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19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 23:00

 

20 AVRIL

 

I.

Ss Sulpicius et Servitianus, martyrs à Rome.

II.

S Anicet, pape (155-166) ; c’est lui qui aurait prohibé aux clercs de porter les cheveux longs.

IV.

S Secundino, martyr à Cordoue.

Ss Victor, Zotique, Zénon, Acindyne, Césaire, Sévérien, Chrysophore, Théonas, Antonin, martyrs à Nicomédie.

S Marcellinus, africain, premier évêque à Embrun, où il lutta contre le paganisme et  l’arianisme.

S Theodoros, solitaire près de Constantinople, surnommé “Trichinas” à cause de son rude vêtement en poils de chèvre.

V.

S Marcianus, berrichon, moine à Auxerre, où il s’occupa des vaches de la ferme jusqu’à sa mort. 

S Théotime, surnommé “le Philosophe” pour sa science, puis évêque à Tomes, ami de s. Jean Chrysostome.

VI.

Ste Heliena Consalvo, solitaire italienne, à Laurino.

VII.

S Anastasios, évêque à Antioche de Syrie, martyr.

IX.

S Wiho, évêque à Osnabrück : le pape ratifia cette nomination faite par Charlemagne.

B Harduin, moine copiste à Fontenelle, puis anachorète dans une grotte proche.

X.

B Hugues d’Anzy, poitevin, moine de Saint-Sabin, maître des novices à Saint-Martin d’Autun, co-fondateur de Cluny puis de Anzy-le-Duc, où il fit construire un magnifique hôpital pour les pauvres. 

XII.

S Géraud, seigneur de Salles, fondateur d’abbayes, mort dans l’une d’elles, comme servant de messe.

Bse Oda, vierge en Brabant ; pour échapper au mariage, elle se coupa les narines ; elle fut prieure de l’ordre de Prémontré à Bonne-Espérance.

Ste Hildegonde, qui vécut des aventures extraordinaires sous le nom de Joseph, et finit ses jours dans l’abbaye (masculine) de Schönau. 

XIII.

Bx Domenico Vernagalli, camaldule, fondateur d’un hôpital pour orphelins à Pise.

B Jean, abbé cistercien à Igny puis à Clairvaux et à la Grâce-Dieu.

XIV.

Ste Agnese de Montepulciano, mystique dominicaine, première abbesse, à 15 ans, du couvent de Procena, puis supérieure à Montepulciano.

B Simone Rinalducci de Todi, augustin, théologien et prédicateur.

B Giovanni, solitaire puis tertiaire franciscain à Masaccio, dont il est le patron.

XVI.

Bx James Bell, prêtre, et John Finch, père de famille ; James avait renié sa foi et s’était réconcilié vingt ans après ; John était fermier et abritait les prêtres ; tous deux furent martyrisés par pendaison à Lancaster.

Bx Richard Sargeant et William Thomson, prêtres anglais martyrs à Tyburn, béatifiés en 1987.

B Maurice MacKenraghty, prêtre martyr en Irlande, béatifié en 1992.

XVII.

B Antony Page, jésuite anglais martyr à York, béatifié en 1987 avec soixante deux autres. 

Bx Francis Page, jésuite, Robert Watkinson et Thomas Tichborne, prêtres anglais martyrs à Tyburn béatifiés en 1987.

XIX.

Bse Dina (Chiara) Bosatta de Pianello, collaboratrice du b.Guanella à Come où elle ouvrit la première Petite Maison de la Divine Providence, et morte de tuberculose à vingt-neuf ans, béatifiée en 1991.

XX.

B Dionís Domínguez Martínez (Doménec Ciríac, 1911-1937), des Frères Maristes espagnols, martyr à Madrid et béatifié en 2013.

B Michel Coquelet (1931-1961), prêtre français des Oblats de Marie Immaculée, martyr au Laos, béatifié en 2016.

Sulpicius et Servitianus à Rome

† 97

 

Ces deux Romains, d’après la tradition, auraient été gagnés à la foi devant les miracles accomplis par sainte Domitilla (v. 7 mai).

Ils auraient été les fiancés d’Euphrosina et Theodora.

Dénoncés, ils refusèrent de sacrifier aux idoles et furent décapités.

Si ce martyre devait faire suite à celui de Domitilla, il serait logique de le situer au mois de mai. Mais de vieux manuscrits les ont inscrits au 20 avril, l’année qui suivit le martyre de Domitilla, donc en 97.

Saints Sulpicius et Servitianus sont commémorés le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anicet

155-166

 

Anicet, né à Émèse de Syrie, fut le onzième pape, succédant à saint Pie Ier.

Dans le clergé de Rome se trouvaient alors Soterius et le diacre Eleutherius, qui tous deux succédèrent à Anicet.

Ce pape reçut la visite de Polycarpe (v. 23 février), vénérable évêque de Smyrne, lui-même disciple de l’apôtre saint Jean. Polycarpe, qui mourut martyr peu après son retour à Smyrne (156) était alors un vieillard de quatre-vingt cinq ans, qui n’épargnait pas sa fatigue pour aller rencontrer l’évêque de Rome.

Ils discutèrent de plusieurs points de doctrine, et Anicet condamna plusieurs erreurs : de Valentinus, de Marcion, et d’autres. Marcion en était arrivé à contester les textes de l’Ancien Testament, prétendant que le Dieu de l’Ancien Testament n’était pas le même que Celui du Nouveau. On sait que Marcion fut exclu de la communauté de Rome dès 144.

Mais Anicet et Polycarpe ne purent se mettre d’accord sur un point : comment établir la date de la fête de Pâques ? Polycarpe avait connu auprès de saint Jean une pratique, tandis que Rome avait fini par en établir une autre. Anicet ne voulait pas faire revenir Polycarpe sur un si saint héritage, et Polycarpe ne pouvait s’opposer à l’autorité du Successeur de Pierre. Anicet se contenta de dire qu’il fallait suivre l’usage des Anciens.

La date de Pâques fut un objet de controverse en Orient et Occident pendant très longtemps , et ne fut réglée qu’au concile de Nicée en 325 (encore qu’actuellement l’Eglise d’Orient célèbre souvent la fête de Pâques plus tardivement que l’Eglise d’Occident). Mais la paix entre Anicet et Polycarpe ne fut pas brisée pour autant : le pape déféra même à Polycarpe la célébration de l’Eucharistie.

Il est dit qu’Anicet aurait prohibé aux clercs de porter les cheveux longs.

On doute qu’Anicet mourut martyr. S’il le fut, on n’en connaît pas les circonstances.

Il mourut un 17 ou un 20 avril, et c’est cette dernière date qui est retenue par l’actuel Martyrologe.

 

 

Secundino de Cordoue

† 306

 

Cordoue, capitale de l’Espagne Bétique, fut conquise par les Romains en 169, et le Christianisme s’y développa dès le 3e siècle : son premier évêque, Ossius, y mourut centenaire en 357.

Secundino vivait à Cordoue et brûlait de zèle pour répandre la foi en l’unique Dieu.

Il brûlait aussi d’un ardent désir de recevoir la couronne du martyre.

Quand parurent les édits de persécution de Dioclétien, il fut arrêté, soumis à la question, torturé longuement et finalement décapité. Son vœu était accompli.

La ville de Cordoue devait connaître une autre persécution, au 9e siècle, mais sous la domination musulmane. Une cinquantaine de Martyrs périrent, dont parle le Martyrologe à différentes dates.

Saint Secundino de Cordoue est commémoré le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcellinus d’Embrun

† 374

 

Marcellinus naquit en Afrique (l’actuelle Tunisie). 

Dieu lui inspira le zèle de la prédication et, quittant sa famille et son pays, s’en vint débarquer à Nice, avec deux compagnons nommés Vincentius et Domninus.

Il s’établit d’abord dans une solitude, où il bâtit une chapelle. Il la fit consacrer par s.Eusèbe de Verceil, alors en exil (v. 1er août).

Mais Eusèbe eut une inspiration bien plus forte : il fit venir l’évêque de Valence (Æmilianus, v. 13 septembre) et consacra évêque Marcellinus, l’établissant en la ville d’Embrun.

Marcellinus ne pouvait plus s’adonner à la prédication comme il l’espérait : il envoya ses deux Compagnons à Digne, tandis qu’il demeurait dans son diocèse.

Dieu lui donna le don des miracles, qui furent retentissants.

Pour baptiser les nombreux convertis, il construisit un baptistère près de son église : l’eau y jaillit en telle abondance que l’évêque put baptiser sans interruption pendant sept jours, et que les malades purent boire de cette eau pour obtenir leur guérison.

Un jour qu’une coupe précieuse s’était brisée, Marcellinus la recomposa d’un simple signe de croix et s’en servit souvent.

C’est alors que sévit la douloureuse doctrine hérétique d’Arius, et Marcellinus s’efforça d’en atténuer les effets dans toute la région. L’empereur Constance voulut alors le faire arrêter, mais un des émissaires eut le bras paralysé au moment de le frapper. Il insulta Marcellinus : Il ne te suffisait pas de nous avoir expulsés d’Afrique, tu veux aussi nous troubler en Gaule. Marcellinus fit sortir le diable qui parlait par la bouche de cet homme.

Une autre fois, des ariens s’emparèrent de Marcellinus, le conduisirent sur une hauteur, d’où ils précipitèrent l’évêque ; mais Marcellinus se releva indemne, comme le dit le psaume : Il a envoyé ses anges pour te garder en toutes tes voies ; ils te porteront dans leurs mains, pour ne pas que ton pied heurte la pierre (Ps 90:11-12).

Enfin, pour fuir d’autres vexations, Marcellinus se cacha dans des grottes, qu’il ne quittait discrètement que pour accomplir certaines fonctions de son saint ministère. Il put réintégrer son siège en 361, et reprit son apostolat fécond.

Il mourut le 13 avril 374. Mais on retarda de quelques jours ses funérailles, pour laisser aux évêques de la région le temps d’arriver, de sorte que la depositio de Marcellinus se fit le 20 avril suivant.

L’évêque était mort, mais il continuait d’opérer des miracles. Une huile suintait de son tombeau : elle guérit des malades frappés de la peste ; Marcellinus apparut au-dessus des murailles lors d’un siège, mettant l’ennemi en déroute ; s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) assure que si la lampe qui brûlait devant son tombeau venait à s’éteindre par l’effet du vent, elle se rallumait d’elle-même.

D’importantes reliques de Marcellinus arrivèrent au diocèse du Puy, où l’on croit que les révolutionnaires les détruisirent en 1789 ; celles qui restaient à Embrun, furent détruites par les Huguenots en 1585 ; l’église de Digne possède la relique du chef de s.Marcellinus.

Saint Marcellinus d’Embrun est commémoré le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodoros Trichinas

† 5e siècle

 

Theodoros - don de Dieu, Dieudonné - vivait à Constantinople, puis se retira dans le désert.

Il portait comme habit une peau de chèvre au poil très rude, qui lui valut le surnom de Trichinas.

Il eut l’occasion d’accomplir beaucoup de miracles, notamment la délivrance de possédés du démon.

On est incertain sur la date de sa mort : 4e ou plutôt 5e siècle.

Après sa mort, son saint corps exsuda un baume grâce auquel beaucoup de malades furent guéris.

Saint Theodoros Trichinas est commémoré le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcianus à Auxerre

† 488

 

Originaire du Berry, Marcianus quitta sa région pour éviter la présence de Goths ariens, et s’en vint frapper à la porte du monastère d’Auxerre, gouverné par s.Mamertin (v. 30 mars ?).

Pour éprouver sa nouvelle recrue, Mamertin ne trouva rien de mieux que d’envoyer Marcianus garder les vaches de la ferme. Il resta à cette «charge» jusqu’à sa mort.

Avec quelques autres moines qui travaillaient avec lui, il ne pouvait assister à la Messe que le dimanche, dans un village voisin.

On peut s’interroger sur l’inspiration que put avoir l’abbé, en établissant ainsi Marcianus à l’écart de la vie monastique, de l’office divin, de l’Eucharistie. Mais on admirera l’esprit de totale obéissance de Marcianus, qui se consomma ainsi en sainteté par son humilité.

Il mourut un mercredi de Pâques, un 20 avril, probablement en 488.

Son corps fut plus tard rapporté au monastère d’Auxerre, qui en prit le nom.

Saint Marcianus est commémoré le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Heliena Consalvo de Laurino

509-530

 

Heliena (Elena, Hélène) naquit vers le début du 6e siècle à Laurino (Salerno, Campanie, Italie SO), de parents pauvres.

Encore petite, elle s’adonna déjà à des exercices de piété, pour lesquels ses braves parents la traitèrent de folle. Aussi se retira-t-elle dans une sorte de caverne à quelques kilomètres de la maison, dans la localité de Pruno.

Elle se nourrissait d’herbes et de racines. Sa réputation de sainteté et ses miracles lui attirèrent des visiteurs.

Quand elle mourut, vers 530, son corps fut enseveli dans la cathédrale de Capaccio-Paestum, puis passa à s.Elzéar de Sabran (v. 27 septembre), puis à la cathédrale d’Ariano Irpino et revint à Laurino en 1882.

Sainte Heliena de Laurino est commémorée le 20 avril dans le Martyrologe Romain, qui cependant la place au siècle suivant.

 

 

Anastasios d’Antioche de Syrie

† 609

 

On a souvent cru que cet Anastasios était le patriarche nommé à ce siège en 559 et rétabli en 593. Mais il s’agit de deux personnages du même nom qui se sont succédé. 

Il y a aussi un Anastasios, moine au Mont Sinaï, commémoré le 21 avril.

Celui dont il est question ici fut nommé patriarche d’Antioche de Syrie à la fin de 598 ou au début de 599, succédant à son homonyme.

C’était un homme cultivé, connaissant le latin, ce qui lui permit de traduire la Regula pastoralis du pape Grégoire Ier (v. 12 mars) : ce dernier avait représenté le pape à Constantinople et était apprécié en Orient.

Lorsque l’empereur Phocas crut nécessaire de forcer les Juifs à passer au christianisme, il y eut de fortes révoltes. En particulier ceux d’Antioche se rebellèrent contre le patriarche, s’en saisirent et le maltraitèrent de la façon la plus honteuse. Attaché par les pieds, traîné par toute la ville, mutilé, brûlé vif, il acheva son glorieux martyre un 21 décembre ou un 21 avril, de l’an 609.

Saint Anastasios est commémoré le 21 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wiho d’Osnabrück

772-805

 

Wiho (ou Wicho) était né en 772 en Frise.

Il reçut sa formation auprès de Grégoire d’Utrecht (v. 25 août).

Sans doute sur la recommandation de ce dernier, Charlemagne se chargea de le nommer évêque d’Osnabrück : le diocèse venait d’être fondé et il fallait y mettre un évêque digne de cette mission. Le pape ratifia ce choix.

Il y a cependant un doute sur la date de cette nomination. On disait précédemment que le diocèse fut fondé vers 780, tandis qu’on croit actuellement qu’Osnabrück devint le siège de cet évêché seulement vers 800.

Il est avéré de toutes façons que Wiho fut un pasteur vraiment zélé, et qu’il eut aussi beaucoup à souffrir.

Il fonda une école cathédrale, ancêtre du Gymnasium Carolinum, une des plus anciennes écoles d’Allemagne.

Selon les dates mentionnées ci-dessus, l’épiscopat de Wiho dura donc soit une vingtaine d’années, soit quelques années. Le diocèse d’Osnabrück a choisi les dates extrêmes de 783-805, soit vingt-deux ans d’épiscopat.

Wiho mourut le 20 avril 804 ou 805.

Saint Wiho est commémoré le 20 avril dans le Martyrologe Romain.​​​​​​​

Domenico Vernagalli

1180-1219

 

Domenico était né vers 1180 à Pise dans une famille aisée.

On dit qu’une fois ordonné prêtre, il entra chez les Camaldules comme frère convers, vers 1200. Toutefois on pourra se poser la question de l’exactitude de cette information : s’il était prêtre (à vingt ans ?), il devait célébrer la Messe et prier le Bréviaire, et n’était donc pas Convers.

il fut curé à Pise en 1204, sans jamais abandonner ses habitudes d’austérités et de mortifications. Il se nourrissait surtout de produits lactés, et prenait très peu de fruits ou légumes, et de viande (voir plus bas).

Touché par cette plaie des enfants abandonnés, il fonda à Pise un orphelinat, en 1218.

Il mourut le 20 avril 1219, très vite honoré d’un culte qui fut approuvé en 1854, lui donnant ainsi le titre de Bienheureux.

Un examen de ses os fut exécuté tout récemment, qui a conduit à ces conclusions : Domenico mourut vers la quarantaine ; c’était un ascète qui devait jeûner souvent.

 

Jean de la Grâce-Dieu

† 1280

 

Avant d’être nommé à la Grâce-Dieu, Jean fut abbé à Igny (Marne), de 1232 à 1234, et fut désigné comme Jean 1er, car il y eut huit abbés de ce nom dans cette abbaye.

En 1257, il fut abbé à Clairvaux (Aube), jusqu’en 1260 (ou 1261), toujours avec son titre de Jean 1er , car il y eut là aussi huit abbés de ce nom.

A partir de 1261, il fut abbé à la Grâce-Dieu (Doubs). Mais cette date reste hypothétique, car les listes ne correspondent pas : la liste des abbés de la Grâce-Dieu indique un Jean entre 1257 et 1264, d’ailleurs nommé Jean 2.

Notre abbé reçut finalement le titre honorifique d’archevêque in partibus de Mitylène.

Il mourut le 20 avril 1280 à Clairvaux.

Les Cisterciens le considèrent comme Bienheureux.

Signalons que l’abbaye d’Igny fut supprimée en 1790, et «ressuscita» en 1876 ; bombardée en 1918, c’est depuis 1929 une abbaye de moniales cisterciennes.

L’abbaye de Clairvaux, après des siècles de gloire, fut vendue en 1789 et devint en 1808 cette fameuse prison qu’elle est toujours, avec des services des ministères de la justice et de la culture, qu’on peut visiter.

L’abbaye de la Grâce-Dieu fut aussi vendue en 1790, occupée par une forge en 1792, et rachetée par les Cisterciens en 1844. En 1929, s’y installèrent des Cisterciennes, qui gagnèrent Igny en 2008, laissant les bâtiments aux Travailleuses Missionnaires.

 

 

Agnese Segni

1268-1317

 

Agnese Segni vit le jour le 28 janvier 1268 à Gracciano (Montepulciano, Sienne, Toscane, Italie C), de bons parents aisés et très chrétiens ; son père s’appelait Lorenzo. Au moment de la naissance d’Agnese, il remarqua autour du berceau des flambeaux mystérieux, qui devaient annoncer de quelles vertus Agnese allait illuminer la vie monastique.

On rappellera ici que, pendant longtemps, l’Eglise a célébré le 28 janvier une deuxième fête de sainte Agnès (la jeune martyre romaine, v. 21 janvier) et que les parents Segni donnèrent à leur fille le nom d’Agnès qu’on fêtait donc aussi ce 28 janvier.

A peine âgée de quatre ans, la petite fille se mettait en quête d’un endroit solitaire pour offrir à Jésus ses prières et sa personne, pour lui demander de bénir ses parents.

Elle emmenait ses compagnes visiter les sanctuaires de voisinage, selon ce que son âge et ses parents lui permettaient de faire. A neuf ans, à Montepulciano, une troupe de corbeaux s’abattit sur Agnese en croassant, cherchant à lui crever les yeux ; elle invoqua Jésus et la troupe s’envola ; le biographe qui rapporta l’épisode affirma que c’étaient en réalité des démons, qui présidaient à une maison de débauche proche et que la présence de la pure Agnese dérangeait.

Peu après, Agnese demanda à entrer au couvent. Les parents objectèrent qu’elle était encore bien jeune, mais la prière obtint de Notre-Seigneur l’abaissement de tous les obstacles et Agnese entra chez les Religieuses de Montepulciano ; celles-ci vivaient seulement sous la règle augustine, sans appartenir à aucun Ordre particulier, et portaient un habit de toile grossière, un véritable sac, et on leur donnait le nom de Sœurs du Sac. Agnese s’y trouva extrêmement bien, priant autant qu’elle le désirait, sachant déjà s’imposer des mortifications, édifiant la communauté par son humilité et son obéissance.

Elle avait quatorze ans lorsqu’on la mit à l’épreuve en la nommant économe : humblement, elle protesta qu’elle était bien trop jeune pour s’acquitter d’une telle responsabilité, mais elle obéit et sut se montrer tout-à-fait à la hauteur de sa charge, venant au-devant de tous les besoins des Religieuses, sans jamais se plaindre d’avoir moins de temps pour la prière. Il est en effet très agréable à Dieu de le «quitter» pour le retrouver dans l’attention au prochain. La Vierge Marie la récompensa en lui remettant trois petites pierres très belles, pour lui annoncer qu’elle construirait plus tard un monastère en l’honneur de la Mère du Christ.

C’est qu’Agnese était déjà l’objet de faveurs célestes particulières : on la vit en état de lévitation, en extase ; elle faisait des miracles.

On remarqua que des violettes ou des roses ou des lys poussaient là où elle s’était agenouillée ; une nuit de l’Assomption, la Sainte Vierge lui remit l’Enfant-Jésus dans les bras ; un autre jour qu’elle était ravie en prière au fond du jardin, elle laissa passer l’heure de la Messe : attristée pour avoir perdu l’occasion de recevoir l’Eucharistie, elle eut la visite d’un ange qui lui donna la Communion.

Elle reçut la visite de deux ermites camaldules, qui voulaient l’entendre parler de la vie spirituelle ; au moment du repas, s’éleva une rose au parfum très fort au milieu du plat et Agnese commenta que le Seigneur, par cette fleur épanouie en plein hiver, voulait montrer combien la conversation avec ces bons moines l’avait réchauffée ; mais ces derniers racontèrent qu’ils avaient été eux-mêmes réchauffés par les propos d’Agnese. 

A quinze ans, elle fut sollicitée pour construire un couvent à Acquapendente et en être la supérieure ! Heureusement, le pape lui-même mit un terme à cette démarche. Mais ce furent les habitants de Montepulciano qui eurent gain de cause. Il arriva qu’Agnese, en vision, se vit en face de trois navires conduits respectivement par saint Augustin, saint François d’Assise et saint Dominique, discutant entre eux qui attirerait Agnese dans sa famille religieuse ; c’est saint Dominique qui l’emporta. Peu après, en 1306, un ange vint annoncer à Agnese qu’elle allait bientôt faire construire un monastère là où les corbeaux l’avaient assaillie, et que ce monastère serait dédié à la Très Sainte Trinité, à la Très Sainte Vierge, et à saint Dominique. C’était l’accomplissement de la prophétie que lui avait faite Marie quelque temps auparavant en lui remettant les trois petites pierres.

Agnese fut donc bientôt la Supérieure de vingt Religieuses dominicaines.

Par sa prière, elle obtint assez de pain un jour que la communauté n’en avait plus du tout (le fait fut raconté par le Christ à Catherine de Sienne, v. 29 avril) ; elle délivra un possédé, convertit des libertins qui l’avaient insultée…

Elle comprit que sa dernière heure approchait, lorsque de grandes douleurs l’accablèrent et que son ange vint lui dire qu’elle allait boire le calice amer auquel le Christ avait bu avant elle ; on lui proposa d’aller aux eaux salutaires de Clanciano, non loin de Montepulciano ; Agnese savait que c’était inutile, mais obéit au conseil, et le Seigneur répondit à cet acte d’obéissance non pas par la guérison d’Agnese, mais par d’autres miracles au passage d’Agnese : une nouvelle source jaillit à Clanciano, où guérirent tous les autres malades et qu’on appela depuis Eau de sainte Agnese ; une autre fontaine fit couler un vin excellent ; une jeune fille eut son genou infirme guéri ; un enfant noyé ressuscita.

De retour au couvent, elle s’alita ; voyant les Religieuses attristées, elle le leur reprocha gentiment : Si vous m’aimiez comme vous devez, chères filles, vous ne pleureriez pas ainsi ; les amis se réjouissent du bien qui arrive à leurs amis. Le plus grand bien qui puisse m’arriver, c’est de m’en aller à notre Epoux. Soyez-lui fidèles, à cet Epoux si bon. Persévérez toujours dans l’obéissance et je vous promets de vous être plus utile au ciel que si je restais parmi vous.

Elle ajouta : Mon bien-aimé est à moi, je ne le quitterai plus, et s’endormit dans le Seigneur, le 20 avril 1317, à minuit. A cette heure-là, les bébés se réveillèrent et éveillèrent leurs parents.

Lorsque Catherine (Caterina) de Sienne vint vénérer son corps en 1380, elle s’inclina pour baiser le pied d’Agnese : ce pied se souleva alors spontanément pour se présenter à la vénération de Caterina, et serait depuis resté dans cette position. Son corps est resté préservé de la corruption.

Agnese Segni a été béatifiée en 1608, et canonisée en 1726.

 

 

Simone Rinalducci

1260-1322

 

Simone était né à Todi (Ombrie, Italie centrale) dans la deuxième moitié du 13e siècle. 

Entré chez les Augustins en 1280, il acquit une grande notoriété pour sa vaste science théologique et aussi pour ses miracles. Il fut nommé professeur, prieur dans divers monastères et prêcheur. 

Devenu provincial pour l’Ombrie, il fut injustement calomnié en plein chapitre (1318) par des confrères, sans doute jaloux de sa célébrité. Simone ne chercha pas à se défendre et resta silencieux, comme notre divin Maître. 

Les accusations furent d’abord prises très au sérieux et Simone accepta humblement les solennels reproches, qui furent sans doute levés par la suite, car il fut nommé prêcheur à Bologne.

Dans cette dernière ville, il devint célèbre pour sa façon plaisante de s’exprimer ; il sut dispenser beaucoup d’instructions au peuple, qu’il complétait par l’exemple de sa sainte vie personnelle.

En 1311, apparemment surtout sur requête du père Rinalducci, les Augustins reçurent la charge pastorale d’une église du diocèse de Terni.

Simone Rinalducci mourut au monastère de Saint-Jacques-le-Majeur de Bologne, le 20 avril 1322.

Son culte fut confirmé en 1833 ; il est donc considéré comme Bienheureux, même si une proclamation solennelle n’a pas eu lieu.

 

 

Giovanni de Masaccio

† 1399

 

Il ne s’agit pas ici de l’illustre peintre du 15e siècle.

Né à Masaccio de parents pauvres, notre Giovanni grandit dans la foi protestante qu’il en reçut.

Des proches lui enseignèrent cependant la vérité catholique et, adolescent, il se retira dans une grotte pour y mener la vie d’ermite.

On sait qu’il y subit divers assauts du démon.

Sur la fin de ses jours, il revêtit l’habit des tertiaires franciscains.

Divers prodiges se produisirent au moment de sa mort, qui eut lieu le 20 avril 1399.

Giovanni devint ainsi le céleste patron de la ville de Masaccio, mais il n’est pas resté dans le récent Martyrologe Romain (ni d’ailleurs dans les moteurs de recherche).

James Bell

1520-1584

 

Né à Warrington (Lancashire, Angleterre) vers 1520, James étudia à Oxford avant d’être ordonné prêtre sous le règne de Mary.

Malheureusement, il devint «conformiste» sous le règne d’Elizabeth, et pendant vingt ans n’administra que quelques sacrements en divers endroits d’Angleterre. A la fin, sa conscience lui fit penser au salut des âmes ; destitué de tout ministère, il songea à assumer un petit enseignement, au moins pour pouvoir manger. Dans cette perspective, il rencontra l’épouse d’un directeur, une pieuse femme catholique, qui lui suggéra de se réconcilier avec l’Eglise catholique.

Au bout de quelque temps, il put reprendre les fonctions sacerdotales et, pendant deux années,  se dédia de tout son cœur au travail missionnaire.

Il fut finalement appréhendé le 17 janvier 1584, et reconnut son état sacerdotal.

On le traduisit en justice à Manchester le même mois, et déféra aux assises de Lancaster en mars.

Quand il entendit la sentence du juge, il prononça cette pétition : Je demande à sa Seigneurie, qu’elle veuille bien ajouter à la sentence que mes lèvres et mes bouts de doigts puissent être coupés, pour avoir juré et souscrit les articles des hérétiques, contraires autant à ma conscience qu’à la Vérité divine.

Puis il passa la nuit en prières.

On ne sait pas si on lui fit effectivement subir ce raffinement de souffrances qu’il implorait, mais il fut «hanged and quartered», pendu et écartelé, le même jour que le laïc John Finch (ou Farmer).

C’était le 20 avril 1584.

James Bell a été béatifié parmi plus de cent martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles, en 1929.

 

Nota. On rencontre parfois la date du 10 avril 1584, et John Farmer comme compagnon de James. Il semble bien que ce soit une double erreur.

 

 

John Finch

1548-1584

 

John était né vers 1548. C’était un laïc d’Eccleston (Lancashire, Angleterre), d’une vieille famille catholique bien connue, mais il semble qu’il soit tombé momentanément dans le schisme.

A l’âge de vingt ans, il vint à Londres passer environ une année avec des cousins à Inner Temple. Ce séjour lui donna l’occasion de voir la différence entre le style de vie des Protestants et celui des Catholiques, et de se décider à vivre dans le Catholicisme.

De retour au Lancashire, il se réconcilia avec l’Eglise catholique. 

Il se maria, et fit de sa maison un centre de mission pour aider les prêtres de toutes les façons, les cachant aussi, et travaillant avec eux pour la catéchèse.

Ce zèle le signala aux autorités, qui l’arrêtèrent à Noël 1581, au moment où il conduisait un prêtre, qui fut arrêté avec lui.

On le pressa et on le tortura de toutes les façons pour l’amener à apostasier et livrer des informations, en vain.

On le tira par les pieds en lui faisant heurter les pierres avec la tête ; on l’enferma dans un sombre cachot, sans même un lit pour s’étendre, et quelques rares morceaux de foie de bœuf comme nourriture.

Après trois années de prison, il passa en jugement à Lancaster, en même temps que trois autres prêtres (on ne dit pas lesquels).

Le 18 avril 1584, il fut jugé coupable et, après avoir passé la nuit à convertir quelques compagnons de prison, il fut exécuté à Lancaster avec James Bell, le 20 avril 1584.

Ils font partie des cent et quelques Martyrs béatifiés en 1929.

 

Nota. On rencontre parfois la date du «10 avril» 1584, et «John Farmer» au lieu de John Finch. Il semble que ce soit une double erreur.

 

 

Maurice MacKenraghty

1500-1585

 

Né vers 1500 à Kilmallock (Irlande), d’un père orfèvre, Maurice (Muiris mac Ionrachtaigh en gaélique) embrassa la vie ecclésiastique et fut reçu bachelier en théologie. On ne dit pas où il fit ses études.

Revenu en Irlande, il fut aumônier de Gerald FitzGerald, comte de Desmond, et partagea le sort de son patron dans ses débats contre la reine Elizabeth 1re d’Angleterre.

Fuyant avec ce comte en septembre 1583, il fut surpris à Sliabh Luachra par les hommes de Lord Roche, et conduit au comte de Ormond. Celui-ci ordonna de l’enchaîner avec Patrick Grant et de les envoyer en prison à Clonmel. Là ils furent aux fers, mais Maurice put encore confesser ses compagnons de prison, jusqu’en avril 1585.

Son gardien fut alors soudoyé par Victor White, un bourgeois de la ville, qui put ainsi faire délivrer Maurice et lui permettre de célébrer l’Eucharistie dans sa maison. C’était le dimanche de la passion. Mais le gardien prévint en secret le gouverneur de Munster, pour lui suggérer d’arrêter tous ceux qui participeraient à cette messe.

Au matin, toute une troupe surgit autour de la maison et arrêta White. Maurice avait eu le temps de se cacher sous un tas de paille. Il fut blessé par un coup d’épée qu’on envoya dans le tas, mais il put s’échapper et se cacher dans la forêt. 

Toutefois, sachant que la vie de Victor était en danger à cause de lui, il se constitua. Aussitôt il fut soumis à la loi martiale. On lui proposa l’absolution de son délit, s’il acceptait de se «conformer» à la religion d’Etat, mais il se refusa à renier la foi catholique et l’autorité du pape.

Il fut exécuté comme traître. Il avait environ quatre-vingt-cinq ans. 

Sa tête fut exposée sur la place du marché et son corps, racheté par des soldats, fut enterré derrière le maître-autel du couvent des Franciscains.

C’était le 20 avril 1585.

Maurice a été béatifié en 1992.

 

 

Richard Sargeant

1558-1586

 

Né vers 1558 à Gloucester, il était probablement un fils de Thomas Sergeant de Stone (Gloucestershire) et de Katherine Tyre de Hardwick.

Il étudia à Oxford en 1570-1571 où il fut diplômé, puis à Reims, au Collège Anglais, en 1581. Il fut ordonné sous-diacre à Reims (1582), diacre à Soissons (1582) et prêtre à Laon (1583).

Il célébra sa première messe le 21 avril et partit pour l’Angleterre le 10 septembre.

Il fut dénoncé au Old Bailey de Londres comme Richard Lea (ou Lee) alias Long (ou Longe).

Arrêté et condamné à mort, il subit le supplice le 20 avril 1586, avec William Thomson.

Il a été béatifié en 1987.

 

 

William Thomson

1560-1586

 

Né vers 1560 à Blackburn (Lancashire), William fut ordonné prêtre à Reims en 1584.

De retour dans son pays, il exerça le ministère sous le pseudonyme de Blackburn. Il fut arrêté alors qu’il célébrait la messe, chez Roger Line, le mari de Anne Line (martyrisée le 27 février 1601, et canonisée).

Condamné à mort avec Richard Sargeant pour le crime d’être prêtres et d’avoir pénétré dans le royaume, ils furent martyrisés par pendaison à Tyburn le 20 avril 1586 : William avait vingt-six ans, d’après la date présumée de sa naissance, et à peine deux années de sacerdoce.

Il a été un de ceux béatifiés, avec Richard, en 1987, quatre siècles après leur martyre.

 

 

Antony Page

1563 ? -1593

 

Ordonné prêtre à vingt ans, en 1591, Antony (Anthony) ne peut être né en 1571. Au moins quelques années plus tôt, certains donnent 1563.

De bonne famille, il était né à Harrow-on-the-Hill (Middlesex, Londres).

Il étudia à Oxford, comme «scholaris Mri-Wodson» (élève du maître Wodson), puis passa à Douai, au Collège Anglais, en 1584. 

Après avoir reçu les ordres mineurs (1585), il reçut le diaconat à Douai en 1590, et le sacerdoce à Reims en 1591.

Un témoin contemporain le décrit comme un homme d’une admirable humilité, d’une modestie et d’une pureté virginales, d’une érudition et d’une piété hors du commun, et ayant fait l’unanimité autour de sa singulière candeur d’esprit et de la douceur de son comportement. 

Il revint très vite en Angleterre pour assister les Catholiques durant la persécution d’Elizabeth I.

Arrêté, jugé coupable du crime d’être prêtre, il fut exécuté à York en avril 1593, le 20 ou le 30 avril. Le Martyrologe le mentionne le 20 avril.

Il a été béatifié en 1987.

 

 

Francis Page

1577 ? -1602

 

Né à Anvers (Belgique), il était d’une famille protestante anglaise de Harrow-on-the-Hill (Middlesex, Londres), et donc probablement parent d’Antony Page, prêtre martyrisé en 1593, également un 20 avril.

Il vint à Londres pour se former dans le Droit, et tomba amoureux de la fille d’un avocat catholique, chez lequel il travaillait. Mais cette jeune fille n’acceptait de se marier que s’il devenait catholique à son tour.

Il rencontra le confesseur de son camarade de chambrée, un père jésuite du nom de John Gerald, et étudia la religion catholique. Mais plus il l’étudiait, plus il se sentait appelé au sacerdoce. Au désespoir de sa fiançée, mais suivant l’appel de Dieu, il renonça au mariage.

Quand le père Gerald fut arrêté, Francis passait chaque jour à la prison pour entrevoir le prêtre et en recevoir la bénédiction. Il finit par être remarqué et arrêté quelque temps.

Relâché, réconcilié dans l’Eglise catholique, il passa en France où il fut formé au Collège Anglais de Reims. Puis il fut ordonné prêtre à Douai en 1600.

Passé en Angleterre, il échappa de justesse à une première arrestation lorsque, sur le point de célébrer la messe, des «chasseurs de prêtres» firent irruption dans la maison. Il eut juste le temps de retirer les habits liturgiques, de cacher les objets du culte et de se mêler aux personnes présentes, venues pour prier. La maîtresse de maison l’aida à s’enfuir, mais fut elle-même arrêtée et plus tard exécutée pour avoir abrité un prêtre (il s’agit de Anne Line, v. 27 février).

Francis fut finalement arrêté à son tour l’année suivante. En prison, il fut admis dans l’Ordre des Jésuites.

