Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 octobre 2020 4 01 /10 /octobre /2020 23:00

02 OCTOBRE

 

- SS Anges Gardiens.

IV.

S Eleutherios, martyr à Nicomédie, peut-être de la maison impériale.

VII.

S Saturius, ermite à Numance.

Ste Scariberge, nièce de Clovis, épouse de s. Arnoul.

S Gérin, frère de l'évêque d'Autun, s. Léger (infra) ; les partisans du maire du palais Ebroin le lapidèrent, deux ans avant l'exécution de Léger.

S Léger, fils de ste Sigrade ; évêque à Autun, il finit par se trouver à la tête de l'opposition au maire du palais Ebroin ; arrêté, il eut les yeux arrachés, les lèvres et la langue coupés (mais il recouvra la parole), puis fut décapité.

S Serein, lorrain, au service d'un seigneur ; il laissait son troupeau pour visiter l'abbaye proche ; accusé de négligence, il fit voir ses belles bêtes, mais préféra partir : le seigneur, guéri par lui, lui permit de construire une cellule ; plus tard, il partit à Rome où il fut ordonné prêtre et revint mourir dans son ermitage.

S Jean, évêque à Côme, qui convertit beaucoup d'ariens.

VIII.

S Bérégise, flamand, prêtre puis abbé du monastère qu'il fonda à Andage.

S Ursicin, abbé à Disentis et peut-être évêque à Coire.

S Theophilos, moine à Constantinople, martyrisé pour la défense des saintes Images.

S Mélar (Méloir), prince déchu breton, fils de s. Miliau, martyr ; son rival tenta de le faire empoisonner, mais on se "contenta" de l'amputer du pied gauche et de la main droite, et plus tard il fut tué.

XIII.

B Bérenger, évêque à Lérida.

XVII.

Bx Ludovicus Yakichi, martyr japonais, avec sa femme Lucia, ses enfants Andreas et Franciscus, de sept et quatre ans ; le martyre de Ludovicus fut horrible ; quatre mariniers et le petit garçon de l'un d'eux furent aussi décapités.

XVIII.

B Georges-Edme René, chanoine à Vézelay, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

Ste Émilie de Villeneuve, fondatrice des Sœurs de l'Immaculée Conception à Castres, béatifiée en 2009, canonisée en 2015.

B Antoine Chevrier, tertiaire franciscain lyonnais, à l'origine du Prado (du nom d'un ancien dancing loué pour organiser la catéchèse des enfants), société de prêtres pauvres au service des pauvres ; béatifié en 1986.

XX.

B Jan Beyzym (1850-1912), jésuite polonais à Madagascar, très actif au service des lépreux, béatifié en 2002.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1995 :

Piaristes : à Castellón, le prêtre Francesc Carceller Galindo (F. de N.Dame de Lourdes, *1901) ;

Disciples de Jésus : près de Castellón, le prêtre Isidoro Bover Oliver (*1890) ;

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près d’Alicante, les deux frères Elías et Juan Bautista Carbonell Mollá (*1869, 1874) ; Juan était organiste ;

Servantes de Marie : près de Valencia, María Francisca Ricart Olmos (M.Guadalupe, *1881) ;

- béatifiés en 2007 :

Salésiens : à Madrid, le prêtre Enrique Sáiz Aparicio (*1889) ; les clercs Pedro Artolozaga Mellique et Manuel Borrajo Míguez (*1913, 1915) ; le profès Mateu Garrorela Masferrer (*1888) ; à Jaén, le coopérateur laïc Bartolomé Blanco Márquez (*1914) ;

- béatifiés en 2013 :

Picpus : à Madrid, Juan Iñiguez de Ciriano Abechuco (Isidro, *1901) ;

Clarétains : près de Ciudad Real, le convers Felipe Gonzáles de Heredia Barahona (*1889) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, les deux frères José et Antonio Fuentes Ballesteros (*1885, 1887) ;

- béatifiés en 2021 :

Diocésains : près de Cordoue, Manuel Ruiz Caballero et Acisclo Juan Carmona López (*1870, 1871) ; près de Jaén, Manuel Arenas Castro (*1899) ;

Laïcs : près de Jaén, Miguel Arenas Castro (*1906).

Bse Maria Anna Kratochwil (Maria Antonina, 1881-1942), des Sœurs Scholastiques polonaises, torturée par des nazis en Ukraine, béatifiée en 1999.
B Jesús Emilio Jaramillo Monsalve (1916-1989), évêque colombien martyr, béatifié en 2017.

Anges

Anges Gardiens

 

Parler des Anges sera difficile, car ces esprits n’appartiennent pas au monde visible. On a beaucoup écrit et surtout inventé, sur les Anges. Tâchons de nous contenter de paroles sûres et autorisées.

1. Existence et essence des Anges

Ange vient du grec aggelos, en latin angelus, l’envoyé, le messager.

Dans notre Credo, nous affirmons que Dieu a créé l’univers visible et invisible, soit le ciel et la terre, de même que la Genèse commence par ces mots : Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre (Gn 1:1), où le mot cieux évoque le monde invisible, les anges.

D’après le Catéchisme de l’Eglise Catholique (nn.328-329-330) : 

L’existence des êtres spirituels, non corporels, que l’Ecriture Sainte nomme habituellement anges, est une vérité de foi. Le témoignage de l’Ecriture est aussi net que l’unanimité de la Tradition.

De tout leur être, les anges sont serviteurs et messagers de Dieu. Parce qu’ils contemplent ‘constamment la face de mon Père qui est aux cieux’ (Mt 18:10), ils sont ‘les ouvriers de sa parole, attentifs au son de sa parole’ (Ps 103:20). 

En tant que créatures purement spirituelles, ils ont intelligence et volonté ; ils sont des créatures personnelles et immortelles (cf. Lc 20:36). Ils dépassent en perfection toutes les créatures visibles. L’éclat de leur gloire en témoigne (cf. Dn 10:9-12).

Saint Augustin (Commentaire sur le psaume 103) écrit : 

Ange désigne la fonction, non pas la nature. Tu demandes comment s’appelle cette nature ? - Esprit. Tu demandes la fonction ? - Ange ; d’après ce qu’il est, c’est un esprit, d’après ce qu’il fait, c’est un ange.

2. Action et manifestation des Anges dans l’Ecriture

Parcourant les passages bibliques où il en est question, on pourra affirmer (Catéchisme, n.331) : 

Le Christ est le centre du monde angélique. Ce sont ses anges à Lui : ‘Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire avec tous ses anges’… (Mt 25:31). Ils sont à Lui parce que créés par et pour Lui : ‘Car c’est en Lui qu’ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles : trônes, seigneuries, principautés, puissances ; tout a été créé par Lui et pour Lui’ (Col 1:16). Ils sont à Lui plus encore parce qu’Il les a faits messagers de son dessein de salut : ‘Est-ce que tous ne sont pas des esprits chargés d’un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter le salut ?’ (He 1,14).

Ils sont là dès la création et tout au long de l’histoire du salut, annonçant de loin ou de près ce salut et servant le dessein divin de sa réalisation :

  • ils ferment le paradis terrestre (Gn 3:24)
  • ils protègent Lot (Gn 19)
  • ils sauvent Agar et son enfant (Gn 21:17)
  • ils arrrêtent la main d’Abraham (Gn 22:11)
  • la loi est communiquée par leur ministère (Ac 7:53)
  • ils conduisent le Peuple de Dieu (Ex 23:20,23)
  • ils annoncent naissances et vocations (Jg 13 ; Jg 6:11,24 ; Is 6:6)
  • ils assistent les prophètes (1R 19:5)
  • c’est l’Ange Gabriel qui annonce la naissance du Précurseur et celle de Jésus lui-même (Lc 1:11,26)

De l’Incarnation à l’Ascension, la vie du Verbe incarné est entourée de l’adoration et du service des anges. Lorsque Dieu introduit le Premier-né dans le monde, il dit : ‘Que tous les anges de Dieu L’adorent’ (He 1,6). Leur chant de louange à la naissance du Christ n’a cessé de résonner dans la louange de l’Eglise : Gloire à Dieu au plus haut des cieux (Lc 2,14). 

  • ils protègent l’enfance de Jésus (Mt 1:20 ; 2:13,19)
  • ils Le servent au désert (Mc 1:12 ; Mt 4:11)
  • ils Le réconfortent dans l’agonie (Lc 22:43), alors qu’Il aurait pu être sauvé par eux de la main des ennemis (Mt 26:53) comme jadis Israël (2M 10:29-30 ; 11:8). 

Ce sont encore les anges qui «évangélisent» (Lc 2,10) en annonçant la Bonne Nouvelle de l’Incarnation ( Lc 2:8-14) et de la Résurrection (Mc 16:5-7) du Christ. Ils seront là au retour du Christ qu’ils annoncent (Ac 1:10-11), au service de son jugement (Mt 13:41 ; 24:31 ; Lc 12:8-9) (n.333).

Les récits des Actes des Apôtres sont ponctués de l’assistance des Anges (Ac 5:18-20 ; 8:26-29 ; 10:3-8 ; 12:6-11 ; 27:23-25).

3. Dans la Liturgie et dans notre vie

Au cours de la liturgie de la Messe, le prêtre et les fidèles s’associent chaque jour au chœur des Anges pour adorer le Dieu trois fois saint (chant du Sanctus) ; le prêtre évoque le rôle de l’Ange pour présenter à Dieu l’Offrande (Canon romain, pr!ère du Supplices te rogamus : Qu’elle soit portée par ton Ange en présence de ta gloire, sur ton autel céleste). On leur confie les âmes des défunts pour les conduire au Paradis (Liturgie des funérailles : Que les Anges te conduisent au Paradis).

Le Christ a affirmé clairement que les Anges nous assistent dès l’enfance (cf. Mt 18:10), jusqu’au trépas (cf. Lc 16:22) ; des psaumes le disent aussi (Ps 34:8 ; 91:10-13), ce qui fit dire à saint Basile : Dès ici-bas, la vie chrétienne participe, dans la foi, à la société bienheureuse des anges et des hommes, unis en Dieu.

4. Les mauvais Anges - l’exorcisme

Les Anges sont des créatures intelligentes et libres. Ils peuvent donc pécher. L’origine des Anges déchus s’explique par la révolte d’une partie des Anges, qui refusèrent d’adorer Dieu. Du fait de leur nature parfaite, leur choix fut irrévocable et leur chute d’autant plus grave. Ainsi apparut l’état infernal des Anges, et leur impossibilité d’en être jamais délivrés.

C’est à l’Ange déchu (le diable, Satan) que saint Michel adressa cette parole : Que Dieu te commande (Jude 9). Le diable est pécheur dès l’origine (1Jn 3:8) et père du mensonge (Jn 8:44). Il tenta même Jésus de toutes les manières (Lc 4:1-13).

Le Catéchisme continue (n.395) : 

La puissance de Satan n’est cependant pas infinie. Il n’est qu’une créature, puissante du fait qu’il est pur esprit, mais toujours une créature ; il ne peut empêcher l’édification du Règne de Dieu (n.395). Sa haine de Dieu se manifeste par de graves dommages (même physiques) dans les êtres. Jésus-Christ a affirmé que, parfois, ce genre de démons ne peut être combattu que par la prière (Mc 9:29).

C’est le moment de parler ici du pouvoir dont est revêtue l’Eglise, d’expulser les démons par l’exorcisme. Sous une forme simple, l’exorcisme est pratiqué lors de la célébration du Baptême. L’exorcisme solennel, appelé ‘grand exorcisme’, ne peut être pratiqué que par un prêtre et avec la permission de l’évêque. Il faut y procéder avec prudence, en observant strictement les règles établies par l’Eglise (Catéchisme, n.1673).

5. Les chœurs des Anges

A strictement parler, l’Eglise nous rappelle que nous ne connaissons par la Révélation que trois noms d’Anges : Michel, Gabriel et Raphaël (qui sont fêtés le 29 septembre). Par les écrits de Denys l’Aréopagite, on s’est accoutumé à distinguer neuf chœurs d’Anges : anges, archanges, principautés, puissances, vertus, dominations, trônes, chérubins, séraphins. Saint Paul en cite quelques-uns, ainsi que la Préface du Sanctus à la Messe.

 

Les Anges Gardiens

 

Les Anges sont donc omniprésents autant dans la Bible que dans la vie quotidienne. Plus particulièrement, la présence d’un Ange Gardien auprès de chacun de nous est une croyance ancienne.

Saint Bernard (voir au 20 août) recommandait d’avoir beaucoup d’affection pour leur bienveillance et les faveurs que nous recevons de leur charité. Récemment, le pape Benoît XVI a rappelé que la présence invisible de ces esprits bienheureux nous est une grande aide, et d’un grand réconfort : ils marchent à côté de nous, ils nous protègent, en toute circonstance, ils nous défendent dans les dangers, et nous pouvons avoir recours à eux à tout moment.

Il y eut des cas dans la vie de l’Eglise, de Saints et de Saintes qui virent leur Ange Gardien. Ainsi sainte Françoise Romaine (v. 9 mars) ou sainte Gemma Galgani (v. 11 avril). La bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février), qui était fort ignorante, eut des visions extrêmement lumineuses sur les Anges, les Anges Gardiens, leur action, leurs interventions.

C’est donc une tradition de piété, que d’invoquer son Ange Gardien.

Affirmer ensuite qu’il y a un Ange spécial pour chaque famille, pour chaque ville, pour chaque pays, pour chaque association, etc., est une extention de la dévotion, qui n’est pas officiellement approuvée. Elle n’est pas mauvaise en soi, si elle ne débouche pas sur un genre de superstition. Il y a ainsi des croyances qui prétendent connaître le nom de tel ou tel Ange Gardien : ces croyances n’ont aucun support chrétien solide.

La dévotion officielle de l’Eglise envers les Anges Gardiens est plutôt récente. Des fêtes eurent lieu localement en Espagne et au Portugal à partir du 15e siècle, en Autriche au 17e siècle, au 2 octobre. C’est à cette date qu’elle s’est maintenue dans notre calendrier actuel.

Le Catéchisme conclut : L’Eglise vénère les anges qui l’aident dans son pèlerinage terrestre et qui protègent tout être humain (n.352).

 

*       *       *

Ange de Dieu, mon gardien à qui la bonté divine m’a confié, éclaire-moi, garde-moi, dirige-moi et gouverne-moi pendant ce jour. Amen.

Eleutherios de Nicomédie

† 304

 

Eleutherios vivait à Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW) et faisait peut-être partie du personnel de la maison impériale.

Dioclétien, qui avait établi son siège à Nicomédie, proclama une ample persécution contre les Chrétiens.

On a parlé d’un incendie de la maison impériale, dont on rendit responsables les Chrétiens, en tête desquels se trouvait le soldat Eleutherios. Mais ce récit n’a pas pu être confirmé par des documents historiques.

Il est certain qu’Eleutherios mourut en martyr, au début du quatrième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Eleutherios de Nicomédie au 2 octobre.

 

 

Saturius de Numance

 † 606

 

C’était un ermite qui vivait à Numance, une ancienne localité proche de l’actuelle Soria (Castille, Espagne C).

Saturius est arrivé tout récemment dans le Martyrologe Romain.

Saint Saturius de Numance y est commémoré le 2 octobre.

 

 

Gérin, comte

 678

 

Gérin, le frère de s.Léger (v. infra), fut comes parisiacus, comte de Paris. Son nom connut beaucoup de variantes : Gairenus, Gerinus, Warinus, en français Guérin. 

Il existe des documents soit portant sa signature soit le mentionnant, qui concernent l’abbaye Saint-Denis.

Gérin fut victime du vent de tourmente qui concerna son frère. Lui-même fut aussi arrêté, torturé, et lapidé, quelque temps avant Léger, vers 678.

Comme dans le cas de Léger, cet assassinat à caractère d’abord politique, fut considéré comme un martyre.

Saint Gérin est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain, en même temps que son frère Léger.

 

 

Léger d’Autun

† 680

 

Leodegarius ou Léger était d’une grande famille aristocratique du Poitou. Il est question de son frère, Gérin, martyr également, en ce même jour. Leur mère, Sigrade, était autrefois mentionnée le 8 août au Martyrologe.

Neveu de l’évêque de Poitiers, dont il devint l’archidiacre, il fut abbé du monastère Saint-Maixent pendant au moins six ans puis, vers 663, fut nommé évêque d’Autun. C’était le vingt-septième titulaire de ce siège.

A l’intérieur de son diocèse, Léger rétablit l’ordre troublé par des divisions dans le clergé ; il dota la cathédrale d’une belle sacristie ; dans un concile tenu à Autun, il préconisa l’usage de la Règle de s.Benoît (v. 11 juillet) pour les monastères.

A l’extérieur, Léger se trouva involontairement du côté des nobles qui s’opposèrent à Ebroin, le maire du palais ; ils éliminèrent Ebroin et le roi qu’il avait imposé, Thierry III, en les enfermant respectivement dans les monastères de Luxeuil et de Saint-Denis. Mais des hommes d’Ebroin réussirent à envoyer aussi Léger à Luxeuil, où les deux ennemis n’avaient plus qu’à tenter de se réconcilier.

En 675, retour de situation : le roi Chilpéric fut assassiné, Thierry III rappelé, ainsi qu’Ebroin et notre Léger. Si ce dernier fut accueilli triomphalement à Autun, Ebroin montra ouvertement qui il était : il fit arrêter Léger, ordonna de lui arracher les yeux, couper les lèvres et la langue, et de le traîner tout nu par les rues. Par une intervention divine, il put cependant continuer à lire le psautier et à s’exprimer oralement malgré ces mutilations.

On l’interna chez les religieuses de Fécamp, on le condamna à mort comme indigne du sacerdoce ; il fut décapité le 2 octobre, vers 680, dans la région d’Arras.

Cet assassinat qui avait pour cadre la situation politique du 7e siècle, fut considéré comme un martyre.

Saint  Léger est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bérégise d’Andage

670-746

 

Les dates indiquées sont approximatives.

Bérégise (ou Bergis) naquit à Emptinne (Namur, Belgique) vers 670, de pieux parents. Sa mère s’appelait Berilla.

Le garçon étudia à l’école abbatiale de Saint-Trond.

Il fut ordonné prêtre et devint l’aumônier de Pépin d’Héristal, qui fut l’arrière-grand-père de Charlemagne.

La tradition rapporte que l’épouse de Pépin, Plectrude, trouva un mystérieux parchemin rédigé en lettres d’or, qu’elle confia à Bérégise pour le déchiffrer. Celui-ci expliqua que Dieu demandait la construction d’un monastère dans la forêt d’Ardenne. Telle fut l’origine de l’abbaye d’Andage.

Bérégise dédia l’église à l’apôtre s.Pierre, y instaura la règle canoniale et la communauté prospéra. On dit que son abbatiat dura plus d’un quart de siècle.

On ne connaît pas la date de la mort de Bérégise ; il mourut après 725, date à laquelle une vigne fut offerte à l’abbaye, mais certains avancent cette date jusqu’à 746.

Saint Bérégise d’Andage est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ursicin de Coire

8e siècle

 

On ne connaît presque rien de la vie d’Ursicin, mais on connaît un peu mieux son œuvre : le monastère de Disentis (Grisons, Suisse E).

Disentis est un gros village d’environ deux mille habitants, et l’abbaye s’y dresse avec majesté.

Ursicin la fit construire (ou reconstruire ?) vers 750, non loin de la tombe de deux précédents abbés, Placidus et Sigisbert, qui y auraient été massacrés avec leurs moines en 670. Le fils de l’assassin de Placidus, en réparation de ce meurtre, aurait cédé les terres pour cette construction. 

Ursicin en fut abbé, avec les pouvoirs épiscopaux.

Il se peut qu’Ursicin ait aussi dirigé le diocèse de Coire.

L’abbaye de Disentis fut à nouveau détruite en 940 par les Sarrasins, en 1799 par les Français, en 1846 par un incendie. Depuis 1880, elle fut restaurée et les moines bénédictins y installèrent un lycée bilingue (allemand et romanche). L’abbaye compte une trentaine de moines, l’école deux-cent cinquante élèves.

Saint Ursicin de Coire est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theophilos de Constantinople

† 750

 

Dans le cadre de la lutte iconoclaste, ce moine fut cruellement torturé à Constantinople, puis exilé sur ordre de Léon l’Isaurien.

Il s’éteignit vers le milieu du 8e siècle.

Saint Theophilos de Constantinople est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain.

Ludovicus Yakichi, Lucia, Andreas et Franciscus

† 1622

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639

Ludovicus était né vers 1589 à Nagasaki.

Il épousa Lucia, également de Nagasaki (Japon).

Tous deux baptisés, ils firent baptiser leurs deux garçons, Andreas et Franciscus, nés à Nagasaki, respectivement en 1615 et 1619. Ceux-ci avaient donc sept et trois ans.

Ludovicus possédait une barque et le père Collado le pria de l’aider à faire évader le père Frarijn (alias Florés, v. 19 août). Ludovicus essaya d’abord de corrompre un geôlier hollandais, qui eut peur. Le 4 mars 1622, il vint avec sa barque attendre le Père qui vidait les eaux sales dans la mer ; malheureusement, pendant que le Père descendait, la corde se rompit et, quand il eut rejoint la barque, la voile s’abattit ; de sorte que les fugitifs furent rejoints alors qu’ils se sauvaient dans la montagne. Le lendemain, on mit à la torture les mariniers japonais, mais les Pères avouèrent leur véritable identité : ils devaient périr le 19 août, tandis que Ludovicus et ses compagnons étaient ajournés pour complément d’informations : on avait saisi sur lui des lettres du père Collado se rapportant aux aumônes et l’on voulait connaître leur provenance (et bien sûr s’en saisir).

Le 15 août, Ludovicus et ses quatre mariniers furent ramenés de la prison de Firando à celle de Nagasaki et l’interrogatoire, qui devait durer six semaines, commença.

Ludovicus dut subir toutes sortes de supplices : d’abord la question ordinaire avec de l’eau, puis on lui fit avaler un mélange d’eau douce, d’eau salée et de vin ; on le lia entre deux planches et deux hommes sautant dessus, lui firent rendre ce qu’il avait bu par la bouche, le nez et les oreilles ; suspendu par les bras, il eut des poids attachés aux pieds, qui lui désarticulèrent les jointures ; il dut subir l’estrapade ; on lui versa du plomb sur les épaules et les cuisses ; on le déchira avec des harpons de fer… (pour ne rapporter que ce qu’on peut dire). Ludovicus répétait seulement Jésus, Marie ; il ne révéla absolument rien sur les missionnaires.

Le 2 octobre 1622, il fut condamné à la mort lente par asphyxie, sa femme et ses deux garçons à la décapitation.

Malgré ses plaies, Ludovicus déclara qu’il aurait la force d’aller à pied au lieu du supplice ; il le fit et profita du déplacement pour encourager ses compagnons.

Les quatre mariniers et le fils de l’un d’eux, âgé de quatre ans, furent décapités, mais ils n’ont pas été compris dans la cause.

On commença par décapiter sous les yeux de Ludovicus son épouse et ses deux enfants. Le brasier fut allumé à un ou deux mètres de lui, pour rallentir l’asphyxie et allonger les tourments, mais Ludovicus était si affaibli qu’il rendit l’âme au bout d’une demi-heure.

Ludovicus, Lucia, Andreas et Franciscus ont été martyrisés le 2 octobre 1622 et béatifiés en 1867.

 

 

Georges-Edme René

1748-1794

 

Il était né le 16 novembre 1748 à Saint-Pierre de Vézelay (Yonne).

Ordonné prêtre dès 1769, il fut chanoine de Vézelay, à vingt-et-un ans.

A la suite de la suppression du chapitre et de la fermeture de l’église en 1790, les dix chanoines furent arrêtés malgré les protestations de la population, et incarcérés à Auxerre.

Au bout d’un an, ils furent condamnés à la déportation.

Le chanoine Georges-Edme fut donc du nombre de ces prêtres qui, pour cela, furent entassés à bord du navire négrier Washington, lequel ne partit jamais des pontons de Rochefort.

En septembre 1794, il fut transféré, moribond, sur l’Île Madame, où il s’éteignit le 2 octobre 1794

Le chanoine René fut béatifié en 1995. 

 

 

Jeanne Émilie de Villeneuve

1811-1854

 

Jeanne Emilie de Villeneuve était la troisième des quatre enfant du marquis de Villeneuve et de Rosalie d’Avessens. Son grand-père était comte de Villeneuve.

Elle naquit le 9 mars 1811 à Toulouse.

L’enfance se passa au château d’Hauterive, près de Castres, où s’était retirée la maman pour des raisons de santé. D’ailleurs celle-ci mourut en 1825, suivie trois ans plus tard par la sœur d’Emilie, Octavie. 

Emilie commença déjà à remarquer la misère sociale ; elle en fit part à son confesseur, le père jésuite Leblanc.

A dix-neuf ans, Emilie s’installa à Hauterive avec son père et son frère, et prit en charge la gestion de la vie familiale, tandis que son père était maire de Castres.

Essuyant un net refus de son père pour entrer chez les Filles de la Charité, elle fonda alors, avec la permission de l’évêque, une nouvelle famille religieuse qui s’appellera Congrégation de Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Castres (8 décembre 1836), dont les membres seront communément appelées les Sœurs bleues, en raison de leur habit. 

On notera avec surprise l’appellation de cette nouvelle famille, en 1836, bien avant la proclamation du dogme (1854) et des apparitions de Lourdes (1858) où la Sainte Vierge se définira comme l’Immaculée Conception.

Le but de cette congrégation était de servir les moins favorisés : ouvrières, condamnés, malades, enfants abandonnés…

Très vite, les vocations se multiplièrent et la famille religieuse s’implanta au Sénégal (1848), en Gambie, au Gabon. Plus tard, ce sera l’Espagne, l’Italie, l’Amérique du Sud, les Philippines.

Humblement, la fondatrice se fit bientôt remplacer à la tête de la congrégation.

En 1854, une épidémie de choléra atteignit Castres et frappa Jeanne Emilie, qui mourut le 2 octobre 1854.

Le miracle retenu pour la béatification est la guérison d’une jeune guinéenne de dix-neuf ans, renvoyée par son père qui la croyait enceinte et qui tenta de se suicider par l’absorption de soude caustique ; opérée d’urgence à Barcelone (Espagne), on la disait en phase terminale. Mais les Sœurs et les Novices de la Congrégation prièrent, déposant des reliques de Jeanne Emilie près de la malade, qui guérit rapidement et vit encore actuellement à Barcelone.

Jeanne Emilie de Villeneuve a été béatifiée en 2009 et canonisée en 2015.

 

 

Antoine Chevrier

1826-1879

 

Antoine-Marie Chevrier est né à Lyon en 1826. 

Ordonné prêtre en 1850, il consacra son ministère sacerdotal au service des pauvres dans la banlieue de Lyon où il découvrit la misère du monde ouvrier. 

En 1856, des inondations ravagent le quartier ouvrier de La Guillotière où il est vicaire de la paroisse Saint-André et se dévoue au service des sinistrés.

Il entre dans le Tiers-Ordre de saint François, désireux de suivre le Christ et l’Évangile comme François d’Assise. En méditant devant la crèche, il décide de se convertir à une existence évangélique et de vivre le mystère de la pauvreté à la suite de Jésus afin de “travailler plus efficacement au salut des âmes”. Il perçoit l’injustice qui frappe le monde du travail, tandis que se développe la grande industrie. Dans l’un de ses sermons, il dit : À mesure que les grands de la terre s'enrichissent, à mesure que les richesses s'enferment dans quelques mains avides qui les recherchent, on dirait que la pauvreté croît, que le travail diminue et que les salaires ne sont pas payés... Il pressent qu’il faut des prêtres pauvres pour rejoindre les pauvres...

Il se rend à Ars pour consulter le saint curé, Jean-Marie Vianney, sur son projet de fondation d’une société de prêtres pauvres au service des pauvres. Avec l’accord de l’évêque, il acquiert en 1860 ‘Le Prado’, une ancienne salle de bal à l’abandon. il y recueille des enfants et des adolescents. Les conditions pour être admis : "Ne rien avoir, ne rien savoir, ne rien valoir." 

Il cherche à s'associer des prêtres et demande l'autorisation de former lui-même des jeunes en vue du sacerdoce. Durant l'été 1866, au cours d'une retraite prêchée, il peint sur les murs sa doctrine du prêtre selon l'Évangile, appelée le Tableau de Saint-Fons : "Le prêtre est un homme dépouillé, crucifié, mangé". C'est l'axe de la spiritualité pradosienne.

Avec l’encouragement du Pape Pie IX, Antoine fonde la Société du Prado composée de prêtres voués à l’apostolat paroissial et missionnaire en milieu ouvrier. Il fonde aussi un institut de femmes consacrées au service des pauvres. Marie Boisson devient la première Sœur du Prado. Les premiers prêtres du Prado sont ordonnés à Rome en 1877. En janvier 1878, l’archevêque de Lyon approuve la règle de vie des premiers «Pradosiens».

