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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 21:49

Mikel Suma

1897-1950

 

Mikel Suma naquit le 23 mars 1897 à Shkodër (Albanie).

C’est dans cette même ville qu’il étudia la philosophie et la théologie, qu’il approfondit ensuite à Vienne, Graz, Lankowitz (Autriche), puis Gênes (Italie), où il fut ordonné prêtre en 1921.

Une fois entré  chez les Frères Mineurs Conventuels, il prit lors de sa profession le nom de Gaspër.

Il enseigna au séminaire de Shkodrë.

Mis en prison le 24 mai 1948 pour sa fidélité à l’Eglise catholique, condamné après un procès fantôme, il expira dans la prison de Shkodër,  le 16 avril 1950.

Mikel-Gaspër Suma fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 16 avril.

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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 21:40

Jak Bushati

1890-1949

 

Jak Bushati naquit le 8 août 1890 à Shkodër (Albanie), de Kola et Tone Nikolic.

Après l’école franciscaine, il fit ses études au Séminaire Pontifical d’Albanie et fut ordonné prêtre en 1915.

Il fut curé à Ndërfana, puis Gëziq. Il fut vingt-six ans à Mirdita, puis fut transféré à Kellmet.

En 1949, arrêté par la police du régime communiste, il fut accusé d’avoir participé à des sabotages, à mener des mouvements d’agitation, à répandre de la mauvaise propagande, autant de faux prétextes pour le condamner à mort.

Sans aucun jugement - d’ailleurs inutile, il reçut la grâce du martyre par fusillade et son corps fut jeté dans un marais près de Lezha, le 12 février 1949.

Jak Bushati fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 12 février.

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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 21:32

Nikollë Prennushi

1885-1949

 

Nikollë Prennushi naquit le 4 septembre 1885 à Shkodër (Albanie), de Gjon et Drande Prennushi.

Entré en 1900 chez les Frères Mineurs Conventuels, il fit le noviciat à Troshan, puis les études de philosophie et de théologie à Innsbruck (Autriche).

En 1904, lors de sa profession à Salzburg, il prit le nom de Vinçenc.

En 1908, il fut ordonné prêtre.

Il connut une activité débordante dans la publication d’articles et d’ouvrages sur l’histoire de l’Albanie, ainsi que dans l’édition de journaux et revues.

En 1936, il fut nommé évêque de Sapë et, en 1940, archevêque de Durrës.

Après la période fasciste, succéda le régime de terreur du communisme. En 1945, ce gouvernement somma Mgr Prennushi et son confrère Mgr Thaçi, de fonder une Eglise nationale albanaise, séparée de l’Eglise de Rome. Evidemment, les deux prélats refusèrent énergiquement.

Le 19 mai 1947, Mgr Prennushi fut arrêté et condamné à vingt années de prison, au terme d’un «jugement» qui se tint en décembre 1947 et dont la sentence fut rendue en février 1948.

L’archevêque ne put purger cette longue peine de prison, et pour cause : il subit d’intenses tortures, entre autres d’être introduit dans un cylindre métallique garni de clous, que l’on faisait rouler.

Il reçut la grâce du martyre dans sa ville épiscopale de Durrës,  le 20 (ou le 19 ?) mars 1949.

Mgr Nikollë-Vinçenc Prennushi fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 20 mars.

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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 21:20

Josif Mihali

1912-1948

 

Josif Mihali naquit le 23 septembre 1912 à Elbasan (Albanie).

Il appartenait à la communauté de rite gréco-catholique présente dans le sud de l’Albanie, ce qui explique qu’il fut envoyé dans la communauté de ce rite à Grottaferrata, proche de Rome, pour sa préparation au sacerdoce.

Ordonné prêtre en 1935, il célébra pour la première fois la Divine Liturgie en l’église Saint-Athanase de Rome et, l’année suivante, revint en Albanie.

En 1945, sous le régime communiste, il fut arrêté et condamné à dix années de travaux forcés. Cependant, épuisé, il s’écroula à terre : un gardien força d’autres prisonniers à l’enterrer vivant ; Josif mourut ainsi étouffé, à Maliq (Korçë), le 26 octobre 1948.

Josif Mihali fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 26 octobre.

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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 07:52

Lek Sirdani

1891-1948

 

Lek Sirdani naquit le 1er mars 1891 à Gurëz (Bogë, Shkodër, Albanie).

Ordonné prêtre en 1916, il fut curé à Boga, Shkreli, Reçi et Mazrreku.

Arrêté et emprisonné à Koplik le 27 juillet 1948, il fut torturé et noyé dans la baie de Koplik quatre jours après seulement.

Un doute subsiste au sujet de ce martyre. Pour certains, Lek aurait été noyé le même jour que Pjetër Çuni, le 31 juillet ; pour d’autres, le 26 décembre 1948 à Koplek (Shkodër).

Lek Sirdani fut béatifié en 2016 ; la date de son inscription au Martyrologe reste donc encore indécise : on l’inscrira en même temps que Mgr Nikollë (Vinçenc) Prennushi, tête de liste des trente-huit Martyrs albanais, le 20 mars.

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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 07:46

Pjetër Çuni

1914-1948

 

Pjetër Çuni naquit le 9 juillet 1914 à Shkodër (Albanie).

Il étudia au Séminaire Pontifical d’Albanie, puis à celui de la Propagande à Rome.

Ordonné prêtre en 1940, il exerça son apostolat sacerdotal dans diverses paroisses de montagne : Shkrel, Rrjoll, Lohe e Reç.

Le 27 juillet 1947, arrêté à Rrjoll, il fut mis en prison à Koplik.

Les circonstances ultimes de sa mort ne sont pas claires. On trouve qu’il aurait été précipité dans une fosse septique, ou bien dans la baie de Koplik, le 31 (ou le 29) juillet 1948.

Son père apprit la nouvelle à la fin de l’année 1948, le lendemain de Noël.

Pjetër Çuni fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 31 juillet.

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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 00:00

02 DÉCEMBRE

 

-VII.

S Habacuc, un des “Douze Petits Prophètes” de l'Ecriture ; il serait plus exact de prononcer : Ambakoum.

III.

Ste Bibiana, martyre romaine.

SS Eusèbe (prêtre), Marcel (diacre), Hippolyte (moine), Hadrias et Pauline (époux), Néon et Marie (leurs enfants), Martana et Aurélie (des parentes), et Maxime, martyrs grecs à Rome.   

IV.

S Pimenius, martyr romain qui aurait été précepteur du futur Julien l'Apostat.

S Avitianus, évêque à Rouen.

V.

S Chromatius, évêque à Aquilée, consacré par s. Ambroise, ami des ss. Jean Chrysostome et Jérôme, et de Rufin.

S Silvain, évêque à Philippopoli, puis à Troie ; il retira aux clercs les dossiers des procès, parce qu'ils en tiraient trop de bénéfices.

VI.

S Silvère, pape (536-537) : il refusa de réinstaller à Constantinople un évêque hérétique et fut exilé en Asie Mineure, puis sur l'île de Ponza où il mourut, peut-être assassiné.

XIV.

B Jan van Ruusbroec, chanoine régulier flamand, dont les ouvrages, démasquant les faux mystiques, très répandus, lui valurent le nom de “Ruysbroeck l'Admirable”.

XVII.

Bse Jerónima María Cortey Astorch (María Ángela), clarisse espagnole, responsable de la formation des professes et abbesses des sœurs Clarisses Capucines, considérée comme une "mystique du bréviaire", béatifiée en 1982. 

XVIII.

B Melchior Chyliński (Rafał), noble polonais, franciscain, prêtre ami des pauvres et des malades, béatifié en 1991.

XX.

B Francisco del Valle Villar (León Justino, 1906-1936), des Frères des Ecoles Chrétiennes, martyr espagnol de la Révolution près de Barcelone, béatifié en 2007.

B Zef Palaj (Bernardin, 1894-1947), prêtre albanais des Frères Mineurs Franciscains, martyr, béatifié en 2016.

B Ivan Sleziuk (1896-1973), évêque gréco-catholique ukrainien à Ivano-Frankivsk, près de vingt ans en camp de travail, martyr béatifié en 2001.

 

Habacuc prophète

7e siècle avant Jésus-Christ

 

Le Prophète Habacuc n’est absolument pas connu, sauf qu’il est un des douze Petits Prophètes. On a supposé que c’était le même qui prophétisait en Juda et qui fut transporté auprès de Daniel dans la fosse aux lions, d’après un manuscrit de Qumrân.

Le nom du Prophète a aussi été donné différemment : ce serait Habacuc en hébreu, et Ambakoum en grec.

Les trois chapitres du Livre d’Habacuc sont un dialogue entre le prophète et Dieu : d’abord le prophète ose s’en prendre à Dieu qui opprime son peuple par l’intermédiaire de l’étranger, puis fulmine contre l’envahisseur, avant d’exalter le triomphe final de Dieu.

Cette façon de demander des comptes à Dieu sur son gouvernement du monde, est nouvelle dans le genre prophétique. Puis la réponse ne tarde pas à arriver : les voies de Dieu sont paradoxales, incompréhensibles, mais à la fin c’est toujours Dieu qui remporte la victoire et récompense celui qui est fidèle.

C’est dans cette prophétie que se trouve la phrase reprise trois fois par saint Paul : Le juste vivra par sa fidélité (Rm 1:17 ; Ga 3:11 ; He 10:38).

L’ancien Martyrologe faisait état, au 15 janvier, d’une invention du corps des prophètes Habacuc et Michée, au 4e siècle sur révélation divine. Actuellement cependant, Habacuc est commémoré au 2 décembre (et Michée au 21 décembre), sans révélation.

 

 

Bibiane

4e siècle ?

 

D’après la Passio de sainte Bibiane, celle-ci ainsi que sa sœur Demetria étaient les deux filles du préfet de Rome, Flavianus, et de Dafrosa.

Flavianus était devenu chrétien en secret et ensevelissait pieusement les corps des martyrs.

Dénoncé à Julien l’Apostat, il fut martyrisé loin de là, peut-être aux Aquæ Tauri, actuelle Acquapendente près de Civitavecchia.

Dafrosa fut enfermée et devait mourir de faim ; mais elle convertit son gardien et mourut peu après le martyre de ce dernier.

Demetria, conduite devant l’empereur, mourut de peur.

Bibiane, enfin, confiée à une femme impie, persévéra dans sa foi, et, au bout de six mois, fut fouettée à mort sur ordre du même empereur, et en mourut quelques jours plus tard. Elle fut ensevelie de nuit auprès de sa mère et de sa sœur.

Au-dessus de ces corps fut construite une basilique aux frais d’une certaine Olimpina, de la famille de Flavianus.

Contrairement aux lois romaines, cette basilique est à l’intérieur des murs de Rome, les lois étant désormais tombées en désuétude. En 1624 on retrouva des reliques de corps, qu’on attribua sans hésitation aux martyres Dafrosa et Demetria, le corps de Bibiana ayant «peut-être» été transféré ailleurs (ou volé ?).

On suppose même que Bibiana aurait pu être martyrisée dès la fin du 3e siècle, mais on s’étonne de n’avoir aucune mention de culte avant le cinquième siècle. D’ailleurs, de culte proprement dit, il n’en est question vraiment qu’après 1624.

