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2 octobre 2021 6 02 /10 /octobre /2021 23:00

Gérard de Brogne
889-959

Gérard naquit sur la fin du 9e siècle à Stave (Fosses, Belgique), de parents appartenant à la haute noblesse, Santio et Plectrude, cette dernière étant la sœur d’Etienne, évêque de Liège.
Il entra au service du comte de Lomme, Béranger. Mais une vision de s.Pierre l’invita à fonder un monastère.
Dans une de ses propriétés, se trouvait un petit sanctuaire assez délabré et il voulut le restaurer et l’agrandir à ses frais. Il fallait pour cela démolir une petite maison où résidait un prêtre, et ce dernier ne voulait rien entendre : un dragon surgit alors, vomissant le feu qui détruisit la maison. En revanche, lors de  la construction, pas une goutte de pluie ne vint retarder le travail des maçons., de leur propre aveu (914).
On pense que Gérard se prépara à la vie monastique à Saint-Denis, où il aurait reçu le sacerdoce et d’où, en 919,  il ramena les reliques de s.Eugène.
Il fit consacrer la nouvelle église à s.Pierre et s.Eugène par l’évêque de Liège, Etienne, son oncle. Des clercs jaloux pensèrent bien faire d’exprimer des doléances à ce propos, et furent bien vite déboutés par l’évêque.
En 923, il put remplacer les clercs de cette église par des moines, qu’il dirigea alors en tant qu’abbé. Le monastère de Brogne comptait, par volonté du Fondateur, peu de moines et connut une calme prospérité.
La réputation de sainteté de Gérard amena les autorités à l’appeler pour réformer d’autres monastères. Qu’on en juge.
En 934, ce fut le cas de l’abbaye Saint-Ghislain en Hainaut.
En 937, Saint-Bavon de Gand, puis le Mont-Blandin. Dans cette dernière, et dans tous les monastères de son territoire, le comte Arnoul 1er revendiqua le droit de confirmer l’élection des abbés élus par les moines ; Gérard fut ainsi élu et confirmé abbé du Mont-Blandin, mais un siècle plus tard les moines du Mont-Blandin tachèrent d’encre les passages d’une charte mentionnant les droits du comte.
En 944, ce fut Saint-Bertain, dont les moines, réfractaires à toute réforme, s’enfuirent en Angleterre.
Puis il y eut Mouzon et Saint-Amand ; de là, les disciples de Gérard gagnèrent la Normandie : Saint-Wandrille, le Mont-Saint-Michel, Saint-Ouen de Rouen.
On signale au Mont-Blandin le séjour de Dunstan, futur archevêque de Canterbury (v. 19 mai), qui se formait au monachisme occidental, signe de la célébrité de la réforme appliquée au Mont-Blandin.
Gérard aurait effectué un voyage - ou un pèlerinage - à Rome. Au retour, le char qui transportait des pierres de porphyre destinées à l’église de Brogne, se renversa dans un ravin des Alpes, mais la prière de Gérard obtint que ni le conducteur (ni les pierres !) ne furent lésés.
En 953, Gérard renonça à son titre d’abbé et regagna Brogne. Il n’avait aucune ambition personnelle, et ne désirait que l’avancement des moines dans la ferveur et la sainteté.
Son influence, tout effacée et efficace, prépara la grande réforme grégorienne du siècle suivant.
Sentant sa mort approcher, Gérard fit sonner les cloches de Brogne, et s’endormit doucement, le 3 octobre 959.
Un acte officiel de 986 indique que l’abbaye est un lieu de brassage de la bière, activité que connut sans doute le Fondateur.
Gérard fut «canonisé» en 1131, par l’élévation de ses reliques.
Au 17e siècle, l’abbaye de Brogne prit le nom de Saint-Gérard. Elle fut détruite en 1525 lors des guerres «de religion», fermée en 1795, alors qu’il ne se trouvait plus que deux (2 !) moines. L’église et le cloître, qui étaient les éléments les plus importants de l’abbaye, ont été démolis pour faire passer une route ; le restant des bâtiments sert à des expositions et des activités culturelles. La brasserie y fut réinstallée en 2013.
Saint Gérard de Brogne est commémoré le 3 octobre dans le Martyrologe Romain.

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2 octobre 2021 6 02 /10 /octobre /2021 23:00

28. dimanche per annum - B

 

 

La première lecture est une admirable action de grâces pour la Sagesse qu'a reçue Salomon - le présumé auteur du Livre de la Sagesse. 

On s'en souvient, ce jeune roi avait demandé à Dieu de recevoir la Sagesse, plutôt que la richesse, et Dieu l'avait exaucé en lui accordant et l'une et l'autre (2 Ch 1:7-12). Comblé, le roi remercie Dieu pour ce don inestimable, qu'il a trouvé tout d'abord, dit-il, après avoir prié, après avoir supplié.

La Sagesse divine peut à juste titre être identifiée à la personne divine du Fils de Dieu. La demander et la recevoir ne peut arriver qu'en Lui accordant une place de choix dans notre cœur et dans notre personne. On le lit plus loin : Je l'ai préférée aux trônes... l'or du monde auprès d'elle n'est que du sable... je l'ai aimée plus que la santé... 

On est parfois tellement préoccupé par la santé, qui est un bien si précieux. Mais Dieu parfois nous éprouve dans cette santé ; il faut accepter l’épreuve «avec sagesse». 

 

*       *       *

 

Le psaume 89 se fait l'écho de cette bienheureuse sagesse. C’est un psaume qui exprime aux yeux de Dieu la fragilité de l’homme : Mille ans sont à tes yeux comme un jour… tu les emporte, (comme) un songe au matin.

Le psalmiste met la Sagesse au premier plan de sa prière : même s'il implore Dieu pour ses serviteurs éprouvés, il exprime à Dieu son humble volonté de connaître l'œuvre divine avant tout. 

Ce sera aussi la prière de Jésus au Jardin des Oliviers : Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux (Mc 14:36).

 

*       *       *

 

Ce dimanche voit la continuation des textes de dimanche dernier, tant dans l'épître aux Hébreux que dans le chapitre 10 de saint Marc. 

