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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 00:00

27 FEVRIER

 

III.

Ss Julien, Eunus et Bésas, martyrs à Alexandrie ; Julien était un vieillard, soutenu par Eunus : tous deux furent couverts de chaux vive ; Bésas était un soldat de l’escorte et fut décapité.

S Gélase (Gelasin), comédien converti en mimant le rite du baptême, martyr à Héliopolis.

?

Ste Onésime, vierge à Cologne.

IV.

Ste Honorine, vierge martyre inconnue, très vénérée en Normandie.

?

Ss Alexandre, Abonde, Antigone et Fortunat, martyrs à Thessalonique ou à Rome.

VI.

S Eucher, évêque à Maastricht.

S Comgan, abbé à Gleann-Ussen ou Killeshin.

VII.

S Baldomerus, serrurier à Lyon, puis moine, tellement humble qu’on eut de la peine à lui conférer le sous-diaconat.

S Alnoth, berger à Weedon, ermite à Stowe, “martyrisé” par des voleurs. 

VIII.

Ss Basilios et Procopios Décapolite, moines persécutés à Constantinople pour le culte des saintes images.

IX.

S Marvart (Marcovart), abbé à Prüm, maître de Lothaire, le fils de Louis le Débonnaire.

X.

B Jean de Vandières, abbé à Gorze où son prédécesseur l’obligea à mitiger ses austérités ; il eut aussi une mission auprès du roi musulman de Cordoue. 

XI.

S Krikor de Narek, moine, Docteur des arméniens et Docteur de l'Eglise (2015), dont les Elégies sacrées constituent le principal recueil de prières actuellement.

XII.

S Luca, abbé de rit oriental au monastère du Très Saint Sauveur à Messine.

XVII.

Ste Anne Line, veuve anglaise, convertie au catholicisme, pendue à Tyburn.

Bx Roger Filcock, jésuite, et Marc Barkworth, bénédictin, martyrs anglais, pendus à Tyburn, béatifiés le premier en 1929, l'autre en 1987.

XIX.

Bse Francinaina Cirer Carbonell de la Vierge des Douleurs, à Maiorque, illettrée, mais zélée dans l’apostolat et fondatrice des Sœurs de la Charité, béatifiée en 1989.

S Francesco Possenti (Gabriele dell’Addolorata), jeune passionniste à Morrovalle, mort à vingt-quatre ans, patron des jeunes des séminaires, noviciats et scolasticats.

B Josep Tous Soler, prêtre capucin espagnol, un moment exilé en France, fondateur des Sœurs Capucines de la Mère du Bon Pasteur, béatifié en 2010.

Bse Marie de Jésus Deluil-Martiny, marseillaise, fondatrice des Filles du Cœur de Jésus, pour l’adoration et la réparation ; toute jeune elle fit partie de la “Garde d’honneur du Sacré-Cœur” et fonda ensuite un sanctuaire dédié au  Sacré-Cœur à Berchem (Belgique) ; elle fut assassinée par un jardinier à Marseille, béatifiée en 1989.

XX.

Bse Karolina Brader (Marie de la Charité de l’Esprit Saint, 1860-1943), franciscaine suisse active en Equateur et Colombie, fondatrice des Franciscaines de Marie-Immaculée où elle obtint le privilège de l’adoration perpétuelle diurne et nocturne, béatifiée en 2003.

Ioulianos, Eunus et Besas d’Alexandrie

† 250

 

C’était sous la persécution de Dèce (250), dans la ville d’Alexandrie d’Egypte.

Ioulianos était un vieillard malade de la goutte, au point qu’il ne pouvait ni rester debout ni se déplacer, sinon soutenu par deux domestiques. Il fut amené devant le juge païen.

Tandis qu’un des deux domestiques reniait sa foi, l’autre, nommé Eunus (ou Chronion) confessa courageusement le nom du Christ, en même temps que le vieillard Ioulianos.

On commença par les asseoir sur un chameau, qu’on fit déambuler par toute la ville au milieu des rires et des insultes qui accompagnaient les coups de fouets dont on les accablait. Finalement, on les arrosa de chaux vive.

Besas, lui, était un soldat de l’escorte. Trouvant injuste le traitement qu’on démontrait envers les deux Martyrs, il tenta de contenir la foule ; mais on le conduisit au juge, qui le condamna à la décapitation.

Ce devait être en (ou vers) 250.

Saints Ioulianos, Eunus et Besas d’Alexandrie sont commémorés le 27 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Honorine en Normandie

† 303

 

De sainte Honorine, on ne sait rien de sûr.

Elle aurait appartenu au peuple calète (Gaule belgique).

Elle aurait été martyrisée vers 303 à Lillebonne (ou Mélamare) ; son corps, jeté dans la Seine serait arrivé une trentaine de kilomètres plus bas (non loin du Havre) jusqu’à Graville, où il fut enseveli.

On pourrait dire que c’est là que commença la vraie histoire d’Honorine, celle de ses reliques.

Vers 850, fuyant les envahisseurs Vikings, le clergé reporta les reliques d’Honorine à Conflans, où eurent lieu une quantité de miracles : guérisons, délivrances de prisonniers…

Pour une fois, les reliques ne subirent pas de dommages durant la Révolution de 1789.

Sainte Honorine en Normandie est commémorée le 27 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Baldomerus de Lyon

† 660

 

Le latin Baldomerus a été transcrit et traduit différemment : Baldomer, Waldomar, Waldimer, Galmier, Germier, Gaumier…

Baldomerus naquit au 7e siècle dans le Forez.

Il exerça quelque temps le métier de serrurier à Lyon (Rhône), tout en donnant à Dieu du temps dans la prière et les bonnes œuvres. Il trouvait toujours quelque chose à donner aux pauvres et, quand il n’avait plus rien, donnait jusqu’à ses outils.

Sa vie était toute de piété et de générosité. Chaste et enjoué, lecteur assidu de l’Ecriture, il faisait l’édification de son quartier. 

L’abbé du monastère Saint-Just l’invita à séjourner dans l’abbaye ; tous voulaient lui faire conférer les ordres sacrés - sauf lui-même, qui n’accepta qu’à grand-peine d’être sous-diacre, à condition de ne pas être élevé plus haut.

On croit généralement qu’il mourut le 27 février 660.

Ses reliques furent en grande vénération pendant des siècles. Les Huguenots les dispersèrent au 16e siècle, mais on put en préserver un bras. 

On l’a naturellement pris comme patron des serruriers et des forgerons.

Saint Baldomerus est commémoré le 27 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Procopios Décapolite et Basilios de Constantinople

† 750

 

 

Procopios et Basilios étaient deux moines qui vivaient dans leur monastère à Constantinople.

Décapolite est dérivé de décapole, qui concerne d’abord dix villes importantes de Judée (cf. Mt 4:25) ; ce n’est pas là l’origine de notre Procopios. Il y eut d’autres régions regroupant dix villes (ou dix couvents) importants, comme en Isaurie (act. Aşaği Īrnebol, Görmeli, Turquie S), où vécut s.Gregorios Décapolite (v. 20 novembre).

Or, à partir de 726, l’empereur Léon l’Isaurien décida de combattre le culte envers les saintes Images et, par voie de conséquence, de s’en prendre à ceux qui les vénéraient. De là l’hérésie de l’iconoclasme qui engendra une véritable persécution : en 730, un édit impérial ordonna la destruction de toutes les icones.

Les protestations du peuple, laïcs et moines, étaient unanimes. L’histoire de Procopios et Basilios est un exemple de la façon dont furent traités les moines fidèles à la tradition chrétienne.

Procopios et Basilios furent arrêtés, torturés et mis en prison ; ils y restèrent jusqu’à la mort de l’empereur iconoclaste en 741.

Ils seraient ensuite morts en paix, peu après, vers 750.

Les deux saints Procopios et Basilios sont commémorés le 27 février dans le Martyrologe Romain. 

 

 

Krikor Narekatsi

950-1010

 

Krikor Narekatsi (ou aussi Grigor Naregatsi) naquit vers 945-951 dans le Vaspourakan des Artzrouni, une province arménienne au nord de l'Irak. 

Il avait deux frères : Hovhannès (Jean), qui sera moine copiste également à Narek, et Sahak, pratiquement inconnu. 

Très tôt la mère mourut et c'est le père, l'évêque Khosrov Andzévatsi (le Grand) qui se chargea de leur éducation. Cet évêque était déjà auteur d'importants ouvrages théologiques. Puis ce fut l'oncle de Grigor, Anania Narekatsi, abbé du monastère de Narek, qui poursuivit l'éducation de son neveu. 

Grigor fut donc moine au monastère de Narek, fondé en 935, non loin du lac de Van, près de l'église d'Aghtamar. 

Il fut ordonné prêtre en 977 et fut vardapet (c’est-à-dire docteur en théologie), puis enseignant. C’était un esprit encyclopédique, maître en musique, astronomie, géométrie, mathématiques, littérature et théologie.

Reconnu comme maître spirituel, il fut chargé de former les novices de son couvent et, chose délicate, de réformer les monastères voisins. 

Il arriva justement que des moines, jaloux de son influence et de ses qualités, le dénoncèrent comme coupable d'hérésie. De par sa formation, Grigor pouvait être taxé de chalcédonisme, comme son père qui avait même été un temps excommunié par le Catholicos Ananias Ier de Moks. Mis à l'écart et rejeté dans l'ombre, Grégor montrera son orthodoxie : on lui rendra justice, à cause de son humilité.

Vers la fin de sa vie, ce grand mystique a écrit en langue arménienne classique un poème intitulé Livre des Lamentations, chef d'œuvre de la poésie arménienne médiévale. Ce maître de la discipline a, pour ce faire, tiré la langue arménienne classique de la liturgie pour lui donner, après l'avoir remodelée et sculptée, une autre forme et un autre sens, la poésie arménienne médiévale.

Gregor a rédigé un Commentaire sur le Cantique des Cantiques de Salomon, une Histoire de la croix d'Aparan, des odes célébrant la Vierge Marie, des chants et des panégyriques. 

Il a introduit à cette époque le vers monorime dans la poésie arménienne. Son influence a marqué la littérature arménienne et se retrouve chez d'autres poètes. Son œuvre est l'un des sommets de la littérature universelle. 

Il mourut vers 1003 ou 1010 et un mausolée lui fut consacré à Narek, malheureusement détruit à la suite du génocide arménien. 

Il sera canonisé par l'Eglise arménienne.

Les Lamentations ont été mises en musique en 1985 par Alfred Schnittke, dans une traduction russe de Naum Grebnev.

Grégoire de Narek est un théologien, poète et philosophe. Il a été appelé le Docteur des Arméniens et sera proclamé Docteur de l’Eglise en 2015.

Ses élégies constituent actuellement le recueil majeur de prières de la liturgie arménienne. 

Gregor est mentionné le 27 février au Martyrologe Romain.

 

Extrait du Livre des Lamentations, XXVI :

 

« J'ai été orgueilleux, moi, poudre vivante,

et fier, moi, argile parlante,

et hautain, moi, terreau vil.

Je me suis exalté, moi, cendre sordide ;

j'ai brandi le poing, moi, coupe fragile.

Je me suis accru plus qu'un roi ;

puis comme l'homme qu'on expulse

je me suis reclus à nouveau en moi.

J'ai reflété l'incendie de la fureur

moi, boue intelligente ;

ma présomption m'enfla comme étant immortel,

moi, de mort encloué comme les bêtes ;

j'ai étendu les bras vers la passion de vivre,

n'ai pas tourné ma face mais mon dos ;

l'esprit ailé je me ruais vers de noirs mystères ;

j'ai dégradé mon âme pure en flattant mon corps. »

Luca de Messine

† 1149

 

Luca vivait en Sicile aux 11e-12e siècles, où il nacquit à Rossano Calabro.

Dans cette île et le sud de l’Italie se trouvaient beaucoup de monastères dits basiliens, de rite oriental. Luca appartenait à l’un d’eux.

Le roi Ruggero II, qui voulait protéger l’Eglise et encourager la vie cénobitique, le nomma higoumène (abbé) du grand monastère de Très Saint Sauveur de Città dello Stretto, encore inachevé et dont devaient dépendre un certain nombre d’autres monastères du même rite. Le roi lui accordait d’emblée beaucoup de privilèges ; le monastère ne dépendait que du roi.

Luca y arriva avec une douzaine de moines vers 1130-1131.

Constatant l’importante décadence du monachisme local, il écrivit pour tous les moines un ouvrage de base, le Typicon, pour rappeler et régler différents aspects de la vie monacale.

Il s’éteignit le 27 février 1149 à Messine.

Son tombeau a été détruit par un grand tremblement de terre en 1908.

Le nom de saint Luc, abbé à Messine, est récemment apparu dans le Martyrologe Romain à cette date.

 

 

 

Anne Line

1565-1601

 

Née vers 1565 à Dunmow (Essex, Angleterre), Anne Line, née Alice Higham, fut une laïque active au moment de la persécution en Angleterre.

Elle était l’aînée de William Higham et Jenkyn Maldons. Certains supposent même qu’elle serait née beaucoup plus tard, mais alors cette hypothèse s’accorde mal avec les faits suivants.

Elle se convertit au catholicisme avec son frère William et son mari Roger Line, qu’elle épousa en 1583.

Il se peut qu’elle n'ait pris qu'alors le nom de Anne. Quand au patrimoine, elle et son frère furent automatiquemnet déshérités, mais ils allaient recevoir en compensation un héritage bien plus éternel.

Roger et William furent surpris en train d’assister à la Messe et furent mis en prison ; William fut relâché et se cacha, tandis que Roger fut banni et se réfugia en Flandres, où il mourut en 1594.

Anne eut alors à s’occuper d’une maison pour prêtres clandestins. Malgré sa mauvaise santé, elle tint cette maison pendant trois ans, même durant l’incarcération du prêtre qui l’avait ouverte (John Gerard). Ce dernier écrivit lui-même qu’ elle était si connue, qu’il ne pouvait se montrer là où elle était ; elle acquit alors d’autres appartements et continua d’héberger des prêtres. 

Le 2 février 1600, fête de la Chandeleur, elle laissa entrer plus de monde que d’habitude ; cette affluence provoqua la suspicion de la police, qui arriva immédiatement. Le prêtre put se glisser dans la cachette préparée par Anne, et s’enfuir ; Anne fut arrêtée et envoyée à Newgate.

Le 26 février 1601, elle fut présentée aux juges, si faible qu’on dut la transporter sur sa chaise. Elle déclara que, loin de regretter d’avoir reçu un prêtre, elle regrettait plutôt de ne pas en avoir reçu un millier d’autres. Le juge la condamna à mort pour félonie et pour avoir assisté un prêtre.

Elle fut exécutée à Tyburn le 27 février 1601.

Elle fut béatifiée en 1929, canonisée en 1970. 

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Mark Barkworth

1572-1601

 

Marc était né vers 1572 à Searby (Lincolnshire, Angleterre). On le connaîtrait aussi sous le nom (pseudonyme ?) de Mark Lambert.

Après quelques études à Oxford, il passa à Douai et entra dans l’Eglise Catholique.

Il entra alors dans le Collège de Douai, en 1594, pour recevoir sa formation sacerdotale.

A cause d’une épidémie de peste, il fut envoyé en 1596 à Rome, et de là au Collège Royal de Saint-Alban à Valladolid (Espagne). Il entra alors au Collège Anglais de cette ville, en 1596.

On dit que, durant le voyage à Valladolid, il aurait eu une vision de saint Benoît, qui lui annonçait sa mort comme martyr, avec l’habit bénédictin.

Arrivé à Valladolid, il fréquenta donc assidument les Bénédictins, mais n’entra pas immédiatement dans l’Ordre : en effet, s’il devenait moine, comment pouvait-il revenir dans son pays pour y exercer le saint ministère ?

Il fut ordonné prêtre dans le Collège Anglais en 1599 et fut très vite destiné aux missions en Angleterre.

Sur son chemin, il s’arrêta au monastère bénédictin de Irache (Navarre), où il fut reçu comme oblat de l’Ordre, avec privilège exceptionnel de pouvoir faire la profession à l’article de la mort. Il avait ainsi la certitude de mourir «bénédictin».

Le voyage ne fut pas sans difficulté, bien au contraire : à La Rochelle, il dut échapper aux mains des Huguenots. Arrivé en Angleterre, il fut arrêté dès qu’il toucha le sol, et conduit à Newgate, où il resta prisonnier pendant six mois, avant d’être transféré à Bridewell.

Il écrivit alors un appel à Robert Cecil, comte de Salisbury, qu’il signa habilement George Barkworth. Mais on ne connaît pas la suite de cet appel. Toujours est-il qu’il fut interrogé et que, durant ces interrogatoires, il ne montra aucune frayeur, mais plutôt une franche gaieté.

Condamné, il traîna pendant quelque temps encore dans les «limbes», un horrible cachot souterrain du donjon de Newgate, où il demeura, dit-on, de très bonne humeur.

Un portrait de ce prêtre le définit comme de haute taille, bien proportionné, cheveux bruns, la barbe rousse, les yeux un peu battus.

Au moment de son supplice, il portait l’habit bénédictin sur une simple chemise. On remarqua que ses genoux étaient endurcis à force de rester à genoux en prière. 

Le père Mark devait être exécuté le même jour que deux autres victimes : Anne Lyne, qui est actuellement déjà canonisée, et le jésuite Roger Filcock.

Il faisait particulièrement froid ce jour-là. En chemin, Mark chantait la fameuse antienne pascale, tirée du psaume 117 : Hæc dies, quam fecit Dominus ; exsultemus et lætemur in ea (Voici le jour qu’a fait le Seigneur ; exultons et mettons-y notre joie).

Arrivé au lieu du supplice, il vit Anne Lyne à terre, déjà exécutée et morte. Il s’inclina et baisa sa robe en disant : Ah, ma sœur, tu nous as précédés, mais nous allons te rejoindre aussi vite que possible ! Et à la foule, il déclara : Je suis venu ici pour mourir, comme Catholique, comme prêtre et comme religieux, car j’appartiens à l’Ordre bénédictin. C’est par un Bénédictin que l’Angleterre se convertit (allusion à saint Augustin de Canterbury, v. 26 mai).

Les restes du corps de Mark Barkworth furent brûlés.

Ce prêtre bénédictin fut béatifié en 1929.

 

 

Roger Filcock

?-1601

 

Roger était né à Sandwich (Kent, Angleterre), de Simon et Margaret Low (ou Lowe), peut-être autour de 1560.

Il entra au Collège Anglais de Reims en 1581, et fut un des premiers à rejoindre le Collège Saint-Alban à Valladolid (Espagne), où il fut ordonné prêtre en 1597.

Il voulait entrer dans la Compagnie de Jésus, mais on voulut d’abord le mettre à l’épreuve. 

Dans son voyage pour Calais (France), le bateau fut poursuivi et abordé par des corsaires hollandais. Certains voyageurs purent s’échapper sur des chaloupes. Roger, lui, fut capturé, mais réussit à s’échapper et à rejoindre la côte du Kent.

C’était au début de 1598. Roger se dissimula sous le pseudonyme de Arthur Naylor et commença son activité missionnaire. Il fut enfin reçu dans l’Ordre des Jésuites en 1600.

C’est durant cette période qu’il connut Anne Lyne, une veuve chrétienne qui aidait les prêtres et prit le père Roger comme directeur spirituel.

Roger devait partir dans les Flandres pour y faire son noviciat. En attendant, il était souvent hébergé chez Anne Lyne. Le 2 février 1601, il allait célébrer la Messe, lorsqu’une troupe fit irruption. Un ancien collègue de Valladolid l’avait dénoncé.

La pieuse femme fut arrêtée, tandis que, dans la confusion, le prêtre réussissait à se cacher.

Vite repris, Roger fut envoyé à Newgate.

Accusé d’être prêtre, il ne le reconnut ni le nia : il demanda des témoins, qui n’existaient pas.

On le cita en jugement, le 23 février. Après avoir entendu les accusations, il demanda à être jugé sans consultation des jurés, car il se doutait bien que le verdict allait être contre lui et qu’on aurait forcé les jurés à voter contre leur conscience. Mais c’est bien ce que fit le juge : Roger fut déclaré coupable et condamné pour haute trahison.

Le 27 février 1601, on exécuta d’abord Anne Lyne, puis le bénédictin Mark Barkworth et notre Roger Filcock.

Après l’exécution du père Mark, Roger invoqua le nouveau Martyr : Prie le Seigneur pour moi, toi qui es maintenant devant Lui, pour que je puisse achever ma course dans la Foi.

Roger Filcock a été béatifié en 1987.

Francinaina Cirer y Carbonell

1781-1855

 

Francinaina naquit à Sencelles, un petit village de l’île de Majorque, le 1er juin 1781 et, selon la coutume de cette époque, fut baptisée le jour-même. Ses parents étaient d’humbles et honnêtes paysans qui s’appelaient Juan Cirer et Juana Carbonell. 

Dès la tendre enfance, elle voulut donner son cœur à Jésus et commença une vie toute dévouée à la connaissance et la pratique des enseignements du Maître.

Petite, elle aidait ses parents dans les travaux des champs et sa mère avait l’habitude de lui donner pour son goûter un morceau de pain avec du fromage ou de la sobrasada, ce jambon pimenté typique de Majorque. Mais si elle rencontrait d’autres petits bergers qui n’avaient pas de nourriture suffisante ou pas assez substantielle, elle partageait avec eux son goûter.

Sa mère aimait l’habiller correctement, sans excès, avec le costume de paysanne des Baléares que la famille pouvait s’offrir ; mais Francinaina préférait porter des habits plus modestes. On raconte qu’elle sortait de chez elle habillée selon les goûts de sa mère, mais qu’arrivée chez une amie, elle se mettait un habit noir et allait à l’église pour prier. En sortant, elle se rhabillait pour être comme elle était partie de chez sa mère. Mais voilà qu’un jour, sa mère demanda à une amie si elle trouvait joli l’habit de Francinaina, et l’amie de dire qu’elle l’avait vue à l’église, habillée humblement en noir, comme toujours. La petite fille était découverte, elle fut grondée et supporta les reproches patiemment.

A huit ans, elle eut une vision. Elle se trouvait dans la maison d’une certaine Madame de Son Mansena, avec un enfant dans les bras, tout en regardant distraitement deux hommes en train de travailler. Brusquement, elle s’évanouit. Les deux ouvriers la relevèrent avec le petit enfant et la maîtresse de maison l’installa sur un lit. Revenue à elle, elle dit à la dame qu’elle avait vu l’enfer. La terreur de cette vision lui resta gravée dans l’esprit et l’aida toute sa vie à éviter d’offenser le Seigneur, ainsi qu’à chercher à convertir toutes les personnes qui n’étaient pas sur le droit chemin.

A l’église, devant le chœur, c’est là qu’elle était heureuse. Au point que, lors de sa première communion, elle eut comme l’impression que Jésus était descendu du ciel pour rester avec elle. Chaque fois qu’elle communiait, elle restait devant le chœur à prier avec tant de ferveur, que les gens qui la voyaient restaient en admiration.

Quand les travaux des champs obligeaient la famille à se transporter dans une petite maison de campagne qu’ils avaient (L’Erissal), Francinaina s’arrangeait pour demander à sa mère la permission de parcourir les trois kilomètres à pied, de façon à entendre la messe et à recevoir la Communion, en partant très tôt le matin.

Dès l’enfance, elle se sentit appelée à la vie religieuse. Malgré sa bonne volonté, d’innombrables difficultés de tous ordres l’en empêchèrent.

Après la mort de sa mère, de ses frères et, plus tard, de son père, elle resta toute seule et commença à mener la vie qu’elle avait toujours désirée, en se consacrant totalement à procurer le bien spirituel et, si possible aussi, matériel à toutes les personnes, sans distinction de rang social ou d’âge, au point que, dans les dernières années de sa vie, elle put fonder dans sa propre maison, le couvent des Sœurs de la Charité, véritable refuge de tous les nécessiteux de Sencelles, avec le concours d’une amie, sœur Magdalena Cirer Bennassar.

Sa charité désintéressée et ses autres qualités l’ennoblissaient et son action s’étendait chaque jour davantage vers les villages voisins. 

Dans sa maison devenue couvent, elle instruisait et donnait une éducation chrétienne aux enfants et aux jeunes ; les pauvres et les infirmes, elle les réconfortait et, si possible, elle les soignait ; quant aux nécessiteux de toutes les classes sociales, elle les exhortait à faire le bien, avec toutes sortes de conseils judicieux et à propos.

La paix imperturbable de son esprit bien trempé transparaissait à l’extérieur de sa personne. Elle était sévère avec elle-même, dormait peu et s’imposait de grandes pénitences qui lui causèrent quelques problèmes de santé. Elle faisait tout cela pour obtenir du Seigneur son aide dans la conversion de certaines personnes qui se comportaient mal. En retour, elle était condescendante et joviale avec tout le monde. Franche et douce, elle était bonne avec tous ceux qu’elle rencontrait. Elle était la maîtresse, la conseillère, la maman de tous. Elle ne savait ni lire ni écrire, mais elle savait inculquer à qui l’écoutait, les valeurs fondamentales pour bien vivre.

Les jeunes, garçons et filles, étaient l’objet de son apostolat efficace. Elle savait comment se gagner leur cœur ; elle les entretenait avec des jeux innocents, dans sa petite maison de campagne ou ailleurs ; elle leur donnait des conseils salutaires. Par son exemple, et en leur donnant de bonnes leçons au bon moment, elle leur enseignait les pratiques religieuses les plus essentielles, comme le chapelet, le chemin de croix… etc. Tous appréciaient, selon leurs propres témoignages. Avec son comportement particulier, doux et toujours paisible, elle attirait et captivait les personnes de tous âges.

Ces passe-temps joyeux servaient à leur éviter les situations dangereuses. On lui demandait parfois pourquoi elle s’entourait de préférence de cette jeunesse toujours joyeuse : c’est que, disait-elle, je suis sûre qu’ils ne commettent pas de péché pendant tout le temps qu’ils sont avec moi.

Son cœur allait aussi pour les gens malades. A ceux gravement atteints, elle apportait les secours spirituels nécessaires. Tout le village à l’unisson, sans distinction de classes sociales, la respectait, la vénérait et recourait à elle, avec entière confiance. Elle avait pour chacun un mot de réconfort qui, souvent, tenait lieu de remède efficace.

C’est ce qui arriva à une petite fille dont la maman était malade et n’avait personne à qui demander d’aller chercher à la pharmacie du village de Binisalem ce que le médecin lui avait ordonné. Sœur Francinaina resta auprès de la maman et dit à la petite fille d’aller au village voisin. Comme il pleuvait beaucoup, elle lui laissa son chapeau en guise de parapluie. Malgré la distance et la pluie ininterrompue, la petite fille revint sans même mouiller un fil de ses habits.

Un autre jour, elle reçut la visite d’une femme inconnue qui lui montra une petite fille de quelques jours, née aveugle. Elle se mit à prier et la petite fille recouvra la vue à l’instant même.

Le bruit de ses miracles se répandait de tous côtés et l’on venait la trouver de villages éloignés, pour admirer ses vertus, pour demander conseil, pour se recommander à ses prières, pour recouvrer la santé. 

Du lointain village de Artà, on lui amena une petite fille qui s’appelait Margarita Femenias Tous : elle avait le cou complètement tordu, et les médecins ne trouvaient pas quel remède y apporter, mais les prières de Sœur Francinaina la guérirent instantanément.

Le Seigneur lui donnait des connaissances surnaturelles, qui lui permettaient de consoler les affligés. C’est ce qui arriva à des parents de Llucmajor, qui avaient perdu plusieurs petits enfants et dont l’unique qui restait n’était pas en bonne santé : elle leur prédit qu’il ne mourrait pas, mais qu’il deviendrait prêtre ; c’est l’abbé Guillermo Puigserver.

Elle faisait aussi échouer des actes prémédités, comme par exemple quand elle se présenta de nuit à une certaine maison, dont le propriétaire était en train d’ouvrir la porte pour aller voler quelque part. Le pauvre type tout surpris s’entendit reprocher par elle sa mauvaise intention et même se vit remettre une aumône pour lui éviter, dit-elle, d’avoir à aller voler.

Obéissant à la voix de Jésus qui l’appela par trois fois pendant qu’elle dormait, elle se mit en chemin très tôt le matin sur la route de Sencelles à Inca et, exactement à l’endroit que lui indiqua la voix, elle surprit un père et son fils qui étaient en train de se quereller. Elle leur reprocha ce qu’ils étaient en train de faire et eux, entièrement repentis, la réaccompagnèrent au couvent et, une fois arrivés là, s’embrassèrent et jamais plus ne se querellèrent.

Les innombrables œuvres de charité étaient récompensées par d’innombrables faveurs célestes, par lesquelles le Seigneur la comblait de douceurs, avec des apparitions de la Sainte Vierge et des Anges.

Un jour elle et sa compagne Magdalena étaient en train de blanchir à la chaux un mur de la maison, et, selon l’habitude dans ces villages, elles avaient laissé ouverte la porte sur la rue. Voilà qu’entre un beau petit garçon, qui s’amusait à écrire des signes sur le mur blanc avec un crayon qu’il avait dans sa main. Elles le mirent dehors par deux fois. Là-dessus, arrive le curé du village qui leur demande ce qui se passait, car apparemment ces pauvres femmes étaient en train de parler avec quelqu’un, et elles d’accuser ce gamin qui leur salissait le mur blanc, mais le prêtre n’avait vu sortir aucun enfant. Tout ce qu’il put faire, fut de déchiffrer ce qu’elles appelaient des gribouillages sur le mur. C’étaient bel et bien des lettres, qu’elles ne savaient pas lire et qu’elles croyaient être des taches. En fait il était écrit : Cette maison sera une maison de refuge. Déjà à ce moment-là cette maison était un véritable “refuge” pour les nécessiteux, mais elle devait l’être aussi dans le futur.

Le Seigneur lui avait déjà révélé qu’elle serait religieuse dans sa propre maison. C’est là que naquit la maison des Sœurs de la Charité, une communauté religieuse fondée par Sœur Francinaina, modèle pour toutes les communautés qui continueraient l’œuvre dans le futur, selon l’exemple de la Mère Fondatrice qui rendait service à tous et en tout, sans distinction.

Mais la maison de la famille Cirer ne réunissait pas toutes les conditions pour abriter une Congrégation. C’est qu’elle ne devait pas se limiter à l’assistance domestique des malades, mais se donner aussi à l’enseignement, et pour ce faire on avait besoin d’espace pour une école. Sœur Francinaina n’avait pas d’argent (on disait qu’elle avait seulement une once d’or, soit quatre-vingt pesetas de cette époque) pour affronter ce grand projet. Mais la voilà qui donna quand même des ordres pour la rénovation et l’extension des bâtiments, comptant sur le Seigneur pour les achever. Elle avait confiance que Jésus l’aiderait, comme d’ailleurs en d’autres circonstances il s’était passé des choses vraiment inexplicables. C’est ainsi que des fleurs s’ouvrirent sur des bois secs qu’elle tenait en mains.

Ainsi donc, voilà que les propriétaires d’une des maisons les plus riches du village, la Casa Rayó, voyant qu’elle se lançait dans des œuvres qu’elle ne pouvait achever, lui dirent, par manière de conseil : Tu ne vois pas que tu ne pourras pas achever les travaux de la maison ? Sur quel argent comptes-tu pour terminer tout ce que tu as ordonné ? Et elle, avec son sourire habituel et son indéfectible espérance : Oh, tout l’or de la maison Rayó ne peut pas faire ce que je peux faire, moi, avec le Seigneur. Et elle réussit à porter à leur terme ces travaux sans jamais rien devoir à personne.

Mais durant les travaux, ce fut une suite de miracles. L’eau de la citerne suffisait à peine pour commencer le travail, mais jamais on ne manqua d’eau. Quand le soleil se couchait et que les ouvriers quittaient le chantier, bien souvent il ne restait rien pour continuer le travail le lendemain, mais quand ils arrivaient le matin, il y avait des quantités de matériaux pour reprendre le chantier. Le plâtre se multipliait dans les mains des ouvriers au moment où il allait manquer. Et c’est Jésus lui-même qui apparaissait à Sœur Francinaina en train de collaborer au chantier de cette sainte maison.

Une fois terminés les travaux indispensables, arriva le jour tant attendu. Avec l’autorisation du vicaire général, le 7 décembre 1851, Sœur Francinaina à soixante-dix ans, recevait pieusement le saint habit religieux, en même temps que d’autres compagnes. C’est avec le nom de Sœur Francinaina des Douleurs de Marie qu’elle voulut commencer son chemin de religieuse, mettant le nouveau couvent sous la protection des Douleurs de Marie. Ses deux autres compagnes furent : sœur Magdalena de Saint-Vincent de Paul, et Sœur Conception du Cœur de Jésus.

Par leurs vœux religieux, les Sœurs s’engageaient à servir les malades à domicile, où qu’elles fussent appelées, à enseigner la doctrine chrétienne aux petites filles, aussi bien dans leur couvent que dans les autres fermes de la paroisse.

Sœur Francinaina fut nommée supérieure de la congrégation naissance, et exerça cette charge jusqu’à la mort.  Depuis lors à Sencelles, on a coutume de l’appeler la Mère Supérieure

Ses extases, ignorées de beaucoup jusqu’alors, se firent alors plus fréquentes et eurent beaucoup de témoins, en particulier quand elle faisait le Chemin de Croix dont les images ornaient le cloître, ou quand elle priait dans l’église du village.

Après avoir clairement fait comprendre qu’elle connaissait le jour et les circonstances de sa mort, elle s’envola pour le Ciel, vers ses bien-aimés Jésus et Marie, le 27 février 1855.

Le 1er octobre 1989, le pape Jean-Paul II la béatifiait.

 

 

Francesco Possenti

1838-1862

 

Né à Assise (le 1er mars 1838), il reçut le nom du fameux Poverello. Le père, Sante Possenti, juge à Spolète, veuf dès 1842, donna une excellente éducation à ses treize enfants, Francesco étant le onzième. La maman, Agnese Frisciotti, mourut donc quand Francesco avait quatre ans : tout petit, il s’habitua à vénérer ses deux mamans de là-haut : Agnese, et surtout Marie, dont il avait dans sa chambre une image de Pietà, de Maria avec son Fils mort dans les bras.

Francesco apprit à dominer un caractère assez irascible ; il fréquenta les Frères des Ecoles Chrétiennes, puis les Jésuites de Spolète et fut un élève très brillant.

Elevé dans la piété, il fut confirmé à huit ans, fit la Première communion avec de profonds sentiments et, par la suite, reçut fréquemment l’Eucharistie. C’était en même temps un garçon un peu mondain, toujours très élégant, mais jamais vulgaire. On a dit aussi qu’il aurait eu un début de vie sentimentale, ce qui n’est pas extraordinaire pour un bel adolescent.

Encore adolescent, il fut par deux fois gravement malade ; à chaque fois, il promit d’entrer en religion s’il guérissait, mais une fois guéri, il semblait remettre sa décision. La deuxième fois en particulier, il guérit après avoir appliqué sur la partie malade une image du Bienheureux Andrzej Bobola (v. 16 mai). Puis sa sœur aînée, après le décès de deux autres frères, mourut du choléra, ce qui le frappa profondément. Enfin, lors d’une procession mariale, il fut comme harponné par le regard de la Vierge portée en procession, et comprit qu’il ne pouvait plus attendre. Il annonça sa volonté d’entrer chez les Passionnistes.

Le papa voulut prendre l’avis de deux Religieux ; ceux-ci commencèrent par déclarer que Francesco ne pourrait jamais supporter la règle si sévère de cette congrégation, mais finirent par se rendre à l’évidence : Francesco ne semblait vivre que pour cet idéal.

En 1856, il reçut l’habit, et le nom de Gabriele dell’Addolorata (de N-Dame des Douleurs). Ce fut vraiment une nouvelle vie, oublieuse de la précédente, avec tout de même une profonde affection, toute spirituelle, pour son père et les siens.

En 1858, commencèrent ses études à Preveterino (Camerino) puis à Isola. En 1861, il reçut les quatre Ordres mineurs (disons, aujourd’hui, les Ministères, qui ont été réduits à deux). Les Ordres majeurs, par contre, furent remis, d’abord en raison des bouleversements politiques du royaume de Naples, ensuite à cause de la santé de Gabriele.

C’est qu’en 1861 Gabriele ressentit les premiers symptômes de la tuberculose. Exemplaire dans tout son comportement, Gabriele se sanctifia de jour en jour, dans l’obéissance aux Supérieurs et une rigoureuse domination de soi en tous ses gestes, regards, mouvements, paroles.

Il reçut le sous-diaconat et le diaconat.

A la Noël de 1861, il put encore communier, après une forte crise. Le 18 février, une nouvelle crise fit parler au médecin de danger mortel. Gabriele reçut le viatique, et montra une joie extraordinaire de quitter si vite cette vie humaine. Il demanda pardon à tous et ajouta : Je prévois que ma maladie va se prolonger. Je le crains et cela me donne de la peine. Toutefois, que la volonté de Dieu s’accomplisse !

Le 26 février, il reçut le Sacrement des malades. Gabriele ne prononçait plus que les noms de Jésus, Marie, Joseph. Il rendit l’esprit le 27 février 1862.

Deux jours après, il accomplissait vingt-quatre ans.

En 1878, le Supérieur général des Passionnistes le proposait comme modèle au scolasticat de Rome. De nombreux miracles furent recensés.

Gabriele dell’Addolorata fut béatifié en 1908, canonisé en 1920.

Il a été proposé comme modèle et protecteur aux jeunes séminaristes, novices et étudiants. 

 

 

Josep Tous y Soler

1811-1871

 

Josep naquit à Igualada (Barcelone, Espagne) le 31 mars 1811, neuvième des onze enfants de Nicola Tous y Carrera et de Francesca Soler y Ferrer. Le 1er avril Josep reçut au Baptême les noms de Josep Nicola Diego, et son parrain fut son grand frère, Nicola, qui devait devenir un des industriels les plus en vue de Catalogne.

Josep reçut la Confirmation en 1817 et la Première Communion en 1818.

Pour des raisons économiques toute la famille se transféra à Barcelone en 1820.

L’adolescent de quinze ans entra alors chez les Pères Capucins et émit les vœux en 1828, avant d'être ordonné prêtre en mai 1834.

Deux mois plus tard les violents mouvements anti-cléricaux déchirèrent la Catalogne et le gouvernement espagnol confisqua tous les biens des Ordres religieux. Josep et quelques Confrères furent arrêtés et enfermés pendant dix-huit jours dans un bâtiment fortifié. Libéré, il fut obligé de s'exiler : il passa en France, en Italie du nord, revint en France, et trouva refuge à Grenoble chez des Bénédictines, dont il fut l'aumônier, tout en complétant des études de Théologie morale, avant d'obtenir le pouvoir de prêcher. Sa bonté, son humilité, conquirent les bonnes Religieuses, mais aussi l'évêque du lieu.

Quand il put rentrer en Espagne (1843), les Ordres religieux étaient encore interdits et il dut exercer son ministère comme “simple” curé de paroisse, tout en s'efforçant de vivre toujours son idéal franciscain. Il fut donc curé de Esparragure (Barcelone).

Cette situation explique que le père Josep, quoique Capucin, ne portait pas la barbe, signe habituel et traditionnel de ces Religieux. 

En 1850, il fonda une famille religieuse féminine destinée à travailler dans la pastorale et dans l'enseignement pour les enfants. Ce seront les Sœurs Capucines de la Mère du Divin Pasteur.

Le père Josep vivait silencieusement son idéal religieux, dans l'humble silence du recueillement, de la prière. Sa dévotion préférée était le Christ crucifié, le Saint Sacrement, et Marie, la sainte Mère du Divin Pasteur : il recommandait ces dévotions à ses paroissiens, mais particulièrement à ses Sœurs, pour les aider à allier la vie de prière et de contemplation, avec la vie active de l'éducation des enfants.

Le père Josep mourut le 27 février 1871 à Barcelone, pendant qu'il célébrait la Messe.

Il a été béatifié en 2010.

Marie Deluil-Martiny

1841-1884

 

Marie Deluil-Martiny naquit à Marseille le 28 mai 1841, aînée des cinq enfants d’un avocat qui partageait avec son épouse une profonde foi chrétienne. 

Elle fut baptisée le jour même. 

Elle montrera un tempérament fier et impérieux. Pour sa première Communion, ses parents la mirent en pension à la Visitation de Marseille. Un jour, lors de la récréation, Marie interrompit tout d'un coup son jeu et, prenant à part une amie : Angélique, le Sang de Jésus coule en ce moment sur l'Autel pour le monde ! Elle resta quelques instants comme absorbée par cette pensée qui avait traversé son esprit comme un éclair. 

Elle reçut la première Communion en 1853, et la Confirmation en 1854 des mains de l’évêque de Marseille, le futur saint Eugène de Mazenod (v. 21 mai). 

