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29 avril 2024 1 29 /04 /avril /2024 23:00

30 AVRIL

 

I.

 

S Eutropius, premier évêque à Saintes, et martyr.

 

II.

 

S Quirinus, tribun romain, martyr avec toute sa famille ; son corps ayant été donné à l’abbaye de Neuss, il y est le principal patron, invoqué contre la paralysie, les maux de jambes et d’oreilles. 

 

III.

 

S Maxime, martyr lapidé à Ephèse.

 

Ste Sophia, vierge et martyre à Fermo.

 

Ss Diodoros et Rhodopianos, martyrs lapidés à Aphrodisias. 

 

IV.

 

S Maternien, évêque à Reims, frère de s.Materne.

 

S Donatus, évêque à Euria, patron de l’ancienne Epire.

 

S Laurentius, prêtre espagnol, martyrisé à Novare avec des enfants qu’il avait baptisés. 

 

S Mercurialis, premier évêque à Forlì.

 

V.

 

Ste Maxence, veuve, mère des ss.Vigile (évêque à Trente), Claudien et Majorien.

 

S Michomer, irlandais, mort à Tonnerre en se rendant à Besançon.

 

Ste Hoïlde (Hou), vierge à Perthes, invoquée dans les calamités publiques. 

 

VI.

 

S Pomponius, évêque à Naples.

 

VII.

 

B Pierre le Lévite, moine sur le Cælius à Rome, administrateur du patrimoine de l’Eglise sous s.Grégoire le Grand.

 

S Aulus, évêque à Viviers, où il construisit le premier hôpital et libéra beaucoup d’esclaves. 

 

S Earconwald, évêque à Londres, frère de ste Ethelburge.

 

VIII.

 

Bse Hildegarde, reine, épouse de Charlemagne (après qu’il eut répudié Hermengarde).

 

IX.

 

Ss Amador, prêtre, Pedro, moine, et Ludovico, martyrs à Cordoue.

 

X.

 

S Forannan, irlandais, évêque puis abbé à Waulsort.

 

XII.

 

S Gualfardus, un sellier venu de Germanie, solitaire à Vérone puis admis chez les moines du Saint-Sauveur.

 

S Adjuteur, seigneur de Vernon, miraculeusement délivré à Jérusalem et retransporté chez lui, où il resta ermite.

 

B Aimon (Aymon), moine à Savigny.

 

XV.

 

B Lodovico dei Turignoli (Michele de Barga),  franciscain à Lucques, où il soignait les pestiférés. 

 

XVII.

 

B William Southerne, prêtre anglais martyr par pendaison à Newcastle, béatifié en 1987.

 

B Marco Passionei (Benedetto de Urbino), capucin, compagnon de s.Laurent de Brindes dans la prédication chez les hussites et les luthériens. 

 

Ste Marie Guyart Martin de l’Incarnation, née à Tours, veuve puis ursuline, morte à Québec, béatifiée en 1980, canonisée en 2014.

 

XIX.

 

Bse Gim Yun-deok Agatha Magdalena, laïque coréenne martyre, enterrée vivante à la fin du mois d’avril, béatifiée en 2014.

 

S Giuseppe Benedetto Cottolengo, fondateur à Turin du “Cottolengo”, toute une “cité” groupant plusieurs communautés qui s’occupent de maladies diverses. 

 

S Giuse Tuân (Hoan), prêtre dominicain vietnamien, martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

 

Bse Pauline von Mallinckrodt, fondatrice allemande des Sœurs de la Charité Chrétienne, pour l’éducation des enfants pauvres et aveugles et l’assistance aux malades démunis ; béatifiée en 1985.

 

XX.

 

B Dedë Plani (1891-1948), prêtre albanais martyr, béatifié en 2016.

Eutropius de Saintes

1er ou 3e siècle

 

D’après la Tradition, Eutropius venait de Grèce et s’arrêta à Rome, où le pape lui conféra l’épiscopat et la mission d’évangéliser la Saintonge.

Déçu par cette première mission assez peu fructueuse, il s’en revint à Rome, où le pape l’encouragea à reprendre sa place à Saintes.

Cette fois-ci, les conversions furent plus nombreuses. La fille du légat romain, Eustella, se convertit elle-même et assistait du mieux qu’elle pouvait le saint évêque.

Furieux, le légat envoya une troupe pour mettre à mort Eutropius : on alla le chercher dans la cellule où il se retirait, on le frappa à coups de bâton et on lui fendit le crâne d’un coup de hache.

Quant à Eustelle, elle fut elle aussi arrêtée plus tard et mise à mort.

Les habitants de Saintes oublièrent vite leur premier évêque. Ce n’est qu’au 6e siècle qu’un miracle et une apparition d’Eutropius firent redécouvrir son corps.

Les huguenots brûlèrent ces précieux restes au 16e siècle, mais on avait conservé à part le chef et quelques ossements, de sorte qu’on put rapporter ces trésors à Saintes.

Le dies natalis de saint Eutropius est au 30 avril.

 

 

Quirinus, tribun

† 120

 

Selon la Tradition, Quirinus était le tribun des soldats sous Hadrien. Il était le père de sainte Balbina (v. 31 mars).

De par sa fonction, il fut affecté à la garde du préfet de Rome, Hermès, converti au christianisme, et tenta de ramener Hermès à apostasier et à reprendre sa charge. Peine perdue ! Ce fut Quirinus qui se convertit, suivi de sa fille Balbina et de toute la famille.

Le pape de l’époque, Alexandre (v. 3 mai ?), baptisa sans tarder tout ce beau monde, ce qui provoqua l’ire du juge Aurelianus.

Quirinus et sa fille comparurent devant le juge, qui les condamna à diverses tortures et à la décapitation, probablement en ou vers 120.

Pourquoi «seulement» Quirinus et Balbina, et non le reste de la famille ? Se seraient-ils cachés ou auraient-ils déjà apostasié ?

Autre question : il est étrange que le dies natalis de Quirinus soit donné au 30 avril, alors que celui de Balbina est au 31 mars. On répond qu’il s’agit peut-être, pour Quirinus, d’une translation de ses reliques : le pape Léon Ier en effet (v. 19 avril), fit don des reliques de s.Quirinus à sa sœur Gepa, qui était abbesse à Neuß (Westphalie, Düsseldorf, Allemagne CW ; on écrit aujourd’hui Neuss).

Cette translation donna lieu à un pèlerinage qui partait de toute l’Europe. Saint Quirinus devint le Patron céleste de Neuß, fut particulièrement honoré à Cologne, et on l’invoque - qui sait pourquoi ? -  contre la paralysie, les maux de jambes, les maux d’oreilles.

L’église qui abrite ces reliques a récemment été élevée au rang de basilique mineure.

Saint Quirinus, tribun, est commémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sophia de Fermo

3e siècle

 

Sophia, une vierge, fut martyrisée vers 250 à Fermo (Picenum, auj. Marches, Italie CE).

La cathédrale de Fermo abrite le reliquaire contenant le chef de Sophia.

Sainte Sophia de Fermo est commémorée le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Diodoros et Rhodopianos à Aphrodisias

† 305

 

On rapporte que ces deux martyrs furent lapidés par leurs propres concitoyens en 305, à Aphrodisias.

Aphrodisias (Carie, auj. Geyre, Turquie SW) était le centre d’un culte envers la déesse Aphrodite ; elle est maintenant un site archéologique ; on y a retrouvé un stade qui pouvait contenir trente mille spectateurs - la population supposée d’Aphrodisias, un théâtre qui pouvait en contenir quinze mille, et quelques autres édifices. Le temple lui-même d’Aphrodite fut remanié au 5e siècle, pour devenir la basilique Saint-Michel, décorée à l’époque byzantine, et malheureusement détruite lors de l’invasion ottomane au 12e siècle.

Saints Diodoros et Rhodopianos sont commémorés le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mercurialis de Forlì

4e siècle

 

On n’a pas de dates sûres concernant la vie de ce premier évêque de Forlì (Italie).

Il participa cependant au concile de Rimini en 359.

On lui attribue deux faits importants. Il aurait tué un dragon (?) et surtout négocié la libération d’un grand nombre d’habitants de la ville, que les Wisigoths déportaient en Espagne.

Des textes mentionnent son diacre Gratus et son sous-diacre Marcellus.

Saint Mercurialis de Forlì est commémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Donatus d’Euria

4e siècle

 

Donatus fut un évêque à Euria (Epire, Grèce NW).

On l’a dit grand thaumaturge.

A la même époque que lui vivait en Italie un autre Donatus, évêque d’Arezzo (v. 7 août), non moins célèbre, avec lequel on aurait confondu celui d’Euria.

Il serait mort vers 387, au temps de l’empereur Théodosios 1er.

L’Epire le choisit comme Patron céleste.

Des reliques de s.Donatus furent apportées près de Venise, en l’île de Murano.

Saint Donatus d’Euria est commémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Laurentius de Novare

4e siècle

 

Laurentius venait d’Espagne, croit-on.

Venu en Italie, peut-être sous quelque inspiration divine, il vint à Novare.

Il n’est pas exact de dire qu’il s’attacha à l’évêque s.Gaudentius (v. 22 janvier), car celui-ci ne fut sacré évêque que bien après la mort de Laurentius.

Laurentius donc se mit à instruire les enfants des vérités chrétiennes. Pour leur donner le baptême, il construisit un baptistère à l’endroit d’une source.

Un jour qu’il avait baptisé un grand nombre de ces enfants, des ennemis de la religion s’abattirent sur Laurentius et le massacrèrent, ainsi que les enfants présents.

Ce pouvait être un peu avant 397.

C’est alors que Gaudentius fut envoyé par s.Eusebius (v. 2 août) à Novare pour reprendre le travail de Laurentius, et qu’il fut successivement sacré évêque, en 397.

Saint Laurentius de Novare est commémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pomponius de Naples

† 536

 

Pomponius fut le vingt-et-unième ou vingt-deuxième évêque de Naples, entre Stephanus Ier et Ioannes II ; il fut nommé vers 501.

Il eut le courage d’affirmer la doctrine catholique en face du roi arien Théodoric.

L’église Sainte-Marie-Majeure fut construite par ses soins.

Il mourut vers 536.

Saint Pomponius est commémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Petrus Levita

† 605

 

On connaît ce diacre (lévite) à travers le pape s.Grégoire le Grand (v. 12 mars).

Selon une ancienne tradition, il serait de la famille Bulgaro, feudataire de Vittimulo, d’où se forma l’actuelle localité de Salussola (Biella, Piémont, Italie NO) ; il serait venu tôt à Rome, ou bien y serait même né, vers 550.

Il fut moine au monastère Saint-André de Rome, où il connut Grégoire avant qu’il fût abbé.

En 577, le pape Benedictus Ier le nomma cardinal, c’est-à-dire chargé d’importantes responsabilités à Rome.

On a vu que Grégoire devint abbé en 588 et fut élu pape en 590. Il envoya Petrus comme légat en Sicile, pendant deux ans, pour y administrer plusieurs couvents fondés par Grégoire. Puis il fit le même travail en Campanie pendant une année.

En 593, il reçut le diaconat à Rome.

Petrus resta très proche du nouveau pape. Ce serait même lui qui aurait suggéré à Grégoire d’écrire ses Dialogues, dans lesquels l’interlocuteur n’est autre que Petrus lui-même.

Ce fut Petrus aussi qui, à diverses reprises, vit une colombe à l’oreille du Pape, présence visible de l’Esprit qui ainsi l’inspirait dans sa prédication ou la composition de ses ouvrages. Petrus promit de ne jamais révéler ce secret sous peine de mort, mais un incident se produisit après la mort du Pape (604) : un soulèvement de la foule à cause d’une famine, menaçait de brûler les œuvres de s.Grégoire, qu’on accusait d’avoir trop donné aux pauvres et d’être à l’origine de cette famine ; Petrus intervint pour convaincre les révoltés que ces œuvres étaient le fruit de l’Esprit Saint ; pour preuve, il mourrait à l’instant, ayant dû «trahir» son secret ; ayant achevé de parler, il tomba à terre comme foudroyé, le 30 avril 605.

Ainsi furent sauvés les écrits du pape s.Grégoire le Grand.

Après la mort de Petrus (605), on commença à le vénérer le même jour que s.Grégoire, le 12 mars, mais son véritable dies natalis est au 30 avril. Ses reliques furent «volées» (?) et transférées à Salussola, où l’on invoqua Petrus contre les épidémies de peste.

Son culte fut approuvé officiellement en 1866.

Saint Petrus Levita est donc commémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aulus de Viviers

† 7e siècle

 

Aulus fut le quinzième évêque de Viviers (Ardèche).

Il était le fils de Firminus, qui fut évêque de Viviers, et il succéda à son père. A cette époque, il n’était pas exceptionnel de choisir un évêque parmi des hommes mariés, lorsqu’ils en avaient les qualités ; mais les élus s’engageaient désormais à vivre dans la chasteté. Si leurs épouses vivaient encore, elles se consacraient elles aussi (si ce n’était pas déjà fait).

Après Firminus donc, Aulus lui succéda vers 610.

Possédant la connaissance des Ecritures et des Pères, doué d’une rare éloquence, il consacra son zèle à l’émancipation des esclaves et au rachat des captifs.

Avant de mourir, il désigna son successeur en la personne d’Eumachius. Tant Firminus qu’Eumachius étaient eux-aussi commémorés dans l’ancien Martyrologe.

La mort d’Aulus fut un deuil universel.

Ses reliques, déposées dans une église proche de Viviers, furent brûlées par les Huguenots au 16e siècle.

Saint Aulus est commémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain, qui le nomme Augulus.

 

 

Earconwald de Londres

594-693

 

L’orthographe Earconwald est celle qui se rapproche le plus de la forme latine adoptée dans l’actuel Martyrologe ; mais on trouve plusieurs formes : Erkenwald, Ercenwald, Eorcenwald, Erconwald).

Il naquit à Lindsey, vraisemblablement fils d’un roi d’Est-Anglie, Anna, et de Hereswyde, qui eurent aussi cinq filles : Ediltrude, Sexburge, Æthelburge, Wilburge, Sédride (actuellement, seule Ediltrude est au Martyrologe, v. 23 juin).

Il fut confié tout jeune à l’évêque de Londres, Mellitus, donc entre 604 et 616, ce qui pourrait faire placer sa date de naissance vers 594.

Revenu dans son pays, il se dévoua tout entier au service de Dieu.

En 661, il consacra son héritage à fonder un monastère d’hommes à Chertsey, et un de femmes à Barking. La Supérieure de Barking fut sa propre sœur, Æthelburge (v. 11 octobre ?), tandis qu’il gouvernait celui de Chertsey.

En 675, il fut consacré évêque de Londres et, comme tel, eut l’occasion d’aider le roi Ine dans la rédaction de ses lois.

En 677, il aurait amené à la foi le roi des Saxons de l’Est, Sebba.

Il mourut à Barking, le 30 avril 693, certainement octogénaire, peut-être même quasi centenaire.

Son corps, déposé à Saint-Paul de Londres, en fut retiré avec d’autres en 1536, pour être détruit.

Saint Earconwald est commémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Amador, Pedro et Ludovico de Cordoue

† 855

 

On a parlé plusieurs fois déjà du récit que fit s.Eulogio (v. 11 mars) des Martyrs de Cordoue au 9e siècle et surtout dans les années 850-856.

Amador était un prêtre originaire de Tucci (Jaén, Espagne S).

Avec son père et ses frères, il vint à Cordoue pour des études, mais son zèle le poussait, en marge de ses études, à prêcher ouvertement la doctrine chrétienne parmi les Musulmans.

Se joignirent à lui un moine, Pedro, ainsi qu’un laïc, Ludovico, dont le frère Pablo, diacre, avait déjà subi le martyre (v. 20 juillet).

Les ennemis du Nom chrétien les accusèrent de blasphème et les mirent à mort par la décapitation, le 30 avril 855. Les corps furent jetés dans le Guadalquivir, mais recueillis quelques jours plus tard par des Chrétiens.

Pedro fut enseveli dans le monastère qui est aux portes de Cordoue ; Ludovico, dans la ville de Palma, Amador dans sa ville d’origine qui, alors, prit le nom de Martos.

Les saints Amador, Pedro et Ludovico sont commémorés le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

Adjutor de Vernon

1070-1131

 

Diverses formes existent pour désigner notre personnage : Adjutor, Adjuteur, Adjoutre, Ayoutre, Ayutre, Ajutre, Ustre, Ajuture, et peut-être d’autres encore…

Il a pu naître entre 1069 et 1075, à Vernon (Eure), domaine de son père Jean, ou peut-être à Blaru, domaine de sa sainte mère Rosamonde.

Jean et Rosamonde étaient connus pour leur grande piété et leur charité. Rosamonde en particulier fut même honorée du titre de bienheureuse.

Adjutor se montra généreux envers les ordres religieux, zélé à restaurer les églises, compatissant envers les pauvres.

En 1095, il partit en Terre sainte avec deux cents chevaliers. Près d’Antioche, ces vaillants défenseurs du Christianisme furent encerclés par quinze cents Infidèles menaçants. Adjutor invoqua sainte Marie-Magdeleine (v. 22 juillet), pour laquelle la ville de Vernon avait déjà une dévotion particulière : brusquement les Infidèles furent victimes d’une violente tempête et firent demi-tour. Beaucoup tombèrent sous les flèches des hommes d’Adjutor.

Dix-sept ans plus tard, Adjutor se trouvait sous Jérusalem et fut capturé. Jeté dans un cachot, chargé de fers, durement invité à renier sa foi chrétienne, il recourut à nouveau à sa sainte Protectrice… et se retrouva miraculeusement transporté dans le domaine de Vernon. Le fait a été constaté par l’évêque Hugues de Rouen, mais une hypothèse tendrait à supposer qu’en réalité Adjutor serait rentré en France peu après la victoire d’Antioche.

En 1129, Adjutor fit élever une chapelle à sainte Marie-Magdeleine à l’endroit où elle l’aurait «déposé».

Retiré à l’abbaye bénédictine de Tiron, il se donna à Dieu totalement ; tous ses biens passèrent à l’abbaye où, pendant douze ans, il édifia toute la communauté, couchant sur la dure, portant cilice et se nourrissant seulement de pain et d’eau, avec des herbes crues.

Cette période prit fin quand il obtint de l’abbé la permission de se retirer totalement dans une petite cellule qui se trouvait derrière l’autel de la chapelle de sainte Marie-Magdeleine. L’évêque Hugues y vint lui rendre visite et en fut très édifié ; beaucoup de gens vinrent lui demander de prier pour leurs intentions et Adjutor opéra un grand nombre de miracles.

Il mourut le 30 avril 1131, en la localité de Pressagny (désignée plus tard Presegniacum Lorguellox, act. Pressagny-l’Orgueilleux).

On a invoqué Adjutor pour diverses sortes de maladies ; des villes ont recouru à son intercession en cas d’incendies, de grêles, d’épidémies. On l’invoqua aussi lors de noyades : particulièrement, après la suppression d’un gouffre en Seine qui provoquait beaucoup de naufrages, les mariniers prirent Adjutor pour leur patron céleste.

A Blaru, une fontaine miraculeuse aurait été l’endroit où la nourrice d’Adjutor lavait ses langes.

Saint Adjutor de Vernon est commémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ventura Spellucci de Spello

13e siècle

 

Ventura proviendrait du latin venturus, «qui viendra», mais pourrait être aussi une forme abrégée de Buonaventura, du nom de l’illustre franciscain (v. 14 juillet).

Notre Ventura serait né à la fin du 12e siècle à Spello (Pérouse, Ombrie, Italie).

Après avoir été formé dans le monastère romain des Crucifères de Fontana di Trevi, il retourna à Spello où il fonda une église et un hôpital, dits de la Sainte-Croix. Cet Ordre des Crucifères apparut à Venise à la fin du 12e siècle, pour venir en aide aux malades.

Ventura demeura dans son établissement jusqu’à la fin de sa vie, donnant son temps et ses forces aux pauvres et aux malades.

Il s’éteignit à ce monde un 30 avril de la fin du 13e siècle (ou du début du 14e).

A la suite des miracles opérés sur sa tombe, l’église fut bientôt appelée de saint Ventura, car Ventura devint vite le Saint invoqué, encore aujourd’hui, par ceux qui sont affligés de maladies osseuses.

En réalité, Ventura n’a été officiellement ni béatifié ni canonisé, et n’est pas mentionné au Martyrologe.

 

 

Lodovico dei Turignoli de Barga

1399-1479

 

Lodovico naquit à Barga (Lucques, Toscane, Italie) et prit l’habit franciscain chez les Observants en 1434, avec le nom de Michele.

Ainsi s’explique une confusion entre Michele da Barga et Lodovico da Barga (qui mourut en Terre Sainte).

Il se peut qu’en cette année 1434, Michele fût déjà prêtre, et même fort instruit en théologie.

Michele, donc, fut un de ces Religieux qui grandit dans les voies de la sainteté au couvent de Barga.

Il vécut la pauvreté dans toute son exigence, toujours content de n’utiliser que le strict nécessaire au quotidien. Sa virginité totale fut attaquée par certaines personnes qui en furent pour leurs frais. Son zèle pour le salut des âmes lui faisait demander l’autorisation d’aller célébrer la Messe dans tel village où le curé manquait, pour ne pas priver les fidèles des sacrements le dimanche ou un jour de fête. Il y faisait tant de bien auprès des fidèles, qu’il en revenait parfois avec plusieurs ânes chargés de victuailles pour le couvent.

Quand il se déplaçait, il s’arrêtait volontiers auprès d’un paysan ou d’un berger : dans la conversation, il démontrait une telle information sur l’état spirituel de son interlocuteur, qu’à la fin ce dernier demandait à se confesser.

A la mort du Gardien (Supérieur) en 1451, Michele fut choisi pour lui succéder.