Recevoir la Sagesse de Dieu, c'est recevoir sa Parole, le Verbe éternel : le Christ. 

Dans l'Ecriture, les mots Sagesse, Parole, Verbe, peuvent toujours être assimilées au Fils de Dieu incarné, à Jésus-Christ notre Sauveur. 

Le bref passage d’aujourd’hui parle de cette Parole qui pénètre au plus profond de l'âme. Nous le sentons bien nous-mêmes : quand la Parole de Dieu nous est proclamée durant la Liturgie, quelque chose (ou Quelqu’un) nous invite à accueillir cette divine Parole, comme des enfants (cf. l'évangile de dimanche dernier).

 

*       *       *

 

Aujourd'hui, ce même dixième chapitre de Marc se poursuit avec un épisode bien connu, celui du jeune homme riche. 

On dirait de prime abord que Jésus lui reproche de l'appeler Bon ; pourtant, par sa divinité, Jésus mérite  ce titre plus que tout autre. Il insiste même : Seul Dieu est bon

On peut supposer que Jésus a voulu «pénétrer au fond des mœlles» de ce jeune homme, et lui rappeler justement que son attitude n'était pas celle d'un enfant disponible à recevoir la Parole de Dieu. Son attitude de se mettre à genoux et d'interpeller Jésus sur la vie éternelle est un peu trop formelle, trop conventionnelle, alors que dans son cœur le jeune homme n'est pas disposé à la conversion totale. C’est ce que les versets suivants vont nous confirmer.

Jésus ne parle pas du «premier» commandement : Adorer Dieu et L'aimer plus que tout, dont il sera en revanche question un peu plus loin, au douxième chapitre. Ici, Jésus semble se «limiter» aux commandements plus humains qui en découlent et qui apparaissent parfois plus «faciles» : ne pas tuer ni commettre l'adultère, ne pas voler, ni mentir, honorer les parents. Ce sont les Commandements de Dieu, que Jésus reprend dans l'ordre à peu près inverse de leur succession habituelle. 

Ce qui surprend, c’est l'assurance du jeune homme : Tout cela, je l'ai observé depuis l'enfance ; comme s'il n’avait jamais connu aucun manquement :

  • Certes, il n’a pas tué, mais n’a-t-il jamais eu une parole dure envers un proche, ou souhaité la «punition» d’un pécheur, la malédiction ?
  • Certes, il n’a pas commis l’adultère, mais n’a-t-il jamais nourri quelque pensée malsaine ?
  • Certes, il n’a pas enfoncé une porte pour voler, mais n’a-t-il jamais convoité quelque bien, ni détérioré un bien autrui ?
  • Certes, il n’a pas menti effrontément, mais n’a-t-il pas eu des réticences ou des silences fautifs ?
  • Certes, il n’a pas insulté en face ses parents, mais a-t-il vraiment tout fait pour les honorer, les aider, les entourer d’affection ?

Ceci pourrait être un petit examen de conscience pour chacun. Mais écoutons maintenant Jésus.

Jésus va lui parler au plus profond des mœlles. Il le regarde profondément : recevons nous aussi ce regard.

Et, dit l'évangéliste, il se mit à l’aimer. Seulement alors ? Certainement pas, mais maintenant, l'amour de Jésus souffre davantage pour la conversion de ce jeune : Jésus prie intérieurement pour que Ses propres mérites touchent ce garçon trop sûr de lui et là, la Vérité parle tout entière : Vends ce que tu as, donne-le aux pauvres. Jésus ne dit pas de placer l'argent, de le prêter, mais de le donner. Ce jeune homme avait certainement de quoi vivre facilement, mais il était attaché à ces biens, bien plus qu'à la Sagesse de Dieu. Et il s'en va tout attristé, disons plutôt : tout confus de sa première audace. L'Evangéliste ne dit pas ce qu'il fit ensuite : on ne peut que souhaiter qu'il réfléchit, qu'il se reprit, et qu'il se convertit vraiment.

Et moi, qu’est-ce que je fais, quand je me rends compte que je suis attaché à quelque chose ? 

Vient ensuite l'enseignement sur le détachement. Remarquons-le bien : Jésus ne nous interdit pas de posséder, il nous reproche d'être attaché aux richesses, de ne pas en disposer pour faire du bien. De plus, il ne parle pas que des biens matériels ; plus bas il dit qu'il faut quitter : frères, sœurs, mère, père, enfants. Tous ces trésors sont des «richesses» quand nous y sommes attachés plus qu'il ne faut au détriment du Royaume de Dieu. 

En même temps Jésus explique ici en quoi consiste l'appel de Dieu à la consécration, sacerdotale ou religieuse. Se consacrer à Dieu ne consiste pas à oublier les siens, à claquer la porte de la maison de famille. 

Il n'est pas toujours facile de quitter les siens ; parfois ce sont eux à empêcher leur fils ou leur fille de se consacrer. La vie des Saints contient une foule d'exemples de ce genre de conflits. Dans tous les cas, on voit que l'amour de Dieu n'est pas total, ni inconditionnel, parce que l'on est attaché aux «richesses». Jésus a cette comparaison amusante qu' il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu : expliquons que ce chameau peut être compris au sens de «la corde faite avec du poil de chameau», ce qui représente tout de même une certaine difficulté pour passer par le trou de l'aiguille ! 

L'appel de Dieu passe donc par cette exigence. Jésus nous le rappelle : si cela nous semble trop difficile humainement parlant, tout devient possible avec la grâce de Dieu : Comme l'avait déjà dit l'Ange à Marie : Rien n'est impossible à Dieu (Lc 1:37). On peut aisément concevoir que les Apôtres reçurent une grâce spéciale pour suivre Jésus, laissant derrière eux les filets, la banque, les terres familiales. Voici Pierre, avec sa naïveté tout enfantine, qui reprend la parole : Eh bien, nous, nous avons tout quitté pour Te suivre ! Alors ?

