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31 juillet 2021 6 31 /07 /juillet /2021 23:00

18e dimanche per annum - B

 

 

A leur sortie d’Egypte, les Hébreux furent guidés de jour par la colonne de nuée et de nuit par la colonne de feu (cf. Ex 13:21) ; une telle présence divine, vraiment extraordinaire, ne suffit pas pour empêcher les enfants d’Israël de murmurer en voyant arriver les Egyptiens ; après le passage de la Mer Rouge, ils chantèrent un solennel hymne d’action de grâce, mais à peine au deuxième mois de la sortie d’Egypte, ils avaient de nouveau le murmure dans le cœur et sur les lèvres. C’est la lecture d’aujourd’hui.

Qu’aucun de nous n’ose reprocher aux Hébreux leur inconstance, leur facilité à se rebeller, à récriminer, comme dit le texte !

Dans leurs propos incendiaires, ils vont jusqu’à regretter de ne pas être morts en Egypte ; le texte grec ne dit pas Il aurait mieux valu mourir de la main du Seigneur, mais Que ne sommes-nous morts frappés par le Seigneur, où le mot frappés reprend le terme par lequel ont été désignés les fléaux qui ont accablé les Egyptiens, comme si, dans leur colère, les Israélites en venaient à désirer le sort des Egyptiens. Justin et Origène ont souligné cette ingratitude.

Philon, pour sa part (philosophe et exégète juif du 1er siècle), observe le caractère vraiment miraculeux de la patiente bonté de Dieu, qui offre à son peuple une nourriture gagnée sans peine et non terrestre, souvenir du Paradis où l’homme n’avait pas à travailler pour se nourrir, et prémices de l’Eucharistie.

L’expression chaque jour est plus complexe dans le texte ; il faudrait presque traduire littéralement ce qui est du jour pour un jour. Le même Philon interprète ainsi cette expression : les nourritures de l’âme, qui sont célestes, sont les paroles de Dieu ; mais l’âme ne peut recevoir en une seule fois la richesse de ces grâces ; aussi Dieu ne dispense-t-il que la nourriture du jour pour le jour. Il interprète aussi que la Lumière (le jour) nous est donnée uniquement «pour le jour», c’est-à-dire pour le Bien.

Le psaume et l’évangile vont tout-à-l’heure compléter cette exégèse.

 

*       *       *

Le psaume 77, pour qui le lit dans son intégralité, est une longue méditation didactique sur l’histoire d’Israël, les fautes de la nation et leur châtiment. Le psaume met en relief la responsabilité d’Ephraïm, ancêtre des Samaritains, l’élection de Juda et le choix de David.

Au milieu de l’énumération de tant et tant de bienfaits pour lesquels le peuple d’Israël n’a pas su se montrer reconnaissant, est évoquée cette «pluie» céleste des cailles et de la manne. 

La manne est le pain des Forts, c’est-à-dire la nourriture des Anges, dont il sera question dans l’évangile.

Le psaume dit plus bas que les Israélites avaient encore la nourriture dans la bouche, que la colère de Dieu fondit contre eux : aucun n’entra dans la Terre promise, sauf Josué et Caleb, qui ne s’étaient pas révoltés. Ceux qui y entrèrent ne furent pas même leurs fils, mais leurs petits-fils (cf. Nb 14:27sq) ; de ceux-là le psaume dit plus bas que Dieu conduit son peuple et le fait entrer dans son domaine sacré.

 

*       *       *

Quand nous entendons Paul rappeler aux Ephésiens de ne plus se conduire comme les païens qui se laissent guider par le néant de leur pensée, on peut très facilement rattacher ce comportement de païens à celui des Israélites ingrats qui péchèrent contre Dieu dans le désert.

Nous avons tous à nous défaire de (notre) conduite d’autrefois, car nous sentons tous qu’il reste encore quelque chose du vieil homme au fond de nous, qui cherche à tout moment à supplanter l’homme nouveau que nous avons reçu en Jésus-Christ.

Notre renouvellement, notre conversion, ne seront jamais acquis ; ce serait comme de croire qu’un champ une fois dépierré et ensemencé restera définitivement apte à produire sans aucun travail. Ce serait le Paradis terrestre ! 

Toute notre vie est un travail champêtre, qu’il faut sans cesse reprendre pour préparer la terre et y faire pousser le bon fruit.

 

*       *       *

Après le verset de l’Alleluia, qui reprend un verset du même psaume 77, nous commençons la lecture du discours sur le Pain de Vie ; il se prolongera sur quatre dimanches.

L’évangéliste Jean ne parle pas de l’institution de l’Eucharistie ; quand il écrivit son évangile, les trois autres, ainsi que l’épître de Paul aux Corinthiens, étaient largement diffusés parmi les Chrétiens ; aussi Jean a plutôt développé d’autres points connexes de l’amour du Christ pour nous : son Corps eucharistique, le Lavement des pieds lors de la Dernière Cène.

Après avoir multiplié les pains et les poissons, Jésus invite la foule à travailler pour une Autre nourriture que celle de la terre. On parlait plus haut du travail de toute notre vie : Jésus nous invite à ce travail passionnant, consistant à se préparer à recevoir la Nourriture qu’il nous donne.

La foule s’intéresse et questionne Jésus avec avidité : Que faut-il faire ? Cette humble question est celle des cœurs simples, qui s’ouvrent à la parole de Dieu ; elle rappelle celle de Marie à Nazareth : Comment cela se fera-t-il ? (Lc 1:34). Et de même que l’Ange annonce l’Incarnation du Verbe, de même Jésus demande à la foule de croire en Lui, en celui que (Dieu) a envoyé.

Croire vraiment en Jésus, le Verbe divin incarné, c’est croire à toute sa mission et à tout son enseignement, à ses Sacrements, à l’Eucharistie en particulier, et en l’Eglise.

Les interlocuteurs de Jésus découvrent peu à peu la Vérité : ils se souviennent de la Manne, mais que sera cette nouvelle Nourriture dont leur parle Jésus ? 

Jésus leur fait comprendre que la Manne était un Pain venu du Ciel. Mais le vrai Pain sera Celui qui descend du Ciel et donne la Vie au monde : Jésus passe maintenant du Pain-symbole de la Manne, au Pain Eucharistique, qu’il est Lui-même, et enfin dit explicitement : Moi, je suis le pain de la vie.

L’expression latine, comme la grecque, comporte une particularité saisissante : elle commence par le mot Ego, de sorte qu’il faut comprendre : C’est moi (et pas un autre)…

Jésus-Christ s’est exprimé ainsi maintes fois, s’identifiant à la vraie Vigne (Jn 15:1), au vrai Pasteur (Jn 10:11. Mais aussi, pour rassurer ses disciples, il leur dit simplement : C’est moi ! (Jn 6:20). 

Plus encore, en parlant un jour aux Juifs, il leur dit ces mots : Si vous ne croyez pas que Je Suis… (Jn 8:24), reprenant expressément le nom que Dieu se donna en parlant à Moïse : Je suis celui qui est (Ex 3:14), qu’on a parfois traduit : Je suis le «Je suis», l’Etre par essence, l’Etre éternel. Quand Jésus utilise l’expression Je suis, les Juifs comprennent aussitôt que Jésus leur montre sa divinité.

Quand Jésus parle de faim et de soif, il annonce encore plus précisément que l’Eucharistie comportera son Corps et son Sang.

“Ne plus avoir faim” ne veut pas dire qu’il suffira de communier une seule fois au Corps de Jésus, mais qu’il ne faut aller qu’à Lui pour vraiment être rassasié.

Au contraire, Jésus désire que nous Le recevions très souvent dans le Sacrement d’Amour eucharistique. Certes, l’Eglise ne veut pas nous obliger contre notre volonté ; si elle nous demande expressément de recevoir l’Eucharistie une fois l’an, au moment de Pâques, c’est pour que nous ne nous privions pas de l’Eucharistie, et que le plus grand nombre la reçoive au moins quelquefois. 

Mais si nous sommes convaincus de l’importance de cette démarche, si nous voulons vraiment nourrir en nous la vie divine, allons le plus souvent possible recevoir la sainte Hostie - et l’Eglise nous y encourage. 

Beaucoup de fidèles ne savent pas que les prêtres célèbrent chaque jour l’Eucharistie ; nous pouvons chaque jour y participer, selon le temps disponible. La Messe est à chaque fois la Pâque qui se reproduit : Chaque fois que vous mangez ce pain et buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne (1Co 11:26).

On ne peut pas mettre le Christ au centre de notre vie, sans y mettre en même temps l’Eucharistie, le Sacrement de la nouvelle créature en Jésus-Christ.

*       *       *

La Prière du jour nous rappelle la restauration de l’ordre primitif de la Création : Restaure pour eux ta création ; dans la Prière après la Communion nous disons avoir été renouvelés par le Pain du ciel.

Le 4 août, l’Eglise fête saint Jean Marie Vianney, patron des prêtres et des curés. L’ année sacerdotale, que nous fêtions il y a peu à l’occasion du 150e anniversaire de la mort de ce grand Saint, a été l’occasion pour beaucoup d’entre nous de renouveler notre attachement à la Vie divine eucharistique. Soyons-y fidèles !

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24 juillet 2021 6 24 /07 /juillet /2021 23:00

17e dimanche per annum - B

 

 

La première lecture de ce dimanche nous fait vivre un épisode qui se produisit neuf siècles avant Jésus-Christ.

Puisqu’on était en période de famine (2R 4:38), on peut se demander d’où venait ce quelqu’un qui vint apporter à Elisée vingt pains d’orge et du grain frais ; le texte sacré précise que c’est un homme de Baal-Shalisha, une localité du royaume de Juda, aujourd’hui encore mal indentifiée. Heureux cet homme qui eut la générosité d’offrir au Prophète ce qu’il avait, pour le partager.

Le serviteur d’Elisée est étonné de devoir distribuer vingt pains à cent personnes ; ça ne fait pas beaucoup pour des gens affamés. Et le Prophète doit lui donner son ordre par deux fois, ajoutant même une promesse du Seigneur : on mangera et il en restera.

Ce miracle annonce celui que nous allons lire dans l’évangile.

 

*       *       *

Le psaume 144 se fait l’écho de ce miracle : Tu leur donnes la nourriture, au temps voulu… Tu rassasies avec bonté.

Ce long psaume est de David, il chante la grandeur, la fidélité et la bonté du Créateur, en vingt-deux distiques qui commencent chacun par une des lettres de l’alphabet hébreux.

Il nous invite à bénir le Seigneur pour sa gloire, ses exploits, la nourriture, sa bonté, sa justice, sa fidélité… 

Est-ce que nous savons remercier Dieu chaque jour pour tout ce que nous recevons ? Est-ce que nous réalisons que tout nous vient en définitive de Lui et de Lui-seul.

Est-ce que nous réfléchissons que même les revers, les privations, sont toujours des grâces que Dieu nous envoie pour nous aider à nous confier à Lui, pour nous aider au détachement de la terre et nous faire penser aux biens du Ciel ?

Est-ce que nous pensons en outre que le Pain eucharistique est bien supérieur au pain que nous avons sur notre table chaque jour ? L’évangile va nous donner l’occasion d’y revenir.

 

*       *       *

Apparemment, la lettre aux Ephésiens n’est pas directement liée à ce thème ; sur six dimanches, nous allons la lire dans son intégralité. Mais comme la Parole de Dieu est unique dans sa multiplicité, nous pouvons rattacher aussi la lecture d’aujourd’hui au thème de la nourriture divine.

