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28 août 2021 6 28 /08 /août /2021 23:00

23e dimanche per annum - B

 

Huit siècles avant Jésus-Christ, Isaïe annonçait que Dieu viendrait lui-même apporter un changement profond en Israël. 

L’expression lui-même a son importance : le Messie est un être divin, Jésus sera bien Dieu incarné. Le texte est clair sur la divinité de Jésus-Christ.

Cette divinité se manifestera par des miracles, par la guérison des aveugles, des sourds, des muets, des boîteux… 

Outre les guérisons physiques, on peut très bien comprendre que ces guérisons seront spirituelles : les hommes verront et entendront la Vérité, ils la proclameront ;  ceux qui hésitent encore entre diverses doctrines, seront raffermis et ne «boîteront» plus.

La vengeance et la revanche de Dieu n’ont ici rien de ces sentiments humains aggressifs : Dieu intervient sur le péché, pour reconduire l’homme à la Vérité, à l’Innocence. 

Ainsi se manifeste la gloire de Dieu : par la conversion de l’homme. Tel est le règne de Dieu dont nous répétons sans cesse dans la prière : Que ton règne vienne !

Les gens connaissaient la prédiction d’Isaïe. Quand Jean-Baptiste fit interroger le Christ : Es-tu celui qui doit venir ?, Jésus lui fit répondre précisément par les mots du prophète Isaïe : Dites à Jean : les aveugles voient, les boîteux marchent, les lépreux sont guéris et les sourds entendent… (Mt 11:3-4). Jean-Baptiste et ses disciples devaient comprendre par là que l’Ecriture était en train de s’accomplir.

 

*       *       *

Le psaume 145 est le premier d’une série de cinq psaumes que les Juifs chantaient le matin. Ils commencent par le verbe louer, ce qui a donné nos laudes matinales.

En reprenant certains termes d’Isaïe, le psalmiste chante le Dieu plein de bonté, qui fait justice, délie les enchaînés, protège l’étranger… Dans sa bonté et sa miséricorde, Dieu veut aider tous les hommes à se transformer.

Dieu s’occupe de tous les hommes, mais aussi de ceux qu’on oublie ou qu’on méprise parce qu’ils sont «petits». Et cela nous introduit directement à la lettre de l’apôtre Jacques. 

 

*       *       *

A la suite du Christ, nous avons le devoir de tourner notre regard vers tous les hommes, vers les justes et aussi vers les pécheurs, vers les gens aisés mais aussi vers les pauvres.

Aucun de nous ne peut penser qu’il soit «plus» qu’un autre : devant Dieu, il n’y a aucune considération de personnes. Souvenons-nous en : le général est comme un agent de surface, l’avocat est comme un artisan, professeurs et élèves sont sur le même banc…

Si nous prétendons marcher selon l’Evangile, si nous avons accepté de changer notre homme intérieur, nous ne pourrons pas permettre une situation semblable à celle à laquelle fait allusion l’apôtre Jacques.

Les situations sociales les plus difficiles ne sont pas insolvables dès lors que nous y cherchons une solution en harmonie avec l’appel de Dieu. Le plus important, souvent, est de mettre la main à la pâte ; quand l’ouvrage est commencé, les choses s’enchaînent et Dieu nous aide souvent à trouver des pistes auxquelles nous n’avions pas songé au préalable.

Jamais Abraham ou Moïse n’auraient songé à devenir les chefs d’une multitude ; jamais David avec sa petite fronde de berger, n’aurait songé à être roi ; Salomon encore moins. Dieu s’est servi de leur fidélité pour montrer qu’avec Lui, les petits et les faibles peuvent faire de grandes choses. Comme l’écrira saint Paul : Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre la force ; ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi (1Co 1:27-28).

 

*       *       *

 

Tous ceux qui connaissent un peu la solitude où se trouvent les mal-entendants pourront éprouver une joie intense en lisant le récit de la guérison du sourd-muet. On reproche souvent aux malentendants de s’isoler des autres, mais c’est leur infirmité, même légère, qui les isole contre leur gré.

Jésus emmène donc cet homme à l’écart, loin de la foule, car la foule est bruyante, agitée, et ne permet pas le recueillement ; mais Jésus dut garder près de lui quelque Apôtre, qui observerait les gestes de Jésus et être plus tard témoin de la scène, sans doute Pierre, de qui Marc aura appris ces détails que ne racontent pas les autres évangélistes.

Jésus fait des gestes très particuliers, qui furent repris pendant longtemps dans la liturgie du baptême chrétien. De ses doigts, il touche les oreilles, comme pour faire passer vers le malade un “courant” mystérieux émanant du Fils de Dieu pour guérir l’homme malade. 

Plus étonnant encore, ce signe de la salive pour toucher la langue de cet homme : certainement, le Verbe incarné veut guérir le verbe humain malade. On pourra rapprocher ce geste de celui que fit Jésus pour guérir l’aveugle (Jn 9:6) : si le Verbe de Dieu a créé toutes choses, ce même Verbe incarné vient re-créer les membres malades de la création pécheresse. Ainsi “touché” par le Verbe, l’homme peut s’ouvrir à la Vérité : Jésus lui dit en effet : Effata ! Ouvre-toi ! Ouvre ton cœur à la Bonne Nouvelle ! Crois, et tu seras sauvé !

On se permettra de noter que ce geste de la salive n’a rien à voir avec un geste sensuel, avec un baiser érotique par exemple. Le geste de Jésus est plein de discrétion, de pureté. L’ancien rite du baptême a maintenant été supprimé parce qu’il n’était malheureusement plus compris de notre époque.