Infatigable pour obtenir la conversion des gens, il allait dans tous les villages voisins, ramenant les uns et les autres à de saines habitudes, suscitant de nombreuses vocations religieuses, au point qu’il fit construire d’autres couvents pour les loger.

Lors d’une épidémie de peste, il se porta au secours des malades et des moribonds, pour les consoler, les soulager, les aider à se préparer à la mort.

En 1470, on le vit intervenir personnellement pour le choix du curé du village, qui trop souvent était nommé par les autorités laïques.

Quand il mourut, le 30 avril 1479, les Religieux franciscains durent remettre plusieurs fois de la terre sur sa tombe, car les gens venaient prélever de cette terre comme reliques auprès de leurs malades ; on allait jusqu’à en mettre dans l’eau qu’ils buvaient, et dont ils guérissaient.

On n’a pas de date concernant la confirmation du culte ou la béatification.

 

 

William Southerne

1569-1618

 

Anglais, William était né vers 1569 à Ketton (Darlington, Durham).

Il reçut sa préparation sacerdotale à Douai au Collège anglais, puis à Saint-Alban de Valladolid, où il fut ordonné prêtre.

Revenu dans son pays, il travailla à Baswich (Stafford), pendant quatorze années, s’efforçant de reconduire le Northumberland à la Foi catholique.

Il fut arrêté au moment où il célébrait la Messe.

On le mit en prison à Stafford et il fut immédiatement condamné à mort pour le crime d’être prêtre et pour refuser le serment de fidélité.

La sentence fut cependant ajournée à six jours, car on ne trouvait pas d’officier pour la pendaison.

William fut exécuté (hanged, drawn and quartered, selon la formule habituelle) à Newcastle-under-Lyme le 30 avril 1618.

Il a été béatifié en 1987.

 

 

Marco Passionei

1560-1625

 

Marco vit le jour le 13 septembre 1560 à Urbino (Pouilles, Italie), septième des onze enfants (huit garçons et trois filles) d’un foyer noble, dont les parents s’appelaient Domenico et Maddalena Cibo. Marco héritait donc du titre de Comte.

L’enfant reçut au baptême le même nom qu’un parent, évêque.

A la mort des parents, les enfants furent recueillis par un oncle à Cagli.

Marco fit des études de philosophie à Pérouse puis à Padoue, où il fut reçut docteur.

Il fut quelques années au service d’un cardinal romain, puis s’en alla à Gubbio, où il passa son temps à lire et à composer des vers.

Il demanda en vain son admission parmi les pères Capucins de Fossombrone, mais on le refusa à cause de sa mauvaise santé ; c’est sur l’intervention du Provincial qu’il put entrer au couvent de Fano, où il prit le nom de Benedetto da Urbino.

Benedetto pratiqua une rigoureuse ascèse, excessive même, au point qu’il dut un moment interrompre son noviciat et se retira à Fossombrone. Rétabli, il fit la profession à Fano en 1585, non sans avoir au préalable renoncé à tous ses biens en faveur des pauvres. Ordonné prêtre, désormais, il s’occupa surtout des pauvres, jusque dans les Marches.

En 1600, il partit en Allemagne et en Autriche, et revint à Fossombrone en 1602. Il parcourut ensuite l’Italie de Fano à Gênes, en passant par Camerino et d’autres localités. Sa réputation de sainteté s’élargissait.

Le couvent de Fossombrone, qui l’avait refusé, fut contraint de le garder : Benedetto y mourut le 30 avril 1625.

Il y eut tant de pèlerins et de miracles auprès de sa tombe, que les Religieux déplacèrent secrètement celle-ci, pour remettre plus de recueillement dans le monastère. Le corps ne fut reconnu qu’en 1792.

Benedetto da Urbino fut béatifié en 1867.

 

 

Marie Guyart Martin

1599-1672

 

Née le 28 octobre à Tours de Florent Guyart et Jeanne Michelet, Marie a six frères et sœurs.

La maman était d’origine noble, mais avait préféré épouser ce simple artisan boulanger.

A sept ans, Marie voulait déjà se donner au Christ, après L’avoir vu en songe ; elle passait des heures, silencieuse, à «parler» à Dieu. Elle aimait suivre des yeux les prêtres qui passaient dans la rue et aurait même voulu baiser leurs traces par terre.

Ses parents la marièrent à dix-sept ans à un maître ouvrier en soie, Claude Martin. Après la naissance de son fils Claude, Marie est déjà veuve, à dix-neuf ans, tandis que la fabrique est en faillite. La voilà liquidatrice et débitrice avant vingt ans.

Elle assume l’éducation de son garçon, mais fait déjà les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance et refuse des demandes en mariage. Sa vie intime se greffe littéralement sur le Christ.

Le 24 mars 1620, veille de l’Annonciation, elle a une brusque intuition de toutes ses imperfections, se sent baignée et purifiée dans le Sang du Christ, et ne se reconnaît plus elle-même.

En 1621, elle se met au service de sa sœur (Claude, elle aussi), épouse de Paul Buisson, qui travaille dans une compagnie de transport fluvial. En l’absence de ceux-ci, elle gère la maison, l’entreprise, rencontre les clients, mais aussi, à l’insu de tous, elle reçoit des révélations sur le mystère de la Sainte Trinité.

En 1631, son fils étant assez grand, elle entre chez les Ursulines de Tours, suivant une voix intérieure secrète, et prend le nom de Marie de l’Incarnation.

Il faut bien préciser ici que Marie n’a pas abandonné son fils : elle obéissait à la voix de Dieu, mais la séparation lui coûta énormément. Par ailleurs, le jeune garçon pressentait cette séparation prochaine et, dans un premier temps, s’était enfui de la maison ; on le retrouva errant à Blois. Ensuite, il cherchera, avec des camarades, à prendre d’assaut le monastère et sa mère l’entendait crier : Rendez-moi ma mère ! Marie écrivit qu’elle se sentait «mourir toute vive». Mais elle sera fidèle à l’appel de Dieu et restera en contact épistolaire étroit avec son fils, qu’elle confie à sa sœur. Claude poursuivra ses études chez les Jésuites de Rennes.

En 1633-1634, Marie est nommée sous-maîtresse des novices et professeur de doctrine chrétienne. Elle est divinement inspirée, elle ravit littéralement celles qui l’écoutent.

Mais Marie «sait» qu’elle doit partir ailleurs. Elle voit en songe les montagnes du Canada.

En 1639, avec Marie-Madeleine de Chauvigny de la Peltrie et quelques autres femmes courageuses, elle s’embarque pour le Canada, en vue de fonder un monastère à Québec : son objectif est l’instruction des petites filles amérindiennes, et leur conversion. Elle collaborera de tout son cœur avec les missionnaires Jésuites, qui lui enseigneront les langues locales. Elle rédigera un dictionnaire français-algonquin, un dictionnaire français-iroquois et un catéchisme iroquois.

Elle sera ainsi l’apôtre des montagnaises et abénakis, des Huronnes et des Iroquoises. Mais devant la méfiance des parents amérindiens, Marie se dévouera plutôt aux jeunes filles des familles françaises.

D’abord installée dans une petite baraque froide, qu’elle appelle son Louvre, Marie fait construire un magnifique monastère, qu’elle devra entièrement reconstruire après un incendie.

Elle s’intéresse à l’économie, aux mines et aux salines. Elle cultive un jardin, exploite une ferme, fait creuser un puits. Les gouverneurs la consultent. Québec devient une ville, dont le pilier est Marie de l’Incarnation.

Marie se révèle ainsi une femme profondément contemplative et mystique, en même temps que finement douée pour la vie active.

Son apostolat auprès des Hurons fut fécond. Après l’incendie de 1650, ceux-ci craignirent de voir partir les Ursulines. Leur chef, Taiearonk, s’adressa noblement à elles en ces termes : Faites voir que l’affection que vous avez pour les pauvres sauvages est une charité céleste plus forte que les liens de la nature. En 1875, ils signeront une pétition au pape pour la béatification de Marie.

Les Iroquois seront plus durs : ils vinrent saccager les terres, massacrer les domestiques, au point que Marie pensait même revenir en France.

Il y eut des inquiétudes aussi de la part de l’Eglise, car l’évêque pensait modifier les constitutions savamment rédigées par Marie. L’humilité et le respect que montra Marie envers le Prélat, fit qu’il maintint les constitutions avec seulement quelques réserves. Les Ursulines de Québec furent ensuite affiliées à celles de Paris.

En 1663, lors du tremblement de terre de Québec, elle attribue cette punition de Dieu au commerce intense d’alcool entre les colons et les Amérindiens. Lors de l’épidémie de vérole, elle transforme son monastère en hôpital.

Marie de l’Incarnation a des joies, car l’œuvre s’affermit ; elle a ses épreuves personnelles : elle ne peut plus se tenir à genoux, sa vue baisse, la nourriture la dégoûte. Mais elle est heureuse de sentir arriver sa dernière heure. En plus, son grand fils est maintenant bénédictin, et promu supérieur général de la congrégation de Saint-Maur. On lui doit d’avoir conservé des écrits de sa pieuse mère, dont beaucoup disparurent dans des incendies.

Marie Guyart de l’Incarnation mourut à Québec le 30 avril 1672.

Elle a été béatifiée en 1980 et canonisée en 2014.

 

 

Gim Yun-deok Agatha Magdalena

1765-1815

 

Gim Yun-deok Agatha Magdalena est une laïque coréenne née vers 1765 à Sangju (Gyeongsang-do, Corée S).

Elle fut enterrée vivante à Daegu (Gyeongsang-do) à la fin du mois d’avril 1815 et béatifiée en 2014.

 

 

Giuseppe Benedetto Cottolengo

1786-1842

 

Ce géant de la charité a été appelé le Saint Vincent de Paul italien.

Né le 3 mai 1786 à Bra (Piémont, Italie), aîné de douze enfants, Giuseppe n’avait pas une très bonne santé, mais il put faire de solides études classiques, puis au séminaire d’Asti, enfin à la faculté de Turin.

Petit, il se faisait remarquer pour son attention envers les pauvres. Ce trait ira en grandissant tout au long de sa vie.

Entré au séminaire à dix-huit ans, il écrivait : Je veux être un saint.

Ordonné prêtre en 1811, vicaire à Cornegliano, il se montra zélé auprès des malades. Devenu chanoine et docteur en théologie, il se consacra exclusivement au service des malades et des pauvres, après avoir assisté une pauvre malade qui n’avait pu être hospitalisée.

En 1828, il ouvrit un premier petit établissement à Turin, le Dépôt des Pauvres Infirmes du Corps du Christ. Comme cela arrive toujours, ce fut cette maison qu’on accusa d’être le foyer du choléra qui sévit dans la région et qui fut donc fermée en 1831.

Giuseppe la rouvrit en 1832 sous le vocable de Petite Maison de la Divine Providence, ce qui fut l’origine de ce que les habitants appelèrent toujours Le Cottolengo.

Giuseppe Benedetto se plaçait sous la protection de saint Vincent de Paul. Son premier petit hôpital fut vite doté d’une famille religieuse, les Filles de la Charité ou Vincentines, qu’il envoya secourir ceux qui ne pouvaient se déplacer.

Puis au Valdocco, il établit un nouvel abri pour ses malades, le Petit Asile de la Providence.

Pour aider les religieuses, il fonda les Frères de Saint-Vincent-de-Paul.

En 1840, il fonda le monastère du Suffrage, où toute vincentine, après dix années de service, pourra se livrer à la contemplation et prier spécialement pour les âmes du purgatoire.

Puis ce furent les Filles de la Pitié, au nombre de trente-trois, qui méditeront particulièrement sur la passion du Sauveur et les douleurs de Marie.

Puis les Ermites du très Saint Rosaire, sous la protection de saint Romuald, qui auront une vie solitaire de mortification et de jeûne.

Puis les Carmélites déchaussées, qui vivront dans la plus stricte abstinence.

Puis les Thaïdines, qui s’occuperont des victimes de la débauche.

Ce fut ainsi toute une ville de soins pour les plus déshérités, qui s’organisa dans Turin. L’œuvre accueillait tous les types de pathologies, tous ceux que refusaient les autres hôpitaux, les épileptiques, les malades mentaux, les sourds-muets, les jeunes en difficulté.

La réputation de Giuseppe Benedetto s’étendit : le roi lui assura une existence légale ; le pape approuva l’œuvre dans son intégralité.

Giuseppe demeurait dans l’ombre, simple, confiant. Il ne tenait pas de livre de comptes : ce qui lui restait le soir, il le donnait aux pauvres. Quand on lui demandait d’où il tirait l’argent nécessaire, il répondait : La Providence m’envoie tout.

Son enseignement est simple, mais profond et vécu. Quelques citations de lui :

  • Ceux que vous devez le plus chérir, ce sont les plus abandonnés, les plus rebutants, les plus importuns. Tous sont des perles précieuses. Si vous compreniez bien quel personnage vous représentent les pauvres, vous les serviriez à genoux.
  • Ne vous faites jamais appeler deux fois. Interrompez n’importe quelle autre activité, et volez en aide aux pauvres.
  • Une messe vaut plus qu’une semaine de calculs et de travail. Bienheureux celui qui écoute la messe chaque jour.
  • Les pauvres nous ouvriront les portes du Ciel.

Sa grande confidente, c’était la très Sainte Vierge, qui le protégea plusieurs fois de façon tout-à-fait miraculeuse. Giuseppe fut aussi favorisé de dons célestes particuliers : il lisait dans les cœurs, il annonça des événements futurs, il fit connaître les circonstances précises de sa mort.

Quand celle-ci approcha, Giuseppe s’empressa de régler des affaires qui ne semblaient pourtant pas si urgentes ; il manda son frère Albert, pour le saluer une dernière fois ; il fit le tour de ses maisons, en insinuant clairement que c’était l’à-Dieu.

Le 21 avril, il se retira à Chieri. Il célébra la Messe, pour la dernière fois et s’installa dans la petite chambre réservée pour ses derniers jours. Il souffrit beaucoup, sans se plaindre, et mourut le 30 avril 1842.

Giuseppe Benedetto Cottolengo a été béatifié en 1917, et canonisé en 1934.

L’Œuvre des Cottolenguins s’est répandue à travers le monde, en Suisse, en Afrique (Kenya, Tanzanie), en Amérique (Etats-Unis, Equateur), en Inde.

 

 

Giuse Tuân (Hoan)

1821-1861

 

Né vers 1821 à Trn Xá (Hưng Yên, Vietnam), Giuse (Joseph) entra dans l’Ordre dominicain et fut ordonné prêtre.

Il venait d’administrer les derniers sacrements à une mourante, quand le fils de cette dernière le dénonça.

Il subit le martyre à Hưng Yên, le 30 avril 1861.

Il fut canonisé en 1988, parmi les cent-dix-sept Martyrs du Vietnam qui sont fêtés ensemble le 24 novembre.

 

Ce Martyr n’est pas le même qu’un autre Giuse Tuân, laïc de Nam Đnh, martyrisé le 7 janvier 1862, lui aussi canonisé en 1988 et fêté avec les autres le 24 novembre.

 

 

Pauline von Mallinckrodt

1817-1881

 

Née le 3 juin 1817 à Minden (Rhénanie-Nord-Westphalie, Allemagne) dans une famille noble, Pauline a une sœur et deux frères.

Le père, Detmar von Mallinckrodt, est vice-président du gouvernement de Minden, et en tant que fonctionnaire prussien, élève ses enfants dans la religion protestante.

La mère, baronne Bernhardine von Hartmann, fait baptiser et élever ses enfants dans le catholicisme.

Quand le père de Pauline devient vice-président du gouvernement d’Aix-la-Chapelle, la famille s’y installe et Pauline reçoit l’instruction de Luise Hensel. Elle rencontre Clara Fey et Franziska Schervier (v. 8 mai et 14 décembre), qui fonderont aussi des familles religieuses.

En 1834, la mère de Pauline meurt du choléra, contaminée par une femme de ménage. Pauline assume le soin de sa famille, mais s’intéresse à la détresse sociale.

En 1835, elle reçoit la Confirmation (elle a dix-huit ans), puis refuse les fiançailles qui lui sont proposées. Elle postule ouvertement auprès de Rome pour obtenir l’approbation de mariages mixtes ; son père l’approuve, mais se voit pour ce motif refuser deux promotions. Il prend sa retraite en 1839 et s’installe avec elle à Böddeken, en hiver à Paderborn ; il meurt en 1842.

Pauline se lance dans les fondations : une crèche pour les enfants de mamans malades, un institut pour aveugles. Elle espérait que la Mère Sophie Barat (v. 25 mai) aurait repris cette institution, mais le gouvernement prussien n’autorisait pas une congrégation française de s’installer en Prusse.

Elle fonde en 1849 la Congrégation des Sœurs de la Charité Chrétienne (avec, quelques années plus tard, l’appellatif auxiliaire de Filles de la Bienheureuse Vierge Marie de l’Immaculée Conception, ce dogme ayant été proclamé en 1854), pour s’occuper spécialement de ces aveugles, mais aussi de diverses œuvres d’assistance : des écoles catholiques à Dortmund, un couvent à Paderborn, des orphelinats, de nombreuses écoles… Le pape approuve la congrégation en 1863.

La sombre période du Kulturkampf vient interdire les ordres et les congrégations. Pauline essaie de trouver une solution par un procès, qui n’aboutit pas. Elle ouvre d’autres maisons aux Etats-Unis, au Chili, en Bohême, au Liechtenstein, en Belgique. Elle voyage pour visiter ces fondations.

De retour à Paderborn en 1880, avec une santé délabrée, elle y meurt d’une pneumonie, le 30 avril 1881.

Pauline de Mallinckrodt a été béatifiée en 1985.

 

Les Religieuses qu’elle a fondées sont toujours présentes en Allemagne (entre autres Dortmund, Paderborn, Berlin), à Rome, aux Etats-Unis, au Chili, en Argentine et aux Philippines.

Dedë Plani

1891-1948

 

Dedë Plani naquit le 21 janvier 1891 à Shiroka (Shkodër, Albanie).

Après ses premières études à Shkodër, il alla au collège des Jésuites et au Séminaire Pontifical d’Albanie, puis fut envoyé étudier la philosophie et la théologie à Innsbruck (Autriche), où il reçut l’ordination sacerdotale en 1919.

Il exerça son apostolat sacerdotal à Gimaj, Pog, Rrogam et Shiroka, son village natal. Quelqu’un qui l’a connu a témoigné : C’était un homme savant, svelte, fort, costaud. Un autre encore a rapporté qu’il aidait beaucoup les pauvres et ne refusait jamais un service.

Mis en prison en 1947, il y fut sans cesse torturé pour «avouer» les crimes dont on l’accusait ; jamais il n’admit ces calomnies. Sa mère pouvait lui apporter quelque nourriture et, un jour, trouva au fond du récipient ce petit mot : Ils me torturent d’une façon inhumaine ; je suis à ce point massacré que je mourrai bientôt.

Il mourut en effet dans l’hôpital de la prison, le 30 avril 1948 (ou 1949) à Shkodër ; son «jugement», d’aillleurs inutile, n’avait pas encore eu lieu.

Dedë Plani fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 30 avril.

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28 avril 2024 7 28 /04 /avril /2024 23:00

29 AVRIL

 

I.

S Tychicus, disciple de s.Paul, honoré comme évêque soit à Chalcédoine, soit à Rhodes, soit à Colophon (cf. Eph 6:21 ; Col 4:7).

S Torpès, martyr à Pise, peut-être à l’origine de Saint-Tropez.

Ste Cercyre, vierge martyre à Corfou.

III.

S Libère, évêque à Ravenne, un des “colombins”, désignés par une colombe.

S Cher, évêque à Altino, martyrisé pendant qu’il priait pour un possédé ; son sang rejaillit sur ce dernier, qui se trouva délivré.

V.

S Sévère, évêque à Naples : il ressuscita un mort pour convaincre de fausseté un créancier qui en importunait la veuve.

S Paulin, évêque à Brescia.

VII.

S Fiachna, abbé en Irlande, obéissant parfait, patron de Kill Fiachna.

VIII.

S Wilfrid le Jeune, évêque à York.

IX.

Ste Ava, vierge belge aveugle ; guérie au tombeau de ste Renfroi (abbesse à Denain), elle entra dans cette abbaye.

XII.

S Hugues, abbé à Cluny ; le pape Callixte II fit solenniser son dies natalis .

S Achard, abbé à Saint-Victor à Paris, évêque à Avranches, auteur d’œuvres de spiritualité.

B Robert Gruthuysen, flamand, premier successeur de s.Bernard à Clairvaux.

XIV.

Ste Caterina de Sienne, vingt-cinquième enfant d'un teinturier de cette ville, mystique stigmatisée et tertiaire dominicaine, artisan du retour du pape Grégoire XI d'Avignon à Rome, Docteur de l'Église, patronne de l'Italie avec s.François d'Assise, morte à trente-trois ans. 

XIX.

Antonius Kim Sŏng-u, laïque marié, catéchiste coréen martyr, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

XX.

Bse Itala Mela (1904-1957), laïque italienne mystique ; elle eut d'importantes révélations sur la Sainte Trinité ; béatifiée en 2017.

Bse Hanna Chrzanowska (1902-1973), laïque polonaise et tertiaire bénédictine, infirmière très active avant, pendant et après la guerre, béatifiée en 2018.

 

 

Torpès de Pise

† 68

 

Que Torpès ait été martyr à Pise (Toscane, Italie CW), est une donnée historique établie.

D’autres détails qu’on rapportait à son sujet, passent pour être légendaires. En voici la teneur :

Caius Torpetius naquit au 1er siècle à Pise dans une famille patricienne.

Il occupa un poste important sous Néron, devenant chef de la garde personnelle de l’empereur et intendant du palais impérial.

