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1 avril 2021 4 01 /04 /avril /2021 23:00

02 AVRIL

IV.

S Polycarpe, martyr à Alexandrie.

S Apphianus, martyr à Césarée de Palestine ; quand son corps fut jeté en mer, les vagues le reportèrent à l’entrée de la ville.

Ste Théodora, martyre de dix-huit ans à Césarée de Palestine.

V.

S Urbain, évêque à Langres ; par ses miracles, il protégea la culture : on  l’invoque contre le mauvais temps et on le représente avec une grappe de raisin ; il vaudrait mieux ne pas le confondre avec s. Urbain pape (25 mai), qui a les mêmes “prérogatives”.

S Abundius, évêque à Côme, d’origine grecque.

VI.

S Victor, évêque à Capoue, auteur d’un ouvrage sur la Pâque (approuvé par un concile à Orléans) et d’une “Harmonie évangélique”.

S Nizier, évêque à Lyon, d’une chasteté exemplaire ; jeune, il fut guéri d’une tumeur au visage par l’intercession de s. Martin.

Ste Musa, vierge romaine, à qui la Sainte Vierge annonça la mort un mois auparavant.

VII.

S Eustase, abbé à Luxeuil.

Ss Longis et Agneflète, moine et moniale près du Mans ; Agneflète, qui ne voulait pas se marier, fut protégée par Longis ; les calomnies ne purent rien contre ces vies innocentes. 

VIII.

Ste Floberde, vierge à Amilly-en-Brie.

IX.

S Tite, thaumaturge grec, abbé à Constantinople.

Ste Ebba la Jeune, abbesse et martyre à Coldingham ; pour enlever aux envahisseurs danois toute tentation, elle se coupa au rasoir le nez et la lèvre supérieure ; les autres moniales en firent autant ; horrifiés, les danois mirent le feu au monastère.

XVI.

S Francesco de Paola, calabrais, ermite à 14 ans et thaumaturge, fondateur de l’ordre des Minimes. 

S John Payne, prêtre anglais martyr à Chelmsford.

XVII.

B Diego Luis de San Vitores, jésuite, et S Pedro Calungsod, catéchiste de 17 ans, martyrs sur l’île de Guam, torturés et jetés à la mer, béatifiés le premier en 1985, le second en 2000 ; Pedro est ensuite canonisé en 2012.

XIX.

B Giovanni Croci (Leopoldo de Gaiche), franciscain en Ombrie.

S Đaminh Vũ Đình Tũóc, prêtre dominicain tonquinois, martyr canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Bse Elisabetta Vendramini, fondatrice à Padoue des Sœurs élisabettaines du Tiers Ordre de Saint-François, béatifiée en 1990.

S Francisco Coll y Guitart, dominicain espagnol catalan, fondateur des Dominicaines de l’Annonciation ; injustement expulsé du couvent, il continua de prêcher le Nom du Christ dans la province ; béatifié en 1979, canonisé en 2009.

XX.

B Vilmos Apor (1892-1945), évêque à Györ, abattu dans son évêché où il voulut protéger des femmes menacées par les soldats russes ; béatifié en 1997.

B Mykolai Tcharneckyj (1884-1959), rédemptoriste, évêque en Ukraine, martyr, béatifié en 2001.

Bse Laura Alvarado Cardozo (Marie de Saint-Joseph, 1875-1967), vénézuélienne, fondatrice des Sœurs Augustines récolettes du Cœur de Jésus pour l’assistance médicale aux pauvres, béatifiée en 1995.

S Jean-Paul II, pape (1978-2005), d’origine polonaise, ancien évêque à Cracovie ; il subit un grave attentat sur la place Saint-Pierre le 13 mai 1981 ; il eut un des plus longs pontificats de l’histoire ; béatifié en 2011, canonisé en 2014, il est fêté le 22 octobre, jour anniversaire de son intronisation. 

Apphianus de Césarée

† 306

 

Le martyre d’Apphianus est une histoire aussi glorieuse que brève.

Il était né à Gaga (ou Plæontychos, Lycie, auj. Turquie SW), de riches parents. On rencontrera bientôt son frère, Ædesius (v. 9 avril).

Il vint à Berytus (act. Beyrouth, Liban) pour y suivre les leçons de jurisprudence : là il connut le christianisme et se convertit.

C’est s.Pamphilus (v. 16 février) qui le baptisa à Césarée, où il connut aussi Eusèbe, lui aussi élève de Pamphilus.

Quand éclata la persécution, vint un jour où la population était convoquée pour participer à un sacrifice aux dieux païens ; Apphianus s’infiltra, s’approcha, évita les soldats, et arriva jusqu’au préfet qui élevait la coupe du sacrifice : il lui saisit la main et interrompit ainsi la cérémonie.

Les soldats s’en saisirent, le rouèrent de coups et le jetèrent en prison ; conduit ensuite devant le gouverneur, et refusant toujours de sacrifier, il eut les flancs déchirés à plusieurs reprises par les fouets et les ongles de fer, les os et les entrailles mis à nu ; on lui enveloppa les pieds avec une toile imbibée d’huile et d’encens, à quoi on mit le feu ; enfin on le jeta en mer.

Eusèbe, qui fut témoin oculaire, affirme qu’à ce moment-là une grosse secousse ébranla le sol et les flots ramenèrent au rivage le corps du Martyr.

Ainsi s’acheva la courte vie d’Apphianus (306), trois ans avant le martyre de Pamphilus.

Saint Apphianus de Césarée est commémoré le 2 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodora de Césarée

289-307

 

Nous sommes encore à Césarée de Palestine.

Theodora était née à Tyr (Liban S), en 289.

Elle se trouva présente à Césarée au moment où se déroulait le procès de Chrétiens.

Poussée fortement par une inspiration subite, elle s’avança vers eux et leur demanda, simplement, de se souvenir d’elle quand ils seraient en présence de Dieu.

C’était comme si elle avait commis on ne sait quel crime ; les soldats l’arrêtèrent et la conduisirent devant le gouverneur.

Ce dernier perdit la tête et le sens de la mesure, ordonnant à ses hommes de déchirer avec les ongles de fer les flancs et la poitrine de cette jeune fille de dix-huit ans.

Theodora restait calme et comme joyeuse d’arriver bientôt devant le Juge suprême.

Le gouverneur ordonna de la jeter, encore vivante, dans la mer.

C’était le jour de Pâques, 2 avril 307.

Sainte Theodora de Césarée est commémorée le 2 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Abundius de Côme

† 468

 

Abundius était né à Thessalonique (Grèce N), d’après la tradition. Si l’on met en doute cette origine, il reste certain que sa connaissance du grec lui permit de rendre de grands services à l’Eglise.

Vers 440, il vint à Côme (Italie N), où l’évêque Amantius l’ordonna prêtre, puis évêque coadjuteur. Effectivement, Abundius succéda à Amantius et fut le quatrième évêque de Côme.

Signalons ici qu’une récente liste épiscopale donne pour les premiers évêques de Côme des dates un peu différentes : Abundius aurait été évêque de Côme de 450 à 489. 

En 450, le pape Léon le Grand (v. 10 novembre) envoya Abundius à la tête d’une délégation à Constantinople, où venait d’être élu patriarche Anatolios. Celui-ci réunit un concile à Chalcédoine (451) où fut approuvée la Lettre dogmatique du pape Léon (ou Tome à Flavien), condamnée la doctrine d’Eutychès, annulée la condamnation des évêques fidèles, récemment déposés injustement (v. ici les épisodes qui ont marqué Flavien de Constantinople, 17 février).

De retour à Rome en juin 451, il fut à nouveau envoyé par le même pape en mission auprès d’Eusebius de Milan : ce dernier réunit un concile pour approuver aussi en Occident la même Lettre dogmatique (451).

Il est dit qu’Abundius aurait ressuscité par ses prières le fils unique d’un riche prince païen, qu’on ne nous nomme pas.

Abundius mourut en 468 (ou peut-être en 489 ?), après un épiscopat de trente-huit ans.

Saint Abundius de Côme est commémoré le 2 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor de Capoue

† 554

 

Victor succéda sur le siège épiscopal de Capoue à s.Germanus (v. 30 octobre), à partir du 23 février 541, devenant ainsi le dix-huitième évêque de cette ville.

D’après le vénérable Bede (v. 25 mai) Victor écrivit sur la question de la Pâque. En ces temps-là en effet s’était à nouveau posée la question de la date de Pâques. L’érudition de Victor amena chacun à revoir les calculs et les dates. Ce cycle pascal fut approuvé par un concile d’Orléans.

On lui doit le Codex Fuldensis, un des plus anciens manuscrits de la Vulgate, rédigé sous sa conduite, revu et corrigé par lui-même ; éminent connaisseur de la langue grecque, il traduisit en latin une Harmonie évangélique ou concordance d’Ammonios d’Alexandrie, et inspirée du Diatessaron de Tatien : le résultat en est un unique évangile, d’après les quatre du saint canon scripturaire.

Il fit aussi des commentaires sur les textes bibliques, dont il ne reste que des fragments ; en outre, un commentaire sur l’arche de Noé, où il démontre par d’ingénieux calculs, que les dimensions de l’arche étaient déjà une anticipation des années de la vie du Christ ; enfin, des remarques sur la Résurrection du Seigneur, sa généalogie et l’heure de sa bienheureuse Mort.

Victor mourut le 2 avril 554, après treize années d’épiscopat.

Ses reliques, retrouvées à Montevergine en 1480, furent restituées à Capoue en 1967.

Saint Victor est commémoré le 2 avril dans le Martyrologe Romain, qui en relève l’érudition et la sainteté.

 

 

Nicetius de Lyon

513-573

 

Le latin Nicetus ou Nicetius s’est transformé en français en Nicet ou Nizier.

Nizier, donc, naquit vers 513 à Lyon, troisième fils du sénateur Florentius et de son épouse Artemia. Un oncle de Nizier, Sacerdos, allait devenir évêque de Lyon.

Animés de quelque mystérieux pressentiment (ou avertis par quelque signe d’En-haut), ces pieux parents mirent un soin particulier dans l’éducation de ce garçon. A la mort de Florentius, Nizier faisait déjà partie du clergé lyonnais.

Il fut affligé d’une vilaine tumeur au visage, qui mettait sa santé et sa vie en danger. Artemia invoqua de tout son cœur s.Martin (v. 11 novembre), qui apparut à Nizier et le guérit. Seule resta une cicatrice, preuve du miracle.

En 543, Nizier fut ordonné prêtre. Une de ses attentions fut d’exhorter les jeunes à conserver leur chasteté.

Son oncle Sacerdos (v. 11 septembre), qui était devenu évêque de Lyon en 549, étant tombé malade, proposa au roi Childebert de choisir Nizier comme successeur. Le roi, puis le clergé et le peuple ratifièrent ce choix.

Le nouvel évêque fut un homme de paix. Il s’appliquait à pardonner quand quelque ennemi venait à l’insulter, ce qui effectivement arrivait, malgré la douceur et l’humilité de l’évêque.

Mais il fallait parfois y mettre de l’énergie. L’évêque avait une fois interdit à un diacre d’exercer sa fonction - car il peut arriver, hélas, qu’un diacre se rendre gravement coupable. Mais ce diacre n’en faisait qu’à sa tête ; or, il arriva que Nizier entra à l’office nocturne au moment où ce même diacre était précisément en train de chanter ; l’évêque ne pouvait pas faire autrement que de le faire taire, à quoi le diacre, véritablement possédé du démon, répondit par d’horribles cris, en plein sanctuaire. Nizier se le fit amener, lui adressa de paternelles remontrances et, devant toute l’assemblée, chassa le démon.

Durant les vingt années de son épiscopat, Nizier participa à plusieurs conciles, dont celui de Lyon en 566, convoqué par le roi Gontran (v. 28 mars) et qui réunissait huit évêques et les délégués de six autres. Dans cette assemblée, il fut décidé de déposer deux évêques indignes, celui d’Embrun et celui de Gap ; en outre, on excommunia ceux qui retiennent injustement dans l’esclavage des personnes libres.

Nizier mourut le 2 avril 573. Un aveugle fut guéri tout près du cercueil de l’évêque. D’autres miracles se produisirent à son tombeau. Il y eut celui-ci : le prêtre du lieu où se trouvait le tombeau de Nizier, quelque peu cupide, osa se plaindre de ce que l’évêque n’avait rien légué pour lui dans son testament ; Nizier lui apparut et lui fit d’abord remarquer qu’il lui avait légué son propre corps, relique insigne, puis toucha la gorge du prêtre, qui enfla terriblement au point qu’il étouffait presque : le prêtre demanda pardon à Nizier et guérit au bout de quarante jours.

Saint Nicetius est commémoré le 2 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eustase de Luxeuil

560-625

 

Eustasius naquit vers 560 en Bourgogne. Son oncle maternel était évêque de Langres.

Après un très bref essai dans la carrière des armes (le fait est contesté), il entra, encore jeune, à l’abbaye de Luxeuil, fondée et dirigée par s.Colomban (v. 23 novembre).

Quand ce dernier partit à Bobbio, Eustase l’accompagna peut-être, mais se retrouva bientôt abbé à Luxeuil, dès 616.

C’est à ce moment qu’il accomplit un premier miracle, rendant la vue à sainte Fare, qui était aveugle (v. 7 décembre).

Eustase eut une double activité : monastique surtout, mais aussi missionnaire, car il voulait gagner à Dieu les populations avoisinantes encore païennes ; chez les Warasques, il amena à la foi leur chef Iserius, tandis que la belle-sœur de celui-ci fondait le monastère de Cusance ; chez les Boïens, il prêcha la foi chrétienne et laissa après lui des hommes capables de poursuivre son travail.

De l’abbaye de Luxeuil sortirent beaucoup de saints moines qui devinrent qui évêques, qui fondateurs, qui abbés ; on cite Cagnoald (v. 6 septembre), Achaire (v. 27 novembre), Amé (v. 13 septembre), Romaric (v. 8 décembre), Omer (v. 9 septembre ?), Mummolin (v. 16 octobre), Walbert (v. 2 mai)…

Mais tous ne furent pas saints, comme ce malheureux Agrestin, qui pourtant avait résolument distribué ses richesses aux pauvres avant d’embrasser la vie monastique ; le diable le poussa à sortir du monastère contre la volonté d’Eustase, soi-disant pour partir évangéliser ; il en revint, gagné par l’hérésie ; cité au concile de Mâcon (624), il feignit le repentir et reprit ses erreurs ; Dieu fit qu’il mourut misérablement, frappé à mort par un serviteur.

L’abbaye reprit sa vie régulière, et même eut d’autres abbayes-filles. Eustase eut en vision l’annonce de sa mort prochaine. Il lui fut donné de choisir entre une lente agonie de quarante jours ou des souffrances aiguës de trente jours ; il préféra ces dernières pour se présenter plus vite devant l’Eternité, et mourut à une date qui semble être 625, et un 2 avril.

Le corps de saint Eustase disparut en 1670.

Des nombreux parchemins copiés par les moines de Luxeuil, beaucoup subsistaient encore en 1793, quand la sauvagerie révolutionnaire pilla ces précieux documents et les envoya à l’armée du Rhin pour servir de gargousses.

Saint Eustase est commémoré le 2 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Francesco de Paola

1416-1508

 

Francesco naquit le 27 mars 1416 à Paola (Calabre, Italie), de Giacomo Martolilla et Vienna de Fuscaldo, des propriétaires terriens.

La naissance tant désirée de Francesco advint sur la prière des parents à François d’Assise, dont il donnèrent le nom à leur premier garçon. Quand naquit l’enfant, on vit apparaître comme des flammes au-dessus de la maison.

Plus tard, naquit aussi une petite Brigida. Les parents vécurent ensuite dans la stricte continence, et le papa, Giacomo, devait finir ses jours dans le propre couvent fondé par son fils.

Autre lien avec saint François d’Assise : l’enfant eut une grosse tumeur à un œil et les parents promirent, s’il guérissait, de l’envoyer une année dans un couvent franciscain. La tumeur laissa tout juste une petite cicatrice, et l’enfant passa effectivement une année chez les Cordeliers, proches de Paola, où il se montra miraculeusement exemplaire : il aida en sacristie, au réfectoire ; il porta un jour du feu dans son pan de vêtement, qui n’en eut aucune marque de brûlé.

En 1430, il fit avec ses parents un pèlerinage à Rome, et à Assise. A Rome, l’adolescent de quatorze ans fit remarquer à un cardinal que Jésus portait des vêtements moins somptueux.

De retour à Paola, il se retira dans une petite grotte de la propriété des parents, pour y vivre dans la solitude et la prière. Des miracles attirèrent des visiteurs et des disciples.

Un des miracles fut que Francesco trempa son petit manteau dans la source proche : tous ceux qui burent de cette source guérirent de la peste qui sévissait alors (1456).

Les disciples se multipliant, Francesco obtint de pouvoir construire un monastère. Une vision (sans doute de saint François d’Assise, encore une fois), lui demanda de détruire les fondations et d’en reconstruire de beaucoup plus grandes, car le monastère devait abriter beaucoup de moines.

Francesco n’arrêtait pas de faire des miracles : multiplication du pain, soulèvement de blocs de marbre, suspension en l’air d’un gros rocher menaçant, résurrection de morts, maternité pour les femmes stériles, guérisons d’enfants, don de prophétie, sans compter les extases, de saint Michel entre autres, qui lui présenta ce qui devait être le blason de son Ordre : le mot Caritas en lettres d’or sur champ d’azur. Francesco se retrouva fondateur et supérieur du nouvel Ordre des Minimes, à dix-neuf ans.

Il passa (au moins) une fois le carême entier sans prendre de nourriture. Le vin lui était inconnu ; il se flagellait, portait un cilice. Lui qui ne changeait pas de vêtement et ne se rasait pas, répandait plutôt un parfum d’ambre ou de musc, d’après les témoins. En revanche, il n’imposait à ses disciples aucune rigueur autre que ce que demandait leur Règle.

Cette Règle fut approuvée dès 1474. L’Ordre s’appela d’abord Congrégation érémitique paolana de saint François d’Assise, puis Ordre des Minimes. 

Il y eut de multiples fondations en Calabre, notamment à Paterno Calabro, où la construction fut accompagnée de tant de miracles, qu’on l’appela le couvent des miracles.

Parmi les prédictions qui s’avérèrent, il y eut la désolante prise de Constantinople par les Musulmans (1453). A la prière de Francesco, la ville d’Otranto repoussa l’attaque des mêmes Musulmans.

En 1481, Louis XI fut informé des miracles de Francesco, et voulut l’avoir près de lui, d’abord pour guérir, mais aussi pour le consulter. En voyage, Francesco s’arrêta à Rome, où le Pape tenta, vainement, de l’ordonner prêtre : humblement, Francesco lui demanda seulement la permission de bénir des cierges et des chapelets.

Louis XI reçut Francesco avec grand empressement à Plessis-les-Tours (Amboise), en 1482. Louis XI mourut en 1483, guéri, mais surtout admirablement préparé à la mort par Francesco. Le fils du roi, Charles VIII, protégea «royalement» Francesco, et c’est ainsi que naquit le couvent des Minimes à Plessis, à Amboise, ainsi qu’à Rome, au Mont Pincio, où ne se trouvent que des Religieux français.

En peu de temps, il y eut des monastères de Minimes dans toute l’Italie, en Espagne et en Allemagne, et jusqu’en Amérique.

En 1487, le roi Ferdinando de Castille fallit renoncer à libérer la ville de Málaga, qui était occupée par les Maures ; Francesco fut divinement informé de cette situation et fit prévenir au roi de persévérer car il allait réussir ; en effet, trois jours après, la ville était enfin reprise à l’Islam.

Un autre «miracle» concerna le nouveau monastère de Minimes à Paris. Deux «docteurs» de la Sorbonne, qui s’étaient opposés à cet établissement, eurent l’occasion d’aller à Plessis, et furent logés chez les Minimes. Francesco alla au devant-d’eux et leur prédit que, bientôt, ce seraient eux-mêmes qui favoriseraient l’ouverture d’un couvent de Minimes à Paris. Edifiés par ce saint homme, ils repartirent en effet convaincus et s’employèrent à faire remettre aux Minimes l’ancien couvent de Grand-Mont, dont les moines s’appelaient les Bons-Hommes, appellatif que reçurent à leur tour les Minimes à Paris.

Francesco avait une dévotion particulière envers la Sainte Trinité, l’Annonciation, la Passion.

En janvier 1507, il comprit que son dernier voyage approchait, et s’y prépara dans la solitude. Le 28 mars, la fièvre l’attaqua. Le Jeudi saint, devant les frères réunis près de lui, il saisit des charbons ardents dans ses mains et leur déclara : Je vous l’assure, il n’est pas plus difficile à celui qui aime Dieu d’accomplir ce qu’il Lui a promis, qu’à moi de tenir ce feu entre mes mains.

Le lendemain, Vendredi saint, Francesco reçut encore une fois ses frères, désigna celui qui devait lui succéder jusqu’à la prochaine élection, reçut l’ultime Sacrement ; il se fit réciter les Sept psaumes de la pénitence, les litanies des Saints, la Passion selon saint Jean. Après avoir baisé son crucifix, il répéta Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit (Ps 30), pria encore et rendit le dernier soupir, le 2 avril 1507.

Francesco de Paola avait quatre-vingt onze ans.

Il fut béatifié en 1513 et canonisé en 1519. Les miracles ne manquaient pas.

En 1562, des Huguenots brûlèrent le corps du Saint, dont on ne put sauver que quelques ossements, conservés à Notre-Dame-la-Riche (Tours).

 

 

John Payne

1532-1582

 

John était né en 1532 à Peterborough, et devait être déjà «mûr» quand il rejoignit en 1574 le Collège anglais de Douai pour se préparer au sacerdoce.

Il fut ordonné prêtre en 1576.

Avec Cuthbert Mayne, il repassa bientôt en Angleterre. Cuthbert fut martyrisé en 1577 et sera béatifié en même temps que notre John (v. 30 novembre).

John trouva refuge chez une veuve d’Ingatestone (Essex), Madame Petre : c’était la fille de William Browne, ancien maire de Londres. John se faisait passer pour le secrétaire de cette dame.

Parmi ses activités, il put ramener au catholicisme un certain George Godsalve (Godsalf), qui avait été diacre, avant de passer au protestantisme ; ce dernier revint au catholicisme et gagna Douai pour recevoir le sacerdoce.

John fut arrêté une première fois en 1577, et bientôt relâché : il gagna Douai en novembre de cette année-là. On pense qu’il réussit à retourner à Ingatestone avant Noël 1579.

Les deux, John et George Godsalf se retrouvèrent en juillet 1581. Mais la police les arrêta dans le domaine de Madame Petre, sur indications d’un traître connu de l’époque, criminel, assassin, ravisseur et voleur de son état, dénonceur en titre au service de la police.

John et George furent interrogés, et envoyés à la Tour de Londres, le 14 juillet 1581. 

George ne trahit pas, mais passa plusieurs années en prison, avant d’être relâché et banni : il finit ses jours à Paris en 1592.

L’homme qui dénonça John avait travaillé chez Madame Petre, chez laquelle il avait détourné pas mal d’argent. Il y avait aussi séduit une jeune fille et demandé à John de les marier ; sur son refus, il avait décidé de se venger.

John représentait une «prise» bien plus intéressante que George. Il fut torturé le 14 août, puis de nouveau le 31 octobre. Le 20 mars 1581, on le réveilla brusquement, on le tira de sa cellule à moitié-nu, et il fut livré aux officiers qui l’attendaient pour l’emmener à la prison de Chelmsford : on ne lui laissa pas même la possibilité de prendre ses affaires, qui lui furent dérobées par la femme de l’officier.

Le 22 mars, à Chelmsford, John fut accusé de trahison, pour avoir conspiré à l’assassinat de la Reine et de ses ministres, dans le but de la remplacer par la Reine d’Ecosse, Marie. John nia ces accusations stupides, protestant de sa loyauté envers la Reine, contestant la fiabilité des renseignements de son traître, dont on ne se fatigua pas à vérifier les allégations. De toutes façons, le verdict était fait d’avance.

Après donc une année de prison, le 2 avril au matin, John fut amené de la prison à l’endroit de l’exécution. Il commença par se mettre à genoux pour prier, pendant environ une demi-heure, puis il embrassa l’échafaud, fit ouvertement une profession de foi et déclara sa totale innocence.

On avait envoyé de Londres des renforts pour mener assez rondement l’exécution. De nouveau on pria John de regretter sa trahison, il s’y refusa encore une fois. Un Protestant vint alors déclarer que le frère de John, quelques années auparavant, avait admis la trahison de John Payne : John répondit que son frère, tout Protestant sérieux qu’il eût été et demeurât, n’aurait jamais juré une telle chose ; et pour appuyer sa parole, il demanda que l’on convoquât son frère, puisqu’il habitait sur place, mais on ne le trouva pas et il fallait procéder à l’exécution.

On retira donc l’échelle qui retenait John. Le gouvernement avait l’intention d’amener l’exécution à son terme, sans tarder, avec le moins possible de tourments. En effet, la foule sympathisait tellement avec ce prêtre, que beaucoup vinrent s’accrocher aux pieds du pendu pour en accélérer la mort et lui éviter le supplice de l’écartèlement (car d’ordinaire, on ne laissait pas pendus les condamnés jusqu’à leur mort, on les descendait, on les éviscérait encore vivants et ensuite seulement on les écartelait). On s’en prit aussi au bourreau qui, pendant ce temps, se demandait encore s’il allait procéder à l’écartèlement, dans le cas où Payne reviendrait à lui et souffrirait encore.

On a dit que ce martyre eut lieu en 1581, «neuf mois» après l’arrestation de John. Il se peut bien que l’exécution ait eu lieu plutôt en 1582, donc après vingt-et-un mois de prison.

Béatifié en 1886, canonisé en 1970, John Payne est commémoré le 2 avril.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Diego Luis de San Vitores

1627-1672

 

Espagnol né en 1627, Diego fut très tôt interpellé par cette phrase de l’Evangile : J’ai été envoyé pour évangéliser les pauvres (Lc 4:18) et voulait devenir missionnaire.

Mais il rencontra des résistances, notamment de la part de son père dont il était le préféré. Puis, ses supérieurs, qui appréciaient son talent d’orateur, ne le laissèrent pas partir de sitôt. 

Finalement, en 1668 (à trente-trois ans), il parvint enfin sur son lieu de mission, aux îles Mariannes (qui s’appelaient alors Iles Ladrones, c’est-à-dire Iles des Voleurs), lesquelles n’avaient pas encore été évangélisées. Embrassant un genre de vie très pauvre, comme les gens du lieu, les Chamorros, il prêcha avec zèle, baptisa, construisit églises et collèges. 

Quand la situation devint périlleuse, il ne ralentit pas ses activités missionnaires.

Il fut tué en 1672 avec son catéchiste, Pedro Calungsod (voir par ailleurs).

Diego Luis a été béatifié en 1985 ; il est commémoré au Martyrologe Romain le 2 avril, en même temps que saint Pedro Calungsod.

 

 

Pedro Calungsod

1654-1672

 

 Cet intrépide catéchiste naquit aux Philippines vers 1654, dans la région des Visayas. On ne sait pas grand-chose de son enfance. Il était devenu un des jeunes fidèles catéchistes des Jésuites espagnols aux Philippines, et les accompagna quand ceux-ci voulurent aller en 1668 aux Iles Ladrones, découvertes par Magellan le siècle précédent. Pedro avait à peine quatorze ans.

Sur ces îles vivaient les Chamorros. Les conditions de vie des missionnaires étaient difficiles : les provisions en provenance de la Mission n’arrivaient pas régulièrement ; la jungle était trop épaisse pour s’y déplacer ; les falaises, très raides pour y grimper, et les îles - on ne le sait que trop aujourd’hui - étaient fréquemment traversées par des typhons dévastateurs. Malgré tout cela, les missionnaires s’armèrent de persévérance et la Mission fut récompensée par de nombreuses conversions. C’est pourquoi les missionnaires rebaptisèrent ces îles du nom de “Marianas”, en l’honneur de la Vierge Marie, mais aussi de la reine d’Espagne, María Ana, qui avait pris la Mission sous sa protection.

Malheureusement, un charlatan chinois, nommé Choco, jaloux du prestige acquis par les missionnaires, chercha à reconquérir les Chamorros, les convainquant que l’eau du baptême était empoisonnée ; comme il arrivait que de petits bébés mouraient après leur baptême, certains Chamorros se laissèrent convaincre par ce Choco et apostasièrent.

Cette vilaine campagne de Choco était aussi appuyée par les sorciers Macanjas et par les Urritaos (jeunes hommes prostitués), lesquels soulevèrent bientôt les apostats pour persécuter les missionnaires.

L’assaut le plus mémorable eut lieu le 2 avril 1672, le samedi qui précédait le dimanche de la Passion cette année-là. Il était environ sept heures du matin lorsque Pedro (qui avait donc tout juste dix-sept ans) arrivait au village de Tomhom, sur l’île de Guam, en compagnie du père Diego Lúis de San Vitores. Là, on leur dit qu’une petite fille était née chez Matapang, un chrétien ami des missionnaires, mais qui avait apostasié depuis peu, et qui refusa sèchement qu’on baptizât sa petite fille.

Pour donner à Matapang le temps de se calmer, le père Diego et Pedro rassemblèrent les enfants et quelques adultes du village sur la plage qui était proche et commencèrent de chanter avec eux les vérités de la Foi Catholique. Ils invitèrent Matapang à se joindre à eux, mais l’apostat leur vociféra qu’il était en colère avec Dieu et qu’il était déjà saturé des enseignements chrétiens.

Bien décidé à tuer les missionnaires, Matapang partit et chercha à gagner à sa cause un autre villageois du nom de Hirao, qui n’était pas chrétien. Dans un premier temps, il refusa, convaincu de la bonté des missionnaires envers les indigènes ; mais quand Matapang le traita de poltron, il fut piqué et consentit.

Durant ce temps, le père Diego et Pedro, avec l’accord de la maman, chrétienne elle, baptisèrent la petite fille. Quand Matapang fut informé du baptême, il devint encore plus furieux. Il commença par lancer violemment des pieux acérés contre Pedro. Le jeune homme esquiva avec une remarquable habileté les pieux qui pleuvaient. Les témoins dirent que Pedro avait toutes les chances de fuir, parce qu’il était très agile, mais qu’il ne voulut pas laisser seul le père Diego. Ceux qui connurent Pedro personnellement croyaient qu’il aurait bien pu maîtriser ses violents agresseurs et aurait ainsi libéré le père Diego et lui-même, pourvu qu’il ait eu quelque arme, car il était très valeureux, mais le père Diego n’avait jamais permis à ses compagnons de porter des armes. Finalement, Pedro fut frappé mortellement par un pieu reçu dans la poitrine et tomba à terre. Hirao se porta tout de suite vers lui et l’acheva d’un coup de sabre à la tête. Le père Diego donna à Pedro l’absolution sacramentelle, puis les assassins tuèrent aussi le missionnaire.

Matapang saisit le crucifix du père et le martela avec une pierre, en blasphémant le nom de Dieu. Ensuite, les deux assassins dépouillèrent les corps de Pedro et du père Diego, les traînèrent jusqu’au quai de la plage, lièrent de grosses pierres à leurs pieds, les mirent à la proue d’une pirogue et allèrent les jeter au large. Sachant qu’en bordure des Iles Mariannes, se trouve la fosse des Mariannes qui descend à -11000 mètres, on comprendra qu’on n’ait ainsi jamais pu retrouver quoi que ce soit des restes des martyrs.

Pedro fut béatifié en 2000 et canonisé en 2012 ; le Martyrologe commémore ensemble le père Diego et Pedro au jour du martyre de ce dernier, le 2 avril.

Pedro Calungsod a été proclamé patron de la jeunesse philippine.

Le miracle qui a permis la canonisation de Pedro Calungsod concerne une femme qui a failli mourir par manque d’oxygène, en 2003. La femme était dans le coma à cause d’une encéphalopathie hypoxique-ischémique, maladie mortelle provoquant un manque d’oxygénation du cerveau.

Le docteur, qui savait que sa patiente pouvait mourir à tout instant, a prié Pedro Calungsod de sauver la vie de cette femme. Quatre heures plus tard, la femme a repris conscience.

Giovanni Croci

1732-1815

 

Il vit le jour le 30 octobre 1732 à Gaiche (Tavarnelle di Panicale, Pérouse, Italie C) de Giuseppe et Maria Antonia Giorgi, de bons parents chrétiens et paysans.

Sa première formation lui vint du curé voisin de Greppoleschieto ; il était constamment absorbé dans l’étude, même quand il gardait le troupeau.

Ses parents ne mirent aucun obstacle à sa vocation, au contraire ils s’en réjouirent beaucoup. Giovanni entra en 1751 au noviciat des Frères Mineurs franciscains de Cibottola, avec le nom de Leopoldo.

Après un noviciat exemplaire, il fit ses études à Norcia et fut ordonné prêtre en 1757.

D’abord professeur de philosophie et de théologie pendant trois ans, il eut la charge exclusive de la prédication, car c’était un excellent orateur. C’est ainsi qu’il devint l’apôtre de l’Ombrie.

Il préparait ses missions avec beaucoup de soin et de recueillement ; il partait toujours à pied, par tous les temps. D’après ses notes, on a compté qu’il fit trois-cent trente missions de deux semaines, quarante de carême, sans compter les innombrables neuvaines et autres occasions festives. Il érigea plus de soixante-dix Chemins de Croix.

Il avait toujours en main un cadre de la Sainte Vierge (et c’est ainsi qu’on le représente traditionnellement) et achevait généralement ses missions par une procession où il portait la croix, une couronne d’épines sur la tête et des chaînes au cou ; on l’imitait. Mais surtout, on se réconciliait, on se confessait. La population lui faisait fête, et il partait une heure plus tôt que prévu pour éviter les marques de remerciements.

Outre ses missions, il écrivit énormément et tout n’a pas encore été édité. 

Il fut plusieurs fois élu Gardien ou Provincial, et s’appliqua à redonner à la Règle sa pleine vigueur. En 1788, il transforma le couvent de Monteluco en ermitage, selon l’esprit de saint François, et s’y retira volontiers pour s’y reposer. De 1809 à 1814, l’ermitage dut être fermé à la suite des lois napoléoniennes qui supprimaient les maisons religieuses ; pendant cette période, le Frère Leopoldo, qui refusait énergiquement de prêter le serment à l’Empereur, se réfugia dans une famille noble, puis s’exila à Assise. C’était la période où le pape Pie VII était prisonnier de l’Empereur en France ; quand il revint, Leopoldo alla le rencontrer à Foligno.

A Noël de 1814, il eut une attaque. Il expira là, à Monteluco, le 2 avril 1815. 

Sa sainteté, ses miracles, les grâces obtenues par son intercession, ont abouti à sa béatification, en 1893.

 

 

Đaminh Vũ Đình Tước

1775-1839

 

Đaminh (Dominique) était né vers 1775 à Trung Lao (Nam Định, Vietnam).

Il entra dans l’Ordre dominicain et fut ordonné prêtre. Mgr Delgado (v. 12 juillet) lui confia un secteur dans l’est du Tonkin.

En 1838 se déclencha la persécution et le père Đaminh se cacha. Un de ses hôtes se rendit compte qu’il veillait toute la nuit en prière avant de célébrer la Messe tôt le matin.

Il administrait la mission de Xuog-Dung.

Dénoncé par un païen, il fut arrêté un matin pendant qu’il célébrait la messe, par quelques soldats. Comme Jésus à Gethsémani, il leur demanda : Qui cherchez-vous ? et comme ils lui dirent qu’ils cherchaient un père Đaminh, il leur dit : C’est moi. Ils voulaient le conduire à Cam Ha.

D’abord, on discuta du montant de la compensation pécuniaire pour faire relâcher le père, mais le mandarin militaire s’y opposa. Ensuite, tous les chrétiens du village tentèrent de s’emparer du prêtre par la force, car la garde militaire était vraiment très faible, mais les soldats se défendirent en frappant le prêtre sur place : le père Đaminh fut violemment frappé à la tête par un coup de marteau et s’effrondra dans son sang ; il agonisa et expira en murmurant encore le nom de Jésus.

La messe matinale s’achevait ainsi dans l’immolation totale.

C’était le 2 avril 1839, à Nam Định.

Le père Đaminh Tước a été béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Elisabetta Vendramini

1790-1860

 

Elisabetta naquit le 9 avril 1790 à Bassano del Grappa (Viterbo, Italie C), septième des douze enfants de parents bourgeois.

Petite, elle fut confiée aux Religieuses Augustines de Bassano. Adolescente, elle retourna dans sa famille, où elle vécut de façon plutôt mondaine.

Son mariage avec un jeune homme de Ferrara était prévu pour 1817, mais elle entendit un mystérieux appel qui lui demandait : Veux-tu être sauvée ? Va chez les Capucins.

Elle écouta l’appel, renonça au mariage, et fréquenta ces bons pères pendant sept années. Ce ne fut pas toujours facile. Puis, son frère Luigi, commissaire de police à Padoue, la fit nommer première maîtresse dans un orphelinat de Padoue. 

Elisabetta commençait à y voir plus clair : elle avait déjà eu une intuition à Bassano, pour fonder une branche de Tertiaires Franciscaines, qui s’occuperaient des plus pauvres.

En 1828, avec deux autres amies, elle donna le départ à cette communauté : les Sœurs Tertiaires Elisabettaines (car sainte Elisabeth de Hongrie, sa patronne, avait intensément vécu l’idéal franciscain, v. 17 novembre). 

Les débuts étaient vraiment «pauvres» : le grenier de la fondation reçut humoristiquement de la Fondatrice, le nom de Somptueux Royaume de la Sainte Pauvreté (Splendida Reggia della Santa Povertà).

La pauvreté était vraiment totale, mais aussi les grâces de la Providence, qui exaucèrent régulièrement les prières des braves Religieuses. 

Elles ouvrirent tout de suite une première maison pour les petites filles.

En 1833, les Sœurs étaient déjà quinze, qui élirent Elisabetta comme Supérieure (et la réélurent jusqu’à sa mort).

Elisabetta assuma diverses demandes qui lui furent présentées : à Padoue, les filles pauvres de la Casa Industria et l’éducation des orphelines d’un autre établissement, puis la prise en charge des tout-petits, ainsi que des vieillards d’une maison de Venise.

Cette courageuse Fondatrice mourut à Padoue le 2 avril 1860, un Lundi saint, après avoir invoqué Jésus, Marie, Joseph. Son visage fut alors rayonnant, quelques jours avant son soixante-dixième anniversaire.

Les Sœurs étaient à ce moment-là plus d’une centaine.

Elisabetta Vendramini fut béatifiée en 1990.

 

 

Francisco Coll Guitart

1812-1875

 

Né à Gombrén (Ripoll, Espagne) le 18 mai 1812, Francisco fut le dernier des dix enfants d'un cardeur.

Il entra à dix ans au Petit séminaire de Vic, où il se lia d'amitié avec Antonio Maria Claret (v. 24 octobre).

En 1830 il entra au couvent  de Gerona, un des plus anciens de l'Ordre dominicain. Il fit profession et reçut le diaconat en 1831.