Ici, Jésus ne le rabroue pas, mais il va laisser entrevoir à Pierre, à tous les Apôtres, et à nous tous, ce qui nous attend : cent fois plus de maisons, de frères, de sœurs, de mères, d'enfants, de terres ! Comment est-ce possible ? Simplement les serviteurs de Dieu seront partout comme chez eux, ils seront heureux d'habiter d'autres terres, de côtoyer d'autres peuples, leur amour immense de tous les hommes fera que tous seront pour eux d'autres frères, d'autres sœurs, d'autres mères, d'autres enfants. En effet, le prêtre, les religieuses, tous ceux qui donnent leur vie pour Dieu, sont heureux de partager les conditions de vie de tous les hommes ; leur famille est désormais le genre humain dans son intégralité. Les missionnaires sont allés dans les régions les plus reculées, les plus difficiles d'accès, jusqu'au pôle Nord : partout ils se sont fait des amis, partout la parole de Dieu a été annoncée, reçue, accueillie et aujourd'hui c'est en Afrique qu'il y a le plus de vocations sacerdotales et religieuses.

Mais Jésus ajoute aussi une expression qu'il ne faut pas oublier : avec des persécutions, car en même temps que la parole de Dieu a été annoncée, elle a aussi été combattue, les chrétiens et les missionnaires ont aussi reçu la palme du martyre. Encore aujourd'hui, les communautés chrétiennes sont persécutées, dans les pays du Moyen-Orient ou de l'Extrême-Orient : le vingtième siècle (et le vingt-et-unième) ont connu plus de martyrs que tous les siècles précédents. C'est que le Mal s'acharne contre Dieu, contre la Sagesse incarnée, contre l'Eglise, contre ses Ministres et contre la Foi.

Nous le savons : ce combat sera bref, et Dieu sera toujours vainqueur. Peu importe si cette vie sur terre est difficile et si nous devons y perdre la vie, nos biens, nos proches, nos amis : la récompense est au bout du combat, la Vie éternelle !

 

*       *       *

 

Comme toujours, achevons cette petite méditation en relisant avec conviction la Prière du jour : Que ta grâce nous devance et nous accompagne, pour nous rendre attentifs à faire le bien sans relâche, sans nous laisser arrêter par les difficultés quelles qu'elles soient. 

L'autre Prière, sur les Offrandes, est encore plus explicite : Que cette liturgie nous fasse passer à la gloire du ciel.

Amen !

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27 septembre 2021 1 27 /09 /septembre /2021 23:00

Zamas de Bologne
4
e siècle

Nous avons rencontré il y a deux jours le cinquième évêque de Bologne, Eusebius (v. 26 septembre).
Zamas fut le premier évêque de cette même ville.
Sur le personnage de Zamas, on a fait des suppositions qu’on pourrait juger assez gratuites.
Son nom ayant une assonance grecque, on a prétendu qu’il était Grec d’origine. Et comme il n’est pas mentionné comme martyr, on l’a fait mourir avant la persécution de Dioclétien (donc au troisième siècle).
A ces suppositions s’ajoute une erreur : Zamas aurait été ordonné évêque en 272 par le pape s.Denys, qui était mort en 268.
On avance aujourd’hui qu’il mourut dans les premières années du quatrième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Zamas de Bologne au 28 septembre.

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25 septembre 2021 6 25 /09 /septembre /2021 23:00

27e dimanche per annum - B

 

La première lecture et l‘évangile d’aujourd’hui nous invitent à considérer une perfection particulière de la vie chrétienne, celle du saint mariage selon la volonté de Dieu.

Le livre de la Genèse, le premier des Livres inspirés de la Parole de Dieu, ne doit pas être considéré comme un recueil de belles histoires un peu légendaires. L’apparition de la Vie n’est pas un événement banal et le texte sacré peut être le point de départ de beaucoup de réflexions.

La première phrase que nous lisons reprend une expression du premier chapitre de la Genèse (Au commencement, cf. Gn 1,1), et une autre du deuxième chapitre (Dieu fit la terre et le ciel, cf. Gn 2,4b), pour introduire le récit d’aujourd’hui.

Signalons que, d’après le texte grec, Dieu ne dit pas «Je vais lui faire une aide…», mais Faisons-lui une aide…, de la même façon qu’il avait dit plus haut : Faisons un homme selon notre image (Gn 1:26), une similitude de formule qui met l’importance de la femme à égalité avec celle de l’homme. 

Ce pluriel a aussi suscité des commentaires variés. Les auteurs chrétiens y ont vu une présence du Fils de Dieu ou même de la Sainte Trinité ; on a aussi supposé que Dieu délibérait avec les Anges…

La création de la femme à partir du côté de l’homme a été commentée comme une anticipation du coup de lance reçu par le Christ sur la Croix (cf. Jn 19:34) : l’eau et le sang qui en jaillirent étaient l’expression des sacrements du baptême et de l’eucharistie dont allait vivre l’Eglise naissante, l’Epouse du Christ.

Ces versets de la Genèse ont été repris en Si 36:24, en Mt 19:5 et Mc 10:7-8 - l’évangile du jour -, en 1Co 11:7-12), pour souligner tour à tour le soutien qu’apporte la femme à l’homme et le lien sacré du mariage. On va donc y revenir plus bas.

*       *       *

Quelle joie ont les époux, unis, d’être assis devant une grande table avec leurs enfants tout autour. Ce joli psaume 127 chante la bénédiction que Dieu envoie à ses serviteurs fidèles.

Yahvé envoie sa bénédiction de Sion, parce que c’est la montagne du Temple de Jérusalem, figure de l’Eglise qu’allait fonder le Christ. Durant leur pèlerinage vers la Montagne sainte, les Juifs expriment leur espérance en regardant le Temple, la Maison de Dieu, dont ils s’approchent.

 

*       *       *

Avant d'entrer dans le thème le plus important de ce dimanche, lisons un peu lentement cette belle épître aux Hébreux, tout empreinte d'un profond caractère sacerdotal. Nous souvenant encore du 150e anniversaire de la mort du saint Curé d'Ars, Jean-Marie Vianney, il ne sera pas inutile de nous arrêter sur cette épître.

