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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 20:15

María Antonia de Paz y Figueroa

1730-1799

 

María Antonia de Paz y Figueroa naquit en 1730, de famille aisée, à Silipica (Santiago del Estero, Argentine).

Ayant reçu une bonne éducation chrétienne, elle conçut dès l’âge de quinze ans, en 1745, le désir de se consacrer entièrement à Dieu. Au contact avec la spiritualité ignatienne, elle vêtit le simple habit de consacrée et, avec d’autres amies, commença à vivre en communauté dans un local appelé «Beaterio».

En 1767, comme on le sait, l’Ordre des Jésuites fut interdit, et les Religieux expulsés. María Antonia cependant se refusa à abandonner la pratique des Exercices Spirituels de s.Ignace (v. 31 juillet), appuyée en cela par son directeur spirituel et par l’évêque. Elle se mit donc à parcourir les villages et les quartiers des villes, appelant, convoquant, et prêchant d’exemple. Elle eut aussi une remarquable aptitude à gérer l’accueil des participants, leur garantissant le vivre et le couvert durant toute la session.

Le résultat ne se fit pas attendre : nombreuses furent les conversions, les retours à la foi, la pratique des vertus, le renouveau spirituel des prêtres et des religieux.

En 1779, María Antonia parcourut des milliers de kilomètres à pied, rejoignant Jujuy, Salta, Tucumán, Catamarca, la Rioja, Córdoba, et finalement Buenos Aires ; là, elle se heurta à l’opposition des représentants impériaux, mais l’évêque la reçut avec grande bienveillance et lui concéda d’amples facultés.

Cette spiritualité rencontra en réalité un immense succès, et gagna même la France. María Antonia profita de cet avantage, nous dit-on, pour introduire et développer la dévotion à s.Gaétan (v. 7 août), patron des sans-emplois, des ouvriers, dont la fête est une sorte de fête nationale religieuse en Argentine.

Cette fondatrice savait être aussi discrète qu’efficace. Elle sut mettre en contact les riches et les pauvres sans créer d’affrontements ; elle savait demander conseil avant de décider ; elle-même marchait pieds-nus et portait le cilice.

En 1790, elle se rendit jusqu’en Uruguay. De retour à Buenos Aires, elle fit construire une maison d’exercices spirituels plus ample, y installant les femmes qui collaboraient avec elles et qui devinrent alors les Filles du Divin Sauveur. María Antonia adopta le nom religieux de María Antonia de Saint-Joseph, mais le peuple la connaissait mieux sous le nom de Mama Antula. La maison de Buenos Aires est toujours active aujourd’hui.

María Antonia s’éteignit après une courte maladie, le 7 (ou le 6 ?) mars 1799.

María Antonia de Paz y Figueroa fut béatifiée en 2016, et inscrite au Martyrologe le 7 mars.

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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 10:51

Władysław Bukowiński

1904-1974

 

Władysław-Antonij Kiprijanovič Bukowiński naquit le 22 décembre 1904 à Berdyczów ; il était le frère aîné de Gustav et Irene, tous enfants du premier mariage de Jozef Cyprian Bukowiński, dont l’épouse, Jadwiga Scipio del Campo, mourut en 1918 ; ayant alors épousé en 1920 la sœur de cette dernière, Victoria, Jozef eut encore un fils, Zygmunt.

Cette famille était polonaise d’origine et, comme beaucoup de familles de ces régions, habitait dans la zone qui aujourd’hui est l’Ukraine, dans ce qui était l’Empire de Russie.

Władysław reçut le baptême le 26 décembre suivant sa naissance.

En 1912, on déménagea dans la ville polonaise d’Opatów. En 1914, Władysław revint en Ukraine, pour étudier à Kiev puis dans la région de Podolia ; en 1917, il fréquenta une école polonaise à Płoskirów (nom polonais de la ville ukrainienne de Khmelnytskyi) et, en 1920, fuyant l’avancée des Bolcheviks, la famille s’en vint dans la ville polonaise de Sandomierz.

En 1921, Władysław passa l’examen de terminale à Cracovie et entreprit des études de théologie. C’était un esprit supérieur qui savait mener de front plusieurs activités : il fréquenta également les cours de Droit à l’université ; il publia trois mémoires sur l’histoire de droit médiéval, dont deux furent récompensés par la faculté. De 1923 à 1925, Władysław suivit les cours de Sciences Politiques à la faculté de Droit et obtint son diplôme de doctorat.

En 1926, après une heureuse rencontre avec un ecclésiastique, il décida de commencer vraiment la théologie en vue du sacerdoce. Il fut ordonné prêtre en 1931.

De 1931 à 1935, il fut vicaire et catéchiste à Rabka, où il fonda le cercle Revival pour les étudiants. En 1935-1936, il fut vicaire et catéchiste à Sucha Beskidzka ; il fut ensuite à Łucka de 1936 à 1945.

Durant cette période, il travailla beaucoup aux côtés d’immigrants polonais, de prisonniers politiques ou criminels. Il enseigna la sociologie au Grand séminaire de 1936 à 1939, en même temps qu’il devenait le secrétaire général de l’Action Catholique à partir de 1938, directeur de l’Institut Supérieur de Sciences Religieuses et rédacteur en chef adjoint de La Vie Catholique.

Lors de la déclaration de guerre en 1939, l’évêque lui confia la pastorale de la cathédrale de Łuck, où l’on put remarquer et admirer sa grande intelligence, sa sérénité en face du danger, sa détermination à défendre la liberté de la religion.

En 1940, il fut arrêté par les agents du NKVD (la police secrète soviétique) et condamné à huit années de travaux forcés pour le crime d’être prêtre dans une zone contrôlée par le communisme. En 1941, les troupes germaniques envahirent l’Union Soviétique et la police soviétique voulut abattre les prisonniers ; mystérieusement, Władysław ne fut pas fusillé, et put reprendre sa place à Łuck ; là, il s’employa à cacher des enfants juifs chez des familles catholiques.

Survint une seconde arrestation en 1945, avec d’autres prêtres et l’évêque. On les expédia à Kovel puis Kiev, en les accusant de trahison ou d’espionnage en faveur du Vatican. En juin 1946, Władysław fut condamné à dix années de goulag, dans les mines de Karaganda (Kazakhstan) ; mais Władysław n’était pas abattu pour autant : dès qu’il le pouvait, il passait parmi les prisonniers pour les réconforter, pour donner l’absolution, pour donner l’Eucharistie - car il arrivait aussi à célébrer clandestinement.

En 1947, il fut transféré dans une autre prison, où il contracta une sévère pneumonie ; après une brève hospitalisation, il fut renvoyé en prison ; en 1950, nouveau transfert dans un autre camp. Władysław continuait son apostolat caché et efficace auprès des autres prisonniers, particulièrement des malades.

Presqu’au terme des dix années infligées, en 1954, il fut «libéré», mais affecté à la surveillance d’un chantier de construction à Karaganda ; en réalité, il était le premier prêtre à pénétrer dans ce lointain Kazakhstan communiste. Władysław s’organisa pour célébrer la Messe dans des maisons privées, tous rideaux bien fermés. Il devait se présenter chaque mois à la police locale pour pointer.

En 1955, on lui proposa de retourner en Pologne ; il préféra rester au Kazakhstan et devint même officiellement un citoyen soviétique. Il remit sa démission comme surveillant de chantier et ne s’occupa que de ses activités sacerdotales, même cachées.

En 1957, il vint en aide à un groupe de Polonais déportés à Alma-Ata, nouveau crime pour lequel il fut accusé d’activités illégales (il avait fait construire pour eux une chapelle !), et envoyé pour trois ans dans un camp de travail à Irkutsk. Il put revenir à Karaganda en 1962.

De 1963 à 1973, Władysław put voyager trois fois en Pologne : il fut reçu par l’archevêque Karol Wojtyła, futur pape s.Jean-Paul II. Très surveillé par les services secrets, il put faire une brève visite à sa famille, accomplit encore une mission en Tadjikistan, dut passer plusieurs mois d’hospitalisation et retourna au Kazakhstan en octobre 1974, très affaibli. Il célébra la Messe pour la dernière fois le 25 novembre et reçut les ultimes Sacrements.

Władysław avait cumulé plus de treize années de camp de concentration. Il s’éteignit à Karaganda, le 3 décembre 1974, ayant entre ses doigts le chapelet qu’il s’était confectionné avec des boulettes de pain.

Władysław Bukowiński fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 3 décembre.

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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 00:00

 

23 NOVEMBRE

 

I.

S Clément Ier, pape (88-97) : auteur d'une Epître aux Corinthiens, relégué en Chersonèse où il aurait été jeté à la mer, une ancre au cou ; chaque année depuis, la mer se retirait pour laisser voir son tombeau ; une maman y aurait retrouvé vivant son petit enfant laissé l'année précédente ; s. Cyrille y aurait retrouvé et le corps et l'ancre. Son nom est mentionné au Canon romain.

II.

Ste Felicitas mère (?) des sept martyrs romains : Ianuarius, Felix, Philippus, Silanus, Alexander, Vitalis, Martialis (cf. 10 juillet).

?

Ste Mustiola, martyre à Chiusi. 

III.

S Clemens, premier évêque à Metz (I. ?).

IV.

S Sisinnios, évêque martyr à Cyzique.

Ste Lucretia, vierge martyre à Mérida.

V.

S Amphilochios, évêque à Iconium, émule des ss. Basile le Grand et Grégoire de Nazianze.

S Spes, évêque à Spolète.

S Paulin, fondateur d'un monastère et abbé à Whitland.

VI.

S Séverin, ermite près de Paris, qui remit à s. Cloud l'habit religieux.

VII.

S Gregorio, moine en Syrie, évêque à Agrigente, auteur d'un commentaire de l'Ecclésiaste en grec ; on essaya de le compromettre avec une femme pour le dénoncer au pape.

S Colomban, moine irlandais, apôtre en Gaule, fondateur de monastères à Luxeuil et Bobbio.Ste Vulfétrude, abbesse à Nivelles ; elle succéda aux saintes Itte et Gertrude. 

S Trudo (Trond), prêtre à Sarchinium, Zerkingen. 

VIII.

S Lamain, martyr en Franche-Comté.

X.

Ste Rachilde, recluse à Saint-Gall, victime de plaies cancéreuses pendant plus de vingt ans.

S Pharetrius (Phalier), moine solitaire à Chabris.

XV.

Bse Marguerite de Savoie, marquise de Montferrat, nièce du pape d'Avignon Clément VII, dominicaine et, exceptionnellement, abbesse à Alba.

XIX.

Ste Yu So-sa Jechillia, veuve coréenne octogénaire martyrisée après douze interrogatoires, canonisée en 1984 et fêtée le 20 septembre.

XX.

B Miguel Agostino Pro (1891-1927), prêtre jésuite mexicain, fusillé, béatifié en 1988.

Bse Felícitas Cendoya Araquistain (María Cecilia, 1910-1936), Visitandine à Madrid, qui retourna vers ses bourreaux après les avoir fuis une première fois, fusillée, béatifiée en 1998.

B Jaime Nàjera Gherna (Alejandro, 1910-1936), prêtre capucin, martyrisé près de Barcelone, béatifié en 2015.

Bse Maria Angela Alfieri (Enrichetta, 1891-1951), des Sœurs de la Charité de Sainte Jeanne-Antide Thouret, italienne béatifiée en 2011.

Clément 1er

88-97

 

Clemens, premier pape de ce nom, fut le quatrième pape de l’histoire de l’Eglise. Il succéda à Clet (ou Anaclet, s’il faut distinguer ces deux noms, selon certains).

Fils de Faustinianus, né à Rome dans le quartier du Cœlius, Clemens fut disciple direct de saint Pierre et de saint Paul, selon le témoignage de saint Irénée.

Une très ancienne tradition, déjà attestée par Origène, repris par saint Jérôme, identifie le pape Clemens avec le personnage du même nom mentionné par saint Paul aux Philippiens (Ph 4:3).

Il semble moins sûr que le pape Clemens ait été de la famille de Flavius Clemens.

C’est donc sous le pontificat de Clemens qu’une forte agitation mit en effervescence la communauté chrétienne de Corinthe, comme ç’avait déjà été le cas au temps de saint Paul. La lettre que Clemens leur envoie en cette occasion contient beaucoup de réminiscences de l’Ancien Testament, de conseils avisés pleins de douceur et de bonté, invitant à la réconciliation, à l‘humilité, à l’obéissance, au respect de la hiérarchie ecclésiastique.

C’est le premier exemple de l’intervention de l’évêque de Rome dans une autre communauté, signe de la primauté romaine dans l’Eglise universelle.

La Lettre aux Corinthiens de Clemens fut très célèbre, au point qu’on la citait juste après les écrits inspirés. Actuellement, on en reprend plusieurs extraits dans le bréviaire. Successivement, on attribua au même pape d’autres écrits, jugés aujourd’hui comme apocryphes : une homélie considérée comme sa seconde épître, deux lettres aux Vierges…

D’après certains écrits, saint Clément, victime des persécutions sous Nerva et Trajan, fut relégué en Chersonèse. Il y retrouva nombre de chrétiens déjà exilés là, y opéra des miracles qui le rendirent célèbre et amena à la foi des centaines de païens. Le bruit en vint aux oreilles de Trajan, qui ordonna de le précipiter en mer, une ancre au cou.

Ce martyre aurait eu lieu le 23 novembre 97.

Depuis, la mer se retirait chaque année pendant huit jours pour permettre d’aller honorer le saint corps du Martyr. Une année, une maman se retira trop précipitamment et n’eut pas le temps d’emmener son petit garçon… qu’elle retrouva juste endormi l’année suivante.

Saint Cyrille, l’apôtre des Slaves au 9e siècle, crut retrouver le saint corps et le ramena à Rome. C’est depuis ce temps que les reliques de saint Clément reposent dans la basilique Saint-Clément, édifiée au lieu d’un ancien temple de Mithra, entre le Cœlius et l’Esquilin. Cette basilique offre un intérêt extraordinaire du point de vue archéologique.

D’après le Liber pontificalis, Clemens ordonna quinze évêques, dix prêtres et deux diacres. Il aurait aussi, dans chaque quartier de Rome, chargé un notaire de rechercher avec soin et attention les Actes des martyrs.

