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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 00:00

Carême - 2 B

 

Le sacrifice d’Isaac a été unanimement reconnu comme une préfiguration de la Passion de Jésus-Christ par des auteurs célèbres comme Tertullien, Origène, et bien sûr s.Augustin qui écrit : “Qui d’autre en Isaac portait lui-même le bois pour le sacrifice, si ce n’est Celui qui était lui-même chargé de la croix pour aller au terme de sa passion ?” (Contra Faustum, XII,25).

Le sacrifice d’Abraham a vraiment été complet, total : par sa promptitude à obéir, sans un mot de discussion, sans un instant d’hésitation, sans exprimer le moindre regret.

De cette bénédiction est venu le Fils de Dieu, incarné dans le sein de Marie, qui s’est offert totalement à Son Père jusqu’à la croix. 

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Il y a un petit problème de traduction dans le psaume de méditation, où nous lisons : Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens, comme si Dieu avait accepté à contre-cœur le sacrifice de Jésus et le martyre de tant d’hommes et de femmes jusqu’à nos jours. 

Certes, Dieu ne prend pas plaisir à voir écorcher vifs Ses enfants, mais le psaume dit en réalité : Elle a du prix, aux yeux de Dieu, la mort de ceux qui l’aiment (traduction Segond). 

Une note de la Bible de Jérusalem explique que les versions ont interprété ce texte d’après le dogme de la résurrection, et tout le contexte de ce psaume 115 semble bien exprimer clairement l’Action de grâces du Christ pour son Sacrifice rédempteur. 

Ce psaume à lui seul pourrait constituer une excellente Prière Eucharistique, à utiliser à l’entrée de la maison du Seigneur, au milieu de Jérusalem.

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Saint Paul est encore plus décisif : Dieu n’a pas refusé son propre Fils, il l’a livré pour nous : c’est bien la preuve que cette mort est précieuse aux yeux de Dieu.

 

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Sur cette autre montagne du Thabor, Jésus apparaît transfiguré aux apôtres, et la voix du Père nous dit expressément que c’est Lui qu’il faut écouter.

Cette manifestation du Christ glorieux a été permise par Dieu pour, en quelque sorte, encourager les apôtres à ne pas se laisser abattre par la prochaine passion du Christ, en leur annonçant quelle serait ensuite la gloire du Ressuscité, même s’ils ne comprennent pas bien encore ce que peut signifier ressusciter d’entre les morts, une réalité encore inexistante et qui allait bientôt être la marque fondamentale du Christianisme .

Il faudrait dire un mot sur la phrase de Pierre qui ne savait que dire, tant était grande leur frayeur

En fait, Pierre exprime très clairement quelque chose qui est plein de respect et d’adoration, proposant une tente pour le Christ qui est Dieu, une pour Moïse (qui en reçut les Tables) et une pour Elie (qui annonça Sa naissance), mais pas pour lui-même et ses deux compagnons ; il disait donc quelque chose de tout-à-fait sensé, mais un peu sans s’en rendre compte, comme dans une extase. 

Et l’on ne pourrait pas vraiment parler de frayeur, puisqu’il dit qu’il est bon d’être ici : certainement il a pu être rempli d’un sentiment de sainte crainte, de cette crainte de Dieu dont le psaume dit : Venez, mes fils, écoutez-moi : je vous enseignerai la crainte du Seigneur (Ps 33:12).

Sans prétendre corriger la traduction officielle des textes liturgiques, on pourrait proposer de comprendre cette expression de la façon suivante : “Il ne s’apercevait pas des paroles qu’il disait, tant il était saisi de crainte”, un état d’esprit qui s’est répété dans maintes apparitions tout au long des siècles.

 

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Ce n’est pas la mort en soi qui est douloureuse, ni aux yeux de Dieu ni aux nôtres, puisque dès notre conception nous sommes condamnés à la mort. Ce qui compte, en effet, c’est comment est offerte et acceptée cette mort, ainsi que les douleurs et les maladies qui l’accompagnent, comment chacun de nous accepte de s’offrir à Dieu pour collaborer à Son œuvre rédemptrice. 

Sur l’invitation de Dieu lui-même, écoutons son Fils bien-aimé : travaillons à faire mourir en nous les traces du vieil homme, nos concupiscences, nos petites choses humaines et terrestres, pour dès maintenant ressusciter à une vie nouvelle.

Ecoutons bien déjà la Prière du jour : ainsi purifiés, nous pourrons discerner (la) gloire du Christ, comme les Apôtres.

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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 00:00

1er dimanche de Carême - B


Le personnage de Noé a souvent été mis en doute par les rationalistes : comment expliquer qu’un déluge universel se soit déversé sur le monde entier, que tant d’hommes, d’animaux et d’espèces végétales aient disparu par simple décision de Dieu pour «punir» les hommes ?
Des récits anciens ont aussi parlé d’une immense catastrophe dans la région de Babylone. Quand on voit les conséquences dramatiques d’un tsunami, d’une éruption volcanique ; ou celles d’un accident technique comme à Tchernobyl, ou aussi du comportement humain irresponsable causant l’actuel réchauffement de la planète, on peut très bien imaginer on ne sait quelle catastrophe immense.
Quelle qu’ait été l’ampleur de ce séisme, la Bible désire s’en servir pour nous donner un enseignement spirituel et théologique pérenne : le mal, comme le bien, ne restent pas sans conséquences. Autant le mal que je commets altère l’harmonie du créé et donc toutes les créatures, autant le bien que je m’efforce de faire contribue à consolider, à réparer l’harmonie perdue, ou même à l’embellir, comme on embellit de pierres précieuses un objet déjà finement tissé ou sculpté.
Toutes ces créatures qui étaient tombées dans le péché et furent englouties, représentent notre vieil homme et ses mauvaises passions ; le déluge annonce notre baptême, Noé et sa famille dans l’arche sont la nouvelle créature sauvée, de même qu’on verra plus tard Moïse sauvé des eaux, le peuple juif sauvé des eaux de la Mer Rouge.
Saint Hilaire de Poitiers (4e siècle), reprenant un commentaire d’Origène (3e siècle), montre comment le personnage de Noé préfigure celui de Jésus-Christ. En effet, écrit ce Père de l’Eglise, c’est Jésus-Christ qui abrite ses fils dans l’arche de sa doctrine et de son Eglise ; comme Noé inventa cette liqueur issue de la vigne, de même Jésus changera ce vin en Vin nouveau, en Son Sang rédempteur ; comme un de ses fils s’est moqué de la nudité de Noé, de même on se moquera du Christ dénudé en croix ; comme Noé fut victime de sa vigne qui lui provoca l’ivresse, de même Jésus, après avoir apporté la vigne d’Egypte (Ps 79:9) et l’avoir plantée en Palestine, souffrit justement de cette vigne d’Israël, jusqu’à la passion et la mort (voir Saint Hilaire, Traité des Mystères, 12-15).

La lecture d’aujourd’hui commence au verset 8 du neuvième chapitre de la Genèse. Quelques versets plus haut, on lit que Dieu établit tous les animaux de la terre, tous les oiseaux du ciel, tout ce dont la terre fourmille, tous les poissons de la mer comme nourriture au même titre que la verdure des plantes, précisant bien que tout ce qui se meut et possède la vie vous servira de nourriture, avec cette seule restriction que vous ne mangerez pas la chair avec le sang, toutes ces bêtes devant d’abord être immolées par le feu, le sang étant éliminé, de sorte qu’il ne restera que la chair à manger.
Au début, en effet, l’homme et les animaux ne devaient se nourrir que des fruits de la nature (cf. Gn 1:29-30). Ils n’avaient pas à tuer la vie pour se nourrir. L’homme devrait désormais conserver un souvenir de la destruction générale provoquée par le déluge.
On comprendra mieux ainsi pourquoi certaines saintes âmes, par nostalgie de la première innocence, cessèrent de manger de la viande.

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Le psaume 24, qui est de David, est un poème alphabétique, dont chacun des vingt-deux versets commence par une des lettres de l’alphabet hébraïque.
Il évoque un homme qui regrette fortement son passé de pécheur (verset 11 : pardonne mes torts, car ils sont grands), qui est remis dans la voie qu’il faut prendre (verset 12) et qui, tout en ayant les yeux fixés sur Yahvé (v.18), a besoin de Lui pour le protéger des ennemis qui foisonnent (v.19) : Vois de quelle haine violente ils me haïssent (v.19). On perçoit bien ici le Christ, l’Homme nouveau, qui a pris en sa chair le péché des hommes et qui est l’objet de la risée des bourreaux.
Dans les trois strophes choisies aujourd’hui pour le Chant de méditation, se trouvent des expressions essentielles : le Dieu qui me sauve, le Dieu qui a sauvé Noé et sa famille ; le Dieu miséricordieux qui oublie les révoltes ; et qui montre au pécheur le chemin, c’est-à-dire le salut par la Croix.
Observons ici que l’ultime lettre de l’alphabet hébraïque, Tau, est justement le T de la croix, l’instrument du salut par lequel le Christ a achevé son existence terrestre pour nous donner la vie nouvelle.

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Saint Pierre avait parfaitement compris tout ce mystère : le déluge était une image du baptême qui nous sauve maintenant.

C’est le sens profond de cette nouvelle alliance de Dieu avec Noé, promettant que les eaux ne produiront plus le déluge, alors que bien évidemment bien d’autres catastrophes météorologiques se sont abattues sur terre depuis Noé. En réalité, dans la nouvelle alliance, dans l’arche du salut de l’Eglise, tout sera accompli : le Sacrifice du Christ ouvrira définitivement la porte du salut à toute âme qui adhérera à la doctrine unique de la Vérité.
Pierre fait remarquer que huit personnes en tout furent sauvées. Le chiffre huit n’est pas un hasard : après la création, qui dura symboliquement six jours, Dieu se «reposa» le septième jour ; le Christ, après sa mort, «se reposa» le jour du sabbat. La Résurrection advint au huitième jour, premier jour de la nouvelle semaine, de la nouvelle créature. C’est dire l’importance du Jour du Seigneur, du Dimanche.
Ce symbolisme se retrouve dans la gamme musicale : la septième note «attend» la huitième, l’octave, la reprise de la première note. Dans la liturgie, «fêter l’octave» signifie que pendant huit jours les prières se réfèrent toutes à la fête du premier jour ; c’est le cas à Noël et à Pâques.
La conscience droite dont parle saint Pierre, est la conversion de cœur que Jésus attend de nous, quand Il nous dit Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle.

