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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 00:00

01 FEVRIER

 

III.    

S Eubert, évêque à Lille, dont il est le patron.

S Tryphon, martyr en Phrygie. 

IV.    

S Severus, évêque à Ravenne ; il était simple tisserand, c’est une colombe qui le désigna pour l’épiscopat ; son épouse et sa fille se consacrèrent.

V.    

S Pierre le Galate, ermite près d'Antioche ; il guérit deux fois sa mère.

Ste Cinnie (Kinnie), vierge irlandaise de famille royale.

VI.    

Ste Dallugdach, vierge à Kildare et abbesse à Abernethy.

S Torquat, évêque à Trois-Châteaux, juste avant s.Paul.

S Paulus, évêque à Trois-Châteaux, dont il est le patron ; son épouse se retira au monastère.

Ste Brigit, vierge à Kildare, une de ses fondations, thaumaturge ; pour prouver son innocence, parce qu’on la calomniait, elle fit reverdir l’autel en le touchant. 

S Précord, écossais, solitaire à Vailly-sur-Aisne, ami de s.Remi.

S Sour (Sorus), ermite en Périgord, à l’origine d’un monastère à Terrasson.

S Ursus, irlandais, archidiacre à Aoste.    

VII.    

S Agrippanus (Agrève), espagnol consacré évêque à Rome pour le Velay, adversaire des ariens, et martyrisé en Vivarais lors d’un voyage. 

S Sigisbert III, roi d’Austrasie, à Metz, qu’il débarrassa du luxe et du libertinage, mort assassiné, patron de Nancy.

S Sever, évêque à Avranches, d’où il retourna à son monastère.

IX.    

Ste Brigide (Brigitte), vierge irlandaise, qui se trouva miraculeusement près du lit de mort de son frère à Fiesole. 

X.    

S Basile, moine à Peristera, évêque à Thessalonique.

XII.    

B Raimundo, abbé cistercien à Fitero, fondateur de l’ordre de Calatrava, moitié militaire, moitié monastique.

S Jean de la Grille, évêque à Aleth et Tréguier, siège qu’il transféra à Saint-Malo ; son surnom lui vint de la grille qu’on dut mettre pour protéger son tombeau de la dévotion excessive des fidèles.

XIII.    

B Réginald, un des premiers compagnons français de s.Dominique et à qui la Vierge Marie montra l’habit de l’Ordre, actif à Bologne et à Paris.

Bse Verdiana (Viridiana), recluse à Castel-Fiorentino, mystique.                    

Bse Ela (Ella), veuve, fondatrice et abbesse augustine à Laycock. 

XIV.    

B Andrea de Segni, franciscain et solitaire près de Anagni, mystique.

XVII.    

Bx Conor O’Devany, évêque en Irlande, et Patrick O’Lougham, prêtre, franciscains, martyrs par la pendaison.

S Henry Morse, jésuite anglais, martyr à Tyburn.

XVIII.    

Bses Marie-Anne Vaillot et Odile Baumgarten, des Sœurs de la Miséricorde de Saint-Vincent-de-Paul et quarante cinq autres saintes femmes, martyres à Avrillé et béatifiées en 1984 : 

des veuves : Jeanne Gruget, Louise Rallier de la Tertinière, Madeleine Perrotin, Marie Anne Pichery et Simone Chauvigné ;

des mères de famille : Françoise Pagis, Jeanne Fouchard, Marguerite Rivière, Marie Cassin, Marie Fausseuse, Marie Galard, Marie Gasnier, Marie Jeanne Chauvigné, Marie Lenée, Marie Leroy Brevet, Marie Rouault, Pierrette Phélippeaux, Renée Cailleau, Renée Martin et Victoire Bauduceau ; 

trois sœurs : Jeanne, Madeleine et Pierrette Sailland d’Espinatz ; trois autres : Gabrielle, Pierrette et Suzanne Androuin ; deux autres encore : Marie et Renée Grillard ;

en outre : Anne Françoise de Villeneuve, Anne Hamard, Charlotte Davy, Catherine Cottanceau, Françoise Bellanger, Françoise Bonneau, Françoise Michau, Joséphine Monnier, Jeanne Bourigault, Louise Aimée Déan de Luigné, Madeleine Blond, Marie Leroy, Pierrette Besson, Pierrette Ledoyen, Pierrette Grille, Renée Valin et Rose Quenion.

XIX.    

Ss Baolo Hong Yŏng-ju, Yohan Yi Mun-u et Bareubara Ch’oe Yŏng-i, martyrs en Corée, canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

Bse Anna (Giovanna Francesca de la Visitation) Michelotti, fondatrice à Turin des Petites Sœurs du Sacré Cœur, au service des malades pauvres.

XX.    

B Luigi Variara (1875-1923), salésien, élève de don Bosco, fondateur en Colombie de l’Institut des Filles des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie, dont les membres seraient de jeunes lépreuses ; il avait organisé une fanfare de lépreux ; il fut pendant dix-huit années éloigné de sa fondation… , et béatifié en 2002.

Tryphon de Lampsaque

227-250

 

Tryphon, né vers 227, était d’une humble et pieuse famille de Lampsaque (Phrygie, act. Lapseki, Turquie W).

Son métier fut de garder les oies.

Son grand amour de Dieu lui valut très vite le don des miracles ; il guérissait les hommes comme les animaux de leurs maladies. 

Il chassait les esprits impurs. Aussi fut-il appelé par l’empereur Gordien pour guérir sa fille possédée. A cette époque-là, Tryphon pouvait avoir dix-sept ans.

Notre gardien d’oies reprit son travail (et ses miracles) jusqu’au temps de la persécution de Dèce (250).

Il fut alors dénoncé par les païens comme un dangereux malfaiteur, qui combattait le culte romain et répandait cette nouvelle doctrine d’un Crucifié de Palestine.

Les soldats vinrent le trouver, il se présenta à eux spontanément et se réjouit de partir avec eux à Nicée, où l’attendait le préfet Akylin.

Après les habituelles flatteries et menaces d’Akylin, qui n’émurent pas beaucoup Tryphon, celui-ci fut attaché à un poteau et frappé pendant plusieurs heures à coups d’épées de bois, qui servaient à l’exercice des soldats. Puis le tyran l’attacha derrière son cheval, qu’il fit trotter en obligeant Tryphon à courir pieds nus par des sentiers rocailleux et glacés.

Ensuite, comme Tryphon refusait d’adorer l’image de l’empereur, on lui planta des clous dans les pieds et on le traîna ainsi au milieu de la ville. Les habitants finissaient par admirer cet homme qui montrait tant de joie à souffrir pour son Maître ; les bourreaux, eux, s’épuisaient à lui déboîter les membres, à le flageller encore, à brûler son corps avec des torches… Tryphon, impassible et heureux, priait pour eux.

On vit alors venir du ciel une belle couronne de fleurs et de pierres précieuses, qui se posa sur sa tête. Akylin, furieux et impuissant, ordonna à ses hommes d’aller décapiter Tryphon en-dehors de la ville, mais Tryphon expira avant de recevoir le coup fatal.

Ce fut, d’après la Tradition, un 1er février, vers 250.

Depuis, saint Tryphon est toujours invoqué contre les sauterelles, les reptiles et autres animaux nuisibles aux cultures.

Saint Tryphon est commémoré le 1er février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Severus de Ravenne

† 344

 

Le douzième évêque de Ravenne fut Severus, mais c’est le premier de ces douze, dont on connaisse bien quelque chose de sa vie.

Né à Ravenne, il était simple tisserand.

Son épouse s’appelait Vincentia, sa fille Innocentia.

Vers 308 (ou plus tard vers 320), à la mort de l’évêque Marcellinus, le peuple se trouvait assemblé dans l’église pour nommer un successeur. Severus s’y était rendu tout simplement, en habit de travail. Et voici qu’une colombe vint se poser sur sa tête, comme cela s’était produit déjà pour l’élection des évêques précédents. Severus fut alors acclamé évêque.

Mais il était marié, et n’était donc pas même membre du clergé, ni préparé pour cette charge. Son cœur appartenait à Dieu, et c’est cela que Dieu avait manifesté pour cette élection. Il étudia, il reçut les saints Ordres, tandis que son épouse et sa fille se consacraient à Dieu.

En 343, Severus participa au concile de Sardique, dans le cadre de la lutte contre l’arianisme.

Il mourut vers 344, après une vingtaine d’années d’épiscopat.

Saint Severus de Ravenne est commémoré le 1er février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Paulus de Trois-Châteaux

5e siècle

 

Cet évêque fut suffisamment important pour donner par la suite son nom à la ville de Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme).

Il semble que cette ville ait été déjà siège épiscopal au 2e siècle. 

Paulus aurait été d’origine romaine. Son épouse se serait retirée dans un monastère d’Arles au moment où Paulus fut choisi pour être évêque.

On place saint Paulus au sixième rang dans la liste des évêques ; il aurait siégé entre 372 et 412. On relève en effet un Paulus parmi les signataires du concile de Valence en 374. Toutefois, on aurait tendance à considérer les cinq premiers évêques comme «légendaires».

Saint Paul est mentionné au 1er février dans le Martyrologe Romain.

Le diocèse de Saint-Paul-Trois-Châteaux fut supprimé en 1790, puis rattaché à celui de Valence depuis 1911.

 

 

Brigit de Kildare

453-525

 

Le nom de cette abbesse irlandaise comporte bien des variantes : Brigid, Bridget, Bridgit, Brid, Bride ; en irlandais : Naomh Bríd ; en breton : Brec’hed ou Berhet. Différents récits permettent, malgré des différences, d’avoir quelques certitudes.

Le père de Brigit, Dubhthach, devait être un roi de Leinster, et sa mère, Brocca, une chrétienne picte baptisée par saint Patrick. Certains avancent que Dubhthach était originaire du Portugal et avait été kidnappé comme esclave par des pirates irlandais ; d’autres, que Brocca était d’abord elle-même esclave à la cour de Dubhthach.

Née vers 451, Brigit serait née au lieu-dit Faughart, près de Dundalk (County Louth, Irlande). En grandissant elle faisait déjà des miracles, venant en aide aux pauvres et aux malades, qu’elle nourrissait et guérissait. Un jour qu’elle donna toute la réserve de beurre de sa mère, l’entière réserve fut renouvelée sur la prière de Brigit.

Elle forma avec quelques compagnes la première communauté féminine en Irlande, près de Dublin.

Un des évêques de l’époque (Mel ou Mac-Caille) lui donna le voile, puis des terres pour fonder son abbaye, probablement Mág Tulach (actuelle Fartullagh, Westmeath). Comme abbesse, elle eut le même rang qu’un évêque, ainsi que les abbesses qui lui succédèrent.

La petite cellule de Brigit à Cill-Dara (Kildare) devint un foyer de vie religieuse et culturelle. Brigit fonda un monastère pour les hommes et un pour les femmes, une école d’arts, comprenant le travail des métaux et les enluminures. Le scriptorium de Kildare est à l’origine du Livre de Kildare, qui fut conservé longtemps, mais disparut lors de la Réforme : on n’avait jamais vu de livre aussi finement décoré, et l’on disait que seuls des anges avaient pu faire ce travail magnifique.

Une sainte amitié lia Brigit et saint Patrice.

Beaucoup de miracles furent attribués à sainte Brigit, dont l’un est que, accusée calomnieusement, Brigit prouva sa virginité en faisant reverdir l’autel qu’elle toucha de sa main ; ou aussi que, demandée si souvent en mariage par des prétendants, elle obtint par la prière de perdre sa beauté juvénile, qu’elle ne retrouva qu’une fois revêtue du voile des moniales.

Une autre fois, elle vint avec trois compagnes demander au roi un terrain assez vaste pour y construire une abbaye. Sur le refus du roi, elle l’assura qu’elle ne demandait pas plus de terrain que la largeur de son manteau. Là, le roi consentit en souriant. Alors les quatre religieuses tirèrent chacune une partie du manteau dans les quatre directions, jusqu’à couvrir une large superficie de terrain, que le roi alors concéda, plein d’admiration pour la Sainte, en y ajoutant aussi de l’argent, de la nourriture et d’autres fournitures. Puis il se convertit au christianisme. Une légende ajoute gentiment que ce terrain produisit suffisamment de myrtilles pour toute l’Irlande, et qu’encore aujourd’hui, les amis de sainte Brigit mangent de la confiture de myrtilles le 1er février, en souvenir de ce miracle.

Brigit mourut le 1er février 523 «à soixante-douze ans». Enterrée d’abord dans la cathédrale de Kildare, elle en fut retirée en 878 devant la menace des envahisseurs danois, et son corps fut transporté à Downpatrick, dans la tombe des deux grands Saints irlandais, Patrice et Columba (pour ces deux Saints, v. 17 mars et 9 juin).

En 1185, les reliques furent retrouvées et reportées dans la cathédrale de Down, mais disparurent sous Henri VIII.

Sainte Brigit de Kildare est céleste patronne de l’Irlande, avec saint Patrice et saint Columba, mais beaucoup la vénèrent particulièrement à plus d’un titre : les religieuses, les enfants, les enfants de parents non mariés, les enfants naturels, les sages-femmes, les crémières, les fugitifs, les marins, les pauvres, les poètes, les éleveurs de volailles, les imprimeurs…

La fête de sainte Brigit est au 1er février.