D’après le Liber Pontificalis, c’est le pape Simplicius (5e siècle) qui fit la dédicace de la basilique de sainte Bibiane.

Même au Martyrologe Romain, sainte Bibiane n’est arrivée que tardivement, au 2 décembre, sans qu’on sache vraiment pourquoi.

Cette sainte Martyre a certainement existé ; les éléments de la Passio restent difficiles à vérifier. Le Martyrologe mentionne la basilique qui lui a été dédiée à Rome par le pape Simplicius.

Bibiana a aussi été orthographié Viviana.

 

 

Pimenius de Rome

4. siècle

 

D’après la Passio de sainte Bibiane (v. 2 décembre), Pimenius aurait été ce prêtre romain qui avait enseigné à Julien, le futur Apostat, la grammaire, la dialectique, la rhétorique, la géométrie, l’arithmétique, la philosophie, et la loi chrétienne.

Après la mort de sainte Bibiane, Pimenius partit en Asie, où il devint aveugle. Après quatre années, le Christ lui aurait demandé de revenir à Rome. Il obéit.

Pimenius et Julien se seraient rencontrés dans Rome. Julien s’écria : Gloire à mes dieux et à mes déesses parce que je te vois, et Pimenius de répondre : Gloire à mon Seigneur Jésus-Christ de Nazareth, le crucifié, parce que je ne te vois pas.

Julien fit jeter Pimenius du haut d’un pont (mais dans quel fleuve ?).

La critique objecte que Julien ne s’est jamais trouvé à Rome durant son règne, et que donc toute cette histoire n’est pas véridique. Mais Julien ne s’est-il vraiment jamais trouvé à Rome ?

Il reste que l’on connaît la tombe de s.Pimenius à Rome, en l’église Santa-Maria-della-Luce. C’est donc bien à Rome qu’il fut martyrisé.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Pimenius de Rome au 2 décembre.

 

 

Chromatius d’Aquilée

† 407

 

Chromace était prêtre à Aquilée (act. Frioul, Italie N) du temps de l’évêque s.Valerianus (v. 27 novembre).

Il avait organisé sa maison en un véritable monastère. Y vivaient sa mère, son frère Eusebios qui était diacre, plus un archidiacre, d’autres diacres, un sous-diacre, des frères laïcs, des religieuses aussi. Cette sainte maison était renommée ; s.Jérôme et Rufin en ont fait les plus élogieuses descriptions.

Au concile d’Aquilée (381), Chromatius parla au nom de l’évêque contre l’évêque arien Palladius.

Vers 388, il fut sacré dixième évêque d’Aquilée par s.Ambroise (v. 7 décembre).

S.Jérôme remarqua la force d’âme que montra Chromatius lors de la mort de son frère Eusebios ; il lui dédia sa traduction des Paralipomènes (nous disons aujourd’hui Chroniques), l’appelant le plus saint et le plus docte des évêques. Plus tard (vers 398), il lui envoya aussi sa traduction des Proverbes, de l’Ecclésiaste (Qohélet) et le Cantique des Cantiques, enfin celui de Tobie, ainsi qu’un commentaire sur le prophète Habacuc.

Chromatius lui-même a fait un commentaire sur l’évangile de saint Matthieu.

Dans le regrettable «conflit» qui opposa s.Jérôme et Rufin, Chromatius eut la charité de recevoir Rufin dans son clergé, même s’il n’en partageait pas les idées ; il confia alors à Rufin un gros travail utile : traduire l’Histoire d’Eusèbe de Césarée, que Rufin compléta avec deux chapitres de son cru sur l’époque contemporaine, qui sont pour nous une mine précieuse. Rufin traduisit aussi les homélies d’Origène sur Josué.

Chromatius fut en relation avec Jean Chrysostome ; quand ce dernier fut exilé, ils correspondirent et Jean lui exprima toute son affection fraternelle et reconnaissante.

Toutes ces activités et ces interventions montrent que Chromatius avait une place de premier ordre au sein de l’épiscopat occidental.

Chromatius mourut en 407, peu avant les deux «ennemis» Jérôme et Rufin, qui durent se réconcilier en le retrouvant au Paradis…

Le Martyrologe Romain mentionne saint Chromatius d’Aquilée au 2 décembre.

 

 

Silvère, pape

536-537

 

Le cinquantième pape succédait à saint Agapit 1er.

Le père de Silvère était Hormisdas qui, successivement fut élu pape en 514.

Le clergé de Rome n’était pas favorable à l’élection de Silvère, qui n’était que sous-diacre, et aurait préféré le diacre Vigile ; mais Silvère était le candidat du roi des Ostrogoths, qui occupaient alors grande partie de l’Italie. Aussi le clergé s’inclina.

Mais ensuite, Silvère jugea opportun d’ouvrir les portes de Rome au général byzantin envoyé par l’empereur Justinien contre les Goths. Les Goths s’éloignèrent mais revinrent bloquer Rome.

Silvère, qui avait été appuyé par les Goths pour son élection, restait suspect aux yeux de l’empereur ; son général, Bélisaire, chercha à circonvenir le pape puis, devant sa résistance, l’accusa de haute trahison, le fit dépouiller de son pallium, l’habilla en moine et l’expédia en Asie Mineure, à Patare.

Silvère abdiqua en faveur de Vigile, pour ne pas laisser le Siège vacant.

Cependant, l’évêque de Patare, informé de la situation, intervint vigoureusement, et Silvère fut rapatrié. Vigile fit en sorte que Silvère restât sur l’île de Palmaria, au large du Latium, nourri au pain et à l’eau, et où il mourut le 2 décembre 537, après un pontificat de dix-sept mois.

Saint Silvère est inscrit au Martyrologe le 2 décembre.

Son successeur fut, justement, Vigile qui, une fois sur le Siège de Pierre, eut la force de résister aux pressions de Byzance.

Jan van Ruusbroec

1293-1381

 

Jan naquit en 1293 à Ruusbroeck (proche de Bruxelles, Brabant, actuelle Belgique), de famille bourgeoise. Son origine a fait qu’on l’appelle communément Ruysbrœck.

Sa vie admirable, sa renommée, sa sainteté surtout, ont laissé de nombreuses traces et ont donné lieu à beaucoup de fioretti, parfois difficilement vérifiables.

Ainsi, à peine âgé de sept jours, Jan se serait tenu debout tout seul dans le bassin où sa nourrice allait le laver.

Il est vrai qu’enfant, il aima la solitude. A onze ans, il fut inscrit par son oncle dans une école pour y apprendre les lettres, la philosophie et les sciences, humaine et divine.

La pauvreté extrême de son style de vie le fit parfois passer pour illettré, alors qu’il était extrêmement érudit en théologie, en patristique, et dominait parfaitement le latin.

Ordonné prêtre en 1317, il exerça le saint ministère pendant vingt-cinq ans à Bruxelles comme chapelain de Sainte-Gudule, et rédigea alors ses premiers ouvrages.

A la mort de sa mère, celle-ci apparut à son fils, tout jeune prêtre, lui demandant de prier pour son soulagement ; dès la fin de la première messe, Jan eut une vision de sa mère, qui était délivrée de toute peine. En cette même occasion, cette pieuse mère annonça à son fils qu’il mourrait  durant le temps de l’Avent.

En attendant, Jan voulut suivre le Christ dans l’humilité et le détachement, mais il se sentit poussé à combattre des erreurs, et c’est ce qui le fit connaître.

Ainsi, il contribua à anéantir la secte d’une certaine Bloemardinne, qui sévissait à Bruxelles.

En 1343, il se retira avec son oncle dans l’ermitage de Groenendael (Vauvert, la Vallée Verte), où ils adoptèrent en 1350 la règle de saint Augustin et formèrent bientôt une petite communauté. Quand il «sentait» l’inspiration l’envahir, il se retirait dans la forêt, écrivait, et revenait au monastère, où il faisait part aux autres de son inspiration. Il affirma plus tard qu’il n’avait jamais écrit si ce n’est sous l’inspiration du Saint Esprit, et la présence singulière et très douce de la Très Sainte Trinité.

Un jour, on le retrouva au pied d’un arbre, encore ravi en extase, et la cime de l’arbre était comme en feu. On le vit souvent en état de lévitation (transporté en l’air), et l’on sait qu’il fut favorisé de visions du Christ, de la Vierge Marie, des Saints.

Il semblait très souvent averti de l’arrivée de certaines personnes, tant il mettait d’empressement à les recevoir. Il reçut ainsi un très illustre Dominicain, Johannes Tauler, qui fut conduit par le saint moine à une réelle transformation intérieure et n’en devint que plus célèbre.

Le père Jan se déplaçait aussi, toujours à pied, pour visiter des couvents, consoler et encourager des moniales.

Ses écrits reçus par une voie aussi mystique, firent que Jan fut bientôt et généralement surnommé le divin Contemplateur, et surtout Admirable. On vint l’écouter de partout. Par la suite, seul Jean Gerson, le célèbre chancelier de Paris, trouva à critiquer telle ou telle expression de Ruysbroeck, mais il se ravisa, comprenant que la langue de Ruysbroeck pouvait utiliser des formules apparemment différentes des formules théologiques latines habituelles. L’orthodoxie de Ruysbroeck est absolument catholique.

Le père Jan devint prieur de la communauté, et fut aussi appelé le dévôt Prieur.

Il n’eut pas que des visions. Comme tous les mystiques, il eut ses épreuves. Lui-même raconta que le démon se manifestait à lui sous forme de bêtes immondes, et qu’il le combattait par la prière et l’élévation spirituelle.

A la fin de sa vie, il fut presque aveugle, de sorte qu’il emmenait dans le bois un bon frère, chargé d’écrire sous la dictée.

Les écrits de Ruysbroeck sont nombreux. Ils furent rédigés dans le langage courant brabançon, qui contribua beaucoup à former et répandre la langue néerlandaise, en prose et parfois en vers.

En novembre 1381, le père Jan se sentit décliner, souffrant d’une forte fièvre et de dysenterie. Le 2 décembre, donc dans le temps de l’Avent, comme le lui avait prédit sa mère, le père Jan mourut, serein, le visage radieux, au milieu de ses frères.

Des manifestations extraordinaires eurent lieu après cette sainte mort ; cinq ans après, on retrouva le corps dans un état absolument intact, exhalant un parfum suave.

Jan de Ruusbroec fut béatifé en 1908.

 

 

Jerónima Cortey Astorch

1592-1665

 

Jerónima María Inés naquit le 1er septembre 1592 à Barcelone, benjamine des quatre enfants de Cristóbal Cortey, un libraire, et Catalina Astorch. Cette dernière avait hérité d’un certain Pedro Miguel Astorch, avec l’unique condition de conserver ce patronyme et de le transmettre.

La maman mourut peu après l’accouchement, le papa en 1597, de sorte que Jerónima sera élevée par une nourrice, puis par les Clarisses Capucines de Barcelone, où se trouvait déjà sa sœur aînée, Isabel.

