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25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 00:00

25 FEVRIER

 

III.

S Nestor, évêque à Magydos, martyr à Pergé, crucifié.

Ss Donat, Just, Hérénas, martyrs en Afrique.

Ss Ananie, prêtre, et son geôlier Pierre,  martyrs en Phénicie avec sept soldats.

?

S Théodore Salus, devenu volontairement “fou” pour le Christ, en Grèce.

IV.

S Rhégin, évêque à Scopelo, martyr.

S Césaire, frère de s. Grégoire de Nazianze, intendant et médecin en Bithynie, célibataire : il fit des pauvres ses héritiers. 

S Alexandre, soldat romain torturé et martyr.

VI.

S Concorde, évêque à La Rochelle.

VII.

Ste Aldetrude, abbesse à Maubeuge, mystique, fille des ss. Vincent Madelgaire et Waldetrude.

VIII.

Ste Walburge, fille du roi anglais s. Richard, et sœur des saints Willibald et Winibald, abbesse à Heidenheim.

XII.

S Gerland, prêtre de Besançon, appelé en Sicile par les princes normands, évêque à Agrigente, où il travailla à la conversion des musulmans et des juifs.

B Robert d’Arbrissel, prêtre normand, ermite, prédicateur, à l’origine des monastères à Fontevrault, où l’abbesse commandait et aux femmes et aux hommes.

B Adelhelm, abbé à Engelberg (Unterwalden).

XIV.

S Avertan et B Roméo (Henry), père et frère carmes à Limoges, morts à Lucques au cours de leur pèlerinage en Terre Sainte, à quelques jours d’intervalle. 

XVI.

B Sebastián de Aparicio Prado, berger espagnol émigré au Mexique où il se donna à de grands travaux ; très riche, très généreux, veuf deux fois, finalement franciscain, il mourut à quatre-vingt dix-huit ans.

XVII.

B Didacus Yuki Ryosetsu, prêtre jésuite japonais, martyr, béatifié en 2008.

XIX.

B Domenico Lentini, prêtre en Lucanie, béatifié en 1997.

Bse Maria Teresa (Adeodata) Pisani, bénédictine dans l’île de Malte, béatifiée en 2001.

S Luolong Bai Xiaoman, néophyte chinois, martyr, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

B Ciriaco María Sancha Hervás (1833-1909), cardinal, archevêque de Toledo, fondateur des Sœurs de la Charité du Cardinal Sancha, béatifié en 2009.

S Toribio Romo González (1900-1928), prêtre mexicain martyr, défenseur de l’Eucharistie ; béatifié en 1992, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

Ss Luigi Versiglia (*1873) et Callisto Caravario (*1903), salésiens martyrs en Chine (1930) ; Luigi fut évêque à Shiu Chow et ordonna Callisto ; ils furent fusillés pour avoir tenté de protéger la pureté des deux jeunes filles catéchistes qui les accompagnaient, béatifiés en 1983 et canonisés en 2000.

Bse Antonina (Maria Ludovica) De Angelis (1880-1962), italienne des Filles de Notre-Dame de la Miséricorde, active en Argentine, béatifiée en 2004.

Bse Miriam Vattalil (Rani Maria, 1954-1995), clarisse indienne martyre, béatifiée en 2017 ; son assassin, converti en prison, fut adopté par la propre famille de Miriam.

Nestor de Magydos

† 250

 

Nestor était évêque à Magydos, en Asie Mineure. Le site de cette ville de la province de Pamphylie est maintenant l’endroit de la localité de Lara Manastir, dans le centre-sud de la Turquie d’Asie.

Nestor était très connu pour sa piété et sa fidélité, et savait tellement encourager ses diocésains, que les édits romains de persécution n’arrivaient pas à les intimider. Sous Dèce, quand la persécution s’intensifia, Nestor conseilla à ses brebis de s’éloigner, mais lui restait dans sa demeure. C’est là qu’il fut rejoint. On a une relation de ces épisodes et des suivants dans deux textes anciens, dont on va tirer ici les éléments les plus marquants.

Invité à comparaître devant l’irénarque, Nestor s’arma du signe de la croix et suivit les persécuteurs. Sur la place publique, on lui avait réservé un accueil très respectueux dont il s’étonnait : “C’est que ta vie est digne d’éloges”, lui répondit-on, et on lui présenta un siège d’honneur. Voici quelques-unes de ses réparties durant l’interrogatoire : 

- Je consens et me soumets aux commandements du Roi des cieux.

- La raison veut qu’on appelle (vos dieux des démons), et c’est ce qu’ont souvent reconnu ceux que l’on exorcise.

- A quoi bon me menacer de vos tourments ? Je redoute les supplices de mon Dieu, mais je n’ai peur ni des vôtres, ni de ceux du gouverneur : ils ne m’empêcheront point de confesser toujours le Christ, Fils du Dieu vivant.

L’irénarque, vaincu par cette fermeté, conduisit l’évêque sous bonne escorte et pour un nouvel interrogatoire au gouverneur de Pergé (capitale de Pamphylie, actuelle Aksu en Turquie, proche d’Antalya). En route, un tremblement de terre se fit sentir, dont Nestor expliqua que c’était là un témoignage de (son) Dieu. Voici deux autres réparties de Nestor devant le gouverneur : 

- Je suis le serviteur de mon Seigneur Jésus-Christ. Mon nom propre est Chrétien ; celui que mes parents m’ont donné est Nestor.

- Quand même tu tourmenterais mon corps de toutes façons, jamais je ne renierai le nom de mon Seigneur Jésus, tant qu’il me restera un souffle de vie.

Nestor fut alors soumis au chevalet. Les bourreaux avaient mis à nus ses côtés, et il continuait de chanter le psaume 33 : Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange est sans cesse sur ma bouche.

Le gouverneur, qui connaissait les faits de Palestine, condamna Nestor à la même peine que Christ sous Ponce Pilate. Pendant plusieurs heures, Nestor fut sur cette croix, exhortant les chrétiens témoins, priant Dieu de les maintenir dans la foi. 

Ayant dit : Amen, il rendit l’esprit.

