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6 juin 2021 7 06 /06 /juin /2021 23:00

 

Cœur Immaculé de Marie

 

 

 

Le Christ avait un jour lancé cet appel (Lc 12:49) : C’est un feu que je suis venu répandre sur terre, et quelle est ma volonté ? S’il avait déjà été allumé ! (1) 

Quel cœur humain a-t-il plus été embrasé d’amour que celui de la Mère de Jésus, Marie Immaculée ?

 

Si l’on peut dire que l’appel de Jésus-Christ était une invitation à l’Amour, on peut dire en même temps que Marie est celle qui répondit le mieux et le plus complètement à cet Amour, par son adhésion totale, inconditionnelle, à l’appel de son Fils.

 

Nous fêtions hier la fête du Cœur Sacré et nous écoutions son appel. Nous fêtons aujourd’hui la réponse à cet appel, la réponse la plus sainte, la plus pure, la plus aimante, celle du Cœur Immaculé de Marie.

 

Le Cœur immaculé de Marie, symbole de sainteté, d’amour de Dieu et du Christ, de bonté envers les hommes sauvés par le divin Sacrifice, nous aidera à nous modeler sur le Cœur de Jésus.

 

La lecture de cette fête nous fait chanter avec Marie la joie qu’Isaïe exprimait pour le peuple d’Israël revenu à son Seigneur. Le nouvel Israël est l’épouse mystique et pure de Dieu ; c’est toute l’Eglise qui est annoncée ici, l’Epouse de l’Agneau, comme Marie est l’épouse mystique de l’Esprit Saint, par Lequel elle enfanta Jésus.

 

Le chant de méditation est le cantique d’Anne, la mère du petit Samuel, qui rend grâce à Dieu pour le don de la maternité. C’est de ce chant, bien connu de Marie, que celle-ci s’inspira lorsqu’elle improvisa son Magnificat.

 

L’évangile de l’Enfant-Jésus retrouvé au Temple a été lu au lendemain de Noël, lors de la fête de la Sainte Famille (année C). Cet épisode douloureux pour les parents de Jésus s’achève par cette remarque de l’évangéliste Luc : Sa mère conservait toutes (ses) paroles dans son cœur (Lc 2:40).

 

Comme il avait déjà été bien éprouvé, ce cœur de Marie ! La naissance dans l’étable froide, la fuite en Égypte, et maintenant trois jours d’angoisse avant de retrouver son Fils ! Quelle maman aurait conservé la paix de l’âme dans ces épreuves ? 

 

Or, voilà la sainteté de Marie : elle accepte généreusement les épreuves, sans se plaindre, sans se départir de sa mission. Elle est fidèle. Marie a répondu Fiat au moment de l’annonciation ; ce Fiat continue dans les épreuves, dans l’accompagnement de Jésus sur sa route, jusqu’au Golgotha.

 

Autrefois, cette fête du Cœur Immaculé de Marie avait été mise au jour octave de l’Assomption, au moment où Marie se trouvait pleinement unie au Christ glorifié. Mais cette fête a trouvé sa juste place maintenant au lendemain de la fête du Sacré-Cœur, en signe de la réponse totale de Marie à son Fils divin.

 

Avec Marie, répondons généreusement à l’appel de Jésus, et n’hésitons pas à nous accrocher à Elle pour être conduits plus sûrement à la Vérité et à la Sainteté. 

 

(1)  D’après le texte de la Nova Vulgata, éditions 1979-1986.

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5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 23:00

11e dimanche per annum - B

 

Le message d’Ezéchiel est celui du renouveau. Ezéchiel a vécu la chute d’Israël, la prise de Jérusalem, l’exil à Babylone (les trois déportations du 6e siècle). Ces événements historiques sont pour lui l’occasion d’annoncer le retour en Israël, la reconstruction du Temple et la reprise du culte au Dieu unique. 

Mais surtout, cette reconstruction veut être un appel au renouveau intérieur de chaque pécheur, purifié par l’eau qui coulera abondamment du Temple, l’eau purificatrice qui jaillira du côté du Christ, l’eau de notre baptême.

Dans sa vision, le Prophète voit un grand cèdre, d’où sort un rameau nouveau : le rameau que plante Dieu tout en haut de la montagne et qui deviendra un arbre magnifique : l’Eglise, avec les innombrables peuples de toutes nations qui viendront s’y abriter.

Ce que dit le Prophète pour l’ensemble d’Israël et pour l’Eglise future du Christ, vaut aussi pour chaque Baptisé. Chacun de nous, s’il reçoit pleinement la grâce divine, peut devenir comme un grand arbre qui tour à tour aide, nourrit, abrite quantité d’amis et de frères ; l’histoire de l’Eglise nous fournit des centaines d’exemples de Saints qui, très souvent issus d’une condition sociale très humble, et avec des moyens matériels et pécuniers parfois dérisoires, ont donné lieu à des Œuvres, des Instituts, des courants très importants. 

Saint Jean-Marie Vianney était un petit paysan presque sans culture ; ses jeunes confrères riaient un peu de ce grand garçon de dix-neuf ans qui n’arrivait pas à mémoriser quelques mots de latin : son humble sainteté lui a donné cette sagesse pour laquelle il est devenu le Patron de tous les Prêtres.

Saint Vincent de Paul était un humble berger ; si humble qu’il est devenu prêtre à dix-neuf ans, et s’est trouvé à l’origine des Sœurs de la Charité.

Sainte Bernadette Soubirous, savait tout juste les trois prières du Notre Père, du Je vous salue et du Je crois en Dieu : c’est elle qui fut la messagère de la Sainte Vierge à Lourdes.

Ce sont là des exemples français, et l’on pourra en trouver de semblables dans tous les continents.

*       *       *

Le chant de méditation qui suit la lecture, reproduit le début et la fin du psaume 91, où réapparaît le cèdre du Liban. On le sait, les fameux cèdres du Liban sont des arbres millénaires ; les spécialistes avancent qu’il en existe actuellement deux tri-millénaires ; ils peuvent atteindre soixante mètres de hauteur, une cinquantaine de mètres de largeur de feuillage, sur un tronc de douze mètres de circonférence. Une plante véritablement majestueuse qui symbolise la vitalité, la force, la longévité. 

Le Liban est un petit pays de la superficie approximative d’un grand département français. Il a choisi comme emblème le cèdre, pour exprimer son désir de maintenir fidèlement la terre des ancêtres, malgré les difficultés, malgré les guerres, malgré les persécutions.

Annoncer dès le matin l’amour de Dieu peut, si l’on veut, évoquer la prière du croyant à son lever. Mais le texte original peut nous faire méditer davantage. Saint Jérôme a compris : Annoncer au matin ta miséricorde, en ce sens que depuis le début (le matin) de notre vie et de notre histoire, tout vient de Dieu, par l’effet de sa miséricorde, et non par nos mérites. Il faut savoir reconnaître que Dieu est riche en miséricorde (Dives in misericordia, Eph 2:4, cf. l’encyclique de Jean-Paul II) :

De ta miséricorde, Seigneur, la terre est remplie (Ps 118:64) ;

Béni soit Dieu, père de notre Seigneur Jésus-Christ, père des miséricordes (2Co 1:3).

Annoncer ta fidélité, au long des nuits peut aussi se comprendre comme la présence continuelle de Dieu près de nous, même (ou surtout) dans les moments douloureux et difficiles ; quand on se sent dans le brouillard, dans la nuit de l’erreur, seule la présence de Dieu ne cesse jamais et se trouve toujours là pour nous relever.

Soutenu par une telle présence, le juste grandira comme un palmier, comme un cèdre du Liban, car il reçoit une force non humaine, non terrestre. C’est cette force que ressentent ceux qui savent passer un peu de leur journée auprès du Saint-Sacrement : on en sort tellement fortifié, tellement consolé, tellement illuminé !

Ce psaume 91 porte le sous-titre pour le jour du sabbat. Ce jour-là, les Juifs suspendent l’activité. On lit l’Ecriture, on médite davantage, on laisse son esprit au repos. Dommage que l’on ne nous fasse pas lire le verset musical : (de jouer) sur la lyre à dix cordes et la cithare avec un murmure de harpe. Comme ces douces sonorités doivent être appropriées pour accompagner la prière et la méditation ; et pourquoi n’essaierait-on pas de les introduire plus souvent dans notre liturgie ? David était un fin musicien : s’il jouait auprès du roi Saül (1S 19:9), il se servait de son instrument surtout pour la prière.

En vieillissant, l’homme s’affaiblit physiquement, selon la loi de notre nature, mais dans son esprit, il peut conserver une jeunesse inaltérée, s’il vit chaque instant en présence de Dieu. Le psaume ajoute qu’il fructifie encore, qu’il garde sa verdeur. Il faut bien être conscient que cette Vie ne s’arrête jamais, quand on se remet totalement à Dieu. Pour l’être qui est solidement attaché à cette Vie, la mort qui interrompt son existence humaine n’est pas une fin et l’Eglise chante, dans la liturgie des Défunts : La vie change, elle n’est pas enlevée. Mieux, Thérèse de Lisieux (maintenant Docteur de l’Eglise), disait en «mourant» : Je ne meurs pas, j’entre dans la Vie !

Voir notre vie dans cette optique changera beaucoup de choses dans nos manières de réagir, de penser, de parler. Au lieu de se confier à des réalités éphémères, changeantes, versatiles, appuyons-nous sur ce qui est la source de la Vie, de la Force. Notre psaume s’achève sur cette proclamation qui n’est pas qu’une figure de style : Pas de ruse en Dieu, mon rocher ! Dans le désert, Moïse fit jaillir du Rocher l’eau précieuse pour désaltérer le peuple juif ; ce Rocher, par la suite, désigna Dieu Lui-même, et le psalmiste le personnifie quand il dit : Venez, acclamons le Rocher de notre salut (Ps 94:1) ; et le Christ confirmera cette «solidité» en appelant Simon Pierre, et en construisant son Eglise sur cette Pierre (Mt 16:18).

*       *       *

S’appuyer sur cette Pierre, c’est vivre dans la Foi. Nous cheminons dans la foi, dit l’Apôtre Paul. La semence que nous avons reçue au baptême, durant notre enfance, durant nos années de formation, germe peu à peu jusqu’à donner son fruit. 

Parfois les éducateurs et les parents restent dubitatifs sur l’évolution de leurs enfants : ont-ils réussi ? ont-ils oublié quelque chose ? ont-ils eu tort de faire tel ou tel choix ? Dans toute la vie de l’homme, il y a la part de l’erreur possible, mais rassurons-nous : ce qui est fait avec intention droite, dans le but de plaire à Dieu, reçoit toujours la bénédiction céleste. Ce qui est semé avec amour dans le cœur du petit enfant, donnera un jour une belle fleur.

Il y a aussi des moments où les éducateurs voudraient voir trop tôt le “bon résultat” de leurs efforts ; ils voudraient que les enfants grandissent tout de suite dans la perfection, sans se tromper, sans dévier. Cela est impossible. Chaque être avance avec ses moments d’hésitation et d’erreur, comme l’automobiliste qui cherche son chemin en terrain inconnu. Si nous nous préoccupons de fournir à nos enfants une boussole de bonne qualité, avec l’Evangile et l’Eglise éternelle, nul doute qu’ils retrouveront toujours le bon chemin après quelques erreurs. Cela se fera, un jour, plus tard, pas forcément sous nos yeux. L’important est le regard de Dieu, pour qui mille ans sont comme un jour (Ps 89:4). Saint Paul nous le dit : Nous cheminons dans la foi, nous cheminons sans voir.

Si nous semons dans la Vérité, si notre ambition est de plaire au Seigneur, nous ne devons pas nous laisser prendre par le scrupule, mais continuer notre marche. 

La pensée de l’Apôtre est invariable :

La tribulation produit la constance, la constance une vertu éprouvée, la vertu éprouvée l’espérance (Ro 5:3) ; Aucune créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu (Ro 8:35,39). 

Ce trésor, nous le portons en des vases d’argile, pour qu’on voie bien que cette extraordinaire puissance appartient à Dieu (2Co 4:7). 

Pour Lui je souffre jusqu’à porter des chaînes comme un malfaiteur. Mais la parole de Dieu n’est pas enchaînée. J’endure tout pour les élus, afin qu’eux aussi obtiennent le salut en Christ Jésus avec la gloire éternelle (2Tm 2:9-10).

*       *       *

Ces réflexions nous amènent à l’évangile. Comme l’apôtre Paul, nous pourrons avec lui renouveler notre confiance en Dieu et en l’Eglise, sans nous préoccuper du comment.

La petite graine semée en terre, patiemment entretenue et arrosée, donnera le blé dont nous ferons le pain ; la graine de moutarde donnera les grandes branches où les oiseaux feront leur nid.

Quelle chance avaient les disciples, à qui le Seigneur expliquait tout !

Mais ayons confiance, nous aussi, en la Parole de Dieu : depuis vingt siècles, l’Eglise poursuit l’œuvre du Christ et nous répète l’enseignement qu’elle en a reçu. Le Christ a semé dans le cœur de ses Apôtres, et malgré les événements de l’histoire, malgré les persécutions, cette divine semence continue de fructifier aujourd’hui.

A la mesure où nous restons fidèles à l’Eglise du Christ et que nous cherchons à vivre la Parole reçue, nous porterons à notre tour du fruit.

Sans nous en rendre compte, nous deviendrons nous aussi à notre tour ces branches où les oiseaux viendront faire leur nid, où nos frères humains viendront chercher le réconfort moral et spirituel dont ils ont besoin. Parmi les Saints et les Saintes, certains ont prêché, d’autres ont fondé des écoles, ou des orphelinats, ou des hôpitaux ; certains ont voyagé, d’autres ont aidé toute leur vie leurs paroissiens… Quoi qu’ils aient fait, en union avec leurs Supérieurs, avec les Evêques et les Papes, ils ont prolongé et entretenu la sainte culture du Christ, étant tous autant de branches de cet immense cèdre qu’est l’Eglise et où se sont abrités les oiseaux.

*       *       *

Dans la Prière du jour, l’Eglise nous fait bien redire combien l’homme est fragile, et qu’il trouve sa force en Dieu. 

A la suite des Saints et des Saintes, si nous observons les commandements de Dieu et de l’Eglise, toute notre activité recevra la bénédiction fructifiante de la grâce divine.

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5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 23:00

Le Sacré-Cœur - B

 

Il a déjà été dit (Année A) que cette solennité du Sacré-Cœur englobait tout le Mystère de la vie et de la mission salvifique de Jésus-Christ, depuis l’Incarnation jusqu’à la Passion et l’Eucharistie. 

De grands hérauts ont proclamé l’amour de Jésus dans et par Son Sacré-Cœur, à travers tous les âges, dès les Prophètes de l’Ancien Testament, jusqu’à notre époque contemporaine.

*       *       *

Huit siècles avant Jésus-Christ déjà le Prophète Osée proclamait son message en Israël, sous une forme très frappante. 

Le peuple d’Israël s’était détourné de Dieu, comme chacun de nous le fait très souvent.

Pour ramener ce peuple infidèle, Dieu demanda à Osée une chose vraiment difficile : lui, l’homme fidèle, il devrait épouser une femme prostituée ; et il donnerait à ses deux enfants des noms tout-à-fait symboliques :  Mal-aimée et Pas-mon-peuple. La position du Prophète assumerait ainsi une valeur de leçon pour tout le peuple.

Dans son humiliation, Osée préfigure déjà le Christ qui a été fait péché (2Co 5:21).

Mais Dieu ne s’arrête pas au reproche. Il veut la conversion. Il appelle Israël à la conversion car Son amour demeure : J’aimerai la Non-aimée, et à “Pas-mon-Peuple” je dirai “Tu es mon peuple”, et lui, dira “Mon Dieu” (Os 2:25). 

Ainsi continue le message d’Osée, assez bref et facile à lire. Faisons même l’effort de le lire dans son intégralité (il ne comporte qu’une dizaine de pages) et nous parviendrons à cette conclusion pleine d’espérance du Prophète : Je guérirai leur infidélité, je les aimerai de bon cœur ; car ma colère s’est détournée d’eux (Os 13:5).

La lecture d’aujourd’hui est au chapitre 11. Il retrace brièvement la longue histoire du peuple d’Israël depuis l’Egypte, non pas d’un point de vue historique, mais en montrant comment Dieu s’est montré si paternel : en le soutenant dans mes bras… par des liens de tendresse… je le traitais comme un nourrisson : on dirait une  maman !

On relèvera le premier verset de notre lecture qui, dans le texte original dit ceci : Quand Israël était enfant, je l’aimai, et de l’Egypte j’appelai mon fils. C’est le verset cité par Matthieu (Mt 2:15), pour expliquer comment le jeune Israël était alors une figure du Messie : Jésus aussi, exilé pour échapper à la fureur du persécuteur, reviendra d’Egypte. Vrai Messie, Jésus, lui, sera fidèle jusqu’au bout.

La prophétie d’Osée est toute une histoire d’Amour ; et le texte de méditation va nous en donner un autre aperçu.

*       *       *

Le chant d’Isaïe est une action de grâces ; il nous invite à chanter notre Dieu, à Le remercier pour ses hauts faits ; c’est qu’en effet, Dieu n’est pas éloigné de l’homme : Il est grand au milieu de nous ! 

En réalité, c’est l’homme qui s’éloigne de Dieu, qui L’oublie. 

Mais Dieu est là, l’Emmanuel, le Saint d’Israël qui a fait des prodiges par l’Incarnation et la Rédemption, par tous ses miracles.

*       *       *

Après les Prophètes, saint Paul montre aux Ephésiens, à son tour, son action de grâce, sa reconnaissance à Dieu : lui, le persécuteur, c’est lui qui a été appelé à proclamer le projet éternel de Dieu : Jésus-Christ, mort et ressuscité. 

La reconnaissance de Paul se manifeste d’abord par son humilité à se dire le dernier de tous les fidèles, car il a le douloureux souvenir d’avoir persécuté l’Eglise du Christ, d’avoir trahi Dieu comme le peuple d’Israël au temps d’Osée ; et il tombe à genoux devant le Père.

L’action de grâce de Paul s’élargit à tout le peuple chrétien : tous, avec Paul, nous devons remercier Dieu, Le chanter pour son Amour. Cet amour est si incommensurable, que l’Apôtre ne termine pas sa phrase : la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… Nous ne finirons jamais de remercier Dieu.

Allons plus loin. Remercier Dieu n’aurait pas de sens si nous ne nous dirigions pas davantage vers une réelle sanctification, si nous ne cherchions pas à raboter cette barrière obscure qui demeure entre ce que nous proclamons et ce que nous sommes au-dedans.

Pour donner vie à l’homme nouveau, il faut faire mourir le vieil homme, ses habitudes, ses attachements au négatif. Ce n’est que par la mort qu’on retrouve la vie ; déjà au baptême, l’immersion dans l’eau symbolise le passage de la mort à la vie ; ensuite, dans la vie quotidienne, nous avons mille occasions possibles de faire mourir le vieil homme, en renonçant autant de fois que cela nous est possible, aux mauvaises habitudes, aux actes imparfaits et aux occasions-mêmes de commettre ces actes. 

Il y faut parfois - c’est vrai - un réel effort, qui sera facilité en recourant à l’Amour de Jésus : plein de miséricorde, Jésus nous enveloppe de force et de persévérance pour correspondre mieux à tout ce qu’Il a fait pour nous dans la Rédemption. Paul nous le dit : Que Dieu vous donne la puissance par son Esprit pour rendre fort l’homme intérieur. Ailleurs, le même Apôtre nous encourage : Avec la tentation (Dieu) vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter (1Co 10:13).

La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus voudrait nous aider à comprendre un peu mieux ce don immense de l’Amour de Dieu en la personne de son Fils, pour nous encourager à entrer dans la Vie nouvelle.

*       *       *

On peut dire que l’évangéliste Jean fut le premier héraut du Sacré-Cœur, lui qui parle du douloureux coup de lance au côté de Jésus, d’où il sort du sang et de l’eau. Ce sera notre évangile d’aujourd’hui. Cet extrait est connu, nous le lisons le Vendredi Saint. 

Pourquoi briser les jambes des condamnés ? L’habitude de supplicier les criminels conférait aux bourreaux une certaine connaissance du corps humain :  si l’on se contentait de fixer en croix les condamnés, leur supplice serait très rapide, car ils mourraient presque instantanément par asphyxie, le poids du corps les empêchant de respirer. Pour faire durer le supplice, on disposait un tout petit support sous les pieds et/ou sous le périnée, de sorte que les malheureux condamnés pouvaient un peu respirer plus longtemps - et le supplice s’en trouvait prolongé. Quand enfin on voulait en finir, on ne prenait pas le temps de détacher les pieds de la croix : en brisant les jambes, on provoquait un dernier affaissement du corps et l’asphyxie totale, dans un raffinement de cruelle douleur. Les deux larrons du Golgotha eurent ainsi les jambes brisées, et rendirent l’esprit en un instant. 

Mais Jésus était déjà mort. Mystérieusement, le soldat présent eut l’idée de transpercer le côté de Jésus qui avait déjà versé tant de sang. Jean rappelle alors qu’en effet, il est écrit dans la Loi de ne pas briser les os de l’agneau du sacrifice (Ex 12:46) ; maintenant, le vrai Agneau, c’est Jésus. 

De nombreux Pères de l’Eglise ont vu dans l’eau le symbole du baptême, dans le sang celui de l’eucharistie et dans ces deux sacrements le signe de l’Eglise, nouvelle Eve naissant du côté du nouvel Adam. On se rappellera en effet que Dieu (Gn 2:21-23) fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahwé façonna la femme. 

Maintenant, l’Epouse, c’est l’Eglise, qui prend vie du côté de son Epoux, le Christ.

En marge de ces réflexions, rappelons une tradition parallèle à notre texte, c’est-à-dire non officielle mais comportant plus d’un détail historique avéré. Ce soldat - Cassius, appelé ensuite Longin en souvenir de sa lance - était un jeune officier de vingt-cinq ans, dont on se moquait souvent car il louchait. Or, au moment où il ouvrit le côté du Christ, le sang et l’eau inondèrent sa face, guérissant extérieurement son strabisme, et intérieurement son âme. Il se mit à louer Dieu, et ce militaire souvent prétentieux et hautain devint désormais humble et modeste. Ce qui fit aussi se convertir les autres soldats présents. Saint Longin mourur martyr à Césarée de Cappadoce et sa fête est au 16 octobre.

*       *       *

Pour susciter à ceux qui le voudraient, quelques idées de bonne lecture à propos du Sacré-Cœur, on mentionnera ici en guise de conclusion, quelques autres “Mystiques” de l’histoire de l’Eglise.

Rappelons encore que ces textes ne sont pas inspirés au même titre que l’Ecriture et ne sont pas indispensables à notre connaissance de la Vérité.

En ce qui concerne les Saints, l’Eglise a soigneusement examiné leurs écrits et les a déclarés «non contraires à la Foi» ; parmi ceux cités ci-après, seule Catherine de Sienne a été proclamée Docteur de l’Eglise, ses écrits ayant été jugés par l’Eglise remplis d’une eminens doctrina.

Il y eut, parmi tant d’autres, sainte Gertrude (†1302), sainte Catherine de Sienne (†1380), saint Jean Eudes (†1680), sainte Marguerite-Marie Alacoque (†1690) ; plus près de nous, la sainte Maria Faustyna (†1938), qui fut à l’origine de la fête de la Miséricorde divine (deuxième dimanche de Pâques), la bienheureuse Alexandrina Maria da Costa (†1955), outre d’autres âmes peu connues comme Cecilia Baij en Italie (†1766), l’espagnole Sœur Josefa Menéndez qui vivait à Poitiers (†1923), Madame Royer en France (†1924), et récemment encore Claire Ferchaud (†1972).

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5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 23:00

06 JUIN

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Ss Artemius et Candida avec leur fille Paulina (?), martyrs romains. 

IV.

S Bessarion, anachorète égyptien, à la touchante générosité.

V.

S Ceratius, évêque à Grenoble, et peut-être à Eauze, après avoir fui devant une invasion burgonde..

VI.

S Eustorgio II, évêque à Milan.

S Iarlathus, évêque en Irlande.

S Gudwal (Gurval), moine et peut-être évêque en Bretagne.

S Avit, soldat Wisigoth fait prisonnier à la bataille de Vouillé, ermite à Mauroy puis à Ruffec.

VII.

S Claude, abbé dans le Jura puis évêque à Besançon (ou l’inverse).

IX.

S Agobard, évêque à Lyon, adversaire de l’erreur adoptianiste, du “jugement de Dieu” (par le feu) et des superstitions.

S Alessandro, évêque à Fiesole, assassiné par les propriétaires des terrains d’Eglise qu’il avait récupérés.

S Hilarion, higoumène à Constantinople, persécuté et exilé pour le culte des Saintes Images.

XI.

S Colman, évêque aux îles Orcades.

XII.

S Norbert, fondateur à Prémontré d’une communauté de chanoines réguliers placés sous la Règle de s. Augustin, évêque à Magdebourg.

B Falcone, abbé à La Cava.

S Gilbert, chevalier qui, frappé par l’échec de la seconde croisade, fonda un monastère Prémontré à Neuffontaines, dont il devint abbé et près duquel il construisit aussi un hôpital.

XIII.

B Gerardo de’ Tintori, laïc de Monza qui y fonda un hôpital où il travaillait lui-même et y opérant aussi des miracles.

XIV.

S Bertrand de Saint-Géniès, évêque à Aquilée, actif pour le procès de canonisation de s. Thomas d’Aquin, assassiné par un ennemi ; on l’invoqua pour des réconciliations.

XVI.

B Aurelio (Lorenzo) de Masculis de Villamagna, franciscain des Abruzzes, fameux pour ses prédictions.

B William Greenwood, chartreux à Londres, martyr.

XIX.

S Marcellin Joseph Benoît Champagnat, benjamin de dix enfants, fondateur des Petits Frères de Marie (Frères maristes), pour l’éducation des jeunes gens, canonisé en 1999 ; sa devise était “Tout à Jésus par Marie, tout à Marie pour Jésus”.

Ss Phêrô Dung, Phêrô Thuân, et Vinh Son Duong, pêcheurs ou paysans tonkinois, martyrs canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

XX.

S Rafael Guízar Valencia (1878-1938), évêque à Veracruz, trois fois exilé à cause de la persécution, grand propagateur de la dévotion au Sacré-Cœur, béatifié en 1995, canonisé en 2006.

B Józef Wojciech Guz (Innocenty, 1890-1940), franciscain polonais martyr à Sachsenhausen, béatifié en 1999.

Bse Teresina Elsa Mainetti (Maria Laura, 1939-2000), italienne des Filles de la Croix, assassinée dans un rite satanique, béatifiée en 2021.

Artemius et Paulina de Rome

† 304

 

Artemius aurait été un compagnon de captivité des martyrs Marcellinus et Petrus (v. 2 juin), qui l’auraient amené à la foi au Christ.

On lui avait aussi donné une épouse, Candida, et une fille, Paulina, martyrisées avec lui, en 304.

Actuellement, on a préféré corriger ces détails de parenté : Artemius et Paulina sont deux martyrs, dont les tombes se trouvent sur la Via Aurelia de Rome.

On ne saurait en dire davantage.

Saints Artemius et Paulina de Rome sont commémorés le 6 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bessarion d’Egypte

† 4e siècle

 

Vivant au 4e siècle, Bessarion aurait été un disciple de s.Antoine et de s.Macaire de Scété (v. 17 et 19 janvier).

Il aurait aussi fait des miracles «sans le vouloir», tant sa sainteté resplendissait.

Il ne portait qu’une tunique et un petit manteau ; toute sa bibliothèque consistait dans le saint Evangile, qu’il portait sous le bras.

Son disciple, Doulas, nous a laissé un témoignage de sa charité.

Bessarion trouva un jour un cadavre nu : il le couvrit de son manteau ; plus loin, un mendiant, nu, le héla : Bessarion préféra excéder dans la charité que de laisser son prochain sans vêtement ; vint à passer un magistrat qui le connaissait et lui demanda : Qui t’a donc mis dans cet état ? - L’Evangile, répondit Bessarion ; le magistrat lui donna son manteau.

Plus loin, encore un mendiant ! Bessarion va vendre son Livre sacré. Doulas ensuite de lui demander : Qu’as-tu donc fait de l’Evangile ? Et Bessarion : Il est écrit ‘Vends tout ce que tu as et donne-le aux pauvres’.

Saint Bessarion d’Egypte est commémoré le 6 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ceratius de Grenoble

† 450

 

Ceratius (Cérat) naquit dans la Bourgogne ; on dit que son père était un personnage illustre.

A-t-il vraiment été formé auprès de s.Ambroise de Milan (v. 7 décembre) ? La question reste posée.

Il devint le sixième évêque de Grenoble, en 441.

On sait qu’il fut présent aux deux conciles d’Orange et de Vaison (441 et 442).

L’année même de sa mort, il écrivit une lettre au pape Léon 1er, le remerciant et le félicitant d’avoir écrit son Tome à Flavien (v. 10 novembre).

Dans l’intervalle de ces neuf années d’épiscopat, Ceratius se serait enfui de Grenoble devant des envahisseurs burgonde (ariens). Il se serait alors réfugié en Gascogne et aurait même été installé sur le siège d’Eauze. La liste épiscopale de cette ville mentionne effectivement un Cerat comme septième évêque et son corps reposait dans l’abbaye de Simorre.

Mais le problème n’est pas résolu pour autant, car Grenoble s’honorait de conserver la dépouille de son évêque. On essaie d’expliquer alors que ce furent des reliques du Saint qu’on emporta plus tard en Gascogne pour les préserver de la destruction. 

Le culte de s.Ceratius a été confirmé en 1903.

