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25 octobre 2023 3 25 /10 /octobre /2023 23:00

26 OCTOBRE

 

III.

SS Loukianos et Markianos, magiciens puis chrétiens martyrs à Nicomédie. 

SS Rogatianus, prêtre, et Felicissimus à Carthage ; avant d'aller se cacher, s.Cyprien confia son diocèse à s.Rogatianus, qui fut pris, puis relâché. 

IV.

S Amandus, premier évêque à Strasbourg.

V.

S Rusticus, évêque à Narbonne, fils et neveu d'évêques.

VI.

S Alor, à Quimper, patron des chevaux.

S Quadragésime, sous-diacre près de Salerne ; il unit sa prière à celle d'un autre moine qui ressuscita un mort.

S Aptonius, évêque à Angoulême.

VII.

S Cedd, frère des ss.Chad, Celin et Cynibill, moine à Lindisfarne, évêque à Tilbury ; il adopta la date romaine de la Pâque.

S Eadfrid, prêtre anglais, qui convertit la Mercie et son roi Merewald, puis fonda un monastère à Leominster.

S Eata, disciple de s. Aidan, abbé à Melrose puis à Lindisfarne, évêque à Hexham, partisan des usages romains, qu'il fit adopter.

Ste Gibitrude, moniale à Faremoutiers ; une fois morte, elle revint quelque temps à la vie pour avoir le temps de réparer sa rancune envers des moniales.

VIII.

S Sigebald, évêque à Metz, fondateur de deux abbayes : Saint-Avold et Neuwiller.

S Cuthbert, abbé de Liminge, évêque à Hereford, puis évêque à Canterbury. Il estimait beaucoup s.Boniface ; dans un concile qu'il convoqua, on insista sur la nécessité de catéchiser le peuple dans sa langue.

S Witta, d'origine anglaise, évêque à Büraburg ; ce siège fut transféré à Mayence, et plus tard remplacé par Paderborn.

B Humbert, moine à Fritzlar.

XI.

S Beóán, évêque à Mortlach.

S Adalgot, moine à Einsiedeln, puis abbé à Disentis.

XIII.

S Folco, d'origine irlandaise, des Chanoines de Sainte-Euphémie à Piacenza, évêque à Piacenza et plus tard à Pavie : il travailla à la paix entre les deux villes.

XVIII.

B Carlo Antonio Gerardo Lavanga (Bonaventura de Potenza), mystique marial franciscain ; il sut dominer son caractère irascible. 

XX.

Bse Celina Chludzinska Borzecka (1833-1913), polonaise (née en territoire biélorusse), fondatrice, une fois veuve, des Sœurs de la Résurrection, béatifiée en 2007.

B Josif Mihali (1912-1948), prêtre albanais de rit gréco-catholique, martyr, béatifié en 2016.

Loukianos et Markianos de Nicomédie

† 250

 

Ces deux héros de la Foi étaient à Nicomédie des magiciens.

Ils s’éprirent d’une vierge consacrée - dont on ignore le nom - mais eurent la surprise d’entendre les démons leur avouer qu’ils ne pouvaient rien faire contre cette vierge protégée par le Christ. Du coup, ils brûlèrent leurs livres d’incantations et demandèrent le baptême.

Ils se retirèrent au désert, et réapparaissaient de temps en temps en ville pour prêcher le Nom du Christ. On les dénonça.

Interrogés par un certain Sabinus, ils persévérèrent dans leur Foi et furent condamnés à mort.

Ils moururent brûlés vifs, vraisemblablement à Nicomédie, le 26 octobre 250.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Loukianos et Markianos de Nicomédie au 26 octobre.

 

 

Rogatianus et Felicissimus de Carthage

† 258 ?

 

Quand la persécution de Dèce éclata (250), saint Cyprien (v. 14 septembre) était évêque de Carthage depuis moins d’un an et crut devoir se cacher en confiant l’administration de l’Eglise au prêtre Rogatianus, assisté de l’assemblée des prêtres et des diacres. Rogatianus fut bientôt arrêté.

Dans sa prison, il fut le soutien des chrétiens qui ne tardèrent pas à le rejoindre et, comme lui, refusèrent de renier leur foi.

S.Cyprien leur écrivit. Après les avoir félicités et encouragés à persévérer, il termine ainsi : Vous suivrez en tout le prêtre Rogatianus, glorieux vieillard qui pour la gloire de notre temps vous montre la route, grâce à sa foi vaillante et à la divine bonté. Avec notre frère Felicissimus, toujours calme et sage, soutenant l’assaut d’un peuple furieux, il vous a d’abord préparé une place en prison, et maintenant encore il vous précède comme s’il était votre fourrier…

On voit par ce texte que Rogatianus était un prêtre âgé ; qu’entendait Cyprien par son frère Felicissimus ? - Certainement pas un évêque coadjuteur, mais peut-être bien un prêtre, moins âgé que Rogatianus, mais tout aussi solide dans la foi.

Felicissimus n’apparaît plus ensuite dans la correspondance de saint Cyprien. Du moins espérons-le, car il serait dommage de l’identifier avec le diacre rebelle, ami de Novat, fauteur de schisme et d’hérésie.

Rogatianus recouvra la liberté après la persécution. S.Cyprien lui envoyait de l’argent pour secourir les pauvres et lui adressait ses directives pour essayer d’apaiser les rebelles et de réconcilier prudemment les malheureux apostats.

Nous n’avons aucun moyen de suivre l’activité de Rogatianus : la seule lettre où il figure au nombre des expéditeurs n’a que cinq lignes et se contente de faire savoir à l’évêque qu’une sentence d’excommunication qu’il avait portée, avait été appliquée.

Rogatianus et Felicissimus ont-ils été martyrisés pendant la persécution de Valérien, comme leur évêque Cyprien ? Nous l’ignorons absolument.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Rogatianus et Felicissimus de Carthage au 26 octobre.

 

 

Amandus de Strasbourg

290-355

 

Amandus fut le premier évêque de Strasbourg, à partir de 346.

Il est difficile de retenir qu’il fut présent au concile de Sardique (343), où l’on trouve un Amantos parmi les signataires. Mais ce fut probablement lui qui participa au concile de Cologne de 346.

Aimable de nom, Amandus fut, dit-on, effectivement un personnage très aimable et particulièrement humble.

Il mourut vers 355.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Amandus de Strasbourg au 26 octobre.

 

 

Rusticus de Narbonne

380-461

 

Rusticus était le fils d’un certain Bonosus, qui fut évêque, et neveu d’Arator, autre évêque. On ne nous a pas dit de quels sièges ces derniers furent évêques.

C’est peut-être à lui que s’adresse une lettre de s.Jérôme (v. 30 septembre) : dans l’affirmative, Rusticus compléta ses études à Rome avant de s’engager dans la voie monastique.

Il est certain que notre Rusticus entra dans un monastère proche de Marseille, où il eut pour compagnon un certain Venerius, futur évêque de Marseille.

En 427, Rusticus fut ordonné évêque de Narbonne ; c’était le cinquième sur ce siège.

Il participa aux conciles qui eurent lieu en Arles : il y en eut neuf au cinquième siècle (435, 443, 451, 454, 462, 463, 474, 475, 476). Celui de 462 concernait particulièrement Narbonne, qui venait d’être livrée par le gouverneur aux Wisigoths.

De 442 à 445, il fit construire une nouvelle basilique, en remplacement de la cathédrale détruite par un incendie.

Une lettre du pape Léon le Grand (v. 10 novembre) adressée personnellement à Rusticus, datable en 458-459, l’exhortait à ne pas se démettre de son siège épiscopal et l’encourageait à mettre toute sa confiance dans la force du Christ. Si nos repères chronologiques sont exacts, Rusticus avait donc proposé de se démettre à soixante-dix-huit ans. Aujourd’hui, selon la formule consacrée, on aurait accepté sa démission.

La même lettre fait allusion à une situation bien regrettable : des prêtres et des diacres se faisaient passer pour évêques et ordonnaient des clercs. Etait-ce propre à Narbonne, ou à la Gaule méridionale ? De telles ordinations n’avaient évidemment aucune validité.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Rusticus de Narbonne au 26 octobre.

 

 

Aptonius d’Angoulême

† 566

 

Dans le catalogue des évêques d’Angoulême, Aptonius apparaît au quatrième rang.

Il aurait été nommé à ce siège en 541-542.

Ce fut lui qui reçut s.Eparchius (Cybard, v. 1er juillet) et l’ordonna prêtre.

Si l’on trouve la signature d’Aptonius au concile d’Orléans (549), c’est son successeur, Maracharius, qui signe en 567 comme évêque nommé, non encore consacré : Aptonius devait alors être mort, peut-être l’année précédente (566 ?).

On a lu parfois qu’Aptonius était le frère d’Ausonius, le premier évêque d’Angoulême : Aptonius aurait-il vécu deux cents ans ? Ou alors, il aurait pu avoir un frère nommé Ausonius qui ne fut pas évêque.

Saint Aptonius d’Angoulême est commémoré le 26 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cedd

† 664

 

Il a été question de saint Cedd à propos de son jeune frère saint Chad, au 2 mars.

Ils étaient quatre frères de Northumbrie, qui reçurent la foi grâce à des missionnaires irlandais. Cedd fut longtemps moine à Lindisfarne, où il reçut la prêtrise.

Il fut envoyé par l’évêque de Lindisfarne pour évangéliser l’Angleterre du Centre et la Mercie, sur la demande du roi, Peada.

Puis il fut invité à évangéliser aussi chez les Saxons de l’Est, où il opéra des conversions et fit construire des églises. Finalement il fut sacré évêque pour cette région. Il y organisa l’Eglise, ordonna des prêtres, fonda deux monastères, dont celui de Tilbury où il résida (ces deux monastères cependant furent détruits plus tard par les Danois envahisseurs).

En 658, il fonda l’abbaye de Lestingay, sur invitation du prince de Deira. Il y introduisit la règle de saint Colomba. Cette abbaye fut aussi détruite plus tard par les Danois.

De passage à Londres, Cedd y excommunia un seigneur qui vivait dans l’inceste. Et comme le roi accepta ensuite une invitation à un banquet chez ce seigneur, Cedd le lui reprocha et lui annonça qu’il mourrait dans cette même maison, ce qui arriva en 661, lorsque le seigneur en question y fit lâchement assassiner le roi.

En 664, Cedd accepta la date romaine de Pâques, dans un synode tenu à Streneshalch.

Cedd mourut bientôt de la peste, qui sévissait en Angleterre, le 26 octobre 664, jour où le commémore le Martyrologe.

 

 

Eadfrid

† 675

 

On connaît souvent assez peu les Saints d’Angleterre. Celui-ci est un des moins connus, au point que même le Martyrologe Romain récent ne l’a pas retenu.

Eadfrid est donné comme prêtre de Northumbrie, qui travailla en Mercie, où il convertit le roi Merewald et son peuple.

Il fonda le prieuré de Leominster, au nord de Hereford, à l’est du Pays de Galles.

Il serait mort un 26 octobre vers 675.

 

 

Eata

† 686 env.

 

Eata est donné comme l’un des douze compagnons de saint Aidan (v. 31 août), qui fonda l’abbaye de Lindisfarne, un îlot de la mer du Nord au sud de la province de Glasgow.

Eata fut abbé à Melrose et c’est lui qui accueillit bientôt chez lui le futur saint Cuthbert (v. 20 mars).

On avait besoin de Eata pour des charges importantes et il ne resta pas longtemps dans le silence de son monastère.

D’abord élu abbé à Lindisfarne, il fut nommé évêque des Berniciens, en Northumbrie du nord, puis à Hexham (685).

Il mourut peu après, laissant le souvenir d’un abbé-évêque «très doux, très simple».

Il fut enterré dans la cathédrale de Hexham. En 1173, on voulut le reporter à York, mais dans un songe à l’archevêque, Eata manifesta sa claire désapprobation pour ce changement, de sorte qu’on le laissa tranquille.

Le Martyrologe le mentionne le 26 octobre.

 

 

Sigebald de Metz

† 741

 

Sigebald (Sigebaud) apparaît comme le trente-sixième évêque de Metz.

Il aurait appartenu à la gens Ansbertina, comme l’un de ses prédécesseurs Goeri (v. 19 septembre).

Avant son épiscopat, il aurait été conseiller personnel de Pépin d’Héristal.

Il fut nommé évêque en 716.

On signale Sigebald comme restaurateur de nombreux sanctuaires.

Vers 720, il fit construire à l’emplacement d’Hilariacum une abbaye sous le vocable de Saint-Pierre, rebaptisée plus tard Saint-Nabor, à l’origine de la localité Saint-Avold.

Il aurait été aussi à l’origine de l’abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Neuwiller-lès-Saverne.

Sigebald était, dit-on, malade de la goutte. Il mourut vers 741-747.

Saint Sigebald de Metz est commémoré le 26 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cuthbert de Canterbury

† 758 env.

 

D’après les quelques lettres qu’on a conservées de lui, Cuthbert pouvait être de noble extraction et d’une culture soignée.

Abbé de Lyminge, il fut nommé pour l’évêché de Hereford (736), d’où il passa quatre ans plus tard à l’archevêché de Canterbury.

Il fut soutenu par le roi de Mercie, qui lui confirma des privilèges pour les clercs et les moines.

Il fut en relation très amicales avec saint Boniface, qui était anglais d’origine, et qui évangélisait les peuples de Germanie (v. 5 juin). Dans une de ses lettres, Boniface lui recommanda de bien veiller à la conduite des moines et des clercs, parfois vêtus trop «luxueusement», parfois adonnés à l’alcool…

Cuthbert réunit deux conciles à Clovesho et fit construire l’église de Saint-Jean-Baptiste à Canterbury, qui servit comme baptistère et aussi comme lieu de sépulture des archevêques. Mais cette église brûla en 1067.

Cuthbert mourut le 26 octobre 760, et fut considéré comme un saint, mais il n’est pas mentionné dans le Martyrologe.

Il ne faut pas le confondre avec Cuthbert de Lindisfarne, mort en 687, et qui, fêté le 20 mars, se trouve dans le même Martyrologe.

 

 

Witta de Büraburg

700-760

 

Witta était né vers 700 en Angleterre.

Son nom, qui évoque la blancheur (white) fut transcrit Albinus en latin.

Il aura pu étudier et se former à l’abbaye de Iona.

Il quitta son pays pour venir soutenir le travail évangélisateur de s.Boniface (v. 5 juin).

Boniface le consacra évêque du nouveau diocèse de Büraburg et le pape Zacharie confirma ce choix.

En 742, Witta prit part au premier synode germanique.

En 745, il signa, avec d’autres prélats, une lettre de Boniface au roi de Mercie, qui suppliait ce dernier de respecter la loi de Dieu et les droits de l’Eglise.

Witta eut des soucis avec les Saxons encore païens, qui n’acceptaient pas facilement d’abandonner leurs idoles et leurs habitudes.

Il mourut à une date imprécise, qui varie selon les auteurs de 747 à 760.

Le siège de Büraburg, réuni à celui de Mayence, fut remplacé par Paderborn.

Saint Witta de Büraburg est commémoré le 26 octobre dans le Martyrologe Romain.

Beóán de Mortlach

 † 1032

 

Beóán, latinisé en Beanus (Beoanus), en anglais Beyn, était né en Ecosse.

L’évêché de Mortlach fut ou aurait été fondé par le roi Máel Coluim II d’Ecosse en 1012, en action de grâce pour sa victoire sur les Scandinaves envahisseurs.

Le premier évêque de ce nouveau siège fut notre Beóán, qui fut confirmé par le pape Benoît VIII sur la demande du même roi.

Par la charte de Forfar, le roi confirma à l’évêque les terres et les sanctuaires de Clova (Kirriemuir). 

Saint Beóán de Mortlach est commémoré le 26 octobre dans le Martyrologe Romain (qui mentionne un autre Beóán, ermite, le 16 décembre).

 

 

Folco Scotti de Plaisance

1165-1229

 

Comme son nom ne l’indique pas, Folco (Foulque) n’était ni italien ni écossais.

Sa famille était originaire d’Irlande, et à cette époque on appelait ces gens-là les Scotti. On suppose que la famille de Folco comptait des commerçants qui quittèrent l’Irlande après l’invasion des Danois et s’installèrent dans le nord de l’Italie.

Folco naquit vers 1165 à Plaisance.

A vingt ans, il entra dans une communauté sacerdotale, les Chanoines de Sainte Euphémie, qui l’envoyèrent étudier à Paris. Une fois maître en théologie, Folco revint à Plaisance vers 1192, fut ordonné prêtre, puis nommé prieur (1194).

En 1208, il prit part au synode diocésain, fut nommé chanoine puis archiprêtre de la cathédrale, enfin évêque de Plaisance, en 1210.

Le grand événement se produisit en 1216 : Folco fut aussi nommé évêque de Pavie. Or Pavie et Plaisance, qui sont toutes proches, étaient à couteaux tirés «traditionnellement», et Folco devait être le pasteur des «ennemis». Pendant treize ans, l’évêque démontra par son zèle, sa patience et sa bonté qu’on pouvait vivre en paix.

Ce grand pacificateur mourut le 26 octobre 1229. Il fut enseveli dans la cathédrale de Pavie, et même les diocésains placentins l’acceptèrent sans récriminer !

Saint Folco est inscrit au Martyrologe Romain le 26 octobre.

 

 

Carlo Antonio Gerardo Lavanga

1651-1711

 

Carlo Antonio Gerardo Lavanga naquit en 1651 à Potenza (Basilicata, Italie S) dans une famille pauvre, mais riche de vertus.

Les qualités du petit Carlo poussèrent un prêtre de l’endroit à lui donner quelques leçons de latin, quand le garçon avait dix ans.

A quinze ans, Carlo entra au noviciat des Frères Mineurs de Nocera (Naples), prenant le nom de Bonaventura.

Ce n’était pas (encore) un saint : le jeune novice dut apprendre à dominer son ardeur juvénile, à réprimer à l’occasion ses mouvements d’impatience. De fait, il devint d’une très grande douceur (pour les autres), tout en étant très sévère pour lui-même, s’imposant des macérations qu’il maintint toute sa vie.

Son obéissance était celle d'un enfant. Un jour qu'il cherchait la clef de la sacristie : Prenez un hameçon, lui dit en riant son supérieur, et repêchez-la, elle est au fond du puits. Bonaventura le fit et retira la clef par le moyen indiqué. Dieu récompensa l'obéissant religieux par d'autres faits non moins extraordinaires. 

Il se prépara en différents couvents : Aversa, Maddaloni, Amalfi, où il reçut le sacerdoce en 1675.

Par la suite, il fut envoyé aux couvents de Naples, Ravello, Ischia, Sorrento et Nocera. Mais il refusa catégoriquement toute charge, dont celle de gardien à Ravello et Capri ; il dut s’incliner par obéissance pour accepter la charge de maître des novices à Nocera.

Il s’efforça de transmettre à ces novices ses deux vertus préférées, l’humilité et l’obéissance, et de leur révéler les richesses spirituelles de la vie et de la Passion du Christ. Quand il leur parlait des souffrances du Sauveur, il pleurait abondamment, et ses yeux semblaient jeter des flammes. 

Sa charité fut surtout remarquable à l’égard des petits, des pauvres et des humbles ; lorsqu’éclata la peste dans un village voisin de Naples, il se porta au secours des malades, et ne cessa pas quand il fut atteint lui-même, en dépit de sa faiblesse et d’une fièvre qui le minait, s’abandonnant à la Providence.

Revenu à la santé, Bonaventura reprit allègrement ses travaux apostoliques de prédication. Il était né apôtre, et rien ne le rebutait lorsqu’il s’agissait de gagner une âme au Christ. Son zèle pour les âmes était si brûlant, qu'il disait un jour : Si j'étais appelé auprès de quelques pauvres infirmes ou moribonds et que les portes fussent fermées, de façon que je ne susse par où sortir, je n’hésiterais pas à me jeter par la fenêtre pour aller sauver leur âme.

Dieu d’ailleurs lui venait en aide, en lui accordant dans une large mesure le don de prophétie et de pénétration des consciences. Durant ses longues oraisons, ou pendant sa messe, on le voyait parfois ravi en extase et élevé de terre.

Lui qui toute sa vie avait été un dévot de Marie et n’entreprenait aucune œuvre sans la mettre sous sa protection, offrit sa dernière maladie à sa Mère du ciel, et s’endormit dans le Seigneur au couvent de Ravello, où il passa les deux dernières années de sa vie, après une opération à la jambe, gagnée par la gangrène.

Il mourut ainsi à Ravello le 26 octobre 1711.

Après beaucoup de miracles avenus à son tombeau, Carlo-Bonaventura a été béatifié en 1775.

 

 

Celina Chludzinska Borzecka

1833-1913

 

Celina Chludzinska était une des trois enfants de Ignatius et Petronella, propriétaires terriens. Elle naquit à Antowil (Orsza, Pologne orientale, actuelle Biélorussie) le 29 octobre 1833.

Malgré son attrait pour la vie religieuse, elle obéit à ses parents et épousa Józef Borzecki en 1853. Quatre enfants naquirent, dont deux moururent en bas âge ; les petites filles s’appelèrent Jadwiga et Celina.

En 1869, pour avoir appuyé les insurgés contre le régime tsariste, Celina subit une arrestation.

Joseph, lui, victime d’un infarctus, resta paralysé et mourut en 1875 à Vienne, où la famille s’installa pour lui faire prodiguer de meilleurs soins.

Avec ses filles, la pauvre veuve vient à Rome. La jeune Celina se marie ; maman Celina et sa fille Jadwiga constituent une petite communauté.

En 1887, elles ouvrent une première école, dont l’aumônier, un certain Giacomo Della Chiesa, devait plus tard être le pape Benoît XV.

