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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 23:00

Clotilde épouse de Clovis

473-545

 

Clotilde - réellement Crotechildis -, l’illustre épouse de notre premier roi chrétien Clovis, était l’une des deux filles de Chilpéric II, roi burgonde, et Carétène ; elle était née vers 473 ; l’autre fille s’appelait Sédeleube.

Chilpéric siégeait à Lyon mais, à sa mort, son épouse et les deux filles se retirèrent à Genève.  C’est là que Sédeleube fonderait bientôt un monastère et s’y retirerait.

La belle Clotilde fut bientôt proposée en mariage à Clovis, le jeune roi des Francs ; les fiançailles se firent par procuration et, quand on annonça à Clovis la prochaine arrivée de Clotilde, il se hâta d’aller au-devant d’elle à Villery, au sud de Troyes. Les noces furent célébrées solennellement.

On sait quel rôle tint la chrétienne Clotilde auprès de Clovis, qui n’était pas encore baptisé, ni même bien croyant.

Une première épreuve frappa le couple, quand leur premier enfant, Ingomer, mourut peu après son baptême : Clovis accusa alors le Dieu de Clotilde de lui avoir pris son enfant. Mais leur deuxième fils, Clodomir, gravement malade lui aussi, resta en vie, et le roi cessa alors d’accuser son épouse. Ils eurent ensuite trois enfants : Childebert, Clotaire et Clotilde.

Vers 496, Clovis eut à affronter des Barbares à Tolbiac et, durant la mêlée, implora le Dieu de Clotilde, en promettant de se faire baptiser s’il obtenait la victoire. Victorieux, Clovis reçut les leçons de catéchisme de Clotilde, conseillée par le saint évêque Remi (v. 13 janvier).

On date traditionnellement le baptême de Clovis et de ses trois mille soldats, en la fête de Noël 496.

Clotilde eut une heureuse influence sur les décisions de son mari qui, évidemment, n’avait pas grandi dans la même douceur chrétienne qu’elle.

Une de leur œuvre commune fut l’édification, à Paris, de l’église qui abriterait leur futur caveau, où ils firent déposer d’abord les restes de sainte Geneviève (v. 3 janvier) ; ce fut l’origine de l’église Sainte-Geneviève.

Leur vie conjugale ne dura cependant guère plus de vingt ans, car Clovis mourut vers 511, laissant sa chère Clotilde avec ses quatre enfants, qui allaient lui donner tant et tant de soucis.

Sa fille Clotilde fut bientôt donnée en mariage à Amalaric, roi des Wisigoths d’Espagne - que Clovis avait refoulés à Vouillé en 507 ; Amalaric n’était pas chrétien ; plus tard, Clotilde poussa son fils Childebert à attaquer cet époux violent, qui maltraitait son épouse Clotilde.

Son fils Clodomir, après avoir enlevé et assassiné son oncle Sigismond, ainsi que la femme et les deux fils de celui-ci, voulut conquérir la Burgondie en 524, mais y fut battu et tué, et l’on promena sa tête sur une pique, comme cela se fit bien plus tard durant la Révolution. Clodomir laissait trois fils, qui pouvaient être ses héritiers.

Mais les deux autres fils de Clovis et Clotilde, Clotaire et Childebert, dépossédèrent les fils de Clodomir de leur droit à la succession puis, trompant leur sainte mère, en assassinèrent deux sans pitié, tandis que miraculeusement s’échappait le troisième, Clodoald, plus tard mieux connu sous le nom de Cloud (v. 7 septembre).

La pauvre Clotilde fut chargée de s’occuper elle-même des funérailles de ses malheureux fils, puis elle se retira à Tours, près du tombeau de s.Martin (v. 11 novembre). Elle suggérait de bons candidats aux élections épiscopales. Elle était active et très généreuse, elle fonda ou enrichit bien des églises, dont Saint-Georges de Chelles ; sa générosité sans borne la fit mourir dans la plus extrême pauvreté.

Mais avant de mourir, elle eut encore un geste digne de son rang royal et chrétien : elle fit venir ses deux fils assassins, leur parla maternellement, leur prédit certains événements, et s’éteignit après avoir reçu les derniers Sacrements, le 3 juin 545.

La dépouille de Clotilde fut déposée dans le tombeau préparé par Clovis à Paris, avec celle de sainte Geneviève. Des reliques de la sainte Reine furent attribuées en divers lieux. En 1793, on profana les tombes et les cendres de sainte Geneviève furent jetées au vent. Pour éviter une ultérieure profanation, un chanoine crut bien faire de recueillir les restes de sainte Clotilde et de les brûler lui-même ; elles se trouveraient aujourd’hui en l’église Saint-Leu.                                                                                                                                                                                                  

Clotilde de France ne fut jamais officiellement canonisée, sinon par la vox populi.

En 1994, sainte Clotilde fut élue pour un heureux patronnage : celui de l’aviation légère de l’armée de terre. L’explication en est que, il y a quinze siècles, Clovis avait, à Tolbiac, submergé l’ennemi sous le feu du ciel, ce qui est aujourd’hui la mission des hélicoptères de combat.

Sainte Clotilde est inscrite au Martyrologe romain le 3 juin. En France, on la fête le 4, en raison de la fête des Martyrs d’Ouganda qui est célébrée le 3 juin.

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 23:00

Chang Sŏng-jip Iosephus

1785-1839

 

Joseph était né dans une famille païenne de Seoul.

Il était pharmacien.

Il se maria deux fois, mais ses deux épouses moururent rapidement. Vers trente ans, il commença à étudier la foi catholique.

Joseph avait une difficulté pour croire en l’Incarnation du Verbe et en sa naissance virginale : il ne pouvait se résoudre à croire que Dieu s’était humilié au point de devenir un homme comme nous, uniquement par amour pour l’humanité.

Découragé par ce problème, il abandonna l’étude du catéchisme pendant quelque temps et chercha à se faire de l’argent. Mais un de ses amis le persuada de revenir à Dieu et Joseph se repentit de son éloignement.

Il se livra à la prière, à la méditation, à la lecture de l’Ecriture ; il évitait de rencontrer les amis et vivait dans une grande solitude.

Ses amis lui demandaient pourquoi il ne travaillait plus ; il répondait qu’il préférait souffrir la faim et le froid par amour pour Dieu et pour obtenir le bonheur éternel, plutôt que de conserver la santé de cette terre.

Il reçut le baptême et la confirmation le même jour en avril 1838.

Quand il entendit parler des martyrs, il en fut si ému qu’il voulut se rendre volontairement à la police pour partager leur sort, mais son beau-père l’empêcha.

Il fut tout de même arrêté le 18 mai 1839. Des voisins, des amis et les policiers eux-mêmes le pressaient de renier sa foi. Au contraire, il leur rappela la doctrine catholique, selon laquelle chacun doit aimer Dieu, créateur de toutes choses sur terre, qui recevra au ciel tous les hommes bons, et repoussera en enfer tous les mauvais.

Finalement, le chef de la police l’envoya à la Haute Cour. Comme on ne l’interrogeait pas tout de suite, Joseph demanda pourquoi on le laissait tout seul, sans l’interroger et sans le torturer. On le prit pour un fou et on l’envoya en prison.

Pressé par le chef de police de renier sa foi, il refusa et fut sévèrement battu : il reçut au moins vingt coups de konjang, ce gourdin en chêne, long 1,5 mètre, large 15 cm, épais 5 cm, avec un long manche. Une dizaine de coups seulement de ce gourdin sur le postérieur du supplicié, couché sur le ventre, fait jaillir le sang et met la chair en lambeaux.

Puis il fut renvoyé en prison à Seoul.

C’est là qu’il mourut quelques jours plus tard, le 26 mai 1839.

Chang Sŏng-jip Iosephus fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.

Saint Kim Sŏng-u Antonius (martyrisé le 29 avril 1841 et canonisé avec lui) serait son frère, d’après certains.

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 12:53

Erik  de Suède

† 1160

 

Les origines d’Erik sont quelque peu incertaines. Il serait fils d’un noble nommé Jedward (Edward) - d’où son nom de Erik Jedvardsson - et de Cécilia, fille du roi suédois Blot-Sven, mais cette descendance apparaît douteuse pour les historiens. On suppose qu’il était plutôt un noble personnage, d’une province christianisée, non soumise au roi de Suède.

On pourrait ainsi supposer que, en opposition au roi païen Blot-Sven, une conspiration lui aurait préféré un roi chrétien et aurait acclamé roi notre Erik, vers 1156 ; ce choix en faveur d’Erik serait dû à son mariage avec la princesse danoise Kristina.

De cette union naquirent quatre enfants : Knut (qui succédera à son père), Filip, Katarina, Margareta.

Erik dut rapidemant faire face à un rival, Karl, fils du roi Sverker Ier de Suède, lui aussi acclamé roi vers 1156.

Chrétien, le nouveau roi Erik IX voulut propager le christianisme dans la Finlande voisine, encore païenne. Cette «croisade» lui paraissait aisée, mais il rencontra une résistance assez farouche et ne put «conquérir» que quelques localités sur la côte ; l’évêque André, qui l’accompagnait dans son expédition, mourut assassiné. On a un témoignage du pape Alexandre III (1159-1181), qui regrette que les Finnois promettent de se convertir quand ils sont menacés par l’armée, mais retournent au paganisme quand le «danger» est écarté.

Dans son pays, Erik s’occupa avec grand zèle de la juste administration de la Suède, protégeant et favorisant l’expansion du culte chrétien par la construction d’églises.

Il eut à cœur de promulguer une législation en faveur des droits des femmes.

Ce règne prometteur s’acheva rapidement. En mai 1160, Erik assistait à l’office divin, lorsqu’on l’avisa que les troupes danoises envahissaient le pays et s’approchaient. Il entendit la messe jusqu’à la fin et enfourcha ensuite sa monture pour marcher avec ses troupes contre l’envahisseur, le prince danois Magnus Henriksson. A la bataille d’Ostra-Aros, sur l’emplacement de l’actuelle Upsal, Erik tomba, percé de coups.

C’était le 18 mai 1160, jour de l’Ascension.

Erik IX fut de tous temps honoré pour ses vertus, ses mœurs austères et sa mort héroïque. Jusqu’à la Réforme du XVIe siècle, il fut reconnu comme le patron de la Suède.

Avec le titre de martyr, saint Erik IX de Suède est inscrit au Martyrologe le 18 mai.

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13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 23:00

14 MAI

 

I.

S Matthias (cf. Ac 15-26), apôtre mort à Jérusalem (ou en Éthiopie ?), dont les reliques seraient à Trêves, représenté avec hallebarde ou épée, et parfois même transpercé par celles-ci par allusion à son martyre.

II.

Stes Iusta, Iustina et Heredinavierges martyres en Sardaigne.

S Victor et ste Corona, lui, militaire, elle, jeune femme de seize ans et déjà mariée, martyrs en Egypte ; Victor eut les doigt brisés, fut jeté dans une fournaise ardente puis décapité ; Couronne fut écartelée après avoir été liée entre deux arbres qu’on avait inclinés, puis relâchés.

III.

S Maximos, martyr lapidé en Asie, peut-être à Ephèse.

S Isidoros, martyr à Chio ; il fut jeté dans un puits dont l’eau guérit les malades.

S Pontius, de famille sénatoriale romaine, martyr à Cimiez.

IV.

Ss Felix et Fortunatus, martyrs à Aquileia.

S Boniface, intendant débauché d’une riche romaine, venu à Tarse où, converti, il subit le martyre.

V.

S Aprunculus, évêque chassé de Langres et élu à Clermont, déjà mentionné le 4 janvier.

S Ampelius, forgeron égyptien, venu mourir près de Gênes, patron des forgerons. 

VI.

S Gallus, moine auvergnat, évêque à Clermont, oncle et maître de s. Grégoire de Tours. 

S Bévignat, ermite près de Pérouse.

S Boniface, évêque à Ferento.

VII.

S Gildéric (Joudry), écossais, ermite près de Exmes ; on l’invoque contre la fièvre.

S Carthage le Jeune (Mochuda), évêque à Lismore après avoir guidé plus de huit cents moines à Rathin.