Torpès entendit la prédication de Paul, dont il devait assurer la garde pendant sa captivité, et crut en Jésus-Christ.

Il s’agit peut-être aussi de lui, lorsque s.Paul écrit aux Philippiens : Tous les saints vous saluent, principalement ceux de la maison de César (Ph 4:22).

Lors d’une cérémonie en l’honneur de Diane, Néron demanda à Torpès de chanter un hymne en l’honneur de la déesse, mais Torpès s’y refusa catégoriquement.

Néron fit flageller Torpès, le fit livrer aux fauves, puis décapiter, le 29 avril 68.

On ajoute même que la colonne de la flagellation se brisa et, en s’écroulant, tua le bourreau ; le lion et le léopard qui devaient se jeter sur Torpès, au contraire se couchèrent à ses pieds.

Tandis qu’un ami de Torpès, Andronicus, réussissait à recueillir le chef de Torpès, l’empereur fit charger le corps sur une barque avec un coq et un chien, qui auraient dû le dépecer. Mais la barque arriva sur la côte ligure, avec le corps intact, une vingtaine de jours plus tard, là où naquit la ville de Saint-Tropez.

Saint Torpès devint le patron des marins de toute la Ligurie.

Saint Torpès de Pise est commémoré le 29 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tychicus

Ier siècle

 

Saint Tychicus (Tychique) est très peu connu. On a de lui quelques informations par les Actes des Apôtres, et quelques remarques fort élogieuses de saint Paul.

Dans les Actes des Apôtres, Luc présente Tychicus comme originaire d’Asie avec Trophime (Ac 20:4). 

Tychicus semble avoir été un messager extrêmement zélé et serviable, tout acquis à la cause de l’apostolat de saint Paul. Quand ce dernier quitta Ephèse, soulevée contre lui, Tychicus resta probablement à Milet, tandis que Paul gagnait Jérusalem.

Plus tard, durant sa première captivité à Rome, Paul écrit aux Colossiens : “Pour ce qui me concerne, Tychicus, notre frère bien-aimé, fidèle serviteur et mon compagnon dans le service du Seigneur, vous apprendra tout. Je l’ai envoyé vers vous exprès, pour que vous sachiez ce qui nous concerne” (Col 4:7). De même aux Ephésiens (Eph 6:21). Toujours mention de ce fidèle messager en 2Tim 4:12 et Tt 3:12.

C’est tout ce que nous savons précisément de ce bon et fidèle serviteur. Par la Tradition, on présume que Tychique fut successivement évêque à Chalcédoine ; il est honoré par les Églises d’Orient le 29 avril, ce qu’a repris le Martyrologe Romain.

 

 

Hugues de Cluny

1024-1109

 

Hugues vit le jour le 13 mai 1024 à Semur-en-Brionnais (Saône-et-Loire), de Dalmace, comte de Semur.

A l’équitation et à la chasse, il préférait l’étude et obtint d’aller auprès de son grand-oncle, Hugues lui aussi, évêque d’Auxerre.

A quinze ans, sans repasser chez lui pour éviter un orage paternel, il se rendit directement à l’abbaye de Cluny, où l’abbé Odilon (v. 1er janvier) le reçut au noviciat ; il fit la profession en 1039, fut ordonné prêtre en 1044 (à vingt ans) et fut nommé grand-prieur en 1048.

Les trois dernières années de sa vie, Odilon l’associa intimement au gouvernement de l’abbaye, de sorte qu’Hugues fut très connu et apprécié autant des moines que des personnalités extérieures au monastère. La dernière année de sa vie, Odilon confia l’abbaye à Hugues et partit à Rome, où il espérait mourir près du tombeau des Apôtres, mais il en revint revigoré, et mourut le 1er janvier 1049, sans avoir revu Hugues, qui était en mission auprès de l’empereur.

A l’unanimité les moines élurent Hugues pour succéder à Odilon. Pendant les soixante années de son abbatiat, Hugues fut comme la référence des moines, des papes, des évêques ; il participa à de nombreux conciles. 

En 1054, le père du jeune abbé fut assassiné par son gendre, Robert le Vieux, duc de Bourgogne ; Hugues s’imposa des austérités pour l’expiation de ce crime et sa mère se retira au couvent de Marcigny, où sa fille Hermengarde fut la première prieure et que Hugues dirigea ensuite de façon magistrale. Onze ans plus tard, lors d’un concile à Autun, il réussit à amener ce Robert, repentant, devant les pères conciliaires pour lui faire promettre désormais de laisser l’Eglise en paix.

Il eut de précieuses et profondes amitiés avec d’importantes personnalités : Bruno de Toul, futur pape Léon IX ; Federico, abbé du Mont-Cassin et futur pape Etienne X ; Hildebrand, futur pape Grégoire VII ; saint Pietro Damiano (v. 23 février) ; saint Anselme de Canterbury (v. 21 avril) ; deux moines de Cluny devinrent papes : Urbain II et Pascal II.

Hugues fut appelé à être le parrain du jeune prince impérial Henri, le triste Henri IV, qui s’attira l’excommunication ; ce fut Hugues qui intervint et poussera l’empereur à «se rendre à Canossa» aux pieds du pape (1077).

Hugues participa aux conciles de Reims (1049), Rome (1050), Tours (1050), Avignon, Vienne, Toulouse (pour faire appliquer les décrets du concile romain contre la simonie et l’incontinence des clercs), Rome (1063),  Chalon-sur-Saône (1064), Autun (1065), Lyon (1080), Clermont (1095, pour lancer la 1e croisade).

Il ne faut cependant pas croire que l’abbé Hugues passait son temps hors de son monastère. Il dut voyager beaucoup, certes, mais la vie monastique passait toujours au premier plan. Il sut veiller de façon paternelle et fraternelle sur les trois cents moines qui y vivaient. Voici ce qu’en écrivit Pietro Damiano après y avoir séjourné quelque temps :

A Cluny, comme dans la primitive Eglise, la charité règne, la joie spirituelle déborde, la paix est le bien commun, la patience fait tout accepter, la longanimité tout supporte. Espérance vaillante, foi solide, charité sans tache s’allient à l’humble obéissance qui lave les péchés,  l’observance de lois vraiment monastiques.

Cluny sera la plus grande construction en Europe au 13e siècle et l’église sera la plus grande église de la Chrétienté entière jusqu’au 16e siècle. Plus de mille monastères en France, en Italie, en Angleterre, en Allemagne, en Espagne, dépendaient de cette abbaye. La première fondation de Cluny fut La Charité-sur-Loire (1056).

Hugues posséda la vertu de prudence de façon vraiment exceptionnelle, mais il fut aussi favorisé de grâces extraordinaires. 

Retiré un jour dans une cellule, il s’y était assoupi lorsqu’un orage effroyable se déchaîna. La foudre tomba et mit le feu à l’édifice ; tous accoururent pour éteindre l’incendie et trouvèrent l’abbé tranquillement endormi dans la cellule, que le feu avait épargné.

En 1109, il y eut une famine. Les moines donnèrent tant qu’ils en eurent du grain aux affamés. Averti, Hugues écrivit de Marcigny où il se trouvait, une lettre aux saints Apôtres Pierre et Paul, patrons de Cluny, priant le messager d’aller la déposer immédiatement à l’autel majeur de l’abbaye : en peu de temps, arrivèrent des dons qui suffirent à la consommation de l’abbaye pour toute l’année.

Le jour des Rameaux de 1109, un bon paysan demanda à parler d’urgence à Hugues : un vieillard lui était apparu et l’avait chargé d’annoncer à Hugues sa mort prochaine. Etait-ce saint Joseph, ou saint Benoît ? Le fait est que le saint abbé crut. Le jour du Jeudi Saint, les forces lui manquèrent au moment du lavement des pieds et il dut se retirer ; le Vendredi Saint, il fut sans force ; le Samedi Saint, il put assister à la bénédiction du cierge pascal ; au soir de Pâques, il faiblit encore ; le mardi de Pâques, il reçut les derniers Sacrements et donna à chaque moine le baiser de paix ; le mercredi, il fut porté à sa demande dans l’église, sur la cendre et le cilice, et il expira, le 29 avril 1109.

On dit que de Pavie ou de Cantorbury, on fut mystérieusement averti de sa mort.

En 1120, le pape bourguignon Callixte II ordonna de solenniser le culte rendu à Hugues. Cette disposition peut être assimilée à une canonisation, d’ailleurs justifiée par de nombreux miracles.

Ajoutons que, pendant longtemps, le corps du saint Abbé fut conservé à Cluny. Quand cette abbaye fut saccagée par les Huguenots en 1562, on put sauver ce précieux trésor au château de Lourdon ; malheureusement le château fut à son tour la proie des flammes et les reliques furent dispersées au vent. On ne put en sauver qu’un os de la jambe.

 

 

Achard de Saint-Victor

1100-1171

 

Deux hypothèses se partagent les origines d’Achard, qui serait né en Angleterre ou en Normandie. Normand, il aurait été de la lignée du Passais ; Anglais, il aurait aussi été prieur à Bridlington (Yorkshire) avant de venir sur le continent.

A Paris, il étudia à l’abbaye de Saint-Victor, où il devint chanoine de Saint-Augustin et, en 1155, en devint prévôt du chapitre.

En 1157, le chapitre de la cathédrale de Séez le choisit pour être évêque, mais le roi Henry II Plantagenêt s’y opposa, malgré l’approbation du pape ; Achard ne s’offensa pas de cette égratignure à l’autorité papale, de sorte que le même roi ne mit aucune opposition à son élection au siège d’Avranches en 1161. Mais cette fois-ci ce fut le roi français Louis VII qui fut mécontent de voir passer un de ses «sujets» en territoire anglo-normand.

En 1163, Achard était présent en Angleterre pour la translation du corps de s.Edward le Confesseur (v. 5 janvier) à Westminster.

En 1164, il approuva la re-fondation de l’abbaye Sainte-Trinité de la Lucerne, deux fois déplacée, et où s’installèrent des Chanoines Prémontrés.

Il faut noter ici son amitié pour s.Thomas Becket (v. 29 décembre), qui fut martyrisé sur l’ordre du même roi Henry II. Ce dernier, repenti, obtint l’absolution de son crime, des légats du pape, devant la cathédrale d’Avranches (mai 1172), mais Achard s’était éteint depuis presque un an, le 29 avril 1171.

Achard a composé des traités doctrinaux, des sermons, longtemps restés oubliés dans les manuscrits et qu’on a publiés partiellement à une période récente.

Saint Achard est maintenant commémoré le 29 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Caterina de Sienne

1347-1380

 

Caterina naquit le jour de l’Annonciation, 25 mars 1347, vingt-cinquième enfant de Giacomo Benincasa et de Lapa. Sa sœur jumelle mourut très vite, mais un fils adoptif, Tommaso della Fonte, qui aspirait à la vie religieuse, eut une forte influence sur elle, lui racontant tout ce qu’il apprenait dans ses pieuses lectures.

Elle eut sa première vision de Jésus-Christ à six ans. L’année suivante, elle promit de n’épouser que Lui, et refusa énergiquement et patiemment toutes les propositions de mariage qu’on lui présenta. Sa propre famille la traita comme la dernière servante.

Son père finit par accepter qu’elle devînt religieuse, sa mère aussi, quoique réticente à toutes les austérités de sa fille.

C’est Notre-Seigneur Lui-même qui lui enseigna à lire, pour qu’elle pût prier avec le Bréviaire. Le Fils de Dieu lui remit l’anneau mystique de leurs fiançailles, en présence de Marie, de Jean l’évangéliste, de saint Paul et du prophète David.

Caterina eut désormais une très grande activité auprès des pauvres et des malades, et surtout à la conversion des âmes, à la réconciliation des familles, à la pacification des villes sans cesse en luttes. Des jalousies et des accusations l’accablèrent, mais ses réponses déboutèrent ses interrogateurs. On la laissa communier fréquemment, prêcher publiquement.

Elle eut une influence prépondérante pour l’unité de l’Eglise. Unité à l’intérieur, par la conversion de ceux qui scandalisaient l’Eglise, unité à l’extérieur par le retour du pape à Rome.

Elle reçut les stigmates de la passion du Christ et fut littéralement unie aux souffrances de Notre-Seigneur (couronne d’épines).

Elle ressuscita sa mère, qui vécut longtemps après ses propres enfants et petits-enfants.

Le jour de Pâques, 25 mars 1380, précisément âgée de trente-trois ans, elle put se confesser et recevoir l’Eucharistie dans sa cellule. Le dimanche précédent l’Ascension, 29 avril, elle s’éteignit après avoir reçu le sacrement des malades et une dernière absolution papale : sa mère était là avec quelques fidèles amis, et Caterina quitta cette vie en disant : “Père, je remets mon esprit entre tes mains”.

On connaît beaucoup de détails de cette vie extraordinaire grâce à ce qu’en a écrit son confesseur, le Bienheureux Raimondo de Capoue (v. 5 octobre).

Le corps de sainte Caterina se trouve à Rome en l’église de Sainte-Marie sopra Minerva, à côté du Panthéon. La pauvre cellule de Caterina a été transformée en oratoire.

Caterina a été canonisée en 1461. Elle a été proclamée patronne secondaire de Rome en 1866, patronne d’Italie (avec saint François d’Assise) en 1939 et tout récemment, Docteur de l’Eglise en 1970, et co-patronne de l’Europe en 1999.

Sa fête est au 29 avril depuis la réforme du calendrier liturgique.

 

 

Kim Sǒng-u Antonius

1794-1841

 

Antonius était né en 1794 environ, et vivait à Kusan (Kyǒnggi, Corée).

C’était un homme riche, honnête et généreux. Chaleureux, il demeurait respectueux envers ceux qui n’avaient pas sa foi catholique. Ses arrière-petits-enfants maintenaient encore dans leur village un profond respect envers leur arrière-grand-père.

Antonius entendit parler de la religion catholique avec toute sa parenté, et tous adhérèrent à Jésus-Christ, jusqu’à convaincre tout le village d’embrasser la foi.

Après la mort de sa mère, il s’installa à Seoul, où il vivait non loin de la Porte Orientale. Ses deux jeunes frères souffrirent à Kusan pour leur foi : Augustinus mourut en prison en mai 1841 à quarante-trois ans ; l’autre souffrit longtemps en prison.

Quand son épouse mourut, il se remaria avec une femme profondément croyante.

Quand les missionnaires arrivèrent, Antonius aménagea sa maison en chapelle, où le père Maubant (v. 21 septembre) vint souvent célébrer la Messe.

Fin 1839 il fut trahi : toute la famille fut arrêtée et jetée en prison en janvier 1840. Antonius fut cruellement torturé. Quand le chef lui proposa d’apostasier, il répondit que sa volonté était de mourir catholique.

Il se comportait en prison comme dans sa maison ; jamais il ne demanda à être remis en liberté. Même d’autres codétenus non-catholiques avaient de l’estime pour lui : deux d’entre eux se firent catéchiser et baptiser par lui.

A la fin d’avril 1841, il fut soumis à un nouvel interrogatoire et à de nouvelles tortures. Après quinze mois en prison, il fut étranglé à Tangkogae (Seoul), à l’âge de quarante-sept ans, le 29 avril.

Béatifié en 1925, il fut canonisé en 1984. La fête commune de ces Martyrs coréens est au 20 septembre.

Itala Mela

1904-1957

 

Itala Mela naquit le 28 août 1904 à La Spezia (Ligurie, Italie NO).

Ses parents étaient croyants et elle grandit dans la foi.

En 1920, à seize ans, l’adolescente fut fortement ébranlée par la mort de son petit frère Enrico, de neuf ans. Elle se déclara athée. Mais une petite flamme brûlait encore dans son âme.

Durant ses études supérieures à la Faculté des Lettres de Milan, Itala adhéra à la Fédération des Universitaires Catholiques Italiens (FUCI), grâce à laquelle elle sentit que sa vie reprenait sens. Elle eut l’opportunité de rencontrer des personnalités marquantes : le cardinal Schuster (v. 30 août) et Giovanni Battista Montini (qui devait devenir archevêque de Milan, cardinal, puis le pape Paul VI, v. 6 août) ; et aussi le père Gemelli et l’abbé Divo Barsotti.

Munie de son diplôme, Itala enseigna à Milan.

En 1928, alors qu’elle priait devant le tabernacle, un faisceau de lumière la rejoignit et une voix lui parla. C’était une réponse à sa question intérieure. Itala vécut désormais dans un intense approfondissement de sa spiritualité.

Elle voulut devenir moniale bénédictine, mais une fièvre intense et tenace l’en empêcha ; on crut même qu’elle en mourrait. Elle se reprit mais resta fragile de santé. Elle dut renoncer à sa chaire et revint à La Spezia.

Elle devint oblate bénédictine en 1933.

A partir de 1936, les expériences mystiques s’accentuèreent : la Sainte Trinité se manifesta à elle, en même temps que des attaques du Démon, manifestement dérangé par la vie intérieure d’Itala. Celle-ci construira désormais toute sa vie sur le Mystère trinitaire ; elle écrivit aussi une série d’exercices spirituels, développant le concept de la «Inhabitation» de la Trinité : la Sainte Trinité habite en nous et nous devons chercher à nous immerger totalement dans ce Mystère.

En 1946, après la guerre, elle eut l’intuition de former une famille spirituelle de prêtres et de diacres, qui auraient diffusé ce même idéal. On pourra utilement se rappeller ici les écrits de la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité (v. 9 novembre).

Itala Mela mourut le 29 avril 1957 à La Spezia.

Elle sera commémorée le 29 avril dans le Martyrologe Romain, ayant été béatifiée en 2017.

 

 

Hanna Chrzanowska

1902-1973

 

Hanna vit le jour le 7 octobre 1902 à Varsovie (Pologne), de parents chrétiens et très connus pour leur esprit philanthropique. Le papa, Ignacy, était professeur de Littérature polonaise : la maman, Wanda, était issue d’une riche famille industrielle de confession luthérienne ; la sœur de cette dernière, Zofia, avait ouvert un hôpital pour enfants à Varsovie.

D’Hanna, on n’a trouvé aucun détail de sa petite enfance : dates de son baptême, de sa Première communion, ses études. On sait juste qu’elle eut (au moins) un frère, Bohdan.

En 1910, M.Chrzanowski fut nommé professeur à l’université de Cracovie ; là, Hanna fréquenta l’école des Ursulines, au terme de laquelle elle prêta son concours à la Croix-Rouge : elle soigna les blessés victimes des affrontements entre Polonais chrétiens et Russes bolcheviques.

Après avoir commencé des études à l’université de Cracovie, elle s’inscrivit dans la nouvelle école d’infirmières qui venait de s’ouvrir. Dipômée en 1924, elle fut envoyée en France et en Belgique pour former d’autres infirmières. Puis, dans les années 1926-1929, elle forma les infirmières à l’Ecole de Cracovie.

Entre 1929 et 1939, elle se trouvait à Varsovie et publia un mensuel, L’Infirmière Polonaise, où elle livrait beaucoup de son expérience personnelle. En 1937, elle contribua à la formation d’une Union Catholique des Infirmières Polonaises.

La Seconde Guerre mondiale apporta à la famille Chrzanowski son lot de douleurs : la tante Zofia - celle qui avait ouvert l’hôpital pour les enfants - mourut durant l’invasion de Varsovie ; M.Chrzanowski fut arrêté comme membre de l’opposition et envoyé au camp de Sachsenhausen, où il mourut ; et le propre frère d’Hanna périt dans l’horrible tragédie de la forêt de Katyń (1940).

Malgré sa tristesse, Hanna continua son activité au secours des malheureux. Elle soignait les blessés, mettait toutes ses ressources au profit des réfugiés, des prisonniers, des orphelins ; pour ces derniers, juifs y compris, elle cherchait des familles d’accueil et organisa un camp d’été pour enfants aux environs de Cracovie. Elle ne craignait ni pour sa santé, ni même pour sa vie ; elle puisait de nouvelles forces dans l’approfondissement de sa vie intérieure et dans l’Eucharistie.

Après la guerre, Hanna reprit son enseignement à l’Ecole d’Infirmières de Cracovie. Elle eut aussi l’occasion d’aller aux Etats-Unis pour apporter son témoignage et son expérience aux jeunes infirmières, s’attachant à leur montrer l’importance de leur présence non seulement médicale, mais aussi humaine et spirituelle.

En 1956, Hanna fit un pas de plus dans l’école spirituelle et mystique, devenant tertiaire bénédictine.

Revenue à Cracovie, en 1957 elle fut nommée directrice de l’Ecole de Soins Psychiatriques de Kobierzyn, une école qui fut bientôt fermée par les autorités communistes.

L’activité et l’esprit apostolique d’Hanna toucha un grand nombre d’infirmières, mais aussi de professeurs, de séminaristes, de prêtres, de volontaires… Il devint fréquent que la Messe fût célébrée dans la chambre même des patients. C’est dans cet esprit qu’Hanna rencontra le cardinal Karol Wojtyła, qui lui obtint du pape Paul VI la médaille Pro Ecclesia et Pontifice.

Les dernières années de la vie d’Hanna furent endolories par la maladie du cancer. Hanna mourut le 29 avril 1973, et c’est le même cardinal Wojtyła qui célébra ses funérailles.

A la demande de l’Association même des Infirmières catholiques, l’enquête diocésaine sur les vertus et la sainteté d’Hanna fut ouvert en 1998.

Hanna a été béatifiée en 2018 et sera commémorée le 29 avril au Martyrologe.

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27 avril 2024 6 27 /04 /avril /2024 23:00

28 AVRIL

I.

S Sosipater, disciple de s.Paul, évêque à Iconium (calendrier oriental).

S Marcus, premier évêque à Altino, disciple de s.Pierre ; on lui planta deux clous en tête.

