 1898-1937), des Frères des Ecoles Chrétiennes, martyr près de Tarragona, béatifié en 1990, canonisé en 1999 (le Martyrologe Romain le place au 28 juillet) ; il avait été frappé de surdité progressive.

Bse Maria Giovanna Fasce (M.Teresa, 1881-1947), abbesse augustine à Cascia (où elle cacha des résistants), béatifiée en 1997.

B Juan Barrera Méndez (1967-1980), jeune garçon du Guatemala, martyr, béatifié en 2021.

 

Prisca

1er ou 3e siècle (?)

 

Il est question d’une sainte Prisca (ou Priscilla) et de son mari Aquila au 8 juillet. Ces pieux et fidèles amis de saint Paul durant ses voyages apostoliques sont nommés plusieurs fois : Ac 18:2 ; Rm 16:3 ; 1Co 16:19 ; 2Tm 4:19.

Mais c’est d’une autre sainte Prisca dont il s’agit ici. Toutefois les historiens ne sont pas arrivés à la localiser précisément dans le temps.

Pour certains, cette jeune Prisca fut baptisée par saint Pierre lui-même, à l’âge de treize ans, et fut martyrisée sous Claude Tibère (donc entre 45 et 54).

Pour d’autres, elle aurait été martyrisée sous un autre Claude, le Gothique, au 3e siècle, après quelques péripéties assez semblables à celles du martyre de sainte Martine ou sainte Tatiana : une statue d’idole qui se brise, des lions qui l’épargnent, puis la décapitation.

On serait heureux qu’elle voulût bien elle-même nous révéler la vérité !

Le culte de sainte Prisca est attesté depuis fort longtemps. Elle fut ensevelie sur la Via Salaria, et une basilique lui est dédiée sur l’Aventin dès le 4e siècle.

Le Martyrologe fait mention de cette basilique dans la commémoraison de sainte Prisca, le 18 janvier.

 

 

Evêques martyrs à Carthage

Successus, Paulus et Lucius

† 259

 

Ces trois évêques participèrent à l’un des conciles de Carthage, où furent prises des mesures à l’encontre des lapsi.

Ils étaient évêques dans la région de Carthage, en province d’Afrique : 

On sait qu’un évêque Successus était évêque d’Abbir Germanicia et qu’en 258 s.Cyprianus (v. 14 septembre) lui envoya une lettre, exhortant toute cette communauté à se préparer à affronter le martyre.

On connaît aussi un évêque Paulus de Cirta, du début du quatrième siècle, qui n’est certainement pas le nôtre. Celui d’aujourd’hui était très certainement évêque à Obba.

Lucius était le nom porté par plusieurs évêques qui furent arrêtés à cette époque.

Les trois évêques (et beaucoup d’autres membres du clergé) souffrirent ensuite le martyre durant la persécution de Dèce (259). 

Saints Successus, Paulus et Lucius d’Afrique sont commémorés le 18 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs à Nicée

Koskonios, Zenon et Melanippos

† 3e-4e siècles

 

Ces trois martyrs appartiennent à un grand nombre - une centaine - de victimes de la persécution des premiers siècles.

On ne connaît presque aucun détail sur eux, sinon leurs noms, parmi une longue liste de Compagnons.

Koskonios est seulement nommé.

Melanippos fut brûlé vif, Zenon jeté dans une chaudière brûlante.

Leur martyre eut lieu à Nicée de Bithynie (Asie Mineure).

Saints Koskonios, Zenon et Melanippos de Nicée sont commémorés le 18 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Deicola de Lure

530-625

 

Si l’on a intitulé cet article avec Deicola, c’est que ce nom latin peut concentrer les différentes acceptions qu’on trouve en irlandais et en français : Dichul, Deicuil, Dicuil, Diey, Deel, Delle, Deille, Desle.

Né vers 530 à Leinster (Irlande), il aurait été le frère aîné de s. Gall (v. 16 octobre) ; il étudia à l’abbaye de Bangor et       se mit de bonne heure sous la conduite de s. Colomban (v. 23 novembre).

On rapporte de ces premières années de vie érémitique, que Colomban demanda un jour à Deicola la raison pour laquelle il avait toujours un visage rayonnant de joie ; Deicola lui expliqua : C’est parce que personne ne peut me ravir mon Dieu !

En 585 (ou plus tôt, vers 567), Colomban et douze compagnons, parmi lesquels Gall et Deicola, quittèrent l’Angleterre et vinrent en France, fonder l’abbaye de Luxeuil (Haute-Saône). Ils y restèrent vingt-cinq ans, jusqu’à ce que les «intempéries politiques» les obligèrent, en 610, à quitter les lieux. Tandis que Colomban partait à Bobbio, Deicola restait en Franche-Comté.