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Cette phrase a été répétée par le prêtre en déposant sur notre tête un peu de cendres au début du Carême. L’invitation à la conversion du cœur, c’est le troisième des Mystères Lumineux du Rosaire. Nous l’entendons dans l’évangile.
L’évangéliste nous dit aussi que Jésus resta quarante jours dans le désert, très laconiquement. On sait par les autres évangélistes qu’Il y jeûna ; le jeûne a toujours été une attitude qui accompagnait une prière intense, ou une pénitence volontaire pour expier quelque mal commis, tant dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau. Il est dit de beaucoup de Saints qu’ils jeûnaient. Encore aujourd’hui, rappelons-le, l’Eglise nous demande de jeûner, mais seulement deux jours dans l’année : le Mercredi des Cendres (mercredi dernier, en début de Carême), et le Vendredi Saint, au terme du Carême, quand nous revivons la mort du Christ.
Jeûner n’est pas une attitude que certains appelleraient aujourd’hui “masochiste” ; il ne s’agit pas de  se complaire dans des pratiques douloureuses pour le plaisir de souffrir la faim - et de risquer d’en perdre la santé. Il est vrai que certains Pères du désert et certains Saints ont pratiqué des austérités véritablement effrayantes : ce qu’il faut admirer en cela n’est pas leur “prouesse”, mais l’humilité profonde avec laquelle ils ont uni leurs souffrances à celles du Sauveur. Mais pour nous, l’Eglise reste maternellement prudente et ne nous impose rien de si austère : un jour de jeûne, il nous est demandé de faire un seul vrai repas (plutôt à midi), avec aussi une boisson chaude au petit matin et avant de se coucher, et ce uniquement pour les adultes de dix-huit à soixante-cinq ans, pourvu qu’ils aient une santé qui puisse supporter cette privation.
Les mêmes jours de jeûne ainsi que tous les autres vendredis de Carême, il nous est demandé de faire “abstinence de viande”, et donc de manger du poisson ou de l’œuf, ce qui ne constitue pas vraiment une privation, vu que ces nourritures sont extrêmement riches pour la santé : c’est seulement une attention particulière pour honorer la mémoire de la mort du Christ le Vendredi Saint. Nous pouvons toujours pratiquer l’abstinence les autres vendredis de l’année ou en d’autres jours, mais ce n’est pas là une obligation.
Ceux qui ont jeûné peuvent témoigner que cette pratique est fort utile pour la vie intérieure : en nous détachant un peu de la vie matérielle, elle nous aide à approfondir la méditation, la prière, le don de soi, la préoccupation pour les autres.
Jésus a jeûné : non pas qu’Il ait eu besoin de cela pour apprendre à prier, à parler avec Dieu le Père, à s’offrir pour tous les hommes, mais pour nous montrer comment amener ce corps humain qu’Il avait pris de nous, à s’élever vers plus de spiritualité, vers plus de sainteté.

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Que cette période de Carême soit pour chacun de nous l’occasion de nous convertir davantage, de progresser dans la connaissance de Jésus-Christ - ce sont les termes de la Prière - pour arriver à Pâques un peu plus “ressuscités” à la vie du Christ.

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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 00:00

Mercredi des Cendres

 

Du quatrième au neuvième dimanche “ordinaires”, nous relisons d’amples passages du Discours sur la Montagne en saint Matthieu, mais pas celui que nous lisons aujourd’hui, en ce Mercredi des Cendres, précisément parce que l’Eglise veut aujourd’hui nous faire méditer sur le vrai jeûne, comme l’entend Jésus-Christ.

La pratique du jeûne n’est pas une innovation du Christ, car on le trouve maintes fois dans l’Ancien Testament (voir Tb 12:8 ; Ion 3:5 ; 2Par 20:3…). Le Prophète Joël nous y convie à son tour aujourd’hui. L’usage de la cendre non plus n’est pas nouveau : se couvrir la tête de cendre ou se coucher dans la cendre est une attitude de pénitence, d’humiliation, de repentir (cf. Job 2:8 ; Est 14:2 (gr 4:17k) …).

Nous lirons dimanche prochain comment Jésus se retira au désert et y jeûna quarante jours et quarante nuits, avant d’être tenté par le Démon. Avant de nous enseigner comment jeûner, Jésus pratique le premier ce qu’il veut nous suggérer : un jeûne authentique, qui nous aide à approfondir notre attachement à Dieu par le détachement de la terre.

La Prière du jour nous explicite le sens juste et le but de ce jeûne : Que nos privations nous rendent plus forts pour lutter contre l’esprit du mal. Et aussi la préface de la Messe : Tu veux, par notre jeûne et nos privations, réprimer nos penchants mauvais, élever nos esprits, nous donner la force et enfin la récompense

Il ne s’agit pas du tout de mourir de faim, de faire courir des risques à la santé. A certaines périodes, en certains endroits, on a pratiqué des jeûnes excessifs, parfois effrayants, qui finissaient par être plus des prouesses orgueilleuses que de vrais efforts vers la conversion intérieure. 

Jésus ne semble pas s’être privé de boire, même au désert ; le texte dit bien qu’il eut faim, donc qu’il ne mangea pas durant les quarante jours et les quarante nuits ;  Il ne s’est pas non plus “rattrapé” la nuit. Il y a des jeûnes qui consistent à ne rien prendre pas même une goutte d’eau, pendant tout un mois, même par la chaleur, mais on peut manger à sa faim durant toute la nuit : ceci n’est pas le jeûne que veut Jésus. 

Surtout, Il ne s’est pas montré ces jours-là ; il est resté discret ; tout au plus en aura-t-il parlé en secret avec les Apôtres, plus tard, ne serait-ce que pour leur expliquer comment il se prépara à sa mission, et comment ils auraient ensuite à expliquer aux croyants la façon de jeûner.

Actuellement, l’Eglise a considérablement réduit les exigeances de ce jeûne du Carême. C’est aussi que notre vie est extrêmement stressante, et maternellement l’Eglise ne voudrait pas contraindre à des obligations dures des travailleurs déjà très éprouvés par les déplacements et le bruit. Au désert, on souffre de la soif ou de la faim, mais pas du bruit !

Il reste que notre Mère l’Eglise nous demande seulement de jeûner le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint. Et encore, jeûner s’entend : prendre un seul repas à midi, avec une boisson chaude le matin et une légère colation le soir. En outre, chaque vendredi de Carême, en souvenir de la mort de Jésus-Christ pour chacun de nous, nous sommes invités à nous abstenir de viande, en la remplaçant par du poisson ou de l’œuf ou du fromage, ce qui n’est pas à proprement parler une “pénitence”.

De ces pratiques sont exemptés les enfants et les adolescents, ainsi que les personnes âgées et bien sûr les malades. Mais rien n’empêche ceux qui le désirent ardemment d’ajouter quelque petite pratique plus personnelle, pourvu qu’elle soit dans l’esprit du Carême : s’abstenir de chocolat, de confiture, de vin n’est pas forcément nécessaire ; beaucoup plus important serait de perdre moins de temps devant la télévision ou l’ordinateur et la console de jeux, savoir se taire plutôt que de parler derrière le dos des autres, et surtout de lire un peu plus les saints livres de l’Eglise : l’Ecriture, le Catéchisme, tel ou tel document du Pape, des Vies de Saints, en priorité par exemple les plus récemment béatifiés ou canonisés.

 

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Dans cet esprit faisons bien nôtre l’appel du prophète Joël : Revenez à moi de tout votre cœur…! Les larmes et le deuil que préconise le Prophète sont là pour pleurer nos péchés, sincèrement, et non pour se donner en spectacle à la foule.

 

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Saint Paul à son tour nous demande de nous réconcilier avec Dieu : le mot est presque amusant, car ce n’est pas Dieu qui doit se réconcilier, mais comme les gens disent très souvent que Dieu semble ne pas les écouter ni s’occuper d’eux, saint Paul répond qu’au fond, pour que Dieu soit plus proche de nous, nous n’avons qu’à nous rapprocher un peu de Lui ; ayant fait ce pas vers Dieu, nous serons tout heureux de sentir la main puissante de Dieu sur nous.

Il est remarquable que Jésus-Christ, en prenant notre nature humaine, ait assumé tout le péché des hommes, de sorte que notre nature soit à son tour absorbée en Jésus-Christ qui nous reconduit à Dieu, divinisés.

 

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L’appel que nous adresse le prêtre au moment de nous imposer la cendre sur le front, est significatif : 

Convertissez-vous et croyez à l’Evangile (cf. Mc 1,15), qui est plutôt un appel pressant à la joie de la conversion, dans l’esprit du troisième mystère lumineux du rosaire. C’est la raison pour laquelle c’est le rite des Cendres qui tient lieu d’acte pénitentiel, à la place du Je confesse à Dieu habituel.

 

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Dans cet esprit lisons, méditons, ce psaume 50 : on y lit tout le repentir de David après son adultère, mais aussi l’espérance en la joie d’être sauvé, la confiance d’être pardonné et le désir intime de louer Dieu.

Autrefois la formule pour l’imposition des cendres était : 

Souviens-toi que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière (cf. Gn 3,19), qui insistait plus sur notre côté humain et mortel.