Montrant le Primat du Christ dans toute la création, saint Paul rappelle notre vocation à être unis à Lui.

Adhérer à Jésus n’est pas seulement une démarche extérieure, une signature au bas d’un certificat, une vague promesse fugitive. Vivre de la vie de Jésus, c’est faire converger toutes nos forces vers la sainteté. Une sainteté qui engage d’abord notre propre intime, et nous dirige vers notre prochain. 

Avoir une “vie chrétienne” avec de belles prières, mais sans être emplis de charité envers chacun de nos frères, serait une double vie absolument contraire à la vie chrétienne authentique. C’est pourquoi Paul recommande expressément que nous ayons l’humilité, la douceur, la patience ; de se supporter les uns les autres avec amour. 

Notons cette expression : se supporter avec amour, attitude bien différente de la “tolérance” dont on parle parfois ; tolérer, c’est supporter négativement, comme le chat qui fait le gros dos ; supporter avec amour veut dire rester bon avec celui qui vous frappe, sourire quand on est tenté par la colère, pardonner de bon cœur quand on a subi un tort quelconque. 

C’est parfois très difficile, il faut même se faire violence quelquefois, mais c’est comme cela qu’on se rapproche de la sainte perfection : Le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents le prennent de force (Mt 11,12).

Accepter de se sanctifier ainsi, c’est imiter parfaitement le Christ : Je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité (Jn 17:19, trad. Segond).

Participer ensemble, fraternellement, à l’Eucharistie, suppose cet effort intérieur et cet amour fraternel réel auxquels nous invite l’apôtre Paul, pour que la Nourriture eucharistique nous unisse vraiment et nous identifie au Christ.

 

*       *       *

Dimanche dernier, nous avons vu les foules converger vers le Christ, qui en eut pitié parce que ces gens étaient comme des brebis sans berger. Après les avoir longuement exhortés, le soir arrive et… il faut bien manger !

Nos liturgistes ont préféré nous faire lire aujourd’hui le récit de l’évangéliste Jean, qui donne les mêmes détails que Marc, mais en ajoute aussi quelques-uns, et surtout enchaîne avec le discours sur le Pain de Vie, que nous lirons fragment par fragment pendant plusieurs dimanches.

L’occasion de ce discours est donc ici la première multiplication des pains. Cinq pains d’orge, et deux poissons, vont nourrir cinq mille hommes, donc plus que cinq mille, puisqu’on ne compte pas les femmes et les enfants (mais sans exagérer ce nombre, car nous sommes dans le désert, donc loin des zones habitées, et les personnes plus faibles, femmes et enfants, ne sont pas forcément venues jusque là).

Au passage, notons le “privilège” de ces populations, qui peuvent suspendre toutes leurs activités quotidiennes pour aller écouter des heures durant Quelqu’un qui leur parle de la Vérité et de la Vie éternelle. Un état d’esprit que nous ne connaissons pas beaucoup aujourd’hui…

Jésus rend grâce. C’est la signification de Eucharistie. Par cette prière, Jésus remercie son Père pour le Don qu’Il fait aux hommes, pour cette multiplication qu’il va opérer, et pour le bien que vont en recevoir les gens. En même temps, il anticipe le geste qu’il fera à la Dernière Cène pour l’institution de l’Eucharistie.

On pourrait appliquer à cette situation le Croissez et multipliez que Dieu adresse à Adam et Eve (Gn 1:28), ainsi que la multiplication infinie de l’Eucharistie, depuis la Dernière Cène jusqu’à aujourd’hui, où le Christ ne cesse de nous donner son Corps.

Que nous enseigne encore ce miracle ? Notons ces détails : cinq pains nourrissent une foule immense et il en reste douze corbeilles ; les deux poissons aussi sont multipliés, mais il n’en reste pas.

Cinq pains seulement pour cinq mille (ou plus) personnes - Elisée en avait vingt pour cent personnes affamées : le miracle est encore plus spectaculaire ici.

Les cinq pains pourraient bien être comparés aux cinq livres de la Loi - Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome -, la Torah hébraïque, l’Ancienne Alliance, qui a “nourri” tout le peuple avant Jésus-Christ, mais qui aujourd’hui ne suffit plus à apporter la vraie nourriture au Peuple de Dieu. Jésus-Christ doit lui redonner une nouvelle force vitale - en attendant l’institution de l’Eucharistie, qui ne tardera plus - et cette nouvelle nourriture sera désormais distribuée par les douze Apôtres : les douze corbeilles restantes montrent que cette nouvelle nourriture ne s’épuise pas, et l’Eglise continuera de la multiplier dans l’Eucharistie.

Les poissons ont ici une autre signification : ils pourraient exprimer les deux Testaments, au terme desquels toute la Révélation est achevée et à laquelle il n’y a rien à ajouter (cf. Ap 22:18). 

Rappelons-nous ici que les lettres composant le mot poisson en grec - i-ch-th-u-s - ont servi à la première communauté chrétienne à exprimer sa foi en Christ ; ces lettres expriment en effet les cinq mots : Iesus Christos Theou Uios Soter (Jésus Christ, Fils de Dieu, Sauveur). C’est ce qui explique que si souvent le poisson est représenté dans les mosaïques ou les peintures chrétiennes des premiers siècles, comme symbole christique.

Les gens présents auront tout de suite fait le rapprochement entre le miracle d’Elisée et celui de Jésus : vraiment, Jésus fait beaucoup mieux !

Evidemment, la première réaction de la foule est d’un ordre très terre-à-terre : proclamer roi Jésus. Il va certainement aussi les libérer des Romains qui occupent le territoire ! Mais Jésus s’éclipse pour aller passer la nuit en prière dans la solitude. 

Quelle pouvait être sa méditation, cette nuit-là ? Heureux d’avoir rassasié la foule, il pouvait certainement penser à son propre sacrifice, où il allait donner son Corps pour nourrir tous les hommes. Il devait certainement penser aussi à tous les prêtres, en premier les Apôtres, auxquels il allait donner le pouvoir de consacrer le Pain et le Vin.

Le lendemain, il ira retrouver cette foule et, en vrai Roi, il va leur indiquer quelle Nourriture réelle il va leur donner. C’est ce discours que nous lirons les prochains dimanches.

 

*       *       *

 

Dans la Prière, l’Eglise nous fait reconnaître que sans (le Christ) rien n’est fort, rien n’est saint. Le terme multiplie pourra évoquer encore la multiplication de l’évangile. 

Dans la Prière sur les offrandes, nous demandons à Dieu de sanctifier notre vie de tous les jours, par l’Eucharistie.

Ne laissons pas le prêtre prononcer tout seul ces paroles. Prions avec lui, et cherchons à nous sanctifier vraiment de la vie du Christ.

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10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 23:00

16e dimanche per annum - B

 

 

Continuant la mission des prophètes, après Ezékiel et Amos, voici Jérémie, dont l’appel se situe vers la fin du 7e siècle avant Jésus-Christ.

Par la bouche de son prophète, Dieu reproche sévèrement aux prêtres leur manque de zèle. Le pasteur en effet ne peut se contenter de s’asseoir sur une pierre près de son troupeau : il doit regarder où sont les brebis, où elles se déplacent, prévenir les dangers, ramener celles qui s’éloignent. C’est une attention continue qui ne laisse pas de place à l’insouciance ou au farniente.

La prophétie annonce la déclaration de Jésus : C’est moi le pasteur, le bon (Ego sum pastor bonus, Jn 10:11).

Dieu va Lui-même s’occuper de ces brebis, en envoyant Son Fils, ce Germe juste, issu de David, qui naîtra six siècles après Jérémie et qui, autour de la Croix et de l’Eglise, rassemblera tout le troupeau des humains de toutes races, dans l’unité de la Foi, de la Doctrine, dans l’unique Famille de Dieu.

 

*       *       *

Le psaume 22 du Bon Pasteur évoque évidemment le Pasteur unique et éternel, au nom duquel doivent agir tous les pasteurs de l’Eglise.

Avec ce Berger, on ne manque de rien ! C’est bien le Christ qui s’est défini le Pain vivant (cf. Jn 6:51), la source d’Eau vive (cf. Jn 7:37). Le banquet eucharistique, le psalmiste en parle un peu plus loin : Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis : le Corps et le Sang du Christ sont, comme l’a dit notre Maître, une vraie nourriture et une vraie boisson (cf. Jn 6:55), dont sont évidemment exclus ceux qui refusent d’y croire.

C’est le Christ qui fait revivre ; qui conduit par le juste chemin ; c’est lui qui est avec moi et qui me guide et me rassure avec son bâton. En suivant le Christ, nous savons que nous sommes dans la Vérité, que nous marchons vers la Vérité. Le bâton fait certainement allusion au bâton de Moïse, dont il se servit pour faire sortir de l’eau du rocher (cf. Ex 17:1-7) ; c’est bien sûr le bâton du berger, dont il a besoin pour éloigner les loups et qui, arrondi, lui permet aussi de retenir par la patte une brebis qui s’éloigne trop loin ; ce bâton est à l’origine de la crosse que tiennent les évêques dans leur main gauche, durant les processions.

Le passage à travers les ravins de la mort peut s’entendre comme la nuit de la Pâque en Egypte, quand tous les premiers-nés moururent, alors que le peuple de Dieu restait indemne (Ex 12:29sq) ; ou comme le passage de la Mer Rouge (Ex 14:15sq) ; ou comme la traversée du désert (Ex 15-18) ; mais il peut aussi s’entendre comme la mort du péché : même si ma conscience m’accuse, je sais que le Christ est là pour me consoler et me pardonner.

En suivant un tel Guide, il est certain que nous serons toujours dans la Grâce et le Bonheur, dans la Maison du Seigneur, c’est-à-dire dans l’Eglise, dans la Vie divine.

Le Christ l’a bien dit à saint Thomas : Il est le Chemin, la Vérité et la Vie (cf. Jn 14:6). Et encore : Hors de moi, vous ne pouvez rien faire (Jn 15:5).

 

*       *       *

Jésus-Christ est le Centre de la Création. Nous le lisons maintenant dans l’épître de Saint Paul aux Ephésiens.

Christ est le centre et l’aboutissement de tout le créé : en Lui nous sommes créés, vers Lui nous marchons. Le Christ est le ciment sacré de l’unité entre tous les  hommes. 

On sera frappé du nombre de fois que Paul utilise le mot paix en parlant du Christ : cinq fois dans ce petit extrait. Oui, Jésus est notre paix ; nous n’aurons de paix qu’en Jésus, et nous n’obtiendrons cette paix qu’en nous mettant en paix avec Jésus. 

Cette paix, Jésus l’a achetée par son sacrifice volontaire, par son sang librement versé. Ce Sacrifice Unique préfiguré par les multiples sacrifices de l’Ancien Testament, les couronnait et en même temps y mettait un terme. Dans le Nouveau Testament, l’unique Sacrifice de Jésus-Christ efface tous les péchés et nous ouvre la Porte du Ciel. Chaque fois qu’un prêtre offre ce Sacrifice à la messe, il ne refait pas le Sacrifice du Christ, qui est mort et ne souffre plus ; à l’autel, le prêtre actue ce Sacrifice sous nos yeux, continuant à appeler sur l’Eglise les grâces divines.