Le martyre de Nestor est mentionné au Martyrologe Romain le 25 février.

 

 

Césaire de Nazianze

† 369

 

Césaire avait pour père un magistrat de Nazianze (Cappadoce, auj. Nenezi, Aksaray, Turquie C), Grégoire, bientôt élevé à la dignité épiscopale, et pour mère sainte Nonna (v. 5 août). 

Sa sœur aînée fut Gorgonia (v. 9 décembre) ; son frère aîné, lui aussi nommé Grégoire, fut évêque à Constantinople et Docteur de l’Eglise (v. 25 janvier).

Ayant reçu de sa sainte mère les enseignements de la foi chrétienne, il alla ensuite en Alexandrie pour ses études, puis rejoignit son frère Grégoire à Constantinople.

Il avait acquis de grandes connaissances en médecine et pouvait occuper une situation brillante à la cour, mais déclara franchement à Julien l’Apostat qu’il préférait avant tout demeurer chrétien. C’était courageux, quand on connaissait les sentiments de l’empereur, mais il ne semble pas que Césaire eût été inquiété pour sa foi.

Il devint ensuite intendant en Bithynie, où eurent lieu deux forts tremblements de terre à Nicée (363 et 369). Le tremblement de terre de 363 fit beaucoup réfléchir Césaire : encore catéchumène, il demanda le baptême.

Ayant voulu demeurer célibataire et n’ayant pas d’enfants, il fit des pauvres ses héritiers.

Il mourut saintemant le 25 février 369, longtemps pleuré par son grand frère. A cette date, ses parents n’étaient pas encore morts : il fut donc le premier à être enseveli dans le tombeau préparé pour eux à Nazianze.

Saint Césaire de Nazianze est commémoré le 25 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aldetrude de Maubeuge

† 696

 

Aldetrude (en latin Aldetrudis) était une des deux filles de Vincent Madelgaire et Waldetrude, qui sont tous deux inscrits au Martyrologe (v. 14 juillet et 9 avril) ; pour sa sœur, Madelberte, v. 7 septembre ; leurs deux frères furent Landry (v. 17 avril) et Dentelin, qui mourut en bas âge (v. 16 mars).

Elle naquit sous le règne de Dagobert Ier, donc entre 622 et 639.

Son éducation se fit sous la férule de sa tante maternelle, Aldegonde, abbesse à Maubeuge, qui guida sa nièce dans les voies d’une grande sainteté.

Aldetrude succéda «normalement» à sa tante dans la direction du monastère, de 684 à 696, avec autant de sagesse qu’elle avait montré de soumission auparavant.

Elle fut souvent honorée de la visite des Anges, des Saints et de Notre Dame. Elle croyait d’abord être victime de quelque illusion diabolique, ce qui montre son humilité et sa prudence.

On trouve qu’elle aurait épousé Waudbert VI de Lomnois, son oncle maternel, d’où serait né Waudbert VII ; mais cette proposition ne semble pas acceptable.

Elle mourut le 25 février, vers 696.

Sainte Aldetrude est commémorée le 25 février dans le Martyrologe Romain.

Walburge de Heidenheim

710-779

 

On avance quelques incertitudes au sujet de ce personnage historique.

D’abord son nom, qui prend les formes les plus variées : Walburge ou Valpurge, Gaubourg ou Falbourg, Avongour ou Auboué selon les régions. Ensuite son ascendance : son père, Richard (v. 7 février), aurait été un des fils du roi Hlothere ; sa mère, Winna, la sœur de Wynfrith (futur s.Boniface, v. 5 juin). 

Elle eut deux frères, les saints Willibald et Winibald (v. 7 juillet et 18 décembre).

Walburge naquit vers 710 et sa formation se fit à bonne école, à l’abbaye de Wimborne.

En 721, son père voulut partir en pèlerinage avec ses deux fils pour la Terre Sainte, mais il mourut à Lucques (Italie), ce que Walburge apprit seulement l’année suivante.

En 748, elle fut envoyée en Germanie à la demande de s.Boniface, pour en soutenir et compléter le travail apostolique. Le frère de Walburge, Winibald, avait déjà rejoint Boniface et construit l’abbaye de Heidenheim, tandis que Willibald était évêque d’Eichstädt. 

Quand Walburge s’embarqua, il s’éleva une très forte tempête, durant laquelle elle resta en prière sur le pont, et les éléments déchaînés se calmèrent providentiellement : les marins firent connaître le prodige à leur arrivée à Anvers.

Accueillie avec joie par Boniface, Walburge retrouva son frère à Heidenheim et fonda la partie féminine du monastère. Elle en devint l’abbesse et, à la mort de Winibald, gouverna aussi le monastère des hommes, ce qui ne veut pas dire que les moines et les moniales vivaient ensemble dans une même communauté, comme on l’a dit parfois : il y avait deux communautés séparées, proches peut-être, qui avaient accès à l’église par deux portes différentes.

Le gouvernement de cette grande abbaye fut marqué par la prudence et la douceur de Walburge, et aussi par le don des miracles dont Dieu la favorisa.

Un soir, elle fut mystérieusement avertie de se rendre au château d’un baron dont la fille était malade. A son arrivée, les chiens n’aboyèrent pas. Elle s’annonça : Ne craignez rien ; vos chiens ne me toucheront pas ; je suis Walburge, envoyée par Dieu pour guérir votre fille, si vous croyez à Celui qui est le médecin des médecins. La jeune fille était mourante, et fut complètement guérie le lendemain matin.

En 776 eut lieu la translation du corps de Winibald, présidée par Willibald, en présence de Walburge. Successivement, celle-ci rédigea une Vita de son frère, ainsi qu’un récit en vers latins des voyages de son père, où l’on reconnaît l’excellente formation intellectuelle qu’elle avait reçue à Wimborne.

Elle mourut elle-même peu après, le 25 février 779, assistée de Willibald.

Sainte Walburge est commémorée le 25 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gerland d’Agrigente

† 1100

 

Comme son nom ne l’indique pas, Gerland naquit à Besançon (Doubs), au début du 11e siècle, apparenté à la famille de Roger de Hauteville. Son nom latin est Geriandus.