Saint Ceratius de Grenoble est commémoré le 6 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eustorgio II de Milan

† 518

 

Il y eut à Milan un premier Eustorgio, qui mourut en 350.

Le nôtre venait peut-être de Grèce et se trouvait à Rome au moment du pontificat de Gélasius Ier (492-496).

Intégré dans le presbyterium de Milan, il y devint le vingt-sixième évêque, en 512.

On remarqua en lui sa piété, sa justice et ses vertus pastorales.

Il fit construire un baptistère remarquable près de la cathédrale de Milan.

C’est lui qui instruisit, baptisa et reçut au diaconat s.Florianus ou Laurianus (v. 4 juillet).

Eustorgio entretint d’excellentes relations avec le roi Théodoric qui, à son tour, s’appuyait aveuglément sur son jugement ; le roi le considérait comme gardien courageux de la discipline ecclésiastique. Ainsi, quant l’évêque d’Aoste fut calomnié et expulsé, Théodoric s’adressa à Eustorgio pour le réintégrer et punir les coupables. 

L’Eglise de Milan possédait des terres en Sicile : Théodoric aida Eustorgio à les défendre, car il savait combien de pauvres l’évêque nourrissait avec ces cultures.

Un autre évêque, Avitus de Vienne (en Gaule, v. 5 février), loua la générosité d’Eustorgio, qui avait fait procurer des subsides pour des Italiens prisonniers de Gondebaud, le roi des Burgondes.

Eustorgio mourut le 6 juin 518.

Saint Eustorgio II de Milan est commémoré le 6 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iarlathus

† 550

 

Iarlathus est le nom d’(au moins) un évêque en Irlande, pour lequel nous n’avons rien trouvé de précis.

Le Martyrologe Romain mentionne un Saint Iarlathus, mort le 6 juin 550. 

Si la date ci-dessus est correcte, cet évêque Iarlathus ne peut être celui qui fut le deuxième successeur de s.Patrice à Armagh (v. 17 mars), après Benignus, et qui mourut quelque soixante-dix ans plus tôt, en 482.

En outre, une chronique ancienne nomme l’évêque David, légat de toute l’Irlande, qui mourut en 550.

Cet autre Iarlathus était né en Ulster, fils de Trena, et fut formé par s.Patrice lui-même.

Nous ne savons donc rien sur le saint Iarlathus du Martyrologe Romain.

 

 

Claude de Besançon

607-699

 

Claude serait né vers 607 à Bracon (Jura), d’une célèbre famille gallo-romaine, les Claudia.

Il se serait d’abord orienté vers la carrière des armes, mais entra dans la cléricature.

Amoureux des lettres et plus encore du Christ, il acquit les vertus qui le désignèrent pour monter sur le siège épiscopal de Besançon en 685.

En 692, il se retira humblement dans le monastère de Saint-Oyand-de-Joux.

Une autre version présente Claude comme ayant d’abord été moine à Saint-Oyand-de-Joux, puis abbé du même monastère, avant de devenir évêque.

La chronique dit qu’il gouverna sagement son diocèse. 

Il y eut, dit-on, à Besançon un autre évêque Claude au 6e siècle, présent aux conciles d’Epaone (517) et de Lyon (529), mais de cet évêque il n’est pas question dans la liste épiscopale de ce diocèse.

Le monastère de Saint-Oyand a été l’origine de la ville de Saint-Claude.

Saint Claude de Besançon est commémoré le 6 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Alessandro de Fiesole

† 833

 

Alessandro naquit à Fiesole (Toscane, Italie C) de noble famille et la grâce divine le protégea dès l’enfance par des manifestations qui annonçaient sa future sainteté.

Dès sa jeunesse, il fut au service de la cathédrale.

A la mort de l’évêque de cette ville, c’est vers lui que se tournèrent les esprits, qui eurent des difficultés à vaincre sa modestie. Le pape consacra Alessandro septième évêque de Fiesole, en 823.

Défenseur des biens de son diocèse, il obtint la restitution de ceux qui avaient été séquestrés injustement. Mais au retour de Pavie, où il avait rencontré le roi, il fut poursuivi et assailli par ceux qui avaient occupé ces terres : feignant de l’aider à traverser la rivière Reno, près de Bologne, ils le jetèrent dans les flots et le noyèrent, le 6 juin d’une année qui se situe entre 833 et 841.

Cet acte barbare qu’on appellerait aujourd’hui un assassinat par vengeance, fut longtemps considéré comme martyre. Des miracles attestèrent sa sainteté.

La tradition rapporte que, plus tard, des chercheurs d’or fouillèrent le sous-sol de Fiesole et, ayant rejoint la tombe d’Alessandro, y furent éblouis par une grande lumière : épouvantés, ils en moururent de peur.

Saint Alessandro de Fiesole est commémoré le 6 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hilarion le Jeune

† 845

 

Il ne s’agit pas ici de s.Hilarion de Gaza (v. 21 octobre) ni de celui du 8e siècle (v. 28 mars), exilé par les iconoclastes.

Celui d’aujourd’hui naquit à la fin du 8e siècle, de Petros et Theodossia.

A douze ans, déjà fort instruit dans l’Ecriture Sainte, il reçut la tonsure monacale dans le monastère d’Hesychius proche de Constantinople, puis il rejoignit celui dit Dalmate, où il fut disciple de s.Grégoire le Dékapolite (v. 20 novembre) et fut ordonné prêtre.

Un trait particulier du jeune moine était sa grande dévotion pour son saint Patron, s.Hilarion, mentionné plus haut. Il en devint une image tellement fidèle, que les moines l’appelèrent Hilarion le Nouveau ou le Jeune. 

A la mort de l’higoumène (supérieur), Hilarion subodora que les moines voulaient l’élire et s’enfuit rapidement à Constantinople. Les moines exprimèrent alors leur désir dans une pétition qu’ils firent présenter au patriarche Niképhoros : ce dernier convoqua Hilarion et le convainquit d’accepter. Par obéissance envers la sainte hiérarchie, Hilarion se soumit (805).

Mais en 813, la persécution impériale contre les Saintes Images s’étant rallumée, Hilarion se rangea résolument dans les rangs des moines fidèles à la vénération des Images et déclara que l’empereur était hérétique. Il fut alors arrêté et mis en prison, où il souffrit la faim et la soif.

Les moines vinrent demander la libération de leur higoumène ; ils obtinrent gain de cause en promettant vaguement qu’ils se soumettraient à la volonté impériale ; c’était dangereux. Hilarion fut momentanément libéré, mais rapidement remis en prison, où on lui fit subir toutes sortes de tortures.

En 820, l’empereur impie fut assassiné - à l’endroit même où il avait plus tôt brisé une icône sacrée - et Hilarion put rejoindre sa cellule monastique. Le 11 novembre 826, il eut la vision de l’âme de s.Théodore Studite, portée par les Anges au Paradis.

En 829 se déchaîna une nouvelle persécution iconoclaste : Hilarion fut battu et envoyé cette fois-ci sur l’île d’Aphousia (Mer de Marmara).

Enfin l’impératrice Theodora donna l’ordre de rappeler d’exil tous les confesseurs (843). Hilarion put revenir à son cher monastère Dalmate, où on lui redonna sa place d’higoumène.

Il y mourut le 6 juin 845.

Saint Hilarion le Jeune est commémoré le 6 juin dans le Martyrologe Romain.

 

Colman d’Ecosse

† 1010

 

Il y a un grand nombre de Saints Colman, peut-être plus de cent. Ils sont d’autant plus nombreux que l’on assimile parfois les noms de Colman et Colomba (ou Colomban). Le Martyrologe mentionne cinq Colman, et un Colomban. Et parmi les Colman, deux sont sensiblement de la même époque, au point que certains proposent de les confondre en un seul personnage : l’évêque dans les Iles Orcades et le pèlerin.

Dans le Martyrologe, ce sont deux personnages bien distincts. Le pèlerin est au 17 juillet.

Colman, évêque en Ecosse, vivait au 10e siècle, dans l’archipel des Orcades, et mourut vers 1010. Il se trouve mentionné dans le Martyrologe au 6 juin.

On ne peut pas dire que les précisions abondent à propos de ce saint évêque. Le Martyrologe en signale un autre pour la même région, du 7e siècle, constructeur de monastères (v. 29 octobre).

De notre évêque du 6 juin, on retiendra donc qu’on ne sait rien.

 

 

Norbert de Xanten

1080-1134

 

Norbert naît à Xanten, petite ville de Rhénanie, entre 1080 et 1085, dans une famille noble. De sa jeunesse, on sait tout juste qu’il la passait dans l’aisance et le plaisir mondain.

Ajoutant à son ascendance quelques bonnes études, il reçoit à Xanten une prébende canoniale, dont il ne se soucie guère. Il accède toutefois au sous-diaconat, et devient secrétaire de son évêque.

Ayant gagné la cour de l’empereur, il accompagne ce dernier à Rome en 1111 : là, la conduite de l’empereur va heurter sa conscience, car il voit Henri V extorquer au pape Pascal II l’investiture des évêques ; nous sommes à l’époque de la Querelle des Investitures, quand l’autorité civile prétend remettre aux évêques la crosse et l’anneau. Norbert, lui, refuse l’archevêché de Cambrai qu’on lui propose. 

Peu à peu l’appel à la conversion intérieure va faire son chemin. Il renonce à la cour, porte un cilice et vit dans la solitude.

A Noël 1115, il est ordonné prêtre : à partir de ce jour, il ne portera plus qu’un pauvre habit de peaux d’agneaux. Il se prépare à sa première Messe pendant quarante jours. 

Son nouveau style de vie heurte ses confrères : on l’accuse, il doit se justifier lors d’un concile à Fritzler en 1118, et décide de se dépouiller davantage, quittant son bénéfice et tous ses biens.

Il vient d’abord à Saint-Gilles-de-Provence porter ses hommages au pape légitime, Gélase II, mis en fuite par l’antipape : le pape l’autorise à prêcher dans toute l’Eglise romaine, mais Norbert, ne connaissant pas la langue romane, revient en pays germanique.

C’est durant cette première prédication qu’il rencontre une recrue de choix, en la personne de Hugues de Fosses, qui sera son successeur.

Tous deux parcourent le Hainaut et le Brabant en prêchant. Leur vie ascétique frappe les populations ; Norbert réconcilie les factions et reçoit le surnom de Angelus pacis, ange de paix.

En 1119, l’évêque de Laon et le nouveau pape, Calixte II, aident Norbert à s’établir dans le diocèse de Laon. Près de Coucy-le-Château va naître la fondation de Prémontré, un nouvel ordre né de la réforme de Norbert, qui s’inspirera à la fois de la règle bénédictine et de la règle des chanoines augustins.

L’ordre de Prémontré avait deux buts essentiels : la régénération du clergé et l’évangélisation du peuple chrétien.

Comme toujours dans la vie de l’Eglise, l’exemple d’un réformateur entraîne une sainte émulation, et l’exemple de Norbert suscitera tant de vocations qu’on comptera bientôt une centaine de monastères.

En 1126, Norbert reçoit du pape lui-même à Rome l’approbation de son travail.

Lors d’un autre voyage qui le menait à Spire, où il était question du nouvel archevêque à nommer pour le siège de Magdebourg, il fut reconnu et unanimement acclamé.

Étant entré dans Magdebourg pieds nus, il s’efforça désormais de ramener ce grand diocèse à la réforme, à la sainteté de mœurs.

Il dut affronter une sédition en 1129, qui heureusement finit dans la pacification.

Il installa ses disciples à Magdebourg, dans la collégiale de Sainte-Marie, leur confiant l’administration de l’Hôtel-Dieu et l’évangélisation des Wendes rebelles.

Lors de l’élection du nouveau pape Innocent II (1130), il s’unit de toutes ses forces avec saint Bernard et Pierre le Vénérable pour appuyer cette élection contre l’antipape Honorius II, et rallia ainsi l’empereur et l’Allemagne au pape légitime.

En 1132, l’empereur partit à Rome pour en chasser l’antipape, et Norbert l’accompagnait encore. Norbert reçut le pallium et le titre de chancelier d’empire, par suite de la vacance du siège de Cologne.

Mais la santé de Norbert était compromise. Son retour fut pénible. Il put encore célébrer le Jeudi Saint et la Pâque. A la Pentecôte, il reçut le saint viatique et mourut le 6 juin 1134.

D’abord inhumé dans la collégiale de Sainte-Marie de Magdebourg, il fut plus tard transporté à Strahor en Bohême car les Luthériens avaient expulsé les Prémontrés de Magdebourg.

D’innombrables miracles furent consignés dans un registre, mais la canonisation officielle n’arriva qu’en 1582. 

 

 

Falcone de La Cava

† 1146

 

Falcone naquit sur la fin du 11e siècle, à Noepoli (Potenza, Basilicata, Italie S).

Dès l’enfance il embrassa la vie monastique auprès des Bénédictins, et acquit une très vaste culture.

En 1126, encore jeune, dit-on, il fut nommé prieur d’un monastère déjà important à Cursosimum (ou Cersosimo, Noja, quartier de Noepoli), qui dépendait de l’abbaye de La Cava.

En 1141, il fut appelé à la tête de cette abbaye, et en devint le sixième abbé.

D’après les documents de l’époque, on déduit que Falcone fut extrêmement habile pour administrer les biens de cette abbaye, construire d’autres monastères ou églises, conseiller le roi, résoudre des questions épineuses juridiques. On le dit aussi excellent orateur.

Malheureusement, une Vie plus détaillée avec quelques anecdotes plus piquantes, n’existe pas. Malgré sa sainteté (ou justement à cause de celle-ci), Falcone n’a pas inspiré à ses moines le souci de conserver davantage de souvenirs pour notre édification. Il nous donne au moins cette leçon d’humilité et d’effacement.

Il mourut le 6 juin 1146.

Le culte du bienheureux Falcone fut confirmé en 1928.

 

 

Gilbert de Neuffontaines

† 1152

 

Le chevalier Gilbert était de la haute noblesse d’Auvergne et passa quelques années à la cour de Louis VI le Gros, puis vécut dans ses terres, administrant avec bonté et honnêteté ses domaines.

Il épousa une certaine Pétronille (ou Péronelle), et ils eurent une fille, Poncia.

Le conseiller spirituel de Gilbert, Ornifiers, était l’abbé de la proche abbaye de l’Ordre de Prémontré à Dillo (Yonne). Sur le conseil de ce dernier, Gilbert s’engagea dans la deuxième croisade, derrière le roi Louis VII (1146). Cette expédition fut un tel échec, que Gilbert rentra en lui-même et finit par attribuer cette défaite aux mauvaises dispositions des croisés. D’accord avec son épouse, il résolut alors de mener une vie plus retirée, plus sanctifiée.

Après avoir distribué aux pauvres une partie de leurs biens, ils consacrèrent le reste à la fondation de deux monastères, lui à Neuffontaines (ou Neuffonts), elle à Aubepierre. Pétronille devint abbesse, et Poncia lui succéda.

Gilbert introduisit dans son monastère la règle de Prémontré et fut élu abbé. En même temps, il fit construire un hôpital, où il recevait lui-même les malades, surtout des enfants, qu’il guérissait souvent par la simple imposition des mains.

Il mourut le 6 juin 1152. Les miracles qui se produisirent à son tombeau concernèrent surtout les enfants.

Le culte du bienheureux Gilbert fut reconnu en 1728. Ses reliques, «soigneusement» mises à l’abri des révolutionnaires, ne furent jamais retrouvées.

Quant à Pétronille et Poncia, elles furent parfois honorées du titre de Bienheureuses, mais ne se trouvent pas dans le Martyrologe romain.

 

 

Gerardo de’ Tintori

1135-1207

 

Gerardo de’ Tintori naquit en 1135 à Monza (Lombardie, Italie N).

Tôt orphelin, il hérita d’une petite fortune qu’il utilisa à fonder un hôpital à Monza en 1174, dont il confia l’administration à la ville, et la pastorale aux chanoines de la basilique. Pour lui, il se réservait les «corvées» : aller chercher les malades, les amener sur son dos, les installer dans de bons lits confortables, nettoyer les plaies des plus malades, les soigner filialement et fraternellement comme il l’aurait fait à Notre-Seigneur en personne ; il leur donnait le baiser de paix à leur arrivée.

Tant d’amour soulageait vraiment les malades, mais aussi parfois les guérissait complètement… 

Les miracles furent au rendez-vous : le grenier et la cave à vin furent un jour remplis sur la seule prière de Gerardo. Mieux : un jour de décembre, il pria les gardiens de la basilique de le laisser là toute la nuit, pour prier ; mais comme ceux-ci murmuraient, il leur promit un panier de cerises mûres ; au terme de la nuit, Gerardo avait là quelques paniers remplis de bonnes cerises mûres, en plein hiver, pour la plus grande satisfaction des gardiens.

On attribua à ses prières la défaite de l’envahisseur Frédéric Barberousse, l’arrêt de la crue du fleuve qui menaçait l’hôpital. Gerardo fut «canonisé» dès son vivant.

Après sa mort, le 6 juin 1207, les miracles se multiplièrent et l’évêque de Milan , Carlo Borromeo (v. 3 novembre) obtint en 1583 la reconnaissance du culte.

 

 

Bertrand de Saint-Géniès

1260-1350

 

Bertrand naquit en 1260 au château de Penne, dans le hameau de Saint-Géniès (Montcuq, Lot).

Des documents datant de 1314 le donnent comme licencié en droits canonique et civil, et suppléant à l’université de Toulouse.

Il eut les bénéfices de deux cures (Creyssens et Boulvé), fut chanoine puis doyen du chapitre d’Angoulème (1321), chantre à la collégiale de Saint-Félix-de-Caraman et archidiacre de Noyon (1328). Il fut aussi chapelain pontifical et auditeur des causes du Palais apostolique ; en tant que tel, il travailla au procès de canonisation de Thomas d’Aquin (v. 7 mars).

En 1332, il reçut à Toulouse les représentants des capitouls, à la suite de la condamnation à mort d’un étudiant ecclésiastique ; il devait leur demander des réparations au nom du Saint-Siège.

En 1333, il tenta, mais en vain, d’apaiser les différends entre les deux familles romaines Colonna et Orsini.

En 1334, il fut nommé patriarche d’Aquilée et duc du Frioul. Mais avant de prendre possession de son siège, il repartit en Avignon au moment de la mort du pape Jean XXII.

Il fut très soucieux de relever son diocèse spirituellement, de le réorganiser : il fonda la collégiale à Udine, il ordonna sept cents prêtres, établit des confesseurs pour les diverses langues qui se parlaient dans cette région ; il procura aux Dominicains les livres importants qui manquaient dans leur bibliothèque ; lors d’une disette, il fit nourrir deux mille pauvres sur ses deniers.

Parallèlement à cette activité épiscopale, le patriarche eut à endosser son armure pour conduire ses hommes dans des expéditions militaires. Il lutta contre l’orgueilleuse Venise, mais ne put arriver à la paix avec le comte de Gorizia, allié des Habsbourg et qui conspirait contre ses privilèges.

Il vivait pauvrement, ne se chauffait pas, bénéficiant d’ailleurs d’une bonne santé qui le conduisit à l’âge respectable de quatre-vingt-dix ans.

En 1350, il assistait encore à un concile à Padoue. Le 6 juin de cette année, les gens du comte de Gorizia attaquèrent le patriarche au gué du Tagliamento, près de San Giorgio della Richinvelda, et lui donnèrent cinq blessures mortelles.

Son corps fut porté à Udine et enterré «sans aromates». Son successeur, à la suite de plusieurs songes, le fit exhumer un an plus tard et le trouva intact. Ce furent alors une suite de guérisons miraculeuses de paralytiques, tuberculeux, sourds, aveugles, épileptiques, blessés ; mais aussi des réconciliations d’ennemis dues à son intercession.

L’évêque martyr fut immédiatement «canonisé» par la voix populaire. Le culte fut reconnu en 1756.

 

Aurelio de Masculis de Villamagna

1476-1535

 

Aurelio de Masculis vit le jour le 12 mai 1476 à Villamagna (Chieti, Abruzzes, Italie CE), de Silvestre et Pippa d’Eletto. 

Jeune, il voulut entrer chez les Frères Mineurs franciscains, mais son père s’y opposa quelque temps, avant de céder.

 Aurelio prit le nom de Lorenzo. Le couvent où il entra était proche de Villamagna : il avait été fondé par les habitants en reconnaissance pour l’œuvre pacifiante de saint Giovanni de Capistrano (v. 23 octobre). 

Lorenzo fut ordonné prêtre et se donna à un apostolat tout enflammé de l’amour divin ; il eut le don des miracles et de la prophétie.

Toute l’Italie put l’écouter et bénéficier de sa profonde doctrine et de sa sainteté.

Il mourut à Ortona le 6 juin 1535 : son corps fut retrouvé sans corruption ; son culte fut approuvé en 1923.

 

 

William Greenwood

? -1537

 

Frère convers chartreux anglais, vivant à la Chartreuse de Londres et dont on ne connaît rien d’autre que les circonstances de son martyre.

Le 29 mai, on envoya les moines chartreux à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un panier aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

Notre William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin, toujours en 1537. 

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, Richard Bere mourut le 9 août, Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540.

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

 

 

Marcellin Champagnat

1789-1840

 

Né le 20 mai 1789 à Rosey (Marlhes, Loire), Marcellin Joseph Benoît était l’avant-dernier des dix enfants, cinq garçons et cinq filles, de Jean-Baptiste et Marie Chirat. Le 21 mai, jour de l’Ascension, Marcellin reçut le baptême.

Jean-Baptiste était un cultivateur et faisait marcher un petit moulin ; il fut secrétaire de la mairie, juge de paix et président de l’administration municipale du canton (1797). Il mourut en 1804.

Marcellin n’avait pas fréquenté l’école : le premier jour où il y alla, il fut choqué par la brutalité du maître, et ne voulut plus y retourner. C’est sa bonne tante, religieuse, qui lui donnera des leçons.

Marcellin avait déjà seize ans quand il entra, l’année suivante, au Petit séminaire de Verrières (Montbrison), pour passer en 1813 au Grand séminaire de Lyon.

Dans ce séminaire il rencontrera Jean-Marie Vianney, Jean-Claude Colin, Jean-Claude Courveille… Avec ces deux derniers, il conçut une société de prêtres qui organiseraient des missions dans les campagnes et un enseignement pour la jeunesse, tout cela sous le patronage de la Sainte Vierge. Marcellin eut aussi l’idée d’y adjoindre des Frères, pour seconder le travail des prêtres.

Après son ordination sacerdotale (1816), il fut nommé vicaire à La Valla-en-Gier (Saint-Chamond), où sa prédication et son enseignement attirèrent même les adultes. Son zèle le porta auprès des malades par tous les temps. Sa paroisse se débarrassa des bals et des mauvaises lectures.

Il commença de mettre en œuvre son idée du séminaire : il établit deux Frères enseignants dans une petite maison proche de son presbytère. Ce furent les humbles débuts de la congrégation des Petits Frères de Marie ou Frères maristes. L’école reçut les enfants de la paroisse, et se développa rapidement.

Des écoles s’ouvriront rapidement dans toute la région, pour la satisfaction des familles, mais suscitant, comme presque toujours en pareils cas, des jalousies ou des critiques de la part du clergé. Une autre épine déchira le cœur de ce jeune prêtre : ce fut la rivalité de son ami Courveille, qui dut même être évincé à cause de sa mauvaise conduite.

Le père Marcellin demanda à être relevé de sa charge de curé, pour s’occuper uniquement de la congrégation naissante. Il mit au point la règle de la Congrégation, qu’il rapprocha de la Société des Prêtres Maristes, dont le supérieur était son ami Jean-Claude Colin. Lui-même devint l’assistant des Pères Maristes en 1839.

Malgré les événements politiques, les établissements de Frères Maristes se multiplièrent au-delà de la région du Rhône, pour atteindre une réputation nationale.

En 1839, partirent pour l’Océanie trois frères et cinq prêtres, parmi lesquels Pierre Chanel, futur martyr (et maintenant canonisé, cf. 28 avril).

Le Père Champagnat était sévère pour lui-même, austère : il ne prenait jamais rien entre les repas, et se mortifiait de diverses façons encore, au point que sa santé en fut altérée. C’était un excès et une erreur de sa part. Mais il n’imposait pas cette austérité aux autres. Il avait un immense respect et amour pour les enfants, pour les pauvres et les abandonnés. 

On rapporte de lui ces deux phrases qui résument toute sa pensée sur l’éducation :        

Pour bien élever les enfants, il faut les aimer, et les aimer tous également.                     

- Je ne peux pas voir un enfant sans avoir envie de lui dire combien Dieu l’aime.

Sa devise était : Tout à Jésus par Marie, tout à Marie pour Jésus.

Miné par un douloureux cancer, il mourut le 6 juin 1840 à Saint-Chamond.

A cette date, il y avait déjà près de trois-cents Frères pour une cinquantaine d’écoles recevant sept mille élèves. Aujourd’hui, ils sont plusieurs milliers, dans soixante-seize pays des cinq continents.

Marcellin Champagnat a été béatifié en 1955, et canonisé en 1999.

Les miracles retenus pour sa béatification et sa canonisation ont été la guérison d’une Américaine atteinte d’une tumeur maligne, celle d’un Malgache atteint de méningite cérébro-spinale, celle enfin d’un Frère souffrant d’une grave affection pulmonaire.

 

 

Phêrô Đinh Vǎn Dũng

1800-1862

Phêrô Đinh Vǎn Thuàn

1802-1862

Vinh-Sơn Dương

1821-1862

 

Comme pour les martyrs vietnamiens du 5 juin, ceux-ci ont beaucoup de traits communs.

Tous trois sont nés dans la région de Thái Bình : le premier à Đông Háo, le deuxième à Đông Phú, le troisième à Doãn Trung.

Les deux Phêrô (Pierre) étaient pêcheurs, comme leur saint Patron, saint Pierre. Le premier eut deux enfants qu’il éduqua dans la foi chrétienne ; il fut aussi le maire de son village.

Vinh Sơn (Vincent), lui, était agriculteur et avait trois enfants ; il eut des responsabilités dans l’administration de son village.

Lors de la violente persécution qui se déchaîna dès 1861, les chrétiens furent pourchassés, marqués à la joue avec le mot secte, pour les empêcher de se cacher, et tous leurs biens furent confisqués. 

Les deux Phêrô furent arrêtés et emmenés devant le gouverneur ; condamnés à la prison, ils subirent pendant deux ans diverses tortures : lourdes chaînes au cou et aux pieds, forcés à piétiner une croix. Mais jamais ils ne cédèrent.

Vinh Sơn fut arrêté courant 1861 et, pendant les neuf mois de sa détention, subit beaucoup de tortures et d’humilitations, qu’il endura avec joie, refusant de fouler aux pieds la Croix, exhortant ses amis et ses proches à rester fidèles au Christ.

On essaya contre eux la manière sentimentale : on amena leur épouse et les enfants pour venir les supplier d’apostasier (au moins verbalement) et de rentrer dans leur famille. Mais les soldats eurent la surprise de voir qu’au lieu d’être gagnés par l’émotion, les prisonniers encourageaient leur femme et leurs enfants à rester fidèles au Christ.

En avril 1862, on les transféra dans une autre prison. Pendant deux mois on les tortura. Phêrô Thuán fut proche du découragement, mais des amis lui redonnèrent courage et il continua à professer sa foi jusqu’au bout.

Voyant que tous leurs efforts étaient inutiles, les autorités décidèrent de les faire brûler vifs. Les trois hommes furent attachés sur un lit étroit de bois, auquel on mit le feu.

Ces pères de famille héroïques reçurent tous trois la grâce du martyre à Nam Định, le 6 juin 1862.

Tous trois béatifiés en 1951, tous trois canonisés en 1988, et bien sûr tous trois fêtés avec leurs Compagnons le 24 novembre.

 

 

Rafael Guízar y Valencia

1878-1938

 

Né le 26 avril 1878 à Cotija (Michoacán, Mexique), Rafael était le fils de Prudencio Guízar et Natividad Valencia.

Après l’école communale, il fréquenta le collège jésuite de Cotija, puis le séminaire de Zamora (1894-1901).

Peu après son ordination sacerdotale, il accompagna l’évêque dans ses visites pastorales. Pendant les années de la révolution, déguisé en marchand ambulant, il allait secrètement au secours des soldats mourants pour leur apporter l’aide spirituelle de l’Eglise.

Bientôt directeur spirituel au séminaire et chanoine à la cathédrale, il dut s’exiler à cause de la persécution et, entre 1913 et 1919, voyagea successivement à Cuba, au Guatemala, en Colombie et dans les états méridionaux des Etats-Unis.

Il était à Cuba en 1919, lorsqu’il fut nommé, puis consacré évêque de Veracruz. Il put prendre possession de son siège à Xalapa, et maintint ouvert son séminaire, contre toutes les lois officielles. Obligé une fois encore de s’exiler, il quitta son diocèse entre 1926 et 1929.

Malade, souffrant de diabète, de phlébite et d’insuffisance cardiaque, il rentra au Mexique mais ne put réintégrer son diocèse. Il mourut à Mexico le 6 juin 1938.

En 1950, son saint corps fut retrouvé intact et déposé dans la cathédrale de Veracruz.

Mgr Rafael Guízar y Valencia fut béatifié en 1995 et fut le premier évêque mexicain à être canonisé, en 2006.

Le miracle reconnu pour cette canonisation fut, en 2002, la naissance d’un bébé en parfaite santé, auquel on avait constaté une grave malformation durant la grossesse de sa maman (anencéphalie).

 

 

Józef Wojciech Guz

1890-1940

 

Né le 18 mars 1890 à Lviv (aujourd’hui Ukraine), Józef Wojciech entra en 1908 chez les Frères Mineurs Conventuels (franciscains) avec le nom de Innocenty.