Vers l'âge de 15 ans, encore au pensionnat, elle réunit un groupe d'élèves, appelées Oblates de Marie, qu'elle considérait comme un petit ordre religieux, avec règle, noviciat et profession. Découvert, le groupe fut immédiatement dissout par les Supérieures dont l’autorité ne souffrait pas de telles «fondations».

A la fin de ses études, Marie fit une retraite décisive pour sa vocation. Elle comprenait «Qui» l’appellait : Jésus-Christ est le seul aimable ; à la mort, je voudrais n'avoir aimé que Lui... Pour bien vivre dans le monde, je dois abhorrer le péché, fuir les occasions, haïr le monde et ce qui est du monde... Venez et suivez-moi, dit Jésus ; ô Dieu, que ce mot est beau !... Il est à moi si je le veux ! 

Elle rencontra à Ars saint Jean-Marie Vianney (v. 4 août), et lui parla de sa vocation. Décidée, elle refusa plusieurs propositions de mariage.

Marie connaîtra le doute et le scrupule : Vivre dans la pensée d'être mal avec Vous, ô Jésus, c'est mourir mille fois; c'est si dur, mon doux Maître, de ne jamais vous sentir pleinement et d'attendre le Ciel pour jouir de Vous ! Un bon prêtre la rassura en lui expliquant que l’agitation intérieure n’est pas un signe de l’Esprit. Elle se pacifia.

En 1859, mourut sa plus jeune sœur, après sa Première communion ; les deux autres et son frère mourront aussi peu après. La voilà bien seule avec ses parents dans la peine, malades et éprouvés par des problèmes économiques.

En 1864, elle fit la connaissance d'une nouvelle association, la Garde d'honneur du Sacré-Cœur de Jésus, dont le but est de glorifier, aimer et consoler le Sacré-Cœur en s'offrant avec Lui dans une vie de prière, de pénitence et de charité, pour réparer les péchés du monde. Marie reçut bientôt le titre de Première Zélatrice de l'œuvre qu'elle se consacra à propager auprès de nombreuses âmes à travers le monde, y compris des évêques, au moyen d'imprimés, d'images et de médailles.

En 1865, lors de la béatification de Marguerite-Marie Alacoque (v. 16 octobre), elle fit une retraite à Paray-le-Monial puis rencontra un prédicateur jésuite, Jean Calage, qui eut l’heureuse inspiration de l’encourager en ces termes : Vous êtes appelée, c'est certain ; mais le moment n'est pas venu encore ; votre entrée en religion actuellement renverserait les plans de Dieu. Il a des desseins particuliers sur votre âme... A vous de vous préparer par le détachement de vous-même. Marie s’offrit totalement au Christ, le premier vendredi de mai 1867.

Marie priait et cherchait à comprendre comment «réparer». Le premier samedi de septembre 1867, Jésus lui adressa la parole : Je ne suis pas connu, je ne suis pas aimé... Je veux me faire des âmes qui me comprennent... Je suis un torrent qui veut déborder et dont on ne peut plus retenir les eaux !... Je veux me faire des coupes pour les remplir des eaux de mon amour... J'ai soif de cœurs qui m'apprécient et qui me fassent remplir le but pour lequel je suis là ! Je suis outragé, je suis profané. Avant que les temps finissent, je veux être dédommagé de tous les outrages que j'ai reçus... Je veux répandre toutes les grâces qui ont été refusées...! 

Marie était profondément attristée par le refus que le monde opposait à Jésus. Le monde ne veut plus de Lui. Aujourd'hui, les uns rougissent de Lui, les autres Le haïssent et Le méprisent ; ils essayent de Le chasser des cœurs et de la société. A ces hontes, à ces haines, à ces mépris, à ces impiétés sataniques, répondons haut et ferme : Il faut qu'Il règne !

Le 8 décembre 1867, Marie prononça, avec la permission du Père Calage, le vœu de virginité.

En septembre 1868, devant la statue de la Vierge de la Salette, elle reçut cette inspiration: La Sainte Vierge veut des victimes qui s'interposent, en union avec son Cœur transpercé et avec Jésus immolé, entre les crimes des hommes et la Justice de Dieu...

Le mois suivant, elle fait cette belle prière : Ô Jésus, recevez-moi des mains de la Très Sainte Vierge et offrez-moi avec Vous, immolez-moi avec Vous... Je m'offre à cette immolation autant que votre bon plaisir le voudra et que ma faiblesse le permettra... Je regarderai toutes les croix, toutes les souffrances que votre Providence me destine et m'enverra comme autant de gages qui m'assureront que vous avez accepté mon humble offrande

Au début de l'année 1869, Marie mit par écrit un aperçu complet de l'œuvre future : 

Comme Marie sur le Calvaire, unie au Prêtre Éternel, a offert son divin Fils et a renouvelé cette offrande par les mains de saint Jean, les Filles du Cœur de Jésus, unies à tous les prêtres du monde, offriront Jésus-Hostie immolé d'autel en autel. Elles offriront spécialement le Sang et l'Eau sortis de la divine blessure du Sacré-Cœur. Elles seront les adoratrices de l'Eucharistie exposée solennellement dans les églises de leurs monastères et s'appliqueront à L'entourer des plus profonds témoignages de respect et d'amour; ce sera leur vie, leur raison d'être...

Des épreuves humiliantes survinrent en même temps qu'une abondance de grâces. Le Père Calage en profita pour enraciner Marie dans l'humilité.

Marie priait pour les prêtres, ceux qui doivent offrir la Victime, qui doivent célébrer avec dignité. Elle s’unissait aux prêtres, aux Sacrifices qu’ils offraient.

Les conditions politiques françaises ne permettaient pas à Marie de fonder quelque chose en France. C’est en Belgique qu’elle fonda la Société des Filles du Cœur de Jésus. Prenant le nom de Mère Marie de Jésus, elle reçut le voile et un habit blanc sur lequel étaient brodés deux cœurs rouges entourés d'épines.

Le nouvel Institut était destiné à faire réparation pour les péchés commis contre le Cœur de Jésus, Lui offrir une incessante action de grâces pour tous les bienfaits qu'Il ne cesse de répandre sur le monde, offrir à la Très Sainte Trinité le Sang précieux de Jésus-Christ pour obtenir l'avènement de Son règne dans le monde. Le moyen privilégié pour réaliser cet idéal sera une vie cloîtrée, centrée sur l'office divin et l'adoration du Très Saint Sacrement. Les Religieuses du nouvel institut réciteront chaque jour les sept dernières paroles de Jésus en Croix, paroles de Rédemption et source de sainteté pour les âmes. Afin de compenser le manque d'action de grâces envers les bienfaits divins, elle réciteront le Magnificat plusieurs fois par jour.

Mère Marie de Jésus insistait moins sur les pénitences corporelles que sur la mortification intérieure et sur le renoncement par l'obéissance. Sa préférence allait aux mortifications qui se présentent d'elles-mêmes ; ne rien dire, offrir en silence en acceptant intérieurement la mortification, est beaucoup plus méritoire.

Les constitutions furent approuvées en 1876 et, le 22 août 1878, la Fondatrice et les quatre premières Religieuses prononçaient leurs vœux perpétuels. 

En juin 1879, une fondation s'établit à La Servianne, propriété héritée de ses parents, près de Marseille. C’était la première en France. 

La vie de Mère Marie de Jésus se partagea désormais entre le gouvernement de ses monastères et une volumineuse correspondance. Sa sollicitude maternelle veillait à tous les détails de la vie de ses Filles. Si l'une d'elles tombait malade, elle passait à son chevet des nuits entières, la soignant de ses mains, lui suggérant de saintes pensées. 

Voici une sage comparaison qu’elle rédigea dans une lettre : Tenez, nous ressemblons à un homme qui, au milieu d'un grand incendie qui brûle sa maison, et qui va étouffer sa mère, son père, ses enfants, au lieu de se hâter d'aider à l'éteindre, gémirait en un coin d'avoir sali ses habits en portant des seaux d'eau, et s'occuperait à enlever, avec des lamentations, chaque grain de cendre égaré sur ses vêtements. Eh bien ! Voilà ce que nous faisons quand, au milieu de ce malheureux monde qui cherche à incendier l'Église et qui insulte Jésus-Christ Notre-Seigneur, nous passons notre temps à nous lamenter sur nos maux intérieurs, nos épreuves personnelles, etc. Nous nous rétrécissons sur nous-mêmes, quand nous pourrions nous élargir en embrassant Dieu, et devenir des saintes en servant sa cause par nos renoncements et nos sacrifices. Un bon coup d'aile, et, avec la grâce, élevons-nous, quittons la terre, quittons-nous nous-mêmes surtout, et ne voyons plus que Jésus seul !

En novembre 1883, Mère Marie de Jésus engagea un aide-jardinier, Louis Chave, vingt-et-un ans, pour le tirer de la misère. Mais bientôt, il se montra paresseux, impoli, exigeant, et de plus il nouait des relations avec les anarchistes. Le 27 février 1884, mercredi des Cendres, il se mit en embuscade dans le parc de La Servianne, là où allaient passer les Religieuses au cours de leur récréation. Il se montra et, tandis que la Supérieure lui adressait une parole aimable, il lui saisit la tête et tira deux fois à bout portant avec un revolver. Blessée à la carotide, Mère Marie de Jésus s'effondra en murmurant : Je lui pardonne... pour l'œuvre ! 

Elle mourut peu après, ce même 27 février.

Son corps fut retrouvé intact et souple en 1989.

La Congrégation des Filles du Cœur de Jésus compte aujourd'hui des monastères en France, en Belgique, en Suisse, en Autriche, en Italie, et une fondation en Croatie. 

Après la mort de la fondatrice, le rayonnement de sa communauté a conduit à l'établissement de l'Association des Âmes Victimes, qui a compté des milliers d'adhérents, dont les saints Pie X et Maksymilian Kolbe, les bienheureux Charles de Foucauld, Columba Marmion, Edward Poppe, et Joseph-Marie Cassant (Les saints Maksimilian Kolbe et Pie X sont fêtés les 14 et 20 août ; les bienheureux Columba Marmion, Edward Poppe, Joseph-Marie Cassant et Charles de Foucault, sont commémorés respectivement les 30 janvier, 10 juin, 17 juin et 1er décembre.) 

Marie Deluil-Martiny a été béatifiée en 1989.

 

Il faut qu'Il règne !... Car, à Lui appartient l'empire dans les siècles des siècles; et toutes les nations Lui ont été données en héritage. Il faut qu'Il règne !... notre Jésus, notre Frère, notre Sauveur, notre Ami, notre Époux ! Il faut qu'Il règne en nous-mêmes pleinement, sans ombre de réserve ou de partage ; il faut qu'Il règne sur le monde et sur les cœurs; et pour l'obtenir, nous prierons, nous offrirons, nous nous sacrifierons, nous mourrons tous les jours !...

 

 

Maria Josefa Karolina Brader

1860-1943

 

Née le 14 août (on trouve aussi le 15) 1860 à Kaltbrunn (Sankt Gallen, Suisse) de Josef Sebastian Brader et Maria Anna Karolina Zahner, l'unique enfant de ce couple très chrétien reçut au baptême les noms de Maria Josefa Karolina.

Elle fut très jeune orpheline de son père. Très intelligente, toujours la première en classe,  elle fréquenta l’école de Maria Hilf à Altstätten, puis les Bénédictines de Sarnen et l’internat des Visitandines de Fribourg. 

Elle voulut devenir religieuse et entra chez les Sœurs franciscaines de Maria Hilf (Alstatten) en 1880, avec le nom de Maria Charitas de l'Amour du Saint-Esprit, et fit les vœux en 1882.

On la destinait d'abord à l'enseignement, mais dès qu'il fut possible à ces Sœurs cloitrées d'étendre leur activité dans les pays de mission, elle s'offrit pour partir à Chone (Equateur) avec cinq autres Compagnes, guidées par Maria Bernarda Bütler (voir au 19 mai).

Elle y resta cinq ans, enseignant le catéchisme. Puis à cause de la révolution de 1893 elle fut transférée à Túquerres (Colombie), plus calme à cette époque, mais où les conditions de vie pratiques étaient encore plus difficiles : tempêtes de l’océan, dangers de la forêt, froid de la Cordillère des Andes. Elle se dépensa sans compter pour communiquer sa foi aux autochtones, aux gens pauvres.

En vue de développer cette activité missionnaire, elle fonda à Pasto les Sœurs Franciscaines de Marie Immaculée (1893). Les premières Sœurs, originaires de Suisse, furent bientôt rejointes par d'autres vocations de Colombie. 

Durant les agitations de 1900-1901, elle transforma les écoles de sa congrégation en hôpitaux, puis ouvrit des maisons de formation pour les enfants et les adolescents.

L’activité de Maria Charitas fut tellement appréciée en Colombie, qu’on la nomme souvent par son nom en espagnol : María Caridad.

Maria Charitas fut supérieure de 1893 à 1919, puis de nouveau de 1928 à 1940, et manifesta sa ferme volonté de ne pas recevoir d’autre mandat.

En 1933, elle reçut l’approbation pontificale de sa Congrégation.

Maria Charitas voulait que ses Filles fussent instruites pour être d’autant plus efficaces. Elles les exhortait à voir la volonté de Dieu en toutes choses et à faire sa volonté avec joie. D’où sa devise : Il le veut. Elle tenait à appuyer l’action sur la contemplation et obtint en 1928 d’instaurer l’adoration perpétuelle dans ses maisons, diffusant partout la dévotion eucharistique.

La congrégation se développa vite, dans toute l'Amérique (Etats-Unis, Mexique, Colombie, Equateur), en Afrique (Mali) et en Roumanie.

Maria Charitas de l’Amour du Saint Esprit s’éteignit à Pasto (Nariño, Colombie) le 27 février 1943. Elle a été béatifiée en 2003.

Le miracle retenu pour cette béatification a été la guérison totale d’une petite fille qui, après une encéphalite aiguë, avait perdu totalement l’usage de la parole et des jambes. Après une fervente neuvaine de sa maman, la petite fille se mit spontanément à appeler sa maman et à marcher.

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26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 00:00

26 FEVRIER

 

II.

S Hilaire, évêque à Mayence et martyr.

IV.

S Alexandre, évêque à Alexandrie ; avec son diacre Athanase, il dénonça l’erreur arienne qui fut condamnée à Nicée.

S Faustinianus, évêque à Bologne.

S Denis (Zosime), évêque à Augsburg et martyr.

V.

Ste Irène, vierge à Gaza ; à quatorze ans, encore païenne, elle hébergea s. Porphyrios poursuivi par des idolâtres.

S Porphyrios, de Thessalonique, ermite à Scété puis en Palestine ; évêque à Gaza.

VI.

S Servule, évêque à Vérone.

S Agricola, évêque à Nevers dont il était gouverneur, ami de Venance Fortunat.

S Victor, prêtre solitaire à Saturniæ (Arcis-sur-Aube), mystique et thaumaturge.

VII.

S Ogan (Ogrin), évêque en Irlande.

IX.

S Andrea, évêque à Florence.

XII.

Bse Edigna, princesse royale, fille de Henri I ou Philippe I, recluse à Puch.

Ste Mechtilde (Mathilde), recluse près de Mayence.

B Léon, flamand, abbé à Lobbes, à Saint -Bertin.

XVI.

Bse Filippa de Gheldre, veuve avec douze enfants, clarisse à Pont-à-Mousson.

XVII.

B Robert Drury, prêtre martyr à Tyburn, un des soixante-deux béatifiés en 1987.

XIX.

Ste Paola de Saint-Joseph de Calasanz Montal Fornés, espagnole, fondatrice des Filles de Marie pour l’éducation des enfants, béatifiée en 1993, canonisée en 2001.

XX.

Bse Tomasa Piedad de la Croix Ortiz Real (1842-1916), fondatrice espagnole (Tertiaires de la Vierge du Carmel, Salésiennes du Sacré-Cœur pour la catéchèse des pauvres), béatifiée en 2004.

 

B Francisco Bejanaro Fernández (1877-1938), prêtre espagnol martyr, béatifié en 2021.

Alexandre d’Alexandrie

250-326

 

Ce saint prélat vécut au moment de l’apparition de la grave crise christologique arienne. Naturellement doux, affable et modeste, animé d’ailleurs d’un saint zèle, il avait un grand amour de ses frères et spécialement des pauvres. Il eut l’occasion de montrer son esprit de conciliation à l’égard d’Arius, dont les tendances inquiétaient l’évêque ; déjà Arius avait montré des tendances douteuses et avait été chassé par l’évêque Pierre, mais ayant donné des démonstrations de revirement, grâce à l’intervention d’Alexandre, il avait été réhabilité et même ordonné prêtre par Achillas, le successeur de Pierre.

Or l’évêque Achillas mourut très vite après son élection, et reçut pour successeur Alexandre lui-même, ce qui provoqua dans le cœur d’Arius un vif ressentiment, car, selon Théodoret, il briguait ce siège.

Le début de l’épiscopat d’Alexandre fut déjà agité par un certain Cresconius, au sujet de la célébration de la Pâque, sujet récurrent dans toute l’histoire de l’Eglise des premiers siècles ; en outre les mélétiens se manifestèrent contre le nouvel évêque jusqu’à porter leur différend à la cour de l’empereur Constantin. Précisons ici que Mélèce d’Antioche, était un évêque “orthodoxe”, mais élu à ce siège sur instigation des partisans d’Arius, qui le croyaient acquis à leurs thèses. S’apercevant de leur erreur, ils s’étaient révoltés contre l’autorité. Saint Mélèce, qui connut l’exil, fut rétabli et mourut durant le concile de Constantinople, qu’il présidait, en 381 (v. 12 février). 

Un autre sujet de discussion mit en cause un jeune prêtre, Athanase, qu’on accusait d’avoir abusivement baptisé des camarades lorsqu’il était encore enfant. Alexandre soutint au contraire la validité de ce baptême, pressentant certainement combien ce prêtre serait précieux pour l’orthodoxie contre l’arianisme.

Or Alexandre avait à cœur la doctrine trinitaire juste et il ne ménageait pas sa peine pour enseigner et défendre la Vérité christologique, proclamant que le Fils de Dieu est égal au Père en tout, et que l’Engendré est de même essence que Celui qui engendrait. C’est là qu’Arius se déchaîna et se révéla ouvertement : il publia que le Fils de Dieu n’était qu’une simple créature, et que le Verbe divin n’avait pas été de tout temps. Arius se chercha des partisans au sein même du clergé local. 

Alexandre veillait : d’abord, il essaya la douceur pour ramener Arius ; il l’invita à participer à des discussions, à des conférences publiques, mais en vain. En 320, cent évêques de l’Egypte et de Libye condamnèrent Arius. Ce dernier, loin de se soumettre, passa en Palestine, se faisant passer pour un persécuté. Il réussit un moment à gagner les évêques Eusèbe de Nicomédie et Eusèbe de Césarée. De son côté Alexandre s’efforçait, par ses lettres, d’expliquer la situation réelle et sa propre conduite. Il montra là à la fois une charité pleine de douceur et une fermeté courageuse.

L’empereur, voulant reporter le calme dans l’empire, exhorta les uns et les autres à la pacification. L’évêque Osius de Cordoue fut dépêché pour transmettre son appel. On comprit de part et d’autre que rien ne pourrait être conclu sans un concile général, et c’est ainsi que fut convoqué le Concile de Nicée. Nicée, l’actuelle Iznik, se trouve au nord-est de la Turquie d’Asie, tout près de la Mer de Marmara et de la Mer Noire. 

Le concile eut lieu en 325. 

Malgré son grand âge, Alexandre se rendit au Concile, accompagné d’Athanase. Ce dernier acquit une réelle célébrité par le défense qu’il fit de la sainte doctrine et l’exposé des erreurs d’Arius. Le Concile s’acheva par une condamnation unanime d’Arius, un éloge des Pères à l’égard d’Alexandre, et la reconnaissance de l’autorité du patriarche d’Alexandrie sur tous les diocèses d’Egypte, de Libye et de la Pentapole. 

Alexandre, de retour à Alexandrie, fut accueilli avec joie. Pendant les cinq mois qui lui restèrent à vivre, il s’attacha à réparer les maux causés par l’hérésie et le schisme d’Arius. A sa mort, il aurait désigné lui-même Athanase pour lui succéder (v. 5 mai). 

Une incertitude plane sur la date exacte de la mort d’Alexandre : ce fut probablement le 17 avril 326, jour où les Coptes et les Abyssins célèbrent sa fête, en supposant toutefois que le 17 avril réponde bien au 22 du mois qu’ils appellent Bermude. Cependant on indique aussi comme date de sa mort les derniers jours de janvier, ou de février. On inscrivit finalement Alexandre au 26 février, date retenue par le Martyrologe Romain.

 

 

Faustinianus de Bologne

† 350

 

Faustinianus fut le second évêque de Bologne, après s.Zamas (v. 28 septembre) et avant Domitianus.

Comme nous ne connaissons pas les dates de ceux-ci, nous pouvons dire de Faustinianus seulement qu’il vécut, comme eux, au quatrième siècle.

Selon les cas, on trouve à propos de Faustinianus ce qui se dit déjà de Zamas, à savoir qu’après la persécution de Dioclétien, il réorganisa la vie de l’Eglise. Si c’est exact, on en déduira qu’il était évêque dès 310 environ.

On suppose aussi qu’il prit part à la réunion des évêques à Rome, qui confirmèrent les actes du concile de Nicée (325) au sujet de la condamnation d’Arius.

Faustinianus serait mort en 350, après une quarantaine d’années d’épiscopat.

Saint Faustinianus de Bologne est commémoré le 26 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Porphyrios de Gaza

347-420

 

Né vers 347 à Thessalonique (Grèce) d’une famlle opulente, Porphyrios préféra assez tôt abandonner les richesses de ce monde.

Il partit en Egypte et, pendant cinq années, vécut dans le désert de Scété, où il reçut l’habit religieux.

Puis il passa en Palestine, et séjourna encore cinq ans près du Jourdain, où il fut pris d’un douloureux cancer du foie, probablement en raison du climat insalubre.

Il se fit conduire à Jérusalem où, courbé sur son bâton, il s’efforça de fréquenter les Lieux saints, priant, versant des larmes.

Un autre pèlerin, Markos, le remarqua, qui devint son assistant et son biographe ; il écrivit : Je remarquai la présence continuelle d’un moine d’une quarantaine d’années, au teint bilieux, à la peau desséchée, au dos voûté… Porphyrios cependant préféra marcher seul, pour demander le pardon de (ses) péchés.

Markos se mit à son service. Porphyrios le pria d’aller régler de sa part l’héritage entre ses frères restés à Thessalonique. A son retour, il trouva Porphyrios complètement redressé et heureux, qui lui raconta ceci : 

Il y a quarante jours, une affreuse douleur du foie me saisit ; ne pouvant la supporter, j’allai m’étendre à terre sur le Golgotha, là je tombai en extase et vis le Sauveur cloué sur la croix, l’un des larrons suspendu à une autre croix était à côté de lui. Je me mis à crier et répétai les paroles du bon larron  : «Seigneur, souviens-toi de moi quand tu entreras dans ton royaume.» Le Sauveur répondit à ma prière, il dit au larron attaché à la croix : «Descends de ta croix, et sauve cet homme ici étendu, comme tu as été sauvé toi-même.» Le larron obéit, il vint me prendre entre ses bras, me baisa, puis étendant sa main droite, il me releva en disant : «Viens au Sauveur !» Je courus vers le Christ, je le vis descendre de sa croix et l’entendis me dire : «Reçois et garde ce bois» (il me montrait sa croix). J’obéis et pendant que je portais la croix, je sortis de mon extase. A partir de ce moment, je n’ai plus éprouvé aucune douleur, toute trace du mal a disparu.

Markos continua à l’assister. Il le décrit comme homme sans reproche, doux, compatissant ; il possédait plus qu’aucun autre le don d’interpréter la sainte Ecriture, d’en résoudre les difficultés et de fermer la bouche aux incrédules et aux hérétiques ; il aimait les pauvres, s’attendrissait aisément jusqu’aux larmes… 

Porphyrios distribua tout ce qui lui restait aux pauvres de Jérusalem et des villages voisins, aux monastères d’Egypte, aux étrangers, de sorte que, n’ayant plus rien pour lui-même, il se fit cordonnier, pour avoir de quoi manger.

Il avait environ quarante-cinq ans, quand l’évêque de Jérusalem l’ordonna prêtre et lui confia la garde du bois de la Croix : ainsi s’accomplissait la vision qu’il avait eue du Christ auparavant.

Voici le régime que s’imposait Porphyrios, et qu’il garda toute sa vie : un pain moisi et des herbes ; aux jours de fête, un peu d’huile, de fromage et des légumes détrempés ; un peu de vin coupé d’eau pour ses maux d’intestins (cf. 1Tm 5:23) ; il ne mangeait qu’après le coucher du soleil, un peu plus tôt aux jours de fêtes, car son «festin» durait davantage… 

Trois ans plus tard, le clergé et la population de Gaza (dont le siège épiscopal était suffragant de Césarée de Palestine), eurent révélation, après avoir prié et jeûné, qu’ils devaient avoir Porphyrios comme évêque. On appela Porphyrios sans lui dire pourquoi, et il répondit : Que la volonté de Dieu soit faite ! Mais il eut révélation qu’il ne rentrerait pas de sitôt à Jérusalem : il alla vénérer une dernière fois, longuement, le Bois de la sainte Croix, remit la relique à l’évêque, et partit.

Il avait compris qu’en plus de ses péchés, il devait désormais expier aussi ceux des autres. Arrivé à Gaza, reçu par l’archevêque de Césarée, il fut sacré évêque. Ses vraies épreuves allaient alors commencer.

D’abord, les païens de Gaza lui fermèrent leurs portes, l’accusant d’être responsable de la grande sécheresse de cette année-là ; ils supplièrent leur dieu Marnas, sans succès ; Porphyrios et sa suite se mirent à jeûner, à prier, et une pluie abondante se déversa : plus de cent-vingt païens se convertirent et ouvrirent les portes.

Mais tous ne se convertirent pas et l’on fit mille difficultés à Porphyrios Après une première mission de Markos auprès de s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre), il obtint de l’empereur une ordonnance pour détruire les temples païens, mais qui ne fut pas appliquée totalement, malgré les miracles que Porphyrios accomplissait.

Puis Porphyrios alla offrir sa démission à l’archevêque de Césarée, lequel, au contraire, l’encouragea et décida de l’accompagner à Constantinople. En chemin, ils s’arrêtèrent à Rhodes, pour visiter un saint ermite nommé Procopius.

Ce dernier, qui avait le don de prophétie, sut qui étaient ces deux visiteurs, et leur conseilla d’aller d’abord, non pas au palais impérial, mais à Jean Chrysostome, qui sera inspiré par Dieu sur la marche à suivre.

En effet, Jean Chrysostome n’avait pas accès au palais, à cause de l’impératrice Eudoxie qui le haïssait ; mais il connaissait bien le chambellan, auquel il recommanda les deux évêques, et qui alors les introduisit lui-même auprès de l’impératrice.

Le résultat de la rencontre fut que l’impératrice obtint tout ce que les évêques avaient demandé, et aussi qu’elle eut la récompense de mettre au monde un fils.

Au retour, une violente tempête menaça tout l’équipage ; le capitaine, arien, promit qu’il se convertirait et le bateau fut sauvé. L’arrivée à Gaza fut triomphale ; la statue de Vénus s’effondra d’elle-même. Dix jours après, une troupe arrivait : le capitaine Cynegios proclama l’édit impérial, ordonna la destruction de huit temples païens, ainsi que le grand temple de Marnas dont l’incendie dura plusieurs jours.

Après toutes ces luttes, Porphyrios vécut encore quelques années. Etant tombé malade, il s’endormit dans la paix, le 26 février 420.

Son épiscopat avait duré un quart de siècle.

Saint Porphyrios de Gaza est commémoré le 26 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Agricola de Nevers

† 594

 

Agricola (on a en français : Agricole, Arille, Arigle, Aigle), bourguignon d’extraction, passe pour avoir été d’abord le gouverneur du Nivernais, un peu comme Ambroise l’était pour Milan (v. 7 décembre).

Or, il fut appelé à monter sur le siège épiscopal de Nevers, à la mort d’Eulade (vers 570), devenant ainsi le septième évêque (connu) de cette ville.

Agricola fut un ami intime de s.Venance Fortunat (v. 14 décembre).

En 581, il assista au concile de Lyon ; en 585, au concile de Mâcon.

En 590, il fit partie d’une commission d’enquête concernant des Religieuses à Poitiers : certaines d’entre elles étaient sorties de leur clôture. Agricola était partisan de les excommunier, ce qui ne faisait que confirmer le choix de celles-ci.

Agricola mourut vers 594.

Saint Agricola de Nevers est commémoré le 26 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor d’Arcis

6e ou 7e siècle

 

Victor naquit au 6e siècle à Troyes en Champagne. On dit que sept mois avant sa naissance un possédé annonça sa future sainteté.

Aussitôt que l’enfant eut reçu le baptême, parurent en lui des marques sensibles de la présence du Saint-Esprit. Elevé uniquement pour Dieu, il n’eut de goût que pour les vérités célestes et l’étude de l’Ecriture ; il reçut le sacerdoce et exerça quelque temps le saint ministère.

Cédant à l’attrait pour la solitude, il quitta tout pour se retirer au territoire d’Arcis, près d’un petit village nommé Saturniæ, sur les bords de l’Aube ; la localité s’appela plus tard Saint-Vitre et semble aujourd’hui être rattachée à Arcis-sur-Aube (Aube).

Jour et nuit en prière, Victor semblait n’avoir point de corps ; il joignait à la contemplation la pratique du jeûne. Le bruit des miracles obtenus par son intercession lui attira des visites nombreuses, même celle des grands personnages. Le roi de France, dans une de ses chasses, vint le visiter et fut témoin d’un de ses miracles : le saint lui ayant présenté de l’eau dans un vase, changea, dit-on, cette eau en vin par sa bénédiction. Mais comme on ignore de quel roi il s’agit, Chilpéric († 584), Childéric II d’Austrasie († 675) ou Clotaire II († 629), on n’a pas de meilleure indication historique sur l’événement.

Les grâces extraordinaires dont Victor disposait pour la sanctification des autres ne lui inspiraient que des sentiments de profonde humilité.

Il mourut, dit-on, un 26 février, au 6e ou au 7e siècle.

Sa cellule de Saturniæ devint la chapelle Saint-Vitre. En 837, les restes de Victor furent transférés à l’abbaye bénédictine de Moutier-Ramey ; s.Bernard (v. 20 août) rédigea un office propre en l’honneur de Victor.

Saint Victor est commémoré le 26 février dans le Martyrologe Romain.

Andrea de Florence

9e siècle

 

Les documents qu’on possède sur ce Saint le situent au 9e siècle, sans qu’on sache rien de plus sur ses origines et sa vie personnelle.

Bien qu’une ancienne tradition évoque l’évangélisation de Florence (Toscane, Italie C) par deux disciples de s.Pierre dès le 2e siècle, les évêques historiquement attestés dans cette ville ne sont connus qu’à partir du 4e siècle. Andrea serait ainsi le douzième évêque de Florence.

A moins qu’il y ait eu un autre Andrea sur le siège de Florence, le nôtre n’est donc pas le successeur de saint Zanobio ( † 417), mais il se situe entre Pietro et Grasulfo.

Un document de 871 définit Andrea comme un envoyé (messo) impérial, pour un jugement aux côtés du margrave Adalberto.

Un autre document, de 874, montre qu’il obtient de l’empereur Louis II le Germanique un privilège d’immunité pour les biens épiscopaux.

Enfin en 893, il fait porter à l’abbesse de Saint-André, Bertha, une demande d’admission pour sa propre nièce Bertha, pour qu’elle y soit formée en vue de succéder elle-même à l’abbesse. Il s’agit bien probablement de l’abbaye de Loro Ciuffenna (Arezzo, Toscane).

On s’étonnera de cette démarche, qui tient d’un népotisme flagrant. Le document est-il authentique ? Concerne-t-il bien notre évêque ? 

Saint Andrea de Florence, s’il n’y a pas d’erreur sur le personnage, est commémoré bien succinctement le 26 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Robert Drury

1567-1607

 

Né en 1567 dans une bonne famille du Buckinghamshire, Robert fut reçu au Collège Anglais de Reims, le 1er avril 1588, puis envoyé au nouveau Collège de Valladolid.

Après son ordination, il retourna en Angleterre en 1593. Il travailla surtout à Londres, où sa science et ses virtus lui valurent le respect de ses Confrères.

Il fut l'un des appellants contre l'archiprêtre Blackwell, et son nom apparaît dans l'appel du 17 novembre 1600.

Le gouvernement invitait les prêtres à reconnaître la reine et son autorité. En 1603 une trentaine de prêtres signèrent une déclaration selon laquelle la reine était bien leur souveraine légitime, qu'ils refusaient l'invitation du pape à être relevés de leurs devoirs envers elle, qu'ils condamnaient les tentatives passées de restaurer le Catholicisme et promettaient de révéler toute conspiration contre le gouvernement dont ils viendraient à être à connaissance. En revanche, pour rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, les prêtres signataires demandaient que le Pape fût reconnu comme le successeur légitime de saint Pierre et le Chef légitime de l'Eglise Catholique du Christ.

La reine se contenta de cette déclaration, mais mourut bientôt après. Le roi James 1er montra dès 1606 qu'il ne pouvait se contenter d'une telle déclaration et qu'au contraire il tenait à être reconnu par le clergé comme le chef légitime de la religion en Angleterre. Cette fois-ci, l'équivoque n'était plus possible, et Robert Drury fut arrêté et condamné comme prêtre catholique.

On retrouva sur lui une déclaration d'un Jésuite qui condamnait la doctrine royale, comme contenant beaucoup de choses contre la Foi et le Salut. L'archiprêtre avait retiré cette déclaration, mais Robert ne le savait probablement pas, et n'aurait de toutes façons pas accepté la proposition du roi James 1er, de sorte qu'il fut condamné à mort et exécuté.

Le père Drury fut exécuté à Tyburn, et l'on sait que les condamnés étaient pendus, éviscérés et écartelés. C'était le 26 février 1606 ou 1607.

Robert Drury a été béatifié en 1987, parmi soixante-deux Martyrs d'Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Paola Montal Fornés

1799-1889

 

Paola naquit le 11 octobre 1799 à Arenys de Mar (Barcelone, Espagne), aînée de cinq enfants d'artisans très chrétiens. 

Elle a dix ans à la mort de son père et elle doit travailler très jeune ; elle collaborera activement aussi à la catéchèse de la paroisse.

En 1829, à trente ans, elle fonde les Filles de Marie, Religieuses des Ecoles Pies, et ouvre une école à Figueras (Gerona) pour les petites filles. C'était une nouveauté importante, ouvrant aux petites filles, adolescentes et plus grandes, la voie à la formation, à la culture.

Elle-même adopta le nom de Paola de Saint-José-de-Calasanz (sur ce dernier, v. 25 août) et fit sa consécration le 2 février 1847 avec trois autres Compagnes. 

De son vivant, elle ouvrit sept fondations : Figueras, Arenys de Mar, Sabadell, Igualada, Vendrell, Masnou, Olesa de Montserrat. D'autres s'ouvrirent sous son impulsion : Gerona, Blanes, Barcelona, Soller.

A Olesa de Montserrat, qui fut sa dernière étape, elle resta les trente dernières années de sa vie, répandant autour d'elle cette atmosphère de bonté, de sainteté, qui la firent aimer de toute la population. 

Elle s'éteignit, à presque quatre-vingt-dix ans, à Olesa de Montserrat (Barcelone) le 26 février 1889. A cette date, il y avait déjà plus de trois cents Religieuses dans une vingtaine de maisons fréquentées par près de quatre mille élèves.

Paola de Saint-José-de-Calasanz fut béatifiée en 1993, et canonisée en 2001.

 

 

Tomasa Ortiz Real

1842-1916

 

Tomasa naquit le 12 novembre 1842 à Bocairente (Valencia, Espagne), cinquième de huit enfants de José Ortiz et Tomasa Real, et fit ses études à Valencia, chez les Sœurs de la Sainte Famille de Bordeaux. Elle se montre pieuse, douée en musique et en broderie.

Lors de la Première communion (1852), elle sentit l'appel à la vie religieuse et pensait entrer comme novice chez les mêmes Sœurs, à Valencia.

Son père s'y opposa, en raison de son jeune âge et des circonstances politiques. Une maladie l'empêcha ensuite d'entrer chez les Carmélites déchaussées de Valencia : elle pensa que le Ciel lui montrait ainsi qu'elle n'était pas faite pour le cloître. Un jour à Barcelone, elle perçut cette “certitude” que le Sacré Cœur lui montrait combien les hommes étaient ingrats envers Lui, et lui demandait de l'aider à porter cette croix. Tomasa s'offrit comme victime.

En 1884, lors des inondations dans la province de Murcie, elle s'y rendit avec trois compagnes pour assister les orphelins et les malades du choléra.

Elles commencèrent à vivre en communauté près d'Alcantarilla, mais bientôt ces compagnes allaient de leur côté former les Sœurs de la Bienheureuse Vierge Marie du Carmel, tandis que la pauvre Tomasa demeurait seule avec une autre Sœur. Sur le conseil de son évêque, elle se retira chez les Visitandines de Orihuela pour réfléchir à son projet personnel de nouvelle famille religieuse ; elle eut alors l'inspiration des Sœurs Salésiennes du Sacré-Cœur de Jésus (en abrégé SSCJ), qui devaient s'occuper des enfants orphelins, des malades et des vieillards, pour faire connaître l'amour providentiel de Dieu le Père, et sa manifestation dans le Cœur miséricordieux de Jésus sur la Croix.

Elle-même prit le nom de Piedad de la Cruz (Piéta de la Croix).

Elle demandait à ses Religieuses d'expliquer par leur exemple l'importance de “Notre Père”, ce Père céleste qui montre son amour au monde entier.

La nouvelle congrégation prit le jour le 8 septembre 1890 à Alcantarilla (Murcia), en la fête de la Nativité de la Vierge Marie ; elle fut approuvée par l'évêque en 1895, puis par le Vatican en 1935, et définivement en 1953.

Les Religieuses œuvrent dans diverses directions, dans le domaine de l'éducation et de l'assistance des malades à l'hôpital. 

Elles sont présentes en Espagne et en Amérique du Sud (Argentine, Bolivie, Chili, Paraguay).

Mère Piéta répétait : Je suis pauvre, et quand je n'ai rien à donner aux pauvres, je leur donne mon âme, mon cœur et mon amour, car l'amour a bien plus de valeur que d'offrir de l'argent.

Elle mourut le 26 février 1916 à Alcantarilla et fut béatifiée en 2004.

 

 

 

Francisco Bejanaro Fernández

1877-1938

 

Francisco Bejanaro Fernández naquit le 1er juin 1877 à Añora (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 26 février 1938 à Daimiel (Ciudad Real).

Francisco Bejanaro Fernández sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 26 février.

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25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 00:00

25 FEVRIER

 

III.

S Nestor, évêque à Magydos, martyr à Pergé, crucifié.

Ss Donat, Just, Hérénas, martyrs en Afrique.

Ss Ananie, prêtre, et son geôlier Pierre,  martyrs en Phénicie avec sept soldats.

?

S Théodore Salus, devenu volontairement “fou” pour le Christ, en Grèce.

IV.

S Rhégin, évêque à Scopelo, martyr.

S Césaire, frère de s. Grégoire de Nazianze, intendant et médecin en Bithynie, célibataire : il fit des pauvres ses héritiers. 

S Alexandre, soldat romain torturé et martyr.

VI.

S Concorde, évêque à La Rochelle.

VII.

Ste Aldetrude, abbesse à Maubeuge, mystique, fille des ss. Vincent Madelgaire et Waldetrude.

VIII.

Ste Walburge, fille du roi anglais s. Richard, et sœur des saints Willibald et Winibald, abbesse à Heidenheim.

XII.

S Gerland, prêtre de Besançon, appelé en Sicile par les princes normands, évêque à Agrigente, où il travailla à la conversion des musulmans et des juifs.

B Robert d’Arbrissel, prêtre normand, ermite, prédicateur, à l’origine des monastères à Fontevrault, où l’abbesse commandait et aux femmes et aux hommes.

B Adelhelm, abbé à Engelberg (Unterwalden).

XIV.

S Avertan et B Roméo (Henry), père et frère carmes à Limoges, morts à Lucques au cours de leur pèlerinage en Terre Sainte, à quelques jours d’intervalle. 

XVI.

B Sebastián de Aparicio Prado, berger espagnol émigré au Mexique où il se donna à de grands travaux ; très riche, très généreux, veuf deux fois, finalement franciscain, il mourut à quatre-vingt dix-huit ans.

XVII.

B Didacus Yuki Ryosetsu, prêtre jésuite japonais, martyr, béatifié en 2008.

XIX.

B Domenico Lentini, prêtre en Lucanie, béatifié en 1997.