C’était un homme de grandes vertus, connu pour sa formation approfondie et sa piété. 

Il fut appelé en Sicile par deux princes normands, Robert Guiscard et Roger qui, en 1086, avaient reconquis une partie de cette île sur les Sarrazins et désiraient y rapporter la semence de la foi.

On le nomma d’abord premier chapelain à la cathédrale de Catane (Sicile), puis premier chantre au chapitre de celle de Mileto (Calabre).

Attristé par la dépravation qui régnait dans cette dernière ville, il rentra en Bourgogne avec la résolution d’y vivre dans la solitude.

Sur les instances du comte Roger, il reprit cependant le chemin de la Sicile et, cette fois, fut nommé évêque d’Agrigente et sacré en 1088 par le bienheureux pape Urbain II, ce pape qui, à Reims, avait été disciple de s.Bruno (v. 6 octobre).

Le nouvel évêque se lança hardiment à la reconquête spirituelle de son diocèse. Il commença par réparer les ruines causées par l’occupant. Mais il ne traita pas en ennemis les Sarrazins vaincus : il travailla au contraire à leur conversion, ainsi qu’à celle des Juifs présents dans l’île. Une de ses conquêtes fut justement l’émir Hamud.

Sa charité envers les pauvres lui valut le titre de père nourricier des veuves et des orphelins.

Quand Urbain II fut malade, c’est Gerland qui fut appelé à Rome pour assister le pontife à ses derniers moments.

Gerland mourut le 25 février 1100. On dira donc qu’il est mort au onzième siècle, le douzième commençant en 1101.

Ses obsèques se firent avec grand honneur.

Le culte dont il fut l’objet amena à faire inscrire le bienheureux Gerland au Martyrologe du 25 février.

 

 

Robert d’Arbrissel

1047-1117

 

Robert naquit de parents pauvres en Bretagne vers 1047, dans un village alors appelé Arbrissel, aujourd’hui Arbresec.

Il put faire des études pour se préparer à l’état ecclésiastique, jusqu’à devenir docteur de l'université de Paris, puis il remplit les fonctions d'archiprêtre et vicaire général du diocèse de Rennes, son pays d'origine, en 1089.

Son zèle pour la réforme du clergé le fit apprécier par son évêque Silvestre de la Guerche, mais souleva contre lui des haines implacables, qui le contraignirent à se retirer à la mort de l’évêque. Il séjourna quelques temps auprès des écoles d'Angers ; puis il s'enfonça dans la forêt de Craon. Des compagnons le suivirent, ce qui lui permit de fonder l'abbaye de Roë. Ils y menèrent la vie des Chanoines réguliers.

Urbain II, lors de son séjour en Angers (1096), le fit prêcher en sa présence et lui donna plein pouvoir d'annoncer en tous lieux la parole divine. Deux de ses compagnons de solitude, Bernard de Ponthieu et Vital de Martain, le suivirent dans ses courses apostoliques avant d'aller fonder, l'un le monastère de Tiron au diocèse de Chartres, l'autre, celui de Savigny au diocèse d'Avranches, destinés à devenir des chefs de congrégation.

Robert parcourut d'abord l'Anjou, la Touraine et le Poitou. Sa prédication soulevait l'enthousiasme des foules ; parmi ceux qui l'avaient entendu, beaucoup abandonnaient leurs familles et s'attachaient à ses pas. Ce cortège se composait d'hommes et de femmes ; on y voyait un grand nombre de pénitents et de pénitentes. Cette foule menait une sorte de vie religieuse, dont les conditions étaient prescrites au jour le jour par Robert. Cette communauté nomade finit bientôt par éprouver le besoin de se fixer. Aussi, vers 1099, Bernard et Vital emmenèrent les hommes avec eux. Robert établit les femmes à Fontevrault. Elles étaient fort nombreuses. Quelques frères se fixèrent auprès d'elles et se chargèrent de leur service temporel et religieux. Le monastère des femmes était placé sous la protection de la Vierge Marie, celui des hommes sous la protection de Jean l’Evangéliste. L’ordre fut plus tard placé sous la règle de saint Benoît.

Robert interrompait de temps en temps ses prédications pour revenir à Fontevrault et pour fonder de nouveaux monastères, qu'il peuplait de ses religieuses. Ces fondations recevaient le titre de prieurés et restaient sous l'entière dépendance de Fontevrault, ne formant avec lui qu'une seule congrégation, dont l'abbesse était le chef unique. Partout une communauté d'hommes s'attachait au service des moniales. Il y en eut dans les diocèses de Poitiers, de Bourges, d'Orléans, de Limoges et de Chartres.

La première abbesse de Fontevrault fut Herlande de Champagne, proche parente du comte d’Anjou.

Robert subit bien des épreuves, quand on l’accusa d’hérésie ou même d’écarts de conduite. Mais il fut lavé de ces soupçons, entre autres par l’évêque de Rennes. Il continua de voyager, mettant partout de l’ordre, prêchant la conciliation, assistant au concile de Nantes (1110), tenant un chapitre de l’ordre (1115). Vaincu par la fatigue, il fut transporté à Orsan où vint le visiter l’archevêque de Bourges.

Robert d'Arbrissel mourut le 25 février 1116 et fut enterré, selon sa volonté, parmi les moines dans le cimetière de Fontevrault. Il n’a pas été canonisé encore, mais il est inscrit dans le Martyrologe Romain en tant que Bienheureux au 25 février.

 

 

Avertan et Romeo de Limoges

† 1380

 

Une sainte tradition a réuni ces deux Religieux carmes.

Avertan était originaire du Limousin.

Après avoir beaucoup prié et s’être mortifié dans les jeûnes pour connaître sa vocation, il fut averti par un ange d’entrer chez les Carmes de Limoges. Il devint prêtre.

A peine vêtu, il fut favorisé de nombreuses extases. Sa soumission exacte à ses supérieurs lui valut d’être appelé fils de l’obéissance. Son quotidien était un combat continu contre le vieil homme et pour l’acquisition de la sainteté. Comme saint Jacques le Mineur (v. 3 mai), la peau de ses genoux était devenue dure comme cuir par les longues heures qu’il passait à genoux. Il haïssait tellement l’argent, que ce seul mot le dégoûtait.