Rappelons-nous ici les propres mots de Jésus sur la paix. C’est après la dernière Cène. Saint Jean ne parle pas de l’Eucharistie, car il sait que les trois autres Evangélistes l’ont fait ; mais il rapporte les dernières paroles de Jésus avant sa passion. Ouvrons le chapitre 14, verset 27. Un seul verset, mais tout un programme socio-politique adressé aux apôtres et à tous les hommes de bonne volonté : Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne.

Faut-il commenter ? Jésus n’est-il pas assez clair ?

Tirons-en simplement une conséquence logique : Toute communauté, petite ou grande, qui ne cherche pas à s’appuyer sur les principes du Christ, est vouée à l’échec. Ce n’est pas un théorème qui a besoin de démonstration ; on pourrait dire que c’est un postulat ; un postulat qui a son corollaire : Toute situation conflictuelle (drame, dispute, divorce, manifestation violente, révolte, attentat, assassinat, guerre (froide ou déclarée), est le résultat de l’exclusion, volontaire ou non, des principes chrétiens.

 

*       *       *

Et voici qu’un drame s’est déroulé à Jérusalem, tandis que Jésus était dans la région de Nazareth et qu’il avait envoyé les apôtres en mission.

Marc raconte cela au chapitre 6 (mais l’épisode n’est pas lu ce dimanche) : Hérode avait fait arrêter Jean-Baptiste qui lui reprochait son adultère, puis le fit décapiter ; cet épisode dramatique sera lu seulement au jour du Martyre de Jean-Baptiste, le 29 août. Il est peut-être regrettable que ce passage ne soit pas lu le dimanche, car ce serait une bonne illustration de ce qu’on a dit plus haut sur la paix et les conflits.

Pendant cet épisode, donc, nos apôtres reviennent de leur première mission. On les imagine racontant à Jésus ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont dit, ce qu’ils ont fait… Quelle impression profonde ont-ils ressentie en accomplissant ces premiers miracles, sur ordre de Jésus ! Chasser les démons, oindre les malades, les guérir ! Vous, pénitents qui craignez un peu de vous approcher du prêtre pour avouer vos péchés, sachez que non seulement ce prêtre ne saura jamais répéter à qui que ce soit ce qu’il aura entendu, mais surtout : qu’il est profondément heureux de lever la main vers vous et de vous dire calmement : “Vos péchés vous sont remis. Allez en paix”. Ainsi, les Apôtres, heureux d’avoir transmis la paix, au nom de Jésus.

Et Jésus se montre très humain avec eux : Venez vous reposer ! Oui, l’homme a besoin de se reposer, c’est un devoir qu’il se doit. Notre organisme a besoin de cette pause nocturne, pendant que le soleil est absent, pour dormir et se détendre, pour reprendre des forces. Notre société actuelle est ivre de mouvement et de bruit. Certaines maladies cancéreuses sont directement liées à ce rythme très désordonné. Jésus se préoccupe donc aussi de la santé de ses Apôtres, qui n’ont même plus le temps de manger.

Mais Jésus a aussi une grande préoccupation : le Bien de tous ces gens qui viennent le voir, qui semblent être des brebis sans berger. Les prêtres, les lévites, les docteurs, ne manquaient pas, cependant, mais ils ne cherchaient pas à s’occuper des brebis comme doit le faire l’Unique Berger.

Ici, l’évangile fait écho à la première lecture ; Jésus, le vrai Berger, veut que les Apôtres, et à leur suite les prêtres et les évêques, s’occupent vraiment de guider les âmes dans la Vérité, vers la Vérité, vers l’union avec Dieu. Pour un ministre du culte, forte est toujours la tentation de présomption, d’orgueil, de regarder le succès personnel, de considérer le peuple de Dieu un peu comme sa propre “clientèle”. 

Le prêtre français Jean-Marie Vianney (fêté le 4 août), vers qui accouraient des milliers de pèlerins, et qui n’avait pas non plus le temps de manger, ne s’attribuait aucun succès ; son seul souci était le salut des âmes, la conversion des pécheurs. Rien que pour le salut des âmes de sa paroisse, il s’imposa beaucoup de mortifications, et le démon cherchait par tous les moyens à le décourager. La patience persévérante du saint prêtre gagna la partie : les dernières années, même le diable cessa de l’importuner.

 

*       *       *

Nous devons tout faire pour être en paix avec Jésus : Le suivre comme l’unique Pasteur, L’écouter comme l’unique Vérité, Le remercier comme notre unique Sauveur. 

Le prêtre redit à chaque messe : Seigneur, tu as dit à tes apôtres : Je vous laisse la paix, je vous donne MA paix, ne regarde pas nos péchés, mais la foi de ton  Eglise…

Ai-je cette foi ? Je demande vraiment à Jésus Sa paix ? Suis-je prêt à l’appeler, à lui ouvrir, à l’écouter ?

Je me tiens à la porte et je frappe, dit le Seigneur.

Si quelqu’un entend ma voix, s’il m’ouvre, j’entrerai chez lui… (Ap 3:20, antienne de Communion).

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3 juillet 2021 6 03 /07 /juillet /2021 23:00

15e dimanche per annum - B

 

Dimanche dernier, il s’agissait du prophète Ezékiel, que Dieu envoyait vers les fils d’Israël, vers ce peuple de rebelles (Ez 2:3). Voici aujourd’hui Amos, ce “petit prophète” du huitième siècle avant Jésus-Christ (on l’appelle «petit» parce qu’il est un des douze prophètes dont le message est assez court) ; envoyé quelque temps en Israël, il est bientôt “réexpédié” par le prêtre lui-même à ses troupeaux et ses figuiers. Mais  il aura eu le temps d’appeler Israël à la conversion. 

C’est la dureté de cœur des hommes qui les empêche de comprendre que le message divin est pour leur bien. Quand Dieu appelle à la conversion, c’est qu’Il nous aime et veut que nous connaissions la vraie paix.

Ce qui coûte un peu, c’est de changer de cap, de quitter un petit plaisir momentané, pour connaître une joie profonde.

On pourrait hasarder une question ici : Dieu, qui sait tout, sait bien que son prophète ne va pas être reçu ; pourquoi l’envoyer ? C’est ce qui se passe avec la petite graine évoquée il y a quelque temps (11e dimanche). Le message finit toujours par passer.

Il en est ainsi de beaucoup d’interventions célestes : visions et révélations à des âmes privilégiées, apparitions, que l’Eglise n’a pas pu ou n’a pas voulu approuver, pour des raisons que nous ne connaissons pas. Ces messages touchent quand même des âmes, qui en profitent. La semence est jetée, elle donne du fruit.

A l’image du Christ, qu’ils représentent, les Prophètes ont bien souvent été méconnus, rejetés même, par leurs proches (voir l’évangile de dimanche dernier). C’est aussi pour nous un encouragement à continuer de témoigner, même si nous rencontrons de l’indifférence. Annoncer la Vérité ne pourra qu’engendrer la Paix dans les cœurs.

 

*       *       *

Le psaume 84 est une prière pour la Paix, composée par le maître de chant à l’intention des captifs de Jacob, maintenant rapatriés. Ceux qui ont connu l’exil retrouvent maintenant la paix, comme les pécheurs qui, ayant entendu l’appel à la conversion, retrouvent la consolation et la paix en Dieu. 

En effet, proche est son salut de ceux qui le craignent : quand nous nous tournons de tout notre être vers Dieu, Il répond toujours.

Ce psaume 84 est lu principalement durant l’Avent, en préparation de la naissance du Messie, dont on attendait consolation et paix.

Ici, tous les attributs messianiques sont personnifiés : Amour, Vérité, Justice, Paix. 

Amour et vérité se rencontrent : l’Amour de Dieu pour les hommes et la Vérité incarnée du Fils de Dieu ne font qu’un. Le message du Christ est la Voix, le Verbe de Dieu.

Justice et paix s’embrassent : comme pour dire que là où Dieu est présent - par l’Eglise, par les Sacrements, par la Parole, là règnent en même temps la justice et la paix, la véritable et unique réponse à tous les problèmes sociaux des hommes.

La vérité germera de la terre : car le Sauveur naîtra d’une humble femme, Marie.

Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit : Dieu envoie son Fils, et la lignée humaine de David donnera naissance au Sauveur.

En nous faisant méditer sur ces phrases du psaume, l’Eglise nous met dès à présent à l’écoute des Prophètes qui vont nous préparer à la naissance de Jésus-Christ.

 

*       *       *

 

Le message que nous avons reçu du Christ et de ses Apôtres est un appel à la sainteté.

A partir de ce dimanche, l’Eglise suspend la lecture de la seconde épître aux Corinthiens, pour aborder celle aux Ephésiens, une des dernières de l’Apôtre.

Dans cette Lettre, Paul exalte le triomphe de la royauté du Christ, et notre vocation à vivre en Lui dans une vie nouvelle et royale.

Le chant magnifique que nous lisons aujourd’hui constitue le prologue de cette épître ; les habitués de la Louange des Heures le prient chaque lundi à Vêpres ; dans cet hymne, Paul loue le Père pour l’œuvre de salut accomplie en notre faveur par Son Fils. Cette lecture n’est pas simple et il faudra toute la science des lecteurs pour la proclamer avec la solennité qu’il convient.

Dès le début, dès avant la création, Dieu nous a bénis dans le Christ. Dès la création, chacun de nous était présent dans le plan divin ; dès le début, Dieu a voulu nous unir à la sainteté du Christ, nous identifier à Lui et faire de nous ses Fils.

Cela fut ce que Paul appelle le propos de Sa volonté ; la traduction par bienveillance, doit être comprise en son sens propre et très fort : bien-veillance, c’est-à-dire qui veut le Bien. C’est toujours notre Bien, que Dieu recherche.

Il y a ici une belle expression, d’ailleurs reprise dans la quatrième Prière Eucharistique : unis en un seul Corps, nous sommes appelés à la louange de Sa gloire. Paul est tellement transporté par cette louange, qu’il répète deux autres fois l’expression (vv. 12 et 14, en fin de paragraphes) : comme le Fils rend une éternelle louange à Son Père, nous sommes admis avec Lui à exprimer cette même louange, grâce à notre adoption dans la Vie du Père. Quel honneur nous est donc fait là !

Et ce n’est pas tout ! En effet, le péché aurait pu annuler tout ce beau programme sacré. Nous aurions pu être privés de cette adoption, être exclus de la Béatitude… Non : Dieu nous aimait tant, qu’Il s’est servi de Son Fils pour nous racheter, par le Sacrifice parfait du Verbe Incarné, qui nous obtient par son sang la rédemption, le pardon de nos fautes.

La vocation de tout le créé, de tous les êtres vivants est d’être unis en un seul Corps ; c’est notre vocation : nous devons vivre dans l’Unité.

Pour cimenter cette Unité, dans la Charité, nous avons été marqués par l’Esprit Saint. Reçu par les Apôtres au jour de la Pentecôte, nous l’avons à notre tour reçu dans le sacrement de la Confirmation. Quand nous participons à un joyeux repas de famille ou entre amis, cette réunion autour d’une même table cimente tous les présents dans un joie commune et renforce l’amitié fraternelle ; à plus forte raison, quand nous recevons tous l’Esprit de Dieu, nous sommes tous unis dans l’Amour et dans la Vérité.

Nous sommes réellement unis, entés, sur le mystère de la Trinité : le Père, le Fils, l’Esprit, en venant habiter en nous, nous appellent à l’Unité, à l’Amour, à la Paix.