Bse Maria Teresa (Adeodata) Pisani, bénédictine dans l’île de Malte, béatifiée en 2001.

S Luolong Bai Xiaoman, néophyte chinois, martyr, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

B Ciriaco María Sancha Hervás (1833-1909), cardinal, archevêque de Toledo, fondateur des Sœurs de la Charité du Cardinal Sancha, béatifié en 2009.

S Toribio Romo González (1900-1928), prêtre mexicain martyr, défenseur de l’Eucharistie ; béatifié en 1992, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

Ss Luigi Versiglia (*1873) et Callisto Caravario (*1903), salésiens martyrs en Chine (1930) ; Luigi fut évêque à Shiu Chow et ordonna Callisto ; ils furent fusillés pour avoir tenté de protéger la pureté des deux jeunes filles catéchistes qui les accompagnaient, béatifiés en 1983 et canonisés en 2000.

Bse Antonina (Maria Ludovica) De Angelis (1880-1962), italienne des Filles de Notre-Dame de la Miséricorde, active en Argentine, béatifiée en 2004.

Bse Miriam Vattalil (Rani Maria, 1954-1995), clarisse indienne martyre, béatifiée en 2017 ; son assassin, converti en prison, fut adopté par la propre famille de Miriam.

Nestor de Magydos

† 250

 

Nestor était évêque à Magydos, en Asie Mineure. Le site de cette ville de la province de Pamphylie est maintenant l’endroit de la localité de Lara Manastir, dans le centre-sud de la Turquie d’Asie.

Nestor était très connu pour sa piété et sa fidélité, et savait tellement encourager ses diocésains, que les édits romains de persécution n’arrivaient pas à les intimider. Sous Dèce, quand la persécution s’intensifia, Nestor conseilla à ses brebis de s’éloigner, mais lui restait dans sa demeure. C’est là qu’il fut rejoint. On a une relation de ces épisodes et des suivants dans deux textes anciens, dont on va tirer ici les éléments les plus marquants.

Invité à comparaître devant l’irénarque, Nestor s’arma du signe de la croix et suivit les persécuteurs. Sur la place publique, on lui avait réservé un accueil très respectueux dont il s’étonnait : “C’est que ta vie est digne d’éloges”, lui répondit-on, et on lui présenta un siège d’honneur. Voici quelques-unes de ses réparties durant l’interrogatoire : 

- Je consens et me soumets aux commandements du Roi des cieux.

- La raison veut qu’on appelle (vos dieux des démons), et c’est ce qu’ont souvent reconnu ceux que l’on exorcise.

- A quoi bon me menacer de vos tourments ? Je redoute les supplices de mon Dieu, mais je n’ai peur ni des vôtres, ni de ceux du gouverneur : ils ne m’empêcheront point de confesser toujours le Christ, Fils du Dieu vivant.

L’irénarque, vaincu par cette fermeté, conduisit l’évêque sous bonne escorte et pour un nouvel interrogatoire au gouverneur de Pergé (capitale de Pamphylie, actuelle Aksu en Turquie, proche d’Antalya). En route, un tremblement de terre se fit sentir, dont Nestor expliqua que c’était là un témoignage de (son) Dieu. Voici deux autres réparties de Nestor devant le gouverneur : 

- Je suis le serviteur de mon Seigneur Jésus-Christ. Mon nom propre est Chrétien ; celui que mes parents m’ont donné est Nestor.

- Quand même tu tourmenterais mon corps de toutes façons, jamais je ne renierai le nom de mon Seigneur Jésus, tant qu’il me restera un souffle de vie.

Nestor fut alors soumis au chevalet. Les bourreaux avaient mis à nus ses côtés, et il continuait de chanter le psaume 33 : Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange est sans cesse sur ma bouche.

Le gouverneur, qui connaissait les faits de Palestine, condamna Nestor à la même peine que Christ sous Ponce Pilate. Pendant plusieurs heures, Nestor fut sur cette croix, exhortant les chrétiens témoins, priant Dieu de les maintenir dans la foi. 

Ayant dit : Amen, il rendit l’esprit.

Le martyre de Nestor est mentionné au Martyrologe Romain le 25 février.

 

 

Césaire de Nazianze

† 369

 

Césaire avait pour père un magistrat de Nazianze (Cappadoce, auj. Nenezi, Aksaray, Turquie C), Grégoire, bientôt élevé à la dignité épiscopale, et pour mère sainte Nonna (v. 5 août). 

Sa sœur aînée fut Gorgonia (v. 9 décembre) ; son frère aîné, lui aussi nommé Grégoire, fut évêque à Constantinople et Docteur de l’Eglise (v. 25 janvier).

Ayant reçu de sa sainte mère les enseignements de la foi chrétienne, il alla ensuite en Alexandrie pour ses études, puis rejoignit son frère Grégoire à Constantinople.

Il avait acquis de grandes connaissances en médecine et pouvait occuper une situation brillante à la cour, mais déclara franchement à Julien l’Apostat qu’il préférait avant tout demeurer chrétien. C’était courageux, quand on connaissait les sentiments de l’empereur, mais il ne semble pas que Césaire eût été inquiété pour sa foi.

Il devint ensuite intendant en Bithynie, où eurent lieu deux forts tremblements de terre à Nicée (363 et 369). Le tremblement de terre de 363 fit beaucoup réfléchir Césaire : encore catéchumène, il demanda le baptême.

Ayant voulu demeurer célibataire et n’ayant pas d’enfants, il fit des pauvres ses héritiers.

Il mourut saintemant le 25 février 369, longtemps pleuré par son grand frère. A cette date, ses parents n’étaient pas encore morts : il fut donc le premier à être enseveli dans le tombeau préparé pour eux à Nazianze.

Saint Césaire de Nazianze est commémoré le 25 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aldetrude de Maubeuge

† 696

 

Aldetrude (en latin Aldetrudis) était une des deux filles de Vincent Madelgaire et Waldetrude, qui sont tous deux inscrits au Martyrologe (v. 14 juillet et 9 avril) ; pour sa sœur, Madelberte, v. 7 septembre ; leurs deux frères furent Landry (v. 17 avril) et Dentelin, qui mourut en bas âge (v. 16 mars).

Elle naquit sous le règne de Dagobert Ier, donc entre 622 et 639.

Son éducation se fit sous la férule de sa tante maternelle, Aldegonde, abbesse à Maubeuge, qui guida sa nièce dans les voies d’une grande sainteté.

Aldetrude succéda «normalement» à sa tante dans la direction du monastère, de 684 à 696, avec autant de sagesse qu’elle avait montré de soumission auparavant.

Elle fut souvent honorée de la visite des Anges, des Saints et de Notre Dame. Elle croyait d’abord être victime de quelque illusion diabolique, ce qui montre son humilité et sa prudence.

On trouve qu’elle aurait épousé Waudbert VI de Lomnois, son oncle maternel, d’où serait né Waudbert VII ; mais cette proposition ne semble pas acceptable.

Elle mourut le 25 février, vers 696.

Sainte Aldetrude est commémorée le 25 février dans le Martyrologe Romain.

Walburge de Heidenheim

710-779

 

On avance quelques incertitudes au sujet de ce personnage historique.

D’abord son nom, qui prend les formes les plus variées : Walburge ou Valpurge, Gaubourg ou Falbourg, Avongour ou Auboué selon les régions. Ensuite son ascendance : son père, Richard (v. 7 février), aurait été un des fils du roi Hlothere ; sa mère, Winna, la sœur de Wynfrith (futur s.Boniface, v. 5 juin). 

Elle eut deux frères, les saints Willibald et Winibald (v. 7 juillet et 18 décembre).

Walburge naquit vers 710 et sa formation se fit à bonne école, à l’abbaye de Wimborne.

En 721, son père voulut partir en pèlerinage avec ses deux fils pour la Terre Sainte, mais il mourut à Lucques (Italie), ce que Walburge apprit seulement l’année suivante.

En 748, elle fut envoyée en Germanie à la demande de s.Boniface, pour en soutenir et compléter le travail apostolique. Le frère de Walburge, Winibald, avait déjà rejoint Boniface et construit l’abbaye de Heidenheim, tandis que Willibald était évêque d’Eichstädt. 

Quand Walburge s’embarqua, il s’éleva une très forte tempête, durant laquelle elle resta en prière sur le pont, et les éléments déchaînés se calmèrent providentiellement : les marins firent connaître le prodige à leur arrivée à Anvers.

Accueillie avec joie par Boniface, Walburge retrouva son frère à Heidenheim et fonda la partie féminine du monastère. Elle en devint l’abbesse et, à la mort de Winibald, gouverna aussi le monastère des hommes, ce qui ne veut pas dire que les moines et les moniales vivaient ensemble dans une même communauté, comme on l’a dit parfois : il y avait deux communautés séparées, proches peut-être, qui avaient accès à l’église par deux portes différentes.

Le gouvernement de cette grande abbaye fut marqué par la prudence et la douceur de Walburge, et aussi par le don des miracles dont Dieu la favorisa.

Un soir, elle fut mystérieusement avertie de se rendre au château d’un baron dont la fille était malade. A son arrivée, les chiens n’aboyèrent pas. Elle s’annonça : Ne craignez rien ; vos chiens ne me toucheront pas ; je suis Walburge, envoyée par Dieu pour guérir votre fille, si vous croyez à Celui qui est le médecin des médecins. La jeune fille était mourante, et fut complètement guérie le lendemain matin.

En 776 eut lieu la translation du corps de Winibald, présidée par Willibald, en présence de Walburge. Successivement, celle-ci rédigea une Vita de son frère, ainsi qu’un récit en vers latins des voyages de son père, où l’on reconnaît l’excellente formation intellectuelle qu’elle avait reçue à Wimborne.

Elle mourut elle-même peu après, le 25 février 779, assistée de Willibald.

Sainte Walburge est commémorée le 25 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gerland d’Agrigente

† 1100

 

Comme son nom ne l’indique pas, Gerland naquit à Besançon (Doubs), au début du 11e siècle, apparenté à la famille de Roger de Hauteville. Son nom latin est Geriandus.

C’était un homme de grandes vertus, connu pour sa formation approfondie et sa piété. 

Il fut appelé en Sicile par deux princes normands, Robert Guiscard et Roger qui, en 1086, avaient reconquis une partie de cette île sur les Sarrazins et désiraient y rapporter la semence de la foi.

On le nomma d’abord premier chapelain à la cathédrale de Catane (Sicile), puis premier chantre au chapitre de celle de Mileto (Calabre).

Attristé par la dépravation qui régnait dans cette dernière ville, il rentra en Bourgogne avec la résolution d’y vivre dans la solitude.

Sur les instances du comte Roger, il reprit cependant le chemin de la Sicile et, cette fois, fut nommé évêque d’Agrigente et sacré en 1088 par le bienheureux pape Urbain II, ce pape qui, à Reims, avait été disciple de s.Bruno (v. 6 octobre).

Le nouvel évêque se lança hardiment à la reconquête spirituelle de son diocèse. Il commença par réparer les ruines causées par l’occupant. Mais il ne traita pas en ennemis les Sarrazins vaincus : il travailla au contraire à leur conversion, ainsi qu’à celle des Juifs présents dans l’île. Une de ses conquêtes fut justement l’émir Hamud.

Sa charité envers les pauvres lui valut le titre de père nourricier des veuves et des orphelins.

Quand Urbain II fut malade, c’est Gerland qui fut appelé à Rome pour assister le pontife à ses derniers moments.

Gerland mourut le 25 février 1100. On dira donc qu’il est mort au onzième siècle, le douzième commençant en 1101.

Ses obsèques se firent avec grand honneur.

Le culte dont il fut l’objet amena à faire inscrire le bienheureux Gerland au Martyrologe du 25 février.

 

 

Robert d’Arbrissel

1047-1117

 

Robert naquit de parents pauvres en Bretagne vers 1047, dans un village alors appelé Arbrissel, aujourd’hui Arbresec.

Il put faire des études pour se préparer à l’état ecclésiastique, jusqu’à devenir docteur de l'université de Paris, puis il remplit les fonctions d'archiprêtre et vicaire général du diocèse de Rennes, son pays d'origine, en 1089.

Son zèle pour la réforme du clergé le fit apprécier par son évêque Silvestre de la Guerche, mais souleva contre lui des haines implacables, qui le contraignirent à se retirer à la mort de l’évêque. Il séjourna quelques temps auprès des écoles d'Angers ; puis il s'enfonça dans la forêt de Craon. Des compagnons le suivirent, ce qui lui permit de fonder l'abbaye de Roë. Ils y menèrent la vie des Chanoines réguliers.

Urbain II, lors de son séjour en Angers (1096), le fit prêcher en sa présence et lui donna plein pouvoir d'annoncer en tous lieux la parole divine. Deux de ses compagnons de solitude, Bernard de Ponthieu et Vital de Martain, le suivirent dans ses courses apostoliques avant d'aller fonder, l'un le monastère de Tiron au diocèse de Chartres, l'autre, celui de Savigny au diocèse d'Avranches, destinés à devenir des chefs de congrégation.

Robert parcourut d'abord l'Anjou, la Touraine et le Poitou. Sa prédication soulevait l'enthousiasme des foules ; parmi ceux qui l'avaient entendu, beaucoup abandonnaient leurs familles et s'attachaient à ses pas. Ce cortège se composait d'hommes et de femmes ; on y voyait un grand nombre de pénitents et de pénitentes. Cette foule menait une sorte de vie religieuse, dont les conditions étaient prescrites au jour le jour par Robert. Cette communauté nomade finit bientôt par éprouver le besoin de se fixer. Aussi, vers 1099, Bernard et Vital emmenèrent les hommes avec eux. Robert établit les femmes à Fontevrault. Elles étaient fort nombreuses. Quelques frères se fixèrent auprès d'elles et se chargèrent de leur service temporel et religieux. Le monastère des femmes était placé sous la protection de la Vierge Marie, celui des hommes sous la protection de Jean l’Evangéliste. L’ordre fut plus tard placé sous la règle de saint Benoît.

Robert interrompait de temps en temps ses prédications pour revenir à Fontevrault et pour fonder de nouveaux monastères, qu'il peuplait de ses religieuses. Ces fondations recevaient le titre de prieurés et restaient sous l'entière dépendance de Fontevrault, ne formant avec lui qu'une seule congrégation, dont l'abbesse était le chef unique. Partout une communauté d'hommes s'attachait au service des moniales. Il y en eut dans les diocèses de Poitiers, de Bourges, d'Orléans, de Limoges et de Chartres.

La première abbesse de Fontevrault fut Herlande de Champagne, proche parente du comte d’Anjou.

Robert subit bien des épreuves, quand on l’accusa d’hérésie ou même d’écarts de conduite. Mais il fut lavé de ces soupçons, entre autres par l’évêque de Rennes. Il continua de voyager, mettant partout de l’ordre, prêchant la conciliation, assistant au concile de Nantes (1110), tenant un chapitre de l’ordre (1115). Vaincu par la fatigue, il fut transporté à Orsan où vint le visiter l’archevêque de Bourges.

Robert d'Arbrissel mourut le 25 février 1116 et fut enterré, selon sa volonté, parmi les moines dans le cimetière de Fontevrault. Il n’a pas été canonisé encore, mais il est inscrit dans le Martyrologe Romain en tant que Bienheureux au 25 février.

 

 

Avertan et Romeo de Limoges

† 1380

 

Une sainte tradition a réuni ces deux Religieux carmes.

Avertan était originaire du Limousin.

Après avoir beaucoup prié et s’être mortifié dans les jeûnes pour connaître sa vocation, il fut averti par un ange d’entrer chez les Carmes de Limoges. Il devint prêtre.

A peine vêtu, il fut favorisé de nombreuses extases. Sa soumission exacte à ses supérieurs lui valut d’être appelé fils de l’obéissance. Son quotidien était un combat continu contre le vieil homme et pour l’acquisition de la sainteté. Comme saint Jacques le Mineur (v. 3 mai), la peau de ses genoux était devenue dure comme cuir par les longues heures qu’il passait à genoux. Il haïssait tellement l’argent, que ce seul mot le dégoûtait.

 

Romeo, lui, était d’origine italienne.

Entré chez les Carmes de Limoges comme frère convers, il y reçut le nom de Henry.

Il admirait le comportement d’Avertan.

 

Avertan obtint du Prieur la permission de faire le pèlerinage en Terre Sainte. Evidemment, Henry demanda à l’accompagner.

Parvenus à Lucques, déjà fatigués du voyage, ils furent victimes de l’épidémie de peste noire.

Avertan mourut le 25 février 1380 (qui était cette année-là le 26, car lors des années bissextiles, on décalait d’une unité les derniers jours de février, à partir du 24, sixième jour des calendes de mars, d’où le mot bi-sextilis).

Henry survécut de huit jours à son ami. Il vit l’âme d’Avertan venir à sa rencontre pour le conduire en paradis et mourut le 4 mars 1380.

L’histoire dit qu’on appela «à ce moment-là» Henry Romeo, le romain, nom qu’on donnait à tous les pèlerins de Rome. D’aucuns supposent qu’il avait déjà ce nom en entrant au couvent.

Des miracles furent obtenus par l’intercession d’Avertan ; les habitants de Lucques lui firent de  magnifiques funérailles et son culte fut reconnu plus tard par les papes.

Romeo fut par la suite associé aux mêmes honneurs.

Au 25 février, le Martyrologe Romain mentionne saint Avertanus, mais pas Romeo, qui serait resté bienheureux.

 

 

Sebastián de Aparicio Prado

1502-1600

 

Sebastián de Aparicio Prado naquit le 20 janvier 1502 à A Gudiña (Orense, Galice, Espagne), unique garçon et benjamin des trois enfants de Juan et Teresa, qui lui donnèrent le nom du Saint du jour, Sébastien.

Un des faits majeurs de son enfance est qu’il ne fut pas victime de l’épidémie de peste noire qui sévit à nouveau en Espagne à cette époque.

Après avoir gardé les troupeaux des parents, il quitta la famille à quinze ans et s’en fut à Salamanque comme domestique chez quelque riche veuve, puis chez d’autres patrons. Ce n’était pas par goût de l’aventure, chez cet adolescent qui, au contraire, quitta sa place sans même demander son salaire, plutôt que d’y perdre son âme.

Il quitta l’Espagne en 1533 et arriva à Veracruz (Mexique), où il profita des avantages accordés aux émigrants d’Espagne, puis s’installa à Puebla de los Ángeles comme charpentier. Il se mit à élever les chevaux, à cultiver, à transporter des marchandises.

En 1542, il s’installa à Mexico ; il était devenu fort riche et ouvrit des routes, rendant beaucoup de services à la région. Ses richesses profitèrent en premier lieu aux pauvres et aux malheureux.

En 1552, nouveau changement : il acheta de grands terrains, un ranch et fonda la ferme de Saint-Nicolas, actuellement dans la banlieue de Mexico.

On dit qu’il promut le Jour des Morts du 2 novembre qui, en Espagne, était déjà célébré au lendemain de la fête de la Toussaint.

En 1562, il épousa la fille d’un ami, mais elle mourut l’année suivante ; sa deuxième épouse mourut à son tour après huit mois de mariage ;  en réalité, Sebastián ne consomma pas le mariage, du consentement de ces épouses.

Cette vie aisée se prolongea jusqu’en 1572, année où, après une grave maladie dont il guérit, il décida d’entrer en religion. Mais d’abord, il se mit au service des Clarisses, pour leur rendre des services, pour connaître la Règle franciscaine et s’éprouver soi-même dans ce genre de vie. Puis il vendit toutes ses possessions et entra en 1574 chez les Frères Mineurs Observants de Mexico, avant de passer au couvent de Tlatelolco.

Il fit la profession en juin 1575 et fut destiné au couvent de Puebla, où il fut chargé de la quête, office qu’il accomplit fidèlement sur tous les chemins de Puebla, Tlaxcala, Veracruz et México.

C’est ainsi qu’il vécut le dernier quart de sa vie et du 16e siècle, s’éteignant à quatre-vingt dix-huit ans accomplis à Puebla, le 25 février 1600.

Ses vertus, et un millier de miracles avant et après la mort, aboutirent à sa béatification en 1789.

 

 

Didacus Yūri Ryōsetsu

1574-1636

 

Didacus était né en 1574-1575 à Awa (Shikoku, Japon).

Baptisé, il entra chez les Jésuites et fut ordonné prêtre.

Il fut martyrisé le 25 février 1636 à Ōsaka.

Il a été écrit que les catholiques japonais se soutenaient réciproquement dans leur foi, ce qui les encourageait à supporter les atroces tortures qu’on leur imposait. Ils avaient reçu des exemples de certaines communautés bouddhistes, mais surtout ils avaient reçu la leçon de notre divin Maître, qui acceptait toutes ses souffrances pour sauver les âmes.

Le père Didacus a été béatifié parmi les cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Domenico Lentini

1770-1828

 

Domenico Lentini naquit à Lauria (Potenza, Italie) le 20 novembre 1770, de Macario Lentini et Rosalia Vitarella, des gens pauvres mais chrétiens.

A quatorze ans, le garçon désire être prêtre. Il reçoit le sacerdoce en 1794.

Ceux qui le connurent l’appelèrent un ange à l’autel, pour la candeur qu’il respirait, mais aussi pour les extases dont il fut favorisé.

Don Domenico se donne de toutes ses forces au ministère, à Lauria et dans les environs. Sa parole est convaincante, il parle du Christ crucifié, de Notre-Dame des Douleurs. 

Assez cultivé pour s’adresser à tous les milieux, il ouvre sa petite maisonnette à tous les jeunes qui viennent l’écouter ; il leur enseigne le catéchisme, l’Ecriture, mais aussi les matières scolaires, gratuitement. 

Pour les pauvres, il donne tout ce qu’il a : nourriture, vêtements. Parfois il ne rentre à la maison qu’avec sa tunique : il a tout donné. 

Il se mortifie volontairement, dormant et mangeant peu (et mal), pour expier les péchés des hommes.

Dieu le favorise de grâces particulières, il prophétise, il lit dans les cœurs, il fait des miracles (ô combien !).

Il s’éteint le 25 février 1828, et les funérailles durent une semaine : son corps demeure souple, le sang continue de circuler dans ses veines, il exhale un bon parfum ; ses yeux s’ouvrent devant la Sainte Hostie, devant ses parents et ses amis, mais aussi devant des incroyants. Guérisons et conversions se multiplient à l’envi devant sa dépouille : résurrection d’un enfant de trois ans tombé dans une bassine d’eau et de chaux vive ; guérisons de paralysies totales ; de sarcome(s) ; encore en 1988, une femme guérit totalement d’un carcinome utérin.

Don Domenico Lentini a été béatifié en 1997 ; son dies natalis est au 25 février.

Maria Teresa Pisani

1806-1855

 

Maria Teresa naquit le 29 décembre 1806 à Naples, du baron Benedetto Pisani Mompalao Cuzkeri et de Vicenza Carrano.

Ce mariage était mal engagé : le père était alcoolique et les parents se séparèrent. La petite Maria Teresa grandit chez sa grand-mère à Pizzofalcone (Naples). Elle se montra portée vers la piété et la prière ; elle ne sortait de chez elle que pour aller à la messe.

Durant son séjour chez la grand-mère, elle fut un jour frappée violemment à l’épaule par une domestique, ce qui lui laissa pour toute la vie une malformation. Une autre fois, elle se blessa à un doigt, et supporta la douleur pendant trois mois sans chercher à se soigner. Elle souffrit toute sa vie d’hydropisie.

A la mort de sa grand-mère, elle va au collège, où elle reçoit la Première Communion et la Confirmation.

En 1820-1821 Le père de Maria-Teresa est impliqué dans des émeutes ; arrêté et condamné à mort, il voit sa peine commuée en exil et il déménage à Malte ; peu après, son épouse et sa fille viennent s’installer à Rabat (toujours en l’île de Malte) en 1825. 

Maria Teresa passe deux années dans le recueillement et la discrétion.

A vingt-deux ans, malgré l’opposition de sa mère, elle entre au monastère des Bénédictines de Saint-Pierre à Mdina (Malte). Elle est déjà si «mûre», que la maîtresse des novices lui demande de la seconder dans l’instruction spirituelle des jeunes filles.

Elle fait la profession religieuse en 1830, avec le nom de Maria Adeodata. 

Elle eut trois mandats de sacristine et d’infirmière, qu’elle affectionnait particulièrement, celui de sacristine pour être plus près du Seigneur, celui d’infirmière pour mieux servir les Consœurs. Portière, elle obtint la permission de recevoir les pauvres et de les catéchiser.

Elue maîtresse des novices en 1847, puis abbesse en 1851.

Victime d’une maladie cardiaque, l’abbesse s’éteint à cette vie le 25 février 1855. Elle n’avait pas cinquante ans. Le matin du 25 à cinq heures, elle voulut descendre à la chapelle, disant à la Sœur infirmière : Je vais descendre, parce que c’est ma dernière communion, et aujourd’hui même je mourrai. Elle mourait à huit heures.

Mère Maria Teresa Adeodata Pisani a été béatifiée en 2001. 

 

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison soudaine, totale et durable d’une abbesse bénédictine de Subiaco, en 1897, malade d’une tumeur à l’estomac.

 

 

Luolong Bai Xiaoman

1821-1856

 

Luolong (Laurentius) était né vers 1821 à Shuicheng Co (Guizhou, Chine).

Orphelin depuis tout jeune, il travaillait comme saisonnier, dans un village du district de Xilin (Yaoshan), où il se maria et vivait chez les parents de son épouse, n’ayant pas de maison à lui. 

Guidé par le père Auguste Chapdelaine (lui-même martyr quelques jours plus tard, le 29 février), il se convertit et reçut le baptême. Dix jours plus tard il fut arrêté.

Le mandarin le menaça : 

- Si tu ne renonces pas à ta religion, je te ferai couper la tête.

- Le mandarin peut me fair couper la tête, et non seulement la mienne, mais encore celle de ma belle-mère, de ma femme et de ma fille. Renoncer à ma religion, à mon Dieu, cesser de lui adresser des prières, oh non, jamais !

Irrité, le magistrat le fit frapper de trois cent coups, avec une planchette longue de trois pieds, large de trois doigts et épaisse d’un doigt. Puis il le soumit pendant deux heures au supplice Mey-ien-tchouang : les genoux pliés et assujettis à un bâton, les coudes appuyés sur un banc, les mains liées, en dérision pour l’attitude de prière des Chrétiens.

Luolong refusa de renier sa foi et resta fidèle au Christ.

Il reçut le martyre le 25 (26 ?) février 1856, décapité à Su-Lik-Hien (Kwang-Si). Son corps fut abandonné dans les bois environnants pour y être dévoré par les bêtes sauvages.

Il fut béatifié dès 1900, et canonisé en 2000 parmi les cent-vingt Martyrs de Chine, qui ont leur fête liturgique le 9 juillet.

 

 

Ciriaco Sancha y Hervás

1833-1909

 

Ciriaco naquit le 18 juin 1833 à Quintana del Pidio (Burgos, Espagne), de Ambrosio Sancha Maestre et Baltasara Hervás Casas, d’humbles paysans.

La maman mourut en 1843.

Ciriaco reçut la Confirmation en 1849 et entra au Séminaire d’Osma en 1852.

Ordonné prêtre en 1858, il compléta ses études à Salamanque, puis fut le secrétaire de l’archevêque de Cuba en 1862.

Il s’occupa activement d’orphelins abandonnés, se méritant le surnom de père des pauvres, et fonda en 1869 une famille de religieuses qui devaient s’occuper des orphelins invalides et abandonnés. Plus tard cette famille prit le nom de Congrégation des Sœurs de la Charité du Cardinal Sancha.

En 1876, il fut nommé évêque de Tolède, puis en 1882 évêque à Ávila ; déjà quatre ans plus tard, il est transféré à Madrid, pour remplacer Mgr Narciso Martínez Izquierdo, qui venait d’être assassiné. De droit, il devenait aussi sénateur.

En 1888 il convoqua le premier Congrès Catholique National. 

En 1892, il fut transféré à Valencia, où il convoqua un Congrès Eucharistique en 1893. Il s’employa à soigner la préparation des prêtres et à renouveler le diocèse par différentes associations et institutions religieuses. En 1893-1894, il est de nouveau sénateur.

En 1894, il fut créé cardinal et promu au siège de Tolède en 1898, devenant du même coup Patriarche des Indes. Il développa une intense activité pastorale et sociale parmi les plus nécessiteux. Il promut les premiers efforts en vue de l’unité des chrétiens.

Suite à un catarrhe gastro-intestinal, il mourut le 25 février 1909, dans la pauvreté qu’il affectionnait, offrant sa vie pour l’Eglise. Sur sa tombe, est écrit : Pauvre il vécut, très pauvre il mourut.

Il a été béatifié en 2009, un siècle après sa mort. Le pape l’a défini comme infatigable témoin du Christ, père des pauvres et serviteur de l’unité de l’Eglise.

Toribio Romo González

1900-1928

 

Toribio naquit le 16 avril 1900 dans le village de Santa Ana de Guadalupe (Jalostotitlán, Jalisco, Mexique), de Patricio Romo Pérez et Juana González Romo. Dès le lendemain, il reçoit le baptême.

La famille est si pauvre, qu’elle s’oppose à ses études de séminaire, préférant qu’il reste à la maison pour travailler aux champs. Mais sa sœur aînée María (les siens l’appelaient Quica) prend sa défense, le remplace aux champs et sait mettre de côté pour payer les études de son frère.

Entré à treize ans au Petit séminaire de San Juan de los Lagos, puis au Grand séminaire de Guadalajara, il fut ordonné prêtre avec une dispense d’âge (en 1922, il avait à peine vingt-deux ans). Bientôt, son jeune frère Román sera aussi ordonné prêtre.

Sa prière constante était : Seigneur, ne me laisse pas passer une seule journée sans l’Eucharistie.

Il fut vicaire en plusieurs paroisses : Sayula, Tuxpan, Yahualica, Cuquio. 

Des lois anti-cléricales interdisaient la célébration des sacrements, la prière du chapelet, de sorte que le ministère devait se faire dans des circonstances difficiles. Turibio se montra un prêtre exemplaire, souffrant et supportant les contradictions sans se plaindre, dans la méditation, dans l’adoration du Saint-Sacrement, dans sa foi totale, dans sa compassion pour les autres (à qui il donnait même le minimum dont il avait besoin).

De ses notes, on peut lire dans quelles situations il se trouva : J’ai dû échapper dix fois aux persécuteurs ; une fois je suis resté deux semaines dehors ; une autre fois, on m’a caché pendant quatre jours dans une cuve étroite et infecte ; une autre fois je suis resté huit jours par tous les temps dans les montagnes…

En 1927, le père Turibio fut envoyé à Agua Caliente (Tequila). Son frère Román, à son tour ordonné prêtre, lui fut donné comme vicaire ; leur sœur María les rejoignit ; il fallait célébrer la messe en cachette, dans une ancienne distillerie. Turibio avait un net pressentiment de sa fin prochaine.

Le 22 février, mercredi des Cendres, Turibio se confessa à son frère et lui demanda sa bénédiction.

Le soir du vendredi 24 février 1928, il terminait la mise à jour du registre paroissial. A quatre heures du matin, il allait prendre un peu de sommeil avant de célébrer la messe.

Mais un délateur l’avait trahi. Des soldats conduits par ce dernier vinrent arrêter le jeune prêtre. Un soldat lui tira une balle, puis une seconde balle qui le fit tomber dans les bras de sa sœur. Puis ils le dépouillèrent de ses vêtements et le transportèrent dans une parodie de procession, jusqu’au village voisin, au milieu des obscénités. 

Les villageois purent s’emparer du cadavre du Martyr pour l’ensevelir dignement le lendemain, dimanche.

Turibio avait écrit dans son journal qu’il offrait son sang pour la paix de l’Eglise.

Le père Turibio est très populaire ; beaucoup de gens viennent prier sur sa tombe et implorer de son intercession les grâces les plus diverses.

Il a été béatifié en 1992 et canonisé en 2000 dans le groupe des Martyrs mexicains, qui sont fêtés ensemble le 21 mai, tandis que son propre dies natalis est au 25 février.

 

 

Luigi Versiglia

1873-1930

 

Luigi naquit le 5 juin 1873 à Oliva Gessi (Pavie, Italie N).

On ne trouve aucune indication sur sa famille. 

Petit, il servait toujours la messe et les gens le voyaient déjà prêtre. Mais lui n’aimait pas en entendre parler, car il voulait être vétérinaire.

Il connut saint Giovanni Bosco à Turin. Peu avant de mourir, Giovanni Bosco lui dit en le rencontrant : Viens me trouver, j’ai quelque chose à te dire. Malheureusement, Luigi n’en eut pas le temps, car don Bosco mourut peu après.

Luigi changea d’avis, frappé par la cérémonie de remise du crucifix à sept missionnaires.

Entré lui-même chez les Salésiens, Luigi fait la philosophie à l’Université Grégorienne de Rome et reçoit l’ordination sacerdotale en 1885 : il n’a que vingt-deux ans.

Pendant neuf ans, il est directeur et maître des novices à Genzano di Roma.

En 1906, il part pour la Chine. C’est la première mission des pères salésiens en Extrême-Orient, que Giovanni Bosco avait prophétisée.

A Macao, l’évêque lui confie l’orphelinat de l’Immaculée Conception. Mais à cause de la politique anti-cléricale du Portugal, ils doivent quitter en 1910, et s’établissent à Heung Shan (actuelle Zhongshan).

En 1921, Luigi est consacré évêque, et nommé vicaire apostolique de Shiu Chow, où malgré une population parfois réticente, il ouvre plusieurs séminaires, ainsi qu’un orphelinat et un asile de vieillards.

En 1930, il se décide, malgré les difficultés, à aller visiter les fidèles de Lin Chow, en compagnie du père Caravario. Avec eux se trouvent deux jeunes gens, leurs sœurs Maria (vingt-et-un ans) et Paola (seize ans), et une catéchiste, Clara (vingt-deux ans). S’adjoignirent aussi à eux une catéchiste âgée et un garçon de dix ans.

En chemin des brigands (certains parlent de soldats communistes) les attaquèrent et menaçaient de s’emparer des jeunes filles. L’évêque et le prêtre s’interposèrent ; les brigands les battirent jusqu’à les faire tomber à terre. Ils laissèrent partir la vieille catéchiste, les jeunes gens et le petit garçon, qui purent retourner prévenir d’autres missionnaires et avertir les autorités. 

L’évêque et le prêtre se donnèrent réciproquement l’absolution et exhortèrent les jeunes filles à rester fortes dans la foi. Les brigands firent marcher l’évêque et le prêtre jusque vers Li Thau Tseui. L’évêque les supplia : Moi, je suis vieux, abattez-moi ; mais lui, il est jeune, laissez-le ! On les ligota, on leur arracha leur crucifix et ils furent massacrés sur place à coup de fusil, le 25 février 1930.

Les jeunes filles entendirent cinq coups de feu. Dix minutes après, les bourreaux s’en revinrent vers elles, et elles les entendirent : Inexplicable ! On en a vu bien d’autres, tout le monde a peur de la mort. Mais ces deux-là sont morts heureux, et ces filles ne veulent pas autre chose que mourir aussi…

Ils les emmenèrent sur la montagne, où ils les gardèrent pendant cinq jours. Des soldats retrouvèrent les bandits et les firent déguerpir après un échange de coups de feu. Libres enfin, les jeunes filles purent raconter tout ce qu’elles avaient vu et entendu.

Luigi Versiglia a été béatifié en 1983, et canonisé en 2000 parmi les cent-vingt Martyrs de Chine.

Les Salésiens célèbrent tous leurs Saints dans une fête commune, le 13 novembre, qui est le jour anniversaire de leur départ de Gênes pour l’Amérique du Sud ; mais le dies natalis de Mgr Versiglia et du père Callisto Caravario est au 25 février.

 

 

Callisto Caravario

1903-1930

 

Callisto était né à Cuorgnè (Turin) le 18 juin 1903, de Pietro et Rosa, de bons parents chrétiens et modestes ouvriers.

Après ses études à Turin, il entra chez les Salésiens en 1918, et quand il connut Mgr Versiglia qui était déjà parti en Chine en 1921, il lui promit de l’y rejoindre, ce qui arriva en 1923. il écrivit à sa mère : Ici, nous les missionnaires, nous apprenons le chinois. A vingt ans, j’apprends à écrire et à balbutier comme un bébé… Chère maman, prie pour ton Callisto, pour qu’il puisse apprendre un peu facilement cette langue qui est si difficile, pour que je puisse faire un peu de bien.

Les événements de Chine ne furent pas favorables aux missions : les Salésiens durent se réfugier au Timor pendant quelques années, puis revinrent en Chine en 1927, mais don Callisto n’était toujours pas ordonné prêtre. Il dut attendre jusqu’en 1929 pour recevoir le sacerdoce, à Shanghai. Il écrit à sa mère : Avoir un fils prêtre, c’est une grande grâce et un grand honneur. Courage ! au ciel, le Seigneur te récompensera pour tous les sacrifices que tu as faits par amour pour lui.

En 1930, il doit accompagner Mgr Versiglia dans une visite apostolique parmi les fidèles de Lin Chow, que l’évêque n’avait pas revus depuis déjà un certain temps, à cause de la difficulté des déplacements.

Ils partent donc, en train d’abord, puis en barque.

Avec eux se trouvent deux jeunes gens, leurs sœurs Maria (vingt-et-un ans) et Paola (seize ans), et une catéchiste, Clara (vingt-deux ans). S’adjoignirent aussi à eux une catéchiste âgée et un garçon de dix ans.

En chemin des brigands (certains parlent de soldats communistes) les attaquèrent et menaçaient de s’emparer des jeunes filles. L’évêque et le prêtre s’interposèrent ; les brigands les battirent jusqu’à les faire tomber à terre. Ils laissèrent partir la vieille catéchiste, les jeunes gens et le petit garçon, qui purent retourner prévenir d’autres missionnaires et avertir les autorités. 

L’évêque et le prêtre se donnèrent réciproquement l’absolution et exhortèrent les jeunes filles à rester fortes dans la foi. Les brigands firent marcher l’évêque et le prêtre jusque vers Li Thau Tseui. L’évêque les supplia : Moi, je suis vieux, abattez-moi ; mais lui, il est jeune, laissez-le ! On les ligota, on leur arracha leur crucifix et ils furent massacrés sur place à coup de fusil, le 25 février 1930.

Les jeunes filles entendirent cinq coups de feu. Dix minutes après, les bourreaux s’en revinrent vers elles, et elles les entendirent : Inexplicable ! On en a vu bien d’autres, tout le monde a peur de la mort. Mais ces deux-là sont morts heureux, et ces filles ne veulent pas autre chose que mourir aussi…

Ils les emmenèrent sur la montagne, où ils les gardèrent pendant cinq jours. Des soldats retrouvèrent les bandits et les firent déguerpir après un échange de coups de feu. Libres enfin, les jeunes filles purent raconter tout ce qu’elles avaient vu et entendu.

Le père Callisto Caravario avait vingt-six ans. Son dies natalis, avec Mgr Versiglia, est au 25 février.

Il fut béatifié avec Mgr Versiglia en 1983, et canonisé avec ce dernier dans le groupe des cent-vingt Martyrs de Chine, en 2000.

 

 

Antonina De Angelis

1880-1962

 

Née le 24 octobre 1880 à San Gregorio (L’Aquila, Italie C), Antonina était l’aînée des huit enfants de Ludovico De Angelis et Santa Colaianni, d’humbles paysans chrétiens dans l’âme, qui la firent baptiser le jour même de sa naissance.

Ce fut une femme forte, qui aidait sa mère dans toutes les besognes quotidiennes, mais aussi son père dans le travail des champs et la vente des produits. Tout ce travail fit qu’elle ne put aller à l’école, mais elle apprit à lire et à écrire en prenant des leçons auprès d’une maîtresse privée.

Sa mère aurait bien voulu, par le mariage de sa fille aînée, avoir des petits-enfants, mais Antonina voulait se consacrer à Dieu.

Grâce à son curé qui lui offrit sa dot, elle entra en 1904 chez les Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde à Savona, où elle prit le nom de Maria Ludovica et fit sa profession religieuse.

En novembre 1907, elle partait pour l’Argentine. Elle s’arrêta à Buenos Aires pour passer Noël avec les Consœurs et joignit La Plata, où on l’attendait dans l’hôpital des enfants. «Hôpital» était un bien grand mot : il consistait alors en deux grandes salles, entourées d’une haie de barbelés.

Son manque de culture fit qu’on la mit d’emblée à la cuisine et à la lingerie, mais elle fut tellement diligente dans l’administration, que le docteur la proposa pour administrer l’établissement dans son intégralité : elle conservera cette charge jusqu’à la mort, pendant cinquante-quatre ans !

On aura noté son parler espagnol pas trop académique, fourré d’expressions italiennes et, à l’occasion, de termes de son terroir ; mais elle comprend tout, et réussit très bien à se faire comprendre, tant elle est gentille et patiente.