L'idée centrale de l'épître est l'exaltation du sacerdoce de Jésus-Christ. L'auteur – peu importe qu'il soit saint Paul ou un de ses disciples – y invite les Juifs récemment convertis à adhérer pleinement au message sacerdotal de Jésus, unique et vrai Prêtre de la nouvelle Alliance, sans regretter le sacerdoce de l’Ancien Testament, qui n’était qu’une figure de celui du Nouveau Testament. 

Jésus est prêtre selon l'ordre de Melchisédech, il ne connaît pas de génération humaine, il vient directement de Dieu qui l'a engendré avant même l'aurore (Ps 109).

Dans le court extrait d'aujourd'hui, il est dit que Jésus et les hommes sont de la même race. L'expression est forte et mystérieuse, mais vraie : Adam, le premier homme créé, était fils de Dieu, image et ressemblance de Dieu, homme parfait, comme l'est Jésus, Fils de Dieu par nature, et homme parfait. Par l'incarnation, le Verbe divin est devenu aussi parfaitement homme. La nature divine a en quelque sorte épousé la nature humaine. Ainsi s’explique l’expression abaissé un peu en-dessous des anges. 

De notre côté, en recevant la vie de Dieu par le baptême, nous sommes greffés sur la nature de l'Homme Jésus-Christ, et nous participons de sa divinité.

Jésus, en s'incarnant au milieu de nous, a accepté de vivre au milieu de l'imperfection des hommes. Ce fut pour lui une grande humiliation, une profonde épreuve, de «masquer» sa gloire pour vivre, manger, respirer parmi les pécheurs, les homicides, les prostituées, les mécréants. Voulant conduire tout ce monde vers la Perfection divine, il nous a tous aimés passionément. Il nous a donné tout ce qu'il avait, jusqu'à sa propre vie, en mourant sur la croix. Il a voulu être – et il demeure notre Frère. Avec quelle action de grâce nous devons, nous aussi comme nos ancêtres les Hébreux, remercier Dieu pour ce divin Frère qui est avec nous tous les jours, jusqu'à la fin du siècle (Mt 28:20, principalement dans l’Eucharistie.

*       *       *

 

Il pourra sembler étrange que cette épître sur le Sacerdoce soit lue entre deux autres passages qui traitent du Mariage. Mais il bien évident qu’il n’y a pas de vocations sacerdotales sans le mariage qui les engendre.

Les pharisiens se réfèrent donc ici à une permission donnée par Moïse au sujet du mariage : Moïse, disent-ils, a permis de renvoyer sa femme à condition d'établir un acte de répudiation (Dt 24:1). Remarquons bien la réponse de Jésus ; il ne dit pas «ce fut à cause de l'endurcissement de vos ancêtres qu'il a formulé cette loi», mais bien à cause de votre endurcissement » ! En somme, « Vous » qui me parlez, vous êtes endurcis autant que ce peuple d'Israël dans le désert, et vous avez oublié la Loi première de Dieu. Et Jésus leur rappelle les versets de la Genèse que nous lisons dans la première lecture.

Ne l'oublions pas, même si beaucoup nous disent autre chose : Dieu veut que l'homme et la femme, unis dans le mariage, soient fidèles toute leur vie à cette union sacrée. Ce sacrement vient de Dieu : devant Dieu s’unissent les deux êtres qui veulent vivre ensemble, c'est devant Lui qu'ils se promettent fidélité, c'est en Dieu que, selon l'expression de l'Eglise, «ils se donnent le Mariage».

Rien, aucune difficulté, aucune maladie, aucune question, aucune menace, ne peut rompre ce lien, parce que ce lien est sacré, divin. Dans l'Ecriture, quand les prophètes veulent montrer la gravité du péché d'Israël, ils le comparent à une femme répudiée, qui a oublié son Epoux. Seule la mort sépare les époux : le mariage en effet les a unis pour la vie, pour cheminer ensemble, pour s'aider mutuellement, pour engendrer la vie à leur tour et éduquer ensemble leurs enfants ; cette mission ne s'achève qu’à la mort. Certains se remarient, d'autres non, c'est un choix libre, où entrent en question divers problèmes particuliers.

Un si beau Sacrement, si noble et si sacré, est pourtant celui qui a fait et fait encore écrire ou raconter tant de stupidités, tant d'inconvenances même ; c'est que beaucoup n'atteignent pas, par manque de bonne volonté ou par faiblesse, ou par ignorance aussi, la sainteté nécessaire exigée en cet état. On croit souvent que le mariage est une situation «inférieure», une échappatoire où la vie devient plus facile. Le Mariage en Dieu est une école sublime de sainteté, d'une profonde exigence de perfection, où les deux époux sont au coude à coude dans une ascension commune vers le sommet divin.

Devant une si sublime mission, on comprend mieux la gravité de la rupture du lien matrimonial, que ce soit dans l'adultère ou dans le divorce, ou aussi dans la fornication, c'est-à-dire dans l'usage illicite du lien matrimonial quand le mariage n'existe pas encore. Et c'est cela qu'il faut enseigner à nos adolescents, qu'une société sans Dieu pousse à jouir de la vie sans aucun respect pour la Vie, loin de la loi de Dieu.

On ne peut pas à la fois vivre avec ses parents et vivre avec sa compagne ; mais, rappelle Jésus, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront qu'un. Une unité qui s’exprime dans la fidélité, et dans le don de la Vie.

En même temps, il faut que notre jeunesse comprenne qu'il est très important de prononcer devant Dieu et devant l'Eglise ce Oui solennel qui les liera pour la vie. Ils ont parfois peur de cet engagement, mais ce sera justement là leur force pour les aider à dépasser les moments difficiles, qui ne manqueront pas.

L'épisode qui suit, avec les petits enfants, n'est pas étranger à l'enseignement sur l'indissolubilité du mariage. En effet, de celui-ci découle la génération de la vie, dont il est si souvent question dans des problématiques de bioéthique. L'enfant doit être accueilli comme un don de Dieu, non comme un objet du caprice humain. 