Pour la formation spirituelle des prêtres et des religieuses du Prado, Antoine écrit des commentaires d’Évangile totalement centrés sur la personne de Jésus : le Christ pauvre dans la crèche, souffrant dans sa Passion, et se laissant manger dans la sainte Eucharistie. Dans une lettre à ses séminaristes, il écrit : La connaissance de Jésus-Christ est la clé de tout. Connaître Dieu et son Christ, c’est là tout l’homme, tout le prêtre, tout le saint. Son ouvrage le plus connu, mais inachevé, s’intitule : « Le Prêtre selon l’Évangile, ou le véritable disciple de Notre-Seigneur ».

Antoine Chevrier aurait souhaité que sa société de prêtres restât affiliée au Tiers-Ordre franciscain, mais les membres du Prado préférèrent conserver leur autonomie et leur incardination dans leurs diocèses d’origine. 

Le Père Chevrier, épuisé par les labeurs et l’austérité de sa vie, mourut à l’âge de cinquante-trois ans, le 2 octobre 1879, jour où il est inscrit au Martyrologe. 

Il a été proclamé bienheureux en 1986.

 

 

Jan Beyzym

1850-1912

 

Jan (Jean) naquit le 15 mai 1850 à Beyzymy Wielkie (Ukraine, alors en Pologne), dans une famille aristocratique.

Très timide de nature, il apprit très jeune la dévotion de sa famille à la Vierge Marie. Il pensait devenir prêtre de campagne, mais fut orienté par son père vers les Jésuites.

Il fit des études à Kiev, puis entra effectivement au noviciat de la Compagnie de Jésus à Stara Wies (Pologne) en 1872.

Cette période de formation se fit normalement en plusieurs étapes : philosophie à Stara Wies (1876-1877), enseignement au collège de Tchernopil (1877-1879), théologie à Cracovie (1879-1881).

Il fut ordonné prêtre en 1881 à Cracovie.

Cette même année, il fut envoyé au collège de Tchernopil, puis à celui de Chyrów, pour y être préfet, professeur de russe et de français, et infirmier. Au service des petits malades, il déploya un trésor de patience, d’humour aussi, pour soulager tout son petit monde.

Ce prêtre austère a ses délicatesses : il cultive les fleurs, pour en mettre dans les chambres des malades ; il a un aquarium, une cage de canaris, un écureuil.

Ayant développé ses dons d’assistance aux petits malades, il demanda par écrit en 1897, son envoi auprès des lépreux de Madagascar, où se trouvait une mission jésuite française. Dans sa lettre, il écrivait : Je sais très bien ce qu’est la lèpre, et ce que je peux craindre, mais cela ne m’effraie pas. Au contraire, cela m’attire.

Arrivé à Madagascar en 1898, il rejoignit la léproserie de Ambahivoraka : cent cinquante malades y vivaient, abandonnés à eux-mêmes, mourant de faim et de soif ; affectés, outre de leur lèpre, d’autres maux comme la gale, la syphilis, incapable de se laver et de se peigner, car ils n’avaient plus de doigts. C’était une misère physique, mais aussi une misère totale spirituelle ; délicatement, il écrivit : Je regarde ces petits enfants qui non seulement n’apprennent pas à aimer Dieu, mais encore ne savent même pas s’il y a un Dieu, tandis que les grands leur apprennent déjà à l’offenser.

Au début, le père Jan habitait Antananarivo et n’allait à la léproserie que pour les enterrements et le dimanche, puis on lui accorda d’y vivre en permanence. Il n’avait pas encore de gros moyens, mais il commença au moins par améliorer l’hygiène et la nourriture de ces malheureux, ce qui fit tomber la mortalité de cinq par semaine à cinq par an (!). Il devait tout faire seul : médecin, infirmier, coiffeur, sacristain, jardinier.

Jan reconnut que cette assistance n’était pas facile : l’odeur générale n’était pas celle des fleurs de l’île, comme il le disait, mais celle de la putréfaction des corps. Lui-même s’évanouit plusieurs fois. Mais il répétait sans cesse : Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait (cf. Mt 25:40).

Les soins qu’il donnait quotidiennement à ses malheureux, finirent par toucher leurs cœurs ; ils lui demandèrent le baptême.

En 1901, il alla habiter deux mois dans un village proche pour y apprendre mieux le malgache et pouvoir mieux converser avec ses lépreux. Il put ensuite prêcher une véritable retraite selon la méthode de saint Ignace, qui se solda par des confessions et des communions. D’ailleurs, durant les quatorze années de son ministère, aucun des lépreux ne mourut sans le Sacrement des Malades.

Lui qui était arrivé sans un sou, il obtint d’amis polonais, autrichiens et allemands, des milliers de francs, et construisit un hôpital à Marana (Fianarantsoa), doté de tout ce qui pouvait se trouver de mieux à l’époque, avec une chapelle, une habitation pour les Religieux, une pharmacie, un dispensaire, deux pavillons (hommes et femmes). Il y fit venir des Religieuses de Saint-Joseph-de-Cluny et l’hôpital fut inauguré en 1911, dédié à Notre-Dame de Czestochowa, comme il se doit pour un Polonais. Il existe toujours actuellement, entouré de petites maisons pour les familles des malades.

Le centre de la vie du père Jan était la Messe quotidienne. Une de ses tristesses était qu’on ne pouvait maintenir constamment un tabernacle, à cause des intempéries. Il mettait toute sa confiance dans la Sainte Vierge et lui attribuait ce qu’il arrivait à faire. Il priait beaucoup, à tout moment. N’ayant pas beaucoup de temps à consacrer à la prière silencieuse, il demandait aux Carmélites de prier pour lui et sa mission.

Miné par l’artériosclérose, couvert de plaies, épuisé par le labeur et le climat, peut-être aussi contaminé par la maladie, Jan Beyzym mourut le 2 octobre 1912, dans son hôpital à Marana, assisté par un autre prêtre lui-même contaminé par la lèpre.

Le père Jan a été béatifié en 2002.

Elías Carbonel Mollá

1869-1936

Juan Bautista Carbonel Mollá

1874-1936

 

Ces deux prêtres furent réellement frères de sang, frères de sacerdoce, et frères de martyre.

Ils naquirent tous deux à Concentaina (Alicante), de José et Milagros, des parents chrétiens.

Elías naquit le 20 novembre 1869, entra au séminaire de Valencia en 1890, reçut le doctorat en théologie et fut ordonné prêtre en 1893.

Son apostolat se déroula à El Salvador et Concentaina comme vicaire, à Santa María comme archiprêtre, administrateur de l’hôpital et de la maison des Vieillards. En outre, il fut aumônier des Sœurs Trinitaires.

Juan Bautista (Jean-Baptiste) naquit le 6 juin 1874, entra au séminaire de Orihuela puis à celui de Valencia. Ordonné prêtre en 1898, il fut comme son frère vicaire à El Salvador et Concentaina, puis à l’église de Santa María.

C’était un excellent organiste. Musicien, il donna beaucoup d’élan à la liturgie du Tiers-Ordre du Carmel, qu’il dirigeait avec beaucoup de zèle.

Au moment de la révolution de 1936, on lui offrit de s’installer dans une maison d’où il pouvait facilement fuir si nécessaire, mais il répondit qu’il n’avait jamais rien fait de mal à personne et qu’il resterait chez lui.

 

Les deux frères furent arrêtés le 1er octobre 1936, et mis en prison dans le couvent des clarisses, réquisitionné à cet effet.

Le lendemain, 2 octobre, pour le seul motif d’être prêtres, ils furent emmenés sur la route et, à Sax (Alicante), furent tous deux fusillés.

Ils furent béatifiés en 2001.

 

 

 

Manuel Ruiz Caballero

1870-1936

 

Manuel Ruiz Caballero naquit à Hinojosa del Duque (Cordoue, Espagne S) le 2 mars 1870.

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 2 octobre 1936 à Belmez.

Manuel Ruiz Caballero sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 2 octobre.

 

 

 

Acisclo Juan Carmona López

1871-1936

 

Acisclo Juan Carmona López naquit à Dos Torres (Cordoue, Espagne S) le 17 novembre 1871 ; ce jour-là, on commémore à Cordoue le martyr Acisclo, dont il porta le nom.

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 2 octobre 1936 à Belmez.

Acisclo Juan Carmona López sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 2 octobre.

 

 

María Francisca Ricart Olmos

1881-1936

 

Elle naquit le 23 février 1881 à Albal (Valencia, Espagne), deuxième des quatre enfants de Francisco et María.

En 1885, le papa mourut et la maman éduqua courageusement et saintement ses quatre enfants : trois filles et un garçon.

María Francisca reçut la Première communion en 1891, date à partir de laquelle elle se «transforma» de plus en plus, par une participation très fréquente à l’Eucharistie.

Il y eut un «incident» lors de cette cérémonie. Le curé posa simplement cette question : Y aura-t-il parmi vous quelqu’un qui sera l’épouse de Jésus-Christ ? María Francisca leva spontanément le doigt en disant bien clairement : Moi, je veux en être une !

Elle fréquenta l’école du village jusqu’à quatorze ans, bonne élève, joyeuse et sérieuse à la fois, au point que la maîtresse lui confiait la garde des plus petits. En grandissant, elle participa aux activités paroissiales. Elle apprit la musique et le chant : elle eut pour professeur une certaine Francesca Peneli, qui entra aussi chez les Servantes de Marie, et fut aussi martyrisée le 2 octobre.

Avec le consentement de sa mère et du curé, elle partit à quinze ans chez les Servantes de Marie à Valencia, dont le monastère s’appelait Au pied de la Croix. Durant le trajet, on parlait, on échangeait ; un inconnu voulut protester contre la vie religieuse et lança : Regardez cette gamine, on l’a trompée pour l’emmener ! Mais la gamine répondit crânement : Je sais parfaitement ce que je fais, c’est Jésus qui m’appelle.

Après le noviciat, elle professa solennellement en 1900, avec le nom de María Guadalupe.

Inutile de dire qu’elle vécut la Règle saintement, pieusement, profondément, méditant les douleurs de la Passion du Christ et de Marie, sans jamais pour autant perdre sa joie.

En 1928, elle fut maîtresse des novices, en 1931 prieure, de nouveau maîtresse des novices en 1934.

En juillet 1936, la communauté se dispersa et María Guadalupe se réfugia dans sa famille, d’abord chez une nièce, mais qu’elle quitta pour ne pas déranger cette jeune femme enceinte, puis chez sa sœur.

Le 2 octobre, du vacarme la fit sortir de sa méditation. Sa sœur et son beau-frère cherchaient à empêcher des miliciens de fouiller la maison. María Guadalupe sortit de sa chambre, son livre de prières à la main. On lui demanda : C’est vous la nonne ? Sa réponse démontra encore une fois sa personnalité : Je suis moniale et si je naissais mille fois, je serais Au pied de la Croix, faisant allusion au monastère et à la dévotion principale de la congrégation.

On l’embarqua dans une fourgonnette. Elle dit aux siens : Ne pleurez pas pour moi. Tenez : ils vont me faire mourir et donner la vie pour Celui qui l’a le premier donnée pour moi.

Il était deux heures du matin. On l’emmena à un soi-disant tribunal, qui la condamna à mort, ce même 2 octobre 1936 à Silla (Valencia). L’exécution se fit vers quatre heures, on en en entendit les coups. Durant les deux heures précédentes, on commit sur la Religieuse et les autres qui étaient arrêtées avec elle, des atrocités que même une des miliciennes, témoin de la scène, eut honte et horreur de raconter. 

María Guadalupe a été béatifiée en 2001.

 

 

José Fuentes Ballesteros

1885-1936

 

Né le 13 mai 1885 à Mojácar (Almería) et baptisé dès le lendemain, il était l’aîné de trois frères qui furent tous trois séminaristes ; Juan, cependant, mourut avant d’être ordonné prêtre.

Leur mère mourut quand ils étaient encore enfants ; c’est leur sœur aînée qui les «éleva».

Ayant étudié au séminaire diocésain d’Almería, José fut ordonné prêtre en 1909.

Il exerça le saint ministère à Turre, Filabres, Lubrín, où son jeune frère était curé.

Au moment de la persécution de l’été 1936, les deux frères durent se replier à leur pays natal, Mojácar, et trouvèrent un logement à Garrucha. Dénoncés et expulsés, il se réfugièrent dans une grotte. Là encore on les dénicha : les miliciens vinrent les déloger de là à coups de gourdins et les livrèrent au comité de Mojácar. Là, on les fit travailler jour et nuit à creuser une canalisation d’eau avec un pic. Ils avaient les mains en sang ;  une brave femme du pays vint les soigner.

Deux jours après, on fusilla les deux frères, José d’abord, puis Antonio.

Béatifié en 2017, José Fuentes Ballesteros sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 2 octobre.

 

 

Antonio Fuentes Ballesteros

1887-1936

 

Né le 2 novembre 1887 à Mojácar (Almería) et baptisé trois jours après, il était le deuxième de trois frères qui furent tous trois séminaristes ; Juan, cependant, mourut avant d’être ordonné prêtre.

Leur mère mourut quand ils étaient encore enfants ; c’est leur sœur aînée qui les «éleva».

Ayant étudié au séminaire diocésain d’Almería, Antonio fut ordonné prêtre en 1910.

Il passa la licence de théologie à Grenade, se mit dans les rangs de l’Union Apostolique Sacerdotale (1914) et exerça son ministère sacerdotal à Mojácar (1916), Bédar (1919), Lubrín (1927), où son frère aîné José le rejoignit.

Il vivait pauvrement, et trouvait encore le moyen d’aider les pauvres.

Au moment de la persécution de l’été 1936, les deux frères durent se replier à leur pays natal, Mojácar, et trouvèrent un logement à Garrucha. Dénoncés et expulsés, il se réfugièrent dans une grotte. Là encore on les dénicha : les miliciens vinrent les déloger de là à coups de gourdins et les livrèrent au comité de Mojácar. Là, on les fit travailler jour et nuit à creuser une canalisation d’eau avec un pic. Ils avaient les mains en sang ;  une brave femme du pays vint les soigner.

Deux jours après, on fusilla les deux frères ; d’abord don José, puis don Antonio. Quand ce dernier arriva à l’endroit où gisait son frère, il s’agenouilla, l’embrassa, et les bras grand ouverts il pardonna aux bourreaux.

C’était le 2 octobre 1936 à El Portazgo (Los Gallardos, Almería).

Béatifié en 2017, Antonio Fuentes Ballesteros sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 2 octobre.

 

 

Mateu Garrolera Masferrer

1888-1936

 

Mateu vit le jour le 11 novembre 1888 à San Miquel de Olladels (Gerona, Espagne)

A vingt-cinq ans, il fut employé comme domestique chez les Salésiens de Sarriá (Barcelone) et, conquis par cette belle ambiance familiale salésienne, demanda à y faire le noviciat.

Il entra au noviciat de Carabanchel Alto et fit profession en 1916.

Il fut une année à Sarriá, six à La Coruña, six autres à Orense et finalement à Atocha (Madrid) en 1929, où il était chargé de recueillir les aumônes des coopérateurs pour la maison.

Lors de la guerre civile de juillet 1936, la maison fut prise d’assaut. On mit les Frères face au mur. Mateu, tranquillement, sortit son chapelet et commença à le prier. Quelqu’un lui parla d’imprudence, il répondit : Et pourquoi on aurait honte de montrer ce qu’on est ? Un milicien lui dit encore de le rentrer et il lui répondit : Qu’est-ce que ça peut me faire, si vous me tuez ? J’irai plus vite au Ciel ! et il continua sa prière.

Le 22 juillet, on les emmena devant le Gouverneur ; celui-ci les savait innocents, mais craignit les menaces de la foule : il fit enfermer les Religieux dans la prison provinciale, leur promettant la liberté pour le lendemain.

Au matin du 23, libres, les Salésiens se dispersèrent ; Mateu se réfugia quinze jours chez des amis, puis chez une coopératrice salésienne, mais dut partir à cause de l’hostilité affichée par certains voisins, et rejoignit une pension ; on l’y arrêta, le 1er octobre. 

Comme papiers, il montra ses livres de piété ; interrogé, il répondit calmement ; les miliciens notèrent : A ses réponses, on voit bien que c’est un Religieux. On l’arrêta et le conduisit à la tchéka de Fomento, où il retrouva d’autres Salésiens.

On n’en sut rien de plus. Il fut peut-être fusillé dès le 2 octobre 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Felipe González de Heredia Barahona

1889-1936

 

(Voir aussi la notice : Clarétains espagnols martyrs à Fernán Caballero

 

Il naquit le 26 mai 1889 à San Asensio (La Rioja, Espagne).

Il fit la profession comme Frère convers chez les Clarétains.

Après l’expulsion forcée de la maison religieuse, il était resté chez son frère à Ciudad Real.

Bientôt découvert à son tour, il fut emmené à la tchéka du séminaire jusqu’au 2 octobre 1936. Ce jour-là, on le conduisit en voiture à Fernán Caballero, entre deux miliciens. Avec un couteau, on le menaçait : C’est comme ça qu’on va te tuer ; avec ces chiens, pas besoin de gâcher de la poudre.

La voiture s’arrêta à la porte du cimetière. Le Frère Felipe sortit, mit les bras en croix et cria : Vive le Christ Roi et le Cœur de Marie ! Il tomba sous une décharge de fusil.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Enrique Saiz Aparicio

1889-1936

 

Enrique naquit le 1er décembre 1889 à Ubierna (Burgos, Espagne).

Entré à l’école des Salésiens à Gerona et Sarriá, il commença ensuite le noviciat à Barcelone, où il fit la profession en 1909.

Il reçut l’ordination sacerdotale en 1918.

Les lieux de son apostolat furent Salamanque (1919-1923), Carabanchel Alto comme conseiller puis comme directeur, ainsi qu’à Madrid-Atocha, et enfin Carabanchel Alto (1934-1936).

Lors du soulèvement révolutionnaire de juillet 1936, tous les Salésiens furent expulsés de leurs maisons madrilènes, et se dispersèrent çà et là dans des maisons d’amis. Ils restaient en contact, se rendaient visite, et don Enrique était le supérieur de cette «communauté dispersée», conseillant, aidant, suggérant, veillant, parfaitement conscient du martyre imminent qui les attendait tous.

On vint arrêter don Enrique le 2 octobre 1936 pour le mettre en «prison» au couvent San Plácido, réquisitionné à cet effet. De là, on suppose avec assez d’indices qu’il fut ensuite emmené à la tchéka de Fomento.

Un de ces indices est qu’un autre Salésien, don Pedro Artolozaga, exécuté le 2 octobre, fut retrouvé avec les chaussures de don Enrique : ce dernier avait dû les lui donner au moment où on l’emmena pour le fusiller. 

Don Enrique fut reconnu comme prêtre dans cette tchéka, et les miliciens le fusillèrent le jour même de son arrestation, à Vallecas (environs de Madrid), le 2 octobre 1936.

C’est lui qui arrive en tête de la longue liste des bienheureux Martyrs espagnols salésiens des années 1936-1939.

Enrique Saiz Aparicio fut béatifié en 2007.

 

 

Isidoro Bover Oliver

1890-1936

 

Né le 2 mai 1890 à Vinaroz (Castellón), Isidoro se préparait à recevoir le sacerdoce à Tortosa, quand il entra dans l’Institut ou Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains.

Il fut ordonné en 1912 et partit au Mexique, où il travailla au séminaire de Cuernavaca (Tacabaya).

En 1914, il revint en Espagne, à Tortosa jusqu’à la fin de sa vie, sauf deux mois au séminaire de Almería pour un remplacement.

Il continua de diriger une revue pour les vocations, Le Courrier Joséphique (El Correo Josefino), grâce auquel il restait en liaison avec beaucoup de séminaires et de séminaristes.

En avril 1936, il écrivait à son frère José María que la dictature marxiste était en train de s’installer en Espagne.

Il fut dénoncé par le maire de son village.

Il fut arrêté et mis en prison à Castellón, avec le père Francesc Carceller et une trentaine d’autres.

Le 2 octobre 1936 fut le jour du martyre. A quatre heures de l’après-midi, survinrent des miliciens de la Colonne de Feu, qui appelèrent vingt noms : ils furent menottés et conduits à Almazara pour être fusillés. 

A vingt-deux heures, dix autres furent appelés et fusillés au cimetière de Castellón. A vingt-trois heures trente, furent appelés tous les autres, parmi lesquels le père Francesc Carceller et le père Isidoro Bover. Dans une pièce voisine, avait été dressé une sorte de tribunal, où on leur demanda leurs noms, prénoms, profession. Pour les prêtres, il n’y eut pas d’autre question…

Les militiens leur ligotèrent les mains derrière le dos, les contrôlèrent et leur prirent tout ce qu’ils avaient ; on les força à monter dans un camion, non sans un flot d’insultes et de coups, frappant leurs visages avec les chapelets qu’on leur avait trouvés.

On les conduisit au cimetière, où gisaient à terre les cadavres du groupe précédent, éclairés seulement par la pâle lueur de la lune. On les mit sur deux rangs ; le silence fut rompu par la voix ferme d’un prêtre qui interpella ses Confrères : Répétons les paroles de Calvo Sotelo : Vous pouvez nous prendre nos vies, mais rien de plus ! Vive le Christ Roi ! Vive l’Espagne.

Tous répondirent Viva ! juste avant de tomber sous les balles.

Le lendemain, 3 octobre, les corps furent mis dans des cercueils individuels et brûlés. 

Isidoro Bover Oliver fut béatifié en 1995.

Manuel Arenas Castro

1899-1936

 

Manuel Arenas Castro naquit le 20 juillet 1899 à Carcabuey (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 2 octobre 1936 près de Jaén.

Un laïc nommé Miguel Arenas Castro, martyrisé en même temps, est vraisemblablement son frère.

Manuel Arenas Castro sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 2 octobre.

 

 

Juan Iñiguez de Ciriano Abechuco

1901-1936

 

Il vit le jour le 8 mars 1901 à Legarda (Álava, Espagne), de bons parents chrétiens.

Juan entra à l’école des Religieux des Sacrés-Cœurs (pères de Picpus), à Miranda de Ebro.

Il entra au noviciat à Fuenterrabía (Guipúzcoa) et fit la philosophie à Miranda et San Miguel del Monte.

Après sa profession (1919), il porta le nom de Isidro.

Grand travailleur, Isidro n’était pas une «tête», mais un excellent compagnon, qui supportait gentiment les taquineries sur sa petite taille. L’un de ses confrères, parlant de sa modestie, rendit ce témoignage : Il fut exceptionnel en ce qu’il ne fut exceptionnel en rien.

Il fut ensuite à Torrelavega pour la théologie. Il fut envoyé à Rome où il fut reçu docteur en droit canonique à l’Université Grégorienne et fut ordonné prêtre en 1925. 

Il fut prieur, et professeur (apprécié) de droit canonique et de théologie morale au séminaire de l’Escorial. Il continuait d’étudier beaucoup jusqu’à en avoir parfois mal à la tête.

En 1936, le séminaire ayant été transformé en hôpital, il laissa son bel habit blanc pour mettre la blouse d’infirmier.

Le 8 août arriva l’ordre d’évacuer le séminaire et de rejoindre Madrid ; tous les élèves et les prêtres partirent, sauf le Supérieur (le père Teófilo, voir au 11 août) et quelques frères laïcs âgés.

Le 9 août, ils furent conduits à la Direction Générale de Sécurité, d’où ils sortirent libres, mais le père Isidro ne connaissait personne, ne savait où aller, et avait à peine de quoi manger. Il erra çà et là ; on lui refusa l’hospitalité dans diverses pensions ; une pieuse dame finit par l’accueillir.

Le 2 octobre, des membres des FAI (Federación Anarquista Ibérica) se présentèrent là où il se trouvait ; c’est lui qui leur ouvrit. Ils lui demandèrent : T’es curé ? Il ne nia pas. Ils l’emmenèrent avec deux autres Religieux qui étaient là.

Après un simulacre de jugement, ils furent condamnés à mort, pour le délit d’être prêtres.

Le père Isidro fut assassiné sur la route de l’Este de Madrid, le soir du 2 octobre.

La dame qui l’avait hébergé fut elle aussi incarcérée et interrogée, mais laissée en liberté. Quelques jours plus tard, elle rencontra à nouveau le chef de la tchéca et lui demanda ce qui était arrivé aux Religieux. Il lui répondit : Ne t’en fais pas pour eux ; ils ont eu un sort plus mauvais que le tien, parce qu’ils étaient curés.

Ce père Isidro fut béatifié en 2013.

 

 

Francesc Carceller Galindo

1901-1936

 

Né le 3 octobre 1901, de Joaquin et Manuela, le troisième des neuf enfants de cette famille reçut au baptême le nom de François, qui est fêté le 4 octobre. 

A part le frère aîné, Joaquin, tous ces enfants furent Religieux : Jaume, Francesc et Pere, piaristes ; Josep, Domingo et Manuel, augustins récollets ; María, l’unique fille, dominicaine. 

En 1914, le jeune Francesc eut au genou droit une tumeur blanche, qui ne put jamais guérir, au point qu’on finit même par le surnommer gentiment le petit boîteux. Après un pélerinage à Lourdes, il y eut une brève amélioration. A Saragosse, on hésita à l’opérer à cause de sa faiblesse. Francesc cependant n’y accordait pas plus d’attention, jouant et courant comme il pouvait, avec ses camarades.

Il fut enfant de chœur et, malgré sa jambe paralysée, s’efforça de s’agenouiller. Sa mère voulait demander aux Pères piaristes qu’il pût servir la messe debout, mais le garçon répondit : Je préfère alors ne pas servir la messe ! 

Après sa première Communion, il alla recevoir chaque dimanche l’Eucharistie, et se mettait en tout dernier, pour pouvoir s’agenouiller avec sa jambe raide sans déranger les autres (rappelons qu’à cette époque on communiait toujours à genoux, par respect pour l’Hôte divin qu’on recevait). Mais un jour de l’Assomption, en 1913 ou 1914, il vint se mettre en plein milieu des communiants, à genoux comme les autres : il était guéri ! Sa mère n’en croyait pas ses yeux.

C’est en signe de gratitude que Francesc voulut porter en religion le nom de la Vierge de Lourdes et aussi qu’après son ordination sacerdotale, il vint remercier la Vierge de Lourdes avec son père.

Toujours est-il qu’à quatorze ans, en 1914, il voulut suivre le même chemin que ses aînés, et entrer chez les Pères de Saint-Joseph-Calasanz, dits des Ecoles Pies ou Piaristes (voir au 25 août), à Morella. Il prit l’habit en 1918 et commença alors le noviciat.

Ce fut un novice extrêmement appliqué à sa règle, au silence, à l’ordre. Il affectionna particulièrement la liturgie et le chant grégorien. Il fit la profession solennelle en 1922 à Alella, et fut ordonné prêtre à Lleida en 1925.

Son activité se déroula ensuite à Barcelone, à l’école Saint-André de 1924 à 1930, puis celle de Notre-Dame, de 1930 à 1936, où il fut un maître de chant remarquable. Il communiqua à ses élèves l’amour enthousiaste de la Liturgie, et leur apprit à chanter le chant grégorien. Il réunit particulièrement un groupe de ses élèves en une Fédération de Jeunes Gens ou Travailleurs Chrétiens.

A la fin de l’année, il fut envoyé à Caldes de Montbui, pour un traitement aux thermes. Peu avant de quitter le collège de Barcelone, il confia à un étudiant qu’il avait le pressentiment qu’ils ne se reverraient plus.

Après cette cure à Caldes, il rejoignit son pays natal, Forcall, le 17 juillet 1936, pensant passer ce temps de vacances chez ses parents.

Mais la révolution éclata peu de jours après, et il tenta vainement de regagner Barcelone, car on lui refusa le laisser-passer.

A Forcall, furent arrêtés les prêtres. Un ami proposa l’hospitalité à Francesc pour le cacher ; Francesc lui en fut très reconnaissant, mais refusa, de peur qu’à sa place fussent arrêtés son père et son frère Joaquin, tandis que s’ils m’arrêtent, que Dieu soit béni ; je veux mourir pour mon pays et pour Dieu.

Cet été-là, il le passa à participer aux corvées habituelles, à la maison, aux champs. Quand on l’avertissait d’être prudent et de ne pas (trop) se montrer, il répondait : L’Eglise ne manquera jamais de prêtres, parce que le sang des martyrs est une semence de Chrétiens.

Le 28 août, il confiait : S’ils me tuent, ce sera la fin de mes rhumatismes ! En plus de ça, la plus grande gloire que Dieu pourra m’accorder, sera le martyre, parce que ainsi je serai sûr de posséder le ciel.

Cette grâce allait lui être accordée à partir du lendemain, 29 août. A six heures du matin, un envoyé de la mairie vint convoquer le Frère Francesc. Le papa dormait encore ; c’est sa sœur qui l’avertit : après avoir prié, elle vint réveiller son frère et lui dit qu’on l’attendait. Francesc demanda : Et maman, elle pleure ? 

Il descendit, embrassa son père, sa chère mère, tous ses proches et, accompagné de son frère Joaquin, se rendit à la municipalité, où il retrouva quatre autres prêtres de Forcall.