En 1891 est officiellement fondée la congrégation des Sœurs de la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui vont essaimer bientôt en Pologne (Kety, Czestochowa, Varsovie), en Bulgarie (où se développa une intense activité parmi les orthodoxes), aux Etats-Unis. 

La mission de ces religieuses est l’éducation chrétienne des jeunes filles et le renouveau religieux et moral des femmes, ainsi que l’assistance aux malades et la pastorale paroissiale.

Aujourd’hui, cette congrégation compte pas moins de cinquante-trois maisons, en Pologne, Biélorussie, Italie, Angleterre, Etats-Unis, Canada, Argentine, Tanzanie et Australie.

Celina en fut la supérieure, jusqu’en 1911, deux ans avant sa mort à Cracovie, le 26 octobre 1913.

Celina s’est montrée vraiment édifiante par son humble obéissance à ses parents, et par son attitude d’épouse fidèle, de mère exemplaire, tant pour ses enfants que pour sa famille religieuse. 

Elle a été béatifiée en 2007.

 

 

 

Josif Mihali

1912-1948

 

Josif Mihali naquit le 23 septembre 1912 à Elbasan (Albanie).

Il appartenait à la communauté de rite gréco-catholique présente dans le sud de l’Albanie, ce qui explique qu’il fut envoyé dans la communauté de ce rite à Grottaferrata, proche de Rome, pour sa préparation au sacerdoce.

Ordonné prêtre en 1935, il célébra pour la première fois la Divine Liturgie en l’église Saint-Athanase de Rome et, l’année suivante, revint en Albanie.

En 1945, sous le régime communiste, il fut arrêté et condamné à dix années de travaux forcés. Cependant, épuisé, il s’écroula à terre : un gardien força d’autres prisonniers à l’enterrer vivant ; Josif mourut ainsi étouffé, à Maliq (Korçë), le 26 octobre 1948.

Josif Mihali fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 26 octobre.

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23 octobre 2023 1 23 /10 /octobre /2023 23:00

24 OCTOBRE

 

?

SS Cyriacus et Claudianus, martyrs à Hiérapolis en Phrygie.

IV.

S Félix, évêque à Thibiuca.

V.

S Proklos, évêque à Constantinople et successeur de Nestorius, grand défenseur de la maternité divine de Marie, auteur présumé du trisagion : “Saint Dieu, Saint fort, Saint immortel, aie pitié de nous”.

VI.

S Martino, moine à Montemassico ; le diable le tentait sous forme d'un serpent qui habitait dans la même grotte que lui ; il fit des miracles.

S Arethas et environ quatre cent vingt martyrs yéménites, clergé et sodats, victimes d'un tyran juif.

S Magloire, gallois, cousin des ss.Samson et Malo, abbé puis évêque à Dol.

S Senoch, descendant de barbares installés en Poitou et devenu ermite thaumaturge ; il sut accepter les observations de s.Grégoire de Tours.

S Martin, diacre à Nantes, puis ermite à l'origine d'un monastère bénédictin à Vertou.

S Cadfarch, gallois ; frère des ss.Cawrdaf, Thangwn, Maethlu.

VII.

S Eberigisil, évêque à Cologne, assassiné par des brigands.

S Fromond, normand, évêque à Coutances, fondateur d'une abbaye de moniales au Ham.

X.

S Florentin, à Bonnet. 

XIX.

Bx Yu Hang-geom Augustinus et Yun Ji-heon Franciscus, laïcs coréens martyrs, écartelés, béatifiés en 2014.

S Antonio María Claret y Clará, prêtre espagnol, fondateur des Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie ; évêque à Cuba, aumônier de la reine à Madrid, administrant son diocèse depuis l'Espagne ; à la révolution de 1868 il vint en France et, après le concile de Vatican I, dut partir chez les Cisterciens de Fontfroide pour échapper à la police.

XX.

S Luigi Guanella (1842-1915), prêtre salésien italien, très sensible aux handicapés, fondateur des Filles de Sainte-Marie de la Providence et des Serviteurs de la Charité, canonisé en 2011.

B Giuseppe Baldo (1843-1915), prêtre italien, curé pendant presque quarante ans, très actif, fondateur des Petites Filles de Saint-Joseph, béatifié en 1989.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2013 :

Lazaristes : aux Asturies, le prêtre Amado García Sánchez (1903-1936) ;

- béatifiées en 2017 :

Filles de la Charité : à Barcelone, Toribia Marticorena Sola et Dorinda Sotelo Rodríguez (*1882, 1915) ;

- béatifiés en 2021 :

Laïcs : près de Ciudad Real, les deux frères Antonio et José Toral Cascales (*1912, 1914).

Bse Benigna Cardoso da Silva (1928-1941), brésilienne, martyre de sa pureté, béatifiée en 2021.

Bse Marije Tuçi (1928-1950), jeune demoiselle albanaise consacrée, martyre, béatifiée en 2016.

Cyriacus et Claudianus de Hiérapolis

?

 

Les deux Martyrs Cyriacus et Claudianus moururent à Hiérapolis (Phrygie, auj. proche de Şuhut, Turquie W) à une date et dans des conditions qui nous sont inconnues.

Le nom Cyriacus pourrait s’énoncer Kyriakos, tandis que Claudianus a une sonorité toute latine.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Cyriacus et Claudianus de Hiérapolis au 24 octobre.

 

 

Proklos de Constantinople

390-446

 

Proklos (Proclus) naquit vers 390 à Constantinople.

Il fut secrétaire du patriarche Attikos, qui l’ordonna diacre et prêtre ; puis il fut évêque nommé de Cyzique, de l’autre côté de la mer de Marmara, en face de Constantinople. En réalité, cette nomination resta sans suite et Proklos demeura à Constantinople.

En décembre 428, quand le fameux Nestorius devint patriarche de Constantinople, Proklos proclama dans un sermon solennel en sa présence la maternité divine de Marie. Nestorius n’osa pas sévir contre un orateur si puissant, mais on ne sait pas non plus ce qu’il advint de Proklos pendant quelques années.

On n’a pas trace non plus de sa présence éventuelle au concile d’Ephèse (431), qui déposa Nestorius.

Mais en avril 434, Proklos fut nommé patriarche de Constantinople.

Proklos s’employa à faire disparaître les traces de la doctrine de Nestorius, celles de Théodore de Mopsueste ainsi que celles d’Ibas d’Edesse.

En 435, il écrivit un «tome» ou lettre dogmatique aux Arméniens, pour les persuader de rejeter totalement les positions de Nestorius, de Théodore et d’Ibas.

Un des plus grands événements de cette période, fut le retour triomphal du corps de s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre) de Comane à Constantinople, en janvier 438.

Proklos mourut en 446, probablement en juillet.

Le concile de Chalcédoine (451) lui décerna le titre de Grand.

De Proklos nous avons ses discours, ses lettres, le tome aux Arméniens. Proklos réussit à trouver des formules capables de faire l’union des esprits, en un temps où les pires divisions venaient souvent de termes équivoques ou mal interprétés.

Proklos serait peut-être l’auteur du solennel Trisagion que nous chantons le Vendredi Saint :

Hagios o Theos, Hagios iskhyros, Hagios athanatos, eleïson himas !

ce qu’on traduit habituellement :

Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Immortel, aie pitié de nous !

(Immortel est une traduction imparfaite, quoiqu’acceptée communément ; il faudrait dire : ‘qui ne connaît pas la mort’). Si Proklos n’en est pas l’auteur direct, c’est en son temps qu’on l’utilisa, particulièrement lors d’un grave tremblement de terre qui secoua Constantinople, obligeant toute la population a s’éparpiller dans la nature environnante.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Proklos de Constantinople au 24 octobre.

 

 

Arethas de Nedjrân et Compagnons

524

 

Nous nous trouvons ici dans la région qu’est aujourd’hui le Yémen, dans le sud-ouest de l’Arabie.

Arethas, fils de Caneph, était le chef de la cité de Nedjrân, qui avait reçu l’influence éthiopienne chrétienne. Mais le vrai pouvoir de toute la région était aux mains d’un Juif, Dhû-Nowas, qui entreprit, l’hiver 523-524, de faire disparaître la colonie chrétienne.

Il prit la ville de Safar, massacra les habitants chrétiens et transforma l’église en synagogue. Il s’attaqua ensuite à la ville de Nedjrân, feignit d’accepter la capitulation, mais massacra tous ceux qui refusaient d’apostasier. Le spectacle de cet assaut fut véritablement horrible.

L’ancien évêque fut exhumé et jeté au feu ; on jeta dans une immense fosse ardente tout le clergé et les vierges consacrées, en tout quatre-cent vingt-sept personnes ; l’église flamba ; on compta globalement quelque quatre mille victimes ; en voici quelques détails.

Les assaillants s’en prirent à une noble femme, nommée Ruma, et à ses deux filles : ils égorgèrent les deux enfants et en firent boire le sang à leur mère. Puis ce fut le tour des trois cents quarante guerriers de l’émir Arethas, qui s’étaient enfermés dans la ville ; au moment d’être exécutés, étant enchaînés, ils firent leur signe de croix avec leur tête ; le premier décapité fut Arethas ; quand ils virent Arethas à terre, ils s’élancèrent pour tremper respectueusement leurs doigts dans son sang, puis ils furent tous décapités, leurs têtes jetées dans la fosse avec les autres Martyrs de la veille, et leurs corps livrés aux bêtes du ciel et de la terre.

Un très ancien manuscrit ajoute cette scène vraiment émouvante. Une maman était traînée au supplice, tenant son petit gamin par la main. Dhû-Nowas appela à lui l’enfant et on entendit ce dialogue :

  • Tu préfères aller avec maman, ou avec moi ?
  • Avec maman, laisse-moi retourner avec elle.
  • Comment as-tu connu le Christ ?
  • Je le vois tous les jours quand j’accompagne maman à l’église.
  • Qui préfères-tu, maman ou moi ?
  • Maman !
  • Et moi ou le Christ ?
  • Le Christ !
  • Je te donnerai des noix, des amandes, des figues !
  • Non, je ne mangerai jamais de choses juives !
  • Reste ici, tu seras mon fils !
  • Non, tu sens mauvais !
  • Alors je te mènerai à la reine !
  • Maman vaut mieux que ta reine !

La maman fut décapitée, après avoir exhorté son enfant à rester fidèle et lui avoir donné «rendez-vous» au Paradis. Le petit garçon, nommé Baïsar, fit plus tard partie d’une ambassade envoyée à Constantinople, mais restait modestement réservé sur l’épisode précédent ; un autre texte aussi ancien rapporte en revanche que l’enfant se précipita dans la fosse où était déjà sa maman en train d’agoniser et mourut avec elle.

Le massacre des Chrétiens de Nedjrân eut lieu en hiver, donc plutôt en décembre, d’après le calendrier syrien jacobite, mais la date avancée en d’autres sources est souvent le 24 octobre.

Le tyran qui s’était autorisé à un tel carnage, fut bientôt éliminé. Des études modernes auraient démontré que les faits ci-dessus auraient été largement amplifiés par quelque auteur chrétien anonyme, dans le but de susciter une réaction de l’empereur de Byzance contre les Juifs. Le pays passa par d’autres révoltes, fut soumis par Byzance, par la Perse, plus tard hélas ! par l’Islam.

Saint Arethas et ses trois-cent quarante Compagnons sont commémorés le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Magloire de Dol

495-575

 

L’histoire de Magloire reste un sujet de discussions entre historiens.

Il aurait été, par sa mère, le petit-fils du roi de Glamorgan. S.Samson et s.Malo (v. 28 juillet et 15 novembre) auraient été ses cousins.

Il fut élevé sous s.Iltut (v. 6 novembre) à Llantwit Major.

A la mort de son père, Magloire vint le visiter, avec Samson. Puis ils passèrent tous deux sur l’île de Peirio, où Samson devint abbé ; il ordonna Magloire diacre.

Plus tard, Samson et Magloire revinrent en Armorique ; Samson fonda des monastères, dont celui de Dol ; Magloire devra diriger l’un d’eux ; Samson l’ordonna prêtre, et évêque.

Quand Samson mourut, Magloire lui succéda, vers 565 ; trois ans plus tard, sur l’injonction d’un ange, il céda la place à Budoc, et se retira à Jersey (ou à Sercq).

Il recherchait la solitude pour achever sa vie dans le silence, mais il eut bientôt soixante-deux disciples.

Pas de viande, quelques petits poissons aux jours de grandes fêtes.

Les six derniers mois de sa vie, Magloire resta dans l’église.

Il serait mort le 24 octobre 575.

Saint Magloire de Dol est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Senoch, prêtre

536-576

 

Senoch descendait des Taifales, barbares fort corrompus qui avaient formé une colonie en Poitou au 5e siècle dans la région de Tiffauges. C’est là qu’il naquit.

Il se convertit au Seigneur, devint clerc et se constitua un monastère. Il trouva en effet en Touraine des murs anciens et, en les restaurant, il aménagea des habitations convenables.

Il trouva là un oratoire dans lequel, à ce qu’on rapportait, saint Martin (v. 11 novembre) avait prié. Il l’arrangea avec un soin diligent, y dressa un autel avec un emplacement préparé pour recevoir des reliques de Saints, puis invita l’évêque, Euphronius (v. 4 août).

Celui-ci consacra l’autel et conféra l’honneur du diaconat à Senoch. Mais pour ce qui concernait les reliques, il se trouva que l’endroit préparé était trop petit. Aussi Euphronius et Senoch se mirent-ils en prière, profondément inclinés, et l’emplacement s’agrandit, tandis que le reliquaire se rétrécissait.

Senoch vécut là avec trois autres compagnons. Il ne mangeait qu’une livre de pain et ne buvait qu’un demi-litre d’eau par jour. L’hiver, il était pieds-nus. Il se liait une chaîne de fer aux mains, aux pieds et au cou. Fuyant la vue du monde, il s’enferma dans sa cellule, priant, veillant, jour et nuit. Des foules voulurent venir le voir.

Des abondantes aumônes qu’il reçut de ces visiteurs, il ne gardait rien, mais les employa à racheter des esclaves ou à payer les dettes : il en sauva ainsi plus de deux-cents.

Senoch guérissait littéralement les malades aussi facilement qu’il respirait. Aveugles, estropiés, piqués par les serpents, énergumènes, tous revenaient guéris.

Mais Senoch fut tenté et la vanité commença à poindre sur le beau tableau d’une si grande sainteté. Grégoire de Tours (v. 17 novembre) eut le courage de le lui faire remarquer, et Senoch eut l’humilité de reconnaître sa faute.

Un autre conseil qu’il suivit, fut de ne pas s’enfermer totalement, mais seulement du 11 novembre (s.Martin) à Noël et pendant le Carême, et de paraître les autres jours, pour le bien des âmes.

A une époque non précisée, Senoch reçut le sacrement de l’Ordre.

S.Grégoire de Tours le connut personnellement. C’est de son texte que sont tirés les détails qu’on vient de raconter.

Senoch mourut en 576. Les miracles continuèrent à son tombeau.

Saint Senoch, prêtre, est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martin de Vertou

6e siècle

 

Martin était le diacre de l’évêque Félix de Nantes.

Ce dernier l’envoya évangéliser les populations encore païennes du sud de la Loire, mais ce fut un échec total.

Martin se retira, un peu comme Lot s’enfuit de Sodome, et la ville d’Herbadilla, qui l’avait si mal reçu, fut punie de Dieu et fut bientôt ensevelie sous les eaux du lac de Grandlieu.

Notre diacre fit alors un pèlerinage à Rome, où il puisa de nouvelles forces.

De retour dans la région de Nantes, il mena la vie érémitique au sud-est de cette ville. Mais alors, les foules vinrent assaillir Martin, le suppliant de reprendre sa prédication.

La réponse de Martin ne fut pas négative, mais il commença par bâtir une abbaye à Vertou, sous le vocable de Saint-Jean, et y introduisit la Règle de s.Benoît (v. 21 mars), qu’il avait connue durant son pèlerinage précédent.

L’abbaye compta jusqu’à trois-cents moines.

Martin mourut vers la fin du 6e siècle.

Les invasions normandes détruisirent totalement cette abbaye.

Saint Martin de Vertou est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eberigisil de Cologne

† 600

 

Eberigisil (Ebregiselus, Ebergisel, Ebregisil, Everigisil…) fut le quatorzième évêque de Cologne (Allemagne), à partir de 580 environ.

On ajoute qu’il fut le premier à porter un nom franc à Cologne, ce qui semble erroné, puisqu’il y eut apparemment un autre Eberigisil à Cologne deux siècles plus tôt. La même confusion a fait écrire que notre Eberigisil succéda à Severinus, tandis qu’il semble établi que son prédécesseur fut Charentinus.

En 590, le roi Childebert II délégua plusieurs évêques pour rétablir la paix dans le monastère de Sainte-Croix à Poitiers, où deux moniales de haut lignage avaient apporté l’agitation. L’un de ces évêques fut Eberigisil.

Eberigisil aurait été frappé à mort par une flèche tirée par un brigand, ce qui lui valut le titre de martyr, tandis qu’on pourrait plutôt parler ici d’assassinat.

La date de la mort d’Eberigisil reste assez contestée ; suivant les analyses, elle varie de 593 à 614.

Saint Eberigisil de Cologne est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fromond de Coutances

† 690

 

Frodomundus - Fromond fut le quatorzième évêque de Coutances de 677 à 690.

Peu avant de recevoir l’épiscopat, il fonda le monastère du Ham. En effet, l’inscription de l’autel comporte ce détail : Il (Fromond) a commencé le premier à construire ce monastère, élevé ensuite à l’épiscopat.

Ce monastère fut achevé sous le roi Thierry III (681), et la même inscription explique que Fromundus fit la dédicace du sanctuaire un quinze août, en l’honneur de la Vierge Marie.

En dehors de cette construction, aucun détail n’a été fourni sur l’épiscopat de Fromond.

Il mourut en 690.

Saint Fromond de Coutances est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

Yu Hang-geom Augustinus

1756-1801

 

Yu Hang-geom Augustinus est un laïc coréen né en 1756 à Jeonju (Jeolla-do, Corée du Sud).

Il fut écartelé à Jeonju le 24 octobre 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Yun Ji-heon Franciscus

1764-1801

 

Yun Ji-heon Franciscus est un laïc coréen né en 1764 à Jinsan (Jeolla-do, Corée du Sud).

Il fut écartelé à Jeonju (Jeolla-do) le 24 octobre 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Antonio María Claret y Clará

1807-1870

 

Né le 23 décembre 1807 au petit village de Sallent en Catalogne, Antonio (Antoni en catalan) Claret était le cinquième des onze enfants de Juan Claret et Josefina Clará.

Il reçut au baptême le prénom de Antoni ; c’est lui qui, plus tard, ajouta celui de María, par dévotion à la Mère de Dieu.

Il apprit d'abord le métier de tisserand à l'exemple de son père et se montra un modèle de piété pour ses camarades ouvriers. A dix-sept ans, il partit se perfectionner dans l’art à Barcelone. Ses dons intellectuels semblaient illimités : chez son curé, il avait déjà commencé le latin ; maintenant, dans les cours du soir, il apprit le français, le latin, l’imprimerie.

Antonio pensa à la Chartreuse, mais fut plutôt reçu au séminaire de Vich, où il fut un séminariste exemplaire et reçut l’ordination sacerdotale en 1835.

Il exerça son ministère à Sallent.

En 1839, se sentant plutôt appelé aux missions, il vint à Rome pour se mettre à la disposition de la Congrégation de la Propagande ; mais ne pouvant y rencontrer le Cardinal Préfet, il essaya de vivre chez les Jésuites et commença même le noviciat. Au printemps suivant, une douloureuse plaie à la jambe le fit revenir en Espagne.

Nommé alors curé de Viladrau, et constatant que le péché était souvent dû à l'ignorance, il se lança dans les missions populaires ; son succès fut tel, que l’évêque le déchargea de la cure. Antonio prêcha dans toute la Catalogne. Puis il compléta ses missions par des écrits, en catalan, en espagnol, en français, en latin.

 Son bagage ordinaire : le bréviaire et la Bible ; son horaire : quelques heures de repos nocturne, prédication (parfois plusieurs) de jour et des heures et des heures au confessionnal. Déjà on parlait de miracles : des guérisons extraordinaires ; changement du tabac de contrebande en haricots, pour sauver tel malheureux qui vivait de son petit trafic : à la maison, les haricots redevinrent tabac ! 

Il n’avait pas que les succès : insultes, menaces ; il reçut une orange pourrie pendant qu’il prêchait. Aussi s’en alla-t-il en 1848 de sa Catalogne, laissant sa librairie et toutes ses confraternités pieuses, pour les îles Canaries, où il reprit ses inlassables prédications.

Il tenta d’organiser de nouvelles confraternités pour remplacer les ordres religieux interdits par le gouvernement laïc et fonda en 1849 pour son apostolat la Congrégation des Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie, qui s’appelèrent plus tard les Clarétins.

La même année Pie IX le fit ordonner évêque pour la ville de Santiago de Cuba. Au delà de l'océan, il poursuivit le même genre d'activités avec autant de succès et non moins d'épreuves, échappant même à plusieurs attentats, dont un où il eut la joue gauche ouverte par un couteau : il avait osé proclamer que les Noirs étaient égaux aux Blancs ! Pendant les six années de sa présence à Cuba, il fit plus de trois visites pastorales dans toutes ses paroisses, prononça onze mille homélies, distribua près de cent mille brochures…

Puis en 1857 il fut rappelé dans sa patrie pour être confesseur de la Reine d'Espagne Isabelle II. Il résida donc en Espagne, tout en administrant de loin son diocèse de Cuba. Il montra comme toujours sa fidélité au Siège Apostolique.