Convertissons-nous ! Avançons vers la sainteté de Dieu par de petits actes humbles, de petites victoires arrachées à notre Ennemi, parfois avec une certaine violence contre notre moi personnel. Si nous reconnaissions chaque soir une seule action imparfaite de notre journée et que nous nous en repentions, nous serions déjà sur le chemin de la sainteté.

N’oublions pas que l’Eglise nous demande au minimum de nous approcher de l’Eucharistie chaque année au moment de Pâques, et que pour y accéder, il faut s’y préparer par une bonne confession. Salutaire habitude, celle de s’examiner chaque soir en sachant pointer du doigt tel défaut, tel péché : non pas pour nous en sentir accablés, mais en remerciant Dieu de nous avoir ainsi éclairés pour nous rapprocher de Lui, pour nous réconcilier.

Que ce premier pas dans le Carême soit suivi d’autres, tous plus décisifs l’un que l’autre, pour franchir avec Christ le fossé de la Mort et ressusciter avec Lui à la victoire, à la résurrection, à la Vie.

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 00:00

6e dimanche per annum

 

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La lèpre occupe dans le Lévitique une place très importante (deux chapitres : Lv 12 et 13). 

On ne contracte cette maladie qu’après un contact prolongé avec un autre malade, et elle cesse d’être contagieuse dès qu’on commence de la soigner, même si ses effets sont encore visibles.

Or, théologiquement, cette maladie ressemble à une autre, spirituelle : l’erreur. On tombe dans une erreur quelconque après avoir fréquenté assez longuement, de façon physique ou seulement intellectuelle, quelqu’un qui se trouve déjà dans cette erreur, mais aussi on est déjà bien soulagé dès qu’on commence de lutter contre cette erreur, même si parfois il n’est pas facile d’en éradiquer toutes les coséquences.

Pour cette similitude, la lèpre était donc vue symboliquement comme le signe extérieur d’un état intérieur fautif, dévié, étranger à la Loi divine. C’était pour cela le rôle du prêtre de la constater et de se prononcer. Ce pécheur, impur, devait être exclu du camp, de même qu’un hérétique, dans l’Eglise, est excommunié.

Dans la Loi, il n’existait pas encore de sacrement pour la réconciliation ; le pécheur devait attendre sa guérison dans la pénitence. On verra tout-à-l’heure dans l’évangile comment Jésus perfectionnera la Loi.

 

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Le psaume 101 est un cri confiant du pécheur vers Dieu ; c’est un des psaumes traditionnels «de la pénitence». Le premier verset est chaque jour répété par tous ceux qui prient la Louange des Heures (le bréviaire), pour invoquer la présence de Dieu.

S’adresser à Dieu implique en effet qu’en premier lieu on sache se reconnaître pécheur et qu’on demande pardon. C’est le sens du rite initial de la Messe. 

Après cet appel à la miséricorde de Dieu, le psaume s’achèvera sur une vision de la consolation, du rétablissement de Sion (la colline de Jérusalem, symbole de l’Eglise) où se joindront peuples et royaumes pour rendre un culte à Yahvé (v. 23). 

La réponse de Dieu se manifeste dans son infinie miséricorde. La première antienne de Communion y fait allusion : Ils mangèrent et furent rassasiés, leur attente ne fut pas trompée.

 

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Puisque la première lecture est en lien direct avec l’évangile, lisons tout de suite le récit de la guérison du lépreux.

Ce pauvre lépreux vient trouver Jésus, spontanément, librement ; il tombe à genoux, humblement ; et dans un acte de foi sincère, il déclare au Médecin céleste : Tu peux me purifier.

Il n’est pas allé dire cela aux prêtres du Temple, mais il vient le dire à Celui qu’il reconnaît comme seul habilité à remettre les péchés, à Dieu. Il y ajoute cette expression : Si tu le veux…

Nous avons là tous les éléments de notre sacrement de Réconciliation : le pécheur doit y reconnaître son péché, l’avouer au prêtre et vouloir s’en débarrasser, et le prêtre doit avoir cette intention de remettre le péché. Jésus y ajoute ce geste si bienveillant : il le toucha, en signe d’élection, comme s’il lui disait : Toi, toi qui m’as dit ‘si tu le veux’, toi, je te guéris.

Toute faute, tout désordre, appelle une «restauration» ; le pécheur, pour être pleinement pardonné, doit réparer sa faute. C’est le sens de l’injonction de Jésus : Va te montrer au prêtre, qui constatera la guérison, donc le pardon reçu de Dieu. A partir de ce moment, le pécheur guéri reprendra sa place dans l’assemblée.

Les prêtres seuls savent quelle joie ils ont de remettre les péchés aux pénitents ; et ceux qui vont confesser leurs péchés au prêtre peuvent dire quel soulagement ils ressentent en se relevant, absous. 

On fera ici une différence entre l’absolution qu’on reçoit au début de la Messe ou lors d’une cérémonie pénitentielle, et le sacrement proprement dit de la Réconciliation. Dans les deux premiers cas, le prêtre remet les fautes légères aux personnes présentes, avant de passer au Sacrifice ; dans le Sacrement, le prêtre donne l’absolution pour des péchés plus graves ou plus fréquents, après que le pénitent les ait reconnus explicitement et qu’il ait exprimé son ferme désir de s’en amender.

Mais Jésus demande en plus quelque chose de bien particulier à ce cher Converti : Ne dis rien à personne ! 

Comment ne rien dire, quand on est guéri d’une si horrible maladie comme la lèpre ? Oui, Jésus demande la discrétion, car le bruit extérieur, les nouvelles à sensation qu’on colporte, tout ce qui est clamé en gros titre dans la presse quotidienne - ne favorisent pas la vraie conversion du cœur, la vraie conversion que Dieu attend de nous.

L’évangile ne dit pas que le lépreux ait été de quelque façon “puni” d’avoir parlé, mais Jésus se trouve désormais dans l’impossibilité de parler vraiment au cœur des hommes qu’il rencontre, car il est assailli par toute une foule hurlante et délirante qui crie et gesticule, genre de manifestation populaire bien en vogue déjà à l’époque de Jésus, et qui ne favorise guère un climat spirituel de prière.

 

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Comme les dimanches passés, nous lisons les conseils de l’apôtre Paul aux Corinthiens. Dimanche dernier, il s’était concentré sur la nécessité de prêcher la Bonne Nouvelle ; aujourd’hui, il ose des expressions en apparence orgueilleuses sur lui-même : Faites comme moi - Prenez-moi pour modèle.

Saint Paul ne dit pas du tout qu’il est parfait, sans défaut, et qu’il faille l’imiter en tout. Mais comme il a entendu et vu le Christ sur le chemin de Damas (cf. Ac 9), il explique ainsi son comportement : puisque mon modèle à moi, c’est le Christ, vous pouvez être tranquilles que je n’agis qu’en exacte conformité avec le Christ.

Quel Apôtre aurait-il été, s’il avait prêché autre chose que l’enseignement du Christ, et si lui-même vivait autrement que ne le lui a enseigné le Christ ?

N’être jamais cause de scandale par nos façons, tout faire «pour la gloire de Dieu» : conduire la voiture, faire le ménage, ou la cuisine bêcher le jardin, rédiger un devoir à l’école, toute action exécutée le plus parfaitement possible, plaît à Dieu et constitue un bon exemple pour tous ceux qui nous voient.

Puisque Paul parle ici de manger, boire, rappelons-nous la consigne laissée par Jésus à ses disciples : Mangez ce qu’on vous servira (Lc 10:7), contraire à toutes sortes d’abstinence, où certains, même Chrétiens, jugent telle ou telle nourriture «impure» à la consommation. Paul aussi déclarera aux mêmes Corinthiens : Mangez tout ce qui se vend au marché (1Co 10:25).

 

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Avec le lépreux, dont l’attente ne fut pas trompée, cherchons à vivre selon (la) grâce divine, pour reprendre l’expression de la Prière du jour.

Cette attente du pardon nous conduira vers l’esprit du prochain Carême.

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 00:00

5e dimanche per annum

 

Devant les difficultés de toutes sortes qui se dressent contre nous, la tentation peut être forte de se décourager.  

Dans la première lecture, nous entendons le pauvre Job, affligé de toutes parts, qui expose à Dieu sa peine ; il est tenté même de se révolter.

L’histoire de Job est en général connue, mais pas dans ses détails. La lecture intégrale du texte peut aisément faire penser que, si le personnage de Job est historique, le récit biblique présente les faits d’une façon assez symbolique : comment par exemple expliquer qu’à chaque malheur un seul serviteur ait réussi à échapper au massacre pour venir prévenir Job (cf. Jb 1:15,16,17,19) ? Le récit lui-même des épisodes, répétitif, suggère une figure oratoire qui retient l’attention. 

Il reste que dans le personnage de Job chacun de nous peut se reconnaître, avec les épreuves multiples que nous vivons durant notre vie. Qui n’a jamais dit un jour Quelle corvée ! Quelle galère ! Qu’ai-je fait au Bon Dieu… ? Et de la plainte à la révolte, il n’y a qu’un pas.

Job évoque cette corvée, ces cauchemards, le travail qui apparemment ne sert à rien quand tout s’en va en fumée. Au chapitre 23, il parle de sa révolte ; au chapitre 27, il dit que Dieu lui refuse justice ; au chapitre 30, il semble se vanter des jours passés, et accepter à contre-cœur d’être la risée des gens qui sont plus jeunes… Mais à ces moments difficiles font suite des élévations sublimes : au chapitre 25, il qualifie Dieu de souverain redoutable, au chapitre 28, il fait un sublime éloge de la Sagesse de Dieu.

Saint Grégoire le Grand commente : Par le péché, nous sommes en désaccord avec Dieu ; il est donc juste que nous revenions à la paix avec lui par les épreuves… L’âme de celui qui est ainsi corrigé est rétablie par l’humilité dans la paix avec son Créateur. 