Condamné à mort pour le délit d’être prêtre, il subit le martyre avec ses confrères Robert Watkinson et Thomas Tichborne, par pendaison à Tyburn le 20 avril 1602.

Lui et Robert furent été béatifiés en 1929, Thomas à son tour en 1987.

 

 

Robert Watkinson

1579-1602

 

Né en 1579 à Hemingborough (Yorkshire), Robert reçut sa formation sacerdotale à Douai et Rome, avant d’être ordonné prêtre à Arras.

Aussitôt ordonné prêtre, en 1602, il traversa la Manche pour l’Angleterre. Peu de jours après son arrivée, il tomba malade et se soumit aux soins d’un pharmacien de Londres.

Tandis qu’il marchait dans la rue, il rencontra un inconnu, sous les traits d’un homme vénérable et âgé, qui le salua en ces termes : Que Jésus vous bénisse, Monsieur, vous me semblez malade et atteint de bien des infirmités ; mais ayez courage, car dans quatre jours, vous en serez guéri.

C’est ce qui arriva. En effet, un prêtre apostat le dénonça traîtreusement, et le samedi suivant, 17 avril, Robert fut arrêté, jugé, et condamné à mort pour le délit d’être prêtre.

Au matin du jour de l’exécution, il eut ce qu’il fallait pour célébrer la sainte Messe. Ceux qui purent assister, parmi lesquels Henry Owen, remarquèrent une lumineuse auréole sur sa tête, depuis la consécration jusqu’à la communion.

Robert n’avait que vingt-trois ans, et à peine un mois de sacerdoce.

Il fut exécuté à Tyburn le mardi 20 avril, avec Francis Page et Thomas Tichborne.

Robert et Francis furent béatifiés en 1929, Thomas en 1987.

 

 

Thomas Tichborne

1567-1602

 

Thomas était né à Hartley (Hampshire, Angleterre) en 1567, de Nicholas et Mary Myll. Il avait un frère, nommé aussi Nicholas.

Il fut formé à Reims et à Rome, et ordonné prêtre le jour de l’Ascension, 17 mai 1592.

Retourné dans son Hampshire natal, il put exercer son ministère jusqu’au début de 1597.

Arrêté et envoyé à la prison de Gatehouse (Londres), il s’échappa à l’automne 1598, avec l’aide de son frère Nicholas et d’un autre ami, Thomas Hackshot, qui furent pour cela exécutés peu après (mais ne font pas partie des Martyrs Bienheureux).

Trahi par un prêtre apostat, Thomas fut de nouveau arrêté ; condamné à mort le 17 avril 1602, avec James Duckett, Francis Page et Robert Watkinson. James fut exécuté le 19 avril, tandis que Thomas, Robert et Francis le furent le 20 avril 1602.

Il semble que Thomas Tichborne ait été oublié de toutes les listes. Il n’est pas même mentionné dans le Martyrologe, quoiqu’il soit recensé dans les béatifiés de 1987.

Dina Bosatta

1858-1887

 

Née le 27 mai 1858 à Pianello del Lario (Côme, Italie N) de Alessandro Bosatta (un producteur de soie) et de Rosa Mazzucchi, Dina était la sœur de Marcellina Bosatta. Elle avait aussi un frère.

Elle fut très vite orpheline de son père, qui mourut d’un infarctus à quarante-sept ans, en 1861. La Maman confia la soierie à son fils aîné, et la petite Dina à sa grande sœur, qui avait quinze ans. 

Dina reçut la Confirmation en 1868, et la Première communion l’année suivante.

Dina dut d’abord se contenter de l’enseignement que donnait le brave curé de Pianello chaque dimanche après-midi ; en contre-partie, elle lui rendait des services à la cuisine et à la sacristie.

Puis elle fut confiée aux Filles de la Charité (Canossiennes) de Gravedona Lario. Elle pensait entrer en religion chez elles, et commença le noviciat à Côme. Mais Dina, qui avait une faible constitution, se montrait trop introvertie, trop refermée sur elle-même et semblait plutôt destinée à une vie plus contemplative. Elle revint dans son pays, assez découragée.

Elle se lia, avec sa sœur Marcellina, à l’œuvre fondée par leur curé pour assister les vieillards et l’enfance abandonnée, l’hospice du Sacré-Cœur. Marcellina l’aida à dépasser son «blocage» et Dina put s’occuper avec fruits de l’instruction des petites filles. Elle y montra un zèle admirable pendant sept années.

A la mort de ce bon prêtre, arriva en 1881 don Luigi Guanella (v. 24 octobre), qui donna un nouvel élan à l’œuvre : les pieuses femmes qui y travaillaient purent se consacrer, et Dina prit le nom de Chiara (Claire). Elle qui était si timide, fut chargée de la formation spirituelle des autres Sœurs et, comme telle, considérée comme co-fondatrice des Filles de Marie de la Providence, dont la devise était In omnibus caritas, en toutes choses l’amour du prochain.

Chiara n’était pas seulement maîtresse des novices : elle fut active à la paroisse auprès des enfants et des jeunes, et auprès des malades. Entre 1881 et 1882, elle rejoignit les Sœurs canossiennes de Gravedona, où elle pensait suivre une formation pour le diplôme d’enseignante de premier degré, qui était alors obligatoire. Mais le ministre de la culture retira cette obligation et Chiara resta dans cet hospice jusqu’en juillet, avant de revenir à Pianello, où on l’attendait : elle fut tour à tour infirmière, enseignante, formatrice de couture et broderie, et représentante de l’hôpital.

En 1884, les Canossiennes (qui, on s’en souvient, l’avaient écartée quand elle avait dix-huit ans), la rappelèrent pour diriger des travaux d’embellissement dans leur église. Elle pensait venu le moment de re-solliciter son admission chez elles, mais don Guanella eut la claire inspiration de lui dire que sa place était à Pianello, à l’hospice du Sacré-Cœur. 

Il y avait là tout un monde de Religieuses, postulantes, orphelines, vieillards, malades, mourants aussi… sans oublier la catéchèse des filles et les soins aux malades.

Cela ne suffisait pas. Chiara fut envoyée dans une école de Dongo, sur le lac de Côme, pour remplacer une institutrice. Elle y alla chaque jour à pied, exposée parfois aux moqueries des passants. Ce qui la soutint, fut son amour de l’obéissance, par laquelle Dieu lui donna beaucoup de grâces.

Don Guanella avait un frère, Lorenzo, qui voulait ouvrir une Citadelle de la Charité à Ardenno, et où le rejoignit Chiara. Elle devait se partager entre Ardenno et Pianello. Puis don Guanella put louer une maison à Côme, qu’il appela la Petite Maison de la Divine Providence. Ce fut encore Chiara qui fut appelée à diriger cette fondation, la future maison-mère de l’œuvre de don Guanella.

Celui-ci finit par transformer sa petite communauté en congrégation des Filles de Marie de la Providence.

Chiara fut frappée par beaucoup d’épreuves et de tentations intérieures ; elle se sentit coupable, une voix intérieure l’accusait. Cela dura plusieurs années, sans que personne ne s’aperçut de rien, sinon qu’on pouvait supposer qu’elle souffrait de sa faible constitution.

A l’automne 1886, la mauvaise saison fut la cause de plusieurs maladies parmi les patients. On manquait de couvertures et Chiara donna la sienne à une vieille dame. Elle en contracta une broncho-pneumonie, et une forte irritation des voies respiratoires, qui aboutirent à une phtisie généralisée.

Revenue à Pianello, elle dut garder le lit pendant cinq mois, et offrit sa vie pour la conversion des pécheurs et l’avenir de l’Œuvre. Le médecin lui conseilla de ne plus quitter son Pianello natal ; elle s’établit dans la cure de Pianello. La maladie empira et elle mourut saintement le 20 avril 1887, à vingt-neuf ans.

Elle a été béatifiée en 1991, gratifiée du titre de martyre de la charité, que lui donna le pape dans son homélie.

 

 

Dionís Domínguez Martínez

1911-1937

 

Dionís (Denys) était né le 24 janvier 1911 à Villoria de Órbigo (León, Espagne catalane), un des sept enfants de Miguel et Teodora, dont deux filles furent aussi religieuses.

Dionís fut baptisé dès le 25 janvier, reçut la Première communion en 1921 et fut confirmé en 1927. Sa mère désirait beaucoup qu’il devînt prêtre, mais elle fut tout aussi heureuse lorsque son fils lui exprima le désir d’être Frère Mariste.

Il entra en 1925 dans cette congrégation à Venta de Baños (Palencia) et commença le noviciat à Tuy en 1926 ; en 1927 il reçut l’habit et le nom de Doménec Ciríac ; un an après il faisait les premiers vœux et la profession perpétuelle en 1934.

Après Tuy, il fut envoyé à Madrid.

La congrégation était réellement sa famille, pour laquelle il se donna corps et âme. Il était entièrement ouvert aux directives du directeur du collège et n’avait d’autre souci que d’être un professeur zélé auprès de ses élèves. Il y réussit pleinement, mais pour peu de temps…

Le 18 juin 1936, il dut, comme les autres, quitter la maison de Madrid et trouver refuge chez des parents, pour lesquels il travailla comme vendeur de légumes au marché.

Or, en avril 1937, il fut convoqué pour le service militaire, à Valencia. Au moment où il retirait son sauf-conduit pour le voyage, il fut reconnu et dénoncé par un ancien élève du collège mariste.

Les deux autres Frères qui étaient avec lui purent prévenir une cousine, qui ne put jamais savoir ce qu’on avait fait du Frère Doménec.

On retrouva son corps dans une rue de Madrid et l’autopsie révéla qu’il avait été assassiné le 20 avril 1937. Le Frère Doménec avait vingt-six ans ; il fut béatifié en 2013.

 

 

Michel Coquelet

1931-1961

 

Ce martyr fait partie des 17 Martyrs du Laos, pour lesquels des notices sont en préparation.

Michel Coquelet naquit le 18 août 1931 à Wignehies (Nord), dans une famille nombreuse, très chrétienne, et reçut le baptême le 23 août suivant.

En 1935, la famille se transporte à Puiseaux (45), où la maman complète le maigre salaire du papa avec des ménages.

En 1942, Michel entre au collège de Pithiviers et, en 1945, au petit séminaire de Solesmes (59).

En 1948, après le baccalauréat, Michel entre au noviciat des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, à La Brosse-Montceaux (78), où on le note moyen, mais aussi plein d’humour.

Durant le service militaire au Maroc, il développera une grande compétence dans le soin des malades.

En 1956, il fut ordonné prêtre.

En 1957, il partit pour le Laos, comme il le désirait depuis longtemps.

Lui, l’élève moyen, fut d’abord professeur de français au petit séminaire de Paksane : un évêque exprimera plus tard sa joie d’avoir eu un si bon professeur de français.

En 1959, il fut envoyé dans le village de Sam Tom (Xieng Khouang), puis en 1961 à Phôn Pheng.

Le 20 avril 1961, dénoncé à la guérilla, il fut arrêté par des soldats qui prétendaient que son supérieur l’appelait à Xieng Khouang. Michel comprit leur mensonge. Laissant là sa bicyclette, il suivit les soldats et fut abattu non loin de la route en direction de Ban Sop Xieng. Il n’avait pas trente ans.

Ensuite les soldats allèrent détruire la chapelle de Sam Tom, où ils torturèrent et tuèrent aussi le chef du village et son secrétaire. De la chapelle on ne retrouva plus tard qu’un petit ciboire.

Michel Coquelet a été béatifié le 10 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

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18 avril 2021 7 18 /04 /avril /2021 23:00

 

19 AVRIL

 

III.

S Mappalicus, martyr à Carthage, avec d’autres compagnons : Bassus, Paulus, Fortunio, Fortunata, Victorinus, Victor, Heremius, Credula, Hereda, Donatus, Firmus, Venustus, Fructus, Iulia, Martialis, Ariston..

IV.

S Vincent, martyr à Collioure.

S Crescent, sous-diacre de l’évêque Zénobe à Florence.

Ste Martha, vierge martyre en Perse, martyrisée le jour de Pâques.

V.

S Paphnuce, martyr à Jérusalem, le père de ste Euphrosine (11 février), et peut-être le même que celui du 24 septembre.

VII.

S Floibert, abbé de deux monastères à Gand.

IX.

S Georgios, évêque à Antioche de Pisidie, mort en exil à cause des iconoclastes. 

S Jean le Paléolaurite, moine au désert de Sukka.

X.

S Tryphon, évêque à Constantinople pendant trois ans, moine.

Ss Lazare, roi, et sa fille Aza, venus d’Orient à l’abbaye de Moyenmoutier.

S Gerold, ermite dans le Wallgau, où il eut entre autres disciples, ses deux fils.

XI.

S Elphège, évêque à Winchester puis Canterbury, martyr des Danois. 

S Léon IX, pape (1049-1054), évêque à Toul et pape à quarante-sept ans ; avec Hildebrand, futur Grégoire VII, il combattit l'hérésie, la simonie, le concubinage des clercs, les investitures laïques, etc.

Ste Emma, sœur de s. Meinwerk, veuve allemande ; elle donna toute sa grande fortune aux pauvres. 

XII.

B Burchard, disciple chéri de s. Bernard, abbé à Bellevaux, fondateur aussi de Notre-Dame de Buillon (moutier et église maintenant disparus).

B Bernard le Pénitent, dont on ignore les graves “fautes” pour lesquelles il voulut embrasser l’état de pénitent ; il finit par être moine à Saint-Bertin.

XIII.

B Werner, enfant martyrisé par des Juifs à Wammenrat, le Jeudi Saint ; des reliques de lui arrivèrent à Besançon, où les vignerons le prirent comme patron.

B Corrado, franciscain à Ascoli, où il fut grand ami du futur pape Nicolas IV ; missionnaire en Afrique, professeur à Paris, il mourut juste avant d’être créé cardinal.

XVII.

B James Duckett, laïc anglais marié, converti au catholicisme, martyrisé avec celui qui l’avait trahi et qu’il convertit en prison.

XX.

Bx Ramón (*1875) et Jaime (*1878) Lluch Candell, prêtres des Fils de la Sainte Famille, martyrisés à Barcelone en 1937, béatifiés en 2013.

 

 

Mappalicus de Carthage

† 250

 

De Mappalicus - et de ses quinze Compagnons - on ne sait rien sur leur vie.

Mappalicus eut la douleur de voir «tomber» sa mère et sa sœur, qui renièrent leur foi. Au moment d’être arrêté, il leur envoya un message fraternel de paix, pour les encourager à se reprendre.

L’évêque s.Cyprien (v. 14 septembre) loue en termes magnifiques le courage, la fidélité, la mort glorieuse de ces Héros.

L’édit de persécution de Dèce parut au début de 250. Les arrestations commencèrent en avril. Le proconsul cherchait à affaiblir ses victimes par des tortures répétées, dans le but de les amener à l’apostasie.

Le 18 avril, au milieu de ses tortures, Mappalicus annonça au proconsul : Demain, tu verras le combat.

C’est en effet le 19 avril 250 que Mappalicus expira au milieu des tourments.

Avec lui, souffrirent aussi seize autre Athlètes du Christ, qui ne moururent pas ensemble, mais dans la même période : 

  • Bassus, dans une carrière
  • Paulus, juste après son interrogatoire
  • Fortunio, une fois remis en prison après des tortures et où il expira
  • Tous les autres, morts de faim en prison : Fortunata, Victorinus, Victor, Heremius, Credula, Hereda, Donatus, Firmus, Venustus, Fructus, Iulia, Martialis, Ariston.

Saint Mappalicus de Carthage et ses seize Compagnons sont commémorés le 19 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martha (Perse)

† 341

 

Se reporter à Pusicius et Martha (Perse), le 18 avril.

 

 

Georgios d’Antioche de Pisidie

† 818

 

Ce Georgios, distinct du Cypriote et du Syncelle, vécut à l’époque de la persécution iconoclaste. 

Il avait d’abord embrassé la vie monastique.

Devenu évêque d’Antioche de Pisidie, il refusa de renoncer au culte des Saintes Images et fut envoyé en exil où il eut beaucoup à souffrir.

Il mourut en exil.

Saint Georgios d’Antioche de Pisidie est commémoré le 19 avril dans le Martyrologe Romain.

Le site d’Antioche de Pisidie (act. Turquie SO) n’est qu’un champ de pierres. Détruite en 713 lors d’une nouvelle avancée des Sarrasins, elle fut supplantée par la nouvelle ville de Yalvaç.

 

 

Gerold de Großwalsertal

900-978 

 

Gerold naquit vers 900 en Rhétie (act. Allemagne S - Autriche), de famille noble.

Il aurait été marié et père ; en 970 cependant, se séparant de son épouse et de ses (grands) enfants, il quitta le monde, remit ses biens à l’abbaye d’Einsiedeln et vécut en ermite, dans une forêt du Wallgau sur la rivière de Lutz.

Il fut découvert dans sa retraite par Othon, comte de Jabgert, qui lui fit construire une église et un petit monastère.

Des disciples vinrent se ranger sous la conduite de Gerold, les premiers étant ses propres fils, Udalric et Cunon.

Il mourut à Frisun (act. Sankt-Gerold im Großen Walsertal) en 978.

Dans les propriétés de l’abbaye d’Einsiedeln se trouve un petit prieuré, où furent déposés les ossements de Gerold. Récemment, des fouilles les ont remis à jour.

Saint Gerold de Großwalsertal est commémoré le 19 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Elphege

954-1012

 

Elphege (ou Alphege) s’appelait aussi Godwine : né en 954, il suivit l’appel de Dieu et quitta sa mère toute jeune veuve.

Après un séjour au monastère de Deerhurst (comté de Gloucester), il s’orienta vers une vie plus solitaire et se construisit une cabane près de Bath, où le rejoignirent d’autres compagnons. Ainsi naquit un monastère, dont Elphege devint abbé, en 970 : il avait seize ans !

Un de ses avis aux moines était d’éviter le “mensonge d’action”, en prenant l’habit religieux sans en garder le véritable esprit.

En 984, l’archevêque de Cantorbury, saint Dunstan, eut révélation de choisir Elphege pour succéder à Ethelwold comme évêque de Winchester ; ayant fini par céder, il fut consacré le 19 octobre.

Ce fut un évêque très austère pour lui-même, rempli de charité pour les pauvres, au point qu’on ne rencontrait plus de mendiant dans Winchester. Il concentra tous ses efforts pour amener à la conversion les païens du nord de l’Angleterre. Il reçut le roi norvégien Olaf et lui administra la Confirmation.

Elphege fut ensuite choisi pour succéder à saint Dunstan à Cantorbury. Parti à Rome pour recevoir le pallium, il fut dépouillé et renvoyé par les habitants d’une petite localité de l’Italie du nord : comme un incendie se déclara juste après, les habitants coururent chercher Elphege pour lui demander pardon, et sur sa prière l’incendie épargna la ville (mais on ne connaît pas le nom de cette localité).

Dans son diocèse, Elphege réprima les abus et restaura la discipline ; il fit établir le jeûne du vendredi (concile d’Enham en 1009).

Les Danois vinrent ravager le royaume et Elphege s’employa à secourir les populations éprouvées, mais aussi à convertir les envahisseurs. Ce fut le signal de son sacrifice.

Les barbares massacrèrent sans pitié les habitants, assaillirent la cathédrale où s’étaient réfugiés Elphege et ses moines, y mirent le feu, firent périr une partie des moines et capturèrent l’archevêque, espérant en tirer une bonne rançon. Sur ces entrefaites, une grave épidémie ravagea les rangs danois, qui recoururent aux prières du prélat et recouvrèrent la santé, le jeudi saint 1012. 

Mais les chefs danois ne renonçaient pas à la rançon qu’ils avaient exigée ; à quoi le pauvre Elphege fit remarquer qu’après la destruction de la ville, il ne restait rien à leur donner. Aussi les barbares se jetèrent sur lui, le frappèrent avec leurs haches, le lapidèrent avec tout ce qu’ils trouvaient sous la main, tandis qu’Elphege, comme autrefois saint Etienne, priait : “Jésus, bon et incomparable pasteur, aie compassion des enfants de ton Église, que je te recommande en mourant”. Un Danois, d’ailleurs confirmé la veille par le même Elphege, l’acheva en lui fendant la tête avec sa hache.

Le martyre d’Elphege eut donc lieu il y a mille ans, le samedi de Pâques, 19 avril 1012.

Son corps fut plus tard transporté à Londres, puis à Cantorbury. Dès 1078, il fut reconnu comme martyr, et vénéré comme saint. Le Martyrologe le mentionne effectivement au 19 avril.

 

 

Léon IX

1049-1054

 

Léon IX fut le cent cinquante-deuxième pape, successeur de Damase II. Le très agité 11e siècle vit se succéder sur le siège de Pierre vingt-deux papes et quatre anti-papes.

Baptisé Bruno au baptême - certains disent Brunon, les deux sont possibles - il était né le 21 juin 1002 au château d’Egisheim en Alsace, de Hugo et Hedwige, qui étaient de l’aristocratie. Sa sœur, Gepa, devint abbesse de Neuß.

Bruno fut confié à cinq ans à l’école épiscopale de Toul, où il se montra extrêmement doué pour les études, qu’il accomplit avec rapidité.

Durant son adolescence, Bruno fut un jour durant son sommeil agressé au côté droit du visage par quelque bête venimeuse : réveillé par la douleur, Bruno put se débarrasser de la bête, mais resta longtemps blessé. Une nuit, il vit un saint moine lui faire le signe de la croix sur les lèvres et les parties tuméfiées, après quoi la guérison complète se fit en quelques jours : Bruno fut toujours convaincu qu’il s’était agi de saint Benoît, en récompense pour l’action bienfaitrice de ses parents en faveur des monastères.

Bruno entra dans la cléricature, il était diacre à vingt-trois ans (et probablement prêtre à vingt-quatre), quand on le proposa pour succéder à l’évêque défunt de Toul. L’empereur Conrad voulut le faire sacrer à Rome par le pape, mais Bruno refusa humblement, par égard pour son métropolite, l’archevêque de Trêves qui le sacra à Trèves. C’était en 1027, Bruno avait vingt-cinq ans.

Une des priorités du nouvel évêque, fut l’attention aux monastères, surtout bénédictins. Il agrégea à Cluny les deux abbayes de Saint-Mansuy et Moyenmoutier, où il nomma des abbés choisis parmi les moines en remplacement des abbés laïcs indignes ; il acheva l’abbaye de moniales de Poussay.

Lors d’une malheureuse guerre entre Eudes de Champagne et Conrad de Bourgogne, il vendit les vases sacrés pour venir en aide aux populations malheureuses.

Chaque jour, Brunon priait beaucoup, veillait la nuit, il priait particulièrement saint Pierre, et fit chaque année le pèlerinage à Rome. Une année que sa suite avait été frappée par une contagion, il trempa une relique de saint Epvre dans du vin, qu’il distribua aux malades : la contagion disparut. Une année où il fut particulièrement éprouvé intérieurement, il se fit une nuit porter devant l’autel de saint Blaise, où il fut ravi en extase : saint Blaise vint le soigner ; sortant de l’extase, il sentit ses forces revenir et put chanter tout l’office de nuit avant de revenir chez lui à pied.

Il fut touché par plusieurs deuils dans sa famille : deux frères, ses parents, l’empereur Conrad moururent, et son beau-frère subit une condamnation et une excommunication.

Le pape Damase II mourut en 1048. A cette époque, le choix du pape devait avoir l’agrément de l’empereur, et ce fut Bruno qui fut désigné à l’unanimité. Il prit le temps de célébrer Noël dans son diocèse, et arriva à Rome le 2 février 1049, où il fut acclamé.

Avec le nom de Léon IX, Bruno commença alors une campagne en règle contre deux abus qui sévissaient dans le clergé : la simonie et l’incontinence des clercs. Un premier synode romain ne réunit que peu d’évêques ; il le compléta par d’autres synodes tenus en diverses localités, dans l’ordre : Pavie, Reims, Mayence, Salerne, Siponto, Rome, Mantoue (où ses ennemis pénétrèrent dans l’église-même pour en empêcher les débats.

En dehors de ces synodes, le pape s’arrêta aussi en diverses localités : entre autres à Toul, dont il conserva l’administration, mais il parcourut les diocèses d’Italie, la Bourgogne et l’Alsace, les villes d’Allemagne. L’archevêque Berthald de Besançon fut déposé ; le duc de Basse-Lorraine fut excommunié jusqu’à ce qu’il fît pénitence ; l’abbé de Pothières fut déposé ; l’évêque de Langres excommunié ; l’hérésiarque Bérenger fut excommunié. Le schisme de Michel Cérulaire s’étant accentué, les légats du pape durent l’excommunier au nom de Léon IX.

Une expédition malheureuse contre les Normands de basse Italie tourna finalement en faveur du pape : les Normands se soumirent à lui et se constituèrent ses vassaux.

En février 1054, il sentit que son heure approchait. Il revint à Rome et se fit porter devant l’autel de saint Pierre. Le 17 avril, il annonça sa mort pour le 19. Le 18 il se fit porter encore une fois devant l’autel de la Confession, où il s’endormit pour son dernier sommeil. 

Selon une autre version, Léon IX avait fait venir tout le clergé romain en la basilique Saint-Pierre le 19 avril ; il leur adressa la parole une dernière fois et, s’étant retourné vers l’autel, il se signa et s’écroula, mort.

Il s’éteignit au matin du 19 avril 1054, après un pontificat de cinq années, deux mois et sept jours.

On grava sur sa tombe le distique suivant : 

 

Victrix Roma dolet, nono viduata Leone        

Ex multis talem non habitura Patrem.        

 

Rome victorieuse souffre, devenue veuve de Léon IX,

Parmi tant d’autres, elle n’aura plus un tel Père.

 

Dans les quarante jours qui suivirent les funérailles de Léon IX, on put attribuer au défunt soixante-dix guérisons extraordinaires. En 1087, la canonisation populaire fut officiellement ratifiée, selon l’usage de l’époque. Lors d’une exhumation des restes en 1606, le corps fut trouvé en parfaite conservation.

Le successeur de Léon IX fut Victor II.     

 

 

Werner d’Oberwesel

1271-1287

 

L’histoire de ce garçon fut longtemps considérée comme véridique ou au moins vraisemblable. Ce n’est pas la seule du genre, et pourrait avoir pris naissance dans un milieu anti-sémite.

Werner donc, serait né à Womrath (Bacharach, Rhénanie-Palatinat, Allemagne) d’un vigneron qui le laissa orphelin assez tôt. 

Sa mère s’étant remariée, son beau-père le maltraita suffisamment pour lui faire quitter la maison.

Il se mit ainsi au service d’un Juif d’Oberwesel, tout en conservant ses habitudes chrétiennes de l’enfance.

Le Jeudi saint, 19 avril 1287, le garçon de seize ans assista à l’office et communia. Sur le chemin du retour, une bande de malfaiteurs l’arrêta ; on voulait lui faire rendre l’Hostie. Pour cela, ils le maltraitèrent, le pendirent par les pieds jusqu’à le faire vomir, puis s’acharnèrent sur lui, lui ouvrant les veines et, finalement, le firent mourir.

La nuit suivante, ils voulurent noyer le corps dans le Rhin, mais n’y parvenant pas, l’enfouirent dans un trou quelque part à Bacharach.

Le corps fut découvert et enterré décemment à Saint-Cunibert de Bacharach ; des miracles attestèrent la sainteté et le martyre du jeune adolescent.

La rumeur du crime fanatique, durant la Semaine Sainte, tourna vite en celle de crime rituel anti-chrétien, et l’on accusa les Juifs. Peut-être s’agit-il d’ailleurs d’un crime sexuel. Une vingtaine de Juifs furent arrêtés et exécutés. 

L’empereur Rudolf ordonna de verser une «rançon» réparatrice à la communauté juive, et de brûler le corps de Werner, mais ses ordres ne furent pas exécutés.

Au 15e siècle, une église fut élevée en l’honneur de Werner ; au 16e siècle, des reliques (un doigt) arrivèrent à l’église Sainte-Madeleine de Besançon, où les vignerons prirent Werner pour leur patron, sous le nom de Vernier, et ceux d’Auvergne sous le nom de Verny.

En réalité, Werner n’a pas été béatifié officiellement.

Une des ombres évidentes de ce récit est l’impossibilité où les malfaiteurs se sont trouvés de «noyer» le corps de leur victime dans le Rhin : le corps serait-il devenu soudain trop pesant pour leurs bras ? ou serait-il revenu sur la berge du fleuve malgré le courant ? Par ailleurs, comment a-t-on découvert ce corps «par hasard», justement au moment de Pâques ?

Récemment, en 1963, le diocèse de Trier fit rayer le nom du «martyr Werner» dans son calendrier.

Une telle histoire fait frissonner. Que Dieu pardonne aux uns et aux autres, qu’ils soient les assassins ou les auteurs de la légende… Werner serait bien inspiré de nous révéler la vérité.

 

 

Corrado d’Ascoli

1234-1289

 

Corrado (Conrad) était de la noble famille des Miliani et naquit à Ascoli le 18 septembre 1234, le lendemain du jour anniversaire où François d’Assise reçut les stigmates (cette commémoration se faisait jusqu’au récent Concile Vatican II).

Un religieux franciscain avait prédit à la mère de Corrado que son enfant serait un Saint. Or Corrado eut l’esprit prophétique dès l’enfance : toutes les fois qu’il rencontrait un certain petit garçon du nom de Girolamo (Jérôme) Massi, il s’agenouillait devant lui avec révérence : ce garçon se lia d’amitié avec Corrado, et devint plus tard le pape Nicolas IV.

Corrado et Girolamo furent inséparables : ils entrèrent ensemble dans l’Ordre franciscain à Ascoli, d’où ils furent envoyés à Assise puis à Pérouse.

Par humilité, ils auraient voulu éviter l’honneur du doctorat, mais un ange les avertit de suivre la volonté de leur supérieur. Puis ils prêchèrent à Rome plusieurs années.

Girolamo devint supérieur général de l’Ordre, et permit à Corrado de passer en Afrique, où il convertit de nombreuses familles d’idolâtres. Sa prédication avait pour centre le Mystère de la Sainte Trinité.

Corrado était si adonné à la méditation de la Passion, qu’il ne pouvait penser à autre chose, surtout le Vendredi saint. Ce jour-là chaque année, Notre-Seigneur lui apparaissait crucifié, couronné d’épines, et le faisait participer à ses souffrances depuis minuit jusqu’à la neuvième heure.

Comme le Sauveur, Corrado guérissait les malades, rendait la vue aux aveugles, faisait marcher les paralytiques, chassait les démons. Il ressuscita deux morts.

Il se mortifiait sévèrement, couchant sur une planche, dormant peu, marchant nu-pieds, jeûnant au pain et à l’eau quatre fois par semaines. Les mardis et les jeudis il priait spécialement pour les âmes du purgatoire.

Revenu à Rome, il prêcha deux années, passa à Paris pour enseigner la théologie ; le dimanche il prêchait et trouvait encore le temps de visiter les malades.

C’est alors que Nicolas IV le rappela à Rome, sans lui dire pourquoi : il voulait le faire cardinal. Mais Corrado tomba malade en chemin, justement à Ascoli.

Il prédit le jour et l’heure de sa prochaine mort, et mourut effectivement le 19 avril 1289.

En 1371, on voulut exhumer son corps, qu’on trouva incorrompu et exhalant une merveilleuse fragrance.

Le culte de Corrado d’Ascoli fut approuvé au 19e siècle, mais notre Bienheureux s’est humblement retiré du Martyrologe.

 

 

 James Duckett

?-1601

 

Né à Gilfortrigs (Skelsmergh, Westmoreland, Angleterre), James grandit dans le protestantisme. Son parrain fut James Leybourbe de Skelsmergh, qui fut martyrisé lui aussi.

Il semble que James ait trouvé la foi catholique durant les années où il fut apprenti à Londres,  après la lecture de livres catholiques.

Avant-même d’être reçu dans l’Eglise, il subit la prison par deux fois, pour n’avoir pas assisté aux offices protestants. Il fut contraint de transiger pour son apprentissage : son employeur (chez lequel il avait trouvé les livres en question) intercéda à chaque fois pour obtenir sa libération, mais le pria ensuite de changer d’employeur.

Il put enfin entrer dans l’Eglise catholique, grâce à un vénérable prêtre nommé Weekes, lui aussi en prison à Gatehouse (Westminster).

Deux ou trois ans après, vers 1590, James épousa une veuve catholique mais, des douze années que dura cette vie conjugale, il en passa pas moins de neuf en prison, à cause de son zèle pour propager la littérature catholique, tant il était convaincu dans sa nouvelle foi.

C’est son fils John, devenu chartreux, qui put raconter plus tard ce qu’il savait de son père.

Sa dernière arrestation fut le résultat d’une trahison : Peter Bullock, un relieur mis en prison, avait donné son nom pour obtenir sa propre libération. Le 4 mars 1601, la maison de James fut fouillée, on y trouva des livres catholiques, et James fut immédiatement transféré à Newgate.

Durant le procès, Bullock témoigna qu’il avait relié des livres catholiques pour James, qui reconnut le fait. Le barreau ne jugeait pas coupable James, mais le Juge fit remarquer que James Duckett avait fait relier un livre particulièrement odieux aux Anglicans pour son contenu virulent. Le jury modifia alors son verdict, déclara James coupable de crime et le condamna à mort. 

En même temps, on condamna trois prêtres : Francis Page, Thomas Tichborne, Robert Watkinson, qui furent exécutés le lendemain. 

Le traître Bullock ne sauva pas sa peau pour autant : il fut emmené dans la même charrette à Tyburn. En chemin, on tendit un verre de vin à James, qui le but et le tendit à son épouse en lui demandant de boire aussi pour Bullock, en lui pardonnant. L’épouse refusait, mais James la «gronda» gentiment, jusqu’à ce qu’elle acceptât.

Parvenus à la potence, James pensait toujours à son traître : il l’embrassa et le conjura de mourir dans la foi catholique. Malheureusement, il ne semble pas que Bullock ait consenti.

C’était le 19 avril 1601.

James Duckett fut béatifié en 1929.

 

Ramón Llach Candell

1875-1937

 

Ramón naquit le 24 mai 1875 à Torelló (Barcelone, Espagne), de Vicente et Concepción.

Des neuf enfants de la nombreuse fratrie, quatre furent membres des Fils de la Sainte Famille (trois prêtres et un frère), deux furent clarétins, une religieuse, et deux furent des épouses chrétiennes. 

En 1887, Ramón entra au collège de Palomar, où il étudia le latin, la rhétorique, la poésie, la philosophie et les premiers éléments de théologie dogmatique et morale.

En 1888, il commença le noviciat et fit les premiers vœux à Cambrils en 1894.

Après la profession solennelle (1897), il reçut l’ordination sacerdotale en 1899.

Il fut très vite destiné à l’enseignement, particulièrement des mathématiques où il excellait. Professeur remarquable, il fit partie de la commission pour l’enseignement et, en 1926, participa au pélerinage à Rome du Magistère National.

Travailleur persévérant, le père Ramón écrivit dans le bulletin de l’Institut, autant en latin qu’en catalan et en espagnol. 

Homme pédagogique et de gouvernement, il eut à diriger plusieurs maisons, y laissant le souvenir de quelqu’un de sérieux dans son travail, en même temps qu’agréable par son entrain.

En 1936, il se trouvait à Les Corts, comme économe et professeur. Il s’en vint à Girona jusqu’au début de 1937, puis rejoignit Barcelone pour enseigner à l’Académie Guiu, en attendant des jours meilleurs.

Mais voilà que le 17 avril 1937, dans l’après-midi, des miliciens vinrent arrêter Ramón et son frère Jaime. Les deux prêtres furent conduits au poste central, puis à la prison San Elías.

Deux jours après, le 19 avril 1937, ils furent conduits au cimetière de Montcada, où on les fusilla.

On n’a pas pu identifier ses restes ; sa mort fut inscrite sur un registre de Barcelone.

Le père Ramón, ainsi que son frère Jaime, furent béatifiés en 2013.

 

 

Jaime Llach Candell

1878-1937

 

Jaime naquit le 1er octobre 1878 à Torelló (Barcelone, Espagne), de Vicente et Concepción.

Des neuf enfants de la nombreuse fratrie, quatre furent membres des Fils de la Sainte Famille (trois prêtres et un frère), deux furent clarétins, une religieuse, et deux furent des épouses chrétiennes. 

Sur les traces de son frère aîné Ramón, Jaime entra à son tour dans le même institut des Fils de la Sainte Famille, où il reçut l’ordination sacerdotale.

Il fut vicaire et économe au collège de Vilafranca del Penedés, ainsi qu’examinateur général.

Comme Ramón, il possédait une vaste culture, autant ecclésiastique que civile, et particulièrenet dans les sciences et les mathématiques.

Après Vilafranca, il fut à Vilatorta, jusqu’à la guerre civile.