 

 

Ursus d’Aoste

6e siècle

 

Suivant le mouvement de maints Irlandais vers le continent, Ursus vint dans le midi de la Gaule et y prêcha la Vérité dans la région de Digne, contre les idées ariennes qui s’y répandaient.

Puis il poursuivit sa route vers Aoste, où l’évêque le garda comme archidiacre. Cet évêque semble avoir été Gallus, seul évêque connu du 6e siècle. Mais son successeur appuya l’hérésie arienne, aussi Ursus se retira-t-il dans l’église Saint-Pierre, en-dehors de la ville.

Avec le clergé resté fidèle à la Doctrine, Ursus développa cette église en collégiale, plus tard dédiée à Saint Ursus.

Le Martyrologe mentionne son dies natalis au 1er février.

 

 

Sigisbert III, roi

630-656

 

Sigisbert (ou Sigebert) naquit en décembre 630, premier fils de Dabobert Ier (et de Ragnetrude, concubine) ; son frère, Clovis II, naîtra de Nanthilde (femme légitime de Dagobert).

Le baptême de Sigisbert eut lieu en 631 à Orléans, par l’évêque s.Amand (v. 6 février), en présence de s.Eloi et de s.Ouen (v. 1er décembre et 24 août), et de la reine Nanthilde. Le parrain fut Caribert II, roi d’Aquitaine. On raconte qu’à la prière du Pater, le bébé royal - qui avait neuf jours -, répondit lui-même Amen.

L’enfant grandit à Metz, auprès de Ragnetrude, dans leur domaine royal de Montigny.

Avant de devenir roi unique des Francs, Dagobert fut roi d’Austrasie jusqu’en 632, et Sigebert fut nommé roi d’Austrasie en 633.

En 640, l’armée de Sigebert, après un premier échec, dut mater la révolte du duc de Thuringe, au cours de laquelle Grimoald sauva le jeune Sigebert de la mort.

En 647, à dix-sept ans, il épousa Imnechilde. Persuadé par son maire du palais, Grimoald, qu’il n’aurait pas d’enfants, il en adopta le fils comme successeur, Childebert (651). Si le fait était prouvé - car des historiens le mettent en doute - ce serait là une décision grave et qui s’avéra dangereuse, comme on le verra. En effet, son épouse Imnechilde mit au monde Bichilde, puis Dagobert, véritable héritier. Cependant Sigebert n’osa casser son premier serment concernant l’adoption. 

En marge de ces problèmes de succession, Sigebert chercha à régner avec justice et piété. Il mit tous ses soins à bannir de sa cour le luxe et le libertinage, distribua aux pauvres d’abondantes aumônes, dota douze monastères, parmi lesquels Stavelo et Malmédy.

Sigebert mourut, assassiné, dit-on, le 1er février 656, son dies natalis dans le Martyrologe.

Grimoald fit alors tondre en secret le petit Dagobert, qui avait trois ans, et le fit emporter à York, sous la protection de l’évêque s.Wilfrid (v. 24 avril). Il fit couronner Childebert ; celui-ci, Childebert III, fut déposé en 662 au profit de Childéric II. Dagobert revint et fut roi d’Austrasie de 676 à 679, et canonisé en 872 (v. 23 décembre ?).

La dépouille de Sigebert fut placée à Metz, et de nombreux miracles advinrent. Profanés sous la Révolution, les restes du roi furent transférés à la cathédrale de Nancy.

Saint Sigisbert est patron de la ville de Nancy.

 

 

Agrippanus de Velay

7e siècle

 

D’après la tradition, Agrippanus (Agrève) était d’une noble famille espagnole.

Chrétien, et voulant fuir ses parents qui voulaient l’engager dans un mariage qu’il ne désirait pas, il vint à Rome où il rencontra le pape.

Le pape trouva en lui un homme plein de vertus et de sagesse et lui conféra l’ordination épiscopale, pour l’envoyer dans le Velay, une région encore marquée par les idées ariennes. Agrippanus travailla beaucoup à la conversion de son peuple.

Un jour qu’il était de retour d’un autre voyage à Rome, il s’arrêta à Chinac pour y prêcher. Là, il fut accusé par une païenne qui le fit mettre en prison. On le tortura pendant trois jours avant de le décapiter.

La Tradition rapporte qu’à l’endroit du martyre, jaillit une fontaine miraculeuse.

L’histoire de ce Martyre semble contestée par certains, ou simplement passée sous silence. Dans le Martyrologe, on raconte que l’évêque fut abattu par des idolâtres.

Ce martyre aurait eu lieu un 1er février, vers la fin du siècle.

Le village de Chinac a reçu ensuite le nom de Saint-Agrève.

Les reliques de saint Agrève furent transférées au Puy, jusqu’à la Révolution, et se trouveraient actuellement au séminaire.

Jean de la Grille (de Châtillon)

1098-1163

 

Jean naquit en 1098 à Châtillon-sur-Seiche ou Châtillon-en-Vendelais (Ille-et-Vilaine).

Un doute subsiste sur la voie qu’il choisit à vingt-trois ans. Pour certains, il émit sa profession religieuse dans les mains de saint Bernard (v. 20 août) ; pour d’autres, il fut plutôt Chanoine de Saint-Augustin. On l’a fait premier abbé de Sainte-Croix de Guingamp en 1134.

En 1143, il fut élu évêque des diocèses d’Aleth et Tréguier, dont il transféra le siège à Saint-Malo, au grand dam des moines de Marmoutier, auxquels l’évêque précédent avait concédé l’île Saint-Malo ; discussions, appel, finalement le pape cistercien Eugène III trancha en faveur de Jean.

Dès lors, Jean entreprit la réforme de ses monastères, favorisant la règle cistercienne à Boquen et Buzay ; il installa dans sa cathédrale des Chanoines de Saint-Victor, venus de Paris.

Il fut co-consécrateur de la cathédrale du Mans (1158) et participa au concile de Montpellier (1162).

Sa vie fut toute de vertu, de science et de zèle apostolique, au service de la justice.

A sa mort, au 1er février 1163, la population unanime le «canonisa», et l’on dut protéger sa tombe d’une grille sévère pour empêcher une vénération excessive et déplacée. C’est pourquoi on appela l’évêque Jean de la Grille.

Le bienheureux Jean, dont le culte fut autorisé en 1517, est commémoré au 1er février.

 

 

Raimundo de Fitero

† 1163

 

Raimundo naquit au début du 12e siècle à Saint-Gaudens (Haute-Garrone), à moins que ce fût à Tarazona (Aragon, Espagne) ou bien Tarragona ou Barcelone (Catalogne, Espagne).

De sa jeunesse, on ne sait rien ou presque. On le décrit comme un homme discret, à la parole sobre et grave, respectueux des anciens, serviable envers ses proches, paisible avec les plus jeunes. 

Il fut chanoine à Tarazona, cette ville récemment reprise aux Maures (1120). 

Il entra chez les Cisterciens de L’Escale-Dieu (Tarbes).

On l’envoya comme prieur dans le nouveau monastère de Nienzabas (Alfaro), où il succéda à l’abbé Durando (1146). Déjà se répandait sa réputation de thaumaturge.

En 1148, il participa au chapitre général cistercien, où était présent le pape Eugène III, lui-même cistercien.

Puis on l’envoya à Castejón (Fitero), où se construisit le monastère de Santa-María ; il en fut le premier abbé.

En 1158, à la demande du roi, il s’offrit avec Diego de Velázquez pour défendre la place de Calatrava contre les Maures, qui n’osèrent pas même l’attaquer, devant la détermination de l’armée espagnole. Puis Raimundo fonda une sorte d’Ordre militaire, précisément l’Ordre de Calatrava, qui recruterait des nobles chevaliers, sous la règle cistercienne. Le roi l’approuva en 1164 et l’Ordre se perpétua pendant plusieurs siècles.

Raimundo transféra alors ses moines de Fitero à Calatrava.

Les dernières années, Raimundo se retira à Ciruelos (Ocaña) et c’est là qu’il mourut en 1163, probablement un 1er février, jour où le commémore le Martyrologe Romain.

Il fut canonisé en 1719.

 

 

Réginald d’Orléans

1180-1220

 

Réginald était né en 1180 près d’Orléans et y fut chanoine.

Il fut professeur de Droit canonique plusieurs années à la Sorbonne.

En 1218, il accompagna à Rome son évêque et songeait à accomplir le pèlerinage de Jérusalem, mais à Rome il connut s. Domingo de Guzmán (v. 6 août), dont l’idéal le conquit.

Tombé malade, il guérit miraculeusement après avoir reçu une apparition de la Vierge Marie qui lui remit l’habit (ou lui montra l’habit qu’il devait porter).

A quarante ans, il émit la profession dans les mains de s. Domingo.

Il fut très actif à Bologne, en tant que prieur et professeur, et à Paris.

A Bologne, il eut la joie de connaître Diana d’Andaló (v. 10 juin), qui fut abbesse du premier couvent de Dominicaines de Bologne.

Après une année d’enseignement à Bologne, il fut envoyé par Domingo à Paris, où il fut aussi prieur ; ses prédications attirèrent des professeurs de la Sorbonne et des jeunes, parmi lesquels Jourdain de Saxe (v. 13 février).

C’est ce dernier qui témoigna : Il avait une éloquence de feu ; sa parole était une torche vivante qui enflammait tellement le cœur des auditeurs, que bien peu avaient le cœur assez endurci pour résister à la chaleur de ce feu.

Humble, Réginald confia n’avoir aucun mérite à vivre dans cet Ordre, car (il y a) trouvé trop de joie.

Réginald mourut à Paris en février 1220. Il n’y a pas l’unanimité sur le jour exact de son dies natalis : le Martyrologe Romain a opté pour le 1er février.

Son culte a été confirmé en 1875.

 

Nota. Il existe un Reginaldo, dominicain italien, un peu plus tardif que Réginald, commémoré au 9 avril, mais absent du Martyrologe Romain.

 

 

Verdiana Attavanti

1182-1242

 

Verdiana (ou Viridiana) vit le jour en 1182 à Castelfiorentino (Toscane, Italie C) dans la noble famille des Attavanti. Cette même année naissait saint Francesco (v. 4 octobre).

Dès l’enfance, on remarqua son attrait pour la solitude et la pénitence. A douze ans, un proche parent lui confia l’administration de la maison.

Ce parent était fort riche. Il avait à la maison une importante quantité de fèves qu’il avait vendues et devait livrer tel jour ; mais à cette époque, la région traversait une grave disette, et la bonne Verdiana, pleine de compassion, avait tout distribué aux pauvres, ignorant le marché qu’avait conclu son parent. Comme on l’imagine bien, ce dernier, quoique d’habitude bon chrétien, entra en grande fureur. Que fit Verdiana ? Elle pria toute la nuit : au matin, les caisses étaient pleines ! 

Mais Verdiana voulut échapper à l’admiration des gens et partir au loin : elle se joignit à des pèlerins qui partaient pour Compostelle. Au retour, elle demanda qu’on lui construisît une cellule voisine de l’église, pour y vivre en recluse. 

Pendant la construction, elle fit le pèlerinage à Rome, où des florentins la reconnurent et parlèrent d’elles ; elle eut du mal à échapper aux regards et aux marques de vénération.

De retour dans son pays, elle prit l’habit pauvre des recluses, se fit enfermer dans la petite cellule, qui n’avait qu’une fenêtre pour apercevoir l’église, recevoir un peu de nourriture et parler à son confesseur. Cette vie dura trente-quatre ans.

Elle se confessait chaque semaine.

Ayant entendu parler du combat des Pères du désert contre le Démon qui leur apparaissait sous forme de bêtes hideuses pour les tourmenter, elle pensa qu’il lui fallait cela aussi pour se sanctifier et en demanda la grâce à Dieu : deux serpents énormes pénétrèrent alors par la fenêtre et vinrent la tourmenter, tentant de l’expulser par la fenêtre. On imagine les heurs, les coups, les chutes qu’elle dut subir. L’évêque le sut et vint la visiter : elle le supplia de n’en pas parler, pour conserver tout le mérite de cette épreuve et mieux gagner la Récompense céleste.

Saint Francesco d’Assise aussi vint la visiter et la consoler dans l’épreuve. Cette apparition permet de supposer que Verdiana était plutôt affiliée au Tiers-Ordre franciscain qu’à celui camaldule. D’ailleurs on trouve aussi que saint Francesco lui-même la reçut en 1221 dans ce Tiers-Ordre.

Quand les serpents disparurent, Verdiana comprit que sa fin était proche et l’annonça à son confesseur.

Le 1er février 1242, les cloches se mirent spontanément à sonner pour anoncer sa mort, son dies natalis retenu par le Martyrologe.

De nombreux miracles suivirent cette mort et le culte de la Bienheureuse fut approuvé en 1533.

 

 

Andrea de Segni

1235-1302

 

Andrea naquit vers 1235 à Anagni (Segni, Latium, Italie C) de Stefano, des Comtes de Segni, et se trouvait ainsi proche parent du pape Alexandre IV. Il avait (au moins) une sœur, Emilia.

Il entra au couvent franciscain de Piglio, fondé par saint Francesco d’Assise lui-même, et après sa profession obtint de se retirer dans une grotte voisine, où il mena une vie de prière et de pénitence. Le Démon, qui déteste la sainteté, le détecta et ne manqua pas de s’inviter aussi dans cette grotte. Andrea lui livra une lutte acharnée, dont la postérité se souviendra.