S Erembert, évêque à Toulouse, qui finit sa vie à l’abbaye Saint-Wandrille.

X.

B Tuton, évêque à Ratisbonne, aveugle à la fin de ses jours.

XI.

S Halward (Harward), martyrisé en Norvège en protégeant une femme injustement accusée.

XIII.

B Gil de Vaozela, portugais, d’abord égaré dans la magie noire et la nécromancie, puis dominicain, provincial d’Espagne, retiré à Santarém au Portugal, mystique.

XIV.

Bse Julian de Norwich, mystique anglaise, recluse dès l’âge de treize ans.

XIX.

Bx Jeong Cheol-sang Carolus, Jeong In-hyeok Thaddeus, Jeong Bok-hye Candida, Yun Un-hye Lucia, Choe Pil-je Petrus, laïcs coréens martyrs, décapités, béatifiés en 2014.

Ste Anne Thérèse Guérin (Théodore), française, fondatrice aux Etats-Unis de la Congrégation des Sœurs de la Providence, béatifiée en 1998, canonisée en 2006.

S Mixel Garikoitz, basque, fondateur des prêtres du Sacré-Cœur de Bétharram.

Bse Maria Domenica Mazzarello, fondatrice piémontaise de l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice, œuvre très liée à celle de s. Giovanni Bosco.

Matthias, apôtre

Ier siècle

 

Saint Matthias est cet apôtre qui fut appelé à occuper, parmi les apôtres, la place laissée libre par la trahison de Judas.

Au lendemain de l’Ascension du Seigneur, ainsi que le narre saint Luc dans le livre des Actes des Apôtres (Ac 1:13-26), ces derniers étaient assemblés à Jérusalem, priant et attendant la venue de l’Esprit Saint.

C’est alors que Pierre, usant de l’autorité que lui avait conférée le Christ, prononça son premier discours comme Chef des apôtres, et visiblement inspiré, citant les psaumes 69 et 109, annonce qu’il faut procéder à l’élection d’un douxième apôtre. Humblement, Pierre ne nomme pas d’emblée celui qu’il pense être l’élu, mais il demande à l’assemblée des cent-vingt frères de présenter des candidats, répondant aux deux critères suivants : ils doivent avoir accompagné les apôtres depuis le baptême de Jésus par Jean-Baptiste - c’est-à-dire depuis le début de la vie publique de Jésus, et avoir été témoins de Sa résurrection.

Cela prouve que, outre les apôtres qu’avait choisis Jésus, d’autres aussi accompagnaient au moins fréquemment le groupe apostolique, en tout cas étaient en contact assidu avec eux, connaissaient leur vie et l’enseignement de Jésus, vivant dans une réelle intimité avec eux, même s’ils n’en avaient pas, ou pas encore, la dignité reçue par l’appel du Christ. C’est d’ailleurs également dans leurs rangs que Jésus avait choisi les soixante-douze autres disciples, qu’il avait ensuite envoyés deux à deux en mission, et c’est le même saint Luc qui le rapporte dans son évangile (Lc 10).

On peut légitimement présumer que les deux candidats présentés par l’assemblée ce jour-là, faisaient partie de ces soixante-douze disciples.

Là encore, les frères réunis n’osent pas choisir eux-mêmes, mais ils prient ; ils demandent à Dieu de montrer celui qu’Il a choisi et tirent au sort pour connaître la volonté divine. Ainsi est choisi Matthias.

Saint Jean Chrysostome a loué l’humble douceur avec laquelle l’autre candidat, Joseph Bar Sabbas accepta ce choix. Dans l’Écriture, il disparaît totalement. Un témoignage de Papias, recueilli par l’historien Eusèbe, affirme qu’il aurait appartenu aux soixante-douze disciples, et que plus tard, il aurait bu un poison mortel mais qu’il n’en éprouva aucun mal. Ajoutons qu’au IXe siècle, s.Joseph Bar Sabbas fut introduit dans le Martyrologe au 20 juillet, mais n’a pas été retenu dans la dernière édition du Martyrologe Romain, faute d’indices historiques certains.

Quant à Matthias, il fut donc mis au nombre des douze apôtres, dit saint Luc (ibid, 1:26).

On ne connaît rien de sûr sur Matthias. Le nom lui-même signifie “Donné”. Des Actes apocryphes affirment qu’il aurait été originaire de Bethléem, de la tribu de Juda et d’une naissance illustre, ce qui n’est pas invraisemblable, mais reste incontrôlable.

La Tradition n’est pas plus éloquente sur l’apostolat de Matthias. Il aurait évangélisé en Palestine même, ou en Éthiopie, aurait été martyrisé.

Ce qu’on dit de ses reliques peut aussi être reçu avec quelque doute. Le corps transféré par sainte Hélène au IVe siècle, était-il celui de l’apôtre, ou de l’évêque Matthias de Jérusalem mort au IIe siècle ? Est-ce bien le corps et le chef de l’apôtre Matthias que l’on conserve sous l’autel de Sainte-Marie-Majeure à Rome ? Comment se fait-il donc que le corps de l’apôtre se trouve également à Trèves et à Padoue ? Comme cela arrive très souvent, on possède sans doute quelques fragments du corps de l’apôtre, que l’on introduit dans une châsse de cire représentant le corps entier. Il serait fort utile, de nos jours, de procéder à une analyse minutieuse de ces diverses reliques, avec les moyens que la Providence nous permet d’utiliser.

Une autre incertitude a plané sur le dies natalis de saint Matthias. La Tradition est silencieuse aussi à ce sujet. Les martyrologes anciens ne le mentionnent jamais jusqu’au VIIIe siècle ! Ce n’est qu’à partir du IXe siècle que chaque apôtre a sa fête propre, et encore les Grecs ne le mentionnent pas, eux d’habitude si fidèles aux traditions, que l’Église a reprises dans l’élaboration du nouveau Martyrologe.

A partir du XVIe siècle, on finit par fêter le douxième Apôtre au 24 février ; enfin, lors de la dernière réforme du calendrier, il a été fort justement décidé qu’on le fêterait en mai, à un jour correspondant grosso modo à l’anniversaire de son élection au collège apostolique, proche de la fête de l’Ascension et avant la Pentecôte, et cette fête a été établie au 14 mai.

Toutes ces vissicitudes ne doivent pas nous induire à penser que “peut-être” saint Matthias n’aurait pas existé, ni même qu’il n’aurait eu qu’un rôle mineur au sein du collège apostolique. L’Écriture est formelle : son élection est tout-à-fait historique, et c’est le plus important.

Certainement, Matthias aura été très discret, très effacé, conscient de son indignité devant un tel choix divin. Mais il sera non moins certain qu’il aura été fidèle jusqu’au bout, fidèle au Christ, fidèle à l’Église et à saint Pierre.

 

Note. La bienheureuse Anna Katherina Emmerick dit que les deux candidats, Matthias et Joseph Bar Sabbas, n’avaient pas même pensé à être choisis, tandis que d’autres parmi les frères avaient bien ambitionné dans leur cœur cette “promotion”. Elle explique qu’à la dernière Cène, Jésus imposa les mains à quelques-uns des apôtres, et qu’au jour de la Pentecôte, Pierre imposa les mains aux autres, et ici particulièrement à Matthias. Ce dernier devait être un de ceux qui auraient accompagné Pierre à la piscine de Béthesda pour administrer le baptême. C’est là que Pierre prononça le discours de Ac 22:14-40, après lequel furent baptisées trois mille personnes. Plus tard, elle croit voir notre apôtre aux côtés de Pierre à Antioche. Elle les revoit tous autour de Marie au moment de son trépas : André et Matthias en préparent le sépulcre et vont l’ensevelir avec les autres apôtres. Bien sûr, ceci n’est pas vérité d’Evangile, mais ne semble pas non plus contredire l’Ecriture.

 

 

Iusta et Heredina en Sardaigne

2e siècle

 

Il s’agit ici de deux vierges sardes, qui furent mises à mort pour la Foi, sous Hadrien.

Autrefois, on leur adjoignait Iustina.

Ce n’est que sous Constantin, deux siècles plus tard, que la liberté de culte devait être assurée.

Il ressort de certains livres anciens que Iusta, fille de Cleodonia, aurait subi le martyre avec ses deux servantes, Iustina et Henedina (sic).

Deux localités se disputent le lieu de leur martyre : Sassari, Cagliari. Les Vierges auraient été originaires de Cagliari, et martyrisées à Sassari.

Ce martyre a dû avoir lieu vers 120-135.

Saintes Iusta et Heredina sont commémorées le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor et Corona en Egypte

2e siècle

 

Victor, originaire de Syrie, était un soldat sous Antonin le Pieux et se trouvait en Egypte (le Martyrologe dit en Syrie, par erreur).

Le juge l’ayant invité à abjurer le Christ et à offrir de l’encens aux dieux, Victor s’y refusa.

Il eut les doigts brisés, on le jeta dans une fournaise dont il sorti indemne au bout de trois jours, et fut décapité.

Corona, une jeune femme de seize ans déjà mariée à un soldat, manifesta de la sympathie pour le courageux Martyr et fut immédiatement arrêtée. On ne sait si elle était baptisée, mais elle déclara ouvertement qu’elle était chrétienne et prête à mourir pour le Christ.

On l’attacha à deux arbres dont on inclina les branches avec des cordes, puis on relâcha brusquement les cordes, provoquant la dislocation complète de ce jeune corps. Si Corona n’avait pas encore reçu le baptême par l’eau, elle le reçut par le sang.

Ce pouvait être vers 140-160, durant le règne de l’empereur Antonin.

Saints Victor et Corona sont commémorés le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximos d’Ephèse

† 250

 

Maximos était né à Ephèse, ou y vivait de son petit négoce. On le savait chrétien.

Quand parut l’édit impérial obligeant les Chrétiens à renoncer au Christ et à adorer les idoles, Maximos fut arrêté.

Les questions et réponses de ce «procès» nous sont parvenus dans leur forme originale du greffe. Voici quelques réparties de Maximos :

Je ne sacrifie qu’au seul Dieu à qui je me félicite d’avoir toujours sacrifié depuis mon enfance.

Ces coups dont je suis frappé pour le nom de Jésus-Christ ne sont point des tourments, mais plutôt une onction.

Les coups en question étaient la torture du bâton qu’avait ordonnée le proconsul. Puis il fit étendre Maximos sur le chevalet pour y être déchiré par les ongles de fer ; on y alluma aussi un feu qui brûlait les chairs de Maxime, en même temps que la fumée l’étouffait. De guerre lasse, le proconsul le fit lapider en-dehors de la ville. Le texte parle d’une grêle de pierres.

On n’est pas sûr de la ville où eut lieu ce martyre ; certains parlaient d’Ephèse, mais le texte original mentionne seulement en Asie.

Saint Maximos d’Ephèse est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isidoros de Chio

† 251

 

Isidoros fut, dit-on, jeté dans un puits, à cause de sa foi en Jésus-Christ, en 251.

L’eau de ce puits fut miraculeuse.

Saint Isidoros de Chio est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pontius de Cimiez

† 258

 

Pontius était un Romain, de parents païens et de famille sénatoriale.

Il fit de bonnes études dans les lettres et la philosophie.

Il eut le bonheur d’entendre une psalmodie de l’office divin, qui le poussa à demander le baptême. C’est le pape Pontianus qui lui conféra ce sacrement.

Le néophyte convainquit bientôt son père et toute la maisonnée de recevoir à leur tour le baptême.

A la mort du sénateur, Pontius vendit tout son héritage pour se donner à la prédication. Il vint à Cimiez (proche de l’actuelle Nice).

Pontius fut arrêté pour sa foi et sommé de sacrifier aux dieux, ce qu’il refusa catégoriquement. Il subit diverses tortures, suspendu à un chevalet et déchiré par les fouets, exposé aux bêtes - qui ne le touchèrent pas -, jeté sur un bûcher - qui s’éteignit -, enfin décapité.

Ce devait être en 258.

La ville de Cimiez fut rasée par les Lombards. Il existe dans l’Hérault une localité Saint-Pons-de-Thomières, dont le monastère abrita les reliques du Martyr.

