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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 00:57

Emilio Huidobro Corrales

1917-1937

 

Emilio, né le 9 août 1917 à Villaescusa del Butrón (Burgos, Espagne), était, avec son frère, orphelin. Leur mère, déjà veuve, s’était remariée, et leur beau-père les maltraitait. Ils furent donc confiés à l’œuvre caritative de Saint-Joseph, fondée et dirigée par le saint prêtre don Valentín Palencia Marquina.

Emilio reçut une excellente formation, au point qu’il devint le professeur de géométrie des enfants. Un de ses élèves donna plus tard ce témoignage :

C’était une personne de profonde humanité, au physique et au moral. Il était très joyeux. Pacifique aussi : il savait calmer n’importe quelle discussion. On le respectait beaucoup. Il dirigeait aussi la musique. Il était très religieux.

On le voit, il avait appris aussi suffisamment de musique pour l’enseigner aux côtés de Donato Rodríguez.

L’été 1936, Emilio se trouvait donc avec ce prêtre à la colonie de Suances au moment de la Guerre civile.

Dénoncé parce qu’un enfant avait dit que Don Valentín célèbre la Messe, le prêtre fut arrêté avec six autres jeunes gens, dont notre Emilio et trois autres jeunes : Donato Rodriguez García, Germán García y García, Zacarías Cuesta Campo (v. ce même 15 janvier).

Emilio, une fois interrogé, aurait pu repartir libre mais, avec ses confrères, il refusa de trahir le prêtre et préféra l’accompagner.

Après quelques temps de détention, on les conduisit tous les cinq sur le Mont Tramalon de Ruiloba (Santander), où ils furent fusillés.

Emilio avait dix-neuf ans.

Don Valentín Palencia Marquina et ses quatre vaillants défenseurs furent béatifiés en 2016 pour être inscrits au Martyrologe le 15 janvier.

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 00:56

Zacarías Cuesta Campo

1916-1937

 

Zacarías, né le 10 juin 1916 à Villasidro (Burgos, Espagne), était le fils de Basiliano Cuesta et de Aquilina Campo, d’humbles ouvriers. Il avait plusieurs frères et sœurs.

En 1921, à cause d’une piqûre maladroite, il eut une jambe paralysée et fut désormais boîteux. Pour cette raison, les parents le confièrent au Patronage saint-Joseph, fondé et dirigé par le saint prêtre don Valentín Palencia Marquina : il y aurait appris le métier de tailleur ; ce fut plutôt celui de cordonnier qu’il pratiqua.

Quand il fut adulte, Don Valentín lui demanda de l’aider pour la colonie de Suances.

L’été 1936, Zacarías se trouvait donc avec ce prêtre à Suances au moment de la Guerre civile.

Dénoncé parce qu’un enfant avait dit que Don Valentín célèbre la Messe, le prêtre fut arrêté avec six autres jeunes gens, dont notre Zacarías et trois autres jeunes : Donato Rodriguez García, Germán García y García, Emilio Huidobro Corrales (v. ce même 15 janvier), qui refusèrent de trahir le prêtre et préférèrent l’accompagner.

Des parents de la famille de Zacarías - dont un prêtre, encore vivants aujourd’hui, racontent que Zacarías aurait pu se cacher, s’évader, échapper aux révolutionnaires : il resta sur place, pour entourer le prêtre jusqu’au bout.

Après quelques temps de détention, on les conduisit sur le Mont Tramalon de Ruiloba (Santander), où ils furent fusillés.

Zacarías avait vingt ans.

Don Valentín Palencia Marquina et ses quatre vaillants défenseurs furent béatifiés en 2016 - un siècle après la naissance de Zacarías - pour être inscrits au Martyrologe le 15 janvier.

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 00:55

Germán García y García

1912-1937

 

Germán, né le 30 octobre 1912 à Villanueva de Argaño (Burgos, Espagne), était le fils de Alejandro García et de Marcelina García, d’humbles ouvriers. Il avait une sœur, Benita.

En 1923, il entra au collège des Frères Maristes de Arceniega, passa à celui de Grugliasco, pour commencer en 1927 le noviciat dans cette congrégation.

En 1929, il fit le scholasticat et, dès 1930, fut envoyé enseigner à Rio de Janeiro (Brésil).

Dieu ne le voulait peut-être pas dans cette congrégation : il revint à Burgos.

Germán travailla dans un hôtel et, en 1934, s’offrit volontaire pour travailler aux côtés du prêtre don Valentín Palencia. Jouant de la clarinette, il faisait partie du petit orchestre des enfants du patronage Saint-Joseph.

En 1936, Germán se trouvait donc avec ce prêtre dans la colonie de Suances au moment de la Guerre civile.

Dénoncés, le prêtre fut arrêté avec six autres jeunes gens, dont notre Germán et, avec lui, trois autres jeunes : Donato Rodriguez García, Zacarías Cuesta Campo, Emilio Huidobro Corrales (v. ce même 15 janvier).

Après quelques temps de détention, on les conduisit sur le Mont Tramalon de Ruiloba (Santander), où ils furent fusillés.

Germán avait vingt-quatre ans.

Don Valentín Palencia Marquina et ses quatre vaillants défenseurs furent béatifiés en 2016 pour être inscrits au Martyrologe le 15 janvier.

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 00:54

Donato Rodríguez García

1911-1937

 

Donato, né le 27 janvier 1911 à Santa Olalla de Valdivielso (Burgos, Espagne), était le fils de Diego Rodríguez Fernandez et de Basilia García Valderrama.

Très jeune, il souffrit de la polyomiélite, et dut marcher avec des cannes.

En 1934, il reçut le diplôme du Conservatoire National de Musique, qui lui permettait désormais d’enseigner le piano. Il ne voulait pas faire une carrière de soliste, mais il préféra assister le prêtre Valentín Palencia Marquina, qui s’occupait activement d’enfants pauvres et d’orphelins. C’est grâce à lui que les enfants purent constituer un petit orchestre.

En 1936, Donato se trouvait en effet avec ce prêtre dans la colonie de Suances au moment de la Guerre civile.

Dénoncés, le prêtre fut arrêté avec six autres jeunes gens, dont notre Donato et, avec lui, trois autres jeunes : Germán García y García, Zacarías Cuesta Campo, Emilio Huidobro Corrales (v. ce même 15 janvier).

Après quelques temps de détention, on les conduisit sur le Mont Tramalon de Ruiloba (Santander), où ils furent fusillés.

Donato allait avoir vingt-six ans.

Don Valentín Palencia Marquina et ses quatre vaillants défenseurs furent béatifiés en 2016 pour être inscrits au Martyrologe le 15 janvier.

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 00:53

Valentín Palencia Marquina

1871-1937

 

Valentín naquit le 26 juillet 1871 à Burgos, d’un père cordonnier, Cipriano, et de Victoria, la concierge de l’immeuble. qui le firent baptiser le lendemain ; l’enfant reçut la Confirmation la même année, selon la coutume de l’époque.

De 1884 à 1894, après avoir achevé l’école primaire, il fréquenta le séminaire Saint-Jérôme pour faire ses Humanités, la Philosophie et la Théologie, mais comme étudiant externe, ses parents ne pouvant lui payer la pension.

Il fut ordonné prêtre en 1895.

Da 1896 à 1898, il fut curé à Susinos del Páramo, où il assuma la charge de directeur et aumônier du Patronage Saint-Joseph, pour l’enseignement et l’éducation des enfants pauvres. Le prêtre enseignait aux enfants à prier, à étudier, à travailler de leurs mains ; il les faisait jouer des pièces de théâtre pour leur apprendre à s’exprimer correctement ; il leur apprit aussi la musique, ils chantaient et jouaient, jusqu’à organiser de petits concerts.

Ce n’était pas son unique occupation ; il gérait aussi d’autres œuvres, avec un zèle et une attention tels qu’il mérita en 1925 la Croix de Bienfaisance (créée par le gouvernement d’Espagne pour récompenser des services extraordinaires).

Pour l’été 1936, il se trouvait avec les enfants dans une colonie à Suances ; quelques-uns des musiciens du Patronage les accompagnaient. Lorsque la révolution éclata, l’église fut transformée en garage, on interdit à don Valentin de célébrer la Messe. Le prêtre dut célébrer en cachette et portait la communion aux malades et aux moniales Trinitaires.

Un des enfants dénonça le prêtre au Front Populaire - on ne sait si par faiblesse ou par méchanceté : don Valentín fut arrêté avec six jeunes gens, dont quatre préférèrent l’accompagner jusqu’au bout, plutôt que de «témoigner» à charge contre lui.

On les conduisit sur le Mont Tramalon de Ruiloba, où ils furent fusillés.

Don Valentín Palencia Marquina et ses quatre vaillants défenseurs furent béatifiés en 2016 pour être inscrits au Martyrologe le 15 janvier.

 

Il y a une notice pour chacun des quatre Jeunes gens, qui s’appelaient : Donato Rodríguez García, Germán García y García, Zacarías Cuesta Campo, Emilio Huidobro Corrales.

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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 23:00

31 MARS

 

II.

Ste Balbina, martyre (tout au moins vierge) romaine, fille du tribun s.Quirinus (cf. 30 avril).

III.

S Acace, évêque à Antioche de Pisidie ; l’empereur connut sa glorieuse confession, l’admira et ne condamna pas l’évêque.

V.

S Benjamin, diacre en Perse, martyr : on lui enfila des bambous sous les ongles, et une broche hérissée de pointes dans le ventre.

?

Ss Théodule, Anèse, Félix, Cornélie, martyrs en Afrique.

VII.

S Rénovat, goth converti (d’où son nom), abbé à Cauliana, évêque à Mérida ; pour guérir un moine de l’ivrognerie, il le fit gronder par des enfants de l’école.

S Mauricile, évêque à Milan.

VIII.

S Agilolf, évêque à Cologne.

XI.

S Guido, d’abord très vaniteux dans son habillement, moine et abbé à Ravenne puis à Pomposa.

XII.

B Guy, breton, fondateur et abbé prémontré à Vicogne.

XV.

Bse Jeanne, recluse à Toulouse, près du couvent des Carmes.

S Daniel, marchand allemand venu à Venise, ami des camaldules, assassiné par des brigands qui le croyaient riche ; son corps ayant été retrouvé sans corruption, on le vénéra comme martyr.

B Bonaventura Tornielli, de l’ordre des Servites de Marie à Rome, prédicateur. 

XVI.

Bse Camilla Pia, clarisse à Carpi.

B Christopher Robinson, prêtre anglais martyr, béatifié en 1987.

XIX.    

B Sin Seok-bok Marcus, laïc coréen martyr, par pendaison, béatifié en 2014.

XX.

Bse Natalia Tulasiewicz (1906-1945), enseignante polonaise, déportée à Ravensbrück, tuée dans les chambres à gaz un Samedi Saint, béatifiée en 1999.

Balbina de Rome

† 120

 

Sous l’empereur Hadrien (117-138) vivait à Rome un tribun, nommé Quirinus (v. 30 avril).

La conversion de Quirinus entraîna celle de sa fille Balbina et de toute sa famille.

Ils furent baptisés par le pape s.Alexandre (108-115 ?) ou plutôt par son successeur immédiat, s.Sixte 1er (115-125). L’incertitude qui a toujours plané sur les dates des premiers papes, peut très facilement expliquer que le narrateur ait confondu les noms des deux papes.

Le comte Aurélien les fit alors tous arrêter et comparaître à son tribunal.

Après diverses tortures pour les faire apostasier, ils furent condamnés à la décapitation, Quirinus le 30 avril, Balbine le 31 mars. 

Ces dates semblent s’exclure. Il se peut que la date retenue au Martyrologe pour Quirinus ait été celle d’une translation tardive de ses reliques. On en reparlera le 30 avril.

Sainte Balbina de Rome est commémorée le 31 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Benjamin, diacre

† 422

 

La Perse était en paix depuis douze ans, pendant le règne d’Isdegerd, fils de Sapor III, lorsque l’évêque Abdas, pris d’un zèle excessif, se permit en 420 de faire incendier le temple du Feu, le grand sanctuaire des Perses. Le roi Isdegerd menaça de détruire toutes les églises chrétiennes, à moins que l’évêque se soit employé à reconstruire le temple détruit.

Comme l’évêque persistait dans son refus, la menace fut portée à exécution : les églises furent rasées, l’évêque lui-même fut mis à mort et une persécution générale commença, qui devait durer quarante ans. Isdegerd mourut en 421, mais son successeur Varanes, poursuivit cette persécution avec toute son énergie. Les chrétiens étaient soumis à de cruelles tortures.

C’est à ce moment que l’on rencontre l’illustre diacre Benjamin, qui fut emprisonné pendant un an pour sa foi. 

Or un ambassadeur de l’empereur de Constantinople obtint pour Benjamin la relaxe, mais le roi perse y mettait comme condition qu’il ne parlât plus de la religion chrétienne aux mages et aux courtisans.

Ce qui semblait une condition facile pour avoir la vie sauve, contrariait cependant le zèle du diacre intrépide : Je ne puis fermer aux hommes les sources de la grâce de mon Dieu. Tant que ce sera en mon pouvoir, j’éclairerai ceux qui sont aveugles en leur montrant la lumière de la vérité ; m’en abstenir serait encourir les châtiments réservés à ceux qui cachent le talent de leur maître. 