 

Romeo, lui, était d’origine italienne.

Entré chez les Carmes de Limoges comme frère convers, il y reçut le nom de Henry.

Il admirait le comportement d’Avertan.

 

Avertan obtint du Prieur la permission de faire le pèlerinage en Terre Sainte. Evidemment, Henry demanda à l’accompagner.

Parvenus à Lucques, déjà fatigués du voyage, ils furent victimes de l’épidémie de peste noire.

Avertan mourut le 25 février 1380 (qui était cette année-là le 26, car lors des années bissextiles, on décalait d’une unité les derniers jours de février, à partir du 24, sixième jour des calendes de mars, d’où le mot bi-sextilis).

Henry survécut de huit jours à son ami. Il vit l’âme d’Avertan venir à sa rencontre pour le conduire en paradis et mourut le 4 mars 1380.

L’histoire dit qu’on appela «à ce moment-là» Henry Romeo, le romain, nom qu’on donnait à tous les pèlerins de Rome. D’aucuns supposent qu’il avait déjà ce nom en entrant au couvent.

Des miracles furent obtenus par l’intercession d’Avertan ; les habitants de Lucques lui firent de  magnifiques funérailles et son culte fut reconnu plus tard par les papes.

Romeo fut par la suite associé aux mêmes honneurs.

Au 25 février, le Martyrologe Romain mentionne saint Avertanus, mais pas Romeo, qui serait resté bienheureux.

 

 

Sebastián de Aparicio Prado

1502-1600

 

Sebastián de Aparicio Prado naquit le 20 janvier 1502 à A Gudiña (Orense, Galice, Espagne), unique garçon et benjamin des trois enfants de Juan et Teresa, qui lui donnèrent le nom du Saint du jour, Sébastien.

Un des faits majeurs de son enfance est qu’il ne fut pas victime de l’épidémie de peste noire qui sévit à nouveau en Espagne à cette époque.

Après avoir gardé les troupeaux des parents, il quitta la famille à quinze ans et s’en fut à Salamanque comme domestique chez quelque riche veuve, puis chez d’autres patrons. Ce n’était pas par goût de l’aventure, chez cet adolescent qui, au contraire, quitta sa place sans même demander son salaire, plutôt que d’y perdre son âme.

Il quitta l’Espagne en 1533 et arriva à Veracruz (Mexique), où il profita des avantages accordés aux émigrants d’Espagne, puis s’installa à Puebla de los Ángeles comme charpentier. Il se mit à élever les chevaux, à cultiver, à transporter des marchandises.

En 1542, il s’installa à Mexico ; il était devenu fort riche et ouvrit des routes, rendant beaucoup de services à la région. Ses richesses profitèrent en premier lieu aux pauvres et aux malheureux.

En 1552, nouveau changement : il acheta de grands terrains, un ranch et fonda la ferme de Saint-Nicolas, actuellement dans la banlieue de Mexico.

On dit qu’il promut le Jour des Morts du 2 novembre qui, en Espagne, était déjà célébré au lendemain de la fête de la Toussaint.

En 1562, il épousa la fille d’un ami, mais elle mourut l’année suivante ; sa deuxième épouse mourut à son tour après huit mois de mariage ;  en réalité, Sebastián ne consomma pas le mariage, du consentement de ces épouses.

Cette vie aisée se prolongea jusqu’en 1572, année où, après une grave maladie dont il guérit, il décida d’entrer en religion. Mais d’abord, il se mit au service des Clarisses, pour leur rendre des services, pour connaître la Règle franciscaine et s’éprouver soi-même dans ce genre de vie. Puis il vendit toutes ses possessions et entra en 1574 chez les Frères Mineurs Observants de Mexico, avant de passer au couvent de Tlatelolco.

Il fit la profession en juin 1575 et fut destiné au couvent de Puebla, où il fut chargé de la quête, office qu’il accomplit fidèlement sur tous les chemins de Puebla, Tlaxcala, Veracruz et México.

C’est ainsi qu’il vécut le dernier quart de sa vie et du 16e siècle, s’éteignant à quatre-vingt dix-huit ans accomplis à Puebla, le 25 février 1600.

Ses vertus, et un millier de miracles avant et après la mort, aboutirent à sa béatification en 1789.

 

 

Didacus Yūri Ryōsetsu

1574-1636

 

Didacus était né en 1574-1575 à Awa (Shikoku, Japon).

Baptisé, il entra chez les Jésuites et fut ordonné prêtre.

Il fut martyrisé le 25 février 1636 à Ōsaka.

Il a été écrit que les catholiques japonais se soutenaient réciproquement dans leur foi, ce qui les encourageait à supporter les atroces tortures qu’on leur imposait. Ils avaient reçu des exemples de certaines communautés bouddhistes, mais surtout ils avaient reçu la leçon de notre divin Maître, qui acceptait toutes ses souffrances pour sauver les âmes.

Le père Didacus a été béatifié parmi les cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Domenico Lentini

1770-1828

 

Domenico Lentini naquit à Lauria (Potenza, Italie) le 20 novembre 1770, de Macario Lentini et Rosalia Vitarella, des gens pauvres mais chrétiens.

A quatorze ans, le garçon désire être prêtre. Il reçoit le sacerdoce en 1794.

Ceux qui le connurent l’appelèrent un ange à l’autel, pour la candeur qu’il respirait, mais aussi pour les extases dont il fut favorisé.

Don Domenico se donne de toutes ses forces au ministère, à Lauria et dans les environs. Sa parole est convaincante, il parle du Christ crucifié, de Notre-Dame des Douleurs. 

Assez cultivé pour s’adresser à tous les milieux, il ouvre sa petite maisonnette à tous les jeunes qui viennent l’écouter ; il leur enseigne le catéchisme, l’Ecriture, mais aussi les matières scolaires, gratuitement. 

Pour les pauvres, il donne tout ce qu’il a : nourriture, vêtements. Parfois il ne rentre à la maison qu’avec sa tunique : il a tout donné. 

Il se mortifie volontairement, dormant et mangeant peu (et mal), pour expier les péchés des hommes.