En 1835, les lois espagnoles interdirent les Ordres religieux. Francisco quitta le couvent, mais put cependant être ordonné prêtre en 1836 ; toute sa vie, il resta un dominicain dans l'âme et dans l'esprit. Il prêcha dans tout le nord-est de l'Espagne, pendant quarante années, collaborant avec fruit avec tous les autres prêtres, diocésains et anciens religieux, donnant en 1846 naissance à un groupe, la Fraternité apostolique, pour l'évangélisation.

Le père Francisco fut un apôtre de la re-christianisation, de la catéchèse, de la prédication. Il avait un amour de prédilection pour le chapelet, ce livre qui enseigne ce qu'il y a de plus saint et de plus sacré de notre Religion.

En 1850 il fut nommé directeur du Tiers-Ordre dominicain féminin, ce qui le conduira à fonder en 1856, une branche dominicaine, les Sœurs dominicaines de l'Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie, spécialement pour la formation et l'instruction des jeunes filles, toujours considérées inférieures aux garçons, mais aussi pour appuyer la mission sacerdotale des prêtres, enseignant le Nom de Jésus-Christ et conduisant les âmes à la pratique de la Réconciliation et la réception de l'Eucharistie.

Au contact des pauvres et des malades, il se dévoua pour eux spécialement durant l'épidémie de choléra de 1854.

En 1859 il fut frappé de cécité, et ses facultés mentales furent sérieusement atteintes aussi, ce qui l'amena à recevoir une assistance fraternelle de la part de ses Religieuses.

Le 2 avril 1875, il mourut, laissant derrière lui cette nouvelle Congrégation de trois-cents religieuses, qui ont actuellement triplé et se sont répandues sur tous les continents.

Francisco Coll Guitard fut béatifié en 1979 et canonisé en 2009.

Vilmos Apor

1892-1945

 

Né le 29 février 1892 à Segesvár (Hongrie ; Sighişoara, Transylvanie, actuelle Roumanie), Vilmos (Guillaume) était le septième des huit enfants du baron Gabor Apor de Altorja et de la comtesse Fidelia Palffyla, une famille noble hongroise. Des huit enfants, trois moururent en bas âge et un fut mort-né.

Un des grands frères de Vilmos, Gabor, devint ambassadeur de Hongrie auprès du Vatican, jusqu’à sa démission en 1944, par protestation contre l’occupation allemande.

Orphelin de père à six ans, Vilmos reçut son éducation et sa formation à la maison, auprès de sa mère et avec des précepteurs particuliers. Sa mère lui enseigna à toujours prendre le parti de la solution la plus difficile. 

A la maison, dès sa première année de l’école primaire, Vilmos enseigna à lire à sa petite sœur qui, en échange, lui faisait répéter son catéchisme. A Noël, Vilmos demanda à sa mère un calice et un missel.

Il fréquenta la lycée jésuite de Kalksburg (Autriche) puis de Kalsca (Hongrie), avant d’entrer au séminaire de Györ. Il aimait le tennis et la natation, mais surtout ses études. Il apprit à dominer sa nostalgie de la maison.

Il compléta ses études théologiques à l’Université d’Innsbruck, et fut ordonné prêtre en 1915.

Vicaire à Gyula, il se porta aumônier militaire volontaire de la Croix-Rouge austro-hongroise durant la guerre.

Après la guerre, il fut directeur du séminaire de Nagyvarad, puis curé dans sa première paroisse, à Gyula.

Gyula fut envahie par les troupes militaires et le curé montra en cette occasion tout son esprit de charité et sa fermeté devant la Vérité, soutenant les droits de l’Eglise, s’opposant au National-socialisme, aidant les plus démunis où qu’ils se trouvassent. En 1919, il se déplaça jusqu’à Bucarest pour solliciter l’appui de la Reine d’Angleterre en vue de la libération des prisonniers hongrois en Roumanie ; ce fut un succès, qui lui procura aussi une certaine popularité.

Le traité de Versailles réduisit des deux-tiers la superficie de la Hongrie, privant ainsi de nombreuses familles, réduites à l’exil, de leurs moyens de subsistance. L’abbé Apor ouvrit sa porte à tous ceux qui frappaient. On l’appelait le Curé des pauvres.

Le Cardinal Eugenio Pacelli en fit la connaissance lors du Congrès Eucharistique de Budapest en 1938. Devenu le pape Pie XII, il le nomma évêque de Györ en 1941.

La devise épiscopale du nouvel évêque était : La croix fortifie le faible et rend doux le fort  (Crux firmat mitem, mitigat fortem).

En 1944, la Hongrie fut occupée par les troupes nazies, qui mirent en application les lois antisémitiques. Mgr Apor protesta énergiquement contre ces mesures, contre la création d’un ghetto à Györ (en attente de la déportation à Auschwitz), élevant la voix dans les églises pour réclamer la Justice et la Paix, apportant l’aide qu’il pouvait auprès des déportés, protestant contre le port de l’étoile jaune imposée aux Juifs.

Il alla jusqu’à intervenir auprès des autorités de Berlin pour tenter d’obtenir la libération des Juifs.

Fin 1944, ce furent les troupes soviétiques qui prirent la place. La ville de Györ était en leurs mains la Semaine Sainte 1945.

Le 28 mars 1945, Mercredi Saint, des soldats soviétiques vinrent frapper à l’évêché, où l’évêque tenait sous sa protection un grand nombre de femmes des environs, qu’il refusa de livrer aux soldats.

Le lendemain, Jeudi Saint, il célébra pour la dernière fois la liturgie de la Dernière Cène.

Le Vendredi Saint, 30 mars 1945, les soldats revinrent, avec les mêmes exigences. Sur le refus de l’évêque, l’un des soldats lui tira à bout portant. Il fut mortellement blessé, mais les femmes eurent la vie sauve.

Transporté à l’hôpital où on l’opéra, il put encore communier au matin de Pâques, 1er avril, et mourut le lendemain, 2 avril 1945, des suites de ses blessures.

Longtemps, les autorités communistes étouffèrent le meurtre de Mgr Apor.

Mgr Vilmos Apor fut béatifié en 1997.

Le théologien suisse Hans Urs von Balthasar était un neveu de l’évêque.

 

 

Mykolai Charnetskyi

1884-1959

 

Né en la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, 14 septembre 1884, à Samakivtsi (Horodensk, Halychyna, Ukraine), Mykolai Charnetskyi (Nicolas Carneckyj) fut ordonné prêtre en 1909 dans le rite gréco-catholique.

Il vint à Rome et reçut son doctorat en théologie.

En 1919 il entra au noviciat des Rédemptoristes, à Zboysko, et émit les voeux en 1920.

Il fut directeur spirituel et professeur au séminaire de Stanislaviv (actuelle Ivano-Frankisvsk). 

Le pape Pix XI le nomma Visiteur Apostolique des Catholiques Ukrainiens, en 1926 et évêque en 1931.

Devenu Exarque Apostolique sous l'occupation soviétique, il fut arrêté pour sa foi en 1945 par les hommes du NKVD (la police secrète soviétique) et fut condamné à six années de travaux forcés en Sibérie, pour avoir collaboré avec le régime nazi, et à dix années comme agent du Vatican. Il travailla dans une forge et tomba malade. Malgré tout, il se portait toujours auprès des autres prisonniers pour les aider.

En 1956, on finit par le libérer en raison de ses mauvaises conditions de santé.

Même relâché, Mgr Charnetskyi fut tenu sous constante surveillance et soumis à d'autres tortures.

Il mourut à Lviv le 2 avril 1959.

Pendant longtemps, les autorités couvrirent sa tombe de terre fraîche, que les pèlerins s'empressaient de racler.

Mgr Mykolai Charnetskyi fut béatifié en 2001.

 

 

Laura Evangelista Alvarado Cardozo

1875-1967

 

Née le 25 avril 1875 à Choroní (Aragua, Vénézuéla), Laura était la fille du colonel Clemente Alvarado et de Margarita Cardozo, dont elle reçut la profonde dévotion au Christ et à l’Eucharistie. Mais les parents n’étaient pas (encore) mariés à l’Eglise.

Le deuxième prénom de Laura, Evangelista, lui fut donné en souvenir de l’Evangéliste saint Marc, fêté le jour de sa naissance. Certains dirent qu’elle s’appelait Elena, mais il semble qu’ils se trompèrent.

La famille se déplaça bientôt à Maracay, où Laura acheva ses études.

En 1888, elle reçut la Première communion, et fit alors ses premiers vœux. Peu après elle enseigna le catéchisme aux enfants qui se préparaient à leur tour à la Première communion.

En 1892, à dix-sept ans, elle reçut le scapulaire du Carmel ; l’année suivante, elle fit partie des Filles de Marie, et renouvela ses vœux.

Quand son père fut très malade, elle pria de tout son cœur pour qu’il acceptât de recevoir le Sacrement des malades, mais surtout pour qu’il se mariât devant l’Eglise et devant le Prêtre. Le papa accepta et Laura, en action de grâce à Dieu, promit de garder l’abstinence perpétuelle de viande, ce qu’elle observa fidèlement pendant dix ans, jusqu’à ce qu’un prêtre l’en dispensât, pour sa santé.

Toute jeune, Laura aimait travailler comme bénévole à l’hôpital. En 1897, elle s’engagea comme volontaire à l’hôpital de Maracay. Dès lors, elle s’occupa fébrilement des plus pauvres, avec tant de dévouement et de bons résultats, que l’aumônier lui confia la direction et l’administration de l’établissement.

En 1900, comme couronnement de cet engagement, et avec quelques autres jeunes filles qui partageaient le même idéal, Laura fonda la congrégation des Augustines Récolettes du Vénézuéla, dont elle fut elle-même la supérieure dès 1903, désormais avec le nom de María de Saint-Joseph.

Par la suite, la mère María de Saint-Joseph prendra en charge d’autres centres de soins, par exemple à Maracaibo, Caracas, Coro, Ciudad Bolivar. Les Religieuses voulaient s’occuper particulièrement des petites filles abandonnées et des vieillards.

En 1901, elle fonda l’institut augustinien Doctor Gualdrón ainsi que l’institut Madre María.

Le 2 avril 1967, une thrombose s’abattit sur cette colonne de l’Eglise vénézuélienne. Elle mourut ainsi à Maracay, à quatre-vingt onze ans.

Mère María de Saint-Joseph a été béatifiée en 1995.

Le miracle reconnu pour cette béatification, fut la guérison totale et inespérée d’une Consœur, totalement invalide, à qui déjà la Mère Fondatrice avait prédit la guérison.

Jean-Paul II

1978-2005

 

Né le 18 mai 1920 à Wadowice (Cracovie, Pologne), de Karol, officier à la retraite, et de Emilia Kaczorowska, Karol Józef Wojtyła fut orphelin de sa mère à l’âge de neuf ans. 

Il avait un frère, Edmund, qui fut médecin et mourut à vingt-six ans de la scarlatine, et une sœur, Olga, qui mourut à la naissance.

Karol portait le diminutif de Lenny. Il pratiqua la foot-ball et le ski. Il s’intéressa au théâtre.

Après ses études secondaires, il fréquenta l’Université Jagellon de Cracovie. Mais il dut interrompre ses études pendant l’occupation allemande. Il se fit carrier, puis ouvrier chez Solvay.

En 1942, il entra dans le séminaire clandestin fondé par l’archevêque Sapieha, et dévorait les livres de philosophie et de théologie durant ses congés et ses nuits.

En 1946, il fut ordonné prêtre, le 1er novembre, fête de tous les Saints.

Il fut envoyé à Rome, où il prépara une thèse sur saint Juan de la Croix, avec le père Réginald Garrigou-Lagrange.

Vicaire à la paroisse saint Florian de Cracovie, professeur à la faculté de théologie de Cracovie puis de Lublin, il fut nommé évêque auxiliaire de Cracovie en 1958, évêque titulaire en 1964, et cardinal en 1967.

Le 16 octobre 1978, Karol Woltyla devint le deux-cent soixante-quatrième pape, avec le nom de Jean-Paul II (succédant à Jean-Paul I).

Ce fut le premier pape slave. Il parcourut le monde entier en plus de cent voyages apostoliques. 

Il créa deux-cent trente-deux cardinaux, nomma plus de trois-mille cinq-cents évêques, proclama plus de treize-cents béatifications et près de cinq-cents canonisations.

Ardent chevalier anti-communiste, il fut victime d’un vil attentat sur la place Saint-Pierre de Rome, le 13 mai 1981, commandité par les autorités communistes du Rideau de fer (on a parlé de la Bulgarie et de l’Union Soviétique). Le bruit de ce futur attentat courait déjà dès l’automne de l’année précédente, mais le pape n’a jamais voulu changer sa ligne de conduite.

Jean-Paul II écrivit quatorze encycliques, fit publier le Catéchisme de l’Eglise catholique, la nouvelle édition de la Bible en latin (Vulgate), inséra plusieurs nouvelles fêtes au sanctoral du calendrier romain, proclama la fête de la Miséricorde sur l’invitation de la religieuse polonaise Faustyna Kowalska, qu’il béatifia en 1993 et canonisa en 2000 (v. 5 octobre). 

Désormais affaibli, et constamment soumis à la douleur, atteint de la maladie de Parkinson, le pape continua sa mission apostolique jusqu’à la fin, le 2 avril 2005, veille de ce dimanche in albis, où l’on célébrait la fête de la Miséricorde.

Jean-Paul II a eu l’un des trois plus longs pontificats de l’histoire, après saint Pierre et le bienheureux Pie IX.

Il a été béatifié en 2011. Le miracle retenu était la guérison inexplicable d’une religieuse française atteinte de la maladie de Parkinson.

La canonisation eut lieu en 2014. Le miracle retenu était la guérison inexplicable d’une femme du Costa Rica, atteinte d’une maladie incurable et guérie le jour de la béatification de Jean-Paul II.

Son successeur fut Benoît XVI, qui a disposé que l’on fêterait Jean-Paul II, en Pologne et au Vatican, le 22 octobre, jour anniversaire du début de son pontificat. Désormais, sa fête est inscrite au Calendrier universel.

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31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 23:00

01 AVRIL

 

I.

S Ctésiphon, évêque à Vierze.

II.

S Méliton, évêque à Sardes, dont l’homélie sur la Pâque, récemment reconstituée à partir de fragments, est la plus ancienne homélie connue sur le mystère pascal.

III.

S Venantius, évêque à Salone et martyr à Rome, avec des compagnons : Anastasius, Maurus, Paulinianus, Asterius, Septimius, Antiochianus et Gaianus. 

?

S Venantius, évêque à Rimini et martyr, dont le corps fut transporté à Goslar.

IV.

Stes Agapi et Chionia, deux sœurs ; elles furent brûlées vives à Thessalonique pour avoir caché les Livres Saints chez elles et refusé de manger des viandes offertes aux dieux païens ; leur sœur Ireni mourut le 5 avril.

S Prudence, évêque à Atino et martyr.

V.

Ste Maria l’Egyptienne, pécheresse convertie à Jérusalem et solitaire pendant près de cinquante ans. 

VII.

S Valery, auvergnat, abbé à Luxeuil puis à Leuconay, où l’abbaye prit son nom plus tard ; il ressuscita un pendu.

S Berchond, évêque à Amiens, ami de s. Valery (cf. ci-dessus).

S Leuconius, évêque à Troyes. 

S Dodolin, évêque à Vienne.

IX.

S Jean IV, évêque à Naples, qu’on a appelé “le Scribe”.

X.

Ste Marcelle, bergère à Chauriat.

XII.

B Lanzon, “le plus parfait religieux de son siècle”, bénédictin à Cluny puis prieur à Londres. 

S Ceallach, évêque à Armagh.

S Hugues, évêque à Grenoble pendant un demi-siècle ; il lutta contre la simonie et le concubinage des prêtres, reçut s. Bruno auquel il donna les territoires de la Grande Chartreuse, et fut canonisé deux ans après sa mort. 

B Hugues de Bonnevaux, neveu du précédent, cistercien en Bourgogne et abbé à Bonnevaux ; il réussit à réconcilier l’empereur et le pape.

XIII.

S Gilbert, évêque à Caithness où il construisit la cathédrale.

XV.    

S Nuno Alvares Pereira, connétable du Portugal, frère carme à soixante-deux ans, très marial ; il mourut au moment où on lui lisait le passage de la Passion : "Voici ta mère" ;  canonisé en 2009  (le 1er novembre au Martyrologe).

XVI.

B John Bretton, père de famille anglais, martyr pendu à York.

XVII.

Bse Zofia Czeska Maciejowska, veuve polonaise, fondatrice des Sœurs de la Présentation de la Sainte Vierge Marie, pour l'éducation des filles, béatifiée en 2013.

XIX.    

Bse Sim A-gi Barbara, jeune fille laïque coréenne martyre, enterrée vivante, un jour inconnu du mois d’avril, béatifiée en 2014.

B Lodovico Pavoni, prêtre à Brescia, fondateur de la Congrégation des Fils de Marie Immaculée pour la formation chrétienne des jeunes les plus pauvres, béatifié en 2002, canonisé en 2016.

B Yun Bong-mun Iosephus, laïc coréen martyr, par pendaison, béatifié en 2014.

XX.

B Karl Ier d’Autriche (1887-1922), empereur d’Autriche-Hongrie, qui finit misérablement ses jours en exil après la première guerre mondiale ; avec son épouse Zita ils eurent huit enfants ; béatifié en 2004. 

Bx José Anacleto González Flores (*1888), juriste, José Dionisio Luis Padilla Gómez (*1899), les deux frères Jorge Ramón (*1899) et Ramón Vicente (*1905) Vargas González, laïcs mexicains martyrs en 1927 (le Vendredi Saint) et béatifiés en 2005.

B Giuseppe Girotti (1905-1945), prêtre dominicain italien, martyr à Dachau, béatifié en 2013.

B Marin Shkurti (1933-1969), prêtre albanais martyr, béatifié en 2016.

 

Méliton de Sardes

2e siècle

 

L’intérêt de parler de cet évêque n’est pas dans les détails de sa vie, que nous ne connaissons pratiquement pas, mais pour l’excellence de ses écrits, et tout particulièrement pour son homélie sur la Pâque, tout récemment reconstituée à partir de fragments, dont on citera tout-à-l’heure deux longs passages.

Méliton fut évêque de Sardes en Lydie, au second siècle, sous les empereurs romains Antonin le Pieux († 161) et Marc-Aurèle († 180). Sa mort doit se placer avant 190.

Sardes était encore importante au début du christianisme : saint Jean la mentionne dans l’Apocalypse (Ap 1:11 ; 3:1-6). Les restes archéologiques de Sardes se trouvent non loin de l’actuelle Salihli, non loin de Izmir, le port de Smyrne, sur la mer Egée, en Turquie orientale. C’est à Sardes que vécut le fameux Crésus. Sardes fut conquise par Cyrus, puis par Alexandre le Grand, puis par les Romains.

Parlant de Méliton de Sardes, l’évêque Polycrate d’Éphèse, qui vivait vingt ans après lui, atteste que toutes ses actions furent animées de l’Esprit de Dieu. 

Consulté par les fidèles de son temps sur l’autorité de l’Écriture sainte, il fit un voyage en Palestine pour apprendre quels étaient les véritables livres de l’Ancien Testament et dans quel ordre on devait les ranger. Il composa une Apologie adressée à l’empereur Marc-Aurèle en faveur des chrétiens. On lui a attribué d’autres ouvrages ; Eusèbe en a donné le titre d’une vingtaine. De tout cela, en dehors des citations d’Eusèbe et d’Anastase le Sinaïte, il ne subsiste que des fragments grecs et syriaques qui ne sont pas tous d’une authenticité garantie. Tertullien et saint Jérôme ont qualifié Méliton d’excellent orateur et d’habile écrivain.

Polycrate se contente de dire que le corps de Méliton repose dans la ville de Sardes. Le Martyrologe Romain ne le mentionne pas actuellement, sans doute par manque d’informations historiques suffisantes, ce qui n’enlève rien à sa gloire. 

Même le bréviaire de cite pas saint Méliton ; certains martyrologes lui ont donné ce titre glorieux et l’ont mentionné au 1er avril, selon l’ancienne tradition de l’Eglise d’Asie, et les Bollandistes semblaient suivre cette opinion.

 

Voici maintenant les deux passages de son Homélie sur la Pâque, repris dans la Liturgie des Heures (le Jeudi Saint et le Lundi de Pâques).

 

Bien des choses ont été annoncées par de nombreux prophètes en vue du mystère de Pâques qui est le Christ : à lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

C’est lui qui est venu des cieux sur la terre en faveur de l’homme qui souffre ; il a revêtu cette nature dans le sein de la Vierge et, quand il en est sorti, il était devenu homme ; il a pris sur lui les souffrances de l’homme qui souffre, avec un corps capable de souffrir, et il a détruit les souffrances de la chair ; par l’esprit incapable de mourir, il a tué la mort homicide.

Conduit comme un agneau et immolé comme une brebis, il nous a délivrés de l’idolâtrie du monde comme de la terre d’Egypte ; il nous a libérés de l’esclavage du démon comme de la puissance de Pharaon ; il a marqué nos âmes de son propre Esprit, et de son sang les membres de notre corps.

C’est lui qui a plongé la mort dans la honte et qui a mis le démon dans le deuil, comme Moïse a vaincu Pharaon. C’est lui qui a frappé le péché et a condamné l’injustice à la stérilité, comme Moïse a condamné l’Egypte.

C’est lui qui nous a fait passer de l’esclavage à la liberté, des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie, de la tyrannie à la royauté éternelle, lui qui a fait de nous un sacerdoce nouveau, un peuple choisi, pour toujours. C’est lui qui est la Pâque de notre salut.

C’est lui qui endura bien des épreuves en un grand nombre de personnages qui le préfiguraient : en Abel il a été tué ; en Isaac il a été lié sur le bois ; en Jacob il a été exilé ; en Joseph il a été vendu ; en Moïse il a été exposé à la mort ; dans l’agneau il a été égorgé ; en David il a été en butte aux persécutions ; dans les prophètes il a été méprisé.

C’est lui qui s’est incarné dans une vierge, a été suspendu au bois, enseveli dans la terre, ressuscité d’entre les morts, élevé dans les hauteurs des cieux.

C’est lui, l’agneau muet ; c’est lui, l’agneau égorgé ; c’est lui qui est né de Marie, la brebis sans tache ; c’est lui qui a été pris du troupeau, traîné à la boucherie, immolé sur le soir, mis au tombeau vers la nuit. Sur le bois, ses os n’ont pas été brisés ; dans la terre, il n’a pas connu la corruption ; il est ressuscité d’entre les morts et il a ressuscité l’humanité gisant au fond du tombeau.

 

Comprenez-le, mes bien-aimés : le mystère de la Pâque est ancien et nouveau, provisoire et éternel, corruptible et incorruptible, mortel et immortel.

Il est ancien en raison de la Loi, mais nouveau en raison du Verbe ; provisoire en ce qu’il est figuratif, mais éternel parce qu’il donne la grâce ; corruptible puisqu’on immole une brebis, mais incorruptible parce qu’il contient la vie du Seigneur ; mortel, puisque le Seigneur est enseveli dans la terre, mais immortel par sa résurrection d’entre les morts.

Oui, la Loi est ancienne, mais le Verbe est nouveau ; la figure est provisoire, mais la grâce est éternelle ; la brebis est corruptible, mais le Seigneur est incorruptible, lui qui a été immolé comme l’agneau, et qui ressuscita comme Dieu.

Car il a été conduit comme une brebis vers l’abattoir, alors qu’il n’était pas une brebis ; il est comparé à l’agneau muet, alors qu’il n’était pas un agneau. En effet, la figure a passé, et la vérité a été réalisée : Dieu a remplacé l’agneau, un homme a remplacé la brebis, dans cet homme, le Christ, qui contient toute chose.

Ainsi donc, l’immolation de la brebis et le rite de la Pâque et la lettre de la Loi ont abouti au Christ Jésus en vue de qui tout arriva dans la loi ancienne et davantage encore dans l’ordre nouveau.

Car la Loi est devenue le Verbe, et, d’ancienne, elle est devenue nouvelle (l’une et l’autre sorties de Sion et de Jérusalem), le commandement s’est transformé en grâce, la figure en vérité, l’agneau est devenu fils, la brebis est devenue homme et l’homme est devenu Dieu.

Le Seigneur, étant Dieu, revêtit l’homme, souffrit pour celui qui souffrait, fut enchaîné pour celui qui était captif, fut jugé pour le coupable, fut enseveli pour celui qui était enseveli. Il ressuscita des morts et déclara à haute voix : Qui disputera contre moi ? Qu’il se présente en face de moi ! C’est moi qui ai délivré le condamné ; c’est moi qui ai rendu la vie au mort ; c’est moi qui ai ressuscité l’enseveli. Qui ose me contredire ? C’est moi, dit-il, qui suis le Christ, qui ai détruit la mort, qui ai triomphé de l’adversaire, qui ai lié l’ennemi puissant, et qui ai emporté l’homme vers les hauteurs des cieux ; c’est moi, dit-il, qui suis le Christ.

Venez donc, toutes les familles des hommes, pétries de péchés, et recevez le pardon des péchés. Car c’est moi qui suis votre pardon, moi la Pâque du salut, moi l’agneau immolé pour vous, moi votre rançon, moi votre vie, moi votre résurrection, moi votre lumière, moi votre salut, moi votre roi. C’est moi qui vous emmène vers les hauteurs des cieux ; c’est moi qui vous ressusciterai ; c’est moi qui vous ferai voir le Père qui existe de toute éternité ; c’est moi qui vous ressusciterai par ma main puissante.

 

 

Venantius de Salone

† 257

 

Venantius serait le premier évêque (connu) de Salone (Dalmatie, auj. Split, Croatie), de 250 à 257.

Autrefois, on affirmait que ce même diocèse avait été fondé dès le premier siècle, et que Venantius avait été précédé de six évêques.

Il aurait subi le martyre en 257.

Toutefois, le Martyrologe Romain lui adjoint quelques Compagnons, dont on ne connaît que les noms : Anastasius, Maurus, Paulinianus, Telius, Asterius, Septimius, Antiochianus et Gaianus. Venantius y est qualifié d’évêque, sans précision de son siège épiscopal.

Peut-être tous ces Martyrs ont-ils été inhumés à Rome, après une translation.

Saint Venantius de Salone est commémoré le 1er avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Agapi et Chionia de Thessalonique

† 304

 

Les trois sœurs Agapi, Chionia et Ireni vivaient à Thessalonique, chez leurs parents, qui n’étaient pas chrétiens.

Leurs noms étaient tout symboliques : Amour, Pureté et Paix.

L’édit de Dioclétien ayant en 303 interdit de conserver les Livres saints, les trois sœurs cachèrent ceux qu’elles avaient, sans en parler à personne.

L’année suivante cependant, on découvrit la cachette et les Livres ; elles furent dénoncées et présentées au gouverneur.

En même temps qu’elles, étaient aussi présentés Cassia, Philippa et Eutychia, ainsi qu’un nommé Agathon.

Fermement, elles refusèrent de manger de la viande offerte aux dieux païens, et furent condamnées à être brûlées vives.

Agapi et Chionia moururent le 1er avril, Ireni le 5.

Les Actes de ces trois Martyres ne parlent pas du sort des autres Compagnons.

Saintes Agapi et Chionia sont commémorées le 1er avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maria l’Egyptienne

† 422

 

Maria raconta elle-même qu’elle vivait en Egypte et qu’elle quitta ses parents à douze ans, pour aller se prostituer en Alexandrie, pendant dix-sept années.

Elle eut l’occasion de faire un voyage à Jérusalem, et réussit à corrompre encore beaucoup de jeunes gens qu’elle rencontra sur le bateau du voyage et à Jérusalem même.

Le jour où l’on fêtait la Croix glorieuse du Christ, elle crut pouvoir se mêler à la foule qui entrait dans la basilique, mais une force invisible la cloua sur place.

La grâce de Dieu lui fit alors comprendre que c’étaient ses péchés qui lui barraient l’entrée du sanctuaire. Elle se tourna vers une icône de Marie, la pure Vierge, Mère de Dieu, promettant de renoncer à sa vie de débauche. Elle put alors s’approcher de la Croix et la vénérer humblement, se sentant acceptée dans le Pardon miséricordieux de Dieu. C’était en 373.

Une voix intérieure l’invita à franchir le Jourdain pour y trouver le repos.

En l’église Saint-Jean-Baptiste, elle se confessa et communia. Puis elle organisa sa vie dans le désert, pendant quarante-sept ans. 

D’abord, elle se nourrit seulement d’herbes et de racines sauvages, pendant dix-sept ans, comme pour expier les dix-sept années de son péché de jeunesse.

Les épreuves cependant l’assaillaient : le souvenir de ses péchés, ses convoitises, les chansons lascives : pour vaincre la tentation, il lui arrivait de rester prosternée à terre, en larmes, pendant un jour et une nuit entière ; elle fut fidèle à sa promesse envers Marie à Jérusalem. Elle eut alors la grâce de vivre encore trente années dans la paix, sans voir personne.

En 421, un moine nommé Zosime (v. 4 avril ?), s’avança dans ce même désert et rencontra Maria. C’est à lui qu’elle dévoila le secret de sa vie. Elle lui demanda alors de revenir l’année suivante pour lui apporter l’Eucharistie, qu’elle n’avait plus reçue depuis le jour de sa conversion à Jérusalem. En même temps, elle lui confiait un conseil à transmettre à son supérieur, Jean, que d’ailleurs elle ne connaissait pas. 

L’année suivante, Zosime fut fidèle au rendez-vous ; il vit Maria passer le Jourdain à pieds secs pour venir à sa rencontre. Elle reçut le Corps du Christ et pria Zosime de revenir encore une fois l’année suivante.

Zosime revint : il trouva Maria comme endormie sur le sol ; elle avait écrit dans le sable : Je suis décédée la nuit du Vendredi saint, juste après avoir reçu l’Eucharistie.

Maria était donc morte le 1er avril 422. Son corps était resté sans corruption pendant un an.

Le récit de cette admirable conversion fut transmis par Zosime lui-même. Quelques historiens ont cherché à le mettre en doute ; dans l’histoire de l’Eglise, ce n’est pas l’unique cas de conversion radicale, où l’on découvre combien est immense la Miséricorde de Dieu.

Sainte Maria l’Egyptienne est commémorée le 1er avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Valery de Leuconay

565-619

 

Valericus était natif d’Auvergne, vers 565. Ses parents, pauvres, lui firent garder les troupeaux.

Durant ces heures, le garçon réussit à se faire enseigner l’alphabet, au point qu’il pouvait lire le psautier.

Un jour qu’il accompagna son oncle dans un monastère bénédictin d’Issoire, il ne voulut plus en repartir. L’abbé le prit sous sa protection et lui donna l’habit peu après.

Le jeune moine montra un réel amour de la sainteté et se perfectionna dans les saintes vertus de prudence, de patience, sans oublier la mortification des sens et une profonde piété. Il voulut cependant se détacher davantage de son milieu et partit pour Auxerre, où il fut admis dans le monastère Saint-Germain.

Un seigneur nommé Bobon entendit parler de ce jeune moine exemplaire et, l’ayant rencontré, changea totalement de vie. En 595, ils allèrent tous les deux frapper à la porte du monastère de Luxeuil, où se trouvait encore son fondateur, Colomban (v. 23 novembre). Là, on perd de vue le brave Bobon.

Selon la règle de Colomban, pour être admis, on devait d’abord s’occuper à cultiver la terre.  Or il se trouva que les terrains étaient alors infestés d’insectes rongeurs ; mais Dieu fit voir la sainteté de Valery, dont la portion de jardin restait absolument épargnée et fertile. L’humble Valery eut beau rejeter la «responsabilité» du phénomène sur la sainteté des moines, Colomban comprit celle de son nouveau disciple et l’admit sans attendre.

Colomban ayant dû s’exiler à Bobbio en 610, l’abbé Eustase chercha à l’en ramener et, pendant son absence, confia la direction du monastère à Valery. Après quoi, Valery accompagna un autre moine, Waldolène, dans sa mission au Nord de la Gaule. 

Près d’Amiens, au lieu-dit Gamaches, Valery ressuscita par sa prière un condamné qu’on venait de pendre. Mais comme le seigneur de l’endroit voulait pendre une deuxième fois son condamné, Valery s’interposa vivement et obtint la grâce de l’homme. Il y eut à Amiens une chapelle commémorant l’épisode.

C’est l’évêque d’Amiens, Berchond (v. 1er avril ?) qui indiqua à Valery et Waldolène un endroit pour se livrer à la contemplation : Leuconaus, où s’éleva bientôt l’abbaye de Leuconay (613). Les moines y vécurent selon la Règle de Colomban. Ce fut la première abbaye fondée dans le diocèse d’Amiens.

Il y a lieu de parler ici de quelques-uns des miracles accomplis par Valery Un malade nommé Blimont, qui pouvait à peine se tenir debout, fut si bien guéri qu’il ne voulut plus se séparer de Valery et lui succéda comme abbé (Blimont dut reconstruire le monastère, pillé par les Normands, et fut ainsi à l’origine de la ville de Saint-Valery-sur-Somme). Un autre encore, mortellement malade, fut guéri par Valery qui ajouta cependant que, s’il prenait au retour quelque autre remède, il en garderait une marque toute sa vie : l’homme prit une potion préparée par sa femme… et resta borgne pour le reste de ses jours. Un jour de froid où Valery implorait d’un prêtre de l’abriter, ce dernier, ainsi que le juge présent chez lui, le lui refusèrent et l’accablèrent d’injures ; Valery se retira et Dieu rendit aveugle le malheureux prêtre, tandis que le juge mourait peu après d’un mal affreux.

Aussi doux pour les moines qu’il était dur pour lui-même, Valery n’appliqua que rarement les sévères punitions prévues par la Règle de Colomban ; de la rigidité de la règle, il n’avait pris que l’huile de l’onction.

Valery n’avait pour couche qu’une claie d’osier recouverte de feuilles, pour vêtement qu’une grossière tunique avec une capuche ; il ne mangeait que le dimanche.

Après quelques années, Valery comprit que son heure approchait. Il s’éteignit en effet le 1er avril 619 (ou peut-être 622), et la chapelle édifiée plus tard sur son tombeau, en haut du Cap Hornu, plusieurs fois reconstruite, est l’actuelle Chapelle des Marins.

De l’abbaye, qui devint carrière de pierre sous la Révolution, il ne reste pas grand-chose.

Saint Valery est commémoré le 1er avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ceallach d’Armagh

1079-1129

 

Ceallach (qui est devenu Celse en français) naquit en 1079 dans une noble famille d’Irlande.

Il était de tradition, dans cette famille, de «posséder» le siège métropolitain d’Armagh, qui ne devait être gouverné que par un des leurs, clerc ou laïque, même marié. Quand vint le tour de Ceallach, celui-ci voulut donner à Dieu ses droits et supprima cette clause, comme on le verra plus bas.

Ceallach, donc, s’employa à visiter les comtés de l’île, Ulster et Munster en 1106, Connaught et Meath en 1108 et 1110.

En 1112 il réunit un synode de tous les évêques d’Irlande.

Il reconstruisit à ses frais les édifices religieux détruits par l’incendie, dont la grande église d’Armagh ; il réconcilia les princes de Connaught et de Munster, qui n’en finissaient pas de s’affronter par la guerre.

Après une vie d’austérité et de labeurs, il établit que son successeur serait le moine Malachie, auquel il avait conféré les saints ordres et qu’il avait sacré évêque de Connor.

Ceallach mourut le 1er avril 1129 à Ard Patrick.

Son successeur fut bien Malachie, qui ne put toutefois accéder à son siège qu’après cinq années de discussions (v. 2 novembre).

Saint Ceallach est commémoré le 1er avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hugues de Grenoble

1053-1132

 

Né à Châteauneuf-sur-Isère en 1053, Hugues était un des fils d’Odilon, officier valeureux et chrétien. Veuf, celui-ci s’était remarié avec une sainte femme qui eut un songe particulier alors qu’elle était enceinte.

Elle vit que son enfant était porté par saint Pierre devant le trône de Dieu, ce qui semblait annoncer une destinée peu commune.

Hugues étudia à Valence, fréquenta l’université et se montrait fidèlement attaché aux exemples reçus de ses parents.

Devenu chanoine de la cathédrale de Valence, il fut bientôt choisi pour accéder au siège épiscopal de Grenoble : il n’avait que vingt-sept ans.

Hugues se sentait indigne d’une telle charge, et surtout bien impréparé, mais la sainteté de sa vie le recommanda au légat du pape. Le légat le rassura et lui conféra tous les ordres sacrés jusqu’à la prêtrise.

Il fallait à cette époque restaurer la sainteté du clergé, qui s’abandonnait à toutes sortes d’égarements, notamment dans la simonie et l’incontinence. En particulier, l’archevêque de Vienne passait pour être simoniaque, ce qui fit que Hugues préféra recevoir la consécration épiscopale par le pape lui-même, Grégoire VII (v. 25 mai).

A Rome, Hugues fut assailli de doutes et pensait renoncer à être consacré ; le légat lui donna l’heureuse inspiration d’en référer au pape personnellement, et de suivre en tout les décisions du Pontife, ce qu’il fit.

Lors du sacre, la comtesse Mathilde fournit tout ce qui était nécessaire à la cérémonie, entre autres le bâton pastoral.

Arrivé dans son diocèse, Hugues crut y voir l’abomination de la désolation, devant la débauche et l’ignorance du clergé. Le jeune évêque exhorta, pria, jeûna.

Se sentant impuissant à inverser la situation, il se retira, définitivement, pensait-il, à l’abbaye de la Chaise-Dieu (1084), dont le pape le fit toutefois sortir promptement l’année suivante, avec ordre de retourner dans son diocèse. Hugues obéit humblement.

Trois ans après, Hugues vit en songe sept étoiles illuminer les montagnes de la Chartreuse, où se trouvait Dieu le Père, au-dessus d’un magnifique temple. Quelques jours après vinrent le trouver sept hommes : c’étaient Bruno de Cologne et six amis qui venaient lui demander où ils pourraient établir l’ermitage qu’ils projetaient. C’est ainsi que naquit l’Ordre de la Chartreuse, fondé par saint Bruno, avec l’appui de Hugues de Grenoble (v. 6 octobre).

A l’avenir, Hugues fréquenta souvent les pères Chartreux, chez lesquels il se comportait comme le dernier des frères et même, parfois, y prolongeait tellement son séjour, que saint Bruno devait intervenir et le «renvoyer» à son diocèse. Hugues obéissait toujours humblement.

Hugues songea à vendre ses chevaux, par pauvreté et pénitence, et à parcourir à pied son diocèse. Saint Bruno l’en dissuada, par prudence. Il obéit encore.

Il exagéra ses pénitences et ses jeûnes, qui lui causèrent des maux d’estomac et de tête jusqu’à la fin de sa vie.

Souvent les larmes lui venaient aux yeux, en entendant un passage émouvant, en recevant les fidèles à la confession, en prêchant. Ces larmes complétaient l’efficacité de sa parole, et les fidèles l’attendaient au bas de la chaire pour se confesser.