Il aurait préféré entrer chez les Jésuites, mais ses conditions économiques ne le permettaient pas.

Il fit la première profession en 1909, étudia la philosophie et la théologie à Cracovie et reçut l’ordination sacerdotale en 1914.

Après quelques activités paroissiales à Hanaczów, Czyszkach, Halicz, Varsovie, Lviv, Radomsko et Grodno, il se joignit à la communauté du père Maksymilian Kolbe (Niepokalanów), de 1933 à 1936.

Il y collabora à l’édition du Chevalier de l’Immaculée, en même temps qu’il était professeur de chant au Petit séminaire et confesseur des prêtres.

Au moment de la Deuxième guerre mondiale, le père Innocenty se trouvait à nouveau à Grodno, économe et directeur spirituel. Quand la Pologne fut envahie, d’abord par les troupes soviétiques, il fut mis en résidence surveillée à Adamowiczach (Grodno) (mars 1940), dont il put s’évader. Mais il fut intercepté par les allemands à la frontière lituanienne, conduit à Suwałki et Działdowo (20 avril), puis au camp de Sachsenhausen (8 mai).

Un témoin raconta que le 29 mai, tous les prêtres et les Juifs furent réunis et soumis pendant une semaine à des activités proprement inhumaines. Le père Innocenty avait plusieurs fractures, et une jambe très enflée. Il ne pouvait plus marcher avec les autres. Alors les gardiens le malmenèrent, lui donnèrent des coups de pieds et le forcèrent à regagner son bloc en sautillant sur ses jambes blessées. Le responsable du bloc le tira aux toilettes avec un autre prisonnier, et les arrosa d’eau froide ; puis il poussa Innocenty dans la baignoire pleine d’eau, lui enfila dans la bouche un tuyau d’arrosage en caoutchouc et ouvrit l’eau, jusqu’à l’étouffement.

Sur le point de mourir, Innocenty murmura à son compagnon : Je vais vers l’Immaculée, toi, fais ce que tu dois faire.

C’était le 6 juin 1940.

Il fait partie des cent-huit Martyrs polonais béatifiés en 1999.

 

 

Teresina Elsa Mainetti

1939-2000

 

Teresina Elsa Mainetti naquit le 20 août 1939 à Colico (Lombardie, Italie N), deuxième fille de Stefano Mainetti et Marcellina Gusmeroli, qui mourut peu de jours après.

Le papa se remaria et Teresina fut élevée par cette deuxième maman.

Ce n’est pas un secret de confession, de dire que le prêtre lui demanda en confession Et toi, que veux-tu faire de ta vie ? La réponse de Teresina montrait déjà sa «vocation» : De ma vie, je veux faire quelque chose de beau pour les autres.

En 1957, Teresina entra au postulat des Filles de la Croix à Rome, fit sa première profession en 1959 avec le nom religieux de Maria Laura, et la profession solennelle en 1960 à La Puye (Vienne), siège de la maison-mère.

Ses premières activités furent l’enseignement dans les écoles primaires de l’Institut, puis dans d’autres écoles à Vasto (1960), Rome (1962), Chiavenna (1963), Rome de nouveau (1969), Parme (1979) et de nouveau à Chiavenna en 1984.

C’est dans cette dernière communauté qu’en 1987, Maria Laura fut élue supérieure, infatigable et sereine, toujours prête à se retrousser les manches lorsqu’elle découvrait une situation de difficulté quelconque (témoignage des Religieuses).

Au soir du 6 juin 2000 allait se dérouler le drame qui mit fin brutalement à cette belle vie d’enseignement. Vers 22 heures, Maria Laura fut appelée par une jeune fille soi-disant en détresse, mais c’était un véritable traquenard, préparé par trois jeunes filles qui s’adonnaient au culte satanique.

Les trois jeunes filles, âgées de seize à dix-sept ans, insultèrent Maria Laura, l’obligèrent à se mettre à genoux et lui donnèrent des coups avec une brique. Elles prévoyaient ensuite de lui donner chacune six coups de poignard pour former le nombre satanique de 666, mais la frappèrent en réalité de dix-neuf coups de couteau, pour la «sacrifier à Satan». Les dernières paroles de Maria Laura furent : Me voici, Seigneur. Pardonnez-leur.

Les malheureuses meurtrières furent arrêtées et condamnées.

Maria Laura Mainetti sera béatifiée en 2021, et inscrite au Martyrologe le 6 juin.

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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 23:00

05 JUIN

III.

Ss Marcianus, Nicandrus, Apollonius et d’autres, martyrs en Egypte.

Ss Florent, Julien, Cyriaque, Marcellin et Faustin, martyrs à Pérouse.

?

Stes Zénaïde, Cyrie, Valérie, Marcia, vierges martyres à Césarée de Palestine.

IV.

S Dorothée, évêque à Tyr, exilé à Odyssopolis ; il aurait retrouvé son siège après avoir participé au Concile de Nicée, et aurait été martyrisé à cent-sept ans.

S Dorothée le Thébain, anachorète en Egypte ; invité à ménager son corps, il dit : “Il voulait me détruire. Je suis résolu à le détruire.”

S Allyre (Alyre, Illidius), évêque à Clermont ; il guérit la fille de l'empereur Maxime et obtint de ce dernier un allègement d’impôts.

VI.

S Dorothée l’Archimandrite, abbé près de Gaza.

S Eutychius, évêque à Côme.

VIII.

S Genès, comte d’Auvergne ; il refusa l’épiscopat et aida l’évêque (Prix) à fonder une abbaye à Chamalières.

S Austrebert, évêque à Vienne.

Ss Boniface (Winfrid, Winfrith), oblat bénédictin à Exeter, apôtre de la Germanie, évêque à Mayence, martyrisé en Frise avec d’autres compagnons : l’évêque Eoban, Adelar, les prêtres Wintrung et Walther, les diacres Hamund, Sevibald et Bosa, les moines Wacar, Gundaecar, Illehere et Hattowulf.

IX.

B Sanche, originaire d’Albi, emmené captif en Espagne et martyrisé à Cordoue.

XI.

B Meinwerk, évêque à Paderborn, très estimé des empereurs, prélat de haute valeur morale et intellectuelle.

S Dorothée le Jeune, parti au monastère à douze ans, à Amise, pour éviter le mariage ; prêtre, il célébra tous les jours et mourut après soixante-deux ans de sacerdoce.

XII.

S Pietro Spanò, ermite à Ciano.

XIII.

S Franco, bénédictin à Colimento, puis ermite.

XV.

S Fernando du Portugal, prince royal dont la mère refusa d’avorter malgré les conseils de son entourage ; par humilité, il refusa le titre de Grand Maître des Chevaliers d’Aviz et celui de Cardinal ; parti en expédition contre les Maures d’Afrique du Nord, fait prisonnier, il eut des visites d’amis, et de la Sainte Vierge, de s. Michel et de s. Jean ; à sa mort, il fut suspendu par les pieds aux remparts.

XVII.

B Adam Arakawa, catéchiste, laïc japonais martyr, béatifié en 2008. 

XIX.

Ss Luca Vŭ Bá Loan, prêtre, Ɖaminh Toai et Ɖaminh Huyện, pères de famille, martyrs tonkinois, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

XX.

Bse Łucja Szewczyk (Maƚgorzata, 1828-1905), fondatrice polonaise des Filles de la Bienheureuse Vierge Marie des Douleurs (Serafitki), béatifiée en 2013.

Marcianus, Nicandrus, Apollonius d’Egypte

† 303

 

Les trois martyrs ici nommés avaient des Compagnons, dont on n’a pas reçu les noms.

Les Actes ne sont pas sûrs. Ce pouvait être durant la persécution de Galère Maximien, qui appliqua dès 303 les décrets de Dioclétien par la destruction des églises, la confiscation des Livres saints, l’arrestation du clergé, et pour ceux qui refusaient de sacrifier aux dieux païens, la torture, la condamnation à mort ou l’exil.

Il est rapporté que, pour leur foi, nos Héros furent torturés de plusieurs façons, puis enfin attachés en plein soleil à un mur, où on les laissa mourir de soif et de faim.

Saints Marcianus, Nicandrus, Apollonius et leurs Compagnons sont commémorés le 5 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dorothée de Tyr

255-362

 

En ce jour du 5 juin, il y avait quatre Dorothée. On n’en a retenu qu’un dans la dernière édition.

Né vers 255, celui-ci était prêtre ou même évêque à Tyr de Phénicie (auj. Antakya, Turquie CS).

Encore prêtre, il souffrit la persécution sous Dioclétien ; ensuite évêque, sous Julien, il fut exilé à Odyssopolis sur la Mer Noire (Thrace, auj. Varna, Bulgarie).

Il a pu assister au Concile de Nicée (325), mais dut repartir en Thrace, où il subit le martyre, à l’âge de cent-sept ans.

Une ancienne miniature représente Dorothée au moment de son martyre ; on voit un homme qui le frappe sur la tête, d’où jaillit le sang abondamment.

Saint Dorothée de Tyr est commémoré le 5 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Illidius de Clermont

 † 384

 

Illidius (francisé en Allyre, mais aussi en Allirol, Allirand, Illide), fut le quatrième évêque de Clermont, à partir de 370.

Sa sainteté et ses miracles le firent connaître à l’empereur Maximus de Trèves, qui l’appela pour guérir sa fille possédée. Illidius s’y rendit, imposa son doigt sur la bouche de la malade, qui guérit instantanément.

En récompense, plutôt que l’or offert par l’empereur, Illidius obtint pour ses diocésains de payer leur tribut en numéraire plutôt qu’en nature.

C’est en revenant de Trèves, qu’il mourut, en 384.

Les miracles qui se produisirent au tombeau d’Illidius, furent innombrables.

L’église Saint-Allyre de Clermont fut détruite par les révolutionnaires de 1792.

Saint Illidius de Clermont est commémoré le 5 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eutichio de Côme

482-539

 

Eutichio vit le jour en 482.

C’était un homme contemplatif, fervent dans la prière, et doué de réelles qualités pastorales.

En 525, il fut élu évêque de Côme. C’était le huitième à occuper ce siège.

Cependant, il préféra la vie dans son ermitage et, tout en se préoccupant de ses diocésains, vivait hors de la ville, estimé et honoré de tous.

Il mourut à Côme le 5 juin 539.

Les grâces et les miracles se multiplièrent par son intercession.

Saint Eutichio de Côme est commémoré le 5 juin dans le Martyrologe Romain.

Bonifatius de Mayence

672-754

 

Bonifatius était né vers 672 en Angleterre, probablement à Crediton (Exeter, Devon, Wessex), et portait le nom de Wynfreth (qu’on a aussi écrit sous diverses formes : Wynfnith, Winfrid, Winfried).

Tout petit déjà il demanda à son père de le laisser aller chez les Bénédictins ; ce n’est «qu’» à sept ans qu’il fut admis parmi les bons moines d’Exeter, qui ne tardèrent pas à l’envoyer à l’abbaye de Nursling.

Excellent élève, il fut bientôt professeur ; on a conservé de lui une grammaire latine.

Il fut ordonné prêtre vers 702. 

Moine exemplaire, Wynfreth était cependant animé d’un désir missionnaire : porter l’Evangile en Germanie, d’où étaient venus ses lointains ancêtres. La Frise l’attirait, parce que cette région avait déjà été touchée par l’apostolat de saint Willibrord (v. 7 novembre), un autre bénédictin anglo-saxon qui, parvenu en Frise, y avait évangélisé les habitants grâce à l’appui de Pépin d’Héristal, puis s’était retiré au monastère d’Echternach, qu’il avait fondé (actuel Luxembourg).

Wynfreth resta très peu de temps en Germanie. Sa première tentative restait généreuse, mais peu fructueuse encore. Arrivé en 716, il repartit en Angleterre dès 718.

Dans son abbaye de Nursling, on voulut l’élire abbé, mais un autre fut finalement élu, de sorte qu’il se sentit à nouveau appelé à partir en mission en Germanie, mais il voulut cette fois-ci se munir de la bénédiction du pape, et se rendit à Rome.

Grégoire II le reçut très paternellement, l’encouragea, le bénit ; il lui donna un nouveau nom : Bonifatius, car Wynfreth était ainsi appelé à «faire du bien». En 719 donc, Bonifatius repartit en Frise et en Hesse, où il rencontra Willibrord. Dans un nouveau voyage qu’il fit à Rome en 722, Bonifatius reçut l’épiscopat : le pape le nomma évêque et son légat pour la Germanie, sans siège particulier.

C’est à cette période qu’appartient l’épisode du chêne sacré, consacré au culte païen de Thor (ou Donar). Il le fit abattre, pour bien montrer aux habitants que ce dieu n’existait pas et ne pouvait se venger sur la population. Le bois de l’arbre servit à construire une église en l’honneur de Saint Pierre. C’est là que s’élève maintenant la cathédrale de Fritzlar.

Boniface appuyait son travail d’évangélisation sur des monastères qu’il fondait : Amönburg et Fritzlar en Hesse. 

Puis il s’occupa de la Thuringe, où il fonda les abbayes de Ohrdruff (pour les moines), de Kitzingen, Ochsenfurt et Bischoffsheim (pour les moniales). Une des moniales célèbres, qui venait aussi d’Angleterre, fut Lioba (v. 28 septembre).

Le nouveau pape élu en 731, Grégoire III, le soutint aussi. En 732, il le nomma archevêque et lui conféra le pallium, en signe d’union avec Rome et avec le pouvoir de nommer d’autres évêques pour la Germanie. Bonifatius est et restera l’organisateur de l’Eglise en Allemagne.

Désormais, le champ d’action de Bonifatius allait être la Bavière.

La Bavière était déjà chrétienne, grâce à saint Rupert et saint Corbinien (v. 27 mars et 8 septembre), mais pas encore organisée. Bonifatius y réorganisa ou fonda de multiples évêchés : Regensburg (Ratisbonne), Passau, Salzburg, Freising.

Après un nouveau pèlerinage à Rome, Bonifatius retourna, comme avait fait saint Paul, dans les régions où il était passé et fonda ainsi les évêchés de Büraburg près de Fritzlar,, Würzburg, Eichstätt, Erfurt.

Il fonda la très fameuse abbaye bénédictine de Fulda, siège de la Conférence épiscopale allemande.

Bonifatius convoqua des conciles ; il participa à un concile pour les Francs à Soissons (743), où il aurait aussi consacré roi Pépin ; en 747, il fixa son siège archiépiscopal à Mayence, puis il organisa un nouveau voyage apostolique en Frise.

Il y alla avec une solide escorte d’une cinquantaine d’hommes, moines et soldats. Arrivés à Dokkum, ils furent attaqués par une troupe de païens ; Bonifatius eut le crâne fendu d’un coup d’épée. Toute la troupe fut exterminée.

Bonifatius reçut ainsi la couronne du martyre le 5 juin 754. Ses restes furent reportés à Fulda. 

Bien vite il fut vénéré en Germanie, mais aussi en Angleterre, dont il est le troisième protecteur après saint Grégoire le Grand et saint Augustin de Canterbury.

 

 

Adalar d’Erfurt

† 754

 

Adalar (Adolar, Adalher) devait être, de par son nom, de souche germanique.

Il fut gagné par la prédication de s.Bonifatius, qui, d’après une sainte tradition, le consacra premier évêque d’Erfurt vers 742. 

Adalar faisait partie de la dernière expédition apostolique de s.Bonifatius autour de 750.

Avec Eoban, il fut massacré par des Frisons païens, le 5 juin 754, près de Dokkum. 

Le diocèse d’Erfurt fut ensuite réuni à celui de Mayence.

Saint Adalar d’Erfurt est commémoré le 5 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bosa

† 754

 

Bosa était un diacre.

Voir la notice Eoban d’Utrecht, dont Bosa fut le compagnon de martyre.

Saint Bosa est commémoré le 5 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eoban d’Utrecht

† 754

 

Eoban était un prêtre anglais qui avait accompagné s.Bonifatius en Germanie.

On a écrit dans la notice de s.Bonifatius que ce dernier, une fois installé en 747 à Mayence, organisa un nouveau voyage apostolique en Frise et qu’il y alla avec une solide escorte d’une cinquantaine d’hommes, parmi lesquels Eoban et Adelar, les prêtres Wintrung et Walther, les diacres Hamund, Sevibald et Bosa, les moines Wacar, Gundaecar, Illehere et Hattowulf.

Il se peut que Bonifatius ait ordonné Eoban troisième évêque d’Utrecht en 753, après Willibrord et Wera.

Eoban se trouvait avec ses dix Compagnons près de Dokkum et s’apprêtait, avec Bonifatius, à conférer le sacrement de Confirmation à des fidèles récemment baptisés. Mais une bande de païens s’abattit sur eux et les massacra.

Saint Eoban d’Utrecht est commémoré le 5 juin dans le Martyrologe Romain, le même jour que s.Bonifatius.

 

 

Gundaecar

† 754

 

Gundaecar (Gundecarus) était un moine, comme s.Bonifatius, qui fut peut-être son maître.

Voir la notice Eoban d’Utrecht, dont Gundaecar fut le compagnon de martyre.

Saint Gundaecar est commémoré le 5 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hamund

† 754

 

Hamund (Amundus) était un diacre.

Voir la notice Eoban d’Utrecht, dont Hamund fut le compagnon de martyre.

Saint Hamund est commémoré le 5 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hattowulf

† 754

 

Hattowulf (Atevulfus) était un moine, comme s.Bonifatius, qui fut peut-être son maître.

Voir la notice Eoban d’Utrecht, dont Hattowulf fut le compagnon de martyre.

Saint Hattowulf est commémoré le 5 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Illehere

† 754

 

Illehere (Ellurus) était un moine, comme s.Bonifatius, qui fut peut-être son maître.

Voir la notice Eoban d’Utrecht, dont Illehere fut le compagnon de martyre.

Saint Illehere est commémoré le 5 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sevibald

† 754

 

Sevibald (Sevibaldus) était un diacre.

Voir la notice Eoban d’Utrecht, dont Sevibald fut le compagnon de martyre.

Saint Sevibald est commémoré le 5 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wacar

† 754

 

Wacar (Vaccarus) était un moine, comme s.Bonifatius, qui fut peut-être son maître.

Voir la notice Eoban d’Utrecht, dont Wacar fut le compagnon de martyre.

Saint Wacar est commémoré le 5 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Walther

† 754

 

Walther (Walter, Gualterius) était un prêtre.

Voir la notice Eoban d’Utrecht, dont Walther fut le compagnon de martyre.

Saint Walther est commémoré le 5 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wintrung

† 754

 

Wintrung était un prêtre.

Voir la notice Eoban d’Utrecht, dont Wintrung fut le compagnon de martyre.

Saint Wintrung est commémoré le 5 juin dans le Martyrologe Romain.

Sanche

† 851

 

Sanche (en latin Sanctius, sans doute dérivé de Sanctus, Saint) était originaire d’Albi. Enfant il fut capturé par des Musulmans et emmené à la cour du khalife de Cordoue, Abdérame II.

Tout soldat du khalife qu’il était, il ne cachait pas sa foi chrétienne. En 851, une persécution le condamna au supplice du pal, qu’il subit au Campo de la Verdad (le Champ de la Vérité).

Ce supplice était pratiqué déjà par les Assyriens, et consistait à “embrocher” la victime sur un pieu qui le traversait depuis le séant et ressortait soit sous le sternum, soit aux épaules, soit par la bouche. 

On imagine la cruauté vraiment barbare des bourreaux et des persécuteurs qui pensaient ainsi se débarrasser des Chrétiens.

Beaucoup de martyrs furent exécutés à Cordoue, par différents genres de supplices, tant que cette ville espagnole fut sous la domination de l’Islam, c’est-à-dire pendant cinq siècles, jusqu’à la libération apportée par le pieux roi Fernando III (v. 30 mai). Pour le seul mois de juin, le Martyrologe Romain en retient seize. 

Sanche, bienheureux, est commémoré le 5 juin.

 

 

Pietro Spanò

12e siècle

 

Pietro Spanò naquit en Calabre : on a parlé de Ciano, ou d’Arena, ou de Torre Spatola.

Il entra dans l’ordre basilien (de rite oriental), qui s’implanta dans le sud de l’Italie, et s’illustra par ses grandes vertus monastiques : vie solitaire, pauvreté absolue, prière et mortification intense.

Il fonda le monastère de Ciano, après avoir été largement «récompensé» par le comte d’Arena, guéri par ses prières.

Pietro mourut une année et un jour non précisés ; le Martyrologe le mentionne au 5 juin.

 

 

Franco de Colimento

† 1275

 

Franco était né à Castel Regni (Abruzzes, Italie CE).

Il entra au monastère bénédictin de Colimento, y vécut vingt-deux années avant de se retirer dans une grotte où il passa ses quinze dernières années, près de Asserigo.

Il mourut en 1275, le 5 juin d’après le Martyrologe.

 

 

Fernando de Portugal

1402-1443

 

Fils du roi Joan Ier de Portugal et de l’anglaise Philippa de Lancastre, il naquit le jour de la fête de l’Archange saint Michel, le 29 septembre 1402 à Santarem.

Au moment de la naissance, qui s’annonçait difficile, sa mère refusa énergiquement de perdre son enfant, qui naquit en bonne santé.

Philippa éleva ce fils dans le goût pour la liturgie. Fernando suivait l’office divin, se levait la nuit, jeûnait souvent. Il conserva jalousement la sainte chasteté.

Nommé contre son gré grand maître des chevaliers d’Aviz, il refusa humblement la dignité cardinalice que lui proposait le pape.

Enthousiasmé par l’idée d’une croisade contre les Maures d’Afrique, il convainc le roi son frère, s’embarque, déjà malade, pour Ceuta où il aborde avec des effectifs beaucoup trop insuffisants. 

Battus, les Portugais sont faits prisonniers. Fernando est de ceux-là. D’abord traité avec égard, car les Maures espèrent obtenir des avantages conséquents, il est ensuite relégué au fond d’une prison infecte, à Fez, condamné à servir comme jardinier et comme balayeur des écuries.

N’en ayant rien à obtenir, les Maures relâchèrent la contrainte et permirent quelques visites d’amis, un confesseur, un médecin.

D’autres visiteurs s’invitèrent, sans autorisation aucune : la Vierge Marie et la cour céleste, saint Michel Archange, saint Jean l’Evangéliste.

Les négociations avec le Portugal n’ayant pas abouti, Fernando reste et meurt en prison après quinze mois douloureux, le 5 juin 1443, énième victime de l’Islam.

Ses amis lui prélevèrent le cœur, que rapporta au Portugal le fidèle Alvarez ; c’est de ce dernier, libéré en 1451, que nous tenons tous ces détails sur l’Infant de Portugal Fernando.

Sur place, à Fez, le gouverneur fit pendre ignominieusment Fernando par les pieds aux portes de la ville.

Finalement, les restes du Prince seront rapportés en 1463 en l’église monastique de Notre-Dame de Batalha, en Estremadure.

La devise de Fernando était (en français) : “Le bien me plaît”.

Ce Bienheureux n’est pas recensé dans le Martyrologe.

 

 

Adam Arakawa

1551-1614

 

Adam était un villageois de l’île de Chichi (Îles Bonin, Japon). Il était né vers 1551 à Arima (Hyōgo, Japon).

Les missionnaires lui confièrent la responsabilité de baptiser les enfants, de visiter les malades et d’enterrer les morts.

La persécution païenne s’étant déclarée, Adam fut arrêté.

Le vendredi avant le dimanche des Rameaux, les païens le dévêtirent, le firent déambuler par les rues et l’attachèrent entre deux colonnes. Il resta ainsi pendant huit jours, durant toute la Semaine Sainte, puis fut remis aux arrêts.

Pendant ce temps, son épouse, la chinoise Maria, avait apostasié sous l’effet des tortures, et son mari la persuada de revenir à la foi.

Ses tortures n’étaient pas finies. Les bourreaux lui amputèrent un à un les doigts et les orteils. Il leur répondit qu’il était prêt à souffrir n’importe quoi pour l’amour de Dieu et pour expier ses péchés.

Peu après, il reçut une vision de la Sainte Vierge, qui portait une croix dans ses mains. Adam pressentit alors son prochain martyre.

Le 5 juin 1614, il fut décapité. Des témoins païens affirmèrent qu’au moment où la tête d’Adam se détachait de son corps, on l’entendit prononcer deux fois le nom de Jésus.

Il a été béatifié parmi cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Luca Vŭ Bá Loan

1756-1840

 

Luca était né vers 1756 à Trại Bút (Phú Đa, Vietnam). Personne ne se souvenait de ses parents ; seulement, on savait qu’il avait étudié la théologie près de Thăng Long.

Il fut arrêté en janvier 1840 à Kế-Chuông et, à cause de son grand âge (quatre-vingt quatre ans), il fut assez bien traité dans la prison.

Il fut condamné toutefois à la peine capitale et fut décapité à Hanoï le 5 juin 1840.

Il a été béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Đaminh Toai

1811-1862

Đaminh Huyện

1817-1862

 

Ces deux Martyrs vietnamiens ont eu une existence très semblable, d’après les rares renseignements qu’on peut en trouver.

Ils naquirent à peu d’années près à Đong Thành (Thái Bình, Vietnam), l’un vers 1811, l’autre vers 1817, et portaient le même prénom, Đaminh (Dominique).

Ils étaient tous deux pêcheurs et mariés.

Condamnés à mort, ils furent brûlés vifs le même jour à Nam Định, le 5 juin 1862.

Ils furent béatifiés ensemble, en 1951, et canonisés ensemble, en 1988.

Łucja Szewczyk

1828-1905

 

Née vers 1828 à Szepetówka (Pologne, aujourd'hui en Ukraine), Łucja fut toute jeune orpheline et fut élevée par une demi-sœur.

A vingt ans, elle entra dans le Tiers-Ordre franciscain, sans pouvoir intégrer vraiment une congrégation, en raison de la situation politique.

En 1870, après un pèlerinage en Terre Sainte, elle voulut se consacrer aux pauvres, aux vieillards et aux malades.

Au début, elle soigna chez elle deux femmes âgées, mais discrètement, car toute activité charitable était strictement interdite.

D'autres jeunes femmes ayant exprimé le désir de s'associer à son travail, elle acquit un peu plus tard une maison avec jardin et, les circonstances le permettant, fonda la congrégation des Filles de la Bienheureuse Vierge Marie des Douleurs, surnommées Serafitki.

Elle-même y prit le nom de Małgorzata (Marguerite) et dirigea l'œuvre naissante pendant vingt années. Elle fut désormais considérée comme la mère des pauvres et des orphelins.

Toute sa vie, elle se dédia courageusement aux nécessités des autres, tout particulièrement des enfants des orphelinats, des vieillards des maisons de retraite, des malades des hôpitaux.

Les derniers mois, elle se trouvait dans le couvent de Nieszawa (Pologne).

Elle mourut le 5 juin 1905 et a été béatifiée en 2013.

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3 juin 2021 4 03 /06 /juin /2021 23:00

04 JUIN

I.

S Clatæus, premier évêque à Brescia et martyr.

IV.

S Quirinus, évêque à Sisak et martyr.

?

Ste Saturnine, vierge de Germanie réfugiée près de Arras pour échapper au mariage, mais retrouvée et assassinée par son prétendant.

S Metrophanios, évêque à Constantinople, après son frère et leur père.

S Optatus, évêque à Milève, précurseur de s. Augustin dans la lutte contre les donatistes.

V.

S Ninnoc, abbé (ou abbesse) en Bretagne.

VI.

S Petroc, gallois venu en Cornouaille, où il fonda un monastère ; il est un des patrons de Cornouaille. 

VIII.

S Gualtiero, abbé à Servigliano.

X.

S Adegrin, anjevin venu à l’abbaye de Baume puis à Cluny comme anachorète.

XI.

Ss Nicoló et Trano, ermites en Sardaigne.

XV.

B Pacifico Ramati de Cerano, franciscain.

XVII.

S Ascanio (Francesco) Caracciolo, fondateur d’une famille religieuse à Naples, très dévôt de l’Eucharistie.

XX.

S Filippo Smaldone (1848-1923), napolitain qui consacra bonne partie de son activité aux enfants sourds-muets (congrégation des Salésiennes des Sacrés-Cœurs) ; il fonda aussi la Ligue eucharistique des prêtres adorateurs et des Dames adoratrices ; béatifié en 1996, canonisé en 2006.

B Antoni Zawistowski (1882-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

Bx José María Gran Cirera (*1945), prêtre espagnol des Missionnaires du Sacré-Cœur, et son sacristain Domingo del Barrio Batz (*1951), martyrs assassinés en 1980 au Guatemala, béatifiés en 2021.

Clatæus de Brescia

1er siècle

 

Saint Clatæus est considéré traditionnellement comme le premier évêque de Brescia (Italie N), et aurait été martyrisé sous Néron. On situe donc sa mort en l’an 64, l’année où l’empereur déclencha une terrible persécution contre les Chrétiens, rendus responsables de l’incendie qui détruisit Rome.

Les historiens se heurtent cependant à un problème de datation, concernant les évêques successifs de Brescia. 

L’évêque de Brescia qui signe les actes du concile de Sardique, est donné comme le cinquième évêque de cette ville. Le concile eut lieu en 343, ce qui fait que, de Clatæus à ce concile, quatre évêques se seraient succédé sur le siège épiscopal, pour une moyenne de plus de soixante-dix années chacun.

Certes, une telle longévité s’est bien vérifiée dans le cas de saint Remi de Reims, mais un fait aussi exceptionnel n’a jamais été mentionné pour les évêques de Brescia. 

On pourrait plutôt supposer qu’il y eut une assez longue vacance du siège, ou aussi que Brescia ait pu être temporairement réunie à Milan.

Saint Clatæus était mentionné au 4 juin dans l’ancien Martyrologe, mais ne l’est pas dans l’actuel.