Ss Zénon, Eusèbe, Néon, Vital, martyrisés par le feu à Corfou.

Ss Vitalis et Valeria, époux martyrs, lui à Ravenne, enterré vivant sous les pierres et le sable, elle à Milan ; ils seraient les parents des ss.Gervais et Protais.

?

S Aphrodisius, premier évêque à Biterræ.

Ss Charalampus et Eusèbe, martyrs à Nicomédie.

S Memnon le Thaumaturge, vénéré en Orient. 

IV.

Ss Maximus, Quintilianus, Dadas, martyrs à Dorostore.

Ste Théodore et s.Didyme, martyrs en Alexandrie : Didyme se déguisa en soldat pour l’approcher et échangea avec elle ses habits pour la délivrer ; ils furent tous deux décapités. 

Ss Patrice, évêque à Pruse, Acace, Ménandre et Polyène, martyrs. 

Stes Probe et Germaine, irlandaises venues à Laon pour rester vierges, et martyrisées pour ce motif par des émissaires de leur pays. 

V.

S Africain, évêque à Lyon ou Comminges, adversaire des Goths ariens. 

VI.

S Prudentius, évêque à Tarazona.

VII.

S Arthème, évêque à Sens, qui fut d’abord marié et père.

S Cronan, abbé à Roscrea, dont il est le patron.

VIII.

S Pamphilo, évêque à Corfinio (Valva).

IX.

S Imon (Emon), évêque à Noyon et martyr des Danois juste après la prise de la ville.

XIII.

B Luchesio, marchand siennois très riche et avare, converti et devenu membre du tiers-ordre franciscain ainsi que sa femme ; il eut même des extases ; il est le patron de Poggi-Bonzi.

XVIII.

S Louis-Marie Grignion de Montfort, fondateur de la Compagnie des Missionnaires de Marie (Montfortains), des Sœurs de la Sagesse (avec Marie-Louise Trichet, cf. infra) et de l'Institut des Frères de Saint-Gabriel ; grand apôtre de la "vraie dévotion à Marie" ; persécuté par le clergé en grande partie janséniste, il fut soutenu par le pape ; depuis peu inscrit au calendrier officiel de l’Eglise.

Bse Marie-Louise  (de Jésus) Trichet (morte jour pour jour quarante-trois ans après s. Louis-Marie), béatifiée en 1993.

XIX.

Ss Phaolô Phạm Khắc Khoan, prêtre, Gioan Baotixta Ɖinh Vǎn Thành et Phêrô Nguyễn Vǎn Hiểu, catéchistes, martyrs tonkinois, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

S Pierre Chanel, d’abord curé dans le diocèse de Bellay, puis mariste et missionnaire, premier martyr de l'Océanie.

XX.

B Józef Cebula (1902-1941), prêtre polonais des Missionaires Oblats de la Vierge Immaculée, martyr au camp de Mauthausen, béatifié en 1999.

Bse María Guggiari Echeverría (María Felicia de Jésus Sacrement, 1925-1959), carmélite paraguayenne, béatifiée en 2018.

Ste Gianna Beretta in Molla (1922-1962), docteur en médecine et mère de famille milanaise, morte en accouchant de son quatrième enfant qu’on lui proposait de ne pas garder à cause de son cancer à l’utérus, béatifiée en 1994, canonisée en 2004.

Sosipater

1er siècle

 

A la fin de son épître aux Romains, saint Paul nomme quelques-uns de ses disciples, ses parents, qui se joignent à lui pour saluer les Chrétiens de Rome. Parmi ceux-ci se trouve Sosipater, que Origène et d’autres commentateurs veulent identifier avec Sopater, fils de Pyrrhus de Bérée, dont parle saint Luc dans les Actes des Apôtres (Ac 20:4).

Ce fidèle disciple de Paul, d’après la tradition orientale, aurait été évêque à Iconium, l’actuelle Konya qui se trouve au Centre-Sud de la Turquie.

Avec l’autre disciple Jason, il serait venu sur l’île de Corfou pour évangéliser la population, y édifia une église en l’honneur de saint Étienne Protomartyr. Mis en prison par le roi, ils y convertirent des prisonniers, que le roi fit immédiatement mourir en les précipitant dans de la poix brûlante.

Cependant Cercyra, la fille du roi, se convertit et vendit tous ses bijoux aux pauvres. Son père la fit emprisonner et mettre le feu à la prison, mais sa fille en sortit indemne. Le roi la fit attacher à un arbre et percer de flèches.

Les chrétiens nouvellement convertis s’enfuirent sur une île voisine, où le roi prétendit les retrouver, mais son bateau coula. Le nouveau roi alors embrassa le christianisme et reçut le baptême sous le nom de Sébastien.

Quant à Sosipater et Jason, ils continuèrent à édifier l’Eglise à Corfou, où ils moururent à un âge très avancé.

On peut légitimement s’interroger sur le fait que Sosipater ait quitté son diocèse pour aller évangéliser si loin, à Corfou. Deux réponses possibles se présentent : soit il en reçut l’invitation, par révélation céleste ou par décision des Apôtres ; soit il pourrait s’agir d’un autre évangélisateur portant le même nom.

Il est d'autre part affirmé qu’à Iconium, Sosipater eut pour successeur Tertios (Terentius, v. 24 juin).

Comme le Martyrologe Romain actuel ne mentionne plus Sosipater, on l'a placé ici au 28 avril, jour où le vénèrent les Orientaux  ; l’ancien Martyrologe le mentionnait au 25 juin.

 

 

Marcus d’Altino

1er siècle

 

Un «manuscrit ancien» raconte que, converti par saint Pierre, Marcus parcourut diverses régions du Latium, fut arrêté à Altino (Chieti, Italie C) et sommé par le préfet d’adorer les dieux païens.

Ayant refusé de trahir sa foi, il fut condamné à mort. On lui enfonça deux grands clous dans la tête. Ce pouvait être vers 96, un 28 avril.

Une église fut bientôt construite sur le tombeau du Martyr, qui fut détruite plus tard. Des miracles se produisirent au 11e siècle, permettant de retrouver le corps et le chef de Marcus.

Une hypothèse, tout-à-fait gratuite, pourrait faire de ce Marcus un dédoublement de l’évangéliste Marc, disciple de saint Pierre et rédacteur du deuxième évangile (avant d’être évêque en Alexandrie).

Par ailleurs, le «manuscrit ancien» ayant semblé suspect à la critique scientifique, ce Marcus n’est plus inscrit au Martyrologe.

 

 

Vitalis et Valeria de Milan

Ursicinus, Gervasius et Protasius

† 1er siècle

 

Commençons par la Tradition.

Vitalis vivait à Milan. Personnage consulaire et brillant militaire, il se trouva à Ravenne aux côtés du juge Paulinus, quand un Chrétien nommé Ursicinus fut condamné à mort. Or, ce dernier montrait des signes de faiblesse, et Vitalis l’encouragea à tenir bon jusqu’à la fin, car il allait recevoir la couronne de l’immortalité. Ursicinus se reprit et confessa sa foi avant d’être décapité.

Mais Vitalis s’était en même temps condamné lui-même. Le juge lui réserva un traitement de choix : il le fit étendre sur le chevalet et déchirer de coups de fouet ; ayant consulté un prêtre païen, il fit descendre Vitalis dans une fosse profonde, qu’il fit remplir de pierres et de sable. Vitalis recevait à son tour la couronne de gloire, tandis que le malheureux prêtre païen, perdant la raison, ne cessait de crier sa souffrance et sa propre damnation.

Là-dessus, l’épouse de Vitalis, Valeria, retourna à Milan. On la reconnut et on l’invita à offrir de l’encens aux dieux païens. Sur son refus, elle fut battue et laissée mourante ; ses serviteurs la portèrent à Milan, où elle expira.

Vitalis et Valeria seraient les parents de Gervasius et Protasius, martyrisés eux aussi à Milan, mais dont on ne connaît rien sur la date précise et le martyre qu’ils subirent. Leur fête se célébrait le 19 juin, mais cette date était celle de leur invention (re-découverte) à Milan, après une période de complet oubli.

Ces épisodes se seraient produits à la fin du 1er siècle, sous Néron ; d’autres historiens avancent plutôt Marc-Aurèle, vers 171.

Saints Vitalis et Valérie, Ursicinus, Gervasius et Protasius sont commémorés le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gervais et Protais

† 1er siècle

 

Se reporter à Vitalis et Valeria de Milan (supra)

 

 

Charalampus et Eusebius de Nicomédie

† ?

 

Il s’agit ici de deux Martyrs (parfois accompagnés d’Agapius et Aphrodisius), dont on ne connaît que les noms, d’après des listes anciennes.

Ils auraient été martyrisés à Nicomédie (auj. Izmit, Turquie NW).

Saints Charalampus et Eusebius de Nicomédie sont commémorés le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aphrodisius de Béziers

† 250

 

Aphrodisius est censé avoir été le premier évêque de Béziers, au 3e siècle, et ne semble pas avoir été inquiété par les édits de persécution.

Mais une ancienne légende court encore, et qui n’est pas totalement invraisemblable.

Aphrodisius aurait vécu au 1er siècle, en Egypte. 

Prêtre du dieu Hermès à Héliopolis, il aurait rencontré la Sainte Famille durant la fuite en Egypte (cf. Mt 2:13-23), et aurait abandonné le culte païen.

Après la mort de Jésus-Christ, il serait parti avec son chameau en Gaule, pour annoncer à son tour la Bonne Nouvelle. Ayant trouvé à Biterræ (auj. Béziers) un terrain favorable à l’évangélisation, il y développa une intense activité.

C’est alors qu’il fut dénoncé au gouverneur, qui le condamna à mort.

Décapité, Aphrodisius se releva, ramassa sa tête et se dirigea vers la ville : en marchant sur des escargots, il ne les écrasait pas ; des maçons qui se moquaient de lui, furent pétrifiés sur place.

Cette histoire comporte tout de même quelques exagérations : les escargots et les maçons pétrifiés ne présentent pas le caractère de signes de Dieu.

Martyr ou pas, Aphrodisius reste vénéré comme évêque.

Des fêtes locales s’appuient sur les détails de cette histoire : le camel, empaillé, est toujours promené par les rues, les coques de Béziers rappellent les escargots…

Saint Aphrodisius de Béziers est commémoré le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximus, Quintilianus et Dadas

† 303

 

Au temps de la persécution de Dioclétien, ces trois hommes furent dénoncés au proconsul de Dorostore (Mésie, auj. Bulgarie).

Maximos, qui était lecteur, fut interrogé le premier. Interrogé sur son nom, il répondit : Je suis chrétien ; les hommes m’appellent Maximos.  Les deux autres eurent la même attitude.

Le gouverneur leur proposa, s’ils acceptaient de renier le Christ, d’être nommés prêtres du culte païen, en remplacement du prêtre récemment décédé. Sur leur refus et devant leur persévérance dans la Foi, il les fit remettre en prison jusqu’au lendemain.

Durant la nuit, les trois Confesseurs furent tentés par le Diable, mais aussi réconfortés par un Ange. Le matin, ils comparurent à nouveau devant le gouverneur, subirent plusieurs tortures et furent finalement décapités.

Ce devait être le 28 avril 303.

Saints Maximus, Quintilianus et Dadas sont commémorés le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prudentius de Tarazona

6e siècle

 

Au sujet de cet évêque, d’anciennes éditions hésitaient entre le 5e ou le 9e siècles. La liste récente du diocèse de Tarazona a opté pour le 6e siècle, car on aurait retrouvé un document attestant la présence de Prudentius en 572.

Prudentius serait né vers le milieu du 6e siècle à Armentia (Vitoria, Álava, Espagne).

Vers l’âge de quinze ans, il se plaça sous la direction d’un saint ermite, Saturius, dans les environs de l’actuelle Soria, où il resta sept années.

Il serait ensuite allé prêcher la Bonne Nouvelle à Calahorra (La Rioja), d’où il s’enfuit pour éviter la renommée que lui apportaient ses miracles.

Venu à Tarazona, il fut admis dans le clergé, ordonné prêtre et nommé archidiacre.

A la mort de l’évêque, sans doute Dídimo, c’est Prudentius qui fut choisi pour lui succéder, devenant ainsi le  cinquième évêque de ce diocèse.

Le seul événement important qu’on a retenu de son épiscopat, est qu’il chercha à calmer un dissentiment entre l’évêché et le clergé d’Osma. Au terme des discussions qui aboutirent à une solution équitable, Prudentius fut pris de malaise et mourut. Cet épisode rappelle les derniers jours de la vie de s.Martin (v. 11 novembre).

Comme on hésitait sur l’endroit de sa sépulture, Tarazona ou Osma, à cause des nombreux miracles qu’il y avait opérés, on le plaça sur la charrette tirée par son propre cheval, pour voir où il se dirigerait. La bonne bête s’arrêta non loin de Logroño, sur le mont Laturce. Un monastère y fut construit par la suite.

Saint Prudentius de Tarazona est commémoré le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pamphilus de Valva

650-700

 

Pamphilus était né vers 650 à Pacile (Sulmona, Abruzzes, Italie CE), d’un père païen qui l’expulsa quand il passa au christianisme. Il lui aurait même ordonné de monter sur un char pour le laisser dévaler la pente de Pacile au fleuve Gizio, mais les roues se seraient immobilisées au sol et le jeune homme serait arrivé tranquillement à pied au bas de la colline.

En 682, il devint évêque de Corfinio (qui s’appela Valva au Moyen-Age). C’était le quatrième évêque de ce siège.

S’il fut célèbre pour sa charité envers les pauvres et le don des miracles, il dut cependant se présenter au pape pour s’expliquer sur certaines de ses affirmations, pour lesquelles on l’accusait parfois d’arianisme.

Il mourut à Corfinio, vers 700, et son corps fut transféré à Sulmona, où l’église dédiée d’abord à la Très  Sainte Vierge, prit le nom de Panfilo.

Plus tard, le diocèse de Valva fut incorporé à celui de Sulmona, dont le patron céleste est s.Panfilo.

Saint Pamphilus de Valva est commémoré le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

Luchesio Modestini

? - 1260

 

Non loin de Sienne en Italie, s’était établi à Poggi-Bonzi un riche marchand, Luchesio Modestini avec son épouse, Buona  Dona (ou Bonadonna, Bonadona, suivant les graphies des différentes sources). Doués pour le commerce, ils se firent une brillante fortune, s’attachèrent aux biens de la terre et oublièrent bien vite de penser à Dieu.

Mais Luchesio reçut une grâce particulière qui le fit réfléchir ; il se dépouilla de ses biens et ne garda qu’un petit champ pour vivre ; mieux, il inspira de meilleurs sentiments à son épouse, sans vraiment parvenir à la convertir totalement, tant il est vrai que la conversion n’est jamais ni immédiate, ni totale, et qu’il faut la rechercher tous les jours de la vie.

Or à cette époque, François d’Assise songeait à établir une règle pour les tertiaires et venait justement à passer par là, rencontrant Luchesio qu’il avait connu autrefois. Il expliqua aux deux époux son projet. Sur son invitation, les époux Modestini revêtirent un habit simple et modeste, de couleur gris cendre, avec une corde à plusieurs nœuds pour ceinture ; plusieurs personnes s’adjoignirent à eux et ainsi fut fondé le Tiers-Ordre franciscain, dit de la pénitence.

Dès lors, Luchesio fit de grands progrès dans la voie de la perfection et la pratique de la pénitence. Sa femme, d’abord un peu réticente, peu à peu épaula les bonnes œuvres de son pieux mari. 

Dans la localité, François d’Assise avait eu la possibilité de bâtir un couvent où se dressaient les ruines d’un château démantelé. Luchesio y participa avec ardeur, se mêlant aux ouvriers, portant les pierres, partageant son casse-croûte avec eux, se comportant en simple camarade, ce qui fit beaucoup plus pour le rapprochement social que beaucoup de discours et de politique.

Le couvent installé, Luchesio proposa à son épouse de faire de leur maison le couvent des tertiaires et ce fut une sainte émulation de pauvreté entre les religieux et Luchesio. La maison de Luchesio n’avait pas de clôture comme le couvent, de sorte qu’il faisait entrer les pauvres à sa table, les recevant chez lui. Il allait même mendier pour eux.

Sa maison devint “L’auberge des pauvres”, où Luchesio donnait le meilleur aux malades et aux pauvres, se contentant de dormir dans les corridors ou même dehors sur la terre nue. La joie de Luchesio n’avait pas de limite, convaincu qu’il était de soigner Jésus-Christ lui-même. Son épouse le secondait désormais, trottinant de tous côtés, préparant onguents et tisanes, chantant, riant, heureuse comme jamais.

Un fait extraordinaire se passa un jour qu’il ramenait sur son dos un pauvre mendiant. Un jeune homme s’en moqua : “Quel diable as-tu donc assis sur le dos ?” et Luchesio : “C’est notre Seigneur Jésus Christ !” Sur le champ, le jeune homme devint muet ; honteux, repenti, il se jeta aux pieds de Luchesio pour lui demander pardon et Luchesio, après avoir prié, lui rendit la parole par un signe de croix.

Beaucoup des malades de Luchesio se convertirent et s’unirent aussi à son élan de charité, gagnés par l’exemple qu’il leur donnait de vraie tendresse, de vraie pauvreté, d’exemple de vraie vie chrétienne. Luchesio n’attendait pas d’être sollicité, il allait au-devant des misères, c’était sa joie de se donner totalement aux autres pour les aider. 

Près de Sienne se trouvait une vaste étendue marécageuse où l’on évitait de s’aventurer, habitée par de pauvres habitants presque tous atteints de la malaria. Luchesio prit son âne, le chargea de fébrifuges et de toniques et alla de porte en porte prodiguer ses soins aux malheureux. Mais maintenant, ce n’étaient plus ses soins qui guérissaient, mais sa seule présence, Dieu permettant à notre héros de faire des miracles, ce qui ne le rendait encore que plus humble ; et si on parlait de lui, il répondait tout simplement : “Oh, un homme ne vaut que ce qu’il est devant Dieu”. Il guérissait, ramenait les âmes à Dieu, trouvait aussi de nouvelles recrues pour le Tiers-Ordre, qui gagna bientôt la plus grande partie de la population.

Mais Luchesio n’était pas un “actif” ; il ne cessait de prier, il passait des heures en contemplation, à l’église, au chevet des malades, et on le voyait parfois immobile, insensible, transfiguré, entouré d’une lumière céleste. Il sortait de ces extases avec une âme renouvelée et radieuse. Sa méditation était la pauvreté et la souffrance de Jésus-Christ.

Désormais plus unis que jamais, les deux époux Luchesio et Buonadonna priaient ensemble, menaient une vie austère, où l’abstinence et le jeûne étaient leur vie ordinaire, loin des plaisirs. Ils couchaient sur le carreau, portaient cilice, se donnaient la discipline. Ensemble ils aimaient Jésus d’un amour chaque jour plus profond, qui les envahissait chaque jour un peu plus. Ayant tout donné, ils avaient trouvé le Royaume des Cieux. “Oh ! oui, Luchesio, disait Bonadonna, tu avais bien raison : il faut peu de chose pour être heureux ; il faut l’amour de Dieu.” Et c’est avec des larmes de bonheur qu’elle remerciait son époux de lui avoir montré les chemins de la joie.

La fin de leur vie est admirable. Ils moururent le même jour, à la même heure : Dieu leur fit cette dernière et touchante grâce de pouvoir, s’étant unis sur la terre dans un mariage céleste plus haut que le premier, s’envoler de concert en la Cité céleste vers laquelle ils avaient de concert voyagé et lutté, et de n’être point séparés une heure ni ici-bas, ni là-haut. Ceci arriva le 28 avril 1260, parmi les parfums du printemps italien, après quarante ans de cette vie héroïque.

Cette mort “eut la grandeur et la sérénité de celle des patriarches”. Comme ils étaient tous deux malades, l’état de Bonadonna s’aggrava tout à coup et Luchesio, oubliant son propre mal, se leva, alla la réconforter et l’engager à recevoir les derniers sacrements, et il trouva l’énergie de l’assister lui-même. Après la pieuse cérémonie, il lui dit, d’une voix où chantaient déjà toutes les allégresses du ciel : “O ma Bona, tu sais dans quelle union de cœurs nous avons servi ensemble notre bon Seigneur, voici qu’ensemble aussi nous allons partir pour être avec Lui là-haut. Oh ! Bona, bientôt ! tout à l’heure ! Mon cœur se fond à cette douce pensée… Attends-moi un peu : je vais à mon tour recevoir le saint Viatique, et puis j’irai au Ciel avec toi.”

Il traça sur elle un grand signe de croix et regagna péniblement sa couche. Son confesseur, le Père Hildebrand, du couvent des Franciscains, lui dit : “Mon cher frère Luchesio, soyez fort et préparez-vous à la venue de votre Sauveur, car elle est proche. Repoussez toute tentation ; vous pouvez m’en croire, aujourd’hui même, vous verrez le salut et la couronne de gloire.” Luchesio souleva un peu sa tête moribonde : “Aimable Père Hildebrand, dit-il en souriant, si j’avais attendu jusqu’à ce jour pour me préparer à mourir, eh bien ! tenez, je ne désespérerais pas encore de la bonté de Dieu, mais à vrai dire, je serais moins tranquille.” Et, levant les mains et les yeux au ciel : “Je vous rends grâce, s’écria-t-il, ô sainte et adorable Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, et à vous mon Père béni, bienheureux François, de m’avoir délivré des pièges de l’enfer, me voici prêt, libre et joyeux, et c’est à vous que je le dois par les mérites de la Passion de Notre–Seigneur Jésus-Christ !” Dans cette fête de son âme, il reçut les derniers sacrements. 