Le roi perse jugea cette attitude parjure et fit arrêter Benjamin derechef, lui commandant d’adorer le soleil et le feu. Le diacre répondit : Qu’ils disparaissent de la terre tous ces dieux qui n’ont créé ni les cieux ni la terre. Je ne reconnais point pour dieux des éléments périssables, je ne sacrifierai ni à la cendre ni au feu. Faites de moi ce qu’il vous plaira et agissez sans retard.

Ces propos ne pouvaient qu’exacerber la haine du roi. Il se déchaîna et ordonna de faire enfoncer à Benjamin des pointes de roseaux sous les ongles des pieds et des mains, ainsi que dans toutes les parties sensibles du corps. Le sang coulait de tous côtés, et cette torture fut répétée plusieurs fois. Ensuite on empala le martyr avec un long roseau pointu et noueux, qui lui déchirèrent les boyaux.

Benjamin cependant ne paraissait pas ému de ces atrocités : il louait et remerciait Dieu. A un moment donné, il demanda même aux bourreaux de suspendre leur besogne, mais c’était pour adresser au Seigneur une longue prière et Lui demander de boire jusqu’au fond ce calice du salut.

Le roi lui fit dire encore une fois qu’il aurait la vie sauve s’il consentait à adorer le soleil et le feu. On imagine difficilement que l’homme pût survivre déjà à tant de blessures profondes. Benjamin persévéra dans son refus. Le roi alors ordonna de lui enfoncer dans les entrailles une broche hérissée de pointes.

Ainsi expira glorieusement le courageux soldat de Dieu.

Ce pouvait être en 424, ou peut-être plus tôt en 422, en tout cas un 31 mars, jour où les grecs et les latins l’ont commémoré, et inscrit au Martyrologe.

 

Nota. En français, on a l’adjectif perse pour ce qui concerne la Perse d’avant l’invasion arabe, jusqu’au 7e siècle, persan ensuite.

 

 

Agilolf de Cologne

† 752

 

Agilolf aurait été abbé à Stablo-Malmedy (auj. en Belgique), avant d’être appelé à gouverner le diocèse de Cologne en 745.

Cet épiscopat est peut-être la seule donnée certaine concernant le personnage. En effet, les dates sûres ne concordent pas avec les récits transmis par la tradition. Il est difficile d’attribuer un abbatiat à Agilolf avant 745, puisqu’il «succéda» à Anglin qui était encore abbé en 751.

Durant son épiscopat, Agilolf participa à un synode convoqué par s.Boniface (v. 5 juin) ; il est donc de ces évêques germaniques qui soutinrent l’œuvre apostolique de Boniface.

En revanche, le Martyrologe ne mentionne plus le martyre d’Agilolf en 752, parce qu’on suppose qu’il y eut confusion entre notre évêque et un moine de Stablo-Malmedy, massacré par des brigands une trentaine d’années plus tôt. On ne sait pas non plus, actuellement, de quel Agilolf le corps fut transféré de Stablo-Malmedy à Cologne au 11e siècle par les soins de l’archevêque Anno.

Agilolf est parfois représenté avec un faucon. L’origine de ce détail remonte à un prodige qui se serait vérifié peu après la mort du Prélat. Un noble qui mettait en doute la sainteté de l’Evêque, prétendit qu’il n’était pas plus saint que ne pouvait chanter son faucon : et voilà que le faucon se mit à chanter !

Saint Agilolf, qui est en général fêté le 9 juillet, est commémoré le 31 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Guido de Pomposa

970-1046

 

Guido a pu naître vers 970 à Casamari (Ravenne, Italie CE), de pieux parents.

Durant sa jeunesse, il montra une réelle inclination pour l’étude et de belles vertus, avec toutefois un penchant excessif pour l’élégance extérieure.

Dieu lui donna la grâce de comprendre la vanité de tout cela. Il se rendit à Ravenne en la fête de s.Apollinaire (v. 23 juillet), donna aux pauvres ses habits luxueux et se mit une sorte de sac sale. Puis il alla en pèlerinage à Rome, sans rien dire aux parents ; à Rome, il fut admis dans le clergé et reçut la tonsure.

Guido pensait passer ensuite aux Lieux Saints de Palestine et ne plus reparaître dans son pays - d’aucuns affirment qu’il y alla effectivement -, mais Dieu lui inspira une autre décision : il revint dans la région de Ravenne, et se mit sous la direction d’un ermite nommé Martino, qui vivait sur une petite île au milieu du Pô. Cet ermite dirigeait, en quelque sorte, les moines de l’abbaye de Pomposa, faisant office d’abbé sans pourtant habiter dans l’abbaye.

Après trois années de préparation, Guido fut présenté par Martino à l’abbaye de Pomposa. Guido y prit l’habit et montra de telles vertus, qu’en 1001 on le nomma abbé au monastère Saint-Severo de Classe, toujours près de Ravenne. Mais ce ne fut qu’une étape éphémère.

Vers 1008, Guido fut alors élu abbé à Pomposa : il devait le rester jusqu’à la mort.

La sainteté du nouvel abbé attira beaucoup de vocations, au point qu’on construisit de nouveaux bâtiments.

Ces travaux furent l’occasion de miracles opérés par la prière de Guido. Des ouvriers victimes d’un éboulement, en sortirent indemnes ; un jour qu’il n’y avait plus rien à leur donner, arrivèrent providentiellement deux mystérieux bateaux chargés de grain et de vin.

L’église, rénovée et agrandie, fut consacrée en 1026.

Les travaux achevés, Guido confia à des moines le soin du temporel et se recueillit toujours plus dans la prière et la contemplation, assorties de pénitences austères. Bon père, il était dur pour lui-même et infiniment doux pour les moines.

C’est sous son abbatiat que vécut à Pomposa le moine Guido d’Arezzo, à qui l’on doit l’idée et l’usage des sept noms des notes de la gamme (Ut, Re, Mi, Fa, Sol, La, Si), extraites de l’hymne à s. Jean-Baptiste (v. 24 juin).

Ses derniers jours furent attristés par une sombre calomnie, qui le fit accuser auprès de l’évêque. Ce dernier en était venu à vouloir expulser l’abbé de Pomposa, même par la force. Guido invita tous ses moines à prier intensément en attendant la venue de l’évêque ; quand celui-ci observa l’humilité toute sainte de Guido, il comprit qu’on l’avait trompé et désormais, au contraire, protégea l’abbaye et son Abbé.

Ce saint abbatiat dura presque quarante années. En 1046, l’empereur invita Guido à Piacenza (Plaisance) :  Guido, chargé d’années, ne voulut pas refuser cette invitation et s’y rendait, lorsqu’il fut pris de malaise à Parme ; arrivé péniblement à Borgo San Donnino (auj. Fidenza), il s’y éteignit, le 31 mars 1046.

Un aveugle fut guéri au contact de son corps.

Le même empereur Heinrich III voulut honorer à sa façon la mémoire de l’Abbé défunt, dont il fit transporter le corps à Speyer (Spire, Allemagne SO). Des reliques en furent prélevées, pour consoler les moines italiens, mais bien plus tard au 18e siècle, lorsque désormais l’abbaye de Pomposa s’était transférée à Ferrare. Les édifices actuels sont propriété de l’Etat italien et, depuis 2000, abritent un bras de s.Guido.

Saint Guido est commémoré le 31 mars dans le Martyrologe Romain.

Jeanne de Toulouse

13e ou 15e siècle

 

L’unique certitude qu’on ait sur cette recluse, c’est qu’elle vécut à Toulouse.

Une source «valable» pourrait être l’ouvrage d’un ancien Carme, qui quitta l’Ordre pour devenir évêque anglican en Irlande : selon lui, Jeanne vécut en recluse à Toulouse. Ce personnage ayant vécu au 15e siècle, il pourrait avoir connu Jeanne mais, s’il est sincère, il ne nous en apprend pas beaucoup.

Une autre source carmélitaine, d’un Carme espagnol, parue au 17e siècle, parle de Jeanne comme ayant reçu le scapulaire de Simon Stock lui-même (v. 16 mai), ce qui ferait remonter la vie de Jeanne au 13e siècle ; l’ennui de cette hypothèse est que l’ouvrage en question fut mis à l’Index juste après sa parution, ce qui jette une ombre sur ces informations, mais sans incriminer forcément ce qui concerne Jeanne.

S’il faut croire que Simon Stock est bien passé à Toulouse en 1265, Jeanne aurait adopté cette spiritualité, mais on sait par ailleurs que les monastères de carmélites ou même le Tiers-Ordre carmélitain ne datent que du 15e siècle.

A cela s’ajoute une autre source, qui fait de Jeanne la fille du malheureux Baudoin de Toulouse, assassiné en 1214 par son frère Raymond VI de Toulouse ; elle se serait «cloîtrée» en réparation de ce crime, dans une petite maison près de la cathédrale de Toulouse.

Des miracles révélèrent la sainteté de Jeanne.

On ne peut donc rien tirer de certain de tout cela. 

Comme le réfère le Martyrologe Romain, on place le dies natalis de Jeanne au 31 mars.

Les reliques de Jeanne se trouvaient dans la chapelle du couvent des Carmes de Toulouse, qui fut complètement rasé après la Révolution. Elles furent sauvées et replacées à la cathédrale de Toulouse.

Le culte rendu à la bienheureuse Jeanne fut confirmé en 1895.

 

 

Bonaventura Tornielli

1411-1491

 

Bonaventura naquit en 1411 à Forlì, Emilie Romagne, Italie CE), dans une famille que certains qualifient de «noble».

D’une grande piété pour le culte marial, il entra, vers la trentaine, dans l’Ordre des Servites de Marie.

Pour faire fructifier ses talents, on l’envoya étudier à Venise dès 1448 : six ans plus tard, il était maître en théologie.

Ce Religieux, petit et maigrichon, fut un géant de la parole. Sa prédication le porta devant des auditoires de choix tant à Venise (devant les membres du Conseil d’administration ou Senato), en 1468 et 1482, qu’à Florence, Bologne, Pérouse, Brescia, Bergame et Udine. S’il était austère et, parfois, exigeant, sa parole convainquait, on l’aimait, on lui faisait confiance, on l’écoutait volontiers.

A Florence, c’est le Sénat qui l’invita à parler ; à Pérouse, il prêcha durant une épidémie de peste (1476) ; à Brescia, il fonda la Compagnie de l’Annonciation (1487). 

Sans interrompre cette éloquente et passionnée prédication, il accepta d’être prieur à Rome (1483), provincial de Romagne (1485), avec mission de reporter l’Ordre à sa rigueur initiale, puis vicaire pour tous les couvents de l’Observance (1488). Une de ses préoccupations était de résoudre les «petits problèmes» entre Religieux, qui surgissent toujours même dans les meilleurs couvents, car le diable s’efforce toujours de diviser et de briser les belles amitiés.

Bonaventura mena quelque temps (pendant qu’il était prieur à Rome) un style de vie érémitique, avec quelques compagnons, car il aimait se retirer dans le silence pour prier ; il passa souvent au Monte Senario, où naquit l’Ordre des Servites. Il ne prenait ni viandes ni vin, il marchait pieds-nus par tous les temps. Sa prédication invitait les gens à faire pénitence et à se convertir vraiment du fond du cœur. 

C’est lors de son passage à Udine qu’il eut un malaise. Il mourut le Jeudi saint, 31 mars 1491, à quatre-vingt ans.

Célèbre, il fut rapidement «canonisé» par le peuple ; des miracles confirmèrent le culte qu’on lui rendit, mais on lui fit d’abord un sépulcre «trop grand» par rapport aux normes permises : il fallut en faire un plus «modeste». 

Le culte du bienheureux Bonaventura fut confirmé en 1911 et son nom inséré au 31 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Christopher Robinson

1568-1597

 

On connaît très peu de choses sur la vie proprement dite de ce Bienheureux. Certains détails nous aident à en tirer des données probables, susceptibles de corrections futures.

Christopher naquit à Woodside (Carlisle, Cumberland, Angleterre), entre 1565 et 1570.

En 1590, il fait partie d’un groupe d’étudiants admis au Collège de Douai, où se préparaient les futurs prêtres avant de rejoindre clandestinement l’Angleterre. Ce Collège fut successivement re-fondé à Reims comme Collège Anglais, et c’est là que Christopher reçut sa formation sacerdotale.

Il devait avoir déjà une préparation suffisante, puisqu’il intègre immédiatement le cours de théologie et reçoit les premiers ordres en août 1590. L’urgence d’envoyer des prêtres en Angleterre faisait aussi que les responsables pouvaient abréger la durée de ces études ; c’est ainsi que Christopher fut ordonné sous-diacre et diacre en mars 1591, et prêtre en février 1592.

En septembre, il gagne l’Angleterre, et plus particulièrement le Cumberland. En 1596, on le décrit nommément comme vivant surtout à Woodside près de Carlisle dans le Cumberland. L’unique maison dont on sait avec certitude qu’il y fut reçu, est la propriété Johnby Hall, propriété de la famille Musgrave, à quelques kilomètres de Penrith (Greystoke Castle).

Christopher a certainement pu connaître un autre prêtre, John Boste, le prêtre le plus recherché des régions du nord, et qui fut arrêté en septembre 1593. Sûr qu’on ne le reconnaîtrait pas, il s’aventura vers le lieu du jugement et put écrire un compte-rendu particulièrement détaillé du jugement et de la mort de John Boste. C’est un témoignage de première main, comme on en a rarement trouvé ailleurs.