Mais la leçon principale que nous devons recevoir de Job, est la réponse qu’il fit à son épouse : Tu parles comme une folle. Si nous accueillons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur ! (Jb 2:10). Sa première réaction, à l’annonce de ses malheurs, fut une véritable soumission à la volonté de Dieu : Dieu a donné, Dieu a repris : que le nom de Dieu soit béni (Jb 1:22).

 

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Le psaume 146 fait écho à Job, en évoquant l’action de Dieu qui guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures.

Quelles blessures Dieu soigne-t-il ? Fait-il un miracle chaque fois qu’un homme se casse un bras ou une jambe ? Certainement pas. Mais il y a des blessures intérieures que seul Dieu peut soigner : nos péchés. Seul lui est un juste juge, qui sait pardonner, qui sait punir, qui sait récompenser. C’est pourquoi le psaume continue : Le Seigneur élève les humbles et rabaisse les impies.

Comme Job, il faut recevoir de Dieu les bonnes choses comme les moins bonnes, les premières comme des grâces pour nous encourager, les autres comme d’autres grâces aussi pour nous corriger. Saint Paul le dit en d’autres termes : Dieu est fidèle ; il ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces. Avec la tentation, il vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter (1 Co 10:13).

 

*       *       *

C’est là une parole très réconfortante que nous dit l’Apôtre Paul. Lui qu’on a parfois qualifié de dur, de rigoureux, lui qui vient de reprocher aux Corinthiens leurs divisions et, pour certains, leurs mœurs licencieuses, il sait aussi se montrer extrêmement soucieux d’apporter du réconfort, de la consolation, à la suite du Christ.

Durant sa vie publique, combien de fois Jésus a répété ces phrases consolatrices : N’ayez pas peur ! Va en paix ! Ta foi t’a sauvé(e) ! Je ne te condamne pas ! Pardonnez ! 

Si saint Paul dit qu’il s’est fait tout à tous, qu’il a cherché à gagner le plus grand nombre possible d’âmes, ce n’est pas pour se vanter, c’est pour exprimer ce zèle qui l’anime, à la suite du Christ, pour le salut de chacun de nous.

Durant son voyage à Manille (29 novembre 1970), le pape Paul VI reprit à son compte cette exclamation de l’Apôtre : Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile !

La Nouvelle Evangélisation en cours nous rappelle le devoir que nous avons de porter l’Annonce à nos frères ; non pas un nouvel évangile, mais une annonce efficace de l’Evangile perenne du Christ, en commençant par examiner notre propre cohérence de vie avec l’idéal évangélique.

 

*       *       *

Que nous dit aujourd’hui Marc dans son Evangile ? 

Jésus guérit la belle-mère de Pierre, ainsi que toutes sortes de malades, chassant beaucoup d’esprit mauvais.

Marc, comme les deux autres Synoptiques, mentionne cet épisode où l’on voit que Pierre était marié, pour mettre encore plus en lumière que le Christ l’a appelé “tel qu’il était” pour le conduire au célibat, dans le don total de sa personne à Dieu. Par ailleurs, il n’est jamais question dans l’Evangile, de l’épouse de Pierre. On sait par des traditions orales persistantes, que les Apôtres ont tous donné le témoignage d’un célibat absolu à partir du moment où ils ont répondu à l’appel du Christ.

    Ensuite, on pourra remarquer l’attitude très humble de cette femme ; contrairement aux démons de dimanche dernier qui parlent à tort et à travers, cette femme à peine guérie s’empresse de rendre ses services à Jésus et aux disciples. Sa joie et sa reconnaissance s’expriment par cette humble disponibilité envers Jésus-Christ.

    Après cette guérison, on lit que Jésus guérit toutes sortes de malades et chassa beaucoup d’esprits mauvais ; pas tous. Certainement Jésus voyait avec quelle dispositions de cœur ces malades s’approchaient de Lui. C’est dans ce même esprit que les malades sont accompagnés, par exemple, dans leur pèlerinage à Lourdes : ce qui est primordial pour chacun est d’abord la guérison spirituelle, la conversion intérieure, à laquelle quelquefois Dieu ajoute la guérison physique, visible extérieurement, pour montrer davantage Sa puissance. Prudentes, l’Eglise et la Science ne se hâtent jamais de proclamer telle ou telle guérison miraculeuse, de la même manière que Jésus évite le “tapage médiatique” et préfère même, comme aujourd’hui, quitter les lieux et se retirer.

Certes, l’Evangéliste dit qu’ Il parcourut toute la Galilée, une région d’environ 60 sur 30 km. Si Jésus fit ce voyage apostolique à pied, s’arrêtant dans chaque ville où il y avait une synagogue, il dut parler et se fatiguer beaucoup, mais là ne fut pas son premier souci ; d’abord, dit l’Evangéliste, bien avant l’aube… il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait. Prier ! Se mettre devant Dieu, parler avec Lui, de Fils à Père, de Père à Fils : combien important est ce moment sacré que nous oublions trop facilement “par manque de temps”.

Trop souvent, nous croyons bien faire de nous donner éperdûment aux actions, aux mouvements, aux réunions, aux coups de téléphone, aux courriers électroniques, et peut-être de regretter qu’il ne reste que la portion congrue de notre temps à prier Dieu, alors que toute notre action n’est absolument rien sans une intense prière, une vie intérieure de méditation soutenue et incessante.

Jésus prie. Ici, ce n’est pas Dieu qui parle avec Lui-même ; c’est la nature humaine que Jésus a prise de nous, qui a besoin de s’élever dans la prière vers son Créateur. Jésus s’est fait l’un de nous, et Il nous a montré ce que chacun de nous doit faire pour Le suivre.

    

*       *       *

Ces lectures nous invitent à ne mettre qu’en Dieu notre espérance, à n’attendre que de Lui notre force, et ne mettre qu’à Son service toutes nos activités. La Prière du jour nous fait dire que ta grâce est notre unique espoir ; en un mot, pour reprendre la prière finale, cherchons à Vivre tellement unis dans le Christ que nous portions du fruit pour le salut du monde ; le texte latin ajoute le mot gaudentes - en nous réjouissant.

 

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24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 00:00

4e dimanche per annum

 

Les dimanches précédents, nous avons vécu le baptême de Jésus pas Jean-Baptiste et l’appel des premiers apôtres. Jésus va maintenant inaugurer sa prédication.

 

*       *       *

Dans la première lecture, Moïse annonce au peuple d’Israël la venue d’un Prophète. Moïse lui-même a toujours parlé au nom de Dieu ; il y eut après lui les grands prophètes (Isaïe, Jérémie, Ezéchiel,  Daniel), qui vinrent après Samuel et Elie ; Jean-Baptiste fut le dernier prophète, qui fit la charnière entre l’ancien et le nouveau Testaments.

Nul doute que Le prophète annoncé par Moïse est le Verbe de Dieu incarné, Jésus-Christ. Saint Pierre y fait directement allusion dans son discours (Ac 3:22-23), précisant bien que tous ces prophètes avaient annoncé ces jours-ci, ceux du Christ.

En quel prophète, sinon en Jésus, Dieu n’a-t-il mis par excellence ses paroles dans sa bouche ?

On a parfois objecté que Dieu annonçait la prochaine mission de Josué en continuateur de celle de Moïse, car Moïse ne devait pas entrer dans la Terre Promise, mais bien Josué. Toutefois, Josué lui-même (dont le nom n’est qu’une autre forme de Jésus) est une figure prophétique ; le vrai prophète, qui devait venir, c’était Jésus-Christ, comme l’ont écrit plus tard les Pères de l’Eglise (Clément d’Alexandrie, Irénée) .  

C’est pour cela que les Juifs demandèrent à Jean-Baptiste s’il était Le prophète (Jn 1:21), avec l’article défini. C’est donc bien Jésus que nous devons écouter.

Mais n’oublions pas l’avertissement que Dieu nous donne au terme de la même lecture : il s’agit là des faux prophètes, ceux que Dieu n’a pas envoyés, et qui prétendent pourtant être «inspirés». Cet avertissement peut viser beaucoup de chefs de sectes, d’auteurs même célèbres, auxquels on se réfère comme à des phares, mais qui trompent leurs adeptes et ne font que répandre de l’ivraie dans le champ de l’Eglise.

 

*       *       *

Le psaume 94 est le chant par lequel commence chaque jour l’Office divin (qu’on appelle communément le Bréviaire ou Louange des Heures). 

Le point focal de ce psaume est aujourd’hui cette interrogation : Ecouterez-vous sa parole ?, qui nous invite à écouter l’enseignement divin.

Notons le mot Rocher du début du psaume. L’auteur ne nous demande pas d’acclamer un morceau de pierre quelconque et de tomber dans quelque idolâtrie. Le Rocher, c’est d’abord le Rocher d’où jaillit l’eau dans le désert, un roc qui annonçait le Christ donnant l’Eau de la Vie. Dans le Deutéronome, ce Rocher est clairement personnifié : Il a déshonoré le Rocher, son salut… Tu oublies le Rocher qui t’a mis au monde (Dt 32:15, 18).

Le psaume fait directement allusion, ensuite, à la Personne de ce Rocher : s’il ne s’agissait pas du Messie divin annoncé, il ne nous inviterait pas à l’acclamer, à nous incliner, à nous prosterner, à l’adorer.

Prenons à la lettre cette invitation, et n’hésitons pas à nous incliner, nous prosterner, dans le sanctuaire où se trouve la présence du Christ dans l’Eucharistie. Adorons-le !

Quand Jésus donnera ensuite à Simon le nom de Pierre, ce n’est pas pour faire un banal jeu de mots, mais bien pour exprimer que désormais, nous devrons écouter le Roc de l’Eglise, dans la personne de son Chef, Pierre, et de ses successeurs. 