Saint Pontius de Cimiez est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Felix et Fortunatus d’Aquileia

† 305

 

Il s’agirait ici de deux frères, martyrisés à Aquileia (Frioul, Italie NE), du temps de la persécution de Dioclétien.

D’après la tradition, ils furent successivement écartelés sur le chevalet et brûlés par des torches ardentes, qui s’éteignirent aussitôt. Puis ils eurent le ventre brûlé avec de l’huile bouillante, et furent enfin enfin décapités.

Saints Felix et Fortunatus sont commémorés le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Nota. Au 23 avril étaient mentionnés trois Martyrs, Felix, Fortunatus et Achilleus, dont les Actes ont semblé fort suspects aux historiens. N’aurait-on pas fabriqué des Martyrs pour l’église de Valence ? Les saints Felix et Fortunatus d’Aquileia seraient devenus Felix, Fortunatus et Achilleus, passant de l’Italie à la proche Valence… On sait que les Martyrs d’Aquileia étaient très connus en Gaule, puisque Venance Fortunat y fait allusion. Ce n’est qu’une hypothèse gratuite.

 

 

Aprunculus de Langres-Clermont

† 491

 

Aprunculus (Abrunculus, Aproncule) était le fils d’un Bourguignon et d’une Auvergnate. Son nom semble signifier petit sanglier.

En 456, il devint le onzième évêque de Langres.

En 484, on ne sait exactement dans quelles circonstances, Aprunculus fut suspecté d’infidélité envers le roi burgonde, Gondebaud, qui l’expulsa, ou le menaça de mort.

L’infortuné alla se réfugier à Clermont, auprès de l’évêque Sidoine Apollinaire (v. 21 août) ; ce dernier prophétisa que son successeur serait Aprunculus, ce qui arriva en effet, en 489. Aprunculus devenait maintenant le douzième évêque de Clermont.

Entre Langres et Clermont, Aprunculus eut un épiscopat de trente-cinq ans.

Il mourut en 491, ou le 4 janvier ou le 14 mai : le Martyrologe présente en effet cette anomalie, qu’il mentionne le même Aprunculus à ces deux dates et dans des termes à peu près similaires.

Par respect pour le livre du Martyrologe, on a aussi gardé ici les deux dates.

Saint Aprunculus de Clermont est donc commémoré le 4 janvier et le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gallus de Clermont

486-551

 

Gallus naquit vers 486 à Clermont, fils du sénateur Georgius et de Leocadia, une descendante d’un Martyr, Vetius Apagathus (v. Martyrs de Lyon en 177, 2 juin). C’était donc une famille bien en vue, et chrétienne depuis longtemps.

Dans sa jeunesse, il fit plusieurs fois à pied le pèlerinage au sanctuaire de s.Julien de Brioude (v. 28 août) ; un jour qu’une épine lui avait blessé le pied, il en fut guéri, dit-il, grâce à l’intercession du Martyr.

Quand Gallus fut en âge, son père lui prépara un mariage digne de son rang. Gallus, qui ne l’entendait pas de cette oreille, se fit accompagner par un des esclaves de la maison et courut au monastère de Cournon.

L’abbé cependant, prudent, lui fit comprendre qu’il fallait le consentement de son père ; ce dernier répondit de façon très chrétienne : Que la volonté de Dieu se fasse plutôt que la mienne (cf. Lc 22:42).

Gallus avait une fort belle voix, étudiait volontiers, et surtout vivait intensément la vie monastique.

L’évêque de Clermont, Quinctianus, le fit venir à Clermont, en raison de cette belle voix ; puis le roi Thierry 1er se l’attacha : Gallus se retrouva à Cologne.

C’est dans cette ville qu’eut lieu un événement fameux, où Gallus faillit être martyr de son zèle : des païens avaient organisé une orgie dans un temple païen ; Gallus y mit le feu. Les païens cherchèrent à le tuer, mais il se réfugia bien vite dans le palais royal, et le roi calma ses sujets. Plus tard, Gallus se reprocha : Malheur à moi qui ne suis pas resté pour finir ma vie dans cette affaire.

En 525, mourut l’évêque de Cologne, Abrunculus, pour la succession duquel les habitants demandèrent Gallus, mais Thierry 1er refusa. Or Gallus se trouvait alors à Clermont, au moment de la mort de Quinctianus, et c’est lui qui vint en porter l’annonce à Thierry 1er. Gallus, encore diacre, fut alors désigné pour succéder à Quinctianus : il fut ordonné prêtre, puis alla à Clermont où il fut sacré évêque.

Il faut remarquer ici un flottement dans les dates. On lit en effet que Gallus aurait été nommé évêque en 486 ou en 525, un intervalle de quarante années durant lesquelles beaucoup de choses pouvaient se passer. Or on remarque quatre noms d’évêques entre 486 (mort de s.Sidoine Apollinaire) et 525 (mort de s.Quinctianus), qui posent problème aux historiens ; pourtant, des quatre, Aprunculus est connu (v. 4 janvier et 14 mai), Eufrasius est signalé en 515, Apollinaire II seul est inconnu, Quinctianus enfin est bien réel (v. 13 novembre). Il semble que la date de 525-526 soit la meilleure.

Gallus fut donc le seizième, et non le douzième évêque de Clermont.

Le nouvel évêque brilla par sa douceur et son humilité.

Un de ses prêtres s’emporta un jour contre lui. Celui-ci se contenta d’aller prier, l’autre demanda pardon, et Gallus lui annonça qu’il ne serait jamais évêque : en effet, le prêtre fut choisi pour l’évêché du Gévaudan, mais ne fut jamais sacré.

Gallus assista à plusieurs conciles : Clermont (535), Orléans (541 et 549).

Des miracles furent attestés. Un prêtre malade arriva à se faufiler et à entrer, tout simplement, dans le lit de Gallus, et s’en trouva guéri. Lors d’un grave incendie dans le centre de Clermont, Gallus avança vers le feu avec le livre de l’Evangile, et le feu s’éteignit. Lors d’une grave épidémie de peste qui couvrait toute la région d’Arles, il refit le pèlerinage à Saint-Julien de Brioude, organisa des prières publiques, et le fléau cessa.

Au printemps 551, Gallus tomba malade et perdit tous ses cheveux et sa barbe. Il distribua une dernière fois l’Eucharistie à son peuple, et mourut le dimanche avant l’Ascension, 14 mai 551.

On connaît tous ces détails grâce à s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre), qui fut le neveu de Gallus.

Saint Gallus de Clermont est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Carthage le Jeune

555-637

 

Celui que l’anglais moderne appelle Carthage, s’appelait en irlandais Mo Chutu mac Fínaill, aujourd’hui Mochuda ; il naquit vers 555 dans la région de Munster (Irlande) ; son père s’appelait Fínall Fíngein, sa mère Finmed.

Il fut élevé par Carthage l’Ancien, lui-même disciple de s. Kieran (v. 5 mars).

En 580, il se bâtit une cellule à Kiltallagh en vue d’y mener la vie d’ermite. Il alla passer aussi une année à l’abbaye de Bangor.

Plus tard, sur l’avis de s.Colman (v. 6 juin), il fonda le monastère de Rathin pour lequel il rédigea une Règle, un réel monument de l’écriture en vieil irlandais ; y vécurent plus de huit cents moines. On ne prenait jamais de viande : toute la nourriture consistait dans les fruits de la culture des moines.

Vers 636, Carthage dut quitter ce monastère qu’il avait dirigé pendant quarante ans, parce que le roi l’expulsa, peut-être à cause de cette interminable controverse de la date de Pâques. Carthage alla fonder un autre monastère avec une grande école à un endroit qui s’appelait Magh-Sgiath, l’actuelle Lismore ; la ville qui s’y développa devint le siège du nouvel évêché de Lismore, dont Carthage fut le premier évêque. Il y construisit la cathédrale.

Il venait d’achever cette cathédrale, lorsqu’il mourut, le 14 mai 637 (ou 638).

La réputation de la sainteté et des miracles de Carthage fit de Lismore une ville sainte, à moitié habitée par des moines. Cette ville prit le nom de Lismore Mochuda.

La Règle de Rathin fut un peu mitigée au 11e siècle, et le diocèse de Lismore fut réuni à celui de Waterford au 14e siècle.

Saint Carthage le Jeune est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Erembert de Toulouse

† fin 7e siècle

 

Aucune date n’est certaine dans la vie de ce personnage édifiant.

Erembert naquit à Villiolicourt (Le Pecq, Pincerais, actuelles Yvelines), son frère s’appelant Gamard.

L’année de sa naissance se situe soit sous le règne de Dagobert Ier (629-639), soit sous celui de Clovis II (639-657).

Il entra à l’abbaye de Fontenelle, durant l’abbatiat de s.Wandrille, qui dura de 649 à 668 (v. 22 juillet).

Il fut nommé évêque de Toulouse sous le roi Clotaire III et la reine Bathilde, donc entre 657 (avènement de Clotaire III) et 664 (retrait de Bathilde à l’abbaye de Chelles).

Un des miracles retentissants d’Erembert fut que, lors d’un déplacement chez son frère à Villiolicourt, il arrêta d’un geste un immense incendie.

Peu après, il se retira à l’abbaye de Fontenelle, sous le nouvel abbé, Lambert, qui gouverna cette abbaye entre 666 et 678.

Erembert y mourut saintement.

Son frère Gamard entra à son tour à l’abbaye de Fontenelle, ainsi que ses deux fils, Namnacus et Zachée.

Saint Erembert de Toulouse est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

Gil de Vaozela

1184-1265

 

Gil était le troisième fils de Rui Pais de Valadares, gouverneur de Coimbra sous le règne de Sancho Ier de Portugal. Destiné à l’état ecclésiastique, il étudia à l’université de Coimbra, s’y distingua par ses talents et ses aptitudes précoces pour les sciences. Il fut donc pourvu de gros bénéfices même avant son entrée dans les ordres.

Passionné par les sciences profanes, il négligea le chœur, confia l’abbaye à son prieur et s’en fut étudier à Paris.

En route, il fut accosté par un inconnu qui lui proposa de lui enseigner l’alchimie, science qui lui procurerait tous les plaisirs et tous les honneurs de la terre. L’inconnu était Satan en personne, qui lui fit signer avec son sang une cédule ainsi rédigée : Je renonce au titre d’enfant de Dieu et je me soustrais à ses lois ; je renonce à ma foi et renie les vœux de mon baptême pour devenir l’esclave dévoué de Satan qui en retour me fera avoir les plaisirs et honneurs terrestres.

L’apprentissage de la science diabolique dura sept années, au terme desquelles Gil, parvenu à Paris où il fut encore plus brillant qu’à Coimbra, finit par rentrer en lui-même et désira changer de vie.

Il invoqua la Sainte Vierge ; rentré en Espagne, il rencontra la prieur du nouveau couvent dominicain à Palencia, auquel il se confessa et exprima le désir d’embrasser là la vie religieuse, dans l’obscurité, l’humilité et la pénitence. Pour la vérité historique, il semble qu’il eût déjà fait connaissance de l’ordre dominicain à Paris.

La conversion de Gil fut très sincère. Il s’efforça de surpasser tous les confrères par son ardeur au travail, par une prompte obéissance et un silence rigoureux. Il expia ainsi par une rude pénitence tous les péchés qu’il avait commis.

Il fit profession en 1221, fut provincial d’Espagne de 1234 à 1245, enfin envoyé au couvent de Santarém (alors Scallabis) en Portugal, où il devait finir ses jours.

Ce ne fut pas sans épreuves. Satan le poursuivait, cherchant à le pousser au désespoir en lui rappelant l’horrible donation de son âme faite par écrit. Gil pria Marie : après sept ans d’austères pénitences, il obtint que Marie arrachât à Satan la fameuse cédule. Enfin Gil fut en paix.

Il fut employé avec grand succès au ministère des âmes : il était merveilleusement doué pour toucher les pécheurs endurcis.

Réélu provincial en 1257, il préféra abdiquer en raison de son grand âge et passa ses dernières années à Santarém, favorisé du don des extases et des prophéties.