Son tour arriva : il fut arrêté le 4 mars 1597. De son martyre, qui semble avoir eu lieu le même mois de mars 1597, nous avons un témoignage du père jésuite Henry Garnett : 

La corde se rompit par deux fois. La troisième fois, (Robinson) adressa une réprimande au bourreau pour sa cruauté ; bien qu’il n’eût aucune envie de fuir, disait-il, et qu’il était heureux de son combat (pour le Christ), il n’en demeurait pas moins que la chair et le sang étaient faibles, et que, de conséquence, il montrait vraiment peu d’humanité à torturer un homme si longuement. Et s’ils décidaient de mettre deux cordes, ajouta-t-il, alors il resterait mourant un peu plus longtemps, mais peu importait : il était prêt à tout souffrir.

On n’a pas le texte de la mise en accusation de Christopher, mais il est évident qu’il fut condamné à mort pour son sacerdoce et pour son zèle.

Sa mémoire est très vivante à Carlisle comme Martyr.

Christopher Robinson a été béatifié parmi quatre-vingt cinq Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles, en 1987. Son dies natalis, inconnu, a été fixé au 31 mars dans le Martyrologe.

Nota. On trouve aussi le 19 août 1598 pour son dies natalis. 

 

 

Sin Seok-bok Marcus

1828-1866

 

Sin Seok-bok Marcus est un laïc coréen né en 1828 à Milyang (Gyeongsang-do) (Corée S).

Il fut pendu à Daegu (Gyeongsang-do) le 31 (ou le 18) mars 1866 et béatifié en 2014.

 

 

Natalia Tulasiewicz 

1906-1945

 

Nota. Que le lecteur veuille bien excuser les imprécisions de cette notice, rédigée d’après un logiciel traducteur polonais. Si l’on peut y apporter des corrections, elles seront les bienvenues.

 

Natalia (comme pour Thérèse, il n’y a guère qu’en français, qu’on y a ajouté un h après le t) naquit à Rzeszow (Pologne), de parents catholiques.

A partir de 1913 elle fréquenta l’école primaire à Kety, puis à partir de 1917 l’école privée pour filles à Cracovie. 

En 1921, la famille s’installe à Poznan et Natalia fréquente le gymnase des Ursulines de l’Union Romaine. Elle fréquente ensuite l’Université de Poznan et obtient en 1932 le diplôme de Maîtrise en philologie polonaise, avec son mémoire sur “Shakespeare et la musique”, sous la direction du professeur Romana Pollak. Des extraits en sont publiés dans l’organe du Mouvement Littéraire.

Entre 1931 et 1937, elle enseigne dans l’école privée mixte de Saint-Casimir et chez les Ursulines de l’Union Romaine. Elle fait un voyage en Italie en 1938.

Parallèlement, Natalia prend une part enthousiaste et très active à l’apostolat parmi les laïcs, convaincue que la foi doit alimenter et transcender la vie quotidienne.

En 1939, quand la Pologne est envahie à la fois à l’Est par les Nazis et à l’Ouest par les Soviétiques, sa famille est déportée ; Natalia s’efforce de continuer d’enseigner en secret à Cracovie.

A partir de 1943, elle se trouve à Hanovre comme représentant du gouvernement de Londres ; elle continue son activité d’apôtre laïque dans l’organisation clandestine pastorale “Ouest”.

En 1944, lors de l’arrestation et de la déportation en masse de Polonais, elle parvient à se glisser parmi les femmes déportées à l’usine Günther-Wagner de Hanovre, pour les soutenir et leur apporter du réconfort par sa force d’âme d’apôtre chrétienne. Elle est finalement découverte, emprisonnée à Hanovre puis à Cologne, atrocement torturée et humiliée, puis conduite au camp de concentration de Ravensbrück.

Le Vendredi Saint 30 mars 1945, rassemblant ses dernières forces, elle se hisse sur le toit de la barraque des condamnées et leur tient une ultime causerie sur la passion et la résurrection du Christ. 

Condamnée à mort, elle est exécutée dans la chambre à gaz le 31 mars 1945, veille de Pâques.

Le lendemain, le camp était libéré par les Alliés.

Béatifiée parmi les cent-huit martyrs polonais du nazisme, en 1999, elle est inscrite au Martyrologe au 31 mars, mais fêtée avec tous ses Compagnons en Pologne le 12 juin, veille du jour anniversaire de leur béatification par le bienheureux Pape polonais Jean-Paul II.

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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 14:01

Giacomo Abbondo

1720-1788

 

Giacomo naquit le 27 août 1720 à Salomino (Tronzano Vercellese, Verceil, Italie N), de Carlo Benedetto et Francesca Maria Naya ; l’aînée, Maria Margherita, était morte peu de temps avant la naissance de Giacomo, et après lui naquirent encore quatre frères et sœurs.

La famille était chrétienne ; elle comptait déjà un prêtre, frère du papa.

Giacomo fréquenta l’école primaire à Tronzano, puis à Verceil.

Sa vocation se faisait déjà sentir, au point qu’en 1740, non seulement il reçut la Confirmation, mais aussi il fut admis à l’état clérical, recevant la Tonsure, puis les Ordres dits «mineurs» de Portier et de Lecteur.

A cette époque, il n’y avait pas de véritable séminaire ; Giacomo dut fréquenter la faculté royale pour compléter ses études. Et pour payer celles-ci, il fut engagé chez le conte Agostino Benedetto Cusani de Sagliano, maire de Verceil, qui le chargea de la formation de ses sept enfants.

En 1743, Giacomo fut nommé professeur aux Ecoles Royales.

Cette même année, il reçut le sous-diaconat et, compte tenu de son excellente préparation intellectuelle, fut nommé professeur de théologie scholastique à l’université royale de Verceil.

L’année suivante, il reçut successivement le diaconat et, le 21 mars, la prêtrise.

Il continua sa formation et, en 1748, obtint le doctorat en Lettres à l’université de Turin, ce qui lui valut d’être nommé professeur des Humanités aux Ecoles Royales de Verceil.

On lui confia alors des activités pastorales, d’abord à la paroisse Saint-Michel de Verceil, enfin à la paroisse Saints Pierre-et-Paul de Tronzano, son pays natal.

Cette dernière paroisse avait subi négativement l’enseignement du curé précédent, qui était de tendance janséniste. Les bancs de l’église étaient vides.

Don Giacomo se mit au travail avec ardeur. Il visita les familles, il encouragea l’assistance à la Messe dominicale, il enseigna le catéchisme aux adultes et aux enfants ; il prépara ces derniers à la Première communion dès l’âge de dix ans (ce qui était une nouveauté à l’époque, car on attendaiti parfois jusqu’à douze ou quatorze ans) ; il visitait les malades, faisait porter de la nourriture et du bois de chauffage aux plus pauvres… Et alors qu’en été, beaucoup suspendaient leurs activités, lui au contraire affirmait : Ici, on n’est pas en vacance !

Il eut lui-même la joie de recevoir le nouvel évêque pour consacrer l’église de Tronzano, qui n’était pas encore consacrée !

La paroisse reprit vie, au vu de l’activité intense et de la sainteté de vie de leur cher Curé.

Don Giacomo mourut le 9 février 1788 à Tronzano, pleuré et regretté unanimement de toute la population.

Les grâces reçues par son intercession furent très nombreuses, on recueillit les témoignages de «miracles» obtenus. La cause de la béatification commença le 22 janvier 1923, fut reprise récemment et approuvée.

Le miracle retenu pour la béatification officielle, fut la guérison totale d’un jeune garçon qui, en déchargeant des bottes de foin, lâcha malencontreusement sa fourche et, en tombant, eut tout le ventre traversé par les dents de l’outil. On invoqua don Giacomo et, très vite, malgré cet accident, tout l’organisme du blessé se remit très vite du choc et le garçon vécut sans aucun problème.

Don Giacomo Abbondo fut béatifié en 2016 et inscrit au Martyrologe le 9 février.

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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 23:00

30 MARS

 

-X.

S Joad, prophète, cf. 1R 13,11-32.

II.

S Secundus, païen touché par les chrétiens persécutés, martyr à Asti, dont il est patron.

III.

S Rieul, évêque à Senlis après Arles ; il fit taire les grenouilles dont le coassement couvrait sa voix lors d’une prédication.

IV.

S Domninus, martyr à Thessalonique ; frappé de verges, il eut les membres brisés et fut laissé sans nourriture pendant sept jours hors de la ville.

S Jean du Puits, ermite à Kibistra, dès l’âge de treize ans.

?

S Victor, martyr.

S Pasteur, évêque à Orléans.

V.

S Mamertin, guéri d’une double infirmité par s. Germain d’Auxerre, moine puis abbé près de là.

VII.

S Jean Climaque, surnommé le Scholastique pour sa science, ou le Sinaïte pour son abbatiat au Sinaï, auteur de L’Echelle  (klimax) du paradis,  d’où son nom.

S Zosimo, abbé puis évêque à Syracuse, mort à quatre-vingt-dix ans, invoqué contre la peste.

VIII.

S Patton, moine écossais, abbé à Amorbach, évêque à Verden.

IX.

S Véron, dont on retrouva le corps à Lambecq-lez-Hal.

XI.

Ste Osburh, première abbesse à Coventry.

S Klinios, grec, moine au Mont-Cassin, abbé près d'Aquino.

XIII.

S Gioacchino da Fiore, d’abord abbé cistercien à Corazzo, fondateur de la congrégation de Fiore, censeur impitoyable du clergé, parfois même à la limite de la rupture, mort à Canale tout-à-fait soumis.

B Dodon, entré chez les prémontrés à Mariagarden ainsi que son épouse et sa mère, puis ermite à Asch, où il pratiqua des austérités effrayantes et mourut écrasé sous un mur de sa cellule.

B Morique, de l’ordre des Crucifères, mort à Orvieto.

XV.

S Pedro Regalati, franciscain à Valladolid à quatorze ans, supérieur à Aguilar, mystique et thaumaturge.

B Amédée IX, duc de Savoie, tout donné aux bonnes œuvres : monastères, hôpitaux, aumônes, et mort à Verceil un lundi de Pâques.

XIX.

Ss Antoine Daveluy, évêque, Pierre Aumaître, Martin-Luc Huin, prêtres, Chang Chu-gi Iosephus et Hwang Sŏk-tu Lucas, catéchistes, martyrs en Corée, canonisés en 1984, fêtés le 20 septembre.

S Arcangelo Palmentieri (Lodovico de Casoria), franciscain à Naples, fondateur des Congrégations des Frères de la Charité et des Sœurs Franciscaines de Sainte-Elisabeth, béatifié en 1993, canonisé en 2014.

S Leonardo Murialdo (1828-1900), prêtre de Turin, contemporain des ss. Giuseppe Cottolengo, Giuseppe Cafasso et Giovanni Bosco, fondateur de la congrégation de Saint Joseph, puis des Sœurs Murialdines, grand défenseur des intérêts de la condition ouvrière.

XX.

S Julio Álvarez Mendoza (1866-1927), prêtre mexicain martyr ; béatifié en 1992, canonisé en 2000 et fêté le 21 mai.

Bse Helena Kafka (Maria-Restituta, 1894-1943), franciscaine morave ; infirmière, elle laissait accrochés les crucifix dans les chambres des malades, contre l'interdiction des nazis ; morte décapitée, béatifiée en 1998).

 

 

Joad, prophète

10e siècle avant Jésus-Christ

 

Joad n’est à proprement parler qu’un prophète anonyme, car l’Ecriture ne donne pas son nom.

Dans 1R 13:11-32, il est question d’un homme de Dieu, qui vient reprocher à Jéroboam son attitude en Israël.

Jéroboam avait en effet établi un autel «schismatique» à Béthel. Quand l’homme de Dieu vint le lui reprocher, Jéroboam eut la main desséchée. Ayant prié le prophète de le guérir, il fut exaucé et voulut recevoir honorablement ce prophète chez lui.

Cependant l’ordre de Dieu était strict : il devait revenir chez lui par un autre chemin, sans rien manger ni boire en Israël.

Sur le chemin du retour, il fut cependant trompé par un faux prophète, qui l’invita chez lui. Ayant accepté cette invitation, il fut puni par Dieu : il fut tué par un lion.

Comme l’Ecriture, même après la faute du prophète, lui donne encore le titre d’homme de Dieu, saint Augustin et d’autres Pères l’ont considéré comme un saint homme.

Une tradition lui donne le nom de Joad. Les Grecs en font mémoire le 30 mars.

 

 

Secundus d’Asti

† 119

 

De Secundus, voici comment on le présente dans la tradition.

Il appartenait à la noblesse d’Asti (Italie N) ; on parle des Vettii ou des Pallidi.

Encore païen, appartenant à la milice romaine, il lui arrivait de fréquenter les prisons où il rencontrait des chrétiens. Il entendit parler du Christ et fut déjà touché par la grâce.

Un premier geste montra sa détermination : il intervint auprès du préfet Sapritius en faveur de son propre maître, Calocerus, chrétien arrêté.

Un deuxième épisode confirma le revirement de Secundus : accompagnant Sapritius à Tortona pour y arrêter un autre Chrétien nommé Marcianus, il demanda le baptême chrétien.

Durant un de ces déplacements, Secundus franchit le Po à pieds secs.

Dénoncé comme chrétien, accusé, il fut condamné à la torture et à la décapitation.