Andrea travailla aussi : il s’adonna à l’étude et devint un théologien renommé. On a malheureusement perdu le traité marial qu’il écrivit.

Son oncle, le pape Alexandre IV, vint le visiter et lui mit sur la tête un beau chapeau de cardinal, qu’Andrea retira immédiatement. Plus tard (1295), un autre pape, Boniface VIII, son neveu cette fois, voulut à son tour le distinguer en le créant cardinal ; nouveau refus, qui suggéra à l’illustre Expéditeur de ne désirer qu’une chose : vivre assez longtemps pour pouvoir canoniser Andrea après sa mort.

Andrea acheva ses dernières années dans une vie plus angélique qu’humaine ; il eut le don de la prophétie, des miracles ; il eut révélation du sort de certaines âmes du Purgatoire, nouvelle preuve de l’existence de cet état de purification après la mort : c’est ainsi que lui apparut l’âme de Charles d’Anjou, frère de Louis IX roi de France, qui lui demanda des suffrages pour sa délivrance.

La mort d’Andrea de Segni advint le 1er février 1302, près du même couvent où il avait commencé son chemin vers la sainteté. Il est célèbre pour le pouvoir qu’il exerce sur les démons.

Le culte immémorial du bienheureux Andrea fut confirmé en 1724.

Conor O’Devany

1532-1612

 

Conor naquit vers 1532 à Raphoe (County Donegal, Irlande).

Son nom peut aussi se trouver sous les formes (latine) de Cornelius O’Devany et (gaélique) Conchubhar Ó Duibheannaigh.

Il entra au couvent franciscain de Donegal Town, et fut sacré à Rome évêque de Down and Connor en 1583.

En 1588, il fut livré au Dublin Castle. Comme on ne trouvait rien à lui reprocher pour le condamner à mort, son accusateur chercha à «se débarrasser d’un obstiné ennemi de Dieu et d’un si infect traître de Sa Majesté, comme il l’est très certainement».

Il resta en prison jusqu’en novembre 1590. Soi-disant sur sa demande, mais sans doute grâce à quelque tactique, il fut relâché et protégé jusqu’en 1607, échappant aux recherches jusqu’en 1611. 

Cette année-là il fut repris, tandis qu’il administrait la Confirmation. 

De nouveau enfermé à Dublin Castle, il fut accusé en janvier 1612 de haute trahison, trouvé coupable à la majorité des jurés déjà pré-disposés, et condamné à mort le 1er février, le jour de son quatre-vingtième anniversaire (du moins dans l’ancien calendrier julien).

On le traîna en charrette de l’autre côté de la rivière, où se trouvait la potence. La rue était pleine de catholiques, tandis que des pasteurs protestants l’assommaient de reproches et le pressaient de reconnaître qu’il mourait pour trahison.

Il embrassa le bois de la potence avant d’y monter, adressa encore une exhortation aux Catholiques pour qu’ils demeurassent fermes et fidèles dans leur foi. Puis il fut, selon l’habitude, «pendu,  remis sur ses pieds encore vivant {probablement aussi éviscéré}, et écartelé».

Avec lui fut aussi exécuté un prêtre, Patrick O’Loughran.

Après l’exécution, les gens s’emparèrent de la corde, des vêtements, de reliques du corps. Ils restèrent toute la nuit à prier - et un malade fut guéri - tandis qu’on y célébrait messe sur messe, de minuit au lever du jour.

Il y avait tellement de monde que l’ordre fut donné de brûler les corps sur place, mais la nuit suivante les Catholiques les exhumèrent et les enterrèrent dans le cimetière de Saint-Jacques.

Connor O’Devany fut béatifié avec soixante autres en 1992. Son dies natalis est au 1er février (probablement le 11 février du calendrier grégorien), tandis que localement la fête de tous ces Martyrs est au 20 juin.

 

 

Patrick O’Loughran

1577-1612

 

Patrick O’Loughran (en gaélique : Pádraig Ó Lochráin) était né à County Tyrone, vers 1577.

En Belgique il administrait les sacrements pour les nobles irlandais qui avaient fui leur pays.

Il revint en Irlande en juin 1611 et fut bientôt arrêté. Il reconnut avoir administré les sacrements aux nobles irlandais exilés, et d’avoir assisté l’évêque Conor O’Devany. Là-dessus, on l’enferma dans un cachot et, en janvier, fut condamné à mort avec l’évêque O’Devany.

Au moment de l’exécution, l’évêque (qui avait quatre-vingts ans) demanda à mourir après Patrick, pour l’assister au moment de sa mort, mais ce lui fut refusé.

Patrick O’Loughran répliqua, citant saint Paul : Aide-moi de tes prières auprès de Dieu, par la grâce de qui je suis sûr que ni la mort, ni la vie, ni les principautés, ni les puissants, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni rien d’autre, ne pourra me séparer de l’amour du Christ ou de notre amitié à tous les deux (cf. Ro 8:38-39).

L’évêque s’agenouilla pour prier près de O’Loughran, puis tous deux furent «pendus et écartelés».

Comme cet évêque, Patrick O’Loughran fut béatifié en 1992.

Son dies natalis est au 1er février (de l’ancien calendrier julien), mais pourrait être déplacé au 11 février de notre calendrier grégorien.

 

 

Henry Morse

1595-1645

 

Henry naquit dans le protestantisme en 1595 à Brome (Suffolk, Angleterre) et se convertit au catholicisme à Douai en 1614, à dix-neuf ans.

Pour être prêtre, il voyagea en différents endroits et arriva finalement à Rome où il fut ordonné, et d’où il fut envoyé en mission, en 1624.

A Heaton, il fut admis chez les Jésuites ; arrêté peu de temps après, il fit trois années de prison à York Castle, durant lesquelles il fit son noviciat avec son compagnon de cellule, le père John Robinson et fit sa première profession en prison. Ce père Robinson n’est pas le Martyr commémoré le 1er octobre mort en 1588.

Fut-il relâché, ou délivré par quelque complicité ? Il fut alors missionnaire dans les régiments anglais, aux Pays Bas.

De retour en Angleterre en 1633, il aurait ramené au catholicisme, en 1636, une centaine de familles protestantes, mais atteint de la peste, il fut hospitalisé.

Arrêté en février 1636, il fut mis en prison à Newgate. Le 22 avril, il fut conduit au tribunal et accusé d’être prêtre, d’avoir détourné des sujets du roi de leur foi et de leur allégeance. Dans un premier temps, il fut jugé coupable, dans un second temps non-coupable, et la sentence fut remise à plus tard.

Dès le 23 avril, il fit sa profession solennelle dans les mains du père Edward Lusher. Sur intervention de la reine Henriette Maria, une caution de 10.000 florins fut versée et il fut libéré le 20 juin 1637.

Pour n’avoir pas à payer cette caution, il repartit volontairement en exil quand un arrêt royal ordonna à tous les prêtres catholiques de quitter le pays avant le 7 avril 1641. C’est ainsi qu’il devint chapelain du régiment anglais de Gage, en Espagne.

Cette vie intrépide ne s’arrêta pas encore : le courageux prêtre repartit en Angleterre en 1643. Arrêté un an et demi après, il fut mis en prison à Durham puis Newcastle, et envoyé par mer à Londres.

Le 30 janvier, il passa à nouveau en jugement et cette fois-ci fut condamné. Le jour de son exécution, la corde fut tirée par quatre chevaux. Assistaient à l’exécution l’ambassadeur de France avec sa suite, le comte d’Egmont ainsi que l’ambassadeur de Portugal.

On «permit» à Henry de rester pendu et de mourir ainsi, car d’ordinaire, les Martyrs étaient remis sur pied avant leur mort, et on les éviscérait encore conscients avant de les écarteler.

Quand Henry fut écartelé, les hommes de l’ambassadeur imbibèrent des mouchoirs dans le sang du Martyr.

Béatifié en 1929, Henry Morse fut canonisé en 1970 parmi les Quarante Martyrs d’Angleterre.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Le dies natalis de Henry est au 1er février.

Les 84 Martyrs d’Avrillé

† 1794

 

Il y eut un Martyr le 12 janvier, quatre le 18 janvier, quarante-sept le 1er février (ci-après), six le 10 février, vingt-six le 16 avril. Le décret de béatification embrasse quinze autres Martyrs de la même époque, mais pas de la même localité.

 

On lira avec quelque utilité la notice générale Avrillé (Martyrs d’)

 

 

 

Jacquine Monnier

1726-1794

 

Jacquine (ou Jacqueline) était née le 16 janvier 1726 à Saint-Melaine (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Simone Chauvigné

1728-1794

 

Simone était née le 12 mars 1728 à Chaudefonds (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse et veuve Charbonneau, et probablement sœur ou cousine de Marie-Jeanne Chauvigné, épouse Rorteau, martyrisée le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Lenée

1729-1794

 

Marie était née le 14 juillet 1729 à Saint-Nicolas-de-Saumur (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Lepage de Varancé.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Louise-Olympe Rallier de la Tertinière

1732-1794

 

Louise-Olympe était née le 24 avril 1732 à Châteaugontier (Mayenne). 

Elle était épouse et veuve Déan de Luigné, et probablement belle-sœur de Louise Déan de Luigné, martyrisée le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Françoise Pagis

1732-1794

 

Françoise était née le 14 octobre 1732 à Gouis (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Railleau.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Catherine Cottanceau

1733-1794

 

Catherine était née vers 1733 à Bressuire (Deux-Sèvres). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Françoise Boulanger

1735-1794

 

Françoise (Bellanger ?) était née le 24 juin 1735 à La Trinité-d’Angers (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie-Anne Vaillot

1736-1794

 

Marie-Anne était née le 13 mai 1736 à Fontainebleau dans le Maine-et-Loire. 

Elle était entrée chez les Filles de la Charité.

C’est l’une des deux Religieuses d’Avrillé qui furent martyrisées.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Gallard

1739-1794

 

Marie était née vers 1739 à Saint-Laurent-de-la-Plaine (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Quesson.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Perrine-Charlotte Phelippeaux

1740-1794

 

Perrine-Charlotte était née le 13 mai 1740 à Saint-Nicolas-de-Saumur (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Sailland d’Epinatz, et probablement belle-sœur de Jeanne et Madeleine Sailland d’Epinatz, martyrisées le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Fausseuse

1740-1794

 

Marie était née vers 1740 à Boësse (Deux-Sèvres). 

Elle était épouse Blanchereau.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Anne-Françoise de Villeneuve

1741-1794

 

Anne-Françoise était née le 11 septembre 1741 à Seiches-sur-le-Loir (Maine-et-Loir). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Perrine Grille

1742-1794

 

Perrine était née le 6 février 1742 à Rochefort-sur-Loire (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Anne Hamard

1742-1794

 

Anne était née vers 1742 à Saint-Clément (Maine-et-Loire). Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Perrine Besson

1742-1794

 

Perrine était née vers 1742 aux Essarts (Vendée). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

Madeleine Perrotin

1744-1794

 

Madeleine était née le 30 mars 1744 à Saint-Germain-des-Prés dans le Maine-et-Loire. 

Elle était épouse et veuve Rousseau.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Rouault

1744-1794

 

Marie était née le 26 octobre 1744 à Vezins (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Bouju.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Victoire Bauduceau

1745-1794

 

Victoire était née le 20 septembre 1745 à Thouars (Deux-Sèvres). 

Elle était épouse Révélière.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Jeanne Gruget

1745-1794

 

Jeanne était née vers 1745 à Châtillon-sur-Sèvre (actuelle Mauléon, Deux-Sèvres). 

Elle était épouse et veuve Doly.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Jeanne Fouchard

1747-1794

 

Jeanne était née le 10 septembre 1747 à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Chalonneau.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Cassin

1750-1794

 

Marie était née le 21 janvier 1750 à Chanteloup (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Moreau.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Odile Baumgarten

1750-1794

 

Odile était née le 15 novembre 1750 à Gondrexange (Moselle). 

Elle était entrée chez les Filles de la Charité.

C’est l’une des deux Religieuses d’Avrillé qui furent martyrisées.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Renée Cailleau

1752-1794

 

Renée était née le 6 juillet 1752 à Saint-Aubin-de-Luigné (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Girault.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Renée Martin

1752-1794

 

Renée était née vers 1752 dans une localité non précisée. 

Elle était épouse Martin (sic).

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Grillard

1753-1794

 

Marie était née le 5 octobre 1753 à Saint-Pierre-de-Cholet (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire, comme sa sœur ou cousine Renée, martyrisée le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie-Anne Pichery

1754-1794

 

Marie-Anne était née le 30 juillet 1754 à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Delahaye.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie-Jeanne Chauvigné

1755-1794

 

Marie-Jeanne était née le 21 février 1755 à La Jumellière (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Rorteau, et probablement sœur ou cousine de Simone Chauvigné, veuve Charbonneau, martyrisée le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Gabrielle Androuin

1755-1794

 

Gabrielle était née le 6 septembre 1755 à Saint-Lambert-du-Lattay (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire, comme ses deux sœurs ou cousines, Perrine et Suzanne, martyrisées le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Leroy 1

1755-1794

 

Marie était née vers 1755, dans une localité non précisée. 

Elle était épouse Brevet.