Humblement, Hugues présenta plusieurs fois sa démission aux papes, au motif de sa vieillesse et de ses maladies, mais le pape Honorius II eut la sagesse de lui répondre : Je te préfère vieux et malade pour le bien de ton peuple, à tout autre qui serait jeune et en bonne santé. Autres temps…

Quand un seigneur, nommé Guy, vint lui demander sa bénédiction, il commença par lui reprocher vertement d’avoir levé un nouvel impôt ; Guy promit de supprimer l’impôt. Hugues était d’une charité infinie, et alla jusqu’à vendre son anneau et un calice en or pour avoir de quoi soulager des pauvres en temps de disette.

Hugues mourut le vendredi 1er avril 1132, huit jours avant Pâques, qu’il alla fêter glorieusement en Paradis avec saint Pierre. Il avait presque quatre-vingts ans, et était resté dans son diocèse plus d’un demi-siècle.

Innocent II voulut le canoniser dès 1134.

La châsse qui abritait le corps de saint Hugues, fut détruite et le corps brûlé sur la place publique par les Huguenots révoltés, au 16e siècle.

Saint Hugues de Grenoble eut un neveu, également prénommé Hugues, abbé à Bonnevaux, également commémoré le 1er avril.

 

 

Hugues de Bonnevaux

† 1194

 

Ce ne sont pas les détails qui abondent au sujet de ce saint abbé, mais ce qu’on en sait le rendent «grand».

Il était né à Châteauneuf, neveu de l’évêque Hugues de Grenoble (v. ce même jour), et entra dans l’abbaye cistercienne de Maisières.

Il fut nommé abbé de Léoncel en 1161 ; cette abbaye avait été fondée en 1137 par Jean, moine de Cîteaux, avec des moines venus de Bonnevaux. En 1790, les derniers moines furent expulsés et l’abbatiale devint église paroissiale, ce qui la préserva de la démolition complète ; récemment, une association s’emploie à réhabiliter le bâtiment.

Ce même abbé Jean avait été le premier abbé de la nouvelle abbaye de Bonnevaux (Haute-Savoie), fondée en 1117 et Hugues en fut le sixième abbé, en 1166.

Profondément imprégné de la spiritualité de saint Bernard (v. 20 août), Hugues en écrivit la biographie, mais surtout il réussit, à force de patience et de douceur, à rapprocher l’empereur Friedrich Barbarossa du pape Alexandre III, qui se «réconcilièrent» en 1177.

Cette magnifique abbaye de Bonnevaux fonda huit «filiales», dont Léoncel et Tamié, mais fut abandonnée au moment de la Révolution ; rachetée par des notaires, elle fut vendue, détruite, réduite à une carrière de pierres, vers 1830.

Hugues de Bonnevaux mourut le 1er avril 1194, soixante-deux ans jour pour jour après son oncle Hugues de Grenoble.

 

 

Gillebrighde de Moravia

† 1245

 

La famille écossaise de Moravia était en réalité de Moray, le site des ancêtres de la famille, qui se dit Moireibh ou Moireabh en gaélique ; leurs terres s’étendaient à Duffus et Strabok.

L’ancêtre Alexander fut le père de Muiredach, lequel eut deux fils : Richard et Gille Brigte (auj. Gillebrighde), que nous francisons en Gilbert. Richard fut tué au cours d’une bataille contre les Scandinaves.

Gilbert fut longtemps archidiacre du diocèse de Moray ; on suppose qu’il fut nommé évêque de ce siège vers 1223, en présence du roi, qui fut sans doute à l’origine de son transfert à Caithness en 1224 : en effet, le prédécesseur de Gilbert avait été assassiné, et le roi voulait rapprocher le siège épiscopal de sa capitale pour mieux le protéger.

L’évêque cependant résidait en d’autres localités proches : Halkirk, Dornoch, Scrabster. A Dornoch, il fit édifier la nouvelle cathédrale, et y fit déposer les restes de son prédécesseur, Adam de Melrose.

Il y fit aussi édifier plusieurs maisons pour les pauvres.

On le connaissait comme un prédicateur de talent et, dit-on, il travailla beaucoup pour civiliser son diocèse.

Il mourut le 1er avril 1245 à Dornoch, où il fut enseveli. Son tombeau fut vénéré jusqu’à la Réforme, et l’on prêtait serment sur sa tombe, jusqu’en 1545.

Gillebrighde de Moravia est le dernier Ecossais canonisé (au moins officieusement) avant la Réforme.

 

 

Nuno Álvares Pereira

1360-1431

 

Cet illustre général portugais naquit le 24 juin 1360, à Cernache do Bonjardim (Portugal), fils illégitime de Álvaro Gonçalves Pereira, chevalier de l’ordre hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, et de Iria Gonçalves do Carvalhal. Un décret royal le rendit légitime, lui permettant de recevoir une éducation d’habitude réservée aux nobles.

A treize ans il était soldat. A seize ans, sur conseil de son père, il épouse Leonor de Alvim ; ils auront trois enfants, dont Beatriz, qui épousera plus tard le fils de Jean 1er, Afonso, premier duc de Bragance, souche de la dernière dynastie royale.

Nuno sera investi des titres de comte d’Arraiolos, comte de Barcelos, comte d’Ourém. On le connaîtra aussi sous le nom de Saint Connétable.

En 1383, quand meurt le roi Ferdinand 1er de Portugal, l’héritier du trône est sa fille, Béatrice, épouse de Jean 1er de Castille, mais devant ce risque d’annexion par la Castille, Nuno soutient Jean, maître de l’Ordre d’Aviz, quoiqu’il soit de naissance illégitime.

Dans deux batailles successives (Atoleiros, Aljubarrota), la Castille sera défaite par les troupes, pourtant bien inférieures, de Nuno, qui y montre tout son génie militaire, mais surtout sa confiance totale en Dieu. C’est là qu’il est fait comte d’Ourém.

Le général Nuno pouvait espérer une retraite glorieuse : il n’en fit rien. A la mort de son épouse en 1387 (il a vingt-sept ans), il préfère rester seul sans se remarier, se met au service des pauvres, construit beaucoup d’églises en l’honneur de Marie, Mère de Dieu et fonde un couvent de Carmes (1389) à Lisbonne, où lui-même devient frère convers en 1423. Il prendra le nom de Nuno de Sainte Marie.

Nuno a soixante-trois ans. Il renonce à tous ses titres, distribue ses biens aux pauvres et se livre à une humble vie toute de pénitence, avec une grande dévotion à la Mère de Dieu. Il passe des heures devant le Saint Sacrement et assiste à plusieurs messes chaque jour. 

Après huit années d’austérités et de mortifications, il meurt le jour de Pâques, disent les sources, donc le 1er avril (et non le 1er novembre du Martyrologe) 1431, deux mois avant sainte Jeanne d’Arc.

La tombe de Nuno sera détruite lors du terrible tremblement de terre de Lisbonne en 1755.

Il a été béatifié en 1918, et canonisé en 2009.

 

 

John Bretton

1527-1598

 

John Bretton (ou Britton) était né vers 1527 à West Bretton (West Yorkshire, Angleterre).

Il appartenait à une ancienne famille de Bretton (Barnsley). C’était un fervent catholique et à cause de sa foi dut plusieurs fois être séparé de son épouse et de sa famille à cause de la persécution.

Il était désormais déjà assez âgé, lorsqu’on lui prêta des propos hostiles à la Reine ; dénoncé, accusé, condamné à mort, il subit le martyre réservé aux traîtres et fut exécuté par pendaison le 1er avril 1598.

Il fut béatifié en 1987.

Un professeur au Collège de Douai, en 1599, portait le nom de Matthew Britton, et pourrait être un de ses fils.

Zofia Czeska-Maciejewska

1584-1650

 

Zofia était née en 1584, à Budziszowice (Kazimierski, Pologne), troisième enfant de Mateusz et Katarzyna Lubowiecka, des parents aisés.

A seize ans, elle épousa Jan Czeski. Le couple resta sans enfants.

Devenue veuve, après six ans de mariage, elle vécut une expérience peu banale : un homme chercha à l’enlever dans la rue pour l’épouser. Ayant refusé, elle fut «relâchée» par l’homme, qui épousa alors la jeune sœur de Zofia, Anna.

N’ayant pas d’enfants à élever, et malgré son jeune âge, elle se donna aux bonnes œuvres, particulièrement en secourant les pauvres et les petites orphelines. 

En 1621, avec ses propres ressources, elle ouvrit pour ces dernières la Maison de la Vierge. C’était la première école pour filles en Pologne. Elle fut approuvée dès 1627.

Puis, pour achever cette œuvre, elle fonda les Sœurs de la Présentation de la Bienheureuse Vierge Marie, vouées à l’enseignement et qui maintiennent encore aujourd’hui leur présence efficace.

Mère Zofia mourut à Cracovie le 1er avril 1650.

Peu de temps après, la congrégation fut approuvée par l’évêque de Cracovie.

Mère Zofia a été béatifiée en 2013.

 

 

Sim A-gi Barbara

1783-1801

 

Sim A-gi Barbara est une laïque coréenne née en 1783 à Gwangju (Gyeonggi-do, Corée S).

Elle fut enterrée vivante à Seoul en un jour non précisé d’avril 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Lodovico Pavoni

1784-1849

 

Né à Brescia le 11 septembre 1784, Lodovico (Ludovic) fut l'aîné des cinq enfants de Alessandro et Lelia Poncarali, des parents nobles et aisés, et chrétiens.

Ce fut un garçon vif, intelligent, perspicace, audacieux même.

Ordonné prêtre en 1807, il se donna à fond dans la catéchèse, fondant un nouvel Oratoire pour combler le vide créé par les anciens Oratoires, décadents. Il faut préciser que par Oratoire, on entend ici ce qui s'appela en France un patronage.

En 1812, il devint secrétaire de l'évêque, tout en restant à la tête de son Oratoire, et en 1818 il fut nommé chanoine de la cathédrale, en même temps que recteur de la basilique Saint-Barnabé.

Il fonda alors un Collège des Arts qui prendra le nom de Pieux Institut Saint-Barnabé, ouvert aux jeunes pauvres et abandonnés. Il y ajoutera une section pour les sourds-muets, et projettera plus tard aussi une Ecole Agricole.

Ce Collège va se développer en divers secteurs d'activités : instruction, typographie, calcographie, éditions, reliure, argenterie, menuiserie, cordonnerie, ferronnerie. Sa typographie fut la première école du genre en Italie et sera à l'origine des actuelles éditions Àncora.

De plus, il eut l'intuition de rénover les “lois” du travail, sachant récompenser ses “ouvriers” par un salaire régulier, organisant une couverture pour la maladie, évitant tout licenciement sauf pour faute grave.

En 1836 le Collège vint en aide aux nombreuses victimes du choléra, et cette assistance sera officiellement reconnue par la municipalité de Brescia en séance extraordinaire.

En 1844 il fut décoré Chevalier de la Couronne de Fer par l'Empereur d'Autriche.

Enfin il fonda en 1847 la Congrégation des Fils de Marie Immaculée (qui prendront le nom de Pavoniani), voués au travail parmi les ouvriers, une initiative nouvelle et audacieuse pour l'époque, et qui sera critiquée âprement dans les milieux sociaux, mais aussi à l'intérieur de l'Eglise, ce qui n'est jamais rare de la part des ecclésiastiques devant toute nouveauté. D'une part les prêtres prêteront leur assistance sacerdotale et spirituelle, d'autre part les enseignants seront eux aussi consacrés, tout en restant laïcs.

Cette même année 1847, il donna officiellement sa démission de Chanoine et fit les voeux dans son Institut, le 8 décembre.

Don Lodovico Pavoni mourut le 1er avril 1849, dimanche des Rameaux, à Saiano (Brescia), où il s'efforçait de conduire en sûreté ses garçons, pendant l'insurrection de Brescia contre les Autrichiens. 

Le miracle retenu pour la béatification fut, en 1909, la guérison immédiate, complète et durable d'une femme atteinte de tuberculose abdominale : vomissements répétés, fièvre très forte, délire continu, complications au niveau des méninges, état quasi comateux. Après avoir déposé un soir une relique de Lodovico Pavoni sous l'oreiller de la malade, celle-ci se réveilla le lendemain matin sans fièvre, demandant à manger, et sans aucune séquelle de son mal. Elle put se marier et devenir enseignante.

Lodovico Pavoni a été béatifié en 2002, et canonisé en 2016.

 

 

Yun Bong-mun Iosephus

1852-1888

 

Yun Bong-mun Iosephus (ou Petrus) est un laïc coréen né en 1852 à Gyeongju (Gyeongsang-do, Corée S).

Il fut pendu à Jinju (Gyeongsang-do) le 1er avril 1888 et béatifié en 2014.

 

 

Karl 1er

1887-1922

 

L’empereur Karl ( Charles) était le Premier de ce nom pour l’Autriche, le quatrième pour la Hongrie, le troisième pour la Bohême.

Karl Franz Joseph Ludwig Hubert Georg Maria (sic !) naquit le 17 août 1887 au château de Persenbeug en Basse-Autriche.

Il était le fils aîné de l’archiduc Otto et de Maria Josepha Luise de Saxe et le petit-neveu de l’empereur Franz Joseph Ier. C’est le frère aîné de Otto, Franz Ferdinand, qui était héritier de la couronne impériale et qui fut assassiné à Sarajevo en 1914.

Karl eut des précepteurs qui l’instruisaient à la cour, puis il fréquenta le lycée à Vienne.

En 1903 il est nommé Lieutenant du régiment “Archiduc Otto”, puis reçoit sa formation militaire. 

A la mort de Otto en 1906, le frère de celui-ci Franz-Ferdinand héritait de la couronne, mais ayant contracté un mariage “morganatique”, ses enfants étaient exclus de la succession, et à la mort de l’empereur Franz Joseph, la couronne passerait automatiquement à Karl, ce qui eut lieu en 1916.

Il épouse en 1911 Zita de Bourbon-Parme, avec laquelle il aura huit enfants, maintenant tous décédés entre les années 1971 et 2011 (dont sont actuellement issus trente-trois petits-enfants). Lui et son épouse prendront plusieurs fois ensemble des décisions gouvernementales importantes.

A l’intérieur, il engagea des réformes (qui subsistent encore) en politique sociale et sanitaire. Il chercha à venir en aide auprès de ceux que la guerre avait ruinés. Contrairement à bien d’autres dirigeants, il visita souvent ses soldats jusque sur le front.

A l’extérieur il aurait voulu mettre un terme rapide à cette horrible Guerre mondiale, quitte à se désolidariser de l’Allemagne, mais il voulait aussi préserver l’intégrité de son pays. Par ailleurs sa tentative d’intervention par l’intermédiaire de son beau-frère Sixte de Bourbon-Parme échoua devant le mépris de l’ ”Entente”. 

Dans son désir d’arriver à la paix, Karl proposa à l’Allemagne d’écouter les appels du pape Benoît XV, de renoncer à la guerre totale sous-marine, au bombardement de civils, à l’usage de gaz contre les ennemis. 

L’auteur français Anatole France écrivit de lui : L’empereur Charles est l’unique homme décent qui sortit de la guerre dans une position de leader : c’était un saint, et personne ne l’a écouté. Lui, il voulait la paix sincèrement, et c’est pourquoi le monde entier l’a dédaigné. C’était une chance merveilleuse, qui fut perdue (retraduit de l’anglais). 

Après l’armistice et la fin de la guerre, les différentes ethnies de l’empire austro-hongrois, soutenues par les pays de l’Entente, réclamèrent leur indépendance. Karl se vit contraint de se retirer, d’abord en Suisse, puis sur la Mer Noire, enfin sur l’île de Madère, fin 1921. Les forces de l’Entente espéraient par là l’empêcher définitivement de retourner dans son pays, tandis qu’en Autriche même, la “Loi Habsburg” interdisait tout retour à l’empereur, à sa famille et à sa descendance.

Une tentative de restauration échoua en Hongrie, d’où l’on exclut aussi la famille Habsburg.

Karl et son épouse Zita, avec leurs enfants, purent survivre quelque temps. On leur vola même leurs derniers bijoux, seules richesses personnelles, et des banquiers amis mirent à leur disposition une habitation.

En mars 1922, Karl prit froid. Par économie, on n’appela le médecin que deux semaines plus tard, mais ce dernier diagnostiqua une forte inflammation des poumons. Karl mourait le 1er avril, même pas âgé de trente-cinq ans, dans les bras de son épouse Zita qui attendait son huitième enfant. Ses derniers mots furent : …Que ta volonté soit faite… Oui… Oui… Comme tu veux… Jésus !

Ce saint homme d’état a été béatifié en 2004, après la reconnaissance de la miraculeuse guérison d’une religieuse brésilienne.

En 2008, un autre miracle a été reconnu, concernant une Américaine de Floride, baptiste, qui se convertit depuis au catholicisme. Ce miracle a ouvert la voie à la canonisation de l’empereur autrichien.

Le bienheureux Karl d’Autriche est inscrit au 1er avril dans le Martyrologe.

Anacleto Gonzáles Flores

1888-1927

 

Né le 13 juillet 1888 à Tepatitlán (Jalisco, Mexique), Anacleto était le deuxième des douze enfants (trois filles et neuf garçons) de Valentín González Sánchez et María Flores Navarro. 

Baptisé le 14 juillet, il reçut les noms de José Anacleto, mais est plus connu sous le simple appellatif de Anacleto.

Avec tant de bouches à nourrir, les parents ne furent pas spécialement riches ; le papa était un petit tailleur et enseigna à Anacleto le métier. Il lui enseigna surtout la persévérance dans le travail, l’amour de la Patrie, et l’amour des lettres : il lui fit apprendre par-cœur un long discours à déclamer un 15 septembre.

Anacleto aimait la musique et fit partie de l’harmonie municipale. Il ne se séparait pas de sa guitare, avec laquelle il se consolait de ses tristesses.

En grandissant, il montra ses qualités de chef. Son caractère noble imposait le respect, et il n’aimait pas voir quelqu’un profiter de la faiblesse des autres. 

A dix-sept ans, ayant entendu une homélie, il se sentit appelé à utiliser ses dons d’orateur pour la cause de Dieu. Il commença à réunir les gamins du village pour leur faire le catéchisme.

Le curé pensa orienter Anacleto vers le sacerdoce et le fit entrer au séminaire de San Juan de los Lagos, en lui payant sa pension.

Le jeune homme étudia avec ténacité, au point qu’après quelques mois, il pouvait tenir une conversation en latin et même qu’il pouvait remplacer son professeur quand il s’absentait. De là lui vint le surnom de Maître ou Maître Cleto que lui donnèrent ses compagnons.

Il passa au séminaire de Guadalajara pour la théologie, mais il se rendit compte que ce n’était finalement pas sa voie.

En 1913, il s’inscrivit à l’Ecole de Droit de Guadalajara ; plusieurs fois, il dut interrompre ses études, en particulier pour des motifs économiques ; mais il finit par recevoir le diplôme, en 1922.

A l’Ecole de Jurisprudence, il communiqua à ses compagnons la force de la parole, la rigueur du raisonnement, le courage de regarder en face.

En 1914, Guadalajara fut envahie par les troupes qui saccagèrent la ville. Quand sortirent les lois contre l’Eglise, il fallut fermer les collèges privés et Anacleto vint se réfugier chez son frère Severiano, qui tenait un petit commerce d’alimentation à Concepción de Buenos Aires (Jalisco).

Au bout de quelques mois, profitant d’un moment de trêve au milieu de cette furie antireligieuse, il revint à Guadalajara pour reprendre ses activités de professeur et d’avocat. Il rencontrait ses amis, s’amusait avec eux : une seule fois, il se sentit ivre, et se retira dans un coin, où ses camarades le retrouvèrent à genoux, les bras en croix.

En 1916, il fit partie de l’Association Catholique de la Jeunesse Mexicaine (ACJM), fondée par un Jésuite. Les membres de cette association s’engageaient à faire le catéchisme, visiter les prisonniers, participer à des conférences, vaquer à des occupations saines. Au début d’un jeu, Anacleto répétait : Tu es libre de faire ce que tu veux avec qui tu veux, mais pas le péché ni avec les malfaiteurs.

Ils furent ainsi un bon nombre de camarades qui étaient enthousiasmés pour instaurer le Règne de Dieu. Un de ses meilleurs amis fut Miguel Gómez Loza, futur martyr (v. 21 mars). 

Anacleto donnait des conférences, écrivait des articles pour réfuter les idées révolutionnaires de la Constitution de 1917. Il cherchait par tous les moyens à réveiller les esprits, déplorant le manque d’organisation : Des jeunes, il y en a ; mais on n’a pas la jeunesse, disait-il souvent.

Surtout, il nourrissait sa vie intérieure par la Messe quotidienne, par la prière ; il entra dans le Tiers-Ordre franciscain et rencontrait l’archevêque de Guadalajara pour en recevoir les conseils.

En 1918, il y eut des affrontements dans Guadalajara. Anacleto prit la défense des droits du peuple et ne lâcha pas prise, jusqu’à obtenir l’annulation de certains décrets.

C’est dans ces conditions qu’il put élaborer la Philosophie de la Résistance, très proche de celle du Mahatma Gandhi qui, à l’époque, avait une cinquantaine d’années.

Il n’en fallait pas tant pour être repéré par les autorités civiles : en juillet 1919, Anacleto fut mis quelque temps en prison, avec ses compagnons.

En 1922, il participa activement au Premier Congrès National Ouvrier Catholique, qui eut lieu à Guadalajara.

En novembre de la même année, il épousa María Concepción Guerrero Flores, devant l’archevêque.

En 1924, le gouverneur demanda au vicaire général, en l’absence de l’archevêque, de désigner quelles seraient les six églises qui resteraient ouvertes à Guadalajara. Ce prêtre avait publié un catéchisme, un excellent manuel traitant de la foi, de la morale et de la formation culturelle des fidèles.  Sa réponse au gouverneur fut nette : Ou toutes sont ouvertes, ou toutes sont fermées. Le gouverneur fit fermer le séminaire, l’orphelinat et l’hôpital, qui étaient des œuvres de l’Eglise.

Les catholiques ne manquèrent pas de réagir. Anacleto se trouva unanimement à la tête de l’Union Populaire, où le mot d’ordre fut d’abord : catéchisme, école, presse. Anacleto fonda le journal Gladium (Epée), organe officiel du mouvement, où il collabora comme auteur, comme éditeur et comme distributeur, aux portes des églises et dans les maisons. 

L’évêque appuya fortement ces initiatives. Le pape en eut écho et décora Anacleto de la Croix Pro Ecclesia et Pontifice (Pour l’Eglise et pour le Pape).

Anacleto s’opposait fermement à la lutte armée. Ses prises de positions dans Gladium allaient contre celles de la Ligue Nationale pour la Défense de la Liberté Religieuse, fondée à Mexico, et qui prônait l’usage des armes. Son «épée» à lui, c’était la force morale.

A partir de juillet 1926, quand fut interdite toute manifestation de culte public, Anacleto conçut le projet de soulever le pays entier et de le mettre dans un tel état de crise économique, que le gouvernement serait obligé à faire marche arrière.

A la fin de 1926 cependant, ceux de la Ligue Nationale pour la Défense de la Liberté Religieuse proposèrent à Anacleto ou de s’allier avec eux, ou de rester en-dehors. Il se trouvait entre l’enclume et le marteau. Sa position fut courageuse et claire : Je sais que va commencer notre calvaire. Si quelqu’un de vous me demande comment nous allons signer notre accord, je lui dirai deux mots : Ton Sang !

Il resta caché, écrivant, soutenant, encourageant, mais surtout en se préparant au martyre.

Au matin du 1er avril 1927, les miliciens se présentèrent chez les Vargas González, où ils pensaient trouver Anacleto et ses collaborateurs ; seul Anacleto était là, aussi arrêtèrent-ils toute la famille. Dans la journée, ils relâchèrent la maman, sa fille et le plus jeune des garçons (Florentino). Mais ils gardèrent Jorge et Ramón, ainsi que Luis Padilla Gómez.

Ils torturèrent Anacleto de la manière la plus douloureuse : on le suspendit par les poignets jusqu’à ce que les doigts fussent désarticulés, on le battit sans pitié, on lui brisa les mâchoires et les dents avec une crosse de fusil, on lui écorcha la plante des pieds et les paumes des mains avec un couteau ; son sang coulait sur le ciment, et Anacleto écrivit de son sang : Vive le Christ Roi. Je meurs pour le Christ.

On cherchait à lui arracher l’indication des noms et des domiciles. Quand on lui demanda de dire qui étaient ceux qui s’opposaient aux lois du seigneur général Calles (Signor General Calles), il répondit : Il n’y a qu’un Seigneur, au ciel et sur terre. J’ignore ce que vous me demandez.

Tandis qu’ils le conduisaient avec les trois autres au mur de l’exécution, Anacleto parlait aux soldats (qui restaient silencieux) de l’existence de Dieu, de l’immortalité de l’âme et de la légitimité de l’Eglise.

Les quatre hommes récitèrent l’acte de contrition. Une décharge tomba sur les frères Vargas ; Luis Padilla fut seulement blessé et tomba à genoux dans son sang, en priant, avant d’expirer.

Anacleto se dirigea vers le général pour lui dire qu’il lui pardonnait de tout son cœur et que, quand viendrait son heure, il y aurait pour lui devant le Créateur, un intercesseur, lui, Anacleto González Flores.

Les soldats n’osèrent pas tirer sur Anacleto ; aussi le général fit un signe au capitaine, qui alors lui enfonça un formidable coup de poing dans la poitrine. Anacleto s’effondra et alors les soldats tirèrent. Anacleto eut encore la force de se reprendre et de dire à voix haute : Pour la seconde fois en Amérique, on entend ce cri : Moi, je meurs, mais Dieu ne meurt pas. Vive le Christ Roi ! (La «première fois» fut le 6 août 1875, lors de l’assassinat de Gabriel García Moreno, président de l’Equateur).

(Une autre version affirme qu’on lui assena un coup de baïonnette dans le dos).

En ce vendredi 1er avril 1927, à trois heures de l’après-midi, les quatre corps des Martyrs étaient là, dans la cour de la caserne.

Le lendemain matin, défiant les policiers, des milliers de personnes défilèrent en chantant le Christ Roi et Notre-Dame de Guadalupe. Il y eut bien dix-mille personnes qui assistèrent aux funérailles.

Anacleto González Flores, avec les frères Vargas et Luis Padilla ainsi que quatre autres de leurs Compagnons, furent béatifiés en 2005. 

 

 

Luis Padilla Gómez

1899-1927

 

Né le 9 décembre 1899 à Guadalajara, de Dionisio Padilla et Mercedes Gómez, Luis fut le quatrième et dernier enfant de cette famille chrétienne. Son frère jumeau mourut. Il reçut au baptême les noms de José Dionisio Luis.

Les trois enfants furent bientôt orphelins de leur père.

Luis étudia dans un collège privé tenu par Tomás Fregoso. Il fit la Première communion en 1908. Puis fréquenta l’Institution Saint-Joseph des pères Jésuites. Il aimait beaucoup le théâtre, mais en conserva un souvenir amer, négatif, car selon lui, ça l’avait empêché, tout jeune, de s’envoler vers les cimes. Il détruisit son carnet de notes où il avait écrit ses premiers essais littéraires, et en commença un autre qu’il intitula : Souvenirs et Impressions.

En 1915, il fit partie de la Congrégation Mariale. En 1916, il entra au Grand séminaire de Guadalajara, où il resta cinq années. Mais, on va le voir, le scrupule lui fit croire qu’il n’avait pas la vocation. Il avait dans son caractère de réelles ascensions mystiques, mais aussi des angoisses persistantes.

On a de lui ces invocations à la Vierge Marie : 

Marie, avant l’existence du monde, Tu étais déjà dans l’esprit du Très-Haut, pure comme la lune. Toi, sans tache dans ta conception, tu as vaincu le dragon. Toi, en ta naissance, tu es l’espérance du Messie. Toi, au temple, tu es le modèle de la vie cachée. Toi, dans l’Incarnation, tu es le trait d’union entre l’humanité divinisée et Dieu humanisé. Toi, à Bethléem, tu es le premier autel de l’Enfant Dieu. Toi, sur le calvaire, tu es le grand prêtre qui offres ton propre Fils Divin. Toi, au ciel, tu es notre unique espérance. Toi, la toujours Mère !

Toute la vie spirituelle de Luis passait entre ces deux pôles : Marie et la méditation eucharistique.

En 1920, après ses brillantes études philosophiques, les supérieurs lui proposèrent d’aller étudier la théologie à Rome. Il refusa, se sentant encore incertain sur sa vocation.

Déjà membre de l’Association Catholique de la Jeunesse Mexicaine (ACJM), il se donna alors à fond pour la promouvoir, en donnant des conférences. Il s’inscrivit aussi à l’Unión Popular, formant les jeunes qui voulaient y entrer.

Si son ami Anacleto Gonzáles Flores savait écrire dans les journaux et tenir des discours en public, lui préférait donner des leçons de littérature au séminaire et restait réservé.

En 1926, il lui revint le désir d’être prêtre, mais ce fut l’année où furent fermées les églises et les séminaristes étaient tous disséminés là où il était possible de se cacher. Il sentit arriver le moment «solennel» ; il se destinait à verser tout son sang pour Dieu.

Début 1927, la guerre civile des cristeros s’intensifie. Le 4 février, Luis est à Ameca (Jalisco) pour les soutenir. Début mars, il rejoint Anacleto à Guadalajara.

Le 31 mars, Luis se retira comme d’habitude dans sa chambre. A deux heures du matin, la maison fut encerclée par la police au commandement du général Ferreira. Ils entrèrent dans la maison et arrêtèrent Luis, sa maman Mercedes et sa sœur María-de-la-Luz (ou María-Luisa).

Les dames furent libérées tout de suite. Luis fut emmené avec Anacleto et les frères Vargas. Le général tenait à exécuter scrupuleusement les ordres reçus car, pensait-il, il y allait de sa carrière.

Luis voulait se confesser. Anacleto lui répondit sur un ton de chef : Ce n’est pas le moment de se confesser. Demande pardon, et pardonne. Celui qui nous attend, c’est un Père, pas un juge. C’est ton propre sang qui te purifiera.

Les quatre amis s’agenouillèrent les bras en croix, et dirent à haute voix l’acte de contrition, qui s’arrêta quand les coups de feu partirent. 

Luis avait vingt-sept ans. On pourra lire quelques autres détails dans la notice sur Anacleto Gonzáles Flores.

C’était le vendredi 1er avril 1927. Ces Martyrs furent béatifiés en 2005.

 

 

Jorge Ramón Vargas González

1899-1927

Ramón Vicente Vargas González

1905-1927

 

La famille Vargas González s’était installée à Guadalajara. Le docteur Antonio Vargas et son épouse Elvira González eurent onze enfants, six garçons et cinq filles. C’est à la dernière, Marìa Luisa, que nous devons tant de détails précis sur les événements qu’on va raconter.

En août 1926, le docteur se proposa de soigner gratuitement les blessés qui avaient défendu le sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe. A la maison, Madame Vargas tenait une petite pharmacie. Ils habitaient rue Mezquitán, n° 405, et donnèrent l’hospitalité aux prêtres et aux séminaristes qui fuyaient de-ci de-là, poursuivis par la police.

Jorge Ramón était né le 28 septembre 1899 à Ahualulco de Mercado (Jalisco). Après l’université, il travaillait dans la Compagnie Hydroélectrique.

Ramón Vicente était né le 22 janvier 1905, également à Ahualulco de Mercado. Il était arrivé à la quatrième année de médecine. Roux de cheveux, on l’appelait le Colorado.

Les deux garçons, ainsi que leur jeune frère Florentino, appartenaient à l’Association Catholique de la Jeunesse Mexicaine (ACJM), et étaient très amis de Anacleto González.

Un jour, le père Lino Aguirre, futur évêque de Culiacán (Sinaloa), se présenta. Jorge partagea avec lui sa chambre et l’assista dans son apostolat. Un beau jour, il lui dit : Ce n’est pas bon d’aller comme ça tout seul, il pourrait vous arriver quelque chose. Désormais, je serai votre garde du corps. Et depuis, il rentrait vite de son travail, se changeait et suivait à bicyclette le père Lino.

Un soir, c’est le propre chef des ACJM qui vint frapper à la porte, Anacleto González Flores. La famille ne pouvait pas ne pas le recevoir, mais c’était une responsabilité énorme, car Anacleto était recherché partout.

Un jour, Anacleto proposa à Ramón d’aller soigner les blessés. Ramón refusa : il était homme de paix, ces histoires ne l’intéressaient pas, il pensait à son métier ; bander la tête, les jambes, les bras, oui, mais se trouver au milieu de la bagarre, non, jamais !

Au soir du 31 mars 1927, Ramón eut un étrange pressentiment et eut envie de ne pas rentrer à la maison, mais en pensant à l’inquiétude de sa mère et de ses sœurs, il rentra vers onze heures du soir.

On frappa à cinq heures du matin : On voudrait un médicament ! Madame Elvira réveilla Ramón; qui n’avait vraiment pas envie de se lever. Mais la police escalada les murs, envahit la terrasse. Ouvrez, au nom de la loi ! Madame Elvira dit aux siens : On est découvert, on va tous y passer. 

Florentino entr’ouvre la porte et demande à voir l’ordre d’arrêt. Pour toute réponse, un pistolet. La police envahit la maison. Anacleto, mal réveillé, se met un pullover le devant derrière, il tente de fuir par la terrasse, mais elle est bloquée par les policiers ; il se cache sous une table. On l’interpelle : C’est vous, Anacleto González Flores ? Anacleto a retrouvé son calme, il répond Oui, et lance un regard d’excuses à Madame Elvira, car à cause de lui, toute la maison est menacée. Madame Elvira le rassure d’un geste : C’était prévu !

Les policiers firent monter dans deux camions Anacleto et les trois frères Vargas d’une part, tandis qu’ils emmenaient leur mère et leurs sœurs dans l’autre. Anacleto tenta de faire libérer les garçons, qui n’avaient rien à se reprocher, mais ce fut en vain.

Ramón aurait pu s’échapper car il avait réussi à se glisser le long de la maison sans être vu, mais, comme il le dit à son jeune frère Florentino, il ne voulait pas s’enfuir alors que sa mère et ses sœurs étaient prisonnières.

Madame Elvira prit congé de ses fils : Mes enfants, au revoir, au Ciel !

Anacleto, Jorge et Ramón retrouvèrent au poste Luis Padilla, de même que Madame Vargas se retrouva avec Madame Padilla.

Interrogés, les hommes ne révélèrent aucun nom de personnes ni de lieux. Par bonheur, Anacleto avait eu le temps de déchirer en mille morceaux quelques papiers. 

Après les douloureuses mais inutiles tortures, le général organisa un semblant de jugement : les hommes furent condamnés à mort pour entente avec les rebelles. Croyant Florentino encore mineur, ils le relâchèrent ; puis les quatre condamnés furent conduits au mur d’exécution, où ils furent fusillés vers trois heures de l’après-midi de ce vendredi 1er avril 1927.

Les femmes furent libérées vers cinq heures du soir ; elles ne savaient encore rien des Martyrs. Elles crurent pouvoir les apercevoir encore dans le train de Mexico, en vain. Puis un cousin vint leur annoncer ce qui s’était passé.

Quand Madame Elvira apprit la mort de ses fils, sa réaction fut toute chrétienne : Je m’y attendais. Je les ai offerts à Notre Seigneur. Maintenant ils sont au ciel. Préparons-nous à les recevoir comme martyrs. Et, reprenant une parente qui pleurait : Rappelle-toi que notre mission est de conduire les enfants au ciel, et moi, j’en ai déjà trois !

Les corps furent remis à la famille à huit heures du soir. Mais il manquait Florentino… On le crut enterré sur place. Mais il revint vers dix heures du soir. La maman lui dit : Ah, mon fils, tu n’as pas reçu la couronne du martyre ! Il faut que tu sois bien meilleur pour la mériter !

Comme on l’a dit à propos de Anacleto González Flores, tous ces Martyrs ont leur dies natalis au 1er avril et furent béatifiés en 2005.

Giuseppe Girotti

1905-1945

 

Giuseppe naquit le 19 juillet 1905 à Alba (Cuneo, Piémont, Italie NO), d’une famille toute simple. Il eut deux jeunes frères, Giovanni et Michele. Ses camarades l’appelaient Beppe.

Beppe allait chaque jour à la messe, et savait y convier ses amis. Il leur montrait comment servir la messe. Quelquefois, il savait être «sévère» quand d’autres chenapans s’en prenaient aux plus jeunes. Il devint ainsi le chef Beppe.

Après avoir fréquenté le collège dominicain de Chieri, il entra au noviciat de cet Ordre et fit la profession en 1923 à La Quercia (Viterbo, Italie C). 

Ordonné prêtre en 1930, après de brillantes études à Chieri, il fut reçu docteur en théologie à Turin, avant de gagner l’Angelicum de Rome, puis l’Ecole Biblique de Jérusalem, où il fut élève du père Lagrange. Il reçut ainsi le titre de Prolita in Sacra Scriptura (expert en Ecriture Sainte).

De ses études et de sa présence en Israël, il conservera une profonde amitié pour les Juifs, qu’il appellera porteurs de la Parole de Dieu ou encore Frères aînés.

Il enseignera ensuite au séminaire dominicain de Turin et publiera des commentaires sur la Sainte Ecriture, appréciés par le Saint-Siège. 

Une de ses positions très arrêtées était de soutenir qu’il n’y avait qu’un seul et unique prophète Isaïe, contre ceux qui prétendaient que, selon la différence de style, on pouvait en supposer trois.

Mais une fine dose d’humorisme et d’anticonformisme le rendit suspect autant devant les autorités fascistes qu’ecclésiastiques de l’époque : soupçonné de modernisme, il fut suspendu de ses activités et relégué au couvent dominicain de Turin, avec charge d’enseigner seulement chez les Missionnaires de Notre-Dame de la Consolation. Dès qu’il avait un moment, il visitait les vieillards de l’hospice voisin, qu’il écoutait et confessait en parlant le piémontais.

A partir de 1943, le père Girotti se lança dans une discrète, et même secrète, mais intense activité au profit des Juifs, pour lesquels il trouvera où les dissimuler, et procurera divers papiers de fausse identité.

Trahi par un faux «partisan», il fut arrêté le 29 août 1944 et mis en prison à Turin. Il fut ensuite transféré à Milan, puis au lager de Gries (Bolzano), et de là à Dachau le 5 octobre 1944.

Dans la baraque 26, prévue pour cent quatre-vingts détenus, se trouvaient un millier d’ecclésiastiques. Le matin, très tôt, un prêtre célébrait la messe pour donner l’Eucharistie aux autres. Le père Girotti célébra la Messe pour la dernière fois le 19 mars 1945, jour de la fête de saint Joseph. Il prit le typhus et fut admis à ce qu’on appelait l’infirmerie.

En réalité, depuis décembre 1944, il maigrissait, souffrait de douleurs «rhumatismales» et ses jambes enflaient : on lui diagnostiqua un carcinome.

Le jour de Pâques, 1er avril 1945, il mourut, probablement «aidé» en cela par quelque injection d’essence, comme c’était fréquent. Il n’avait pas quarante ans.