Puis, entendant que sa femme était à l’agonie, il fit un dernier effort, se traîna jusqu’à elle, prit ses mains dans les siennes et la réconforta par les plus douces et les plus sublimes paroles. Il défaillait. On le porta sur son lit. Aussitôt son regard devint fixe. On l’entendit murmurer : “Jésus… Marie… François, mon Père…” Puis il fit le signe de la croix, et son âme donna la main à celle de son épouse pour s’envoler au ciel.

Dieu avait révélé à Luchesio le jour prochain de sa mort. Des miracles eurent lieu sur le tombeau des saints époux. Plus tard, lors de guerres contre les Florentins, les Germains emportèrent le corps de Bonadonna, laissant là seulement un bras. Luchesio est le patron de Poggi-Bonzi : son culte a été approuvé et le Martyrologe le mentionne le 28 avril.

 

 

Louis Grignion de Montfort

1673-1716

 

C’est dans la petite ville de Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine) que naquit Louis, un des neuf enfants de l’avocat Jean-Baptiste Grignion et de son épouse Jeanne Robert, le 30 janvier 1673 et qu’il fut baptisé le 1er février suivant.

Le trait particulier de l’enfant fut son attrait constant pour la prière et sa dévotion pour Notre-Dame, en l‘honneur de laquelle il ajouta le nom de Marie au sien, le jour de sa Confirmation.

Après ses premières études à Montfort, il va au collège jésuite de Rennes. Outre qu’un excellent élève, c’est déjà un apôtre, empressé auprès des pauvres et des malades. Il loge chez son oncle, l’abbé Alain Robert de la Vizeule ; son directeur spirituel est un certain père Descartes, neveu du philosophe René ; c’est surtout le père Gilbert, futur missionnaire, qui exerce sur lui la meilleure influence.

Monsieur Grignion s’installe à Rennes et confie à Louis les études de ses deux jeunes frères, ce qu’il assume en combattant beaucoup son caractère violent et irascible, comme il dit lui-même. A la suite de prières intenses et de pénitences sévères, il obtient de la sainte Vierge un signe qu’il sera prêtre.

Il part à Paris pour se préparer au sacerdoce, en 1693. Le papa n’était pas très satisfait de cette séparation, mais y consentit tout de même. A Paris, les études de Louis furent payées par une pieuse dame charitable. Louis se présentait cette fois-ci en tenue de mendiant, sous son «simple» nom de Montfort.

Avant d’entrer au séminaire, il passa déjà par maintes épreuves : une disette fit qu’on le priva de sa pension ; la fatigue le conduisit à une grave maladie, et à l’hôpital. Mais ses réactions calmes et patientes l’aidèrent à être admis au séminaire de Saint-Sulpice. Il fut soumis à un règlement sévère, qu’il accepta et appliqua sans opposer résistance, avec la plus profonde humilité. Ses supérieurs lui confièrent l’instruction des jeunes gens et des domestiques, lui permirent d’aller en pèlerinage à Notre-Dame de Chartres et à Notre-Dame de Paris.

Il fut ordonné prêtre en 1700.

Le grand combat qu’il dut affronter, fut la lutte contre les confrères jansénistes, dont l’erreur gangrenait le clergé.

Louis-Marie était aussi un original, presque un peu provocateur, par ses pénitences, ses attitudes, aussi les confrères - et les évêques, eurent souvent des réactions négatives pour Louis-Marie : celui-ci eut la sagesse, à chaque fois, de ne jamais réagir mal à ces réprimandes, à ces exclusions, à ces moqueries.

Son premier poste fut à Nantes, où les prêtres se méfiaient de sa «doctrine». Il rencontra l’évêque de Poitiers une première fois, et consacra son temps à visiter les malades de l’hôpital. Après un bref retour à Nantes, il revint à Poitiers où l’évêque le nomma aumônier de l’hôpital.

Après la mort de l’évêque, il dut partir de l’hôpital. C’est toutefois à Poitiers qu’il fit la connaissance de Mademoiselle Trichet, avec laquelle il fondera les Sœurs de la Sagesse.

Il quitta Poitiers, pour aller aider sa jeune sœur, religieuse à Angers, contre l’influence des jansénistes ; il y retrouve son ancien protecteur, qui le jette littéralement dehors ; il retrouva sa sœur à Paris, mais eut le même traitement au séminaire où il se présenta. Il put enfin faire admettre sa sœur à Rambervillers.

De retour à Poitiers, Louis-Marie fut appuyé par le nouvel évêque.

C’est en 1703 qu’il fonda vraiment les Filles de la Sagesse, avec une douzaine de saintes filles, à leur tête Mademoiselle Trichet. Critiqué, Louis-Marie dut quitter Poitiers.

Lors d’un nouveau séjour à Paris (1703-1704), Louis-Marie accumula encore les humiliations. Mais l’archevêque lui confia la réforme des ermites du Mont-Valérien. Et le peuple de Poitiers le réclamait.

De nouveau évincé de l’hôpital de Poitiers, Louis-Marie se vit investi par l’évêque de la prédication à travers le diocèse.

Des paroisses de Poitiers, il gagna tous les diocèses de l’Ouest ; tour à tour expulsé par les évêques eux-mêmes, malgré les nombreuses conversions obtenues, Louis-Marie vint à Rome en 1706 pour consulter le pape : ce dernier l’encouragea vivement, avec le titre de Missionnaire apostolique, à évangéliser toute la France, pour en extirper le jansénisme.

Louis-Marie prêcha jusqu’à soixante-douze missions durant les dix dernières années de sa vie. En compagnie de son fidèle frère Mathurin, un pieux laïc tout dévoué à sa cause, il sillonnera toutes les régions de Bretagne : Angers, Mont-Saint-Michel, Rennes, Dinan… la liste est longue.

En 1707-1708, il s’associa à quelques missionnaires de Bretagne, dirigés par Dom Jean Leuduger, un chanoine de Saint-Brieuc. Puis il ira évangéliser dans le pays de Nantes, avec le frère Mathurin et le frère Jean, et son action sera d’une grande efficacité sur les âmes, au grand étonnement des confrères.

A Nantes, Louis-Marie fonda la Confrérie de Marie, reine des cœurs. A Pontchâteau, il fit construire un Calvaire : mal conseillé, Louis XIV le fit détruire ; reconstruit, il fut saccagé par les révolutionnaires en 1793, et encore reconstruit en 1821.

En 1711, Louis-Marie fut appelé à La Rochelle par l’évêque. Il y prêcha. Il fit construire un Calvaire qui, à son tour, fut détruit par le gouverneur. Il refit un voyage à Nantes pour conforter les fidèles dans leur conversion, comme faisait saint Paul. Puis il s’établit dans un petit ermitage à La Rochelle. C’est là qu’il rédigea le si fameux Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge.

En 1713, il remonta à Paris, dans l’intention de rencontrer de bons éléments pour fonder cette Société de missionnaires qu’il entrevoyait depuis longtemps : ce sera la Compagnie de Marie, communément appelée congrégation des Pères Montfortains. A eux s’adjoindront aussi les Frères de Saint-Gabriel.

Il repart sur Poitiers pour visiter Marie-Louise de Jésus (ex Mademoiselle Trichet) et les Filles de la Sagesse, puis rejoint La Rochelle ; il prêche durant le printemps de 1714.

Mai 1714 : nouveau voyage à Rouen, avec diverses étapes (Rennes, Avranches, Saint-Lô, Caen). De retour à La Rochelle en novembre, il y installa les Filles de la Sagesse.

En 1715, il repartit en Vendée, où il apostolisera jusqu’à la fin de sa vie. Il rédigea la Règle des Filles de la Sagesse.

En 1716, il apprit la mort de son père (21 janvier). Sa dernière mission fut à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée), le 5 avril.

Il y mourut le 28 avril, d’une pleurésie. Il n’avait que quarante-trois ans.

Louis-Marie Grignion de Montfort fut béatifié le 22 janvier 1888, canonisé en 1947.

On parle de le proclamer Docteur de l’Eglise.

 

 

Marie-Louise Trichet

1684-1759

 

Née le 7 mai 1684 à Poitiers, Marie-Louise était la quatrième d’une famille de huit enfants. Le père, Julien, était un juge à Poitiers, réputé pour son excessive honnêteté.

Dès l’enfance, la petite fille assistait à la Messe chaque jour, ce que ne manqua pas de remarquer un certain Louis-Marie Grignion de Montfort (v. supra), qui la prit sous sa direction spirituelle.

Ne pouvant, faute de dot, entrer chez les Chanoinesses de Saint-Augustin, elle commença par aller soigner les malades à l’hôpital, à partir de 1703, s’occupant en priorité des pauvres, des aveugles et des estropiés.

Elle réunit quelques compagnes, et commencèrent à vivre l’idéal montfortain des Filles de la Sagesse, qui s’établirent ensuite à La Rochelle en 1715. Marie-Louise prit le nom de Marie-Louise de Jésus.

Les Filles de la Sagesse devaient fondamentalement opposer l’idéal chrétien de la vraie Sagesse, aux idées philosophiques orgueilleuses du siècle des lumières.

Après la mort de saint Louis-Marie, Marie-Louise installa la maison-mère près de Poitiers où on la réclamait. Là, aidée par une autre ancienne dirigée de saint Louis-Marie, elle put ouvrir cette maison, justement à Saint-Laurent-sur-Sèvres, où mourut saint Louis-Marie.

Rapidement, plus de trente autres fondations s’ouvrirent dans tout l’Ouest de la France.

Marie-Louise de Jésus mourut le jour anniversaire de la mort de leur Fondateur, et au même endroit (Saint-Laurent), le 28 avril 1759.

Elle fut béatifiée en 1993.

Phaolô Phạm Khắc Khoan

1771-1840

 

Né en 1771 à Duyên Mậu (Ninh Bình, Tonkin), Phaolô (Paul) étudia auprès des pères des Missions Etrangères de Paris (MEP).

Ordonné prêtre, il collabora avec les missionnaires pendant quarante ans.

Malgré son âge avancé, il se déplaçait beaucoup. En revenant d’avoir visité des malades, il s’était arrêté dans une localité dont le maire le dénonça aux autorités. Il fut capturé avec ses deux catéchistes et emmené à Ninh Bình.

D’abord condamné à la décapitation, il fut condamné à la «mort avec sursis» en raison de son âge. Sa captivité se prolongea donc jusqu’en 1840. Un édit royal de novembre 1839 préconisait des efforts renouvelés de la part des autorités pour faire apostasier les Chrétiens. Mais le père Khoan rappela que le roi précédent les avait autorisés à prêcher, à instruire le peuple, à cultiver leurs champs en paix. Les prêtres recommandaient toujours, en outre, de prier pour le roi et les mandarins, pour la paix et la prospérité du royaume.

Début 1840, le mandarin fut remplacé et le procès reprit, pour aboutir à une sentence capitale définitive.

Parvenu au lieu du supplice, le père Khoan entonna un hymne à la gloire de Dieu : 

Adoration, hommages et respects soient rendus au Seigneur du ciel et de la terre, pour l’amour duquel nous allons mourir ! Nous faisons des vœux pour que le roi jouisse de toutes sortes de prospérités, qu’il règne longtemps et qu’il cesse enfin de persécuter une religion divine, la seule qui puisse rendre l’homme heureux.

Il fut décapité le 28 avril 1840, en même temps que les deux catéchistes Gioan Baotixita Đinh Vǎn Thành et Phêrô Nguyễn Vǎn Hiểu, avec lesquels il fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

Une fête commune célèbre ces glorieux Martyrs vietnamiens le 24 novembre.

 

 

Phêrô Nguyễn Vǎn Hiểu

1783-1840

 

Laïc vietnamien, Phêrô (Pierre) était né vers 1783 à Đồng Chuối (Ninh Bình, Tonkin).

Catéchiste, il fut décapité pour sa fidélité le 28 avril 1840, en même temps que le père Phaolô Phạm Khắc Khoan et le catéchiste Gioan Baotixita Đinh Vǎn Thành.

En se rendant au lieu du supplice, il entonna les strophes du Te Deum, qu’il alterna avec le père Phaolô et le catéchiste Gioan Baotixita, y ajoutant à la fin Benedicamus Domino (Bénissons le Seigneur) et Alleluia.

Béatifiés en 1900, canonisés en 1988, ils ont leur dies natalis commun au 28 avril, et leur fête commune le 24 novembre.

 

 

Gioan Baotixita Đinh Vǎn Thành

1796-1840

 

Gioan Baotixita (Jean-Baptiste) était né en 1796 à Nông Khê (Ninh Bình, Tonkin).

Catéchiste, il mourut décapité le 28 avril 1840, avec le père Phaolô Phạm Khắc Khoan et l’autre catéchiste Phêrô Nguyễn Vǎn Hiểu.

Le mandarin qui l’interrogea déclara : Thành a vraiment un corps de pierre, il ne fait pas plus attention aux coups qu’on lui donne que si l’on frappait du bois.

Tous trois furent béatifiés en 1900 et canonisés en 1988, et sont commémorés le même jour, le 28 avril.

Une fête commune célèbre ces Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

 

 

Pierre Chanel

1803-1841

 

Né le 12 juillet 1803 à Cuet (Montrevel-en-Bresse, Ain), Pierre-Louis était le cinquième des huit enfants de Claude-François Chanel et Marie-Anne Sibellas.

Pierre fut consacré à la Sainte Vierge dès avant sa naissance ; par reconnaissance, il ajouta le nom de Marie au sien.

Très (trop) sensible, il comprit qu’il devait combattre cette tendance.

La famille était pauvre ; Pierre garda le troupeau jusqu’à douze ans. Un bon prêtre le rencontra et l’aida à étudier, puis à entrer à l’école de Cras-sur-Reyssouze, en 1814.

Il fit la Première communion en 1817, à quatorze ans. C’est de cette époque que, à la suite de ses lectures, il ressentit une forte attraction pour les missions lointaines. Il éprouva cependant une forte tentation d’abandonner ses études : après avoir invoqué sa céleste Mère, la tentation disparut, ce qu’il appela toujours sa conversion.

En 1819 il partit au Petit séminaire de Meximieux, où il brilla pour ses vers en latin, ses discours en français et en latin, sa faculté d’assimilier la doctrine chrétienne, mais aussi son zèle à propager la dévotion à Notre-Dame.

Il passa au Grand séminaire de Brou et fut ordonné prêtre en 1827.

Il eut tour à tour les postes de vicaire à Ambérieu, curé à Crozet, avant d’être nommé au Petit séminaire de Belley où il fut professeur de 6e, directeur spirituel, économe et vice-supérieur.

C’est pendant ces années qu’il entra dans la Société de Marie, fondée récemment par le père Colin. Très marial depuis longtemps, il avait pour devise : Aimer Marie et la faire aimer. Or c’est justement à cette Société que le pape confia les missions d’Océanie. 

Pierre présenta spontanément sa candidature et partit du Havre à Noël 1836 pour arriver à Futuna dix mois après. Il était très heureux d’être ainsi déchargé du poids de l’administration du séminaire. Il allait en assumer un autre, bien plus glorieux !

Il célébra sa première messe à Futuna le 8 décembre 1837, en compagnie de deux autres confrères. Hébergé par le roi local, Niuliki, il apprit la langue du pays et baptisa les enfants mourants.

Au bout de deux ans, Pierre se sentit assez capable de prêcher et commença son travail d’évangélisation. Un de ses premiers combats : la lutte contre l’anthropophagie ! Il s’interposa entre les tribus qui se déchiraient en luttes fratricides. On le surnomma l’homme à l’excellent cœur.

Les conversions se multiplièrent, le roi en fut jaloux : il mit dehors les missionnaires et leur refusa les vivres.

Ils durent cultiver leur propre champ de manioc, que des ennemis détruisaient la nuit ; ils durent même manger leur chien. Menacé de mort, Pierre écrivait : La religion est implantée dans l’île, elle ne s’y perdra point par ma mort, car elle n’est pas l’ouvrage des hommes, mais elle vient de Dieu.

Le propre fils du roi se convertit à son tour, ce qui mit le comble à la fureur du roi.

Niuliki envoya toute une troupe armée à la hutte du père Chanel. On l’assomma à coups de bâton et de massue. Il reçut un coup de lance. Comme il respirait encore, le gendre du roi l’acheva d’un coup de hachette sur la nuque.

C’était le 28 avril 1841.

Contrairement aux espérances du roi, tous les habitants de l’île se convertirent peu après, même les assassins du Martyr.

Pierre-Marie Chanel a été béatifié en 1889, et canonisé en 1954.

 

 

Józef Cebula

1902-1941

 

(voir au 9 mai)

 

 

 

María Guggiari Echeverría

1925-1959

 

María Guggiari Echeverría est née le 12 janvier 1925 à Villarica (Paraguay), aînée d’une fratrie de sept enfants ; on connaît les noms de certains d’entre eux : Federico Augusto Ramón, María Teresa Arminda et Mañica González Raveti. Les parents s’appelaient Ramón et María Arminda.

Le papa appelait souvent son aînée Chiquitunga, intraduisible en français : «Toute petite Chérie», car María était toute menue.

Celle-ci fut baptisée en 1929 et reçut la Première Communion en 1937.

Tout cela s’est fait jusqu’à présent de façon «ordinaire», selon la coutume des familles chrétiennes. Mais María éprouvait le besoin de s’investir davantage ; en 1941, elle s’engagea de tout son cœur dans l’Action Catholique : elle avait alors seize ans, et les parents trouvaient son engagement exagéré. María persévérait, elle allait visiter et soulager des pauvres, des malades, des prisonniers, enseigner le catéchisme aux enfants.

María apparaissait à tout son entourage comme une fille joyeuse, sociable, serviable, modeste, simple. En octobre 1942 elle fit un vœu privé d’engagement dans l’apostolat, auquel elle ajouta celui de virginité.

En 1950, toute la famille s’installa dans la capitale, Asunción ; María y cherchait aussi du travail. Elle ne manqua pas de se rapprocher des rangs de l’Action Catholique, dont le responsable local était un jeune étudiant en médecine, Ángel Sauá, qui entretint avec elle une profonde amitié, très pure.

María en vint même à se demander si elle se marierait, tout en préférant la vie chaste : elle priait. Ángel, de son côté, sentit l’appel au sacerdoce et le lui dit en 1951. María décida d’apporter toute l’assistance dont aurait besoin Ángel, en particulier elle le cacha pour le protéger de son propre père, qui était musulman, et l’aida à partir à Madrid en 1952 pour achever ses études.

En novembre 1952, María se décida à entrer dans l’Ordre des Carmélites, mais rencontra momentanément l’opposition de ses parents. Elle intensifia son activité au sein de l’Action Catholique, dont elle devint responsable au niveau diocésain, en 1953. En 1955, elle reçut enfin l’habit au couvent des Carmélites, et prit le nom de María Felicia de Jésus Sacrement.

Elle maintint une correspondance assidue avec Ángel, désormais nouveau prêtre ; on en a conservé quarante-huit lettres. La vie contemplative ne signifie pas inactivité. La Supérieure du couvent décrivait ainsi María : Un grand esprit de sacrifice, charité et générosité, le tout enveloppé dans une grande douceur et une joie communicative, toujours vivante et joyeuse. María fit la première profession en 1956, pour une durée de trois ans.

En janvier 1959, cependant, la sœur de María mourut d’une hépatite virale ; María en ressentit elle aussi les premiers symptômes quelques jours plus tard et dut faire un séjour au sanatorium d’Asunción. S’étant apparemment reprise, elle revint au couvent mais, le Samedi Saint, 28 mars, elle eut une hémorragie et cracha du sang. Son frère, médecin, constata que l’hépatite avait évolué en purpura et qu’il ne pourrait malheureusement pas sauver sa sœur. Un mois plus tard, entourée de ses parents et frères et sœurs, elle demanda à la Mère Prieure, qui était présente aussi, de lui lire le poème de sainte Thérèse d’Avila (v. 15 octobre) : Je meurs de ne pas mourir ! A quatre heures du matin, elle sortit de son sommeil et murmura Jésus, je t’aime ! Quelle belle rencontre ! Vierge Marie ! Ce furent ses dernières paroles.

C’était le 28 avril 1959. Elle avait, pour ainsi dire, anticipé de quatre mois sa profession perpétuelle.

María Felicia Guggiari Echeverría a été béatifiée en 2018 ; elle est la première Bienheureuse du Paraguay ; elle sera commémorée le 28 avril au Martyrologe.

 

 

Gianna Beretta Molla

1922-1962

 

Née le 4 octobre 1922 à Magenta (Milan, Italie), jour de la fête de saint François d’Assise, Gianna (Jeanne) était la dixième des treize enfants de la famille Beretta. Les parents, très chrétiens, étaient du Tiers-Ordre franciscain.

De ces treize enfants, Enrico sera missionnaire capucin, Giuseppe prêtre à Bergame, Virginia religieuse à Canossa.

Pendant dix-huit ans, la famille vécut à Milan puis, après la mort de plusieurs enfants à cause de la grippe espagnole, à Bergame.

Gianna fit sa première communion en 1928, bénéficiant ainsi des nouvelles dispositions que saint Pie X avait préconisées pour avancer l’âge auquel les petits enfants pourraient recevoir l’Eucharistie.

Mais Gianna ne voulut pas en rester à un événement isolé : désormais elle voulut quotidiennement recevoir le Corps du Christ. Elle reçut la Confirmation en 1930.

Vive et sensible, Gianna fit de la musique, de la peinture, et de l’escalade.

En 1937, après la mort de sa sœur Amalia, la famille s’installa à Gênes, où Gianna fréquenta le lycée. A douze ans, elle dut interrompre ses études à cause de sa santé.

En 1941, la famille fuit les bombardements et se réfugia chez les grands-parents à Bergame : les parents de Gianna moururent l’un après l’autre à quatre mois d’intervalle.

En 1942, Gianna s’inscrivit à la faculté de médecine de Milan, puis de Pavie, et fut reçue au doctorat en 1949. 