Jésus a des paroles très fondamentales vis-à-vis des enfants. Dimanche dernier, on l'entendait menacer gravement celui qui entraînera la chute d'un seul de ces petits. Aujourd'hui, Jésus veut que nous accueillions le Royaume de Dieu à la manière d'un enfant, c'est-à-dire avec la même disponibilité que montre un enfant qui écoute un enseignement, une belle histoire, pour la première fois, confiant que celui qui lui parle ne va pas lui raconter de mensonges. Pour l'enfant, ce qu'il entend est vrai, «puisqu'on le lui a dit», et il faut l'appliquer immédiatement. Certes, cette docilité a besoin de s'armer de prudence, une vertu qui s'acquiert avec l'expérience. Mais les enfants de Dieu que nous sommes, doivent montrer cette disponibilité entière à recevoir le Royaume de Dieu avec la plus grande disponibilité.

*       *       *

Recevoir le Royaume de Dieu, c’est le sens du troisième Mystère Lumineux du rosaire. Nous y demandons la grâce de la conversion du cœur. Une conversion tellement difficile, parfois si exigeante, mais nécessaire aussi !

La tâche peut nous sembler dépasser nos forces, mais Dieu donne toujours sa grâce quand on la lui demande.

N’avons-nous pas entendu un peu distraitement la Prière du jour ? Le prêtre y demande pour nous à Dieu de nous donner plus que nous n’osons demander, et bien au-delà de (nos) mérites et de (nos) désirs.

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 23:00

Chŏng Ha-sang Baolo
1795-1839

Paulus (Baolo) était né en 1795 à Mahyŏn (Yanggŭngun, Kyŏnggi, Corée S), dans une famille chrétienne de la noblesse, qui comptait déjà ses martyrs : son père, Chŏng Yak-jong Augustinus, ainsi que son frère aîné, Chŏng Ch’ŏl-sang Carolus, furent martyrisés le 8 avril 1801.
Augustinus avait rédigé un Catéchisme des plus importants articles de la doctrine chrétienne.
Cette même année 1839, où la persécution avait repris, allaient tomber notre Paulus, ainsi que sa mère, Yu So-sa Cæcilia (le 23 novembre), ainsi que sa sœur, Chŏng Chŏng-hye Elisabeth (le 29 décembre).
Ses deux oncles, Chŏng Yak-yong et Chŏng Yak-jŏn, étaient des personnalités en vue dans la Corée.
Quand le papa était mort, en 1801, le petit Paulus avait à peine moins de sept ans. Tous les biens du papa furent confisqués, la famille dut vivre dans une extrême pauvreté, mais la maman sut transmettre à Paulus sa foi inébranlable.
En 1815, il vint à Seoul, dans l’espoir de reconstruire l’Eglise, dévastée par la récente persécution, privée de prêtres.
Il rencontra un éminent professeur qui avait étudié en Chine, puis, malgré son origine noble, se fit serviteur d’un interprète qui allait souvent à Pékin.
En 1816, il put ainsi rencontrer à Pékin l’évêque, pour lui demander d’envoyer des missionnaires en Corée.
Ce fut l’occasion pour l’évêque de conférer à Paulus les sacrements de Confirmation et de l’Eucharistie.
En 1817, l’évêque envoya un prêtre en Corée, mais celui-ci mourut avant le terme de son voyage. Paulus chercha au moins à se faire aider par de nouveaux baptisés, parmi lesquels son oncle Chŏng Yak-yong, qui vivait en exil à Kang-jin.
Paulus et ceux de son groupe envoyèrent de nouvelles demandes insistantes, tant à Pékin qu’à Rome même, pour obtenir des missionnaires. Cette fois-ci, Rome réagit, établit en 1831 un Vicariat Apostolique pour la Corée, et chargea les Missions Etrangères de Paris de constituer l’Eglise en Corée.
Paulus fit neuf fois le voyage à Pékin. Il rencontra enfin le premier Vicaire Apostolique, Mgr Imbert (voir la notice) et l’introduisit en Corée, le reçut chez lui et le servit continuellement.
Mgr Imbert appréciait tellement les qualités de Paulus, qu’il lui enseigna le latin en vue de le préparer au sacerdoce, mais la persécution l’obligea à fuir à Suwŏn.
Paulus s’attendait chaque jour au martyre. Il eut l’audace d’écrire au Premier Ministre une lettre en défense de la foi catholique, qui constitue ainsi le premier ouvrage d’apologétique en Corée. Même les ennemis de l’Eglise en apprécièrent l’éminent contenu.
Vint pour Paulus l’heure de l’arrestation, en même temps que sa mère et sa sœur.
Considéré comme le leader de l’Eglise coréenne, il subit un raffinement de tortures, qu’il supporta patiemment, jusqu’à la décapitation à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 22 septembre 1839.
Il fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.
Rappelons que la fête commune de tous les Martyrs de Corée est au 20 septembre.

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20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 23:00

Rosario Livatino
1952-1990

Rosario Livatino naquit le 3 octobre 1952 à (Canicattí, Sicile), fils unique de Vincenzo et Rosalia.
En 1975, il acheva ses études de Droit à Palerme.
En 1978, il fut affecté sur concours au tribunal ordinaire de Caltanissetta.
Son souci majeur fut de considérer toujours la dignité de chaque personne, même condamnée. Sa secrétaire le verra pleurer quand il apprit qu’un délinquant avait été abattu.
A partir de 1989, il fut juge a latere (assistant du Président du Tribunal) : désormais, lui et ses parents seront menacés par la Mafia et une dépendance locale de celle-ci, la Stidda.
Courageux, Rosario continuera son travail quotidien, refusant toute escorte policière (pour ne pas exposer d’autres personnes). Chaque matin, il participe à l’Eucharistie avant de se rendre au tribunal.
Il nota ses réflexions dans des cahiers, marqués à chaque page par l’abréviation STD (sous la tutelle de Dieu). Selon Rosario, rendre la justice, c’est prier, c’est se consacrer à Dieu. C’est une relation indirecte à travers l’amour pour la personne jugée.
Au matin du 21 septembre 1990, on attendit le juge Rosario tandis qu’il se rendait au tribunal : on lui barra la route, il tenta de s’enfuir à travers les champs, mais tomba à terre blessé dans le dos. Il eut le temps de dire Qu’est-ce que je leur ai fait ? Je ne les connais pas, et fut abattu de coups tirés à bout portant.
Du juge Livatino, s.Jean-Paul II le définira bientôt comme un martyr de la justice et bien-entendu de la foi.
Considéré effectivement comme martyr, Rosario Livatino fut béatifié en 2021.
Un des assassins s’est repenti en prison.
Rosario Livatino sera inscrit au Martyrologe le 21 septembre.