Saint Clemens est fêté en son dies natalis, le 23 novembre, jour où le mentionne le Martyrologe.

Dans la prière du Communicantes du Canon Romain de la Messe, saint Clemens est nommé juste après Lin et Clet, les deux successeurs de saint Pierre. Certains anciens ont écrit que Lin et Clet n’avaient été que des «coadjuteurs» de Pierre, et que Clément lui aurait directement succédé. Ceci bouleverserait sans doute toutes les dates avancées pour les différents pontificats, mais n’est pas la thèse qui a finalement été adoptée.

C’est en ce jour que Blaise Pascal eut sa nuit de lumière et qu’il écrivit son Mémorial, «jour de saint Clément… veille de saint Chrysogone» (lundi 23 novembre 1654).

Le successeur de Clemens fut saint Evariste.

 

 

Felicitas de Rome

† 162

 

On a vu le problème qui existe au sujet de cette présumée mère de sept garçons, tous martyrisés le 10 juillet 162.

Voyant ses sept fils torturés sous ses yeux, elle les exhortait ainsi : Levez les yeux, regardez vers le ciel, c’est là que Jésus-Christ vous attend avec ses Saints.

Elle fut enterrée près de Silanus, au cimetière de Maximus, ce qui fait penser qu’elle en était bien la mère. Mais pour les autres, enterrés en trois autres cimetières, on a expliqué qu’ils auraient été victimes de juges différents.

Finalement, Felicitas n’aurait aucun rapport de parenté avec ces autres Martyrs.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Felicitas de Rome, au 23 novembre.

 

 

Mustiola de Chiusi

† 275

 

Mustiola aurait été une lointaine parente de l’empereur Claudius II. Elle quitta cette Rome trop agitée par les événements politiques et vint à Chiusi (Toscane, Italie C). On ne sait si elle était déjà baptisée à ce moment-là ou si elle reçut ce sacrement des mains de l’évêque Marcus de Chiusi.

Lorsque l’empereur Aurélien se déchaîna contre les Chrétiens, Mustiola mit tout son crédit et ses biens au service des Chrétiens, achetant les gardiens de prison, visitant les prisonniers de nuit pour les réconforter et les encourager à rester fidèles a Christ.

Arriva sur ces entrefaites un envoyé impérial, chargé d’inspecter la situation de Chiusi au sujet des nombreux Chrétiens arrêtés. On lui signala Mustiola.

Sous les yeux de celle-ci, il fit torturer et décapiter plusieurs Chrétiens ; un diacre, Ireneo, fut longuement torturé sur le chevalet et eut tout le corps brûlé par des fers incandescents. Mais Mustiola restait ferme dans son attitude. Elle fut alors battue avec des lanières garnies de plomb, et expira le 23 novembre 275.

Une version différente des faits raconte que, dans un premier temps, Mustiola aurait réussi à tromper ses gardiens en traversant le lac de Chiusi sur son manteau. Reprise, elle aurait alors été battue à mort, le 3 juillet 275.

Une autre variante, encore plus étonnante, prétend que Mustiola avait rapporté de Rome un anneau mystérieux, que lui avait d’ailleurs remis son fiancé, un Chrétien nommé Lucius. Ce dernier fut martyrisé. L’anneau aurait été ni plus ni moins celui que remit s.Joseph à la Vierge Marie lors de leurs fiançailles. La ville de Chiusi le conserva longtemps ; au quinzième siècle, un religieux osa le remettre aux habitants de Pérouse, entraînant la Guerre de l’Anneau qui opposa longtemps les deux villes et ne s’acheva que lorsqu’on retrouva le saint corps de Mustiola : la découverte apaisa les uns et les autres et mit fin à la guerre. Le fameux anneau se trouverait encore dans la cathédrale de Pérouse.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Mustiola de Chiusi au 23 novembre.

 

 

Clemens de Metz

3. siècle

 

Clemens aurait été consacré évêque par s.Pierre lui-même, d’après des récits anciens mais apparemment peu historiques.

On croit que Clemens organisa la première communauté chrétienne de Metz au troisième siècle.

Il y aurait construit une première église, dédiée à saint Pierre, à l’origine de l’église Saint-Pierre aux Arènes, que les fouilles ont pu mettre à jour.

On ajoute que même les serpents s’éloignèrent de Metz, dès lors que fut construite cette église. De là sortit aussi la merveilleuse histoire où Clemens, avec son étole, aurait saisi par le cou un énorme dragon et l’aurait jeté dans le fleuve. Qu’il suffise de penser que Clemens, en apportant la Foi dans cette région, en éloigna l’Ennemi infernal.

Le saint Evêque, en réalité trop peu connu, fut inscrit au Martyrologe le même jour que le pape s.Clément.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Clemens de Metz au 23 novembre.

 

 

Sisinnios de Cyzique

† 303

 

Sisinnios fut un évêque à Cyzique (Hellespont, auj. région turque au sud de la Mer de Marmara).

Durant la persécution de Dioclétien, il fut longtemps torturé, et décapité.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Sisinnios de Cyzique au 23 novembre.

Signalons ici que la ville de Cyzique, totalement chrétienne au 6e siècle, fut pillée par les Arabes au 7e siècle, et vidée de ses habitants. Les Croisés tentèrent de la relever, mais le centre historique devint une simple carrière de pierres. A partir du 14e siècle, la population passa progressivement à l’Islam sous la pression turque. Après le «traité» de Lausanne, on en expulsa les quelques Chrétiens qui s’y trouvaient encore.

 

 

Lucretia de Mérida

† 303

 

Lucretia semble avoir été une vierge de Mérida, qui fut martyrisée peut-être sous Dioclétien.

Son nom a été diversement orthographié : Leocritia, Leucretia, Leucricia.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Lucretia de Mérida au 23 novembre.

 

 

Amphilochios d’Iconium

† 400

 

Amphilochios fut le fils d’Amphilochos et de Livia. Amphilochos était avocat à Diocésarée, une localité proche de Nazianze (ou un petit bourg de cette ville, act. Bekarlar, Bekar, Nenezi, Turquie CS).

Les deux amis que furent s.Basile de Césarée et s.Grégoire de Nazianze (v. 2 janvier), connurent Amphilochios de très près et le considérèrent un peu comme leur fils. Il serait donc né bien après eux, vers 340 ou 350.

Livia mourut fort jeune, laissant deux garçons et une fille : Amphilochios, Euphemios et Theodosia. Les deux garçons étaient très liés, et la douleur d’Amphilochios fut grande lorsqu’Euphemios mourut, assez jeune.

Amphilochios s’orienta vers le droit ; il étudia à Constantinople.

Vers 369, il eut des problèmes d’argent et s.Basile l’adressa à Themistios, un rhéteur fort puissant à la cour et ami du père d’Amphilochios. Mais celui-ci préféra rejeter le monde. Il se retira près de son vieux père, qui vivait dans un trou perdu, Ozizala, où ne poussaient que les herbes. S.Basile leur envoya du blé.

Vers 373, un ami d’Amphilochios, nommé Heraclides, vint consulter s.Basile… et resta auprès de lui, au grand désappointement d’Amphilochios qui le «menaça» même de procès ! L’avocat pointait encore !

Amphilochios progressait dans la voie de la perfection, grâce aux conseils de s.Basile. Il avait surtout une grande qualité : l’humilité ; il ne craignait rien tant qu’être appelé à quelque ministère dans l’Eglise, dont il se sentait absolument incapable.

Mais s.Basile avait une autre idée : il lui fallait un candidat sûr pour le siège épiscopal d’Iconium, et c’est à son jeune ami qu’il pensa.

Amphilochios se «mit au travail» avec ardeur, invoquant fidèlement et humblement les lumières de s.Basile. Les deux amis se rencontraient volontiers. Ainsi, par Amphilochios, Basile rayonnait bien au-delà de son propre diocèse, pratiquement sur presque toute l’Asie Mineure.

S.Basile dédia à Amphilochios son traité sur l’Esprit-Saint.

En 379, s.Basile mourut. Heureusement, l’amitié de s.Grégoire de Nazianze ne fit pas défaut à Amphilochios, qui fut d’ailleurs un des évêques les plus écoutés de cette période.

Il combattit les erreurs et les hérésies. Outre l’arianisme, il s’en prit aux messaliens qui prétendaient passer leur temps à prier, vivant d’aumônes, et se faisant appeler bien modestement anges, prophètes, patriarches, et même christs. Le concile de Side, sous la présidence d’Amphilochios, se chargea de les condamner.

On ne connaît pas la date précise de la mort d’Amphilochios. Il «disparaît» après 394. Il mourut bien probablement vers 400.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Amphilochios d’Iconium au 23 novembre.

 

 

Séverin de Paris

† 540

 

Séverin fut un ermite, qui vivait en reclus sur les bords de la Seine près de Paris, au temps du roi Childebert 1er.

Sa sainte vie attira beaucoup de gens, par curiosité pour les uns, comme c’est souvent le cas, par respect pour d’autres, que ce genre de vie attirait.

S.Cloud (Clodoald, v. 7 septembre) fut de ceux qui vinrent auprès de Séverin par réel désir de se consacrer à Dieu. Séverin remit à Cloud l’habit religieux et le tonsura.

On ne dit rien d’autre sur Séverin, et c’est regrettable.

Il mourut vers 540.

L’église Saint-Séverin s’élève sur l’emplacement de son ermitage.

Saint Séverin de Paris est commémoré le 23 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gregorio d’Agrigente

† 603

 

Gregorio pouvait être sicilien d’origine, et plus précisément d’Agrigente.

Il serait allé en Syrie pour être moine, puis serait venu à Rome.

C’est là que le pape le connut et l’ordonna évêque d’Agrigente, septième titulaire de ce diocèse (590).

Mais comme Nul n’est prophète en son pays (cf. Mt 13:57), ses ennemis le noircirent avec une histoire de femme et le dénoncèrent au pape.

Convoqué à Rome en 591 par le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars), il y fut «mis en prison», disons : retenu tant que durait l’enquête, mais fut enfin libéré, peut-être en 598, en tout cas avant 603, et recouvra son poste.

Justifié, Gregorio composa un commentaire sur le Livre de l’Ecclésiaste, que nous appelons aujourd’hui le Qohélet. Cet ouvrage est rédigé en grec, car la Sicile était largement sous l’influence de la culture grecque et même de la liturgie de Byzance, même si les moines se réclamaient de l’Eglise romaine.

On ne connaît pas la date exacte de la mort de Gregorio, d’autant plus qu’on ne sait pas exactement quand fut nommé son successeur, Esilirato ; ce fut en tout cas après 603.

Saint Gregorio d’Agrigente est commémoré le 23 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Columbanus de Luxeuil

543-615

 

Columbanus (Colomban) naquit en 543 dans une riche famille à Nobber (ou Navan, comté de Meath, Aileach, Irlande).

Encore enceinte, sa mère eut la vision d’un soleil qui sortait de son sein, l’avertissant du grand rôle illuminateur qu’aurait son fils.

Columbanus reçut donc une éducation très soignée, mais le garçon, rejetant le monde, alla étudier à Cluain Inis (comté de Donegal) et entra vers 563 au monastère de Bangor (Belfast), où il resta une trentaine d’années.

Il fonda le couvent de Durrow, puis décida de «pérégriner» en Europe avec douze compagnons, en vue de rechristianiser l’Europe, frappée par les invasions et les divisions.

Ils abordèrent en Armorique (585), où deux petits villages remontent à leur arrivée : Saint-Colomb-Major et Saint-Colomb-Minor (Saint-Malo). Puis ils firent un important travail d’évangélisation dans le nord-est de la Gaule.

Ils s’établirent à Anagrates (Annegray, Voivre, Haute-Saône). Columbanus aurait «ravi» à un ours une petite cabane pour établir sa retraite, et y fit jaillir une source.

Les vocations se multipliant, Columbanus fonda un autre monastère à Luxeuil, une ancienne station thermale romaine abandonnée. Il y eut jusqu’à trois cents moines, occupés à la copie, à la pharmacie, à l’enseignement.

En 603, après le concile de Châlon qui voulait adopter la date romaine de Pâques, Columbanus, mal informé du problème, essaya de protester et même en appela au pape.

Puis Columbanus, invité par la reine Brunehaut, reprocha saintement au roi Thierry son concubinage. On l’emprisonna à Besançon, il s’évada. La reine lui ordonna alors de quitter les lieux. Il  alla s’embarquer à Nantes pour repartir en Irlande, mais la tempête le fit échouer en Bretagne. Il alla demander protection au roi de Neustrie, Clotaire II. Mais Columbanus sentait qu’il n’était pas arrivé au but de son voyage et poursuivit vers l’Austrasie.

Là, la reine Brunehilde fit assassiner le roi Thibert II, qui avait bien accueilli Columbanus. Ce dernier poursuivit son chemin et gagna Bregenz (sur le lac de Constance, où fut construit un monastère.

Se voyant encore menacé par Brunehilde, Columbanus passa les Alpes ; un de ses compagnons s’arrêta dans les Alpes, et fut à l’origine du monastère Saint-Gall.

Columbanus finit par fonder un nouveau monastère près de Bobbio (Plaisance, Italie Nord-Ouest), en 614, où il mourut en 615 et fut bientôt canonisé.

Saint Colombanus a laissé quelques écrits, des lettres et surtout une Règle.

Ses pérégrinations l’ont rendu Patron des motocyclistes.

Le jour de la mort de saint Columbanus serait le 21 (ou le 22) novembre ; ces jours étant historiquement et traditionnellement consacrés à la Présentation au Temple de Marie et à sainte Cécile, saint Colomban est actuellement fêté le 23 novembre et mentionné en ce jour au Martyrologe.

 

 

Trudo de Zerkingen

† 690

 

Trudo (Trudon, Trond) naquit en Hesbaye (act. Belgique), d’une importante famille franque.

Jeune, il fréquentait les églises et aurait promis à Dieu d’en bâtir une.

Une nuit, il eut une vision, ou un rêve, qui le détermina à aller trouver l’abbé s.Remacle (v. 3 septembre) ; il devint son disciple.