Gil mourut en la fête de l’Ascension, le 14 mai 1265, jour auquel il est inscrit au Martyrologe Romain.

Il a été béatifié en 1748.

 

 

Julian de Norwich

1342-1416

 

Les dates de Julian, 1342-1416, sont approximatives.

Toute sa vie se déroula à Norwich (Norfolk, Angleterre).

Recluse dès l’âge de treize ans, elle avait seulement une servante, et laissait entrer quelques visites.

Julian de Norwich est une âme mystique dont on connaît seulement une série de visions qu’elle dicta en 1373.

Elle contempla les souffrances du Christ et la bonté de Dieu : Je vis Notre-Seigneur Jésus languir sur sa Croix pendant longtemps, car sa divinité donna à son humanité la force de souffrir plus que tous les hommes ne le pourraient… Et ce fut pour les péchés de chaque homme qu’il souffrit ; et il vit les douleurs et les chagrins de chacun ; et, par bonté comme par amour, il les partagea.

Prudente, l’Eglise ne s’est pas prononcée sur ces visions, et n’a pas béatifié Julian.

La date elle-même du 14 mai est conjecturale.

 

 

Jeong Bok-hye Candida

? -1801

 

Jeong Bok-hye Candida est une laïque coréenne née non loin de Seoul (Corée S).

Elle fut décapitée à Seoul le 14 mai 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Jeong Cheol-sang Carolus

? -1801

 

Jeong Cheol-sang Carolus est un laïc coréen né à Gwangju (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Jeong In-hyeok Thaddeus

? -1801

 

Jeong In-hyeok Thaddeus est un laïc coréen né à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Yun Un-hye Lucia

? -1801

 

Yun Un-hye Lucia est une laïque coréenne, mariée, née au Gyeonggi-do (Corée S).

Elle fut décapitée à Seoul le 14 mai 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Choe Pil-je Petrus

1770-1801

 

Choe Pil-je Petrus est un laïc coréen né en 1770 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Anne-Thérèse Guérin

1798-1856

 

Née le 2 octobre 1798 à Etables-sur-Mer (Côtes-d’Armor), Anne-Thérèse était l’une des quatre enfants de Laurent Guérin et Isabelle Lefèvre. De ces quatre enfants, deux seulement vivront : Anne-Thérèse et Marie-Jeanne ; l’aîné, Jean-Laurent mourut à deux ans et demi, le cadet à quatre ans et demi.

A cette époque, les horreurs de la Révolution n’étaient pas encore éteintes. Les prêtres et les religieux étaient encore poursuivis, les lieux de culte fermés. Un cousin séminariste vint se cacher chez les parents d’Anne-Thérèse : c’est ce cousin qui lui donna de si bons enseignements sur l’Ecriture Sainte et la Théologie.

Monsieur Guérin devint officier de la Marine sous Napoléon Bonaparte. Il était donc souvent absent, laissant toute la maison aux soins de sa fidèle épouse.

Anne-Thérèse reçut la Première Communion à dix ans, et confia à cette occasion au curé son désir d’être religieuse.

A quinze ans, elle fut orpheline de son père, abattu par des brigands près de Toulon, alors qu’il revenait à Etables en permission. La maman en fut très affectée, et c’est Anne-Thérèse qui assuma toutes les tâches domestiques, au point qu’à vingt-cinq ans seulement elle put suivre sa vocation.

En 1823 donc, elle entra chez les Sœurs de la Providence à Ruillé-sur-Loir (Sarthe) et prit à cette occasion le nom de sœur Saint-Théodore. Elle avait connu ces Religieuses lorsque l’une d’elles était venue aider le curé dans son village.

Elle fit la première consécration en 1825, et les vœux perpétuels en 1831. Elle n’était pas obligée d’émettre ces vœux, mais elle demanda à les faire.

Enseignante à Preuilly-sur-Claise (Indre-et-Loire), elle attrapa ce qu’on pense avoir été la variole, et en resta marquée tout le reste de sa vie, devant observer une diète sévère et permanente.

Ensuite elle sera supérieure à Rennes, où elle fit un travail très fructueux dans ce quartier livré à l’ignorance et à la délinquance. Et quand elle reçut l’ordre de quitter Rennes, ce fut la stupéfaction générale. Elle fut nommée alors à Soulaines (Angers), où l’inspection académique lui décernera une médaille pour son enseignement. Elle y prit également des leçons auprès d’un pharmacien et d’un médecin, pour être encore plus efficace auprès des malades qu’elle visitait.

En 1840, confiante au vœu d’obéissance plus qu’en ses propres forces, elle accepta de partir en mission aux Etats-Unis avec cinq Consœurs : elle sera fondatrice et supérieure de la communauté à Saint-Mary-of-the-Woods (Indiana) où elle ouvrira la première école catholique de filles du diocèse, prenant décidément le contre-pied du courant anti-catholique du temps.

Devant le succès de ce travail, la jalousie grandit. L’école fut même incendiée.

Même l’évêque, qui l’avait reçue, ne l’aida pas très efficacement : le «local» qu’elle trouva pour s’installer consistait en une pièce et un grenier de fermier, en pleine forêt. Et il fallait apprendre l’anglais !

La persévérance de Mère Théodore porta beaucoup de fruits. D’autres maisons suivront.

Autre épreuve : l’évêque voulait être le supérieur de toute ces maisons. Même, il crut bon, pendant un temps, de l’excommunier, parce qu’elle n’acceptait pas les changements de la règle qu’il lui proposait. Ce n’est que l’évêque suivant qui leva cette excommunication.

En même temps, elle fut nommée supérieure générale des Sœurs de la Providence en Amérique.

En toutes ses charges, Mère Saint-Théodore se montra exemplaire dans son enseignement, ses dons divers, son aptitude à organiser, à affronter les difficultés les plus variées avec foi et espérance. En plus, elle développa de réelles dispositions pour la médecine et la théologie.

C’est aux Etats-Unis qu’elle mourra, le 14 mai 1856. A cette date, il y avait déjà quinze maisons, avec quatre-vingts sœurs, douze novices et vingt postulantes.

Elle a été béatifiée en 1998, et canonisée en 2006.

 

 

Mixel Garikoitz

1797-1863

 

Faisons une petite incursion dans le vrai Pays Basque, là où les fidèles habitants conservèrent jalousement leur foi chrétienne et pacifique.

Dans l’été 1796, se marièrent Eñaut Garikoitz et Gaxina Etcheberry : leur premier enfant naquit le 15 avril 1797, à Ibarre (Iholdy, Bayonne, Pyrénées-Atlantiques), et reçut au baptême le prénom de Michel, Mixel en basque.

On n’a pas retrouvé trace de ce baptême dans le registre paroissial : un oubli certainement dû à la difficulté des temps révolutionnaires. Il n’y avait pas même de curé dans la paroisse à ce moment-là.

Cinq enfants suivirent Mixel : Joanes, Manex, Paulo, et les deux jumeaux Bernat et Maria ; Bernat ne vécut que quatre mois.

Enãut et Gaxina étaient de très modestes paysans. Dès qu’il fut en âge, Mixel garda les brebis. A la maison, il «célébrait» sur un coin de la table de cuisine, avec deux bouts de chandelles comme bougies et un tesson de pot cassé en guise d’encensoir.

A dix ans, il fut placé pour deux années comme domestique dans une maison. Sans grande instruction que les bons enseignements de sa maman et de sa grand-mère, il dut attendre quatorze ans pour recevoir la Première communion. Dès lors, il n’eut qu’un grand désir : devenir prêtre.

Pour payer ses études, les parents ne négligèrent rien, mais Mixel y mit du sien aussi par son ardeur à l’étude : il fut élève à Saint-Palais, puis à Bayonne, à Aire-sur-Adour et Larressore.

A Bayonne,  Mixel rendait service au secrétaire de l’évêque en promenant son petit chien ; c’était sa seule sortie dehors, mais il avait toujours un livre à la main pour ne perdre aucun instant.

Au petit séminaire d’Aire-sur-Adour, il fut condisciple d’Edouard Cestac (voir au 27 mars). D’eux un autre confrère disait plus tard : Dieu m’avait donné un grand bonheur : à ma droite, j’avais saint Garikoitz, à ma gauche  saint Cestac.

Mixel reçut les Ordres mineurs et majeurs entre juin 1822 et décembre 1823.

Il fut d’abord vicaire à Cambo (qu’on écrit Kanbo en basque) pendant deux ans, puis directeur du séminaire de Bétharram à partir de 1825. Cette maison qui était dans un état cruel d’abandon spirituel, redevint une maison sainte grâce à la douceur persévérante de Mixel.

En même temps, Mixel fut trente ans l’aumônier des Filles de la Croix, qui étaient plus de mille. Cette congrégation avait été fondée par sainte Jeanne-Elisabeth Bichier des Ages (voir au 26 août), envers laquelle Mixel conserva toujours une humble et profonde reconnaissance pour les salutaires conseils qu’elle lui prodigua.

C’est à Bétharram qu’en 1841 il fonda la congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur, dont les établissements scolaires se multiplièrent sur place et jusqu’en Amérique du Sud, auprès des Basques émigrés.

Le père Mixel Garikoitz mourut, chargé de bonnes œuvres, le 14 mai 1863, au soir de l’Ascension.

Il fut proclamé bienheureux en 1923 et canonisé en 1947.

 

 

Maria Domenica Mazzarello

1837-1881

 

Née le 9 mai 1837 à Mornese (Alessandria, Piémont, Italie nord-ouest), Maria Domenica était l’aînée des  sept enfants de Giuseppe et Maddalena Calcagno, d’humbles métayers.

En 1860, lors d’une épidémie, elle fut frappée par une grave tuberculose après avoir assisté des malades. Elle fut malade du 15 août au 7 octobre, mais en conserva des séquelles dans son physique et ne put retourner aux travaux des champs ; à cette période remonte une vision qu’elle eut, où elle se voyait entourée de nombreuses petites filles, et entendait une voix qui lui disait : Je te les confie.

Elle apprit le métier de couturière et ouvrit avec une amie un atelier pour y former les jeunes filles, matériellement et spirituellement.

Ce fut le début d’une réelle petite communauté, appuyée par le bon curé du pays, qui en fit une Association des Filles de Marie Immaculée.

En 1864, saint Giovanni Bosco la rencontra et, en 1872, lui proposa son projet des Filles de Marie Auxiliatrice, la branche féminine de la congrégation salésienne. C’est ainsi que Maria Domenica et ses compagnes furent les premières Auxiliatrices de don Bosco.

Nommée supérieure, Maria Domenica se fit appeler Vicaire, car la Supérieure, c’est Marie.

La maison-mère s’établit à Nizza Monferrato et c’est là que Maria Domenica y mourut, le 14 mai 1881, tout juste âgée de quarante-quatre ans.

Dans l’espace de ces dix années, l’institut féminin comptait déjà une trentaine de maisons - dont six en Amérique - et presque deux-cents Religieuses.

La Fondatrice fut béatifiée en 1938. Le miracle, retenu pour cette proclamation, fut la guérison totale et durable, en 1916, d’une petite fille de quatre ans affectée de poliomyélite.

Maria Domenica Mazzarello fut ensuite canonisée en 1951.

Sa fête est au 14 mai.

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 23:00

10 MAI

 

-XV.

S Job, prophète.

I.

S Aurélien, évêque à Limoges (III.?).

III.

Ss Calépode, prêtre, Palmace, consul, avec sa femme et ses enfants, Simplice, sénateur, avec sa femme, ses enfants et bon nombre de membres de sa famille, martyrs à Rome.

Ss Alphius, Philadelphe, Cyrin, leur sœur Benedicta, leur neveu Erasmus, leur maître Onesimus,  martyrs les uns à Pouzzoles, les autres à Lentini.

?

S Dioscoride, martyr  à Myre.

Ss Quartus et Quintus, du clergé de Capoue, martyrs à Rome.

.IV.

S Gordianus, juge romain, converti à la vue de la patience des chrétiens, décapité.

Ss Silvestre et Fronime, évêques à Besançon ; le premier fit édifier l’église de Saint-Maurice, l’autre celle de Saint-Etienne.