Dieu le favorise de grâces particulières, il prophétise, il lit dans les cœurs, il fait des miracles (ô combien !).

Il s’éteint le 25 février 1828, et les funérailles durent une semaine : son corps demeure souple, le sang continue de circuler dans ses veines, il exhale un bon parfum ; ses yeux s’ouvrent devant la Sainte Hostie, devant ses parents et ses amis, mais aussi devant des incroyants. Guérisons et conversions se multiplient à l’envi devant sa dépouille : résurrection d’un enfant de trois ans tombé dans une bassine d’eau et de chaux vive ; guérisons de paralysies totales ; de sarcome(s) ; encore en 1988, une femme guérit totalement d’un carcinome utérin.

Don Domenico Lentini a été béatifié en 1997 ; son dies natalis est au 25 février.

Maria Teresa Pisani

1806-1855

 

Maria Teresa naquit le 29 décembre 1806 à Naples, du baron Benedetto Pisani Mompalao Cuzkeri et de Vicenza Carrano.

Ce mariage était mal engagé : le père était alcoolique et les parents se séparèrent. La petite Maria Teresa grandit chez sa grand-mère à Pizzofalcone (Naples). Elle se montra portée vers la piété et la prière ; elle ne sortait de chez elle que pour aller à la messe.

Durant son séjour chez la grand-mère, elle fut un jour frappée violemment à l’épaule par une domestique, ce qui lui laissa pour toute la vie une malformation. Une autre fois, elle se blessa à un doigt, et supporta la douleur pendant trois mois sans chercher à se soigner. Elle souffrit toute sa vie d’hydropisie.

A la mort de sa grand-mère, elle va au collège, où elle reçoit la Première Communion et la Confirmation.

En 1820-1821 Le père de Maria-Teresa est impliqué dans des émeutes ; arrêté et condamné à mort, il voit sa peine commuée en exil et il déménage à Malte ; peu après, son épouse et sa fille viennent s’installer à Rabat (toujours en l’île de Malte) en 1825. 

Maria Teresa passe deux années dans le recueillement et la discrétion.

A vingt-deux ans, malgré l’opposition de sa mère, elle entre au monastère des Bénédictines de Saint-Pierre à Mdina (Malte). Elle est déjà si «mûre», que la maîtresse des novices lui demande de la seconder dans l’instruction spirituelle des jeunes filles.

Elle fait la profession religieuse en 1830, avec le nom de Maria Adeodata. 

Elle eut trois mandats de sacristine et d’infirmière, qu’elle affectionnait particulièrement, celui de sacristine pour être plus près du Seigneur, celui d’infirmière pour mieux servir les Consœurs. Portière, elle obtint la permission de recevoir les pauvres et de les catéchiser.

Elue maîtresse des novices en 1847, puis abbesse en 1851.

Victime d’une maladie cardiaque, l’abbesse s’éteint à cette vie le 25 février 1855. Elle n’avait pas cinquante ans. Le matin du 25 à cinq heures, elle voulut descendre à la chapelle, disant à la Sœur infirmière : Je vais descendre, parce que c’est ma dernière communion, et aujourd’hui même je mourrai. Elle mourait à huit heures.

Mère Maria Teresa Adeodata Pisani a été béatifiée en 2001. 

 

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison soudaine, totale et durable d’une abbesse bénédictine de Subiaco, en 1897, malade d’une tumeur à l’estomac.

 

 

Luolong Bai Xiaoman

1821-1856

 

Luolong (Laurentius) était né vers 1821 à Shuicheng Co (Guizhou, Chine).

Orphelin depuis tout jeune, il travaillait comme saisonnier, dans un village du district de Xilin (Yaoshan), où il se maria et vivait chez les parents de son épouse, n’ayant pas de maison à lui. 

Guidé par le père Auguste Chapdelaine (lui-même martyr quelques jours plus tard, le 29 février), il se convertit et reçut le baptême. Dix jours plus tard il fut arrêté.

Le mandarin le menaça : 

- Si tu ne renonces pas à ta religion, je te ferai couper la tête.

- Le mandarin peut me fair couper la tête, et non seulement la mienne, mais encore celle de ma belle-mère, de ma femme et de ma fille. Renoncer à ma religion, à mon Dieu, cesser de lui adresser des prières, oh non, jamais !

Irrité, le magistrat le fit frapper de trois cent coups, avec une planchette longue de trois pieds, large de trois doigts et épaisse d’un doigt. Puis il le soumit pendant deux heures au supplice Mey-ien-tchouang : les genoux pliés et assujettis à un bâton, les coudes appuyés sur un banc, les mains liées, en dérision pour l’attitude de prière des Chrétiens.

Luolong refusa de renier sa foi et resta fidèle au Christ.

Il reçut le martyre le 25 (26 ?) février 1856, décapité à Su-Lik-Hien (Kwang-Si). Son corps fut abandonné dans les bois environnants pour y être dévoré par les bêtes sauvages.

Il fut béatifié dès 1900, et canonisé en 2000 parmi les cent-vingt Martyrs de Chine, qui ont leur fête liturgique le 9 juillet.

 

 

Ciriaco Sancha y Hervás

1833-1909

 

Ciriaco naquit le 18 juin 1833 à Quintana del Pidio (Burgos, Espagne), de Ambrosio Sancha Maestre et Baltasara Hervás Casas, d’humbles paysans.

La maman mourut en 1843.

Ciriaco reçut la Confirmation en 1849 et entra au Séminaire d’Osma en 1852.

Ordonné prêtre en 1858, il compléta ses études à Salamanque, puis fut le secrétaire de l’archevêque de Cuba en 1862.

Il s’occupa activement d’orphelins abandonnés, se méritant le surnom de père des pauvres, et fonda en 1869 une famille de religieuses qui devaient s’occuper des orphelins invalides et abandonnés. Plus tard cette famille prit le nom de Congrégation des Sœurs de la Charité du Cardinal Sancha.

En 1876, il fut nommé évêque de Tolède, puis en 1882 évêque à Ávila ; déjà quatre ans plus tard, il est transféré à Madrid, pour remplacer Mgr Narciso Martínez Izquierdo, qui venait d’être assassiné. De droit, il devenait aussi sénateur.

