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31 décembre 2023 7 31 /12 /décembre /2023 00:00

31 DÉCEMBRE

 

?

Stes Donata, Paulina, Rogata, Dominanda, Serotina, Saturnina, Hilaria, martyres à Rome. 

III.

SS Savinien et Potentien, fondateurs de l'Eglise à Sens, évêques, martyrs avec d'autres compagnons ; ils seraient d'origine apostolique .

Ste Columba de Sens, martyrisée à seize ans ; on garda longtemps sa châsse, construite par s.Eloi.

IV.

S Silvestre, pape (314-335) : au lendemain des grandes persécutions, il organisa l'Eglise dans la société enfin pacifiée, confirma le premier Concile Œcuménique à Nicée, combattit le donatisme et s'opposa aux prétentions exagérées de Constantin (qu'il avait baptisé).

S Zoticus, prêtre romain, appelé à s'occuper d'un orphelinat à Constantinople ; il aurait aussi ouvert une léproserie, contre l'avis de Constance qui ordonnait de noyer les lépreux.

V.

SS Pinien et Mélanie la Jeune, époux romains qui vécurent dans la chasteté après avoir eu (et perdu) deux enfants ; ils distribuèrent leur immense fortune, fondèrent des monastères, participèrent à la vie de l'Église en Afrique auprès de s.Augustin, puis en Egypte, en Palestine, et à Constantinople.

S Barbatianus, prêtre à Ravenne, venu d'Antioche.

VI.

S Marius, évêque à Avenches et premier évêque à Lausanne, auteur d'une très précieuse Chronique.

XI.

B Wisinto, bénédictin à Kremsmünster.

XII.

B Garembert, abbé prémontré à Bony ; à Wulpen, un puits Saint-Garembert donnait de l'eau qui combattait fièvre et peste.

XVII.

S Jean-François Régis, jésuite, apôtre du Velais et du Vivarais, patron des missions rurales en France, fêté le 16 juin à La Louvesc où il mourut d'épuisement.

B Alain de Solminihac, évêque à Cahors, grand défenseur du concile de Trente ; il visita neuf fois les huit cents paroisses de son diocèse, béatifié en 1981.

XIX.

B Seo Seok-bong Andreas, laïc coréen martyr, probablement mort en prison, vers la fin de l’année, béatifié en 2014.

Ste Catherine Labouré, des Sœurs de la Charité, à qui apparut la Sainte Vierge à Paris, rue du Bac, à l’origine de la “Médaille Miraculeuse” (cf. 27 novembre).

XX.

Bse Giuseppina Nicoli (1863-1924), des Soeurs de la Charité à Turin, puis à Sassari et à Cagliari ; elle souffrit beaucoup des attaques de la Franc-Maçonnerie et de diverses calomnies ; béatifiée en 2008. 

B Luis Vidaurrázaga González (1901-1936), prêtre bénédictin, martyr près de Madrid, béatifié en 2016.

B Leandro Gómez Gil (1915-1936), convers cistercien, martyr à Santander, béatifié en 2015.

 

Sept Vierges de Rome

?

 

On ignore la date et les circonstances du martyre de ces Sept Vierges, à Rome. Peut-être même qu’elles ne furent pas martyrisées ensemble.

Voici leurs noms :

  • Donata
  • Paulina
  • Rogata
  • Dominanda
  • Serotina
  • Saturnina
  • Hilaria

L’ancienne version du Martyrologe ajoutait et leurs Compagnes.

Le Martyrologe Romain mentionne les Sept Vierges de Rome au 31 décembre.

 

 

Columba de Sens

3e siècle

 

D’après un document qui n’inspire pas confiance aux historiens, Columba vivait à Sens au troisième siècle.

Un certain Aurélien vint s’enquérir à Sens de la présence de Chrétiens. On lui parla d’une jeune fille de seize ans, Columba.

Après un long interrogatoire, Aurélien fit envoyer Columba à l’amphithéâtre pour qu’elle fût violée ; un homme nommé Barusas était chargé de l’opération. Mais une ourse sortit alors de sa cage et mit à terre Barusas, terrorisé. Après qu’il eût reconnu le Dieu unique, l’ourse rentra sagement dans sa cage.

Aurélien ordonna de brûler et Columba et l’ourse, mais une pluie providentielle éteignit les flammes.

Columba fut alors décapitée.

Au septième siècle, s.Eloi (v. 1er décembre) fabriqua une châsse pour abriter les reliques de Columba. Une abbaye s’éleva à l’endroit du tombeau de Columba ; l’église en fut reconstruite et consacrée en 853 ; elle fut détruite en 1792.

En Espagne, une confusion s’est installée à Cordoue, où l’on présenta Columba de Sens comme originaire de Cordoue, alors qu’on y vénère une autre Columba, martyrisée en 853 (v. 17 septembre).

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Columba de Sens au 31 décembre.

 

 

Silvestre 1er pape

314-335

 

Ce pape est universellement connu à cause de la «nuit de la Saint-Silvestre», mais il faut admettre qu’on en connaît peu de choses en-dehors de son nom.

Fils de Rufinus et de Iusta, il serait né à Rome, où il devint prêtre sous le pape (saint ?) Marcellin (v. 25 octobre).

Silvestre (qu’il semble inutile d’orthographier Sylvestre) fut appelé à succéder au pape saint Melchiade (ou Miltiade, v. 10 janvier) et devint le 21 janvier 314 le trente-troisième pape.

Depuis un an, l’empereur Constantin avait proclamé l’édit de Milan qui accordait la liberté de culte aux chrétiens. Cet empereur, le fils de sainte Hélène (v. 18 août), favorisa grandement l’Eglise, même s'il fit parfois quelques erreurs de gouvernement.

Des sources qu’on peut qualifier douteuses, affirment que saint Silvestre guérit l’empereur de la lèpre, avant de le baptiser.

Ce qui est certain est que Silvestre ratifia le Concile de Nicée (325) qui proclama la consubstantialité du Père et du Fils dans la Sainte Trinité.

Durant ce long pontificat de plus de vingt années, Silvestre ordonna soixante-quinze évêques, quarante-deux prêtres et trente-sept diacres.

Il mourut le 31 décembre 335.

Son successeur devait être saint Marc.

 

 

Zoticus de Rome

4e siècle

 

L’empereur Constantin aurait fait venir de Rome le prêtre Zoticus pour s’occuper à Constantinople des orphelins.

Quelques temps après, sous Constance, une épidémie de lèpre s’abattit sur la ville : cet empereur ordonna de noyer les malades. Mais Zoticus leur construisit un hospice sur une colline en face de Constantinople ; la propre fille de Constance fut atteinte, et devait périr en mer : Zoticus la recueillit.

Constance aurait alors ordonné d’attacher Zoticus à la queue de mulets qu’on fit courir. Le récit affirme que, Zoticus ayant rendu l’esprit, les bêtes se seraient arrêtées sur place, refusant de traîner le prêtre plus loin. Une source aurait jaillit à cet endroit. Constance aurait alors décidé de faire bâtir une léproserie.

Le récit de ce martyre ne semble pas «authentique», et le Martyrologe n’en parle pas, mentionnant seulement l’hospice des orphelins dont s’occupait le prêtre.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Zoticus de Rome au 31 décembre.

 

 

Melania la Jeune et Pinianus

5e siècle

 

En 383 naquit à Rome Valeria Melania, petite-fille de l’illustre Antonia Melania, cette très jeune veuve qui partit longtemps à Jérusalem où elle fonda un grand monastère. La grand-mère fut surnommée Melania l’Ancienne, la petite-fille Melania la Jeune.

En 396, la jeune Melania fut mariée à Pinianus - qui avait dix-sept ans alors - et ils eurent deux enfants, qui moururent très jeunes.

Melania surtout, mais Pinianus aussi, résolurent de se retirer du monde. Ils possédaient une fortune colossale, des propriétés en Bretagne, en Espagne, en Afrique, et en Italie bien sûr. Quand ils commencèrent à liquider cette forture, ils purent libérer huit mille esclaves, puis ils dotèrent des monastères un peu partout dans le monde romain.

Les deux époux émigrèrent en Sicile - où ils vécurent chacun dans un monastère, puis passèrent en Afrique, à Tagaste, où l’on faillit ordonner prêtre Pinianus. On passa par Alexandrie et l’on vint s’installer à Jérusalem.

Pinianus n’avait pas le goût de l’ascèse aussi prononcé que sa chère épouse. Melania, elle, s’imposait le cilice, le jeûne quasi permanent ; on arriva à lui faire prendre un peu d’huile les jours après Pâques ; elle aimait laver les pieds des hôtes, des prêtres ; elle lisait la Bible plusieurs fois par an, elle fréquentait les Pères de l’Eglise, les Vies des Saints - qu’elle lisait en grec ou en latin ; sa parole douce et noble fit des conversions.

A partir de 431 - l’année où mourut sa mère, Albina - Melania s’occupa plus activement d’une communauté de religieuses, que Pinianus avait réunie et qu’il lui confiait. Melania ne voulait pas gouverner : elle nomma supérieure une des religieuses et s’occupait plus volontiers des sœurs malades. Leur aumônier était Gerontius.

Peu après mourut Pinianus (432 ou 435). Melania partit quelques temps à Constantinople, où elle assista son oncle Volusianus dans ses derniers moments. Puis elle revint à Jérusalem.

Elle convoqua toute la communauté, et se prépara dignement à quitter ce monde : sa dernière parole fut Il advient ce qui plaît au Seigneur, et elle mourut, le 31 décembre 439.

En 614, ses monastères furent détruits : c’est l’année où les hordes perses pillèrent Jérusalem, emmenèrent en captivité le patriarche Zacharie (? 21 février) et s’emparèrent de la précieuse relique de la Sainte Croix.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Melania la Jeune et saint Pinianus au 31 décembre.

 

 

Barbatianus de Ravenne

5e siècle

 

Ce prêtre de Ravenne fit l’objet d’un récit hagiographique assez surprenant, dont on ne peut garantir l’authenticité.

Barbatianus, originaire d’Antioche, aurait été le directeur spirituel de l’impératrice Galla Placidia (388-450) à Ravenne.

Or, cette dernière faillit être victime d’un naufrage, lorsqu’une apparition de s.Jean l’évangéliste vint recueillir l’impératrice et la mettre en sûreté. Barbatianus fut témoin du prodige. On ne sait pas si c’est avant ou après cet épisode que Galla Placidia fit construire à Ravenne une église dédiée à s.Jean-Evangéliste.

A sa mort, Barbatianus aurait été enseveli par les soins de s.Pierre Chrysologue (v. 31 juillet) et de Galla Placidia, dans l’église du monastère Saint-Jean-Baptiste.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Barbatianus de Ravenne au 31 décembre.

 

 

Marius d’Avenches-Lausanne

530-594

 

Marius (en français Maire ou Maure) naquit vers 530 dans la région d’Autun (Saône-et-Loire), d’une famille noble dont il reçut d’amples territoires.

Orienté très tôt vers le sacerdoce, il fut élu évêque en 574 pour le siège d’Avenches (canton de Vaud, Suisse).

Il possédait un domaine à Marsannay (Dijon), qu’il donna à son Eglise. Il avait aussi des terres autour d’Avenches, qu’il remit à l’église Sainte-Marie de Lausanne.

Il semble que Marius fût le seul évêque d’Avenches, ce siège ayant été transféré (ou réuni) par lui-même à celui de Lausanne : en 585, il signa évêque d’Avenches au concile de Mâcon ; en 587, il consacrait l’église Sainte-Marie de Lausanne, dont il est considéré comme le premier évêque.

Son épiscopat dura plus de vingt années.

Marius a laissé une Chronique universelle, couvrant les années 435-581, prolongeant ainsi l’important travail de s.Prosper d’Aquitaine (v. 25 juin). Cette Chronique est précieuse pour son universalité et sa précision.

Marius s’éteignit le 31 décembre 594.

Son culte a été approuvé en 1605.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Marius d’Avenches-Lausanne au 31 décembre.

Jean-François Régis

1597-1640

 

Jean-François Régis naquit le 31 janvier 1597 à Fontcouverte (Aude), dans une famille de paysans. Son père écrivit avec son patois que Jean-Francès es nasqut un divendrès, est né un vendredi.

Le garçon fréquenta le collège des Jésuites à Béziers, logeant chez l’habitant. Déjà il convainquit ses hôtes de faire une lecture durant les repas.

Il fit partie des pénitents bleus de Saint-Jérôme, qui s’occupaient des malades et des pauvres ; également de la congrégation mariale.

N’ayant pas ressenti d’attrait pour l’abbaye de Lagrasse, il entra chez les Jésuites de Toulouse en 1616. Les activités commencèrent.

1618 : professeur de grammaire à Auch.

1619 : professeur à Billom, puis étudiant en philosophie à Tournon.

1625 : professeur de troisième au Puy.

1627 : études de théologie à Toulouse et professeur de troisième à Auch.

1630 : ordination sacerdotale.

1631 : «troisième année» de noviciat, selon le règlement jésuite, et professeur de première à Pamiers.

1632 : envoyé en mission à Montpellier, il s’emploie à convertir les Huguenots, et à ramener les filles de mauvaise vie. Puis il est envoyé à Sommières. 

1633 : il émet les vœux. A partir de cette année-là, il sera envoyé dans les Cévennes. Après des débuts marqués par quelques audaces imprudentes (il a rappelé à l’ordre des prêtres pour le célibat, et on l’a dénoncé à l’évêché), le comte Chalendar de Lamothe convaincra l’évêque de n’y voir qu’une mauvaise cabale.

1634 : il demanda (mais vainement) de partir aux missions du Canada. Son Canada sera le Vivarais. Après deux mois de mission, il ramena à Dieu la ville de Privas.

Entre 1636 et 1640, il organisa des catéchismes au Puy : des milliers de fidèles accoururent à ses enseignements. Il y fonda un refuge pour les prostituées converties. Le Père Général des Jésuites le félicita pour son apostolat.

1638 : lors d’une famine, il se dévoua auprès des pauvres et des malades ; on signale des miracles insignes, des guérisons, une multiplication du blé dans un coffre vide…

1640 : rappel au collège pour remplacer un professeur malade.

Vers Noël, on l’attendait à La Louvesc (qu’on prononce La Louvé) ; s’étant perdu, il arriva juste la veille de Noël, éreinté. Il confessa, il prêcha trois fois ; le 26, il s’évanouit en confessant. 

Il mourut le 31 décembre 1640, et les bons pères Jésuites comprirent bien qu’il n’était pas question de reporter ailleurs les restes du père Régis, qui repose toujours à La Louvesc. L’endroit est resté un lieu de pèlerinage très fréquenté ; Jean-Marie Vianney (v. 4 août) s’y rendit pour être réconforté dans sa vocation.

Jean-François Régis fut béatifié en 1716, et canonisé en 1737.

En 1937, le cardinal Pacelli (futur pape Pie XII), suggérait d’invoquer Jean-François Régis comme patron des missions rurales en France.

 

Alain de Solminihac

1593-1659

 

D’une vieille famille du Périgord dont la devise était “Foi et Vaillance”, il naquit le 25 novembre 1593 à Belet.

Ayant d’abord songé aux Chevaliers de Malte, il finit par aller à vingt ans à l’abbaye des Chanoines Réguliers de Chancelade, proche de Périgueux (Dordogne). On appelle “Chanoines Réguliers” des prêtres qui décidaient d’avoir une vie commune, sous une même règle ; c’est saint Augustin qui en avait donné l’idée, pour habituer les prêtres à se retrouver entre eux. 

L’abbaye de Chancelade était une ruine, matérielle et surtout spirituelle : elle n’avait plus que trois religieux. 

Après son ordination sacerdotale, Alain partit à Paris pour achever ses études de théologie et de spiritualité. Il y rencontra plusieurs fois saint François de Sales (v. 28 décembre), mais aussi un saint père jésuite, Antoine Le Gaudiery, qui sera son directeur spirituel.

En 1623 il devint abbé et entreprit de restaurer l’abbaye, au sens matériel et spirituel du mot. Son zèle et sa sainteté le firent remarquer au pape Urbain VIII, qui le nomma évêque de Cahors (Lot) en 1636.

Il se donna alors corps et âme à son devoir pastoral, cherchant à réformer son diocèse selon les directives du récent Concile de Trente, comme l’avait fait précédemment saint Charles Borromée à Milan (v. 3 novembre).

Pendant les vingt-trois ans de son épiscopat, il réunit un synode diocésain, convoqua chaque semaine le conseil épiscopal, fit neuf fois la visite systématique de ses huit-cents paroisses ; il fonda un séminaire, organisa des missions paroissiales, le culte eucharistique, des œuvres pour les vieillards et les orphelins, les malades et les victimes de la peste. 

En 1656 il prêchera lui-même le Jubilé.

Il mourut le 31 décembre 1659 à Mercuès. 

Béatifié en 1981 et mentionné au Martyrologe le 31 décembre, il est localement fêté le 3 janvier, après l’octave de Noël.

Il a été proposé comme modèle aux évêques du monde entier, et particulièrement à ceux de France.

 

 

Seo Seok-bong Andreas

? -1815

 

Seo Seok-bong Andreas est un laïc coréen.

Il mourut (en prison ?) à Daegu (Gyeongsang-do) vers la fin de 1815 et fut béatifié en 2014.

 

 

Catherine Labouré

1806-1876

 

Catherine - prénommée familièrement Zoé par les siens - naquit le 2 mai 1806 à Fain-les-Moutiers (Montbard, Côte d’Or), neuvième des onze enfants de Pierre et Louise-Madeleine Gontard ; cette dernière mourut en 1815 déjà.

Le papa, un cultivateur, fut maire de sa localité de 1811 à 1815.

L’aînée des filles, Marie-Louise, après avoir dirigé quelque temps la maison familiale, entra chez les Filles de la Charité en 1818 ; la petite Zoé dit alors à sa jeune sœur Marie-Antoinette, surnommée Tonine : A nous deux, nous allons faire marcher la maison !

Après avoir reçu la Première communion, elle s’occupa à la ferme du ménage, de la cuisine, des bêtes (les vaches, les cochons, les huit-cents pigeons). Pieuse, elle se mit à jeûner les vendredis et les samedis.

C’est à cette époque qu’elle vit en rêve un vieux prêtre, qui l’invitait à rejoindre son aînée. Elle garda son «secret» dans son cœur et partit chez une cousine à Châtillon-sur-Seine, dans un pensionnat où elle apprit à lire et à écrire. Or, dans ce pensionnat, elle aperçut un tableau où elle reconnut le vieux prêtre de son rêve : on lui expliqua qu’il s’agissait du fondateur des Filles de la Charité, saint Vincent de Paul (v. 27 septembre). Mais voilà : le papa Labouré voulait marier sa fille et, pour lui faire oublier cette histoire, l’envoya travailler à Paris dans une cantine pour ouvriers, tenue par son frère.

Catherine y découvrit la misère du peuple, et désira encore plus fermement entrer chez les Filles de la Charité : en 1830, après trois mois de discernement dans la maison de ces Religieuses à Châtillon-sur-Seine, elle commença le noviciat à la maison-mère de Paris, rue du Bac. Elle n’avait pas de dot, mais une belle-sœur la lui avait procurée. Au terme du noviciat (ou séminaire, comme on dit dans cette congrégation), Catherine fut ainsi notée : Forte, moyenne taille, sait lire et écrire pour elle. Le caractère a paru bon, l’esprit et le jugement ne sont pas saillants. A de la piété, travaille à la vertu. Rien de plus ! 

C’est à cette jeune Sœur qui travaille à la vertu, qu’apparut la Mère de Dieu, en 1830. Sur le moment, Catherine garda un silence absolu sur ces manifestations extraordinaires, mais en parla seulement au confesseur ; ce saint prêtre prudent en avertit l’archevêché pour diligenter une enquête canonique, et obtint qu’on respectât discrètement l’anonymat de cette voyante.

Ce procès canonique se déroula en 1836. Sur la base des confidences de Catherine, le prêtre exposa les faits.

Après avoir vu en vision le cœur de saint Vincent de Paul, puis Notre-Seigneur Roi, Catherine fut réveillée la nuit du 19 juillet - à l’époque, c’était la fête de saint Vincent de Paul - par un petit enfant de quatre ou cinq ans (dit-elle, probablerment son ange gardien), qui la conduisit à la chapelle, où l’attendait la Mère de Dieu.

La Sainte Vierge exprima son mécontentement sur le relâchement de certaines Religieuses, et annonça à Catherine que Dieu avait pour elle une difficile mission.

Plus tard, le 27 novembre 1830,  Catherine vit la Sainte Vierge debout sur une boule blanche. Elle écrasait un serpent et tenait un globe dans ses mains à la hauteur de l’estomac, les yeux au ciel. Le globe disparut, les bras de la Vierge s’étendirent vers le bas : ses mains étaient rayonnantes ; les rayons partaient de ses doigts ornés chacun de trois anneaux couverts de pierreries. Ces rayons symbolisaient les grâces répandues sur les personnes qui les demandent. Les pierres sans rayon étaient les grâces qu’on oublie de demander. Un ovale se forma. Il y avait en haut : O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. Au revers, on voyait la lettre M, surmontée d’une croix et au-dessous, les cœurs de Jésus et Marie, avec douze étoiles tout autour. Marie demanda à Catherine de porter ces images à son confesseur, en lui disant de les frapper sur des médailles car tous ceux qui la porteront, recevront des grâces.

Le procès s’acheva positivement. Des médailles furent frappées, engendrant un courant de dévotion extraordinaire, et fructueux, dès l’épidémie de choléra en 1832.

Sur la demande de Marie, fut aussi créée la confrérie des Enfants de Marie Immaculée, en 1837. Notons ici que le dogme de l’Immaculée Conception ne devait être proclamé qu’en 1854. C’est en 1858 à Lourdes que la Vierge révéla à sainte Bernadette Soubirous (v. 16 avril), qu’elle était l’Immaculée Conception.

Après ces premières visions, Catherine fut envoyée à l’hospice d’Enghien transféré rue Picpus à l’extrémité du faubourg Saint-Antoine, où elle devait rester jusqu’à sa mort.

Une des grâces les plus manifestes de cette Médaille Miraculeuse, comme on l’a populairement appelée, fut la conversion du juif Alphonse Ratisbonne, à Rome, le 20 janvier 1842 : ayant accepté de porter cette médaille, il eut peu après une apparition de la Vierge Marie ; bientôt baptisé, il rompit ses fiançailles, entra chez les Jésuites et fonda les Religieuses de Notre-Dame de Sion, pour la conversion des Juifs.

Après la révolution de 1848, Catherine eut une autre vision, à la suite de laquelle elle écrivit de nouveau à son confesseur pour la lui décrire. Elle y avait vu des ennemis de la religion, puis une grande croix, qui devait s’appeler Croix de la Victoire, et qui devait être érigée non loin de Notre-Dame. Catherine voyait aussi que le sang coule, le pasteur donne sa vie, qu’on a interprété comme une annonce de la Commune et de la mort violente de l’archevêque, Mgr Darboy, en 1871.

Cependant, le confesseur ne tint pas compte de cette vision. Quand on rapporta à Catherine les faits de Lourdes, il paraît qu’elle commenta seulement : Oui, c’est bien. Si l’on avait fait ici ce que la Sainte Vierge a demandé, elle n’aurait pas été obligée de se manifester à Lourdes. La croix n’a jamais été érigée à Paris, mais la Commune a bien eu lieu. Durant les événements de la Commune, dit-on, même des révolutionnaires venaient demander des médailles au couvent.

Catherine passa les dernières années de sa vie dans la plus grande discrétion. Elle se réservait toujours les tâches les plus dures, à la cuisine, à la lingerie, à la basse-cour, aux vieillards, à la porterie.

Sa mort fut très calme et très douce, le dimanche 31 décembre 1876.

La cause de la Sœur fut introduite à Rome dès 1907, dix ans avant le terme requis à l’époque.

Béatifiée en 1933, Catherine fut exhumée : son corps apparut en parfait état et remis dans une châsse qu’on vénère aujourd’hui dans la Chapelle de Paris, au 140 de la Rue du Bac. Malheureusement, une initiative pour le moins étrange, fut qu’on en détacha ses mains qui avaient touché la Sainte Vierge, et qu’on plaça dans une autre châsse, visible à l’intérieur du bâtiment des Religieuses. Ces mains, elles, ont perdu leur fraîcheur.

Sainte Catherine Labouré fut canonisée en 1947.

Sa fête ne pouvant être célébrée le 31 décembre, durant l’octave de Noël, on la fête actuellement le 25 novembre, en même temps que sainte Catherine d’Alexandrie, deux jours avant la date anniversaire de l’apparition du 27 novembre.

 

 

Giuseppina Nicoli

1863-1924

 

Cinquième des dix enfants de Carlo Nicoli, avocat à Casatisma (Oltrepò Pavese, Italie N), Giuseppina fit de brillantes études à Voghera et eut son diplôme de maîtresse.

Elle avait un caractère ferme, décidé, que sa foi et sa vocation complétèrent pour en faire une femme forte, toute au service de Dieu.

Elle entra en 1883 chez les Filles de la Charité à Turin, reçut l’habit à Paris (la fameuse «Rue du Bac» où apparut Notre-Dame à sainte Catherine Labouré en 1830). 

A partir de 1885 elle fut envoyée en Sardaigne, pour un apostolat destiné particulièrement aux pauvres ; elle allait s’y donner entièrement, sans compter, même quand apparaîtront les premiers symptômes de la tuberculose, à partir de 1893.

Elle fut d’abord à Cagliari, où elle prononça ses vœux en 1888, puis à Sassari à partir de 1899.

Elle montrera une activité infatigable à s’occuper du catéchisme, des études des jeunes étudiants et des ouvriers, des orphelins, des prisonniers, des malades, multipliant les œuvres sociales en faveur des moins fortunés. D’abord à Cagliari, mais surtout à Sassari (où elle fut supérieure de l’Orphelinat), son apostolat se démultipliait en faveur des petits : chaque dimanche elle réunit jusqu’à huit cents enfants pour le catéchisme ; elle y ouvrit une école de Religion, pour aider les jeunes filles à compléter leur formation intellectuelle et universitaire et les aider à contrer les idées laïques que la Franc-maçonnerie tentait de répandre à Sassari. Elle collabora ainsi vaillamment avec don Manzella.

C’est elle qui lança l’association des Fils de Marie, qu’elle appela les Luigini, du nom de saint Louis de Gonzague, leur patron (v. 21 juin), puis celle des Filles de Marie.

Ses dons d’organisatrice la rappelèrent à Turin pour être économe provinciale, puis pour diriger les plus jeunes novices. Mais sa santé déclinait déjà : on la renvoya en Sardaigne, dont le climat était meilleur que l’humidité de Turin.

Mais Sassari l’accueillit mal cette fois-ci, malgré le souvenir qu’elle y avait laissé. Les anti-cléricaux s’étaient déchaînés. Ainsi elle se vit contrainte de repartir pour Cagliari, comme Supérieure de l’Ecole préparatoire de la Marine (1914) : la population vivait là dans des conditions misérables, les enfants n’avaient pas le droit d’étudier… Et voilà la guerre… Misère matérielle, misère morale, misère spirituelle.

Giuseppina se remit au travail. Elle regroupa les jeunes filles venues de la campagne pour servir dans les familles aisées, elle leur enseigna le catéchisme, leur fit apprendre à lire et écrire ; elle les encadra dans l’association des Zitines, sous la protection de sainte Zita (v. 27 avril).

L’évêque la mit aussi à la tête des Dorothées, femmes laïques consacrées, mal organisées et qui ne suffisaient pas à la tâche. Giuseppina regroupa les plus aptes pour s’occuper des enfants handicapés : elle ouvrit pour eux la Colonie Marine al Poetto.

La popularité de Sœur Giuseppina allait toucher à son comble lorsqu’elle s’attacha à s’occuper des petits gamins de la ville, les gamins à l’écuelle (en sarde : is piccioccus de crobi), qui n’avaient d’autre occupation que d’errer près du marché, ou de la gare, mal vêtus, pieds nus, maigrelets, gagnant à peine de quoi manger en portant les bagages des voyageurs ou des dames qui faisaient leur marché. La bonté et la patience maternelles de Giuseppina sut dominer les habitudes rudes et peu civiles de ces pauvres enfants. Elle gagna leur confiance, les instruisit, les appela les Marianelli (moinillons de Marie) en les consacrant à la Sainte Vierge, et les aida à accéder à un métier, à une place dans la société.

Giuseppina n’avait pas achevé son calvaire. La dernière année de sa vie, une pénible calomnie l’atteignit, elle et ses Compagnes, et nourrit les colonnes de la presse locale. Elle resta silencieuse dans l’épreuve. Ce fut le président de l’administration qui dut faire marche arrière, reconnaissant son erreur : il vint lui demander pardon sur son lit de mort et elle lui répondit par un large sourire.

Elle mourut le 31 décembre 1924, son dies natalis, le même jour que sainte Catherine Labouré, morte en 1876.

Elle a été béatifiée en 2008.

 

 

Luis Vidaurrázaga González

1901-1936

 

Luis Vidaurrázaga González naquit le 13 septembre 1901 à Bilbao (Espagne N).

Il entra encore très jeune chez les Bénédictins de Silos (dépendants de la congrégation de Solesmes) où il fit ses études.

Après sa profession, il fut ordonné prêtre et vécut quelques années dans la communauté de Notre-Dame-de-Cogullada (Sarragosse), avant de rejoindre celle de Notre-Dame-de-Montserrat à Madrid.

Ce jeune prêtre fut remarqué pour sa discrétion, son amour de la liturgie et du chant monastique. Directeur spirituel, apôtre de l’Eucharistie, il enseignait le chant grégorien.

Au début de la Guerre civile de juillet 1936, cette communauté fut dissoute pour permettre à chacun de chercher refuge. Luis se réfugia chez un ami, mais fut dénoncé et arrêté.

Condamné à mort pour le grave délit d’être prêtre, Luis fut abattu à La Elipa près du cimetière de Madrid La Almudena, le 31 décembre 1936.

Luis Vidaurrázaga González fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 31 décembre.

 

 

Leandro Gómez Gil

1915-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 13 mars 1915 à Hontomín (Burgos, Espagne), Leandro entra chez les moines Trappistes comme Convers, il n’avait que vingt-et-un ans.

Après la dispersion des moines de Viaceli, il avait trouvé refuge dans une famille connue. Quand la police le découvrit, le 29 décembre 1936, il fut tellement maltraité que le sang lui sortait par la bouche, par le nez et par les oreilles ; tout un drap en fut imprégné.

S’étant déclaré Religieux, il fut embarqué de force dans une voiture, et ainsi disparut.

On considère qu’il fut martyrisé à Santander (Cantabria) le 31 décembre 1936 ; il a été béatifié en 2015.

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30 décembre 2023 6 30 /12 /décembre /2023 00:00

30 DÉCEMBRE

 

III.

S Félix I, pape (268-274) : il aurait établi l'usage de célébrer des messes auprès du corps  des martyrs au jour anniversaire de leur mort.

?

S Hermes, exorciste et martyr en Mésie. 

SS Mansuetus, Sévère, Appien, Donat, Honorius, avec d'autres, martyrs en Alexandrie. 

IV.

Ste Anysia, martyre à Thessalonique ; elle cracha au visage d'un soldat qui voulait la forcer à sacrifier aux dieux.

S Libère, évêque à Ravenne.

S Sabin, évêque à Assise, martyr à Split avec Venustianus et sa famille, qu'il avait convertie, ainsi qu'Exupérance et Marcel, ses diacres.

V.

S Anysios, évêque à Thessalonique, vicaire du pape en Illyrie, ami de s.Jean Chrysostome.

S Perpetuus, évêque à Tours ; il remit tous ses grands biens aux pauvres, qu'il constitua ses héritiers.

VI.

S Iucundus, évêque à Aoste.

VII.

S Germer, haut fonctionnaire normand ; il eut deux filles et un fils, puis fut abbé à Saint-Samson-de-la-Roque (où on tenta de l'assassiner), puis à Flay.

VIII.

S Egwin, descendant des rois de Mercie, évêque à Worcester.

XI.

S Raniero, évêque à L'Aquila.

XII.

S Ruggiero, évêque à Canne della Battaglia.

S Lorenzo, moine en Sicile dans le rit oriental.

XIII.

B Richard, cistercien anglais à Adwerth, très érudit ; au XIVe s., l'abbé renonça à le faire canoniser à cause des frais. 

Bse Margherita Colonna, clarisse près de Palestrina, sœur du cardinal Colonna ; elle soignait les Frères Mineurs infirmes et les lépreuses ; mystique.

XIX.

Bse Eugenia Ravasco : elle fonda à Gênes les Filles des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie, béatifiée en 2003.

XX.

B Giovanni Maria Boccardo (1848-1913), aîné de dix enfants à Turin, docteur en théologie ; il fit de sa paroisse une terre d'évangélisation et fonda la congrégation des Pauvres Filles de Saint-Gaétan, pour les malades, les orphelins et les vieillards, béatifié en 1998 ; il eut comme vicaire son propre frère, B Luigi Boccardo (cf. 9 juin).

B Daniel Ferreres Guardiola (1911-1936), laïc espagnol martyr, béatifié en 2017.

Hermes de Bononia
3
e siècle

Il y a au Martyrologe plusieurs Hermes (v. 4 jan., 28 août, 22 oct., 4 nov.), et il y a dans l’antiquité plusieurs Bononia, dont l’actuelle Bologne (Italie).
Il s’agit aujourd’hui de la petite ville de Bononia (Mésie, auj. Vidin, Bulgarie).
Hermes est présenté comme un exorciste, qui fut martyrisé à Vidin, vers 300.
Ce qui est étonnant, est qu’au 4 janvier sont commémorés deux Martyrs de Mésie, et de la même époque, Hermes et Caïus ; à cela s’ajoute que Caïus était honoré à Bononia, et Hermes à Retiaria (act. Arcer), ces deux localités étant proches l’une de l’autre.
Ces rapprochements pourraient laisser supposer qu’il y ait là un doublet : il s’agirait du même Hermes, commémoré dans les deux endroits, et qu'on l'ait nommé Caius...
Le Martyrologe Romain mentionne saint Hermes de Bononia au 30 décembre.


Félix 1er pape
269-274

Ce vingt-sixième pape succédait à saint Denys.
On ne dit rien de lui.
Lors de la déposition de Paul de Samosate comme évêque d’Antioche, l’empereur proclama en 272 - et c’est important à souligner - que l’évêque légitime était celui qui était reconnu par l’évêque de Rome.
C’est peut-être ce même pape qui aurait établi que l’on célébrât la messe auprès du corps des Martyrs, au jour anniversaire de leur mort.
Saint Félix fut peut-être lui-même martyrisé, le 30 décembre 274.
Son successeur fut saint Eutychianus.


Anysios de Thessalonique
† 407

Anysios fut le disciple de s.Ascholios (? v. 23 janvier), et lui succéda comme évêque de Thessalonique en 383.
Le pape s.Damase (v. 11 déc.) l’établit son vicaire en Illyrie, titre qui lui fut confirmé par les saints papes suivants, Sirice, Anastase, Innocent (v. 26 nov., 19 déc. et 12 mars).
En décembre 391, Anysios fut chargé d’examiner avec quelques autres évêques de Grèce, la théorie de Bonosus, évêque de Sardique, qui enseignait la non-virginité de la Sainte Vierge Marie.
Lors de l’exil qui frappa s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre), Anysios écrivit au pape Innocent 1
er pour lui exprimer son soutien à l’évêque persécuté ; le pape l’en remercia par deux lettres. En 406, des évêques occidentaux qui se rendaient auprès de Jean Chrysostome, voulaient saluer au passage Anysios, mais en furent empêchés.
Anysios mourut, sans doute, à la fin de 406 ou en 407.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Anysios de Thessalonique au 30 décembre.


Perpetuus de Tours
† 488

Perpetuus (en français actuellement : Perpet) était de grande famille sénatoriale. Il avait une sœur, Fidia Iulia Perpetua.
Nommé sixième évêque de Tours vers 458, il succédait à son parent Eustochius. Celui qui lui succédera trente ans plus tard, s.Volusianus, sera aussi un de ses parents (v. 18 janvier).
Instruit, il cultivait les Pères de l’Eglise, qu’il citait aisément.
Perpetuus fut rempli de zèle autant pour organiser la vie chrétienne dans son diocèse, que pour s’occuper des pauvres de toutes les conditions : nécessiteux, mendiants, malades, veuves, orphelins. En outre, il n’avait pas de plus grands amis que les personnages qui s’occupaient également de ces malheureux, comme par exemple le «maire» de Tours, un certain Agilon.
C’est cet Evêque qui fit construire la basilique Saint-Martin, et en fit la dédicace en 473.
Dès 475, il rédigea son testament, dont on va donner un aperçu.
A tout le clergé, il lègue la paix de notre Seigneur Jésus-Christ ; il demande l’affranchissement de tous ceux et celles qu’il a rachetés de ses deniers ; à son ami Eufrone qui est évêque d’Autun (v. 3 août), il lègue son reliquaire d’argent, ainsi que l’évangéliaire que saint Hilaire écrivit de sa propre main ; à sa sœur Fidia une petite croix d’or ; à Agilon, son cheval de parade, avec un mulet, au choix ; à son successeur, ses meubles.
Au même successeur (qui sera Volusianus, comme on l’a dit plus haut), il recommande de ne jamais rétablir dans leur rang deux prêtres déchus - il ne les nomme pas, mais précise leur village - , cependant  leur fait accorder une pension.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Perpetuus de Tours au 30 décembre.


Iucundus d’Aoste
† 505

Iucundus fut le troisième évêque d’Aoste (Piémont, Italie NW).
Son épiscopat est difficile à préciser. Une lettre du pape Gélase s’adresse à un évêque Iucundus en 496, mais on ne sait s’il s’agit de celui d’Aoste. 
On sait que Iucundus participa à deux conciles à Rome, en 501 et 502. On en est donc réduit à constater que Iucundus était évêque avant 501 et qu’il mourut après 502.
Son successeur semble avoir inauguré son épiscopat vers 507.
On peut donc avancer que Iucundus mourut vers 505.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Iucundus d’Aoste au 30 décembre.


Germer de Flay
† 660

Germer serait né à Vardes (Neuf-Marché, Seine Maritime).
Il aurait occupé de hautes charges à la cour du roi.
De son mariage naquirent deux filles, qui moururent en bas âge, et un fils, Amalbert, qui eut s.Ouen (v. 24 août) pour parrain.
Il fonda un premier monastère, qui se trouverait dans la région de l’Orne.
Vers 649, appelé par Dieu à plus de détachement, il laissa la succession à son grand fils, dit adieu à son épouse, et se retira au monastère de Pentale, qui serait aujourd’hui Saint-Samson-de-la-Roque (Eure).
Il y occupa une place importante, peut-être même fut-il supérieur, mais son enseignement était jugé trop exigeant par certains moines, qui mirent dans son lit un couteau la pointe en l’air… Germer s’en aperçut à temps et alla passer la nuit à l’église.
Le lendemain, il annonça son désir de se retirer dans la grotte de s.Samson (v. 28 juillet). Certains moines s’y opposèrent, mais s.Ouen donna raison à Germer et l’ordonna prêtre dans cette même grotte. Il y vécut plus de cinq années, avec quelques compagnons.
Passé ce temps, il demanda à s.Ouen où fonder un nouveau monastère, et ce fut ainsi l’origine de Flay. Germer y fut abbé pendant trois ans et demi.
Il mourut le 30 décembre, vers 660.
L’abbaye prit ensuite le nom de Saint-Germer-de-Fly (Oise).
Les reliques de s.Germer, transportées à Beauvais en 906, furent détruites lors de la Révolution française.
Saint Germer de Flay est commémoré le 30 décembre dans le Martyrologe Romain.


Egwin de Worcester
† 717

Ce qu’on a écrit sur Egwin a peut-être été parfois embelli, mais voici les faits.
Egwin (Ecgwin, Eegwine) descendait des rois de Mercie (Angleterre) et naquit dans le comté de Worcester.
Il reçut sa formation dans un monastère, après quoi il fut nommé conseiller du roi Ethelred.
Vers 692, tel un saint Eloi (v. 1
er décembre), il fut nommé évêque de Worcester ; il en était le troisième titulaire.
Homme de principes et amant de l’ordre, il ne fut cependant pas bien reçu et ses «ennemis» en référèrent au roi et au pape, qui le convoqua.
Egwin entreprit le voyage pour Rome en esprit de pénitence. Avant d’embarquer, il s’attacha des chaînes aux jambes, qu’il ferma avec un cadenas, et jeta la clef dans la rivière. Arrivés à l’embouchure du Tibre en Italie, ses compagnons pêchèrent un poisson, qui avait absorbé la fameuse clef. Egwin se libéra alors de ses chaînes, mais le phénomène fut immédiatement connu dans tout Rome, et l’évêque accusé repartit de Rome avec des lettres d’éloge et de recommandation pour le roi Ethelred.
Egwin reprit donc sa place à Worcester. Il fonda la célèbre abbaye Notre-Dame d’Evesham ; le nouveau roi, Kenred, y participa volontiers et l’église fut consacrée vers 709.
Ensuite, le prélat fit un nouveau pèlerinage à Rome.
Sentant arriver ses vieux jours, il préféra les passer dans cette même abbaye, et céda sa place d’évêque à Wilfrith (717).
Il mourut donc à Evesham, un 30 décembre de 717 ou 720.
Saint Egwin de Worcester est commémoré le 30 décembre dans le Martyrologe Romain.

Raniero de L’Aquila

† 1077

 

Le diocèse de L’Aquila (Abruzzes, Italie C) ne fut érigé qu’en 1256, et succédait à celui de Forcona, qui remonterait au 7e siècle.

Raniero semble en avoir été le sixième titulaire (connu) ; on le mentionne comme évêque avant 1072, date à laquelle il mentionne lui-même sa récente installation dans le diocèse.

Six évêques seulement sur quatre siècles laisse supposer soit qu’on n’ait pas retenu tous les titulaires dans les listes - ce qui est normalement impossible - soit qu’il y ait eu de longues périodes de vacance, par exemple à cause des incessantes guerres locales, soit que ces quelques évêques aient eu une longévité assez marquée, et un temps d’épiscopat d’environ soixante années chacun.

Reste que le pape répondit plus tard à Raniero en le félicitant pour sa bonne administration et lui promettant que le Saint-Siège protégerait désormais tous ses biens.

On croit qu’il mourut en 1077 - après cinq années seulement d’épiscopat. Son successeur, Berardo, apparaît vers 1160, environ un siècle plus tard. On pourrait aussi envisager alors que Raniero soit peut-être mort plus tard. 

Mais comment expliquer aussi que le seul évêque «saint» de ce diocèse soit si peu connu ? Sans doute qu’il brilla particulièrement par son humilité et sa discrétion.

Saint Raniero de L’Aquila est commémoré le 30 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ruggiero de Canne

1060-1129

 

C’est un personnage à la famille et à la vie inconnues.

Son prénom a suggéré à certains qu’il pouvait être d’origine normande, sans autre preuve.

Il dut naître vers 1060 dans la petite ville italienne de Canne, qui s’appelle aujourd’hui Canne della Battaglia et se trouve maintenant enclavée dans la banlieue de Barletta (Pouilles, Italie SE).

Il devint évêque de sa ville natale.

Les fréquentes rébellions des barons normands contre Robert Guiscard engendrèrent des guerres et Canne fut rasée par Guiscard en 1083.

Il est dit de Ruggiero qu’il se préoccupa charitablement de la population, allant chercher dans la campagne, et parfois pieds nus, de la nourriture.

Les papes eurent aussi recours à ses conseils, signe de sa culture, de sa vertu.

Ruggiero mourut le 30 décembre 1129, et ce jour-là le Martyrologe mentionne saint Ruggiero.

 

 

Lorenzo Ravì de Frazzanò

1120-1162

 

Lorenzo naquit le 22 octobre 1120 à Frazzanò (Messine, Sicile) de Cosmano et Costanza. Or l’année de sa naissance, l’enfant fut orphelin de sa mère d’abord puis de son père. C’est la voisine, Lucia, qui l’éleva.

Dès son plus jeune âge, Lorenzo se sentit poussé à pratiquer des pénitences dures ; il se flagellait jusqu’au sang. Mais l’étonnant est qu’au matin, sa chemise était toujours immaculée.

A six ans, Lorenzo demanda de pouvoir étudier en allant au monastère basilien de Troina : il y reçut l’instruction nécessaire tant désirée, mais aussi l’habit et successivement les ordres : à vingt ans, il était prêtre.

Il aimait la solitude et son esprit de pénitence le rendait déjà célèbre ; vers 1145, il alla passer six années dans une grotte avec deux autres moines qui voulaient partager sa solitude ; il y reçut la visite de saint Nicolò Politi (v. 17 août), de saint Luca de Calabre. S’il y subit de terribles assauts de la part du Démon, il reçut aussi  de nombreuses consolations divines.

Divinement inspiré, il revint vers 1150 au monastère de Troina, et partit pour celui d’Agira, où les cloches se mirent à sonner tant qu’il n’eut pas donné le baiser de paix à chacun des moines.

On vint voir Lorenzo, lui demander conseil, des prières. En 1152, des ermites vivant dans les Apennins vinrent le prier de venir célébrer Pâques chez eux et il les accompagna.

En 1155, il vint au monastère de Fragalà, pour trois ans. Il y fit construire une petite église, où il prêcha infatigablement aux foules avides d’entendre la parole du prêtre.

A partir de 1158, il partit prêcher dans les Pouilles et en Calabre ; à Reggio Calabria, où sévissait une épidémie de peste, il guérit les malades de corps et d’esprit ; il y eut beaucoup de conversions. Lorenzo y fit reconstruire trois églises en ruines et à son départ, l’archevêque et le duc étaient là pour le remercier.

En 1162, il revint définitivement à Frazzanò. Dans une vision, il sut l’approche de sa mort et les signes grandioses qui allaient l’accompagner. Il eut tout juste le temps de construire l’église dédiée à Tous les Saints pour honorer la Sainte Trinité, et c’est dans cette église qu’advinrent les plus grands miracles où Dieu glorifia son Serviteur fidèle.

Au soir du 30 décembre 1162, Lorenzo rendit à Dieu son esprit. Son corps exhala un parfum suave.

Le culte de Lorenzo Ravì fut immédiat et a traversé les siècles, tant de la part de l’Eglise orthodoxe que de la catholique. Il n’y a pas eu de canonisation proprement dite, mais le Martyrologe mentionne à présent Laurent au 30 décembre.

 

 

Richard d’Adwerth

† 1266

 

Richard était d’origine anglaise.

Venu étudier à Paris, il se diplôma en sciences et en lettres.

Une recluse inconnue lui aurait prédit qu’il irait en Frise et que son étoile y brillerait.

Il vint effectivement en Frise, mais pour entrer au monastère cistercien d’Adwerth (Groningue, Hollande).

Il y enseigna, mais surtout il affectionna tant la prière liturgique, qu’il la répétait ensuite pendant son travail de la journée.

Richard mourut, apparemment le 21 décembre 1266, mais son Ordre a inscrit son dies natalis au 30 décembre.

Un siècle plus tard, l’abbé tenta de le faire canoniser, mais y renonça devant les frais occasionnés par une telle procédure.

Le bienheureux Richard n’est donc pas mentionné au Martyrologe.

 

 

Margherita Colonna

1255-1284

 

La bienheureuse Margherita (Marguerite) naquit à Palestrina en 1255, fille de Oddone (Odon) Colonna et de Mabilia Orsini, qui eurent deux autres enfants : Giovanni et Giacomo. Elle appartenait donc à deux familles romaines puissantes qui, pendant plusieurs siècles, marquèrent l’histoire de la Ville Eternelle par des phases successives de paix et de haine réciproque. 

Palestrina était la place-forte de la famille. La richesse des nobles romains était liée aux pontifes et aux charges ecclésiastiques : en ce qui concerne les Colonna au temps de la Bienheureuse, il suffit de citer Giovanni, cardinal de Sainte-Praxède en 1212 et légat du pape pendant la cinquième Croisade. C’est lui qui rapporta à Rome la colonne qui, selon la tradition, servit pour la flagellation du Christ et qui, encore aujourd’hui, est conservée dans la basilique romaine dont il était titulaire. 

Les années où vécut Margherita furent pour l’Eglise des années difficiles et agitées : de 1268 à 1271, le siège papal fut vacant, ce qui ne s’était jamais vu aussi longtemps dans l’histoire. Cela faisait vingt années que le pape n’habitait plus à Rome. Des conclaves interminables, des pontificats très brefs : le pouvoir du pontife, si fondamental pour l’équilibre du monde chrétien, subissait l’antagonisme entre la France (car Charles d’Anjou occupait beaucoup de régions d’Italie) et le Saint Empire Romain Germanique.

Très tôt, Margherita et ses deux frères furent orphelins. Tandis qu’on la destinait à un mariage prestigieux, important pour les alliances nobiliaires, elle n’avait au contraire qu’une préférence dans son cœur, demeurer l’épouse virginale de Jésus-Christ. Le 6 mars 1273, avec deux dames pieuses de sa maison, elle se retira à Castel San Pietro, une colline qui domine Palestrina, près de l’église de Santa Maria della Costa, pour suivre sa vocation sur la trace du mouvement franciscain. François d’Assise était mort depuis quarante-sept ans, Claire depuis seulement vingt ans : leur idéal de vie fascinait un grand nombre de personnes de tout rang social. 

Margherita reçut la rude bure, sous laquelle elle mit un cilice. Elle commença des jeûnes et des pénitences, priant pour que se réalisât son désir : devenir clarisse. Elle vécut donc là, retirée, pendant quelques années. Pour la puissante famille Colonna, cette vie d’anachorète était un véritable scandale. 

Le réconfort arriva cependant grâce à son frère Giacomo, lequel, quoique très jeune, était déjà cardinal (depuis 1278) par volonté du pape Nicolas III (dans le monde Giovanni Gaetano Orsini), tandis que Giovanni était sénateur à Rome. Bien qu’il fût revêtu de son titre uniquement en raison de son appartenance à une famille importante, comme cela était habituel en ces temps-là, Giacomo éprouvait un amour sincère pour le Christ. Il conduisit Margherita à Rome, et tous deux prièrent ensemble sur la tombe des Apôtres Pierre et Paul. 

C’est ainsi que Margherita commença une nouvelle vie. Elle ne disposait plus de l’héritage familial si abondant : elle avait désormais la Pauvreté, qui ne manque jamais sur la route des Saints. 

Son exemple lumineux suscitait un grand intérêt, surtout parmi d’autres dames désireuses comme elle de mettre leur vie au service de Jésus-Christ. 

Elle  demanda au Supérieur Général des Frères Mineurs, Girolamo Masci, le futur pape Nicolas IV, la permission d’entrer au Monastère d’Assise. Une maladie l’en empêcha : autres étaient les voies du Seigneur. 

Sa pensée alla ensuite vers le Couvent de la Mentola (qui se trouvait entre Palestrina et Tivoli, et où l’on vénérait une image de la Très Sainte Vierge à laquelle elle était très dévote ; saint François aussi s’y était rendu). Mais ce couvent dépendait du Comte de Poli, qui ne voyait pas d’un bon œil une fille Colonna arriver dans ses territoires. 

Elle retourna donc à la maison et, avec l’aide de son frère cardinal, fonda un monastère sur la montagne voisine : là, pauvrement, de jour comme de nuit, on louait et l’on priait le Seigneur. Margherita s’occupa de la formation de ses compagnes, mais sa charité alla bien au-delà, touchant aussi les malades et les pauvres alentour. Chaque année, à la Saint-Jean-Baptiste - dont elle était très dévote - elle organisait un repas pour eux. 

La tradition rapporte qu’un jour Jésus et Jean-Baptiste se présentèrent à sa table, mais qu’ils disparurent quand Margherita les reconnut. 

Quand elle eut épuisé son important patrimoine personnel, elle qui était née dans l’opulence tendit la main pour demander l’aumône et pouvoir ainsi continuer ses œuvres. Entre autres, on se souvient de son assistance aux Frères Mineurs du couvent de Zagarolo, à un moment de grave nécessité. 

Son union avec le Christ devint de plus en plus intense : elle reçut de façon visible le réconfort de Jésus, de Sa Mère et de saint François. Elle eut plusieurs extases et supporta patiemment pendant sept années une blessure ulcéreuse au côté, qu’elle considéra comme une marque de la Passion de Jésus. 

Elle n’avait pas trente ans à sa mort, une mort qui fut précieuse aux yeux du Seigneur. Elle rendit l’esprit, à la suite de son ulcère et de violents accès de fièvre, le 30 décembre 1284. 

Immédiatement son tombeau devint un lieu de pèlerinages, et des grâces étaient obtenues par son intercession. En 1285 le pape Honorius IV donna l’autorisation à la communauté de Clarisses de se transférer à Rome, dans le monastère de Saint-Silvestre-in-Capite, où celles-ci transportèrent le corps vénéré de la Bienheureuse (il y restera jusqu’en 1871). Sa biographie fut écrite par son frère et la première abbesse de Saint-Silvestre.

Le 17 septembre 1847, le pape Pie IX confirma le culte “ab immemorabili” (de temps immémorial) ainsi que la mémoire liturgique le 17 décembre. Quelques années plus tôt, le pape Grégoire XVI avait établi que seules les familles Colonna et Orsini eussent le privilège exclusif de Princes assistants au trône pontifical.

Aujourd’hui, les reliques de la bienheureuse Margherita sont vénérées dans l’église de Castel San Pietro, proche de Palestrina. Là, la semence qu’elle jeta en terre il y a plus de sept siècles, continue de fleurir encore aujourd’hui, grâce aux Clarisses du monastère de Sainte-Marie-des-Anges.

Le Martyrologe Romain la mentionne le 30 décembre, son dies natalis (le jour de sa mort, qui est le jour de sa naissance au ciel).

 

 

Eugenia Ravasco

1845-1900

 

Elle naquit le 4 janvier 1845 à Milan, troisième des six enfants de parents aisés, Francesco Matteo et Carolina Mozzoni Frosconi.

La maman mourut dès 1848, de sorte que le papa alla s’installer à Gênes avec son fils aîné et sa dernière fille. Eugenia resta à Milan chez sa tante, qui s’en occupa vraiment comme une mère très chrétienne.

En 1852, la famille se réunit à Gênes, mais le papa mourut à son tour en 1855, de sorte qu’Eugenia fut recueillie chez son oncle Ravasco qui vivait aussi à Gênes. Cet oncle avait déjà dix enfants, et se prodigua pour élever avec le même amour ses neveux et nièces. Il voyait avec inquiétude grandir en Italie l’influence de la Maçonnerie, en tout particulier sur le cœur du frère aîné d’Eugenia, Ambrogio.

Eugenia fut très vite attirée par l’Eucharistie et la dévotion envers les Cœurs de Jésus et Marie, en même temps qu’animée par un réel amour envers le Prochain.

Elle fit sa Première communion en 1855 et reçut la Confirmation. Dès lors, elle ne passait jamais devant une église sans s’y arrêter pour prier et adorer.

En 1862, mourut ce cher oncle bienfaiteur. Eugenia fit tout ce qu’elle put pour ramener son frère Ambrogio à de saines idées, mais sans succès apparent.

En 1863, elle se consacra à Dieu, tandis que, dans la famille, on avait d’autres espérances pour elle.

Elle s’occupa de catéchèse, collabora avec les Filles de l’Immaculée, avec les Dames de la Charité. La famille n’appréciait pas ce genre de contacts, d’une autre classe que celle d’Eugenia, qu’on commençait à mépriser. Mais Eugenia avait du caractère, et persévéra sur sa route. Avec d’autres collègues, elle commença à réunir des petites fillles pour les occuper sainement et saintement.

Finalement, en 1868, l’Esprit Saint la poussa à fonder pour de bon un nouvel Institut : la Congrégation des Filles des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, dont la mission devait être de faire le bien, surtout envers la jeunesse, souvent abandonnée à elle-même, pour former d’honnêtes citoyens en société et des Saints au Ciel.

En 1878, contre vents et tempêtes, et malgré les attaques maçonniques, elle ouvrit une école pour la formation de maîtresses, elle organisa des exercices spirituels, des retraites, des missions, provoquant ainsi le retour de beaucoup d’âmes à Dieu, notamment des prisonniers et des mourants.

L’Institut fut approuvé dans le diocèse en 1882 et, en 1884, Eugenia fit la profession religieuse en même temps que ses Collègues.

En 1892, elle ouvrit encore une Maison pour les jeunes ouvrières à Gênes, et fonda pour ces ouvrières l’Association Santa Zita. 

Elle tomba malade et mourut - trop tôt aux yeux du monde ! le 30 décembre 1900 à Gênes, tout à la fin du 19e siècle. Deux jours plus tard, elle aurait été la première Sainte du 20e siècle !

L’Institut devint de droit pontifical en 1909. Actuellement, il compte plusieurs centaines de Religieuses, présentes en Italie, en Suisse, en Albanie, en Afrique, dans une grande partie de l’Amérique latine et aux Philippines.

Eugenia Ravasco fut béatifiée en 2003.

 

 

Giovanni Maria Boccardo

1848-1913

 

Giovanni (Jean) Ottavio Maria naquit le 20 novembre 1848 à Cà Bianca (Testona, Moncalieri - en piémontais Moncalé -, Turin, Italie NO), aîné des dix enfants de Gaspare et de Giuseppina Malerba. Des dix enfants, trois moururent en bas âge, et trois se donnèrent à Dieu ; deux furent prêtres, Giovanni et son frère Luigi qui, né en 1861, fut le filleul de Giovanni et, plus tard, son vicaire de paroisse ; Giacinta, elle, entra au couvent en 1874.

En 1861, Giovanni entra au lycée des Barnabites. Sur son chemin, il aidait chaque jour un pauvre aveugle avant d’arriver à l’école.

En 1864, il entra au séminaire.

Quand il confia à son père son désir d’être prêtre, celui-ci lui répondit : D’accord, à condition que tu soies un vrai prêtre, pas seulement avec la soutane, mais avec les actes. Le garçon allait correspondre tout-à-fait au désir de son père.

Ordonné prêtre en 1871, il fut dès 1873 directeur spirituel aux séminaires de Chieri, puis de Turin, persuadé que, pour conduire de futurs prêtres sur le chemin de la sainteté, il devait donner le premier l’exemple d’une vie totalement vertueuse et sainte.

En 1877, il fut reçu docteur en théologie.

En 1882, il fut nommé curé à Pancalieri, où il restera actif jusqu’à sa mort, par la catéchèse, la prédication (y compris dans les paroisses alentour), les visites aux prisonniers. Il institua une pieuse association qu’il appela la Cour de Marie et favorisa la bonne presse.

Lors de la terrible épidémie de choléra de 1884, il se prodigua avec quelques jeunes paroissiennes pour aller porter secours aux malades ; mais surtout il fonda cette année-là un hôpital à Moncalieri même : pour s’occuper des malades, il accueillit une, puis plusieurs paroissiennes qui se constituèrent en une nouvelle Congrégation, les Pauvres Filles de Saint-Gaetan, qui se multiplièrent dans trente-deux maisons que le Fondateur ouvrit dans le Piémont et les Marches, au service des malades abandonnés, des vieillards sans ressources, des orphelins, des prêtres malades…

Cette même année aussi lui fut adjoint comme vicaire son propre frère, Luigi (v. 9 juin), pendant deux années.

Don Giovanni Maria laissa un grand nombre de lettres, réflexions, propositions, contenues dans une quarantaine de volumes.

En 1911, un accident cardio-vasculaire le laissa paralysé, dans l’impossibilité d’exercer le moindre ministère. Sa seule consolation était de se faire porter dans son hôpital, au milieu des malades et des Sœurs.

Il s’éteignit à Pancalieri, le 30 décembre 1913.

L’année suivante, son frère Luigi fut nommé Supérieur Général de la Congrégation.

L’approbation pontificale de l’Institut arriva en 1958, les Sœurs s’étant installées aussi au Brésil, en Argentine, au Bénin.

Giovanni Maria Boccardo fut béatifié en 1998.

Daniel Ferreres Guardiola
1911-1936

Daniel naquit le 29 avril 1911 à Cinctorres (Castellón de la Plana, Catalogne, Espagne E).
Il grandit dans une atmosphère familiale et sociale profondément chrétienne. Son oncle, don Rafael García, était le vicaire général du diocèse.
En 1928, il travaillait dans une Maison pour Vieillards à Lérida (Lleida en catalan), en 1935 il en était un des dirigeants. 
Il faisait partie de l’Action Catholique. 
Lors de la persécution de 1936, il fut arrêté et battu en pleine rue, puis conduit en prison, où il retrouva son oncle. Il fut compagnon de cellule de Francisco Castelló (v. 29 septembre).
Le 14 décembre 1936, on le soumit à un simulacre de jugement et il fut condamné à mort, pour sa foi, avec d’autres Compagnons.
Le 19 décembre, il put écrire une lettre à sa famille. C’est un document digne d’un Ignace d’Antioche (v. 17 octobre) : 
Ne pleurez pas, priez ! Donner sa vie pour Dieu, pour la Patrie, pour la Tradition Catholique, pourriez-vous l’employer mieux que cela ? Alors, pourquoi être tristes ?
Et aussi : 
Je pardonne à tous mes ennemis, dans toute l’extension et la signification des mots que nous prononçons dans le Notre Père.
Ils furent fusillés le 30 décembre 1936 à Lleida. Daniel avait vingt-cinq ans. Au moment de monter dans le camion, ils entonnèrent un de leurs chants de l’Action Catholique catalane : Amunt, germans, fem nostra via ! (Courage, frères, nous faisons notre chemin !).
Pour l’heure, seul Daniel fut béatifié, en 2017 ; les autres Compagnons ne font pas partie de la même cause.
Daniel Ferreres Guardiola sera commémoré le 30 décembre dans le Martyrologe Romain.

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29 décembre 2023 5 29 /12 /décembre /2023 00:00

29 DÉCEMBRE

     

-X.        

S David, roi de Juda (cf. 1 et 2 S ; 1 R:1-2), et auteur d’une grande partie des psaumes.

I.        

S Trophimos, premier évêque à Arles (III.?).

III.        

SS Libosus (évêque), Domicius, Victor, Primianus, Saturnin, Crescentius, Second et Honoratus, martyrs à Vaga.

V.        

S Martinianus, évêque à Milan.

S Markellos, abbé des acémètes ("qui ne dorment pas") à Gomon ; ces moines se relayaient pour que la louange ne s'arrêtât jamais dans l'église.

VII.        

S Pierre de Cantorbury, bénédictin envoyé avec s.Augustin par s.Grégoire le Grand pour évangéliser l'Angleterre, premier abbé au monastère Saints-Pierre-et-Paul (plus tard Saint-Augustin), enterré à Boulogne-sur-Mer, parce qu'il se noya à Ambleteuse.

S Albert, ermite à Gambrum.

VIII.        

S Evroul, ermite avec quelques compagnons à Ouche, fondateur de quelque quinze monastères ; les malades guérissaient en touchant son vêtement.

XI.        

S Gérard, abbé à Saint-Wandrille, assassiné pendant son sommeil par un moine irrité.

XII.        

S Thomas Becket, évêque à Cantorbury et grand chancelier du roi d'Angleterre auquel il résista ; il fut assassiné dans sa cathédrale.

XIV.        

B Gerardo Cagnoli, frère lai franciscain, cuisinier, mystique.

XVII.    

B William Howard, petit-fils de Philipp Howard (martyrisé en 1595, cf. 19 octobre) ; il siégeait à la Chambre des Lords ; condamné à mort pour “intelligence avec le pape” et décapité à Londres.

XIX.        

SS Ch’oe Ch’ang-hŭb Petrus et Hyŏn Kyŏng-nyŏn Benedicta, catéchistes ; Cho Chŭng-i Barbara, Han Yŏng-i Magdalena, Chŏng Chŏng-hye Elisabeth, Ko Sun-i Barbara, Yi Yŏng-dŏk Magdalena, laïques coréens martyrs canonisés en 1984, avec leurs proches, parents, frères ou sœurs, et fêtés le 20 septembre.

XX.    

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 : 

Diocésains : José Aparicio Sanz (*1893) et Enrique Juan Requena (*1903), prêtres, près de Valencia : le dernier, organiste, était particulièrement zélé ;

Jésuites : Juan Bautista Ferreres Boluda (* 1861), prêtre, près de Valencia ;

Laïcs : José Perpiñá Nácher (*1911), près de Valencia ;

- béatifiés en 2013 :

Capucins : Aproniano de Felipe González (Miguel, *1898), prêtre, et Jacinto Gutiérrez Terciado (Diego, *1909), convers, près de Santander.

David, roi

10e siècle avant Jésus-Christ

 

Nous trouvons l’histoire de David dans la Bible, aux Livres de Samuel, et au premier Livre des Rois.

David était le dernier-né des fils de Jessé, de Bethléem, qui en avait huit : Eliab, Abinadab, Shamma, sont les noms des trois premiers que nous donne l’Ecriture ; les autres ne sont pas nommés, jusqu’au dernier, David.

Celui-ci était roux, un garçon au beau regard et de belle tournure (1S 16:12).

Il entra au service de Saül pour lui faire bénéficier des bienfaits de la musique, car il jouait de la harpe (1S 16:14-23).

Vient l’épisode de Goliath, que David assomme d’un coup de galet envoyé avec sa fronde de pasteur (1S 17). C’est cette première victoire qui rend Saül jaloux, au point de diriger sa lance contre David, qui l’évite et s’enfuit.

Le fils de Saül, Jonathan, éprouve cependant une profonde amitié pour David ; il le protège, il intercède auprès de Saül pour un apaisement (1S 19-20), c’est que Jonathan aimait David de toute son âme (1S 20-17) et ira jusqu’à renoncer à la succession royale en faveur de David (1S 23-17).

Dans la lutte qui oppose désormais Saül et David, ce dernier se montre très magnanime envers le roi, l’épargnant même par deux fois quand il pourrait le tuer car, dit-il, que Yahve me garde de porter la main sur lui, car il est l’oint de Yahvé (1S 24:7 et 26:11).

Après Saül, David devint roi de Juda (2S 2-4) puis d’Israël et Juda (2S 5-8).

Tous ces épisodes sont repris dans le premier Livre des Chroniques (1Ch 11-29), qui s’appellent en latin les Paralipomènes.

Choisi par Dieu, David n’en restait pas moins un homme avec ses faiblesses, et la Bible raconte sincèrement qu’il eut dix-neuf enfants de ses huit femmes sans compter les fils des concubines (1Ch 3:9). L’Ecriture inspirée de Dieu nous instruit ainsi sur les «habitudes» de cette époque, sans approuver ni condamner ce comportement, mais pour nous rappeler combien la loi divine du début était loin d’être appliquée dans son intégralité. Jésus-Christ rappelle aux Pharisiens que, si Moïse avait permis à l’homme de renvoyer sa femme, c’était en raison de (leur) caractère intraitable, mais qu’il n’en était pas ainsi à l’origine (Mt 19:8).

Par cette sincérité, l’auteur de la Bible signe son authenticité. N’importe quel faussaire aurait caché l’inconduite de David.

C’est ainsi que nous lisons aussi le triste épisode de l’adultère du roi (2S 11-12), comment il fit tuer le mari de Bethsabée au combat et introduisit cette femme chez lui, comment le prophète Natân lui reprocha son péché et lui annonça la mort du bébé. David écrira cependant son remords et sa confiance en Dieu miséricordieux dans le psaume 50 (le Miserere), un chef-d’œuvre poétique d’humble aveu du pécheur repenti.

David fut l’auteur d’une grande quantité de psaumes, cent-cinquante en tout, qui ne sont peut-être pas tous de sa propre main.

Mystérieusement, c’est ensuite de la même Bethsabée que naîtra Salomon. Le Christ choisit donc précisément cette lignée humaine pécheresse, pour naître dix siècles plus tard de la Vierge Marie.

Pour Salomon, David préparera tout le matériel nécessaire à la construction du Temple de Jérusalem (1Ch 22-29).

Le grand mérite de David, c’est sa piété profonde envers Yahweh, et c’est ce par quoi il l’emporte sur tous les rois d’Israël.

David régna une quarantaine d’années, dont trente-trois à Jérusalem (1Ch 29:27).

Ce n’est que tardivement que son nom fut introduit dans le Martyrologe, au 29 décembre, tandis que l’Eglise grecque le commémorait au dimanche après Noël.

 

 

Trophimos d’Arles

1er ou 3e siècle

 

Les Actes des Apôtres mentionnent un Trophime, originaire d’Asie (Ac 20:4), plus précisément d’Ephèse (Ac 21:29) ; en 2Tm 4:20, Trophime (si c’est le même) est malade à Milet.

Une tradition affirme que Trophime fut ordonné évêque par s.Paul, qui l’envoya évangéliser Arles et sa région.

D’après s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre), Trophime était l’un des sept évêques envoyés en Gaule en 250 par le pape s.Fabianus (v. 20 janv.). On a objecté à cette assertion qu’à cette date, le siège d’Arles était occupé par un certain Marcianus, d’ailleurs hérétique : Trophime a pu être évêque peu auparavant, mais surtout on pourrait avancer qu’il fut le légitime évêque d’Arles, contre Marcianus - qui justement n’est pas recensé dans la liste épiscopale d’Arles.

On ne signale pas d’évêque avant Trophime : il est bien le premier évêque d’Arles.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Trophime d’Arles au 29 décembre.

 

 

Libosus de Vaga

† 258

 

Libosus était évêque de Vaga (Afrique Proconsulaire, auj. Beja, Tunisie N).

En 254, il était co-signataire, avec s.Cyprien (v. 14 septembre), d’une lettre aux Eglises d’Espagne, pour condamner les positions de deux évêques.

En 256, lors du concile de Carthage, il s’illustra par la déclaration suivante, qui est une perle :

Dans l’évangile, le Seigneur a dit : Je suis la Vérité. Il n’a pas dit : Je suis la coutume. Aussi, quand la vérité est devenue manifeste, il faut que la coutume cède à la vérité, et si naguère dans l’Eglise on ne baptisait pas les hérétiques, maintenant il faut qu’on commence à les baptiser. Le raisonnement est parfait.

En 258, Libosus fut martyrisé, avec d’autres évêques et, peut-être avec quelques autres dont voici les noms : Domicius, Victor, Primianus, Saturninus, Crescens, Secundus, Honoratus, par ailleurs totalement inconnus.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Libosus de Vaga au 29 décembre.

 

 

Martinianus de Milan

† 435

 

Martinianus devint, en 423, le dix-septième évêque de Milan (si l’on tient compte de l’éventuel épiscopat de s.Barnabé, v. 11 juin).

S.Ennodius de Pavie (v. 17 juillet) écrivit de lui qu’il fut élu à l’unanimité des suffrages et qu’il joignait la prudence du serpent à la simplicité et à la pureté de la colombe (cf. Mt 10:16). Lors de son élection, il aurait humblement protesté et proposé de choisir un autre candidat.

Martinianus semble avoir été l’objet d’une controverse concernant la théologie de s.Cyrille d’Alexandrie (v. 27 juin).

Il fit construire deux églises.

L’épiscopat de Martinianus dura une douzaine d’années. Il s’éteignit vers 435.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Martinianus de Milan au 29 décembre.

 

 

Markellos de Gomon

† 480

 

Markellos naquit en Apamée (Syrie, auj. Qal`at al-Madhīq). Il avait un frère.

Il fit des études qui le portèrent à Antioche, Ephèse, Constantinople.

A Ephèse, il faisait de la calligraphie, pour gagner quelques oboles ; à Constantinople, il se rapprocha d’un certain moine nommé Alexandre, qui dirigeait une communauté de moines acémètes, c’est-à-dire des moines organisés de telle façon qu’en se relayant à l’église, ils n’interrompaient jamais la louange divine. Littéralement, acémète signifie «qui ne dort pas».

Puis Alexandre dut se transporter de Constantinople à Gomon, sur la rive orientale du Bosphore. Markellos faillit lui succéder, mais se cacha pour laisser élire Ioannis. Ce dernier fut ordonné prêtre, et fit ordonner diacre Markellos, lequel fut obligé, à la mort de Ioannis, d’accepter d’être higoumène.

Il hérita alors de son frère : il reversa toute cette fortune à d’autres monastères, ne conservant absolument rien pour le sien propre.

En 448, au concile de Chalcédoine qui condamnait Eutychès, Markellos signa en tout dernier lieu : Markellos, le moindre des prêtres et des archimandrites.

En 465, on attribua à ses prières l’arrêt d’un incendie qui ravageait Constantinople.

Markellos développa beaucoup le domaine des études dans son monastère. On s’y rendait de loin en quête de renseignements.

Il mourut vers 480, après plus de quarante ans passés à la tête des Acémètes.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Markellos de Gomon au 29 décembre.

 

 

Evroul d’Ouche

516-596

 

Evroul (Ebrulfus) serait né vers 516 à Bayeux.

Il fut formé à la cour du roi de Francie et se maria.

Cependant, entendant l’appel du Christ qui invite à tout laisser (cf. Lc 12:33 et 14:26,33), il confia sa chère épouse à des religieuses et vint se cacher dans les bois d’Ouche (Haute Normandie, act. Argentan, Orne).

Il y venait avec trois compagnons, confiant à Dieu leur survie, dans cette forêt si ingrate. La vie de ces solitaires touchait les gens de l’endroit, qui apportèrent des dons, et souvent restèrent.

Ils étaient quatre : il fallut bâtir quinze monastères ! Il y eut des monastères d’hommes et des monastères de femmes. Une peste abattit soixante-dix-huit d’entre eux.

Evroul ne fut pas ordonné prêtre, mais il resta le supérieur de toutes ces communautés.

La nuit, Evroul faisait venir discrètement son secrétaire, qui lui lisait l’Ecriture ; le dimanche, des prêtres célébraient devant lui trois messes ; trois fois l’an, il se faisait raser la tête.

Il y eut un accueil particulier réservé aux pauvres. Des malades demandaient à toucher (ou emporter) la corde d’Evroul, et s’en trouvèrent guéris.

Devenu octogénaire, il désirait voir son Maître. Il ne pouvait plus absorber qu’un peu d’eau. Pendant quarante jours, sa seule nourriture fut l’Eucharistie.

Evroul s’éteignit le 29 décembre vers 596.

On ne nous dit pas ce que sont devenus ces quinze monastères, mais des paroisses ont «Saint Evroult» comme patron.

Saint Evroul d’Ouche est commémoré le 29 décembre dans le Martyrologe Romain.

Gerardo Cagnoli

1267-1342

 

Gerardo vit le jour vers 1267 à Valenza Po (Lombardie, Italie N), d’une famille chrétienne et aisée.

Il fut orphelin de père à dix ans, et dut ensuite s’occuper assidûment de sa chère maman, frappée d’une grave tuberculose pulmonaire qui l’immobilisait totalement. 

Sans se décourager, Gerardo s’occupa responsablement de la maison, de sa mère, et commença une vie d’ermite chez lui, dans la prière, l’abnégation, le silence avec Dieu.

La maladie de la maman la tortura pendant treize années, au terme de laquelle elle rendit son dernier soupir dans les bras de son garçon bien-aimé.

Ce qu’il possédait, il le donna aux pauvres et entreprit un long pèlerinage à travers l’Italie, jusqu’aux rivages de la Sicile.

Il fut d’abord à Rome quelques années, puis rejoignit Naples et atteignit la Sicile. Ce fut d’abord près de Trapani (pendant quatre ans), puis de Catane.

Il y eut ensuite comme une fracture dans la vie de Gerardo. Il entendit parler de la sainte vie de Louis d’Anjou (v. 19 août) et, pour en imiter les saintes vertus, songea qu’il n’avait rien de mieux à faire que d’entrer dans un couvent franciscain. Il se présenta à Randazzo. Après la vie solitaire, cette vie de communauté, dans l’obéissance à un supérieur, devait coûter beaucoup à Gerardo, qui cependant voulait vraiment acquérir le sainteté. S’il en souffrit, il ne le laissa pas transparaître. Il était heureux.

Comme tous les nouveaux profès, il eut la charge de l’accueil et de la quête dans les rues, et se trouva ainsi en continuel contact avec les gens. Mais il pouvait jouir quotidiennement de l’Eucharistie, devant laquelle il restait des heures en méditation, la nuit. Son amour pour Jésus-Christ allait en même temps pour la Mère de Jésus, qui le favorisa d’apparitions, et bien sûr pour Louis d’Anjou.

Dieu lui donna en retour le don des miracles. C’est à Randazzo, alors qu’il n’était que novice, qu’il accomplit son premier geste miraculeux : «victime» d’une extase dans l’église, il en avait oublié de préparer le repas de la communauté ; le père gardien vint doucement le rappeler à la réalité et Gerardo courut à la cuisine… où le repas avait été préparé par «quelqu’un» : son ange gardien.

Puis on l’envoya au couvent de Palermo, où il resta pendant trente-cinq ans ; là encore, il excella à se faire petit, à servir les autres, à rechercher les plus vieux habits ; tout cela sans renoncer aux habituelles mortifications qu’il connaissait déjà dans son ermitage : cilice, jeûnes, abstinence rigoureuse de viande.

Les miracles se multiplièrent : Gerardo eut un charisme particulier pour guérir des maladies de toutes sortes, des fièvres malignes, des blessures, des maux incurables… 

Gerardo mourut le 29 décermbre 1342. Bien entendu, les miracles continuèrent de plus belle. On «béatifia» le bon Frère par la voix populaire, suivie de l’autorité ecclésiastique qui en confirma le culte en 1908.

 

 

William Howard

1614-1680

 

William était né le 30 novembre 1614 à Strand (Londres, Angleterre).

Petit-fils de Philipp Howard (v. 19 octobre), fils de Thomas Howard et oncle du cardinal Thomas Philipp Howard, il grandit dans le Catholicisme.

Lors du sacre de Charles Ier en 1626, il fut fait chevalier de Bath et, en 1637, épousa Mary Stafford, devenant ainsi vicomte Stafford en 1640.

En 1642, on le trouve aux Pays-Bas, au service de la famille royale, et de ses parents. Il fut aussi chargé de missions en Flandre et en Suisse par l’empereur Ferdinand.

Après la mort de son père en 1646, des querelles d’héritage divisèrent la famille et causèrent beaucoup d’ennuis à William, pendant plusieurs années. Dans l’impossibilité d’entrer dans les détails, on sait qu’il fut même arrêté dans le cadre de ces affaires pénibles, à Heidelberg en 1653, à Utrecht en 1656. Les procès durèrent jusqu’en 1660, lorsqu’à la Restauration il put récupérer ses droits et vivre en paix avec sa grande famille.

C’est en 1675 que son neveu Thomas Philipp fut créé cardinal.

En 1678, les partisans du complot de Oates mirent William sur leur liste de lords catholiques proscrits. Il fut arrêté et jeté à la Tower de Londres le 25 octobre, où il resta plus d’une année.

Dans la prison, il eut pour compagnon le père bénédictin James Maurus Corke, qui écrivit que ce vieillard était toujours prêt à rendre service, très charitable, très pieux, habitué à la sobriété, incapable de proférer une parole méchante, amant de la justice.

Le procès dura une semaine et s’acheva par la condamnation à mort votée par cinquante-cinq voix pour et trente-et-une contre ; on a dit que parmi les voix pour se trouvaient tous les parents de William.

William Howard mourut en martyr à Londres, le 29 décembre 1680.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Cho Chŭng-i Barbara

(Jo Jeung-i Bareubara)

1781-1839

 

Née en 1781 à Ichŏn (Gyŏngi-do, Corée), Barbara était de famille noble. Elle était cousine de Chŏng Ha-sang Paulus, le fameux héros de l’introduction des missionnaires en Corée (v. 22 septembre).

A seize ans, elle épousa Nam I-gwan Sebastianus (sans doute un Chrétien, puisqu’il porte un prénom chrétien), et mit au monde un garçon qui mourut peu après la naissance.

Plusieurs de ses proches moururent dans la persécution de 1801 et son mari fut exilé. Refugiée chez son frère, elle y fut vraiment malheureuse.

Vers l’âge de trente ans, elle vint à Seoul, où elle put vivre en paix chez une famille de Chrétiens et enfin pratiquer plus librement la religion.

Elle aida activement son cousin Paulus pour son voyage en Chine.

En 1832, son mari revint de l’exil et elle put aider davantage les prêtres chinois. Après le départ du père Yu, Barbara acheta une petite maison, où elle put accueillir Mgr Imbert et les pères Maubant et Chastan, futurs martyrs (v. 21 septembre). Les fidè!es y vinrent pour recevoir les Sacrements et participer à l’Eucharistie. Elle disait souvent : Si une persécution arrive, nous devons nous y préparer par la mortification pour glorifier Dieu et sauver nos âmes.

C’est en juillet 1839 qu’elle fut arrêtée. Interrogée pour révéler la cachette de son mari, invitée à renier sa foi, elle déclara fermement : Même si je dois mourir mille fois, je ne peux pas commettre un tel péché.

Les tortures s’abattirent sur cette femme courageuse. Elle eut les jambes tordues, elle reçut cent quatre-vingts coups de cudgel, cette plaque de bois d’un demi-centimètre d’épaisseur, avec un long manche, qu’on abattait sur le postérieur des victimes jusqu’à en faire gicler les chairs et le sang ; derechef devant la Haute-Cour.

On retrouva son mari, qui subit à son tour les tortures. Tous deux restèrent fidèles et inébranlables.

Barbara, oubliant ses souffrances, restait douce avec les autres prisonniers, les encourageait, les consolait. Après leur avoir dit au-revoir, elle s’endormit, jusqu’à ce qu’on vînt la chercher.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Han Yŏng-i Magdalena

(Han Yeong-i Magdalena)

1783-1839

 

Magdalena était née en 1783 à Seoul.

Jeune encore, elle épousa Kwŏn Chin, un fonctionnaire gouvernemental lettré, de famille noble. S’étant fait catholique, il poussa son épouse à embrasser aussi le christianisme. Il fut baptisé sur son lit de mort, et demanda à son épouse de toujours vivre désormais en femme catholique.

Une fois devenue veuve, Magdalena mena une vie très pauvre, mais très pieuse en même temps, sans jamais se plaindre, remerciant Dieu au contraire pour sa vie de pauvreté.

Elle avait eu une fille, Kwŏn Chin-i Agatha, qui vint avec son amie Yi Agatha, vivre chez sa mère. C’était un trio de saintes femmes, tout adonnées aux actes de piété, de bonté, et de mortification.

Un apostat parla : Magdalena fut «dénoncée» et arrêtée le 17 juillet 1839, avec les deux jeunes filles. Tandis que Magdalena était conduite en prison, Agatha était retenue avec deux autres femmes dans une maison voisine, gardée par des policiers. Le traître lui-même vint faire à Agatha des propositions malhonnêtes, auxquelles elle ne prêta pas même l’oreille. La police, touchée par la jeunesse et la beauté de cette fille, vint la délivrer. Les policiers complices du traître furent punis.

Agatha et les deux autres femmes furent de nouveau arrêtées un peu plus tard. Elles devaient subir le martyre le 31 janvier 1840.

Quant à Magdalena, cette vaillante veuve subit des tortures intolérables, qu’elle supporta cependant avec tout le courage que lui donnait sa foi inébranlable. Frappée, tordue, elle restait calme et paisible, dans l’attente du jour de son martyre final.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Ch’oe Ch’ang-hŭb Petrus

Choe Chang-heub Peteuro)

1786-1839

 

Petrus était né vers 1786 à Seoul (Corée), fils d’un officier du gouvernement. Un de ses frères, Ch’oe Ioannes, reçut le martyre en 1801.

Il avait treize ans quand mourut son père, et alors il eut l’occasion de connaître la doctrine catholique.

En 1801, la persécution lui fit perdre, outre son frère, tous ses biens de famille. Il épousa Son So-byŏk Magdalena, qui mit au monde onze enfants ; deux de ceux-là seulement vécurent, dont Ch’oe Yŏng-i Barbara.

Mais comme il ne vivait pas en milieu catholique, il ne pratiqua pas le catholicisme jusqu’en 1815 : alors, il se rapprocha d’une communauté catholique et approfondit la religion. Lors d’une épidémie de choléra, en 1821, il reçut enfin le Baptême.

Dès lors, il observa consciencieusement la religion, pratiqua avec régularité, soutint les missionnaires et l’Eglise de toutes ses forces, jugeant que pour tous les péchés qu’il avait commis dans sa jeunesse, il devait mourir pour Dieu, en expiation et pour sauver son âme.

En juin 1839, il fut arrêté, et interrogé. Quelques questions et réponses :

Tu crois en cette fausse religion ?

Je crois en la religion catholique. Il n’y a pas d’erreur dans ce que l’Eglise enseigne.

Renonce à Dieu.

Impossible.

On le tortura sept fois. Son corps fut littéralement brisé sous les coups, mais il resta inflexible dans sa foi, et refusa de donner des indications sur les autres Catholiques.

Juste avant d’être porté au lieu de l’exécution, il fit dire à sa femme et à sa fille, qui étaient aussi en prison, qu’elles ne devaient pas être tristes, mais qu’elles devaient rendre grâces à Dieu et se préparer à le suivre dans le martyre.

Effectivement Magdalena subit le martyre le 31 janvier suivant, et Barbara le 1er février.

Petrus, lui, fut décapité parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Ko Sun-i Barbara

(Go Sun-i Bareubara)

1794-1839

 

Barbara était la fille d’un Martyr de 1801, Ko Kwang-sŏng, et épouse de Pak Chong-wŏn Augustinus, qui allait être martyrisé un mois après elle (v. 31 janvier).

Née en 1794 (ou peut-être en 1798), elle s’était mariée à dix-huit ans, et eut trois enfants.

Toute la famille grandissait dans une foi profonde. Bareubara épaulait son mari dans ses œuvres, elle faisait le catéchisme aux illettrés, ravivait la foi des faibles, visitait les malades. Elle était heureuse de voir revenir les missionnaires, pour recevoir les Sacrements.

Quand son mari fut arrêté, le 26 octobre 1839, elle pensa se livrer elle-même, pour partager les souffrances de son mari, mais elle fut elle-même arrêtée dès le lendemain, 27 octobre. Elle remercia le Bon Dieu pour cette grâce spéciale. En prison, ils s’encouragèrent mutuellement.

Interrogés, tous deux refusèrent de renier leur foi, tous deux subirent les tortures. La pauvre Bareubara ne pouvait plus bouger les bras, mais ne perdit jamais son courage.

Vingt jours après, elle fut à nouveau battue, avec son mari. Sa chair volait en lambeaux. Mais son désir de mourir pour Dieu était plus fort. Elle révéla à ses camarades de prison : D’habitude, les tortures m’effraient, mais maintenant le Saint-Esprit m’a accordé une bénédiction particulière, de sorte que la pécheresse que je suis n’a plus peur des tortures. Je suis tellement heureuse ! Je ne savais pas qu’il était si facile de mourir !

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

 

Hyŏn Kyŏng-nyŏn Benedicta

(Hyeon Gyeong-nyeon Benedikta)

1794-1839

 

Cette pieuse veuve était la fille d’un Martyr, Hyŏng Kye-hŭm, et belle-fille d’un autre Martyr, Ch’oe Ch’ang-hyŏn, morts dans la persécution de 1801. Un de ses frères, aussi, Hyŏn Sŏng-mun Carolus, mourra martyr en 1846.

Née en 1794 à Seoul, elle s’était mariée en 1811, mais resta veuve et sans enfants dès 1814, de sorte qu’elle retourna chez sa mère, occupée à coudre et à prier en paix.

Sa piété était vraiment édifiante. Le peu qu’elle gagnait par la couture, elle le donnait ; elle enseignait le catéchisme oralement à ceux qui ne savaient pas lire ; elle encourageait les esprits tièdes, consolait les affligés, assistait les malades, baptisait les petits enfants en danger de mort. Quand les missionnaires passaient, elle recevait chez elles ceux qui voulaient recevoir les Sacrements.

C’était vraiment une «Religieuse», toute consacrée à Dieu.

Lors de la persécution en 1839, elle fut arrêtée, en juin ou en juillet. Dès que les officiers apprirent qu’elle était la sœur de Carolus, ils la maltraitèrent d’autant plus rigoureusement, car Carolus jouait un rôle très important parmi les Catholiques, et l’on voulait savoir où il pouvait bien se cacher.

Benedicta fut interrogée par sept fois. Le mot «interroger» sous-entend d’horribles tortures, de violents coups de bâtons sur tout le corps. On renouvela ces tortures à la Haute-Cour : Benedikta était si blessée qu’elle ne pouvait presque plus bouger les jambes ; ses blessures étaient si profondes, qu’il en sortait sans arrêt du sang et du pus. De plus, elle attrappa le choléra dans la prison insalubre.

Elle put faire parvenir une lettre à son frère, qui fut connue mais qu’on a malheureusement perdue.

Peu avant son exécution, elle s’endormit d’un sommeil profond, avant d’être portée, toute joyeuse, au lieu de sa mort.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Chŏng Chŏng-hye Elisabeth

(Jeong Jeong-Hye Ellisabes)

1796-1839

 

Elisabeth naquit en 1796 à Seoul (Corée S).

Elle avait de qui tenir : ses deux parents devaient mourir martyrs, ainsi que son frère. En effet, son papa, Chŏng Augustinus fut martyrisé en 1801, quand elle n’avait que cinq ans ; la maman, elle, Yu So-sa Cæcilia, allait être martyrisée le 23 novembre 1839, un mois avant Elisabeth, tandis que son frère, Chŏng Ha-sang Paulus, avait reçu cette grâce le 22 septembre 1839.

Lors de l’arrestation d’Augustinus, Cæcilia et ses trois enfants furent pris eux aussi. Le gouvernement relâcha la maman et les enfants, mais leur confisqua leurs biens, de sorte qu’ils durent vivre chez des parents non-baptisés à Seoul.

La cohabitation n’était pas pacifique. La petite fille, en particulier, ne mangeait pas à sa faim et avait froid. Elle se mit à coudre et à broder, et put gagner un peu d’argent pour aider sa mère et son frère Paulus.

Elle était si douce, si pure, que peu à peu le cœur des parents s’adoucit.

Elisabeth elle-même ne regarda jamais un homme en face. Elle fit très tôt le vœu de virginité.

Vers trente ans, et jusque vers trente-cinq ans, elle fut très fortement tentée. Pour combattre, elle usa des moyens traditionnels dont on parle dans la vie des Saints : la prière, le jeûne, les flagellations.

Elle eut une joie particulièrement manifeste lors de la venue de Mgr Imbert et des deux prêtres français qui l’accompagnaient (v. 21 septembre). Beaucoup de gens vinrent chez elle pour rencontrer le prélat et les prêtres.

Elisabeth fit le catéchisme aux catéchumènes, l’aumône aux pauvres. Mgr Imbert la remarqua avec admiration.

Quand il dut partir, Elisabeth, avec sa mère et son frère Paulus, s’employèrent à consoler les Catholiques attristés, continuant à aider les pauvres et surtout les prisonniers, avec des vêtements et de la nourriture. Ils se préparaient en famille pour l’heure du martyre.

Elisabeth fut arrêtée le 19 juillet 1839, avec sa mère et son frère.

On l’interrogea :

Où est ton mari ?

Je n’ai jamais été mariée.

Et pourquoi ?

Qui voudrait d’une pauvre femme comme moi ?

Ayant refusé, bien sûr, de renier sa foi, elle fut torturée durement : elle reçut, en sept fois, deux-cent trente coups de club : quatre bourreaux tenaient chacun un bâton (club) cylindrique d’une dizaine de centimètres de diamètre, et frappaient alternativement sur tout le corps de leur victime.

Entre les séances de torture, elle ne cessait jamais de prier, de méditer, de consoler les autres, de les encourager. Elle demanda que l’argent de l’Eglise fût versé à la prison pour acheter des vêtements et des vivres pour les prisonniers. Elle était prête à souffrir toutes les tortures possibles, par amour de Dieu et de la Sainte Vierge, et répétait qu’elle pouvait ainsi comprendre ce que Notre-Seigneur avait souffert.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Yi Yŏng-dŏk Magdalena

(Yi Yeong-deok Magdallena)

1812-1839

 

Magdalena était née en 1812, dans une famille noble, mais très pauvre. La grand-mère l’instruisit dans le Christianisme, qu’elle professa avec sa mère, Cho Barbara, et sa sœur, Yi Maria. Mais l’harmonie familiale n’était pas totale, car le père non seulement n’était pas baptisé, mais demeurait obstinément opposé à la religion, tout en supportant la dévotion de son épouse.

Il arriva donc qu’on voulut arranger un beau mariage pour Magdalena, quand elle eut vingt ans. Le prétendant n’était pas baptisé : Magdalena simula une maladie et refusa. Mais le père ne s’y trompa pas : il la maltraita. Magdalena alla jusqu’à écrire avec son sang une lettre à son père, qui refusa de se rendre.

Ce combat dura sept années. A vingt-sept ans, la pauvre Magdalena demanda à Mgr Imbert (v. 21 septembre) la «permission» de quitter le toit de sa famille, mais l’évêque jugea opportun de le lui déconseiller, pour d’autres motifs valables de prudence et de charité. Mais après plusieurs mois de cette vie de plus en plus intenable, la demoiselle s’échappa et rejoignit, avec sa mère et sa sœur, une autre famille catholique. Là, l’évêque se montra contrarié et réitéra son conseil précédent : mais comment revenir dans cette maison, où le père se déchaînait, non seulement contre sa fille, mais contre son épouse et finalement toujours contre l’Eglise et contre Dieu ? L’évêque voyait autrement, mais laissa les catéchistes décider de la situation : Magdalena eut la possibilité de demeurer à Seoul, et de vivre pieusement selon ses désirs, dans la prière et les bonnes œuvres, bien consciente que sa destinée pouvait bien être le martyre.

On l’arrêta en effet, ainsi que sa mère ; on les jeta en prison, on les tortura. Magdalena souffrit la faim, la soif, les pénibles conditions d’une prison malsaine : elle vit sa mère toute fiévreuse mourir sous ses yeux (ce n’est donc certainement pas la Martyre du même nom qui mourut le même jour que Magdalena).

Battue de façon répétée, elle ne céda pas dans sa profession de foi.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

Sa sœur Yi Maria fut martyrisée à son tour un mois plus tard, le 31 janvier 1840.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

Juan Bautista Ferreres Boluda

1861-1936

 

Né le 27 novembre 1861, à L’Ollería (Valencia, Espagne), de parents chrétiens cultivateurs, Juan Bautista fut baptisé dès le lendemain.

Jusqu’à ses seize ans, il travailla avec ses parents dans leur ferme. Mais lors d’une sorte de «concours» local, un des membres du jury remarqua ses dons intellectuels peu communs et suggéra aux parents de le pousser vers les études. L’adolescent choisit alors de fréquenter le séminaire diocésain.

Dès 1877 donc, il fut au séminaire de Villanueva, où il prenait toujours les premières places.

Ordonné prêtre en 1887, il entra alors dans la Compagnie de Jésus et commença le noviciat en 1888 à Veruela (Saragosse).

L’étude de la philosophie et de la théologie lui était déjà familière, de sorte qu’il fit en même temps des études universitaires, et fut reçu à la licence de Philosophie et Lettres, avec mention.

De 1894 à 1899 il enseigna la théologie morale et le Droit canonique à Saragosse, Orihuela, Manresa, et Tortosa où il fit la profession solennelle, le 15 août 1900.

Il enseignera finalement à Sarriá pendant plus de trente ans.

Le souvenir qu’il laissa fut unanime : excellent religieux, très pieux, sérieux et moral, ennemi des critiques et des médisances, pauvre, fidèle à la prière et à l’examen particulier quotidien, travailleur patient. Il n’aimait pas les éloges et dit un jour : Bah ! la gloire humaine ne sert à rien, seulement la gloire de Dieu.

Ses élèves l’apprécièrent aussi pour la clarté de son enseignement, sa douceur, sa compétence, ses conseils qui suscitèrent des vocations. On le consultait aussi pour des questions graves concernant l’Ordre jésuite et l’Eglise universelle. 

Comme on l’a déjà dit, la Compagnie de Jésus fut dissoute par le gouvernement en 1932. Le père Ferreres aurait dû partir à l’étranger avec ses élèves, mais son diabète et son âge persuadèrent les Supérieurs de le laisser en Espagne, dans l’espoir de quelque éclaircie politique. La plupart des Religieux qui restèrent en Espagne, se vêtirent dès lors en paysans et cherchèrent comment vivre de leur travail.

Le père Ferreres s’en fut à Barcelone, où il s’occupa de la réimpression de ses ouvrages, tout en exerçant très discrètement le ministère sacerdotal quand on le lui demandait.

Lors de la persécution de 1936, après l’assassinat du supérieur local, il se réfugia chez une famille amie, qui fut plusieurs fois victime de fouilles et où le père Ferreres attendait tranquillement l’heure du martyre.

Arrêté le 9 août, il fut accusé d’avoir tiré les coups qui étaient partis d’une fenêtre voisine. Remis en liberté, il se réfugia alors dans une cave chez un ancien élève. 

Les Supérieurs jugèrent opportun de le faire accompagner dans son pays natal et lui procurèrent un sauf-conduit, qui lui permit de rejoindre son frère José María à L’Ollería, avec tout son déménagement, qui consistait en un crucifix et un chapelet.

Les miliciens eurent immédiatement vent de son arrivée et le surveillèrent. Le 19 août, on l’emmena au Comité pour l’interroger. Le lendemain, on vint brûler chez son frère les diverses publications et livres que le père Ferreres lui avait offerts.

A la fin du mois, il fut convoqué par le Gouverneur Civil de Valencia, motif pour lequel une voiture vint le chercher, mais le Gouverneur ne le reçut jamais. On laissa le pauvre Père, qui avait soixante-quinze ans, dans la prison de San Miguel de los Reyes, où il resta pendant quatre mois.

Le père Ferreres subit là beaucoup de mauvais traitements et mourut le 29 décembre 1936.

Comme son saint Patron, il diminua pour laisser grandir le Christ (cf.Jn 3:30) et mourut quatre jours après Noël.

Le père Juan Bautista fut béatifié en 2001.

 

 

José Aparicio Sanz

1893-1936

 

José Aparicio naquit le 12 mars 1893 à Enguera et fut baptisé le jour suivant. 

Son père était Manuel Aparicio Sanz et sa mère Leonora Sanz Sanz. 

Dans cette famille profondément chrétienne, le petit garçon montra très tôt des signes très particuliers de profonde dévotion et de vocation sacerdotale. 

Après avoir fréquenté l’école des Sœurs Mercédaires d’Enguera, il prépara le baccalauréat aux Ecoles Pies de Valencia. Dans la même ville il entra au Collège des Vocations Ecclésiastiques de Saint Joseph ; c'était une maison fondée fin XIXe, par un saint prêtre, Manuel Domingo y Sol (v. 25 janvier).

Successivement il passa au Séminaire de Valencia, qui avait le rang d'Université Pontificale, où il fut un séminariste modèle, tant pour son travail que pour ses vertus. 

Ordonné prêtre en 1916, il fut vicaire à Benalí, où il s'employa à faire reconstruire l'église ; pour le récompenser, l'évêque lui proposa de demander ce qu'il voulait, à quoi il répondit : Monseigneur, vous ne m'avez pas ordonné pour demander, mais pour obéir. A sa mère et sa sœur qui lui suggéraient qu'il aurait pu demander quelque chose de plus, il rétorqua : Mais, maman, le mieux est d'accomplir la volonté de Dieu, qui se manifeste à travers la personne de l'Evêque. Car ceux qui demandent ne sont jamais contents

Sa prédilection allait aux enfants, à l'enseignement du catéchisme et à l'Eucharistie.

Son deuxième poste, en 1917, fut comme coadjuteur à Santa María de Oliva : dans cette paroisse plus importante que la précédente, il put donner libre cours à toute sa sollicitude dans tous les domaines de la pastorale. Il travailla surtout à l'organisation de l'apostolat parmi les jeunes, à la formation de la chorale paroissiale, à la catéchisation des petits enfants et suscita la dévotion des Jeudis eucharistiques. Déjà on l'appelait "le petit Saint" (El Santet'), comme on le nomme encore aujourd'hui quand on parle de lui.

Il montrait une ardeur impressionnante à s'occuper de la catéchèse, à l'apostolat de l'enfance. Sa ferveur eucharistique édifiait : il passait des heures devant le Saint Sacrement et s'efforçait d'inculquer le respect et la dévotion envers l'Eucharistie. Il visitait beaucoup les malades, préoccupé du salut de leurs âmes et aussi de ce dont ils pouvaient avoir besoin matériellement. Lors de l'épidémie de grippe de 1918, il ne ménagea pas sa peine pour soulager les malades, jour et nuit.

En 1920, il fut vicaire à Benifallim, où il développa la dévotion à l'Eucharistie et au Sacré-Cœur. En 1921, il passa à Luchente. De cette époque datent ses lettres de directeur spirituel et d'auteur mystique, avec ce qu'il appela : "La Sentinelle de mon Sanctuaire". Cette localité, déjà sanctifiée par le prodige du Corporal de Daroca, devint grâce à lui un centre d’où rayonnait l'Eucharistie et qui attirait les foules. Son travail acharné commença à porter des fruits en juillet 1925, quand affluèrent d'innombrables drapeaux de sections adoratrices ; il y eut ensuite les retraites, les exercices spirituels de 1927 et 1928, et surtout la première célébration anniversaire du Corporal, en la fête de saint Matthias de 1928 (qui se célébrait alors le 24 février).

Le 24 février 1929 commença en effet une retraite dans l'église du Corpus Christi, sur la "montagne sainte" de Luchente, début d'une série de rendez-vous annuels de l'Archidiocèse. L'église en question, jusque là abandonnée et isolée, échappa à la ruine totale grâce au zèle du jeune curé. Ses conférences et ses articles périodiques remuèrent la sensibilité de la société valencienne pour récupérer cet important monument eucharistique de l'archidiocèse de Valence et le ramener à son ancienne splendeur.

En 1930, à trente-sept ans, il fut nommé archiprêtre de son pays natal, Enguera. Rien n'échappait au zèle de ce jeune apôtre.

Il instruisait les enfants tous les jours ; au moment de leur Première Communion, il débordait d'enthousiasme ; les premiers vendredis du mois, il s'efforçait de faire participer les enfants, en leur donnant de petits missels et des images pieuses pour les stimuler ; il organisait aussi pour eux des séances de cinéma, des jeux, etc. 

De lui on conserve une grande quantité de notes personnelles, de lettres de direction spirituelle, d'écrits mystiques et ascétiques, de réflexions et d'intentions, qui constituent une réelle œuvre mystique et ont servi pour définir les traits et la silhouette morale de don José Aparicio.

Unanimes sont les témoignages de ceux qui l'ont connu enfant, séminariste, adulte et prêtre ; sans cesse reviennent les mots : esprit de mortification, modestie, affabilité, bonne éducation, humilité, prudence.

Sa dévotion à la Sainte Vierge le poussa, à vingt ans, à La choisir comme sa "fiancée", ce qui rappelle cet épisode charmant où le jeune saint Jean Eudes (1601-1680, v. 19 août), à quinze ans, passa un anneau au doigt d'une statue de Notre-Dame, en signe de "fiançailles" avec Elle.

Il y avait eu déjà quelques incidents minimes en 1934, mais en juillet 1936 l'on commença à fermer, détruire et incendier les églises et les chapelles publiques. L'église de José Aparicio Sanz fut saccagée et en partie mutilée par la destruction du chœur, convertie en marché, tandis que celle du couvent des Carmélites fut transformée en garage. On détruisit complètement les autels ; les saintes images et les statues furent jetées sur la place publique et incendiées. Le presbytère fut occupé, abandonné et tomba en ruine. La population fut prise de panique, mais aussi parfois de lâcheté, évitant d'intervenir pour défendre leurs prêtres. On continua quand même à célébrer en secret.

Don José passa cette ultime période de sa vie dans une grande sérénité, malgré la totale incertitude qu'il nourrissait pour le lendemain. Tranquillement, il s'occupait à cacher tous les objets du culte, en toute discrétion, mais sans jamais perdre la paix. Les derniers mois, il retirait chaque soir le Saint Sacrement de l'église et le conservait dans son presbytère pour Le protéger. A qui lui parlait de la mort, il répondait : Pour être des martyrs, il n'y a qu'à accepter la mort sans nous défendre, comme venant de la volonté de Dieu.

A partir du 18 juillet, on lui conseilla de se cacher, ce qu'il refusa. Il aurait pu fuir et se cacher, mais il voulut rester près de ses paroissiens, Chez lui, il portait toujours la soutane, affirmant vouloir être victime de (sa) soutane ; il s'habillait en paysan, par prudence, quand il allait chez des paroissiens. Un jour que les miliciens le perquisitionnaient, il leur présenta le Saint Sacrement qu'il portait et leur demanda de Le respecter : les miliciens ne l'approchèrent pas. On retrouva de lui cette note écrite en marge de la biographie du Père Pro (prêtre mexicain martyr du début du siècle, v. 23 novembre) : Serai-je martyr ? Pourquoi pas ? Serai-je saint ? Ah oui, vraiment je le désire.

Le 2 août, l'église paroissiale fut incendiée. 

Le 11 octobre José Aparicio fut aux arrêts dans une maison de sa famille et gardé par des miliciens. Au moment des adieux il retira sa soutane, donna son chapelet à sa sœur, consomma les Saintes Espèces et avec l'esprit très tranquille se livra aux mains de ceux qui étaient venus le chercher. Certainement, il aurait encore pu demander à fuir, mais il préféra le martyre. 

Les miliciens le conduisirent donc au Comité, avec d'autres prisonniers, d'abord à Chelle, puis jusqu'au séminaire de Valencia. Le 12, tous furent conduits au Gouvernement Civil, puis de là à la prison centrale. En chemin, don José donna enfin l'absolution à un codétenu, après l'avoir convaincu de pardonner à ceux qui les conduisaient à la mort. La sérénité qu'il affichait continuellement durant sa captivité, jusqu'à la mort, se manifeste parfaitement dans cette poésie qu'il rédigea durant cette période : 

 

       Toi qui nous as montré comment mourir,

        Toi qui as été un Maître d'humilité,

        Toi qui as souffert la mort la plus cruelle,

        Seigneur, donne-moi la sérénité.

 

        Sérénité pour souffrir avec calme

        la barbarie de mon martyre ; 

        et que mon âme puisse Te rejoindre

        parfumée de gloire comme un iris.

 

        Que m'importe la douleur et la solitude

        de mon agonie sanglante,

        si de telle manière je m'approche de ton trône,

        si je peux jouir, Seigneur, de ta compagnie ?

 

        Que chaque balle qu'ils feront pénétrer dans mon corps

        me rapproche toujours plus de toi, Seigneur ; 

        que mes blessures soient autant de bouches qui te rendent louange

        avec le feu mystique de mon amour pour toi.

 

        Que mes blessures soient comme des roses rouges,

        les roses de mon amour et de ma souffrance,

        que mes blessures soient comme des roses rouges…

        que mon corps… soit ton rosier, Seigneur.

 

        Merci, mon Dieu, car tu m'as donné

        la gloire, immense pour moi,

        que mon corps, couvert de la boue de mon péché,

        fleurisse pour Toi. (…)    

 

        Par amour pour toi, mon corps inculte s'est trouvé empli

        de ces fleurs parfumées et odorantes,

        car Toi seul sais, Seigneur, que depuis longtemps

        je souffrais de ne pas assez t'aimer. (…)

 

        J'entends une voix qui me dit : "Marche jusqu'à la fin de ta journée ; 

        marche jusqu'à la mort ; la mort, c'est la vie.

        ton âme sera rachetée

        par ma passion, par la passion de ton amour".

 

        Bien que ce soit juste pour cette fois-ci, pour la dernière fois,

        je Te dis que je Te rends grâces, mon grand Seigneur,

        car Tu me donnes la mort par amour pour moi,

        pour moi, pour ma Paroisse et pour Enguera.

 

Peu de jours après son incarcération, Don José Aparicio tomba malade. Il empira jusqu'au point de ne presque plus sortir de sa cellule. Parfaitement conscient de sa prochaine mort, il priait, convaincu qu'on allait lui enlever la vie pour avoir été prêtre. A quelqu'un qui lui rendit visite et lui parlait des démarches entreprises pour sa libération, il répondit avec des signes négatifs et montra plutôt sa conviction qu'il allait mourir, toujours avec la même sérénité et la même tranquillité. 

Il exhortait ses compagnons de prison à pardonner leurs ennemis. Comme ils ne voulaient pas pardonner, pensant à leurs enfants qui allaient devenir orphelins, il leur fit voir que cette attitude leur faisait perdre la palme du martyre qu'ils tenaient déjà à portée de main, et qu'ils ne pouvaient pas s'attendre à recevoir l'absolution sacramentelle. Ses paroles finirent par les convaincre tous, et c'est en pardonnant du fond du cœur qu'ils lui demandèrent alors l'absolution : il la leur accorda alors avec grande joie.

Quatre jours avant son exécution, il ne s'alimenta plus que de jus d'orange. Quand on lui annonça qu'il allait sortir de prison, à quatre heures de l'après-midi, ceux qui étaient avec lui pensaient qu'on allait les libérer, parce qu'à cette heure-là on ne conduisait pas les détenus au peloton ; lui, au contraire, demanda l'absolution à un père franciscain qui était avec eux, et avec une certaine insistance, car il était convaincu qu'on allait l'exécuter. Sur le chemin, il réconfortait ses compagnons en leur parlant du Ciel. 

Parvenu à l'endroit de l'exécution, à Paterna, il demanda à savoir qui devait l'exécuter. Quand il le sut, il l'embrassa, lui disant qu'il lui pardonnait, exhortant ses compagnons à lui pardonner aussi. Ses dernières paroles furent : Vive le Christ Roi ! 

On apprit ces détails par le chauffeur qui les conduisit au lieu de l'exécution et qui assista à l'opération ; c'était le 29 décembre 1936 : José Aparicio avait quarante-trois ans.

Don José Aparicio Sanz fut béatifié en 2001.

Aproniano de Felipe González

1898-1936

 

Aproniano vit le jour le 2 février 1898 à Grajal de Campos (León, Espagne).

Entré chez les Capucins, il prit l’habit en 1914 avec le nom de Miguel.

Il fit la profession l’année suivante et fut ordonné prêtre en 1922.

Envoyé à Rome, il fut reçu au doctorat en philosophie.

En 1936 il était Gardien à Montehano, d’où les miliciens expulsèrent les Religieux le 7 août.

En bon père de famille, il se préoccupa de tous les frères, puis chercha refuge dans un village voisin.

Le 29 décembre au soir, tandis qu’il priait le chapelet avec ses hôtes, il fut arrêté par des miliciens, qui l’assassinèrent sur la route de Santoña, en même temps que Jacinto Gutiérrez Terciado.

Il reçut ainsi la palme du martyre à Santoña-Escalante (Cantabria) le 29 décembre 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Enrique Juan Requena

1907-1936

 

Enrique naquit le 2 mars 1907 à Ayelo de Malferit (Valencia, Espagne), de José Ramón Juan Cerdá, et de Ignacia Requena Ortiz ; des quatorze enfants, deux donnèrent le témoignage de leur foi durant la persécution religieuse de 1936.

Enrique fut baptisé deux jours après sa naissance, et confirmé en 1913.

A sept ans, il vit chez lui un prêtre de la parenté qui venait dire au-revoir à la famille avant de partir pour le Brésil ; ses paroles convainquirent tellement le petit garçon qu'il désira ardemment recevoir l'Eucharistie, ce qui arriva effectivement cette année-là.

Dans cette famille très chrétienne, Enrique entendit bientôt l'appel au sacerdoce. Ses jeux étaient les cérémonies liturgiques, où il officiait tandis que ses frères et ses cousins lui tenaient lieu d’assistance.

Un fait surprenant se produisit quand il eut onze ans. Le feu prit dans un four qui appartenait à sa mère, et en quelques instants les flammes gagnèrent le toit, malgré tous les efforts des hommes avec leurs seaux d’eau. Enrique retira de son cou le scapulaire qu’il portait, l’attacha à une pierre, qu’il envoya sur le toit de la maison en feu et en peu de temps l’incendie cessa. Un ouvrier qui travaillait à l’élimination des décombres retrouva le scapulaire rougi par les flammes, mais intact. Cette relique est toujours conservée.

Enrique entra au Collège des Vocations Ecclésiastiques, puis au Séminaire de Valencia, où il fut un modèle de séminariste. Modeste, il écrivait des lettres remplies de sa piété ; sa mère et ses sœurs religieuses avaient les larmes aux yeux de les lire.

Ordonné prêtre fin 1930, il célébra sa première Messe le jour de Noël et, début 1931, fut nommé vicaire à la paroisse de Enguera (Valencia), où était curé José Aparicio Sanz, avec lequel il allait être martyrisé quelques années plus tard. 

Les deux prêtres rivalisaient de zèle et d’ardeur apostolique. Enrique se distingua par son obéissance, son travail intense, sa piété et sa prudence dans la direction des âmes ; il était particulièrement dévot de l’Eucharistie et on le trouvait toujours devant le Tabernacle. Toute la vie paroissiale suscitait son apostolat, mais c’est surtout comme organiste qu’il excella (car ses parents et ses frères étaient d’excellents musiciens d’église), formant toute une génération de collaborateurs pour le chant sacré. Telles furent donc les marches de cet escalier majestueux qui le conduisit en quelques années à la gloire du martyre.

Depuis toujours il désira le martyre, et en parla très souvent à sa mère. Quand il la quitta pour aller prendre possession de son poste de vicaire, celle-ci, pressentant les temps difficiles qui s’annonçaient déjà, lui dit : Mon fils, comme j’aimerais rester près de toi, pour que, s’ils viennent te faire mourir, ils me fassent mourir avec toi. A quoi il répondit : Mais, maman, tu crois qu’on obtient comme cela la grâce du martyre ! Prie pour que je puisse l’obtenir ! Quelle grande grâce de mourir pour le Christ ! 

Un jour qu’il prêtait un livre concernant les martyrs du Mexique, il ajouta : Faites bien attention à ces martyrs ; pour celui qui pourrait être comme l’un d’eux, quelle joie, quelle grâce !

Il entrevoyait bien ce qui allait se passer. Il disait que Dieu recevait beaucoup d’offenses et qu’il purifierait le pays par une persécution religieuse ; il répétait souvent qu’il fallait demander constamment à Dieu la grâce de mourir pour le Christ ; il l’écrivait souvent dans ses lettres à la famille : Quelle grande grâce ce serait pour moi d’être choisi pour être martyr !

Quand la révolution se déchaîna en été 1936, il resta serein, tranquille et courageux. Pendant quelques jours il continua à célébrer la messe dans la chapelle des religieuses ; puis ce ne fut presque plus possible d’y monter, alors il célébra chez lui, très tôt, pour qu’on ne puisse pas l’interrompre. Il ne voulait pas s’habiller en paysan, pour passer inaperçu, quoiqu’il fût dangereux de se montrer en soutane. Un jour que son curé, José Aparicio Sanz, l’avait appelé et qu’il se rendait à son appel, deux miliciens le forcèrent à retourner à la maison ; sur l’appel réitéré du curé, il voulut quand même s’y rendre, bien qu’on le priât avec insistance de ne pas sortir à cause du danger : Il faut obéir, disait-il, à la demande de Monsieur l’Archiprêtre, qui doit se trouver en quelque nécessité. Mais on l’arrêta et on l’empêcha d’entrer là où se trouvait son curé. Il alla alors récupérer les archives pour les mettre en sûreté à la maison. Vu le danger, on les cacha dans un puits, jusqu’à la libération.

Il fut arrêté le même jour que don José Aparicio Sanz, le dimanche 11 octobre 1936. Des petites lettres qu’il envoyait depuis la prison, on pouvait bien comprendre qu’il s’attendait au martyre avec une sainte joie. Il parlait d’entreprendre un voyage, qu’il avait hâte de réaliser, et qui allait lui permettre de revoir Marina et Ramón {ses frère et sœur déjà décédés, ndt}, qui allaient le recevoir avec allégresse.

Très proche l’un de l’autre dans toutes leurs activités pastorales, le curé et son vicaire furent unis en prison et jusqu’au martyre. Ensemble ils furent fusillés à Picadero de Paterna (Valencia), le 29 décembre 1936. Un témoin raconta que Enrique avait les genoux blessés et qu’il devait donc être mort à genoux.

En mourant Enrique pardonna à ses bourreaux et cria encore “Vive le Christ Roi”.

Enrique, avec son curé José, sont inscrits au 29 décembre dans le Martyrologe. Ils ont été béatifiés en 2001.

 

 

Jacinto Gutiérrez Terciado

1909-1936

 

Jacinto naquit le 3 juillet 1909 à Guadilla (Burgos, Espagne), dans une famille de paysans : Casimiro Gutiérrez Valencia et Saturnina Terciado García, qui eurent deux autres fils (Anastasio et Angel). Le papa gardait les troupeaux de brebis.

Jacinto étudia chez les Clarétins à Segovia, songeant déjà au sacerdoce. Qui sait pourquoi, on lui déconseilla la voie missionnaire et sacerdotale, à cause de sa très mauvaise vue…

Il entra dans l’Ordre des Capucins à Basurto en 1929, fit le noviciat et la profession, en 1930, avec le nom de Diego.

Sa destination fut le couvent de Montehano (Cantabria) où il fit la profession solennelle comme Frère.

Il s‘y distingua par son heureux caractère et son dévouement envers les malades.

Sa dévotion préférée était sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (v. 30 septembre). Quand on lui demanda ce qu’il aimerait recevoir, il répondit : La grâce du martyre.

Le 7 août 1936, le couvent fut fait évacuer par les révolutionnaires et le frère Diego se réfugia dans une famille proche, pendant quatre mois, avec le père Miguel (Aproniano).

On dit qu’il aurait eu une possibilité de rejoindre Bilbao, où la situation semblait plus calme, mais qu’il refusa, on ne sait pourquoi.

Le 13 décembre, il se déplaça avec le père Miguel vers Escalante, où il travailla dans les champs et d’où il fit quelques visites furtives au monastère.

Le 29 décembre 1936 au soir, tandis qu’il priait le chapelet avec leurs hôtes, il fut arrêté par des miliciens, qui l’assassinèrent sur la route de Santoña-Escalante, en même temps que le père Miguel. Les gens de cette famille les retrouvèrent le lendemain.

Le Frère Diego fut béatifié en 2013.

 

 

José Perpiña Nácher

1911-1936

 

Né le 22 février 1911 à Sueca (Valencia, Espagne), il fut baptisé le 25 suivant et reçut la Première communion en 1919.

Télégraphiste, il travailla à bord du Buenos Aires.

Diplômé en droit, il devint secrétaire du Syndicat de Police Rurale.

Avocat, il défendit beaucoup les pauvres, souvent sans se faire payer.

Chrétien convaincu, il participa à l’Adoration nocturne du Saint-Sacrement et à l’Action Catholique. En paroisse, il était catéchiste.

En 1935, il épousa Francisca Bosch Pieva, un mariage que la guerre civile allait vite tronquer.

José fut arrêté le 3 septembre 1936, pour son seul délit d’être un bon chrétien.

Il fut fusillé à Picadero de Paterna (Valencia) le 29 décembre 1936 et fut béatifié en 2001.

Il est affirmé que son corps demeure sans corruption.

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28 décembre 2023 4 28 /12 /décembre /2023 00:00

28 DÉCEMBRE

 

I.

SS Innocents (cf. Mt 2:12-18).

?

SS Euticus, prêtre, et Domitien, diacre, en Thrace. 

III.

S Theonas, évêque à Alexandrie, 16e patriarche depuis s.Marc ; il fit bâtir une église en l'honneur de Notre Dame à Alexandrie, où les chrétiens célébraient jusque là dans les demeures privées ; il baptisa Botros, qui lui succéda comme patriarche (et mourut martyr), et il condamna la doctrine de Sabellius.

IV.

SS Domna, jeune fille, et Indès, eunuque, martyrs à Nicomédie.

S Domnion, saint homme romain, correspondant de s.Jérôme.

VI.

S Antonius, hongrois, moine à Lérins.

XIV.

Bse Mattia Nazzarei, abbesse clarisse à Ancône ; ou bénédictine (XIII.?).

XVII.

S François de Sales, évêque à Genève, Docteur de l'Eglise, fondateur de la Visitation, patron des villes de Annecy et Chambéry, des salésiens, des journalistes, fêté le 24 janvier.

XIX.

S Gaspare del Bufalo, prêtre romain fondateur des Missionnaires du Précieux-Sang ; il refusa le serment de fidélité à Napoléon.

Ste Caterina Volpicelli, de Naples, fondatrice des Servantes du Sacré-Cœur, béatifiée en 2001, canonisée en 2009.

XX.

B Hyhorji Khomyshyn (1867-1947), évêque gréco-catholique à Stanislavov, deux fois arrêté par les services secrets soviétiques, déporté à Kiev et mort en prison, martyr béatifié en 2001.

Saints Innocents
1
er siècle

Peu de temps après la naissance de Jésus-Christ, vinrent à Jérusalem des Mages d’Orient, pour adorer ce nouveau Roi. Le roi Hérode en fut tellement bouleversé qu’il envoya tuer dans tout le territoire de Bethléem, tous les nouveau-nés de deux ans et en-dessous (cf. Mt 2).
L’évangile ne dit pas que cet épisode ait eu lieu au lendemain de la naissance de Jésus. Il se pourrait bien que ces Mages soient arrivés beaucoup plus tard. D’ailleurs, l’évangile de Matthieu ne parle pas de grotte ni de crèche, comme le fait Luc lors de la visite des bergers, mais de maison (domum), montrant clairement par là qu’après ce toit de fortune où Marie avait enfanté, la sainte Famille avait enfin trouvé quelque part un gîte où s’abriter pendant quelque temps : le recensement pour lequel ils étaient venus, était désormais accompli, et les maisons s’étaient vidées des voyageurs.
Il n’est donc pas invraisemblable que se soient passés quelques mois entre la naissance de Jésus et la visite des Mages. C’est pourquoi Hérode, pour être sûr de se débarrasser de son «rival», fait rechercher et éliminer tous les enfants de moins de deux ans.
L’évangile nous explique que saint Joseph fut averti par un ange de vite s’enfuir avec Marie et l’Enfant, avant même la décision d’Hérode ; la sainte Famille était donc en Egypte au moment du massacre.
Combien y eut-il de victimes ? Et comment Hérode réussit-il à les retrouver ? On peut supposer en effet qu’à peine les soldats auraient commencé leur pénible besogne, le bruit se serait répandu et que tous les parents concernés auraient dissimulé leur petit bébé. Hérode recourut sans doute à un stratagème, imaginant par exemple une sorte de fête où l’on aurait récompensé les mamans pour leur maternité. Rien de plus facile pour les avoir toutes en un même lieu et au même moment.
Les commentateurs les plus stricts avancent un nombre de vingt à trente bébés ; saint Jérôme, qui s’était justement retiré à Bethléem, parle de plusieurs milliers (multa parvulorum millia), d’autres montèrent jusqu’à soixante-quatre mille, et même cent-quarante-quatre mille, paraphrasant le nombre des élus de l’Apocalypse (Ap 7:4). Pour approcher un nombre assez probable, il faudrait disposer du recensement de César Auguste (cf. Lc 2:1), de la population de Bethléem en cette période, d’où l’on pourrait déduire le nombre possible de mamans, parmi lesquelles certaines pouvaient bien avoir deux enfants déjà. La bienheureuse Anna Katharina Emmerick qui, rappelons-le, n’a pas l’autorité de l’évangile, parle d’environ sept-cents ; elle «précise» que cet épisode s’est passé quand l’Enfant-Jésus avait déjà dix-huit mois.
La fête des Saints Innocents, très tôt mentionnée en Occident au 28 décembre, avait lieu le 29 décembre à Constantinople, le 8 janvier (deux jours après l’Epiphanie) chez les mozarabes. Longtemps on a appelé ces petits Martyrs les infantes, ceux qui ne parlent pas (encore), mais dont la mort est d’autant plus éloquente. Saint Jérôme parle de pueri ou parvuli, pensant avec raison qu’à deux ans ces petits êtres pouvaient déjà articuler quelques mots et n’étaient plus des «infantes» ; saint Ambroise les appelle bimuli, nourrissons de deux ans.
La liturgie romaine, curieusement, avait accordé à cette fête le rite des jours de Carême, en violet, sans le chant du Gloria ni de l’Alleluia ; mais si la fête tombait un dimanche, la couleur devenait rouge et l’on chantait Gloria et Alleluia. La liturgie mozarabe au contraire tient à préciser que cette solennité ne doit pas être triste. Actuellement, la fête des Saints Innocents, le 28 décembre, est en rouge, et honorée du Gloria comme toutes les fêtes de l’année.
La Prière du jour de la fête dit que ces Martyrs ont témoigné non pas en parlant, mais en mourant (non loquendo sed moriendo). Un esprit rationaliste pourrait bien ici objecter qu’à proprement parler ces Martyrs n’ont pas proclamé volontairement le Christ, ni même consciemment, mais on lui répondra aisément qu’ils ont été réellement massacrés en haine contre le Christ et qu’ils ont vraiment versé leur sang comme des brebis d’abattoir (Ps 43 : 23), préfigurant le Sacrifice du Christ.
En certains monastères, on sert en ce jour aux novices de la bouillie, au dessert de midi. En  certains lieux s’était développée la coutume de «mettre à l’honneur» (?) les enfants, en mettant l’un d’eux sur le siège même de l’évêque dans la cathédrale, avec crosse et mitre, pour présider au chant des Vêpres du jour, jusqu’au verset du Magnificat Deposuit potentes de sede (il renversa les puissants de leur siège), moment où l’on retirait à l’enfant-évêque tous les insignes épiscopaux et le renvoyait à sa place. On peut douter que ce genre de comédie honorait vraiment l’enfance, si elle ne provoquait pas déjà de multiples jalousies entre les autres enfants et leurs familles ; mais elle pouvait bien faire réfléchir les adultes en illustrant devant eux le sort qui peut attendre toute personne investie de quelque pouvoir ou autorité.
Récemment s’est instaurée en revanche une pieuse coutume, consistant à prier à midi pendant quelques instants, le 28 décembre, en mémoire de tous les petits êtres victimes de cette brutale aggression qu’on pratique par l’avortement. Un génocide silencieux sur lequel beaucoup d’autorités ferment les yeux, et dont elles devront un jour répondre.


Theonas d’Alexandrie
† 300

En 282, Theonas fut investi de la charge épiscopale d’Alexandrie (Egypte), pour succéder à Maximos. Il était le seizième successeur de saint Marc (v. 25 avril).
Voici l’éloge qu’un synaxaire fait de lui :
Ce saint était instruit et religieux, plein de  bonté et de prévenance pour les gens. 
La première année de son patriarcat, il baptisa saint Botros (Pierre), qui fut patriarche après lui. La seizième année de son âge, il le consacra comme prêtre. Ajoutons ici que ce Botros était né à la suite d’une bénédiction que Theonas avait donnée à la maman, jusque-là stérile. 
A cette époque apparut en Alexandrie Sabellius l’Infidèle, qui prétendait que le Père, le Fils et le Saint-Esprit étaient une seule hypostase. Ce père l’excommunia et confondit sa doctrine. Une fois prêtre, Botros avait imposé le silence à Sabellius, et ce dernier en était tombé raide mort.
Dans sa bonté, (Theonas) bâtit une église en Alexandrie sous l’invocation de Notre-Dame, car les fidièles, jusqu’au temps de Théonas, priaient et célébraient les saints Mystères dans les maisons et les cavernes, en cachette des infidèles. Ce père ne cessa d’être bon pour eux, en convertit beaucoup et les baptisa.

C’est durant cet épiscopat que le prêtre Achillas devint célèbre en Alexandrie, et fut chargé de l’enseignement de la sainte foi ; il fit une œuvre philosophique très rare et à aucune autre inférieure ; sa conduite était digne de la discipline évangélique.
Theonas désigna Botros pour lui succéder et mourut en 300.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Theonas d’Alexandrie au 28 décembre.


Antonius de Hongrie
† 520

Antonius venait de Pannonie (act. Hongrie), comme s.Martin de Tours (v. 11 nov.).
Son père s’appelait Secundinus, et son oncle Constantius ; ce dernier fut évêque de Lorch.
A huit ans, Antonius fut orphelin de père et recueilli par l’évêque s.Severinus (v. 8 janvier) ; puis il fut à l’école de son oncle Constantius.
Devant l’invasion des barbares, Antonius vint se réfugier près du lac de Côme, auprès d’un prêtre nommé Marius, qui avait regroupé quelques moines. C’est là qu’il se rendit célèbre, malgré lui, en démasquant un intrus malfaiteur qui avait réussi à se faire admettre parmi les moines.
Antonius se retira plus loin encore, là où ses seuls voisins étaient des ours. L’un d’eux lui ayant saccagé son jardin, Antonius le rossa sévèrement.
Des disciples voulaient se mettre sous la conduite d’Antonius, mais il ne le voulait pas. Il se retira à l’abbaye de Lérins. Il était gentil avec les jeunes, grave avec les anciens, docte avec les savants, à la portée des simples.
Au bout de deux années de cette humble vie, il s’endormit dans le Seigneur, vers 520.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Antonius de Hongrie au 28 décembre.

Mattia Nazzarei

1253-1320

 

Mattia serait née vers 1253 à Matelica (Marches, Italie CE), fille unique du comte Gualtiero et de Sibilia Nazzarei (ou Nazzareni).

A dix-huit ans, renonçant à toutes les propositions d’héritage et de mariage, elle alla se présenter à l’abbesse des Clarisses, qui lui suggéra d’attendre un peu, que son père acceptât ce changement d’orientation.

Mattia pénétra dans l’église des Clarisses, se tailla les cheveux et s’enfila une vieille bure pour se consacrer totalement à Dieu. Son père, qui venait la chercher et la vit dans cet état, n’osa plus la contrarier. Difficile, devant une telle résolution, de refuser à la jeune fille d’entrer dans le monastère.

En 1271, par-devant notaire, elle renonça à tout son héritage familial, le partageant entre le monastère et les pauvres.

En 1279, elle y fut élue abbesse, et le resta quarante ans.

Elle était si sensible aux événements douloureux des autres, qu’on l’appela mère de la charité.

Mattia mourut en 1320, le 28 décembre, comme elle l’avait annoncé,. A sa mort, tout le couvent fut envahi d’un céleste parfum et enveloppé d’une grande lumière. Tous les habitants de l’endroit purent le constater.

Depuis 1758, un liquide mystérieux et parfumé s’est dégagé de son corps à chaque fois qu’on procéda à une reconnaissance de ses reliques.

On aurait rouvert le procès de canonisation en 1893.

Le Martyrologe la mentionne au 28 décembre.

 

 

François de Sales

1567-1622

 

François était l’aîné des six enfants de François de Novel, marquis de Sales et Boisy, et de Françoise de Sionnaz, qui avait apporté à la famille la seigneurie de Boisy.

L’enfant naquit le 21 août 1567 au château de Sales (Thorens, Savoie) et reçut le baptême dès le lendemain, avec le nom de Francesco d’Assise.

Il reçut sa première formation de sa propre mère ; quand il avait appris sa leçon d’Histoire Sainte, il allait la raconter aux enfants du village ; puis il étudia au collège ducal du Plain-Château (La Roche-sur-Foron), et au Collège Chappuisien d’Annecy, où il apprit le français.

En 1577, il reçut la Première communion et la Confirmation. L’évêque qui la lui conféra, Mgr Justiniani, prédit alors que l’enfant serait une grande lumière dans l’Eglise de Dieu et la merveille de son temps. 

C’est que François étudiait avec beaucoup de profit. Vers 1580, on l’envoya au Collège parisien de Clermont, chez les Jésuites, où il étudia avec fruit toutes sortes de matières : rhétorique, latin, grec, hébreu, mathématiques, histoire, musique, philosophie, et, à sa demande, la théologie.

C’est ainsi qu’il approfondit saint Augustin et les Pères de l’Eglise, saint Thomas d’Aquin. Durant ces études, à dix-sept ans, il traversa une douloureuse crise de six semaines, se croyant lui-même damné ; le jour où il se sentit délivré de l’épreuve, après avoir prié le Souvenez-vous, il fit le vœu de chasteté.

Après ces études, il rentra chez lui. Son père, qui ne croyait pas encore à sa vocation, l’envoya faire son droit à Padoue ; il prit ses grades en droit canonique et civil en 1591. A cette époque, il se donnait à l’étude du droit quatre heures par jour, et à celle de la théologie, quatre autres heures.

De cette époque date cette maxime qu’il écrivit : La foi doit être la règle de la croyance, mais que l’humilité soit la conclusion de tout.

En 1592, François fit un voyage par Rome et les principales villes d’Italie ; à son retour, son père lui imposa le titre de Seigneur de Villaroget. François fut présenté à l’évêque de Genève, Mgr Granier, qui prophétisa ensuite : Ce jeune homme deviendra un grand personnage, une colonne de l’Eglise ; ce sera mon successeur dans cet évêché.

Cette même année, François, encore une fois pour faire plaisir à son père, fut reçu avocat au Sénat de Savoie. Il parla alors à sa mère de sa vocation intime, espérant qu’elle interviendrait auprès de son père. Mais ce dernier pensait au contraire présenter à François une demoiselle de haut rang. C’est alors que les chanoines de Genève demandèrent la nomination de François comme prévôt (doyen) du Chapitre de la cathédrale. Cette fois-ci, le père de François se rendit, et François porta la soutane.

Installé à Annecy, il fonda une confrérie de la Sainte-Croix, dont fit partie son père. François reçut ensuite les ordres sacrés et fut ordonné prêtre en 1593.

Dès lors, François se confessa chaque jour avant de célébrer la Messe. Lui qui était de nature si vif et même colère, il parvint à dominer complètement son humeur. 

Son apostolat à Annecy fut très fécond. François fut aussi nommé grand pénitencier. En 1594, François fut choisi pour mener une grande mission dans la Chablais, afin de ramener à la foi les nombreuses victimes du protestantisme. La première année fut très difficile et ingrate. Mais entre 1595 et 1598, la douceur patiente de François conquit tout le pays. L’évêque le choisit pour en faire son coadjuteur.

En 1598, François survécut à une mystérieuse maladie qui avait semblé le porter à la mort. Remis, il alla trouver le pape, qui le surnomma apôtre du Chablais, le nomma immédiatement coadjuteur.

Avant le sacre, qui devait avoir lieu en 1603, François administra à son père les derniers sacrements (1601) ; il en apprit la mort au moment où il montait en chaire pour prêcher. François rencontra le roi Henri IV, qui voulait le garder en France, et François lui répondit très poliment : Sire, je suis marié, j’ai épousé une pauvre femme (il entendait l’Eglise de Genève), je ne puis la quitter pour une plus riche. Henri IV disait de lui : Il a toutes les qualités et aucun défaut.

Lors de son sacre, le 8 décembre 1603, François eut une extase et vit la Sainte Trinité, il fit le vœu de se dédier sans réserve au salut des âmes.

Mgr de Sales aida personnellement Madame Acarie à établir la réforme carmélite en France. Mais surtout, il conquit Madame de Chantal, avec laquelle il fonda l’ordre de la Visitation.

En 1610, mourut sa sainte mère. 

Inlassablement il répondit à toutes les invitations de prédication qui lui vinrent de partout : Dijon, Autun, Dole, Besançon, Belley, Paris, Grenoble, Turin, Avignon, Lyon.

C’est à Lyon qu’il s’éteignit à ce monde, le 28 décembre 1622. La nouvelle en parvint mystérieusement tout de suite à son frère Louis, à son neveu, à Madame de Chantal.

Les funérailles solennelles eurent lieu à Annecy, le 29 janvier suivant ; c’est ce jour qui a été choisi pour la fête liturgique de saint François de Sales.

On ne pourra que rappeler l’excellence de la doctrine, mais aussi de la langue et du style de ses écrits, en particulier son Introduction à la vie dévote et le Traité de l’Amour de Dieu.

François de Sales fut béatifié en 1662, canonisé en 1665 et proclamé Docteur de l’Eglise en 1877.

Il est le céleste Patron d’Annecy et de Chambéry, de l’ordre de la Visitation, des Salésiens de saint Giovanni Bosco, mais aussi des journalistes et écrivains, auxquels nous souhaitons de montrer toute la douceur du saint Evêque.

 

 

Gaspare del Bufalo

1786-1837

 

Gaspare naquit à Rome le jour de l’Epiphanie, 6 janvier 1786, ce qui fit qu’il reçut le nom traditionnel d’un des trois Rois Mages (soulignons gentiment ici que Gaspard n’est certainement pas un nom oriental ; les Mages se seraient en fait appelés Theokeno, Mensor et Saïr)

Le père de Gaspare, Antonio, était cuisinier au palais Altieri. Sa mère, Annunziata Quartieroni, lui transmit sa dévotion pour saint François Xavier (v. 3 décembre).

La famille descendait de la noblesse, mais s’était réduite à une condition très modeste.

Le jeune garçon fréquenta le Collegio Romano, reçut la soutane en 1798 et fut ordonné prêtre en 1808 et fonda très vite un patronage à Santa Maria in Pincis et un autre à l’actuel Foro Romano.

Quand, en 1809, on lui demanda de prêter serment à l’empereur Napoléon, qui déporta de façon si autoritaire et abusive le pape Pie VII, il répondit laconiquement : Non debbo, non posso, non voglio (je ne dois, je ne puis, je ne veux pas), reprenant le mot fameux Non possumus des apôtres Pierre et Jean (cf. Ac 4:20 ). Il fut exilé, et même emprisonné, dans le nord de l’Italie, jusqu’au retour du pape en 1814. 

Il se consacra alors à l’évangélisation des petites gens dans tout le centre de l’Italie. Sur l’invitation du pape, il alla là où aucun prêtre ne serait allé, devenant très connu pour son éloquence, sa foi, son amour des pauvres, et même sa compassion pour les brigands : il leur communiquait sa foi en la miséricorde de Dieu par le Sang rédempteur de Jésus-Christ qui était mort pour tous. Un contemporain romain, saint Vincenzo Maria Strambi (v. 1er janvier) disait de ses homélies qu’elles étaient comme un tremblement de terre spirituel.

Il fonda ainsi les Missionnaires du Précieux Sang, et fut aussi l’inspirateur de la fondation, par Maria De Mattias (v. 20 août), des Sœurs Adoratrices du Sang du Christ.

Malgré la maladie, le père del Bufalo revint à Rome en 1837 pour une ultime mission. Il fut assisté aux derniers moments par un autre saint prêtre romain, Vincenzo Pallotti (v. 22 janvier) et mourut le 28 décembre 1837.

Il fut béatifié en 1904 et canonisé en 1954.

On en a fait le patron des marchands de soie, mais sans expliquer pourquoi. On l’a appelé Ange de la Paix, Tremblement de terre spirituel, Victime de la Charité.

Actuellement, les Missionnaires du Précieux Sang sont aussi présents en Inde et en Tanzanie.

 

 

Caterina Volpicelli

1839-1894

 

Caterina naquit le 21 janvier 1839 à Naples, de Pietro et Teresa de Micheroux, qui appartenaient à la haute bourgeoisie napolitaine.

Après la première éducation domestique, selon les règles traditionnelles, elle fréquenta le Collège Royal.

La vie se passa dans l’aisance et Caterina cultiva le théâtre, la musique, la littérature. Après une forte crise, elle se sentit appelée à la vie religieuse.

Vers quinze ans, elle conçut une spéciale dévotion envers le Sacré-Cœur et entra dans le Tiers-Ordre franciscain.

En 1859, elle tenta la voie contemplative dans la Congrégation des Adoratrices Perpétuelles du Saint-Sacrement, mais dut renoncer à cause de sa santé. Elle continua cependant à consacrer des heures de prière devant le Saint-Sacrement et s’orienta vers un style de vie consacrée tout en travaillant dans le monde. 

Elle travailla d’abord avec d’autres compagnes à la diffusion de l’Apostolat de la Prière : elle en deviendra la première zélatrice à Naples ; puis elle eut l’opportunité de connaître un Institut français, les Missionnaires du Sacré-Cœur de Jésus, appelé aussi le Tiers-Ordre du Sacré-Cœur, auquel elle pensa s’associer.

Mais l’archevêque de Naples jugea bon de ne pas mélanger les aspirations de Caterina à celles de cet Institut. En 1874, la fondation de Caterina prit le nom de Ancelles du Sacré-Cœur et reçut l’approbation de l’archevêque. En 1884, le nouvel archevêque consacra le sanctuaire du Sacré-Cœur à Naples.

En 1891, lors du premier Congrès Eucharistique national, c’est à cet Institut naissant que l’on confia l’organisation des tours d’adoration à la cathédrale, des messes, des confessions et des communions.

L’idéal de Caterina était de raviver l’amour de Jésus-Christ dans les cœurs, dans les familles et dans la société. L’institut devait comporter trois branches : une religieuse, et deux laïques, avec l’étude de la théologie.

L’approbation romaine fut autrement difficile : on ne voyait pas comment concilier une vie active dans le monde avec des vœux solennels qu’on n’émettait d’habitude que dans les cloîtres. Le même problème se posa lors de la fondation des Visitandines, deux siècles plus tôt. Tout de même, en 1890, fut approuvé l’Institut des Ancelles du Sacré-Cœur de Jésus.

L’attente, le combat, avaient épuisé Caterina : elle mourut le 28 décembre 1894. Curieusement, le fondateur des Visitandines, saint François de Sales, était mort aussi ce jour-là, deux siècles plus tôt.

Caterina fut béatifiée en 2001 et canonisée en 2009. Les miracles et la canonisation se réalisèrent plus rapidement que l’approbation !

Le miracle retenu fut, en 2002, la guérison inexplicable d’une dame italienne octogénaire, atteinte depuis plus de vingt ans d’un diabète mellitus de type 2, qui avait abouti à un ulcère nécrotique ; l’infection lui causait d’horribles douleurs et l’on prévoyait l’amputation du membre. Après avoir invoqué la bienheureuse Caterina, cette dame se réveilla un matin complètement guérie : les médecins ne purent que constater la parfaite inutilité de l’amputation prévue.

 

 

Hryhorji Khomyshyn

1867-1945

 

Hryhorji (Grégoire) naquit le 25 mars 1867, jour de l’Annonciation, à Hadynkivtsi (Ternopil) en Ukraine.

Très jeune il pensa au sacerdoce. Il fut ordonné prêtre en 1893.

Recteur du séminaire en 1902, il fut bientôt nommé évêque de Stanislaviv (aujourd’hui Ivano-Frankivsk).

Les communistes l’arrêtèrent une première fois en 1939, puis de nouveau en 1945. Ils espéraient l’amener à s’unir à l’unique Eglise reconnue, l’orthodoxe, liée au régime.

Il mourut dans la prison de Kiev, des suites des tortures subies durant les pénibles interrogatoires, le 28 décembre 1945 (telle ou telle source mentionne en revanche le 17 janvier 1947).

Ce saint évêque fut béatifié en 2001 parmi vingt-cinq martyrs ukrainiens ; il est mentionné actuellement au 28 décembre dans le Martyrologe.

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27 décembre 2023 3 27 /12 /décembre /2023 00:00

 

27 DÉCEMBRE

 

II.

S Jean, "le disciple que Jésus aimait", apôtre et évangéliste, évêque à Ephèse, auteur du quatrième évangile et de trois épîtres ainsi que de l’Apocalypse.

IV.

Ste Fabiola, veuve romaine ; elle avait renvoyé son premier mari qui était adultère, et s'était remariée "pour ne pas brûler", dit s. Jérôme en l'excusant ; pénitente, elle fonda le premier hôpital de Rome.

?

S Alain, évêque à Quimper.

V.

Ste Nicaréti, vierge à Constantinople, où elle soutint s. Jean Chrysostome.

IX.

SS Theodoros et Theophanis, deux frères moines à Jérusalem, appelés graptoi (“marqués”), parce qu'à Constantinople on leur marqua au fer rouge des ïambes sur le visage ; Theophanis, auteur de nombreux poèmes liturgiques, serait ensuite devenu évêque à Nicée.

XII.

B Walto, abbé à Wessobrunn, connu pour sa bonté.

XIV.

B Bonaventura Tolomei, dominicain à Sienne, après une adolescence agitée.

XVI.

S John Stone, prêtre augustin anglais, martyr à Canterbury (le 23 au Martyrologe).

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

   Alejo Pan López (Ambrosio, *1888), prêtre capucin, à Santander, béatifié en 2013 ;

   Alfredo Parte Saiz (A. de la Vierge, *1899), prêtre piariste, à Santander, béatifié en 1995 ;

   José María Corbin Ferrer (*1914), laïc mort en prison à Santander, béatifié en 2001.

Bse Sara Salkaházi (1899-1944), religieuse hongroise de l'Assistance, très active en faveur des ouvrières, fusillée par des soldats communistes, béatifiée en 2006.

B Odoardo Focherini (1907-1944), journaliste italien, père de sept enfants, fervent ennemi du fascisme et du nazisme, arrêté par les SS, mort en camp de concentration à Hersbruck ; béatifié en 2013.

B Francesco Spoto (1924-1964), prêtre italien des Missionnaires Serviteurs des Pauvres, martyr en République Démocratique du Congo, béatifié en 2007.

Bx Alain Dieulangard, Jean Chevillard, Charles Deckers, Christian Chessel (*1919, 1924, 1924, 1958), prêtres des Pères Blancs, martyrisés à Tizi Ouzou en 1994, béatifiés en 2018.

Jean, Apôtre

1er siècle

 

Jean (Johannes) signifie «Dieu donne la grâce».

De l’apôtre Jean nous avons dans le Nouveau Testament : le quatrième évangile, trois épîtres et l’Apocalypse.

On ne va pas reprendre ici les longues discussions concernant l’authenticité de ces écrits. Ils sont officiellement attribués à saint Jean, laissons-en lui la paternité.

D’après l’évangile, Jean est le jeune frère de Jacques (dit «le Majeur»), fils de Zébédée.

Dans son évangile, Jean ne répète pas ce que les trois premiers, Matthieu, Marc et Luc, ont déjà écrit. Il approfondit, il reprend des discours de Jésus que les autres n’ont pas. Jean a été appelé «le théologien».

C’est probablement de lui-même qu’il parle lorsque deux disciples de Jean-Baptiste accostent Jésus (Jn 1:35,37). Plusieurs fois il se présente comme le disciple que Jésus aimait, car le Seigneur avait une réelle prédilection pour ce jeune homme si pur, si humble, si fidèle. Non pas que le Christ ait moins aimé les autres, mais il y eut une correspondance plus profonde entre la pensée du Maître et celle de Jean.

Jean, avec Pierre et Jacques, est le témoin des grands moments de la vie publique de Jésus : la transfiguration sur le mont Thabor (Mt 17:1sq), la dernière Cène, l’agonie à Gethsémani (Mt 26:37sq) ; mais il est le seul des Apôtres à accompagner Marie jusqu’à la crucifixion de Jésus sur le Calvaire, là où le Sauveur le confie à sa Mère : Femme, voici ton fils - Voici ta mère (Jn 19:26-27).

C’est à Jean que nous devons la conversation avec la Samaritaine sur l’Eau vive (Jn 4), le beau discours sur le Pain de Vie (Jn 6:26-63), annonciateur de l’Eucharistie, et celui des adieux lors de la dernière Cène (Jn 14-17), où il se trouve tout près du Christ, si près qu’on a pu dire qu’il avait entendu les battements du Cœur Sacré de Jésus. C’est pour cela qu’on l’a aussi surnommé Epistethios, «qui repose sur le sein», confident.

C’est Jean qui écrivit : Le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous (Jn 1:14), que l’Eglise répète chaque jour dans la prière de l’Angelus.

Par la suite, Jean séjourna quelque temps à Antioche avant d’installer son apostolat à Ephèse. Une tradition assez solide le fait arrêter et conduire à Rome, où l’empereur ordonne de le plonger dans un bassin d’huile bouillante, dont il ne subit aucun mal : c’est là l’origine de la basilique de Saint-Jean près de la porte Latine édifiée à l’endroit présumé de ce supplice. De dépit, l’empereur aurait fait exiler Jean sur l’île de Patmos, où l’Apôtre aurait rédigé l’Apocalypse.

Le mot Apocalypse suggérant souvent des événements horribles, on ferait bien de le remplacer par ce qu’il signifie en réalité : Révélation. Ce livre sacré est une invitation à demeurer dans la paix de Dieu et à attendre le retour de Jésus : Viens, Seigneur, Jésus sont les dernières paroles du livre, et de la Bible.

Jean vécut très longtemps (certains avancent l’âge de cent-vingt ans). Des anecdotes ont circulé, dont l’origine n’est pas forcément pure légende :

Venu au bain d’Ephèse, Jean y trouve l’illustre hérétique Cérinthe : Jean s’enfuit, car dit-il, les bains pourraient bien s’écrouler sur l’ennemi de la Vérité (et notons au passage que l’Apôtre ne dédaignait pas l’usage de ces bains).

Un jeune baptisé était malheureusement tombé, et complice d’une tribu de brigands. Jean enfourche sa monture et part à sa recherche, le trouve, l’appelle, l’exhorte : il le ramène tout ému dans le bercail du Christ.

Centenaire, il semblait rabâcher : Mes petits enfants, aimez-vous bien les uns les autres. Et d’ajouter : C’est le commandement du Seigneur. Si on le pratique, cela suffit.

Saint Jean avait des moments de détente : il avait apprivoisé une perdrix, qu’il caressait délicatement.

C’est le seul des Apôtres qui ne mourut pas en versant son sang ; aussi la couleur liturgique de sa fête est en blanc.

L’Apôtre que Jésus aimait, chantre de l’Incarnation du Verbe et de l’Amour fraternel, est fêté au surlendemain de Noël, le 27 décembre.

 

 

Fabiola de Rome

† 399

 

La gens Fabia était une des plus illustres de Rome.

Fabiola eut le malheur d’épouser un homme qui, en peu de temps, se montra si infidèle et si vicieux, qu’elle le renvoya.

C’est qu’il arrive que les caractères se dissimulent et ne se révèlent qu’après le mariage. Dans une telle situation, aujourd’hui, l’Eglise examinerait avec attention les circonstances et pourrait déclarer nul un tel mariage, contracté sur une fraude : Fabiola ignorait les vrais sentiments de cet homme.

Mais elle était jeune encore, et accepta de se remarier. On ne peut le lui reprocher.

Ce second mari, cependant, mourut bientôt. Fabiola accepta alors son veuvage, et voulut «expier» le passé.

Elle se mit au rang des pénitents ; elle s’humilia devant le clergé, les cheveux en désordre, comme si c’était elle qui avait péché par adultère, ayant comme partagé les fautes de son coupable mari.

Elle avait une fortune colossale : elle vendit tout ce qu’elle avait pour secourir les malades et les pauvres, en fondant le premier hôpital de Rome. Elle y portait elle-même des malheureux dont personne ne s’occupait et dont les plaies faisaient parfois horreur, au point que des pauvres en bonne santé enviaient les malades, nous dit s.Jérôme, qui la connut pesonnellement et dont nous tenons tous ces détails (v. 30 sept.).

Elle mit aussi ses deniers au service du clergé et des monastères.

En 394, elle rejoignit la communauté fondée par s.Jérôme à Bethléem, mais en repartit en 395, devant la menace des Huns envahissants. Elle revint à Rome.

Avec s.Pammachius (v. 30 août) elle fonda à Ostie un hospice pour recevoir les étrangers : on en parlait jusqu’en Bretagne et chez les Parthes !

Quand Fabiola mourut, en 399, ses funérailles furent un véritable triomphe. S.Jérôme écrivit d’elle qu’elle fut gloire pour les chrétiens, prodige pour les païens, deuil pour les pauvres, consolation pour les moines.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Fabiola de Rome au 27 décembre.

 

 

Theodoros et  Theophanis

† 844 et 845

 

Ces deux frères avaient pour père un certain Ionas, qui mourut prêtre au monastère de Saint-Sabas à Jérusalem.

Ils naquirent respectivement en 775 et 778, à Jérusalem.

Vers 800, les deux garçons furent confiés à un moine du même monastère Saint-Sabas, nommé Michail, qui leur enseigna la rhétorique, la philosophie, la poésie et l’astronomie.

Theodoros s’absenta un moment du monastère pour compléter sa formation auprès d’autres maîtres, puis revint à Saint-Sabas. Les articles qu’il écrivait, remplis de foi et de doctrine, convainquirent le Supérieur de le faire ordonner prêtre.

En 809, les Arabes dévastèrent entièrement la ville sainte de Jérusalem ainsi que les monastères. Il fallait songer à trouver un autre havre.

A cela s’ajouta, en 811, une regrettable controverse qui opposa les moines de Jérusalem (grecs) et les moines bénédictins (latins) au sujet du Saint Esprit : devait-on dire que cet Esprit procédait autant du Père que du Fils ? Il y eut même des bagarres !

Tandis qu’en Occident un concile avait énoncé à Aix-la-Chapelle (809) la doctrine perenne de l’Eglise, il fut convenu que chaque parti enverrait une délégation au pape. La délégation grecque était composée de Michail, Theodoros et Theophanis. Mais leur voyage s’arrêta à Constantinople, où ils furent confrontés à une autre polémique, l’iconoclasme, avec Léon l’Arménien.

Michail et ses deux compagnons logeaient au monastère de Chora : on les convoqua, on les flagella d’importance et on les interna à Phiala ; puis on les sépara, et les deux frères furent enfermés dans un fort à la jonction du Bosphore et de la mer Noire. Ce n’est qu’en 820 que le nouvel empereur les libéra : les deux frères furent logés dans un monastère de Sosthène sur la côte européenne du Bosphore. Malheureusement, l’empereur Theophilos reprit en 832 la lutte acharnée contre les partisans du culte des Images, et enferma à nouveau nos deux héros. Ils furent flagellés jusqu’à l’os et relégués dans l’île d’Aphousia.

En 836, l’empereur les fit comparaître à Constantinople. Il les insulta, les gifla, et fit «graver» au fer rouge sur leur visage quelques vers qui disaient à peu près ceci : Tous désirent se rendre à la Ville où le Verbe de Dieu posa ses pieds très purs. Ils naquirent en ce lieu vénérable, mais furent expulsés comme apostats. Ils se réfugièrent dans la Ville (Constantinople). Aussi les a-t-on notés sur leur face comme criminels, et condamnés à être chassés derechef. Ce n’était pas suffisant : l’empereur leur fit retirer leurs vêtements et les fit flageller encore une fois.

Theodoros prit la parole : Nous sommes les seuls, depuis des siècles, auxquels on ait fait cela. Vous avez inventé une pratique inédite, et vous pouvez taxer de bénignité tous ceux qui ont fait rage contre notre divine religion.

C’est cet horrible supplice qui a valu aux deux Frères le surnom de Grapti (inscrits, gravés).

On les exila à nouveau, à Karta limèn (Chalcédoine).

Theodoros mourut là le 27 décembre 844. Un autre récit, peut-être mieux informé, ajoute que Theophanis fut nommé évêque de Nicée en 842 et mourut à Constantinople le 11 octobre 845.

On a conservé beaucoup de poèmes liturgiques de Theophanis.

Les deux Frères Grapti sont commémorés le 27 décembre dans le Martyrologe Romain.

Walto de Wessobrunn

1090-1156

 

Walto (ou Balto, ou Waltho) était né vers 1090, peut-être de famille noble.

Entré au monastère bénédictin de Wessobrunn (Bavière, Allemagne), il en devint le treizième abbé.

Sa bonté valut à son monastère bien des amitiés.

Il aimait la culture et encouragea une recluse, Diemut, à recopier jusqu’à une quarantaine d’ouvrages.

Il mourut le 27 décembre 1156.

En 1200, on commença à fêter son anniversaire, au 27 décembre. Ce jour-là, on servait aux moines un bon verre de vin, en souvenir d’un miracle qui avait eu lieu un Jeudi saint : l’eau s’était changée en vin, par la prière (ou l’intercession) de Walto.

Des miracles illustrèrent sa tombe.

Walto n’est pas inséré dans le Martyrologe.

 

 

John Stone

1509-1539

 

Les dates précises de ce Religieux restent assez imprécises, comme du reste aussi les indications sur sa jeunesse.

John Stone était un prêtre augustin anglais. Il était docteur en théologie et fut quelque temps professeur et prieur à Droitwich. Il vécut donc la majeure partie du temps au monastère de Canterbury (Kent, Angleterre).

On chercha à le faire plier pour approuver le divorce du roi Henri VIII, mais en vain. Plus tard, il parla ouvertement contre l’attitude du roi, sans pour autant être tout de suite inquiété pour cet acte de courage.

En décembre 1538, l’évêque (protestant) de Dover vint intimer aux Religieux de quitter leur monastère et de signer l’Acte de Suprématie ; ils le firent, sauf notre John, qui fut immédiatement envoyé à Londres et mis à la Tour. En octobre 1539, on le renvoya en jugement à Canterbury, où il fut formellement accusé de trahison et condamné à mort, le 6 décembre.

Dans l’attente de son martyre, après un jeûne complet de trois jours, il entendit une voix qui l’appelait par son nom et l’invitait à rester courageux et à témoigner jusqu’au bout pour la Vérité.

L’exécution se fit attendre au 27 décembre suivant. Il dit à ses bourreaux : Voyez, j’achève mon apostolat dans mon sang ; dans ma mort, je vais trouver la vie ; car je meurs pour une sainte cause : la défense de l’Eglise de Dieu, infaillible et immaculée.

En tant que traître, il mérita d’avoir son corps et son chef exposés à l’entrée de la ville, après que son cœur et ses organes aient été brûlés sur la place.

C’était donc très probablement le samedi 27 décembre 1539. Le Martyrologe Romain l’a introduit au 23 décembre.

Il fut béatifié en 1886, et canonisé en 1970 avec trente-neuf Compagnons, martyrisés entre 1535 et 1616.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Alejo Pan López

1888-1936

 

Alejo vit le jour le 24 octobre 1888 à Santibánez de la Isla (León, Espagne), de Lucas et Margarita, qui le firent baptiser le lendemain. Il fut confirmé en 1897.

Entré chez les Capucins, il reçut la vêture en 1905, et prit le nom de Ambrosio.

En 1906, il fit la première profession au noviciat de Basurto (Bilbao) et y fit ses études «classiques» ; il fut ordonné prêtre en 1915.

Il fut à Montebano (Santander), où il fut prédicateur, puis à La Coruña, puis à León comme aumônier des Servantes de la Divine Bergère (1925).

En 1926, on l’envoya à Caroni et Meraceibo (Vénézuéla), d’où il revint dès 1927 en Espagne.

Il fut de nouveau à León et Santander (1931), où il fut nommé gardien (supérieur) en 1933.

Ce n’était pas encore un monastère, il fallait en construire un. Mais les événements en décidèrent autrement.

Le 29 juillet 1936, tous les Religieux s’habillèrent en civil et partirent s’éparpiller chez des familles alentour.

Le père Ambrosio fut chez les Gandera, d’où il sortit juste les 2 et 3 août pour aller célébrer la fête de la Portioncule, puis il alla à Vitoria. Les époux Gandera furent arrêtés.

Le 14 novembre, deux miliciens vinrent arrêter le père Ambrosio. Le lendemain, on le mit dans une prison «provisoire», puis transporté au navire-prison Alfonso Pérez, en rade de Santander.

Quand les militants ont attaqué le navire, le 27 décembre 1936, le père Ambrosio fut tué, du seul fait qu’il était prêtre.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Alfredo Parte Saiz

1899-1936

 

Né le 2 juin 1899 à Cilleruelo de Bricia (Burgos, Espagne), aîné des sept enfants de Castor et Justa, Alfredo fut tôt envahi par l’idéal des Pères des Ecoles Pies pour l’éducation chrétienne des jeunes.

A dix-huit ans, une maladie au fémur le laissa boiteux pour le reste de ses jours. Il ne pouvait plus courir, jouer au football, partager les récréations des enfants.

Entré chez les Religieux Piaristes, avec le nom de Alfredo de la Vierge, il fut ordonné prêtre en 1928.

Religieux convaincu, généreux, humble, pieux, ami des jeunes et des enfants… il avait beaucoup de qualités.

Lors de la guerre civile, il se trouvait au collège de Villacarriedo. Réfugié chez sa tante, il fut fait prisonnier et conduit dans la cale du bateau Alfonso Pérez, dans la baie de Santander. Avant d’avoir à répondre aux questions, il déclara clairement - et tout le monde l’entendit : Je suis un Père des Ecoles Pies, du collège de Villacarriedo. 

On voulait le faire monter sur le pont pour le fusiller et, voyant son infirmité, les miliciens voulurent l’aider à monter… Le Père leur fit cette remarque : Jusqu’à maintenant, j’ai souvent eu besoin d’aide, mais aujourd’hui, pour monter jusqu’au Bon Dieu, je n’ai besoin de personne. Et il monta comme il put jusque sur le pont, où ils le fusillèrent.

Le père Alfredo fut martyrisé le 27 décembre 1936, et béatifié en 1995.

 

 

José María Corbín Ferrer

1914-1936

 

Né le 26 décembre 1914 à Valencia, José María fut baptisé le 1er janvier suivant.

Après le lycée, il fit de brillantes études de Chimie à Valencia puis, après sa licence, eut une bourse pour poursuivre sa marche universitaire à l’Université de Santander.

Surtout il se distingua par son engagement chrétien dans les rangs de la Fédération des Etudiants d’Action Catholique et dans la Congrégation mariale.

Arrêté à Santander le 28 août 1936, pour le «grave délit» d’assister chaque jour à la Messe, il fut conduit dans la cale du Alfonso Pérez ancré dans la baie de Santander : il se trouva être là le plus jeune des quelque deux cents prisonniers (au moins) de cet énorme navire-prison de sept mille tonnes. José María s’efforça de remonter le moral de chacun, encourageant ses camarades à se préparer à la mort et au martyre.

Le bateau Alfonso Pérez fut d’abord la cible d’une attaque aérienne de dix-huit trimoteurs, qui fit des morts et des blessés, au milieu d’une panique indescriptible ; puis montèrent à bord des «autorités», qui décidèrent l’exécution sommaire de tout ce qui avait une tête de curé : il y eut là cent soixante victimes, exécutées sans aucun jugement, sinon celui de condamner à mort tout prêtre, tout religieux, tout croyant.

Ayant à peine accompli vingt-deux ans, José María fut fusillé le lendemain de son anniversaire, le 27 décembre 1936. Les corps des victimes, dépouillés de tout objet de valeur, furent transportés à la hâte et jetés dans une fosse commune au cimetière de Ciriego.

Même les milieux diplomatiques protestèrent, en premier les Anglais, et le bateau cessa d’être prison en février 1937. Deux ans après, il repartait comme cargo, rebaptisé Cantabria.

José María fut béatifié en 1995.

Sára Schalkház

1899-1944

 

Sára Schalkház naquit le 11 mai 1899 à Kassa (Hongrie, actuelle Košice, Slovaquie), dans une famille bourgeoise d’origine allemande.

Elle grandit dans une ambiance plutôt indifférente, parfois même athée ; elle se prépara à l’enseignement ; elle connut les problèmes sociaux des familles pauvres et s’engagea comme relieuse, journaliste, rédactrice. 

Un moment fiancée, elle préféra rompre. 

La grâce la travailla, elle retrouva la foi ; elle adhéra au Parti Socialiste Chrétien et en édita le journal.

Venue en contact avec les Sœurs du Service Social, elle ne put être acceptée à cause de sa tabagie. Elle lutta énergiquement, et fut finalement acceptée, à trente ans, en 1929. Sa devise fut dès lors : Me voici ! Envoie-moi ! (Is 6:8b). 

En 1930, elle prononça les vœux de religion. Elle fut envoyée à Kassa, puis à Komarom, pour organiser l’activité caritative.

Non contente de son activité, elle y ajouta la publication d’un journal catholique pour les femmes, organisa une bibliothèque chrétienne, et supervisa un abri pour les pauvres. En outre, l’évêque lui confia l’organisation d’un Mouvement National des Jeunes Filles. Elle donna des cours, publia des manuels… 

Alors que d’autres novices quittaient la maison, Sará persévérait, travaillait, s’exténuait physiquement et spirituellement ; mais les Supérieures la jugeaient encore insuffisamment préparée pour la vêture, ce qui la contraria profondément. Mais elle tint bon !

Son désir était de participer aux missions de Chine ou du Brésil, mais on ne la jugea pas apte à cet engagement ; là-dessus la guerre éclata.

Elle travailla beaucoup en d’autres régions de la Hongrie et, en 1940, put faire la profession solennelle.

Elle fit construire le premier collège hongrois pour jeunes ouvrières, près du Lac Balaton. A Budapest, elle ouvrit des maisons pour les accueillir.

Pour protester contre l’idéologie nazie, elle changea son premier nom de famille en celui de Salkaházy, à la sonorité plus hongroise.

Et pour compléter le tableau, elle composa une pièce de théâtre retraçant la vie de sainte Marguerite de Hongrie, qui venait d’être canonisée en 1943 (v. 16 novembre), qu’elle fit représenter en mars 1944, le jour même où les troupes allemandes occupaient la Hongrie et supprimaient toutes les activités religieuses du pays.

Responsable de la maison, elle fit à Dieu, devant sa Supérieure, la promesse d’être toujours prête à se sacrifier elle-même pour permettre aux autres sœurs de sortir indemnes de la guerre. On a conservé le texte de cette promesse.

Sára, dont on parlait avant du «caractère difficile», s’employa à mettre en sûreté une centaine de Juifs dans un immeuble de Budapest, qui appartenait aux Sœurs. Pour l’ensemble de la communauté, on estime que ces Sœurs sauvèrent un millier de Juifs.

Sára fut dénoncée par une femme qui travaillait là à la police hongroise philo-nazie, les Croix fléchées.

A Noël 1944, tandis que l’armée russe assiégeait Budapest, la police pro-nazie vint arrêter tous les Juifs présents. Sára, absente, aurait pu fuir : elle préféra revenir sur place et partager le sort de ses protégés. La police la poussa dans l’abri souterrain, procéda à des «vérifications» de papiers avant d’emmener tous ces Juifs. La Sœur Sára voulut s’arrêter un moment pour prier dans la chapelle ; à peine agenouillée, les policiers l’emmenèrent dehors ; l’un d’eux proposa : Et pourquoi n’en finirait-on pas ici dans le jardin ? Un autre répondit : Non. Ils préféraient sans doute éviter de «laisser des traces».

Le soir du 27 décembre, un certain nombre de Juifs furent conduits sur le bord du Danube, parmi lesquels figurait aussi Sára. Elle s’agenouilla, eut le temps de faire le signe de la Croix et reçut les balles ennemies. Les corps furent traînés dans le fleuve.

Pendant ce temps, les autres Sœurs attendaient le retour de Sára, leur Supérieure. On vint leur annoncer ce qui s’était passé : le sacrifice de Sára avait été accepté par Dieu, car toutes les Religieuses survécurent.

C’était le 27 décembre 1944.

Le corps de Sára disparut. Son histoire aurait pu rester complètement ignorée, s’il n’y avait eu une révélation en 1967, au cours d’un procès. C’est la fille d’une des victimes qui confirma les faits et proposa l’inscription de son nom à Yad Vashem. Sára fut ainsi reconnue Juste parmi les nations en 1969.

Sára Schalkház - alias Salkaházy fut béatifiée en 2006.

 

 

Odoardo Focherini

1907-1944

 

Odoardo Focherini est l’un des trente-sept Martyrs que le Saint-Siège a reconnus en 2012.

Né à Carpi (Emilie-Romagne, Italie N), le 6 juin 1907, Odoardo était d’une famille originaire du Trentin, installée à Modène. Ayant vécu à une époque si tourmentée de l’histoire, il ne s’est jamais laissé aller au découragement, mais a toujours été confiant et optimiste. 

En 1924, il participait à un magazine pour les jeunes ; en 1928, il entra dans l’Action Catholique diocésaine.

En 1930, il épousa Maria Marchesi, qui donna le jour à sept enfants.

En 1934, embauché à l’Assurance Catholique de Vérone, il en devint inspecteur pour Modène, Bologne, Vérone et Pordenone. La même année, il fut président diocésain de l’Action Catholique Italienne (ACI).

Durant la persécution fasciste, en 1933, Odoardo courait d’un siège à l’autre de l’ACI pour cacher les drapeaux, subtiliser les documents et mettre en lieu sûr les registres et les comptes-rendus des réunions.

En 1939, à la veille de la guerre, il devint directeur administratif d’Avvenire au niveau national. Le journal était alors dirigé par Raimondo Manzini, auteur de brûlantes polémiques contre le fascisme, et Odoardo le soutint courageusement.

Le jour de l’invasion allemande en Belgique et aux Pays-Bas, les fascistes de Bologne avaient incendié et séquestré le journal, considéré comme coupable d’avoir publié les télégrammes de Pie XII aux gouvernements et aux peuples frappés par ce malheur. Le dignitaire fasciste Farinacci avait qualifié Avvenire de nid de vipères pour avoir rejeté la politique raciale.

A l’arrivée des nazis en Italie, le journal ferma et aux Allemands qui réclamaient sa réouverture Focherini déclara que les réserves de papier étaient finies. Ce n’était pas vrai, mais de cette façon Avvenire ne se mit jamais au service de l’occupant. Le 26 septembre 1943, Bologne subit son premier gros bombardement et le siège d’Avvenire fut détruit. A partir de ce moment-là, Focherini se mit à la tête de l’organisation pour sauver les Juifs et les persécutés, de concert avec le curé de San Martino Spino, don Dante Sala.

Il organisait la fuite des juifs persécutés vers la Suisse et favorisait les contacts avec les soldats au front ou portés disparus, avec l’appui de la curie épiscopale de Modène et de Carpi, mais aussi grâce à sa maison de Mirandola.

Dès 1942, à la demande de Raimondo Manzini, à qui le cardinal de Gênes Pietro Boetto avait adressé des Juifs, Focherini se prodigua pour mettre à l’abri un groupe de Juifs arrivés de Pologne qu’il cacha dans un train de la Croix Rouge Internationale.

Après le 8 septembre 1943, avec le durcissement des lois antijuives et le début des déportations raciales, Odoardo Focherini en compagnie de don Dante Sala, de Mme Ferrarini delle Concerie Donati (qui habitait Modène), et de quelques autres, organisa un réseau efficace pour l’expatriation vers la Suisse de plus d’une centaine de juifs.

Odoardo était l’âme de l’organisation. Il comptait les familles, se procurait les papiers des synagogues, cherchait des fonds, fournissait de faux documents : un ami lui avait procuré des papiers d’identité qu’il remplissait habilement, en y mettant les noms de communes du sud déjà aux mains des alliés (Carpi devenait alors Capri). Chaque petit groupe constitué était confié au P. Dante Sala qui les accompagnait jusqu’à Cernobbio, et là, grâce à la complicité de deux courageux catholiques qui stationnaient à la frontière, il passait en Suisse.

Le 11 mars 1944, Focherini fut arrêté à l’hôpital alors qu’il s’occupait d’un Juif malade. Il fut transféré au poste des SS de Bologne puis aux prisons de San Giovanni in Monte.  Durant une visite, son beau-frère Bruno Marchesi lui dit : «Fais attention, tu t’exposes peut-être trop, tu ne penses pas à tes enfants ?», Odoardo répondit : «Si tu avais vu, comme j’ai vu, dans cette prison, ce qu’ils font souffrir aux Juifs, tu regretterais de ne pas avoir fait assez pour eux, de ne pas en avoir sauvé davantage».

Transféré au camp de concentration de Fossoli, puis de Gries (Bolzano), il y resta jusqu’au 5 septembre 1944.  Puis il fut envoyé au camp de Flossenburg et, pour finir, au camp de travail de Hersbruck. Le 8 octobre 1943, il dicta à son ami Olivelli deux dernières lettres pour sa famille, que ce dernier écrivit en allemand pour ne pas avoir de problèmes avec la censure du camp, et Odoardo signa. Elles sont le dernier témoignage direct qu’Odoardo était encore en vie. Sa famille écrivit plusieurs fois, mais sans réponses. Odoardo s’éteignit dans l’infirmerie du camp de Hersbruck le 27 décembre 1944.   

Voici les paroles confiées à son ami en prison : 

Mes sept enfants... je voudrais les voir avant de mourir... toutefois, accepte encore, ô Seigneur, ce sacrifice et veille sur eux, ainsi que sur mon épouse, mes parents, et tous mes proches. Je déclare mourir dans la foi catholique apostolique romaine la plus pure et dans la pleine soumission à la volonté de Dieu, offrant ma vie en holocauste pour mon diocèse, pour l'Action Catholique, pour le pape et pour le retour de la paix dans le monde. Je vous prie de rapporter à mon épouse que je lui ai toujours été fidèle, que j’ai toujours pensé à elle et que je l’ai toujours intensément aimée.

Parmi les nombreux témoignages forts de gratitude à l’œuvre de Focherini ressort celle d’une femme juive de Ferrare qui dit à la veuve d’Odoardo: J’ai perdu quatorze des miens, il ne m’est resté que cet enfant, mais j’ai trouvé la force de m’en sortir et de survivre grâce à ce que m’a dit votre mari : “J’aurais déjà fait mon devoir si j’avais seulement pensé à mes sept enfants, mais je sens que je ne peux pas vous abandonner, que Dieu ne me le permet pas”.

Odoardo Focherini a reçu la Médaille d’or des communautés israélites italiennes, à Milan en 1955, puis le titre de Juste parmi les nations, à Jérusalem en 1969, la Médaille d’or de la République italienne au mérite civil à la mémoire en 2007.

Béatifié en 2013, Odoardo Focherini sera inscrit au Martyrologe au jour de sa mort, de sa naissance au ciel, le 27 décembre.

 

 

Francesco Spoto

1924-1964

 

Francesco naquit le 8 juillet 1924 à Raffadali (Agrigente, Sicile) et reçut le nom de saint François Xavier (v. 3 décembre). Ses bons parents, Vincenzo et Vincenza Marzullo, eurent trois enfants, deux garçons et une fille. C’étaient de durs travailleurs : Vincenzo, gravement blessé à la jambe durant la Première guerre mondiale, complétait son difficile travail agricole avec une pension de guerre. 

La maman allait chaque matin à la messe ; le dimanche, toute la famille était à l’église. Aux repas, avant de manger le pain, on le baisait respectueusement, en reconnaissance à Dieu pour ce don précieux du pain, qui devient Eucharistie durant le Saint Sacrifice.

Francesco étudia auprès des Pères Missionnaires Serviteurs des Pauvres : il se signala par son ardeur exemplaire au travail. Puis il demanda à faire partie de cette Congrégation. Ces Religieux, réputés pour donner des «bouchées de pain» (boccone) aux malheureux, sont régulièrement appelés les Bocconisti.

Il commença le noviciat en 1939 et fit la première profession en 1940. Un des responsables nota que Francesco dépassait vraiment tous ses collègues, tant dans son travail que dans son obéissance.

Durant les études de théologie au séminaire de Palerme, il approfondissait avec passion tout ce qu’il apprenait. En une occasion «officielle», il sut réciter par cœur le Prologue de l’évangile de Jean en grec. Il étudia par lui-même l’allemand, qu’il pouvait parler et écrire correctement ; ceci, avec son caractère tenace, le fit gentiment surnommer par ses confrères l’Allemand. De son côté, le curé de son village disait : C’est un roc !

Ordonné prêtre en 1951, il s’occupa de l’accueil et de la formation des enfants de familles pauvres, ainsi que de l’assistance aux sans-abris.

Il avait d’excellentes qualités, qui le hissèrent à la première place de l’Institut : il en fut le Supérieur général à trente-cinq ans (1959).

Dans ses visites et durant ses enseignements, il faisait remarquer qu’une homélie de cent quatre-vingts lignes correspond à huit pages et dure environ un quart d’heure ; une bonne homélie ne doit pas comporter moins de seize pages, donc durer «au moins» une demi-heure.

C’est avec lui que s’ouvrit la maison de Rome pour les étudiants en théologie, ainsi que la mission congolaise de Biringi. Ce sont ces étudiants de Rome qui lui écrivirent à Biringi pour sa fête du 4 octobre 1964 (car ils le fêtaient, eux, au jour de saint François d’Assise), et auxquels il répondit de Biringi en les remerciant avec profonde tendresse paternelle.

C’est durant cette année 1964 qu’éclata l’atroce guerre civile et ce fut la raison pour laquelle don Spoto voulut rendre visite à ses Confrères du Congo. Il y arriva pour le 15 août, joyeusement accueilli par tous les indigènes. Mais à cause de la situation, il écrivit à ses confrères qu’il remettait sa démission de Supérieur, car il lui était impossible de quitter le Congo et de continuer à assumer ses responsabilités.

Le 11 décembre, il sembla possible de circuler de nuit et de rejoindre l’Uganda. Mais il fut fait prisonnier, et reçut de très violents coups de canne de fusil dans le thorax : ayant réussi à s’éloigner de là, désormais porté en civière par ses compagnons, il agonisa pendant deux semaines.

C’était le 27 décembre 1964.

Don Francesco Spoto fut béatifié en 2007.

Alain Dieulangard

1919-1994

 

Alain était né le 21 mai 1919 à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor).

Il fit des études de Droit puis entra chez les Missionnaires d’Afrique, habituellement connus comme Pères Blancs.

En 1949, à Thibar (Tunisie), il fit la profession et, en 1950, il reçut le sacerdoce.

Toute sa vie sacerdotale se passa en Algérie, particulièrement dans la Kabylie, à Tizi Ouzou, où il enseigna.

Comme ses confrères, il parlait couramment l’arabe, et aussi le tamazight local. Enseignant et catéchiste, il parcourait les montagnes pour rencontrer les habitants de petits villages reculés.

Très réservé, il semblait parfois être plutôt moine contemplatif que missionnaire ; les gens de l’endroit l’avaient surnommé Mahfouz (Hérisson). Il était très respecté et aimé.

Le père Alain reçut la palme du martyre avec trois autres Confrères dans la cour de la mission de Tizi Ouzou (Algérie), le 27 décembre 1994, leur dies natalis commun au Martyrologe.

Lors de l’enterrement des quatre prêtres, il y avait tant de monde présent, que l’évêque commenta : C’est bien la première fois que quatre mille Musulmans assistent aux obsèques de quatre prêtres catholiques.

Les quatre furent béatifiés en 2018.

 

 

Jean Chevillard

1924-1994

 

Jean naquit le 27 août 1925 à Angers (Maine-et-Loire), de parents chrétiens qui eurent quatorze enfants. Les parents montrèrent leur piété mariale en accolant le nom de Marie au prénom de chacun d’eux.

Dans les ancêtres de la famille se trouve une Bienheureuse : Françoise Suhard, martyrisée lors de la Révolution française (v. 16 avril).

En 1935 Jean fit la Communion solennelle (notre «Profession de Foi»).

Après ses études secondaires, il entra chez les Missionnaires d’Afrique, habituellement connus comme Pères Blancs.

En 1940, il rejoignit l’Afrique du Nord pour continuer sa formation, à Thibar (Tunisie).

En 1943, il fut mobilisé dans les Chasseurs d’Afrique et participa à la campagne de libération, comme infirmier dans la 1e Armée, avec laquelle il remonta jusqu’en Alsace et en Allemagne.

En 1949 il fit son serment missionnaire et, en 1950, reçut le sacerdoce à Carthage.

Nommé en Algérie, il y resta presque toute sa vie, comme responsable de centres de formation, comme supérieur et économe régional.

En Alger, il fut chargé de transformer l’ancien noviciat des Pères Blancs en centre de formation professionnelle.

De 1962 à 1972, le p. Jean Chevillard fut à Maison Carrée. Puis il fut Assistant du Provincial de France à Paris, avant d’être nommé Supérieur régional pour l’Algérie.

Responsable de l’Ordre des Pères Blancs pour l’ensemble de la Kabylie, c’est lui qui devait rencontrer les autorités locales.

C’est en 1984 qu’il fut nommé Supérieur à Tizi Ouzou.

Le père Chevillard fit beaucoup pour le développememnt des établissements diocésains, qui accueillirent jusqu’à quarante mille élèves. C’est dire la présence forte de la France auprès de la population. En outre, le p.Chevillard organisa un secrétariat d’écrivains publics, pour aider les Kabyles à rédiger des papiers officiels.

Le père Jean reçut la palme du martyre à Tizi-Ouzou (Algérie), le 27 décembre 1994, en la fête de son saint Patron, l’apôtre Jean, et le dies natalis où il sera mentionné au Martyrologe.

Il fut béatifié en 2018.

 

 

Charles Deckers

1924-1994

 

Né le 26 décembre 1924 à Anvers (Belgique), Charles entra chez les Missionnaires d’Afrique, habituellement connus comme Pères Blancs.

Ordonné prêtre, il fut envoyé en Algérie en 1955. Les confrères l’appelaient gentiment Charlie.

Au début, le p.Charles séjourna à la Casbah d’Alger, pour y étudier la langue arabe. On lui donna le surnom de Arezki.

Il fut professeur à Tadmait et responsable du Centre professionel à Tizi-Ouzou. Son activité primordiale fut toujours d’aider les jeunes à se former, à apprendre un bon métier, à construire ce nouveau pays de l’Algérie récemment devenue indépendante. Il avait aussi été nommé professeur d’arabe dans un collège de jeunes filles, dont certaines étaient très pauvres : il les ramenait à la maison. Le père Charles fréquentait aussi le club sportif local, où il se fit beaucoup d’autres amis.

Bientôt, il en vint à demander et obtenir la nationalité algérienne. Mais l’islamisme naissant réussit tout de même à obtenir l’expulsion du Père hors du département. Pendant quelque temps, le père Charles revint en Belgique, où il fonda un centre de dialogue islamo-chrétien à Bruxelles, El Kalima, et où il rencontra à nouveau beaucoup de gens musulmans, dans les écoles et dans les prisons.

Puis il fit un séjour au Yémen, avant de retourner en Algérie. Mais comme son statut était incertain - même les autorités ne savaient dire s’il était encore expulsé ou non, il demeura à la basilique de Notre-Dame d’Afrique comme vicaire aux côtés du recteur, ce qui ne l’empêcha pas de faire de fréquents voyages en Kabylie pour y retrouver les habitants et ses amis.

Toute la population l’estimait, de façon réellement unanime.

Le 26 décembre 1994, il fêta joyeusement ses soixante-dix ans. Le lendemain, 27 décembre, fête de saint Jean Apôtre, il partit en voiture pour Tizi Ouzou, où il devait fêter son Confrère, le père Jean Chevillard.

Le père Charles fut alors abattu avec trois autres Confrères dans la cour de la mission de Tizi Ouzou (Algérie), le 27 décembre 1994. La pauvre cuisinière et sa fille furent enfermées dans la cuisine pendant que des islamistes exécutaient les quatre Religieux ; elles ne s’en remirent jamais.

Présent aux funérailles du père Deckers, le ministre algérien de la formation professionnelle fut à son tour abattu quelques mois plus tard.

Reconnus comme martyrs, les quatre Pères Blancs auront leur dies natalis commun au Martyrologe, le 27 décembre.

Ils furent béatifiés en 2018.

 

 

Christian Chessel

1958-1994

 

Né le 27 octobre 1958 à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), Christian Chessel acheva ses études d’ingénieur en 1981, les complétant ensuite par une licence de lettres et de théologie.

Etrangement, on ne trouve aucune autre information sur les origines familiales et l’enfance de ce jeune prêtre.

Il fit ensuite un stage de coopération en Côte d’Ivoire, avant d’entrer chez les Missionnaires d’Afrique, habituellement connus comme Pères Blancs.

C’est en 1991 qu’il prononça les vœux à Rome ; il reçut le sacerdoce l’année suivante.

Envoyé dans la communauté de Tizi Ouzou, il s’apprêtait à fonder une nouvelle bibliothèque pour les étudiants.

Il fréquentait les moines cisterciens de Tibhirine, où il connut de près le p. Christian de Chergé, particulièrement dans le cadre du Ribât-es-Salam (Lien de Paix), fondé par ce dernier pour approfondir le rapprochement entre Chrétiens et Musulmans.

Après l’opération du GIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale) contre des terroristes, des représailles s’abattirent sur les ressortissants français. Le père Christian Chessel reçut la palme du martyre à Tizi-Ouzou (Algérie), le 27 décembre 1994, le dies natalis où il sera mentionné au Martyrologe.

Il fut béatifié en 2018.

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