S Palais Ier (Palladius), évêque à Bourges.

V.

S Palais II, évêque à Bourges.

VI.

S Léonard, anachorète dans la forêt de Marchenoir.

VII.

S Comgall, abbé fondateur à Bangor, où vivaient trois mille moines.

Ste Eustadiole, veuve à Bourges, où elle fonda l’abbaye de Moyen-Moutier ; elle resta végétarienne pendant soixante-dix ans et mourut nonagénaire, un 8 juin.

S Cataldo, écossais, évêque à Taranto, dont il est patron.

IX.

Ste Solange, vierge et martyre près de Bourges, patronne du Berry.

XI.

B Mire, anachorète près de Canzo puis à Sorigo.

XII.

B Anthelm (William), anglais, prêtre à Pontoise ; honoré par Philippe-Auguste, dans le palais duquel il mourut.

XIII.

Bse Beatrice d’Este l’Ancienne, restauratrice d’un monastère au mont Gemola et morte vers trente-trois ans. 

XV.

B Niccolò Albergati, chartreux puis évêque à Bologne et cardinal, plusieurs fois légat papal.

XVI.

S Juan de Ávila, patron du clergé espagnol et apôtre de l'Andalousie ; ami de s. Ignace, de ste Thérèse, il a été un précurseur en matière de réforme comme en d'autres domaines spirituels et le concile de Trente a adopté des décisions qu'il avait préconisées longtemps auparavant ; auteur d’un traité spirituel Audi Filia, il goûta même les geôles de l’Inquisition pour ses idées «avancées» et fut proclamé Docteur de l’Eglise en 2012.

XX.

B Ivan Merz (1896-1928), premier laïc bosniaque béatifié, en 2003.

B Enrico Rebuschini (1860-1938), de l’ordre Camillien, ordonné prêtre par Mgr Sarto, futur Pie X, actif à Vérone et Crémone, béatifié en 1997.

B Vasile Aftenie (1899-1950), évêque roumain gréco-catholique, sauvagement torturé en prison, béatifié en 2019.

Job, patriarche

15e siècle avant Jésus-Christ

 

Dans l’Ecriture, le Livre de Job est le premier des Livres sapientiaux, écrits dont le genre a été très répandu dans l’Orient ancien.

Job était né dans la terre de Hus, entre l’Idumée et l’Arabie.

Fidèle à la foi reçue, il craignait Dieu et conduisait toute sa famille, ses sept fils et ses trois filles, dans la piété traditionnelle. Il avait de grands biens, un cheptel immense.

Sur la permission de Dieu, dit l’Ecriture, Satan éprouva le saint homme. Tout son troupeau périt, ses enfants moururent, mais Job réagit avec foi et confiance en Dieu, adorant la volonté divine :

Yahvé a donné, Yahvé a repris, que le nom de Yahvé soit béni (1:21).

Derechef, Satan s’acharna sur Job, qui fut affligé d’un ulcère horrible. Devant cette lèpre hideuse, l’épouse de Job lui suggérait de se rebeller contre Dieu, et lui, au contraire, la réprimanda :

Si nous recevons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur ? (2:10).

Trois «amis» viennent le «consoler», mais veulent à tout prix lui faire comprendre qu’il souffre pour ses péchés. Job se défend : le mal est partout dans le monde ; lui, il n’a pas péché contre Dieu.

Tout au long des quarante-deux chapitres de ces longues discussions, on voit Job passer par différents états d’âme, passant de la révolte à la soumission, des souffrances et des rémissions dans sa maladie.

Finalement, intervient encore un autre personnage qui s’en prend autant à Job qu’à ses amis, et tente de justifier la conduite de Dieu.

C’est Dieu lui-même qui va intervenir pour mettre fin à cette longue discussion, blâmant autant les trois premiers amis que le dernier intervenant.

Après ce long combat, Job est récompensé de son humilité et de sa fidélité : Dieu lui rend ses biens, et même le double d’avant. Job engendra sept autres fils et trois autres filles, et mourut dans une sainte vieillesse, comblé de mérites et d’années.

Job est à nouveau nommé en Ezéchiel (Ez 14:14).

Le patriarche Job est honoré à diverses dates en Orient ; il est mentionné au 10 mai dans le Martyrologe.

 

 

Aurelianus de Limoges

1er ou 3e siècle

 

Les données concernant cet Aurelianus restent un peu conjecturales.

Aurelianus Cotta aurait été un prêtre des dieux païens et, comme tel, se serait farouchement opposé à l’œuvre évangélisatrice des missionnaires, de saint Martial en particulier, et fut frappé par la foudre.

Saint Martial, inspiré par Dieu, ayant ressuscité Aurelianus, ce dernier se serait alors converti, devenant un fidèle serviteur de Martial, et ensuite son propre successeur sur le siège de Limoges.

Martial ayant été situé par les uns au 1er siècle, ordonné et envoyé par saint Pierre, et par les autres au 3e siècle, il résulte de là qu’Aurelianus hésite à son tour entre le 1er et le 3e siècles.

Il reste certain qu’Aurelianus est le deuxième évêque de Limoges.

Quand on retrouva ses reliques en 1315, dans l’église de Saint-Cessateur, on les replaça dans une nouvelle chapelle de l’actuelle rue de la Boucherie. De là vient que saint Aurelianus est le patron des bouchers de Limoges. Il existe une confrérie de Messieurs les Bouchers de Limoges.

Saint Aurélien n’est pas au Martyrologe ; il est fêté localement au 10 mai.

 

 

Dioscoride de Myre

† ?

 

Ce Martyr qu’on situait autrefois à Smyrne, est maintenant mentionné à Myre (Lycie, act. Demre, Turquie SW).

On ne connaît malheureusement ni l’époque ni le genre de son martyre.

Saint Dioscoride de Myre est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Quartus et Quintus de Capoue

?

 

Quartus et Quintus faisaient partie du clergé de Capoue (Campanie, Italie CW).

Ils furent arrêtés comme Chrétiens, mais comme ils étaient de familles nobles, ils furent déférés à Rome.

L’empereur - on ignore lequel - les condamna à être décapités.

Saints Quartus et Quintus de Capoue sont commémorés le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs de Lentini

† 251

 

Trois frères, avec leur sœur et leur neveu, accompagnés de leur maître et treize autres Compagnons, originaires de la région d’Otrante (Italie SE), furent conduits à Rome, de là à Pouzzoles (Campanie, Italie CW), où furent mis à mort les trois frères et le maître.

Les autres furent alors jugés à Taormina (Sicile), enfin exécutés à Lentini (Sicile).

Les trois frères s’appelaient : Alphius, Philadelphius, Cyrinius. Ce sont eux qui sont mentionnés dans le Martyrologe actuel.

Leur sœur, Benedicta, leur neveu, Erasmus, leur maître, Onesimus, ne sont pas mentionnés.

C’était durant la persécution de Dèce, en 251.

Il faut reconnaître qu’il est difficile de suivre le long voyage qu’on imposa à ces dix-neufs Héros du Christ. Le premier groupe parcourut quelque neuf-cents kilomètres, les autres quinze cents !

Malgré cette différence, ils sont réunis ici sous l’unique mention de Lentini, où ils sont particulièrement honorés.

Les Actes de ces Martyrs sont, dit-on, sans valeur.

Les Martyrs de Lentini sont commémorés le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gordianus de Rome

† 362

 

Gordien était juge à Rome, sous l’empereur Julien l’Apostat.

Il avait des occasions de voir des Chrétiens torturés et il fut très frappé de voir avec quelle constance, avec quelle paix, ceux-ci enduraient ces tourments, sans se plaindre, en pardonnant à leurs bourreaux…

Gordianus demanda bientôt à être initié à la foi, il fut catéchumène et reçut le baptême.

On lui prête des Compagnons, dont on ne donne pas le nom.

Dénoncé à l’empereur, Gordianus fut condamné à mort et décapité.

C’était le 10 mai 362.

On déposa son corps dans le sépulcre où se trouvait déjà celui de s.Epimachus (v. 12 décembre), ce qui les a fait souvent commémorer ensemble, mais plus d’un siècle les sépare.

Saint Gordianus de Rome est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Comgall de Bangor

510-602

 

Comgall naquit entre 510 et 520 à Dál nAraidi (Dalaradia, auj. Magheramome, Ulster), de Setna et Briga.

Après avoir suivi les pas de son père dans la vie militaire, Comgall se mit sous la direction de s.Fintan de Clonenagh, de s.Finian de Clonard, de Mobi Clairenach de Glasnevin, de s.Ciaran de Conmacnoise (v. 17 février et 9 septembre).

Il reçut le diaconat et la prêtrise des mains de l’évêque Lugidius.

Avec quelques compagnons, il alla vivre sur l’île de Lough Erne ; le style de vie qu’il avait appris auprès de ses maîtres et qu’il imposait à sa petite communauté, était si rigide que plusieurs d’entre eux moururent de froid et de faim…

Comgall songea à passer en Angleterre, mais l’évêque Lugidius lui conseilla de rester en Irlande et d’y développer le monaschisme. Ainsi naquit le monastère de Bangor, près de Belfast, vers 555. Il y eut jusqu’à trois ou quatre mille moines à ou près de Bangor, qui étaient tous sous la direction de Comgall, dont la règle ne manquait pas de sévérité : un seul repas par jour, d’une nourriture consistant en herbes (souvent crues), pain et eau ; le lait était parfois concédé ; jeûnes longs et fréquents ; silence quasi continu ; peines sévères contre les manques ; on se confessait à voix haute devant la communauté rassemblée.

Parmi les disciples célèbres de Comgall il y aurait eu s.Colomban et s.Moluag (v. 23 novembre et 25 juin). Comgall fut aussi très lié avec d’autres grands saints : Brendan, Cainnech et Finnian (v. 16 mai, 11 octobre et 12 décembre).

Après d’intenses souffrances, Comgall mourut à Bangor, vers 602.

Ses reliques furent dispersées en 822 par les envahisseurs Vikings.

Saint Comgall de Bangor est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cataldo de Tarante

610-685

 

Une «tradition» fait de Cataldo un Irlandais venu dès le 2e siècle prêcher la Bonne Nouvelle à Tarante. Qui, à moins d’une intervention surnaturelle, dans cette Irlande encore païenne, aurait inspiré Cataldo de venir prêcher à Taranto, là où s.Pierre l’avait précédé ?

Pour rendre les choses plus plausibles, les spécialistes penchent plutôt pour le 7e siècle.

Cataldo aurait d’abord dirigé l’école de Lismore, après la mort de s.Carthag (v. 14 mai), puis serait parti en pèlerinage à Jérusalem.

Au retour, s’étant arrêté à Taranto, il fut retenu pour y être évêque. Là encore, à moins d’un signe céleste extraordinaire, on imagine difficilement toute une population s’adresser à un étranger fraîchement débarqué dans le port, et lui demander d’assumer une mission épiscopale.

Cataldo serait ainsi le deuxième évêque connu de Tarante, le premier étant s.Amasiano, au Ier siècle. Le siège de Taranto aurait donc été vaquant pendant plusieurs siècles… Cette histoire semble aussi invraisemblable que la première «tradition».

Cataldo serait mort vers 685 (ou peut-être au 5e siècle).

Saint Cataldo de Tarante est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Solange

IXe siècle

 

Solange naquit au bourg de Villemont, à deux ou trois lieues de la ville de Bourges. Son père était un pauvre vigneron qui menait une vie très chrétienne. Solange était une jeune fille aussi belle que pure.

De vieilles chroniques l’appellent Solange ou Soulange ; son lieu natal n’existe plus ; on voit au milieu du Pré-Verdier les ruines d’une maison qu’habitait, dit-on, sainte Solange. Cette prairie est à une demi-lieue du bourg appelé du nom de la Sainte depuis sa mort, et auparavant Saint-Martin-du-Cros.

Si l’on en croit les leçons de l’office que l’Eglise lui avait consacré, il paraissait le jour et la nuit, au-dessus de sa tête, une étoile qui la conduisait en ses démarches, et qui lui servait de règle en tout ce qu’elle devait faire.