En 1599, une intoxication conduisit Jerónima à la mort. On commença effectivement de préparer les funérailles de la petite fille de quatre ans, qui cependant reprit vie à ce moment-là ; on attribua le miracle à la fondatrice du monastère, Ángela Serafina Prat, qui devait mourir en odeur de sainteté.

Suite à ce miracle, le petite fille se révéla surdouée, jusqu’à dévorer les livres, et en particulier ceux en latin. Quand elle se présentera en 1603 au monastère Sainte-Marguerite de Barcelone, elle tenait les six volumes du bréviaire, en latin, qu’elle lisait déjà assidûment.

Mais ce n’est qu’en 1608 que Jerónima obtint l’autorisation de commencer, à seize ans, le noviciat chez ces Religieuses, sous le nom de María Ángela.

La pauvre novice, déjà si divinement inspirée, suscita la jalousie de la maîtresse des novices qui ira même jusqu’à la maltraiter, au point que l’abbesse dut la déposer… et la remplacer par la sœur de María Ángela, Isabel !

María Ángela fit la profession en 1609 et fut élue conseillère en 1612.

Outre le don de lire les psaumes en latin, elle avait un don spécial d’interprétation de l’Ecriture. On la vit aussi ravie en extase.

Le monastère eut des fondations, à Gerona, Valencia, Mataró, Manresa, Saragosse. Dans ce dernier, María Ángela fut nommée maîtresse des novices en 1614 ; elle avait trente ans. En 1623, elle passa maîtresse des jeunes professes et, en 1626, elle fut élue abbesse, avec une dispense d’âge de Rome.

Comme telle, elle réforma la règle, autorisant - avec la nécessaire autorisation papale - les sœurs converses à participer davantage à la vie de communauté, à la célébration de la liturgie.

En 1645, elle fonda un nouveau monastère à Murcia où, comme maîtresse des novices et abbesse, elle favorisa la dévotion envers l’Eucharistie, ainsi qu’à la Passion de Jésus-Christ et au Sacré-Cœur.

Une de ses disciples fut Ursula Micaela Morata, fondatrice du couvent de Alicante, dont la cause de béatification est en cours.

La mère María Ángela cessa d’écrire à partir de 1655, sachant que sa mort approchait. Elle souffrit alors d’une dégénérescence cérébrale pénible : en 1661, elle renonça à sa charge d’abbesse. En 1665, elle subit une hémiplégie, tandis qu’elle recouvrait ses facultés mentales.

Elle ferma les yeux à ce monde le 2 décembre 1665 à Murcia et depuis, on put observer maintes fois que son corps restait incorrompu.

En 1773 et en 1776, ses écrits furent approuvés par l’Autorité.

Le miracle nécessaire à la béatification eut lieu en 1890.

En 1936, les révolutionnaires profanèrent le saint corps de la Religieuse, en l’ensevelissant dans la fosse commune du cimetière. Par bonheur, on put le retrouver en 1939.

La mère María Ángela fut béatifiée en 1982. Lors de cette cérémonie, le pape la désigna comme une Mystique du Bréviaire.

 

 

Melchior Chyliński

1694-1741

 

Né le 6 janvier 1694 à Wysoczka (Buk, Pologne), de Jan Arnolf et Marianna Małgorzata Kierski, de famille noble, Melchior reçut le nom d’un des trois Rois de l’Epiphanie.

Le garçon ne se préoccupa jamais de son origine, de ses droits, de son héritage possible.

Après la mort de son père (1707) et l’incendie de leur maison familiale, Melchior et son frère furent envoyés par l’évêque Stanislaus Kierski (un probable frère de la maman), à l’école des Jésuites de Poznan.

En 1712, Melchior entra dans l’armée et devint officier.

En 1715, il quitta l’armée polonaise pour entrer dans l’armée du Christ, dans la famille des Frères mineurs franciscains, à Cracovie, recevant le nom de Rafał.

Il étudia la théologie à Kalisz et Obornikach et, en 1717, fut ordonné prêtre à Poznan. Il fut successivement dans les monastères de Radziejów, Pyzdry, Poznan, Gniezno, Varsovie, Kalisz, Warka et Cracovie.

A partir de 1728, il fut curé de Łageiewniki (Łódż).

Le frère Rafał eut l’occasion de prononcer maintes fois des exorcismes pour délivrer les âmes. Ses homélies étaient simples, dans le langage du peuple, jamais en latin. Il s’occupa intensément des pauvres et des malades, jusqu’à porter de l’eau aux mourants, et soigna particulièrement sa mère qui se retira à Łagiewnik. Il montra tout son zèle envers les victimes de la peste en 1736, tandis que personne n’osait les approcher.

Ce saint curé dormait seulement trois heures par nuit, et souvent sur une simple planche. Outre ses mortifications volontaires, ses jeûnes, ses flagellations, il souffrit de deux pénibles ulcères aux jambes.

Il mourut le 2 décembre 1742.

Une pauvre femme vint un jour au monastère remercier le père qui lui avait donné du pain ; or aucun des Religieux ne l’avait fait : la femme reconnut le père Rafał sur une peinture au mur ; et on lui répondit : Mais il est mort depuis des années !

On retrouva son corps intact en 1949, lors d’une nouvelle invention.

Rafał fut béatifié en 1991.

 

 

Francisco del Valle Villar

1906-1936

 

Ce n’est pas l’enfance de ce Frère qui est ici particulièrement connue. On sait juste qu’il naquit le 25 mai 1906 à Grañón (La Rioja, Espagne) et fut baptisé le 3 juin suivant.

Il entra à treize ans au collège des Frères des Ecoles Chrétiennes, où se trouvait déjà son grand frère.

Novice chez les mêmes Frères, à Irún, il prit l’habit en 1922, fit le scolasticat à Toulouse en France et sa profession comme religieux, avec le nom de León Justino.

De 1926 à 1931, ses postes successifs furent l’école de Pobla de Segur (deux ans), puis celle de Pons et celle de La Seo de Urgel.

En 1931, il fut nommé professeur à Manresa, où il démontra d’excellentes qualités pédagogiques, au point que même le directeur profitait de son enseignement, depuis la salle à côté de la sienne. Ses méthodes servirent de référence aux autres Frères.

Toute sa préoccupation, sa passion, c’était la formation des enfants. Il appuyait son activité sur une vie intérieure pleine de piété et de renoncement personnel.

Au moment de la révolution de 1936, avec ses Confrères, ils quittèrent le collège pour se cacher en divers endroits, là où quelque amitié courageuse leur offrait l’hospitalité. Il fut d’abord quinze jours chez le cuisinier, avec deux autres Frères. En dernier lieu, le frère León se trouvait dans la famille Munt-Alabern, jusqu’au 1er décembre.

Ce jour-là, les miliciens le découvrirent, et voulurent lui arracher l’habit. Il en retira le livre de l’Imitation de Jésus-Christ, pour le remettre à la maîtresse de maison. Un des miliciens le lui arracha et, visiblement assez ignorant des habitudes de l’Eglise, lui demanda : C’est avec ça que tu dis la Messe tous les jours ? Et lui de répondre calmement : Moi, je ne suis pas prêtre.

Les miliciens firent semblant de le laisser là, mais revinrent le lendemain, s’en saisirent, et le traînèrent littéralement jusqu’à la rue del Bruch, devant les numéros 91-93, où ils lui tirèrent cinq balles de révolver, le «punissant» pour l’unique faute d’être religieux et éducateur des jeunes, enfants des pauvres travailleurs catalans de Manresa. Il avait trente ans.

Le Frère León sera inscrit le 2 décembre au Martyrologe. Il a été béatifié en 2007, parmi les quatre-cent quatre-vingt dix-huit Martyrs d’Espagne béatifiés cette année-là.

 

 

Zef Palaj

1894-1947

 

Zef Palaj naquit le 2 octobre 1894 à Shllak (Albanie).

Il devint prêtre dans l’Ordre des Frères Mineurs Conventuels, avec le nom religieux de Bernardin.

Zef fut condamné à mort et exécuté le 2 décembre 1947.

Zef Palaj fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 2 décembre.

 

 

Ivan Slezyuk

1896-1973

 

On ne dispose pas toujours de beaucoup de détails sur la vie des héros martyrisés durant la triste période du régime soviétique.

C’est ainsi qu’on ne connaît rien de la famille de Ivan. Il naquit le 14 janvier 1896 dans le village de Zhyvachiv (Obertynsk, maintenant Tlumatsk, près de Stanislav, aujourd’hui Ivano-Frankivsk, Ukraine).

Il fréquenta le séminaire de Stanislav, où il fut ordonné prêtre en 1923.

Jusqu’en 1935, il enseigna la religion dans les écoles et les lycées de Stanislav, en même temps qu’il fut professeur au séminaire.

Il fut sacré évêque en 1945, avec droit de succession, mais fut aussitôt arrêté, une première fois, et condamné à dix ans de travaux forcés à Vorkuta (Russie). D’ailleurs, l’évêque qui l’avait consacré, Hryhori Khomyshyn, fut immédiatement exilé à Kiev, où il mourra à la fin de l’année 1945 ; il est lui aussi béatifié.

Relâché en 1954, Mgr Slezyuk reprit une activité pastorale fébrile, quoique clandestine, préparant des candidats au sacerdoce, et écrivant des livres de pastorale et de théologie.

En octobre 1962 (officiellement en avril 1963) il fut à nouveau arrêté, et à nouveau condamné à cinq ans de privation de liberté et de travaux forcés. Durant ce temps, il fut interné dans la prison de Ivano-Frankivsk.

En 1967, remis en liberté, il en profita pour reprendre son activité épiscopale, et tout spécialement en ordonnant des prêtres pour l’Eglise «souterraine» de rite gréco-catholique. Songeant aussi à sa fin probable, il consacra évêque Sofron Dmyterko en 1968. Il fut plusieurs fois convoqué dans les bureaux du KGB, pour «conversations», jusqu’à deux semaines avant sa mort, ce qui laisse planer un certain doute sur la cause réelle de sa mort.

Il mourut à Ivano-Frankivsk le 2 décembre 1973, son dies natalis au Martyrologe.

En 1992, la cour de justice d’Ivano-Frankivsk le «lava» de son second emprisonnement, pour absence de crime. Mais on se demande encore : quel crime avait donné lieu à la première condamnation ?

Mgr Slezyuk a été un des Martyrs ukrainiens béatifiés en 2001.

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 00:00

DÉCEMBRE

 

01 DÉCEMBRE

 

-VII.

S Nahum, un des “Douze Petits Prophètes” de l’Ecriture.

II.

S Castritianus, évêque à Milan.

IV.

SS Adrien et Natalie, époux martyrs à Nicomédie.

S Ansanus, martyr en Toscane, fils de s. Tranquillinus ; il fut deux mois à Bagnorea.

S Ursicinus, évêque à Brescia.

Ste Florentia, vierge recluse à Comblé, convertie par s. Hilaire quand il fut exilé en Asie.

?

S Besse, martyr près d'Ivrée. 

V.

S Leontius, premier évêque à Fréjus, ami des ss. Honorat et Jean Cassien, et patron de Fréjus.

VI.

S Constantien, moine fondateur à Hébron.

S Domnolus, évêque au Mans, frère de s. Audoin (qui était évêque à Angers).