Certaines chroniques avancent ici qu’au moment de partir, Deicola, âgé et fatigué, prétendit rester sur place et implora la bénédiction de Colomban ; ce dernier se serait même «fâché» de la défection de Déicole et l’aurait suspendu (la suspense est l’interdiction de célébrer la Messe) jusqu’à sa mort. Deicole n’aurait donc plus célébré la Messe jusqu’en 615, année de la mort de s. Colomban. Il serait peut-être opportun, comme font certains historiens, de laisser de côté cette anecdote.

Quoi qu’il en soit, Deicola, qui avait promis à Colomban, de ne jamais retourner à Luxeuil, trouva une chapelle et un terrain que lui céda une pieuse veuve, là où se trouve la ville actuelle de Lure. L’humble ermitage devint bientôt un grand monastère. Le roi Clotaire II, apprenant qu’on y vivait selon la règle de s. Colomban, lui fit de grands dons. Deicola cependant obtint l’exemption totale du monastère, en le mettant directement sous le protection du pape.

On raconte qu’un jour, un sanglier chassé par Clotaire, vint se réfugier dans la cabane de Deicola ; il le protégea et obtint du roi qu’il aurait la vie sauve.

Proche de ses derniers jours, Deicola fit élire abbé son disciple Colombin. Il en reçut les derniers Sacrements et s’endormit dans le Seigneur, un 18 janvier, vers 625.

Si les dates sont vérifiées, Deicola aurait donc eu quatre-vingt quinze ans à sa mort. Colomban était mort, lui, en 615, âgé de soixante-douze ans.

 

Beatrice d’Este la Jeune

1226-1262

 

Il y a eu plusieurs Beatrice d’Este, dont deux Bienheureuses. La plus ancienne est commémorée le 10 mai.

Celle d’aujourd’hui était la fille d’Azzo VII d’Este et de Giovanna de Pouilles, et naquit vers 1226 au château de Calaone.

On l’appelle ici la Jeune, pour la distinguer de sa tante du même nom, qu’on considère comme l’Ancienne.

Fiancée à Galeas Manfredi, qui mourut au combat peu avant la célébration du mariage, Beatrice se retira dans un monastère de Bénédictines (ou le fonda, on manque de précisions) et y mourut en odeur de sainteté, le 18 janvier 1262.

Elle fut béatifiée en 1774.

Il ne faut donc pas confondre cette Beatrice avec celle du même nom, sa tante (v. 10 mai) ni avec une autre homonyme du 15e siècle.

Notre Martyrologe la mentionne au 18 janvier.

 

 

Margit de Hongrie

1242-1270

 

Note. Il y a trois «Marguerite de Hongrie» :

1. La sainte reine du 11e siècle (cf. 16 novembre), plutôt appelée «Marguerite d’Ecosse».

2. Une princesse (1175-1223), successivement épouse de l’empereur Isaac II, du roi de Thessalonique Boniface, enfin d’un baron croisé Nicolas.

3. La sainte religieuse dominicaine, dont on va parler.

 

Née le 27 janvier 1242 à Buda (Hongrie) de Bela IV, roi de Hongrie, et de Maria Lascaris, une princesse byzantine, Margit fut consacrée à Dieu dès sa naissance, et placée à trois ans dans le monastère dominicain de Veszprem, d’où elle rejoignit à douze ans celui de l’île de Lièvres, fait construire par son père sur le Danube. L’île s’appelle d’ailleurs aujourd’hui Ile Marguerite (Margitsziget).

En consacrant à Dieu leur unique fille, ces pieux parents voulaient accomplir le vœu qu’ils avaient fait pour obtenir la paix dans leur pays, menacé par les terribles invasions mongoles.

Elle eut un saint conseiller qui lui proposa trois règles, qu’il assurait avoir lues lui-même dans un songe : 

  • aimer Dieu par-dessus toutes choses et son prochain pour Dieu ;
  • se mépriser soi-même ;
  • ne mépriser et ne juger personne.

Margit grandissait dans la piété, dans la pénitence et les mortifications, participant aux plus humbles tâches du monastère, malgré son rang princier. Flagellations, cilice, discipline : elle cherchait par tous les moyens à s’associer à la Passion du Christ.

Entendant parler des invasions des barbares, elle soupira : Que je serais heureuse d’être mise en pièces et brûlée pour l’amour de mon Sauveur !

Elles reçut des grâces extraordinaires : miracles, prophéties. 

Dans un louable désir de paix, ses parents pensèrent cependant à la marier, mais elle refusa.