Un jour, attiré par la réputation de la bergère, Bernard de la Gothie, fils de Bernard, comte de Poitiers, de Bourges et d’Auvergne, monta à cheval et, sous prétexte d’aller à la chasse, se rendit sur les terres de Villemont, où Solange gardait son troupeau. Il fut pris d’un vif désir pour elle, la saisit et l’emporta sur son cheval.

Refusant ses avances, Solange lui échappa et se laissa tomber dans un ruisseau au bord de la route. Ivre de rage devant le refus de Solange, Bernard transforma son amour en haine et la décapita de son glaive.

Solange qui était debout, étendit paisiblement ses bras pour recevoir sa tête et marcha jusqu’à Saint Martin du Cros, où elle fut ensevelie. 

Le pape Alexandre VII (1655-1667) autorisa la création d’une confrérie des Cousins de Sainte Solange.

Solange fait partie des Saints patrons du Berry. On l'invoque contre la sécheresse.

Sa fête est au 10 mai dans le Martyrologe Romain.

Beatrice d’Este l’Ancienne

1192-1226

 

Cette Beatrice, née vers 1192, était la fille du marquis Azzo VI d’Este de Ferrare et de Sofia, comtesse de Savoie.

Elle connut la vie brillante de la cour dans les châteaux d’Este et de Calaone, où l’on admira unanimement sa beauté et ses vertus.

Son père mourut au combat dans les rivalités entre guelfes et gibelins ; son frère fut assassiné (ou empoisonné) en 1215 : ces tristes événements l’aidèrent à considérer la vanité de ce monde et elle se retira au monastère bénédictin de Sainte-Marguerite de Salarola, près du château de Calaone, où elle resta un an et demi (1220-1221).

Mais il y avait un petit désaccord avec son frère, Azzo VII, nouveau marquis d’Este. Beatrice travailla à la réconciliation, puis obtint de l’évêque un ancien monastère abandonné, sur le mont Gemola, qu’elle restaura de ses biens.

Là, dans la solitude et la pénitence, elle se distingua par son amour de l’humilité et de la pauvreté. D’autres femmes de la noblesse la rejoignirent et formèrent une communauté de dure pénitence et de prière.

Beatrice, qui refusa constamment d’être élue abbesse, vaincue par la tuberculose, s’éteignit à ce monde qui passe pour entrer dans le monde de l’éternité, le 10 mai 1226.

Le culte dont on l’honora fut approuvé en 1763.

Il ne faut pas confondre cette première Beatrice avec celle du même nom, sa nièce (v. 18 janvier) ni avec une autre homonyme du 15e siècle, qui fut même béatifiée par confusion avec la précédente !

Notre Martyrologe la mentionne au 10 mai.

 

 

Niccolò Albergati

1375-1443

 

Niccolò Albergati était d’une noble famille de Bologne (Italie), où il naquit en 1375.

Dans l’université de cette ville, il étudia le droit mais, peu avant d’obtenir le doctorat, il se retira en 1394 dans la chartreuse proche de Bologne.

Il fut ordonné prêtre en 1404, et nommé prieur de la chartreuse de Casara, avant d’être visiteur pour tous les monastères de chartreux d’Italie (il y en avait à Florence, Rome, Mantoue, Bologne…).

Vaillant défenseur de l’autorité papale, il fut nommé archevêque de Bologne en 1417, mais pour trois ans seulement, car une rébellion le poussa à démissionner en 1420.

En 1422, il fut envoyé en France pour exercer ses bons offices entre les rois de France et d’Angleterre ; on sait que la mission de Jehanne d’Arc commença en 1428…

En 1426, Niccolò fut créé cardinal, du titre romain de Sainte-Croix-en-Jérusalem, tout en restant administrateur apostolique de Bologne jusqu’en 1440.

En 1427, le pape le chargea d’une mission pacificatrice entre les maisons d’Italie du Nord (Milan, Venise, Savoie, Mantoue, Ferrare et Florence), qui fut un succès.

Une rébellion le poussa à quitter à nouveau Bologne en 1428, et le pape l’envoya pour une autre mission entre Venise, Ferrare et Florence. En 1437, il fut présent à un concile de Ferrare, où tous admirèrent son assiduité aux séances et sa profonde modestie.

Entre 1431 et 1440, il fut successivement nommé Cardinal Camerlingue, Grand Pénitencier et Archiprêtre du Latran.

On le voit, le chartreux n’eut guère de paix durant toute cette vie agitée, tout entière au service de l’Eglise. Mais Niccolò garda toujours un style de vie austère, recueilli, prudent. Une de ses grandes mortifications fut d’apprendre les désordres dans lesquels la ville de Bologne était retombée.

Il veilla à s’entourer de personnalités savantes, parmi lesquelles deux futurs papes, Nicolas V et Pie II.

Le pape Eugène tint cependant à le conserver près de lui pour bénéficier de ses bons conseils. Durant un séjour à Sienne, Niccolò fut pris d’une crise de pierre, qu’il endura avec une patience exemplaire.

Il s’éteignit à Sienne, le 9 mai 1443 (ou plutôt le 10 mai, d’après le Martyrologe).

Trois siècles plus tard, le 6 octobre 1744, il a été béatifié en la fête de saint Bruno, fondateur des Chartreux.

 

 

Juan de Ávila

1500-1569

 

Né le 6 janvier 1500 (1502 ?) à Almodóvar del Campo (Ciudad Real, Espagne), Juan avait pour père un Juif, Alfonso (ou Antonio ?), propriétaire de quelques mines d’argent en Sierra Morena, et pour mère Catalina Gijón (ou Xixona ?).

Il est moins que certain que le nom de Ávila fasse de Juan un parent de sainte «Teresa de Ávila». Il est plutôt probable que son père ait pris ce nom de localité pour dissimuler son origine juive.

Juan commença des études de droit à Salamanque (1514), mais les interrompit au bout de quatre ans, à cause des lois de discrimination, exigeant de ceux qui voulaient entrer dans les institutions espagnoles, l’appartenance à une souche chrétienne.

Il revint donc dans son pays natal, où il s’imposa une vie de dure pénitence.

Un bon père franciscain lui suggéra d’aller étudier les arts et la théologie à Alcalá de Henares. Pendant ces années (1520-1526), il fréquenta Domingo de Soto, Pedro Guerrero (futur archevêque), mais aussi Ignacio de Loyola.

Quand il fut ordonné prêtre (1526), ses parents étaient déjà morts, de sorte qu’il célébra sa première messe pour eux. Puis il vendit tout son héritage, le distribua aux pauvres et commença à évangéliser. Il aurait voulu partir en pays de mission (au Mexique), mais l‘évêque de Séville lui conseilla de se dédier à l’Andalousie. Obéissant, Juan se consacra entièrement à cette tâche, au point qu’il se mérita le nom d’ Apôtre de l’Andalousie.

Excellent prédicateur, il suscita la jalousie du clergé, qui le «dénoncèrent» comme rigoriste à l’Inquisition : Juan fut mis en prison à Triana (Séville) de 1531 à 1533. Il mit à profit cette retraite forcée pour prier et écrire son Audi filia. Lors de son procès, cinq accusateurs se retrouvèrent en face de cinquante-cinq autres témoins en sa faveur. En réalité on lui reprochait d’avoir utilisé des formules «érasmiennes» (car il avait connu Erasme à l’université), et on lui demandait d’aller les corriger là où il avait prêché précédemment. Quand il fut libéré, il remercia ses juges de lui avoir fait partager un peu la vie du Divin crucifié.

Son traité Audi filia est un commentaire du psaume 44, qu’il rédigea à l’intention d’une pieuse femme de Écija, récemment convertie. C’est un précis d’ascétisme qui fut hautement apprécié : le cardinal archevêque de Tolède put affirmer que cet ouvrage «avait converti plus d’âmes qu’il n’y avait de lettres de l’alphabet». C’est l’ouvrage que l’on consulta le plus durant tout le 16e siècle.

Juan fréquenta saint Ignace de Loyola, comme on l’a dit, et encouragea vivement le mouvement des «Jésuites» ; il aurait bien voulu que les prêtres qui l’entouraient en fissent partie ; il connut saint Francisco de Borja (dont il favorisa la conversion), saint Pedro de Alcántara, saint Juan de Ribera, pour ne citer que ceux-ci (pour ces trois derniers, voir aux 31 juillet, 30 septembre, 18 octobre et 6 janvier).

A partir de 1535, il se rendit à Cordoue, sur l’invitation de l’évêque de Tolède. C’est là qu’il rencontra Luis de Granada, qui fut son disciple et lui aussi grand prédicateur,. Les écrits de Juan de Ávila influencèrent beaucoup de ses contemporains : Juan de Dieu et ses Frères Hospitaliers, Teresa de Ávila et les Carmélites (voir au 15 octobre), (desquels il encouragea beaucoup les projets de réforme ; Juan de Ribera et Pedro de Alcántara (déjà cités), ainsi que Tomás de Villanueva ; mais aussi d’autres auteurs postérieurs : Antonio de Molina, Luis de la Palma, Luis de la Puente, Carlo Borromeo (voir au 4 novembre), Pierre de Bérulle, François de Sales (voir au 24 janvier), Alfonso Maria de’ Liguori (voir au 1er août), Antonio María Claret (voir au 24 octobre)…

Juan évangélisa ainsi toute l’Andalousie actuelle, qui comprenait alors la Mancha et l’Extremadura. Il fonda beaucoup de séminaires et de collèges, l’université de Baeza. Toutes ces fondations anticipèrent, par leur esprit réformateur, le mouvement que le concile de Trente allait préconiser (1545-1563).

Il tomba malade en 1554, mais continua à prêcher pendant encore une quinzaine d’années, jusqu’en 1569, où alors la maladie empira. Il cessa sa longue vie apostolique le 10 mai 1569, à Montilla.

Juan de Ávila fut béatifié en 1894 et fut proclamé patron du clergé espagnol en 1946.

Canonisé en 1970, il a été proclamé Docteur de l’Eglise en 2012.

Il y a quatre Saints espagnols actuellement Docteurs de l’Eglise : Isidore de Séville, Juan de la Croix, Thérèse de Ávila, Juan de Ávila.

 

 

Ivan Merz

1896-1928

 

Né le 16 décembre 1896 à Banja Luka (Bosnie, Serbie), Ivan (Jean) était de famille bourgeoise et libérale. Son pays faisait partie de l'empire austro-hongrois, qui allait être si profondément marqué par les événements européens du vingtième siècle. Le père d'Ivan, un ancien officier dans cet empire austro-hongrois, était maintenant employé dans les chemins de fer ; la mère, d'origine juive, était hongroise.

Ivan eut un maître à penser remarquable, en la personne du docteur Ljubomir Marakovic, qui lui fournit d'excellents conseils dans sa quête intellectuelle et spirituelle.

Après un essai de trois mois à l'Académie militaire de Wiener Neustadt, qui le déçut profondément en raison de la corruption qui y régnait, Ivan fréquenta l'université de Vienne en droit et en lettres.

En 1916 il fut enrôlé d'office dans l'armée et envoyé sur le front italien (1917-1918). Le traité de Versailles va complètement démanteler l'empire austro-hongrois et donner naissance à la Yougoslavie.

En 1919, Ivan retourna à Vienne pour ses études puis, en 1920, muni d'une bourse d'étude, part pour Paris où il fréquente les cours à la Sorbonne et à l'Institut Catholique. Sa vie spirituelle s'enrichit au contact de la liturgie. Il connaît là les Conférences Saint-Vincent-de-Paul et aura l'occasion de faire son premier pèlerinage à Lourdes : dans les colonnes du journal La Croix, il polémiquera contre Emile Zola sur les apparitions de Lourdes. Pour sa part, il fait connaître la Croatie à ses amis de Paris.

C'est à Zagreb qu'il présentera sa thèse de doctorat « L'influence de la liturgie sur les écrivains français de Chateaubriand à nos jours». Cette thèse est actuellement publiée en France.

A Zagreb, il devient professeur de français et d'allemand au collège archiépiscopal.