De part sa position auprès de la reine, il était la cible directe des ennemis du régime ; il fut victime de violentes accusations, de pamphlets… Banni par la Révolution de 1868, il accompagna la reine déchue à Pau, puis Paris. Sa congrégation fut presque éliminée. 

En 1869, il partit au concile de Vatican I, où il défendit vigoureusement l’infallibilité pontificale. 

Toujours plus malade, il vint à Prades puis, menacé encore une fois par les autorités espagnoles, il vint finir ses jours à l'abbaye cistercienne de Fontfroide (Aude), où il voulut participer aux offices. Ses souffrances ne cessaient pas, et il les supportait sans murmurer.

Il mourut le 24 octobre 1870.

Antonio María Claret fut béatifié en 1897, et canonisé en 1934.

 

 

Luigi Guanella

1842-1915

 

Luigi Guanella fut le neuvième des treize enfants de Lorenzo Guanella et Maria Bianchi.

Il naquit le 19 décembre 1842 à Franciscio di Campodolcino (Come, Italie N) et fut baptisé le lendemain.

Luigi raconta lui-même que, le jour de sa première communion (il avait neuf ans), il vit une Dame qui lui montrait tout ce qu’il aurait à faire en faveur des pauvres.

Après ses études à Come, il reçut la formation sacerdotale au séminaire et fut ordonné prêtre en 1866.

Il eut différents postes : Prosto, Valchiavenna, Savogno, Valtellina, Traona, Olmo, Pianello del Lario.

Il eut la joie de connaître personnellement saint Giovanni Bosco (v. 31 janvier), qu’il alla visiter en 1870 à Turin et dont il admirait l’esprit et l’œuvre en faveur des jeunes. Il visita aussi l’immense institut Cottolengo (v. 30 avril).

Il fut reçut pour trois ans parmi les Salésiens de don Bosco, où il travailla comme directeur des vocations, et également comme directeur de la maison à Mondoví.

De retour dans le diocèse de Come, il ne resta pas inactif. A Traona, il y eut de fortes frictions avec les autorités civiles, qui lui retirèrent sa pension ; l’évêque fut obligé de le transférer à Olmo, puis Pianello.

A Pianello, il s’attela à relever une maison de Religieuses, qui prirent le nom de Filles de Sainte-Marie-de-la-Divine-Providence, devenues ensuite Maison de la Divine Providence, pour s’occuper des personnes âgées et pauvres. Ces Religieuses avaient été fondées par Marcellina Bosatta, dont la sœur, Dina, est maintenant béatifiée (v. 20 avril).

A cette maison se joignit bientôt la branche masculine des Serviteurs de la Charité, chaleureusement soutenue par Andrea Carlo Ferrari (v. 2 février), futur archevêque de Milan et cardinal. L’œuvre se développa assez rapidement, en Italie (Milan, Pavie, Sondrio, Rovigo, Rome, Cosenza…), en Suisse, en Espagne, aux Etats-Unis.

En 1899, don Luigi rencontra un jeune séminariste, Angelo Roncalli, le futur pape Jean XXIII.

Don Luigi fut frappé de paralysie en 1915, alors qu’il se trouvait dans la maison de Come. Il reçut la visite de don Luigi Orione (v. 12 mars). 

Il mourut le 24 octobre 1915. Quand le pape Benoît XV l’apprit, il dit : Un saint est mort.

Luigi Guanella a été béatifié en 1964 et canonisé en 2011.

Les miracles retenus pour la béatification et la canonisation de don Luigi Guanella furent : 

La guérison instantanée, parfaite, durable et inexplicable d’une demoiselle atteinte de péritonite aiguë, désormais inguérissable, et d’une autre demoiselle atteinte du mal de Pott ;

La guérison en 2002 d’un jeune américain, victime d’un accident de patinage, qui l’avait plongé dans un profond coma. Après l’application d’une relique de don Guanella, il sortit du coma une semaine après, puis guérit totalement, sans aucune séquelle, au point qu’il reprit son travail et put se marier tout-à-fait normalement.

Saint Luigi Guanella est mentionné le 24 octobre au Martyrologe.

 

 

Giuseppe Baldo

1843-1915

 

Giuseppe (Joseph) naquit à Puegnago del Garda (Brescia, Italie N) le 19 février 1843 et fut baptisé le lendemain avec les noms de Giuseppe Daniele. Il était le sixième des neuf enfants de Angelo et Ippolita. Six de ces enfants moururent en bas âge ; et la maman passa le diplôme de sage-femme, certainement pour compléter les ressources familiales, mais surtout pour «remplacer» ses chers enfants déjà envolés.

Quand Giuseppe manifesta à sa maman son désir d’être prêtre, cette sainte femme lui rétorqua : Rappelle-toi bien qu’il y a deux sortes de prêtres : ou un saint prêtre, ou rien du tout (en patois : Ghè dô sórc dè préc, pènséghe bé : o prét bu o gnènt). Giuseppe manifestera toujours une profonde reconnaissance envers sa mère.

Avec son père, les choses furent plus difficiles ; le papa avait besoin de son garçon pour travailler ; il se laissa finalement convaincre par son épouse. Le garçon devait aller à l’école à pied, à cinq kilomètres de là ; on s’est risqué à évaluer qu’il fit quelque seize mille kilomètres à pied.

Giuseppe entra en 1858 au séminaire, où ses études furent brillantes, et reçut l’ordination sacerdotale le 15 août 1865 : il n’avait que vingt-deux ans et l’on demanda un indult pour l’ordonner.

Il fut vicaire à Montorio pendant un an, puis vice-recteur du petit séminaire de Vérone, où il se révéla un excellent éducateur et formateur d’âmes.

Il obtint cependant d’être curé et fut nommé curé-archiprêtre à Ronco all’Adige (1877) : il devait y rester trente-huit ans. On pourrait dire qu’il vécut un peu la même situation que le curé d’Ars un demi-siècle plus tôt.

Sa chère mère le rejoignit. Quand elle fut veuve, elle se retira auprès de son fils curé, pour l’aider dans sa tâche, pendant encore neuf années, avant de s’éteindre en 1886. Peu avant sa mort, son fils voulut lui demander pardon pour ses insuffisances, et elle lui répondit, avec un respectueux «vous» : Vous ne m’avez jamais fait le moindre déplaisir, vous avez toujours été gentil.

A l’arrivée du nouveau curé dans la paroisse, le «comité d’accueil» furent les menaces d’un groupe de francs-maçons. Mais le curé intrépide avait avec lui une force autrement puissante et se mit énergiquement au travail. C’est peut-être à cette occasion qu’il répondit à ses interlocuteurs : J’ai de bonnes épaules, vous pouvez y aller !

Dès 1882, il commença par établir une pieuse union, les Servantes de la Charité de Sainte-Marie-du-Secours ; il ouvrit un jardin d’enfants gratuit, une Ecole du Travail, un lycée paroissial, une bibliothèque ambulante. Il institua pour les hommes un Comité paroissial, et pour les femmes une Association des Mères Chrétiennes.

En 1884, il fonda la Société Ouvrière de Secours Mutuel, pour défendre les plus pauvres contre les usuriers qui en profitaient.

En 1888 il ouvrit un hôpital, la Maison Hippolyte (du nom de sa chère maman), puis une maison pour vieillards en 1893, et la Caisse Rurale Catholique en 1894.

Il fut ami de saint Giovanni Calabria, canonisé en 1999.

Les Servantes de 1882 devinrent en 1894 les Petites Sœurs de Saint-Joseph, qui devaient s’occuper des vieillards, des malades, de la catéchèse et des jeunes ; ce fut le couronnement d’une période très riche en initiatives pastorales, caritatives et sociales, innovantes pour l’époque.

La maladie le rongea, la fatigue aussi. Don Giuseppe mourut à Ronco all’Adige le dimanche 24 octobre 1915, à soixante-douze ans, lui qui ne pensait pas dépasser les soixante !

Il fut béatifié en 1989.

Le miracle retenu pour cette béatification fut la guérison totale et inexplicable d’un malheureux ouvrier qui avait perdu totalement la vision d’un œil, blessé dans un accident du travail. Le miraculé lui-même raconta et écrivit en détails l’épisode, vingt-cinq ans plus tard, et donna à son premier fils le nom de Giuseppe.

Concernant les Religieuses, la première Supérieure prit le nom de la maman de don Giuseppe, Madre Ippolita ; c’est elle qui l’assista au moment de la mort.

Les Petits Filles de Saint Joseph fondèrent en 1901 une filiale à Illasi ; elles reçurent une première approbation vaticane dès 1913 ; en 1966, elles partirent pour le Kénya, où se trouvent aujourd’hui une douzaine de centres. Depuis, elles se sont aussi implantées au Rwanda, en Ouganda, en Guinée Bissau, au Brésil (1982) et en Géorgie (1996).

Toribia Marticorena Sola

1882-1936

 

Née et baptisée le 27 avril 1882 à Murugarren (Navarre), Toribia était la troisième des six enfants de Santiago et Manuela. Le foyer vivait avec un unique et profond idéal chrétien.

Toribia entra au postulat des Filles de la Charité à l’hôpital de Viana et fit le noviciat à Madrid. Elle fit la profession en 1910 à Valladolid.

Elle fut envoyée en diverses localités : Grenade, León, Valladolid, Larache (hôpital militaire au Maroc), Barcelone (sanatorium de Besós).

Toribia était vive, pleine d’entrain ; quand un malade approchait de la dernière heure, elle laissait tout pour aller près de lui et le réconforter ; à l’approche de la guerre civile et de la persécution, elle répétait : Ils vont nous tuer, mais Dieu par-dessus tout !

Ce martyre commença le dimanche 19 juillet 1936. Des révolutionnaires firent irruption dans l’établissement et commencèrent par obliger les Religieuses à mettre des habits d’infirmières, ce qu’elles firent sans difficulté. Puis, on voulut leur imposer de s’enlever de la tête l’idée de Dieu, ce qu’elles refusèrent, motif pour lequel elles furent renvoyées. Deux d’entre elles, Toribia et Dorinda, trouvèrent accueil chez le directeur du sanatorium, où elles s’occupèrent d’un petit bébé de treize mois.

Une ancienne domestique de la maison les dénonça. Il y eut une première perquisition au début d’octobre, où la maîtresse de maison chercha à les présenter comme cuisinière et nourrice. Mais au cours d’un long interrogatoire, elles ne cachèrent pas leur état de Religieuses.

Le 24 octobre, sept à huit membres des FAI vinrent chercher Toribia et Dorinda, les firent monter chacune dans une voiture, bien gardées par des miliciens, et allèrent les fusiller vers midi le long de la route de la Rabassada. C’était la veille de la fête du Christ-Roi, qu’on célébrait alors au dernier dimanche d’octobre.

L’autopsie révéla qu’elle avait reçu six balles dans la tête, dont deux dans le front et une qui fractura la mâchoire inférieure.

Martyrisée le 24 octobre 1936 à Barcelone et béatifiée en 2017, Toribia Marticorena Sola sera mentionnée dans le Martyrologe Romain au 24 octobre.

 

 

Amado García Sánchez

1903-1936

 

Amado (Aimé) vit le jour le 29 avril 1903 à Moscardón (Teruel, Espagne), de Tomás et Isabel.

Il entra au noviciat des Pères Vincentiens en 1917, et fit les vœux à Hortaleza en 1921.

Après la Théologie à Cuenca et Madrid, il fut ordonné prêtre en 1926.

Après quelques mois à Ávila, il fut envoyé à Grenade, en 1929 à Gijón, dont il fut nommé supérieur en 1935.

Quand explosa la triste révolution de l’été 1936, la maison se vida ; certains furent bientôt fusillés, d’autres se cachèrent ; le père Amado s’habilla en civil et resta tranquillement à sa place. La Providence permit que les Rouges non seulement n’envahirent pas la maison, mais ne reconnurent pas même le père Amado, pourtant si connu dans les quartiers de Gijón, le prenant pour le menuisier ou le cuisinier : un menuisier avec des mains toutes propres et sans cals !

On lui suggérait d’aller se réfugier ailleurs, mais il n’acceptait pas ce compromis.

Un jour cependant, les Rouges eurent l’intuition de la présence de ce Supérieur, mais ne firent pas le rapprochement entre lui et le menuisier. Les jours s’écoulèrent encore. Le père Amado finit même par penser que le danger s’était éloigné : chaque jour, il téléphonait aux Sœurs pour leur demander des nouvelles, beaucoup de gens venaient se confesser, en particulier les Religieuses, le Père allait célébrer ; le 15 août, il célébra même avec une certaine solennité, et prononça l’homélie.

Les Rouges en eurent vent ; ils vinrent enquêter sur ce curé insolent. Les Religieuses firent les étonnées ; ils répondirent : Si, il y a quelqu’un qui a célébré, en bleu de travail et avec un pistolet. On fit un peu plus attention les jours suivants.

Le 13 octobre, deux Religieuses vinrent voir le père Amado et le trouvèrent anxieux, contrairement à l’habitude. Un pressentiment l’avait envahi.

Il fut arrêté le 21 octobre 1936 ; le «tribunal» l’accusa formellement d’avoir célébré le 15 août ; il était curé, et donc souverainement rebelle. Le prêtre ne discuta pas.

On le mit en prison le 22, en réalité dans l’église des Jésuites, réquisitionnée pour abriter quelque trois-cents personnes. Tous se confessaient, puis le père Amado invita ses compagnons à prier le chapelet.

Ensuite, on s’allongea sur les matelas à terre ; un prisonnier proposa le sien au Père, qui n’en avait pas : il s’endormit profondément. La nuit du 23 au 24, les prisonniers furent tirés du sommeil par des hurlements qui ordonnaient de se lever.

Il y eut des personnes vraiment remises en liberté, contre toute attente. Puis quatorze noms furent annoncés, pour «libérer» autant de prisonniers. Le père Amado dit à l’autre Père présent : Au revoir dans l’éternité ! et l’on partit pour le cimetière ; le père Amado se laissa dire : Tu parles d’une liberté !

Un autre prisonnier lui donna son manteau ; le Père remercia et dit au Confrère : Si je ne reviens pas, achète-lui un manteau !

Montrant le Frère Jiménez, le père Amado dit aux Rouges : Tuez-moi, moi, mais laissez tranquille ce pauvre vieux, qui n’a rien à voir. C’est seulement un de nos élèves.

Il ne faisait pas encore jour. Parvenus au cimetière, les miliciens firent descendre le père Amado, condamné à mort pour le grave délit d’être prêtre.

Le père Amado leur dit : Tuez-moi le plus vite possible, ne me martyrisez pas. Que Dieu vous pardonne, comme je vous pardonne moi aussi.

Il reçut une première balle qui lui traversa l’avant-bras et lui rentra dans le crâne, au niveau du front. Puis un coup de feu à le tempe.

Le père Amado avait trente-trois ans, ce 24 octobre 1936.

De pieuses femmes vinrent avec des tissus pour les imbiber du sang du Martyr, qui fut béatifié en 2013.

 

 

 

Antonio Toral Cascales

1912-1936

 

Antonio Toral Cascales naquit en 1912 à Peñarroya-Pueblonuevo (Cordoue, Espagne S).

Ce jeune laïc et son jeune frère José versèrent leur sang pour l’amour inconditionnel du Christ.

Leur martyre eut lieu le 24 octobre 1936 à Almagro (Ciudad Real).

Antonio Toral Cascales, comme son frère, sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 24 octobre.

 

 

 

José Toral Cascales

1914-1936

 

José Toral Cascales naquit en 1914 à Peñarroya-Pueblonuevo (Cordoue, Espagne S).

Ce jeune laïc et son frère aîné Antonio versèrent leur sang pour l’amour inconditionnel du Christ.

Leur martyre eut lieu le 24 octobre 1936 à Almagro (Ciudad Real).

José Toral Cascales, comme son frère, sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 24 octobre.

 

 

Dorinda Sotelo Rodríguez

1915-1936

 

Née le 15 février 1915 et baptisée le 18 à Lodoselo (Orense), Dorinda était l’aînée des quatre enfants de Manuel et Rosa.

Sa vocation lui vint de l’exemple qu’elle vit en la personne d’une Fille de la Charité qui travaillait sur la paroisse.

Peu avant son entrée au postulat des Filles de la Charité, son père chercha à l’en dissuader, non pas pour s’opposer à la vocation de sa fille, mais à cause de la fâcheuse tournure des événements d’Espagne. Mais Dorinda était bien résolue : Je veux être religieuse, même s’ils me tuent.

Elle commença le noviciat à Madrid en 1933 et fut envoyée à Barcelone, au sanatorium des tuberculeux de Gramanet (1934). Le bruit des sirènes l’impressionna tellement qu’elle en conserva l’horreur jusqu’à sa mort. Elle n’avait pas encore fait la profession et, pour cela, la Supérieure lui proposa de rentrer vite à la maison, mais Dorinda tenait à rester auprès des malades.

Cette jeune Religieuse de vingt-et-un ans accompagna jusqu’au bout son aînée, Toribia (v. plus haut).

Martyrisée le 24 octobre 1936 à Barcelone et béatifiée en 2017, Dorinda Sotelo Rodríguez sera mentionnée dans le Martyrologe Romain au 24 octobre.

 

 

 

Benigna Cardoso da Silva

1928-1941

 

Benigna naquit le 15 octobre 1928 à Oiti (Santana do Cariri, Ceará, Brésil), benjamine des quatre enfants de José et Teresa Maria. Les aînés s’appelaient Carmélia, Alderi et Cirineu.

José mourut avant même la naissance de Benigna, et Teresa peu après, de sorte que les quatre enfants furent adoptés par deux sœurs, Rosa et Honorina Sisnando Leite.

L’enfance de Benigna se passa sans autres événements importants. On se rappelle qu’elle se prépara avec grande joie à la Première communion et qu’elle allait volontiers à la Messe, que sa foi était réelle et profonde ; les premiers vendredis, elle faisait pénitence par amour du Cœur Sacré de Jésus. On notait son obéissance, sa disponibilité pour tous les travaux domestiques, son très bon comportement à l’école.

C’est en 1941 qu’elle montra son union parfaite au Christ. Cette année-là, un garçon mal intentionné  et qui avait à peu près le même âge qu’elle, lui fit des avances répétées, qu’elle refusa systématiquement, encouragée en cela par les bons conseils de son curé.

A notre époque, la meilleure réaction aurait été de signaler tout de suite aux autorités le comportement du garçon, bien sûr.

Le drame eut lieu le 24 octobre : Benigna venait d’avoir treize ans ; l’après-midi, elle devait aller puiser de l’eau en un endroit que le jeune garçon connaissait bien lui aussi. Il se cacha derrière les buissons et en sortit dès qu’elle fut à sa portée ; Benigna encore une fois refusa, et le garçon devint vraiment furieux ; il sortit la machette qu’il avait prise, et frappa quatre fois la petite fille : un premier coup sectionna trois doigts à la main droite, un deuxième la blessa à la face, un troisième à l’estomac, le dernier, au cou, acheva la petite martyre. Il était seize heures.

Bien sûr, le malheureux assassin - il s’appelait Raimundo Alves Riberio, couramment Raul - s’enfuit. Ce fut Cirineu, le petit frère de Benigna, venu à la recherche de sa sœur, qui la trouva là, dans une mare de sang.

Après enquête, la police arrêta Raul qui purgea sa peine en prison. En 1991, il retourna sur le lieu de son crime, exprimant ses regrets. Avec des larmes, il s’est converti, a fait pénitence et demandé à Benigna de l’aider à sauver son âme.

Benigna devrait être béatifiée en 2021, et inscrite au Martyrologe le 24 octobre.

 

 

Marije Tuçi

1928-1950

 

Marije Tuçi naquit le 12 mars (ou avril) 1928 à Ndërfushaz (Rrëshen, Mirditë, Albanie), de Nikoll Mark Tuçi et de Dila Fusha.

Elle étudia chez les Sœurs «Stigmatines» (Pauvres Filles des Saints Stigmates de Saint François). Ces Religieuses enseignantes lui montrèrent comment mener sa vie chrétienne au milieu de la société. Peu à peu, Marije se sentit elle aussi appelée à cette vie apostolique et demanda son admission dans la communauté.

Après la période de postulat, alors que la persécution communiste sévissait déjà lourdement, elle fut déjà affectée en 1946 comme enseignante avec une autre Compagne (Davida Markagioni), dans la contrée de Gozan et Sang. Cette nomination intervenait à la demande de l’évêque, Mgr Frano Gjini (v. 11 mars), car les Religieuses avaient été contraintes de se disperser et même de quitter le pays.

Marija, courageuse, témoignait de Dieu, enseignait le catéchisme en cachette, prenait sur ses maigres deniers pour payer aux enfants leurs fournitures scolaires. Elle crut bon aussi de distribuer des tracts condamnant les simulacres d’élections. Pour participer à l’Eucharistie, elle faisait régulièrement six à sept kilomètres à pied.

Le 7 août 1949, fut assassiné le secrétaire du Parti communiste de Mirditë ; dès le 11 août une imposante vague de représailles conduisait à l’arrestation de trois-cents personnes, parmi lesquelles une seule femme : Marije.

Marije fut condamnée à trois années de détention conditionnelle ; elle fut enfermée avec trois autres prisonniers dans une pièce froide, sans lumière, sans air, inondée par l’eau de pluie qui montait jusqu’aux matelas.

On tortura la jeune femme ; elle fut humiliée et agressée sexuellement ; ayant refusé toute relation sexuelle avec son bourreau, elle fut encore plus torturée : on lui «annonça» que même ses proches ne la reconnaîtraient plus. En effet, on l’enferma dans un sac avec un chat que l’on battait : la bête griffait et mordait la pauvre victime ; ses blessures, non soignées, auraient pu être mortelles.