 

 

Quirinus de Sisak

† 309

 

Au 4e siècle, on ne connaît que trois évêques de la ville de Siscia (act. Sisak, Croatie), Quirinus, Marcus et Constantius.

Quirinus serait donc peut-être le premier évêque de cette ville, au début du 4e siècle.

Arrêté et interrogé par un magistrat local, il fut envoyé au gouverneur Amantius, qui le réexpédia à Sabaria (act. Szombathely, Hongrie, la ville natale de s.Martin, v. 11 novembre).

Ferme dans la Foi, Quirinus fut condamné à être jeté dans le fleuve, une meule de moulin au cou. D’après le poète Prudence, l’évêque ne fut pas immédiatement englouti dans les eaux du fleuve, et eut même le temps d’exhorter les fidèles à conserver la foi reçue, puis aurait alors péri noyé, le 4 juin 309.

Les reliques en seraient arrivées à Rome, et actuellement à Sainte-Marie-du-Transtévère.

Saint Quirinus de Sisak est commémoré le 4 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Metrophanios de Constantinople

† 325

 

Le père de Metrophanios était le frère de l’empereur Probus († 282) ; s’étant converti au christianisme, il vint à Byzance ; son amitié avec l’évêque Titus le fit choisir pour lui succéder.

Or il avait deux fils, Probus et Metrophanios. Le premier succéda à son père pendant douze ans, Metrophanios ensuite, en 306.

C’était donc à l’époque de l’empereur Constantin. On a dit que c’était le prestige de Metrophanios qui conduisit Constantin à choisir Byzance pour y fonder la nouvelle Rome, Constantinople.

Agé et malade, Metrophanios ne put qu’envoyer un de ses prêtres pour le représenter au concile de Nicée (325), et il mourut peu après.

Les informations reçues n’étant pas absolument concordantes, il faudra peut-être avancer la date de la mort de Metrophanios d’une dizaine d’années.

Saint Metrophanios de Constantinople est commémoré le 4 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Optatus de Milève

320-385

 

Optatus naquit vers 320, peut-être à Milève déjà (Numidie, auj. Mila, Algérie), fils de militaire.

Sa première enfance fur païenne ; après son baptême, il s’orienta vers la vie consacrée et devint évêque de sa ville.

Son grand combat fut contre le donatisme, cette doctrine pleine d’erreurs répandue par Donat. Il y avait un évêque donatiste à Milève même, et un primat à Carthage. Optatus s’éleva courageusement contre eux.

Son ouvrage en plusieurs livres contient des raisonnements et des arguments que reprit s.Augustin au siècle suivant, ainsi que s. Jérôme, s.Ambroise, s.Fulgence de Ruspe (v. 28 août, 30 septembre, 7 décembre, 1er janvier).

Optatus n’est pas polémique ; il a des arguments forts, des expressions vives, mais qui cherchent à faire réfléchir ses adversaires, à leur faire comprendre leur erreur et la Vérité.

Il mourut vers 385. 

Saint Optatus de Milève est commémoré le 4 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nicoló et Trano de Sardaigne

5e siècle

 

Les deux ermites Nicoló et Trano vinrent au 5e siècle se fixer en Sardaigne, dans les montagnes de la Gallura.

Leur style de vie, leur parole, leur exemple, frappa la population qui les vénéra spontanément.

Ce qu’on a écrit d’eux ci-dessus provient d’un article spécialisé, qui situe les deux saints ermites à cette date très ancienne. C’est qu’effectivement au 5e siècle furent exilés en Sardaigne un certain nombre de Chrétiens, évêques et moines, qui ne manquèrent pas de reprendre et poursuivre l’œuvre évangélisatrice de leurs prédécesseurs.

Le Martyrologe Romain cependant les mentionne laconiquement avant le 12e siècle, ce qui a été respecté dans notre présentation du martyrologe. 

Les saints Nicoló et Trano sont commémorés le 4 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Petroc de Galles

† 564

 

Les faits qui vont être racontés s’appuient certainement sur des réalités historiques. En outre, Jésus n’a-t-il pas promis à ses apôtres : Celui qui croit en moi fera lui aussi les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes (Jn 14:12) ?

Petroc était fils d’un roi du Pays de Galles, nommé Glywys ou Glywysing. Sa sœur s’appelait Gwynllyw.

Il aurait étudié en Irlande et aurait été le professeur de s.Kevin (v. s.Coemgen, 3 juin). Quand mourut son père, Petroc prit l’habit monastique avec soixante nobles et passa en Irlande, puis en Cornouaille.

Ce fut l’occasion pour Petroc de faire surgir une source d’un rocher, comme Moïse au désert (cf. Ex 17:5-6).

Il rencontra s.Samson (v. 28 juillet) et l’évêque Wethinoc et s’établit dans son diocèse pendant trente ans. Le monastère de Padstow, qui porte son nom (Pedroc-stowe ou Petrock’s Place, fut peut-être celui-là même qu’il fonda. Il se serait ensuite retiré à Bodmin.

Puis il fit le pèlerinage à Rome, à Jérusalem, et de là poussa jusqu’en Inde, d’où une mystérieuse nacelle l’enleva sur une île déserte ; nouveau s.Jean à Patmos, il y contempla sept années durant les mystères célestes.

Ramené en Cornouaille par le même moyen de transport, il retrouva ses compagnons.

Parmi les signes accomplis par Petroc, il y eut la résurrection d’un mort, la guérison de malades, l’apprivoisement d’une bête sauvage. Il sauva aussi un daim et convertit le chasseur qui le poursuivait, Constantine.

Petroc s’endormit dans le Seigneur, pense-t-on, vers 564, et devint le patron de la Cornouaille. 

La dévotion bretonne vénère saint Perreux, notre s.Petroc francisé.

Saint Petroc de Galles (ou de Cornouaille) est commémoré le 4 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gualtiero de Servigliano

8e siècle

 

Notre Gualtiero ne doit pas être confondu avec un homonyme de la même époque, mais martyr en Frise et fêté le 5 juin (v. s.Walter).

Gualtiero, le nôtre donc, vécut à Servigliano (Marches, Italie CE), mais il est très difficile de trouver des renseignements sur sa personne.

Il n’est pas sûr qu’il soit né à Servigliano, mais on sait qu’il vint s’y installer avec un autre prêtre nommé Armando (ou Armeno).

Il semble qu’après s’être d’abord fixé dans la vallée Marana, il ait fondé un monastère près de l’église Saint-Marc et qu’il y soit devenu abbé.

La communauté s’occupait des malades.

Gualtiero mourut là, chargé de mérites et rempli de vertus.

Au moment de sa mort, on vit briller sur sa tête une croix lumineuse.

Il est vraisemblable que Gualtiero fut hautement estimé et admiré pour les saintes actions qu’il effectua, car la dévotion du peuple fut unanime et durable, jusqu’à nos jours.

La date du 8e siècle n’est pas plus certaine ; des historiens retardent l’existence de l’abbé Gualtiero au 13e siècle.

Saint Gualtiero di Servigliano est commémoré le 4 juin dans le Martyrologe Romain (qui le place au 8e siècle).

Pacifico Ramati

1426-1482

 

Pacifico Ramati naquit vers 1424 à Cerano (Novare, Piémont, Italie NO).

En réalité, on ne connaît ni son prénom de baptême ni son nom de famille. Des recherches ont abouti à la lignée des Ramati.

Très jeune orphelin, il fut élevé par les Bénédictins et, adolescent, opta pour les Frères Mineurs franciscains, dans leur monastère de San Nazario della Costa. C’est là qu’il prit le nom de Pacifico

Après avoir été ordonné prêtre, il fut envoyé, croit-on, à la Sorbonne où il fut reçu docteur en théologie ; on a conjecturé que c’était à Oxford ou à Bologne.

De retour en Italie, il se révéla excellent prédicateur, au point qu’on le surnomma orateur apostolique très célèbre, de la classe d’un Bernardino de Sienne (v. 20 mai). Il prêcha surtout en Piémont et en Lombardie. En 1472, il fut envoyé en Sardaigne, mais en alternance avec le Piémont, car il fut chargé aussi, la même année, de l’érection d’un couvent à Vigevano.

Il publia en 1474, en langue italienne pour être à la portée du plus grand nombre, un ouvrage de théologie morale à l’usage des confesseurs et qu’il intitula très humblement : Opereta dicta Sumula ovvero Sumeta de pacifica conscientia (Œuvrette, dite Petite Somme ou Sommette de la conscience pacifique, les mots italiens étant ici difficiles à traduire). L’ouvrage fut très répandu sous le titre de Somme Pacifique. L’ouvrage connut seize réimpressions.

En 1478, il fut envoyé au chapitre de Pavie, en 1481 à celui de Ferrare, puis en Sardaigne comme commissaire et comme prédicateur contre l’Islam, après que Mahomet II eut envahi l’île. Mais Pacifico ne put partir tout de suite, car il souffrait de podagre. Son séjour en Sardaigne, cette fois-ci, fut bref. 

Frère Pacifico mourut à Sassari (Sardaigne), le 4 juin 1482 d’après le Martyrologe, et son culte fut approuvé en 1746.

 

 

Ascanio Caracciolo

1563-1608

 

Ascanio Caracciolo vit le jour le 13 octobre 1563 à Villa Santa Maria (Abruzzes, Italie), de Ferrante et Isabella Barattucci, d’excellents chrétiens de familles nobles.

Dès l’enfance, Ascanio eut une grande dévotion envers l’Eucharistie et la Sainte Vierge ; chaque samedi, il jeûnait ; il prenait sur sa nourriture pour donner aux pauvres, et demandait à son père d’autres subsides pour les aider.

En 1573, saint Luis Bertrán lui aurait prédit qu’il fonderait une famille religieuse prospère, mais il ne semble pas que ce Saint se fût trouvé en Italie à cette date, sauf s’il apparut à Ascanio, qui avait alors dix ans.

Il avait vingt-deux ans lorsqu’il fut frappé d’une grave maladie (peut-être l’éléphantiasis, qui rend le visage ou les membres difformes), durant laquelle il promit à Dieu de quitter le monde s’il guérissait ; sa guérison eut tout du miracle. 

Il vint à Naples pour étudier la théologie ; il passait son temps libre dans les églises les moins fréquentées, pour s’adonner à ses dévotions plus secrètement.

En 1587, il fut ordonné prêtre. En 1588, il entra dans la congrégation des Blancs (Bianchi), des hommes qui s’occupaient particulièrement des prisonniers, et des condamnés à mort, les préparant à leurs derniers instants avant de comparaître devant le Juge divin. Il est dit qu’il guérit aussi plusieurs malades par un simple signe de croix sur le front.

Là-dessus, un Gênois nommé Adorno, qui voulait fonder un institut de Religieux mi-actifs mi-contemplatifs, envoya une invitation à un certain Ascanio Caracciolo, parent homonyme du nôtre ; mais la lettre arriva véritablement à notre Ascanio, qui la reçut avec joie.

Ils écrivirent une première règle, qui fut tout de suite approuvée par le pape : outre les vœux habituels de pauvreté, chasteté et obéissance, ils s’engageaient à ne jamais rechercher de dignité dans l’Eglise. Ils pensaient ouvrir des collèges, des ermitages, et organisèrent l’Adoration eucharistique perpétuelle. Ils étaient des Clercs Réguliers Mineurs et on leur donna le nom de Caracciolini.

Ils firent leur première profession en 1589, dans l’église des Bianchi de Naples. C’est alors qu’Ascanio prit le nom de Francesco, par dévotion au Saint d’Assise. Souverainement humble, il signa désormais ses lettres Francesco, pécheur.

Lors d’un premier voyage en Espagne, Ascanio-Francesco reçut d’un chartreux et d’un carme la prédiction de la future prospérité de son ordre.

En 1591, l’institut fut confirmé par décret papal.

En 1593, François fut élu général perpétuel, mais sur sa demande instante, il ne fut élu que pour trois ans. De son côté, il multipliait les pénitences, ne dormant que quelques heures, et méditant la Passion du Sauveur.

Un deuxième voyage en Espagne lui permit d’ouvrir une maison à Madrid (1594). Dans l’intervalle, une maison s’ouvrit à Rome, et le pape prolongeait d’un an sa charge de général.

En 1597, il fut réélu général, mais en 1598 il fut maître des novices et, en 1601, partit une troisième fois en Espagne avec quelques Compagnons pour y ouvrir deux maisons, à Valladolid et à Alcalá.

Il arriva là-bas qu’en chemin, n’en pouvant plus, il s’écroula de fatigue sur le bord de la route ; un jeune cavalier l’aborda et le prit sur sa monture ; arrivés à destination, Francesco allait le remercier mais, le temps de se retourner, cheval et cavalier avaient disparu.

Francesco était si enflammé d’amour pour le Saint-Sacrement, qu’on le surnomma le Prédicateur de l’Amour Divin. Il lui arriva pendant la Messe de verser des larmes abondantes et ensuite de demander pardon aux fidèles pour le scandale qu’il leur avait procuré - alors que ces fidèles en étaient très édifiés.

François eut le don du discernement des esprits, de prophétie ; à certains, il annonça leur vocation religieuse, à d’autres au contraire la perte de la foi…

Il revint à Rome en 1604, et devait ouvrir une nouvelle maison à Agnone en 1608, mais il comprit qu’il allait finir ses jours. Il recommandait aux prêtres qui l’entouraient de célébrer chaque jour la Messe. Durant son agonie, il ne répétait plus que Jésus, Marie. Quand il s’exclama Allons, allons !, on lui demanda Où ? et il répondit Au ciel, au ciel !

C’est ainsi qu’il s’éteignit le 4 juin 1608.

A l’autopsie de son corps, on trouva autour du cœur cette inscription : Le zèle de ta maison me consume (Ps 68:10). Le premier miracle obtenu par son intercession, se vérifia lors de ses funérailles, le 11 juin 1608, quand un malheureux tout tordu se redressa complètement.

François Caracciolo fut béatifié en 1770 et canonisé en 1807.

Il y a actuellement encore une quinzaine de maisons de Caracciolini en Italie, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Congo, aux Philippines et en Inde.

 

 

Filippo Smaldone

1848–1923

 

Filippo Smaldone vécut durant une période pleine de tensions. Il naquit à Naples le 27 juillet 1848, année de la fameuse «insurrection de Naples», aîné des sept enfants d’une famille profondément chrétienne.

Grâce à son curé, il put recevoir la Première communion dès dix ans (c’était précoce, pour l’époque).

Il n’avait que douze ans à la chute politique de la monarchie des Bourbon, auxquels sa famille était fortement liée ; au moment de la conquête de Garibaldi, l’Eglise napolitaine vécut des moments dramatiques, spécialement avec l’exil de son archevêque, le Cardinal Sisto Riario Sforza.

L’année de la Confirmation (1862), Filippo prit la décision irrévocable de se faire prêtre et de s’engager pour toujours au service de l’Église. Encore étudiant en philosophie, il voulut se consacrer à l’assistance des sourds-muets. C’est vers la fin des années soixante en effet qu’il rencontra une pauvre maman avec dans les bras son petit garçon sourd-muet. Son activité caritative retarda même un peu ses études et donc l’accès aux premiers Ordres. A cela s’ajoute qu’on le jugea «très peu doué» pour les études. 

Cependant, l’archevêque, qui l’appréciait énormément pour ses qualités spirituelles, tint à l’ordonner prêtre : sous-diacre en 1870, diacre et prêtre en 1871, avec la dispense d’âge canonique de quelques mois, car il n’avait pas atteint les 24 ans exigés pour le sacerdoce. On imagine la joie indicible qu’il ressentit au fond de son cœur plein de bonté et de douceur.

Dès son ordination sacerdotale, il commença un fervent ministère, comme catéchiste, comme collaborateur dévoué dans plusieurs paroisses, spécialement de la paroisse Sainte-Catherine in Foro Magno, auprès des malades dans des cliniques, dans des hôpitaux et chez des particuliers. 

En 1880, il participa au premier congrès des éducateurs de sourds-muets et, l’année suivante, fut nommé aumônier de l’institut des sourds-muets de Bari. 

La plus grande charge pastorale de Don Filippo Smaldone devint ainsi l’éducation des pauvres sourds-muets, auxquels il aurait voulu consacrer toute son énergie, avec des méthodes plus appropriées que celles qu’il voyait utiliser par d’autres éducateurs. Il souffrait beaucoup de constater que, malgré tous les efforts faits par beaucoup, l’éducation humaine et chrétienne de ces malheureux, considérés souvent comme des païens, ne portaient pas de fruits.

Il envisagea aussi un moment de partir comme missionnaire dans les missions étrangères, mais son confesseur l’en dissuada. Dès lors, il se consacra totalement à l’apostolat parmi les sourds-muets : il alla vivre pour toujours parmi un groupe de prêtres et de laïcs, qui avaient l’intention de constituer une Congrégation de Prêtres Salésiens et projeta de réaliser une institution durable, capable de se consacrer aux soins, à l’instruction et à l’assistance, humaine et chrétienne, de ceux qui sont atteints de surdité.

Par sa charité, il parvint au sommet de la générosité et de l’héroïsme au moment d’une grave épidémie de choléra qui frappa la ville de Naples en 1884 ; il tomba lui-même malade jusqu’à l’épuisement et il fut sur le point de perdre la vie ; certains annoncèrent même sa mort et l’on célébra des messes pour le repos de son âme ; mais entre temps don Filippo s’était remis pleinement : il était persuadé que cette guérison était due à Notre-Dame de Pompei, pour laquelle il eut toute sa vie une dévotion particulière. 

Le 25 mars 1885, il partit pour Lecce, afin d’ouvrir, avec Don Lorenzo Apicella, un Institut pour sourds-muets. Il y fit venir quelques pieuses femmes, que lui-même avait formées, et il jeta ainsi les bases de la Congrégation des Sœurs Salésiennes des Cœurs Sacrés qui, ayant reçu la bénédiction et les encouragements des évêques successifs de Lecce, eut un développement rapide et important.

En raison du nombre croissant de personnes à accueillir et à assister, l’Institut de Lecce, comprenant des branches féminines et masculines, eut de plus en plus de maisons. En 1892, fut créé l’Institut de Bari, en 1895 une école pour filles à Trepuzzi, en 1898 une maison à Rome. En 1902, don Filippo put acquérir le célèbre ancien couvent des Carmélites Déchaussées, qui devint la résidence définitive et la Maison Mère de l’Institut.

Le Père Smaldone ne savait pas dire non à la demande de nombreuses familles pauvres ; aussi, commença-t-il à accueillir, en plus des sourds-muets, des filles aveugles, de petites filles orphelines et abandonnées. 

En 1905, il fut décoré par le pape de la Croix Pro Ecclesia et Pontifice, et nommé chanoine de la cathédrale de Lecce.

Malgré les rudes épreuves dont elles eurent à souffrir, soit de l’extérieur soit à l’intérieur même de l’Institut, l’Œuvre et la Congrégation connurent un développement discret, mais s’affermirent. A Lecce, le fondateur eut à mener une lutte acharnée contre l’administration communale très laïque et opposée à l’Église. 

Au sein de la Congrégation, il vécut avec amertume la délicate et complexe histoire de succession de la première Supérieure Générale, succession qui provoqua une longue Visite Apostolique. Ces deux événements révélèrent l’âme vertueuse du Père Smaldone, et il fut évident que sa fondation était voulue par Dieu, qui purifie par la souffrance les œuvres nées en son nom et ses fils les plus chers.

A Lecce, le père Smaldone recouvrit la fonction de directeur de l’Institut et de fondateur des Sœurs Salésiennes ; il fut un confesseur assidu et estimé de prêtres, de séminaristes, et de plusieurs communautés religieuses ; il fonda aussi la Ligue Eucharistique des Prêtres Adorateurs et des Dames Adoratrices ; il fut encore Supérieur de la Congrégation des Missionnaires de Saint François de Sales pour les Missions populaires. 

Il termina ses jours à Lecce, supportant avec une sérénité admirable un diabète associé à des complications cardiaques et circulatoires et à une sclérose qui se généralisait. Le 4 juin 1923 à 21 heures, après avoir reçu le soutien spirituel et la bénédiction de son archevêque, il mourut saintement à l’âge de 75 ans, entouré de plusieurs prêtres, de sœurs et de sourds-muets.

C’est donc en ce jour que le Martyrologe le commémore.

Cet apôtre de la charité a été béatifié en 1996, et canonisé en 2006.

Antoni Zawistowski

1882-1942

 

Ce prêtre polonais est né le 10 novembre 1882 à Strumiany, près Wielkopolskie (Pologne).

Vice-recteur et professeur de théologie à Lublin (1918-1929), il présidait l’Action Catholique à Lublin et collaborait étroitement avec le père Maximilien Kolbe.

Arrêté par les Nazis en novembre 1939 et déporté à Dachau, il s’efforça d’y continuer son apostolat auprès des déportés, malgré la surveillance étroite, malgré les vexations multiples. 

Ses camarades de détention se souvinrent de ses paroles : Nous sommes ici pour la foi, l’Eglise et la Patrie, et nous donnons consciemment notre vie.

Il mourut des conséquences des mauvais traitements, et s’éteignit le 4 juin 1942, jour où il est commémoré au Martyrologe, tandis qu’il est fêté le 13 juin parmi les cent-huit Martyrs polonais béatifiés en 1999.

 

 

José María Gran Cirera

1945-1980

 

José María Gran Cirera naquit le 27 avril 1945 à Barcelone (Catalogne, Espagne NE) dans une humble famille dont le père était employé dans une compagnie de comptables. Sa sœur s’appelait María Concha.

En 1965, il entra au noviciat des Missionnaires du Sacré-Cœur à Canet de Mar où, en 1966, il fit profession.

En 1972, il fut ordonné prêtre à Valladolid.

Son premier poste fut à Valence et, en 1975 et sur sa demande, il fut envoyé au Guatemala.

Il fut en charge à Santa Cruz de Quiché (1975-1978), puis quelques mois à Zacualpa.

En 1978, il fut nommé vicaire de San Gaspar de Chajul, un secteur peuplé de gens pauvres, décimés par la répression militaire. Son curé se déchargeait sur lui des tâches trop dures pour lui, profitant de l’enthousiasme de José María.

Fidèle à ses engagements, le père José María n’abandonna pas son troupeau. Etant proche des pauvres, il était accusé de militer dans la guérilla contre les forces militaires.

De retour d’une visite dans un village de son secteur, il fut assassiné avec son sacristain, Domingo del Barrio Batz, le 4 juin 1980. Les assassins  remplirent ensuite les sacs à dos des deux victimes avec des tracts de propagande pro-guérilla, pour faire croire à la presse internationale que le prêtre et son sacristain travaillaient dans la subversion anti-gouvernementale.

Quand les villageois vinrent ramasser les restes des Martyrs, ils trouvèrent un bras et une main du prêtre à quelques mètres de son corps. Les assassins avaient aussi profané l’ornement utilisé par le prêtre pour célébrer la Messe, en le maculant d’inscriptions anti-gouvernementales.

José María Gran Cirera devrait être béatifié en 2021, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, et inscrit au Martyrologe le 4 juin.

 

 

Domingo del Barrio Batz

1951-1980

 

Domingo del Barrio Batz naquit le 26 janvier 1951 à Ilom (Guatemala).

Chrétien, père de trois enfants, il était engagé dans l’Action Catholique ; c’était le sacristain de la paroisse de Chajul.

Très attaché au père José María Gran Cirera, il l’accompagnait volontiers dans ses déplacements, bravant le danger de tomber dans quelque embuscade.

Le 4 juin 1980, au retour d’une visite pastorale, le père José María et lui s’arrêtèrent à Xe Ixoq Vitz sur le bord de la route pour prier, mais on les attendait : ils furent criblés de balles.

Domingo del Barrio Batz devrait être béatifié en 2021, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, et inscrit au Martyrologe, avec le père José María Gran Cirera, le 4 juin.

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3 juin 2021 4 03 /06 /juin /2021 23:00

 

Sacré-Cœur

 

Il a déjà été dit (Année A) que cette solennité du Sacré-Cœur englobait tout le Mystère de la vie et de la mission salvifique de Jésus-Christ, depuis l’Incarnation jusqu’à la Passion et l’Eucharistie. De grands hérauts ont proclamé l’amour de Jésus dans et par Son Sacré-Cœur, à travers tous les âges.

 

*       *       *

 

Huit siècles avant Jésus-Christ déjà le Prophète Osée proclamait son message en Israël, sous une forme vraiment frappante : Dieu lui demande d’épouser une femme prostituée, pour montrer qu’Israël, l’épouse de Dieu, s’est éloignée de Lui et s’est prostituée vers le mal. Ses enfants auront symboliquement nom “Mal-aimée” et “Pas-mon-peuple”, pour montrer combien Dieu ne reconnaît plus ses enfants.

 

En même temps que Dieu reproche à Israël son infidélité, Il l’appelle à la conversion car Son amour demeure : “J’aimerai la Non-aimée, et à “Pas-mon-Peuple” je dirai “Tu es mon peuple”, et lui, dira “Mon Dieu” (Os 2:25). Ainsi continue le message d’Osée, assez bref et facile à lire. Faisons même l’effort de le lire dans son intégralité (il ne comporte qu’une dizaine de pages) et nous parviendrons à cette conclusion pleine d’espérance du Prophète : “Je guérirai leur infidélité, je les aimerai de bon cœur ; car ma colère s’est détournée d’eux (Os 13:5).

 

On le constatera, cette prophétie est toute une histoire d’Amour ; maintenant, le texte de méditation nous en donne un autre aperçu.

 

*       *       *

 

Ici, c’est Isaïe, qui nous invite à chanter notre Dieu, à Le remercier pour “ses hauts faits” ; c’est qu’en effet, Dieu n’est pas éloigné de l’homme, comme on l’entend souvent dire dans les conversations : c’est l’homme qui s’éloigne de Dieu, qui L’oublie. Mais Dieu est là, au milieu de nous, l’Emmanuel, “le Saint d’Israël” qui a “fait des prodiges” par l’Incarnation et la Rédemption.

 

*       *       *

 

Saint Paul ensuite montre aux Ephésiens combien il est infiniment reconnaissant à Dieu pour Son “projet éternel”, qui s’est réalisé en Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous. La reconnaissance de Paul se manifeste d’abord par son humilité à se dire “le dernier de tous les fidèles”, car il a le douloureux souvenir d’avoir persécuté l’Eglise du Christ ; et il “tombe à genoux devant le Père” qui nous a enrichis de la “puissance de l’Esprit pour rendre fort l’homme intérieur”.

 

En effet, pour donner vie à l’homme nouveau, il faut faire mourir notre vieil homme, ses habitudes, ses attachements au négatif. Ce n’est que par la mort qu’on retrouve la vie ; déjà au baptême, l’immersion dans l’eau symbolise le passage de la mort à la vie ; ensuite, dans la vie quotidienne, nous avons mille occasions possibles de faire “mourir” le vieil homme, en renonçant autant de fois que cela nous est possible, aux mauvaises habitudes, aux actes imparfaits et aux occasions-mêmes de commettre ces actes. Mais il y faut parfois - c’est vrai - un cruel effort, qui sera facilité en recourant à l’Amour de Jésus : plein de miséricorde, Jésus nous enveloppe de force et de persévérance pour correspondre mieux à tout ce qu’Il a fait pour nous dans la Rédemption. C’est cette force dont parle Paul dans l’épître.

 

La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus voudrait nous aider à comprendre un peu mieux ce don immense de l’Amour de Dieu en la personne de son Fils, pour introduire les hommes dans une vie toute nouvelle, dans la vie du Ressuscité.

 

*       *       *

 

On peut dire que l’évangéliste Jean fut le premier héraut du Sacré-Cœur, lui qui parle du douloureux coup de lance au côté de Jésus, d’où il sort du sang et de l’eau. Ce sera notre évangile d’aujourd’hui. Cet extrait est connu, nous le lisons le Vendredi Saint ; il y faut expliquer un détail parfois mal compris. 

 

Pourquoi briser les jambes des condamnés ? Si l’on se contentait de fixer en croix les condamnés, le supplice serait très rapide, car ils mourraient comme asphyxiés, le poids du corps les empêchant de respirer. Pour faire durer le supplice, on disposait un tout petit support sous les pieds et/ou sous le périnée, de sorte que les malheureux condamnés pouvaient respirer un peu plus longtemps - et souffrir davantage dans cette position écartelée. Quand enfin on voulait en finir, on ne prenait pas le temps de détacher les pieds de la croix : on brisait les jambes, dans un raffinement de cruelle douleur. Les deux larrons du Golgotha eurent ainsi les jambes brisées, et rendirent l’esprit en un instant. 

 

Mystérieusement, le soldat présent eut l’idée de transpercer le côté de Jésus qui avait déjà versé tant de sang. Jean précise qu’en effet, il est prescrit de ne pas briser les os de l’agneau du sacrifice, figure du vrai Agneau, Jésus (Ex 12:46). De nombreux Pères de l’Eglise ont vu dans l’eau le symbole du baptême, dans le sang celui de l’eucharistie et dans ces deux sacrements le signe de l’Eglise, nouvelle Eve naissant du côté du nouvel Adam. On se rappellera en effet que Dieu (Gn 2:21-23) fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahwé façonna la femme.

 

*       *       *

 

Une tradition “parallèle”, c’est-à-dire non officielle mais comportant plus d’un détail historique avéré, rapporte que ce soldat - Cassius, appelé ensuite Longin - était un jeune officier de vingt-cinq ans, dont on se moquait souvent car il louchait. Or, au moment où il ouvrit le côté du Christ, le sang et l’eau inondèrent sa face, guérissant extérieurement son strabisme, et intérieurement son âme. Il se mit à louer Dieu, et ce militaire souvent prétentieux et hautain devint désormais humble et modeste. Ce qui fit aussi se convertir les autres soldats présents. Saint Longin mourut martyr à Césarée de Cappadoce et sa fête est au 16 octobre.