C’est un calcul trop humain de comparer entre eux les papes, pour en préférer un plutôt qu’un autre. Le Pape, c’est le successeur de Pierre : on doit l’écouter, pour être fidèle à l’Eglise voulue par le Christ.

 

*       *       *

Sans lien direct avec ce qui précède, nous continuons de lire des extraits de la première Epitre aux Corinthiens. Après l’enseignement concernant l’adultère et la fornication, l’Apôtre Paul expose aujourd’hui l’excellence de l’état du célibat, dans l’esprit de consécration totale à Dieu. 

Rappelons tout de suite que Paul ne rabaisse pas la vocation du mariage, tant il est vrai que, pour reprendre une idée de saint Augustin d’Hippone, pour engendrer des (futurs) prêtres, il faut bien qu’il y ait au préalable des parents.

Paul veut surtout encourager ceux et celles qui pourraient hésiter dans l’une ou l’autre voie, le mariage ou la consécration. Et il nous dit que dans le mariage, on est forcément moins libre pour la prière et le service des autres. Dans une même ligne de pensée, saint François de Sales fait justement remarquer que l’artisan ne peut être tout le jour à l’église comme le religieux (Introduction à la Vie Dévote).

Pour un Juif, ne pas être marié était une situation rarissime et même exceptionnelle dans l’Ancien Testament, car il fallait absolument perpétuer la race juive des croyants. 

Jésus a réellement innové, en instituant une génération nouvelle, par le Sacerdoce nouveau : il a donné naissance à la nouvelle génération de ceux qui ne sont pas nés du sang ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu (Jn 1,13).

Jésus ne s’est pas marié ; les Apôtres mariés ont vécu dans le célibat après leur appel, et beaucoup de saints évêques après eux ; Paul ne s’est pas marié ; sans cesse l’Eglise a rappelé cette sainte exigence de la consécration totale des diacres et des prêtres, ainsi que des moniales (les “veuves” dont il est sans doute question par exemple dans 1Tim 5).

Le célibat n’est pas une “obligation” imposée, une condition sine qua non, un joug insupportable. C’est un état particulier où Dieu seul appelle, en donnant à Ses candidats une grâce spéciale pour vivre ainsi. Le pape Jean XXIII, maintenant canonisé, fit un jour cette confidence aux séminaristes de Rome : Nous vous dirons comme une confidence que, durant nos années de séminaire à Rome, nous venions souvent dans ce sanctuaire (l’église Saint-Ignace) nous agenouiller devant l’autel de saint Luigi Gonzaga et de saint Jan Berchmans pour obtenir, par leur intercession, toute notre vie la grâce d’une chasteté intacte et resplendissante.

Nos journalistes ne manquent jamais une occasion de parler, à leur façon, de cet argument en présentant certaines demi-vérités qu’ils complètent de faux arguments, maniant à l’envi l’ironie ou le mépris envers tous ceux qui, dans l’Eglise, rappellent cette tradition sacrée du célibat sacerdotal et de la consécration des religieux et des religieuses. On pourrait dire d’eux en vérité qu’ “ils ne savent pas ce qu’ils font” (Lc 23:34). Il faudrait d’abord interroger des prêtres, des religieuses : ils ont été heureux de se consacrer totalement à Dieu dans le célibat. 

Dans les séminaires et les noviciats, on n’entend personne parler de la «difficulté» de vivre dans le célibat ; on s’y prépare en toute connaissance de cause. Celui ou celle qui est appelé(e) par Dieu réellement, ne pense pas au mariage.

Si beaucoup de jeunes n’entendent pas cet appel aujourd’hui, c’est que leurs oreilles bourdonnent des bruits d’un monde athée qui n’aime pas Dieu. Mais quand l’appel se fait un peu plus pressant, un peu plus clair, ils l’entendent très bien et savent y répondre généreusement. Dans une de ses visites en France, Jean-Paul II l’a bien mis en évidence : le problème n’est pas l’appel de Dieu, mais l’écoute de l’appelé, et sa réponse.

Ce n’est pas le célibat qui détourne les jeunes du sacerdoce. Dans les autres religions aussi se fait sentir le problème religieux : les temples protestants, les synagogues israélites, les églises orthodoxes, ne sont pas plus remplies que nos lieux de culte catholiques, et leurs ministres ne sont pas plus nombreux que les nôtres bien qu’ils puissent être mariés. La crise de la foi et des vocations est universelle, liée au matérialisme ambiant, un matérialisme qui, bien sûr, ne conduit pas à Dieu.

 

*       *       *

Jésus commence sa vie publique. Le voici près de Nazareth, à la synagogue de Capharnaüm. Les foules vont commencer à entendre l’annonce du Royaume - ce troisième des cinq Mystères Lumineux de notre Rosaire. 

Ce qui frappe d’abord la foule qui écoute Jésus, c’est sa douceur, sa patience, son humilité, qui contrastent avec les habitudes fières des prêtres et des docteurs de la Loi. C’est autre chose d’agir doucement avec autorité, que de l’imposer avec sévérité.

L’autorité de Jésus, c’est la lutte contre le Mal et contre les Esprits mauvais. Contre le Nom de Jésus, le Démon ne peut rien.

Notons bien ceci : l’Esprit mauvais du pauvre possédé ne dit pas une chose fausse, en reconnaissant que Jésus de Nazareth est le Saint de Dieu. L’Esprit mauvais sait beaucoup de choses, et il en indique certaines aux faux voyants. L’erreur majeure de cet Esprit mauvais est de ne pas adorer le Christ, et d’empêcher l’homme de L’adorer. On se rappelle ici le psaume de tout à l’heure. Cela sera aussi pour nous un signe de discernement entre le bon et le mauvais Esprit : ce dernier ne nous dira jamais : Adore Dieu ! Au contraire, quand il viendra tenter le Christ au désert, il demandera au Christ de l’adorer, lui, le Démon, l’Esprit du mensonge et de l’orgueil.

Autre manifestation de l’Esprit mauvais que nous remarquons en lisant l’évangile : il se mit à crier, et sortit de cet homme en poussant un grand cri. Il ne sait pas faire faire autre chose à sa victime : crier ;  crier peut-être une chose juste (Tu es le Saint de Dieu), mais Jésus ne veut pas de ce genre de tapage médiatique ; ce qu’Il attend, c’est notre conversion, et c’est cela que le troisième Mystère Lumineux veut nous faire méditer : écouter Jésus et nous convertir en vérité. 

Notre conversion ! C’est pour cela que Jésus nous appelle, c’est cela qu’Il désire pour nous, c’est cela l’objet de son amour pour nous. 

Une dernière observation : L’Esprit de Dieu nous invite à L’adorer. Cette adoration, nous la devons à Dieu tous les jours, mais particulièrement le Jour du Seigneur, le dimanche. Jésus a rencontré la foule le jour du sabbat, et à la synagogue, parce que dans l’ancienne Loi, c’était ce jour-là qu’on se reposait (cf. Gn 2:2-3). Depuis la Résurrection du Christ, c’est au huitième jour que nous nous «reposons». La fête de Pâques sera une occasion de revenir sur ces arguments.

 

*       *       *

 

Retenons donc bien la Prière du jour : adorer Dieu sans partage ; et avoir une vraie charité pour tout homme, c’est-à-dire l’aider à se convertir.

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17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 00:00

3e dimanche per annum - B

 

 

On peut dire que le thème central de ce troisième dimanche “ordinaire” de l’année B est l’appel à la conversion : c’est le troisième des Mystères Lumineux que Jean-Paul II a institués dans sa Lettre Apostolique Rosarium Virginis Mariæ (ch.2, n.21) : l’annonce du Royaume et l’invitation à la conversion.

La lecture du prophète Jonas est un cas saisissant de conversion. L’épisode se situerait vers le 4e siècle avant notre ère ; Ninive est une grande ville païenne, dont les habitants ont l’humilité d’écouter l’avertissement du prophète : ils font pénitence, ils se convertissent du plus grand au plus petit

Quels changements dans leur vie quotidienne ! S’il fallait trois jours pour la traverser, cette ville pouvait s’étendre sur des dizaines de kilomètres et être peuplée, même à l’époque, de centaines de milliers d’habitants. Imaginons le spectacle de cette foule faisant pénitence, priant, chantant, changeant radicalement de vie, d’une façon aussi unanime ! 

Pendant quelque temps au moins, ce fut certainement, avant la lettre, une communauté comme celle des premiers chrétiens à Jérusalem : Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun. Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur, louant Dieu, et trouvant grâce auprès de tout le peuple” (Ac 2:44-47).

 

*       *       *

 

Dans le psaume 24, David exprime un cri de confiance en la miséricorde de Dieu. Au nom de tous les pécheurs (de nous aussi), il exprime son désir de conversion : Oublie les révoltes , les péchés de ma jeunesse.

Il ne s’agit pas ici  de «la» chute de David, qu’il évoquera dans la psaume 50, là aussi plein de repentir. Mais le roi David a cette humilité de se reconnaître imparfait, de se rendre compte que son passé n’est pas exempt de fautes qui déplaisent à Dieu.

Un peu plus loin, il dit encore plus clairement (le passage n’est pas repris aujourd’hui) : À cause de ton nom, Seigneur, pardonne mon péché, car il est grand.

Ce qu’il est important de relever de notre texte, est le dernier verset : Il enseigne aux humbles son chemin. Pour entendre et comprendre l’appel de Dieu, il faut avoir l’humilité de se reconnaître imparfait, comme le roi David, comme les Ninivites du texte précédent.

 

*       *       *

 

Avant l’évangile, nous lisons une nouvelle péricope de saint Paul aux Corinthiens, qui fait suite à celle de dimanche dernier, où l’Apôtre nous rappelait l’importance d’honorer notre corps par une vie ordonnée.

Développant sa pensée, Paul s’étend davantage sur le mariage et la virginité. On avait dû lui poser des questions, car le chapitre commence par ce verset : J’en viens à ce que vous m’avez écrit.