Elle n’avait pas perdu son habitude de participer chaque jour à la Messe, et de prier le chapelet. Elle était aussi active à la paroisse, auprès des jeunes de l’Oratorio des Mères Canossiennes, dans l’Action catholique, dans les Conférences de Saint-Vincent-de-Paul.

Elle ouvrit un cabinet médical à Mesero en 1950 et se spécialisa en pédiatrie en 1952 : son horizon de charité englobait les pauvres, les mamans, les enfants, les vieillards. Elle était toujours auprès des jeunes, et continuait ses activités de loisirs (musique, peinture, alpinisme).

En 1955, elle épousa Pietro Molla, dont elle aura quatre enfants : Pierluigi, Maria Zita, Laura et Gianna Emanuela.

La naissance de cette dernière fut particulièrement dramatique et douloureuse. En effet, la maman dut être opérée d’un fibrome à l’utérus au deuxième mois de la grossesse. Elle demanda au chirurgien de sauver en priorité son enfant. Or, celle-ci naquit normalement le 21 avril 1962.

C’est après la naissance que l’état de Gianna empira rapidement : elle mourut le 28 avril 1962.

Des miracles se sont rapidement produits : Gianna Beretta Molla a été béatifiée en 1994, et canonisée en 2004.

A la cérémonie de la canonisation, était présente Gianna Emanuela, alors âgée de quarante-deux ans.

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26 avril 2024 5 26 /04 /avril /2024 23:00

27 AVRIL

 

I.

S Antoine, solitaire près de Lucques. 

II.

S Siméon, fils de Cléophas, deuxième évêque à Jérusalem, crucifié à cent-vingt ans. 

III.

Ss Alpinien et Austriclinien, évangélisateurs du Limousin, avec s. Martial.

IV.

S Pollio, premier des lecteurs de l'Eglise de Cybales, martyr.

S Théodore de Tabenne, disciple à quatorze ans de s.Pacôme et son successeur.

?

Ss Castor, Etienne et Genesius, martyrs à Tarse.

S Euloge l’Hospitalier, à Bethsaïde où il hébergeait les étrangers. 

V.

S Liberale, vigoureux adversaire des ariens à Altino et patron de Trévise.

S Théophile, évêque à Brescia.

S Tertullien, évêque à Bologne, à l’époque de l’invasion de l’Italie par Odoacre.

S Maugan, évêque ou abbé en Pays de Galles.

VIII.

S Lolion le Jeune, martyr grec.

IX.

S Ioannis de Kathara, abbé, persécuté et exilé par les iconoclastes sur l'île d'Afousia. 

XII.

B Alleaume, ermite flamand près du Mans. 

XIII.

Ste Zita, toscane, servante d’une grande famille ; elle est patronne de San Frediano où l'on vénère son corps encore intact ; patronne des gens de maison, elle est représentée dans ses vêtements de travail, portant sac et clé, ou encore avec pains et fleurs. 

XIV.

B Pedro Ermengol (Armengol), espagnol, chef de brigands ; à dix-neuf ans, il entra dans l’Ordre de Notre Dame de la Merci; en Alger il délivra des centaines de prisonniers et convertit des musulmans ; la Sainte Vierge le soutint miraculeusement quand il fut pendu pendant six jours, et il fut relâché.

XV.

B Giacomo de Iadere Varinguer d’Illyrie, frère lai franciscain, dont le corps est resté sans corruption.

XVI.

Bse Catherine (Ozana) Kosić, orthodoxe convertie, ermite tertiaire dominicaine, mystique à Kotor (Montenegro).

XVII.

B Nicolas Roland, prêtre à Reims, fondateur des Sœurs du Saint Enfant-Jésus, pour les jeunes filles pauvres, béatifié en 1994.

XIX.    

B Yun Yu-o Iacobus, laïc coréen martyr, par décapitation, béatifié en 2014.

XX.

Bse María Antonia Bandrés y Elósegui (1898-1919), espagnole, des Filles de Jésus, béatifiée en 1996.

Bx Noël Tenaud (1904-1961), prêtre des Missions Etrangères de Paris, et Joseph-Outhay Phongphumi (1933-1961), catéchiste laïc, martyrs au Laos, béatifiés en 2016.

Siméon de Jérusalem

† 107

 

On a parlé de Siméon dans la notice concernant sainte Marie de Cléophas (24 avril).

Siméon (qui n’est pas l’apôtre Simon), était donc le fils de Marie de Cléophas, de son troisième mariage (avec Jonas) après avoir été veuve deux fois.

L’évangile parle effectivement de Siméon, fils de Marie (Mt 13:55). C’est, au sens sémitique, un «frère» du Seigneur, qu’il a certainement vu et entendu.

Après le martyre de Jacques (le Majeur), qui fut le premier évêque à Jérusalem, la communauté chrétienne tint conseil pour lui donner un successeur. Ce n’était pas simple formalité, mais l’expression de leur désir d’avoir à leur tête une autorité désignée par Dieu.

Leur choix, après qu’ils aient prié et invoqué l’Esprit, se porta à l’unanimité sur Siméon, surnommé le Juste. L’historien Eusèbe rapporte ce fait. L’autre historien, Hégésippe, écrivit que cette élection eut lieu après la destruction de Jérusalem.

Lors de cette catastrophe, Vespasien et Domitien donnèrent l’ordre de poursuivre et exterminer tous les descendants de David. Mais Siméon échappa aux recherches.

Sous Trajan, une nouvelle persécution se déchaîna contre les Chrétiens. A Jérusalem, des hérétiques (il y en avait déjà : les ébionites, par exemple) s’allièrent aux païens contre les Chrétiens et leur chef. 

Siméon fut accusé comme chrétien, mais aussi comme membre de la race de David, parent de ce Christ exécré par les Juifs. La double accusation fut accueillie par le légat consulaire de la Palestine, Tiberius Claudius Atticus. Le saint vieillard - il avait cent-vingt ans - rendit témoignage de sa foi et fut torturé pendant plusieurs jours ; son courage frappa d’étonnement Atticus et les spectateurs, surpris de voir une telle patience chez ce vénérable vieillard. Enfin il fut mis en croix comme notre divin Sauveur, et expira dans ce supplice.

Ce pouvait être en 107.

Conformément à la tradition des Grecs, saint Siméon de Jérusalem est commémoré au Martyrologe le 27 avril.

 

 

Pollio de Cybales

† 304

 

L’ancienne ville de Cybales (Pannonie) se trouverait non loin de l’actuelle Sremska Mitrovica (Serbie).

Des lecteurs de l’Eglise de Cybales, Pollio était le premier. Sa charge était donc de proclamer la parole de Dieu dans l’Ecriture.

Les édits de persécution de l’empereur Dioclétien ayant été promulgués, le préfet de Sirmium chercha à les appliquer sans attendre.

Un prêtre, Montanus, fut mis à mort (v. 26 mars), puis l’évêque Irenæus (v. 6 avril). Il s’attaqua ensuite aux villes voisines, dont Cybales, où avait déjà été martyrisé autrefois l’évêque Eusebios (non recensé dans le Martyrologe).

Pollio fut alors arrêté et longuement interrogé. Il affirma haut et fort sa qualité de chrétien, de premier des lecteurs, et sa ferme conviction d’être sauvé par le Christ et d’avoir part à la résurrection.

Pollio fut condamné à mort, et brûlé vif en dehors de la ville, le 27 avril 304.

Saint Pollio de Cybales est commémoré le 27 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Théodore de Tabenne

314-368

 

Théodore naquit vers 314 en Haute-Egypte.

A onze ou douze ans, il résolut de se consacrer entièrement à Dieu : tout son temps passait en prière, en jeûne, en étude aussi auprès d’un maître de grammaire.

A quatorze ans, il se retira dans un monastère proche de Latopolis, puis rejoignit l’illustrissime Pacôme (v. 9 mai) à Tabenne.

Son attachement à Dieu et sa soumission à Pacôme étaient tels, qu’il n’accepta pas même de voir sa mère venue le voir, de peur d’être tenté de rentrer dans le monde.

Pacôme eut une telle confiance en la fidélité, en la discrétion, en la sainteté de son disciple, qu’il le prit comme compagnon pour aller visiter les sept monastères qui dépendaient de sa juridiction : il devait bien y avoir des centaines de moines qui vivaient sous la Règle de Pacôme.

Cinq ans plus tard, vers 344, Pacôme annonça à Théodore de se préparer à recevoir le sacerdoce. Puis il lui confia le monastère de Tabenne. Tous les soirs, Théodore se rendait auprès de Pacôme, à Pabau, pour en recevoir les instructions à transmettre aux moines de Tabenne.

Deux ans avant la mort de Pacôme, les moines, unanimement, arrachèrent à Théodore la promesse qu’il succéderait à Pacôme. Ce dernier n’apprécia pas : il lui retira la direction de Tabenne et lui donna l’ordre de se mettre au dernier rang, après les novices. Théodore accepta en silence cette humiliation pendant deux années. Il y gagna beaucoup en sainteté.

A la mort de Pacôme (346), son successeur fut Pétrone, puis Orsice. Celui-ci fit savoir à Théodore que c’était la volonté de Pacôme qu’il reprît alors la direction du monastère. Théodore gouverna les moines, en conservant près de lui Orsice comme conseiller ; il dirigea les moines avec sagesse, prudence, rencontrant chacun en particulier, reprenant les fautes avec douceur et, le cas échéant, préférait intensifier la prière et le jeûne pour obtenir l’amendement de quelque récalcitrant.

Théodore reçut le don des miracles et de prophétie.

Un dimanche de 368, il quitta l’office pour aller assister un moine mourant, qui fut enterré le jour de Pâques. Théodore annonça alors aux moines la mort prochaine d’un autre moine, à laquelle on s’attendait peu. Après l’octave de Pâques, il réunit tous les moines, leur tint un discours touchant et plein d’amour fraternel. Il tomba malade et rendit son âme à Dieu le 27 avril 368.

Il fut inhumé dans le même tombeau que Pacôme. Saint Athanase (v. 2 mai) assura les moines que Théodore était déjà entré dans la gloire céleste.

Saint Théodore de Tabenne est commémoré le 27 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Liberale d’Altino

400-437

 

Le premier évêque d’Altino (Venise, Italie NE) fut Eliodorus, mort vers 409. Il fut de ceux qui, en 381, se prononça contre les Ariens durant le synode d’Aquilée. Il ne semble pas qu’il ait participé au concile de Constantinople de la même année.

Il eut pour disciple Liberale, un jeune homme issu d’une noble famille d’Altino. Certains spécialistes disent aujourd’hui que Liberale serait romain, ou même nord-africain…

Liberale imita Eliodorus dans son ascèse, accordant une large place à la méditation, à la prière, mais aussi aux œuvres de miséricorde, auprès des malades et des pauvres.

Il soutint fidèlement Eliodorus dans la lutte contre l’hérésie. Mais il eut aussi à souffrir des vexations que lui imposèrent les ariens.

Quand Eliodorus renonça à l’épiscopat et se retira dans la lagune de Venise, Liberale chercha à le rejoindre : parvenu à l’île de Caltrazio, où se trouvait Eliodorus, il ne put le retrouver et mourut alors sur cette petite île, le 27 avril 437.

Inhumé à Altino, son corps fut ensuite transféré à Trévise, dont les habitants le choisirent comme Patron céleste.

Saint Liberale d’Altino est commémoré le 27 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maugan de Mona

6e siècle

 

Le nom de ce grand Saint du Pays de Galles serait à l’origine Malcan ou Malcant, et comporte un nombre de variantes rarement égalé : Maugan, Mawgan, Mauchan, Mawan, Maugand, Malgand, Magaldus, Meugan, Meugant, Meygan, Moygan, Morgan, Migan, et d’autres encore… Parmi ceux-ci, le Martyrologe opte pour Mauganus ou Magaldus.

L’incertitude divise les spécialistes : Maugan aurait été évêque et aurait soutenu un grand mouvement monastique et missionnaire dans tout le Pays de Galles, les Cornouailles et la Bretagne. Ou bien il aurait été simplement un barde gallois, disciple de s.Iltut et s.Dubricius (v. 6 et 14 novembre).

Il serait mort dans l’île de Bardsey, tandis que le Martyrologe le fait mourir plus au sud, dans l’île de Mona (act. Angelsey), ce qui a déterminé le choix du titre de cette notice.

En Ille-et-Vilaine se trouve la ville de Saint-Maugan.

Saint Maugan de Mona est commémoré le 27 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannis de Kathara

767-835

 

Ioannis était né vers 767 à Irénopolis, une des villes de la Décapole d’Isaurie (act. Turquie SE), de Theodoros et Gregoria.

Ces pieux parents confièrent leur fils, âgé de neuf ans, à un monastère. L’âge minimum habituel était de dix ans, avec quelques rares exceptions, dont notre Ioannis.

Après les premières études, Ioannis fit la première profession comme moine.

Son maître l’emmena au second concile de Nicée (787) ; ce «maître» était peut-être l’un des nombreux higoumènes qui signèrent les actes du concile, mais on n’en connaît pas les monastères. On ne sait donc pas dans quel monastère vivait Ioannis.

Mais après le concile le même «maître» devint higoumène du monastère de Dalmate, près de Constantinople, où le suivit également Ioannis.

C’est là qu’il reçut le sacerdoce.

Vers 805, Ioannis devint higoumène (supérieur) du monastère de Kathara, souvent dit des Cathares. On a situé ce monastère en Bithynie (act. Turquie NE). C’est dans ces années-là que Ioannis devint très ami avec s.Théodore Studite (v. 11 novembre).

Vers 815, Ioannis fut convoqué devant l’empereur pour y être examiné sur sa foi. Sa franchise lui valut d’être fouetté en plein visage. Après cette pénible flagellation, il fut gardé en prison en différents lieux et pendant dix-huit mois, les fers aux pieds. 

Ramené devant l’empereur, et acclamé sur son passage, il confirma cependant devant l’empereur ainsi que devant le patriarche hérétique la doctrine sur le culte des Images, ce qui lui valut une nouvelle incarcération au fort de Kriotauron : il resta là pendant deux années, dans un réduit obscur et très étroit, avec toutes sortes d’épreuves.

En 820, l’empereur Michel II lui ayant rendu la liberté, Ioannis put alors rejoindre à Chalcédoine d’autres évêques et higoumènes victimes de la persécution, puis il réintégra son monastère.

Mais sous l’empereur Théophile, Ioannis fut à nouveau exilé, cette fois-ci sur l’île d’Afusia (act. Mer de Marmara), où on l’expédia avec d’autres confesseurs.

Cet exil dura deux ans et demi, pendant lesquels on ne lui épargna aucune souffrance et au terme desquels il s’éteignit, en 835.

Saint Ioannis de Kathara est commémoré le 27 avril dans le Martyrologe Romain.

Zita de Lucques

1218-1272

 

Zita naquit vers 1218 à Bozzanello (Lucques, Toscane, Italie), de parents fort pauvres, mais fort chrétiens aussi.

Toute l’enfance de Zita se passa selon cette simple référence : Ceci plaît à Dieu, cela déplaît à Dieu. 

Jeune adolescente, elle alla dans le pays avec son panier garni de fruits, qu’elle vendait en parcourant les ruelles. Touchés par cette innocence, les gens s’empressaient et le panier revenait toujours vide à la maison. 

Une bonne famille de Lucques, les Fatinelli, prit Zita parmi ses domestiques. Si cette position soulageait les parents de Zita, ils n’en étaient pas moins assez tristes de s’en séparer, mais surtout très inquiets pour leur fille, qui était si ignorante du monde.

Zita assuma sa nouvelle position avec toute l’humilité et la disponibilité nécessaires et gagna d’abord la confiance de ses maîtres.

Aux aumônes qu’ils lui faisaient distribuer aux pauvres, elle ajouta le fruit de ses privations, se contentant pour elle d’un simple morceau de pain ; dormant par terre pour donner son lit à une pauvre femme…

Les autres domestiques la dénoncèrent ou même la calomnièrent, en rapportant aux patrons ses «trop grandes» libéralités ; elle fut grondée, battue même, mais elle reçut tous ces reproches comme des bénédictions et autant d’occasions de s’humilier davantage et de se sanctifier, allant même remercier sincèrement ceux ou celles qui l’avaient dénoncée. Sa douce bonté triompha et elle retrouva la confiance de ses patrons.

Tous les matins à l’église pour prier, un jour elle ne vit pas l’heure passer. Rentrée d’urgence à la maison pour cuire le pain, elle trouva la pâte déjà toute prête et demanda en vain qui l’avait préparée, mais c’étaient de toute vraisemblance les anges qui s’étaient chargés de la besogne. Le service ne fut pas retardé d’une minute !

Parvenue vers la soixantième année de cette vie de service, Zita sentit en avril une petite fièvre qui tourna en de fortes douleurs ; elle mourut le 27 avril 1272 ; une grande lumière apparut à cet instant au-dessus de son lit.

On dressa le procès-verbal de cent-cinquante miracles opérés sur son tombeau. Son culte se répandit rapidement dans toute l’Europe. Le corps de Zita fut retrouvé incorrompu encore au 17e siècle.

Zita fut canonisée en 1696, et devint la sainte patronne des habitants de Lucques, mais aussi des domestiques.

 

 

Pedro Ermengol

1238-1304

 

Pedro Ermengol ou Armengol était né à Tarragona en 1238, de la famille des comtes d’Urgel, et reçut une excellente éducation, mais n’en profita guère, car au moment de choisir un état de vie, il quitta les siens, tomba dans toutes sortes de désordres et d'excès. Il se fit chef d’une bande de brigands qui parcouraient les montagnes, détroussaient les voyageurs et parfois leur donnaient la mort. 

Au plus fort de ses égarements, il se prit un jour à réfléchir, se rendit compte de sa chute lamentable : touché de repentir, il alla se jeter aux pieds d’un religieux de Notre-Dame de la Merci, lui confessa ses crimes et lui exposa ses terreurs. Le religieux auquel il s’était adressé était le vénérable Guillaume de Bas, successeur de saint Pierre Nolasque (v. 31 janvier) et Français d’origine. Il reconnut la sincérité d’un tel repentir et consentit à admettre ce jeune homme dans son noviciat de Barcelone. 

Pedro n’avait que dix-neuf ans : après une année de pénitence, il reçut l’habit de l’ordre. Alors il était devenu un homme nouveau que les austérités n’effrayaient point ; il se couvrait de cilices, châtiait son corps, s’imposait des jeûnes rigoureux.

Bientôt ses supérieurs consentirent à l’adjoindre aux religieux qui allaient traiter du rachat des captifs. Pedro fit ses premiers essais dans les royaumes de Grenade et de Murcie. Sa charité, sa prudence et son zèle déterminèrent le général de l’ordre à l’envoyer à Alger. Dans l’espace de deux mois, notre ardent religieux racheta trois-cent quarante-six esclaves qu’il fit partir aussitôt pour l’Espagne. A Bougie, il délivra quelques-uns de ses frères retenus comme otages et brisa les fers de cent dix-neuf chrétiens. 

Il se préparait à revenir en Europe quand il apprit que dix-huit enfants chrétiens étaient exposés chez leurs maîtres à perdre la foi et à tomber dans la dépravation. Il alla aussitôt les trouver, les exhorta à demeurer fermes ; puis rassuré sur leurs bonnes dispositions, il traita de leur rançon pour trente mille ducats. Mais l’argent lui manquait, il proposa alors de demeurer lui-même comme otage pendant que le religieux son compagnon irait conduire ces enfants et rapporterait la somme convenue. La proposition fut agréée, les enfants rendus à la liberté purent être embarqués pour l’Espagne avec les autres esclaves rachetés.

Durant sa captivité volontaire à Bougie, Pedro trouva de fréquentes occasions d’exercer sa charité : non seulement il exhorta les esclaves chrétiens à demeurer fidèles à Dieu, mais il instruisit, convertit et baptisa plusieurs Maures. Les sectateurs de Mahomet s’émurent de cet apostolat ; ils firent jeter Pedro dans une noire prison où il serait réduit à mourir de faim. 

Les Turcs qui lui avaient vendu les dix-huit enfants chrétiens, voyant que l’argent tardait à venir, s’impatientèrent ; ils l’accusèrent d’être un espion envoyé par les rois chrétiens pour connaître l’état du pays, et ils le condamnèrent à être pendu. Sans retard, ils exécutèrent cette injuste sentence sur la demande des patrons dont Pierre était le débiteur ; il devrait rester suspendu pour que son cadavre fût la pâture des oiseaux de proie. 

Six jours s’écoulèrent après la pendaison. Guillaume Florentin, compagnon de Pedro, arriva d’Espagne à Bougie durant ce temps et on lui apprit la triste nouvelle. Il arriva au lieu du supplice en versant des larmes, mais sa surprise fut au comble quand il entendit Pedro suspendu lui adresser ces paroles : Frère, ne pleure pas, je vis soutenu par la très sainte Vierge qui m’a assisté durant les jours passés. Joyeux d’entendre un pareil langage, Guillaume s’empressa de détacher le corps. Les habitants de la ville et plusieurs matelots espagnols étaient là à contempler le spectacle. 

Quand il apprit ce miracle, le divan défendit de remettre l’argent aux barbares patrons ; il voulut qu’on l’employât à racheter vingt-six autres esclaves, fit remettre ceux-ci à Pedro et à son compagnon. Tous ensemble, religieux et captifs rachetés partirent aussitôt pour l’Espagne.

A partir de ce moment, Pedro conserva les traces visibles de son supplice : il avait le cou marqué sur le côté et le visage d’une extrême pâleur ; Dieu le permettait ainsi pour attester la réalité du miracle. 