En 1936, il accompagna son frère Ramón à Girona jusqu’au début de 1937, puis rejoignit Barcelone, en attendant des jours meilleurs.

Mais voilà que le 17 avril 1937, dans l’après-midi, des miliciens vinrent arrêter Ramón et son frère Jaime. Les deux prêtres furent conduits au poste central, puis à la prison San Elías.

Deux jours après, le 19 avril 1937, ils furent conduits au cimetière de Montcada, où on les fusilla.

On n’a pas pu identifier leurs restes ; leur mort fut consignée sur un registre de Barcelone.

Le père Jaime, ainsi que son frère Ramón, furent béatifiés en 2013.

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17 avril 2021 6 17 /04 /avril /2021 23:00

18 AVRIL

 

II.

S Calocer, chef des soldats, martyr à Albenga.

Ss Eleuthère, évêque, et sa mère Anthia, martyrs à Rome ; on ne peut dire clairement où Eleuthère fut évêque.

IV.

Ss Elpidius, Hermogenes, Caius, Aristonicus, Rufus et Galatas, martyrs à Mélitène.

S Pusicius, intendant des travaux du roi Sapor, qui se convertit au moment du martyre de s. Siméon (voir 17 avril) : on lui fit un trou dans le cou pour lui arracher la langue et il devint aussi martyr.

VI.

S Eusebius, évêque à Fano, peut-être mort prisonnier à Ravennecomme le pape Jean Ier.

VII.

S Laserian (Molassus), d’origine écossaise, moine et apôtre en Irlande, évêque.

VIII.

S Ursmer, abbé à Lobbes (et évêque), apôtre de la Flandre.

Ss Hidulphe et Aya, deux époux consacrés dans la continence parfaite, ensuite retirés lui à Lobbes, elle à Châteaulieu ; Aya est invoquée contre les procès injustes. 

S Wicterp, évêque à Augsburg.

IX.

Ste Anthousa, vierge, fille de l’empereur Constantin Copronyme.

S Ioannis l’Isaurien, champion de l’orthodoxie contre les iconoclastes. 

S Perfecto, prêtre martyr à Cordoue.

Ste Athanasia, deux fois veuve, puis abbesse dans l’île d’Egine et thaumaturge.

S Cosmas, évêque à Chalcédoine, victime des mauvais traitements des iconoclastes. 

XI.

S Gébuin (Jubin), évêque à Lyon.

XII.

B Idesbald, abbé cistercien à Notre-Dame des Dunes, grand promoteur du chant liturgique..

S Galdino della Sala, évêque à Milan ; il travailla beaucoup à rallier toute sa région au pape légitime.

XIII.

B Bertrand de Garrigues, un des premiers compagnons de s.Dominique et son confident, prieur à Toulouse, chapelain des sœurs dominicaines à Prouille (le 6 septembre au Martyrologe).

S Bartolomeo (Amadio) Amidei, un des Fondateurs de l'Ordre des Servites de Marie, fêté le 17 février.

XV.

B Giacomo d’Oldo, de Lodi ; lui et sa femme étaient assez frivoles, mais devinrent tous deux tertiaires franciscains ; il fut prêtre.

B Andrea de Montereale, pieux berger des Abruzzes, entré chez les augustins à quatorze ans, provincial pour l’Ombrie, prédicateur en Italie et en France.

XVI.

B Ioannis de Ioannina, tailleur, martyr ; il abandonna la mahométisme et fut brûlé vif à Constantinople.

XVII.

B Andrea Hibernon, franciscain puis carme espagnol, mystique ; il aimait les travaux les plus humbles, et travaillait à convertir les Maures. 

Bse Barbe (Madame Acarie, puis Marie de l'Incarnation) Avrillot, fondatrice française de nombreux Carmels réformés dans l'esprit de ste Thérèse d'Avila ; veuve, elle fut simple converse carmélite à Amiens, puis à Pontoise.

XVIII.

B Joseph Moreau, prêtre martyr à Angers, béatifié en 1984.

XIX.

B Luca Passi, prêtre italien, fondateur de l'institut des Sœurs Maîtresses Dorothéennes, béatifié en 2013.

XX.

Bse Savina Petrilli (1851-1923), italienne, fondatrice des Sœurs des Pauvres de Sainte-Catherine de Sienne, pour les enfants abandonnés et toutes personnes démunies ; béatifiée en 1988.

B Roman Archutowski (1882-1943), prêtre polonais et martyr au camp de concentration de Majdanek, mort le jour des Rameaux, béatifié en 1999.

B Louis Leroy (1923-1961), prêtre français des Oblats de Marie Immaculée, martyr au Laos, béatifié en 2016.

Pusicius et Martha (Perse)

† 341

 

L’empereur de Perse Sapor II (310-381) considérait comme ennemis personnels tous ceux qui avaient quelque lien avec l’empire romain : les Chrétiens, liés à l’Eglise de Rome, étaient forcément, selon lui, des alliés de l’empire romain.

Vers 341-344, il décréta contre les Chrétiens un très lourd impôt ; lorsque l’un d’eux refusa de le payer, ce geste fut considéré comme un acte de rébellion, synonyme d’activité subversive contre l’empereur de Perse.

Ce fut l’occasion d’une violente persécution. Ayant refusé d’adorer le soleil, l’évêque Siméon bar Sabas fut décapité après l’exécution d’une centaine d’autres Compagnons, évêques, prêtres, diacres et autres clercs, qui furent égorgés sous ses yeux, le 17 avril.

Avec saint Siméon furent aussi décapités deux prêtres, Habdelai et Ananias. Ce dernier avait été soudain pris d’un tremblement juste avant d’être exécuté. C’est alors qu’intervint Pusicius, qui venait d’être créé intendant des travaux du roi, chrétien en secret. Il exhorta fortement Ananias : Courage, ferme un instant les yeux et tu les ouvriras à la lumière du Christ.

Pusicius fut saisi sur-le-champ et conduit devant Sapor. Pusicius déclara : Je voudrais échanger cet honneur plein de troubles et de peines contre leur foi ; la mort qu’ils endurent est à mes yeux le comble du bonheur. 

Sapor ordonna de lui faire subir un atroce supplice : lui percer le cou et lui arracher la langue.

Ainsi mourut glorieusement saint Pusicius, en ce Samedi Saint de 341. 

Le lendemain, jour de Pâques, fut à son tour exécutée la fille de Pusicius, Martha, qui était vierge et fut accusée de christianisme.

Le Martyrologe mentionne saint Siméon bar Sabas le 17 avril, saint Pusicius le 18 avril, sainte Martha le 19 avril.

Une autre source, orthodoxe, retient plutôt la date du 13 avril 344 pour saint Siméon, et les jours suivants, jusqu’au 23 avril, pour les autres. Il y aurait eu en tout onze cent cinquante Martyrs. 

 

 

Hermogenes et Elpidius

4e siècle ?

 

L’actuel Martyrologe mentionne le 18 avril deux Martyrs, Hermogenes et Elpidius, qui étaient autrefois accompagnés de quatre autres : Caius, Aristonicus, Rufus, Galatas.

Le martyre de ces héros du Christ aurait eu lieu à Mélitène (Arménie) au 4e siècle, selon des traditions invérifiables.

Il convient toutefois de s’arrêter sur Elpidius, dont le nom fut édulcoré en Expeditus, et qui fut favorisé d’une popularité pour le moins ingénieuse.

Le nom-même d’Expeditus engendra en Allemagne une dévotion assez vive, qui faisait du glorieux Martyr le patron des causes urgentes. On le représenta écrasant du pied un corbeau, dont le cri (Cras !) signifie en latin Demain.

Cette explication est peut-être juste. Mais il faut reconnaître que ce «faux» Saint est très efficace.

Saint «Expédit» était autrefois vénéré le 19 avril ; Hermogenes et Elpidius, alias Expeditus, sont aujourd’hui commémorés le 18 avril.

 

 

Eusebius de Fano

† 541

 

Eusebius fut nommé évêque de Fano, septième de ce titre, en 502.

On sait qu’il établit une école pour ses clercs, ce qu’on appellerait aujourd’hui un séminaire.

Le pape était alors s.Symmaque (v. 19 juillet), dont l’élection avait été contestée : deux conciles à Rome avaient proclamé sa légitimité et banni ses adversaires. Eusebius faisait partie des pères conciliaires.

Lorsque le pape Jean Ier (v. 18 mai) dut aller à Constantinople pour rencontrer l’empereur, Eusebius l’accompagnait ; au retour, ils furent tous deux mis en prison à Ravenne par le roi Théodoric.

Certains ont cru qu’Eusebius s’éteignit dans cette prison en 526, un mois environ avant Jean Ier ; c’est aussi la date indiquée dans le Martyrologe Romain ;  mais comme le successeur d’Eusebius - dont on ignore le nom - fut nommé en 541, il est difficile d’imaginer que ce diocèse fût vacant pendant une quinzaine d’années ; on peut donc supposer une date plus tardive pour la mort d’Eusebius, soit en prison à Ravenne, soit à Fano, vers 540.

Saint  Eusebius de Fano est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Laserian de Leighlin

† 639

 

Laserian (Lasserian Laisren), nommé aussi Molassus ou Molaisse (ce qui signifie saint Laserian), vit le jour en Irlande, où ses parents avaient été exilés. Sa mère, Gemma, descendait du roi d’Ecosse Áedán. Il avait un frère, Goban (v. 20 juin).

Sa mère le conduisit, jeune encore, dans sa terre natale, mais il revint en Irlande se mettre sous la sainte conduite de s.Fintan (v. 17 février), à Iona, croit-on.

Il se rendit à Rome, où le pape Grégoire 1er le reçut (598) et lui confia la mission d’évangéliser l’Irlande.

Plus tard, Laserian se rendit une seconde fois à Rome, où le pape Honorius Ier le sacra évêque, et le nomma son légat pour l’Irlande. Il le chargea en particulier de convaincre les Irlandais à adopter la date romaine de Pâques. On rappellera ici que s.Fintan tenait farouchement au calendrier irlandais. Mais après le concile de Magh-Lene (631), les évêques irlandais passèrent au calendrier romain.

En 637, Laserian remplaça son frère s.Goban à la tête du monastère de Leighlin, lorsque celui-ci gagna la Gaule.

Laserian mourut en 639.

Saint Laserian de Leighlin est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ursmarus de Lobbes

644-713

 

Ursmarus (Ursmar ou Ursmer) naquit le 27 juillet 644 à Floyon (Avesnes-sur-Helpe, Nord).

Sa naissance fut précédée - et suivie - de faits merveilleux. L’enfant montra très tôt des signes d’une grande piété et d’une sagesse prématurée. Sa mère et sa marraine se préoccupèrent de lui procurer une instruction solide, successivement complétée par l’approfondissement des sciences profanes et de l’Ecriture.

S.Amand (v. 6 février) remarqua ce jeune homme exceptionnel, l’admit dans les rangs de la cléricature et lui conféra le sacerdoce (670).

Les premières missions d’Ursmarus le conduisirent à La Fagne et en Thiérache, et furent couronnées d’un grand succès.

C’est alors que le comte Hidulphe, dûment appuyé par le maire du palais Pépin de Herstal, réussirent à convaincre Ursmarus de prendre la direction du monastère de Lobbes, que son fondateur, s.Landelin (v. 15 juin) avait quitté pour embrasser la vie érémitique. Ursmarus acheva la construction de l’abbaye, en assura les revenus, et réussit à mettre les moines sur un réel chemin vers la sainteté.

Ursmarus voulut aussi apostoliser les Ménapiens et les Morins et, pour obtenir d’abondantes grâces, fit le pèlerinage à Rome. Il emportait avec lui des lettres cachetées avec le sceau de Pépin d’Herstal à l’adresse du pape ; Ursmarus les lui remit, sans savoir que, justement, Pépin y suppliait le pape de consacrer évêque Ursmarus. Le pape n’eut pas de difficulté à se convaincre de la dignité d’Ursmarus : il le sacra évêque et lui donna de grands pouvoirs pour ordonner des prêtres et édifier des églises dans toute la région du Hainaut et de la Flandre.

En 697, Ursmarus consacra l’église de son monastère de Lobbes. On lui remit aussi le domaine d’Oudenbourg, ainsi que la ville de Zegelsem, où s’élevèrent bientôt des nouveaux sanctuaires.

Ursmarus avait un régime très sévère : ni viande, ni poisson, et de l’eau comme unique boisson. Et bien qu’il souffrît près de dix années de violents maux de dents, il ne le laissa jamais paraître, conservant un inaltérable visage rayonnant de joie. On le dépeignait comme un maître habile dans les Ecritures, un vrai pasteur, un gardien des âmes, père des veuves et des orphelins, libérateur des captifs.

Peu avant de mourir, il remit sa charge dans les mains de son disciple Ermin (v. 25 avril) et s’éteignit doucement le 18 avril 713.

Les miracles qui se produisirent sur son tombeau aboutirent à sa canonisation en 823. S.Ursmarus est invoqué pour la santé des enfants, en particulier à la Fontaine de saint Ursmer, près de Floyon. Au 10e siècle, à l’approche des hordes magyares, les populations invoquèrent saint Ursmer, et une pluie orageuse vint immédiatement semer la panique chez l’envahisseur, qui recula.

Saint Ursmarus est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anthousa de Constantinople

757-811

 

La naissance d’Anthousa (Anthuse) est déjà une histoire.

L’empereur Constantin Copronyme, après son père, avait soutenu la lutte iconoclaste ; or, une recluse nommée Anthousa, qui vivait près de Constantinople, eut la hardiesse de soutenir au contaire le culte des saintes Images, au point que l’empereur la fit arrêter et s’apprêtait à lui faire subir mille mauvais traitements ; sa troisième épouse, Eudokia, obtint par ses larmes insistantes la grâce de cette recluse, laquelle, en retour, annonça à l’impératrice, qu’elle mettrait bientôt au monde une fille : c’est celle dont on va parler maintenant.

La petite fille naquit vers 757 et reçut à son tour le nom d’Anthuse. Elle grandit dans la crainte de Dieu et loin des déviations de son père. Celui-ci voulut la marier, mais elle s’y opposa de toute son âme.

A partir de 775, à la mort de Constantin Copronyme, Anthuse renonça à toutes les faveurs de la cour, abandonna à son frère aîné Léon tous ses droits à la couronne et ne se réserva que la disposition de ses biens, pour réparer les monastères détruits par son père, racheter des Chrétiens réduits en esclavage par les Musulmans, et se donner à maintes bonnes œuvres : elle devint la mère des orphelins et des enfants abandonnés, elle les réunissait et les instruisait, elle assistait les mourants, créait des hospices pour les malades et les vieillards pauvres, qu’elle allait soigner personnellement.

Sur la fin de sa vie, elle reçut le voile des femmes consacrées, des mains du patriarche Tarasios (v. 18 février) et se retira dans le monastère d’Euménie, où elle mourut à une date qu’on fait varier entre 790 et 811.

Sainte Anthusa est commémorée le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannis l’Isaurien

† 820

 

Originaire d’Isaurie (act. Turquie S), Ioannis conçut dès sa jeunesse un grand amour pour le Christ.

Il se mit sous la conduite de s.Grégoire le Décapolite (v. 20 novembre), auquel il se soumit filialement et qu’il servit fidèlement, le considérant comme une image vivante de Jésus-Christ.

Ensemble ils défendirent le culte des Saintes Images pendant la persécution iconoclaste.

Ioannis mourut en 820 et reçut la sépulture non loin d’un autre vaillant Soldat, son ami Ioseph l’Hymnographe (v. 3 avril).

Saint Ioannis l’Isaurien est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain, qui cependant le fait mourir en 842.

 

 

Perfecto de Cordoue

† 850

 

Perfecto était de Cordoue.

Il fut élevé dans la communauté de prêtres de l’église Saint-Aciscle, où il se distingua par son étude assidue de l’Ecriture.

Il fut ordonné prêtre et mit son zèle au service des fidèles attristés par le joug musulman.

Un jour, des Musulmans le prièrent de s’exprimer sur Mahomet et sur Jésus-Christ ; prudemment, il démontra la divinité du Fils de Dieu, au regard duquel Mahomet n’avait pas grande autorité. Les interlocuteurs de Perfecto cachèrent leurs réels sentiments et, quelques jours plus tard, firent arrêter Perfecto, le conduisirent devant leur juge et le dénoncèrent comme blasphémateur.

Chargé de fers et mis en prison, Perfecto se prépara au martyre dans le calme et la prière. Le jour arriva : le 18 avril 850, après avoir une dernière fois confessé sa foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu et Sauveur, il fut décapité. C’était la première victime de cette période.

Reconnu martyr, Perfecto a vite été honoré sur les autels, et jusqu’en France.

Saint Perfecto de Cordoue est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Athanasia d’Egine

790-860 

 

Athanasia naquit vers 790 en l’île d’Egine, de Niketas et Ireni, de nobles chrétiens.

Parut un édit impérial, qui demandait aux jeunes femmes en âge de se marier, d’épouser un officier. Elle qui voulait se consacrer, fut ainsi obligée à seize ans d’épouser un jeune officier, qui fut tué dans un raid contre les Arabes, deux semaines après le mariage.

Elle épousa ensuite un homme profondément religieux, qui finalement préféra devenir moine, avec sa permission, de sorte qu’elle était libre de suivre elle aussi son attrait pour la vie religieuse.

Elle vendit ses biens, transforma sa maison en un véritable couvent et favorisa la construction de sanctuaires. Sa communauté se déplaça à Timia, non loin d’une église Saint-Etienne : Athanasia en devint higoumène (supérieure).

Elle eut le don des miracles et les foules affluèrent pour la connaître. Athanasia alors alla vivre comme anachorète à Constantinople pendant sept années, durant lesquelles elle eut l’occasion de conseiller l’impératrice.

Puis elle regagna l’île d’Egine, où elle mourut un 14 ou un 15 août, en 860.

Comme les ménées grecs la placent au 18 avril, c’est cette date qui a été retenue dans le Martyrologe Romain.

Idesbald des Dunes

1090-1167

 

Idesbald naquit vers 1090 à Furnes (Belgique), dans la riche famille des van der Gracht, de la petite noblesse.

Intelligent, il acquit une grande culture, et en particulier dans le domaine du chant religieux.

Très tôt il fut du nombre des chanoines de la collégiale, et nourrit une grande prédilection pour l’office divin.

Imitant son père, vers 1150 Idesbald renonça à tous ses biens et demanda son admission à l’abbaye cistercienne de Notre-Dame des Dunes.

Il fut bientôt nommé maître de chœur, une charge qui n’est pas toujours de tout repos, car même si l’autorité du maître de chœur est reconnue, ce dernier n’en est pas pour autant moins soumis aux préférences, parfois capricieuses, des Supérieurs, ce qui génère parfois de douloureux conflits.

En 1155, il succéda comme abbé à Robert de Bruges, qui devenait abbé de Clairvaux.

L’abbaye grandit en prestige ; elle reçut des privilèges ; les grands venaient y puiser conseils et exemples.

Idesbald mourut le 18 avril 1167.

Son cercueil fut un peu oublié, mais retrouvé en 1623 : le corps était intact !

Le culte de s.Idesbald fut reconnu en 1894. Les cultivateurs et les pêcheurs belges l’invoquent comme leur céleste Patron.

Saint Idesbald des Dunes est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Galdino della Sala

1096-1176

 

Galdino, né vers 1096, était le fils d’un gentilhomme de Milan.

Il se prépara intensément au sacerdoce, par l’étude de l’Ecriture ; mais surtout on remarqua ses vertus, en particulier sa grande innocence.

Ordonné prêtre, les évêques le firent archidiacre puis chancelier de l’Eglise de Milan. Les deux archevêques Robaldo et Oberto s’appuyaient volontiers sur ce saint prêtre et lui déléguaient d’importantes charges.

En 1159, lors du schisme de Victor IV (soutenu par l’empereur Barbarossa contre le pape Alexandre III), Galdino se rangea délibérément du côté du pape légitime. La riposte de l’empereur fut sévère : il mit le siège devant Milan et fit mettre Galdino en prison pendant six mois.

L’archevêque de Milan, Oberto, se réfugia à Gênes, où se trouvait Alexandre III et où les rejoignit Galdino. Tous partirent se mettre en sûreté à Maguelone, Montpellier et Clermont. 

En 1165, Alexandre put revenir à Rome, toujours accompagné des fidèles Oberto et Galdino, et créa cardinal ce dernier ; il aurait bien créé cardinal aussi Oberto, mais celui-ci mourut à ce moment-là.

Le 18 avril 1166, le même pape consacrait Galdino archevêque de Milan ; c’était le quatre-vingt-quatrième titulaire de ce siège.

En 1167, la Ligue Lombarde parvint à expulser définitivement les lieutenants de Barbarossa et Galdino put prendre possession de son siège.

Son travail était immense : il devait déposer les prêtres et évêques schismatiques, et nommer des évêques dans presque toutes les villes de Lombardie ; il érigea le diocèse d’Alessandria, dont la ville prenait le nom du pape Alexandre III. Pasteur dévoué, il prêcha en tous lieux, assista les pauvres, rétablit le rit ambrosien, régla des détails de discipline pour le clergé, combattit l’hérésie cathare.

Dix ans après sa consécration épiscopale, jour pour jour le 18 avril 1176, Galdino achevait son homélie, quand un malaise le terrassa. Il mourut à la fin de la messe. C’était le dimanche de Quasimodo, deuxième de Pâques.

Saint Galdino della Sala est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bertrand de Garrigues

† 1230

 

Bertrand était né à Garrigues (Nîmes, Gard), vers la fin du 12e siècle.

Jeune prêtre diocésain, il fut séduit par l’idéal, la sainteté et le projet de saint Dominique (v. 6 août), et en fut un des premiers disciples.

Il fut nommé supérieur du couvent de Toulouse (1215), un poste qu’il recouvra plusieurs fois.

En 1217, il fut envoyé par son maître à Paris pour y fonder le couvent Saint-Jacques (1217), puis il fonda aussi à Montpellier (1220) et en Avignon.

En 1221, il fut nommé provincial pour toute la France méridionale.

A la mort de saint Dominique, il fut aussi le zélé aumônier des sœurs dominicaines du couvent de Prouille.

Bertrand mourut au couvent cistercien de Bouchet (Orange), où il prêchait une retraite. C’était le 18 avril 1230.

Si les fidèles l’avaient déjà canonisé depuis longtemps, son culte ne fut officiellment reconnu qu’en 1881. A l’époque, on lui assigna le 6 septembre comme jour de sa fête, sans doute pour le célébrer hors du temps de Pâques. C’est aussi cette date que maintient le Martyrologe.

Mais pour uniformiser notre travail, nous l’avons inscrit au 18 avril, son dies natalis.

 

 

Bartolomeo Amidei

1204-1266

 

Ce pieux marchand de Florence fut un des Sept Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie.

Il prit le nom de Amadio, car vraiment il aimait Dieu.

Toute sa vie il resta dans le couvent du Monte Senario.

Il ressuscita un enfant noyé.

Lors de sa mort, tous virent monter une flamme de feu, indiquant l’amour qu’il avait pour Dieu.

Il quitta ce monde, le 18 avril 1266. 

 

Sur l’ensemble de ces Fondateurs, voir la notice : Servites de Marie (Sept Fondateurs des)

 

 

Giacomo d’Oldo

† 1404

 

Giacomo naquit à Lodi (Lombardie, Italie N), de Francesco Marchesi et Fior di Mina.

Lui et son épouse vivaient dans les mondanités du siècle ; ils eurent trois enfants. 

Lors d’une épidémie de peste qui frappa la ville, il vint se réfugier chez son beau-père ; il entra un jour dans l’église, et considéra la tombe d’un de ses amis : comme elle était étroite, et comme nous sommes réduits à peu de chose après la mort ! Cette réflexion le fit changer complètement à peine sorti de l’église.

Il se donna aux mortifications, au mépris du monde, et allait jusqu’à envisager de se séparer de son épouse pour adhérer au Tiers Ordre franciscain ; mais la loi de Dieu ne permet pas une telle résolution, à moins qu’elle ne soit prise de concert entre les deux époux, et qu’ils n’aient plus leurs enfants à charge.

Dieu permit cependant que cette épouse mourût, laissant Giacomo libre de sa destinée. Il vendit tous ses biens, les distribua aux pauvres, et se prépara au sacerdoce. Sa maison devint un petit monastère, où quelques compagnons le rejoignirent.

Lui-même chercha à se mortifier durement, rejetant la viande et le vin, buvant une eau imprégnée ou de myrrhe ou d’absinthe, dormant sur la terre nue, observant plusieurs carêmes durant l’année. Il exagéra tellement ses pénitences que l’évêque dut intervenir pour lui imposer un adoucissement à ses rigueurs. 

Giacomo circula, prêchant, exhortant les habitants à changer de vie, et beaucoup entrèrent dans les Ordres.

Il annonça les malheurs qui devaient s’abattre sur la région, conseillant aux habitants de quitter leurs terres et de rentrer dans la ville ; ceux qui refusèrent furent effectivement victimes des troupes ennemies, et réduits en captivité pour n’avoir pas cru à ses avertissements ; et Giacomo lui-même alla les consoler. 

Visitant les malades de l’hôpital, il annonça à son compagnon qu’ils mourraient bientôt. Le compagnon mourut effectivement le premier, et Giacomo le 18 avril 1404, montrant une grande joie de quitter ce monde pour un monde meilleur.

On l’ensevelit avec l’habit franciscain. Les miracles abondèrent et, sept ans plus tard, on voulut lui donner une sépulture plus soignée ; à cette occasion, on retrouva son corps incorrompu et exhalant un délicieux parfum.

Giacomo d’Oldo fut considéré Bienheureux, mais son nom ne se trouve plus au Martyrologe Romain.

 

 

Andrea de Montereale

1397-1479

 

Andrea naquit vers 1397 à Mascioni (L’Aquila, Abruzzes, Italie CE), de parents très pauvres.

On a récemment proposé des dates légèrement modifiées pour Andrea. Il serait né plutôt vers 1402.

La famille ne le destinait, apparemment, qu’à garder les moutons, ce qu’il fit jusqu’à quatorze ans.

A cet âge-là, il rencontra un Religieux de l’Ordre de Saint-Augustin, qui venait du proche monastère de Montereale. Le jeune garçon devait y avoir pensé depuis un certain temps, et son désir devait être intense : le bon Religieux emmena Andrea au monastère, où il fut tout de suite admis.

Qui sait ce que fut la réaction des parents d’Andrea ? Il ne quitta certainement pas la maison paternelle sans les avoir salués, leur promettant ses ferventes prières ; et les braves paysans, tout émus, ne furent pas mécontents de voir leur fils en de bonnes mains.

A Montereale, Andrea observa la Règle avec une fidélité exemplaire, et se jeta dans les études avec enthousiasme. 

Il fut ordonné prêtre en 1421 : à dix-neuf ans (?) selon la chronologie corrigée, à vingt-quatre selon la tradition, ce qui semble plus plausible.

En 1431, on le voit étudier la théologie à Rimini, puis Padoue, Ferrare ; il fut lecteur et bachelier.

En 1438, il fut nommé professeur à Sienne et reçut le titre de Maître en Théologie.

Successivement (1444 ou 1453) il fut nommé provincial de son Ordre pour l’Ombrie. En outre, le Supérieur Général le délégua plusieurs fois pour aller réformer des couvents, à Norcia, Amatrice, Cerreto. Andrea obéit, se rendit sur place, mais reçut les habituelles contradictions des moines qui n’acceptent pas de se corriger. 

Andrea souffrit beaucoup. A Sienne également, on le calomnia. Andrea démissionna. Mais son innocence fut reconnue, au point que le Général de l’Ordre écrivit en 1463 qu’Andrea avait montré le plus haut degré de la sainteté.

En 1471 en effet, Andrea fut réélu provincial. Il alla prêcher dans toute l’Italie et en France. Il portait le cilice, couchait sur la dure, veillait la nuit en prière dans l’église et ne manquait pas d’y ajouter d’autres mortifications discrètes.

Il passa les dernières années de sa vie à Montereale. On dit qu’il prédit le jour de sa mort, mais il n’y a pas d’accord sur ce jour, 11 ou 18 avril 1479.

Quand il mourut, on entendit le chant des Anges, et les cloches sonnèrent d’elles-mêmes pendant toute une journée.

Le culte d’Andrea a été reconnu en 1764.

Saint Andrea de Montereale est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannis de Ioannina

1522-1546

 

L’Epire, cette région du nord de la Grèce, fut sous la domination ottomane depuis le XVe siècle  jusqu’au début du XXe siècle. Elle est maintenant en grande partie divisée entre la Grèce, la Bulgarie et l’Albanie. C’est dans cette région que sévit le fameux Ali Pacha au XIXe siècle.

La plus importante ville de l’Epire s’appelle en grec Ioannina, Ianina en bulgare et Ianinë en albanais. 

Ioannis était né en 1522 à Terovo, près de Ioannina, où il vivait avec ses parents. Il était tailleur. Après la mort de ses parents, il vint à Constantinople et ouvrit une boutique de tailleur, qui fut florissante. 

Là, ou peu avant d’y arriver, il renonça à l’Islam et devint chrétien. En revanche, beaucoup de marchands quittèrent le christianisme pour adhérer à l’Islam, par pure convenance. Ioannis ne se priva pas de le leur reprocher. Il fut aussitôt dénoncé pour avoir “abandonné la religion de Mahomet”.

Il se savait menacé, mais se sentait heureux de mourir pour le Christ. Il rencontra son père spirituel, qui l’aida à se préparer à la mort par la prière et le jeûne. La nuit du Vendredi Saint, il se vit en rêve au milieu des flammes. Le lendemain il reçut l’Eucharistie et la bénédiction du prêtre.

Au moment où il se rendit sur la place du marché, il fut invectivé par les autres marchands. On le tortura, on le battit avec des verges et des cannes de fusil, puis on le mit en prison. 

Le lendemain, jour de Pâques, on l’amena pour le torturer encore, mais lui de toutes ses forces chanta Le Christ est ressuscité des morts, et adressa à ses tortionnaires ces mots enthousiastes : Faites tout ce que vous voulez pour m’envoyer le plus vite possible dans l’autre Vie. Je suis l’esclave du Christ, je marche derrière le Christ, pour Lui je meurs ! Puissé-je vivre avec Lui.

On le chargea de chaînes et on le conduisit à l’endroit du bûcher. Quand le feu fut allumé, il s’y jeta courageusement. Mais un voisin craignit pour sa propre maison, et fit éteindre le feu. On retira du feu Ioannis à moitié brûlé, et on alluma un autre bûcher plus loin, où Ioannis se précipita de lui-même. Des Grecs intervinrent alors et soudoyèrent les officiers, leur demandant de décapiter l’homme pour lui épargner plus de souffrances. C’est ainsi que Ioannis fut décapité, le 18 avril 1546, à vingt-quatre ans.

On jeta son corps et la tête dans le feu.

Ioannis n’est pas commémoré dans le Martyrologe Romain, mais sa mémoire est retenue dans un calendrier d’Epire, au 18 avril et les Orthodoxes le commémorent à cette date, sous le vocable de Ioannis le Jeune.

C’est un des très nombreux cas de musulmans convertis au christianisme, persécutés par leurs coreligionnaires ou même leurs familles, qui ne leur permettent pas de renoncer à l’Islam. Le phénomène est d’autant plus triste et injuste qu’il perdure encore de nos jours, malgré tout ce qu’on proclame en fait de droits de l’homme, de tolérance et de liberté de conscience.

Andrés Hibernon

1534-1602

 

Andrés Hibernon vit le jour à Murcia (Espagne sud-est) en 1534, de parents originaires de Carthagène, ruinés après des revers de fortune.

L’enfant fut baptisé en la cathédrale de Murcia, où un de ses oncles était chapelain, puis passa son enfance à Alcantarilla, et sa jeunesse chez un autre oncle à Valencia. 

Il avait (au moins) une sœur, et c’est pour constituer une dot honorable à celle-ci qu’il travailla avec ardeur chez son oncle. Mais au retour de Valence, il fut dévalisé par des brigands. Tout le fruit de ce beau travail parti en fumée en quelques minutes, le fit réfléchir. Il décida désormais de travailler pour Dieu.

Il entra chez les Franciscains Observants d’Alcantarilla en 1556, comme frère convers, puis passa à ceux de la province voisine, dont les observances étaient plus rigoureuses.

Avec une humilité profonde, il se considérait comme le plus grand des pécheurs ; il préférait aller aux tâches les plus basses ; il se réjouissait d’aller affronter les moqueries pour faire la quête alentour ; il s’imposait en outre des austérités sévères, dont le cilice de fer qu’il s’était fabriqué lui-même. 

Il avait une prédilection pour aider les Confrères, les soigner à l’infirmerie ; à l’accueil, il recevait les pauvres avec une exquise douceur.

Lui qui était pratiquement sans instruction, eut la grâce de répondre à des questions difficiles que lui posèrent des théologiens.

Une telle élévation d’esprit ne pouvait rester sans une contrepartie divine : il fut favorisé d’extases, il put biloquer, multiplier la nourriture, il prophétisa.

Sa pureté virginale correspondait à son amour envers la Vierge Marie. Les anges lui apparurent et l’aidèrent quand ce fut nécessaire.

Ses Supérieurs eurent une totale confiance en lui et lui confièrent la réforme d’autres couvents : Murcia, Valencia, Gandia.

Quatre ans avant de mourir, il annonça le jour et l’heure de sa fin, qui arriva comme prévu le 18 avril 1602.

D’autres miracles postérieurs à sa mort aboutirent à sa béatification en 1791.

 

 

Barbe Avrillot-Acarie

1566-1618

 

Barbe naquit le 1er février 1566 à Paris, de parents aussi catholiques que nobles. Nicolas Avrillot, maître des comptes à la Chambre de Paris et chancelier de la reine Marguerite de Navarre avait épousé Marie Lhuillier, qui firent baptiser leur fille le 2 février.

Barbe fut confirmée à sept ans, et fut placée chez les Clarisses de Longchamps à onze ans. L’année suivante, elle reçut l’Eucharistie, avec une ferveur qui étonna son entourage. Elle-même, à cet âge, présentait le fouait quand elle se sentait coupable de quelque faute. 

Cependant, les parents la rappelèrent dès 1580 pour lui faire mieux goûter le monde. Madame Avrillot lui interdit même de songer à entrer à l’Hôtel-Dieu pour soigner les malades.

En 1582, Barbe accepta docilement le parti que les parents lui présentèrent, et épousa Pierre Acarie, un gentilhomme tout dévoué au Catholicisme.

Ils eurent trois garçons et trois filles, que la maman éleva avec un soin très chrétien. Barbe continuait à entretenir jalousement sa vie intérieure et, dès l’âge de vingt-deux ans, elle reçut des faveurs célestes : ravissements, extases, visions ; son mari s’en inquiéta, la famille aussi ; on avertit des médecins, mais un sage prêtre rassura Madame Acarie, qui retrouva la paix.

Pierre Acarie, pendant ce temps-là, soutenait fortement le mouvement en faveur de l’abjuration d’Henri IV, et mit en jeu jusqu’à sa fortune. Quand le roi sa rallia au Catholicisme, Pierre dut seulement s’éloigner de Paris, mais donc se séparer de son épouse, qui, elle, devait rester à Paris et aider ses enfants. Ceux-ci ayant été reçus qui au couvent de Longchamps, qui au collège Calvi, qui chez des parents, Barbe se réfugia chez Madame de Bérulle. Elle s’occupa activement et énergiquement de remettre en état les affaires de son mari, réussit à le faire rapprocher de Paris, et même à le faire accepter dans Paris, rue des Juifs (1599). Durant ces nombreux déplacements, elle tomba trois fois de cheval et en conserva des douleurs pendant toute sa vie.

Durant toutes ces épreuves, Madame Acarie rayonna par son humilité et son habileté ; on la connut, on vint la voir, l’écouter, on parlait de ses extases. Saint François de Sales (v. 28 décembre), saint Vincent de Paul (v.27 septembre), et même la reine Marie de’ Medici, voulurent la rencontrer. Ce fut au point que son mari en prit un peu ombrage : C’est une chose très incommode que d’avoir une femme si vertueuse et de si bon conseil. Chacun prend confiance en elle et l’on vient de tous côtés pour la consulter. Madame Acarie laissait passer ces petits orages très patiemment, si bien que même Pierre ironisait de lui-même : On dit que ma femme sera sainte un jour, mais j’y aurai bien aidé, et il sera parlé de moi en sa canonisation à cause des exercices que je lui aurai donnés.

C’est en 1601 que commença la vraie mission extraordinaire de Madame Acarie. Sainte Thérèse d’Avila (v. 15 octobre) lui apparut et lui annonça qu’elle devrait ouvrir en France des monastères du Carmel. Madame Acarie eut bientôt l’appui et de son confesseur, et de la princesse de Longueville, qui obtinrent du roi l’autorisation d’ouvrir ces maisons : Paris, Pontoise, Amiens, Tours, Rouen furent ouvertes entre 1603 et 1609.