Quand son frère Etienne accéda au pouvoir, il lui fit porter de riches présents, qu’elle distribua largement aux pauvres.

En 1270, elle annonça qu’elle mourrait l’année suivante, et précisa, le 9 janvier 1271, qu’elle mourrait dix jours plus tard, le jour de la sainte Prisque.

Le 15 janvier 1271, elle fut prise de fièvres et reçut les derniers sacrements. Le 18 janvier, elle récita par-cœur le psaume 30, In te Domine speravi, qu’elle interrompit au verset In manus tuas commendo spiritum meum, pour remettre son âme à Dieu.

Margit mourut ainsi le 18 janvier 1270 ou plutôt 1271.

On l’honora d’un culte ininterrompu, jusqu’à sa canonisation officielle, équipollente, en 1943.

 

 

Facio de Vérone (Crémone)

1200-1272

 

Facio (ou Fazio, peut-être diminutif de Bonifazio) naquit en 1200 à Vérone, de parents pieux, qui le placèrent très jeune chez un maître orfèvre pour en apprendre le métier.

Ce qu’on commence tôt porte des fruits appréciables, et Facio devint effectivement le plus habile orfèvre de la ville, à vingt-six ans.

Son habileté cependant suscita de telles jalousies que, pendant quelque trente années, on lui fit subir mille difficultés ; finalement, avide de paix, Facio se retira à Crémone, où il exerça son métier et fut même considéré comme crémonais.

Dans l’espoir d’une réconciliation, Facio revint tout de même à Vérone, où cependant non seulement le climat n’avait pas changé envers lui, mais de plus, on réussit à l’accuser et le faire mettre en prison. Facio se tut.

Dieu intervint à sa façon : Vérone, attaquée par Mantoue, fit appel à Crémone. Cette dernière n’accepta que si Facio était délivré. On remarqua enfin qu’il n’y avait aucun grief contre l’orfèvre, qui fut libéré.

C’est alors que Facio fonda un ordre religieux dit du Saint-Esprit, pour subvenir à toutes sortes de bonnes œuvres. Sa maison devint un hôpital.

Plus extraordinaire encore : l’évêque, qui l’appréciait beaucoup, le chargea, tout laïc qu’il était, de visiter tous les monastères du diocèse, mission que Facio exerça scrupuleusement jusqu’à sa mort.

En 1240, il fonda encore un hôpital à Soncino avec une église qui plus tard porta son nom quelque temps.

Après sa mort, intervenue le 18 janvier 1272, beaucoup de miracles furent obtenus par son intercession.

Le bienheureux Facio, dont le culte fut reconnu en 1873, est mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 janvier.

 

 

Andrea Grego de Peschiera

1400-1485

 

Il naquit en 1400 à Peschiera del Garda (Vérone, Veneto, Italie N), dans une famille pauvre, d’origine grecque, ce qui expliquerait son nom de famille.

Entré très jeune chez les Dominicains de Brescia, il compléta sa formation à Florence, où il fut disciple de saint Antonino (v. 2 mai). Il avait un attrait tout particulier pour l’obéissance qui, pour lui, était synonyme de sainteté.

Ordonné prêtre, il fut envoyé en Valtelina, où il prêcha pendant presque un demi-siècle, fondant de nouvelles paroisses, de nouveaux monastères, réfutant l’hérésie.

Un jour que les hérétiques lui présentèrent un de leurs livres pour l’entendre le réfuter, il leur répondit : Ouvrez-le devant moi, et il en sortit une énorme vipère. Voilà le poison que contient votre livre !

Au cours de ses nombreux déplacements, il devait souvent coucher chez l’habitant, de préférence chez les gens pauvres, où il s’étendait sur des branches, ne buvait que de l’eau et se contentait d’un pain de millet.

Une de ses dernières fondations fut à Morbegno, couvent dédié au martyr saint Pietro de Vérone (v. 6 avril), qui devint par la suite un centre d’apostolat important ; il en sortit d’autres disciples ardents de saint Dominique, qui continuèrent à combattre l’hérésie.

Andrea aurait pu en être le supérieur, mais il n’accepta jamais ce genre de distinction. Ce qu’il aimait faire, c’était demander l’aumône pour le couvent.

C’est là qu’Andrea s’éteignit, le 18 janvier 1485, octogénaire.

Son culte fut confirmé en 1820.