Ils furent d’abord enfermés à Morella, puis à Castellón de la Plana, jusqu’au 2 octobre, jour où on leur adjoignit une trentaine d’autres prêtres.

Un des laïcs prisonniers, qui put échapper - on ne sait comment - et raconter ce qu’il vit, témoigna que les prêtres se confessèrent les uns aux autres ; que Francesc, qui souffrait énormément des rhumatismes, ne pouvait certains jours pas même sortir dans la cour.

Le 2 octobre 1936 fut le jour du martyre. A quatre heures de l’après-midi, survinrent des miliciens de la Colonne de Feu, qui appelèrent vingt noms : ils furent menottés et conduits à Almazara pour être fusillés. 

A vingt-deux heures, dix autres furent appelés et fusillés au cimetière de Castellón. A vingt-trois heures trente, furent appelés tous les autres, parmi lesquels le Fr. Francesc Carceller. Dans une pièce voisine, avait été dressé une sorte de tribunal, où on leur demanda leurs noms, prénoms, profession. Pour les prêtres, il n’y eut pas d’autre question…

Les militiens leur ligotèrent les mains derrière le dos, les contrôlèrent et leur prirent tout ce qu’ils avaient ; on les força à monter dans un camion, non sans un flot d’insultes et de coups, frappant leurs visages avec les chapelets qu’on leur avait trouvés.

On les conduisit au cimetière, où gisaient à terre les cadavres du groupe précédent, éclairés seulement par la pâle lueur de la lune. On les mit sur deux rangs ; le silence fut rompu par la voix ferme d’un prêtre qui interpella ses Confrères : Répétons les paroles de Calvo Sotelo : Vous pouvez nous prendre nos vies, mais rien de plus ! Vive le Christ Roi ! Vive l’Espagne.

Tous répondirent Viva ! juste avant de tomber sous les balles.

Le lendemain, 3 octobre, les corps furent mis dans des cercueils individuels et brûlés. Francesc avait ce jour-là trente-cinq ans.

Il fut béatifié en 1995.

 

 

 

Miguel Arenas Castro

1906-1936

 

Miguel Arenas Castro naquit en 1906 à Carcabuey (Cordoue, Espagne S).

Ce pieux laïc est vraisemblablement le frère de Manuel Arenas Castro, prêtre martyrisé le même jour.

Leur martyre eut lieu le 2 octobre 1936 près de Jaén.

Miguel Arenas Castro sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 2 octobre.

 

 

Pedro Artolozaga Mellique

1913-1936

 

Pedro vit le jour le 31 janvier 1913 à Erandio (Biscaye, Espagne), le jour de la fête de saint Giovanni Bosco.

Il entra au collège salésien de Santander, continua sa formation à Astudillo (Palencia) en 1926 puis Madrid. Il fit le noviciat à Mohernando-Guadalajara, où il fit la profession en 1931. 

Sur un petit carnet où il rédigeait diverses pensées et résolutions, il écrivit un jour : Puisse le Seigneur me faire mourir avant que je l’offense, imitant en cela le jeune Domenico Savio qui, à douze ans, écrivit : La mort, mais pas le péché.

Il alla faire en 1933 son apprentissage pédagogique à Salamanque. En juillet 1936, il rejoignit Carabanchel Alto pour la théologie. La persécution commença dès le 20 juillet.

Les miliciens le découvrirent dans la pension où il se cachait avec d’autres Salésiens. Il fut arrêté le 1er octobre 1936 avec don Manuel Borrajo Míguez. On les interrogea longuement dans la tchéka Fomento, et on retrouva le corps de Pedro sur la route d’Andalousie.

Don Pedro avait été assassiné le 2 octobre 1936, à vingt-trois ans.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Bartolomé Blanco Márquez

1914-1936

 

Bartolomé naquit en 1914 à Pozoblanco (Cordoue, Espagne), dans un milieu très modeste.

A trois ans, il fut orphelin de père et fut élevé par ses oncle et tante. Il devint très tôt rempailleur de chaises.

Il fut un des premiers à fréquenter l’oratoire salésien de son pays, et devint catéchiste.

En 1932, il fit partie de la nouvelle section Jeunesse Action Catholique, dont il devint le secrétaire ; puis en 1934, il adhéra à l’Institut Social Ouvrier. Au terme de ses études, il fonda huit sections de syndicats catholiques.

Le 18 juillet 1936 Bartolomé se mit immédiatement au service de la Garde Civile, persuadé qu’il pourrait combattre contre les ennemis de l’Eglise.

Il fut arrêté et mis en prison à la fin de septembre 1936.

Transféré à Jaén, il confessa fermement sa foi au Christ et fut condamné à mort.

La veille de son exécution, il écrivit : En me fusillant, ils me donnent la vraie vie. En me condamnant pour avoir défendu les idéaux de la religion, de la patrie et de la famille, ils m’ouvrent les portes du ciel.

Parvenu à l’endroit de l’exécution, il baisa les mains du bourreau et se tint bien en face de lui parce que celui qui meurt pour le Christ, doit présenter sa poitrine. Devant un chêne, il mit les bras en croix, cria Vive le Christ Roi ! et reçut les balles.

C’était le 2 octobre 1936 ; Bartolomé n’avait pas vingt-deux ans.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Manuel Borrajo Míguez

1915-1936

 

Manuel vit le jour le 22 août 1915 à Rudicio-San Xoan de Seoane-Allariz (Orense, Espagne).

Il entra au noviciat salésien de Allariz, continua sa formation à Madrid et Mohernando-Guadalajara, où il fit la profession en 1932 ainsi que ses études de philosophie.

Il prit pour modèle saint Domenico Savio (voir au 9 mars).

Il alla faire en 1934 son apprentissage pédagogique et la théologie à Salamanque. Les lois l’obligèrent à être vêtu civilement.

Il se trouva de passage à Carabanchel Alto (Madrid), où il fut arrêté le 1er octobre 1936 avec don Artolozaga. On les interrogea longuement dans la tchéka Fomento, et on retrouva le corps de Manuel au kilomètre 10 de la route de Castellón.

Don Manuel avait été assassiné le 2 octobre 1936, à vingt-et-un ans.

Il fut béatifié en 2007.

 

Maria Ana Kratochwil

1881-1942

 

Elle vit le jour le 21 août 1881 à Ostrawa (Pologne, actuelle Ostravský kraj, Moravie, République Tchèque).

Elle suivit ses parents à Węgierska Górka (Żywiec), à la recherche de travail. Tôt orpheline de père, elle fut accueillie à l’orphelinat de Bielsko, tenu par les Sœurs Scolastiques de Notre-Dame, qui l’aidèrent à préparer le diplôme de maîtresse d’école.

Après avoir travaillé trois ans à l’école de Karwin, elle entra en 1901 dans cette Congrégation et professa en 1910 avec le nom de Maria Antonina.

Elle enseigna d’abord dans une école primaire à Karwin (1906-1917), à Lwów comme professeur (1917-1925) et fut supérieure de son couvent (1925-1932).

Maîtresse des novices à Tłumacz, elle revint à Lwów comme directrice de l’école, tout en continuant la formation des jeunes vocations jusqu’en 1939, puis fut directrice à Mikuliczyn, dans la zone d’occupation soviétique.

Au début de la guerre, les Religieuses furent expulsées, mais purent reprendre leurs activités quand les Allemands contrôlèrent la région, quoique dans des conditions très difficiles. Bientôt cependant le couvent dut être évacué.

Les six sœurs, avec leur Supérieure, durent vivre dans la clandestinité jusqu’en juillet 1942.

Trahies et dénoncées, elles furent le 9 juillet conduites en prison à Stanislawów. Maria Antonina, comme supérieure, fut soumise particulièrement à maintes tortures de la part des soldats nazis. Des témoins purent affirmer qu’elle répétait la parole du Christ : Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font (cf. Lc 23:34). Touchée par le typhus, elle n’en continua pas moins de soutenir le moral de ses Consœurs.

Enfin relâchée, elle mourut quelques jours après à l’hôpital, des suites des mauvais traitements reçus.

Elle s’éteignit à Stanislawów (aujourd’hui Ivano-Frankivs’k, Ukraine), le 2 octobre 1942, et fut béatifiée en 1999.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
30 septembre 2020 3 30 /09 /septembre /2020 23:00

 

OCTOBRE

 

01 OCTOBRE

 

IV.

S Piaton, prêtre romain, martyr à Tournai, dont il est le Patron.

SS Verissimus, Maxima et Iulia, martyrs à Lisbonne.

VI.

S Vulgis, ermite près de Soissons, disciple présumé de s. Remi.

S Suliau, abbé en Bretagne, venu du Pays de Galles ; il savait apprivoiser les bêtes sauvages.

S Romanos le Mélode, syrien, auteur de Kontakia ou chants d'église : il en aurait eu l'inspiration sur une apparition de la Vierge Marie ; il vivait à Constantinople.

S Nizier, évêque à Trêves, extrêmement exigeant pour l'observation des commandements de Dieu.

Ste Germaine, martyre près de Troyes.

VII.

S Bavon, flamand ; il se repentit de sa vie légère à la mort de sa femme et devint moine ; il est le patron de la cathédrale de Gand.

Ste Urielle (Eurielle), sœur de s. Judicaël, vierge en Bretagne.

S Wasnon, d'origine écossaise et évêque missionnaire, venu évangéliser la Belgique.

VIII.

S Michel, martyr avec d'autres moines près de Nisibe.

B Thomas, évêque à Milan.

S Viril, abbé bénédictin en Navarre (IX.?).

XVI.

Bx Gerald Edwards, Robert Wilcox, Christopher Buxton, Ralph Crockett, Edward James, John Robinson, prêtres, et Robert Widmerpool, laïc, martyrs en Angleterre.

XVII.

Bx Gaspar Hikojiro et Andreas Yoshida, laïcs martyrs décapités à Nagasaki pour avoir reçu des prêtres chez eux.

B Juan de Palafox Mendoza, évêque à Osma, béatifié en 2011.

XIX.    

Bse Gim Jo-i Anastasia, laïque coréenne martyre, morte en prison en octobre, béatifiée en 2014.

XX.

B Luigi Maria Monti (1825-1900), huitième de onze enfants des environs de Milan, ébéniste qui forma un oratoire : la compagnie du Sacré-Cœur-de-Jésus, puis se consacra comme infirmier parmi les Fils de Marie-Immaculée et fonda à Rome la congrégation des Fils de l'Immaculée Conception, pour les malades ; il mourut dans un orphelinat de Saronno qu'il avait aussi fondé, et fut béatifié en 2003.

Bse Cecilia Eusepi (Maria Angela, 1910-1928), italienne tertiaire des Servites de Marie, morte de tuberculose, le “Lys parfumé” de Nepi, béatifiée en 2012.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Salésiens : près d’Alicante, le prêtre Álvaro Sanjuán Canet (*1908) ;

Laïque : près de Valencia, Florencia Caerols Martínez (*1890), vierge très active dans l’Action Catholique ;

- béatifiés en 2007 :

Salésiens : à Madrid, le sous-diacre Carmelo Juan Pérez Rodríguez (*1908), le postulant Higinio Mata Díez (*1909) et le coadjuteur Juan Mata Díez (*1903).

B Antoni Rewera (1869-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, fondateur des Filles du Séraphique Saint-François, béatifié en 1999.

 

 

Piaton de Tournai
4. siècle

Piaton (Piat) a pu faire partie de la dizaine de missionnaires que l’Eglise de Rome envoya en Gaule : Denys, Quentin, Lucien, Crépin, Crépinien, Piaton et d’autres.
De Paris, Denis aurait ordonné prêtre  Piaton pour évangéliser la région de Tournai. Piaton y aurait baptisé trente mille païens.
Sur ordre d’un préfet romain qu’on nomme Rictiovarus, Piaton aurait été martyrisé percé de clous d’après un récit, décapité d’après un autre récit.
Dans ce dernier cas, Piaton se serait redressé, aurait saisi sa tête et aurait marché jusqu’à Seclin (act. Nord), pour y être enseveli.
Piaton a été martyrisé «sous Maximien», donc en fin de troisième, sinon en début de quatrième siècle.                                                                                                                                               Il est le Patron de la ville de Tournai.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Piaton de Tournai au 1er octobre.


Verissimus, Maxima et Iulia de Lisbonne
4. siècle

Verissimus et ses deux Compagnes, Maxima et Iulia - on en a fait parfois des frère et sœurs - furent martyrisés dans la région de Lisbonne (Portugal, alors Lusitania), peut-être décapités, en début de quatrième siècle, sous Dioclétien.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Verissimus, Maxima et Iulia de Lisbonne au 1er octobre.

 

 

Romanos le Mélode

493-556

 

Romanos naquit vers 493 à Emèse (act. Homs, Syrie), dans une famille juive. 

Enfant, il fut baptisé, sans qu’on sache qui, de ses parents ou de ses proches, passa au christianisme.

On retrouve plus tard Romanos à Berytos (act. Beyrouth, Liban), où il reçut le diaconat dans l’église de la Résurrection.

Il alla ensuite à Constantinople : il habitait dans le monastère de Kyros, et exerçait les fonctions de sacristain à Sainte-Sophie.

D’après un récit ancien, Romanos n’avait pas une voix particulièrement faite pour le chant, et l’on ne pouvait s’empêcher de sourire lorsqu’il commençait une lecture. Mais lors de l’office solennel de Noël, vers 518, il fut pris de léthargie juste avant de proclamer le psaume ; pendant ce sommeil, il vit la Mère de Dieu qui lui tendait un rouleau et lui ordonnait de le manger (ce qui rappelle la vision d’Ezéchiel 3:1 ou de l’Apocalypse 10:9). Aussitôt éveillé, il entonna à l’ambon un hymne extraordinaire de poésie, de théologie, et  d’une mélodie extrêmement douce, ce qui étonna tous les assistants, du patriarche aux fidèles.

Ce nouveau genre qu’inaugurait Romanos sur l’inspiration de la Sainte Vierge, s’appelle kontakion, un mot qui désigne au sens propre le support sur lequel on enroulait le manuscrit. Romanos en aurait composé un millier, dont on a conservé quelques dizaines, apparemment authentiques. Ce sont de très longs poèmes sacrés, aux vers variés groupés en strophes. 

Romanos mourut un 1er octobre, vers 556.

Le genre du kontakion fut remplacé dès le 7e siècle par celui du kanon, plus simple, illustré par s.Andreas de Crète et s.Jean Damascène (v. 4 juillet et 4 décembre).

Saint Romanos le Mélode est commémoré le 1er octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nizier de Trèves

500-569

 

On verra plus bas pourquoi Nizier (Nicetius) n’a pas pu naître en 513. Il naquit à ou près de Limoges, peu avant 500. 

Il semblait avoir déjà les cheveux poussés en forme de couronne, comme un clerc tonsuré, de sorte que ses bons parents le confièrent tôt à un abbé de monastère local.

Nizier deviendra abbé de ce même monastère. Déjà son zèle pastoral s’exprimait : aux moines, il répétait Il faut se garder de dire des bêtises, des paroles oiseuses, reprenant cette parole du Christ : Vous serez jugés sur toute parole inutile (Mt 12:36).

Le roi Thierry Ier l’avait en grande considération et le prit comme aumônier.

En 526, Nizier fut nommé évêque de Trèves. C’est cette date historique qui exclut la possibilité que Nizier soit né en 513. Rarement un prêtre est nommé évêque avant la trentaine, c’est une loi canonique.

Nizier fut accompagné à Trèves par une troupe de seigneurs qui, arrivés sur place, lâchèrent leurs chevaux dans les champs de moisson voisins. Nizier protesta et fit chasser les animaux.

Il se montra terrible contre ceux qui n’observaient pas les commandements de Dieu. Un jour que le fils de Thierry prétendait assister à la Messe alors qu’il vivait dans la débauche, Nizier le fit sortir. Il excommunia le roi Clotaire, qui alors l’exila (561). Nizier eut révélation qu’il allait promptement être rétabli, en effet Clotaire mourut et son successeur Sigebert rétablit immédiatement l’évêque.

Nizier était plein de force dans la prédication, et terrible pour discuter. Il avait de la constance dans les épreuves et de la prudence pour enseigner. Prospérité ou adversité ne le changeaient pas. On ne l’intimidait pas et on ne le trompait pas par des flagorneries. 

Le diable s’en prit plusieurs fois à Nizier ; il se montra à lui un jour sous une forme affreuse, noire, comme prêt à dévorer l’évêque : Nizier le fit disparaître d’un signe de croix. Nizier délivra un jour trois possédés à l’entrée de l’église Saint-Maximin, d’un signe de croix. Quand une épidémie de peste ravagea Trèves, la prière de Nizier éloigna le fléau ; une voix le fit comprendre : Nous (les démons) ne pouvons rien faire que laisser cette ville.

Devant un jour être reçu pas le roi, Nizier obtint par sa prière qu’on pût pêcher beaucoup de poissons pour les servir à la table du roi et de tous les invités.

Nizier eut une vision nocturne qui lui révélait la durée et la qualité des règnes des rois futurs. 

Comme le Christ (Mt 8:23-27), il s’endormit un jour dans sa barque, qui se trouva agitée par un vent violent : il se réveilla, et calma la tempête par un signe de croix.

Nizier participa aux conciles de Clermont (535) et d’Orléans (549), peut-être aussi de Paris (552). On a aussi de lui deux lettres, l’une à l’empereur Justinien, l’autre à la reine Chlodoswinde. 

Il raconta lui-même avoir eu une vision de s.Paul et de s.Jean-Baptiste, qui l’invitaient au Repos éternel. Il mourut quelques jours après, le 1er octobre, vers 569.

S.Venance Fortunat (v. 14 décembre) le chante dans un poème. 

De son vivant, Nizier avait brillé par ses aumônes, sa charité, ses miracles ; les miracles continuèrent près de son tombeau : des chaînes de prisonniers tombèrent, des possédés furent libérés, des aveugles furent guéris.

Saint Nizier de Trèves est commémoré le 1er octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bavon de Gand

589-658

 

Allowinus - appelé communément Bavon - naquit vers 589 au pays d’Hesbaye (Belgique), de famille noble.

En grandissant, il connut les plaisirs et quelques écarts ; il épousa cependant la fille du comte Adilion et eut une fille, Aggletrude.

A la mort de son épouse, il conçut un réel remords pour ses fautes passées et alla trouver s.Amand (v. 6 février) : sa vie allait changer radicalement. Il distribua ses biens aux pauvres et vint au monastère fondé par s.Amand à Elnone ; il y reçut la tonsure ; Amand le prit avec lui dans ses voyages.

Amand avait prêché dans la région de Gand : Bavon y retourna et, en accord avec l’abbé Florbert, commença la construction d’un ermitage ; Attinus, qui l’aidait, se retrouva étouffé par son chariot qui se retourna : Bavon le ressuscita trois heures plus tard.

Un autre épisode montre comment la conversion de Bavon était profonde. Il rencontra un homme qu’il avait autrefois vendu comme serf. Il se jeta à ses pieds en lui demandant pardon, et le supplia de le traiter comme un condamné : tête rasée, pieds et mains entravés, et enfermé quatre mois dans un cachot.

Un telle volonté de réparation et de sanctification ne fut pas exempte de tentations ou d’épreuves, que lui infligea le Démon. 

Au bout d’environ trois années de cette vie d’ermite, Bavon sentit approcher son heure. Il mourut un 1er octobre et apparut à sainte Gertrude de Nivelles (v. 17 mars) en lui demandant de venir l’ensevelir, ce qu’elle fit. On sait que sainte Gertrude mourut en 659, Bavon mourut donc au plus tard en 658.

En 1559, l’église Saint-Jean de Gand devint la cathédrale Saint-Bavon, notre Saint devenant le céleste Patron du nouveau diocèse de Gand.

Saint Bavon de Gand est commémoré le 1er octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wasnon de Condé-sur-l’Escaut

† 700

 

Wasnon (Wasnulphus en latin) devait être d’origine écossaise, et séjourna d’abord dans quelque monastère de cette région.

La Providence le poussa, comme beaucoup d’autres, à passer dans l’Europe du Nord pour prêcher la Vérité. Il y aurait été compagnon de s.Madelgaire Vincent (v. 14 juillet).

Wasnon aurait vécu quelque temps dans la forêt de Thiérache, avant de s’établir dans l’abbaye de La Celle, fondée par s.Ghislain (v. 9 octobre). Plus tard, s.Amand (v. 6 février) lui aurait confié le monastère de Sainte-Marie-de-Condé.

Peut-être, mais le fait fut parfois contesté, est-ce s.Amand qui le consacra évêque, car Wasnon est plusieurs fois cité comme évêque dans les récits. Sans avoir de siège particulier, il pouvait être un évêque-missionnaire, avec d’amples pouvoirs, pour prêcher et administrer les sacrements dans de vastes régions qui ne connaissaient pas encore le Christ.

Wasnon mourut, semble-t-il, à Condé, vers 700, un 1er octobre.

Le culte de s.Wasnon est très ancien, et important. En 1578, ses reliques furent profanées par les Calvinistes. Des reliques de lui se trouvent aussi à Condé, qu’on retrouva intactes après un grave incendie qui consomma l’église ; depuis, s.Wasnon est invoqué avec confiance contre les orages et les incendies.

Saint Wasnon est commémoré le 1er octobre dans le Martyrologe Romain.

Christopher Buxton

?-1588

 

Christopher était né à Tideswell (Derbyshire, Angleterre), où il fut élève de Nicholas Garlick (v. 24 juillet) à la Grammar-School.

Il se prépara au sacerdoce à Reims puis à Rome, et fut ordonné prêtre en 1586.

En 1587, il alla en Angleterre, où il fut bientôt arrêté et condamné à mort.

Il devait être exécuté avec Robert Wilcox et Edward Campion mais, comme il était encore très jeune, on lui proposa la liberté s’il acceptait de se «conformer» au culte anglican. Sa réponse courageuse fut qu’il ne voulait pas acheter la vie à ce prix et que, s’il avait cent vies à vivre, il les donnerait toutes pour défendre la foi catholique.

En prison à Marshalsea, il rédigea un Rituel, dont il remit le manuscrit à un ami prêtre et qu’on conserve à Olney.

Christopher Buxton mourut en martyr à Canterbury (Kent), le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

John Robinson

?-1588

 

John naquit à Ferrensby (Yorkshire, Angleterre).

Veuf, il vint à Reims pour se préparer au sacerdoce, qu’il reçut en 1585.

Revenu en Angleterre, il se mit au service de ses anciens voisins.

Arrêté, il fut condamné pour le crime d’être un prêtre catholique.

John Robinson mourut en martyr à Ipswich (Suffolk), le 1er octobre 1588.

 

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Ralph Crockett

?-1588

 

Ralph était né à Barton-on-the-Hill (Farndon, Cheshire, Angleterre).

Après ses études à Cambridge, il se prépara au sacerdoce, qu’il reçut à Reims en 1585.

Il revint en Angleterre mais fut capturé sur le bateau à Littlehampton (Sussex) en avril 1586, avec trois autres prêtres, dont Edward James, qui allait partager le sort de Ralph.

Ils furent mis en prison à Londres, en avril 1586.

Après l’échec de l’Armada espagnole, le gouvernement chercha à se venger sur certains des prisonniers catholiques. Ainsi furent présentés au tribunal Ralph et Edward, ainsi que deux autres qui eurent la faiblesse d’adhérer alors à la religion «officielle», anglicane.

Le procès eut lieu à Chichester le 30 septembre 1588 et se termina par la condamnation à mort des accusés, pour leurs crimes d’être prêtres et d’être entrés dans le royaume.

Ralph Crockett mourut en martyr à Broyle Heath, avec son ami Edward, près de Chichester, le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Robert Widmerpool

?-1588

 

Robert était né à Nottingham (Angleterre).

Après ses études à Oxford, il fut précepteur des enfants du comte de Northumberland.

Ayant aidé un prêtre catholique, il fut arrêté et condamné à mort.

Robert Widmerpool mourut en martyr à Canterbury (Kent), le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Edward Campion

1552-1588

 

S’il ne faut pas confondre ce Martyr avec Edmund Campion (v. 1er décembre), il faut tout de suite préciser que Gerard Edward (c’est son vrai nom) changea de lui-même son nom par admiration et dévotion envers le Martyr de 1581.

Edward était né à Ludlow (Shropshire, Angleterre).

Il quitta ses études au Jesus College d’Oxford pour entrer au service d’un Baron, dont l’épouse, catholique, l’aida à trouver le chemin de la Foi.

Catholique convaincu, il vint à Reims en 1586 pour se préparer au sacerdoce, et c’est alors qu’il prit le nom d’Edward Campion, comme on l’a expliqué plus haut. En raison de ses études déjà assez avancées, il fut ordonné prêtre dès 1587.

Quelques semaines seulement après être arrivé en Angleterre, il fut arrêté à Sittingbourne (Kent) et jeté en prison à Newgate puis à Marshalsea.

Il subit un premier interrogatoire en avril 1587, un deuxième en août 1588. Non seulement il reconnut ouvertement son état sacerdotal, mais il affirma haut et fort que la religion imposée en Angleterre par les statuts élisabétains, était hérétique.

On l’accusa de trahison, à quoi il répondit qu’il souhaitait bien ne pas être plus traître qu’Edmund Campion. Et quand on lui proposa une solution pour sortir de la captivité, il coupa court en ces termes : J’aimerais bien, si je n’espérais souffrir le martyre.

Edward Campion mourut en martyr à Tyburn, le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Edward James

1557-1588

 

Edward était né vers 1557 à Breaston (Derbyshire, Angleterre).

Après ses études au St.John’s Collège d’Oxford, il étudia au Collège anglais de Reims, puis à celui de Rome, et fut ordonné prêtre en 1583.

Il fut capturé avec Ralph Crockett sur le bateau à Littlehampton, le 19 avril 1586, et désormais partagea le sort de Ralph : prison à Londres, procès à Chichester en septembre 1588, condamnation à mort et exécution.

Edward James mourut en martyr à Broyle Heath (Chichester), le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Robert Wilcox

1558-1588

 

Robert était né en 1558 à Chester (Cheshire, Angleterre).

Il se prépara au sacerdoce à Reims et fut ordonné prêtre en 1585.

En 1586, il regagna l’Angleterre et travailla dans le Kent.

Arrêté à Marshsea, il fut condamné à mort.

Robert Wilcox mourut en martyr à Canterbury (Kent), le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

Andreas Yoshida

?-1617

 

Andreas Yoshida était né à Nagsaki (Japon).

C’était un membre de la Confraternité du Rosaire.

Catéchiste, il hébergea des prêtres chez lui et fut pour cela condamné à mort.

Il fut martyrisé par la décapitation le 1er octobre 1617 à Nagasaki et béatifié en 1867.

 

 

Gaspar Ueda Hikojirō

?-1617

 

Gaspar Ueda Hikojirō était un chrétien japonais.

C’était un membre de la Confraternité du Rosaire.

Catéchiste, il hébergea des prêtres chez lui et fut pour cela condamné à mort.

Il fut martyrisé par la décapitation le 1er octobre 1617 à Nagasaki et béatifié en 1867.

 

 

Juan de Palafox

1600-1659

 

Juan naquit à Fitero (Navarre, Espagne) le 24 juin 1600, fête de saint Jean-Baptiste, dont il reçut le nom.

Ses parents, don Jaime de Palafox y Mendoza et doña Ana de Casanate, n’étaient pas mariés, raison pour laquelle cette dernière se «cacha» à Baños de Fitero pour accoucher, puis chargea une de ses domestiques de se débarrasser du bébé.

Nouveau Moïse, Juan fut placé dans une nacelle que la domestique pensait abandonner dans un canal d’irrigation proche de la rivière Alhama. Mais le maire du village, surpris de la voir dans ces parages de nuit avec son panier, lui demanda ce qu’elle faisait. Elle finit par lui avouer son intention. Le brave homme, un meunier qui avait déjà plusieurs enfants, s’offrit à prendre chez lui le bébé, qu’il garda pendant neuf années.

Après quelque temps, les parents de Juan apprirent ce qu’il en était et s’efforcèrent d’apporter quelque soutien à cette famille généreuse. Juan conservera toute sa vie une profonde reconnaissance envers sa famille adoptive.

La maman de Juan, Ana, était une veuve de noble extraction, et avait deux grandes filles. Elle reconnut tout de suite son aveuglement à avoir voulu tuer son bébé. Elle se repentit tellement profondément, qu’elle entra deux ans plus tard chez les Carmélites Déchaussées (1602). Elle mourut véritablement au monde, abandonna tous ses biens, et eut ensuite une vie exemplaire à Tarazona et Zaragoza (Saragosse). Elle s’employa à fonder plusieurs monastères, et mourut saintement et en paix, en 1638.

Le papa, Jaime, de son côté, reconnut son fils en 1609. Juan était intelligent et éveillé. Après ses études à Alcalá et Salamanque, il reçut de son père la charge de gouverner le marquisat de Ariza. Ce n’était pas facile, car les populations étaient habituées à subir le caractère querelleur de Jaime. Mais Juan se montra assez habile, et capable d’assumer d’autres responsabilités plus importantes.