Les conseils qu’il donne dans tout ce chapitre sont pleins de sagesse, de mesure, et très clairs. Lisons-les ensemble, cherchons à nous en inspirer.

Il est plus mystérieux de comprendre la pensée de l’Apôtre, quand il dit aux hommes mariés, aux tristes, aux joyeux de vivre comme s’ils ne l’étaient pas. 

L’Apôtre Paul prêche ici le détachement, et nous exhorte à ne pas nous attacher à tout ce qui passe si vite dans notre existence. Le mariage, la joie, la tristesse, les biens, tout cela est pour un temps ; tout en faisant notre devoir en ce moment, gardons le regard sur l’Eternité.

Il y a un détachement plus total, pour les personnes qui désirent se consacrer à Dieu et vivre dès ici-bas en vue du Royaume des Cieux (cf. Mt 19:12).    

Contrairement à ce qu’on dit souvent aujourd’hui, le bonheur n’est pas forcément dans une liaison matrimoniale, quand on n’y est pas appelé. Même ceux qui y sont appelés connaissent des moments de grandes difficultés, certainement pas enviables. 

Dans le mariage, deux époux cherchent, ensemble, à se sanctifier et à donner la vie à des enfants ; il est impératif que chacun examine s’il est vraiment appelé à cet état, et s’il n’est pas plutôt appelé à un autre état, dans la consécration de sa personne, pour être plus totalement au service de Dieu et de l’Eglise, pour prêcher la Vérité ou pour venir en aide à ceux qui sont dans le besoin.

Le célibat n’est pas une privation, ni une loi arbitraire. Les prêtres de l’Ancien Testament qui devaient officier à tour de rôle au Temple, devaient s’abstenir de tout commerce conjugal pendant cette période ; Jésus-Christ est resté célibataire et tous les Apôtres à sa suite l’ont imité, même s’ils étaient mariés précédemment. Dans toute l’histoire de l’Eglise, des hommes mariés appelés au sacerdoce ou à l’épiscopat ont mis un terme à leur union conjugale, d’un commun accord avec leur épouse, qui s’est aussi consacrée. Un cas célèbre est celui de saint Hilaire.

Saint Paul aime le célibat ; il le recommande, sans l’imposer (1Co 7:8-9, 28).

Les “trois vœux” de religion, en particulier celui du célibat sacerdotal, ne sont pas une invention tardive de l’Eglise, comme on le répète stupidement à tue-tête aujourd’hui. Un concile du 4e siècle dit expressément qu’ “il convient que les saints évêques et les prêtres de Dieu, ainsi que les lévites, observent une continence parfaite… ; ce qu’enseignèrent les apôtres, et ce que l’antiquité elle-même a observé, faisons en sorte, nous aussi, de le garder” (Concile de Carthage en 390, dans “Origines Apostoliques du Célibat Sacerdotal”, par C.Cochini, Lethielleux, 1981, pp.25 et suiv.).

 

*       *       *

 

Comme Jonas durant sa mission à Ninive, Jésus invite à la conversion ; et commence tout de suite à appeler : Simon et André, Jacques et Jean. L’évangile de dimanche dernier relatait la rencontre de Jésus et André, qui Lui amène Pierre ; c’était près de Jérusalem, à Béthanie, où Jean-Baptiste baptisait.

Aujourd’hui, en saint Marc, Jésus est en Galilée. André et Simon travaillent à leurs filets, ainsi que Jacques et Jean. Il s’est passé un certain temps depuis l’épisode précédent, et les futurs apôtres étaient retournés à leur travail. Quand Jésus les appelle, cette fois-ci, c’est “pour de bon” : invités à Le suivre, ils laissent tout, travail et famille, et suivent désormais Jésus-Christ qui va les préparer à leur mission apostolique, au sacerdoce.

Ne pensons pas que ces apôtres aient simplement abandonné leur famille et leur travail ; ils ont mis à profit le temps qui est passé entre la première rencontre et cet appel de Jésus, pour expliquer à tous leur conviction et prendre les dispositions nécessaires. Désormais, ils suivraient Jésus dans l’obéissance, dans la pauvreté et dans la chasteté. 

L’être qui s’attache à Dieu comprend vite que ce qu’il possède ne lui apporte jamais un bonheur définitif : il faut s’en servir pour la nécessité de la vie, mais pas s’y attacher. Etre pauvre ne signifie pas ne rien avoir, mais savoir posséder avec esprit de détachement. Etre obéissant ne signifie pas être esclave d’un autre humain, mais savoir reconnaître qu’un autre peut être plus expérimenté et avoir raison d’imposer un ordre. Etre chaste ne signifie pas qu’il faille renoncer à fonder une famille, mais vraiment la fonder selon la loi de Dieu, si l’on y est appelé, ou alors à s’en abstenir, mais toujours pour la gloire de Dieu et pas par égoïsme.

Jésus appelle, les premiers apôtres répondent “oui”. Chacun est appelé par Jésus, chacun de nous a une “mission”. Où qu’il soit, le chrétien doit se montrer fidèle à l’Evangile de Jésus-Christ, chacun selon cette mission : l’un pourra être prêtre, l’autre religieux ou cloîtré(e), tel sera professeur, tel autre banquier, ou plombier, ou technicien de surface. Dans chaque situation, il y a la place pour un témoignage d’authenticité chrétienne. A la base, la démarche fondamentale du chrétien est un mouvement de conversion authentique, d’adhésion à Dieu sans partage.

Cette école spirituelle est une ascèse difficile vers la sainteté. Nous sommes tous appelés à la sainteté. Cette ascension vers la Perfection est exigeante, et a besoin de la grâce de Dieu. 

Faisons bien nôtre la Prière du jour en demandant que notre vie soit dirigée selon (Son) amour, ou celle de conclusion qui évoque la grâce d’une nouvelle vie, que nous venons de recevoir dans l’Eucharistie.

Ne nous décourageons jamais devant nos chutes. Dans son infinie miséricorde, Dieu ne regarde pas ces chutes : comme pour les Ninivites, Il récompense largement tous les efforts que nous faisons pour nous acheminer vers Lui.

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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 00:00

2e dimanche per annum - B

 

Après que nous avons revécu la naissance et l’enfance du Verbe de Dieu incarné, l’Eglise nous invite à écouter ce Verbe fait chair.

La première lecture nous présente le petit Samuel qui, docilement, selon le conseil du prêtre Eli, répond à Dieu : Parle, ton serviteur écoute. Il se met entièrement à la disposition de Dieu, sans retour en arrière, sans hésitation.

Durant toute sa mission sur terre, le Christ n’a fait que se soumettre à la volonté de Dieu, pour accomplir totalement le sacrifice que Dieu attendait de lui. On pourrait très bien dire que, le premier, le Christ a dit à son Père : Parle, ton serviteur écoute. Rappelons-nous que le verbe «obéir» vient tout droit du latin «obaudíre», écouter. Obéir, c’est écouter pleinement.

Ce qui précède ne veut pas pour autant dire que le Christ n’avait pas de volonté humaine propre. Parfaitement homme, Jésus-Christ avait sa volonté  humaine, qu’en homme parfait il soumit à la volonté divine. L’Eglise a combattu l’erreur du monothélisme lors du troisième concile de Constantinople (681).

 

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Un mot sur le psaume 39 qui relie les deux lectures. David, entrevoyant le Messie, exprime l’offrande de celui-ci, exprimant à Son Père le don total de Sa Personne, Sa confiance tandis qu’Il se voit entouré d’ennemis.

Quand il dit Tu as ouvert mes oreilles, il exprime ce qu’on a dit plus haut : le Verbe incarné est prêt à écouter. Dans son épître aux Hébreux, saint Paul citera ce verset dans sa version grecque (Tu m’as façonné un corps, He 10:5-7).

Le Serviteur ajoute encore : Je ne retiens pas mes lèvres… J’ai dit ta vérité à la grande assemblée : David annonce là la vie publique du Christ et son enseignement.

 

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La deuxième lecture n’a pas de rapport direct avec la première et avec l’évangile. C’est la reprise de la première épître aux Corinthiens, dont on a lu les cinq premiers chapitres l’an dernier à la même époque. 

La péricope d’aujourd’hui fait partie du chapitre 6, où Paul parle de la pénible situation matrimoniale de certains Corinthiens, même chrétiens. Nos traducteurs ont peut-être craint d’offenser certaines consciences et n’ont pas traduit littéralement les mots de Paul. 

Or l’Apôtre ne parle pas d’impureté, un mot ambigu qu’on ne sait pas bien expliquer ; il parle précisément, en revanche, de la fornication, un mot qu’on masque souvent dans nos cours de catéchèse et dans nos familles, dans nos collèges et dans nos lycées. Quelques allusions vagues, parfois ironiques en coin, permettent de supposer “quelque chose”, sans qu’on dise quoi, tandis qu’un discours franc, précis, honnête, aiderait notre jeunesse à savoir se bien comporter. 

Il n’est pas permis par Dieu de vivre une situation matrimoniale sans que le mariage soit d’abord prononcé ; là se trouve le péché de la fornication. A plus forte raison, Dieu ne permet pas une autre liaison matrimoniale en-dehors d’un mariage déjà contracté : c’est l’adultère. 

C’est là une doctrine qui peut sembler difficile à beaucoup de nos contemporains, mais nous avons tous dans le cœur ce sentiment d’une situation stable et fidèle dans le mariage. Ce qui manque à beaucoup, c’est la persévérance, l’humilité et le pardon pour reconnaître et pardonner les erreurs.

Saint Paul nous rappelle une grande vérité : Tout être qui reçoit le baptême du Christ fait désormais partie du Corps du Christ, il est comme ce greffon enté sur un arbre pour en recevoir la vie ; celui qui reçoit la Vie du Christ ne s’appartient plus à lui-même, il est une créature nouvelle. Si un homme veut alors s’unir à une femme dans le lien du mariage, pour accomplir la Loi de Dieu, ils doivent ensemble s’unir dans le Christ et, en Christ, ne plus faire qu’une chair - qui se manifestera dans l’enfant qui en naîtra ; cette doctrine remonte aux premiers versets de la Sainte Ecriture (Gn 2:24). 