S Agericus, évêque à Verdun.

VII.

S Éloi, orfèvre, ministre des finances, d'une honnêteté légendaire, évêque à Noyon, patron des orfèvres, des travailleurs de métaux, des maréchaux-ferrants, de tous ceux qui se servent de chevaux… 

XV.

B Antonio Bonfadini, franciscain italien, retrouvé intact un an après sa mort.

XVI.

B John Beche (Thomas Marshall), abbé bénédictin à Colchester et martyr.

SS Edmund (Thomas) Campion, Ralph Sherwin et Alexander Briant, prêtres martyrs à Londres ; Edmond fut humaniste anglican puis jésuite ; Alexander, reçu jésuite déjà en prison, subit des tortures effroyables.

B Richard Langley, martyr anglais.

XIX.

B Gim Jin-hu Pius, laïc coréen martyr, par décapitation, béatifié en 2014. 

Bse Libânia do Carmo Galvão Mexia de Moura Telles de Albuquerque (Maria Clara de l’Enfant Jésus), fondatrice portugaise des Sœurs franciscaines hospitalières de l’Immaculée Conception, béatifiée en 2011.

XX.

B Charles de Foucauld (1858-1916), ex-officier, converti, retiré au Sahara, assassiné, à l'origine des Petits Frères de Jésus et des Petites Sœurs de Jésus, béatifié en 2005.

B Pedro Pascual García Martín (1892-1936), prêtre lazariste, martyr à Madrid, béatifié en 2017.

Bse Elisa Angela Meneguzzi (Liduina, 1901-1941), salésienne italienne à Padoue, active en Ethiopie, surnommée “ange blanc” ou aussi “flamme œcuménique”, béatifiée en 2002.

Bse Nengapeta Alphonsine (Marie Clémentine, 1941-1964), des Sœurs de la Sainte-Famille, première martyre zaïroise, victime de sa virginité ; béatifiée en présence de son assassin, à Kinshasa, le 15 août 1985.

Bse Bruna Pellesi (Maria Rosa, 1917-1972), dernière de neuf enfants, des Franciscaines Missionnaires du Christ à Rimini, béatifiée en 2007 ; elle avait passé la moitié de sa vie en sanatorium.

Nahoum prophète

7e siècle avant Jésus-Christ

 

Nahum (Nahoum, Naoum) ne nous est connu que parce que son Livre porte le titre de Oracle sur Ninive. Livre de la vision de Naoum l’Elkéséen. 

On ne sait donc rien sur l’auteur. Son nom se rattache en hébreu à l’idée de consolation, d’après certains Pères comme saint Jérôme. Elkéséen ou habitant de Elkosh, pourrait faire penser à une localité de Juda.

L’allusion à Ninive et à sa destruction, pourrait faire dater la rédaction de cette prophétie dans le courant ou vers la fin du septième siècle avant Jésus-Christ, Ninive ayant été détruite en 612.

Le texte grec du Livre semble vouloir reproduire fidèlement le texte hébraïque, et présente maintes difficultés aux traducteurs. L’interprétation n’en est pas non plus unanime. Mais il reste que ce Livre est unanimement reconnu comme un recueil d’une grande beauté.

Nahoum fait partie des douze Petits Prophètes, ainsi nommés pour la brièveté de leurs textes - le Livre de Nahoum comportant trois chapitres.

Pour en revenir au Prophète lui-même, son nom a été introduit tardivement au Martyrologe, à la suite des Grecs qui l’avaient mis au 1er décembre. Ceux-ci en font même une description amusante : Il avait le menton arrondi et rentrant, les joues maigres, la chevelure crépue, un début de calvitie, la tête allongée, était âgé d’environ quarante-cinq ans.

Notre Martyrologe résume en deux mots le sens de la prophétie, disant que Nahoum prêcha un Dieu qui régit le cours des temps et qui juge avec justice.

 

 

Adrien et Natalie

? début du IVe siècle

 

Il sera difficile de se retrouver dans les indications “historiques” fournies par la Passio de ces deux époux.

Une première remarque, d’ordre linguistique, s’impose ici. Natalie est un nom romain, rattaché au terme natalis, qui a donné notre fête de Noël ainsi que le prénom homonyme. C’est une réelle erreur d’orthographier Nathalie, puisque le latin n’utilise la graphie th que dans des termes directement calqués du grec. Quant à Adrien, le nom latin est Hadrianus.

Le martyre d’Adrien et la mort successive de Natalie auraient eu lieu lors d’un deuxième séjour de l’empereur Maximien à Nicomédie. On sait que Maximien, jeune militaire, passa par Nicomédie, mais on ne voit pas bien comment, devenu empereur d’Occident, il pourrait avoir sévi en Asie Mineure, où commandait l’empereur Dioclétien.

Rappelons au passage que Nicomédie était la capitale de la Bithynie, province du nord-ouest de l’Asie Mineure, sur les bords du Pont-Euxin ; c’est l’actuelle Izmit sur la Mer Noire.

D’après la Passio, Adrien, un des chefs de l’armée de Maximien, prend parti pour des chrétiens qui viennent d’insulter l’empereur : “Nous nous moquons de ton ordre insensé et de ta folie, et plus encore de Satan, qui agit dans les fils de perdition dont tu es le prince.” Jamais des chrétiens ne se permettent de tels propos à l’adresse de leur empereur.

Maximien fait donc enchaîner Adrien. Un serviteur l’annonce à son épouse Natalie, laquelle, chrétienne en secret, vient encourager son époux et ses compagnons de prison. Sachant son heure proche, Adrien achète très cher au gardien sa sortie momentanée de prison, pour rejoindre Natalie, et tous deux reviennent se constituer prisonniers après une semaine. Ici aussi, il est difficile de comprendre d’où Adrien aurait sorti cette énorme somme d’argent, ni comment le geôlier aurait pu se permettre un tel marchandage, ni enfin comment les deux époux auraient pu revenir tranquillement à leur prison au bout d’une semaine, sans que Natalie fût elle-même emprisonnée à son tour.

Devant Maximien, tous ces chrétiens sont interrogés. Adrien reste ferme. On le flagelle, ses entrailles s’échappent de son ventre : on reconduit tout ce monde en prison, où les pieuses femmes - Natalie en tête - viennent soigner leurs plaies. Furieux, Maximien fait interdire l’accès des femmes à la prison, puis fait achever tous ces prisonniers en leur brisant les cuisses avec des barres de fer. Ainsi s’achève le martyre d’Adrien, vaillant soldat, fidèle époux, et courageux témoin du sort des chrétiens.

De pieux chrétiens s’offrent alors pour sauver les dépouilles des martyrs et les transférer à Byzance. Dans l’intervalle, le tribun des soldats exprime son désir d’épouser Natalie ; celle-ci demande un délai, s’embarque pour rejoindre les dépouilles des martyrs débarqués près de Byzance, où elle arrive si épuisée qu’elle expire la nuit suivante.

Le martyre d’Adrien et de ses Compagnons aurait eu lieu le 26 août - date à laquelle on les honorait à Constantinople, la mort de Natalie au 1er décembre, date à laquelle les deux époux furent longtemps commémorés, mais cette dernière date semble tout-à-fait arbitraire. Devant de telles difficultés historiques, l’actuel Martyrologe Romain ne fait plus mention de ces saints époux.

Le pape Adrien 1er (772-795) voulut honorer son saint Patron en élevant au titre de diaconie l’église romaine de Saint-Adrien. Au XIIe siècle, les reliques des deux époux furent apportées au monastère flamand de Gheraerdsberghe, actuel Grammont.

Où placer, alors, ces deux Martyrs, dans le calendrier actuel ? Adrien au 26 août, et Natalie au 1er décembre ? Il sera dommage de «séparer ce que Dieu a uni», aussi cette notice apparaîtra aux deux jours.

Que les porteurs des noms de Adrien et de Natalie se rassurent, car ils ne manquent pas de saints Patrons au ciel. Il y a d’autres Saints Adrien - dont un, également martyr à Nicomédie à une date inconnue, commémoré le 8 septembre dans le Martyrologe, et une bienheureuse Natalie, martyre polonaise, dont on trouvera des indications dans une autre notice.

 

 

Libânia do Carmo Galvão Mexia de Moura Teles e Albuquerque

1843-1899

 

Celle qui reçut au baptême le prénom de Libânia do Carmo, était la fille de Nuno Tomás de Mascarenhas Galvão Mexia de Moura Teles e Albuquerque, et de Maria da Purificação de Sá Ferreira.

 

Nahoum prophète

7e siècle avant Jésus-Christ

 

Nahum (Nahoum, Naoum) ne nous est connu que parce que son Livre porte le titre de Oracle sur Ninive. Livre de la vision de Naoum l’Elkéséen.

On ne sait donc rien sur l’auteur. Son nom se rattache en hébreu à l’idée de consolation, d’après certains Pères comme saint Jérôme. Elkéséen ou habitant de Elkosh, pourrait faire penser à une localité de Juda.

L’allusion à Ninive et à sa destruction, pourrait faire dater la rédaction de cette prophétie dans le courant ou vers la fin du septième siècle avant Jésus-Christ, Ninive ayant été détruite en 612.

Le texte grec du Livre semble vouloir reproduire fidèlement le texte hébraïque, et présente maintes difficultés aux traducteurs. L’interprétation n’en est pas non plus unanime. Mais il reste que ce Livre est unanimement reconnu comme un recueil d’une grande beauté.

Nahoum fait partie des douze Petits Prophètes, ainsi nommés pour la brièveté de leurs textes - le Livre de Nahoum comportant trois chapitres.

Pour en revenir au Prophète lui-même, son nom a été introduit tardivement au Martyrologe, à la suite des Grecs qui l’avaient mis au 1er décembre. Ceux-ci en font même une description amusante : Il avait le menton arrondi et rentrant, les joues maigres, la chevelure crépue, un début de calvitie, la tête allongée, était âgé d’environ quarante-cinq ans.

Notre Martyrologe résume en deux mots le sens de la prophétie, disant que Nahoum prêcha un Dieu qui régit le cours des temps et qui juge avec justice.

 

 

Castritianus de Milan

† 138

 

Castritianus fut le troisième évêque de Milan (ou le quatrième, si l’on retient que s.Barnabé en fut le premier évêque (v. 11 juin).

On a dit que son prédécesseur, s.Caius (v. 27 septembre), l’aurait choisi de son vivant pour lui succéder, en 97. Mais on ne comprend pas pourquoi dix années passèrent entre la mort de s.Caius et l’élection de Castritianus, sinon peut-être à cause de la persécution de l’empereur Domitien.

Castritianus transforma la maison de Philippus en église, ainsi que les maisons des enfants de celui-ci, Portius et Fausta. L’église de Portius s’appela en effet Portiana, et devint plus tard Saint-Victor.

Après un long épiscopat de quarante années, Castritianus reposa en paix.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Castritianus de Milan au 1er décembre.

 

 

Adrien et Natalie

? début du IVe siècle

 

Il sera difficile de se retrouver dans les indications “historiques” fournies par la Passio de ces deux époux.