En 1888 il convoqua le premier Congrès Catholique National. 

En 1892, il fut transféré à Valencia, où il convoqua un Congrès Eucharistique en 1893. Il s’employa à soigner la préparation des prêtres et à renouveler le diocèse par différentes associations et institutions religieuses. En 1893-1894, il est de nouveau sénateur.

En 1894, il fut créé cardinal et promu au siège de Tolède en 1898, devenant du même coup Patriarche des Indes. Il développa une intense activité pastorale et sociale parmi les plus nécessiteux. Il promut les premiers efforts en vue de l’unité des chrétiens.

Suite à un catarrhe gastro-intestinal, il mourut le 25 février 1909, dans la pauvreté qu’il affectionnait, offrant sa vie pour l’Eglise. Sur sa tombe, est écrit : Pauvre il vécut, très pauvre il mourut.

Il a été béatifié en 2009, un siècle après sa mort. Le pape l’a défini comme infatigable témoin du Christ, père des pauvres et serviteur de l’unité de l’Eglise.

Toribio Romo González

1900-1928

 

Toribio naquit le 16 avril 1900 dans le village de Santa Ana de Guadalupe (Jalostotitlán, Jalisco, Mexique), de Patricio Romo Pérez et Juana González Romo. Dès le lendemain, il reçoit le baptême.

La famille est si pauvre, qu’elle s’oppose à ses études de séminaire, préférant qu’il reste à la maison pour travailler aux champs. Mais sa sœur aînée María (les siens l’appelaient Quica) prend sa défense, le remplace aux champs et sait mettre de côté pour payer les études de son frère.

Entré à treize ans au Petit séminaire de San Juan de los Lagos, puis au Grand séminaire de Guadalajara, il fut ordonné prêtre avec une dispense d’âge (en 1922, il avait à peine vingt-deux ans). Bientôt, son jeune frère Román sera aussi ordonné prêtre.

Sa prière constante était : Seigneur, ne me laisse pas passer une seule journée sans l’Eucharistie.

Il fut vicaire en plusieurs paroisses : Sayula, Tuxpan, Yahualica, Cuquio. 

Des lois anti-cléricales interdisaient la célébration des sacrements, la prière du chapelet, de sorte que le ministère devait se faire dans des circonstances difficiles. Turibio se montra un prêtre exemplaire, souffrant et supportant les contradictions sans se plaindre, dans la méditation, dans l’adoration du Saint-Sacrement, dans sa foi totale, dans sa compassion pour les autres (à qui il donnait même le minimum dont il avait besoin).

De ses notes, on peut lire dans quelles situations il se trouva : J’ai dû échapper dix fois aux persécuteurs ; une fois je suis resté deux semaines dehors ; une autre fois, on m’a caché pendant quatre jours dans une cuve étroite et infecte ; une autre fois je suis resté huit jours par tous les temps dans les montagnes…

En 1927, le père Turibio fut envoyé à Agua Caliente (Tequila). Son frère Román, à son tour ordonné prêtre, lui fut donné comme vicaire ; leur sœur María les rejoignit ; il fallait célébrer la messe en cachette, dans une ancienne distillerie. Turibio avait un net pressentiment de sa fin prochaine.

Le 22 février, mercredi des Cendres, Turibio se confessa à son frère et lui demanda sa bénédiction.

Le soir du vendredi 24 février 1928, il terminait la mise à jour du registre paroissial. A quatre heures du matin, il allait prendre un peu de sommeil avant de célébrer la messe.

Mais un délateur l’avait trahi. Des soldats conduits par ce dernier vinrent arrêter le jeune prêtre. Un soldat lui tira une balle, puis une seconde balle qui le fit tomber dans les bras de sa sœur. Puis ils le dépouillèrent de ses vêtements et le transportèrent dans une parodie de procession, jusqu’au village voisin, au milieu des obscénités. 

Les villageois purent s’emparer du cadavre du Martyr pour l’ensevelir dignement le lendemain, dimanche.

Turibio avait écrit dans son journal qu’il offrait son sang pour la paix de l’Eglise.

Le père Turibio est très populaire ; beaucoup de gens viennent prier sur sa tombe et implorer de son intercession les grâces les plus diverses.

Il a été béatifié en 1992 et canonisé en 2000 dans le groupe des Martyrs mexicains, qui sont fêtés ensemble le 21 mai, tandis que son propre dies natalis est au 25 février.

 

 

Luigi Versiglia

1873-1930

 

Luigi naquit le 5 juin 1873 à Oliva Gessi (Pavie, Italie N).

On ne trouve aucune indication sur sa famille. 

Petit, il servait toujours la messe et les gens le voyaient déjà prêtre. Mais lui n’aimait pas en entendre parler, car il voulait être vétérinaire.

Il connut saint Giovanni Bosco à Turin. Peu avant de mourir, Giovanni Bosco lui dit en le rencontrant : Viens me trouver, j’ai quelque chose à te dire. Malheureusement, Luigi n’en eut pas le temps, car don Bosco mourut peu après.

Luigi changea d’avis, frappé par la cérémonie de remise du crucifix à sept missionnaires.

Entré lui-même chez les Salésiens, Luigi fait la philosophie à l’Université Grégorienne de Rome et reçoit l’ordination sacerdotale en 1885 : il n’a que vingt-deux ans.

Pendant neuf ans, il est directeur et maître des novices à Genzano di Roma.

En 1906, il part pour la Chine. C’est la première mission des pères salésiens en Extrême-Orient, que Giovanni Bosco avait prophétisée.

A Macao, l’évêque lui confie l’orphelinat de l’Immaculée Conception. Mais à cause de la politique anti-cléricale du Portugal, ils doivent quitter en 1910, et s’établissent à Heung Shan (actuelle Zhongshan).

En 1921, Luigi est consacré évêque, et nommé vicaire apostolique de Shiu Chow, où malgré une population parfois réticente, il ouvre plusieurs séminaires, ainsi qu’un orphelinat et un asile de vieillards.