Ivan a trouvé seul la voie de la sainteté. Il promut le mouvement liturgique en Croatie et fut le pionnier enthousiaste de l'Action catholique en Croatie. Pour les jeunes il fonda un mouvement (inspiré de la Croisade eucharistique française), l'Union Croate des Aigles (Hrvatski orlovski savez). Il appuie son activité sur l'Eucharistie et le Successeur de Pierre ; il voulait fonder un journal catholique croate à l'image de ce qu'il avait trouvé en France.

Pour toujours mieux connaître l'Eglise, il en étudia l'histoire, les textes pontificaux, la théologie.

Ses origines, ses études, ses voyages, qui embrassaient tant d'éléments culturels différents, se fondaient harmonieusement dans sa personne chrétienne profondément catholique. Ivan était un vrai « européen » avant la lettre.

Ivan souffrait depuis sa jeunesse d'une inflammation chronique de la cavité maxillaire : cette maladie dégénéra et le conduisit à une mort prématurée, quand il n'avait pas trente-deux ans, le 10 mai 1928.

Il a été béatifié en 2003, proposé à tous les jeunes catholiques européens comme modèle d'assimilation des diverses cultures dans un unique idéal chrétien.

Ivan écrivait :

Grâce à la liturgie, tout catholique devient grand et universel, il laisse de côté ses intérêts personnels et commence à avoir les mêmes sentiments que l’Eglise.

 

 

Enrico Rebuschini

1860-1938

 

Né le 25 (ou le 28) avril 1860 à Gravedona (Lac de Côme, Italie du nord), Enrico appartenait à une famille aisée.

Il se montra toujours sensible envers les nécessiteux et donnait toujours ce qu'il avait.

Sa sœur Dorina épousa un commerçant de soie, chez lequel il travailla pendant trois années. Mais ce travail dans l'administration ne lui convenait pas. Quand il parla de sa vocation sacerdotale, son père ne s'y montra vraiment pas favorable. Enrico attendit, persévéra, son état physique s'en ressentit et sa maigreur fut inquiétante. Un prêtre, don Luigi Guanella (voir au 24 octobre), pria et fit prier dans tous les monastères pour la vocation de ce jeune homme, et Enrico finit par convaincre son père de le laisser partir pour le séminaire de Côme.

Ensuite, il se rendit au Collège Lombard, à Rome. Il suivit les cours de l'Université Grégorienne. Il y fut heureux et ses parents vinrent le trouver à la fin de 1885, le trouvant dans une grande paix. Il reçut les ordres mineurs.

En 1886 cependant, une crise dépressive le ramena quelque temps au foyer familial : Enrico se mortifiait excessivement, et mangeait trop peu, au lieu de s'alimenter suffisamment. Mais au bout d'un an, la paix se rétablit providentiellement en son cœur, et il décida de s'engager auprès des plus nécessiteux.

Son confesseur l'orienta vers la congrégation des pères camilliens, voués au soin des malades. Une illumination intérieure, qu'il reçut devant un tableau de saint Camille (voir au 14 juillet), le convainquit de son orientation.

Il commença le noviciat à vingt-sept ans, au milieu de compagnons qui avaient dix ans de moins que lui. Il combattit sa vivacité et devint très estimé de ses supérieurs : encore novice, il fut présenté pour l'ordination sacerdotale, qu’il reçut en 1889, des mains de l'évêque de Mantova, Mgr Giuseppe Sarto, futur pape Pie X.

Dès 1890 il fut nommé aumônier des hôpitaux civil et militaire de Vérone. Là où d'autres prêtres ne réussissaient pas, Enrico faisait des merveilles : les malades se convertissaient, demandaient les sacrements, car il avait les paroles justes pour toucher les cœurs.

Il fit la profession solennelle en 1891, après laquelle il eut des «rechutes», des épreuves intérieures, des tentations, à cause de sa nature perfectionniste et de sa faible constitution. Une de ses tentations majeures était de se croire damné.

Il fut cependant nommé vice-maître des novices et professeur de théologie, ce qui prouvait bien combien on pouvait s’appuyer sur lui. Mais il retomba en crise, se croyant incapable d'assumer ces responsabilités.

Toutefois, malgré toutes ces crises, le père Rebuschini faisait un travail admirable auprès des malades. En réalité, pendant dix ans, il exerça son apostolat à Vérone, puis, de 1899 jusqu'à la mort, il soigna les malades dans la maison des Camilliens de Crémone. Ses moments de dépression étaient tout intérieurs et jamais le père Enrico ne les laissait paraître. Un Confrère qui l'avait côtoyé put témoigner qu'il n'en avait eu connaissance que par ce qu'il avait lu plus tard.

C'est que le père Enrico ne manquait pas d'occupations : outre l'apostolat auprès des âmes, il devait s'occuper de mille choses pratiques, de petites réparations, de la fabrication du vin, de la salle d'opération, du jardin, des salaires à payer ; il installa le chauffage central ; il dut manœuvrer habilement au milieu des difficultés encontrées par la faillite de la banque...

Il exerça toutes ces activités jusqu'en 1938. Ses forces déclinèrent. Début mai 1938, il demanda pardon à chacun, demanda de prier pour lui, reçut les derniers sacrements avec profonde piété.

Enrico mourut le 10 mai 1938, au petit matin.

Il fut béatifié en 1997.

 

 

Vasile Aftenie

1899-1950

 

Vasile Aftenie naquit le 14 juin 1899 à Lodroman (Târnava-Mică, Valea Lunga, Roumanie W), de Petru et Agafia.

Après l’école primaire, il fréquenta le lycée de Blaj.

En 1917, il fut enrôlé dans l’armée et envoyé au front en Galice et en Italie.

En 1918, il commença des études de Droit à Bucarest mais, en1919, s’inscrivit à la faculté de Théologie de Blaj ; puis il fut envoyé au collège grec Saint-Athanase de Rome : en 1925, il était docteur en Philosophie et en Théologie.

Ordonné prêtre en 1926, il fut nommé successivement professeur à l’académie de Théologie de Blaj, archiprêtre à Bucarest en 1934, chanoine du chapitre de Blaj en 1937 ; enfin, en 1939, il fut nommé recteur de l’académie de Théologie de Blaj.

En 1940, il fut consacré évêque titulaire d’Ulpiana, auxiliaire de l’archevêque Mgr Nicolescu. Mgr Aftenie siégea à Bucarest, l’église Saint-Basile étant devenue cathédrale. Rappelons que saint Basile (v. 2 janvier) était le saint Patron de Mgr Aftenie.

En 1941, après la mort de Mgr Nicolescu, il fut administrateur apostolique de Făgăraş et Alba Iulia.

Comme on le sait, le régime communiste s’imposa au pays roumain, persécutant durement le clergé, cherchant en particulier à rallier les prêtres et les évêques à l’église orthodoxe roumaine ; certains prêtres cédèrent, parfois sous la pression. En 1948, Mgr Aftenie reçut une quarantaine de ces prêtres et les admonesta fortement pour avoir abandonné l’Eglise romaine.

Comme Mgr Frențiu, Mgr Aftenie fut arrêté le 28 octobre 1948, juste après sa sortie de la cathédrale, sur la Piața Romană, et conduit à Dragoslavele, puis de là au monastère Căldăruşani, transformé en prison ; le 10 mai 1949, on l’emmena dans le sous-sol du Ministère de l’Intérieur, dans une cellule d’isolement où, sous les ordres d’un général impie, il fut sauvagement torturé et mutilé, puis conduit dans la prison de Văcăreşti, où il mourut le 10 mai 1950.

Cela ne suffisait pas encore. La caisse qu’on fabriqua pour servir de cercueil à l’Evêque, était trop petite : on coupa alors les pieds du Martyr ; on aurait voulu brûler son corps, mais il fut enterré au cimetière Bellu de Bucarest, grâce à l’intervention d’un prêtre qui put, quelques jours après sa mort, célébrer les rites des funérailles. Sur la croix de sa tombe, on n’eut pas la permission d’écrire autre chose que V.A. 1950.

En 2010, la dépouille de Mgr Aftenie fut transférée en l’église Adormirea Maicii Domnului (Dormition de la Mère de Dieu) de Bucarest.

Vasile Aftenie est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 10:19

Enrique Ángel Angelelli Carletti

1923-1976

 

Enrique Ángel était le fils d’un couple d’immigrés italiens et naquit le 18 juillet 1923 à Córdoba (Argentine).

Il entra au séminaire Notre-Dame-de-Lorette en 1938 et acheva ses études au Collège Pontifical latino-américain de Rome, où il fut ordonné prêtre en 1949. Il se diplôma ensuite en Droit canonique à l’Université Grégorienne de Rome.

De retour en Argentine, il fut nommé vicaire de la paroisse Saint-Joseph de Barrio Alto et aumônier de l’hôpital ; il s’occupa particulièrement de visiter les pauvres dans les bidonvilles et de former des groupes de jeunes. Il fut aussi nommé professeur de Droit canonique au Grand séminaire et de théologie à l’Institut Lumen Christi.

En 1960, il fut nommé évêque auxiliaire de Córdoba et fut recteur du Grand séminaire ; de concert avec des prêtres préoccupés comme lui de la condition des classes inférieures, des ouvriers, des paysans, le jeune évêque s’intéressa aux conflits sociaux, déclarant ouvertement que l’Eglise devait faire évoluer son attitude devant ces graves problèmes. Le nouvel archevêque de Córdoba, en revanche, n’aimait pas ce genre de déclarations, condamnant même cette position trop gauchisante, et releva l’évêque contestataire de ses fonctions, le nommant simple aumônier du couvent des Adoratrices au Collège Villa Eucharistica.

Mais Mgr Angelelli restait évêque, et comme tel participa aux sessions du Concile Vatican II. Au terme du Concile, il fut rétabli évêque auxiliaire de Córdoba (1965).

En 1968, il fut nommé évêque de La Rioja. Dès lors, il avait les mains libres pour s’introduire dans la cause des mineurs, des ouvriers agricoles, des employés domestiques, qu’il encouragea à se regrouper en syndicats, en coopératives (tissage, briques, boulangerie, coopératives agricoles).

En 1973, un premier incident grave se produisit lors de la visite de Mgr Angelelli à Anillaco : une troupe menée par des grands propriétaires pénétra de force dans l’église, forçant l’évêque à interrompre la cérémonie et jeta des pierres contre l’évêque quand il sortit de l’église ; l’évêque alors frappa d’interdit les auteurs de ces faits.

Une enquête fut ordonnée par Rome, qui fut menée par le général des Jésuites et l’archevêque de Santa Fe. Mgr Angelelli offrit sa démission au Pape. Les prêtres du diocèse soutenaient leur évêque, et tandis que le nonce restait très prudent dans sa position neutre, l’archevêque de Santa Fe prenait ouvertement position pour Mgr Angelelli.

Il y eut ensuite la Guerre Sale et les changements politiques. Attentats, enlèvements, tortures, disparitions. Mgr Angelelli voulut obtenir des renseignements sur les prisonniers ; il lui fut répondu : C’est vous qui devez vous tenir sur vos gardes. L’évêque savait dès lors qu’il était visé et attendait son tour.

Le 4 août 1976, dans la localité de Punta de los Llanos, un «accident» mystérieux renversa la camionnette conduite par l’évêque. Mgr Angelelli mourut ; on releva sur son cou de fortes lésions dues à un objet contondant, une fracture en forme d’étoile dans l’os occipital et plusieurs côtes cassées.

Après la version de l’accident de la route, il y eut celle de l’homicide froidement prémédité. En 2009, une autopsie officielle révéla que la mort avait été causée par les fractures du crâne et non par un banal accident de la route. Peu à peu, l’Eglise reconnut que l’accident avait été provoqué intentionnellement ; enfin un certain cardinal Jorge Bergoglio parla de martyre.

Mgr Enrique Ángel Angelelli Carletti fut béatifié en 2019, et inscrit au Martyrologe le 4 août.

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 09:47

Wenceslao Pedernera

1936-1976

 

Wenceslao Pedernera naquit à Los Jagüeles (La Calera, Argentine) le 28 septembre 1936, jour où l’on fête s.Wenceslas, dont il reçut le nom au baptême.