Bien sûr, cette Unité est souvent fragilisée ; l’Amour est souvent brisé ; la Paix est souvent rompue ; mais l’Esprit de Dieu est bien plus fort que nos sentiments humains. Grâce à l’Esprit, si nous le voulons, l’Unité se reconstruit, comme le Temple autrefois, l’Amour reprend force, la Paix est restaurée.

 

*       *       *

 

Dieu a envoyé les Prophètes et les Apôtres. Dans l’Eglise, les missionnaires continuent l’œuvre d’évangélisation.

Nous lisons aujourd’hui le récit évangélique de la toute première mission des Apôtres. Jésus leur a enseigné comment agir, comment parler, comment imposer les mains aux malades. Maintenant, c’est à eux d’opérer. 

Etonnant, ce conseil de dernière minute qu’ils reçoivent au moment de partir : ne rien emporter pour la route, sauf un bâton ; pas de pain à manger, pas d’argent pour en acheter, juste un bâton, des sandales (pas de chaussures), et même pas une tunique de rechange… Jésus veut que les Apôtres apprennent à se confier à la Providence ; ils devront humblement demander l’hospitalité - qui se pratiquait avec largesse dans ces temps-là ; encore aujourd’hui, les habitants de ces régions savent être très hospitaliers.

Quand un François d’Assise ou un Dominique de Guzman ont voulu réformer de l’intérieur l’Eglise décadente du 12e siècle, ils ont exigé de leurs compagnons une pauvreté totale ; c’est ce qui rendit les ordres franciscain et dominicain si florissants, si féconds en exemples de sainteté. D’autres suivirent ; les congrégations qui firent le meilleur apostolat, commencèrent très souvent dans la pauvreté la plus misérable.

Les Apôtres, donc, vont par les chemins et accomplissent leur mission selon les paroles de Jésus : ils chassent les démons, font des onctions d’huile aux malades ; ce sont déjà nos sacrements de la Réconciliation et de l’Onction des malades. 

Jésus les envoie deux par deux. Il y a là une sagesse et une prudence. La compagnie d’un ami fidèle est très souvent d’un grand réconfort. Dans la solitude, souvent l’homme ou se désespère à cause de ses faiblesses ou s’enorgueillit de ses réussites : l’ami qui est à ses côtés, au nom de la Vérité, a le devoir de l’aider à surmonter ces tentations. 

Les jeunes qui entrent dans les séminaires ou les noviciats ne font pas qu’apprendre intellectuellement,  ils apprennent surtout à s’aimer les uns les autres, à s’entraider charitablement. Il y aurait bien des exemples à citer, de cette sainte amitié qui a soutenu les Saints dans leurs combats apostoliques. Voyez par exemple saint Boniface et ses Compagnons (v. 5 juin) ou les saints Cyrille et Méthode (v. 14 février), qui ont évangélisé toute la zone slave.

La Règle de saint Benoît (v. 11 juillet) est aussi une invitation à la vie fraternelle : Ce bon zèle, les moines doivent s’y exercer avec la plus ardente charité ; ce qui revient à dire : qu’ils s’honorent mutuellement de respectueuses prévenances (cf. Rm 12:10) ; qu’ils supportent avec une inaltérable patience les infirmités physiques ou morales de leur prochain ; qu’ils se rendent à l’envi une exacte obéissance ; que nul ne recherche son propre avantage, mais plutôt ce qu’il juge profitable à autrui ; qu’ils échangent entre eux d’honnêtes marques de charité fraternelle… (Règle de ssaint Benoît, 72)

Ajoutons-y ici cette anecdote délicieuse de quatre jeunes martyres chinoines, âgées de onze à dix-huit ans, qui, pour s’encourager réciproquement, allaient à leur martyre en se tenant par la main (v. 28 juin, une s’appelait Lucie, les trois autres Marie).

 

*       *       *

Dans l’Eucharistie, nous sommes Un en Christ : Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui (Jn 6,57), c’est l’antienne de communion ; c’est dans ce Mystère que Dieu accomplit l’ Œuvre de salut (prière finale). Devant cette Œuvre - ce chef-d’œuvre - l’histoire n’est plus rien qu’un petit espace de temps très vite écoulé. L’histoire passe et disparaît bien vite ; l’important est ce qui reste : notre salut en Jésus-Christ notre Sauveur, pour la louange de gloire de notre Père éternellement miséricordieux.

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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 23:00

14e dimanche per annum - B

 

Six siècles avant Jésus-Christ, le prophète Ezéchiel n’a pas cessé de se heurter à la dureté de cœur de tous ses contemporains, à qui il reprochait leur manque de respect des choses saintes ; ce fut la ruine de Jérusalem, l’exil à Babylone - qu’il partagea avec eux… ce peuple de rebelles qui s’est révolté contre moi, dit l’extrait d’aujourd’hui. 

Mais cette prophétie ne reste pas stérile, car après l’épreuve vint aussi la résurrection, le retour à Jérusalem et le reprise du culte dans le Temple.

 

*       *       *

 

La prière de David dans le psaume 122 exprime cette douleur du prophète angoissé devant tant de dureté de cœur ; il est comme abandonné, traité en esclave qui regarde la main de son maître : en effet, le pauvre esclave n’avait pas le droit de regarder en face son maître pour parler avec lui ; tout ce qu’il attendait était à peine quelque largesse de sa main. 

Le fidèle, qui met sa confiance totale en Dieu, lève les yeux vers Dieu, car il sait qu’il en recevra miséricorde.

Jésus a prié ce psaume, depuis sa jeunesse ; lui, Dieu incarné, il s’offrit totalement et il fut traité en esclave. On ne l’écouta pas, mais son sacrifice nous a valu le salut.

 

*       *       *

 

Maltraité aussi fut l’apôtre Paul, après sa conversion et durant ses nombreux voyages. Mais ce dont il parle aujourd’hui dans l’extrait aux Corinthiens, est une épreuve d’un autre genre, intime et spirituelle, liée à sa propre vie mystique. 

Que signifie cette écharde dans la chair ? Une maladie plus ou moins chronique ? Une épreuve intérieure, un doute ? Paul est discret, il veut seulement faire comprendre aux Corinthiens que l’épreuve nous enseigne à voir notre grande faiblesse et la force efficace de la grâce de Dieu.

Sainte Catherine de Sienne, Docteur de l’Eglise (1347-1380), reçut de Jésus-Christ cette explication que saint Paul, qui vivait dans la chasteté par imitation envers Notre Seigneur, pour anticiper le Royaume des Cieux (cf. Mt 19:12), fut fortement tenté contre cette vertu angélique. 

Cette interprétation, due à une révélation privée, n’est pas “dogmatique” en soi, mais peut nous aider à comprendre le texte de saint Paul et sa délicate discrétion.

 

*       *       *

 

L’évangile que nous lisons aujourd’hui, montre Jésus dans son pays, à Nazareth, là où l’ange était apparu à Sa Mère, là où il avait grandi, où se trouvait sa parenté, en somme un endroit où on le connaissait bien. L’évangéliste ne parle pas de ses occupations quotidiennes, des rencontres avec les cousins et cousines : envoyé par Dieu pour annoncer la Bonne Nouvelle, Jésus se rend à la synagogue. 

Comme lors de son pèlerinage à Jérusalem, à douze ans, c’est dans le lieu saint que nous Le retrouvons, en train d’enseigner. Le Fils de Dieu se doit d’être aux choses de son Père (cf. Lc 2:49).

Mais les “paroissiens” de cette synagogue ne se montrent guère disponibles à accueillir cette Parole ; leurs conversations sont superficielles : pour eux, Jésus est simplement leur camarade d’enfance et de jeux, et peu leur importe son enseignement. 

Arrêtons-nous un court instant sur cette parenté, les frères et sœurs de Jésus : Jacques, José, Jude, Simon. Malgré les fréquentes explications du mot “frère” qui, en hébreux désigne aussi bien un frère qu’un cousin ou qu’un proche, il ne manque pas d’interprétations qui veulent que Joseph et Marie aient eu d’autres enfants que Jésus. Beaucoup d’arguments peuvent contredire ces assertions.

Si Joseph et Marie avaient eu d’autres enfants, très vraisemblablement l’Evangile y aurait fait allusion quelque part ; ou aussi on l’aurait su et répété dès le commencement ; et surtout l’Eglise n’aurait jamais invoqué Joseph comme le “chaste époux de Marie”, ni Marie comme la “Reine des Vierges”. 

A cela s’ajoute un argument provenant du texte-même d’aujourd’hui : des quatre noms de “frères” cités, trois sont ceux d’Apôtres (Jacques, dit “mineur”, est l’auteur d’une épître, de même que Jude ; ce dernier et Simon auraient évangélisé l’Egypte, avant d’aller en Perse où ils auraient été martyrisés). L’Evangéliste les nomme donc parce qu’ils sont connus de la communauté ; tandis qu’il ne nomme aucune des “sœurs”. 

Enfin, rappelons que sur la croix, Jésus confie à Marie son “fils”, l’apôtre Jean, et à ce dernier Marie, sa “mère”, chose qu’Il n’aurait pas faite si sa sainte Mère avait eu d’autres fils.

Revenons donc à Nazareth et à l’assemblée de la synagogue, où l’on est en train de jaser sur Jésus. Il s’y mêle en réalité une vilaine jalousie, et même du dédain : Mais d’où a-t-il appris tout cela ?, se demande-t-on. - Du pauvre Joseph, un simple charpentier ? Et Jésus de le faire remarquer à ses disciples : Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, dans sa famille et sa propre maison.

Ne condamnons pas ces parents et voisins de Jésus ; ils cèdent à un sentiment bien humain ; dans les familles dont l’un des membres est prêtre, on regarde la personne consacrée comme un peu (ou beaucoup…) “étrangère”, d’un autre monde, au point que cette dernière, pour préserver la paix, en est réduite soit au silence, soit à “jouer le jeu” de la complicité. C’est dommage parce que, dans ces familles, la Vérité n’est pas au rendez-vous.

A Nazareth, ce fut au point que même le Fils de Dieu dut partir sans faire de miracles, sauf en imposant les mains à quelques-uns, dit l’évangéliste Marc. Ceci ne veut pas dire que Jésus, déçu et vexé de ce mauvais accueil, soit parti fâché ; l’évangéliste précise qu’il était étonné.

Ce mot étonné est à comprendre au sens très fort : Jésus est très frappé par le manque de foi, alors que sa mission est au contraire de récompenser la foi des hommes et de leur accorder les guérisons du corps et de l’âme. Quelle tristesse, pour l’Ami éternel, de se heurter à des cœurs froids et indifférents.

Ne serions-nous pas, nous aussi, parfois de ces proches de Jésus, au cœur froid et indifférent ?

 

*       *       *

 

Il était question tout-à-l’heure de l’esclave qui n’ose pas même regarder son maître en face. Jésus au contraire nous invite, comme il invita ces compatriotes, à Le regarder, à aller vers Lui : Venez à moi (Mt 11:28)  ; ceux qui étaient esclaves de leurs passions, se détournèrent de Jésus ; si au contraire nous avons la foi, nous allons nous tourner vers lui et lui dire, remplis d’espérance : Tu (nous) as tirés de l’esclavage du péché ; fais-(nous) connaître le bonheur impérissable !