Plein de reconnaissance envers la très sainte Vierge, Pedro se retira dans un couvent solitaire dédié à Notre-Dame des Prés ; il y passa dix ans dans les exercices continuels de la prière et de la pénitence, il n’avait pour nourriture que du pain et de l’eau. La réputation de sa sainteté et le bruit du miracle accompli en sa personne attirèrent dans cette solitude de nombreux visiteurs ; il les recevait avec bonté, soulageait et guérissait ceux qui étaient malades. Rappelant son supplice, il avait coutume de dire à ses frères : Croyez-moi, les seuls jours heureux que je pense avoir eus sont ceux que j’ai passés suspendu au gibet, car alors je me croyais bien mort au monde.

Il prédit son trépas plusieurs jours à l’avance ; une grave maladie survint ; il rendit son âme à son Créateur en prononçant cette parole du psalmiste : Toi, mon abri, ma part dans la terre des vivants (Ps 141:6).

C’était le 27 avril 1304, jour où il est commémoré au Martyrologe Romain.

En raison de son supplice, Pedro a été considéré comme martyr par certains, mais ce titre n’a pas été repris dans le Martyrologe Romain. Le culte a été approuvé en 1686.

 

 

Giacomo Varingez (Illirico)

1400-1490

 

Giacomo (Jacques) naquit à Zara (Côte Dalmate) vers 1400, fils de Leonardo Varingez et Beatrice. Son origine explique qu’on le nomme aussi Jacques d’Illyrie.

Fuyant l’avancée menaçante des Turcs, il vint à Bari et voulut entrer dans l’Ordre des Frères Mineurs franciscains.

Un couvent s’était ouvert en 1433 à Bitetto, près de Bari. Il y fit le noviciat comme frère lai. Il s’y distingua par la pureté de ses mœurs et sa modestie. A mesure qu’il progressait dans la recherche de la perfection, il devenait de plus en plus humble ; il fuyait avec soin toutes les occasions qui pouvaient le distinguer du commun des fidèles. 

Il priait continuellement, parfois il était ravi en extase.

Il fut quelque temps envoyé dans les couvents de Cassano Murge, Conversano et Bari, mais c’est à Bitteto qu’il passa la majeure partie de sa vie consacrée. On lui confia les charges de cuisinier, de quêteur, de jardinier, de portier, de sacristain. A ces occupations, il ajouta son souci des pauvres et des malades ; durant une épidémie de peste en 1482, malgré son grand âge, il se porta héroïquement au secours des malades et des moribonds.

Dieu lui donna d’accomplir des prodiges qui lui attirèrent la vénération de ses contemporains. Il avait une fois menacé une petite fille de lui donner du bâton si elle continuait à désobéir. Il fut attristé de la voir recommencer, mais ne voulut pas la battre : il alla planter son bâton dans le jardin du couvent et depuis, le bâton continue chaque année de grandir.

Giacomo mourut vers 1490 (ou même 1496 ?), le 27 avril.

Un siècle plus tard, on retrouva son corps sans corruption ; encore aujourd’hui on peut le voir, exposé à la vénération au couvent de Bitteto. 

La béatification eut lieu en 1700. La cause de canonisation a été reprise récemment.

 

 

Jovana Katarina Kosić

1493-1565

 

Jovana naquit le 25 novembre 1493 à Relezi (Zeta, Montenegro), de Pero Kosić, un prêtre orthodoxe comme son grand-père et son arrière-grand-père. Son oncle, moine, devint évêque à Zeta.

Petite, elle fut bergère et s’habitua vite à passer ses heures de solitude dans la prière.

On rapporte qu’elle vit un jour un très joli Bébé dans l’herbe et que, voulant le prendre dans ses bras, celui-ci disparut tout-à-coup. Elle devait avoir souvent d’autres apparitions de ce genre.

A quatorze ans, Jovana voulut rejoindre la côte vénétienne et s’établir à Kotor (actuel Montenegro), où elle espérait pouvoir prier davantage. Sa mère ne comprenait rien à ce langage et lui trouva une place de domestique dans la famille Bucca, qui était catholique.

Cette famille permit à la jeune fille de fréquenter l’église catholique autant qu’elle le désirait. Jovana put bientôt entrer officiellement dans l’Eglise catholique, prenant désormais le nom de Katarina (on se souvient qu’elle était née en effet le jour de la fête de sainte Catherine).

Elle apprit alors à lire et à écrire dans ses moments libres et put ainsi lire aussi bien en latin qu’en italien des livres de piété, et surtout la Sainte Ecriture.

Bientôt, Katarina se sentit appelée à davantage de solitude et voulut embrasser l’état d’ermite. Son confesseur la trouvait encore bien jeune, et l’établit dans une petite cellule proche de l’église Saint-Bonaventure à Kotor. Par une fenêtre, elle pouvait suivre la Messe, et par l’autre, elle pouvait répondre aux gens qui venaient lui confier des intentions de prières ou lui donner de la nourriture. Katarina fit le vœu de stabilité et la porte fut scellée. C’est à cette période de sa vie que remonte son nom de Katarina Kotorska.

Un tremblement de terre détruisit la cellule et Catherine se déplaça dans une autre cellule voisine de l’église Saint-Paul. A cette occasion elle devint Tertiaire dominicaine, et prit le nom religieux de Ozana, en souvenir de Osanna de Mantoue, une autre dominicaine mystique (v. 19 avril). Elle allait désormais suivre la règle dominicaine pendant plus d’un demi-siècle.

Un groupe de sœurs dominicaines s’établit non loin d’elle et la prit comme «supérieure» ; il y en eut tant, que l’on y construisit un véritable couvent. On en considéra Ozana comme la fondatrice, quoiqu’elle ne le fut jamais.

Ozana eut des visions de Jésus enfant, de la Vierge Marie, des Saints. Un jour, même le Diable prit les traits de Marie et lui suggéra d’alléger ses mortifications : Ozana comprit d’où venait la tentation et fit disparaître l’Ennemi.

On attribua à ses prières et à ses conseils la libération de Kotor lors de l’invasion des Turcs en 1539, ainsi que lors d’une épidémie de peste. Les gens accouraient de toutes parts pour obtenir par sa prière des grâces, pour rétablir la paix. On l’appela la trompette du Saint Esprit ou aussi la Maîtresse de Mystique, ou encore la vierge réconciliatrice, l’Ange de la paix.

Ozana mourut le 27 avril 1565 et fut béatifiée en 1934.

 

 

Nicolas Roland

1642-1678

 

Ce prêtre qui chercha en tout la sainteté, naquit à Reims le 8 décembre 1642, et fut baptisé le 23 juillet 1643. Son père était Jean-Baptiste Roland (1611-1673), ancien commerçant en draps et alors commissaire aux guerres ;  sa mère était Nicole Beuvelet (1617-1684).

Le garçonnet se montre très doué : il apprend à lire en quatre mois, à l’âge de cinq ans ! Il entre à huit ans au collège des Jésuites.

Il est “bien entouré” : son oncle, Philippe Roland, devient chanoine de la cathédrale ; son oncle et parrain, Mathieu Beuvelet, est ordonné prêtre en 1650 et tente de fonder une communauté de prêtres à Reims. Un autre oncle, Jean Roland, sera chantre et trésorier de l’Eglise de Reims, et vicaire général de l’Archevêque.

Nicolas, à onze ans, demande et reçoit la tonsure ! Sa vie intérieure se développe. Assistant à la messe de son oncle Mathieu Beuvelet, en 1655, il est favorisé d’une “extase” mystérieuse. Nicolas sent l’appel irrésistible à la sainteté.

Il connaît des tentations : il ne résiste pas à participer à un bal en 1660, mais en conçoit un vif remords, et ne cédera jamais plus à cette tentation mondaine. Quand passera le cortège royal conduisant l’Infante Marie-Thérèse et que toute la famille sera là à regarder, le jeune adolescent restera à prier devant le Saint-Sacrement.

En 1663, il achève ses études de théologie à Paris et est reçu docteur. En 1665, il est admis au Chapitre Métropolitain, alors qu’il n’est que diacre. Doué pour l’éloquence sacrée, il est nommé Chanoine théologal. Comme chanoine, il participera aux processions solennelles de la châsse de Saint Remi, lors de l’épidémie de peste qui sévira à Reims en 1668.

En 1670, le chanoine Roland prêche le carême à Rouen. Il s’efforce de supprimer de son style toute figure de style, toute grandiloquence artificielle. Il désire fonder une petite Communauté du Saint Enfant-Jésus, pour l’instruction des petites filles et la formation de bonnes maîtresses. C’était l’époque de la Fronde, et Nicolas veut venir en aide à l’enfance abandonnée. Il va ouvrir plusieurs écoles gratuites.

Fin 1670 il est ordonné prêtre et célèbre sa première messe le 11 janvier 1672.

Un de ses fils spirituels est Jean-Baptiste de La Salle, futur fondateur des Frères des Écoles Chrétiennes, pour l’instruction des petits garçons.

Touché par l’épidémie de fièvre pourpreuse qui sévit à Reims, il s’éteint le 27 avril 1678.

Le mois suivant arrive l’autorisation royale de la fondation de la Communauté. Les premières Constitutions seront approuvées en 1683. L’année suivante, huit religieuses émettent les vœux.

Le chanoine Nicolas Roland sera béatifié en 1994.

Yun Yu-o Iacobus

? -1801

 

Yun Yu-o Iacobus est un laïc coréen né à Yanggeun (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut décapité à Yeoju (Gyeonggi-do) le 27 avril 1801 et béatifié en 2014.

 

 

María Antonia Bandrés y Elósegui

1898-1919

 

Née le 6 mars 1898 à Tolosa (Guipuzcoa, Espagne), elle était la deuxième des quinze enfants de Ramon Bandrés, procureur, et Teresa Elósegui.

Elle fréquenta petite les Filles de Jésus, à Tolosa, fondées par la Mère Cándida María de Jésus (v. 9 août), et fut toujours un excellent modèle pour ses petits frères et sœurs.

De famille aisée, elle se tourna cependant vers les pauvres et les nécessiteux des faubourgs de Tolosa, développant avec d’autres femmes un grand apostolat d’évangélisation et d’assistance sociale, ce qui était rare pour l’époque.

Suivant sa vocation personnelle, et comme le lui avait prophétisé la Fondatrice elle-même, elle entra chez les Filles de Jésus en 1912, à Salamanque, et fit sa consécration en 1918.

Elle n’avait jamais été de très forte constitution, et sa santé baissa progressivement jusqu’à un état très grave. Son médecin put témoigner qu’il fut profondément ému de voir comment cette Religieuse restait très heureuse même dans ses moments difficiles et à l’approche de la mort. Comme nous sommes dans l’erreur, à propos de la vie ! disait-il, Voilà ce que veut dire «mourir»…

La mort de cette Religieuse de vingt-et-un ans impressionna énormément ce médecin agnostique et ses amis, car elle leur disait avec une entière conviction qu’elle savait où elle allait. Ils en donnèrent des témoignages oraux et écrits.

María Antonia offrit sa vie pour la conversion et le salut éternel de son oncle et de son grand-père. Elle aimait beaucoup les siens et ses amis, et conservait toujours son sourire au milieu de ses souffrances. La grâce divine la fit pénétrer très intimement dans le mystère de l’amour paternel de Dieu.

Elle mourut à Salamanque le 27 avril 1919, le jour où l’on fêtait Notre-Dame de Montserrat, en chantant l’air de «Marie, Mère de miséricorde».

Elle a été béatifiée en même temps que la Fondatrice, en 1996.

 

 

Noël Tenaud

1904-1961

 

Noël Alexandre Elie Tenaud naquit le 11 novembre 1904 à Rocheservière (Vendée).

Il fréquenta le Petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers, de 1924 à 1928 le Grand séminaire de Luçon, puis entra aux Missions Etrangères de Paris ; il fut ordonné prêtre en 1931.

Envoyé au Siam (partie du Laos, act. Thaïlande), il étudia la langue locale puis, de 1932 à 1934 il fut en poste à Tharae, avant d’être curé à Kham Koem, pendant six ans. C’est là qu’il connut Joseph-Outhay, qu’il s’adjoignit comme catéchiste et qui le suivra fidèlement jusqu’à la mort. Pendant ces années, le père Tenaud fit construire un grand mur de briques autour des terrains de l’église, dont les paroissiens seront très fiers pendant longtemps encore.

En 1940, tandis que le Laos était coupé de l’Indochine à cause de la guerre, Noël fut nommé curé à Nam Tok ; en 1943, il fut professeur à Hué ; en 1944 il fut curé à Pong Kiou.

Connu pour son caractère baroudeur (et son abondante barbe noire), Noël fit sauter des ponts pour empêcher l’invasion japonaise en 1945 ; pour cette attitude, il sera décoré en 1946 de la Légion d’Honneur, de la Croix de Guerre avec palmes, et aussi de l’Ordre du Million d’Eléphants par les autorités laotiennes. Puis il prendra ouvertement position contre les troupes communistes.

Devant l’évolution politico-militaire de la situation, il prit un long congé en France de 1946 à 1948.

De 1948 à 1951, il fut vicaire délégué pour le Laos, puis pro-préfet pour la préfecture apostolique de Thakheh, jusqu’en 1958.

En 1953, l’année de l’indépendance du Laos, un attentat faillit coûter la vie au Père Tenaud. Puis après l’enlèvement de plusieurs missionnaires (dont le p. Malo, v. 19 décembre), il fut procureur de toute la mission.

En 1958-1959, nouveau séjour en France. De retour au Laos, notre missionnaire rejoignit la difficile région de Savannakhet, basé à Tchépone, à deux pas de la frontière vietnamienne.

En avril 1961, le Père et son fidèle catéchiste, Joseph Outhay, partirent en tournée, malgré les menaces Vit Minh. Au retour, ils furent pris dans un guet-apens, arrêtés, interrogés et fusillés, le 27 avril 1961 à Muang Phalane (Savannakhet). On ne les retrouva jamais.

Noël Tenaud a été béatifié, avec son catéchiste, le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 27 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Joseph-Outhay Phongphumi

1933-1961

 

Joseph-Outhay Phongphumi naquit en 1933 à Kham Koem (Nakhon Phanom, Thaïlande), dixième des vingt-deux enfants de cette famille très catholique, dont cependant beaucoup moururent en bas-âge.

Le papa de Joseph-Outhay, Paul Khrua, fut catéchiste.

Joseph reçut le baptême le jour de Noël : ce détail lui valut le surnom de No-en, qu’il retrouvera en la personne du père Noël Tenaud.

De 1940 à 1945, il y eut une persécution qui priva le village de la présence du prêtre ; Paul Khrua se dépensa énergiquement pour maintenir la foi, tandis qu’une sœur des Amantes de la Croix complétait l’action religieuse dans le village : ainsi Joseph reçut une très forte influence, décisive pour son avenir.

En 1945, en raison de ses grandes qualités et de ses dons intellectuels, Joseph fut envoyé au Petit séminaire de Bang Nok Khuek.

Au terme des six années de ce Petit séminaire, Joseph revint dans son village, probablement - car il ne s’en est jamais ouvert - pour s’occuper fraternellement des survivants de sa famille : la maman était morte, lui qui était le dixième, se trouvait maintenant l’aîné de quatre petits frères et sœurs.

Joseph était alors un beau jeune homme, très droit, très zélé pour l’apostolat ; après son père, il dirigeait la prière et les chants, faisait les lectures, enseignait même le catéchisme aux plus petits.

On «imposa» presque à Joseph de se marier, en 1953 ; son épouse mourut en couches et la petite fille la suivit trois mois plus tard.

C’est à ce moment que le père Tenaud visita le village et proposa à Joseph de l’aider dans la catéchèse ; Joseph quitta sa famille, un peu à regret, mais revint chaque année revoir son vieux père et ses sœurs.

C’est ainsi que Joseph fut catéchiste à Pongkiou (Thakhek), de 1955 à 1958. Désormais, il ne devait jamais se séparer du père Tenaud.

En 1958 cependant, pendant le séjour du père Tenaud en France, Joseph fut appelé quelques mois à collaborer avec Mgr Kien, qui voulait fonder une congrégation d’enseignants, mais cette expérience prit vite fin avec le retour du père Tenaud : nommé dans la difficile région de Savannakhet (Laos), il supplia qu’on lui rendît son Joseph.

Tous deux savaient le danger qu’ils couraient, dans ces endroits minés par la guerilla. C’est au retour d’une tournée que le père Tenaud et Joseph furent victime d’une embuscade.

A vingt-huit ans, le 27 avril 1961, Joseph reçut la palme du martyre à Muang Phalane (Savannakhet).

Il se peut que le père Tenaud ait été tué immédiatement, et rapidement enterré le long de la route, tandis que Joseph, gravement blessé, expira ensuite à l’hôpital de Phalane.

Il a été béatifié le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 27 avril dans le Martyrologe Romain.

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25 avril 2024 4 25 /04 /avril /2024 23:00

26 AVRIL

 

I.

S Cletus, troisième pape (78?-90?), martyr, qu’on identifie parfois avec s.Anacletus (13 juillet) ; il est nommé au Canon Romain.

?

S Primitivus, martyr non loin de Rome, sur la Via Prænestina.

S Pierre, premier évêque à Braga, ordonné par s.Jacques et martyr (Ve ?).

IV.

S Basilios, évêque à Amasée, décapité et jeté à la mer pour avoir protégé la vierge ste Glaphyre.

S Lucide, évêque à Vérone ; contemplatif, il confiait les affaires temporelles à ses prêtres. 

Ste Exupérance, vierge à Troyes. 

VII.

S Trudbert, irlandais, ermite en Brisgau, assassiné par un serviteur du seigneur.

S Riquier, abbé à Centula ; sa sainteté et ses miracles poussèrent le roi Dagobert à venir le rencontrer et écouter ses conseils. 

S Emmon, évêque à Sens. 

IX.

S Paschasius Radbertus, enfant abandonné, élevé au monastère de Saint-Pierre de Soissons ; après une adolescence dissipée, il fut moine, maître des novices, écolâtre et abbé à Corbie puis se retira à Saint-Riquier ; historien et théologien, il est un des meilleurs écrivains de son époque, en particulier avec son traité sur l'Eucharistie.

XII.

Ss Guglielmo et Peregrino, père et fils, originaires de Syrie, ermites à Foggia.

XIII.

Bx Domingo et Gregorio, deux prêtres dominicains espagnols ; ils prêchèrent en Aragon.

XIV.

B Stéphane, évêque à Perm, très actif auprès des populations. 

Bse Aldobrandesca (Alda) Ponzio, siennoise mariée (et veuve) très jeune, entrée dans le Tiers-Ordre des Humiliés, mystique.

XX.

B Ramón Oromí Sullá (1875-1937), prêtre espagnol des Fils de la Sainte Famille, martyr à Barcelone, béatifié en 2013.

B Juli Junyer Padern (1892-1938), prêtre salésien martyr près de Barcelone, béatifié en 2001.

S Ráfael Arnáiz Barón (María Ráfael, 1911-1938), novice espagnol cistercien à San Isidro, béatifié en 1992, canonisé en 2009.

Bx Stanisław Kubista (1898-1940), prêtre polonais de la Société du Verbe divin, martyrisé au camp de Sachsenhausen, et Władysław Goral (1898-1945), évêque à Lublin, mort dans le même camp, béatifiés en 1999.

 

Cletus (Anacletus)

1er siècle

 

Une longue hésitation règne au sujet du nom du troisième pape : Clet ou Anaclet ?

Dans le Canon Romain de la Messe, on nomme : Lin, Clet, Clément.

Saint Irénée nomme : Lin, Anaclet, Clément.

Certains y ont vu deux personnages, d’autres un seul.

Ceux qui sont pour le dédoublement ne sont pas d’accord pour le jour de fête, 26 avril ou 13 (12) juillet.

Actuellement, le Martyrologe Romain a opté pour un seul personnage, saint Clet (Cletus), troisième pape, fêté le 26 avril.

De ce dernier, on sait très peu de choses, tirées du Liber Pontificalis : 

Clet, romain, fils d’Emilien, fut élu pour succéder à Linus. Il siégea durant les règnes de Vespasien et de Titus, pendant six ans, un mois et onze jours, et, après avoir ordonné vingt-cinq prêtres, il reçut la couronne du martyre.

Le pontificat de Clet peut donc se situer autour de l’an 80, mais apparemment un peu plus que les six années mentionnées plus haut. Les dates de saint Lin et de saint Clément 1er étant incertaines, celles de Clet le sont aussi.

 

 

Primitivus de Gabies

† ?

 

Saint Primitivus fut martyrisé à Gabies, ancienne localité à une vingtaine de kilomètres à l’Est de Rome.

On n’a aucune autre indication sur lui.

Saint Primitivus de Gabies est commémoré le 26 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcellinus

296-304

 

Marcellinus était le fils d’un romain, Proiectus.

Il fut élu pour succéder à Caius et fut le vingt-neuvième pape.

Il ordonna cinq évêques, quatre prêtres et deux diacres.

Victime de l’impitoyable persécution de Dioclétien, il fut arrêté et sommé d’offrir l’encens aux idoles. Le Liber Pontificalis rapporte qu’il le fit, mais qu’ensuite, pénétré de douleur pour son geste apostat, il retourna devant l’empereur, confessa hardiment sa foi et eut la tête tranchée.

D’autres sources nient cet épisode, sans qu’on puisse actuellement se prononcer de façon sûre.

Il fut inhumé dans la catacombe de Priscilla, sur la via Salaria.

Son successeur sera saint Marcel Ier.

Marcellinus, par son humble exemple de pénitence, mérita le martyre et la vénération de l’Eglise. Il fut longtemps nommé au 26 avril dans le Martyrologe, mais n’est plus mentionné dans l’actuel, à cause des incertitudes mentionnées ci-dessus.

Son dies natalis était historiquement le 25 octobre, mais on l’y laissera ici, pour mémoire. Que Dieu nous pardonne si nous nous trompons.