Ludovica fit de l’hôpital son couvent, elle chercha la sainteté dans l’accomplissement parfait de toutes les «petites choses» ; fournitures, gestion, contacts, nourriture, entretien, tout lui était occasion de rechercher la perfection pour la gloire de Dieu et le bien de tous. Elle fit doter l’hôpital de blocs opératoires. Elle réussit tellement bien que le Ministère de la Santé donna plus tard à cet hôpital le nom de Sœur Supérieure Maria Ludovica.

Sœur Ludovica n’avait pas que cet hôpital dans sa tête : elle fonda un sanatorium à Punta Magotes (Mar del Plata) pour les enfants affectés de tuberculose et de maladies respiratoires, ainsi qu’une grande ferme pour la production de denrées fraîches (lait, légumes, fruits) pour ces petits malades. Et pour que tout fût complet, il y eut un centre de spiritualité, avec église, catéchèse, enseignement, missions populaires, de sorte que tous ces malheureux gamins orphelins, abandonnés, malades, reçurent là, outre des soins cliniques, également une formation scolaire et spirituelle. Pour une femme si peu instruite, Sœur Ludovica se montrait vraiment à la hauteur de sa mission.

Mais comme cela se produit fréquemment, le succès de Ludovica provoqua des jalousies, des critiques, des calomnies même, autant d’épreuves qui s’ajoutèrent douloureusement à ses problèmes de santé : on dut lui retirer un rein en 1935, elle souffrit d’hypertension et d’œdème pulmonaire, le tout «couronné» d’insomnies, qu’elle occupait en cousant des ornements liturgiques ou en surveillant si les petits malades dormaient bien. Elle supportait tout cela sans se départir de son indéfectible sourire, toujours armée de son chapelet à la main.

Une de ses réparties plus caractéristiques était : Il faut faire du bien à tous, peu importe à qui.

Début 1962, on lui diagnostica une tumeur à l’abdomen. Elle répétait très paisiblement : Dieu le veut ! Lui, il sait ce qu’il fait ! Que sa volonté soit faite !

Elle mourut saintement le 25 février 1962, et fut béatifiée en 2004.

Mariam Vattalil
1954-1995

Mariam Vattalil, née le 29 janvier 1954 à Pulluvazhy (Kerala, Inde), était le deuxième des sept enfants de Paily et Eliswa Vattalil, de pauvres paysans qui la firent baptiser le 5 février suivant.
On connaît aussi les noms de ses frère et sœurs : Stephen, Annie, Varghese, Thressiamma, Celine, Lusy. Celine fut aussi religieuse chez les Clarisses.
En 1966, Mariam reçut la Première communion et la Confirmation.
En même temps que l’école, Mariam trouvait le temps d’aider son père dans les travaux des champs, et sa mère dans les tâches domestiques.
Après ses études secondaires, Mariam entra en 1971 chez les Clarisses de Kidangoor, où elle assuma le nom de Rani Maria (Reine Marie, d’après le titre marial de Marie Reine) ; en même temps qu’elle entrait aussi sa cousine, Cicily. Le noviciat s’acheva régulièrement en 1974, avec la profession temporaire.
A partir de 1975, elle fut en service à Bijnor (Uttar Pradesh) ; elle fut maîtresse d’école de 1976 à 1978. 
Elle prononça ses vœux définitifs à Ankamaly en 1980.
En 1983, elle fut transférée à Odagady. En 1989, elle fut supérieure à Aluva et fut reçue docteur en sociologie à l’université de Rewa.
En 1992, elle fut envoyée à Udayanagar.
Tous ceux qui la connurent furent captivés par sa joie communicative, toute franciscaine. 
Sœur Rana Maria s’engagea dans l’éducation des enfants et surtout au service des pauvres. Son programme en faveur des marginalisés s’opposait radicalement aux intérêts des grands exploitants.
Le 25 février 1995, à Nachanbore Hill (Indore) un tueur professionnel, à la solde des grands propriétaires, la frappa dans l’autobus de cinquante-quatre coups de couteau.
En mourant, Rani Maria ne répétait que le nom de Jésus !
Le meurtrier, Jeevan Singh, fut condamné à la prison à vie, mais fut relâché en 2006 pour sa bonne conduite ; il fut visité en prison par la sœur de Rani Maria, qui lui pardonna ; la maman de Rani Maria vint aussi lui rendre visite, et lui baisa les mains en signe de pardon. Toute la famille pardonna Jeevan Singh et le considéra comme un des leurs. Jeevan pleura de joie en apprenant que Rani Maria allait être béatifiée.
Reconnue martyre, sœur Rani Maria a été béatifiée en 2017.
Rani Maria Vattalil sera commémorée le 25 février dans le Martyrologe Romain.

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24 février 2021 3 24 /02 /février /2021 00:00

24 FEVRIER 

 

? Ste Primitive, martyre romaine. 

IV.

S Evetius, martyr à Nicomédie ; il avait eu l’audace de détruire publiquement l’édit de persécution des chrétiens.

S Serge, ancien magistrat à Césarée de Cappadoce, solitaire, martyr.

V.

Ste Démétriade, vierge romaine, enfuie à Carthage où elle se consacra, morte à Rome.

S Modeste, évêque à Trèves.

VI.

S Prétextat, évêque à Rouen, victime des machinations continues du roi et de la reine, martyr.

S Lethard, évêque à Senlis puis aumônier de la reine Berthe d’Angleterre ; sa présence prépara la mission de s. Augustin.

VII.

S Ætelberht, époux de la reine Berthe d’Angleterre ; il accueillit s. Augustin et ses moines et fut le premier catéchumène baptisé et le premier bienfaiteur de l’Eglise en Angleterre.

X.

S Beton, moine à Sens, évêque à Auxerre. 

XII.

Ste Adèle, fille de Guillaume le Conquérant (?). 

XV.

B Costanzo Servoli de Fabriano, dominicain, pacificateur à Ascoli, où il fit construire un monastère et mourut.

XVI.

B Marco de Marconi, des moines hiéronymites à Mantoue, mystique.

XIX.

Bse María Josefa Naval Girbés, laïque espagnole, “apôtre des activités paroissiales”, béatifiée en 1988.

B Tommaso Maria Fusco, prêtre des Missionnaires de Nocera, béatifié en 2001.

XX.

Bse Florentina Nicol Goñi (María Ascensión du Cœur de Jésus, 1868-1940), dominicaine espagnole puis active au Pérou, au Salvador, en Chine, fondatrice des Missionnaires dominicaines du Très Saint Rosaire, béatifiée en 2005.

B Josef Mayr-Nusser, père de famille sud-tyrolien, condamné à mort pour avoir refusé le serment nazi, béatifié en 2017.
 

Evetius de Nicomédie

† 303

 

Evetius (en syriaque Euhetis) se trouvait à Nicomédie (Bithynie, auj. Izmit, Turquie NW) au moment où l’empereur Dioclétien déclencha une nouvelle persécution (303).

On suppose que c’est lui, le haut fonctionnaire dont parle un document syriaque.

L’édit ne fut pas sitôt affiché sur la place publique, qu’Evetius, enflammé par l’ardeur de sa foi, dit le Martyrologe, aux yeux de tout le monde, déchira ouvertement l’édit de cette loi injuste.

On se posera la question de la légitimité de cette intervention. Etait-elle permise par l’Eglise ? Etait-elle prudente ? Certainement non. Mais l’Eglise n’avait pas encore statué sur ce genre de «courage» excessif, qui devait conduire à une mort certaine et pouvait être assimilé à une sorte de suicide.

Mais Evetius ne se posa pas tant de questions ; tôt ou tard, il aurait témoigné du Christ ouvertement et serait prochainement martyrisé. Il pouvait aussi ignorer ce conseil de prudence qu’on lui aurait suggéré ; il voulut donner l’exemple et n’écouta que sa foi. 

Arrêté, il fut soumis à toutes sortes de cruautés.

Saint Evetius de Nicomédie est commémoré le 24 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Æthelberht de Kent

560-616

 

Fils du roi de Kent Eormenric, Æthelberht naquit vers 560.

Il épousa la fille du roi de Paris Caribert, Berthe, avant son avènement au trône en 580 ou 590. On lui donna le titre de bretwalda, qui signifie «souverain de Bretagne».

Berthe était chrétienne et c’est peut-être grâce à son intervention que le pape Grégoire Ier (v. 12 mars) se décida à envoyer des missionnaires pour évangéliser la Grande-Bretagne. Ainsi commença la mission d’Augustin (v. 26 mai).

Apprenant l’arrivée des missionnaires romains, le roi ne consentit pas tout de suite à les recevoir, mais les fit demeurer en l’île de Thanet (qui aujourd’hui n’est plus une île) puis, au bout de quelques jours, il vint les visiter en personne, mais en plein air, pour éviter - pensait-il - quelque mauvais sort au cas où ils se seraient trouvés tous ensemble sous un même toit.

Or les moines vinrent au devant de lui en chantant les Litanies et s’adressèrent au roi en termes évangéliques, lui parlant déjà du Christ et de la Promesse éternelle. Le roi écouta poliment et voulut réfléchir ; en attendant, il accordait l’hospitalité aux nouveaux venus.

Ætelberht fut touché de la douceur et de la pureté des moines, et plus encore par les miracles qui s’opérèrent par leur parole. Il demanda enfin le baptême, qu’il reçut à la Pentecôte, le 2 juin 597. Ensuite, Augustin fut sacré évêque et put baptiser à Noël des milliers de personnes.

La conversion du roi fut sincère et profonde. Par humilité, il céda à Augustin son palais de Cantorbury et s’établit à Reculver. Son ancienne demeure devint un monastère, la future abbaye Saint-Augustin, et sur les fondations d’une vieille église de l’époque romaine on construisit l’église métropole de l’Angleterre, dédiée au Christ Sauveur.

Le roi Æthelberht ne s’en tint pas là, mais soutint volontairement l’expansion du catholicisme dans tout son royaume et dans le royaume voisin. A Londres fut construite l’église Saint-Paul, qui devait devenir la cathédrale de la capitale ; à Rochester fut établi un nouveau diocèse avec la cathédrale Saint-André. Il promulga un code de lois, le premier document anglo-saxon connu rédigé, sanctionnant les propriétés et les droits de l’Eglise.

En 613, mourut la reine Berthe. Le roi se remaria, et mourut quelques années plus tard, le 24 février 616, à cinquante-six ans.

On signale que les Anglais le nomment aussi Albert.

Saint Æthelberht est commémoré le 24 février  dans le Martyrologe Romain.

 

 

Costanzo Servoli de Fabriano

† 1481

 

Costanzo naquit au début du 15e siècle à Fabriano, fils d’un modeste citoyen nommé Bernardo Servoli.

A quinze ans, le garçon entra chez les Dominicains, où il eut comme maîtres saint Antonino de Florence (v. 2 mai) et Corradino de Brescia.

Ordonné prêtre, il fut un vaillant et infatigable prédicateur de la Vérité, ce qui lui valut de la part des chroniqueurs de l’Ordre l’éloge d’illustre et très brillante étoile du ciel dominicain.

Dans les couvents où il passa, il fut promoteur de la réforme de l’Ordre et du retour à la Règle authentique.

Il fut prieur à Fabriano (1440), Perugia (1445), à Ascoli (1459), de nouveau à Fabriano (1467) et Ascoli (1470).

Ascoli fut vraiment sa ville privilégiée : il y reporta la paix et la concorde au moment où les habitants étaient près de s’entretuer. Il y restaura le couvent et y fit refleurir l’étude et l’amour de la vie régulière.

Il avait l’habitude d’ajouter au bréviaire l’office des Défunts. Quand il voulait obtenir une grâce particulière, il priait le psautier dans son intégralité. Une fois, il ne put l’achever : c’était pour obtenir le départ des Turcs de la Grèce, mais il comprit alors que Dieu ne le voulait pas alors. 

Voici un des miracles opérés du vivant de Costanzo : venu visiter le couvent de Ferrare, il laissa son bâton de voyage près de la porte. L’hôtelier, connaissant les vertus du visiteur, substitua un autre bâton pour conserver comme relique celui de Costanzo. Sur le chemin du retour, Costanzo dit à son compagnon : On m’a volé le bâton, mais au nom du Seigneur, je le donne à celui qui me l’a pris. Informé, le «voleur» obtint bien d’autres miracles avec ce précieux bâton.

C’est donc à Ascoli Piceno que Costanzo finit ses jours. Il fit promettre aux habitants de construire un autre couvent, pour y conserver sa dépouille parmi eux. 

Il mourut le 24 février 1481. Son corps se trouve toujours dans l’église San Pietro, tandis que son chef est à la cathédrale de Fabriano, sa ville natale.

Le culte du bienheureux Costanzo Servoli fut approuvé en 1821.

 

 

 Marco de Marconi

1480-1510

  

Le bienheureux Marco est un grand mystique dont Dieu récompensa la vie toute cachée par des signes merveilleux de sainteté.

 Marco fut tellement effacé qu’on ne connaît pratiquement rien de son enfance. Né en 1480, de parents pauvres, il s’habitua tôt à mener une vie solitaire et cachée en Dieu. L’école n’était pas obligatoire, et Marco fut très vite enrichi d’une docte ignorance.

Il n’avait pas quinze ans, qu’il fréquentait souvent deux ermites hiéronymites qui s’étaient retirés près de Mantoue, en un lieu appelé Milliarino. Ces religieux formaient une famille érémitique, née en Espagne à la fin du XIVe siècle, très semblable à la vie des Bénédictins. Impressionné par leurs exemples et leurs entretiens, il entra dans leur ordre au couvent de Saint-Matthieu : il n’avait que quinze ans.

Après son noviciat et sa profession, il remplit avec ardeur et courage toutes les obligations de la vie religieuse, soutenu qu’il était par la grâce divine. 

Dieu manifesta sa sainteté par des miracles, par le don de prophétie, par la communication de lumières surnaturelles. On avait pour lui une telle vénération que l’on s’estimait heureux quand on pouvait toucher la frange de son vêtement.

Marco mourut à l’âge de trente ans, le 24 février 1510, et c’est alors que sa sainteté le rendit très célèbre. Deux ans après sa sépulture, le corps fut trouvé sans corruption. 

Des artistes l’ont représenté avec l’auréole de sainteté à Mantoue, à Riva del Garda, à Venise, à Vérone, Ferrare, Rome, Naples : partout où le culte s’en répandait, les grâces pleuvaient en abondance.

Il y eut plusieurs autres translations dans la suite. Durant la guerre entre l’Autriche et Mantoue, Milliarino fut rasée ; les pauvres moines reconstruisirent un couvent dans Mantoue, où fut transportée la sainte dépouille du Bienheureux. Cent cinquante ans plus tard, la persécution napoléonienne supprima le couvent et détruisit l’église, de sorte que le corps du Bienheureux finit par être déposé dans la cathédrale de Mantoue. C’est ce qui explique que les évêques de Mantoue se soient employés à faire reconnaître le culte immémorial de Marco, et c’est justement un ancien évêque de Mantoue, Giuseppe Sarto, devenu le pape Pie X, qui confirma ce culte en 1906.

Le bienheureux Marco est nommé le 24 février au Martyrologe Romain.

Tommaso Maria Fusco

1831-1891

 

Tommaso naît le 1er décembre 1831 à Pagani (Salerno, Campanie) et reçoit le baptême le jour-même. Il est le septième des huit enfants d’un pharmacien bien en place.

Sa maman décède quand il a six ans, puis aussi son papa quand il en a dix.

Lors de la canonisation de saint Alfonso de’ Liguori (v. 1er août) en 1839, il participe aux festivités et promet à Dieu d’être prêtre lui aussi.

Mais il y a déjà deux prêtres dans la famille, son frère aîné et son oncle paternel, qui pensent que deux prêtres dans la famille suffisent et que Tommaso ferait mieux de perpétuer la famille.

Tommaso persévère, entre au séminaire, et reçoit l’ordination sacerdotale en 1855. 

Immédiatement, il ouvre chez lui une petite école privée et, non loin, une petite «chapelle du soir».

En 1857, il fait partie de la Congrégation des Missionnaires de Nocera, pour l’évangélisation des populations locales.

En 1861, il doit fermer l’école, et en ouvre une autre pour jeunes prêtres, qui doivent compléter leur formation en théologie morale sacramentelle, un cours qui durera vingt-cinq ans.

A cette époque en effet, les prêtres ne recevaient l’habilitation à confesser qu’après quelques années de sacerdoce ; pour don Tommaso cependant, l’évêque fit une exception, jugeant de la maturité précoce du jeune prêtre.

En 1862 don Tommaso fonde une Compagnie de l’Apostolat Catholique du Précieux Sang de Jésus-Christ, pour la prédication de missions au peuple. Un périodique parut aussi : La Voix du Précieux Sang, qui sera diffusé jusqu’en Inde. 

De 1861 à 1873, don Tommaso est aumônier du sanctuaire de Notre-Dame du Carmel, puis curé de la paroisse. Fervent dévot de Notre-Dame, il ajoute le nom de Maria au sien. Il fonde les dimanches catéchistiques, l’Association des Filles de Marie, les Moniales de la maison (Monelle di casa), qui deviendront les Filles du Précieux Sang.

En 1872, don Tommaso a comme une «inspiration» de fonder la Congrégation des Filles de la Charité du Précieux Sang, destinée à refléter au regard des hommes la Charité divine avec laquelle fut versé le Précieux Sang du Christ.

En 1873, l’évêque préside l’ouverture du premier orphelinat, tenu par trois Religieuses, et qui comptait déjà sept petites orphelines, que don Tommaso s’engageait à élever sur ses propres deniers. L’évêque lui dit alors : Tu as choisi le titre du Précieux Sang ? eh bien, prépare-toi à boire un calice amer !

La plus grosse amertume à avaler, fut une terrible calomnie, montée par deux prêtres soutenus par ces messieurs de la place. L’affaire arriva au Tribunal ecclésiastique et eut pour conclusion la pleine reconnaissance de l’innocence de don Tommaso, tandis que les auteurs de la calomnie se voyaient contraints d’avouer publiquement leur machination. Ce qui est dit ici en trois lignes, ne peut pas rendre quelle «agonie», au sens propre, vécut pendant plusieurs années le pauvre prêtre, qui toutefois sut en profiter pour monter encore plus haut dans la sainteté.

Don Tommaso Maria Fusco mourut le 24 février 1891, après avoir consacré toutes ses forces au service de Dieu et du prochain.

Il fut appelé la lèvre parlante de l’Evangile et le prophète et témoin de la Charité du Sang.

Les Filles de la Charité du Précieux Sang sont actuellement présentes en Italie, aux Etats-Unis, au Brésil, au Nigéria et aux Philippines.

Don Tommaso Maria Fusco a été béatifié en 2001.

 

 

María Josefa Naval Girbés

1820-1893

 

María Josefa naquit le 11 décembre 1820 à Algemesí (Valencia, Espagne), aînée des six enfants de Francisco Naval et Josefa Mara Girbés ; deux moururent en bas âge (María Joaquina et la petite Josefa) et une autre à quatorze ans (Peregrina). Les enfants qui restent, sont une autre María Joaquina et le garçon, Vicente. 

Plus tard, Vicente, papa de trois enfants, perdit ces trois angelets et sa femme, et s’en vint vivre auprès de notre María Josefa.

Celle-ci, donc, reçut au baptême le nom de María Josefa, mais on l’appellera toujours Pepa.

Elle reçoit la confirmation à huit ans et la Première communion à neuf ans (alors que l’âge habituel était de onze). 

Durant sa scolarité, elle apprend la broderie (argentée et dorée).

En 1833, elle doit interrompre ses études, après le décès de sa mère. En prière chez les Dominicaines, elle sentit que la Vierge Marie ne l’abandonnerait pas. La famille s’établit chez la grand-mère, où María Josefa devient en quelque sorte la maîtresse de maison, tandis que se développe en elle une vie spirituelle intense : elle communie chaque jour ; à dix-huit ans, elle fait le vœu de chasteté.

On a décrit María Josefa comme une personne de taille moyenne, avec de larges yeux profonds ; très modeste, elle souriait souvent, mais on ne la vit jamais rire ; elle mettait des habits sombres, chaussait des souliers bas et un long voile.

En 1850, sur les conseils du curé de la paroisse, elle commence à réunir chez elle des jeunes filles : elle leur apprend la couture, la broderie, mais aussi cet atelier est l’occasion de toute une formation humaine et spirituelle au profit de jeunes filles, de jeunes femmes mariées ou célibataires. María Josefa prépare au mariage les jeunes filles, elle visite les malades, aide les pauvres, enseigne le catéchisme. En 1855, elle manifeste la charité de façon héroïque durant l’épidémie de choléra.

C’est une véritable religieuse laïque, une apôtre qui participe pleinement à la mission de l’Eglise.

Membre du Tiers-Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Sainte-Thérèse de Jésus, fondé à Algemesí en 1854, elle poursuit le Chemin de la perfection.

Sa vie quotidienne est alimentée par l’oraison le matin, après la communion, et le soir. Elle sait pratiquer la pénitence, la mortification. Dans la journée, elle prie souvent avec ses disciples l’Angelus et le chapelet. Elle vit les vœux de religion : pauvreté, chasteté, obéissance.

Les deux dernières années de sa vie, elle devient complètement grabataire, et s’éteint le 24 février 1893. On l’enterre avec l’habit du Tiers-Ordre du Carmel, comme elle l’avait demandé.

María Josefa Naval Girbés a été béatifiée en 1988.

Beaucoup de documents originaux sur María Josefa ont été perdus à cause de la Guerre civile d’Espagne, où les archives des monastères et des paroisses furent brûlées.

 

 

Florentina Nicol y Goñi

1868-1940

 

Florentina naquit le 14 mars 1868 à Tafalla (Navarre, Espagne), benjamine des quatre enfants de Juan Nicol et Águeda Goñi. Juan vendait des chaussures et des outils agricoles.

Elle reçut sa formation chez les Dominicaines de Huesca. Elle y prit le voile en 1885, avec le nom de María Ascension du Sacré Cœur, et enseigna dans cette école pendant vingt-sept années, avec seulement une brève interruption lorsque les supérieures jugèrent bon de l’éloigner quelque temps des élèves, car María Ascension semblait être trop «proche» des jeunes filles et établir un climat trop familier entre elles. L’obéissance de María Ascension l’aida à se sanctifier et à accepter des occupations  plus humbles, avant de reprendre l’enseignement.

En 1912, les lois espagnoles anti-cléricales obligèrent les Sœurs à se disperser.

Elles pensèrent alors se dédier à un service missionnaire auprès des plus pauvres parmi les pauvres et cherchèrent un lieu d’accueil, en Amérique ou aux Philippines.

La réponse vint d’un ancien missionnaire aux Philippines, nommé Vicaire apostolique au Pérou. De retour de Rome où il avait reçu la consécration épiscopale, il s’arrêta à Huesca, et cinq religieuses partirent avec lui, avec María Ascension à leur tête.

On arriva au Pérou en décembre 1913. Deux ans après, María Ascension partait avec deux autres Compagnes pour les forêts montagneuses, où jamais des femmes blanches ne s’étaient aventurées.

Arrivées à Puerto Maldonado, elles se mirent à construire une école, où vinrent très vite des jeunes filles de la tribu voisine, accueillies avec bonté par les Religieuses, tandis qu’elles étaient méprisées par les colons blancs de la ville.

Les malades affluèrent aussi, et les Sœurs développèrent ainsi le secteur médical.

En accord avec le nouveau Code de Droit Canonique, les Religieuses s’établirent en une congrégation indépendante de Religieuses du Tiers-Ordre dominicain, appelées aussi par la suite Missionnaires Dominicaines du Rosaire.

Etablie formellement en 1918, la congrégation se répandit, avec Mère María Ascension comme supérieure. Mais elle ne voulut jamais être reconnue comme la Fondatrice : pour elle, l’unique Fondateur était le père Zubieta, Vicaire Apostolique. Actuellement, on lui reconnaît le rôle de co-fondatrice.

En 1932, elles essaiment en Chine, où ira María Ascension par deux fois. Elles ouvrent aussi des maisons en Espagne, d’où partiront d’autres missionnaires.

Mère Florentina-María Ascension mourut à Pampelune (Navarre) le 24 février 1940, et fut béatifiée en 2005.

Les Religieuses du Tiers-Ordre dominicain sont près d’un millier, dans une vingtaine de pays.

 

Josef Mayr-Nusser
1910-1945

Josef naquit le 27 décembre 1910 dans la ferme Nusserhof (Bolzano, Sud-Tyrol, Autriche, auj. Italie NE). 
Tôt, il s’engagea dans l’Action catholique et, en 1934, en devint président pour son diocèse. En 1939, il fut président de la nouvelle Conférence Saint-Vincent-de-Paul.
Chaque jour, il était présent à la Messe, priait le chapelet, visitait les pauvres - et travaillait.
En 1939, il adhéra au Andreas-Hofer-Bund (AHB), un mouvement qui s’opposait à la domination italienne fasciste dans le Tyrol autant qu’au national-socialisme hitlérien.
En 1942, il épousa Hildegard Straub († 1998) et eut un fils, Albert, actuel compositeur de musique électroacoustique.
A partir de 1943, les membres du AHB furent activement poursuivis. Josef fut enrôlé de force dans les rangs de l’armée SS. En octobre 1944, il refusa énergiquement de prêter le serment d’allégeance à Adolf Hitler et fut condamné à mort. 
Dans le train qui l’emmenait à Dachau, près de la ville de Erlangen, Josef mourut des circonstances et des suites de son arrestation, le 24 février 1945.
Sa fidélité au Christ et le don de sa vie pour la Vérité lui ont mérité d’être considéré comme Martyr et il fut béatifié en 2017.
Le nom du bienheureux Josef Mayr-Nusser sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 24 février.

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23 février 2021 2 23 /02 /février /2021 00:00

23 FEVRIER

 

II.

S Polycarpe, disciple de s. Jean, évêque à Smyrne et martyr ; c’est le premier exemple où les chrétiens recueillirent des reliques pour les vénérer.

III.

Ste Marthe, vierge et martyre à Astorga.

S Polycarpe, prêtre à Rome, grand ami de s. Sébastien (?).

IV.

S Sirenus ou Sinerus, grec venu à Sirmium, jardinier contemplatif, martyr ; invoqué pour obtenir le beau temps.

Ste Romaine, vierge solitaire à Todi, baptisée par le pape s. Sylvestre (ou VI. ?).

S Priamien (Primien), grec martyr, vénéré à Ancône.

V.

S Florent, confesseur à Séville.

Ss Zebinas, Polychrone, Moïse et Damien, ermites à Cyr.

S Veterin (Veturin), disciple de s. Martin, en Anjou, patron de Gennes.

VI.

S Dosithée, jeune homme (orphelin ?) qui fut touché par la grâce de Dieu (peut-être sur révélation de la Sainte Vierge) à Jérusalem et se sanctifia au monastère de Gaza.

VII.

S Félix, évêque à Brescia pendant quarante ans ; il lutta contre l’arianisme et fit lever des troupes pour combattre Mahomet.

VIII.

Ste Milburth, petite-fille du roi de Mercie, fille de ste Ermenburge, sœur des saintes Mildgytha et Mildrith ; elle introduisit le monachisme dans les terres de son père, fut abbesse à Wenlock et thaumaturge.

IX.

S Méraut (Meraldus), abbé près de Blois.

XI.

S Willigis, archichancelier d’empire, archevêque à Mayence, primat de Germanie ; il couronna s. Henri et eut un rôle

considérable dans l’empire.

B Ordonio, bénédictin, prédicateur, évêque à Astorga.

S Milon, auvergnat, chanoine à Paris, évêque à Bénévent.

XII.

B Othon, prieur à Prémontré, frère du b. Godefroy de Cappenberg, marial.

S Giovanni Theristis, moine sicilien de l’ordre basilien ; son surnom (= moissonneur) lui vint d’un miracle qu’il obtint en faveur de paysans surpris par la pluie.

XVIII.

B Nicolas Tabouillot, curé dans la Meuse, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

Bse Giovannina Franchi, fondatrice italienne des Sœurs Hospitalières de Notre-Dame-des-Douleurs, béatifiée en 2021.

Bse Rafaela Ybarra de Arambarri de Villalonga, espagnole, mère de six enfants et mère adoptive des cinq orphelins de sa sœur et des six enfants de sa bru, toutes deux décédées ; elle fonda à Bilbao le Collège des Anges Gardiens, pour les petites filles abandonnées, béatifiée en 1984.

XX.

Ste Giuditta Vannini (Giuseppina, 1859-1911), fondatrice des Filles de Saint-Camille, pour les malades, béatifiée en 1994, canonisée en 2019.

B Juan Lucas Manzanares (Braulio Carlos, 1913-1937), des Frères des Ecoles Chrétiennes, martyr près de Madrid, béatifié en 2013.

B Stefan Wincenty Frelichowski (1913-1945), prêtre polonais mort d’épuisement à Dachau, béatifié en 1999.

Polycarpe de Smyrne

69-155

 

Polycarpe, comme son nom l’indique, porta «beaucoup de fruits» après avoir reçu la grâce du baptême.

Il aurait été originaire du Moyen-Orient et, tout jeune, amené à Smyrne (actuelle Izmir, à l’extrême Ouest de la Turquie, sur la Mer Egée) par des marchands qui le vendirent à Kallisto, une noble chrétienne qui lui confia ensuite l’administration de sa maison.

Héritier de ces biens, Polycarpe s’en servit pour grandir dans la connaissance de l’Ecriture et la pratique des vertus, s’instruisant et aidant les pauvres.

Il reçut le diaconat de Bucolus, l’évêque de Smyrne. Il rencontra également l’apôtre Jean, qui était à Ephèse. Ephèse et Smyrne sont deux villes très voisines.

Polycarpe fut le maître d’Irénée, futur évêque de Lyon, qui en parle en des termes montrant qu’il l’a connu de très près, et tenu en grande estime.

Il est possible que ce soit l’apôtre Jean qui l’ait établi évêque à Smyrne, et que ce soit de lui que parle l’auteur de l’Apocalypse, le désignant comme l’Ange de Smyrne (Ap 2:8-10).

Polycarpe put gouverner son diocèse relativement tranquillement, tandis qu’ailleurs la persécution sévissait : Ignace d’Antioche fut envoyé à Rome pour y être dévoré par les bêtes du cirque. En voyage, Ignace salua avec effusion Polycarpe, avec lequel ensuite il échangea encore des lettres.

Polycarpe vint à Rome rencontrer l’évêque de Rome, Anicet, en 154, et tous deux furent d’avis qu’il fallait laisser les Eglises d’Orient et d’Occident célébrer la Pâque selon leurs traditions respectives. La division sur ce sujet ne date donc pas d’hier !

Rentré à Smyrne, Polycarpe y fut rejoint par la persécution. Le saint évêque, avancé en âge, se protégeait pour défendre son troupeau, sans pour autant fuir le martyre, à l’heure qu’il plairait à Dieu. Un enfant cruellement battu révéla la cachette de l’évêque.

Retrouvé par les services de police, Polycarpe reçut les soldats avec civilité, leur fit servir à manger et leur demanda un peu de temps pour prier. 

En route vers l’amphithéâtre, Polycarpe fut à un moment jeté à terre du char qui le transportait, et quoique blessé à la jambe, termina le trajet à pied. Amené devant le proconsul qui l’invitait à renier le Christ, il répondit fièrement : Il y a quatre-vingt-six ans que je le sers, et il ne m’a jamais fait aucun mal ; comment pourrais-je blasphémer mon Sauveur et mon roi ?

Quand le proconsul menaça Polycarpe du feu, il répondit : Le feu dont tu menaces est un feu qui ne brûle qu’un moment ; au bout d’un instant, son ardeur s’amortit ; ce que tu sembles ignorer, c’est qu’il est un feu d’éternelle punition dont la flamme ne s’éteindra jamais pour le châtiment des impies.

Le visage de Polycarpe sembla alors resplendir d’une lumière céleste. La foule enragée prépara le bûcher. On voulait l’y attacher, mais il s’y opposa : Celui qui m’a donné la volonté de souffrir pour lui m’en donnera la force.

Quand le feu fut allumé, dit le témoin oculaire, les tourbillons de flammes se courbèrent en arc, s’étendant à droite et à gauche, et représentèrent une voile de navire enflée par le vent. Cette voûte de feu couvrit le corps du saint martyr, sans que la moindre étincelle osât pour ainsi dire en approcher ni toucher ses vêtements. Le corps avait la couleur d’un pain nouvellement cuit, ou d’un mélange d’or et d’argent en fusion. On respirait comme un agréable mélange d’encens, de myrrhe et de parfums précieux qui dissipait la mauvaise senteur du feu… On dit à (l’un des assistants) d’enfoncer son poignard dans le corps du martyr. Il le fit, et à l’heure même le sang éteignit le feu ; en même temps on vit une colombe sortir du milieu de ces flots et prendre son essor vers le ciel.

Les fidèles recueillirent les restes de Polycarpe, malgré les instances des Juifs présents pour les faire disparaître. C’est le premier exemple attesté d’un culte de saintes reliques.

Le dies natalis de saint Polycarpe est unanimement reconnu au 23 février, d’une année qui devrait être 155, bien que certains aient proposé 166.

 

 

Sirenus jardinier

† 307

 

Sirenus (ou Sinerus, peut-être Sineros) était d’origine grecque.

Ayant tout quitté pour servir Dieu dans la solitude, il vint à Sirmium (Pannonie, act. Sremska, Serbie), où il exerçait le métier de jardinier, priant, méditant, comme un véritable ermite.

Quand Dioclétien proclama la persécution, Sirenus commença par se cacher puis revint peu après dans son jardin.

Il arriva un jour qu’une femme d’officier s’introduisit dans le jardin de Sirenus avec ses deux servantes. Habitué à la solitude, et pensant éviter toute conversation inutile, Sirenus pria les dames de se retirer. La femme d’officier alors en informa immédiatement son époux par lettre - et le courrier fit diligence.

L’officier en référa à l’empereur, qui était alors Maximien, et en obtint sur le champ la permission de partir pour la Pannonie. Arrivé sur place, il alerta le gouverneur, qui convoqua sans attendre notre Sirenus.

La réponse de Sirenus fut très calme : Je n’ai jamais injurié une femme de qualité ; je sais seulement qu’une femme est entrée dans mon jardin à une heure peu convenable (pendant la sieste) et je lui en ai fait la remarque.

Le gouverneur fut surpris de cette réponse et aurait pu procéder à un non-lieu ; mais il soupçonna Sirenus d’être chrétien et l’interrogea sur sa foi. Sa sentence ne se fit pas attendre : Puisque tu nous as échappé jusqu’à ce jour et que tu as refusé de sacrifier aux dieux, j’ordonne que tu aies la tête tranchée.

Sirenus fut décapité sur place, le 23 février 307.

On l’invoque pour le beau temps, soit en raison de son travail, soit en raison de son nom, que certains écrivent parfois Serenus, ce qui au fond revient au même.

Saint Sirenus jardinier est commémoré le 23 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Milburth de Wenlock

† 715

 

Petite-fille du roi Penda de Mercie, Milburth (ou aussi Milburga, Milburgh) naquit dans cette région, aînée des trois filles de Merewalh et de Ermenburge (v. 19 novembre). Les deux sœurs de Milburth, Mildgytha et Mildrith, se trouvaient également au Martyrologe (v. 17 janvier et 13 juillet) ; on identifiait les trois sœurs aux trois vertus cardinales de Foi, Espérance et Charité.

Milburth dut affronter une pénible épreuve, lorsqu’un prince impie du voisinage prétendit être épris d’elle et tenta de la faire enlever. Milburth s’enfuit, passa miraculeusement à gué les eaux de la rivière Corf, et se retrouva saine et sauve sur l’autre rive, tandis que les vagues s’agitaient et empêchaient les poursuivants de la rejoindre. C’est l’épisode de l’Exode (Ex 14) qui se répétait.

Elle fut la première à introduire la vie monastique sur les territoires de son père, en faisant construire vers 680 un monastère à Wenlock (auj. Much Wenlock), dont elle fut consacrée abbesse en 687 par Theodorus de Canterbury (v. 19 septembre).

Milburth fut aussi la protagoniste d’un autre événement qui devait encore se vérifier avec sainte Wereburge (v. 3 février) : elle «chassa» une troupe d’oies sauvages de son territoire, avec ordre de n’y plus paraître, ce à quoi obéirent les braves bêtes. Milburth pria et rendit la vie à l’enfant d’une pauvre veuve. 

Elle mourut le 23 février 715 et de nombreux miracles eurent lieu à son tombeau.

Les Danois détruisirent l’abbaye vers 874 ; plus tard (1078), lorsqu’on reconstruisit l’église, on retrouva le tombeau de sainte Milburth.

Sainte Milburth est commémorée le 23 février dans le Martyrologe Romain.

Willigis de Mayence

940-1011

 

Willigis (latin Willigisus) naquit vers 940 probablement à Schöningen (act. Basse Saxe, Allemagne C), de parents peu riches.

Il reçut cependant une excellente formation de l’évêque de Meißen, Volkold, grâce auquel il fut introduit à la cour d’Otto Ier vers 969 et, en 971, devint chancelier sous Otto Ier et son successeur, Otto II.

En 975, il fut appelé au siège épiscopal de Mayence et le pape l’institua aussi primat de Germanie.

Dès lors, Willigis fut de ces personnages-clefs de l’empire, participant aux affaires importantes, encourageant les études, les lettres, les arts.

Willigis fut ainsi considéré comme le Père de l’Empereur et de l’Empire. En 983, il participa à la diète de l’empire sous Otto II, qui lui concéda d’immenses territoires. A la mort d’Otto II, l’impératrice exerça la régence  jusqu’à sa mort en 991, date à laquelle Willigis la remplaça jusqu’à la majorité d’Otto III en 994. En 996, il accompagna Otto III à Rome et contribua à l’élection de Grégoire V, qui était parent d’Otto. En 1002, il fit reconnaître Heinrich II comme successeur d’Otto III et le couronna à Mayence.

Ce couronnement et les suivants eurent lieu dans la cathédrale de Mayence, qui fut construite sous Willigis, conçue assez spatieuse pour pouvoir éventuellement recevoir l’ensemble de la population de la ville : achevée une première fois en 1009, elle fut détruite par un incendie la veille-même de sa consécration et le pauvre évêque eut la patience de la faire reconstruire immédiatement ; il fonda aussi l’église Saint-Etienne (990) et celle de Saint-Victor (994) ; il fit en outre construire un pont de pierre sur la rivière Nahe.

Il n’y eut pas que ces heureuses entreprises. Willigis eut un démêlé avec l’évêché voisin de Hildesheim au sujet de la juridiction sur le monastère des Bénédictines de Gandersheim. Un concile local et une décision romaine décidèrent pour Hildesheim, et Willigis, après avoir reçu un blâme du Pape, mit plusieurs années à se soumettre. 

Mais le prestige du grand évêque ne s’obscurcit pas. Quand il mourut, le 23 février 1011, il fut pleuré de tous.

Saint Willigis est commémoré le 23 février au Martyrologe Romain. 

Le diocèse de Meißen est maintenant centré sur Dresden.

 

 

Giovanni Theristis

995-1054

 

On situe la naissance de Giovanni vers 995. Son père, Arconte de Cursano, périt durant une incursion des Sarrazins en Calabre (Italie S). Sa mère, enceinte, fut enlevée à Palerme (Sicile), où naquit l’enfant.

Il grandit dans cette ambiance musulmane, mais sa mère lui enseigna la foi chrétienne et, quand il eut quatorze ans, l’encouragea à s’enfuir de là et à gagner son pays d’origine, en Calabre. 

On dit qu’il traversa le détroit de Messine sur une embarcation sans rame ni voile, équipé seulement de son petit crucifix. Ailleurs, on dit qu’à un moment il fut repéré par une galère des Sarrazins, mais qu’il échappa à leur vue. Il accosta à Monasterace.

Les habitants, voyant ce garçon vêtu à la mauresque, le dénoncèrent à l’évêque, qui l’interrogea. Le garçon affirma qu’il voulait être baptisé. Après bien des questions et des mises à l’épreuve, l’évêque le baptisa et lui donna son nom, Giovanni. Nous ne savons donc pas comment s’appelait Giovanni jusque là.

Voulant imiter s. Jean-Baptiste, Giovanni voulut se retirer au désert. Or, il eut connaissance d’un monastère basilien proche de Stilo et y connut deux moines, Ambrogio et Nicola, grâce auxquels il fut très attiré par la vie d’ascète : il fut enfin accueilli et édifia toute la communauté.

Avec la permission du supérieur, il allait dans une grotte voisine où se trouvait une source d’eau fraîche, glaciale en hiver. Il s’y plongeait pour prier, loin du monde et des hommes, seul avec Dieu.