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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 23:00

26e dimanche per annum - B

 

L’illustre exégète que fut Origène (3e siècle) dit des choses fort intéressantes à propos des soixante-dix anciens choisis dans le désert.

Contre ceux qui prétendaient que Dieu avait retiré à Moïse quelque chose de son esprit prophétique pour le donner aux anciens, Origène dit que Moïse et l’Esprit qui est en lui sont comme une lampe très brillante, à laquelle Dieu en a allumé soixante-dix autres ; l’éclat de la première lumière s’est étendu à elles, sans que la source ait été appauvrie par cette communication. Il en est ainsi du soleil qui ne perd pas son éclat en illuminant la terre.

Dans son Homélie sur les Nombres, le même Origène écrit que, dans l’Ecriture, l’Esprit de Dieu ne repose pas sur n’importe quel homme, mais seulement sur les saints ; il n’habite pas chez les pécheurs, car l’Esprit Saint ne peut cohabiter avec l’Esprit de mal. Pour lui, donc, quand l’Ecriture affirme que cela ne dura pas, c’est pour souligner combien ces anciens étaient emplis des vertus de pureté, de sincérité et d’intelligence spirituelle, tandis que la grande majorité du peuple avait péché, osant se plaindre de cette si précieuse Manne céleste qu’ils récoltaient chaque matin.

Mais Origène n’explique pas vraiment pourquoi ces anciens ne prophétisèrent qu’un instant. Un autre exégète, Théodoret (5e siècle) , propose cette explication : s’ils prophétisèrent aussitôt, c’est seulement pour montrer au peuple qu’ils jouissaient du don de Dieu ; s’ils ne prophétisèrent plus, c’est que Dieu les désigna non en vue de la prophétie, mais en vue de l’économie, à ce moment-là précisément, pour annoncer le miracle des cailles qui allait se produire.

En effet, l’épisode d’aujourd’hui se situe juste après l’annonce que Dieu fait à Moïse qu’il va envoyer au peuple d’Israël de la viande à manger, et juste avant l’arrivée providentielle des cailles.

L’Ecriture ne dit pas pourquoi Eldad et Medad restèrent dans le camp.  Elle ne dit pas non plus qu’ils firent mal ou qu’ils firent bien. Le fait est qu’ils avaient été parmi les soixante-dix anciens choisis et donc qu’ils reçurent aussi l’Esprit. Selon un ancien rabbin, ils restèrent dans le camp par modestie et furent récompensés en recevant l’Esprit directement de Dieu, et non de Moïse comme les autres.

La réaction de Josué, ne doit pas se comprendre comme une marque de jalousie, malgré la réponse de Moïse, mais seulement d’une disposition à accomplir la volonté de Dieu. Moïse non plus ne regrette pas le choix d’Eldad et de Medad : bien au contraire, il souhaite que tout le peuple puisse prophétiser ainsi, par sa sainteté.

 

*       *       *

Le psaume 18 exalte la volonté et le choix de Dieu. De Lui vient le Soleil de Justice, le Christ, et c’est pouquoi ce psaume est chanté à Noël.

Ici, nous en méditons les versets 6, 8, 10, 12,14. Le serviteur fidèle a besoin d’être entièrement lavé de l’orgueil qui nous guette chaque jour, et de rester pur comme un petit enfant, sans ambition.

 

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La lettre de l’apôtre Jacques est d’une clarté, mais surtout d’une sévérité totale envers les riches. Non pas les riches qui ont plus que les pauvres, car cela est l’héritage de la nature et des dons divers que chacun reçoit, mais des riches qui accumulent les richesses pour le plaisir d’en jouir ; qui sont injustes envers les domestiques.

A-t-on jamais vu rouiller de l’or ou de l’argent ? Eh bien, si cet or ou cet argent sont injustement accumulés, ils “rouilleront”, dit Jacques, ils ne serviront à rien. 

Salaires non payés… bombance… et les justes condamnés et tués… On pourrait dire que le vingt-et-unième siècle n’est pas différent du premier siècle, mais on dira surtout que la promesse de Dieu vaut autant pour nous aujourd’hui que pour les hommes de l’époque de saint Jacques.

 

*       *       *

 

L’extrait de l’évangile d’aujourd’hui fait immédiatement suite à celui de dimanche dernier et il faut bien le remarquer : Jésus y introduisait un petit enfant au milieu des Douze Apôtres. Le plus grand, c’est celui qui est un petit enfant. Ce chapitre 9 de Marc parle beaucoup des enfants.

Jésus y guérit un enfant possédé ; puis rappelle aux Apôtres la vraie grandeur de l’enfant, et condamne vigoureusement celui qui “scandaliserait un de ces petits”. 

Nous allons voir que le texte d’aujourd’hui concerne aussi la sainte enfance qui plaît à Dieu.

Personne ne peut faire un miracle en mon nom et aussitôt après parler contre moi, dit Jésus : c’est qu’en effet l’enfant ne connaît pas cette duplicité de pensée et de langage.

Vient ensuite le fameux passage où Jésus semble nous demander l’impossible : Si ta main t’entraîne au péché, coupe-la -  si ton pied t’entraîne au péché, coupe-le - si ton œil t’entraîne au péché, arrache-le.

Au lieu d’écarter cet enseignement parce qu’il nous semble trop mystérieux, cherchons à l’approfondir. N’oublions jamais que toute écriture inspirée de Dieu est utile pour enseigner (2Tim 3:16).