Les trois filles de Madame Acarie entrèrent au Carmel. Elle-même, après la mort de son mari (1613) y entra en 1614, à Amiens, en qualité de sœur converse. Elle reçut l’habit et prit le nom de Marie de l’Incarnation. Dieu fit que l’une de ses filles devint sous-prieure à Amiens, et Madame Acarie-Sœur Marie de l’Incarnation se fit une joie de lui obéir en toute simplicité.

Marie de l’Incarnation fit ses vœux en 1615, au comble de la joie. En 1616 cependant, on l’envoya au Carmel de Pontoise, en raison de sa mauvaise santé, pour être plus proche de Paris et ainsi mieux aider ce couvent dans ses embarras matériels et financiers.

En 1618, Marie de l’Incarnation tomba malade ; un rhume dégénéra en inflammation de la poitrine, d’autres difficultés surgirent. Elle se prépara douloureusement mais sereinement à la mort, qui advint le mercredi de Pâques, 18 avril 1618.

«Madame Acarie», Marie de l’Incarnation, fut béatifiée en 1791. 

Ses restes précieux furent préservés en 1792, grâce à un ami du monastère, et furent replacés dans la chapelle du couvent en 1822.

 

    

Joseph Moreau

1763-1794

 

Joseph était né le 21 octobre 1763 à Saint-Laurent-de-la-Plaine (Maine-et-Loire).

On connaît quelques détails de sa vie par l’interrogatoire qu’il subit à Angers, d’abord le samedi 12 avril 1794, veille du dimanche des Rameaux.

Il reçut au baptême les noms de Joseph René Jacques Henri.

Vicaire à Saint-Laurent-de-la-Plaine au début de la Révolution, il quitta ses fonctions et passa en diverses localités (Botz, La Chapelle-Aubry, Saint-Quentin, Ancenis), demandant l’hospitalité et un peu de pain pour survivre.

Il fut arrêté à Legatz, près de Combrée, où il se cachait avec un autre prêtre, qui fut tué.

Après ce premier interrogatoire, il fut conduit dans les prisons d’Angers. Il fut de nouveau interrogé le Lundi saint, 14 avril 1794, devant le Comité révolutionnaire qui siégeait à l’évêché.

Le Jeudi saint, 17 avril 1794, il est à nouveau interrogé devant la Commission militaire. Il reconnaît avoir conduit des processions à un «chêne» où l’on priait une bonne vierge ; il s’agit de toute évidence d’une dévotion locale à Notre-Dame du Chêne. Les Républicains l’accusèrent de se cacher dans l’arbre pour faire mouver une ci-devant bonne vierge (!) et l’abbé Moreau répondit qu’il n’aurait pu se mettre dans le chêne parce que le chêne n’était pas assez gros. On lui demande combien de fois il a baisé la mule du Pape, en réalité ou en idée (sic !), à quoi il répond, non sans ironie, qu’il y avait trop loin pour entreprendre ce voyage. Curieusement, on lui demande aussi quels sont ses rapports avec les fidèles de Louis XVII : les Révolutionnaires avaient-ils conscience que l’héritier de Louis XVI était bien vivant ?

Joseph Moreau fut déclaré coupable et devait être exécuté dans les vingt-quatre heures.

Il fut guillotiné le Vendredi saint 18 avril 1794, sur la place du Ralliement à Angers.

Il fait partie des quatre-vingt dix-neuf Martyrs de la Révolution française, béatifiés en 1984 (voir la notice Avrillé (Martyrs d’))

 

 

Luca Passi

1789-1866

 

Luca était né le 22 janvier 1789 à Bergame (Italie nord-est) dans une famille célèbre. Son père était le comte Enrico Passi de’ Preposulo, sa mère était Caterina Corner. Un parent fut le célèbre prêtre Marco Celio Passi. Luca avait un jeune frère, Marco, qui serait prêtre lui aussi.

Dès 1810, Luca fut le directeur spirituel d’une confraternité du Saint Sacrement à Calcinate et, en 1811, d’une autre de la Doctrine Chrétienne.

Après le séminaire, il fut ordonné prêtre en 1813.

Dès sa jeunesse, Luca fut vivement impressionné par les événements révolutionnaires français, et de leurs conséquences néfastes en Italie : dégradation morale, analphabétisme, ignorance religieuse…

En 1815, il fit partie du «collège apostolique», une pieuse union sacerdotale regroupant des prêtres liés par un vœu spécial d’obéissance à leur évêque et au pape. Luca reçut le titre de missionnaire apostolique.

Avec son frère Marco, il organisa une nouvelle confraternité, de Saint-Raphaël et de Sainte-Dorothée, pour l’éducation chrétienne des enfants et de la jeunesse. Le pape les encouragea. La branche masculine (Saint-Raphaël), prit pied à Gênes, mais sans beaucoup se développer, à cause des mouvements révolutionnaires de 1848-1849. En revanche, la branche féminine (Sainte-Dorothée) se développa davantage, donnant naissance même à des congrégations nouvelles.

C’est ainsi que naquit en 1838 à Venise l’Institut des Sœurs Maîtresses de Sainte-Dorothée, qui se trouve encore actuellement en diverses contrées d’Afrique et d’Amérique Latine.

Don Luca disait aux dorothéennes : Qui ne brûle pas, ne met pas le feu (Chi non arde, non accende), pour stimuler toujours plus leur zèle.

Don Luca Passi mourut à Venise le 18 avril 1866, et fut béatifié en 2013.

Savina Petrilli

1851-1923

 

Née le 29 août 1851 à Sienne, deuxième fille de Celso et Matilde Venturini.

Savina fut profondément marquée par sainte Catherine de Sienne, dont elle lut la vie à dix ans. C’est par cette lecture qu’elle conçut une grande dévotion envers l’Eucharistie, la Passion du Christ et l’Eglise. 

Dès sa Première communion (à douze ans), elle chercha à recevoir souvent l’Eucharistie et fit partie des Enfants de Marie. 

Elle fit le vœu de virginité à dix-sept ans et eut le privilège d’être reçue en 1869 par le pape, qui l’invita à imiter sa compatriote, sainte Catherine de Sienne.

Elle a dans son cœur un projet, qu’elle confie à sa sœur mourante, Emilia, laquelle lui promet de prier pour elle au Ciel.

Avec quelques compagnes, elle fonde en 1874 la congrégation des Sœurs des Pauvres de Sainte Catherine de Sienne, qui reçut l’approbation papale en 1877. La première maison s’ouvrit à Onano (Viterbe), la première mission au Brésil en 1903, et l’approbation définitive se fit en 1906.

Le charisme de Savina est de vivre radicalement le sacerdoce du Christ dans l’adoration et dans la totale dépendance de la volonté du Père, jusqu’à l’immolation, et ce en priorité dans le service des pauvres.

Les Religieuses s’occupèrent des personnes les plus démunies, leur apportant réconfort matériel et moral.

Savina émit le vœu de ne rien refuser volontairement au Seigneur, celui de parfaite obéissance à son confesseur, celui de ne jamais se plaindre consciemment au milieu des souffrances externes ou internes, celui enfin de complet abandon à la volonté de Dieu.

Dans ce «complet abandon», Savina eut constamment à faire front à des problèmes financiers, et même à quelques persécutions religieuses.

L’action des Sœurs atteignit l’Amérique Latine, où elle se rendit plusieurs fois.

Après sa mort, l’Institut gagna l’Argentine, le Paraguay, les Etats-Unis, l’Inde et les Philippines. Il y a une vingtaine de maisons en Italie.

Savina mourut du cancer, à Sienne, le 18 avril 1923, et fut béatifiée en 1988.

 

 

Roman Archutowski

1882-1943

 

Né le 5 août 1882, il était de riche famille de propriétaires terriens. 

Après ses études à Pultusk et Suwalki, il est au grand Séminaire Saint-Jean-Baptiste de Varsovie, et sera ordonné prêtre en 1904.

Il exerce ses fonctions pastorales dans la paroisse de Yezhov, puis est envoyé compléter ses études théologiques à l’Académie théologique catholique de Saint-Petersbourg.

A partir de 1910 il est préfet au gymnase Saint-Stanislas-Kostka, dont il sera directeur de 1925 à 1940.

Il occupera aussi divers postes à la Curie archiépiscopale.

En 1940 il est vice-recteur au Grand Séminaire de Varsovie.

En 1942, il est incarcéré par deux fois à Pawiak. Maltraité, battu, il ne céda jamais aux menaces, préférant unir ses souffrances à celles de Jésus-Christ.

Le 23 mars 1943, il est emmené dans le camp de concentration de Maydanek, où il contracte le typhus.

Témoin de la foi, courageux jusqu’au bout dans l’acceptation de ses souffrances, il meurt le dimanche des Rameaux, 18 avril 1943, jour où il est commémoré au Martyrologe.

Son corps fut incinéré sur place.

Roman a été béatifié avec cent-sept autres Confesseurs de la Foi polonais en 1999.

 

 

 

Louis Leroy

1923-1961

 

Ce martyr fait partie des dix-sept Martyrs du Laos, pour lesquels des notices sont en préparation.

Louis naquit le 8 octobre 1923 à Ducey (Manche), aîné des quatre enfants d’un bonne famille paysanne.

Pendant une dizaine d’années, il travailla à la ferme familiale, tout en désirant devenir prêtre.

Après le service militaire, en 1945, il entra chez les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (OMI) : d’abord au juniorat de Pontmain pour compléter ses études, où on le nota Très appliqué, résultats moyens. Le latin lui était particulièrement rébarbatif, mais il s’acharna, malgré ses maux de tête.

En 1947, lors d’un pèlerinage à Lisieux, il confiait à un camarade qu’il désirait le martyre.

En 1948-1949, au noviciat de La Brosse-Montceaux, on note sa droiture, son intelligence pratique, un certain entêtement, une grande docilité et une grande charité. Un de ses collègues le dit très gai, un ami.

Après ses études de philosophie et de théologie à Solignac, il fut ordonné prêtre en 1954.

En 1955, on l’envoyait au Laos.

Du Laos il conserva un lien particulier avec les Carmélites de Limoges, auxquelles il prodiquait ses conseils de paysan. 

Au Laos, il fut frappé d’une surdité précoce, et s’efforça d’apprendre les langues du pays. Il n’est pas très satisfait de ses petits progrès, mais il reste infatigable auprès des malades, des pauvres, des pécheurs.

Il fut d’abord à Xieng Khouang, puis Tha Ngon (Ventiane), à nouveau Xieng Khouang, enfin Ban Pha.

On peut dire qu’il se dévoua totalement corps et âme, parfois un peu déçu tant il désirait faire plus pour le Règne du Christ.

En 1961, on le signala à la guérilla. Le prêtre aurait pu s’enfuir, et les chrétiens l’y poussaient, mais notre bon normand têtu ne pouvait abandonner son poste. Le 18 avril, des soldats vinrent le chercher. Il enfila sa soutane, prit sa croix et son bréviaire.

D’après quelques témoignages, on l’aurait interrogé, frappé, et brûlé au visage jusqu’à le rendre méconnaissable, puis abattu.

Louis était exaucé : il reçut la palme du martyre, (vers) le 18 avril 1961 à Ban Pha (Xieng Khouang, Laos).

Il a été béatifié le 10 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

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16 avril 2021 5 16 /04 /avril /2021 23:00

17 AVRIL

 

II.

Stes Isidora et Neophyta, deux sœurs martyres à Lentini.

IV.

S Siméon bar Sabas, évêque à Séleucie-Ctésiphon, martyr décapité après cent autres compagnons ; l’intendant du roi, le vieil eunuque Usthazades, qui avait un moment apostasié, proclama sa foi et fut décapité aussi avec cent autres chrétiens. 

S Innocens, évêque à Tortona; défenseur de la Foi, il passa dix années en prison, puis fut consacré évêque par le pape Silvestre.

?

Ss Petrus, diacre, et Hermogenes, martyrs à Mélitène. 

V.

S Akakios, évêque à Mélitène, fervent adversaire de Nestorius à Ephèse, mais ensuite déposé injustement de son siège..

VI.

S Pantagathus, évêque à Vienne (Isère), considéré comme le plus saint et le plus savant évêque de son temps. 

VII.

S Donnan, écossais, abbé sur l’île de Eigg, massacré par des Danois avec ses cinquante-deux moines, le jour de Pâques.. 

Ste Potentienne, vierge près de Villanueva.

VIII.

S Vandon, abbé à Saint-Wandrille, exilé injustement par Charles Martel, rétabli par Pépin le Bref.

S Landry, évêque à Metz ou Meaux, on ne sait pas ; son père se fit moine et fonda les abbayes de Hautmont et Soignies : à la mort de son père, il resta à Soignies, s’occupa des deux abbayes et ne revint pas dans son évêché ; sa mère est ste Vaudru, sa sœur ste Adeltrude.

IX.

Ss Elia, Pablo et Isidro, martyrs à Cordoue.

XI.

S Robert, fondateur et abbé (malgré lui) du monastère de la Chaise-Dieu.

XII.

S Robert, abbé à Molesme, où échoua la réforme, puis à Cîteaux ; par obéissance il retourna à Molesme, où la réforme réussit enfin.

B Gervin (Gervais), solitaire puis abbé à Aldenbourg.

B Eberhard de Wolfegg, prieur du monastère prémontré à Marchthal.

XIII.

B Rudolf, enfant martyrisé par des juifs à Berne.

XIV.

B Giacomo de Cerqueto, prêtre augustin à Perugia, très patient dans la maladie.

XV.

Bse Thora Gambacorta (Chiara), fiancée de force à sept ans, mariée à douze, veuve à quinze ans, elle fut un moment clarisse à Pise, reprise par son père qui l’enferma, et put enfin devenir dominicaine à Pise, où elle sera prieure avant de mourir.

XVII.

Bse Maria Ana de Jésus Navarro de Guevara, madrilène, religieuse de l’ordre de Notre-Dame de la Merci, dont elle fonda une autre branche.

B Henry Heath, franciscain anglais martyr à Londres (Tyburn), béatifié en 1987.

Bse Kateri Tekakwitha (“qui avance en tâtonnant”, parce qu’elle était presque aveugle de naissance), indienne iroquoise convertie et baptisée par les missionnaires jésuites du Canada ;  première indienne à faire vœu de chasteté et béatifiée, en 1980, puis canonisée en 2012.

XVIII.    

B Won Si-bo Iacobus, laïc coréen martyr, enterré vivant, béatifié en 2014.

XX.

B Lucien Botovasoa (1908-1947), instituteur malgache et père de cinq enfants, décapité pour sa foi, béatifié en 2018.

 

Petrus et Hermogenes de Mélitène

† 4e siècle

 

De ces deux Martyrs, on ne sait rien de certain, pas même le lieu et la période de leur martyre.

Petrus était peut-être diacre, et Hermogenes son assistant (serviteur ? acolyte ?).

On les situait autrefois en Antioche, mais l’actuel Martyrologe corrige maintenant Mélitène en Arménie.

Leur martyre a pu avoir lieu au 4e siècle.

Saints Petrus et Hermogenes de Mélitène sont commémorés le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Siméon bar Sabas de Séleucie et Usthazade

341

 

Siméon bar Sabas était évêque de Séleucie-Ctésiphon sous le roi de Perse Sapor II.

Signalons que la ville de Séleucie était une fondation grecque, reprise par les Romains, et qui déclina peu à peu en face de Ctésiphon. De cette dernière il ne reste aujourd’hui qu’une arche de trente mètres de haut. Cette ville magnifique fut détruite en 637 par les musulmans envahisseurs : ils n’eurent pas honte de soumettre l’immense bibliothèque à un incendie qui dura une semaine, nuit et jour. Les ruines servirent à la construction de Bagdad, à une trentaine de kilomètres.

Siméon, donc, avait été l’évêque coadjuteur de l’évêque Papa. En 325, il avait envoyé au concile de Nicée, pour le représenter, le prêtre Sciadhustes, qui lui rapporta les décrets du concile et en même temps la décision des Pères du concile de le nommer métropolitain pour toute la Perse. C’est dire la réputation qu’il avait aux yeux de toute l’Eglise.

Quand Sapor II promulga son édit de persécution (340), qui interdisait d’embrasser le christianisme sous peine d’être réduit à l’esclavage, Siméon lui adressa une noble lettre où il proclamait sa volonté de rester fidèle à Dieu, ainsi que tout son troupeau.

Sapor II entra dans une fureur noire et ordonna de mettre à mort les prêtres et les diacres chrétiens, de raser jusqu’au sol toutes les églises et d’employer tous les vases sacrés à des usages profanes. Il se fit amener Siméon pour le faire juger en sa présence.

Une des raisons de la colère de Sapor, était que Siméon adorait «le dieu de César», le dieu de l’empereur romain, son ennemi.

Siméon, chargé de fers, comparut avec deux de ses prêtres, Abdécalas et Ananias. Il refusa de se prosterner devant le roi, comme il l’avait toujours fait par le passé par respect pour l’autorité. Mais cette fois-ci, expliqua Siméon, il comparaissait comme accusé, sommé de renier le vrai Dieu, ce qu’il ne voulait pas faire.

Sapor demanda d’abord gentiment à Siméon d’adorer le soleil. Siméon répliqua : Ce soleil s’est éclipsé et a pris le deuil à la mort de Jésus-Christ.

Ne pouvant faire changer d’avis Siméon, Sapor le fit mettre en prison jusqu’au lendemain. Il avait en aversion la religion chrétienne, mais en même temps il admirait Siméon, dont l’aspect majestueux imposait le respect.

Or, sur le passage de Siméon, se trouvait un vieil eunuque, Usthazade, qui avait élevé Sapor et jouissait de la plus haute considération dans le palais. Grand chambellan, premier des seigneurs de la cour, il avait abjuré la foi chrétienne pour plaire à son maître. Devant Siméon, il s’agenouilla, mais l’évêque détourna les yeux, pour lui faire comprendre la gravité de son péché. Usthazade fut profondément touché, courut chez lui prendre des habits de deuil et revint au palais où il confessa sa foi.

Le roi le fit exécuter sans retard. Usthazade lui fit cette ultime requête : de faire proclamer qu’il était mis à mort pour sa foi, et non pour quelque autre crime.

Usthazade fut martyrisé le Jeudi saint, treizième jour de la lune d’avril.

Le Martyrologe le mentionne le 17 avril, précisant toutefois qu’il mourut à la cour d’Artaxerxes, frère de Sapor.

Le Vendredi saint, Sapor se fit amener Siméon, qu’il tenta encore de plier à adorer le soleil. Sur le refus constant de l’évêque, Sapor fit venir cent autres prisonniers, évêques, prêtres et diacres qui, tous, refusèrent aussi d’adorer le soleil.

Ils furent tous décapités un à un sous les yeux de leur métropolite. Siméon fut finalement décapité à son tour, avec ses deux prêtres Abdécalas et Ananias.

Il est question de ce dernier dans la notice de saint Pusicius (18 avril).

Saint Siméon bar Sabas est mentionné le 17 avril au Martyrologe, comme Usthazade, bien qu’ils aient été exécutés un jour après l’autre.

 

 

Innocens de Tortone

285-353

 

La famille d’Innocens était attachée au christianisme : elle protégea les Chrétiens persécutés au début du 4e siècle ; on signale aussi un évêque Iulianus à Tortone, décapité à cette époque (mais qui n’est pas mentionné dans le Martyrologe).

Innocens serait né en 285. Il avait une sœur, Innocentia.

En 303, il fut mis en prison et ses biens furent confisqués.

En 313 seulement, après l’édit de Constantin, il recouvra la liberté et en profita pour aller à Rome réclamer la restitution de son héritage paternel.

Il rencontra le pape Silvestre, qui fut assez perspicace pour voir en Innocens un homme digne de servir l’Eglise : il l’ordonna diacre, prêtre, et le consacra évêque de Tortone. En 325, Innocens devenait le onzième évêque de ce siège.

Innocens ne participa pas au concile de Nicée qui se tenait justement cette année-là, car le concile s’acheva en juillet.

En revanche, Innocens fut extrêmement actif dans son diocèse, pour reprendre ce que la période précédente avait désorganisé. Il fit construire ou reconstruire plusieurs basiliques, la cathédrale (qui remplaça une synagogue). Avec sa sœur il fut à l’origine du monastère Sainte-Euphémie. Mais surtout, il retrouva les reliques du Fondateur du diocèse, Marcianus (v. 6 mars).

Innocens mourut, selon la tradition, le 17 avril 353, après vingt-huit ans d’épiscopat, à l’âge de soixante-huit ans.

Saint Innocens de Tortone est commémoré le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Akakios de Mélitène

† 435

 

Akakios (Acace) fut évêque à Mélitène (Arménie, act. Malatya, Turquie NE).

Au concile d’Ephèse (431), il se signala par son ardente déposition contre Nestorius.

Rentré dans son diocèse, il en fut injustement expulsé.

Malheureusement, on ne connaît guère de détails sur ce saint évêque, encore moins la raison pour laquelle il fut déposé et expulsé de son siège. On peut supposer qu’il y eut là une machination de la faction hérétique.

Saint Akakios de Mélitène est commémoré le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pantagathus de Vienne

† 540

 

Pantagathus (Pantagathe), après avoir occupé des postes importants dans l’administration civile, se consacra ensuite au service de l’Eglise.

En 532, il fut nommé vingt-troisième évêque de Vienne (actuel département de l’Isère).

L’année suivante (533), eut lieu le 2e concile d’Orléans, où il fut décidé de ne plus sacrer diaconesses les femmes, et même d’excommunier celles qui, après s’être consacrées, se seraient remariées ; on y interdit le mariage entre proches parents ; on y condamna les Chrétiens qui retourneraient au culte des idoles.

En 538, Pantagathe signa les décisions du 3e concile d’Orléans, qui rappelait que le dimanche était le Jour du Seigneur, y interdisant les travaux des champs ; interdiction est faite aux clercs de pratiquer l’usure, et aux prêtres de conspirer (!) contre leur évêque ; il fut décidé qu’un esclave chrétien au service d’un Juif réfugié dans l’église, devrait être racheté par l’évêque.

Pantagathe acquit la réputation d’un des plus savants et des plus saints évêques de son temps.

Il mourut en 540.

Saint Pantagathe de Vienne est commémoré le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Donnan d’Eigg

† 617

 

Donnan, irlandais d’origine, aurait pu être moine à Iona sous s.Columba (v. 9 juin) ou fit partie de l’Eglise des Pictes ; il aurait alors suivi le chemin de s.Ninian (v. 16 septembre). 

Il fut un des premiers missionnaires passés en Ecosse. 

Il fit beaucoup de conversions et fonda un monastère sur l’île d’Eigg (Hébrides intérieures, Ecosse). Ce fut le monastère de Kildonann.

En cette année 617, le monastère comptait cinquante-deux moines. Ils étaient en train de célébrer avec Donnan, leur abbé, la liturgie de Pâques, lorsque des pirates danois firent irruption et les massacrèrent tous.

Telle autre version indique que ce massacre aurait eu lieu sur ordre de la reine picte locale, ou encore sur menace d’une paysanne de l’endroit qui avait perdu ses droits à paître ses animaux.

Ces innocentes victimes furent commémorées et fêtées jusqu’en 1703, car l’île était restée catholique jusque là.

Le culte, quelque peu tombé en désuétude, fut rétabli en 1898 par décret papal.

Saint Donnan et ses moines d’Eigg sont commémorés le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Elia, Pablo et Isidro de Cordoue

† 856

 

D’après s.Euloge (v. 11 mars), Elia était né à Beja (actuel Portugal) ; venu à Cordoue, c’était un prêtre âgé. Pablo et Isidro, deux jeunes moines, étaient de ses disciples.

Lors de la persécution ordonnée par Mohammed, fils d’Abderadame II, ces trois Religieux furent condamnés à mort et attachés à des potences.

C’était en 856.

Un autre Pablo fut martyrisé à Cordoue, en 851, v. 20 juillet.

Les trois saints Elia, Pablo et Isidro sont commémorés le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Robert de Turlande

1001-1067

 

Robert naquit vers 1001… au milieu d’une forêt, sa mère ayant été prise des douleurs de l’enfantement pendant qu’elle se rendait à un château voisin de sa maison : on interpréta cet incident comme un présage à la future vie érémitique de l’enfant.

De son père Géraud et de sa mère Raingarde, il était le cadet d’une famille nombreuse.

Un autre signe fut observé : les deux nourrices successives qu’on lui trouva n’étaient pas de bonnes mœurs, et l’enfant refusa de prendre leur lait.

Confié en 1018 aux chanoines de Saint-Julien de Brioude, il se forma à la piété en même temps qu’à la science sous ces excellents maîtres. 

Pieux garçon, il savait passer la nuit en prière, se montra très empressé pour soigner les malades.

Il reçut la tonsure et fut nommé chanoine. Ordonné prêtre, il célébra chaque jour la sainte Messe, ce qui n’était pas toujours l’habitude des prêtres.

Il fit bâtir à Brioude un hôpital et, au-delà de la santé du corps, s’employa à la santé des âmes et obtint maintes conversions.

Son amour pour la contemplation lui fit désirer d’entrer chez les Cisterciens de Cluny, mais la population l’en empêcha. Il fit alors un pèlerinage à Rome pour demander aux Apôtres de l’inspirer. Il alla au Mont-Cassin pour y approfondir la règle de saint Benoît.

Là-dessus, un soldat nommé Etienne de Chaliers, puis un autre nommé Dalmas, vinrent le trouver et s’établirent dans un petit ermitage en ruines non loin de Brioude.

Les habitants de l’endroit, d’abord mécontents de leur présence, s’adoucirent et même les aidèrent : ainsi naquit l’abbaye de la Chaise-Dieu (chaise étant à prendre au sens de casa, maison). Les travaux d’édification furent achevés en 1050.

La fondation fut approuvée par l’évêque de Clermont, par le pape et par le roi. L’évêque fit la dédicace de l’église, et y établit abbé notre Robert.

Robert, humblement soumis à cette décision, s’acquitta saintement de sa mission ; Dieu le récompensa par de nombreux miracles. L’abbé réunit sous sa règle quelque trois cents Religieux, présents dans une cinquantaine de maisons dans le Massif Central ; il rétablit le culte dans de nombreuses églises abandonnées du voisinage.

Divinement averti de sa fin prochaine, il embrassa un à un tous ses disciples et s’éteignit le 17 avril 1067.

Il aurait été canonisé en 1070.

 

 

Robert de Molesme

1029-1111

 

Robert naquit vers 1029 en Champagne.

A quinze ans il entra chez les Bénédictins de Moutier-la-Celle (Troyes).

Ce novice qui était plus porté pour la contemplation que pour les activités manuelles, fut nommé prieur dès l’achèvement du noviciat.

Les moines de Saint-Michel de Tonnerre le choisirent bientôt pour leur abbé, mais Robert les quitta assez vite, ne réussissant pas à reporter chez eux la pratique rigoureuse de la Règle bénédictine. Le prieur cependant l’empêcha de se joindre à quelques ermites qui vivaient par là, et le rappela. Finalement, Robert regagna Moutier-la-Celle.

Par obéissance, Robert dut être prieur de Saint-Ayoul, qui dépendait de Moutier-la-Celle. Mais les ermites de tout-à-l’heure réussirent à obtenir du pape le retour de Robert ; obéissant, celui-ci laissa Saint-Ayoul et revint parmi les ermites. L’endroit étant trop malsain, Robert les établit dans la forêt de Molesme (1075).

Leur vie austère provoqua l’admiration de l’évêque et des seigneurs, qui leur apportèrent des soutiens divers ; cette «opulence» fut la cause d’un refroidissement dans l’ardeur des ermites, et Robert les quitta.

Mais les ermites, malins, firent intervenir le pape, à travers l’évêque de Langres, pour rappeler Robert. Il revint donc, toujours obéissant, mais aussi réconforté par quelque signe céleste qui l’encourageait à persévérer, car il verrait bientôt le fruit de son souci pour porter les âmes dans le sentier de la perfection. Une nouvelle fois, les ermites de Molesme se montrèrent indociles, et Robert les quitta, avec Albéric et Etienne Harding.

En 1098, les trois, avec quelques autres confrères, s’adressèrent à l’évêque Hugues de Lyon, qui était le légat du pape pour la France et qui leur concéda le territoire de Cîteaux.

Ceux de Molesme insistèrent encore et le même légat pria Robert de laisser Cîteaux pour aller s’occuper de Molesme. Robert obéit encore une fois.

Désormais les deux abbayes allaient se développer admirablement. A Cîteaux, l’abbé fut Albéric et le prieur Etienne Harding. Molesme eut enfin son abbé, Robert, pendant neuf années, jusqu’à sa mort. L’Ordre cistercien était né.

La date de la mort de Robert comporte des variantes : on trouve le 21 mars 1110, le 17 ou le 29 avril 1111 ; il semble que la vérité soit pour le 17 avril 1111.

Robert fut béatifié (ou canonisé) en 1220.

 

 

Rudolf de Berne

1290-1294

 

Les informations sur ce Bienheureux peuvent être conjecturales.

Le petit garçon dont il est question ici aurait été mis à mort par des ennemis du Christ, un Samedi Saint, le 17 avril 1294.

Une opinion diffuse aurait attribué cette horreur à des Juifs, qui furent alors persécutés et arrêtés en masse.

Le corps de Rudolf, retrouvé quelques jours après ce meurtre, fut enseveli d’abord dans la cathédrale de Berne, près de l’autel de la Sainte-Croix, puis déposé en terre en 1528.

Le Martyrologe actuel ne le mentionne pas. On l’a maintenu ici pour évoquer un épisode qui est bien situé dans le temps, même si les circonstances précises en demeurent incertaines ou même douteuses.

Quelques points importants auraient en effet besoin d’être élucidés : qui était cet enfant ? où étaient ses parents ? Comment connaîtrait-on le prénom, mais pas le nom de la victime ? Les parents auraient-ils eux-même participé à ce «rite» sacrilège et diabolique ?

A la suite de miracles obtenus par l’intercession de Rudolf, son culte fut approuvé pour le diocèse de Berne, en 1869.

 

 

Giacomo Cinti

1284-1367

 

Giacomo naquit vers 1284 à Cerqueto (Pérouse, Ombrie, Italie).

Il entra dans l’Ordre augustinien à Pérouse, et se distingua par une généreuse obéissance, une grande patience et la sainteté de sa vie. On nota sa persévérance dans la prière, sa fidélité dans la virginité et sa sagesse.

Un exemple de sa parfaite obéissance se trouve dans l’épisode suivant. Giacomo allait célébrer la Messe, lorsque le Supérieur arriva et lui donna l’ordre de faire taire les grenouilles de l’étang proche du couvent, car ce jour-là elles dérangeaient vraiment la tranquillité du monastère. Certains pourraient objecter : pourquoi le Supérieur n’a-t-il pas lui-même donné cet ordre aux bestioles ? C’est très certainement qu’il connaissait la vertu de son cher Giacomo, et que ce dernier avait reçu de Dieu le don de commander aux bêtes et aux oiseaux du ciel.

De fait, Giacomo fit un grand signe de croix en direction des grenouilles, leur intimant l’ordre de se taire. Elles aussi obéirent sur le champ.

Giacomo, désormais plus qu’octogénaire, était en prière devant l’autel de la Sainte Vierge, lorsque l’heure de la mort sonna pour lui, le 17 avril 1367.

Le culte public se manifesta très vite, et fut confirmé en 1895.

Le bienheureux Giacomo de Cerqueto, comme on l’appelle, n’a été inclus au Martyrologe romain que dans la dernière édition de 2004.

 

 

Thora Gambacorta

1362-1419

 

Thora (Théodora) était née en 1362, à une époque où son père, Pietro, était exilé de Pise, dans le cadre de ces luttes incessantes qui ensanglantèrent les villes d’Italie. Elle avait trois frères.

Elle vécut à Venise, puis revint à Pise en 1369, quand son père fut remis en possession de ses biens.

Pietro promit alors sa fille à un riche seigneur local, Simone de Massa, alors que Thora s’était déjà consacrée à Jésus-Christ. Mais elle accepta avec soumission cette destinée, et le mariage fut célébré quand elle eut douze ans.

Ce que ne savait pas le brave Simone, c’est que la petite Thora, depuis l’enfance, répétait sans cesse au Seigneur : Tu le sais, Seigneur, que je ne veux pas d’autre Epoux que toi. Et encore dans le temps qui suivit son mariage, elle retirait devant le Crucifix son anneau d’épouse, pour Lui répéter la même prière. Sa pensée était toute dans la passion du Seigneur, et quand elle le pouvait, elle réunissait des filles de son âge pour en parler, pour les exhorter à la vertu.

Elle-même portait, sous ses habits somptueux, un rude cilice. Sa charité se porta auprès des pauvres et des malades ; elle s’associa à de pieuses femmes qui pratiquaient ainsi la charité, et qui avaient reçu chez elles une pauvre femme toute défigurée par un cancer affreux. Thora voulut aussi la servir et la soigner.

Or voici que son époux mourut, victime de quelque épidémie. Thora était veuve, à quinze ans ! Son père chercha à nouveau à la marier, mais Thora, cette fois-ci, prit des mesures énergiques : elle se coupa les cheveux, distribua aux pauvres ses tenues somptueuses et s’entendit avec les Clarisses : elle quitta la maison paternelle et alla revêtir l’habit franciscain, prenant alors le nom de Chiara (Claire).

Les frères de Claire en informèrent leur père qui, furieux, les envoya chercher de force sa fille. Les Religieuses, épouvantées, la laissèrent partir et Claire fut enfermée, avec son habit, dans un réduit du château paternel, sans lit, et la porte fut clouée.

En réalité, Claire se trouvait «cloîtrée» et pratiquait souvent le jeûne, car on oubliait de lui porter à manger.

Lors d’une absence de son père, sa mère consentit à la laisser aller se confesser et communier chez les Dominicains. Dieu alors lui révéla qu’elle serait dominicaine, et non franciscaine. De fait, un saint évêque espagnol, de passage en 1378 chez les Gambacorta, convainquit le père que sa fille avait une réelle vocation ; enfin Chiara rejoignit les Dominicaines, et même son père s’engagea à faire construire un autre couvent, où Chiara aurait fait appliquer la règle dominicaine authentique. Le couvent fut prêt en 1382.

Chiara y fut sous-prieure, puis prieure ; elle mit à profit les dons pécuniers qu’elle reçut, pour soulager la misère des pauvres et pour construire un orphelinat.

Malheureusement, les événements ne tournèrent pas en faveur du pauvre père Gambacorta ; des querelles reprirent ; le père de Chiara perdit la vie, ainsi que son fils Lorenzo ; deux autres fils disparurent. Celui qui avait trahi Pietro Gambacorta, mourut à son tour ; Chiara pardonna et en fit appeler l’épouse et les sœurs pour les secourir.

Chiara fut aussi en relations épistolaires avec des personnes revenues à Dieu, les exhortant à la vraie conversion intérieure, au détachement des biens du monde.

En 1419, comme elle l’avait annoncé, Chiara vit sereinement approcher l’heure de la rencontre finale avec son Epoux céleste. Ses douleurs s’intensifièrent durant le carême et elle expira doucement, le lundi de Pâques, 17 avril 1419.

Treize ans plus tard, on ouvrit son cercueil, dont il sortit un parfum très suave. Les ossements furent lavés, et une Religieuse atteinte de la lèpre, but de cette eau, qui la guérit instantanément.

Chiara est communément considérée comme Bienheureuse, bien qu’aucune reconnaissance n’ait eu lieu.

María Ana Navarro de Guevara y Romero

1565-1624

 

Née le 21 janvier 1565 à Madrid, María Ana eut une jeunesse difficile, car ses nobles parents Luis et Juana s’opposaient à son désir de devenir religieuse. 

Son père était fourreur, au service du roi Felipe II.

On la traita comme domestique, chargée des travaux ménagers. Après la mort de sa mère, son père se remaria avec une femme qui, de plus, maltraitait l’adolescente. Ils lui arrangèrent un mariage, qu’elle refusa : elle aurait même coupé ses cheveux pour décourager le prétendant.

María Ana finit par quitter la maison et chercha à entrer dans quelque monastère, mais sans y réussir, car elle n’avait pas une bonne santé ; elle souffrait des mains. Or les Ordres sont réticents à admettre des personnes malades, car les soins à leur accorder pourraient être trop lourds pour leurs finances limitées par la pauvreté.

Elle se retira en 1598 dans une maisonnette près de l’église tenue par les Religieux de l’Ordre de la Merci, pour y mener une vie de recluse. En 1606 elle fut affiliée à l’Ordre de la Merci, dont elle reçut l’habit de tertiaire en 1613. Désormais elle s’appellerait Mariana de Jésus.