Une première remarque, d’ordre linguistique, s’impose ici. Natalie est un nom romain, rattaché au terme natalis, qui a donné notre fête de Noël ainsi que le prénom homonyme. C’est une réelle erreur d’orthographier Nathalie, puisque le latin n’utilise la graphie th que dans des termes directement calqués du grec. Quant à Adrien, le nom latin est Hadrianus.

Le martyre d’Adrien et la mort successive de Natalie auraient eu lieu lors d’un deuxième séjour de l’empereur Maximien à Nicomédie. On sait que Maximien, jeune militaire, passa par Nicomédie, mais on ne voit pas bien comment, devenu empereur d’Occident, il pourrait avoir sévi en Asie Mineure, où commandait l’empereur Dioclétien.

Rappelons au passage que Nicomédie était la capitale de la Bithynie, province du nord-ouest de l’Asie Mineure, sur les bords du Pont-Euxin ; c’est l’actuelle Izmit sur la Mer Noire.

D’après la Passio, Adrien, un des chefs de l’armée de Maximien, prend parti pour des chrétiens qui viennent d’insulter l’empereur : Nous nous moquons de ton ordre insensé et de ta folie, et plus encore de Satan, qui agit dans les fils de perdition dont tu es le prince. Jamais des chrétiens ne se permettent de tels propos à l’adresse de leur empereur.

Maximien fait donc enchaîner Adrien. Un serviteur l’annonce à son épouse Natalie, laquelle, chrétienne en secret, vient encourager son époux et ses compagnons de prison. Sachant son heure proche, Adrien achète très cher au gardien sa sortie momentanée de prison, pour rejoindre Natalie, et tous deux reviennent se constituer prisonniers après une semaine. Ici aussi, il est difficile de comprendre d’où Adrien aurait sorti cette énorme somme d’argent, ni comment le geôlier aurait pu se permettre un tel marchandage, ni enfin comment les deux époux auraient pu revenir tranquillement à leur prison au bout d’une semaine, sans que Natalie fût elle-même emprisonnée à son tour.

Devant Maximien, tous ces chrétiens sont interrogés. Adrien reste ferme. On le flagelle, ses entrailles s’échappent de son ventre : on reconduit tout ce monde en prison, où les pieuses femmes - Natalie en tête - viennent soigner leurs plaies. Furieux, Maximien fait interdire l’accès des femmes à la prison, puis fait achever tous ces prisonniers en leur brisant les cuisses avec des barres de fer. Ainsi s’achève le martyre d’Adrien, vaillant soldat, fidèle époux, et courageux témoin du sort des chrétiens.

De pieux chrétiens s’offrent alors pour sauver les dépouilles des martyrs et les transférer à Byzance. Dans l’intervalle, le tribun des soldats exprime son désir d’épouser Natalie ; celle-ci demande un délai, s’embarque pour rejoindre les dépouilles des martyrs débarqués près de Byzance, où elle arrive si épuisée qu’elle expire la nuit suivante.

Le martyre d’Adrien et de ses Compagnons aurait eu lieu le 26 août - date à laquelle on les honorait à Constantinople, la mort de Natalie au 1er décembre, date à laquelle les deux époux furent longtemps commémorés, mais cette dernière date semble tout-à-fait arbitraire. Devant de telles difficultés historiques, l’actuel Martyrologe Romain ne fait plus mention de ces saints époux.

Le pape Adrien 1er (772-795) voulut honorer son saint Patron en élevant au titre de diaconie l’église romaine de Saint-Adrien. Au XIIe siècle, les reliques des deux époux furent apportées au monastère flamand de Gheraerdsberghe, actuel Grammont.

Où placer, alors, ces deux Martyrs, dans le calendrier actuel ? Adrien au 26 août, et Natalie au 1er décembre ? Il sera dommage de «séparer ce que Dieu a uni», aussi cette notice apparaîtra aux deux jours.

Que les porteurs des noms de Adrien et de Natalie se rassurent, car ils ne manquent pas de saints Patrons au ciel. Il y a d’autres Saints Adrien - dont un, également martyr à Nicomédie à une date inconnue, commémoré le 8 septembre dans le Martyrologe, et une bienheureuse Natalie, martyre polonaise (v. 31 mars).

 

 

Florentia de Comblé

4. siècle

 

On se souviendra que s.Hilaire de Poitiers (v. 13 janvier) fut exilé en Asie Mineure pendant quatre années. Il restait cependant libre de ses mouvements et continua d’annoncer l’Evangile.

Une de ses conquêtes fut une vierge, qu’on nomme Florentia. On ne sait pas si ce nom est la traduction du nom oriental de la jeune fille, ou si Hilaire le lui donna lors de son baptême.

Toujours est-il qu’au retour d’Hilaire en Gaule, Florentia quitta ses parents et son pays et accompagna Hilaire à Poitiers (360).

Elle aurait alors vécu en recluse à Comblé (auj. Celle-Lévescault, Vienne), où de récentes fouilles ont permis de retrouver les ruines d’un temple romain dédié à la déesse Vénus.

On ne sait combien de temps dura la réclusion de Florentia, ce qui rend incertaine la date de sa mort, dans la deuxième moitié du quatrième siècle.

Ses reliques, comme celles de s.Hilaire, furent partiellement brûlées par les Huguenots en 1562.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Florentia de Comblé au 1er décembre.

 

 

Leontius de Fréjus

† 433

 

Leontius devait appartenir à la noblesse gallo-romaine. Il serait né à Nîmes, comme son frère Castor, qui fut évêque d’Apt (v. 21 septembre).

Entré dans le clergé de Fréjus, il en fut le premier évêque, vers 400. A vrai dire, il eut un prédécesseur, nommé Acceptus, lequel s’inventa des crimes pour persuader les évêques de ne pas le nommer sur le siège de Fréjus ; c’était en 374. On reconnut son innocence, mais on renonça à l’élire.

Lorsqu’Honorat (v. 16 janvier) voulut se retirer dans la solitude, c’est la sainteté de Leontius qui l’attira d’abord. Ainsi naquit le monastère de Lérins. Une solide et respectueuse amitié liait les deux personnages : Leontius ne s’occupait pas des affaires intérieures du monastère, ordonnait prêtres les candidats que lui présentait Honorat, lequel ne voulut jamais s’adresser à un autre évêque.

C’est d’ailleurs très probablement Leontius qui ordonna prêtre Honorat.

Peu après, Leontius fit la connaissance de Ioannes Cassien (v. 23 juillet), qui fonda à Marseille les deux monastères Saint-Victor et Saint-Sauveur.  Cassien dédia à l’évêque ses dix premières Conférences.

Leontius sembla manquer d’énergie à combattre le semi-pélagianisme, mais ne professa jamais de doctrine erronée.

Il mourut en 432 ou 433.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Leontius de Fréjus au 1er décembre.

 

 

Domnolus du Mans

† 581

 

Domnolus avait un frère, Audoin, qui fut évêque d’Angers.

Lui-même fut d’abord abbé de Saint-Laurent, près de Paris, puis fut préconisé pour le siège épiscopal d’Avignon, qu’il refusa.

Il ne put ensuite refuser le siège du Mans (561) et en fut le treizième titulaire.

Il fut l’un des plus grands évêques de la Gaule en ce sixième siècle.

Après vingt ans d’épiscopat, il fut frappé de paralysie (581) et proposa comme successeur un certain Théodulfe, auquel on préféra Baudegisile.

Domnolus mourut en 581.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Domnolus du Mans au 1er décembre.

 

 

Agericus de Verdun

† 591

 

Agericus (Airy) naquit vers 521 à Harville (Meuse), de modestes paysans.

Sa mère travaillait aux champs lorsqu’elle accoucha. Le roi Thierry 1er, qui passait par cette campagne au moment de la naissance d’Airy, voulut en être le parrain et lui donna le prénom d’Agericus (campagnard) en souvenir de cette naissance mouvementée.

Airy se maria et eut un fils.

Il arriva qu’un certain Sirivald présenta au roi Thierry des calomnies contre Airy ; Thierry n’épargna à son filleul ni les insultes ni les tortures, jusqu’à ce qu’on découvrît la vérité. Le fils d’A. voulut venger son père : il alla assassiner Sirivald à Fleurey, près de Dijon.

Le temps passa ; Airy fut ordonné prêtre par l’évêque Désiré, auquel il succéda en 554. Il était le dixième évêque de Verdun.

Le nouvel évêque montra un grand zèle à enseigner la Vérité et à soulager les pauvres.

On lui attribue des miracles. L’un d’eux se vérifia lorsqu’Airy reçut le roi Childebert II et toute sa suite ; le vin manqua et Airy leur fit servir son dernier tonneau, qu’il bénit et qui ne se vida plus. Airy aurait aussi obtenu la grâce d’un détenu, en faisant tomber ses liens.

Airy mourut en 591.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Agericus de Verdun au 1er décembre.

Antonio Bonfadini

1400-1482

 

Antonio était né vers 1400 à Ferrare (Italie CNE) de noble famille.

En 1439, il entra chez les Frères mineurs et, seulement en 1458, reçut l’ordination sacerdotale. On ne possède pas d’explications sur ces dates : sur l’enfance et l’adolescence d’Antonio, les années de maturité avant son entrée en religion, et le long laps de temps - quasi vingt années - qui sépare cette entrée et le sacerdoce.

On dit qu’il se fit remarquer par sa fidélité à la règle et ses qualités de prédicateur.

Après avoir beaucoup prêché en Italie, il passa au Moyen-Orient et spécialement en Terre-Sainte.

Au retour de ce long périple, la maladie l’arrêta à Cotignola, et c’est dans l’hôpital des pèlerins qu’il mourut pieusement, le 1er décembre 1482.

Un an après sa mort, on voulut enterrer un autre défunt dans la même tombe, et l’on aperçut son corps en parfait état de conservation. Prodiges, miracles, vénération. Antonio devint le Saint de Cotignola.

Son culte a été confirmé en 1901.

 

 

John Beche

? -1539

 

On ne connaît pas la date et le lieu de naissance de John. Il fut aussi connu sous le nom (pseudonyme ?) de Thomas Marshall.

Il reçut sa formation à Oxford et fut docteur en théologie en 1515.

Entré à la Chartreuse de St. Werburgh (Chester), il en fut prieur, et ensuite de celle de St. John (Colchester) en 1530. 

En 1534, il signa l’Acte de Succession avec d’autres moines (ou bien même l’Acte de Suprématie).

John fut tellement affecté par le martyre d’autres Chartreux en 1535 (voir au 4 mai), qu’il exprima publiquement sa profonde vénération pour eux, suscitant ainsi sur lui-même la suspicion et la vengeance du roi.

En novembre 1538, la colère du roi s’enflamma encore plus lorsque le Prieur et ses moines se prononcèrent contre la commission royale qui devait confisquer le couvent. Dans l’année qui suivit, il fut enfermé à la Tour de Londres, accusé de trahison et déchargé de sa fonction. 

Il dut être momentanément libéré, puisqu’on l’arrêta de nouveau fin octobre 1539 et il fut alors formellement accusé par des «témoins» d’avoir proclamé que Dieu se vengerait pour la confiscation et la destruction des couvents, pour avoir exprimé son respect pour les Martyrs John Fisher et Thomas More (voir au 22 juin et au 6 juillet) et pour avoir condamné le mariage du roi avec Anne Boleyn. Il invoqua ensuite la faiblesse humaine pour expliquer ses affirmations précédentes erronées.