Sur le conseil de ce dernier, Trudo se rendit alors auprès de l’évêque de Metz, Chlodulf (v. 8 juin), qui l’ordonna prêtre (vers 657).

Trudo aurait alors remis au diocèse de Metz ses terres de Sarchinium (act. Zerkingen), dans le Limbourg.

Revenu à Tongres, il prêcha dans tout le diocèse, puis bâtit enfin l’église de son vœu, à Sarchinium, en l’honneur des saints Quentin et Remi (v. 31 octobre et 13 janvier).

Des jeunes de noble famille voulurent vivre auprès de lui : un monastère naquit, où Trudo passa le reste de ses jours.

Il mourut vers 690. De très nombreux miracles se produisirent sur sa tombe, des milliers de pèlerins accouraient et campaient à cet endroit. La renommée de s.Trudo fut telle que quiconque se réclamait de lui, pouvait circuler sans être inquiété. La seule vue de la tour du monastère arrêtait les bandits.

C’est ainsi que Zerkingen devint Saint-Trond. L’église de l’abbaye qui s’y trouvait fut détruite en 1789, il n’en restait que la tour. Les bâtiments restants furent occupés par le Petit séminaire : l’église qui y fut construite alors disparut avec tous les bâtiments dans un incendie en 1975 ; le moulin, seul vestige, sauta dans une explosion en 1992. Sic transit gloria mundi !

Saint Trudo de Zerkingen est commémoré le 23 novembre dans le Martyrologe Romain.

Marguerite de Savoie

1382-1464

 

Il sera bon de bien distinguer entre plusieurs princesses et reines du même nom : 

- la plus ancienne connue sera l’objet de cette notice ;

- une autre mourut en 1479, dont le père devint l’antipape Félix V ; elle fut épouse d’Ulrich V de Würtemberg ; 

- une autre, de la maison de Savoie, mourut en 1655 ; elle fut vice-reine du Portugal ;

- une autre enfin fut reine d’Italie et mourut en 1926.

 

Née vers 1382 à Montferrat, notre Marguerite était la fille d’Amédée de Savoie et de Catherine de Genève. Par sa mère, elle était la nièce du pape d’Avignon Clément VII.

Comme on le voit, elle connut de plein fouet le schisme d’Occident. C’était sa première tristesse.

Sa deuxième tristesse furent les guerres incessantes entre Savoie, Montferrat et Saluces.

Sa troisième tristesse fut la mort de ses parents alors qu’elle n’était qu’adolescente.

Son oncle lui arrangea son mariage avec Théodore II Paléologue, veuf, qui avait un fils et une fille (Sophie) guère plus jeunes qu’elle. Elle les conquit par son amour maternel, et apprivoisa son brutal mari.

En 1411, une épidémie de peste et une famine ravagèrent Gênes ; Marguerite organisa des secours. La nuit, elle se flagellait pour «apaiser le courroux divin».

En 1418, à la mort de son mari, elle songea à marier Sophie avec le fils de l’empereur de Constantinople, un Paléologue aussi, et le mariage aurait pu contribuer à un rapprochement de Byzance, mais le mariage n’eut pas lieu.

Elle se retira alors à Alba (Cuneo, Piémont) où son palais devint un petit monastère. Marguerite se délectait de la lecture de l’Ecriture, des lettres de sainte Caterina de Sienne, qui devait être bientôt canonisée en 1461 (v. 29 avril). 

Marguerite fut alors demandée en mariage par le duc de Milan, Visconti, auquel elle fit répondre qu’elle avait fait le vœu de chasteté. Et comme Visconti insistait, elle revêtit ostensiblement l’habit du Tiers-Ordre dominicain. 

En 1448, elle passa au Second Ordre, celui des religieuses cloîtrées. Elle fut plusieurs fois élue prieure, mais exceptionnellement elle porta le titre d’abbesse, ce qui n’altéra pas un instant son humilité : elle portait toujours un habit de toile grossière et s’ingéniait à servir plutôt qu’à être servie (cf. Mc 10:45). Désormais elle s’efforçait de donner l’exemple à sa communauté, veillant, priant, jeûnant, se mortifiant. Elle aimait les tâches les plus humbles, comme de nourrir les poules ou balayer les couloirs, faire la vaisselle ou bêcher au jardin.

Alors que son premier directeur spirituel avait été s. Vincent Ferrer (v. 5 avril), elle eut à Alba un aumônier qui jugea opportun de sanctifier davantage encore Marguerite. Elle avait un gentil chevreuil, bien dressé, qui savait sonner la cloche quand on lui montrait la corde, et qui servait de messager entre l’abbesse et les sœurs : l’aumônier le fit disparaître ; et Marguerite se plia à l’injonction sans le moindre ressentiment.

D’après la chronique du couvent, le Christ apparut à Marguerite en lui proposant de choisir entre trois dards : maladie, calomnie ou persécution. Marguerite accepta les trois, et désormais vécut dans une continuelle épreuve. Physiquement, elle fut abattue par la goutte et tordue par les rhumatismes. Les mauvaises langues l’accusèrent d’hypocrisie, de paresse, d’intempérance même, et Visconti, qui voulait auparavant l’épouser, alla jusqu’à la dénoncer comme hérétique vaudoise.

Au milieu de ces tourments, Marguerite restait douce et empressée. Elle pardonnait aux calomniateurs et priait pour eux. Elle prit soin des enfants de son beau-fils : pour l’une, elle obtint une guérison miraculeuse alors qu’elle était à la mort, puis elle la fit instruire et former avant son mariage avec le roi de Chypre ; pour l’autre, elle alla l’assister dans son agonie.

Elle eut une idée originale pour garantir le silence de son «monastère» dès l’entrée : elle établit un homme muet comme portier ; lequel aimait tellement son travail, qu’il le conserva bien fidèlement très longtemps.

Marguerite eut le don des miracles et des prophéties. Elle fit vérifier un jour que le vin qu’elle avait fait distribuer, n’avait pas quitté le tonneau ; elle annonça des événements qui se vérifièrent.

Un jour de très grande tempête, sa prière calma si rapidement les éléments déchaînés de la nature, qu’on entendit dans l’air des esprits malins qui criaient : Maudite Marguerite, qui nous a empêchés d’achever ce que nous avions si bien commencé. Son pouvoir sur les démons se vérifia plusieurs fois, même après sa mort. Une des Religieuses, qui était sans cesse attaquée par le Démon, vit Marguerite s’avancer solennellement et la prendre par la main, et désormais fut entièrement délivrée.

A Alba, d’où elle ne pouvait désormais plus guère bouger, elle approcha de la mort. On vit alors la visiter une pieuse Religieuse, habillée en Tertiaire dominicaine, qui repartit silencieusement comme elle était arrivée : ce devait être sainte Caterina de Sienne.

Le 23 novembre 1464, les habitants d’Alba virent une grande clarté et entendirent comme le doux écho d’une procession qui se dirigeait vers le monastère : c’était au moment de la mort de Marguerite.

Les nombreux miracles se multiplièrent encore après la mort de Marguerite et son culte fut autorisé dès le siècle suivant.

S’il n’y a pas eu de cérémonie particulière pour sa canonisation, la célébration de sa fête fut pleinement autorisée en 1671. Le Martyrologe mentionne la bienheureuse Marguerite de Savoie au 23 novembre.

Yu So-sa Caecilia

(Yu So-sa Jechillia)

1760-1839

 

Cæcilia devint catholique par l’œuvre de son époux, Chŏng Yak-jong Augustinus, qui fut martyrisé le 8 avril 1801 avec son fils Chŏng Ch’ŏl-sang Carolus, et dont elle était la seconde épouse.

Une fois convertie, elle montra une foi inébranlable au milieu des difficultés et des persécutions.

Lors de l’arrestation de son mari, elle fut elle aussi arrêtée avec ses trois enfants. Relâchée avec ses enfants, elle subit la confiscation de tous ses biens et s’en vint vivre chez son beau-frère à Mahyŏn (Kwangju, Kyŏnggi), qui cependant ne fut pas très accueillant.

Cette pieuse et courageuse veuve eut un rêve, dans lequel son mari (Augustinus) lui disait qu’il avait construit au Ciel une maison avec huit chambres, dont cinq était déjà occupées, et trois encore vides, réservées pour elle et ses deux enfants encore vivants.

En effet Cæcilia avait vu martyriser déjà cinq membres de sa famille dont, comme on l’a dit plus haut, son mari et son premier fils ; deux de ses enfants devaient à leur tour être torturés, Chŏng Ha-sang Paulus et Chŏng Chŏng-hye Elisabeth (qui furent martyrisés respectivement les 22 septembre et 29 décembre 1839).

Le rêve procura encore davantage de courage dans le cœur de cette vaillante veuve.

Pour l’heure, son fils Paulus fut ce catéchiste qui alla neuf fois en Chine supplier l’évêque d’envoyer des prêtres en Corée. Cette séparation dura longtemps et coûta beaucoup à Cæcilia, qui eut ensuite le réconfort de pouvoir vivre à Seoul avec son fils, quand il fut rentré (v. 22 septembre).

Désormais trop âgée pour se rendre utile matériellement, Cæcilia devint une femme contemplative, tout occupée à prier et à accueillir, parfois même se privant de nourriture pour donner à manger aux autres.

En 1839, un de ses neveux lui proposa de quitter Seoul et de le rejoindre à la campagne, pour fuir la persécution, mais elle répondit qu’elle préférait être martyrisée avec son fils Paulus.

Elle fut arrêtée le 19 juillet, et maltraitée comme on le faisait pour les grands criminels. Ayant refusé d’apostasier et de trahir ses amis chrétiens, elle reçut deux-cent trente coups de fouet lors de cinq interrogatoires.

Elle désirait être décapitée, comme tant d’autres Martyrs, mais la loi coréenne interdisait alors de décapiter une personne de cet âge (soixante dix-neuf ans). Le juge la fit battre à mort, mais elle ne mourut pas encore. Elle expira dans sa prison de Seoul, couchée à même le sol, prononçant les noms de Jésus et Marie.

C’était le 23 novembre 1839, lendemain de la fête de sainte Cécile, martyre.

Cæcilia fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1984, en même temps que son mari et ses enfants Paulus et Elisabeth (mais pas Carolus). La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Miguel Agustín Pro Juárez

1891-1927

 

Miguel naquit le 13 janvier 1891 à Guadalupe (Zacatecas, Mexique) et reçut au baptême les noms de José Ramón Miguel Agustín. La famille compta treize enfants.

Son père était ingénieur des mines ; Miguel eut deux sœurs aînées, qui furent elles aussi religieuses.

Petit, Miguel eut l’occasion d’accompagner son père sur les chantiers, où il put se rendre compte des conditions de travail et de vie des ouvriers.

Il entra au noviciat des Jésuites en 1911 à El Llano. 

Quand la persécution sévit, la famille souffrit bien des revers économiques et les Supérieurs jésuites firent partir les novices à l’étranger : Etats-Unis, Espagne (Grenade) et Belgique :  Miguel fut ordonné prêtre en Belgique, à Enghien, en 1925.

Préoccupé par les circonstances politiques de son pays, et soucieux de sa famille, Miguel fut affecté dans sa santé et souffrit beaucoup de l’estomac. Il dut être opéré plusieurs fois ; ses proches remarquèrent que, pour masquer ses douleurs, il s’efforçait d’être encore plus joyeux.

Finalement on lui concéda le retour et, courageusement, il vint dans son pays, où sévissait en 1926 une forte persécution.

Il vécut clandestinement, déguisé tour à tour en chanteur, en homme mondain, en paysan, en mécanicien, circulant à bicyclette. Avec une bonne dose d’humour, il se déplaçait avec sa guitare, chantait… et profitait de ses rencontres pour confesser et donner la communion, parfois jusqu’à quinze cents dans une seule journée ! Il convertit même des gens qui, officiellement, adhéraient au parti socialiste ou communiste, ennemi de l’Eglise.

Parfois, lors de «réunions» chez des amis, il prévoyait toute irruption de la police en faisant jouer quelque rythme de danse, de sorte qu’à la moindre alerte, il simulait un bal domestique, dansant avec la maîtresse de maison et évitant ainsi l’arrestation.

Son «arme» était le crucifix : Voilà mon arme, disait-il, avec ça, je n’ai peur de personne.

En 1927 cependant, les soupçons s’étant accumulés sur sa tête et celle de son frère Umberto, il fut accusé d’avoir trempé dans le complot contre le général Obregón (alors qu’il n’avait jamais accepté les façons «violentes»). La réalité était qu’une des voitures utilisées pour l’attentat avait précédemment appartenu à l’un des deux frères.

Il fut arrêté, «jugé» sans tenir compte des témoignages unanimes en sa faveur, et condamné à mort. Sur le chemin, un des membres du peloton s’avança et demanda pardon à l’oreille du père Miguel, qui le lui accorda de grand cœur.

Parvenu sur place, il demanda à prier un instant, s’agenouilla, puis se releva et adressa quelques mots de pardon aux bourreaux.

Il mit les bras en croix et ses dernières paroles furent : Vive le Christ Roi ! 

Il fut fusillé, le 23 novembre 1927.

Les autorités mexicaines interdirent toute manifestation publique et toute assistance à ses funérailles, à Mexico, de sorte qu’il y eut «seulement»… vingt-mille personnes.

Le père Miguel fut béatifié en 1988.

 

 

Felícitas Cendoya Araquistain

1910-1936

 

Felícitas naquit le 10 janvier 1910 à Azpeitia (Guipúzcoa, Espagne), de Antonio et Isabel, des parents très chrétiens.

La maman raconta que sa Felícitas avait quelque chose de «différent» des autres, au point qu’en l’entendant dire qu’elle voulait être religieuse, elle lui répondit : Toi, moniale, avec ton caractère ? Tu vas devoir le corriger, si tu veux être religieuse !

Elle entra en 1930, à vingt ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville, avec le nom de María Cecilia.

Elle était jeune, vive, mais en même temps aimable, humble, serviable. Ses Consœurs la qualifièrent de Ange des petites choses. Elle avait vraiment appris à dominer son caractère revêche.

En 1935, elle fit les vœux solennels.