Un jour d’été, il sortit rendre visite au seigneur qui aidait le monastère par ses largesses. Giovanni avait pris avec lui un quignon de pain et une gourde de vin ; en arrivant sur les terres du seigneur, il offrit aux moissonneurs qui y travaillaient, son pain et son vin, qui ne diminuaient pas tandis qu’ils mangeaient et buvaient tous. Puis Giovanni les laissa. Un gros orage se déchaîna alors et les ouvriers se mirent à l’abri, bien inquiets pour leur récolte ; passsé l’orage, ils virent que toute la récolte était faite, et ramassée en sûreté. Mais où était passé le «moine» ? Giovanni était rentré au monastère. Le seigneur comprit de qui il pouvait s’agir et fit cadeau de toute sa récolte aux moines. C’est depuis ce moment-là qu’on surnomma Giovanni Theristis, c’est-à-dire moissonneur, d’après le grec.

Giovanni rechercha aussi le lieu d’origine de sa famille et de son père. A Cursano, il retrouva un coffre avec beaucoup d’argent, qu’il distribua aux pauvres.

Après la mort de Giovanni, le 23 février 1054, il y eut d’innombrables guérisons de malades au simple contact de la tunique du saint moine. Le roi Ruggero fut ainsi guéri d’une douloureuse plaie incurable au visage.

Il n’est pas indifférent de remarquer que c’est en cette même année 1054 que se produisit la regrettable fracture entre l’Eglise d’Orient et l’Eglise d’Occident. Pendant longtemps, tant les Grecs que les Latins ont commémoré Giovanni Theristis le 24 juin, le même jour que s. Jean-Baptiste. Le Martyrologe a reporté cette fête au 23 février.

 

 

Nicolas Tabouillot

1745-1795

 

Nicolas naquit le 16 février 1745 à Bar-le-Duc (Meuse).

Curé de Méligny-le-Grand (Meuse), il refusa, comme beaucoup d’autres prêtres, de prêter le serment à la Constitution et fut déporté à Rochefort.

Plus de huit cents prêtres et religieux furent envoyés à Rochefort, pour être successivement déportés en Guyane, mais les déportations durent cesser grâce aux navires anglais le long des côtes françaises. Les prêtres furent alors enfermés dans des navires, où la plupart moururent de maladie, de mauvais traitements, de noyades ou de fusillades. Ceux qui étaient réduits à l’état d’agonisants furent déchargés sur l’Ile Madame.

L’abbé Nicolas Tribouillot, qui était à bord du Whashington, mourut le 23 février 1795, sur l’Ile Madame (Charente Maritime). Il avait cinquante ans depuis une semaine.

Deux siècles après, il est béatifié dans un groupe de soixante-quatre Martyrs de la Révolution française, en 1995.

 

 

Giovannina Franchi

1807-1872

 

Giovannina Franchi naquit le 24 juin 1807, en la fête de s.Jean-Baptiste, dont elle portera le nom.

Elle était la seconde des sept enfants d’un haut magistrat de Côme (Italie N), Giuseppe, qui lui fit faire des études auprès des Visitandines.

Dès ses dix-huit ans, Giovannina se consacra aux œuvres pieuses, à l’enseignement du catéchisme.

Elle pouvait devenir une excellente mère de famille mais, à trente-trois ans, elle perdit son fiancé et décida alors de se consacrer entièrement à Dieu.

Soutenue par son directeur spirituel, elle intensifia son activité charitable, au service des indigents, des prisonniers, des malades, jusqu’à loger chez elle des malheureux.

D’autres femmes furent conquises par son exemple et vinrent s’associer à ses activités. Ainsi se formait peu à peu une nouvelle famille religieuse, qui allait devenir en 1850 les Sœurs Hospitalières de Notre-Dame-des-Douleurs (Suore Infermiere dell’Addolorata). En 1858, elles prononcèrent leurs premiers vœux. Giovannina était nommée supérieure et devenait ainsi la mère d’une très grande famille.

De droit diocésain en 1858, la congrégation se répandit assez rapidement dans toute l’Europe.

En 1871, la ville de Côme fut frappée par une épidémie de choléra ; Giovannina ne désarma pas et se rendit au chevet des malades ; ainsi prit-elle la contagion et elle en mourut le 23 février 1872.

En raison de cette épidémie, les funérailles eurent lieu dans le plus strict confinement.

L’institut devint de droit pontifical en 1942, fut agrégé aux Frères Mineurs Capucins et se trouve actuellement présent en Italie, en Suisse, en Argentine.

Giovannina Franchi a été béatifiée en 2020, et inscrite au Martyrologe le 23 février.

 

 

Rafaela Ybarra de Arámbarri de Villalonga

1843-1900

 

Rafaela María de la Luz Estefanía naquit le 16 janvier 1843 à Bilbao (Pays Basque, Espagne), de Gabriel María de Ybarra y Gutiérrez de Caviedes et María Rosario de Arámbarri y Mancebo, un foyer aisé qui procura à leur fille une éducation soignée et chrétienne.

En 1861 elle épousa José de Villalonga y Gipuló, un ingénieur, et mit au monde sept enfants, dont deux moururent en bas âge.

Plus tard, à la mort de sa sœur, Rafaela et José recueillirent chez eux les cinq neveux orphelins ; puis s’y ajoutèrent les six enfants de leur bru, eux aussi orphelins.

Aidée par son mari, Rafaela commença à recueillir des enfants pauvres des quartiers de Bilbao, pour leur procurer une formation, une éducation.

Elle soutint l’ouverture d’une maternité à Bilbao, celle de la maison des Sœurs de Marie Immaculée (pour aider les jeunes filles), ainsi que des Sœurs Adoratrices ; puis l’Université de Deusto, puis une Association en faveur des jeunes filles. Elle visitait les prisons et les hôpitaux.

Elle ouvrit aussi des centres de protection pour accueillir les femmes.

Le 8 décembre 1894, avec trois autres jeunes femmes enthousiastes de cet idéal, elle donna naissance à cette famille qui s’appellerait Congrégation des Anges Gardiens.

En 1897, on posa la première pierre du Collège des Anges Gardiens à Bilbao, qui fut inauguré en 1899.

Mère Rafaela, épuisée et malade, mourut le 23 février 1900, et fut béatifiée en 1984.

La fondation comprend actuellement quelques dizaines de maisons en Espagne et en Amérique.

Giuditta Vannini

1859-1911

 

Giuditta naquit le 7 août 1859 à Rome, de Angelo Vannini et Annunziata Papi.

La famille comptait trois enfants, Giulia, Giuditta et Augusto, mais cette famille fut durement éprouvée par la mort prématurée du papa (1863), qui travaillait à Ariccia au service d’un noble propriétaire, et de la maman (1865), qui s’était remariée.

Les deux petites sœurs furent alors placées dans deux instituts différents, tandis qu’Augusto fut accueilli par son oncle maternel.

Giuditta se trouvait donc chez les Filles de la Charité de saint Vincent de Paul, originaires de France, dans leur maison Torlonia de Rome, où on apprenait l’italien, le français, le chant, l’économie domestique, la broderie, outre toutes les matières de l’école primaire. En été, on partait dans la maison Torlonia de Castelgandolfo.

Giuditta reçut la Confirmation et la Première communion en 1873. A partir de ce moment, son idée fixe fut de se consacrer à Dieu, même si son frère Augusto pensait gentiment la faire venir dans la famille pour la sortir de la solitude.

En 1883, Giuditta entra chez les Filles de la Charité à Sienne comme postulante, et reçut l’habit. Mais sa mauvaise santé motiva sa sortie de l’Institut ; en plus, elle était mal «notée» : Elle  n’a rien d’une sainte, elle a mauvais esprit et n’est pas sincère du tout. Mais on lui reconnaît tout de même des qualités : Une piété solide, appuyée sur une forte volonté.

Elle fut recueillie chez les Sœurs Sacramentines à Rome, où son comportement fut exemplaire, sans jamais un mot de plainte ; une nouvelle expérience chez les Filles de la Charité, à Portici, fut à son tour négative. Cette situation fit grandir en Giuditta la vocation à comprendre et servir ceux qui souffrent.

De retour à Rome, la rencontre avec le père Luigi Tezza, des Camiliens, l’aida à concrétiser son idéal. Le bon Père comprit que, ne trouvant aucune congrégation à son goût, Giuditta n’avait plus qu’à en fonder une. Il lui proposa de fonder une communauté féminine dans l’orbite des Pères Camiliens, pour s’occuper spécifiquement des malades.

Giuditta sentit en elle une grande paix à cette idée des Filles de Saint Camille. Avec deux autres compagnes, elles furent les trois premières postulantes en janvier 1892, vêtirent l’habit des tertiaires camiliennes avec la croix rouge et Giuditta prit le nom de Maria Giuseppina.

La nouvelle famille comptait déjà une quinzaine de religieuses dans l’année.

En 1893, Giuditta-Giuseppina fit sa profession religieuse, avec le vœu camilien de service aux malades même au péril de la vie, et fut nommée supérieure. Une maison s’ouvrait aussi à Cremona tandis qu’on imprimait les Règles et les Constitutions.

En 1894, l’Œuvre prend le nom officiel de Pio Conservatorio.

Sans y avoir jamais pensé et sans l’avoir voulu, Giuseppina se retrouvait supérieure, et fut confirmée dans cette position en 1908.

En 1909, le Pio Conservatorio, déjà bien connu et florissant, devenait une congrégation de droit diocésain, comptant cent-vingt-quatre membres dans seize maisons en Italie, en France, en Belgique, en Argentine.

En août 1910, Giuseppina devait s’embarquer à Gênes pour aller visiter les maisons d’Amérique, quand elle ressentit une profonde fatigue qui l’obligea à retourner à Rome. Le repos s’imposait, mais le mal mystérieux empirait.

Giuditta-Giuseppina mourut le 23 février 1911.

Son corps repose dans l’église des Filles de Saint Camille à Grottaferrata.

Giuditta-Maria Giuseppina Vannini a été béatifiée en 1994, canonisée en 2019.

 

 

 

Juan Lucas Manzanares

1913-1937

 

Juan était né le 10 décembre 1913 à Cortiji-Lorca (Murcia, Espagne centre). 

Ils étaient deux frères, que leurs pieux parents eurent l’heureuse idée d’inscrire à l’école des Frères des Ecoles Chrétiennes de Lorca.

A la fin des premières études, en 1928, Juan demandait à être aspirant à Griñón dans cette même Congrégation et, en 1930, devenait le Frère Braulio Carlos.

Il reçut avec fruit toute sa formation, et en fit profiter tout de suite les petits enfants qu’on lui confia d’abord.

Quelquefois, l’obéissance lui coûtait - qui peut dire qu’il soit facile d’obéir ? mais il acceptait sans se plaindre.

En 1931, commencèrent les tristes événements qui mirent l’Espagne en feu. La maison de Griñón fut évacuée et les deux frères revinrent pour un temps dans leur famille. Ils pensaient se réunir à la maison de Lorca, où ils avaient rencontré les premiers Lasalliens, mais ce ne fut pas possible, car ils durent aider aux travaux des champs, en remplacement des ouvriers trop exigeants que les parents ne pouvaient plus payer.

En 1933, Juan et son frère revinrent à Griñón. En novembre, Juan fut envoyé à Puente de Vallecas (Madrid), où il se montra pédagogue extrêmement vigilant envers ses élèves. Il savait mettre près de lui les plus agités, pour mieux les aider, patiemment et doucement.

Sur sa table de professeur, il tenait toujours le livre des Douze vertus du bon Maître, qu’il avait lu maintes fois : même fermé, ce livre lui servait à se rappeler tous les enseignements qu’il avait lui-même acquis et qu’il cherchait à mettre en pratique.

En juillet 1936, il se réfugia dans l’Asile du Sacré-Cœur, bientôt transformé en hôpital. Pendant sept mois, il s’y montra si serviable et si joyeux, qu’on ne remarqua pas qu’il était Religieux. Mais on le dénonça, parce qu’il fréquentait beaucoup les anciens Religieux de la maison.

Le 13 février 1937, deux policiers vinrent l’arrêter.

Le 23 février suivant, on l’emmena à la «tcheka», où il fut fusillé. 

C’est son frère qui retrouva son cadavre, en 1940, dans le souterrain, avec d’autres victimes.

Frère Braulio Carlos avait vingt quatre ans. Son dies natalis est au 23 février.

Il a été béatifié en 2013, l’année où il aurait eu cent ans.

 

 

Stefan Wincenty Frelichowski

1913-1945

 

Né le 22 janvier 1913 à Chełmża (Pologne), Stefan fut le troisième des six enfants de Ludwik Frelichowski et Marta Olszewska : trois garçons (Czeslaw, Leonard, Stefan Wincenty) et trois filles (Eleonora, Stefania, Marta). Les parents tiennent une boutique de boulangerie-pâtisserie.

Stefan fut dès l’âge de neuf ans un fidèle servant de messe dans sa paroisse.

En 1927, il entre chez les Scouts, qui seront un peu sa seconde famille : bientôt chef de troupe, il continuera à participer aux randonnées des Scouts durant ses années de grand Séminaire. Il était encore aumônier des Scouts après son ordination sacerdotale, et responsable des Scouts pour toute la Poméranie à partir de 1938.

Membre actif de la congrégation mariale de Chełmża, il entra au séminaire de Pelpin en 1931 et fut ordonné prêtre en 1937. 

Il travailla énergiquement dans le Mouvement de tempérance, qui militait contre l’alcoolisme.

Il fut d’abord secrétaire personnel de l’évêque de Pelpin, puis exerça le ministère sacerdotal à Toruń, tout en continuant des études à l’université de Lwów (l’actuelle Lviv en Ukraine). Il s’occupait activement des enfants et des jeunes, tout en organisant la presse paroissiale et en visitant les malades.

Il fut activement recherché par la Gestapo, car ses activités lui donnaient une grande influence sur la jeunesse.

Arrêté par la Gestapo une première fois le 11 septembre 1939 puis libéré, de nouveau arrêté le 18 octobre avec plusieurs centaines de personnes, il fut successivement interné dans les camps de concentration de Stutthof, Grenzdorf, Sachsenhausen et Dachau : là, il se dépensa à organiser en secret la prière et la célébration de la messe, confessant et donnant la communion aux prisonniers.

C’est dans ce dernier camp qu’il mourut du typhus, le 23 février 1945, peu de temps avant la fin de la guerre, dans sa trente-troisième année.

Les autorités du camp firent brûler son corps.

Stefan Wincenty Frelichowski est le céleste Patron des Scouts de Pologne.

Il a été béatifié en 1999.

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22 février 2021 1 22 /02 /février /2021 00:00

22 FEVRIER

 

Chaire de s. Pierre, fête de l’autorité pontificale.

I.

S Aristion, un des soixante-douze disciples du Christ, mort à Salamine.

II.

S Papias, évêque à Hiérapolis, disciple de Jean l’Ancien et de s. Aristion, et compagnon de s. Polycarpe.

S Avile, évêque à Alexandrie, un des trois prêtres ordonnés là par s. Marc.

IV.

S Paschasius, évêque à Vienne.

V.

S Baradat (Varadat), ermite en Syrie ; il obéit humblement au patriarche et changea ses austérités. 

Ss Thalasse et Limnée, ermites près de Cyr ; Limnée, le disciple, se construisit une cabane aux murs élevés et sans toit, et y vécut trente-huit années, par tous les temps.

VI.

Maximianus, évêque à Ravenne, où il eut du mal de convaincre les habitants de le laisser entrer.

IX.

S Athanase, abbé près de Nicomédie, torturé et exilé à cause de l’iconoclasme.

XI.

S Piero Damiani, prieur à Fonte Avellana, cardinal acharné contre les désordres de l’Eglise (en particulier simonie et incontinence) ; il avait pris son deuxième prénom par reconnaissance envers son frère qui l’avait recueilli ; il est un des patrons de Faenza, où il mourut ; fêté le 21 février.                                                                                                                                                           

XIII.

Bse Isabelle de France, sœur de s. Louis, fondatrice à Longchamp du couvent de l’Humilité de Notre-Dame, où elle ne voulut pas prendre l’habit, de crainte d’être élue abbesse ; elle eut des extases.

Ste Margherita, pénitente à Cortone, après une vie très mondaine, mystique.

XVII.

Bx Diogo Carvalho, jésuite portugais, martyr au Japon avec d’autres ; une de leurs tortures était d’être assis, nus, dans vingt centimètres d’eau, près du fleuve.

XX.

B Miguel Facerías Garcés (1861-1937), convers clarétain espagnol, martyrisé près de Vich, béatifié en 2017.

B Richard Henkes (1900-1945), prêtre pallottin allemand décédé du typhus à Dachau, reconnu martyr, béatifié en 2019.

Aristion

1er siècle

 

Saint Aristion est présenté par saint Papias de Hiérapolis et saint Jérôme comme un des soixante-douze disciples du Seigneur. 

Du moins est-ce ce qui ressortirait d’Actes de Barnabé, qui en font un compagnon du diacre Timon en l’île de Chypre. 

Aristion serait mort à Salamine, en Chypre (ou martyr à Alexandrie…).

Ces détails, trop minces et trop peu attestés, ont fait que l’actuel Martyrologe Romain a retiré Aristion du 22 février, où il était précédemment commémoré.

 

 

Papias de Hiérapolis

2e siècle

 

Papias de Hiérapolis a posé quelques problèmes aux historiens, et en pose encore. 

Le Martyrologe Romain dit de lui qu’il fut évêque à Hiérapolis de Phrygie (Pamukkale, Denizli, ouest de la Turquie actuelle), qu’il fut disciple de Jean l’Ancien et ami (ou compagnon) de Polycarpe.

D’après l’historien Eusèbe, Papias serait né vers 70 en Phrygie et aurait connu l’apôtre Jean. Mais Papias lui-même écrit qu’il ne connaissait des apôtres que ce qu’on rapportait oralement d’eux, sans les avoir connus personnellement.

En outre, il semble que Papias, toujours cité par Eusèbe, fasse une distinction entre l’apôtre Jean et Jean l’Ancien, donnant à penser qu’il y eut peut-être deux personnages du même nom, auteurs l’un de l’évangile, l’autre des épîtres de «Jean».

L’œuvre de saint Papias est quasi perdue : on ne la connaît que par les citations et les témoignages des autres auteurs. Toutefois il est considéré comme un «Ancien», une référence, un Père de l’Eglise.

Papias aurait consigné dans ses écrits quelques témoignages des Anciens : la résurrection d’un mort par l’apôtre Philippe ; la mort de Judas, tellement enflé qu’il ne pouvait plus passer là où une charrette passait aisément et qui finit justement écrasé par cette charrette, en répandant ses boyaux dans la rue (voir d’ailleurs le discours de saint Pierre, Ac 1:18).

Papias aurait penché pour un millénarisme historique : Il y aura mille ans après la résurrection des morts et le règne du Christ aura lieu corporellement sur cette terre. Saint Irénée aussi, dans son chapitre final, fait allusion à un tel règne merveilleux, disant s’appuyer sur Papias. Mais on ne peut pas établir exactement la pensée de Papias, faute d’avoir sous les yeux son propre texte.

Enfin, on ne sait pas non plus comment mourut Papias. Peut-être martyr à Pergame en 163, date apparemment trop tardive…

Les opinions de Papias n’ont cependant pas empêché qu’il fût considéré comme un Saint. Son nom a été inscrit dans les martyrologes à partir du 9e siècle, et l’actuel Martyrologe Romain le mentionne comme Saint, qui a exposé les paroles du Seigneur (sermones Domini explanavit).

Il est commémoré le 22 février.

 

 

Paschasius de Vienne

† 313

 

Paschasius fut un homme de grande culture autant que de sainteté.

On est un peu incertain sur la date de son accession au siège épiscopal de Vienne (Gaule), où il fut le huitième titulaire.

Il semble qu’il soit mort en 313 : son successeur, Verus, assiste au concile d’Arles en 314, et le pape Silvestre, qui le mentionne dans une lettre, fut élu au début de 314.

Saint Paschasius de Vienne est commémoré le 22 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximianus de Ravenne

499-556

 

Maximianus était ce qu’on appellerait aujourd’hui un Croate : il naquit en 499 à Pula (Istrie), où il fut diacre.

Il devait être d’extraction modeste car, quand il fut choisi pour occuper le siège épiscopal de Ravenne en 546, les habitants le dédaignèrent pour son origine et lui préférèrent un autre candidat.

Pourtant, Maximianus avait été désigné par l’empereur Justinien, et consacré par le pape lui-même, Vigile, qui se trouvait alors à Patras (Grèce) : le pape Vigile venait d’être enlevé à Rome par une escouade de l’impératrice pour l’amener de force à Constantinople ; Maximianus réussit donc à le rencontrer pendant ce voyage, à une halte à Patras.

Il ne put s’installer sur son siège malgré sa consécration et fut contraint de vivre hors de Ravenne, patientant et priant, jusqu’à ce que les habitants comprirent qu’il était digne d’être leur évêque.

Ce fut un évêque constructeur et artiste : il fit achever la basilique Saint-Vital, construire celle de Saint-Apollinaire, fit réviser les livres liturgiques, enluminer des manuscrits, relire le texte de la Vulgate (le texte latin de la Bible établi par s. Jérôme, v. 30 septembre). On a remarqué que les sanctuaires de Ravenne ont été doté par lui de toiles, de portraits, de panneaux très précieux, éminents témoignages de l’art paléochrétien.

Il mourut le 22 février 556.

Saint Maximianus de Ravenne est commémoré le 22 février dans le Martyrologe Romain.

Piero Damiani

1007-1072

 

Piero (ou Pier) était le dernier d’une nombreuse fratrie, et fut mal accueilli : quand il naquit, en 1007 à Ravenne, sa mère refusa de l’allaiter. C’est une servante de la maison qui s’en occupa ; l’enfant put vivre. A la mort de ses parents, il fut pris en charge par un de ses aînés, qui lui fit garder les cochons.

Puis il fut recueilli par un autre frère, Damiano, qui se comporta cette fois en véritable père pour Pietro. Il l’envoya étudier à Ravenne, Faenza, Parme. Pietro eut toujours envers son aîné une profonde reconnaissance, et c’est pourquoi il signa toujours Pier de Damiano ou, en latin, Petrus Damiani.

Il fut très brillant et enseignait déjà à vingt-cinq ans à Parme et à Ravenne.

On suppose qu’il fut ordonné prêtre vers 1035.

Il entra alors dans le «désert» (couvent) camaldule de Fonte Avellana, et en devint bientôt cellérier (économe), maître des novices et prieur. Il y rétablit la pieuse coutume d’ajouter le petit Office de la Sainte Vierge. Il y développa la bibliothèque et fonda ou restaura un grand nombre d’autres monastères. Il y rétablit aussi l’esprit de mortification et les austérités traditionnelles (flagellations, pénitences, jeûnes, travail manuel).

Il y eut un intervalle, durant lequel Piero fut envoyé à Pomposa Guido (1040-1042) puis à San Vincenzo al Furio (Urbino). Piero était apparemment «sévère», mais parce qu’il voulait retrouver l’austérité initiale de son Ordre. Et c’est pour cela qu’il fut apprécié.

A cette époque, l’Eglise était rongée par deux plaies profondes : la simonie et l’incontinence des clercs. Il ne se gêna pas pour écrire aux Papes de solennelles invitations à plus de rigueur. Ce n’est qu’en 1058 que le pape Etienne IX agréa ses conseils et même le créa cardinal et évêque d’Ostie.

En 1059, le nouveau pape, Nicolas II chargea Piero d’une mission «purificatrice» à Milan, qui rétablit un ordre précaire quelques années seulement, tant le mal était grand.

Il fut chargé d’autres légations, à Cluny, Florence, Mantoue, Ravenne, Mont Cassin.

A Cluny, il y eut un gentil accrochage entre lui et l’abbé Hugues. Pier lui suggérait d’intensifier les mortifications physiques des moines, à quoi le saint abbé répondit : Fort bien, tu veux augmenter notre couronne en augmentant nos jeûnes. Mais, porte toi-même notre fardeau pendant huit jours, et tu jugeras alors ce qu’il convient d’y ajouter ; car, enfin, tu ne peux dire ce qui manque de sel à un mets avant d’y avoir goûté ; de même tu ne peux apprécier le poids que portent nos frères si tu n’y mets pas au moins le petit doigt. Pier Damiani essaya, et fut bien convaincu de ne pas insister !

Il rendit aussi visite à l’évêque Hugues de Besançon, qui le reçut fort bien.

Il insista beaucoup auprès du Pape pour renoncer à se charge épiscopale et regagner son couvent. Le fameux conseiller papal, Iildebrando, futur Grégoire VII, le menaçait d’une «pénitence de cent ans»… que Damiani accepta : il put se démettre et regagner Fonte Avellana, où il reprit ses habitudes monacales, ses mortifications sévères, ses jeûnes, etc.

Il fut encore envoyé en Allemagne pour s’opposer au divorce de l’empereur Henri IV.

En 1071, il alla rétablir la paix dans Ravenne, où l’évêque avait pris parti pour l’antipape. Au retour, la fatigue et la maladie l’arrêtèrent à Faenza, au monastère de Sainte Marie Hors les Murs : c’est là qu’il mourut, le 22 février 1072.

Il avait lui-même rédigé son épitaphe : Ce que tu es, je le fus ; ce que je suis, tu le seras (…) De grâce souviens-toi de moi. Regarde avec pitié ces cendres de Piero. Prie, pleure et dis : Seigneur, épargne-le.

Depuis 1512, il fut le patron de Faenza, qui fut délivrée du pillage par son intercession.

Pier Damiani fut canonisé par la voix populaire ; en 1821, son culte a été étendu à l’Eglise universelle, en même temps qu’il était proclamé Docteur de l’Eglise.

Sa fête liturgique est actuellement au 21 février.

 

 

Isabelle de France

1225-1270

 

Le roi de France Louis VIII, surnommé Le Lion, et son épouse Blanche de Castille, eurent onze ou douze enfants, dont les deux (ou trois) premiers moururent en bas âge, puis vinrent : Philippe (mort à neuf ans), Louis (qui fut Louis IX, v. 25 août), Robert, Jean (mort à treize ans), Alphonse, Philippe (mort à neuf ans), Isabelle, Etienne (mort à deux ans) et Charles. Il fut couronné roi en 1223 et mourut en 1226.

On le voit : Isabelle ne connut pas vraiment son père, car elle n’avait pas deux ans quand il mourut. Sa pieuse mère, Blanche, s’appliqua à instruire elle-même son unique fille, à laquelle elle donna ensuite comme gouvernante Madame de Buisemont, dont elle connaissait bien la sagesse et la vertu.

Isabelle se cultiva dans tous les domaines des sciences et des arts, pour lesquels elle montrait plus d’intérêt que pour les fêtes et les belles parures.

Blanche et son aîné, Louis, eurent l’idée que le mariage d’Isabelle avec le fils de l’empereur de Germanie, aurait été profitable à l’Etat. De son côté, le pape y voyait aussi un facteur de paix pour l’Italie et l’écrivit à Isabelle. La jeune fille était déjà tellement déterminée à se consacrer à Dieu, qu’elle répondit avec une humble sincérité au Pontife que son choix était déjà fait, à quoi le pape répondit à son tour qu’il la félicitait pour cette volonté de se consacrer au Seigneur.

Dès lors, Isabelle fut une moniale dans le palais royal. Les meilleurs plats étaient portés de sa part à l’hôpital ou à un couvent pauvre ; elle se confessait presque chaque jour et s’imposait une rude discipline après avoir reçu l’absolution ; elle veillait, priait l’Office et méditait.

Les douceurs de l’union à Dieu et de la famille royale n’empêchèrent pas la Princesse de souffrir beaucoup de longues et douloureuses maladies, qu’elle supportait avec la joie d’unir quelques souffrances à celles du Rédempteur. Il y eut des deuils : celui de son frère Robert, victime de sa précipitation indisciplinée lors de la croisade (1250), celui de sa mère Blanche (1252). Elle fut attristée des mauvais résultats de la croisade en Terre Sainte et de la captivité de son frère Louis.

Avec l’assentiment de ce dernier, une fois revenu à Paris, elle se retira complètement de la cour et fonda à Longchamp un couvent de Clarisses, qu’elle mit sous le vocable de l’Humilité de Notre-Dame et qu’elle voulut appeler Sœurs Mineures. La règle était celle de sainte Claire (v. 11 août), un peu adoucie ; le pape intervint à son tout pour modifier quelques articles. La fondation eut lieu en 1255, et le monastère était prêt en 1259.

Isabelle ne fit pas partie de la communauté, mais vécut en étroite communion avec les Religieuses. C’est qu’elle craignait qu’à cause de son sang royal, on l’élût abbesse, mais aussi elle savait qu’à cause de ses indispositions, elle aurait dû demander de trop fréquentes dispenses, ce qui aurait été d’un mauvais exemple pour les Religieuses. Elle s’établit donc dans un endroit retiré, cousant ou réparant les vêtements des pauvres et les siens, et à l’occasion apportait un soutien nécessaire à la communauté, par ses propres ressources.

Saint Bonaventure (v. 15 juillet) lui dédia un traité de vie spirituelle De Perfectione vitæ et vint plusieurs fois y prêcher.

Cette vie retirée dura dix années. Les six dernières, Isabelle souffrit de maux constants. Elle fut favorisée d’extases et sut à l’avance le jour de son décès, qu’elle annonça au pape : elle lui demandait sa bénédiction, et la faveur de permettre à sa famille d’assister à ses funérailles dans le monastère.

Parvenue à sa dernière heure, elle se fit mettre sur la paille, comme l’avait fait sa mère Blanche vingt ans plus tôt ; elle fit ses adieux aux Religieuses, reçut les Sacrements et s’éteignit le 22 (ou 23) février 1270.

En mai de la même année, Louis IX partait pour la huitième croisade et allait mourir de la peste le 25 août suivant.

Isabelle fut béatifiée en 1521 et inscrite au Martyrologe au 22 février.

On sait peut-être que l’abbaye de Longchamp fut détruite par les révolutionnaires déchaînés et profanateurs, et que le site en est régulièrement piétiné par les courses hippiques.

 

 

Margherita de Cortone

1247-1297

 

Cette Margherita naquit en 1247 à Laviano (Pérouse, Italie centrale), de parents simples dont on n’a pas conservé les noms et prénoms ; certains avancent le prénom de Tancredi pour le père, qui aurait même été de la famille di Bartolomeo, on ne sait ;  mais ces parents la firent baptiser régulièrement à Pozzuolo Umbro.

Bientôt orpheline de mère, elle fut traitée durement par sa belle-mère et, peu à peu, se laissa aller à une vie très désordonnée. 

A seize ou dix-huit ans, elle quitta la maison paternelle pour suivre un gentilhomme riche de Montepulciano, Arsenio (qu’on aurait identifié comme étant Raniero del Pecora), dont elle eut un fils, Jacopo.

Deux versions s’affrontent en réalité ; l’une, où Margherita ne se serait jamais mariée, mettant en relief sa conversion exemplaire ; l’autre où elle aurait fini par épouser ledit Arsenio, et menant avec lui une vie de château aisée et mondaine.

Des années passèrent dans le luxe et le plaisir. Margherita n’était pas complètement séparée de Dieu et nourrissait des remords pour cette vie qui scandalisait tout le pays. Mais elle ne se décidait pas à faire ce mouvement de conversion qui l’aurait conduite à la libération de sa conscience. La Providence l’aida.

Son concubin vint à être assassiné par des brigands (ou des citadins jaloux, on ne le sut jamais). Margherita n’arrivait pas à retrouver son pauvre amant, mais y fut conduite par le chien de celui-ci. Voyant le mort à terre, elle prit enfin la décision qu’elle remettait depuis longtemps.

Elle vint demander pardon à son père, lui demandant l’hospitalité pour elle et son fils, mais la belle-mère la fit partir promptement. La famille du mort la mit aussi à la porte. Elle alla à la messe de la paroisse et demanda pardon à tous les paroissiens pour le scandale qu’elle leur avait donné.

Cette conversion ne se fit pas si facilement, cependant ; le diable suscita les moqueries des uns, la méchanceté et l’incrédulité des autres, et Margherita fut tentée de retomber dans le péché, mais elle persévéra dans l’humilité et le repentir.

Elle alla trouver les pères franciscains de Cortone, leur confia l’état de son âme et leur demanda l’habit du Tiers-Ordre. Les Pères lui imposèrent trois années de mise à l’épreuve. Durant ce temps, elle confia son fils aux Frères mineurs d’Arezzo, et s’adonna à des pénitences continues, dans la prière et la contemplation du Christ souffrant. Elle se fit traîner par une corde au cou à travers les rues, pour proclamer partout où elle pouvait combien elle regrettait sa vie antérieure. Ses confesseurs durent mitiger les pénitences qu’elle voulait s’imposer.

La conversion de Margherita fut très agréable à Dieu, qui la favorisa en retour de grandes grâces : elle vit son ange gardien, elle eut des révélations et des visions extraordinaires, où Notre-Seigneur lui parlait avec la plus grande familiarité.

Elle commença à se faire sage-femme, puis elle suscita une confraternité de tertiaires, les Poverelle ou Petites Pauvres, une autre dite de Marie de la Miséricorde pour des dames qui voulaient assister les pauvres et les malades, et fonda en 1278 le premier hôpital de Cortone. Elle était partout, à la cuisine, dans la rue faisant la quête, soignant les malades, apaisant les factions qui s’agitent dans Cortone.

Son exemple amena beaucoup de personnes à se convertir à leur tour, mais aussi les Ames du purgatoire elles-mêmes sollicitèrent ses prières pour être libérées des tourments qu’elles avaient à souffrir.

Après vingt-trois années de cette vie pénitente, Margherita connut par une lumière céleste que sa dernière heure allait sonner, et qu’elle serait assistée en ce moment suprême par toutes les âmes que ses prières avaient contribué à délivrer du Purgatoire.

Elle mourut à Cortone le 22 février 1297.

La population se chargea de la béatifier spontanément après sa mort, laissant seulement au pape le soin d’en confirmer le culte en 1653. Margherita de Cortone, cette nouvelle Magdeleine, fut canonisée en 1728.

Son corps est resté sans corruption depuis sept siècles.

Aujourd’hui, la prudence que nous recommande l’Eglise, nous conduirait à considérer que Margherita a certainement excédé les justes mesures de la discrétion dans la pratique des humiliations, et l’on ne doit pas suivre sa conduite ; l’important est de constater sa repentance et de la rechercher aussi pour nous-mêmes.

 

 

Diogo Carvalho

1578-1624

 

Ce prêtre était né vers 1578 à Coimbra (Portugal), de Álvaro Fernandes et Margarida Luís.

Il entra chez les Jésuites dès 1594 et fut bientôt envoyé aux missions d’Extrême-Orient.

C’est là-bas, à Macao, qu’il étudia la philosophie et la théologie et fut ordonné prêtre.

En 1609, il entra au Japon, heureux de marcher sur les pas de saint François Xavier (v. 3 décembre), mais à cause de la persécution, il passa en Cochinchine et fonda une première communauté chrétienne.

On sait seulement qu’il se retrouva à Macao en 1614. Mais comment rentrer au Japon ? Il se déguisa en simple ouvrier et rejoignit ainsi les jeunes communautés, où il put confesser.

Il ne faudrait pas croire que tout ceci arrivait simplement ; c’était une lutte de tous les jours. Et le père Diogo eut la malice de faire passer à ses Supérieurs beaucoup de lettres, où il racontait ses périples, ses soucis, ses conquêtes pour le Christ. Il y raconte comment il priait le bréviaire sous sa couverture, quand tout le monde dormait.

Il fut découvert avec une dizaine de Chrétiens, qui furent conduits au tribunal de Xendai. On les menaça de périr par le feu, mais comme ils restaient intrépides, on les envoya dans des réservoirs d’eau glacée, où ils moururent lentement.

Le père Diogo mourut ainsi vers minuit, le 22 février 1624.

Il fut béatifié parmi deux-cent cinq Compagnons, en 1867.

 

Voir la notice Japonais Martyrs 1603-1639

Miguel Facerías Garcés

1861-1937

 

Né le 22 février 1861 à Perarrúa (Huesca), Miguel était le fils d’un tailleur, prénommé aussi Miguel, et de María, d’humbles chrétiens qui firent baptiser leur enfant huit jours après la naissance.

A son tour, Miguel apprit et exerça le métier de tailleur.

En 1881, il entra dans la congrégation des Clarétains comme frère convers. La maladie l’obligea à revenir dans sa famille le temps de soigner de pénibles vomissements de sang : il versait déjà son sang… Rétabli, il reprit le noviciat et fit la profession en 1883.

On peut dire qu’il continua à exercer son métier de tailleur, mais pour la gloire de Dieu : toutes les tuniques que devaient porter les Religieux, les réparations qu’il fallait y porter aussi, passaient par ses mains. Le Frère était tout attentif à rendre service.

Il fut dans la communauté d’Alagón, puis en celle de Cervera (1889). C’est alors qu’il publia un opuscule sur l’art du tailleur, assez bien accueilli et qui fut réédité tant à Cervera qu’à Barcelone en 1910.

En 1904, il dut aller à Olesa de Montserrat, où il fut soigné à nouveau pendant deux années.

En 1906, on put l’envoyer à Vich, où il demeura jusqu’à la mort, toujours occupé à couper et à coudre des vêtements.

En juillet 1936, son «métier» fut interrompu car il fut contraint d’abandonner le collège et de se réfugier chez un ami de l’endroit. Désormais, il allait occuper son temps dans la prière, l’abandon à Dieu et la préparation à l’ultime rencontre.

Avec un autre Confrère, malade comme lui, ils se présentèrent au Comité pour demander l’autorisation d’être hébergés dans un autre établissement, un ancien couvent de Religieuses devenu hospice municipal pour les vieillards.

Au Comité, on leur demanda qui ils étaient. Il répondit qu’ils étaient Frères du Cœur de Marie (les Clarétains en effet se disent Fils du Cœur Immaculé de Marie). On leur répondit : Vous méritez de recevoir quatre balles. Oh, répondit le Frère Miguel, comme nous sommes des petits vieux, deux suffiront.

Le 13 août, ils obtinrent l’autorisation. Mais Miguel ne craignait pas de sortir pour aller voir les Confrères là où ils s’étaient réfugiés. On lui fit remarquer qu’il s’exposait beaucoup. Il répondait : Je m’en fiche, s’ils me tuent.

Le 17 décembre, l’hospice fut supprimé. Miguel, son Confrère et deux autres encore, trouvèrent refuge dans une ferme voisine à Santa Cecilia de Voltregá ; là encore, Miguel rendit ses services de tailleur, enseignant aussi le catéchisme aux enfants de la famille.

On dénonça les Frères au maire du pays. Ce dernier affirmait qu’il devait nettoyer le pays de la cochonnerie cléricale. Le 22 février 1937, donc, jour du soixante-seizième anniversaire du Frère Miguel, se présentèrent à quinze heures quatre miliciens, le maire, le président du Comité et deux autres. Miguel priait dans le bois voisin ; il s’apprêtait à rentrer, quand on lui fit des gestes de rester dehors et de se cacher, mais il ne comprenait pas et s’avançait tranquillement.

Les  hommes lui dirent qu’ils l’arrêtaient. Sa réponse fut :  Si c’est la volonté du Seigneur, je suis préparé pour le martyre.

- Qui êtes-vous ?

- Le tailleur des Missionnaires.

- Vous connaissez quelqu’un à Vich ?

- Oui, le Maire.

- Suivez-nous !

- Vous me permettez de me changer ? (et à la maîtresse de maison) Le plus certain, c’est qu’ils vont me tuer. Tenez, prenez ces chapelets, ils vont les profaner…

Comme tout le monde pleurait, le maire s’échauffa : Les larmes ne me touchent pas, même ma femme n’y arrive pas !

Et la maîtresse de maison : Si vous voulez le tuer parce qu’il a dit la messe, sachez qu’il ne l’a jamais célébrée !

Au Comité, on se moqua du Frère. Même le chauffeur s’en prit au président : Espèce de sale bête, où veux-tu en finir avec ce petit vieux ? Tu n’as pas honte de zigouiller un vieillard pareil ?  Et l’autre : C’est un frère ou un chanoine. C’est notre devoir d’en finir avec cette race.

Puis ils partirent à Vich. D’après certains témoins, c’est au matin du 23 février qu’on emmena le frère Miguel au lieu-dit Pont del Llop, où ils le fusillèrent. Malgré ce détail, on a retenu le 22 février comme le jour «officiel» de sa mort.

Frère Miguel fut béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Miguel Facerías Garcés sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 février.

 

 

Richard Henkes

1900-1945

 

Richard naquit le 26 mai 1900 à Ruppach-Goldhausen (Westerwald, Rhénanie-Palatinat, Allemagne W), un des huit enfants de parents très chrétiens.

Le papa était tailleur de pierres ; la maman, elle, s’occupa très attentivement de l’éducation religieuse de ses enfants ; chaque soir, elle traçait la croix sur leur front avec de l’eau bénite.

Richard fréquenta l’école primaire à Ruppach, où l’instituteur lui décerna un bon éloge.