 

Pour susciter à ceux qui le voudraient, quelques idées de bonne lecture à propos du Sacré-Cœur, on mentionnera ici en guise de conclusion, d’autres “Mystiques” de l’histoire de l’Eglise, dont on retrouvera aisément diverses informations soit sur ce Blog, soit sur Internet.

 

Il y eut, parmi tant d’autres, sainte Gertrude (†1302), sainte Catherine de Sienne (†1380), saint Jean Eudes (†1680), sainte Marguerite-Marie Alacoque (†1690) ; plus près de nous, la sainte Maria Faustyna Kowalska (†1938), qui fut à l’origine de la fête de la Miséricorde divine (deuxième dimanche de Pâques), la bienheureuse Alexandrina Maria da Costa (†1955), outre d’autres âmes peu connues comme Cecilia Baji en Italie (XVII), l’espagnole Sœur Josefa Menéndez qui vivait à Poitiers (†1923), Madame Royer en France (†1924), et récemment encore Claire Ferchaud (†1972).

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2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 23:00

03 JUIN

 

III.      

S Cecilius, prêtre de Carthage qui convertit s. Cyprien.

IV.    

S Hilarius, évêque à Carcassonne.

VI.    

Ste Clotilde, épouse de Clovis ; elle souffrit plus de ses enfants que de son mari ; elle est fêtée en France le 4 juin.

Ss Lifard (Liéfard) et Urbice, abbés à Meung-sur-Loire.

?    

Ss Lucillien et quatre enfants, Claude, Hypace, Paul, Denis, ainsi que ste Paule, martyrs à Constantinople.

Ste Oliva, vierge à Anagni. 

VII.    

S Coemgen, abbé à Glendalough, mort à cent-vingt ans, un des patrons de Dublin. 

S Genès, évêque à Clermont.

IX. 

S Isaac, jeune moine martyr à Cordoue, décapité, brûlé.

XI.    

S Davin, pèlerin arménien mort à Lucques.

XII.    

S Morand, moine alsacien de Cluny, envoyé à Altkirch où il est patron des vignerons ; la maison Habsburg le vénère particulièrement depuis qu’elle a obtenu une de ses reliques.

XIII.    

B Andrea Caccioli, franciscain à Spello ; il vit un jour l’Enfant-Jésus, le laissa pour aller à l’office et le retrouva ensuite : l’Enfant-Jésus le félicita pour son obéissance.

S Cono, moine à Sainte-Marie de Cadossa, très vite consommé en sainteté.

XVI.    

B Francis Ingleby, prêtre anglais, martyrisé à York.

S Juan Grande Román el Pecador, espagnol, des Frères hospitaliers de Saint-Jean-de Dieu, très actif, mystique, canonisé en 1996.

XVIII.    

B Charles-René Collas du Bignon, sulpicien, supérieur du petit séminaire à Bourges, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.    

S Phaolô Vũ Văn Dương (Đống), père de famille tonkinois, martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Ss Achileo Kiwanuka, Adolofu Mukasa Ludigo, Ambrosio Kibuka, Anatoli Kiriggwajjo, Bruno Serunkuma, Gyavira Musoke, Karoli Lwanga, Kizito (le plus jeune, quatorze ans), Lukka Banabakintu, Mbaga Tuzinde, Mugagga Lubowa, Mukasa Kiriwawanvou, Yakobo Buzabaliawo, jeunes garçons de l’Ouganda (entre quatorze et trente ans), martyrisés pour avoir résisté aux instincts dépravés du roi ; Karoli (Charles), brûlé à petit feu avec les autres, est le patron de toute la jeunesse africaine. Dix autres martyrs, plus âgés, sont aussi mentionnés à d’autres dates.

XX.    

B Giuseppe Oddi (Diego de Vallinfreda, 1839-1919), franciscain romain, thaumaturge, béatifié en 1999.

S Jean XXIII (1881-1963), pape (1958-1963), béatifié en 2000 et canonisé en 2014 ; il est fêté le 11 octobre, jour où il inaugura le Concile.

Clotilde épouse de Clovis

473-545

 

Clotilde - réellement Crotechildis -, l’illustre épouse de notre premier roi chrétien Clovis, était l’une des deux filles de Chilpéric II, roi burgonde, et Carétène ; elle était née vers 473 ; l’autre fille s’appelait Sédeleube.

Chilpéric siégeait à Lyon mais, à sa mort, son épouse et les deux filles se retirèrent à Genève.  C’est là que Sédeleube fonderait bientôt un monastère et s’y retirerait.

La belle Clotilde fut bientôt proposée en mariage à Clovis, le jeune roi des Francs ; les fiançailles se firent par procuration et, quand on annonça à Clovis la prochaine arrivée de Clotilde, il se hâta d’aller au-devant d’elle à Villery, au sud de Troyes. Les noces furent célébrées solennellement.

On sait quel rôle tint la chrétienne Clotilde auprès de Clovis, qui n’était pas encore baptisé, ni même bien croyant.

Une première épreuve frappa le couple, quand leur premier enfant, Ingomer, mourut peu après son baptême : Clovis accusa alors le Dieu de Clotilde de lui avoir pris son enfant. Mais leur deuxième fils, Clodomir, gravement malade lui aussi, resta en vie, et le roi cessa alors d’accuser son épouse. Ils eurent ensuite trois enfants : Childebert, Clotaire et Clotilde.

Vers 496, Clovis eut à affronter des Barbares à Tolbiac et, durant la mêlée, implora le Dieu de Clotilde, en promettant de se faire baptiser s’il obtenait la victoire. Victorieux, Clovis reçut les leçons de catéchisme de Clotilde, conseillée par le saint évêque Remi (v. 13 janvier).

On date traditionnellement le baptême de Clovis et de ses trois mille soldats, en la fête de Noël 496.

Clotilde eut une heureuse influence sur les décisions de son mari qui, évidemment, n’avait pas grandi dans la même douceur chrétienne qu’elle.

Une de leur œuvre commune fut l’édification, à Paris, de l’église qui abriterait leur futur caveau, où ils firent déposer d’abord les restes de sainte Geneviève (v. 3 janvier) ; ce fut l’origine de l’église Sainte-Geneviève.

Leur vie conjugale ne dura cependant guère plus de vingt ans, car Clovis mourut vers 511, laissant sa chère Clotilde avec ses quatre enfants, qui allaient lui donner tant et tant de soucis.

Sa fille Clotilde fut bientôt donnée en mariage à Amalaric, roi des Wisigoths d’Espagne - que Clovis avait refoulés à Vouillé en 507 ; Amalaric n’était pas chrétien ; plus tard, Clotilde poussa son fils Childebert à attaquer cet époux violent, qui maltraitait son épouse Clotilde.

Son fils Clodomir, après avoir enlevé et assassiné son oncle Sigismond, ainsi que la femme et les deux fils de celui-ci, voulut conquérir la Burgondie en 524, mais y fut battu et tué, et l’on promena sa tête sur une pique, comme cela se fit bien plus tard durant la Révolution. Clodomir laissait trois fils, qui pouvaient être ses héritiers.

Mais les deux autres fils de Clovis et Clotilde, Clotaire et Childebert, dépossédèrent les fils de Clodomir de leur droit à la succession puis, trompant leur sainte mère, en assassinèrent deux sans pitié, tandis que miraculeusement s’échappait le troisième, Clodoald, plus tard mieux connu sous le nom de Cloud (v. 7 septembre).

La pauvre Clotilde fut chargée de s’occuper elle-même des funérailles de ses malheureux fils, puis elle se retira à Tours, près du tombeau de s.Martin (v. 11 novembre). Elle suggérait de bons candidats aux élections épiscopales. Elle était active et très généreuse, elle fonda ou enrichit bien des églises, dont Saint-Georges de Chelles ; sa générosité sans borne la fit mourir dans la plus extrême pauvreté.

Mais avant de mourir, elle eut encore un geste digne de son rang royal et chrétien : elle fit venir ses deux fils assassins, leur parla maternellement, leur prédit certains événements, et s’éteignit après avoir reçu les derniers Sacrements, le 3 juin 545.

La dépouille de Clotilde fut déposée dans le tombeau préparé par Clovis à Paris, avec celle de sainte Geneviève. Des reliques de la sainte Reine furent attribuées en divers lieux. En 1793, on profana les tombes et les cendres de sainte Geneviève furent jetées au vent. Pour éviter une ultérieure profanation, un chanoine crut bien faire de recueillir les restes de sainte Clotilde et de les brûler lui-même ; elles se trouveraient aujourd’hui en l’église Saint-Leu.                                                                                                                                                                                                  

Clotilde de France ne fut jamais officiellement canonisée, sinon par la vox populi.

En 1994, sainte Clotilde fut élue pour un heureux patronnage : celui de l’aviation légère de l’armée de terre. L’explication en est que, il y a quinze siècles, Clovis avait, à Tolbiac, submergé l’ennemi sous le feu du ciel, ce qui est aujourd’hui la mission des hélicoptères de combat.

Sainte Clotilde est inscrite au Martyrologe romain le 3 juin. En France, on la fête le 4, en raison de la fête des Martyrs d’Ouganda qui est célébrée le 3 juin.

 

 

Coemgen de Glendalough

498-618

 

Coemgen, qui est devenu Kevin en français, pouvait être le fils de Coemlog et Coemell, qui appartenaient à une souche royale.

Son nom subit de notables variantes selon les régions et les époques : en vieil irlandais Cóemgen mac Cóemloga ;  puis Caemgen, Caoimhghin, Caoimhin ; Kevin…

Comme il arrive en mainte biographie des premiers moments chrétiens d’Irlande, certains faits ont été complétés de détails surprenants ; qu’on les lise avec admiration, avec étonnement, sans demander au Bon Dieu Pourquoi ?

Un ange annonça à la maman, Coemell, la naissance de ce fils vraiment prédestiné, qui naquit vers 498. Ce fut s. Cronan (v. 9 février ?) qui le baptisa, sous le nom de Coemgen, le «bien planté», comme Eugène.

Nouveau Samuel, Coemgen fut confié aux moines d’un monastère, où il devint prêtre.

Après une période de vie érémitique, il fut conduit par son ange à Glendalough, où Coemgen mena une vie d’ascète et de grande méditation. Il priait les bras en croix, si immobile et si longtemps, que les oiseaux venaient faire leur nid dans ses mains. Coemgen serait resté dans cette position pendant sept ans, et sans fermer l’œil. Devant l’impossibilité évidente d’une telle prouesse à l’échelon humain, on admettra que Coemgen pût reposer ses bras fatigués sur deux roches, comme Moïse pendant la bataille contre Amaleq (cf. Ex 17:11-12). On pourra supposer aussi qu’un ange au moins pût lui apporter quelque nourriture céleste.

D’ailleurs, Coemgen changeait de position parfois, puisqu’il s’immergeait dans l’eau froide pour prier l’Office. Et quand il se déplaçait, les arbres lui formaient une voûte pour l’abriter.

Coemgen fonda un monastère au même endroit. Une loutre y apporta chaque jour un beau saumon pour nourrir cette première communauté ; un jour, elle ne vint plus : on sut qu’un des moines avait eu l’intention sauvage de tuer la loutre pour en utiliser la belle fourrure, mais la généreuse bête avait dû «comprendre» le danger et avait disparu.

Coemgen fit aussi un voyage à Rome et en rapporta une grande quantité de reliques de Saints.

Il projetait un autre pèlerinage, quand un confident le lui déconseilla vivement. Il y renonça.

Agé de cent-vingt ans, dit-on, Coemgen s’éteignit le 3 juin 618.

Saint Coemgen de Glendalough est commémoré le 3 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Genesius de Clermont

† 662

 

Genesius (Genès) venait, dit-on, de famille sénatoriale.

Il fut archidiacre de son diocèse. Quand on voulut le faire évêque, il résista pendant trois jours. S’il accepta, il songeait toujours à se retirer dans une vie érémitique et voulait implorer le pape dans ce sens, mais les diocésains firent en sorte de bien le garder chez eux, preuve qu’il avait vraiment les qualités du pasteur.

Il fut ainsi le vingt-cinquième évêque de Clermont.

Il forma lui-même Præiectus (futur s.Prix, v. 25 janvier), qui devait lui succéder.

Genesius bâtit une église dédiée à s.Symphorien (v. 22 août), qui prit ensuite son nom, ainsi qu’un hospice et un monastère à Manlieu.

Il mourut le 3 juin vers 662, et fut enterré précisément à Manlieu.

Saint Genesius de Clermont est commémoré le 3 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isaac de Cordoue

826-851

 

Comme les autres Martyrs de Cordoue, victimes de la persécution islamique, Isaac nous est connu par la relation qu’en fit s.Eulogio (v. 11 mars).

Isaac provenait d’une noble famille de Cordoue et reçut une éducation soignée ; mieux, il apprit l’arabe, la langue des envahisseurs.

C’est ainsi qu’il fut investi de la charge de notaire.

Isaac cependant quitta ce poste enviable pour entrer dans le monastère de Tábanos situé près de Cordoue, où se trouvait d’ailleurs un proche parent, nommé Martín. Isaac pouvait avoir moins de la trentaine d’années, peut-être vingt-cinq seulement.

Poussé par un zèle qu’on qualifiera peut-être d’excessif ou par trop humain, mais d’après Eulogio, inspiré d’En-haut, Isaac alla un jour se présenter au juge musulman de la ville, lui demandant d’exposer sa religion ; le juge, espérant la conversion d’Isaac, lui exposa avec ardeur l’appel de Mahomet par l’ange Gabriel, et le paradis merveilleux où iront les Justes, avec des tables merveilleusement garnies et des créatures féminines de toute beauté…

Isaac alors répliqua avec toute sa fougue, exposant la profonde erreur de la doctrine de Mahomet.

Le juge alors gifla Isaac. Ce dernier repartit encore plus véhémentement ; le juge lui lança : Tu es ivre ou fou ! mais Isaac répondit avec toute sa conviction qu’il était prêt à mourir pour la doctrine chrétienne.

Il fut immédiatement décapité, emmené de l’autre côté du Guadalquivir et pendu par les pieds (à moins qu’il y ait été empalé). Six jours plus tard, on brûla son corps, qu’on jeta dans le fleuve. 

C’était le 3 juin 851.

Saint Isaac de Cordoue est commémoré le 3 juin dans le Martyrologe Romain.

Davin de Lucques

1000-1050

 

Cet Arménien de naissance naquit, pense-t-on, vers l’an 1000.

Après avoir joui des biens de la terre, il vendit ce qu’il avait et voulut se sanctifier par les pèlerinages. 

S’étant rendu d’abord au Saint Sépulcre de Jérusalem, il vint à Rome vénérer le tombeau des Apôtres, et partit pour Saint-Jacques de Compostelle.

Arrivé à Lucques, il fut reçu à l’hospice des pèlerins, mais tomba malade et fut recueilli par une dame nommée Ata, qui fut très édifiée par cet homme.

La maladie empira, Davin mourut pieusement le 3 juin 1050 ou 1051.

Il fut enterré à Lucques.

La tombe jouxtait l’église, et l’on y passait tout près, parfois on la piétinait aussi. Une femme malade d’un flux de sang vint à s’asseoir à cet endroit : elle eut ensuite une vision de Davin qui lui disait qu’elle n’aurait plus désormais besoin de s’asseoir sur sa tombe : la femme fut totalement guérie. Un beau pied de vigne sortit bientôt de cette tombe, dont les fruits apportèrent la guérison à beaucoup de malades. On y vit aussi des anges qui encensaient le tombeau.

L’évêque de Lucques, Anselmo, constata ces signes merveilleux et, devenu le pape Alexandre II, ordonna de transférer ce tombeau à l’intérieur de l’église Saint-Michel ; il semble que l’on canonisa Davin en 1159, ou vers 1180.

Saint Davin (ou Davino) de Lucques est commémoré le 3 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cono de Teggiano

fin XIIe-début XIIIe

 

Saint Cono naquit dans l’italienne Campanie, à Diano (aujourd’hui Teggiano). Il fut très jeune moine à l’abbaye Santa Maria di Cadossa, proche de Montesano sulla Marcellana. 

L’histoire ne dit rien sur la vie et les faits de ce moine, mais on en a retenu qu’il mourut très jeune, et surtout consommé dans la sainteté.

L’abbaye elle-même subit beaucoup de vicissitudes et il n’en reste que l’église, dédiée à Saint Cono. Les reliques du Saint sont maintenant à Teggiano, dont il est le patron.

Cono a été canonisé en 1871, et il est fêté le 3 juin, principalement à Teggiano, mais aussi en d’autres lieux : en Floride et à New York, en Uruguay, en Argentine.

La célébrité de ce Saint l’a fait réinsérer dans le Martyrologe Romain à la date du 3 juin.

 

 

Andrea Caccioli

1194-1254

 

Andrea Caccioli vit le jour le 30 novembre 1194 à Spello (Pérouse, Ombrie, Italie C) et reçut au baptême le nom du Saint du jour, l’apôtre saint André.

Habitué à se retirer sur le Monte Subasio auprès des Bénédictins, il passait de longs moments dans la prière. En 1216 il fut ordonné prêtre et nommé curé à Spello.

Fasciné par l’idéal de Francesco d’Assise, il le rencontra : Francesco lui conseilla sagement de porter à leur fin les travaux entrepris dans sa paroisse et de s’occuper de sa vieille maman ; à la mort de celle-ci, quatre ans après en 1223, il renonça à sa charge et à ses biens, qu’il abandonna à l’Eglise et aux pauvres, et fut parmi les premiers disciples de Francesco, et le premier prêtre de la nouvelle communauté. Il assista en 1226 aux derniers instants du Fondateur, qui lui recommanda de prêcher.

Il prit le bienheureux Egidio comme directeur de conscience (v. 23 avril). Il assista en 1228 à la canonisation de Francesco d’Assise.

En 1233, dans la ville espagnole de Soria, sa prière mit fin à une sécheresse qui menaçait les récoltes : c’est en référence à ce miracle qu’on l’aurait ensuite désigné dans les actes officiels comme Andrea del Ac (dell’acqua : de l’eau). Revenu en Italie, il obtint pour les Clarisses de Vallegloria la découverte d’un puits, grâce auquel les Religieuses eurent de l’eau en abondance. Cette eau, paraît-il, est efficace contre les crises de foie.

Andrea fut ensuite missionnaire en Lombardie et jusqu’en France, puis se retira à Assise où il mena la vie d’ermite : Dieu le favorisa alors d’extases et de visions.

En 1248, il fut aumônier du couvent des Clarisses de Vallegloria, puis sera nommé Gardien (supérieur) du couvent de Spello, d’où il exercera une forte influence sur les conflits entre guelfes et gibelins, au point qu’on l’appellera Ange de Paix.

Vers la fin de sa vie, il eut une «visite» de l’Enfant-Jésus, avec lequel il s’entretint quelques instants ; quand sonna la cloche de l’office, Andrea se rendit à l’église sans tarder. Après l’office, il retrouva son divin Visiteur, qui le félicita pour cet acte d’obéissance et lui promit une prochaine récompense.

Cette récompense fut sa bienheureuse mort, le 3 juin 1254, et son entrée au Paradis.

Le culte d’Andrea Caccioli fut reconnu en 1738. Andrea est le céleste patron de Spello.

 

 

Francis Ingolby

1550-1586

 

François Ingolby (ou Ingleby) naquit vers 1550-1551, à Ripley (Yorkshire, Angleterre), quatrième fils de William, qui était un chevalier, et d’Anne Malory de Ripley Castle.

Après ses études à Oxford (Brasenose College) et à l’Inner Temple, il passa en 1582 au Collège anglais de Reims. Il y paya sa pension sur ses propres deniers. Il fut ordonné prêtre en 1583.

Envoyé en mission dans son pays en avril 1584, il prêcha avec enthousiasme à York pendant près de deux années. Une de ses «cachettes» fut la providentielle demeure de Margaret Clitherow (v. 25 mars).

Il travailla avec beaucoup de zèle et de fruits, jusqu’au moment où, arrêté et jugé, il fut condamné à mort pour les crimes d’être prêtre, d’avoir été ordonné par l’autorité romaine, et d’être revenu dans le royaume.

Quand on lui apprit la sentence, il s’exclama : Credo videre bona Domini in terra viventium (Je le crois, je vais voir les bontés du Seigneur dans la terre des vivants, Ps 26). A la porte de la prison, on lui mit des entraves aux pieds, et il commenta avec un sourire : J’ai peur de surcharger mes chaussures.

Il fut exécuté le 3 juin 1586, au Knavesmire de York.

Il a été béatifié en 1987.

L’un de ses frères, David, surnommé le Renard, un Catholique fermement convaincu, avait fui sur le continent.

 

 

Juan Grande Román

1546-1600

 

Né le 6 mars 1546 à Carmona (Séville, Andalousie, Espagne sud), Juan reçut une éducation chrétienne de ses parents très croyants, Cristóbal Grande et Isabel Román. 

Le papa mourut en 1547 et Juan fut tisserand.

Attiré par la solitude, il s’isola dans l’ermitage de Santa Olalla, vêtit un habit de toile grossière et se fit appeler Juan Pecador (Jean Pécheur).

Il s’occupa d’un couple âgé et abandonné. Puis à dix-neuf ans, il alla s’établir à Jerez de la Frontera (Cadix), où il se tourna vers les nécessiteux, les prisonniers, les incurables, ceux dont personne ne prenait soin. Pour alimenter cette activité, il se «nourrissait» de la prière dans l’église des pères Franciscains, dont l’un était son conseiller spirituel.

En 1574, lors d’une épidémie, il adressa une requête au conseil municipal pour venir en aide aux malheureux. Devant une telle nécessité, il fonda lui-même un hôpital, qu’il dédia à la Sainte Vierge, Notre-Dame de la Candelaria.

Il fit connaissance des Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et voulut en appliquer les règles de vie dans son établissement.

Son témoignage et son dévouement exemplaire lui attira des compagnons, qu’il forma à son tour dans l’esprit de saint Jean de Dieu, au point qu’il put ouvrir d’autres centres à Medina Sidonia, Arcos de la Frontera, Puerto Santa María, San Lúcar de Barrameda et Villamartín.

Les autorités prétendirent diminuer le nombre de ces établissements pour apporter plus d’efficacité auprès des malades. Mais cette réduction enlevait du travail aux infirmiers ; aussi Juan présenta un rapport aux autorités, expliquant sa façon de concevoir l’assistance aux malades dans son propre hôpital. Là-dessus, l’archevêque de Séville désigna Juan comme la personne la mieux préparée pour assumer cette mission auprès des malades. De son côté, Juan fit face à la situation avec courage et amour, malgré les nombreux désagréments, montrant toute sa sensibilité, sa capacité, sa bonne humeur et sa grande vertu.

Son hôpital reçut tous les éloges pour la charité avec laquelle les Frères assistaient les malades, par amour de Dieu.

Juan se donna corps et âme à l’assistance physique et spirituelle des plus marginaux : prisonniers, convalescents, incurables, prostituées, soldats invalides, orphelins et enfants abandonnés. Son attitude condamnait les injustices, les abus, les carences de la société. On peut dire qu’il fut un précurseur de l’assistance sanitaire.

Lors d’une autre épidémie, de peste, en 1600, il se porta au secours des malades, et fut à son tour contaminé : il mourut de la maladie le 3 juin 1600.

Juan Grande Román a été béatifié en 1853 et canonisé en 1996.

Il a été choisi comme patron de la ville et du diocèse de Jerez de la Frontera.

 

 

Charles-René Collas du Bignon

1743-1794

 

Né le 25 août 1743 à Mayenne, Charles-René était entré dans la Société des Prêtres de Saint-Sulpice.

Devenu supérieur du Petit séminaire de Bourges, il refusa de prêter le serment du clergé constitutionnel ; expulsé du séminaire, il contribuait au maintien de la foi dans le diocèse. En 1793, il fut arrêté et, au début de 1794, traîné à Rochefort. 

Destiné à être exilé en Guyane, il fut avec tant d’autres mis à bord du bateau négrier Les Deux Associés, qui cependant ne quitta pas le port de Rochefort.

Dans cette ambiance totalement privée de l’hygiène la plus élémentaire, l’abbé Collas du Bignon devint une plaie vivante, couverte de vers.

Il commentait cette situation avec ces mots pleins d’espérance chrétienne : Nous sommes les plus malheureux des hommes, mais les plus heureux des chrétiens, expression qui devint comme le mot d’ordre de tous ses compagnons d’infortune.

Il mourut là le 3 juin 1794, et son corps fut inhumé sur l’île d’Aix.

Charles-René Collas du Bignon fut béatifié en 1995.

 

 

Phaolô Vũ Văn Dương (Đống)

1802-1862

 

Phaolô était né en 1802 à Vực Đường (Hưng Yên;, actuelle Hai Hung).

Il fut bibliothécaire à Cao Xa.

Lors de l’édit de persécution, les fonctionnaires impériaux sillonnèrent les villages où demeuraient des Catholiques, pour les obliger sous la menace à marcher sur la croix. Qui refusait était arrêté et mis en prison.

Phaolô fut arrêté le 25 novembre 1861. Il refusa catégoriquement de marcher sur la croix du Sauveur. On lui promit de l’argent s’il apostasiait, mais il refusa, préférant rester fidèle à Dieu. Il fut battu, barbarement torturé, chargé de chaînes pesantes et laissé en prison.

En prison encore, il fut invité à marcher sur la croix. Puis on le transporta dans une cage très étroite portée par les soldats, jusqu’à la prison provinciale. Là, les tortures s’intensifièrent, les soldats le battirent sauvagement et le corps de Phaolô était couvert de plaies sanglantes ; on lui marqua sur la joue avec une barre de fer incandescente les mots fausse religion, on lui refusa son repas pendant plusieurs jours, mais il ne perdit ni sa foi ni son courage. Bien plus, malgré la douleur, il chercha à effacer de sa joue avec un couteau le mot fausse, et y écrire à la place vraie.

Il fut finalement condamné à la décapitation et reçut le martyre le 3 juin 1862. Au moment de l’exécution, il cria fortement Jésus, Marie, Joseph. Le bourreau dut frapper trois fois pour le décapiter.

Phaolô fut béatifié en 1951 et canonisé en 1988.

 

 

 

Les saints Martyrs de l’Ouganda

1885-1887

 

Le pays de l’Ouganda se situe en Afrique du centre-est, au sud du Soudan, à l’est du Zaïre et du Rwanda, bordé par une grappe de grands lacs, dont l’immense Lac Victoria, qui touche l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie. Ce beau pays est à peu près grand comme la moitié de la France, et compte actuellement une trentaine de millions d’habitants. Pays agricole essentiellement, grâce à un climat tempéré qui ne connaît pas de températures en-dessous de 13° ni au-dessus de 30°, on y vit d’élevage et de cultures diverses : banane, patate, manioc, café, thé, canne à sucre, tabac.

Les premiers missionnaires y arrivèrent en 1879 et furent très bien reçus. Mais le kabaka (le roi) en prit ensuite ombrage ; son successeur, Mouanga, rappela les missionnaires, et soutint ouvertement le travail des missionnaires, nommant aux charges les meilleurs des néophytes.

Ceux-ci avertirent le roi qu’une conspiration se tramait contre lui ; il arrêta son katikiro (premier ministre), qui lui mentit en protestant de sa fidélité ; pardonné, ce dernier jura la mort des chrétiens et s’ingénia à les faire mépriser du roi comme dangereux, conspirateurs, etc. 

Le récit du martyre de ces vaillants soldats rappelle fortement celui des Frères Martyrs, au 2e Livre des Maccabées (2M 7).

La toute première victime fut le conseiller intime du roi, Joseph Mukasa, qui était aimé de tous. Même le bourreau cherchait à retarder de l’exécuter, mais il reçut l’ordre du katikiro de le tuer sur place ; il fut ainsi décapité, avec deux ou trois pages de la cour.

Auparavant, Joseph, très calmement, confia au bourreau cette commission : Tu diras de ma part à Mouanga qu’il m’a condamné injustement, mais que je lui pardonne de bon cœur. Tu ajouteras que je lui conseille fort de se repentir, car, s’il ne se repent, il aura à plaider avec moi au tribunal de Dieu.  

Quelques mois plus tard, le roi transperça de sa lance le jeune Denis Ssebuggwawo, qui était en train d’instruire un compagnon. Ce fut le signal de la persécution proprement dite : désormais devront être massacrés tous ceux qui prient. C’était le 25 mai 1886. Un chrétien courut de nuit avertir les missionnaires de ce qui s’était passé et qui allait se produire, de sorte que l’un d’eux, le père Lourdel, vite accouru, fut lui-même témoin des faits suivants, à l’intérieur de la résidence royale.

Charles Lwanga, chef du groupe des pages, fut appelé le premier avec sa troupe ; ils reçurent une pluie de reproches sur leur religion, puis furent enlacés de grosses cordes, d’un côté le groupe des jeunes de dix-huit à vingt-cinq ans, de l’autre les enfants. Charles et Kizito se tenaient par la main, pour s’encourager l’un l’autre à ne pas faiblir ; Kizito, quatorze ans, demandait le baptême depuis longtemps, et le père Lourdel lui avait enfin promis de le baptiser dans un mois ; en fait, il sera baptisé en prison, la veille de son martyre. C’est le plus jeune de tous ces martyrs. 

Après les employés de la cour, on convoqua un jeune soldat, Jacques Buzabaliawo. Le roi ironisa sur lui et ajouta : C’est celui-là qui a voulu autrefois me faire embrasser la religion ! … Bourreaux, enlevez-le et tuez-le bien vite. C’est par lui que je veux commencer. A quoi Jacques répondit sans s’émouvoir : Adieu ! je m’en vais là-haut, au paradis, prier Dieu pour toi. Passant devant le père, il leva ses mains enchaînées vers le ciel, souriant comme s’il allait à une fête.