Sa joie était grande, mais se doubla d’une douloureuse épreuve, par la présence d’une Consœur qui, officiellement chargée de l’assister dans ses tâches ménagères, en réalité lui imposa de grandes peines.

Elle fut favorisée d’apparitions, elle eut le don des miracles, elle fut souvent ravie en extase, toutes choses qu’elle dut décrire sur ordre de ses supérieurs.

Mariana mourut le 17 avril 1624, des conséquences d’une infection pulmonaire.

Son corps fut à diverses reprises exhumé, jusqu’en 1924, et apparut toujours intact, frais, et exhalant un agréable parfum.

Mariana de Jésus a été béatifiée en 1783.

Avec saint Isidore, elle est co-patronne de Madrid.

 

 

Henry Heath

1599-1643

 

Le nom du prêtre dont il va être question, fut porté aussi par un pionnier de la secte des Mormons au 19e siècle. Pour toute recherche, on sera avisé de bien faire attention à distinguer les deux personnages.

Notre Henry, fils de John Heath, reçut le baptême protestant à Peterborough le 16 décembre 1599.

Il étudia au Collège Corpus Christi de Cambridge à partir de 1617, fut diplômé en 1621 et devint ainsi le bibliothécaire du collège.

En 1622, il fut admis dans l’Eglise Catholique et s’en vint quelque temps au Collège anglais de Douai.

En 1625, il entra au couvent franciscain de Saint-Bonaventure, avec le nom de Paul de Sainte-Madeleine.

Dès 1643, il obtint à grand peine de pouvoir aller exercer le ministère sacerdotal en Angleterre. Il s’embarqua à Dunkerque déguisé en marin.

Un passager allemand lui paya sa place et voulait lui donner davantage d’argent pour le reste de son voyage mais, par esprit de pauvreté, Henry préféra mendier son pain de Douvres à Londres.

La nuit-même de son arrivée, il s’endormit devant la porte d’une habitation, dont le propriétaire l’envoya directement en prison, le prenant pour un voleur.

Quelques papiers qu’on lui trouva, montraient qu’il était catholique.

Interrogé dès le lendemain, il reconnut qu’il était prêtre et fut envoyé à Newgate. Peu après, il fut interrogé par une cour, devant laquelle il réitéra son identité sacerdotale. Tombant sous l’accusation de faire partie de «Jésuites, prêtres de séminaire et autres personnes désobéissantes du même genre». Il fut finalement déclaré coupable d’être prêtre présent dans le royaume de la Reine Elizabeth. 

A Tyburn, il se trouvait avec d’autres criminels qui étaient condamnés avec lui, et en réconcilia un juste avant d’être pendu, au moment où l’on allait retirer la charrette de dessous la corde.

L’habitude était qu’on torturait les condamnés, en les remettant à terre avant leur dernier soupir, pour les éviscérer et les décapiter (ou les écarteler). Mais le père Henri eut la «faveur» de rester pendu jusqu’à la mort.

C’était le 17 avril 1643.

Henry Heath fait partie des quatre-vingt cinq Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles, qui furent béatifiés en 1987.

 

 

Kateri Tekakwitha

1656-1680

 

Kateri naquit à Ossermenon sur le bord de la rivière Mohawk, qui se trouve actuellement dans l’Etat de New York, non loin de Auriesville.

Sa mère était de la tribu algonquine et son père de la tribu des Agniers, donc de deux tribus iroquoises héréditairement ennemies. La maman éleva sa fille dans la foi chrétienne, mais celle-ci n’était pas encore baptisée. On ne dit pas si elle portait déjà son prénom de Kateri avant le baptême.

Orpheline dès l’âge de quatre ans, suite à une épidémie de petite vérole qui emporta ses parents, Kateri perdit quasiment la vue. Le surnom iroquois Tekakwitha signifie “celle qui avance en hésitant”. 

A l’âge nubile, on voulait la marier, mais elle préférait rester vierge, de sorte qu’on la traita comme une esclave. Elle fut insultée, méprisée et menacée. 

Elle reçut enfin le baptême grâce à la prédication des Pères jésuites venus de France : c’est à Ossermenon qu’avaient été martyrisés Isaac Jogues, René Goupil et Jean Lalande (v. 19 octobre et au 29 septembre). Et c’est le père jésuite Jacques de Lamberville qui la baptisera en 1676, le jour de Pâques, avec le nom chrétien de Kateri (Catherine).

Dès lors, sa ferveur redoubla et elle vécut en grande union avec le Christ crucifié.

Elle avait un grand désir missionnaire : convertir la vallée iroquoise. Elle viendra vivre à La Prairie en 1677 et restera sur les bords du fleuve Saint-Laurent pendant trois ans, non loin de l’actuelle Montréal.

Vingt mois après son baptême, elle reçut avec grande joie l’Eucharistie.

Le père Cholenec, convaincu que la virginité accomplissait son désir de se donner totalement au Christ, lui permit de faire le vœu de virginité perpétuelle, le 25 mars 1679, en la fête de l’Annonciation. Ce fut la première consécration de ce type connue chez les Indiens d’Amérique du Nord.

Kateri pratiquait assidûment le jeûne.

Ayant reçu le sacrement des Malades et le Viatique, elle mourut pieusement le 17 avril 1680 à Kahnawake (province de Québec), consumée par la fièvre. Sa dernière parole fut : Jésus, je t’aime.

Si la date de sa naissance est exacte, elle avait vingt-quatre ans.

On l’a appelée le lys des Agniers.

Déclarée Vénérable en 1943, Bienheureuse en 1980, elle a été canonisée en 2012.

 

 

Won Si-bo Iacobus

1730-1799

 

Won Si-bo Iacobus est un laïc coréen né en 1730 à Hongju (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut enterré vivant à Cheongju (Chungcheong-do), le 17 (ou le 3) avril 1799 et béatifié en 2014.

Lucien Botovasoa

1908-1947

 

Né en 1908 à Vohipeno (Madagascar SE), Lucien était l’aîné d’une grande fratrie de neuf frères et sœurs, enfants de Joseph Behandry et Philomène Neviantsoa (ou Neviasoa). Joseph était lui-même catholique depuis quelques années, les missionnaires étant arrivés à Vohipeno en 1899. Lucien reçut le baptême en 1922 - sa mère en 1925.

 

Excellent élève, Lucien fut envoyé chez les Jésuites de Fianarantsoa, dont il sortit premier. Revenu à Vohipeno, il y fut alors l’instituteur, à partir de 1928. Ses élèves l’appelleraient désormais Maître Lucien.

 

En 1930, il épousa une jeune fille de seize ans, Suzanne Soazana (apparemment, le nom de famille de cette jeune fille n’est que la transformation du prénom français). Suzanne était illettrée, mais bonne épouse fidèle  et mit au monde huit enfants, dont trois moururent en bas âge.

 

Lucien était un homme très actif. Il lisait beaucoup et étudiait toujours ; outre le malgache classique, il savait le français et le latin, l’allemand et l’anglais, le chinois ; il lisait des textes arabo-malgaches ; il jouait du clairon et de l’harmonium.

 

Instituteur hors pair, il enthousiasmait ses élèves, auxquels il lisait des Vies de Saints d’une façon si vivante qu’ils ne les oubliaient jamais. A l’église, il dirigeait la chorale. En-dehors de l’école, il rayonnait et amenait au baptême beaucoup de ses élèves.

 

Le curé, un bon père lazariste, tomba malheureusement dans l’alcoolisme ; Lucien continua de l’entourer et de l’aider, sans jamais en dire du mal. D’ailleurs, on ne vit jamais Lucien perdre son sourire.

 

En 1940, il fonda une petite fraternité d’esprit franciscain et s’engagea désormais dans la voie de la sanctification ; en dehors des heures d’enseignement à l’école, il s’habillait très pauvrement, la corde autour des reins ; il jeûnait les mercredi et vendredi ; il se relevait la nuit pour prier, et se levait dès quatre heures du matin pour aller adorer le Saint-Sacrement à l’église.

 

A partir de 1947, un courant indépendantiste essaya d’enrôler Lucien, qui refusait catégoriquement de s’occuper de politique. La Semaine Sainte, des massacres se déchaînèrent, les habitants s’enfuirent dans la forêt. Le mercredi de Pâques 9 avril 1947, Lucien revint dans la ville et rassembla ceux qu’il y trouva pour prier.

 

Le 17 avril, on convoqua Lucien au «clan» local ; il s’y attendait depuis longtemps et fit des adieux touchants à sa femme. Il refusa de s’enfuir, car sa fuite aurait déclenché des représailles contre sa femme et ses enfants - dont l’aîné avait quinze ans alors.

 

Au terme d’une longue discussion, durant laquelle Lucien répéta son net refus d’appartenir au groupe politique, il fut condamné à mort par le chef de clan.

 

En partant pour le lieu de l’exécution, Lucien prophétisa au chef des bourreaux qu’il mourrait chrétien.

 

Les bourreaux étaient de ses anciens élèves ; ils n’osaient le frapper ; c’est Lucien qui les exhorta à accomplir leur tâche ; il fut décapité au premier coup de hache.

 

Dix-sept ans plus tard, le chef des bourreaux se convertit effectivement sur son lit de mort, répétant : Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheur.

 

Martyrisé le 17 avril 1947, Lucien a été béatifié en 2018.

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15 avril 2021 4 15 /04 /avril /2021 23:00

16 AVRIL

 

I.

S Turibius, évêque au Mans ; il y a des reliques de lui à Paderborn (III.?).

III.

Ss Leonides et sept compagnes : Carissa, Galina, Theodora, Nica, Nunecia, Callis, Basilissa, martyrs à Corinthe, arrêtés le jour de Pâques ; Leonides d'abord crucifié, fut jeté en mer, Carissa et Callis jetées en mer aussi ; une autre martyre, Ireni, eut la langue coupée et les dents arrachées avant d’être décapitée ; enfin Adrianus fut brûlé vif.

IV.

Ss Optatus, Lupercus, Successus, Martialis, Urbanus, Iulia, Quintilianus, Publius, Fronto, Felix, Cæcilianus, Evodius, Primitivus, Apodemius, quatre autres nommés Saturninus, ainsi que Caius et Crementius, martyrs à Saragosse.

Ste Engratia, vierge martyre à Saragosse, déchirée sur tout son corps ; on lui arracha un sein et le foie.

V.

S Turibius, évêque à Astorga ; il vint à bout de l’erreur priscillianiste.

S Vaise, martyrisé par ses proches en Saintonge ; le lieu de son sépulcre est devenu le bourg de Saint-Vaise.

VII.

S Fructuoso, évêque à Braga, après avoir dirigé de nombreux moines et moniales. 

XI.

B Hervé, bienfaiteur ; il fit reconstruire à ses frais la basilique de Saint-Martin à Tours. 

XII.

S Magnus, écossais, assassiné par un cousin.

S Druon, berger, et reclus à Sebourg-en-Hainaut, patron des bergers. 

XIII.

S Contard d’Este, des marquis de Ferrare, pèlerin volontaire, mort très pauvre ; on l’invoque contre l’épilepsie.

XIV.

Bx Chiaramont (Gioachino de Sienne), de la famille Piccolomini, des Servites de Marie ; il devint volontairement épileptique à la place d’un autre malade et mourut un Vendredi Saint.

B Guglielmo Gnoffi, ermite sicilien, patron de Castelbuono ; il lutta victorieusement contre le démon de l’impureté.

XVIII.

S Benoît-Joseph Labre, aîné de quinze enfants, né dans le nord de la France ; il devint “vagabond de Dieu” après avoir vainement tenté d’entrer en religion ; on estime qu’il parcourut quelque vingt-cinq mille kilomètres à pied sur les routes de l'Europe.

Bx martyrs à Avrillié, béatifiés en 1984 : Pierre Delépine, Jean Ménard, Renée Bourgeais, Perrine Bourigault, Madeleine Cady, Marie Forestier, Marie Gingueneau, Jeanne Gourdon, Marie Lardeux, Perrine Laurent, Jeanne Leduc, Anne Maugrain, Françoise Micheneau, Jeanne Onillon, Marie Piou, Perrine Pottier, Marie-Geneviève et Marthe Poulain de la Forestrie, Renée Rigault, Marguerite Robin, Marie Rechard, Marie Roger, Madeleine Sallé, Renée Sechet, Françoise Suhard, Jeanne Thomas.

XIX.

Ste Bernadette (Marie-Bernard) Soubirous, la voyante de Lourdes, vierge à Nevers.

XX.

B Mikel Suma (Gaspër, 1897-1950), prêtre albanais des Frères Mineurs Conventuels, martyr, béatifié en 2016.

 

Turibius du Mans

1er ou 3e ou 5e siècle

 

Saint Turibius fut évêque au Mans, à une époque qu’on met en doute : 1er siècle, 3e siècle, 5e siècle ?

Il aurait été le deuxième évêque du Mans, après en avoir été archidiacre.

Des monastères, des églises, et des miracles, lui ont été attribués.

Des reliques de lui ont été portées à Paderborn (Allemagne).

Il fut inséré au 16 avril, sans doute par affinité avec l’autre Turibius, évêque d’Astorga, mais ne se trouve plus dans le Martyrologe romain.

 

 

Martyrs de Corinthe

† 258

 

Le jour de Pâques de 258, les ennemis de Dieu firent irruption dans l’église, où se trouvaient rassemblés les Chrétiens.

Ils arrêtèrent un groupe de huit personnes, un homme et sept femmes, dont voici les noms : 

Leonides, Carissa, Galina, Theodora, Nica, Nunecia, Callis, Basilissa.

Leonides fut d’abord mis en croix puis, détaché, jeté à la mer.

Toutes ses Compagnes furent ensuite jetées à la mer.

Ajoutons que deux autres Martyrs, toujours à Corinthe, furent également torturés et mis à mort sinon pas le jour-même de Pâques, du moins dans la même période. Ce furent :

Ireni : conduite devant le préfet, elle proclama solennellement la divinité de Jésus-Christ ; battue de verges, elle eut la langue coupée, les dents arrachées, et fut enfin décapitée.

Adrianos : on voulait l’obliger à brûler de l’encens devant les statues des idoles ; non content de refuser, pour bien appuyer sa détermination, il renversa l’autel ; à son tour battu de verges, il fut jeté dans les flammes et expira au milieu de ces tourments.

Le Martyrologe ne mentionne plus Ireni et Adrianos.

Les saints Martyrs de Corinthe sont commémorés le 16 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs de Sarragosse

† 304

 

Le poète Prudence a longuement exalté le courage et la persévérance des dix-huit Martyrs de Sarragosse, dix-sept hommes et une femme, dont voici les noms : 

Optatus, Lupercus, Successus, Martialis, Urbanus, Iulia, Quintilianus, Publius, Fronto, Felix, Cæcilianus, Evodius, Primitivus, Apodemius, et quatre autres auxquels on a prêté le nom de Saturninus.

A ceux-là, s’ajoutent aussi trois autres Martyrs non moins célèbres : 

Caius et Crementius, fidèles à leur foi chrétienne, furent durement tourmentés, mais ne moururent pas immédiatement ; on les a même parfois considérés comme «seulement» confesseurs.

Engratia, laquelle fut horriblement déchirée sur tout le corps, eut une mamelle arrachée, ainsi que le foie ; elle respirait encore et fut jetée au fond d’un cachot, où elle expira bientôt et où on laissa son corps tomber en pourriture.

Tous ces saints Martyrs de Sarragosse sont commémorés le 16 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Turibius de Astorga

† 460

 

Saint Turibius fut choisi en 420 pour être évêque à Astorga (León).

Il se mit en devoir de combattre énergiquement l’hérésie priscillianiste, que son prédécesseur soutenait.

Priscillianus, évêque à Avila, prétendait que les trois Personnes de la Sainte Trinité n’en étaient qu’une ; il prônait une ascèse excessive, comme le jeûne même le dimanche et l’abstinence totale du mariage ; on l’accusa aussi de magie. Il fut condamné et même mis à mort par l’autorité ecclésiastique (385). 

Il faut sans doute admettre que les partisans de Priscillianus avaient adopté des positions beaucoup plus radicales et dangereuses que celles de leur «fondateur». 

Saint Turibius obtint l’appui du pape, Léon le Grand. Un synode confirma ses décisions.

Il eut la sainte et audacieuse initiative d’insérer dans le Credo le fameux terme Filioque, voulant par là bien rappeler à tous les fidèles que le Saint Esprit procède du Père et du Fils.

Mort un 16 avril d’une année proche de 460, il est le patron principal d’Astorga.

 

Il y avait un autre saint Turibius, évêque au Mans et commémoré le même jour.

 

 

Fructuoso de Braga

590-665 

 

Fructuoso naquit vers 590, peut-être à Tolède, ou dans le Bierzo (Espagne NO), de parents appartenant à l’aristocratie. Son père était un militaire haut gradé.

Orphelin à l’adolescence, Fructuoso se tourna bien vite vers la vie contemplative ; Dieu permit qu’il fût à l’école de l’évêque de Palencia, qui lui enseigna l’Ecriture, la musique, et lui conféra la tonsure.

Après avoir distribué ses biens aux pauvres et affranchi ses esclaves, il se retira dans une vallée du Bierzo et vécut une vie d’ermite qui se transforma vite en vie cénobitique, à cause du grand nombre de disciples qui accoururent auprès de lui et formèrent ainsi le monastère de Compludo, ainsi que celui de Rupianense, puis encore celui de Saint-Félix-de-Visonia. 

La popularité de Fructuoso était telle que des familles entières se mettaient sous sa direction, hommes, femmes, jeunes, soldats et officiers, nobles et pauvres… Pourtant, la règle était sévère, exigeante, et prévoyait même des peines lourdes pour les «fautifs». L’affluence fut telle que toute la région fut appelée la thébaïde espagnole. Même le gouverneur exprima au roi sa crainte de ne pas pouvoir disposer d’hommes en assez grand nombre pour lever une armée ou même seulement pour cultiver la terre !

Une jeune fille promise à un seigneur vint se mettre sous la protection de Fructuoso. Le seigneur fit tout son possible pour la rappeler, jusqu’à en appeler au juge royal, qui se borna à lui répondre : Laisse cette fille servir le Seigneur ; cherches-en une autre.

De là, Fructuoso alla fonder une vingtaine d’autres monastères jusqu’à Cadix et dans l’actuel Portugal. Ce fut au point que, ne trouvant plus d’espace pour en créer d’autres, il feignit de vouloir partir en pèlerinage à Jérusalem, pour en réalité se retirer dans une des solitudes de cette région. Ce fut le roi qui l’en empêcha : à l’embarquement, Fructuoso fut arrêté et conduit sous bonne garde à Tolède ; il ne sortit de sa «prison» que pour être nommé évêque de Dumio, ce qui lui valut de participer au 10e concile de Tolède (656).

Un canon de ce concile porte la mention de notre vénéré frère Fructuoso, évêque, qui montre quelle autorité il avait. Le même concile alla plus loin : Fructuoso fut nommé archevêque de Braga.

L’auteur de la Vita de Fructuoso parle beaucoup moins de l’action du nouvel archevêque, que de ses très nombreux miracles. On attribue à Fructuoso l’église dédiée au Saint-Sauveur à Montelius, actuellement dédiée à Saint Fructuoso.

Fructuoso mourut à Braga le 16 avril 665.

Son corps fut «volé» par l’évêque de Compostelle en 1102.

Saint Fructuoso de Braga est commémoré le 16 avril dans le Martyrologe Romain.

Magnus d’Ecosse

? - 1116 

 

Magnus était le fils aîné du comte Erlend, seigneur d’Orkney (Ecosse), et de Thora.

Quand le roi de Norvège envahit l’île d’Orkney en 1098, Erlend fut emmené en Norvège, où il mourut ; Magnus fut pris en otage dans l’armée norvégienne, mais refusa de combattre. Il réussit plutôt à sauter du bateau et gagner la rive à la nage. Il se cacha longtemps, jusqu’à la mort du roi norvégien en 1102.

Bientôt, il put revenir en possession des biens familiaux, mais son cousin Hakon fut de plus en plus jaloux de lui. On pouvait craindre une guerre fratricide. Il y eut des pourparlers : les deux cousins se seraient rencontrés le jour de Pâques sur la petite île d’Egilsay. Au moment d’accoster, le bateau de Magnus fut détruit par une grosse vague. Ayant débarqué, Magnus alla se recueillir dans l’église, en attendant l’arrivée de Hakon.

Ce dernier arriva le lendemain, mais avec huit navires de guerre et toute une troupe d’hommes acquis à sa cause. Magnus alla promptement se cacher. Les hommes de Hakon le retrouvèrent et le mirent devant une assemblée. Magnus interdit à ses hommes de réagir avec les armes, et proposa lui-même trois solutions pour mettre fin à ce conflit : soit il quittait à jamais l’Ecosse et partait en pèlerinage, soit il était exilé et fait prisonnier en Ecosse, soit il serait amputé comme on le préférerait, pourvu qu’il eût la vie sauve, ou aussi qu’il fût aveuglé et enfermé dans un donjon.

Hakon osa accepter cette troisième proposition, mais pas l’assemblée ; finalement, on décida qu’il fallait mettre à mort l’un des deux opposants. Hakon ayant affirmé qu’il n’était pas prêt pour mourir, c’était à son cousin de s’offrir.

Hakon demanda à un de ses hommes de tuer Magnus ; l’homme refusa ; il demanda à son cuisinier, qui n’osait pas porter la main contre Magnus ; c’est ce dernier qui l’encouragea : N’aie pas peur : ce que tu fais, tu le fais contre ta volonté, mais celui qui te force à le faire, est plus pécheur que toi. Il s’agenouilla devant le cuisinier, lui demandant de le frapper très fort sur la tête, sans le décapiter comme un simple criminel. Le «bourreau malgré lui» éleva son arme et fendit en deux le crâne de Magnus. C’était en 1116, 1117 ou 1118.

Le terrain où mourut Magnus devint miraculeusement fertile. Une lumière céleste apparut à cet endroit. D’autres miracles se produisirent aussi. On pense que c’est là que s’élève maintenant l’église Saint-Magnus à Mainland Birsay.

L’évêque local hésita à reconnaître la sainteté de Magnus. Mais il fut frappé de cécité : ayant prié à la tombe de Magnus, il récupéra la vue et le canonisa.

Plus tard, Magnus aurait révélé, dans une apparition à un habitant de l’île de Westray, qu’il fallait transporter son corps à Kirkjuvagr, l’actuelle Kirkwall. 

Saint Magnus d’Ecosse est commémoré le 16 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Druon d’Epinoy

1118-1189 

 

Druon (latin : Drogo) naquit à Epinoy (auj. Carvin-Epinoy, Pas de Calais) vers 1118, de parents fort riches et puissants, mais que l’enfant ne put connaître : le père mourut peu avant la naissance, et la mère peu après.

A dix ans, le petit garçon comprit ces douloureuses circonstances, mais affronta désormais sa situation d’une façon très virile et responsable : il délaissa les jeux, se retira, se mit à méditer, à prier, lisant et cherchant à appliquer au mieux le message évangélique.

Ayant tout quitté, il se mit une bure sur son cilice et partit ; arrivé près de Valenciennes, il se mit comme berger au service d’une brave châtelaine. Humble, facile, obéissant, doux, il priait et contemplait la nature, et Dieu l’aidait en le favorisant de la présence de son Ange, qui gardait le troupeau pendant qu’il allait quelques instants à l’église recevoir l’Eucharistie.

Les villageois lui confiaient volontiers leurs troupeaux, contre quelques monnaies - qu’il distribuait aux pauvres. 

Après six années de cette vie, Druon partit en pèlerinage ; il aurait fait neuf fois celui de Rome.

Il comprit que ses jours étaient comptés lorsqu’il souffrit d’une sorte de gravelle ou lithiasis. Il s’enferma dans une petite cellule de reclus près de l’église de Sebourg. Il mangeait du pain d’orge trempé dans de l’eau tiède ; son temps était occupé par la méditation ou par la prière vocale. Ceux qui venaient l’interroger, repartaient consolés et fortifiés.

Un jour, le feu prit dans l’église et menaçait la cellule de Druon. Au lieu de s’enfuir, il s’agenouilla en humble supplique, levant au ciel les yeux et les mains : l’incendie s’interrompit et on trouva Druon dans la même position, qui continuait sa prière.

On lui reconstruisit sa cellule, où il s'éteignit le 16 avril 1189.

Des proches de Druon apprirent sa mort et voulurent ramener son corps à Epinoy, mais le char qui le transportait, ne put aller au-delà de Sebourg : on l’y enterra et la localité devint un lieu de pèlerinage très fréquenté par les bergers.

Contrairement à ceux qui écrivent que Druon n’est «que» bienheureux, Druon est commémoré comme Saint le 16 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Contardo d’Este

1216-1249

 

Contardo d’Este naquit en 1216 à Ferrare (Emilie-Romagne, Italie NE) d’Azzo VII ou d’Aldobrandino Ier et fut le frère de Beatrice d’Este (v. 18 janvier).

En 1249, à trente-trois ans, il décida de se faire pèlerin pour l’amour de Dieu et de Notre-Dame ; vêtu d’un habit de pénitent, il voulait visiter les lieux de pèlerinage.

Il entreprit de rejoindre Compostelle et s’arrêta à Broni, sans doute dans l’intention de s’embarquer de la Ligurie et rejoindre l’Espagne par mer. Mais surpris par un malaise, il mourut là à Broni, le 16 avril 1249, à trente-trois ans. On l’enterra dans l’église paroissiale.

De nombreux pèlerins vinrent prier à son tombeau : on invoque Contardo contre l’épilepsie.

Son culte fut approuvé en 1628, ce qui l’a fait classer parmi les Bienheureux.

 

 

Chiaramonte Pelacani Piccolomini

1258-1305

 

La famille de Chiaramonte-Gioacchino aurait été par la suite agrégée aux Piccolomini, ce qui explique pourquoi on le nomme plus normalement Gioacchino Piccolomini, ou aussi de Sienne, car Gioacchino naquit dans cette ville, en 1258.

Son nom de baptême était Chiaramonte. Dès l’enfance il aimait prier l’Ave Maria devant l’image de Notre-Dame des Douleurs ; sensible envers les pauvres, il donna un jour ses vêtements.

A treize ans, il vit en rêve la Vierge Marie, qui lui déclara l’avoir attaché pour toujours à son service ; à son réveil, il annonça aux parents qu’il allait entrer dans les ordres.

Les parents tentèrent, mais en vain, de le détourner de cette idée. Le jeune garçon se présenta bientôt chez les Servites, où l’accueillit Filippo Benizi (v. 22 août). Il prit le nom de Gioacchino.

Tout noble qu’il était, Gioacchino se fit tout petit, heureux de rendre service dans les plus humbles tâches, et modèle d’obéissance. On lui proposa d’étudier et de se préparer à recevoir le sacerdoce, mais il refusa, s’en trouvant trop indigne.

Après le noviciat, il fut envoyé à Arezzo. C’est durant cette année-là qu’il eut l’occasion d’approcher un malheureux malade épileptique. Gioacchino chercha à le consoler et à l’encourager, mais le malade n’était pas très convaincu de ces pieuses paroles ; aussi Gioacchino pria alors d’être lui-même malade d’épilepsie en échange de la guérison du malade, qui se trouva immédiatement guéri. C’est alors que ses Confrères de Sienne obtinrent son retour à Sienne, pour avoir la joie de l’assister dans sa maladie.

Désormais, Gioacchino souffrit de crises d’épilepsie jusqu’à la fin de ses jours, mais les «accidents» s’accompagnaient d’interventions célestes. Un jour qu’il tomba à terre, un ange vint tenir le cierge allumé de Gioacchino ; une autre fois, la table de réfectoire qu’il renversa en tombant, se retrouva dressée sans que rien y fût dérangé ; un jour qu’il tomba du haut d’un escalier, et qu’il saignait abondamment de la tête, la plaie se guérit complètement pendant qu’on le portait à sa cellule et qu’on appelait le médecin.

Quelque temps avant sa mort, Gioacchino souffrit aussi de plaies horribles, dont il disait qu’elles devaient le purifier et fortifier son âme.

Il connut divinement le jour de sa mort et l’annonça : ce serait le Vendredi saint. Il expira ainsi le 16 avril 1305, au moment où, au chœur, on chantait les mots de la passion : Ayant incliné la tête, Jésus rendit l’esprit. Il avait passé trente-trois ans dans la vie religieuse.

Des miracles nombreux se produisirent sur le tombeau de Gioacchino.

En 1609, le culte qu’on lui rendait fut approuvé, ce qui correspondait à une béatification.

 

 

Guglielmo Gnoffi

1256-1317

 

Guglielmo naquit en 1256 à Polizzi Generosa (Sicile).

A quinze ans, il se retira dans un vie érémitique près de Castelbuono, puis au sanctuaire de Notre-Dame dell’Alto. Ensuite, il entra dans un couvent de Religieux près de Tagudo, dont il devint prieur, et fonda un autre couvent à Gonati.

Il eut particulièrement à lutter contre le démon de l’impureté ; ayant dans une circonstance accepté l’hospitalité chez une femme de mauvaise vie qu’il croyait pieuse, il fut en butte à des propositions malhonnêtes, dont il triompha ; après quoi, il exhorta cette pauvre femme à se repentir.

Plus tard, le démon le tenta en lui rappelant cet épisode et le conduisit à un état tellement bouleversé qu’il faillit quitter la vie religieuse ; un songe affreux, dans lequel il se vit entouré d’animaux féroces prêts à le dévorer, le ramena à de meilleurs sentiments.

Il mourut le 16 avril 1317 ou 1318 ; on le considère comme Bienheureux.

Benoît-Joseph Labre

1748-1783

 

Né le 25 mai 1748 à Amettes (Boulogne-sur-Mer, Pas-de-Calais), Benoît-Joseph était l’aîné des quinze enfants de parents chrétiens, qui vivaient de leur terre et d’un petit commerce de mercerie.

Le nom de Benoît-Joseph lui fut donné par son parrain, un saint prêtre de la famille.

Le garçon apprit à développer de bonnes qualités pour modérer les moins bonnes : la douceur et l’obéissance dominèrent sa vivacité. Très tôt il sut recevoir des mortifications sans se plaindre, comme lorsqu’un domestique du presbytère le maltraita sans raison (car il arrive que ces braves gens se croient un peu plus maîtres de céans que leurs «patrons» et finissent par n’en faire qu’à leur tête). 

Benoît-Joseph avait le cœur ouvert aux malheureux, aux étrangers de passage ; il s’imposa des pénitences sévères, comme de dormir la tête sur une planche, de pratiquer l’abstinence avant même l’âge autorisé par l’Eglise.

Dès seize ans, il pensa à la vie religieuse. Commença alors pour lui une série de démarches et de voyages infructueux. Benoît-Joseph se sentait attiré par la vie des Trappistes. Sa famille s’y opposait, son confesseur l’en dissuadait aussi ; on lui suggéra la Chartreuse, mais Benoît-Joseph n’y trouva jamais la paix.

Pendant quelques années, il fut ainsi aux Chartreuses de Val-Sainte, Neuville ; aux Trappes de Mortagne (Normandie), de Sept-Fonts… toujours à pied.

Ces échecs successifs l’amenèrent à comprendre qu’il devait vivre son idéal trappiste dans le monde, dans l’abnégation totale, dans la vie d’oraison, la pauvreté et la pénitence. Il devint un perpétuel pèlerin, et voyagea à travers l’Europe, de sanctuaire en sanctuaire, édifiant partout les fidèles et le clergé par son humilité, sa piété, malgré l’aspect repoussant de ses haillons. On a dit que par pénitence il ne s’était plus jamais lavé de sa vie.

Son bagage consistait en trois livres : le Nouveau-Testament, l’Imitation de Jésus-Christ, le Bréviaire. Il portait sur la poitrine un crucifix, au cou un chapelet et dans ses mains le rosaire.

D’après les souvenirs de ses passages en divers lieux, on a pu estimer qu’il parcourut à pied quelque vingt-cinq mille kilomètres. Il fit par exemple onze fois le pèlerinage de Rome à Loreto.

Ses trajets le portèrent à : Paray-le-Monial (Saône-et-Loire, où apparut le Sacré-Cœur), Tarare (Lyon, où les Capucins le prirent pour un espion et le jetèrent), Dardilly (où l’accueillit le père de Jean-Marie Vianney), Chieri (Piémont, d’où il écrivit pour la dernière fois, à ses parents) ; Loreto, Assise, Rome, Fabriano (au tombeau de saint Romuald)…

On sait qu’il parcourut l’Italie (Bari, Cossignano, Vérone), la Suisse, l’Allemagne, la France (Reims, Moulins, Aix-en-Provence, Nancy, Paris, Gray), l’Espagne (Barcelone, Burgos, Saint-Jacques de Compostelle…

A Bari (Italie S), ému d’entendre les plaintes des prisonniers, il mit son chapeau à terre et commença à chanter les Litanies de Lorette : il recueillit ainsi des aumônes des passants touchés, et les fit remettre aux prisonniers.

Il multiplia le pain pour des pauvres, guérit un malade, sauva de la noyade un enfant (alors qu’il n’avait jamais appris à nager) ; parfois, on parlait de lui et il s’effaçait bien vite ; parfois, on le recevait mal aussi. Jamais une plainte…

Il eut le don de prophétie : plusieurs fois il parla des «prochains» événements qui allaient s’abattre sur la France, et l’on comprit plus tard qu’il entrevoyait les horreurs de la Révolution. La onzième fois qu’il fut à Loreto, il annonça qu’il n’y serait pas l’année suivante, «devant regagner sa patrie», sa patrie céleste.

On lui observa aussi le don de bilocation, car il fut remarqué par des témoins simultanément en deux endroits différents. Quand l’un d’eux lui en posa alors la question précise, l’humble pèlerin, «pris la main dans le sac», baissa la tête sans rien répondre.

Il eut des extases, élevé de terre dans une position sans équilibre, pendant des heures entières.

Benoît-Joseph sentit sa mort approcher. Il mourut le Mercredi Saint 16 avril 1783, ayant pour une fois accepté l’hospitalité d’un boucher qui le connaissait et qui le reçut chez lui. Il s’éteignit dans la soirée.

Tout Rome répétait : ‘E morto il Santo ! Le Saint est mort !

Il fut inhumé dans l’église de Sainte-Marie-aux-Monts, où on l’avait si souvent vu en prière.

Benoît-Joseph Labre fut béatifié en 1860, et canonisé en 1883, un siècle après sa mort.

 

On pourra remarquer qu’en 1984, à peu près deux siècles après la mort de saint Benoît-Joseph Labre, furent béatifiés les Martyrs d’Avrillé : quatre-vingt dix-neuf victimes de la Révolution française, qu’avait prophétisée le Saint. Parmi ces victimes se trouvent vingt-six Martyrs laïcs, deux hommes et vingt-quatre femmes, fusillées ce même 16 avril en 1794, onze ans après la mort de saint Benoît-Joseph.

 Au moment de la canonisation de saint Benoît-Joseph Labre, le poète français, Paul Verlaine, écrivit ce sonnet en son honneur : 

 

Comme l’Église est bonne en ce siècle de haine,
D’orgueil et d’avarice et de tous les péchés,
D’exalter aujourd’hui le caché des cachés,
Le doux entre les doux à l’ignorance humaine,


Et le mortifié sans pair que la Foi mène,
Saignant de pénitence et blanc d’extase, chez
Les peuples et les saints, qui, tous sens détachés,
Fit de la Pauvreté son épouse et sa reine,


Comme un autre Alexis, comme un autre François,
Et fut le Pauvre affreux, angélique, à la fois
Pratiquant la douceur, l’horreur de l’Évangile !


Et pour ainsi montrer au monde qu’il a tort
Et que les pieds crus d’or et d’argent sont d’argile,
Comme l’Église est tendre et que Jésus est fort !

 

 

Les 84 Martyrs d’Avrillé

† 1794

 

Il y eut un Martyr le 12 janvier, quatre le 18 janvier, quarante-sept le 1er février, six le 10 février, vingt-six le 16 avril (ci-après). Le décret de béatification embrasse quinze autres Martyrs de la même époque, mais pas de la même localité.

 

On lira avec quelque utilité la notice générale Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marguerite Robin

1725-1794

 

Cette laïque était née le 22 décembre 1725 à Montjean (Maine-et-Loire).

Sa sœur aînée, Marie-Geneviève, fut martyrisée le même jour.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Roger-Chartier

1727-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 14 janvier 1727 à Montjean.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Jeanne Thomas-Delaunay

1730-1794

 

Cette laïque, veuve, était née vers 1730.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Françoise Suhard-Ménard

1731-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 5 février 1731 à Saint-Gemmes-d’Andigné (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Pierre Delépine

1732-1794

 

Ce laïque était né le 24 mai 1732 à Marigné (Maine-et-Loire).