 

 

Mattia (Cristina) Ciccarelli

1481-1543

 

Dernière des six enfants de Domenico de Pericolo, Mattia naquit à Colle di Lucoli (L’Aquila, Italie centrale) en 1480 ou 1481, peut-être le 24 février, jour où l’on fêtait saint Matthias. Le nom de l’apôtre Matthias - Mattia en italien - peut se donner plus facilement aux petites filles italiennes, ce qui n’est pas le cas en français. 

Mattia, donc, n’était pas intéressée par les jeux des autres enfants de son âge. Mais quand elle voyait quelque image pieuse, elle lui souriait, elle l’embrassait.

A la maison, elle priait dans une chambre retirée, où son papa avait accroché une belle image de la Sainte Vierge avec le Christ. 

Mattia ne voulait plaire qu’à Dieu, et pour cela essaya de cacher sa beauté physique de différentes manières, en évitant de se laver et en travaillant comme les servantes, mais comme cela ne réussissait pas, elle obtint de la Sainte Vierge de perdre toute la fraîcheur de son visage, comme si elle sortait d’un sépulcre, pâle comme un cadavre. 

Ses parents voulurent se mettre à son école pour mieux gagner le ciel. Leur fille devint en quelque sorte leur mère spirituelle. Désormais ils ne laissèrent jamais partir de chez eux des pauvres ou des religieux les mains vides.

Elle entendit un jour un garçon qui blasphémait le nom du saint ermite Antoine (v. 17 janvier). Elle le menaça : Fais attention, si tu n’arrêtes pas de blasphémer le saint Abbé, je vois un diable noir qui va te sauter aux épaules jusqu’à t’étouffer avec ton blasphème. Le garçon ne suivit pas son conseil et voilà que, fâché contre son âne qui n’avançait pas assez vite, il lança un nouveau blasphème contre saint Antoine. Précipité à terre, le pauvre garçon mourut sur place d’une fracture du crâne.

Un sort identique arriva aussi à un parent qui chassait le dimanche. Elle prédit même l’homicide de six personnes (cinq hommes et une femme) qui furent assassinés quinze ans après sa mort.

Plus consolante, cette vision qu’elle eut, sur une invitation céleste, à regarder par la fenêtre, où elle vit une échelle lumineuse partir du couvent de Saint-Julien jusqu’au ciel, sur laquelle descendaient deux à deux les anges, précédant le Christ venu chercher l’âme d’un saint Religieux mort quelques instants auparavant, le frère Vincenzo.

Un certain Girolamo de Tussio reçut d’elle le conseil de laisser le monde et d’embrasser la vie religieuse.

Elle-même à vingt-cinq ans, en 1496, prit le nom de Cristina, pour être plus semblable au Christ. En 1505 elle reçut l’habit des Augustines au couvent Sainte-Lucie de L’Aquila.

Le vendredi elle ne prenait que du pain et de l’eau ; les vendredis de carême, elle jeûnait totalement. Elle combattait le sommeil et restait des heures en prière durant la nuit.

Très humble, très accueillante envers les pauvres, elle fut favorisée de dons mystiques extraordinaires : don de prophétie, extases, lévitation, guérisons…

Un jour qu’elle était en état de lévitation, une hostie dans une pyxide sembla sortir comme un rayon de sa poitrine.

Un vendredi saint elle reçut les stigmates de la passion du Christ.

Plusieurs fois élue abbesse contre sa volonté, elle se révéla excellente conseillère spirituelle pour tous ceux qui venaient lui demander conseil.

Elle mourut le 18 janvier 1543 à L’Aquila et beaucoup de miracles eurent lieu après sa mort.

Son culte fut confirmé en 1841. Elle est mentionnée le 18 janvier au Martyrologe.

 

 

Regina Protmann

1552-1613

 

Née en 1552 à Braunsberg (act. Braniewo en Pologne) dans la noble famille des Protmann (ou Brotmann), Regina eut une formation intellectuelle très pointue, lui permettant de lire et écrire aussi bien que les ecclésiastiques et de correspondre avec eux.

A dix-neuf ans, elle annonça à ses parents qu’elle n’entendait pas se marier, mais faire d’autres études dans le domaine religieux et s’occuper des malades et des pauvres.

Sans s’arrêter à l’avis opposé des parents, Regina se retira avec deux autres amies dans une maison abandonnée, commençant à s’occuper de malades. C’était une nouveauté étrange pour l’époque, au lendemain du Concile de Trente, qui ne permettait aux Religieuses de ne vivre que cloîtrées.

Regina persévéra dans son intention. Sa nouvelle famille s’appela les Sœurs cloîtrées de Sainte-Catherine, par référence à sainte Catherine d’Alexandrie (v. 25 novembre).

Si l’Eglise était «réticente», la population agréa tout-à-fait l’engagement des nouvelles Religieuses, qui attirèrent d’autres vocations, et furent quand même approuvées par l’évêque en 1602.