Le four crématoire ne fonctionnait plus. Giuseppe fut enseveli dans un tas de deux-cents cadavres.

En 1995, il a été nommé Juste parmi les nations par l’Etat d’Israël, avec inscription de son nom au monument Yad Vashem de Jérusalem.

Le père Giuseppe Girotti a été béatifié en 2013.

 

 

Marin Shkurti

1933-1969

 

Marin Shkurti naquit le 1er octobre 1933 à Samrish (Dajç-Bregu i Bunës, Shkodër, Albanie).

Après l’école primaire de Dajç, il prit des leçons auprès de prêtres : son curé Kolec Prennushi, Dedë Malaj (v. 12 mai), Pjetër Gruda, car il n’y avait évidemment pas de séminaires dans ce pays terrorisé par la dictarure communiste depuis 1944.

De Kolec Prennushi, Marin raconta à Dedë Malaj : L’abbé Kolec, avant de mourir, m’a dit : Marin, les villages sont sans prêtres. Dedë Malaj lui demanda : Mais si toi, tu es arrêté et torturé ? Marin répondit qu’il n’avait pas peur, et ajouta : La force de Christ est plus grande que celle du Diable. Il fut plus tard rapporté que Dedë Malaj avait vraiment inculqué sa propre force d’âme à Marin.

En 1961, Marin put tout de même être ordonné prêtre dans la cathédrale de Shkodër et célébrer sa Première Messe le 8 décembre dans la même cathédrale.

Dans les années soixante en effet, le gouvernement communiste albanais chercha à gagner à sa cause le clergé, en lui proposant de se séparer de Rome et de créer une église nationale. Cette proposition pouvait donner un semblant de liberté au clergé, tout en le muselant ; le clergé put profiter de cette «liberté», mais ne céda jamais quant à l’attachement fidèle à Rome.

Marin accomplit tout ce qui lui fut possible comme apostolat, dans ces difficiles circonstances, célébrant la Messe et administrant les Sacrements en cachette.

La famille se trouvant alors en danger, Marin et ses proches cherchèrent à se réfugier en Yougoslavie, mais ils furent dénoncés et arrêtés, le 14 novembre 1968. Trois jours plus tard, on les livrait aux autorités de l’Albanie.

Arrêtés, malmenés et torturés, ils furent condamnés à de dures peines de prison et de travaux forcés. Marin Shkurti fut condamné à mort comme ennemi du peuple et pour trahison envers la Patrie. Après l’annonce de la sentence, il proclama : Je suis condamné comme prêtre et je suis heureux de mourir pour ma foi en Christ… Je n’ai aucune angoisse… Vous croyez, vous, qu’avec cette «révolution» vous pouvez vaincre notre foi catholique, mais n’oubliez pas que l’Eglise puise de nouvelles forces dans le sang que nous versons. L’Eglise que vous détruisez maintenant, reprendra vie.

Et devant le peloton d’exécution : Vous me fusillez uniquement parce que je suis prêtre. Je suis innocent. Vive la foi en Christ. Vive l’Albanie.

Il fut abattu le 1er avril 1969 à Shkodër.

Marin Shkurti fut béatifié en 2016  et sera inscrit au Martyrologe le 1er avril.

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30 mars 2021 2 30 /03 /mars /2021 23:00

31 MARS

 

II.

Ste Balbina, martyre (tout au moins vierge) romaine, fille du tribun s.Quirinus (cf. 30 avril).

III.

S Acace, évêque à Antioche de Pisidie ; l’empereur connut sa glorieuse confession, l’admira et ne condamna pas l’évêque.

V.

S Benjamin, diacre en Perse, martyr : on lui enfila des bambous sous les ongles, et une broche hérissée de pointes dans le ventre.

?

Ss Théodule, Anèse, Félix, Cornélie, martyrs en Afrique.

VII.

S Rénovat, goth converti (d’où son nom), abbé à Cauliana, évêque à Mérida ; pour guérir un moine de l’ivrognerie, il le fit gronder par des enfants de l’école.

S Mauricile, évêque à Milan.

VIII.

S Agilolf, évêque à Cologne.

XI.

S Guido, d’abord très vaniteux dans son habillement, moine et abbé à Ravenne puis à Pomposa.

XII.

B Guy, breton, fondateur et abbé prémontré à Vicogne.

XV.

Bse Jeanne, recluse à Toulouse, près du couvent des Carmes.

S Daniel, marchand allemand venu à Venise, ami des camaldules, assassiné par des brigands qui le croyaient riche ; son corps ayant été retrouvé sans corruption, on le vénéra comme martyr.

B Bonaventura Tornielli, de l’ordre des Servites de Marie à Rome, prédicateur. 

XVI.

Bse Camilla Pia, clarisse à Carpi.

B Christopher Robinson, prêtre anglais martyr, béatifié en 1987.

XIX.    

B Sin Seok-bok Marcus, laïc coréen martyr, par pendaison, béatifié en 2014.

XX.

Bse Natalia Tulasiewicz (1906-1945), enseignante polonaise, déportée à Ravensbrück, tuée dans les chambres à gaz un Samedi Saint, béatifiée en 1999.

Balbina de Rome

† 120

 

Sous l’empereur Hadrien (117-138) vivait à Rome un tribun, nommé Quirinus (v. 30 avril).

La conversion de Quirinus entraîna celle de sa fille Balbina et de toute sa famille.

Ils furent baptisés par le pape s.Alexandre (108-115 ?) ou plutôt par son successeur immédiat, s.Sixte 1er (115-125). L’incertitude qui a toujours plané sur les dates des premiers papes, peut très facilement expliquer que le narrateur ait confondu les noms des deux papes.

Le comte Aurélien les fit alors tous arrêter et comparaître à son tribunal.

Après diverses tortures pour les faire apostasier, ils furent condamnés à la décapitation, Quirinus le 30 avril, Balbine le 31 mars. 

Ces dates semblent s’exclure. Il se peut que la date retenue au Martyrologe pour Quirinus ait été celle d’une translation tardive de ses reliques. On en reparlera le 30 avril.

Sainte Balbina de Rome est commémorée le 31 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Benjamin, diacre

† 422

 

La Perse était en paix depuis douze ans, pendant le règne d’Isdegerd, fils de Sapor III, lorsque l’évêque Abdas, pris d’un zèle excessif, se permit en 420 de faire incendier le temple du Feu, le grand sanctuaire des Perses. Le roi Isdegerd menaça de détruire toutes les églises chrétiennes, à moins que l’évêque se soit employé à reconstruire le temple détruit.

Comme l’évêque persistait dans son refus, la menace fut portée à exécution : les églises furent rasées, l’évêque lui-même fut mis à mort et une persécution générale commença, qui devait durer quarante ans. Isdegerd mourut en 421, mais son successeur Varanes, poursuivit cette persécution avec toute son énergie. Les chrétiens étaient soumis à de cruelles tortures.

C’est à ce moment que l’on rencontre l’illustre diacre Benjamin, qui fut emprisonné pendant un an pour sa foi. 

Or un ambassadeur de l’empereur de Constantinople obtint pour Benjamin la relaxe, mais le roi perse y mettait comme condition qu’il ne parlât plus de la religion chrétienne aux mages et aux courtisans.

Ce qui semblait une condition facile pour avoir la vie sauve, contrariait cependant le zèle du diacre intrépide : Je ne puis fermer aux hommes les sources de la grâce de mon Dieu. Tant que ce sera en mon pouvoir, j’éclairerai ceux qui sont aveugles en leur montrant la lumière de la vérité ; m’en abstenir serait encourir les châtiments réservés à ceux qui cachent le talent de leur maître. 

Le roi perse jugea cette attitude parjure et fit arrêter Benjamin derechef, lui commandant d’adorer le soleil et le feu. Le diacre répondit : Qu’ils disparaissent de la terre tous ces dieux qui n’ont créé ni les cieux ni la terre. Je ne reconnais point pour dieux des éléments périssables, je ne sacrifierai ni à la cendre ni au feu. Faites de moi ce qu’il vous plaira et agissez sans retard.

Ces propos ne pouvaient qu’exacerber la haine du roi. Il se déchaîna et ordonna de faire enfoncer à Benjamin des pointes de roseaux sous les ongles des pieds et des mains, ainsi que dans toutes les parties sensibles du corps. Le sang coulait de tous côtés, et cette torture fut répétée plusieurs fois. Ensuite on empala le martyr avec un long roseau pointu et noueux, qui lui déchirèrent les boyaux.

Benjamin cependant ne paraissait pas ému de ces atrocités : il louait et remerciait Dieu. A un moment donné, il demanda même aux bourreaux de suspendre leur besogne, mais c’était pour adresser au Seigneur une longue prière et Lui demander de boire jusqu’au fond ce calice du salut.

Le roi lui fit dire encore une fois qu’il aurait la vie sauve s’il consentait à adorer le soleil et le feu. On imagine difficilement que l’homme pût survivre déjà à tant de blessures profondes. Benjamin persévéra dans son refus. Le roi alors ordonna de lui enfoncer dans les entrailles une broche hérissée de pointes.

Ainsi expira glorieusement le courageux soldat de Dieu.

Ce pouvait être en 424, ou peut-être plus tôt en 422, en tout cas un 31 mars, jour où les grecs et les latins l’ont commémoré, et inscrit au Martyrologe.

 

Nota. En français, on a l’adjectif perse pour ce qui concerne la Perse d’avant l’invasion arabe, jusqu’au 7e siècle, persan ensuite.

 

 

Agilolf de Cologne

† 752

 

Agilolf aurait été abbé à Stablo-Malmedy (auj. en Belgique), avant d’être appelé à gouverner le diocèse de Cologne en 745.

Cet épiscopat est peut-être la seule donnée certaine concernant le personnage. En effet, les dates sûres ne concordent pas avec les récits transmis par la tradition. Il est difficile d’attribuer un abbatiat à Agilolf avant 745, puisqu’il «succéda» à Anglin qui était encore abbé en 751.

Durant son épiscopat, Agilolf participa à un synode convoqué par s.Boniface (v. 5 juin) ; il est donc de ces évêques germaniques qui soutinrent l’œuvre apostolique de Boniface.

En revanche, le Martyrologe ne mentionne plus le martyre d’Agilolf en 752, parce qu’on suppose qu’il y eut confusion entre notre évêque et un moine de Stablo-Malmedy, massacré par des brigands une trentaine d’années plus tôt. On ne sait pas non plus, actuellement, de quel Agilolf le corps fut transféré de Stablo-Malmedy à Cologne au 11e siècle par les soins de l’archevêque Anno.

Agilolf est parfois représenté avec un faucon. L’origine de ce détail remonte à un prodige qui se serait vérifié peu après la mort du Prélat. Un noble qui mettait en doute la sainteté de l’Evêque, prétendit qu’il n’était pas plus saint que ne pouvait chanter son faucon : et voilà que le faucon se mit à chanter !

Saint Agilolf, qui est en général fêté le 9 juillet, est commémoré le 31 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Guido de Pomposa

970-1046

 

Guido a pu naître vers 970 à Casamari (Ravenne, Italie CE), de pieux parents.

Durant sa jeunesse, il montra une réelle inclination pour l’étude et de belles vertus, avec toutefois un penchant excessif pour l’élégance extérieure.

Dieu lui donna la grâce de comprendre la vanité de tout cela. Il se rendit à Ravenne en la fête de s.Apollinaire (v. 23 juillet), donna aux pauvres ses habits luxueux et se mit une sorte de sac sale. Puis il alla en pèlerinage à Rome, sans rien dire aux parents ; à Rome, il fut admis dans le clergé et reçut la tonsure.

Guido pensait passer ensuite aux Lieux Saints de Palestine et ne plus reparaître dans son pays - d’aucuns affirment qu’il y alla effectivement -, mais Dieu lui inspira une autre décision : il revint dans la région de Ravenne, et se mit sous la direction d’un ermite nommé Martino, qui vivait sur une petite île au milieu du Pô. Cet ermite dirigeait, en quelque sorte, les moines de l’abbaye de Pomposa, faisant office d’abbé sans pourtant habiter dans l’abbaye.

Après trois années de préparation, Guido fut présenté par Martino à l’abbaye de Pomposa. Guido y prit l’habit et montra de telles vertus, qu’en 1001 on le nomma abbé au monastère Saint-Severo de Classe, toujours près de Ravenne. Mais ce ne fut qu’une étape éphémère.

Vers 1008, Guido fut alors élu abbé à Pomposa : il devait le rester jusqu’à la mort.

La sainteté du nouvel abbé attira beaucoup de vocations, au point qu’on construisit de nouveaux bâtiments.

Ces travaux furent l’occasion de miracles opérés par la prière de Guido. Des ouvriers victimes d’un éboulement, en sortirent indemnes ; un jour qu’il n’y avait plus rien à leur donner, arrivèrent providentiellement deux mystérieux bateaux chargés de grain et de vin.

L’église, rénovée et agrandie, fut consacrée en 1026.

Les travaux achevés, Guido confia à des moines le soin du temporel et se recueillit toujours plus dans la prière et la contemplation, assorties de pénitences austères. Bon père, il était dur pour lui-même et infiniment doux pour les moines.

C’est sous son abbatiat que vécut à Pomposa le moine Guido d’Arezzo, à qui l’on doit l’idée et l’usage des sept noms des notes de la gamme (Ut, Re, Mi, Fa, Sol, La, Si), extraites de l’hymne à s. Jean-Baptiste (v. 24 juin).

Ses derniers jours furent attristés par une sombre calomnie, qui le fit accuser auprès de l’évêque. Ce dernier en était venu à vouloir expulser l’abbé de Pomposa, même par la force. Guido invita tous ses moines à prier intensément en attendant la venue de l’évêque ; quand celui-ci observa l’humilité toute sainte de Guido, il comprit qu’on l’avait trompé et désormais, au contraire, protégea l’abbaye et son Abbé.

Ce saint abbatiat dura presque quarante années. En 1046, l’empereur invita Guido à Piacenza (Plaisance) :  Guido, chargé d’années, ne voulut pas refuser cette invitation et s’y rendait, lorsqu’il fut pris de malaise à Parme ; arrivé péniblement à Borgo San Donnino (auj. Fidenza), il s’y éteignit, le 31 mars 1046.

Un aveugle fut guéri au contact de son corps.

Le même empereur Heinrich III voulut honorer à sa façon la mémoire de l’Abbé défunt, dont il fit transporter le corps à Speyer (Spire, Allemagne SO). Des reliques en furent prélevées, pour consoler les moines italiens, mais bien plus tard au 18e siècle, lorsque désormais l’abbaye de Pomposa s’était transférée à Ferrare. Les édifices actuels sont propriété de l’Etat italien et, depuis 2000, abritent un bras de s.Guido.

Saint Guido est commémoré le 31 mars dans le Martyrologe Romain.

Jeanne de Toulouse

13e ou 15e siècle

 

L’unique certitude qu’on ait sur cette recluse, c’est qu’elle vécut à Toulouse.

Une source «valable» pourrait être l’ouvrage d’un ancien Carme, qui quitta l’Ordre pour devenir évêque anglican en Irlande : selon lui, Jeanne vécut en recluse à Toulouse. Ce personnage ayant vécu au 15e siècle, il pourrait avoir connu Jeanne mais, s’il est sincère, il ne nous en apprend pas beaucoup.

Une autre source carmélitaine, d’un Carme espagnol, parue au 17e siècle, parle de Jeanne comme ayant reçu le scapulaire de Simon Stock lui-même (v. 16 mai), ce qui ferait remonter la vie de Jeanne au 13e siècle ; l’ennui de cette hypothèse est que l’ouvrage en question fut mis à l’Index juste après sa parution, ce qui jette une ombre sur ces informations, mais sans incriminer forcément ce qui concerne Jeanne.

S’il faut croire que Simon Stock est bien passé à Toulouse en 1265, Jeanne aurait adopté cette spiritualité, mais on sait par ailleurs que les monastères de carmélites ou même le Tiers-Ordre carmélitain ne datent que du 15e siècle.

A cela s’ajoute une autre source, qui fait de Jeanne la fille du malheureux Baudoin de Toulouse, assassiné en 1214 par son frère Raymond VI de Toulouse ; elle se serait «cloîtrée» en réparation de ce crime, dans une petite maison près de la cathédrale de Toulouse.

Des miracles révélèrent la sainteté de Jeanne.

On ne peut donc rien tirer de certain de tout cela. 

Comme le réfère le Martyrologe Romain, on place le dies natalis de Jeanne au 31 mars.

Les reliques de Jeanne se trouvaient dans la chapelle du couvent des Carmes de Toulouse, qui fut complètement rasé après la Révolution. Elles furent sauvées et replacées à la cathédrale de Toulouse.

Le culte rendu à la bienheureuse Jeanne fut confirmé en 1895.

 

 

Bonaventura Tornielli

1411-1491

 

Bonaventura naquit en 1411 à Forlì (Emilie Romagne, Italie CE), dans une famille que certains qualifient de «noble».

D’une grande piété pour le culte marial, il entra, vers la trentaine, dans l’Ordre des Servites de Marie.

Pour faire fructifier ses talents, on l’envoya étudier à Venise dès 1448 : six ans plus tard, il était maître en théologie.

Ce Religieux, petit et maigrichon, fut un géant de la parole. Sa prédication le porta devant des auditoires de choix tant à Venise (devant les membres du Conseil d’administration ou Senato), en 1468 et 1482, qu’à Florence, Bologne, Pérouse, Brescia, Bergame et Udine. S’il était austère et, parfois, exigeant, sa parole convainquait, on l’aimait, on lui faisait confiance, on l’écoutait volontiers.

A Florence, c’est le Sénat qui l’invita à parler ; à Pérouse, il prêcha durant une épidémie de peste (1476) ; à Brescia, il fonda la Compagnie de l’Annonciation (1487). 

Sans interrompre cette éloquente et passionnée prédication, il accepta d’être prieur à Rome (1483), provincial de Romagne (1485), avec mission de reporter l’Ordre à sa rigueur initiale, puis vicaire pour tous les couvents de l’Observance (1488). Une de ses préoccupations était de résoudre les «petits problèmes» entre Religieux, qui surgissent toujours même dans les meilleurs couvents, car le diable s’efforce toujours de diviser et de briser les belles amitiés.

Bonaventura mena quelque temps (pendant qu’il était prieur à Rome) un style de vie érémitique, avec quelques compagnons, car il aimait se retirer dans le silence pour prier ; il passa souvent au Monte Senario, où naquit l’Ordre des Servites. Il ne prenait ni viande ni vin, il marchait pieds-nus par tous les temps. Sa prédication invitait les gens à faire pénitence et à se convertir vraiment du fond du cœur. 

C’est lors de son passage à Udine qu’il eut un malaise. Il mourut le Jeudi saint, 31 mars 1491, à quatre-vingt ans.

Célèbre, il fut rapidement «canonisé» par le peuple ; des miracles confirmèrent le culte qu’on lui rendit, mais on lui fit d’abord un sépulcre «trop grand» par rapport aux normes permises : il fallut en faire un plus «modeste». 

Le culte du bienheureux Bonaventura fut confirmé en 1911 et son nom inséré au 31 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Christopher Robinson

1568-1597

 

On connaît très peu de choses sur la vie proprement dite de ce Bienheureux. Certains détails nous aident à en tirer des données probables, susceptibles de corrections futures.

Christopher naquit à Woodside (Carlisle, Cumberland, Angleterre), entre 1565 et 1570.

En 1590, il fit partie d’un groupe d’étudiants admis au Collège de Douai, où se préparaient les futurs prêtres avant de rejoindre clandestinement l’Angleterre. Ce Collège fut successivement re-fondé à Reims comme Collège Anglais, et c’est là que Christopher reçut sa formation sacerdotale.

Il devait avoir déjà une préparation suffisante, puisqu’il intégra immédiatement le cours de théologie et reçut les premiers ordres en août 1590. L’urgence d’envoyer des prêtres en Angleterre faisait aussi que les responsables pouvaient abréger la durée de ces études ; c’est ainsi que Christopher fut ordonné sous-diacre et diacre en mars 1591, et prêtre en février 1592.

En septembre, il gagna l’Angleterre, et plus particulièrement le Cumberland. En 1596, on le décrivait nommément comme vivant surtout à Woodside près de Carlisle dans le Cumberland. L’unique maison dont on sait avec certitude qu’il y fut reçu, est la propriété Johnby Hall, propriété de la famille Musgrave, à quelques kilomètres de Penrith (Greystoke Castle).

Christopher a certainement pu connaître un autre prêtre, John Boste, le prêtre le plus recherché des régions du nord, et qui fut arrêté en septembre 1593. Sûr qu’on ne le reconnaîtrait pas, il s’aventura vers le lieu du jugement et put écrire un compte-rendu particulièrement détaillé du jugement et de la mort de John Boste. C’est un témoignage de première main, comme on en a rarement trouvé ailleurs.

Son tour arriva : il fut arrêté le 4 mars 1597. De son martyre, qui semble avoir eu lieu le même mois de mars 1597, nous avons un témoignage du père jésuite Henry Garnett : 

La corde se rompit par deux fois. La troisième fois, (Robinson) adressa une réprimande au bourreau pour sa cruauté ; bien qu’il n’eût aucune envie de fuir, disait-il, et qu’il était heureux de son combat (pour le Christ), il n’en demeurait pas moins que la chair et le sang étaient faibles, et que, de conséquence, il montrait vraiment peu d’humanité à torturer un homme si longuement. Et s’ils décidaient de mettre deux cordes, ajouta-t-il, alors il resterait mourant un peu plus longtemps, mais peu importait : il était prêt à tout souffrir.

On n’a pas le texte de la mise en accusation de Christopher, mais il est évident qu’il fut condamné à mort pour son sacerdoce et pour son zèle.

Sa mémoire est très vivante à Carlisle comme Martyr.

Christopher Robinson a été béatifié parmi quatre-vingt cinq Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles, en 1987. Son dies natalis, inconnu, a été fixé au 31 mars dans le Martyrologe.

Nota. On trouve aussi le 19 août 1598 pour son dies natalis. 

 

 

Sin Seok-bok Marcus

1828-1866

 

Sin Seok-bok Marcus est un laïc coréen né en 1828 à Milyang (Gyeongsang-do) (Corée S).

Il fut pendu à Daegu (Gyeongsang-do) le 31 (ou le 18) mars 1866 et béatifié en 2014.

 

 

Natalia Tulasiewicz 

1906-1945

 

Nota. Que le lecteur veuille bien excuser les imprécisions de cette notice, rédigée d’après un logiciel traducteur polonais. Si l’on peut y apporter des corrections, elles seront les bienvenues.

 

Natalia (comme pour Thérèse, il n’y a guère qu’en français, qu’on y a ajouté un h après le t) naquit à Rzeszow (Pologne), de parents catholiques.

A partir de 1913 elle fréquente l’école primaire à Kety, puis à partir de 1917 l’école privée pour filles à Cracovie. 

En 1921, la famille s’installe à Poznan et Natalia fréquente le gymnase des Ursulines de l’Union Romaine. Elle fréquente ensuite l’Université de Poznan et obtient en 1932 le diplôme de Maîtrise en philologie polonaise, avec son mémoire sur “Shakespeare et la musique”, sous la direction du professeur Romana Pollak. Des extraits en sont publiés dans l’organe du Mouvement Littéraire.

Entre 1931 et 1937, elle enseigne dans l’école privée mixte de Saint-Casimir et chez les Ursulines de l’Union Romaine. Elle fait un voyage en Italie en 1938.

Parallèlement, Natalia prend une part enthousiaste et très active à l’apostolat parmi les laïcs, convaincue que la foi doit alimenter et transcender la vie quotidienne.

En 1939, quand la Pologne est envahie à la fois à l’Ouest par les Nazis et à l’Est par les Soviétiques, sa famille est déportée ; Natalia s’efforce de continuer d’enseigner en secret à Cracovie.

A partir de 1943, elle se trouve à Hanovre comme représentant du gouvernement de Londres ; elle continue son activité d’apôtre laïque dans l’organisation clandestine pastorale “Ouest”.

En 1944, lors de l’arrestation et de la déportation en masse de Polonais, elle parvient à se glisser parmi les femmes déportées à l’usine Günther-Wagner de Hanovre, pour les soutenir et leur apporter du réconfort par sa force d’âme d’apôtre chrétienne. Elle est finalement découverte, emprisonnée à Hanovre puis à Cologne, atrocement torturée et humiliée, puis conduite au camp de concentration de Ravensbrück.

Le Vendredi Saint 30 mars 1945, rassemblant ses dernières forces, elle se hisse sur le toit de la barraque des condamnées et leur tient une ultime causerie sur la passion et la résurrection du Christ. 

Condamnée à mort, elle est exécutée dans la chambre à gaz le 31 mars 1945, veille de Pâques.

Le lendemain, le camp était libéré par les Alliés.

Béatifiée parmi les cent-huit martyrs polonais du nazisme, en 1999, elle est inscrite au Martyrologe au 31 mars, mais fêtée avec tous ses Compagnons en Pologne le 12 juin, veille du jour anniversaire de leur béatification par le bienheureux Pape polonais Jean-Paul II.

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29 mars 2021 1 29 /03 /mars /2021 23:00

30 MARS

 

-X.

S Joad, prophète, cf. 1R 13,11-32.

II.

S Secundus, païen touché par les chrétiens persécutés, martyr à Asti, dont il est patron.

III.

S Rieul, évêque à Senlis après Arles ; il fit taire les grenouilles dont le coassement couvrait sa voix lors d’une prédication.

IV.

S Domninus, martyr à Thessalonique ; frappé de verges, il eut les membres brisés et fut laissé sans nourriture pendant sept jours hors de la ville.

S Jean du Puits, ermite à Kibistra, dès l’âge de treize ans.

?

S Victor, martyr.

S Pasteur, évêque à Orléans.

V.

S Mamertin, guéri d’une double infirmité par s. Germain d’Auxerre, moine puis abbé près de là.

VII.

S Jean Climaque, surnommé le Scholastique pour sa science, ou le Sinaïte pour son abbatiat au Sinaï, auteur de L’Echelle  (klimax) du paradis,  d’où son nom.

S Zosimo, abbé puis évêque à Syracuse, mort à quatre-vingt-dix ans, invoqué contre la peste.

VIII.

S Patton, moine écossais, abbé à Amorbach, évêque à Verden.

IX.

S Véron, dont on retrouva le corps à Lambecq-lez-Hal.

XI.

Ste Osburh, première abbesse à Coventry.

S Klinios, grec, moine au Mont-Cassin, abbé près d'Aquino.

XIII.

S Gioacchino da Fiore, d’abord abbé cistercien à Corazzo, fondateur de la congrégation de Fiore, censeur impitoyable du clergé, parfois même à la limite de la rupture, mort à Canale tout-à-fait soumis.

B Dodon, entré chez les prémontrés à Mariagarden ainsi que son épouse et sa mère, puis ermite à Asch, où il pratiqua des austérités effrayantes et mourut écrasé sous un mur de sa cellule.

B Morique, de l’ordre des Crucifères, mort à Orvieto.

XV.

S Pedro Regalati, franciscain à Valladolid à quatorze ans, supérieur à Aguilar, mystique et thaumaturge.

B Amédée IX, duc de Savoie, tout donné aux bonnes œuvres : monastères, hôpitaux, aumônes, et mort à Verceil un lundi de Pâques.

XIX.

Ss Antoine Daveluy, évêque, Pierre Aumaître, Martin-Luc Huin, prêtres, Chang Chu-gi Iosephus et Hwang Sŏk-tu Lucas, catéchistes, martyrs en Corée, canonisés en 1984, fêtés le 20 septembre.

S Arcangelo Palmentieri (Lodovico de Casoria), franciscain à Naples, fondateur des Congrégations des Frères de la Charité et des Sœurs Franciscaines de Sainte-Elisabeth, béatifié en 1993, canonisé en 2014.

S Leonardo Murialdo (1828-1900), prêtre de Turin, contemporain des ss. Giuseppe Cottolengo, Giuseppe Cafasso et Giovanni Bosco, fondateur de la congrégation de Saint Joseph, puis des Sœurs Murialdines, grand défenseur des intérêts de la condition ouvrière.

XX.

S Julio Álvarez Mendoza (1866-1927), prêtre mexicain martyr ; béatifié en 1992, canonisé en 2000 et fêté le 21 mai.

Bse Helena Kafka (Maria-Restituta, 1894-1943), franciscaine morave ; infirmière, elle laissait accrochés les crucifix dans les chambres des malades, contre l'interdiction des nazis ; morte décapitée, béatifiée en 1998).

 

 

Joad, prophète

10e siècle avant Jésus-Christ

 

Joad n’est à proprement parler qu’un prophète anonyme, car l’Ecriture ne donne pas son nom.

Dans 1R 13:11-32, il est question d’un homme de Dieu, qui vient reprocher à Jéroboam son attitude en Israël.

Jéroboam avait en effet établi un autel «schismatique» à Béthel. Quand l’homme de Dieu vint le lui reprocher, Jéroboam eut la main desséchée. Ayant prié le prophète de le guérir, il fut exaucé et voulut recevoir honorablement ce prophète chez lui.

Cependant l’ordre de Dieu était strict : il devait revenir chez lui par un autre chemin, sans rien manger ni boire en Israël.

Sur le chemin du retour, il fut cependant trompé par un faux prophète, qui l’invita chez lui. Ayant accepté cette invitation, il fut puni par Dieu : il fut tué par un lion.

Comme l’Ecriture, même après la faute du prophète, lui donne encore le titre d’homme de Dieu, saint Augustin et d’autres Pères l’ont considéré comme un saint homme.

Une tradition lui donne le nom de Joad. Les Grecs en font mémoire le 30 mars.

 

 

Secundus d’Asti

† 119

 

Ce Secundus, voici comment on le présente dans la tradition.

Il appartenait à la noblesse d’Asti (Italie N) ; on parle des Vettii ou des Pallidi.

Encore païen, appartenant à la milice romaine, il lui arrivait de fréquenter les prisons où il rencontrait des chrétiens. Il entendit parler du Christ et fut déjà touché par la grâce.

Un premier geste montra sa détermination : il intervint auprès du préfet Sapritius en faveur de son propre maître, Calocerus, chrétien arrêté.

Un deuxième épisode confirma le revirement de Secundus : accompagnant Sapritius à Tortona pour y arrêter un autre Chrétien nommé Marcianus, il demanda le baptême chrétien.

Durant un de ces déplacements, Secundus franchit le Po à pieds secs.

Dénoncé comme chrétien, accusé, il fut condamné à la torture et à la décapitation.

Son martyre eut lieu le 30 mars 119 à Asti.

Une récente analyse de ses reliques au Carbone 14 a confirmé l’époque du deuxième siècle.

Saint Secundus d’Asti est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rieul de Senlis

1er ou 3e siècle

 

Rieul (Regulus) est l’objet d’une grande discussion entre spécialistes.

Pour les uns, il aurait été d’origine grecque, aurait rencontré l’apôtre s.Jean (v. 27 décembre) et embrassé le christianisme. Envoyé en Gaule, il devint le premier évêque en Arles puis, ayant rejoint Lutèce (Paris), y réconforta les Chrétiens et partit pour Senlis, où ses nombreux miracles amenèrent la conversion de beaucoup de païens.

Pour les autres, Rieul fut le (ou un) successeur de Trophime, le premier évêque d’Arles, mais au 3e siècle ; il accompagna les missionnaires envoyés alors pour évangéliser la Gaule, et devint le premier évêque de Senlis.

Son épiscopat aurait duré trente années.

Dans les deux traditions, on relève cette difficulté : un évêque ne peut quitter son diocèse pour aller en gérer un autre, sauf sur indication expresse de Rome ou d’un concile important. Evêque en Arles, Rieul n’avait pas de raisons suffisantes (sauf une révélation céleste ou un ordre de Rome) pour aller à Senlis.

On pourrait croire qu’il s’agirait donc de deux personnages.

La liste épiscopale d’Arles le nomme avec une certaine caution, comme quatrième successeur de Trophime, au 3e siècle, pendant plusieurs années, avant de devenir évêque de Senlis.

La liste de Senlis le situe plutôt au 4e siècle.

Devant ces diverses affirmations, on ne peut rien déduire de certain. L’unique élément sûr est qu’il fut le premier évêque de Senlis.

Un des miracles attribué à Rieul fut qu’un jour où il s’adressait en plein air à une nombreuse foule, le coassement des grenouilles d’une mare voisine couvrait sa voix ; il leur intima l’ordre de se taire, et reprit tranquillement sa prédication.

Le culte de s.Rieul fut très ancien. Clovis, après son baptême (496 environ), aurait demandé à faire ouvrir la tombe de Rieul pour en extraire une relique (une dent). Un incident fit qu’il la remit en place et, plutôt, s’engagea à faire reconstruire la basilique.

Saint Rieul de Senlis est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Domninus de Thessalonique

† 304

 

De Domninus il est dit qu’il subit le martyre à Thessalonique.

D’abord battu, il eut les bras et les jambes brisés, et fut abandonné sans nourriture hors de la ville, pendant sept jours, au terme desquels il rendit son âme à Dieu.

Il aurait eu des Compagnons de martyre, qui ne sont pas nommés.

Ce pouvait être vers 304.

Saint Domninus de Thessalonique est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jean Climaque

VIIe siècle

 

Jean, que l’on surnomma le Scholastique, à cause de sa science éminente, ou le Sinaïte à cause de son séjour sur le Sinaï, est plus communément connu sous le surnom de Climaque, en raison de son traité qui a pour titre L’échelle du paradis (en grec : klimax, échelle) ou Echelle sainte.

On ignore l’époque et le lieu de sa naissance, tant il est vrai que ces grands Saints, tels de nouveaux Melchisédech, n’appartiennent pas à l’histoire ni à la terre. Ce qu’on sait de lui est dû à un autre moine, Daniel, du monastère de Raïthou, proche de celui où vécut Jean. 

Les quelques écrits de Jean Climaque donnent à penser qu’il reçut une éducation soignée. 

A seize ans, il vint se présenter au monastère Sainte-Catherine sur le Mont Sinaï, ce monastère bâti à l’emplacement très probable du Buisson ardent ; il semble que des moines s’y étaient déjà fixés aux 3e-4e siècles. 

Sous la direction d’un saint vieillard nommé Martyrios, Jean se fit initier à la vie solitaire. Il employa quatre années à s’instruire et à s’éprouver avant de se consacrer à Dieu par la profession monastique. 

Martyrios, satisfait des progrès de son disciple, le présenta un jour au solitaire Anastase, le futur patriarche d’Antioche : celui-ci, comme éclairé d’une lumière prophétique, dit au maître : Qui croirait, Père, que tu eusses consacré à Dieu un futur abbé du Mont-Sinaï ? (v. 20 avril). 

Pendant dix-neuf ans, Jean s’exerça avec une simplicité admirable dans la pratique fidèle de l’obéissance. A la mort de Martyrios, il se proposa d’embrasser la vie des anachorètes (ermites solitaires ou hésichastes) : il ne voulut pas cependant s’y décider par lui-même et consulta à ce sujet un autre vieillard qui donna son assentiment à ce projet. Jean descendit alors au bas de la montagne du Sinaï, à Tholas, et se retira dans une solitude à quelque distance de l’église où il se rendait les samedis et les dimanches, pour assister à l’office et communier avec les autres solitaires suivant la coutume des moines d’Orient. Il consacrait les autres jours de la semaine successivement à la prière, au travail des mains, à la méditation ; il mangeait peu, se contentant des aliments que sa profession lui consentait. Dieu lui accorda le don d’oraison et celui des larmes. 

Durant les vingt années de cette vie anachorète, Jean ne refusait pas les visites, considérant que c’était Dieu qui les lui envoyait. Mais alors que des envieux calomniaient ses propos, il décida un jour de ne plus parler et resta un an dans le silence.

Bientôt, de disciple, il devint maître en matière d’ascétisme : un solitaire, nommé Moïse, lui fit demander s’il l’accepterait comme disciple. Jean crut devoir accepter ; puis, déjà âgé, il fut sollicité par les moines du monastère Sainte-Catherine pour être leur abbé (higoumène) : là, il dut se faire violence pour céder à leurs désirs et leur apporter ses propres enseignements. C’est alors qu’un autre Jean, abbé de Raïthou, lui demanda de mettre par écrit ce que l’Esprit de Dieu lui suggérerait sur la pratique des vertus. Certains affirment que ce serait le pape Grégoire Ier lui-même qui lui aurait présenté cette requête (voir au 12 mars), ce qui montre par la même occasion quelle renommée était alors celle de Jean. 

Par esprit d’obéissance, pensant devoir accéder à une volonté céleste, Jean répondit avec une profonde humilité : Mauvais disciple d’un excellent peintre, j’ai seulement ébauché et marqué avec du noir les ombres de choses qui sont d’elles-mêmes très vives et très éclatantes ; je t’ai réservé comme au premier maître et au plus éminent parmi les docteurs le soin de mettre la dernière main à cet ouvrage, d’y ajouter des embellissements, d’éclaircir ce qu’il y a d’obscur, de suppléer à tout ce qui manque dans les préceptes de cette loi spirituelle par les lumières que tu as acquises en l’accomplissant si parfaitement. Ce n’est donc pas à toi que j’adrese ce petit ouvrage, mais à ceux que Dieu a appelés à son service.

Comme nous sommes loin des “droits d’auteur” de notre époque contemporaine !

Jean abdiqua l’abbatiat après quelques années : il établit pour le remplacer un certain Georgios, qui avait passé soixante-dix ans dans la solitude de la même montagne, et retourna à sa vie solitaire. 

Parvenu à sa dernière heure, il reçut la visite de Georgios tout en larmes, et le consola : Ne t’afflige pas ! Si j’ai quelque pouvoir auprès de Dieu, il ne se passera pas un an sans que je t’attire auprès de moi ; Georgios mourut en effet dix mois après.

Reprenant la tradition orientale, le Martyrologe Romain commémore Jean Climaque au 30 mars, qui serait le jour anniversaire de sa mort.

 

Saint Jean Climaque est beaucoup plus connu en Orient qu’en Occident. Ses écrits ont été traduits tardivement, pas avant le XVe siècle.

L’écrit le plus important, L’Echelle sainte, longue de trente chapitres (ou « échelons », représentant les trente années de vie cachée de Jésus-Christ), a pour but de résumer l'expérience monastique. Il vise à  faire atteindre aux moines la perfection, en trente degrés :

  • degrés 1–4 :         renoncement au monde et obéissance à un père spirituel ;
  • degrés 5–7 :      pénitence et affliction (penqos/penthos) comme voies de la véritable joie ;
  • degrés 8–17 :     lutte contre les vices et acquisition des vertus ;
  • degrés 18–26 :     fuite des pièges de l'ascèse (paresse, orgueil, pusillanimité) ;
  • degrés 27–29 :     atteinte de l’hésychia (paix de l'âme) et de l’apatheia (impassibilité).
  • degré 30 :         épectase, la tension de l'âme vers Dieu et la perfection.

 

Le texte est rédigé en apophtegmes, en sentences brèves, sans construction apparente, sans lien logique de l’une à l’autre, fruit de la simple expérience personnelle du saint abbé. 