Le même jour fut martyrisée une autre personne portant les mêmes nom et prénom, mais née en 1771 (voir notice Marie Leroy 2).

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marguerite Rivière

1756-1794

 

Marguerite était née le 20 août 1756 à La Ferrière-de-Flée (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Huau.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Gasnier

1756-1794

 

Marie était née le 8 novembre 1756 à Ménil (Mayenne). 

Elle était épouse Mercier.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

Suzanne Androuin

1757-1794

 

Suzanne était née le 16 mars 1757 à Saint-Lambert-du-Lattay (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire, comme ses deux sœurs ou cousines, Gabrielle et Perrine, martyrisées le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Jeanne Bourigault

1757-1794

 

Jeanne était née le 24 octobre 1757 à Chaudefonds (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Louise Déan de Luigné

1757-1794

 

Louise était née le 17 novembre 1757 à Argenton-Notre-Dame (Mayenne). 

Elle était célibataire et probablement belle-sœur de Louise-Olympe Rallier de la Tertinière, veuve Déan de Luigné, martyrisée le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Renée Valin

1760-1794

 

Renée était née le 8 mars 1760 à Chaudefonds (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Perrine Androuin

1760-1794

 

Perrine était née le 31 août 1760 à Saint-Lambert-du-Lattay (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire, comme ses deux sœurs ou cousines, Gabrielle et Suzanne, martyrisées le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Charlotte Davy

1760-1794

 

Charlotte était née le 19 octobre 1760 à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Françoise Bonneau

1763-1794

 

Françoise était née vers 1763 à Saint-Léger-en-Anjou (act. St-Léger-sous-Cholet, Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Madeleine Blond

1763-1794

 

Madeleine était née vers 1763 à Angers (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Rose Quenion

1764-1794

 

Rose était née le 20 janvier 1764, à Mozé-sur-Louet (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Perrine Ledoyen

1764-1794

 

Perrine était née le 16 septembre 1764 à Saint-Aubin-de-Luigné (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Françoise Michau

1765-1794

 

Françoise était née vers 1765, mais on n’a pas retrouvé la localité de sa naissance. 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Renée Grillard

1766-1794

 

Renée était née le 10 février 1766 à Saint-Pierre-de-Cholet (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire, comme sa sœur ou cousine Marie, martyrisée le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Perrine Sailland d’Epinatz

1768-1794

 

Perrine était née le 24 mars 1768 à Saint-Nicolas-de-Saumur (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire, comme ses deux sœurs ou cousines, Jeanne et Madeleine, martyrisées le même jour. Une autre Martyre du même jour était probablement leur belle-sœur, Perrine-Charlotte Phelippeaux, épouse Sailland d’Epinatz.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Jeanne Sailland d’Epinatz

1769-1794

 

Jeanne était née le 3 juillet 1769 à Saint-Nicolas-de-Saumur (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire, comme ses deux sœurs ou cousines, Perrine et Madeleine, martyrisées le même jour. Une autre Martyre du même jour était probablement leur belle-sœur, Perrine-Charlotte Phelippeaux, épouse Sailland d’Epinatz.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Madeleine Sailland d’Epinatz

1770-1794

 

Madeleine était née le 9 août 1770 à Saint-Nicolas-de-Saumur (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire, comme ses deux sœurs ou cousines, Perrine et Jeanne, martyrisées le même jour. Une autre Martyre du même jour était probablement leur belle-sœur, Perrine-Charlotte Phelippeaux, épouse Sailland d’Epinatz.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Leroy 2

1771-1794

 

Marie était née le 19 mai 1771 à Montilliers (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

Le même jour fut martyrisée une autre Marie Leroy, épouse Brevet (voir notice Marie Leroy 1).

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

Hong Yŏng-ju Paulus
(Hong Yeong-ju Baolo)

1802-1840

 

Paulus était né en 1802 à Sŏsan (Chungchŏng, Corée S), dans un foyer déjà chrétien.

Il était petit-fils d’un martyr de 1801, Hong Nang-min, et neveu d’un autre martyr Hong Protasius (cf. 20 mai ?) ; lui et son frère, Hong Pyŏng-Ju Petrus, étaient donc d’une famille très chrétienne, et contribuèrent beaucoup à aider l’Eglise coréenne.

Tous deux, catéchistes, accomplirent leur mission avec beaucoup d’enthousiasme, communiquant leur foi aux catéchumènes, assistant les malades et participant à toutes les autres activités charitables de la communauté, ce qui amena les missionnaires à leur confier d’importantes responsabilités.

Lors de la persécution de 1839, ils cachèrent les missionnaires chez eux, au risque de leur vie. Un traître les dénonça en les faisant inscrire sur la liste des recherchés.

On les retrouva. On voulut les forcer à révéler des indications sur les autres Chrétiens ou de renier leur foi, en vain. Il se trouva que le chef des bourreaux était un parent, qui ne voulut pas les torturer lui-même, mais les fit torturer pour les faire apostasier. Même les autres prisonniers, voleurs ou assassins, participèrent aux tortures avec les bourreaux, mais les deux frères ne cédèrent pas.

Condamnés à mort, Petrus et Paulus furent conduits à Tangkogae (Seoul), et décapités : Petrus, le 31 janvier 1840, avec six (ou même sept) autres compagnons ; Paulus, le 1er février 1840, avec deux autres compagnons.

Petrus et Paulus ont été martyrisés à deux jours différents, parce qu’une loi prohibait, à l’époque, de condamner à mort deux parents le même jour…

Ces martyrs ont été béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

Leur fête liturgique commune est au 21 septembre.

 

 

Yi Mun-u Ioannes Baptista

(Yi Mun-u Yohan)

1809-1840

 

Ioannes Baptista était né en 1809 à Ich'ŏn (Kyŏnggi, Corée S), d'une famille noble et catholique. 

Il fut orphelin à cinq ans et recueilli par une pieuse femme à Seoul. Elle voulut le marier, et il finit par se laisser convaincre, mais sa femme et ses deux enfants moururent bientôt.

Désormais grand et libre, il se donna de tout son cœur au service des missionnaires, les accompagnant dans leurs missions, les aidant à se cacher dans la montagne lors de la persécution de 1839, les informant des nouvelles et des dangers, et il risqua beaucoup quand il voulut ensevelir les corps des saints martyrs, l'évêque Imbert et les pères Maubant et Chastan.

Puis il songea à s'enfuir.

Mais il fut arrêté, chez un ami, le 10 novembre 1839. On lui demanda pourquoi il voulait abandonner sa noble condition et mourir en catholique, on tenta de le faire apostasier en lui servant un bon repas avec du vin. Yohan répondit qu'il ne renierait jamais Dieu, le Créateur et le Roi des rois.

On le tortura, on le jeta en prison avec les droits-communs. Ioannes Baptista rencontra des apostats, qu'il réprimanda et chercha à reconduire à la foi.

De la prison, il écrivit une lettre magnifique, dont voici des extraits : 

Regardez un corps, dix jours après que l'âme l'ait quitté : comme il est misérable, comme il sent mauvais ! Les gens se préoccupent plus de leur corps que de leur âme. Les gens vivent comme des bêtes. Les bêtes n'ont pas d'âmes à sauver. Quelle déchéance pour des hommes qui ont à sauver leurs âmes, de vivre comme des bêtes ! … N'ayez pas peur de la mort. Une fois que vous aurez traversé toutes les souffrances, vous pourrez entrer dans le bonheur éternel... Telle est la dernière lettre que j'écris dans ma vie.

Finalement, on le conduisit au lieu-dit Tangkogae, près de Seoul, où il fut décapité, le 1er février 1840.

Il fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.

 

 

Ch'oe Yŏng-i Barbara

(Choe Yeong-i Bareubara)

1818-1840

 

Barbara était née en 1818 et sa mère était Son So-byŏk Magdalena (v. 31 janvier). 

Très pieuse dès son enfance, elle n'accepta de se marier qu'avec un homme très croyant, qu'il fût noble ou pas, riche ou pauvre. C'est ainsi qu'elle épousa Cho Carolus et eut un fils.

Arrêtée, Barbara prit avec elle son petit garçon en prison, mais l'endroit n'était pas du tout approprié pour un enfant, à cause de l'humidité et du manque de nourriture. Et surtout, Barbara craignait de perdre sa force intérieure, à cause de son fils. Aussi confia-t-elle le petit garçon à des parents.

On lui demanda d'indiquer où se trouvaient les autres Chrétiens, et à qui appartenaient les objets religieux qu'on avait trouvés chez elle. Elle répondit adroitement qu'elle ne voulait pas renier Dieu et qu'elle était trop jeune pour connaître ses Compagnons de la foi, de sorte qu'on la tortura très durement ; elle dut recevoir quelque deux cent-cinquante coups de « club » ; son corps était tout meurtri.

Dans une lettre qu'elle écrivit de la prison, elle dit : Comme ça me fait de la peine de perdre mes parents dans le martyre ! Mais quand je pense au Ciel, je me console et je remercie Dieu pour ce privilège spécial du martyre.

Finalement, on la conduisit au lieu-dit Tangkogae, près de Seoul, où elle fut décapitée, le 1er février 1840.

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1984.

 

 

Anna Michelotti
1843-1888

Anna était le deuxième enfant de Gian Michele Telesforo Michelotti, un piémontais d’Almese (Turin, Italie) émigré en Savoie, et de Pierina Mugnier-Serand. Elle naquit le 29 août 1843 à Annecy, qui se trouvait alors dans les Etats de Savoie (Royaume de Sardaigne), plus tard réunis à la France.
Le jour de sa première communion, sa mère l’emmena visiter un malade pauvre. Ce fut là la première étincelle qui allait mettre le feu dans le cœur d’Anna.
Après la mort de Gian Michele (1857), la famille, ruinée, revint à Almese, où Anna essaya la vie religieuse chez les Visitandines.
Dépourvue de dot, elle dut les quitter et s’en vint en 1862 chez les Sœurs de Saint-Charles à Lyon, qui étaient enseignantes ; mais elle n’y trouva pas sa voie : elle voulait soigner les malades. Sur ces entrefaites, moururent sa mère et son frère Antonio, alors novice chez les Frères des Ecoles Chrétiennes. Elle se retrouvait seule au monde.
Pour vivre, elle se fit institutrice des filles d'un architecte, mais elle était déjà en réalité "la demoiselle des malades pauvres", car dès qu'elle le pouvait, elle allait les dénicher et se mettait à leur service. A Annecy, elle rencontra une certaine Sœur Catherine, qui avait été novice dans l'Institut de Saint-Joseph, et qui nourrissait les mêmes sentiments : c'est ainsi qu'elles jetèrent les bases, à Lyon, d'une œuvre privée tournée vers l'assistance à domicile auprès des malades pauvres. Avec la permission de l'archevêque, elles se mirent un habit religieux et firent des vœux temporaires. Mais la congrégation naissante ne vécut pas très longtemps, à cause de la guerre entre la France et la Prusse ; en 1870, la Bienheureuse, en habit de religieuse, retourna à Annecy, puis à Almese, et enfin à Turin. Passée cette tornade, Sœur Catherine lui demanda de revenir à Lyon, l'obligeant à reprendre sa formation comme postulante. Anna accepta humblement, mais dut quitter l'Institut pour raisons de santé. Sur ces entrefaîtes, tandis qu'elle priait près de la tombe de saint François de Sales et de sainte Jeanne Françoise de Chantal, elle sentit que son œuvre devrait naître de l'autre côté des Alpes.
En 1871, elle s’installa à Moncalieri (Turin) et se rendait chaque jour à Turin pour visiter des malades.
Revenue à Almese à dos de mulet, elle continua vers Turin (septembre 1871). Logée à Moncalieri, chez les Demoiselles Lupis, pendant un an, armée de son balai elle parcourut à pied la ville à la recherche de malades en difficulté, pour les servir. Puis elle loua une petite chambre, où elle confectionnait des gants, pour avoir de quoi vivre, tandis que quelques jeunes filles commençaient à l'aider dans son apostolat.
Début 1874, l'archevêque, Mgr Gastaldi, leur permit de prendre l'habit religieux en l'église de Sainte Marie-sur-la-Place : c'était la naissance de l'Institut des Petites Servantes du Sacré-Cœur de Jésus, où l'on prévoyait, outre les trois vœux habituels, l'assistance gratuite à domicile auprès des malades pauvres. La fondatrice prenait le nom de Mère Jeanne-Françoise, en référence à la fondatrice de l'Ordre de la Visitation, Jeanne-Françoise Fremiot de Chantal (v. 12 août).
Les débuts furent marqués par de grandes difficultés financières, des décès en série. Plus d'une fois, dans l'appartement qu'elle louait place de la Fête-Dieu, à deux pas de l'endroit où naquit l'œuvre de Cottolengo, on entendit celle-ci hurler avec des larmes : Mon doux Seigneur, je suis toute disposée à recommencer ton œuvre jusqu'à cinquante fois, si c'est nécessaire, mais aide-moi ! Le Seigneur l'écouta. Une pieuse dame de Turin leur donna une maison (1879), et elles purent en acheter une pour leur propre compte en 1882.
La Mère Fondatrice vivait dans une grande mortification, dormant par-terre, assaisonnant ses repas avec de la cendre. Avant de prendre une décision importante, elle demandait conseil aux confesseurs, parmi lesquels s.Jean Bosco (v. 31 janvier). Quand elle demandait une grâce particulière, elle priait les bras en croix, à genoux, puis tendait les mains vers le tabernacle. Elle ne se refusa pas à aller demander l'aumône, en se rendant aux manifestations publiques, où parfois on l’insulta. Elle disait aux Sœurs : Si vous vous trompez, vous ne descendez que d’une marche ; si vous vous humiliez, vous en montez trois !
La Mère Jeanne-Françoise aurait voulu désigner quelques-unes des sœurs pour l’adoration perpétuelle, mais ce ne lui fut pas accordé ; aussi préconisa-t-elle que chacune fît une intense adoration quotidienne. Elle conseillait la dévotion du chapelet, la méditation de la Passion (elle mangeait debout ou à genoux le Vendredi Saint, et baisait les pieds des Consœurs ; «manger» signifiait, en l’occurence, prendre uniquement un morceau de pain).
Elle fut frappée les dernières années d’asthme chronique et, en 1887, dut remettre sa charge à une autre Religieuse, qu’elle désigna elle-même.
Quelques heures avant de mourir, cédant aux instances répétées des sœurs, elle accepta de se faire photographier.
Elle mourut précisément un jour après s.Giovanni Bosco, à Turin, le 1er février 1888, et fut béatifiée en 1975.
L’Institut fut approuvé en 1940.