Regina forma ainsi des aide-soignantes, qu’elle fit aussi soigner quand elles furent plus âgées. Elle ouvrit des écoles pour les filles, car il n’y en avait que pour les garçons.

De son vivant furent ouvertes quatre maisons dans la seule région de Braniewo.

Regina Protmann mourut le 18 janvier 1613. Elle fut béatifiée en 1999.

 

La maison-mère disparut lors de la destruction totale de Braniewo en 1945, mais fut heureusement reconstruite depuis, avec une basilique mineure.

Les 84 Martyrs d’Avrillé

† 1794

 

Il y eut un Martyr le 12 janvier, quatre le 18 janvier (ci-après), quarante-sept le 1er février, six le 10 février, vingt-six le 16 avril. Le décret de béatification embrasse quinze autres Martyrs de la même époque, mais pas de la même localité.

 

On lira avec quelque utilité la notice générale Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Félicité Pricet

1745-1794

 

Elle naquit vers 1745 à Châtillon-sur-Sèvre (Deux-Sèvres).

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Victoire Gusteau

1745-1794

 

Elle naquit vers 1745 à Châtillon-sur-Sèvre (Deux-Sèvres).

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Charlotte Lucas

1752-1794

 

Elle naquit le 1er avril 1752 à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loir).

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Monique Pichery

1762-1794

 

Elle naquit le 4 avril 1762 à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loir).

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

 

Jirays anā āle

1879-1917

 

Jirays anā āle naquit le 3 mai 1879 à Baabdāt (Liban), cinquième des six enfants d’un couple très croyant.

En 1885, il entra au séminaire Saint-Stéphane des pères Capucins et recevra l’habit en 1899. Lors de sa profession, il prit le nom de Thomas (en arabe : Thūmā).

En 1904, il fut ordonné prêtre.

Son activité sacerdotale et missionnaire se déroula à Mardin, Kharput et Diyarbakir.

Le 22 décembre 1914, il fut contraint de quitter ce couvent et de se réfugier dans celui d’Urfa. Jusqu’en 1916 cependant, il devra se cacher pour échapper aux recherches de la police et aux arrestations en masse.

Le 4 janvier 1917, il fut arrêté pour avoir hébergé un prêtre arménien, et condamné à mort.

Il fut traîné d’un endroit à l’autre, torturé de mille façons, il attrappa le typhus. Arrivé épuisé à Kahramanmaraş, il expira le 18 janvier 1917 (et non le 28 février, sans doute une erreur). Ses dernières paroles furent : J’ai pleine confiance en Dieu, je n’ai pas peur de la mort.

Jirays anā āle-Thūmā sera béatifié en 2021 et inscrit au Martyrologe le 18 janvier.

 

 

Manuel Barbal Cosán

1898-1937

 

Manuel naquit le 2 janvier 1898 dans le petit village catalan d’Enviny (Lleida, Espagne), de parents très chrétiens qui vivaient du travail des champs dans cette région de montagne.

Avec la bénédiction de ses pieux parents, il entra au séminaire d’Urgel à douze ans, mais ses problèmes d’audition - qui sait pourquoi - firent qu’on lui conseilla de rentrer dans sa famille. Son ouïe défectueuse fut sa croix toute sa vie.

Quelques années passèrent, et Manuel apprit avec une immense joie que les Frères des Ecoles Chrétiennes l’acceptaient au noviciat d’Irún, où il prendra le nom de Jaime Hilario (1917).

Il avait un don remarquable pour la rédaction d’articles dans différentes revues chrétiennes.

Après seize années de différentes affectations (Mollerusa, Manresa, Pibrac en France), où il montra de remarquables qualités d’enseignant, sa surdité l’obligea à abandonner l’enseignement et il travailla désormais au jardin de la maison de Cambrils (Tarragone).

En juillet 1936, se rendant dans sa famille à Enviny, il fut surpris par la guerre civile à Mollerusa, où on l’arrêta à cause de sa qualité de Religieux et on le mit en prison. En décembre, on le transféra à Lerida, puis à Tarragona puis on l’envoya dans un bateau-prison, le Mahon, avec d’autres Frères. 

En janvier 1937, un jugement sommaire lui proposa la liberté s’il renonçait à se dire Religieux et à n’être qu’un jardinier. Sur son refus, il fut condamné à mort ; il écrivit alors aux siens une lettre pleine de sa joie de mourir martyr. L’avocat présenta une demande de grâce, qui fut accordée aux vingt-quatre autres personnes, mais pas au Frère.