Son martyre eut lieu le 30 mars 119 à Asti.

Une récente analyse de ses reliques au Carbone 14 a confirmé l’époque du deuxième siècle.

Saint Secundus d’Asti est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rieul de Senlis

1er ou 3e siècle

 

Rieul (Regulus) est l’objet d’une grande discussion entre spécialistes.

Pour les uns, il aurait été d’origine grecque, aurait rencontré l’apôtre s.Jean (v. 27 décembre) et embrassé le christianisme. Envoyé en Gaule, il devint le premier évêque en Arles puis, ayant rejoint Lutèce (Paris), y réconforta les Chrétiens et partit pour Senlis, où ses nombreux miracles amenèrent la conversion de beaucoup de païens.

Pour les autres, Rieul fut le (ou un) successeur de Trophime, le premier évêque d’Arles, mais au 3e siècle ; il accompagna les missionnaires envoyés alors pour évangéliser la Gaule, et devint le premier évêque de Senlis.

Son épiscopat aurait duré trente années.

Dans les deux traditions, on relève cette difficulté : un évêque ne peut quitter son diocèse pour aller en gérer un autre, sauf sur indication expresse de Rome ou d’un concile important. Evêque en Arles, Rieul n’avait pas de raisons suffisantes (sauf une révélation céleste ou un ordre de Rome) pour aller à Senlis.

On pourrait croire qu’il s’agirait donc de deux personnages.

La liste épiscopale d’Arles le nomme avec une certaine caution, comme quatrième successeur de Trophime, au 3e siècle, pendant plusieurs années, avant de devenir évêque de Senlis.

La liste de Senlis le situe plutôt au 4e siècle.

Devant ces diverses affirmations, on ne peut rien déduire de certain. L’unique élément sûr est qu’il fut le premier évêque de Senlis.

Un des miracles attribué à Rieul fut qu’un jour où il s’adressait en plein air à une nombreuse foule, le coassement des grenouilles d’une mare voisine couvrait sa voix ; il leur intima l’ordre de se taire, et reprit tranquillement sa prédication.

Le culte de s.Rieul fut très ancien. Clovis, après son baptême (496 environ), aurait demandé à faire ouvrir la tombe de Rieul pour en extraire une relique (une dent). Un incident fit qu’il la remit en place et, plutôt, s’engagea à faire reconstruire la basilique.

Saint Rieul de Senlis est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Domninus de Thessalonique

† 304

 

De Domninus il est dit qu’il subit le martyre à Thessalonique.

D’abord battu, il eut les bras et les jambes brisés, et fut abandonné sans nourriture hors de la ville, pendant sept jours, au terme desquels il rendit son âme à Dieu.

Il aurait eu des Compagnons de martyre, qui ne sont pas nommés.

Ce pouvait être vers 304.

Saint Domninus de Thessalonique est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jean Climaque

VIIe siècle

 

Jean, que l’on surnomma le Scholastique, à cause de sa science éminente, ou le Sinaïte à cause de son séjour sur le Sinaï, est plus communément connu sous le surnom de Climaque, en raison de son traité qui a pour titre L’échelle du paradis (en grec : klimax, échelle) ou Echelle sainte.

On ignore l’époque et le lieu de sa naissance, tant il est vrai que ces grands Saints, tels de nouveaux Melchisédech, n’appartiennent pas à l’histoire ni à la terre. Ce qu’on sait de lui est dû à un autre moine, Daniel, du monastère de Raïthou, proche de celui où vécut Jean. 

Les quelques écrits de Jean Climaque donnent à penser qu’il reçut une éducation soignée. 

A seize ans, il vint se présenter au monastère Sainte-Catherine sur le Mont Sinaï, ce monastère bâti à l’emplacement très probable du Buisson ardent ; il semble que des moines s’y étaient déjà fixés aux 3e-4e siècles. 

Sous la direction d’un saint vieillard nommé Martyrios, Jean se fit initier à la vie solitaire. Il employa quatre années à s’instruire et à s’éprouver avant de se consacrer à Dieu par la profession monastique. 

Martyrios, satisfait des progrès de son disciple, le présenta un jour au solitaire Anastase, le futur patriarche d’Antioche : celui-ci, comme éclairé d’une lumière prophétique, dit au maître : Qui croirait, Père, que tu eusses consacré à Dieu un futur abbé du Mont-Sinaï ? (voir au 20 avril). 

Pendant dix-neuf ans, Jean s’exerça avec une simplicité admirable dans la pratique fidèle de l’obéissance. A la mort de Martyrios, il se proposa d’embrasser la vie des anachorètes (ermites solitaires ou hésichastes) : il ne voulut pas cependant s’y décider par lui-même et consulta à ce sujet un autre vieillard qui donna son assentiment à ce projet. Jean descendit alors au bas de la montagne du Sinaï, à Tholas, et se retira dans une solitude à quelque distance de l’église où il se rendait les samedis et les dimanches, pour assister à l’office et communier avec les autres solitaires suivant la coutume des moines d’Orient. Il consacrait les autres jours de la semaine successivement à la prière, au travail des mains, à la méditation ; il mangeait peu, se contentant des aliments que sa profession lui consentait. Dieu lui accorda le don d’oraison et celui des larmes. 

Durant les vingt années de cette vie anachorète, Jean ne refusait pas les visites, considérant que c’était Dieu qui les lui envoyait. Mais alors que des envieux calomniaient ses propos, il décida un jour de ne plus parler et resta un an dans le silence.

Bientôt, de disciple, il devint maître en matière d’ascétisme : un solitaire, nommé Moïse, lui fit demander s’il l’accepterait comme disciple. Jean crut devoir accepter ; puis, déjà âgé, il fut sollicité par les moines du monastère Sainte-Catherine pour être leur abbé (higoumène) : là, il dut se faire violence pour céder à leurs désirs et leur apporter ses propres enseignements. C’est alors qu’un autre Jean, abbé de Raïthou, lui demanda de mettre par écrit ce que l’Esprit de Dieu lui suggérerait sur la pratique des vertus. Certains affirment que ce serait le pape Grégoire Ier lui-même qui lui aurait présenté cette requête (voir au 12 mars), ce qui montre par la même occasion quelle renommée était alors celle de Jean. 

Par esprit d’obéissance, pensant devoir accéder à une volonté céleste, Jean répondit avec une profonde humilité : Mauvais disciple d’un excellent peintre, j’ai seulement ébauché et marqué avec du noir les ombres de choses qui sont d’elles-mêmes très vives et très éclatantes ; je t’ai réservé comme au premier maître et au plus éminent parmi les docteurs le soin de mettre la dernière main à cet ouvrage, d’y ajouter des embellissements, d’éclaircir ce qu’il y a d’obscur, de suppléer à tout ce qui manque dans les préceptes de cette loi spirituelle par les lumières que tu as acquises en l’accomplissant si parfaitement. Ce n’est donc pas à toi que j’adrese ce petit ouvrage, mais à ceux que Dieu a appelés à son service.

Comme nous sommes loin des “droits d’auteur” de notre époque contemporaine !

Jean abdiqua l’abbatiat après quelques années : il établit pour le remplacer un certain Georgios, qui avait passé soixante-dix ans dans la solitude de la même montagne, et retourna à sa vie solitaire. 

Parvenu à sa dernière heure, il reçut la visite de Georgios tout en larmes, et le consola : Ne t’afflige pas ! Si j’ai quelque pouvoir auprès de Dieu, il ne se passera pas un an sans que je t’attire auprès de moi ; Georgios mourut en effet dix mois après.

Reprenant la tradition orientale, le Martyrologe Romain commémore Jean Climaque au 30 mars, qui serait le jour anniversaire de sa mort.

 

Saint Jean Climaque est beaucoup plus connu en Orient qu’en Occident. Ses écrits ont été traduits tardivement, pas avant le XVe siècle.

L’écrit le plus important, L’Echelle sainte, longue de trente chapitres (ou « échelons », représentant les trente années de vie cachée de Jésus-Christ), a pour but de résumer l'expérience monastique. Il vise à  faire atteindre aux moines la perfection, en trente degrés :

  • degrés 1–4 :         renoncement au monde et obéissance à un père spirituel ;
  • degrés 5–7 :      pénitence et affliction (penqos/penthos) comme voies de la véritable joie ;
  • degrés 8–17 :     lutte contre les vices et acquisition des vertus ;
  • degrés 18–26 :     fuite des pièges de l'ascèse (paresse, orgueil, pusillanimité) ;
  • degrés 27–29 :     atteinte de l’hésychia (paix de l'âme) et de l’apatheia (impassibilité).
  • degré 30 :         épectase, la tension de l'âme vers Dieu et la perfection.

 

Le texte est rédigé en apophtegmes, en sentences brèves, sans construction apparente, sans lien logique de l’une à l’autre, fruit de la simple expérience personnelle du saint abbé. 

On pourra méditer beaucoup sur ces deux seules phrases reprises au texte : 

Ne cherche pas à beaucoup parler quand tu pries, de peur que ton esprit ne se distraie à chercher les mots.

Hésiter dans ses jugements et demeurer longtemps dans le doute sans aucune certitude est le signe que l’âme n’est pas illuminée et qu’elle aime la gloire.

L’autre ouvrage de Jean Climaque est beaucoup plus bref. C’est un court traité intitulé Lettre au pasteur, à l’intention des maîtres spirituels et des chefs de communauté.

 

 

Zosimo de Syracuse

572-662

 

Zosimo nacquit vers 572 en Sicile, de pieux parents.

Ceux-ci le confièrent à sept ans au monastère de Sainte-Lucie à Syracuse. L’abbé, considérant la gentillesse et la facile soumission du petit garçon, lui confia la garde du tombeau de sainte Lucie (v. 13 décembre).

Quelque temps passa, et le garçon se relâcha de sa première ferveur : sans avertir personne, il partit chez ses parents. Ces derniers, surpris et irrités de le voir arriver chez eux, le reconduisirent sans attendre au monastère.

L’abbé comprit à quelle tentation avait cédé le garçon ; il lui pardonna sur place cette dissipation innocente de l’adolescence et le réadmit.

Quelqu’un d’autre se chargea de gronder Zosimo : sainte Lucie en personne, qui lui apparut en songe, lui reprocha son infidélité et lui inspira une grande crainte. Dès lors, Zosimo montra des sentiments de profonde humilité, de zèle pour sa sanctification et pour donner le bon exemple aux pèlerins. Passèrent ainsi trente années, durant lesquelles Zosimo converti fut in modèle de régularité et d’obéissance.

Quand l’abbé vint à mourir, les moines allèrent comme de coutume se présenter à l’évêque pour qu’il leur choisît un supérieur. Alors se renouvela la situation que nous lisons dans l’Ecriture à propos de l’élection divine de David (1S 16:6-13) : l’évêque, saintement inspiré demanda si tous les moines étaient là présents et les moines lui répondirent que seul était resté à l’abbaye le gardien du tombeau, qui n’était bon à rien. L’évêque envoya chercher Zosimo, lui conféra immédiatement le sacerdoce et le mit à la tête du monastère.

Par sa sagesse et sa modération, le nouvel Abbé se montra à la hauteur de sa charge. Avec une douce sévérité, il gouverna prudemment le monastère, pendant quarante ans.

En 647, à l’âge où les évêques d’aujourd’hui ont contume de remettre leur démission, Zosimo fut appelé à recevoir l’onction épiscopale et à gouverner le diocèse de Syracuse. Quelques membres du clergé auraient préféré un certain Venerio, et l’affaire fut portée devant le pape, lequel désigna Zosimo et le sacra lui-même.

Zosimo fut un pasteur vigilant, actif et zélé, pratiquant la pénitence, la charité envers tous, dans la fidélité à la sainte doctrine.

Il mourut le 30 mars 662, très tôt entouré d’un culte et invoqué particulièrement contre la peste. 

Saint Zosimo est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

Osburh de Coventry

† 1018

 

Osburh (qu’on a occidentalisée en Osburga) passe pour être la première abbesse du monastère de Coventry (Angleterre C).

C’est du moins l’unique information qu’on trouve sur elle.

Ce monastère de Bénédictines, fut construit par le comte Leofric de Mercie et son épouse, Lady Godiva. Près de ce monastère Sainte-Marie fut édifiée la première cathédrale de Coventry, dont la tour de  quatre-vingt-dix mètres est la troisième d’Angleterre pour la hauteur.

Le magnifique monument fut bombardé en 1940 et n’est plus maintenant qu’une ruine, à côté de laquelle fut construite la nouvelle cathédrale de Coventry. Sur le mur qui demeure derrière l’autel de la cathédrale bombardée, on a écrit les paroles du Christ en croix : Père, pardonne (Father, forgive) (Lc 23:34).

Sainte Osburh est commémorée le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Klinios d’Aquino

11e siècle

 

Grec d’origine, Klinios vint au Mont-Cassin pour vivre la Règle bénédictine.

De là, il fut appelé à être abbé du monastère Saint-Pierre-de-la-Forêt dans le diocèse d’Aquino.

Il mourut d’ailleurs peu après, et chargé de mérites, avant 1030.

Saint Klinios est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pedro Regalati

1390-1456

 

Pedro était né en 1390 à Valladolid (Espagne) de Pedro et María de Costanilla.

Très tôt orphelin de père, il demanda à sa mère à dix ans de pouvoir entrer chez les Franciscains. Sa mère le fit attendre trois ans, pour mettre à l’épreuve cette jeune vocation.