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19 juin 2021 6 19 /06 /juin /2021 23:00

13e dimanche per annum - B

 

Une des questions les plus fondamentales que se pose l’homme dans son existence est celle-ci : Qu’est-ce que la mort ? Et une des difficultés métaphysiques est précisément celle-ci : Comment se fait-il qu’il faille mourir, alors que Dieu est l’Auteur de la Vie ? D’où vient donc la mort ? 

 

*       *       *

 

Dieu n’a pas fait la mort, répond ici le Livre de la Sagesse. La mort est entrée dans le monde par la jalousie du démon. 

Donc, en toute logique, le démon, prince des ténèbres et ennemi de Dieu, existait avant-même la création de l’homme.

Dans la Genèse, il est écrit que Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder (Gn 1:15). Le cultiver, cela devait se faire bien autrement que maintenant, car l’homme ne connaissait pas encore le travail pénible ; comme Dieu, dont il était l’image (cf. Gn 1:27), il devait imposer à la nature sa seule parole créatrice, selon sa volonté qui ne voulait que le Bien.

Mais le garder de quoi ? Le mot garder nous suggère ici beaucoup de choses. L’homme n’avait pas encore péché à ce moment-là, mais il devait se protéger d’un ennemi qui existait déjà ; cela veut dire que Satan s’était déjà révolté et avait déjà été exclu de la présence de Dieu avec les autres anges qu’il avait entraînés dans sa rébellion. D’après la Tradition, c’est alors que Lucifer, le «porteur de la lumière”, devint Satan, prince du Mal, ennemi du Bien, de l’Harmonie et de la Paix.

Satan, le Révolté, ne pouvait demeurer en face de Dieu qu’il refusait d’adorer. Extraordinairement intelligent, il était désormais extraordinairement jaloux du Bien, jaloux de l’Homme qui était si beau et si parfait : il ne pouvait supporter qu’une autre créature fût supérieure à lui, et il chercha à perdre l’homme.

C’est donc Satan l’auteur du mal, de la haine, du péché, du poison qui fait mourir. 

Quand l’Ecriture nous dit que la puissance de la mort ne règne pas sur la terre, ce n’est pas pour nous forcer à ignorer ce que nous voyons bien tous les jours : souffrance, maladie, mort. L’Auteur sacré nous rappelle par là que ce mal ne vient pas de Dieu, mais de l’Esprit du Mal, qui fait tout pour nous éloigner de Dieu.

En réalité, nous savons que Dieu nous attend, que nous sommes faits pour la Vie ; et nous sentons cet appel au-dedans de nous. 

Au terme de son existence terrestre, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus disait, toute joyeuse : Je ne meurs pas, j’entre dans la Vie.

Ce que nous appelons maintenant «la vie», n’est qu’une fausse vie, une apparence de vie ; c’est seulement une existence qui doit s’achever bientôt. Notre existence n’a de signification que si nous tendons de toute notre énergie vers la Vie, la vraie, pour laquelle Dieu nous a créés.

Il y a dans l’Apocalypse (ou Révélation) de Jean, un verset très significatif : Heureux et saint celui qui participe à la première résurrection. La seconde mort n’a point pouvoir sur ceux-là (Ap 20:6). La première résurrection advient après notre mort physique ; ceux qui sont prêts à entrer dans le Royaume, sont pour toujours dans la Vie ; mais ceux qui ont refusé la Vérité dans leur vie, vont vers la Mort éternelle : c’est là la seconde mort.

Ô bienheureuse mort ! Notre fabuliste La Fontaine a bien touché du doigt ce que serait notre condition, si la mort n’existait pas : nous continuerions de vivre dans un monde d’imperfection et dans une perpétuelle désespérance. Cette première mort est donc un passage bien salutaire pour atteindre l’autre monde.

 

*       *       *

 

Le psaume qui suit cette première lecture est le psaume 29 (et non 20, noté par erreur dans certains missels), une prière d’action de grâces.

Jean Cassien (Ioannes Cassianus, auteur latin du 4e siècle) explique qu’il s’agit de l’action de grâces de Jésus à son Père, après la résurrection. Ce psaume est justement placé dans la prière de la Louange des Heures du Samedi Saint, lorsque désormais le Christ, libre de la mort, célèbre sa résurrection avec tous ceux qui l’attendaient, depuis Adam jusqu’au Bon Larron, à qui il disait la veille, sur la Croix : Aujourd’hui tu seras avec moi en Paradis (Lc 23:43).

Les mots abîme, fosse, étaient la façon dont l’Ancien Testament exprimait l’attente des âmes après l’existence humaine. Puis Jésus est «remonté», a surgi de son tombeau, est ressuscité.

Au soir de la passion du Christ, Marie et tous les amis de Jésus versaient des larmes ; au matin, après l’étonnement, vint la joie : Christ Jésus est Vivant !

 

*       *       *

 

Sans lien direct avec ce qui précède, nous poursuivons aujourd’hui la lecture de l’épître aux Corinthiens, où Paul invite ces derniers à être généreux envers leurs frères plus pauvres de Jérusalem, à l’image de Christ qui s’est humilié, acceptant la mort, pour nous “enrichir” de la vie.

En clair, Paul fait la quête aux Chrétiens de Corinthe en faveur de ceux de Jérusalem. 

A nous qui sommes sollicités sans cesse par courrier ou par téléphone, qui voyons à la télévision des manifestations généreuses pour telle ou telle œuvre, le fait que Paul sollicite la charité des Corinthiens ne nous étonne pas beaucoup, mais mettons-nous en pensée dans l’ambiance du premier siècle : on connaît dans l’antiquité la démarche des Athéniens qui vinrent un jour demander aux Spartiates du blé, car ils avaient faim, mais le fait était vraiment insolite en ces temps-là.

Des mendiants aux coins des rues, il y en avait de toute évidence, et Jésus l’avait dit à ses Apôtres : Des pauvres, vous en aurez toujours parmi vous (Jn 12:8). Mais Paul innove ici : non seulement il organise une collecte pour toute une communauté, mais en plus il s’engage à en assumer le transfert jusqu’à destination : Corinthe-Jérusalem, ce n’était pas un voyage de vingt-quatre heures ; le bateau pouvait être pris d’assaut par des pirates, ou simplement faire naufrage… Cette démarche de Paul est extrêmement novatrice et courageuse. 

On voit ici aussi l’Esprit Saint à l’œuvre, qui suscite dans le cœur des Apôtres des initiatives charitables et efficaces, montrant ainsi au monde romain la vie active et fraternelle de cette Eglise naissante.

Paul invite les Chrétiens nouvellement baptisés à pratiquer ce partage des richesses, qui caractérisa les premiers disciples : Nul n’était dans le besoin ; car tous ceux qui possédaient des terres ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de la vente et le déposaient aux pieds des apôtres. On distribuait alors à chacun suivant ses besoins (Ac 4:34-35).

 

*       *       *

 

Le récit évangélique va couronner ce qui a été dit dans la première lecture.

On y voit deux miracles imbriqués l’un dans l’autre. Le cas est unique.

Jaïre n’est pas un païen, mais un chef de synagogue. On sait combien les Pharisiens ont été hostiles à l’enseignement de Jésus, au point que l’attitude de ce Jaïre est remarquable : contre les Pharisiens, il a le courage de demander une faveur à Jésus, et humblement se prosterne pour exprimer cette demande.

Marc aurait très bien pu terminer le récit concernant Jaïre, puis ajouter quelque chose comme : “Pendant son déplacement, Jésus fit aussi cet autre miracle…” Non, Marc a tenu a maintenir dans son récit l’irruption de la guérison de cette femme, pour revenir ensuite à la résurrection de la petite fille de Jaïre : c’est que sans doute Jésus aura fait exprès de s’arrêter en chemin, laissant passer un peu de temps, pour pouvoir réellement ramener la petite morte à la vie. 

Par ce signe, Jésus pouvait déjà annoncer sa propre mort et sa résurrection.

Il faut noter combien est édifiante la conduite de cette femme si malheureuse : juste toucher le vêtement de Jésus ! Pas même lui parler, pas même le regarder en face, mais par derrière ! Cette pauvre femme savait que, d’après la Loi, sa maladie la rendait “impure”, et fidèlement à la Loi elle se comportait comme une indigne, sans adresser la parole à Jésus, ni le regarder, osant seulement toucher le pan de son vêtement. 

Comme Jésus récompense l’humilité de cette femme ! Lui-même se tourne de façon qu’elle puisse le voir en face, Lui-même l’invite à s’exprimer ; on dirait, avant la lettre, le prêtre qui cherche à mettre à l’aise le pénitent ; en effet, dit Marc, elle lui dit toute la vérité. 

Elle devait avoir beaucoup de remords cachés et voulait, en quelque sorte, se confesser. Sa sincérité et son humilité sont récompensées : Ta foi t’a sauvée, lui dit Jésus.

Entre temps, la petite fille est morte ; Jésus rassure son papa : Ne crains pas ! Une parole pleine de paix qu’on trouve tant de fois dans l’Evangile, tout particulièrement lors des apparitions après la Résurrection. On pourrait dire que c’est Jaïre, le premier témoin de la Résurrection. 

Puis Jésus ne garde avec lui que Pierre, Jacques et Jean, ceux-là mêmes qui seront témoins de la Transfiguration et de l’Agonie à Gethsémani. Plus tard, c’est donc Pierre qui aura raconté ce que Jésus dit à cette petite fille, et son disciple Marc, qui l’écoutait, l’a transcrit fidèlement ici, dans la langue-même de Jésus, en araméen : Talitha koum !

Stupéfiante, cette recommandation de Jésus que personne ne le sache : comment taire un fait aussi exceptionnel ? 

Jésus aime la discrétion, la vraie conversion, celle du cœur, et non la publicité. Comme nous sommes loin ici de toute la presse qui inonde nos kiosques et Internet ! Comme il est urgent que les Chrétiens s’efforcent d’utiliser ces moyens de communications pour le bien, pour la Charité, et non pour le bavardage et l’indiscrétion.

Enfin, Jésus demande de donner à manger à la petite fille, de la même façon qu’après sa résurrection, il mangera devant ses Apôtres stupéfaits, pour leur démontrer qu’il était bien vivant, et pas un fantôme qui ne peut pas manger (cf. Lc 24:37-43).

 

*       *       *

 

Nous, Chrétiens, restons dans la lumière ! Ne nous égarons pas dans les apparences de la fausse vie. Prions avec conviction la Prière du jour : Ne permets pas que l’erreur nous plonge dans la nuit ! 

La nuit du monde, la nuit de l’erreur, la nuit du Mal… Marchons vers la Vie !

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12 juin 2021 6 12 /06 /juin /2021 23:00

12e dimanche per annum - B

 

Après que Job a subi la tentation de la révolte, Dieu vient le faire réfléchir ; il le place devant l’immensité de la mer.

Il est toujours impressionnant de regarder les vagues s’arrêter sur le rivage, la marée montante et descendante, qui cependant demeure dans les limites du littoral ; plus impressionnants encore, hélas, les terribles raz-de-marées, les tsunamis. Devant cette force impétieuse, l’homme est totalement impuissant.

Même si l’homme est capable de construire des embarcations et d’énormes navires qui résistent aux tempêtes, il sait qu’il n’est pas à l’abri total du danger. Combien de marins, de voyageurs, ont péri en mer…

En termes poétiques mais réalistes, Dieu parle à Job de la mer comme d’un enfant, à qui ont met des langes, qu’on aide à s’habiller, auquel on assigne une place : Reste là, ne bouge pas !