En 1930, il se décide, malgré les difficultés, à aller visiter les fidèles de Lin Chow, en compagnie du père Caravario. Avec eux se trouvent deux jeunes gens, leurs sœurs Maria (vingt-et-un ans) et Paola (seize ans), et une catéchiste, Clara (vingt-deux ans). S’adjoignirent aussi à eux une catéchiste âgée et un garçon de dix ans.

En chemin des brigands (certains parlent de soldats communistes) les attaquèrent et menaçaient de s’emparer des jeunes filles. L’évêque et le prêtre s’interposèrent ; les brigands les battirent jusqu’à les faire tomber à terre. Ils laissèrent partir la vieille catéchiste, les jeunes gens et le petit garçon, qui purent retourner prévenir d’autres missionnaires et avertir les autorités. 

L’évêque et le prêtre se donnèrent réciproquement l’absolution et exhortèrent les jeunes filles à rester fortes dans la foi. Les brigands firent marcher l’évêque et le prêtre jusque vers Li Thau Tseui. L’évêque les supplia : Moi, je suis vieux, abattez-moi ; mais lui, il est jeune, laissez-le ! On les ligota, on leur arracha leur crucifix et ils furent massacrés sur place à coup de fusil, le 25 février 1930.

Les jeunes filles entendirent cinq coups de feu. Dix minutes après, les bourreaux s’en revinrent vers elles, et elles les entendirent : Inexplicable ! On en a vu bien d’autres, tout le monde a peur de la mort. Mais ces deux-là sont morts heureux, et ces filles ne veulent pas autre chose que mourir aussi…

Ils les emmenèrent sur la montagne, où ils les gardèrent pendant cinq jours. Des soldats retrouvèrent les bandits et les firent déguerpir après un échange de coups de feu. Libres enfin, les jeunes filles purent raconter tout ce qu’elles avaient vu et entendu.

Luigi Versiglia a été béatifié en 1983, et canonisé en 2000 parmi les cent-vingt Martyrs de Chine.

Les Salésiens célèbrent tous leurs Saints dans une fête commune, le 13 novembre, qui est le jour anniversaire de leur départ de Gênes pour l’Amérique du Sud ; mais le dies natalis de Mgr Versiglia et du père Callisto Caravario est au 25 février.

 

 

Callisto Caravario

1903-1930

 

Callisto était né à Cuorgnè (Turin) le 18 juin 1903, de Pietro et Rosa, de bons parents chrétiens et modestes ouvriers.

Après ses études à Turin, il entra chez les Salésiens en 1918, et quand il connut Mgr Versiglia qui était déjà parti en Chine en 1921, il lui promit de l’y rejoindre, ce qui arriva en 1923. il écrivit à sa mère : Ici, nous les missionnaires, nous apprenons le chinois. A vingt ans, j’apprends à écrire et à balbutier comme un bébé… Chère maman, prie pour ton Callisto, pour qu’il puisse apprendre un peu facilement cette langue qui est si difficile, pour que je puisse faire un peu de bien.

Les événements de Chine ne furent pas favorables aux missions : les Salésiens durent se réfugier au Timor pendant quelques années, puis revinrent en Chine en 1927, mais don Callisto n’était toujours pas ordonné prêtre. Il dut attendre jusqu’en 1929 pour recevoir le sacerdoce, à Shanghai. Il écrit à sa mère : Avoir un fils prêtre, c’est une grande grâce et un grand honneur. Courage ! au ciel, le Seigneur te récompensera pour tous les sacrifices que tu as faits par amour pour lui.

En 1930, il doit accompagner Mgr Versiglia dans une visite apostolique parmi les fidèles de Lin Chow, que l’évêque n’avait pas revus depuis déjà un certain temps, à cause de la difficulté des déplacements.

Ils partent donc, en train d’abord, puis en barque.

Avec eux se trouvent deux jeunes gens, leurs sœurs Maria (vingt-et-un ans) et Paola (seize ans), et une catéchiste, Clara (vingt-deux ans). S’adjoignirent aussi à eux une catéchiste âgée et un garçon de dix ans.

En chemin des brigands (certains parlent de soldats communistes) les attaquèrent et menaçaient de s’emparer des jeunes filles. L’évêque et le prêtre s’interposèrent ; les brigands les battirent jusqu’à les faire tomber à terre. Ils laissèrent partir la vieille catéchiste, les jeunes gens et le petit garçon, qui purent retourner prévenir d’autres missionnaires et avertir les autorités. 

L’évêque et le prêtre se donnèrent réciproquement l’absolution et exhortèrent les jeunes filles à rester fortes dans la foi. Les brigands firent marcher l’évêque et le prêtre jusque vers Li Thau Tseui. L’évêque les supplia : Moi, je suis vieux, abattez-moi ; mais lui, il est jeune, laissez-le ! On les ligota, on leur arracha leur crucifix et ils furent massacrés sur place à coup de fusil, le 25 février 1930.

Les jeunes filles entendirent cinq coups de feu. Dix minutes après, les bourreaux s’en revinrent vers elles, et elles les entendirent : Inexplicable ! On en a vu bien d’autres, tout le monde a peur de la mort. Mais ces deux-là sont morts heureux, et ces filles ne veulent pas autre chose que mourir aussi…

Ils les emmenèrent sur la montagne, où ils les gardèrent pendant cinq jours. Des soldats retrouvèrent les bandits et les firent déguerpir après un échange de coups de feu. Libres enfin, les jeunes filles purent raconter tout ce qu’elles avaient vu et entendu.

Le père Callisto Caravario avait vingt-six ans. Son dies natalis, avec Mgr Versiglia, est au 25 février.

Il fut béatifié avec Mgr Versiglia en 1983, et canonisé avec ce dernier dans le groupe des cent-vingt Martyrs de Chine, en 2000.

 

 

Antonina De Angelis

1880-1962

 

Née le 24 octobre 1880 à San Gregorio (L’Aquila, Italie C), Antonina était l’aînée des huit enfants de Ludovico De Angelis et Santa Colaianni, d’humbles paysans chrétiens dans l’âme, qui la firent baptiser le jour même de sa naissance.