A treize ans donc, Pedro reçut l’habit chez les Franciscains de Valladolid et prononça les vœux un an après. Il ne faut pas s’étonner de cette précocité : l’Eglise n’avait pas encore statué sur l’âge minimum requis de seize ans pour admettre un candidat à la vie religieuse.

Dans le cas de notre Pedro, les Supérieurs n’eurent qu’à se féliciter de leur jeune Frère.

La maman de Pedro, si heureuse des progrès spirituels de son garçon, venait souvent le voir, au point que Pedro demanda au Ciel d’être nommé ailleurs, pour couper ces liens naturels trop forts. On l’envoya bientôt, effectivement, à Aguilar de Campos, où l’Ordre voulait fonder un nouveau couvent de l’Observance. Pedro y reçut le sacerdoce. 

Rempli de zèle pour la réforme de l’Ordre, il fut bientôt nommé Gardien de ce couvent, et même d’un autre à Tribulos.

Pedro ne s’enfla pas de cette double tâche. Il prêcha d’exemple à tous les Religieux, surtout par son amour de la pauvreté, du jeûne, de la prière.

La prière de Pedro obtint de nombreux miracles, mais surtout on le vit souvent verser des larmes abondantes pendant l’oraison et la célébration de la Messe, ou aussi élevé de terre et immobile pendant des heures, dans un nuage de feu (au point que les habitants des environs crurent à un incendie dans le couvent).

Sur sa prière, un jour d’hiver où la neige avait été abondante, le couvent n’avait plus de pain. Pedro invita les Confrères à venir manger comme d’habitude ; à l’heure du repas, on sonna à la porte : pas de traces de pas, mais une mule chargée de pain attendait là ; le temps de porter le pain au réfectoire, la mule avait aussi disparu, sans laisser de traces dans la neige.

Durant l’office nocturne, il fut un jour transporté miraculeusement de l’église du couvent de Tribulos à celle d’Aguilar, distante d’une vingtaine de kilomètres, suscitant une bien compréhensible surprise parmi les Religieux.

Sachant sa mort approcher, il fit un long voyage pour aller voir un grand ami, à une soixantaine de kilomètres, le père Lopez de Salazar, puis revint à Tribulos et enfin à Aguilar. En mars 1456, il tomba malade. On lui proposa les derniers sacrements, mais il proposa qu’on attendît la venue de l’évêque. Inquiets de devoir attendre «trop longtemps», les Religieux entendirent alors arriver l’évêque, de passage par là. Le pontife donna à Pedro l’Onction des malades et pria alors Pedro de guérir son neveu, qui l’accompagnait, et qui était malformé de naissance. Pedro fit faire au jeune homme une bonne confession, lui fit donner l’Eucharistie, et obéit à l’évêque : il pria pour la guérison du jeune homme, que Dieu accorda sur place.

La vie de Pedro Regalati fut en réalité une suite de miracles. 

Pedro mourut le 30 mars 1456. Il fit encore un miracle peu après sa mort, lorsqu’un pauvre, déçu d’être arrivé trop tard pour recevoir l’aumône habituelle, alla prier sur sa tombe : Pedro apparut vivant, lui remit un pain, et disparut dans la tombe.

D’innombrables miracles advinrent encore. Quand on exhuma son corps en 1782, il n’était pas corrompu.

Pedro fut béatifié en 1684 et canonisé en 1746.

 

 

Amédée IX de Savoie

1435-1472

 

 Fils du duc Louis et d’Anne de Lusignan, Amédée IX fut le troisième duc de Savoie, en même temps que prince de Piémont, comte d’Aoste et de Maurienne. Né à Thonon-les-Bains, il fut dès sa naissance, promis à Yolande, fille de Charles VII roi de France. Il fut élevé dans la piété par sa vertueuse mère et répondit à ses soins : on vit en lui un grand attrait pour les saintes pratiques de la religion. Il était malheureusement épileptique, et laissa volontiers la direction des affaires à son épouse.

A dix-sept ans eut lieu le mariage projeté. Yolande partagea les goûts de son époux pour la vertu, et la cour offrit alors le spectacle le plus édifiant. Cette sainte union donna naissance à dix enfants, dont sept vécurent. A la mort de son père, en 1465, Amédée prit possession du duché, reçut de ses sujets le serment de fidélité, convoqua les États des provinces pour délibérer sur le parti à prendre dans la guerre contre Louis XI. On vit alors se manifester l’influence prépondérante de Yolande, à laquelle Amédée laissa volontiers la gestion des affaires publiques. Attentif avant tout à ce que Dieu fût bien servi, le duc faisait chaque matin sa prière et une pieuse lecture, assistait à la messe avec un tel recueillement qu’il suffisait de le voir pour avoir de la dévotion. Au conseil auquel il assistait, la cause des pauvres, des veuves, des orphelins primait toutes les autres. Sa charité ne connaissait point de bornes ; chaque jour il nourrissait dans son palais un grand nombre d’indigents et les servait de ses propres mains.

Il construisit des monastères et des hôpitaux dont il visitait lui-même les malades. Il fit aussi de riches présents à diverses églises ; dans un pèlerinage au tombeau des Saints-Apôtres, il se montra généreux pour la basilique de Saint-Pierre. Il accomplit plusieurs fois à pied le voyage de Turin à Chambéry pour vénérer la relique du saint Suaire. Après la perte de Constantinople, dans une diète tenue à Mantoue pour délibérer sur la guerre contre les Turcs, il parla avec une grande générosité, se déclara prêt à offrir pour la sainte expédition sa vie, sa puissance, tous ses États : mais la sainte Ligue entre les princes ne put se former.

Cependant la santé du duc se trouva gravement atteinte, et il dut quitter la Savoie pour aller chercher à Verceil un  climat plus doux. En face de la triste mort que faisait présager sa maladie, il se montra vraiment courageux : “Pourquoi, disait-il, nous affliger de ce qui nous humilie, puisque par là nous est ouvert l’étroit passage de l’éternité ?” Sentant approcher sa fin, il appela auprès de lui ses enfants et voulut recevoir les derniers sacrements en leur présence. Et comme ceux qui l’entouraient manifestaient une profonde affliction, il leur dit : “Mes amis, faites bonne justice, aimez les pauvres, protégez les veuves et les orphelins, faites fleurir la religion, Dieu accordera la paix à nos frontières.” A Yolande, il dit : “Je vous laisse ces orphelins.” Il expira le lundi de Pâques, 30 mars 1472.

Deux de ses fils lui succédèrent, Philibert puis Charles.

Suivant son désir, Amédée IX fut inhumé dans l’église de Saint-Eusèbe de Verceil, sur les marches du maître-autel. Des miracles attestèrent sa sainteté, la piété populaire le vénéra. En moins de dix ans, son culte se répandit à Chambéry, à Seyssel, à Annecy. En 1518 l’archevêque de Turin fit exhumer son corps et préparer le procès de canonisation. Ce n’est qu’en 1677 que le pape autorisa le culte du bienheureux Amédée de Savoie. 

Le Martyrologe Romain le commémore au 30 mars.

Chang Chu-gi Iosephus

(Jang Ju-gi Yosep)

1802-1866

 

Né en 1802 (1803 ?) à Suwŏn dans une riche famille, Iosephus apprit la littérature chinoise de sa belle-sœur.

Tombé malade à Hangji à vingt-six ans, il fut baptisé par un prêtre chinois, Yu Pang-je Pacificus, le deuxième prêtre à entrer en Corée. Puis il fit baptiser son épouse et ses enfants.

Le père Pierre Maubant (v. 21 septembre) remarqua la foi profonde de Iosephus et lui confia la mission de la catéchèse, qu’il remplit avec fidélité jusqu’à la mort.

Il vivait à Paeron (Chech’ŏn), où la persécution le laissa tranquille pendant douze ans. Quand on voulut ouvrir à Paeron un Petit séminaire, Iosephus proposa avec joie sa propre maison dont il resta le concierge. Il rendit constamment service au séminaire et à la communauté catholique pendant onze ans. Il travaillait beaucoup et ne demandait rien en échange.

A l’irruption de la police le 1er mars 1866, il n’alla pas se cacher. Il fut arrêté avec les missionnaires, qui tentèrent de soudoyer les soldats pour délivrer Iosephus, mais lui ne voulait pas se séparer des prêtres.

Quand il fut question de les emmener à Seoul, les prêtres insistèrent pour faire relâcher Iosephus, qui dut repartir à Paeron en pleurant.

Mais cinq jours après, tandis qu’il achetait du riz à Norukol, la police l’arrêta et l’envoya au gouverneur de Chech’ŏn, devant lequel Iosephus reconnut être le propriétaire du séminaire de Paeron.

Le gouverneur voulait lui épargner la vie et tenta de lui faire renier sa foi, mais Iosephus ne céda pas à la tentation. Finalement il fut envoyé à Seoul, où il fut torturé et condamné à mort le 24 mars 1866.

Il fut exécuté en même temps que Mgr Daveluy et les pères Huin et Aumaître, le 30 mars 1866, Vendredi Saint cette année-là.

Le séminaire de Paeron ferma alors, après onze ans d’activités.

A soixante-quatre ans, Chang Chu-gi Iosephus rejoignit la glorieuse troupe des saints Martyrs de Corée, qui sont fêtés ensemble le 20 septembre, après avoir été béatifiés les uns en 1925, les autres en 1968 (dont Iosephus), et tous canonisés en 1984.

 

 

Hwang Sŏk-tu Lucas

(Hwang Seok-du Luka)

1811-1866

 

Né en 1811 à Yŏnp’ung (Ch’ungch’ŏng, Corée N), Lucas était le fils unique d’une noble famille aisée.

Son père lui fit faire les études officielles en vue du diplôme, pour l’honneur de la famille.

A vingt ans, Lucas partit faire son examen à Seoul. En chemin, il rencontra dans une auberge un Catholique qui lui parla de sa merveilleuse religion ; Lucas en fut profondément remué et il se procura quelques livres catholiques.

Trois jours après, il s’en retourna chez lui, disant à son père stupéfait qu’il avait déjà passé son examen, entendant par là l’examen du Ciel. Lucas fut convenablement rossé par son père, mais il continua d’approfondir sa foi catholique.

Il amena son épouse à la foi. Son père le menaça de mort. Pour toute réponse, Lucas prétendit être désormais muet, et le resta pendant plus de deux ans. Toute la famille essaya de le faire sortir de son mutisme, rien n’y fit. Non seulement le père et le reste de la famille s’avouèrent vaincus, mais finalement, tous furent persuadés d’étudier le catéchisme et d’embrasser la foi catholique.

Tout le monde admirait la personnalité, la piété et la foi de Lucas, même les non-croyants. Quand Mgr Ferréol arriva en Corée, Lucas s’offrit pour servir l’Eglise toute sa vie. Il reçut la permission de l’évêque de vivre séparément de son épouse, et l’évêque l’aurait bien préparé à recevoir le sacerdoce, mais le Saint-Siège s’y opposa pour une raison pratique : l’épouse de Lucas ne disposait pas de quelque maison religieuse pour être hébergée.

Son père mourut bientôt. Lucas fut alors dépossédé de tous ses biens, par ses proches parents. Le père Féron en fit un professeur de littérature chinoise et un catéchiste. Lucas remplit de façon admirable sa fonction de catéchiste. Finalement, il devint le secrétaire du Mgr Berneux et de son successeur, Mgr Daveluy. Il écrivit un bon nombre d’ouvrages avec Mgr Berneux (v. 7 mars).

Au moment de son arrestation, Mgr Daveluy demanda à ses ravisseurs d’épargner Lucas, mais ce dernier insista pour ne pas être séparé de son évêque. Ils partirent donc ensemble pour Seoul.

Dans la prison de Seoul, Lucas prêcha la religion catholique à ses persécuteurs, qui purent admirer sa science et son éloquence.

Condamné à mort, il fut martyrisé à Kalmaemot, la base navale de le province de Ch’ungch’ŏng, après Mgr Daveluy et les deux autres missionnaires, Luc Huin et Pierre Aumaître.

C’était le 30 mars 1866, leur dies natalis commun.

Martyrisés ensemble, ils furent béatifiés ensemble en 1968, canonisés ensemble en 1984, et ensemble sont fêtés le 20 septembre.

 

 

Marie-Nicolas-Antoine Daveluy

1818-1866

 

La famille Daveluy était bien connue en Amiens ; le père dirigeait une usine ; les parents, Isidore et Thérèse Laroche, très chrétiens, eurent trois prêtres et trois religieuses parmi leurs quatorze enfants.

Antoine naquit le 16 mars 1818. C’est l’aîné des quatorze enfants (sept garçons et sept filles), mais quand il partira pour les Missions, il donnera son droit d’aînesse à son frère Xavier.

Antoine commença l’étude du latin à sept ans et fréquenta dès 1827 l’école des Jésuites, qui dut bientôt fermer par décret royal. Sa vocation germa durant ses études secondaires et il entra au séminaire de Saint-Sulpice en 1834. Malgré sa mauvaise santé, il voulait être prêtre chez les Jésuites.

En 1841, il est ordonné prêtre. On rapporte qu’à la fin de sa première messe, une brave femme, pleine de foi, demanda humblement à pouvoir être la première à demander l’imposition des mains du jeune prêtre, et de lui présenter son enfant de trois ans qui ne marchait pas encore ; l’abbé Daveluy bénit la maman et le petit garçon, qui aussitôt se mit à marcher.