Dieu invite donc Job, et chaque être humain en même temps, à rester humbles devant la volonté toute-puissante de Dieu.

*       *       *

 

Le long psaume 106, dont nous ne méditons ici que quelques versets, va aussi nous parler de la mer. D’abord le psalmiste nous invite à chanter et à remercier Dieu pour tout ce qu’il a fait. Plusieurs allusions à l’exode et aux tribulations du peuple d’Israël à travers le désert, sont cinq fois ponctuées par cette invitation : Qu’ils rendent grâce au Seigneur de son amour !

Si Dieu montra sa puissance en libérant son peuple d’Egypte, et en le nourrissant dans le désert, le psaume rappelle aussi combien Dieu est bien plus puissant que la mer, même quand elle est agitée.

Il n’est pas défendu de prendre ce mot de mer dans un sens plus imagé : la mer, avec ses vagues, est souvent le symbole de l’agitation du monde, alors que la terre ferme symbolise la sécurité.

Le port qu’ils désiraient devient ainsi l’Amour miséricordieux de Dieu, et l’Eglise fondée par Jésus-Christ ; et aussi le Tabernacle de la Présence réelle du Christ-Eucharistie, devant lequel il est si bon de rester en méditation pour retrouver la paix.

Dans l’histoire et dans notre vie personnelle, nous pouvons maintes fois observer combien la force et la miséricorde divines dépassent de beaucoup toutes les entreprises humaines.

C’est une invitation pour nous, comme dans le livre de Job, à demeurer humbles devant la majesté de Dieu et à ne jamais désespérer de Sa bonté.

*       *       *

 

Quand l’apôtre Paul rappelle aux Corinthiens que Jésus est mort et ressuscité, il nous fait aussi remarquer que Dieu est plus fort que la mort. L’Auteur de la Vie est vainqueur de la Mort.

Les événements quotidiens de la société, de la politique, les guerres, les dangers, le bruit et l’agitation, nous écartent facilement de cette certitude. La maladie nous dérange, la mort nous fait peur, la météorologie capricieuse nous rend nerveux, les examens nous inquiètent : mais qu’est-ce que tout cela devant la certitude de l’Eternité ?

Saint Paul demande instamment aux Chrétiens de ne pas avoir du Christ une image temporelle, historique, car le Christ est au-delà de l’Histoire. 

Le Christ n’est pas un monument aux morts. Le Christ n’est pas seulement mort un jour dans le passé : il est vivant maintenant et éternellement. Pour être avec lui, il faut ordonner notre vie d’une façon nouvelle : le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né.

Demandons-nous : est-ce que je suis nouveau ? Est-ce que j’ai combattu mes caprices ? Est-ce que j’accepte sereinement d’avoir tort, d’être faible ? Est-ce que j’ai fait la paix avec tel camarade ? Est-ce que je sais dire Viens, Seigneur Jésus ! avec cette sainte impatience de l’auteur de l’Apocalypse (Ap 22:20) ?

 

*       *       *

 

Dans l’évangile, il est à nouveau question de la mer agitée.

Comme Jésus devait être fatigué, pour s’endormir en pleine tempête ! Et ce coussin où il appuie sa tête ne devait pas être très sec…

La réaction des disciples est bien humaine ; pêcheurs, ils savent ce que signifie une barque qui se remplit d’eau : si l’on ne peut écoper à temps, c’est bientôt la noyade et la mort, même si le lac de Tibériade n’est pas immense ni très profond.

Mais si l’on transpose ces éléments déchaînés à un niveau plus spirituel, les vagues et le vent représentent l’agitation de l’histoire des hommes et de notre quotidien. Jésus alors se lève et nous demande : Pourquoi avoir peur ?

C’est un peu aussi la réaction des hommes devant les moines et les moniales des ordres contemplatifs : que font donc ces religieux derrière leurs murs, alors que nous vivons tant d’angoisses ?

Compte-tenu de la question de Jésus, nous devrions plutôt répondre : qu’il est beau d’avoir cette foi, cette confiance stable.

Il y a un psaume où le chantre semble assumer ces deux attitudes, le psaume 78 ; le psalmiste commence par exprimer à Dieu son désespoir devant la ruine de Jérusalem : Jusqu’à quand, Yahvé, ta colère ? jusqu’à la fin ? ta jalousie brûlera-t-elle comme un feu ? et, après avoir exposé toute sa tristesse, reprend confiance : Et nous, ton peuple, le troupeau de ton bercail, nous te rendrons grâce à jamais et d’âge en âge publierons ta louange.

Les apôtres y ont peut-être pensé. Mais leur question ici a quelque chose d’étonnant : Mais qui est-il donc ?, se demandent-ils, alors qu’ils ont déjà vu, par exemple, le miracle de l’eau changée en vin à Cana et qu’ils crurent en lui (Jn 2:11). La réalité est que les apôtres sont des hommes, comme chacun de nous ; un moment ils sont interpellés, un autre moment ils perdent confiance ; un moment ils sont pleins d’enthousiasme, et juste après ils sont désespérés.

Plus loin, nous lirons bientôt que les mêmes apôtres furent remplis d’étonnement, car ils n’avaient pas compris le miracle des pains, parce que leur cœur était endurci (Mc 6:51-52) ; Jésus les reprendra : Etes-vous encore sans intelligence ? (8:17), et Ne comprenez-vous pas encore ? (8:21). En 8:33, Jésus reprend très sévèrement Pierre : Arrière, Satan ! ; ils apprendront aussi que pour chasser le démon, il faut prier davantage (9:29) ; à Gethsémani, ils s’endormiront au lieu de prier avec Jésus, puis s’enfuiront tout bonnement devant l’escorte des Juifs et des soldats romains. Tous ces doutes, toutes ces difficultés seront autant de moments où ils apprendront à se ressaisir, à devenir plus forts, jusqu’à être les courageux témoins de la Résurrection, jusqu’aux dernières limites de la terre.

Ces hauts et ces bas nous enseignent. Nous sommes des humains, comme les Apôtres ; nos hésitations ou nos chutes, qui alternent avec nos moments plus heureux, ne doivent pas nous détourner du but de notre marche. Avec les Apôtres, sur l’invitation du Christ, passons sur l’autre rive ! : changeons d’attitude, d’horizon, sortons de l’Histoire et fixons le regard sur l’Eternité.

*       *       *

 

Que demander en ce jour au Seigneur ? ce que dit la Prière : Enracine-nous solidement dans ton amour. 

On a confiance en celui qu’on aime profondément.

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5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 23:00

Le Sacré-Cœur - B

 

Il a déjà été dit (Année A) que cette solennité du Sacré-Cœur englobait tout le Mystère de la vie et de la mission salvifique de Jésus-Christ, depuis l’Incarnation jusqu’à la Passion et l’Eucharistie. 

De grands hérauts ont proclamé l’amour de Jésus dans et par Son Sacré-Cœur, à travers tous les âges, dès les Prophètes de l’Ancien Testament, jusqu’à notre époque contemporaine.

*       *       *

Huit siècles avant Jésus-Christ déjà le Prophète Osée proclamait son message en Israël, sous une forme très frappante. 

Le peuple d’Israël s’était détourné de Dieu, comme chacun de nous le fait très souvent.

Pour ramener ce peuple infidèle, Dieu demanda à Osée une chose vraiment difficile : lui, l’homme fidèle, il devrait épouser une femme prostituée ; et il donnerait à ses deux enfants des noms tout-à-fait symboliques :  Mal-aimée et Pas-mon-peuple. La position du Prophète assumerait ainsi une valeur de leçon pour tout le peuple.

Dans son humiliation, Osée préfigure déjà le Christ qui a été fait péché (2Co 5:21).

Mais Dieu ne s’arrête pas au reproche. Il veut la conversion. Il appelle Israël à la conversion car Son amour demeure : J’aimerai la Non-aimée, et à “Pas-mon-Peuple” je dirai “Tu es mon peuple”, et lui, dira “Mon Dieu” (Os 2:25). 

Ainsi continue le message d’Osée, assez bref et facile à lire. Faisons même l’effort de le lire dans son intégralité (il ne comporte qu’une dizaine de pages) et nous parviendrons à cette conclusion pleine d’espérance du Prophète : Je guérirai leur infidélité, je les aimerai de bon cœur ; car ma colère s’est détournée d’eux (Os 13:5).

La lecture d’aujourd’hui est au chapitre 11. Il retrace brièvement la longue histoire du peuple d’Israël depuis l’Egypte, non pas d’un point de vue historique, mais en montrant comment Dieu s’est montré si paternel : en le soutenant dans mes bras… par des liens de tendresse… je le traitais comme un nourrisson : on dirait une  maman !

On relèvera le premier verset de notre lecture qui, dans le texte original dit ceci : Quand Israël était enfant, je l’aimai, et de l’Egypte j’appelai mon fils. C’est le verset cité par Matthieu (Mt 2:15), pour expliquer comment le jeune Israël était alors une figure du Messie : Jésus aussi, exilé pour échapper à la fureur du persécuteur, reviendra d’Egypte. Vrai Messie, Jésus, lui, sera fidèle jusqu’au bout.

La prophétie d’Osée est toute une histoire d’Amour ; et le texte de méditation va nous en donner un autre aperçu.

*       *       *

Le chant d’Isaïe est une action de grâces ; il nous invite à chanter notre Dieu, à Le remercier pour ses hauts faits ; c’est qu’en effet, Dieu n’est pas éloigné de l’homme : Il est grand au milieu de nous ! 

En réalité, c’est l’homme qui s’éloigne de Dieu, qui L’oublie. 

Mais Dieu est là, l’Emmanuel, le Saint d’Israël qui a fait des prodiges par l’Incarnation et la Rédemption, par tous ses miracles.

*       *       *

Après les Prophètes, saint Paul montre aux Ephésiens, à son tour, son action de grâce, sa reconnaissance à Dieu : lui, le persécuteur, c’est lui qui a été appelé à proclamer le projet éternel de Dieu : Jésus-Christ, mort et ressuscité. 

La reconnaissance de Paul se manifeste d’abord par son humilité à se dire le dernier de tous les fidèles, car il a le douloureux souvenir d’avoir persécuté l’Eglise du Christ, d’avoir trahi Dieu comme le peuple d’Israël au temps d’Osée ; et il tombe à genoux devant le Père.

L’action de grâce de Paul s’élargit à tout le peuple chrétien : tous, avec Paul, nous devons remercier Dieu, Le chanter pour son Amour. Cet amour est si incommensurable, que l’Apôtre ne termine pas sa phrase : la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… Nous ne finirons jamais de remercier Dieu.

Allons plus loin. Remercier Dieu n’aurait pas de sens si nous ne nous dirigions pas davantage vers une réelle sanctification, si nous ne cherchions pas à raboter cette barrière obscure qui demeure entre ce que nous proclamons et ce que nous sommes au-dedans.

Pour donner vie à l’homme nouveau, il faut faire mourir le vieil homme, ses habitudes, ses attachements au négatif. Ce n’est que par la mort qu’on retrouve la vie ; déjà au baptême, l’immersion dans l’eau symbolise le passage de la mort à la vie ; ensuite, dans la vie quotidienne, nous avons mille occasions possibles de faire mourir le vieil homme, en renonçant autant de fois que cela nous est possible, aux mauvaises habitudes, aux actes imparfaits et aux occasions-mêmes de commettre ces actes. 