On pourra méditer beaucoup sur ces deux seules phrases reprises au texte : 

Ne cherche pas à beaucoup parler quand tu pries, de peur que ton esprit ne se distraie à chercher les mots.

Hésiter dans ses jugements et demeurer longtemps dans le doute sans aucune certitude est le signe que l’âme n’est pas illuminée et qu’elle aime la gloire.

L’autre ouvrage de Jean Climaque est beaucoup plus bref. C’est un court traité intitulé Lettre au pasteur, à l’intention des maîtres spirituels et des chefs de communauté.

 

 

Zosimo de Syracuse

572-662

 

Zosimo nacquit vers 572 en Sicile, de pieux parents.

Ceux-ci le confièrent à sept ans au monastère de Sainte-Lucie à Syracuse. L’abbé, considérant la gentillesse et la facile soumission du petit garçon, lui confia la garde du tombeau de sainte Lucie (v. 13 décembre).

Quelque temps passa, et le garçon se relâcha de sa première ferveur : sans avertir personne, il partit chez ses parents. Ces derniers, surpris et irrités de le voir arriver chez eux, le reconduisirent sans attendre au monastère.

L’abbé comprit à quelle tentation avait cédé le garçon ; il lui pardonna sur place cette dissipation innocente de l’adolescence et le réadmit.

Quelqu’un d’autre se chargea de gronder Zosimo : sainte Lucie en personne, qui lui apparut en songe, lui reprocha son infidélité et lui inspira une grande crainte. Dès lors, Zosimo montra des sentiments de profonde humilité, de zèle pour sa sanctification et pour donner le bon exemple aux pèlerins. Passèrent ainsi trente années, durant lesquelles Zosimo converti fut un modèle de régularité et d’obéissance.

Quand l’abbé vint à mourir, les moines allèrent comme de coutume se présenter à l’évêque pour qu’il leur choisît un supérieur. Alors se renouvela la situation que nous lisons dans l’Ecriture à propos de l’élection divine de David (1S 16:6-13) : l’évêque, saintement inspiré demanda si tous les moines étaient là présents et les moines lui répondirent que seul était resté à l’abbaye le gardien du tombeau, qui n’était bon à rien. L’évêque envoya chercher Zosimo, lui conféra immédiatement le sacerdoce et le mit à la tête du monastère.

Par sa sagesse et sa modération, le nouvel Abbé se montra à la hauteur de sa charge. Avec une douce sévérité, il gouverna prudemment le monastère, pendant quarante ans.

En 647, à l’âge où les évêques d’aujourd’hui ont contume de remettre leur démission, Zosimo fut appelé à recevoir l’onction épiscopale et à gouverner le diocèse de Syracuse. Quelques membres du clergé auraient préféré un certain Venerio, et l’affaire fut portée devant le pape, lequel désigna Zosimo et le sacra lui-même.

Zosimo fut un pasteur vigilant, actif et zélé, pratiquant la pénitence, la charité envers tous, dans la fidélité à la sainte doctrine.

Il mourut le 30 mars 662, très tôt entouré d’un culte et invoqué particulièrement contre la peste. 

Saint Zosimo est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

Osburh de Coventry

† 1018

 

Osburh (qu’on a occidentalisée en Osburga) passe pour être la première abbesse du monastère de Coventry (Angleterre C).

C’est du moins l’unique information qu’on trouve sur elle.

Ce monastère de Bénédictines, fut construit par le comte Leofric de Mercie et son épouse, Lady Godiva. Près de ce monastère Sainte-Marie fut édifiée la première cathédrale de Coventry, dont la tour de  quatre-vingt-dix mètres était la troisième d’Angleterre pour la hauteur.

Le magnifique monument fut bombardé en 1940 et n’est plus maintenant qu’une ruine, à côté de laquelle fut construite la nouvelle cathédrale de Coventry. Sur le mur qui demeure derrière l’autel de la cathédrale bombardée, on a écrit les paroles du Christ en croix : Père, pardonne (Father, forgive) (Lc 23:34).

Sainte Osburh est commémorée le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Klinios d’Aquino

11e siècle

 

Grec d’origine, Klinios vint au Mont-Cassin pour vivre la Règle bénédictine.

De là, il fut appelé à être abbé du monastère Saint-Pierre-de-la-Forêt dans le diocèse d’Aquino.

Il mourut d’ailleurs peu après, et chargé de mérites, avant 1030.

Saint Klinios est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pedro Regalati

1390-1456

 

Pedro était né en 1390 à Valladolid (Espagne) de Pedro et María de Costanilla.

Très tôt orphelin de père, il demanda à sa mère à dix ans de pouvoir entrer chez les Franciscains. Sa mère le fit attendre trois ans, pour mettre à l’épreuve cette jeune vocation.

A treize ans donc, Pedro reçut l’habit chez les Franciscains de Valladolid et prononça les vœux un an après. Il ne faut pas s’étonner de cette précocité : l’Eglise n’avait pas encore statué sur l’âge minimum requis de seize ans pour admettre un candidat à la vie religieuse.

Dans le cas de notre Pedro, les Supérieurs n’eurent qu’à se féliciter de leur jeune Frère.

La maman de Pedro, si heureuse des progrès spirituels de son garçon, venait souvent le voir, au point que Pedro demanda au Ciel d’être nommé ailleurs, pour couper ces liens naturels trop forts. On l’envoya bientôt, effectivement, à Aguilar de Campos, où l’Ordre voulait fonder un nouveau couvent de l’Observance. Pedro y reçut le sacerdoce. 

Rempli de zèle pour la réforme de l’Ordre, il fut bientôt nommé Gardien de ce couvent, et même d’un autre à Tribulos.

Pedro ne s’enfla pas de cette double tâche. Il prêcha d’exemple à tous les Religieux, surtout par son amour de la pauvreté, du jeûne, de la prière.

La prière de Pedro obtint de nombreux miracles, mais surtout on le vit souvent verser des larmes abondantes pendant l’oraison et la célébration de la Messe, ou aussi élevé de terre et immobile pendant des heures, dans un nuage de feu (au point que les habitants des environs crurent à un incendie dans le couvent).

Sur sa prière, un jour d’hiver où la neige avait été abondante, le couvent n’avait plus de pain. Pedro invita les Confrères à venir manger comme d’habitude ; à l’heure du repas, on sonna à la porte : pas de traces de pas, mais une mule chargée de pain attendait là ; le temps de porter le pain au réfectoire, la mule avait aussi disparu, sans laisser de traces dans la neige.

Durant l’office nocturne, il fut un jour transporté miraculeusement de l’église du couvent de Tribulos à celle d’Aguilar, distante d’une vingtaine de kilomètres, suscitant une bien compréhensible surprise parmi les Religieux.

Sachant sa mort approcher, il fit un long voyage pour aller voir un grand ami, à une soixantaine de kilomètres, le père Lopez de Salazar, puis revint à Tribulos et enfin à Aguilar. En mars 1456, il tomba malade. On lui proposa les derniers sacrements, mais il proposa qu’on attendît la venue de l’évêque. Inquiets de devoir attendre «trop longtemps», les Religieux entendirent alors arriver l’évêque, de passage par là. Le pontife donna à Pedro l’Onction des malades et pria alors Pedro de guérir son neveu, qui l’accompagnait, et qui était malformé de naissance. Pedro fit faire au jeune homme une bonne confession, lui fit donner l’Eucharistie, et obéit à l’évêque : il pria pour la guérison du jeune homme, que Dieu accorda sur place.

La vie de Pedro Regalati fut en réalité une suite de miracles. 

Pedro mourut le 30 mars 1456. Il fit encore un miracle peu après sa mort, lorsqu’un pauvre, déçu d’être arrivé trop tard pour recevoir l’aumône habituelle, alla prier sur sa tombe : Pedro apparut vivant, lui remit un pain, et disparut dans la tombe.

D’innombrables miracles advinrent encore. Quand on exhuma son corps en 1782, il n’était pas corrompu.

Pedro fut béatifié en 1684 et canonisé en 1746.

 

 

Amédée IX de Savoie

1435-1472

 

 Fils du duc Louis et d’Anne de Lusignan, Amédée IX fut le troisième duc de Savoie, en même temps que prince de Piémont, comte d’Aoste et de Maurienne. Né à Thonon-les-Bains, il fut dès sa naissance, promis à Yolande, fille de Charles VII roi de France. Il fut élevé dans la piété par sa vertueuse mère et répondit à ses soins : on vit en lui un grand attrait pour les saintes pratiques de la religion. Il était malheureusement épileptique, et laissa volontiers la direction des affaires à son épouse.

A dix-sept ans eut lieu le mariage projeté. Yolande partagea les goûts de son époux pour la vertu, et la cour offrit alors le spectacle le plus édifiant. Cette sainte union donna naissance à dix enfants, dont sept vécurent. A la mort de son père, en 1465, Amédée prit possession du duché, reçut de ses sujets le serment de fidélité, convoqua les États des provinces pour délibérer sur le parti à prendre dans la guerre contre Louis XI. On vit alors se manifester l’influence prépondérante de Yolande, à laquelle Amédée laissa volontiers la gestion des affaires publiques. Attentif avant tout à ce que Dieu fût bien servi, le duc faisait chaque matin sa prière et une pieuse lecture, assistait à la messe avec un tel recueillement qu’il suffisait de le voir pour avoir de la dévotion. Au conseil auquel il assistait, la cause des pauvres, des veuves, des orphelins primait toutes les autres. Sa charité ne connaissait point de bornes ; chaque jour il nourrissait dans son palais un grand nombre d’indigents et les servait de ses propres mains.

Il construisit des monastères et des hôpitaux dont il visitait lui-même les malades. Il fit aussi de riches présents à diverses églises ; dans un pèlerinage au tombeau des Saints-Apôtres, il se montra généreux pour la basilique de Saint-Pierre. Il accomplit plusieurs fois à pied le voyage de Turin à Chambéry pour vénérer la relique du saint Suaire. Après la perte de Constantinople, dans une diète tenue à Mantoue pour délibérer sur la guerre contre les Turcs, il parla avec une grande générosité, se déclara prêt à offrir pour la sainte expédition sa vie, sa puissance, tous ses États : mais la sainte Ligue entre les princes ne put se former.

Cependant la santé du duc se trouva gravement atteinte, et il dut quitter la Savoie pour aller chercher à Verceil un  climat plus doux. En face de la triste mort que faisait présager sa maladie, il se montra vraiment courageux : “Pourquoi, disait-il, nous affliger de ce qui nous humilie, puisque par là nous est ouvert l’étroit passage de l’éternité ?” Sentant approcher sa fin, il appela auprès de lui ses enfants et voulut recevoir les derniers sacrements en leur présence. Et comme ceux qui l’entouraient manifestaient une profonde affliction, il leur dit : “Mes amis, faites bonne justice, aimez les pauvres, protégez les veuves et les orphelins, faites fleurir la religion, Dieu accordera la paix à nos frontières.” A Yolande, il dit : “Je vous laisse ces orphelins.” Il expira le lundi de Pâques, 30 mars 1472.

Deux de ses fils lui succédèrent, Philibert puis Charles.

Suivant son désir, Amédée IX fut inhumé dans l’église de Saint-Eusèbe de Verceil, sur les marches du maître-autel. Des miracles attestèrent sa sainteté, la piété populaire le vénéra. En moins de dix ans, son culte se répandit à Chambéry, à Seyssel, à Annecy. En 1518 l’archevêque de Turin fit exhumer son corps et préparer le procès de canonisation. Ce n’est qu’en 1677 que le pape autorisa le culte du bienheureux Amédée de Savoie. 

Le Martyrologe Romain le commémore au 30 mars.

Chang Chu-gi Iosephus

(Jang Ju-gi Yosep)

1802-1866

 

Né en 1802 (1803 ?) à Suwŏn dans une riche famille, Iosephus apprit la littérature chinoise de sa belle-sœur.

Tombé malade à Hangji à vingt-six ans, il fut baptisé par un prêtre chinois, Yu Pang-je Pacificus, le deuxième prêtre à entrer en Corée. Puis il fit baptiser son épouse et ses enfants.

Le père Pierre Maubant (v. 21 septembre) remarqua la foi profonde de Iosephus et lui confia la mission de la catéchèse, qu’il remplit avec fidélité jusqu’à la mort.

Il vivait à Paeron (Chech’ŏn), où la persécution le laissa tranquille pendant douze ans. Quand on voulut ouvrir à Paeron un Petit séminaire, Iosephus proposa avec joie sa propre maison dont il resta le concierge. Il rendit constamment service au séminaire et à la communauté catholique pendant onze ans. Il travaillait beaucoup et ne demandait rien en échange.

A l’irruption de la police le 1er mars 1866, il n’alla pas se cacher. Il fut arrêté avec les missionnaires, qui tentèrent de soudoyer les soldats pour délivrer Iosephus, mais lui ne voulait pas se séparer des prêtres.

Quand il fut question de les emmener à Seoul, les prêtres insistèrent pour faire relâcher Iosephus, qui dut repartir à Paeron en pleurant.

Mais cinq jours après, tandis qu’il achetait du riz à Norukol, la police l’arrêta et l’envoya au gouverneur de Chech’ŏn, devant lequel Iosephus reconnut être le propriétaire du séminaire de Paeron.

Le gouverneur voulait lui épargner la vie et tenta de lui faire renier sa foi, mais Iosephus ne céda pas à la tentation. Finalement il fut envoyé à Seoul, où il fut torturé et condamné à mort le 24 mars 1866.

Il fut exécuté en même temps que Mgr Daveluy et les pères Huin et Aumaître, le 30 mars 1866, Vendredi Saint cette année-là.

Le séminaire de Paeron ferma alors, après onze ans d’activités.

A soixante-quatre ans, Chang Chu-gi Iosephus rejoignit la glorieuse troupe des saints Martyrs de Corée, qui sont fêtés ensemble le 20 septembre, après avoir été béatifiés les uns en 1925, les autres en 1968 (dont Iosephus), et tous canonisés en 1984.

 

 

Hwang Sŏk-tu Lucas

(Hwang Seok-du Luka)

1811-1866

 

Né en 1811 à Yŏnp’ung (Ch’ungch’ŏng, Corée N), Lucas était le fils unique d’une noble famille aisée.

Son père lui fit faire les études officielles en vue du diplôme, pour l’honneur de la famille.

A vingt ans, Lucas partit faire son examen à Seoul. En chemin, il rencontra dans une auberge un Catholique qui lui parla de sa merveilleuse religion ; Lucas en fut profondément remué et il se procura quelques livres catholiques.

Trois jours après, il s’en retourna chez lui, disant à son père stupéfait qu’il avait déjà passé son examen, entendant par là l’examen du Ciel. Lucas fut convenablement rossé par son père, mais il continua d’approfondir sa foi catholique.

Il amena son épouse à la foi. Son père le menaça de mort. Pour toute réponse, Lucas prétendit être désormais muet, et le resta pendant plus de deux ans. Toute la famille essaya de le faire sortir de son mutisme, rien n’y fit. Non seulement le père et le reste de la famille s’avouèrent vaincus, mais finalement, tous furent persuadés d’étudier le catéchisme et d’embrasser la foi catholique.

Tout le monde admirait la personnalité, la piété et la foi de Lucas, même les non-croyants. Quand Mgr Ferréol arriva en Corée, Lucas s’offrit pour servir l’Eglise toute sa vie. Il reçut la permission de l’évêque de vivre séparément de son épouse, et l’évêque l’aurait bien préparé à recevoir le sacerdoce, mais le Saint-Siège s’y opposa pour une raison pratique : l’épouse de Lucas ne disposait pas de quelque maison religieuse pour être hébergée.

Son père mourut bientôt. Lucas fut alors dépossédé de tous ses biens, par ses proches parents. Le père Féron en fit un professeur de littérature chinoise et un catéchiste. Lucas remplit de façon admirable sa fonction de catéchiste. Finalement, il devint le secrétaire du Mgr Berneux et de son successeur, Mgr Daveluy. Il écrivit un bon nombre d’ouvrages avec Mgr Berneux (v. 7 mars).

Au moment de son arrestation, Mgr Daveluy demanda à ses ravisseurs d’épargner Lucas, mais ce dernier insista pour ne pas être séparé de son évêque. Ils partirent donc ensemble pour Seoul.

Dans la prison de Seoul, Lucas prêcha la religion catholique à ses persécuteurs, qui purent admirer sa science et son éloquence.

Condamné à mort, il fut martyrisé à Kalmaemot, la base navale de le province de Ch’ungch’ŏng, après Mgr Daveluy et les deux autres missionnaires, Luc Huin et Pierre Aumaître.

C’était le 30 mars 1866, leur dies natalis commun.

Martyrisés ensemble, ils furent béatifiés ensemble en 1968, canonisés ensemble en 1984, et ensemble sont fêtés le 20 septembre.

 

 

Marie-Nicolas-Antoine Daveluy

1818-1866

 

La famille Daveluy était bien connue en Amiens ; le père dirigeait une usine ; les parents, Isidore et Thérèse Laroche, très chrétiens, eurent trois prêtres et trois religieuses parmi leurs quatorze enfants.

Antoine naquit le 16 mars 1818. C’est l’aîné des quatorze enfants (sept garçons et sept filles), mais quand il partira pour les Missions, il donnera son droit d’aînesse à son frère Xavier.

Antoine commença l’étude du latin à sept ans et fréquenta dès 1827 l’école des Jésuites, qui dut bientôt fermer par décret royal. Sa vocation germa durant ses études secondaires et il entra au séminaire de Saint-Sulpice en 1834. Malgré sa mauvaise santé, il voulait être prêtre chez les Jésuites.

En 1841, il fut ordonné prêtre. On rapporte qu’à la fin de sa première messe, une brave femme, pleine de foi, demanda humblement à pouvoir être la première à demander l’imposition des mains du jeune prêtre, et de lui présenter son enfant de trois ans qui ne marchait pas encore ; l’abbé Daveluy bénit la maman et le petit garçon, qui aussitôt se mit à marcher.

Dès le séminaire, Antoine fut un membre fervent de l’Archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires, et il propagea cette dévotion partout où il passa, à Roye comme en Corée.

Après environ deux années de présence à Roye comme vicaire, Antoine intégra en 1843 la société des Missions Etrangères de Paris.

En 1844 il partit pour Macao. Là il rencontra Mgr Ferréol qui cherchait à entrer en Corée et lui proposa de l’accompagner. C’est alors que, de Corée, arriva une barque en bois avec, à son bord, des Coréens qui accompagnaient le diacre Andreas Kim : celui-ci traversait les six-cents kilomètres de la Mer Jaune pour recevoir l’ordination sacerdotale des mains de l’évêque.

L’évêque ordonna prêtre Andreas, et tous reprirent la barque pour entrer clandestinement en Corée.

Le père Daveluy commença à exercer le ministère en coréen en 1846 : en deux mois, il donna les sacrements à plus de sept-cents Catholiques ; dans les deux années qui suivirent, il baptisa quelque mille sept-cents catéchumènes et enfants. 

Le climat ne lui convenait pas beaucoup : il tomba malade. Durant sa maladie, il enseigna le latin aux jeunes séminaristes, il rédigea un dictionnaire coréen-français, qui fut malheureusement perdu lors de la persécution de 1866.

Le successeur de Mgr Ferréol, Mgr Berneux, fit nommer le père Daveluy vicaire apostolique auxiliaire et le consacra évêque dans une maison privée, le 25 mars 1857, jour de l’Annonciation.

Le nouvel évêque se montra disponible pour aller s’occuper des régions les plus éloignées. Il publia aussi des livres catholiques : encore maintenant, la plupart des livres d’histoire catholique disponibles en Corée, sont de lui. 

Mgr Berneux fut arrêté fin février 1866 et martyrisé le 7 mars suivant. Mgr Daveluy lui succéda comme cinquième Vicaire apostolique de Corée : il devait tenir ce poste pour vingt-trois jours seulement.

En effet, il fut arrêté le 11 mars, en même temps que son secrétaire Lucas Hwang Sŏk-tu. Quand la police arriva dans le village, Mgr Daveluy appela lui-même les soldats dans sa maison. Ils l’arrêtèrent, ainsi que le père Aumaître et le père Huin, et les conduisirent à la prison de Seoul.

Ils furent soumis à la torture et aux interrogatoires. Mgr Daveluy, qui parlait coréen correctement, fut maltraité un peu plus durement et parla avec éloquence de la foi catholique.

Mgr Daveluy et les autres furent condamnés à mort. Mais comme le roi allait se marier à Seoul, il ne voulait pas répandre le sang des Martyrs à Seoul, aussi les Prisonniers furent conduits à une centaine de kilomoètres de là, à Kalmaemot, une base navale de la province de Ch’ungch’ŏng.

Mgr Daveluy demanda à être exécuté le 30 mars 1866, jour du Vendredi Saint. Avec lui furent martyrisés les pères Huin et Aumaître, et les laïcs Chang Chu-gi Iosephus et Hwang Sŏk-tu Lucas (pour chacun desquels on trouvera aussi une petite notice).

La devise de Mgr Daveluy était : Qui a Jésus, a tout.

Mgr Daveluy et ses Compagnons font partie des cent-trois Coréens martyrs, béatifiés en 1968, canonisés en 1984 et fêtés ensemble le 20 septembre.

 

Le père de Mgr Daveluy, un très saint homme, reçut la nouvelle du martyre de son fils avec grande émotion, mais aussi avec grande reconnaissance à Dieu pour cette grâce insigne d’avoir un fils évêque et martyr. Il demanda à Dieu de mourir le même jour que son fils : il s’éteignit en effet le 29 mars 1870, à 20 heures, correspondant à cinq heures du matin du 30 mars en Corée.

 

 

Luc Huin

1836-1866

 

Né le 20 octobre 1836 à Guyonville (Haute-Marne), benjamin de neuf enfants, Luc reçut au baptême les noms de Martin-Luc.

Ses bons parents étaient vignerons. Le père était à juste titre fier de ses ancêtres, qui avaient eu un prêtre à chaque génération.

Le curé du village s’intéressa à la vocation de Luc et entreprit de lui enseigner le latin bien avant son entrée au séminaire.

Les études de Luc furent excellentes, et son comportement très bien noté. Il n’avait qu’un «défaut» : une très grande sensibilité.

Dès qu’il reçut les ordres sacrés, il conçut un vif désir d’être un jour missionnaire ; pendant un temps, toutefois, ce désir retomba lorsque la ferme de ses parents fut détruite par le feu. Mais un mystérieux appel demeurait dans son cœur.

Après son ordination sacerdotale (1861), il fut vicaire de paroisse, et écrivit une lettre à son évêque, lui demandant de pouvoir rejoindre les Missions Etrangères de Paris. L’évêque lui demanda seulement de patienter un peu, le temps qu’un autre prêtre pût le remplacer à la paroisse. 

En 1863, Luc partit pour Paris. Les adieux furent difficiles à la maison, à cause de cette sensibilité qui liait encore Luc aux siens. Sa mère lui demanda sa bénédiction et l’absolution.

En juillet 1864, ils étaient neuf à partir pour la Corée : Luc, avec entre autres les pères Just de Bretenières, Louis Beaulieu, Pierre-Henri Dorie qui, eux, devaient être martyrisés le 7 mars, trois semaines avant Luc (voir leur notice à ce jour, de même pour ceux dont il sera question plus bas).

Luc fut d’abord avec Mgr Daveluy à Naep’o, puis vint à Sekŏri (Haptŏk). Il était prêt à n’importe quel sacrifice pour être pleinement «coréen». Il apprit la langue en un temps record : début 1866, il pouvait enseigner le catéchisme et confesser en coréen. Il entendit près de cinq cents confessions, fit l’Onction des Malades sur quelque vingt personnes et unit en Mariage plusieurs couples.

Le père Luc fut arrêté le 12 mars, et envoyé le 19 à la prison de Seoul avec Mgr Daveluy et le père Aumaître. Là, il fut durement interrogé et torturé. Puis tous trois furent transférés à la base navale de Kalmaemot (Ch’ung-ch’ŏng).

Au moment d’être immolé, père Luc s’exprima ainsi : 

Si je regrette de mourir, ce n’est pas parce que je suis encore jeune, ni parce que je vais mourir si misérablement, mais parce que je meurs sans avoir encore rien fait pour le salut de mon cher peuple coréen.

Avec Mgr Daveluy et le père Aumaître, le père Luc fut décapité le 30 mars 1866. Il avait trente ans.

Tous trois furent béatifiés en 1968, et canonisés parmi les cent-trois Martyrs coréens en 1984, dont la fête commune est le 20 septembre.

A l’annonce du martyre de Luc, sa mère fut remplie de joie et chanta le Te Deum avec toute la famille.

 

 

Pierre Aumaître

1837-1866

 

Né à Aizecq (Charente), le 8 avril 1837, Pierre était l’aîné des cinq enfants d’un humble paysan, cordonnier à ses heures.

Il y a des Saints dont on dit qu’ils étaient très ouverts, très intelligents, dès l’enfance : ce ne fut pas le cas de Pierre, dont la mémoire ne lui rendait vraiment pas de grands services, mais c’était un très gentil garçon.

Il dit à son curé son désir d’être prêtre, mais ce dernier lui répondit qu’il n’y arriverait pas ; le nouveau curé refusa carrément de lui enseigner le latin ; en désespoir de cause, Pierre alla à quatre kilomètres de là, chez un bon laïque, pour prendre des leçons de latin.

Quatre kilomètres chaque matin, quatre le soir pour revenir : cette persévérance, cette ténacité, eurent raison du curé, qui recommanda à son évêque le jeune Pierre, pour l’admettre au Petit séminaire de Richemont (1852). Malgré sa petite mémoire, Pierre s’acharna sur l’étude et devint même un des meilleurs élèves.

Il entra au Grand séminaire d’Angoulême en 1857. Ses supérieurs purent admirer son style de vie : son obéissance était parfaite.

Dès qu’il commença les études de philosophie, il parla à son directeur spirituel de son attrait pour les missions, et gagna le Séminaire des Missions Etrangères de Paris en 1859. 

Ordonné prêtre en 1862 - il avait vingt-cinq ans - il fut envoyé en Corée un an plus tard.

Pierre fut d’abord à Saemkol (Ch’ŏnkokni) pour apprendre le coréen, puis avec Mgr Daveluy à Naep’o, où tout le monde l’apprécia pour sa bonté et son esprit enfantin. Mgr Daveluy écrivit de lui : Ce petit prêtre est en train d’accomplir de petits miracles ; il enseigne aux gens de façon excellente la dévotion à l’Eucharistie et à Marie.

Quand la persécution éclata, le père Aumaître dit à ses ouailles que c’était le moment de témoigner de leur foi en face des non-croyants. Lui-même alla se constituer à la police.

Avec Mgr Daveluy et le père Huin, le père Aumaître fut envoyé à Hongju, puis à la prison de Séoul, où ils subirent tous trois de pénibles interrogatoires et des tortures.

Pierre Aumaître fut décapité juste après Mgr Daveluy, à Kalmaemot, le 30 mars 1866, quelques jours avant son vingt-neuvième anniversaire.

Juste avant son martyre, il exhortait les autres chrétiens présents à rester fidèles.

On a dit que les corps des trois Martyrs restèrent sans corruption jusqu’au moment de leur enterrement, et que leur visage portait un doux sourire.

Pierre Aumaître fut béatifié en 1968, avec Mgr Daveluy et Luc Huin ; tous trois furent canonisés parmi les cent-trois Martyrs coréens en 1984, et sont fêtés ensemble le 20 septembre.

 

Arcangelo Palmentieri

1814-1885

 

Il naquit le 11 mars 1814 a Casoria (Naples, Italie).

En 1832, il entra chez les Frères Mineurs Alcantarins (les Franciscains qui conservaient la première Règle dans toute sa rigueur), à San Giovanni del Palco (Lauro, Nola).

Arcangelo prit le nom de Lodovico.

Il fut ordonné prêtre en 1837.

En 1847-1848, il eut une formidable intuition de se donner totalement aux plus pauvres et déshérités.

Avec la permission des Supérieurs, il ouvrit d’abord une infirmerie dans un couvent de Naples, pour les Confrères infirmes de la région, avec une pharmacie, et se mit à quémander charbon, médicaments et autres choses pour subvenir aux malades.

Il ouvrit d’autres centres hospitaliers et, pour y travailler, il fonda une nouvelle branche du Tiers-ordre franciscain : les Frères de la Charité, ainsi que les Sœurs Franciscaines de Sainte-Elisabeth, toujours présents dans plusieurs villes d’Italie, aux Etats-Unis, en Inde. Il avait coutume de dire qu’un village sans hôpital est un village mort.

Et encore : Dites à un pauvre malade de se confesser, il ne vous comprend pas ! Lui, il souffre et n’entend rien d’autre. Mais si vous le soulevez de sa paille et l’installez dans un bon lit avec des draps propres, si vous lui changez sa chemise toute souillée, si vous lui donnez un bon potage bien chaud et un morceau de viande, il revient à la vie. Après, vous lui parlez de Dieu, de Jésus-Christ, et vous lui proposez : Tu veux te confesser ? Le voilà qui se met à pleurer, il se confesse, et rend grâce à Dieu.

Le père Lodovico construisit ensuite sur la colline du Scudillo un couvent plus grand, toujours avec une infirmerie pour les frères et les pauvres malades de Naples et des environs. Il eut là sa chambrette, de 1852 à 1870, du moins quand il dormait un peu, car toute la journée passait au service des malades et des pauvres.

En 1854, il accueillit deux jeunes Africains, rachetés sur les marchés. Il convainquit son personnel de bien les accueillir ; il en recueillit ainsi jusqu’à une soixantaine, suscitant même l’intérêt du roi qui envoya le père Lodovico au Moyen-Orient pour aller en racheter d’autres. L’idée du père Lodovico était d’évangéliser ces Noirs, et d’en faire des apôtres de l’Afrique : convertir l’Afrique par les Africains.

A partir de 1862, s’ouvrit à Naples l’œuvre des Accantoncelli (petits abandonnés), qui recueillit un millier de ces enfants laissés à la rue.

Il y eut aussi l’institut pour les sourds-muets, fondé auparavant par don Aiello et repris par le père Lodovico à la mort de ce dernier ; un autre institut aussi pour les aveugles et sourds-muets d’Assise ; un orphelinat à Florence, avec imprimerie et école de musique.

Après les douloureux événements politiques de 1870, quand les maisons religieuses étaient absolument interdites, le père Lodovico réussit à intéresser des familles de la noblesse romaine, qui l’aidèrent à ouvrir une maison sur l’Esquilin : elle continua pendant un siècle.

En 1874, s’ouvrit encore à Posillipo une œuvre pour les pêcheurs âgés et les enfants atteints de scrofule.

Des maisons s’ouvrirent encore, et ailleurs. Même le père Lodovico ne savait pas dire combien il y en avait ; on en a recensé plus de deux-cents.

Arcangelo-Lodovico mourut à Naples le 30 mars 1885 et fut béatifié en 1993.

Un autre miracle fut examiné en 2012, qui ouvrira peut-être la voie à la canonisation.

 

 

Leonardo Murialdo

1828-1900

 

Né le 26 octobre 1828 à Turin (Italie), huitième enfant d’un père agent de change qui mourut en 1833, Leonardo (qu’on surnommait Nadino) grandit au collège des Piaristes de Savona.

D’après son propre testament spirituel, il semble qu’il ait eu une jeunesse un peu troublée, mais il retourna bientôt à Turin où il entreprit des études au séminaire (ainsi qu’au séminaire Saint-Sulpice à Paris) et fut ordonné prêtre en 1851.

Ses premières activités furent les oratorios de jeunes, en collaboration avec saint Giovanni Bosco (v. 31 janvier), avec lequel il s’occupa des jeunes abandonnés à eux-mêmes dans les faubourgs de Turin, ou même en prison.

Il ouvrit pour eux une maison-famille pour héberger les plus pauvres.

En 1866, il fut nommé recteur du Collège des Jeunes Artisans à Turin, sa principale activité jusqu’à la mort.

Il fonda la Confraternité laïque de Saint-Joseph, qui aurait pour mission de perpétuer cette assistance auprès des jeunes, ainsi que l’Union des Ouvriers Catholiques, l’Association de la Bonne Presse, et promut le journal La Voix de l’Ouvrier. Il voyagea beaucoup en Italie du Sud, en France, en Angleterre, pour s’intéresser à la condition des jeunes ouvriers et à leur assistance.

Leonardo semble n’avoir fait que son devoir, humblement, discrètement, et toute sa sainteté fut dans cette persévérante attention pour les jeunes. 

Frappé de pneumonie, Leonardo Murialdo mourut le 30 mars 1900.

Il fut béatifié en 1963, et canonisé en 1970.

 

 

Julio Álvarez Mendoza

1866-1927

 

Né le 20 décembre 1866 à Guadalajara (Jalisco, Mexique), le fils de Anastasio Álvarez et de Dolores Mendoza fut baptisé le lendemain et reçut le prénom de Julio. 

Il apprit l’art du tailleur. Son sérieux au travail poussa les patrons de ses parents à l’aider à entrer au collège, puis au séminaire de Guadalajara.

Son bon comportement, son application à l’étude, le firent vite accepter dans la Congrégation Mariale du séminaire.

Ordonné diacre en 1890, prêtre seulement en 1894 (peut-être à cause d’une maladie), il fut curé de Mechoacanejo pendant toute sa vie.

Son arrivée dans cette paroisse fut saluée par les Indiens avec des manifestations de joie et des démonstrations de respect, avec des chants, des danses, de la musique.

Ami de tous les enfants et des pauvres, il s’appliqua à éradiquer les mauvaises habitudes et les superstitions ; Il leur enseigna à faire des vêtements, mais en fit aussi lui-même pour aider les plus nécessiteux.

Il avait bien sûr une grande dévotion à Notre-Dame de Guadalupe, comme tous les Mexicains. Il sentait arriver les temps difficiles et faisait prier les fidèles pour demander à Dieu la force nécessaire à supporter les épreuves.

Sa vieille maman vivait près de l’église. A l’approche de la persécution, l’évêque laissa ses prêtres choisir entre se rapprocher de Guadalajara, ou rester parmi leurs fidèles. Julio préféra rester sur place. Il célébra la messe et les sacrements en cachette, dans les maisons de campagne.

Quand la persécution contre l’Eglise se déchaîna, il fut reconnu comme prêtre par l’armée dans un de ses déplacements de pastorale, le 26 mars 1927. Il était accompagné de deux jeunes, Gregorio et Gil. Un des soldats s’approcha du père Julio et lui baisa la main, disant aux autres qu’il était son parrain.

Interrogé sur son état sacerdotal, Julio ne nia pas.

On l’attacha sur une selle de cheval, on l’emmena à Villa Hidalgo, Aguascalientes, León, San Julián, au milieu de mille épreuves, humiliations et tortures, les mains liées, sans lui donner à manger. Il n’avait pas le droit de s’asseoir : il devait ou rester debout ou se mettre à genoux. A la fin, exténué, il ne pouvait même plus ouvrir les yeux. Aucune plainte ne sortait de sa bouche. On le condamna à mort.

Finalement, on le mit sur un tas d’ordures pour être fusillé. Il demanda simplement au capitaine :  Vous allez vraiment me tuer ? - C’est les ordres, répondit l’autre. - Je vais mourir innocent. Je n’ai rien fait de mal. Le délit que j’ai fait, est d’être ministre de Dieu. Je vous pardonne. Je vous demande seulement de ne pas tuer les garçons qui m’accompagnaient, parce qu’ils sont innocents.

Il mit les bras en croix en attendant le coup fatal.

L’abbé Julio Álvarez Mendoza reçut trois balles dans le corps, avant le coup de grâce dans la tête. 

Il avait été curé à Mechoacanejo pendant trente-trois ans.

C’était le 30 mars 1927. A ce moment-là, s’éleva une tempête qui empêcha toute visibilité à Mechoacanejo. Le cadavre du Martyr fut laissé là, dans les ordures, près de l’église, jusqu’à ce que les villageois, ayant appris ce qui s’était passé, vinrent le prendre pour l’ensevelir.

Julio Álvarez Mendoza fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000 parmi vingt-cinq Martyrs mexicains, dont la fête commune est au 21 mai.

Saint Julio Álvarez Mendoza a été proclamé Patron céleste du clergé de son diocèse  (Aguascalientes).

 

 

Helena Kafka

1894-1943

 

Née le 1er mai 1894 à Husovice (Autriche, actuelle Brno en Tchécoslovaquie), Helena était la sixième fille d’un humble cordonnier ; on a pu orthographier son nom Kafka ou Kafková.

En 1896, la famille s’installa à Vienne, se rapprochant d’une minorité tchèque.

Adolescente, Helena travailla comme aide-infirmière à l’hôpital Lainz. A dix-neuf ans, elle entra chez les Sœurs Franciscaines de la Charité Chrétienne ou Sœurs Hartmann, prenant le nom de Maria Restituta, par référence à cette Martyre du 4e siècle (v. 17 mai).

Après la Première guerre mondiale, elle travailla comme infirmière à l’hôpital Mödling, et même comme première infirmière au bloc opératoire, de 1919 à 1938. C’est dans cet hôpital que son courage va marquer le cours de sa vie.

Après l’Anschluß qui annexait de force l’Autriche à l’Allemagne, la Sœur Restituta refusa énergiquement de supprimer les crucifix des chambres de l’hôpital, qu’elle avait elle-même accrochés dans une nouvelle aile de l’établissement. A ce «grief» s’ajouta celui d’avoir écrit deux lettres où elle critiquait le régime nazi.

Ce fut un docteur de l’hôpital, partisan du nazisme, qui la dénonça. On l’arrêta le jour du Mercredi des Cendres, 18 février 1942, au moment où elle sortait de la salle d’opération.

Le 29 octobre 1942, elle fut condamnée à être guillotinée par une Cour de Justice Populaire, pour entente avec l’ennemi et instigation à haute trahison.

En attendant le jour fatal, elle resta en prison, où elle s’occupa des autres prisonniers, parmi lesquels même les communistes parlèrent d’elle en bien. On lui proposa la liberté, si elle acceptait de quitter sa communauté religieuse, ce qu’elle refusa évidemment.

Une pétition fut présentée à Martin Bohrmann, qui la refusa, pour l’exemple.

Au moment de l’exécution, Maria Restituta demanda au prêtre présent de lui faire sur le front le signe de la croix.

L’exécution eut lieu à Vienne le 30 mars 1943. Sœur Restituta avait quarante-huit ans.

Elle a été béatifiée en 1998.

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28 mars 2021 7 28 /03 /mars /2021 23:00

29 MARS

 

II.

S Eustasius, évêque à Naples.

IV.

Ss Jonas et Barachise, deux frères qui visitaient les chrétiens en prison, horriblement torturés à Hubaham.

S Marcos, évêque à Aréthuse ; un moment arien par faiblesse, il confessa la foi orthodoxe malgré les tourments des ariens.

S Marc, ermite grec en Ethiopie ou en Libye, mort à cent-vingt ans.

?

Ss Pasteur et Victorin, martyrs à Nicomédie.

V.

Ss Armogastus, Archinimus et Saturninus, intendant royal, torturés près de Carthage par les Vandales qui, pour ne pas en faire des martyrs glorieux, ne les firent pas mourir, mais ils furent quand même honorés comme tels.