 

 

Basilios d’Amasée

† 322

 

Basilios était évêque d’Amasée (Pont, auj. Amasya, Turquie NC).

On sait qu’il participa aux synodes de Gangres et Néocésarée en 314.

Un épisode, parfois contesté, a rendu célèbre Basilios et causa d’ailleurs son martyre.

Basilios aurait reçu et caché une jeune vierge, Glaphyre, qui s’était déguisée en homme pour échapper à la turpitude de l’empereur Licinius. Mais celui-ci avait ses émissaires et Glaphyre fut retrouvée, chez Basilios.

Durant le trajet vers Nicomédie, Glaphyre fut rappelée à Dieu. 

Parvenu sur le littoral où l’avaient conduit ces émissaires, Basilios pria encore une fois pour son troupeau, donna le baiser de paix aux prêtres et aux diacres qui l’accompagnaient, et eut la tête tranchée.

Son corps, jeté à la mer, revint miraculeusement au rivage.

On pense que ce martyre eut lieu le 28 mars 322. Le 26 avril serait plutôt la date de la translation du corps de Basilios à Amasée.

Saint Basilios d’Amasée est commémoré le 26 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Riquier de Centula

560-645

 

Ricarius, devenu Riquier en français, naquit vers 560 près de ou à Centula (Ponthieu), d’une famille noble du pays.

Jeune encore, il vit arriver dans la région deux missionnaires irlandais, nommés Caidoc et Fricor. Contrairement à l’accueil grossier que la population réserva à ces hommes, Riquier les accueillit chez lui ; en retour, ils lui annoncèrent le Christ.

Désormais, Riquier chercha à propager la Parole de Dieu ; convaincu et convainquant, il amena à la Vérité les gens qui auparavant s’étaient moqués des missionnaires. Il vivait d’aumônes, ou du moins de ce qui lui restait quand il avait presque tout distribué aux pauvres ; il alla soigner des lépreux, et accomplit toutes sortes de miracles envers les malades.

Il se déplaçait à cheval ; un jour qu’on lui tendit un enfant, afin qu’il le bénît, le cheval se cabra et faillit écraser et Riquier et l’enfant ; désormais, il remplaça le cheval par l’âne.

Comme cela arrive souvent, des vocations se présentèrent à Riquier, pour lesquelles il construisit un monastère et une église (625). Le roi Dagobert Ier y vint aussi, qui reçut avec empressement les conseils que lui donna Riquier pour être un souverain juste, honnête, soumis à Dieu dont il avait reçu le pouvoir.

Riquier reçut tant d’aumônes, qu’il put assouvir son désir de racheter des esclaves chrétiens, qu’il ramena d'Angleterre.

Désirant cependant se préparer mieux encore à la mort, il se retira dans une petite cabane proche d’Argoules et qui devait devenir la Celle de Forestmoutier. Sa sainteté était admirable et il jouissait d’un grand empire sur toute la nature : les oiseaux venaient picorer dans ses mains.

Un de ses disciples, Sigobard, fut témoin de cette vie extraordinaire. Plus extraordinaire encore, le père de Sigobard conçut une profonde amitié pour Riquier et, après sa mort, toute sa famille, de l’épouse aux domestiques, entra dans les ordres ! Tous ceux qui imploraient les prières de Riquier étaient exaucés, les malades guéris.

Riquier demanda enfin à Sigobard de lui préparer son cercueil, et mourut tout saintement, le 26 avril 645.

Son corps fut ensuite reporté à Centula, où les miracles et les guérisons se multiplièrent. L’abbaye de Centula compta jusqu’à trois cents moines. C’est un siècle et demi plus tard qu’on y construisit la grande église abbatiale, où se déroule aujourd’hui un festival de musique classique au mois de juillet.

Saint Riquier est commémoré le 26 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Paschasius Radbertus

785-865

 

Paschasius Radbertus naquit vers 785.

Tout jeune orphelin, il fut abandonné sur les marches du couvent de Notre-Dame de Soissons, dont les moniales prirent soin de lui et envers lesquelles il voua toujours une profonde reconnaissance, appelant ces Religieuses fleurs de l’Eglise et honneur du divin Epoux. L’abbesse, Theodrara, était la sœur d’Adalhard de Corbie (v. 2 janvier) ; on l’a dite aussi cousine germaine de Charlemagne.

Le jeune garçon reçut trop tôt la tonsure cléricale et alla passer quelque temps dans le monde, mais il se ressaisit et demanda son admission à l’abbaye de Corbie.

L’abbé Adalhard reçut le jeune garçon parmi ses moines. Après la mort d’Adalhard (826), c’est le frère de ce dernier, Wala, qui lui succéda. Paschasius étudia sous la direction de ces deux frères (et abbés).

En 822, il les accompagna en Saxe pour la fondation du monastère de Corvey, puis fut chargé de diverses missions auprès des rois de France ou de l’empereur.

Dans les années 831-833, il composa entre autres son si fameux traité sur l’Eucharistie De Corpore et Sanguine Domini, les deux Vies d’Adalhard et de Wala et enseigna les jeunes moines, relevant ainsi beaucoup le niveau culturel de l’abbaye.

Wala mourut à Pavie en 835 ; son successeur n’était pas si favorable à Paschasius et même publia un ouvrage contre lui, mais un autre théologien, Rabanus Maurus (v. 4 février), prit nettement parti pour Paschasius et c’est cette doctrine qui prévalut ensuite.

On a aussi un De Partu Virginis, sur la nature de la Vierge Marie et la naissance du Christ. D’autres ouvrages sont perdus.

En 844, Paschasius fut élu abbé, mais n’accepta jamais le sacerdoce. Comme saint Benoît, il resta diacre ; il n’avait pas soixante ans et résigna sa charge en 851, peut-être parce que certains moines restaient partisans de l’abbé précédent.

Paschasius se retira dans le proche monastère de Saint-Riquier et ne revint dans celui de Corbie qu’à la fin de sa vie, comme simple moine, et y mourut le 26 avril 865, ayant supplié les moines de ne pas écrire le récit de sa vie, ce qu’ils firent malheureusement trop scrupuleusement !

Après les nombreux miracles avenus sur le tombeau de Paschasius, il fut canonisé en 1075.

Domingo et Gregorio en Aragon

13e siècle

 

Domingo et Gregorio étaient deux prêtres dominicains appartenant à un couvent de Castille (Espagne NO). On ne sait rien de plus sur leur personnalité ; une sainte amitié les unissait dans leur zèle pour prêcher la Vérité.

Ils étaient en train de parcourir l’Aragon, prêchant la bonne Parole dans ces régions récemment reprises à la domination maure. Toujours à pied, sans or ni argent, quêtant chaque jour leur pain là où ils passaient, ils édifiaient les gens par leur sainteté de vie.

Ils étaient dans la région de Huesca et Barbastro. Sur la route de Perarrúa, ils furent surpris par un violent orage, sur une route où ne se trouvait aucun abri possible, de sorte qu’ils allèrent se placer sous un rocher sur le bord du chemin. Il y eut alors un terrible craquement, et ils furent tous deux écrasés sous une énorme masse détachée du rocher.

Dans le même moment, les cloches des paroisses avoisinantes se mirent à sonner d’elles-mêmes ; on vit une grande lumière à l’endroit de l’accident et les corps des deux Religieux furent ainsi retrouvés. On se disputa leurs reliques : la paroisse de Berians les reçut.

Des miracles eurent lieu près de leurs tombes. Le culte s’établit et fut confirmé en 1854.

Les deux Bienheureux Domingo et Gregorio sont mentionnés le 26 avril au Martyrologe.

 

 

Aldobrandesca Ponzio

1249-1309

 

Aldobrandesca vit le jour à Sienne (Italie) le 28 février 1249, de Pietro Francesco Ponzio et Agnese Bulgarini. Ce prénom qu’elle reçut au baptême fut par la suite couramment abrégé en Alda, qui pourrait correspondre au français Aude.

Elle épousa, encore très jeune, un noble siennois vertueux et instruit, nommé Bindo Bellanti. Au jour de leur mariage, elle invita son mari à observer trois jours de continence (cf. Tb 6:18 et 8:4-7). 

Elle se montra ensuite le modèle des épouses et des maîtresses de maison. Son mari lui fut cependant enlevé après une longue et douloureuse maladie. Malgré les instances qu’on lui fit, elle se refusa à contracter une nouvelle union ; veuve et sans enfants, elle entra dans le tiers-ordre des Humiliés.

Les Humiliés étaient une association de petits marchands de laine qui «s’humiliaient» devant Dieu, combattant le luxe, le mensonge, la fraude ; ils s’entraidaient et furent souvent invités à fonder d’autres maisons en Toscane et en Lombardie, organisant ainsi une vie sociale saine et procurant du travail aux membres de l’association.

Alda, donc, continuant à résider dans sa maison, y mena la vie d’une vraie religieuse, s’astreignant à des jeûnes sévères et des mortifications continuelles. Puis elle se fixa dans une de ses propriétés à l’écart de la ville, où elle avait un oratoire.

Elle reçut de Notre-Seigneur des grâces extraordinaires, des lumières spéciales sur les mystères de la Nativité, de la Passion, de la Résurrection et de l’Ascension. Puis ayant donné aux pauvres ses possessions, elle s’établit à l’hôpital de Sienne, pour y soigner les malades de ses mains.

Douée de l’esprit de prophétie, elle annonça entre autres événements, l’époque de sa mort, qui arriva le 26 avril 1309.

Des miracles se produisirent à son tombeau. Alda a fait l’objet d’un culte populaire comme Bienheureuse, mais n’est pas inscrite au Martyrologe.

 

 

Stéphane de Perm

1340-1396

 

Stéphane était né vers 1340, à Veliki Oustioug (Vologda, Russie NO), de Simeon, un clerc, et Maria, originaire du peuple komi.

L’enfant montra très jeune de très grandes capacités intellectuelles et un intérêt pour l’Eglise. Il apprit à lire l’Ecriture et seconda son père dans la liturgie, comme chantre et comme lecteur. 

Adolescent, il entra au monastère Saint-Grégoire de Rostov-le-Vieux ; il y apprit le grec, pour pouvoir étudier les Pères dans la langue originale ; il approfondit l’Ecriture.

Une de ses grandes préoccupations était la conversion de la population des Komis, à l’ouest de l’Oural, encore païens. Pour eux, il traduisit l’Ecriture dans leur langue, mettant au point un alphabet komi, partant de l’alphabet cyrillique qu’il compléta avec des signes pour rendre les sonorités particulières de ces populations.

Tonsuré, ordonné diacre, il alla en 1379 solliciter de l’évêque de Kolomna sa bénédiction pour partir évangéliser ces Komis. L’évêque l’ordonna prêtre et l’envoya en mission avec ses vifs encouragements.

Malgré l’enracinement dans le paganisme, les Komis ne reçurent pas trop mal Stéphane et il y eut des conversions. C’est le sorcier qui le provoqua, le défiant de passer indemne à travers un feu puis sur l’eau. Au moment de l’épreuve, le sorcier prit peur et renonça à son propre défi ; les habitants faillirent le tuer, mais Stéphane intervint pour le sauver. Les conversions se multiplièrent ensuite.

En 1383, Stéphane reçut la consécration épiscopale pour la région de Perm, ce qui fut pour lui le point de départ d’une activité accrue.

Premier évêque de Perm, il ouvrit des écoles, fonda des monastères, célébra en langue komie.

Véritable pasteur de son troupeau, il fit venir du blé de Vologda lors d’une famine qui désolait la région en 1387. Plusieurs fois il alla s’interposer devant des envahisseurs, qui prirent la fuite dès qu’ils le virent.

Une tradition tout-à-fait vraisemblable rapporte qu’en 1390, de passage près du monastère de saint Serge à Moscou, et ne pouvant s’y arrêter, Stéphane salua de loin Serge par ces mots : Paix à toi, mon frère spirituel, à quoi Serge répondit du monastère en se tournant en direction de Stéphane : Paix aussi à toi, pasteur du troupeau du Christ.

Stéphane mourut lors d’une autre visite à Moscou, au monastère de la Transfiguration, le 26 avril 1396.

Son activité l’a fait appeler l’Illuminateur de Perm et Apôtre des Peuples de Zygryani.

La récente édition du Martyrologe Romain l’a accueilli dans ses colonnes depuis 2005.

 

 

 

Ramón Oromí Sullá

1875-1937

 

Ramón naquit le 16 septembre 1875 à Salás de Pallars (Lleida), de Domingo et Rosa, aîné de María et Eusebio.

Entré en 1889 dans la congrégation des Fils de la Sainte Famille à Palomar, il reçut l’habit en 1890, commença le noviciat à Cambrils en 1891 et fit la profession en 1898.

En 1900 il fut ordonné prêtre. 

Il fut d’abord enseignant en diverses maisons ; en 1909, il fut en même temps supérieur de la maison ; en 1913, secrétaire à Reus, où il enseignait le latin et le français.

Puis il recouvrit plusieurs charges importantes au sein de la congrégation : au chapitre de 1916, il fut nommé consulteur général, en 1919 secrétaire général, reconfirmé en 1922 et 1928. En 1932-1933, il fut à nouveau nommé consulteur général.

Dès 1919, il fut aussi directeur des revues La Sainte Famille et L’intention mensuelle. Il travailla activement à répandre la dévotion à la Sainte Famille, visitant les familles chaque mois, et coordonnant ce mouvement dans toute l’Espagne, particulièrement à Barcelone.

En 1935, il présida la commission pédagogique.

Il dédiait la majeure partie de son temps à la formation des jeunes, des novices.

C’est lui qui écrivit la première biographie de leur fondateur saint José Manyanet, dont il fut le vice-postulateur de la cause de béatification (v. 17 décembre).

Cet homme tout petit de stature était un géant d’activités, plein d’attentions pour chacun, jamais vulgaire, très soigné, très minutieux. 

Lors de la guerre civile de 1936, il se trouvait en repos à Vallfogona de Riucorb, puis se réfugia comme il put à Barcelone, de novembre à février ; il aidait ses hôtes à distribuer le lait chaque jour, avant de revenir dans son refuge sous le toit, où il priait et méditait. 

Il fut arrêté dans la rue le 17 (ou le 19) avril 1937.

Déféré à la centrale du Comité révolutionnaire, il reconnut sa condition de prêtre et fut mis, croit-on, dans la prison San Elías.

Il fut assassiné contre le mur du cimetière de Montcada, le 26 avril (ou le 3 mai ?) 1937 et jeté dans la fosse commune.

On n’a pas pu reconnaître son cadavre, mais l’avis de sa mort fut retrouvé dans les archives de Barcelone. La date précise de cette mort reste cependant incertaine. Il semblerait que la date la plus probable serait le 26 avril, date à laquelle Ramón aurait signé sa déclaration.

Ramón Oromí Sullá fut béatifié en 2013.

 

 

Juli Junyer i Padern

1892-1938

 

Né le 31 octobre 1892 à Vilamaniscle (Alt Empordà, Catalogne, Espagne), dans une famille pauvre, Juli fréquentera l’unique école du village grâce à la bonté d’une famille amie.

Il rejoindra ensuite le collège salésien de Girona, et entrera au séminaire salésien de Campello (Alicante), où il fera la profession en 1912.

Ce fut un homme réfléchi, sensible, travailleur : il était bien armé pour être un bon directeur spirituel, outre qu’il avait des dons pour la musique.

Professeur à Girona, il enseigna la philosophie, la littérature, le chant grégorien, tout en assumant la formation spirituelle des jeunes.

Quand se déclencha la guerre civile, il vint chez ses parents à Vilamaniscle, où des miliciens le découvrirent en mars 1938.

Or, le maire était de la famille et leur fit savoir que, s’ils tuaient Juli, ils auraient aussi à le tuer. 

Juli retourna à Girona et aida des Confrères à passer la frontière. Un jour cependant, Juli fut arrêté : il reconnut qu’il n’était là que pour donner les sacrements à ses compagnons, mais on l’accusa d’être l’organisateur de ces expéditions.

Accusé d’espionnage et enfermé à la prison de Barcelone, il tenta d’obtenir sa libération. Mais comme on retrouva une lettre de lui dans les mains de prisonniers capturés près de la frontière, Juli fut condamné à mort pour espionnage et haute trahison.

Il fut abattu dans la fosse du château de Montjuic à Barcelone, le 26 avril 1938.

Juli Junyer i Padern a été béatifié en 2001.

 

 

Ráfael Arnáiz Barón

1911-1938

 

Né le 9 avril 1911 à Burgos dans une famille de haute bourgeoisie espagnole, Ráfael était le premier des quatre garçons. Il fréquente l’école des Jésuites où très vite on remarque sa riche sensibilité, ses dons artistiques et intellectuels.

Effectivement, très doué pour le dessin, il commence en 1930 des études d’architecture à Madrid. Cette même année, il découvre l’abbaye trappiste de San Isidro de Dueñas. Ráfael est un étudiant joyeux et sérieux à la fois, sportif, apprécié de tous. Mais il opte pour une voie meilleure et entre à l’abbaye le 15 janvier 1934.

Bien que la séparation de la famille lui coûte un peu, il s’adapte bien à sa nouvelle vie. Mais voilà que quelques mois après son entrée, se déclare un diabète foudroyant : en mai 1934, il perd vingt-quatre kilogrammes en huit jours. On lui conseille alors simplement de retourner chez lui pour y être bien soigné. Ráfael quitte le monastère la mort dans l’âme, mais avec l’espérance d’y revenir bientôt.

Ráfael ne se remettra pas. Pendant quatre ans, il fera de fréquents allers-et-retours entre le monastère et la maison de ses parents. Au monastère, la maladie l’empêche de suivre tout-à-fait la règle de la “stricte observance”, qui est assez rigide. En conséquence, il n’est pas autorisé à faire la profession religieuse consistant à promettre, selon la règle de Saint Benoît, obéissance, conversion de vie et stabilité dans le monastère. Il n’est donc pas vraiment moine à part entière. 

Dans cet état de souffrance et de déception, Ráfael reste fidèle dans son cœur et sa méditation s’approfondit ; il devient un authentique contemplatif, si bien que la communauté l’apprécie et l’accepte en tant qu’oblat régulier.

La guerre civile de 1936 ne favorise pas les choses, car les médicaments nécessaires n’arrivent pas au monastère, mais Ráfael est au moins déclaré inapte au service armé. 

Quand il voit que sa santé décline inexorablement, il préfère rester au monastère. Le Père Abbé lui remet l’habit monastique, la coule, que portent les moines profès, et lui promet de le faire ordonner prêtre dès qu’il aura achevé ses études théologiques.

Mais Ráfael décède bientôt, le 26 avril 1938.

Lors de son voyage apostolique à Compostelle, pour les Journées Mondiales de la Jeunesse, le pape Jean-Paul II a donné Ráfael comme modèle à tous les jeunes, le samedi 19 août 1989.

Ráfael sera béatifié en 1992, et canonisé en 2009. Le Martyrologe Romain le commémore le 26 avril.

 

 

Stanisław Kubista

1898-1940

 

Né le 27 septembre 1898 à Kostuchna (Mikołów, Pologne), il était le cinquième des six garçons et trois filles de Stanisław et Franciszka Czempska, gardes forestiers profondément catholiques.

Dans cette belle famille, on priait le chapelet chaque jour. La fille aînée devint religieuse à Vienne. Stanisłas, pour sa part, aimait décorer le petit autel de la maison.

Il fréquenta une école allemande, mais lisait et étudiait en polonais à la maison. 

La famille recevait souvent un Religieux Verbite, dont la congrégation a le but de diffuser le Verbe, la Parole divine, à travers les missions. Stanisłas sentit grandir en lui cette vocation.

Après ses études, il fut orienté par son curé vers le petit séminaire des Pères Verbites de Nysa, où d’ailleurs Stanisłas avait déjà un cousin, lequel mourut durant la Première Guerre mondiale.

A cause de cette guerre, Stanisłas n’eut pas la possibilité de terminer toutes ses études : il fut envoyé en 1917 sur le front français, comme télégraphiste, jusqu’à la fin de la guerre, et ensuite ne reçut sa démobilisation à Szczecin qu’en 1919.

Durant la même guerre, son frère aîné fut tué sur le front de Belgique en 1914. On comprend alors la joie des parents de revoir leur fils Stanisłas sain et sauf.

Stanisłas reprit ses études avec succès, et rejoignit la maison Saint-Gabriel à Mödling (Vienne). Après ses études de philosophie et de théologie, il fit la profession solennelle en 1926.

Dans les appréciations de ses Supérieurs et Confrères, on note qu’il était un peu mélancolique, taciturne, modeste, le calme personnifié, travailleur persévérant jusqu’au but final, consciencieux et ponctuel, ordonné, compatissant ; un tantinet «turlupiné» par le nationalisme ; soigneux dans tout ce qu’il faisait, homme de confiance. De grandes qualités, donc, qui corrigeaient de petits défauts. Ses notes furent inscrites dans la marge «bon-très bon». On lui remarqua aussi un certain talent pour l’écriture, en allemand comme en polonais, et il pouvait faire un bon professeur.

Lui-même rédigea ainsi ses centres d’intérêt à l’adresse de ses Supérieurs : Littérature, possibilité de publier des livres ; travail missionnaire et pastoral ; pas l’enseignement ; missions en Chine, aux Philippines, en Nouvelle-Guinée ; santé excellente.

Il fut ordonné prêtre en 1927.

Etant encore dans l’état d’étudiant, il écrivit quelques articles pour les journaux.

En automne 1928, on l’envoya à Górna Grupa. Au moment du départ, sa mère lui dit : Mon fils, sois bien fidèle dans ce que tu as choisi. Il le fut effectivement jusqu’à la mort.

Ses Supérieurs voulaient le voir dans l’action. Ils