Inquiet pour la mission, le père revint sur ses pas ; apercevant une source où se désaltérer, il s’entendit dire : “Le cadavre d’une des victimes de la nuit a été traîné dans cette eau.” Car des pillards avaient été lancés dans toute la contrée pour saccager les villages où se trouvaient des chrétiens.

André Kaggwa était un chef parmi les plus influents et les plus fidèles au roi. C’était l’un des trois qui l’avaient en effet averti de la conspiration qui le menaçait. Il devait devenir le général en chef de toute l’armée, car le roi avait en lui une confiance absolue, le gardant toujours à ses côtés. Le premier ministre le dénonça bientôt comme le plus dangereux de tous, et, de guerre lasse, le roi finit par lui laisser faire ce qu’il voulait. Immédiatement garrotté, André fut “interrogé” et le premier ministre insista auprès du bourreau : Je ne mangerai pas que tu ne m’aies apporté sa main coupée, comme preuve de sa mort. Et André, au bourreau : Hâte-toi d’accomplir les ordres que tu viens de recevoir… Tue-moi donc vite, pour t’épargner les reproches du ministre. Tu lui porteras ma main, puisqu’il ne peut manger avant de l’avoir vue.

Charles Lwanga fut séparé des autres, sans doute dans le but de les impressionner davantage. Le bourreau le fit brûler lentement, en commençant par les pieds et en le méprisant : Que Dieu vienne et te retire du brasier ! Mais Charles lui répondit bravement : Pauvre insensé ! Tu ne sais pas ce que tu dis. En ce moment c’est de l’eau que tu verses sur mon corps, mais pour toi, le Dieu que tu insultes te plongera un jour dans le véritable feu. Après quoi, recueilli en prière, il supporta son long supplice sans proférer aucune plainte.

Il y avait là aussi trois jeunes pages, qu’on fit assister au supplice des autres, dans l’espoir de les voir apostasier. Non seulement ils ne cédèrent pas, mais l’un deux protesta de ne pas être enfermé dans un fagot comme les autres pour être brûlé ; puis quand on les reconduisit tous trois en prison sans les torturer, ils demandèrent : Pourquoi ne pas nous tuer ? Nous sommes chrétiens aussi bien que ceux que vous venez de brûler ; nous n’avons pas renoncé à notre religion, nous n’y renoncerons jamais. Inutile de nous remettre à plus tard. Mais le bourreau fut sourd à leurs «plaintes», sans doute par permission de Dieu, pour que ces trois-là nous fournissent ensuite les détails du martyre de tous les autres.

Parmi les condamnés se trouvait le propre fils du bourreau, le jeune catéchumène Mbaga. Son père était désespéré et cherchait par tous les moyens de le faire changer d’avis, ou de lui extorquer un mot qu’on aurait pu interpréter comme une apostasie ; inutile. L’enfant ajouta même : Père, tu n’es que l’esclave du roi. Il t’a ordonné de me tuer : si tu ne me tues pas, tu t’attireras des désagréments et je veux te les épargner. Je connais la cause de ma mort : c’est la religion. Père, tue-moi ! Alors le père ordonna à un de ses hommes de lui accorder la mort des “amis”, en lui assénant un fort coup de bâton à la nuque. Puis le corps fut enfermé dans un fagot de roseaux, au milieu des autres.

On enferma donc chacun des condamnés dans un fagot, et l’on y mit le feu du côté des pieds, pour faire durer plus longtemps le supplice, et aussi pour tenter de faire apostasier ces garçons. En fait, s’ils ouvraient la bouche, c’était pour prier. Une demi-heure après, les roseaux étaient consumés, laissant à terre une rangée de cadavres à moitié brûlés et couverts de cendres.

Un autre chrétien qui fut arrêté, fut le juge de paix Mathias Mulumba ; il avait connu l’Islam puis le protestantisme ; devenu catholique, c’était un homme très pieux qui vivait paisiblement avec son épouse et ses enfants. Amené devant le premier ministre, il répondait calmement aux vilaines questions qu’il lui posait. Furieux, le ministre cria : Emmenez-le, tuez-le. Vous lui couperez les pieds et les mains, et lui enlèverez des lanières de chair sur le dos. Vous les ferez griller sous ses yeux. Dieu le délivrera ! Mathias, blessé par cette injure faite à Dieu, répondit : Oui, Dieu me délivrera, mais vous ne verrez pas comment il le fera ; car il prendra avec lui mon être raisonnable, et ne vous laissera entre les mains que l’enveloppe mortelle. Le bourreau accomplit scrupuleusement les ordres reçus : de sa hache, il coupa les pieds et les mains de Mathias, les fit griller sous ses yeux ; l’ayant fait coucher face contre terre, il lui fit enlever des lanières de chair qu’ils grillèrent ensuite, usant de tout leur art pour empêcher l’écoulement du sang, et prolonger ainsi l’agonie de leur victime, qui ne proféra mot. Effectivement, trois jours après, d’autres esclaves passaient par là et entendirent des gémissements : c’était Mathias qui demandait un peu d’eau à boire ; mais épouvantés par l’horrible spectacle, ils s’enfuirent, le laissant consommer atrocement son martyre.

Avec lui fut aussi conduit au supplice un de ses amis, Luc Banabakintu, qui eut “seulement” la tête tranchée.

Pendant ces exécutions, des pillards allèrent s’emparer du peu qu’il y avait à voler chez Mathias et voulurent ravir son épouse et ses enfants. Il y avait là un serviteur très fidèle et pieux, Noé Mawaggali. Son chef n’eut pas le courage de le refuser aux pillards, qui le percèrent de leurs lances.

La sœur de ce dernier fallit être ravie par le chef des pillards, mais elle leur parla très fermement : “Vous avez tué mon frère parce qu’il priait ; je prie comme lui, tuez-moi donc aussi.” Au contraire, ils l’épargnèrent et la conduisirent en cachette chez les missionnaires, où elle s’occupa maternellement des enfants de Mathias, dont l’un n’avait que deux ans.

Il y eut aussi Jean-Marie, surnommé Muzeyï, “vieillard”, à cause de la maturité de son caractère. Baptisé à la Toussaint de 1885, on disait qu’il avait appris tout le catéchisme en un jour. Il donnait aux pauvres, s’occupait des malades, rachetait des captifs. Confirmé le 3 juin 1886, il fut noyé dans un étang le 27 janvier 1887.

Tels sont les plus marquants des vingt-deux martyrs ougandais, qui furent béatifiés en 1920, et canonisés en 1964. 

Ils sont fêtés le 3 juin, jour du martyre de la majeure partie d’entre eux. 

Voici maintenant les noms de ces vaillants soldats du Christ, avec l’indication de leur prénom dans leur langue propre, leur date (approximative) de naissance et la date respective de leur martyre (qui est aussi la date où ils sont mentionnés au Martyrologe) : 

Joseph (Yosefu) Mukasa Balikuddembe, né vers 1859-1860, chef des pages, décapité puis brûlé, martyrisé le 15 novembre 1885 

Denis Ssebuggwawo Wasswa, né vers 1870, première victime de la grande persécution, martyrisé le 25 mai 1886

André (Anderea) Kaggwa, né vers 1856, page, celui qui devait être le général en chef du roi ; le bourreau lui trancha le poignet et la tête ; martyrisé le 26 mai 1886

Pontien (Ponsiano) Ngondwé, né vers 1846-1851, page, mis en prison, percé de coups de lance, martyrisé le 26 mai 1886

Gonzague (Gonzaga) Gonza, né vers 1862, page du roi, percé d’une lance après avoir forcé l’admiration du bourreau lui-même, martyrisé le 27 mai 1886

Athanase (Antanansio) Bazzekuketta, né vers 1866, page, accablé de coups, martyrisé le 27 mai 1886

Mathias (Matiya) Kalemba Mulumba Wante, né vers 1836, dont on a parlé plus haut, martyrisé le 30 mai 1886

Noé (Nowa) Mawaggali, né vers 1851, martyrisé le 31 mai 1886 

 

Les treize suivants sont tous martyrisés le 3 juin 1886, tous brûlés vifs : 

Charles (Karoli) Lwanga, né vers 1861

Bruno Serunkuma, né vers 1856, soldat du roi, roué de coups de bâton

Mugagga Lubowa, né vers 1869-1870, qui s’offrit spontanément aux bourreaux

Jacques (Yakobo) Buzabaliawo, né vers 1856-1861, soldat, qu’on entendit prier pour ses persécuteurs

Kizito, né vers 1872, le benjamin de quatorze ans

Ambroise (Ambrosio) Kibuka, né vers 1868, page

Gyavira Musoke, né vers 1869, page, catéchumène, jeté en prison le jour même où Charles le baptisa

Achille (Achileo) Kiwanuka, né vers 1869, page

Adolphe (Adolofu) Mukasa Ludigo, né vers 1861-1862, page

Mukasa Kiriwawanvu, né vers 1861-1866, page et catéchumène

Anatole (Anatoli) Kiriggwajjo, né vers 1866, page, qui refusa la charge honorifique proposée par le roi

Mbaga Tuzinde, né vers 1869-1870, page, fils du bourreau, baptisé par Charles juste avant d’être enchaîné avec lui, roué de coups, assommé avant d’être brûlé.

Luc (Lukka) Banabakintu, né vers 1851-1856, décapité puis brûlé

 

Enfin : 

Jean-Marie (Yohana Maria) Muzeyi, né vers 1851-1856, saint homme, longtemps recherché, arrêté, décapité le 27 janvier 1887. C’est la dernière victime de la persécution.

 

On aurait pu croire que le christianisme aurait été ainsi dangereusement menacé d’extinction. Il n’en fut rien. Trente ans après, l’évêque du lieu pouvait compter sur quatre-vingt huit prêtres, onze frères coadjuteurs, trente-huit Religieuses et mille deux-cent quarante-quatre (!) catéchistes. 

Actuellement, la religion catholique y est majoritaire à 45 %, suivie de l’anglicanisme (39 %) et de l’Islam (10%).

 

Giuseppe Oddi

1839-1919

 

Giuseppe naquit le 6 juin 1839 à Vallinfreda (Roma, Italie), fils de Vincenzo Oddi et Bernardina Pasquali. Il eut une petite sœur, Mariannina.

Toute la jeunesse de Giuseppe passa dans les travaux des champs et de la ferme. Chaque soir, le garçon avait l’habitude de s’arrêter à l’église, pour adorer le Saint Sacrement, et prier silencieusement le Bon Dieu et la Sainte Vierge Marie, envers laquelle il avait une grande dévotion depuis tout petit.

Vers 1859, la famille aurait bien voulu proposer à Giuseppe d’épouser une certaine Agata, que le jeune homme refusa catégoriquement. C’est que peu de temps auparavant, Giuseppe s’était entendu appeler par trois fois, pendant qu’il travaillait aux champs ; il avait cru que c’était sa mère ou sa sœur, mais ce n’était pas elles. L’appel mystérieux venait d’ailleurs, comme ce fut le cas pour le jeune Samuel (1S 3). 

Désormais, sa prière à l’église était : Seigneur, que veux-tu de moi ?  

Peu après, il visita le couvent de Bellegra. L’endroit fascina le jeune homme de vingt-et-un ans ; il y retourna quatre ans plus tard, dans l’espoir d’y rencontrer un certain Mariano de Roccacasale, dont on parlait beaucoup. Or ce fut justement celui-ci qui lui ouvrit. 

Respectueusement, Giuseppe voulut lui baiser la main, mais le bon Frère retira humblement sa main et lui offrit à baiser le pan de son habit. Puis, invité à parler, le Frère Mariano lui répondit simplement : Sii buono, sii buono, figlio mio ! (Sois bon, sois bon, mon fils !), avant de rentrer dans l’église.

Au retour, Giuseppe méditait ces paroles si simples et si profondes ; l’appel vers Dieu s’intensifiait, tandis qu’il reprenait son travail quotidien. Il donna encore plus de temps à la prière. 

En 1867, mourut sa chère maman, tandis que sa sœur se mariait (1869) et s’installait dans la maison des parents, auprès du vieux papa. Giuseppe se sentait libre du foyer familial : il rejoignit le couvent de Bellegra.

Giuseppe, à presque trente-deux ans, entra donc dans l’Ordre des Frères Mineurs franciscains, comme oblat. Il n’avait fait aucune étude : il savait peut-être un peu écrire et lire. Il travailla humblement au service des révérends pères du couvent. Quatorze ans après (quelle patience !), en 1885, il reçut l’habit de novice, ainsi que le nom de Diego. Un an après, il fit la profession.

On le chargea de recueillir les aumônes, mission qu’il accomplit dans la simplicité franciscaine, répandant partout le sourire, le réconfort, la consolation, et même prodiges manifestes, surtout à l’encontre des pauvres et des déshérités.

Cet illettré passait tout le temps qui lui restait en prière, souvent toute la nuit, restant dans le sanctuaire, et recevant dans la prière la divine sagesse, qui étonna et édifia non seulement ses Confrères, mais aussi les prêtres, les curés, et tant d’autres personnalités, qui venaient le consulter.

Humblement, silencieusement, il priait, il obéissait au Supérieur, il se mortifiait (en l’observant bien, on finissait par découvrir qu’il était très habile à ajouter discrètement un peu de cendre sur ses aliments, pour les rendre moins appétissants) ; il dormait par-terre…

Dieu bénit cette vie de sanctification par des signes prodigieux. Ainsi, frère Diego revenait toujours avec sa tunique toute sèche, même s’il avait plu ou neigé en chemin. On constata qu’il avait parfois parcouru une grande distance en quelques secondes. Il prédit certains événements qui se réalisèrent ; il fit couler le vin et l’huile, quand on en manquait…

Cette vie religieuse emplie de prière et de bonté dura presque un demi-siècle, au terme de laquelle frère Diego s’éteignit le 3 juin 1919, en chantant les louanges de Marie, à trois jours de son quatre-vingtième anniversaire.

Diego de Vallinfreda a été béatifié en 1999, en même temps que son «maître» vénéré, Mariano de Roccacasale (au siècle : Domenico Di Nicolantonio, commémoré le 31 mai).

 

 

Jean XXIII

1958-1963

 

On se souvient du “bon pape Jean” qui, choisi pour successeur de Pie XII à un âge assez avancé, était considéré comme un “pape de transition”. Jean XXIII fut un grand pape, qui convoqua le concile de Vatican II, promut l’”aggiornamento” (la mise à jour) de l’Eglise, et s’endormit saintement, en odeur de sainteté.

Angelo Roncalli, donc, était né près de Bergame le 25 novembre 1881, quatrième des dix enfants d’une humble famille de la terre. Son père était Giovanni Battista, sa mère Marianna Giulia Mazzolla.

Angelo fréquenta le Petit, puis le Grand séminaire de Bergame. Il fut ordonné prêtre en 1904.

Il fit également quelques années d’études à Rome car, une fois pape, il s’adressa aux séminaristes de Rome en ces termes : Nous vous dirons comme une confidence que, durant nos années de séminaire à Rome, nous venions souvent dans ce sanctuaire (l’église Saint-Ignace) nous agenouiller devant l’autel de saint Luigi Gonzaga et de saint Jan Berchmans pour obtenir, par leur intercession, toute notre vie la grâce d’une chasteté intacte et resplendissante.

Secrétaire de l’évêque, il fut professeur d’Histoire de l’Eglise au Grand séminaire. 

Durant la Grande Guerre, il fut aumônier militaire.

En 1921, commença son chemin dans les arcanes du Vatican. Il travailla dans la congrégation de la Propagation de la Foi.

Evêque en 1925, il fut délégué apostolique en Bulgarie, puis à Istanbul de 1935 à 1944, date à laquelle il reçut la délicate fonction de nonce apostolique à Paris, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans une France déchirée par les factions. 

De fait, Mgr Roncalli réussit à “sacrifier” trois évêques seulement sur les trente dont le gouvernement français réclamait la démission comme compromis avec le gouvernement précédent.

En 1953, sa mission diplomatique touchant à sa fin, Mgr Roncalli se vit nommer patriarche de Venise, et fut créé cardinal.

A la mort de Pie XII, le cardinal Roncalli fut élu, et prit le nom de Jean XXIII, porté précédemment par un antipape (en 1410).

Jean XXIII publia huit encycliques : Ad Petri CathedramSacerdotii nostri primordiaGratia RecordatioPrinceps PastorumMater et MagistraÆterna Dei SapientiaPænitentiam agerePacem in terris.

A la surprise générale, il convoqua dès janvier 1959 un concile œcuménique, qu’il ouvrit le 11 octobre suivant. Il n’en vit pas l’achèvement et mourut d’un double cancer douloureux, le 3 juin 1963, confiant à un proche que, voyant la tournure du Concile, il regrettait de l’avoir convoqué.

Jean XXIII fut sur le siège de Pierre pendant quatre ans et sept mois. 

Il a été béatifié en 2001 en même temps que l’autre pape Pie IX, et canonisé en même temps que Jean-Paul II en 2014.

La fête liturgique de s.Jean XXIII a été fixée au 11 octobre, jour où il ouvrit les travaux du Concile.

Son successeur, qui devait porter à son terme le concile, fut Paul VI.

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1 juin 2021 2 01 /06 /juin /2021 23:00

02 JUIN

II.

Ss Pothin, évêque martyr à Lyon, avec quarante-six Compagnons : Vetius Epagatus, Macarius, Silvius, Primus, Ulpius, Vitalis, Comminus, October, Philomenus, Geminus, deux Iulia, Albina, Grata, deux Æmilia, Potamia, deux Pompeia, Rodana, Quarta, Materna, Helpis, Blandine, Attale de Pergame, Sanctus (diacre), Biblis, Alexandre (médecin phrygien), Asclibiades, Maturus (néophyte), Ponticus (garçon de quinze ans), Istus, Aristeus, Cornelius, Zosimus, Titus, Iulius, Zoticus, Apollonius, Geminianus, Ausona, Iamnica, Domna, Iusta, Trophima, Antonia, martyrs ; Pothin avait plus de quatre-vingt dix ans ; Blandine, une jeune esclave, exhortait les autres à tenir bon, après qu’une dizaine ait apostasié. 

IV.

S Erasme, évêque en Syrie, réfugié et martyrisé à Formia, enterré à Gaeta, dont il est le patron ; il est un des quatorze Saints Auxiliateurs.

Ss Marcellin et Pierre, un prêtre et un exorciste, martyrs romains décapités, nommés au Canon romain de la messe.

VII.

S Eugène I, pape (654-657), adversaire du monothélisme.

S Adalgise (Algise), prêtre irlandais apôtre de la Picardie ; le lieu de son tombeau est devenu Saint-Algis.

VIII.

Ste Mondane, mère de s. Sardot (évêque à Limoges, cf. 4 mai).

IX.

S Nikephoros, laïque promu évêque à Constantinople pour sa science et sa sainteté, exilé quatorze ans à cause de l’iconoclasme.

XI.

S Etienne de Suède, évêque missionnaire, apôtre de la Suède, martyr à Norrala.

S Nikolaos le Pèlerin, un grec venu dans les Pouilles ; il criait partout : Kurie, eleison.

S Guido, évêque à Acqui Terme.

XIII.

S Sadoc, dominicain envoyé par s. Dominique en Hongrie puis en Pologne, égorgé avec ses confrères à Sandomir par les Tartares ; la veille au soir, le lecteur du martyrologe lut des mots écrits en lettres d’or : A Sandomir, la passion de quarante-neuf martyrs ;  ils chantèrent jusqu’au dernier souffle le Salve Regina.

XIX.

S Daminh Ninh, martyr tonkinois laïc, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.    

B Joseph Thạo Tiến (1918-1954), prêtre laotien, martyr, béatifié en 2016.

Martyrs de Lyon

† 177

 

L’histoire de saint Pothin et de ses quarante-sept Compagnons nous a été transmise par des contemporains et nous permet de parler d’eux avec une grande certitude. La lettre, écrite par l’Eglise de Lyon, fut adressée à celles d’Asie Mineure, signe d’une grande union entre ces régions si distantes.

En 177, une hostilité soudaine s’éleva contre les Chrétiens de l’Eglise de Lyon. L’évêque en était Pothin, sans doute le vétéran de cette sainte Troupe d’Athlètes, la plus jeune étant Blandina.

La lettre vante le désir du martyre qui animait les courageux Martyrs, sans le moindre orgueil. Pour eux, l’unique Martyr est le Christ, eux s’estimant confesseurs médiocres et pauvres. Ils pardonnaient fraternellement ceux qui étaient tombés dans l’apostasie et étaient heureux de les ramener au Christ. Ils priaient pour leurs bourreaux.

Les Chrétiens furent d’abord pourchassés dans leurs maisons, aux bains publics, sur les places, et reçurent l’interdiction de paraître en public.

Ils reçurent mille vexations : insultes, coups, violences, spoliations, grêles de pierres, emprisonnements ; ils furent traduits au forum, questionnés publiquement par les magistrats, et remis en prison en attendant l’arrivée du gouverneur.

Il y eut cependant dix apostats, qui causèrent une grande tristesse aux prisonniers fidèles. Mais aussi, d’autres rafles apportèrent de nouveaux prisonniers. Il y eut aussi de faux témoins : des serviteurs des prisonniers les accusèrent de vices honteux, ce qui fit que même des amis s’en détournèrent.

Ces apostats, en réalité, n’eurent aucun avantage dans leur situation, car on les laissa en prison et ils endurèrent, bien contre leur volonté, les mêmes supplices que les Martyrs. Et tandis que ces derniers rayonnaient de joie de rejoindre bientôt le Christ, les apostats étaient tristes, honteux, et recevaient des badauds les mêmes insultes. Toutefois la charité et la patience des Martyrs surent regagner au Christ certains renégats, qui acceptèrent généreusement de mourir pour le Christ.

Certains des Martyrs portaient des noms d’origine grecque : Pothin, Vetius Epagatus, Alexandros, Attalos, Alcibiades, Pontikos, Biblis ; d’autres, d’origine latine : Sanctus, Maturus, Blandina… Ci-dessous, quelques détails sur certains d’entre eux.

Pothin, le vieil évêque de Lyon, avait plus de quatre-vingt-dix ans, se déplaçait avec difficulté et pouvait à peine respirer. Pourtant, sans égard pour son âge et ses infirmités, on le bouscula, on le frappa des poings et des pieds. Tous pensaient qu’ils auraient gravement manqué à leur devoir civique et religieux, s’ils s’étaient montrés tièdes à l’insulter. Jeté en prison, Pothin ne respirait déjà presque plus ; il mourut deux jours plus tard.

Vetius Epagatus, sans doute d’origine grecque, débordait de charité envers Dieu et le prochain ; sa vie austère lui méritait, malgré sa jeunesse, l’éloge donné au vieillard Zacharie : ‘Il marchait sans reproche dans tous les commandements et observances du Seigneur’ (Lc 1:6). Il était diligent pour rendre service, très zélé pour Dieu, tout bouillant de l’esprit. Un pareil homme ne put tolérer la procédure extravagante instituée contre nous. Dans un sursaut d’indignation, il réclama la parole, lui aussi, pour défendre ses frères et montrer qu’il n’y avait rien d’irréligieux ni d’impie parmi nous… Le gouverneur… se contenta de lui demander s’il était chrétien. Epagathus le reconnut d’une voix vibrante, et fut admis ainsi au nombre des martyrs.

Toute la colère de la plèbe, du gouverneur et de l’armée s’abattit sur Sanctus, Maturus et Attalos.

Sanctus, qui portait vraiment bien son nom, était diacre de Vienne ; il supporta toutes les violences des tortionnaires. Il résista avec une telle fermeté qu’il ne dit ni son nom, ni son pays, ni sa ville d’origine, ni s’il était esclave ou libre, mais à toutes les interrogations, il répondait en latin : ‘Je suis chrétien’ (Christianus sum). On lui appliqua alors des lames d’airain ardentes sur les parties les plus sensibles du corps, mais lui, ferme dans sa confession, s’abreuvait et se fortifiait à la Source céleste d’eau vive. Son pauvre corps n’était que plaies et meurtrissures. Cette chair n’avait plus forme humaine. Quelques jours après, on recommença à torturer le Martyr… Mais son pauvre corps se releva, se redressa dans ces nouveaux supplices ; il reprit sa forme, l’usage de ses membres. Ainsi, ce deuxième supplice ne fut pas une torture, mais une cure.

Maturus, était autant néophyte que généreux combattant.

Attalos, originaire de Pergame, était la colonne et le soutien de l’Eglise. Après une première série de tortures, il y fut à nouveau soumis le lendemain, avec Alexandros, qu’on va rencontrer plus bas. Attalos fut assis sur une chaise de métal brûlant et il s’écria : Vous voyez  : c’est vous qui maintenant êtes des mangeurs d’hommes. Nous autres, nous ne mangeons pas d’hommes, et nous ne faisons rien de mal. On lui demanda le nom de Dieu, il répondit : Dieu n’a pas de nom comme un homme. Il fut exécuté, livré aux bêtes.

Alexandros était un médecin originaire de Phrygie. Il vivait en Gaule depuis plusieurs années et tous le connaissaient pour sa foi et sa franchise. Il se tenait près du tribunal et faisait des signes de tête aux accusés pour les encourager. Au gouverneur qui lui demandait son identité, il répondit Chrétien ! Il fut condamné aux bêtes, comme on l’a vu avec Attalos.

Biblis était une de celles qui avaient apostasié, mais tandis qu’on la menait quand même au supplice, elle pensa à la damnation éternelle ; elle se ressaisit et dit aux calomniateurs : ‘Comment des gens qui ne doivent pas même prendre du sang d’animaux, pourraient-ils manger des enfants ?’

Ponticus était un jeune adolescent d’une quinzaine d’années. Comme Blandina, il resta calme et fidèle à sa foi. On fut sans pitié pour son jeune âge, en lui faisant passer par toutes les atrocités, au terme desquelles il rendit l’âme.

Alcibiades vivait dans une grande pauvreté, se contentant de pain et d’eau, et voulut maintenir ce régime en prison. Mais une inspiration divine lui fit dire par Attalos qu’il devait manger de tout, comme les autres.

Blandina, la plus jeune de tout le groupe, étonna tout le monde par sa fermeté et son courage. Elle fatigua et découragea les bourreaux, qui se succédèrent près d’elle du matin au soir et épuisèrent l’arsenal des supplices. Ils s’avouèrent vaincus : ils n’avaient plus rien à lui faire. Ils s’étonnaient qu’il lui restât encore un souffle de vie, alors que tout son corps était déchiré et labouré. Ils certifiaient que le moindre de ces tourments était suffisant pour ôter la vie : et tout leur assortiment n’avait pas réussi. 

Après l’échec des premières tortures, Maturus, Sanctus, Blandina et Attalos furent conduits aux bêtes. Maturus et Sanctus furent à nouveau soumis aux fouets, puis aux assauts des bêtes, et aussi à la chaise de fer chauffée à blanc, avant d’être décapités. Les bêtes ne touchèrent pas à Blandina, qui fut attachée à un poteau. On la détacha pour la remettre en prison. Attalos dut faire le tour de l’amphithéâtre, précédé d’une pancarte portant l’inscription Attalos chrétien. Mais il était citoyen romain, et le gouverneur le fit remettre en prison, en attendant la décision de l’empereur. Celui-ci répondit qu’il fallait mettre à mort les persévérants, et libérer les renégats. Les porteurs du droit de cité romaine furent décapités, les autres furent envoyés aux bêtes fauves.

Celle qui semblait la plus faible, la plus chétive, la plus fragile, fut cette admirable Blandina. Torturée et mutilée sur tout son corps, elle restait joyeuse. On lui infligea encore les fouets, puis les bêtes, puis le gril, elle fut mise dans un filet et livrée à un taureau, qui la souleva plusieurs fois en l’air et la laissant retomber à terre. Mais Blandine y était insensible, elle n’était plus sur terre : son esprit était déjà avec son Epoux céleste. Elle fut enfin décapitée. Les païens reconnurent que jamais une femme n’avait enduré tant de tortures.

Mais l’histoire des Martyrs de Lyon ne s’arrêta pas là. Les ennemis du Christ s’acharnèrent encore sur leurs cadavres. Ceux qui étaient morts en prison, furent jetés aux chiens. Ce qui restait après la fureur des bêtes ou l’ardeur du bûcher, fut exposé à l’air pendant six jours, puis brûlé. Les cendres furent balayées dans le Rhône. 

Voici maintenant la liste alphabétique de ces quarante-huit Martyrs, vingt femmes et vingt-sept hommes :

  1. Æmilia 
  2. Æmilia altera
  3. Albina
  4. Alexandros
  5. Antonia
  6. Apollonius
  7. Aristeus
  8. Asclibiades
  9. Attalus
  10. Ausona
  11. Biblis
  12. Blandina
  13. Comminus
  14. Cornelius
  15. Domna
  16. Geminianus
  17. Geminus
  18. Grata
  19. Helpis
  20. Iamnica
  21. Iulia
  22. Iulia altera
  23. Iulius
  24. Iusta
  25. Iustus
  26. Macarius
  27. Materna
  28. Maturus, neophyte
  29. October
  30. Philomenus
  31. Pompeia
  32. Pompeia altera
  33. Ponticus
  34. Potamia
  35. Pothin, évêque
  36. Primus
  37. Quartia
  38. Rodana
  39. Sanctus, diacre
  40. Silvius
  41. Titus
  42. Trophima
  43. Ulpius
  44. Vetius Epagatus
  45. Vitalis
  46. Zosimus
  47. Zoticus

Les Martyrs de Lyon sont commémorés le 2 juin dans le Martyrologe Romain.

Erasmus de Formia

† 303

 

Originaire de Syrie, Erasmus y aurait été ordonné évêque, pour le siège d’Antioche.