Il y faut parfois - c’est vrai - un réel effort, qui sera facilité en recourant à l’Amour de Jésus : plein de miséricorde, Jésus nous enveloppe de force et de persévérance pour correspondre mieux à tout ce qu’Il a fait pour nous dans la Rédemption. Paul nous le dit : Que Dieu vous donne la puissance par son Esprit pour rendre fort l’homme intérieur. Ailleurs, le même Apôtre nous encourage : Avec la tentation (Dieu) vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter (1Co 10:13).

La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus voudrait nous aider à comprendre un peu mieux ce don immense de l’Amour de Dieu en la personne de son Fils, pour nous encourager à entrer dans la Vie nouvelle.

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On peut dire que l’évangéliste Jean fut le premier héraut du Sacré-Cœur, lui qui parle du douloureux coup de lance au côté de Jésus, d’où il sort du sang et de l’eau. Ce sera notre évangile d’aujourd’hui. Cet extrait est connu, nous le lisons le Vendredi Saint. 

Pourquoi briser les jambes des condamnés ? L’habitude de supplicier les criminels conférait aux bourreaux une certaine connaissance du corps humain :  si l’on se contentait de fixer en croix les condamnés, leur supplice serait très rapide, car ils mourraient presque instantanément par asphyxie, le poids du corps les empêchant de respirer. Pour faire durer le supplice, on disposait un tout petit support sous les pieds et/ou sous le périnée, de sorte que les malheureux condamnés pouvaient un peu respirer plus longtemps - et le supplice s’en trouvait prolongé. Quand enfin on voulait en finir, on ne prenait pas le temps de détacher les pieds de la croix : en brisant les jambes, on provoquait un dernier affaissement du corps et l’asphyxie totale, dans un raffinement de cruelle douleur. Les deux larrons du Golgotha eurent ainsi les jambes brisées, et rendirent l’esprit en un instant. 

Mais Jésus était déjà mort. Mystérieusement, le soldat présent eut l’idée de transpercer le côté de Jésus qui avait déjà versé tant de sang. Jean rappelle alors qu’en effet, il est écrit dans la Loi de ne pas briser les os de l’agneau du sacrifice (Ex 12:46) ; maintenant, le vrai Agneau, c’est Jésus. 

De nombreux Pères de l’Eglise ont vu dans l’eau le symbole du baptême, dans le sang celui de l’eucharistie et dans ces deux sacrements le signe de l’Eglise, nouvelle Eve naissant du côté du nouvel Adam. On se rappellera en effet que Dieu (Gn 2:21-23) fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahwé façonna la femme. 

Maintenant, l’Epouse, c’est l’Eglise, qui prend vie du côté de son Epoux, le Christ.

En marge de ces réflexions, rappelons une tradition parallèle à notre texte, c’est-à-dire non officielle mais comportant plus d’un détail historique avéré. Ce soldat - Cassius, appelé ensuite Longin en souvenir de sa lance - était un jeune officier de vingt-cinq ans, dont on se moquait souvent car il louchait. Or, au moment où il ouvrit le côté du Christ, le sang et l’eau inondèrent sa face, guérissant extérieurement son strabisme, et intérieurement son âme. Il se mit à louer Dieu, et ce militaire souvent prétentieux et hautain devint désormais humble et modeste. Ce qui fit aussi se convertir les autres soldats présents. Saint Longin mourur martyr à Césarée de Cappadoce et sa fête est au 16 octobre.

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Pour susciter à ceux qui le voudraient, quelques idées de bonne lecture à propos du Sacré-Cœur, on mentionnera ici en guise de conclusion, quelques autres “Mystiques” de l’histoire de l’Eglise.

Rappelons encore que ces textes ne sont pas inspirés au même titre que l’Ecriture et ne sont pas indispensables à notre connaissance de la Vérité.

En ce qui concerne les Saints, l’Eglise a soigneusement examiné leurs écrits et les a déclarés «non contraires à la Foi» ; parmi ceux cités ci-après, seule Catherine de Sienne a été proclamée Docteur de l’Eglise, ses écrits ayant été jugés par l’Eglise remplis d’une eminens doctrina.

Il y eut, parmi tant d’autres, sainte Gertrude (†1302), sainte Catherine de Sienne (†1380), saint Jean Eudes (†1680), sainte Marguerite-Marie Alacoque (†1690) ; plus près de nous, la sainte Maria Faustyna (†1938), qui fut à l’origine de la fête de la Miséricorde divine (deuxième dimanche de Pâques), la bienheureuse Alexandrina Maria da Costa (†1955), outre d’autres âmes peu connues comme Cecilia Baij en Italie (†1766), l’espagnole Sœur Josefa Menéndez qui vivait à Poitiers (†1923), Madame Royer en France (†1924), et récemment encore Claire Ferchaud (†1972).

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5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 23:00

11e dimanche per annum - B

 

Le message d’Ezéchiel est celui du renouveau. Ezéchiel a vécu la chute d’Israël, la prise de Jérusalem, l’exil à Babylone (les trois déportations du 6e siècle). Ces événements historiques sont pour lui l’occasion d’annoncer le retour en Israël, la reconstruction du Temple et la reprise du culte au Dieu unique. 

Mais surtout, cette reconstruction veut être un appel au renouveau intérieur de chaque pécheur, purifié par l’eau qui coulera abondamment du Temple, l’eau purificatrice qui jaillira du côté du Christ, l’eau de notre baptême.

Dans sa vision, le Prophète voit un grand cèdre, d’où sort un rameau nouveau : le rameau que plante Dieu tout en haut de la montagne et qui deviendra un arbre magnifique : l’Eglise, avec les innombrables peuples de toutes nations qui viendront s’y abriter.

Ce que dit le Prophète pour l’ensemble d’Israël et pour l’Eglise future du Christ, vaut aussi pour chaque Baptisé. Chacun de nous, s’il reçoit pleinement la grâce divine, peut devenir comme un grand arbre qui tour à tour aide, nourrit, abrite quantité d’amis et de frères ; l’histoire de l’Eglise nous fournit des centaines d’exemples de Saints qui, très souvent issus d’une condition sociale très humble, et avec des moyens matériels et pécuniers parfois dérisoires, ont donné lieu à des Œuvres, des Instituts, des courants très importants. 

Saint Jean-Marie Vianney était un petit paysan presque sans culture ; ses jeunes confrères riaient un peu de ce grand garçon de dix-neuf ans qui n’arrivait pas à mémoriser quelques mots de latin : son humble sainteté lui a donné cette sagesse pour laquelle il est devenu le Patron de tous les Prêtres.

Saint Vincent de Paul était un humble berger ; si humble qu’il est devenu prêtre à dix-neuf ans, et s’est trouvé à l’origine des Sœurs de la Charité.

Sainte Bernadette Soubirous, savait tout juste les trois prières du Notre Père, du Je vous salue et du Je crois en Dieu : c’est elle qui fut la messagère de la Sainte Vierge à Lourdes.

Ce sont là des exemples français, et l’on pourra en trouver de semblables dans tous les continents.

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Le chant de méditation qui suit la lecture, reproduit le début et la fin du psaume 91, où réapparaît le cèdre du Liban. On le sait, les fameux cèdres du Liban sont des arbres millénaires ; les spécialistes avancent qu’il en existe actuellement deux tri-millénaires ; ils peuvent atteindre soixante mètres de hauteur, une cinquantaine de mètres de largeur de feuillage, sur un tronc de douze mètres de circonférence. Une plante véritablement majestueuse qui symbolise la vitalité, la force, la longévité. 

Le Liban est un petit pays de la superficie approximative d’un grand département français. Il a choisi comme emblème le cèdre, pour exprimer son désir de maintenir fidèlement la terre des ancêtres, malgré les difficultés, malgré les guerres, malgré les persécutions.

Annoncer dès le matin l’amour de Dieu peut, si l’on veut, évoquer la prière du croyant à son lever. Mais le texte original peut nous faire méditer davantage. Saint Jérôme a compris : Annoncer au matin ta miséricorde, en ce sens que depuis le début (le matin) de notre vie et de notre histoire, tout vient de Dieu, par l’effet de sa miséricorde, et non par nos mérites. Il faut savoir reconnaître que Dieu est riche en miséricorde (Dives in misericordia, Eph 2:4, cf. l’encyclique de Jean-Paul II) :

De ta miséricorde, Seigneur, la terre est remplie (Ps 118:64) ;

Béni soit Dieu, père de notre Seigneur Jésus-Christ, père des miséricordes (2Co 1:3).

Annoncer ta fidélité, au long des nuits peut aussi se comprendre comme la présence continuelle de Dieu près de nous, même (ou surtout) dans les moments douloureux et difficiles ; quand on se sent dans le brouillard, dans la nuit de l’erreur, seule la présence de Dieu ne cesse jamais et se trouve toujours là pour nous relever.

Soutenu par une telle présence, le juste grandira comme un palmier, comme un cèdre du Liban, car il reçoit une force non humaine, non terrestre. C’est cette force que ressentent ceux qui savent passer un peu de leur journée auprès du Saint-Sacrement : on en sort tellement fortifié, tellement consolé, tellement illuminé !

Ce psaume 91 porte le sous-titre pour le jour du sabbat. Ce jour-là, les Juifs suspendent l’activité. On lit l’Ecriture, on médite davantage, on laisse son esprit au repos. Dommage que l’on ne nous fasse pas lire le verset musical : (de jouer) sur la lyre à dix cordes et la cithare avec un murmure de harpe. Comme ces douces sonorités doivent être appropriées pour accompagner la prière et la méditation ; et pourquoi n’essaierait-on pas de les introduire plus souvent dans notre liturgie ? David était un fin musicien : s’il jouait auprès du roi Saül (1S 19:9), il se servait de son instrument surtout pour la prière.

En vieillissant, l’homme s’affaiblit physiquement, selon la loi de notre nature, mais dans son esprit, il peut conserver une jeunesse inaltérée, s’il vit chaque instant en présence de Dieu. Le psaume ajoute qu’il fructifie encore, qu’il garde sa verdeur. Il faut bien être conscient que cette Vie ne s’arrête jamais, quand on se remet totalement à Dieu. Pour l’être qui est solidement attaché à cette Vie, la mort qui interrompt son existence humaine n’est pas une fin et l’Eglise chante, dans la liturgie des Défunts : La vie change, elle n’est pas enlevée. Mieux, Thérèse de Lisieux (maintenant Docteur de l’Eglise), disait en «mourant» : Je ne meurs pas, j’entre dans la Vie !

Voir notre vie dans cette optique changera beaucoup de choses dans nos manières de réagir, de penser, de parler. Au lieu de se confier à des réalités éphémères, changeantes, versatiles, appuyons-nous sur ce qui est la source de la Vie, de la Force. Notre psaume s’achève sur cette proclamation qui n’est pas qu’une figure de style : Pas de ruse en Dieu, mon rocher ! Dans le désert, Moïse fit jaillir du Rocher l’eau précieuse pour désaltérer le peuple juif ; ce Rocher, par la suite, désigna Dieu Lui-même, et le psalmiste le personnifie quand il dit : Venez, acclamons le Rocher de notre salut (Ps 94:1) ; et le Christ confirmera cette «solidité» en appelant Simon Pierre, et en construisant son Eglise sur cette Pierre (Mt 16:18).