Dès le séminaire, Antoine fut un membre fervent de l’Archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires, et il propagea cette dévotion partout où il passa, à Roye comme en Corée.

Après environ deux années de présence à Roye comme vicaire, Antoine intègre en 1843 la société des Missions Etrangères de Paris.

En 1844 il part pour Macao. Là il rencontre Mgr Ferréol qui cherchait à entrer en Corée et lui proposa de l’accompagner. C’est alors que, de Corée, arriva une barque en bois avec, à son bord, des Coréens qui accompagnaient le diacre Andreas Kim : celui-ci traversait les six-cents kilomètres de la Mer Jaune pour recevoir l’ordination sacerdotale des mains de l’évêque.

L’évêque ordonna prêtre Andreas, et tous reprirent la barque pour entrer clandestinement en Corée.

Le père Daveluy commença à exercer le ministère en coréen en 1846 : en deux mois, il donna les sacrements à plus de sept-cents Catholiques ; dans les deux années qui suivirent, il baptisa quelque mille sept-cents catéchumènes et enfants. 

Le climat ne lui convenait pas beaucoup : il tomba malade. Durant sa maladie, il enseigna le latin aux jeunes séminaristes, il rédigea un dictionnaire coréen-français, qui fut malheureusement perdu lors de la persécution de 1866.

Le successeur de Mgr Ferréol, Mgr Berneux, fut nommer le père Daveluy vicaire apostolique auxiliaire et le consacra évêque dans une maison privée, le 25 mars 1857, jour de l’Annonciation.

Le nouvel évêque se montra disponible pour aller s’occuper des régions les plus éloignées. Il publia aussi des livres catholiques : encore maintenant, la plupart des livres d’histoire catholique disponibles en Corée, sont de lui. 

Mgr Berneux fut arrêté fin février 1866 et martyrisé le 7 mars suivant. Mgr Daveluy lui succéda comme cinquième Vicaire apostolique de Corée : il devait tenir ce poste pour vingt-trois jours seulement.

En effet, il fut arrêté le 11 mars, en même temps que son secrétaire Lucas Hwang Sŏk-tu. Quand la police arriva dans le village, Mgr Daveluy appela lui-même les soldats dans sa maison. Ils l’arrêtèrent, ainsi que le père Aumaître et le père Huin, et les conduisirent à la prison de Seoul.

Ils furent soumis à la torture et aux interrogatoires. Mgr Daveluy, qui parlait coréen correctement, fut maltraité un peu plus durement et parla avec éloquence de la foi catholique.

Mgr Daveluy et les autres furent condamnés à mort. Mais comme le roi allait se marier à Seoul, il ne voulait pas répandre le sang des Martyrs à Séoul, aussi les Prisonniers furent conduits à une centaine de kilomoètres de là, à Kalmaemot, une base navale de la province de Ch’ungch’ŏng.

Mgr Daveluy demanda à être exécuté le 30 mars 1866, jour du Vendredi Saint. Avec lui furent martyrisés les pères Huin et Aumaître, et les laïcs Chang Chu-gi Iosephus et Hwang Sŏk-tu Lucas (pour chacun desquels on trouvera aussi une petite notice).

La devise de Mgr Daveluy était : Qui a Jésus, a tout.

Mgr Daveluy et ses Compagnons font partie des cent-trois Coréens martyrs, béatifiés en 1968, canonisés en 1984 et fêtés ensemble le 20 septembre.

 

Le père de Mgr Daveluy, un très saint homme, reçut la nouvelle du martyre de son fils avec grande émotion, mais aussi avec grande reconnaissance à Dieu pour cette grâce insigne d’avoir un fils évêque et martyr. Il demanda à Dieu de mourir le même jour que son fils : il s’éteignit en effet le 29 mars 1870, à 20 heures, correspondant à cinq heures du matin du 30 mars en Corée.

 

 

Luc Huin

1836-1866

 

Né le 20 octobre 1836 à Guyonville (Haute-Marne), benjamin de neuf enfants, Luc reçut au baptême les noms de Martin-Luc.

Ses bons parents étaient vignerons. Le père était à juste titre fier de ses ancêtres, qui avaient eu un prêtre à chaque génération.

Le curé du village s’intéressa à la vocation de Luc et entreprit de lui enseigner le latin bien avant son entrée au séminaire.

Les études de Luc furent excellentes, et son comportement très bien noté. Il n’avait qu’un «défaut» : une très grande sensibilité.

Dès qu’il reçut les ordres sacrés, il conçut un vif désir d’être un jour missionnaire ; pendant un temps, toutefois, ce désir retomba lorsque la ferme de ses parents fut détruite par le feu. Mais un mystérieux appel demeurait dans son cœur.

Après son ordination sacerdotale (1861), il fut vicaire de paroisse, et écrivit une lettre à son évêque, lui demandant de pouvoir rejoindre les Missions Etrangères de Paris. L’évêque lui demanda seulement de patienter un peu, le temps qu’un autre prêtre pût le remplacer à la paroisse. 

En 1863, Luc partit pour Paris. Les adieux furent difficiles à la maison, à cause de cette sensibilité qui liait encore Luc aux siens. Sa mère lui demanda sa bénédiction et l’absolution.

En juillet 1864, ils étaient neuf à partir pour la Corée : Luc, avec entre autres les pères Just de Bretenières, Louis Beaulieu, Pierre-Henri Dorie qui, eux, devaient être martyrisés le 7 mars, trois semaines avant Luc (voir leur notice à ce jour, de même pour ceux dont il sera question plus bas).

Luc fut d’abord avec Mgr Daveluy à Naep’o, puis vint à Sekŏri (Haptŏk). Il était prêt à n’importe quel sacrifice pour être pleinement «coréen». Il apprit la langue en un temps record : début 1866, il pouvait enseigner le catéchisme et confesser en coréen. Il entendit près de cinq cents confessions, fit l’Onction des Malades sur quelque vingt personnes et unit en Mariage plusieurs couples.

Le père Luc fut arrêté le 12 mars, et envoyé le 19 à la prison de Séoul avec Mgr Daveluy et le père Aumaître. Là, il fut durement interrogé et torturé. Puis tous trois furent transférés à la base navale de Kalmaemot (Ch’ung-ch’ŏng).

Au moment d’être immolé, père Luc s’exprima ainsi : 

Si je regrette de mourir, ce n’est pas parce que je suis encore jeune, ni parce que je vais mourir si misérablement, mais parce que je meurs sans avoir encore rien fait pour le salut de mon cher peuple coréen.

Avec Mgr Daveluy et le père Aumaître, le père Luc fut décapité le 30 mars 1866. Il avait trente ans.

Tous trois furent béatifiés en 1968, et canonisés parmi les cent-trois Martyrs coréens en 1984, dont la fête commune est le 20 septembre.

A l’annonce du martyre de Luc, sa mère fut remplie de joie et chanta le Te Deum avec toute la famille.

 

 

Pierre Aumaître

1837-1866

 

Né à Aizecq (Charente), le 8 avril 1837, Pierre était l’aîné des cinq enfants d’un humble paysan, cordonnier à ses heures.

Il y a des Saints dont on dit qu’ils étaient très ouverts, très intelligents, dès l’enfance : ce ne fut pas le cas de Pierre, dont la mémoire ne lui rendait vraiment pas de grands services, mais c’était un très gentil garçon.

Il dit à son curé son désir d’être prêtre, mais ce dernier lui répondit qu’il n’y arriverait pas ; le nouveau curé refusa carrément de lui enseigner le latin ; en désespoir de cause, Pierre alla à quatre kilomètres de là, chez un bon laïque, pour prendre des leçons de latin.

Quatre kilomètres chaque matin, quatre le soir pour revenir : cette persévérance, cette ténacité, eurent raison du curé, qui recommanda à son évêque le jeune Pierre, pour l’admettre au Petit séminaire de Richemont (1852). Malgré sa petite mémoire, Pierre s’acharna sur l’étude et devint même un des meilleurs élèves.

Il entra au Grand séminaire d’Angoulême en 1857. Ses supérieurs purent admirer son style de vie : son obéissance était parfaite.

Dès qu’il commença les études de philosophie, il parla à son directeur spirituel de son attrait pour les missions, et gagna le Séminaire des Missions Etrangères de Paris en 1859. 

Ordonné prêtre en 1862 - il a vingt-cinq ans - il est envoyé en Corée un an plus tard.

Pierre fut d’abord à Saemkol (Ch’ŏnkokni) pour apprendre le coréen, puis avec Mgr Daveluy à Naep’o, où tout le monde l’apprécia pour sa bonté et son esprit enfantin. Mgr Daveluy écrivit de lui : Ce petit prêtre est en train d’accomplir de petits miracles ; il enseigne aux gens de façon excellente la dévotion à l’Eucharistie et à Marie.

Quand la persécution éclata, le père Aumaître dit à ses ouailles que c’était le moment de témoigner de leur foi en face des non-croyants. Lui-même alla se constituer à la police.

Avec Mgr Daveluy et le père Huin, le père Aumaître fut envoyé à Hongju, puis à la prison de Séoul, où ils subirent tous trois de pénibles interrogatoires et des tortures.

Pierre Aumaître fut décapité juste après Mgr Daveluy, à Kalmaemot, le 30 mars 1866, quelques jours avant son vingt-neuvième anniversaire.

Juste avant son martyre, il exhortait les autres chrétiens présents à rester fidèles.

On a dit que les corps des trois Martyrs restèrent sans corruption jusqu’au moment de leur enterrement, et que leur visage portait un doux sourire.

Pierre Aumaître fut béatifié en 1968, avec Mgr Daveluy et Luc Huin ; tous trois furent canonisés parmi les cent-trois Martyrs coréens en 1984, et sont fêtés ensemble le 20 septembre.

 

Arcangelo Palmentieri

1814-1885

 

Il naquit le 11 mars 1814 a Casoria (Naples, Italie).

En 1832, il entra chez les Frères Mineurs Alcantarins (les Franciscains qui conservaient la première Règle dans toute sa rigueur), à San Giovanni del Palco (Lauro, Nola).

Arcangelo prit le nom de Lodovico.

Il fut ordonné prêtre en 1837.

En 1847-1848, il eut une formidable intuition de se donner totalement aux plus pauvres et déshérités.

Avec la permission des Supérieurs, il ouvrit d’abord une infirmerie dans un couvent de Naples, pour les Confrères infirmes de la région, avec une pharmacie, et se mit à quémander charbon, médicaments et autres choses pour subvenir aux malades.

Il ouvrit d’autres centres hospitaliers et, pour y travailler, il fonda une nouvelle branche du Tiers-ordre franciscain : les Frères de la Charité, ainsi que les Sœurs Franciscaines de Sainte-Elisabeth, toujours présents dans plusieurs villes d’Italie, aux Etats-Unis, en Inde. Il avait coutume de dire qu’un village sans hôpital est un village mort.

Et encore : Dites à un pauvre malade de se confesser, il ne vous comprend pas ! Lui, il souffre et n’entend rien d’autre. Mais si vous le soulevez de sa paille et l’installez dans un bon lit avec des draps propres, si vous lui changez sa chemise toute souillée, si vous lui donnez un bon potage bien chaud et un morceau de viande, il revient à la vie. Après, vous lui parlez de Dieu, de Jésus-Christ, et vous lui proposez : Tu veux te confesser ? Le voilà qui se met à pleurer, il se confesse, et rend grâce à Dieu.

Le père Lodovico construisit ensuite sur la colline du Scudillo un couvent plus grand, toujours avec une infirmerie pour les frères et les pauvres malades de Naples et des environs. Il eut là sa chambrette, de 1852 à 1870, du moins quand il dormait un peu, car toute la journée passait au service des malades et des pauvres.

En 1854, il accueillit deux jeunes Africains, rachetés sur les marchés. Il convainquit son personnel de bien les accueillir ; il en recueillit ainsi jusqu’à une soixantaine, suscitant même l’intérêt du roi qui envoya le père Lodovico au Moyen-Orient pour aller en racheter d’autres. L’idée du père Lodovico était d’évangéliser ces Noirs, et d’en faire des apôtres de l’Afrique : convertir l’Afrique par les Africains.

A partir de 1862, s’ouvrit à Naples l’œuvre des Accantoncelli (petits abandonnés), qui recueillit un millier de ces enfants laissés à la rue.

Il y eut aussi l’institut pour les sourds-muets, fondé auparavant par don Aiello et repris par le père Lodovico à la mort de ce dernier ; un autre institut aussi pour les aveugles et sourds-muets d’Assise ; un orphelinat à Florence, avec imprimerie et école de musique.

Après les douloureux événements politiques de 1870, quand les maisons religieuses étaient absolument interdites, le père Lodovico réussit à intéresser des familles de la noblesse romaine, qui l’aidèrent à ouvrir une maison sur l’Esquilin : elle continua pendant un siècle.

En 1874, s’ouvrit encore à Posillipo une œuvre pour les pêcheurs âgés et les enfants atteints de scrofule.

Des maisons s’ouvrirent encore, et ailleurs. Même le père Lodovico ne savait pas dire combien il y en avait ; on en a recensé plus de deux-cents.

Arcangelo-Lodovico mourut à Naples le 30 mars 1885 et fut béatifié en 1993.

Un autre miracle fut examiné en 2012, qui ouvrira peut-être la voie à la canonisation.