 

 

Luigi Variara

1875-1923

 

Luigi naquit le 15 janvier 1875 à Viarigi (Asti, Piémont, Italie), de parents très chrétiens Pietro Variara et Livia Bussa.

Il fréquenta l’oratorio salésien, et en connut le fondateur lui-même, Giovanni Bosco (v. 31 janvier), qu’il rencontra personnellement un mois avant la mort de ce dernier.

Il commença le noviciat en 1891, fit sa profession dans les mains du successeur de Giovanni Bosco, Michele Rua (v. 6 avril).

Ses études de philosophie se passèrent à Valsalice, où il rencontra Michele Unia, un Salésien qui était déjà apôtre des lépreux en Colombie. Luigi fut conquis par ce prêtre.

Sans attendre la fin de ses études, Luigi partit avec Michele en Colombie (1894). Il se donna passionnément à l’apostolat parmi les lépreux de Agua de Dios, partageant avec eux son amour de la musique et du théâtre.

A la mort de Michele Unia, Luigi se retrouvait avec trois autres prêtres dans cette colonie de lépreux. Pendant trois ans, jusqu’à son ordination sacerdotale (1898), Luigi mûrit en son cœur le don total de soi, côtoyant la contagion toujours possible de la lèpre au contact des malades.

Après son ordination, il demeura sur place. Il passait parfois cinq à six heures chaque jour au confessionnal, tout en continuant à former les lépreux à la musique et au théâtre, et enseignant aussi aux jeunes la sainte morale chrétienne. Pour eux il fit construire un léprosarium, où, à part les soins médicaux, ils auraient reçu un enseignement scolaire et même, si possible, une formation technique, pour les sortir de l’oisiveté et du vice. Le léprosarium, «Maison Michele Unia» ouvrit en 1905.

Luigi fonda alors la congrégation des Filles des Sacrés Cœurs de Jésus et Marie, pour s’occuper de ces jeunes. Il écrivit cette année-là qu’il ne s’était jamais senti aussi heureux d’être Salésien et qu’il remerciait le Seigneur de l’avoir envoyé dans cette colonie de lépreux pour apprendre à gagner le ciel.

L’esprit de la congrégation était en même temps de permettre à des lépreuses de se consacrer à Dieu, une initiative qui fut très critiquée par d’autres instituts religieux. Même les Salésiens ne comprenaient pas tous comment cette «branche» correspondait vraiment à l’idéal salésien. 

Luigi persévéra cependant et gravit peu à peu son calvaire personnel, au milieu de ceux-là mêmes qui auraient dû être ses plus proches collaborateurs. Il eut au moins la consolation d’être soutenu par Michele Rua.

Mais la congrégation continua à jeter le discrédit sur cette fondation. Luigi en fut éloigné pendant les dix-huit dernières années de sa vie : on l’envoya au Vénézuéla, on le transféra de ville en ville, jusqu’à Táriba (Vénézuéla) pour finalement aller finir ses jours à Cucuta (Colombie).

Il conserva cependant un contact avec la supérieure des Religieuses d’Agua de Dios, à laquelle il recommandait de ne pas avoir peur, que l’œuvre continuerait, si elle était voulue par Dieu.

Or cette congrégation est maintenant largement présente dans toute l’Amérique du Sud, au Mexique, en Guinée, en Espagne, en Italie.

Luigi Variara mourut le 1er février 1923 et fut béatifié en 2002. Son dies natalis est ainsi le lendemain de celui du fondateur salésien, Giovanni Bosco.

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31 janvier 2022 1 31 /01 /janvier /2022 00:00

31 JANVIER

 

III.    

S Metran, vieillard martyrisé en Alexandrie.

Ss Victorinus, Victor, Nikephoros, Claudius, Diodorus, Serapion et Papias, torturés à Corinthe puis martyrisés en Egypte.?    

Ss Saturnin, Thyrse, Victor, Tharsice, Zotique, martyrs en Alexandrie. 

Ste Tryphène, martyre à Cyzique, déchiquetée par un taureau.

IV.    

Ss Cyrus, ex-médecin, et Ioannis, ex-militaire, moines, martyrs à Alexandrie ; ils y étaient venus pour soutenir dans leur foi trois jeunes filles (Théodosie, l’aînée, de quinze ans, Théoctiste et Eudoxie) avec leur mère Athanasie.

S Abraham, évêque et martyr à Arbèle.

S Geminianus, évêque à Modène.

Ss Ioulios et Ioulianos, frères grecs, actifs dans le Milanais, morts à Novare. 

V.    

Ste Marcella, veuve romaine, excellente disciple de s. Jérôme au point de savoir réfuter les origénistes.

VI.    

S Pouange (Potamius), seigneur à Troyes, pénitent et reclus.

VII.    

S Aidan, irlandais, fondateur d’un monastère et évêque à Ferns, dont il est le patron.

S Waldus, évêque à Evreux. 

S Adamnan, écossais, moine pénitent à Coldingham, dont il annonça la ruine “parce que les religieux et religieuses de ce monastère double fréquentaient la même église”.

VIII.    

Ste Ulphe (Ulphia), solitaire près de Amiens ; elle fit taire les grenouilles un jour qu’elles coassaient trop fort.

S Bobin (Bovin), abbé à Moutier-la-Celle, évêque à Troyes.

IX.    

S Athanase, sicilien, évêque à Méthone.

S Eusebius, irlandais, reclus près de Saint-Gall, peut-être tué par un habitant à qui il reprochait sa mauvaise conduite.

XII.    

S Martin, prêtre captif des Maures, martyr à Cordoue. 

XVI.    

Bse Luigia Albertoni, jeune veuve romaine, tertiaire franciscaine, mystique.

XIX.    

Bx Yi Sun-i Lutgarda, Yu Jong-seong Matthæus, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

S Francesco Saverio Maria Bianchi, barnabite italien entré dans la cléricature à treize ans, mort à Naples.

Bse Maria Cristina de Savoie, épouse et reine, béatifiée en 2014.

Ss Pak Chong-wŏn Augustinus, Hong Pyŏng-ju Petrus, catéchistes ; Yi In-dŏk Maria, vierge ; Son So-byŏk Magdallena, Yi Kyŏng-i Agatha, Kwŏn Chin-i Agatha, saintes femmes ; et Hŏ Hyŏb Paulus , soldat un moment chancelant dans sa foi (ce dernier au 30 janvier dans le Martyrologe), tous martyrs en Corée, canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

Bse Yi Seong-rye Maria, laïque coréenne, martyre par décapitation, béatifiée en 2014.

S Giovanni Bosco, prêtre à Turin, fondateur des Salésiens, éducateur des jeunes et des orphelins, thaumaturge.

XX.    

B Luigi Talamoni (1848-1926), prêtre italien, professeur du futur Pie XI, confesseur quotidien à la cathédrale de Monza pendant cinquante ans, fondateur de la Congrégation des Sœurs Miséricordines de Saint-Gérard, béatifié en 2004. 

Bx José Acosta Alemán, prêtre vincentien (*1880), Juan José Martínez Romero et Pedro José Rodríguez Cabrera, prêtres diocésains (*1889 et 1903), martyrs espagnols en 1937, béatifiés en 2017. 

Bse Susana Paz Castillo Ramírez (Candelaria de s.Joseph, 1863-1940), carmélite vénézuélienne, fondatrice du tiers-ordre régulier féminin du Vénézuéla, béatifiée en 2008.

Métran d’Alexandrie

† 249

 

Metranus habitait Alexandrie (Egypte).

C’était un homme déjà fort âgé, chrétien fidèle, que des païens torturèrent à mort, avant même la persécution «officielle» de l’empereur Dèce.

Ces gens voulurent le contraindre à proférer des paroles impies, contre le Christ, contre Dieu. Le vieillard s’y refusa énergiquement et on l’accabla de tourments divers : coups de bâtons, roseaux aigus enfoncés dans le visage, jusque dans les yeux. On l’emmena hors de la ville pour le lapider.

Ceci advint en 249.

Saint Métran d’Alexandrie est commémoré le 31 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs de Corinthe

† 284

 

Sept Chrétiens de Corinthe souffrirent le martyre en deux occasions, en 249 puis en 284. Voici leurs noms :

  • Victorinus
  • Victor
  • Nikephoros
  • Claudius
  • Diodorus (ou Dioscorus)
  • Serapion
  • Papias

En 249, ils furent traduits devant le proconsul Tertius.

Après divers tourments, ils passèrent (ou on les exila) en Egypte, et se retrouvèrent à Diospolis, la capitale de la Thébaïde.

Là, vingt-cinq ans plus tard en 284, on voulut à nouveau les contraindre à offrir l’encens aux divinités romaines, en présence du préfet Sabinus. Nouveau refus des sept Soldats. Voici quelques réparties qui furent consignées : 

« Quelle est ta fonction ?

- Je suis chrétien, il n’est pas de plus grand honneur.»

«Sacrifie, si tu veux vivre.

- Je ne sacrifierai pas, parce que je veux vivre. Si je sacrifiais, ma vie serait une mort.»

Concernant Victorinus, le préfet le fit enfermer dans un tronc de chêne creux, percé de trous, par lesquels le bourreau enfonçait des pointes. Puis il le fit décapiter.

Victor eut d’abord les mains et les pieds coupés, puis subit le même supplice que Victorinus. Il fut à son tour décapité.

Nikephoros fut étendu sur un gril, d’un côté puis de l’autre ; on le coupa en morceaux et il expira.

Les quatre autres furent d’abord frappés de quinze coups de bâton. Claudius et Diodorus furent brûlés vifs, Serapion et Papias furent décapités.

Les sept Saints Martyrs de Corinthe sont commémorés le 31 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cyrus et Ioannes d’Alexandrie

† 303

 

Cyrus exerçait la médecine dans la grande ville d’Alexandrie (Egypte), mais aussi la médecine spirituelle, cherchant à convertir ses patients et les païens qu’il rencontrait.

Dénoncé, il s’enfuit vers l’Arabie, se mit une tunique de moine et devint ainsi anachorète.

Il fut bientôt rejoint par un ancien soldat qui, ayant quitté l’armée, avait déjà fait le pèlerinage de Jérusalem avant de se retirer en Egypte.

Les deux Compagnons s’entraînaient ainsi à pratiquer les vertus chrétiennes.

Il vint à leurs oreilles qu’une mère avec ses trois filles avaient été arrêtées à Canope pour leur foi et devaient être présentées au gouverneur. Cette femme s’appelait Anastasia, ses trois filles Theodosia (de quinze ans, l’aînée), Theoctista et Eudoxia. Les deux anachorètes craignaient qu’elles ne cédassent à quelque tentation de faiblesse, et voulurent les encourager dans la persévérance.

Ils purent les retrouver dans leur prison, mais ils furent arrêtés à leur tour. Aucun discours, aucun argument, aucune menace ne put ébranler ces femmes et ces hommes. 

Les premières, les femmes furent décapitées, puis les deux hommes.

Ceci advint vers 303.

Saints Cyrus et Ioannes d’Alexandrie sont commémorés le 31 janvier dans le Martyrologe Romain, qui ne nomme pas Anastasia et ses trois filles.

 

 

Abraham d’Arbèle

† 344

 

Abraham était évêque d’Arbèle (Perse, auj. Erbil en Iraq, sud-est de Mossoul).

Lors de la persécution dirigée par le roi Shapur II, Abraham fut fait comparaître devant le chef des mages de la province d’Adiabène et, comme il refusait d’adorer le soleil et de renier la foi de Jésus-Christ, il eut la tête tranchée.

C’était sur le site de Telman, vers 344.

Saint Abraham le Perse est commémoré le 31 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Geminianus de Modène

312-397

 

Geminianus naquit en 312 à Cognento (Modène, Italie NC), de famille romaine.

Diacre, il fut appelé à succéder à l’évêque de Modène, Antoninus, et devint le quatrième titulaire de ce siège.

Célèbre pour sa foi, il le fut aussi pour le pouvoir qu’il eut de chasser les démons. Sa célébrité le fit appeler à la cour de Constantinople, pour guérir la fille de l’empereur Jovien (363).