A Ruppach venaient célébrer les Pères Pallottins, dont certains revenaient du Cameroun, provoquant l’enthousiasme de Richard ; il entra dans leur lycée de Vallendar pour ses études secondaires (1912-1919). La pension était coûteuse, mais les parents Henkes payaient les Pères en produits de leur terre.

Déjà Richard tendait vers la Vérité et la Liberté. En 1918, Richard devait rejoindre l’armée à Griesheim et Darmstadt, mais il fit d’abord une année de préparation à Montabaur, au terme de laquelle il pouvait prétendre un grade d’officier.

Fin 1918, la guerre s’achevait ; Richard put désormais retourner à Vallendar, passer son baccalauréat en 1919 et intégrer le noviciat des Pallottins à Limburg.

En 1921, il fit la première profession et, en 1925, il fut ordonné prêtre ; il se signala tout de suite comme un vaillant prédicateur et formateur. Il travailla énergiquement une année à Schönstatt, tant et si bien qu’on dut bientôt l’envoyer se reposer à la maison de Maria-Hilf, mais le p.Richard ne savait pas écouter les conseils qu’on lui donnait pour se remonter ; même le supérieur disait que c’était autant interdire à un chien d’aboyer. Le Père Richard n’était pas désobéissant : il ne se rendait pas compte de son état réel ; quand il comprit qu’il était gravement malade de tuberculose, il se soumit entièrement aux soins qu’on lui imposait, en Forêt Noire, avec un bonne nourriture et un grand repos.

Les Supérieurs l’auraient bien envoyés, une fois rétabli, en Afrique du Sud, mais le médecin s’y opposa. Richard fut alors envoyé dans une école des Alpes, puis de nouveau à Schönstatt.

A partir de 1931, il exerça en Allemagne Orientale, à Katscher, Frankenstein et Branitz.

En 1937, il osa élever la voix contre les abus du régime nazi, ce qui lui valut un premier avertissement. La même année, il critiqua ouvertement le chancelier Adolf Hitler et aurait pu passer en jugement à Breslau, mais il y échappa grâce à l’amnistie qui fut proclamée lors de l’Anschluß de l’Autriche à l’Allemagne.

En 1939 mourut son cher papa. Il fut aux obsèques et, à cette occasion, parla du sort des Tchèques et de leur pays. A cette occasion, il s’ouvrit clairement sur sa désapprobation totale de l’annexion de la Tchécoslovaquie par le pouvoir nazi ; il avait exercé son apostolat près de la frontière tchèque et connaissait ce peuple ; il l’aimait et le montra bien au futur cardinal Beran, lorsqu’il le rencontra à Dachau. D’autres prisonniers purent aussi témoigner que Richard avait appris la langue tchèque pour se rapprocher de ce peuple. Un jour qu’en classe un élève avait utilisé un mot tchèque, et que toute la classe avait ri, le père Richard donna une punition collective à toute la classe. De leur côté, les prêtres Tchèques ont conservé un souvenir vivant de ce prêtre allemand qui les aimait tant.

En 1943, une prédication du p.Richard à Branitz entraîna son arrestation à Ratibor et son internement à Dachau, le 10 juillet.

Dans la baraque 17 de ce camp, il s’occupa tranquillement et courageusement des malades, surtout ceux atteints de typhus, qu’il contracta à son tour et dont il mourut le 22 février 1945.

Reconnu martyr, Richard Henkes a été béatifié en 2019.

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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 00:00

21 FEVRIER

 

II.

S Félix, évêque à Metz pendant quarante ans (ou bien celui du V., moins connu).

Ss Victorin, Mappalique, Alciator, martyrs en Afrique.

S Anthime, évêque à Terni et Spolète.

III.

Ss Maurice, son fils Photin, Théodore et leurs compagnons, soldats martyrs en Syrie ; ils furent exposés nus aux piqûres des guêpes et des moustiques.

IV.

S Eustathios, évêque à Bérée puis Antioche, un des héros du combat contre l’arianisme, mort en exil.

Ss Daniel et Verda, un prêtre et une chrétienne, martyrs près de Razichea.

Ste Irène, espagnole, sœur de s. Damase, vierge consacrée à Rome.

V.

S Sévérien, évêque à Scythopolis, fervent défenseur de la foi, martyr.

Ss Vérule, Secondin, Sirice, Félix, Servule, Saturnin, Fortunat, martyrs en Afrique.

VII.

S Patère, évêque à Brescia, disciple de s. Grégoire le Grand. 

S Zacharie, évêque à Jérusalem ; il “accompagna” en captivité la sainte Croix lors de son enlèvement par les Perses et de son retour quinze ans après.

B Pépin de Landen, maire du palais en Austrasie, précepteur de Dagobert I (auquel il sut adresser de solennels reproches), époux de ste Itta, père des stes Gertrude de Nivelles et Begge.

Ss Germanus et Randoaldus, abbé et prieur à Grandval (Granfeld), martyrs, tués par les soldats du seigneur local.

S Gombert (Gondelbert, Gondebert), fondateur et abbé à Senones.

VIII.

S Pierre Mavimène ou de Maiuma, collecteur d’impôts à Damas, martyr.

IX.

S Timothée, ermite au mont Olympe.

S Georges, ermite au mont Sirik, moine à Bonyssa, évêque à Amastris.

XVI.

S Robert Southwell, jésuite anglais, et poète remarquable, pendu à Tyburn.

XVII.

Bx Balthasar, Antonius et Ignatius Uchibori, laïcs japonais martyrs, béatifiés en 2008 ; le dernier avait 5 ans ; leur père, Paulus, sera martyrisé le 28 février.

XVIII.

B Noël Pinot, dernier de seize enfants, prêtre à Angers, guillotiné avec les ornements qu’il portait au moment de son arrestation ; au pied de l’échafaud, en aube et en étole, il aurait dit une dernière fois :  “Introibo ad altare Dei”. 

XIX.

Bse Caterina (Maria Enrichetta) Dominici, supérieure à Turin des Sœurs de Sainte-Anne et de la Providence, béatifiée en 1978.

Eustathios d’Antioche

† 338

 

Eustathios (le latin ne met pas d’h à ce nom) naquit à Sidé (Pamphylie, Asie Mineure, auj.  Turquie S) à la fin du troisième siècle.

Il fut d’abord appelé sur le siège de Bérée (auj. Alep, Syrie), puis sur celui d’Antioche, de 324 à 330.

Au concile de Nicée (325), qui devait sanctionner l’expression de la consubstantialité du Fils de Dieu avec Dieu le Père (le terme est mal traduit en français : «de même nature» ne rend pas bien «consubstantiel») - il en fut un des plus ardents partisans.

Après ce concile, il fut l’objet d’attaques passionnées de la part des hérétiques. On réussit à lui trouver des expressions soi-disant hérétiques ; de plus - la manœuvre est classique dans le genre - une femme se présenta, accusant l’évêque d’être le père de son bébé.

Le résultat fut, vers 330, un concile régional à Antioche, qui déposa Eustathios et le fit envoyer en exil par l’empereur Constantin ; mal informé et incapable de discerner les arguments théologiques, il ne rendit pas là un grand service à l’Eglise. 

La succession d’Eustathios fut douloureuse ; deux partis se formèrent, pour et contre Eustathios, il en résulta un véritable schisme.

Tandis qu’on perd la trace d’Eustathios, dans son exil (peut-être en Thrace), on n’arrive pas à situer la date de sa mort : certainement après 338, mais peut-être beaucoup plus tard.

Les partisans d’Eustathios furent réintégrés dans l’Eglise dès 414, mais le schisme d’Antioche dura jusqu’en 482, lorque les reliques d’Eustathios revinrent à Antioche ; la foule en liesse alla les accueillir jusqu’à vingt-cinq kilomètres de la ville.

Saint Eustathios d’Antioche est un Père de l’Eglise ; certains l’ont considéré martyr ; il est commémoré le 21 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Germanus et Randoaldus de Münster-Granfelden

† 675

 

Germanus était né vers 612 à Trèves, dans une importante famille sénatoriale, qui en confia l’éducation à l’évêque Modoaldus de Trèves.

Vers 629, il vendit ses biens et son héritage, distribua l’argent aux pauvres et se retira au monastère de Remiremont, où le rejoignit bientôt son jeune frère Numerianus.

Tous deux gagnèrent ensuite le monastère de Luxeuil, voulant marcher encore plus fermement dans les voies de la sainteté, sous la direction du célèbre abbé Waltbert (ou Waldebert), qui le fit ordonner prêtre.

Là-dessus, en 640, un monastère fut fondé non loin de Moutier, à Grandval (en allemand Granfeld). Germanus en fut nommé premier abbé, et il y dirigea la communauté pendant vingt-cinq ans.

Le prieur de cette abbaye florissante était Randoaldus, dont on ne nous dit rien de plus.

On confia aussi en même temps à Germanus l’administration de deux autres monastères voisins, Saint-Ursanne (auj. Clos-du-Doubs, Jura, Suisse) et Saint-Paul-en-l’Ile.

Mais à la mort du protecteur et fondateur du monastère de Granfeld, son successeur, sous divers prétextes fallacieux, exerça de pénibles vexations sur les habitants de la région et, conséquemment, sur les moines qui les protégeaient. Germanus et le prieur Randoaldus allèrent trouver le duc en colère et cherchèrent à l’amener à de meilleurs sentiments. Ils pensaient y être arrivés mais, sur le chemin du retour, des hommes armés, aux ordres du duc, les rejoignirent et les abattirent, à l’endroit où se trouve maintenant Courtételle (Delémont).

C’était le 21 février 675.

Des miracles attestèrent la gloire des deux Martyrs et leur culte se répandit dans toute la région de Bâle et de Besançon. En 1571, les «Réformés» mirent le feu à l’église de Granfeld et les Religieux s’installèrent à Telberg.

Saint Germanus et saint Randoaldus sont commémorés le 21 février au Martyrologe Romain.

Robert Southwell

1561-1595

 

Né à Horsham St. Faith (Norfolk, Angleterre) fin 1561, Robert était le dernier des huit enfants d’un père catholique qui s’était adapté à la nouvelle religion d’état.

Son grand-père, Richard, vécut à la cour de Henry VIII ; c’est lui qui fit arrêter le poète Henry Howards. La Providence fit que les petits-fils de ces deux ennemis, Robert Southwell et Philip Howards, furent deux compagnons fidèles et témoins de la Foi catholique jusqu’à la mort.

Par sa mère, Robert pourrait descendre aussi du poète Percy Bysshe Shelley.

A quinze ans, il partit à Douai, au collège anglais, et se sentit attiré par les missions orientales comme par l’idéal des Chartreux.

Il passa au Collège de Clermont à Paris. Sous la conduite d’un saint prêtre (Thomas Darbyshire) et d’un bon camarade (Jan Deckers), il se proposa d’entrer chez les Jésuites (1578). Déçu de ne pas être admis, il décida à dix-sept ans, de partir à Rome pour solliciter son admission auprès du Supérieur général lui-même.

Arrivé à Rome, il fut admis (1578) au noviciat de Saint-André du Quirinal, étudia au Collège Romain et fit les premiers vœux en 1580.

Pendant ses études, il fut aussi tuteur au Collège anglais de Rome, récemment ouvert par les Jésuites.

Il acheva son noviciat à Tournai, revint à Rome, et fut ordonné prêtre en 1584.

Finalement, sur son insistance, il rentra en Angleterre dans la clandestinité, bien conscient du danger auquel il s’exposait, car une loi punissait de mort tout prêtre rentrant sur le territoire pendant plus de quarante jours.

Il débarqua donc à Folkestone en juillet 1586, accompagné de Henry Garnet. Ce dernier venait remplacer le supérieur local, William Weston, récemment arrêté. 

Robert logea chez Lord Vaux de Harrowden, et prit le nom de Cotton (c’était le nom de l’aumônier d’Henri IV, roi de France). A Londres même, Robert exercera un apostolat fécond : il parcourut les rues de Londres, pénétra dans les prisons, se cachant sous un déguisement et passant sans cesse d’une maison à l’autre.

Il devint chapelain de la Comtesse d’Arundel, épouse de Philipp Howards, emprisonné à la Tour de Londres (v. 19 octobre). Il lui écrivit des élégies et des méditations sur la mort et sur l’amour de Dieu. Ses poèmes furent diffusés sous le manteau. Les imprimeurs les reproduisirent : ils auront une grosse influence sur la littérature anglaise, sur Shakespeare en particulier, et la St. Peter’s Complaint, de cent trente-deux strophes de six vers, a été imitée dans les célèbres Larmes de Saint Pierre, de Luigi Tansillo, admirablement mises en musique par Roland de Lassus.

Pendant six années, le père Robert accomplit avec zèle son devoir pastoral ; sa personnalité ne pouvait plus passer inaperçue et il devint une légende vivante. On le recherchait activement.

C’est en juin 1592 qu’il fut arrêté à Uxendon Hall (Harrow), par la trahison de la fille du propriétaire de la maison où il se trouvait alors. Le chasseur de prêtres Topcliffe exultait en informant la reine de sa prise. Il soumit Southwell à d’atroces cruautés, qui n’affaiblirent pas le courage du prêtre. Treize fois, et sur ordre de la Reine, il fut soumis à interrogatoire sous torture par des membres du Conseil et passa le reste du temps dans un cachot rempli de vermine. Il fut tellement torturé que son père intervint auprès de la reine, demandant que son fils fût immédiatement jugé (et éventuellement condamné et exécuté) ou que ses conditions de vie fussent améliorées.

Jamais il ne livra les noms de ses «complices». Transféré à Newgate, il admettra être prêtre, n’avoir jamais songé à organiser un complot ni à y participer, et être revenu dans son pays pour administrer les sacrements de la religion catholique. 

Après trois années, il fut jugé au tribunal, condamné pour haute trahison à être pendu, éviscéré et écartelé.

Au pied du gibet, il fit le signe de la croix, récita un passage de l’épître de saint Paul aux Romains, confirma être prêtre et jésuite, et pria pour la Reine et son pays.

Au moment où l’on retira la charrette qui le portait, il répéta le verset du psaume 30 : In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum (Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit). Il avait à peine plus de trente-trois ans : c’était le 21 février 1595.

Quand sa tête fut brandie, personne n’osa crier «Traître», comme cela se faisait d’habitude.

Robert Southwell fait partie des quarante Martyrs anglais et gallois béatifiés en 1929 et canonisés en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Balthasar, Antonius et Ignatius Uchibori

 † 1627

 

Ces trois frères étaient les fils de Paulus Uchibori Sakuemon, tous trois nés à Fukae (Nagasaki, Japon).

Avant que leur père subît le martyre le 28 février 1627, ils furent tous les trois exécutés le 21 février à Shimabara (Nagasaki).

L’aîné, Balthasar, pouvait avoir une vingtaine d’années ; Antonius, né vers 1609, n’avait que dix-huit ans ; Ignatius, né vers 1622, en avait cinq.

Ces trois garçons furent béatifiés avec leur héroïque père dans un groupe de cent-quatre-vingt-huit Martyrs japonais, en 2008.

 

Voir aussi la notice Japonais Martyrs 1603-1639

Noël Pinot

1747-1794

 

C'est dans une famille très chrétienne que naquit notre Bienheureux : il était le seizième enfant de ces pieux parents d'Angers, René, tisserand, et Claude La Groix.

Une si belle famille n'est pas sans connaître des épreuves : le jour-même de sa naissance, le 19 décembre 1847, mourait à un peu plus d'un an celui qui l'avait précédé ; un autre était déjà mort huit ans plus tôt âgé de quelques jours ; deux mois après sa naissance, en février 1848, mourra une de ses sœurs à l'âge de douze ans, et bientôt aussi une autre sœur, à cinq ans et demi. La plus grande épreuve fut pourtant une autre mort : celle du papa de cette kyrielle de bambins, qui s'éteignit en 1756, à tout juste cinquante ans, suivi la même année par une autre de ses filles, qui n'avait que vingt-trois ans ; il ne restait à la maison pour travailler que leur adolescent de quatorze ans, Pierre. 

Cette famille connut cependant une grande joie : le fils aîné, René, sera ordonné prêtre quand Noël a à peine six ans, et finira ses jours comme chapelain à la cathédrale d'Angers en 1782. C'est lui qui enseigna les premiers rudiments du latin à son jeune frère, dès qu'il lui exprima son désir de devenir prêtre. Le collège où Noël fit ensuite toutes ses études est l'actuel Hôtel de Ville d'Angers. Il fera sa Philosophie dans le séminaire qui est maintenant l'Ecole des Beaux-Arts ; tandis que la chapelle de cette maison deviendra le temple protestant.

Bon élève, Noël ne put toutefois conquérir la maîtrise ès arts, ayant manqué un mois dans ses études philosophiques, ce que la rigueur du règlement ne supportait pas. Plus tard, déjà prêtre, il dut aller se rasseoir sur les bancs de l'Université pour suivre des "cours de rattrapage", dont il n'avait pas vraiment besoin, et qui ne lui valurent pas davantage cette maîtrise, mais seulement une attestation. Humblement, Noël s'en passa, pour le moment.

Il fréquentera tout de même le Grand Séminaire, qui abrite aujourd'hui le Musée et la Bibliothèque municipale. C'est en 1767, à l'âge de trente ans, qu'il reçut la tonsure et ce qu'on appelait les quatre "ordres mineurs" (portier, acolyte, lecteur, exorciste), dont on n'a gardé aujourd'hui que ceux d'acolyte et de lecteur. Il reçut le sous-diaconat sans doute en 1769, puis le diaconat et la prêtrise en 1770 - il avait trente-trois ans. A sa première messe l'assistait son aîné déjà prêtre, en présence de leur chère maman, déjà chargée d'épreuves, mais si heureuse en ce jour béni.

On ne manquait pas de prêtres, à cette époque, au point que "Révérend Noël Pinot" attendit un an que se libérât un poste : le 21 janvier 1772, il est vicaire dans l'archiprêtré de La Flèche, une date qui restera malheureusement funeste pour la France, onze ans plus tard, quand son roi tombera sous la haine des révolutionnaires, en 1793.

Cette humble paroisse de Bousse passera plus tard au diocèse du Mans. Comme son curé mourra bientôt, Révérend Pinot signera humblement "pro-curé" ou "desservant". Puis il sera nommé dans la petite paroisse de Coutures près de Saumur, où à la charge de vicaire il devrait aussi ajouter celle de prêtre instituteur à l'école de garçons. Après deux années, il passera - toujours vicaire - à Saint-Germain de Corzé, proche d'Angers, pour cinq années environ, où il gagna l'entière bienveillance de son curé. Puis ce fut l'aumônerie des Incurables à Angers-même, sa ville natale.

Il était à peine de retour à Angers, près de son frère aîné qui venait d'être nommé chapelain à la cathédrale, que moururent presque coup sur coup sa sœur et marraine, ainsi que sa chère et vénérable maman. 

De son apostolat auprès de ces pauvres malheureux des Incurables, un de ses condisciples de séminaire dit : "Ce saint ecclésiastique était connu pour tel de toute la ville qui l'avait vu naître. Noël Pinot restera plus de sept ans à ce poste. Au début il s'y adonna corps et âme puis, quand il eut acquis une certaine habitude, il put prendre un peu de temps pour se préparer à son fameux diplôme de Maître ès arts, qu'il reçut en effet en 1788 - il avait quarante ans !

Très peu après il est nommé à la cure du Louroux-Béconnais, dédiée au saint évêque Aubin : ce Saint fut évêque d'Angers au Ve siècle, après avoir été abbé à Tintillant ; il lutta énergiquement contre les mariages incestueux ; on le fête le 1er mars. C'est donc sous ce patronage que Noël Pinot s'installa dans sa cure le jour de la Sainte Croix, le 14 septembre 1788, justement un dimanche cette année-là.

A l'époque, cette paroisse était la plus vaste de l'Anjou, avec ses sept mille hectares, où les pauvres paysans ne cultivaient qu'un peu de seigle ; il y a là beaucoup de mendiants, que Noël s'ingénie à soulager de toutes ses forces et avec tous ses moyens. Fils de tisserand, il fait confectionner des vêtements, il les distribue, il se prive lui-même de l'essentiel, au point que sa fidèle servante lui soustrait quelques pièces de tissus pour pouvoir lui donner au moins le nécessaire.

Maitre Pinot s'employa à pacifier ses ouailles contre les incursions très fréquentes des gabelous dans cette région : ces derniers étaient impitoyables dans leur travail, et les paysans les avaient en haine ; nombreuses étaient les colères et les rancunes ! Mais le curé s'employa tout spécialement à développer la dévotion au Sacré-Cœur et celle du Rosaire.

Puis les événements se précipitent ; les Etats Généraux sont convoqués, les élections des représentants échauffent les esprits. En août 1789, le clergé est spolié de ses biens ; on redessine la carte administrative de la France ; on modifie tous les noms de lieux trop marqués par des héritages féodaux ou chrétiens. On remarquera que la paroisse du Louroux ne change pas son nom, car les législateurs ignorent bien évidemment que ce nom de localité vient du latin oratorium !

Peu à peu, les choses se précisent, et pas dans le sens de la pacification : Noël Pinot remarque de plus en plus que la division gagne ses Confrères, les uns étant pour accepter la Constitution civile du Clergé, les autres pour s'y opposer fermement. Le dimanche 23 janvier 1791, sommé par le maire de prêter serment, après la messe, il s'y refuse énergiquement, tandis que son vicaire se laisse fléchir.

Le dimanche 27 février, au terme de la messe, il monte en chaire tout habillé, avec son aube et son étole, et explique doucement mais fermement à tous ses paroissiens les raisons bien arrêtées de son refus de tout compromis avec la Constitution civile du Clergé ; il est désormais un "réfractaire" de premier plan. Il s'est déjà mérité les qualificatifs insolents de scélérat, fanatique, perturbateur du repos public, homme à craindre, incendiaire, égorgeur.

Prévoyant la suite logique de son attitude, il propose à ses petits servants de messe de se confesser, car "voici de mauvais jours qui viennent sur (eux)", et il prépare en particulier le plus mûr d'entre eux à faire sa première communion dès le lendemain, bien qu'il n'eût que neuf ans, âge précoce à cette époque pour recevoir ce Sacrement.

Dès le samedi 5 mars, on vient l'arrêter. Il propose d'abord l'hospitalité, le vivre et le couvert, à cette troupe, qui accepte sans vergogne. Au petit matin, tous partent pour Angers, où Noël Pinot a l'honneur d'être le premier prêtre arrêté de cette sinistre période.

Un premier jugement le condamne à être éloigné de sa paroisse pendant deux ans. Mais en attendant un second jugement, il est enfermé dans le château, réquisitionné pour l'occasion, de la Maréchale d'Aubeterre à Beaupréau, dans lequel il est en fait traité avec les meilleurs égards par les propriétaires et les habitants ; bien que privé de l'Eucharistie et de la Messe, il goûtera là quelques moments de repos, de détente, bien nécessaires après tant de labeurs, et avant son épreuve finale.

Nous arrivons au printemps 1791 ; le pape Pie VI condamne la Constitution civile du clergé, ce qui donne grande satisfaction à Noël Pinot, car il se voit conforté dans sa position, tandis que certains Confrères comprennent leur tort et viennent à résipiscence. Sur place, un deuxième jugement confirme le premier et libère Noël tout en lui interdisant tout contact avec sa paroisse : une "liberté conditionnelle", en quelque sorte.

Profitant de cette semi-liberté, Noël Pinot va se réfugier ici et là, espérant pouvoir reprendre quelque activité pastorale au service des populations privées de prêtres. Mais il est vite repéré, et poursuivi. Bientôt il devra abandonner sa soutane pour vêtir des habits de simple paysan - mais il conservera toujours autour des reins un cilice. Pendant vingt mois, il passera d'une maison à l'autre, célébrant ici, enseignant là, confessant, assistant du mieux qu'il pouvait tous ces gens qui voulaient rester fidèles à l'Eglise et à Dieu. Il ira jusque dans des localités du diocèse de La Rochelle !

En 1792, près de trois cents prêtres du diocèse, trompés par de fausses promesses, seront en fait incarcérés, puis transportés à Nantes pour être exilés en Espagne. La "guerre de Vendée" commence dans la région de Beaupréau, où se cache en ce moment Noël Pinot. Répétant l'odysssée des Macchabées, l'armée chrétienne de Vendée conquiert maintes localités, réclame ses pasteurs légitimes : Noël Pinot regagne sa paroisse du Louroux et y célèbre même une messe solennelle - la dernière cependant, car l'armée vendéenne est défaite devant Nantes, et la Terreur va exercer sa terrible revanche : des prêtres sont arrêtés et exécutés, quelques-uns guillotinés à Angers, plusieurs dizaines d'autres noyés dans les eaux glaciales de la Loire. Noël Pinot attend son tour, calmement, bravant tous les dangers quand il sort de sa cachette, échappant d'extrême justesse à mille perquisitions… jusqu'au jour de cette suprême dénonciation de février 1794, œuvre d'un ancien paroissien qu'il avait autrefois généreusement aidé.                                                                                                                                                                            

Noël Pinot ne fut pas moins mal traité que Notre Seigneur à partir de son arrestation : ligoté, jusqu'au sang, insulté, marchant dans des endroits bourbeux, conduit à pied jusqu'à Angers, battu, frappé, privé de lumière et de nourriture, il sera interrogé et condamné par un ancien confrère ; c'est même ce dernier qui lui proposera, par cynisme ou par fausse compassion, de mourir revêtu des ornements sacerdotaux, confisqués lors de son arrestation, à quoi Noël répondit : "Oui, ce sera pour moi une grande satisfaction".

Le cortège qui l'emmena au lieu d'exécution fit un détours pour que Noël subît davantage d'insultes. Lui était recueilli et calme, comme son divin Maître, en ce vendredi, à quinze heures. La guillotine était installée à l'endroit même du maître autel de l'église Saint-Pierre, complètement démolie depuis quelque temps.

Immolé en ce vendredi 21 février 1794, Noël Pinot fut jeté dans la fosse commune, ayant reçu encore d'autres insultes par les hommes chargés de la besogne. Puis les autorités recherchèrent et conduisirent à la mort tous les "suspects" qui auraient aidé Noël Pinot durant sa "cabale". A leur tour ils furent jetés dans cette fosse commune, dont on transporta ailleurs tous les restes, en les mélangeant sans trop de ménagement, de sorte qu'il fut impossible de retrouver le saint corps du prêtre martyr.

La cause de béatification fut ouverte officiellement en 1905, confirmée en 1919 ; en 1926, lors de la première célébration de la fête du Christ-Roi, Pie XI proclamait Bienheureux notre Martyr, dont le dies natalis est le 21 février.

 

 

Caterina Dominici

1829-1894

 

Née le 10 octobre 1829 à Borgo Salsasio (Carmagnola, Turin), dans une famille pleine d’affection, Caterina était la petite sœur de trois garçons, dont l’un deviendra prêtre.

Par malheur, le papa abandonna les siens en 1833, de sorte que la famille se resserra autour de l’oncle prêtre.

On imagine quel choc produisit cet événement sur le cœur d’une petite fille de quatre ans, mais elle fut bien dirigée et conseillée, et apprit à se confier entièrement à son Bon Papa céleste.

Elle apprit à dominer son caractère orgueilleux et indépendant, et devint celle qu’on connut désormais comme une jeune fille humble, simple, dévouée, qui savait chaque jour dire Oui à la grâce de Dieu.

A quinze ans, elle fit partie d’une confraternité chargée d’accompagner les enterrements.

A vingt-et-un ans, elle entra chez les Sœurs de la Providence, sous le nom de Maria Enrichetta (Marie Henriette), reçue par la fondatrice elle-même et prit l’habit en 1851. L’institut s’appela ensuite Sœurs de Sainte-Anne de la Providence, et tout récemment, simplement Sœurs de Sainte Anne (en abrégé : SSA).

C’était une belle œuvre, fondée par de pieux laïcs, marquis de Barolo : Carlo Tancredi Falletti et son épouse Giulia Colbert, qui reçurent l’approbation pontificale à peine douze ans après la fondation.

Partout où on l’envoya, elle sut se soumettre fidèlement à la volonté de Dieu, accomplissant toutes les plus petites actions avec grand amour. 

A Turin, elle fait la connaissance de Silvio Pellico ; en 1854, elle est envoyée à Castelfidardo (Lorette), où elle eut l’occasion de se dépenser aux côtés des malades du choléra.

En 1857, elle a la joie d’entrevoir le pape Pie IX en visite à Lorette ; en 1858, elle revient à Turin s’occuper des novices.

En 1861, à trente-deux ans déjà, elle est élue supérieure de la maison de Turin, et le restera pendant trente-trois ans, jusqu’à la mort. Sous son impulsion l’Institut se fortifia et essaima en Inde (1871).

Il y eut de petites «frictions» entre la Supérieure et la chère Fondatrice, qui n’était pas faite pour la vie religieuse, et continuait à vivre au milieu des Sœurs, mais sans participer aux exercices de la vie communautaire. Il fallut la délicatesse et la discrétion de Maria-Enrichetta pour surmonter ces incidents quotidiens.

Elle collabora avec saint Giovanni Bosco, lui proposant des suggestions pour sa Règle, et lui prêtera aussi des Sœurs.

Sa grande dévotion était la Sainte Trinité. Elle avait une entière confiance en la bonté de Dieu.

A la fin, elle souffrit d’un très douloureux cancer du sein, qu’elle supporta avec sérénité.

Ses dernières paroles furent : Je recommande l’humilité… et l’humilité. Elle mourut le 21 février 1894.

Elle fut béatifiée en 1978.

Le miracle retenu pour cette béatification fut la guérison instantanée et totale d’un enfant de quatre ans, malade d’une appendicite aiguë, avenue en 1947.

La congrégation compte plus de quatre-vingt maisons en Inde, et s’est aussi implantée au Cameroun, en Amérique latine (Mexique, Argentine, Brésil, Pérou), aux Etats-Unis et aux Philippines.

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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 00:00

20 FEVRIER

 

III.

S Serapion, martyr en Alexandrie ; il eut les membres disloqués et fut défenestré.

IV.

S Tyrannio, évêque à Tyr et martyr avec s. Zenobius, prêtre à Sidon, ainsi que les ss. Pélée et Nil, évêques égyptiens ; les bêtes féroces n’osaient pas les approcher et ils furent égorgés.

S Silvain, évêque près de Emèse, martyr.

? Ss Pothame et Némèse, martyrs en Chypre ou à Alexandrie. 

V.

S Eleuthère, évêque à Constantinople, maltraité par le parti eutychien.

S Bolcan (Olcan), évêque à Derkan ; sa mère mourut juste avant d’accoucher. 

VI.

S Falcon, évêque à Tongres-Maastricht.

S Eleuthère (Lehire), évêque à Tournai, sacré par s. Remi, mort des suites de blessures infligées par des hérétiques.

VIII.

S Eucher, moine à Jumièges, évêque à Orléans, exilé à Cologne puis à Liège suite à des calomnies et mort à Saint-Trond.

S Colga (Colchus), surnommé le Sage pour sa science, prêtre irlandais.

S Leone, prêtre à Ravenne, évêque à Catane, thaumaturge.

XII.

B Ulric (Wulricus, Ulfricus), prêtre anglais, anachorète près de Heselborough.

XIII.

Bse Amata, nièce de ste Claire, clarisse à Assise.

XVI.

B Thomas Pormort, prêtre anglais pendu à Londres, martyr béatifié en 1987. Le 21 février au Martyrologe.

XX.

Ste Jacinta Marto (1910-1920), la plus jeune des trois voyants de Fatima, béatifiée le 13 mai 2000, canonisée le 13 mai 2017.

B Ludwik Mzyk (1905-1942), de la Société du Verbe Divin, prêtre martyr en Pologne, béatifié en 1999 ; le 23 février au Martyrologe.

Bse Stanisława Rodzińska (Maria-Julia, 1899-1945), dominicaine polonaise martyre à Stutthof, béatifiée en 1999.

Serapio d’Alexandrie

† 250

 

Le nom de Serapio est un nom très répandu en Egypte et ailleurs.

Voilà ce qui est dit le 20 février de Serapio dans le Martyrologe : 

Il vivait en Alexandrie. Arrêté pour sa foi, il fut d’abord soumis à de très cruels supplices, au point que tous ses membres en furent disloqués. Puis on le hissa sur le toit de sa maison et on le précipita à terre.

Ainsi s’acheva le combat glorieux de ce Martyr.

C’était vers 250, durant la persécution de Dèce.

Saint Serapio d’Alexandrie est commémoré le 20 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tyrannio de Tyr

† 310

 

De Tyrannio, on ne connaît que ce qu’en raconte Eusèbe de Césarée, témoin oculaire, au sujet de son  martyre.

C’était l’évêque de Tyr, en Phénicie (act. Sour, sud de Beyrouth, Liban).

Eusèbe raconte comment cet évêque, et d’autres avant ou avec lui, subirent d’abord d’interminables flagellations (on sait que les fouets étaient faits de lanières de cuir, très tranchantes, garnies de petits plombs très meurtriers), avant d’être exposés, nus, aux bêtes féroces du cirque.

Léopards, ours, sangliers, taureaux, qui pouvaient être excités par le sang de ces victimes, s’arrêtaient systématiquement devant elles, tandis qu’ils s’acharnaient sur d’autres athlètes non chrétiens.

Il y eut des combats à différentes dates. 

De Tyrannio, on dit que son martyre eut lieu en 310, mais à Antioche de Syrie.

Avec lui souffrit aussi un prêtre, nommé Zenobius, de Sidon.

Saint Tyrannio de Tyr et s.Zenobius sont commémorés le 20 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eleuthère de Tournai

456-531

 

Eleuthère naquit vers 456 à Tournai (Gaule Belgique) de parents chrétiens. Un de leurs ancêtres avait été converti par la prédication de s.Piat (v. 1er octobre). 

Un de ses compagnons de formation, un certain Médard (v. 8 juin) lui aurait prédit qu’il serait évêque de Tournai. 

Or le gouverneur de Tournai, pour qui le mot chrétien était synonyme de romain, expulsa les Chrétiens de Tournai, et la famille d’Eleuthère se replia à Blandin. L’évêque y étant mort, on acclama Eleuthère (486) : la prophétie de Médard s’accomplissait. 

Eleuthère fut sacré par s.Remi (v. 13 janvier). 

Son apostolat fut difficile, au milieu d’une population retombée dans le paganisme, et en face d’une hostilité arienne persistante. Mais Dieu favorisa Eleuthère du don des miracles, qui achevèrent de convaincre beaucoup de gens.

Eleuthère fit trois fois le voyage de Rome pour y demander des conseils ; il en rapporta des reliques importantes, entre autres de s.Etienne (v. 26 décembre).

Les ennemis de l’évêque s’acharnèrent contre lui : ils l’attendirent à la sortie d’une église et l’accablèrent de coups ; il en mourut peu après, en 531.

Malgré cette mort violente pour la foi, Eleuthère n’a pas reçu le titre de martyr, peut-être parce qu’il n’est pas mort sous les coups, mais des conséquences de ces coups.

C’est le même saint Médard qui lui succéda.

Saint Eleuthère est commémoré le 20 février au Martyrologe Romain.

 

 

Eucher d’Orléans

695-743

 

La naissance d’Eucherius (Eucher) advint vers 695 à Orléans (act. Loiret), annoncée par un ange qui informa la mère de la destinée particulière de son enfant. Un de ses oncles, Suavaric, était évêque d’Orléans.

C’est l’évêque d’Autun, Ansbert, qui fut son parrain et le confirma.

Eucher grandit dans l’amour de l’étude et particulièrement de la lecture des Ecritures, qui le conduisirent tout naturellement à vouloir vivre loin du monde : il entra à l’abbaye de Jumièges.

Or, à la mort de Suavaric, la population demanda unanimement à Charles Martel de nommer comme successeur sur le siège Eucher lui-même. Il fallut aller le chercher à Jumièges, et pour ainsi dire le forcer à revenir à Orléans, malgré sa préférence pour le silence de l’abbaye.

Moine, Eucher le demeura après son sacre, et montra un cœur empli de douceur envers tous ses diocésains, qui l’estimèrent, mais pas tous. 

Une cabale calomnieuse s’abattit en effet sur l’évêque, qui fut dénoncé auprès de Charles Martel, lequel prit des mesures sévères contre Eucher : en 733, il le fit exiler à Cologne avec toute sa famille, et comme on l’y recevait «trop» honorablement, il le fit déplacer à Hesbain (Liège) ; de là, Eucher demanda lui-même à se retirer à l’abbaye de Saint-Trond. L’exil d’Eucher dura dix années, au terme desquelles il rendit saintement son âme à Dieu, en 743.

Un manuscrit douteux ajoute qu’Eucher aurait eu révélation de la punition éternelle de Charles Martel. Si l’on peut en effet affirmer que le Prince commit de graves erreurs, les calomniateurs d’Eucher furent, eux, bien plus gravement coupables. Mais laissons à Dieu le soin de juger.

Saint Eucher est commémoré au 20 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Leone de Catane

720-789

 

Leone était né en 720 à Ravenne (Emilie-Romagna, Italie E) et y fut ordonné prêtre.

Il se peut cependant qu’il ait été d’abord moine bénédictin à Reggio Calabria.

On l’appela bientôt au siège épiscopal de Catane (Sicile). L’histoire raconte que, devant élire leur évêque, les habitants de Catane eurent la vision d’un ange qui leur annonçait qu’ils auraient trouvé un certain Leone à Reggio Calabria.

Evidemment, l’élu protesta de son indignité, de son incapacité, il fallut vaincre cette sainte humilité.

Les miracles se multipliaient à son passage, de sorte qu’on le surnomma Thaumaturge.

Ce fut au point que les empereurs de Bysance voulurent le connaître et le firent venir à Constantinople, où Leo accomplit aussi d’autres miracles sous leurs yeux.

On nous dit aussi que Leone s’opposa vivement à la loi de l’iconoclasme et que, pour cette audace, il fut obligé de se cacher dans la montagne pour échapper à l’ordre du gouverneur de Sicile de l’incarcérer.

Leone put revenir à Catane après plusieurs années et mourut un 20 février, sans doute en 789.

Saint Leone le Thaumaturge est commémoré le 20 février au Martyrologe Romain, qui ajoute qu’il eut un soin extrême des pauvres.

 

Thomas Pormort

1559-1592

 

Thomas était, pense-t-on, de la famille des Pormort de Great Grimsby et Saltfletby (Lincolnshire).

Il naquit vers 1559 à Hull (Yorkshire).

Après ses études à Cambridge, il vint à Reims en 1581 et passa à Rome, où il reçut le sacerdoce en 1587. Il fut alors attaché à Owen Lewis ou Audoeno Ludovico Cambrone, l’évêque (gallois) de Cassano all’Ionio, un diocèse au sud de l’Italie, mais où cet évêque ne résida jamais, étant envoyé par le pape en différentes missions.

En 1590, Thomas fut nommé préfet des études au collège suisse de Milan, d’où il repartit en septembre de la même année, désireux de passer en Angleterre, sans même attendre de recevoir les pouvoirs ministériels. Son voyage le conduisit à Bruxelles, où il fut domestique d’une certaine Madame Geoffrey Pole ; il y prit le nom de l’archevêque protestant Whitgift, son parrain.

Avec cette dame, il gagna Anvers, pour rejoindre la ville côtière de Flushing (Pays-Bas), et de là l’Angleterre.

On ne sait à quelle date précise il accosta dans son pays, mais on sait qu’il fut arrêté une première fois le 25 juillet 1591 à Londres ; il réussit à s’échapper. Repris à l’automne, il fut conduit à Bridewell, puis chez Topcliffe, où il fut durement torturé sur le chevalet jusqu’à la provocation d’une hernie.

Le 8 février 1592, il fut accusé de haute trahison pour avoir osé être prêtre et avoir réintroduit dans l’Eglise John Barwys (ou Burrows),  un artisan chemisier protestant. Thomas plaida, exposant qu’il n’avait pas les pouvoirs, mais il fut tout de même déclaré coupable.

Au même procès, Thomas accusa Topcliffe de s’être vanté devant lui de certaines familiarités indécentes qu’il avait eues avec la Reine. Topcliffe fut alors chargé d’annoncer au shériff de procéder à l’exécution de Thomas, malgré l’intervention de l’archevêque Whitgift, qui voulait amener Thomas à quitter le Catholicisme. Thomas aurait même accepté de discuter avec des ministres protestants. On érigea le gibet devant la boutique du chemisier, et, pendant deux heures encore, Topcliffe s’évertua, mais en vain, de convaincre Portmort de retirer son accusation.

Thomas dut supporter de rester debout là deux heures durant, avec sa hernie, avant d’être pendu, le 20 février 1592 ; il avait à peu près trente-trois ans.

Thomas Pormort fut béatifié en 1987.

 

 

Jacinta Marto

1910-1920

 

Petite sœur de Francisco, elle naquit à Aljustrel (Fátima) le 11 mars 1910, de Manuel et Olímpia Marto.

Ses proches la disaient affectueuse et très gentille, elle gardait avec son frère et sa cousine les brebis de ses parents.