Ste Gladys (Gwladys), galloise, fille du roi de Brecknock, épouse de s. Gondlée, ci-après. 

S Gondlée (Gundleus, Gwynllyw), gallois, époux de ste Gladys, père de s. Cadoc.

VII.

Ss Firmin, Aule, Eumaque et Longin, quatre évêques à Viviers ; Aule était le fils de Firmin, très cultivé et éloquent.

VIII.

S Juéry, évêque à Sens.

IX.

S Eustathe, évêque à Brousse, exilé à cause de l’iconoclasme.

XI.

B Stephanus X, pape (1057-1058) : ancien moine au Mont Cassin, il combattit l’incontinence des clercs, il substitua le chant romain à l’ambrosien ; il n’est pas sûr qu’il ait été béatifié.

XII.

Ste Diésnode, moniale puis recluse à Wessobrunn.

B Berthold, croisé limousin, moine au Mont-Carmel où son frère, patriarche à Antioche, l’établit prieur.

S Guillaume Tempier, abbé augustin et évêque à Poitiers.

XIII.

S Ludolf, prémontré, évêque à Ratzeburg, honoré comme martyr à cause des mauvais traitements reçus du duc de Saxe.

XVI.

B John Hambley, prêtre anglais martyr près de Salisbury, béatifié en 1987.

Eustasius de Naples

3e siècle

 

Des douze premiers évêques de Naples, tous saints, Eustasius fut le septième.

Le premier titulaire de ce siège ayant vécu au 2e siècle, Eustasius peut assez probablement être situé au 3e siècle.

Le culte qu’on lui témoignait fut confirmé assez récemment, au dix-neuvième siècle.

Saint Eustasius de Naples est commémoré le 29 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcos d’Aréthuse

† 362

 

Sous Constantin (306-337), Marcos fut élevé au siège épiscopal d’Aréthuse (auj. al-Rastan, Homs, Syrie).

Quand les frères de Constantin éliminèrent toute la parenté de celui-ci pour accaparer le pouvoir, Marcos sauva de la mort les deux petits frères, Gallus et Julien, sans se douter que ce dernier allait devenir son propre persécuteur.

Le premier gros problème de Marcos fut doctrinal : par faiblesse plus que par conviction, il se trouva dans les rangs des ariens, sans l’avoir vraiment voulu. Pendant des années il fut considéré comme semi-hérétique. Le fait est que, au concile de Sirmium (359), sa formule théologique ne fut toujours pas acceptée. Mais ensuite, il cessa toute connivence avec les ariens et fut toujours du côté des «orthodoxes».

A partir de 361, sa position devint précaire par l’attitude de l’empereur Julien l’Apostat, qui décida de rétablir le paganisme en combattant violemment le christianisme. Lui qui, lecteur, avait proclamé la Parole de Dieu dans l’Eglise, s’opposa désormais à la Parole de Dieu avec une haine farouche.

Dans Aréthuse, Marcos avait fait abattre un temple païen, mais il dut s’enfuir lorsque parurent les décisions de l’empereur. Cependant, apprenant que son clergé et ses fidèles étaient arrêtés en grand nombre, il revint dans sa ville pour exprimer à son troupeau ses encouragements. Puis il se livra de lui-même aux persécuteurs.

On voulut lui arracher la promesse de faire reconstruire le temple païen ; peine perdue ! On le tortura horriblement : ce furent les bourreaux qui se lassèrent, finissant par admirer la constance du vieillard. Même le préfet s’adressa à Julien : Tu n’as pas honte de voir que nous sommes vaincus par ce vieillard qu’il ne serait vraiment pas glorieux de vaincre ?

Julien laissa faire. Marcos fut relâché. Son exemple et sa parole continuèrent de convertir des païens. Il acheva ses jours dans la paix, en 364.

S.Grégoire de Nazianze (v. 25 janvier) le qualifia d’homme remarquable et très saint vieillard, expression reprise dans le Martyrologe. Certains l’ont, à juste titre, considéré comme martyr.

Saint Marcos d’Aréthuse est commémoré le 29 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Armogastus, Archinimus, Saturninus en Afrique

† 462

 

Quand le roi des Vandales Genséric († 477) repassa d’Espagne en Afrique (429), il se mit à persécuter les Chrétiens avec rage. Lui-même partisan des ariens, il est soutenu sur place par les donatistes qui ne demandent pas mieux de se débarrasser des Chrétiens fidèles à Rome. Les localités où prédomine le catholicisme romain, voient leurs murs abattus ; l’épiscopat catholique est violemment persécuté ; l’Eglise subit des déportations massives, sans parler des horribles tortures.

En 431, Hippone, le siège de s.Augustin (v. 28 août), est prise ; Carthage en 439 ; en 442, Genséric est maître absolu dans toute l’Afrique du Nord, ces régions qui seraient aujourd’hui le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye. En 455, c’est le sac de Rome et l’invasion de la Corse et de la Sardaigne.

Venons-en ici à nos trois martyrs.

  • Armogastus, un comte (certains en ont fait même un évêque) fut la proie des bourreaux. On lui serra les jambes et le front avec des cordes, mais en élevant les yeux pour invoquer la force de Dieu, il desserrait ces cordes, comme si elles n’existaient pas. On suspendit Armogastus par un pied et, impatient, le fils de Genséric ordonna de le décapiter. Mais un prêtre arien qui se trouvait là, voulant empêcher Armogastus de mériter la couronne glorieuse de martyr, suggéra de l’envoyer plutôt aux mines de Byzacène : en réalité, on l’envoya garder les vaches près de Carthage. C’est là qu’il mourut.
  • Archinimus, originaire de Mascula (Numidie, auj. Khenchela, Algérie), fut également insensible aux invitations et aux tortures qu’il subit. Le roi, qui ne voulait pas lui faire l’honneur d’être un glorieux martyr, demanda aux bourreaux d’alléger seulement les tortures, mais les Chrétiens l’honorèrent également comme martyr.
  • Saturninus était l’intendant de la maison d’Hunéric. On sut qu’il combattait l’arianisme avec énergie. On chercha à le faire apostasier par des promesses d’abord, par des menaces ensuite, par les suppliques enfin de son épouse et de ses enfants, rien n’y fit ; on lui retira tous ses biens, on lui fit subir divers supplices et on finit par le chasser, avec ordre de ne pas paraître en public. On ne sait même pas où et quand il mourut, abandonné, pauvre, mais riche de sa fidélité à Dieu.

Les trois Martyrs dont on vient de parler, moururent bien probablement en 462, mais pas le même jour, comme on s’en rend compte. Ayant été associés dans la mort dans des circonstances similaires, ils furent par l’Eglise unis en une même commémoration, et avec le titre de martyrs, que leur fidélité leur avait bien mérité.

Saints Armogastus, Archinimus, Saturninus sont commémorés le 29 mars dans le Martyrologe Romain.

Stephanus X, pape

1057-1058

 

Frédéric de Lorraine était le fils de Gozelon 1er et Junca. Il avait un frère aîné, dont le petit-fils serait Godefroy de Bouillon.

Frédéric fut à l’école Saint-Lambert de Liège, où il devint chanoine puis archidiacre.

De passage, le pape Léon IX (v. 19 avril) le remarqua, en fit son chancelier à Rome, et l’envoya auprès de Michel Cérulaire à Constantinople, pour traiter de la réunion de l’Eglise grecque à l’Eglise latine. Malheureusement, la mission échoua, et Léon IX était mort au retour de Frédéric (1054).

Ce dernier alla alors frapper au Mont-Cassin, dont il devint abbé (1057). Le nouveau pape, Victor II, heureux de ce choix, compléta l’élection en créant aussi Frédéric cardinal.

En juillet 1057, Frédéric prenait possession de son titre à Rome, lorsqu’on annonça la mort du pape Victor II. On le consulta pour le nouveau pape : il donna cinq noms, mais le clergé se prononça unanimement pour Frédéric lui-même, à qui on imposa le nom de Stephanus, car on fêtait saint Stephanus 1er ce 2 août 1057.

On admet qu’en français, c’est le nom d’ Etienne qui prévaut, mais en Italie, c’est plutôt Stefano. Les papes ne se sont jamais appelés Etienne, ni Stéphane.

Le nouveau pape, donc, s’appelait Stephanus X. 

En réalité : Stephanus «IX ou X». Pourquoi ? c’est que le deuxième pape de ce nom, Stephanus II, mourut trois jours après son élection (752), sans avoir été sacré. Certains le comptent au nombre des papes, d’autres non. La question n’a jamais été tranchée officiellement, quoiqu’il n’y ait fondamentalement aucun problème : le pape est élu dès lors qu’il accepte le choix émis par les cardinaux. Stephanus II était donc pape à tous les effets.

Stephanus, donc, fut sacré le 3 août 1057. Mais il était toujours abbé du Mont-Cassin, où il se rendit de décembre à février. 

Au Mont-Cassin, il s’en prit aux abus de propriété qui s’y étaient introduits depuis quelques temps. Il remplaça le chant ambrosien par le chant romain. Gravement malade, il y fit élire son successeur, le moine Didier.

A Rome, il combattit énergiquement l’incontinence des clercs, et interdit aux fautifs de célébrer la messe. Il créa cardinal Pier Damiani, le menaçant même d’excommunication s’il n’acceptait pas cette dignité (v. 21 février). 

Il fit une nouvelle tentative de réunification des Eglises grecque et latine, qui n’eut pas le temps d’aboutir, car ce pontificat allait bientôt se terminer.

Stephanus en effet, pressentit sa fin prochaine. Durant un voyage en Toscane, il mourut le 29 mars 1058 à Florence, où il fut enterré.

Près de son lit de mort accourut Hugues, l’abbé de Cluny (v. 29 avril), qu’il estimait particulièrement.

Son pontificat avait duré neuf mois et vingt-huit jours.

Des miracles avenus sur son tombeau l’ont fait béatifier dans les livres de l’Ordre bénédictin, mais il n’est pas inscrit dans le Martyrologe romain.

Ce fut Nicolas II qui lui succéda.

 

 

Berthold de Solignac

1155-1195

 

D’après la tradition, Berthold naquit vers 1155 à Limoges. Son frère (ou son oncle) s’appelle Aymeric de Malifaye et deviendra patriarche d’Antioche.

Berthold participa à la croisade et fit le vœu d’entrer en religion en cas de victoire sur les Sarrazins. Effectivement, rescapé après une bataille, il fut admis au Mont-Carmel, vers 1155.

En 1170, le patriarche Aymeric visita le monastère en qualité de légat pontifical, et traça aux religieux une nouvelle règle ; Berthold fut nommé prieur à l’unanimité.

C’est lui qui dédia la communauté à Marie, Mère de Dieu, et l’église au prophète s.Elie (v. 20 juillet).

Berthold restera prieur jusqu’à la fin de ses jours. Il mourut saintenant le 29 mars 1195. 

Son culte fut approuvé une première fois en 1564, puis en 1609. Malgré quelques incertitudes dues à d’éventuels homonymes, le Martyrologe retient le bienheureux Berthold au 29 mars.

 

 

Guillaume Tempier

† 1197

 

Guillaume entra jeune encore chez les chanoines réguliers de Saint-Augustin à Poitiers et y fit la profession.

Sa piété le fit élire abbé de la communauté ; puis sa profonde intégrité l’indiqua pour le siège épiscopal de Poitiers en 1184. 

Ferme et zélé, il défendit les droits de son Eglise contre les seigneurs, corrigea les abus et édifia par ses exemples.

Il fut en correspondance avec le pape Lucius III, dont on conserve une copie de la lettre à Guillaume, de 1185, conservée à la bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris. Ce devait être un des derniers actes du pape, qui mourut précisément le 25 novembre 1185.

Après sa mort, le 29 mars 1197, Guillaume fut enterré dans l’église de Saint-Cyprien. Des miracles opérés à son tombeau le firent honorer comme un saint. 

Le Martyrologe mentionne effectivement saint Guillaume au 29 mars.

 

 

Ludolf de Ratzeburg

† 1250

 

Ludolf était membre de l’Ordre de Prémontré, chanoine à la cathédrale de Ratzeburg : voilà tout ce qu’on sait du début de sa vie.

En 1236, il fut nommé évêque de Ratzeburg, ce qui peut laisser supposer qu’il naquit, au plus tard, au tout début du 13e siècle, ou plutôt à la fin du précédent.

Avec les confrères de chapitre, il exigea un style de vie très strict, au point qu’on donna à ce chapitre le nom de prison de l’Ordre ! 

En 1237, il procéda à la fondation d’un monastère de Bénédictines à Rehna.

A partir de 1247, et au nom du pape, il dut résister aux prétentions du duc de Saxe, Albrecht, qui en vint même à mettre en prison le prélat. Dans ces conditions, on imaginera les outrages et les mauvais traitements que Ludolf y subit et ce, pendant trois années. Quand il fut enfin libéré, le comte de Meklenburg lui assura une retraite chez les Franciscains de Wismar, mais Ludolf, trop épuisé, mourut peu après, le 29 mars 1250.

Le Martyrologe mentionne saint Ludolf comme martyr, au 29 mars.

 

 

John Hambley

1560-1587

 

 John Hambley porta aussi le nom de Tregwethan. 

Né à Bodmin (Cornouaille, Angleterre) vers 1560, d’une respectable famille, il fréquenta diverses écoles et étudia le latin.

Il passa au catholicisme en 1582, en lisant des livres du père Robert Persons. Ce dernier (1546-1610) était un prêtre jésuite anglais, très actif en Angleterre, en Espagne, en France et en Italie : il prit plus tard le nom de Parsons.

John, donc, décida à la Noël 1582, de ne plus assister aux offices protestants mais, pour éviter la prison, s’en vint à Londres. Il séjourna à Smithfield, où il rencontra d’autres prêtres. Sa conversion fut totale.

Il résolut de passer au Collège anglais de Reims et quitta l’Angleterre en mai 1583. De Dieppe, il rejoignit Rouen, Paris, et arriva à Reims le 28 mai 1583.

Dès 1584, il reçut les ordres mineurs à Reims, des mains du Cardinal de Guise, fut ordonné prêtre à Laon en septembre et repartit en avril 1585, déguisé en domestique, avec deux autres prêtres, Morris Williams et James Clayton. 

James acosta à Newcastle, John et Morris à une vingtaine de kilomètres de Ipswich, et rejoignirent Londres, où ils logèrent deux semaines à Holborn. Là, ils se séparèrent et John resta à Holborn, pendant un mois, célébrant la Messe dans une petite pièce. Puis il partit pour Beaminster (Dorset).

Après un an, autour de Pâques 1586, il fut capturé sur trahison : il était en train de voyager avec un couple de fiancés, pour aller célébrer leur mariage. Il fut jugé et condamné à mort à Taunton.

Sur le moment, il sauva sa peau en reniant sa foi, et fut seulement confiné ; mais il s’enfuit et vint à Salisbury, reprenant ses activités de prêtre catholique.

En août, l’évêque protestant du lieu, dans sa haine envers l’ancienne religion, se mit à la recherche des maisons de Catholiques. La veille de l’Assomption, on remit la main sur John Hambley.

En bien mauvaise posture, John ressentit une plus grande frayeur encore ; il accepta de se plier au conformisme, et alla jusqu’à donner les noms de nombreux amis Catholiques. On le libéra.

A nouveau jugé à Pâques de l’année suivante, il accepta encore une fois le conformisme. Mais après cette troisième trahison, il se ressaisit.

On ne sait pas comment lui arriva enfin cette grâce de la conversion et de la persévérance finale et on en a beaucoup discuté. Un contemporain, le père Warford, pensait qu’il avait été averti par son ange gardien ; un autre, le père Gerard, parle avec davantage de probabilité de l’influence d’un voisin de prison, Thomas Pilchard, qui fut, lui, martyrisé le 21 mars 1587 (v. ce jour) ; un autre texte avance qu’au moment de son jugement, étant sur le point de renier à nouveau sa foi, un «étranger» (l’ange gardien ?) lui remit une lettre, dont la lecture le fit pleurer. 

Sur le moment, il refusa de dire à quiconque le motif de ces larmes, mais le lendemain, il affirma clairement devant les juges que désormais les pires tourments ne le feraient plus revenir sur sa foi catholique. Il montra même sa joie d’aller à l’endroit de son exécution., et souffrit le martyre par pendaison près de Salisbury courageusement, et condamnant avec véhémence sa faute passée

On pense que le martyre de John Hambley eut lieu le 29 mars 1587, son dies natalis dans le Martyrologe. 

Il a été béatifié parmi les quatre-vingt-cinq Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles en 1987.

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28 mars 2021 7 28 /03 /mars /2021 00:00


Dimanche de Pâques - ABC


La résurrection du Christ peut se vivre à plusieurs niveaux, celui simplement historique, celui plus théologique et spirituel.

*       *       *

L’événement historique de la résurrection est surtout le fait de l’Évangile du jour et de la première lecture, tirée des Actes de Apôtres. L’Évangéliste Jean raconte les faits qu’il a vécus lui-même : il a entendu Marie-Madeleine, tout essoufflée, venir lui dire ainsi qu'à Pierre qu’on a enlevé le Seigneur.
Jean raconte donc comment il arriva le premier au sépulcre — car il est encore jeune — et, reconnaît-il, après y être entré à la suite de Pierre, il vit et il crut. Aurait-il douté de la résurrection, comme Thomas ? Pas forcément, mais il ne faisait pas encore le lien entre la Passion et cette Résurrection ; dès qu’il voit ce tombeau vide, tout s’éclaire pour lui.
Que virent donc Pierre et Jean ? Jésus n’est pas là. Si on l’avait emporté, subrepticement, ç’aurait été en hâte, on n’aurait pas pris le temps de retirer les bandelettes, le linceul, tous les linges qui enveloppaient le Corps du Seigneur. Ou même si on L’avait “volé”, à la hâte, profitant du sommeil des gardes, on n’aurait pas pris le temps de rouler proprement ce linge, à part, à côté du linceul. Non : les apôtres se rendent compte que le Seigneur a laissé là son linceul, comme un être humain quitterait son drap en sortant du sommeil ; ou aussi comme un bon soldat qui range ses affaires "au carré". Jésus, donc, est bien vivant, “sicut dixit” : le troisième jour, il ressuscitera, leur avait-Il prédit à l’annonce de sa Passion (Mt 16:21 ; 17:22 ; 20:19). Lors de sa Transfiguration, Jésus avait montré sa prochaine gloire de Ressuscité à Pierre, Jacques et Jean : dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jacques “disparaît”, jusqu’à la mention de son martyre dans Ac 12:2. Pierre et Jean sont les premiers apôtres à constater la Résurrection, et Jésus apparaîtra aux autres au soir même de ce dimanche (et à Thomas le dimanche suivant).

*       *       *

Le linceul et le suaire, bien rangés, sont une première “preuve” de la résurrection. Une autre preuve sera désormais la détermination des apôtres, de Pierre en premier, à annoncer le Christ. En effet, s’ils avaient pris peur et avaient fui au moment de l’arrestation de Jésus à Gethsémani, a fortiori ils n’auraient pas davantage eu le courage d’en parler après la mort et la “disparition” de Jésus. Au contraire, convaincus désormais et certains de la puissance du Christ ressuscité, ils parlent ouvertement, comme on le constate dans les discours successifs de Pierre ; celui d’aujourd’hui a lieu chez le centurion Corneille, donc en présence de Romains, une dizaine d’années après la Résurrection. De plus, ces apôtres sont aussi conscients de leur devoir de Vérité, de proclamer Celle-ci jusqu'au bout du monde, comme des pains sans levain de vérité, selon l'expression de saint Paul aux Corinthiens.

*       *       *

Car si ces faits historiques nous aident assurément à croire à l’historicité de la Résurrection — et à nous en réjouir, nous devons maintenant “vivre” profondément cette Résurrection.  C’est l’autre manière pour nous de vivre la Résurrection, au niveau spirituel.
Saint Paul nous explique comment, autant dans l’extrait aux Colossiens que dans celui aux Corinthiens — suivant le choix qu’en fera le célébrant - en mourant, Christ a immobilisé sur la Croix ce Corps qu’Il prit de nous ; en ressuscitant, il a conféré à ce même Corps une splendeur céleste, une vie nouvelle. Ce corps est le même, mais transfiguré, mais glorieux. Désormais notre humanité a reçu de Christ cette Vie qui doit transformer toute notre condition, et cela jusque dans les moindres détails de notre quotidien.
Comme les apôtres ont désormais témoigné avec force devant les hommes, sans craindre les difficultés, les souffrances et la mort, nous aussi nous devons continuer désormais notre route avec, dans le cœur, cette joie irremplaçable de la Résurrection de Jésus-Christ, avec Lequel et en Lequel nous aussi nous vivons.
Certes, nous continuons de travailler, de voyager, de peiner, de manger et de dormir, comme tous les hommes ; certes, nous ne sommes pas au Ciel avec les Anges et les Saints ; mais la certitude de la Résurrection donne à tous nos événements quotidiens une saveur de Nouveau. C’est comme lorsque, par exemple, une maman met au monde son enfant : avant comme après, elle doit faire son ménage et ses courses, mais comme elle est heureuse de savoir qu’une vie nouvelle est apparue ! Dans sa maison tout prend désormais une couleur nouvelle.

*       *       *

Notre psaume 117 illustre cette joie : Rendez grâce au Seigneur ! Je ne mourrai pas !
C’est là aussi que nous trouvons ce verset que Jésus citait à ses contradicteurs : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, est devenue pierre d’angle (Mt 21:42).
Maintenant, si nous faisons attention à la mélodie grégorienne du Chant d’entrée, qui reprend le psaume 138, nous serons surpris de n’y relever aucun accent de “victoire”, vif, glorieux ; c’est au contraire un chant d'une intense gravité, tout discret, méditatif, splendide allusion à cette Pierre d'angle : invitation à recevoir très intimement la Résurrection, à la vivre dans une conversion profonde et profondément joyeuse.

*       *       *

Alleluia !

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28 mars 2021 7 28 /03 /mars /2021 00:00

28 MARS

 

?

S Castor, martyr à Tarse en Cilicie. 

III.

Ss Priscus, Malchus et Alexandre, martyrs à Césarée de Palestine.

? Ss Rogat et Successe, martyrs en Afrique.

IV.

S Cyrillos, diacre à Héliopolis, martyr : les païens lui arrachèrent le foie pour le dévorer.

V.

S Proterius, évêque en Alexandrie, martyrisé par les partisans de son rival hérétique.

S Hesychius (Isice), moine en Syrie, prêtre à Jérusalem, exégète.

VI.

S Gontran, petit-fils de Clovis, réel protecteur de l’Eglise, homme très généreux et d’une foi sincère ; ses immenses mérites couvrirent ses erreurs de polygamie.

VIII.

Ste Gundelinde, nièce de ste Odile, abbesse à Niedermunster.

S Hilarion, abbé à Pélécète, compté parmi les martyrs de l’iconoclasme.

IX.

B Tutilon, moine à Saint-Gall, artiste : poète, musicien, peintre, sculpteur.

XII.

S Etienne Harding, anglais, moine à Molesme, abbé à Cîteaux dont il fut co-fondateur avec s. Robert et Albéric ; il eut plusieurs apparitions de la Sainte Vierge.

XIII.

S Conone, religieux basilien en Sicile, invoqué contre les maux d’oreilles.

XIV.

B Antonio Patrizi, augustin, supérieur à Montalcino.

B Venturino, dominicain italien, thaumaturge, mort à Smyrne durant la croisade.

XV.

Bse Jeanne-Marie de Maillé, mariée à quinze ans, bientôt veuve puis repoussée de tous, mystique et recluse près des Franciscains à Tours.

XVI.

B Christopher Wharton, prêtre anglais, martyr à York.

XVIII.

Bse Renée Marie Feillatreau, épouse, guillotinée à Angers, béatifiée en 1984.

XX.

S Jozef Sebastian Pelczar (1842-1924), évêque à Przemysl, immensément actif, fondateur de la confrérie de Marie-Immaculée-Reine-de-Pologne et de la congrégation des Servantes du Sacré-Cœur, pour le soulagement de toute détresse en propageant le «règne de l’amour du Sacré-Cœur», béatifié en 1991, canonisé en 2003.

B Dedë Maçaj (1920-1947), prêtre albanais martyr, béatifié en 2016.

B Jean-Baptiste Malo (1889-1954), prêtre des Missions Etrangères, martyr au Laos, béatifié en 2016.

Marcus d’Altino

1er siècle

 

Un «manuscrit ancien» raconte que, converti par saint Pierre, Marcus parcourut diverses régions du Latium, fut arrêté à Altino (Chieti, Italie centrale) et sommé par le préfet d’adorer les dieux païens.

Ayant refusé de trahir sa foi, il fut condamné à mort. On lui enfonça deux grands clous dans la tête. 

Ce pouvait être vers 96, un 28 avril.

Une église fut bientôt construite sur le tombeau du Martyr, qui fut détruite plus tard. Des miracles se produisirent au 11e siècle, permettant de retrouver le corps et le chef de Marcus.

Cependant, le «manuscrit ancien» ayant semblé suspect à la critique scientifique, ce Marcus n’est plus inscrit au Martyrologe.

 

 

Castor de Tarse

?

 

Castor fut un martyr à Tarse en Cilicie (auj. Tarsus en Íçel, Turquie CS).

Certains lui ont adjoint un mystérieux Dorothée.

Le martyre aurait eu lieu durant une des premières persécutions ; donc au deuxième siècle ?

Si l’on ne sait absolument rien d’autre à son sujet, on rappellera cependant qu’il fut un digne «descendant» de s.Paul, lui aussi originaire de Tarse en Cilicie (cf. Ac 21:39 et 22:3).

Saint Castor de Tarse est commémoré le 28 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Priscus, Malchus et Alexander de Césarée de Palestine

† 260

 

Lors de la persécution de Dèce, à Césarée de Palestine, il y avait trois jeunes gens qui s’entretenaient chez eux des combats glorieux que leurs frères de religion soutenaient pour la foi au Christ. Ces réflexions les exaltaient, mais en même temps ils se reprochaient de rester là, cachés, sans rien faire d’autre qu’attendre.

Aussi, s’animant l’un l’autre, ils décidèrent d’aller sans attendre se présenter au juge, d’abord pour lui reprocher la cruauté de ses condamnations et pour affirmer clairement et fièrement qu’ils étaient chrétiens eux-aussi.

Le juge ne s’embarrassa pas de mots : il les fit livrer aux bêtes féroces.

Encore une fois, nous nous demandons si la décision de ces trois jeunes gens, pour courageuse qu’elle soit, n’était pas un peu présomptueuse, imprudente, téméraire. L’Eglise, qui a d’ordinaire blâmé cette attitude, a cependant considéré que la démarche des trois Martyrs ressemblait plutôt à une inspiration subite du Saint-Esprit.

Ils purent penser que, tôt ou tard, ils seraient eux-mêmes appelés à témoigner de leur foi ; que s’ils continuaient à se dissimuler, ils pourraient être considérés peureux et lâches ; reconnaissons leur détachement du monde, leur courage, leur sincérité ; quelle belle amitié !

Saints Priscus, Malchus et Alexander sont commémorés le 28 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cyrille d’Héliopolis

† 362

 

Cyrille était diacre à Heliopolis (auj. Baalbeck, Liban E).

Dès le règne de Constantin, qui accorda la libre expression du christianisme et la fin du paganisme, Cyrille déploya un zèle particulier pour combattre le culte des idoles.

Quand le vent tourna à l’avènement de Constance, Cyrille continua sur sa lancée courageuse, et à l’avènement de Julien l’Apostat, la mesure fut comble : les païens se déchaînèrent contre les Chrétiens et en particulier contre Cyrille. 

Les atrocités de son martyre ont rarement été égalées. Les païens ouvrirent le ventre du Diacre, en arrachèrent le foie et le mangèrent devant lui, comme l’auraient fait des bêtes de cirque (qui cependant n’adressaient pas d’insultes à leurs victimes).

Il paraît d’ailleurs que la justice divine ne tarda pas à se manifester à l’encontre des sauvages bourreaux.

Saint Cyrille d’Héliopolis est commémoré le 28 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Proterius d’Alexandrie

† 457

 

Proterius vivait en Egypte et fit partie du clergé d’Alexandrie.

En raison de son caractère doux et de toutes ses belles vertus, il reçut le sacerdoce, bien probablement des mains de s.Cyrille (v. 27 juin).

L’inconvénient de la situation fut que l’évêque, Dioscore, se montra double : d’un côté il s’attacha Proterius pour lui confier beaucoup de tâches diocésaines, de l’autre il pencha pour l’hérésie d’Eutychès, que ne partageait absolument pas Proterius.

En 451, au concile de Chalcédoine, Dioscore fut  même condamné pour ses positions, déposé et banni à Gangres (aujourd'hui Çankırı, Turquie CN). 

Pendant ce concile, ce fut Proterius qui fut chargé de diriger le diocèse, de sorte que, pour remplacer Dioscore, le choix se porta tout de suite sur Proterius. L’élection se fit presque sans difficulté, encadrée par le préfet aux ordres de l’empereur Marcien.

La difficulté vint du peuple, poussé par des agitateurs (en particulier des moines !), dont l’argument était qu’on ne pouvait élire un évêque du vivant de son prédécesseur. Ce fut au point que Proterius ne pouvait sortir sans une escorte armée. Pour en finir, le préfet fit couper les vivres à la population, en détournant le blé d’Egypte à Constantinople. L’Evangile fut vainqueur : sur les instances de Proterius lui-même en faveur de son peuple, la mesure fut annulée.

Proterius montra tout son zèle pour maintenir son peuple dans l’orthodoxie, et pour célébrer la Pâque selon la loi de l’Eglise.

L’agitation se poursuivit cependant ; un prêtre nommé Timothée Ælure et un diacre nommé Pierre Monge en furent les artisans acharnés. Ce fut au point que l’empereur dut faire chasser ce Timothée d’Alexandrie.

Mais à la mort de Dioscore, Timothée manœuvra pour se faire élire évêque, et réussit à se trouver deux évêques complaisants pour procéder à la cérémonie. Le gouverneur fit chasser Timothée, mais dut le rappeler pour éviter plus de tapage.

Chaque parti continuait donc de vivre et de célébrer les Saints Mystères, dans une communion qui sentait plutôt la plus totale désunion. Le Jeudi saint, 28 mars 457, pendant la cérémonie solennelle, toute une foule hostile envahit l’église où célébrait Proterius, qui fut massacré, piétiné et profané, puis traîné par les rues, enfin jeté sur un bûcher ; ses cendres furent dispersées au vent.

Timothée s’acharna sur le Martyre : il en raya le nom des diptyques, en brûla le trône, poursuivit toute sa famille.

Même si Proterius doit être considéré comme martyr, il n’est pas présenté comme tel dans le Martyrologe.

Saint Proterius d’Alexandrie est commémoré le 28 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gontran, roi

532-593

 

La Bible nous offre le récit de grands personnages dont la conduite n’a pas toujours été la meilleure. Ce qui est grand en David, ce ne sont pas ses combats, mais l’humilité avec laquelle il reconnut son péché d’adultère. David, Salomon, et bien d’autres après eux, tombèrent dans le péché, mais la miséricorde de Dieu fut encore plus grande : de la lignée de David naquit le Christ notre Sauveur.

Guntramnus, Gontran en français, naquit vers 532, de Clotaire Ier et d’Ingonde, il fut donc le petit-fils de Clovis et de sainte Clotilde (v. 3 juin). Il avait trois frères : Charibert, Sigebert, Chilpéric.

Lors du partage des terres de Clovis en 561, Gontran reçut le royaume d’Orléans avec la Bourgogne, et s’établit à Chalon-sur-Saône.

Sa première épouse, Veneranda, lui donna un fils, Gondebaud, qui mourut jeune et empoisonné ; sa deuxième épouse, Marcatrude, mourut après la mort de son bébé ; enfin Austrechilde lui donna deux garçons qui moururent aussi en bas âge, de la peste. Gontran épousa ensuite d’autres servantes.

En 567, il reçut une part de l’héritage de son frère Charibert, qui venait de mourir ;  en 577, il adopta le fils de Sigebert, Childebert ; on en a le texte : A cause de mes péchés, je suis demeuré sans enfants, je demande donc que ce neveu devienne mon fils.

On voit ici quels sentiments profonds animaient Gontran. Il protégea l’Eglise et garda la pureté de la foi, sans se laisser gagner par l’hérésie arienne. Il s’appuya même sur l’autorité des évêques et des conciles qu’il fit réunir, à Lyon, Chalon-sur-Saône, Mâcon, Valence.

Quand son frère Chilpéric fut assassiné, il répara les violences commises par ce dernier en remettant à l’Eglise des terres, aux pauvres des aumônes.

Si Gontran tomba encore dans le péché vers la fin de sa vie, il faut convenir qu’il y eut en lui une somme de vertus suffisante pour servir de base au culte que l’Eglise lui a rendu : foi vive, grande générosité, déférence à l’égard des évêques - et aussi le don des miracles. Pécheur comme le roi David, il eut la grâce d’effacer ses fautes par ses jeûnes, ses veilles, ses larges aumônes ; la piété fut le principal fondement de sa politique ; il défendit l’Eglise jusqu’au péril de sa vie et fit respecter les canons dans l’élection des évêques.

Lors des fléaux qui s’abattirent en 580 sur ses Etats (tempêtes, incendies, inondations, tramblements de terre, l’épidémie du feu de saint Antoine), Gontran fit apporter toute l’assistance possible aux malades et aux victimes. Il invita la population à jeûner au pain et à l’eau et à se rassembler dans les églises pour implorer la miséricorde divine. Lui-même passait les nuits en prières, jeûnait, s’offrait à la justice de Dieu comme victime pour ses sujets. Sa dévotion s’accrut encore durant les dernières années de sa vie.

Un autre événement montrera encore sa magnanimité, et concernant le droit d’asile, qu’il respecta profondément. Ses généraux furent entièrement battus en 586 par les Visigoths d’Espagne, et se réfugièrent dans la basilique d’Autun. Leurs erreurs de tactique et de commandement leur méritaient des peines graves : Gontran se présenta en personne à eux, les blâma sévèrement et les menaça, mais se contenta d’en destituer quelques-uns et donna à tous la grâce de la vie.

Longue est la liste des monastères qu’il enrichit de domaines ou qu’il fonda, à Autun, Dijon, Chalon, Genève, Mâcon ; c’est lui qui donna à Colomban (v. 23 novembre) les terrains pour la fondation de Luxeuil (585), qui contribua à la création du diosèse de Saint-Jean-de-Maurienne.

Signalons aussi son amour du chant liturgique ; devant des évêques avec lesquels il partageait la table, il invita les diacres présents à chanter un psaume, vers le milieu du repas.

Saint Grégoire de Tours (v. 17 novembre), son contemporain et biographe, affirma avoir été témoin de guérisons miraculeuses opérées par Gontran en faveur de victimes du choléra.

Gontran mourut le 28 mars 592 ou 593.

En raison des douloureux événements familiaux qui marquèrent Gontran et sa parenté, on a été amené à l’invoquer pour les personnes divorcées et pour ramener la paix au milieu des querelles familiales.

De son saint corps qui était conservé à Chalon, on n’a pu sauver de la hargne des Huguenots que le crâne ; un bras, qui se trouvait en la cathédrale de Saint-Jean-de-Maurienne, disparut en 1793.

Saint Gontran est commémoré le 28 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hilarion du Pélécète

† 754

 

Les mots français issus du grec prennent un h pour rappeler qu’en grec le même mot commençait avec un «esprit rude» ou aspiration. Actuellement la lettre h est propre au français, qui d’ailleurs ne la prononce pas. On pourrait écrire aussi bien Ilarion ; les prénoms Thérèse et Nathalie ont reçu un h qui n’a vraiment aucune justification, sinon celle de compliquer notre orthographe.

Hilarion, donc, était grec d’origine. Devenu moine, son caractère enjoué le fit désigner pour être nommé higoumène (supérieur) du monastère du Pélécète au Mont Olympe (Grèce N).

Il fit refleurir autour de lui la vie monastique.

On raconte de lui qu’il n’hésita pas, un jour, à vêtir un pauvre de l’unique habit qu’il portait, poursuivant ensuite sa route jusqu’au monastère. Mais il était tellement humble et simple, qu’il considérait son geste tout naturel.

Un autre moine, Joseph l’Hymnographe (v. 3 avril), le considère comme un martyr de l’iconoclasme, dont il souffrit beaucoup. Mais il ne semble pas qu’il soit mort en martyr.

Il y eut d’autres Hilarion, et celui-ci a été surnommé le Nouveau.

Saint Hilarion de Pélécète est commémoré le 28 mars dans le Martyrologe Romain.

Etienne Harding

1060-1134

 

Le prénom de baptême d’Etienne fut certainement Stephen. Il naquit vers 1060 à Meriot (Dorset, Angleterre).

Très jeune, il fut confié à la voisine abbaye de Sherborne, dont il sortit pour pérégriner en Ecosse, puis à Paris, puis à Milan et Rome. Au retour, vers 1085, il s’arrêta à Molesme (une bonne fois pour toutes, remarquons que cette cité n’a pas d’s à la fin, contrairement à Solesmes, autre centre bénédictin).

On sait qu’à Molesme, la réforme voulue par saint Robert fut difficile (v. 17 avril). Quand ce dernier préféra partir, Albéric (v. 26 janvier) partagea avec Etienne le gouvernement de l’abbaye. Ils partirent eux-aussi, mais les moines les rappelèrent tous les trois - pour un temps seulement. C’est alors qu’eut lieu la fondation de Cîteaux, en 1098.

Dès 1099, Robert dut à nouveau obéir et revenir à Molesme. A Cîteaux, Albéric fut abbé et Etienne prieur. Quand Albéric mourut (1109), Etienne s’éclipsa pour éviter d’être élu abbé, mais unanimement les moines l’élurent comme successeur d’Albéric, donc comme troisième abbé de Cîteaux.

Etienne imposa la pauvreté réelle, excluant l’or et l’argent (sauf peut-être pour les calices et le chalumeau servant à la communion sous les deux Espèces). Il pria le seigneur Eudes de ne point paraître à l’abbaye avec toute sa cour d’élégances - ce que l’intéressé prit très mal, et il retira à l’abbaye ses munificences.

Sans s’inquiéter de cette extrême indigence, Etienne manda un des frères au marché de Vézelay, avec trois pièces de monnaie, tout ce qu’il lui restait. La Providence conduisit justement ce frère auprès d’un mourant de Vézelay, qui lui paya tout le nécessaire pour subvenir aux nécessités de l’abbaye.

Il y eut d’autres difficultés : les monastères alentours critiquèrent l’œuvre d’Etienne, le taxant de novateur et peut-être même de schismatique. Plusieurs frères moururent… Avait-il vu juste ? Dieu permit qu’un des moines défunts lui apparût quelque temps après sa mort ; il le consola et le rassura : il y aurait bientôt une foule de moines autour d’Etienne. Effectivement, c’est en 1112 que vint frapper un certain Bernard avec vingt compagnons, ce Bernard qui, de Clairvaux, allait remplir l’Europe de sa parole douce, théologique et mariale (v. 20 août).