Il fut jugé à Colchester en novembre 1539,  et reçut la couronne du martyre le 1er décembre 1539.

Son culte a été reconnu en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Edmund Campion

1540-1581

 

Ne pas confondre ce Martyr avec Edward Campion (v. 1er octobre).

Edmund Campion, né à Londres le 25 janvier 1540, était le fils d’un libraire londonien.

Intelligent, l’enfant fut envoyé à Christ Church Hospital. Lors de l’entrée de Mary Tudor à Londres, ce fut lui qui fut choisi pour adresser le compliment en latin à Sa Majesté.

Il fut admis parmi les premiers élèves de St.John’s Collège d’Oxford et nommé Compagnon à dix-sept ans.

Il fut ensuite une des gloires d’Oxford, jusqu’en 1568. Ses responsabilités, son ascendant, ses relations l’aveuglèrent pendant un temps et il oublia sa foi catholique. Il devint diacre et accepta le nouveau rite.

Mais après maintes réflexions et une longue période de scrupules, il renonça à sa charge et gagna l’université de Dublin, catholique, pour la relever.

Ce ministre catholique à moitié anglican devint suspect. Il se cacha et composa son Histoire de l’Irlande. Puis il traversa l’Angleterre et rejoignit Douai pour des études de théologie. Il partit à pied en pèlerinage pour Rome, où il arriva juste avant la mort du Francisco de Borja (voir au 10 octobre). Il voulait absolument entrer dans la Compagnie de Jésus.

Il fut reçu en 1576 et envoyé faire le noviciat à Prague, où il enseigna (et composa quelques drames sacrés). Ordonné prêtre en 1578. Il eut une vision de Notre-Dame, qui lui annonçait son martyre.

Il rencontra saint Carlo Borromeo à Milan (voir au 3 novembre), ainsi que Théodore de Bèze à Genève et rejoignit sous un déguisement Londres, où un jeune converti l’accompagnait et le protégeait. Il cherchait à redonner courage aux Catholiques chancelants, et surtout à convertir des Protestants.

Il dut fuir vers le nord, où il rédigea son fameux Dix raisons, repassa par Londres pour gagner Norfolk. Il fut dénoncé et arrêté à Lyford Grange (Wantage, Berkshire) le 17 juillet 1581.

On le traîna pieds et poings liés à travers les rues de Londres, à l’envers sur un cheval, avec un carton dénonçant le Jésuite séditieux. Conduit jusqu’à la Tour de Londres, il fut ensuite présenté privément à la reine, qui lui fit mille promesses alléchantes en échange de son «papisme».

Edmund resta fidèle à ses engagements. Reconduit à la Tour, il y fut sévèrement torturé ; tout affaibli, il dut répondre à quatre longs interrogatoires, debout, sans table ni chaise, sans notes, et l’on ne put le contredire.

Sa constance gagna le cœur de Philipp Howard (voir au 19 octobre), qui se convertit.

Malgré sa brillante auto-défense, il fut condamné à mort, une sentence qu’il accueillit avec un joyeux Te Deum ainsi qu’avec l’antienne pascale Hæc dies.

Sur le chemin conduisant à Tyburn, il se redressa autant qu’il put pour saluer la statue de Notre-Dame.

Il fut martyrisé à Tyburn le 1er décembre 1581. En même temps que lui furent martyrisés Ralph Sherwin et Alexander Briant.

Un des présents, Henry Walpole, imbiba son gilet du sang du Martyr (voir au 7 avril).

Edmund fut béatifié en 1886, et canonisé en 1970 avec trente-neuf Compagnons, martyrisés entre 1535 et 1616.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Ralph Sherwin

1550-1581

 

Il naquit vers 1550 à Rodesley (Longford, Derbyshire, Angleterre).

En 1568, il fut un des premiers membres du Exeter College d’Oxford, où il prit ses grades ; il était réputé pour être un philosophe perspicace, un excellent grécisant et hébraisant.

En 1575, il s’enfuit de ce monde universitaire et gagna le collège anglais de Douai, où il fut ordonné prêtre en 1577.

Parvenu à Rome, il fut près de trois ans au collège anglais, y gagnant des amis et se mettant sous la tutelle des Jésuites.

Regagnant l’Angleterre, il s’arrêta à Milan, où il prêcha devant saint Carlo Borromeo (voir au 3 novembre).

Le 9 novembre 1580, il fut mis en prison à Marshalsea, où il convertit des prisonniers, et le 4 décembre il fut conduit à la Tour de Londres. On le tortura durement le 15 décembre, puis on le laissa dans la neige ; le 16 décembre, à nouveau torturé, on le laissa cinq jours et nuits sans nourriture et sans lui parler. En rêve, il se vit en face du Sauveur sur la Croix.

Après une année de prison, il subit un simulacre de jugement. Accusé de trahison, condamné à mort le 20 novembre, et exécuté à Tyburn le 1er décembre 1581, en même temps que Alexander Briant et Edmund Campion.

Il fut béatifié en 1929, et canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Alexander Briant

1556-1581

 

Alexander Briant, né vers 1556, dans le Somerset (Angleterre), était d’une famille de petits propriétaires.

Entré très jeune au Hert Hall d’Oxford, sa beauté juvénile lui valut le surnom de «beau jeune garçon». 

Il rencontra un prêtre jésuite anglais, Robert Persons, auquel il dut sans doute sa conversion au catholicisme.

Ayant quitté l’université, il vint au collège anglais de Reims et fut ordonné prêtre en 1578.

L’année suivante, il regagna l’Angleterre et parcourut son Somerset natal avec un zèle immense pour la conversion des âmes. Une de ses conquêtes fut le père du jésuite Robert Persons.

Une enquête concernant ce dernier aboutit à l’arrestation d’Alexander, le 28 avril 1581, dont ont espérait des aveux. Il fut interrogé à la Counter Prison de Londres, puis horriblement torturé dans la Tour. Au froid, à la faim, on ajouta aussi les aiguilles enfilées sous les ongles. 

Alexander eut cependant le force d’écrire une lettre aux Jésuites, demandant son admission dans leurs rangs, ce qui lui fut accordé. Mais sa vie comme Jésuite fut brève : le 16 novembre 1581, il fut officiellement accusé de haute trahison, et condamné à mort.

On rapporte que les détails de son exécution, à Tyburn le 1er décembre 1581, furent simplement révoltants : le bourreau aurait, par pure malice ou par maladresse, ajouté encore d’autres atrocités inutiles, à ce supplice déjà horrible, malheureusmeent habituel, de pendre, éviscérer et décapiter (ou écarteler) les victimes.

Alexander fut béatifié en 1929, et canonisé en 1970 avec trente-neuf Compagnons, martyrisés entre 1535 et 1616.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Richard Langley

? -1586

 

Il naquit probablement à Grimthorpe (Yorkshire, Angleterre), fils de Richard, dont il hérita de la propriété de Rathorpe, et de Joan Beaumont, de Mirfield.

Richard vécut habituellement à Ousethorpe (East Riding). Il épousa Agnes Hansby, dont il eut un fils, Christopher, et quatre filles.

Il mit toute son énergie et sa fortune au service du clergé persécuté. Sa maison était un asile pour tous les prêtres ; il construisit même un souterrain pour les cacher, sans doute près de sa maison de Grimthorpe, qu’il transforma en un véritable sanctuaire.

On le dénonça. Toute une troupe débarqua pour fouiller Ousethorpe et Grimthorpe ; à Ousethorpe, on arrêta deux prêtres ; à Grimthorpe, on arrêta Richard lui-même.

Les crimes de ce laïc furent d’avoir hébergé et assisté des prêtres, ce qui lui valut d’être condamné à mort.

Il subit son martyre le 1er décembre 1586 à York et fut béatifié en 1929.

 

 

Gim Jin-hu Pius

1739-1814

 

Gim Jin-hu Pius est un laïc coréen né en 1739 à Myeoncheon (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Haemi (Chungcheong-do) le 1er décembre 1814 et béatifié en 2014.

 

 

Libânia do Carmo Galvão Mexia de Moura Teles e Albuquerque

1843-1899

 

Celle qui reçut au baptême le prénom de Libânia do Carmo, était la fille de Nuno Tomás de Mascarenhas Galvão Mexia de Moura Teles e Albuquerque, et de Maria da Purificação de Sá Ferreira.

Elle naquit le 15 juin 1843, dans l’actuelle localité de Amadora, tout près de Lisbonne (Portugal) et fut baptisée le 2 septembre suivant. Elle était la troisième des sept enfants de cette noble famille chrétienne.

Durant une épidémie de choléra (1856-1857), elle devint orpheline de père et mère, et fut admise à l’orphelinat de Ajuda, qui recevait les orphelines de familles nobles.

Cet orphelinat était géré par des religieuses françaises, les Filles de la Charité, qui furent expulsées en 1862, de sorte que Libânia trouva refuge chez les Marquis de Valada, qui la reçurent comme leur fille, pendant cinq années. Les temps étaient déjà à l’époque marqués par le libéralisme anti-chrétien, et le Portugal allait connaître à son tour la révolution en 1910.

Libânia, après que sa sœur Matilde fut entrée chez les Visitandines, quitta la vie mondaine, renonça à une proposition de mariage, et fréquenta le Tiers-Ordre franciscain ; puis elle entra chez les Sœurs Capucines Conceptionnistes en 1869, où elle prit le nom de Maria Clara de l’Enfant Jésus.

Elle fit son noviciat à Calais à partir de 1870, dans l’intention cependant de revenir au Portugal, malgré les temps difficiles qui s’annonçaient, pour y fonder une nouvelle famille religieuse, qui prendra le nom de Sœurs Franciscaines Hospitalières de l’Immaculée Conception. Elle fut en cela appuyée par le père Raimundo dos Anjos Beirao, lui aussi frappé par la misère sociale à soulager.

Après sa profession (1871) elle revint effectivement au Portugal et fonda sa première Communauté, dont la règle sera approuvée par le Saint-Siège cinq années plus tard seulement (1876).

De nombreuses maisons s’ouvrirent bientôt pour accueillir les femmes pauvres, tant au Portugal qu’en Afrique (Angola en 1883, Guinée et Cap Vert en 1893) et en Inde (1886).

Toute l’activité de la Mère des Pauvres marqua profondément l’entier pays portugais, en toutes sortes de maisons et hôpitaux, garderies, maisons d’assistance pour enfants pauvres, ou invalides, ou malades ; écoles, collèges, soupes populaires… en tout plus de cent-quarante maisons avec plus de mille Religieuses. Récemment, elles sont arrivées aux Philippines, au Timor, au Mexique, au Brésil.

Sa vie ne fut pas exempte d’épreuves, d’humilitations, de calomnies, dans lesquelles elle voyait tranquillement la main de Dieu. Ceux qui l’insultaient, elle les servait à genoux.