Elle ne fréquenta l’école qu’après qu’eurent lieu les apparitions de l’Ange et Notre-Dame, qui lui recommandèrent d’apprendre à lire et à écrire.

La première fois que Notre-Dame apparut aux trois enfants, elle leur demanda de bien vouloir prier pour les pécheurs. Après avoir eu une vision de l’enfer, Jacinta en resta extrêmement bouleversée et s’imposa beaucoup de pénitences et de sacrifices pour leur conversion.

Après les apparitions à Fatima, Jacinta vit encore la Sainte Vierge quatre fois : à la maison, à l’église paroissiale, à l’orphelinat de Lisbonne et à l’hôpital. A Poço do Ameiro elle eut aussi une vision du pape, sans la comprendre, et une autre à Cabeço.

Après la première Guerre mondiale, Jacinta contracta la grippe espagnole qui ravagea l’Europe en 1918. Elle fut atteinte de pleurésie, mais ne pouvait être opérée en raison du mauvais état de son cœur. Lors de sa dernière hospitalisation à Lisbonne, elle mourut dans une grande solitude, le 20 février 1920.

Sa prière préférée et habituelle, qu’elle avait reçue de Marie, était : 

Ô Jésus, c’est pour votre Amour, pour la conversion des pécheurs, pour le Saint-Père, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie.

Elle a été béatifiée, en même temps que son frère Francisco, le 13 mai 2000, anniversaire de la première apparition de la Vierge à Fatima (et de l’attentat au pape en 1981), en présence de l’aînée des voyants, Lucia.

Ils ont été canonisés le 13 mai 2017.

Le miracle reconnu pour cette célébration a été la guérison totale d’un bébé atteint de diabète 1.

 

 

Ludwik Mzyk

1905-1940

 

Ludwik naquit le 22 avril 1905 à Chorzów, cinquième des neuf enfants de Ludwik, un mineur polonais, et de Franciszka Hadasz. La famille était très croyante.

Il fut très tôt enfant de chœur et s’intéressa à l’Eglise. Une retraite prêchée par un prêtre de la Société du Verbe Divin, suscita en lui la vocation missionnaire.

Il alla au Petit séminaire de Nysa en 1918 ; pendant les vacances, il travaillait à la mine, pour aider la famille, car le papa était mort ; il fut membre de la Confrérie Kwikborn, qui militait contre le tabac et l’alcoolisme : jamais il ne fuma une cigarette ni ne but un verre de vin, si ce n’est ce qu’il fallait pour célébrer la Messe. Il termina ses études secondaires par la consécration à la Vierge Marie selon le vœu de saint Louis-Marie Grignion de Montfort (v. 28 avril) : on en possède encore le document qu’il signa de son propre sang.

Après son baccalauréat en 1926, il entra chez les Pères Verbites à Sankt Augustin (Bonn) et fit ses vœux en 1928.

Très doué pour les études philosophiques, il fut envoyé à Rome pour ses études théologiques. Il fut ordonné prêtre en 1932, en la fête du Christ-Roi, qui se fêtait alors au dernier dimanche d’octobre, de sorte qu’il célébra sa première messe le jour de la Toussaint.

Il passa le doctorat en théologie à l’Université Grégorienne en 1935, et fut nommé maître des novices à Chludowo près de Poznan (Pologne). De lui les novices dirent qu’il était un tantinet sévère, mais qu’il l’était davantage encore pour lui-même.

Ceux qui frappaient à son bureau étaient accueillis par un Ave latin, en souvenir de la salutation de l’Ange à Marie. Il s’imposa si bien qu’en 1939, il fut nommé recteur de la maison de Chludowo. A la nouvelle des possibles arrestations, le père Ludwik fit des démarches pour évacuer les novices en des lieux plus sûrs. Mais les voyages étaient déjà devenus impossibles et surtout, le pauvre Ludwik Mzyk, dans sa naïveté et sa candeur, commit l’erreur de dire à un officier de la Gestapo (sans savoir qu’il appartenait à la Gestapo) qu’il préférait négocier avec un officier de l’armée qu’avec un officier de la Gestapo. Ce fut le prétexte à son arrestation.

Le 24 janvier, il tenta en vain de négocier l’envoi des novices dans leurs familles.

Le 25 janvier 1940, la Gestapo vint l’arrêter. Tous les occupants de la maison furent réunis dans le réfectoire. Alors le père Mzyk, très pâle mais calme, entra et dit : Je dois aller avec ces gens-là. Ils m’ont dit que j’allais revenir. Pendant ce temps, le père Chodzidło sera votre supérieur… Il n’eut pas le temps d’ajouter autre chose et fut brutalement bousculé et emmené. Un prêtre qui revint plus tard raconta aux novices comment on avait brutalisé le père Mzyk en le «chargeant» dans le camion :  Votre Maître est vraiment un ange. 

Les jours suivants, personne ne put obtenir le moindre renseignement sur le sort du père Mzyk. Les Nazis répondaient toujours qu’il allait revenir après clarification de certains points. Son frère Wilhelm écrivit qu’aucune intervention n’aboutit ; qu’en revanche on leur fit parvenir par deux fois un sous-vêtement maculé de sang, avec un petit papier caché dedans : Je suis toujours en vie. Aidez-moi si vous pouvez. 

On sut tout de même qu’une fois parvenu à la caserne de la Gestapo, on lui arracha sa soutane et qu’on lui administra une rigoureuse bastonnade. Puis, en ce mois de janvier hivernal, on lui laissa seulement sa chemise déchirée et son pantalon. Puis on l’envoya au Fort VII de Poznan : en arrivant dans la cellule, un prisonnier lui mit sur le dos un pardessus laissé là par un autre prisonnier qu’on avait emmené pour l’exécuter.

On ne sut rien de la mort du père Mzyk, jusqu’à ce que des survivants purent raconter ce qu’ils virent.

L’un affirma qu’il vit le père Mzyk dans la cellule 60 le 1er février, avec vingt-huit autres, presque tous étudiants. Ils mouraient de faim. Les gardiens entraient dans la cellule jour et nuit, pour les battre sans raison. Le père Mzyk exécutait tous les ordres scrupuleusement, avertissant chacun de ne rien faire de défendu. Il était toujours en prière.

«Le 7 février 1940, jour du Mercredi des Cendres, tous les prêtres furent rassemblés dans la cellule 69, où ils furent encore plus maltraités et battus, pour n’importe quel motif. Les gardiens considéraient le père Mzyk comme particulièrement dangereux. Un jour, le commandant vint avec un autre officier pour inspecter la cellule. Il demanda à chaque prisonnier l’un après l’autre son nom et son «crime». Arrivés au tour de Ludwik Mzyk, le commandant s’arrêta et dit : Le voilà, notre ennemi. Une fois qu’ils furent sortis, Ludwik raconta à ses compagnons comment il avait répondu «franchement» aux interrogatoires. Un autre jour, un gardien l’appela dans le corridor, où il le rossa encore sans merci.

«Le 20 février, l’après-midi, un sous-officier entra dans la cellule avec un chauffeur. Ils étaient ivres et entrèrent brutalement dans la cellule. Ils se mirent à battre le père Mzyk, le chauffeur, aux ordres du sous-officier, était particulièrement brutal. 

«Le soir à 22 heures, il y eut du bruit et de l’agitation dans la cellule des Ukrainiens : on entendit tomber par-terre les assiettes et les cuillers, ils chantaient «Plus près de toi, Seigneur» (sans doute qu’on le leur ordonnait) ; on battait les prisonniers à coups de bâtons et à coups de pieds. Puis on entendit un des gardiens crier : Et maintenant, chez les curés ! 

«Ils ouvrirent la porte, sans entrer, et firent sortir tout le monde, sauf le père Olejniczak (qui était aveugle). Nous étions là tout habillés (car nous dormions toujours habillés), dans le grand corridor en face de notre cellule. On ordonna aux pères Galka, Mzyk et moi-même de rester dehors, et tout le monde fut renvoyé dans la cellule. 

«Ils nous ordonnèrent de courir le long du corridor. Quand nous fûmes l’un à côté de l’autre, le père Mzyk me demanda l’absolution. Arrivés au bout du corridor, Galka et moi nous arrêtâmes au pied de l’escalier, mais Myzk se mit à monter. Nous entendîmes les gardiens éclater de rire derrière nous. Ils nous ordonnèrent de rester en bas. Ils attrappèrent Mzyk dans l’escalier et se mirent à le rosser sous prétexte qu’il «avait essayé de s’échapper». Il y eut un moment de grande confusion ; j’entendis Galka et Myzk pousser de hauts gémissements… Un regard vers Galka me le fit voir tout en sang, couvert de contusions, sa chemise et son pantalon en pièces. On continua de les rosser pendant longtemps, mais c’est difficile de dire si ça dura quinze minutes ou une demi-heure. 

«Entre temps, je me suis retrouvé dans le grand corridor en face de notre cellule, et c’est là qu’on conduisit Mzyk. Ils me dirent de me tourner contre le mur, de sorte que je n’ai pas pu voir comment il était. L’officier ordonna à Mzyk de s’arrêter à la porte, et prit des balles à un sous-officier qui était près de moi. Alors il s’approcha de Mzyk et lui tira derrière la tête. Quand Ludwik tomba à terre, il lui tira une seconde balle. Alors ils permirent à Galka et à moi de réintégrer la cellule. Une demi-heure après, on entendit le bruit du corps de Mzyk qu’on traînait par-terre pour l’emmener.

«Il y eut ensuite quelques jours de tranquillité. L’un des prisonniers, qui travaillait comme balayeur dans le bureau du commandant, nous dit qu’il avait aperçu sur la table du commandant un document officiel du Ministère de la Justice, interdisant de battre les membres du clergé.»

Le père Olejniczak était aveugle, mais entendait tout ce qui se passait. Il donna cet autre témoignage : 

“Quand l’officier avait choisi une victime, il le frappait au visage et à coups de pied sans merci. Un jour, ce fut le tour du père Ludwik. Quand les gardiens le laissèrent, je m’approchai de lui pour le consoler. Il me répondit : Le disciple n’est pas au-dessus de son Maître (cf. Jn 15:20). Alors je lui demandai sa bénédiction, qu’il me donna aimablement."

Le dies natalis de Ludwik Mzyk est au 20 février, tandis que le Martyrologe le mentionne au 23 février.

Le père Ludwik Mzyk fut béatifié avec le groupe des cent-huit Martyrs de Pologne, en 1999.

 

 

Stanisława Rodzińska

1899-1945

 

Deuxième des cinq enfants de Michał Rodziński, Stanisława naquit le 16 mars 1899 à Nawojowa (Małopolskie, Pologne).

Le papa, qui était aussi organiste à la paroisse, était très proche des religieuses du Tiers-Ordre dominicain de Wielowski, dont la mère Stanisława Leniart avait fondé le couvent du village ; et c’est d’elle qu’il donna son nom à sa fille.

Ces religieuses faisaient l’école aux enfants du secteur, y ajoutant une formation musicale de qualité.

A six ans, Stanisława devint orpheline de sa mère, et à dix ans, de son père ; elle fut recueillie avec sa petite sœur Janine dans le couvent. A dix-sept ans, Stanisława demanda à être postulante, prit le nom de Maria Julia, puis continua des études pédagogiques à Poznan.

Après la réunification de la Pologne, il y eut un conflit avec les Soviétiques et les Lituaniens, et les Sœurs fondèrent des orphelinats à Wilno et à Rava Ruska (Lviv). Stanisława-Julia enseigna à Wilno.

En 1924 Stanisława prononça ses vœux définitifs et fut nommée dans différentes écoles de la Congrégation. C’était la mère des orphelins. Armée de son chapelet, qu’elle avait en grand honneur, elle se dépensait sans mesure auprès des orphelins, des pauvres, mettant à profit ses excellentes qualités d’administratrice.

En 1927, son expérience la fit désigner comme déléguée au chapitre capitulaire général. En 1934, elle fut supérieure à Wilno. 

La ville (désormais Vilnius) fut occupée par les Soviétiques en 1939, puis devint lituanienne, repassa à l’Union soviétique en 1940, fut occupée par les Allemands en 1941. Les Sœurs furent dépossédées et dispersées, mais continuèrent leurs activités dans la clandestinité, portant de la nourriture aux prêtres emprisonnés, probablement aussi aux Juifs persécutés.

Mais Maria Julia fut arrêtée en août 1943 pour activités nationalistes. Elle fut torturée et emprisonnée à Lukiszki, de sinistre mémoire, et soumise pendant une année au strict régime d’isolement : dans son petit bloc, elle ne pouvait pas bouger.

Quand le front biélorusse se rapprocha de Vilnius (1944), elle fut déportée avec d’autres Sœurs en wagon à bestiaux à Stutthof (Dantzig, actuelle Gdansk), où elles furent violées. Stanisława-Julia fut placée dans le secteur juif avec le numéro 40992. Elle organisa la prière dans le baraquement.

Chaque jour, les femmes les plus fragiles étaient sélectionnées pour mourir gazées. Au milieu d’une atmosphère emplie de terreur, de faim, de torture, de labeur, de sadisme, Stanisława-Julia sut montrer son courage, son espérance et sa générosité. Elle partageait le peu qu’elle avait ; on lui demandait d’arbitrer les petits conflits entre prisonnières.

Une survivante témoigna : Elle était noble, désireuse d’aider, bonne. Dans le camp, où toute pitié était totalement oubliée, elle servait avec miséricorde.

Autre témoignage : le mari d’une prisonnière, présent lui aussi dans une autre section du camp, voulait se suicider. Stanisława-Julia lui fit passer plusieurs lettres pour lui redonner espoir : il survécut au camp et à la guerre.

A l’automne 1944, se propagea une épidémie de typhus. Elle demanda à être placée avec les personnes contaminées. Elle réussit à tirer d’un amas de corps destinés à la crémation une femme encore en vie, qui survécut et put rendre témoignage. Elle contracta la maladie. En hiver, les nazis évacuèrent le camp, y abandonnant les mourants, dont six-mille neuf-cent vingt-deux femmes agonisantes.

Stanisława fit alors le sacrifice de sa vie, et mourut le 20 février 1945, peu de semaines avant la fin de la guerre.

Elle a été béatifiée en 1999 parmi cent-huit Martyrs polonais, qui sont localement fêtés ensemble le 12 juin.

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19 février 2021 5 19 /02 /février /2021 00:00

19 FEVRIER

 

II.

S Auxibe, romain, évêque à Chypre pendant cinquante ans, son frère lui succédant.

III.

S Gabin, prêtre romain, qu’on dit parent de Dioclétien, frère du pape Caïus, sénateur et père de ste Suzanne.

IV.

S Zambdas (Zabdas), évêque à Jérusalem.

? Ss Publius, Julien, Marcel, martyrs en Afrique.

V.

S Quodvultdeus, évêque à Carthage, persécuté et exilé par les Vandales, mort à Naples.

S Odran, irlandais, disciple de s. Patrick, dont il prit la place sur le char qu’il conduisait, et fut ainsi martyrisé. 

VI.

S Rabulas, de Samosate, solitaire puis fondateur de deux monastères, en Phénicie et à Constantinople.

S Conon, abbé à Peathucla où il baptisait, ne pouvant faire autre chose à cause de son âge. 

VII.

S Mansuetus,  romain, évêque à Milan, remarqué pour sa science et ses mœurs.

S Barbatus, évêque à Bénévent, zélé destructeur des superstitions, vestiges du paganisme.

VIII.

S Béat (Bié), prêtre, défenseur de la foi en Espagne. 

IX.

S Georges, moine à Vabres, puis évêque à Lodève.

X.

S Proclo, moine en Calabre.

XIII.

B Boniface, belge, évêque à Lausanne, d’où il préféra démissionner pour se retirer à La Cambre ; il eut des apparitions de la Sainte Vierge.

XIV.

B Corrado Confalonieri de Plaisance, noble, responsable d’un incendie pour lequel un innocent faillit être exécuté : il se fit alors tertiaire franciscain, se retira à Noto ; invoqué pour la guérison des hernies.

XV.

B Álvarez, dominicain à Cordoue, apôtre de l’Andalousie, fondateur du monastère de la “Scala cæli” pour y opérer la réforme de s. Raimondo de Capoue ; de passage en Terre Sainte, il y fut attristé par l’endurcissement des mauvais catholiques.

Bse Elisabetta Picenardi, tertiaire des Servites à Mantoue. 

XIX.

Ste Luqi Yi Zhenmei, catéchiste laïque et vierge chinoise martyre, du groupe des cent-vingt canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

XX.

B John Sullivan (1861-1933), prêtre jésuite irlandais, converti du protestantisme, béatifié en 2017.
B Józef Zaplata (1904-1945), frère profès de la Congrégation du Sacré-Cœur, martyr polonais à Dachau, béatifié en 1999.

Gabinus de Rome

† 296

 

D’après la Passio de ce Martyr, Gabinus aurait été un parent de l’empereur Dioclétien, un frère du pape Caïus (mort en 295, v. 22 avril), et le père de l’illustre martyre Suzanne (v. 11 août).

Gabinus était sénateur et, après la mort de son épouse, avait reçu le sacerdoce.

Parmi les bonnes actions qui lui sont attribuées, il y eut la conversion de toute une famille d’Ostie : Maxime et son épouse Prépédigne, avec leurs deux enfants Alexandre et Cutias, ainsi que Claude, le frère de Maxime, qui furent tous brûlés vifs, le 18 février 295.

Ensuite, Gabinus fut mis en prison, avec Suzanne ; celle-ci fut martyrisée le 11 août 295, mais Gabinus languit en prison pendant encore de longs mois. On croit qu’il y mourut de faim.

Les Chrétiens purent enterrer son corps avec ceux du pape Caïus et de Suzanne dans la maison de Gabinus, proche des Thermes de Dioclétien, et sur laquelle fut édifiée ensuite l’église Sainte-Suzanne.

Le pape Paul V, au 17e siècle, aurait retiré le corps de Gabinus pour le remettre aux Jésuites de Lyon.

Ce Gabinus serait commémoré le 19 février, mais la date est conjecturale.

 

 

Quodvultdeus de Carthage

† 454

 

Un certain nombre d’évêques et de prêtres de Carthage et de la région, furent victimes de la persécution des Vandales. Ce fut par exemple le cas des ss.Silvanus, Castrensis et Secundinus (v. 10 et 11 février).

Quodvultdeus («Ce que Dieu veut») est un autre exemple de la même situation.

Vers 421, il était diacre de l’église de Carthage. C’est à cette date qu’il demanda à s.Augustin (v. 28 août) d’écrire un ouvrage sur les hérésies : en effet, le De Hæresibus de s.Augustin est dédicacé à Quodvultdeus.

Vers 437, il fut élu évêque de Carthage, pour succéder à Capreolus. Quelques données étant manquantes, on peut dire seulement qu’il y eut au moins quate évêques avant Quodvultdeus sur le siège épiscopal de Carthage.

En 438-439, lorsque se déchaîna la persécution de Genséric, roi des Vandales, la ville de Carthage fut prise. Genséric chercha de toutes les façons à faire apostasier Quodvultdeus.

Finalement, l’évêque, avec grande partie de son clergé, fut mis à bord d’une embarcation vétuste et sans voiles, qui aurait dû chavirer en pleine mer, mais qui accosta rapidement sur la côte italienne de Campanie.

Quodvultdeus fut certainement reçu fraternellement par ses Confrères, et intégré dans le clergé ; mais aussi il avait alors toute la tranquillité d’écrire son Livre des Promesses et des Prédictions de Dieu ; également, il prit part à la controverse du pélagianisme, qu’il combattit.

On ne connaît pas davantage la date précise de sa mort. On sait que son successeur à Carthage, Deogratias, fut consacré en 454, mais le siège a certainement pu rester vacant un certain temps, à cause de la persécution. On avancera donc prudemment que Quodvultdeus mourut vers les années 444-454, à Naples.

Saint Quodvultdeus de Carthage est commémoré le 19 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mansuetus de Milan

† 681

 

Mansuetus était né à Rome, de la grande famille des Savelli.

Sa science et ses mœurs parfaitement intègres le désignèrent en 672 pour devenir le quarantième évêque de Milan.

Si Mansuetus fit honneur à son nom (mansuetus = doux), sa plume fut autrement sévère contre l’hérésie monothéliste. 

Il célébra un concile dans sa ville en 679, et assista à celui de Rome en 680, convoqué par Agathon (v. 10 janvier), contre le monothélisme ; on y désigna ceux des participants qui iraient au prochain concile de Constantinople : Mansueto n’était pas du nombre.

Au retour du concile de Rome, il fut atteint par une contagion et mourut le 19 février 681, ce qui exclut qu’il ait participé au concile de Constantinople de 681.

Dans la liturgie ambrosienne, qui ne célèbre pas de festivité en période de Carême, saint Mansuetus est commémoré le 2 septembre, mais il est inscrit au 19 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Barbatus de Benevento

610-682

 

Barbatus (ou Barbas, en italien Barbato) naquit vers 610 dans le petit village de Vandano (Cerreto Sannita, Benevento, Campanie, Italie CS), dans une famille pauvre, mais chrétienne. 

A la maison comme à l’école, il apprit à lire l’Ecriture, qui le passionna, et grandit ainsi dans une grande innocence de vie.

Il reçut le sacerdoce, peut-être avec dispense d’âge, et fut tout de suite chargé de la prédication et on lui confia la paroisse de Morcone.

Son zèle pour la réforme des mœurs et la restauration de la discipline lui suscita des ennemis ; il fut en butte à une persécution atroce, qu’il supporta en toute humilité, patience et charité. Des rumeurs calomnieuses contre son honneur et sa chasteté pouvaient rendre son ministère infructueux ; il fut donc rappelé à Benevento, où il continua à prêcher par la parole et surtout par l’exemple.

Les Lombards qui avaient récemment conquis le duché de Benevento (590), y avaient aussi implanté leurs superstitions, et l’on vénérait çà et là une vipère en or ou un arbre «sacré». Pour venir à bout de ces pratiques abominables, Barbatus accompagna sa prédication de prières et de jeûnes ardents. Il fut aussi inspiré par Dieu pour prophétiser aux habitants de Benevento le siège de la ville par l’armée impériale, mais aussi la déroute de l’armée, si l’on recourait à l’intercession de la Sainte Vierge : tout ceci arriva effectivement, et le peuple se convertit.

Quand l’évêque de Benevento mourut, durant ce siège, ce fut Barbatus qui fut choisi unanimement pour lui succéder (633). Le nouvel évêque profita de sa mission pour pourchasser jusqu’aux ultimes restes de la superstition : la vipère en or fut fondue et il en fit un calice, pour que le Sang rédempteur couvrît les fautes du peuple ; l’arbre «sacré» fut abattu sans tarder.

C’est sous son épiscopat que le sanctuaire de Saint-Michel au Mont Gargan fut adjoint au diocèse de Benevento (il passa plus tard à celui de Manfredonia).

En 680, Barbatus participa au concile romain convoqué par le pape Agathon (v. 10 janvier) et souscrivit l’année suivante à celui de Constantinople, qui condamnait définitivement le monothélisme.

Peu après, le 19 février 682, il mourut à Benevento, auréolé de sainteté.

Saint Barbatus est commémoré le 19 février au Martyrologe Romain.

 

 

Georges de Vabres

† 884

 

Georges naquit dans une famille chrétienne de la noblesse et acquit par sa formation intellectuelle et spirituelle un degré vraiment supérieur de culture et de piété.

Il résolut de quitter le monde pour se donner tout à Dieu et entra à l’abbaye bénédictine Sainte-Foy de Conques (act. Aveyron), où il fut ordonné prêtre.

Lors de l’invasion des Normands (vers 862), le monastère dut être abandonné et les religieux se replièrent sur Toulouse, où le comte Raymond voulait aussi favoriser la construction d’un nouveau monastère.

Ainsi naquit l’abbaye bénédictine de Vabres (act. Aveyron), qui fut fondée dès 862.

Georges en fut donc un des moines fondateurs. Il y brillait tellement par ses vertus, sa fidélité à la Règle et sa science, qu’on parla de lui alentour.

Avertissement aux lecteurs : ce qui suit reste conjectural. Il semble qu’il faille distinguer deux Georges, l’un moine à Vabres, l’autre évêque de Lodève.

En 863, Georges fut appelé au siège épiscopal de Lodève, devenant le neuvième évêque de ce diocèse (qui sera supprimé sous la Révolution et rattaché à celui de Montpellier).

Georges gouverna son diocèse avec la sagesse et la prudence qui font les Saints, et c’est saintement qu’il s’endormit dans le Seigneur, vers 884.

Ses restes furent vénérés sans interruption jusqu’à la triste période de la Réforme, où ils furent dispersés au vent.

L’abbaye de Conques est actuellement occupée par des religieux de l’Ordre de Prémontré.

Saint Georges est à présent commémoré le 19 février dans le Martyrologe Romain, comme moine de Vabres. Un autre Georges, évêque de Lodève, est commémoré le 9 novembre.

 

 

Proclo de Bisignano

† 975

 

Une revendication locale faisait remonter l’origine de la famille de Proclo à l’antique maison latine des Sabini et de Gneo Manlio.

Proclo était de Bisignano (Cosenza, Calabre, Italie SO).

Quelques indices firent penser que Proclo était de famille aisée.

C’est ainsi qu’une chronique ou Vie de s.Nil (v. 26 septembre) nous donne un certain nombre de détails du disciple de s.Nil que fut Proclo. En voici la teneur : 

Le bienheureux et très saint Proclo fut un personnage doué d’une instruction encyclopédique : son esprit était véritablement une arche d’œuvres tant profanes que sacrées. Avant d’être moine, jeune encore, il s’était imposé ce style de vie : il jeûnait chaque jour jusqu’à l’heure de vêpres, lisant, se privant d’aliments cuits ou de boissons agréables ; depuis vêpres jusqu’aux vigiles de la nuit, il visitait toutes les églises du pays, récitant intégralement le psautier et exécutant devant la porte de chaque église maintes prostrations : c’est lui-même qui en avait défini le nombre, que Dieu seul connaissait. Une fois entré dans la vie monastique, ayant reçu de notre saint Père Nil l’habit de la vie religieuse, il s’imposa une telle abstinence et une telle rigoureuse ascèse, il mortifia tellement tous ses membres, qu’il en conçut de pénibles maladies, qu’il supporta jusqu’à son dernier souffle de vie.

La science immense de Proclo le fit appeler encyclopédie vivante. C’est de cette vaste culture qu’on croit pouvoir déduire qu’il était d’origine noble.

Le monastère où vécut Proclo sous la conduite de Nil, est probablement situé dans le fameux Mercurion, une région limitrophe entre Lucanie et Calabre, où fleurit une véritable colonie de monastères et ermitages durant les 10e et 11e siècles. Ce n’est que plus tard en effet, que Nil s’installa à Grottaferrata, près de Rome.

On croit que Proclo mourut vers 975. 

On est en droit de se demander pourquoi Proclo et tant d’autres dans l’histoire purent à ce point tenir leur corps en esclavage, d’en concevoir des plaies, des maladies, qui certainement accélérèrent leur fin de vie. L’Eglise ne permet pas les mortifications qui peuvent altérer la santé, ni même celles dont les sujets pourraient en retirer quelque vanité. Les Saints et les Saintes qui ont pratiqué des mortifications parfois jusqu’aux extrêmes de la possibilité humaine, ont pu le faire à cause de leur amour total pour Dieu, ou parfois aussi avec une mystérieuse permission divine, que seuls les grands Mystiques ont connue. La morale chrétienne en revanche, nous invite à supporter les petits moments difficiles de chaque instant avec paix et sérénité, sans impatience ni révolte intérieure, ce qui est d’ailleurs autrement difficile et méritoire.

Saint Proclo est maintenant commémoré le 19 février au Martyrologe Romain.

 

 

Boniface de Lausanne

1188-1265

 

Né à Bruxelles le 5 juin 1181 (ou en 1188 ou en 1173), Boniface était de la famille des Clutinc. Son père était orfèvre.

Il étudia la théologie à Paris et devint maître en théologie à dix-sept ans. Ordonné prêtre, il ne célébra jamais la messe sans y verser d’abondantes larmes.

Pendant six ans, il fut curé-doyen de la collégiale Sainte Gudule, l’actuelle cathédrale de Bruxelles, en même temps qu’il était professeur de théologie à Paris.

Son départ de Paris fut causé par un débat houleux qui tourna très mal, car il y eut même des morts. Il partit alors à Cologne, où enseignait saint Albert le Grand (on lit parfois qu’il alla à Mayence pour y fonder une université) ; là, il fut écolâtre (professeur) pendant deux ans (1229-1231). 

Il fut alors choisi pour l’évêché de Lausanne (1231). Cette ville était dépourvue d’évêque depuis deux ans déjà, et Boniface n’était pas le bienvenu. Les chanoines avaient leurs préférences et surtout leurs riches propriétés, et n’entendaient pas suivre leur nouvel évêque sur la voie de la pauvreté. Quant à l’empereur Frédéric II, il devint farouchement ennemi du saint évêque, car ce dernier, au 1er concile de Lyon (1245), se prononça pour son excommunication.

L’empereur envoya même une troupe pour s’emparer de l’évêque, mais Boniface en fut averti à temps et échappa au danger. Après avoir donc vainement tenté de réformer son diocèse, Boniface préféra renoncer à son titre et à son siège, et demanda plusieurs fois au pape de l’en relever. Le pape finit par accepter (1239), mais proposa deux autres sièges à Boniface, qui les refusa tour à tour, ne se sentant pas capable de les assumer.

Enfin il fut «libéré» et put se retirer dans l’abbaye cistercienne de la Cambre, qui se trouve au cœur de la forêt de Soignes, non loin de Bruxelles. Il y resta dix-huit années, donnant aussi de son temps à l’évêque de Liège, dans l’administration de ce diocèse.

Boniface eut le don des miracles, et fut favorisé d’apparitions de Notre-Dame. Il sut également certains événements qui se produisaient loin de là, comme la captivité de saint Louis de France en 1250.

Une maladie lui ayant retiré l’usage de ses mains, il fut assisté par des anges pour célébrer la messe.

Boniface mourut en paix le 19 février 1265.

Il a été béatifié en 1603 et canonisé en 1702, quoique le Martyrologe le nomme comme Bienheureux.

Certains le nomment indifféremment Boniface de Lausanne ou Boniface de Bruxelles.

Corrado Confalonieri de Plaisance

1290-1351

 

Corrado était né vers 1290 à Plaisance, d’une famille fort honorable, et vivait avec son épouse, Eufrosina, qui correspondait tout-à-fait à son rang.

Il aimait la chasse et un jour, pour débusquer une bête, fit mettre le feu à un fourré ; le feu gagna les champs voisins et détruisit les récoltes. Un brave paysan qui glanait par là quelques brindilles de bois pour son feu, fut arrêté, jugé coupable de l’incendie et condamné à mort.

Corrado eut l’honnêteté d’aller se déclarer coupable ; on libéra le pauvre paysan, mais on jugea Corrado imprudent et il dut rembourser les dégâts, ce qui le ruina complètement, lui et son épouse.

Ils réfléchirent alors sur la vanité de cette existence et décidèrent d’entrer tous deux en religion, elle chez les Clarisses de Plaisance, lui parmi des ermites du voisinage. Il est probable que Corrado fit partie du Tiers-Ordre franciscain.

Evidemment, ce revirement de situation lui attira des visites, d’amis et de curieux. Pour fuir l’agitation, Corrado fit un pèlerinage à Rome, passa en Sicile et se fixa près de Noto.

Là, il passa trente-six années, partageant son temps entre le service à l’hôpital de Noto et la pénitence dans un ermitage : outre la prière persévérante, il ne prenait que du pain, de l’eau et des herbes, couchant sur la terre, appuyant sa tête sur une pierre. S’il s’éloignait, c’était pour aller voir son confesseur ou pour vénérer le célèbre Crucifix de Noto.

Dieu permit au démon de la gourmandise de le tenter longuement, cruellement, lui rappelant la belle vie d’autrefois, mais Corrado eut la grâce de surmonter les épreuves et reçut le don des miracles ; le premier recensé fut la guérison d’une hernie sur un petit enfant, avec un signe de croix. Un autre miracle fut de servir du pain tout frais à l’évêque de Syracuse qui était venu le voir (alors qu’il n’avait jamais de pain frais chez lui), et ajoutant, tout ingénûment, que Dieu l’avait permis en son honneur ; par la suite, Corrado parcourut une quarantaine de kilomètres pour rendre à l’évêque sa visite.

Il sut le prochain jour de sa mort et s’y prépara saintement, reçut les Sacrements et s’éteignit le 19 février 1351, sainte mort qui fut saluée par le carillon des cloches que personne ne sonnait.

Une foule de gens se précipita de Noto et de la ville voisine de Avola, pour obtenir des reliques ; on estima «miraculeux» que personne ne fût blessé dans cette immense échauffourée.

Corrado fut invoqué particulièrement pour les hernies.

Une première reconnaissance de culte eut lieu en 1515. Le Bienheureux est mentionné au Martyrologe Romain le 19 février.

 

 

Álvaro de Cordoue

1348-1430

 

Álvaro (ou Álvarez) était originaire de Cordoue (Espagne) ou de Lisbonne (Portugal) et pouvait être né vers les années 1350.

En 1368 - la première date sûre qu’on ait de lui - il entra  chez les Dominicains de Cordoue. 

Le Grand Schisme allait éclater en Occident et Álvaro se donna à toutes sortes de pénitences pour expier cette erreur : cilice, chaîne de fer, veilles, jeûnes, silence, rien ne lui suffisait pour implorer la miséricorde de Dieu. 

Parmi les Frères, il recherchait avidement le dernier rang, toujours prévenant envers eux.

Il parcourut l’Andalousie en prêchant, puis passa en Italie, et de là en Palestine. Près des Lieux Saints, il pleura amèrement sur l’endurcissement des Sarrazins et des schismatiques, mais aussi des mauvais catholiques.

En 1405, il reprit son apostolat en Espagne. Le roi Enrico II de Castille le consulta ; à la mort de ce dernier, la reine Catalina le prit comme confesseur et lui confia l’éducation du jeune roi Juan II. Álvaro en profita pour réformer la cour, mais demanda sa liberté dès que possible. 

La reine l’appuya dans son désir de fonder un couvent dominicain selon l’esprit de réforme voulu par s. Raimondo de Capoue (v. 5 octobre). Le couvent s’appela Escalacæli (Echelle du Ciel), et fut une pépinière de sainteté et de science divine.

Álvaro prêcha pour convaincre la population de rester fidèle au pape légitime (Grégoire XII puis Martin V) et de s’opposer à l’antipape Pedro de Luna (qui s’appelait Benoît XIII).

Álvaro avançait en âge, mais ne s’épargnait aucune fatigue pour la prédication et l’enseignement ; la nuit, il priait longuement. Il fit construire plusieurs petites chapelles sur le territoire du monastère ; une nuit qu’il fut bloqué par la tempête dans l’une d’elles, tandis que l’eau descendait en cascade alentour, il entendit la cloche de l’office : il étendit son manteau sur ce ruisseau imprévu, et revint au couvent à pieds secs et à l’heure ; son manteau était resté sec et propre.

Au terme de ses prédications, il suscitait la charité des fidèles en faveur des Frères, dont le couvent de l’Echelle du Ciel ne vivait que d’aumônes.

On le voyait parcourir à genoux le trajet qui le menait à une chapelle mariale, pendant lequel il se flagellait.

Álvaro eut la joie de saluer la fin du schisme d’Occident (1417) avec l’élection de Martin V.

Comme le rappelle le Martyrologe Romain, Álvaro mourut le 19 février 1430 et son culte fut confirmé en 1741.

 

 

Elisabetta Picenardi

1428-1468

 

Elisabetta (on lui donne parfois le nom de Bartolomea) naquit vers 1428 à Mantoue (Lombardie, Italie N) de nobles et pieux parents, Leonardo et Paola Nuvoloni. Sa sœur s’appelait Orsina, leur frère Stefano. La famille avait de la parenté aussi à Crémone.

Tandis que plusieurs jeunes hommes de la noblesse locale auraient bien désiré épouser une pieuse jeune fille comme Elisabetta, celle-ci, au contraire, obtint de son père la permission d’entrer dans le Tiers-Ordre des Servites en 1448 et fit le vœu de chasteté.

Sa mère mourut peu après, et son père en 1465. Elle alla alors habiter chez sa sœur, dans une petite chambre à l’écart.

Ses occupations furent la prière et la pénitence, avec une particulière dévotion envers les souffrances de Notre-Seigneur et de Notre-Dame. Exceptionnellement pour l’époque, elle recevait souvent l’Eucharistie, priait l’Office comme les Religieux.

Diverses personnes de Mantoue se mirent à son école, donnant lieu à des réunions fraternelles où chacune édifiait les autres et où l’on lisait l’Ecriture.

On recourut à ses prières, à ses conseils ; malgré cette «célébrité», Elisabetta persévérait toujours dans une constante discrétion.

Un mystérieux mal de ventre la rongea et elle s’éteignit le vendredi 19 février 1468, à l’heure de la mort du Christ. On sut alors qu’elle portait un cilice et une large ceinture garnie de pointes de fer.

Un des nombreux miracles obtenus par son intercession fut le salut d’une petite fille tombée dans l’eau du lac pendant une demi-heure. Ces miracles firent reconnaître son culte en 1804.

 

 

 

Luqi Yi Zhenmei

1815-1862

 

Lucia ou Luqi était née le 17 janvier 1815 à Mianyang (Sichuan).

Elle travaillait comme catéchiste aux côtés des missionnaires.

Laïque et catéchiste, elle s’était offerte en 1858 pour succéder à sainte Agatha Lin, mise à mort pour sa foi le 28 janvier 1858 à Mianyang.

Elle fut arrêtée au même moment que Jean-Pierre Néel et ses Compagnons, qui furent décapités sous ses yeux, le 18 février 1862.

A son tour, elle versa son sang pour le Christ à Kaiyang (Guizhou), le 19 février 1862 qui est son dies natalis..

Elle a été canonisée parmi les cent-vingt Martyrs de Chine en 2000. Tous ces Martyrs sont fêtés ensemble le 9 juillet.

 

 

John Sullivan
1861-1933

John Sullivan naquit le 8 mai 1861 à Dublin (Irlande), de Sir Edward Sullivan, futur premier ministre d’Irlande, et Elizabeth Bailey. Le père était protestant, la mère catholique.
Comme ses frères, John fréquenta à partir de 1873 la Portora Royal School (Enniskillen, Irlande N), la plus prestigieuse école protestante du moment. 
A partir de 1879, John étudia les langues classiques au Trinity College de Dublin : en 1885, il y obtint la Médaille d’or ; c’est alors qu’il eut la brutale épreuve de la mort subite de son père.
Il alla étudier le droit au Lincoln’s Inn de Londres. En 1888, il obtint son diplôme et commença à pratiquer le droit.
Il voyagea beaucoup ; c’était un jeune homme apparemment mondain, très élégant, mais intérieurement, John était en recherche ; la vie monastique l’attirait : en 1896, il passa plusieurs mois dans le monastère du Mont Athos (Grèce).
Finalement, cette même année 1896, de retour à Londres, il fut reçu dans l’Eglise catholique en l’église des Jésuites à Farm Street. A partir de ce moment-là, il modifia tout son genre de vie : il retira de sa chambre tout le superflu, il s’habilla très simplement. Il se mit à visiter les malades, les vieillards, leur apportant de petits cadeaux, leur lisant des livres.
Il entra chez les Jésuites au noviciat St.Stanislaus de Tullabeg en 1900, suivit les cours de philosophie au Stonyhurst College (Angleterre) et ceux de théologie à Milltown Park et fut ordonné prêtre en 1907.
Son apostolat fut désormais le Clongowes Wood College (Kildare), où il fut le professeur de nombreux élèves, mais surtout où il fut un excellent directeur spirituel pour les internes de l’établissement.
Cet apostolat connut une brève interruption, de 1919 à 1924, quand John fut nommé recteur de Rathfarnham Castle (Dublin). 
Les élèves le firent connaître aux parents : on était attiré par son genre de vie austère, son amour de la prière, sa sollicitude pour les pauvres et les malades des environs. On vint en foule lui demander des conseils, des prières.
John passa ses dernières années à St.Vincent’s Nursing Home, pas très loin de la maison familiale. Sa mort advint le 19 février 1933.
Le père John Sullivan  fut béatifié en 2017.
John Sullivan sera commémoré le 19 février dans le Martyrologe Romain.

 

Józef Zapłata

1904-1945

 

Józef était né à Jerka (Koscian, Pologne) le 5 mars 1904.

Après son service militaire, il entra dans la Congrégation des Frères du Sacré-Cœur de Jésus (1927). Il fit ses premiers vœux en la fête de la Nativité de la Sainte Vierge (8 septembre 1928) et ses vœux perpétuels le 10 mars 1938.