En 390, se tint en Italie un concile, présidé par s.Ambroise (v. 7 décembre), pour condamner un hérétique, Iovinianus.

Geminianus fut aussi de ces illustres et courageux évêques qui luttèrent contre l’arianisme, avec s.Mercurialis de Forlì, s.Rufillus de Forlimpopoli, s.Leo de Montefeltro, s.Gaudentius de Rimini, s.Pierre Chrysologue de Ravenne (v. 30 avril, 18 juillet, 1er août ?, 14 octobre, 30 juillet).

Il mourut en 397.

Deux célèbres interventions miraculeuses se produisirent par la suite. La première en 452, quand Attila menaça Modène avec ses troupes : s.Geminianus fit tomber sur la ville un épais nuage de brouillard, qui empêcha les Huns de voir la ville. La seconde eut lieu en 1511, où cette fois Modène était menacée par les Français : s.Geminianus leur apparut sous des traits si terrifiants qu’ils rebroussèrent chemin, beaucoup se noyèrent dans le fleuve Secchia, et le chef des troupes se suicida. 

Saint Geminianus de Modène est commémoré le 31 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioulios de Novare

† 399

 

Ioulios était natif de Grèce, ainsi que son frère Ioulianos.

Le premier était prêtre, l’autre diacre.

Voulant prêcher la foi chrétienne, ils passèrent en Occident et vinrent à la cour de l’empereur Théodose, qui les accueillit favorablement. Après un pèlerinage à Rome, ils montèrent dans le Milanais et inaugurèrent leur mission.

Ioulios fit des miracles qui donnèrent plus de force à sa parole. Ainsi, il ressuscita un mort ; il traversa de façon miraculeuse un lac pour pénétrer dans une île, où il construisit une église en l’honneur des Douze Apôtres.

Les deux frères se retrouvèrent ensuite à Novare, où mourut Ioulianos, suivi de peu par Ioulios.

Ce devait être en 399.

Seul, saint Ioulios de Novare est commémoré le 31 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcella de Rome

325-410

 

Marcella appartenait à une très illustre famille romaine, qui eut ses gouverneurs et proconsuls. On connaît le nom de sa mère, Albina.

Son époux, dont on ignore le nom, mourut après sept mois de mariage (350). Avec foi et ferme détermination, Marcella organisa son temps au service de Dieu et du prochain. 

Sa vie devint celle des grands anachorètes d’Egypte : elle vivait retirée dans sa maison, où elle ne recevait que de saintes personnes. C’est ainsi que sa maison devint, avant la lettre, une sorte d’institut séculier, une communauté de pieuses femmes, un monachisme féminin. Elle reçut ainsi sainte Paula (v. 26 janvier) avant son départ pour la Terre Sainte.

Sans excès, elle s’imposa un régime simple, mangeant peu et s’habillant avec discrétion. En revanche, elle nourrit et vêtit les pauvres, grâce aux ressources dont elle avait hérité.

Aux prières, elle ajouta un zèle peu commun pour l’étude de l’Ecriture, aidée en cela par s.Jérôme (v. 30 septembre), quand il fut présent à Rome (382). Elle étudia avec lui l’hébreu. Sa culture lui permit de défendre ouvertement la Vérité contre les erreurs des origénistes, qui furent confondus par ses arguments solides.

Quand Jérôme et Paula partirent pour Bethléem, Marcella préféra rester à Rome. Cela lui permettra d’intervenir en faveur de Jérôme auprès des autorités ecclésiastiques.

Elle adopta une jeune fille, Principia, qui va être témoin des dernières années de Marcella.

En 410, les Goths d’Alaric firent le siège de Rome, qui dut se rendre. Une fois maîtres de la place, ils repérèrent tout de suite les maisons importantes, soupçonnant des richesses ; Marcella fut rouée de coups pour «avouer» où étaient ses trésors. Marcella, qui n’avait plus rien chez elle, supporta stoïquement cette torture, implorant seulement de ces barbares d’épargner la jeune Principia : ils se «contentèrent» d’enfermer les deux femmes dans la basilique Saint-Paul. 

Marcella rendit grâce à Dieu pour cet asile de paix. Elle s’y éteignit quelques jours après.

On croit, d’après quelques recoupements, que cette sainte mort advint le 30 août 410, huit jours après le sac de Rome. Cinq mois plus tard (janvier 411) eut probablement lieu un transfert du corps de la Sainte.

Sainte Marcella de Rome est, pour ce motif, commémorée le 31 janvier dans le Martyrologe Romain.

Aidan de Ferns

558-632

 

Il existe de très nombreuses variantes au nom de Aidan, suivant les habitudes celtiques, irlandaises, galloises ou anglaises :

en vieil irlandais : Oed

en vieux gallois : Udd

en vieil anglais : Hugh

en celtique : Aodh, Aedh, Aed, d’où le diminutif Aidan. Máedóc et Mogue sont des formes hypocoristiques de Aodh, transcrit dans l’irlandais Mou!io Aodh Óg. Certaines sources celtiques parlent de Aeddan Foeddog, dérivation de Aeddan Máedóc.

Aidan a donné ensuite en irlandais Áedan, en gallois Aeddan, en latin enfin Aidanus et Edanus. 

En ce qui concerne notre Aidan, il est très difficile de se retrouver dans les faits transmis par les traditions, les légendes. On a parfois l’impression de se trouver devant des personnages différents, ou dans des situations invraisemblables.

Aidan, donc, serait né vers 558, en l’ile de Inisbrefny (Tempelport, County Cavan), de Gildas ou Aneurin, fils du roi de Strathclyde ; ou bien, selon d’autres sources irlandaises, de Sedna et Eithne ; et présumé cousin d’un mystérieux s. Dallan (v. 29 janvier ?).

Dès sa naissance, il fut l’objet de grâces divines particulières. Comme on ne trouvait pas de barque pour traverser le lac qui le séparait de l’endroit où attendait s. Kilian (v. 8 juillet) pour le baptiser, on posa l’enfant sur une dalle de pierre, qui fit la traversée.

Jeune encore, Aidan fut gardé en ôtage par le souverain roi d’Irlande, Ainmire. Celui-ci fut tellement impressionné par Aidan, qu’il le laissa libre de rester ou de partir. Aidan voulait partir, mais seulement à condition que tous les prisonniers fussent libérés avec lui ; le roi le lui accorda.

Aidan étudia à l’école de l’abbaye de Clonard.

Déjà sa sainte vie attirait d’autres vocations, on voulut se mettre sous sa direction. Mais Aidan s’enfuit au Pays de Galles, pour étudier encore avec s. David (v. 1er mars).

On dit qu’en compagnie de s. Cadoc (v. 21 septembre), il mit en fuite toute une armée de Saxons ou d’Irlandais, en faisant pleuvoir sur eux une pluie de pierres (peut-être de gros grêlons, cf. Ex 9:22-26).

Aidan revint en Irlande en 570, portant avec lui des ruches d’abeilles, qu’on ne connaissait pas encore. Il obtint un terrain et s’établit à Brentrocht (Leinster). Là, il aurait aidé le roi à remporter la victoire de Dún Bolg (598), en suggérant de cacher les soldats dans les paniers de nourriture destinés au camp de l’assaillant. Reconnaissant, le roi lui donna le territoire de Ferns (Wexford), où Aidan construisit un monastère.

C’est là que Aidan devint le premier évêque de Ferns. Sa bonté devint proverbiale. Un jour de carême où il reçut d’autres évêques et qu’il n’y avait rien d’autre à manger que de la viande bovine, il affirma que cette viande n’était qu’un concentré de lait et d’herbes, et la servit aux confrères. Une autre fois où quelqu’un le poussa dans l’eau pour voir s’il garderait son calme, Aidan effectivement se remit sur pied sans aucune plainte, de sorte que l’autre demanda pardon.

Aidan semble avoir fondé beaucoup de monastères dans cette région.

Il serait mort sur la rive du Lough Melvin (Leitrim) le 31 janvier 632, son dies natalis dans le Martyrologe Romain.

 

 

Waldus d’Evreux

7e siècle

 

La liste des évêques d’Evreux comporte, semble-t-il, deux évêques du même nom, Waldus, Gaud.

Le premier a peut-être été évêque entre 440 et 480.

Le second a été évêque entre 640 et 650, entre Deodatus et Ragnericus.

On ne sait pas bien duquel il s’agit quand on dit qu’il fit disparaître les dernières superstitions païennes de son diocèse.

L’un des deux se serait démis de sa charge, en raison de ses infirmités et de son âge, et se serait retiré à Saint-Pair-sur-Mer. On y retrouva en effet un sarcophage portant l’inscription Hic requiescit beatus Gaudus, qui accréditerait la tradition locale selon laquelle un ermite vécut et mourut à cet endroit après avoir abandonné spontanément le siège épiscopal d’Evreux.

A la suite du Martyrologe Romain, on a opté pour le deuxième Waldus, mentionné au 31 janvier.

 

 

Eusebius de Saint-Gall

† 884

 

On a signalé dans la notice de saint Patrice (v. 17 mars) comment cet apôtre avait contribué à l’évangélisation de toute l’île d'Irlande. La Germanie ensuite, bénéficia de l’apostolat de grands Saints irlandais ; la Gaule reçut, entre autres, s. Colombanus (v. 23 novembre).

C’est en 613 qu’un Irlandais, Gallus, compagnon de s. Colombanus, fonda une abbaye dans cette région de Suisse proche du lac de Constance. Au début, la Règle était celle de s. Colombanus, mais on adopta au siècle suivant la Règle bénédictine.

Notre Eusebius venait aussi d’Irlande. Il pouvait s’appeler Eochaidh en gaélique, Euchadius ou Euchodius en irlandais ancien.

En 841, après avoir traversé la Gaule, Eusebius rejoignit l’abbaye de Saint-Gall et y fit profession.

Vers 854, il demanda (et obtint) la permission de vivre en reclus. Il alla vivre dans une cellule isolée, sur le proche mont Saint-Victor (Rankweil, Vorarlberg, Autriche), où d’abord seuls Dieu et les Anges furent témoins de ses austères mortifications - et l’objet de sa contemplation. Il eut des visions, le don de la prophétie.

Eusebius fut sans doute rejoint par des curieux et surtout par des candidats à ce genre de vie ; ils purent nous livrer quelques «secrets» du quotidien de l’Ermite. 

C’est ainsi qu’Eusebius aurait eu l’occasion, dit-on parfois, de reprocher à un paysan sa mauvaise conduite. Ce dernier, vexé, assassina Eusebius de sa faucille, en 884.

Victime de son zèle à défendre la Vérité, Eusebius fut considéré comme Martyr, mais le Martyrologe du 31 janvier mentionne seulement le moine, sans évoquer sa mort brutale.

Luigia Albertoni

1474-1533

 

Luigia naquit en 1474 au sein d’une des familles les plus en vue à Rome et alliée aux premières maisons d’Italie. Son père était Stefano Albertoni et sa mère, nièce d’un cardinal, était Lucrezia Tebaldi.

La petite fille grandit dans la foi chrétienne et montra surtout une tendre charité envers les pauvres, avec un grand attrait pour l’oraison.

Sans trop lui demander son avis ni s’interroger sur ses aspirations profondes, on la maria à un riche gentilhomme, Giacomo de Cithara, un grand chrétien et cet heureux couple donna naissance à trois filles.

On imaginera quelle fut la douleur de Luigia d’être veuve déjà à trente-trois ans, mais la foi de cette généreuse mère fut plus forte et Luigia se donna toute à Dieu, dans une vie de prière, de pénitence et de charité envers le prochain.

Elle reçut l’habit du Tiers-Ordre franciscain et, dans le secret de sa demeure, s’imposa de dures mortifications, dormant peu et sur la dure, priant et méditant longuement sur la Passion du Christ, pratiquant des jeûnes rigoureux. Si on lui conseillait la modération, elle répondait : Comment peut-on vivre sans souffrir, quand on voit son Dieu suspendu à une croix ? Elle communiait chaque matin.

Tout ce qu’elle pouvait mettre de côté, allait aux pauvres ; elle les visitait, les consolait, leur donnait aussi de bons conseils de vie chrétienne ; elle aimait aider les jeunes filles sans ressources, leur apportant une petite instruction élémentaire, les occupant et les aidant à éviter les écueils du monde.

Lors d’une famine qui frappa durement Rome, elle distribua avec largesse tout ce qu’elle pouvait, jusqu’à se trouver dans l’indigence. En contrepartie, elle reçut du Ciel des faveurs insignes : extases, ravissements, visions.

La mort de cette sainte femme, le 31 janvier 1533, provoqua dans toute la Ville éternelle un deuil unanime.

Les nombreux miracles qui ont illustré son tombeau ont conduit le pape à reconnaître son culte, en 1671.

 

 

Yi Sun-i Lutgarda

1782-1802

 

Yi Sun-i Lutgarda est une laïque coréenne née en 1782 à Seoul (Corée S).

Elle fut décapitée à Jeonju (Jeolla-do) le 31 janvier 1802 et béatifiée en 2014.

 

 

Yu Jong-seong Matthæus

1784-1802

 

Yu Jong-seong Matthæus est un laïc coréen né vers 1784 à Jeonju (Jeolla-do, Corée S).