On l’emmena vers le cimetière de Monte de la Oliva (Tarragona). Ses bourreaux, surpris de sa sérénité, lui demandèrent : Tu te rends compte qu’on va te tuer ? et lui, de leur répondre : Mourir pour le Christ, les gars, c’est vivre. 

Deux salves le manquèrent, les soldats lâchèrent leurs fusils et s’enfuirent. Le chef, hurlant des insultes grossières, tira cinq coups de pistolet à bout portant et la victime tomba à ses pieds.

C’était le 18 janvier 1937, son dies natalis. Mais le Martyrologe le mentionne (par erreur ?) le 28 juillet.

Le Frère Jaime Hilario a été béatifié en 1990 et canonisé en 1999, avec un groupe de Frères des Ecoles Chrétiennes, les Martyrs de Turón, qui sont fêtés le 9 octobre.

 

 

Maria Giovanna Fasce

1881-1947

 

Maria Giovanna (Marie-Jeanne) naquit à Torriglia (Gênes, Italie) dans une famille bourgeoise et chrétienne, le 27 décembre 1881, jour de la fête de l'apôtre s.Jean, dont elle porta le nom.

Jeune, elle fut catéchiste dans sa paroisse.

Comme cela arrive dans certaines familles «chrétiennes» (et plus fréquemment qu’on ne le croit), cette famille s’opposa à la vocation de Maria et de ses deux sœurs ; Maria sut s’imposer, et imposa aussi son lieu de destination : Cascia, le monastère augustinien où vécut sainte Rita (v. 22 mai).

Les Religieuses de Cascia ne lui ouvrirent pas facilement leur porte, estimant «impossible» qu’une jeune fille de la haute société pût se faire à l’austère règle augustinienne. Là encore, Maria s’imposa.

Elle entra donc au monastère de Cascia en 1906 et prit le nom de Maria Teresa Eletta.

Il y avait alors dans ce monastère une «fronde» de quelques Religieuses qui refusaient de vivre la règle dans son intégralité, à tel point que Maria Teresa revint dans sa famille pour s’y ressourcer (1910).

De retour l’année suivante, Maria Teresa sut, encore une fois, «imposer» sa volonté et le monastère reprit son allure spirituelle et recueillie.

Elle fit la profession solennelle en 1912.

Maria Teresa fut ensuite élue maîtresse des novices, puis abbesse en 1920. Elle fut confirmée neuf fois dans cette charge.

Elle avait une immense dévotion à sainte Rita, qu’elle communiqua partout où elle le put. D’abord par un périodique qu’elle fonda en 1923, Dalle api alle rose (Des épines aux roses), puis en organisant des pèlerinages à Cascia, construisant l’Alveare di santa Rita (Alvéole de sainte Rita, un orphelinat pour petites filles, qu’elle appelait Apette, petites abeilles). Elle entreprendra, mais au milieu de difficultés énormes, la construction d’un grand sanctuaire, qui ne pourra être consacré que quelques mois après sa mort.

Tout ce travail avancera malgré la santé vraiment précaire de la Mère Maria Teresa, qui souffrait de diabète, d’asthme, de problèmes cardiaques et circulatoires qui l’immobilisèrent. Et pour «couronner» ce douloureux palmarès, elle souffrit dès 1920 d’une tumeur au sein, raison pour laquelle elle est maintenant invoquée par celles qui sont affligées de cette maladie.

Durant l’occupation nazie, elle cacha des résistants dans son monastère.

Mère Maria Teresa Fasce s’éteignit en odeur de sainteté, le 18 janvier 1947, et fut béatifiée en 1997.

 

 

Juan Barrera Méndez

1967-1980

 

Juan Barrera Méndez naquit le 4 août 1967 à Potrero Viejo (Zacualpa, Quiché, Guatemala), dans une famille tout entière liée à l’Action Catholique.

Déjà fervent apôtre à son jeune âge, il était membre de l’Action Catholique et catéchiste auprès des plus jeunes. En particulier, il priait le chapelet avec ceux-ci, avant la Messe.

En 1980, il y eut une descente des troupes gouvernementales dans le village, lesquelles procédèrent à une perquisition en règle de toutes les maisons, arrêtant et ligotant des hommes, des femmes, des anciens, des jeunes.

Ainsi furent emmenés les trois frères aînés de Juan, et lui aussi. Les trois aînés réussirent à s’échapper, de sorte que les militaires s’acharnèrent encore plus sur Juan, qui n’avait donc que douze ans.