A la mort de son père (1625), Juan prit en charge ses trois demi-frère et sœurs. Quelques mois après, il était présent aux Cortes d’Aragon, convoquées par Felipe IV. Là, le Conte-Duc de Olivares découvrit ses capacités et lui proposa d’aller à Madrid, où il fut procureur du Conseil de Guerre.

Juan Palafox écrivit lui-même que durant ces années-là, il tomba dans toutes sortes de vices, de distractions et de passions déchaînées. Mais tout changea en 1628 : une grave maladie de sa sœur Lucrecia et la mort de deux autres grands personnages, le firent réfléchir profondément. La conversion fut radicale.

Il revint à la prière, aux sacrements, s’imposa des pénitences sévères pour le reste de ses jours, se soumettant à une rythme soutenu dans son immense travail quotidien.

Ordonné prêtre en 1629, il reçut le doctorat en théologie en 1633, et fut chapelain de Marie d’Autriche, sœur du roi Felipe IV. Puis il fut nommé évêque de Puebla (Mexique) en 1639, assumant aussi la charge du diocèse de Mexico par interim de 1642 à 1643. Il était aussi chargé, comme vice-roi, d’enquêter sur l’ex-vice-roi local, pour en informer le roi d’Espagne.

Au milieu de mille difficultés, il conquit la ferveur du peuple et le clergé local ; le clergé régulier ne lui facilita pas la tâche, car les religieux s’étaient bien «établis» sur place et revendiquaient leurs droits et leur autorité. Il défendit âprement les droits des Indiens contre les méthodes forcées des Espagnols pour les convertir. En outre, il fallait faire passer l’Eglise locale missionnaire à un statut d’Eglise diocésaine, organisée.

Le travail de Juan fut immense : il visita à dos d’âne jusqu’au dernier recoin de son immense diocèse, structura entièrement ce diocèse avec une hiérarchie bien établie, opéra la réforme du clergé tant séculier que religieux, ainsi que les couvents de moniales, écrivit de nombreuses lettres pastorales, multiplia les associations éducatives, culturelles et sociales, fit construire ou reconstruire quarante-quatre sanctuaires, dont la cathédrale.

Il fut aussi un grand protecteur de la culture et des arts : il fonda une bibliothèque qu’il dota de cinq mille ouvrages ; il encouragea la vie musicale.

Parmi les difficultés rencontrées par Juan, il faut signaler l’opposition opiniâtre des Jésuites. Ce fut au point qu’il dut les excommunier, avec rapport envoyé à Rome. Ce qu’il obtint fut seulement que les Jésuites eussent à respecter son autorité, mais les hostilités continuèrent, jusqu’à provoquer son déplacement au siège éloigné de Osma (Espagne).

Juan Palafox revint donc en Espagne (1649), où il était nommé évêque de Burgo de Osma, et reprit son travail exténuant et sa vie toute de pénitence.

Il mourut saintement le 1er octobre 1659, ne léguant à ses proches que les quelques objets qui lui restaient. 

Le Chapitre lui donna une sépulture très pauvre, selon sa volonté.

L’image de sainteté qu’il avait montrée pendant toutes ces années pastorales, firent commencer très vite le procès de béatification, dès 1666, mais les Jésuites intervinrent encore une fois pour s’y opposer. Reprise plus tard, la cause aboutit tout de même, avec la béatification qui fut célébrée en 2011.

 

 

Gim Jo-i Anastasia

1789-1839

 

Gim Jo-i Anastasia est une laïque coréenne née en 1789 à Deoksan (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Elle mourut en prison en octobre 1839 et fut béatifiée en 2014. 

 

 

Luigi Maria Monti

1825-1900

 

Luigi naquit le 24 juillet 1825 à Bovisio, huitième de onze enfants et fut orphelin de père à douze ans.

Il travailla comme menuisier pour gagner sa vie.

Déjà apôtre, il réunit une compagnie de camarades en un Oratoire du soir, pour prier et honorer le Sacré-Cœur, et s’occuper des malades et des pauvres, ainsi que des jeunes égarés. L’Oratoire, qui s’appelait du Sacré-Cœur de Jésus était connu comme «Compagnie des Frères» par les gens de l’endroit.

Pieux, il voulut se donner à Dieu et émit privément les vœux de religion, à dix-neuf ans. Curieusement, ce saint garçon et sa compagnie furent accusés de conspiration contre l’autorité autrichienne, et la calomnie arriva, en 1851, jusqu’à les faire emprisonner à Desio (Milan) pendant plus de deux mois, au terme desquels un jugement les remit en liberté.

Pendant six années, il travailla comme frère laïc chez les Pères Pavoniens ou Fils de Marie Immaculée (fondés par Lodovico Pavoni, voir au 1er avril) et apprit le métier d’infirmier dans leur hôpital de Brescia. Il appliqua particulièrement son savoir durant l’épidémie de choléra de 1885.

Cherchant cependant sa vraie vocation, il pria avec intensité. Une nuit, il vit clairement Jésus et Marie qui l’encourageaient à avancer courageusement dans le chemin qu’il avait commencé (l’assistance aux malades), et ce, malgré toutes les souffrances qu’il devrait subir.

En 1858, il fonda à Rome une congrégation de laïcs (Conceptionnistes) pour l’assistance aux malades, et prépara un diplôme médical en hématologie à l’université La Sapienza (La Sagesse).

Il eut des déboires, car son ami (Pezzini) l’abandonna ; et surtout il souffrit du climat anti-religieux de l’époque ; mais il fut soutenu par le pape Pie IX, qui l’établit et confirma directeur de l’hôpital romain Santo Spirito (1877).

Les Fils de l’Immaculée Conception, s’engageaient à soigner tous les malades vers lesquels on les enverrait : victimes de malaria, de typhus, blessés de la guerre… Don Luigi organisa des soins au nord de Rome, vers Orte.

En 1882, un Religieux de Desio venait lui demander du secours pour quatre petits orphelins : Luigi les accueillit comme un signe de Dieu et élargit l’œuvre à l’assistance aux orphelins, avec deux maisons à Saronno et Cantù, dont l’esprit était de procurer une famille à ceux qui n’en avaient pas ou plus.

Luigi resta «laïc» toute sa vie ; les membres de son institut pouvaient être frères ou prêtres, avec égalité de droits ; le supérieur devait être le plus idoine, prêtre ou non.

A la fin de sa vie, Luigi Monti était presque aveugle.

Il mourut le 1er octobre 1900 à Saronno et fut béatifié en 2003.

Les Fils de l’Immaculée Conception reçurent l’approbation ecclésiastique en 1904.

Cecilia Eusepi

1910-1928

 

Cecilia Eusepi naquit le 17 février 1910, fête des Saints Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie, à Monte Romano (province de Viterbo, Italie centrale). Elle a un grand frère : leurs parents sont Antonio Eusepi et Paolina Mannucci, des gens pauvres mais riches de foi.

La petite fille est baptisée le 26 février. Elle est bien vite orpheline de père et c’est son oncle maternel, Filippo Mannucci, qui va s’occuper d’elle.

Cecilia est vive, obéissante, et répète fidèlement les prières du matin que lui enseigne son grand frère.

A l’école maternelle, elle supplie déjà : «Ma Sainte Vierge, fais-moi mourir plutôt qu’offenser Jésus.»

En 1915, Cecilia accompagne sa maman à Nepi, où travaille déjà l’oncle Filippo, chez les ducs Grazioli Lante della Rovere. L’oncle Filippo, jugeant que cette vie champêtre n’est pas faite pour Cecilia, la confie aux Cisterciennes de Nepi. Cecilia considèrera toujours cette nouvelle orientation comme une grâce particulière.

Elle reçoit la Confirmation en 1917, ainsi que la Première Communion. Elle est attirée par deux «Amis» célestes : Thérèse de Lisieux, qui n’est pas encore canonisée (elle le sera en 1925), et Gabriele de Notre-Dame des Douleurs (voir aux 1er octobre et 27 février), tous deux morts à vingt-quatre ans.

Pendant les cinq années de présence dans ce monastère, Cecilia sent grandir en elle «le besoin d’aimer Jésus», complété par une grande générosité envers la famille, les camarades, les moniales, le prochain, les pauvres. 

Elle fait connaissance avec les pères Servites de Marie, qui desservent l’église voisine et sont les confesseurs des religieuses cisterciennes. Elle entre bientôt dans leur tiers-ordre, en 1922, fait sa première promesse et en reçoit l’habit : elle prend le nom de Maria Angela. Elle s’inscrit dans la Jeunesse Féminine de l’Action Catholique, et fait le catéchisme à des petites filles.

En 1923, suivant un appel de plus en plus fort en elle-même, elle entre chez les religieuses Mantellate à Pistoia, la branche féminine des Servites de Marie. En entrant dans le monastère elle écrit : «Ou une sœur sainte, ou rien du tout».  Elle va être la maîtresse des tout-petits à la maternelle.

Cecilia, qui a treize ans, déborde de joie, mais la maladie la contraint à regagner la maison familiale : en 1926 on lui diagnostique une péritonite et une inflammation aux poumons.

Elle considère comme la volonté divine de faire ce nouveau sacrifice : renoncer à sa joie, et achever sa route dans la solitude. Son directeur spirituel, le Servite Gabriele Roschini, la prie d’écrire un journal quotidien, une autobiographie, qu’elle va intituler avec humour : Histoire d’un Clown (Storia di un Pagliaccio).

Cécile offre, aime, et prie. Elle répète : «L’offrande que j’ai faite me coûte beaucoup, mais je suis heureuse de l’avoir faite. Si je renaissais, je la ferais de nouveau.»

Elle meurt le 1er octobre 1928, à dix-huit ans, des suites de la tuberculose intestinale. Benoît XVI a dit qu’elle a vécu sa maladie «avec une foi inébranlable», montrant «une grande capacité de sacrifice pour le salut des âmes» et vivant «en profonde union avec le Christ crucifié».

Cecilia est le «Lys parfumé» de Nepi. Elle répétait sans cesse : «Il est beau de se donner à Jésus, qui s’est donné tout entier pour nous».

Quand Cecilia mourut, la fête de sainte Thérèse était au 3 octobre ; il se trouve qu’elle est maintenant reportée au 1er octobre : Cecilia aura su intercéder auprès de sainte Thérèse et de Dieu, pour que l’Eglise prenne cette heureuse décision.

Cecilia Eusepi a été béatifiée en 2012.

 

 

Florencia Caerols Martínez

1890-1936

 

Elle naquit le 20 février 1890 à Caudete (Albacete, Espagne), dans une famille modeste.

A l’adolescence, elle fut employée dans une usine de textiles.

Ceux et celles qui la connurent purent admirer les belles qualités de cette demoiselle, qui recevait chaque jour l’Eucharistie et avait une dévotion toute spéciale envers sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (on en parlait beaucoup : elle était morte en 1897, et fut canonisée déjà en 1925, voir au 30 septembre).

Elle resta vierge, et s’occupa activement dans beaucoup d’associations pieuses : le Tiers-Ordre franciscain, l’Action Catholique, l’Apostolat de la Prière, les Marie des Sanctuaires, les Enfants de Marie. le Syndicat Catholique Féminin (dont elle fut présidente à partir de 1927). 

Comme membre du Patronat de Saint-Maur, elle travailla beaucoup pour conseiller des fiancés, pour faire baptiser des enfants, ou administrer des mourants, ou encore pour consacrer des familles au Sacré-Cœur.

Une telle personne devenait vite une des victimes potentielles des ennemis de l’Eglise. C’est ainsi qu’en septembre 1936, on vint l’arrêter. Le 23 septembre, on l’enferma dans un ancien couvent, dit des Esclaves. Le 28, on l’emmena à la prison.

Le 1er octobre, on l’emmena à Rotglá y Corbera. Voyant qu’on allait la fusiller, elle invoqua le Sacré-Cœur et pardonna aux bourreaux.

Elle a été béatifiée en 2001.

 

 

Juan de Mata Díez

1903-1936

 

Il vit le jour à Ubierna (Burgos, Espagne) le 11 février 1903, jour anniversaire de l’apparition mariale à Lourdes. Il fut à l’excellente école de son père, très chrétien, et grandit dans la joie et la pureté.

Il aidait son père aux champs sans jamais oublier ses bonnes habitudes religieuses.

Après avoir fréquenté l’école de son pays, il rejoignit le collège salésien de Madrid-Atocha en 1931, où l’attendait son compatriote Enrique Saiz.

Il y reçut la charge de trésorier des coopérateurs salésiens, charge qu’il remplit avec la plus complète scrupulosité.

 

Le 19 juillet 1936 la maison fut prise d’assaut, et Juan rejoignit d’autres Salésiens dans des pensions de la ville. Lors d’une nouvelle fouille, le 1er octobre, les miliciens le reconnurent comme religieux et l’arrêtèrent, en même temps que son cousin Higinio et don Carmelo Pérez.

On sait seulement que les trois Religieux furent fait monter dans une voiture qui attendait à la porte, mais on n’en connaît rien de plus.

Selon toutes probabilités, don Juan de Mata Díez fut fusillé au soir de ce 1er octobre 1936. Il avait trente-trois ans.

Don Juan de Mata Díez a été béatifié en 2007.

 

 

Carmelo Juan Pérez Rodríguez

1908-1936

 

Carmelo naquit à Vimianzo (La Coruña, Espagne) le 11 février 1908, fête de la première apparition de Notre-Dame de Lourdes, et fut baptisé le lendemain.

En 1927, il fit la profession religieuse chez les Salésiens de Carabanchel Alto (Madrid, Espagne) et en 1933 fut envoyé à Turin (Italie) pour y étudier la théologie.

On rapporte de lui qu’il réussit à sauver la vie d’un enfant qui se noyait.

Après une première incarcération à Madrid où il passait quelques jours de vacances après son ordination au sous-diaconat, il dut vivre plusieurs mois dans la clandestinité et, finalement découvert, fut assassiné avec d’autres catholiques, le 1er octobre 1936. Il n’avait que vingt-huit ans ; certaines sources le donnent comme prêtre. C’est à éclaircir.

Avec lui furent aussi assassinés d’autres personnes présentes dans cette pension de famille qui l’hébergeait : la propriétaire, deux employées, deux religieuses, quatre séminaristes.

Il fut béatifié en 2007 dans le groupe de quatre-cent quatre-vingt dix-huit Martyrs espagnols.

 

 

Álvaro Sanjuán Canet

1908-1936

 

Né le 26 avril 1908 à Alocer de Planes (Alicante), c’était le fils de parents modestes, chrétiens mais peu aisés, de sorte qu’il lui fut difficile d’entrer au séminaire.

C’est un bon prêtre qui le présenta aux Salésiens de El Campelló, où Álvaro fut admis.

Il y fit la profession en 1925 et fut envoyé à Turin pour y poursuivre sa formation.

Il fut ensuite ordonné prêtre à Barcelone en 1934.

Il fut deux ans à Alcoy, jeune apôtre plein de zèle puis, quand se déclencha la révolution, se replia avec sa famille à Concentaina.

La situation fut «tranquille» en août et septembre. Parut alors un édit demandant à tous les ressortissants d’ailleurs de se présenter au Comité, ce que fit don Álvaro.

Le 27 septembre, deux miliciens vinrent l’arrêter, il leur demanda pourquoi : On sait bien que tu es une personne excellente, mais il faut mourir. Ce n’est pas toi que nous mettons à mort, c’est la soutane. Ils le mirent au couvent des Esclaves du Sacré-Cœur, transformé en prison, où sa sœur put encore lui rendre visite. Il lui dit sa conviction qu’il allait être abattu. Il lui recommanda de veiller sur ses parents.

C’était le 1er (ou le 2) octobre 1936. Le Martyrologe le mentionne au 1er.

Le soir même, il fut fusillé, pour le motif qu’il était prêtre, après seulement deux années de sacerdoce.

Don Álvaro fut béatifié en 2001.

 

 

Higinio de Mata Díez

1909-1936

 

Il vit le jour à Ubierna (Burgos, Espagne) le 10 janvier 1909, et fut probablement baptisé le 11 janvier, où l’on fête le pape Hyginus.

La famille, très chrétienne, priait chaque jour le chapelet.

Après avoir fréquenté l’école de son pays, il rejoignit le collège salésien de Madrid-Atocha en 1934, où l’attendait son compatriote Enrique Saiz.

Il s’y distingua par une profonde humilité et une obéissance à toute épreuve.

Le 19 juillet 1936 la maison fut prise d’assaut, et Higinio rejoignit d’autres Salésiens dans des pensions de la ville, et se retrouva avec son cousin Juan et don Pérez. 

Lors d’une nouvelle fouille, le 1er octobre, des miliciens vinrent chercher une religieuse. Insatisfaits de la réponse négative, ils soumirent les présents à un questionnaire en règle à cause de la tête de curés qu’ils avaient. Les deux cousins de Mata Díez eurent beau répéter qu’ils n’étaient ni prêtres ni religieux, les miliciens les embarquèrent tous les deux avec don Carmelo Pérez qui se trouvait là aussi..

On sait seulement qu’ils montèrent dans une voiture qui attendait à la porte, mais on n’en connaît rien de plus.

Selon toutes probabilités, Higinio de Mata Díez fut fusillé au soir de ce 1er octobre 1936.

Higinio de Mata Díez a été béatifié en 2007.

 

 

Antoni Rewera

1869-1942

 

Antoni naquit le 6 janvier 1869 à Samborzec (Sandomierz, Pologne), dans une famille de cultivateurs pauvres. Ses parents étaient Wawrzyńc et Rozalia Sapielak.

Après ses études secondaires à Sandomierz, il entra au grand séminaire en 1884 et acheva ses études théologiques à l’académie de Saint-Petersbourg.

Il fut ordonné prêtre en 1893 et fut bientôt nommé professeur, directeur adjoint et directeur spirituel au grand séminaire.

Nommé chanoine, puis doyen du Chapitre cathédral, il se vit confier diverses missions, jusqu’à celle d’aumônier des prisons. Il reçut la dignité de Camérier secret du pape Benoît XV.

Il fut connu comme confesseur assidu, attentifs aux besoins des pauvres, et comme auteur d’articles nombreux pour les revues.

Son amour pour saint François d’Assise le fit réunir d’abord quelques jeunes filles qui furent à l’origine de l’Institut des Filles de Saint-François Séraphique : elles accueillirent les personnes du Tiers-Ordre franciscain âgées dans une maison qu’il fonda en 1929.

Curé de Saint-Joseph à Sandomierz, il était «trop» actif, et fut soupçonné par la Gestapo. Arrêté en mars 1942, il fut envoyé au camp d’Auschwitz, puis de Dachau, où il continua discrètement à assister ses Confrères de sacerdoce.

Le chanoine Antoni Rewera mourut d’épuisement, à soixante-treize ans, le 1er octobre 1942 et fut béatifié en 1999.

Partager cet article
Repost0
29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 23:00

30 SEPTEMBRE

 

?

S Antonin, martyr à Plaisance. 
IV.

SS Ursus et Victor, martyrs à Soleure, peut-être des soldats de la légion thébéenne.

S Grégoire l'Illuminateur, apôtre de l'Arménie, appelé romain et catholicos pour sa soumission à l'exarque de Césarée, donc au pape ; longtemps ses descendants eurent la dignité de catholicos.

S Léopard, martyr à Rome, officier de Julien l'Apostat.

V.

S Jérôme, dalmate ; il laissa la littérature profane pour ne s'occuper que de la Bible, qu'il traduisit en latin, la "Vulgate" ; sa verve lui valut des ennemis ; il mourut à Bethléem, où il dirigeait deux familles religieuses d'hommes et de femmes ; il est l'un des quatre grands Docteurs de l'Eglise, avec les ss. Ambroise, Augustin et Grégoire le Grand.

VI.

S Victurnien, anachorète en Limousin, d'origine écossaise, invoqué contre les loups et les bêtes de proie.

VII.

S Laurus, abbé près de Saint-Malo.

S Lumier, évêque à Châlons-en-Champagne.

S Honorius, bénédictin romain, évêque à Cantorbury.

VIII.

Ste Eusébie, abbesse à Marseille, martyre des Sarrazins avec ses Compagnes. 

XI.

S Simon de Crépy, comte très riche, parent de Guillaume le Conquérant, moine bénédictin à Saint-Oyend, chargé de diverses missions diplomatiques, mort à Rome. 

S Amatus, premier évêque à Nusco.

XII.

S Ismidon, chanoine de Lyon, évêque à Die, grand pacificateur, entre autres entre les clercs de Besançon et l'abbé de Dijon à propos de Notre-Dame de Salins.

XV.

Bse Felicia Meda, mystique milanaise ; elle fit à douze ans le vœu de chasteté, fut clarisse, puis abbesse à Milan, avant d'aller fonder à Pesaro.

XVI.

S Francisco de Borja, arrière-petit-fils du pape Alexandre “Borgia” (en réalité “Borja”), parfois aussi donné comme fils d'un évêque, bâtard du roi Ferdinand, Grand d'Espagne, marié par Charles-Quint à dix-neuf ans, père de huit enfants ; enfin jésuite, troisième général de l'ordre, qu'il réforma et réorganisa.

XVIII.

B Jean-Nicolas Cordier, jésuite, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

B Federico Albert, curé à Lanzo pendant trente-deux ans, ami de s. Giovanni Bosco, resté fidèle à Pie IX, fondateur des religieuses Vincentiennes de Marie Immaculée (Albertines) et promu à l'évêché de Pinerolo, qu'il refusa ; il fit une chute mortelle des échafaudages où il était en train de repeindre la voûte d'une chapelle ; béatifié en 1984.

Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus, entrée à quinze ans au carmel de Lisieux ; patronne des missions, proclamée Docteur de l'Eglise en 1997, fêtée le 1er octobre.

Antoninus de Plaisance
3. siècle ?

Antoninus fut certainement un martyr, et des miracles eurent lieu sur son tombeau.
Qu’il ait été plus tard assimilé aux soldats de la Légion thébéenne, semble un anachronisme.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Antoninus de Plaisance au 30 septembre.


Ursus et Victor de Soleure
4. siècle ?

Ursus et Victor furent martyrisés, à Soleure (act. en Suisse).
Appartenaient-ils à la Légion Thébéenne (v. 22 septembre), comme l’avance avec précaution s.Eucher de Lyon (v. 16 novembre) ? On n’en sait pas plus que lui ; lui-même s’appuyait sur une tradition qu’il ne pouvait pas vérifier.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Ursus et Victor de Soleure au 30 septembre.

 

Grégoire l'Illuminateur

255-326

 

Krikor Ier Loussavoritch, Grégoire l'Illuminateur, fut le grand apôtre de l'Arménie. Chez eux il est encore très populaire, et leurs schismatiques eux-mêmes se réclament de lui.

D'après une certaine légende, il était fils d'Anak, prince parthe arsacide qui mourut noyé dans un complot politique.

Krikor fut protégé, porté à Césarée de Cappadoce, où il fut baptisé.

Il se maria après ses études, puis vint à la cour de Tiridate, où il conquit son estime.

Mais Tiridate, païen, veut induire Krikor au paganisme, et sur son refus, le fait torturer par huit fois, avant de l'enfermer dans une "fosse profonde" à Artaxata, où il reste quinze années, parmi des serpents et des scorpions. Une pauvre veuve lui apporte chaque jour un morceau de pain.

Plus tard, Tiridate se convertit et libère Krikor, qui est ordonné prêtre, puis évêque. C'est là que commence le retour de toute l'Arménie au christianisme.

Krikor fonde des écoles, des séminaires où l'on apprendra le grec et le syriaque, il bâtit des églises, ordonne des dizaines d'évêques.

Cet apôtre parachève son action par la contemplation : il se retire volontiers dans une grotte, au nord du confluent des deux branches de l'Euphrate, et c'est là qu'il meurt vers 326.

Krikor n'est peut-être pas "le" fondateur de l'Eglise d'Arménie, qui existait déjà avant lui, mais il fit beaucoup pour christianiser l'Arménie romaine, à l'ouest. 

Krikor est appelé "romain" pour exprimer ses sympathies envers Rome : il a toujours prétendu être soumis à l'exarque de Césarée, donc au pape de Rome.

Il est mentionné au Martyrologe le 30 septembre.

 

 

Hieronymus de Stridon

347-420

 

Vers 347 naquit à Stridon (Pannonie, aujourd’hui Croatie) Eusebius Sophronius Hieronymus, de parents chrétiens. En français, ce nom est devenu Jérôme, en italien Girolamo.

L’habitude n’était pas de conférer le baptême dès la naissance, mais les parents envoyèrent leur garçon de douze ans à Rome pour ses études. C’est à Rome qu’il fut baptisé, peut-être par le pape Liberius.

Il étudia avec de grands maîtres la grammaire, l’astronomie, la littérature païenne, la rhétorique, la philosophie, le grec.

Parmi ses amis romains, il y avait Rufinus, avec lequel, plus tard, il devait se brouiller et échanger des écrits violents.

A dix-huit ans (donc vers 365), il partit pour la Gaule et rejoignit Trèves, en principe pour faire carrière près de la cour impériale, en réalité pour changer tout-à-fait de vie. Il commença alors sa vie de théologien et d’exégète. Il alla ensuite quelques années à Aquilée, au fond de la mer Adriatique, menant une vie cénobitique avec Rufin et Chromace d’Aquilée. Désormais, il rompit totalement avec le milieu familial et suivit sa propre voie. 

Vers 373, il gagna la Syrie avec des compagnons pour vivre délibérément la vie ascétique.

Arrivé à Antioche de Syrie, il eut une vision (un rêve) où il lui était reproché d’être cicéronien et non pas chrétien. Désormais, il ne s’occuperait jamais plus des textes profanes et se consacrerait uniquement à la Sainte Ecriture.

En 375, il s’installa dans le désert de Chalcis, non loin d’Antioche. Parmi ses occupations, il étudia l’hébreu de façon très approfondie, avec un rabin. Il lisait l’Ecriture, commentait, traduisait.

En 378 il fut ordonné prêtre par l’évêque d’Antioche. Puis il partit à Constantinople pour approfondir ses connaissances scripturaires, notamment avec Grégoire de Nazianze (voir au 2 janvier).

En 382, il fut rappelé à Rome pour assister le pape Damasus. Cette même année fut convoqué à Rome un concile pour mettre fin à un schisme d’une partie du clergé d’Antioche. Jérôme parlait couramment le latin et le grec, et servit d’interprète. Mais aussi, il put donner au pape lui-même de précieux renseignements sur les termes hébreux originaux de la Bible. Le pape chargera finalement Jérôme d’établir une traduction officielle de la Bible en latin, sur la base des versions hébraïques et grecques ; c’est ce travail qui aboutit à la Vulgate, le texte latin officiel de la Bible pour l’Eglise entière. 

Durant ce séjour romain, Jérôme prôna la vie ascétique et ne se gêna pas pour critiquer le clergé trop «mondain». Il se lia avec des femmes de grandes familles romaines, qui désiraient avoir une vie consacrée ; parmi celles-ci se trouvaient Marcella, Paula et ses filles Blæsilla et Eustochium (voir aux 31 janvier, 26 janvier, 22 janvier et 28 septembre).

Quand mourut le pape Damasus (384), Jérôme n’avait plus le même soutien à Rome. Il partit avec quelques amis pour Antioche, où d’ailleurs il se devait de résider puisqu’il y avait été ordonné prêtre.

De Rome le suivirent aussi les pieuses femmes citées plus haut, qui désiraient mener une vie plus austère.

Jérôme et ses émules firent un pèlerinage sur les Lieux Saints : Jérusalem, Bethléem, puis aussi dans le désert d’Egypte, berceau des grands ascètes comme Antoine (voir au 17 janvier). Il retrouva son ami Rufinus et Mélanie l’Ancienne.

En 386, il revint à Bethléem et y fonda une double communauté d’hommes et de femmes, qu’il entoura de ses conseils et de ses enseignements. Jérôme tint une très abondante correspondance. Un de ses correspondants fut saint Augustin d’Hippone, mais aussi Exupère de Toulouse, et bien d’autres de Gaule, d’Espagne, d’Afrique du Nord.

Ce n’est pas le lieu ici d’exposer sa position sur Origène, sur Iovinianus, sur Pélage, et ses polémiques parfois très vives. Signalons tout de même sa très âpre critique d’Helvidius, qui niait la virginité perpétuelle de Marie. On sait par ailleurs qu’il en vint à se brouiller totalement avec son ami Rufinus.

Le sac de Rome en 410 l’affecta beaucoup, mais plus encore la destruction de son propre monastère de Bethléem par une faction de pélagianistes. Il reçut les consolations du pape Innocent 1er, qui en fut informé.

S’il eut la satisfaction de voir Pélage condamné et chassé de Palestine, il fut encore attristé par la mort d’Eustochium. 

Ses forces déclinèrent désormais rapidement et Jérôme s’éteignit vers le 30 septembre 430.

On dit que ses restes furent rapportés à la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome, pour les soustraire à l’invasion musulmane en Palestine.