Les exemples de saint mariage n’ont pas manqué tout au long des siècles, depuis Adam et Eve, à Abraham et Sara, Joachim et Anne, Joseph et Marie, le saint empereur germanique Henri et sa femme Cunégonde, jusqu’à ce couple romain des bienheureux Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi, béatifiés en 2001, et - encore tout récemment béatifié, le couple des parents de sainte Thérèse de Lisieux, les bienheureux Louis et Zélie Martin.

Ceux qui voudront lire le passage de saint Paul dans le texte, se rendront compte de la force des expressions de l’Apôtre, dont on évite même quelques versets dans la lecture publique. C’est peut-être prudent, mais c’est aussi regrettable de priver nos oreilles d’avertissements aussi solennels, autorisés, et salutaires.

Peut-être pourrions-nous ici répéter les paroles du jeune Samuel : Parle, ton serviteur écoute !

 

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L’évangéliste saint Jean ne fait pas le récit du baptême de Jésus-Christ, déjà raconté par les autres évangélistes : nous avons lu cet épisode en saint Marc dimanche dernier. Aujourd’hui, nous lisons en saint Jean le témoignage de Jean-Baptiste, un témoignage “théologique” et messianique s’il en fut.

Jean-Baptiste voit arriver Jésus. Humainement parlant, il aurait pu recevoir son Cousin avec quelques marques d’affection - car ils ne s’étaient peut-être pas vus depuis leur naissance. Au contraire, Jean est très réservé, effacé ; et il nous livre cette phrase magnifique que, depuis, l’Eglise répète à chaque Messe : Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.

Dans l’Ancien Testament, l’agneau a toujours été pris pour le sacrifice le plus parfait, pour sa douceur même, sa blancheur innocente, son mutisme devant la souffrance, en un mot l’image la plus adéquate du Sacrifice du Messie qui marchera vers la Croix avec douceur, soumission, et en toute innocence, s’offrant pour expier les péchés dont il se charge sans les avoir jamais commis. Au moment de la fête des Expiations, on envoyait dans le désert le “bouc émissaire”, chargé par le grand prêtre des malédictions qu’il voulait ainsi détourner de dessus le peuple. Aujourd’hui, cet Agneau s’actualise de façon vivante en la Personne du Christ.

Le lendemain, dit l’Evangéliste - ces deux mots introduisent le texte d’aujourd’hui - Jean se tenait encore là, et répète les mots qu’il avait dits la veille :  Voici l’Agneau de Dieu. 

Il faut imaginer cette scène vraiment mystérieuse : encore une fois, Jean-Baptiste reste discret, il fixe les yeux sur Jésus qui passait et dit seulement Voici l’Agneau de Dieu. Sa mission est seulement d’annoncer, de précéder, puis de disparaître en présence de Jésus. Il invite la foule a écouter cet Homme, à Le suivre, et Lui seulement.

Les disciples du Baptiste n’hésitent pas ; ils suivent Jésus. André est le premier appelé, celui que nos Frères d’Orient appellent le “Protoclet” ; l’autre n’est pas nommé et ne sera peut-être pas un Apôtre ; mais c’est alors que Simon entre en scène, et que Jésus l’appelle “Képha”, Pierre. Le nom ou le surnom qu’on donne à quelqu’un lui reste toujours comme une marque indissociable de sa personne, expression de sa mission particulière. Au jour du baptême, nous recevons un nom qui ne nous quittera jamais ; parfois aussi c’est à leur confirmation que certains chrétiens prennent ou ajoutent un autre nom, comme s. Jean-Marie Vianney qui ajouta celui du Baptiste.

 

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Pour conclure, relisons pour une fois la Prière sur les Offrandes, où est exprimée la doctrine du Sacrement Eucharistique de la Messe : Chaque fois qu’est célébré ce sacrifice en mémorial,  c’est l’œuvre de notre Rédemption qui s’accomplit.

A chaque Messe, Christ se fait présent, un au milieu de nous, se donnant à nous et nous unissant à Lui-même. Chaque Messe est pour ainsi dire une Naissance du Christ, et une renaissance de notre personne “par Lui, avec Lui et en Lui”.

    

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4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 00:00

Baptême du Seigneur - B

 

Après la fête de l’Epiphanie, la liturgie de Noël fait un saut en avant dans le temps, en commémorant l’épisode du Baptême de Jésus par Jean-Baptiste. Nos amis lecteurs retrouveront toujours les homélies de l’année A et pourront y puiser des éléments qui ne seront pas répétés ici. En revanche, nous allons nous attarder un peu plus directement sur les textes de cette année B.

Dans la première édition du Missel, ces lectures étaient les mêmes pour les trois années A, B, C ; seul différait l’évangile. Actuellement deux autres lectures précèdent l’évangile de saint Marc.

 

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Voilà ce qu’annonçait Isaïe, huit siècles avant le Christ : manger de bonnes choses, des viandes savoureuses. Bien sûr, il ne s’agira pas de nos “réveillons”, parfois interminables et grotesques. Isaïe, avec son langage, veut annoncer ce festin eucharistique merveilleux, gratuit, où tout fidèle pourra se nourrir du Corps et du Sang du Verbe Incarné, Jésus-Christ, Fils de Dieu, fait homme.

Tout ce chant d’Isaïe n’est pas à prendre selon la lettre qui tue mais selon l’esprit qui vivifie (2 Co: 3,6b)  : le Prophète ne peut pas nous interdire d’aller acheter de quoi nourrir notre corps. Mais il nous adresse cet appel urgent à nourrir aussi et surtout notre âme, par les Sacrements de Jésus-Christ : Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver, invoquez-Le tant qu’il est proche.

Cet appel est au chapitre 55 ; mais déjà au chapitre 12 Isaïe chantait la présence du Seigneur, et c’est aujourd’hui le Chant de méditation que nous avons, au lieu du psaume habituel. Le Prophète proclame : Il est grand au milieu de vous, le Saint d’Israël. 

 

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La mission publique de Jésus-Christ commence à son Baptême ; elle s’achèvera par le sacrifice de la Croix. Sans la Croix, cette mission salvifique n’aurait pas été complète. Ainsi le souligne l’apôtre Jean, quand il dit que Jésus est venu par l’eau et par le sang ; et (que) celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit.

Témoignage impressionnant : toute la foule entendit cette voix mystérieuse, tandis que la divine Colombe voltigeait pacifiquement au-dessus de Jésus pour bien témoigner de sa divinité, du lien direct qui unissait cette Voix céleste et Jésus de Nazareth.

Le sang de Jésus, ce n’est pas non plus seulement celui qu’Il versera durant toute sa passion ; il y aura ce moment sublime où, après avoir rendu l’esprit (on pourrait peut-être écrire : rendu l’Esprit, avec la majuscule), jaillit de son côté percé par la lance, du sang et de l’eau, ces éléments divins des Sacrements de la Vie que Jésus nous a laissés avant de mourir : le baptême et l’eucharistie, l’un pour nous purifier, l’autre pour nous nourrir de son Corps et de son Sang ; et cet Esprit qu’il souffle du haut de la Croix, présage de la prochaine Pentecôte où les apôtres seront “confirmés” dans l’Esprit.

Eau, Sang, et Esprit, rendent chacun à leur façon témoignage à la Divinité de Jésus, et l’on ne peut pas prétendre croire en Lui, sans recevoir également Ses sacrements dans le baptême, la confirmation et l’eucharistie.

 

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L’évangéliste Marc est très bref, mais pas banal pour autant. Nous y lisons d’abord les paroles sublimes du Baptiste, bien conscient de sa mission de Précurseur ; de lui-même il dit ces mots pleins d’humilité : Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales ; on se souvient que, plus tard, Marie-Magdeleine se prosternera aux pieds de Jésus pour lui laver les pieds humblement, en signe de repentir : Jean-Baptiste se met encore en-dessous d’elle, ne se jugeant pas même digne de se courber devant son Maître. 

Mais ce n’est pas tout : Jean-Baptiste “relativise” en quelque sorte aussi sa propre mission, pourtant capitale, de préparation à la venue du Seigneur ; lui qui invite les foules à se convertir, à se faire purifier par le baptême, n’hésite pas à déclarer : Moi, je vous ai baptisés avec l’eau, lui vous baptisera dans l’Esprit Saint, montrant bien par là combien le serviteur tenait à s’effacer devant le Maître, le précurseur devant le Messie, le prophète devant le Christ. Jean-Baptiste est surtout grand parce qu’il est humble.

Quand Jésus demandera à ses apôtres de baptiser au nom du Père et du Fils et de l’Esprit-Saint, il n’annulera pas le baptême de Jean avec l’eau, mais il y ajoutera la puissance de l’Esprit, qui procède du Père et du Fils, selon l’expression que nous répétons dans notre Credo dominical. Le baptême de pénitence deviendra alors le Sacrement de la Vie nouvelle en Jésus-Christ.

 

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Au jour de son Baptême, Jésus a trente ans environ ; il sera présent, visible, au milieu de son peuple pendant trois années. Aujourd’hui, Jésus est toujours présent parmi nous : dans l’Ecriture, dans les Sacrements et particulièrement dans l’Eucharistie, dans l’Eglise, avec son Chef, le Pape, avec nos Evêques et nos Prêtres, mais aussi dans nos Frères, surtout les plus humbles et les plus démunis, et il est au milieu de nous, chaque fois que deux ou trois sont réunis en (son) Nom.

Nous unir à Lui, nous transformer en Lui, faire Un avec Lui. Une des Prières du jour l’exprime : puisque nous reconnaissons que son humanité fut semblable à la nôtre, donne-nous d’être transformés par lui au plus intime de notre cœur. 