Elle fut hospitalisée ; le 22 août, certaines religieuses purent lui rendre visite : elles avaient du mal à la reconnaître. Loin de condamner son bourreau, Marije remerciait Dieu d’être libre.

Marije mourut finalement le 24 octobre 1950 à l’hôpital civil de Shkodrë : elle avait vingt-deux ans.

Marije Tuçi fut reconnue martyre et béatifiée en 2016, et inscrite au Martyrologe le 24 octobre.

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22 octobre 2023 7 22 /10 /octobre /2023 23:00

23 OCTOBRE

 

III.

SS Servandus et Germanus, martyrs près de Cadix.

IV.

SS Ioannes Bar Mariam et Iakub le Zélote, martyrs en Perse ; Jean, évêque à Arbèle, devait son surnom à sa piété envers Notre-Dame ; Iakub était prêtre.

S Theodoretos, martyr à Antioche.

S Severinus, évêque à Cologne.

V.

S Verus, évêque à Salerne.

VI.

S Severino Boezio, brillant philosophe italien et consul, victime de la politique, martyr à Pavie.

S Clether (Cleder), moine à Nevern.

VII.

S Giovanni, évêque à Syracuse, objet des louanges de s.Grégoire le Grand.

Ste Ode, veuve à Amay ; on la dit descendante de Clovis, mère de s.Arnoul et tante de s.Hubert.

Ste Syre, abbesse près de Châlons-en-Champagne.

S Ediste, évêque à Vienne.

S Romain, évêque à Rouen ; sous l'Ancien Régime, chaque année à l'Ascension, le chapitre de la cathédrale délivrait un meurtrier en l'honneur du Saint.

VIII.

SS Lugle et Luglien, irlandais, pèlerins en Terre Sainte ; au retour, Lugle devint évêque et ils partirent tous deux évangéliser, pour finir martyrs près d'Arras. 

S Domice, prêtre puis ermite près d'Amiens, assisté à sa mort par Ste Ulphe (?).

IX.

S Benoît, prêtre quasi inconnu à Aizenay.

S Ignatios, moine, patriarche de Constantinople, douloureusement impliqué dans les pénibles affaires politiques et religieuses de cette époque. 

X.

Ste Elflède, vierge en Angleterre ; il y a une autre Sainte du même nom, veuve.

S Hérifrid, évêque à Auxerre, dont il fit reconstruire la cathédrale après un incendie ; il fut paralysé les dernières années de sa vie.

XII.

S Alluccio, thaumaturge italien ; il releva un hospice à Campugliano.

XIII.

B Giovanni Bono, à Mantoue : de bouffon il se fit ermite et pratiqua des austérités effrayantes ; quelques prières apprises par cœur étaient toute sa science ; il eut de nombreux disciples, les Boniti, qui furent agrégés aux ermites de s.Augustin.  

XV.

S Giovanni de Capestrano, franciscain italien très brillant ; gouverneur de Pérouse, il laissa sa fiancée et le monde pour se donner à Dieu ; chargé de grandes missions, il galvanisa les troupes devant Belgrade, et mourut peu après la défaite des Turcs.

XVI.

Bse Julienne, converse près de Varèse, disciple de la bse Catherine de Pallanza.

B Giovanni Angelo Porro, italien des Servites de Marie ; on le trouva un jour de neige en hiver entouré de roses pendant qu'il priait à genoux.

XVII.

B Thomas Thwing, prêtre anglais martyr ; il avait trois sœurs religieuses.

XVIII.

Bses Ursulines de Valenciennes, guillotinées avec quelques autres religieuses : Clotilde-Joseph Paillot (Marie-Clotilde-Angèle de Saint-François-Borgia), Marie-Marguerite-Joseph Leroux (Marie-Scholastique-Joseph de Saint-Jacques), Jeanne-Louise Barré (Marie-Cordula-Joseph de Saint-Dominique) ; Anne-Joseph Leroux (Joséphine), clarisse ; Marie-Augustine Erraux (Anne-Marie) et Marie-Lievina Lacroix (Marie-Françoise), brigittines.

XIX.

S Phaolô Tống Viết Bưòng, annamite, capitaine de la garde de l'empereur, martyr canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

B Jules-Nicolas (Arnould) Rèche, lorrain, frère des Ecoles Chrétiennes, d'une grande science, excellent éducateur et professeur des jeunes , béatifié en 1987.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1989 :

Passionistes : près de Ciudad Real, les prêtres Anatolio García Nozal (Ildefonso de la Croix) et Justiniano Cuesta Redondo (J. de Saint-Gabriel de l’Addolorata) (*1898, 1910) ; les clercs Tomás Cuartero Gascón (T. du Saint-Sacrement), Eufrasio de Celis Santos (E. de l'Amour miséricordieux), Honorino Carracedo Ramos (H. de la Vierge des Douleurs), José Maria Cuartero Gascón (J.M. de Jésus et Marie (*1915, 1915, 1916, 1918) ;

- béatifié en 2001 :

Diocésains : Leonardo Olivera Buera (*1889), l’aumônier des Lasalliens martyrisés la veille près de Valencia ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Lleida, Agapit Gorgues Manresa (*1913) ;

Fr.Maristes : près de Santander, Leonardo Arce Ruiz (Egberto) et Martín Erro Ripa (Teófilo Martín) (*1907, 1914) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : à Almería, Eduardo Valverde Rodríguez, Manuel Navarro Martínez, Andrés Navarro Sierra (*1878, 1879, 1882) ;

Lazaristes : à Madrid, les prêtres José María Fernández Sánchez, Roque Guillén Garcés, Benito Paradela Novoa (*1875, 1879, 1887) ; les frères Saturnino Tobar González, Juan Nuñez Orcajo, Agustín Nogal Tobar, César Elexgaray Otazua, Cristóbal González Carcedo (*1858, 1882, 1885, 1904, 1913) ; le laïque Felipe Basauri Altube (*1881).

Bses María Caridad Álvarez Martín et Esther Paniagua Alonso (*1933, 1949), espagnoles, des Sœurs Augustines Missionnaires, abattues en 1994 en Algérie, béatifiées en 2018.

Servandus et Germanus de Cadix

? 3e siècle

 

Ces deux Chrétiens auraient été la proie d’un certain Viator, officier de l’empereur Dioclétien, qui se déplaçait de Lusitanie (act. Portugal) en Maurétanie (act. Algérie).

On ne sait pas exactement d’où partit le cortège, peut-être de Merida. Mais, d’après un texte ancien, les deux Héros furent d’abord flagellés puis jetés dans un cachot infect ; pour le voyage, on les chargea de chaînes.

Pour un motif que nous ignorons, Viator préféra se débarrasser de ses deux Prisonniers avant d’arriver au terme de son voyage. Avant d’embarquer, il fit décapiter Servandus et Germanus non loin de Cadix.

Ce pouvait être vers la fin du troisième siècle.

Le corps de Servandus aurait été porté à Séville, celui de Germanus à Merida. Tous deux sont les patrons du diocèse de Cadix.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Servandus et Germanus de Cadix au 23 octobre.

 

 

Ioannes Bar Mariam et Iakub d’Arbèle

† 344

 

Arbèle (Adiabène, auj. Erbil, Kurdistan irakien) reçut très tôt le christianisme.

On a vu que l’évêque Abraham reçut la palme du martyre en 344 (v. 31 janvier).

Ce n’était pas l’unique victime de la fureur de Shapur II, dont le règne s’étendit de 309 à 379.

Ioannes, qu’on dit avoir été élu en 316 douzième évêque d’Arbèle, fut un prédicateur efficace, qu’on surnomma Bar Mariam (fils de Marie) pour sa profonde dévotion envers la Mère du Christ. Son influence était telle que les Juifs et les païens le contraignirent à aller se cacher.

Vers 338, il se rendit à Ctésiphon pour l’élection d’un nouveau patriarche et y resta deux années, puis passa dans le Huzistan (act. Iran), toujours dans le cadre des intérêts de l’Eglise.

Rentré à Arbèle, il ne subit pas tout de suite la persécution annoncée par Shapur II, car le gouverneur local n’appliquait pas les décrets, mais son successeur les prit à son compte et se montra impitoyable.

Ioannes Bar Mariam fut arrêté en 343, avec le prêtre Iakub. Sept jours plus tôt, Ioannes avait eu un rêve prémonitoire.

Les deux Héros restèrent en prison pendant une année, après quoi on les soumit à la question, puis ils furent tous deux décapités, le 23 octobre 344.

 

Le Martyrologe Romain mentionne saints Ioannes et Iakub d’Arbèle au 23 octobre.

 

 

Theodoretos d’Antioche de Syrie

† 362

 

Theodoretos était un prêtre d’Antioche de Syrie (auj. Antakya).

L’administrateur romain pour l’Orient, Ioulianos - qui était l’oncle de l’empereur Julien l’Apostat - voulut se faire l’écho des volontés de l’empereur et ordonna la fermeture de toutes les églises d’Antioche, confisquant tous les vases sacrés qu’on y pouvait trouver. Tout le clergé s’enfuit - sauf un prêtre, Theodoretos.

Ioulianos lui enjoignit de dresser la liste de ces vases sacrés, ce que refusa Theodoretos énergiquement.

Il fut alors décapité.

Dans son palais, Ioulianos fit entasser tous les vases sacrés (les calices, les ciboires, les reliquaires…) et s’assit dessus : une mystérieuse et soudaine gangrène le rongea alors et il mourut très rapidement, ainsi d’ailleurs que plusieurs officiers du palais impérial.

Cette histoire, racontée par l’historien Sozomène, a peut-être été un peu forcée. On sait cependant que l’empereur Julien, de passage à Antioche, y fut très mal reçu par le peuple chrétien. Le palais impérial fut incendié le 22 octobre 362 : on en accusa immédiatement les Chrétiens et c’est dans cette atmosphère pesante qu’aurait été arrêté et exécuté le prêtre Theodoretos.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Theodoretos d’Antioche de Syrie au 23 octobre.

 

 

Severinus de Cologne

† 4e siècle

 

Severinus serait le troisième évêque de Cologne, à partir de 397.

Précédemment, en 376, il aurait élevé à Cologne un monastère en l’honneur des ss.Corneille et Cyprien.

Il aurait été divinement averti de la mort de son grand ami, s.Martin de Tours (397, v. 11 novembre).

Si on l’a longtemps assimilé au Severin (Seurin) devenu évêque de Bordeaux, il semble aujourd’hui qu’on distingue en réalité deux personnages du même nom (celui de Bordeaux ayant vécu un demi-siècle plus tard).

Le Martyrologe Romain mentionne saint Severinus de Cologne au 23 octobre.

Severinus Boetius

480-524

 

Celui que nous appelons communément Boèce en français, naquit vers 480 à Rome et s’appelait Anicius Manlius Severinus Boethius. 

Son père, Flavius Manlius Boetius, fut consul en 487. C’est Quintus Aurelius Symmacus qui l’aida, et devint son beau-père lorsqu’il en épousa la fille, Rusticiana. Il eut deux fils.

Durant les études qu’il fit à Rome, peut-être aussi en Alexandrie, il se montra d’une telle rare précocité qu’un Ennodius lui écrivait : Ce que trouvaient difficilement les anciens vers la fin de leur vie, tu l’as en abondance dès le seuil.

Dès 500, il publiait des travaux. Le roi Théodoric lui demandait de construire une clepsydre et un cadran solaire.

En 510, il fut nommé consul.

Nombreux sont ses ouvrages, traitant de la logique, de l’arithmétique, de la musique, de la géométrie. Il a commenté Porphyre, Aristote et Platon, qu’il traduisit du grec en latin, et Cicéron.

Il se lança aussi dans une étude sur la Trinité et la nature du Christ, notamment contre les erreurs de Nestorius et d’Eutychès.

En 520, il devint magister officiorum et ses deux fils furent nommés consuls en 522.

Vers 523, le vent tourna. De profondes agitations opposèrent Rome et Byzance, Théodoric et Justin. Boèce affirma fièrement son attachement au Sénat romain, refusant toute implication dans une sorte de «complot» qui se tramait à Rome contre l’arien Théodoric et en faveur de l’empereur Justin.

Accusé aussi de magie, Boèce fut arrêté et interné à Pavie. C’est durant cette détention qu’il composa sa Consolation de la Philosophie, un ouvrage où il imagine que Dame Philosophie vient sous les nobles traits d’une belle reine pour lui parler de Dieu, de la fin ultime des choses, de la Providence. Non pas un traité religieux, mais une longue prosopopée où l’esprit s’échappe de la terre et s’élève vers l’immatériel.

Boèce fut exécuté en 524. L’année suivante périt à son tour son beau-père Symmacus.

Les habitants de Pavie le vénérèrent bientôt comme un martyr, à son tour aussi l’Eglise, mais sans le canoniser officiellement.

Boèce fut considéré comme l’auteur le plus distingué de son siècle. Il a joué un rôle fondamental dans la transmission de la pensée grecque en occident. On peut dire qu’il a été l’initiateur de la philosophie médiévale scolastique. Lui, un laïc, a laissé des écrits théologiques dans la stricte doctrine chrétienne.

Saint Severinus Boetius est commémoré le 23 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Benoît d’Aizenay

?

 

Ce Benoît reste un personnage mystérieux, sur lequel ont été écrites des choses difficiles à concilier ou à situer dans le temps.

On l’a fait évêque de Samarie, réfugié en Poitou sous Julien l’Apostat (au 4e siècle).

Il aurait été enterré à Aizenay (Vendée), où l’on vénéra ses reliques, qui furent ensuite déposées à Quinçay.

Vers 874, le monastère de Quinçay fut rasé par les Normands, et les reliques furent transportées à Tournus (en Saône-et-Loire).

On fit bientôt de Benoît le fondateur de l’abbaye de Quinçay, où il n’avait jamais vécu.

Saint Benoît d’Aizenay est commémoré le 23 octobre dans le Martyrologe Romain, qui le dit prêtre et le situe, bien approximativement, avant le 9e siècle. Que dire de plus ?

 

 

Giovanni de Syracuse

† 609

 

Les détails n’abondent pas en ce qui concerne l’évêque Giovanni.

D’après la liste épiscopale, il fut le dixième évêque du siège de Syracuse, à partir de 595.

On a au moins le témoignage de s.Grégoire le Grand (v. 13 mars), qui fit la louange de ses mœurs, sa justice, sa sagesse, son conseil prudent, et son zèle pour l’Eglise.

Il mourut vers 609.

Saint Giovanni de Syracuse est commémoré le 23 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Romain de Rouen

585-639

 

Romain a été nanti d’une biographie trop tardive au goût des historiens.

En recueillant cependant ce qui semble fondé historiquement, on peut dire qu’il naquit vers 585 au château des Rochettes (Wy-dit-Joli-Village, act. Val-d’Oise), d’une famille aristocratique dont l’ancêtre fut au service du roi Childéric 1er (440-481). Ses parents s’appelaient Benoît et Félicité.

Longtemps stérile, Félicité fut enfin exaucée dans sa prière et Romain naquit, annoncé par une apparition angélique.

Il grandit à la cour, où il eut pour collègues Dadon (Ouen) et Eloi (v. 24 août et 1er décembre). Avec eux il apprit les règles du Droit et d’une saine administration.

En 631, il fut choisi pour être le vingt-troisième évêque de Rouen.

Quelques détails intéressants ont illustré cet épiscopat.

De prime abord, Romain aurait fait raser un temple dédié à la déesse Vénus. Une autre fois, il se trouva devant un temple païen sur lequel dansaient des diables ; Romain les invectiva, les chassa et le temple s’effondra.

Lors d’une cérémonie de consécration de fonts baptismaux, le vase du chrême se cassa : Romain ramassa les morceaux et le chrême retourna dans le vase rénové.

Romain mit fin aux inondations dévastatrices de la Seine.

Il fit bâtir un hospice pour les voyageurs ; puis une église Saint-Nicolas à Guiry-en-Vexin, là où il venait se recueillir auprès d’un saint ermite. 

Un jour qu’il priait dans cette solitude, une «pauvre femme» vint solliciter l’hospitalité. A peine introduite, elle provoqua Romain qui, invoquant la protection divine, fit disparaître ce démon de l’adultère.

Mais surtout, on raconte comment Romain fit disparaître un «dragon» qui dévastait le pays. Il obligea la bête à venir se prosterner devant lui, la fit lier et ramener dans la ville où on la brûla. L’homme qui aida Romain pour ce «travail» était un condamné à mort, qui fut grâcié. Telle fut l’origine du privilège qu’il accorda au chapitre de Rouen : chaque année, les chanoines pouvaient grâcier un condamné à mort ; par la suite, celui-ci était alors admis à soulever et porter la châsse des reliques de s.Romain. On est heureux d’observer là la miséricorde que peut montrer l’Eglise au nom de Dieu.

Romain aurait eu une extase où Dieu lui annonçait la date de sa prochaine mort.

Il mourut vers 639.

Son successeur fut, justement, ce Dadon qui prit le nom d’Audœnus ou Ouen.

On remarqua que la rue où se trouvaient les reliques de Romain à Rouen n’était jamais rejointe par les crues de la Seine. Saint Romain, patron de la ville de Rouen, est invoqué pour sauver les fous, les noyés.

Saint Romain de Rouen est commémoré le 23 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ignatios de Constantinople

799-877

 

Petit-fils par sa mère de Nicéphore 1er, fils de l’empereur Michail Rhangabé et de Procopia, Nikétas - c’était son prénom de baptême - naquit vers 799.

En 813, il reçut la tonsure et entra dans la vie monastique, prenant le nom de Ignatios. Il fut un moine pieux, étranger à toute polémique doctrinale et politique.

Si l’iconoclasme avait été solennellement condamné au 2e concile de Nicée (787), l’empereur Léon V l’Arménien déclencha en 813 une nouvelle vague d’iconoclasme, à laquelle résista le patriarche Nicéphore 1er, et qui ne s’acheva qu’en 843.

Le clergé orthodoxe demeurait divisé en rigoristes (on dirait aujourd’hui intégristes) et modérés.

Au patriarche Méthode, qui était modéré, succéda Ignatios en 847, qu’on croyait assez capable de composer avec les deux tendances ; l’impératrice Théodora appuyait ce choix. Mais si Ignatios se montra plutôt intransigeant, il fut parfois aussi un peu malhabile.

Il appuya d’emblée les rigoristes et suscita des oppositions de la part des modérés. Il déposa ainsi l’archevêque de Syracuse, qui refusa de se soumettre ; en même temps, Ignatios priait le pape d’approuver cette mesure, mais le pape était justement à ce moment-là irrité contre Ignatios, qui avait eu le toupet - il faut le dire - d’envoyer un pallium au pape, tandis que le pallium n’est remis que par le pape à des évêques, en signe d’union.

Et Byzance s’agitait : Bardas, le frère de l’impératrice Théodora, manœuvra pour exercer la régence de son jeune neveu Michel III, pendant dix années ; il convainquit Théodora de se retirer dans un cloître. Bardas fut excommunié par Ignatios en 858, d’une part pour son attitude, et d’autre part pour sa liaison avec la veuve de son fils.

En juillet 858, Ignatios démissionna (ou y fut contraint) et fut relégué en l’île de Térébinthe. On nomma à sa place un laïc, Photios, qui le fit condamner et dégrader en 861.

Pendant les années qui suivirent, les échanges entre Byzance et Rome ne furent pas fort aimables : la papauté et l’orthodoxie revendiquaient l’autorité sur la Bulgarie, et le pape Nicolas 1er n’appréciait pas l’attitude de la chancellerie impériale, pour qui Rome était une vieille ville, et le latin une langue barbare et scythique. On alla jusqu’à condamner le pape lors d’un concile de Constantinople en 867.

C’est alors qu’Ignatios fut rappelé au siège de Constantinople. Il présida le concile œcuménique de Constantinople qui s’acheva en février 870 par une proclamation solennelle de l’entente entre l’Eglise de Rome et celle de Constantinople.

La question de la Bulgarie demeurait. Ignatios ordonna des prêtres et des évêques, Rome le convoqua, mais il mourut avant que les légats romains eussent le temps de le déposer.

Après la mort d’Ignatios (23 octobre 877), Photios reprit sa place au patriarcat ; le clergé se partagea et le schisme continua pendant plusieurs décennies.

Ignatios fut peut-être faible, mais il fut surtout victime des excès des uns et des autres. La distance géographique entre Rome et Constantinople augmentant les difficultés de rapports, et les esprits étant trop prompts à s’échauffer pour des questions parfois mineures, on ne peut que regretter certaines attitudes et décisions trop radicales, que ce soit en Occident ou en Orient.

L’Eglise romaine a canonisé Ignatios, mais non Photios.

Saint Ignatios de Constantinople est commémoré le 23 octobre dans le Martyrologe Romain.

Allucio de Campugliano

1070-1134

 

Allucio naquit vers 1070 dans la petite bourgade de Campugliano (Pistoia, Italie C), d’un certain Omodeo (homme de Dieu).

Il ne fit pas d’études, mais savait beaucoup de choses de Dieu, dont il recevait des grâces extraordinaires : après un terrible orage qui avait fait déborder tous les ruisseaux, Allucio arriva tout tranquillement le lendemain matin avec ses bêtes, sans avoir été le moins du monde gêné par le pluie.

Il gardait ainsi les vaches et les bœufs de ses parents ; en outre, plus tard, il accueillait les vendangeurs de passage, pour lesquels il fonda (ou releva) un hospice (appelé parfois xenodochio), avec une église. Cette activité suscita de nombreuses vocations, qui devinrent les fratres Allucii, sorte de congrégation laïque.

Allucio fonda aussi deux hospices sur le mont Albano et au bord de l’Arno : là il établit également un pont, après une adroite négociation avec les passeurs dont le trafic était fort lucratif.