Il fut décapité à Jeonju le 31 janvier 1802 et béatifié en 2014.

 

 

Francesco Saverio Bianchi

1743-1815

 

Né le 2 décembre 1743 à Arpino (Frosinone, Latium, Italie), il fit ses études chez les pères Barnabites, puis commença le droit à Naples.

Il entra chez les Barnabites à dix-neuf ans, malgré l’opposition de la famille ; après le noviciat à Zagarolo, il fit la profession en 1763, fit d’autres études à Macerata, Rome et Naples, et fut ordonné prêtre en 1767.

Il fut professeur à Arpino puis à Naples, où il enseigna la philosophie et les mathématiques. Il avait une très grande culture et on l’appela pour enseigner à l’université de Naples ; il devint membre de l’Académie Royale des Sciences et des Lettres de Naples.

Rempli de zèle pour le salut des âmes, il se soucia des pauvres, des malades, des jeunes filles en danger.

Il commit quelques graves erreurs : cherchant à se «mortifier» par ascèse, et travaillant avec trop d’acharnement, au détriment du repos nécessaire, il ruina complètement sa santé au point de perdre tout usage de ses jambes, qui enflèrent et se couvrirent de plaies.

Mais il admit son erreur et s’en reprit. Son amour de Dieu, son esprit d’obéissance aux supérieurs, restèrent ses mots d’ordre, et Dieu l’en récompensa par des dons mystiques extraordinaires, comme celui des miracles et celui de prophétie. On le vit en extase devant le Saint Sacrement exposé. Il aurait arrêté une éruption de lave du Vésuve d’un geste de bénédiction.

Il fut le confesseur de personnalités royales, de cardinaux et évêques. De son vivant, on l’appelait le Saint ou l’Apôtre de Naples.

Il mourut le 31 janvier 1815, fut béatifié le 22 janvier 1893 et canonisé en 1951.

 

 

Maria Cristina de Savoie

1812-1836

 

Princesse de sang royal, Maria Cristina naquit le 14 novembre 1812, quatrième et dernière fille du roi Vittorio Emanuele 1er et de Maria Teresa de Habsburg-Este.

Elle naquit à Cagliari (Sardaigne), alors que cette famille avait dû quitter le Piémont, récemment annexé par la France puis restitué par le Congrès de Vienne.

De retour à Turin, Maria Cristina reçut une formation correspondant à son rang.

Après l’abdication et la mort du roi, après la mort de son oncle et celle de sa mère, Maria Cristina épousa à Gênes Ferdinand II des Deux-Siciles. 

Très pieuse et fort étrangère aux habitudes de la cour, elle influença son mari par sa douceur et obtint, tant qu’elle vécut, la grâce pour tous les condamnés à mort.

Elle s’occupa activement de nombreuses œuvres sociales.

Le roi était beaucoup plus rude, mais priait avec elle le chapelet chaque soir. Leur unique fils, François II, roi des Deux-Siciles, mourra en 1894.

Maria Cristina cependant mourut des suites de ses couches, le 31 janvier 1836.

De grande piété, cette reine montra une grande noblesse d’âme dans toutes les difficultés qu’elle traversa pendant sa brève existance.

A la suite de la reconnaissance d’un miracle attribué à son intercession, elle a été béatifiée en 2014.

Pak Chong-wŏn Augustinus

(Bak Jong-Weon Auguseutino)

1793-1840

 

Auguseutino était né en 1793 à Seoul (Corée S), dans un foyer déjà chrétien.

Il fut très jeune orphelin de père, et resta très attaché à sa mère, une femme pauvre qu’il aida fidèlement, sans jamais se plaindre.

Il épousa une chrétienne, Ko Barbara, et rendit beaucoup de services aux Chrétiens.

Ainsi il enseignait les éléments de la foi aux catéchumènes, il les rappelait aux baptisés qui les oubliaient, il baptisait beaucoup d’enfants en danger de mort.

Il répétait : Puisque Jésus m’a aimé, je dois L’aimer. Puisqu’Il souffert pour moi, je dois souffrir pour Lui.

Il avait du chagrin de voir quelque pécheur, et s’efforçait de le reconduire à la Vérité, sans jamais blesser personne. Au contraire, on disait : Nous n’avons jamais vu Auguseutino se fâcher.

Il fit tous ses efforts pour introduire des missionnaires dans le pays, et Mgr Imbert le nomma catéchiste, une mission qu’il remplit avec beaucoup de talent.

Lors de la persécution, Augustinus alla aider les Catholiques en difficulté, les prisonniers, pendant huit mois. Puis il fut arrêté, en octobre 1839.

Interrogé et torturé plusieurs fois, il ne pouvait plus remuer bras et jambes et ses chairs partaient en lambeaux. Il restait heureux de souffrir pour Dieu.

Lors des interrogatoires, il exposa la doctrine du Ciel et de l’Enfer et refusa d’offrir des sacrifices aux Ancêtres, même s’il les honorait fidèlement comme font tous les Chrétiens.

Condamné à mort, Augustinus fut conduit à Tangkogae (Seoul), et décapité, le 31 janvier 1840. Ce même jour, il y eut six (ou même sept) martyrs.

Ces martyrs ont été béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

Leur fête liturgique commune est au 21 septembre.

 

 

Hŏ Hyŏb Paulus

(Heo Hyeob Baolo)

1796-1840

 

Hŏ Hyŏb Paulus était né en 1796 à Seoul (Corée S).

Parmi les cent-trois Martyrs coréens canonisés, il est un des moins connus.

On sait seulement qu’il était soldat, dans un camp d’entraînement, et qu’il était un fervent Catholique.

On l’arrêta pour lui faire renier sa foi. Il eut les jambes brisées, on lui enfonça partout des objets pointus (sans doute en particulier sous les ongles), il eut soixante-dix séances de flagellation, mais il affirma qu’il ne voulait pas renier sa foi.

Malgré tout, au bout de quelques semaines de ces pénibles mauvais traitements, il apostasia et fut libéré. Mais immédiatement, il revint voir le juge pour déclarer qu’il avait renié sa religion uniquement du bout des lèvres, mais pas dans son cœur, et qu’il était toujours catholique.

Les gardiens lui demandèrent alors de prouver ce qu’il disait en avalant des excréments humains, ce qu’il fit. Puis on lui demanda de s’incliner devant un crucifix, et il se prosterna jusqu’à terre, louant le Seigneur qu’il avait renié précédemment.

Il fut battu à mort ; il reçut cent-trente coups.

Le jour de son martyre n’est pas précis ; on avance le 30 ou le 31 janvier ou le 1er février ; le Martyrologe a retenu le 30 janvier 1840.

Paulus fait partie des Martyrs coréens béatifiés en 1925 et canonisés en 1984, dont la fête se célèbre le 20 septembre.

 

 

Hong Pyŏng-ju Petrus

(Hong Byeong-ju Peteuro)

1799-1840

 

Peteuro était né à Sŏsan (Chungchŏng, Corée S), dans un foyer déjà chrétien.

Il était petit-fils d’un martyr de 1801, Hong Nang-min, et neveu d’un autre martyr Hong Protasius (cf. 20 mai ?) ; lui et son frère,  Hong Yŏng-Ju Paulus, étaient donc d’une famille très chrétienne, et contribuèrent beaucoup à aider l’Eglise coréenne.

Tous deux, catéchistes, accomplirent leur mission avec beaucoup d’enthousiasme, communiquant leur foi aux catéchumènes, assistant les malades et participant à toutes les autres activités charitables de la communauté, ce qui amena les missionnaires à leur confier d’importantes responsabilités.

Lors de la persécution de 1839, ils cachèrent les missionnaires chez eux, au risque de leur vie. Un traître les dénonça en les faisant inscrire sur la liste des recherchés.

On les retrouva. On voulut les forcer à révéler des indications sur les autres Chrétiens ou à renier leur foi, en vain. Il se trouva que le chef des bourreaux était un parent, qui ne voulut pas les torturer lui-même, mais les fit torturer pour les faire apostasier. Même les autres prisonniers, voleurs ou assassins, participèrent aux tortures avec les bourreaux, mais les deux frères ne cédèrent pas.

Condamnés à mort, Petrus et Paulus furent conduits à Tangkogae (Seoul), et décapités : Petrus, le 31 janvier 1840, avec six (ou même sept) autres compagnons ; Paulus, le 1er février 1840, avec deux autres compagnons.

Petrus et Paulus ont été martyrisés à deux jours différents, parce qu’une loi prohibait, à l’époque, de condamner à mort deux parents le même jour…

Ces martyrs ont été béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

Leur fête liturgique commune est au 21 septembre.

 

 

Yi Seong-rye Maria

1801-1840

 

Yi Seong-rye Maria est une laïque coréenne née en 1801 à Hongju (Chungcheong-do, Corée S).

Elle fut décapitée à Danggogae (Seoul) le 31 janvier 1840 et béatifiée en 2014.

 

 

Son So-Byŏk Magdalena

(Son So-byeok Magdallena)

1802-1840

 

Magdalena était née en 1802 à Seoul (Corée S), dans un foyer déjà chrétien.

Son père fut exilé pour sa foi, et sa mère mourut trop vite, de sorte que la petite fille vécut chez sa grand-mère. Cette situation la rendit un peu farouche, et elle ne fréquenta pas beaucoup les autres Chrétiens.

Plus tard, elle apprit cependant les éléments de la religion et épousa à dix-sept ans Ch’oe Ch’ang-hŭb Peteuro, futur martyr (v. 29 décembre).

Ils eurent onze enfants, dont neuf moururent en bas-âge.

C’était une femme douce, et une excellente artiste en matière de couture et de broderie.

Lors de la persécution, elle se cacha avec des parents. Son mari fut martyrisé le 29 décembre 1839, et elle fut arrêtée à son tour.

On lui intima l’ordre d’indiquer où étaient les autres Catholiques, et de renier Dieu. Réponse :

Je ne peux pas faire le moindre mal contre mes Compagnons catholiques en révélant où ils sont. Je ne pourrai jamais renier mon Dieu.

On lui promettait, sur un seul mot, de la laisser en liberté, avec son mari et ses enfants. Réponse :

Ma vie ne m’appartient pas. Je ne puis renier mon Dieu pour sauver ma vie.

Magdalena subit sept interrogatoires ; son corps fut trois fois soumis à des torsions ; elle reçut deux-cent soixante coups de «club». Sa chair partait en lambeaux, son sang coulait de toutes parts, tandis qu’elle remerciait Dieu de lui donner la force de supporter ces souffrances.

Elle prit avec elle sa petite fille de deux ans, mais la prison était sombre, malsaine, on mangeait mal, aussi la remit-elle à des parents, non seulement pour sauver l’enfant, mais aussi pour éviter de faiblir devant le martyre.

Condamnée à mort, Magdalena fut finalement conduite à Tangkogae (Seoul), et décapitée, le 31 janvier 1840. Ce même jour, il y eut six (ou même sept) martyrs.

Ces martyrs ont été béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

Leur fête liturgique commune est au 21 septembre.

 

 

Yi Kyŏng-i Agatha

(Yi Gyeong-i Agata)

1813-1840

 

Agatha était de famille coréenne catholique.

Elle eu la malchance d’épouser un homme concerné par ce passage de l’Evangile : Mt 19:12. Le mariage ne pouvait donc être consommé et devenait nul, de facto.

Mgr Imbert fut consulté par la jeune femme, et lui conseilla de se séparer de cet homme, ce qu’elle fit.

Elle s’en alla vivre chez une autre Chrétienne, Kwŏn Chin-i Agatha, parce que sa mère était trop pauvre pour la garder chez elle.

Agatha fut arrêtée une première fois avec sa compagne, le 17 juillet 1839, mais certains policiers eurent pitié d’elles et les laissèrent partir de prison.

Agatha profita de cette liberté pour amener à la foi toute sa famille, visiter d’autres Catholiques et les aider autant qu’elle pouvait. Désormais, son unique désir était de mourir pour sa foi.

Elle fut arrêtée une deuxième fois, aussi avec sa compagne, dans une pauvre petite bicoque de Seoul, et remises en prison. On les tortura, on les frappa, mais elles ne renièrent pas leur foi.

Finalement, on les conduisit toutes deux au lieu-dit Tangkogae, près de Seoul, où elles furent décapitées, le 31 janvier 1840.

Elles furent béatifiées en 1925 et canonisées en 1984.

 

 

Yi In-dŏk Maria

(Yi in-deok Maria)

1818-1840

 

Maria, coréenne, avait une sœur, Yi Yŏng-dŏk Magdalena, qui devait mourir martyre le 29 décembre 1839.

Maria était si calme, si discrète, qu'on ne la remarquait presque pas.

Elle fut arrêtée avec sa sœur aînée, et toutes deux montrèrent un grand courage devant leurs interrogateurs et en prison, malgré les tortures qu'on leur infligea.

On disait que Maria était si convaincue de sa foi, qu'elle dépassait les autres en ferveur, qu'elle était plus respectueuse envers les missionnaires que les autres, et qu'elle voulait mourir pour sa foi.

Finalement, on la conduisit au lieu-dit Tangkogae, près de Seoul, où elle fut décapitée, le 31 janvier 1840.

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1984.

 

 

Kwŏn Chin-i Agatha

(Gweon Jin-i Agata)

1819-1840

 

Agatha était la fille d'un employé du gouvernement ; sa mère, catholique, était Han Magdalena, future martyre.