Dès lors, Cîteaux eut d’autres abbayes-filles : La Ferté, Pontigny, Clairvaux, Morimond, qui essaimèrent à leur tour. Du vivant même d’Etienne, il se fonda soixante-dix abbayes cisterciennes.

Etienne organisa un chapitre annuel pour veiller au maintien de la Règle. Il visita tous les monastères. En 1119, le pape approuva les constitutions : la Charte de Charité, qui expose les premières coutumes de l’Ordre, est généralement considérée comme l’œuvre d’Etienne, la règle d’or de Cîteaux.

De ses voyages à Milan et Rome, puis à Metz, Etienne avait rapporté une grande quantité de documents originaux, d’hymnes, d’antiennes, de mélodies. Il écrivit que ce sont ces hymnes ambrosiennes que notre bienheureux père et maître Benoît nous invite à chanter dans sa règle.

Les copistes de Cîteaux transcrivirent, sous la vigilance d’Etienne, la Bible de Cîteaux, qui reprend le texte  biblique latin de saint Jérôme (v. 30 septembre), complété des versions connues de l’hébreu, après consultation de divers rabbins. Ces précieux parchemins, enluminés dans un style tout cistercien, se trouvent à la Bibliothèque de Dijon.

Avec Bernard, Etienne participa au concile de Troyes, où fut reconnu l’Ordre des Templiers (1128) ; en 1132, il rencontra encore le pape en visite en France.

Avant de conclure, signalons qu’Etienne fut favorisé de plusieurs apparitions de la Très Sainte Vierge.

Les  yeux fatigués d’Etienne ne lui permettaient plus de conserver sa place. En 1133, il démissionna et mourut saintement l’année suivante, le 28 mars 1134.

Sa canonisation date de 1623.

 

 

Conone Navacita de Naso

1139-1236

 

On sait qu’il naquit le 3 juin 1139 à Naso (Messina, Sicile), d’Anselmo Navacita et Claudia (ou Apollonia) Santapau, de riches propriétaires. Son nom de baptême fut Conone, mais les habitants l’ont communément appelé Cono.

Il était seul héritier de ses parents, mais à quinze ans, il alla frapper à la porte des Pères basiliens, non loin de Naso.

Après avoir donné toutes les preuves de son attachement à la Règle, à la pratique de toutes les vertus, il fut envoyé à Fragalà, où il connut s. Lorenzo Ravì (v. 30 décembre).

C’est là que les Supérieurs le jugèrent parfaitement digne de recevoir le Sacerdoce et Conone fut ordonné.

Il obtint cependant de pouvoir vivre comme anachorète dans la grotte de Rocca d’Almo : là, il dégustait des herbes sauvages, dormait confortablement sur la terre nue, et priait jour et nuit.

Durant une absence prolongée de l’abbé, il fut appelé à le remplacer puis fut même élu abbé, malgré son jeune âge.

Mais les bons moines n’avaient pas vraiment besoin de lui, tant ils cultivaient tous l’amour de Dieu et de la sainteté. Conone obtint la permission de partir en pèlerinage à Jérusalem.

A son retour, il apprit la mort de ses deux parents. Il vendit alors tout l’héritage qui lui revenait, le donna aux pauvres, passa au monastère et se retira à nouveau dans sa grotte.

Sa retraite fut à nouveau tourmentée par une pénible calomnie lancée contre lui. Une jeune fille du pays en effet, tombée dans le péché, accusa Conone d’être responsable de sa chute. On vint arrêter l’innocent anachorète, on le jugea et on le condamna à être fouetté, nu, sur la place publique. Mais quand on aperçut le corps malingre, couvert de plaies, déchiré par le cilice, on acclama l’innocence de Conone et on le raccompagna à sa grotte, au milieu des cris de joie des habitants.

Conone mourut à quatre-vingt dix-sept ans, toujours à Naso, le Vendredi saint 28 mars 1236 et, malgré ce jour, les cloches se mirent à sonner d’elles-mêmes. Quand les habitants vinrent voir ce qui s’était passé dans cette grotte, ils virent Conone, mort, immobile, dans un état extatique et soulevé de terre.

Saint Conone mit en déroute des Turcs au début du 16e siècle, en apparaissant en face d’eux, portant la Croix et la Bible, les deux Réalités qu’ils refusent ; localement on le fête aussi le 5 mars et le 28 décembre, jours anniversaires de deux tremblements de terre (1823 et 1906).

On invoque saint Conone pour les maux d’oreilles et de nez. La ville de Naso a ajouté dans son blason ces organes, et les habitants ont coutume de répéter : Il faut avoir un bon nez, bien écouter et parler peu».

Le Martyrologe commémore saint Conone, Conus en latin, au 28 mars.

 

 

Antonio Patrizi de Monticiano

1280-1311

 

Antonio naquit le 17 janvier 1280 à Sienne (Toscane, Italie C), de Pietro et Ginevra, de famille noble romaine, qui lui donnèrent au baptême le nom du Saint du jour, le saint ermite Antoine.

Obéissant à ses parents, sensible aux nécessités des pauvres, très dévôt envers la Sainte Vierge, il fut confié à sept ans aux Dominicains.

A douze ans, il se consacra à Dieu et à la Reine des Anges ; il savait déjà à cet âge se priver pour donner aux pauvres son repas ou son habit. C’étaient parfois papa et maman qui n’étaient pas très satisfaits…

Un 24 décembre, dans l’église où il était en prière, il eut l’inspiration divine de se rendre le lendemain à l’hôpital. Il y rencontra Pietro Piccolomini, qui l’engagea à l’accompagner jusqu’à l’ermitage de Lecceto.

L’histoire ne dit pas comment s’y prit Antonio pour convaincre les parents, mais le fait est que dès le lendemain, 26 décembre, il quittait la maison familiale et rejoignait Lecceto, chez les Ermites de Saint-Augustin, où il commença sans tarder le noviciat.

Au terme du noviciat, Antonio fut envoyé à Monticiano, qui allait être sa ville adoptive. Il y fut aussi nommé prieur.

Dans le monastère, il était assidu aux offices et aux travaux, à l’extérieur, il prêchait, convertissait pécheurs et mécréants, et soulageait les pauvres.

En 1311, il alla trouver un ami, pieux ermite, nommé Pietro de Collegonzi. Au retour, il succomba à la fatigue et à la maladie et mourut vers minuit du 23 avril 1311.

Peu de temps après ses funérailles, on vit des lys blancs fleurir sur sa tombe et l’on trouva son corps incorrompu.

Antonio fut béatifié en 1804.

Malgré la date de sa mort, sa fête se célèbre le 28 mars, son dies natalis au Martyrologe.

 

 

Jeanne-Marie de Maillé

1331-1414

 

Jeanne-Marie naquit au château de La Roche (Tours, Indre-et-Loire), fille d’Hardouin et de Jeanne de Montbazon.

A onze ans, elle eut une apparition de Notre-Dame, qui lui recommanda de méditer souvent sur la Passion du Christ. Elle se donna alors entièrement à Dieu.

La maladie l’attaqua : sa mère fit alors un vœu à saint Jacques (l’apôtre, vénéré à Compostelle) et Jeanne guérit.

Après la mort de son père, elle chercha à imiter Jésus-Christ de plus en plus intensément.

Et voilà qu’on voulut la marier, en 1346, à un certain Robert de Sillé. Jeanne le connaissait depuis l’enfance, car elle lui avait sauvé la vie en le tirant de la noyade par ses prières. Se marier n’était pas du tout conforme au vœu de Jeanne, mais humblement elle se soumit, redoublant de prières. Celles-ci furent suffisamment efficaces pour convaincre Robert de vivre dans la continence totale avec son épouse.

Ce jeune seigneur devait bientôt se signaler lors de la bataille de Poitiers (1356), où une blessure le rendit boîteux plusieurs années ; fait prisonnier par les Anglais ou leurs alliés, il devait payer une énorme rançon et, pour s’en acquitter, vendre toutes ses propriétés ; les deux époux furent ruinés totalement et voués à la misère. Robert mourut peu après sa délivrance en 1362 ou 1363. Cette union avait duré quinze ans.

Les parents de Robert ne tardèrent pas à rendre Jeanne responsable de la perte de leurs biens et l’expulsèrent du château de Silly.

Réduite à mendier, Jeanne se retira dans une chaumière à Tours, non loin de la basilique Saint-Martin. Elle suivait l’office nuit et jour, et occupait son temps aux bonnes œuvres, visitant les malades et les lépreux. L’un de ceux-ci guérit par son intervention.

En même temps, elle s’imposait de fortes pénitences, avec ceintures de fer, cilices, disciplines ; inutile de dire qu’elle mangeait peu, réduite à une telle pauvreté ; en plus de ses mortifications, elle avait encore le «luxe» de dormir sur la dure, à même le sol.

Elle guérit d’une grave maladie et, en reconnaissance, alla trouver l’archevêque de Tours, entre les mains duquel elle fit vœu de chasteté perpétuelle, et alla dans sa propre famille pour remettre à ses proches tout ce qui pouvait lui rester comme possessions.

Les religieuses de l’hôpital la reçurent et lui confièrent le soin de quelques malades (surtout les cas les  plus difficiles), mais des personnes jalouses obligèrent les religieuses à la renvoyer ; ce fut la même chose chez les religieuses de Beaumont. Jeanne trouva un ermitage à Planche les Vaux, où elle resta quelques années, jusqu’en 1386.

La dernière partie de sa vie se passa à Tours, dans un petit réduit adossé au couvent des Cordeliers, comme s’appelaient les Franciscains Observants en France. Si elle put y trouver une relative tranquillité, elle ne diminua pas ses austérités.

Repoussée par ses proches, elle fut en revanche consultée par beaucoup de personnalités, jusqu’à Angers, à Paris et à la cour du roi. Jeanne s’offrit particulièrement aussi pour faire cesser le schisme d’Occident ; elle apprit ainsi par révélation que le schisme cesserait. Ses prières obtinrent de nombreuses conversions.

Elle obtint du roi la libération des prisonniers de Tours et, comme le ministre tardait à obéir aux ordres royaux, elle fit ouvrir les portes de la prison par sa prière. Elle obtint même la non-exécution d’un condamné à mort et sa libération totale.

Elle annonça la venue du roi Charles VI à Tours, et convainquit les belles dames de la cour à renoncer à leurs beaux atours.

En 1412, Jeanne obtint encore une grâce extraordinaire : dans son désir extrême de subir le martyre par amour pour Notre-Seigneur, et méditant dans une église de Châtellerault sur le martyre de saint Etienne (v. 26 décembre), elle obtint de recevoir une grêle de pierres «mystiques», qui ne la blessèrent pas, mais lui causèrent une intense sueur sur tout le corps.

Elle mourut peu après, le 28 mars 1413 : elle avait quatre-vingt deux ans.

L’enquête en vue de sa béatification commença très vite, mais fut retardée par les événements d’Avignon et de Rome ; en 1562, les Huguenots profanèrent la tombe de Jeanne-Marie : il n’en resta que quelques ossements ; en 1791, l’église où ils se trouvaient fut dévastée puis démolie.

Le culte rendu à Jeanne-Marie se perpétua ; il fut reconnu en 1871 et la bienheureuse Jeanne-Marie est commémorée au Martyrologe le 28 mars.

 

 

Christopher Wharton

1545-1600

 

Né avant 1546 à Middleton (Yorkshire), Christopher, jeune frère de Thomas, était le fils d’Henry Wharton et d’Agnes Warcop.

Il étudia au Trinity College d’Oxford, prit ses grades en 1564 et devint Compagnon.

En 1583, on le trouve au Collège anglais de Reims, où il reçoit le sacerdoce en 1584 et où il continue des études jusqu’en 1586.

A cette date, il quitte Reims avec un collègue, Edward Burden (v. au 29 novembre).

On ne connaît pas exactement ses activités une fois revenu en Angleterre, mais le juge de son procès affirma l’avoir rencontré à Oxford après 1596.

Christopher fut arrêté en 1599 chez Madame Eleanor Hunt et tous deux furent enfermés au York Castel, où on leur imposa des sermons de teneur protestante.

Christopher et Eleanor passèrent en jugement début 1600. Le prêtre fut condamné pour haute trahison, sa protectrice (qui mourut en prison), pour crime (de catholicisme). Ils refusèrent la liberté qu’on leur proposait s’ils acceptaient de se conformer (à la religion d’Etat).

Le bienheureux Christopher fut exécuté à York le 27 mars 1600.

Il aurait été béatifié en 1987 et le Martyrologe le mentionne comme Bienheureux. Mais la Catholic Encyclopedia  le réfère seulement comme Vénérable.

 

 

Renée-Marie Feillatreau

1751-1794

 

Renée-Marie était née le 8 février 1751 à Angers (Maine-et-Loire).

Ayant épousé le sieur Dumont, elle avait élevé dix enfants, puis fut veuve.

Admirable chrétienne, elle rendait de grands services à l’Eglise. Son attachement aux pauvres et aux prêtres réfractaires, au nom de la foi chrétienne, ne fait aucun doute.

Le 5 décembre 1793, elle se trouvait dans la maison d’un chanoine de la cathédrale d’Angers, qui avait péri dans les noyades de Nantes.

C’est là qu’elle fut arrêtée et internée au château.

Le 18 mars suivant, elle comparut devant le Comité révolutionnaire, qui s’était installé dans les locaux de l’évêché. Elle déclara alors qu’elle préférait mourir que renoncer à sa religion.

Le 28 mars 1794, elle fut traduite devant la Commission militaire, qui la condamna à mort.

Elle fut guillotinée le jour même.

Renée-Marie fut béatifiée en 1984.

Józef Sebastian Pelczar

1842-1924

 

Józef Sebastian Pelczar naquit le 17 janvier 1842, dans la petite ville de Korczyna (Krosnoa), au pied des Carpates (Pologne). Il y passa son enfance, en grandissant dans l’atmosphère de piété propre à l’ancienne Pologne, entouré de ses parents, Wojciech et Marianna née Miesowicz. 

Il débuta sa scolarité à l’école populaire de Korczyna, et après deux années, remarquant les prédispositions exceptionnelles de l’enfant, ses parents l’envoyèrent à l’école principale de Rzeszow, puis au collège-lycée de cette ville.

Tandis qu’il était encore au collège, Józef Sebastian décida de se consacrer au service de Dieu. Nous pouvons lire dans ses mémoires : Les idéaux terrestres se fanent. Je vois l’idéal de la vie dans le sacrifice, et l’idéal du sacrifice – dans le sacerdoce

Après le collège, il fut admis au Petit séminaire puis, en 1860, commença des études de théologie au Grand séminaire de Przemysl.

Ordonné prêtre en 1864, il travailla pendant un an et demi comme vicaire à Sambor. 

Envoyé à Rome pour continuer ses études (1866-1868), il fréquenta le Collegium Romanum (l’actuelle Université Grégorienne) et l’Institut Saint-Apollinaire (l’actuelle Université du Latran). Il en retira un savoir approfondi et surtout un amour indéfectible pour l’Eglise et son chef visible, le Pape. 

Peu après son retour au pays natal, on lui confia un poste de professeur au Grand séminaire de Przemysl, puis durant vingt-deux ans à l’université Jagellone à Cracovie. En sa qualité de professeur et de doyen de la faculté de théologie, il fut unanimement considéré comme un homme cultivé, un organisateur remarquable, proche de la jeunesse. Pour lui exprimer sa reconnaissance, l’université de Cracovie l’éleva à la dignité de recteur de l’Almæ Matris (1882-1883).

Pour accomplir son idéal de prêtre et de Polonais œuvrant avec piété pour son peuple, l’abbé Pelczar, outre son activité scientifique, se dépensa sans compter en faveur de l’action sociale et caritative. Il fut membre actif de la Société Saint-Vincent de Paul, et président de la Société de l’Instruction Populaire. Durant les seize années où il occupa cette fonction, la Société créa plusieurs centaines de bibliothèques, dispensa des cours gratuits, diffusa dans le peuple plus de cent mille livres et ouvrit une école pour jeunes filles au pair. 

En 1891, l’abbé Pelczar fonda la Confrérie de Marie Immaculée Reine de Pologne. Il lui assigna une double tâche, religieuse, mais aussi sociale : apporter aide et protection aux artisans, aux pauvres, aux orphelins et aux employées de maison (avec une attention spéciale pour les malades et les chômeurs).

Discernant dans les problèmes de son époque des appels de Dieu, et pour y répondre, il fonda en 1894, à Cracovie, la Congrégation des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus pour propager le Royaume de l’Amour du Sacré-Cœur. Il voulait que les Sœurs fussent signe et instrument de cet Amour auprès des jeunes filles, des malades et de toute personne en détresse morale et matérielle.

En 1899, il fut nommé évêque auxiliaire puis, un an plus tard, évêque du diocèse de Przemysl. Il choisit pour devise : Tout pour le Très Saint Cœur de Jésus à travers les mains immaculées de la Très Sainte Vierge Marie. Durant les vingt-cinq années de son épiscopat, il demeura un pasteur ardent, soucieux du bien des âmes qui lui étaient confiées.

Malgré sa santé précaire, Mgr Pelczar se consacra sans relâche à l’activité religieuse et sociale. Pour encourager les fidèles à réveiller en eux-mêmes l’esprit de foi, il visitait souvent les paroisses et veillait particulièrement à élever le niveau moral et intellectuel du clergé. 

Il donnait d’ailleurs lui-même l’exemple d’une profonde piété, qui s’exprimait par sa dévotion personnelle au Sacré-Cœur de Jésus et à la Mère de Dieu. Adorateur fervent du Saint-Sacrement, il encourageait les fidèles à participer à l’adoration eucharistique. Pour faciliter leur participation, il fit ouvrir les églises plus longtemps dans la journée. Grâce à ses efforts, de nouvelles églises et chapelles furent édifiées, d’autres furent restaurées. Malgré un contexte politique défavorable, il réunit trois synodes diocésains, qui donnèrent une assise juridique à ses différentes initiatives, les rendant solides et durables.

Monseigneur Pelczar, sensible aux besoins de ses fidèles, entoura d’une grande sollicitude les personnes les plus démunies de son diocèse. Parmi ses nombreuses initiatives, il faut citer des garderies pour les enfants, des cuisines populaires, des foyers pour les sans-abri, des écoles ménagères pour les jeunes filles, des études gratuites dans les séminaires pour les garçons issus de familles pauvres. Il dénonçait le sort malheureux des ouvriers et se préoccupait des problèmes causés à l’époque par l’émigration et l’alcoolisme. Dans ses lettres pastorales, publications et discours, il préconisait le respect scrupuleux des directives du pape Léon XIII, consignées dans ses encycliques sociales.

Comblé par Dieu de grands talents, il ne les gaspilla pas, mais les multiplia et les fit croître. On retiendra, pour preuve de son inlassable activité, son œuvre imposante d’écrivain, qui comprend des ouvrages théologiques, historiques, des traités de Droit Canon, des manuels et des livres de prières, ainsi que des lettres pastorales, des discours et des homélies.

L’abbé Antoni Bystrzonowski, ancien élève et remplaçant de l’abbé Pelczar comme professeur à la chaire universitaire, le jour de ses obsèques déclara à son sujet :

Le défunt évêque de Przemysl réunissait en sa personne les plus belles qualités et les plus grands talents propres à l’épiscopat. (Il a montré) un zèle pastoral inlassable, un esprit d’initiative énergique dans l’action, la lumière d’une grande science et une sainteté de vie sans doute plus grande encore, mais, par dessus-tout, il demeure l’exemple et le modèle d’un travailleur exceptionnel, accomplissant son labeur avec une ardeur toujours nouvelle

Monseigneur Pelczar mourut dans la nuit du 27 au 28 mars 1924.

 

Les reliques du bienheureux Józef Sebastian reposent dans la cathédrale de Przemysl. A Cracovie, le bienheureux Józef Sebastian est particulièrement vénéré dans l’église des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus, dans une chapelle qui lui est consacrée. 

Józef Sebastian a été béatifié en 1991, puis canonisé en 2003.

Le Martyrologe Romain commémore saint Józef Sebastian au 28 mars. Mais cette date coïncidant toujours avec le temps du Carême et même parfois de la Semaine Sainte, on célèbre en Pologne la fête liturgique au 19 janvier.

 

 

Dedë Maçaj

1920-1947

 

Dedë Maçaj naquit le 5 février 1920 à Mal i Jushit (Shkodrë, Albanie).

Après le séminaire de Shkodra, il étudia à Rome.

Durant son service militaire, il souffrit déjà le mépris et les mauvais traitements, en raison de sa foi.

Ordonné prêtre en 1944, il fut curé adjoint à Shkodra ; on le disait diligent, compatissant, volontaire.

Il fut arrêté le 10 mars 1947 sous l’accusation habituelle d’être un espion du Vatican.

Après des tortures indescriptibles, Dedë fut exécuté à Përmet, le 28 mars 1947, devant les soldats du régiment et piétiné par des fanatiques communistes, comme en a témoigné un compagnon d’armes.

Dedë Maçaj fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 28 mars.

 

 

Jean-Baptiste Malo

1889-1954

 

Jean-Baptiste naquit le 2 juin 1889 à La Grigonnais (Loire Atlantique), de fermiers modestes, et fut baptisé le jour-même.

C’est dans la commune voisine de Vay, qu’il reçut son éducation et sa formation.

En 1928, il entra aux Missions Etrangères de Paris et fut ordonné prêtre en 1934.

Sa première mission fut à Lanlong (Anlong, Guizhou, Chine), où il apprendra le chinois auprès d’un autre missionnaire, le père Pouvreau.

Le père Malo visita inlassablement les communautés chrétiennes, menacées par les troupes communistes et qui n’avaient pas revu de prêtres parfois depuis vingt ans. Il fonda quatre écoles.

En 1951, arrivèrent les communistes. Le père Malo fut une première fois arrêté et expulsé de Chine.  Il était déjà très affaibli et malade, et dut aller se reposer à Hong-Kong, puis en France ; revenu au Laos, il fut affecté à la mission de Thakhek.

Après la proclamation de l’indépendance du Laos, les troupes viêt-minh communistes envahiront peu à peu le pays ; le père Malo sera contraint de se réfugier vers Paksé, au sud.

Le 15 février 1954, le père Malo tombera dans une embuscade ; arrêté, brutalisé, interrogé, il fut acheminé vers un «camp de rééducation», où il ne pourra arriver, épuisé de faim et de mauvais traitements.

Le 28 mars 1954, troisième dimanche de carême, s’acheva son chemin de croix. Enterré de façon sommaire, son corps fut transféré en 1999 à la paroisse de Vĩnh Hi (Vũ Quang, Hà Tĩnh, Vietnam).

Le père Jean-Baptiste Malo a été béatifié le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 28 mars dans le Martyrologe Romain.

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27 mars 2021 6 27 /03 /mars /2021 00:00

Veillée pascale - ABC

Durant la messe de minuit, huit lectures sont proposées, avant l’évangile, dont particulièrement la troisième et la huitième sont toujours lues : le récit du passage de la Mer Rouge, et l’épître de saint Paul.

Des esprits rationalistes ont objecté que ce “passage de la Mer Rouge” n’avait rien de très spectaculaire puisque la région du nord de la Mer Rouge est marécageuse, peu profonde, et qu’elle permettait certainement un passage facile vers l’ouest - mais ceci n’explique pas bien pourquoi les Hébreux seuls aient pu passer, et pas les Egyptiens.

Il a aussi été fait remarquer qu’on n’avait trouvé dans la Mer Rouge nulle trace de tremblement de terre ou de glissement de terrain, qui eût pu expliquer ce déplacement gigantesque des eaux - à quoi on aura plaisir à répondre que c’est justement la marque d’un miracle, de ne pas laisser de traces après son passage ! Un tsunami opère quelque peu différemment…

On a aussi fait remarquer que toute l’histoire du “peuple opprimé par l’esclavage en Egypte” n’était qu’une fable épique, puisqu’on n’avait trouvé aucun texte mentionnant une quelconque allusion à l’esclavagisme en ce pays, et donc que les Hébreux n’ont jamais été opprimés en Egypte. Conclusion un peu rapide d’une observation plutôt élémentaire. Les historiens d’un pays se vanteront-ils jamais d’avoir réduit en esclavage tout un peuple étranger ? Les soldats de l’époque nazie ont-ils consigné minutieusement les horreurs qu’ils ont accomplies dans leur folie ? Ou ceux de la révolution espagnole de 1936 ? Ou ceux qui en 1794, ont “pacifié” (?) la Vendée en rasant au sol des centaines de localités, tuant, brûlant des centaines d’hommes, femmes, vieillards et enfants ?

Faisons aussi cette supposition : dans vingt siècles, lira-t-on des textes de notre époque racontant que les ouvriers étaient réduits à l’esclavage, qu’ils travaillaient jour et nuit, pour un salaire dérisoire, et qu’en-dehors de leurs impôts, ils devaient chaque mois restituer la moitié de leur gain en taxes diverses ? Et que pour gagner un peu plus, ils devaient travailler père et mère, laissant leurs enfants seuls à la maison ? Et il ne manquera pas alors de “spécialistes” qui affirmeront haut et fort que l’esclavage ayant été officiellement aboli en 1848, notre pays n’a plus connu cette plaie depuis le XXe siècle ; ils diront aussi que tous les programmes d’élections comportaient un souci marqué pour protéger la famille et que - donc - les enfants recevaient certainement une éducation exemplaire dans les familles. Voilà comment l’on fabrique parfois l’histoire.

Il reste que, comme pour le Déluge, cet épisode de la traversée des eaux anticipe le Baptême que recevront les chrétiens à partir de Jésus-Christ. La célébration la plus authentique de ce Sacrement devrait être l’immersion totale dans l’eau, ce que firent les premiers chrétiens, ce que conservèrent nos frères de l’Orthodoxie et quelques autres communautés chrétiennes ; par bonheur, ce rite se fait jour à nouveau ici et là, à la fois réaliste et impressionnant.

En s’immergeant par trois fois dans l’eau, le néophyte “meurt” comme le Christ resta trois jours dans les liens de la mort - certes, pas trois jours entiers, mais le Vendredi soir, le Samedi, et le Dimanche matin ; immergé dans cette eau, le baptisé ressort ressuscité, et purifié totalement. Cette purification est tellement radicale que le Nouveau-né chrétien n’a pas besoin du Sacrement de la Réconciliation pour recevoir l’Eucharistie.

Nous, qui sommes malheureusement retombés quelques fois dans le péché depuis notre baptême, nous avons le devoir de nous purifier, justement, au moins une fois l’an, au moment de la fête de Pâques, pour participer pleinement à la Résurrection du Christ, en ressuscitant dans Sa Vie. Ne restons pas couchés dans la mort. Disons fermement NON  au mal, à nos penchants mauvais. Ecoutons bien maintenant l’appel urgent de saint Paul :

“Si nous avons été mis au tombeau avec Lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle”.

Prions pour tous ceux qui reçoivent le Baptême cette nuit, pour tous ces nouveaux Chrétiens de toutes les nations, dans le monde entier.

Rendez grâce au Seigneur, car il est bon (Ps 135).

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27 mars 2021 6 27 /03 /mars /2021 00:00

27 MARS

 

-IX.

S Ananias (Hanani), prophète qui blâma le roi et fut mis en prison (2Ch 16:7-10).

II.

Ss Philet, Lydie, Macédone, Théoprépide, parents et leurs enfants avec le chef de la milice Amphiloque et le greffier Chronidas, torturés en Illyrie, d’où leur titre de martyrs.

IV.

Ss Zanitas, Lazare, Marotas, Narsès, Elie, Habib, Sembeth, Marès et Sabas, martyrs en Perse.

V.

Ste Augusta de Ceneda, vierge martyre, décapitée sur ordre de son père.

VI.

Ss Dominique et Védulphe, évêques à Arras ; Védulphe transféra le siège à Cambrai.

VIII.

S Rupert, évêque à Worms, fondateur d’une église et d’un monastère qui furent l’origine de Salzburg.

IX.

S Paul, évêque à Corinthe, demeuré attaché à l’Eglise Romaine malgré le schisme.

XI.

S Matthieu, noble soldat croisé, prisonnier des Sarrasins, décapité ; il “rusa” pour être exécuté “le même jour que mon Seigneur Jésus”, dit-il.

XII.

S Gélase, évêque à Armagh.

XIII.

B Pellegrino de Falerone, ami du b. Rizziero, frère lai franciscain ; son corps resta sans corruption longtemps après sa mort, à trente-trois ans ; on l’invoque contre les maux de dents.

XIV.

Bse Panacea, vierge près de Novare, martyrisée à quinze ans par sa marâtre qui lui enfonça des fuseaux dans la tête parce qu’elle priait ; invoquée contre l’épilepsie.  

XIX.

B Jo Yong-sam Petrus, laïc coréen martyr, mort en prison, béatifié en 2014.

B Louis-Edouard Cestac, basque, fondateur des Servantes de Marie, béatifié en 2015.

B Francesco Faà di Bruno, prêtre italien, dédié à la promotion sociale et spirituelle de la femme, organisateur ingénieux et innovateur, béatifié en 1988.

XX.

B Henri Grialou (Eugène-Marie de l'Enfant-Jésus, 1894-1967), prêtre carme français, fondateur de l'institut Notre-Dame de Vie, béatifié en 2016.

Giuseppe Ambrosoli (1923-1987), médecin et prêtre italien, missionnaire combonien en Ouganda, béatifié en 2021.

Hanani, prophète

9e siècle avant Jésus-Christ

 

Le prophète Hanani (Ananias) intervint auprès d’Asa, roi de Juda (911-870).

Ce dernier avait fait disparaître l’idolâtrie de son royaume et, pour cela, avait reçu la bénédiction de Dieu : Il n’y eut point de guerre jusqu’à la trente-cinquième année du règne d’Asa (2Chr 15:19).

C’est alors que le roi d’Israël, Basha, marcha contre Asa. Ce dernier fit alors alliance avec son voisin de Syrie et ils repoussèrent Basha.

Ce fut l’occasion de l’intervention d’Hanani, qui vint dire au roi Asa : Parce que tu t’es appuyé sur le roi d’Aram et non sur Yahvé ton Dieu, … tu auras désormais la guerre (2Chr 16:7,9).

Cette menace déplut fort au roi, qui fit mettre le prophète aux ceps en prison (2Chr 16:10).

L’Ecriture reste discrète sur la suite des événements : on ne sait pas quelles guerres dut affronter le roi, ni si Hanani fut délivré.

On connaît encore moins les circonstances de sa mort.

Il reste que l’Eglise grecque fait mémoire de ce prophète au 27 mars, tandis qu’il n’est pas mentionné dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rupert de Salzburg

650-718

 

Au latin Rupertus correspondent les variantes Ruprecht, Hrodperht, Hruodpert, Roudbertus, Robert, mais c’est sous la forme Rupert qu’on désigne habituellement le premier évêque de Salzburg, en allemand comme en français.

Il naquit vers 650 peut-être à Worms (Allemagne SO), et peut-être dans la lignée des rois mérovingiens, mais on en a fait aussi un Irlandais d’origine.

Une autre hypothèse mal vérifiée encore, lui donnerait comme frère Trudbert, ermite sur les bords du Rhin, et comme sœur ou nièce Erentrude, abbesse à Nonnberg (v. 30 juin).

Rupert se dévoua au service de Dieu dès sa jeunesse ; il se fit remarquer par sa simplicité, sa douceur, sa docilité d’esprit, sa profonde sagesse, son amour pour la justice ; humble, chaste, abstinent, plein de foi et de piété, charitable, ami de la Vérité…

Après un pèlerinage à Rome, de retour à Worms, il fut choisi comme évêque.

Le duc de Bavière eut alors recours à ses services pour développer la foi dans cette région. Rupert se rendit donc à Regensburg (Ratisbonne) et, de là, gagna par bateau l’ancienne cité de Lauriacum, qui devint Lorch. Plus loin encore, là où s’était élevée la cité de Iuvavum, il édifia un monastère en l’honneur de s.Pierre ainsi qu’une église. C’était là le fondement de Salzburg. Le monastère semble être le plus ancien de toute la Germanie.

Puis il fonda le monastère de Religieuses à Nonnberg, qui passe aujourd’hui pour le plus ancien cloître féminin de tout l’occident chrétien et qui n’a jamais suspendu ses activités.

On ne compte pas les monastères et les églises que Rupert fonda. Son activité fut véritablement extraordinaire.

En 714, Rupert passa dans sa région d’origine pour appeler à son service quelques moines et quelques Religieuses (parmi lesquelles Erentrud).

Rupert mourut le 27 mars 718, et probablement à Worms et son corps fut enseveli à Salzburg.

Saint Rupert est commémoré le 27 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Matthieu d’Agnetz

11e siècle

 

Ce jeune homme était d’Agnetz (Clermont, Beauvaisis), ami d’enfance de Guibert de Nogent, à qui nous devons ces renseignements.

Une fois chevalier, il resta un militaire pieux et de bonnes mœurs. Il partit en croisade. Voilà au moins un exemple de croisé qui se comporta en vrai chrétien durant sa présence en Orient.

Durant son séjour à Constantinople, Matthieu édifia l’empereur Alexis, par sa vie de prière et d’aumônes.

Matthieu fut fait prisonnier des Sarrasins, qui voulaient l’exécuter s’il ne reniait pas sa foi. Le noble chevalier demanda seulement un délai, qui lui fut accordé.

Or ce délai expirait le jour du Vendredi Saint. Matthieu expliqua alors aux Sarrasins que son intention n’était pas, lâchement, de retarder de quelques jours l’exécution, mais bien plutôt de pouvoir mourir le même jour que le Sauveur. Tuez-moi donc, dit-il, selon votre désir ; pourvu que je donne ma vie à Celui qui donna la sienne pour le salut du genre humain, peu m’importe le reste.

Il tendit alors son cou au bourreau.

Ce Martyr des Musulmans était inscrit dans l’ancien Martyrologe au 27 mars, mais n’a pas été repris dans le nouveau.

 

 

Pellegrino de Falerone

? - 1233

 

Pellegrino, de la noble famille des Paleroni, au diocèse de Fermo (Italie), étudiait la philosophie et le droit canon à l’université de Bologne lorsqu’en 1220, François d’Assise, revenant d’Orient, passa dans cette ville. A la suite des prédications faites par ce saint homme, sur la place publique, Pellegrino avec Rizziero (voir la veille, au 26 mars), vint se présenter pour être admis parmi les pauvres de Jésus-Christ : Pour toi, lui dit François en l’accueillant, tu serviras Dieu dans l’humble condition de frère lai, et tu t’appliqueras surtout à pratiquer l’humilité.

Pellegrino était déjà très avancé dans la connaissance des sciences sacrées et profanes ; mais sur la parole de François, il se voua à la modeste condition qui lui était assignée, assuré d’avance qu’il y trouverait la sanctification de son âme. Il fut bientôt récompensé de sa fidélité par des faveurs spirituelles, oraison sublime, cœur embrasé du divin amour.

Le désir du martyre lui fit tourner ses regards vers l’Orient : il obtint de faire le pèlerinage de la Terre sainte, visita Jérusalem et la Judée, le livre des Évangiles à la main ; chaque endroit sanctifié par la présence du divin Rédempteur fut arrosé de ses larmes. Les Musulmans eux-mêmes se sentaient émus au spectacle de sa foi vive et de son ardente charité ; au lieu des mauvais traitements et de la mort qu’il était venu chercher, il ne rencontrait que respect et vénération.

Il revint donc en Italie, évita tout rapport avec le monde en demeurant dans les couvents les plus pauvres et les plus retirés. Il était à même de voir souvent ses parents, mais il n’en voulut point profiter : il se contentait de rares visites durant lesquelles il ne parlait aux siens que de Dieu et du salut de leurs âmes. Par cette vie humble et cachée, Pellegrino s’éleva à une très haute perfection. Au témoignage du bienheureux Bernardo de Quintavalle, l’un des plus éminents disciples de François d’Assise, Pellegrino fut un des plus parfaits religieux. Il vivait comme un voyageur et un étranger sur la terre : ses pensées, ses entretiens, ses affections étaient au ciel.

Pendant sa vie, Pellegrino se rendit célèbre par le don des miracles. Après sa mort qui eut lieu au couvent de San Severino (Septempeda) dans les Marches, de nouveaux miracles attirèrent les foules à son tombeau. Longtemps après sa mort, son corps fut retrouvé sans corruption : il fut conservé avec honneur dans l’église des conventuels. A la dernière suppression des ordres religieux, on le transféra dans la chapelle de Notre-Dame-des-Lumières, en la ville de San Severino.

Pellegrino est principalement invoqué pour guérir les maux de dents.

Son culte fut approuvé en 1821, et le Martyrologe Romain le mentionne au 27 mars.

 

 

Panacea De’ Muzzi

1368-1383

 

Née en 1368 à Quarona (Piémont, Italie) de Lorenzo Muzio et Maria Gambino, Panacea perdit tôt sa mère.

Lorenzo se remaria avec Margherita, une veuve avec une petite fille. L’intention du papa était de ne pas laisser sa fille sans une présence maternelle, mais la belle-mère et sa fille devinrent vite très et trop exigeantes envers Panacea, qui fut bientôt chargée de toutes les corvées, outre qu’elle fut objet de dérision pour sa piété et ses œuvres charitables.

Un soir de printemps de l’année 1383, la jeune Panacea ne revenait pas avec les brebis. Aussitôt sa belle-mère partit à sa rencontre, et la trouva en train de prier près de l’église. Furieuse, elle gronda violemment la jeune fille et la frappa à la tête avec un bâton (ou un fuseau). Panacea s’écroula, morte.

La malheureuse femme, désespérée, se jeta dans un ravin.

Or les cloches du pays se mirent à sonner spontanément. Papa Lorenzo et le curé, avec les habitants, accoururent, mais ne réussirent pas à soulever le corps de la petite jeune fille.

Appelé, l’évêque vint ordonner au corps de se laisser transporter : on put le soulever, mais les bœufs n’arrivaient pas à tirer le charriot. Deux génisses, en revanche, conduisirent alors, sans guide, le corps de la jeune martyre sur un champ appartenant à la famille ; le propriétaire ayant refusé de recevoir le corps de Panacea, les génisses reprirent leur trajet, toujours suivies par l’évêque, le clergé et la population. On traversa plusieurs localités avant d’arriver à Ghemme, là où était enterrée la maman de Panacea. L’arrivée de Panacea fut à nouveau saluée par le son spontané des cloches.

Le martyre de la jeune Panacea eut lieu, dit-on, le 27 mars, le dies natalis retenu dans le Martyrologe.

Les funérailles ayant eu lieu le 1er mai, la fête locale de la Bienheureuse se célèbre soit au 5 mai, soit au premier vendredi de mai.

Le culte de la bienheureuse Panacea se répandit largement dès le 14e siècle, et fut confirmé par l’Eglise en 1867.

 

 

Jo Yong-sam Petrus

? -1801

 

Jo Yong-sam Petrus est un laïc coréen né à Yanggeon (Gyeonggi-do, Corée S).

Il mourut en prison à Cheongju (Chungcheong-do) le 27 mars 1801 et fut béatifié en 2014.