Son austérité était effrayante : il ne mangeait jamais ni viande, ni fromage, ni œufs, jeûnait les lundis, mercredis et vendredis. Pendant sept carêmes, il ne mangea rien du tout, mais il communiait chaque jour, car il était très dévôt de l’Eucharistie.

Rien d’étonnant qu’une telle sainteté obtienne des grâces particulières du Ciel, et les miracles se multiplièrent. On parla d’Allucio jusqu’en Vénétie.

Il aurait ainsi pacifié les deux villes de Ravenne et Faenza ; des guérisons extraordinaires furent constatées : la huche de pain subitement remplie en temps de famine, pour nourrir une pauvre femme ; un condamné auquel le bourreau avait arraché les deux yeux, récupéra la vue ; un possédé fut délivré et, reconnaissant, resta à l’hospice toute sa vie pour rendre service. Des paralytiques purent marcher, et surtout : des brigands se convertirent.

Allucio mourut le 23 octobre 1134 et l’évêque du lieu le canonisa en 1182. Entre les deux dates, l’hospice de Campugliano avait déjà pris le nom de … Saint Allucio. L’office fut approuvé une première fois en 1764, et à nouveau en 1851.

L’hospice passa aux Chevaliers de Malte, mais fut fermé à la fin du 18e siècle. Les reliques d’Allucio furent déposées dans la cathédrale de Pescia.

En 1934, huitième centenaire de la mort d’Allucio, la bourgade de Campugliano prit le nom de Sant’Aluccio di Uzzano. Malheureusement, les bâtiments, hospice et église, fondés par Alluccio, furent totalement détruits durant la guerre en 1944.

Saint Allucio, mentionné le 23 octobre au Martyrologe, est depuis 2000 co-patron céleste du diocèse de Pescia, avec Notre-Dame de Fontenova.

 

 

Giovanni Bono

1168-1249

 

Il ne s’agit pas ici de saint Giovanni il Buono, évêque au 7e siècle à Milan et à Gênes.

Notre Giovanni était de Mantoue, où il était né vers 1168.

Son père mourut quand il était adolescent, et le garçon quitta alors sa mère et sa ville pour girovaguer d’une ville à l’autre en faisant ce qu’on appellerait aujourd’hui «l’intermittent du spectacle», ce à quoi il ajoutait quelques autres péchés de jeunesse.

Sa pieuse mère, nouvelle sainte Monique (v. 27 août), priait ardemment pour lui ; Giovanni tomba gravement malade. Songeant à sa mort, il se repentit et alla trouver l’évêque de Mantoue, qui lui conseilla un genre de vie érémitique, pour faire pénitence.

Giovanni avait environ quarante ans. Il obéit humblement au pasteur et se retira près de Cesena.

Au bout de plusieurs années, la sainteté de son comportement fut connu, des disciples affluèrent, qui voulaient rester sous sa direction, et qui purent rédiger des témoignages sur leur maître.

Giovanni s’imposait des austérités effrayantes : il habitait une cellule adossée à l’église, mais séparée de l’habitation des frères. Elle avait trois fenêtres, l’une s’ouvrant sur l’église, une autre sur l’extérieur par où on lui passait sa nourriture (on verra plus loin en quoi elle consistait) ; par la dernière entrait la lumière. Au mur un bénitier, un crucifix et une image de la Vierge devant lesquels il priait si souvent que ses genoux avaient laissé leur empreinte. Il n’y avait ni siège, ni paillasse, seulement une planche sur laquelle il dormait sans couverture. Jugeant sans doute cette couchette trop confortable, il s’était fait un lit de feuilles de houx, puis il creusa un trou qu’il remplit de piquants où il se mettait la tête en bas pour réciter deux cents Pater. 

Et voici son régime. Il mangeait seul dans sa cellule, jeûnant continuellement, se contentant pour une semaine de ce qu’on donnait aux frères à un repas ; son menu de carême était organisé une fois pour toutes : le premier jour, un morceau de pain de la dimension d’une hostie ; le deuxième jour, quatre tiges de persil frites dans l’huile ; le troisième jour : sept fèves cuites ; le quatrième jour : comme le premier, et ainsi de suite. A la fin de sa vie, il se contenta pour tout le carême d’un pain qu’il mangeait en bouchées minuscules. 

Il portait une tunique grise très légère serrée par une ceinture, même en hiver où il ne se chauffait pas ; toujours pieds nus dans sa cellule, il mettait des sabots de bois pour sortir.

Un tel régime ne l’empêchait pas d’être malade ; il acceptait alors difficilement de manger un œuf ou quelque nourriture un peu substantielle, et refusa toujours de recevoir la visite d’un médecin.

La culture de Giovanni était quasi nulle ; il savait par cœur le Pater, le Credo, le psaume 50 Miserere ainsi que quelques autres et quelques prières brèves. Cela lui suffisait pour s’entretenir en oraison. Il ne se joignait pas au chœur pour l’office, qu’il écoutait de sa cellule, et n’en sortait que pour assister à la Messe chaque jour, ainsi qu’aux vêpres des dimanches et fêtes.

Ainsi reclus, Giovanni ne prétendait pas multiplier les contacts personnels, mais fut tout de même bien étonné de voir le nombre de ses disciples s’accroître au point qu’il dut fonder de nouveaux couvents : Bertinoro, Mantoue, Venise, Bologne, Parme, Ferrare, Faenza, Rimini et d’autres encore !

La règle qu’on y pratiquait était celle de saint Augustin (v. 28 août), de sorte que l’Ordre des Ermites les assimilerait sans difficulté, en 1256.

La fidélité de Giovanni à la foi catholique et au siège apostolique ne fut jamais ébranlée par les courants de pensée qui en ce début du 13e siècle étaient si violents en Italie. Il ramena de nombreux patarins à l’obéissance. Sa sainteté était le meilleur démenti que l’on pouvait donner à leurs dirigeants qui reprochaient à l’Eglise sa richesse et le manque d’austérité de bien des clercs.

Giovanni, lui, annonça qu’il mourrait là où il était né, et mourut effectivement à Mantoue, le 23 octobre 1249.

De nombreux miracles attestèrent sa sainteté, les procès-verbaux furent dressés, mais n’aboutirent pas à une béatification proprement dite. 

Deux siècles après sa mort, on retrouva son corps intact et son culte fut autorisé (1483). En 1672, son nom fut inséré dans le Martyrologe, qui le mentionne aujourd’hui au 23 octobre.

 

 

Giovanni de Capistrano

1386-1456

 

Giovanni, né le 24 juin 1386, à Capistrano (Abruzze, Italie C), reçut le nom du Saint du jour : Jean-Baptiste.

Il était fils d'un gentilhomme français qui avait suivi à Naples le duc d'Anjou, devenu roi de ce pays ; ce papa mourut bientôt, et la maman éduqua Giovanni avec une profonde piété.

Après ses humanités, le garçon fut envoyé à Pérouse pour y étudier le droit canonique et civil. Très brillant, il reçut une place de judicature, et fut très recherché pour la maturité de son jugement. Il devint même gouverneur de Pérouse.

Un homme riche et noble, charmé de ses qualités éminentes, lui proposa sa fille en mariage. Tout lui souriait dans le monde, quand tout à coup s'évanouirent ces flatteuses espérances.

Dans une guerre contre Rimini, la ville de Pérouse le soupçonna de trahir sa patrie ; on le fit arrêter. Malgré son innocence et son éloquence à se défendre, il fut jeté en prison. Ayant tenté de s’évader, il se brisa le pied et fut jeté dans un sombre cachot. 

Dans ce cachot, il eut la vision de saint François d’Assise. Il vendit tous ses biens, paya sa rançon, remit à sa fiancée sa dot, distribua le reste aux pauvres, et se réfugia chez les Franciscains, au monastère du Mont, près de Pérouse. 

Le Gardien (c’est-à-dire le Supérieur), craignant que cette vocation ne fût que l'effet d'un dépit passager plutôt que d'un mouvement de la grâce, voulut l'éprouver. Il lui ordonna de faire le tour de la ville de Pérouse dont il avait été gouverneur, monté à rebours sur un âne, couvert d'un mauvais habit et la tête coiffée d'un bonnet de carton où étaient écrits divers péchés. 

On peut à juste titre s’étonner des méthodes utilisées par certains maîtres spirituels, mais Dieu le permet parfois pour honorer encore plus les vertus des Saints. Après une telle épreuve, les humiliations du noviciat ne coûtèrent pas beaucoup à Giovanni.

Admis en 1416, il eut pour maître de noviciat un simple frère convers, sans doute très spirituel, mais très dur, à la direction duquel Giovanni se soumit avec la simplicité d'un enfant. Il fut traité par lui avec la dernière sévérité. Je rends grâces au Seigneur, disait-il plus tard, de m'avoir donné un tel guide ; s'il n'eût usé envers moi de pareilles rigueurs, jamais je n'aurais pu acquérir l'humilité et la patience.

Giovanni fut renvoyé par deux fois du noviciat comme incapable de remplir jamais aucun emploi dans la religion. Il resta jour et nuit à la porte du couvent, souffrant avec joie l'indifférence des religieux, les railleries des passants et le mépris des pauvres qui venaient demander l'aumône. Une persévérance si héroïque désarma la sévérité des supérieurs et dissipa leurs craintes. Giovanni, reçu de nouveau, fut enfin admis à la profession.

Dès lors sa vie fut admirable, il vivait uniquement de Jésus sur la Croix. Embrasé d'amour pour Dieu, il faisait de sa vie une oraison continuelle : le Crucifix, le Tabernacle, l'image de Marie, le jetaient dans l'extase : Dieu, disait-il, m'a donné le nom de Giovanni, pour me faire le fils de Marie et l'ami de Jésus.

Pour la théologie, il eut pour maîtres saint Giacomo de la Marche et saint Bernardin de Sienne, dont il sera plus tard un vaillant collaborateur. En attendant, Giovanni semblait avoir la science infuse, en théologie comme en droit canonique.

Ordonné prêtre vers 1425, Giovanni fut appliqué au ministère de la parole. Ses paroles produisaient partout des conversions nombreuses. Une secte de prétendus moines, les Fraticelli, dont les erreurs et les mœurs scandalisaient l'Église, fut anéantie par son zèle et sa charité. Le Pape Eugène IV, frappé des prodigieux succès de Giovanni, l'envoya comme nonce en Sicile ; puis le chargea de travailler, au concile de Florence, à la réunion des Latins et des Grecs. Enfin il le députa vers le roi de France, Charles VII.

Ami de saint Bernardin de Sienne, il le défendit, devant la cour de Rome, contre les calomnies que lui attirait son ardeur pour la réforme de son Ordre ; il l'aida grandement dans cette entreprise, réformant les couvents de femmes selon la première règle de sainte Claire, comme le faisait sainte Colette en France. 

Plus tard, il travaillera activement à la canonisation de saint Bernardin.

Le pape Eugène IV proposa l’épiscopat à Giovanni, qui le refusa si humblement, que le pape n’insista pas.

Le pape suivant, Nicolas V, l'envoya en qualité de commissaire apostolique dans la Hongrie, l'Allemagne, la Bohème et la Pologne. Giovanni y alla avec Æneas Silvio Piccolomini, futur pape Pie II,  pour remettre la concorde entre les princes allemands. En voyage, pour passer un fleuve, Giovanni étendit le manteau de saint Bernardin au-dessus de l’eau, et l’escorte put passer à pieds secs. En Allemagne, les villes entières se portaient à la rencontre de Giovanni. Toutes sortes de bénédictions accompagnèrent ses pas. Il ramena au bercail de l'Église un grand nombre de personnes, et convertit une quantité prodigieuse de Juifs et de Musulmans. Giovanni prêchait en latin, traduit par un interprète.

Giovanni évangélisa la Carinthie, la Styrie, l’Autriche, la Bohême, la Moravie, la Silésie, la Bavière, la Thuringe, la Saxe, la Franconie, la Pologne, la Transylvanie, la Modavie, la Valachie… Les miracles accompagnaient sa prédication, jusqu’à des résurrections.

À cette époque, Mahomet II menaçait l'Occident d'une complète invasion, il tenait Belgrade assiégée et se promettait d'arborer le croissant dans l'enceinte même de Rome. Le Pape Calixte III chargea Giovanni de prêcher une croisade : à la voix puissante de cet ami de Dieu, une armée de quarante mille hommes se leva ; il lui trouva pour chef Huniade, qu’il conduisit à la victoire.

Étant à trois journées de marche des Turcs, tandis qu'il célébrait la Messe en plein air dans les grandes plaines du Danube, les témoins ont rapporté qu'une flèche partie d'en haut vint, pendant le Saint Sacrifice, se placer sur le corporal. Après la Messe, le Saint lut ces mots écrits en lettres d'or sur le bois de la flèche : Par le secours de Jésus, Giovanni de Capistran remportera la victoire.  Au fort de la mêlée, il tenait en main l'étendard de la Croix et criait : Victoire, Jésus, victoire ! Les Turcs se retirèrent en criant : Retirons-nous, car le Dieu des chrétiens combat pour eux. Belgrade fut sauvée. C'était le 14 juillet 1456.

C’est à la suite de cette victoire que fut instituée la fête de la Transfiguration (6 août).

Trois mois après, le 23 octobre 1456, Giovanni, se trouvant à Vilak (Sirmium), ayant prononcé ces paroles du Nunc dimittis : C'est maintenant, Seigneur, que tu laisseras mourir en paix ton serviteur, expira en disant une dernière fois : Jésus. Il avait soixante-dix ans.

D’après un manuscrit découvert en 1874, le corps de Giovanni fut, au siècle suivant, repris par les Turcs, et vendu à un riche seigneur, qui le remit à une communauté de moines basiliens orthodoxes : préservé de toute corruption, revêtu de l’habit franciscain, il se trouverait à Bistriz (Roumanie).

Giovanni de Capistrano fut canonisé dès 1690.

Thomas Thwing

1635-1680

 

Thomas était né en 1635 à Heworth Hall (Yorkshire, Angleterre), de George et Anne, qui eurent aussi (au moins) trois filles.

Il était le petit-neveu d’un autre Martyr, Edward Thwing (v. 26 juillet).

Il se forma à Douai et fut ordonné prêtre.

Envoyé en mission dès 1664 dans sa région natale, il fut aumônier chez ses cousins, Stapletons, à Carlton Hall, puis il ouvrit une école non loin de là à Quosque.

En 1677, une nouvelle fondation vit le jour chez son oncle maternel, Thomas Gasciogne, à Dolebank, et Thomas en fut l’aumônier. Cette fondation était l’Institut de Marie, où entrèrent les trois sœurs de Thomas. C’est là qu’il fut arrêté, en 1679.

C’était l’époque du complot de Titus Oates, et M.Gasciogne avait renvoyé deux domestiques à cause de leur malhonnêteté : elles se vengèrent en calomniant leur maître de complot contre le roi. Tous les membres de la maison furent arrêtés, y compris Thomas Thwing, et furent jugés à Londres et Newgate. Tous furent acquittés, sauf Thomas, le prêtre, qui fut transféré à la prison de York ; il devait être jugé en mars 1680, mais les assises furent retardées à juillet.

 A la proclamation de la condamnation, il baissa la tête humblement et affirma Innocens ego sum. D’abord, le roi voulut commuer la sentence, mais la Chambre décida l’exécution au lendemain de la session du Parlement.

On sortit Thomas de la prison, on passa devant la maison où se trouvaient ses trois sœurs, on l’emmena à Londres pour le pendre à Tyburn.

A ce dernier instant, Thomas proclama son innocence et sa fidélité au roi ; il pria pour le roi et la famille royale, et demanda aux Catholiques de prier pour lui ; ses derniers mots furent Doux Jésus, reçois mon âme.

Thomas Thwing mourut en martyr à York, le 23 octobre 1680.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

 

Clotilde-Joseph Paillot

1739-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 25 novembre 1739 à Bavay (Nord), fut baptisée le jour-même et professa chez les Ursulines le 23 octobre 1756, sous le nom de Marie-Clotilde-Joseph de Saint-François-Borgia.

Nommée conseillère en 1789, elle fut élue supérieure en 1790 et réélue en 1793.

On le voit, elle reçut la palme du martyre le jour de son trente-huitième anniversaire de profession.

Son martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elle fut béatifiée en 1920.

 

 

Anne-Josèphe Leroux

1747-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 23 janvier 1747 à Cambrai (Nord), et professa chez les Clarisses le 10 mai 1769, et avait trouvé refuge chez les Ursulines, où se trouvait sa sœur Marie-Marguerite-Joseph ; on l’appelait souvent (Marie-)Joséphine.

Elle et sa sœur avaient été arrêtées dans la nuit du 31 août au 1er septembre.

Leur martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elles furent béatifiées en 1920.

 

 

Marie-Marguerite-Joseph Leroux

1749-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 14 juillet (!) 1749 à Cambrai (Nord), et professa chez les Ursulines le 9 août 1775, sous le nom de Marie-Scholastique-Joseph de Saint-Jacques.

On le voit, elle avait quarante ans le jour de la «prise de la Bastille».

Elle et sa sœur Anne-Josèphe avaient été arrêtées dans la nuit du 31 août au 1er septembre.

Leur martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elles furent béatifiées en 1920.

 

 

Jeanne-Louise Barré

1750-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 23 avril 1750 à Sailly-en-Ostrevent (Pas-de-Calais), et professa comme Converse chez les Ursulines le 20 janvier 1777, sous le nom de Marie-Cordule-Joseph de Saint-Dominique.

C’est elle qui vécut l’incident relaté dans la notice générale des Ursulines de Valenciennes : la porte s’étant refermée trop vite avant son passage, elle pria le Seigneur de ne pas être séparée de ses Compagnes ; la porte alors se rouvrit et le geôlier la fit passer.

 

Son martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elle fut béatifiée en 1920.

 

 

Marie-Liévine Lacroix

1753-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 24 mars 1753 à Pont-sur-Sambre (Nord), et professa chez les Brigittines, avec le nom de Dame Liévine, avant de trouver refuge chez les Ursulines sous le nom de Marie-Françoise, pour éviter d’être reconnue comme ancienne Brigittine.

Avec sa Consœur Marie-Augustine Erraux, elles furent arrêtées dans la nuit du 4 au 5 septembre.

 

Leur martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elles furent béatifiées en 1920.

 

 

Marie-Augustine Erraux

1762-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 20 octobre 1762 à Pont-sur-Sambre (Nord), et professa chez les Brigittines, avec le nom de Dame Anne-Marie-Joseph, avant de trouver refuge chez les Ursulines.

Avec sa Consœur Marie-Liévine Lacroix, elles furent arrêtées dans la nuit du 4 au 5 septembre.

 

Leur martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elles furent béatifiées en 1920.

 

 

Phaolô Tống Viết Bưòng

1773-1833

 

Phaolô (Paul) était né vers 1773 à Phủ Cam (Phu Xuân, actuelle Huế, Vietnam), d’une famille où l’on était catholique depuis plusieurs générations.

Le père et le grand-père de Phaolô étaient mandarins ; lui-même entra dans la garde royale et devint capitaine de la 1e compagnie de son régiment ; même le roi disait de lui qu’il remplissait son devoir avec zèle et activité. Il avait été décoré de la plaque d’ivoire pour ses services.

Dans le cours de son service, le souverain l’envoya en mission inspecter les opérations militaires contre les populations primitives de la province de Quang-Ngai. Quand il vit son rapport, le roi lui demanda s’il était allé visiter la pagode de Non-Duoc. Phaolô répondit d’abord qu’il n’en avait pas reçu l’ordre exprès, et ajouta ensuite qu’il n’y était pas allé parce qu’il était chrétien.

Le roi lui fit alors de terribles reproches, se mit en colère et ordonna de le décapiter ; un des amis de Phaolô ayant intercédé pour lui, la peine fut commuée : le capitaine reçut quatre-vingts coups de rotin, fut dégradé et condamné à servir comme simple soldat.

Phaolô put acheter le droit de se retirer dans sa famille. Un an plus tard, le roi demanda la liste de ses soldats chrétiens ; Phaolô manquait : le roi le fit arrêter et mettre en prison.

Phaolô fut mis à la cangue en prison pour six mois, puis fut chargé d’une chaîne au cou et aux jambes. Tous les dix jours, on l’interrogeait et, comme il refusait d’apostasier, on lui administrait une vingtaine de coups de bâton. Il refusa catégoriquement de marcher sur la Croix. Ses blessures n’avaient pas le temps de cicatriser d’une séance à l’autre. Epuisé, il sentait ses forces le quitter, mais ne se plaignait jamais. Il priait pour obtenir la grâce d’être fidèle.

Le roi ne voulait pas le tuer ; il préférait une apostasie, plus efficace, selon lui, pour éteindre la foi dans le pays. Il ordonna de le battre encore et encore ; et s’il en mourait, qu’on le jetât hors des murs de la ville. Mais pour abréger l’attente, il finit par prononcer une sentence de mort. Phaolô devait être décapité et sa tête exposée plusieurs jours en signe d’ignominie.

Le vaillant soldat mourut pour le Roi céleste le 23 octobre 1833 à Thở Ɖuc (Saigon, Vietnam), et fut béatifié en 1900, canonisé en 1988

 

 

Jules-Nicolas Rèche

1838-1890

 

Jules-Nicolas naquit à Landroff (Moselle) le 2 septembre 1838, dans une famille si pauvre, qu’il dut très tôt travailler comme palefrenier, cocher, charretier.

Il se fit remarquer pour son honnêteté, sa discrétion.

Ayant rencontré les Frères des Ecoles Chrétiennes, il demanda à y être admis. 

Il commença le noviciat en 1862, avec le nom de Arnould et, après la profession, il enseigna pendant quatorze ans à Reims.