Ce fut une femme forte, qui aidait sa mère dans toutes les besognes quotidiennes, mais aussi son père dans le travail des champs et la vente des produits. Tout ce travail fit qu’elle ne put aller à l’école, mais elle apprit à lire et à écrire en prenant des leçons auprès d’une maîtresse privée.

Sa mère aurait bien voulu, par le mariage de sa fille aînée, avoir des petits-enfants, mais Antonina voulait se consacrer à Dieu.

Grâce à son curé qui lui offrit sa dot, elle entra en 1904 chez les Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde à Savona, où elle prit le nom de Maria Ludovica et fit sa profession religieuse.

En novembre 1907, elle partait pour l’Argentine. Elle s’arrêta à Buenos Aires pour passer Noël avec les Consœurs et joignit La Plata, où on l’attendait dans l’hôpital des enfants. «Hôpital» était un bien grand mot : il consistait alors en deux grandes salles, entourées d’une haie de barbelés.

Son manque de culture fit qu’on la mit d’emblée à la cuisine et à la lingerie, mais elle fut tellement diligente dans l’administration, que le docteur la proposa pour administrer l’établissement dans son intégralité : elle conservera cette charge jusqu’à la mort, pendant cinquante-quatre ans !

On aura noté son parler espagnol pas trop académique, fourré d’expressions italiennes et, à l’occasion, de termes de son terroir ; mais elle comprend tout, et réussit très bien à se faire comprendre, tant elle est gentille et patiente.

Ludovica fit de l’hôpital son couvent, elle chercha la sainteté dans l’accomplissement parfait de toutes les «petites choses» ; fournitures, gestion, contacts, nourriture, entretien, tout lui était occasion de rechercher la perfection pour la gloire de Dieu et le bien de tous. Elle fit doter l’hôpital de blocs opératoires. Elle réussit tellement bien que le Ministère de la Santé donna plus tard à cet hôpital le nom de Sœur Supérieure Maria Ludovica.

Sœur Ludovica n’avait pas que cet hôpital dans sa tête : elle fonda un sanatorium à Punta Magotes (Mar del Plata) pour les enfants affectés de tuberculose et de maladies respiratoires, ainsi qu’une grande ferme pour la production de denrées fraîches (lait, légumes, fruits) pour ces petits malades. Et pour que tout fût complet, il y eut un centre de spiritualité, avec église, catéchèse, enseignement, missions populaires, de sorte que tous ces malheureux gamins orphelins, abandonnés, malades, reçurent là, outre des soins cliniques, également une formation scolaire et spirituelle. Pour une femme si peu instruite, Sœur Ludovica se montrait vraiment à la hauteur de sa mission.

Mais comme cela se produit fréquemment, le succès de Ludovica provoqua des jalousies, des critiques, des calomnies même, autant d’épreuves qui s’ajoutèrent douloureusement à ses problèmes de santé : on dut lui retirer un rein en 1935, elle souffrit d’hypertension et d’œdème pulmonaire, le tout «couronné» d’insomnies, qu’elle occupait en cousant des ornements liturgiques ou en surveillant si les petits malades dormaient bien. Elle supportait tout cela sans se départir de son indéfectible sourire, toujours armée de son chapelet à la main.

Une de ses réparties plus caractéristiques était : Il faut faire du bien à tous, peu importe à qui.

Début 1962, on lui diagnostica une tumeur à l’abdomen. Elle répétait très paisiblement : Dieu le veut ! Lui, il sait ce qu’il fait ! Que sa volonté soit faite !

Elle mourut saintement le 25 février 1962, et fut béatifiée en 2004.

Mariam Vattalil
1954-1995

Mariam Vattalil, née le 29 janvier 1954 à Pulluvazhy (Kerala, Inde), était le deuxième des sept enfants de Paily et Eliswa Vattalil, de pauvres paysans qui la firent baptiser le 5 février suivant.
On connaît aussi les noms de ses frère et sœurs : Stephen, Annie, Varghese, Thressiamma, Celine, Lusy. Celine fut aussi religieuse chez les Clarisses.
En 1966, Mariam reçut la Première communion et la Confirmation.
En même temps que l’école, Mariam trouvait le temps d’aider son père dans les travaux des champs, et sa mère dans les tâches domestiques.
Après ses études secondaires, Mariam entra en 1971 chez les Clarisses de Kidangoor, où elle assuma le nom de Rani Maria (Reine Marie, d’après le titre marial de Marie Reine) ; en même temps qu’elle entrait aussi sa cousine, Cicily. Le noviciat s’acheva régulièrement en 1974, avec la profession temporaire.
A partir de 1975, elle fut en service à Bijnor (Uttar Pradesh) ; elle fut maîtresse d’école de 1976 à 1978. 
Elle prononça ses vœux définitifs à Ankamaly en 1980.
En 1983, elle fut transférée à Odagady. En 1989, elle fut supérieure à Aluva et fut reçue docteur en sociologie à l’université de Rewa.
En 1992, elle fut envoyée à Udayanagar.
Tous ceux qui la connurent furent captivés par sa joie communicative, toute franciscaine. 
Sœur Rana Maria s’engagea dans l’éducation des enfants et surtout au service des pauvres. Son programme en faveur des marginalisés s’opposait radicalement aux intérêts des grands exploitants.
Le 25 février 1995, à Nachanbore Hill (Indore) un tueur professionnel, à la solde des grands propriétaires, la frappa dans l’autobus de cinquante-quatre coups de couteau.
En mourant, Rani Maria ne répétait que le nom de Jésus !
Le meurtrier, Jeevan Singh, fut condamné à la prison à vie, mais fut relâché en 2006 pour sa bonne conduite ; il fut visité en prison par la sœur de Rani Maria, qui lui pardonna ; la maman de Rani Maria vint aussi lui rendre visite, et lui baisa les mains en signe de pardon. Toute la famille pardonna Jeevan Singh et le considéra comme un des leurs. Jeevan pleura de joie en apprenant que Rani Maria allait être béatifiée.
Reconnue martyre, sœur Rani Maria a été béatifiée en 2017.
Rani Maria Vattalil sera commémorée le 25 février dans le Martyrologe Romain.

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