 

 

Leonardo Murialdo

1828-1900

 

Né le 26 octobre 1828 à Turin (Italie), huitième enfant d’un père agent de change qui mourut en 1833, Leonardo (qu’on surnommait Nadino) grandit au collège des Piaristes de Savona.

D’après son propre testament spirituel, il semble qu’il ait eu une jeunesse un peu troublée, mais il retourna bientôt à Turin où il entreprit des études au séminaire (ainsi qu’au séminaire Saint-Sulpice à Paris) et fut ordonné prêtre an 1851.

Ses premières activités furent les oratorios de jeunes, en collaboration avec saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier), avec lequel il s’occupa des jeunes abandonnés à eux-mêmes dans les faubourgs de Turin, ou même en prison.

Il ouvrit pour eux une maison-famille pour héberger les plus pauvres.

En 1866, il fut nommé recteur du Collège des Jeunes Artisans à Turin, sa principale activité jusqu’à la mort.

Il fonda la Confraternité laïque de Saint-Joseph, qui aurait pour mission de perpétuer cette assistance auprès des jeunes, ainsi que l’Union des Ouvriers Catholiques, l’Association de la Bonne Presse, et promut le journal La Voix de l’Ouvrier. Il voyagea beaucoup en Italie du Sud, en France, en Angleterre, pour s’intéresser à la condition des jeunes ouvriers et à leur assistance.

Leonardo semble n’avoir fait que son devoir, humblement, discrètement, et toute sa sainteté fut dans cette persévérante attention pour les jeunes. 

Frappé de pneumonie, Leonardo Murialdo mourut le 30 mars 1900.

Il fut béatifié en 1963, et canonisé en 1970.

 

 

Julio Álvarez Mendoza

1866-1927

 

Né le 20 décembre 1866 à Guadalajara (Jalisco, Mexique), le fils de Anastasio Álvarez et de Dolores Mendoza fut baptisé le lendemain et reçut le prénom de Julio. 

Il apprit l’art du tailleur. Son sérieux au travail poussa les patrons de ses parents à l’aider à entrer au collège, puis au séminaire de Guadalajara.

Son bon comportement, son application à l’étude, le firent vite accepter dans la Congrégation Mariale du séminaire.

Ordonné diacre en 1890, prêtre seulement en 1894 (peut-être à cause d’une maladie), il fut curé de Mechoacanejo pendant toute sa vie.

Son arrivée dans cette paroisse fut saluée par les Indiens avec des manifestations de joie et des démonstrations de respect, avec des chants, des danses, de la musique.

Ami de tous les enfants et des pauvres, il s’appliqua à éradiquer les mauvaises habitudes et les superstitions ; Il leur enseigna à faire des vêtements, mais en fit aussi lui-même pour aider les plus nécessiteux.

Il avait bien sûr une grande dévotion à Notre-Dame de Guadalupe, comme tous les Mexicains. Il sentait arriver les temps difficiles et faisait prier les fidèles pour demander à Dieu la force nécessaire à supporter les épreuves.

Sa vieille maman vivait près de l’église. A l’approche de la persécution, l’évêque laissa ses prêtres choisir entre se rapprocher de Guadalajara, ou rester parmi leurs fidèles. Julio préféra rester sur place. Il célébra la messe et les sacrements en cachette, dans les maisons de campagne.

Quand la persécution contre l’Eglise se déchaîna, il fut reconnu comme prêtre par l’armée dans un de ses déplacements de pastorale, le 26 mars 1927. Il était accompagné de deux jeunes, Gregorio et Gil. Un des soldats s’approcha du père Julio et lui baisa la main, disant aux autres qu’il était son parrain.

Interrogé sur son état sacerdotal, Julio ne nia pas.

On l’attacha sur une selle de cheval, on l’emmena à Villa Hidalgo, Aguascalientes, León, San Julián, au milieu de mille épreuves, humiliations et tortures, les mains liées, sans lui donner à manger. Il n’avait pas le droit de s’asseoir : il devait ou rester debout ou se mettre à genoux. A la fin, exténué, il ne pouvait même plus ouvrir les yeux. Aucune plainte ne sortait de sa bouche. On le condamna à mort.

Finalement, on le mit sur un tas d’ordures pour être fusillé. Il demanda simplement au capitaine :  Vous allez vraiment me tuer ? - C’est les ordres, répondit l’autre. - Je vais mourir innocent. Je n’ai rien fait de mal. Le délit que j’ai fait, est d’être ministre de Dieu. Je vous pardonne. Je vous demande seulement de ne pas tuer les garçons qui m’accompagnaient, parce qu’ils sont innocents.

Il mit les bras en croix en attendant le coup fatal.

L’abbé Julio Álvarez Mendoza reçut trois balles dans le corps, avant le coup de grâce dans la tête. 

Il avait été curé à Mechoacanejo pendant trente-trois ans.

C’était le 30 mars 1927. A ce moment-là, s’éleva une tempête qui empêcha toute visibilité à Mechoacanejo. Le cadavre du Martyr fut laissé là, dans les ordures, près de l’église, jusqu’à ce que les villageois, ayant appris ce qui s’était passé, vinrent le prendre pour l’ensevelir.

Julio Álvarez Mendoza fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000 parmi vingt-cinq Martyrs mexicains, dont la fête commune est au 21 mai.

Saint Julio Álvarez Mendoza a été proclamé Patron céleste du clergé de son diocèse  (Aguascalientes).

 

 

Helena Kafka

1894-1943

 

Née le 1er mai 1894 à Husovice (Autriche, actuelle Brno en Tchécoslovaquie), Helena était la sixième fille d’un humble cordonnier ; on a pu orthographier son nom Kafka ou Kafková.

En 1896, la famille s’installa à Vienne, se rapprochant d’une minorité tchèque.

Adolescente, Helena travailla comme aide-infirmière à l’hôpital Lainz. A dix-neuf ans, elle entra chez les Sœurs Franciscaines de la Charité Chrétienne ou Sœurs Hartmann, prenant le nom de Maria Restituta, par référence à cette Martyre du 4e siècle (voir au 17 mai).

Après la Première guerre mondiale, elle travailla comme infirmière à l’hôpital Mödling, et même comme première infirmière au bloc opératoire, de 1919 à 1938. C’est dans cet hôpital que son courage va marquer le cours de sa vie.

Après l’Anschluß qui annexait de force l’Autriche à l’Allemagne, la Sœur Restituta refusa énergiquement de supprimer les crucifix des chambres de l’hôpital, qu’elle avait elle-même accrochés dans une nouvelle aile de l’établissement. A ce «grief» s’ajouta celui d’avoir écrit deux lettres où elle critiquait le régime nazi.

Ce fut un docteur de l’hôpital, partisan du nazisme, qui la dénonça. On l’arrêta le jour du Mercredi des Cendres, 18 février 1942, au moment où elle sortait de la salle d’opération.

Le 29 octobre 1942, elle fut condamnée à être guillotinée par une Cour de Justice Populaire, pour entente avec l’ennemi et instigation à haute trahison.

En attendant le jour fatal, elle resta en prison, où elle s’occupa des autres prisonniers, parmi lesquels même les communistes parlèrent d’elle en bien. On lui proposa la liberté, si elle acceptait de quitter sa communauté religieuse, ce qu’elle refusa évidemment.

Une pétition fut présentée à Martin Bohrmann, qui la refusa, pour l’exemple.

Au moment de l’exécution, Maria Restituta demanda au prêtre présent de lui faire sur le front le signe de la croix.

L’exécution eut lieu à Vienne le 30 mars 1943. Sœur Restituta avait quarante-huit ans.

Elle a été béatifiée en 1998.

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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 10:46

Jean-Baptiste Malo

1889-1954

 

Jean-Baptiste naquit le 2 juin 1889 à La Grigonnais (Loire Atlantique), de fermiers modestes, et fut baptisé le jour-même.

C’est dans la commune voisine de Vay, qu’il reçut son éducation et sa formation.

En 1928, il entra aux Missions Etrangères de Paris et fut ordonné prêtre en 1934.

Sa première mission fut à Lanlong (Anlong, Guizhou, Chine), où il apprendra le chinois auprès d’un autre missionnaire, le père Pouvreau.

Le père Malo visita inlassablement les communautés chrétiennes, menacées par les troupes communistes et qui n’avaient pas revu de prêtres parfois depuis vingt ans. Il fonda quatre écoles.

En 1951, arrivèrent les communistes. Le père Malo fut une première fois arrêté et expulsé de Chine.  Il étaitt déjà très affaibli et malade, et dut aller se reposer à Hong-Kong, puis en France ; revenu au Laos, il fut affecté à la mission de Thakhek.

Après la proclamation de l’indépendance du Laos, les troupes viêt-minh communistes envahiront peu à peu le pays ; le père Malo sera contraint de se réfugier vers Paksé, au sud.

Le 15 février 1954, le père Malo tombera dans une embuscade ; arrêté, brutalisé, interrogé, il fut acheminé vers un «camp de rééducation», où il ne pourra arriver, épuisé de faim et de mauvais traitements.

Le 28 mars 1954, troisième dimanche de carême, s’acheva son chemin de croix. Enterré de façon sommaire, son corps fut transféré en 1999 à la paroisse de Vĩnh Hi (Vũ Quang, Hà Tĩnh, Vietnam).

Le père Jean-Baptiste Malo a été béatifié le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 28 mars dans le Martyrologe Romain.

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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 00:00

29 MARS

 

II.

S Eustasius, évêque à Naples.

IV.

Ss Jonas et Barachise, deux frères qui visitaient les chrétiens en prison, horriblement torturés à Hubaham.

S Marcos, évêque à Aréthuse ; un moment arien par faiblesse, il confessa la foi orthodoxe malgré les tourments des ariens.

S Marc, ermite grec en Ethiopie ou en Libye, mort à cent-vingt ans.

?

Ss Pasteur et Victorin, martyrs à Nicomédie.

V.

Ss Armogastus, Archinimus et Saturninus, intendant royal, torturés près de Carthage par les Vandales qui, pour ne pas en faire des martyrs glorieux, ne les firent pas mourir, mais ils furent quand même honorés comme tels.

Ste Gladys (Gwladys), galloise, fille du roi de Brecknock, épouse de s. Gondlée, ci-après. 

S Gondlée (Gundleus, Gwynllyw), gallois, époux de ste Gladys, père de s. Cadoc.

VII.

Ss Firmin, Aule, Eumaque et Longin, quatre évêques à Viviers ; Aule était le fils de Firmin, très cultivé et éloquent.

VIII.

S Juéry, évêque à Sens.

IX.

S Eustathe, évêque à Brousse, exilé à cause de l’iconoclasme.

XI.

B Stephanus X, pape (1057-1058) : ancien moine au Mont Cassin, il combattit l’incontinence des clercs, il substitua le chant romain à l’ambrosien ; il n’est pas sûr qu’il ait été béatifié.

XII.

Ste Diésnode, moniale puis recluse à Wessobrunn.

B Berthold, croisé limousin, moine au Mont-Carmel où son frère, patriarche à Antioche, l’établit prieur.

S Guillaume Tempier, abbé augustin et évêque à Poitiers.

XIII.

S Ludolf, prémontré, évêque à Ratzeburg, honoré comme martyr à cause des mauvais traitements reçus du duc de Saxe.

XVI.

B John Hambley, prêtre anglais martyr près de Salisbury, béatifié en 1987.

Eustasius de Naples

3e siècle

 

Des douze premiers évêques de Naples, tous saints, Eustasius fut le septième.

Le premier titulaire de ce siège ayant vécu au 2e siècle, Eustasius peut assez probablement être situé au 3e siècle.

Le culte qu’on lui témoignait fut confirmé assez récemment, au dix-neuvième siècle.

Saint Eustasius de Naples est commémoré le 29 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcos d’Aréthuse

† 362

 

Sous Constantin (306-337), Marcos fut élevé au siège épiscopal d’Aréthuse (auj. al-Rastan, Homs, Syrie).

Quand les frères de Constantin éliminèrent toute la parenté de celui-ci pour accaparer le pouvoir, Marcos sauva de la mort les deux petits frères, Gallus et Julien, sans se douter que ce dernier allait devenir son propre persécuteur.

Le premier gros problème de Marcos fut doctrinal : par faiblesse plus que par conviction, il se trouva dans les rangs des ariens, sans l’avoir vraiment voulu. Pendant des années il fut considéré comme semi-hérétique. Le fait est que, au concile de Sirmium (359), sa formule théologique ne fut toujours pas acceptée. Mais ensuite, il cessa toute connivence avec les ariens et fut toujours du côté des «orthodoxes».

A partir de 361, sa position devint précaire par l’attitude de l’empereur Julien l’Apostat, qui décida de rétablir le paganisme en combattant violemment le christianisme. Lui qui, lecteur, avait proclamé la Parole de Dieu dans l’Eglise, s’opposa désormais à la Parole de Dieu avec une haine farouche.

Dans Aréthuse, Marcos avait fait abattre un temple païen, mais il dut s’enfuir lorsque parurent les décisions de l’empereur. Cependant, apprenant que son clergé et ses fidèles étaient arrêtés en grand nombre, il revint dans sa ville pour exprimer à son troupeau ses encouragements. Puis il se livra de lui-même aux persécuteurs.