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre María Cecilia fut des sept qui restaient à Madrid. Elle aurait pu rejoindre sa propre famille, mais refusa énergiquement de quitter sa famille religieuse. Basque, elle ne connaissait pas grand monde, et parlait mal l’espagnol. Cela s’ajouta à toutes ses peines et à tous ses sacrifices, qu’elle souffrit plus que toutes les autres, surtout dans son ultime isolement.

(Voir ici d’autres détails sur la vie des sept Religieuses à Madrid, dans la notice de Amparo de Hinojosa). 

Parvenue au lieu du supplice, voyant que sa voisine était tombée morte, Cecilia se mit à courir comme une folle et on la laissa filer. Mais elle tomba un peu plus loin sur un groupe de Gardes et se livra spontanément en leur disant : Je suis une Religieuse.

Arrêtée, on la conduisit le lendemain matin à une des plus sombres prisons, les tristement célèbres tchékas, où on la mit avec une douzaine d’autres femmes. Le sol était mouillé, il n’y avait qu’un sommier pour toutes, il faisait froid.

Cecilia se mit dans un coin, vite approchée par une autre détenue. Elle répondit immédiatement, comme aux Gardes : Je suis une Religieuse, et de lui raconter comment vivaient les Visitandines dans leur cachette, ne pouvant cependant préciser où on les avait emmenées en prison, car elle ne connaissait pas Madrid.

Quand on appela certaines des détenues, Cecilia les encouragea à souffrir pour Dieu. Certaines furent remises en liberté (et purent raconter les détails que leur avait racontés Cecilia), d’autres furent fusillées : à toutes elles promit qu’elle ne cacherait pas sa qualité de religieuse. Cecilia les vit toutes partir et se sentit bien seule, mais on lui fit bientôt signer un papier, sur lequel on traça une croix en rouge, signe de sa condamnation, qu’elle avait déjà remarqué pour les autres.

Au soir du 22 novembre, jour de la fête de sainte Cécile, on la conduisit au cimetière de Vallecas (hors de Madrid), où elle fut fusillée peu après minuit. On retrouva son cadavre au matin du 23 novembre 1936.

Cecilia - Felícitas fut fidèle jusqu’au bout.

María Cecilia, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

Jaime Nàjera Gherna

1910-1936

 

Jaime (on trouve aussi Jaume, Jacques) naquit le 25 juillet 1910 à Barcelone, en la fête de l’apôtre Jacques le Majeur, dont il reçut le nom au Baptême.

Entré chez les Capucins en 1925, il prit à la profession le nom d’Alejandro et fut ordonné prêtre en 1933.

Excellent prédicateur, on le demandait de tous côtés ; il avait une prédilection pour la catéchèse aux enfants, particulièrement pour ceux de familles pauvres.

Son couvent ayant été réquisitionné, saccagé et détruit, il trouva refuge en divers endroits. En dernier lieu, il se trouvait dans une pension, où il fut probablement dénoncé par une employée. Une patrouillel vint «perquisitionner» et l’arrêtèrent avec un autre prêtre. Il ne manifesta aucune résistance.

Emmené à la tcheka, il fut condamné à mort.

Il reçut la grâce du martyre à Montcada le 23 novembre 1936 et fut béatifié en 2015.

 

 

Maria Angela Alfieri

1891-1951

 

Maria Angela Domenica était née à Borgo Vercelli (Vercelli, Italie) le 23 février 1891.

Entrée chez les Sœurs de la Charité, celles fondées par sainte Jeanne-Antide Thouret (voir au 24 août) en 1911, à vingt ans, elle prit le nom de Enrichetta (Henriette). 

Elle s’occupait d’un jardin d’enfants à Vercelli depuis plusieurs années, lorsqu’on lui diagnostiqua le Mal de Pott, qui l’obligea à suspendre toute activité. Cette sorte de tuberculose, incurable, affecte la colonne vertébrale. 

Un pèlerinage à Lourdes ne provoqua d’abord aucun changement, mais après d’intenses prières à Marie Immaculée, la sœur Enrichetta fut totalement guérie le 25 février 1923 (deux jours après son trente-deuxième anniversaire), à tel point qu’en mai de la même année elle était chargée d’une mission particulière à la prison San Vittore de Milan. Son apostolat eut un franc succès auprès des prisonniers et lui valut l’épithète de Mère et Ange de San Vittore.

Quand la guerre éclata, la prison de Milan devint un quartier SS, où l’on enferma les Juifs destinés aux camps de concentration. Sœur Enrichetta fit tout ce qu’elle put pour soulager autant que possible ces malheureux prisonniers innocents.

On la trouva cependant en possession d’un billet écrit par une femme qui conseillait à ses proches de se cacher. Elle fut arrêtée et emprisonnée plusieurs semaines, et même condamnée à mort ; elle fut quand même relâchée sur l’intervention de l’archevêque de Milan, le cardinal Alfredo Ildefonso Schuster (v. 30 août), qui obtint la clémence de Mussolini en personne.

Sœur Enrichetta fut alors mutée à la maison provinciale de Brescia, où elle rédigea un récit de sa prison.

Après la guerre, elle reprit son activité à la prison de Milan, jusqu’à sa mort, le 23 novembre 1951.

Le miracle retenu en vue de la béatification de Sœur Enrichetta fut, en 1994, la guérison inattendue d’une jeune italienne, sportive, atteinte d’une tumeur volumineuse, inopérable et très douloureuse, dont l’issue devait être fatale en quelques jours ; une tante, religieuse de cette congrégation, a alors demandé à la communauté de prier par l’intercession de Sœur Enrichetta : la tumeur a diminué subitement de 70%, à la stupeur des médecins, puis a complètement disparu ; la jeune femme s’est mariée, est mère de famille et n’a pas souffert de récidive. 

Sœur Enrichetta a été béatifiée en 2011. Son dies natalis est le 23 novembre.

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 13:55

Giulia Crostarosa

1696-1755

 

Giulia Marcella Santa Crostarosa naquit à Napoli (Italie) le 31 octobre 1696, dixième des douze enfants d’un noble magistrat, Giuseppe Crostarosa et de Paola Battistini Caldari.

De cette grande fratrie, un devint prêtre et jésuite, trois furent moniales, dont notre Giulia.

Une enfance heureuse et une formation soignée rythmèrent les années de l’enfance et de l’adolescence.

En 1713, entendant l’appel à la vie consacrée, elle fit personnellement le vœu de chasteté et, en 1718 entra chez les Carmélites de Naples. Mais ce monastère fut supprimé en 1723, aussi revint-elle dans sa famille puis entra chez les Visitandines d’Amalfi (Salerno), avec le nom de Maria Celeste du Saint-Désert.

En 1725, elle se sentit interpellée intérieurement - peut-être même eut-elle une vision du Christ - à fonder une nouvelle famille religieuse, dont elle rédigea la règle, vivement encouragée par son directeur spirituel et par la maîtresse des novices.

Après bien des difficultés - car l’Ennemi s’oppose toujours aux initiatives heureuses - et sur l’influence déterminante de s.Alphonse de’ Liguori (v. 1er août), naquit enfin l’Ordre du Très Saint Sauveur, dont l’appellation définitive sera Ordre du Très Saint Rédempteur, avec l’approvation pontificale en 1750.

Mais le Diable s’acharna : Mère Maria Celeste fut éloignée et isolée de sa propre communauté, et même privée de l’Eucharistie, pendant sept années. En 1738, on lui «permit» de s’installer à Foggia, où elle ouvrit alors une maison avec quelques consœurs, et où elles purent enfin recevoir beaucoup de jeunes filles.

Le but de cette nouvelle famille était de vivre et témoigner la mémoire du Christ Rédempteur dans toutes les activités. Selon Maria Celeste, il fallait viser à une imitation parfaite de la vie du Christ et concevoir un réel amour rédempteur envers toutes les âmes. A l’image du Christ, Maria Celeste vécut de nombreux obstacles et incompréhensions, dans une inaliénable disponibilité pacifique.

Elle eut aussi des expériences mystiques, des dons surnaturels de lecture des âmes.

Mère Maria Celeste s’éteignit à ce monde le 14 septembre 1755, en la fête de la Croix, qu’elle avait si amoureusement embrassée.

Giulia Crostarosa fut béatifiée en 2016, et inscrite au Martyrologe le 14 septembre. En raison de la fête de la Croix célébrée en ce jour, l’Ordre fête sa Fondatrice le 11 septembre.

 

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 10:31

Carolina  Santocanale

1852-1923

 

Carolina Santocanale naquit le 2 octobre 1852 à Palerme (Sicile), de nobles parents : Giuseppe Santocanale des Barons de la Celsa Reale, est avocat ; son épouse est Caterina Andriolo Stagno.

La petite fille reçut le baptême dès le lendemain, 3 octobre, avec les noms de Carolina Concetta Angela, et reçut la Première Communion en 1860.

Sa toute première formation se fit dans un institut proche, géré par deux demoiselles aidées par d’autres enseignants ; elle reçut ainsi des leçons de lettres, de musique, de français. Puis elle reçut le reste de son éducation à la maison, avec de bons précepteurs.

Un premier épisode important la fit profondément réfléchir sur la vanité du monde : ce fut le Carême prêché en la cathédrale de Palerme par un de ses précepteurs, dont elle resta fortement impressionnée. Elle abandonna ses habits trop luxueux, et se prépara à recevoir la Confirmation, en 1869, à dix-sept ans.

En 1871, elle assista Paolo Stagno, son grand-père, qui était mourant. Cet homme avait racheté les terrains des Bénédictins de Cinisi, confisqués par l’Etat ; la mort de cet homme chrétien (1872) fut pour elle l’occasion d’un nouveau mouvement intérieur, décisif. Elle demanda au père Mauro Venuti d’être son directeur spirituel. Bien que demandée en mariage assidûment, elle se sentait irrésistiblement attirée par la vie religieuse, mais sans réussir encore à choisir entre la vie contemplative et la vie au service des pauvres et des malades.

Elle songea un moment au monastère Sainte-Catherine de Palerme, mais son père s’y opposa, ayant en tête quelque projet matrimonial pour sa fille. Ce n’était pas le seul obstacle à sa vocation : un litige s’éleva bientôt entre la grand-mère et le père, au point que Carolina ne put retourner dans la maison de Cinisi que huit années plus tard.

En attendant le retour à la paix familiale, fin 1873, elle entra dans l’Association des Enfants de Marie dans une paroisse de Palerme, dont elle fut même nommée présidente, y voyant là comme le prélude à son prochain noviciat.

En 1880, elle retrouva la grand-mère à Cinisi et, là, eut l’occasion de catéchiser trois jeunes ; son désir de vie active reprit. Elle reçut alors la permission de recevoir l’Eucharistie à la messe quotidienne, ce qui était très rare.

En 1884, elle contracta alors une mystérieuse douleur à la jambe, qui l’épuisa durant plus d’une année, au point qu’elle n’avait plus la force de faire son signe de croix ; elle s’en remit difficilement et s’en sortit définitivement en 1887 seulement.

Durant ces années, elle fut invitée à participer au Boccone del Povero (la Bouchée du Pauvre), organisé par Giacomo Cusmano (v. 14 mars) ; mais en 1887, elle fut orientée vers l’Ordre Séculier Franciscain, car on fêtait alors le septième centenaire de la mort de s.François d’Assise (v. 4 octobre) ; elle en reçut l’habit et prit le nom de Maria de Jésus.

Désormais elle parcourut toute la ville de Palerme, de maison en maison, assistant, distribuant des aumônes, consolant, soignant. Devant l’immensité de la tâche, elle songea enfin à regrouper celles qui le voulaient dans une nouvelle branche franciscaine, les Sœurs Capucines de l’Immaculée de Lourdes.

En 1891, elle eut la faveur de pouvoir s’installer dans la propriété des grands-parents, à Cinisi, où s’ouvrirent successivement un orphelinat, une maison pour jeunes filles bourgeoises, un jardin d’enfants. Maria et ses Compagnes enseignaient la broderie.

Maria souffrit de la mort prochaine de ses parents, puis eut l’opération de la cataracte. Elle dut faire face à quelques réticences de son propre directeur spirituel, qui rompit même avec cette œuvre. Il invita un père Capucin à s’occuper de la nouvelle famille : ce dernier rédigea la Règle, rapprocha les Religieuses de l’Ordre des Capucins, et organisa leur véritable noviciat.

La fondation proprement dite remonte au 8 décembre 1908, et l’approbation diocésaine dès 1909. En 1911, Maria reçut l’habit nouveau de cette famille, et le remit ensuite aux autres Religieuses.

D’autres épreuves arrivèrent : Maria dut être opérée d’un adénofibrome au sein ; puis le nouvel évêque lui imposa sa visite canonique, lui disant qu’elle ne devait plus gouverner comme une mère de famille, mais comme une supérieure de communauté (!). En outre, une des Religieuses, récemment admise, se mit aussi à critiquer l’ensemble de la fondation. Maria en tomba malade, mais se reprit.

On arriva enfin à un heureux compromis ; l’évêque consentit à la réouverture du noviciat, émit un (nouveau !) décret de Droit diocésain, le 24 janvier 1923, couronnement de l’intense labeur de Maria de Jésus.

Le 27 janvier 1923, Maria organisa encore le repas de noces d’une jeune couple avec soixante invités. Un infarctus la frappa vers vingt-trois heures. Pleine d’action de grâce, de joie - et de mérites, elle s’éteignit doucement.

La congrégation devint de droit pontifical en 1947 et reçut successivement le Décret de Louange en 1968. Elle est présente en Albanie, au Mexique et au Brésil, à Madagascar.

Le miracle retenu pour la béatification, eut lieu en 2003. On était en train de construire la nouvelle chapelle, près de la Maison-mère ; une poutre se rompit et un jeune ouvrier qui s’y déplaçait, fit alors une chute de plus de onze mètres sur la dalle de ciment. Les autres collègues pensaient relever un cadavre, mais le jeune homme se releva de lui-même et n’eut aucune marque ni aucune séquelle de sa chute. On remarqua alors qu’il était tombé exactement à l’endroit où l’on devait bientôt déposer les restes de la Fondatrice.