Il fut décapité pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifié en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Jeanne Gourdon-Moreau

1733-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 8 octobre 1733 à Sainte-Christine (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Jean Ménard

1736-1794

 

Ce laïque, marié, était né le 16 novembre 1736 à Andigné (Maine-et-Loire).

Il fut décapité pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifié en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Françoise Micheneau-Gillot

1737-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 19 mai 1737 à Chanteloup-les-Bois (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Gingueneau-Coiffard

1739-1794

 

Cette laïque, veuve, était née vers 1739.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

Marie-Geneviève Poulain de la Forestrie

1741-1794

 

Cette laïque était née le 3 janvier 1741 à Lion-d’Angers (Maine-et-Loire).

Sa jeune sœur, Marthe, fut martyrisée le même jour.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Perrine Bourigault

1743-1794

 

Cette laïque était née le 7 août 1743 à Montjean (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marthe Poulain de la Forestrie

1743-1794

 

Cette laïque était née le 2 octobre 1743 à Lion-d’Angers (Maine-et-Loire).

Sa sœur aînée, Marie-Geneviève, fut martyrisée le même jour.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Perrine Laurent

1746-1794

 

Cette laïque était née le 2 septembre 1746 à Louvaines (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Lardeux

1748-1794

 

Cette laïque était née vers 1748.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Perrine Pottier-Turpault

1750-1794

 

Cette laïque, mariée, était née le 26 avril 1750 à Cléré-sur-Layon (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Renée Rigault-Papin

1750-1794

 

Cette laïque, mariée, était née le 14 mai 1750 à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Madeleine Sallé-Havard

1751-1794

 

Cette laïque, mariée, était née vers 1751.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Renée Bourgeais-Juret

1751-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 12 novembre 1751 à Montjean (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Jeanne Onillon-Onillon

1753-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 19 avril 1753 à Montjean (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Renée Sechet-Davy

1753-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 28 décembre 1753 à Montjean (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Jeanne Leduc-Paquier

1754-1794

 

Cette laïque, mariée, était née le 10 février 1754 à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Piou-Supiot

1755-1794

 

Cette laïque, mariée, était née le 19 mai 1755 à Montrevault (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Madeleine Cady-Desvignes

1756-1794

 

Cette laïque, mariée, était née le 7 avril 1756 à Saint-Maurille de Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Anne Maugrain

1760-1794

 

Cette laïque était née le 12 avril 1760 à Rochefort-sur-Loire (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Rechard

1763-1794

 

Cette laïque était née le 29 avril 1763 à Montjean (Maine-et-Loire).

Sa jeune sœur, Marthe, fut martyrisée le même jour.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Forestier

1768-1794

 

Cette laïque était née le 16 janvier 1768 à Montjean (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

Bernadette Soubirous

1844-1879

 

Qui ne connaît pas le sanctuaire de Lourdes ? 

Le plus souvent, on se rappelle que la Voyante qui vit Marie à Lourdes, s’appelait Bernadette, mais on connaît beaucoup moins sa vie et son caractère.

Elle naquit le 7 janvier 1844 à Lourdes, où l’on a si froid en hiver, aînée des nombreux enfants de François Soubirous et Louise Castérot, qui la confièrent à une nourrice de Bartrès.

Au baptême, cette petite fille reçut les prénoms de Marie-Bernarde, mais on l’appela habituellement Bernadette.

L’enfance de Bernadette ne fut pas «malheureuse», mais la pauvreté et la maladie l’empêchèrent d’aller à l’école.

François Soubirous, meunier, dut quitter son moulin de Boly et trouver refuge chez un parent dans la rue des Petits-Fossés. Bernadette, qui souffrait déjà de l’asthme, resta toujours chétive et maladive.

En 1857, sa nourrice de Bartrès l’appela pour «garder les enfants», en réalité pour garder les troupeaux, si bien qu’à quatorze ans, Bernadette ne savait guère plus que le Notre Père, le Je vous salue Marie, le Je crois en Dieu.

C’est en 1858 qu’elle fut favorisée des apparitions de la Vierge Marie.

Première apparition : jeudi 11 février. Comme Bernadette priait le chapelet, la Vierge égrenait son chapelet en même temps que Bernadette, mais ne s’unissait à elle que pour les Gloire au Père. C’est déjà là un signe évident : Marie ne peut pas dire à elle-même Je vous salue, Marie.

Bernadette décrivit la Vierge comme une jeune fille de seize à dix-sept ans. Elle porte une robe blanche serrée à la ceinture par un ruban bleu qui glisse le long de la robe presque jusqu’aux pieds. Sur sa tête, un voile blanc laisse à peine apercevoir les cheveux ; il retombe en arrière, enveloppe les épaules et descend au-dessous de la taille. Les pieds nus, que couvrent en grande partie les derniers plis de la robe, portent chacun à l’extrémité une rose couleur d’or. Elle tient sur le bras droit un chapelet aux grains blancs et dont la chaîne d’or brille comme la rose de ses pieds.

C’est au 11 février que l’Eglise a établi la fête de Notre-Dame de Lourdes.

Deuxième apparition, le dimanche 14 février. Bernadette jette de l’eau bénite en direction de la Dame, qui apprécie de la tête, mais ne parle toujours pas.

Le 18 février, Bernadette tend un papier et un crayon à la Dame, qui lui répond : Ce que j’ai à vous dire, il n’est pas nécessaire que je l’écrive ; faites-moi seulement la grâce de venir ici pendant quinze jours. Bernadette remarqua que la Dame la voussoyait. C’est ce jour-là que Marie dit aussi : Je vous promets de vous rendre heureuse, non pas en ce monde, mais dans l’autre.

Les 19 et 20 février, la foule augmentait.

Le dimanche 21, un docteur observa de près Bernadette. Ce jour-là, elle pleura, voyant la tristesse de la Dame qui lui dit : Priez pour les pauvres pécheurs, pour le monde si agité.

Les autorités commençaient à se remuer, mais pas pour protéger Bernadette. Au procureur qui la sommait de ne plus retourner à la grotte, elle répondit : Monsieur, je ne vous le promets pas.

Pas d’apparition les 21 et 22. La Dame n’avait pas dit qu’elle apparaîtrait tous les jours, elle avait demandé à Bernadette de venir pendant quinze jours.

Septième apparition le 23. On voit Bernadette s’agenouiller, baiser la terre, se déplacer à genoux.

Mercredi 24, huitième apparition : Bernadette pleure abondamment, et invite la foule : Pénitence ! Pénitence ! Pénitence !

Jeudi 25, la Dame fait découvrir à Bernadette la source de l’eau que les pèlerins devraient utiliser.

Vendredi 26, dixième apparition.

Samedi 27, onzième apparition, la Dame dit : Allez dire aux prêtres qu’il doit se bâtir ici une chapelle. Vu la «méfiance» spontanée du clergé, c’est à cette petite fille que la Dame demandait de transmettre le message, car au moins elle, elle y croirait.

Les jours suivants, autres apparitions, sauf le 3 mars. Le jeudi 4, la Dame vint ; c’était le dernier jour de la quinzaine. Durant tout ce temps, la foule a pu être largement informée, au point que les autorités ne pouvaient plus mettre en doute les paroles de Bernadette.

La Dame revint le 25 mars, fête de l’Annonciation. C’est ce jour-là que la Dame révéla (en patois) : Que soy era immaculada councepciou ! Je suis l’Immaculée Conception ! 

Or, Bernadette ignorait que ce dogme de l’Immaculée Conception avait été proclamé en 1854, elle ignorait jusqu’à l’expression elle-même. En revanche, dès qu’elle répéta la phrase de la Dame aux foules, tous se mirent à répéter : Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous !, l’invocation que Notre-Dame avait enseignée en 1830 à la chapelle de la Rue du Bac, à sainte Catherine Labouré.

Cette seizième apparition se renouvela le 7 avril, puis le 16 juillet, dix-huitième et dernière apparition.

Pendant et après cette période particulière, Bernadette ne perdit pas sa candeur enfantine : simple, humble, parfois espiègle mais jamais blessante.

A son curé qui ironisait un peu parce que la Dame était muette, Bernadette répondit : Si elle était muette, elle n’aurait pas pu me dire de venir vous trouver. Et quand le curé prétend qu’il ne croit pas à ces apparitions, elle rétorque : La Dame ne vous demande pas d’y croire, elle m’a dit de vous le dire ! 

Un jour que le médecin l’avait contrainte à priser, elle fit passer à toutes ses camarades de classe une petite prise, qui provoqua un éternuement général.

Sa prière était efficace ; quand on voulait obtenir une grâce, une guérison, on savait recourir à sa prière.

Elle préférait la discrétion, et un jour qu’on la présenta à des pèlerins, elle remarqua : Vous me faites voir comme une bête curieuse.

Sa vocation se précisa après les apparitions et, encouragée par l’évêque, elle put obtenir son admission chez les Religieuses de Nevers, qu’elle avait connues à Lourdes. Elle quitta Lourdes en 1866,  à vingt-deux ans.

A Nevers, on imposa le silence aux jeunes postulantes et novices, et Bernadette s’abstint de parler des apparitions qu’elle avait reçues, sauf si une autorité lui demandait d’en parler.

Elle reçut l’habit en 1866, et, pourrait-on dire, «de nouveau» le nom de Marie-Bernard. Cette année-là, elle souffrit beaucoup de son asthme, et de la mort de sa maman.

En 1867, lors de sa profession, elle renouvela ses vœux avec les autres, mais on ne lui donna pas de charge car, dit la Mère générale à l’évêque, elle n’est bonne à rien. On lui confia une présence à l’infirmerie, pour seconder l’infirmière : C’est tout ce qu’elle peut faire, dit aussi la Mère, qui, on le voit, savait humilier son monde.

Le médecin apprécia ses qualités auprès des malades, et la défendit avec autorité lorsqu’on se permit de la traiter d’hallucinée.

En 1874, Marie-Bernard fut chargée de la sacristie.

La guerre de 1870 lui donna l’occasion d’exprimer toute son angoisse pour notre Pays. Nous aurions plus besoin de pleurer que de nous réjouir, en voyant notre pauvre France si endurcie et si aveugle. Que Notre-Seigneur est offensé ! Prions beaucoup pour ces pauvres pécheurs afin qu’ils se convertissent. Après tout, ce sont nos frères : demandons à Notre-Seigneur et à la très sainte Vierge de vouloir bien changer ces loups en agneaux.

Sa vie religieuse fut une ascension continue. Elle prit le parti de faire toujours ce qui lui coûterait le plus. Autour d’elle se répandait à son insu cette onction de l’amour pour Dieu. Sa mission était de ramener les pécheurs à la vie de la grâce. Elle priait, elle s’offrait. Elle acceptait avec grand empressement les humiliations que lui imposait la Supérieure pour l’éprouver.

A partir de 1877, elle reconnut que Notre-Seigneur l’appelait à l’emploi d’être malade. L’asthme empirait, avec les crises, les vomissements de sang, l’oppression de la poitrine, mais aussi avec un abcès au genou droit qui évolua en une tumeur énorme.

En 1878, elle émit les vœux perpétuels. Alors que jusque là elle disait qu’elle mourrait «plus tard», à partir de 1879, elle montra clairement qu’elle s’attendait à mourir bientôt.

En la fête de saint Joseph (19 mars), elle demanda la grâce d’une bonne mort. Le 28 mars, elle reçut volontiers le Sacrement des Malades. Au moment de Pâques, elle vécut une réelle agonie et on l’entendit répéter plusieurs fois : Va-t-en, Satan !

Le mercredi après Pâques, sœur Marie-Bernard, comme Jésus en croix, dit : J’ai soif ! Elle invoqua une dernière fois la Vierge Marie : Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheresse, pauvre pécheresse, et elle expira. 

C’était le 16 avril 1879.

Celle que tous connaissent sous le nom de Bernadette Soubirous, fut béatifiée en 1925, et canonisée en 1933.

 

 

Mikel Suma

1897-1950

 

Mikel Suma naquit le 23 mars 1897 à Shkodër (Albanie).

C’est dans cette même ville qu’il étudia la philosophie et la théologie, qu’il approfondit ensuite à Vienne, Graz, Lankowitz (Autriche), puis Gênes (Italie), où il fut ordonné prêtre en 1921.

Une fois entré  chez les Frères Mineurs Conventuels, il prit lors de sa profession le nom de Gaspër.

Il enseigna au séminaire de Shkodrë.

Mis en prison le 24 mai 1948 pour sa fidélité à l’Eglise catholique, condamné après un procès fantôme, il expira dans la prison de Shkodër,  le 16 avril 1950.

Mikel-Gaspër Suma fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 16 avril.


Ndue Serreqi
1911-1954

Ndue Serreqi naquit le 26 février 1911 à Shkodër (Albanie).
Il entra très jeune chez les Frères Mineurs Conventuels et, à sa profession, prit le nom de Karl.
En 1936, après ses études à Brescia (Italie), il fut ordonné prêtre.
Il travailla comme curé en divers villages de montagne.
Le 9 octobre 1946, il fut arrêté par la police secrète communiste : on  voulait lui faire avouer ce qu’il avait entendu en confession de diverses personnes anti-communistes. Mis en prison, torturé, il refusa de révéler le secret de la confession.
Le 18 janvier 1947, il fut condamné à mort, une peine qui fut commuée en prison à vie.
Après sept années de prison et de mauvais traitements, il mourut d’épuisement le 4 avril 1954 à Burrel (Shkodër).
Reconnu martyr, Ndue Serreqi fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 4 avril.

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14 avril 2021 3 14 /04 /avril /2021 23:00

15 AVRIL

 

I.

Stes Basilissa et Anastasia, romaines martyrisées pour avoir donné la sépulture aux ss. Pierre et Paul ; elles eurent la langue et les pieds coupés. 

II.

Ss Theodoros et Pausilypos, martyrs en Thrace ; les liens de Pausilypos se délièrent d’eux-mêmes : il s’enfuit mais mourut peu après. 

Ss Maro, Eutyches et Victorinus, martyrs romains : Maro écrasé par une pierre, Eutyches décapité, Victorinus asphyxié.

III.

Ss Maxime et Olympiade, martyrs persans. 

S Crescens, martyr à Myre.

?

S Eutyche, martyr à Ferentino.

VI.

S Paterne, abbé à Scissy, évêque à Avranches, invoqué contre les morsures de serpents, contre la cécité et la paralysie. On fête avec lui un abbé, s. Scubillion ; tous deux étaient originaires de Poitiers. 

S Abundius, mansionnaire à Saint-Pierre de Rome ; il guérit une paralytique.

S Ortaire, abbé à Landelle.

S Ruadan (Rodan), un des douze apôtres de l’Irlande, abbé à Lorrah (Lothra).

S Léonide, évêque à Athènes.

VII.

S Sevêtre, abbé à Moutier-Saint-Jean (Réomé).

VIII.

S Abbon, évêque à Metz.

X.

S Munde, abbé en Ecosse dans le comté d’Argyle.

XII.

B Waltmann, abbé prémontré à Anvers ; il combattit l’hérésie de Tanchelm.

XIII.

S Luchesio (Lucius), tertiaire franciscain à San Casciano où il fonda un hôpital.

XVII.

B César de Bus, converti d’une vie dissolue, prêtre fondateur en Avignon des Pères de la Doctrine chrétienne, aveugle pendant 13 ans, mort le jour de Pâques. 

XIX.

S Jozef Daamian de Veuster, flamand de la congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, missionnaire dans l’île de Molokaï, chez les lépreux dont il reçut la contagion, probablement après avoir laissé un enfant jouer avec sa pipe, béatifié en 1995, canonisé en 2009.

Basilissa et Anastasia de Rome

1er siècle

 

Sur ces deux Martyres romaines, les informations sont un peu maigres et, peut-être aussi, douteuses.

Ces deux saintes femmes auraient été parmi les premières converties par la prédication de saint Pierre et/ou saint Paul.

Après le martyre des Apôtres, elles leur auraient donné la sépulture et, pour ce fait, auraient été dénoncées auprès de l’empereur Néron.

Etant donné d’une part que les Apôtres Pierre et Paul n’ont pas reçu le martyre au même moment, et que d’autre part saint Pierre semble avoir subi ce martyre le 29 juin, il pourrait être étonnant que la dénonciation et l’arrestation aient eu lieu presque un an après, en avril. Peut-être ont-elles enseveli les corps d’autres Martyrs…

Seules ces Martyres pourraient, si elles le voulaient bien, nous renseigner mieux par quelque révélation… 

Basilissa et Anastasia auraient donc reçu à leur tour la palme du martyre par la décapitation, le 15 avril.

Elles ne sont pas mentionnées au Martyrologe Romain.

 

 

Maro en Picenum

† 100

 

On verra les 7 et 12 mai différents détails concernant sainte Flavia Domitilla et les saints Nereus et Achilleus. Il semble que s.Maro soit lié à ces personnages, même si les spécialistes y voient quelques difficultés.

Si l’on peut situer le martyre de sainte Flavia Domitilla à la fin du premier siècle, il faudrait y adjoindre aussi celui de ceux dont on vient de parler.

Après la mort de Flavia Domitilla et de ses serviteurs Nereus et Achilleus, Maro fut dénoncé comme chrétien et arrêté à son tour.

Le juge (Aurelianus ou Valerianus) le réduisit à la condition d’esclave, lui enjoignit de travailler la terre, avec pour tout salaire une bien maigre nourriture.

Maro accepta sa condition sans se révolter ; au contraire, il chercha à gagner au Christ ses camarades de travail, les convainquant même avec des miracles.

Ceci ne fut pas du goût du juge, qui ordonna de faire mourir Maro après divers supplices. Maro fut écrasé sous une énorme pierre, sur la Via Salaria, au Mont-d’Or en Picenum, précise le Martyrologe. On lui a parfois adjoint un saint Victorinus ainsi qu’un saint Eutychès, celui-ci décapité, celui-là asphyxié.

Flavia Domitilla fut martyrisée vers 96 ; Maro put recevoir la palme quelques années après ; on n’en sait pas davantage.

Saint Maro est commémoré le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Crescens de Myre

† 2e siècle

 

Myre (act. Demre, Turquie SW) était une importante ville de Lycie, dont la célébrité grandit davantage encore durant et après la vie de l’évêque saint Nicolas (v. 6 décembre).

C’est dans cette ville qu’eut lieu le martyre de saint Crescens.

Chrétien, il était déjà assez avancé en âge, et voulut contribuer à extirper le paganisme de ses concitoyens, s’efforçant de les persuader d’abandonner leurs habitudes païennes.

Arrêté et interrogé, il confessa sa foi courageusement. On lui fit subir divers genres de tortures, et finalement il mourut brûlé vif.

On en ignore totalement la période, mais ce martyre pourrait avoir eu lieu au moment de la prédication post-apostolique, au deuxième siècle.

Saint Crescens de Myre est commémoré le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodoros et Pausilypos de Thrace

† 130

 

De ce Martyr Theodoros, on ne connaît rien.

De Pausilypos, on dit qu’il fut dénoncé comme chrétien et soumis à divers supplices, en Thrace (Grèce NE).

Au dernier moment, ses liens se desserrèrent et il put s’échapper sans être vu. Peu après, il succomba aux blessures que lui avaient causées les tortures.

Si ce martyre remonte à l’empereur Hadrien, on ne peut que le situer approximativement entre 117 et 138.

Saints Theodoros et Pausilypos de Thrace sont commémorés ensemble le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Paterne d’Avranches

† 511

 

Rien n’est impossible à Dieu (Lc 1:37). Qu’on s’imprègne de cette phrase de l’Ange, pour pénétrer dans l’histoire extra-ordinaire de Paterne.

Il naquit en Bretagne Armorique de Petranus et Guéana, des parents nobles et vertueux qui, après cette naissance, décidèrent de vivre dans la continence et de se consacrer à Dieu.

Petranus décida ensuite d’émigrer en Irlande, dans la pénitence. Plus tard, son fils voulut le rejoindre et, après avoir traversé le Pays de Galles, embrassa la vie monastique en Cardigan.

De fil en aiguille, Paterne devint le supérieur des moines de la région, et fit construire des monastères et des églises. On lui doit en particulier Llanbadarn Fawr ou «Grande église de Patern».

Il rendit visite à son père en Irlande, et profita de son passage pour réconcilier deux rois locaux.

Ensuite, il partit pour les Lieux saints, où le patriarche de Jérusalem le consacra évêque. Ainsi, le monastère de Llanbadarn Fawr devint le diocèse du nouvel évêque. Paterne pouvait avoir à ce moment-là soixante-dix ans.

Vingt ans plus tard, lorsque le roi Caradoc se fut installé en Armorique et que les habitants de Vannes se furent soumis à lui, Paterne fut désigné pour devenir leur propre évêque. Il fut donc rappelé dans sa patrie et installé dans la ville.

Paterne fonda bientôt un monastère près de Vannes ; il se lia d’amitié avec s.Samson de Dol (v. 28 juillet).

Sa douce patience vint à bout d’intrigues que lui suscitèrent de mauvaises langues. Mais pour la paix, il préféra se retirer et mourut ainsi hors de son diocèse, à une date imprécise qui pourrait aller de 490 à 511.

Historiquement parlant, on peut difficilement préciser les dates de notre personnage ; humainement parlant, on peut encore moins facilement admettre certaines incohérences : comment Petranus, nouveau Bouddha, a pu abandonner la jeune mère et son petit enfant ? comment le Patriarche de Jérusalem a pu consacrer évêque un homme qu’il ne connaissait pas et qui n’était probablement pas même encore prêtre ? et comment se fait-il que le pape n’ait pas même été informé de ces événements ?

Il faut vraiment admettre que rien n’est impossible à Dieu. Paterne reçut-il directement sa mission d’En-haut, par quelque révélation ? 

Saint Paterne de Vannes est commémoré le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Abundius de Rome

† 564

 

La première basilique Saint-Pierre de Rome avait un fidèle portier-sacristain - ou mansionnaire - nommé Abundius.

Il accomplissait les charges de sa fonction avec zèle et humilité, discrètement, sans ostentation, simplement pour que tout fût bien en ordre dans la maison de Dieu.

Abundius reçut une apparition de saint Pierre lui-même, qui lui annonçait la prochaine arrivée d’une jeune paralytique - jusqu’à présent, rien de très spécial -, à charge pour lui, Abundius, de la guérir ! On imagine l’étonnement de l’intéressé. La jeune fille se présenta en effet, et Abundius, par obéissance au Prince des Apôtres, la guérit.

On dut en parler, et le pape s.Grégoire le Grand (v. 12 mars) en fit le récit dans son livre des Dialogues. Abundius mourut, toujours d’après les indication du même pape, le 15 avril 564.

Saint Abundius de Rome est commémoré le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ortaire de Landelles

482-580 

 

Ortaire naquit en 482 à Desertum (auj. Le Dézert, Manche) dans une famille gallo-romaine chrétienne.

Dès l’enfance il s’adonna à la pénitence, aux mortifications, et à douze ans alla demander son admission à l’abbaye qui se trouvait près de l’actuel Beaumesnil.

Ses mortifications étaient étonnantes : il jeûnait longuement, ne mangeait que du pain d’orge, se désaltérait à une petite source (qui existe encore), portait cilice et simple bure.

Bien vite, ses hautes vertus le désignèrent pour fonder un autre monastère dans la forêt d’Andaine, qui devint l’ermitage du Bézier à Saint-Michel-des-Andaines. Il y aurait eu la visite de sainte Radegonde (v. 13 août) vers 555.

Cette mission achevée, il revint à Beaumesnil comme simple moine, et y vécut en ermite dans une grotte proche du monastère.

A la mort de l’abbé de Landelles, il fut choisi pour lui succéder, mais il ne semble pas qu’il ait exercé cette fonction, car il se retira dans une grotte à cent miles du monastère.

Malgré son effort d’effacement, on recourut à sa prière ; il avait le don de guérison, qui se vérifia sur une personne malade du genou, sur une lépreuse, par voie de conséquence sur les malades de rhumatisme et même les paralytiques…

C’est à lui qu’on doit la chapelle de la Sainte-Vierge dans le monastère de Landelles.

Se sentant décliner, à quatre-vingt dix-huit ans, il appela près de lui ses disciples et, après une dernière exhortation, rendit son âme à Dieu, le 15 avril 580.

On peut encore voir l’église du prieuré Saint-Ortaire à St-Michel-des-Andaines.

Saint Ortaire de Landelles est commémoré le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Waltmann d’Anvers

† 1138

 

Il y a au musée de Strasbourg un tableau représentant le bienheureux Waltmann, abbé de Saint-Michel d’Anvers, à genoux sur les marches de l’autel et présenté par l’archange saint Michel, recevant la crosse et l’intronisation abbatiale de l’évêque saint Norbert, entouré par les abbés de Tongerloo, Middelbourg et Averbode.

Ajoutons seulement que Waltmann fut un des premiers disciples de saint Norbert (v. 6 juin) dans l’ordre de Prémontré.

Premier abbé de Saint-Michel d’Anvers, il se distingua par son savoir et sa piété et combattit efficacement l’hérésie de Tanchelm, un moine réformateur qui, partant d’un réel désir de réforme, glissa peu à peu vers la critique ouverte de l’Eglise ; ayant pris les armes contre le clergé d’Anvers, il fut finalement assassiné.

Waltmann mourut, croit-on, le 15 avril 1138, mais n’a pas fait l’objet d’une béatification.

César de Bus

1544-1607

 

Né à Cavaillon (Vaucluse) le 3 février 1544, de Jean-Baptiste de Bus, consul de la ville, et d’Anne de la Marche, César fut le septième de treize enfants.

Il étudia sur place avant d’aller chez les pères Jésuites en Avignon.

On parle aussi d’un séjour (ou d’un passage) à la cour de la reine Catherine de’ Medici, qu’il n’apprécia pas énormément. 

A dix-huit ans, il s’engagea dans l’armée du roi et prit part aux conflits contre les Huguenots.

C’est ainsi qu’il participa au «massacre de la Saint-Barthélemy» le 24 août 1572 ; il devait rejoindre l’armée pour le siège de La Rochelle en 1573, mais une sérieuse maladie l’en empêcha. 

Il vécut à Paris pendant trois ans, s’adonnant à la poésie et à la peinture, et menant une vie quelque peu dissipée où il sembla avoir oublié ce qu’il avait reçu de ses parents dans son enfance.

Quand Henri IV entra dans Paris, il retourna à Cavaillon. 

En 1575, à la mort de son frère, chanoine de Salon, il choisit la voie ecclésiastique, mais plus pour la position sociale et les revenus qu’il en retirerait. Mais bientôt, la grâce le toucha un soir où, se rendant à un bal masqué, il aperçut une effigie de la Madonne devant laquelle brûlait une veilleuse. Il se souvint qu’une amie priait pour lui ; il réalisa en un instant qu’il ne pouvait pas attendre sa dernière heure pour se convertir sérieusement. Sur place, il changea toute sa vie. Il semble qu’il ait aussi bénéficié là des conseils du sacristain. César désormais vint assister chaque matin à la Messe. 

Bientôt, l’évêque d’alors le nomma chanoine de la cathédrale (Saint-Véran) et l’ordonna prêtre en 1582. 

Il se passionna pour saint Carlo Borromeo (v. 4 novembre), dont il souhaita imiter le zèle pour la catéchèse, qu’il enseigna à Aix-en-Provence aux enfants, mais aussi aux adultes, qui en avaient bien besoin. Saint François de Sales l’apprécia beaucoup.

En 1592 César fonda la congrégation des Pères de la Doctrine Chrétienne, dont la mission devait s’exercer dans toute la région pour la catéchèse. Il fonda aussi les Filles de la doctrine chrétienne, plus tard appelées Ursulines de Provence. Les Pères de la Doctrine Chrétienne, appelés aussi Doctrinaires, furent approuvés par le pape en 1597. En France, ils furent supprimés au moment de la Révolution, mais une branche survécut et refleurit en Italie, en France et au Brésil.

César devint aveugle en 1594. C’est avec cette infirmité qu’il passa les treize dernières années de sa vie, avant de s’éteindre le jour de Pâques, 15 avril 1607, en Avignon.

Ses reliques sont à Rome, en l’église Santa Maria in Monticelli.

Quand il fut béatifié en 1975, des membres de sa famille assistaient à la cérémonie.

En 2020, a été signé le décret pontifical reconnaissant l’authenticité d’un miracle, ouvrant ainsi la voie à la canonisation.

 

 

Jozef de Veuster

1840-1889

 

Jozef (Jef) de Veuster est né le 3 janvier 1840 à Ninde (Tremelo), dans le Brabant flamand en Belgique, il est l’avant-dernier des quatre fils et quatre filles de Frans de Veuster, un marchand de maïs, et d'Anna-Katrien Wouters. Lorsque la ferme et le commerce de grains rapportent moins, Frans gagne l'Autriche avec un des frères aînés de Jef. Ils y récoltent des sangsues qu'ils vendent ensuite en Belgique. À cette époque, les sangsues étaient encore couramment utilisées dans les hôpitaux pour effectuer les saignées.

Deux des sœurs de Jef entrent au couvent. Son frère Auguste se destine également à une vie dans les ordres religieux. Il n'est dès lors pas étonnant que Frans, le père, place tous ses espoirs en Jef pour qu'il reprenne un jour l'affaire familiale.

Jef se révèle un garçon plein de santé. Il n'a pas peur de mettre la main à la pâte. Il est courageux. Un jour, il sauve de l'étang un ami qui était tombé à travers la glace alors qu'ils patinaient ensemble. Son intrépidité risque aussi de lui jouer de mauvais tours. L'un de ses jeux favoris consiste en effet à sauter du haut d'un talus dans la benne d'une charrette qui passe à toute allure ; un jour, Jef saute trop tôt et se retrouve sous les roues du véhicule. Il en gardera des douleurs au dos et une blessure à l'œil.

Jef commence l'école à l'âge de six ans dans la ville de Werchter, et non à Tremelo. Maître Bols est un instituteur remarquable et exigeant. Le niveau en classe est très élevé et Maître Bols est sévère. Il ordonnera plus d'une fois à Jozef de porter le bonnet d'âne. Il arrive également assez souvent que Jef soit en retard à l'école à cause de ses jeux interminables sur le chemin de halage le long de la Dyle. Il lui est même parfois impossible de se rendre à l'école parce que la route est inondée.

Une des histoires que lui raconte sa mère le soir, est celle des frères Saint Côme et Saint Damien. Ces jumeaux médecins seront persécutés, torturés et finalement décapités en l'an 304. C’est en pensant à eux que plus tard Jef prendra le nom de Damien.

En 1847, Mélanie, la plus jeune soeur de Jef, meurt du choléra. C’est ensuite Eugénie, devenue entre-temps Soeur Alexis, qui décède en 1854. Pauline, la soeur de Jef, décide alors de prendre la place d’Eugénie au couvent. Son frère Auguste se découvre également une vocation religieuse. Il entrera au monastère pour rejoindre la Société des Sacrés Cœurs, aussi appelée « Congrégation de Picpus ». Auguste est, en fait, le frère que Jef admire depuis qu’il est tout petit. 

Après avoir suivi l'enseignement primaire en flamand dans une école de Werchter, un village voisin, Jef est envoyé en 1858 à Braine-le-Comte pour y améliorer son français et pouvoir ainsi reprendre plus tard la ferme familiale. C’est du moins ce qu’espère son père Frans, mais les études et le climat de l’internat ne réussissent vraiment pas à Jef. Pourtant sa vocation mûrit, il s’attache à son frère Auguste, devenu maintenant Pamphile.

Finalement, le 4 janvier 1859, quand il vient de fêter son dix-neuvième anniversaire, il arrive à Louvain pour demander son admission chez les Pères des Sacrés-Cœurs de Picpus, un ordre missionnaire chrétien. Il commence son noviciat en février 1859, et prend pour nom Damien. Il suit ainsi les pas d'Auguste, son frère aîné. C’est un gros sacrifice pour les parents, qui cependant acceptent courageusement l’épreuve.

Jef mise le tout pour le tout pour réaliser son rêve. Il travaille comme un damné aux tâches du monastère et dans ses études. Il impressionne ses supérieurs par son assiduité. Il étudie le latin et le français. Afin de récupérer son retard, il se lève tous les jours à 3 heures du matin et ne va se coucher que très tard le soir, accablé de fatigue. Il consacre chacun de ses temps libres à la prière.

À la fin de son noviciat à Louvain, Damien est envoyé à Paris (au couvent de la rue de Picpus). Il y prononce ses vœux le 7 octobre 1860. Il fait "du latin et du grec du matin au soir" écrit-il à ses parents.

En septembre 1861, il est de retour à Louvain pour les études de philosophie et théologie qui le préparent plus immédiatement au sacerdoce. Elles sont brusquement interrompues...

En octobre 1863, un groupe de missionnaires est prêt à partir pour les îles du Pacifique. Auguste (en religion père Pamphile, qui vient d'être ordonné prêtre) devrait en faire partie. Mais il tombe gravement malade, sans doute du typhus. Damien se porte immédiatement volontaire pour le remplacer. Son offre est acceptée. Après un dernier pèlerinage — en famille — à Notre-Dame de Montaigu, il part pour Brême et Paris. Il embarque le 29 octobre 1863 sur le trois-mâts R.W. Wood avec 5 confrères et 10 sœurs. 

Le 19 mars 1864, à 24 ans, il débarque à Honolulu. Ce qui le frappe d'abord c'est l'accueil chaleureux des habitants et leur ferveur. Très vite, l’évêque le prend en considération et veut l’ordonner : quelques jours après la Pentecôte, le 21 mai de la même année, Damien est ordonné prêtre dans la cathédrale d'Honolulu avec deux autres séminaristes. Désormais il signe ses lettres du seul titre qui lui tient à cœur : prêtre-missionnaire.

Comme première mission le jeune prêtre est envoyé dans le district de Puna, au sud-est de l'ile d'Hawaï, littéralement au pied du volcan Kilauea. Il est presque toujours en route, visitant les communautés chrétiennes, baptisant et construisant des chapelles. Il partage la vie des habitants, apprend leur langue, mais fait peu de conversions, car les habitants sont attachés à leur déesse Pélé, déesse du volcan.

Pour aider un confrère surchargé il demande et obtient en 1866 son transfert dans les districts de Kahola et Hamakua, où il reprend pendant neuf années ses tournées pastorales. Mais il s'y retrouvera seul prêtre et il lui coûte beaucoup de n'avoir personne à qui se confesser. Le catéchisme, quatre écoles catholiques à superviser et surtout la construction de chapelles l'occupent. Pour les chapelles il obtient l'aide d'un frère religieux. C’est là qu’on lui donne le surnom de «prêtre-menuisier». 

Le Père Damien vit la hantise des âmes qui se perdent faute de baptême. La compétition avec les protestants, avec lesquels les conflits sont fréquents, fait partie de l'effort missionnaire. Kawaihae, Waiapuka, Waipio (1867) Kapulena (1868), Halawa (1870) sont quelques-unes de ces chapelles construites ou réparées. Les fidèles doivent participer au projet de «leur» chapelle, financièrement ou autrement.

Pour freiner la propagation de la lèpre, le gouvernement avait décidé, en 1865, de créer un léproserie à Molokai, une île voisine, et d'y déporter tous ceux qui étaient atteints de ce mal alors incurable. Leur sort préoccupe les autorités religieuses.

Le 4 mai 1873 l'évêque lance un appel aux missionnaires. Il cherche des volontaires pour se rendre à tour de rôle apporter un secours spirituel aux lépreux de l'ile de Molokai. Damien se trouve parmi les quatre volontaires choisis. Le 10 mai, le père Damien et un autre confrère débarquent à Molokai, sa “patrie” définitive. 

Les malades qui arrivent par navires entiers à Molokai demandaient à grands cris d’avoir un prêtre avec eux. Pendant sept ans bien des malheureux sont morts sans recevoir soit le baptême, soit le sacrement des malades. Damien est accueilli par ces êtres vivants en putréfaction, dont l’odeur est tellement nauséabonde qu’il ne pourra s’empêcher de la masquer un peu qu’en fumant la pipe.

Dans cet enfer, Damien devient le pasteur des huit-cents lépreux, ainsi que leur médecin. Les progrès de la maladie sont rapides et effrayants, la mortalité élevée. “Kamiano” partage leur vie et est amené à prendre en mains les problèmes matériels de ses fidèles. Peu à peu, il construit une vraie communauté, organisant la vie sociale, éducative et religieuse de ses lépreux. avec une église, des chemins, un hôpital, une école, un orphelinat. Il s'identifie à eux : «Nous autres lépreux», écrit-il dans ses lettres. Il considère les enfants comme les siens, et les laisse jouer avec sa pipe…

Son amour évangélique pour les lépreux force l'admiration, y compris celle d'un médecin agnostique, Arthur Mouritz qui visite régulièrement l'île entre 1883 et 1888. Il lui rendra un vibrant témoignage. Les protestants également sont admiratifs même si le Père Damien n'est pas tendre pour eux : “Les hérétiques sont toujours en embuscade pour surprendre mes pauvres chrétiens”. Son catholicisme intransigeant ne l'empêche pas de voir le bien que font certains protestants, comme ce luthérien allemand, représentant du gouvernement dans la léproserie de Molokai. Sa réaction est typique : «Il n'a plus qu'un petit pas à faire pour être tout à fait catholique».