On voulut lui arracher la promesse de faire reconstruire le temple païen ; peine perdue ! On le tortura horriblement : ce furent les bourreaux qui se lassèrent, finissant par admirer la constance du vieillard. Même le préfet s’adressa à Julien : Tu n’as pas honte de voir que nous sommes vaincus par ce vieillard qu’il ne serait vraiment pas glorieux de vaincre ?

Julien laissa faire. Marcos fut relâché. Son exemple et sa parole continuèrent de convertir des païens. Il acheva ses jours dans la paix, en 364.

S.Grégoire de Nazianze (v. 25 janvier) le qualifia d’homme remarquable et très saint vieillard, expression reprise dans le Martyrologe. Certains l’ont, à juste titre, considéré comme martyr.

Saint Marcos d’Aréthuse est commémoré le 29 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Armogastus, Archinimus, Saturninus en Afrique

† 462

 

Quand le roi des Vandales Genséric († 477) repassa d’Espagne en Afrique (429), il se mit à persécuter les Chrétiens avec rage. Lui-même partisan des ariens, il est soutenu sur place par les donatistes qui ne demandent pas mieux de se débarrasser des Chrétiens fidèles à Rome. Les localités où prédomine le catholicisme romain, voient leurs murs abattus ; l’épiscopat catholique est violemment persécuté ; l’Eglise subit des déportations massives, sans parler des horribles tortures.

En 431, Hippone, le siège de s.Augustin (v. 28 août), est prise ; Carthage en 439 ; en 442, Genséric est maître absolu dans toute l’Afrique du Nord, ces régions qui seraient aujourd’hui le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye. En 455, c’est le sac de Rome et l’invasion de la Corse et de la Sardaigne.

Venons-en ici à nos trois martyrs.

  • Armogastus, un comte (certains en ont fait même un évêque) fut la proie des bourreaux. On lui serra les jambes et le front avec des cordes, mais en élevant les yeux pour invoquer la force de Dieu, il desserrait ces cordes, comme si elles n’existaient pas. On suspendit Armogastus par un pied et, impatient, le fils de Genséric ordonna de le décapiter. Mais un prêtre arien qui se trouvait là, voulant empêcher Armogastus de mériter la couronne glorieuse de martyr, suggéra de l’envoyer plutôt aux mines de Byzacène : en réalité, on l’envoya garder les vaches près de Carthage. C’est là qu’il mourut.
  • Archinimus, originaire de Mascula (Numidie, auj. Khenchela, Algérie), fut également insensible aux invitations et aux tortures qu’il subit. Le roi, qui ne voulait pas lui faire l’honneur d’être un glorieux martyr, demanda aux bourreaux d’alléger seulement les tortures, mais les Chrétiens l’honorèrent également comme martyr.
  • Saturninus était l’intendant de la maison d’Hunéric. On sut qu’il combattait l’arianisme avec énergie. On chercha à le faire apostasier par des promesses d’abord, par des menaces ensuite, par les suppliques enfin de son épouse et de ses enfants, rien n’y fit ; on lui retira tous ses biens, on lui fit subir divers supplices et on finit par le chasser, avec ordre de ne pas paraître en public. On ne sait même pas où et quand il mourut, abandonné, pauvre, mais riche de sa fidélité à Dieu.

Les trois Martyrs dont on vient de parler, moururent bien probablement en 462, mais pas le même jour, comme on s’en rend compte. Ayant été associés dans la mort dans des circonstances similaires, ils furent par l’Eglise unis en une même commémoration, et avec le titre de martyrs, que leur fidélité leur avait bien mérité.

Saints Armogastus, Archinimus, Saturninus sont commémorés le 29 mars dans le Martyrologe Romain.

Stephanus X, pape

1057-1058

 

Frédéric de Lorraine était le fils de Gozelon 1er et Junca. Il avait un frère aîné, dont le petit-fils serait Godefroy de Bouillon.

Frédéric fut à l’école Saint-Lambert de Liège, où il devint chanoine puis archidiacre.

De passage, le pape Léon IX (voir au 19 avril) le remarqua, en fit son chancelier à Rome, et l’envoya auprès de Michel Cérulaire à Constantinople, pour traiter de la réunion de l’Eglise grecque à l’Eglise latine. Malheureusement, la mission échoua, et Léon IX était mort au retour de Frédéric (1054).

Ce dernier alla alors frapper au Mont-Cassin, dont il devint abbé (1057). Le nouveau pape, Victor II, heureux de ce choix, compléta l’élection en créant aussi Frédéric cardinal.

En juillet 1057, Frédéric prenait possession de son titre à Rome, lorsqu’on annonça la mort du pape Victor II. On le consulta pour le nouveau pape : il donna cinq noms, mais le clergé se prononça unanimement pour Frédéric lui-même, à qui on imposa le nom de Stephanus, car on fêtait saint Stephanus 1er ce 2 août 1057.

On admet qu’en français, c’est le nom d’ Etienne qui prévaut, mais en Italie, c’est plutôt Stefano. Les papes ne se sont jamais appelés Etienne, ni Stéphane.

Le nouveau pape, donc, s’appelait Stephanus X. 

En réalité : Stephanus «IX ou X». Pourquoi ? c’est que le deuxième pape de ce nom, Stephanus II, mourut trois jours après son élection (752), sans avoir été sacré. Certains le comptent au nombre des papes, d’autres non. La question n’a jamais été tranchée officiellement, quoiqu’il n’y ait fondamentalement aucun problème : le pape est élu dès lors qu’il accepte le choix émis par les cardinaux. Stephanus II était donc pape à tous les effets.

Stephanus, donc, fut sacré le 3 août 1057. Mais il était toujours abbé du Mont-Cassin, où il se rendit de décembre à février. 

Au Mont-Cassin, il s’en prit aux abus de propriété qui s’y étaient introduits depuis quelques temps. Il remplaça le chant ambrosien par le chant romain. Gravement malade, il y fit élire son successeur, le moine Didier.

A Rome, il combattit énergiquement l’incontinence des clercs, et interdit aux fautifs de célébrer la messe. Il créa cardinal Pier Damiani, le menaçant même d’excommunication s’il n’acceptait pas cette dignité (voir au 21 février). 

Il fit une nouvelle tentative de réunification des Eglises grecque et latine, qui n’eut pas le temps d’aboutir, car ce pontificat allait bientôt se terminer.

Stephanus en effet, pressentit sa fin prochaine. Durant un voyage en Toscane, il mourut le 29 mars 1058 à Florence, où il fut enterré.

Près de son lit de mort accourut Hugues, l’abbé de Cluny (voir au 29 avril), qu’il estimait particulièrement.

Son pontificat avait duré neuf mois et vingt-huit jours.

Des miracles avenus sur son tombeau l’ont fait béatifier dans les livres de l’Ordre bénédictin, mais il n’est pas inscrit dans le Martyrologe romain.

Ce fut Nicolas II qui lui succéda.

 

 

Berthold de Solignac

1155-1195

 

D’après la tradition, Berthold naquit vers 1155 à Limoges. Son frère (ou son oncle) s’appelle Aymeric de Malifaye et deviendra patriarche d’Antioche.

Berthold participa à la croisade et fit le vœu d’entrer en religion en cas de victoire sur les Sarrazins. Effectivement, rescapé après une bataille, il fut admis au Mont-Carmel, vers 1155.

En 1170, le patriarche Aymeric visita le monastère en qualité de légat pontifical, et traça aux religieux une nouvelle règle ; Berthold fut nommé prieur à l’unanimité.

C’est lui qui dédia la communauté à Marie, Mère de Dieu, et l’église au prophète s.Elie (v. 20 juillet).

Berthold restera prieur jusqu’à la fin de ses jours. Il mourut saintenant le 29 mars 1195. 

Son culte fut approuvé une première fois en 1564, puis en 1609. Malgré quelques incertitudes dues à d’éventuels homonymes, le Martyrologe retient le bienheureux Berthold au 29 mars.

 

 

Guillaume Tempier

† 1197

 

Guillaume entra jeune encore chez les chanoines réguliers de Saint-Augustin à Poitiers et y fit la profession.

Sa piété le fit élire abbé de la communauté ; puis sa profonde intégrité l’indiqua pour le siège épiscopal de Poitiers en 1184. 

Ferme et zélé, il défendit les droits de son Eglise contre les seigneurs, corrigea les abus et édifia par ses exemples.

Il fut en correspondance avec le pape Lucius III, dont on conserve une copie de la lettre à Guillaume, de 1185, conservée à la bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris. Ce devait être un des derniers actes du pape, qui mourut précisément le 25 novembre 1185

Après sa mort, le 29 mars 1197, Guillaume fut enterré dans l’église de Saint-Cyprien. Des miracles opérés à son tombeau le firent honorer comme un saint. 

Le Martyrologe mentionne effectivement saint Guillaume au 29 mars.

 

 

Ludolf de Ratzeburg

† 1250

 

Ludolf était membre de l’Ordre de Prémontré, chanoine à la cathédrale de Ratzeburg : voilà tout ce qu’on sait du début de sa vie.

En 1236, il fut nommé évêque de Ratzeburg, ce qui peut laisser supposer qu’il naquit, au plus tard, au tout début du 13e siècle, ou plutôt à la fin du précédent.

Avec les confrères de chapitre, il exigea un style de vie très strict, au point qu’on donna à ce chapitre le nom de prison de l’Ordre ! 

En 1237, il procéda à la fondation d’un monastère de Bénédictines à Rehna.

A partir de 1247, et au nom du pape, il dut résister aux prétentions du duc de Saxe, Albrecht, qui en vint même à mettre en prison le prélat. Dans ces conditions, on imaginera les outrages et les mauvais traitements que Ludolf y subit  et ce, pendant trois années. Quand il fut enfin libéré, le comte de Meklenburg lui assura une retraite chez les Franciscains de Wismar, mais Ludolf, trop épuisé, mourut peu après, le 29 mars 1250.

Le Martyrologe mentionne saint Ludolf comme martyr, au 29 mars.

 

 

John Hambley

1560-1587

 

 John Hambley porta aussi le nom de Tregwethan. 

Né à Bodmin (Cornouaille, Angleterre) vers 1560, d’une respectable famille, il fréquenta diverses écoles et étudia le latin.

Il passa au catholicisme en 1582, en lisant des livres du père Robert Persons. Ce dernier (1546-1610) était un prêtre jésuite anglais, très actif en Angleterre, en Espagne, en France et en Italie : il prit plus tard le nom de Parsons.

John, donc, décida à la Noël 1582, de ne plus assister aux offices protestants mais, pour éviter la prison, s’en vint à Londres. Il séjourna à Smithfield, où il rencontra d’autres prêtres. Sa conversion fut totale.

Il résolut de passer au Collège anglais de Reims et quitta l’Angleterre en mai 1583. De Dieppe, il rejoignit Rouen, Paris, et arriva à Reims le 28 mai 1583.

Dès 1584, il reçut les ordres mineurs à Reims, des mains du Cardinal de Guise, fut ordonné prêtre à Laon en septembre et repartit en avril 1585, déguisé en domestique, avec deux autres prêtres, Morris Williams et James Clayton. 

James acosta à Newcastle, Hambley et Morris à une vingtaine de kilomètres de Ipswich, et rejoignirent Londres, où ils logèrent deux semaines à Holborn. Là, ils se séparèrent et John resta à Holborn, pendant un mois, célébrant la Messe dans une petite pièce. Puis il partit pour Beaminster (Dorset).

Après un an, autour de Pâques 1586, il fut capturé sur trahison : il était en train de voyager avec un couple de fiancés, pour aller célébrer leur mariage. Il fut jugé et condamné à mort à Taunton.

Sur le moment, il sauva sa peau en reniant sa foi, et fut seulement confiné ; mais il s’enfuit et vint à Salisbury, reprenant ses activités de prêtre catholique.

En août, l’évêque protestant du lieu, dans sa haine envers l’ancienne religion, se mit à la recherche des maisons de Catholiques. La veille de l’Assomption, on remit la main sur John Hambley.

En bien mauvaise posture, John ressentit une plus grande frayeur encore ; il accepta de se plier au conformisme, et alla jusqu’à donner les noms de nombreux amis Catholiques. On le libéra.

A nouveau jugé à Pâques de l’année suivante, il accepta encore une fois le conformisme. Mais après cette troisième trahison, il se ressaisit.

On ne sait pas comment lui arriva enfin cette grâce de la conversion et de la persévérance finale et on en a beaucoup discuté. Un contemporain, le père Warford, pensait qu’il avait été averti par son ange gardien ; un autre, le père Gerard, parle avec davantage de probabilité de l’influence d’un voisin de prison, Thomas Pilchard, qui fut, lui, martyrisé le 21 mars 1587 (voir à ce jour) ; un autre texte avance qu’au moment de son jugement, étant sur le point de renier à nouveau sa foi, un «étranger» (l’ange gardien ?) lui remit une lettre, dont la lecture le fit pleurer. 

Sur le moment, il refusa de dire à quiconque le motif de ces larmes, mais le lendemain, il affirma clairement devant les juges que désormais les pires tourments ne le feraient plus revenir sur sa foi catholique. Il montra même sa joie d’aller à l’endroit de son exécution., et souffrit le martyre par pendaison près de Salisbury courageusement, et condamnant avec véhémence sa faute passée

On pense que le martyre de John Hambley eut lieu le 29 mars 1587, son dies natalis dans le Martyrologe. 

Il a été béatifié parmi les quatre-vingt-cinq Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles en 1987.

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