La main de l’homme symbolise toute son activité ; le pied de l’homme symbolise les lieux qu’il fréquente ; l’œil de l’homme symbolise tout ce qu’il voit, bien sûr. Il est clair pour chacun que dans notre activité, dans nos fréquentations, dans nos regards, tout n’est pas bon et innocent comme l’est le regard ou la volonté d’un enfant innocent. Bien sûr, nous avons mille justifications, mais intérieurement nous sentons bien que nous ne sommes plus des “petits enfants”.

Qui de nous n’a jamais entendu un enfant repousser avec force une vilaine image ou un vilain camarade en disant “C’est pas bien, ça !” ?

Comment alors se couper une main, un pied, ou s’arracher un œil ?

Ceux qui veulent suivre Jésus intégralement, doivent faire un choix radical, et renoncer franchement à telle mauvaise habitude, à tel mauvais penchant, à telle mauvaise idée, à telle mauvaise convoitise… Renoncer à certaines activités non conformes à l’évangile, c’est en effet accepter de “couper sa main” ; renoncer à certaines fréquentations, certains lieux, c’est vraiment “couper son pied” ; savoir surveiller son regard et renoncer à certaines convoitises, c’est “arracher son œil”.

Ces “amputations” sont parfois difficiles, oui. Elles coûtent même terriblement parfois. 

Si nous remettons à plus tard cette amputation spirituelle, Dieu ne nous rejettera pas pour autant, et restera patient jusqu’à notre conversion plus profonde ; mais nous connaîtrons une joie bien plus grande en acceptant de nous priver radicalement de certains plaisirs pour rester de vrais enfants de Dieu.

 

*       *       *

La prière du jour fait allusion à cette patience inlassable de Dieu. Avec sa grâce, efforçons-nous de nous hâter vers les biens que Dieu promet, les biens authentiques, qui ne rouillent jamais. 

Disons de tout notre cœur cette Prière du jour.

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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 23:00

Thascius Cæcilius Cyprianus de Carthage
200-258

Ce très célèbre Père de l’Eglise naquit vers l’an 200 en Afrique du Nord, probablement dans la région berbère.
Après une brillante éducation, il devint professeur de rhétorique et avocat.
Par un ami prêtre, il connut la Sainte Ecriture, la lut et se convertit profondément, au point que désormais il ne citera plus jamais un auteur païen. Dès lors il fit le vœu de continence.
Sa droiture l’amena à être choisi pour recevoir le sacerdoce puis, quand le siège épiscopal de Carthage fut vacant en 249, il fut quasi unanimement désigné pour recevoir l’épiscopat.
Le nouvel évêque se montra à la hauteur de sa mission, dans tous les domaines, pastoral et doctrinal.
Il rappela aux clercs leur devoir d’une vie exemplaire, aux vierges d’être modestes (c’est-à-dire de ne pas sacrifier aux modes vestimentaires ou capillaires).
En 250, un édit de Dèce menaça tous les chrétiens qui n’auraient pas accepté de sacrifier au génie de l’empereur. Cyprien jugea opportun de se protéger, pour soutenir ses fidèles : confiant les affaires à un prêtre fidèle et à ce qu’on appellerait aujourd’hui son conseil presbytéral, il se cacha, tout en maintenant le contact épistolaire avec les fidèles et avec les chrétiens de Rome. Certains de ces derniers suggéraient que Cyprien avaient trahi ; l’évêque écrivit pour expliquer son point de vue et sa décision prudente.
Au lendemain de cette vague de persécution, se posa le problème des lapsi, les chrétiens qui avaient momentanément cédé à la pression pour ne pas être accusés de christianisme ; ils voulaient rentrer dans l’Eglise, mais sans formalités autres qu’un billet de réconciliation, qu’ils obtenaient trop facilement d’autres fidèles. Cyprien fit savoir qu’on ne s’acquittait pas d’un pardon bien nécessaire sans une pénitence adéquate, après avoir ainsi, pour certains, apostasié, pour d’autres même sacrifié aux idoles.
Le pape Fabien approuva cette décision. Mais sur place, Novat fomentait un schisme contre Cyprien ; partisan d’une réconciliation facile, il dressait les fidèles contre leur évêque ; de plus, et étrangement, il se mettait en même temps dans le parti du romain Novatien qui, de son côté, n’admettait rigoureusement aucune réconciliation possible des lapsi.
Cyprien rentra à Carthage dès 251, année où fut élu pape Corneille.
En mai 252, un concile africain décidait de réintégrer les lapsi pénitents, les Pères communiquèrent leur décision au pape, et la situation s’apaisa.
Il y eut alors une épidémie de peste dans l’empire, et les Chrétiens furent tout de suite pointés du doigt ; la tension remontait.
Deux événements sont ici à signaler, avant le grave problème qui allait surgir à propos du baptême conféré par des hérétiques.
En 253, on voit Cyprien, plein de sollicitude, organiser des secours en faveur des Chrétiens numides, victimes d’une razzia ; puis l’évêque s’élève contre la pratique erronée de consacrer de l’eau à la place du vin à la Messe.
Après Corneille, fut élu pape Lucius, qui mourut dès 254, puis vint Stephanus (Etienne) 1
er, réputé plus autoritaire que ses prédécesseurs, et qui ne manifesta pas un grand désir de communiquer avec Cyprien.
Mais Cyprien «osa» bientôt intervenir pour déclarer que le nouveau pape avait été trompé au sujet de la réintégration de deux évêques espagnols, précédemment déposés pour s’être procuré de faux «billets de sacrifice». Cyprien écrivit aussi au pape pour demander la déposition de l’évêque d’Arles, coupable de déviation dans le sens novatianiste. Le pape ne réagit pas.
En revanche, il se manifesta énergiquement quand on souleva la question du baptême conféré par des hérétiques. Cyprien soutenait que ce baptême était impossible, car seule l’Eglise peut conférer le sacrement. Toutefois, la doctrine de l’Eglise est plus universelle, et proclame que en cas de nécessité, toute personne, même non baptisée, ayant l’intention requise, peut baptiser. L’intention requise, c’est de vouloir faire ce que fait l’Eglise en baptisant, et appliquer la formule baptismale trinitaire (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n.1256) ; à cela s’ajoute la pratique de verser soi-même l’eau (ou de pratiquer l’immersion) en prononçant cette formule trinitaire (N, je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit). Cette doctrine était déjà celle de l’Eglise au 3
e siècle, et le pape Stephanus la rappela, précisant que Rome n’admettait aucune nouveauté.
Cyprien ne trahissait pas la tradition de l’Eglise. Il jugeait cependant nécessaire, localement, d’imposer une pratique plus sévère à l’encontre des partisans de Novat.
C’était apparemment une rupture ; deux conciles à Carthage appuyèrent l’avis de Cyprien. Certains commencèrent à s’en prendre au pape autoritaire, qui eut cependant l’heur de mourir en 257, et auquel succéda un esprit plus conciliateur en la personne de Sixte II.
Finalement, la polémique s’apaisa d’elle-même, lorsque se déclencha la persécution de Valérien en 257.
Cyprien fut une première fois condamné à l’exil à Curubis, une petite ville peu éloignée de Carthage, d’où il put maintenir le contact avec les fidèles du diocèse.
En 258, Cyprien regagna Carthage, mais Valérien intensifia la persécution : on devait décapiter tout évêque, prêtre et diacre, à peine identifiés. C’est ainsi que mourut à Rome le pape Sixte II (v. 6 août) et son diacre Laurent (v. 10 août).
A nouveau arrêté, Cyprien subit un procès, dont on a reçu un compte-rendu exact, au terme duquel la sentence fut que Thascius Cyprianus est condamné à périr par le glaive, ce qu’entendant, Cyprien répondit : Deo gratias !
Le saint évêque fut conduit au lieu de l’exécution, avec beaucoup d’autres Chrétiens qui criaient Qu’on nous décapite nous aussi avec lui !. Cyprien retira son manteau et sa dalmatique, pria, fit remettre vingt-cinq pièces d’or au bourreau, se noua un bandeau sur les yeux, se fit attacher les mains par un prêtre et un diacre, encouragea le bourreau qui n’osait pas lever la main, et reçut le coup fatal.
Saint Cyprien mourut le 14 septembre 258 et fut immédiatement honoré en Afrique, à Rome et ailleurs ; on inscrivit son nom dans le Communicantes du Canon romain de la Messe, seul martyr non romain mentionné dans cette prière. Il est actuellement fêté avec saint Corneille, le 16 septembre.
Jusqu’à la ruine de Carthage (698), le culte de saint Cyprien fut très en honneur et trois basiliques furent construites. Ses reliques furent ensuite rapportées à Lyon.
On conserve de saint Cyprien de nombreux écrits, parmi lesquels un commentaire du Pater, un traité sur l’habillement des vierges, sur la pratique de l’aumône, sur la patience, sur la pudeur, sur la jalousie, sur l’unité de l’Eglise ; c’est dans ce dernier qu’il proclame qu’ hors de l’Eglise, il n’y a pas de salut.