Saint Jérôme a souvent été, symboliquement, représenté avec la pourpre et le chapeau de cardinal, en raison de sa collaboration avec le pape Damasus, mais on sait que le cardinalat s’est vraiment développé beaucoup plus tard, vers le 10e siècle.

La fête de saint Jérôme est au 30 septembre. Au 13e siècle, il fut proclamé Docteur, avec Augustin d’Hippone, Ambroise de Milan et Grégoire le Grand (voir aux 28 août, 7 décembre et 3 septembre).

On a fait de saint Jérôme le patron des étudiants, des archéologues, des pèlerins, des bibliothécaires, des traducteurs et des libraires.

Au 20e siècle, fut créée à Rome l’abbaye Saint-Jérôme, confiée aux moines bénédictins, qui devaient travailler sur les manuscrits authentiques de saint Jérôme et établir une version corrigée de la Vulgate. Ce travail a abouti à la Nouvelle Vulgate, publiée en 1979.

 

 

Honorius de Canterbury

580-653

 

Honorius était Romain, et fut disciple de s.Grégoire le Grand (v. 12 mars) au monastère Saint-André.

D’après s.Bede (v. 25 mai), Honorius fut choisi en 627 pour être le cinquième archevêque de Canterbury. Parlait-il anglais, ou recourut-il à un interprète ? Bede ne nous le dit pas ; quand tout le monde parle latin, beaucoup de problèmes s’effacent !

Quoique cet épiscopat durât un quart de siècle, on connaît relativement peu de faits de cette période.

 Honorius fut en excellents termes avec l’évêque d’York, Paulin (v. 10 octobre) ; c’était ce dernier qui l’avait consacré en 628. En 633, Paulin et ses fidèles étaient refoulés dans le Kent par les troupes de Penda : Paulin s’occupa alors du diocèse vacant de Rochester ; le pape alors, ignorant ces derniers événements, envoya à tous les deux le pallium en 634 avec cette disposition : c’est celui d’York qui devait consacrer celui de Canterbury, et vice versa.

Les rapports d’Honorius avec les évêques d’Ecosse furent également fraternels (heureusement), sans qu’on puisse savoir si les coutumes furent unifiées de part et d’autre.

En 644 Honorius consacra le nouvel évêque de Rochester, Ithamar, premier Anglais élevé à l’épiscopat.

Honorius mourut le 30 septembre 653.

Saint Honorius de Canterbury est commémoré le 30 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eusébie de Marseille

† 731

 

Eusébie était née vers la fin du 7e siècle à Marseille.

A l’âge de quatorze ans, elle entra au monastère Saint-Quiricus, fondé par s.Jean Cassien (v. 23 juillet) aux environs de cette ville, et en devint abbesse.

Les moniales étaient au nombre de quarante et formaient une communauté exemplaire, qui reçut les éloges du pape s.Grégoire le Grand (v. 12 mars).

Quand les Sarrasins envahirent l’Espagne, puis le sud de la France, le gouverneur de la Provence leur ouvrit de lui-même les portes de Marseille, où ils s’engouffrèrent sans pitié. De là, cette troupe ennemie du Christ gagna le monastère d’Eusébie.

Celle-ci, animée par une soudaine inspiration, ne craignit pas de se mutiler le visage, se coupant et le nez et les lèvres, suivie en cela par les quarante moniales, dans l’espoir d’échapper aux intentions basses de ces soldats.

En arrivant,  ceux-ci furent effrayés du spectacle sanglant qui s’offrait à eux. Déçus, ils ne songèrent qu’à se venger, et passèrent les quarante vierges et leur abbesse au fil de l’épée.

C’était vers 731. Toutefois l’actuel Martyrologe avance la date de 497, ce qui obligerait à revoir toute la datation de cet article.

Précisons aussi que, selon les textes, Eusébie et ses Compagnes étaient au nombre de quarante : les moniales étaient donc trente-neuf et non quarante.

Sainte Eusébie de Marseille est commémorée avec ses Compagnes le 30 septembre dans le Martyrologe Romain.

Simon de Crépy

1048-1082

 

Simon naquit vers 1048 au château de Crépy-en-Valois, d’une famille puissante, qui remontait à Charlemagne et Charles Martel. Simon eut une sœur, Adala.

Leurs parents étaient Raoul III et Adela ; après la mort de cette dernière (1053), Raoul épousa Eléonore de Montdidier, qu’il répudia, et Anne de Russie, veuve du roi de France Henri 1er.

Dans ces circonstances difficiles, Simon fut recueilli par sa tante Mathilde, l’épouse de Guillaume le Conquérant, qui l’éleva avec tendresse maternelle, tandis que Guillaume l’initiait au métier de la chevalerie, aux armes et à la chasse.

En 1067, son père ayant montré des sentiments de réel repentir pour sa vie passée, Simon revint au château de Crépy.

Mais en 1072, mourut Raoul : Simon héritait alors de domaines immenses, tellememnt importants que le roi de France les convoitait et qu’on en vint à la guerre déclarée. Pendant trois années, les villes et les terres furent dévastées.

Et voilà qu’en 1075, le corps de Raoul fut ramené de Montdidier à Crépy : ce fut pour Simon l’occasion d’une profonde réflexion sur la vanité de la gloire humaine ; il se dégoûta des armes et de la guerre, pria plus intensément, jeûna, visita les églises, soulageait la misère. Il fit un rêve, où s.Arnoul et s.Oyend (v. 18 juuillet et 1er janvier) l’invitaient à se retirer dans un monastère du Jura. Dès lors, malgré son bon droit, il renonça à se battre pour ses terres, préférant gagner la Terre du Ciel.

En 1074, lors d’un pèlerinage à Rome, il rencontra le pape Grégoire VII, qui lui conseilla la conciliation. Mais le roi de France resta sourd aux invitations de paix et combattit encore pendant un an. En 1075 enfin, un traité mit fin aux hostilités et rendit à Simon toutes ses possessions : c’était le seigneur le plus puissant, après le roi !

Cette même année, Simon fondait une dizaine de prieurés. On lui proposa d’épouser la fille d’Hildebert d’Auvergne… qu’il convainquit de se consacrer à Dieu ! Guillaume le Conquérant chercha à l’adopter pour en faire son héritier, mais Simon feignit de vouloir aller consulter le pape une nouvelle fois : il gagna le monastère de Saint-Oyend (act. Saint-Claude), où il embrassa humblement la vie effacée du moine. Il couchait dans la sacristie, pour avoir accès plus facilement à l’église et y prier de nuit.

Mais la renommée du puissant seigneur qu’il avait été, lui attirait des visites nombreuses : aussi demanda-t-il à l’abbé de se retirer dans une solitude plus lointaine encore.

En 1078, avec quelques compagnons, il s’installa là où est maintenant Mouthe (Doubs). Un petit monastère s’éleva, avec une église dédiée à l’Assomption de Marie.

Simon eut encore l’occasion d’accomplir des missions diplomatiques auprès du roi de France et de Guillaume son oncle ; il réconcilia Guillaume et son fils et revint à Mouthe. Le pape l’appela pour traiter en son nom avec Robert Guiscard ; cette mission s’acheva positivement en 1080.

Le pape retint Simon à Rome. Mais Simon tomba malade et, après avoir reçu du pape l’absolution et le Viatique, il s’éteignit le 30 septembre 1080 ou 1082, âgé de trente-deux (ou trente-quatre) ans seulement.

Il fut inhumé dans la basilique Saint-Pierre et le pape Urbain II y fit inscrire une épitaphe : Par amour de la pauvreté, j’ai quitté mon pays et le monde, préférant le Christ à toutes les richesses. Plus tard, son corps fut transféré à Saint-Claude.

Saint Simon de Crépy est commémoré le 30 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Amato de Nusco

997-1093

 

Amato, né vers 997 (on parle aussi de 1003), était d’une noble famille lombarde de Nusco (Avellino, Campania, Italie SO).

Ordonné prêtre encore très jeune, il s’employa à rassembler à l’intérieur des murs de Nusco les habitants des contrées alentour, il restaura des églises, en fit construire de nouvelles : ainsi s’éleva celle qui allait devenir la cathédrale Saint-Etienne, dont il était très dévôt.

En 1048, il obtint l’érection du diocèse de Nusco, dont il devint le premier évêque.

Il mourut le 30 septembre 1093, presque centenaire.

On lui attribue quantité de miracles, obtenus à son tombeau.

La cathédrale de Nusco fut postérieurement dédiée à s.Amato ; le diocèse est actuellement rattaché à celui de Sant’Angelo dei Lombardi.

S.Amato est invoqué contre les tremblements de terre, fréquents dans cette zone de l’Irpinia.

Saint Amato de Nusco est commémoré le 30 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ismidon de Sassenage

1030 - 1115

 

Fils du seigneur de Sassenage (Isère), Ismidon naquit vers 1030.

On ne dit presque rien sur sa jeunesse. Il aurait étudié à l’école-cathédrale de Valence avant de devenir chanoine de Lyon.

En 1097 il fut choisi pour le siège de Die, sur la demande des diocésains.

En 1099, il représenta l’évêque Hugues de Lyon au concile de Rome et en 1100 à celui de Poitiers. Puis il assista au concile d’Anse, où Hugues annonça son intention d’aller en Terre sainte. Ismidon l’accompagna.

L’évêque de Die semble avoir eu surtout un rôle pacificateur. En 1101, il avait apaisé un conflit entre les moines de Cruas et ceux de Bourdeaux ; en 1103, il fut témoin d’une «réconciliation» entre l’évêque de Grenoble et le comte d’Albon ; en 1106, apaisement d’une querelle entre les clercs de Besançon et l’abbé de Dijon ; en 1107,  également entre les moines de La Chaise-Dieu et ceux d’Aniane ; en 1114, entre les moines de Domène et les seigneurs voisins.

Ismidon mourut le 30 septembre 1115 et fut honoré comme un Saint. Il est mentionné comme tel au Martyrologe du 30 septembre.

L’église construite en son honneur et pour abriter ses reliques, fut détruite et brûlée par les huguenots en 1567.

 

 

Felicia Meda

1378-1444

 

Aînée de trois enfants qui furent très vite orphelins, Felicia naquit en 1378 à Milan, de pieux et nobles parents.

A douze ans, elle fit le vœu de chasteté et, dix ans plus tard, après avoir partagé ses biens entre sa famille et les pauvres, entra chez les Clarisses.

Sa sœur la rejoignit bientôt, tandis que leur benjamin entrait chez les Frères mineurs.

Felicia subit les assauts répétés et douloureux du Démon.

Au bout de vingt-cinq ans de cette vie austère, elle fut élue abbesse (1425). Sa direction porta l’ensemble de la communauté à un niveau élevé de sanctification, de sorte que c’est à ce monastère qu’on s’adressa pour fonder un nouveau monastère à Pesaro (1439).

Felicia mourut le 30 septembre 1444, en odeur de sainteté, et les miracles se multiplièrent.

Son culte fut approuvé en 1812.

 

 

Francisco de Borja y Aragón

1510-1572

 

Né le 28 octobre 1510 à Gandia (Valencia, Espagne), Francisco était le premier fils de Juan de Borja y Enriquez de Luna, duc de Gandia, et de Juana de Aragón, cette dernière étant fille naturelle de Alonso de Aragón, lui-même fils illégitime du roi Fernando II d’Aragón.

Le petit garçon, très enclin à la piété, fut envoyé par les siens à la cour de l’empereur d’Espagne et, en 1522, mis au service de la reine Juana, isolée à Tordesillas.

En 1528, son père lui remit la moitié de la baronie de Llombay, ce qui lui conférait le titre de baron. L’empereur le nomma alors gentilhomme de la Maison Borgoña.

L’année suivante, Francisco épousa Leonor de Castro, amie intime de la reine Isabel, dont il fut nommé grand chevalier. 

De ce mariage naquirent huit enfants, nés entre 1530 et 1539 : Carlos, Isabel, Juan, Álvaro, Juana, Fernando, Dorotea (clarisse à Gandia, qui mourut à vingt-quatre ans) et Alfonso. 

Puis l’empereur éleva la baronie de Llombay au rang de marquisat.

La reine Isabel mourut en 1539, et cette mort impressionna profondément Francisco, qui en conserva la date comme celle du début de sa conversion.

Cette même année, l’empereur le nomma vice-roi pour la Catalogne, une nouvelle charge qu’il occupa avec réelle efficacité au profit de ses sujets.

Son père mourut bientôt, et Francisco se retira avec son épouse et ses enfants dans le duché de son père, pour y mener une vie toute chrétienne. Il rencontra les premiers Jésuites et voulut les aider économiquement.

Quand son épouse Leonor mourut (1546), il décida d’entrer dans la Compagnie de Jésus. Il renonça à tous ses titres en faveur de son aîné, Carlos, et refusa énergiquement le titre de cardinal qu’on lui offrait en échange.

Sa vie allait être celle d’un apôtre. Il fut nommé commissaire des Jésuites pour l’Espagne et finalement général de l’Ordre.

Comme général, il révisa certaines habitudes de l’Ordre, établit l’heure quotidienne de méditation et organisa le chant de l’office dans les noviciats. Sous son généralat, les noviciats passèrent de cinquante à cent soixante-trois. Il s’entoura de visiteurs qui devaient lui rendre compte de toutes les maisons et se préoccupa beaucoup de la Contre-réforme en Allemagne. Il envoya des missionnaires au Brésil (Inácio de Azevedo, voir au 15 juillet), ainsi qu’en Floride, au Mexique, au Pérou.

Il faut signaler ici un trait généralement oublié de Francisco de Borja : il appréciait beaucoup la musique et fut même compositeur. On connaît certaines de ses œuvres, en particulier la Visitatio sepulchri, un drame liturgique qui représente la mise au tombeau et la résurrection du Christ.

Quoique de faible santé, il assuma des missions diplomatiques pour le Vatican en Espagne et au Portugal. De la dernière, il revint si fatigué qu’il mourut d’épuisement, le 30 septembre 1572. Sa dernière parole fut : Je ne désire que mon Seigneur Jésus-Christ.

Francisco de Borja fut béatifié en 1624, et canonisé en 1671.

 

 

Jean-Nicolas Cordier

1710-1794

 

Né le 3 décembre 1710 à Saint-André (Meuse), Jean-Nicolas entra chez les Jésuites à dix-huit ans.

Après son ordination, il fut théologien à Dijon, Auxerre, Autun, Strasbourg, Pont-à-Mousson.

Après la suppression de la Compagnie de Jésus, Jean-Nicolas continua d’exercer le saint ministère, comme aumônier de Religieuses à Saint-Mihiel, et quand la Révolution supprima toutes les communautés religieuses, il s’installa à Verdun.

Ayant refusé le serment constitutionnel de la République, il fut arrêté en octobre 1793 et condamné à l’exil.

A bord du Washington qui ne quitta jamais les pontons de Rochefort, le père Cordier subit le sort des centaines de prêtres entassés dans des conditions inhumaines.

Il mourut le 30 septembre 1794 et fut béatifié avec ses Compagnons en 1995.

Il est mentionné au Martyrologe le 30 septembre ; l’Ordre des Jésuites le fête au 17 août, en même temps que Joseph Imbert.

 

NB. Il y eut un autre Jean-Nicolas Cordier, chartreux, lui aussi déporté. Il survécut et fut un témoin précieux de ces heures difficiles. Il fut amnistié en 1803.

Federico Albert

1820-1876

 

Il naquit le 16 octobre 1820 à Turin (Italie), premier des six enfants du général Luigi Albert et de Lucia Riccio.

Comme on le sait, la vie d’un militaire est toujours mouvementée et le jeune Federico passa son enfance chez ses grands-parents.

A quinze ans, il fut inscrit par ses parents à l’Académie Militaire de Turin. Mais la même année, le jeune garçon, qui priait un jour près de l’autel du bienheureux Sebastiano Valfré (1629-1710), ressentit en lui l’appel de Dieu au sacerdoce.

On imagine la surprise - peut-être même un peu de déception - de la part du général, qui cependant ne s’opposa pas à la vocation de son fils.

Federico entra donc chez les Oratoriens de Turin à l’automne 1836, endossa la soutane et fréquenta tout de suite la faculté théologique de Turin.

En 1843, il était docteur en théologie, et recevait le sacerdoce.

En 1847, il était nommé aumônier à la cour du roi Carlo Alberto. L’abbé Federico Albert assuma pleinement cette position, cherchant à proposer au roi des idées en conformité avec l’Evangile ; son tact fut apprécié par Vittorio Emanuele II.

Le père Albert préféra bientôt se donner entièrement à l’apostolat. Il connaissait la misère des rues de Turin, où les pauvres étaient nombreux, il savait le besoin où se trouvait la jeunesse d’être formée, aussi alla-t-il trouver Giovanni Bosco, dont l’oeuvre commençait vraiment à s’imposer dans cette Turin indifférente.

Don Bosco l’accueillit volontiers et le pria de prêcher la retraite à l’Oratoire de Valdocco en 1848.

En 1850, don Albert fut à la paroisse Saint-Charles, puis vicaire et enfin curé à Lanzo Torinese. Dans cette paroisse où il allait passer le reste de sa vie, il fonda un ensemble d’établissements qui révolutionnèrent, pour ainsi dire, la vie de la localité et de la région.

Il fonda un jardin d’enfants, qu’il confia aux Soeurs de la Charité ; un orphelinat pour petites filles abandonnées ; puis une école pour filles, avec des cours de français, de dessin, de musique, de préparation au diplôme de maîtresses ; c’était inimaginable à l’époque, car les filles n’avaient pas accès à l’instruction.

En 1864, il invita Don Bosco a fonder un Oratoire, qui devint un collège pour les garçons.

Prêtre, don Alberto prêcha plusieurs missions, tant pour le clergé que pour les laïcs. 

Puis, pour assurer la continuité de ses œuvres caritatives, il fonda la congrégation des Soeurs vincentiennes de Marie Immaculée, couramment appelées Soeurs Albertines (« vincentiennes » en référence à saint Vincent de Paul).

Don Albert fut préconisé pour l’épiscopat, qu’il refusa énergiquement.

En 1873, il fonda une école d’agriculture, où les élèves auraient reçu, outre l’enseignement scientifique nécessaire, une formation spirituelle et morale.

C’est pour cette œuvre qu’il construisit une chapelle. Il était en train d’y travailler sur un échafaudage de fortune, lorsqu’il fit une chute de sept mètres, heurtant lourdement de la tête.

Il reçut les derniers sacrements et mourut deux jours plus tard, le 30 septembre 1876.

Don Federico Albert a été béatifié en 1984.

 

 

Thérèse Martin

1873-1897

 

Les Français ont beaucoup entendu parler de «la petite Thérèse», mais ne la connaissent pas vraiment. 

Sur ses pieux parents, on trouvera deux notices séparées, depuis que tous deux ont été béatifiés en 2008 (voir aux 29 juillet et 28 août).

Des neuf enfants de ce couple très chrétien, Thérèse était la dernière. Elle naquit à Alençon le 2 janvier 1873, et reçut au baptême, le 4 janvier suivant, les noms de Marie-Françoise-Thérèse. Sa marraine était sa sœur aînée, Marie-Louise, et son parrain Paul Boul ; tous deux âgés de treize ans.

Deux mois après, elle frôla la mort et fut confiée à une nourrice. La santé revint après un séjour vivifiant à la campagne.

Après la mort prématurée de la Maman Zélie (1877), qui affecta beaucoup Thérèse, Monsieur Martin transporta tout son petit monde dans cette propriété des Buissonnets à Lisieux, où était pharmacien son beau-frère. Déjà étaient morts deux de ses filles et ses deux petits garçons.

Thérèse était sa benjamine et, peut-être, sa préférée, quoiqu’il eût toutes les attentions nécessaires pour la bonne éducation de tous ses enfants. Il appelait Thérèse «la petite Reine de France et de Navarre».

On connaît bien des détails de l’évolution de sa personnalité par le récit sincère et sans complaisance qu’elle en fit plus tard, pour obéir à la volonté de sa Prieure au Carmel, sœur Agnès de Jésus, sa propre sœur Pauline. 

Elle n’était pas sans défauts et sans caprices, mais elle apprit tôt à se corriger. Elle combattit son entêtement et son égoïsme. A trois ans, elle avait résolu de ne rien refuser au bon Jésus.

En août 1879, elle crut voir passer dans le jardin son père, cassé, vieilli, la tête voilée : vision prophétique de la paralysie cérébrale qui frapperait bien plus tard Monsieur Martin, dès 1889.

Elle se confessa pour la première fois en 1880, démarche qu’elle répétera à toutes les grandes fêtes, et, dit-elle, «c'était une vraie fête pour moi chaque fois que j'y allais».

En 1881, elle fut demi-pensionnaire à l’abbaye des bénédictines de Lisieux.

En 1883, une maladie «étrange», peut-être simplement nerveuse, sembla conduire Thérèse au bord de la folie : tremblements, hallucinations, frayeurs, délire… Elle donnait tant de soucis à la famille qu’on faisait une neuvaine pour sa guérison à Notre-Dame des Victoires. Or, au soir de la Pentecôte, Thérèse vit s’animer la petite statue de la Vierge qui était dans sa chambre ; le mal disparut. Sa grande sœur était présente, et pouvait attester du changement, après avoir constaté l’attitude extatique de Thérèse.

1884 : Première communion, puis Confirmation.

Thérèse avait une forte tendance à une émotion excessive. Elle combattit aussi ce trait de caractère, et, à partir de Noël 1886, elle vainquit pour toujours les larmes ; ce sera pour elle sa «nuit de conversion», où elle changea vraiment du tout au tout.

Dans le sillage de ses deux sœurs aînées, Thérèse exprima en 1887 son désir d’entrer au Carmel, mais elle était bien jeune. Son père n’y mettait pas d’objection, si c’était là la volonté de Dieu, mais c’est l’oncle Guérin qui s’y opposait formellement. On prit rendez-vous chez l’évêque (et pour l’occasion, Thérèse avait relevé ses cheveux en chignon, pour se vieillir) ; l’évêque voulait réfléchir et aurait consulté Rome.

Un pélerinage à Rome donna à Thérèse l’occasion de montrer sa détermination et la solidité de sa vocation. Lors de l’audience papale, elle réussit à parler au pape (Léon XIII), qui lui répondit : «Si le Bon Dieu veut, vous entrerez».

De retour en France, Thérèse se prépara en se sanctifiant et en priant. Elle priait pour la conversion de l’assassin Pranzini qui, après avoir toujours refusé la présence du prêtre, demanda à baiser le crucifix avant son exécution ; elle brisait sa volonté propre, retenait une parole de réplique, rendait des services sans se faire valoir…

L’entrée au Carmel eut lieu en avril 1888. La prise d’habit, en janvier 1889. La première profession en septembre 1890, en s’offrant «pour sauver les âmes et surtout prier pour les prêtres».

Désormais elle signa «Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus de la Sainte-Face». On se souvient de la «vision» qu’elle eut en 1879, et qui commençait à se vérifier : Monsieur Martin était soigné à Caen, avant de s’éteindre bientôt en 1894. C’est en référence à cette maladie dégénérescente que Thérèse se confiait à la «Sainte Face» du Christ.

Thérèse entra dans une communauté de femmes qui ne sont pas toujours des saintes, malgré leur état de sainteté, car chacune est toujours en route vers cette sainteté, avec des lacunes ici et là. Thérèse s’efforça de supporter tout cela avec le sourire, dans toutes les charges où on l’établit : au réfectoire, à la sacristie, ou comme assistante de l’économe, et à la porterie.

En 1893, elle fut sous-maîtresse des novices. Elle écrivit de petites pièces de théâtre, des poèmes. On aimait sa poésie.

Monsieur Martin s’éteignit en 1894.

En 1895, Thérèse s’offrit à être consumée entièrement par l’amour miséricordieux du Bon Dieu. Elle en ressentit comme une blessure intérieure, une blessure d’amour, comparable à la transverbération de sainte Thérèse d’Avila. Mais elle eut aussi les premiers signes de sa prochaine maladie, avec des douleurs à la gorge et dans la poitrine.

A partir de 1896, pendant l’année qui précèda sa mort, elle fut frappée d’une pénible tentation contre la foi, ressentant comme l’absence totale de Dieu et de toute consolation spirituelle. Epreuve d’autant plus douloureuse que la tuberculose se déclara, avec des crachements de sang et la difficulté croissante pour respirer.

En juillet 1897, elle fut transférée définitivement à l’infirmerie. Le 19 août, elle reçut l’Eucharistie pour la dernière fois ; elle mourut le 30 septembre en exprimant ces dernières paroles à l’adresse de son Crucifix : «Oh ! je l’aime ! Mon Dieu ! je vous aime !» Elle eut un moment le regard irradié, fixé en haut, en extase, puis ferma les yeux.

La vie de la «petite Thérèse» est toute dans l’héroïsme, et Thérèse de Lisieux ne le cède en rien à la «grande» Thérèse d’Avila. Thérèse savait rejoindre Jésus-Christ dans l’effort du moment, dans l’humilité, dans la patience, dans la douceur. Elle se porta un jour volontaire pour seconder à la lingerie une religieuse âgée neurasthénique, au caractère très difficile, pour lui apporter un peu de douceur et de réconfort. Un jour qu’elle remarquait le bruit incessant que faisait une autre Consœur avec son dentier, elle eut l’idée d’écouter charitablement ce bruit comme une musique extrêmement harmonieuse, qu’elle prit même plaisir à entendre.

Comme on l’a dit, Thérèse avait un zèle réellement missionnaire pour les âmes. Elle correspondit avec deux jeunes missionnaires. Après sa mort, la dévotion à Thérèse se répandit dans le monde entier à une vitesse véritablement étonnante.

La «pluie de roses» qu’avait annoncée Thérèse avant sa mort se vérifia bien vite. Les miracles abondèrent. Un des miracles reconnus est la guérison de la cataracte d’une petite Edith, qu’on connaît très bien sous le nom de Edith Piaf.

Pour la béatification de Thérèse, on retint d’abord six miracles, dont deux particulièrement : la guérison d’un séminariste de Lisieux et celle d’une Religieuse d’Ustaritz (Bayonne, Pyrénées Atlantiques).

Cette Religieuse était née en 1888 à Sus (Navarrenx, Pyrénées Atlantiques) ; entrée chez les Filles de la Croix à Ustaritz en 1911, elle souffrit d’un grave ulcère d’estomac qu’on ne put opérer. La communauté fit une neuvaine à Thérèse de Lisieux du 3 au 11 juin 1915 ; les trois premiers jours de juillet, de nuit, Thérèse apparut à la Malade, lui recommandant : Récitez fidèlement tous les jours : 3 Pater, Ave et Gloria, avec l’invocation : Cœur Sacré de Jésus, protégez l’Eglise, la France et la Congrégation. Propagez cette dévotion parmi vos Sœurs. Il y eut ces trois jours-là un parfum inexplicable dans la chambre de la Sœur. Le 10 septembre, trois mois après la fin de la neuvaine de la communauté, Thérèse apparut à nouveau et dit à la Sœur : Soyez bien généreuse, et vous guérirez bientôt. Ce matin-là, on retrouva autour du lit des pétales de roses de toutes les couleurs. Le 21, après quelques jours de douleurs encore plus forte, la Sœur s’endormit et se réveilla le 22 septembre 1915, complètement soulagée, guérie. Les médecins ne purent que constater avec étonnement que les radiographies ne montraient pas même une trace de lésion, et furent surtout surpris de la rapidité d’une telle guérison. Cette guérison perdura, jusqu’à la mort de la Sœur, en 1937.

Thérèse de l’Enfant-Jésus fut proclamée bienheureuse en 1923, et sainte en 1925.

En 1927, elle était proclamée patronne de toutes les missions dans l’univers, à l’instar de saint François-Xavier (voir au 3 décembre). En 1944, elle fut proclamée patronne secondaire de la France, à l’égal de sainte Jeanne d’Arc.

On se souviendra aussi de la conversion en prison du meurtrier Jacques Fesch, qui se référera à sainte Thérèse dans son dernier écrit, la veille de son exécution.

Enfin, en 1997, un siècle après sa mort, sainte Thérèse a été proclamée Docteur de l’Eglise, en considération de l’excellence de ses écrits.

Mentionnée le 30 septembre au Martyrologe, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face est fêtée le 1er octobre, mois particulièrement dédié à la prière pour les missions.

Partager cet article
Repost0
9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 10:19

Florentino Asensio Barroso

1877-1936

 

Il vit le jour à Villasexmir (Valladolid, Espagne) le 16 octobre 1877, de Jacinto et Gabina, qui eurent neuf enfants.

Le papa était un vendeur ambulant, la maman tenait une petite échope.

Florentino fut baptisé le 24 octobre et confirmé l’année suivante.

Il fréquenta le Petit, puis le Grand séminaire de Valladolid, et fut ordonné prêtre en 1901.

Il exerça son apostolat sacerdotal à Villaverde de Medina, puis l’évêque lui confia en 1905 son secrétariat, les archives épiscopales, ainsi que l’administration de l’évêché.