Encore une fois, nous lisons que Jésus recommande la discrétion à l’homme guéri ; on dirait aujourd’hui qu’Il lui demande d’éviter les journalistes et le tapage médiatique, car Jésus travaille dans le fond des cœurs et attend la conversion profonde, pas le bruit du monde.

 

*       *       *

 

La Prière du jour,  utilise une belle expression : les enfants d’adoption de Dieu. C’est vrai : en apportant aux hommes sa Vie divine, Jésus Christ fait de nous ses frères et donc les fils d’adoption de Dieu. 

Nous sommes des sourds-muets invités à entendre l’appel de Dieu et à proclamer notre foi au Christ. Si nous recevons pleinement ce Verbe en nous, nous serons de ceux dont saint Jean parle : qui ne sont pas nés du sang ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu (Jn 1:13). 

Dépassant l’humain, nous ferons naître en nous le Christ et dirons avec s.Paul : Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi (Ga 2:20).

 

Quelle joie immense que d’être appelés à la vie divine, que d’être unis à la vie du Christ ! Etre fils de Dieu, comme Jésus, c’est se libérer du monde, c’est entrer dès maintenant dans l’éternité !

La prière du jour réunit tous ces mots merveilleux : nous, les enfants d’adoption, Dieu nous aime comme un père ; dans Son fils, le Christ, Il nous donne la vraie liberté et la vie éternelle.

Quelle joie profonde et inaltérable ! Efforçons-nous de la communiquer !

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23 août 2021 1 23 /08 /août /2021 23:00

María Vicenta Rosal Vásquez
1815-1886

Cette Fondatrice vit le jour le 28 octobre 1815 (ou 1820, date plus souvent retenue, mais une image d’époque porte la date de 1815) à Quetzaltenango (Guatemala), dans une famille chrétienne.
A quinze ans, elle fut conquise par le mystère de Bethléem et sentit l’appel de Dieu.
En 1837 elle entra dans l’Institut des Sœurs de Bethléem, fondées au 17
e siècle par saint Pedro Betancur (v. 25 avril).
A sa vêture, elle prit le nom de María Encarnación du Cœur de Jésus, en souvenir de la naissance à Bethléem du Celui qui mourut pour le salut des hommes.
S’apercevant que l’Institut commençait déjà à s’écarter de sa vocation première, elle crut trouver ce qu’elle attendait à Sainte-Catherine, un autre monastère plus fidèle, qui ne lui donna pourtant pas satisfaction, de sorte qu’elle revint à son premier monastère.
La providence fit qu’elle fut élue prieure du monastère en 1855. Cette année-là, elle fonda deux écoles à Quetzaltenango.
Voulant revoir les constitutions et les ré-harmoniser avec le charisme du Fondateur, elle rencontra l’opposition des Religieuses, comme cela arrive presque toujours quand un(e) Saint(e) veut reporter l’Institut à la pureté de sa fondation.
Aussi, María Encarnación fonda elle-même une nouvelle Congrégation, qui s’appela Sœurs Bethlémites-Filles du Sacré-Cœur, auxquelles elle voulait donner l’esprit du Fondateur saint Pedro Betancur.
Malheureusement, le pays traversa une crise politique et la Fondatrice dut émigrer au Costa-Rica voisin (1877). A Cartago, elle fonda une première école pour les filles ; en 1886, elle ouvrit un orphelinat.
De nouveau une crise politique s’abattit sur le pays, et María passa alors en Colombie : à Pasto, elle ouvrit une maison pour les enfants pauvres et abandonnés. Puis elle ouvrit deux maisons pour sa congrégation, en territoire équatorien, tout près de la frontière avec la Colombie, à Tulcán et à Otavalo.
Nouvelle étape dans l’expansion de l’œuvre : la maison-mère devait s’établir à Bogota (Colombie), et une nouvelle fondation s’ouvrit à Dallas (Texas).
Patiemment, la Mère María Encarnación réussit à répandre dans ses fondations l’esprit du saint Fondateur Pedro Betancur. Elle y promut la dévotion au Sacré-Cœur et, en union avec le Sacrifice divin, l’expiation pour les péchés du monde. C’est ainsi que chaque 25 du mois, les Religieuses élèvent à Dieu d’intenses prières en expiation.
María Encarnación fit une chute de cheval tandis qu’elle se rendait de Tulcán à Otavalo ; elle mourut à Tulcán (Equateur) le 24 août 1886, la veille de la fête des Douleurs du Sacré-Cœur, une fête que le Christ lui-même lui avait demandée précédemment.
La Congrégation s’est désormais développée non seulement en Amérique du Sud, mais aux Etats-Unis, en Espagne et en Italie, ainsi qu’en Inde. Les Religieuses enseignent, évangélisent, assistent les personnes âgées.
Depuis la mort de María Encarnación, son corps est resté frais et souple.
Elle fut béatifiée en 1997.

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21 août 2021 6 21 /08 /août /2021 23:00

22e dimanche per annum - B

 

*       *       *

Avec le peuple d’Israël, nous avons promis dimanche dernier de servir le Seigneur. Voici maintenant l’exhortation qu’avait faite Moïse à tout ce peuple (et à nous).

Moïse énonce un principe qu’on retrouvera en d’autres passages de la Bible, et notamment au tout dernier chapitre de l’Apocalypse (Ap 22:18-19) : les scribes et les docteurs devront transmettre la Loi divine sans aucune altération ; ce sera le depositum fidei de l’Eglise, la garantie de son authenticité. Philon d’Alexandrie commente que on n’ajoute que des éléments injustes et on ne retranche que du juste.

Moïse fait aussi une remarque très forte au sujet d’Israël : alors que c’est la plus petite de toutes les nations, elle sera reconnue grande par tous les peuples. Cette grandeur lui vient de la proximité de Dieu, proche de nous chaque fois que nous l’invoquons.

Dieu est beaucoup plus proche de nous que nous le croyons ; nous avons appris au catéchisme que Dieu sait tout, entend tout, même nos pensées intimes ; mais Dieu n’est pas un surveillant omniprésent, c’est surtout un Père qui nous aime et ne veut que notre bien.

 

*       *       *

 

Dans le psaume 14, David s’adresse à ce Dieu si proche, et parle même d’entrer sous sa tente, d’habiter sur sa montagne sainte. 

Les conditions pour accéder à ce bonheur ? rien de plus normal qu’agir avec justice, de dire la vérité, de ne pas faire de tort à son frère, de ne pas outrager le prochain… 

Qui prétendra encore que Dieu nous en demande trop ? Certes, comme Jésus, nous traversons des épreuves, mais l’apôtre Paul nous rassure - et sa parole est inspirée : Dieu ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces. Avec la tentation, il vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter (1Co 10:13).

Quel dieu a cette prévention, sinon notre Père Créateur ?

 

*       *       *

 

Saint Jacques va nous inviter maintenant à remercier Dieu pour toutes les grâces que nous en recevons : Les dons les meilleurs viennent d’en-haut ! 

Profitons de la lecture de l’épître de Saint Jacques pour dire quelques mots de cet Apôtre. Comme deux Apôtres ont porté le même nom, on les a distingués par “majeur” et “mineur”, mais on les confond souvent quand même. 

L’auteur de l’épître en question est Jacques “le Mineur”, proche cousin du Seigneur lui-même. Après l’Ascension, il fut le premier évêque à Jérusalem. Son martyre eut lieu en 62 : il fut précipité du haut du Temple de Jérusalem, lapidé et achevé à coups de foulon. Ce n’est donc pas de lui qu’il s’agit à propos de Compostelle.

Son épître, une des plus brèves du Nouveau Testament et en même temps une des moins lues, va attirer notre attention pendant cinq dimanches de suite. L’Eglise n’a retenu dans ces lectures que quelques éléments marquants de l’épître. 

Aujourd’hui, l’Apôtre commence par nous demander de mettre en pratique la Parole de Dieu : Ne vous contentez pas de l’écouter, à la Messe, le dimanche matin. Il a même cette comparaison amusante - non reprise dans la péricope d’aujourd’hui - que celui qui écoute la Parole sans la mettre en pratique, ressemble à un homme qui se regarde dans le miroir : A peine s’est-il observé qu’il part et oublie comment il était.

Pourquoi saint Jacques parle-t-il seulement de venir en aide aux orphelins et aux veuves et de se garder propre au milieu du monde ? Suffit-il de quelques œuvres caritatives pour pratiquer la religion ?

Non, bien sûr, mais pour Jacques, dans cette Eglise naissante de Jérusalem, recevoir les Sacrements, prier au Temple, écouter l’enseignement de l’Eglise, rencontrer la communauté, sont des préambules acquis, que tous reconnaissent. Mais précisément parce qu’ils ne sont pas remis en question, les Chrétiens pouvaient parfois s’en contenter, un peu comme les rites extérieurs des Pharisiens dont il va être question dans l’évangile.

Jésus-Christ attend de nous un engagement fort, tellement vif qu’il ouvre notre cœur au Prochain. 

Des orphelins, il en existait déjà à l’époque de Jésus ! Enfants sans parents, abandonnés, ignorés, laissés dans la rue, victimes de toutes les corruptions, cette plaie n’est pas d’aujourd’hui. Mais il n’y a pas que les orphelins naturels : il y a tous ceux qui ignorent la paternité de Dieu, Père de tous les hommes, soit qu’ils n’en aient jamais entendu parler, soit qu’ils l’aient oublié. Et là, nous rappelle s.Jacques, les chrétiens ont une immense et profonde responsabilité, car dans l’immense famille des descendants d’Abraham, nous sommes tous frères et tous enfants de Dieu.

Les veuves aussi peuvent s’entendre de deux façons. Celles qui ont perdu leur mari prématurément (à la guerre, souvent, et cette plaie aussi n’est pas d’aujourd’hui…) ou par quelque autre épreuve, ont perdu le soutien de leur vie et de leur affection. Les veuves sont beaucoup plus nombreuses que les veufs. Mais les veuves peuvent aussi, dans l’esprit de s.Jacques, être toutes ces âmes privées de tout soutien immédiat, les faibles, qui ne savent à quoi se raccrocher, à qui se référer, à qui s’adresser, qui n’ont plus de repères, comme un émigré qui a perdu famille, maison, travail et santé… Ici aussi le travail apostolique est immense. 

Autrement dit, l’apôtre saint Jacques étale sous nos yeux le champ pratiquement sans limite du travail apostolique qui incombe à tous les Chrétiens. C’est le travail d’évangélisation qui fut celui des premiers Apôtres, qui a continué dans tout l’empire romain, qui s’est étendu dans le monde entier, durant tous les siècles. A toutes les époques Dieu a suscité des figures éminentes de sainteté pour éclairer avec la lumière de la Vérité le monde enténébré. 

Saint Paul n’a pas converti l’empire romain en quelques jours, mais son zèle à laissé une empreinte qui a conduit cet empire à la conversion générale. A sa suite, des milliers d’apôtres, prêtres, religieux, religieuses, catéchistes, ont donné leur vie pour gagner les âmes à Dieu. La christianisation de l’Europe entière depuis le haut Moyen-Age a été le fruit de la présence de ces si nombreux monastères qui ont poussé dans toutes les régions d’Espagne, de France, d’Angleterre, d’Allemagne, en se conformant à la Règle de saint Benoît : Ora et Labora (Prie et Travaille).

 

*       *       *

Il y a donc bien autre chose à faire qu’à se préoccuper de se laver les mains ou de laver les verres avant de boire, comme le préconisaient les pharisiens.

Ce qu’il faut purifier, c’est notre cœur, rappelle Jésus.

C’est d’abord dans notre cœur que naissent les pensées qui conduisent à tant de vices, et ce sont ces pensées qu’il faut purifier.

Les vices énumérés par Jésus sont des mots que nous n’aimons pas entendre ; mais comme nous ne les aimons pas, nous faisons comme l’autruche devant le danger ; nous ne devons pas les oublier ; le texte grec et les traductions les reportent dans les ordres les plus variés : adultères, fornications, meurtres, vols, avarices, méchancetés, fraude, impudicités, envie, calomnie, orgueil, folie. 

La plupart peuvent se ramener aux Commandements de Dieu ou à la simple morale naturelle écrite dans le cœur de l’homme. 

On notera les pluriels, montrant que nos pensées sont malheureusement fertiles en déviations : les péchés du cœur précèdent de beaucoup les péchés réellement commis.

Inévitablement, ces pensées et ces défauts nous détournent de Dieu et du Prochain. En avoir conscience nous aidera déjà à combattre les tentations.

 

*       *       *

 

Heureusement, nous ne sommes pas continuellement ni entièrement envahis par ces pensées. Nous avons à lutter pour laisser les bonnes pensées nous dominer.

La Prière du jour nous rappelle que tout don parfait vient de Dieu (Jc 1:17) et nous avons besoin de la force divine pour développer ce qui est bon en nous. 

Dans la prière et dans l’Eucharistie, nous trouverons cette force.

Que l’Eucharistie fortifie l’amour en nos cœurs, et nous incite à servir Dieu dans nos frères (Prière finale).

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18 août 2021 3 18 /08 /août /2021 23:00

María Calaf Miracle
1871–1936

María vit le jour le 18 décembre 1871 à Bonastre (Tarragona, Espagne).
Elle entra dans la congrégation des Carmélites de la Charité en 1890 au noviciat de Vic (Barcelone).
Elle professa avec le nom de María de Notre-Dame de la Providence.
Très mariale, appréciée pour sa candeur angélique et sa délicatesse fraternelle.
Quand fut fondée la communauté de Benicásim, elle en fut co-fondatrice, puis passa à celle de Cullera en 1899, jusqu’à la fin de sa vie.
Avec ses Consœurs, elle souffrit le martyre à El Saler (Valencia) le 19 août 1936.
Ces Religieuses ont été béatifiées en 2001.

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14 août 2021 6 14 /08 /août /2021 23:00

Isidore Bakanja
1885-1909

Bakanja naquit entre 1880 et 1890 à Bokendela (Congo Belge à l’époque, maintenant République démocratique du Congo). Sa tribu était celle des Boangi, sa langue, le lingala.
Il reçut le baptême en 1906, grâce à des pères trappistes de Mbandaka, qui lui donnèrent le nom de Isidore, et pourvurent à son éducation religieuse.
La même année il reçut la Première communion et la Confirmation.
Il priait fidèlement le chapelet.
Devenu aide-maçon, il profitait de ses moments libres pour enseigner à son tour l’Evangile à ses camarades.
Comme on le voit sur une des rares photographies qu’on a de lui, il portait ostensiblement le scapulaire du Carmel, ce qui irritait particulièrement son chef, un Blanc.
Nous sommes au début de 1909. Le chef blanc donna ordre à Isidore de retirer son scapulaire ; comme Isidore refusait, il commença par lui faire donner vingt-cinq coups de fouet dans le dos, qu’Isidore supporta patiemment en pensant à la flagellation du Christ. Mais son silence patient irritait encore plus son chef, qui se mit à proférer des insultes contre les prêtres.
Isidore, lui, aurait aimé aller prier dans son église, mais étant en déplacement avec son chef et son patron, il se trouvait à quatre-cents kilomètres de son lieu habituel de travail.
Quelques temps après, Isidore fut faussement accusé par son patron, qui le fit encore fouetter et mettre en prison. C’était à Wenga (Busira).
Comme des inspecteurs étaient annoncés, le chef le fit cacher dans la forêt où, ne pouvant marcher, Isidore souffrait, priant pour son chef et lui pardonnant. Mais un des inspecteurs le découvrit et le fit soigner. Ses souffrances patientes édifièrent beaucoup l’entourage ; certains se convertirent.
En juin, Isidore fut transporté à Busira. Fin juillet, deux prêtres de passage lui donnèrent les sacrements de Réconciliation et des Malades. Interrogé, Isidore expliqua :
Ce Blanc n’aime pas les Chrétiens. Il ne voulait pas que je porte le vêtement de Marie… Ce n’est rien si je meurs. Si Dieu veut que je vive, je vivrai, s’il veut que je meure, je mourrai. C’est égal pour moi… Je ne suis pas fâché contre cet homme. Il m’a frappé, c’est son affaire, ce n’est plus la mienne… Si je meurs, je prierai pour lui au ciel.
Isidore ne voulut jamais dénoncer son bourreau, ni qu’il fût traduit en justice, ni renvoyé dans son pays, ni ne demanda de compensation. Son corps devint une énorme plaie en putréfaction. Il offrit sa vie à Dieu sans un mot amer contre son persécuteur.
Isidore agonisa encore quelques jours. Le 15 août 1909 au matin, il fit l’effort de se lever (il n’avait pas quitté son lit depuis longtemps), fit une petite promenade, son chapelet à la main. Epuisé, il revint se coucher et mourut calmement.
C’était en la fête de l’Assomption de Marie. Isidore avait «environ» vingt-quatre ans.
Isidore a été béatifié en 1994, et proclamé patron des laïcs congolais (1999).

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14 août 2021 6 14 /08 /août /2021 23:00

21e dimanche per annum - B

 

Après les cinq livres du Pentateuque, le Livre de Josué nous raconte comment Josué était entré en Israël avec le peuple israélite et avait reconquis cette Terre promise.

Après les tergiversations répétées durant l’exode dans le désert, après les multiples défections, après les déviations vers les divinités païennes, Josué demande au peuple israélite une solennelle Profession de Foi. Il les “tente” même, leur disant qu’ils ne seront sans doute pas fidèles, mais tous répondent qu’ils seront fidèles à leurs engagements. C’est alors que Josué peut mourir en paix, ayant accompli sa mission.

Pourtant, le peuple choisi ne tarda pas à retomber dans l’erreur. De même que chacun de nous retombe souvent.

Dieu connaît ces chutes répétées que nous faisons chaque jour. Ce ne sont pas ces chutes qui comptent devant Dieu, mais c’est l’amour avec lequel nous nous relevons.

Jésus-Christ l’a redit à diverses âmes d’élection : Ce ne sont pas nos fautes qui l’attristent, seulement, mais c’est surtout que nous tardons à nous relever, à demander pardon, à implorer Sa grâce.

Dans toutes les familles, dans toutes les congrégations, dans toutes les associations, arrivent des tentations de toutes sortes, des tensions ; c’est inévitable, car le Démon est toujours en action pour diviser ce qui est uni, pour briser les amitiés, pour nous dresser les uns contre les autres. 

Renouveler nos engagements nous aide à réaffirmer notre volonté, à nous rendre plus forts devant la tentation.

*       *       *

Il est bon de lire et de méditer les quelques versets du psaume 33 en comprenant bien ce que signifie ici juste et méchant.

Dans l’Ecriture, est juste celui qui est fidèle à Dieu, malgré ses fautes. Un verset des Proverbes le dit bien clairement : Le juste tombe sept fois, mais se relève (Pr 24:16). La sainteté n’est pas dans le fait de ne commettre aucun péché, ce serait impossible pour l’homme ; mais la sainteté consiste à marcher vers la perfection divine avec persévérance, malgré nos péchés.

Inversement, le méchant n’est pas celui qui pèche, car tout être est pécheur. Est méchant au sens biblique, celui qui ne veut pas se relever, qui désespère du pardon de Dieu, qui refuse de reprendre la route qui mène à la Lumière et à la Vie. Qui s’obstine ainsi dans le mal ne pourra pas connaître la «Terre promise», le Ciel. C’est pourquoi le psaume 33 dit que le Seigneur affronte les méchants pour effacer de la terre leur mémoire.

Le juste, lui, connaîtra sans doute des épreuves (malheur sur malheur, dit le psaume), dont Dieu chaque fois le délivre. Le verset suivant est celui-là même que cite l’évangéliste Jean en parlant du coup de lance : Ils ne lui brisèrent pas les jambes… pour que s’accomplît l’Ecriture : On ne lui brisera pas un os (Jn 19:33,36).

L’avant-dernier verset est véritablement effrayant : Le mal tuera les méchants, laissant à penser que les méchants ne connaîtront pas la Vie, le Pardon. On pourra penser qu’il s’agit là de la peine éternelle de l’Enfer (cf. Catéchisme de l’Eglise Catholique, Abrégé, nn.212-213).

L’ultime verset au contraire est plein de paix : Pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge. Le texte latin précise mieux : …pour ceux qui espèrent en lui. 

L’âme du juste en effet ne perd jamais confiance en Dieu.

 

*       *       *

Dans l’épître, l’Apôtre Paul va nous aider à consolider l’amitié fidèle : comment faire pour demeurer dans la fidélité et l’harmonie ? pour rester fidèle à une promesse ? à Dieu ?

Il est bon de noter que Paul parle d’abord d’être soumis les uns aux autres, sans distinction de sexes, rappelant par là que la règle d’or de la vraie paix est que chacun respecte humblement les autres, sans chercher à imposer sa personne, sa volonté, sa voix, ses préférences. C’est là une loi de discrétion.

Même lorsque, selon l’expression de Paul, la femme doit être soumise à son mari, l’apôtre précise bien - ce qu’on oublie presque toujours - qu’elle doit l’être comme au Seigneur Jésus, comme l’Eglise se soumet au Christ. Cettee soumission n’a rien d’un esclavage, mais est vécue simplement dans le plein respect de Celui qui a fondé l’Eglise. Jésus veut être aimé, et ne demande que l’Amour. L’esclavage est une soumission sans amour.

Et comme il n’y a pas d’amour sans réciprocité, Paul rappelle ensuite aux hommes qu’ils doivent aimer leur épouse à l’exemple du Christ, qui s’est livré pour son épouse, l’Eglise.

Sur le conseil de saint Paul, les époux auront donc à cœur de regarder le Christ qui se livre - dit-il - pour l’Eglise, pour chacun de nous : il supporte patiemment, il ne répond pas durement, il n’accuse pas, il est patient. A la mesure de cet effort, toutes les épouses auront une véritable joie de se soumettre à eux comme au Seigneur Jésus.

Jésus lui-même se soumet à l’Eglise, à Sa propre Epouse, quand Il dit à Pierre : Ce que tu auras lié sur terre, sera lié aussi aux cieux ; et ce que tu auras délié sur terre, sera aussi délié dans les cieux (Mt 16:19). Quand le prêtre dit Je te baptise, c’est le Christ qui baptise ; quand le prêtre dit Je vous remets tous vos péchés, c’est le Christ qui remet les péchés ; quand le prêtre dit Ceci est mon corps, c’est le Christ qui nous donne Son Corps, le Pain Eucharistique, dont il va être question dans l’évangile.

Jésus est entièrement soumis à l’Eglise, parce qu’Il l’aime et ne fait qu’Un avec elle ; qui aime vraiment, respecte tellement l’Autre, qu’il s’y soumet amoureusement, et l’Autre répond à son tour avec le même respect ;  aucune humiliation ici, aucune injustice, aucune blessure, aucune souffrance ; au contraire, dans l’esprit de cette sainte soumission, l’harmonie devient sans cesse plus parfaite ; l’amour se dilate et s’épanouit.

Pour écouter le Christ, il faut écouter l’Eglise. Quand on respecte l’Eglise et qu’on accomplit fidèlement ce qu’elle nous demande, on est sûr d’être avec le Christ. C’est pourquoi le Christ affirme : La Vérité vous rendra libres (Jn 8:32).

*       *       *

Aujourd’hui s’achève le “Discours du Pain de Vie” que nous a relaté l’évangéliste Jean depuis plusieurs dimanches. 

Apparemment, l’enseignement de Jésus n’a pas emporté l’adhésion massive des Juifs, tant s’en faut. On se scandalise de devoir manger la Chair et boire le Sang de ce Jésus qui parle, sans chercher à mieux comprendre ce qu’Il veut dire ; pourtant Jésus a bien dit que le Pain qu’il donnera sera Sa chair (Jn 6:51). 

Si nous y faisons un peu attention, il nous apparaîtra on ne peut plus clairement que Jésus parle bien de Pain, et non de viande crue, et que ce Pain sera Sa chair, donc qu’il se passera quelque chose d’extraordinaire à ce moment-là pour que du pain soit en même temps chair. 

Pas un instant Jésus ne demande qu’on vienne lui mordre les bras ou les jambes ; simplement, cette nourriture eucharistique est une Réalité tellement nouvelle, tellement inattendue, qu’Il doit peu à peu l’expliquer à son entourage, à ses auditeurs, pour qu’au moment voulu, tous reconnaissent Ce qui leur fut expliqué et annoncé un ou deux ans auparavant. 

Il n’empêche que beaucoup s’en allèrent parmi les disciples ; ici il ne s’agit pas encore de Judas, même si l’évangéliste dit explicitement que Jésus savait depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et celui qui le livrerait, car juste après Jésus questionne les Douze, comme pour tendre la perche à celui qui le trahirait. Et c’est là que Pierre exprime sa conviction si heureuse : Vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la Vie éternelle.

L’enthousiasme de Pierre ce jour-là ne l’empêchera pas, plus tard, d’avoir ses moments moins heureux. Pierre est un homme, avec ses hauts et ses bas, comme chacun d’entre nous. Dieu connaît nos hésitations, nos épreuves et reste patient et miséricordieux. Autre chose est notre ferme volonté, autre chose nos faiblesses quotidiennes.

Une des façons par laquelle nous pouvons chasser les tentations ou les doutes, c’est de répéter avec quelque solennité nos engagements profonds, notre foi, notre promesse, comme par exemple quand nous proclamons le Je crois en Dieu à la Messe. Certaines âmes saintes et mystiques, craignant d’être victimes d’illusions mauvaises, renouvelaient leurs vœux de religion : si c’était le diable qui les tentait, il disparaissait aussitôt !

Dans tout moment d’épreuve, renouveler nos engagements, dans l’intimité ou à haute voix, nous donnera immanquablement la force de rester fidèles.

La prière aussi, pour qu’au milieu des changements de ce monde, nos cœurs s’établissent fermement là où se trouvent les vraies joies (Prière du jour).

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13 août 2021 5 13 /08 /août /2021 23:00

Antonio María Martín Povea
1887-1936

Antonio était né le 27 novembre 1887 à El Saucejo (Séville, Espagne).
Entré chez les Carmes de l’Ancienne Observance, il était au couvent de Hinojosa del Duque (Cordoue), comme Frère portier.
C’est là qu’il reçut la palme du martyre, le 14 août 1936.
Il a été béatifié en 2013.

Voir aussi la notice Carmes martyrs à Cordoue 1936

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11 août 2021 3 11 /08 /août /2021 23:00

Karl Leisner
1915-1945

Karl était né le 28 février 1915 à Rees (Rhénanie Nord, Allemagne).
Dès l’âge de douze ans, il tint un petit journal, dans lequel on peut lire son aversion totale pour le nazisme. Ainsi en 1934, entendant scander Heil Hitler, il écrivit dans son calepin : J’ai une passion pour le Christ. Heil !
Au lycée, il rencontra le Mouvement de Schönstatt, un groupe dont il recevra toute sa spiritualité.
Militant chrétien, à dix-huit ans il était responsable de son groupe à Kleve (Clèves). Son évêque lui confia la responsabilité de la jeunesse pour tout le diocèse.
Séminariste, il fut ordonné diacre le 25 mars 1939. Peu après, il apprit qu’il était atteint de tuberculose pulmonaire et s’en fut se reposer en Forêt Noire.
Après l’attentat manqué du 8 novembre 1939 contre Hitler, il commenta imprudemment : Dommage qu’il fût parti et fut arrêté par la Gestapo dès le lendemain.
Emprisonné à Freiburg-in-Breisgau, transféré à Sachsenhausen, il fut interné au camp de Dachau en décembre 1940.
A Dachau s’étaient constitués trois groupes de Schönstatt. Celui auquel appartenait Karl prit comme devise Victor in vinculis (Vainqueur dans les chaînes).
Clandestinement, l’évêque de Clermont-Ferrand, qui était prisonnier aussi, Mgr Piguet, conféra l’ordination sacerdotale à Karl dans ce même camp, le 17 décembre 1944. Rien ne manqua pour cette ordination : une jeune fille de vingt ans, qui travaillait aux plantations voisines, put, au risque de sa vie, faire passer l’autorisation officielle de l’évêque de Düsseldorf, diocèse originaire de Karl, celle de l’évêque de Münich, diocèse de Dachau, le saint Chrême, le Pontifical, même la crosse épiscopale.
Karl, déjà mourant, ne put célébrer qu’une seule fois la Messe, le 26 décembre, fête de saint Etienne.
Peu après que les alliés eurent ouvert le camp et libéré les prisonniers, Karl fut interné au sanatorium de Planegg (Münich, Bavière), où il mourut le 12 août 1945.
Les derniers mots de son journal furent : Seigneur, bénis aussi mes ennemis !
En 1988, Jean-Paul II le donna comme modèle à la jeunesse d’Europe. Karl avait écrit le 16 juin 1945 : Une seule chose : Pauvre Europe ! Retourne à ton Seigneur ! Là est ta Source pour tout ce que tu portes de plus beau.
Karl Leisner a été béatifié en 1996.

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11 août 2021 3 11 /08 /août /2021 23:00

Josep Nadal Guiu
1911-1936

Josep vit le jour le 25 juillet 1911 à Bell’lloc d’Urgell (Lleida, Espagne).
Il avait un frère jumeau, qui sera jésuite.
Le jour de sa Première communion, il manifesta le désir d’être prêtre.
En 1922, il entra au Petit séminaire puis passa au Grand séminaire de Lleida, et fut ordonné prêtre le 15 juin 1935.
Il était doux de caractère ; sa vie était irréprochable : il recherchait en tout la perfection, était inspiré par le zèle pour le salut des âmes, et considérait son apostolat véritablement comme un sacrifice. Son modèle était le saint Curé d’Ars (v. 4 août).
Fervent envers la Mère du Ciel, il fut président de la congrégation mariale. Musicien, il fut organiste et dirigea le chœur du séminaire. Il y fut aussi sous-préfet.
Nommé vicaire à la paroisse de Sainte-Marie de Montsò (ou Monzòn), il y fonda avec enthousiasme l’Action Catholique et un chœur d’enfants ; il visitait les pauvres et les malades ; il restait longtemps dans le confessional et manifestait une grande dévotion à l’Eucharistie.
Il écrivait à son frère, le père jésuite : Victime en tant que prêtre, et donc pour le Christ. Ecce adsum, me voici, les yeux fermés (en catalan : Víctima com a sacerdot, i per tant, per Crist. Ecce adsum, aquí estic, a ulls clucs). Visiblement, il pressentait sa mort probable et prochaine.
Il subit ce martyre le 12 août 1936, à vingt-cinq ans, après seulement quatorze mois de sacerdoce, exprimant son pardon envers les assassins, leur disant : Je meurs pour le Christ ..... Je n'ai pas peur de vous ... et je vous pardonne tous en son nom. On lui tira plusieurs balles, mais il n’était pas mort. Il leur montra alors son crucifix, le posa à terre et leur dit : Maintenant, vous pouvez me tuer. Ils lui tirèrent leur dernière balle et il tomba.
Avec lui fut exécuté aussi son Confrère, José Jordàn Blecua ; on les appelait les deux curés de Monzón. Leurs corps calcinés, inséparables, furent ensevelis dans une même tombe.
Don Josep Nadal Guiu fut béatifié, ainsi que don José Jordàn Blecua, en 2013.

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7 août 2021 6 07 /08 /août /2021 23:00

20e dimanche per annum - B

 

*       *       *

 

Un très beau passage du livre des Proverbes nous fait contempler aujourd’hui l’œuvre de la Sagesse. Très tôt, de nombreux commentaires des Pères de l’Eglise ont appliqué cette péricope au Christ, à l’Eglise, à l’Eucharistie. 

Une interprétation primitive assimilait ces sept colonnes aux sept patriarches d’Adam à Moïse, ouvrant la voie à la Sagesse incarnée (cf. Lettres de Saint Clément) ; puis d’autres (Hippolyte, Cyprien, Origène) ont compris que cette “maison” est le Corps du Christ dans son incarnation, et les sept colonnes seraient les sept sacrements de la Vie chrétienne.