Carolina  Santocanale fut béatifiée en 2016, et inscrite au Martyrologe le 27 janvier.

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 00:00

1er dimanche de l’Avent - B

 

 

Aujourd'hui commence une nouvelle année liturgique, et en ce premier dimanche de l'Avent, commence l'année liturgique B, pendant laquelle nous lirons principalement les textes de l'évangéliste Marc ; cet évangile étant le plus court de tous, il sera aussi complété par quelques textes de l'évangile de Jean. 

Il ne sera pas inutile de rappeler que le mot Avent s’écrit bien avec un e, du latin Adventus, qui signifie arrivée. Il n’est pas rare d’entendre dire que l’Avent est la période qui est avant Noël.

Durant cette période, le prêtre revêt un ornement violet, cette couleur qui veut indiquer l’attente, la pénitence, la souffrance : l’attente de tout Israël, depuis Adam, jusqu’à la venue du Messie.

 

*       *       *

 

La première lecture de ces quatre dimanches de l'Avent (année B) comporte chaque fois un extrait du prophète Isaïe ainsi que celle du prophète Nathan, respectivement des 8e et 10e siècles avant Jésus-Christ. Il faut remarquer l'antiquité de ces prophéties divines. Imaginez qu'on nous ait annoncé la venue de tel personnage actuel au dixième siècle, peu après la mort de Charlemagne ! Il faut bien réaliser que la venue du Sauveur était LA prophétie attendue principalement par tout Israël, celle pour laquelle toute personne pieuse orientait sa vie. 

Aujourd'hui nous lisons dans la prophétie la prière ardente vers ce Sauveur : Si tu descendais… Voici que tu es descendu. Le prophète fait son annonce comme s'il en voyait déjà la réalisation ; il parle des hommes au passé : Nous étions desséchés… Tu nous avais caché ton visage. Celui qui parle au nom de Dieu entre en quelque sorte dans le présent éternel divin, il voit simultanément le passé et le futur dans une actualité étonnante.

Le saint Auteur appelle Dieu Père, Rédempteur : son nom depuis toujours. C'est donc bien l'expression de l'attente du salut, de la Rédemption. Cette attente va encore être longue, car nous ne sommes là qu'au 8e siècle avant la naissance du Verbe incarné. Cette prière du Prophète est un cri plein de confiance, un appel pressant à Dieu : Reviens ! Il demande à Dieu de faire fondre les montagnes, certainement les montagnes du péché, ces montagnes qui empêchent le Christ d'arriver dans nos cœurs. Au chapitre 40, Isaïe proclamait déjà : Que toute montagne et toute colline soient abaissées (Is 40:4).

Puis Dieu est descendu et les montagnes ont fondu… personne n'a vu un autre dieu agir ainsi envers l'homme : quel dieu mythologique en effet est jamais descendu vers les hommes pour leur pardonner leurs péchés ? Quel dieu est jamais venu prendre forme et condition humaines, pour s'offrir lui-même en sacrifice ? 

Isaïe a cependant aussi quelques mots durs : nous étions desséchés, nos belles actions étaient comme des vêtements salis, nos crimes nous emportaient… Rappelons en effet que par son premier péché, l'homme avait perdu la plénitude de la Grâce ; Adam avait perdu la vision directe de Dieu ; dans son choix il avait entraîné avec lui toute la lignée humaine, transmettant par la génération elle-même quelque chose de l'orgueilleuse rébellion qui fut à l'origine de l'apparition du Mal dans la création.

 

*       *       *

 

Les Patriarches, le roi David, les Prophètes, tous les fidèles d'Israël attendaient avec grande nostalgie l'Eau purificatrice, l'Eau baptismale, qui devait nous rouvrir le chemin de la Grâce, de l'intimité avec Dieu. L’eau du déluge restait un signe de cette purification tant attendue. Le psaume 79 exprime cette attente, appelant intensément la venue du fils de l'homme - il manque sans doute la majuscule - comme Jésus aimera se nommer Lui-même dans l'Evangile. 

Les brebis fidèles d’Israël attendent leur berger.

 

*       *       *

 

Aux Chrétiens de Corinthe, l'apôtre Paul écrit quelque chose de plus important encore. Cette première épître, nous en lirons de larges extraits en janvier et février prochains. 

Aujourd'hui, le message de l'apôtre veut nous rappeler que c'est en Christ que Dieu a accordé tant de grâces salvifiques à cette communauté, cette Eglise qui est à Corinthe. Une communauté de frères à qui s.Paul n'épargnera pas quelques reproches solennels, mais qui sont et restent pour lui ceux qu'il a engendrés dans le Christ Jésus (1Co 4:15). 

Il ne s'arrête pas à la venue "historique" de Jésus-Christ, qui est désormais passée depuis une quinzaine d'années quand il écrit à ces nouveaux Chrétiens. Rappeler la venue de Jésus, célébrer Noël, est une bonne chose, mais le vrai culte divin n'est pas un souvenir du passé ; c'est un appel à toujours tendre vers la seconde Venue de Jésus, son dernier avènement, quand s'instaurera Son Règne définitif, à la fin des temps.

Quelle triste religion serait en effet celle qui consisterait uniquement à "se souvenir" d'un passé : à quoi donc tendrait notre "espérance" ? Israël avait l'espérance du Sauveur. Historiquement parlant, la venue du Sauveur fut l'immense Joie de la réalisation des prophéties ; bienheureux furent ceux qui reçurent Jésus ! Mais ensuite, après eux, et jusqu'à nous, et jusqu'à la fin des temps, quelle est notre espérance ?

 

*       *       *

 

La réponse est ce que nous rappelle Jésus dans le court extrait d'aujourd'hui : Vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra… Veillez ! Après sa venue historique, Jésus doit continuer de venir dans le cœur de chaque homme, à chaque moment. Jésus doit continuer de venir dans mon cœur, en moi, à chaque instant de ma vie. Sans cesse je dois faire en sorte que naisse Jésus, non plus dans une crèche glaciale, mais dans la chaleur de mon cœur, avec un vibrant et ardent amour pour Lui. Voilà pour répondre à l'invitation pressante : Veillez !

Mais désormais, nous continuons d'attendre Jésus pour cette Autre venue, à la fin des temps. La "venue" de Jésus est toujours présentée en même temps que son "retour", car Jésus "vient" à chaque instant de la vie de l'homme ; Il vient quand l'homme est baptisé, Il vient quand l'homme se repent, Il vient quand on Le reçoit dans l'Eucharistie, Il vient quand on le cherche dans l'Ecriture, Il vient quand deux ou trois sont réunis en (son) Nom, Il vient quand un défunt Lui rend son âme, Il vient enfin quand, à la consommation de ce siècle, arrive le moment de Son Règne éternel définitif.

Il viendra, certainement, et nous ne pourrons pas l'éviter, ni dire "un peu plus tard", ou bien "je vais réfléchir", ou bien "je voudrais encore faire ceci, cela…" Nous avons seulement quelques années devant nous, un temps extrêmement court et instantané, suffisant tout juste pour nous préparer à cette Rencontre, pour hâter la venue du royaume définitif de Jésus Christ, ce Royaume de Paix que nous avons célébré dimanche dernier en la solennité du Christ Roi.

 

*       *       *

Remarquons aussi ce détail de la Prière : nous demandons la grâce d’aller avec courage à la rencontre du Seigneur. Il ne s’agit pas seulement d’ «attendre» là, sans rien faire, mais nous devons être extrêmement éveillés et actifs pour aller de nous-mêmes au-devant de Jésus, avec nos bonnes œuvres, bien décidés à L’écouter sans résister à sa parole.

Viens, Seigneur Jésus ! (Ap 22:20).

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 00:00

 

22 NOVEMBRE

 

I.

S Philémon et son épouse ste Appia (?) à qui s. Paul adresse son Epître ; Philémon serait devenu évêque à Colosses, ou à Gaza.

II.

Ste Cécile, martyre avec son fiancé Tiburce à Rome, patronne des musiciens (III.?).

IV.

S Ananias, martyr à Arbelles ; il vit les Anges venus l'emporter au ciel.

V.

S Benignus, évêque à Milan.

VI.

S Pragmatius, évêque à Autun.

VII.

S Aubeu, irlandais, évangélisateur en Artois, Hainaut, Picardie, et mort à Laon.

VIII.

S Sabinien, abbé à Menat.

XI.

Ste Tigridia, abbesse à Oña.

XIX.

Bx Salvatore Lilli, franciscain italien, et ses sept compagnons martyrs à Marsac : Baldji oğlu Ohannes, Khodianin oğlu Kadir, Kuradji oğlu Tzeroun, Dimbalac oğlu Vartavar, Yeremya oğlu Boghos, et les deux frères David oğlu David et Toros, béatifiés en 1982.

XX.

B Tommaso Reggio (1818-1901), évêque à Ventimille puis à Gênes, fondateur des Sœurs de Sainte-Marthe (contemplatives qui accueillent les pauvres), béatifié en 2000.

S Pedro Esqueda Ramírez (1887-1927), prêtre mexicain dévôt du Saint-Sacrement, martyr, fusillé, béatifié en 1992, canonisé en 2000 et fêté le 21 mai.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Lasalliens : près de Valencia, Julián Torrijo Sánchez (Elías Julián) et Francisco Lahoz Moliner (Bertrán Francisco) (*1900, 1912) ;

- béatifié en 2007 :

Carmes de l’Ancienne Observance : près de Barcelone, le prêtre Ferrán Lloveras Pulgsech (Ferran María, *1902) ; il était le treizième de quatorze enfants ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : à Almería, Aquilino Rivera Tamargo (*1907).

 

Bse Anna Kolesárová (1928-1944), jeune fille slovaque, martyre de sa virginité, béatifiée en 2018.

Philémon et Apphia

1er siècle

 

Philémon était un riche habitant de Colosses. Il rencontra saint Paul et devint chrétien, un chrétien convaincu qui prêchait l’Evangile autour de lui et réunissait les frères dans sa maison.

Il avait aussi un esclave qui s’appelait Onésime, un beau nom qui signifie «utile, qui apporte profit», mais auquel Onésime ne faisait pas honneur : il était paresseux et, après avoir volé son maître, il s’enfuit à Rome pour échapper au châtiment.

A Rome, Onésime rencontra saint Paul qui le baptisa et le renvoya en le munissant d’une courte lettre adressée à Philémon, Apphia et Archippe, sans doute sa femme et son fils. Doucement saint Paul invitait Philémon a bien recevoir Onésime ; il suggérait, sans l’exiger, de lui accorder la liberté. En achevant il lui annonçait sa propre visite comme probable.

Cette lettre à Philémon fait partie du canon des Ecritures retenu par l’Eglise.

Nous ne savons pas ce que fit Philémon, comment il accueillit Onésime, mais la tradition orientale en a fait un saint évêque à Colosses où il serait mort en martyr.

Notre Martyrologe le commémore avec son épouse Apphia, au 22 novembre.

 

 

Cæcilia

Valerianus, Tiburtius, Maximus

3e siècle

 

Puisque la Patronne des musiciens est délibérément classée parmi les «légendes» auxquelles on n’attribue pas de grande valeur historique, on trouvera ici des lignes reprises à une Bienheureuse, stigmatisée, voyante illettrée et inculte, et de surcroît non musicienne, ce qui ne risque pas de la faire taxer d’illuminée ou de parti pris (voir Anna Katharina Emmerick, le 9 février).

«Je vis Cécile comme une très belle personne, douce et active, avec des joues vermeilles et un charmant visage, presque comparable à celui de Marie. Je la vis jouer dans les cours avec d’autres enfants. La plupart du temps un ange était près d’elle sous la forme d’un aimable petit garçon : il lui parlait et elle le voyait, mais il était invisible pour les autres. Il lui avait défendu de parler de lui… Elle avait environ sept ans.

«Je la vis aussi assise seule dans sa chambre : l’ange était auprès d’elle et lui apprenait à jouer d’un instrument : il lui mettait les doigts sur les cordes et souvent aussi tenait une feuille devant elle. Tantôt elle avait sur les genoux comme une caisse où des cordes étaient tendues et alors l’ange planait devant elle, tenant un papier sur lequel elle levait les yeux ; tantôt elle tenait appuyé contre son cou un instrument semblable à un violon : elle en pinçait les cordes de la main droite et soufflait dans l’intérieur de l’instrument où il y avait une ouverture qui semblait garnie d’une peau. Il rendait un son très agréable.

«(La Sainte) avait sur les genoux une petite caisse plate, de forme triangulaire, haute de quelques pouces, sur laquelle étaient tendues des cordes qu’elle pinçait avec les deux mains…

«Je vis aussi se tenir près d’elle un jeune homme qui avait quelque chose de singulièrement pur et délicat : il était plus grand qu’elle, mais il se montrait humble et soumis vis-à-vis d’elle et il était à ses ordres. Je crois que c’était Valérien : car ensuite je le vis avec un autre attaché à un poteau, battu de verges, puis décapité…

«Je vis que Cécile avait une suivante chrétienne par l’entremise de laquelle elle fit connaissance avec le pape Urbain Je vis souvent Cécile et les compagnes de ses jeux remplir de fruits et d’aliments de toute espèce les plis de leurs robes qu’elles relevaient sur leur côté comme des poches (et elles) se glissaient jusqu’à une porte de la ville. De pauvres gens habitaient dans les murs, et il y avait des chrétiens dans des trous et des caveaux souterrains qui servaient de prisons.

«On introduisait (Cécile) dans le souterrain, et une fois on la fit entrer dans un caveau où un homme la conduisit au pape Urbain. Je vis qu’il l’instruisit en lui faisant lire des manuscrits… Je me souviens confusément qu’elle fut aussi baptisée dans ce souterrain.

«Je vis ensuite que le jeune Valérien, étant avec son précepteur près des jeunes filles qui s’amusaient, voulut, en jouant, prendre Cécile dans ses bras et que celle-ci le repoussa. Il se plaignit à son précepteur qui rapporta la chose aux parents de Cécile. Je ne sais pas ce qu’elle lui avait dit, mais ils punirent Cécile qui n’eut plus la liberté de sortir de sa chambre…

«J’eus aussi une vision de leur mariage. Cécile et Valérien étaient parés de guirlandes et avaient des habits de fête de couleurs variées… Je les vis après cela seuls l’un avec l’autre dans une chambre. Cécile lui dit qu’elle avait un ange près d’elle, et comme Valérien demandait à le voir, elle répondit qu’il ne le pouvait pas tant qu’il n’était pas baptisé.»