En octobre 1881, Damien reçoit la plus haute décoration hawaïenne. Dans la lettre qui accompagne la décoration de Chevalier-Commandeur de l'Ordre royal de Kalakaua, la princesse Liliuokalani, alors régente du Royaume de Hawaï, lui exprime en termes très chaleureux sa profonde admiration. À en juger par la mention qu'il en fait dans ses lettres, Damien est touché par cette reconnaissance publique de son œuvre.

En décembre 1884, le docteur Arning informe le père Damien : il est atteint par la lèpre. Le diagnostic est confirmé en janvier 1885. Il en parle à son ami Charles Stoddard : «Je suis réputé moi-même attaqué de la terrible maladie. Les microbes de la lèpre se sont finalement nichés dans ma jambe gauche et dans mon oreille. Ma paupière commence à tomber».

Au début de 1886 la nouvelle fait rapidement le tour du monde. Des volontaires arrivent à Molokai : l'abbé Conrardy en mai 1888 et trois religieuses franciscaines en novembre. Damien n'accepte pas facilement ce qui lui arrive. Il était tellement convaincu d'être protégé par la Vierge Marie pour qui il a une dévotion sans bornes ! Dans sa correspondance il évite d'abord le mot lèpre. Après quelques mois, il se résigne et fait face avec courage. Dans une lettre à son provincial : «Il n'y a plus de doute pour moi : je suis lépreux». Homme de foi, il ajoute «Que le Bon Dieu soit béni !»

A l'épreuve physique s'ajoute une épreuve morale. Son compagnon lui est retiré. Damien est de nouveau seul prêtre à Molokai. Plus grave encore - la lèpre étant souvent associée à la syphilis à l'époque - il est soupçonné d'avoir rompu son vœu de chasteté. Il accepte de se soumettre à un examen médical (par le docteur Arning) qui se révèle négatif. Finalement, son supérieur restreint drastiquement ses visites et contacts à Honolulu. Damien est un homme très seul, soutenu cependant par l'amour de ses lépreux. Il l'écrit lui-même dans ses lettres : plus que la lèpre ce sont les soupçons et incompréhensions de ses supérieurs qui le font souffrir.

Damien continue cependant ses activités pastorales comme de développement des deux villages sous sa responsabilité, Kalawao et Kalaupapa : canalisations d'eau, agrandissement de l'hôpital, route entre les deux villages, reconstruction de l'église. Médicalement il s'observe et s'analyse, communiquant ses idées sur la propagation de la lèpre. 

Avec quatre collaborateurs, il continue ainsi d'assumer sa mission même s’il ne peut déjà plus célébrer la messe depuis plusieurs mois. Le 12 février 1889 il écrit une dernière lettre à son frère, le Père Pamphile : «Je suis toujours heureux et content, et quoique bien malade, je ne désire que l'accomplissement de la sainte volonté du bon Dieu…» Il se confesse une dernière fois le 30 mars et meurt le 15 avril 1889, à Kalaupapa sur l’île de Molokai (Hawaï) à l'âge de 49 ans.

Lui qui avait fabriqué presque quatre mille cercueils pour ses lépreux, il sera maintenant enseveli dans un cercueil fabriqué par eux et porté par six d’entre eux, escorté par la fanfare des lépreux qu’il avait mise sur pied, et inhumé à l’ombre du pandanus sous lequel il avait passé sa première nuit, dix-sept ans plus tôt. 

Son corps sera cependant rapatrié en Belgique par le Mercator en 1936, et terminera son long périple à Louvain, où il est inhumé dans la crypte de l'église Saint-Antoine.

En 1945, le Mahatma Gandhi rend hommage à l'héroïsme du Père Damien : «Le monde politique et journalistique ne connait pas de héros dont il peut se glorifier et qui soit comparable au père Damien de Molokai».

Lorsque Hawaï accède à la fédération des États-Unis, ce sont les statues du roi Kamehameha († 1959) et du Père Damien que ce nouvel état choisit de placer au Capitole de Washington comme «personnes ayant joué un rôle important dans son histoire».

En 1989, la Belgique organise l'année Damien. La ville de Tremelo a fait une fête en l'honneur de Damien. 

Le 4 juin 1995, il est béatifié par le Pape Jean-Paul II. Après cette cérémonie une relique (main droite) du père Damien a été transférée à Molokaï et y a été enterrée le 22 juillet 1995 à Kalawao.

Benoît XVI l'a canonisé le 11 octobre 2009. Barack Obama affirme le jour même son "admiration" pour la vie du père Damien de Molokai.

Il est de coutume de fêter un bienheureux ou un saint le jour de sa mort, ou Dies Natalis, anniversaire de sa naissance au ciel. Pour saint Damien de Molokaï, mort un 15 avril, il en va autrement. Tandis que le Martyrologe mentionne régulièrement Jozef de Veuster ou Père Damien au 15 avril, pour mettre en relief la figure de Damien et pour éviter que sa fête liturgique ne tombe lors des fêtes de Pâques, Jean-Paul II a choisi la date du 10 mai, jour qui correspond à l'arrivée du Père Damien à la léproserie de Molokaï en 1873.

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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 23:00

14 AVRIL

 

II.

S Maxime, avec ss. Valérien et Tiburce, préfet romain converti par ces derniers (avec qui se trouvait ste Cécile, cf. 22 novembre) et martyrisé avec eux.

S Fronton, abbé près d’Alexandrie, un des premiers cénobites. 

III.

Stes Prosdoki et Berniki avec leur mère Domnini, martyres : se sachant vouées au martyre, elles se jetèrent elles-même à l’eau pour échapper aux mauvais désirs des soldats. 

S Procule, évêque (?) à Terni et martyr.

Ste Domnine, vierge et martyre à Terni.

S Ardalion, acteur converti sur scène, martyr.

V.

Ste Thomaïs, martyre en Alexandrie pour avoir refusé les avances de son beau-père.

S Assicus, disciple de s. Patrice et premier évêque à Elphin.

VII.

S Lambert, évêque à Lyon ; il avait fui la cour de Clotaire III pour l’abbaye de Fontenelle, où il succéda à l’abbé s. Wandrille.

XI.

S Giovanni, premier évêque à Montemarano en Campanie.

XII.

S Bernard d'Abbeville, abbé bénédictin à Poitiers, puis à Tiron.

S Bénezet, berger ; après une vision céleste, il commença à treize ans la construction du pont d’Avignon.

XIII.

B Pedro González “Telmus”, dominicain espagnol après un début de vie ecclésiastique très mondain ; il est invoqué par les marins dans les tempêtes et contre les tremblements de terre.

Bse Hedwige (Havoie), abbesse prémontrée à Mehren, où elle succéda à sa mère.

XIV.

Ss Jean Milhey, Antoine Kukley et Eustache Nizilon, chambellans du duc de Lituanie, martyrs à Vilnius, dont ils sont les patrons. 

XV.

Ste Lydwine, mystique à Schiedam.

XX.

Bse Isabel Calduch Rovira (1882-1937), clarisse espagnole, martyre près de Castellón, béatifiée en 2001.

Fronton d’Egypte

† 174

 

Fronton serait un des tout premiers anachorètes d’Egypte qui se retira dans le désert aux environs d’Alexandrie.

Quelques amis le suivirent. Et comme il advient dans toute fondation, le diable s’en mêla : certains murmurèrent contre la difficulté de la règle proposée par Fronton.

Celui-ci leur rappela que s.Paul avait lui-même enduré la faim et la soif (cf. 2Co 11:27 ), et leur fit remarquer que, depuis qu’ils vivaient dans ce désert, ils n’avaient jamais manqué ni d’herbes ni de racines pour se nourrir convenablement.

Les murmures cessèrent devant les arguments et le raisonnement de Fronton, mais pas complètement. Dieu fit alors savoir par un ange à un riche seigneur, qu’il eût à envoyer de la nourriture à des anachorètes, sans lui spécifier où ils se trouvaient. Le seigneur fit charger soixante-dix chameaux, qu’il laissa partir sans guide : les animaux se dirigèrent d’eux-mêmes vers l’endroit.

Fronton remercia la Providence, reprocha encore une fois aux récalcitrants leurs murmures, fit décharger les vivres, mais en renvoya la moitié au seigneur, qui par la suite, n’oublia jamais ses protégés.

Fronton serait mort vers 174.

Saint Fronton d’Egypte est commémoré le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Valerianus, Tiburtius, Maximus

† 177

 

Valerianus passe pour avoir été l’époux très chaste de sainte Cécile, qu’on vénère le 22 novembre.

Cécile lui demanda l’absolue continence par respect pour son ange qu’elle voyait constamment près d’elle. Valerianus se convertit, accepta le baptême et put lui aussi voir cet ange.

Il convertit à son tour son frère, Tiburtius.

Tous deux, affrontant les dispositions légales, s’efforçaient de donner une digne sépulture aux Martyrs.

Dénoncés, ils furent condamnés à mort et décapités.

En chemin vers le lieu de leur martyre, ils convertirent le juge, Maximus, qui fut décapité avec eux.

Ce martyre eut lieu un 14 avril, probablement vers 177-180, peut-être même plus tard au troisième siècle, selon certains : dans ce cas, nos martyrs ne devraient pas avoir rapport avec sainte Cécile. 

 

 

Domnini, Berniki et Prosdoki d’Antioche

† 302

 

Domnini vivait à Antioche de Syrie avec ses deux filles Berniki et Prosdoki. C’était une femme de haute naissance, riche, croyante et vertueuse en tous points. Elle éduquait ses deux filles avec la souci de la mère chrétienne : les deux petites étaient des adolescentes, gracieuses et aussi vertueuses que leur mère.

Le père de famille fut peut-être arrêté par les soldats et leur livra la cachette des trois femmes. D’après s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre), celles-ci s’étaient réfugiées à Edesse, qui se trouve à plus de deux-cents kilomètres d’Antioche.

Quand elles furent découvertes et ramenées à Antioche, sachant ce qui pouvait leur arriver aux mains des soldats, Domnini persuada ses filles qu’il valait mieux se donner totalement à Dieu plutôt que de tomber en leurs mains, et toutes trois se dirigèrent vers le fleuve (Oronte, auj. Nahir-el-Asi). Elles retirèrent leurs chaussures - pour laisser aux soldats une preuve de leur arrestation -, arrangèrent leur vêtement et se précipitèrent d’elles-mêmes dans le fleuve.

Encore une fois, on doit se poser la question de la légitimité d’un tel geste. Le suicide est évident. Des panégyristes ont avancé que les Martyres avaient agi sous une inspiration spéciale de l’Esprit Saint, de la même façon qu’Abraham n’avait pas craint d’immoler son propre fils (mais un ange l’arrêta, ce qui ne s’est pas produit à Antioche…) ; s.Augustin cependant affirme que leur conduite, sans doute admirable, n’est pas imitable. 

Il est certain que les trois femmes, une fois arrêtées, imaginaient très bien ce qu’allait être leur sort ; elles préférèrent préserver leur chasteté. Honneur à leur vertu !

Elles moururent vers 302.

Saintes Domnini, Berniki et Prosdoki d’Antioche sont commémorées le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Thomais d’Alexandrie

458-476

 

Cette jeune femme de dix-huit ans était une chrétienne d’Alexandrie.

Elle fut mariée à un pêcheur.

En l’absence de ce dernier, le beau-père tenta de séduire la jeune femme, qui lui opposa une farouche fin de non-recevoir. Furieux, l’homme la frappa de son épée (l’ancien Martyrologe disait : la coupa en deux).

La colère de Dieu fit que l’assassin devint aveugle sur le champ. Des amis le retrouvèrent peu après : il leur raconta son crime et demanda à être conduit devant le gouverneur, qui le condamna à la décapitation.

Thomais fut très vite honorée dans tous les environs. Son corps, d’abord enterré dans un cimetière proche, fut transporté plus tard à Constantinople.

L’huile des lampes qu’on y allumait était recueillie soigneusement ; qui en prenait, bénéficiait d’une grâce contre les tentations de la chair.

Sainte Thomais d’Alexandrie est commémorée le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Assicus d’Elphin

† 490

 

S.Patrice d’Irlande (v. 17 mars) créa le diocèse de Corcoghlan (auj. Elphin) vers 435.

L’endroit s’appelait primitivement Emlagh-Ono, du nom du druide de l’endroit, Ono, qui donna le terrain nécessaire à la construction d’une église et d’un monastère. L’église s’appela Tempull Phadruig (église de Patrick).

Patrice y établit comme premier évêque Assicus, auquel il adjoignit le neveu de celui-ci, Bite, et sa mère Cipia. Assicus était peut-être lui-même un parent d’Ono.

Il y eut là aussi un monastère et une école.

Assicus est décrit comme l’orphèvre de s.Patrice, pour son habilité à fabriquer calices, patènes, et autres objets sacrés pour la liturgie. Il généra ainsi une très célèbre école d’art, dont on peut encore admirer des spécimens.

Sept ans avant sa mort, Assicus ressentit une honte profonde pour avoir commis un mensonge - certains disent : un mensonge le concernant, une dissimulation par modestie - et se retira loin, dans l’île de Rathlin O’Birne (Donegal) ; il y resta sept années, au bout desquelles les moines finirent par le retrouver ; ils le prièrent de revenir dans le monastère, mais Assicus mourut en route, vers 490.

Assicus fut enterré à Rath Cunga (auj. Racoon, Donegal), mais son tombeau n’a jamais été retrouvé.

Saint Assicus d’Elphin est commémoré le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lambertus de Lyon

† 688

 

Landebertus (Lantbertus) ou simplement Lambert naquit vers 625 à Quernes (act. Pas-de-Calais), d’un père qui, par ses entrées à la cour des rois mérovingiens, put l’y introduire à son tour.

Lambert conquit l’estime du roi et des grands, et Clotaire III lui destinait quelque haute fonction, mais le cœur du jeune homme s’était déjà donné à Dieu.

Combattant toutes les résistances des siens, il gagna l’abbaye de Fontenelle, où il succéda au fondateur Wandrille comme abbé (665).

Il fonda l’abbaye bénédictine de Donzère (675), sur une terre offerte par le roi Thierry III. De cette abbaye sortirent plusieurs personnages : Hermeland, Erembert (v. 25 mars et 14 mai)…

L’humilité de Lambert avait déjà bien souffert de son élection à l’abbatiat, mais ce n’était pas la fin de l’épreuve : on l’appela au siège épiscopal de Lyon en 678 pour être le trente-septième successeur de s.Pothin (v. 2 juin).

Ce furent dix années d’un fécond apostolat, dont on n’a pas retrouvé de compte-rendu, cette partie ayant été détruite (et les «sauvegardes» n’existant pas encore…).

Par quelques recoupements, on sait qu’il sacra Ansbert évêque de Rouen en 684 (v. 9 février).

Lambert mourut le 14 avril 688 et fut rapidement l’objet d’un culte.

Saint Lambert de Lyon est commémoré le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

Giovanni de Montemarano

† 1095

 

Le diocèse de Montemarano (Campanie, Italie S) fut érigé à la fin du 10e ou au début du 11e siècle. L’incendie de la cathédrale, vers 1500, détruisit les archives qui s’y trouvaient, de sorte qu’on a perdu des informations importantes concernant cette érection et la nomination de Giovanni comme évêque.

Giovanni fut un prêtre exemplaire, zélé, charitable envers les pauvres et ferme devant les exigences des grands. Aussi le choisit-on pour être évêque du nouveau diocèse, et il fut probablement le premier évêque de ce siège.

Le pape Grégoire VII (v. 25 mai) dut le convaincre d’accepter ce choix, et Giovanni fut consacré évêque à Benevento en 1084.

Un des rares faits que l’on connaisse de lui, montre bien sa détermination. Après une période de mauvaise récolte et d’incursions dévastatrices, les terres étaient devenues infertiles, aussi l’évêque, aidé de ses paysans, se mirent à défricher les bois des propriétés épiscopales, à détourner l’eau du fleuve Calore, qui irrigua les terres et permit la reprise des cultures.

Giovanni mourut le 14 avril 1095 et son culte fut reconnu en 1906.

Le petit diocèse de Montemarano a été réuni à celui de Nusco en 1818.

Saint Giovanni de Montemarano est commémoré le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bernard d’Abbeville

1046-1117

 

S’il naquit effectivement à Abbeville (Somme), Bernard se vit obligé de se déplacer continuellement pour trouver la vraie solitude que son cœur désirait.

Petit, son goût précoce pour la vie religieuse le fit appeler le petit moine. A vingt ans, ayant une connaissance approfondie des saintes Ecritures, il partit pour le Poitou, avec trois compagnons animés des mêmes sentiments que lui, et entra au monastère de Saint-Cyprien (Poitiers), qui dépendait de la Chaise-Dieu.

Dix ans plus tard, il fut envoyé à Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne), pour y opérer une réforme ; conscient qu’on voulait le faire abbé, Bernard s’enfuit dans la forêt de Craon (Mayenne), où vivaient déjà d’autres ermites célèbres : Vital de Savigny, Robert d’Arbrissel, Raoul de la Futaie (v. respectivement 7 janvier, 24 février, 16 août).

Là, Bernard prit le nom de Guillaume et s’exerça pendant trois ans au travail manuel auprès d’un ermite nommé Pierre, un tourneur sur bois.

Mais les moines de Saint-Savin le retrouvèrent, de sorte que notre Bernard s’enfuit à nouveau et s’installa pendant trois ans encore sur l’île de Chausey, non loin du Mont Saint-Michel (Manche). C’est alors qu’on le supplia de revenir à Craon, ce qui pouvait se faire puisque les moines de Saint-Savin avaient fini par élire un autre abbé. Bernard se fixa à Fontaine-Géhard (Châtillon-sur-Colmont), qui devint un centre érémitique très prospère et illustre. 

Ce fut cette fois-ci l’abbé de Saint-Cyprien qui le rappela, voulant en faire son prieur et son successeur. Bernard n’accepta qu’à contre-cœur, mais sut se montrer à la hauteur de sa mission abbatiale.

C’est comme abbé qu’il participa au concile de Poitiers (1100), où fut excommunié Philippe Ier à cause du scandale donné par son divorce.

Il y eut un conflit avec l’abbaye de Cluny, qui voulait «dominer» sur Saint-Cyprien ; Bernard en profita pour abandonner sa charge et revenir à Craon, d’où il ne sortit que pour prêcher la réforme des peuples et du clergé.

Les moines de Saint-Cyprien le rappelèrent cependant, pour les défendre contre Cluny ; Bernard dut faire le voyage à Rome, où il obtint l’indépendance de Saint-Cyprien.

De retour en France, il fit un nouveau séjour à Chausey, d’où il fut chassé par des pirates, et s’en revint près de Fougères (Ille-et-Vilaine). Il y réunit des disciples, mais s’apercevant qu’il gênait le développement de l’abbaye de son ami Vital, il trouva refuge sur les terres du comte Rotrou et édifia un nouveau monastère avec une chapelle dédiée à sainte Anne, bénie  en 1109 par l’évêque Yves de Chartres (v. 23 décembre).

Les tribulations n’étaient pas finies ; un nouveau conflit avec Cluny contraignit Bernard à déplacer son monastère, vers la source de la rivière de Tiron (1113).

Bernard, qui n’aspirait qu’à la solitude et à la contemplation, eut jusqu’à cinq cents moines autour de lui. Ceux-ci vivaient la règle de saint Benoît, mais dans une grande austérité ; ils portaient un habit gris à longs poils ; à leurs travaux on doit l’actuel étang de Thiron, de Saint-Anne.

Tiron eut des fondations en Allemagne, en Angleterre, en Ecosse.

Dieu favorisa Bernard du don des miracles, de la lecture des esprits. Ainsi il montra à un moine qu’il en connaissait les désirs tortueux et chercha paternellement à le ramener ; il éteignit un dangereux incendie venu de la forêt et qui menaçait les bâtiments, il guérit d’un signe de croix un enfant aveugle-né, il délivra d’un esprit malin deux religieux de la communauté, il remit sur pied un jeune novice qui avait été presque écrasé par un énorme chariot traîné par dix bœufs.

Vers la fin, une grave maladie compléta cette longue suite d’aventures qui avaient éreinté Bernard. Il mourut le 14 avril 1117.

Bernard d’Abbeville (ou de Tiron) fut canonisé en 1861, ce qui lui fait détenir le record du plus long procès de canonisation dans l’Eglise, mais nous savons que pour Dieu Mille ans sont comme un jour (Ps 89:4).

 

 

Bénezet

1165-1184

 

Qui sait si le Pont d’Avignon n’est pas dû à une intervention divine ?

On «raconte» - mais le mot légende signifie bien ce qu’il faut dire - que Bénezet (diminutif de Benoît), était un jeune pâtre du Vivarais (ou de la Savoie), né de pieux parents.

Son père étant mort assez tôt, sa mère lui avait confié la garde de quelques brebis.

Un jour d’éclipse de soleil, Bénezet entendit le Seigneur : Prends ta houlette et descends jusqu’en Avignon, la capitale du bord de l’eau : tu parleras aux habitants et tu leur diras qu’il faut construire un pont.

Bénezet se disposa à obéir. Un ange lui vint en aide avec un bâton et une besace, lui disant : Suis-moi sans crainte, je te conduirai jusqu’au lieu où tu dois construire un pont et te montrerai comment tu devras t’y prendre.

Parvenus au bord du Rhône, l’ange désigna une barque qui s’y trouvait et encouragea Bénezet : Ne crains rien ; le Saint-Esprit est en toi ; vois cette barque, elle servira à ton passage. Va à la ville d’Avignon ; montre-toi à l’évêque et à son peuple. L’ange disparut.

Il faut dire ici que la traversée du Rhône à cet endroit était particulièrement dangereuse et que, justement là, un pont se serait avéré fort utile.

Il est bon de remarquer que, dans cette «révélation», le premier mot est pour dissiper toute peur humaine. L’Evangile en donne plusieurs exemples, de la part du Christ.

Bénezet, donc, se présenta à l’évêque, puis au prévôt d’Avignon. Bien sûr, leur réaction fut le doute, mais quand Bénezet - il avait une quinzaine d’années - souleva devant tout le monde une énorme pierre que trente hommes n’auraient pu remuer, on changea d’avis.

La sainteté de Bénezet entraîna les Avignonais ; le pont apparut.

Bénezet cependant mourut avant son achèvement, en 1184, quand il n’avait que dix-neuf ans. Selon son désir, il fut enterré d’abord au centre du pont, dans une petite chapelle dédiée à saint Nicolas.

Le pont fut achevé en 1188.

De nombreux miracles se produisirent sur le tombeau de Bénezet. En 1669, le corps fut retrouvé sans corruption et confié aux Religieux célestins en 1674, puis, à la Révolution, transporté à l’église Saint-Didier. Des soldats prisonniers dans cette église se partagèrent les reliques et les emportèrent dans leurs familles ; on put les recueillir et les reporter à Saint-Didier.

Saint Bénezet est un des protecteurs d’Avignon, fêté le 14 avril. Si l’on n’en a pas retrouvé la bulle de canonisation, il est vénéré depuis très longtemps comme Bienheureux (1202) et comme Saint : Vox populi, vox Dei.

 

 

Hadwige de Cologne

12e siècle

 

Hadwige - certains traduisent en français Havoie - était la fille du comte Lothaire et de Hildegonde (v. 6 février).

Entraînée par l’exemple de sa sainte mère, qui avait fondé le couvent prémontré de Mehren, Hadwige y prit le voile, tandis que sa mère était nommée prieure.

Elle fit de grands progrès dans toutes les vertus, spécialement dans l’humilité.

Après la mort de Hildegonde, Hadwige lui succéda.

Elle mourut dans un âge avancé, on ignore en quelle année.

On lui donne le titre de bienheureuse et on l’honore le 14 avril.

Elle n’a pourtant jamais été solennellement béatifiée.

 

 

Pedro González

1190-1246

 

Il naquit à Astorga (Castille-León, Espagne NO), d’un père noble nommé Frómista, lui-même neveu de l’évêque de Palencia, ce qui valut à Pedro, dès l’enfance, d’avoir le titre de chanoine de la cathédrale de Palencia, et d’être promu doyen de ce chapitre avant même d’être prêtre.

L’enfant avait reçu une éducation fort soignée, surtout intellectuellement, dans un climat de plaisir et de luxe propre à ces familles trop mondaines. 

Au moment d’aller prendre possession de son siège de chanoine, il voulut traverser la ville sur un cheval richement équipé, le jour de Noël. La Providence fit alors que le cheval trébucha et jeta à terre notre chanoine dans une mare de boue, sous les huées de la foule.

L’humiliation fut salutaire : le chanoine mondain s’en alla méditer chez les Dominicains de Palencia, où la conversion profonde fit son travail dans l’âme de Pedro, qui ne désira désormais que réparer sa vie mondaine, ses mauvais exemples, et travailler au salut des âmes.

Il demanda l’habit de l’Ordre des Prêcheurs et commença le noviciat. Ce ne fut pas sans épreuves, car certains voulurent le rappeler dans le monde, lui reprochant d’avoir seulement cédé à une vexation momentanée et lui suggérant d’abandonner cette vie de pénitence et de mortifications.

Pedro persévéra. Il étudia désormais avec joie la théologie et l’Ecriture. Ordonné prêtre, il ramena beaucoup d’âmes dans le bon chemin. 

Le roi Ferdinando l’appela à la cour, et le garda près de lui pour bénéficier de ses sages conseils, dans sa reconquista contre les Maures, qui occupaient la Castille depuis six siècles.

Pedro conserva toutes ses habitudes de vie personnelle : prière, recueillement, humilité. S’il profita de sa place privilégiée, ce fut pour s’attaquer au mal où qu’il fût ; il parvint à réformer les mœurs corrompues des courtisans, des soldats, des libertins du monde.

Quand Cordoue fut reprise, il intervint en faveur des enfants et des femmes, toujours menacées par les troupes victorieuses ; puis il purifia les mosquées pour les utiliser comme églises et prêcha la Vérité aux Maures pour les arracher à la funeste doctrine islamique.

Cet apôtre ne pouvait se contenter de ces labeurs : il se tourna vers les populations locales de Galice et des Asturies, les paysans, les pêcheurs, instruisant, remettant la paix au milieu des disputes…

On a prétendu que Pedro fut aussi prieur d’un monastère dominicain à Guimarães (Portugal). Et comme si cela ne suffisait pas, on lui a aussi attribué la construction d’un pont sur le Minho entre Ribadavia et Orense ; il est à remarquer que le même jour que Pedro González, on fête saint Bénezet, qui fut à l’origine du pont d’Avignon ; d’aucuns prétendent d’ailleurs que ce pont sur le Minho fut l’œuvre de Gonzalvo d’Amaranthe (v. 10 janvier).

Pedro aurait été avisé divinement du jour de sa mort et l’aurait annoncé lui-même à ses auditeurs, le jour des Rameaux 1246. Il se trouvait alors près de Túy, et voulut aller mourir parmi les Dominicains de Compostelle. En cours de route, il dit cependant à son compagnon que Dieu lui ordonnait d’aller mourir à Túy et fit demi-tour, toujours à pied.

Il mourut donc à Túy, le 14 avril 1246.

Il avait fait des miracles avant sa mort, il en fit encore plus après. Pedro fut béatifié dès 1254 et faillit être canonisé «officiellement». Le culte fut confirmé en 1741, et Pedro resta Bienheureux.

Mais sa popularité l’a fait invoquer par les marins espagnols et portugais, de même que tous les marins invoquaient traditionnellement saint Erasme (v. 2 juin). Chez les pêcheurs et les marins de la péninsule ibérique, saint Erasme s’appelle sant’Erasmo, qui est devenu populairement sant’Elmo ou san Telmo, surnom qui fut aussi attribué à notre Pedro González.

 

 

Milhey, Kukley, Nizilon

† 1342

 

Milhey et Kukley étaient deux frères Lituaniens. Avec leur ami Nizilon, ils proposèrent leurs services au grand duc, Olgerd, qui en fit volontiers ses chambellans, en raison de leur intelligence et de leur candeur.

Ils furent évangélisés par un missionnaire, un certain Nestor, qui leur donna au baptême, respectivement, les noms de Jean, Antoine et Eustache.

Tout se passa bien, tant que les trois amis pratiquaient leur religion discrètement. Un jour cependant, ils refusèrent de manger la viande qu’on leur servait un vendredi ou une veille de fête où l’on observait l’abstinence, ce qui irrita profondément le duc.

Ils furent mis en prison, maltraités et condamnés à mort.

On les pendit sur la place centrale de Vilnius, à la branche d’un chêne qui servait là de potence.

Ils moururent à des jours différents, Milhey-Jean le 24 avril, Kukley-Antoine le 14 juin, Nizilon-Eustache le 13 décembre, de l’année 1342.

Les moines de Saint-Basile ensevelirent leurs corps dans leur église et le patriarche les fit honorer comme Saints.

Une fête commune les honore comme patrons de Vilnius le 14 avril.

L’actuel Martyrologe ne les mentionne pas.

Liduina (Lydwine)

1380-1433

 

    Issus d’ancêtres nobles, mais tombés dans la pauvreté, les parents de Lydwine n’avaient pas pour cela hésité à élever neuf enfants, huit garçons et une fille. Celle-ci, venue au monde la cinquième, le 18 mars 1380, était une enfant gracieuse et forte, d’une avenante beauté.

Née à Schiedam (Hollande) le jour des Rameaux, elle reçu un nom prédestiné : "Lid" et "Wyt", signifient souffrir amplement ou avec patience

On devrait probablement écrire Liduina, mais l’orthographe ancienne a pu varier selon les idiomes, les accents, les habitudes, de sorte qu’on trouve fréquemment en français Lidwine ou Lydwine. Le Martyrologe Romain a transcrit Liduina.

Sa mère s'appelait Pétronille. Son père, Pierre, était veilleur de nuit de la ville. Il était le fils de Joannes, un homme très pieux qui priait nuit et jour, dérangé par le démon qui l'assaillait dans sa maison, brisant la vaisselle et brisant à terre les pots de beurre.

Quand, à quinze ans, les charmes et les qualités de Lidwine lui attirèrent de nombreuses demandes de mariage, elle dit à ses parents : Je demanderais plutôt à Dieu de me rendre laide pour repousser les regards des hommes. Dieu la prit au mot.

À la suite d’une chute où elle eut une côte brisée, on la transporta sur son lit ; elle ne le quitta plus jusqu’à sa mort. Malgré tous les soins prodigués, le mal ne fit qu’empirer. Un abcès se forma qui ne lui permettait plus de rester ni couchée, ni assise, ni levée ; perdant l’usage de ses jambes, elle se traînait sur les genoux, sur les coudes, se cramponnant aux meubles.

Ses pleurs, ses cris, ses gémissements effrayaient et éloignaient tout le monde, sauf ses admirables parents, qui ne cessèrent de la soigner avec amour. Peu à peu il lui devint même impossible de ramper ainsi. Trois plaies profondes s’ouvrirent dans son pauvre corps, dont l’une se remplit de vers, qui y grouillaient en telle quantité qu’on en retirait jusqu’à deux cents en vingt-quatre heures. Comme on soulageait les ulcères, une tumeur lui vint à l’épaule, à laquelle s’ajouta bientôt le mal des ardents qui dévora ses chairs jusqu’aux os.

À cette nomenclature incomplète de ses maux, il faut ajouter la torture des remèdes inventés par l’ignorante bonne volonté des médecins, qui ne réussirent guère qu’à remplacer une maladie par une autre.

Ainsi Lydwine était couchée sur le dos, impuissante à se remuer, n’ayant que l’usage de la tête et du bras gauche, torturée sans cesse, perdant son sang, dévorée des vers, et pourtant vivant et gardant assez de forces pour ne pas mourir. Et au milieu de tout cela elle était heureuse, et se disait prête à souffrir ainsi pendant de longues années.

Lydwine souffrait intimement des plaies de l’Eglise d’alors, douloureusement divisée par le Schisme d’Occident, entre les deux papes concurrents, l’un à Rome, l’autre en Avignon : Lydwine était elle-même divisée en deux et il fallait comme “attacher” avec des bandelettes les parties de son corps qui se détachaient. Les vers qui grouillaient dans ses plaies étaient sa pénitence pour les nombreux “vers” qui minaient l’Eglise de l’intérieur, tant la corruption était grande (simonie, richesses, fraudes, absentéisme…).

À partir de 1414, jusqu’à sa mort, c’est à dire pendant dix-neuf ans, elle ne se nourrit que de la Sainte Eucharistie. Jusqu’à la fin, ses maux s’aggravèrent ; mais ses plaies, ses vomissements n’exhalaient plus que des odeurs suaves et parfumées. Aussi on venait plus volontiers la voir, entretenir et écouter ses pieuses exhortations. Rien de plus ardent que sa charité, toujours au service des malheureux, qu’elle secourait malgré son indigente pauvreté, et des affligés qui trouvaient auprès d’elle consolation.

Ce fut le mardi de Pâques, 14 avril 1433 que Lydwine acheva la montée d’un Calvaire qui avait duré trente-sept ans. Aussitôt son pauvre corps exténué, défiguré, reprit ses couleurs, son embonpoint et sa beauté ; il exhalait un parfum plus suave que jamais.

Elle a été canonisée en 1890.

Les reliques de Sainte Lydwine sont conservées au Carmel Saints-Joseph-et-Anne, rue de Lausanne 22 - 1060 Bruxelles. 

Le relevé des reliques à la Cathédrale n'est pas terminé mais les reliques de Sainte Lydwine se trouvent principalement au Carmel. 

Etant difficile, en temps de Carême ou de Pâques, de fêter dignement sainte Lydwine, on la fête localement le 14 juin, tandis que le Martyrologe Romain la commémore régulièrement au 14 avril.

Certaines souffrances de Lydwine ont pu être apparentées à des symptômes de sclérose en plaques, ce qui a fait de Lydwine la patronne des maladies rares.

 

 

Isabel Calduch Rovira

1882-1937

 

Née à Alcala de Chivert (Castellon de Plana, Espagne) le 9 mai 1882, Isabel était la benjamine des cinq enfants de Francisco Calduch et Amparo Rovira Marti.

Son enfance et sa jeunesse baignèrent dans une atmosphère de foi profonde. Avec une amie, elle alla assister une pauvre vieille femme en lui portant de la nourriture et en lui faisant son ménage.

Un jeune homme très honnête la demanda en mariage, mais avec le consentement de ses parents, elle préféra rompre toute relation pour une vie de plus grande perfection.

Elle entra chez les Clarisses de Castellon de la Plana en 1900, fit les premiers vœux en 1901 et les définitifs en 1904.

Elle se montra exemplaire en tout, dans son comportement, dans ses rapports avec les autres Religieuses, dans sa piété. Elle vénérait particulièrement saint Jean-Baptiste.

Elle fut élue maîtresse des novices par deux fois, mais n’acheva pas son dernier mandat, à cause des événements.

Au déclenchement de la révolution, elle rejoignit son frère prêtre, Mosen Manuel, à Alcala de Chivert. 

Elle fut arrêtée le 13 avril 1937, avec un autre Franciscain, Manuel Geli. Portés tous deux au Comité local, ils furent martyrisés le 14 avril à Cuevas de Vinroa (Castellon).

Elle a été béatifiée en 2001.

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12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 23:00

13 AVRIL

 

II.

Ss Carpe (évêque à Thyatire), Papyle (diacre) et sa sœur Agathonique (sainte femme), martyrs à Pergame.

IV.

Ss Eleuthère, Théodose et Zoïle, martyrs en Perse.

S Ursus, évêque à Ravenne ; il fit construire à ses frais la nouvelle cathédrale, qu'il consacra le jour de Pâques et mourut lui-même le jour de Pâques, dix ans plus tard. 

V.

S Romain, évêque à Metz, du temps où Clovis s’empara de la ville.

VI.

S Mars, solitaire en Auvergne ; retiré là où il y eut plus tard la ville de Clermont, il fonda un monastère qui subsista jusqu’au XVIIIe siècle ; il eut le don des miracles. 

S Hermenegildo, fils du roi arien d’Espagne, qui le fit mourir pour sa foi catholique ; il est patron de Séville.

VII.

S Martinus Ier, pape (649-655) : ayant condamné l'hérésie monothélite, il fut exilé en Crimée où il mourut de ses souffrances ; il est le dernier des papes martyrs. 

IX.

S Guinoc, évêque en Ecosse.

XI.

Bse Ide de Boulogne, du sang de Charlemagne, épouse du Comte de Boulogne Eustache II, descendant de Charles le Chauve ; ses trois fils furent : Eustache III, comte de Boulogne, Godefroi de Bouillon et Baudoin, tous deux rois de Jérusalem après la croisade.