Comme cela ne suffisait pas à remplir l’emploi du temps du prêtre, il prépara le doctorat de théologie à Valladolid, qu’il obtint en 1906. Cette même université le retint ensuite comme professeur de métaphysique.

En 1910, il fut nommé chanoine de la cathédrale ; en 1915, économe pour l’archidiocèse.

On lui demanda aussi d’être confesseur au séminaire, chez les Sœurs Oblates, chez les cisterciennes de Las Huelgas, à l’hôpital de Esgueva, charges qu’il remplit jusqu’en 1935.

En 1925 il fut nommé curé de la paroisse métropolitaine de Valladolid et, à partir de 1932, directeur de l’Apostolat de la Prière.

On se demande comment un seul homme pouvait faire face à tant de responsabilités ; c’est une grâce de Dieu. La fidélité du prêtre et son zèle le signalèrent au nonce apostolique, qui parla de lui au pape.

En 1935 don Florentino fut nommé évêque de Barbastro (Huesca). La consécration se fit en janvier 1936 et l’entrée dans le diocèse fut très discrète, en raison de l’ambiance hostile qui se répandait déjà.

Il faut donner ici quelques chiffres concernant ce diocèse et cette douloureuse période de l’histoire espagnole. Le petit diocèse de Barbastro comptait cent trente-et-un prêtres à l’arrivée du nouvel évêque : cent treize furent assassinés durant la révolution de 1936 ; les dix-huit bénédictins du monastère de El Pueyo furent tous assassinés et leur monastère complètement dévasté, c’est tout juste si l’on réussit à sauver les murs et l’antique architecture ; la magnifique statue du Sacré-Cœur fut aussi fusillée par les révolutionnaires.

Mgr Asensio fut aux arrêts dans son propre évêché dès le 22 juillet, et mis en prison à la mairie au soir du 8 août. Ce 8 août, Mgr Asensio achevait une neuvaine de prières au Sacré-Cœur.

L’interrogatoire fut très pénible, mais surtout les mauvais traitements physiques qu’on fit subir au prélat.

Il y avait là quelques miliciens, dont un pauvre gars illettré, enrôlé avec de belles promesses, qui fut invectivé par un des miliciens (on ne peut citer la phrase dans son intégralité) : Dis-donc, ce n’est pas toi qui avais envie de manger des d’évêque ? En voilà l’occasion.

Sans attendre, le bonhomme sortit un couteau, viola le prélat et l’amputa sauvagement sur place. Les jambes de l’évêque, le pavement, furent inondés de sang, tandis que le prélat pâlissait terriblement. Il retint un cri de douleur et murmura une prière qui parlait des cinq plaies douloureuses du Seigneur. Le bourreau s’empara de son misérable «trophée» et alla le montrer dans les rues de Barbastro.

Comme on l’aurait fait pour un cheval blessé, on recousut vaguement la plaie de la victime, qui n’était plus qu’une loque humaine et qui se serait effondrée de douleur sur le pavement, si elle n’avait pas été attachée par les coudes à l’autre prisonnier lequel, terrifié et muet, se maintint debout et retint l’évêque.

Au matin du 9 août 1936, le pauvre prélat, qui se tordait de douleur, fut poussé vers le camion qui l’emmena au lieu de l’exécution. On l’entendit dire à haute voix : Quelle belle nuit pour moi : je m’en vais à la maison du Seigneur ! Et quand les balles tombèrent, il disait encore : Seigneur, pitié pour moi !, bénissant ses bourreaux et leur pardonnant.

Ce n’était pas fini. Le prélat n’avait pas été touché mortellement. On le laissa agoniser là une heure ou deux, sur un monceau d’autres cadavres, et seulement alors il reçut le coup de grâce.

Les bourreaux le dépouillèrent ; l’un se mit le pantalon, l’autre les chaussures, qui lui allaient bien (c’est lui-même qui le reconnut plus tard, après la guerre, avant d’être à son tour exécuté).

Mgr Florentino Asensio fut béatifié en 1997.

Sa devise était : Ut omnes unum sint (Que tous soient Un, cf. Jn 17:21).

Partager cet article
Repost0
28 juillet 2020 2 28 /07 /juillet /2020 05:52

Joan Torrents Figueras

1873-1937

 

Né le 8 décembre 1873 à La Secuita (Tarragona), Joan reçut le lendemain le baptême, avec les prénoms Joan José Pablo ; son père s’appelait Joan, sa mère María. C’est donc peut-être une erreur de l’appeler Juan Bautista.

Selon la coutume d’alors, Joan reçut la confirmation très jeune, en 1877.

En 1885, il fréquenta le séminaire de Barbastro, où il fut jugé exceptionnel («sobresaliente»).

En 1888, il commença le noviciat chez les Pères Clarétains à Cervera et fit la première profession le 8 décembre 1889, le jour de son seizième anniversaire. Puis ce furent les études de philosophie et de théologie, en vue du sacerdoce.

En 1894, il passa à Santo Domingo de la Calzada, où il acheva la théologie et reçut le sous-diaconat (1895) et le diaconat (1896). Il fut ordonné prêtre en 1897 à Victoria, avec une «dispense d’âge» de dix mois.

Il faut expliquer ici que l’âge canonique de l’ordination sacerdotale exige d’avoir accompli vingt-quatre ans, qui peuvent cependant être anticipés dans des cas «exceptionnels», comme l’était justement Joan.

Joan recouvra successivement différentes charges, à Barbastro, Solsona (1899), Gracia (1901).

Il subit alors une grosse épreuve : après avoir recueilli patiemment d’importantes sommes d’argent pour la construction de l’église, un incendie détruisit toute la maison et l’église, ainsi que tous les documents et les notes du père Joan.

En 1909, il fut nommé alors à La Selva del Campo.

En mai 1911, il subit un premier épisode de persécution de la part d’un groupe de communistes lorsqu’il s’apprêtait à prendre le train pour San Feliu ; il eut juste le temps d’aller se cacher dans un champ voisin.

D’autres charges l’attendaient à Sabadell (1913), de nouveau Gracia où l’on reconstruisait la maison (1917). Sa santé donnait des inquiétudes : il dut renoncer à partir prêcher au Mexique. En 1926, il repartit pour Sabadell où, devenu quasi aveugle, il avait peu d’activités extérieures, demeurant plus volontiers au confessionnal où les âmes retrouvaient la paix. Il avait toujours son chapelet à la main.

La prière du chapelet fut son unique soutien durant toute la guerre civile de 1936. Il dut passer de cachette en cachette, de maison en maison, jusqu’en février 1937.

Le 13 février, un bombardement sur Barcelone obligea tous les habitants à se réfugier dans les abris. Le p.Joan s’y trouva, et fut dénoncé. Trois jours plus tard, ce fut l’arrestation : au soir du 16 février, une patrouille vint détruire tout ce qu’il y avait de religieux dans cette pension, et emmenèrent le p.Joan à la «tchéka», la prison Sant Elías de Barcelone.

Le Religieux ne cacha pas son état sacerdotal et fut maintenu en prison pendant un mois. Seuls deux jeunes garçons se préoccupèrent de venir l’aider à manger et à aller prendre l’air. Le p.Joan se doutait bien de son sort, surtout parce qu’il était prêtre.

Le 17 mars 1937, il fit partie du groupe qu’on emmena au cimetière de Montcada (Barcelone), où il fut fusillé. On n’a jamais retrouvé son corps, qui fut sans doute jeté dans la fosse commune.

Le père Joan a été béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Joan Torrents Figueras sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 17 mars.

Partager cet article
Repost0
2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 23:00

Clotilde épouse de Clovis

473-545

 

Clotilde - réellement Crotechildis -, l’illustre épouse de notre premier roi chrétien Clovis, était l’une des deux filles de Chilpéric II, roi burgonde, et Carétène ; elle était née vers 473 ; l’autre fille s’appelait Sédeleube.

Chilpéric siégeait à Lyon mais, à sa mort, son épouse et les deux filles se retirèrent à Genève.  C’est là que Sédeleube fonderait bientôt un monastère et s’y retirerait.

La belle Clotilde fut bientôt proposée en mariage à Clovis, le jeune roi des Francs ; les fiançailles se firent par procuration et, quand on annonça à Clovis la prochaine arrivée de Clotilde, il se hâta d’aller au-devant d’elle à Villery, au sud de Troyes. Les noces furent célébrées solennellement.

On sait quel rôle tint la chrétienne Clotilde auprès de Clovis, qui n’était pas encore baptisé, ni même bien croyant.

Une première épreuve frappa le couple, quand leur premier enfant, Ingomer, mourut peu après son baptême : Clovis accusa alors le Dieu de Clotilde de lui avoir pris son enfant. Mais leur deuxième fils, Clodomir, gravement malade lui aussi, resta en vie, et le roi cessa alors d’accuser son épouse. Ils eurent ensuite trois enfants : Childebert, Clotaire et Clotilde.

Vers 496, Clovis eut à affronter des Barbares à Tolbiac et, durant la mêlée, implora le Dieu de Clotilde, en promettant de se faire baptiser s’il obtenait la victoire. Victorieux, Clovis reçut les leçons de catéchisme de Clotilde, conseillée par le saint évêque Remi (v. 13 janvier).

On date traditionnellement le baptême de Clovis et de ses trois mille soldats, en la fête de Noël 496.

Clotilde eut une heureuse influence sur les décisions de son mari qui, évidemment, n’avait pas grandi dans la même douceur chrétienne qu’elle.

Une de leur œuvre commune fut l’édification, à Paris, de l’église qui abriterait leur futur caveau, où ils firent déposer d’abord les restes de sainte Geneviève (v. 3 janvier) ; ce fut l’origine de l’église Sainte-Geneviève.

Leur vie conjugale ne dura cependant guère plus de vingt ans, car Clovis mourut vers 511, laissant sa chère Clotilde avec ses quatre enfants, qui allaient lui donner tant et tant de soucis.

Sa fille Clotilde fut bientôt donnée en mariage à Amalaric, roi des Wisigoths d’Espagne - que Clovis avait refoulés à Vouillé en 507 ; Amalaric n’était pas chrétien ; plus tard, Clotilde poussa son fils Childebert à attaquer cet époux violent, qui maltraitait son épouse Clotilde.

Son fils Clodomir, après avoir enlevé et assassiné son oncle Sigismond, ainsi que la femme et les deux fils de celui-ci, voulut conquérir la Burgondie en 524, mais y fut battu et tué, et l’on promena sa tête sur une pique, comme cela se fit bien plus tard durant la Révolution. Clodomir laissait trois fils, qui pouvaient être ses héritiers.

Mais les deux autres fils de Clovis et Clotilde, Clotaire et Childebert, dépossédèrent les fils de Clodomir de leur droit à la succession puis, trompant leur sainte mère, en assassinèrent deux sans pitié, tandis que miraculeusement s’échappait le troisième, Clodoald, plus tard mieux connu sous le nom de Cloud (v. 7 septembre).

La pauvre Clotilde fut chargée de s’occuper elle-même des funérailles de ses malheureux fils, puis elle se retira à Tours, près du tombeau de s.Martin (v. 11 novembre). Elle suggérait de bons candidats aux élections épiscopales. Elle était active et très généreuse, elle fonda ou enrichit bien des églises, dont Saint-Georges de Chelles ; sa générosité sans borne la fit mourir dans la plus extrême pauvreté.

Mais avant de mourir, elle eut encore un geste digne de son rang royal et chrétien : elle fit venir ses deux fils assassins, leur parla maternellement, leur prédit certains événements, et s’éteignit après avoir reçu les derniers Sacrements, le 3 juin 545.

La dépouille de Clotilde fut déposée dans le tombeau préparé par Clovis à Paris, avec celle de sainte Geneviève. Des reliques de la sainte Reine furent attribuées en divers lieux. En 1793, on profana les tombes et les cendres de sainte Geneviève furent jetées au vent. Pour éviter une ultérieure profanation, un chanoine crut bien faire de recueillir les restes de sainte Clotilde et de les brûler lui-même ; elles se trouveraient aujourd’hui en l’église Saint-Leu.                                                                                                                                                                                                  

Clotilde de France ne fut jamais officiellement canonisée, sinon par la vox populi.

En 1994, sainte Clotilde fut élue pour un heureux patronnage : celui de l’aviation légère de l’armée de terre. L’explication en est que, il y a quinze siècles, Clovis avait, à Tolbiac, submergé l’ennemi sous le feu du ciel, ce qui est aujourd’hui la mission des hélicoptères de combat.

Sainte Clotilde est inscrite au Martyrologe romain le 3 juin. En France, on la fête le 4, en raison de la fête des Martyrs d’Ouganda qui est célébrée le 3 juin.

Partager cet article
Repost0
25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 23:00

Chang Sŏng-jip Iosephus

1785-1839

 

Joseph était né dans une famille païenne de Seoul.

Il était pharmacien.

Il se maria deux fois, mais ses deux épouses moururent rapidement. Vers trente ans, il commença à étudier la foi catholique.

Joseph avait une difficulté pour croire en l’Incarnation du Verbe et en sa naissance virginale : il ne pouvait se résoudre à croire que Dieu s’était humilié au point de devenir un homme comme nous, uniquement par amour pour l’humanité.

Découragé par ce problème, il abandonna l’étude du catéchisme pendant quelque temps et chercha à se faire de l’argent. Mais un de ses amis le persuada de revenir à Dieu et Joseph se repentit de son éloignement.

Il se livra à la prière, à la méditation, à la lecture de l’Ecriture ; il évitait de rencontrer les amis et vivait dans une grande solitude.

Ses amis lui demandaient pourquoi il ne travaillait plus ; il répondait qu’il préférait souffrir la faim et le froid par amour pour Dieu et pour obtenir le bonheur éternel, plutôt que de conserver la santé de cette terre.

Il reçut le baptême et la confirmation le même jour en avril 1838.

Quand il entendit parler des martyrs, il en fut si ému qu’il voulut se rendre volontairement à la police pour partager leur sort, mais son beau-père l’empêcha.

Il fut tout de même arrêté le 18 mai 1839. Des voisins, des amis et les policiers eux-mêmes le pressaient de renier sa foi. Au contraire, il leur rappela la doctrine catholique, selon laquelle chacun doit aimer Dieu, créateur de toutes choses sur terre, qui recevra au ciel tous les hommes bons, et repoussera en enfer tous les mauvais.

Finalement, le chef de la police l’envoya à la Haute Cour. Comme on ne l’interrogeait pas tout de suite, Joseph demanda pourquoi on le laissait tout seul, sans l’interroger et sans le torturer. On le prit pour un fou et on l’envoya en prison.

Pressé par le chef de police de renier sa foi, il refusa et fut sévèrement battu : il reçut au moins vingt coups de konjang, ce gourdin en chêne, long 1,5 mètre, large 15 cm, épais 5 cm, avec un long manche. Une dizaine de coups seulement de ce gourdin sur le postérieur du supplicié, couché sur le ventre, fait jaillir le sang et met la chair en lambeaux.

Puis il fut renvoyé en prison à Seoul.

C’est là qu’il mourut quelques jours plus tard, le 26 mai 1839.

Chang Sŏng-jip Iosephus fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.

Saint Kim Sŏng-u Antonius (martyrisé le 29 avril 1841 et canonisé avec lui) serait son frère, d’après certains.

Partager cet article
Repost0
24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 12:53

Erik  de Suède

† 1160

 

Les origines d’Erik sont quelque peu incertaines. Il serait fils d’un noble nommé Jedward (Edward) - d’où son nom de Erik Jedvardsson - et de Cécilia, fille du roi suédois Blot-Sven, mais cette descendance apparaît douteuse pour les historiens. On suppose qu’il était plutôt un noble personnage, d’une province christianisée, non soumise au roi de Suède.

On pourrait ainsi supposer que, en opposition au roi païen Blot-Sven, une conspiration lui aurait préféré un roi chrétien et aurait acclamé roi notre Erik, vers 1156 ; ce choix en faveur d’Erik serait dû à son mariage avec la princesse danoise Kristina.

De cette union naquirent quatre enfants : Knut (qui succédera à son père), Filip, Katarina, Margareta.

Erik dut rapidemant faire face à un rival, Karl, fils du roi Sverker Ier de Suède, lui aussi acclamé roi vers 1156.

Chrétien, le nouveau roi Erik IX voulut propager le christianisme dans la Finlande voisine, encore païenne. Cette «croisade» lui paraissait aisée, mais il rencontra une résistance assez farouche et ne put «conquérir» que quelques localités sur la côte ; l’évêque André, qui l’accompagnait dans son expédition, mourut assassiné. On a un témoignage du pape Alexandre III (1159-1181), qui regrette que les Finnois promettent de se convertir quand ils sont menacés par l’armée, mais retournent au paganisme quand le «danger» est écarté.

Dans son pays, Erik s’occupa avec grand zèle de la juste administration de la Suède, protégeant et favorisant l’expansion du culte chrétien par la construction d’églises.

Il eut à cœur de promulguer une législation en faveur des droits des femmes.

Ce règne prometteur s’acheva rapidement. En mai 1160, Erik assistait à l’office divin, lorsqu’on l’avisa que les troupes danoises envahissaient le pays et s’approchaient. Il entendit la messe jusqu’à la fin et enfourcha ensuite sa monture pour marcher avec ses troupes contre l’envahisseur, le prince danois Magnus Henriksson. A la bataille d’Ostra-Aros, sur l’emplacement de l’actuelle Upsal, Erik tomba, percé de coups.

C’était le 18 mai 1160, jour de l’Ascension.

Erik IX fut de tous temps honoré pour ses vertus, ses mœurs austères et sa mort héroïque. Jusqu’à la Réforme du XVIe siècle, il fut reconnu comme le patron de la Suède.

Avec le titre de martyr, saint Erik IX de Suède est inscrit au Martyrologe le 18 mai.

Partager cet article
Repost0
13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 23:00

14 MAI

 

I.

S Matthias (cf. Ac 15-26), apôtre mort à Jérusalem (ou en Éthiopie ?), dont les reliques seraient à Trêves, représenté avec hallebarde ou épée, et parfois même transpercé par celles-ci par allusion à son martyre.

II.

Stes Iusta, Iustina et Heredinavierges martyres en Sardaigne.

S Victor et ste Corona, lui, militaire, elle, jeune femme de seize ans et déjà mariée, martyrs en Egypte ; Victor eut les doigt brisés, fut jeté dans une fournaise ardente puis décapité ; Couronne fut écartelée après avoir été liée entre deux arbres qu’on avait inclinés, puis relâchés.

III.

S Maximos, martyr lapidé en Asie, peut-être à Ephèse.

S Isidoros, martyr à Chio ; il fut jeté dans un puits dont l’eau guérit les malades.

S Pontius, de famille sénatoriale romaine, martyr à Cimiez.

IV.

Ss Felix et Fortunatus, martyrs à Aquileia.

S Boniface, intendant débauché d’une riche romaine, venu à Tarse où, converti, il subit le martyre.

V.

S Aprunculus, évêque chassé de Langres et élu à Clermont, déjà mentionné le 4 janvier.

S Ampelius, forgeron égyptien, venu mourir près de Gênes, patron des forgerons. 

VI.

S Gallus, moine auvergnat, évêque à Clermont, oncle et maître de s. Grégoire de Tours. 

S Bévignat, ermite près de Pérouse.

S Boniface, évêque à Ferento.

VII.

S Gildéric (Joudry), écossais, ermite près de Exmes ; on l’invoque contre la fièvre.

S Carthage le Jeune (Mochuda), évêque à Lismore après avoir guidé plus de huit cents moines à Rathin.

S Erembert, évêque à Toulouse, qui finit sa vie à l’abbaye Saint-Wandrille.

X.

B Tuton, évêque à Ratisbonne, aveugle à la fin de ses jours.

XI.

S Halward (Harward), martyrisé en Norvège en protégeant une femme injustement accusée.

XIII.

B Gil de Vaozela, portugais, d’abord égaré dans la magie noire et la nécromancie, puis dominicain, provincial d’Espagne, retiré à Santarém au Portugal, mystique.

XIV.

Bse Julian de Norwich, mystique anglaise, recluse dès l’âge de treize ans.

XIX.

Bx Jeong Cheol-sang Carolus, Jeong In-hyeok Thaddeus, Jeong Bok-hye Candida, Yun Un-hye Lucia, Choe Pil-je Petrus, laïcs coréens martyrs, décapités, béatifiés en 2014.

Ste Anne Thérèse Guérin (Théodore), française, fondatrice aux Etats-Unis de la Congrégation des Sœurs de la Providence, béatifiée en 1998, canonisée en 2006.

S Mixel Garikoitz, basque, fondateur des prêtres du Sacré-Cœur de Bétharram.

Bse Maria Domenica Mazzarello, fondatrice piémontaise de l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice, œuvre très liée à celle de s. Giovanni Bosco.

Matthias, apôtre

Ier siècle

 

Saint Matthias est cet apôtre qui fut appelé à occuper, parmi les apôtres, la place laissée libre par la trahison de Judas.

Au lendemain de l’Ascension du Seigneur, ainsi que le narre saint Luc dans le livre des Actes des Apôtres (Ac 1:13-26), ces derniers étaient assemblés à Jérusalem, priant et attendant la venue de l’Esprit Saint.

C’est alors que Pierre, usant de l’autorité que lui avait conférée le Christ, prononça son premier discours comme Chef des apôtres, et visiblement inspiré, citant les psaumes 69 et 109, annonce qu’il faut procéder à l’élection d’un douxième apôtre. Humblement, Pierre ne nomme pas d’emblée celui qu’il pense être l’élu, mais il demande à l’assemblée des cent-vingt frères de présenter des candidats, répondant aux deux critères suivants : ils doivent avoir accompagné les apôtres depuis le baptême de Jésus par Jean-Baptiste - c’est-à-dire depuis le début de la vie publique de Jésus, et avoir été témoins de Sa résurrection.

Cela prouve que, outre les apôtres qu’avait choisis Jésus, d’autres aussi accompagnaient au moins fréquemment le groupe apostolique, en tout cas étaient en contact assidu avec eux, connaissaient leur vie et l’enseignement de Jésus, vivant dans une réelle intimité avec eux, même s’ils n’en avaient pas, ou pas encore, la dignité reçue par l’appel du Christ. C’est d’ailleurs également dans leurs rangs que Jésus avait choisi les soixante-douze autres disciples, qu’il avait ensuite envoyés deux à deux en mission, et c’est le même saint Luc qui le rapporte dans son évangile (Lc 10).

On peut légitimement présumer que les deux candidats présentés par l’assemblée ce jour-là, faisaient partie de ces soixante-douze disciples.

Là encore, les frères réunis n’osent pas choisir eux-mêmes, mais ils prient ; ils demandent à Dieu de montrer celui qu’Il a choisi et tirent au sort pour connaître la volonté divine. Ainsi est choisi Matthias.

Saint Jean Chrysostome a loué l’humble douceur avec laquelle l’autre candidat, Joseph Bar Sabbas accepta ce choix. Dans l’Écriture, il disparaît totalement. Un témoignage de Papias, recueilli par l’historien Eusèbe, affirme qu’il aurait appartenu aux soixante-douze disciples, et que plus tard, il aurait bu un poison mortel mais qu’il n’en éprouva aucun mal. Ajoutons qu’au IXe siècle, s.Joseph Bar Sabbas fut introduit dans le Martyrologe au 20 juillet, mais n’a pas été retenu dans la dernière édition du Martyrologe Romain, faute d’indices historiques certains.

Quant à Matthias, il fut donc mis au nombre des douze apôtres, dit saint Luc (ibid, 1:26).

On ne connaît rien de sûr sur Matthias. Le nom lui-même signifie “Donné”. Des Actes apocryphes affirment qu’il aurait été originaire de Bethléem, de la tribu de Juda et d’une naissance illustre, ce qui n’est pas invraisemblable, mais reste incontrôlable.

La Tradition n’est pas plus éloquente sur l’apostolat de Matthias. Il aurait évangélisé en Palestine même, ou en Éthiopie, aurait été martyrisé.

Ce qu’on dit de ses reliques peut aussi être reçu avec quelque doute. Le corps transféré par sainte Hélène au IVe siècle, était-il celui de l’apôtre, ou de l’évêque Matthias de Jérusalem mort au IIe siècle ? Est-ce bien le corps et le chef de l’apôtre Matthias que l’on conserve sous l’autel de Sainte-Marie-Majeure à Rome ? Comment se fait-il donc que le corps de l’apôtre se trouve également à Trèves et à Padoue ? Comme cela arrive très souvent, on possède sans doute quelques fragments du corps de l’apôtre, que l’on introduit dans une châsse de cire représentant le corps entier. Il serait fort utile, de nos jours, de procéder à une analyse minutieuse de ces diverses reliques, avec les moyens que la Providence nous permet d’utiliser.

Une autre incertitude a plané sur le dies natalis de saint Matthias. La Tradition est silencieuse aussi à ce sujet. Les martyrologes anciens ne le mentionnent jamais jusqu’au VIIIe siècle ! Ce n’est qu’à partir du IXe siècle que chaque apôtre a sa fête propre, et encore les Grecs ne le mentionnent pas, eux d’habitude si fidèles aux traditions, que l’Église a reprises dans l’élaboration du nouveau Martyrologe.

A partir du XVIe siècle, on finit par fêter le douxième Apôtre au 24 février ; enfin, lors de la dernière réforme du calendrier, il a été fort justement décidé qu’on le fêterait en mai, à un jour correspondant grosso modo à l’anniversaire de son élection au collège apostolique, proche de la fête de l’Ascension et avant la Pentecôte, et cette fête a été établie au 14 mai.

Toutes ces vissicitudes ne doivent pas nous induire à penser que “peut-être” saint Matthias n’aurait pas existé, ni même qu’il n’aurait eu qu’un rôle mineur au sein du collège apostolique. L’Écriture est formelle : son élection est tout-à-fait historique, et c’est le plus important.

Certainement, Matthias aura été très discret, très effacé, conscient de son indignité devant un tel choix divin. Mais il sera non moins certain qu’il aura été fidèle jusqu’au bout, fidèle au Christ, fidèle à l’Église et à saint Pierre.

 

Note. La bienheureuse Anna Katherina Emmerick dit que les deux candidats, Matthias et Joseph Bar Sabbas, n’avaient pas même pensé à être choisis, tandis que d’autres parmi les frères avaient bien ambitionné dans leur cœur cette “promotion”. Elle explique qu’à la dernière Cène, Jésus imposa les mains à quelques-uns des apôtres, et qu’au jour de la Pentecôte, Pierre imposa les mains aux autres, et ici particulièrement à Matthias. Ce dernier devait être un de ceux qui auraient accompagné Pierre à la piscine de Béthesda pour administrer le baptême. C’est là que Pierre prononça le discours de Ac 22:14-40, après lequel furent baptisées trois mille personnes. Plus tard, elle croit voir notre apôtre aux côtés de Pierre à Antioche. Elle les revoit tous autour de Marie au moment de son trépas : André et Matthias en préparent le sépulcre et vont l’ensevelir avec les autres apôtres. Bien sûr, ceci n’est pas vérité d’Evangile, mais ne semble pas non plus contredire l’Ecriture.

 

 

Iusta et Heredina en Sardaigne

2e siècle

 

Il s’agit ici de deux vierges sardes, qui furent mises à mort pour la Foi, sous Hadrien.

Autrefois, on leur adjoignait Iustina.

Ce n’est que sous Constantin, deux siècles plus tard, que la liberté de culte devait être assurée.

Il ressort de certains livres anciens que Iusta, fille de Cleodonia, aurait subi le martyre avec ses deux servantes, Iustina et Henedina (sic).

Deux localités se disputent le lieu de leur martyre : Sassari, Cagliari. Les Vierges auraient été originaires de Cagliari, et martyrisées à Sassari.

Ce martyre a dû avoir lieu vers 120-135.

Saintes Iusta et Heredina sont commémorées le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor et Corona en Egypte

2e siècle

 

Victor, originaire de Syrie, était un soldat sous Antonin le Pieux et se trouvait en Egypte (le Martyrologe dit en Syrie, par erreur).

Le juge l’ayant invité à abjurer le Christ et à offrir de l’encens aux dieux, Victor s’y refusa.

Il eut les doigts brisés, on le jeta dans une fournaise dont il sorti indemne au bout de trois jours, et fut décapité.

Corona, une jeune femme de seize ans déjà mariée à un soldat, manifesta de la sympathie pour le courageux Martyr et fut immédiatement arrêtée. On ne sait si elle était baptisée, mais elle déclara ouvertement qu’elle était chrétienne et prête à mourir pour le Christ.

On l’attacha à deux arbres dont on inclina les branches avec des cordes, puis on relâcha brusquement les cordes, provoquant la dislocation complète de ce jeune corps. Si Corona n’avait pas encore reçu le baptême par l’eau, elle le reçut par le sang.

Ce pouvait être vers 140-160, durant le règne de l’empereur Antonin.

Saints Victor et Corona sont commémorés le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximos d’Ephèse

† 250

 

Maximos était né à Ephèse, ou y vivait de son petit négoce. On le savait chrétien.

Quand parut l’édit impérial obligeant les Chrétiens à renoncer au Christ et à adorer les idoles, Maximos fut arrêté.