Lors de la persécution de Dioclétien, il dut se réfugier pendant sept ans dans la montagne, où un corbeau lui apporta sa nourriture.

Découvert, il refusa de sacrifier aux dieux païens, fut frappé de coups, jeté dans un feu, privé de nourriture, tortures dont il fut délivré par une intervention angélique.

L’ange l’emmena en Illyrie, où il fit beaucoup de conversions, avant de subir de nouveaux supplices.

Il fut alors conduit par l’archange Michel à Formia (Campanie, Italie C), devenant ainsi le premier évêque de ce siège, où cependant il expira après sept jours.

Erasmus est représenté éventré, les intestins enroulés sur un treuil, supplice qui toutefois n’est pas mentionné dans la Passio. Il n’empêche qu’Erasmus est invoqué pour les maux de ventre. Il est aussi au nombre des quatorze Saints Auxiliateurs (v. notice Auxiliateurs).

Saint Erasmus de Formia est commémoré le 2 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcellinus et Petrus

† 304

 

Tout ce qu’on peut dire avec assez de certitude, est que ces deux Martyrs moururent à Rome dans la persécution de Dioclétien, en 304.

Marcellinus aurait été prêtre, Petrus exorciste.

D’après leur Passio, ils furent mis en prison, où ils convertirent leurs compagnons de captivité, dont un certain Arthémius. Le juge Severus (ou Serenus) les condamne à mort et les fait porter à un endroit appelé Silva Negra, mais en cachette, pour qu’on ignore leur sépulture.

Leur bourreau, converti, révéla cependant cette cachette, et l’on put ensevelir les deux Martyrs dans la catacombe Saint-Tiburtius, sur la Via Labicana, où l’empereur Constantin fit élever une basilique en leur honneur (et où fut à son tour ensevelie sainte Hélène, la mère du pieux empereur).

Le pape saint Damase connut le bourreau converti. On doit à ce pape une épitaphe en vers, où il fait allusion à cet homme.

Au 9e siècle, les corps des deux Martyrs furent confiés à un ministre de Charlemagne, Eginhard, qui désirait des reliques ; celles-ci furent déposées à Selingstadt (Frankfurt am Main), et beaucoup de miracles se produisirent lors de cette translation.

Les saints Marcellinus et Petrus sont mentionnés dans la prière du Nobis quoque, peccatoribus du Canon romain de la Messe.

Ils sont fêtés le 2 juin.

 

 

Eugène Ier

655-657

 

Ce soixante-cinquième pape succédait au martyr Martin Ier, encore prisonnier (qui mourut le 15 septembre 655).

En effet, Martin Ier ayant été emprisonné à Constantinople en 654, l’empereur le considérait comme déposé et fit immédiatement élire Eugène pour lui succéder, mais ce dernier ne se considéra comme élu légitimement qu’après avoir appris avec certitude la mort de son prédécesseur.

Eugène était fils du romain Rufinien, et faisait partie du clergé de Rome depuis l’enfance. On connaissait sa douceur et son affabilité, sur lesquelles on comptait pour renouer de bonne relations avec l’empereur Constant. 

Mais le patriarche de Constantinople, tant Pyrrhus que son successeur Pierre, prudemment, ne se prononçaient pas sur l’erreur du monothélisme, condamnée précédemment par Martin Ier

Le clergé de Rome contraignit alors le nouvel élu à condamner le patriarche de Constantinople, ce qui équivalait à mépriser l’empereur. Constant faillit traiter Eugène comme Martin, mais une cruelle défaite navale le força à remettre son dessein à plus tard.

Eugène mourut sur ces entrefaites, le 2 juin 657.

Il avait ordonné plusieurs évêques et fut enterré au Vatican.

Saint Eugène Ier eut pour successeur saint Vitalien.

 

 

Nikephoros de Constantinople

738-828

 

Nikephoros naquit en 738 (certains avancent plutôt 758) à Constantinople de Theodoros et Evdokia.

Theodoros, un fonctionnaire impérial, perdit sa charge lors de la querelle iconoclaste et fut exilé pour sa fidélité au culte des saintes images ; Evdokia s’efforça de trouver les meilleurs maîtres pour son fils.

Ce dernier, à son tour, devint un fonctionnaire estimé du nouvel empereur ; il se signala lors du deuxième concile de Nicée (787), qui était le septième concile œcuménique : représentant l’empereur, il assista aux sessions, s’associa à la condamnation de l’erreur et composa un cantique d’action de grâces.

Il fonda alors un monastère sur le Bosphore et comptait y finir ses jours dans la prière, le silence, l’étude. Mais sa science étendue, ses mérites et ses vertus, le signalèrent pour succéder au patriarche s.Tarasios (v. 18 février) ; malgré toutes ses réticences, il finit par accepter cette lourde charge, et reçut en peu de temps tous les ordres sacrés. Il fut sacré évêque le jour de Pâques 806.

Des membres du clergé, que l’on pourrait appeler aujourd’hui intégristes, protestèrent contre cette élection «anti-canonique» : un laïc devenu patriarche en quelques semaines ! A cela s’ajouta que Nikephoros, dans un souci de pacification des esprits, leva la sanction imposée au prêtre qui avait béni le mariage illicite de l’empereur.

La mort de l’empereur apporta un calme relatif, mais l’avènement en 813 de l’empereur Léon l’Arménien ralluma la tension entre le pouvoir et l’Eglise. L’iconoclasme fut remis en vigueur et Léon exila tous les évêques et les moines qui s’y opposaient. Nikephoros en particulier, bien que malade, fut d’abord jeté en prison, relégué dans son monastère du Bosphore, enfin transféré jusqu’en Bithynie. 

En 820, le nouvel empereur proposa à Nikephoros de reprendre son siège, s’il consentait à ne plus parler des saintes images ni du précédent concile de Nicée de 787 : Nikephoros préféra rester en exil que de céder à ce chantage. 

L’exil dura près de quatorze ans : Nikephoros mourut le 2 juin 828, après plus de vingt-deux ans d’épiscopat.

Son corps fut ramené à Constantinople en 842.

Saint Nikephoros de Constantinople est commémoré le 2 juin dans le Martyrologe Romain.

Guido d’Acqui

1004-1070

 

Guido (Wido) vit le jour vers 1004 au château de Melazzo (Alexandrie, Piémont, Italie NO), que l’empereur avait donné à ses parents, comtes d’Acquesana, descendants de chevaliers venus en Italie au siècle précédent.

Tôt devenu orphelin, Guido alla étudier à Bologne, de 1019 à 1029.

En 1034, il fut choisi pour succéder à l’évêque défunt d’Acqui Terme.

Guido remit au diocèse tous ses biens de Melazzo et lutta de toutes ses forces contre l’immoralité et la simonie du clergé. Il fonda un institut pour la jeunesse féminine et le monastère Sainte-Marie-des-Champs. Enfin il fit agrandir la cathédrale, qu’il dédia en 1067 à l’Assomption de Marie.

Lors d’une famine, il fit distribuer du blé à la population affamée.

Il mourut le 2 juin 1070.

Guido était le vingt-sixième évêque d’Acqui Terme, mais fut le premier canonisé.

Saint Guido d’Acqui est commémoré le 2 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nikolaos le Pèlerin

1075-1094

 

Nikolaos naquit à Stiri (Grèce) en 1075.

Berger, il vivait dans la solitude. Il s’habitua à répéter constamment Kyrie eleison. On en vint à le prendre pour un fou.

Exaspérée, sa mère le fit enfermer dans un monastère, où il fut même battu, mais relâché.

Voulant faire le pèlerinage à Rome, il vint en Italie méridionale et débarqua à Otranto, répétant toujours son incessant Kyrie eleison. Les enfants imitaient volontiers cet «original» ; mais les gens du monde le dédaignaient.

Sans domicile précis, il parcourait les localités des Pouilles, à peine vêtu d’une courte tunique, portant un crucifix dans la main. Arrivé à Trani le 20 mai 1094, il fut interrogé par l’évêque, qui comprit quelle valeur se cachait dans cet innocent jeune homme ; il l’hébergea.

Nikolaos tomba malade le 23 mai et l’on vint en foule lui rendre visite ; il mourut à Trani le 2 juin 1094, à dix-neuf ans.

Des miracles, des guérisons, ayant eu lieu, il fut canonisé en 1098.

Saint Nikolaos le Pèlerin est commémoré le 2 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sadoc et ses Compagnons

† 1260

 

Cette notice n’est pas à proprement parler une biographie, même succincte, du bienheureux Sadoc, religieux dominicain des tout premiers débuts de cet Ordre. A notre époque de diffusion vertigineuse de l’Islam, il est bon que les Chrétiens sachent ce qui pourrait les attendre de la part de ces peuplades païennes qui n’ont cessé depuis des siècles de combattre vainement les rangs chrétiens de toutes régions.

Ce que ne savent pas ces peuplades, en revanche, c’est que tous ces martyrs sont en réalité la source à laquelle viennent puiser de nombreux fidèles pour renforcer les rangs de l’Eglise et évangéliser avec une vigueur nouvelle les hommes qui ne connaissent pas encore Jésus-Christ, notre Sauveur.

Sanguis Martyrum semen Christianorum : le Sang des Martyrs est une semence de Chrétiens.

 

Sadoc, donc, était un des premiers compagnons de saint Dominique qui, au chapitre général de l’Ordre, tenu à Bologne en 1221, le désigna pour aller prêcher en Hongrie. Il était peut-être lui-même hongrois.

A son arrivée dans ce pays, il vit, la nuit, une foule de démons qui lui criaient avec rage : Tu viens ici pour nous chasser ! Et comme Sadoc avait pour tout bataillon trois novices fort jeunes : C’est avec ces gamins que tu nous rosses !

Il passa plusieurs années en Hongrie, puis fut placé à la tête du couvent fondé depuis peu par saint Hyacinthe (v. 15 août) à Sandomierz, ville du palatinat de Kielce, entre Cracovie et Varsovie, au sud-est de la Pologne. Au moment de l’invasion des Tartares, Sadoc était prieur de quarante-huit religieux. La veille de l’irruption des Tartares, le lecteur du Martyrologe annonça : A Sandomierz, la passion de quarante-neuf martyrs. Ces mots étaient calligraphiés en lettres d’or sur ce livre par une main inconnue.

Les frères prêcheurs se préparèrent à mourir. Les Tartares envahirent leur couvent le soir ; c’était l’heure paisible où, à la fin du chant de l’office, les moines élèvent une ultime salutation à Notre Dame, le Salve Regina.

Tandis qu’on les égorgeait, les frères chantaient le Salve Regina. Ils chantèrent véritablement jusqu’à leur dernier souffle.

Les envahisseurs avaient déjà sévi dans cette région de Sandomierz vingt ans auparavant ; leurs forces étaient certainement nombreuses et victorieuses, mais la vraie victoire était celle des fidèles religieux qui sont maintenant dans la gloire de Dieu.

Le pape Alexandre IV autorisa immédiatement le culte de ces martyrs pour Sandomierz, lequel culte fut étendu à tout l’Ordre dominicain au XIXe siècle.

Le Martyrologe les commémore le 2 juin.

 

 

Đaminh Ninh

1835-1862

 

Đaminh (Dominique) était né en 1835 à Trung Linh (Nam Định, près l’actuelle Hà Nội, Tonkin).

Il put recevoir une première formation auprès du séminaire des missionnaires, mais ensuite ses parents l’ont forcé à épouser une fille du village. Ne voulant pas contrarier ses parents, Đaminh accepta ce mariage ; par la suite il resta en bons termes avec cette épouse, mais ne vécut pas avec elle. Comprenant son erreur, il s’efforça de la compenser par la sainteté de sa vie, acceptant d’avance, s’il le fallait, de souffrir et de verser son sang pour Dieu.

Lors de la persécution, il fut arrêté le 16 septembre 1861, avec d’autres. Il dut quitter son village et changer plusieurs fois de résidence.

Au cours du procès, le 6 février 1862, on voulait le forcer à apostasier et à marcher sur la croix. Đaminh s’y refusa énergiquement : Si les enfants n’ont pas le droit de mépriser leurs parents, comment oseriez-vous me forcer à insulter Dieu qui a créé le ciel et la terre, en piétinant la croix ?

Condamné à la peine capitale, Đaminh attendit en prison quatre mois. Un témoin le vit chargé de lourdes chaînes, mais toujours souriant.

Đaminh fut décapité pour sa foi à An Triêm, le 2 juin 1862.

Béatifié en 1951, il fait partie des Martyrs vietnamiens canonisés en 1988, et fêtés ensemble le 24 novembre.

 

 

Joseph Tho Tiến

1918-1954

 

Ce martyr fait partie des 17 Martyrs du Laos, pour lesquels des notices sont en préparation.

Joseph naquit le 5 décembre 1918 à Ban Ten (Muang Xôi, Houaphan, Laos) ; son père et déjà son grand-père étaient des chrétiens exemplaires.

En 1929, Joseph entra à l’école des catéchistes à Hu L, au Vietnam, car sa province d’origine était alors rattachée à celle du Vietnam.

En 1937, il fut admis au Petit séminaire. Intelligent, bon élève, il sera le seul à passer ensuite au Grand séminaire. Il fut apprécié de tous, supérieurs et fidèles.

En 1942, il fut au Grand séminaire de Hanoï mais, à cause de l’agitation politique, il dut rentrer (à pied) au Laos en 1946, où sévissait aussi la guerre. Il ne put achever ses études qu’à Saïgon.

En 1949, il fut ordonné prêtre à Hanoï, pour le diocèse de Thanh Hóa. Son poste sera à Sam Neua. Pendant la brève accalmie de ces années-là, il réorganisa la mission, et fut un prêtre zélé au milieu de ses fidèles.

Malheureusement, en 1952, la guerilla reprit ; la mission fut évacuée, mais Joseph resta sur place prêt à donner (sa) vie pour (ses) frères laotiens.

A Pâques, il fut arrêté, jugé, mis en prison et conduit en camp de «rééducation». Il refusa constamment d’apostasier et de se marier.

Le 2 juin 1954, toujours ligoté, encadré par quatre gardiens, il fut abattu de cinq balles. il reçut la palme du martyre à Ban Talang (Houaphan, Laos).

Il a été béatifié le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 2 juin dans le Martyrologe Romain.

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31 mai 2021 1 31 /05 /mai /2021 23:00

01 JUIN

I.

S Mémoire, un des Saints Innocents, vénéré à Périgueux.

II.

S Iustinus, philosophe palestinien converti à la vue du courage des martyrs, auteur de deux  Apologies  et du  Dialogue avec Tryphon, dénoncé, torturé et décapité ; avec lui, d’autres martyrs : Chariton, Charitus, Evelpistus, Ierax, Pœon et Liberianus.

III.

Ss Ammon, Zenon, Ptolemæus, Ingenis et Theophilus, martyrs en Alexandrie ; Theophilus était un vieillard, les autres des soldats ; ils encourageaient un chrétien qui semblait prêt à apostasier.

S Thespèse, martyr en Cappadoce.

S Ischyrion, officier militaire martyr à Assyout, avec cinq autres soldats.

S Firmus, martyr à qui on sectionna les nerfs avant de le décapiter (lieu inconnu).

Ss Félin et Gratinien, soldats martyrs à Pérouse.

S Proculus, martyr à Bologne.

IV.

S Jouin, fondateur du monastère de Ension, qui ensuite prit son nom (V.?).

?

S Révérien, évêque à Autun et martyr.

S Clair, apôtre de l’Aquitaine et martyr.

S Rogat, martyr en Afrique. 

V.

S Fortunatus, prêtre près de Montefalco, dont il est patron.

S Caprasius, solitaire en Provence, maître spirituel des frères Venantius et Honoratus de Lérins.

Florus, premier évêque à Lodève et à l’origine de la ville de Saint-Flour

S Claude, évêque à Vienne.

S Mion, ermite près de Thiers.

S Renan (Ronan), évêque irlandais, ermite en Bretagne.

VII.

S Porchaire, troisième abbé à Saint-Hilaire de Poitiers.

IX.

S Wigstan, prince anglais, traitreusement assassiné par son parrain.

XI.

S Symeon, grec de Syracuse, ermite, itinérant, et reclus ; il habita en Terre Sainte, au Sinaï, passa par Rome, arriva en France (Angoulême, Verdun) et mourut à Trèves.

S Iñigo, abbé à Oña en Espagne, pleuré à sa mort même par les Arabes et les Juifs.

S Conrad (Cuno), martyr à Trèves, où il venait d’avoir été nommé évêque.

XII.

S Teobaldo Roggeri, artisan à Alba, patron des savetiers et des portefaix.

XIV.

B Giovanni Pelingotto, tertiaire franciscain à Urbino.

XVI.

B John Storey, juriste anglais, martyrisé à Tyburn.

XVII.

Bx Alfonso Navarrete Benito, dominicain, Hernando de Saint-Joseph de Ayala, augustin, prêtres espagnols et Leo Tanaka, tertiaire jésuite, martyrs décapités à Nagasaki.

XVIII.

B Jean-Baptiste Vernoy de Montjournal, chanoine à Moulins, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

S Giuse Phạm Quang Túc, jeune paysan tonkinois, martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

B Giovanni Battista Scalabrini (1839-1905), évêque à Piacenza, fondateur des Missionnaires de Saint-Charles-Borromée, pour les émigrés en Amérique, béatifié en 1997.

S Annibale Maria Di Francia (1851-1927), prêtre à Messine, initiateur de la congrégation des Rogationnistes du Cœur de Jésus, pour l’apostolat de la jeunesse et les vocations ;  il fit connaître ste Veronica Giuliani et surtout protégea Mélanie Calvat ; béatifié en 1990, canonisé en 2004.

Iustinus

?-165

 

Saint Justin parle de lui-même dans ses écrits, expliquant par quels chemins il avait trouvé la Foi.

Né en Syrie, fils de Priscus et petit-fils de Bacchius, il était de milieu païen. Une grâce particulière lui infusa l’amour de la philosophie, entendue comme recherche de la Vérité.

Il fréquenta successivement plusieurs écoles, qui ne lui apportèrent pas suffisamment de conviction : éliminant d’emblée les épicuriens, il rencontra un stoïcien qui lui disait qu’il n’était pas nécessaire de connaître Dieu ; puis un péripatéticien, qui prétendait à un salaire pour ses “leçons” : “Je n’avais pas songé que la philosophie fût à vendre”, écrit Justin ; puis un pythagoricien lui parla du détachement pour arriver à la contemplation du beau et du bien, mais il lui fallait pour cela étudier la musique, l’astronomie, la géométrie, et il n’avait pas le temps de se mettre à ce travail ; enfin un platonicien, dont la doctrine sur les choses incorporelles l’intéressa beaucoup ; mais il rencontra finalement un vieillard qui l’aida à aller au-delà de la philosophie humaine, pour rencontrer Dieu lui-même, en particulier par la lecture des prophètes, de l’Ecriture Sainte, qui s’était accomplie en la personne de Jésus.

Justin fut alors transformé, il trouve dans l’Ecriture ce qu’il cherchait. Il rencontre des Chrétiens. Ce qui le convainc encore plus, c’est le comportement de ceux-ci devant la persécution : “Entendant les accusations portées contre les chrétiens, et les voyant intrépides en face de la mort, je me dis qu’il était impossible qu’ils vécussent dans le mal et dans l’amour des plaisirs.” 

Il se convertit, corps et âme, reçoit le baptême et désormais consacre sa vie à la diffusion de la Vérité. Il a pu faire un voyage à Rome. 

Vers 135, il rencontra l’éphésien Tryphon, un rabbin, avec qui il engagea des discussions, d’où ressortit un ouvrage qu’il publia ensuite : le Dialogue avec Tryphon, où il montre comment la Nouvelle Alliance l’emporte sur l’Ancienne.

Il s’en vint à Rome où il ouvrit une école et où il chercha de toutes ses forces à confondre les hérétiques : marcionites, valentiniens, basilidiens… On a malheureusement perdu son Traité contre toutes les hérésies. C’est là qu’il écrivit deux Apologies, envoyées à l’empereur, engageant ce dernier à protéger les chrétiens et même à se convertir.

C’est dans ces textes que Justin est amené à parler des sacrements de l’Eglise, le baptême et l’eucharistie. Il décrit l’assemblée dominicale en des termes qui montrent clairement les moments de notre Messe.

Il eut l’occasion de discuter avec un certain Crescens qui, confondu, l’attaqua en le dénonçant, lui et quelques compagnons, que nous retrouvons dans les Actes du martyre de Justin : la chrétienne Chariton, Evelpiste, Hiérax, Pœon, Libérien. On en retiendra quelques réponses savoureuses : 

- Je suis esclave de César ; mais, chrétien, j’ai reçu du Christ la liberté.

- Notre vrai père, c’est le Christ, et notre mère, la foi par laquelle nous croyons en Lui.

Finalement, Justin et ses compagnons sont flagellés, puis décapités.

Saint Justin est fêté le 1er juin.

 

 

Chariton, Charitus, Evelpistus, Ierax, Pœon et Liberianus de Rome

† 165

 

On a vu en ce même 1er juin les circonstances de la vie et de la mort de s.Justin (Iustinus).

Dans un second article, le Martyrologe nomme ensuite les noms des six disciples de Iustinus qui furent aussi ses compagnons d’interrogatoire, de condamnation et de martyre.

Voici les réponses qu’il donnèrent au préfet de Rome, Rusticus :

Chariton, l’unique femme du groupe : Par la grâce de Dieu, moi aussi je suis chrétienne.

Evelpistus : De César, je suis esclave ; du Christ, j’ai reçu la liberté comme chrétien… J’écoutais avec grand plaisir les leçons de Iustinus, mais j’avais appris de mes parents {qui sont} en Cappadoce, la religion chrétienne.

Ierax : Assurément je suis chrétien : j’aime et adore le même Dieu que ceux-ci. J’ai toujours été chrétien et je le serai toujours… Notre vrai père, c’est le Christ, et notre mère, la foi par laquelle nous croyons en Lui : mes parents selon la chair sont morts. Du reste, je fus amené ici d’Iconium en Phrygie.

Pœon, spontanément, sans même être interrogé : Moi aussi, je suis chrétien. A la question «Qui t’a instruit» : Je tiens de mes parents cette bonne doctrine.

Liberianus : Je suis chrétien, j’aime et j’adore le vrai Dieu.

De Charitus, les Actes ne nous laissent pas de réponse.

A la menace de Rusticus d’être torturés sans merci, ils s’écrièrent tous : Fais vite ce que tu veux, nous sommes chrétiens et nous ne sacrifions pas aux idoles.

Emmenés au lieu des exécutions, ils furent d’abord flagellés avec ces terribles fouets romains aux lanières de cuir si coupantes, et garnies de plombs. Notre Seigneur Jésus-Christ subit lui-même ce supplice. Puis ils furent décapités, le 1er juin 165.

Saints Chariton, Charitus, Evelpistus, Ierax, Pœon, Liberianus de Rome sont commémorés le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ammon, Zeno, Ptolemæus, Ingenis, Theophilus d’Alexandrie

† 249

 

Une lettre de l’évêque Dionysios d’Alexandrie (v. 8 avril), à l’adresse de l’évêque Fabius d’Antioche relate les détails suivants : 

Toute une escouade de soldats, Ammon, Zeno, Ptolemæus, Ingenis et avec eux le vieillard Theophilus, se tenaient devant le tribunal. Alors qu’on jugeait comme chrétien quelqu’un qui inclinait déjà vers l’apostasie, ceux-ci qui étaient près de lui grinçaient des dents, faisaient des signes de tête, tendaient les mains, gesticulaient de tous le corps. Tout le monde se tourna de leur côté, mais avant qu’on n’eût saisi aucun d’eux, ils se hâtèrent de monter sur le degré, disant qu’il étaient chrétiens ; le gouverneur et ses assesseurs furent remplis de crainte, ceux qui étaient jugés parurent remplis de courage ; ils étaient décidés à être condamnés et les juges avaient peur. Ces hommes sortirent solennellement du tribunal, se réjouissant de leur témoignage : Dieu les faisait triompher glorieusement. 

Le texte ne dit pas si le pauvre Chrétien qui était sur le point d’apostasier, se ressaisit : le martyre des cinq soldats l’éclipsa. De cet unique texte concernant ces Martyrs, il ressort qu’en réalité c’étaient ces courageux soldats, avec ce vieil homme, qui étaient vainqueurs, tandis que les juges étaient totalement désemparés devant eux.

Ils furent décapités, le 1er juin 249.

Saints Ammon, Zeno, Ptolemæus, Ingenis, Theophilus d’Alexandrie sont commémorés le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ischyrion de Lycopolis

† 250

 

Ischyrion était un chef militaire. 

Il fut martyrisé avec cinq de ses hommes à Lycopolis (auj. Assyout, Egypte).

Les six Martyrs subirent différents genres de mort, le 1er juin 250.

Saint Ischyrion de Lycopolis avec ses Compagnons sont commémorés le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Proculus de Bologne

† 300

 

Le martyre de Proculus a été attesté depuis des temps très anciens.

D’après la tradition, il aurait été militaire ; outré par la cruauté du légat impérial Marinus, il se serait rendu chez ce dernier et l’aurait tué à coups de hache. 

Dieu ne permet pas ce genre de réactions. Mais Proculus se racheta : accusé pour sa foi, il fut transpercé de clous énormes.

On croit pouvoir situer son martyre vers 300, à l’époque de la persécution de Dioclétien.

Saint Proculus de Bologne est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Florus de Lodève

† 389

 

Précédemment, Florus passait pour un illustre inconnu. On en avait même fait un des premiers disciples du Christ, envoyé par s.Pierre de Rome évangéliser la Narbonnaise.

On l’a récemment «réhabilité» en lui accordant la primeur du siège épiscopal de Lodève, où il aurait été martyrisé en 389.

Sur son tombeau s’éleva un prieuré bénédictin, puis un évêché, et la ville de Saint-Flour (Hérault).

En 1573, cette ville fut mise à feu et à sang par les Huguenots ; la cathédrale est devenue église paroissiale, le palais épiscopal la mairie.

Saint Florus de Lodève est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fortunatus de Montefalco

† 5e siècle

 

Fortunatus était prêtre à Turrita (Montefalco, Pérouse, Ombrie, Italie C).

Pasteur zélé pour ses ouailles, il travaillait aussi de ses mains et, un jour qu’il passait la charrue, il trouva deux deniers, qu’il voulut donner aux pauvres : à ce moment-là, les deniers apparurent brillants comme l’or. Fortunatus les donna.

On vit un jour une colombe se poser sur sa tête, ce qu’on interpréta comme un signe de Dieu.

Fortunatus fit des miracles de son vivant, mais plus encore après sa mort, qui advint dans les débuts du 5e siècle.

Un chef militaire injustement condamné se trouva libéré de ses liens en passant près de son tombeau.

A cela s’ajoute que le bâton dont Fortunatus se servait pour diriger ses bœufs, fut mis en terre et donna un arbre magnifique, dont les branches avaient des vertus particulières contre les démons.

Saint Fortunatus de Montefalco est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Caprasius de Lérins

† 5e siècle

 

Caprasius (Caprais en français) vivait en solitaire dans la Provence.

Vinrent le trouver Honoratus (futur abbé de Lérins) et son frère Venantius, qui cherchaient un maître pour les initier à la vie ascétique. Ils partirent pour l’Orient, mais s’arrêtèrent en Grèce, où mourut Venantius. Honoratus et Caprasius s’en revinrent et s’installèrent sur l’île de Lérins. Une grande abbaye s’éleva bientôt à cet endroit.

Caprasius n’en fut jamais abbé, mais il fut présent et continua de suggérer ses conseils à tous les moines et fut, très discrètement, une des gloires de l’Eglise de cette période, mentionné par s.Eucher de Lyon et par s.Sidoine Apollinaire (v.16 novembre et 21 août).

Il mourut au 5e siècle, après 434.

Saint Caprasius de Lérins est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Renan de Locroman

† 5e siècle

 

Beaucoup de détails de cette notice nous apparaîtront incroyables. Des légendes ont pu se greffer sur des faits historiques réels. Lisons avec la foi, et laissons-nous transporter dans l’amour de Dieu.

Renan (Ronan), irlandais, trouva le christianisme en Grande-Bretagne. Il serait même devenu évêque (ou bien il aurait déjà reçu l’épiscopat en Irlande).

Un ange l’avertit de quitter son pays et d’aller fonder un ermitage en Bretagne ; il arriva ainsi en Armorique, où sa sainte vie lui attira tant de curieux, de fidèles, de malades qui lui demandaient la guérison, qu’il s’enfuit vers le Sud.

Parmi les faits extraordinaires qu’il aurait accomplis, il aurait sauvé une brebis prise par un loup.

Dans son nouvel ermitage, Ronan connut la persécution d’une vilaine femme qui le calomniait. On envoya contre Renan une meute de chiens affamés, qu’il arrêta d’un signe de croix.

La méchante femme l’accusa d’avoir tué sa petite fille, mais Renan la ressuscita.

Il mourut au 5e ou au 6e siècle.

Le pèlerinage de la Grande Troménie à Locroman est une longue procession qui veut suivre la tradition remontant à Renan lui-même, qui la faisait pieds nus et à jeun.

Saint Renan de Locroman est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

Wigstan de Mercie

† 849

 

Wigstan (Wystan) était le fils du roi Wigmund de Mercie et de Ælfflæd.

C’était un prince noble, chrétien, plus attiré par le royaume de Dieu que par celui de la terre.

Après la mort de Wigmund, un parent brigua la main d’Ælfflæd ; Wigstan s’y opposait, en raison de cette trop proche parenté.

Une rencontre fut organisée, et au moment où le parent échangea une accolade avec Wigstan, il le frappa mortellement à la tête, et un soldat l’acheva.

Wigstan n’est pas à proprement parler un martyr qui a versé son sang pour la Foi ; on l’a toutefois vénéré comme tel, victime de son attachement à la Loi divine.