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14 septembre 2021 2 14 /09 /septembre /2021 23:00

Emilas et Jeremías de Cordoue

† 852

 

Ces deux jeunes gens nobles de Cordoue versèrent ensemble leur sang pour leur foi.

Ils avaient fait leurs études là, et parlaient l’arabe de façon très correcte.

Emilas fut diacre, Jeremías, non ; les détails qu’on a sur eux ne parlent pas de leur âge, de leur enfance. Jeremías était peut-être plus jeune et pas encore décidé d’entrer au service de Dieu, ou bien n’était-il simplement pas appelé par Dieu, mais les deux jeunes gens s’entendaient bien, surtout pour conserver intacte leur foi et, à l’occasion, la témoigner ouvertement.

Emilas cueillit un jour cette occasion en disant haut et fort ce qu’il savait et ce qu’il pensait sur Mahomet.

Ce fut l’arrestation immédiate, les mauvais traitements en prison, et la décapitation.

La journée de leur martyre était une belle journée automnale, mais au moment de la décapitation un orage violent se déchaîna brusquement, on crut à un tremblement de terre, la grêle tomba drue, le soleil fut complètement masqué par d’épais nuages. On aurait pu se croire au Golgotha, quand l’obscurité se fit sur tout le pays et que la terre trembla  (Mt 27:45 et 51).

Les corps des deux Athlètes du Christ furent pendus à des chevalets, de l’autre côté du Guadalquivir, bien en vue de toute la population.

Ils n’étaient pas les premiers ni les derniers courageux témoins de la foi de cette période ; en une dizaine d’années, plus de cinquante hommes et femmes furent exécutés à Cordoue par les autorités musulmanes.

Emilas et Jeremías sont commémorés le 15 septembre au Martyrologe.

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12 septembre 2021 7 12 /09 /septembre /2021 23:00

Juan Capel Segura
1875-1936

Né le 18 janvier 1875 à Huércal de Almería, il fut ordonné prêtre en 1909.
Pauvre et généreux, il s’occupa de la famille de sa sœur, lorsque l’époux de celle-ci fut malade. Il vivait si modestement qu’il en était presque réduit à demander l’aumône pour manger, et même alors, il se privait pour donner son pain à plus pauvres que lui.
Modeste, discret, il fut vicaire à Huércal, où personne ne pouvait dire du mal de lui. Il parlait peu, mais son comportement, sa prière, en disaient beaucoup.
Lors de la persécution de 1936, on vint l’arrêter chez lui le 10 septembre ; on voulut l’obliger sous la torture à blasphémer. Au milicien qui lui tira dans les pieds, il conseilla de se convertir et lui pardonna de tout son cœur.
Il partagea le sort de don José Álvarez-Benavides de la Torre (v. plus haut).
Don Juan fut un des douze prêtres martyrisés le 13 septembre 1936 à Pozo de Cantavieja (Tahal, Almería) et qui ont été béatifiés en 2017.
Juan Capel Segura sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 septembre.

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