XII.

S Caradoc, gallois, harpiste du roi, moine puis ermite dans l’île de Barry.

XIII.

Bse Ide de Louvain, mystique stigmatisée.

B Giacomo, camaldule près de Florence ; son père et son frère se firent convers grâce à son exemple ; il fut abbé, mais abdiqua assez vite.

B Albertino, prieur général camaldule à Fonte Avellana.

XIV.

Bse Margherita de Città-del-Castello, aveugle de naissance, abandonnée, enfin tertiaire dominicaine, mystique.

XVI.

Bx Francis Dickenson et Miles Gerard, prêtres anglais martyrs.

XVII.

Bx John Lockwood et Edward Catheric, prêtres anglais martyrs ; John avait quatre-vingt sept ans. 

XIX.

B Serafino Morazzone, prêtre de Milan, béatifié en 2011.

B Jean-Bernard (Scubilion) Rousseau, lasaliien, mort sur l’île de la Réunion, béatifié en 1989.

XX.

S Sabás Reyes Salazar (1883-1927), prêtre mexicain martyr ; dans son apostolat auprès des jeunes, il se servait beaucoup de la musique ; il fonda les Sœurs Clarisses du Sacré-Cœur et fut martyrisé un Mercredi Saint, après avoir été torturé pendant trois jours, et brûlé ; béatifié en 1992, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

B Stanisaw Kostka Starowieyski (1895-1941), père de famille polonais, martyr à Dachau, béatifié en 1999.

Carpos, Papylos et Agathoniki de Pergame

† 161

 

Carpos était évêque à Thyatire (Asie Mineure, auj. Akhisar, Turquie CW) ; Papylos était diacre, Agathoniki, l'épouse de ce dernier.

On rappellera que Thyatire est l’une des cités auxquelle l’apôtre Jean s’adresse dans l’Apocalypse (Ap 2:18sq) ; il en félicite et encourage les fidèles dans leur foi, les mettant cependant en garde contre Jézabel, cette fausse prophétesse qui appelle ses serviteurs à se prostituer et à manger des viandes immolées aux idoles.

Carpos et Papylos furent amenés devant le proconsul, Optimus ou Valerius, avec beaucoup d’autres Compagnons, dit le Martyrologe. Le proconsul demanda à Carpos : Quel est ton nom ? - Mon nom est Chrétien, répondit l’évêque. 

Sommé de sacrifier aux idoles, Carpos s’écria : Les vivants ne sacrifient pas aux morts. Puis il expliqua patiemment au proconsul que ces dieux ont été des hommes dans leur vie, que le Diable qui parle par les oracles, ne prédit que ce qu’il compte nous faire, pour nous tromper. Dieu au contraire est éternel, nous aime et ne veut que notre Bien.

Le proconsul ordonna de suspendre Carpos, qui fut écorché avec des ongles de fer ; il répétait imperturbablement Je suis Chrétien, jusqu’à son évanouissement.

Le diacre Papylos affirma qu’il avait beaucoup d’enfants, précisant que c’étaient ses enfants en Dieu, les Chrétiens. A son tour il fut suspendu et déchiré par les ongles de fer : trois bourreaux s’y fatiguèrent, tandis que Papylos semblait redoubler de forces.

Le proconsul condamna l’évêque et le diacre à être brûlés vifs. On les conduisit au milieu de l’amphithéâtre. Beaucoup de curieux se mirent dans les gradins.

Papylos rendit l’esprit le premier ; Carpos, lui, eut un grand sourire et expliqua : J’ai vu la gloire du Seigneur, et je m’en suis réjoui ; me voilà maintenant délivré de vous et de vos crimes. Cette vision rappelle celle du Protomartyr Stephanos (cf. Ac 7:56).

Après qu’il eut expiré, une femme de l’assistance fut soudain animée d’une intrépidité inhabituelle : Agathoniki, une maman chrétienne - le Martyrologe précise qu’elle était l’épouse du Diacre Papylos -, affirma qu’elle avait vu, elle aussi, le glorieux festin, auquel elle voulait s’asseoir et prendre part. On lui rappela son enfant : Je lui laisse Dieu pour protecteur, répondit-elle. Elle mourut, toute joyeuse, sur le même bûcher que les deux Martyrs précédents. 

C’était vers 161, sous Marc-Aurèle, qui régna de 161 à 180. Il se pourrait que les Compagnons de ces Martyrs aient été condamnés à des jours différents.

Saints Carpos, Papylos et Agathoniki sont commémorés le 13 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ursus de Ravenne

† 412

 

Ursus était, affirme-t-on, d’origine sicilienne, et de riche ascendance

Il fut le dix-septième évêque de Classe (Emilie-Romagne, Italie CE) à partir de 399 environ.

En 402, quand Ravenne devint la capitale de l’empire d’Occident, Ursus y transféra le siège de Classe. A ses frais, il y fit alors construire la cathédrale, qu’il dédia à la Résurrection, et qu’il consacra le jour de Pâques.

Il se trouva qu’il mourut lui-même le jour de Pâques, le 13 avril 412.

Depuis lors, la cathédrale prit le nom de basilique ursiana. Elle fut entièrement démolie et reconstruite au 18e siècle.

L’origine sicilienne d’Ursus pourrait expliquer que le culte de Saints siciliens se développa à Ravenne de façon singulière à partir du quatrième siècle.

Saint Ursus de Ravenne est commémoré le 13 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hermenegildo d’Espagne

564-585

 

Hermenegildo naquit en 564 à Medina del Campo (ou à Séville), du roi Leovigildo et de Teodosia, qui eurent un autre fils, Recaredo.

Leovigildo était arien et transmit cette erreur à ses fils. Devenu veuf, il épousa Goswinde, l’épouse du roi d’Austrasie Sigebert ; ce dernier avait une fille de son premier mariage, Ingonde, qui fut fiancée à Hermenegildo.

Ingonde était profondément catholique. Le mariage d’Hermenegildo et Ingonde fut célébré en 579.

Mais Leovigildo persécuta les catholiques, encouragé en ce sens par l’irascible Goswinde. Si celle-ci se réjouissait de l’alliance entre l’Espagne et l’Austrasie, elle ne supportait pas la foi d’Ingonde. Elle en vint un jour à la dépouiller et à la précipiter dans l’eau.

Leovigildo, de son côté, était embarrassé. D’une part, il avait mis ses deux fils chacun à la tête d’une partie de ses états, pour les préparer à la succession, d’autre part il voulait gagner Hermenegildo et son épouse à la foi arienne : il les éloigna à Séville. Mais l’évêque de Séville, Leandro (v. 13 mars), sut convaincre les jeunes époux ; Hermenegildo, qui n’était pas encore baptisé, reçut le baptême chrétien.

L’affrontement entre le père arien et le fils catholique devenait inévitable, il dura de 581 à 584. Leovigildo marcha contre son fils avec son armée. Les hommes d’Hermenegildo se virent ou se crurent en mauvaise posture en face de cette armée, et l’abandonnèrent. Hermenegildo se réfugia dans une église de Cordoue. Leovigildo députa auprès d’Hermenegildo son autre fils, Recaredo. Le père et le fils se retrouvèrent et Leovigildo feignit la bienveillance. Mais peu après, il réduisit Hermenegildo à l’état d’esclave, et le fit exiler de Séville à Valencia. N’arrivant pas à convaincre Hermenegildo de renier le catholicisme, Leovigildo le fit enfermer dans une étroite prison à Tarragona, le chargea de fers ; la nuit de Pâques, il lui fit porter la communion par un évêque arien, qu’Hermenegildo refusa. Leovigildo alors le fit exécuter, le jour de Pâques, 13 avril 585.

L’épouse d’Hermenegildo réussit à fuir avec son bébé et se réfugia à Rome. Elle se rendait à Constantinople, mais mourut en Sicile (584). Le bébé, Atanagildo, fut confié, semble-t-il, à Goswinde.

Des témoins affirmèrent avoir vu des lumières éclatantes au lieu du martyre d’Hermenegildo. Leovigildo fut frappé de repentir, mais n’alla pas jusqu’à embrasser le catholicisme. Recaredo se convertit.

Le corps d’Hermenegildo est conservé à Séville, dont le jeune roi martyr est patron, en même temps qu’il l’est des convertis, de la monarchie espagnole, des Anciens Combattants.

Il fut canonisé en 1585, lors du millénaire de sa mort.

Saint Hermenegildo est commémoré le 13 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martinus 1er

649-655

 

Martinus (Martin) était né à Todi en Ombrie (Italie), en 590.

Il devint apocrisiaire (on dirait simplement aujourd’hui : nonce) du pape à Constantinople. Quand le pape Théodore excommunia le patriarche Paul de Constantinople, pour hérésie, ses envoyés furent emprisonnés et l’un d’eux, Martin, réussit à s’échapper.

A la mort de Théodore, ce fut Martin qui fut élu pour lui succéder, comme soixante-quatorzième pape.

A cette époque sévissait l’erreur monothéliste, qui prétendait que Jésus-Christ n’avait qu’une volonté, suite à l’autre erreur monophysiste qui ne reconnaissait qu’une nature en la personne du Fils de Dieu incarné.

L’empereur Constant II, voulant imposer brutalement une unique ligne de pensée dans l’Eglise, avait promulgué en 648 un Typus, décret impérial où il était défendu de parler d’une ou deux énergies, ou d’une ou deux volontés dans le Christ.

Martin 1er voulut réaffirmer la doctrine de l’Eglise : Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme, a bien deux natures et donc aussi deux volontés, la divine et l’humaine. Aussi réunit-il au Latran en 649 un concile où vinrent plus de cent évêques, surtout italiens, et une trentaine d’ecclésiastiques grecs chassés par les Arabes. Le concile condamna le Typus, et envoya une encyclique aux Eglises occidentales. Le pape s’efforçait de reprendre des contacts en Orient et d’inviter tous les évêques à rompre avec le monothélisme.

Le courage de Martin 1er reçut sa sanction. L’empereur Constant II chargea son chambellan Olympios d’aller assassiner le pape. L’expédition échoua dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, et Olympios alla lui-même demander pardon au pape. Ce fut alors l’exarque de Ravenne, Calliopas, qui en 653 s’enhardit à aller enlever le pape manu militari, cette fois-ci dans la basilique du Latran. Alors commença le long calvaire du pauvre pontife.

Martin 1er fut d’abord relégué sur l’île de Naxos pendant une année, puis conduit à Constantinople, après un voyage fort pénible durant lequel le pape, qui souffrait déjà de la goutte, était étroitement surveillé, empêché de se laver et privé de nourriture. Arrivé là, on laissa la populace insulter le pape, qui fut jeté dans la prison de Prandearia, où il resta environ trois mois au secret. Après un simulacre de jugement, on le dépouilla de ses vêtements et on le revêtit d’un carcan de fer en présence des sénateurs et de l’empereur. Condamné à mort, il fut enfermé dans une autre prison de condamnés de droit commun. La Providence permit que deux femmes, qui détenaient les clefs de la prison, eussent pitié de lui : elles lui apportèrent des couvertures, car il était transi de froid et ne pouvait plus parler.

A ce stade là, le patriarche de Constantinople eut quelque remord et obtint de l’empereur qu’on n’exécuterait pas le pape. Ce dernier resta encore quelques mois dans sa prison, ayant encore la force d’écrire un mémoire à ses fidèles, puis il fut déporté secrètement en Chersonèse (Crimée), où il souffrit beaucoup de la faim et mourut un 12 ou 13 avril de 655.

Dernier des papes martyrs, saint Martin 1er est mentionné au Martyrologe le 13 avril.

Son successeur fut Eugène 1er.

Ide de Boulogne

1040-1113

 

Ide naquit en 1040, fille du fougueux Godefroy le Barbu, duc de Lorraine, et de Doda, qui descendaient eux-mêmes de Charlemagne.

En 1057, elle épousa Eustache II, comte de Boulogne, descendant de Charles le Chauve ; leurs trois fils furent Eustache III, Godefroy de Bouillon et Baudoin. Ide aurait eu révélation du sort futur de ses garçons : l’un roi, l’autre duc, le troisième comte. Quand Godefroy monta à l’assaut de Jérusalem, elle en eut révélation au moment-même à Boulogne.

Ide bénéficia des judicieux conseils de s.Anselme de Canterbury (v. 21 avril), alors abbé au Bec.

La jeune épouse voulut nourrir et élever elle-même ses enfants et semer dans leurs cœurs l’amour de Dieu, de l’Eglise et du Prochain. Elle mortifiait son corps sous les riches habits que sa condition l’obligeait de porter. Ses charités, proportionnées aux grands biens qu’elle possédait, se répandaient sur toutes sortes d’indigents. 

Son occupation préférée était de confectionner des ornements sacrés et des linges d’autel.

Elle et son mari, qui soutenait toutes les bonnes œuvres de cette pieuse épouse, contribuèrent à relever des sanctuaires endommagés, comme Notre-Dame de Boulogne.

Devenue veuve, Ide utilisa ses biens pour fonder des monastères, ou les enrichit de terrains ; elle leur remit des reliques que lui fit parvenir son fils, Godefroy de Bouillon, de Jérusalem.

Elle fit plusieurs miracles de son vivant, attestés officiellement, comme la guérison d’une femme hydropique et paralytique, d’une sourde-muette.   

Ide annonça les jour et heure de sa mort, qui survint le 13 avril 1113, et qui fut suivie d’autres miracles encore.

La bienheureuse Ide de Boulogne est commémorée le 13 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Caradoc de Galles

† 1124

 

On trouve plusieurs personnages plus ou moins légendaires du nom de Caradoc, mais on parle peu de celui-ci.

Il naquit à Brecknock (Pays de Galles).

Après des études littéraires, il se mit comme harpiste au service du roi.

Il lui arriva de perdre deux chiens de chasse auxquels le prince tenait beaucoup et celui-ci en conçut un grand déplaisir : il alla même jusqu’à menacer de mort le gardien malchanceux.

Caradoc, voyant quel bon marché ce roi faisait de la vie humaine, abandonna la cour, pour mener la vie monastique sous un abbé Teilo (Téliau), qui n’est pas le célèbre saint du 6e siècle (v. 9 février).

Il fut ensuite ermite dans la cellule de saint Kineth (ou Cenydd, v. 1er août ?). Il reçut la prêtrise à Menevia, vécut comme ermite dans l’île de Barry, où il eut beaucoup à souffrir lorsque cette île fut envahie par le roi d’Angleterre Henry Ier.

Il mourut le dimanche de Quasimodo (2e dimanche de Pâques), le 13 avril 1124.

Enterré dans l’église de Saint-David, le corps de Caradoc opéra des miracles. Une enquête fut demandée sur ces miracles, mais n’aboutit pas. Caradoc fut tout de même considéré comme «Saint».

Saint Caradoc est commémoré le 13 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Albertino de Montone

1220-1294

 

Montone était un quartier qui fut annexé à Pérouse (Ombrie, Italie C) en 1216. Albertino y naquit vers les années 1216-1220 ; on ne connaît pas son nom de famille, peut-être à cause de son humble naissance.

Entré chez les Camaldules à une date qu’on ignore, il fut peut-être à Sitria en 1265, et certainement à Fonte Avellana, où il fut élu Prieur général peu après.

L’abbaye s’était développée et, comme il arrive après une apogée, un relâchement et une crise pointaient à l’horizon. Albertino mit son ardeur à faire reprendre la Règle dans sa rigueur, à maintenir les traditions, et à administrer sagement le patrimoine. La paix revint dans les murs.

Albertino s’efforça de ne jamais recourir à la justice civile pour régler les litiges occasionnels. Il se sentait responsable devant Dieu de la population et préférait la conciliation pacifique aux arrangements juridiques froids. Il se mérita ainsi le surnom de communis amicus.

Quelqu’un affirma qu’il avait refusé en 1288 l’évêché d’Osimo.

Il mourut le 13 avril 1294.

Son culte fut confirmé en 1782, ce qui équivaut à la béatification. Contrairement à beaucoup de sources, il ne semble pas qu’il ait été canonisé.

 

 

Margherita de Città di Castello

1287-1320

 

Margherita naquit en 1287 dans un bourg de Città di Castello (Pérouse, Ombrie, Italie), de parents pauvres qui furent fort déçus de leur fille aveugle-née et très difforme.

Ils tentèrent de consulter des médecins, de conduire Margherita au tombeau d’un saint Franciscain (Giacomo), et se décidèrent finalement à l’abandonner purement et simplement dans une petite chapelle, certains disent : pendant neuf ans.

Elle reçut de l’assistance de la part de pieuses femmes qui venaient prier dans la chapelle et qui l’adoptèrent à tour de rôle. Margherita les payait par sa douceur, son empressement à faire du bien, selon ce que lui permettait de faire sa cécité. Elle fut particulièrement assistée par un couple : Venturino et Grigia.

Il se trouvait que le couvent de Religieuses de Città di Castello était dédié à sainte Margherite. Elles proposèrent à Margherita d’habiter parmi elles, ce qui lui plut beaucoup. Mais la jalousie monta le cœur des Religieuses contre leur sainte Recrue et elles allèrent jusqu’à la calomnier, la maltraiter et finalement l’expulser.

Venturino et Grigia la reçurent à demeure. Il y avait là aussi des Dominicains, qui lui remirent l’habit de Tertiaire.

Les miracles furent au rendez-vous. Lors d’un incendie, Margherita cria à Grigia : Jette mon manteau sur les flammes ! et l’incendie cessa immédiatement. Une autre tertiaire très malade d’un œil qu’elle pensait perdre, fut guérie instantanément quand Margherita la toucha.

Cette enfant de Dieu était l’innocence même, la bonté et la reconnaissance ; jamais une parole aigre contre les braves Religieuses de Sainte-Marguerite.

Elle qui n’avait pas reçu d’instruction, sut miraculeusement ce qu’il fallait pour aider les enfants dans leurs devoirs de classe, elle traduisait le latin, surtout les psaumes qu’elle savait étrangement par-cœur.

Cet ange sur terre mourut à trente-trois ans, toujours à Città di Castello, le 13 avril 1320.

Les merveilles ne s’arrêtèrent pas là. Peu avant l’enterrement, on amena près de la Morte une jeune fille muette et paralysée : Margherita s’anima, leva son bras sur l’infirme, qui guérit instantanément et put revêtir l’habit de tertiaire dominicaine.

Margherita avait révélé qu’elle possédait un trésor dans son cœur. On voulut en faire l’autopsie et l’on y découvrit effectivement trois perles, portant les images de l’Enfant-Jésus, de Marie, de Joseph, près d’une tertiaire en prière. Des guérisons furent obtenues par l’emploi de l’eau dans laquelle avaient été trempées ces perles.

Aveugle et toute en Dieu, Margherita passa sa vie à transmettre la Lumière. 

Son culte a été approuvé en 1609 ; elle est donc considérée comme Bienheureuse.

 

 

Miles Gerard

1550-1590

 

Miles était né vers 1550 à Wigan (Lancashire, Angleterre), et descendait peut-être des Gerard de Ince. 

Vers 1576, il fut le précepteur des enfants de Edward Tyldesley à Morleys Hall (Astley, Lancaschire).

En 1579, il part pour les séminaires anglais de Douai et de Reims, et reçoit l’ordination sacerdotale en 1583.

Il reste sur place comme professeur, jusqu’en 1589.

A cette date, ils sont six prêtres à quitter la France pour tenter de regagner l’Angleterre. Mais voilà que les matelots ne veulent pas embarquer plus de deux passagers. Nos missionnaires se mettent alors à jouer à pile ou face, pour savoir qui d’entre eux partirait.

Le sort tombe sur Miles (le plus ancien, apparemment) et sur Francis Dickenson (le plus jeune, qui venait d’être ordonné prêtre).

On devait arriver à Londres, mais le voyage fut dévié sur le port de Douvres, et les deux prêtres furent arrêtés, le 24 novembre.

Une version un peu différente des faits raconte que le bateau fit naufrage, et que les rescapés n’échappèrent à la noyade que pour tomber aux mains des persécuteurs, sur la côte.

Miles et Francis furent conduits à Londres, et condamnés à mort comme traîtres.

Ils furent exécutés («hanged et quartered») à Rochester, le 13 (ou le 30) avril 1590. Le Martyrologe les commémore ensemble le 13 avril.

Ils furent béatifiés en 1929.

 

 

Francis Dickinson

1564-1590

 

Né à Otley (Yorkshire, Angleterre) et baptisé le 28 octobre 1564, Francis ne nous a rien laissé sur son enfance et son adolescence.

Il est peut-être plus juste d’écrire son nom : Dickenson ou Dicconson.

En 1582, il a dix-sept ans et rejoint le Collège anglais de Reims. Il est ordonné prêtre en mars 1589. Il a vingt-quatre ans.

En novembre de la même année, il retourne en Angleterre. Il vient de fêter ses vingt-cinq ans.

Aussitôt arrêté, avec un autre prêtre, il refuse de prêter serment d’allégeance à la Reine et, pour cela, est envoyé à la Bridewell Prison de Londres.

Torturé pour «avouer» ses soi-disant crimes, il est condamné à mort.

Il est «hanged, drawn and quartered», selon l’horrible formule officielle, à Rochester (Kent), le 13 (ou le 30) avril 1590.

A vingt-cinq ans, et à peine plus d’un an de sacerdoce, Francis est un des plus jeunes Martyrs anglais, mentionné au Martyrologe le 13 avril.

Il a été béatifié en 1929, parmi cent-sept Martyrs anglais qui attendent maintenant d’être canonisés.

 

 

John Lockwood

1555-1642

 

Né vers 1555 à Sowerby (Yorkshire), John était l’aîné de Christopher Lockwood et Clare Lascelles. Parfois il se présenta comme John Lascelles.

Avec son frère, Francis, il vint à Reims en 1579, et fut envoyé étudier la philosophie à Douai. 

Tandis que Francis était ordonné prêtre en 1587, John vint au Collège anglais de Rome et fut ordonné prêtre en 1597.

Reparti en Angleterre (1598), il fut arrêté, mis en prison puis banni (1610).

John eut la persévérance et le courage de revenir dans son pays, il fut à nouveau arrêté. Condamné à mort, il fut cependant remis en liberté. 

Arrêté une troisième fois à Wood End (Gatenby), il fut cette fois-ci exécuté sans tarder, le 13 avril 1642, en même temps qu’Edward Catherick.

John avait alors quatre-vingt-sept ans.

Il fut béatifié en 1929.

 

 

Edward Catherick

?-1642

 

La notice présente est intitulée à Edward, comme dans le Martyrologe, bien qu’apparemment ce prêtre s’appelât Edmund.

Edmund était probablement né dans le Lancashire (Angleterre), dans la vieille famille des Catherick de Carlton et Stanwick (Yorkshire N), une région connue pour sa fidélité au catholicisme.

Il alla au Collège anglais de Douai et fut ordonné prêtre.

En 1635, il commença son activité en Angleterre, qui allait durer sept années.

Durant cette période, il porta fréquemment le nom de Huddleston, qui pouvait être le nom de jeune fille de sa mère.

Appréhendé près de Watlas, notre prêtre fut conduit au juge, qui se trouvait être un parent, et l’on réussit à «acheter» ce juge pour faire condamner Edward (Edmund). Il fut condamné à mort, en même temps qu’un autre prêtre, John Lockwood.

Le roi temporisa pour signer ; il le fit durant sa présence à York.

Les deux prêtres furent traînés par les rues de York jusqu’au lieu de l’exécution. Edward demanda alors à être exécuté le premier, pour redonner courage à son Confrère, qui lui semblait être assez impressionné à la vue de la potence.

Edward Catherick mourut en martyr à York, pendu, éviscéré et écartelé, le 13 avril 1642.

On plaça sa tête au Micklegate Bar, les restes de son corps furent brûlés au Toft Green ; des ossements furent conservés au monastère Saint-Grégoire.

Edward (Edmund) fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

Serafino Morazzone

1747-1822

 

Né à Milan le 1er février 1747, dans une famille aussi pauvre que nombreuse, Serafino fut accueilli gratuitement par les Jésuites de Brera pour ses études.

Il reçut l’habit clérical à treize ans, la tonsure à quatorze, les ordres mineurs de Portier et Lecteur à seize ans. C’est un peu précoce et rapide, mais c’était admis à cette époque.

A dix-huit ans, pour se payer les études, il est servant de messe (sacristain) à la cathédrale : le matin, il est dans le sanctuaire, l’après-midi il étudie la théologie. Ce sera son horaire pendant huit années, durant lesquelles on le verra toujours souriant, fidèle, exact, toujours poli.

A vingt-quatre ans, il reçoit les deux autres ordres mineurs d’Exorciste et d’Acolyte, et on lui propose la paroisse de Chiuso, dont personne ne veut. Mais comme il n’est pas encore prêtre, vite on lui administre le sous-diaconat, le diaconat et le sacerdoce en un mois, et le voilà curé à vingt-six ans. Il le restera quarante-neuf ans, jusqu’à la mort, car il n’acceptera jamais d’autres postes plus «dignes».

Les témoins pourront parler des longues heures qu’il passa à genoux par-terre dans l’église, et surtout de celles passées à entendre les confessions, car les pénitents viennent très nombreux se confesser au «bienheureux Séraphin».

Don Serafino donne tout son temps aux pénitents, aux malades qu’il va visiter chaque jour, aux enfants, à qui il enseigne le catéchisme mais aussi les rudiments scolaires.

Il est si détaché qu’il ne voit même pas que ses prières obtiennent des miracles.

Quand il meurt, le 13 avril 1822, on s’aperçoit peu après son enterrement… que son corps n’est pas dans la tombe. C’est que de nuit, affrontant toutes les dispositions légales, les paroissiens sont venus l’exhumer pour l’inhumer sous le pavement de l’église paroissiale.

Le curé de Chiuso fut longtemps le confesseur d’Alessandro Manzoni, qui en parla explicitement dans Fermo e Lucia.

Don Serafino mourut le 13 avril 1822, et fut béatifié en 2011.

 

 

Jean-Bernard Rousseau

1797-1867

 

Né à Annay-la-Côte (Yonne) le 21 mars 1797, dans une famille qui avait hébergé des prêtres durant la Révolution, Jean-Bernard était le fils d’un tailleur de pierre, Bernard Rousseau, et de Reine Pelletier. 

Jeune homme chrétien actif dans sa paroisse, il y enseignait le catéchisme.

Ayant fait connaissance des Frères des Ecoles Chrétiennes, qui s’étaient établis non loin de chez lui, il entra au noviciat, à Paris en 1822, et prit le nom de Scubilion.

Il fit les vœux perpétuels en 1827.

Après dix années d’enseignement dans les écoles élémentaires de France, frère Scubilion partit en 1833 pour l’île de la Réunion, où pendant trente-quatre années, il se consacra aux esclaves :

De 1833 à 1843, il est à Saint-Benoît et à Saint-Paul.

En 1843, il est à Saint-Leu : c’est là qu’il commence l’école du soir.

Entre 1850 et 1855, il est à La Possession et, de 1856 à 1867, à Sainte-Marie.

En 1866, il se rendra à Madagascar pour y fonder une école, et reviendra vite à Sainte-Marie.

On l’appellera le catéchiste des esclaves. En effet, il organisa pour eux des classes du soir, où les esclaves venaient volontiers, malgré leur journée épuisante, car le frère Scubilion était gentil avec eux ; il savait se mettre à leur niveau et mettait à leur disposition des programmes, des techniques qui les aidaient à retenir l’enseignement, leur racontant des histoires vivantes et leur enseignant des chants.

Il réussit par là à leur inculquer l’essentiel de la foi, de la morale, et à les préparer aux Sacrements de l’Eglise.

Il prendra vaillamment la défense des esclaves contre les maîtres brutaux. Le cas de l’esclave Biney est resté célèbre : ce malgache avait été estropié par son maître, qui fut condamné à la suite de l’intervention du frère Scubilion.

Quand les esclaves auront acquis leur liberté, en 1848, frère Scubilion continuera à les assister, à les guider dans l’organisation de leur nouveau style de vie.

Malgré une santé désormais compromise, il épaula efficacement et délicatement le clergé local dans le travail apostolique, rendant visite aux malades, conduisant les pécheurs à la conversion. On rapporte aussi des cas de miracles qu’il aurait opérés, ou obtenus par son intercession, après sa mort. 

En particulier, un petit sourd-muet, Octave de son prénom, a recouvré l’audition et la parole.

Il mourut au milieu de la vénération unanime, le 13 avril 1867, jour où il est commémoré dans le Martyrologe.

Cette date étant habituellement proche de la semaine de Pâques, le Bienheureux Scubilion est fêté le 27 septembre par les Frères des Ecoles Chrétiennes, et le 20 décembre par les Réunionnais, le jour national commémorant l’abolition de l’esclavage dans l’île.

Frère Scubilion a été béatifié en 1989.

 

 

Sabás Reyes Salazar

1883-1927

 

Ce saint prêtre mexicain naquit à Cocula, dans l’archidiocèse de Guadalajara, le 5 décembre 1883, jour où l’on fête saint Sabas de Jérusalem (v. 5 décembre) et dont il reçut le nom au baptême, le jour-même de sa naissance, ce qui montre la foi profonde de ses parents, Norberto Reyes et Francisca Salazar.

Mais ces bons parents étaient extrêmement pauvres, ce qui poussa très tôt le petit Sabás à aller vendre les journaux à la criée, pour s’acheter un peu de quoi manger et se vêtir, ce qui fit qu’il eut du mal à finir l’école primaire. En conséquence, il resta avec une santé fragile et une capacité intellectuelle un peu limitée.

A l’adolescence, se sentant appelé par Dieu, il entra au séminaire de Guadalajara, où l’on jugea à l’époque qu’il n’était pas fait pour le clergé de Guadalajara. Toutefois il acheva en 1911 sa quatrième année de théologie, quand il venait d’accomplir ses vingt-huit ans. Mais le recteur du séminaire, considérant ses nobles dispositions, l’encouragea vivement à se faire admettre dans quelque diocèse où l’on manquait de prêtres.

Signalons que, parmi ses condisciples, il y avait cette année-là José Maria Robles Hurtado, futur martyr et maintenant canonisé ; José Garibi Rivera, futur archevêque de Guadalajara et bientôt premier cardinal mexicain de l’histoire, enfin Ramón González, lui aussi futur martyr en 1928.

Dans le diocèse de Tamaulipas, on remarqua tout de suite la constance et l’humilité de Sabás, de sorte qu’il reçut bientôt les ordres sacrés, et enfin le sacerdoce à Noël 1911, des mains de l’évêque de Tamaulipas. Le 6 janvier suivant, Sabás célébrait sa première messe à Guadalajara, dans l’église de Notre Dame de Belén. Puis il fut envoyé à son premier poste, à Tantoyuca (Veracruz).

Prêtre, le père Sabás se montra doux et plein de ferveur, spécialement envers la Très Sainte Trinité ; il invoquait fréquemment les Âmes du Purgatoire. Il se soucia beaucoup de la formation des jeunes, autant par la catéchèse que par l’enseignement des sciences, des métiers et des arts, tout spécialement de la musique. 

Dans l’accomplissement de son ministère, son zèle immense le poussait à rechercher la perfection. Dans tout ce qui concernait la liturgie, il exigeait un profond respect. Quand il fallait faire quelque chose, il aimait la promptitude.

1914 vit le déchaînement de la persécution religieuse dans l’état de Tamaulipas, aussi Sabás demanda et obtint la permission de rejoindre le diocèse de Guadalajara, où il exerça le ministère sacerdotal dans les paroisses de San Cristóbal de la Barranca, Plan de Barrancas, Hostotipaquillo et Atemajac de Brizuela, dans l’état de Jalisco.

En 1919, le père Sabás fut nommé à la paroisse de Tototlán, pour collaborer avec le curé, le père Francisco Vizcarra Ruiz, d’abord comme chapelain à la fabrique de San Antonio de Gómez puis, à partir de 1921, à la cure paroissiale.

Quand fut décidée la loi qui suspendait tout culte dans les églises de la république, le curé de Tototlán se retira du village, laissant le père Sabás sur la brèche avec charge d’administrer les sacrements. Les habitants qui connurent le père Sabás à Tototlán, se rappellent qu’il hébergea chez lui les enfants orphelins. Il y était tellement attaché que, lorsqu’on lui proposa de le protéger en le faisant quitter le village, sa réponse fut aussi décidée que négative : On m’a mis ici, c’est ici qu’on attendra ce que Dieu veut faire.  

Le 11 janvier 1927, le village fut envahi par les troupes fédérales, qui ignoraient qu’il y avait là plus de deux mille cristeros armés contre le gouvernement. Les soldats tuèrent onze personnes, hommes, femmes et enfants, profanèrent l’église en y mettant leurs chevaux et détruisant statues et images saintes, puis y mirent le feu. Les soldats partis, le père Sabás avec d’autres fidèles allèrent éteindre l’incendie. Naturellement, les villageois voulaient “se venger” en incendiant la mairie, mais le père leur fit remarquer que c’était là une façon de procéder barbare, et il réussit à les faire renoncer à leurs sombres intentions.

Mais les soldats revinrent à la charge, le 11 avril. Le père Sabás alla se réfugier chez Madame María Ontiveros, avec le jeune José Beltrán et deux enfants, Octavio Cárdenas et Salvador Botello.

A partir de ce moment-là, sentant le danger, le père se mit à prier intensément, toute la soirée et toute la nuit. Il invitait ceux qui étaient là à prier à genoux avec lui, tandis qu’il se flagellait avec des cordes.

Le 12 au matin, les soldats se présentèrent à la maison du père Sabás, mirent le feu à ses affaires, dans la pièce où il célébrait la messe. Ils menacèrent alors de pendaison la maîtresse de maison, María Mendoza, laquelle, effrayée, leur indiqua où le père se trouvait. Parvenus là, les soldats donnèrent de grands coups à la porte, et demandèrent où était le père Sabás. Le père Sabás se présenta spontanément en disant : Je suis là, que voulez-vous ? Alors ils lui ligotèrent fortement les bras dans le dos. Le père Sabás leur demanda encore : Qu’est-ce que je vous dois ? pourquoi me liez-vous ? quel mal ai-je fait ?, à quoi les soldats répondirent que ce n’était pas avec eux, mais avec le général qu’il fallait régler tout cela. On aura noté la similitude des propos avec ceux de Jésus lors de son arrestation à Gethsémani. Ils partirent donc avec le père Sabás et le jeune José Beltrán.

En se rendant à l’église paroissiale, transformée en écurie et en quartier général, les soldats lui dirent : On va aussi arrêter le curé Vizcarra, qui est le chef de toute cette révolution, et là on verra comment ça finira.

Un voisin leur fit remarquer que le père Sabás était innocent et même avait empêché qu’on mît le feu à la mairie, ils répondirent : On s’en fiche… Il faut tuer tous les curés, et tous ceux qui vont avec eux.

Le chef militaire ordonna qu’on l’attachât à une colonne de l’église. La corde serrait fortement la peau, les bras étaient attachés derrière le dos, le soleil était chaud : le père demanda plusieurs fois de l’eau car il avait très soif, mais ils ne s’en soucièrent pas. Très tard, le père leur dit : Je ne peux donc rien obtenir d’autre de vous, pas même cette faveur que vous me donniez un peu d’eau ? Alors un soldat lui porta un peu d’eau, qu’il eut du mal de boire à cause de ses liens.

Il priait continûment ; le jeune José aussi était attaché à une autre colonne, et avait très peur. Le père dit plusieurs fois aux soldats : Dieu sait que je ne vous dois rien ; mais si toutefois vous avez quelque doute sur moi, ne faites rien à ce garçon, car il n’a aucune faute à se reprocher. Puis, à José : N’aie pas peur, José, courage ! Dieu sait bien que nous n’avons rien fait de mal ; mais si quelque chose nous arrive, tu sais que là-haut nous aurons notre récompense ; prie notre Seigneur et Sauveur, bien que je sois certain qu’il ne t’arrivera rien. Peu après, on libéra le garçon et il resta en vie.

(José, l’aîné des orphelins, héritera de la maison du père Sabás, dont une plaque y rappelle le martyre ; José avait aussi une image de Notre Dame de Guadalupe, que lui avait donnée le père Sabás et qui maintenant est en possession du fils de José, Norberto. Ce dernier n’eut guère la possibilité de connaître l’histoire de son papa, car il n’avait que cinq ans à la mort de celui-ci.) 

Les habitants du pays demandèrent avec beaucoup d’insistance aux soldats de libérer le prêtre, en leur offrant même de l’argent comme rançon, mais sans résultat.

Le général Izaguirre avait l’ordre de capturer le curé, Francisco Vizcarra, ainsi que le vieux prêtre José Dolores Guzmán. Sur le tard, on porta le père Sabás comme un paquet devant le général, qui lui demanda : Où est le curé Vizcarra ? Le père ne ré