Saint Wigstan de Mercie est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Symeon de Syracuse

fin 10e-1035

 

Symeon, né vers la fin du 10e siècle, était originaire de Syracuse (Sicile), fils d’un Grec, Antonios, et d’une mère calabraise, de nobles parents qui l’élevèrent dans l’honnêteté et la recherche du meilleur.

Antonios, son père, fut employé au service de l’empereur de Constantinople : il y emmena son fils de sept ans pour lui faire faire de bonnes études. Outre le grec et l’arabe, Symeon apprit aussi le syriaque, le copte et le latin, ce qui lui valut le surnom de Pentaglossos, «qui parle cinq langues».

Tel un saint Basile (v. 1er janvier), Symeon ne se laissa pas griser par l’ambition, par la place de son père, ni par les plaisirs de ses compagnons : il chercha plutôt à se retirer pour être plus proche de Jésus-Christ.

Il dit adieu au monde, à son père, au monde, et se joignit à un groupe de pèlerins qui partaient pour les Lieux Saints de Palestine. Là, pendant sept années, il accueillit et guida les pèlerins. 

Puis il se mit à l’école d’un solitaire, reclus dans une vieille tour ; ce dernier apprécia la sainteté de son disciple et, se contentant du haut de la tour, laissa Symeon habiter dans le bas. Il apprit à dominer les tentations, les distractions ; il fut consterné quand il se rendit compte que son «père» avait disparu : le saint homme avait préféré aller mourir ailleurs, ignoré totalement.

Symeon, craignant cette trop grande solitude, lut assidûment les Vies des Pères et se rapprocha d’un monastère à Bethléem, où il resta deux années. L’abbé fut assez convaincu de la grande vertu de Symeon, pour le faire ordonner diacre, et faire profiter au monastère de ses vertus et de ses enseignements.

Mais l’humilité de Symeon le poussa à fuir cette estime qu’on avait de lui et obtint de l’abbé de se retirer au monastère du Mont-Sinaï, où il fut ordonné diacre ; y ayant progressé encore plus dans la sainteté, mais insatisfait de sa médiocrité, il obtint de se retirer dans une grotte sur le bord de la Mer Rouge. Un moine lui apportait tous les huit jours un peu de pain.

Symeon aimait cette vie de pénitence et de solitude, mais il comprit que le bon moine se fatiguait pour lui apporter son pain, et aussi que les voyageurs de la Mer Rouge l’observaient continuellement ; aussi revint-il dans le monastère. Il était si exemplaire, que les moines en conçurent une plus grande ferveur pour leur propre vie. Le démon, artisan du mensonge, de l’orgueil et de la division, tenta beaucoup Symeon, qui sut en déjouer les astuces et avança encore plus vers la sainteté.

Ses pénitences étaient extrêmement rigoureuses : il se contentait de l’Eucharistie pendant toute une semaine, il se flagellait, portait des chaînes, veillait la nuit et, s’il dormait, c’était pour peu de temps et sur la terre nue.

Le monastère recevait chaque année des subsides du duc de Normandie, Richard II ; mais ses envoyés étant morts en chemin, il fit prévenir les moines de venir sur place pour recevoir ce qu’il voulait leur remettre. On choisit Symeon pour cette mission ; ce dernier, quoique inspiré par Dieu sur l’inutilité de ce voyage, obéit humblement à l’ordre du Supérieur et se mit en route.

A peine embarqué sur le Nil, Symeon fut attaqué par des pirates, il gagna la côte à la nage et finalement atteignit Antioche de Syrie, espérant y trouver un bateau pour l’Europe. Justement, un groupe de pèlerins revenait de Jérusalem, parmi lesquels l’abbé de Tholey (ou l’abbé Richard de Saint-Vanne) ; ils partirent ensemble et, arrivés à Belgrade, furent empêchés de continuer leur route. Là, ils se séparèrent (ou furent séparés) et Symeon gagna Rome pour repartir en France. 

Après un long voyage qui ne fut pas sans dangers, il arriva à Rouen, où il apprit la mort de Richard II ; comme son successeur n’entendait pas renouveler les largesses du Défunt, Symeon rejoignit à Verdun l’abbé de Saint-Vanne, qu’il avait connu à Jérusalem, puis passa au monastère de Saint-Martin de Trèves, où sa célébrité l’avait précédé depuis longtemps et les moines le reçurent avec joie. Même l’évêque de Trèves, saint Poppon, le prit comme compagnon de voyage pour un pèlerinage aux Lieux-Saints (1028). Cette fois-ci, le voyage fut sans encombres, et Symeon rendit beaucoup de services au saint Evêque, comme interprète et en fin connaisseur de la région.

Au retour, l’évêque proposa à Symeon le lieu qu’il aurait préféré pour le reste de ses jours. Symeon, heureux de pouvoir enfin se retirer, obtint une petite cellule dans l’une des tours de la cathédrale de Trèves, d’où il pouvait assister aux services religieux, et écouter l’office divin. C’est l’évêque lui-même qui célébra la cérémonie durant laquelle Symeon fut enfermé dans cette tour, le 29 novembre 1030. Il ne devait plus en sortir jusqu’à sa mort.

De la petite fenêtre de sa cellule, d’où il entendait les offices de la cathédrale, il recevait le pain que lui apportait un clerc et il répondait aux questions de ceux qui le questionnaient, derrière le double rideau qui fermait cette fenêtre.

Peu après, toute la région fut dévastée par une grave inondation ; le peuple attribua cette intempérie à des pouvoirs magiques de Symeon et voulut abattre la tour. Mais Symeon ne s’émut pas de cette agitation ; il continua sa vie de prière et de jeûne, repoussant les violentes attaques du démon, mangeant un peu de pain, de haricots avec de l’eau. Pour prier, il se dressait et levait les bras au ciel, jusqu’à ce que la fatigue l’obligeât à se coucher à terre pour dormir. 

Un jour que le pain n’avait pas bougé pendant plusieurs jours, on accourut et l’on vit Symeon mourant ; le moine Eberwin - plus tard abbé de Saint-Martin de Trèves, se trouva soudain guéri de sa paralysie pour apporter le Viatique à Symeon.

Symeon mourut le 1er juin 1035. Comme il l’avait demandé, il fut revêtu d’un pauvre sac et enterré dans sa cellule même. On retarda ses obsèques pendant un mois, si nombreux étaient ceux qui voulaient le vénérer une dernière fois avant de le quitter. 

Les miracles qui se produisirent alors et après les obsèques, aboutirent à une canonisation officielle dès 1042 ou 1047.

Quatre siècles plus tard, on retrouva intact le corps du Saint. On construisit une chapelle au lieu de sa cellule. 

Saint Symeon de Syracuse (ou du Mont-Sinaï ou de Trèves) est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iñigo d’Oña

? - 1068

 

Iñigo était né, très probablement, à Calatayud (Saragosse, Aragon, Espagne), une ville sous occupation islamique, avec un quartier juif.

Du jeune Iñigo, on écrivit qu’il était la douceur même.

Après une période de vie solitaire, il entra dans le monastère bénédictin de San Juan de la Peña et, peu de temps après son ordination sacerdotale, en accord avec les supérieurs, il se retira à nouveau dans une grotte des environs.

C’était une vie de prière, de veilles et de jeûnes, mais pas d’isolement total. Iñigo attira par son style de vie et ses miracles des curieux, bien sûr, mais aussi des gens avides de conseils avisés pour suivre la voie de la sainteté. Beaucoup, dit-on, embrassèrent ainsi la vie religieuse.

Or il y avait dans la province de Burgos un monastère fondé en 1010 où, après qu’y vécurent des moniales, y avaient été installés des moines avec la règle de Cluny. On leur cherchait un Supérieur capable pour succéder au premier Abbé et l’on pensait inviter Iñigo, qui s’y refusa catégoriquement.

Ce fut le roi Sancho III qui vint le supplier en personne. A ses humbles supplications, Iñigo céda et descendit des montagnes de Xaca pour rejoindre celles de Burgos.

Un document de l’époque parle de l’Abbé Iñigo en octobre 1034.

Mais cette abbaye était dotée de grandes possessions territoriales, d’où elle pouvait retirer sa subsistance, de sorte que le nouvel Abbé devenait l’authentique évêque d’un grand diocèse, avec des terres dans les régions de Burgos, Logroño, Palencia et Santander. D’anachorète, le bon Iñigo devint malgré lui un grand voyageur, accompagnant même le roi dans ses expéditions, s’efforçant d’apporter la paix entre les ennemis.

En 1063, il fut appelé à León pour recevoir le corps de Saint Isidro.

Mais l’œuvre principale d’Iñigo fut l’application intégrale de la règle dans son monastère : Le silence était silence, le jeûne, jeûne, la clôture, clôture. 

Par ses douces interventions et ses prières, il transforma littéralement un moine au caractère acariâtre (eh oui, ça existe !). Sa bénédiction profita aux cultures d’Oña et des environs. Un coquin de berger, qui pensait faire paître son troupeau dans la vigne que venait de faire planter l’Abbé près du fleuve, se trouva puni en devenant momentanément bossu, jusqu’à ce qu’il reconnût sa faute et s’en repentît. Iñigo intervint en faveur des pauvres, des opprimés, des prisonniers ; il rapprocha débiteurs et créanciers.

Il y eut de véritables miracles, comme la guérison de paralytiques, la naissance d’un fils pour une mère stérile depuis quinze ans, la résurrection d’un jeune garçon ; des pluies providentielles…

Lors de la reconquista, il y eut des frictions entre quartiers chrétiens et maures, non loin du monastère ; Iñigo les pacifia ; seul le chef maure refusait les conditions, et il mourut peu après, comme l’avait annoncé Iñigo. Il se trouva un jour en face d’une bande de voleurs qui, ne pouvant lui prendre l’argent qu’il n’avait pas, le menacèrent de lui prendre la vie : il leur répondit si gentiment que pour lui, perdre la vie c’était mettre fin à beaucoup de soucis, qu’ils changèrent totalement de conduite et devinrent ses grands amis.

Sa plus grande «conquête» fut sans doute celle de l’évêque d’Oca, un certain Ato ou Adón, qui se mit totalement sous la direction d’Iñigo, se retira dans un ermitage et, mort en odeur de grande sainteté, fut enseveli dans le propre monastère d’Oña.

En mai 1068, Iñigo alla encore une fois visiter les églises alentour. Il se trouva si mal à Solduengo, qu’il fallut le porter jusqu’au monastère, de nuit. Iñigo remarqua près de lui des jeunes gens qui portaient des torches allumées ; il s’en émut et pria ses moines de les aider, de leur donner à boire ; mais les moines ne voyaient qu’une grande lumière, et pas de jeunes gens : c’étaient sans doute les anges gardiens…

Arrivé au monastère, Iñigo reçut les derniers Sacrements, recommanda encore à ses moines l’amour, la fraternité et l’observance de la règle, et leur donna sa bénédiction.

Don Iñigo mourut le 1er juin 1068, pleuré autant par les moines et les Chrétiens, que par les Maures et les Juifs.

On n’est pas sûr qu’il ait été canonisé un siècle plus tard, mais il fut toujours vénéré comme Saint et inscrit au Martyrologe en 1748.

On a de lui deux ouvrages étonnants : des Observations sur l’arithmétique et des Calculs astrologiques sur la naissance de certains princes et autres personnages connus.

Iñigo d’Oña est évidemment le patron d’Oña, mais aussi des prisonniers. Beaucoup de miracles furent obtenus par son intercession et son nom fut souvent donné aux garçons ; un de ceux-là fut Iñigo de Loyola (v. 31 juillet).

 

 

Teobaldo Roggeri d’Alba

1099-1150

 

Teobaldo Roggeri vit le jour en 1099 à Vicoforte (Cuneo, Piemonte, Italie NO), de parents de la petite bourgeoisie.

Préférant la pauvreté, il laissa la maison (ou bien, selon certains, fut tôt orphelin de ses parents), et vint travailler à Alba chez un savetier. A la mort de ce dernier, il abandonna à la veuve ce qu’il avait gagné et partit en pèlerinage à Compostelle.

De retour à Alba, il se mit au service des autres comme portefaix, voulant imiter le Christ qui portait sa croix, mais surtout qui portait les charges des autres. Teobaldo cherchait surtout à partager les peines des autres et, pour mieux y parvenir, s’imposait des jeûnes et des macérations.

Il n’avait pas que des amis ; on se moqua de ce «SDF» qui couchait sur le parvis de l’église ; il céda à la tentation et lança une malédiction. Repentant, il se proposa à balayer chaque jour la cathédrale et d’allumer les lampes du sanctuaire.

Il mourut le 1er juin de 1150. Sur sa demande, il fut enterré dans un terrain vague entre la cathédrale et la proche église. 

Plusieurs enfants morts étant ressuscités par son intercession, il fut canonisé en 1429, devenant le patron des savetiers ou cordonniers, ainsi que des portefaix du Piémont.

 

 

Giovanni Pelingotto

1240-1304

 

Giovanni Pelingotto (ou Pelino Goto) était né en 1240 à Urbino (Italie CE), fils d’un riche marchand d’étoffes, ce qui lui conféra une grande ressemblance avec François d’Assise, quelques années plus tôt (v. 4 octobre).

Le père voulut l’initier au commerce, mais Giovanni, à douze ans, était déjà bien décidé à suivre une autre voie. Il finit par l’emporter sur son père et, à quinze ans, demanda son admission au Tiers-Ordre franciscain.

Il en reçut l’habit de toile grossière, se mit à soulager la misère des pauvres, des malades, se privant discrètement même du nécessaire ; mais plus il cherchaiti à se cacher, plus sa charité le dénonçait ; il feignit même la folie, inutilement.

Il ne put éviter cette longue extase qu’il eut dans la cathédrale.

Lors de l’Année sainte de 1300, il alla à Rome pour gagner l’indulgence, mêlé au milieu de toute la foule des pèlerins et se croyant incognito ; et voilà qu’un pèlerin le désigna : Mais, c’est le saint homme d’Urbino ! Rien à faire, on le reconnaissait, ses vertus le dénonçaient.

De retour à Urbino, il intensifia sa vie de mortification, marchant pieds nus, vêtu très pauvrement. Il dut supporter aussi une pénible maladie qui lui enleva la parole : il ne la retrouva que quelques jours avant la mort.

Au moment de mourir, il dit Partons d’ici avec confiance. Et à ceux qui lui demandaient Où ?, il répondit : A la gloire du Paradis !

Il s’éteignit le 1er juin 1304.

Son culte fut reconnu en 1918.

John Storey
1504-1571

John Storey était né à Salisbury (Wiltshire, Angleterre), de Nicholas et Joan Storey (ou Story).
Il entra dans le Tiers-Ordre franciscain et se forma à Hinxsey Hall (Oxford), obtint le grade de lecteur en droit civil (1535) et, de 1537 à 1539, fut président de Broadgates Hall, l’actuel Pembroke College.
En 1538, il reçut le doctorat en droit, devint avocat et épousa Joan Watts ; il aurait momentanément abjuré le catholicisme en 1545 et fut professeur de droit civil à Oxford.
Il fit partie du parlement de Salisbury en 1545 et de Hindon en 1547 ; mais étant revenu au catholicisme, il subit la prison en 1548-1549 pour s’être opposé au Bill of Uniformity, ce projet d’introduire la doctrine protestante en Angleterre et au Pays de Galles. A sa libération, il fut exilé avec sa famille à Louvain, où il fut membre de l’université. Il revint en Angleterre à l’accession au pouvoir de la reine Mary (1553).
Il fut alors chancelier des diocèses de Londres et d’Oxford, secrétaire de l’évêque Bonner et doyen du chapitre. Il soutint activement la reine Mary dans la lutte contre l’hérésie.
De 1553 à 1560, il eut un siège au parlement, jusqu’à ce que la reine Elizabeth manifesta contra lui son déplaisir pour son opposition à l’Acte de Suprématie.
John fut enfermé au Fleet (mai 1560), s’échappa, fut repris et emprisonné au Marshalsea (1563), s’échappa à nouveau et rejoignit Anvers où, renonçant à sa citoyenneté anglaise, il se fit sujet espagnol. Mais en 1570, il fut rejoint par les services d’espionnage anglais, fut arrêté à Bergen-op-Zoon et reconduit à Londres sous bonne garde. On l’enferma à la Tour de Londres jusqu’à son procès et son martyre.
Le procès se tint le 26 mai 1571 : jusqu’à cette date, John subit plusieurs fois la douloureuse torture du chevalet. Lors du procès, il fut accusé d’avoir comploté contre la vie de la reine et, durant sa présence à Anvers, d’avoir été aux côtés de rebelles du nord. John répéta sans cesse qu’il n’avait rien à voir là-dedans, mais s’abstint ensuite d’exposer une quelconque défense, du moment qu’il était un citoyen espagnol et que les juges n’avaient aucune juridiction sur lui.
A ce semblant de jugement, était présent Edmund Campion, qui comprit son erreur et revint pleinement à la foi catholique (v. 1
er décembre).
John Storey fut condamné à mort le 27 mai et la sentence fut exécutée le 1
er juin 1571, à Tyburn. Les bourreaux s’arrangèrent pour rendre ce martyre aussi barbarement cruel que possible.
Le culte rendu à John Storey fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

 

 

Alfonso Navarrete Benito

1571-1617

 

Il naquit le 21 septembre 1571 à Logroño (Espagne).

Entré dans l’Ordre dominicain, il appartenait au couvent de Valladolid et fut ordonné prêtre.

En 1598, il fut envoyé à la mission de Manille (Philippines).

Entre 1602 et 1611, il sera de retour en Espagne, avant de réembarquer à la tête d’une nouvelle équipe missionnaire. Cette fois-ci, il alla au Japon, comme vicaire provincial de la mission dominicaine.

Lors de la persécution, pour éviter de compromettre les fidèles qui l’aidaient et le cachaient, il alla se présenter de lui-même comme prêtre catholique, s’exposant ainsi à de sévères tortures et au martyre.

Il fut décapité sur l’île de Takaxima, le 1er juin 1617, et fut béatifié en 1867.

 

 

Hernando Ayala Fernández

1575-1617

 

Hernando (ou Fernando) naquit en 1575 à Ballesteros de Calatrava (Ciudad Real, Espagne C) de Hernando de Ayala et María Fernández, qui étaient de sang noble.

Il entra chez les Augustins de Montilla (Cordoue) en 1593 et fit la profession l’année suivante, avec le nom de Hernando de Saint-Joseph.

Doté de grandes capacités intellectuelles, il fit des études à Alcalá de Henares et même y enseigna.

Pourtant, sa soif des âmes l’appelait aux missions lointaines. Il partit pour les Philippines en 1603. Le voyage devait se faire en traversant l’Atlantique et le Pacifique. A l’escale du Mexique, il prêcha, suscitant l’admiration des auditeurs.

Il resta un an à Manille, puis pénétra au Japon en 1605.

Après avoir appris la langue en quelques mois seulement, il se mit au travail : les catéchumènes ne manquaient pas, mais les baptisés aussi avaient besoin d’un prêtre, de ses conseils, des sacrements. On a rapporté qu’en deux années, le père Hernando avait baptisé quelque trois mille enfants et adultes.

Il mit aussi à profit sa connaissance du japonais pour traduire plusieurs livres et en composer quelques-uns aussi, qui furent précieux pour la dévotion des Chrétiens nippons.

Après cette première période, en 1607 il repassa aux Philippines pour demander de l’aide. Au retour, il fut nommé Provincial de l’Ordre augustin.

En 1612, il fonda un petit couvent à Nagasaki, dont il fut le prieur. Mais c’est à partir de ce moment-là que la persécution s’accentua et il dut travailler dans la clandestinité.

En 1617, avec le père dominicain Alonso Navarrete, il se rendit à Ōmura où les Chrétiens avaient besoin de prêtres. Mais leur zèle les fit rechercher et arrêter.

Le seul fait d’être prêtres les condamnait à mort. Ils furent exécutés à Tacaxima (ou Ōmura), décapités, le 1er juin 1617.

Les restes des deux Martyrs furent enfermés dans une caisse, qu’on jeta en mer avec une grosse pierre ; mais quelques années plus tard, les cordes de la pierre s’étant détachées, la caisse remonta à la surface et des Chrétiens purent recueillir les corps.

Les pères Ayala et Navarrete furent béatifiés en 1867.

 

 

Leo Tanaka

1590-1617

 

Leo naquit vers 1590 à Ōmi (Japon).

Baptisé, il fut catéchiste dans le diocèse de Nagasaki.

Il subit le martyre à Ōmura, le 1er juin 1617.

Il fut béatifié dans un groupe de deux-cent cinq Martyrs du Japon, en 1867.

Jean-Baptiste Vernoy de Montjournal

1736-1794

 

Originaire d'Autun, où il était né le 17 novembre 1736, il reçut au baptême les noms de Jean-Baptiste Ignace Pierre.

Chanoine de Moulins, au moment de la Révolution française, il fut, en raison de son sacerdoce, déporté sur le bateau négrier Les Deux Associés.

La longue marche à pied qu'on le contraignit à faire lui causa de douloureuses ampoules qui s'infectèrent. En absence de toute hygiène à bord du navire, les plaies dégénérèrent en scrofules, et le chirurgien dut amputer les deux jambes du pauvre prêtre.

Atteint de maladie pédiculaire (causée par les poux), il se mourait relégué sous une écoutille, comme un lépreux, sans perdre sa patience et sa douceur.

Il mourut sur l'Ile Madame. Le 1er juin 1794.

Il fut béatifié parmi les Martyrs des pontons de Rochefort, en 1995.

 

 

Giuse Phạm Quang Túc

1852-1862

 

Officiellement, Giuse (Joseph) avait neuf ans au moment de son arrestation. Il se peut que les documents à notre disposition aient contenu quelque inexactitude, car on est en droit de se demander si la façon d'arrêter ce garçon, de le torturer, de l'interroger, et de le mettre à mort ont bien pu concerner un enfant de neuf ou dix ans, ou pas plutôt un jeune homme de dix-neuf ans.

Giuse serait né en 1852 à Hoàng Xá (Bắc Ninh, Hưng Yên, Vietnam). Peut-être est-il né en 1843, troisième enfant de parents agriculteurs.

Lors de la persécution qui se déchaîna en 1862, il fut arrêté, puis fut mis en isolement à Đông Khê Khoái Châu, chargé de lourdes chaînes, pendant quatre mois. D'autres jeunes gens comme lui furent arrêtés, et se retrouvèrent en prison, s'exhortant mutuellement.

Des amis essayèrent de soudoyer les gardiens pour libérer Giuse, mais il refusa lui-même, préférant s'en remettre à la volonté de Dieu.

Un prêtre écrivit à cette époque qu'il était difficile de savoir le nombre exact des victimes de cette persécution, tant il y en eut. L’ordre était donné de faire disparaître totalement cette religion. Par centaines furent arrêtés et exécutés les Chrétiens ; des villages entiers de Chrétiens furent détruits.

Giuse fut exécuté à Nam Định, le 1er juin 1862.

Il fut béatifié en 1951, et canonisé en 1988.

 

 

Giovanni Battista Scalabrini

1839-1905

 

Né et baptisé à Fino Mornasco (Côme, Italie N) le 8 juillet 1839, Giovanni Battista était le troisième des huit enfants de Luigi Scalabrini et Colomba.

Ordonné prêtre en 1863, il fut professeur puis recteur au Petit séminaire de Côme, avant d'être nommé curé à Côme : de cette époque datent le Catéchisme catholique et le Petit Catéchisme pour les Tout-petits, qu'il publia dans l'intention de fournir un texte approprié aux exigences du temps.

En 1875 il fut nommé évêque de Plaisance et en tant que tel continua son effort pour rénover les méthodes de catéchèse. 

Il fonda la première revue catéchistique d'Italie, Le Catéchiste catholique, et encouragea à Plaisance la formation d'un groupe d'étude pour la méthodologie catéchistique, ainsi que le premier congrès catéchistique d'Italie.

En 1887 il fonda la Congrégation des Missionnaires de Saint-Charles-Borromée (appelés Scalabriniens), qui devaient être présents parmi les émigrés italiens.

Dans son diocèse, l'évêque fit cinq fois la visite apostolique de toutes ses paroisses, convoqua trois synodes, et consacra deux cents églises nouvelles.

En 1895, il fonda la branche féminine des Missionnaires de Saint-Charles.

En 1901 et 1904 il fit une visite pastorale auprès des Italiens émigrés aux Etats-Unis et au Brésil.

Mgr Scalabrini mourut le 1er juin 1905, et il fut béatifié en 1997.

Sa devise épiscopale était : Video Dominum innixum scalae (Je vois le Seigneur au sommet de l’échelle, cf. Gn 28:13).

 

 

Annibale Maria Di Francia

1851-1927

 

Né à Messine (Sicile) le 5 juillet 1851, Annibale était le troisième des quatre enfants d'une famille noble.

Le père, Francesco, appartenait aux Marquis de Santa Caterina dello Ionio ; il était cavalliere, vice-consul pontifical et capitaine honoraire de la marine royale de la maison des Bourbon. Son frère, Raffaele, fut moine cistercien et professeur de Lettres et de Philosophie au Collège des Gentilshommes de Messine ; sa sœur, Luisa, épousa un des proches de Cavour.

La mère, Anna Toscano, appartenait aux Marquis de Montanaro ; son frère, don Giuseppe Toscano, fut directeur du journal La Parole Catholique.

Les quatre enfants de Francesco et Anna, Giovanni, Caterina, Annibale, Francesco, reçurent aussi le nom de Maria au baptême. Giovanni, journaliste, mourut assez jeune, ainsi que Caterina. Francesco devint prêtre, comme Annibale.

Le père d'Annibale mourut en 1852, quand le petit garçon n'avait pas encore deux ans. Il fut confié à sa tante, pour soulager sa pauvre maman, bien jeune (elle avait vingt-trois ans) pour s'occuper seule de ses quatre enfants.

En 1859, Annibale et son petit frère Francesco revinrent auprès de leur mère, pour éviter la contagion d'une épidémie de choléra.

Annibale passa au Collège où enseignait son oncle Raffaele. Un jour qu'un pauvre mendiant vint demander l'aumône et que les garçons se moquèrent de lui, Annibale se leva devant tous ses camarades et remit son repas au mendiant.

Quand Garibaldi entra dans Messine, la famille se réfugia momentanément à Naples, puis revint dans la capitale sicilienne.

A la fin de ses études, Annibale sentit fortement l'appel au sacerdoce. Une religieuse mystique, Maria Luisa de Jésus, lui prédit qu'il serait prêtre et ferait un grand bien pour l'Eglise.

Annibale reçut l'ordination sacerdotale en 1878.

Avant cette ordination, deux événements mystérieux marquèrent la destinée d'Annibale.

Dans un train, assis près d'un autre prêtre, Annibale jugea opportun de donner à ce prêtre 100 lires, tandis que son compagnon de voyage lui suggérait de n'en donner que 50. Juste après, Annibale se rendit compte d'avoir reçu mystérieusement une enveloppe de 1000 lires.

Ayant rencontré un pauvre aveugle, dont se moquaient certains enfants, il l'emmena chez lui, lui donna de bons vêtements et le mit dans son lit. Voulant déposer un baiser sur le visage de cet aveugle, il se rendit compte que c'était le visage du Christ, et il le baisa plusieurs fois.

Cette rencontre mit don Annibale en contact avec l'horrible misère des maisons Mignuni, habitations sordides du quartier Avignone. Avec l'accord de l'évêque de Messine, don Annibale voulut vivre au milieu de cette population, pour en partager la misère, la crasse, la pauvreté spirituelle et matérielle. 

Il ouvrit une école pour les petits garçons et une pour les petites filles, premières victimes innocentes de cette pauvreté misérable. L'œuvre ne fut pas facile, et Annibale reçut même des menaces.

Don Annibale s'entoura d'une famille de religieuses, guidée par Natalina Briguglio. Mais après une dizaine d'années de collaboration, celles-ci se retirèrent pour former leur propre maison, dont l'aumônier fut alors le frère d'Annibale, don Francesco.

L'œuvre missionnaire proprement dite de don Annibale commença en 1882, avec la création d'orphelinats placés sous la protection de saint Antoine de Padoue. Ce fut le début d'un courant qui se propagea dans le monde entier.

C'est alors que don Annibale se rendit à Galatina (Lecce), où vivait la voyante de La Salette, Mélanie Calvat. Il la supplia de venir le seconder. Pendant dix ans, Mélanie donna ses conseils aux religieuses que voulait fonder don Annibale.

Don Annibale fonda ainsi deux Instituts pour encadrer son œuvre d'assistance aux enfants abandonnés : les Filles du Zèle Divin (1887), et les prêtres Rogationistes (1897).

L'appellation “rogationistes” vient du commandement évangélique du Seigneur : Priez (Rogate) le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson (Lc 10:2).

En 1884, don Annibale reçut une première machine à imprimer, avec laquelle il ouvrit une imprimerie, qui donna du travail aux orphelins. L'imprimerie grandit et devint en 1908 l'Imprimerie du Sacré-Cœur. 

En 1927, don Annibale tomba malade en février et mourut le 1er juin 1927.

Pour la béatification et la canonisation de don Annibale, furent reconnus deux miracles de guérison totale et durable, scientifiquement inexplicables ; ce fut le cas d'une petite brésilienne et d'une petite philippine.

Cette dernière fut guérie en 1993 d'une grave méningite bactérienne avec pseudomonas, hydrocéphalie et atrophie du cortex cérébral ; la maladie résistait à tous les antibiotiques connus. Une neuvaine au bienheureux Annibale Di Francia aboutit en un mois à la guérison totale et sans aucune séquelle.

Don Annibale Maria Di Francia a été béatifié en 1990 et canonisé en 2004.

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