Elle s’éteignit le 1er décembre 1899, à seulement cinquante-six ans, éreintée par ses multiples travaux. Ses obsèques furent suivies par une foule immense qui reconnaissait déjà sa sainteté.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison totale et instantanée d’une femme espagnole de trente-quatre ans, frappée de pyoderma gangrenosum, affection de la peau très douloureuse, qui l’obligeait à garder le bras attaché contre la poitrine.

Elle a été béatifiée en 2011.

Charles de Foucauld

1858-1916

 

Charles Eugène de Foucauld de Pontbriand naquit le 15 septembre 1856 à Strasbourg (Bas-Rhin), dans une famille de la vieille noblesse.

Notons ici que son arrière-grand-oncle était l’évêque Jean-Marie du Lau d’Allemans, qui fut martyrisé lors de la Révolution française, le 2 septembre, et béatifié en 1926.

Son père, le vicomte Edouard de Foucauld de Pontbriand, inspecteur des forêts, épousa Elisabeth de Morlet, une femme très pieuse.

Leur premier enfant, Charles, mourut à son trentième jour de vie ; vint Charles Eugène, en 1858,  puis Marie Inès Rodolphine en 1861.

Les époux moururent tous deux en 1864, elle d’une fausse couche, lui de neurasthénie.

Orphelins, Charles et sa sœur furent confiés à leur grand-mère paternelle, qui mourut à son tour d’une crise cardiaque. Les grands-parents maternels, qui vivaient à Strasbourg, recueillirent les deux orphelins.

Durant ses études à Strasbourg, Charles était bon élève, mais colérique, et reçut alors des cours particuliers.

En 1870, la famille se replia à Berne puis, après la défaite, à Nancy. Charles entra alors en 3e. C’est là qu’il connaîtra son grand ami, Charles Tourdes.

En 1872, il reçut la Première communion et la Confirmation.

La crise commença en 1873 : Charles devint agnostique, sans foi ni loi. Après son premier baccalauréat (qui achevait les études de rhétorique, notre 1e), il fut envoyé à Sainte-Geneviève de Versailles, pour préparer l’entrée à Saint Cyr. Paresseux et indiscipliné, il fut renvoyé.

A Nancy, il prit à nouveau des cours particuliers, et s’adonna à une foule de lectures : Arioste, Voltaire, Erasme, Rabelais.

Il entra finalement à l’école de Saint-Cyr, en 1876, un des meilleurs et des plus jeunes de sa promotion, mais ne se signala pas vraiment par une vie sobre et réglée, d’autant plus que, émancipé par son grand-père à dix-huit ans, il devint majeur et hérita d’un important héritage, qu’il dilapida.

Ce grand-père mourut en 1878, année où Charles entra à l’école de cavalerie de Saumur. Mais il se laissa aller à quantité de comportements indisciplinés - jusqu’à introduire des prostituées, raison pour laquelle il sera maintes fois puni. Il sortira dernier de Saumur, où il s’était mérité le surnom de lettré fêtard.

Ce fêtard déjà obèse fut nommé à Sézanne (Marne), puis à Pont-à-Mousson. Ses frasques empirèrent, il vécut en concubinage avec une actrice, dut être mis sous conseil judiciaire pour préserver sa fortune. Lui même écrivit de cette période : J’étais moins un homme qu’un porc.

En 1881, il fut nommé à Sétif (Algérie), où il se rendit avec sa concubine, contre l’ordre reçu, ce qui lui valut encore un mois d’arrêt. Son inconduite le fit mettre hors-cadre de l’armée.

Retiré à Evian, il demanda sa réintégration pour combattre avec son régiment en Tunisie, rompit enfin avec sa concubine, et montra sur le terrain un bon comportement, comme soldat et comme chef.

Ce sera le commencement d’un revirement dans sa vie. Fin 1881, il sera nommé à Mascara (Algérie).

N’ayant pas obtenu le congé qu’il demandait pour voyager, il démissionna de l’armée, et se prépara à explorer le Maroc : il étudia l’arabe, l’Islam, l’hébreu, et se mit en route avec un guide juif, se faisant passer pour un juif, car les chrétiens étaient mal tollérés. Il était tellement méconnaissable que, croisant un jour des officiers français qu’il connaissait, ceux-ci ne le reconnurent pas ; l’un d’eux dit même : Regardez ce juif accroupi en train de croquer des olives. Il a l’air d’un singe.

C’est ainsi qu’il pénétrera dans le Maroc avec son guide. Il fut le premier Européen à explorer la région sud du Maroc. Le voyage dura presque une année. Charles rédigera un mémoire, Reconnaissance au Maroc, qui lui vaudra une médaille d’or à la Société de Géographie, les palmes académiques à la Sorbonne, et une certaine renommée.

Revenu en France, il rencontra un ecclésiastique avisé, l’abbé Huvelin, qui l’aidera à se convertir : cela aboutit à la fameuse confession du 30 octobre 1886, en l’église Saint-Augustin à Paris.

Désormais, Charles voudra entrer dans un ordre où il pourra imiter l’humilité et la pauvreté de Jésus de Nazareth. Attiré par l’idéal des pères Trappistes de Fontgombault (Indre, devenue depuis abbaye bénédictine), il donna, en 1888, sa démission définitive de l’armée et partit en Terre Sainte, à la recherche d’une vie vraiment pauvre et pénitente, se sentant toutefois indigne d’être prêtre et de prêcher.

En 1889, il revint en France et finit par entrer à la Trappe de Notre-Dame des Neiges (Ardèche), après avoir légué tous ses biens à sa sœur. Il commença alors son noviciat (à trente-et-un ans), sous le nom de Frère Marie-Albéric. Puis il obtint de partir pour la trappe d’Akbès (Syrie), une fondation de Notre-Dame des Neiges, ayant définitivement démissionné des membres réservistes de l’armée et de la Société de Géographie.

En Syrie, son saint comportement édifia, et ses mortifications parfois inquiétèrent son Supérieur. Par obéissance, il entreprit des études de théologie en vue d’être ordonné prêtre.

En 1892 il prononça les premiers vœux.

En mars 1896, eut lieu le génocide arménien : Charles voulait être plus proche des plus pauvres, et ressentit vraiment l’intérêt d’être prêtre. Son désir d’absolu lui faisait désirer plus de pauvreté ; il pensa fonder un nouvel ordre, avec des prières en langue locale (au lieu du latin), et proposa de vivre en ermite, au pied de la Trappe : refus des Supérieurs, qui l’envoyèrent en 1896 à la trappe de Staouëli (Algérie), puis à Rome, pour se préparer au sacerdoce. A Rome, le Supérieur général des trappistes le dispensa de ses vœux (1897), pour le laisser marcher dans la voie érémitique qui lui convenait mieux.

Charles repartit en Terre Sainte, et alla se proposer comme jardinier au monastère Sainte-Claire de Nazareth, vivant de presque rien. Son édifiante sainteté inspira à la Supérieure de l’inciter à devenir prêtre et à fonder son ordre.

Il pensa installer son ermitage sur le Mont des Béatitudes, mais il se fit escroquer, et comme le patriarche de Jérusalem jugeait impossible de l’ordonner prêtre, Charles revint en France, puis repartit à Rome demander l’autorisation d’être ordonné.

Il reçut les ordres mineurs en 1900, et le sacerdoce en 1901.

Désormais, Charles de Jésus ira vivre en Algérie, dans le désert du Sahara, à Béni-Abbès (Sahara occidental), plus tard à Tamanrasset (sud)

Vie de prière, de contemplation silencieuse, de conversation avec les pauvres et les militaires qui viennent le voir. En 1902, il racheta la liberté d’un esclave ; il écrivit à l’évêque au sujet de sa volonté de lutter contre l’esclavage dans le Hoggar. Il s’ouvrit à l’apostolat auprès des Berbères, par son sourire et son comportement fraternel, qui contrastait avec les façons rudes et guerrières des militaires.

Il poussa vers le sud, dans un but d’évangélisation, profitant d’une patrouille française guidée par un officier plus conciliant et doux que ses prédécesseurs. Il reçut la visite du général Lyautey (1905). Puis il rencontra le chef touareg, qui l’autorisa à s’installer dans le Hoggar. Charles arriva à Tamanrasset en août 1905.

Son disciple l’ayant quitté, il ne put plus célébrer la Messe car, à l’époque, l’assistance d’au moins une personne était requise pour la célébration.

Envers les Touaregs, il se comporta en frère, étudiant leurs habitudes, leur langue, et, après douze années de travail, publia un dictionnaire touareg-français.

Il chercha à s’entourer d’une petite famille religieuse, avec cet idéal de pauvreté radicale, mais son style de vie n’attira pas de vocations. Lors d’une famine en janvier 1908, ce sont les Touaregs qui le sauvèrent de la famine en lui donnant du lait de brebis. Il reçut à ce moment-là l’autorisation «exceptionnelle» de célébrer seul la Messe.

En 1909, 1911 et 1913, il vint en France pour tenter de développer une association de laïcs : Union des Frères et Sœurs du Sacré-Cœur, embryon de la Fraternité.

Tout son temps libre, il le passait auprès des Touaregs, leur montrant comment construire des maisons en dur, leur enseignant quelques règles d’hygiène.

Il prêtera son concours à la construction du Transsaharien, par ses abondantes notes et indications.

Lors de la guerre de 1914, il pensa rejoindre le front comme aumônier, mais opta finalement pour rester au milieu des Touaregs et les rassurer. En 1915 et 1916, il sécurisa encore plus son petit ermitage pour éventuellement abriter et nourrir la population en cas d’attaque.

Des pillards venus de Tripoli cherchèrent à enlever le Frère Charles (peut-être en vue d’obtenir une forte rançon). Le 1er décembre 1916, le fort fut investi, sur trahison d’un Touareg, des coups de feu partirent ; Charles, malade, reçut une balle dans la tempe.

Les circonstances exactes de cette mort restent floues. On hésita à parler de martyre.

Une patrouille française le retrouva mort, tandis que le Saint Sacrement était encore exposé : l’officier qui conduisait la patrouille, pria un des soldats de consommer l’Eucharistie.

Par la suite, les Touaregs se révoltèrent contre les autorités françaises, qui ripostèrent malheureusement de façon aggressive.

Le dies natalis du père Charles de Foucauld est au 1er décembre ; il a été béatifié en 2005.

En 2020, la reconnaissance officielle d’un miracle, ouvrit la voie à sa canonisation.

 

 

Pedro Pascual García Martín

1892-1936

 

Né le 6 juin 1892 à Monteagudo (Teruel), de Pedro Francisco et Jerónima, il fut baptisé dès le lendemain.

Entré dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens), il fit les vœux en 1910 et fut ordonné prêtre en 1917.

Son premier travail apostolique fut à Alcorisa puis, en 1923, il fut envoyé en Inde à la mission de Cuttack, dont dépendaient les maisons de Surada, Jatny, Kurda Road. Là-bas, il parcourait les communautés chrétiennes pour conférer le sacrement de baptême et former des catéchistes.

Pour motifs de santé, il dut revenir en Espagne en 1933 et résida dans la maison de Madrid. Son occupation principale était la rédaction d’un dictionnaire à l’usage des prochains missionnaires en Inde.