Ses études ne dépassèrent pas ce qui est pour nous le cours élémentaire, mais ce fut un travailleur, dans les vignobles d’un certain Gargantini, italien d’origine.

On le surnommait Wence ; en 1961, il rencontra Martha Ramona Cornejo, qu’il voudra épouser, mais pas à l’église, car il n’aimait pas ces prêtres qui ne savent rien dire aux grands propriétaires. Martha cependant, surnommée Coca, finit par l’emporter et le mariage fut célébré chrétiennement en 1962.

La vraie conversion de Wence se fit en réalité six ans plus tard, lors d’une mission populaire ; son cœur fut touché par la prédication de prêtres qui parlaient vraiment au nom de l’Evangile. Sa conviction fut telle qu’il organisa et dirigea un groupe de prière, qui s’appuyait directement sur l’enseignement du Christ. Coca rayonnait de joie. Naîtront bientôt trois filles, María Rosa, Susana et Estela.

Wence fut alors totalement conquis par les idées de Mgr Angelelli, l’évêque de La Rioja, où il désirait s’installer. Coca lui proposa d’abord de rester à Mendoza, mais en 1973, ils déménagèrent à Anguinan, puis à Sañogasta : là, ils firent partie d’une coopérative agricole, où le travail était nourri par la prière et par la lecture de l’évangile.

Avec les prêtres qu’il connaissait bien, il partageait un lopin de terre qu’il cultivait avec amour. Parmi ceux qui fréquentaient Wence, il y eut trois jeunes, qui devinrent prêtres par la suite.

Encouragé par l’évêque Mgr Enrique Angelelli (v. 4 août), Wence organisa le Mouvement Rural Catholique. Ce genre d’organisation syndicale allait à l’encontre des immenses latifundi, dont les grands propriétaires s’enrichissaient sur le dos de leurs ouvriers. Wenceslao fut lui aussi accusé de marxisme et menacé.

Le 25 juillet 1976, quatre hommes masqués firent irruption chez lui et, devant son épouse et ses filles terrorisées, dont l’aînée avait douze ans, le frappèrent de vingt balles. Huit jours plus tôt, avaient été assassinés les deux prêtres Gabriel Longueville et Carlos Murias (v. 18 juillet) ; Mgr Angelelli serait à son tour assassiné le 4 août.

Avant d’expirer à l’hôpital où le transporta son épouse, Wenceslao pardonna à ses assassins et pria Coca de ne pas garder de rancœur envers les assassins.

En 2019, Wenceslao Pedernera fut béatifié avec l’évêque et les deux prêtres martyrs, et inscrit au Martyrologe le 25 juillet.

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 09:40

Gabriel Longueville

1931-1976

 

Gabriel Joseph Roger Longueville naquit le 18 mars 1931 à Etables (Ardèche).

Après avoir fréquenté le séminaire d’Annonay, il fut ordonné prêtre en 1957, pour le diocèse de Viviers ; il enseigna pendant quelques années.

En 1969, selon l’encyclique Fidei Donum, il fut envoyé au Mexique d’abord, puis en Argentine.

Curé de la paroisse El Salvador (El Chamical), il organisa sa paroisse en y installant des religieuses et surtout en mettant l’accent sur la formation des laïcs.

Il se mit réellement au service des pauvres et des marginalisés. On a noté sa patience extraordinaire.

Dans ses moments de loisirs, Gabriel sculptait le bois ; on a de lui une très jolie croix sur les montants de laquelle sont sculptés les quatorze stations du Chemin de Croix.

Mais son action pastorale dérangeait ceux des Chrétiens qui préféraient maintenir leur autorité sur les populations faibles et exploitées. Ces prêtres, ainsi que l’évêque Angelelli (v. 4 août), étaient accusés de vouloir introduire une politique marxiste, et devaient être éliminés.

Gabriel fut enlevé avec son vicaire, Carlos Murias, le 18 juillet 1976. Quand on retrouva leurs corps, dans un terrain vague bien connu sous l’appellation Los Martires, ils avaient les yeux bandés, et leurs corps étaient criblés de balles. Mgr Angelelli, lui, périt dans un «accident», le 4 août suivant.

L’année suivante, l’évêque de Viviers apporta du village d’Etables des épis de blé pour les répandre à l’endroit où fut assassiné Gabriel Longueville, en signe de «semence nouvelle».

Durant les sept années de la «dictature militaire» en Argentine, périrent deux évêques, plus de cent membres du clergé (prêtres, religieux et religieuses, séminaristes) et, estime-t-on, des milliers de chrétiens engagés.                                                      

Gabriel Longueville fut béatifié en 2019, et inscrit au Martyrologe le 18 juillet.

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 09:39

Carlos de Dios Murias

1945-1976

 

Carlos de Dios Murias naquit le 10 octobre 1945 à San Carlos Minas (Córdoba, Argentine) ; son père, Carlos María Murias, était un grand propriétaire terrien et homme politique influent ; sa mère, Eba Ángela Grosso était institutrice.

Carlos était le benjamin des enfants, après trois filles : Hebe Elizabeth, María Cristina et Marta Elena ; il fut baptisé le 24 novembre 1945.

Il fréquenta l’école primaire chez les Religieuses de Villa Ciardino, le collège Virgen Niña.

En 1954, il reçut avec grande dévotion la Première communion.

De 1958 à 1962, il étudia au Lycée Militaire General Paz, à Córdoba, où il fit la connaissance de l’aumônier, le père Fulgencio Rojas.

Après le baccalauréat, il aurait volontiers suivi les cours de Vétérinaire, mais il n’y en avait pas encore, aussi s’orienta-t-il vers la faculté d’Ingénierie. Il n’en fit que deux années, mais il s’intéressa aux réunions d’un mouvement universitaire catholique, dont l’aumônier était le même père Rojas. C’est là aussi qu’il rencontra Mgr Angelelli, évêque auxiliaire de Córdoba et futur évêque de La Rioja, alors aumônier de l’Action Catholique (v. 4 août).

Les sœurs de Carlos décrivaient leur jeune frère comme un idéaliste, généreux, simple et passionné ; il chantait bien et jouait de la guitare et du piano. Carlos était prudent, discret, aimait la vérité, mais aussi se rebellait contre l’injustice.

En 1965, il revint chez son père pour travailler aux champs avec les ouvriers, mais repartit peu après et connut bientôt l’Ordre des Frères Mineurs Conventuels, où il trouva sa vocation. En 1966, il entra au noviciat, fit la première profession en 1968, la solennelle en 1971.

En 1972, il fut ordonné prêtre par Mgr Angelelli.

Il passa deux années comme vicaire paroissial à La Reja puis à José León Suárez, deux localités des environs de Buenos Aires : il s’y occupa beaucoup des jeunes et des pauvres.

En 1975, il prospecta Chamical (La Rioja) pour y implanter une communauté de Franciscains ; enthousiasmé par l’accueil de la population, encouragé par son Supérieur et ses confrères, il fut transféré en 1976 dans le diocèse de La Rioja, dont l’évêque était désormais Mgr Angelelli ; ce dernier envoya Carlos, avec l’abbé Longueville, dans la paroisse de Chamical.

Les deux prêtres s’entendirent parfaitement pour donner la voix aux populations injustement traitées, contre une minorité de grands propriétaires. La situation se tendit. Dans une de ses dernières homélies, le père Carlos proclama : On pourra étouffer la voix de Carlos Murias ou celle de notre évêque Angelelli, mais pas celle du Christ, qui réclame justice et amour.

Le dimanche 18 juillet 1976, des hommes qui se disaient envoyés de la «Police fédérale» firent irruption dans un couvent où déjeunaient Carlos et le père Longueville avec des Religieuses, après avoir célébré la messe dominicale : enlevés, conduits à la base aérienne de Chamical, ils furent interrogés et torturés.

Deux jours plus tard, on retrouva leurs corps, mutilés et criblés de balles dans un champ proche. Le père Carlos avait eu les yeux crevés et les mains mutilées.

C’est Mgr Angelelli qui célébra leurs funérailles, le 22 juillet suivant ; le 4 août, il était à son tour victime d’un «accident».                                               

Carlos Murias fut béatifié en 2019, avec Mgr Angelelli et Gabriel Longueville, et inscrit au Martyrologe le 18 juillet.

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 14:12

María Concepción Cabrera de Armida

1862-1937

 

María Concepción Cabrera de Armida, qu’on a appelée courammenet Conchita, naquit le 8 décembre 1862 - fête de l’Immaculée Conception - à San Luis Potosi (Mexique), d’Octaviano Cabrera et Clara Arias, des parents très chrétiens appartenant à la petite bourgeoisie.

Dans cette bonne famille, María Concepción combattait ses caprices. Elle écrira : Je désobéissais à mes parents, je battais mes frères, je chippais du gâteau, des bonbons.

En 1884, elle épousa Francisco Armida ; ils auront neuf enfants.

María Concepción fut active dans la paroisse, assistait chaque matin à la Messe, visitait les pauvres, les malades. Elle eut aussi une vie mystique intense, jouissant de visions du Christ, de la Sainte Trinité ; dans ses écrits, qui comportent soixante-mille pages manuscrites, elle parle de ces expériences, des messages du Sacré-Cœur, de l’Eucharistie ; des théologiens ont pu comparer ces écrits à ceux de sainte Thérèse d’Ávila (v. 15 octobre).

En 1895, elle créa l’Œuvre de la Croix, pour ceux qui désiraient sanctifier leur quotidien en s’identifiant au Christ sur la Croix. Ce n’est pas une congrégation ; c’est une pieuse union, dont les membres, de quelque situation qu’ils soient, offrent leurs actions, leurs petits sacrifices quotidiens, pour le rachat des péchés du monde, comme le Christ le fit par sa Croix.

En 1897, María Concepción fonda la congrégation des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus : religieuses contemplatives qui observent l’adoration eucharistique et prient pour la sanctification des prêtres.

En 1901, grosse épreuve pour cette femme si active : Francisco mourut prématurément, et María Concepción dut assumer seule l’éducation et la formation de tous ses enfants ; l’aîné avait dix-sept ans, le plus jeune en avait deux. Certains entreront en religion.

En 1903, María Concepción rencontra un prêtre, Félix Rougier, que Notre-Seigneur lui avait précédemment annoncé : ce sera le point de départ d’une collaboration très importante et salutaire pour le Mexique.

En 1909, elle fondera l’Alliance de l’Amour avec le Sacré-Cœur de Jésus, une autre pieuse union, dont les membres consacreront dans leur journée des heures de prière et de service pour le ministère sacerdotal.

En 1912, ce sera la Fraternité du Christ Prêtre, une association de fidèles et de religieux pour la sanctification du ministère sacerdotal.

Désormais, les enfants avaient grandi et María Concepción pouvait donner libre cours à ses pénitences et ses austérités. En 1913, elle obtint du pape Pie X l’autorisation de se consacrer par les vœux de religion tout en restant dans le monde - c’était exceptionnel à l’époque.

En 1914 naquit sous son impulsion et celle du père Rougier, la congrégation sacerdotale des Missionnaires de l’Esprit-Saint, qui se développera au Mexique, aux Etats-Unis, au Costa Rica, au Chili et en Colombie, en Espagne et en Italie. De cette congrégation naîtra aussi une branche spiritaine, le Cercle de l’Esprit-Saint et de la Croix, sur l’initiative d’un père spiritain, Luis Manuel Guzmán Guerrero.

En 1924, l’action de María Concepción aboutira à la consécration du Mexique à l’Esprit-Saint. On comprend plus facilement comment le peuple et les prêtres furent ainsi préparés à résister aux persécutions du gouvernement laïc mexicain dans les années 20.

María Concepción écrivit qu’elle avait reçu la grâce de la maternité des âmes : en s’offrant, corps et âme, pour le salut des âmes, elle se fera victime pour chacune d’elles, spécialement pour les pécheurs, et pour les prêtres.

Cette grande âme mystique s’éteignit à Mexico, entourée de ses enfants, le 3 mars 1937.

Béatifiée en 2019, elle fut inscrite au Martyrologe le 3 mars.

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