Ils l’emmenèrent près d’un ruisseau et lui firent des entailles au couteau sous la plante des pieds, puis on l’obligea à marcher sur des pierres pour faire redoubler les douleurs ; on lui coupa les oreilles ; on lui brisa les jambes et on le cribla de balles. C’était le 18 janvier 1980, dans son village natal, Zacualpa.

Juan Barrera Méndez devrait être béatifié en 2021, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, et inscrit au Martyrologe le 18 janvier.

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17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 00:00

3e dimanche per annum - B

 

 

On peut dire que le thème central de ce troisième dimanche “ordinaire” de l’année B est l’appel à la conversion : c’est le troisième des Mystères Lumineux que Jean-Paul II a institués dans sa Lettre Apostolique Rosarium Virginis Mariæ (ch.2, n.21) : l’annonce du Royaume et l’invitation à la conversion.

La lecture du prophète Jonas est un cas saisissant de conversion. L’épisode se situerait vers le 4e siècle avant notre ère ; Ninive est une grande ville païenne, dont les habitants ont l’humilité d’écouter l’avertissement du prophète : ils font pénitence, ils se convertissent du plus grand au plus petit

Quels changements dans leur vie quotidienne ! S’il fallait trois jours pour la traverser, cette ville pouvait s’étendre sur des dizaines de kilomètres et être peuplée, même à l’époque, de centaines de milliers d’habitants. Imaginons le spectacle de cette foule faisant pénitence, priant, chantant, changeant radicalement de vie, d’une façon aussi unanime ! 

Pendant quelque temps au moins, ce fut certainement, avant la lettre, une communauté comme celle des premiers chrétiens à Jérusalem : Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun. Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur, louant Dieu, et trouvant grâce auprès de tout le peuple” (Ac 2:44-47).

 

*       *       *

 

Dans le psaume 24, David exprime un cri de confiance en la miséricorde de Dieu. Au nom de tous les pécheurs (de nous aussi), il exprime son désir de conversion : Oublie les révoltes , les péchés de ma jeunesse.

Il ne s’agit pas ici  de «la» chute de David, qu’il évoquera dans la psaume 50, là aussi plein de repentir. Mais le roi David a cette humilité de se reconnaître imparfait, de se rendre compte que son passé n’est pas exempt de fautes qui déplaisent à Dieu.

Un peu plus loin, il dit encore plus clairement (le passage n’est pas repris aujourd’hui) : À cause de ton nom, Seigneur, pardonne mon péché, car il est grand.

Ce qu’il est important de relever de notre texte, est le dernier verset : Il enseigne aux humbles son chemin. Pour entendre et comprendre l’appel de Dieu, il faut avoir l’humilité de se reconnaître imparfait, comme le roi David, comme les Ninivites du texte précédent.

 

*       *       *

 

Avant l’évangile, nous lisons une nouvelle péricope de saint Paul aux Corinthiens, qui fait suite à celle de dimanche dernier, où l’Apôtre nous rappelait l’importance d’honorer notre corps par une vie ordonnée.

Développant sa pensée, Paul s’étend davantage sur le mariage et la virginité. On avait dû lui poser des questions, car le chapitre commence par ce verset : J’en viens à ce que vous m’avez écrit.

Les conseils qu’il donne dans tout ce chapitre sont pleins de sagesse, de mesure, et très clairs. Lisons-les ensemble, cherchons à nous en inspirer.

Il est plus mystérieux de comprendre la pensée de l’Apôtre, quand il dit aux hommes mariés, aux tristes, aux joyeux de vivre comme s’ils ne l’étaient pas. 

L’Apôtre Paul prêche ici le détachement, et nous exhorte à ne pas nous attacher à tout ce qui passe si vite dans notre existence. Le mariage, la joie, la tristesse, les biens, tout cela est pour un temps ; tout en faisant notre devoir en ce moment, gardons le regard sur l’Eternité.

Il y a un détachement plus total, pour les personnes qui désirent se consacrer à Dieu et vivre dès ici-bas en vue du Royaume des Cieux (cf. Mt 19:12).    

Contrairement à ce qu’on dit souvent aujourd’hui, le bonheur n’est pas forcément dans une liaison matrimoniale, quand on n’y est pas appelé. Même ceux qui y sont appelés connaissent des moments de grandes difficultés, certainement pas enviables. 

Dans le mariage, deux époux cherchent, ensemble, à se sanctifier et à donner la vie à des enfants ; il est impératif que chacun examine s’il est vraiment appelé à cet état, et s’il n’est pas plutôt appelé à un autre état, dans la consécration de sa personne, pour être plus totalement au service de Dieu et de l’Eglise, pour prêcher la Vérité ou pour venir en aide à ceux qui sont dans le besoin.