Le 25 juillet 1936, il rendit visite à sa tante, des Filles de la Charité, qui était la Supérieure de l’hôpital Homéopathique et lui dit en partant : Si tu ne me vois pas d’ici quelques jours, c’est qu’ils m’ont abattu ou que je suis en prison.

Effectivement, après avoir trouvé refuge avec le père Morquillas dans la Pension Mexicaine, ils subirent un premier contrôle le 28 juillet en pleine nuit. Le 5 août, on les emmena au commissariat, le 6 à la Direction Générale de Sécurité, le 7 à la tristement célèbre prison San Antón.

Quand on lui demanda s’il était curé, il répondit : Je suis missionnaire.

Le 1er décembre 1936, à deux heures du matin, on vint le réveiller avec un coup de pied. Il salua un autre prisonnier en l’embrassant et monta dans un des camions qui partait à Paracuellos de Jarama (Madrid), où il fut fusillé avec beaucoup d’autres.

Béatifié en 2017, Pedro Pascual García Martín sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 1er décembre.

Elisa Angela Meneguzzi

1901-1941

 

Née le 12 septembre 1901 à Giarre (Abano Terme, Padoue, Italie), Elisa Angela était la fille de paysans profondément chrétiens.

Dès qu’elle le put, elle fréquenta chaque jour l’église paroissiale pour y participer à l’Eucharistie, y entendre la catéchèse (plus tard pour la répandre à son tour).

En 1915, elle commença à travailler dans les familles alentour.

En 1926, elle opta pour les religieuses salésiennes de Padoue, où elle prit le nom de Liduina (Lidwine). Comme garde-robière, infirmière, sacristine, assistante, elle conquit l’amitié unanime des élèves.

En 1937, elle fut envoyée en Ethiopie comme infirmière auprès des malades et blessés de l’hôpital de Dire-Dawa, où elle démontra toute la bonté possible envers tous, de quelque origine qu’ils fussent : chrétiens ou musulmans, blancs ou noirs. Lors de la Deuxième guerre mondiale, l’hôpital fut réquisitionné pour les militaires blessés, qui ne voulaient qu’elle pour être réconfortés et soignés.

Elle-même se précipita sous les décombres pour en extraire des blessés, les soigner, les assister aux derniers moments, baptisant les enfants en danger de mort.

On l’appela Sœur Gudda (la Grande), l’Ange Blenc, et aussi la Flamme œcuménique.

Une tumeur se déclara, qui la porta à la mort, le 1er (date du Martyrologe) ou le 2 (autres sources) de décembre 1941.

Les soldats eux-mêmes, qui l’avaient adoptée comme de leur famille, voulurent qu’elle fût ensevelie dans leur cimetière militaire.

Sœur Liduina fut béatifiée en 2002.

 

 

Nengapeta Alphonsine

1941-1964

 

Fille de Amisi Badjulu et de Isude Julienne, Nengapeta naquit à Wamba (République Démocratique du Congo, alors Congo Belge).

Son prénom réel est en effet Nengapeta, qui signifie La richesse trompe. Anuarite (Il se moque de la guerre), est le prénom de sa sœur aînée, qui la fit inscrire à l’école sous ce nom.

Comme tous les petits enfants de ce groupe ethnique (Wabudu), on lui lia la tête pour l’allonger, afin qu’elle apparaisse comme toutes les autres filles du village.

Elle reçut le Baptême et choisit le prénom d’Alphonsine.

En 1957, elle demanda à entrer dans la Congrégation diocésaine de la Sainte Famille (Jamaa Takatifu), et commença le noviciat avec un nouveau nom : Marie-Clémentine. Elle fit la profession en 1959.

Nengapeta eut toujours quelque difficulté pour l’étude, ce qui donne une idée du grand mérite qu’elle eut à obtenir son diplôme D4. Elle combattit aussi son tempérament nerveux et apprit à le dominer.

Elle fut sacristine, cuisinière, enseignante, malgré une santé qui n’était pas toujours au rendez-vous. Elle profitait de l’enseignement pour faire de l’apostolat auprès des élèves, spécialement les filles au caractère plus revêche.

Il y eut des agitations dans le nord-est du pays. En 1964, Nengapeta se trouvait à l’école de Bafwabaka. Des hommes de la tribu Simba vinrent enlever les Religieuses et les emmenèrent en camion.

A un moment donné, on confisca aux Religieuses tous leurs objets de piété pour les détruire sous leurs yeux avec des réflexions obscènes, puis on les enferma à Isiro.

Le soir, un colonel vint «choisir» l’une d’elle : c’était Nengapeta. Elle refusa énergiquement d’être conduite chez ce colonel ; finalement ordre fut donné de frapper la religieuse et de la transpercer : deux soldats la transpercèrent à coups répétés avec leurs baïonnettes, tandis que la victime émettait des «ouh ! ouh !» ; puis on l’acheva d’un coup de révolver dans la poitrine.

Nengapeta, alias Anuarita, alias Alphonsine, alias Marie-Clémentine, fut béatifiée en 1985. Son dies natalis est au 1er décembre.

 

 

Bruna Pellesi

1917-1972

 

Bruna Aldina Maria Pellesi était née le 11 novembre 1917 à Morano di Prignano (Modène, Italie), dernière des neuf enfants d’une famille très chrétienne.

Bruna grandit, joyeuse, élégante, pleine d’humour et de douceur. Vers dix-sept ans elle connut un amour humain qui cependant ne la satisfaisait pas.

Lors du décès de ses deux belles-sœurs, elle prit en charge les six enfants de celles-ci, âgés de moins de quatre ans.

En 1940, cependant, en pleine guerre, elle suivit l’appel de Dieu et entra à Rimini chez les Sœurs Tertiaires Franciscaines de Saint-Onuphre, qui prirent ensuite le nom de Franciscaines Missionnaires du Christ, sur sa proposition. Elle-même adopta le nom religieux de Maria Rosa di Gesù.

Il n’est pas dit qu’elle ait «abandonné» ses chers neveux et nièces adoptés quatre ans plus tôt, mais elle comprit que Dieu l’appelait à s’occuper d’enfants encore plus nombreux et, peut-être, plus nécessiteux.

Elle s’occupa quelque temps des enfants de l’école maternelle à Sassuolo et à Ferrara, parmi lesquels des orphelins dont les papas étaient morts à la guerre. Elle se donna totalement à son travail, et quand on lui proposa de moins se dépenser, elle répondit : Je viens de la campagne, j’ai l’habitude de travailler !

Mais elle dut bientôt entrer au sanatorium de Sassuolo en 1945, victime d’une grave forme de tuberculose pulmonaire, prélude d’un long et douloureux calvaire qui devait s’achever vingt-sept années plus tard. Elle sera ensuite transportée au sanatorium de Gaiato, puis à celui de Bologne en 1948.

Pendant tout ce temps, son «monastère» fut sa chambre, avec la même fenêtre, le même paysage, la même montagne au loin, avec une santé déclinante, des poumons qui ne voulaient plus respirer, un cœur qui se fatiguait à tout propos, des douleurs paralysantes. Sans compter les traitements douloureux qui ne lui apportaient pas de soulagement réel.

Durant l’évolution de sa maladie, on devait lui retirer jusqu’à cinq fois par jour le liquide infectieux de la colonne vertébrale, ces ponctions si douloureuses que connaissent ceux qui furent frappés de méningite tuberculeuse. Maria Rosa faillit perdre la vue, elle ne pesait plus que quarante-trois kilos.

Un jour l’aiguille se cassa et l’on n’arrivait pas à la retirer ; on dut finalement se résoudre à la laisser dans la colonne vertébrale, depuis ce 28 octobre 1955 jusqu’à sa mort (dix-sept années).

Les saintes vertus de Maria Rosa se manifestèrent durant ces quasi trente années de souffrances, où elle ne ménagea pas ses efforts pour soulager, consoler, servir ceux qui se trouvaient dans la même situation qu’elle.

Garder le sourire et chercher à le communiquer, malgré l’obligation de rester dans l’inactivité extérieure et la proximité de la mort qui guette chacun de ces malades, c’est vraiment atteindre à l’héroïcité.

Elle se consacra solennellement à Notre Dame du Carmel le 16 juillet 1946, et de nouveau à la Sainte Vierge le 8 décembre 1961 et fit trois fois le pèlerinage à Lourdes : mais Dieu ne permit pas pour elle le miracle d’une guérison. Ce sera elle qui, du Ciel, obtiendra des guérisons miraculeuses.

En 1967, pleine de joie, elle célébra ses «noces d’argent» religieuses, ainsi que celles de son «mariage avec la Croix», en 1970.

Le dernier jour de sa vie, 1er décembre 1972, désormais revenue à Sassuolo, elle prononça encore : Ce qui compte, c’est d’aimer le Seigneur. Je suis heureuse, parce que je meurs dans l’amour, je suis heureuse parce que je vous aime tous.

Maria Rosa a été béatifiée en 2007.

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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 10:56

Ejëll Deda

1917-1948

 

Ejëll Deda naquit le 22 février 1917 à Shkodër (Albanie).

C’est à Ballabane, un quartier de cette ville, qu’il fréquenta l’école primaire ; puis il alla chez des Franciscains et au Séminaire Pontifical Albanais, avant d’être envoyé au séminaire de la Propagande à Rome.

Il reçut l’ordination sacerdotale en 1943 et fut nommé curé de Bushat, où les paroissiens l’apprécièrent unanimement.

Le 12 novembre 1947, la police du régime communiste l’arrêta à Rranxa de Bushat et l’enferma dans la prison de Shkodër.

Passé en jugement pour ses crimes (d’être catholique et prêtre actif), il fut condamné à dix années de prison.

S’il ne fut pas condamné à mort comme beaucoup de ses Confrères, il n’eut pas le temps de purger cette longue peine : il succomba aux tortures le 12 mai 1948 dans la prison de Shkodër

Ejëll Deda fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 12 mai.

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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 10:44

Dedë Plani

1891-1948

 

Dedë Plani naquit le 21 janvier 1891 à Shiroka (Shkodër, Albanie).

Après ses premières études à Shkodër, il alla au collège des Jésuites et au Séminaire Pontifical d’Albanie, puis fut envoyé étudier la philosophie et la théologie à Innsbruck (Autriche), où il reçut l’ordination sacerdotale en 1919.

Il exerça son apostolat sacerdotal à Gimaj, Pog, Rrogam et Shiroka, son village natal. Quelqu’un qui l’a connu a témoigné : C’était un homme savant, svelte, fort, costaud. Un autre encore a rapporté qu’il aidait beaucoup les pauvres et ne refusait jamais un service.

Mis en prison en 1947, il y fut sans cesse torturé pour «avouer» les crimes dont on l’accusait ; jamais il n’admit ces calomnies. Sa mère pouvait lui apporter quelque nourriture et, un jour, trouva au fond du récipient ce petit mot : Ils me torturent d’une façon inhumaine ; je suis à ce point massacré que je mourrai bientôt.

Il mourut en effet dans l’hôpital de la prison, le 30 avril 1948 (ou 1949) à Shkodër ; son «jugement», d’aillleurs inutile, n’avait pas encore eu lieu.

Dedë Plani fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 30 avril.

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