Son zèle ne s’arrêta pas là : il profita de ses «heures libres» pour étudier la théologie, les mathématiques, les sciences, l’agriculture, ce qui lui permit d’enseigner aussi à de petits groupes d’élèves plus âgés.

Durant la guerre de 1870, il travailla comme infirmier, pour soulager les blessés des deux camps. Il fut décoré de la médaille de bronze.

Bientôt nommé maître des novices à Thillois, sa renommée s’agrandit à cause de sa grande sainteté : vie ascétique, piété profonde, mais aussi miracles, discernement des pensées. Frère Arnould était particulièrement dévot de la passion du Christ et docile à l’action de l’Esprit Saint, qui fortifie le cœur des hommes.

Lors du déplacement du noviciat à Courlancy (Reims) en 1885, il fit consacrer la maison au Sacré-Cœur.

Frère Arnould mourut saintement le 23 octobre 1890 et fut béatifié en 1987.

Saturnino Tobar González

1858-1936

 

Né le 24 décembre 1858 à Tardajos (Burgos) et baptisé le lendemain, jour de Noël, il était l’aîné des deux fils de Manuel et Gregoria ; le deuxième garçon, Maurilio, qui avait onze de moins que Saturnino, entra chez les Lazaristes avant son aîné et devint prêtre.

Saturnino avait trente ans quand il entra à son tour dans la congrégation des Pères Lazaristes (Vincentiens) ; il fit les vœux en 1890, comme frère convers.

Pendant douze années, il accompagna les Pères en pays de mission, puis il fut dans les communautés de Valdemoro et Hortaleza.

Intelligent, expérimenté, travailleur, homme de prière et de méditation, il avait toutes les bonnes qualités d’un administrateur efficace. Aussi fut-il choisi en 1917 pour encadrer les Filles de la Charité dans la nouvelle communauté madrilène de la rue Lope de Vega.

Déjà le 11 mai, quand des couvents furent donnés aux flammes par les ennemis de l’Eglise, on lui proposa de l’héberger et de le cacher. Sa position était autre : son but était de gagner le Ciel, même en versant son sang, si c’était le cas.

En 1936, la situation était plus grave. Le Frère s’habilla en laïc, comme le montre le portrait habituel qu’on a de lui, et se réfugia chez une cousine. Malgré ces dispositions, on vint l’arrêter à la mi-août, d’ailleurs avec sa cousine ; on relâcha cette dernière, mais on mit en prison le Frère, qui avait soixante-dix-huit ans.

Il partagea désormais le sort du p.José María Fernández et de ses Compagnons, tous fusillés à Vallecas (environs de Madrid) le 23 octobre 1936. Concernant particulièrement la date du martyre du frère Saturnino, celle du 28 septembre semble bien erronée.

Béatifié en 2017, Saturnino Tobar González sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

José María Fernández Sánchez

1875-1936

 

Né le 15 janvier 1875 à Oviedo, de José et Manuela, il fut baptisé dès le lendemain.

D’abord séminariste à Oviedo, il passa en 1895 à la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) et acheva ses études de théologie à Rome, où il fut reçu docteur en théologie.

Professeur à Hortaleza, Madrid et Guadalajara, il fut envoyé en 1921 en Inde pour y fonder la mission de Cuttack (Vizagapatán, Orissa) ; en 1925, la mission comptait déjà trois communautés.

Revenu en Espagne en 1927, il enseigna la théologie pastorale au séminaire d’Oviedo. En 1930, il fut nommé sous-directeur de la province espagnole des Filles de la Charité.

Le 25 juillet 1936, il se trouvait dans la maison de la rue Lope de Vega avec deux autres prêtres et cinq frères ; tous furent arrêtés et mis en prison. Le p.José María fut particulièrement maltraité, avec interrogatoires, tortures diverses comme celle de rester debout toute une nuit - le Père avait soixante-et-un ans ; on voulait lui extorquer des noms. Il fut transféré de prison en prison, de tchéka en tchéka : palais Medinaceli, Fomento, S.Felipe Neri.

Le 28 août, on lui accorda de recevoir quelques-unes des Filles de la Charité, auxquelles il dit : Réjouissons-nous pour le bien spirituel que cette situation nous apporte.

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, José María Fernández Sánchez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Benito Paradela Novoa

1887-1936

 

Benito naquit le 22 octobre 1887 à Amoeiro (Orense) de Manuel et Camila, qui le firent baptiser le lendemain.

Brillant élèvre de la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) à Hortaleza et Madrid, il fit la profession en 1909 et fut ordonné prêtre en 1916.

D’abord envoyé à Limpias, il devint l’archiviste de la Congrégation à partir de 1922 et s’installa à Madrid, d’où il dirigea les Annales de la Congrégation de la Mission et des Filles de la Charité. Ce fut un chercheur infatigable, un historien de premier ordre, auquel tous ses Confrères purent se référer pour trouver les informations nécessaires à leur apostolat. Discret et homme de peu de paroles, il était trop intelligent pour faire les choses à moitié : il sauva les archives et donna sa vie.

Devant la bourrasque révolutionnaire qui se faisait chaque jour plus pesante, il s’occupa de transférer personnellement tous les livres, les fichiers, les documents qu’il put, en différents endroits, dont la rue Felipe Neri, où il se réfugia lui-même. De là, il sortait quelque fois au collège Santa Isabel, rue Hortaleza, pour son ministère sacerdotal.

Découvert, il fut surveillé à vue, et longtemps torturé et interrogé dans le but de lui extorquer des noms et des adresses d’autres Confrères.

Pour lui aussi, il y a apparemment des incertitudes sur le jour de son martyre. On trouve le 29 octobre, qui est sans doute une erreur ; mais aussi le 24 octobre, au lendemain de la mort du p. José María Fernández, veille de la fête du Christ-Roi, célébrée alors au dernier dimanche d’octobre. Mais comme le p.Benito semble avoir versé son sang le vendredi avant le Christ-Roi, il faudrait établir la date de son martyre au 23 octobre. Dans l’attente d’autres précisions, gardons cette date.

La veille de ce jour, le p.Benito accomplissait soixante-et-un ans.

Martyrisé le 23 octobre 1936 et béatifié en 2017, Benito Paradela Novoa sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Eduardo Valverde Rodríguez

1878-1936

 

Né le 18 février 1878 à Adra (Almería), et baptisé le 26 février suivant, Eduardo appartenait à une famille assez en vue à Adra. Son père envoyait tous ses fils faire de bonnes études à Grenade, et Eduardo créa la surprise en annonçant qu’il voulait entrer au séminaire. En réalité, il alla aussi à Grenade…

En effet, ordonné prêtre en 1901, la même année il passa le doctorat de théologie à Grenade.

On lui confia l’aumônerie des Filles de la Charité, qui à leur tour lui transmirent leur grande dévotion à Marie Immaculée. Don Eduardo fut vicaire, puis curé au sanctuaire d’Almería et fut nommé chanoine de la cathédrale.

Le 14 août 1936, il fut arrêté une première fois, puis libéré sur versement d’une rançon par sa famille. Arrêté une seconde fois le 29 août, il fut enfermé au couvent des Adoratrices, transformé en prison, puis le 12 septembre au collège salésien. Il fut alors gravement malade ; le médecin voulait le faire hospitaliser et, par ce moyen, l’aider à s’enfuir, mais le bon Prêtre lui dit : Ne risque pas ta vie en me sortant d’ici, laisse-les faire ce qu’ils veulent.

Le 23 octobre, il fut emmené au cimetière d’Almería, où il fut fusillé en même temps que son Confrère, le chanoine Andrés Navarra. Ce dernier eut un moment de faiblesse devant la mort, et don Eduardo lui prit la main et l’encouragea : De quoi as-tu peur ? N’aie pas peur, Dieu nous attend ! Tu ne vois pas qu’il nous regarde déjà ? N’aie pas peur !

Les bourreaux s’acharnèrent sur le corps de don Eduardo, car on retrouva sa tête séparée du corps.

Martyrisé le 23 octobre 1936 et béatifié en 2017, Eduardo Valverde Rodríguez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Roque Guillén Garcés

1879-1936

 

Né le 21 mai 1879 à Sarrión (Teruel) de Rafael et Pascuala, il fut baptisé dans cette merveilleuse église paroissiale qui partit en fumée lors de la révolution marxiste.

Roque avait un oncle prêtre lazariste, qui dirigea le tout nouveau collège de cette Congrégation à Alcorisa : il en fut le premier élève. Il continua ensuite ses Humanités à Teruel.

Il commença le noviciat en 1895 à Madrid et fit la profession en 1897. Ce fut ensuite la philosophie à Hortaleza et Madrid, où il étudia aussi la théologie et fut ordonné prêtre en 1904.

Il fut envoyé successivement comme professeur au Cid, à Teruel, Ávila, Orense et Saragosse ; en 1930, il fut à la maison de la rue Lope de Vega (Madrid), comme aumônier des Filles de la Charité.

Il fut un des deux prêtres arrêtés avec les cinq frères de cette maison (v. plus haut José María Fernández Sánchez).

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, Roque Guillén Garcés sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Manuel Navarro Martínez

1879-1936

 

Né le 3 juillet 1879 à Rioja (Almería), Manuel fut baptisé le 6 juillet suivant. Il avait une sœur.

La famille étant suffisamment aisée, elle put financer les études de médecine et de droit de leur fils. Mais celui-ci renonça bientôt à la faculté pour entrer au séminaire d’Almería et fut ordonné prêtre en 1904. C’est le 23 octobre qu’il célébra sa première Messe. La date est importante, on va voir pourquoi.

Il officia d’abord à Tabernas, puis : Castro de Filabres (1905), Bayarque (1908), de nouveau Tabernas (1911) et au sanctuaire marial d’Almería (1916) ; pendant l’épidémie de grippe espagnole, il fut à Purchena (1918), Ulella del Campo (1919) ;  en 1935 il eut un problème cardiaque et fut contraint de revenir à Almería.

Généreux envers les pauvres, il assuma également l’assistance de sa sœur devenue veuve. Deux fois par an, à Noël et à la Fête-Dieu, il remplissait une voiture de denrées alimentaires qu’il allait distribuer aux familles les plus pauvres du pays.

Quand les miliciens se présentèrent chez lui, il était en train de prendre le café avec sa sœur. Il leur demanda : Que voulez-vous de moi ? La seule chose que je peux vous donner, c’est le pardon. Les miliciens fouillèrent toute la maison et la laissèrent dans un grand désordre ; don Manuel les suivit.

On apprit que don Manuel fut torturé aux oreilles et au nez, avant d’être fusillé au cimetière d’Almería. Il fut martyrisé le 23 octobre 1936, jour anniversaire de sa première Messe, trente-deux ans plus tôt.

Béatifié en 2017, Manuel Navarro Martínez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Juan Nuñez Orcajo

1882-1936

 

Né le 14 septembre 1882 à Font Toso (Burgos), en la fête de la Croix, il reçut lui aussi la croix du martyre.

Frère de la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens), il partagea le sort des deux prêtres et cinq frères de cette maison (v. plus haut José María Fernández Sánchez).

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, Juan Nuñez Orcajo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Andrés Navarro Sierra

1882-1936

 

Né et baptisé le 28 septembre 1882 à Tabernas (Almería), il était un des cinq enfants d’un humble cocher.

Intelligent, le garçon fut envoyé au séminaire d’Almería, mais en sortit deux ou trois ans après. Il travailla quelque temps avec son père et même, semble-t-il, eut une fiancée. Mais la vocation se refit sentir et il décida de lui-même de réintégrer le séminaire.

Il eut raison : ses études furent brillantes et il passa la licence de théologie à Grenade. Il fut ordonné prêtre en 1904.

Il exerça son ministère sacerdotal à Tabernas, Turre et Serón (1908), Bayarque (1909), Las Pocicas (1916), Senés (1919). Enfin, il fut chanoine de la cathédrale d’Almería.

On a conservé des souvenirs de son apostolat à Las Pocicas. Il y créa une chorale, montrant par là sa culture et son souci de rehausser les cérémonies. Mais aussi il organisa des processions, avec des chars tirés par les chevaux ; les autorités locales, voulant contrecarrer l’influence bénéfique que le Prêtre exerçait sur la population, allèrent jusqu’à enfermer les animaux dans l’église. Le Curé alla les délivrer ; mais le soir suivant, tandis qu’il était en train de souper, on lui tira deux balles ; il s’enfuit en courant chez une tante qui habitait par là. On le voit ici : les ennemis de Dieu et de son Eglise n’attendirent pas l’année 1936 pour se déchaîner contre Ses ministres.

Lors de la révolution marxiste de l’été 1936, don Andrés reçut des menaces, puis fut arrêté, parce qu’il continuait à porter la soutane.

Martyrisé le 23 octobre 1936 à Almería et béatifié en 2017, Andrés Navarro Sierra sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Agustín Nogal Tobar

1885-1936

 

Il naquit le 5 mai 1885 à Tardajos (Burgos), de Jerónimo et Inés.

En 1903, il entra dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens). Le sérieux et la certitude qui se dégageaient de lui, convainquirent ses Supérieurs de l’envoyer encore novice à La Havane (Cuba), où il fit la profession en 1905.

Sacristain, peu bavard, patient avec les petits enfants de chœur, il fit du sanctuaire un endroit très apprécié des Pères et des fidèles. Puis il fit le même travail à Porto Rico, mais il avait là davantage de «temps libre», il s’occupa à s’initier tout seul au travail de menuisier-charpentier, de mécanicien, d’électricien, de chauffeur…

En 1931, il fut rappelé en Espagne pour reprendre l’administration de la maison des Filles de la Charité de Madrid ; c’est ainsi qu’il habita dans la maison de la rue Lope de Vega. A l’approche des événements graves de juillet 1936, il reçut le conseil de mettre en sûreté de l’argent, des objets précieux comme les calices et les ciboires ; mais une fois arrêté, interrogé, surmené par les miliciens, il aurait cédé en révélant ses cachettes.

Mais il se refusa absolument à révéler où était le chocolatier et le boulanger de la communauté ; les miliciens le menacèrent, s’il ne les conduisait pas chez eux, de le conduire au Ciel directement.

Le Frère Nogal passa encore quelques jours à la maison de la rue s.Philippe Neri.

Il eut le même sort que les deux prêtres et les cinq frères de cette maison Lope de Vega (v. plus haut José María Fernández Sánchez).

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, Agustín Nogal Tobar sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

Leonardo Olivera Buera

1889-1936

 

Leonardo Olivera Buera était né le 6 mars 1889 à Campo (Huesca, Espagne).

Il fut ordonné prêtre pour le diocèse de Saragosse en 1916, et nommé curé de Movera (Puente Gallego, Saragosse) et en même temps chapelain de l’Ecole Notre-Dame du Carmel à Bonanova, gérée par les Frères des Ecoles Chrétiennes.

Comme prêtre, il collabora fraternellement avec les Frères, de sa parole prudente et sage, autant qu’avec tout le zèle nécessaire pour les jeunes, en particulier ceux qui montraient quelque attirance pour la vie religieuse.

Au moment de la persécution religieuse, le 9 juillet 1936, des miliciens firent irruption dans le collège et allèrent frapper à sa porte. Cette fois-ci, ce n’était pas un jeune adolescent qui venait le trouver, mais des soldats enragés. L’un d’eux le blessa au bras d’un coup de pistolet. Il put aller se faire soigner à l’hôpital, avant de tenter de rejoindre sa sœur à Valencia.

Le 22 septembre, il fut reconnu et arrêté, partageant ainsi le sort des Frères, qui furent les uns après les autres arrêtés, parfois torturés et fusillés.

L’abbé Leonardo Olivera Buera fut fusillé à El Saler (Valencia) le 23 octobre 1936 (cet assassinat eut peut-être lieu dès le 22 ou 23 septembre).

Il a été béatifié en 2001.

 

 

Anatolio García Nozal

1898-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

Anatolio était né le 15 mars 1898, baptisé le 20 suivant à Becerril del Carpió (Palencia, Espagne), benjamin de onze enfants, dont la maman mourut dès 1900. Il fut confirmé cette même année.

Ayant connu les Passionistes durant une mission prêchée dans le pays, il voulut les rejoindre : en 1912 il entra dans leur collège à Corella.

Dès 1913, il commençait le noviciat. En 1914, il fit la profession avec le nom de Ildefonso de la Croix.

Après les études secondaires et la philosophie, on l’envoya à Rome pour la théologie (1920). Il y fit la profession solennelle (1922).

Revenu en Espagne, il fut envoyé à Saragosse pour enseigner, et à Corella comme recteur.

Il reçut l’ordination sacerdotale en 1924.

Il fut supérieur de Daimiel en 1932 : un témoin le qualifia de véritablement humble et doux avec tous. Il fit un court séjour à Valencia en 1935.

Puis il obtint de pouvoir partir en mission au Vénézuéla, mais la révolution intervint avant.

Après la nuit tragique du 21-22 juillet 1936, trois prêtres (dont le père Ildefonso) et neuf clercs partirent pour Manzanares, où ils furent fusillés le 23 juillet. Cinq moururent sur place et un sixième expira à l’hôpital, où la Croix-Rouge put héberger les six «survivants» et les faire soigner ; l’un d’eux, le pauvre Ildefonso, se lamentait de ce que la couronne du martyre leur avait échappé. Anatolio était de ces «rescapés».

A peine remis de leurs graves blessures, les six furent à nouveau arrêtés à leur sortie de l’hôpital, et fusillés une deuxième fois, le 23 octobre 1936.

Tous furent béatifiés en 1989.

 

 

César Elexgaray Otazua

1904-1936

 

Né le 25 février 1904 à Busturia (Bilbao, Guipúzcoa), de Serapio et Francisca, il fut baptisé le jour-même.

Après le service militaire, il entra en 1932 au noviciat dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) à Hortaleza (Madrid) comme Frère convers ; il n’avait pas même achevé le noviciat qu’on avait besoin de lui comme cuisinier à Villafranca del Bierzo (où il fit la profession en 1934) puis à l’autre maison de Madrid, rue Lope de Vega.

Le 25 juillet 1936, il fut arrêté avec les autres membres de la communauté et désormais partagea le sort des deux prêtres et cinq frères de cette maison (v. plus haut José María Fernández Sánchez).

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, César Elexgaray Otazua sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Leonardo Arce Ruiz

1907-1936

 

Leonardo était né le 6 novembre 1907, jour où l’on fête un saint Léonard, dont il porta le nom, à Arcellares del Tozo (Burgos, Espagne), de Bernabé et Gabina, qui eurent ensuite une petite fille, Paulina.

L’enfant fut baptisé dès le 7 novembre et fut confirmé en 1921.

Signalons ici que son père mourut fort jeune et que sa mère se remaria avec un veuf, Cristóbal Arroyo, père de quelques enfants qu’elle éduqua vraiment chrétiennement.

Leonardo entra en 1919 dans la congrégation des Frères Maristes à Arceniega et commença le noviciat à Las Avellanas en 1922 ; en 1923 il reçut l’habit et le nom de Egberto ; un an après il faisait les premiers vœux et la profession perpétuelle en 1930.

Deux de ses demi-frères entrèrent à leur tour dans la même congrégation : Miguel, qui mourut encore séminariste en 1924, et Evelio, qui disparut en 1936. Un neveu de Leonardo, Gilberto, fils de Paulina, fut aussi mariste et missionnaire au Chili.

Egberto fut envoyé à Palafrugell (1924) et La Garriga (1925) comme cuisinier ; à Las Avellanas (1926) comme jardinier ; puis il enseigna à Sabadell (1928), Barcelone (1929), Valencia (1929), La Garriga (1932), Alcazarquivir (Maroc, 1933) en remplacement du service militaire, enfin Palencia (1935).

Le Frère Egberto fut un vrai Religieux, humble et serviable, amant de la pauvreté et bon professeur.

Le 22 juillet 1936, il s’enfuit à destination de Burgos avec le Frère Teófilo Martín ; reconnus en voyage et arrêtés, ils furent conduits à Reinosa. Ils furent assassinés sur le mont Saja à Campoo de Suso le 23 octobre 1936.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Justiniano Cuesta Redondo

1910-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

Un autre Passioniste, Pedro Largo Redondo, était aussi originaire de Alba de los Cardaños (Palencia), la «montagne Palencienne». Il fut martyrisé le 25 juillet 1936.

Justiniano était né le 19 août 1910 à Alba de los Cardaños, de Gregorio Cuesta Mediavilla et Florentina Redondo Mediavilla.

Il fut baptisé le 21 août suivant, et confirmé en 1911.

Tout petit encore, très frappé par la première messe de son oncle maternel, en 1915, il confia à sa mère qu’il voulait être comme l’oncle Miguel et s’y prépara très sérieusement.

Lors de la Première communion, il demanda à Jésus-Hostie, encore une fois, d’être comme l’oncle Miguel.

Mais voilà qu’en 1920, l’autre oncle, José, entra chez les Passionistes à Corella. Alors, le petit Justiniano se trouvait dans un dilemme : être comme l’oncle Miguel, ou comme l’oncle José ? Il se décida pour l’oncle José et les Passionistes, et commenta ainsi son choix à sa mère : Comme ça, je serai missionnaire très loin, et je t’écrirai plein de belles choses.

Avant de rejoindre cette congrégation, il tint à faire le pélerinage à la Vierge du Brazo, pieds nus, laissant des traces de sang sur son passage, jusqu’à la Croix qu’on va y vénérer. C’était le 21 septembre, et le 29 il rejoignait la communauté de Corella, où l’accueillait son oncle José, désormais avec l’habit religieux.

Justiniano étudia avec ardeur, pour n’avoir pas à donner de mauvaises nouvelles aux parents.

A quinze ans, il entrait au noviciat avec seulement un vote «négatif» : un défaut de prononciation ! Il reçut l’habit le 28 septembre 1925.