(La suite est un condensé de la Passio de sainte Cécile)

Valérien alla trouver Urbain et reçut le baptême ; puis il lui amena aussi son frère, Tiburce, qui reçut le baptême à son tour. Puis Valérien et Tiburce convainquirent leurs bourreaux de se convertir, parmi lesquels un certain Maxime. Ayant ensuite refusé de sacrifier à Jupiter, Valérien et Tiburce furent décapités, tandis que Maxime fut fouetté à mort.

Ensuite Cécile fut soumise à un interrogatoire et, refusant de renier sa foi, fut condamnée à être brûlée dans sa propre salle de bains, comme si on cherchait aujourd’hui à asphyxier quelqu’un dans un hammam trop chaud. Mais Cécile ne mourut pas encore, c’est alors qu’elle fut frappée ; ici on reprend les mots de la bienheureuse Anna Katharina, qui est plus précise, dans son ignorance :

«Je vis aussi le martyre de sainte Cécile dans une cour ronde située devant la maison. Dans la cour, un grand feu était allumé sous une chaudière dans laquelle je vis la vierge assise, les bras étendus : elle était vêtue de blanc, resplendissante et toute joyeuse. Un ange, entouré d’une auréole rouge, lui tenait la main : un autre tenait une couronne de fleurs au-dessus de sa tête… Cécile, après cela, fut retirée de la chaudière et frappée trois fois sur le cou avec une épée courte… Je la vis aussi vivant encore après ses blessures et s’entretenant avec un vieux prêtre que j’avais vu précédemment dans sa maison. Plus tard je vis cette même maison très changée et transformée en église. Je vis qu’on y conservait beaucoup de reliques, notamment le corps de Cécile d’un côté duquel plusieurs parties avaient été enlevées…»

 

On le voit, les visions d’Anna Katharina n’ont rien d’incroyable, et confirment les éléments de la Passio.

Sainte Cécile est donc, et reste, la céleste Patronne des musiciens.

Elle est mentionnée au Canon Romain de la messe, dans la prière du Nobis quoque peccatoribus, et dans le Martyrologe au 22 novembre.

Quant aux autres Martyrs, Valérien, Tiburce et Maxime, ils sont commémorés au 14 avril, mais sans précision de date.

 

 

Ananias d’Arbèle

† 345

 

Ananias vivait à Arbèle (Perse).

C’était un pieux chrétien. Il fut arrêté sur l’ordre du mobed (prêtre) Ardisag.

Ananias fut roué de coups à trois reprises, torturé avec des peignes de fer, et laissé pour mort sur la voie publique.

De nuit, d’autres Chrétiens le ramassèrent et le portèrent dans sa maison, où il fut vite entouré de l’évêque et des fidèles. Il reprit connaissance, mais juste pour voir les anges lui apparaître et l’emmener au ciel sur une longue échelle lumineuse, telle l’échelle de Jacob (cf. Gn 28:12).

Ce fut sous Shapur II,  le 22 novembre 345.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Ananias d’Arbèle au 22 novembre.

 

 

Benignus de Milan

† 477

 

Benignus fut le vingt-deuxième évêque de Milan, si l’on retient s.Barnabé comme premier évêque (v. 11 juin), à partir de 465, ou peut-être à partir de 470.

Dans la première hypothèse, Benignus aurait pu assister au concile romain de 465, mais on n’y voit pas figurer son nom dans les actes.

Dans la deuxième hypothèse, il aurait reçu l’épiscopat en 470, et aurait occupé le siège de Milan jusqu’en 477.

Avec le Martyrologe, on répétera que durant le grand désarroi des invasions, il administra l’Eglise qui lui était confiée, avec suprême constance et piété.

C’est en effet en 476 qu’Odoacre assassina l’empereur Flavius Orestes et amena la fin de l’empire romain. Ceci justifie qu’on date l’épiscopat de Benignus de 470 à 477. Mais Rome avait été saccagée tout juste vingt ans plus tôt, en 455, et les Barbares n’avaient pas épargné d’autres villes sur leur passage ; cette considération permet alors de maintenir cet épiscopat entre 465 et 472.

Benignus mourut le 22 novembre.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Benignus de Milan au 22 novembre.

 

 

Pragmatius d’Autun

† 520

 

Il fut le onzième évêque d’Autun.

Les dates de son épiscopat (500-520) demeurent approximatives.

Il est prouvé qu’il assista au concile d’Epaone (517).

Pragmatius fut un ami de deux autres saints évêques, Sidoine Apollinaire et Avit de Vienne (v. 21 août et 5 février).

Il s’efforça beaucoup de calmer les révoltes locales suscitées par les trop fortes pressions du royaume franc.

On pense que Pragmatius mourut vers 520.

Saint Pragmatius d’Autun est commémoré le 22 novembre dans le Martyrologe Romain.

Martyrs d’Arménie

1895

 

Voir la notice : Salvatore Lilli et sept Compagnons

 

 

Salvatore Lilli et sept Compagnons

1853-1895

 

Salvatore (Sauveur) était né le 19 juin 1853 à Cappadocia (L’Aquila, Italie centrale), de Vincenzo et Annunziata.

Il entra chez les Pères franciscains en 1870 et fit les premiers vœux l’année suivante.

Ses études se déroulèrent en Terre Sainte, car à partir de 1873 les ordres religieux avaient été supprimés de l’Italie, et Salvatore fut ordonné prêtre à Bethléhem en 1878.

Il prêcha à Jérusalem pendant deux ans, revint quelque temps en Italie (1886), puis fut envoyé en 1890 comme curé à Marasc (Arménie, dans l’actuelle Turquie).

Il développa une intense activité, construisant des écoles, des cliniques, des maisons pour les délaissés, préconisant des mesures d’hygiène avancées pour l’époque.

L’épidémie de choléra de 1891 fut pour lui une occasion d’élargir encore plus sa charité.

Il fut ensuite nommé curé dans la localité de Mujuk-Deresi, toujours en Arménie, en 1894.

Or entre 1894 et 1897, le Sultan, qui soupçonnait les Chrétiens Arméniens d’être d’entente avec les puissances occidentales, décida de les combattre et de les exterminer. On sait que le génocide d’Arménie emporta entre cent et trois-cents mille victimes.

En 1895, la région de Mujuk-Deresi fut occupée par les troupes islamistes. Les supérieurs du père Salvatore le pressaient de quitter l’Arménie pour échapper au massacre, mais il voulut énergiquement rester au milieu de ses paroissiens. 

Quand survinrent les Turcs, le père Salvatore s’avança pour porter secours à des blessés, et fut lui-même blessé à la jambe. Les troupes islamistes envahirent le couvent, et capturèrent le père Salvatore, avec sept Compagnons du Tiers-Ordre. 

En voici les noms. Le terme oğlu signifie «fils de» ; l’orthographe de ces noms est très différente selon les sources. Il y a parfois aussi des inversions. On ne connaît la date approximative de naissance que d’un seul d’entre eux. 

 

  • Baldji oğlu Ohannes (Jean, fils de Baldji), né vers 1860 à Mucuk (Mut, Mersin, Arménie), marié ;
  • Dimbalac oğlu Vartavar ;
  • Yeremya oğlu Boghos (Paul) ;
  • Khodianin oğlu Kadir ;
  • Kuradji oğlu Tzeroun ;
  • David oğlu David
  • David oğlu Toros (Théodore), probablement frère du précédent.

 

Déjà interrogés, menacés, maltraités, ils furent, huit jours après, tous les huit emmenés à Marasc, et enfermés dans l’église, où le père confessa ses Compagnons et les exhorta à accepter le martyre. Il y eut apparemment aussi d’autres victimes, dont on n’a pas conservé l’identité.

Conduits près d’une rivière au lieu-dit Kahramanmaraş, à deux heures de marche de là, de nouveau sommés - en vain - d’abandonner le christianisme et d’embrasser l’Islam, ils refusèrent. Ils furent torturés sauvagement et assassinés à coups de baïonnettes ; les cadavres furent ensuite honteusement profanés, et brûlés. 

Qui put raconter ces faits fut une petite fille de onze ans, qui avait été prise avec le groupe de nos Martyrs et qui fut ensuite épargnée. 

C’était le 22 novembre 1895.

Le père Salvatore Lilli et ses sept Compagnons ont été béatifiés en 1982.

 

 

Tommaso Reggio

1818-1901

 

Né le 9 janvier 1818 à Gênes (Italie) dans une famille noble, Tommaso eut d’abord un précepteur à domicile, puis fréquenta le Collège Royal, géré par les Pères de Somasque.

En 1838, il fut reçu bachelier en Droit.

En 1839, à vingt-et-un ans, il entra au séminaire de Gênes, d’abord comme externe, où il étudia la philosophie et la théologie. Il s’inscrivit alors dans la congrégation de l’Archange Saint Raphael, une association née en 1835 au sein du séminaire pour encourager les jeunes clercs à une vie encore plus intérieure et sanctifiée ; à tour de rôle, les membres étaient chargés d’être les «correcteurs» des autres, à la condition expresse de corriger d’abord pour eux-mêmes ce qu’ils auraient à reprendre chez leurs confrères.

Ordonné prêtre en 1841, à vingt-trois ans, Tommaso fut nommé vice-recteur du séminaire de Gênes, puis recteur de celui de Chiavari.

En 1851, il fut nommé abbé et curé de la collégiale de Sainte Marie de l’Assomption à Carignagno (Gênes), en même temps que professeur de morale au séminaire, où il organisa une vie de prière intense dans les premières heures de la matinée. Il est connu en effet que, facilement, les esprits des séminaristes (ou même des moines) peuvent céder à l’habitude, aux occupations diverses quotidiennes, donnant moins d’importance à la vie intérieure.

L’abbé Tommaso coopéra à la rédaction d’un quotidien, Stendardo Cattolico (L’étendard catholique), dont il fut même directeur en 1861. Sur la demande de Pie IX, il ferma cette édition, un peu à contre-cœur, en signe de protestation contre les dispositions anticléricales des autorités italiennes.

En 1877, il fut nommé évêque coadjuteur, puis évêque titulaire de Ventimille.

En 1878, il fonda les Sœurs de Sainte Marthe, qui se signalèrent tellement durant l’épidémie de choléra de 1884 à Piani di Latte (Imola), qu’elles reçurent la médaille de bronze du gouvernement ; en 1887, elles fondèrent un orphelinat à Ventimille ainsi que la Maison de la Miséricorde à San Remo. Aujourd’hui elles sourient encore en Argentine, au Brésil et au Chili, au Liban, en Inde.

Le profond désir de l’évêque était d’associer les laïcs à la vie de l’Eglise, au lieu de les abandonner au simple rôle de spectateurs, devant l’activité du clergé.

Il proposa bientôt sa démission, craignant d’être trop âgé pour bien gérer la vie d’un diocèse. Au contraire, en 1892, il fut nommé archevêque de Gênes. Il fallut obéir.

Comme tel il s’employa à adoucir les relations entre Eglise et Etat : c’est lui qui obtint du Vatican l’autorisation de célébrer à Rome les obsèques religieuses du roi Umberto I, assassiné à Monza. Il obtint aussi des autorités laïques l’autorisation pour la procession de la Fête-Dieu, pour la création de paroisses, pour la restauration de la cathédrale de Gênes. Il fonda aussi une Faculté Pontificale de Droit ainsi qu’une Ecole supérieure de Religion.

Attentif aux besoins réels de la population, il fut aux côtés des ouvriers pour leur obtenir le repos dominical et des heures de travail «humaines». Il développa les œuvres sociales catholiques. Devant le nombre élevé (déjà à cette époque) d’immigrés, il chercha à les faire sortir de la clandestinité par un système d’assistance efficace.

En septembre 1901, il se rendit (dans un wagon de troisième classe) en pèlerinage à Triora pour l’érection de la statue du Christ Rédempteur sur le Saccarello. Brusquement une forte douleur au genou le cloua au lit : une grave infection, incurable, le porta à la mort, le 22 novembre 1901. Il avait quatre-vingt trois ans.

Il mourut en disant : Dieu, Dieu, Dieu seul me suffit.

Il avait demandé à être enterré simplement, sur place, à Triora, mais le clergé lui-même jugea opportun d’inhumer le Pasteur au milieu de son troupeau, et l’archevêque fut inhumé aux côtés de ses prédécesseurs, dans la chapelle du Petit séminaire de Chiappeto.

A leur tour, les Sœurs de Sainte-Marthe voulurent plus tard l’avoir auprès d’elles, et les restes du Fondateur arrivèrent en 1951 dans leur chapelle de Gênes, pour le cinquantenaire de sa mort.

Mgr Tommaso Reggio fut béatifié en 2000.

 

 

Pedro Esqueda Ramírez

1887-1927

 

Pedro naquit à San Juan de los Lagos (Jalisco, Mexique) le 29 avril 1887.

Après l’école privée, il alla en 1902 au séminaire de Guadalajara, qui fut fermé et réquisitionné en 1914.

Pedro rejoignit alors San Juan, où il assistait le curé en tant que diacre.

Ordonné prêtre en 1916, il fut pendant dix ans vicaire en son pays natal, où il se dévoua sans mesure à la formation des enfants, fondant pour eux une école de formation des catéchistes.

Zélé pour le culte du Saint Sacrement, il organisa en pleine persécution des «tours de garde» dans les familles, pour maintenir l’adoration perpétuelle de l’Eucharistie.

A partir de 1926, la persécution s’intensifiant, il se cacha en diverses maisons.

Arrêté le 18 novembre 1927, frappé, il eut une grosse blessure au visage. Un des soldats lui dit : Maintenant, tu vas pouvoir regretter d’être curé, à quoi le prêtre répondit : Oh non, pas un instant, et il ne me manque plus grand chose pour voir le Ciel.