On pourra aussi prêter attention à la prière que prononce le prêtre à la Messe, quand il unit une gouttelette d’eau au vin du calice : 

Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité.

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1 janvier 2021 5 01 /01 /janvier /2021 00:00

Epiphanie - ABC

 

Le mot grec epiphania signifie manifestation. La fête de l’Epiphanie commémore le jour où des rois païens ont reçu la manifestation de Dieu. 

Plutôt que de rois mages il vaudrait mieux parler de savants. L’événement fondamental de ces savants, venus se prosterner aux pieds du Christ, est une pierre milliaire dans l’Eglise en Orient, ce qui explique pourquoi nos frères orientaux, catholiques et orthodoxes, célèbrent Noël en ce jour, le 6 janvier, plutôt que le 25 décembre. Dans certaines familles chrétiennes de nos régions, on fait d’ailleurs cette distinction, en célébrant Noël (religieusement) le 25 décembre, avec les chants devant la crèche, et remettant au 6 janvier pour offrir les cadeaux aux enfants : idée judicieuse, qui donne tout leur sens aux cadeaux.

Ajoutons que, dans nos pays dangereusement laïcisés, on ne peut célébrer solennellement l’Epiphanie le 6 janvier, raison pour laquelle on la célèbre au dimanche le plus proche de cette date, qui peut tomber entre le 2 et le 8 janvier.

 

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La prophétie d’Isaïe est en lien direct avec l’événement que nous relisons aujourd’hui dans l’Evangile : des rois arrivent de loin pour honorer le Roi des Juifs à Jérusalem. L’évangile ne nous dira pas qu’ils soient venus avec des foules de chameaux, mais il est évident que trois personnages de leur rang ne sont pas venus sans équipage, ne serait-ce que pour leur propre subsistance, donc avec armes et bagages, ce qui représente une certaine quantité de domestiques et donc de bêtes pour transporter tout ce monde. Un déplacement qui ne peut passer inaperçu.

Les rois, donc, marchent vers la clarté de l’aurore. Ils reviennent de loin, avec des trésors, avec l’or et l’encens.

Les mages représentent une énigme importante dans la vie de Jésus. Comment ont-ils pu comprendre le “sens” de cette mystérieuse étoile ? Ont-ils eu une sorte de révélation, un écho des prophéties d’Israel ? Il faudrait le supposer comme fort probable, sinon on ne pourrait expliquer comment ils furent poussés à offrir des présents dignes de la royauté (l’or), de la divinité (l’encens), et la myrrhe, ce parfum très fort utilisé pour la sépulture ?

Saint Grégoire de Nazianze fait aussi sur eux cette remarque fort intéressante, reprise par l’encyclique de Benoît XVI, que le moment où les mages, guidés par l’étoile, adorèrent le nouveau roi, le Christ, marque la fin de l’astrologie, parce que désormais les étoiles tournaient selon l’orbite déterminée par le Christ (Spe Salvi, §5).

D’astrologues, de savants, nos rois mages s’ouvraient ainsi à l’adoption divine.

Seule une prédisposition, une attente de la Vérité, jointe à une grâce spéciale, une inspiration divine, peut expliquer tant de coïncidences. Les rois mages ont eut l’humilité de se soumettre à une Vérité qu’ils ne connaissaient pas encore, à reconnaître quelqu’un de plus grand qu’eux. C’est l’attitude même des savants honnêtes, prêts à apprendre quelque chose que d’autres leur révèlent.

 

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Le psaume 71 allude à son tour à cet événement : Les rois de Tarsis et des Iles, les rois de Saba et de Seba… 

Tarsis est une région non identifiée, «lointaine», peut-être imaginaire, comme les Iles lointaines, au-delà des mers. Le royaume de Saba pourrait se situer au sud de l’actuelle Arabie, sur le territoire du Yemen ainsi que sur les territoires d’Erythrée. On se souvient que la reine de Saba rendit visite à Salomon (1R 10:1-13). Seba serait en revanche une région de l’actuelle Ethiopie.

Ce psaume fut composé, d’abord, en l’honneur de Salomon, fils de David, ancêtres du Roi céleste incarné, Jésus-Christ. Et c’est principalement au Christ que s’applique maintenant ce texte du psaume.

 

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La lettre de l’apôtre Paul aux Ephésiens souligne l’importance de la fête de l’Epiphanie. Paul fait remarquer que Ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus. Les trois rois-savants incarnent les païens appelés au salut. 

Plus tard (cf. Ac 11), après la conversion du centurion Corneille, les premiers chrétiens finirent par comprendre quand même que Aux païens aussi Dieu a donné la repentance qui conduit à la vie (Ac 11:18). 

L’adoration des mages, venus de si loin, contraste nettement avec l’endurcissement d’Hérode et des Juifs qui n’ont pas voulu accueillir Jésus sur place en Palestine. 

 

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L’évangéliste Matthieu, le seul qui relate l’événement, avait le souci de montrer l’accomplissement des prophéties. 

Il est donc venu, le moment où se vérifie la prophétie d’Isaïe, ainsi que celle du psaume 71. 

En outre, Hérode apprend, de la bouche même des prêtres et des scribes, qu’à Bethléem devait naître le pasteur d’Israël (Mi 5:1) ; c’est dire combien les Juifs qui le voulaient, savaient parfaitement expliquer l’Ecriture.

Matthieu fait aussi remarquer, peu après la visite des Mages, que certaines situations historiques passées étaient en elles-mêmes prophétiques : Rachel (la femme de Jacob) pleurant ses enfants (c’est-à-dire ses descendants) à Rama (que l’on situait près de Bethléem) - rappelle les massacres et les déportations des populations d’Ephraïm, Benjamin et Manassé par la main des Assyriens - mais aussi annonce le massacre des petits Innocents ; c’est le prophète Jérémie qui le disait (Jr 31:15).

Sur le massacre des Saints Innocents proprement dit, on pourra se reporter à la méditation sur cette fête.

Mais pourquoi l’étoile n’a-t-elle pas guidé les Mages directement au lieu où se trouvait l’enfant ?

On pourrait sans doute répondre qu’en s’adressant à Hérode, les mages lui donnaient une occasion, s’il en avait accepté la grâce, de se convertir lui-même et d’avoir lui aussi la joie d’adorer l’Enfant-Dieu. De la part des mages, aller le saluer était une marque de respect ; si à son tour Hérode s’était joint à eux pour reconnaître le Christ, il n’aurait pas fait massacrer les petits Innocents, puis n’aurait bien probablement pas scandalisé les contemporains en répudiant sa femme pour épouser Hérodiade (cf. Mt 14:3), et n’aurait pas fait décapiter Jean-Baptiste ; sa vie politique, ses ambitions, tout aurait changé. 

Faisons ici une autre remarque concernant la grotte de Bethléem. Matthieu ne parle pas de grotte ; il dit même deux versets plus loin : Entrant dans la maison… Il s’est donc passé un certain temps déjà depuis la naissance de Jésus dans la crèche dont parle Luc 2:7 ; après le recensement, les voyageurs ont quitté les auberges, et la Sainte Famille aura trouvé un petit logement sur place, pour éviter un voyage de retour difficile avec le petit Bébé. 

On a parfois avancé que l’Enfant-Jésus pouvait déjà avoir dix-huit mois environ, lors de la visite des Mages : ceci expliquerait bien pourquoi Hérode fait rechercher les enfants de moins de deux ans (Mt 2:16).

 

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L’Epiphanie est la fête de l’entrée des nations non-croyantes (païennes) dans la communauté des croyants, par l’annonce de l’Evangile. Tous les peuples sont invités à entrer dans la grande famille de l’Eglise. Les rois mages sont les premiers “étrangers” à croire en Jésus-Christ, et une très ancienne tradition rapporte qu’ils furent baptisés très vite après l’Ascension, par les Apôtres eux-mêmes. 

Si nous voyons tant d’injustices, tant de haine et de guerres, c’est que sans doute Jésus-Christ n’est pas adoré, pas aimé, pas reconnu. Et si tous les chefs se tournaient vers Jésus, ils trouveraient bien d’autres issues aux conflits, que celle de guerroyer sans fin. De même qu’ il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtellerie (Mt 2:7), de même aujourd’hui on refuse une place à Jésus dans nos cités, dans nos gouvernements, dans nos écoles, dans nos constitutions, et jusque dans nos familles ; On accroche aux murs des photographies, des posters variés, mais une image du Christ ou de Marie, un crucifix, c’est plus rare… 

Il est urgent d’appeler tous les hommes à retrouver la référence à l’enseignement de Jésus. 

Quand les traditions deviennent purement folkloriques, elles n’ont plus de sens. On “fait les fêtes” au moment de Noël, sans plus aucune référence au contenu historique de Noël. Il faut rappeler que Noël, comme son nom l’indique, c’est la Naissance, et saint Léon nous dit que la naissance de la Tête, c’est la naissance du Corps (de l’Eglise). Ne pas parler du Sauveur, et allumer partout des lampions à grands frais ne sont que l’expression d’une société dangereusement laïque. On en est même à se demander pourquoi souhaiter de “Joyeuses Fêtes”.

Il ne manquera pas une association, pas un club, pas une famille, où l’on ne “tirera les rois”, dans la mesure où la fève cachée dans la galette représentera encore un roi… ou une reine ; mais quand la fève est une figurine quelconque… 

Les mages, eux, regagnèrent leur pays par un autre chemin. Cette phrase apparemment technique peut avoir une signification profonde, car quand on a rencontré Jésus, toute notre vie doit prendre une autre direction.

Unissons notre prière à celle de nos frères en Orient, pour que d’une seule voix et d’un seul mouvement nous venions ensemble nous prosterner devant le Roi des Juifs qui vient de naître.

Et repartons, nous aussi, par un autre chemin.

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