Au vote suivant, sa prononciation était «assez corrigée» quoique encore défectueuse ; et sa ferveur semblait être inférieure à ce qu’elle devait être, mais comme ce n’était pas très important, on l’acceptait à l’unanimité des votes. Ces observations ne tombaient pas dans un sac percé pour le jeune homme : il y mit toute son ardeur et se donna entièrement au Christ, en septembre 1926.

Le mois suivant, il arrivait à Daimiel. Durant ses études de philosophie, il se montrait très curieux de mille choses, qu’il transcrivait sur ses cahiers personnels : statistiques de la Congrégation, formules médicinales, conjugaison des verbes en hébreux, culture de la soie, les papillons, les insectes, les reptiles…

En 1930, il partit pour la théologie à Saragosse, où il retrouva l’oncle José, prêtre.

En 1931, il y eut les événements de la Seconde République, les incendies de mai : les étudiants partirent chez eux pendant l’été.

Il fit la profession avec le nom de Justiniano de Saint-Gabriel de l’Addolorata, le 14 septembre et, avec ses confrères, fonda (et dirigea) une revue interne à la congrégation, Religion et Science.

Justiniano fut retardé d’une année encore pour accéder à l’ordination sacerdotale, toujours à cause de son défaut de prononciation, qu’on disait être lié à un problème psychologique, et cela pouvait être un empêchement canonique. Il fut enfin ordonné en avril 1934.

En 1935, on l’envoya à Daimiel, enseigner le grec et le catéchisme.

Il était bon, doux, rêvait des missions en Alaska et rendait service à tout le monde.

Il aimait la poésie et la musique, chose que l’on relève rarement dans l’hagiographie, surtout pour la musique.

Après l’expulsion du couvent de Daimiel, dans la nuit du 21-22 juillet 1936, Justiniano se retrouva parmi ceux qui furent fusillés à Manzanares le 23 juillet, mais tandis que six moururent sur place, six autres - dont lui, survécurent à leurs blessures, ayant été recueillis par la Croix-Rouge à l’hôpital. Justiniano y avait perdu un œil.

Durant son séjour à l’hôpital, il chantait souvent cette petite ritournelle, dont on aimerait bien avoir la mélodie :

Justiniano, Justiniano, quelle mort sera la tienne ?

Mourir pour le Christ, c’est tout mon idéal !

Do Ré Mi Do Ré Fa.

La réalité est que, en août, les Filles de la Charité durent laisser l’hôpital, en le «confiant» aux miliciens, lesquels n’attendaient que la première occasion pour se débarrasser des Religieux. Celle-ci se présenta à leur sortie : on les fit monter dans une camionette, et on alla les fusiller sans attendre.

Justiniano reçut une balle près du cœur et une autre dans la mâchoire, qui ressortit par la boîte crânienne.

Tous furent béatifiés en 1989.

 

 

Agapit Gorgues Manresa

1913-1936

 

Agapit naquit le 4 juin 1913 à Cervià (Garrigues, Espagne), de Manuel et Marta.

Il fut confirmé en 1917.

Après ses études au séminaire de Tarragona, il fut ordonné prêtre le 28 juin 1936, et il chanta sa première messe solennelle le 12 juillet, quelques jours à peine avant la révolution.

Il attendait donc chez les siens, à Cervià, sa première affectation.

Le 21 juillet, il alla avec un autre séminariste, se réfugier d’abord dans une ferme d’Alcover (Alt Camp), puis ils cherchèrent à se cacher dans la montagne, où ils restèrent sans manger pendant deux ou trois jours.

Surpris par le Comité révolutionnaire de la Riba, ils s’en retournèrent au pays.

A leur famille, ils déclarèrent qu’ils étaient disposés à être martyrisés et aussi que si un jour ils me tuent et que vous savez qui sont mes assassins, pardonnez-leur.

A Cervià, ils allèrent se présenter au Comité, tandis que des amis les en dissuadaient. Entre les membres du Comité, qui devaient bien les connaître pour avoir été leurs camarades précédemment, il y eut une discussion animée : allait-on les tuer ou les conduire en prison à Lleida ? Finalement, ils décidèrent de les laisser aller chez eux. Quelques jours après, Agapit rendit visite à un membre du Comité, qui l’assura qu’il ne lui arriverait rien.

Du 2 août au 23 octobre, Agapit priait les trois chapelets du rosaire chaque jour à genoux ; même certains jours où il fut malade, il se leva du lit pour accomplir sa promesse.

Il y eut une «alerte», le 6 août : des membres du Comité vinrent l’arrêter, mais le laissèrent parce qu’il était malade.

Le 23 octobre, après un sévère conflit entre deux partis de Cervià, on vint assaillir le domicile. Agapit et son père cherchèrent à fuir par derrière et restèrent cachés pendant une heure et demie, avant d’être découverts. Les révolutionnaires abattirent don Agapit sur place.

Agapit, qui avait vingt-trois ans, et pas même quatre mois de sacerdoce, fut ainsi martyrisé le 23 octobre 1936, et béatifié en 2013.

 

 

Cristóbal González Carcedo

1913-1936

 

Né le 21 août 1913 à Lodoso (Burgos), de Bonifacio et Patricia, il entra dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) à Tardajos, puis Guadalajara.

Mais les études dépassaient ses possibilités interllectuelles, et il fit le noviciat des Frères à Hortaleza et la profession en 1931.

Après deux ans à Villafranca del Bierzo, il fut envoyé à la rue Lope de Vega de Madrid, où on le qualifiait de S.Louis de Gonzague (v. 20 juin). Il fut chargé de l’accueil.

Il partagea le sort des deux prêtres et cinq frères de cette maison (v. plus haut José María Fernández Sánchez).

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, Cristóbal González Carcedo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

Martín Erro Ripa

1914-1936

 

Martín était né le 3 mars 1914 à Viscarret (Navarre, Espagne), de Francisco et Teresa, qui le firent baptiser le jour même.

Le papa mourut de la grippe espagnole en 1918. Martín fut confirmé en 1919.

Un autre frère de Martín devint aussi Frère mariste, ainsi qu’un cousin.

Martín entra en 1925 au collège des Frères Maristes à Villafranca (Navarre) et commença le noviciat à Las Avellanas en 1929 ; il reçut l’habit et le nom de Teófilo Martín ; un an après il faisait les premiers vœux. Jeune, Teófilo Martín eut peu de missions : après Tuy, il enseigna à Burgos (1932), et Barruelo de Santullán (1935).

La profession solennelle était prévue pour le mois d’août 1936, mais…

Le 22 juillet, il s’enfuit jusqu’à Burgos en compagnie du Frère Egberto, mais ils furent arrêtés et mis en prison à Reinosa.

Le Frère Teófilo Martín et son Confrère furent assassinés sur le Monte Saja (Campoo de Suso) au soir du 23 octobre 1936. Teófilo Martín avait vingt-deux ans.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

 

Tomás Cuartero Gascón

1915-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

Tomás était né le 22 février 1915 à Tabuenca (Saragosse, Espagne), de Tomás et Braulia, et reçut la Confirmation au mois de juin suivant, selon l’habitude fréquente à cette époque.

Il eut pour jeune frère José María, avec lequel il partagera sa route jusqu’au martyre.

Il reçut la Première communion en 1923, et ressentit très tôt la vocation sacerdotale. Aussi alla-t-il au Petit séminaire de Belchite, en 1927.

En 1930 eut lieu une prédication populaire à Tabuenca, prêchée par des Pères passionistes ; la paroisse en fut tellement changée, qu’à son retour du séminaire, Tomás pensa rejoindre ces Pères passionistes.

On lui donna une réponse positive, et pour qu’il ne fût pas seul, on le fit accompagner de son jeune frère, José María.

Tomás n’étudiait pas facilement, mais obtint tout de même de bons résultats ; il écrivait déjà avec un certain style personnel.

Pour l’été 1931, ils revinrent tous deux à Tabuenca. Puis à l’automne, ils repartirent à Saragosse. 

Tomás étudia mieux et, à la fin de l’année, partit pour Corella, où il reçut l’habit de la Congrégation. Il était admis au noviciat. En 1933, il faisait les vœux, avec le nom de Tomás du Très Saint Sacrement et commençait la philosophie.

Il avait un rêve : partir en mission pour le Tanganyika (actuelle Tanzanie), où les Passionistes italiens avaient ouvert une maison à Dodoma. 

En septembre 1934, les jeunes de Corella durent rejoindre Daimiel. En 1935, José María y fit à son tour la profession.

D’autres documents de cette période ont disparu dans la tourmente révolutionnaire. Nous retrouvons les deux frères Cuartero Gascón lors de la «première» fusillade du 23 juillet 1936, dont ils sortirent vivants, mais gravement blessés : Tomás avait reçu une balle en pleine poitrine, et José María avait la mâchoire complètement déboîtée.

En sortant de l’hôpital, trois mois après, tous deux moururent lors d’une «deuxième» fusillade, le 23 octobre 1936.

Leur béatification eut lieu en 1989. 

 

 

Eufrasio de Celis Santos

1915-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

 

Eufrasio était né le 13 mars 1915 (on trouve parfois 1913, sans doute une erreur) à Salinas de Pisuerga (Palencia, Espagne), troisième enfant de Emiliano de Celis et Juana Santos ; ils s’appelaient María Rosario, Eutiquio, Eufrasio et Severino ; Eufrasio fut baptisé le 21 suivant, avec les noms de Eufrasio Benito, car à cette époque on fêtait saint Benoît le 21 mars.

Eufrasio fut confirmé la même année, selon une coutume de l’époque, et reçut la Première communion en 1923. 

Petit, il aidait le curé et l’organiste de la paroisse, servait la messe, participait aux chants… malgré sa mauvaise oreille musicale, disait-on. A la maison, il se mettait des pages de journaux en guise d’ornements et se faisait servir la messe par son petit frère.

En 1927 il partit pour le tout nouveau collège de Saragosse. En 1931, il passa l’été en famille, car l’atmosphère de Saragosse n’était pas tranquille : la révolution grondait déjà. Eufrasio voulut rendre visite à son maître d’école, et en chemin fut assailli par quatre garçons qui le menacèrent pour le décourager de retourner à Saragosse. C’était déjà le début de la persécution.

En septembre cependant, les autorités l’avertirent qu’il pouvait revenir à Saragosse. Un témoin, présent chez lui lorsque lui parvint l’invitation à revenir à Saragosse, raconta qu’Eufrasio, de joie, aurait alors jeté en l’air sa cuillère sans manger rien d’autre ! 

En réalité, une crise allait se déclarer peu après. De Saragosse, on l’envoya commencer le noviciat à Corella, où une crise intérieure le travailla au point de lui arracher les larmes, écrivit-il. Mais sa persévérance porta ses fruits et il put faire la profession en 1932, prenant le nom de Eufrasio de l’Amour Miséricordieux.

A Corella se trouvaient les pères Ildefonso, supérieur, et Fulgencio, maître des novices, avec lesquels les jeunes étudiants seraient bientôt martyrisés. D’après les comptes-rendus des Pères, Eufrasio donna entière satisfaction par son combat spirituel intérieur et son comportement. 

Lors de la profession, Eufrasio se confiait à la Vierge Marie pour recevoir les forces et le courage d’accomplir les obligations qu’il venait de contracter.

Il aimait les fleurs, et demanda (en janvier 1934) à sa mère de lui envoyer des graines de fleurs de la passion, espérant les voir déjà fleurir à l’automne prochain. 

En août 1934 cependant, terminées les Humanités, il sait qu’il va partir pour Daimiel avec quatorze confrères. Il en est heureux. Il sait que la persécution est présente, qu’au Mexique, on leur a confisqué trois maisons, mais il ne faut pas avoir peur, la parole de Dieu ne faiblit pas. Fin 1935, il s’attend à ce que l’année suivante soit tragique pour l’Espagne.

Dans une lettre de février 1936, il se dit prêt pour le martyre.

Ses professeurs s’étonnaient de la maturité de son jugement ; Eufrasio était un homme de réflexion, posé, heureux de sa consécration chez les Passionistes. Il écrivait à sa famille : Ma vie est chaque jour plus heureuse. Aidez-moi à remercier Dieu pour le don de la vocation religieuse.  Il se confiait à Notre-Dame : Soyons assurés que, si nous aimons Marie, elle nous protégera durant notre vie et encore plus à l’heure de la mort. 

Il devait revenir à Saragosse en août 1936, mais les événements de juillet lui donnèrent l’occasion de témoigner pour sa foi : une première fois fusillé le 23 juillet à Manzanares, il en conserva de graves lésions au visage ; il survécut grâce à la Croix-Rouge qui le fit hospitaliser avec cinq autres Compagnons ; à peine sorti de l’hôpital, trois mois après, il tomba sous les balles d’une deuxième fusillade, le 23 octobre 1936, avec les cinq autres. Eufrasio mourut d’une balle dans l’abdomen et d'une autre qui lui traversa la tête.

Tous furent béatifiés en 1989. 

 

 

Honorino Carracedo Ramos

1917-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

 

Né le 21 avril 1917 à La Lastra, Honorino était du même pays que son Confrère Julio Mediavilla, qui tomba à Carabanchel Bajo (Madrid).

Il reçut le Baptême dès le 22 avril 1917, et la Confirmation en septembre de la même année.

Il entraîna derrière lui deux autres frères, Jesús et Casimiro ; le premier vivait encore il y a peu au Mexique, l’autre mourut à Toluca en 1992. Honorino était particulièrement attaché à son frère Jesús.

Dès 1928, il rejoignit le collège passioniste de Saragosse, plein d’enthousiasme. 

L’été 1931, il dut regagner sa famille à cause des événements difficiles, puis retourna à Saragosse, où il reçut l’habit en 1932, avec le nom de Honorino de la Vierge des Douleurs. Il écrivit à ses parents : Réjouissez-vous d’avoir eu la chance de consacrer au Seigneur le plus aimé de vos fils.

Il fit le noviciat et la profession (1933) à Corella, puis fut envoyé à Daimiel en 1934.

Il avait la voix puissante et présentait bien. Il avait un rêve : partir en mission en Amérique Latine, comme d’autres étaient déjà allés au Mexique, à Cuba, au Vénézuéla… A son cher Jesús, il écrivait encore, en mai 1936 : Toujours de l’avant, le regard fixé sur Jésus Crucifié et sur Notre-Dame des Douleurs.

Honorino reçut la grâce du martyre «en deux fois». 

La première fois, ce fut le 23 juillet 1936 à Manzanares, où tombèrent six de ses Confrères ; il fut hospitalisé par les soins de la Croix-Rouge ; à cette occasion, on devait lui extraire du bras une balle, au milieu d’indicibles souffrances et Honorino encourageait le personnel infirmier : Allez-y, je suis «passioniste» ! 

La deuxième fois, ce fut trois mois après, toujours à Manzanares, juste après être sorti de l’hôpital ; une nouvelle raffale de balles abattit les Religieux, au soir du 23 octobre 1936.

Honorino avait dix-neuf ans. 

Il fut béatifié avec les vingt-cinq autres Passionistes de Daimiel, en 1989.

 

 

José María Cuartero Gascón

1918-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

 

De trois ans plus jeune que son frère Tomás, José María était né à Tabuenca (Saragosse) le 24 juillet 1918, fut baptisé le 26 suivant, et confirmé en 1922.

Il accompagna son grand frère au collège de Saragosse, et décida avec lui d’entrer chez les Passionistes, après avoir entendu la prédication du père Ildefonso à Tabuenca durant le carême de 1930.

José María commença la noviciat à son tour à Corella en 1934. Il était plus expansif que son frère aîné, mais fit correctement tout son parcours et, lors du vote pour l’admission à la profession, reçut seulement une boule noire contre sept blanches.

Il fit donc la profession en octobre 1935, avec le nom de José María de Jésus et Marie. Il était le plus jeune de tout le groupe des étudiants passionistes.

C’est alors qu’il retrouva avec joie son aîné à Daimiel. Avec ses dix-sept ans, benjamin de la communauté, c’était encore un adolescent vif, joyeux, qui mettait une saine ambiance durant les récréations. Il avait la voix un peu rauque, disait-on.

José María avait une réelle admiration pour son frère aîné, en particulier pour ses dons oratoires ; en effet, durant les années de préparation sacerdotale, les jeunes étaient invités à prêcher dans la chapelle à l’occasion des fêtes importantes comme saint Gabriel de l’Addolorata, saint Thomas d’Aquin, saint Louis de Gonzague (v. 27 février, 28 janvier et 21 juin). En ce début de l’année 1936, le sort tomba sur Tomás.

A partir de la nuit du 21-22 juillet 1936, les deux frères furent encore plus unis dans leur destinée commune. 

Le 23 juillet, ils subirent la première fusillade de Manzanares. Le 24, José María «fêtait» ses dix-huit ans, à l’hôpital où la Croix-Rouge l’avait recueilli avec les cinq autres Passionistes, dont son frère. José María eut alors la mâchoire fracassée.

Le 23 octobre 1936, Tomás et José María tombèrent sous la deuxième fusillade de Manzanares, avec leur directeur, le père Ildefonso.

Unis dans la consécration et dans le martyre, ils furent unis dans une même cérémonie de béatification, en 1989.

 

 

 

María Caridad Álvarez Martín

1933-1994

 

Née le 9 mai 1933 à Santa Cruz de Salceda (Burgos, Espagne), María Caridad était la fille de Constantino et Sotera.

En 1955, elle entra chez les Sœurs Augustines Missionnaires.

A part un court séjour en Espagne pour convalescence, María Caridad exerça tout son apostolat en Algérie.

C’est en Algérie qu’elle prononça ses vœux, en 1960.

Sa communauté résidait à Bab El Oued, où elle s’occupa des personnes âgées et pauvres, qui l’aimaient beaucoup.

Lors de la décennie de la guerre civile, se posa le dilemme : rester ou partir. La réponse de María Caridad fut claire : elle restait.

Peu de temps encore avant sa mort, elle reçut des menaces, mais elle persévéra dans sa mission.

Le dimanche 23 octobre 1994, elle avait la main sur le carillon des Petites Sœurs de Jésus, où elle voulait participer à l’Eucharistie - quand elle reçut deux balles, dans la tête et dans le cou ; elle succomba peu après à l’hôpital militaire.

Avec une autre sœur, Esther Peniagua Alonso, Sœur María Caridad reçut la palme du martyre à Bab-el-Oued (Alger, Algérie), le 23 octobre 1994, le dies natalis où elle sera mentionnée au Martyrologe.

Elle fut béatifiée en 2018.

 

 

Esther Paniagua Alonso

1949-1994

 

Née le 7 juin 1949 à Izagre (León, Espagne), Esther était la seconde des trois filles de Nicasio et Dolorès, qui la firent baptiser le 19 juin suivant.

Les parents l’enracinèrent dans la foi chrétienne ; chaque soir, Esther et sa sœur Gloria priaient le chapelet dans leur chambre.

En 1953, elle fut interne au collège des Sœurs Augustines Missionnaires à León et, au terme de ses études secondaires, demanda à entrer dans cette congrégation.

Le postulat se fit à Valladolid, le noviciat à Madrid.

En 1970, elle émit les premiers vœux et fut envoyée à León, comme surveillante au collège et pour faire des études d’infirmière.

En 1975, elle fit les vœux solennels et partit comme infirmière en Algérie.

Sa situation en milieu arabe, parmi les Musulmans, l’enchantait ; elle travailla particulièrement parmi les enfants handicapés et rencontra les familles de ceux-ci.

En 1981, elle partit pour deux ans à Rome, pour y fréquenter les cours de l’Institut Pontifical d’Etudes Arabes et d’Islamologie ; elle s’y imprégna profondément de la langue et de la culture arabes.

De retour en Algérie, elle travailla à l’hôpital de Bab El Oued, toujours auprès des enfants handicapés.

On sait que les années 90 ont été très dures en Algérie, et ensanglantées. Le Groupe Islamique Armé (GIA) se déchaînait, des menaces planaient sur les ressortissants étrangers, et particulièrement sur les Catholiques. Esther dut ainsi quitter cet hôpital de Bab El Oued, pour celui de Beni-Nem. Elle fut nommée supérieure de cette communauté.

Il s’agissait de partir, ou de rester dans l’incertitude totale. Esther expliqua son choix : Personne ne peut nous prendre la vie parce que nous l’avons déjà donnée. Il ne nous arrivera rien puisque nous sommes dans les mains de Dieu… et s’il nous arrive quelque chose, nous sommes encore entre ses mains. L’été 1994, après quelques jours de vacances dans sa famille, elle repartit en Algérie.

Et encore : En ce moment, pour moi, le modèle parfait est Jésus : il a souffert, il eut à vaincre des difficultés et a abouti à l’échec de la croix, d’où jaillit la source de la vie.

Elle disait cela le 6 octobre 1994. Cet «échec» apparent advint quelques jours plus tard, le dimanche 23 octobre 1994, alors qu’elle arrivait à la porte des Petites Sœurs de Jésus pour assister à l’Eucharistie. Elle reçut trois balles dans la tête, et succomba instantanément. Sa collègue, la Sœur María Caridad, devait mourir peu après à l’hôpital.

Le 23 octobre sera son dies natalis, où elle sera mentionnée au Martyrologe.

Elle fut béatifiée en 2018.

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21 octobre 2023 6 21 /10 /octobre /2023 23:00

22 OCTOBRE

 

II.

S Markos, évêque à Jérusalem.

III.

S Aberkios, évêque à Hiérapolis, dont on connaît l'épitaphe, rédigée par lui-même.

Ste Cordule, une compagne de ste Ursule à Cologne, qui se présenta d'elle-même aux barbares après être restée cachée dans un bateau (?).