On le sortit de sa prison pour aller le fusiller. On laissait approcher la population, pour l’impressionner, mais don Pedro encourageait encore les enfants : N’oubliez pas votre catéchisme, pour rien au monde.

Il écrivit encore quelques recommandations à l’intention de ses catéchistes.

Parvenu au village de Teocaltitlán, il reçut trois balles dans la tête et tomba ainsi en martyr du Christ, le 22 novembre 1927.

Don Pedro fut béatifié soixante-cinq ans plus tard, le 22 novembre 1992 et canonisé en 2000.

Les Martyrs mexicains ont leur fête liturgique commune le 21 mai.

 

 

 

Julián Torrijo Sánchez

1900-1936

 

Julián naquit le 17 novembre 1900 à Torrijo del Campo (Teruel) et fut baptisé le lendemain.

Son père, charpentier, lui enseigna le métier.

Il entra au noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils en 1916, reçut l’habit en 1917 à Hostalets de Llers (Gerona) et prit le nom de Elías Julián.

Son premier apostolat fut avec les enfants de Santa Coloma de Farnés (1920), puis en 1925 il fut chargé des travaux de charpente à Cambrils.

En 1928, il fut nommé administrateur à Manlleu ; en 1929, il fut professeur à San Hipólito de Voltregá, puis à Condal.

En 1934, il fut à l’école Notre-Dame du Carmel de Barcelone.

Une maladie le fit soigner à Cambrils, où le surprit la persécution de 1936.

Avec son Confrère, le Frère Bertrán Francisco, il organisa le voyage des élèves dans leurs familles, mais ils furent interceptés à Segunto par les miliciens. Ils purent voyager jusqu’à Valencia, mais ne purent continuer, de sorte que les deux Frères s’employèrent à faire recevoir leurs élèves dans des familles connues sur place.

Ils s’efforçaient ensuite de leur rendre visite, pour les encourager, les fortifier. Mais ils furent de nouveau arrêtés, reconnus comme Religieux et mis en prison.

Du siège du Gouvernement, ils furent transférés à la prison Modelo de Valencia, avant d’être fusillés dans les environs de Valencia, au lieu-dit Benimamet, le 22 novembre 1936. Le Frère Elías venait d’avoir trente-six ans.

La béatification de ces deux Frères, avec trois autres Compagnons de Valencia, eut lieu en 2001.

 

 

Ferrán Llovera Pulgsech

1902-1936

 

Ferrán (Fernand) naquit le 19 mars 1902, fête de saint Joseph, à Orfans (Girona, Espagne). IL était le treizième des quatorze enfants de la famille, dont deux furent prêtres et trois religieuses. L’autre frère qui fut prêtre, devint Supérieur Général des Carmes.

Ferrán entra chez les Carmes de l’Ancienne Observance et, à Onda, fit la profession avec le nom de Ferrán María (1918) ; il fut ordonné prêtre.

Il fut envoyé aux missions de Porto Rico, où il resta cinq ans.

En 1936, il était prieur de la communauté de Olot. 

La communauté s’étant dispersée, Ferrán rejoignit sa famille et pensa quitter l’Espagne, sous un faux nom, en s’embarquant pour Marseille.

Dénoncé, il fut arrêté avant le départ du bateau. Détenu, il chercha à redonner du courage aux autres prisonniers et à les préparer à affronter la mort.

Au moment d’être fusillé, il pardonna à ses bourreaux et fut assassiné au lieu-dit Santa Elena de Montjuïc pour ce seul «délit» qu’il était religieux.

Ce martyre eut lieu le 22 novembre 1936.

Le père Ferrán a été béatifié en 2007.

 

 

Aquilino Rivera Tamargo

1907-1936

 

Né le 4 janvier 1907 à Peal de Becerro (Jaén), baptisé le 9 janvier suivant, confirmé en 1912, il était d’une famille profondément chrétienne.

Cette famille s’étant établie à Pozo Alcón, Aquilino fréquenta le Petit, puis le Grand séminaire d’Almería à partir de 1919. Ses études furent brillantes, et il réussit à les accomplir en même temps qu’il faisait son service militaire à Madrid dans la télégraphie et le secteur des automobiles ; c’est pourquoi il ne fut ordonné prêtre qu’en 1933, à vingt-six ans.

Il fut nommé à la paroisse de Huéscar et Guardal. Quand commença la persécution marxiste, il fut arrêté avec le curé, le 4 août 1936, et mis en prison à Baza.

Le 20 août, on le mit avec ceux de la prison de Guadix (c’est-à dire le séminaire, réquisitionné à cet effet), qui devaient être exécutés ce soir-là ; mais après qu’il eût donné l’absolution à chacun des condamnés, éreinté par la fatigue et la tension, il tomba dans un état de grand abattement. On l’emmena à la prison d’Almería le 24 août. Trois mois plus tard, on appela un soir un certain nombre de prisonniers, auxquels on lia les mains derrière le dos et qu’on fit monter dans des camions, en direction du cimetière d’Almería ; là, on faisait venir les condamnés un à un au bord d’une fosse, on leur tirait froidement un coup de pistolet dans la nuque et on les précipitait dans la fosse. Le témoin qui l’a raconté a ajouté que les bourreaux n’étaient pas ivres.

L’expression un mois plus tard, qu’on trouve sous la plume d’un autre témoin, devrait établir cet assassinat au 23 septembre, mais les déclarations d’autres témoins mentionnent le 22 novembre, date plus probable.

Martyrisé le 22 novembre 1936 à Almería et béatifié en 2017, Aquilino Rivera Tamargo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 novembre.

 

 

Francisco Lahoz Moliner

1912-1936

 

Francisco naquit le 15 octobre 1912 à Campos (Teruel) et fut baptisé le lendemain.

Il entra au collège de Monreal del Campo, puis au noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils en 1925, reçut l’habit en 1929 et prit le nom de Beltrán Francisco.

Son premier apostolat fut l’enseignement au noviciat, où il s’occupa particulièrement de ceux qui avaient davantage de difficultés, puis fut chargé de la formation des novices.

Il semblait austère et peut-être même un peu froid, mais il était très patient, modeste, humble pour accepter les reproches, très travailleur.

Lors de la persécution de 1936, avec son Confrère, le Frère Elías Julián, il organisa le voyage des élèves dans leurs familles, mais ils furent interceptés à Segunto par les miliciens. Ils purent voyager jusqu’à Valencia, mais ne purent continuer jusqu’en Aragón, de sorte que les deux Frères s’employèrent à faire recevoir leurs élèves dans des familles connues sur place.

Ils s’efforçaient ensuite de leur rendre visite, pour les encourager, les fortifier. Mais ils furent de nouveau arrêtés, reconnus comme Religieux et mis en prison.

Du siège du Gouvernement, ils furent transférés à la prison Modelo de Valencia, avant d’être fusillés dans les environs de Valencia, au lieu-dit Benimamet, le 22 novembre 1936. 

Le Frère Beltrán avait «fêté» ses vingt-quatre ans le mois précédent.

La béatification de ces deux Frères, avec trois autres Compagnons de Valencia, eut lieu en 2001.

 

 

Anna Kolesárová

1928-1944

 

Anna vit le jour le 14 juillet 1928 à Vysoka nad Uhom (Michalovce District, Tchécoslovaquie), benjamine des trois enfants de Ján Kolesár (surnommé Hruška) et Anka Kušnirová ; les aînés étaient la demi-sœur Maria et le frère aîné Michal ; les informations ne précisent pas l’origine de cette «demi-sœur».

Les parents étaient de pieux paysans, fidèles à la pratique chrétienne.

Anna reçut le Baptême le 15 juillet.

Elle avait environ dix ans lorsque sa maman mourut. Anna se mit alors à assumer les tâches de la vie quotidienne familiale, humblement et efficacement ; on la voyait fréquemment à l’église, notamment à la messe matinale quotidienne.

Vers la fin de la Deuxième Guerre mondiale, lorsque l’armée soviétique passa dans cette région (qui était alors un territoire hongrois), les soldats s’installèrent dans le village, demandant à manger et à boire aux habitants. Le papa d’Anna, réfugié dans le sous-sol de la cuisine, pria sa fille de sortir pour donner quelque chose au soldat qui frappait à la porte. Mais quand Anna présenta au soldat un quignon de pain, l’homme - qui était déjà ivre - fit des avances à la jeune fille.

Sur le refus de cette dernière, le soldat fit sortir aussi le papa et le frère d’Anna, et devant eux, tira deux balles de son fusil automatique, dans la tête et la poitrine d’Anna.

Elle s’écroula en murmurant encore : Au-revoir, Papa ! Jésus, Marie, Joseph ! C’était le 22 novembre 1944, en le fête de sainte Cécile, vierge et martyre (v. ce jour). Anna, jeune vierge de seize ans, venait d’être à son tour martyrisée pour défendre sa virginité.

Anna avait pu se confesser et communier peu auparavant. L’enterrement se fit discrètement, sans la présence d’un prêtre. La messe fut célébrée seulement le 29 novembre.

Anna Kolesárová a été béatifiée en 2018.

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21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 11:52

Francesco Zirano

1564-1603

 

Francesco Zirano naquit vers 1564 à Sassari (Sardaigne), cette grande île qui était alors dominée par le royaume d’Aragon.

Il entra chez les Frères Mineurs Conventuels (Franciscains) en 1580, et reçut le sacerdoce en 1586.

En 1590, un cousin de Francesco, nommé Francesco Serra, qui était aussi de l’Ordre des Frères Mineurs Conventuels, et diacre, tomba aux mains des corsaires d’Alger. Ses parents proposèrent de le racheter en restituant aux Corsaires un Maure qui était esclave à Sassari ; à leur tour, des Religieux trinitaires tentèrent de le racheter, en vain.

On sait peut-être que c’était déjà au 13e siècle que s.Jehan de Mata (v. 17 décembre) avait fondé l’Ordre des Trinitaires dans le but de recueillir des fonds en vue de racheter les Chrétiens captifs des Musulmans en Algérie. A la fin du 16e siècle, l’Ordre connut quelque décadence et un chapitre décida en 1599 de le reporter à sa rigueur initiale.

C’est la même année que Francesco obtint du pape l’autorisation de recueillir lui aussi des fonds à destination du rachat de son cousin captif en Algérie, mais aussi d’autres Chrétiens prisonniers.

En juillet 1602, il arriva donc en Alger, sur un bateau espagnol. A ce moment-là en effet, le roi local Sid Amar s’était mis d’accord avec le roi d’Espagne pour conquérir la ville d’Alger, alors aux mains des Turcs ; Sid Amar voulait échapper au lourd tribut que lui imposait le sultan, et Felipe III voulait en finir avec la présence des Maures sur terre et sur mer. Ajoutons qu’en Alger régnait le sultan Soliman, un Chrétien renégat originaire de Catane.

Dans un premier temps, notre Francesco réussit à racheter quatre prisonniers d’Alger, qu’il conduisit auprès de Sid Amar. Puis, de septembre à décembre 1602, protégé par Sid Amar, il put encore travailler parmi les Chrétiens, tandis que Sid Amar remportait une première victoire contre Alger. Sid Amar chargea alors Francesco d’aller trouver le roi d’Espagne pour lui annoncer la bonne nouvelle ; c’était en dehors des intentions du Religieux, qui se trouvait ainsi mêlé à une histoire politique qu’il n’avait pas prévue.

Il allait s’embarquer le 1er janvier 1603, quand il fut trahi par des Maures et remis à l’armée d’Alger. Il fut mis en prison dans le grand palais de Soliman, qui fixa sa rançon à trois mille ducats d’or - ce qu’on aurait versé pour racheter dix-sept esclaves. Mais le Grand Conseil d’Alger imposa sa décision : Francesco était un espion, il avait déjà libéré quatre esclave, il devait donc être mis à mort.

On ne connaît pas exactement quelles tortures furent infligées au Religieux ; on sait qu’elles se prolongèrent pendant trois semaines, durant lesquelles Francesco fut continuellement sommé de renier sa foi et d’adhérer à l’Islam. Sur son refus et sa constance héroïque, on l’exécuta, le 25 janvier 1603.

Francesco Zirano a été béatifié en 2014, et inscrit au Martyrologe le 25 janvier.

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21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 00:00

21 NOVEMBRE

 

I.

Présentation de la Très Sainte Vierge Marie au Temple.

S Rufus, fils de Simon le Cyrénéen (nommé évêque par s. Paul, durant son voyage en Espagne ; évêque à Thèbes? Athènes? Avignon?).

IV.

S Maurus, évêque à Parenzo et martyr (IV.?). 

S Agapius, martyr à Césarée de Palestine.

V.

S Gélase Ier, pape (492-496) : adversaire vigoureux des monophysites, pélagianistes, manichéens… ; on connaît un sacramentaire gélasien.

X.

S Mauro, évêque à Cesena.

S Libéral, évêque à Embrun, chassé par les Sarrasins.

XII.

S Nicola Giustiniani, bénédictin à Venise ; le doge lui obtint du pape de pouvoir assurer une descendance aux Giustiniani, dont tous les mâles étaient décédés en Orient : il eut neuf enfants et revint mourir dans son abbaye tandis que sa femme devenait aussi moniale.

XX.

Bse Franciszka Siedliska (Maria de Jésus-Bon-Pasteur, 1842-1902), polonaise, fondatrice des Sœurs de la Sainte-Famille-de-Nazareth, pour l'apostolat dans les familles polonaises émigrées, béatifiée en 1989.

Bse Clelia Merloni (1861-1930), italienne, fondatrice des Apôtres du Sacré-Cœur de Jésus, béatifiée en 2018.

B Reyes Us Hernández (1939-1980), père de famille guatémaltèque, martyr, béatifié en 2020.

Rufus

1er siècle

 

L’évangéliste saint Marc rapporte que Simon le Cyrénéen, qui aida Jésus à porter sa croix, était père d’Alexandre et de Rufus (Mc 15:21) ; puis l’apôtre Paul écrit aux Romains :

Saluez Rufus, cet élu dans le Seigneur, ainsi que sa mère que je considère comme la mienne (Rm 16:13).

Seule la Tradition permet de faire coïncider les deux personnages, sans autres preuves.