Les questions et réponses de ce «procès» nous sont parvenus dans leur forme originale du greffe. Voici quelques réparties de Maximos :

Je ne sacrifie qu’au seul Dieu à qui je me félicite d’avoir toujours sacrifié depuis mon enfance.

Ces coups dont je suis frappé pour le nom de Jésus-Christ ne sont point des tourments, mais plutôt une onction.

Les coups en question étaient la torture du bâton qu’avait ordonnée le proconsul. Puis il fit étendre Maximos sur le chevalet pour y être déchiré par les ongles de fer ; on y alluma aussi un feu qui brûlait les chairs de Maxime, en même temps que la fumée l’étouffait. De guerre lasse, le proconsul le fit lapider en-dehors de la ville. Le texte parle d’une grêle de pierres.

On n’est pas sûr de la ville où eut lieu ce martyre ; certains parlaient d’Ephèse, mais le texte original mentionne seulement en Asie.

Saint Maximos d’Ephèse est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isidoros de Chio

† 251

 

Isidoros fut, dit-on, jeté dans un puits, à cause de sa foi en Jésus-Christ, en 251.

L’eau de ce puits fut miraculeuse.

Saint Isidoros de Chio est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pontius de Cimiez

† 258

 

Pontius était un Romain, de parents païens et de famille sénatoriale.

Il fit de bonnes études dans les lettres et la philosophie.

Il eut le bonheur d’entendre une psalmodie de l’office divin, qui le poussa à demander le baptême. C’est le pape Pontianus qui lui conféra ce sacrement.

Le néophyte convainquit bientôt son père et toute la maisonnée de recevoir à leur tour le baptême.

A la mort du sénateur, Pontius vendit tout son héritage pour se donner à la prédication. Il vint à Cimiez (proche de l’actuelle Nice).

Pontius fut arrêté pour sa foi et sommé de sacrifier aux dieux, ce qu’il refusa catégoriquement. Il subit diverses tortures, suspendu à un chevalet et déchiré par les fouets, exposé aux bêtes - qui ne le touchèrent pas -, jeté sur un bûcher - qui s’éteignit -, enfin décapité.

Ce devait être en 258.

La ville de Cimiez fut rasée par les Lombards. Il existe dans l’Hérault une localité Saint-Pons-de-Thomières, dont le monastère abrita les reliques du Martyr.

Saint Pontius de Cimiez est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Felix et Fortunatus d’Aquileia

† 305

 

Il s’agirait ici de deux frères, martyrisés à Aquileia (Frioul, Italie NE), du temps de la persécution de Dioclétien.

D’après la tradition, ils furent successivement écartelés sur le chevalet et brûlés par des torches ardentes, qui s’éteignirent aussitôt. Puis ils eurent le ventre brûlé avec de l’huile bouillante, et furent enfin enfin décapités.

Saints Felix et Fortunatus sont commémorés le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Nota. Au 23 avril étaient mentionnés trois Martyrs, Felix, Fortunatus et Achilleus, dont les Actes ont semblé fort suspects aux historiens. N’aurait-on pas fabriqué des Martyrs pour l’église de Valence ? Les saints Felix et Fortunatus d’Aquileia seraient devenus Felix, Fortunatus et Achilleus, passant de l’Italie à la proche Valence… On sait que les Martyrs d’Aquileia étaient très connus en Gaule, puisque Venance Fortunat y fait allusion. Ce n’est qu’une hypothèse gratuite.

 

 

Aprunculus de Langres-Clermont

† 491

 

Aprunculus (Abrunculus, Aproncule) était le fils d’un Bourguignon et d’une Auvergnate. Son nom semble signifier petit sanglier.

En 456, il devint le onzième évêque de Langres.

En 484, on ne sait exactement dans quelles circonstances, Aprunculus fut suspecté d’infidélité envers le roi burgonde, Gondebaud, qui l’expulsa, ou le menaça de mort.

L’infortuné alla se réfugier à Clermont, auprès de l’évêque Sidoine Apollinaire (v. 21 août) ; ce dernier prophétisa que son successeur serait Aprunculus, ce qui arriva en effet, en 489. Aprunculus devenait maintenant le douzième évêque de Clermont.

Entre Langres et Clermont, Aprunculus eut un épiscopat de trente-cinq ans.

Il mourut en 491, ou le 4 janvier ou le 14 mai : le Martyrologe présente en effet cette anomalie, qu’il mentionne le même Aprunculus à ces deux dates et dans des termes à peu près similaires.

Par respect pour le livre du Martyrologe, on a aussi gardé ici les deux dates.

Saint Aprunculus de Clermont est donc commémoré le 4 janvier et le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gallus de Clermont

486-551

 

Gallus naquit vers 486 à Clermont, fils du sénateur Georgius et de Leocadia, une descendante d’un Martyr, Vetius Apagathus (v. Martyrs de Lyon en 177, 2 juin). C’était donc une famille bien en vue, et chrétienne depuis longtemps.

Dans sa jeunesse, il fit plusieurs fois à pied le pèlerinage au sanctuaire de s.Julien de Brioude (v. 28 août) ; un jour qu’une épine lui avait blessé le pied, il en fut guéri, dit-il, grâce à l’intercession du Martyr.

Quand Gallus fut en âge, son père lui prépara un mariage digne de son rang. Gallus, qui ne l’entendait pas de cette oreille, se fit accompagner par un des esclaves de la maison et courut au monastère de Cournon.

L’abbé cependant, prudent, lui fit comprendre qu’il fallait le consentement de son père ; ce dernier répondit de façon très chrétienne : Que la volonté de Dieu se fasse plutôt que la mienne (cf. Lc 22:42).

Gallus avait une fort belle voix, étudiait volontiers, et surtout vivait intensément la vie monastique.

L’évêque de Clermont, Quinctianus, le fit venir à Clermont, en raison de cette belle voix ; puis le roi Thierry 1er se l’attacha : Gallus se retrouva à Cologne.

C’est dans cette ville qu’eut lieu un événement fameux, où Gallus faillit être martyr de son zèle : des païens avaient organisé une orgie dans un temple païen ; Gallus y mit le feu. Les païens cherchèrent à le tuer, mais il se réfugia bien vite dans le palais royal, et le roi calma ses sujets. Plus tard, Gallus se reprocha : Malheur à moi qui ne suis pas resté pour finir ma vie dans cette affaire.

En 525, mourut l’évêque de Cologne, Abrunculus, pour la succession duquel les habitants demandèrent Gallus, mais Thierry 1er refusa. Or Gallus se trouvait alors à Clermont, au moment de la mort de Quinctianus, et c’est lui qui vint en porter l’annonce à Thierry 1er. Gallus, encore diacre, fut alors désigné pour succéder à Quinctianus : il fut ordonné prêtre, puis alla à Clermont où il fut sacré évêque.

Il faut remarquer ici un flottement dans les dates. On lit en effet que Gallus aurait été nommé évêque en 486 ou en 525, un intervalle de quarante années durant lesquelles beaucoup de choses pouvaient se passer. Or on remarque quatre noms d’évêques entre 486 (mort de s.Sidoine Apollinaire) et 525 (mort de s.Quinctianus), qui posent problème aux historiens ; pourtant, des quatre, Aprunculus est connu (v. 4 janvier et 14 mai), Eufrasius est signalé en 515, Apollinaire II seul est inconnu, Quinctianus enfin est bien réel (v. 13 novembre). Il semble que la date de 525-526 soit la meilleure.

Gallus fut donc le seizième, et non le douzième évêque de Clermont.

Le nouvel évêque brilla par sa douceur et son humilité.

Un de ses prêtres s’emporta un jour contre lui. Celui-ci se contenta d’aller prier, l’autre demanda pardon, et Gallus lui annonça qu’il ne serait jamais évêque : en effet, le prêtre fut choisi pour l’évêché du Gévaudan, mais ne fut jamais sacré.

Gallus assista à plusieurs conciles : Clermont (535), Orléans (541 et 549).

Des miracles furent attestés. Un prêtre malade arriva à se faufiler et à entrer, tout simplement, dans le lit de Gallus, et s’en trouva guéri. Lors d’un grave incendie dans le centre de Clermont, Gallus avança vers le feu avec le livre de l’Evangile, et le feu s’éteignit. Lors d’une grave épidémie de peste qui couvrait toute la région d’Arles, il refit le pèlerinage à Saint-Julien de Brioude, organisa des prières publiques, et le fléau cessa.

Au printemps 551, Gallus tomba malade et perdit tous ses cheveux et sa barbe. Il distribua une dernière fois l’Eucharistie à son peuple, et mourut le dimanche avant l’Ascension, 14 mai 551.

On connaît tous ces détails grâce à s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre), qui fut le neveu de Gallus.

Saint Gallus de Clermont est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Carthage le Jeune

555-637

 

Celui que l’anglais moderne appelle Carthage, s’appelait en irlandais Mo Chutu mac Fínaill, aujourd’hui Mochuda ; il naquit vers 555 dans la région de Munster (Irlande) ; son père s’appelait Fínall Fíngein, sa mère Finmed.

Il fut élevé par Carthage l’Ancien, lui-même disciple de s. Kieran (v. 5 mars).

En 580, il se bâtit une cellule à Kiltallagh en vue d’y mener la vie d’ermite. Il alla passer aussi une année à l’abbaye de Bangor.

Plus tard, sur l’avis de s.Colman (v. 6 juin), il fonda le monastère de Rathin pour lequel il rédigea une Règle, un réel monument de l’écriture en vieil irlandais ; y vécurent plus de huit cents moines. On ne prenait jamais de viande : toute la nourriture consistait dans les fruits de la culture des moines.

Vers 636, Carthage dut quitter ce monastère qu’il avait dirigé pendant quarante ans, parce que le roi l’expulsa, peut-être à cause de cette interminable controverse de la date de Pâques. Carthage alla fonder un autre monastère avec une grande école à un endroit qui s’appelait Magh-Sgiath, l’actuelle Lismore ; la ville qui s’y développa devint le siège du nouvel évêché de Lismore, dont Carthage fut le premier évêque. Il y construisit la cathédrale.

Il venait d’achever cette cathédrale, lorsqu’il mourut, le 14 mai 637 (ou 638).

La réputation de la sainteté et des miracles de Carthage fit de Lismore une ville sainte, à moitié habitée par des moines. Cette ville prit le nom de Lismore Mochuda.

La Règle de Rathin fut un peu mitigée au 11e siècle, et le diocèse de Lismore fut réuni à celui de Waterford au 14e siècle.

Saint Carthage le Jeune est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Erembert de Toulouse

† fin 7e siècle

 

Aucune date n’est certaine dans la vie de ce personnage édifiant.

Erembert naquit à Villiolicourt (Le Pecq, Pincerais, actuelles Yvelines), son frère s’appelant Gamard.

L’année de sa naissance se situe soit sous le règne de Dagobert Ier (629-639), soit sous celui de Clovis II (639-657).

Il entra à l’abbaye de Fontenelle, durant l’abbatiat de s.Wandrille, qui dura de 649 à 668 (v. 22 juillet).

Il fut nommé évêque de Toulouse sous le roi Clotaire III et la reine Bathilde, donc entre 657 (avènement de Clotaire III) et 664 (retrait de Bathilde à l’abbaye de Chelles).

Un des miracles retentissants d’Erembert fut que, lors d’un déplacement chez son frère à Villiolicourt, il arrêta d’un geste un immense incendie.

Peu après, il se retira à l’abbaye de Fontenelle, sous le nouvel abbé, Lambert, qui gouverna cette abbaye entre 666 et 678.

Erembert y mourut saintement.

Son frère Gamard entra à son tour à l’abbaye de Fontenelle, ainsi que ses deux fils, Namnacus et Zachée.

Saint Erembert de Toulouse est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

Gil de Vaozela

1184-1265

 

Gil était le troisième fils de Rui Pais de Valadares, gouverneur de Coimbra sous le règne de Sancho Ier de Portugal. Destiné à l’état ecclésiastique, il étudia à l’université de Coimbra, s’y distingua par ses talents et ses aptitudes précoces pour les sciences. Il fut donc pourvu de gros bénéfices même avant son entrée dans les ordres.

Passionné par les sciences profanes, il négligea le chœur, confia l’abbaye à son prieur et s’en fut étudier à Paris.

En route, il fut accosté par un inconnu qui lui proposa de lui enseigner l’alchimie, science qui lui procurerait tous les plaisirs et tous les honneurs de la terre. L’inconnu était Satan en personne, qui lui fit signer avec son sang une cédule ainsi rédigée : Je renonce au titre d’enfant de Dieu et je me soustrais à ses lois ; je renonce à ma foi et renie les vœux de mon baptême pour devenir l’esclave dévoué de Satan qui en retour me fera avoir les plaisirs et honneurs terrestres.

L’apprentissage de la science diabolique dura sept années, au terme desquelles Gil, parvenu à Paris où il fut encore plus brillant qu’à Coimbra, finit par rentrer en lui-même et désira changer de vie.

Il invoqua la Sainte Vierge ; rentré en Espagne, il rencontra la prieur du nouveau couvent dominicain à Palencia, auquel il se confessa et exprima le désir d’embrasser là la vie religieuse, dans l’obscurité, l’humilité et la pénitence. Pour la vérité historique, il semble qu’il eût déjà fait connaissance de l’ordre dominicain à Paris.

La conversion de Gil fut très sincère. Il s’efforça de surpasser tous les confrères par son ardeur au travail, par une prompte obéissance et un silence rigoureux. Il expia ainsi par une rude pénitence tous les péchés qu’il avait commis.

Il fit profession en 1221, fut provincial d’Espagne de 1234 à 1245, enfin envoyé au couvent de Santarém (alors Scallabis) en Portugal, où il devait finir ses jours.

Ce ne fut pas sans épreuves. Satan le poursuivait, cherchant à le pousser au désespoir en lui rappelant l’horrible donation de son âme faite par écrit. Gil pria Marie : après sept ans d’austères pénitences, il obtint que Marie arrachât à Satan la fameuse cédule. Enfin Gil fut en paix.

Il fut employé avec grand succès au ministère des âmes : il était merveilleusement doué pour toucher les pécheurs endurcis.

Réélu provincial en 1257, il préféra abdiquer en raison de son grand âge et passa ses dernières années à Santarém, favorisé du don des extases et des prophéties.

Gil mourut en la fête de l’Ascension, le 14 mai 1265, jour auquel il est inscrit au Martyrologe Romain.

Il a été béatifié en 1748.

 

 

Julian de Norwich

1342-1416

 

Les dates de Julian, 1342-1416, sont approximatives.

Toute sa vie se déroula à Norwich (Norfolk, Angleterre).

Recluse dès l’âge de treize ans, elle avait seulement une servante, et laissait entrer quelques visites.

Julian de Norwich est une âme mystique dont on connaît seulement une série de visions qu’elle dicta en 1373.

Elle contempla les souffrances du Christ et la bonté de Dieu : Je vis Notre-Seigneur Jésus languir sur sa Croix pendant longtemps, car sa divinité donna à son humanité la force de souffrir plus que tous les hommes ne le pourraient… Et ce fut pour les péchés de chaque homme qu’il souffrit ; et il vit les douleurs et les chagrins de chacun ; et, par bonté comme par amour, il les partagea.

Prudente, l’Eglise ne s’est pas prononcée sur ces visions, et n’a pas béatifié Julian.

La date elle-même du 14 mai est conjecturale.

 

 

Jeong Bok-hye Candida

? -1801

 

Jeong Bok-hye Candida est une laïque coréenne née non loin de Seoul (Corée S).

Elle fut décapitée à Seoul le 14 mai 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Jeong Cheol-sang Carolus

? -1801

 

Jeong Cheol-sang Carolus est un laïc coréen né à Gwangju (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Jeong In-hyeok Thaddeus

? -1801

 

Jeong In-hyeok Thaddeus est un laïc coréen né à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Yun Un-hye Lucia

? -1801

 

Yun Un-hye Lucia est une laïque coréenne, mariée, née au Gyeonggi-do (Corée S).

Elle fut décapitée à Seoul le 14 mai 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Choe Pil-je Petrus

1770-1801

 

Choe Pil-je Petrus est un laïc coréen né en 1770 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Anne-Thérèse Guérin

1798-1856

 

Née le 2 octobre 1798 à Etables-sur-Mer (Côtes-d’Armor), Anne-Thérèse était l’une des quatre enfants de Laurent Guérin et Isabelle Lefèvre. De ces quatre enfants, deux seulement vivront : Anne-Thérèse et Marie-Jeanne ; l’aîné, Jean-Laurent mourut à deux ans et demi, le cadet à quatre ans et demi.

A cette époque, les horreurs de la Révolution n’étaient pas encore éteintes. Les prêtres et les religieux étaient encore poursuivis, les lieux de culte fermés. Un cousin séminariste vint se cacher chez les parents d’Anne-Thérèse : c’est ce cousin qui lui donna de si bons enseignements sur l’Ecriture Sainte et la Théologie.

Monsieur Guérin devint officier de la Marine sous Napoléon Bonaparte. Il était donc souvent absent, laissant toute la maison aux soins de sa fidèle épouse.

Anne-Thérèse reçut la Première Communion à dix ans, et confia à cette occasion au curé son désir d’être religieuse.

A quinze ans, elle fut orpheline de son père, abattu par des brigands près de Toulon, alors qu’il revenait à Etables en permission. La maman en fut très affectée, et c’est Anne-Thérèse qui assuma toutes les tâches domestiques, au point qu’à vingt-cinq ans seulement elle put suivre sa vocation.

En 1823 donc, elle entra chez les Sœurs de la Providence à Ruillé-sur-Loir (Sarthe) et prit à cette occasion le nom de sœur Saint-Théodore. Elle avait connu ces Religieuses lorsque l’une d’elles était venue aider le curé dans son village.

Elle fit la première consécration en 1825, et les vœux perpétuels en 1831. Elle n’était pas obligée d’émettre ces vœux, mais elle demanda à les faire.

Enseignante à Preuilly-sur-Claise (Indre-et-Loire), elle attrapa ce qu’on pense avoir été la variole, et en resta marquée tout le reste de sa vie, devant observer une diète sévère et permanente.

Ensuite elle sera supérieure à Rennes, où elle fit un travail très fructueux dans ce quartier livré à l’ignorance et à la délinquance. Et quand elle reçut l’ordre de quitter Rennes, ce fut la stupéfaction générale. Elle fut nommée alors à Soulaines (Angers), où l’inspection académique lui décernera une médaille pour son enseignement. Elle y prit également des leçons auprès d’un pharmacien et d’un médecin, pour être encore plus efficace auprès des malades qu’elle visitait.

En 1840, confiante au vœu d’obéissance plus qu’en ses propres forces, elle accepta de partir en mission aux Etats-Unis avec cinq Consœurs : elle sera fondatrice et supérieure de la communauté à Saint-Mary-of-the-Woods (Indiana) où elle ouvrira la première école catholique de filles du diocèse, prenant décidément le contre-pied du courant anti-catholique du temps.

Devant le succès de ce travail, la jalousie grandit. L’école fut même incendiée.

Même l’évêque, qui l’avait reçue, ne l’aida pas très efficacement : le «local» qu’elle trouva pour s’installer consistait en une pièce et un grenier de fermier, en pleine forêt. Et il fallait apprendre l’anglais !

La persévérance de Mère Théodore porta beaucoup de fruits. D’autres maisons suivront.

Autre épreuve : l’évêque voulait être le supérieur de toute ces maisons. Même, il crut bon, pendant un temps, de l’excommunier, parce qu’elle n’acceptait pas les changements de la règle qu’il lui proposait. Ce n’est que l’évêque suivant qui leva cette excommunication.

En même temps, elle fut nommée supérieure générale des Sœurs de la Providence en Amérique.

En toutes ses charges, Mère Saint-Théodore se montra exemplaire dans son enseignement, ses dons divers, son aptitude à organiser, à affronter les difficultés les plus variées avec foi et espérance. En plus, elle développa de réelles dispositions pour la médecine et la théologie.

C’est aux Etats-Unis qu’elle mourra, le 14 mai 1856. A cette date, il y avait déjà quinze maisons, avec quatre-vingts sœurs, douze novices et vingt postulantes.

Elle a été béatifiée en 1998, et canonisée en 2006.

 

 

Mixel Garikoitz

1797-1863

 

Faisons une petite incursion dans le vrai Pays Basque, là où les fidèles habitants conservèrent jalousement leur foi chrétienne et pacifique.

Dans l’été 1796, se marièrent Eñaut Garikoitz et Gaxina Etcheberry : leur premier enfant naquit le 15 avril 1797, à Ibarre (Iholdy, Bayonne, Pyrénées-Atlantiques), et reçut au baptême le prénom de Michel, Mixel en basque.

On n’a pas retrouvé trace de ce baptême dans le registre paroissial : un oubli certainement dû à la difficulté des temps révolutionnaires. Il n’y avait pas même de curé dans la paroisse à ce moment-là.

Cinq enfants suivirent Mixel : Joanes, Manex, Paulo, et les deux jumeaux Bernat et Maria ; Bernat ne vécut que quatre mois.

Enãut et Gaxina étaient de très modestes paysans. Dès qu’il fut en âge, Mixel garda les brebis. A la maison, il «célébrait» sur un coin de la table de cuisine, avec deux bouts de chandelles comme bougies et un tesson de pot cassé en guise d’encensoir.

A dix ans, il fut placé pour deux années comme domestique dans une maison. Sans grande instruction que les bons enseignements de sa maman et de sa grand-mère, il dut attendre quatorze ans pour recevoir la Première communion. Dès lors, il n’eut qu’un grand désir : devenir prêtre.

Pour payer ses études, les parents ne négligèrent rien, mais Mixel y mit du sien aussi par son ardeur à l’étude : il fut élève à Saint-Palais, puis à Bayonne, à Aire-sur-Adour et Larressore.

A Bayonne,  Mixel rendait service au secrétaire de l’évêque en promenant son petit chien ; c’était sa seule sortie dehors, mais il avait toujours un livre à la main pour ne perdre aucun instant.

Au petit séminaire d’Aire-sur-Adour, il fut condisciple d’Edouard Cestac (voir au 27 mars). D’eux un autre confrère disait plus tard : Dieu m’avait donné un grand bonheur : à ma droite, j’avais saint Garikoitz, à ma gauche  saint Cestac.

Mixel reçut les Ordres mineurs et majeurs entre juin 1822 et décembre 1823.

Il fut d’abord vicaire à Cambo (qu’on écrit Kanbo en basque) pendant deux ans, puis directeur du séminaire de Bétharram à partir de 1825. Cette maison qui était dans un état cruel d’abandon spirituel, redevint une maison sainte grâce à la douceur persévérante de Mixel.

En même temps, Mixel fut trente ans l’aumônier des Filles de la Croix, qui étaient plus de mille. Cette congrégation avait été fondée par sainte Jeanne-Elisabeth Bichier des Ages (voir au 26 août), envers laquelle Mixel conserva toujours une humble et profonde reconnaissance pour les salutaires conseils qu’elle lui prodigua.

C’est à Bétharram qu’en 1841 il fonda la congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur, dont les établissements scolaires se multiplièrent sur place et jusqu’en Amérique du Sud, auprès des Basques émigrés.

Le père Mixel Garikoitz mourut, chargé de bonnes œuvres, le 14 mai 1863, au soir de l’Ascension.

Il fut proclamé bienheureux en 1923 et canonisé en 1947.

 

 

Maria Domenica Mazzarello

1837-1881

 

Née le 9 mai 1837 à Mornese (Alessandria, Piémont, Italie nord-ouest), Maria Domenica était l’aînée des  sept enfants de Giuseppe et Maddalena Calcagno, d’humbles métayers.

En 1860, lors d’une épidémie, elle fut frappée par une grave tuberculose après avoir assisté des malades. Elle fut malade du 15 août au 7 octobre, mais en conserva des séquelles dans son physique et ne put retourner aux travaux des champs ; à cette période remonte une vision qu’elle eut, où elle se voyait entourée de nombreuses petites filles, et entendait une voix qui lui disait : Je te les confie.

Elle apprit le métier de couturière et ouvrit avec une amie un atelier pour y former les jeunes filles, matériellement et spirituellement.

Ce fut le début d’une réelle petite communauté, appuyée par le bon curé du pays, qui en fit une Association des Filles de Marie Immaculée.

En 1864, saint Giovanni Bosco la rencontra et, en 1872, lui proposa son projet des Filles de Marie Auxiliatrice, la branche féminine de la congrégation salésienne. C’est ainsi que Maria Domenica et ses compagnes furent les premières Auxiliatrices de don Bosco.

Nommée supérieure, Maria Domenica se fit appeler Vicaire, car la Supérieure, c’est Marie.

La maison-mère s’établit à Nizza Monferrato et c’est là que Maria Domenica y mourut, le 14 mai 1881, tout juste âgée de quarante-quatre ans.

Dans l’espace de ces dix années, l’institut féminin comptait déjà une trentaine de maisons - dont six en Amérique - et presque deux-cents Religieuses.

La Fondatrice fut béatifiée en 1938. Le miracle, retenu pour cette proclamation, fut la guérison totale et durable, en 1916, d’une petite fille de quatre ans affectée de poliomyélite.

Maria Domenica Mazzarello fut ensuite canonisée en 1951.

Sa fête est au 14 mai.

Partager cet article
Repost0
9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 23:00

10 MAI

 

-XV.

S Job, prophète.

I.

S Aurélien, évêque à Limoges (III.?).

III.

Ss Calépode, prêtre, Palmace, consul, avec sa femme et ses enfants, Simplice, sénateur, avec sa femme, ses enfants et bon nombre de membres de sa famille, martyrs à Rome.

Ss Alphius, Philadelphe, Cyrin, leur sœur Benedicta, leur neveu Erasmus, leur maître Onesimus,  martyrs les uns à Pouzzoles, les autres à Lentini.

?

S Dioscoride, martyr  à Myre.

Ss Quartus et Quintus, du clergé de Capoue, martyrs à Rome.

.IV.

S Gordianus, juge romain, converti à la vue de la patience des chrétiens, décapité.

Ss Silvestre et Fronime, évêques à Besançon ; le premier fit édifier l’église de Saint-Maurice, l’autre celle de Saint-Etienne.

S Palais Ier (Palladius), évêque à Bourges.

V.

S Palais II, évêque à Bourges.

VI.

S Léonard, anachorète dans la forêt de Marchenoir.

VII.

S Comgall, abbé fondateur à Bangor, où vivaient trois mille moines.

Ste Eustadiole, veuve à Bourges, où elle fonda l’abbaye de Moyen-Moutier ; elle resta végétarienne pendant soixante-dix ans et mourut nonagénaire, un 8 juin.

S Cataldo, écossais, évêque à Taranto, dont il est patron.

IX.

Ste Solange, vierge et martyre près de Bourges, patronne du Berry.

XI.

B Mire, anachorète près de Canzo puis à Sorigo.

XII.

B Anthelm (William), anglais, prêtre à Pontoise ; honoré par Philippe-Auguste, dans le palais duquel il mourut.

XIII.

Bse Beatrice d’Este l’Ancienne, restauratrice d’un monastère au mont Gemola et morte vers trente-trois ans. 

XV.

B Niccolò Albergati, chartreux puis évêque à Bologne et cardinal, plusieurs fois légat papal.

XVI.

S Juan de Ávila, patron du clergé espagnol et apôtre de l'Andalousie ; ami de s. Ignace, de ste Thérèse, il a été un précurseur en matière de réforme comme en d'autres domaines spirituels et le concile de Trente a adopté des décisions qu'il avait préconisées longtemps auparavant ; auteur d’un traité spirituel Audi Filia, il goûta même les geôles de l’Inquisition pour ses idées «avancées» et fut proclamé Docteur de l’Eglise en 2012.

XX.

B Ivan Merz (1896-1928), premier laïc bosniaque béatifié, en 2003.

B Enrico Rebuschini (1860-1938), de l’ordre Camillien, ordonné prêtre par Mgr Sarto, futur Pie X, actif à Vérone et Crémone, béatifié en 1997.

B Vasile Aftenie (1899-1950), évêque roumain gréco-catholique, sauvagement torturé en prison, béatifié en 2019.

Job, patriarche

15e siècle avant Jésus-Christ

 

Dans l’Ecriture, le Livre de Job est le premier des Livres sapientiaux, écrits dont le genre a été très répandu dans l’Orient ancien.

Job était né dans la terre de Hus, entre l’Idumée et l’Arabie.

Fidèle à la foi reçue, il craignait Dieu et conduisait toute sa famille, ses sept fils et ses trois filles, dans la piété traditionnelle. Il avait de grands biens, un cheptel immense.

Sur la permission de Dieu, dit l’Ecriture, Satan éprouva le saint homme. Tout son troupeau périt, ses enfants moururent, mais Job réagit avec foi et confiance en Dieu, adorant la volonté divine :

Yahvé a donné, Yahvé a repris, que le nom de Yahvé soit béni (1:21).