La traduction actuelle (apprêté son vin) ne rend pas bien l’expression du grec : Elle a préparé dans le cratère son vin, ce cratère étant un élément du mobilier de la Tente (cf. Ex 24-25), revêtant donc une claire nuance sacrificielle, relevée par les Pères, et annonçant le sacrifice du Christ. Puis la Sagesse envoie ses serviteurs (traduit ici par servantes), c’est-à-dire les prophètes, ou les apôtres.

L’appel de la Sagesse est pressant : Quittez votre folie, suivez le chemin de l’intelligence, une intelligence à prendre au sens littéral de “intus-legere” : lire à l’intérieur, comprendre en profondeur, saisir au plus profond de l’âme l’invitation pleine d’amour du Seigneur.

 

*       *       *

 

Nous lisons aujourd’hui d’autres versets du même psaume 33, qui font suite à ceux que nous avons lus dimanche dernier ; on y lit ce verset étonnant : Venez, je vous enseignerai la crainte du Seigneur

Il ne s’agit pas, pour la Sagesse divine, de nous enseigner à avoir peur. Il s’agit ici d’une “sainte crainte”, d’un sentiment à la fois d’amour profond pour Dieu et de profond respect - qui n’a rien à voir avec la peur .

La Crainte du Seigneur est une réalité positive. C’est l’un des dons du Saint-Esprit (cf. Catéchisme de l’Eglise Catholique, 1831.

 

*       *       *

 

Aux Ephésiens, Paul parle de la même sagesse. Son conseil “de ne pas s’enivrer” avec le vin du monde, est bien sûr opportun, mais n’omettons pas la deuxième partie de sa phrase, où il nous conseille de nous laisser remplir par l’Esprit Saint.

C’est un breuvage qui peut très bien s’apparenter ou s’identifier avec le saint Breuvage que Jésus-Christ nous offre dans l’Eucharistie. 

Dans ce même Esprit, Paul nous invite à partager entre nous ; ses mots latins sont : psalmis, hymnis, canticis spiritualibus.

L’expression a donné lieu à diverses interprétations : si les psaumes et les hymnes se retrouvent dans toutes les traductions, on ne peut que sourire devant la variété des interprétations concernant les canticis spiritualibus : cantiques spirituels chez Segond, cantiques inspirés pour la Bible de Jérusalem, libres louanges (?) dans la traduction liturgique française… 

Si l’Esprit de Dieu est présent dans les cantiques “spirituels” ou “inspirés”, on peut craindre en revanche qu’il soit un peu loin des “libres louanges” que nous entendons ici et là…  L’Esprit Saint, par définition, inspire l’harmonie, la douceur, la paix, la cohérence. C’est de cela que nous avons besoin au milieu du bruit et du mouvement.

 

*       *       *

 

Rien, dans l’évangile d’aujourd’hui, n’est nouveau après celui de dimanche dernier, sinon que Jésus y affirme encore plus nettement Sa présence réelle dans le Pain qu’(Il) donnera, l’Hostie consacrée à la Messe par le Prêtre.

Ce “miracle eucharistique” de la Transsubstantiation requiert de notre part un acte de Foi : car l’Hostie consacrée ne change ni de couleur, ni de forme, ni de goût, ni de poids. Seules les paroles du Prêtre - Ceci est mon Corps - y font pénétrer la Présence divine du Christ, pour la nourriture de nos âmes.

On mettra en garde, ici, ceux des lecteurs qui auraient sous les yeux une Bible traduite par les Témoins de Jéhovah. Lorsque le texte cite la parole du Christ Ceci est mon Corps, ils traduisent en revanche Ceci représente mon Corps. Autre chose est la Personne vivante, autre chose une photographie ou une image qui la représente.

Dans l’Eucharistie, le Christ ressuscité est présent.

Bien sûr, sans cet acte de Foi, nos esprits rationalistes rejoindront les murmures des Juifs, scandalisés d’entendre Jésus leur demander de manger Sa chair.

Cette croyance en la Présence Réelle n’a pas subi d’altération dans l’Eglise pendant des siècles ; ce n’est qu’au 16e siècle qu’un malheureux esprit de révolte a conduit une grande portion du Troupeau chrétien hors de la Vérité, tandis que dans notre cher pays français de cruelles “guerres de religion” mettaient à feu et à sang la capitale et d’autres villes de province, avec les haines et les déchirures que ces vengeances occasionnaient, plus par motivation politique que religieuse, d’ailleurs.

Ce fut une période de grands désordres, de destructions de sanctuaires, de profanations diverses ; quantité de saints corps et de saintes reliques disparurent dans les flammes ou dans les fleuves. On a peine à imaginer qu’un véritable amour de la Vérité pût conduire à de telles extrémités. Seuls l’aveuglement et l’orgueil de la révolte ont pu engendrer ces excès, que nous payons aujourd’hui encore par de regrettables divisions entre chrétiens, entre frères, entre enfants de Dieu.

*       *       *

 

Si nos cantiques sont vraiment inspirés de l’Esprit divin, celui-ci nous aidera à comprendre les biens que Dieu a préparés (Prière du jour), ainsi que l’admirable échange qui s’opère durant le Saint Sacrifice de la Messe (Prière sur les offrandes) ; ayant alors reçu le Corps et le Sang du Christ, nous pourrons davantage lui ressembler dès cette vie sur terre (Prière finale).

 

“Qui cherche le Seigneur, ne manquera d’aucun bien” (Ps 33:11).

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