Chez les apocryphes Rufus est devenu évêque à Thèbes ou à Athènes ou en Avignon, selon les cas.

La tradition la plus solide rapporte que Rufus accompagna saint Paul en Espagne, où Paul l’établit chef de l’Eglise de Tortosa. De là, Rufus vint fonder l’Eglise en Avignon, où il mourut vers 90.

Toutefois, l’actuel Martyrologe distingue deux personnages : l’un en Avignon le 14 novembre, du 3e siècle, l’autre, notre Rufus de l’Epître aux Romains, au 21 novembre, du 1er siècle (mais sans mentionner l’épiscopat).

 

 

Maurus de Parenzo

† 305

 

Il y a deux Maurus (Mauro) le même jour ; v. plus bas Mauro de Cesena.

Concernant Maurus, de plusieurs traditions, on croit pouvoir arriver à la synthèse suivante.

Maurus naquit en Afrique.

Chrétien dès l’enfance, il entra tôt dans un monastère, où il resta dix-huit ans.

Il vint en pèlerinage à Rome et y séjourna trois années.

Venu en Istria (act. Croatie et Slovénie), il fut choisi pour être le premier évêque de Parenzo (auj. Poreč.

Au moment de la persécution, il fut arrêté, torturé et décapité, vers 305.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Maurus de Parenzo au 21 novembre.

 

 

Agapios de Césarée de Palestine

† 306

 

Agapios fait partie d’un grand nombre de Martyrs qui furent immolés durant la persécution de Dioclétien en Palestine.

Il fut d’abord torturé en même temps que s.Timothée de Gaza (v. 19 août), puis maintenu en prison pour plus tard, avec Thecla. Cette dernière était peut-être encore vivante lorsqu’Agapios fut torturé.

Trois fois, il avait été amené dans le cirque, mais à chaque fois le juge le renvoyait à nouvelle échéance.

Finalement, en présence de Maximin Daia, Agapios fut présenté au milieu du cirque, avec un criminel. L’empereur donna sa grâce au criminel (qui avait tué son père), au milieu des acclamations de la foule ; on vivait à nouveau la passion du Christ, où le Verbe éternel était condamné à mort, tandis qu’on libérait le criminel Barabbas (cf. Mt 27:15-26 ; Mc 15:6-15 ; Jn 18:40).

Maximin exhorta Agapios à renier sa foi. Courageusement, Agapios s’élança au-devant de l’ourse qu’on lâchait contre lui. Quand la bête le laissa, il respirait encore. On le traîna en prison ; le lendemain, on lui attacha des pierres aux pieds et on le jeta dans la mer.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Agapios de Césarée de Palestine au 21 novembre.

 

 

Gélase 1er

492-496

 

Fils de l’africain Valerius, Gelasius était «romain de naissance», puisqu’il était né dans la province romaine d’Afrique (l’actuelle Afrique du Nord, comprenant Algérie, Tunisie et Libye).

Il devait faire partie du clergé romain depuis un certain temps, et s’était fait remarquer par la force de ses écrits contre le monophysisme et contre le pélagianisme.

Il fut donc appelé à succéder à Félix III et devint le quarante-neuvième pape.

En quatre années de pontificat, il écrivit beaucoup de lettres, où l’on y remarque, comme chez l’autre africain Tertullien, un goût pour la polémique, parfois quelques longueurs.

Il eut l’occasion de rappeler l’excommunication du patriarche Acace de Constantinople (484) et blâma ceux qui se rangeaient de son côté.

Quand il apprenait que des évêques gaulois n’appréciaient pas sa rigueur, il en appelait au jugement de Dieu.

Dans une lettre à un sénateur, Gélase dénonce la vieille fête païenne des lupercales, cause de désordres, qui menaçait de revivre à Rome.

Il y a un sacramentaire gélasien, peut-être un peu postérieur au pape Gélase ; le décret de Gélase, pourrait être en partie antérieur et en partie postérieur au pape. Il contient un canon des Ecritures, et le premier embryon d’un Index des livres défendus.

Le Liber Pontificalis dit de Gélase qu’il aimait les pauvres. Denys le Petit écrivait qu’il évitait les festins, pratiquait le jeûne et se complaisait dans la compagnie des serviteurs de Dieu. Il mourut pauvre après avoir enrichi les indigents.

Il fut inhumé le 21 novembre 496, jour où il est inscrit au Martyrologe Romain.

Son successeur fut Anastase II.

 

 

Mauro de Cesena

895-946

 

Il naquit dans les dernières années du 9e siècle, on n’en sait pas plus, mais on peut supposer que la famille habitait la région de Ravenne (Emilie-Romagne, Italie NE).

Il fut, dit-on, moine bénédictin.

Son oncle, Jean, archevêque de Ravenne, devint le pape Jean X en 914 et, peu après, le nomma vingt-neuvième évêque de Cesena.

Le nouvel évêque n’aimait pas la vie qu’on menait à Rome et jusqu’au Vatican, alors. Il demanda au pape, son oncle, la permission de construire sur le voisin Mont Spaziano un petit ermitage avec une église, où il pouvait s’isoler et prier. C’est là qu’il voulait être enseveli.

On ne connaît pas la date précise de sa mort, un 21 novembre, vers 946, étant donné qu’un autre évêque de Cesena, nommé Goffredo, est signalé en 955, lui-même successeur de Costanzo, le propre neveu de notre Mauro.

La tombe de Mauro, près de la petite église dont il était question plus haut, fut complètement oubliée, mais un premier miracle, puis un second, éveillèrent l’attention des fidèles et des évêques. On reporta les restes de Mauro à l’intérieur de l’église, qui fut agrandie grâce aux offrandes des fidèles. Ce rite équivalait alors à une canonisation.

L’ermitage aussi fut agrandi ; un beau monastère était florissant en 1042.

Quand la ferveur retomba, la tombe fut à nouveau oubliée. On la retrouva au 15e siècle et les reliques de Mauro furent transférées dans la nouvelle cathédrale de Cesena.

Saint Mauro de Cesena est commémoré le 21 novembre dans le Martyrologe Romain.

Franciszka Siedliska

1842-1902

 

Née le 12 novembre 1842 à Roszkowa Wola (Pologne), Franciszka était d’une famille noble, qui ensuite déménagea à Żdżary.

Elle tomba malade assez gravement et fut soignée en différents endroits (en Allemagne, en Autriche, en France, en Suisse). Elle reçut une éducation avec des gouvernantes à la maison, et resta complètement indifférente à la religion pendant quelques années.

Après avoir rencontré un bon père Capucin rempli du zèle pour les âmes, Franciszka changea complètement : elle reçut la Première communion et s’offrit totalement à Dieu.

Désirant entrer en religion, elle se heurta à l’opposition formelle de son père. Elle s’occupa de sa mère malade. Son frère Adam mourut aussi, peut-être dans un accident.

A vingt-huit ans, elle se consacra comme tertiaire franciscaine. Parvenue à l’âge de trente-et-un ans, elle fonda une nouvelle famille religieuse à Rome en décembre 1875, avec la bénédiction du pape. Ce furent les Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth.

Franciszka prit le nom de Maria de Jésus Bon Pasteur.

La congrégation se développa assez rapidement, puisqu’en 1885 il y avait des maisons en Pologne, en Angleterre, en France et aux Etats-Unis d’Amérique. La maison de Paris s’ouvrit en 1891, pour répondre aux besoins des Polonais émigrés ; de même celle de Londres, en 1895. Franciszka elle-même alla encore fonder à Pittsburgh en 1895. Il y eut jusqu’à vingt-neuf fondations de son vivant. La nouvelle famille religieuse se dévouait dans les écoles, les orphelinats, les internats, préparant les enfants aux sacrements. Dans les débuts, les Religieuses s’occupaient en priorité des émigrés polonais, mais ensuite étendirent leur zèle à tous les milieux.

A l’intérieur, les Sœurs devaient se sanctifier personnellement et réparer particulièrement les outrages envers Dieu et l’Eglise, par un amour toujours plus grand de Dieu et du prochain, partout où il y avait quelque nécessité.

Elle montra une activité débordante pour soutenir toute sa nouvelle famille, prêchant des exercices spirituels, tenant des conférences, écrivant beaucoup.

Les forces physiques de Franciszka déclinèrent et elle s’éteignit à Rome le 21 novembre 1902 ; elle venait de fêter son soixantième anniversaire.

Aujourd’hui la Congrégation de la Sainte Famille compte plus d’un millier de Religieuses dans dix pays : à ceux déjà cités précédemment, se sont ajoutés : la Russie, l’Inde, les Philippines, l’Australie, et Jérusalem.

C’est en Russie que onze de ces Sœurs furent martyrisées le 1er août 1943 par la Gestapo ; elles furent béatifiées en 2000.

Franciszka Siedliska a été béatifiée en 1989.

 

 

Clelia Merloni

1861-1930

 

La famille de Clelia était très en vue à Forlí (Romagna, Italie E). Son père, Gioacchino, épousa Teresa Brandelli, qui mit au monde Clelia le 10 mars 1861.

La petite famille dut déménager plusieurs fois en raison du travail de Gioacchino, ce qui engendrait sans cesse de nouvelles difficultés, auxquelles s’ajouta la mort prématurée de Teresa.

Clelia grandit cependant dans la recherche spirituelle et l’amour de Dieu ; elle frappa à diverses maisons religieuses, sans trouver celle qui convenait à son inspiration.

Elle avait trente-trois ans, lorsqu’elle eut un songe : la ville de Viareggio l’attendait. Clelia n’avait jamais été dans cette ville, située sur l’autre versant de l’Italie, à plus de deux-cents kilomètres d’une route qui n’était certainement pas l’autoroute moderne. Elle partit cependant, en avril 1894, confiante en la Providence, accompagnée de deux amies, Elisa Pederzini et Giuseppina D’Ingenheim.

A Viareggio, le père Serafino Bigongiari, des Frères Mineurs franciscains, les aida à s’installer et, un mois après leur arrivée, en mai 1894, les trois amies inaugurèrent l’Institut des Apôtres du Sacré-Cœur de Jésus. Ces Religieuses voulaient répandre l’idéal de sainte Marguerite-Marie Alacoque (v. 17 octobre) : faire connaître et aimer le Sacré-Cœur de Jésus.

Gioacchino Merloni soutint de ses propres deniers l’Œuvre naissante. Il y eut d’abord des maisons pour les orphelins, pour les personnes âgées ; bientôt, Clelia et ses compagnes enseignèrent aussi le catéchisme. Les vocations affluèrent, beaucoup de maisons s’ouvrirent.

Mais en 1899, à la mort de Gioacchino, des erreurs de gestion aboutirent à la fermeture de plusieurs maisons ; les Religieuses durent demander l’aumône et même quitter Viareggio. C’est alors qu’un saint évêque, Mgr Scalabrini (v. 1er juin), s’intéressa personnellement à la congrégation naissante, qu’il soutint fortement.

Celui-ci était évêque à Plaisance ; il accueillit les Apôtres du Sacré-Cœur, les aida à établir leur Règle. Il songeait à leur confier l’assistance aux émigrés italiens, mais mourut en 1905.

La Mère Clelia transféra alors la Maison Généralice à Alessandria, puis finalement à Rome en 1916.

Les Apôtres du Sacré-Cœur purent continuer leur apostolat, et ouvrirent d’autres maisons, aux Etats-Unis et au Brésil.

La maladie frappa durement Clelia, qui s’éteignit à Rome le 21 novembre 1930.

L’Institut fut approuvé en 1931. Il s’est aujourd’hui développé aussi en Suisse et en Argentine. Plus de quinze cents Religieuses, dans quelque deux-cents maisons, s’occupent de faire connaître l’amour du Cœur du Christ aux enfants, aux collégiens et aux lycéens, aux malades, aux vieillards, aux familles, aux «pauvres» de toute condition et de toute origine.

Clelia Merloni, béatifiée en 2018, sera commémorée au Martyrologe le 21 novembre.

 

 

Reyes Us Hernández

1939-1980

 

Reyes Us Hernández naquit en 1939 à Macalajau (Uspantán, Quiché, Guatemala)

Père de famille chrétien, il était très actif dans les activités paroissiales.

Le 21 novembre 1980, il fut impitoyablement assassiné.

Reyes Us Hernández devrait être béatifié en 2021, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, et inscrit au Martyrologe le 21 novembre.

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20 novembre 2020 5 20 /11 /novembre /2020 21:32

Giovannina Franchi

1807-1872

 

Giovannina Franchi naquit le 24 juin 1807, en la fête de s.Jean-Baptiste, dont elle portera le nom.

Elle était la seconde des sept enfants d’un haut magistrat de Côme (Italie N), Giuseppe, qui lui fit faire des études auprès des Visitandines.

Dès ses dix-huit ans, Giovannina se consacra aux œuvres pieuses, à l’enseignement du catéchisme.

Elle pouvait devenir une excellente mère de famille mais, à trente-trois ans, elle perdit son fiancé et décida alors de se consacrer entièrement à Dieu.

Soutenue par son directeur spirituel, elle intensifia son activité charitable, au service des indigents, des prisonniers, des malades, jusqu’à loger chez elle des malheureux.

D’autres femmes furent conquises par son exemple et vinrent s’associer à ses activités. Ainsi se formait peu à peu une nouvelle famille religieuse, qui allait devenir en 1850 les Sœurs Hospitalières de Notre-Dame-des-Douleurs (Suore Infermiere dell’Addolorata). En 1858, elles prononcèrent leurs premiers vœux. Giovannina était nommée supérieure et devenait ainsi la mère d’une très grande famille.

De droit diocésain en 1858, la congrégation se répandit assez rapidement dans toute l’Europe.

En 1871, la ville de Côme fut frappée par une épidémie de choléra ; Giovannina ne désarma pas et se rendit au chevet des malades ; ainsi prit-elle la contagion et elle en mourut le 23 février 1872.

En raison de cette épidémie, les funérailles eurent lieu dans le plus strict confinement.

L’institut devint de droit pontifical en 1942, fut agrégé aux Frères Mineurs Capucins et se trouve actuellement présent en Italie, en Suisse, en Argentine.

Giovannina Franchi a été béatifiée en 2020, et inscrite au Martyrologe le 23 février.

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