Le célibat n’est pas une privation, ni une loi arbitraire. Les prêtres de l’Ancien Testament qui devaient officier à tour de rôle au Temple, devaient s’abstenir de tout commerce conjugal pendant cette période ; Jésus-Christ est resté célibataire et tous les Apôtres à sa suite l’ont imité, même s’ils étaient mariés précédemment. Dans toute l’histoire de l’Eglise, des hommes mariés appelés au sacerdoce ou à l’épiscopat ont mis un terme à leur union conjugale, d’un commun accord avec leur épouse, qui s’est aussi consacrée. Un cas célèbre est celui de saint Hilaire.

Saint Paul aime le célibat ; il le recommande, sans l’imposer (1Co 7:8-9, 28).

Les “trois vœux” de religion, en particulier celui du célibat sacerdotal, ne sont pas une invention tardive de l’Eglise, comme on le répète stupidement à tue-tête aujourd’hui. Un concile du 4e siècle dit expressément qu’ “il convient que les saints évêques et les prêtres de Dieu, ainsi que les lévites, observent une continence parfaite… ; ce qu’enseignèrent les apôtres, et ce que l’antiquité elle-même a observé, faisons en sorte, nous aussi, de le garder” (Concile de Carthage en 390, dans “Origines Apostoliques du Célibat Sacerdotal”, par C.Cochini, Lethielleux, 1981, pp.25 et suiv.).

 

*       *       *

 

Comme Jonas durant sa mission à Ninive, Jésus invite à la conversion ; et commence tout de suite à appeler : Simon et André, Jacques et Jean. L’évangile de dimanche dernier relatait la rencontre de Jésus et André, qui Lui amène Pierre ; c’était près de Jérusalem, à Béthanie, où Jean-Baptiste baptisait.

Aujourd’hui, en saint Marc, Jésus est en Galilée. André et Simon travaillent à leurs filets, ainsi que Jacques et Jean. Il s’est passé un certain temps depuis l’épisode précédent, et les futurs apôtres étaient retournés à leur travail. Quand Jésus les appelle, cette fois-ci, c’est “pour de bon” : invités à Le suivre, ils laissent tout, travail et famille, et suivent désormais Jésus-Christ qui va les préparer à leur mission apostolique, au sacerdoce.

Ne pensons pas que ces apôtres aient simplement abandonné leur famille et leur travail ; ils ont mis à profit le temps qui est passé entre la première rencontre et cet appel de Jésus, pour expliquer à tous leur conviction et prendre les dispositions nécessaires. Désormais, ils suivraient Jésus dans l’obéissance, dans la pauvreté et dans la chasteté. 

L’être qui s’attache à Dieu comprend vite que ce qu’il possède ne lui apporte jamais un bonheur définitif : il faut s’en servir pour la nécessité de la vie, mais pas s’y attacher. Etre pauvre ne signifie pas ne rien avoir, mais savoir posséder avec esprit de détachement. Etre obéissant ne signifie pas être esclave d’un autre humain, mais savoir reconnaître qu’un autre peut être plus expérimenté et avoir raison d’imposer un ordre. Etre chaste ne signifie pas qu’il faille renoncer à fonder une famille, mais vraiment la fonder selon la loi de Dieu, si l’on y est appelé, ou alors à s’en abstenir, mais toujours pour la gloire de Dieu et pas par égoïsme.

Jésus appelle, les premiers apôtres répondent “oui”. Chacun est appelé par Jésus, chacun de nous a une “mission”. Où qu’il soit, le chrétien doit se montrer fidèle à l’Evangile de Jésus-Christ, chacun selon cette mission : l’un pourra être prêtre, l’autre religieux ou cloîtré(e), tel sera professeur, tel autre banquier, ou plombier, ou technicien de surface. Dans chaque situation, il y a la place pour un témoignage d’authenticité chrétienne. A la base, la démarche fondamentale du chrétien est un mouvement de conversion authentique, d’adhésion à Dieu sans partage.

Cette école spirituelle est une ascèse difficile vers la sainteté. Nous sommes tous appelés à la sainteté. Cette ascension vers la Perfection est exigeante, et a besoin de la grâce de Dieu. 

Faisons bien nôtre la Prière du jour en demandant que notre vie soit dirigée selon (Son) amour, ou celle de conclusion qui évoque la grâce d’une nouvelle vie, que nous venons de recevoir dans l’Eucharistie.

Ne nous décourageons jamais devant nos chutes. Dans son infinie miséricorde, Dieu ne regarde pas ces chutes : comme pour les Ninivites, Il récompense largement tous les efforts que nous faisons pour nous acheminer vers Lui.

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