 

 

Louis-Edouard Cestac

1801-1868

 

Né le jour de l’Epiphanie, 6 janvier 1801, il fut le royal cadeau de Dieu à ses pieux parents, Dominique et Jeanne Amitessarobe. Dominique était chirurgien de la ville et des prisons, Jeanne était d’ascendance basque espagnole.

Louis-Edouard eut deux sœurs, dont le plus jeune, Elise, sera sa collaboratrice.

Après ses études au Petit séminaire d’Aire-sur-Adour, il étudia au Grand séminaire de Saint-Sulpice à Paris. Professeur au Petit séminaire de Larressore, il fut ordonné diacre et prêtre en 1825.

En 1831, il fut nommé vicaire à la cathédrale de Bayonne. C’est alors qu’il prit conscience du problème des jeunes filles abandonnées à la prostitution, dans ces petites ruelles proches du port. Il leur ouvrit un premier foyer d’accueil en 1836, le Grand Paradis, puis achètera en 1838 un grand domaine dans la ville proche d’Anglet, auquel il donnera le nom de Notre-Dame du Refuge. C’est le début de cette œuvre magnifique de récupération des malheureuses jeunes filles.

En 1842, les premières Religieuses firent leurs vœux. Elles avaient pour règle celle que leur avait écrite Louis-Edouard pendant une retraite à la Trappe et chez son cher ami, Mixel Garikoïtz (v. 14 mai). Ce fut l’embryon des Servantes de Marie. Elise Cestac prendra pour nom de religion sœur Marie-Madeleine.

En 1851, naîtra la branche contemplative des Solitaires de Saint-Bernard, qu’on appelle communément les Bernardines, qui accueillirent certaines des pénitentes désireuses de mener désormais une vie retirée, dans la prière, la contemplation et le travail manuel.

En 1852, la congrégation fut reconnue. Les Religieuses ne firent pas que recevoir des filles tombées ; elles ouvrirent jusqu’à cent-vingt écoles dans le diocèse et les départements voisins. Louis-Edouard mit au point une nouvelle méthode de lecture ; lui-même passionné d’agriculture, il promut des méthodes meilleures pour une production saine et compétitive. L’établissement des Servantes de Marie devint un point de référence pour les autorités : Louis-Edouard fut élu président du comice agricole de Bayonne en 1857, il reçut la Légion d’Honneur en 1865 ; il eut la visite du couple impérial et c’est à la prière de l’Impératrice dans la petite chapelle, que naquit en 1856 le Prince impérial (il devait mourir héroïquement en Afrique du Sud en 1879).

Quant aux Religieuses, elles se répandirent aussi en Espagne, en France, en Amérique latine, en Inde, en Afrique.

Louis-Edouard mourut à Notre-Dame du Refuge le 27 mars 1868.

Il devait être béatifié en 2015.

 

Le 13 janvier 1864, Louis-Edouard eut la grâce de voir Notre-Dame, qui lui suggéra et lui dicta la prière suivante :

 

Auguste Reine des Cieux, souveraine Maîtresse des Anges, toi qui, dès le commencement, as reçu de Dieu le pouvoir et la mission d’écraser la tête de Satan, nous te le demandons humblement, envoie tes Légions célestes pour que, sous tes ordres, et par ta puissance, elles poursuivent les démons, les combattent partout, répriment leur audace et les refoulent dans l’abîme. Qui est comme Dieu ? O bonne et tendre Mère, tu seras toujours notre amour et notre espérance. O divine Mère, envoie les saints Anges pour me défendre et repousser loin de moi le cruel ennemi. Sains Anges et Archanges, défendez-nous, gardez-nous.

 

 

Francesco Faà di Bruno

1825-1888

 

Francesco Virginio Secondo Maria (tels furent ses prénoms de baptême) était le douzième et dernier fils de Luigi Faà, marquis de Bruno, comte de Carentino, et de Carolina Sappa de’ Milanesi. Des sept filles et cinq garçons de cette belle famille noble, deux seront religieuses et trois prêtres.

Francesco naquit à Alexandrie le 29 mars 1825. On remarquera qu’il est contemporain de saint Giovanni Bosco (v. 31 janvier).

La maman mourut en 1834, après avoir soigné chez elle sept ou huit malades, de la famille ou de ses domestiques ; après vingt-six années de vie commune où ils n’eurent “qu’un seul cœur et une seule âme” (cf. Ac 4:32), le papa lui promit de ne pas se remarier.

Francesco étudie au collège des Pères Somasques, puis est admis à l’Académie Militaire de Turin. En 1846, il est lieutenant et commence une spécialisation en imprimerie ; il étudie les langues étrangères.

Il participe en 1848 à la guerre d'indépendance, comme aide de camp de Vittorio Emanuele. Il dresse une carte exacte des terrains de guerre, alors que les généraux n’en possédaient pas encore ! Grâce à cette carte, les troupes remportèrent les uniques victoires de cette campagne désastreuse. En 1849, il est capitaine d’Etat-major et, blessé à la jambe, reçoit une décoration de guerre.

Le roi Vittorio Emanuele le désire comme précepteur de mathématiques pour ses fils, et l’envoie prendre sa licence de sciences à la Sorbonne de Paris.

Francesco publiera en particulier en 1855 son résultat le plus célèbre, la “formule de Faà di Bruno”, une formule très complexe, réservée aux spécialistes ; il rencontre Urbain Le Verrier à l’Observatoire National et en 1856, sous l’égide de Augustin Cauchy, sera reçu docteur en mathématique et astronomie.

Dans la capitale française, il fréquente Frédéric Ozanam (v. 8 septembre).

Il est l’ennemi déclaré de la Maçonnerie, qui lui barrera de toutes façons tout accès dans la hiérarchie, tant militaire qu’universitaire.

En 1853 il renonce à la carrière militaire, après avoir refusé une provocation à se battre en duel.

Musicien, excellent pianiste et organiste, il compose des chants qui recevront même les applaudissements de Franz Liszt.

Il s’intéresse à la promotion sociale et spirituelle de la femme ; c’est d’abord l’Ecole de chant dominicale, où il tient l’orgue tout en dirigeant.

A partir de 1858, il ouvre à Turin des Fours économiques pour travailleurs, comme il en avait vus à Paris, et fonde en 1859 l’Œuvre de sainte Zita (patronne des domestiques, v. 27 avril) ; c’est une véritable « ville de la femme », équipée d'écoles, d'ateliers, d'infirmeries et de pensionnats.

Avec l’aide de saint Giovanni Bosco il fonde l’Œuvre pour la sanctification des fêtes, pour défendre les travailleurs contre le travail du dimanche.

Puis il fonde une branche interne à l’Œuvre de sainte Zita, la “Classe des Clarines” (par référence à sainte Claire, v. 11 août), où seront assistées à vie des femmes diminuées physiquement, mais qui travailleront au service de l’Œuvre. Elles assureront entre autres la blanchisserie ultramoderne dont bénéficieront l’Académie Militaire, la Mairie, les Chemins de fer…

C’est ensuite le tour de l’Infirmerie Saint Joseph, pour femmes pauvres malades et convalescentes. En 1862, c’est le Pensionnat-hospice pour femmes âgées et invalides, puis un Pensionnat pour les prêtres âgés et malades. En 1863, il crée une Bibliothèque tournante, pour diffuser de bons livres, y compris en langues étrangères. En 1864, il fonde la Classe des Jeunes Ouvrières, pour la formation des jeunes filles pauvres ; en 1866, celle des “Élèves Maîtresses et Institutrices” pour former des maîtresses d’école primaire.

En 1868, commence l’édification de l’église “Notre Dame du Suffrage”, pour soutenir son Œuvre et faire prier pour les âmes du purgatoire, trop oubliées. Étonnante construction qui repose sur un socle de cinq mètres seulement, et s’élève à quatre-vingt mètres de hauteur, l’équivalent d’un immeuble de vingt-cinq étages. L’ensemble est surmonté d’une magnifique statue de saint Michel Archange de cinq mètres de haut en bronze. Prouesse technique qui reste encore maintenant en parfait état. Selon Francesco cette église devait donc alimenter la vie spirituelle de toute son œuvre, rappeler à tous l’annonce du jugement final, mais aussi indiquer l’heure à tout le quartier pauvre de l’endroit, outre que montrer la possibilité pour un croyant de se servir du progrès technique à des fins chrétiennes.

Enfin, couronnement de tout ce travail ingénieux, c’est la fondation d’une Congrégation de religieuses qui devront “prier, agir, souffrir”, avec cinq heures de prière quotidienne. La première supérieure en sera Giovanna Gonella, qui travaillera avec lui en parfait unisson, et saura le remplacer efficacement,  particulièrement lorsqu’il devra s’absenter à Rome.

En 1871, on le nomme “professeur titulaire” d’analyse mathématique et de géométrie, mais il ne sera jamais professeur “ordinaire” ; tout juste sera-t-il professeur “extraordinaire” en 1876, avec le salaire le plus bas de l’échelle.

En 1872, il publie un petit Essai sur l’Eucharistie, où il essaie de rendre accessible le Mystère eucharistique à la mentalité rationaliste du temps.

En 1874, il acquiert le périodique “Le Cœur de Marie”, qu’il dirige et pour lequel il rédige des articles religieux. Il ouvre une imprimerie moderne, où ne travaillent que des femmes. Nouveauté “scandaleuse” pour l’époque !

C’est en 1875, à cinquante ans, qu’il se décide à embrasser le sacerdoce. Il se forme à Rome, où il est ordonné prêtre. L’église du Suffrage est consacrée le 1er novembre, mais l’abbé Francesco, qui l’a fait construire sur ses propres deniers, n’assiste pas à la cérémonie : c’est qu’un différend est apparu entre lui et l’évêque de Turin, qui ne s’aplanira que quelques mois plus tard. Nouvelle expérience d’humilité, sereinement acceptée par l’intéressé.

L’abbé Francesco n’a pas fini de montrer son zèle apostolique en faveur des femmes : il ouvre une “Maison de Préservation” pour les filles-mères en 1877, acquiert en 1881 un petit château dans une zone parmi les plus pauvres du Piémont, pour y former de futures maîtresses d’école et y ouvrir une école.

Le 27 mars 1888, deux jours avant d’accomplir ses soixante-trois ans, il s’éteint, victime d’une infection intestinale. Il avait prédit que son ministère n’aurait duré “guère plus de dix ans”. Magnanime durant sa vie, il le fut aussi après sa mort, en faisant donation à l’ingrate Université de Turin de sa bibliothèque personnelle, une des plus riches d’Italie.

Francesco Faà di Bruno sera béatifié en 1988, et inscrit au Martyrologe le 27 mars.

 

 

Henri Grialou

1894-1967

 

Henri Grialou naquit le 2 décembre 1894 à Aubin (Aveyron), d’Auguste et Marie Miral, qui eurent deux garçons et trois filles. Le papa, un mineur, mourra à quarante-quatre ans, en 1904.

Après ses études à Suse (Italie), Henri fréquenta le Petit séminaire de Graves, le Grand séminaire de Rodez.

En 1913, il devança l’appel au service militaire, et se trouvait encore sous les drapeaux quand éclata la Guerre mondiale. Lieutenant dans le 122e régiment d’infanterie, Henri combattit à Argonne, à Verdun ; il fut sur le Chemin des Dames. Il reçut plusieurs décorations, la Légion d’honneur et la Croix de guerre.

Démobilisé en 1919, il pouvait se préparer à recevoir les Ordres majeurs. Curieusement, un livre de s.Jean de la Croix (v. 14 décembre) à la fois lui parut insipide et l’attira à l’idéal du Carmel. C’est cette même année qu’il eut l’occasion de connaître trois jeunes femmes qui avaient ouvert à Marseille un cours d’abord réservé aux filles. Ces dames voulaient vivre intensément leur idéal de prière tout en maintenant leur activité professionnelle. Cette rencontre allait se montrer providentielle.

En 1922, après son ordination sacerdotale, Henri entra au Carmel de Fontainebleau, où il prit le nom de Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus. Il fut ensuite à celui de Lille, puis supérieur à Tarascon (1927). Il fit largement connaître le message de sainte Thérèse de Lisieux, canonisée en 1925 (v. 1er octobre), et de s.Jean de la Croix, proclamé Docteur de l’Eglise en 1926.

En 1932, les Dames enseignantes de Marseille se constituèrent en une Fraternité du Tiers-Ordre carmélitain : c’était l’origine du futur Institut Notre-Dame de Vie.

L’activité du père Marie-Eugène fut intense : prieur à Agen puis à Monaco, définiteur général de l’Ordre à Rome de 1937 à 1955.

De 1939 à 1946, il sera mobilisé dans l’armée. Au lendemain de la Guerre, il fut en même temps visiteur apostolique des carmels de France.

Au terme de sa présence à Rome, il fut prieur à Tarascon puis provincial pour toute le région Avignon-Aquitaine (1957-1960), tout en résidant de façon permanente à Notre-Dame de Vie (Venasque).

Cet institut fut reconnu de droit pontifical en 1962. En 1963, furent admis les membres masculins, qui constitueront la nouvelle branche sacerdotale et la branche laïque masculine.

En 1963, il fut à nouveau élu provincial, et devait le rester jusqu’à sa mort, qui advint le lundi de Pâques, 27 mars 1967.

De tous les articles et conférences du père Eugène-Marie, le plus célèbre est son livre Je veux voir Dieu, qui développe de façon très abordable la spiritualité de sainte Thérèse d’Avila (v. 15 octobre).

Le père Eugène-Marie de l’Enfant-Jésus fut béatifié en 2016.

Le miracle qui fut examiné pour cette béatification concernait un petit enfant né avec de gros kystes ; on l’opéra à onze jours, puis encore à deux semaines ; le cas était désespéré ; à un mois, l’enfant ne pesait qu’à peine plus de trois kilogrammes. La grand-tante de l’enfant commença une prière par l’intercession du père Eugène-Marie : subitement, s’arrêta ce dangereux écoulement  de la plaie au canal thoracique, l’enfant prit du poids et, en trois jours, pouvait regagner la maison en parfaite santé.

Henri Grialou - Eugène-Marie de l’Enfant-Jésus sera commémoré le 27 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Giuseppe Ambrosoli

1923-1987

 

Giuseppe Ambrosoli naquit le 25 juillet 1923 à Ronago (Côme, Italie N) dans une famille aisée, propriétaire d’une fabrique de miel. Il était le septième fils de Giovanni Battista Ambrosoli et de Palmira Valli.

Giuseppe étudia à Côme, puis chez les Piaristes de Gênes et passa le baccalauréat en 1942.

Déjà il occupait son temps libre au Cénacle, un groupe d’Action Catholique. Il commença les études de médecine à Milan, interrompues par la guerre.

Lors de la création de la République de Salò (septembre 1943), il aida des Juifs à passer en Suisse, jusqu’au moment où il se crut lui-même obligé de se réfugier en Suisse ; mais sur l’appel de ses parents qui étaient menacés de représailles, il revint en Italie, où il fut immédiatement réquisitionné et envoyé au camp de Heuberg-Stetten. Là-bas, il s’efforça de soutenir ses compagnons, durement éprouvés par les mauvais traitements, le travail et la faim. Un de ceux-là affirma : Son attitude vers le prochain m’a confirmé que les saints existent encore de nos jours.

En décembre 1944, Giuseppe revint en Italie et fut envoyé à Collecchio, puis à Berceto. Déjà mûrissait sa vocation missionnaire.

La guerre terminée, il reprit les études de médecine, qu’il acheva en 1949, et compléta à l’Ecole d’Hygiène et de Médecine Tropicale de Londres.

En 1951 - il a vingt-huit ans - il entra dans la congrégation des Missionnaires Comboniens du Sacré-Cœur ; novice à Gozzano, il étudia la théologie à Venegono et fut ordonné prêtre en 1955 : l’évêque qui l’ordonna était Mgr Giovanni Battista Montini, devenu le pape Paul VI en 1963 (v. 6 août).

En 1956, Giuseppe partit pour l’Ouganda. A part quelques brefs séjours en Italie, il y restera jusqu’à sa mort.

Envoyé au dispensaire de Kalongo, il le transforma peu à peu en un grand hôpital de trois-cent quarante-cinq lits, où il pratiqua particulièrement la chirurgie et l’obstétrique.

En même temps il fréquentait le séminaire de Lacor pour y achever ses études de théologie ; en outre, il apprit correctement la langue locale, l’acioli.

En 1959, il fonda une école d’obstétrique et d’infirmières ; ensuite il réunit à son hôpital ceux des lépreux d’Alito et de Morulem, pour que ces pauvres malades ne fussent plus abandonnés dans des léproseries malsaines.

Le père Giuseppe voulait véritablement soulager les souffrances de Jésus-Christ en la personne de tous ses malades. Il se disait le serviteur des gens malades. Quand c’était nécessaire, il donnait lui-même son sang pour un malade qui en avait besoin.

Il reçut en Italie des distinctions, qu’il accepta à contre-cœur, affirmant qu’il ne les méritait pas.

En Ouganda, l’instabilité politique dégénéra en guerre civile et l’hôpital de Kalongo dut, dans un premier temps, être évacué, avant que les troupes gouvernementales n’y mettent le feu, détruisant tout le travail du père Ambrosoli (février 1987).

Le pauvre Père ne survécut pas à cet anéantissement : déjà malade d’insuffisance rénale, il célébra sa dernière messe le 22 mars et s’éteignit le 27 mars 1987 à Lira (Ouganda), où il avait pu transférer les patients.

En 2009, une jeune Ougandaise frappée de septicémie en phase terminale, guérit soudainement et totalement, après que l’aumônier eut placé près d'elle une image du père Ambrosoli et l’eut invoqué.

Giuseppe Ambrosoli devrait être béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 27 mars.

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26 mars 2021 5 26 /03 /mars /2021 00:00

26 MARS

 

III.

S Castulus, martyr romain, étouffé sous du sable.

?

Ss Pierre, Marcien, Jovin, Theodosius, Emmanuel, Sabinus, martyrs en Asie Mineure.

IV.

Ss Muntanus et Maxima, époux martyrs, noyés à Sirmium.

S Eutychius, sous-diacre en Alexandrie et martyr.

Ss Bathuse et Wereka, prêtres goths martyrs avec leurs deux fils et leurs deux filles, ainsi que : Arpyla le Solitaire ; les laïques Abippas, Hagias, Ryas, Hegathrax, Hiscoes, Silas, Sigetzas, Suerilas, Guimblas, Therthas, Philgas ; les femmes Anna, Allas, Baride, Manea, Virco, Animaïs. La reine des Goths Gaatha, chrétienne, voulut recueillir ces reliques et fut lapidée avec un laïque, Thyellas, qui l’aidait.

S Félix, évêque à Trèves, d’où il démissionna humblement après douze années.

S Pierre, évêque à Sébaste, dixième enfant des ss. Basile et Emmélie, frère des ss. Basile, Grégoire de Nysse et Macrine.

V.

S Sicaire, évêque à Lyon.

VII.

S Bercaire, moine à Luxeuil, fondateur et abbé à Hautvillers ; à Puellemontier et à Montiers-en-Der, il établit d’anciens esclaves rachetés ; il fut assassiné le Jeudi Saint par un moine qui avait reçu une réprimande, et expira le jour de Pâques.

Ss Baront et Desiderio, à Pistoia ; Baront, berrichon, s’était retiré de la cour avec son fils pour être moine à Lonrey, puis ermite près de Pistoia, où il fut rejoint par Desiderio et d’autres.

S Mochellog, évêque et abbé en Irlande, fondateur de l’église à Killmallog, dont il est patron.

IX.

S Liudger, apôtre en Frise, premier évêque à Münster, constructeur de monastères.

S Etienne, abbé à Triglia, exilé pour le culte des saintes images, thaumaturge.

B Bertilon, abbé à Dijon, massacré par les Normands au pied de l’autel, invoqué contre la fièvre.

X.

Ste Eugénie, vierge martyre à Cordoue.

S Basile le Jeune, solitaire amené de force à Constantinople où il fut torturé ; il avait le don de la prophétie.

XI.

Ste Félicité, vierge à Padoue.

XIII.

B Rizziero, franciscain, un des préférés de s. François.

XIX.    

B Oh Ban-ji Paulus, laïc coréen martyr, par pendaison, béatifié en 2014.

XX.

Bse Maddalena Caterina Morano (1847-1908), italienne, des filles de Marie Auxiliatrice, active en Sicile, béatifiée en 1994.

 

Castulus de Rome

† 286

 

Castulus, d’après la tradition, était le grand chambellan de Dioclétien ; son épouse s’appelait Irene ; ils étaient tous deux chrétiens.

Non seulement leur maison accueillit d’autres Chrétiens, mais encore Castulus n’eut pas peur d’organiser dans le palais même impérial, des offices religieux. Il y reçut les frères Marcus et Marcellinus (v. 18 juin). 

Avec son ami Tiburtius (v. 11 août), il amena au Christ beaucoup d’hommes et de femmes, que le pape Caius (v. 22 avril) baptisa.

Il y eut cependant un judas, qui alla dénoncer toute cette organisation au préfet Fabianus.

Arrêté, Castulus fut torturé, puis jeté encore vivant dans une fosse qu’on recouvrit de sable.

Son épouse s’arrangea pour le sortir de là et lui accorder une sépulture chrétienne. D’après la même tradition, ce serait elle qui aurait maternellement soigné s.Sebastien (v. 20 janvier) après son «premier» martyre ; on la fêtait le 30 mars, mais elle n’est pas dans le Martyrologe.

Saint Castulus de Rome est commémoré le 26 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Codratus, Emmanuel et Theodosius en Asie Mineure

† 300

 

Ces trois Martyrs (auxquels s’en ajouteraient quarante autres) seraient à situer, sans doute, en Asie Mineure et, peut-être, sous Dioclétien.

Voici ce qu’en dit un texte ancien : 

Codratus fut chassé de sa ville épiscopale par les idolâtres de l’endroit, reçut la défense d’enseigner au nom de Jésus-Christ, s’il voulait avoir la vie sauve. Sans tenir compte de cette menace, il continua son ministère, baptisa les catéchumènes, visita les chrétiens détenus dans les prisons, les encouragea à demeurer fermes dans la foi. Les persécuteurs, ayant eu connaissance de ces faits, s’emparèrent de Codratus et le décapitèrent après divers tourments. Emmanuel est aussi appelé Manuel ; on n’a point de détails sur lui, non plus que sur Theodosius.

Comme on le voit, Codratus (Quadratus) était évêque, mais la ville n’en est pas indiquée. Il est aussi clairement indiqué qu’on ne sait rien de ses autres Compagnons, parmi lesquels on nomme parfois un Sabinus.

Saints Codratus, Emmanuel et Theodosius sont commémorés le 26 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Montanus et Maxima de Sirmium

† 304

 

Il s’agirait ici de deux époux. 

Montanus (parfois orthographié Munatus) était prêtre.

Il était en train de gagner Sirmium (Pannonie, act. Sremska Mitrovica, Serbie), lorsque des païens se saisirent de lui et le jetèrent dans le fleuve.

Maxima était-elle avec lui ? Il semble que oui.

Un manuscrit ancien ajoute qu’on retrouva leurs corps au neuvième mille.

Ce martyre pourrait avoir eu lieu vers 304.

Saints Montanus et Maxima sont commémorés le 26 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eutychius d’Alexandrie

† 356

 

Au moment du carême de l’année 356, en Alexandrie d’Egypte, l’évêque Athanase (v. 2 mai) venait d’être à nouveau chassé de son siège et exilé ; on lui avait substitué un usurpateur nommé Georgios lequel, au nom de l’empereur Constance, faisait littéralement la chasse aux Chrétiens fidèles à la foi de Nicée ; à l’occasion, il se faisait même aider par une main militaire.

Même les païens frémissaient de la façon dont ces Chrétiens étaient maltraités. Ce fut le cas du sous-diacre Eutychius.

On commença par le frapper à coups de nerfs de bœufs. On le destina aux mines de cuivre de Phæno (Arabie), où le climat était si malsain qu’on n’y pouvait tenir que quelques jours. Au moment où ce funeste cortège se mit en route, des gens de passage sa lamentaient sur le sort de ce pauvre homme : on en arrêta quatre, qui furent flagellés et jetés en prison ; ce n’est que sur les instances de la foule qu’on les libéra, mais les persécuteurs se vengèrent quand même, en supprimant les aumônes dues aux indigents de la ville.

En réalité, Eutychius était déjà tellement affaibli, qu’il mourut en route. Inutile de préciser comment la soldatesque s’acharna sur son corps.

Il est bien regrettable que l’on n’ait pas pu retenir le jour précis de cette mort, précieuse aux yeux de Dieu (cf. Ps 115:6), mais elle eut lieu en 356.

D’autres Compagnons moururent en martyrs dans les mêmes circonstances, dont on ne connaît pas le nombre ni le nom.

Saint Eutychius d’Alexandrie est commémoré le 26 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pierre de Sébaste

349-391

 

L’ancien Martyrologe mentionnait deux Pierre de Sébaste, dont on n’a fait désormais qu’un seul personnage : le frère des ss.Basile le Grand, Grégoire de Nysse et de Macrina (v. 1er et 10 janvier, et 18 juillet).

Leurs parents déjà, Basile et Emmélie, étaient consommés en sainteté (v. 30 mai) : ils durent s’enfuir en exil dans le Pont pour leur foi ; leur grand-mère, Macrine l’Ancienne, connut s.Grégoire le Thaumaturge (v. 17 novembre).

Dixième de la fratrie, Pierre ne connut pas son père, qui mourut bientôt. Aussi fut-il élevé particulièrement par sa sœur aînée, Macrina, qui secondait si bien leur mère.

C’est de cette Macrine que Pierre reçut l’habitude de lire et méditer l’Ecriture, et surtout le désir de grandir dans les vertus.

Si l’on parle moins de Pierre que de ses frères Basile et Grégoire, de grands auteurs contemporains n’hésitèrent pas à mettre au même rang Pierre et Basile dans les œuvres de la foi.

Vint un temps où ne restaient plus à la maison que la maman Emmélie, la sœur aînée Macrina, et Pierre. Ce dernier restait célibataire, et menait une vie tout angélique. On lui confia la responsabilité de deux monastères, l’un où vivait sa sœur, l’autre étant sans doute celui que Basile avait fondé sur les bords de l’Iris. Il s’acquitta de cette mission avec une sainte prudence, réussissant à donner à manger à de nombreux  pauvres lors d’une période de grande disette.

En 373, il assista sa chère maman dans ses derniers moments ; en 379, sa sœur et son frère Basile.

Il fut alors promu évêque de Sébaste (Arménie), pour succéder à l’évêque hérétique Eustathios, un farouche ennemi de Basile. Le nouvel évêque devait se hâter d’effacer toutes les traces de l’arianisme dans son diocèse, ce qui ne fut pas une tâche facile. D’une lettre qu’il écrivit vers cette époque à son frère Grégoire, on se rend compte que Pierre ne le cédait en rien à l’éloquence de ses frères aînés.

En 381, Pierre fut un des meilleurs intervenants au concile de Constantinople, où fut condamnée la doctrine de Makédonios.

Les auteurs contemporains ont unanimement reconnu et loué le zèle, la sagesse, la prudence, l’extraordinaire sainteté de Pierre.

Lorsque Pierre mourut, vers 391, c’était, paraît-il, un jour de temps fort chaud, donc pas un 9 janvier comme dans l’ancien Martyrologe ; peut-être un 26 mars, si le soleil de printemps plantait déjà fortement ses rayons sur la terre de Sébaste.

Saint Pierre de Sébaste est commémoré le 26 mars dans le Martyrologe Romain.

Bercaire de Hautvillers

625-685

 

Il naquit vers 625, dans une famille de riches propriétaires d’Aquitaine, peut-être à Dissay près de Poitiers, où Bercaire hérita d’une villa.

Son parrain, s.Nivard (v. 1er septembre ?), futur évêque de Reims, s’occupa de sa formation. Il le confia à s. Remacle (v. 3 septembre), puis Bercaire alla demander son admission à Luxeuil. Il y devint cellérier.

C'est comme cellérier qu’il accomplit son premier miracle, fruit de son obéissance. Il était en train de remplir une jarre de cervoise, lorsqu’il fut appelé par son abbé ; obéissant, il courut, sans s’occuper d’arrêter l’écoulement de la boisson ; la cervoise coulait, puis s’éleva comme une colonne au-dessus de la jarre. Les moines vantèrent la sainte vertu de Bercaire qui, dans son humilité, attribua le prodige à l’abbé.

Bercaire eut ensuite la charge d’organiser le nouveau monastère de Hautvillers : on y suivait les deux Règles de s.Benoît et de s.Colomban. C’est à Hautvillers que mourut s.Nivard.

Puis, dans le forêt du Der, il fonda deux abbayes, qu’il peupla avec des esclaves rachetés, les femmes à Manswiller, appelée plus tard Puellemontier ; les hommes près de Puisie, où l’abbaye s’appela Montier-en-Der (673).

Il alla chercher à Rome et à Jérusalem d’importantes reliques pour en doter ces monastères.

Pour le Jeudi saint de 685, il se rendit à Puellemontier, où il laissa pressentir sa mort possible. Or il venait de réprimander un moine, nommé Daguin, qui avait fort mal pris la chose. Quand tout le monde fut endormi le soir, Daguin s’approcha de Bercaire et le poignarda. N’arrivant pas à se débarrasser de son poignard, qui flottait sur l’eau du puits où il l’avait jeté, il fut pris de terreur et alla sonner la cloche ; on se réveille, on se hâte, on entoure le malheureux, qui avoue son geste : on se réunit autour de Bercaire qui, agonisant, a la force de conseiller à son meurtrier d’aller demander au pape une pénitence. Daguin partit - et ne réapparut jamais.

Bercaire s’éteignit le jour de Pâques, 26 mars 685.

L’abbaye de Hautvillers fut détruite et rebâtie après le passage des Normands (882), des Anglais (1449), des Huguenots (1564), et des révolutionnaires (1793). Il n’en reste maintenant que l’église et une partie du cloître.

De celle de Montier-en-Der, on a reconstruit l’église abbatiale.

Saint Bercaire est commémoré le 26 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Baront et Desiderio de Pistoie

† 720

 

Baront était, semble-t-il, originaire du Berry.

Il fut introduit à la cour de Thierry II et vécut dans le mariage. Il eut un fils, Aigload.

Vint un jour où la grâce divine lui inspira de se retirer du monde. Il alla se présenter, avec son fils, à l’abbaye de Lonrey.

Il y montra les signes d’une véritable conversion.

Une nuit, un 25 mars, il fut pris de violentes douleurs et tomba dans une sorte d’extase qui dura toute une journée ; on le croyait à l’agonie et l’on commençait les prières pour les moribonds. Mais le lendemain matin, il se réveilla en répétant par trois fois : Gloire à toi, Seigneur !

Il raconta alors comment il s’était vu pris à la gorge par deux démons qui lui rappelaient ses péchés de jeunesse ; puis l’archange Raphaël était intervenu, avait séparé son âme de son corps et l’avait présentée au Ciel, où s.Pierre proclama : Ces péchés ont été expiés par les aumônes de Baront, par sa confession au prêtre, sa pénitence et sa profession religieuse. Pierre fit voir à Baront les supplices de l’enfer et le ramena à l’abbaye.

On comprend que Baront eut désormais le désir et le souci de monter encore plus vers la perfection. Il demanda à l’abbé la permission de se détacher davantage, et d’aller vivre en solitaire, hors de France.

Avec cette permission - il faut toujours demander la permission -  il fit un pèlerinage à Rome, puis se retira à Pistoie (Toscane, Italie), où il se construisit une cabane, priant et jeûnant.

Cette vie attira un autre solitaire, nommé Desiderio, puis quatre autres jeunes. 

Baront mourut le premier, un 26 mars vers 720, suivi peu après par Desiderio et les autres. Ils furent ensevelis au même endroit, où des miracles se produisirent. 

Vers 1018, on construisit là un monastère.

Les saints Baront et Desiderio sont commémorés le 26 mars dans le Martyrologe Romain, jour où avait déjà eu lieu la fameuse extase. Mais les quatre compagnons ne sont pas mentionnés.

 

 

Liudger de Münster

743-809

 

Liutgerius naquit vers 743 près d’Utrecht (Frise), de Thiadgrim et Liafburg ; son frère s’appelait Hildegrin, une de ses sœurs  s’appelait Gerburge.

Liudger eut une passion précoce pour les livres et l’étude ; ayant vu s.Boniface (v. 5 juin), il en conçut un désir encore accru d’étudier l’Ecriture. Il étudia sous la férule de s.Grégoire d’Utrecht (v. 25 août).

Ayant reçu la tonsure, Liudger fut confié par Grégoire comme compagnon à Aubert, qui allait être sacré évêque à York (767). C’est ainsi qu’à York, Liudger devint le disciple du célèbre Alcuin, avec lequel se tissa une profonde amitié qui dura toute leur vie. C’est aussi à York qu’il fut ordonné diacre.

En 773, Liudger revint à Utrecht, chargé des nombreux livres qu’il avait accumulés à York, un certain nombre desquels il avait lui-même transcrits.

En 775, il fut envoyé restaurer une chapelle à Deventer, puis il enseigna à cette même école cathédrale où il avait fait ses premiers pas.

En 777, le successeur de Grégoire, Albéric, voulut ordonner prêtre Liudger.

Les premières missions du nouveau prêtre furent auprès des Frisons, où il opéra des conversions et fonda des abbayes et des églises.

Quelques factions saxonnes cependant se soulevèrent ; Liudger se retira et alla demander (784) au pape des conseils pour son apostolat. Le pape le reçut très paternellement et l’encouragea. Liudger cependant alla d’abord passer trois années au Mont Cassin, pour y connaître la Règle bénédictine.

C’est alors que Charlemagne lui-même l’appela pour venir évangéliser la Frise orientale. Liudger quitta la paix bénédictine et se hâta ; Dieu bénit son zèle et fit progresser Liudger jusqu’au nord vers le Danemark ; la guérison miraculeuse d’un aveugle - et bien d’autres miracles ensuite - compléta cette heureuse mission.

En 793, Liudger refusa le siège épiscopal de Trèves, que lui proposait Charlemagne, mais accepta d’évangéliser cette fois-ci le nord-ouest de la Saxe ; il y édifia plusieurs monastères (Werden, Helmsstadt, Mimigardeford qui devint Münster, mais sous la Règle de s.Chrodegang (v. 6 mars), car c’était la Règle officielle adoptée dans les territoires de Charlemagne. Il établit aussi sa sœur Gerburge à Nottuln, qui fut l’origine du premier monastère féminin en Westphalie.

En 802, Liudger fut sacré évêque de Münster, en qualité de quoi il se préoccupa de la formation du clergé, donnant lui-même des leçons d’Ecriture Sainte, montrant comment célébrer les rites sacrés. Très effacé de sa personne, il se mortifiait, jeûnait, veillait ; ce n’est qu’après sa mort qu’on sut qu’il portait toujours un cilice. Tous ses revenus passaient chez les pauvres. Sa générosité fut même dénoncée comme du gaspillage auprès de Charlemagne, qui cependant comprit qu’on l’avait mal informé.

Liudger aurait aimé prolonger son action vers la Scandinavie, mais n’en eut pas la possibilité. En revanche, il prophétisa l’invasion des Normands.

Les derniers jours de Liudger furent assombris par les douleurs de la maladie, mais il resta actif jusqu’à la veille de sa mort. Le 25 mars 809, au dimanche de la Passion, il célébra le Saint Sacrifice à Billerbeck, prêcha, et annonça sa mort pour la nuit suivante.

Une reconnaissance des reliques de s.Liudger fut faite récemment. Le Saint pouvait avoir mesuré 1,82 mètre, avoir vécu un peu plus de soixante-cinq ans ; il devait être droitier.

Saint Liudger est commémoré le 26 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Oh Ban-ji Paulus

1813-1866

 

Oh Ban-ji Paulus est un laïc coréen né en 1813 à Incheon (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut pendu à Cheongju (Chungcheong-do) le 26 (27) mars 1866 et béatifié en 2014.

 

 

Maddalena Caterina Morano

1847-1908

 

Maddalena Caterina Morano est née en 1847 dans une famille nombreuse de Chieri, près de Turin. Elle est la sixième des huit enfants ; à 8 ans, elle a déjà perdu ses cinq frères aînés et son père. La même année, elle commence l'apprentissage de couturière. Deux ans après, elle est attirée par l'enseignement, et sera aidée par son oncle prêtre.

Elle vient à  Buttigliera d'Asti et continue d'étudier pour sa propre instruction. Elle reçoit en 1866 son diplôme d'institutrice en école primaire. Elle parfait ses connaissances de la doctrine chrétienne, en même temps que s'intensifie son désir de sanctification. Des difficulté familiales la font remettre son entrée en religion. Elle travaille pendant douze années encore à l'école de Montaldo et enseigne le catéchisme dans la paroisse, inaugurant une école maternelle en collaboration avec le curé du lieu. Sa vocation pour la vie religieuse mûrit.

En 1878, ayant mis de côté assez d'économies pour les besoins futurs de sa mère, et après un échec de vie chez les Filles de la Charité et chez les Dominicaines, elle entre chez les Filles de Marie Auxiliatrice, fondées six ans plus tôt par saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier). 

Elle est une religieuse modèle, et après un bref mais intense noviciat elle prononce ses premiers vœux. Elle demande au Seigneur la grâce “de rester en vie jusqu’à ce qu’elle ait complété la mesure de la sainteté”, et fait sa profession religieuse en 1879. 

Son expérience lui vaut d'être vite chargée de hautes responsabilités. En 1881, avec la bénédiction de Don Bosco, appelée par l'évêque de Catane, elle est envoyée à Trecastagni (diocèse de Catane), en Sicile, chargée d'un établissement pour femmes, auquel elle donne une nouvelle orientation, inspirée par les principes Salésiens. Quatre ans après elle revient à Turin et repartira, définitivement cette fois-ci, pour la Sicile, qui sera sa « patrie de coeur ».

En vingt-six ans, la Mère Morano fondera dix-neuf maisons, douze oratoires, six écoles, cinq écoles maternelles, quatre patronages et trois écoles de religion, sans parler de la formation de nouvelles religieuses. 

Son véritable amour, cependant, sont les cours de catéchisme, depuis qu'elle est convaincue que la formation de la conscience chrétienne est le fondement de la maturité personnelle et de toute amélioration sociale. Elle coordonne l'instruction catéchétique dans dix-huit églises de Catane et forme les catéchistes laïcs et religieux à apporter le message chrétien aux garçons et aux filles indigents.

Nommée provinciale, elle se charge aussi de la formation des nouvelles et nombreuses vocations, attirées par son zèle et par le climat communautaire qui se crée autour d’elle. Son apostolat multiple est apprécié et encouragé par les Évêques. Elle passe ainsi un quart de siècle en Sicile. Mère attentive, elle vit fidèlement le charisme de Mère Maria Mazzarello, co-fondatrice de l’Institut (voir au 14 mai). 

Minée par une tumeur, elle meurt à Catane à l'âge de 61 ans le 26 mars 1908, ayant toujours cherché à ne jamais mettre d’obstacle à l'action de la Grâce en cédant à l'égoïsme personnel.

Elle est béatifiée en 1994, et inscrite au Martyrologe le 26 mars.

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