S Salarius, évêque à Luni (VII.?).

IV.

S Philippos, évêque à Héraclée, martyr avec le diacre s.Hermès, horriblement maltraités, brûlés vifs. 

S Mallonus, venu d'Angleterre à Rome, converti par le pape qui l'ordonna premier évêque à Rouen.

S Népotien, évêque à Clermont.

S Valerius, archidiacre à Langres, martyr à Port-sur-Saône.

VI.

SS Constantin et Simplicius, abbés au Mont-Cassin.

S Verecundius, évêque à Vérone.

S Nunctus, venu d'Afrique dans la région de Mérida ; pour ne pas être tenté par la vue de quelque femme, il se faisait accompagner par deux moines, devant et derrière lui ; les habitants l'assassinèrent parce qu'il était trop mal vêtu, mais ils furent punis bientôt après par des douleurs mortelles.

S Lupentius, abbé à Javols, assassiné en Lorraine où il est très vénéré.

VII.

S Mérovée, moine thaumaturge à Bobbio, fondateur d'une abbaye à Precipiano.

S Léothade, abbé à Moissac et (ou) évêque à Auch. 

VIII.

S Modéran, évêque à Rennes, mort à Berceto. 

IX.

S Benoît de Massérac, ermite venu de Patras, retiré près du lac de Murin.

Stes Nunilo et Alodia, martyres près de Huesca ; de père musulman, elles préférèrent garder la foi reçue de leur mère. 

S Donat, irlandais ; de retour de Rome, il fut divinement indiqué pour devenir évêque à Fiesole, où il mourra environ quarante-sept ans plus tard.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Lasalliens : près de Valencia, Andrés Zarraquino Herrero (Honorato Andrés), Álvaro Ibánez Lázaro (Florencio Martín) et Pedro Lorente Vicente (Ambrosio León) (*1908, 1913, 1914) ;

- béatifiés en 2007 :

Dominicains : près de Santander, les prêtres Germán Caballero Atienza et José Menéndez García (*1880, 1888) ; le profès Victoriano Ibáñez Alonso (*1864) ;

Carmes déchaux : à Barcelone, le prêtre Luis Minguell Ferrer (L. María de N.Dame de la Merci, *1902) ;

Lasalliens : à Barcelone, Josep Casas Lluch (Ildefons Lluís, *1886) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Eduardo Valverde Rodríguez, Manuel Navarro Martínez, Andrés Navarro Sierra (*1878, 1879, 1882) ;

Lazaristes : à Madrid, les prêtres José María Fernández Sánchez, Roque Guillén Garcés (*1875, 1879) ; les frères Saturnino Tobar González, Juan Nuñez Orcajo, Agustín Nogal Tobar, César Elexgaray Otazua, Cristóbal González Carcedo (*1858, 1882, 1885, 1904, 1913) ;

Filles de la Charité : à Barcelone, Toribia Marticorena Sola et Dorinda Sotelo Rodríguez (*1882, 1915) ;

Laïques : à Madrid, Felipe Basauri Altube (*1881).

Marcos de Jérusalem
2
e siècle

Après la dernière révolte de Jérusalem (135), la ville fut entièrement romanisée. L’Eglise qui s’y trouvait n’était plus composée que de Chrétiens issus de la gentilité.
Marcos fut ainsi appelé à occuper le siège de Jérusalem - qui portait désormais le nom de Ælia Capitolina ; il en était le quinzième évêque.
A lui revenait la tâche immense de recomposer la vie ecclésiale de cette ville au passé si riche.
On ne sait combien d’années dura cet épiscopat, ni ce que fit particulièrement Marcos ni comment et quand il mourut. 
Il ne fut pas martyr.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Marcos de Jérusalem au 22 octobre.


Aberkios d’Hiérapolis
3
e siècle

Pour situer Abercios, il faudra rappeler que la ville d’Hierapolis (l’ancienne Hieropolis) fit partie de la Phrygie orientale ou Phrygie Salutaire, à l’ouest de Synnada (act. Şuhut, Turquie W).
Ce qu’on sait de remarquable d’Abercios, est ce qu’il fit écrire lui-même pour son épitaphe. En voici le texte, à peu près totalement reconstitué :
Citoyen d’une ville distinguée, j’ai fait ce monument
de mon vivant, afin d’y avoir un jour une place pour mon corps.
Je me nomme Aberkios ; je suis disciple d’un saint pasteur
qui fait paître ses troupeaux de brebis par monts et par vaux,
C’est lui qui m’enseigna les Ecritures fidèles.
C’est lui qui m’envoya à Rome contempler la souveraine
et voir la reine aux vêtements d’or, aux chaussures d’or.
Je vis là un peuple qui porte un sceau brillant.
J’ai vu aussi la plaine de Syrie et toutes les villes,
Nisibe au-delà de l’Euphrate. Partout j’ai vu des confrères.
J’avais Paul pour… La foi me conduisait partout.
Partout elle me servit en nourriture un poisson de source,
très grand, pur, pêché par une vierge pure.
Elle le donnait sans cesse à manger aux amis.
Ella a un vin délicieux, elle le donne avec du pain.
J’ai fait écrire ces choses, moi Abercios, à l’âge de septante-deux ans.
Que le confrère qui les comprend prie pour Aberkios.
On ne doit pas mettre un tombeau au-dessus du mien,
Sous peine d’une amende de deux mille pièces d’or pour le fisc romain,
de mille pour ma chère patrie, Hiéropolis.

Le saint pasteur est évidemment Jésus-Christ ; la reine aux vêtements d’or est la capitale de la chrétienté, Rome, reine de toutes les Eglises ; le peuple qui porte un sceau brillant sera le peuple des baptisés.
Aberkios parle de toutes les villes où il a voyagé : de la Syrie à Nisibe en Mésopotamie, au-delà de l’Euphrate. L’évocation de saint Paul - malheureusement tronquée et illisible - veut peut-être faire allusion au deuxième voyage de s.Paul, qu’Aberkios reprend à son tour.
Le poisson pêché par une vierge pure, c’est le Christ né de la Vierge Marie (rappelons que le mot grec IXTHUS, poisson, est l’anagramme de Iesus Christos Theou Yios Soter : Jésus Christ, Fils de Dieu, Sauveur). Le vin et le pain sont bien sûr l’Eucharistie.
On sait qu’Aberkios fut évêque de Hierapolis et qu’il mourut à la fin du deuxième ou au début du troisième siècles. 
Une histoire dite légendaire a prétendu que le voyage à Rome fut imposé par l’empereur Marc-Aurèle qui voulait demander à Aberkios de guérir sa fille, Lucilla, possédée. La reine aux vêtements d’or est alors l’impératrice. Plus tard, Dieu aurait donné l’ordre à Aberkios de repartir en Syrie combattre l’hérésie, puis Aberkios parcourut toutes les régions citées plus haut avant de revenir à Hiérapolis.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Aberkios d’Hiérapolis au 22 octobre.


Philippos et Hermes d’Héraclée
† 303

Philippos fut évêque d’Héraclée (Thrace, auj. Grèce N).
Quand se déchaîna la persécution, il demeura sur place, encourageant ses fidèles à affronter courageusement les ennemis du Christ.
Vers février 303, la police vint apposer des scellés aux portes de l’église. Mais le vénérable Philippos alla célébrer les Saints Mystères dans un autre édifice. De nouveau, la police fit irruption, tortura Philippos et fit main basse sur tout le mobilier et les objets précieux du culte, qui furent brûlés sur la place publique.
Après un premier interrogatoire, on reconduisit en prison l’évêque, son diacre Hermès et d’autres fidèles : Philippos fut maltraité durant le trajet, il roula à terre plusieurs fois, comme le Christ tomba plusieurs fois sous le poids de sa lourde croix. Comme le Christ, Philippos ne montra aucun sentiment de révolte. On admirait ce vieillard qui souffrait avec joie tant d’insultes.
Cette constance valut au président du tribunal, Bassus, de se convertir. Mais son successeur s’acharna sur les Confesseurs. Philippos fut attaché par les pieds et traîné par la ville. Philippos devenait une loque humaine, mais encore vivante. Remis au cachot, il y séjourna encore de longs mois.
A nouveau convoqué, Philippos refusa encore de sacrifier aux dieux. Il fut dépouillé de ses vêtements et cruellement battu ; tous les membres étaient en lambeaux, les entrailles mises à nu. Le juge s’entêtait.
Le diacre Hermès fut à son tour interrogé.
L’Evêque et son Diacre furent condamnés à être bûlés vifs. Ils voulurent se rendre au bûcher d’un pas joyeux, mais il fallut porter le vieil évêque, qui ne pouvait plus tenir sur ses pieds. A l’endroit choisi, on enterra les deux Soldats du Christ jusqu’aux genoux, on leur lia les mains derrière le dos avec une corde qui fut attachée à un clou.
Le diacre Hermes prit encore le temps d’exhorter son fils à rester fidèle à Dieu.
Les flammes suffoquèrent bientôt les deux Martyrs. Philippos fut retrouvé les deux bras étendus, en prière ; le visage d’Hermes était resté intact. Dépité, le juge fit jeter les corps dans l’Ebre, mais les fidèles les en retirèrent.
Ce martyre eut lieu le 22 octobre 303.
Il restait en prison un certain Severus, qui fut martyrisé le lendemain, mais il n’a pas été retenu dans le Martyrologe.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Philippos et Hermes d’Héraclée au 22 octobre.


Mallonus de Rouen
† 312

Mallonus serait né en Grande-Bretagne à Cardiola, une cité inconnue, proche de Cardiff.
La graphie erronée Mellonus (français Mellon) a longtemps prévalu.
Dans des circonstances qui nous échappent, Mallonus aurait été amené en ôtage à Rome, où il participa à un culte envers Mars.
Le pape Etienne († 257) l’amena au Christ, l’ordonna prêtre et le nomma premier évêque de Rouen, vers 260.
Mallonus accomplit beaucoup de miracles ; il détruisit l’idole Roth ; un jour qu’il parlait dans une maison, le fils du propriétaire, Præcordius, monta sur le toit de la maison pour mieux entendre, mais il tomba et se tua juste aux pieds de Mallonus : celui-ci le rappela à la vie et ce miracle surprenant engendra la conversion de beaucoup de gens ; Mallonus construisit deux églises, l’une dédiée à la Sainte Trinité, l’autre à la Sainte Vierge.
Il mourut vers 312 à Héricourt-en-Caux, après un épiscopat d’un demi-siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Mallonus de Rouen au 22 octobre.


Valerius de Langres
† 350

Il est encore très difficile de situer ce diacre Valerius (qu’on se reporte par exemple à la notice de s.Desiderius de Langres, 23 mai).
Il y a aussi une confusion entre les noms de Valerius et Vincentius, qui semblent désigner le même personnage.  
Valerius, diacre de Langres, aurait quitté cette ville avec d’autres fidèles, pour échapper à l’envahisseur vandale, mais les barbares les rejoignirent et les massacrèrent à Port-sur-Saône (Vesoul, Haute-Saône). 
La difficulté principale consisterait à élucider la date précise de cette invasion des Vandales et de l'épiscopat de s.Desiderius. On suppose que le martyre de Valerius eut lieu vers 350.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Valerius de Langres au 22 octobre.

Lupentius de Javols

540-584

 

Lupentius (Louvent, Lupien) était né vers 540 à Gavaldà (Javols).

Entré dans la vie religieuse vers 564, il devint abbé de Saint-Privat à Javols (Mende, Lozère) en 576.

Le comte de Javols l’accusa auprès de la reine Brunehaut : il aurait mal parlé d’elle. Convoqué par celle-ci à Metz, il plaida non-coupable et put se retirer.

Mais le comte, insatisfait du sort de l’abbé, le poursuivit, l’arrêta et le fit torturer de diverses façons ; comme un chat qui s’acharne sur sa victime déjà blessée, le comte le laissa repartir et le rattrappa près de l’Aisne, où il se reposait quelque peu. Là, le comte lui trancha la tête et précipita dans la rivière le corps et la tête attachés à des pierres.

Ce meurtre - qu’on n’a pas assimilé à un martyre - se produisit vers 584.

Des bergers retrouvèrent le corps, puis le chef, qu’ils ensevelirent pieusement. Par la suite, tout malade qui venait prier à ce tombeau, retournait guéri.

Les reliques de s.Lupentius furent portées à la cathédrale de Châlons-en-Champagne, mais furent détruites dans l’incendie de 1668.

Lupentius est très honoré en Lorraine, où maintes paroisses lui sont dédiées.

On lui attribue des miracles pour les enfants, pour les infirmes et les maladies nerveuses.

Saint Lupentius de Javols est commémoré le 22 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Léothade d’Auch

† 718

 

Léothade pourrait avoir été issu de la famille d’Eudes d’Aquitaine.

Il aurait été successivement abbé de Moissac et trente-sixième évêque d’Auch. Les deux localités sont peu distantes et il n’est pas rare qu’on ait fait appel à un moine ou un abbé d’une proche abbaye pour élire le nouvel évêque.

L’abbatiat se serait déroulé entre 678 et 691 (Léothade est nommé dans une charte concernant l’abbaye, en 680) ; l’épiscopat, entre 691 et 718.

Il y a cependant quelques difficultés dans cette chronologie, car on trouve la signature de Léothade comme évêque d’Auch au concile de Bordeaux en 673. Par ailleurs, on ne trouve pas son nom dans la liste officielle des abbés de Moissac. Reste aussi le problème de la charte citée ci-dessus…

En 1857, on ouvrit un sarcophage de la cathédrale d’Auch, où l’on trouva des fragments d’une crosse épiscopale.

Saint Léothade d’Auch est commémoré le 22 octobre dans le Martyrologe Romain, qui ne parle pas d’abbatiat.

 

 

Modéran de Rennes

† 730

 

Le premier évêque de Rennes semble avoir été Modéran, vers 358, mais ce n’est pas le nôtre.

Modéran (Moderamnus, Moderandus, Maurand ou Moran) était, d’après une récente étude, le fils d’un comte de Tournay, localité flamande sise sur les bords de l’Escaut. 

Il devint le dix-septième évêque de Rennes, de 703 à 720. Mais les habitants de ce diocèse ne bénéficièrent pas beaucoup de la présence de leur évêque pendant ces dix-sept années.

En effet, Modéran voulut augmenter son trésor de reliques, faire le pèlerinage à Rome, et à Reims. Il partit, écoutant la voix de Dieu, peut-être sur un avertissement céleste.

En Italie, lors d’une halte non loin du monastère de Berceto (Parme, Italie NO), ces reliques restèrent accrochées à une branche, que Modéran n’arrivait plus à atteindre ; il promit alors de remettre une partie de ces reliques au proche monastère, et il put reprendre ses reliques.

Revenu dans son diocèse, il ne fit que donner sa démission, pour laisser la place à un successeur et pour se retirer dans ce même monastère de Berceto.

Modéran mourut une dizaine d’années plus tard à Berceto, vers 730, célèbre par ses miracles, fut-il affirmé.

Saint Modéran de Rennes est commémoré le 22 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Benoît de Massérac

† 845

 

Ce Benoît serait né à Patras (Grèce), de famille sénatoriale, détail que les historiens jugent contestable.

Vers 882, il vint avec sa sœur et quelques compagnons dans la région de Nantes, où le comte Gondebaud leur céda un terrain pour construire un monastère. 

Ce monastère fut à l’origine de la paroisse, puis de la localité de Massérac (qui s’écrit localement aussi Macérac).

Benoît mourut vers 845.

Saint Benoît de Massérac est commémoré le 22 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nunilo et Alodia de Huesca

† 851

 

Ce ne sont pas les seules victimes de la persécution musulmane de Cordoue au 9e siècle. Il y en eut quarante-huit, que le Martyrologe recense à leurs dates respectives.

Nunilo et Alodia (on trouve aussi Nunilón et Elodia) étaient les filles jumelles d’un couple mixte, qui vivait à Adhuesca (Huesca, Espagne) : le père, libéral, était musulman ; la mère, chrétienne, avait fait baptiser ses filles et les éduquait chrétiennement.

Les deux époux moururent. Un parent, qui voulait s’emparer de l’héritage des deux jeunes filles, les dénonça au juge ; ce dernier, comprenant la mauvaise intention de l’accusateur, et voyant ces jeunes filles sans défense, annula le procès. Mais le parent alla les dénoncer au gouverneur de Huesca : ou elles apostasiaient, ou elles seraient décapitées.

Nunilo et Alodia n’hésitèrent pas : leur foi passait avant tout. Elles furent condamnées à mort et décapitées à Huesca en 851.

On ajoute que, précipités du haut des remparts, les corps furent abandonnés aux oiseaux prédateurs, qui ne les touchèrent pas ; la nuit suivante, on vit des rayons lumineux qui éclairaient l’endroit où se trouvaient les corps.

Les saintes Nunilo et Alodia de Huesca sont commémorées le 22 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Donato de Fiesole

790-876

 

Originaire d’Irlande, Donato ne portait certainement pas ce nom, mais on ne lui en connaît pas d’autre.

En 816, troublé par de récentes incursions qu’on suppose danoises, il quitta la famille et le pays, et arriva à Rome.

Au retour, il s’arrêta à Fiesole (Toscane), récemment ravagée par les Normands. Le peuple s’était rassemblé avec le clergé dans la cathédrale. Notre Irlandais montra sans doute des signes de grande piété, car on le remarqua et, d’un seul cœur, tous proclamèrent cet étranger donné par Dieu pour être leur évêque.

On imagine la surprise de l’Elu, ses protestations. Rien à faire, il dut s’incliner et obéir à la volonté divine.

Donat fut ainsi le dixième évêque de Fiesole, et le resta pendant près de cinquante ans, de 829 à 876.

Sa tâche principale fut d’encourager la population à se relever des précédents conflits.

En 850, Donato assista au couronnement de Louis II ; en 866, ce dernier accorda des mesures en faveur du diocèse de Fiesole.

En 861, ce fut le concile de Rome, qui devait juger l’archevêque de Ravenne.

Donato nous a laissé des écrits, une vie de sainte Brigide de Kildare (v. 1er février), des poèmes et sa propre épitaphe.

Il mourut en ou vers 876.

Saint Donato de Fiesole est commémoré le 22 octobre dans le Martyrologe Romain.

Victoriano Ibáñez Alonso

1864-1936

 

Victoriano naquit le 2 novembre 1864, à Santibáñez de Resoba (Palencia, Espagne) et fut baptisé le 5 suivant.

Après l’école primaire, il travailla dans des localités voisines : Rabanal de los Caballeros, Rueda y Villaescusa del Bardal, où il se signala aussi pour son activité charitable envers les malades.

Ayant rencontré les Dominicains au sanctuaire de Montesclaros, il sollicita son entrée en 1888, d’abord comme simple domestique, puis comme membre à part entière de la communauté, en tant que Frère convers (ou coopérateur). 

Après le noviciat, il fit la profession à Las Caldas de Besaya en 1893, puis fut au sanctuaire de Montesclaros jusqu’en 1908.

Il faisait la quête dans les villages alentour et s’occupait de la sacristie et des écuries.

En 1908, il fut envoyé au couvent de Olivar (Madrid), puis à Oviedo et de nouveau à Olivar.

Pour des motifs de santé, on l’envoya à Montesclaros (1935) et, quand la communauté dut se disperser le 16 août 1936, à Los Carabeos.

De nouveau malade, il revint à Montesclaros, où il fut découvert, en même temps que les pères Germán Caballero et José Menéndez (voir leurs notices), le 29 septembre.

Le sort des trois Religieux fut identique : arrêtés ensemble, enfermés à Montesclaros puis à Reinosa, ils furent conduits à Los Montes de Saja (Santander) pour y être exécutés, dans la nuit du 21 au 22 octobre 1936. Victoriano avait soixante-douze ans.

Le frère Victoriano Ibáñez Alonso fut béatifié en 2007.

 

 

Germán Caballero Atienza

1880-1936

 

Germán naquit le 11 octobre 1880 à Castromocho (Palencia, Espagne), le jour où l’on fêtait alors la Maternité de Marie (et où en 1962 commença le 2e Concile de Vatican). Il fut baptisé le 13 suivant.

Ce fut un garçon vif, joueur, mais aussi obéissant et pieux.

A douze ans, il alla chez son oncle, curé de Gozón, pour étudier le latin, et entra au collège des Jésuites à Carrión de los Condes.

Plus tard, il entra à l’école apostolique dominicaine de Corias (Asturies), où il fit la profession le 8 décembre 1898 et les études philosophiques.

En 1902, il passa à Salamanque pour la théologie et fut ordonné prêtre en 1906.

Après dix années d’enseignement à Corias (où il fut aussi sous-directeur) et La Coruña, il fut envoyé en Amérique.

De 1913 à 1935, il travailla activement au Mexique, au Costa-Rica, au Salvador, au Nicaragua, et de nouveau au Salvador.

Au début de 1936, il revint en Espagne et fut au sanctuaire de Montesclaros. 

La communauté s’étant dispersée à cause de la révolution, il trouva à se réfugier à Aldea de Ebro, le 16 août.

Le 29 septembre, il fut arrêté et enfermé justement dans le couvent de Montesclaros, puis à Reinosa.

Dans la nuit du 21 au 22 octobre 1936, on le fit sortir pour l’exécuter à Los Montes de Saja (Santander).

Le père Germán Caballero Atienza fut béatifié en 2007.

 

 

Josep Casas Lluch

1886-1936

 

Josep était né à Sampedor (Barcelona, Espagne) le 20 juin 1886.

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes en 1899, à treize ans, au noviciat mineur de Bujedo ; il fit ensuite le noviciat en 1902, prit l’habit et le nom religieux de Ildefonso Luis.

Il exerça son activité pédagogique d’abord à Condal (1904) puis fut nommé à Bonanova (1905).