Il travailla à la curie de Poznan, comme secrétaire du Primat de Pologne. Il fut aussi pendant un temps maître des novices de sa Congrégation à Lviv.

Arrêté le 3 octobre 1939, il sera malmené d’un endroit à un autre, d’abord au Fort VII de Poznan, puis à Saint-Kazimierz, puis au camp de concentration de Mauthausen-Gusen (1940), enfin à Dachau. Il porta le numéro 22099.

Après avoir survécu plus de cinq ans aux atrocités de la détention, il fut infecté par le typhus en soignant d’autres prisonniers, et mourut le 19 février 1945, onze semaines seulement avant la fin de la guerre.

Il a été béatifié en 1999 parmi les cent-huit Martyrs polonais qui sont fêtés ensemble le 12 juin.

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18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 00:00

18 FEVRIER

 

III.

Ss Léon et Parégoire, martyrs à Patare.                                                                                                                                       

Ss Maxime, avec son frère Claude, son épouse Prépédigne et leurs enfants Alexandre et Cutias, martyrs à Ostie, apparentés à Dioclétien.

? Ss Lucius, Silvain, Rutule, Classique, Secondin, Fructule et Maxime, martyrs en Afrique.

IV.

Stes Constance, fille (ou nièce) de Constantin, et ses compagnes, Attique et Artémie, vierges à Rome. 

S Légonce, évêque à Metz.

S Sadoth (Schiadustes), évêque à Séleucie et Ctésiphon, martyr avec cent-vingt-huit membres de son clergé.

VII.

S Eladio, moine à Agali, évêque à Tolède.

S Colman, écossais, évêque à Lindisfarne, puis abbé à Inibofin, où les moines écossais et saxons ne s’entendaient pas, de sorte qu’il fonda un monastère pour saxons à Mayo.

IX.

S Tarasios, nommé encore laïque évêque à Constantinople ; il convoqua un concile pour condamner l’iconoclasme et resta en profonde union avec Rome. 

S Angilbert, grand seigneur et secrétaire de Charlemagne, abbé à Centule, surnommé Homère pour sa culture littéraire. 

XII.

S Teotónio, archiprêtre à Viseu, fondateur d'une congrégation de chanoines réguliers à Coimbra, premier Saint du Portugal.

XV.

B Guido di Pietro (Giovanni da Fiesole, Fra Angelico), dominicain à Florence, mystique, peintre, béatifié en 1982.

XVI.

B William Harrigton, prêtre anglais, martyr à Tyburn.

XVII.

B John Pibush, prêtre anglais, martyr à Southwark.

XIX.

S François-Régis Clet, de Grenoble, lazariste, martyr par la strangulation, un des premiers saints de Chine, canonisé en 2000 et fêté avec tous ses compagnons le 9 juillet.

Ss Jean-Pierre Néel, lyonnais, missionnaire en Chine, martyr avec deux catéchistes Mading Wu Xuesheng et Ruowang Zhang Tianshen, et un néophyte Ruowang Chen Xianheng, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

XX.

Ste Caterina Comensoli (Maria Geltrude du Très Saint Sacrement, 1847-1903), fondatrice des Sacramentines de Bergame, pour l’adoration perpétuelle, béatifiée en 1989, canonisée en 2009.

B Jerzy Kaszyra (1904-1943), prêtre marianiste polonais, martyr en Biélorussie,  béatifié en 1999.

Shahdost de Séleucie

† 342

 

Sadoth (ou Sciadhustes, «ami du roi») était prêtre dans le diocèse de Séleucie-Ctésiphon (sud de Bagdad, Irak).

En 325, le onzième évêque de ce siège était Shimun Bar Sabba’e (v. 17 avril) qui, ne pouvant se rendre au concile de Nicée, y envoya son prêtre Shahdost (habituellement écrit chez nous Sadoth).

Au retour, celui-ci lui apportait la décision prise durant ce concile, de nommer Shimun métropolitain pour toute la Perse.

Shimun fut martyrisé en 341. On lui donna comme successeur Sadoth.

Au printemps de 342, Sadoth eut une vision dont il fit part à son clergé ; il le convoqua avec la discrétion nécessaire car la persécution sévissait encore, et leur dit ceci : 

La nuit dernière, j’ai vu en songe une échelle brillante dont le sommet atteignait le ciel. Tout en haut se tenait l’évêque Shimun, environné de gloire ; quant à moi, j’étais à terre tout en bas. ‘Sadoth, me dit-il d’un ton qui exprimait son bonheur et sa joie, monte jusqu’à moi, ne crains rien, je suis monté hier, à ton tour aujourd’hui !’ J’ai cru comprendre dès lors que j’étais appelé à confesser le Christ ; l’an passé, Shimun a subi le martyre, je dois le subir cette année et être livré à la mort.

Quand le roi Sapor arriva à Séleucie, il se fit amener Sadoth avec cent-vingt-huit membres de son clergé, prêtres, diacres, moines, vierges, qu’il fit charger de chaînes et jeter en prison, pendant cinq mois.

Pendant cette longue détention, les gardiens ne cessaient de les tourmenter, et de les inviter à adorer le soleil. 

A la fin, le roi prononça contre eux la sentence de mort, que tous les prisonniers reçurent avec l’expression de la plus grande joie.

Sur le chemin qui les conduisait au supplice, ils chantaient le verset du psaume : Juge-moi, Seigneur, sépare ma cause de la nation impie ; arrache-moi de l’homme inique et fourbe, car c’est toi qui es le Dieu de mon refuge (Ps 42:1-2). Sur le lieu du supplice, le chant continuait et ne s’acheva qu’avec la mort du dernier martyr.

Sadoth fut conduit en une autre localité, Beth Lapat (plus tard Gundishapur, proche de Shahabad et Dezfoul, province du Khouzistan en Iran SW), ce qui représente une distance d’environ cinq cents kilomètres, que l’évêque n’a certainement pas parcourus dans un carosse confortable. 

C’est donc là qu’il fut décapité, en l’an 342.

Saint Sadoth de Séleucie est commémoré le 18 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eladio de Tolède

566-633

 

Eladio (ou Heladio) naquit vers 566 en Espagne, issu d’une famille princière.

Jeune, il recouvra des charges importantes à la cour des rois goths d’Espagne, comme de gouverneur de la province de Cartagena ; il fut membre de l’Aula Regia sous Sisebuto, ce roi qui fit construire l’église Sainte-Léocadie à Tolède.

Eladio aurait exprimé au roi sa préférence pour l’expulsion des Juifs du royaume : ceux-ci n’étaient pas nombreux alors, et pouvaient être montrés du doigt par des Chrétiens, tandis que, s’ils se rapprochaient d’autres coreligionnaires, ils pouvaient, pensait Eladio, se soutenir et s’entraider.

De temps en temps, Eladio s’arrêtait au monastère d’Agali et prenait part aux travaux des moines. Il finit par y rester : il prit l’habit et émit la profession ; c’était peut-être un monastère bénédictin. En 605, Eladio fut élu abbé.

En 615, il fut nommé archevêque de Tolède, à quarante-neuf ans. Pendant les dix-huit années de son épiscopat, il donna l’exemple de toutes les vertus, particulièrement de la générosité envers les pauvres.

Eladio mourut en 633.  Certains avancent qu’il démissionna peut-être quelques années plus tôt de sa charge épiscopale pour se retirer dans le silence du monastère.

Saint Eladio est commémoré le 18 février au Martyrologe Romain, qui ne parle pas de cette éventuelle démission.

 

 

Tarasios de Constantinople

730-806

 

Tarasios (devenu Taraise en français) naquit vers 730 à Constantinople, de famille patricienne. Son père Georgios était éparque, haut magistrat, connu pour son intégrité ; sa mère, Encratia, était un modèle de piété.

Le jeune homme grandit donc dans une ambiance favorable au développement de la vertu et de l’honnêteté. Il devint consul, puis secrétaire d’état sous l’impératrice Irini et son fils Constantinos.

Il faut rappeler ici que le patriarche de Constantinople, Paulos IV, avait eu la faiblesse de pencher du côté des iconoclastes ; mais en 784, une forte maladie le fit réfléchir et, plein de remords, il décida de se retirer dans le monastère de Florus. Il se jugeait digne d’être frappé d’anathème par les autres patriarches, et craignait le jugement de Dieu. Il désigna comme remplaçant Tarasios lui-même.

L’élu protestait : il n’était que laïque, n’avait aucune formation pour cette charge… Rien à faire, tous n’avaient d’yeux que pour lui. Il mit alors une condition : il faudrait réunir un concile général pour proclamer la foi catholique et consolider l’union des Eglises, déchirées par l’hérésie iconoclaste.

Tarasios fut donc sacré le jour de Noël 784 : à  cette date, l’Eglise n’était pas encore divisée par le déplorable schisme, et les fêtes étaient les mêmes en Orient et en Occident. On fêtait donc Noël le 25 décembre.

Il eut le souci de se mettre immédiatement en contact avec le pape Adrien Ier, lequel d’un côté déplora qu’on eût enfreint aux saints canons en élisant un laïque, d’autre part cependant reconnut là la volonté de Dieu.

Nouvel Ambroise (v. 7 décembre), Tarasios se mit entièrement à l’étude des Ecritures et des Pères pour être à même de bien exercer sa mission. Il se donna tout entier aux veilles, à la prière fervente ; il chercha à n’imiter que le Christ, dont il se sentait le serviteur : il ne souffrait pas de recevoir les services les plus ordinaires. Humble et généreux, il distribuait tout ce qu’il pouvait aux pauvres et pourvut des hôpitaux. Il fit construire à ses frais un monastère sur le Bosphore.

En 786, le concile si ardemment désiré s’ouvrit à Constantinople, mais à cause d’une faction d’iconoclastes qui vint perturber sérieusement l’ouverture de la première session, on se transporta à Nicée. L’hérésie condamnée, Tarasios se montra particulièrement prudent envers les responsables hérétiques : il les ré-admit dans la communion en les confirmant à leurs sièges respectifs. Le concile condamna à nouveau également la simonie.

Ces bons résultats ne suffisaient pas à Tarasios. Il rencontra aussi des difficultés. C’est ainsi qu’il refusa catégoriquement d’annuler le premier mariage de Constantinos, mais n’osa pas condamner le prince ; il condamna cependant le prêtre qui avait osé bénir le second mariage. Finalement, la mort de Constantinos effaça le scandale.

Les dernières années de Tarasios se passèrent dans le calme, mais la maladie l’attaqua. Il la supporta patiemment, comme une épreuve purificatrice. Il célébra la Messe jusqu’à la fin. Quelques jours avant sa mort, un témoin l’entendit, en extase, discuter avec les démons, qui fouillaient dans toute sa vie pour y trouver quelque manquement grave : mais Tarasios répondait calmement et retrouva finalement la paix.

Il s’endormit le 18 février 806 et fut enseveli dans le monastère qu’il avait fait construire.

Saint Tarasios est commémoré le 18 février au Martyrologe Romain.

 

 

Angilbert de Saint-Riquier

740-814

 

Angilbert (ou Angilberk) était né vers 740 ; son père était bien en vue à la cour, et sa mère, Richarde, était la petite-fille de Charles Martel.

Angilbert fut élevé au palais royal, élève et ami d’Alcuin ; il devint si érudit, qu’on le surnomma l’Homère de la cour. Il reçut aussi les ordres mineurs, car il était destiné à l’état ecclésiastique. Charlemagne en fit l’un de ses secrétaires.

En suite de quoi, Charlemagne l’envoya en 782 comme ministre (intendant) du jeune Pépin, nouveau roi des Lombards, avec qui Angilbert se lia d’une grande amitié et qu’il conseilla dans le gouvernement de l’Italie.

Revenu en France en 791, il fut nommé gouverneur du Ponthieu, et c’est à ce moment qu’il s’établit à Centula, près de l’abbaye fondée par saint Riquier (v. 26 avril). 

En 792 toutefois, Charlemagne l’envoya comme ambassadeur à Rome pour accompagner Felix d’Urgell qui devait abjurer son erreur devant le pape. A nouveau, en 795, Charlemagne le chargea de porter au pape un mémoire au sujet du récent deuxième concile de Nicée (787) et du culte des saintes images. Une troisième fois, en 799, Angilbert partira à Rome, accompagnant Charlemagne pour son sacre.

Mais Angilbert n’avait pas encore ressenti d’attrait particulier pour l’état ecclésiastique. Il «épousa» (le mot reste plus ou moins contesté) la fille de Charlemagne, Berthe, dont il eut deux enfants, Hartnid et Nithard. Gravement frappé par une maladie qu’il considéra comme une punition, il fit vœu d’entrer à l’abbaye s’il guérissait ; avant d’accomplir son vœu, il dut défendre ses terres contre les envahisseurs Vikings puis, reconnaissant à saint Riquier de lui avoir donné et la guérison et la victoire, se retira dans l’abbaye. Berthe, de son côté, fut bannie de la cour en 814 et se retira à son tour dans une abbaye.

Les moines remarquèrent la réelle humilité d’Angilbert et ses pénitences austères : la conversion était réelle. En 794, ils le nommèrent abbé, mais Angilbert restait «laïc» : il devait seulement «diriger» l’abbaye. De fait, Angilbert disposa de sa fortune personelle pour reconstruire toute l’abbaye, y fit venir d’autres vocations, développa abondamment la bibliothèque, mais aussi rétablit l’observance de la Règle primitive, rehaussa la solennité des célébrations, et pourvut l’abbaye d’un grand nombre de reliques. Charlemagne visita cette abbaye en 800.

Curieusement, c’est vers cette date de 800 que les historiens situent la naissance des deux fils d’Angilbert. Il semble que cette datation ne coïncide pas avec les autres éléments de la biographie.

On a retrouvé d’Angilbert des poèmes, une épopée, où l’on discerne sa grande culture des auteurs latins. Il fut membre de l’Académie Palatine.

En 811, il signa le testament de Charlemagne, dont il devait être l’exécuteur testamentaire, mais il mourut peu après Charlemagne lui-même, le 18 février 814, avec de profonds sentiments d’humilité et de componction.

Selon sa volonté, il fut enterré près de la porte de l’abbaye, où de nombreux miracles se produisirent. Son fils Nithard, devenu historien et à son tour abbé laïc de Saint-Riquier, affirma que le corps d’Angilbert fut retrouvé intact quelques années après son enterrement.

Angilbert n’a pas été formellement canonisé, mais est mentionné par le Martyrologe au 18 février.

Teotónio de Coimbra

1082-1162

 

Teotónio vit le jour vers 1082 à Ganfei (Valença, Portugal) de Oveco et Eugenia, des parents pieux et aisés.

Cette famille comptait déjà deux prêtres, oncles de Teotónio.

L’un de ceux-ci était abbé du proche monastère bénédictin de Tuy, auquel fut confiée l’éducation de Teotónio. Quand il fut nommé évêque de Coimbra (1092), il prit avec lui Teotónio et le confia à son séminariste, Tello.

En 1098, Teotónio alla à Viseu, où son autre oncle était doyen du chapitre cathédral. Teotónio fut ordonné prêtre, peu avant 1109, et fit partie du chapitre de Viseu.

Il fut bientôt nommé archiprêtre de cette ville. Il suspendit son activité pour faire le pèlerinage de Jérusalem. Au retour, il reprit ses activités dans la prédication et le soin des pauvres. Chaque vendredi il célébrait la Messe pour les âmes du Purgatoire, puis organisait une procession au cimetière.

Une deuxième fois, il partit pour la Terre Sainte, avec des paroissiens cette fois-ci. La traversée fut longue et périlleuse, mais on accosta enfin à Joppé ; on alla sur la tombe de s. Georges (v. 23 avril) à Lydda, puis à Nazareth, au Mont Thabor, à la tombe de s. Jean-Baptiste (v. 24 juin), à Jérusalem et au Mont des Oliviers, Béthanie et Bethléem, enfin Capharnaum et le Lac de Galilée, où s’acheva le pèlerinage.

A la suite de ce long périple en Palestine, la dévotion de Teotónio envers la Passion s’accrut et le poussa à fonder un Ordre religieux qui aurait suivi la règle de saint Augustin (v. 28 août). Le premier monastère s’établit à Coimbra, où Tello, le jeune séminariste devenu archidiacre, acheta le terrain. Le monastère fut béni en 1132, et déjà soixante-douze moines y vivaient, sous la direction de Teotónio.

Le roi Afonso Henriques avait une grande confiance en Teotónio, aux prières duquel il attribuait sa victoire à Ourique. Mais le prêtre restait impartial et sut adresser ses reproches à la reine et son amant.

Plusieurs fois, il fut préconisé pour l’épiscopat à Viseu ou Coimbra, mais il refusa. Un jour que la reine lui objectait que la Messe était trop longue, il répondit poliment que la Messe était offerte à un Souverain plus grand qu’elle et qu’elle était bien libre d’y être ou de s’en aller.

En 1152, Teotónio renonça à toutes ses charges et se retira dans le silence de son monastère, uniquement préoccupé de sa propre sanctification. Saint Bernard de Clairvaux (v. 20 août), informé de ses saints mérites, lui envoya une crosse pastorale.

Teotónio mourut le 18 février 1162. Le roi Afonso I dit alors : Son âme sera plus vite au Ciel que son corps porté en terre.

Il aurait été canonisé dès 1163, premier Saint du Portugal.

En 2000, une Confraternité de Saint Teotónio fut fondée sous l’égide de Miguel de Bragança, duc de Viseu et Infant du Portugal, pour des hommes désireux de défendre les valeurs chrétiennes.

 

 

Guido di Pietro

1395-1455

 

Guido naquit vers 1395 à Vicchio (Mugello, Toscane, Italie C) de Pietro, son père (d’où son nom). Son petit frère, Benedetto, fut aussi religieux.

Après avoir reçu une formation artistique à Florence, il fut vite connu comme peintre, miniaturiste, habile utilisateur du bleu lapislazzuli et de l’or en feuille : ces pigments rares et coûteux étaient soumis à des contrôles rigoureux quant à la quantité utilisée.

En 1418 ou peu après, Guido entra dans l’Ordre dominicain à Fiesole, où il émit les vœux et porta désormais le nom de Giovanni de Fiesole.

Il fut ordonné prêtre vers 1427-1429.

On a retrouvé des documents d’archives où il figure parmi les membres du chapitre dominicain, une fois aussi comme vicaire du prieur absent ; une autre fois comme expert pour décider du salaire à attribuer à un autre artiste.

Ses œuvres le firent vite connaître et on lui commanda divers travaux.

En 1438, les Dominicains se déplacèrent de Fiesole à San Marco de Florence. Frère Giovanni fut appelé alors à Cortona par le grand mécène Cosimo de’ Medici, puis habita au couvent de Florence jusqu’en 1445.

Cette année-là, il fut même proposé comme archevêque de Florence, mais il refusa, indiquant au pape un autre candidat, ce qui montre que Frère Giovanni avait à la fois l’instruction et les capacités d’un archevêque, et l’autorité qui lui consentait de suggérer au pape une telle nomination.

Il fut tout de même appelé à Rome par le pape, et vécut au couvent romain de Santa Maria sopra Minerva. Il décora la chapelle vaticane du pape Nicola V, qui l’envoya ensuite décorer la cathédrale d’Orvieto (1447).

En 1450, Giovanni revint à Florence, où il fut élu prieur, pour deux années. On sait qu’ensuite il fut appelé à décorer la cathédrale de Prato, mais il semble qu’il n’en ait pas eu le temps, absorbé par d’autres commandes.

En 1454, il fut appelé à Perugia, puis de nouveau à Rome.

Le surnom de Fra Angelico (Frère Angélique) a très tôt été donné à Giovanni da Fiesole, pour la finesse avec laquelle il représentait les créatures angéliques. On a dit parfois que Giovanni peignait ce qu’il voyait dans les visions dont il était favorisé. Cette inspiration divine pourrait démontrer aussi un autre fait extraordinaire : on prétend souvent que, techniquement parlant, un seul homme ne pourrait pas réaliser aussi rapidement tant de fresques qu’on a attribuées à Giovanni-Fra Angelico et donc que, probablement, plusieurs autres artistes auraient collaboré à ses œuvres. Mais les Anges que Giovanni contemplait, n’auraient-ils pas aussi assisté son travail, guidant ses mains et accélérant miraculeusement l’exécution de si belles réalisations ?

Fra Angelico mourut à Rome le 18 février 1455, et fut enseveli justement dans la basilique de Santa Maria sopra Minerva (près du Panthéon), tout près du maître autel.

Celui qu’on a constamment appelé Beato Angelico, fut effectivement reconnu comme Bienheureux en 1984 et, depuis lors, inséré au Martyrologe Romain.

Il a été proclamé patron céleste des Artistes.

 

 

William Harrington

1566-1594

 

William était né en 1566 à Felixkirk (Yorkshire N, Angleterre), dans une famille qui, autrefois, avait reçu Edmund Campion (v. 1er décembre), mais qui, depuis, avait abandonné la Foi catholique.

Mais William était resté très impressionné par l’exemple du futur Martyr et traversa la Manche pour venir au séminaire de Reims, puis au noviciat des Jésuites à Tournai (1582-1584). Il aurait eu le temps de recevoir les Ordres, s’il n’avait pas été obligé de garder la chambre pendant cinq ou six ans.

Ce n’est qu’en février 1591 qu’il put venir à Reims et recevoir l’ordination sacerdotale puis, en août 1592, repasser en Angleterre.

En mai 1593, il fut arrêté. Il passa neuf mois en prison, montrant une remarquable constance et une grande noblesse d’âme autant durant l’incarcération que devant le tribunal et au moment de l’exécution.

D’après un texte apparu après la mort de William, ce dernier aurait eu un enfant avant son ordination ; mais il ressort que l’auteur, après avoir renié sa foi, aurait eu une vie orageuse, rendant ainsi très suspecte son assertion, qu’un autre auteur put aisément réfuter. 

William Harrington mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 18 février 1594.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

John Pibush

?-1601

 

John naquit à Thirsk (Yorkshire N, Angleterre), de Thomas Pibush et Jane.

En 1580, il vint au Collège anglais de Reims où il fut ordonné prêtre en 1587.

On connaît peu de détails sur ses activités, mais c’est sa captivité qui fut particulièrement mouvementée.

Retourné en Angleterre en janvier 1588, il fut arrêté en 1593 à Morton-in-Marsh (Gloucestershire) et conduit à Londres. De là, on l’envoya à la prison de Westminster, pendant un an. Un premier jugement le chargea du crime d’être prêtre, mais ne le condamna pas tout de suite.

Remis en prison à Gloucester, il s’échappa en février 1594, mais fut repris vingt-quatre heures après à Matson et ramené à Gloucester, d’où on l’expédia à Marshalsea (Londres).

A nouveau jugé à Westminster en juillet 1595, on le condamna pour haute trahison. Il dut cependant rester en prison à Marshalsea ; en fin d’année, il se trouvait à la Queen’s Bench Prison, où il demeura encore plus de cinq années.

John Pibush mourut en martyr à Southwork (Londres) ou à Camberwell, le 18 février 1601.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

François-Régis Clet

1748-1820

 

François-Régis naquit le 19 août 1749 à Grenoble (Isère), treizième des quinze enfants de Césaire Clet et de Claire (Bourquy). La famille est apparentée à Stendhal.

Le papa est marchand de toiles à Grenoble ; une des sœurs de François-Régis sera carmélite, un frère sera chartreux.

François-Régis étudie au collège de Grenoble, puis rejoint les Lazaristes à Lyon, en 1769.

Il fait la profession religieuse en 1771, est ordonné prêtre en 1773, et va enseigner la théologie morale au séminaire d’Annecy pendant quinze ans, où il reçoit le gentil surnom de bibliothèque ambulante.

En 1788, lors d’un chapitre général, il est nommé responsable du Grand séminaire et de la maison-mère des Lazaristes à Paris.

En 1791 il part pour la Chine. Après quelques mois à Macao, il rejoint le Kiang-si (Jiangxi) sous un déguisement ; il est le premier missionnaire européen, mais il n’arrive pas à apprendre la langue locale, malgré un travail qu’il qualifie d’ indécrottable.

Une lettre à son frère chartreux révèle son humilité et sa persévérance : Il est à peu près de la première évidence que je ne suis bon à rien : toutefois la rareté des missionnaires dans ce vaste Empire ne permet pas, en conscience, de retourner en Europe, car, comme dit le proverbe, il vaut mieux que la terre soit labourée par des ânes que si elle demeurait absolument sans culture.

En 1793, il part pour le Hou-kouang où il devient supérieur de la mission. Pendant près de trente années, son zèle le fait évangéliser trois provinces : Jiangxi, Hubei, Hunan.

Il traverse les persécutions de 1805, 1811, 1818, mais est finalement arrêté en juin 1819 près de Nan-Yang-Fou, suite à une dénonciation. 

Emprisonné, torturé, chargé de la cangue, des fers aux pieds, aux mains et au cou, il devra faire à pied un trajet de vingt jours pour rejoindre la ville où il doit être jugé. Pénible épreuve, qui comporte une consolation : en prison, il retrouve un prêtre chinois et dix autres chrétiens, avec lesquels il peut prier.

Il est condamné à mort. En attendant la confirmation de la sentence par l’empereur, François-Régis écrit encore : Je me prépare à la mort en répétant souvent avec Saint Paul : ‘si je vis, c’est pour Jésus-Christ et la mort sera pour moi un gain.’

Il est exécuté par strangulation, dans la nuit du 17 au 18 février 1820 à Ou-Tchang-Fou. 

Ce même 18 février, en 1862, sera martyrisé Jean-Pierre Néel avec ses Compagnons.

Signalons aussi que Jean-Gabriel Perboyre, un autre lazariste et grand admirateur de saint François-Régis Clet, mourra à son tour martyr en 1840 (v. 11 septembre).

Béatifié en 1900, François-Régis Clet sera canonisé en 2000 parmi les cent-vingt Martyrs de Chine.

 

 

Ruowang Zhang Tianshen

1805-1862

 

Ruowang (Ioannes) était né vers 1805 à Jiashanlong (Kaiyang, Guizhou, Chine).

Laïc, il était catéchiste.

Il fut martyrisé à Kaiyang (Guizhou) en même temps que Jean-Pierre Néel (voir la notice de ce dernier).

 

 

Ruowang Chen Xianheng

1820-1862

 

Ruowang (Ioannes) était né vers 1820 à Chengdu (Sichuan, Chine).

Laïc, il était catéchiste.

Il fut martyrisé à Kaiyang (Guizhou) en même temps que Jean-Pierre Néel (voir la notice de ce dernier).

 

 

Mading Wu Xuesheng

1817-1862

 

Mading (Martinus) était né vers 1817 à Chuchangbo (Qingzhen, Guizhou, Chine).

Laïc, il était catéchiste.

Il fut martyrisé à Kaiyang (Guizhou) en même temps que Jean-Pierre Néel (voir la notice de ce dernier).

 

 

Jean-Pierre Néel

1832-1862

et ses Compagnons Ruowang, Mading, Ruowang

 

Jean-Pierre naquit à Soleymieux (Sainte-Catherine-sur-Riverie, Lyon), le 18 octobre 1832. Sa maison natale jouxte la petite chapelle du hameau, et particulièrement sa chambre natale est presque à côté de la porte de cette chapelle.

Des frères Neel (sans accent, ou peut-être même O’Neil), irlandais, s’étaient installés dans la région de Lyon deux siècles auparavant.

Jean-Pierre est le troisième des dix enfants de Jean et Antoinette.

Chaque dimanche, ce papa chrétien lit à la famille réunie la vie des Saints ainsi que les Annales de la Propagation de la Foi. Cette petite «semence» hebdomadaire ne pouvait pas rester sans fruits en tombant sur le sol pur de l’âme de Jean-Pierre.

Vers quatorze ans, Jean-Pierre est initié au latin par un curé voisin, puis il étudie aux séminaires de Montbrison (1850) et de l’Argentière (1853).

Après un bref passage au grand séminaire de Lyon, il entre en 1855 dans la Société des Missions Etrangères de Paris, où il est ordonné prêtre en 1858. Par une lettre écrite à sa famille, on sait qu’il préféra partir sans les prévenir, pour éviter des adieux trop déchirants. Jean-Pierre sait que les siens sont inconsolables, mais sa vocation reste forte : Si je vous quitte c’est pour obéir aux paroles de Jésus Christ : celui qui veut me suivre qu’il abandonne son père, sa mère, ses frères et sœurs et qu’il porte sa Croix.

Ils sont douze compagnons qui partent en août 1858 à destination de la Chine.

Arrivée à Hong-Kong en 1859. Parvenu à Chao-tcheou, il est repoussé par des rebelles chinois ; une deuxième tentative, plus fructueuse, lui permet de rejoindre sa destination, le Kay-Tchéou, et il se met à l’étude du chinois. Il habite à Kouy-yang. Il s’appelle désormais Père Ouen.

Au bout d’un an, il est capable d’évangéliser et travaille dans une vingtaine de communautés.

En décembre 1861, l’évêque, Mgr Faurie, le prie de rendre visite à une famille de Jiashanlong (Kia-cha-loung), dans la sous-préfecture de Kai, où il arrive le 5 janvier 1862. Il y attire aussi quatre nouvelles familles, et envoie chercher la catéchiste Lucia Y pour venir expliquer la religion chrétienne à tout un groupe de femmes.

Après avoir gagné au Christ une cinquantaine de néophytes, il s’apprête à repartir. Mais à ce moment-là, un groupe de rebelles aux ordres du général Tien, grand ennemi des chrétiens, vient arrêter des chrétiens. L’abbé Jean-Pierre écrit alors à l’évêque : Je reste au poste pour soutenir mes néophytes, dont le plus ancien, Jean Tchang, mon hôte, a été baptisé ce matin.

La troupe de la milice arrive sur place le 18 février au matin. Le missionnaire cache précipitamment les vases sacrés et les ornements sous un lit. La porte vole en éclat, on lui lie les mains, on arrête aussi :

  • Joannes Zhang Tianshen (le Jean Tchang dont parle Jean-Pierre dans sa lettre), né vers 1805 à Jiashanlong (Kaiyang, Guizhou), catéchiste ;
  • Martinus Wu Xuesheng, né vers 1817 à Chuchangbo (Qingzhen, Guizhou), catéchiste ; 
  • Joannes Chên Xianheng, né vers 1820 à Chengdu (Sichuan), catéchiste.

On va aussi arrêter Lucia Y.

Le prêtre et les trois catéchistes sont emmenés à Kay-Tchéou pour y être jugés par le sous-préfet Tai Lou-tché. Jean-Pierre, particulièrement, est attaché par les cheveux à la queue d’un cheval, et doit courir derrière la bête au gré du cavalier, au milieu des moqueries de la troupe. 

Après un interrogatoire aussi brutal que bref, les quatre sont condamnés à mort. Le mandarin écrit : J’ai découvert une conspiration avant qu’elle éclatât et j’en ai puni de mort les auteurs. On les dépouille de leurs vêtements et on les conduit en-dehors de la ville pour les exécuter, sous les yeux de Lucia.

Agenouillé au lieu du supplice, Jean-Pierre est décapité d’un coup de sabre, ainsi que les trois autres hommes ; c’était au soir du 18 février 1862.

Mgr Faurie rapporta qu’au moment où la tête de M. Néel roulait sur le sol, une nuée lumineuse descendit rapidement du ciel, resta immobile quelques instants au-dessus de son corps, puis s’évanouit. La foule des païens en fut effrayée et le bourreau plus que les autres. Du reste, ce prodige n’étonnera aucun de ceux qui ont connu M. Néel : c’était un saint.

Les corps resteront abandonnés sur place et en partie dévorés par les loups. Les têtes des Martyrs seront exposées sur les murs de Kai-Tchéou puis, quelques jours plus tard, enlevées par des chrétiens qui les rapporteront à l’évêque.

Peu avant de mourir, Jean-Pierre disait à ses amis : Ne craignez point ; suivez-moi jusqu'à la mort. Encore un peu de temps et nous entrerons dans le royaume des Cieux. 

Lucia sera décapitée le lendemain.

Jean-Pierre Néel et ses Compagnons seront béatifiés en 1909 et canonisés en 2000, parmi cent-vingt Martyrs de Chine fêtés ensemble le 9 juillet, tandis que saint Jean-Pierre Néel est mentionné au Martyrologe avec ses trois Compagnons, le 18 février. Localement, ils sont fêtés le 19 février, car le 18 est la fête de la Chaire de saint Pierre.

Actuellement, la Salle des Martyrs du Séminaire des Missions Etrangères de Paris, possède quelques reliques de saint Jean-Pierre Néel : quelques cheveux, une vertèbre du cou et quelques objets lui ayant appartenu.

Caterina Comensoli

1847-1903

 

Caterina Comensoli naquit à Val Camonica (Bienno, Brescia, Italie N) le 18 janvier 1847, cinquième des dix enfants de Carlo et Anna Maria Milesi, qui la font baptiser le jour même.

Dans son enfance, on lui remarque cette disposition à la méditation, ou à la “rêverie” ; et quand on lui demandait ce qu'elle faisait, elle répondait souvent : Je suis en train de penser. 

En réalité elle était intimement attirée par l'Eucharistie. A sept ans, n'en pouvant plus, un jour elle s'enveloppe d'un grand châle de sa mère et va très tôt, très tôt, à l'église, devant la balustrade du chœur ; là, devant le Saint Sacrement, elle fit mystiquement sa “Première Communion” ; elle promit aussi à Jésus de vivre dans la chasteté. Depuis, elle devint encore plus méditative, plus sérieuse, plus unie au divin Maître présent dans l'Eucharistie, et trop souvent seul. Elle aurait presque voulu prendre le Saint Sacrement et le porter au-dessus d'une haute montagne pour le faire voir à tout le monde et le faire adorer par tous.

Elle recruta parmi ses amies celles qui voulaient organiser avec elle une Garde d'Honneur pour adorer à tour de rôle la Divine Présence Eucharistique.

En 1862, elle entre chez les Sœurs de la Charité à Lovere (Brescia). Mais une grave maladie l'en fait sortir. En 1867, elle fait une autre tentative chez les Ursulines de Brescia.

Quand son père tombe malade, pour aider la famille elle se met au service d'un prêtre de Chiari (qui deviendra l'évêque de Lodi), puis de la comtesse Fé-Vitali, où elle devient véritablement dame de compagnie, accompagnant la famille dans ses déplacements.

En juin 1878, elle fait le vœu perpétuel de chasteté, qu'elle avait déjà fait lors de sa “première communion”. Elle entreprend aussi la formation des enfants d'un quartier de Bergame.

Après la mort de ses parents, elle rencontre chez la comtesse Fé-Vitali l'évêque de Bergame, qui l'encourage dans sa voie : elle voudrait établir une famille où principalement l'on adorerait l'Eucharistie. A ce projet, le pape Léon XIII y ajoute celui de s'occuper des jeunes travailleuses.

En 1882, avec deux autres compagnes, Caterina inaugure cette Congrégation des Sœurs Sacramentines, avec leur première heure d'adoration. Outre l'adoration de l'Eucharistie, elles s'engagent à subvenir aux besoins des pauvres, selon les dispositions de la Providence.

En 1884 Caterina prend le nom de Sœur Geltrude du Saint-Sacrement. Plusieurs maisons s'ouvrent dans la région.

Mais comme cela arrive souvent dans les premiers moments d'une nouvelle famille religieuse, cette famille des Sœurs Sacramentines doit passer par bien des adversités et des contradictions. Tout particulièrement un grave problème financier s'abat sur la fondation, la maison-mère est mise sous scellés, les religieuses doivent quitter le diocèse de Bergame pour celui de Lodi ; heureusement, l'évêque les reçut avec bienveillance en leur donnant une maison à Lavagna di Comazzo ; cet évêque, on s'en souvient, était ce prêtre chez qui elle avait travaillé précédemment à Chiari.

Grâce à la ténacité de Geltrude et des Sœurs qui lui sont restées fidèles, l'institut reprend souffle. En 1891, l'évêque concéda le décret de reconnaissance canonique. En 1892, Mère Geltrude put revenir dans sa maison de Bergame. Elle donnait une impulsion forte et décisive à son institut, fondé sur l'esprit de prière, de sacrifice, de mortification, d'obéissance, d'humilité et de charité, particulièrement envers les pauvres. 

Déjà seize maisons étaient ouvertes, quand l'heure de la fin de cette vie sonna pour Caterina-Geltrude le 18 février 1903.

Beaucoup de miracles s'étant produits par son intercession, elle fut béatifiée en 1989 et canonisée en 2009.

Les Sœurs Sacramentines se sont installées au Brésil (1946), au Malawi (1976), en Equateur (1987), au Kenya (1991), en Bolivie (2005), en Croatie (2006). L'Ethiopie et la Chine les ont en revanche expulsées après de pénibles mauvais traitements, suite aux agitations politiques qui ont secoué ces pays.

 

 

Youri Kachira

1904-1943

 

Youri (Georges, Jerzy en polonais) naquit le 4 avril 1904 à Alexandrovo (Dzisna, Vilnius, actuelle Lituanie), de parents biélorusses qui, précédemment uniates étaient passés à l'orthodoxie quand l'Eglise uniate fut interdite. En 1905, le tsar lève cette interdiction et la mère de Youri retrouve sa religion d'enfance.

A Vilnius, où Youri grandit, la population est majoritairement catholique, de rite latin, tandis qu'une minorité, d'origine ruthène, est gréco-catholique (uniate). D'autres minorités existent aussi : orthodoxe pour les habitants d'origine biélorusse, protestante pour ceux d'origine germanique. Cette situation assez complexe ne s'arrange pas avec les guerres et les annexions successives : Pologne et Lituanie se jalouseront, puis s'uniront contre la Russie bolchevique. La région où vit Youri est occupée par les Allemands en 1915, devient soviétique en 1918, polonaise entre 1919 et 1921, avant de repasser sous la domination soviétique, jusqu'à sa récente reprise d'indépendance en 1990.

Tôt orphelin, Youri devient catholique en 1922 - il a dix-huit ans – au terme de ses études au collège secondaire tenu par les pères marianistes de l'Immaculée Conception. Il entre dans leur noviciat à Drouïa, une ville à la frontière avec la Biélorussie.

Il prononce ses vœux en 1929, et va faire ses études de philosophie et de théologie à l'université de l'Angelicum de Rome. Il est ordonné prêtre à son retour, en 1936.

Il est alors chargé du juvénat des marianistes, en même temps qu'il enseigne dans le lycée. Mais le gouvernement de Pologne impose des lois laïcistes et le père Youri doit partir à Rasna en Polésie (petite région limitrophe entre Biélorussie, Ukraine et Pologne).

Pire encore, en septembre 1939, quand l'Allemagne envahit la Pologne par l'ouest, et la Russie par l'est. Les marianistes sont expulsés, et le père Youri finit pas regagner Drouïa après s'être caché de maison en maison à travers la Lituanie. 

C'est à partir de ce moment que Youri va partager le sort du père Antoni Leszczewicz. 

En juin 1941, le père Antoni passe de l'autre côté de la frontière : là où les Soviétiques avaient fermé les paroisses depuis une vingtaine d'années, l'armée allemande s'était installée et le père Antoni voulait rouvrir ces paroisses et organiser un ministère paroissial. Il s'installe discrètement à Rossitsa, avec des Sœurs de la congrégation des Servantes de Jésus dans l'Eucharistie, ainsi que le père Jerzy. Les autorités allemandes qui ferment les yeux au début, se mettent à suspecter ces activités, craignant une reprise du nationalisme biélorusse, d'inspiration soviétique et donc anti-germanique.

En février 1943, les Allemands lancent une opération de ratissage, l’opération Winterzauber, c’est-à-dire “Nettoyage d'hiver”, ou encore “Tragédie d'Osveïa”, du nom d’une des localités d’où les autorités nazies voulaient évacuer toute la population, supprimant les hommes et envoyant femmes et enfants «capables» en camp de concentration, les autres étant éliminés sur place, et ce, avec la complicité de miliciens ukrainiens et lettons, dressés contre les soviétiques. Un millier d'otages des environs sont enfermés dans l'église de la Sainte-Trinité, dans la journée du 17 février 1943. Le père Antoni, prévenu, ne pense pas un instant à s'enfuir, de même que le père Youri ; ensemble ils font le sacrifice de leur vie, et restent avec les otages pour les confesser et les assister au moment de la mort. Même chose quand un officier allemand leur propose la liberté.

Les otages sont extraits de l'église par petits groupes d'une dizaine, enfermés dans des granges ou écuries avoisinantes, que les miliciens font sauter à coup de grenades. Ceux qui ne sont pas brûlés, sont fusillés.

Le père Antoni brûle avec une douzaine d'otages dans une écurie, dans la nuit du 17 au 18 février 1943. Quelques heures après lui, le père Jerzy partage le même sort, au matin du 18 février.

Le père Antoni Leszczewicz et le père Youri Kachira font partie des cent-huit Martyrs de Pologne, béatifiés ensemble en 1999, et fêtés localement ensemble le 13 juin. 

Le dies natalis du père Youri est au 18 février.

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