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S’appuyer sur cette Pierre, c’est vivre dans la Foi. Nous cheminons dans la foi, dit l’Apôtre Paul. La semence que nous avons reçue au baptême, durant notre enfance, durant nos années de formation, germe peu à peu jusqu’à donner son fruit. 

Parfois les éducateurs et les parents restent dubitatifs sur l’évolution de leurs enfants : ont-ils réussi ? ont-ils oublié quelque chose ? ont-ils eu tort de faire tel ou tel choix ? Dans toute la vie de l’homme, il y a la part de l’erreur possible, mais rassurons-nous : ce qui est fait avec intention droite, dans le but de plaire à Dieu, reçoit toujours la bénédiction céleste. Ce qui est semé avec amour dans le cœur du petit enfant, donnera un jour une belle fleur.

Il y a aussi des moments où les éducateurs voudraient voir trop tôt le “bon résultat” de leurs efforts ; ils voudraient que les enfants grandissent tout de suite dans la perfection, sans se tromper, sans dévier. Cela est impossible. Chaque être avance avec ses moments d’hésitation et d’erreur, comme l’automobiliste qui cherche son chemin en terrain inconnu. Si nous nous préoccupons de fournir à nos enfants une boussole de bonne qualité, avec l’Evangile et l’Eglise éternelle, nul doute qu’ils retrouveront toujours le bon chemin après quelques erreurs. Cela se fera, un jour, plus tard, pas forcément sous nos yeux. L’important est le regard de Dieu, pour qui mille ans sont comme un jour (Ps 89:4). Saint Paul nous le dit : Nous cheminons dans la foi, nous cheminons sans voir.

Si nous semons dans la Vérité, si notre ambition est de plaire au Seigneur, nous ne devons pas nous laisser prendre par le scrupule, mais continuer notre marche. 

La pensée de l’Apôtre est invariable :

La tribulation produit la constance, la constance une vertu éprouvée, la vertu éprouvée l’espérance (Ro 5:3) ; Aucune créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu (Ro 8:35,39). 

Ce trésor, nous le portons en des vases d’argile, pour qu’on voie bien que cette extraordinaire puissance appartient à Dieu (2Co 4:7). 

Pour Lui je souffre jusqu’à porter des chaînes comme un malfaiteur. Mais la parole de Dieu n’est pas enchaînée. J’endure tout pour les élus, afin qu’eux aussi obtiennent le salut en Christ Jésus avec la gloire éternelle (2Tm 2:9-10).

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Ces réflexions nous amènent à l’évangile. Comme l’apôtre Paul, nous pourrons avec lui renouveler notre confiance en Dieu et en l’Eglise, sans nous préoccuper du comment.

La petite graine semée en terre, patiemment entretenue et arrosée, donnera le blé dont nous ferons le pain ; la graine de moutarde donnera les grandes branches où les oiseaux feront leur nid.

Quelle chance avaient les disciples, à qui le Seigneur expliquait tout !

Mais ayons confiance, nous aussi, en la Parole de Dieu : depuis vingt siècles, l’Eglise poursuit l’œuvre du Christ et nous répète l’enseignement qu’elle en a reçu. Le Christ a semé dans le cœur de ses Apôtres, et malgré les événements de l’histoire, malgré les persécutions, cette divine semence continue de fructifier aujourd’hui.

A la mesure où nous restons fidèles à l’Eglise du Christ et que nous cherchons à vivre la Parole reçue, nous porterons à notre tour du fruit.

Sans nous en rendre compte, nous deviendrons nous aussi à notre tour ces branches où les oiseaux viendront faire leur nid, où nos frères humains viendront chercher le réconfort moral et spirituel dont ils ont besoin. Parmi les Saints et les Saintes, certains ont prêché, d’autres ont fondé des écoles, ou des orphelinats, ou des hôpitaux ; certains ont voyagé, d’autres ont aidé toute leur vie leurs paroissiens… Quoi qu’ils aient fait, en union avec leurs Supérieurs, avec les Evêques et les Papes, ils ont prolongé et entretenu la sainte culture du Christ, étant tous autant de branches de cet immense cèdre qu’est l’Eglise et où se sont abrités les oiseaux.

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Dans la Prière du jour, l’Eglise nous fait bien redire combien l’homme est fragile, et qu’il trouve sa force en Dieu. 

A la suite des Saints et des Saintes, si nous observons les commandements de Dieu et de l’Eglise, toute notre activité recevra la bénédiction fructifiante de la grâce divine.

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3 juin 2021 4 03 /06 /juin /2021 23:00

 

Sacré-Cœur

 

Il a déjà été dit (Année A) que cette solennité du Sacré-Cœur englobait tout le Mystère de la vie et de la mission salvifique de Jésus-Christ, depuis l’Incarnation jusqu’à la Passion et l’Eucharistie. De grands hérauts ont proclamé l’amour de Jésus dans et par Son Sacré-Cœur, à travers tous les âges.

 

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Huit siècles avant Jésus-Christ déjà le Prophète Osée proclamait son message en Israël, sous une forme vraiment frappante : Dieu lui demande d’épouser une femme prostituée, pour montrer qu’Israël, l’épouse de Dieu, s’est éloignée de Lui et s’est prostituée vers le mal. Ses enfants auront symboliquement nom “Mal-aimée” et “Pas-mon-peuple”, pour montrer combien Dieu ne reconnaît plus ses enfants.

 

En même temps que Dieu reproche à Israël son infidélité, Il l’appelle à la conversion car Son amour demeure : “J’aimerai la Non-aimée, et à “Pas-mon-Peuple” je dirai “Tu es mon peuple”, et lui, dira “Mon Dieu” (Os 2:25). Ainsi continue le message d’Osée, assez bref et facile à lire. Faisons même l’effort de le lire dans son intégralité (il ne comporte qu’une dizaine de pages) et nous parviendrons à cette conclusion pleine d’espérance du Prophète : “Je guérirai leur infidélité, je les aimerai de bon cœur ; car ma colère s’est détournée d’eux (Os 13:5).

 

On le constatera, cette prophétie est toute une histoire d’Amour ; maintenant, le texte de méditation nous en donne un autre aperçu.

 

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Ici, c’est Isaïe, qui nous invite à chanter notre Dieu, à Le remercier pour “ses hauts faits” ; c’est qu’en effet, Dieu n’est pas éloigné de l’homme, comme on l’entend souvent dire dans les conversations : c’est l’homme qui s’éloigne de Dieu, qui L’oublie. Mais Dieu est là, au milieu de nous, l’Emmanuel, “le Saint d’Israël” qui a “fait des prodiges” par l’Incarnation et la Rédemption.

 

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Saint Paul ensuite montre aux Ephésiens combien il est infiniment reconnaissant à Dieu pour Son “projet éternel”, qui s’est réalisé en Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous. La reconnaissance de Paul se manifeste d’abord par son humilité à se dire “le dernier de tous les fidèles”, car il a le douloureux souvenir d’avoir persécuté l’Eglise du Christ ; et il “tombe à genoux devant le Père” qui nous a enrichis de la “puissance de l’Esprit pour rendre fort l’homme intérieur”.

 

En effet, pour donner vie à l’homme nouveau, il faut faire mourir notre vieil homme, ses habitudes, ses attachements au négatif. Ce n’est que par la mort qu’on retrouve la vie ; déjà au baptême, l’immersion dans l’eau symbolise le passage de la mort à la vie ; ensuite, dans la vie quotidienne, nous avons mille occasions possibles de faire “mourir” le vieil homme, en renonçant autant de fois que cela nous est possible, aux mauvaises habitudes, aux actes imparfaits et aux occasions-mêmes de commettre ces actes. Mais il y faut parfois - c’est vrai - un cruel effort, qui sera facilité en recourant à l’Amour de Jésus : plein de miséricorde, Jésus nous enveloppe de force et de persévérance pour correspondre mieux à tout ce qu’Il a fait pour nous dans la Rédemption. C’est cette force dont parle Paul dans l’épître.

 

La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus voudrait nous aider à comprendre un peu mieux ce don immense de l’Amour de Dieu en la personne de son Fils, pour introduire les hommes dans une vie toute nouvelle, dans la vie du Ressuscité.

 

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On peut dire que l’évangéliste Jean fut le premier héraut du Sacré-Cœur, lui qui parle du douloureux coup de lance au côté de Jésus, d’où il sort du sang et de l’eau. Ce sera notre évangile d’aujourd’hui. Cet extrait est connu, nous le lisons le Vendredi Saint ; il y faut expliquer un détail parfois mal compris. 

 

Pourquoi briser les jambes des condamnés ? Si l’on se contentait de fixer en croix les condamnés, le supplice serait très rapide, car ils mourraient comme asphyxiés, le poids du corps les empêchant de respirer. Pour faire durer le supplice, on disposait un tout petit support sous les pieds et/ou sous le périnée, de sorte que les malheureux condamnés pouvaient respirer un peu plus longtemps - et souffrir davantage dans cette position écartelée. Quand enfin on voulait en finir, on ne prenait pas le temps de détacher les pieds de la croix : on brisait les jambes, dans un raffinement de cruelle douleur. Les deux larrons du Golgotha eurent ainsi les jambes brisées, et rendirent l’esprit en un instant. 

 

Mystérieusement, le soldat présent eut l’idée de transpercer le côté de Jésus qui avait déjà versé tant de sang. Jean précise qu’en effet, il est prescrit de ne pas briser les os de l’agneau du sacrifice, figure du vrai Agneau, Jésus (Ex 12:46). De nombreux Pères de l’Eglise ont vu dans l’eau le symbole du baptême, dans le sang celui de l’eucharistie et dans ces deux sacrements le signe de l’Eglise, nouvelle Eve naissant du côté du nouvel Adam. On se rappellera en effet que Dieu (Gn 2:21-23) fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahwé façonna la femme.

 

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Une tradition “parallèle”, c’est-à-dire non officielle mais comportant plus d’un détail historique avéré, rapporte que ce soldat - Cassius, appelé ensuite Longin - était un jeune officier de vingt-cinq ans, dont on se moquait souvent car il louchait. Or, au moment où il ouvrit le côté du Christ, le sang et l’eau inondèrent sa face, guérissant extérieurement son strabisme, et intérieurement son âme. Il se mit à louer Dieu, et ce militaire souvent prétentieux et hautain devint désormais humble et modeste. Ce qui fit aussi se convertir les autres soldats présents. Saint Longin mourut martyr à Césarée de Cappadoce et sa fête est au 16 octobre.

 

Pour susciter à ceux qui le voudraient, quelques idées de bonne lecture à propos du Sacré-Cœur, on mentionnera ici en guise de conclusion, d’autres “Mystiques” de l’histoire de l’Eglise, dont on retrouvera aisément diverses informations soit sur ce Blog, soit sur Internet.

 

Il y eut, parmi tant d’autres, sainte Gertrude (†1302), sainte Catherine de Sienne (†1380), saint Jean Eudes (†1680), sainte Marguerite-Marie Alacoque (†1690) ; plus près de nous, la sainte Maria Faustyna Kowalska (†1938), qui fut à l’origine de la fête de la Miséricorde divine (deuxième dimanche de Pâques), la bienheureuse Alexandrina Maria da Costa (†1955), outre d’autres âmes peu connues comme Cecilia Baji en Italie (XVII), l’espagnole Sœur Josefa Menéndez qui vivait à Poitiers (†1923), Madame Royer en France (†1924), et récemment encore Claire Ferchaud (†1972).

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