Derechef, Satan s’acharna sur Job, qui fut affligé d’un ulcère horrible. Devant cette lèpre hideuse, l’épouse de Job lui suggérait de se rebeller contre Dieu, et lui, au contraire, la réprimanda :

Si nous recevons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur ? (2:10).

Trois «amis» viennent le «consoler», mais veulent à tout prix lui faire comprendre qu’il souffre pour ses péchés. Job se défend : le mal est partout dans le monde ; lui, il n’a pas péché contre Dieu.

Tout au long des quarante-deux chapitres de ces longues discussions, on voit Job passer par différents états d’âme, passant de la révolte à la soumission, des souffrances et des rémissions dans sa maladie.

Finalement, intervient encore un autre personnage qui s’en prend autant à Job qu’à ses amis, et tente de justifier la conduite de Dieu.

C’est Dieu lui-même qui va intervenir pour mettre fin à cette longue discussion, blâmant autant les trois premiers amis que le dernier intervenant.

Après ce long combat, Job est récompensé de son humilité et de sa fidélité : Dieu lui rend ses biens, et même le double d’avant. Job engendra sept autres fils et trois autres filles, et mourut dans une sainte vieillesse, comblé de mérites et d’années.

Job est à nouveau nommé en Ezéchiel (Ez 14:14).

Le patriarche Job est honoré à diverses dates en Orient ; il est mentionné au 10 mai dans le Martyrologe.

 

 

Aurelianus de Limoges

1er ou 3e siècle

 

Les données concernant cet Aurelianus restent un peu conjecturales.

Aurelianus Cotta aurait été un prêtre des dieux païens et, comme tel, se serait farouchement opposé à l’œuvre évangélisatrice des missionnaires, de saint Martial en particulier, et fut frappé par la foudre.

Saint Martial, inspiré par Dieu, ayant ressuscité Aurelianus, ce dernier se serait alors converti, devenant un fidèle serviteur de Martial, et ensuite son propre successeur sur le siège de Limoges.

Martial ayant été situé par les uns au 1er siècle, ordonné et envoyé par saint Pierre, et par les autres au 3e siècle, il résulte de là qu’Aurelianus hésite à son tour entre le 1er et le 3e siècles.

Il reste certain qu’Aurelianus est le deuxième évêque de Limoges.

Quand on retrouva ses reliques en 1315, dans l’église de Saint-Cessateur, on les replaça dans une nouvelle chapelle de l’actuelle rue de la Boucherie. De là vient que saint Aurelianus est le patron des bouchers de Limoges. Il existe une confrérie de Messieurs les Bouchers de Limoges.

Saint Aurélien n’est pas au Martyrologe ; il est fêté localement au 10 mai.

 

 

Dioscoride de Myre

† ?

 

Ce Martyr qu’on situait autrefois à Smyrne, est maintenant mentionné à Myre (Lycie, act. Demre, Turquie SW).

On ne connaît malheureusement ni l’époque ni le genre de son martyre.

Saint Dioscoride de Myre est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Quartus et Quintus de Capoue

?

 

Quartus et Quintus faisaient partie du clergé de Capoue (Campanie, Italie CW).

Ils furent arrêtés comme Chrétiens, mais comme ils étaient de familles nobles, ils furent déférés à Rome.

L’empereur - on ignore lequel - les condamna à être décapités.

Saints Quartus et Quintus de Capoue sont commémorés le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs de Lentini

† 251

 

Trois frères, avec leur sœur et leur neveu, accompagnés de leur maître et treize autres Compagnons, originaires de la région d’Otrante (Italie SE), furent conduits à Rome, de là à Pouzzoles (Campanie, Italie CW), où furent mis à mort les trois frères et le maître.

Les autres furent alors jugés à Taormina (Sicile), enfin exécutés à Lentini (Sicile).

Les trois frères s’appelaient : Alphius, Philadelphius, Cyrinius. Ce sont eux qui sont mentionnés dans le Martyrologe actuel.

Leur sœur, Benedicta, leur neveu, Erasmus, leur maître, Onesimus, ne sont pas mentionnés.

C’était durant la persécution de Dèce, en 251.

Il faut reconnaître qu’il est difficile de suivre le long voyage qu’on imposa à ces dix-neufs Héros du Christ. Le premier groupe parcourut quelque neuf-cents kilomètres, les autres quinze cents !

Malgré cette différence, ils sont réunis ici sous l’unique mention de Lentini, où ils sont particulièrement honorés.

Les Actes de ces Martyrs sont, dit-on, sans valeur.

Les Martyrs de Lentini sont commémorés le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gordianus de Rome

† 362

 

Gordien était juge à Rome, sous l’empereur Julien l’Apostat.

Il avait des occasions de voir des Chrétiens torturés et il fut très frappé de voir avec quelle constance, avec quelle paix, ceux-ci enduraient ces tourments, sans se plaindre, en pardonnant à leurs bourreaux…

Gordianus demanda bientôt à être initié à la foi, il fut catéchumène et reçut le baptême.

On lui prête des Compagnons, dont on ne donne pas le nom.

Dénoncé à l’empereur, Gordianus fut condamné à mort et décapité.

C’était le 10 mai 362.

On déposa son corps dans le sépulcre où se trouvait déjà celui de s.Epimachus (v. 12 décembre), ce qui les a fait souvent commémorer ensemble, mais plus d’un siècle les sépare.

Saint Gordianus de Rome est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Comgall de Bangor

510-602

 

Comgall naquit entre 510 et 520 à Dál nAraidi (Dalaradia, auj. Magheramome, Ulster), de Setna et Briga.

Après avoir suivi les pas de son père dans la vie militaire, Comgall se mit sous la direction de s.Fintan de Clonenagh, de s.Finian de Clonard, de Mobi Clairenach de Glasnevin, de s.Ciaran de Conmacnoise (v. 17 février et 9 septembre).

Il reçut le diaconat et la prêtrise des mains de l’évêque Lugidius.

Avec quelques compagnons, il alla vivre sur l’île de Lough Erne ; le style de vie qu’il avait appris auprès de ses maîtres et qu’il imposait à sa petite communauté, était si rigide que plusieurs d’entre eux moururent de froid et de faim…

Comgall songea à passer en Angleterre, mais l’évêque Lugidius lui conseilla de rester en Irlande et d’y développer le monaschisme. Ainsi naquit le monastère de Bangor, près de Belfast, vers 555. Il y eut jusqu’à trois ou quatre mille moines à ou près de Bangor, qui étaient tous sous la direction de Comgall, dont la règle ne manquait pas de sévérité : un seul repas par jour, d’une nourriture consistant en herbes (souvent crues), pain et eau ; le lait était parfois concédé ; jeûnes longs et fréquents ; silence quasi continu ; peines sévères contre les manques ; on se confessait à voix haute devant la communauté rassemblée.

Parmi les disciples célèbres de Comgall il y aurait eu s.Colomban et s.Moluag (v. 23 novembre et 25 juin). Comgall fut aussi très lié avec d’autres grands saints : Brendan, Cainnech et Finnian (v. 16 mai, 11 octobre et 12 décembre).

Après d’intenses souffrances, Comgall mourut à Bangor, vers 602.

Ses reliques furent dispersées en 822 par les envahisseurs Vikings.

Saint Comgall de Bangor est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cataldo de Tarante

610-685

 

Une «tradition» fait de Cataldo un Irlandais venu dès le 2e siècle prêcher la Bonne Nouvelle à Tarante. Qui, à moins d’une intervention surnaturelle, dans cette Irlande encore païenne, aurait inspiré Cataldo de venir prêcher à Taranto, là où s.Pierre l’avait précédé ?

Pour rendre les choses plus plausibles, les spécialistes penchent plutôt pour le 7e siècle.

Cataldo aurait d’abord dirigé l’école de Lismore, après la mort de s.Carthag (v. 14 mai), puis serait parti en pèlerinage à Jérusalem.

Au retour, s’étant arrêté à Taranto, il fut retenu pour y être évêque. Là encore, à moins d’un signe céleste extraordinaire, on imagine difficilement toute une population s’adresser à un étranger fraîchement débarqué dans le port, et lui demander d’assumer une mission épiscopale.

Cataldo serait ainsi le deuxième évêque connu de Tarante, le premier étant s.Amasiano, au Ier siècle. Le siège de Taranto aurait donc été vaquant pendant plusieurs siècles… Cette histoire semble aussi invraisemblable que la première «tradition».

Cataldo serait mort vers 685 (ou peut-être au 5e siècle).

Saint Cataldo de Tarante est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Solange

IXe siècle

 

Solange naquit au bourg de Villemont, à deux ou trois lieues de la ville de Bourges. Son père était un pauvre vigneron qui menait une vie très chrétienne. Solange était une jeune fille aussi belle que pure.

De vieilles chroniques l’appellent Solange ou Soulange ; son lieu natal n’existe plus ; on voit au milieu du Pré-Verdier les ruines d’une maison qu’habitait, dit-on, sainte Solange. Cette prairie est à une demi-lieue du bourg appelé du nom de la Sainte depuis sa mort, et auparavant Saint-Martin-du-Cros.

Si l’on en croit les leçons de l’office que l’Eglise lui avait consacré, il paraissait le jour et la nuit, au-dessus de sa tête, une étoile qui la conduisait en ses démarches, et qui lui servait de règle en tout ce qu’elle devait faire.

Un jour, attiré par la réputation de la bergère, Bernard de la Gothie, fils de Bernard, comte de Poitiers, de Bourges et d’Auvergne, monta à cheval et, sous prétexte d’aller à la chasse, se rendit sur les terres de Villemont, où Solange gardait son troupeau. Il fut pris d’un vif désir pour elle, la saisit et l’emporta sur son cheval.

Refusant ses avances, Solange lui échappa et se laissa tomber dans un ruisseau au bord de la route. Ivre de rage devant le refus de Solange, Bernard transforma son amour en haine et la décapita de son glaive.

Solange qui était debout, étendit paisiblement ses bras pour recevoir sa tête et marcha jusqu’à Saint Martin du Cros, où elle fut ensevelie. 

Le pape Alexandre VII (1655-1667) autorisa la création d’une confrérie des Cousins de Sainte Solange.

Solange fait partie des Saints patrons du Berry. On l'invoque contre la sécheresse.

Sa fête est au 10 mai dans le Martyrologe Romain.

Beatrice d’Este l’Ancienne

1192-1226

 

Cette Beatrice, née vers 1192, était la fille du marquis Azzo VI d’Este de Ferrare et de Sofia, comtesse de Savoie.

Elle connut la vie brillante de la cour dans les châteaux d’Este et de Calaone, où l’on admira unanimement sa beauté et ses vertus.

Son père mourut au combat dans les rivalités entre guelfes et gibelins ; son frère fut assassiné (ou empoisonné) en 1215 : ces tristes événements l’aidèrent à considérer la vanité de ce monde et elle se retira au monastère bénédictin de Sainte-Marguerite de Salarola, près du château de Calaone, où elle resta un an et demi (1220-1221).

Mais il y avait un petit désaccord avec son frère, Azzo VII, nouveau marquis d’Este. Beatrice travailla à la réconciliation, puis obtint de l’évêque un ancien monastère abandonné, sur le mont Gemola, qu’elle restaura de ses biens.

Là, dans la solitude et la pénitence, elle se distingua par son amour de l’humilité et de la pauvreté. D’autres femmes de la noblesse la rejoignirent et formèrent une communauté de dure pénitence et de prière.

Beatrice, qui refusa constamment d’être élue abbesse, vaincue par la tuberculose, s’éteignit à ce monde qui passe pour entrer dans le monde de l’éternité, le 10 mai 1226.

Le culte dont on l’honora fut approuvé en 1763.

Il ne faut pas confondre cette première Beatrice avec celle du même nom, sa nièce (v. 18 janvier) ni avec une autre homonyme du 15e siècle, qui fut même béatifiée par confusion avec la précédente !

Notre Martyrologe la mentionne au 10 mai.

 

 

Niccolò Albergati

1375-1443

 

Niccolò Albergati était d’une noble famille de Bologne (Italie), où il naquit en 1375.

Dans l’université de cette ville, il étudia le droit mais, peu avant d’obtenir le doctorat, il se retira en 1394 dans la chartreuse proche de Bologne.

Il fut ordonné prêtre en 1404, et nommé prieur de la chartreuse de Casara, avant d’être visiteur pour tous les monastères de chartreux d’Italie (il y en avait à Florence, Rome, Mantoue, Bologne…).

Vaillant défenseur de l’autorité papale, il fut nommé archevêque de Bologne en 1417, mais pour trois ans seulement, car une rébellion le poussa à démissionner en 1420.

En 1422, il fut envoyé en France pour exercer ses bons offices entre les rois de France et d’Angleterre ; on sait que la mission de Jehanne d’Arc commença en 1428…

En 1426, Niccolò fut créé cardinal, du titre romain de Sainte-Croix-en-Jérusalem, tout en restant administrateur apostolique de Bologne jusqu’en 1440.

En 1427, le pape le chargea d’une mission pacificatrice entre les maisons d’Italie du Nord (Milan, Venise, Savoie, Mantoue, Ferrare et Florence), qui fut un succès.

Une rébellion le poussa à quitter à nouveau Bologne en 1428, et le pape l’envoya pour une autre mission entre Venise, Ferrare et Florence. En 1437, il fut présent à un concile de Ferrare, où tous admirèrent son assiduité aux séances et sa profonde modestie.

Entre 1431 et 1440, il fut successivement nommé Cardinal Camerlingue, Grand Pénitencier et Archiprêtre du Latran.

On le voit, le chartreux n’eut guère de paix durant toute cette vie agitée, tout entière au service de l’Eglise. Mais Niccolò garda toujours un style de vie austère, recueilli, prudent. Une de ses grandes mortifications fut d’apprendre les désordres dans lesquels la ville de Bologne était retombée.

Il veilla à s’entourer de personnalités savantes, parmi lesquelles deux futurs papes, Nicolas V et Pie II.

Le pape Eugène tint cependant à le conserver près de lui pour bénéficier de ses bons conseils. Durant un séjour à Sienne, Niccolò fut pris d’une crise de pierre, qu’il endura avec une patience exemplaire.

Il s’éteignit à Sienne, le 9 mai 1443 (ou plutôt le 10 mai, d’après le Martyrologe).

Trois siècles plus tard, le 6 octobre 1744, il a été béatifié en la fête de saint Bruno, fondateur des Chartreux.

 

 

Juan de Ávila

1500-1569

 

Né le 6 janvier 1500 (1502 ?) à Almodóvar del Campo (Ciudad Real, Espagne), Juan avait pour père un Juif, Alfonso (ou Antonio ?), propriétaire de quelques mines d’argent en Sierra Morena, et pour mère Catalina Gijón (ou Xixona ?).

Il est moins que certain que le nom de Ávila fasse de Juan un parent de sainte «Teresa de Ávila». Il est plutôt probable que son père ait pris ce nom de localité pour dissimuler son origine juive.

Juan commença des études de droit à Salamanque (1514), mais les interrompit au bout de quatre ans, à cause des lois de discrimination, exigeant de ceux qui voulaient entrer dans les institutions espagnoles, l’appartenance à une souche chrétienne.

Il revint donc dans son pays natal, où il s’imposa une vie de dure pénitence.

Un bon père franciscain lui suggéra d’aller étudier les arts et la théologie à Alcalá de Henares. Pendant ces années (1520-1526), il fréquenta Domingo de Soto, Pedro Guerrero (futur archevêque), mais aussi Ignacio de Loyola.

Quand il fut ordonné prêtre (1526), ses parents étaient déjà morts, de sorte qu’il célébra sa première messe pour eux. Puis il vendit tout son héritage, le distribua aux pauvres et commença à évangéliser. Il aurait voulu partir en pays de mission (au Mexique), mais l‘évêque de Séville lui conseilla de se dédier à l’Andalousie. Obéissant, Juan se consacra entièrement à cette tâche, au point qu’il se mérita le nom d’ Apôtre de l’Andalousie.

Excellent prédicateur, il suscita la jalousie du clergé, qui le «dénoncèrent» comme rigoriste à l’Inquisition : Juan fut mis en prison à Triana (Séville) de 1531 à 1533. Il mit à profit cette retraite forcée pour prier et écrire son Audi filia. Lors de son procès, cinq accusateurs se retrouvèrent en face de cinquante-cinq autres témoins en sa faveur. En réalité on lui reprochait d’avoir utilisé des formules «érasmiennes» (car il avait connu Erasme à l’université), et on lui demandait d’aller les corriger là où il avait prêché précédemment. Quand il fut libéré, il remercia ses juges de lui avoir fait partager un peu la vie du Divin crucifié.

Son traité Audi filia est un commentaire du psaume 44, qu’il rédigea à l’intention d’une pieuse femme de Écija, récemment convertie. C’est un précis d’ascétisme qui fut hautement apprécié : le cardinal archevêque de Tolède put affirmer que cet ouvrage «avait converti plus d’âmes qu’il n’y avait de lettres de l’alphabet». C’est l’ouvrage que l’on consulta le plus durant tout le 16e siècle.

Juan fréquenta saint Ignace de Loyola, comme on l’a dit, et encouragea vivement le mouvement des «Jésuites» ; il aurait bien voulu que les prêtres qui l’entouraient en fissent partie ; il connut saint Francisco de Borja (dont il favorisa la conversion), saint Pedro de Alcántara, saint Juan de Ribera, pour ne citer que ceux-ci (pour ces trois derniers, voir aux 31 juillet, 30 septembre, 18 octobre et 6 janvier).

A partir de 1535, il se rendit à Cordoue, sur l’invitation de l’évêque de Tolède. C’est là qu’il rencontra Luis de Granada, qui fut son disciple et lui aussi grand prédicateur,. Les écrits de Juan de Ávila influencèrent beaucoup de ses contemporains : Juan de Dieu et ses Frères Hospitaliers, Teresa de Ávila et les Carmélites (voir au 15 octobre), (desquels il encouragea beaucoup les projets de réforme ; Juan de Ribera et Pedro de Alcántara (déjà cités), ainsi que Tomás de Villanueva ; mais aussi d’autres auteurs postérieurs : Antonio de Molina, Luis de la Palma, Luis de la Puente, Carlo Borromeo (voir au 4 novembre), Pierre de Bérulle, François de Sales (voir au 24 janvier), Alfonso Maria de’ Liguori (voir au 1er août), Antonio María Claret (voir au 24 octobre)…

Juan évangélisa ainsi toute l’Andalousie actuelle, qui comprenait alors la Mancha et l’Extremadura. Il fonda beaucoup de séminaires et de collèges, l’université de Baeza. Toutes ces fondations anticipèrent, par leur esprit réformateur, le mouvement que le concile de Trente allait préconiser (1545-1563).

Il tomba malade en 1554, mais continua à prêcher pendant encore une quinzaine d’années, jusqu’en 1569, où alors la maladie empira. Il cessa sa longue vie apostolique le 10 mai 1569, à Montilla.

Juan de Ávila fut béatifié en 1894 et fut proclamé patron du clergé espagnol en 1946.

Canonisé en 1970, il a été proclamé Docteur de l’Eglise en 2012.

Il y a quatre Saints espagnols actuellement Docteurs de l’Eglise : Isidore de Séville, Juan de la Croix, Thérèse de Ávila, Juan de Ávila.

 

 

Ivan Merz

1896-1928

 

Né le 16 décembre 1896 à Banja Luka (Bosnie, Serbie), Ivan (Jean) était de famille bourgeoise et libérale. Son pays faisait partie de l'empire austro-hongrois, qui allait être si profondément marqué par les événements européens du vingtième siècle. Le père d'Ivan, un ancien officier dans cet empire austro-hongrois, était maintenant employé dans les chemins de fer ; la mère, d'origine juive, était hongroise.

Ivan eut un maître à penser remarquable, en la personne du docteur Ljubomir Marakovic, qui lui fournit d'excellents conseils dans sa quête intellectuelle et spirituelle.

Après un essai de trois mois à l'Académie militaire de Wiener Neustadt, qui le déçut profondément en raison de la corruption qui y régnait, Ivan fréquenta l'université de Vienne en droit et en lettres.

En 1916 il fut enrôlé d'office dans l'armée et envoyé sur le front italien (1917-1918). Le traité de Versailles va complètement démanteler l'empire austro-hongrois et donner naissance à la Yougoslavie.

En 1919, Ivan retourna à Vienne pour ses études puis, en 1920, muni d'une bourse d'étude, part pour Paris où il fréquente les cours à la Sorbonne et à l'Institut Catholique. Sa vie spirituelle s'enrichit au contact de la liturgie. Il connaît là les Conférences Saint-Vincent-de-Paul et aura l'occasion de faire son premier pèlerinage à Lourdes : dans les colonnes du journal La Croix, il polémiquera contre Emile Zola sur les apparitions de Lourdes. Pour sa part, il fait connaître la Croatie à ses amis de Paris.

C'est à Zagreb qu'il présentera sa thèse de doctorat « L'influence de la liturgie sur les écrivains français de Chateaubriand à nos jours». Cette thèse est actuellement publiée en France.

A Zagreb, il devient professeur de français et d'allemand au collège archiépiscopal.

Ivan a trouvé seul la voie de la sainteté. Il promut le mouvement liturgique en Croatie et fut le pionnier enthousiaste de l'Action catholique en Croatie. Pour les jeunes il fonda un mouvement (inspiré de la Croisade eucharistique française), l'Union Croate des Aigles (Hrvatski orlovski savez). Il appuie son activité sur l'Eucharistie et le Successeur de Pierre ; il voulait fonder un journal catholique croate à l'image de ce qu'il avait trouvé en France.

Pour toujours mieux connaître l'Eglise, il en étudia l'histoire, les textes pontificaux, la théologie.

Ses origines, ses études, ses voyages, qui embrassaient tant d'éléments culturels différents, se fondaient harmonieusement dans sa personne chrétienne profondément catholique. Ivan était un vrai « européen » avant la lettre.

Ivan souffrait depuis sa jeunesse d'une inflammation chronique de la cavité maxillaire : cette maladie dégénéra et le conduisit à une mort prématurée, quand il n'avait pas trente-deux ans, le 10 mai 1928.

Il a été béatifié en 2003, proposé à tous les jeunes catholiques européens comme modèle d'assimilation des diverses cultures dans un unique idéal chrétien.

Ivan écrivait :

Grâce à la liturgie, tout catholique devient grand et universel, il laisse de côté ses intérêts personnels et commence à avoir les mêmes sentiments que l’Eglise.

 

 

Enrico Rebuschini

1860-1938

 

Né le 25 (ou le 28) avril 1860 à Gravedona (Lac de Côme, Italie du nord), Enrico appartenait à une famille aisée.

Il se montra toujours sensible envers les nécessiteux et donnait toujours ce qu'il avait.

Sa sœur Dorina épousa un commerçant de soie, chez lequel il travailla pendant trois années. Mais ce travail dans l'administration ne lui convenait pas. Quand il parla de sa vocation sacerdotale, son père ne s'y montra vraiment pas favorable. Enrico attendit, persévéra, son état physique s'en ressentit et sa maigreur fut inquiétante. Un prêtre, don Luigi Guanella (voir au 24 octobre), pria et fit prier dans tous les monastères pour la vocation de ce jeune homme, et Enrico finit par convaincre son père de le laisser partir pour le séminaire de Côme.

Ensuite, il se rendit au Collège Lombard, à Rome. Il suivit les cours de l'Université Grégorienne. Il y fut heureux et ses parents vinrent le trouver à la fin de 1885, le trouvant dans une grande paix. Il reçut les ordres mineurs.

En 1886 cependant, une crise dépressive le ramena quelque temps au foyer familial : Enrico se mortifiait excessivement, et mangeait trop peu, au lieu de s'alimenter suffisamment. Mais au bout d'un an, la paix se rétablit providentiellement en son cœur, et il décida de s'engager auprès des plus nécessiteux.

Son confesseur l'orienta vers la congrégation des pères camilliens, voués au soin des malades. Une illumination intérieure, qu'il reçut devant un tableau de saint Camille (voir au 14 juillet), le convainquit de son orientation.

Il commença le noviciat à vingt-sept ans, au milieu de compagnons qui avaient dix ans de moins que lui. Il combattit sa vivacité et devint très estimé de ses supérieurs : encore novice, il fut présenté pour l'ordination sacerdotale, qu’il reçut en 1889, des mains de l'évêque de Mantova, Mgr Giuseppe Sarto, futur pape Pie X.

Dès 1890 il fut nommé aumônier des hôpitaux civil et militaire de Vérone. Là où d'autres prêtres ne réussissaient pas, Enrico faisait des merveilles : les malades se convertissaient, demandaient les sacrements, car il avait les paroles justes pour toucher les cœurs.

Il fit la profession solennelle en 1891, après laquelle il eut des «rechutes», des épreuves intérieures, des tentations, à cause de sa nature perfectionniste et de sa faible constitution. Une de ses tentations majeures était de se croire damné.

Il fut cependant nommé vice-maître des novices et professeur de théologie, ce qui prouvait bien combien on pouvait s’appuyer sur lui. Mais il retomba en crise, se croyant incapable d'assumer ces responsabilités.

Toutefois, malgré toutes ces crises, le père Rebuschini faisait un travail admirable auprès des malades. En réalité, pendant dix ans, il exerça son apostolat à Vérone, puis, de 1899 jusqu'à la mort, il soigna les malades dans la maison des Camilliens de Crémone. Ses moments de dépression étaient tout intérieurs et jamais le père Enrico ne les laissait paraître. Un Confrère qui l'avait côtoyé put témoigner qu'il n'en avait eu connaissance que par ce qu'il avait lu plus tard.

C'est que le père Enrico ne manquait pas d'occupations : outre l'apostolat auprès des âmes, il devait s'occuper de mille choses pratiques, de petites réparations, de la fabrication du vin, de la salle d'opération, du jardin, des salaires à payer ; il installa le chauffage central ; il dut manœuvrer habilement au milieu des difficultés encontrées par la faillite de la banque...

Il exerça toutes ces activités jusqu'en 1938. Ses forces déclinèrent. Début mai 1938, il demanda pardon à chacun, demanda de prier pour lui, reçut les derniers sacrements avec profonde piété.

Enrico mourut le 10 mai 1938, au petit matin.

Il fut béatifié en 1997.

 

 

Vasile Aftenie

1899-1950

 

Vasile Aftenie naquit le 14 juin 1899 à Lodroman (Târnava-Mică, Valea Lunga, Roumanie W), de Petru et Agafia.

Après l’école primaire, il fréquenta le lycée de Blaj.

En 1917, il fut enrôlé dans l’armée et envoyé au front en Galice et en Italie.

En 1918, il commença des études de Droit à Bucarest mais, en1919, s’inscrivit à la faculté de Théologie de Blaj ; puis il fut envoyé au collège grec Saint-Athanase de Rome : en 1925, il était docteur en Philosophie et en Théologie.

Ordonné prêtre en 1926, il fut nommé successivement professeur à l’académie de Théologie de Blaj, archiprêtre à Bucarest en 1934, chanoine du chapitre de Blaj en 1937 ; enfin, en 1939, il fut nommé recteur de l’académie de Théologie de Blaj.

En 1940, il fut consacré évêque titulaire d’Ulpiana, auxiliaire de l’archevêque Mgr Nicolescu. Mgr Aftenie siégea à Bucarest, l’église Saint-Basile étant devenue cathédrale. Rappelons que saint Basile (v. 2 janvier) était le saint Patron de Mgr Aftenie.

En 1941, après la mort de Mgr Nicolescu, il fut administrateur apostolique de Făgăraş et Alba Iulia.

Comme on le sait, le régime communiste s’imposa au pays roumain, persécutant durement le clergé, cherchant en particulier à rallier les prêtres et les évêques à l’église orthodoxe roumaine ; certains prêtres cédèrent, parfois sous la pression. En 1948, Mgr Aftenie reçut une quarantaine de ces prêtres et les admonesta fortement pour avoir abandonné l’Eglise romaine.

Comme Mgr Frențiu, Mgr Aftenie fut arrêté le 28 octobre 1948, juste après sa sortie de la cathédrale, sur la Piața Romană, et conduit à Dragoslavele, puis de là au monastère Căldăruşani, transformé en prison ; le 10 mai 1949, on l’emmena dans le sous-sol du Ministère de l’Intérieur, dans une cellule d’isolement où, sous les ordres d’un général impie, il fut sauvagement torturé et mutilé, puis conduit dans la prison de Văcăreşti, où il mourut le 10 mai 1950.

Cela ne suffisait pas encore. La caisse qu’on fabriqua pour servir de cercueil à l’Evêque, était trop petite : on coupa alors les pieds du Martyr ; on aurait voulu brûler son corps, mais il fut enterré au cimetière Bellu de Bucarest, grâce à l’intervention d’un prêtre qui put, quelques jours après sa mort, célébrer les rites des funérailles. Sur la croix de sa tombe, on n’eut pas la permission d’écrire autre chose que V.A. 1950.

En 2010, la dépouille de Mgr Aftenie fut transférée en l’église Adormirea Maicii Domnului (Dormition de la Mère de Dieu) de Bucarest.

Vasile Aftenie est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Près de 9600 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens