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9 avril 2021 5 09 /04 /avril /2021 23:00

10 AVRIL

 

III.

Terentius, Pompeius, Africanus, Maximus, Zeno, Alexander, Theodorus et leurs Compagnons, martyrs à Carthage.

IV.

S Apollonius, martyr en Alexandrie.

VII.

S Palladius, évêque à Auxerre ; il établit que les chanoines recevraient cent sols de la main de l’évêque, le jour de la fête de s. Germain.

IX.

S Bède le Jeune, du Sleswig, élevé à la cour, moine à Gavello ; il refusa maints évêchés. 

XI.

S Macarios, arménien, évêque à Antioche ; il quitta son siège par humilité et commença un long pèlerinage jusqu’en Flandre, où il mourut de la peste à Gand.

S Fulbert, ami de Gerbert, évêque à Chartres et maître de réputation internationale, poète, musicien, hagiographe ; il avait une grande dévotion pour la Sainte Vierge .

XV.

B Antonio Neyrot, piémontais, dominicain à Florence ; prisonnier à Tunis, où il renia sa foi, mais se repentit, fut arrêté, torturé et exécuté le Jeudi Saint 1460 ; racheté par des marchands gênois, son corps fut enterré à Gênes, puis transféré à Rivoli, sa ville natale.

B Marco Fantuzzi, franciscain à Piacenza.

XVII.

S Miquel des Saints “l’extatique” (29 sept.1591-1625), trinitaire catalonais, qui eut de spectaculaires extases et mourut à trente-trois ans et six mois, à peu près comme le Christ. 

XIX.

Ste Maddalena de Canossa, fondatrice à Vérone d’un double Institut des Fils et des Filles de la Charité, pour les malades et la catéchèse ; Napoléon, qui la vit, l’appela “un ange” ; canonisée en 1988.

XX.

B Piotr Zukowski (Bonifacy, 1913-1942), franciscain polonais, martyr à Dachau, béatifié en 1999.

B Rolando Rivi (1931-1945), jeune séminariste italien, assassiné par les "Partisans", béatifié en 2013.

B Pedro María Ramírez Ramos (1899-1948), prêtre colombien assassiné, béatifié en 2017.

Martyrs de Carthage

† 250

 

Il s’agit ici d’un groupe de quarante sept Martyrs, qui témoignèrent pour le Christ au moment de la persécution de Dèce.

Leurs noms connus sont : Terentius, Africanus, Maximus, Pompeius, Alexander, Theodorus, Zeno.

Le gouverneur de Carthage (Afrique, act. Tunisie), Fortunatianus, invita tout le peuple de Carthage à venir sacrifier aux dieux, en leur exposant les instruments de supplice auxquels seraient condamnés ceux qui n’obtempéreraient pas.

Hélas, beaucoup renièrent leur foi, ce qui engendrera ensuite le problème des lapsi : peut-on les réadmettre dans la communion ? si oui, à quelles conditions ?

Mais il y eut des courageux, parmi lesquels ceux de notre groupe. Ils furent convoqués devant le tribunal. Térence parla au nom de tous, réaffirmant leur volonté de rester fidèles au Christ et leur désir de mourir pour Lui, même au prix de grandes souffrances.

Le gouverneur les fit dévêtir et traîner jusque dans le temple païen. Térence reprit la parole : Ces statues ne sont que du bois, des pierres, de l’airain, du fer : on a doré ces statues pour éblouir les yeux des hommes.

Terentius, Africanus, Maximus et Pompeius furent jetés dans un cachot. Tous les autres comparurent à leur tour : frappés de verges et de lanières de cuir, ils restèrent aussi fermes que les premiers. Placés sur un grand bûcher, ils se mirent à chanter le cantique des Trois jeunes hommes (cf. Dn 3:52-90). Puis ils furent accrochés en l’air, pour être mieux déchirés par les coups : et voici qu’avec un simple signe de croix, les victimes mirent en poussière les idoles ; le temple s’écroula.

Peut-être que l’auteur du récit s’est laissé un peu emporter dans son élan : si le temple s’était écroulé, il aurait englouti tous les présents, comme lors de la mort de Samson (cf. Jg 16:27-31). Au contraire, le récit enchaîne que Fortunianus fit alors décapiter les Martyrs.

Revenant au premier groupe, et n’en pouvant obtenir rien d’autre, Fortunianus fit charger de lourdes chaînes les prisonniers - qu’un ange vint délivrer et illuminer durant la nuit -. Le lendemain et pendant plusieurs jours, le gouverneur les soumit encore à d’autres tortures, avant de les faire décapiter.

Tous ne moururent donc pas le même jour, mais ils ont été réunis dans une unique mention, ayant été unis dans un même combat. 

Ces saints Martyrs de Carthage sont commémorés le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Apollonius d’Alexandrie

† 305

 

Il s’agit ici d’un Martyr de la persécution de Maximien, donc dans les années 305-310.

Apollonius était un prêtre. 

Il fut martyrisé en Alexandrie d’Egypte, mais on ne sait rien de plus quant aux circonstances de ce martyre.

Saint Apollonius d’Alexandrie est commémoré le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Palladius d’Auxerre

† 658

 

De Palladius on ne connaît pas les circonstances de sa naissance et de sa jeunesse.

On sait que, prêtre et abbé de Saint-Germain, il conquit l’estime du peuple par sa bonté envers les pauvres et sa sagesse, et qu’il fut unanimement désigné pour être le vingtième évêque d’Auxerre, en 622.

On a retrouvé sa signature sur les actes de plusieurs conciles : Reims en 625 ; Clichy en 633 ; Chalon-sur-Saône en 644. Au concile de Reims, il fut question du droit d’asile dans une église, de l’interdiction de consulter les devins païens, de réduire en servitude des personnes libres ; à celui de Clichy, Sigebert III fut nommé roi d’Austrasie, d’Aquitaine et de Provence ; celui de Chalon-sur-Saône s’occupa entre autres du très controversé droit de dépouille, par lequel certains dignitaires s’appropriaient les biens des prêtres défunts.

En 635, Palladius re-fonda hors les murs le monastère de Saint-Julien pour des religieuses, stipulant qu’elles iraient chaque jeudi en procession à la cathédrale, ce qui prouve qu’à cette époque déjà on ne considérait par le cloître comme une clôture hermétique. En 644, l’évêque demandait à ces religieuses de nourrir et vêtir les pauvres.

Palladius embellit l’église Saint-Etienne, en fonda d’autres encore, dont celle de Saint-Eusèbe (v. 1er août), avec un monastère pour les hommes ; on dit que dans cette dernière église, on n’épargna pas l’or et le cristal pour les mosaïques. La localité de Vercisum où Palladius édifia l’église de Saint-Germain, devint Vergers, réunie ensuite à Sully (Donzy).

Envers les chanoines de la cathédrale d’Auxerre, il établit que chaque année, en la fête de saint Germain (v. 31 juillet), l’évêque remettrait cent sols à chacun d’eux, espérant qu’ainsi les bons chanoines solenniseraient davantage la fête de saint Germain.

Comblé de mérites, Palladius s’éteignit le 10 avril, vers 658 (mais cette date varie de 653 à 661), et fut enterré en cette même église de Saint-Eusèbe qu’il avait fondée, et où eurent lieu beaucoup de miracles.

Il fut canonisé en 945.

Saint Palladius est commémoré le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bède le Jeune

† 883

 

Bède était originaire de l’actuel Danemark (son nom ne devait certainement pas porter l’accent).

Il passa quarante-cinq ans de sa vie à la cour des empereurs Louis le Débonnaire et Charles le Chauve : c’était un des premiers seigneurs de l’empire.

La grâce de Dieu travailla dans ce cœur droit, et Bède comprit qu’il valait mieux amasser d’autres trésors pour le siècle à venir : il quitta la cour, les amis, les honneurs, les plaisirs, et se retira loin, très loin, en Italie, dans un monastère entre Venise et Ferrare, à Gavello. C’est qu’il voulait absolument être oublié, dans ce monastère bénédictin retiré et presque inconnu.

Bède n’était plus alors un jeune garçon, et l’on pouvait supposer que le noviciat lui aurait quelque peu coûté, par ses austérités, ses horaires réguliers, son silence… Bède chercha en tout la perfection avec une soumission totale aux dispositions de ses maîtres.

Son mérite et sa sainteté le firent nommer à plusieurs évêchés, mais son humilité lui fit refuser tous ces honneurs.

Il mourut le 10 avril 883 et son corps fut déposé à l’église Saint-Bénigne de Gênes, où fut construite au 12e siècle une autre abbaye bénédictine, aujourd’hui disparue.

On l’a surnommé le Jeune, principalement pour le distinguer de son illustre «ancêtre» le Vénérable, qui fut anglais et mourut cent-cinquante ans plus tôt (v. 25 mai).

Saint Bède le Jeune est commémoré le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Macaire l’Arménien

† 1012

 

Macarios était arménien de naissance. Le royaume d’Arménie n’était déjà plus ce qu’il avait été des siècles plus tôt ; les Romains déjà, puis les Byzantins, enfin et surtout les Sarrasins l’avaient déjà maintes fois soumis et réduit à des limites bien plus restreintes.

Les parents de Macarios, chrétiens, l’éduquèrent dans la foi et le confièrent à l’évêque d’Antioche de Pisidie, qui s’appelait lui aussi Macarios.

Le jeune Macarios fut si docile et fidèle, qu’ils reçut les ordres sacrés et le sacerdoce ; l’estime qu’on avait de lui, du petit peuple à l’évêque, le fit désigner tout naturellement pour succéder à celui-ci.

Jeune archevêque, Macaire gouverna son peuple avec douceur et bonté ; insensible aux injures et aux persécutions - qui ne manquaient pas -, il remplissait les devoirs de sa charge avec zèle. Sa maison était remplie de pauvres, d’estropiés, de malades, qui recouraient à lui comme à un père ou à un médecin.

Trop de louanges et d’honneurs heurtèrent sa profonde humilité et il décida de se retirer. Après avoir distribué ce qui lui restait encore, il recommanda son diocèse à un certain prêtre nommé Eleuthère, et partit à pied visiter les Lieux Saints de Palestine.

En 1006, il arriva donc auprès du patriarche de Jérusalem, qui le reçut fraternellement. Il profita de ses rencontres avec les Juifs et les Musulmans, pour leur expliquer l’erreur de leurs positions respectives et pour les amener à la foi. S’il fit quelques conversions, il subit surtout de la part des Musulmans une série d’humiliations qu’on a peine à imaginer : on l’étendit à terre les bras en croix, on lui attacha les pieds et les mains avec des cordes, on lui mit sur la poitrine une énorme pierre ; ce qui étonna les bourreaux, c’est que Macarios sortit de cette épreuve sans aucun dommage et ce prodige en amena certains à la foi.

Les parents de Macarios le firent contacter dans l’espérance de le voir revenir promptement, mais lui, invoquant des signes de Dieu, continua son pèlerinage. A travers l’Epire et la Dalmatie, il parvint en Bavière, monta sur Mayence et Cologne, atteignit le Brabant, le Hainaut et la Flandre : de ville en ville, il s’arrêta enfin à Gand, vers 1011.

La sainteté du personnage ne pouvait passer inaperçue ; on voulut le retenir, mais il projeta alors de revenir dans son diocèse.

Ce qui le retint cette fois-ci, fut la maladie de la goutte, puis la peste.

Comme il l’avait annoncé, il fut la dernière victime de cette épidémie et mourut au soir du Jeudi saint, 10 avril 1012.

Ses reliques sont demeurées à Gand, où Macaire est resté en grande vénération.

Saint Macaire l’Arménien est commémoré le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fulbert de Chartres

960-1029

 

La naissance et l’origine de Fulbert restent mystérieuses ; on l’a dit romain, mais aussi aquitain.

Etudiant à Reims, on a souvent affirmé qu’il avait été l’élève d’un certain Gerbert, le futur pape Sylvestre II qui, une fois élu pape, l’appela quelque temps à Rome. C’est de Gerbert que Fulbert aurait reçu sa formation scientifique et philosophique. L’épisode est contesté aujourd’hui, mais Fulbert demeure célèbre pour sa science universelle : droit, grammaire, rhétorique, poésie, musique, médecine.

Etabli en l’église de Chartres, Fulbert en fut le chancelier et y créa une école de théologie, géométrie, médecine et philosophie.

Vers 1002, des troubles s’élevèrent dans l’abbaye de Saint-Pierre de Chartres. Pour être renseigné convenablement, l’abbé Abbon de Fleury s’adressa à Fulbert. Ce dernier expliqua comment Magenard, moine ambitieux, s’était fait élire abbé, avait été chassé du monastère, et avait expié sa faute de façon si exemplaire que les moines eux-mêmes l’avaient rappelé à leur tête.

Sur intervention du roi Robert II, Fulbert devint évêque à Chartres en 1007. Mais l’élu se soucia toujours de maintenir l’indépendance de l’Eglise. Cet évêque consciencieux rechercha la paix et la concorde, dans un grand respect de toutes les parties. Il chercha ainsi à réconcilier le comte Eudes II de Blois avec le roi Robert II ; dans une célèbre lettre au duc Guillaume V d’Aquitaine, il résume en six mots ce que doit être la fidélité d’un vassal : salut, sécurité, honneur, intérêt, facilité et liberté d’action. Même quand il encourut la disgrâce du roi, il fit tous ses efforts pour en regagner l’amitié.

Fulbert continua son enseignement à l’école de Chartres, qui devint la plus célèbre académie de France.

Il vit le danger de l’erreur de Béranger sur la Présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie, et réfuta l’erreur de son ancien élève. Il en prévint aussi son métropolitain, l’évêque Léothéric de Sens, en ces termes : Pilote du vaisseau du roi, sois circonspect et sur tes gardes : si tu t’écartes de la route prescrite par la foi, tu feras certainement un triste naufrage.

Fulbert devint comme l’oracle des princes et des évêques. En 1008, au concile de Chelles, on voit qu’il signe juste après les métropolitains, avant d’autres évêques bien plus anciens que lui.

L’évêque de Chartres eut le souci de son diocèse, et sut réprimer des abus. Il édita des canons pénitentiaux, composa des hymnes pour la liturgie. Actuellement l’hymne pascale Chorus Novæ Ierusalem est toujours au Bréviaire.

En 1020, après l’incendie désastreux de la ville, il entreprit la reconstruction de la cathédrale, suppliant les princes de l’aider financièrement : Canut de Danemark, Guillaume de Poitiers. Cette cathédrale, dont subsiste aujourd’hui l’immense crypte, fut placée sous le vocable de Notre-Dame, Reine de Miséricorde, à laquelle il avait une grande dévotion. Il établit dans son diocèse la fête de la Nativité de Marie.

Ce saint évêque gouverna son Eglise pendant environ quatorze ans. Il mourut le 10 avril 1029.

Il fut enterré dans l’abbaye où il aimait se retirer, à Saint-Père-en-Vallée.

Sur la base de plusieurs miracles opérés par son intercession, Fulbert a longtemps été considéré Bienheureux ; il a le titre de Saint dans le Martyrologe, au 10 avril.

 

 

Antonio Neyrot

1423-1460

 

Antonio vit le jour vers 1423 à Rivoli (Piémont, Italie NO). On ne connaît pas sa famille : on pourrait peut-être supposer que cette famille avait des racines françaises et que le nom de Noiraud, prononcé à l’ancienne Nouéraud, soit devenu Neyrot en piémontais.

Tout jeune encore, le garçon quitta sa patrie pour aller se présenter au couvent de Saint-Marc de Florence qui avait été cédé aux Dominicains de Fiesole sur la demande de saint Antonino (v. 2 mai). Ce dernier, dominicain lui-même, allait devenir évêque de Florence. Dans le couvent, était en train de travailler un humble Religieux, qui peignait d’admirables fresques, un certain Giovanni de Fiesole, mieux connu comme Fra Angelico (v. 18 février).

En 1448, une épidémie de peste dévasta Florence et décima les Religieux qui s’étaient dévoués auprès des malades et des mourants.

Antonio ne répondit pas vraiment aux grâces que Dieu lui accorda. D’un caractère faible et inconstant, il s’abandonnait aisément aux rêves de son esprit inquiet. Il voulut passer en Sicile ; malgré les exhortations touchantes et les menaces d’Antonino, il demanda et obtint l’autorisation de ses supérieurs, échappa aux dangers de la traversée, et débarqua dans l’île. Au bout de quelque temps, il voulut revenir à Naples, mais le bateau qui le portait fut pris par les pirates ; prisonnier, il se souvint des prédictions d’Antonino, reçut la visite d’un ermite de Saint-Jérôme, un certain Costanzo, devenu esclave du roi de Tunis ; il put lui faire sa confession, mais ne montra pas assez de patience et de résignation devant l’épreuve de sa captivité.

Le roi de Tunis, moyennant certaines formalités, permettait aux captifs de sortir de prison avant même qu’ils eussent été rachetés. Pour obtenir cette faveur, Antonio eut recours au crédit du consul génois, Clemente Cicero ; mais la demande avait été faite en termes peu édifiants, et le consul mal impressionné résolut de ne pas s’occuper de cette affaire. Il revint pourtant sur cette décison et consentit même à payer la somme qui devait assurer l’élargissement d’Antonio. 

Celui-ci ne sut pas utiliser les loisirs de sa mise en liberté ; sa foi s’affaiblit, ses passions se réveillèrent ; dans son ingratitude, il alla jusqu’à renier publiquement sa foi en Jésus-Christ, pire : il contracta un mariage sacrilège.

Là-dessus, Antonio apprit la mort du cher Supérieur Antonino, ainsi que les miracles qui se produisaient sur la tombe de celui-ci ; il conçut alors un profond remords et, tout troublé, appela à son aide le saint évêque Antonino, qui lui apparut : il lui rendit confiance, l’exhorta à se repentir. Désormais, Antonio fut tout-à-fait différent ; tel saint Pierre qui, après l’enthousiasme, renia son divin Maître, pleura sa faute et plus tard versa son sang pour la Foi, Antonio se convertit vraiment et persévéra jusqu’à la fin.

Pour bien montrer sa résolution, il se prépara à abjurer sa faute devant ceux-là mêmes qui avaient assisté à son apostasie, ce qui pourrait n’avoir lieu que six mois plus tard, quand le roi devrait faire son entrée solennelle à Tunis.

Durant ces six mois, Antonio ne fit pas qu’attendre ; il s’adonna à tous les exercices de la piété que lui inspirait sa conscience. Le jour des Rameaux 1460, il se confessa et communia, abjura son apostasie devant la communauté des Chrétiens, se fit faire la tonsure monastique (à l’époque, elle consistait à ne laisser qu’une couronne de cheveux, en souvenir de la Couronne d’épines du Seigneur), reprit son habit dominicain et alla ainsi se présenter au roi qui avançait solennellement dans la ville.

Antonio déclara alors qu’il croyait fermement en Jésus-Christ, qu’il détestait le crime de l’avoir renié. Le roi témoigna la surprise que lui causait cette déclaration et invita le Frère à revenir sur sa décision ; comme ce dernier n’en faisait rien, le roi ordonna d’éloigner ce disturbateur et de le remettre au juge.

En prison, Antonio prit seulement un peu de pain et d’eau et distribua à d’autres Chrétiens captifs ce qu’on pouvait lui apporter.

Le Jeudi Saint, le juge l’exhorta, le menaça, et finalement, fatigué, le condamna à mort : il devait avoir les membres brisés et le corps broyé. Les bourreaux emmenèrent incontinent Antonio au lieu du supplice. Certains tentèrent encore de le persuader, mais en vain.

Parvenu à l’endroit, Antonio remit son habit religieux à des hommes en leur disant : Gardez cet habit, si vous le préservez de toute souillure, les Chrétiens vous en récompenseront. Les hommes promirent.

Puis Antonio se mit à prier, immobile, à genoux. Alors les bourreaux et les musulmans présents s’élancèrent sur le Frère, le frappant de leurs épées, l’accablant sous une grêle de pierres. Antonio fut bientôt complètement déchiqueté. On voulut brûler son corps, mais le feu ne prit pas, de sorte qu’on tira ce cadavre par les rues et qu’on le jeta dans une fosse d’immondices. Ce martyre eut lieu le 10 avril 1460.

Des marchands de Gênes purent racheter le corps, le laver respectueusement et l’emporter à Gênes.

Dieu manifesta par des miracles la gloire de son serviteur. 

Par l’entremise du duc de Savoie, le bienheureux Amédée IX (v. 30 mars), le corps du Martyr fut transféré à Rivoli.

Le culte s’accrut et fut approuvé en 1767, ce qui équivaut à une béatification.

 

 

Marco Fantuzzi

1409-1479

 

Marco Fantuzzi naquit en 1409 à Bologne, de Bartolomeo et Lisia.

Après de brillantes études dans les arts libéraux (ou dans le droit), il quitta le monde et entra chez les Frères Mineurs Observants (1435).

En 1437, il était déjà supérieur en Emilie, et en 1444 vicaire provincial. En 1445, il fut l’un des prédicateurs choisis par le pape pour prêcher la croisade contre les Turcs.

Il se montra fervent prédicateur, à l’égal des autres grands prédicateurs franciscains de l’époque : Bernardino de Sienne, Giovanni de Capistran, Giacomo de la Marche (v.  20 mai, 23 octobre, 28 novembre).

On l’entendit prêcher à : Norcia, Mantoue, Milan, Florence, Bologne, Pérouse, Ascoli, Pavie. 

En 1452, il présida le chapitre de L’Aquila et tenta de pacifier les désaccords entre les Franciscains de Dalmatie et de Bosnie. En outre, il fut par trois fois élu Vicaire Général de l’Ordre, en 1452, 1464 et 1469, en tout neuf années en dix-sept ans.

Pour appuyer et encourager le mouvement de réforme franciscain, il visita les couvents d’Europe centrale et orientale, et de Terre Sainte. Le pape concéda aux Observants de dépendre directement du vicaire général, et non plus des Conventuels, ce qui provoqua des jalousies et des heurts, dont souffrit beaucoup Marco. Dans un nouveau chapitre, il fut même privé de son droit de vote, malgré les vives protestations de Giacomo de la Marche.

A Bologne, il contribua à la fondation du monastère du Corpus Domini, ainsi que le Mont de Piété. Un témoin de la vie de Marco rapporte qu’il opéra des guérisons miraculeuses.

Marco s’éteignit à Plaisance, après y avoir prêché le carême, le 10 avril 1479.

Quatre siècles plus tard, le culte en fut approuvé, en 1868, reconnaissant Marco comme Bienheureux.

 

 

Miquel Argemir i Mitjà

1591-1625

 

Miquel naquit en la fête de saint Michel Archange, 29 septembre 1591, à Vich (Catalogne, Espagne), avant-dernier des huit enfants de Enrique Argemir et Montserrat Mitjà, qui lui donnèrent le nom de l’Archange.

Dans cette famille très chrétienne, chaque jour on priait le chapelet et lisait l’évangile ; le samedi on assistait aux vêpres à la cathédrale. 

A sept ans, Miquel obtint la permission de jeûner trois fois par semaine en carême, et comme sa santé ne s’en ressentait pas, il jeûna tout le carême l’année suivante. Déjà il fit vœu de chasteté et chercha à vivre en ermite dans le massif de Montseny.

A onze ans, il fut orphelin et voulut entrer au couvent, mais la famille s’y opposa. Il s’habitua dès lors à ne manger que des herbes et des légumes.

En 1603, il réussit tout de même à entrer chez les Trinitaires de Barcelone, et passa au noviciat de Saragosse en 1606 ; il fit la profession le 30 septembre 1607, lendemain de ses seize ans (et de la fête de saint Michel).

Il connut le mouvement de réforme des Trinitaires Déchaux ; il partit en 1608 pour Oteiza (Pamplona), et finira le noviciat à Madrid. On l’envoya à La Solana, puis Séville, Valldepeñas, Cordoue, Granada et Socuéllamos. Il alla étudier la philosophie à Baeza de 1611 à 1614, puis la théologie à Salamanque. 

Le bruit se répandit de ses étonnantes extases. A Séville, il devait lire la lecture de l’Office sur la Jérusalem céleste, et ne put achever ; il fallut le remplacer au pupître ; à la fin de l’extase, qui dura jusqu’à la fin de l’Office, Miquel s’en alla en courant, tout confus de la situation. A Cordoue, quand on lut un passage sur le joie des Bienheureux au Paradis, il s’envola littéralement, sortit du chœur et n’alla atterrir que devant le Saint Sacrement d’une église. A Salamanque, on le vit s’élever en l’air les bras en croix au moment où le professeur parla de l’Incarnation du Christ ; il resta dans cette position pendant un quart d’heure.

En 1616 il reçut l’ordination sacerdotale à Baeza. Il fut confesseur, prédicateur et vicaire conventuel. Les conversions furent nombreuses ; on le surnomma l’extatique. Un jour, lors d’une nouvelle extase, Jésus et lui échangèrent leurs cœurs, selon ce que Miquel relata dans ses notes : La Tranquillité de l’Ame.

Miquel expérimenta aussi la calomnie et la prison : deux Religieux, jaloux, prétendirent le dénoncer et Miquel dut passer dix mois en prison sans pouvoir se défendre, disant seulement que c’était là la volonté de Dieu.

En 1622, on le nomma prieur à Valladolid ; sa renommée s’étendit encore plus, des personnalités ecclésiastiques et civiles vinrent se confesser à lui. Miquel se préoccupa avec le plus grand zèle du rachat des Chrétiens captifs des Musulmans (ce qui est le but de l’Ordre trinitaire), mais aussi se préoccupa d’autres «prisonniers» : les affligés, les pécheurs, les pauvres.

En 1625, il fut pris de fièvre typhoïde. Il se prépara à la mort avec la plus grande ferveur et avec grande joie, et mourut le 10 avril 1625 ; il avait trente-trois ans et à peine plus de six mois, environ l’âge de Notre-Seigneur.

On ne compta pas les miracles qui se produisirent, avant et après sa mort. Miquel, surnommé Miquel des Saints, fut béatifié en 1779 et canonisé en 1862.

Miquel des Saints est le patron céleste de la ville de Vich, et aussi de l’Adoration nocturne.

Maddalena de Canossa

1774-1835

 

Elle naît à Vérone (Italie) le 1er mars 1774, troisième des six enfants de cette famille noble et riche des marquis de Canossa. Le père est Ottavio de Canossa, la mère est la comtesse Teresa Szluha. Les six enfants sont : Carlo Vincenzo (mort-né), Laura Maria, Maddalena, Bonifacio, Rosa et Eleonora.

L’enfance et l’adolescence sont marquées par les douloureuses épreuves de la mort du papa (1779) et du remariage de la maman (1781).

Maddalena et ses sœurs auront pour préceptrice une française sévère et autoritaire, dont l’influence négative sur Maddalena conduira cette dernière à une grave maladie.

A dix-sept ans, Maddalena tente par deux fois d’entrer au Carmel, à Verona puis à Conegliano, mais une intuition intérieure la pousse à se donner davantage au Christ et à Le servir parmi les plus pauvres.

La situation politique de la fin du 18e siècle est agitée, la ville italienne de Vérone passe sous la botte autrichienne puis est conquise par les troupes napoléoniennes et Maddalena remet à plus tard son saint projet, acceptant de rester dans le palais Canossa pour administrer l’important patrimoine familial, d’autant plus que l’évêque n’est pas entièrement d’accord avec le projet qu’elle lui dévoile.

Elle s’efforce malgré tout d’aller trouver les pauvres, ceux qui ont faim de pain, mais aussi faim d’instruction, de compréhension, et surtout faim de la Parole divine. Elle les rencontre aux portes de Vérone, où on ressentait douloureusement le passage des troupes révolutionnaires.

Après avoir regroupé quelques amies qui adhéraient à son idéal, Maddalena quitte définitivement le palais Canossa en 1808 pour s’installer dans le quartier le plus pauvre de Vérone et y servir ceux qui ont le plus besoin du Cœur du Christ.

L’Esprit de Dieu va littéralement enflammer cette humble fondation : en peu de temps, Maddalena ouvre des maisons à Vérone, à Venise, à Milan, à Bergame, à Trento…

Maddalena et ses compagnes sont actives dans cinq domaines bien spécifiques : l’école de la charité pour la promotion intégrale de la personne ; la catéchèse à tous les niveaux, surtout pour ceux qui sont loin ; l’assistance des femmes malades dans les hôpitaux ; maisons de formation pour de jeunes maîtresses dans les campagnes, qui épauleront les curés dans les activités pastorales ; enfin, exercices spirituels annuels pour les dames de la haute noblesse, en vue de les aider spirituellement à s’élever, tout en les insérant dans diverses activités caritatives. Par la suite, ces exercices s’étendront aussi à toutes les catégories sociales.

Autour de la figure et de l’œuvre de Maddalena, gravite toute une armée de témoins de la charité, qui laisseront à leur tour leur nom dans les pages de la vie de l’Eglise : Leopoldina Naudet, Antonio Rosmini, Antonio Provolo, Karl Steeb, Gaspare Bertoni, Teodora Campostrini, Teresa Eustochio Verzeri, Elisabetta Renzi (voir la note plus bas).

En 1819-1820, les divers diocèses où sont présentes les communautés, donnent leur approbation. Le pape Léon XII approuve la règle des Filles de la Charité en 1828.

En 1831, voit le jour la branche masculine des Fils de la Charité, que Maddalena projetait depuis 1799. Deux essais, avec Antonio Rosmini puis Antonio Provolo n’avaient pas abouti. Cette fois-ci, l’œuvre est appuyée par un saint prêtre de Venise, Francesco Luzzo, aidé par deux laïcs de Bergame : Giuseppe Carsana et Benedetto Belloni.

Maddalena meurt à soixante-et-un ans, le 10 avril 1835, à Vérone. Elle a été béatifiée en 1941, et canonisée en 1988. Inscrite au Martyrologe au 10 avril, elle est toutefois localement fêtée le 8 mai, en-dehors du temps du Carême.

Les Fils et les Filles “Canossiens” sont envoyés vraiment ad gentes, à toutes les nations : les Filles de la Charité sont répandues jusqu’en Extrême-Orient, les Fils de la Charité sont présents en Italie mais aussi outre Océan. 

 

Note. Quelques indications sur tous ces noms qui ont illustré la vie de l’Eglise à Vérone ou dans les environs durant le XIXe siècle : 

La Vénérable Leopoldina Naudet (1773-1834) a fondé les Sœurs de la Sainte Famille de Vérone. 

Le Bienheureux Antonio Rosmini (1797-1855) a été béatifié en 2007 ; il est fêté le 1er juillet.

Le Serviteur de Dieu Antonio Provolo (1801-1842) est un saint prêtre de Vérone, qui voulut promouvoir l’assistance aux sourds-muets par la musique.

Le Bienheureux Karl Steeb (1773-1856) est un prêtre allemand actif à Vérone, fondateur des Sœurs de la Miséricorde de Vérone, béatifié en 1975 et fêté le 15 décembre.

Saint Gaspare Bertoni (1777-1853) fonda à Vérone la Congrégation des Saintes Stigmates de Notre Seigneur, fut béatifié en 1975 et canonisé en 1989 ; il est fêté le 12 juin.

La Servante de Dieu Teodora Campostrini (1788-1860), a donné naissance à Vérone aux Sœurs Minimes de la Charité de Notre-Dame des Douleurs.

Sainte Teresa Eustochio Verzeri (1801-1852) fonda la Congrégation des Filles du Sacré-Cœur de Jésus pour l’éducation des jeunes filles pauvres et fut canonisée en 2001 ; le Martyrologe la commémore le 3 mars.

La Bienheureuse Elisabetta Renzi (1786-1859) a fondé la Congrégation des Maîtresses Pies de Notre Dame des Douleurs ; béatifiée en 1989, elle est fêtée le 14 août.

Piotr Żukowski

1913-1942

 

Né le 13 janvier 1913 à Baran-Rapa (Nemencine, Vilnius, Lituanie), Piotr était le fils de Andrzej Żukowski et de Albina Walkiewicz.

Il travailla aux champs, puis entra à seize ans chez les Franciscains Conventuels du Niepokalanow, sous le nom de Bonifacy. 

Il fait la première profession en 1932, et la solennelle en 1935. Il a dû recevoir l’ordination sacerdotale vers 1938.

Il fut un fidèle collaborateur du père Kolbe dans la rédaction du bulletin Le Chevalier de l’Immaculée.

Quand survient la police nazie, il risque sa vie pour protéger les machines typographiques. Arrêté avec six autres, il est envoyé au camp de Auschwitz le 8 janvier 1942. Il porte le n° 25447.

Il meurt à l’infirmerie, victime d’une pneumonie, le 10 avril 1942.

Il a été béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais de l’époque nazie, en 1999.

 

 

Rolando Rivi

1931-1945

 

Né le 7 janvier 1931 à San Valentino (Castellarano, Italie nord), Rolando était le deuxième des trois fils de Roberto Rivi et Albertina Canovi.

Il entra au Petit séminaire de Marola en 1942, mais revint dans sa famille deux ans après, à cause de l’occupation allemande dans la région.

Mais à cette époque, tous les petits séminaristes portaient déjà la soutane, et Rolando continua à s’habiller ainsi chez les siens. C’était courageux de la part de l’adolescent, car dans cette région, les «partisans» communistes, en haine du fascisme au pouvoir, n’hésitaient pas à assassiner les prêtres qu’ils rencontraient.

Le 10 avril 1945, ils vinrent chercher Rolando chez lui, laissant aux parents un petit mot : Ne le cherchez pas. Il nous accompagne un petit moment. Les Partisans.

Le «petit moment» dura trois jours au terme desquels les Partisans eux-mêmes indiquèrent où se trouvait le corps du séminariste. Son père et le curé du village le retrouvèrent dans un bois, le visage tuméfié, le corps plein de sévices, et deux blessures mortelles, une au cœur, l’autre à la tempe gauche.

La mort de Rolando eut lieu le 10 avril 1945.

Depuis, beaucoup de guérisons miraculeuses furent attribuées à l’intercession de Rolando, mais c’est principalement en raison de son martyre en haine de la foi, qu’il a été béatifié en 2013.

 

Pedro María Ramírez Ramos
1899-1948

Pedro naquit à La Plata (Huila, Colombie) le 23 octobre 1899, de Ramón et Isabel.

Après l’école de son village, il fréquenta le Petit séminaire Saint-Louis-de-Gonzague à Elías, puis en 1915 le Grand séminaire Marie-Immaculée de Garzón, où il reçut les Ordres mineurs (1917).

L’épreuve le travailla : il eut des doutes, et en 1920 se retira du séminaire.

Huit ans plus tard, il entra au Grand séminaire de Ibagué (Tolima) et fut ordonné prêtre en 1931.

Il fut curé à Chaparral, puis à Cunday (1934), à Fresno (1939), enfin à Armero (1943-1948).

Le 9 avril 1948, alors que don Pedro revenait d’avoir visité des malades à l’hôpital, éclata une révolte à cause de l’assassinat du candidat à la Présidence, Jorge Eliecer Gaitán Ayala. Le prêtre n’avait rien à voir là-dedans, mais par précaution se réfugia dans son église paroissiale ; les Religieuses, qui habitaient à côté, lui conseillaient de s’enfuir pendant la nuit, mais il préféra rester auprès de ses ouailles.

La révolte dégénéra. Le 10 avril dans l’après-midi, toute une foule excitée s’engouffra dans l’église, profanant le lieu saint ; on demanda à don Pedro et aux Religieuses de livrer leurs armes - qu’ils n’avaient pas, bien sûr. Alors on s’empara du prêtre, on le tira dehors et on l’assassina à coups de poignard.

Personne n’osait ramasser le corps du prêtre, par peur de subir le même sort. Vers minuit, les assassins vinrent le tirer jusqu’au cimetière voisin et l’ensevelirent seulement le lendemain, en pleine terre, sans sa soutane. Le 21 avril, les autorités intervinrent pour accorder une autopsie et une sépulture digne du prêtre.

Localement, don Pedro est surnommé le Martyr d’Armero. Il fut béatifié en 2017.

Pedro María Ramírez Ramos sera commémoré le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

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8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 23:00

09 AVRIL

 

III.

S Maximos, évêque en Alexandrie.

IV.

S Ædesios, martyr en Alexandrie, frère de s. Apphianos (cf. 2 avril).

Ss Héliodore, Desan et Marjab, martyrs persans ; Héliodore, évêque à Bizabda, désigna Desan comme son successeur.

S Eupsychios, martyr à Césarée de Cappadoce ; il venait de se marier ; les chrétiens, qui venaient de recevoir l’ordre de reconstruire le temple de la Fortune, l’édifièrent en l’honneur de s. Eupsychios. 

S Liborius, évêque au Mans. 

S Badème, martyr en Perse, frappé par un apostat.

?

S Demetrius, illustre martyr à Syrmium, vénéré surtout à Thessalonique.

V.

S Acacios, évêque à Amide ; il vendit quantité d’objets précieux du culte pour subvenir à la nourriture et à la libération de prisonniers persans, ce qui lui gagna l’estime du roi de Perse, et la paix pour les chrétiens persans. 

VI.

S Dotton, écossais, abbé aux îles Orcades. 

VII.

Ste Vaudru, fille de s. Walbert et de ste Bertilie, sœur de ste Aldegonde, mère des saints Landry (évêque à Meaux), Dentelin (mort en bas âge, après son baptême), Aldetrude et Madelberte qui furent religieuses sous la conduite de leur tante ; son mari Madelgaire (futur s. Vincent de Soignies), devint moine à Haumont ; elle-même édifia un monastère qui devint la ville de Mons. 

VIII.

S Hugues, apparenté à Charles Martel et à Pépin le Bref, évêque à Rouen ; il cumula plusieurs bénéfices (abbayes de Fontenelle et Jumièges, évêchés de Paris et Bayeux), pour ne pas les laisser tomber en des mains indignes, mais qu’il administra sagement et abandonna dès que possible.

X.

S Frithstan, évêque à Winchester. 

XI.

Ste Casilde, fille du roi de Tolède ; catéchumène, elle portait à manger aux prisonniers victimes de la persécution de son père ; ce dernier l’épia : les pains se changèrent en roses ; elle se retira près du lac Saint-Vincent de Burgos où elle guérit d’un mal incurable, se fit baptiser et vécut solitaire.  

XII.

S Gaucher, solitaire à Chavagnac ; il fit construire deux monastères pour les hommes et les femmes, qui voulurent vivre sous sa conduite ; il mourut des suites d’une chute de cheval.

XIV.

S Ubaldo Adimari, chef gibelin à Florence, puis Servite de Marie au Monte Senario.

Bx Tommaso de Tolentino, Giacomo de Padoue, Piero de Sienne, prêtres, et Démétrius de Géorgie, frère convers, franciscains martyrs en Inde.

B Antonio Pavoni, dominicain en Piémont dès quinze ans, martyrisé par les hérétiques vaudois qui le mirent en pièces à la fin de la messe.

B Reginaldo Montesnarti, dominicain à Viterbe ou Orvieto.

XVIII.

Bse Marguerite Rutan, supérieure des Filles de la Charité à Dax, guillotinée, béatifiée en 2011.

XX.

Bse Katarzyna Faron (Celestyna, 1913-1944), polonaise des Petites Servantes de l’Immaculée Conception, martyre à Auschwitz, béatifiée en 1999.

Bse Lindalva Justo de Oliveira (1953-1993), brésilienne des Filles de la Charité, martyre, béatifiée en 2007.

Maximos d’Alexandrie

† 282

 

Maximos naquit en Alexandrie, de parents chrétiens et sans doute grecs, ce qui pourrait expliquer la culture exclusivemnt grecque de Maximos.

Il appartint au clergé d’Alexandrie, où les patriarches Héraclas et Dionysios (v. 4 décembre et 8 avril) lui conférèrent respectivement le diaconat et le sacerdoce.

Maximos accompagna discrètement Dionysios dans son exil à Kephro et put ainsi assurer un lien entre l’évêque et l’Eglise d’Alexandrie.

A la mort de Dionysios, Maximos lui succéda (264-265). 

Son épiscopat se déroula dans la paix retrouvée. Il reçut les décisions des pères conciliaires qui avaient déposé Paul de Samosate et protégea l’école théologique d’Alexandrie.

Il mourut le 9 avril 282, après dix-huit années d’épiscopat.

Saint Maximos d’Alexandrie est commémoré le 9 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ædesios d’Alexandrie

† 306

 

On a lu le martyre de s.Apphianos à Antioche, le 2 avril. Ædesios était son frère aîné.

Il fréquenta longuement l’école de s.Pamphilos à Césarée de Palestine et fut bientôt très savant dans les lettres grecques et romaines, mais surtout il eut une foi profonde en Jésus-Christ, qu’il défendit de toutes ses forces.

Il fut soumis à beaucoup de mauvais traitements et subit la prison plusieurs fois ; il fut finalement condamné aux mines de cuivre.

Il passa ensuite en Alexandrie et se trouva confronté à l’impitoyable juge Hiéroclès. Ce dernier persécutait lâchement les Chrétiens, et n’hésitait pas à présenter les jeunes vierges à des maisons de prostitution.

Ædesios fut profondément outré par ces atrocités honteuses. Il s’avança un jour auprès du juge assis à son tribunal, le renversa à terre et l’invectiva sérieusement. 

L’histoire ne dit pas si le juge fut remué et se convertit, mais Ædesios fut arrêté et subit le sort de son jeune frère :

Les soldats s’en saisirent, le rouèrent de coups; il eut les flancs déchirés à plusieurs reprises par les fouets et les ongles de fer, les os et les entrailles mis à nu ; on lui enveloppa les pieds avec une toile imbibée d’huile et d’encens, à quoi on mit le feu ; enfin on le jeta en mer.

Saint Ædesios d’Alexandrie est commémoré le 9 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Demetrios

4e siècle

 

Saint Demetrios (Démétrius) semble avoir été un pieux chrétien de Thessalonique, voire même un diacre. 

Selon certaines traditions, il aurait même été de famille sénatoriale, officier d’état-major, proconsul de l’Hellade, consul.

Dénoncé à l’empereur, il fut enfermé dans les souterrains des bains de Thessalonique, et l’empereur se réservait de le produire en combat contre un certain gladiateur jusque là invincible.

Un jeune ami, dénommé Nestor, vint le visiter et lui proposer de l’aider dans le combat. Quoique de frêle condition, Nestor fut en effet vainqueur, mais l’empereur l’accusa de magie pour avoir ainsi pu abattre la force du gladiateur, et le fit décapiter.

Quant à Demetrios, il fut percé d’un coup de lance.

Tandis que Nestor disparaît alors des récits, la mémoire de Demetrios se développe amplement.

Du corps de ce Martyr se mit à jaillir une huile odoriférante et miraculeuse.

Deux basiliques furent élevées en son honneur, à Sirmium et à Thessalonique. Dans cette dernière, la basilique était un chef-d’œuvre : elle mesurait quarante-trois mètres de long et trente-trois de large, contenait cinq nefs séparées par des colonnes de marbre vert. 

Comme il se doit, les Arabes l’avaient pillée au 10e siècle, puis les Normands au 12e siècle, utilisant l’huile sainte pour graisser leurs chaussures et frire leurs poissons. A leur tour, les Turcs la saccagèrent au 15e siècle, et la transformèrent en mosquée. Elle était toutefois encore fort belle au 20e siècle, surtout après qu’on ait remis à jour les superbes mosaïques que les Turcs (iconoclastes) avaient badigeonnées. Un terrible incendie la détruisit quasi totalement en 1917. Une restauration en a permis la réouverture en 1949.

Le culte de saint Demetrios est extrêmement populaire en Orient et la cathédrale orthodoxe de Thessalonique lui est dédiée.

Les Grecs le fêtent au 26 octobre, mais le Martyrologe l’a replacé au 9 avril, la date mentionnée dans les plus anciens récits.

 

 

Eupsychios de Césarée

† 362

 

Eupsychios venait de se marier, à Césarée de Cappadoce (auj. Kayseri, Turquie C).

Passa alors par là l’empereur Julien l’Apostat, qui fut fort contrarié de constater que presque toute la population était chrétienne. Il le fut bien davantage encore, quand on lui eut dit qu’on venait d’abattre un temple à la déesse Fortune. C’en était trop (pour lui) : il fit arrêter un groupe d’habitants et les fit mettre à mort ou exiler.

Eupsychios était du nombre. L’histoire ne dit pas comment réagit son épouse, durement éprouvée, mais devenue alors l’épouse d’un Martyr.

Julien ne s’en tint pas là ; il ordonna à la population de reconstruire l’édifice et continua son voyage. Il ne put constater que le nouvel édifice fut en réalité une belle église chrétienne, dédiée à… saint Eupsychios.

Saint Eupsychios de Césarée est commémoré le 9 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Liborius du Mans

† 397

 

Liborius fut le quatrième évêque du Mans.

Comme le fondateur de cette Eglise aurait été envoyé par s.Pierre, il faudrait admettre que les trois premiers évêques du Mans auraient dirigé ce diocèse pendant environ un siècle.

Mais aussi comme on prétend que s.Iulianus, le premier évêque, ne vint dans cette région qu’au quatrième siècle, les calculs se trouvent alors considérablement corrigés. La mort de s.Iulianus se situant vers 348, l’épiscopat de Liborius pourrait bien avoir commencé vers 380-390 et durer un peu moins que les légendaires quarante années qu’on lui attribue parfois.

Saint Liborius du Mans est commémoré le 9 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Acacios d’Amide

† ap. 422

 

Acacios (Achacius) fut évêque en Amide (auj. Diarbakir, Turquie E, à population kurde).

En 419, l’empereur Théodose (408-450) lui confia une mission significative : rencontrer le roi de Perse Vahram V, qui persécutait les chrétiens. Un traité de paix sera signé en 422.

En 420, Acacios participa à un concile où l’on recommanda aux Eglises de Perse d’accepter les canons des conciles généraux, depuis Nicée (325).

Puis Acacios eut le souci, bien pastoral, des milliers de prisonniers persans que les Romains ne voulaient ni nourrir ni libérer, après leur victoire de 421. Chrétiens ou pas, ces prisonniers étaient des hommes, des frères, qu’il fallait aider. Acacios plaida pour eux devant son clergé : il fallait vendre les vases sacrés en métal précieux, pour venir en aide à ces malheureux. 

Le roi de Perse Vahram V conçut alors une grande estime pour le saint évêque. Ils se rencontrèrent et Acacios obtint ainsi l’arrêt des persécutions contre les Chrétiens persans, en même temps que la conversion des nombreux prisonniers ainsi libérés.

On n’a pas d’autres informations postérieures à ce traité. On ne connaît pas la date de la mort d’Acacios.

Saint Acacios d’Amide est commémoré le 9 avril dans le Martyrologe Romain.

Ubaldo Adimari

1246-1315

 

Ubaldo Adimari était d’une noble famille de Florence (Italie) et vit le jour vers 1246, dans le quartier florentin de Borgo San Sepolcro, ce qui explique aussi qu’il est appelé Ubaldo de Borgo San Sepolcro.

La famille était du parti gibelin, favorable à l’empereur de Germanie, donc opposé aux guelfes, papistes.

Capitaine très actif du parti gibelin, Ubaldo fut cependant touché par la parole pacifiante de s. Filippo Benizi (v. 22 août) et entra dans l’Ordre des Servites de Marie au Monte Senario (1280).

Il vécut là une période de grande ascèse, de pénitence et de prière.

Dieu récompensa cette conversion par le don des miracles. Un jour qu’Ubaldo laissa tomber le récipient qui devait lui servir à transporter de l’eau du puits au couvent, il transporta le liquide dans son habit, qui lui servit de cuvette.

Il s’associa aux travaux apostoliques de son saint directeur, qu’il assista au moment de la mort à Todi.

Dans ce couvent, il devint successivement prieur (1285), mais laissa définitivement cette responsabilité pour revenir au Monte Senario, où eurent lieu d’autres prodiges miraculeux.

Il y mourut le 9 avril 1315, et fut bientôt honoré d’un culte, qui fut confirmé en 1821.

 

 

Tommaso de Tolentino

1250-1321

 

Né à Tolentino (Marches, Italie C) vers 1250, Tommaso était entré très jeune chez les Frères Mineurs, et il avait suivi les idées radicales sur la pauvreté des Franciscains spirituels, condamnées par le courant «officiel». Tommaso goûta même la prison par deux fois.

Une fois libéré, il mit son zèle au service des missions : il partit en 1289 pour l’Arménie, avec quatre autres Franciscains. Un succès. Mais le pays était menacé par l’avancée des musulmans turcs et Tommaso fut chargé par le roi d’Arménie de trouver en Europe un appui séculier, en vain. Il repartit en Arménie accompagné, cette fois, de douze frères. 

Il y eut en 1307 un concile à Sis, qui confirma l’union entre l’Eglise d’Arménie et celle de Rome. Puis il poussa sa prédication jusqu’en Perse, projetant même de parvenir en Inde et en Chine.

Revenu en Europe sous le pontificat de Clément V (1305-1314), il raconta au pape ses missions. Celui-ci le nomma archevêque et légat pontifical pour l’Orient, avec sept évêques franciscains suffragants.

L’histoire n’a pas retenu les péripéties de ses missions jusqu’en 1320, où il partit d’Ormuz, dans le Golfe persique, vers la Chine et l’Inde, avec trois compagnons : Giacomo de Padoue, Pietro de Sienne et Démétrius de Tiflis (Géorgie), un frère lai, leur interprète. Leur bateau s’étant échoué non loin de Bombay, ils se réfugièrent près de Thana chez un couple chrétien ; mais ce couple se querellait, et la femme déposa plainte, proposant comme «témoins» les Religieux qu’elle avait hébergés. Après le procès, ces derniers furent interrogés sur la foi chrétienne.

Tommaso défendit la foi, glorifiant Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme, et condamnant fermement la doctrine de Mahomet. 

Le cadi leur demanda de renoncer à leur foi. Sur leur refus, ils furent flagellés, torturés, exposés au soleil pieds et mains liés. 

On les menaça de les jeter dans un brasier ardent. Tommaso voulut s’y jeter le premier, mais un sarrasin l’arrêta, pensant que Tommaso, étant âgé, connaissait quelque sortilège contre le feu ; il désigna alors Giacomo pour entrer le premier dans le brasier : Giacomo n’en éprouva aucune douleur ; jeté nu, enduit de poix, dans un brasier encore plus ardent, Giacomo en sortit indemne.

Le chef de la justice voulait s’en tenir là, mais le cadi voulut aller jusqu’au bout de sa fureur. Il fit conduire nos Martyrs hors de la ville : Tommaso fut étendu les bras en croix et décapité ; Giacomo eut la tête fendue en deux, et fut décapité à son tour ; Demetrius eut le cœur percé d’un coup de lance avant d’être décapité. Pietro eut le même sort, le lendemain.

Ce martyre eut lieu le 1er ou le 9 avril 1321, cette dernière date ayant finalement été préférée pour le Martyrologe.

Lorsque le bienheureux Odorico de Pordenone (v. 14 janvier) s’arrêta à Thana, à son retour de Chine, en 1326, il recueillit le corps de Tommaso et le transféra en Chine, à Xaitou, dans un couvent franciscain. La tête du Martyr fut ensuite rapportée à Tolentino.

Le culte de Tommaso fut approuvé dès 1809, et confirmé en 1894 ; les quatre Martyrs ont depuis longtemps été honorés avec le titre de Bienheureux.

 

 

Giacomo de Padoue

† 1321

 

Voir la notice Tommaso de Tolentino et Compagnons

 

 

Pietro de Sienne

† 1321

 

Pietro ou Piero.

Voir la notice Tommaso de Tolentino et Compagnons

 

 

Demetrius de Tiflis

† 1321

 

Voir la notice Tommaso de Tolentino et Compagnons

 

 

Reginaldo Montemarte

1292-1348

 

Reginaldo naquit à Orvieto (Italie C).

Des recherches récentes ont retrouvé le nom de son père, Maître Lotto, Nallo ou Naldo. Le nom de famille devrait être plutôt Montemarte que Montesnarti.

Reginaldo entra chez les Dominicains d’Orvieto, y fit la profession et étudia à Bologne et Paris, où il fut bachelier.

En 1330, il enseigna à Orvieto puis fut envoyé à Florence en 1331.

En 1338, on l’envoya prêcher à Prato, où il fut nommé Lecteur en théologie (professeur), en 1340.

Une chronique de l’époque affirme que Reginaldo fut Lecteur à Orvieto et à Rome, ainsi que dans plusieurs autres couvents dominicains. En effet, il fut à Pise en 1341, puis en 1343 premier prieur à Priverno : là, il s’occupa des derniers travaux pour l’érection du couvent et y admit beaucoup de novices.

Le bienheureux Raimondo de Capoue le définit écrivain de grande autorité. Une autre chronique rapporte que Reginaldo fut d’une merveilleuse innocence et rempli de sainteté.

C’est là qu’il mourut, le 9 avril 1348.

En 1875, une demande fut faite pour reconnaître le culte immémorial ; la Congrégation examina la Cause en 1878, mais n’a pas encore reçu l’approbation pontificale.

Localement, Reginaldo Montemarte est fêté en tant que Bienheureux.

 

 

Antonio Pavoni

1325-1374

 

Antonio Pavoni naquit en 1325 à Savigliano (Cuneo, Piémont, Italie NO), de famille noble.

A quinze ans déjà, il put entrer au couvent dominicain de sa ville, et fut ordonné prêtre en 1350. A l’autel, il parut un ange.

Devenu inquisiteur général du Piémont en 1365, il exposa toute sa personne et sa vie à la rencontre des Vaudois dans la vallée de Pinerolo. En 1368 et 1372, il fut élu prieur de son couvent ; en 1374, l’évêque lui demanda de prêcher le carême dans le Val Pellice ; puis Antonio parcourut Campiglione, Bibiana et Fenile ; il célébra la Pâques à Bricherasio, où il se trouvait encore le dimanche suivant, 9 avril.

Si les fidèles reprenaient courage en le voyant réfuter les erreurs vaudoises, les ennemis de la Foi résolurent de l’intimider et même de l’assassiner, dans l’espoir de faire taire cette voix de la Vérité. Antonio l’apprit, et fut divinement informé des jour et heure de son prochain martyre, auquel il se prépara en chantant chaque jour le psaume Lætatus sum (Ps 124).

La veille de ce dimanche, il entra chez un barbier et lui demanda de bien le raser, car il allait à une noce. Le barbier lui répondit d’abord que c’était impossible, car dans son échope on connaissait tous les potins, et personne n’avait parlé de noces. Sur l’insistance d’Antonio, le barbier s’exécuta avec soin.

Le lendemain, dimanche 9 avril 1374, Antonio se prépara à la Messe, célébra, prêcha, rendit grâces et sortit de l’église. Là, sept sicaires l’attendaient. Antonio reçut une blessure sous l’œil gauche, deux coups de poignard dans la poitrine, un coup d’épée sur l’épaule droite. Il mourut à l’instant, et les bourreaux s’acharnèrent sur son corps.

Il y eut quantité de miracles sur la tombe du Martyr, parmi lesquels un brave gentilhomme réussit, après invocation à Antonio Pavoni, à retrouver le document nécessaire à prouver ses droits en face d’un accusateur malhonnête. Ce qui fait qu’Antonio est lui aussi invoqué pour retrouver des objets perdus, comme l’autre Antonio «de Padoue».

Le culte d’Antonio Pavoni fut autorisé en 1856, ce qui le fait considérer comme Bienheureux.

 

 

Marguerite Rutan

1736-1794

 

Née le 23 avril 1736 à Metz, Marguerite vécut dans une famille très modeste, huitième de quinze enfants.

En 1757, elle entra chez les Filles de la Charité.

Quand on ouvre un hôpital à Dax, c’est elle la supérieure de la petite communauté des Filles de la Charité qui s’y installe.

Peu à peu, Marguerite crée une école pour garçons et filles (1779), fait construire une chapelle, pour que tout ce monde puisse recevoir les Sacrements, elle accueille les mères célibataires, les orphelines, et se porte auprès de tous les nécessiteux.

Pendant la Révolution, l’évêque, quoique constitutionnel, s’oppose à leur expulsion. Quand les ordres sont supprimés, les Filles de la Charité prennent le nom de Dames de la Charité, et continuent leur apostolat.

Malgré tant de bienfaits, les Religieuses seront accusées de vol. Sous le régime de la Terreur, Marguerite est emprisonnée la veille de Noël au couvent des Carmes (de Dax) avec les autres religieuses de l’hôpital. Elle est condamnée à mort le 8 avril 1794.

Elle est guillotinée le 9 avril 1794.

On ne dit pas quel fut le sort des autres Religieuses.

Peu après, la ville de Dax fait «amende honorable», exprimant le regret d’avoir perdu une femme qui n’avait fait que du bien.

Marguerite Rutan a été béatifiée en 2011.

Katarzyna Faron

1913-1944

 

Née le 24 avril 1913 à Zabrzeż (Małopolskie, Pologne), Katarzyna fut à cinq ans orpheline de mère et fut confiée par son père à un parent.

Elle montra toujours un amour et une dévotion particulière envers la Vierge Marie. Elle était heureuse de prier et d’aller à la Messe. C’était une fille joyeuse, vive, polie et modeste.

Avec elles, les enfants - mais pas seulement eux - se sentaient heureux.

Très tôt elle éprouva la vocation religieuse. Elle l’écrivit dans une de ses rédactions d’école : Je veux être religieuse.

Elle entra à dix-sept ans (1930) chez les Ancelles de l’Immaculée Conception, avec le nom de Celestyna.

Elle fut maîtresse d’école pour les tout-petits, pour lesquels elle avait une prédilection, surtout pour les plus pauvres. Elle aimait soigner les malades.

Au moment de la Deuxième guerre mondiale, elle se trouvait à Brzozów, où la Gestapo l’arrêta en 1942. Après un an de prison, elle fut transportée à Auschwitz-Birkenau, sous le n° 27989.

Elle fut battue, reçut des coups de pied, fut soumise à des travaux très durs, obligée de rester dans l’eau froide pendant des heures pour creuser des fossés. Elle fut atteinte des poumons et eut la fièvre typhoïde. On dut aussi l’opérer d’une appendicite, dans des circonstances qui la firent beaucoup souffrir, mais elle ne se plaignait jamais, sachant au contraire y mettre de l’humour et de la gaieté.

Plus d’une fois, elle donna sa portion de pain et d’eau à d’autres prisonnières.

Elle vint à savoir qu’un prêtre du même nom qu’elle, un certain Władysław Faron, s’était éloigné de Dieu et de l’Eglise : elle offrit sa vie pour la conversion de ce prêtre. 

Celestyna mourut le jour de Pâques, 9 avril 1944. Elle allait avoir trente-et-un ans. Son corps fut incinéré le lendemain.

Le prêtre pour lequel elle s’était offerte, eut connaissance de l’offrande et de la mort de Celestyna, il se convertit (en 1948) et redevint un zélé prédicateur de l’Evangile. Dieu avait accepté le sacrifice de Celestyna. 

Katarzyna-Celestyna Faron a été béatifiée parmi les cent-huit Martyrs polonais de la période nazie, en 1999.

 

 

Lindalva Justo de Oliveira

1953-1993

 

 Lindalva naquit le 20 octobre 1953 à Sítio Malhada da Areia, une région très pauvre du Rio Grande du Nord, dans le Brésil. Son père, João Justo da Fé, agriculteur, était veuf avec trois enfants ; il se remaria avec Maria Lúcia de Oliveira. Lindalva fut la sixième des treize enfants de ce second mariage. Elle fut baptisée le 7 janvier 1954.

Si cette famille n'était pas très aisée, elle était riche de la Foi chrétienne. João transporta toute sa famille à Açu, pour que les enfants fréquentassent l'école ; après bien des sacrifices, il réussit à acheter une maison où réside la famille encore aujourd'hui.

Outre qu'imiter le bon exemple de sa pieuse mère, Lindalva montra une inclinaison naturelle pour les enfants pauvres, avec lesquels elle passait beaucoup de temps.

Elle fit sa première communion à douze ans. Durant les années de l'école, elle était toujours heureuse d'aller aider les moins favorisés. Plus tard, lorsqu'elle vécut chez son frère Djalma et sa famille à Natal, elle obtint en 1979 le diplôme d'assistant administratif.

De 1978 à 1988 Lindalva occupa plusieurs postes dans des magasins de vente et comme caissière dans une station d'essence, envoyant une partie de son salaire à la maison pour aider sa mère. Chaque jour elle trouvait du temps pour aller après son travail visiter les vieillards dans une maison de retraite de l'endroit.

En 1982, tandis qu'elle assistait avec beaucoup d'amour son père durant les derniers mois de sa maladie, elle réfléchit sérieusement à sa vie et décida de se mettre au service des pauvres. Elle s'inscrivit alors à un cours de nursery, tout en profitant des moments typiques de la jeunesse, liant des amitiés, prenant des cours de guitare et continuant de se cultiver par les études.

En 1986, elle participa à des initiatives vocationnelles organisées par les Filles de la Charité. Après avoir reçu le sacrement de la Confirmation en 1987, elle demanda son admission dans la Congrégation. Le 11 février 1988, en la fête de Notre Dame de Lourdes, elle commença son postulat, édifiant ses compagnes par sa bonne humeur et son attention particulière pour les pauvres.

Elle avait le caractère naturellement marqué par la douceur, mais aussi par la vérité. Dans une lettre qu'elle écrivit à son frère Antonio, qui était alcoolique, elle s'exprime ainsi : Pense bien à ceci et examine-toi. Je prie beaucoup pour toi et je continuerai à le faire et même, si c'est nécessaire, je ferai pénitence pour que tu sois en mesure de parvenir à ton accomplissement personnel. Marche à la suite de Jésus, qui lutta jusqu'à la mort pour la vie des pécheurs et donna sa propre vie, non comme Dieu, mais comme homme, pour le pardon des péchés. Nous devons chercher refuge en lui ; il n'y a qu'en lui que la vie vaut la peine d'être vécue. Un an plus tard son frère cessa de boire.

Le 29 janvier 1991, la Sœur Lindalva reçut la charge de s'occuper de quarante vieillards malades dans la maison de retraite de Salvador de Bahia. Elle se livra aux plus humbles tâches et se préoccupa de ceux qui souffraient davantage en cherchant à leur procurer du réconfort spirituel et matériel, particulièrement en les encourageant à recevoir les sacrements. Elle chantait et priait avec eux et passa aussi le permis de conduire pour les emmener faire des promenades.

En janvier 1993, un certain Augusto da Silva Peixoto, homme de quarante-six ans au caractère irascible, réussit à se faire admettre facilement dans l'établissement, grâce à la recommandation de quelqu'un, bien qu'il n'eût pas le droit d'y être. Sœur Lindalva le traita comme les autres malades, avec le même respect et la même délicatesse, au point qu'il en devint amoureux.

De son côté, elle restait prudente, maintenait ses distances avec lui, ce qui toutefois ne l'empêcha pas de déclarer ses mauvaises intentions envers elle. Elle aurait pu simplement laisser sa place, mais sa passion pour les vieillards lui fit dire : Je préfère verser mon sang que d'abandonner ma place.

A partir du 30 mars, les avances d'Augusto devinrent si insistantes et dangereuses, qu'elle recourut à l'aide d'un fonctionnaire de santé pour retenir ce malade indiscipliné. Bien qu'il ait promis d'améliorer son attitude et son comportement, il maintint dans son cœur l'esprit de haine et de vengeance jusqu'à méditer un plan meurtrier.

Le 9 avril 1993, le Vendredi Saint, Sœur Lindalva prit part au Chemin de la Croix dans sa paroisse, à 4 heures 30 du matin. Dès 7 heures, elle était à son poste pour préparer et servir le petit-déjeuner, comme chaque matin. Au moment où elle servait le café à une table, Augusto se rapprocha et lui enfonça un couteau de poissonnier au-dessus de la clavicule.

S'écroulant à terre, Lindalva cria plusieurs fois Mon Dieu, protège-moi. Des malades accoururent, tentant de la protéger. Ravi dans une sorte de folie tout en soutenant son corps, Augusto la frappa quarante-quatre fois en criant : J'aurais dû le faire plus tôt. Puis, subitement, il se calma, s'assit dans un fauteuil, essuya son couteau sur son pantalon, le jeta sur la table et hurla : Elle ne voulait pas de moi ! puis, se tournant vers le docteur, il lui dit : Vous pouvez appeler la police, je ne vais pas m'enfuir ; j'ai fait ce qu'il fallait faire.

Le lendemain, Samedi Saint, le Cardinal Lucas Moreira Neves, un dominicain et primat du Brésil, célébra les funérailles de cette Sœur de 39 ans avec ce commentaire : Quelques années suffirent à Sœur Lindalva pour couronner sa vie religieuse avec le martyre.

Sœur Lindalva a été béatifiée en 2007 ; elle est commémorée au Martyrologe romain le 9 avril.

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 23:00

08 AVRIL

 

I.

S Agabus, prophète, cf. Ac 11,28  et 21,10.

Ss Hérodion, parent de s. Paul, évêque à Nouvelle-Patras, avec Asyncritus et Phlégon, mentionnés dans l’épître aux Romains (Ro 16:14). 

II.

S Dionysios, évêque à Corinthe, auteur de diverses Lettres à d’autres Eglises. 

S Hermès, évêque à Béryte.

III.

S Dionysios, évêque en Alexandrie ; évitant les controverses, il réadmettait les lapsi, acceptait le baptême des hérétiques ; il combattit le sabellianisme et sut reconnaître quelques erreurs personnelles de terminologie.

?

Ss Timotheos, Diogenes, Macarios et Maximos, martyrs à Antioche de Syrie.

Ste Concessa, martyre à Carthage.

V.

S Amantius, évêque à Côme.

VI.

S Redemptus, bénédictin, évêque à Ferentino.

XIII.

B Clément, augustin, deux fois supérieur général, mort à Orvieto.

XIV.

B Martino Ansa (de Rimini), ancien militaire, ermite près de Gênes et humble tailleur.

XVII.

B Julián de Saint-Augustin, franciscain espagnol, deux fois renvoyé “à cause de ses mortifications excessives”, thaumaturge.

XIX.

Bx Hong Gyo-man Franciscus Xaverius, Choe Pil-gong Thomas, Hong Nak-min Lucas, Choe Chang-hyeon Ioannes et Jeong Yak-jong Augustinus, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

Ste Julie Billiart, picarde, fondatrice, avec Françoise de Bourdon et le Père Joseph Varin, de l’Institut de Notre-Dame pour l'éducation chrétienne des jeunes filles ; après une neuvaine, elle guérit de sa paralysie.

B August Czartoryski, prince polonais exilé, salésien à Turin du temps de s. Giovanni Bosco, excellent religieux malgré sa mauvaise santé, béatifié en 2004.

Julián Martinet Gutiérrez

1553-1606

 

Il naquit en 1553 à Medinaceli (Soria, Espagne), de André Martinet et Catalina Gutiérrez.

André Martinet était de Toulouse, mais s’était réfugié en Espagne par crainte des Calvinistes farouches qui ensanglantaient la «ville rose» ; il se mit au service d’un corroyeur, Antonio Cedillo, qui lui suggéra d’épouser une jeune fille de ses ouvriers, Catalina.

Leur garçon sut profiter de leur enseignement ; apprenti tailleur, il profitait de ses moments libres pour aller à l’église, communiait fréquemment, montrait un grand attrait pour les pratiques de la piété chrétienne.

Julián reçut encore jeune l’habit franciscain ; il s’imposa trop de mortifications et les Confrères le prièrent… de se retirer. Le jeune homme se retira à Santorcas (Tolède) et y exerça son métier de tailleur sans rien abandonner de ses exercices de piété. 

Peu après, un Franciscain de passage, le père Francisco Torrès, le remarqua et lui proposa de l’accompagner, ce que Julián accepta volontiers. Il précédait le bon Père avec une clochette pour inviter la population à venir écouter la mission. On arriva ainsi à son village de Medinaceli, où les Frères le reconnurent et le traitèrent de fou. Julián encaissa l’éloge humblement. Le père Torrès observait soigneusement son compagnon, et le fit entrer au couvent de Salcedo. Là encore, Julián reprit ses austérités et les Religieux, croyant avoir à faire avec un exalté, le renvoyèrent. Julián réfléchit alors qu’il n’était sans doute pas fait pour la vie conventuelle, et décida de se retirer sur la montagne voisine.

Il était de la trempe de ces fidèles à qui le Christ peut dire : Ta foi est grande ! qu’il t’advienne selon ton désir (Mt 15:28) ; il commença une vie d’ermite aux alentours du couvent, demandant seulement aux Frères un morceau de pain chaque jour. Un jour qu’il rencontra un pauvre moitié nu, il lui donna son habit et alla demander aux Frères quelque chose à se mettre pour avoir moins froid. On lui donna un vieil habit d’oblat. Infiniment reconnaissant pour tant de charité, Julián se mit à aller faire la quête pour le monastère. Et les gens de l’endroit l’aimaient tellement, qu’ils lui donnèrent en abondance ! Julián rapportait fidèlement tout au monastère. Les Religieux, émus par tant de persévérance et d’humilité, l’introduisirent pour la troisième fois parmi eux, et le gardèrent ; Julián put enfin émettre la profession franciscaine, prenant le nom de Julián de Saint-Augustin.

Le père Torrès le redemanda comme compagnon de ses missions, et la sainteté du jeune Frère fut souvent plus éloquente que les paroles du prêtre lui-même.

Il passa quelque temps à Ocaña, revint à Alcalá. Chargé d’aller demander l’aumône, il s’acquit la bienveillance des gens par son esprit de pauvreté et d’humilité ; on savait combien il se mortifiait (et les bons Frères avaient dû en parler), mais aussi Julián avait le don de la prophétie ainsi que de la science infuse. Il put amener beaucoup de pécheurs à la conversion, des musulmans, des hérétiques, des prostituées ; il s’éleva contre les bals qui engendraient tant de désordres ; il guérit des multitudes de malades, arrêta subitement des incendies, tout cela avec la plus profonde modestie, attribuant toujours ces miracles à la Vierge Marie ou à quelque autre Saint connu.

Il avait une grande compassion pour les pauvres, sachant les consoler en leur parlant du bonheur du ciel ; et il savait toucher les plus riches, pour ouvrir leur cœur aux nécessités des plus pauvres.

De grands professeurs d’université allaient le trouver et restaient confus d’entendre ses réponses si pertinentes.

Julián parvint au terme de la vie terrestre à cinquante-trois ans ; il reçut les derniers sacrements avec profonde ferveur et, le visage illuminé d’une lumière toute divine, rendit son âme à Dieu, le 8 avril 1606.

Il a été béatifié en 1825.

Agabus
1
er siècle


On rencontre par deux fois le personnage d’Agabus dans les Actes des Apôtres, en 11:28 et 21:10.
Ces deux épisodes, assez distants l’un de l’autre (seize années environ), ont fait penser à certains qu’il s’agissait de deux prophètes différents. Mais dans les deux passages les similitudes sont frappantes : le nom, la fonction, le pays d’origine, l’époque même.
Agabus était donc un «prophète». En 11:28, il annonça une grande disette, qui s’abattit effectivement sur l’Empire romain vers 49-50, commençant d’abord à l’Est, puis parvenant à Rome. L’historien Josèphe la situe vers 46-48. Le texte dit ceci :
L’un d’eux, nommé Agabus, se leva et sous l’action de l’Esprit, se mit à annoncer qu’il y aurait une grande famine dans tout l’univers. C’est celle qui se produisit sous Claude.
Dans l’autre passage Agabus se saisit de la ceinture de Paul, s’en lie les pieds et les mains en disant :
Voici ce que dit l’Esprit Saint : L’homme auquel appartient cette ceinture, les Juifs le lieront comme ceci à Jérusalem, et ils le livreront aux mains des païens.
C’est une prophétie mimée qui rappelle celles du prophète Jérémie. Le style de la phrase rappelle l’annonce que fait Jésus de sa passion (Lc 18:31-34).
Les Grecs affirmaient qu’Agabus était l’un des soixante-douze disciples du Seigneur et qu’il avait été martyrisé à Antioche.
Une pieuse légende de l’Ordre carmélite attribue à Agabus la fondation d’une église en l’honneur de la Très Sainte Vierge.
Les Grecs fêtaient Agabus le 8 mars, mais aussi le 8 avril, date retenue par l’actuel Martyrologe.



Herodion, Asyncritus, Phlegon
1
er siècle


A la fin de son épître aux Romains, saint Paul mentionne un certain nombre de frères, dont certains seulement sont mentionnés au Martyrologe.
D’Herodion, il dit qu’il est son parent (16:11) ; plus bas (16:14), il nomme Asyncrite, Phlegon, Hermes, Patrobas, Hermas, et les frères qui sont avec eux.
Des cinq derniers, le Martyrologe mentionne Asyncrite et Phlegon, inconnus par ailleurs.
D’après la tradition, Herodion fut ordonné prêtre, puis évêque de la Nouvelle-Patras (Grèce centrale, différente de l’Ancienne Patras du Péloponèse) ; il fit de nombreuses conversions, au point de susciter la jalousie de Juifs, qui le mirent à mort.
Ces trois personnages, saints Herodion, Asyncrite et Phlegon, sont mentionnés au 8 avril, juste après saint Agabus.



Dionysios de Corinthe
† 180


Dionysios occupa le siège épiscopal de Corinthe pendant le règne de Marc-Aurèle (161-180).
On ne connaît rien de sa vie, de son origine, de son activité pastorale, ni de sa mort, mais on a conservé de lui de nombreuses missives qu’il écrivit à différentes communautés : Lacédémone, Athènes, Nicomédie, Crète, Amastris, Pont, Romains.
aux Lacédémoniens, il recommande la paix et l’unité ;
aux Athéniens, il rappelle leur foi des débuts : après le martyre de leur évêque Publius, ils avaient presque oublié les enseignements reçus, et son successeur, Quadratus, peinait à retrouver son troupeau ; cette même épître atteste que Denys l’Aréopagite fut le premier évêque en Athènes ;
aux Chrétiens de Nicomédie, il attaque l’hérésie de Marcion ;
aux Crétois, il déconseille de fréquenter les hérétiques et loue le zèle de l’évêque Philippe ;
aux Chrétiens d’Asie mineure, il donne un commentaire de l’Ecriture et donne de précieux avis sur le mariage et la virginité ; contrairement à la lettre à Nicomédie, il recommande la charité envers les hérétiques en leur réservant bon accueil s’ils se convertissent ;
la lettre à l’évêque de Cnossos (Crète) est intéressante pour les rapports entre Dionysios et l’évêque Pinyte lui-même, ainsi que la sainte ambition de Pinyte pour relever le niveau spirituel de tous ses fidèles ;
dans la lettre aux Romains, Dionysios loue leur évêque, le pape Soter (v. 22 avril) et la charité des Romains envers les autres Eglises.
Saint Dionysios de Corinthe est commémoré le 8 avril dans le Martyrologe Romain.



Timotheos, Diogenes, Macarios et Maximos d’Antioche
† ?


Il s’agit là d’un groupe ancien de martyrs, dont on ne connaît que le nom et le lieu du martyre : Antioche de Syrie.
Encore cette dernière ville corrige maintenant l’ancienne mention de l’Afrique.
Saints Timotheos, Diogenes, Macarios et Maximos sont commémorés le 8 avril dans le Martyrologe Romain.



Dionysios d’Alexandrie
200-264


L’enfance de Dionysios n’est pas bien connue ; il naquit vers 200 dans une famille apparemment aisée, et païenne.
Il fit de bonnes études et prit l’habitude de lire beaucoup, surtout les auteurs anciens ; parmi ceux-ci, la grâce de Dieu lui fit découvrir les Epîtres de s.Paul, qui l’amenèrent à la conversion et au baptême.
Il se maria et eut un fils, Timotheos.
Il fréquenta les leçons d’Origène au Didascalée d’Alexandrie et fut lui-même directeur de l’école en 231.
En 247, il fut appelé au siège épiscopal d’Alexandrie et fut sacré évêque. Il devait alors vivre plus d’un quart de siècle au milieu d’agitations sociales et théologiques qui ne le laissèrent pas un instant en repos.
Dès 248, des émeutes éclatèrent dans la ville, à l’encontre des Chrétiens. Ce n’était pas encore une persécution à proprement parler, mais les agitations étaient sévères, les Chrétiens ou forcés à apostasier ou contraints à quitter leur maison. Aujourd’hui encore se répètent des cas semblables dans le monde, malheureusement.
La persécution se déclencha réellement en 250, sous l’empereur Dèce. Dionysios fut un des premiers à être concerné. Dans une lettre, il raconta comment la couronne du martyre lui échappa, bien contre son désir. L’histoire serait longue à raconter. Signalons-en un épisode : des paysans réussirent à mettre en fuite les soldats qui emmenaient Dionysios, mais lui, les prenant pour des brigands, leur affirma qu’il préférait être décapité, et eux, voulant absolument sauver leur évêque, l’emmenèrent, disons, manu militari, en le portant par les mains et les pieds, allèrent le mettre sur un âne, et le mirent en sûreté en Libye, où il attendit la fin de la persécution.
En 253, celle-ci reprit avec Valérien : qui refusait de sacrifier aux dieux serait frappé d’exil. Dionysios fut à nouveau déféré, interrogé, et condamné : il fut exilé à Képhro, puis Kollouthion en Libye. Ce n’était pas très éloigné d’Alexandrie, mais les habitants païens n’étaient pas très bienveillants envers ces Chrétiens qui les envahissaient ; cependant les Chrétiens finirent par créer une ambiance fraternelle qui conquit beaucoup de païens.
Même Dionysios finit par s’habituer à sa situation : des Chrétiens d’Alexandrie purent le rejoindre pour lui apporter des nouvelles de l’Eglise. Dionysios constatait que la persécution, loin d’affaiblir son troupeau, lui suscitait de nouvelles forces, malgré les confiscations et les exécutions qui ne manquèrent pas.
On ne sait pas comment Dionysios lui-même échappa au second édit de Valérien, ordonnant la mort de tout clerc qui aurait refusé de sacrifier aux dieux païens. Fut-il protégé par ses diocésains ? oublié ? Lui-même n’y a jamais répondu.
En 259 environ, il put reprendre son siège d’Alexandrie. Ce n’était pas pour se reposer.
Il y eut d’abord trois années d’agitations sociales, où la ville fut ravagée par une réelle guerre civile, puis par la peste. La paix et le calme revenus, Dionysios s’occupa de la doctrine millénariste et du débat sur la Sainte Trinité.
Dionysios était un homme de paix. Déjà lors de la première persécution, il accueillait les apostats repentis, alors qu’ailleurs les fameux lapsi étaient considérés comme séparés définitivement de l’Eglise. De même, Dionysios admettait la validité d’un baptême conféré par un hérétique, sans s’immiscer dans la controverse théologique : pourvu que la formule et le geste sacramentel fussent corrects. Ce qui lui importait, était la concorde dans l’Eglise.
Concernant le millénarisme, Dionysios eut une rencontre très fraternelle avec le chef de cette tendance, Corakion, qui finit par s’avouer convaincu et abandonna son erreur.
Concernant maintenant le dogme de la Sainte Trinité, les choses furent plus complexes. Au début, Dionysios s’opposa fermement à Sabellius, pour qui Père, Fils et Saint-Esprit n’étaient que des expressions successives de l’action de Dieu ; Dionysios en écrivit même au pape Xyste II (v. 6 août). Mais comme dans tout débat, il arrive qu’en redressant le timon, on donne un peu trop de l’autre côté : Dionysios sembla exagérer la distinction entre Père et Fils, allant presque dans le sens d’Arius qui affirmait que le Fils était une créature du Père.
Des gens s’inquiétèrent et prévinrent le pape Denys (v. 26 décembre) qui, condamnant certaines de ses expressions, invita Dionysios à s’expliquer mieux. Humblement, le vieux prélat écrivit un long ouvrage où il s’attachait fermement à la doctrine immuable sur la Sainte Trinité ; des théologiens avertis pouvaient encore lui signaler quelques imprécisions de langage, mais Dionysios ne devait jamais s’écarter de la Foi catholique.
En 264, Dionysios eut encore le temps et la force de condamner la doctrine de Paul de Samosate, mais dut renoncer à se rendre au concile qui devait se prononcer sur ce cas.
Dionysios mourut en 264 ou 265, chargé de mérites et d’années.
Saint Dionysios d’Alexandrie est commémoré le 8 avril dans le Martyrologe Romain. C’est la date où l’Eglise copte (égyptienne) le célèbre.



Amantius de Côme
410-448


Cas assez particulier, Amantius était d’origine anglaise. Il naquit en 410 à Canterbury.
Par sa mère, il aurait été neveu, sinon pas au moins parent de Théodose II et il eut une place importante dans l’administration.
On serait fort heureux de pouvoir suivre Amantius de sa terre natale à la ville de Côme : comment et pourquoi il vint à Rome, comment il fut choisi pour rejoindre Côme…
En 420, il devint évêque de Côme (Italie N), troisième des vingt-deux premiers évêques de cette ville, tous canonisés.
D’un voyage à Rome, il rapporta à Côme d’importantes reliques des apôtres Pierre et Paul, pour lesquelles il fit construire une nouvelle église, devenue ensuite cathédrale.
Son épiscopat dura vingt-huit ans, de 420 à 448 environ.
Saint Amantius de Côme est commémoré le 8 avril dans le Martyrologe Romain.

 

Martino Ansa

† 1344

 

Martino naquit à Rimini (ou dans les Marches d’Ancône, selon certains historiens).

Il fut un homme d’armes assez brillant, mais dans un moment de colère, il se servit de son épée pour tuer un compagnon  auquel il était par ailleurs fort affectionné.

Il s’enfuit, désespéré - certains disent qu’il aurait été exilé de la principauté - et s’en vint à Gênes, où il fut accueilli par les Bénédictins de Capo Faro. Il s’y montra d’une grande humilité et d’une grande bonté.

Pour expier davantage sa faute, il se retira dans une grotte de Pegli, non loin de Gênes, dans la Baie de Castelluccio.

Ayant appris le métier de tailleur, il raccommodait les vêtements des pauvres. Il recevait les pèlerins de passage.

Divinement inspiré, il rejoignit le monastère bénédictin qui l’avait accueilli et où il mourut le jeudi après Pâques, 8 avril 1344 ; puis il fut enterré à Pegli à l’endroit de sa grotte, où fut édifiée l’église de Saint-Antoine-Abbé.

Son culte devint populaire chaque jeudi dans l’octave de Pâques.

Martino est le céleste patron des tailleurs de Ligurie. On le nomme selon le cas Martino de Rimini ou Martino de Pegli.

 

 

Julián Martinet Gutiérrez

1553-1606

 

Il naquit en 1553 à Medinaceli (Soria, Espagne), de André Martinet et Catalina Gutiérrez.

André Martinet était de Toulouse, mais s’était réfugié en Espagne par crainte des Calvinistes farouches qui ensanglantaient la «ville rose» ; il se mit au service d’un corroyeur, Antonio Cedillo, qui lui suggéra d’épouser une jeune fille de ses ouvriers, Catalina.

Leur garçon sut profiter de leur enseignement ; apprenti tailleur, il profitait de ses moments libres pour aller à l’église, communiait fréquemment, montrait un grand attrait pour les pratiques de la piété chrétienne.

Julián reçut encore jeune l’habit franciscain ; il s’imposa trop de mortifications et les Confrères le prièrent… de se retirer. Le jeune homme se retira à Santorcas (Tolède) et y exerça son métier de tailleur sans rien abandonner de ses exercices de piété. 

Peu après, un Franciscain de passage, le père Francisco Torrès, le remarqua et lui proposa de l’accompagner, ce que Julián accepta volontiers. Il précédait le bon Père avec une clochette pour inviter la population à venir écouter la mission. On arriva ainsi à son village de Medinaceli, où les Frères le reconnurent et le traitèrent de fou. Julián encaissa l’éloge humblement. Le père Torrès observait soigneusement son compagnon, et le fit entrer au couvent de Salcedo. Là encore, Julián reprit ses austérités et les Religieux, croyant avoir affaire avec un exalté, le renvoyèrent. Julián réfléchit alors qu’il n’était sans doute pas fait pour la vie conventuelle, et décida de se retirer sur la montagne voisine.

Il était de la trempe de ces fidèles à qui le Christ peut dire : Ta foi est grande ! qu’il t’advienne selon ton désir (Mt 15:28) ; il commença une vie d’ermite aux alentours du couvent, demandant seulement aux Frères un morceau de pain chaque jour. Un jour qu’il rencontra un pauvre moitié nu, il lui donna son habit et alla demander aux Frères quelque chose à se mettre pour avoir moins froid. On lui donna un vieil habit d’oblat. Infiniment reconnaissant pour tant de charité, Julián se mit à aller faire la quête pour le monastère. Et les gens de l’endroit l’aimaient tellement, qu’ils lui donnèrent en abondance ! Julián rapportait fidèlement tout au monastère. Les Religieux, émus par tant de persévérance et d’humilité, l’introduisirent pour la troisième fois parmi eux, et le gardèrent ; Julián put enfin émettre la profession franciscaine, prenant le nom de Julián de Saint-Augustin.

Le père Torrès le redemanda comme compagnon de ses missions, et la sainteté du jeune Frère fut souvent plus éloquente que les paroles du prêtre lui-même.

Il passa quelque temps à Ocaña, revint à Alcalá. Chargé d’aller demander l’aumône, il s’acquit la bienveillance des gens par son esprit de pauvreté et d’humilité ; on savait combien il se mortifiait (et les bons Frères avaient dû en parler), mais aussi Julián avait le don de la prophétie ainsi que de la science infuse. Il put amener beaucoup de pécheurs à la conversion, des musulmans, des hérétiques, des prostituées ; il s’éleva contre les bals qui engendraient tant de désordres ; il guérit des multitudes de malades, arrêta subitement des incendies, tout cela avec la plus profonde modestie, attribuant toujours ces miracles à la Vierge Marie ou à quelque autre Saint connu.

Il avait une grande compassion pour les pauvres, sachant les consoler en leur parlant du bonheur du ciel ; et il savait toucher les plus riches, pour ouvrir leur cœur aux nécessités des plus pauvres.

De grands professeurs d’université allaient le trouver et restaient confus d’entendre ses réponses si pertinentes.

Julián parvint au terme de la vie terrestre à cinquante-trois ans ; il reçut les derniers sacrements avec profonde ferveur et, le visage illuminé d’une lumière toute divine, rendit son âme à Dieu, le 8 avril 1606.

Il a été béatifié en 1825.

 

 

Hong Gyo-man Franciscus Xaverius

1738-1801

 

Hong Gyo-man Franciscus Xaverius est un laïc coréen né en 1738 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 8 avril 1801 et béatifié en 2014.

Nota. On a trouvé aussi pour ce personnage, le prénom féminin Edwige.

 

 

Choe Pil-gong Thomas

1744-1801

 

Choe Pil-gong Thomas est un laïc coréen né en 1744 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 8 avril 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Hong Nak-min Lucas

1751-1801

 

Hong Nak-min Lucas est un laïc coréen né en 1751 à Yesan (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 8 avril 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Choe Chang-hyeon Ioannes

1759-1801

 

Choe Chang-hyeon Ioannes est un laïc coréen né en 1759 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 8 avril 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Jeong Yak-jong Augustinus

1760-1801

 

Jeong Yak-jong Augustinus est un laïc coréen né en 1760 à Gwangju (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 8 avril 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Marie-Rose-Julie Billiart

1751-1816

 

Celle qu’on nomme communément Julie Billiart naquit le 12 juillet 1751 à Cuvilly (Compiègne, Oise), sixième des sept enfants de Jean-François et Marie Debraine.

A sept ans, elle connaissait par-cœur son catéchisme, et le faisait répéter à ses camarades. Mais elle fréquenta sporadiquement l’école du village, tenue par son oncle.

Sa science était tout intérieure, et sa maturité poussa son curé à lui faire recevoir l’Eucharistie et la Confirmation à neuf ans. A quatorze ans, elle fit le vœu de chasteté.

En 1774, cette jeune demoiselle fut terriblement choquée par une tentative d’assassinat contre son père (un probable rival dans les affaires) ; huit ans plus tard, victime d’une épidémie et mal soignée, elle demeura paralysée des jambes, et ce pendant plus de vingt ans.

Immobilisée sur son lit, elle priait, confectionnait du linge d’autel, enseignait le catéchisme, avec un soin particulier pour les premiers communiants.

Durant la Révolution, elle se réfugia en Amiens, reçut chez elle des prêtres réfractaires et dut s’enfuir plusieurs fois. Elle eut un jour une vision du Christ crucifié, entouré de femmes vêtues d’un habit qu’elle n’avait jamais vu. Elle devint à nouveau l’épicentre d’un groupe de femmes pieuses, parmi lesquelles Françoise Blin de Bourdon.

Avec cette dernière, en 1803, et suivant les conseils du père Joseph Varin (originaire du diocèse de Besançon), Julie proposa à l’évêque d’Amiens la fondation d’un nouvel institut, les Sœurs de Notre-Dame, au profit du salut des enfants pauvres.

Le 1er juin 1804, en la fête du Sacré-Cœur, et à la suite d’une neuvaine de prière, Julie se trouva guérie de son infirmité.

Les quatre premières Religieuses firent leurs vœux en octobre 1804. La règle, proposée par le père Varin, n’a pratiquement pas subi de modification depuis deux siècles ; elle s’inspire des constitutions des Jésuites.

Il y eut vite d’autres maisons en France et en Belgique.

En Amiens, un autre prêtre tenta de faire imposer des changements aux statuts et en convainquit l’évêque. Mère Julie passera alors à Namur, qui devint la maison-mère des Sœurs de Notre-Dame de Namur. L’évêque d’Amiens reconnut plus tard son erreur.

Mère Julie passera les dernières années de sa vie dans une intense vie intérieure de prière. L’évêque de Gand put affirmer qu’elle avait sauvé plus d’âmes par sa vie d’union à Dieu que par son activité apostolique.

Une de ses activités fut l’assistance aux blessés en Belgique, après la bataille de Waterloo (1815).

Après avoir fondé quinze couvents et accompli une centaine de voyages pour les visiter tous, Mère Julie  tomba malade en janvier 1816 et s’éteignit en Dieu le 8 avril 1816.

Mère Julie Billiart fut béatifiée en 1906, et canonisée en 1969.

 

 

Auguste Czartoryski

1858-1893

 

Auguste Czartoryski naquit à Paris le 12 août 1858, en exil, du prince Władisłas et de Maria Amparo, fille de la reine d'Espagne.

Premier né de la famille, il était appelé à un noble héritage, mais il n'aimait pas la vie de cour. À vingt ans, il écrivait à son père, à propos des fêtes mondaines auxquelles il était contraint de participer : J'avoue que je suis fatigué de tout cela. Ce sont des divertissements inutiles qui me tourmentent. Il m'est pénible d'être obligé de faire des connaissances à tant de banquets.

Il avait six ans à la mort de sa mère, malade de tuberculose ; Auguste fut aussi atteint, et ne recouvrera jamais la santé. Il voyagera en Italie, en Suisse, en Égypte, en Espagne, les principales étapes de ses pérégrinations. Mais ce n'était pas d'abord la santé qu'il poursuivait : il cherchait sa vocation.

Il eut trois maîtres spirituels qui eurent une grande influence sur son âme : le premier fut Józef (Rafal de Saint-Joseph) Kalinowski. Celui-ci - canonisé en 1991 (v. 15 novembre) - avait subi dix ans de travaux forcés en Sibérie, avant d’entrer chez les Carmes et fut précepteur d'Auguste pendant trois ans (1874-1877). C'est de lui qu’on sait la dévotion d’Auguste pour saint Luigi Gonzaga (Louis de Gonzague, v. 21 juin) et son compatriote saint Stanisław Kostka (v. 15 août). Il était enthousiaste de la devise de ce dernier : Ad maiora natus sum (Je suis né pour mieux que ça).

Le deuxième fut le père Stanisław Kubowicz, mais l'événement décisif fut la rencontre de don Bosco.

Auguste avait vingt-cinq ans quand il fit pour la première fois sa connaissance. Ce fut à Paris, justement à l'hôtel Lambert, où le fondateur des salésiens célébra la messe dans la chapelle privée. À l'autel servaient le prince Władisłas et Auguste. Il y a longtemps que je désirais faire votre connaissance ! dit don Bosco à Auguste. 

Depuis lors, dès que son père le lui permettait, Auguste venait à Turin pour rencontrer don Bosco et recevoir ses conseils. Il fit même plusieurs retraites spirituelles sous la direction du saint, en logeant à l'Oratoire, malgré tout l'inconfort qu'il y trouvait.

Curieusement, don Bosco se montra longtemps réticent à propos de l'acceptation du prince dans la Congrégation. Ce sera le Pape Léon XIII en personne qui dissipera tous les doutes. Après avoir sondé la volonté d'Auguste, le Pape conclut : Dites à don Bosco que le Pape désire qu'il vous accepte parmi les salésiens. - Eh bien, mon cher, répondit immédiatement don Bosco, je vous accepte. Dès maintenant vous faites partie de notre Société et je désire que vous y apparteniez jusqu'à la mort.

À la fin de juin 1887, après avoir renoncé à tout en faveur de ses frères, le jeune homme fit un bref aspirandat à San Benigno Canavese, puis le noviciat avec le père Giulio Barberis. Auguste dut bouleverser bien des habitudes : l'horaire, la nourriture, la vie commune... Il dut aussi résister aux tentatives de la famille qui ne se résignait pas à cette option. Le père lui rendit visite et tenta de le dissuader. Mais Auguste ne se laissa pas vaincre. 

Le 24 novembre 1887, il reçut la soutane des mains de Don Bosco dans la basilique de Marie Auxiliatrice. Courage, mon cher prince, lui murmura le Saint à l'oreille. Aujourd'hui, nous avons remporté une belle victoire. Mais je puis dire aussi, avec une grande joie, que viendra le jour où vous serez prêtre et, par la volonté de Dieu, vous ferez beaucoup de bien à votre patrie.

Don Bosco mourut deux mois après et, sur sa tombe à Valsalice, le prince Czartoryski devint salésien en émettant les vœux religieux.

À cause de sa maladie, il fut envoyé sur la côte ligurienne pour ses études de théologie. L'évolution de sa maladie fit reprendre avec plus d'insistance les tentatives de sa famille, qui recourut aussi aux pressions des médecins. Au cardinal Parocchi, prié d'user de son influence pour l'arracher à la vie salésienne, il écrivit : C'est en pleine liberté que j'ai voulu émettre les vœux, et je les ai faits avec grande joie. Vivant dans la Congrégation, j'éprouve depuis ce jour une grande paix d'esprit et je remercie Dieu de m'avoir fait connaître la Société salésienne et de m'avoir appelé à y vivre.

En 1892 il fut ordonné prêtre. Sur son image de première messe, il avait écrit : Un jour dans tes parvis en vaut plus que mille autres. Heureux les habitants de ta maison : ils pourront te chanter sans fin (Ps 88:11,5).

La vie sacerdotale du père Auguste ne dura qu'un an à peine ; il la passa à Alassio, dans une chambre qui donnait sur la cour des enfants.

Le père Auguste s'éteignit à Alassio le soir du 8 avril 1893, dans l'octave de Pâques, assis sur le fauteuil où don Bosco s'était plusieurs fois reposé. Quelle belle Pâque !, avait-il dit lundi au confrère qui l'assistait.

Son corps fut transporté auprès des tombes de la famille, dans la crypte paroissiale de Sieniawa, là où il avait fait sa première communion. Plus tard, ses dépouilles mortelles furent transférées dans l'église salésienne de Przemyśl, où elles se trouvent encore aujourd'hui.

Auguste Czartoryski fut béatifié en 2004.

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 23:00

07 AVRIL

 

II.

S Hegesippos, écrivain de Judée, historien originaire de Judée, mort à Rome.

?

Ss Epiphane (évêque), Donat et d’autres, martyrs en Afrique.

S Pelusius, martyr à Alexandrie.

Ss Theodoros, Irenæus, Serapion et Ammon, respectivement évêque, diacre et lecteurs, martyrs en Libye.

S Saturnin, évêque à Vérone.

S Chrétien, prêtre à Douai, invoqué contre les fièvres opiniâtres. 

IV.

S Calliopius, martyr en Cilicie ; sa mère remercia Dieu pour son martyre.

IX.

S Clotaire, à Vitry-en-Champagne.

S Georgios, évêque à Mytilène, victime des iconoclastes, mort exilé en Crimée.

S Gibert, abbé à Luxeuil, martyr avec ses moines lors d’une invasion de barbares. 

XII.

S Aibert, moine à Crespin puis reclus, aux austérités effrayantes, mystique, invoqué contre la fièvre.

XIII.

B Hermann-Joseph, prémontré allemand à Steinfeld, mystique dès son enfance.

XV.

Bse Orsolina Veneri, vierge à Parme, chargée par Dieu d’aller trouver le pape en Avignon.

XVI.

S Henry Walpole, prêtre jésuite ; il subit quarante fois la torture avant d’être exécuté, à York.

B Alexander Rawlins, prêtre, martyr anglais à York.

Bx Edward Oldcorne, prêtre, et Ralph Ashley, religieux jésuite, martyrs anglais. 

XVIII.

S Jean-Baptiste de la Salle, aîné de dix enfants, fondateur des Frères des Écoles Chrétiennes (première famille d'enseignants religieux non prêtres).

XIX.

S Phêrô Nguyên Van Luu, prêtre de Cochinchine, martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

Bse Maria Assunta Pallotta (1878-1905), italienne des Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie, morte du typhus en Chine, surnommée “Sainte aux parfums” parce que son corps, resté sans corruption, exhalait une très bonne odeur.

Bse Mykhailyna (Yosafata) Hordashevs'ka (1869-1919), fondatrice ukrainienne des Servantes de Marie Immaculée, béatifiée en 2001 (le 25 mars au Martyrologe).

B Domingo (du Très Saint Sacrement) Iturrate Zubero (1901-1927), espagnol basque, trinitaire à Belmonte, béatifié en 1983.

 

Hégésippe

† 180

 

Ce Juif originaire de Judée se convertit au christianisme. On a sur lui deux témoignages, celui de saint Jérôme et celui de l’historien Eusèbe.

Saint Jérôme écrit de lui que très rapproché du temps des Apôtres, il fut l’imitateur de leurs vertus et de leur vie, autant que de leur manière de parler.

Assistant aux progrès des premières hérésies, Hégésippe voulut voyager pour s’enquérir des Vérités de la Foi authentiques, et pour cela rejoignit Rome.

Il y resta, dit-il, «jusqu’au» pontificat d’Anicet (155-166) ou même, selon Jérôme et Eusèbe, jusque sous le pape Eleuthère (175-189), soit au moins vingt années, car nous ne savons quand il arriva à Rome. Cependant, le Martyrologe écrit qu’il fut à Rome «depuis» le pontificat d’Anicet jusqu’à celui d’Eleuthère, ce qui limite son séjour romain à une vingtaine d’années.

D’après Eusèbe, Hégésippe écrivit Cinq Livres, qui relataient tout ce qui s’était passé dans l’Eglise depuis la mort de Jésus-Christ jusque vers le temps d’Eleuthère. Ce précieux recueil rapportait dans un style très simple toutes les traditions apostoliques.

Malheureusement, de ce texte si précieux, nous n’avons plus que quelques fragments.

Une Chronique d’Alexandrie affirme qu’Hégésippe mourut sous l’empereur Commode, vers 180.

Traditionnellement, le dies natalis d’Hégésippe est fixé au 7 avril.

 

 

Pelusius d’Alexandrie

?

 

Il s’agit là d’un Martyr «inconnu», dont on a retrouvé seulement le nom dans quelque liste. On ignore tout de sa vie, de son martyre.

Saint Pelusius d’Alexandrie est commémoré le 7 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Calliopius de Pamphylie

† 304

 

Calliopius naquit en Pamphylie (act. Turquie SW), de famille sénatoriale : son père mourut peut avant la naissance, et sa mère Theoclia dut alors gérer un grand patrimoine.

Elle envoya son fils étudier les Ecritures dans la capitale, Pergé. Tout son temps libre, Calliopius le passait dans la prière et le jeûne.

Au moment où éclata la persécution sous Dioclétien (304), Theoclia donna à son grand garçon suffisamment de moyens pour aller s’établir à Pompéiopolis (Cilicie).

Là, le préfet Maximus s’adonnait aux pires orgies : Calliopius refusa de s’y mêler, pour la bonne et simple raison qu’il était chrétien. Immédiatement dénoncé et présenté au tribunal du préfet, Calliopius affirma qu’au-delà de son titre sénatorial, il avait celui de Chrétien.

Maximus donna l’ordre de le frapper avec des lanières de cuir, avec des nerfs de bœufs ; de l’écorcher sur le chevalet qui tournait au-dessus d’un feu ardent : un ange intervint pour éteindre le feu. Calliopius fut envoyé en prison, chargé de chaînes.

Theoclia apprit ce qui arrivait à son fils ; elle vendit tout ce qu’elle avait, affranchit les esclaves, et vint trouver son Calliopius. Il ne pouvait plus se lever pour aller la saluer.

Le lendemain, Maximus donna ordre de crucifier Calliopius : Theoclia donna un bon pourboire aux bourreaux pour que cette crucifixion fût exécutée comme pour s.Pierre, la tête en bas.

Quand Theoclia reçut dans ses bras le corps de son cher Martyr, elle expira.

Saint Calliopius de Pamphylie est commémoré le 7 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodoros, Irenæus, Serapion et Ammon en Libye

† 304

 

Ces quatre Martyrs offrirent leur vie pour la foi en Libye.

Theodoros était évêque, mais on n’en connaît pas le siège.

Irenæus était diacre.

Serapion et Ammon étaient lecteurs.

Ils auraient été martyrisés au quatrième siècle ; il s’agirait donc de la persécution de Dioclétien (304).

Tous quatre sont commémorés le 7 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Georgios de Mytilène

† 820

 

Georgios était né sur l’île de Lesbos, dont la capitale est Mytilène (même de bonnes éditions se trompent dans l’orthographe de cette ville).

Il devint métropolitain de cette ville et ordonna prêtre un autre Georgios, avec lequel on le confond parfois.

Comme il était venu à Constantinople sous l’empereur iconoclaste Léon l’Arménien, ce dernier l’exila en Crimée et l’évêque y mourut, vers 811-820.

Plus tard, son corps fut ramené à Mytilène

Saint Georgios de Mytilène est commémoré le 7 avril dans le Martyrologe Romain.

Hermann Joseph von Steinfeld

1150-1241

 

Né vers 1150 à Cologne, Hermann était le fils de pauvres habitants de cette ville.

A douze ans, il entrait chez les chanoines prémontrés de Steinfeld, reçut sa formation à Mariengarten et s’en revint à Steinfeld pour recevoir l’ordination sacerdotale.

Il exerça une certaine activité pastorale à Steinfeld et dans les environs, et fut chargé de la sacristie de son couvent.

Hermann eut une vie mystique extrêmement extraordinaire. Il connut le mariage mystique avec la Vierge Marie, ce qui lui valut son deuxième prénom de Joseph. Les habitants ne comprenaient pas pourquoi, parfois, sa messe durait si longtemps… C’est que Hermann connaissait des extases et des apparitions merveilleuses : il «rencontrait» la Sainte Vierge, l’Enfant-Jésus, les Anges et les Saints du Paradis… Il lisait dans les cœurs. 

Plus il était ainsi favorisé, plus il s’humiliait. Il eut en partage des maladies douloureuses, mais ses infirmités semblaient le quitter pour lui laisser le temps de célébrer la messe debout. La Sainte Vierge intervint pour lui retirer certaines infirmités qui l’empêchaient de suivre la communauté.

Dès avant son entrée chez les Prémontrés, il fut connu pour avoir offert des pommes en hommage à l’effigie de la Mère de Dieu, dans l’église Notre-Dame de Cologne. C’est pour cela qu’on l’appelle aussi le Saint des Pommes (Apfelheiliger).

Sa vertu de pureté était très grande. Son biographe écrivit qu’on pouvait justement l’appeler la fleur de la virginité, le lis de la chasteté, le vase choisi de la continence.

Son cœur était si empli de charité, qu’il était comme l’hôpital où toutes sortes d’affligés et de misérables étaient bien reçus : ses frères en religion y avaient la meilleure place.

Peu après sa mort, le prieur du couvent écrivit sans tarder une Vie d’Hermann Joseph, en vue de sa canonisation, dont le procès commença dès 1626, mais qui n’aboutit qu’en 1960.

Hermann Joseph mourut un 7 avril de 1241 ou 1252, dans le couvent des religieuses Cisterciennes de Hoven (Zülpich), où il avait été envoyé pour célébrer la Semaine Sainte et la fête de Pâques.

Les Allemands le fêtent le 21 mai.

 

 

Orsolina Veneri

1375-1408

 

Orsolina Veneri vit le jour en 1375 à Parme (Emilia-Romagna, Italie CN), de Pietro et Bertolina Veneri, divinement annoncée par un ange.

A quatre mois, on l’entendit prononcer Mon Dieu, mon Père ! A neuf ans, elle commençait à faire connaître à un prêtre quelques-unes de ses révélations.

A onze ans, elle guérit miraculeusement d’une grave infirmité par l’intercession de saint Pierre. Orsolina menait déjà une vie d’intense prière et de contemplation. Elle était très proche des Bénédictines de Parme.

C’était l’époque du schisme d’Occident ; un anti-pape séjournait en Avignon, tandis que le Pape était à Rome. Par deux fois, Orsolina alla avec sa mère trouver l’antipape Clément VII pour le convaincre de renoncer à son élection et par là de mettre fin à ce schisme. 

Au départ du premier voyage, saint Jean lui apparut pour la mettre sur la bonne route ; devant Clément VII, qui l’écouta volontiers, Orsolina le pressa de se soumettre aux ordres de Notre-Seigneur. Puis elle passa à Rome pour informer le Pape de sa mission. Lors du deuxième voyage, ce furent les cardinaux qui restèrent indifférents aux exhortations d’Orsolina, convainquant ainsi Clément VII de n’en rien faire.

Les mêmes cardinaux interrogèrent Orsolina, qui leur cloua le bec par ses réparties ; on l’accusa de sorcellerie, on voulut la mettre à la question, mais Dieu la délivra de ce supplice.

Elle se rendit ensuite en Terre Sainte (1396). A son retour, elle séjourna à Venise et y fut en si grande vénération que, plus tard après sa mort, la ville proposa sa canonisation. 

Suite aux luttes entre villes du nord, la ville de Parme l’expulsa, et elle se retira à Bologne, puis à Vérone.                  Tombée gravement malade, elle consola sa bonne mère, l’exhorta à la résignation, lui annonça le jour de son décès et expira dans les sentiments d’une tendre piété, à Vérone, le 7 avril 1408, à trente-trois ans (ou en 1410, à trente-cinq ans).

Des miracles se produisirent sur son tombeau. Orsolina Veneri fut l’objet de la vénération des fidèles. Le culte fut reconnu en 1786 ; Orsolina est donc considérée comme Bienheureuse.

 

 

Alexander Rawlins

?-1595

 

Alexander était né dans le Oxfordshire (Angleterre).

Déjà en 1586, il fut deux fois emprisonné pour sa foi à Newgate.

En 1589, il vint à Reims pour se préparer aux ordres sacrés. Il fut ordonné sous-diacre à Laon, diacre et prêtre en 1590 à Soissons.

Immédiatement envoyé en mission, il accosta à Whitby le 9 avril 1590.

On ne dit pas précisément quand et comment advinrent son arrestation et sa condamnation. On sait qu’il rejoignit en prison l’autre Martyr, Henry Walpole, dont il partagea les souffrances, les tortures, le jugement, la condamnation et l’exécution.

Alexander Rawlins mourut en martyr à York, le 7 avril 1595.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Henry Walpole

1558-1595

 

Né en 1558 à Docking (Norfolk, Angleterre), il était fils aîné de Christopher Walpole.

Il étudia à la Norwich School, à Peterhouse, Cambridge, et Gray’s Inn.

Il assistai à l’exécution du Martyr Edmund Campion (v. 1er décembre), dont il imbiba son gilet avec le sang ; de là lui vint cette force d’âme qui le conduisit à la conversion au catholicisme.

En 1582, il arriva, par Rouen et Paris, à Reims, puis fut admis au Collège Anglais de Rome en octobre 1583.

En 1584, il se retrouvait en France, membre de la Compagnie de Jésus, pour étudier la théologie à Pont-à-Mousson, et fut ordonné sous-diacre et diacre à Metz, enfin prêtre à Paris en 1588. 

On l’envoya aux Pays-Bas, comme aumônier des forces espagnoles, ce qui lui valut d’être prisonnier des Anglais à Flushing (1589). Il fut ensuite à Bruxelles, Tournai, Bruges, et en Espagne.

En 1590, on l’envoya en mission en Angleterre, mais il fut arrêté quand il accosta à Flamborough, et emprisonné à York. Au mois de février suivant, on le transféra à la Tour de Londres, où on le tortura durement et souvent. Il y resta jusqu’au printemps 1595, quand on le renvoya au tribunal de York.

Il fut martyrisé le 7 avril 1595 à York (Yorkshire), en compagnie d’un autre Martyr, Alexander Rawlins.

Tous deux béatifiés en 1929, seul Henry fut canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Ralph Ashley

?-1607

 

Ralph était né en Angleterre ; il est peut-être le même que Ralph Ashby (v. plus bas avec Edward Oldcorne).

Il semble bien qu’il ait d’abord été le cuisinier du Collège anglais de Douai, d’où il partit en 1590 pour celui de Valladolid, où il entra dans la Compagnie de Jésus ; cependant, il dut rentrer en Angleterre à cause de sa santé.

En cours de voyage, il fut fait prisonnier par des Hollandais, qui le prirent à partie, ce qui lui donna une première occasion de démontrer le courage qu’il avait pour défendre la foi catholique.

Une fois arrivé en Angleterre, en mars 1598, il fut pendant huit années au service du père Edward Oldcorne, jusqu’à son arrestation à Hindlip (Worcester). 

On le mit en prison à la Tower, avec le père Garnet et Nicholas Owen. Ce dernier mourut des tortures subies en prison ; en revanche, on a conservé les réponses de Ralph, qui montrent quelle constance il eut au milieu des horribles tortures qu’on lui fit subir. 

Finalement on l’envoya avec Oldcorne à Worcester, où ils furent jugés, condamnés et pendus. Ralph n’avait pu rester parmi les Jésuites à cause de sa mauvaise santé, mais il démontra une fidélité héroïque à souffrir pour le Christ.

Ralph Ashley mourut en martyr à Worcester, le 7 avril 1607.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Edward Oldcorne

1561-1607

 

Edward était né en 1561 à York (Yorkshire nord, Angleterre), d’un père protestant et d’une mère catholique.

Après avoir obtenu son diplôme de docteur, il voulut être prêtre et fut formé à Reims, puis à Rome où il fut ordonné en 1587. Il entra ensuite chez les Jésuites.

Dès 1588, il rentra en Angleterre en compagnie du père John Gerard (v. 27 juillet), et exerça son ministère à Worcester principalement.

Arrêté avec le père Henry Garnet, il fut mis à la Tower. 

On ne put trouver de preuves qu’il avait participé au complot Gunpowder, mais on le condamna pour le crime d’être prêtre. 

Edward Oldcorne mourut en martyr à Worcester, avec Ralph Ashby (v. supra) le 7 avril 1607.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

Jean-Baptiste de La Salle

1651-1719

 

Il fut l’aîné des onze enfants de Louis de La Salle et de Nicole de Moët de Brouillet, et naquit à Reims le 30 avril 1651.

Dans cette famille très chrétienne, Jean-Baptiste grandit avec un plaisir non dissimulé à «célébrer» les offices dans son petit oratoire. Son autre plaisir était de se faire lire des Vies de Saints. Nul doute qu’il aurait été ravi de consulter les notices de notre blog !

A onze ans, il reçut la tonsure. En 1667, il hérita du canonicat d’un parent.

Après l’école des Bons-Enfants, il fréquenta le collège en externe. A dix-huit ans, il était maître-ès-arts et reçut les ordres mineurs.

En 1670, il gagna Paris pour se préparer à la prêtrise et prendre ses grades à la Sorbonne. Mais en 1672, il dut revenir à Reims pour s’occuper de ses jeunes frères et sœurs, car les parents venaient de mourir.

Il fut ordonné prêtre en 1678 et reprit ses études. En 1680, il reçut le doctorat en théologie. Il célébrait chaque jour la Messe, contrairement aux habitudes du temps.

Cette même année 1678, mourut à Reims Nicolas Roland (v. 27 avril). Jean-Baptiste reprit ses écoles et les développa ; ainsi naquit l’institut qui s’appellerait des Frères des Ecoles Chrétiennes. Mais les choses n’allèrent ni rapidement ni facilement.

Pour mieux s’occuper de ses premières recrues, Jean-Baptiste les hébergea dans sa propre maison ; dès 1683, il renonça à son canonicat pour donner l’exemple de la pauvreté. En 1684, les premiers membres se lièrent par un vœu d’obéissance et le port d’un habit simple et pauvre ; en outre, pour bien marquer leur détachement du monde, ils adoptèrent un nouveau prénom.

Jean-Baptiste pratiqua la vertu de l’humilité au plus haut point. Il voulut faire élire un autre que lui comme supérieur, mais seules les circonstances ne le permirent pas.

Les écoles furent fondées à Paris et en d’autres localités. Il y eut des désertions, des trahisons, des contradictions, mais dans les épreuves les Frères fidèles restaient soudés autour de leur Fondateur.

Une des méthodes nouvelles pratiquées par ces nouveaux maîtres, était l’enseignement à toute une classe, tandis qu’à cette époque prévalait l’enseignement individuel de chaque élève. Jean-Baptiste instaura l’enseignement en français ; le latin ne serait intervenu qu’après l’assimilation totale des matières importantes en français. Tout cela dans l’ordre et la régularité.

Le noviciat fut installé à Paris en 1692. Au cours de cette période, Jean-Baptiste, exténué par les fatigues et les mortifications, faillit mourir, mais se reprit de façon inattendue. En 1694, les Frères émirent les vœux perpétuels. En 1695, Jean-Baptiste écrivit une première Règle, fruit de l’expérience acquise jusque là.

Les années 1698-1705 furent des années d’expansion, mais parallèlement aussi de profondes épreuves pour Jean-Baptiste de La Salle. Le Fondateur fut trahi, renié, persécuté, condamné, déposé, flétri, proscrit, et malgré ces traverses les écoles se multiplièrent à Paris et en province.

A Paris, ils occupèrent Notre-Dame des Dix-Vertus, jusqu’en 1791. Il y eut aussi une école dominicale pour ceux qui étaient empêchés durant la semaine, qui dut être interrompue à la suite de divisions internes malveillantes.

Une enquête diocésaine mal conduite (1703) aboutit un moment à la déposition du Fondateur, qui s’entendit dire par l’archevêque : Monsieur, vous n’êtes plus supérieur ; j’ai pourvu votre communauté d’un autre. Le cardinal menaça même de faire exiler Jean-Baptiste. Les Frères firent tellement corps avec ce dernier, que le nouveau «supérieur» ne le resta que de nom, et n’entrava jamais le travail du saint Fondateur.

A Rouen, nouvelle fondation, Jean-Baptiste dut être opéré d’une douloureuse excroissance au genou. 

Les fondations s’établirent dans toute la France : Chartres, Troyes, Dijon, Calais, Marseille.

En 1711, un procès injuste le condamna ; Jean-Baptiste se retira à Grenoble et ne revint à Paris qu’en 1714. Il prépara les Frères à s’adresser à un autre que lui, en la personne du frère Barthélemy, qui fut régulièrement élu supérieur général en 1717.

Jean-Baptiste de La Salle se retira désormais dans l’humble obéissance à son Supérieur. Il rédigea encore quelque opuscule, corrigea les autres, il priait et supportait avec résignation ses attaques de rhumatisme.

En 1719, ces attaques se firent beaucoup plus douloureuses. Le mardi de la Semaine sainte, il communia une dernière fois. Il expira le Vendredi saint, 7 avril 1719. Ses dépouilles, à la suite des persécutions anti-cléricales du début du 20e siècle, passèrent de Paris en Belgique, puis à Rome, dans la Maison-mère.

Jean-Baptiste de La Salle fut béatifié en 1888 et canonisé en 1900. 

Il fut proclamé patron de tous les éducateurs en 1950. On peut en effet le considérer comme le fondateur des Ecoles normales, pour instituteurs.

Sa fête liturgique est au 7 avril.

De saint Jean-Baptiste de La Salle, nous avons plusieurs opuscules, d’où ressort une sagesse et un esprit d’organisation remarquables : 

  • Exercices de Piété et Instructions et Prières pour la Sainte Messe (1697)
  • Règle du Frère Directeur (1700)
  • Instructions et Prières pour la Confession et la Communion et Les Règles de la Bienséance et de la Civilité Chrétienne (1702)
  • Cantiques Spirituels à l’usage des Frères des Ecoles Chrétiennes (1703)
  • Règles Communes de l’Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes (1705)
  • Conduite des Ecoles Chrétiennes (1706)
  • Recueil de Différents Petits Traités à l’usage des Frères des Ecoles Chrétiennes (1711)
  • En outre : des Méditations pour les Dimanches, pour les Fêtes, pour les Retraites.

 

 

Phêrô Nguyễn Văn Lựu

1812-1861

 

Né en 1812 à Go Vap (Gia Dinh, Saigon, Vietnam), Phêrô (Pierre) entra au séminaire, fréquenta l’école de Penang, avant d’être ordonné prêtre.

Dans son ministère, il porta une grande attention à l’éducation religieuse, à chaque famille, qu’il allait visiter régulièrement pour les aider de ses conseils. Ses fidèles l’aimaient beaucoup et étaient prêts à lui obéir, même si par ailleurs il osait blâmer leurs erreurs.

On dit de lui qu’il avait un petit penchant pour l’alcool. Un autre prêtre lui répondit un jour qu’il ne buvait pas d’alcool pour plusieurs raisons : d’abord, que c’était coûteux, qu’ensuite l’alcool faisait baisser (ou perdre…) l’attention, et que ce n’était pas un exemple à donner aux croyants. Phêrô alors jeta la bouteille dans la rivière et s’arrêta de boire définitivement.

Il avait la réputation d’un homme austère : Son extérieur était grave, son geste rare, sa parole calme, même quand il faisait des observations sévères. Ses entretiens avec les femmes se bornaient au strict nécessaire, il n’avait de rapports suivis qu’avec les catéchistes.

Repéré à un moment où il tentait de pénétrer dans une prison pour porter l’Eucharistie à des fidèles, il ne put nier son identité et son état de prêtre. Etant venu encourager les prisonniers chrétiens, il put alors leur donner l’exemple de la persévérance jusqu’à la mort.

Devant les mandarins, il déclara : La religion a pénétré mes os, comment pourrais-je l’abandonner ?

Phêrô Nguyễn Văn Lựu fut décapité le 7 avril 1861.

Il a été proclamé bienheureux en 1909, et saint en 1988. 

Maria Assunta Pallotta

1878-1905

 

Née le 20 août 1878 à Force (Ascoli Piceno, Marches, Italie C), aînée des cinq enfants de Luigi et Eufrasia Casali, Maria reçut au baptême les noms de Assunta Maria Liberata, les deux premiers prénoms en honneur de la proche solennité de l’Assomption de Marie, l’autre en l’honneur d’une Sainte locale. Elle fut confirmée en 1880, selon les coutumes du temps.

A cause de la pauvreté de la famille, elle ne fréquenta l’école que deux ans, pour aller travailler sur les chantiers, puis auprès du tailleur de pierre du village.

Au retour de son travail, elle s’arrêtait à l’église devant le Saint Sacrement, restant parfois des heures en prière.

Sa mère découvrit des pierres dans son lit. Maria portait le cilice. Elle jeûnait souvent et partageait son petit repas avec la voisine, une vieille femme malade et pauvre. Elle lisait les vies des Saints et priait le chapelet, dont elle ne se séparait pas.

Le soir du carnaval de 1897, un garçon voulut l’embrasser : cela la décida au contraire à se consacrer totalement à Dieu. 

L’attrait pour la vie religieuse était évident, mais sa pauvreté l’empêchait de préparer le moindre trousseau.

Un ecclésiastique clairvoyant et charitable la recommanda aux Franciscaines missionnaires de Marie, où elle entra en 1898.

Le noviciat se fit à Grottaferrata (Rome) ; on l’employa surtout aux travaux manuels, qu’elle exécutait avec promptitude ; son amour de la règle était déjà légendaire.

En 1900, elle fit les premiers vœux à Rome et, en 1902, fut envoyée à Florence, où elle fut employée aux humbles travaux de la maison : repassage, lessive, jardin, nettoyage, mais aussi à l’infirmerie et au catéchisme.

En 1904, elle se proposa pour aller soigner les lépreux en pays de mission. Elle partit pour la Chine.

La mission de Chine avait connu la persécution en 1900, et sept Religieuses avaient versé leur sang pour leur fidélité au Christ (v. 9 juillet). Maria Assunta fut envoyée à la maison de Tong-Eul-Keou, où elle fut chargée de la cuisine, en compagnie d’une domestique chinoise qui devait lui apprendre sa langue.

C’était sa préoccupation : la communication ! Elle craignit de ne pouvoir approcher les âmes pour leur parler de Dieu. Elle passa par une période de grandes inquiétudes, de doute même, mais l’épreuve fut de courte durée, dit-on.

En février 1905, une épidémie de typhus se déclara. Maria Assunta fut contaminée le 19 mars et demanda à recevoir le Sacrement des malades. Elle le reçut effectivement, quoique ses proches la vissent déjà sur la voie de la guérison ; les Sœurs plaisantaient même, lui disant que le Bon Dieu n’avait pas besoin d’elle. Mais Maria Assunta «savait» : la fièvre, le délire, les souffrances la frappèrent pendant une longue semaine.

Revenue à elle, elle demanda à se confesser, mais ne put communier, car elle ne pouvait plus rien avaler. Elle répétait en chinois : Eucharistie… Eucharistie…

Dans son agonie, elle ne pouvait plus que sourire. Vers le soir du 7 avril 1905, les assistants sentirent un mystérieux parfum «comme de baume d’encens, de roses et de violettes, écrira la Supérieure. 

La Sœur Maria Assunta expira ; le parfum disparut un moment, mais se fit sentir à nouveau : les Chinois vinrent s’en rendre compte.

L’enterrement fut un triomphe. La petite Sœur effacée devenait illustre. On l’appela la Sainte au parfum.

La mère supérieure demanda alors audience auprès du pape Pie X, qui répondit : Il faut ouvrir la Cause, et tout de suite ! 

Lors de l’examen de son corps en 1913 en vue de la béatification, son corps apparut intact malgré l’humidité et les effets habituels du typhus. Les miracles se multiplièrent immédiatement. 

Maria Assunta Pallotta fut béatifiée en 1954 et le Martyrologe la mentionne le 7 avril.

 

 

Mykhailyna Hordashevs’ka

1869-1919

 

Mykhailyna (Michèle) naquit le 20 novembre 1869 à Lviv (Leopolis, Ukraine), dans une famille chrétienne du rite gréco-catholique.

Elle entra dans l’Ordre des Sœurs contemplatives Basiliennes à l’âge de dix-huit ans.

Une branche active de cet ordre fut fondée et elle fit partie du premier groupe : les Sœurs Servantes de Marie Immaculée, où elle assuma le nom de Yosafata, par référence à saint Josafat (v. 12 novembre).

Ces Religieuses doivent servir notre peuple là où le besoin s’en fait le plus sentir. Yosafata fonda des centres d’hébergement journalier pour permettre à des parents de travailler aux champs, d’étudier les vertus des plantes et préparer des remèdes pour ceux qui n’avaient pas accès aux pharmaciens. En même temps, les Religieuses lisaient aux illettrés des vies de Saints.

Elles assistèrent les victimes des épidémies de choléra et de typhus, aidèrent à la restauration d’églises et à la confection de vêtements liturgiques.

Le problème, en ce 19e siècle finissant, est qu’on ne voyait pas d’un œil favorable une femme à la tête d’un institut, de sorte que Yosafata rencontra bien des oppositions tant des laïcs que du clergé. Des mensonges circulèrent sur son compte, jusqu’à lui causer de graves ennuis de santé, qui finirent par lui être fatals.

Elle mourut de tuberculose osseuse à Chevonohrad-Krystynopil (Ukraine), le 7 avril 1919, mais le Martyrologe la commémore le 25 mars.

Elle a été béatifiée en 2001.

 

 

Domingo Iturrate Zubero

1901-1927

 

Domingo, premier-né de onze enfants, naquit dans la bourgade de Biteriño di Dima (Bilbao, Biscaye, province du Pays Basque espagnol) le 11 mai 1901, et reçut une très bonne éducation chrétienne de ses parents, Simone Iturrate et Maria Zubero. Ce sont eux qui lui inculquèrent dès le plus jeune âge une grande dévotion eucharistique et mariale. Quand il fit sa première communion à dix ans, il se confessait déjà chaque mois depuis trois ans. 

Obéissant à ses parents, il allait à l’école du village et participait aux travaux de la maison et des champs. Assidu au catéchisme, il reçut du curé de la paroisse la charge de l’enseigner aux plus petits. Il fut enfant de chœur, et fréquemment assistait à la messe aussi en semaine.

Sensible, il avait quelque inclination à l’emportement, en bon Basque qu’il était. Quand il parla de sa vocation aux parents, sa mère consentit tout de suite, mais pas son père, qui considérait son fils aîné comme l’héritier de l’entreprise familiale ; cependant il finit par céder devant la fermeté de son fils.

Domingo reçut alors la Confirmation (1913), puis entra à Algorta (Cantabria, Biscaye) comme aspirant chez les Pères Trinitaires (fondés par s.Jehan de Mata, v. 17 décembre). On était en 1914 ; après les études, il reçut l’habit en 1917 et commença ainsi le noviciat au couvent de la “Vierge-bien-apparue” (Virgen Bien Aparecida) avec le nom de Domingo du Saint Sacrement.

Son chemin ne fut pas facile ; on apprit par une de ses confidences qu’il vécut alors une longue période de nuit obscure, qui le plongea dans le doute de sa vocation, l’aridité spirituelle, l’insatisfaction de ses actes, la peur, l’amertume, l’angoisse… On aurait pu identifier cet état d’esprit à une crise d’adolescence, mais Domingo passa plutôt par une réelle “nuit de l’esprit”, que beaucoup d’autres Saints et Mystiques vécurent à un moment de leur vie. Il se confia à la Sainte Vierge et finalement fit sa profession le 14 décembre 1918, ayant retrouvé la tranquillité intérieure et la sérénité spirituelle.

Après une année de philosophie, il fut envoyé pour continuer ses études à l’Université Grégorienne de Rome de 1919 à 1926. Il fut reçu Docteur en Philosophie en 1922, fit la même année ses vœux perpétuels, puis fut reçu aussi Docteur en Théologie en 1926. 

C’est en l’an 1924 qu’il fit, en accord avec son directeur spirituel (Antonino de l’Assomption), le vœu de faire ce qu’il reconnaîtra être le plus parfait. Dans son couvent romain, il était “assistant” du père Maître, c’est-à-dire qu’il devait veiller sur l’observance de la sainte discipline. Il reçut le sacerdoce le 8 août 1925 et célébra sa Première Messe le jour de l’Assomption suivant. 

Il exprima au père Provincial son désir d’ouvrir une mission de l’Ordre en Afrique ou en Amérique latine, mais ses supérieurs préférèrent mettre à profit ses excellentes qualités de formateur pour le nommer Maître des étudiants, au Chapitre général de 1926.

Et voilà qu’en juin de la même année il ressentit les premiers symptômes de la tuberculose pulmonaire ; en réalité, le mal était déjà très avancé ; un séjour à Rocca di Papa n’apporta pas d’amélioration et Domingo fut transporté d’urgence à Algorta en Espagne, avec un arrêt devant la grotte de Lourdes. Les médecins l’examinèrent, mais la maladie était incurable. 

Retiré au couvent de Belmonte (Cuenca), il accepta la volonté de Dieu sans se rebeller et abandonna tous ses projets missionnaires. Il mourut à Belmonte à même pas vingt-six ans, le 7 avril 1927 en odeur de sainteté : pour la Cause de sa béatification, on présenta quelque deux-mille cinq-cents relations de guérisons attribuées à son intercession.

Depuis 1974, ses restes sont dans l’église trinitaire de Algorta et il fut béatifié le 30 octobre 1983.

Il avait fait le vœu de faire toujours ce qu’il trouvera de plus parfait et veilla de toutes ses forces à faire progresser le salut des âmes et à étendre la gloire de la Trinité. Trois mois avant sa mort, il écrivait à un ami : Il y en a que le Seigneur prend avec lui à la fleur de l’âge, pour d’autres Il réserve de grandes œuvres et donc beaucoup de mérites. L’important est de faire la volonté de Dieu.

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 23:00

06 AVRIL

IV.

S Irenæus, évêque à Sirmium et martyr.

?

Ste Platonide (à Ascalon ?).

VI.

Ste Galla, veuve romaine dont parle s. Grégoire ; s. Pierre lui apparut peu avant sa mort.

S Eutychios de Constantinople, chevalier de l’orthodoxie contre les monophysites et contre l’empereur Justinien.

S Amand, fondateur de l’Eglise à Bergame, “martyr” ?

VII.

S Winebaldus, abbé à Troyes, aux ascèses effrayantes. 

IX.

S Prudentius, évêque à Troyes. 

S Méthode, évêque en Moravie, apôtre des Slaves, fêté avec s. Cyrille le 14 février.

S Gennard, moine à Saint-Wandrille, abbé à Saint-Germer-de-Flay.

S Berthame, évêque à Okney.

X.

B Notker le Bègue, moine de Saint-Gall, auteur de Séquences et d’un martyrologe.

XI.

S Philarète, moine basilien à Aulinas, chargé des bestiaux et du jardin.

XIII.

S Guillaume, chanoine de Sainte-Geneviève de Paris, abbé à Eskill ; désigné pour négocier le mariage d'Ingeburge de Danemark, sœur du roi Canut, avec Philippe Auguste, il réussit sa mission mais en subit le contrecoup lorsque le roi répudia son épouse.

S Pierre de Vérone, dominicain, martyr des manichéens qu’il contrait partout.    

XV.

Bse Caterina de Pallanza, prieure à Sainte-Marie du Mont.

XIX.

S Phaolô Lê Bao Tinh, prêtre tonquinois martyr décapité, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

B Zefirino Agostini, prêtre à Vérone, fondateur des Ursulines Filles de Marie Immaculée, pour l’assistance à la jeunesse, aux pauvres et aux malades, béatifié en 1998.

XX.

B Michele Rua (1837-1910), un des premiers disciples de s.Giovanni Bosco, auquel il succéda comme général de l'ordre salésien ; il ouvrit près de trois cents nouvelles maisons. 

Bse Pierina Morosini (1931-1957), des environs de Bergame, martyre en défendant sa virginité, béatifiée en 1987.

 

Irenæus de Sirmium

† 305

 

Sirmium est en Pannonie (act. Sremska Mitrovica, Serbie), différente de Smyrne (act. Izmir, Turquie W).

Irenæus en était l’évêque au temps de la persécution de Dioclétien et Maximien. Son nom évoque la paix ; les Actes disent qu’il était digne de son nom autant que par la modestie qui semblait être le fond de sa nature et par la crainte divine qui inspirait tous ses actes.

Il fut arrêté et conduit devant le gouverneur, Probus.

Ayant refusé d’offrir le sacrifice aux dieux, Irenæus fut torturé.

Vinrent alors ses vieux parents avec des amis, qui le supplièrent de leur épargner cette tristesse, mais Irenæus restait noble et ferme dans sa foi.

Probus commença par le condamner à être jeté dans le fleuve de Sirmium, la Save. Mais se reprenant, il le condamna à être immédiatement décapité.

Conduit au pont qui surplombe la Save, Irenæus retira ses vêtements, pria pour l’Eglise de Sirmium, et reçut le coup fatal ; le bourreau le précipita ensuite dans le fleuve.

Saint Irenæus de Sirmium est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Galla, romaine

† 547

 

Galla nous est connue par ce qu’en écrivit le pape Grégoire Ier sur la foi de personnes graves et dignes de foi.

Elle était fille du consul Symmaque, et sœur de cette Rusticiana qui fut l’épouse de Boèce (v. 23 octobre).

Mariée à la fleur de l’âge et veuve la même année, elle préféra les noces de l’Epoux céleste. Les médecins lui conseillaient cependant de se remarier car sinon, disaient-ils, à cause de son tempérament très chaud, l’ardeur de son sang lui provoquerait la barbe. 

Elle n’en fit rien, sachant bien que ce qui plaît à Dieu est la beauté intérieure de l’âme. Elle s’habilla désormais simplement et se consacra au service de Dieu au monastère Saint-Pierre. Elle y passa bien des années, cultivant l’oraison et la simplicité, et faisant aux pauvres d’abondantes aumônes.

A la fin de sa vie, elle fut frappée d’un douloureux cancer au sein.

La nuit, pour rester dans la lumière, elle allumait deux lampes devant son lit. Une nuit, lui apparut entre ces deux lampes, l’apôtre saint Pierre, pour «l’appeler» aux noces éternelles. Nullement impressionnée, elle s’enhardit même à demander que vînt avec elle une amie du monastère, Benedicta. Saint Pierre lui prophétisa qu’elle la suivrait un mois plus tard, mais qu’une autre serait appelée avec elle.

Galla informa la Supérieure ; effectivement, les deux moniales moururent le même jour, le 6 avril, peut-être en 547, et Benedicta le 6 mai (v. à ce jour).

Autrefois au 5 octobre, sainte Galla est maintenant commémorée le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eutychios de Constantinople

512-582

 

Eutychios naquit vers 512 à Théium (Phrygie, Asie Mineure, auj. région de Şuhut, Turquie CO), d’Alexandros, un officier de l’armée.

A douze ans, il rejoignit Constantinople pour les études. C’est déjà à cette époque qu’il fut conquis par l’idéal monastique. Cependant, l’évêque d’Amasée le pria de rester d’abord dans le clergé, et il lui conféra le sacerdoce à trente ans. Ce n’est qu’ensuite qu’il entra dans le monastère d’Amasée, où il reçut la haute dignité d’archimandrite.

A cette époque, l’empereur Justinien voulait ramener l’unité religieuse de ses sujets, mais à la foi monophysite, selon laquelle Jésus n’avait qu’une seule nature, alors que nous proclamons qu’en Jésus se trouvent deux natures, la divine et l’humaine.

Eutychios représenta l’évêque d’Amasée aux discussions. Justinien apprécia son discours et le fit nommer patriarche de Constantinople en 553. Un concile - le deuxième de Constantinople - s’ouvrit en mai de la même année, présidé par Eutychios, et dont les décrets furent successivement reconnus par le pape en décembre.

En 557, la cathédrale Sainte-Sophie fut très endommagée par un tremblement de terre ; après les travaux, Eutychios la réinaugura en 562.

Mais l’erreur continuait encore subrepticement. Justinien crut bon d’imposer une nouvelle formule, selon laquelle le corps du Christ étant incorruptible, le Christ n’aurait souffert que par un miracle spécial de sa volonté. Eutychios refusa et combattit cette nouvelle formule de monophysisme. Il fut arrêté le 22 janvier 565 ; des évêques acquis à l’empereur le déposèrent sous les griefs qu’il «mangeait des viandes délicates et qu’il priait longtemps à genoux».

Eutychios fut expédié sur l’île Prinkipo en Propontide, puis enfermé dans son monastère d’Amasée, où il resta douze ans, au-delà même de la mort de Justinien. Pendant tout ce temps, il priait, se sanctifiait, édifiait chacun par ses vertus, et faisait des miracles. Quand il put revenir à Constantinople, en 377, ce fut un véritable triomphe.

Une ultime bataille montra combien Eutychios était soumis à la Foi catholique et à l’Autorité romaine. Il crut bon de publier un essai philosophique sur la résurrection des corps. Or à ce moment se trouvait à Constantinople le légat papal, un moine bénédictin nommé Gregorio - qui devait devenir le pape Grégoire Ier le Grand (v. 12 mars) ; celui-ci comprit le danger de la publication d’Eutychios et l’invita à brûler son livre : il obéit.

Au soir de Pâques 582, il tomba malade ; l’empereur vint lui demander sa bénédiction ; puis, pour bien montrer sa foi totale, il prit la peau de sa main en disant : Je déclare que je ressusciterai dans cette chair et mourut ce soir-là ou au petit matin.

Saint Eutychios de Constantinople est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Winebaldus de Troyes

550-620

 

Winebaud naquit vers 550  à Nogent-sur-Seine, de parents gallo-romains.

Après ses études et son entrée dans la cléricature, il fut ordonné prêtre, mais se retira humblement dans une chapelle solitaire non loin de Troyes (auj. Saint-Martin-de-Bossenay, Aube).

Il chantait toute la nuit des psaumes, et ne mangeait, dit son biographe (un contemporain), pas plus qu’un nouveau-né.

Tout allait bien pour ce nouvel ermite, sauf que le Bon Dieu récompensa cette sainteté par le don des miracles, le bruit s’en répandit, et l’évêque de Troyes demanda à Winebaud de venir guérir un de ses diacres. Bien sûr Winebaud obéit, et à sa grande tristesse, l’évêque voulut le garder près de lui, de sorte qu’au lieu de revenir dans sa petite chaumière, il dut s’installer dans un monastère de Troyes.

Conséquence inévitable : à la mort de l’abbé du monastère, vers 580, c’est Winebaud qui fut élu, à la grande satisfaction de l’évêque (mais pas de Winebaud, on l’a compris). Winebaud maintint ses austérités d’avant… mais aussi les miracles, sans le vouloir.

Le même biographe raconte un grand nombre d’interventions miraculeuses de Winebaud, qui s’éteignit le 6 avril 620.

Saint Winebaud est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prudentius de Troyes

† 861

 

Galindo de son vrai prénom, il naquit vers la fin du 8e siècle en Espagne, où son frère devint évêque.

Il devait être de haute naissance, et sa famille devait avoir des relations de haut niveau, car Galindo vint, jeune encore, en France, sans doute à l’Ecole Palatine, et acquit à la cour des fonctions fort importantes. 

C’est à cette époque qu’il prit le nom de Prudentius.

Etait-il déjà prêtre ? On a supposé qu’il était (aussi) chapelain de l’impératrice Judith, femme de Louis le Débonnaire. Il écrivit alors, vers 830, un florilège du psautier, destiné à la piété de cette femme, et aussi à toute âme désireuse de s’unir à la prière des moines.

A partir de 836 il rédigea des Annales, dites «de Saint-Bertin», où l’on y trouve une mine de renseignements sur la vie de l’Eglise, sur les rois, leurs activités, voyages, guerres, traités.

Vers 843, il fut nommé évêque de Troyes.

Un de ses soucis majeurs fut la formation des séminaristes, auxquels il demanda d’apprendre par cœur un recueil de textes de l’Ecriture sur la foi et la morale chrétiennes. Il visita les monastères de son diocèse en y rétablissant l’observance rigoureuse de leur Règle ; en 847, il consacra le monastère de Montiéramey, dont il reste d’importants bâtiments, mais malheureusement pas l’église.

On verra au 21 septembre comment sainte Maura suivit heureusement les conseils de l’évêque de Troyes ; elle mourut en 850 et Prudentius en rédigea la Vita.

Prudentius assista au concile de Paris en 846, où il fut demandé aux Juifs de ne pas construire de nouvelles synagogues et d’éviter le prosélytisme, mais Charles le Chauve refusa d’appliquer ces décisions ; à Paris aussi, en 849, Prudentius fut un des signataires d’une lettre de protestation adressée à Nominoë, duc de Bretagne, qui prétendait déposer et nommer à sa guise les évêques de Bretagne.

Il y eut une importante controverse sur la prédestination, contre les idées dangereuses de Gottschalck d’Orbais, qui fut déjà condamné en 848 à Mayence et de nouveau à Quierzy en 849 : il fut enfermé au monastère de Hautvilliers. Mais la controverse était allumée, Prudentius y prit part, avec Hincmar de Reims et Wenilon de Sens, et jusqu’à la fin de sa vie. Sa position n’est pas rigoureusement la meilleure, mais elle se voulait absolument fidèle à celle de l’Eglise, qui n’avait pas encore élaboré une doctrine précise sur le sujet.

La maladie empêcha Prudentius de prendre part personnellement aux derniers événements de cette controverse : élection de l’évêque de Paris (856), concile de Savonnières (859), de Tuzey (860). Il mourut le 6 avril 861, laissant le souvenir d’un évêque zélé, d’un théologien courageux, d’un écrivain de talent et d’un historien impartial.

Saint Prudentius de Troyes est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Méthode de Sirmium

815-885

 

Voir la notice Cyrille et Méthode au 14 février.

 

 

Notker le Bègue

840-912

 

Notker naquit vers 840 à Heilgove (auj. Elk, Zürich, Suisse), de parents peut-être liés à l’empereur ou aux rois saxons.

Les parents de Notker confièrent leur petit garçon au monastère de Saint-Gall ; pieuse décision, mais qui fut peut-être dictée par le fait que Notker était faible, bègue et plein de défauts physiques, pour reprendre l’expression de Notker lui-même.

Mais l’âme et l’esprit de Notker n’avaient rien de ces défauts ; le garçon s’éprit réellement de la vie monastique, en compagnie de deux autres qui furent ses meilleurs amis, Ratpert et Tutilon (v. 28 mars ?). Tous trois, formés par les excellents maîtres Ison et Marcel, devinrent des gloires de leur monastère, spécialement dans l’art de la musique et, pour Tutilon, particulièrement dans la peinture et la scupture.

Notker prit à son tour place parmi les maîtres de l’école du monastère. De par ses notes et ses conseils, on voit que, s’il ignorait le grec, il cultivait les Pères de l’Eglise, surtout Augustin et Jérôme.

Sa charge d’enseignant accomplie, Notker recopia les manuscrits, rédigea des chroniques (par exemple sa Vie de Charlemagne) et composa des pièces en vers latins qu’il mit en musique, pour différentes fêtes de l’année ; ces séquences furent longtemps en usage.

On signalera ici avec plaisir les vies de Saints qu’il écrivit, et notamment un Martyrologe.

Un moine de Saint-Gall qui le connut, écrivit de lui qu’il était minable de corps et non d’esprit ; sa bouche bégayait, mais non son âme, car sans cesse tendu vers les choses d’en haut, il montrait dans les ennuis la patience et la douceur en toutes choses ; rigoureux néanmoins dans tout ce qui regardait les obligations de la vie commune. Un peu timide et gauche lorsqu’il était pris à l’improviste, il savait tenir tête aux attaques du démon. Qu’il s’agît de la prière, de la lecture, de l’enseignement, il était infatigable. En lui, pour tout dire, se résume l’habitacle le plus parfait dont on ait eu l’exemple en ce temps, des dons de l’Esprit Saint.

Il sera difficile de trouver meilleur éloge pour cet humble moine, qui mourut à Saint-Gall le 6 avril 912.

Tout de suite honoré dans son abbaye, il fut béatifié en 1513.

Saint Notker est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

Guillaume d’Eskill

1125-1203

 

Guillaume naquit vers 1125 à Saint-Germain (Crépy-en-Valois) et grandit sous la férule de son oncle, prieur à Saint-Arnoul puis abbé à Saint-Germain.

En 1141, il fut nommé chanoine séculier de Sainte-Geneviève de Paris, et pourvu de plusieurs bénéfices. Sa situation pécunière et sa régularité à l’office excitèrent l’envie de deux de ses confrères qui, voyant son inclination pour la vie monastique, feignirent d’avoir le même désir pour l’entraîner avec eux. Tous trois se rendirent à Pontigny. Les deux compagnons de Guillaume partirent bientôt sous divers prétextes, espérant s’emparer de ses bénéfices, mais il les imita ! Ils promirent alors de retourner à Pontigny au bout d’un an. Guillaume eut le temps de se rendre compte de leur supercherie, et abandonna ses désirs de vie cistercienne. Il crut satisfaire à son vœu en embrassant la réforme qui, en 1148, établit à Sainte-Geneviève de Paris des chanoines réguliers à la place des chanoines séculiers. Quelque temps auparavant, il avait été ordonné diacre par l’évêque de Senlis.

Dès cette époque, Guillaume montra la fermeté de son caractère : jaloux de la gloire et des droits de son ordre, n’admettant aucun abus d’où qu’il vienne, il défendra sans ménagement la régularité et l’observance.

En 1161, le bruit se répandit que la tête de sainte Geneviève avait disparu de sa châsse, et l’on accusait les chanoines de vol. Guillaume rédigea l’enquête menée par les évêques de la province, pour justifier ses confrères, l’enquête ayant abouti à un non-lieu.

En 1164, le nouvel abbé de Sainte-Geneviève prétendit en faire confirmer les dignitaires par le roi ; Guillaume empêcha l’abbé d’exercer ses fonctions et alla en référer au pape, alors à Sens. Le pape, prudent, lui donna raison, mais lui prescrivit de s’accuser d’être sorti du monastère sans permission. L’abbé lui imposa comme pénitence d’aller manger sept jours par terre avec les chiens. Le pape alors, mis au courant, prit entièrement parti pour Guillaume.

C’est alors que l’évêque de Roskilde (Danemark) émit le désir d’avoir des chanoines réguliers pour introduire la réforme dans un monastère de l’île d’Eskill. Guillaume partit avec trois confrères, mais ils ne furent accueillis que bien froidement par des moines corrompus qui n’avaient pas envie de corriger leurs habitudes. Le tenace Guillaume se mit au travail, réussit à vaincre bien des obstacles et put établir la réforme projetée ; le monastère fut transféré sur l’île de Seelande, érigé en abbaye, dont il fut alors nommé abbé.

Il y eut de grosses difficultés, à cause de plusieurs incendies. Mais l’évêque de Lund aida Guillaume autant qu’il le put et l’abbaye reprit son essor.

Peu à peu, Guillaume supervisa et implanta la réforme dans plusieurs monastères du Danemark.

En 1193, il fut envoyé auprès de Philippe-Auguste pour négocier le mariage de celui-ci avec Ingeburge, fille du roi danois. Le mariage eut lieu le 14 août, et le roi français prétendait renvoyer son épouse dès le lendemain. Guillaume vint expliquer l’affaire au pape. De retour en France, il fut arrêté six semaines à Châtillon-sur-Seine, fut libéré au début de 1196, mais dut retourner au Danemark sans avoir pu réconcilier le roi et la reine (la paix n’interviendra qu’en 1213).

Guillaume réintégra son abbaye, continuant de combattre avec ardeur pour la régularité.

Il mourut dans la nuit de Pâques, le 6 avril 1203, et fut canonisé en 1224.

Guillaume est parfois nommé de Roskilde, du nom du siège épiscopal de l’évêque qui l’accueillit.

 

 

Pietro de Vérone

1206-1252

 

Pietro vit le jour à Vérone, de parents gagnés par la secte des Manichéens (Cathares). Mais il eut l’heur d’être confié par son père à un maître catholique et grandit dans l’affirmation fervente de la doctrine catholique. Il tint même tête à son oncle en lui affirmant qu’il n’y a qu’un principe, le Créateur, et non pas un deuxième principe, celui du Mal.

Il alla étudier à Bologne, où il rencontra saint Dominique et reçut de celui-ci l’habit dominicain.

Il commit l’imprudence de pratiquer d’excessives mortifications, qui le rendirent malade, mais il guérit, semble-t-il, miraculeusement, et fit la profession.

Ayant reçu le sacerdoce, il prêcha d’abord dans les provinces voisines, suscita beaucoup de conversions, mais on ne sait s’il réussit à convertir ses propres parents ; il fut tellement convainquant, que les hérétiques commencèrent de le haïr mortellement, et ce fut là le début du complot qui aboutit au martyre de Pietro.

Il y eut d’abord des accusations lâches. Peut-être est-il vrai que Pietro avait parlé imprudemment à un pénitent qui s’était accusé d’avoir donné un coup de pied à sa mère ; Pietro lui avait dit qu’il méritait qu’on lui coupât le pied, et l’autre s’imposa lui-même cette pénitence ; le pauvre Religieux lui rappela alors le devoir de prudence et de clairvoyance, et lui remit son pied avec un signe de croix.

Une autre fois qu’il était en conversation avec les trois vierges saintes Catherine, Agnès et Cécile, durant une vision dans sa cellule, il fut accusé d’avoir reçu des femmes dans le monastère et relevé de toute mission. Quand le prieur comprit la Vérité, le pape lui-même nomma Pietro inquisiteur (1232). Pietro allait reprendre ses pérégrinations apostoliques, assisté par la main puissante de Dieu qui multipliait les miracles par sa parole et sa prière.

Un jour qu’un habitant de Milan, fortement enraciné dans l’hérésie, avait simulé une maladie pour supplier Pietro de le guérir, dans l’espoir qu’il n’y parviendrait pas, Pietro lui répondit : Je prie Celui qui a tout créé et qui voit tout, que si ta maladie n’est point véritable, il te traite selon tes mérites. Le faux malade éprouva alors de telles douleurs, qu’il ne put en guérir qu’en venant supplier Pietro, se confesser et rejeter son erreur. 

Toujours à Milan, lors d’une controverse publique en plein été, Pietro invoqua de Dieu quelques nuages pour rafraîchir l’air, et fut exaucé sur place.

Pietro fut nommé prieur en plusieurs couvents à Plaisance, à Gênes, à Côme, et s’employa à y faire approfondir l’étude de l’Ecriture Sainte, pour former les jeunes à combattre l’hérésie.

Le pape l’envoya examiner le nouvel Ordre des Servites de Marie à Florence et l’approuva sur son rapport ; c’est pourquoi les Servites considèrent Pietro comme leur deuxième Fondateur.

Les manichéens décidèrent de mettre à exécution leur plan honteux. Pietro fut divinement averti de son prochain martyre et en informa ses auditeurs à Cesena. Pour le jour des Rameaux de 1252, il se trouvait à Milan où il avertit les Milanais de son prochain assassinat, et regagna son couvent de Côme.

Le samedi de Pâques, il repartit pour Milan. Les sicaires le rattrappèrent en route ; l’un lui ouvrit le crâne avec une serpe, frappa mortellement son compagnon, et Pietro reçut un coup de poignard qui lui traversa le cœur. Il mourut en essayant encore d’écrire le Credo avec son sang. C’était le 6 avril 1252.

Horrifié, l’assassin se convertit et prit l’habit d’humble convers pour le reste de ses jours : c’est Carino Pietro da Balsamo qui, pleinement repenti, fut absout par le bienheureux Giacomo Salomoni à Forlí (v.31 mai), mourut saintement le 1er avril 1293 et fut béatifié en 1822. Plusieurs ennemis de Pietro se convertirent aussi sur son tombeau.

De nombreux miracles, retentissants, permirent une rapide canonisation, qui eut lieu en 1253.

 

 

Caterina Morigi

1437-1478

 

Caterina naquit vers 1437 à Pallanza (Verbania, Piémont, Italie NO), de parents aisés. Ils étaient d’une famille Morigi ou Moriggia, mais les documents du 15e siècle reportent le nom de famille de Ruffinis.

Cette famille fuit l’épidémie de peste qui sévit et s’installa au Val d’Osa, où cependant l’épidémie les rejoignit tous, laissant toute seule la petite Caterina.

Le seigneur de l’endroit la recueillit et la confia à une dame de Milan. A quatorze ans, Caterina voulut entrer au couvent, mais son protecteur la fit attendre.

Autour de vingt ans, Caterina fit le vœu de chasteté ; peu après, elle vit Jésus-Christ en croix, qui l’envoyait à Sainte-Marie-du-Mont pour y mener une vie toute consacrée à Son service. Cet ermitage se trouve à faible distance de Pallanza.

Caterina y arriva quelques jours après cette vision. La peste sévissait toujours et toucha Caterina. Elle dut rentrer à Pallanza, craignant pour les autres à cause de la contagion. Elle fit le vœu de rester toute sa vie à Sainte-Marie-du-Mont si elle guérissait sans que nul n’en souffrît.

Bientôt guérie en effet, elle revint à son ermitage, en avril 1452. Elle habita dans une petite cabane, menant une vie très mortifiée. 

Sa renommée de sainteté et de sagesse attirait les visiteurs. Quelques femmes lui demandèrent de rester auprès d’elle et une communauté se fonda. Des malveillants critiquèrent ces religieuses sans règle ni approbation pontificale, et parlaient même de les faire excommunier. C’était là un zèle bien audacieux, mais Caterina obtint l’approbation ; les religieuses adoptèrent la règle de saint Augustin, prirent l’habit et firent des vœux. Elles prièrent l’Office divin selon le rite ambrosien de Milan.

Caterina fut élue prieure pour trois ans en 1476, mais mourut déjà le 6 avril 1478, après avoir recommandé à ses filles de toujours garder la paix dans la communauté et d’observer fidèlement leurs vœux.

Tout de suite on éleva à cette belle âme un culte qui fut reconnu en 1769 et confirmé par le pape la même année ; Caterina est donc considérée comme Bienheureuse.

 

 

Phaolô Lê Bào Tịnh

1793-1857

 

Né en 1793 à Trinh Hà (Hoàng Hóa, Ha Trung Thanh Hóa, Vietnam), Phaolô (Paul) était le troisième des six enfants d’une famille catholique..

A douze ans, il apprit à lire et à écrire avec le prêtre de la paroisse, puis rejoignit l’école de Kẻ Vĩnh pour apprendre le latin. Ensuite il entra au Grand séminaire.

L’évêque, qui avait une grande confiance en lui, l’envoya par deux fois à Macao chercher de l’argent et des objets à rapporter pour aider les missionnaires.

On raconte que, étant à Macao, Phaolô vit en rêve une belle Dame qui lui annonçait qu’il serait martyr en Annam, puis cette Dame lui révélait qu’elle était Marie.

En 1839, Phaolô fut cette fois-ci envoyé au Laos auprès des missionnaires. A ce moment-là l’évêque dut se cacher dans la forêt et mourut. Ce fut Mgr Retord qui lui succéda ; à son tour, il pria Phaolô de repartir à Macao pour le même service.

En 1841, Phaolô fut arrêté et mis en prison à Hanoi (Hà Nội), où il resta sept ans.

Quand le roi Tự Ɖửc accéda au trône, il eut d’abord un geste d’amnistie et Phaolô fut du nombre des prisonniers libérés.

En 1848, Phaolô put enfin recevoir l’ordination sacerdotale : il avait cinquante-six ans. Il fut alors nommé directeur du séminaire de Tri Vinh.

Le 27 février 1857, lors d’une nouvelle persécution, il fut arrêté et conduit à Nam Dinh, en attendant le jugement. On le condamna d’abord à la prison à vie, en raison de son âge, mais ensuite le roi ordonna pour lui la peine de mort par décapitation.

Le juge ne voulait pas faire mourir ce prêtre. Il tenta de lui arracher une fausse «apostasie», pour le libérer. Mais Phaolô, en le remerciant pour son geste, lui expliqua qu’il n’avait pas de regret de remettre son âme à Dieu, que le christianisme était sa religion, et qu’il ne pouvait l’abandonner.

Phaolô Lê Bào Tịnh fut décapité le 6 avril 1857.

Il fut béatifié en 1909, et canonisé en 1988.

 

 

Zefirino Agostini

1813-1896

 

Aîné des deux enfants de Antonio Agostini et Angela Frattini, Zefirino naquit à Verona le 24 septembre, baptisé quatre jours après. Monsieur Agostini était médecin et bon chrétien.

Zefirino fit de bonnes études au Grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1837.

Nommé vicaire dans sa propre paroisse des Saints-Nazaire-et-Celse, il reçut aussi la charge de vice-chancelier de l’évêché et accompagna fréquemment l’évêque dans ses tournées pastorales ; puis il fut curé de la même paroisse à partir de 1845, jusqu’à la mort.

Cette période fut lourde à cause des guerres qui travaillaient l’Italie (en 1848, 1859 et 1866) et aussi à cause de la grande épidémie de choléra de 1855.

Pour l’assister dans son activité pastorale, surtout en direction de la jeunesse féminine, il s’entoura de pieuses personnes qui voulaient travailler dans l’esprit de sainte Angela Merici, fondatrice des Ursulines (voir au 27 janvier). Peu à peu ces personnes en vinrent à vivre en communauté, et devinrent, sous l’inspiration de don Zefirino, les Ursulines Filles de Marie Immaculée.

Ce fut bien sûr une responsabilité supplémentaire pour don Zefirino, qui continua à se dépenser de toutes ses forces pour répandre la Parole de Dieu.

Il mourut le 6 avril 1896, et fut béatifié en 1998.

Son dies natalis tombant en période de Carême, sa fête locale a été établie au 24 septembre, qui était son anniversaire «sur terre».

 

 

Michele Rua

1837-1910

 

Il était né le 9 juin 1837 dans la quartier Borgo Dora de Torino, où se trouvait l’arsenal : son père y travaillait et la famille habitait aussi sur place. 

Les deux garçons furent bientôt orphelins de leur père. Michele fit sur place les deux premières classes, puis fréquenta les Frères des Ecoles Chrétiennes. C’est là qu’il rencontra don Giovanni Bosco (v. 31 janvier).

On sait que ce saint prêtre avait le don d’entrevoir le futur ; au garçon, il lui dit : A nous deux, on se partagera tout le travail. Don Bosco devint le confesseur de Michele.

Orphelin, Michele allait travailler dans l’arsenal, mais don Bosco proposa à sa mère de l’envoyer à l’oratoire de Valdocco, où se trouvaient déjà quelques centaines de garçons. Peu à peu Michele entendit l’appel au sacerdoce et revêtit l’habit clérical en 1853.

Peu après mourut son frère.

En janvier 1854, don Bosco réunit quatre de ses jeunes, parmi lesquels Michele Rua ; ce dernier rédigea le procès-verbal de cette journée, qui marquait en fait le début de la congrégation salésienne.

Malgré son jeune âge, Michele devint comme le bras droit de don Bosco, aussi bien auprès des garçons que comme secrétaire, relisant pour lui les manuscrits et les épreuves des livres qu’il éditait. Quand il eut recopié les Règles de la future congrégation, il accompagna don Bosco à l’audience de Pie IX pour les lui présenter : le pape dut les corriger de sa propre main, avant de donner sa bénédiction à la Congrégation salésienne.

En 1856, à la mort de la maman de don Bosco, Michele appela la sienne pour venir la remplacer. Elle resta fidèlement à cette charge pendant vingt ans, jusqu’à la mort.

En 1860, Michele est ordonné prêtre, à vingt-trois ans. Trois ans plus tard, il ouvre et dirige une nouvelle maison, le Petit séminaire à Mirabello Monferrato.

Il revient en 1865 à Valdocco, où il seconde don Bosco, dans cette œuvre qui formait maintenant plus de sept cents garçons. Des vocations naissaient, en 1872 se formaient les Filles de Marie Auxiliatrice, en 1875 partirent les premiers missionnaires pour l’Argentine ; on commença l’impression d’un bulletin. Le pape Léon XIII demanda aux Salésiens de construire la basilique du Sacré-Cœur à Rome. Don Rua accompagnait don Bosco dans tous ses voyages (en France et en Espagne).

A partir de 1884, don Rua fut nommé vicaire de don Bosco, avec droit de succession, ce qui se fit à la mort du Fondateur, le 31 janvier 1888.

Si don Rua connut les joies d’une rapide expansion de l’Institut (les pères salésiens furent bientôt des milliers répartis en divers pays d’Amérique du Sud et d’Asie, où don Rua ne ménagea pas sa peine pour aller les visiter et les encourager), il vécut aussi des heures sombres : le gouvernement anticlérical de l’Equateur éloigna les Salésiens en 1896, puis la France maçonnique en 1902 ; en 1907, un pénible procès ourdi par la Maçonnerie en Ligurie, accusa les Salésiens de malfaçons, et se termina finalement par la fuite des accusateurs à l’étranger.

Exténué par tant de travaux, de voyages, de fatigues et de soucis, don Michele Rua mourut le 6 avril 1910. Sa dernière parole fut une invocation que lui avait enseignée don Bosco : Ô Vierge Marie, ma Mère, fais que je sauve mon âme.

Don Rua fut enseveli auprès de don Bosco ; il fut béatifié en 1972.

 

 

Pierina Morosini

1931-1957

 

Née le 7 janvier 1931 à Fiobbio (Albino, Bergamo, Italie), de Rocco Morosini et Sara Noris, Pierina était l’aînée des neuf enfants de ces humbles paysans.

Après l’école primaire, elle s’inscrivit à une école de couture, mais ensuite travailla dans une fabrique de coton, ce qui lui procurait un salaire meilleur et plus régulier, car c’est elle qui devait soutenir la famille, le papa étant devenu invalide. 

Chaque matin, elle recevait l’Eucharistie avant de partir au travail, et priait le chapelet durant le trajet.

Pierina s’inscrivit à l’Action Catholique et en devint même responsable pour les plus jeunes. 

En 1947, elle fit l’unique voyage de sa vie en-dehors de son pays, pour assister à la béatification à Rome de Maria Goretti (v. 6 juillet).

Le 4 avril 1957, sur le chemin du retour du travail, un voyou l’attendait, qui l’invita au péché et, sur le refus de la jeune fille, la frappa avec une pierre. Pierina tomba sans connaissance, et la famille la retrouva dans une mare de sang.

Pierina ne se réveilla pas. Elle s’endormit dans le Seigneur, martyre de sa chasteté, le 6 avril 1957, à l’hôpital de Bergamo. Tout de suite on compara sa mort à celle de Maria Goretti.

Pierina Morosini a été béatifiée en 1987.

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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 23:00

05 AVRIL

 

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S Zénon, martyr par la poix, le feu et le glaive. 

IV.

Ste Ireni, martyre à Thessalonique, sœur des stes Agapi et Chionia (cf. 1er avril).

Ste Pherbutha, sœur de l’évêque Siméon Bar Sabas à Séleucie, martyre.

V.

Un Lecteur de nom inconnu à Regia, martyrisé d’une flèche dans la gorge le jour de Pâques au moment où il chantait Alleluia.

VI.

S Tigernac, évêque à Clogher, aveugle à la fin de ses jours. 

VII.

S Claudien, moine persan, martyr.

IX.

Ste Théodora, veuve, moniale avec sa fille à Thessalonique ; son tombeau sécrète une huile miraculeuse.

XI.

S Géraud, guéri miraculeusement par l’intercession de s. Adalhard, puis abbé à Laon, enfin à la Grande-Sauve.

S Albert, évêque à Montecorvino ; ses jeûnes et ses larmes lui firent perdre la vue.

XIII.

Ste Julienne de Cornillon, flamande, prieure des Augustines du Mont Cornillon ; elle fut à l'origine de la Fête-Dieu, mais traitée de fausse visionnaire, et chassée de son couvent.

XV.

S Vicente Ferrer, dominicain espagnol qui sema l’Europe de miracles ; il se trompa un temps à propos du pape légitime lors du schisme d’occident ; mort à Vannes, il en est le patron.

XVI.

Ste Catarina Tomàs, chanoinesse augustine à Palma de Maiorque ; se trouvant trop choyée, elle feignit longtemps d’être insensée : on ne l’en estima que plus. 

XVIII.

Ste Anna (Maria Crescentia) Höß, tertiaire franciscaine à Kaufbeuren, mystique ; c’est un luthérien qui lui offrit sa dot pour entrer au monastère ; canonisée en 2001.

XIX.    

Bse Josefina Saturnina Rodríguez de Zavalía (Catalina de Marie), argentine, fondatrice des Sœurs Esclaves du Sacré-Cœur de Jésus, béatifiée en 2017.

XX.

B Mariano de la Mata Aparicio (1905-1983), prêtre augustin espagnol, actif au Brésil, mort de cancer, béatifié en 2006 ; il avait une passion pour les plantes et les fleurs.

 

Ireni de Thessalonique

† 304

 

Les trois sœurs Agapi, Chionia et Ireni vivaient à Thessalonique, chez leurs parents, qui n’étaient pas chrétiens.

Leurs noms étaient tout symboliques : Amour, Pureté et Paix.

L’édit de Dioclétien ayant en 303 interdit de conserver les Livres saints, les trois sœurs cachèrent ceux qu’elles avaient, sans en parler à personne.

L’année suivante cependant, on découvrit la cachette et les Livres ; elles furent dénoncées et présentées au gouverneur.

En même temps qu’elles, étaient aussi présentés Cassia, Philippa et Eutychia, ainsi qu’un nommé Agathon.

Fermement, elles refusèrent de manger de la viande offerte aux dieux païens, et furent condamnées à être brûlées vives.

Agapi et Chionia moururent le 1er avril 304.

Dans un premier temps, Ireni fut entièrement dévêtue et exposée dans un lupanar ; Dieu fit que personne n’osa l’approcher ; le 5, à nouveau convoquée, elle persista dans la fermeté de sa Foi et fut condamnée alors au même sort que ses sœurs.

Les Actes de ces trois Martyres ne parlent pas du sort des autres Compagnons.

Sainte Ireni de Thessalonique est commémorée le 5 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pherbutha de Séleucie

† 342

 

Durant la persécution de Sapor II en Perse, fut martyrisé l’évêque Siméon Bar Sabas (v. 17 avril). C’est de sa sœur qu’il s’agit ici. Elle s’appelait aussi Tarbula, et était vierge. On ne connaît pas le nom de son autre sœur, qui était veuve.

Or il advint que la reine tomba malade.

Les deux saintes femmes furent accusées auprès de la reine, par des Juifs, d’avoir voulu l’empoisonner. On les arrêta donc toutes deux, avec une servante de Pherbutha et on les présenta au palais royal.

L’intendant qui l’interrogea, remarqua la beauté extraordinaire de cette femme, et lui envoya ensuite dire que, si elle voulait bien être son épouse, il obtiendrait sa grâce certainement. Mais Pherbutha refusa dignement cette avance, préférant de beaucoup rester unie au Christ et rejoindre bientôt son frère Siméon dans la béatitude céleste.

La sentence tomba : la reine ne pouvait être guérie que si elle passait entre les corps des accusées, coupés en deux. Le récit continue :

On mena donc ces saintes femmes devant la porte de la ville : chacune fut attachée à deux pieux, à l’un par le cou, à l’autre par les pieds ; et, les ayant ainsi étendues, on les coupa par le milieu avec des scies ; puis, ayant planté en terre trois grandes pièces de bois de chaque côté de la rue, on y pendit les moitiés de leurs corps. On apporta la reine dans cette rue, et on la fit passer au milieu de cette boucherie, suivie d’une multitude innombrable de peuple (342).

Pherbuta et sa servante ne furent pas des cas isolés. Les récits parlent d’une multitude innombrable de prêtres, diacres, moines et vierges ; on retint les noms de vingt-trois évêques, parmi lesquels Acepsimas et son prêtre Jacques, Dausas et Milles, Mareabdes avec deux-cent cinquante clercs ; le prêtre Aïthalas, les diacres Azadan et Abdjésu.

Aïthalas fut plusieurs fois étendu et frappé, au point qu’on lui disloqua les jointures des bras, que ses mains demeurèrent comme mortes et qu’on devait lui donner la nourriture dans la bouche. 

Le même jour que Pherbuta, au Martyrologe, est mentionné un nombre de cent-dix-neuf Martyrs, hommes et femmes. 

Le lendemain de ce jour, l’ancien Martyrologe mentionnait une sainte femme nommé Yazdandocht (c-à-d. fille de Dieu), qui assista en prison un groupe de cent vingt Martyrs, prêtres, diacres, clercs et vierges. Ces Héros furent tenus en prison pendant les six longs mois de l’hiver ; la veille de leur supplice, Yazdandocht vint en prison, leur lava les pieds, leur remit à chacun un bel habit blanc et leur servit un festin. Puis elle les salua, se recommandant à leurs prières auprès de Dieu. Les Athlètes du Christ allèrent offrir joyeusement leur cou au bourreau.

Le règne de Sapor II ayant été fort long (310-380), et atroce vis-à-vis du christianisme, parce que le roi assimilait la religion chrétienne aux Romains qu’il combattait, les écrivains en vinrent à estimer à seize mille les victimes de cette longue persécution, renonçant même à en conserver tous les  noms.

Sainte Pherbutha de Séleucie est commémorée avec sa servante le 5 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lecteur en Maurétanie

† 430

 

Le roi arien Genséric (427-477) persécuta âprement les Chrétiens en Afrique.

L’historien Victor de Vite raconte : 

Dans une localité nommée Regia, les Chrétiens s’étaient enfermés pour célébrer la fête de Pâques sans être inquiétés. Les ariens en eurent connaissance et, sous la conduite d’un de leurs prêtres, vinrent se grouper autour de l’église. N’y pouvant pénétrer, ils lancèrent des flèches par les fenêtres.

C’est alors qu’une flèche atteignit à la gorge le Lecteur, qui était justement en train de proclamer  : Alleluia ! 

Les assaillants finirent par pénétrer dans l’église et achevèrent ceux qui n’avaient pas encore été atteints de leurs flèches.

La date de cet événement pourrait se situer très approximativement vers 430 (on sait que s.Augustin mourut durant le siège d’Hippone en 431). 

Ce saint Lecteur, ainsi que tous ces Fidèles, sont globalement commémorés le 5 avril dans le Martyrologe Romain.

Géraud de la Grande Sauve

1025-1095

 

Geraldus naquit vers 1025 à Corbie (act. dans la Somme) de pieux parents qui le consacrèrent tout jeune dans l’abbaye de cette ville.

Il y resta, et devint cellerier. Mais une maladie lui rendit impossible toute occupation sérieuse. Foulques, son confrère de noviciat devenu abbé, l’emmena à Rome, espérant obtenir au moins quelque amélioration de sa santé auprès du tombeau des Apôtres ; ils furent à Rome, au Mont-Cassin, au Mont-Gargan, sans résultat. Reçus tous deux par le pape, ils reçurent de lui l’ordination sacerdotale et rentrèrent à Corbie.

Devenu sacristain, Géraud s’acquitta très bien de sa tâche, surtout pour la reconstruction de l’église, ravagée par un incendie. Puis il lui vint une idée lumineuse : il invoqua le saint abbé Adélard (v. 2 janvier), qu’on venait de canoniser, et promettant qu’en cas de guérison, il s’engageait à en propager le culte. 

La guérison arriva en effet ; reconnaissant et fidèle à son vœu, Géraud composa des antiennes et des répons pour compléter l’office du saint Abbé. Ce dernier, en outre, apparut par deux fois à Géraud pour l’encourager, le consoler, le conseiller.

Vers 1073, Géraud obtint la permission d’aller en pèlerinage aux Lieux Saints. A peine rentré à Corbie, on l’appela à être l’abbé du monastère de Laon. Ayant vainement tenté pendant cinq années d’y rétablir la Règle authentique, il décida de se retirer dans la solitude.

C’est alors qu’il fut sollicité par plusieurs Religieux pour fonder une nouvelle abbaye. Après avoir vénéré les reliques de saint Denis (v. 9 octobre), celles de saint Martin de Tours (v. 11 novembre), ils furent reçus par le comte de Poitou, qui leur concéda la forêt de Grande-Sauve, entre la Garonne et la Dordogne.

Lors du nécessaire défrichage, la tradition rapporte que Géraud abattit un bon nombre de chênes uniquement en les touchant avec une pièce de fer pointue : l’objet fut conservé comme le couteau de saint Géraud.

La sainteté des moines et de leur abbé contagia la population : les mœurs s’adoucirent, on vint prier et se confesser. Géraud donnait volontiers pour pénitence de jeûner le vendredi et faire abstinence le samedi.

En 1080, au concile de Bordeaux, l’abbaye fut exemptée de toute autorité laïque. Heureux de tous ces saints résultats, Géraud voulut abdiquer et se retirer : le légat papal lui enjoignit de rester à sa place !

Si de nombreux disciples se présentèrent, il y eut aussi de pénibles brimades, mais leurs auteurs se rendirent compte bien vite qu’elles se retournaient contre eux-mêmes.

Parmi ses occupations, Géraud rédigea un Martyrologe contenant des noms de Saints qu’on aurait oubliés sans son travail.

Sentant sa mort approcher, Géraud donna à tous les moines sa bénédiction, échangea avec chacun le baiser de paix, et pria toute cette sainte assistance de se retirer pour laisser place aux Anges et aux Saints qui allaient prendre son âme et la porter en Paradis, et mourut le 5 avril 1095.

Si le culte envers Géraud se développa presque aussitôt, la canonisation officielle se fit en 1197.

Sous la Révolution, on eut le temps de cacher les reliques de Géraud, qu’on ne retrouva qu’en 1830.

Saint Géraud de la Grande-Sauve est commémoré le 5 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Julienne du Mont Cornillon

1192-1258

 

Julienne naquit en 1192 à Retinne (Liège, ), d’Henri et Frescinde, riches agriculteurs qui moururent quand elle eut cinq ans.

Avec sa sœur Agnès, son aînée d’un an, elles furent placées chez les Religieuses augustiniennes du Mont-Cornillon qui, en-dehors de l’office au chœur, s’occupaient de lépreux et d’autres malades.

Les deux petites filles furent confiées à une certaine sœur Sapience, qui les aida dans leur chemin spirituel, et devint plus tard la supérieure du couvent.

On n’entend plus parler d’Agnès. Julienne, de son côté, fit de grands progrès dans la sainteté : elle sut bientôt le psautier par-cœur, aimait la solitude, l’austérité, parfois exagérée, qui lui valut quelques douces remontrances et quelques conseils de prudence.

En 1207, elle reçut l’habit de la congrégation.

Un de ses travaux fut l’étude assidue du latin pour lire dans le texte les Pères de l’Eglise ; elle lisait ainsi saint Augustin, saint Bernard ; nos bacheliers pourront légitimement être jaloux de cette jeune novice !

En 1208 (elle avait seize ans), elle reçut une première vision où elle aperçut le globe de la lune partiellement obscurci par une tache noire. Ses consœurs lui suggérèrent de ne pas s’en occuper ; mais le bruit s’en répandit et les gens de Liège commencèrent à parler de Julienne. La jeune novice, qui n’appréciait pas beaucoup ce remue-ménage, implora dans la prière d’être instruite sur la signification de cette vision et il lui fut enfin révélé en 1210 qu’il manquait une fête au calendrier :

L’Eglise militante est figurée par le globe de la lune ; la tache qui en voile une partie signifie qu’il manque une fête dont Dieu veut l’institution ; c’est la fête du très auguste et très saint sacrement de l’autel. Le Jeudi saint, à la vérité, est désigné à cet effet, mais les diverses autres cérémonies de ce jour en empêchent la solennité ; il faut en établir une autre qui sera chômée et observée dans toute la chrétienté. Et cela pour trois raisons : 

  1. pour que la foi aux mystères de la religion qui diminue et diminuera encore si l’ont n’y porte remède soit raffermie et confirmée en son entier.
  2. pour que les hommes qui aiment et cherchent la vérité en soient pleinement instruits, et puisent dans cette source de vie des forces pour avancer dans le chemin de la vertu.
  3. pour que les irrévérences et impiétés journalières qui se commettent contre la majesté de ce sacrement soient réparées et expiées par une adoration profonde et sincère.

C’est ainsi que Julienne fut chargée de demander à l’Eglise l’institution de la fête de l’Eucharistie. Cette mission la combla d’une sainte joie et augmenta encore sa dévotion eucharistique. C’est à cette époque qu’elle rencontra Eve de Liège (v. 14 mars).

En 1222, Julienne succéda comme supérieure à la sœur Sapience. Il y avait déjà douze années  que le Ciel lui avait confié cette mission, mais ne s’en sentant pas digne, elle remettait. Elle pria le Christ de la décharger, mais ce fut peine perdue : il fallait agir ! Julienne parla à Eve, ainsi qu’à une autre religieuse de Huy, Isabelle ; avec celle-ci, Julienne rencontra des personnalités ecclésiastiques, dont l’archidiacre de Liège, Jacques Pantaléon, futur pape Urbain IV ; Julienne fit des pélerinages à Cologne, Tongres, Maastricht.

Ce n’est qu’en 1246 que la Fête-Dieu sera instituée dans le diocèse de Liège, et en 1264 pour l’Eglise universelle, lorsque providentiellement Jacques Pantaléon devint pape. Mais dans l’intervalle, il y eut de vives oppositions, y compris dans le clergé, à l’institution de cette nouvelle fête : il y a souvent de ces «retards» à accomplir la volonté de Dieu, surtout dans le clergé, jaloux des révélations que reçoivent des femmes. 

Dans le cas de Julienne, ce fut d’abord l’aumônier de la congrégation, qui monta tout le monde contre elle, l’obligeant à sortir de son monastère avec quelques compagnes et à se réfugier ailleurs ; l’aumônier en eut pour ses frais, car ce mouvement ne fit qu’augmenter la réputation de Julienne. Quand l’évêque institua la fête en 1246, un vent de rébellion secoua à nouveau le diocèse, et Julienne se retira à Robermont puis à Namur, puis encore à Salsines, et encore à Fosses.

Julienne tomba malade au début de 1258 ; son état empira durant le carême ; le jour de Pâques (24 mars cette année-là), elle reçut le Viatique et, le soir, l’Onction des Malades ; le mercredi après l’octave de Pâques, nouvelle aggravation, mais Julienne assura qu’elle n’allait pas encore mourir ; le jeudi, elle se fit réciter l’office près d’elle ; le vendredi 5 elle reçut encore une fois l’Eucharistie et s’endormit dans le Seigneur : c’était le 5 avril 1258.

Le miracle qui décida le pape à instituer la fête pour l’Eglise universelle, fut le miracle de Bolsena (près Orvieto, Ombrie, Italie C) en 1263, où un prêtre qui doutait de la transsubstantiation, vit l’Hostie consacrée suinter du Sang qui imbibait le corporal. Ce corporal est toujours visible dans la cathédrale d’Orvieto, où il est exposé en permanence. 

Julienne n’a été officiellement ni canonisée ni béatifiée : la dévotion populaire s’en est chargée ! Le Martyrologe la mentionne au 5 avril comme Bienheureuse.

 

 

Vicente Ferrer

1350-1419

 

Vicente vit le jour à Valencia (Espagne) le 23 janvier 1350, de Guillermo Ferrer (et non Ferrier) et Constancia Miguel, qui eurent trois garçons (dont Bonifacio) et trois filles.

La vie de ce Religieux n’est qu’une suite de miracles.

Il était au berceau quand il demanda à sa mère de le porter en procession dans les rues de Valencia, pour faire cesser la sécheresse.

Petit, il s’adonnait déjà à toutes les pratiques habituelles des Saints. Or, voici un épisode authentique : des camarades voulurent se moquer de lui, l’un d’eux feignant d’être mort ; ils lui demandèrent de le ressusciter ; Vicente leur fit remarquer que le garçon était mort effectivement, puni pour sa vilaine moquerie, mais il le ressuscita sur l’heure.

Comme son père Guillermo en avait eu l’annonce en songe, Vicente entra chez les Dominicains de Valencia en 1367. Sa mère cependant chercha à le retenir dans le monde, mais une mystérieuse apparition la convainquit d’accepter la séparation et la consola.

Après la profession, Vicente fut à Barcelone puis Lleida et revint à Barcelone pour approfondir l’Ecriture. Tout juste diacre, il était déjà chargé de la prédicaiton populaire. Lors d’une grave disette, il annonça un jour l’arrivée de deux navires chargés de grain : tous se moquèrent de lui, le prieur lui interdit de prêcher, mais les navires arrivèrent effectivement.

En 1375, il fut professeur de physique à Barcelone et passa quelques mois d’études à Toulouse, pour rentrer ensuite à Valencia.

Il fut ordonné prêtre en 1378. C’est là qu’une jeune femme chercha à l’induire au mal, mais c’est elle qui dut déposer ses armes.

Il fut nommé prieur du couvent dominicain. C’est à cette période qu’il prit parti de bonne foi pour l’un des antipapes, Benoît XIII (Pedro di Luna). Ce dernier l’appela à Avignon et le nomma grand pénitencier et maître du sacré palais. Puis Vicente lui-même supplia Benoît XIII de renoncer à la papauté ; Benoît XIII refusa ; désormais, Vicente se prononcerait contre Benoît XIII ; le schisme devait se prolonger jusqu’en 1417. Mais Vicente continuait sa prédication.

Voici les localités les plus importantes qu’il parcourut depuis Valencia en 1381 ; il faut noter qu’il est difficile de le suivre, au point qu’on s’est demandé s’il n’était pas favorisé, en plus, du don de la bilocation :

Valladolid (où il convertit un rabbin et beaucoup de Juifs), Avignon, Carpentras (1399), Marseille, la région du Dauphiné et de Savoie (1401-1403), la Lombardie (Alessandria, où il rencontra Bernardino de Sienne, v. 20 mai). la Suisse, Lyon, le sud de l’Espagne (Séville et Cordoue, 1408-1410), Valence (où il fonda une université), Zamora, Salamanque. Il repassa en Italie, d’où il revint en Espagne pour favoriser l’accession au trône de Ferdinand de Castille, Valencia (1412-1413), Barcelone, les Baléares, Tortosa, Morella (où il supplia encore, mais sans résultat, Benoît XIII de déposer la tiare, comme l’avaient fait les deux autres antipapes), Saragosse, la Catalogne, Barcelone, Nice, Perpignan (où il tomba gravement malade, et prédit sa guérison, humainement inexplicable et où il prêcha devant l’obstiné Benoît XIII, toujours fermé à la grâce), le Roussillon, la Catalogne, le Languedoc, Toulouse, Le Puy, Clermont, Moulins, Lyon, Besançon (où il rencontra Colette de Corbie, v. 6 mars), Dijon, Bourges, Tours, l’Anjou, la Bretagne (Nantes et Vannes), la Normandie (Rennes, Dol, Caen, cherchant à convaincre le roi d’Angleterre pour mettre fin à la guerre de Cent ans), et Vannes enfin où il devait mourir.

Voici quelques exemples de ses miracles. Il révéla humblement lui-même que la miséricorde de Dieu avait opéré par sa main plus de trois mille miracles.

Il demanda à une femme pourquoi elle jurait si fort devant la colère de son mari ; elle dit que c’était à cause de sa laideur ; Vicente la rendit sur place plus belle que toutes les femmes du pays.

A une autre, il lui suggéra, à l’heure de l’arrivée de son mari, de garder dans la bouche une gorgée de l’eau du puits du couvent voisin ; c’était en réalité pour l’obliger à se taire. Le mari, de retour, s’apercevant que sa femme ne disait rien, en fut bien content et la paix revint ; Vicente lui expliqua que par son silence, elle évitait ainsi de provoquer son mari par ses répliques incessantes.

A Gênes, on s’aperçut qu’il avait le don des langues, car tous les matelots étrangers le comprenaient. Il expliqua qu’il ne savait en réalité, outre l’espagnol, que le latin et un peu d’hébreu, mais que c’était Dieu qui le rendait intelligible par les étrangers.

Il lisait dans les cœurs ; quand on avait une objection à lui proposer, il y répondait sans qu’on la lui ait exposée.

Vicente Ferrer annonça partout que la fin du monde était proche, tant il voyait d’erreurs et de vices partout où il passait. Le Grand Schisme durait, la société était divisée et corrompue : Vicente y voyait le prélude à un cataclysme final, mais finalement annonça avec joie que la pénitence des foules avait touché la miséricorde de Dieu, tant il est vrai que Personne ne sait l’heure du jugement, pas même le Fils de l’homme (Mc 13:32).

Au début de 1419, Vicente faillit refaire un voyage à Valencia où on l’appelait, mais dut y renoncer à cause de la maladie. Tous cherchaient à le voir encore ; il promit de prendre la ville de Vannes sous sa protection aux pieds de Dieu. 

Il annonça sa mort dix jours auparavant, et mourut effectivement le Mercredi saint 5 avril 1419. Il fut enterré le Vendredi saint et inhumé dans la cathédrale de Vannes ; on put soustraire ses restes à la fureur huguenotte et à celle républicaine.

Près d’un millier de miracles furent reconnus et retenus pour la canonisation de Vicente Ferrer. Celle-ci fut annoncée début juin 1455 et devait avoir lieu formellement le 29 juin, mais le pape mourut dans l’intervalle. La canonisation fut proclamée en octobre 1455.

La fête liturgique de saint Vicente Ferrer est toujours au 5 avril.

 

 

Caterina Tomás i Gallard

1531-1574

 

Suivant les régions, cette Religieuse mystique s’est aussi appelée Catalina Thomás.

Elle naquit le 1er mai 1531 à Valldemossa (Maiorque), sixième des sept enfants ; les frères et sœurs s’appelaient Miquel, Bartomeu, Jaume, Mateu, Anna, Caterina et Margarida.

Tôt orpheline (de son père en 1535, de sa mère en 1541), elle fut recueillie par son oncle, Joan Gallard, pour soigner son épouse infirme, ce qui dura cinq années. En plus, une bonne famille l’aida à faire des études sérieuses. Elle vint à Palma pour apprendre à lire et à écrire.

A quinze ans, elle voulait être religieuse, mais son confesseur, prudent, lui conseilla d’attendre un peu.

En 1553, elle entra chez les Chanoinesses Régulières de Saint-Augustin, un ordre de contemplatives, et y professa en 1555.

Sa vie discrète fut remplie de manifestations célestes : apparitions, visions des anges, de saint Antoine de Padoue (voir au 13 juin), de sainte Catherine d’Alexandrie (voir au 25 novembre). Elle passait des jours entiers en extase. On la voyait lutter contre le démon. Elle eut aussi le don de prophétie, et annonça sa propre mort.

Outre ces grâces, elle souffrait d’une maladie qu’on croit être la tuberculose.

Elle refusa son élection comme Supérieure du couvent.

Elle mourut le 5 avril 1574 à Palma.

Son corps est resté incorrompu : on peut le voir et le vénérer au couvent des Augustines de Palma.

Caterina fut béatifiée en 1792 et canonisée en 1930.

Palma la fête solennellement le 28 juillet.

 

 

Anna (Maria Crescentia) Höß

1682-1744

 

Cette religieuse était née à Kaufbeuren, dans le diocèse bavarois de Augsburg, le 20 octobre 1682, septième des huit enfants de Matthias Höß et Lucia Hörmann, et donna dès l’enfance des indices de ce que serait un jour sa sainteté. 

Il semble qu’elle ait eu la notion des vérités du salut avant même d’avoir l’usage de la parole. Jeune fille, elle garda l’intégrité de la foi au milieu des dangers où l’exposait la nécessité de vivre parmi les luthériens. Elle s’affermit dans la pratique des vertus chrétiennes et provoqua même l’admiration des non-catholiques. 

Sa demande d’admission chez les Franciscaines du Tiers-Ordre Régulier de Mayerhoff où elle désirait se consacrer à Dieu, fut plusieurs fois repoussée, parce que l’on ne pouvait fournir une dot suffisante. Enfin un personnage de l’endroit, bien que luthérien, plaida en sa faveur et comme il était un insigne bienfaiteur de la maison, la jeune fille fut admise sans dot : elle avait alors vingt et un ans.

Son noviciat achevé, Crescentia fit profession en 1704. Les supérieures furent bien disposées envers elle et lui confièrent maintes responsabilités : portière d’abord, maîtresse des novices en 1726, elle fut enfin élue prieure en 1741, malgré son refus pour un tel poste, qu’elle ne finit par accepter que par la contrainte. Dans toutes ces charges, elle montra la plus grande générosité et le don total d’elle-même.

Elle recommandait aux sœurs d’observer le silence et le recueillement, d’avoir de saintes lectures, l’évangile en premier lieu. L’école de sa vie religieuse était la Crucifixion du Christ. C’est à cette école qu’elle acquit un degré de grande prudence et qu’elle put être une conseillère providentielle pour tous ceux qui venaient chercher auprès d’elle du réconfort, comme on peut aussi s’en rendre compte par son abondante correspondance. 

Durant ses trois années de supériorat, elle fut comme une nouvelle fondatrice de sa communauté de Mayerhoff ; elle justifiait ainsi son choix des novices : “Dieu veut que notre couvent soit riche de vertus, et pas de biens temporels”. Les points principaux sur lesquels elle appuya la renouvellement de la maison furent : une confiance illimitée en la divine Providence, la promptitude dans l’accomplissement des activités de la vie commune, l’amour du silence, la dévotion à Jésus crucifié, à l’Eucharistie et à la Vierge Marie.

La renommée de sa sainteté porta son nom dans toute l’Allemagne, dans la Hongrie et parmi d’autres nations protestantes. Cette sainte religieuse eut de nombreuses extases : l’ardeur de l’amour divin dont son cœur était rempli, bien plus que la maladie, occasionna sa mort qui arriva à Pâques, le 5 avril 1744. Son corps repose toujours dans la chapelle de son monastère, entouré d’une profonde vénération.

Des miracles avaient illustré sa vie ; il y en eut au jour de ses funérailles et, dans la suite, auprès de son tombeau.

Béatifiée en 1900, elle a été canonisée en 2001 et le Martyrologe Romain la commémore le 5 avril. 
 

Josefina Saturnina Rodríguez de Zavalía
1823-1896

Josefina vit le jour le 27 novembre 1823 à Córdoba (Argentine), de bons parents chrétiens, Hilario Rodríguez Orduña et Catalina Montenegro. Elle avait trois sœurs.
En 1826, elle fut orpheline de sa mère, en 1831 de son père. Les quatre sœurs avaient heureusement des tantes, qui s’occupèrent d’elles.
Josefina ne fréquenta pas l’université de la ville, déjà célèbre, car les études étaient traditionnellement «réservées» aux garçons. Elle se forma à la maison.
En 1840, elle découvrit les Exercices spirituels ignaciens, qui suscitèrent en elle le désir de se consacrer. Mais en 1852, son directeur spirituel lui conseilla d’épouser un colonel, Manuel Antonio de Zavalía, lui-même veuf et père de deux enfants. Le couple s’installa à Paraná : leur unique enfant fut une petite fille mort-née.
De retour à Córdoba, Manuel Antonio mourut en 1865 ; veuve à la force de l’âge, Saturnina reprit son projet de former une communauté à l’image des Jésuites, pour les femmes, qui seraient au service des personnes les plus vulnérables de la société, pour leur apporter l’enseignement du Christ, les aider à travailler, vivre avec elles. L’entreprise était audacieuse, nouvelle, et mit du temps à éclore : en 1872, naquit enfin la Congrégation des Sœurs Esclaves du Sacré-Cœur de Jésus, le premier institut féminin de vie apostolique en Argentine.
En 1875, Josefina faisait ses premiers vœux et prenait le nom de Catalina de Marie.
Lors de sa participation aux Exercices spirituels, Josefina avait fait connaissance d’un, alors, séminariste, José Gabriel Brochero (v. 26 janvier). Ce dernier, une fois curé, fit appel à ses Religieuses pour l’aider dans son apostolat ; ce fut une féconde collaboration au service des pauvres, des malades (comme durant l’épidémie de choléra en 1867) et de l’épanouissement de la femme dans toute sa dignité.
Les maisons des Esclaves du Sacré-Cœur de Jésus s’ouvrirent en plusieurs villes d’Argentine. En 1893 s‘ouvrit à Buenos Aires le Collège du Sacré-Cœur. Cette année-là, Catalina fit un pèlerinage à Rome.
Elle mourut à Córdoba le 5 avril 1896.
Aujourd’hui les maisons se sont multipliées en Argentine, bien sûr, mais se sont aussi implantées au Chili, en Espagne, au Bénin.
Le miracle reconnu pour la béatification de Mère Catalina fut la «résurrection» d’une femme victime d’une apparente mort subite : les efforts pour la réanimer se démontraient sans aucun résultat. La fille de cette femme cependant, avec son mari et toute la communauté des Esclaves, priaient intensément et, après vingt-quatre heures de coma, la dame commençait à montrer des signes de vie ; dix jours plus tard, cette dame repartait chez elle, sans aucune séquelle de l’accident, et vit actuellement chez elle sans difficulté.
Mère Catalina fut béatifiée en 2017.
La bienheureuse Josefina Saturnina Rodríguez - Mère Catalina de Marie - sera commémorée le 5 avril dans le Martyrologe Romain.

 

Mariano de la Mata Aparicio

1905-1983

 

Né le 3 décembre 1905 à Puebla de Valdavia (Palencia, Espagne) dans une famille très chrétienne, Mariano et ses trois frères aînés devinrent prêtres dans l’Ordre des Augustins. Leurs parents, Manuel et Martina, eurent huit enfants.

Il prit l’habit en 1921, qu’il reçut du père Anselmo Polanco, futur évêque de Teruel, qui sera béatifié en 1995 (voir au 7 février).

Après ses études à Valladolid et Burgos, Mariano fut ordonné prêtre en 1930.

Moins de deux ans après, il est envoyé en mission au Brésil, où il restera pendant plus d’un demi-siècle.

Il fut d’abord deux ans vicaire à la paroisse de Taquaritinga (São Paolo), puis professeur de sciences naturelles au collège jusqu’en 1949, en même temps que directeur du collège et vice-provincial de son Ordre de 1945 à 1948.

Après, il fut professeur et supérieur au séminaire des Augustiniens à Engenheiro Schmidt (São Paulo).

Le père Mariano ne fit rien d’extraordinaire : il sut montrer la charité dont était rempli son cœur, envers les pauvres et les malades. En plus de ses responsabilités, en effet, il savait donner du temps pour chacun de ses Confrères, pour secourir ceux qui lui tendaient la main, visitant assidûment les malades. Par exemple, pendant un an il alla chaque jour donner des leçons à un étudiant malade,j pour lui éviter de perdre son année ; il rendit visite tous les jours pendant deux mois à un autre malade d’hépatite, Horacio Gentile, sans compter la fatigue de la distance et des escaliers.

Il se tenait régulièrement au courant des événements de son Espagne natale, traversée par la douloureuse guerre civile de 1936, qui fit près de dix mille martyrs, dont Mgr Polanco en 1939.

Il avait un grand amour pour la nature, les plantes, les animaux, toutes les belles choses que le Bon Dieu avait créées. Il avait aussi une passion pour la collection de timbres !

Il assista spirituellement les membres de l’Atelier Sainte-Rita, où les ouvrières confectionnaient des habits pour les pauvres. Il fonda un très grand nombre de ces ateliers, donnant ainsi une occupation à des personnes désœuvrées.

Sa vue diminua beaucoup, mais ne l’empêcha pas de continuer toutes ses activités pastorales.

En 1983, il dut être opéré d’une tumeur maligne au pancréas. Le mal ne peut être arrêté.

Le père Mariano de la Mata mourut le 5 avril 1983, et fut béatifié en 2006.

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3 avril 2021 6 03 /04 /avril /2021 23:00

04 AVRIL

 

II.

S Ephrem, évêque à Jérusalem et martyr.

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Ss Victor et Aetius, premiers prédicateurs à Barcelone.

IV.

Ss Agathopodes, diacre, et Theodulos, lecteur, martyrs à Thessalonique.

S Théonas, solitaire en Thébaïde ; pendant trente années, il resta sans parler.

S Ambroise, évêque à Milan ; administrateur laïc, il fut, encore catéchumène, nommé évêque ; il soumit à la pénitence l’empereur Théodose qui avait fait périr par représailles sept mille hommes à Thessalonique ; il convertit et baptisa s. Augustin ; Docteur de l’Eglise, il est fêté le 7 décembre, jour de sa consécration.

V.

S Zosime, moine en Palestine ; c’est lui qui rencontra ste Marie l’Egyptienne (cf. 1 avril).

VI.

S Isidoro de Séville, espagnol, frère des saints Leandro, Fulgencio et Florentina, successeur de son frère Leandro comme évêque à Séville, Docteur de l’Eglise, auteur encyclopédique... représenté entouré d'abeilles ou auprès d'une ruche.

S Georges, ermite dans le Péloponèse ; il s’imposa la mortification du silence absolu.

IX.

S Platon, très habile dans les affaires, il devint plutôt abbé au monastère des Symboles (Mont Olympe), puis à celui de Saccudion (près de Constantinople).

S Guier, ermite en Cornouaille.

XII.

Bse Alèthe, mère de s. Bernard.

B Pierre II, évêque à Poitiers, où il succéda à son frère Isembert.

XIV.

Bx Nicola de Montecorvino, François de la Terre de Labour et Pietro de Rome, franciscains martyrs au Caire avec un soldat hongrois (Thomas) qui s’était fait musulman et voulait expier son apostasie.

XV.

B Guglielmo Buccheri (Cuffitedda), tertiaire franciscain, ermite, patron de Scicli.

XVI.

S Benoît Massarari le More, d'une famille d'esclaves africains de Sicile, nommé "More" à cause de la couleur de sa peau, franciscain, supérieur bien qu’illettré, revenu à sa cuisine à la fin de son mandat. 

XIX.

B Giuseppe Benedetto Dusmet, abbé bénédictin, évêque à Catane et cardinal, béatifié en 1988.

XX.

S Francisco Marto (1908-1919), un des trois voyants de Fatima, béatifié le 13 mai 2000, canonisé le 13 mai 2017.

B Francisco Solís y Pedraja (1877-1937), prêtre espagnol, martyr près de Jaén, béatifié en 2013.

B Mario Ciceri (1900-1945), prêtre italien, béatifié en 2021 ; sa mort accidentelle lui évita sans doute d’être condamné à mort et fusillé par les nazis pour avoir hébergé des Juifs.

S Gaetano Catanoso (1879-1963), curé à Reggio Calabria, fondateur des Sœurs de la Sainte Face et propagateur de cette dévotion, béatifié en 1997, canonisé en 2005.

Agathopodes et Theodulos de Thessalonique

† 303

 

Agathopodes et Theodulos étaient respectivement diacre et lecteur de l’Eglise de Thessalonique (Grèce N), le premier très âgé, l’autre très jeune ; c’est pourquoi une icône de ces deux Martyrs représente le premier avec une longue barbe, le second absolument imberbe.

Il est dit que Theodulos vit en rêve un personnage rayonnant de beauté, qui lui remettait une belle bague décorée d’une croix ; dans le rêve, il lui était donné de comprendre que c’était là une annonce de son futur martyre ; mais au réveil, il trouva dans sa main le précieux bijou, dont il se servit pour guérir les malades et ainsi amener les païens à la Foi.

Au début de la persécution de Dioclétien, les deux héros continuèrent leur apostolat et furent arrêtés pour leur foi.

Le gouverneur Faustinus tenta de tromper Agathopodes en lui annonçant faussement que Theodulos avait accepté de sacrifier aux dieux ; le Diacre sourit simplement en disant : C’est faux, sachant bien que jamais Theodulos n’aurait cédé.

Faustinus les fit mettre tous deux en prison, où ils amenèrent tout un groupe à la Foi chrétienne. Le chef de la prison rapporta la chose à Faustinus.

Dans un deuxième interrogatoire, ce dernier leur demanda de remettre leurs Livres saints (la Bible) ; Théodulos répondit courageusement : Fais ce que tu veux de mon corps, mais je ne te donnerai pas les Livres saints.

Faustinus fit voir à Theodulos l’épée qui allait le décapiter ; Theodulos lui montra toute sa joie de mourir pour le Christ. Les deux Athlètes du Christ furent remis en prison.

La nuit suivante, ils rêvèrent tous les deux qu’ils voyageaient sur un bateau agité par une forte tempête, qui cependant parvenait à accoster, et ils en descendaient avec des habits resplendissants. Ils comprirent que leur combat allait prendre fin et qu’ils allaient entrer dans la Vie éternelle.

Quand Faustinus les convoqua à nouveau, ils affirmèrent encore une fois leur fidélité au Christ. Alors Faustinus ordonna de leur lier les mains derrière le dos, de leur attacher de grosses pierres au cou et de les jeter à la mer. 

Les récits affirment que les liens des Martyrs se défirent et que les flots ramenèrent les corps sur le rivage.

Saints Agathopodes et Theodulos de Thessalonique sont commémorés le 4 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isidorus Hispalensis

560-636

 

Isidorus naquit vers 560 à Cartagena (Espagne), quatrième des cinq enfants de Severianus et Turtura.

Ses aînés, eux aussi canonisés, étaient Leandrus, Fulgentius et Florentina (v. 13 mars, 14 janvier et 28 août).

Son enfance fut marquée, dit-on, par des signes merveilleux : un essaim d’abeilles serait apparu sur sa bouche, comme pour annoncer son génie. Sa sœur l’aurait vu plusieurs fois élevé en l’air et agiter les mains comme pour lutter contre un adversaire.

Les parents moururent tôt. L’enfant fut élevé par Leandrus, qui s’en occupa paternellement. Leandrus sut être sévère aussi, car un jour Isidorus, peu porté à l’étude, s’enfuit quelque temps pour échapper au fouet fraternel.

Plus tard, Isidorus se rattrappa et dépassa même ses maîtres. Il devint une encyclopédie vivante et l’on venait de loin pour avoir recours à ses lumières.

On a avancé qu’il fut moine, mais ni les carmes, ni les bénédictins ni les augustins n’ont pu en apporter de preuves solides. Il reste établi qu’Isidorus utilisa très tôt toute sa science et son talent pour convertir les Wisigoths ariens.

Isidorus reçut le sacerdoce. Il fut unanimement appelé à succéder à son frère Leandrus comme évêque de Séville. 

Comme pasteur, il détruisit les restes de l’arianisme en Espagne, étouffa à la racine l’acéphalisme (qui niait les deux natures dans la personne du Christ), secondé en cela par des miracles retentissant : pluie abondante durant la sécheresse, guérison de malades, résurrection des morts.

Il fit construire une école de théologie à Séville et y enseigna. Il régla la liturgie, instituant le rite espagnol, dit mozarabe (Missel et Bréviaire). Il rédigea une Histoire des Goths.

Très âgé désormais, malade, il sentit arriver la fin de son pèlerinage terrestre. Il se fit transporter dans la basilique Saint-Vincent où, couché sur la cendre, devant l’autel, toujours avec son cilice aux reins, il implora la miséricorde de Dieu ; puis il donna le baiser de paix aux prêtres.

Reporté dans sa cellule, il expira le 4 avril 636.

Peu d’hommes ont laissé un œuvre aussi encyclopédique qu’Isidorus. Il semblait simplement connaître tout ce qui se savait au 7e siècle, tel qu’il ressort de son Livre des origines des choses. On a de lui des traités sur l’Ecriture, sur les personnages bibliques, une Règle des moines.

Les cendres d’Isidorus d’Espagne, ou de Séville, furent longtemps dans la cathédrale de Séville, entre celles de Leandrus et de Florentina, avant d’être transférées à León.

Saint Isidorus fut canonisé au 9e siècle, et déclaré Docteur de l’Eglise au 18e siècle.

Notons enfin que saint Isidore a été choisi en 2002 comme protecteur céleste des chercheurs sur Internet.

 

 

Platon de Constantinople

734-814

 

Platon naquit en 734 à Constantinople, et perdit très vite ses deux parents, emportés par une épidémie de peste, que les contemporains considérèrent comme le châtiment divin à la persécution iconoclaste.

Il avait trois frères et des sœurs.

Un de ses oncles, trésorier impérial, s’occupa de lui. Platon étudiait, commençait à montrer d’excellentes aptitudes dans les affaires, mais surtout était dans son cœur un homme de Dieu. Il se lassa bien vite de la cour et des rencontres mondaines et ne sortit plus que pour aller prier dans les églises.

Il persuada ses trois frères de se consacrer à Dieu et de vivre dans la chasteté. Il affranchit ses esclaves et vendit ses biens, qui étaient immenses ; après avoir ainsi nourri les pauvres et établi ses sœurs, il se dirigea vers la Bithynie, avec un seul domestique.

Là-bas, il remis à ce domestique ses propres vêtements, revêtit un habit noir et alla frapper au monastère des Symboles sur le mont Olympe.

L’higoumène, Théoctiste, le fit passer par diverses épreuves, par exemple celle de l’accuser de fautes qu’il n’avait pas commises et lui imposant de sévères pénitences, que Platon acceptait toujours avec le sourire.

L’occupation favorite de Platon était la copie des livres. Nombreux furent les couvents d’Orient qui bénéficièrent de sa transcription des passages des Pères. De son travail, il recueillait quelques bienfaits qu’il partageait entre les pauvres.

En 770, il fut contraint d’accepter de succéder à Théoctiste. Il n’en devint que plus mortifié, mangeant seulement l’après-midi, et que du pain, des fèves et quelques herbes sans assaisonnement, buvant un jour sur deux.

En 775, il dut traiter quelques affaires à Constantinople ; on le reconnut, on se pressa près de lui et il en profita pour prêcher l’amour de Dieu et pour ranimer la ferveur des fidèles. Il refusa énergiquement l’évêché de Nicomédie, et même les ordres sacrés que lui proposait le nouveau patriarche. Puis il retourna à son monastère.

En 782, il fut appelé à gouverner le monastère de Saccudion, fondé par ses neveux : il leur donna la Règle de saint Basile (v. 2 janvier) et les gouverna pendant douze ans puis remit sa charge à son neveu Théodore.

Vint la pénible circonstance du divorce de l’empereur, qui voulait épouser une parente de Platon. Celui-ci mit toute son énergie pour désapprouver l’empereur qui, en réponse, le fit enfermer. L’abbé supporta avec joie cette peine et tous les autres mauvais traitements, jusqu’à la mort du prince en 797.

Devant le péril sarrasin, le monastère de Saccudion fut évacué. Platon se retira chez son neveu Théodore, auquel il se soumit très humblement en simple religieux, priant et recopiant des manuscrits. Il s’attacha aux pieds une chaîne de fer - qu’il cachait habilement si on venait le trouver.

Un nouvel épisode s’abattit sur Platon, concernant d’une part l’élection du patriarche Nicéphore et d’autre part l’empereur Nicéphore. Le patriarche avait été élu bien qu’il ne fût que laïque, ce qui était contraire aux lois, et Platon blâmat cette élection. Quant à l’empereur, il commit aussi une irrégularité en rétablissant un prêtre qui avait été précédemment écarté par s.Tarasios. La «récompense» ne se fit pas attendre : pendant un an, Platon fut victime des mauvais traitements de soldats, jugé par un conciliabule d’évêques circonvenus par la calomnie, enfin exilé d’île en île pendant quatre ans dans le Bosphore. Tout de même, l’empereur fut touché par la constance de Platon, mais périt avant d’avoir pu le faire délivrer ; son successeur le fit sans attendre.

Platon regagna sa cellule de reclus. Mais il avait vieilli et eut besoin d’être aidé. S’il ne pouvait plus se servir de ses mains, il continuait à prier. La maladie le prit durant le carême de 814. Il fit creuser sa tombe et voulut même s’y coucher.

Il eut la joie d’avoir la visite du patriarche Nicéphore : ils se réconcilièrent. Il pardonna à tous ceux qui l’avaient persécuté. A Théodore, son neveu et abbé, il répéta : Je n’ai plus rien, je t’ai tout donné.

Il murmura encore un cantique pascal et mourut, le 4 avril 814.

Saint Platon est commémoré le 4 avril dans le Martyrologe Romain.

Nicoló Pico de Montecorvino

François de la Terre de Labour

Pietro de Rome

Thomas

† 1358

 

Nicoló naquit à Montecorvino, dans la famille Pico qui, depuis longtemps déjà, était liée à l’Ordre franciscain.

Après sa profession et l’ordination sacerdotale, il fut envoyé en mission en Egypte.

Au moment de la Semaine sainte de 1358, il y reçut un soldat hongrois qui, par opportunisme, s’était fait musulman et par là avait obtenu les grâces du sultan, ainsi que par sa bravoure.

Or, dans ce couvent franciscain, Thomas (c’est le nom du soldat) fut conquis par les paroles chaleureuses et les exhortations du père Nicoló, au point qu’il eut le profond désir d’expier son apostasie.

Nicoló lui proposa de l’accompagner pour aller témoigner le Nom du Christ devant le sultan.

Ils emmenèrent aussi un autre Frère, François de la Terre de Labour, ainsi qu’un tertiaire, Pietro de Rome. Et les voici en marche vers le Caire.

Chemin faisant, des marchands chrétiens leur suggérèrent de ne pas risquer le déclenchement d’une nouvelle persécution, au cas où le sultan se déchaînerait contre eux et, par la suite, contre les Chrétiens.

Mais nos Franciscains étaient trop heureux de rencontrer le sultan ; Thomas en particulier ne demandait qu’à expier sa faute par un acte courageux.

Introduits devant le sultan, Thomas prit la parole en premier et déclara qu’il s’était trompé, qu’il croyait toujours en Jésus-Christ, Dieu et Homme, et se rétractait.

Le sultan accusa les Religieux d’être à la source de cette rétractation, mais Nicoló lui parla du Christ, qui avait redonné la lumière à Thomas. Et d’ajouter que la religion chrétienne était seule dans la Vérité.

François et Pietro confirmèrent leurs paroles.

Le sultan fit alors enfermer les quatre hommes. Deux jours après, il les interrogea de nouveau et, devant leur persévérance à confesser le Christ, les fit mettre à mort, le 4 avril 1358.

On ne sait s’ils furent pendus, décapités ou empalés. On voulut ensuite brûler leurs corps en cachette mais une lumière, brillant au-dessus d’eux, empêcha la réalisation du dessein.

La béatification de ces Héros du Christ appartient aux proclamations «officieuses» de l’Eglise, avant la création de la Congrégation des Rites (1588), l’ancêtre de notre actuelle Congrégation pour les Causes des Saints, créée en 1969. 

 

 

Guglielmo Buccheri

1309-1404

 

Guglielmo naquit en 1309 à Noto (Syracuse, Sicile), de la noble famille Buccheri et fut écuyer du roi de Sicile Federico II, qu’il défendit un jour de l’attaque d’un sanglier lors d’une partie de chasse ; sa générosité lui valut tout de même une blessure à la jambe.

Il eut une vision de sainte Agata, la patronne des Siciliens (v. 6 février) et décida d’embrasser la vie érémitique. Mais il fallait prendre congé du roi ; ce dernier encouragea Guglielmo, lui fit le don d’un cheval ainsi que d’une petite bourse de monnaie.

Peu après, il échangea ses «biens» avec les hordes d’un pauvre, auquel il acheta aussi une cuffitedda, un rouleau d’étoffe dont il se fit son habit. De là lui vint son surnom de Cuffitedda qu’on lui adjoignit souvent (et que d’aucuns ont transformé en Cuffitelli, comme on le lit dans le Martyrologe Romain).

Puis il se retira dans la solitude, non loin de Noto. Là, il reçut la visite de Corrado Confalonieri (v. 19 février).

Pendant près de soixante-dix ans, Guglielmo observa la règle de saint François, dans la prière et la pénitence, recevant à l’occasion quelque personne venue lui demander conseil ou consolation.

Après avoir reçu une vision de la Sainte Vierge, il alla s’établir un peu plus loin, à Scicli, où il mourut à quatre-vingt-quinze ans, le 4 avril 1404, en odeur de sainteté pour une telle vie toute donnée à Dieu et aussi pour des miracles. Ce jour-là, les cloches sonnèrent toutes seules.

Lors de ses funérailles, son corps s’alourdit au point qu’on ne pouvait plus le déplacer ; il redevint léger lors des Litanies des Saints, à l’invocation de saint Matthieu, ce qui fit qu’on l’enterra dans l’église de Saint-Matthieu à Scicli.

Guglielmo Buccheri, ou Cuffitedda, ou de Noto, ou de Scicli, a été béatifié en 1537.

 

Benedetto le More

1524-1589

 

Benedetto naquit en Sicile en 1524. Ses pieux parents, Cristoforo et Diana étaient des esclaves ramenés d’Afrique (peut-être l’Ethiopie) au village de San Fratello (Messine).

Après lui, naquirent Marco, Baldassara et Fradella.

Benedetto est en général appelé le More pour la couleur noire de sa peau. Le patron de Cristoforo et Diana, nommé Manasseri, affranchit leur fils aîné, raison pour laquelle celui-ci est normalement nommé Benedetto Manasseri. Il n’est pas exclu que le même Manasseri n’ait pas aussi affranchi les frère et sœurs de Benedetto. Ajoutons que le Martyrologe nomme ce bienfaiteur italien Massarari.

A dix ans, notre Benedetto se vit confier la garde du troupeau. Ses petits compagnons prirent vite la licence de se moquer de son teint noir, mais le jeune pâtre ne s’en réfugiait que plus volontiers dans la solitude et la prière, ce qui lui valut déjà à cet âge le surnom de Saint.

A dix-huit ans, son travail lui permettait de se suffire et d’aider les pauvres. Il advint qu’en ce temps-là passa par là un certain Girolamo Lanza, un pieux ermite des environs. Entendant les railleries des gamins, il les réprimanda gentiment : Vous vous moquez de ce pauvre Noir, mais bientôt vous entendrez parler de sa renommée.

Peu après (1547), Benedetto rejoignit Girolamo et tous deux menèrent une vie dans le recueillement et la prière ; mais comme Benedetto eut le don des miracles, les gens affluèrent et les deux ermites durent changer jusqu’à quatre fois d’endroit, pour finalement quitter la région de Messine et se fixer non loin de Palerme, sur le Monte Pellegrino. D’autres se joignirent à eux. Quand mourut Girolamo, on choisit Benedetto comme supérieur, mais le pape dissolut cette vie érémitique et les braves ermites, en parfaite obéissance, se séparèrent.

Benedetto frappa à la porte des Frères Mineurs Observants. On le reçut en Frère lai et on l’envoya quatre années à Santa Anna di Giuliana, puis au couvent de Palermo, où il resta jusqu’à la fin de sa vie. Il fut d’abord cuisinier. 

En 1578, le chapitre élut comme Gardien Benedetto lui-même, qui était parfaitement illettré. Canoniquement, ce n’était pas heureux, mais exceptionnellement ce Gardien se révéla excellent supérieur. Il reçut de Dieu des dons extraordinaires de science infuse, de discernement, de pénétration des esprits. Il devançait les novices en leur parlant de leurs tentations pour les aider à les vaincre ; il expliquait des passages de l’Ecriture avec une étonnante facilité ; des théologiens venus de loin restèrent stupéfaits de sa science ; le vice-roi lui demandait conseil avant de prendre une décision importante.

Un jour qu’on manquait de provisions, il remplit d’eau plusieurs tonneaux, passa la nuit en prière, et retrouva le lendemain suffisamment de poissons pour nourrir tout le couvent ; un autre jour où il s’était abîmé en prière et n’avait rien préparé à la cuisine, il annonça tout de même que le repas était prêt : arrivèrent alors deux jeunes gens tout lumineux qui, en une fraction de seconde, mirent tout en place ; une autre fois encore, le Portier avait refusé la distribution de pain aux pauvres, car il ne restait presque rien pour les Religieux : Benedetto le lui reprocha très gentiment, lui ordonnant de distribuer comme d’habitude, et le Portier remarqua qu’il lui restait plus de pains qu’auparavant pour les Religieux ; etc…

Au terme de sa charge, Benedetto redevint cuisinier, pour sa plus grande satisfaction.

En février 1589, il tomba gravement malade, et sentit que sa fin était proche.

Benedetto Manasseri, dit le More, mourut le 4 avril 1589.

Le culte envers un personnage mort en odeur de sainteté, n’est permis qu’après la mort de celui-ci et avec l’autorisation de l’Eglise. Dans le cas de Benedetto, ce culte commença… de son vivant, tant était forte la renommée de ses vertus et de ses miracles. 

Benedetto fut béatifié en 1743 et canonisé en 1807.

Son corps est demeuré incorrompu. Benedetto est vénéré en Sicile, bien sûr, mais son culte s’est largement déployé en Amérique du Sud, au Brésil, en Colombie, au Vénézuéla, et en Afrique au Togo, au Bénin, au Nigéria et en Angola.

 

 

Giuseppe Benedetto Dusmet

1818-1894

 

Né en la fête de l’Assomption, le 15 août 1818 (la fête existait avant la proclamation du dogme), à Palermo, Giuseppe Benedetto était le fils d’un capitaine de vaisseau, Luigi Dusmet, des marquis de Smours, et de Maria Dragonetti.

Dès l’âge de cinq ans il est confié à l’abbaye bénédictine de San Martino delle Scale à Palermo, où se trouvaient déjà deux oncles maternels.

Il y fit les vœux le jour de ses vingt-deux ans, 15 août 1840.

Son intelligence très vive le fit remarquer : il fut secrétaire personnel de l’abbé, également quand ce dernier fut élu à Caltanissetta ; l’évêque le prit aussi comme confesseur.

En 1850, il fut nommé prieur à Naples, puis en 1852 à Caltanissetta, où il sut résoudre les graves problèmes existants et rétablir l’ordre dans les monastères.

En 1854, l’épidémie de choléra lui donna l’occasion de montrer toute sa charité envers les malades, pauvres et riches.

En 1858 il fut nommé abbé à Catania, où là encore il rétablit la règle dans sa rigueur.

En 1866, le couvent fut fermé, confisqué par le nouvel Etat italien.

En 1867, le pape Pie IX nomma Don Dusmet archevêque de Catane : ce seront des années douloureuses, marquées par l’éruption de l’Etna, des tremblements de terre, des inondations, des épidémies. Au terme de l’épidémie de choléra de 1889, Mgr Dusmet reçut la Médaille d’Or du Mérite pour les services rendus à la cause de la Santé publique.

En 1888, le pape Léon XIII le créa cardinal, le chargeant en plus de restaurer l’abbaye Saint-Anselme sur l’Aventin et de fonder la Confédération Bénédictine.

Le cardinal Dusmet fut honoré de la distinction de Chevalier Grand-Croix de l’Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

Il s’éteignit à cette vie le 4 avril, si pauvre qu’on ne trouva pas même un drap pour couvrir son corps marqué par ses jeûnes sévères.

Mgr Dusmet a été béatifié en 1988.

Francisco Marto

1908-1919

 

Né le 11 juin 1908 à Aljustrel (Fátima, Portugal) de Manuel et Olimpia Marto, Francisco était le grand frère de Jacinta, avec laquelle il reçut les messages de la Vierge Marie.

Il ne fréquenta pour ainsi dire pas l’école, qui n’était pas obligatoire à l’époque. Il gardait les moutons avec sa sœur et sa cousine Lúcia, tout en jouant du fifre, pour lequel il était très doué.

D’après les souvenirs de sa cousine, il était très indépendant, très solitaire, très respectueux des grandes personnes aussi, d’une grande sensibilité.

A partir du moment où il vit la Vierge Marie, il comprit qu’il ne fallait plus offenser Dieu et se retirait dans la solitude, avec son chapelet, pour consoler Jésus des péchés du monde.

A neuf ans, il comprit déjà que de petits sacrifices, acceptés avec amour, pouvaient racheter beaucoup de péchés et il ne se priva pas de s’imposer même de grandes pénitences, peut-être même des jeûnes excessifs pour son âge.

En 1919, il fut atteint par l’épidémie de grippe espagnole qui décima l’Europe entière, ajoutant encore des milliers de victimes à celles de la guerre à peine achevée.

Francisco Marto mourut le 4 avril 1919, à dix ans.

Francisco, ainsi que sa petite sœur Jacinta, ont été béatifiés en 2000, le 13 mai, anniversaire de l’apparition mariale (et de l’attentat au pape Jean-Paul II). 

Ils ont été canonisés le 13 mai 2017.

Le miracle reconnu pour cette célébration a été la guérison totale d’un bébé atteint de diabète 1.

 

 

Francisco Solís Pedrajas

1877-1937

 

Francisco naquit le 9 juillet 1877 à Marmolejo, premier des quatre enfants de Miguel Solís Padilla, un charpentier, et de Antonia Pedrajas Rodríguez.

Ils s’étaient mariés en 1875 et eurent, après Francisco, Manuel, María Rosario et Miguel.

La maman mourut en 1915 (le 22 janvier), le papa en 1921.

Francisco fréquenta le séminaire et fut ordonné prêtre en 1900.

Il fut vicaire à Santiago Apóstol de Valdepeñas (Jaén), puis curé à Baños en la Encina (1906), ensuite à Santisteban del Puerto (1913) et prépara un diplôme de théologie. Puis il fut nommé à Mancha Real, avec le titre d’archiprêtre.

A Mancha Real, il fut curé de 1914 à sa mort, en 1937.

Dans cette paroisse, il se montra réellement préoccupé du bien de tous, des ouvriers et des pauvres, et encouragea un Syndicat Catholique. Quand l’instruction religieuse fut interdite dans les écoles, il sollicita la SADEL (Société Anonyme D’Enseignement Libre) pour ouvrir un collège libre à Mancha Real (1934).

Ce curé se montra en tout un vrai pasteur, pieux, dévot de l’Eucharistie et de la Sainte Vierge, soucieux des âmes, excellent théologien et prédicateur, directeur spirituel avisé. Il vivait très pauvrement ; quand on voulut le retrouver dans la fosse commune, on ne le reconnut que par les initiales brodées sur ses habits : c’étaient en réalité celles d’un cousin, dont il avait reçu les effets déjà usés.

Il fonda dans la paroisse l’Action Catholique et suscita maintes vocations sacerdotales et religieuses, dont un fut martyrisé en 1936.

Peu avant les piteux événements de la guerre civile, le vicaire de la paroisse appela un séminariste, dont les parents habitaient sur la paroisse, à consommer les hosties du Tabernacle, pour qu’elles ne fussent pas profanées ; le jeune homme le fit en présence de ses pieux parents, tout émus. Le vicaire, quant à lui, s’était enfermé chez lui et évitait de sortir. Il fut bientôt arrêté et assassiné.

En juillet 1936, lors de la guerre civile, le curé resta dans son presbytère : ce furent quelques-uns parmi ses propres fidèles qui vinrent l’arrêter pour le mettre dans la prison municipale, où il fut malmené, torturé, interrogé sur l’éventuelle présence d’armes (!) dans son presbytère. De là, il fut conduit à la «prison» de Jaén, cette prison étant la cathédrale, réquisitionnée à cet effet, car la prison municipale était déjà trop pleine. Là aussi fut détenu l’évêque de Jaén.

Ces jours-là, les images saintes, les livres de chant, les archives, les vases sacrés, tout fut retiré de l’église paroissiale, brûlé, détruit, confisqué ; on fit une procession burlesque avec les ornements sacerdotaux, qui furent ensuite brûlés aussi.

Durant les jours où il fut prisonnier dans cette cathédrale, don Francisco y retrouva son évêque, ses confrères, dont certains déjà blessés après tant de mauvais traitements, quelques-uns très âgés aussi, et tant de braves gens arrêtés à cause de leur foi. Arriva le Jeudi Saint, 25 mars, où tout ce peuple saint se trouva réuni pour célébrer la Dernière Cène et adorer devant le Reposoir.

Cette fois-ci, ils étaient tous véritablement autour de l’Agneau, proches de l’immolation, de la Croix, mais aussi de la Résurrection.

Don Francisco fut le prêtre qui célébra pour tous les autres, consacra les Hosties pour donner la Communion à tous les prêtres et fidèles présents.

Au matin du 4 avril, on vint annoncer aux «prisonniers» les noms de ceux qui avaient été «choisis». Ils furent ligotés, on les fit monter dans des camions qui partirent en direction de Grenade, puis se dirigèrent vers Mancha Real, la propre paroisse de Don Francisco.

Avec sa voix d’orateur, le prêtre exhorta ses compagnons à ne pas craindre ceux qui peuvent faire du mal au corps, mais pas à l’âme (cf. Mt 10:28) ; il leur fit répéter les invocations Dieu soit béni, Béni soit son saint Nom… Il sut tellement bien les exhorter qu’ils entonnèrent ensemble des chants ; leurs chants continuèrent pendant les vingt kilomètres qui séparaient Jaén de Mancha Real, et jusqu’au moment suprême. Quand les fusils se pointèrent en face d’eux, ils chantaient encore, jusqu’au moment où ils tombèrent l’un après l’autre.

Juste avant le sacrifice, Don Francisco adressa encore la parole aux bourreaux : Nous, en échange de la vie que vous allez interrompre, nous allons recevoir la vie éternelle. Vous, en revanche, vous allez éprouver les plus profonds remords d’avoir commis ces crimes ; sachez bien que ceux qui vont mourir entre vos mains, n’auront aucune rancœur contre vous ; au contraire, ils vont demander pardon pour vous au Christ Crucifié.

Aucun des soldats ne voulait tuer ce saint prêtre. Il y en eut cependant un qui était davantage déterminé que les autres, et qui l’abattit. Don Francisco était le dernier debout.

Don Francisco Solís y Pedrajas reçut ainsi la palme du martyre le 4 avril 1937, et fut béatifié en 2013.

 

 

Mario Ciceri

1900-1945

 

Mario Ciceri naquit le 8 septembre 1900 a Veduggio (Milan, Italie N), quatrième des six enfants de Luigi et Colomba Vimercati, des agriculteurs. La générosité de ces parents s’exprima encore plus lorsqu’ils assumèrent l’éducation des treize enfants de leur belle-sœur, morte en couches.

En 1908, Mario reçut la Confirmation, en  1910 la Première Communion.

Dès l’âge de huit ans, il manifesta le désir d’être prêtre. La famille en montra une joie profonde, mais le problème était le coût des années d’études. Mario étudia avec tant d’ardeur, qu’il mérita une bourse et put achever toutes ses études sans imposer de sacrifices exagérés à sa famille.

Il fréquenta le collège Gervasoni de Valnegra (Bergame) ; dès 1912, selon la coutume de ce temps, il reçut la soutane et entra au séminaire de Seveso. En 1918, il intégra le collège Rotondi de Gorla Minore, comme préfet des collégiens (toujours pour payer ses études). Il fit ensuite la théologie à Milan.

Ajoutons ici que don Mario était un grand musicien : il jouait de l’orgue, de la guitare, du violon ; il composait.

En 1924, il fut ordonné prêtre.

Son seul et unique poste fut d’être vicaire à Brentana de Sulbiate, où il se dépensa de mille manières auprès des paroissiens, toujours à bicyclette, et ce même durant la guerre et par tous les temps. Mais il ne faisait rien sans la prière et l’adoration ; il restait longtemps en méditation devant le Saint-Sacrement ; ensuite, il savait être présent dans les différentes églises de sa paroisse pour accueillir les fidèles, pour les confessions.

Sa grande préoccupation fut pour les jeunes, pour lesquels il développa les cercles de l’Action Catholique et une chorale ; ce furent aussi les malades, les nécessiteux de tous genres, les soldats, les prisonniers, auxquels il savait rendre visite en toute occasion. Il sera difficile d’énumérer toutes les attentions que sa charité imagina pour venir en aide auprès de tous ses paroissiens.

En outre il cacha des Juifs et des «déserteurs» qui voulaient échapper aux camps de travail nazis ; on sait qu’il fut inscrit sur des listes de prêtres à conduire au peloton, mais sa mort accidentelle intervint plus tôt que prévu.

C’est avec sa bicyclette qu’il fut renversé le 9 février 1945 : gravement blessé, il s’éteignit le 4 avril suivant, mourant en offrant sa vie pour la fin de la guerre, pour le retour des soldats chez eux et pour la conversion des pécheurs.

Les bienfaits de don Mario ne s’arrêtèrent pas à sa mort. En 1975, à Côme, une petite fille souffrait d’une rare anomalie du côlon ; sa tante en parla à la sœur de don Mario, qui lui prêta un foulard du prêtre ; ce foulard fut placé sur le corps de la petite malade, tandis que toute la famille observait une neuvaine de prières ; vite guérie, et de façon inexplicable, la petite fille a grandi et à son tour fut en 2005 la maman d’une petite fille en parfaite santé. C’est le miracle qui fut retenu pour la prochaine béatification de don Mario.

Mario Ciceri sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 4 avril.

 

 

Gaetano Catanoso

1879-1963

 

Gaetano Catanoso naquit le 14 février 1879 à Chorio di San Lorenzo, province de Reggio Calabria (Italie), de riches parents propriétaires, chrétiens exemplaires.

Il entra au petit séminaire à dix ans, fut ordonné prêtre en 1902.

D’abord préfet au séminaire, il fut de 1904 à 1921 curé de campagne à Pentidattilo, un village pauvre et isolé.

Il avait une singulière dévotion envers la Sainte Face, et entreprit la publication d’un bulletin qui en portait le nom, puis fonda une Confraternité de la Sainte Face en 1920. Il répétait : La Sainte Face est toute ma vie. C’est ma force. Il unissait cette dévotion à la piété eucharistique.

Transféré en 1921 dans une grande paroisse (Sainte Marie de la Candelaria), où il resta jusqu’en 1940, il montra sans cesse une grande disponibilité, sachant d’adapter, montrant une grande habilité à maintenir la concorde et l’harmonie au milieu des multiples tendances, parfois opposées, qui apparaissent fatalement dans une paroisse. C’est ainsi que se répandit sur lui une réputation de sainteté.

Comme il ne se montrait pas affecté par les événements externes, positifs ou négatifs, Gaetano fit un travail très fructueux au milieu des âmes, cherchant d’abord à intensifier son union avec le Christ et à chercher à faire la volonté de Dieu, pour le bien de ceux qui lui étaient confiés. Il voulait être à leur service, tant à Pentidattilo qu’à Candelaria, et sa “promotion” à cette grande responsabilité ne l’enfla pas le moins du monde.

En tant que curé, il s’efforça de conduire les âmes au Christ par une Eucharistie vivante et la dévotion à Marie. Il ouvrit des œuvres, promut l’instruction catéchétique, fit une réelle croisade contre le blasphème et contre la profanation des jours de fête.

Il pensait que c’était son devoir sacerdotal d’aider les enfants et les jeunes, qui risquaient de tomber dans la corruption, par manque de modèles ; il allait assister les personnes âgées et les prêtres qui étaient dans la solitude. Il se prêta aussi à la restauration d’églises et de tabernacles abandonnés.

En un mot, il voyait la Face du Christ dans tous ceux qui souffraient et disait : Travaillons à défendre et à sauver les orphelins, qui sont abandonnés. Il y a trop de dangers et trop de misère. Avec Jésus, tournons notre regard vers les enfants abandonnés et vers les jeunes ; aujourd’hui, l’humanité est plus malade moralement que jamais.

Gaetano passait souvent des heures, voire des jours entiers devant le Tabernacle de la Présence Réelle, promouvant dans sa paroisse et alentour l’Adoration Eucharistique. Pour la soutenir, il suscita des sortes d’ “escadres” de prêtres disponibles, qui allaient prêcher et confesser dans les paroisses à l’occasion de l’Adoration.

De 1921 à 1950, Gaetano fut confesseur dans divers instituts religieux, ainsi qu’à la prison de Reggio Calabria, mais aussi chapelain à l’hôpital et directeur spirituel au Grand Séminaire.

C’est en 1934 qu’il donna naissance à la Congrégation des Filles de Sainte Véronique, Missionnaires de la Sainte Face, dont la mission devait être la constante prière de réparation, l’humble service dans le culte, dans l’assistance aux enfants, aux jeunes, aux prêtres et aux vieillards. Le premier couvent ouvrit à Riparo (province de Reggio Calabria). Sur sainte Véronique, voir au 4 février. 

Gaetano montra un profond esprit de soumission quand l’Archevêque voulut réduire les activités de cette congrégation, dont les Constitutions furent toutefois approuvées au niveau diocésain en 1958.

Au terme de cette vie exemplaire, Gaetano Catanoso mourut le 4 avril 1963, fut béatifié en 1997 et canonisé en 2005.

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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 23:00

03 AVRIL

 

II.

S Sixte Ier, pape (115-125), romain, martyr sous Adrien, son nom est au Canon de la Messe (à moins que ce soit celui de s. Sixte II, plus connu, cf. 7 août) ; il serait à l’origine du chant du Sanctus à la messe.

IV.

S Urbique, évêque à Clermont ; il était marié et sa femme dut le quitter pour qu’il fût sacré ; ils pouvaient se rencontrer rarement pour prier, mais Urbique un jour céda et s’imposa une rude pénitence tout le reste de ses jours. 

S Ulpianus, jeune martyr à Tyr, jeté à la mer, cousu dans un sac avec un aspic et un chien.

S Donat, martyr à Nicomédie.

?

Ss Chrestus et Pappus, martyrs à Tomes, avec probablement les saints Evagrius et Bénignus. 

S Agathemère, martyr en Mysie.

V.

S Ioannes Ier, évêque à Naples, décédé le Samedi saint ; s. Paulin lui était apparu le Jeudi Saint pour l’inviter aux noces éternelles. 

IX.

S Niketas, de Césarée de Bithynie, abbé au Mont Olympe, très maltraité par les iconoclastes. 

S Ioseph l’Hymnographe, sicilien, moine basilien à Constantinople, gardien des vases sacrés de l’église Sainte-Sophie.

X.

S Thienton, abbé et martyr avec six moines à Wissembrun, victimes de barbares hongrois. 

XIII.

S Richard, dominicain anglais, évêque à Chichester.

B Gandolfo Sacchi de Binasco, franciscain lombard, contemporain de s. François, ermite en Sicile ; il fit taire les hirondelles qui trissaient trop fort pendant qu’il prêchait.

B Giovanni de Penna, prêtre en Piceno, un des premiers compagnons de s. François. 

Bx Conrad de Saxe et Etienne de Hongrie, franciscains martyrs en Kurdistan.

XVII.

Bx Robert Middleton, jésuite, et Thurstan Hunt, prêtres anglais martyrs, béatifiés en 1987.

XVIII.    

B Pak Chwi-deuk Laurentius, laïc coréen martyr, par pendaison, béatifié en 2014.

XIX.

S Luigi Scrosoppi, prêtre de Udine, fondateur de l'Institut de la Providence, pour la formation humaine et chrétienne des jeunes filles, de la Maison de la Providence pour les anciennes élèves sans travail, de l'Œuvre pour les sourds-muets et de l'Institut des Sœurs de la Providence ; à la suite de la guérison miraculeuse d'un jeune congolais malade du sida, il fut béatifié en 1981 et canonisé en 2001. 

XX.

Bx Ezequiel (*1876) et José Salvador (*1880) Huerta Gutiérrez, deux frères laïcs mexicains martyrs en 1927 et béatifiés en 2005.

B Maria Teresa Casini (du Cœur de Jésus Transpercé, 1864-1937), fondatrice des Oblates du Sacré-Cœur de Jésus, béatifiée en 2015.

B Juan Otazua y Madariaga (de Jésus et Marie, 1895-1937), prêtre trinitaire espagnol, martyr près de Jaén, béatifié en 2007.

B Piotr Edward Dankowski (1908-1942), prêtre polonais mort à Auschiwitz, béatifié en 1999.

 

Sixte 1er

115-125

 

Succédant à Alexandre 1er, Sixte 1er fut le septième pape.

On trouve ordinairement l’appellation Sixtus, mais les plus anciens documents mentionnent plutôt Xystus, qui semble effectivement plus euphonique.

Son père, Pastor, était romain.

Les dates de ce pontificat restent un peu controversées ; le pontificat de Xyste Ier dura dix années, de 114-117 à 125-128.

D’après le Liber Pontificalis, c’est ce pape qui aurait institué le chant du Sanctus au cours de la messe.

Il aurait interdit aux laïcs de toucher aux vases sacrés. Cette ordonnance fut renouvelée plus tard encore par les papes saints Soter († 175) et Boniface 1er († 422), signe que bien probablement les vases sacrés n’étaient pas toujours manipulés avec le respect et le soin nécessaires.

On lui devrait aussi l’institution du Carême.

Saint Sixte 1er ordonna quatre évêques, onze prêtres, quatre diacre.

Il mourut un 3 avril, sous Hadrien, peut-être martyr.

Dans la prière du Communicantes du Canon romain, on nomme Sixte après Lin, Clet, Clément : certains avancent qu’il s’agirait plutôt de saint Sixte II, qui fut beaucoup plus célèbre (v. 6 août). Contrairement à ce qui est dit plus haut, le texte latin de cette prière mentionne «Sixti» ; on sait en effet que le texte du Canon romain ne remonterait pas plus haut que le quatrième siècle.

Le successeur de saint Sixte 1er fut saint Télesphore.

 

 

Chrestus et Pappus de Tomes

† 4e siècle

 

Les noms de ces deux Martyrs sont seulement mentionnés, avec quelques Compagnons guère mieux connus, comme Evagrius, Benignus, Arestus.

Ils reçurent la couronne du martyre à Tomes (Scythie, vaste région au nord de l’Iran actuel), probablement au 4e siècle.

Saints Chrestus et Pappus de Tomes sont commémorés le 3 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ulpianus de Tyr

† 306

 

D’après Eusèbe de Césarée, l’histoire d’Ulpianus se déroula après celle d’Apphianus (v. 2 avril).

Ulpianus était de Tyr (act. Liban S) ; on ne sait de quelle façon il fut arrêté pour sa foi.

Il subit une série de tortures et fut flagellé sans pitié avec ces fouets aux lanière de cuir, fines et tranchantes comme le couteau, et garnies de plombs. Puis on mit dans un sac un chien et un aspic, au milieu desquels on jeta Ulpianus ; le sac une fois cousu, on le jeta en pleine mer.

Ainsi s’acheva le martyre d’Ulpianus, en 306

Saint Ulpianus de Tyr est commémoré le 3 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannes Ier de Naples

† 432

 

Ioannes fut le quatorzième évêque de Naples, entre Ursus Ier et Nostrianus, dont on ignore les dates précises. Mais les circonstances mêmes de sa mort nous aideront à le situer avec plus d’exactitude.

C’était un personnage d’une sainteté accomplie. Le Jeudi saint, 1er avril 432, s.Paulin de Nole (v. 22 juin) lui apparut, l’invitant aux Noces éternelles. C’était lui annoncer sa mort toute prochaine.

L’Evêque passa la journée du Vendredi saint dans une grande prière, et mourut le lendemain, Samedi saint, 3 avril 432, après un épiscopat de vingt-sept ans, qui avait donc commencé en 407.

De conséquence, la nuit de Pâques, tout un peuple accompagnait le cercueil du saint Evêque, dans la joie du Christ ressuscité, et il fut enseveli dans l’oratoire où lui-même avait déposé plus tôt les reliques de s.Janvier (v. 19 septembre).

Saint Ioannes Ier de Naples est commémoré le 3 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Niketas de Medikion

† 824

 

Niketas naquit au 8e siècle à Césarée de Bithynie (Asie Mineure, auj. Turquie NE)) ; sa mère mourut huit jours après l’acouchement.

Son père, Philarete, le consacra à Dieu et le confia aux soins de la grand-mère puis de l’Eglise, avant d’entrer lui-même dans un monastère.

Adolescent, Niketas alla se mettre sous la conduite d’un saint vieillard solitaire, qui l’orienta vers le monastère de Medikion, au mont Olympe, fondé par Nikephoros.

Les progrès spirituels de Niketas furent tels que sept ans pus tard s.Tarasios (v. 18 février) l’ordonna prêtre en 790, et que Nikephoros lui confia la conduite spirituelle des moines, assisté d’un certain Athanasios.

Après la mort et d’Athanasios et de Nikephoros, vers 813, Niketas fut choisi comme higoumène (abbé) ; sa haute sainteté lui valut le don des miracles et l’autorité sur les démons.

Comme tout chrétien fidèle à Dieu, il devait s’attendre à quelque persécution (cf. Mc 10:30) ; celle-ci arriva par l’autorité de l’empereur Léon l’Arménien, qui renouvela l’hérésie des iconoclastes. Impuissant à faire céder Niketas, il le fit enfermer dans un cachot, où les gardiens «complétèrent» le traitement de l’abbé par mille outrages, puis dans un autre édifice fortifié à Massalaia en le privant de toute assistance. 

Momentanément trompé par une fausse promesse de l’empereur, Niketas revint à Constantinople mais, s’apercevant de son erreur, s’empressa d’exposer à l’empereur tout son plus ferme attachement à la tradition de l’Eglise et des Pères. L’empereur confia Niketas d’abord à la garde d’un officier, qui fut trop respectueux envers l’Abbé au goût de l’empereur, puis sur une île fort éloignée, où il l’abandonna pendant cinq années à la garde d’un eunuque implacable.

Le vénérable Confesseur profitait de toutes ces épreuves pour élever toujours plus son âme à Dieu, qui en retour multiplia les miracles par la sainteté de Niketas.

A Noël de 820, l’empereur fut assassiné et Niketas fut libéré. Mais il ne voulut pas reprendre sa place dans le monastère. Il s’isola à quelque distance de Constantinople, se construisit une petite retraite et y vécut dans la pratique d’austérités toujours plus sévères. 

Il s’éteignit le 3 avril 824.

A ses funérailles prirent part une foule considérable, mais surtout les deux archevêques d’Ephèse et de Thessalonique, qui déposèrent son corps à Medikion, auprès de Nikephoros.

Saint Niketas, surnommé le Confesseur, est commémoré le 3 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioseph l’Hymnographe

815-885

 

Ce Ioseph naquit à Syracuse (Sicile) vers 815.

Devant le péril des Sarrasins envahisseurs, ses parents l’emmenèrent en Grèce, où ils se trouvèrent vite dans une grande misère.

Ioseph, de son côté, était déjà capté par la vie solitaire : il partit à Thessalonique pour se mettre à l’école d’un saint homme. Il devint moine sous la Règle de saint Basile (v. 2 janvier), reçut l’ordination sacerdotale, et fut remarqué par s.Gregorios le Décapolite (v. 20 novembre), qui l’emmena à Constantinople.

Lors de la querelle iconoclaste, il fut chargé de mission auprès du pape romain, mais son bateau fut pris par des pirates, qui le reléguèrent sur l’île de Crète. 

Il put enfin regagner Constantinople, où il recueillit le dernier soupir de Gregorios Décapolite, puis fut pendant cinq ans au service de l’église Saint-Jean-Chrysostome ; il y fonda un monastère.

De nouveau exilé, à Cherson, par le nouvel empereur iconoclaste, il fut enfin rappelé à Constantinople comme gardien des meubles sacrés de l’église Sainte-Sophie.

Victime de la maladie, il sentit approcher sa mort. Il fit un «état des lieux» qu’il remit au patriarche et se prépara à rencontrer le Seigneur ; ce fut le 3 avril 885.

Le surnom d’Hymnographe donné à Ioseph le distingue d’un autre moine de la même époque, Ioseph Studite, et fait allusion aux hymnes qu’il composa en l’honneur des Saints.

Saint Ioseph Hymnographe est commémoré le 3 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

 

Richard de Wyche

1197-1253

 

Richard vit le jour vers 1197 à Burford (Wyche, auj. Droitwich, Worcestershire, Grande Bretagne), deuxième fils de Richard et Alice, une famille complètement ruinée.

Certains disent que les deux garçons furent très tôt orphelins ; Richard en tout cas travailla beaucoup à relever les affaires domestiques et à aider son frère aîné, à son tour ruiné après avoir payé ce qu’on appellerait aujourd’hui les droits de succession. Richard lui fit don de tout son propre héritage.

On proposa à Richard un bon mariage, mais il préférait l’étude et l’Eglise : il se désista en faveur de son frère.

Richard étudia à Oxford, vint à Paris où il passa les meilleures années de sa vie en partageant sa chambre avec deux autres étudiants pauvres, vivant ensemble dans la piété et l’étude. Puis il fut déclaré maître ès arts à Oxford et y enseigna.

Il passa ensuite sept années à Bologne et fit de tels progrès en jurisprudence, que son professeur malade lui confia l’enseignement. Il lui proposa sa fille et son héritage, que Richard déclina humblement.

Revenu à Oxford en 1235, il fut nommé chancelier de l’université, puis s.Edmund Rich (v. 16 novembre) le prit comme chancelier de son diocèse de Canterbury (1237). Fidèle serviteur, il accompagna l’archevêque durant son exil à Pontigny, jusqu’à sa mort (1240).

Richard se retira alors chez les Dominicains d’Orléans, y étudia la théologie et fut ordonné prêtre. Rentré en Angleterre, il administra une petite paroisse (Charing et Deal), mais fut re-nommé chancelier par le nouvel archevêque.

En 1244, malgré l’opposition du roi, Richard fut élu évêque de Chichester et fut approuvé par le pape ; le roi lui confisqua tous ses domaines mais, vaincu, les restitua deux ans après.

Richard se réfugia durant ce temps à Tarring chez un curé, visitant activement son diocèse et cultivant des figuiers. Il était vététarien depuis ses études à Oxford.

Il vécut désormais dans une grande pauvreté, venant en aide à tous les malheureux qu’il rencontrait. ; il fit construire un hôpital. A son frère aîné qui lui suggérait qu’il n’aurait pas assez pour entretenir tant de monde, il répondit qu’il vaut mieux vendre ses chevaux et sa vaisselle d’argent que de laisser les membres de Jésus-Christ dans la misère.

Dieu permit qu’il multipliât un jour le pain qu’il distribuait : d’un pain, il nourrit trois mille personnes, et avec le reste put en nourrir cent autres qui arrivèrent après la distribution.

Extrêmement miséricordieux pour les pécheurs, il fut cependant inflexible envers un clerc tombé dans la fornication, malgré une supplique royale. Il réaffirma l’obligation pour les clercs et les prêtres de vivre dans le célibat et promulga tout un code de mesures visant à encadrer dignement la vie des prêtres et les sacrements.

Il prêcha une croisade dans toute l’Angleterre pour libérer les Lieux Saints en Palestine.

Il protégea particulièrement l’Ordre dominicain.

Son dernier voyage le portait à Douvres ; il sentit la fièvre le gagner et s’arrêta à Maison-Dieu, demandant à son chapelain de tout préparer pour ses funérailles. Sur son lit de mort, il pria la Vierge Marie, invitant tous les prêtres présents à répéter jusqu’à son dernier soupir : 

Marie, Mère de Dieu et de miséricorde, défendez-nous de l’ennemi et recevez-nous à l’heure de la mort.

Richard de Chichester mourut le 3 avril 1253.

Beaucoup de miracles se produisirent à son tombeau, dans la cathédrale de Chichester, jusqu’à ce que les Réformés (Cromwell tout particulièrement) le détruisirent en 1538.

Richard fut canonisé à Viterbe, le 22 janvier 1262.

Saint Richard est le patron céleste du Sussex. Son nom est donné fréquemment donné en Angleterre, même par les Anglicans.

 

 

Giovanni de Penna

1200-1275

 

On ne connaît pas bien les origines de Giovanni et il semble qu’on l’ait confondu avec un autre Religieux du même nom. 

Il naquit dans le début du 13e siècle à Penna (Marches, Italie CE).

Jeune encore (vers 1216) , il eut une vision (ou un songe) qui lui disait : Giovanni, va à Santo Stefano, où prêche l’un de mes frères… Ceci fait, tu auras un grand voyage à accomplir, et puis tu viendras à moi. La vision ne pouvait pas être saint François, qui mourut en 1226 ; ce fut sans doute l’Enfant-Jésus, qui montrait par là son amour pour ses frères franciscains.

Toute sa vie, Giovanni se demanda quel devait être ce  grand voyage.

Il retrouva d’abord le frère Filippo, auquel il se présenta ; Filippo, lui-même averti, l’invita à le rejoindre au couvent de Recanati, où devait se tenir un chapitre ; il l’aurait présenté et fait recevoir. Giovanni pensait que c’était là le grand voyage et qu’il allait bientôt partir pour le Ciel.

Il fut accepté sans aucune difficulté ; mais le Ciel se faisait attendre ! Au contraire, en 1217, on cherchait des volontaires pour aller en Provence : Giovanni se présenta, pensant que c’était là le vrai grand voyage. Mais en Provence, il resta vingt cinq années, et travaillant à l’apostolat avec ses frères. Toujours pas de Ciel !

Au bout de ces vingt-cinq années, triste, il vint tout en larmes auprès du Crucifix. Jésus lui apparut et lui dit : Demande-moi ce que tu veux. Il fit cette réponse pleine de confiance : Mon Seigneur, je ne sais te demander autre chose que toi-même, car je ne désire rien de plus ; toutefois, je t’adresse cette prière : pardonne-moi tous mes péchés, et accorde-moi la grâce de te revoir encore une fois, quand j’en aurai le plus besoin. Le Christ lui répondit : Ta prière est exaucée.

Tout consolé, Giovanni remplit ensuite avec diligence et prudence les charges qu’on lui confia : rappelé dans sa province vers 1242, il fut gardien de plusieurs couvents, et Dieu le favorisa du don des miracles. C’est alors qu’une autre vision lui fit comprendre quel était son grand voyage :

Un ange lui apparut et lui annonça que son grand voyage touchait à sa fin. Il devait encore se purifier et, pour cela, Dieu lui proposait de choisir entre un jour de purgatoire ou sept jours de souffrances sur terre avant de mourir. Giovanni choisit les sept jours et, aussitôt, sentit fondre sur lui la maladie, atroce, les tentations cruelles, des peines intimes, et ce pendant sept jours, au terme desquels Notre Seigneur lui apparut, lui annonçant que son grand voyage était achevé et qu’il venait l’emmener au Paradis.

C’était le 3 avril, en 1271 ou 1274. L’incertitude ne permet pas de préciser si ce 3 avril était le Vendredi Saint (1271) ou le mardi de Pâques (1274).

Le culte immémorial de Giovanni fut approuvé en 1806.

 

 

Thurston Hunt

1555-1601

 

Thurston (ou Thurstan) appartenait à une famille de Carlton Hall (Leeds). C’était un neveu de Margaret Clitherow (ou Clitheroe). Il était né vers 1555.

Il étudia en vue du sacerdoce aux Collèges anglais de Reims et de Rome, entre 1594 et 1598.

On verra dans la notice de Robert Middleton que Thurston était un des quatre qui tentèrent de le libérer, en vain. Thurston fut à son tour arrêté, après une bonne altercation.

Robert et Thurston furent mis aux fers, jour et nuit. Sur l’ordre de la Commission, ils furent attachés sous le ventre de leur cheval et conduits dans cette position jusqu’à Londres, puis de Londres à Lancaster, où ils furent condamnés à mort pour leur sacerdoce.

Ils furent tous deux exécutés le 3 avril 1601 ; toute la population locale, Protestants et Catholiques, exprima sa désapprobation pour cette exécution. 

Tous deux furent béatifiés en 1987.

Ci-dessous, une chanson qui fut composée en l’honneur de Robert et Thurston : 

 

Hunt’s hawtie corage staut,

With godlie zeale soe true,

Myld Middleton, O what tongue

Can halfe thy vertue showe !

 

 

Robert Middleton

1571-1601

 

Robert naquit en 1571 à York (Yorkshire, Angleterre) dans une famille catholique.

En grandissant, il adhéra à l’Eglise officielle, mais l’abandonna au cours de ses lectures, et aussi fortement impressionné par le martyre de Margaret Clitherow à York en 1586 (il avait quinze ans), laquelle avait été étouffée sous une lourde planche, pour le crime d’avoir caché des prêtres.

A dix-huit ans, Robert partit pour Londres, d’où il rejoignit bientôt le Collège anglais de Reims, puis celui de Séville et enfin arriva à Rome.

Il reçut le sacerdoce en 1598.

Rapidement après son ordination, il regagna l’Angleterre où, pendant deux ans, il exerça le ministère sacerdotal à Lancaster. 

Il exprima alors son désir d’entrer dans la Compagnie de Jésus et en fit la demande au supérieur des Jésuites d’Angleterre, le père Henry Garnet.

Sur ces entrefaites, Robert fut arrêté en 1600, en même temps qu’un autre prêtre, déjà jésuite, Thurstan Hunt, qui avait cherché à le faire libérer.

Tous deux furent emprisonnés au Château de Lancaster : le seul fait d’être prêtres les rendait coupables. Interrogé sur ce qu’il pensait de la Reine Elizabeth, Robert répondit avec assurance qu’il en reconnaissait l’autorité royale sur toutes les choses temporelles, et qu’il priait pour que Dieu en fît un jour une Catholique.

Ce n’était pas de sa part une imprudence ou une sorte de recherche volontaire de la mort, car il savait très bien que sa condamnation et son martyre étaient décidés d’avance.

Tous deux, Robert et Thurstan, furent accusés d’avoir été ordonnés prêtres à l’étranger et d’avoir voulu exercer le sacerdoce en Angleterre. Pour ce crime, ils furent condamnés à mort.

Entretemps, la requête de Robert d’entrer dans la Compagnie de Jésus, avait été acceptée par le Supérieur général de Rome, et le père Garnet l’avait fait transmettre à Robert, mais il ne put jamais savoir si Robert l’avait reçue à temps avant son martyre.

Thurstan fut pendu le premier, Robert le second. Robert, relâché avant d’avoir rendu le dernier soupir, fut décapité.

C’était le 3 avril 1601.

Robert et Thurstan furent béatifiés en 1987.

 

 

Pak Chwi-deuk Laurentius

1766-1799

 

Pak Chwi-deuk Laurentius est un laïc coréen né vers 1766 à Myeoncheon (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut pendu à Hongju (Chungcheong-do), le 3 avril 1799 et béatifié en 2014.

 

 

Luigi Scrosoppi

1804-1884

 

Luigi et ses deux frères grandirent dans une famille très chrétienne : leurs parents, Domenico, orfèvre, et Antonia eurent la joie de les voir tous trois prêtres. Luigi naquit à Udine (Italie NEt) le 4 août 1804.

Dès 1814, Luigi fut sensible à la misère des orphelins, à la suite de multiples disettes et épidémies qui ravagèrent la région, ce qui lui inspira sa vocation à s’occuper d’eux toute sa vie.

A douze ans, il fut au Petit séminaire, et il fut ordonné prêtre en 1827, à vingt-trois ans.

D’abord il collabora avec son frère Carlo, qui s’occupait déjà des petites orphelines abandonnées, allant quêter partout pour leur venir en aide. 

Ralliant d’autres prêtres à son projet, il fonda la congrégation des Sœurs de la Providence en 1837, sous la protection de saint Gaetano de Thiene (v. 7 août), pour donner à ces malheureux une éducation correcte.

Les Sœurs de la Providence sont actuellement, outre qu’en Italie, également en Roumanie, au Brésil, en Uruguay, en Bolivie, en Inde et en Birmanie, et différentes régions d’Afrique aussi.

Luigi fut très attiré par l’idéal de pauvreté et de fraternité universelle de saint François d’Assise, mais finalement entra dans les rangs de l’Oratoire, fondé le siècle précédent par saint Filippo Neri à Rome (v. 26 mai).

Tout en veillant à ses religieuses, Luigi fonda aussi un institut pour les sourds-muets ; en outre il participait à d’autres œuvres, s’occupant entre autres des séminaristes pauvres.

Atteint d’une vilaine maladie de la peau, il mourut le 3 avril 1884 ; ses dernières paroles furent : Charité, Charité !

Luigi Scrosoppi a été béatifié en 1981 et canonisé en 2001.

Le miracle retenu pour la canonisation concerne un aspirant au sacerdoce d’Afrique du Sud, âgé de vingt-quatre ans. Il était dans la communauté des Oratoriens. Il tomba gravement malade, atteint du sida, et se retrouva vite en phase terminale. Un moment découragé, il se tourna plein de confiance vers Dieu, demandant la grâce d’accepter sa mort prochaine. Après d’intenses prières, en communion avec sa famille et les religieux, ainsi que des enfants dont ils s’occupaient, le séminariste reprit des forces et fut guéri. Il assista personnellement à la canonisation de Luigi Scrosopppi.

Saint Luigi Scrosoppi, mentionné le 3 avril au Martyrologe, a été déclaré protecteur des malades atteints du sida.

Ezequiel Huerta Gutiérrez

1876-1927

Salvador Huerta Gutiérrez

1880-1927

 

Ces frères étaient deux des cinq enfants de Isaac Huerta et Florencia Gutiérrez Oliva. Le papa descendait d’une famille d’Andalousie, émigrée au Mexique ; son épouse était une femme forte, active, qui savait ce qu’elle voulait et qui menait son monde avec une autorité quasi virile. Ils habitaient à Magdalena.

Les cinq enfants étaient José Refugio, Ezequiel, Eduardo, Salvador et María Carmen. José Refugio ainsi qu’Eduardo devinrent prêtres. Nous allons parler des deux futurs Martyrs, Ezequiel et Salvador. 

Les deux garçons firent leurs études à Magdalena, puis au lycée de Guadalajara, où les parents finirent par s’installer eux aussi. 

Ezequiel était né le 7 janvier 1876 et fut confirmé l’année suivante, selon la coutume. Un jour que le papa l’avait pris avec lui pour aller à Guadalajara, une roue de la charrette se cassa. Tout le monde et tout le chargement par-terre : mais Ezequiel sortit de dessous la charrette sans une égratignure, tandis que l’unique compagnon qui avait refusé de prier le chapelet pendant le voyage, était blessé et mort de peur… Depuis, la famille priait toujours le chapelet en se déplaçant.

De plus, Ezequiel avait une magnifique voix de ténor. Il suivit des cours et organisa toute une chorale qui chantait aux fêtes. Un jour, un homme jaloux de lui tenta de le blesser au ventre, mais la blessure ne fut pas profonde. Ezequiel refusa de le dénoncer, parce que c’était un pauvre père de famille.

Salvador, né le 18 mars 1880, fut baptisé le 22 suivant. C’était un garçon sérieux, obéissant et affectueux. La maman lui faisait faire plus de choses qu’aux autres, parce qu’elle voyait qu’elle pouvait en attendre plus de lui. Et lui ne se plaignait jamais.

Il s’orienta plutôt vers la mécanique. Puis il se transféra à Zacatecas comme technicien de bombes dans une mine. Plusieurs fois il échappa à la mort dans divers accidents. Dieu lui réservait une autre sorte de mort…

Ezequiel se maria en 1904 avec María Eugenia García, et ils eurent dix enfants.

Salvador, lui, se maria en 1907 avec Adelina Jiménez, et eurent douze enfants. Il préféra gagner un peu moins, mais rester proche de ses parents pour les aider. C’était le meilleur mécanicien de Guadalajara.

Ces foyers chrétiens vécurent en paix jusqu’en 1926, l’année où la persécution fit fermer les églises.

Ezequiel se fit spontanément le gardien de l’église Saint Filippo Neri ; ses deux aînés entrèrent dans l’Union Populaire. Quand l’un d’eux fut blessé, sa mère voulut aller le trouver pour le soigner ; ne l’ayant pas trouvé, elle se mit à soigner les autres blessés comme s’ils étaient eux ses fils.

Un soir de la fin du mois de mars 1927, la femme d’Ezequiel se rendit à une célébration clandestine, avec ses deux filles María Carmen et Teresa. Juste après la consécration, un jeune vint avertir que la police était dehors : le célébrant consomma l’Eucharistie, et alla se cacher. La maman se saisit du calice, l’emballa dans le châle de la petite Teresa (de neuf ans) en lui disant : Même s’ils te battent, ne le lâche pas. Donne-le seulement à papa. La police arrêta une dizaine de personnes, parmi lesquelles la maman, María Eugenia. Elle fut ensuite relâchée.

L’autre fille, María del Carmen, força le passage par la porte en se pliant sous la jambe du policier qui lui barrait le chemin, et alla prévenir son père. 

Ezequiel vint chercher sa petite Teresa, que personne n’avait vue, avec son Trésor.

Le soir du 1er avril Ezequiel alla veiller auprès du Martyr Anacleto Gonzáles Flores, son ami inoubliable. Le 2 avril au matin, vinrent frapper des policiers. Ils mirent à sac toute la maison, et emmenèrent Ezequiel au commissariat. Les deux époux se regardèrent en pleurant : N’aie pas peur, Ezequiel, lui dit son épouse, si nous ne nous revoyons pas en cette vie, nous nous reverrons au ciel.

Ce même 2 avril, des policiers vinrent chercher Salvador pour réparer une voiture de la police. Salvador prit ses outils et les suivit. Au commissariat, il n’y avait aucune voiture à réparer, mais seulement un interrogatoire et des tortures qui attendaient Salvador : celui-ci ne dit pas un mot.

Ezequiel non plus ne dit mot. Il fut frappé. Le visage en sang, il se mit à chanter le plus fort qu’il put : Vive mon Christ, vive mon Roi ! Il reçut une nouvelle décharge de coups et fut emmené au cachot.

La nuit du 2 au 3 avril, tandis que les deux frères Ezequiel et Salvador grelottaient de fièvre, on vint les chercher. On les fit monter dans une voiture de la police pour les conduire au cimetière.

Ezequiel dit à Salvador : Nous leur pardonnons, n’est-ce pas ? Une décharge l’abattit.

Salvador retira sa casquette en disant : Je me découvre devant toi, mon frère, qui es déjà un martyr. Puis, prenant la bougie du fossoyeur et éclairant sa poitrine, il dit aux soldats : Je vous éclaire ma poitrine pour que vous ne manquiez pas ce cœur, disposé à mourir pour le Christ. Ultime décharge.

Pour les ensevelir, le général réclamait six mille pesos, une somme invraisemblable. Les deux corps furent donc mis dans une même fosse.

La Providence pourvut amplement à l’assistance des nombreux enfants de ces deux Martyrs : les voisins, les Religieux de tous Ordres, leur fournirent des vêtements, des bourses d’étude. Tous obtinrent de très bonnes situations, sans compter les nombreuses vocations sacerdotales et religieuses.

Ezequiel et Salvador Huerta Gutiérrez ont leur dies natalis commun le 3 avril. Ils ont été béatifiés en 2005.

 

Note. On a lu que ce dimanche 3 avril 1927 était le dimanche des Rameaux. Or, après vérifications, les Rameaux de cette année-là étaient le 10 avril, Pâques étant le 17 avril (calendrier grégorien catholique).

Nos Martyrs tombèrent donc le dimanche de la Passion.

 

 

Maria Teresa Casini

1864-1937

 

Elle fut la première fille de Tommaso Casini et Melania Rayner, née le 27 octobre 1864 à Frascati (Rome, Italie C), et fut baptisée deux jours après.

Tommaso était ingénieur et Melania d’origine belge. Tommaso invita à la cérémonie du baptême les pauvres et leur remit une obole à chacun.

Une notice récente affirme que Maria Teresa était la plus jeune fille de ce couple appartenant à la bourgeoisie, et qu’à l’occasion du baptême, son père lui fit distribuer elle-même des aumônes aux pauvres. Ces détails ne semblent pas s’harmoniser avec les paragraphes ci-dessus.

Vers 1874, mourut le papa et Melania s’établit avec Maria Teresa à Grottaferrata, chez les grands-parents. L’année suivante, Maria Teresa fut au collège Santa Rufina de Rome, chez les Dames du Sacré-Cœur.

En 1876, elle reçut la Première communion et promit à Jésus-Christ de lui appartenir pour toujours.

Sa santé la fit revenir à la maison. Elle se confia à l’abbé Arsenio Pellegrini, supérieur de l’abbaye basilienne de Grottaferrata.

A la fin d’une Messe, elle vit le Cœur du Christ blessé par une épine, avec ce message : Cette épine est enfoncée dans mon Cœur par les prêtres qui oublient leur caractère sacerdotal et, par leur infidélité, offensent mon Père céleste.

En 1885, elle entra chez les Clarisses de Rome, reçut l’habit en 1886 et le nom de Maria Serafina du Cœur de Jésus transpercé. Mais sa santé la contraignit à quitter ce monastère en décembre de la même année.

Une fois remise, elle fréquenta la chapelle du Sacré-Cœur de l’église paroissiale, assez délaissée. Elle chercha à la restaurer, puis se rapprocha d’une sainte femme romaine, Maria Rosaria, et de sa petite communauté des Vraies Amantes du Cœur de Jésus. Elle s’en occupa avec amour, durant sa maladie de tuberculose, dont elle mourut en 1887. Ce n’était pas là la vocation de Maria Teresa. L’Abbé de Grottaferrata n’avait peut-être pas été bien inspiré dans sa direction, de même quand il conseillait à Maria Teresa d’aller quêter dans les rues pour avoir des subsides et payer sa pension ou son loyer.

Revenue à Grottaferrata, elle habita avec deux autres compagnes dans une petite maison privée qu’elle fit construire grâce à son héritage. En 1894, elles prirent le nom de Victimes du Sacré-Cœur, avec la clôture stricte. Maria Teresa prit le nom de Maria Teresa du Cœur de Jésus Transpercé et fut la supérieure. Peu à peu, elle renonça à suivre l’Abbé Pellegrini, trop occupé, et choisit comme directeur le père mariste Joseph Gallois.

Un premier décret de louange arriva en 1896. L’évêque de Frascatti leur conseilla de renoncer à la clôture. En 1910, s’ouvrit à Grottaferrata un premier patronnage pour jeunes filles, dans le but de les orienter à fonder des foyers fervents, d’où naîtraient des jeunes qui pourraient être prêtres. Ce patronnage s’installa à Rome et les Religieuses prirent le nom d’Oblates du Sacré-Cœur de Jésus.

A partir de 1922, les Oblates inaugurèrent aussi des Patronnages pour garçons, les Petits Amis de Jésus, pour éduquer de jeunes garçons jusqu’à l’âge de douze ans et, éventuellement, les orienter vers le Petit séminaire. L’évêque de Foggia les encouragea vivement et ouvrit un collège à Orsara dans ce but.

Il y eut une autre fondation, à la suite du premier conflit mondial : des maisons pour prêtres âgés, malades et dans le besoin.

Brusquement, en 1925, Maria Teresa fut obligée de garder le lit à la suite d’une attaque. Elle demeura désormais à Grottaferrata, tout en recevant continuellement des prêtres, des séminaristes, des religieuses, qui lui demandaient des conseils et des paroles de consolation.

Le 18 mars 1937, elle reçut l’Onction des malades et mourut le 3 avril.

Un an plus tard était ordonné le premier prêtre issu de cette formation.

Le miracle retenu pour la béatification eut lieu aux Etats-Unis en 2003. Un petit garçon de onze ans resta sous l’eau de la piscine pendant onze minutes. S’il sortait du coma, il aurait conservé de graves séquelles cérébrales définitives. Or dans cette ville de Campbell (Ohio) résidaient des Oblates. La maman mit sous l’oreiller du petit garçon une image de Maria Teresa et deux jours après, vendredi 27 juin 2003 (fête du Sacré-Cœur), l’enfant commença à se réveiller, puis se reprit convenablement, mangea, et rentra chez lui. La commission examina toutes les circonstances et aboutit à la conclusion certaine qu’il n’y avait pas d’explication scientifique à donner pour cette guérison, visiblement obtenue par intercession de Mère Maria Teresa. Le pape François autorisa la promulgation du miracle, le 22 janvier 2015.

Mère Maria Teresa Casini a été béatifiée à Frascati le 31 octobre 2015.

Les Oblates sont de droit pontifical depuis 1947 et sont présentes en Italie, aux Etats-Unis, au Brésil, au Pérou, en Inde et en Guinée Bissau.

 

 

Juan Otazua Madariaga

1895-1937

 

Né le 8 février 1895 à Rigoitia (Biscaye, Espagne), Juan prit le nom de Juan de Jésus-Marie en entrant dans l’Ordre des Trinitaires.

Pendant quelque temps il fut lié à l’église de Saint-Ignace-de-Loyola à Madrid puis, quand cette église fut incendiée, il fut envoyé au sanctuaire de Notre-Dame de la Cabeza (Jaén). 

En 1936, la communauté fut dispersée et Juan trouva refuge chez le Duc de la Quintanilla.

Peu après il fut incarcéré à Andújar : là, il demanda à être parmi les condamnés à mort, pour les aider à se préparer à mourir.

Un «tribunal» le condamna à vingt années de prison, mais au matin du 3 avril 1937, on préféra s’en débarrasser et il fut fusillé à Manche Real (Jaén).

Il fut béatifié parmi quatre-cent quatre-vingt dix-huit Martyrs espagnols, en 2007.  

 

 

Piotr Edward Dankowski

1908-1942

 

Né le 21 juin 1908 à Jordanów (Malopolskie, Pologne), de parents fermiers (son père était aussi cordonnier), Piotr Edward entra au Grand séminaire de Cracovie en 1926.

Ayant étudié la théologie à l’Université Jagellone, il fut ordonné prêtre en 1931.

Il fut vicaire successivement à Pobiedrze (1931), à Sucha Beskidzka (1932-1935), à Zakopane (1935-1941), où son dévouement pour les pauvres fut remarquable, et remarqué.

Dans cette dernière paroisse, il enseigna aussi la religion à l’école.

Durant la Deuxième guerre mondiale, il aida des fugitifs à échapper aux Nazis.

Arrêté en mai 1941, il fut soumis à des interrogatoires et des tortures au Podhale Palace, puis détenu à la prison de Tarnow, avant d’être envoyé en décembre 1941 au camp d’extermination de Auschwitz. Il y portait le numéro 24529. 

Il fut placé dans un groupe de travail, avant d’être condamné à mort en février 1942. 

Le dimanche des Rameaux, il parla de son prochain chemin de croix. Il mourut le Vendredi Saint 3 avril 1942, en disant à son ami : Adieu, au ciel.

Son corps fut brûlé dans le four crématoire. 

C’est l’un des cent-huit Martyrs polonais béatifiés en 1999.

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1 avril 2021 4 01 /04 /avril /2021 23:00

02 AVRIL

IV.

S Polycarpe, martyr à Alexandrie.

S Apphianus, martyr à Césarée de Palestine ; quand son corps fut jeté en mer, les vagues le reportèrent à l’entrée de la ville.

Ste Théodora, martyre de dix-huit ans à Césarée de Palestine.

V.

S Urbain, évêque à Langres ; par ses miracles, il protégea la culture : on  l’invoque contre le mauvais temps et on le représente avec une grappe de raisin ; il vaudrait mieux ne pas le confondre avec s. Urbain pape (25 mai), qui a les mêmes “prérogatives”.

S Abundius, évêque à Côme, d’origine grecque.

VI.

S Victor, évêque à Capoue, auteur d’un ouvrage sur la Pâque (approuvé par un concile à Orléans) et d’une “Harmonie évangélique”.

S Nizier, évêque à Lyon, d’une chasteté exemplaire ; jeune, il fut guéri d’une tumeur au visage par l’intercession de s. Martin.

Ste Musa, vierge romaine, à qui la Sainte Vierge annonça la mort un mois auparavant.

VII.

S Eustase, abbé à Luxeuil.

Ss Longis et Agneflète, moine et moniale près du Mans ; Agneflète, qui ne voulait pas se marier, fut protégée par Longis ; les calomnies ne purent rien contre ces vies innocentes. 

VIII.

Ste Floberde, vierge à Amilly-en-Brie.

IX.

S Tite, thaumaturge grec, abbé à Constantinople.

Ste Ebba la Jeune, abbesse et martyre à Coldingham ; pour enlever aux envahisseurs danois toute tentation, elle se coupa au rasoir le nez et la lèvre supérieure ; les autres moniales en firent autant ; horrifiés, les danois mirent le feu au monastère.

XVI.

S Francesco de Paola, calabrais, ermite à 14 ans et thaumaturge, fondateur de l’ordre des Minimes. 

S John Payne, prêtre anglais martyr à Chelmsford.

XVII.

B Diego Luis de San Vitores, jésuite, et S Pedro Calungsod, catéchiste de 17 ans, martyrs sur l’île de Guam, torturés et jetés à la mer, béatifiés le premier en 1985, le second en 2000 ; Pedro est ensuite canonisé en 2012.

XIX.

B Giovanni Croci (Leopoldo de Gaiche), franciscain en Ombrie.

S Đaminh Vũ Đình Tũóc, prêtre dominicain tonquinois, martyr canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Bse Elisabetta Vendramini, fondatrice à Padoue des Sœurs élisabettaines du Tiers Ordre de Saint-François, béatifiée en 1990.

S Francisco Coll y Guitart, dominicain espagnol catalan, fondateur des Dominicaines de l’Annonciation ; injustement expulsé du couvent, il continua de prêcher le Nom du Christ dans la province ; béatifié en 1979, canonisé en 2009.

XX.

B Vilmos Apor (1892-1945), évêque à Györ, abattu dans son évêché où il voulut protéger des femmes menacées par les soldats russes ; béatifié en 1997.

B Mykolai Tcharneckyj (1884-1959), rédemptoriste, évêque en Ukraine, martyr, béatifié en 2001.

Bse Laura Alvarado Cardozo (Marie de Saint-Joseph, 1875-1967), vénézuélienne, fondatrice des Sœurs Augustines récolettes du Cœur de Jésus pour l’assistance médicale aux pauvres, béatifiée en 1995.

S Jean-Paul II, pape (1978-2005), d’origine polonaise, ancien évêque à Cracovie ; il subit un grave attentat sur la place Saint-Pierre le 13 mai 1981 ; il eut un des plus longs pontificats de l’histoire ; béatifié en 2011, canonisé en 2014, il est fêté le 22 octobre, jour anniversaire de son intronisation. 

Apphianus de Césarée

† 306

 

Le martyre d’Apphianus est une histoire aussi glorieuse que brève.

Il était né à Gaga (ou Plæontychos, Lycie, auj. Turquie SW), de riches parents. On rencontrera bientôt son frère, Ædesius (v. 9 avril).

Il vint à Berytus (act. Beyrouth, Liban) pour y suivre les leçons de jurisprudence : là il connut le christianisme et se convertit.

C’est s.Pamphilus (v. 16 février) qui le baptisa à Césarée, où il connut aussi Eusèbe, lui aussi élève de Pamphilus.

Quand éclata la persécution, vint un jour où la population était convoquée pour participer à un sacrifice aux dieux païens ; Apphianus s’infiltra, s’approcha, évita les soldats, et arriva jusqu’au préfet qui élevait la coupe du sacrifice : il lui saisit la main et interrompit ainsi la cérémonie.

Les soldats s’en saisirent, le rouèrent de coups et le jetèrent en prison ; conduit ensuite devant le gouverneur, et refusant toujours de sacrifier, il eut les flancs déchirés à plusieurs reprises par les fouets et les ongles de fer, les os et les entrailles mis à nu ; on lui enveloppa les pieds avec une toile imbibée d’huile et d’encens, à quoi on mit le feu ; enfin on le jeta en mer.

Eusèbe, qui fut témoin oculaire, affirme qu’à ce moment-là une grosse secousse ébranla le sol et les flots ramenèrent au rivage le corps du Martyr.

Ainsi s’acheva la courte vie d’Apphianus (306), trois ans avant le martyre de Pamphilus.

Saint Apphianus de Césarée est commémoré le 2 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodora de Césarée

289-307

 

Nous sommes encore à Césarée de Palestine.

Theodora était née à Tyr (Liban S), en 289.

Elle se trouva présente à Césarée au moment où se déroulait le procès de Chrétiens.

Poussée fortement par une inspiration subite, elle s’avança vers eux et leur demanda, simplement, de se souvenir d’elle quand ils seraient en présence de Dieu.

C’était comme si elle avait commis on ne sait quel crime ; les soldats l’arrêtèrent et la conduisirent devant le gouverneur.

Ce dernier perdit la tête et le sens de la mesure, ordonnant à ses hommes de déchirer avec les ongles de fer les flancs et la poitrine de cette jeune fille de dix-huit ans.

Theodora restait calme et comme joyeuse d’arriver bientôt devant le Juge suprême.

Le gouverneur ordonna de la jeter, encore vivante, dans la mer.

C’était le jour de Pâques, 2 avril 307.

Sainte Theodora de Césarée est commémorée le 2 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Abundius de Côme

† 468

 

Abundius était né à Thessalonique (Grèce N), d’après la tradition. Si l’on met en doute cette origine, il reste certain que sa connaissance du grec lui permit de rendre de grands services à l’Eglise.

Vers 440, il vint à Côme (Italie N), où l’évêque Amantius l’ordonna prêtre, puis évêque coadjuteur. Effectivement, Abundius succéda à Amantius et fut le quatrième évêque de Côme.

Signalons ici qu’une récente liste épiscopale donne pour les premiers évêques de Côme des dates un peu différentes : Abundius aurait été évêque de Côme de 450 à 489. 

En 450, le pape Léon le Grand (v. 10 novembre) envoya Abundius à la tête d’une délégation à Constantinople, où venait d’être élu patriarche Anatolios. Celui-ci réunit un concile à Chalcédoine (451) où fut approuvée la Lettre dogmatique du pape Léon (ou Tome à Flavien), condamnée la doctrine d’Eutychès, annulée la condamnation des évêques fidèles, récemment déposés injustement (v. ici les épisodes qui ont marqué Flavien de Constantinople, 17 février).

De retour à Rome en juin 451, il fut à nouveau envoyé par le même pape en mission auprès d’Eusebius de Milan : ce dernier réunit un concile pour approuver aussi en Occident la même Lettre dogmatique (451).

Il est dit qu’Abundius aurait ressuscité par ses prières le fils unique d’un riche prince païen, qu’on ne nous nomme pas.

Abundius mourut en 468 (ou peut-être en 489 ?), après un épiscopat de trente-huit ans.

Saint Abundius de Côme est commémoré le 2 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor de Capoue

† 554

 

Victor succéda sur le siège épiscopal de Capoue à s.Germanus (v. 30 octobre), à partir du 23 février 541, devenant ainsi le dix-huitième évêque de cette ville.

D’après le vénérable Bede (v. 25 mai) Victor écrivit sur la question de la Pâque. En ces temps-là en effet s’était à nouveau posée la question de la date de Pâques. L’érudition de Victor amena chacun à revoir les calculs et les dates. Ce cycle pascal fut approuvé par un concile d’Orléans.

On lui doit le Codex Fuldensis, un des plus anciens manuscrits de la Vulgate, rédigé sous sa conduite, revu et corrigé par lui-même ; éminent connaisseur de la langue grecque, il traduisit en latin une Harmonie évangélique ou concordance d’Ammonios d’Alexandrie, et inspirée du Diatessaron de Tatien : le résultat en est un unique évangile, d’après les quatre du saint canon scripturaire.

Il fit aussi des commentaires sur les textes bibliques, dont il ne reste que des fragments ; en outre, un commentaire sur l’arche de Noé, où il démontre par d’ingénieux calculs, que les dimensions de l’arche étaient déjà une anticipation des années de la vie du Christ ; enfin, des remarques sur la Résurrection du Seigneur, sa généalogie et l’heure de sa bienheureuse Mort.

Victor mourut le 2 avril 554, après treize années d’épiscopat.

Ses reliques, retrouvées à Montevergine en 1480, furent restituées à Capoue en 1967.

Saint Victor est commémoré le 2 avril dans le Martyrologe Romain, qui en relève l’érudition et la sainteté.

 

 

Nicetius de Lyon

513-573

 

Le latin Nicetus ou Nicetius s’est transformé en français en Nicet ou Nizier.

Nizier, donc, naquit vers 513 à Lyon, troisième fils du sénateur Florentius et de son épouse Artemia. Un oncle de Nizier, Sacerdos, allait devenir évêque de Lyon.

Animés de quelque mystérieux pressentiment (ou avertis par quelque signe d’En-haut), ces pieux parents mirent un soin particulier dans l’éducation de ce garçon. A la mort de Florentius, Nizier faisait déjà partie du clergé lyonnais.

Il fut affligé d’une vilaine tumeur au visage, qui mettait sa santé et sa vie en danger. Artemia invoqua de tout son cœur s.Martin (v. 11 novembre), qui apparut à Nizier et le guérit. Seule resta une cicatrice, preuve du miracle.

En 543, Nizier fut ordonné prêtre. Une de ses attentions fut d’exhorter les jeunes à conserver leur chasteté.

Son oncle Sacerdos (v. 11 septembre), qui était devenu évêque de Lyon en 549, étant tombé malade, proposa au roi Childebert de choisir Nizier comme successeur. Le roi, puis le clergé et le peuple ratifièrent ce choix.

Le nouvel évêque fut un homme de paix. Il s’appliquait à pardonner quand quelque ennemi venait à l’insulter, ce qui effectivement arrivait, malgré la douceur et l’humilité de l’évêque.

Mais il fallait parfois y mettre de l’énergie. L’évêque avait une fois interdit à un diacre d’exercer sa fonction - car il peut arriver, hélas, qu’un diacre se rendre gravement coupable. Mais ce diacre n’en faisait qu’à sa tête ; or, il arriva que Nizier entra à l’office nocturne au moment où ce même diacre était précisément en train de chanter ; l’évêque ne pouvait pas faire autrement que de le faire taire, à quoi le diacre, véritablement possédé du démon, répondit par d’horribles cris, en plein sanctuaire. Nizier se le fit amener, lui adressa de paternelles remontrances et, devant toute l’assemblée, chassa le démon.

Durant les vingt années de son épiscopat, Nizier participa à plusieurs conciles, dont celui de Lyon en 566, convoqué par le roi Gontran (v. 28 mars) et qui réunissait huit évêques et les délégués de six autres. Dans cette assemblée, il fut décidé de déposer deux évêques indignes, celui d’Embrun et celui de Gap ; en outre, on excommunia ceux qui retiennent injustement dans l’esclavage des personnes libres.

Nizier mourut le 2 avril 573. Un aveugle fut guéri tout près du cercueil de l’évêque. D’autres miracles se produisirent à son tombeau. Il y eut celui-ci : le prêtre du lieu où se trouvait le tombeau de Nizier, quelque peu cupide, osa se plaindre de ce que l’évêque n’avait rien légué pour lui dans son testament ; Nizier lui apparut et lui fit d’abord remarquer qu’il lui avait légué son propre corps, relique insigne, puis toucha la gorge du prêtre, qui enfla terriblement au point qu’il étouffait presque : le prêtre demanda pardon à Nizier et guérit au bout de quarante jours.

Saint Nicetius est commémoré le 2 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eustase de Luxeuil

560-625

 

Eustasius naquit vers 560 en Bourgogne. Son oncle maternel était évêque de Langres.

Après un très bref essai dans la carrière des armes (le fait est contesté), il entra, encore jeune, à l’abbaye de Luxeuil, fondée et dirigée par s.Colomban (v. 23 novembre).

Quand ce dernier partit à Bobbio, Eustase l’accompagna peut-être, mais se retrouva bientôt abbé à Luxeuil, dès 616.

C’est à ce moment qu’il accomplit un premier miracle, rendant la vue à sainte Fare, qui était aveugle (v. 7 décembre).

Eustase eut une double activité : monastique surtout, mais aussi missionnaire, car il voulait gagner à Dieu les populations avoisinantes encore païennes ; chez les Warasques, il amena à la foi leur chef Iserius, tandis que la belle-sœur de celui-ci fondait le monastère de Cusance ; chez les Boïens, il prêcha la foi chrétienne et laissa après lui des hommes capables de poursuivre son travail.

De l’abbaye de Luxeuil sortirent beaucoup de saints moines qui devinrent qui évêques, qui fondateurs, qui abbés ; on cite Cagnoald (v. 6 septembre), Achaire (v. 27 novembre), Amé (v. 13 septembre), Romaric (v. 8 décembre), Omer (v. 9 septembre ?), Mummolin (v. 16 octobre), Walbert (v. 2 mai)…

Mais tous ne furent pas saints, comme ce malheureux Agrestin, qui pourtant avait résolument distribué ses richesses aux pauvres avant d’embrasser la vie monastique ; le diable le poussa à sortir du monastère contre la volonté d’Eustase, soi-disant pour partir évangéliser ; il en revint, gagné par l’hérésie ; cité au concile de Mâcon (624), il feignit le repentir et reprit ses erreurs ; Dieu fit qu’il mourut misérablement, frappé à mort par un serviteur.

L’abbaye reprit sa vie régulière, et même eut d’autres abbayes-filles. Eustase eut en vision l’annonce de sa mort prochaine. Il lui fut donné de choisir entre une lente agonie de quarante jours ou des souffrances aiguës de trente jours ; il préféra ces dernières pour se présenter plus vite devant l’Eternité, et mourut à une date qui semble être 625, et un 2 avril.

Le corps de saint Eustase disparut en 1670.

Des nombreux parchemins copiés par les moines de Luxeuil, beaucoup subsistaient encore en 1793, quand la sauvagerie révolutionnaire pilla ces précieux documents et les envoya à l’armée du Rhin pour servir de gargousses.

Saint Eustase est commémoré le 2 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Francesco de Paola

1416-1508

 

Francesco naquit le 27 mars 1416 à Paola (Calabre, Italie), de Giacomo Martolilla et Vienna de Fuscaldo, des propriétaires terriens.

La naissance tant désirée de Francesco advint sur la prière des parents à François d’Assise, dont il donnèrent le nom à leur premier garçon. Quand naquit l’enfant, on vit apparaître comme des flammes au-dessus de la maison.

Plus tard, naquit aussi une petite Brigida. Les parents vécurent ensuite dans la stricte continence, et le papa, Giacomo, devait finir ses jours dans le propre couvent fondé par son fils.

Autre lien avec saint François d’Assise : l’enfant eut une grosse tumeur à un œil et les parents promirent, s’il guérissait, de l’envoyer une année dans un couvent franciscain. La tumeur laissa tout juste une petite cicatrice, et l’enfant passa effectivement une année chez les Cordeliers, proches de Paola, où il se montra miraculeusement exemplaire : il aida en sacristie, au réfectoire ; il porta un jour du feu dans son pan de vêtement, qui n’en eut aucune marque de brûlé.

En 1430, il fit avec ses parents un pèlerinage à Rome, et à Assise. A Rome, l’adolescent de quatorze ans fit remarquer à un cardinal que Jésus portait des vêtements moins somptueux.

De retour à Paola, il se retira dans une petite grotte de la propriété des parents, pour y vivre dans la solitude et la prière. Des miracles attirèrent des visiteurs et des disciples.

Un des miracles fut que Francesco trempa son petit manteau dans la source proche : tous ceux qui burent de cette source guérirent de la peste qui sévissait alors (1456).

Les disciples se multipliant, Francesco obtint de pouvoir construire un monastère. Une vision (sans doute de saint François d’Assise, encore une fois), lui demanda de détruire les fondations et d’en reconstruire de beaucoup plus grandes, car le monastère devait abriter beaucoup de moines.

Francesco n’arrêtait pas de faire des miracles : multiplication du pain, soulèvement de blocs de marbre, suspension en l’air d’un gros rocher menaçant, résurrection de morts, maternité pour les femmes stériles, guérisons d’enfants, don de prophétie, sans compter les extases, de saint Michel entre autres, qui lui présenta ce qui devait être le blason de son Ordre : le mot Caritas en lettres d’or sur champ d’azur. Francesco se retrouva fondateur et supérieur du nouvel Ordre des Minimes, à dix-neuf ans.

Il passa (au moins) une fois le carême entier sans prendre de nourriture. Le vin lui était inconnu ; il se flagellait, portait un cilice. Lui qui ne changeait pas de vêtement et ne se rasait pas, répandait plutôt un parfum d’ambre ou de musc, d’après les témoins. En revanche, il n’imposait à ses disciples aucune rigueur autre que ce que demandait leur Règle.

Cette Règle fut approuvée dès 1474. L’Ordre s’appela d’abord Congrégation érémitique paolana de saint François d’Assise, puis Ordre des Minimes. 

Il y eut de multiples fondations en Calabre, notamment à Paterno Calabro, où la construction fut accompagnée de tant de miracles, qu’on l’appela le couvent des miracles.

Parmi les prédictions qui s’avérèrent, il y eut la désolante prise de Constantinople par les Musulmans (1453). A la prière de Francesco, la ville d’Otranto repoussa l’attaque des mêmes Musulmans.

En 1481, Louis XI fut informé des miracles de Francesco, et voulut l’avoir près de lui, d’abord pour guérir, mais aussi pour le consulter. En voyage, Francesco s’arrêta à Rome, où le Pape tenta, vainement, de l’ordonner prêtre : humblement, Francesco lui demanda seulement la permission de bénir des cierges et des chapelets.

Louis XI reçut Francesco avec grand empressement à Plessis-les-Tours (Amboise), en 1482. Louis XI mourut en 1483, guéri, mais surtout admirablement préparé à la mort par Francesco. Le fils du roi, Charles VIII, protégea «royalement» Francesco, et c’est ainsi que naquit le couvent des Minimes à Plessis, à Amboise, ainsi qu’à Rome, au Mont Pincio, où ne se trouvent que des Religieux français.

En peu de temps, il y eut des monastères de Minimes dans toute l’Italie, en Espagne et en Allemagne, et jusqu’en Amérique.

En 1487, le roi Ferdinando de Castille fallit renoncer à libérer la ville de Málaga, qui était occupée par les Maures ; Francesco fut divinement informé de cette situation et fit prévenir au roi de persévérer car il allait réussir ; en effet, trois jours après, la ville était enfin reprise à l’Islam.

Un autre «miracle» concerna le nouveau monastère de Minimes à Paris. Deux «docteurs» de la Sorbonne, qui s’étaient opposés à cet établissement, eurent l’occasion d’aller à Plessis, et furent logés chez les Minimes. Francesco alla au devant-d’eux et leur prédit que, bientôt, ce seraient eux-mêmes qui favoriseraient l’ouverture d’un couvent de Minimes à Paris. Edifiés par ce saint homme, ils repartirent en effet convaincus et s’employèrent à faire remettre aux Minimes l’ancien couvent de Grand-Mont, dont les moines s’appelaient les Bons-Hommes, appellatif que reçurent à leur tour les Minimes à Paris.

Francesco avait une dévotion particulière envers la Sainte Trinité, l’Annonciation, la Passion.

En janvier 1507, il comprit que son dernier voyage approchait, et s’y prépara dans la solitude. Le 28 mars, la fièvre l’attaqua. Le Jeudi saint, devant les frères réunis près de lui, il saisit des charbons ardents dans ses mains et leur déclara : Je vous l’assure, il n’est pas plus difficile à celui qui aime Dieu d’accomplir ce qu’il Lui a promis, qu’à moi de tenir ce feu entre mes mains.

Le lendemain, Vendredi saint, Francesco reçut encore une fois ses frères, désigna celui qui devait lui succéder jusqu’à la prochaine élection, reçut l’ultime Sacrement ; il se fit réciter les Sept psaumes de la pénitence, les litanies des Saints, la Passion selon saint Jean. Après avoir baisé son crucifix, il répéta Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit (Ps 30), pria encore et rendit le dernier soupir, le 2 avril 1507.

Francesco de Paola avait quatre-vingt onze ans.

Il fut béatifié en 1513 et canonisé en 1519. Les miracles ne manquaient pas.

En 1562, des Huguenots brûlèrent le corps du Saint, dont on ne put sauver que quelques ossements, conservés à Notre-Dame-la-Riche (Tours).

 

 

John Payne

1532-1582

 

John était né en 1532 à Peterborough, et devait être déjà «mûr» quand il rejoignit en 1574 le Collège anglais de Douai pour se préparer au sacerdoce.

Il fut ordonné prêtre en 1576.

Avec Cuthbert Mayne, il repassa bientôt en Angleterre. Cuthbert fut martyrisé en 1577 et sera béatifié en même temps que notre John (v. 30 novembre).

John trouva refuge chez une veuve d’Ingatestone (Essex), Madame Petre : c’était la fille de William Browne, ancien maire de Londres. John se faisait passer pour le secrétaire de cette dame.

Parmi ses activités, il put ramener au catholicisme un certain George Godsalve (Godsalf), qui avait été diacre, avant de passer au protestantisme ; ce dernier revint au catholicisme et gagna Douai pour recevoir le sacerdoce.

John fut arrêté une première fois en 1577, et bientôt relâché : il gagna Douai en novembre de cette année-là. On pense qu’il réussit à retourner à Ingatestone avant Noël 1579.

Les deux, John et George Godsalf se retrouvèrent en juillet 1581. Mais la police les arrêta dans le domaine de Madame Petre, sur indications d’un traître connu de l’époque, criminel, assassin, ravisseur et voleur de son état, dénonceur en titre au service de la police.

John et George furent interrogés, et envoyés à la Tour de Londres, le 14 juillet 1581. 

George ne trahit pas, mais passa plusieurs années en prison, avant d’être relâché et banni : il finit ses jours à Paris en 1592.

L’homme qui dénonça John avait travaillé chez Madame Petre, chez laquelle il avait détourné pas mal d’argent. Il y avait aussi séduit une jeune fille et demandé à John de les marier ; sur son refus, il avait décidé de se venger.

John représentait une «prise» bien plus intéressante que George. Il fut torturé le 14 août, puis de nouveau le 31 octobre. Le 20 mars 1581, on le réveilla brusquement, on le tira de sa cellule à moitié-nu, et il fut livré aux officiers qui l’attendaient pour l’emmener à la prison de Chelmsford : on ne lui laissa pas même la possibilité de prendre ses affaires, qui lui furent dérobées par la femme de l’officier.

Le 22 mars, à Chelmsford, John fut accusé de trahison, pour avoir conspiré à l’assassinat de la Reine et de ses ministres, dans le but de la remplacer par la Reine d’Ecosse, Marie. John nia ces accusations stupides, protestant de sa loyauté envers la Reine, contestant la fiabilité des renseignements de son traître, dont on ne se fatigua pas à vérifier les allégations. De toutes façons, le verdict était fait d’avance.

Après donc une année de prison, le 2 avril au matin, John fut amené de la prison à l’endroit de l’exécution. Il commença par se mettre à genoux pour prier, pendant environ une demi-heure, puis il embrassa l’échafaud, fit ouvertement une profession de foi et déclara sa totale innocence.

On avait envoyé de Londres des renforts pour mener assez rondement l’exécution. De nouveau on pria John de regretter sa trahison, il s’y refusa encore une fois. Un Protestant vint alors déclarer que le frère de John, quelques années auparavant, avait admis la trahison de John Payne : John répondit que son frère, tout Protestant sérieux qu’il eût été et demeurât, n’aurait jamais juré une telle chose ; et pour appuyer sa parole, il demanda que l’on convoquât son frère, puisqu’il habitait sur place, mais on ne le trouva pas et il fallait procéder à l’exécution.

On retira donc l’échelle qui retenait John. Le gouvernement avait l’intention d’amener l’exécution à son terme, sans tarder, avec le moins possible de tourments. En effet, la foule sympathisait tellement avec ce prêtre, que beaucoup vinrent s’accrocher aux pieds du pendu pour en accélérer la mort et lui éviter le supplice de l’écartèlement (car d’ordinaire, on ne laissait pas pendus les condamnés jusqu’à leur mort, on les descendait, on les éviscérait encore vivants et ensuite seulement on les écartelait). On s’en prit aussi au bourreau qui, pendant ce temps, se demandait encore s’il allait procéder à l’écartèlement, dans le cas où Payne reviendrait à lui et souffrirait encore.

On a dit que ce martyre eut lieu en 1581, «neuf mois» après l’arrestation de John. Il se peut bien que l’exécution ait eu lieu plutôt en 1582, donc après vingt-et-un mois de prison.

Béatifié en 1886, canonisé en 1970, John Payne est commémoré le 2 avril.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Diego Luis de San Vitores

1627-1672

 

Espagnol né en 1627, Diego fut très tôt interpellé par cette phrase de l’Evangile : J’ai été envoyé pour évangéliser les pauvres (Lc 4:18) et voulait devenir missionnaire.

Mais il rencontra des résistances, notamment de la part de son père dont il était le préféré. Puis, ses supérieurs, qui appréciaient son talent d’orateur, ne le laissèrent pas partir de sitôt. 

Finalement, en 1668 (à trente-trois ans), il parvint enfin sur son lieu de mission, aux îles Mariannes (qui s’appelaient alors Iles Ladrones, c’est-à-dire Iles des Voleurs), lesquelles n’avaient pas encore été évangélisées. Embrassant un genre de vie très pauvre, comme les gens du lieu, les Chamorros, il prêcha avec zèle, baptisa, construisit églises et collèges. 

Quand la situation devint périlleuse, il ne ralentit pas ses activités missionnaires.

Il fut tué en 1672 avec son catéchiste, Pedro Calungsod (voir par ailleurs).

Diego Luis a été béatifié en 1985 ; il est commémoré au Martyrologe Romain le 2 avril, en même temps que saint Pedro Calungsod.

 

 

Pedro Calungsod

1654-1672

 

 Cet intrépide catéchiste naquit aux Philippines vers 1654, dans la région des Visayas. On ne sait pas grand-chose de son enfance. Il était devenu un des jeunes fidèles catéchistes des Jésuites espagnols aux Philippines, et les accompagna quand ceux-ci voulurent aller en 1668 aux Iles Ladrones, découvertes par Magellan le siècle précédent. Pedro avait à peine quatorze ans.

Sur ces îles vivaient les Chamorros. Les conditions de vie des missionnaires étaient difficiles : les provisions en provenance de la Mission n’arrivaient pas régulièrement ; la jungle était trop épaisse pour s’y déplacer ; les falaises, très raides pour y grimper, et les îles - on ne le sait que trop aujourd’hui - étaient fréquemment traversées par des typhons dévastateurs. Malgré tout cela, les missionnaires s’armèrent de persévérance et la Mission fut récompensée par de nombreuses conversions. C’est pourquoi les missionnaires rebaptisèrent ces îles du nom de “Marianas”, en l’honneur de la Vierge Marie, mais aussi de la reine d’Espagne, María Ana, qui avait pris la Mission sous sa protection.

Malheureusement, un charlatan chinois, nommé Choco, jaloux du prestige acquis par les missionnaires, chercha à reconquérir les Chamorros, les convainquant que l’eau du baptême était empoisonnée ; comme il arrivait que de petits bébés mouraient après leur baptême, certains Chamorros se laissèrent convaincre par ce Choco et apostasièrent.

Cette vilaine campagne de Choco était aussi appuyée par les sorciers Macanjas et par les Urritaos (jeunes hommes prostitués), lesquels soulevèrent bientôt les apostats pour persécuter les missionnaires.

L’assaut le plus mémorable eut lieu le 2 avril 1672, le samedi qui précédait le dimanche de la Passion cette année-là. Il était environ sept heures du matin lorsque Pedro (qui avait donc tout juste dix-sept ans) arrivait au village de Tomhom, sur l’île de Guam, en compagnie du père Diego Lúis de San Vitores. Là, on leur dit qu’une petite fille était née chez Matapang, un chrétien ami des missionnaires, mais qui avait apostasié depuis peu, et qui refusa sèchement qu’on baptizât sa petite fille.

Pour donner à Matapang le temps de se calmer, le père Diego et Pedro rassemblèrent les enfants et quelques adultes du village sur la plage qui était proche et commencèrent de chanter avec eux les vérités de la Foi Catholique. Ils invitèrent Matapang à se joindre à eux, mais l’apostat leur vociféra qu’il était en colère avec Dieu et qu’il était déjà saturé des enseignements chrétiens.

Bien décidé à tuer les missionnaires, Matapang partit et chercha à gagner à sa cause un autre villageois du nom de Hirao, qui n’était pas chrétien. Dans un premier temps, il refusa, convaincu de la bonté des missionnaires envers les indigènes ; mais quand Matapang le traita de poltron, il fut piqué et consentit.

Durant ce temps, le père Diego et Pedro, avec l’accord de la maman, chrétienne elle, baptisèrent la petite fille. Quand Matapang fut informé du baptême, il devint encore plus furieux. Il commença par lancer violemment des pieux acérés contre Pedro. Le jeune homme esquiva avec une remarquable habileté les pieux qui pleuvaient. Les témoins dirent que Pedro avait toutes les chances de fuir, parce qu’il était très agile, mais qu’il ne voulut pas laisser seul le père Diego. Ceux qui connurent Pedro personnellement croyaient qu’il aurait bien pu maîtriser ses violents agresseurs et aurait ainsi libéré le père Diego et lui-même, pourvu qu’il ait eu quelque arme, car il était très valeureux, mais le père Diego n’avait jamais permis à ses compagnons de porter des armes. Finalement, Pedro fut frappé mortellement par un pieu reçu dans la poitrine et tomba à terre. Hirao se porta tout de suite vers lui et l’acheva d’un coup de sabre à la tête. Le père Diego donna à Pedro l’absolution sacramentelle, puis les assassins tuèrent aussi le missionnaire.

Matapang saisit le crucifix du père et le martela avec une pierre, en blasphémant le nom de Dieu. Ensuite, les deux assassins dépouillèrent les corps de Pedro et du père Diego, les traînèrent jusqu’au quai de la plage, lièrent de grosses pierres à leurs pieds, les mirent à la proue d’une pirogue et allèrent les jeter au large. Sachant qu’en bordure des Iles Mariannes, se trouve la fosse des Mariannes qui descend à -11000 mètres, on comprendra qu’on n’ait ainsi jamais pu retrouver quoi que ce soit des restes des martyrs.

Pedro fut béatifié en 2000 et canonisé en 2012 ; le Martyrologe commémore ensemble le père Diego et Pedro au jour du martyre de ce dernier, le 2 avril.

Pedro Calungsod a été proclamé patron de la jeunesse philippine.

Le miracle qui a permis la canonisation de Pedro Calungsod concerne une femme qui a failli mourir par manque d’oxygène, en 2003. La femme était dans le coma à cause d’une encéphalopathie hypoxique-ischémique, maladie mortelle provoquant un manque d’oxygénation du cerveau.

Le docteur, qui savait que sa patiente pouvait mourir à tout instant, a prié Pedro Calungsod de sauver la vie de cette femme. Quatre heures plus tard, la femme a repris conscience.

Giovanni Croci

1732-1815

 

Il vit le jour le 30 octobre 1732 à Gaiche (Tavarnelle di Panicale, Pérouse, Italie C) de Giuseppe et Maria Antonia Giorgi, de bons parents chrétiens et paysans.

Sa première formation lui vint du curé voisin de Greppoleschieto ; il était constamment absorbé dans l’étude, même quand il gardait le troupeau.

Ses parents ne mirent aucun obstacle à sa vocation, au contraire ils s’en réjouirent beaucoup. Giovanni entra en 1751 au noviciat des Frères Mineurs franciscains de Cibottola, avec le nom de Leopoldo.

Après un noviciat exemplaire, il fit ses études à Norcia et fut ordonné prêtre en 1757.

D’abord professeur de philosophie et de théologie pendant trois ans, il eut la charge exclusive de la prédication, car c’était un excellent orateur. C’est ainsi qu’il devint l’apôtre de l’Ombrie.

Il préparait ses missions avec beaucoup de soin et de recueillement ; il partait toujours à pied, par tous les temps. D’après ses notes, on a compté qu’il fit trois-cent trente missions de deux semaines, quarante de carême, sans compter les innombrables neuvaines et autres occasions festives. Il érigea plus de soixante-dix Chemins de Croix.

Il avait toujours en main un cadre de la Sainte Vierge (et c’est ainsi qu’on le représente traditionnellement) et achevait généralement ses missions par une procession où il portait la croix, une couronne d’épines sur la tête et des chaînes au cou ; on l’imitait. Mais surtout, on se réconciliait, on se confessait. La population lui faisait fête, et il partait une heure plus tôt que prévu pour éviter les marques de remerciements.

Outre ses missions, il écrivit énormément et tout n’a pas encore été édité. 

Il fut plusieurs fois élu Gardien ou Provincial, et s’appliqua à redonner à la Règle sa pleine vigueur. En 1788, il transforma le couvent de Monteluco en ermitage, selon l’esprit de saint François, et s’y retira volontiers pour s’y reposer. De 1809 à 1814, l’ermitage dut être fermé à la suite des lois napoléoniennes qui supprimaient les maisons religieuses ; pendant cette période, le Frère Leopoldo, qui refusait énergiquement de prêter le serment à l’Empereur, se réfugia dans une famille noble, puis s’exila à Assise. C’était la période où le pape Pie VII était prisonnier de l’Empereur en France ; quand il revint, Leopoldo alla le rencontrer à Foligno.

A Noël de 1814, il eut une attaque. Il expira là, à Monteluco, le 2 avril 1815. 

Sa sainteté, ses miracles, les grâces obtenues par son intercession, ont abouti à sa béatification, en 1893.

 

 

Đaminh Vũ Đình Tước

1775-1839

 

Đaminh (Dominique) était né vers 1775 à Trung Lao (Nam Định, Vietnam).

Il entra dans l’Ordre dominicain et fut ordonné prêtre. Mgr Delgado (v. 12 juillet) lui confia un secteur dans l’est du Tonkin.

En 1838 se déclencha la persécution et le père Đaminh se cacha. Un de ses hôtes se rendit compte qu’il veillait toute la nuit en prière avant de célébrer la Messe tôt le matin.

Il administrait la mission de Xuog-Dung.

Dénoncé par un païen, il fut arrêté un matin pendant qu’il célébrait la messe, par quelques soldats. Comme Jésus à Gethsémani, il leur demanda : Qui cherchez-vous ? et comme ils lui dirent qu’ils cherchaient un père Đaminh, il leur dit : C’est moi. Ils voulaient le conduire à Cam Ha.

D’abord, on discuta du montant de la compensation pécuniaire pour faire relâcher le père, mais le mandarin militaire s’y opposa. Ensuite, tous les chrétiens du village tentèrent de s’emparer du prêtre par la force, car la garde militaire était vraiment très faible, mais les soldats se défendirent en frappant le prêtre sur place : le père Đaminh fut violemment frappé à la tête par un coup de marteau et s’effrondra dans son sang ; il agonisa et expira en murmurant encore le nom de Jésus.

La messe matinale s’achevait ainsi dans l’immolation totale.

C’était le 2 avril 1839, à Nam Định.

Le père Đaminh Tước a été béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Elisabetta Vendramini

1790-1860

 

Elisabetta naquit le 9 avril 1790 à Bassano del Grappa (Viterbo, Italie C), septième des douze enfants de parents bourgeois.

Petite, elle fut confiée aux Religieuses Augustines de Bassano. Adolescente, elle retourna dans sa famille, où elle vécut de façon plutôt mondaine.

Son mariage avec un jeune homme de Ferrara était prévu pour 1817, mais elle entendit un mystérieux appel qui lui demandait : Veux-tu être sauvée ? Va chez les Capucins.

Elle écouta l’appel, renonça au mariage, et fréquenta ces bons pères pendant sept années. Ce ne fut pas toujours facile. Puis, son frère Luigi, commissaire de police à Padoue, la fit nommer première maîtresse dans un orphelinat de Padoue. 

Elisabetta commençait à y voir plus clair : elle avait déjà eu une intuition à Bassano, pour fonder une branche de Tertiaires Franciscaines, qui s’occuperaient des plus pauvres.

En 1828, avec deux autres amies, elle donna le départ à cette communauté : les Sœurs Tertiaires Elisabettaines (car sainte Elisabeth de Hongrie, sa patronne, avait intensément vécu l’idéal franciscain, v. 17 novembre). 

Les débuts étaient vraiment «pauvres» : le grenier de la fondation reçut humoristiquement de la Fondatrice, le nom de Somptueux Royaume de la Sainte Pauvreté (Splendida Reggia della Santa Povertà).

La pauvreté était vraiment totale, mais aussi les grâces de la Providence, qui exaucèrent régulièrement les prières des braves Religieuses. 

Elles ouvrirent tout de suite une première maison pour les petites filles.

En 1833, les Sœurs étaient déjà quinze, qui élirent Elisabetta comme Supérieure (et la réélurent jusqu’à sa mort).

Elisabetta assuma diverses demandes qui lui furent présentées : à Padoue, les filles pauvres de la Casa Industria et l’éducation des orphelines d’un autre établissement, puis la prise en charge des tout-petits, ainsi que des vieillards d’une maison de Venise.

Cette courageuse Fondatrice mourut à Padoue le 2 avril 1860, un Lundi saint, après avoir invoqué Jésus, Marie, Joseph. Son visage fut alors rayonnant, quelques jours avant son soixante-dixième anniversaire.

Les Sœurs étaient à ce moment-là plus d’une centaine.

Elisabetta Vendramini fut béatifiée en 1990.

 

 

Francisco Coll Guitart

1812-1875

 

Né à Gombrén (Ripoll, Espagne) le 18 mai 1812, Francisco fut le dernier des dix enfants d'un cardeur.

Il entra à dix ans au Petit séminaire de Vic, où il se lia d'amitié avec Antonio Maria Claret (v. 24 octobre).

En 1830 il entra au couvent  de Gerona, un des plus anciens de l'Ordre dominicain. Il fit profession et reçut le diaconat en 1831.

En 1835, les lois espagnoles interdirent les Ordres religieux. Francisco quitta le couvent, mais put cependant être ordonné prêtre en 1836 ; toute sa vie, il resta un dominicain dans l'âme et dans l'esprit. Il prêcha dans tout le nord-est de l'Espagne, pendant quarante années, collaborant avec fruit avec tous les autres prêtres, diocésains et anciens religieux, donnant en 1846 naissance à un groupe, la Fraternité apostolique, pour l'évangélisation.

Le père Francisco fut un apôtre de la re-christianisation, de la catéchèse, de la prédication. Il avait un amour de prédilection pour le chapelet, ce livre qui enseigne ce qu'il y a de plus saint et de plus sacré de notre Religion.

En 1850 il fut nommé directeur du Tiers-Ordre dominicain féminin, ce qui le conduira à fonder en 1856, une branche dominicaine, les Sœurs dominicaines de l'Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie, spécialement pour la formation et l'instruction des jeunes filles, toujours considérées inférieures aux garçons, mais aussi pour appuyer la mission sacerdotale des prêtres, enseignant le Nom de Jésus-Christ et conduisant les âmes à la pratique de la Réconciliation et la réception de l'Eucharistie.

Au contact des pauvres et des malades, il se dévoua pour eux spécialement durant l'épidémie de choléra de 1854.

En 1859 il fut frappé de cécité, et ses facultés mentales furent sérieusement atteintes aussi, ce qui l'amena à recevoir une assistance fraternelle de la part de ses Religieuses.

Le 2 avril 1875, il mourut, laissant derrière lui cette nouvelle Congrégation de trois-cents religieuses, qui ont actuellement triplé et se sont répandues sur tous les continents.

Francisco Coll Guitard fut béatifié en 1979 et canonisé en 2009.

Vilmos Apor

1892-1945

 

Né le 29 février 1892 à Segesvár (Hongrie ; Sighişoara, Transylvanie, actuelle Roumanie), Vilmos (Guillaume) était le septième des huit enfants du baron Gabor Apor de Altorja et de la comtesse Fidelia Palffyla, une famille noble hongroise. Des huit enfants, trois moururent en bas âge et un fut mort-né.

Un des grands frères de Vilmos, Gabor, devint ambassadeur de Hongrie auprès du Vatican, jusqu’à sa démission en 1944, par protestation contre l’occupation allemande.

Orphelin de père à six ans, Vilmos reçut son éducation et sa formation à la maison, auprès de sa mère et avec des précepteurs particuliers. Sa mère lui enseigna à toujours prendre le parti de la solution la plus difficile. 

A la maison, dès sa première année de l’école primaire, Vilmos enseigna à lire à sa petite sœur qui, en échange, lui faisait répéter son catéchisme. A Noël, Vilmos demanda à sa mère un calice et un missel.

Il fréquenta la lycée jésuite de Kalksburg (Autriche) puis de Kalsca (Hongrie), avant d’entrer au séminaire de Györ. Il aimait le tennis et la natation, mais surtout ses études. Il apprit à dominer sa nostalgie de la maison.

Il compléta ses études théologiques à l’Université d’Innsbruck, et fut ordonné prêtre en 1915.

Vicaire à Gyula, il se porta aumônier militaire volontaire de la Croix-Rouge austro-hongroise durant la guerre.

Après la guerre, il fut directeur du séminaire de Nagyvarad, puis curé dans sa première paroisse, à Gyula.

Gyula fut envahie par les troupes militaires et le curé montra en cette occasion tout son esprit de charité et sa fermeté devant la Vérité, soutenant les droits de l’Eglise, s’opposant au National-socialisme, aidant les plus démunis où qu’ils se trouvassent. En 1919, il se déplaça jusqu’à Bucarest pour solliciter l’appui de la Reine d’Angleterre en vue de la libération des prisonniers hongrois en Roumanie ; ce fut un succès, qui lui procura aussi une certaine popularité.

Le traité de Versailles réduisit des deux-tiers la superficie de la Hongrie, privant ainsi de nombreuses familles, réduites à l’exil, de leurs moyens de subsistance. L’abbé Apor ouvrit sa porte à tous ceux qui frappaient. On l’appelait le Curé des pauvres.

Le Cardinal Eugenio Pacelli en fit la connaissance lors du Congrès Eucharistique de Budapest en 1938. Devenu le pape Pie XII, il le nomma évêque de Györ en 1941.

La devise épiscopale du nouvel évêque était : La croix fortifie le faible et rend doux le fort  (Crux firmat mitem, mitigat fortem).

En 1944, la Hongrie fut occupée par les troupes nazies, qui mirent en application les lois antisémitiques. Mgr Apor protesta énergiquement contre ces mesures, contre la création d’un ghetto à Györ (en attente de la déportation à Auschwitz), élevant la voix dans les églises pour réclamer la Justice et la Paix, apportant l’aide qu’il pouvait auprès des déportés, protestant contre le port de l’étoile jaune imposée aux Juifs.

Il alla jusqu’à intervenir auprès des autorités de Berlin pour tenter d’obtenir la libération des Juifs.

Fin 1944, ce furent les troupes soviétiques qui prirent la place. La ville de Györ était en leurs mains la Semaine Sainte 1945.

Le 28 mars 1945, Mercredi Saint, des soldats soviétiques vinrent frapper à l’évêché, où l’évêque tenait sous sa protection un grand nombre de femmes des environs, qu’il refusa de livrer aux soldats.

Le lendemain, Jeudi Saint, il célébra pour la dernière fois la liturgie de la Dernière Cène.

Le Vendredi Saint, 30 mars 1945, les soldats revinrent, avec les mêmes exigences. Sur le refus de l’évêque, l’un des soldats lui tira à bout portant. Il fut mortellement blessé, mais les femmes eurent la vie sauve.

Transporté à l’hôpital où on l’opéra, il put encore communier au matin de Pâques, 1er avril, et mourut le lendemain, 2 avril 1945, des suites de ses blessures.

Longtemps, les autorités communistes étouffèrent le meurtre de Mgr Apor.

Mgr Vilmos Apor fut béatifié en 1997.

Le théologien suisse Hans Urs von Balthasar était un neveu de l’évêque.

 

 

Mykolai Charnetskyi

1884-1959

 

Né en la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, 14 septembre 1884, à Samakivtsi (Horodensk, Halychyna, Ukraine), Mykolai Charnetskyi (Nicolas Carneckyj) fut ordonné prêtre en 1909 dans le rite gréco-catholique.

Il vint à Rome et reçut son doctorat en théologie.

En 1919 il entra au noviciat des Rédemptoristes, à Zboysko, et émit les voeux en 1920.

Il fut directeur spirituel et professeur au séminaire de Stanislaviv (actuelle Ivano-Frankisvsk). 

Le pape Pix XI le nomma Visiteur Apostolique des Catholiques Ukrainiens, en 1926 et évêque en 1931.

Devenu Exarque Apostolique sous l'occupation soviétique, il fut arrêté pour sa foi en 1945 par les hommes du NKVD (la police secrète soviétique) et fut condamné à six années de travaux forcés en Sibérie, pour avoir collaboré avec le régime nazi, et à dix années comme agent du Vatican. Il travailla dans une forge et tomba malade. Malgré tout, il se portait toujours auprès des autres prisonniers pour les aider.

En 1956, on finit par le libérer en raison de ses mauvaises conditions de santé.

Même relâché, Mgr Charnetskyi fut tenu sous constante surveillance et soumis à d'autres tortures.

Il mourut à Lviv le 2 avril 1959.

Pendant longtemps, les autorités couvrirent sa tombe de terre fraîche, que les pèlerins s'empressaient de racler.

Mgr Mykolai Charnetskyi fut béatifié en 2001.

 

 

Laura Evangelista Alvarado Cardozo

1875-1967

 

Née le 25 avril 1875 à Choroní (Aragua, Vénézuéla), Laura était la fille du colonel Clemente Alvarado et de Margarita Cardozo, dont elle reçut la profonde dévotion au Christ et à l’Eucharistie. Mais les parents n’étaient pas (encore) mariés à l’Eglise.

Le deuxième prénom de Laura, Evangelista, lui fut donné en souvenir de l’Evangéliste saint Marc, fêté le jour de sa naissance. Certains dirent qu’elle s’appelait Elena, mais il semble qu’ils se trompèrent.

La famille se déplaça bientôt à Maracay, où Laura acheva ses études.

En 1888, elle reçut la Première communion, et fit alors ses premiers vœux. Peu après elle enseigna le catéchisme aux enfants qui se préparaient à leur tour à la Première communion.

En 1892, à dix-sept ans, elle reçut le scapulaire du Carmel ; l’année suivante, elle fit partie des Filles de Marie, et renouvela ses vœux.

Quand son père fut très malade, elle pria de tout son cœur pour qu’il acceptât de recevoir le Sacrement des malades, mais surtout pour qu’il se mariât devant l’Eglise et devant le Prêtre. Le papa accepta et Laura, en action de grâce à Dieu, promit de garder l’abstinence perpétuelle de viande, ce qu’elle observa fidèlement pendant dix ans, jusqu’à ce qu’un prêtre l’en dispensât, pour sa santé.

Toute jeune, Laura aimait travailler comme bénévole à l’hôpital. En 1897, elle s’engagea comme volontaire à l’hôpital de Maracay. Dès lors, elle s’occupa fébrilement des plus pauvres, avec tant de dévouement et de bons résultats, que l’aumônier lui confia la direction et l’administration de l’établissement.

En 1900, comme couronnement de cet engagement, et avec quelques autres jeunes filles qui partageaient le même idéal, Laura fonda la congrégation des Augustines Récolettes du Vénézuéla, dont elle fut elle-même la supérieure dès 1903, désormais avec le nom de María de Saint-Joseph.

Par la suite, la mère María de Saint-Joseph prendra en charge d’autres centres de soins, par exemple à Maracaibo, Caracas, Coro, Ciudad Bolivar. Les Religieuses voulaient s’occuper particulièrement des petites filles abandonnées et des vieillards.

En 1901, elle fonda l’institut augustinien Doctor Gualdrón ainsi que l’institut Madre María.

Le 2 avril 1967, une thrombose s’abattit sur cette colonne de l’Eglise vénézuélienne. Elle mourut ainsi à Maracay, à quatre-vingt onze ans.

Mère María de Saint-Joseph a été béatifiée en 1995.

Le miracle reconnu pour cette béatification, fut la guérison totale et inespérée d’une Consœur, totalement invalide, à qui déjà la Mère Fondatrice avait prédit la guérison.

Jean-Paul II

1978-2005

 

Né le 18 mai 1920 à Wadowice (Cracovie, Pologne), de Karol, officier à la retraite, et de Emilia Kaczorowska, Karol Józef Wojtyła fut orphelin de sa mère à l’âge de neuf ans. 

Il avait un frère, Edmund, qui fut médecin et mourut à vingt-six ans de la scarlatine, et une sœur, Olga, qui mourut à la naissance.

Karol portait le diminutif de Lenny. Il pratiqua la foot-ball et le ski. Il s’intéressa au théâtre.

Après ses études secondaires, il fréquenta l’Université Jagellon de Cracovie. Mais il dut interrompre ses études pendant l’occupation allemande. Il se fit carrier, puis ouvrier chez Solvay.

En 1942, il entra dans le séminaire clandestin fondé par l’archevêque Sapieha, et dévorait les livres de philosophie et de théologie durant ses congés et ses nuits.

En 1946, il fut ordonné prêtre, le 1er novembre, fête de tous les Saints.

Il fut envoyé à Rome, où il prépara une thèse sur saint Juan de la Croix, avec le père Réginald Garrigou-Lagrange.

Vicaire à la paroisse saint Florian de Cracovie, professeur à la faculté de théologie de Cracovie puis de Lublin, il fut nommé évêque auxiliaire de Cracovie en 1958, évêque titulaire en 1964, et cardinal en 1967.

Le 16 octobre 1978, Karol Woltyla devint le deux-cent soixante-quatrième pape, avec le nom de Jean-Paul II (succédant à Jean-Paul I).

Ce fut le premier pape slave. Il parcourut le monde entier en plus de cent voyages apostoliques. 

Il créa deux-cent trente-deux cardinaux, nomma plus de trois-mille cinq-cents évêques, proclama plus de treize-cents béatifications et près de cinq-cents canonisations.

Ardent chevalier anti-communiste, il fut victime d’un vil attentat sur la place Saint-Pierre de Rome, le 13 mai 1981, commandité par les autorités communistes du Rideau de fer (on a parlé de la Bulgarie et de l’Union Soviétique). Le bruit de ce futur attentat courait déjà dès l’automne de l’année précédente, mais le pape n’a jamais voulu changer sa ligne de conduite.

Jean-Paul II écrivit quatorze encycliques, fit publier le Catéchisme de l’Eglise catholique, la nouvelle édition de la Bible en latin (Vulgate), inséra plusieurs nouvelles fêtes au sanctoral du calendrier romain, proclama la fête de la Miséricorde sur l’invitation de la religieuse polonaise Faustyna Kowalska, qu’il béatifia en 1993 et canonisa en 2000 (v. 5 octobre). 

Désormais affaibli, et constamment soumis à la douleur, atteint de la maladie de Parkinson, le pape continua sa mission apostolique jusqu’à la fin, le 2 avril 2005, veille de ce dimanche in albis, où l’on célébrait la fête de la Miséricorde.

Jean-Paul II a eu l’un des trois plus longs pontificats de l’histoire, après saint Pierre et le bienheureux Pie IX.

Il a été béatifié en 2011. Le miracle retenu était la guérison inexplicable d’une religieuse française atteinte de la maladie de Parkinson.

La canonisation eut lieu en 2014. Le miracle retenu était la guérison inexplicable d’une femme du Costa Rica, atteinte d’une maladie incurable et guérie le jour de la béatification de Jean-Paul II.

Son successeur fut Benoît XVI, qui a disposé que l’on fêterait Jean-Paul II, en Pologne et au Vatican, le 22 octobre, jour anniversaire du début de son pontificat. Désormais, sa fête est inscrite au Calendrier universel.

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31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 23:00

01 AVRIL

 

I.

S Ctésiphon, évêque à Vierze.

II.

S Méliton, évêque à Sardes, dont l’homélie sur la Pâque, récemment reconstituée à partir de fragments, est la plus ancienne homélie connue sur le mystère pascal.

III.

S Venantius, évêque à Salone et martyr à Rome, avec des compagnons : Anastasius, Maurus, Paulinianus, Asterius, Septimius, Antiochianus et Gaianus. 

?

S Venantius, évêque à Rimini et martyr, dont le corps fut transporté à Goslar.

IV.

Stes Agapi et Chionia, deux sœurs ; elles furent brûlées vives à Thessalonique pour avoir caché les Livres Saints chez elles et refusé de manger des viandes offertes aux dieux païens ; leur sœur Ireni mourut le 5 avril.

S Prudence, évêque à Atino et martyr.

V.

Ste Maria l’Egyptienne, pécheresse convertie à Jérusalem et solitaire pendant près de cinquante ans. 

VII.

S Valery, auvergnat, abbé à Luxeuil puis à Leuconay, où l’abbaye prit son nom plus tard ; il ressuscita un pendu.

S Berchond, évêque à Amiens, ami de s. Valery (cf. ci-dessus).

S Leuconius, évêque à Troyes. 

S Dodolin, évêque à Vienne.

IX.

S Jean IV, évêque à Naples, qu’on a appelé “le Scribe”.

X.

Ste Marcelle, bergère à Chauriat.

XII.

B Lanzon, “le plus parfait religieux de son siècle”, bénédictin à Cluny puis prieur à Londres. 

S Ceallach, évêque à Armagh.

S Hugues, évêque à Grenoble pendant un demi-siècle ; il lutta contre la simonie et le concubinage des prêtres, reçut s. Bruno auquel il donna les territoires de la Grande Chartreuse, et fut canonisé deux ans après sa mort. 

B Hugues de Bonnevaux, neveu du précédent, cistercien en Bourgogne et abbé à Bonnevaux ; il réussit à réconcilier l’empereur et le pape.

XIII.

S Gilbert, évêque à Caithness où il construisit la cathédrale.

XV.    

S Nuno Alvares Pereira, connétable du Portugal, frère carme à soixante-deux ans, très marial ; il mourut au moment où on lui lisait le passage de la Passion : "Voici ta mère" ;  canonisé en 2009  (le 1er novembre au Martyrologe).

XVI.

B John Bretton, père de famille anglais, martyr pendu à York.

XVII.

Bse Zofia Czeska Maciejowska, veuve polonaise, fondatrice des Sœurs de la Présentation de la Sainte Vierge Marie, pour l'éducation des filles, béatifiée en 2013.

XIX.    

Bse Sim A-gi Barbara, jeune fille laïque coréenne martyre, enterrée vivante, un jour inconnu du mois d’avril, béatifiée en 2014.

B Lodovico Pavoni, prêtre à Brescia, fondateur de la Congrégation des Fils de Marie Immaculée pour la formation chrétienne des jeunes les plus pauvres, béatifié en 2002, canonisé en 2016.

B Yun Bong-mun Iosephus, laïc coréen martyr, par pendaison, béatifié en 2014.

XX.

B Karl Ier d’Autriche (1887-1922), empereur d’Autriche-Hongrie, qui finit misérablement ses jours en exil après la première guerre mondiale ; avec son épouse Zita ils eurent huit enfants ; béatifié en 2004. 

Bx José Anacleto González Flores (*1888), juriste, José Dionisio Luis Padilla Gómez (*1899), les deux frères Jorge Ramón (*1899) et Ramón Vicente (*1905) Vargas González, laïcs mexicains martyrs en 1927 (le Vendredi Saint) et béatifiés en 2005.

B Giuseppe Girotti (1905-1945), prêtre dominicain italien, martyr à Dachau, béatifié en 2013.

B Marin Shkurti (1933-1969), prêtre albanais martyr, béatifié en 2016.

 

Méliton de Sardes

2e siècle

 

L’intérêt de parler de cet évêque n’est pas dans les détails de sa vie, que nous ne connaissons pratiquement pas, mais pour l’excellence de ses écrits, et tout particulièrement pour son homélie sur la Pâque, tout récemment reconstituée à partir de fragments, dont on citera tout-à-l’heure deux longs passages.

Méliton fut évêque de Sardes en Lydie, au second siècle, sous les empereurs romains Antonin le Pieux († 161) et Marc-Aurèle († 180). Sa mort doit se placer avant 190.

Sardes était encore importante au début du christianisme : saint Jean la mentionne dans l’Apocalypse (Ap 1:11 ; 3:1-6). Les restes archéologiques de Sardes se trouvent non loin de l’actuelle Salihli, non loin de Izmir, le port de Smyrne, sur la mer Egée, en Turquie orientale. C’est à Sardes que vécut le fameux Crésus. Sardes fut conquise par Cyrus, puis par Alexandre le Grand, puis par les Romains.

Parlant de Méliton de Sardes, l’évêque Polycrate d’Éphèse, qui vivait vingt ans après lui, atteste que toutes ses actions furent animées de l’Esprit de Dieu. 

Consulté par les fidèles de son temps sur l’autorité de l’Écriture sainte, il fit un voyage en Palestine pour apprendre quels étaient les véritables livres de l’Ancien Testament et dans quel ordre on devait les ranger. Il composa une Apologie adressée à l’empereur Marc-Aurèle en faveur des chrétiens. On lui a attribué d’autres ouvrages ; Eusèbe en a donné le titre d’une vingtaine. De tout cela, en dehors des citations d’Eusèbe et d’Anastase le Sinaïte, il ne subsiste que des fragments grecs et syriaques qui ne sont pas tous d’une authenticité garantie. Tertullien et saint Jérôme ont qualifié Méliton d’excellent orateur et d’habile écrivain.

Polycrate se contente de dire que le corps de Méliton repose dans la ville de Sardes. Le Martyrologe Romain ne le mentionne pas actuellement, sans doute par manque d’informations historiques suffisantes, ce qui n’enlève rien à sa gloire. 

Même le bréviaire de cite pas saint Méliton ; certains martyrologes lui ont donné ce titre glorieux et l’ont mentionné au 1er avril, selon l’ancienne tradition de l’Eglise d’Asie, et les Bollandistes semblaient suivre cette opinion.

 

Voici maintenant les deux passages de son Homélie sur la Pâque, repris dans la Liturgie des Heures (le Jeudi Saint et le Lundi de Pâques).

 

Bien des choses ont été annoncées par de nombreux prophètes en vue du mystère de Pâques qui est le Christ : à lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

C’est lui qui est venu des cieux sur la terre en faveur de l’homme qui souffre ; il a revêtu cette nature dans le sein de la Vierge et, quand il en est sorti, il était devenu homme ; il a pris sur lui les souffrances de l’homme qui souffre, avec un corps capable de souffrir, et il a détruit les souffrances de la chair ; par l’esprit incapable de mourir, il a tué la mort homicide.

Conduit comme un agneau et immolé comme une brebis, il nous a délivrés de l’idolâtrie du monde comme de la terre d’Egypte ; il nous a libérés de l’esclavage du démon comme de la puissance de Pharaon ; il a marqué nos âmes de son propre Esprit, et de son sang les membres de notre corps.

C’est lui qui a plongé la mort dans la honte et qui a mis le démon dans le deuil, comme Moïse a vaincu Pharaon. C’est lui qui a frappé le péché et a condamné l’injustice à la stérilité, comme Moïse a condamné l’Egypte.

C’est lui qui nous a fait passer de l’esclavage à la liberté, des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie, de la tyrannie à la royauté éternelle, lui qui a fait de nous un sacerdoce nouveau, un peuple choisi, pour toujours. C’est lui qui est la Pâque de notre salut.

C’est lui qui endura bien des épreuves en un grand nombre de personnages qui le préfiguraient : en Abel il a été tué ; en Isaac il a été lié sur le bois ; en Jacob il a été exilé ; en Joseph il a été vendu ; en Moïse il a été exposé à la mort ; dans l’agneau il a été égorgé ; en David il a été en butte aux persécutions ; dans les prophètes il a été méprisé.

C’est lui qui s’est incarné dans une vierge, a été suspendu au bois, enseveli dans la terre, ressuscité d’entre les morts, élevé dans les hauteurs des cieux.

C’est lui, l’agneau muet ; c’est lui, l’agneau égorgé ; c’est lui qui est né de Marie, la brebis sans tache ; c’est lui qui a été pris du troupeau, traîné à la boucherie, immolé sur le soir, mis au tombeau vers la nuit. Sur le bois, ses os n’ont pas été brisés ; dans la terre, il n’a pas connu la corruption ; il est ressuscité d’entre les morts et il a ressuscité l’humanité gisant au fond du tombeau.

 

Comprenez-le, mes bien-aimés : le mystère de la Pâque est ancien et nouveau, provisoire et éternel, corruptible et incorruptible, mortel et immortel.

Il est ancien en raison de la Loi, mais nouveau en raison du Verbe ; provisoire en ce qu’il est figuratif, mais éternel parce qu’il donne la grâce ; corruptible puisqu’on immole une brebis, mais incorruptible parce qu’il contient la vie du Seigneur ; mortel, puisque le Seigneur est enseveli dans la terre, mais immortel par sa résurrection d’entre les morts.

Oui, la Loi est ancienne, mais le Verbe est nouveau ; la figure est provisoire, mais la grâce est éternelle ; la brebis est corruptible, mais le Seigneur est incorruptible, lui qui a été immolé comme l’agneau, et qui ressuscita comme Dieu.

Car il a été conduit comme une brebis vers l’abattoir, alors qu’il n’était pas une brebis ; il est comparé à l’agneau muet, alors qu’il n’était pas un agneau. En effet, la figure a passé, et la vérité a été réalisée : Dieu a remplacé l’agneau, un homme a remplacé la brebis, dans cet homme, le Christ, qui contient toute chose.

Ainsi donc, l’immolation de la brebis et le rite de la Pâque et la lettre de la Loi ont abouti au Christ Jésus en vue de qui tout arriva dans la loi ancienne et davantage encore dans l’ordre nouveau.

Car la Loi est devenue le Verbe, et, d’ancienne, elle est devenue nouvelle (l’une et l’autre sorties de Sion et de Jérusalem), le commandement s’est transformé en grâce, la figure en vérité, l’agneau est devenu fils, la brebis est devenue homme et l’homme est devenu Dieu.

Le Seigneur, étant Dieu, revêtit l’homme, souffrit pour celui qui souffrait, fut enchaîné pour celui qui était captif, fut jugé pour le coupable, fut enseveli pour celui qui était enseveli. Il ressuscita des morts et déclara à haute voix : Qui disputera contre moi ? Qu’il se présente en face de moi ! C’est moi qui ai délivré le condamné ; c’est moi qui ai rendu la vie au mort ; c’est moi qui ai ressuscité l’enseveli. Qui ose me contredire ? C’est moi, dit-il, qui suis le Christ, qui ai détruit la mort, qui ai triomphé de l’adversaire, qui ai lié l’ennemi puissant, et qui ai emporté l’homme vers les hauteurs des cieux ; c’est moi, dit-il, qui suis le Christ.

Venez donc, toutes les familles des hommes, pétries de péchés, et recevez le pardon des péchés. Car c’est moi qui suis votre pardon, moi la Pâque du salut, moi l’agneau immolé pour vous, moi votre rançon, moi votre vie, moi votre résurrection, moi votre lumière, moi votre salut, moi votre roi. C’est moi qui vous emmène vers les hauteurs des cieux ; c’est moi qui vous ressusciterai ; c’est moi qui vous ferai voir le Père qui existe de toute éternité ; c’est moi qui vous ressusciterai par ma main puissante.

 

 

Venantius de Salone

† 257

 

Venantius serait le premier évêque (connu) de Salone (Dalmatie, auj. Split, Croatie), de 250 à 257.

Autrefois, on affirmait que ce même diocèse avait été fondé dès le premier siècle, et que Venantius avait été précédé de six évêques.

Il aurait subi le martyre en 257.

Toutefois, le Martyrologe Romain lui adjoint quelques Compagnons, dont on ne connaît que les noms : Anastasius, Maurus, Paulinianus, Telius, Asterius, Septimius, Antiochianus et Gaianus. Venantius y est qualifié d’évêque, sans précision de son siège épiscopal.

Peut-être tous ces Martyrs ont-ils été inhumés à Rome, après une translation.

Saint Venantius de Salone est commémoré le 1er avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Agapi et Chionia de Thessalonique

† 304

 

Les trois sœurs Agapi, Chionia et Ireni vivaient à Thessalonique, chez leurs parents, qui n’étaient pas chrétiens.

Leurs noms étaient tout symboliques : Amour, Pureté et Paix.

L’édit de Dioclétien ayant en 303 interdit de conserver les Livres saints, les trois sœurs cachèrent ceux qu’elles avaient, sans en parler à personne.

L’année suivante cependant, on découvrit la cachette et les Livres ; elles furent dénoncées et présentées au gouverneur.

En même temps qu’elles, étaient aussi présentés Cassia, Philippa et Eutychia, ainsi qu’un nommé Agathon.

Fermement, elles refusèrent de manger de la viande offerte aux dieux païens, et furent condamnées à être brûlées vives.

Agapi et Chionia moururent le 1er avril, Ireni le 5.

Les Actes de ces trois Martyres ne parlent pas du sort des autres Compagnons.

Saintes Agapi et Chionia sont commémorées le 1er avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maria l’Egyptienne

† 422

 

Maria raconta elle-même qu’elle vivait en Egypte et qu’elle quitta ses parents à douze ans, pour aller se prostituer en Alexandrie, pendant dix-sept années.

Elle eut l’occasion de faire un voyage à Jérusalem, et réussit à corrompre encore beaucoup de jeunes gens qu’elle rencontra sur le bateau du voyage et à Jérusalem même.

Le jour où l’on fêtait la Croix glorieuse du Christ, elle crut pouvoir se mêler à la foule qui entrait dans la basilique, mais une force invisible la cloua sur place.

La grâce de Dieu lui fit alors comprendre que c’étaient ses péchés qui lui barraient l’entrée du sanctuaire. Elle se tourna vers une icône de Marie, la pure Vierge, Mère de Dieu, promettant de renoncer à sa vie de débauche. Elle put alors s’approcher de la Croix et la vénérer humblement, se sentant acceptée dans le Pardon miséricordieux de Dieu. C’était en 373.

Une voix intérieure l’invita à franchir le Jourdain pour y trouver le repos.

En l’église Saint-Jean-Baptiste, elle se confessa et communia. Puis elle organisa sa vie dans le désert, pendant quarante-sept ans. 

D’abord, elle se nourrit seulement d’herbes et de racines sauvages, pendant dix-sept ans, comme pour expier les dix-sept années de son péch