Elle se maria (ou on la maria) lorsqu'elle n'avait que douze ou treize ans, avec un homme beaucoup trop pauvre pour s'acheter une maison à lui, de sorte qu'après la cérémonie du mariage, Agatha resta chez un parent.

Elle trouva un petit travail en faisant le ménage chez un prêtre chinois. Ce dernier se prit d'affection pour cette petite femme. Agatha lui dit qu'elle désirait rester vierge et le prêtre fit déclarer nul son mariage. Par la suite, le prêtre et Agatha partagèrent une amitié dangereuse, qui finit par scandaliser la communauté chrétienne. Après plusieurs mois de cette conduite, l'évêque admonesta Agatha et l'engagea à mettre fin à ce comportement. Obéissante, et fortement attachée au Christ, Agatha prit une sage décision.

Elle revint chez sa mère et mena désormais une vie édifiante de prière et de repentir. Elle pensait que seul le martyre pouvait la remettre pleinement dans l'amitité de Dieu.

Elle reçut cette autre Agatha (Yi Kyŏng-i), qui avait dû quitter son « mari » sur le conseil de l'évêque.

Agata fut arrêtée une première fois avec sa compagne, le 17 juillet 1839, avec une autre jeune fille. Celui qui les avait dénoncées arriva et prétendit séduire notre Agatha, qui ne répondit pas à ses avances.

Touchés par la jeunesse et la beauté des jeunes femmes, les policiers les laissèrent partir, de sorte qu'elles furent un temps hors de portée de leur dénonciateur et tentateur. Mais les policiers furent punis pour leur « lâcheté ».

Les trois jeunes femmes se cachèrent dans une maison de Catholiques à Seoul, mais la jeune fille, arrêtée, révéla leur cachette.

Les deux Agatha furent arrêtées une deuxième fois, et remises en prison. On les tortura, on les frappa, mais elles ne renièrent pas leur foi.

Agatha revit sa mère, en prison, où elles eurent leur dernière conversation avant d'être immolées, la mère le 29 décembre 1839, Agatha un mois plus tard.

Les témoins affirmèrent qu'Agathhka versa davantage de larmes et répandit davantage de parfum odorant, que Marie Magdeleine à l'époque de Jésus.

Finalement, on conduisit les deux Agatha au lieu-dit Tangkogae, près de Seoul, où elles furent décapitées, le 31 janvier 1840.

Elles furent béatifiées en 1925 et canonisées en 1984.

Giovanni Bosco

1815-1888

 

Giovanni Melchior Bosco naquit dans le petit hameau des Becchi, près de Castelnuovo d’Asti (Piémont, Italie), le 16 août 1815. Cette commune s’appelle aujourd’hui Castelnuovo Don Bosco

Les parents, Francesco et Margherita Occhiena, étaient très pauvres. Le papa était veuf d’un premier mariage (avec Margherita Cagliero) dont il avait eu deux enfants, Antonio et une petite fille morte deux jours après la naissance. Du second mariage naquirent Giuseppe et notre Giovanni. Giovanni avait donc deux frères.

Avec le demi-frère, aîné, les relations ne furent pas bonnes, car Antonio était jaloux. 

Quand le papa mourut, Giovanni n’avait que deux ans. Sa maman prit vaillamment en charge, outre ses trois garçons, sa belle-mère (Margherita elle aussi), âgée et infirme.

Très intelligent, très adroit et bon camarade, Giovanni eut très vite un réel ascendant sur ses camarades. 

A neuf ans, il fit un rêve, que lui-même racontera à ses jeunes et définira «prophétique» : 

A neuf ans, j’ai fait un rêve. Je me trouvais au milieu d’un tas de garçons, les uns riaient, les autres jouaient, beaucoup blasphémaient ; ce qu’entendant, je me précipitai au milieu d’eux à coups de poings et d’invectives, pour les faire taire. Alors apparut un homme majestueux, tout blanc, qui me dit : Giovanni, tu devras être le chef de ces garçons, pas avec les coups, mais par la douceur. Explique-leur ce qu’est le péché. Je répondis que je ne savais rien, que je ne pouvais pas leur parler. Alors, les garçons se calmèrent et entourèrent ce Monsieur… Je lui demandai : Mais qui êtes-vous donc ? Il me répondit : 

- Je suis le fils de celle dont ta mère t’a appris à la saluer trois fois par jour (C’est la prière de l’Angelus, ndr).

- Mais Maman m’a toujours dit de ne pas rester avec des gens que je ne connais pas, sans sa permission.

- Mon nom, demande-le à ma mère.

Alors j’ai vu une grande Dame, qui me fit signe d’approcher… Alors tous ces garçons avaient disparu, à leur place il y avait des tas de bêtes, moutons, chats, chiens, ours, etc. Alors toutes les bêtes méchantes devinrent de doux agneaux, qui entouraient ce Monsieur et cette Dame. 

En se réveillant, il avait mal aux mains d’avoir cogné contre les garçons, et aux joues pour les baffes qu’il avait reçues à son tour ! Bien sûr, il alla raconter ce rêve aux siens. Giuseppe lui dit qu’il deviendrait sans doute berger ; Antonio, qu’il serait chef de brigands ; la maman, qu’il serait peut-être prêtre, et la grand-mère, qu’il ne faut pas croire aux rêves, ce que pensait aussi le petit Giovanni, qui toutefois ne put jamais oublier ce rêve.

Ce ne sera pas l’unique rêve que fera Giovanni dans sa vie ; il en eut beaucoup, dont lui-même restera parfois stupéfait. Par exemple, lorsqu’il vit toute la Patagonie de l’Amérique du Sud, où il devait envoyer plus tard des prêtres.

Giovanni voulut aller dans la petite école du pays voisin, gérée par le curé. Mais celui-ci ne voulait pas recevoir un garçon d’un autre village ; il finit toutefois par le prendre, sur les instances de sa bonne de cure, la propre tante de Giovanni. Les premiers contacts avec les copains ne furent pas faciles, justement parce qu’entre garçons de villages différents, il y a toujours des frictions, des moqueries. Mais le curé prit la défense de Giovanni.

C’est Giovanni qui eut le premier geste de pacification : il s’amusa à distraire ses camarades avec des tours de prestidigitation, des acrobaties de saltimbanque, de petites compétitions, et quand il les avait autour de lui, il les invitait à prier le chapelet, à écouter un texte de l’Evangile, jusqu’à les inviter à l’accompagner à la messe.

En 1826, mourut la grand-mère. Cette année-là, Giovanni put recevoir la Première communion (un an avant les douze ans habituels requis à l’époque). La même année, maman Margherita se vit contrainte d’éloigner Giovanni du village, car son demi-frère ne cessait pas de l’invectiver et même de le frapper. Giovanni fut donc à Moncucco Torinese, comme garçon dans une ferme, jusqu’en 1829.

Giovanni fit connaissance du chapelain de Morialdo, qui l’aida à commencer l’étude du latin, une des premières «conditions» nécessaires pour la préparation au sacerdoce. Mais le prêtre mourut l’année suivante : en mourant, il donnait à Giovanni ses économies (6000 lires de l’époque), que Giovanni cependant laissa à la famille du prêtre. Geste généreux, que Dieu récompensera non moins généreusement. 

Bientôt après, le demi-frère Antonio se maria (1831) et maman Margherita partagea le patrimoine : parti Antonio, Giovanni pouvait revenir à la maison. Il étudia à Castelnuovo, en demi-pension chez un tailleur musicien qui lui enseigna son métier. On sait que Giovanni savait jouer du violon. Puis il alla étudier à Chieri, et passa l’été chez son frère Giuseppe à Castelnuovo.

Giovanni étudia très vite, mais le brave curé fut muté à Mondonio et son successeur ne sut continuer l’enseignement. Giovanni en profita alors pour apprendre aussi le métier de forgeron. Finalement, Dieu préparait Giovanni à connaître beaucoup de choses, pour pouvoir un jour les enseigner à son tour aux jeunes qu’il rencontrerait.

Pour payer ses études à Chieri, il se fit domestique, garçon d’écurie, etc. Déjà il fonda une «Société de la Joie» (Società dell’Allegria), pour regrouper des compagnons et leur parler de Dieu. Il prit énergiquement la défense d’un très gentil garçon, Luigi Comollo, la tête de turc de plusieurs copains. Luigi et Giovanni devinrent de grands amis, et Giovanni put écrire qu’il apprit de Luigi à être un vrai chrétien, par la prière, le pardon des offenses, la patience et la douceur. On retrouvera bientôt ce Luigi.

De 1832 à 1835, Giovanni put achever les études secondaires, laissant aux professeurs une réputation d’élève particulièrement studieux, aimant passionnément lire et surtout doté d’une mémoire exceptionnelle.

Giovanni pensait entrer chez les Franciscains, mais un saint prêtre, Giuseppe Cafasso (voir au 23 juin) eut l’inspiration de l’orienter vers le séminaire diocésain, où il entra en 1835. 

Il faut signaler ici ce que lui dit sa mère au moment où il fut admis au Grand séminaire : Souviens-toi que ce qui honore un clerc, ce n’est pas l’habit, mais la vertu. Quand tu es venu au monde je t’ai consacré à la Madonne ; au début de tes études je t’ai recommandé d’être Son enfant ; sois à Elle plus que jamais, et fais-La aimer autour de toi.

Giovanni fut fidèle et obéissant.

En 1837 il commença la théologie, et reçut l’ordination sacerdotale en 1841.

Au séminaire, il retrouva son très cher ami, Luigi Comollo, qui cependant mourut peu après, à vingt-deux ans. La nuit qui suivait sa mort, Giovanni et tous les autres séminaristes l’entendirent appeler : Bosco, Bosco, Bosco ! Je suis sauvé ! C’est Giovanni qui raconta lui-même l’événement, dont furent témoins les autres confrères. On pourra voir là une preuve de plus de l’existence de l’Au-delà.

Il est bon de rappeler ici que, une fois prêtre, don Bosco refusa catégoriquement certaines «places» qu’on lui offrait, avantageuses socialement et économiquement ; outre que son humilité s’y opposait, sa chère maman aussi l’avait bien prévenu : Si jamais tu deviens riche, je ne remettrai jamais plus les pieds chez toi !

Au contraire, avant de se lancer dans l’activité, il prit le temps de mûrir son sacerdoce, et entra, pour trois années, dans un «cercle» que don Cafasso avait ouvert à Turin, pour aider de jeunes prêtres à approfondir leur vie spirituelle et surtout à se préparer à rencontrer la société de cette époque.

Puis don Bosco commença à aller à la rencontre des gamins et des jeunes, dans les rues, dans les prisons infectes ; il s’attira l’amitié de ces malheureux, les réunit autour de lui. En peu de temps, ils étaient des centaines. Il leur montrait une réelle amitié, les aidait à s’instruire, et les rapprochait de l’Eglise.

En 1846 notre jeune prêtre fut gravement malade, d’une fluxion de poitrine qu’on désespéra de guérir ; il s’en sortit «miraculeusement» et reprit toute son activité. 

En 1854, don Bosco institua la Société salésienne, avec des prêtres qui partageaient son idéal, pour former toute cette jeunesse, y compris pour préparer au sacerdoce ceux qui en auraient la vocation. Le nom de salésienne s’inspirait de saint François de Sales, dont la douceur conquit et ramena à l’Eglise beaucoup d’hérétiques, mais aussi dont l’activité inlassable fit publier beaucoup d’ouvrages (voir au 28 décembre).

Dans cette petite notice, il n’est pas possible de reprendre tous les épisodes de la longue et épuisante vie de don Bosco. Un fait est resté mémorable : sa confiance absolue en la Providence et en la Sainte Vierge pour obtenir l’argent nécessaire à son œuvre grandissante. Un jour qu’il s’ouvrait d’un nouveau projet à sa pieuse mère, celle-ci s’exclama : Quoi ! Mais tu n’as pas même un sou en poche ! et Giovanni de répondre gentiment à sa mère : Voyons  ! Si vous aviez de l’argent, m’en donneriez-vous ? Eh bien, Maman, croyez-vous que la Providence, qui est infiniment riche, soit moins bonne que vous ?

En 1856, mourut Mamma Margherita, sa pieuse mère qui l’aida de tout son cœur. 

En 1864, il posa la première pierre de l’église de Marie Auxiliatrice, et en 1872 fonda la branche féminine des Filles de Marie Auxiliatrice, avec sainte Maria Domenica Mazzarello (voir au 14 mai).

Le pape Pie IX approuva les constitutions de l’œuvre dès 1874. Déjà plusieurs maisons existaient en Italie. Ce même pape dit un jour : Si vous désirez un miracle, adressez-vous à don Bosco, prêtre de Turin ; il accomplit des miracles de charité, et je ne m’étonnerais point qu’il en fît d’autres encore. Ce pape consultait volontiers don Bosco pour le choix des évêques en Italie.

En 1875, l’œuvre salésienne était déjà connue en Argentine, où l’évêque demandait des missionnaires : don Bosco y envoya des prêtres et des religieuses ; à Buenos Aires, ils s’occupèrent d’une paroisse où vivaient de nombreux émigrés italiens, ils ouvrirent une Ecole de métiers. Peu à peu leurs activités gagnèrent toute la Patagonie, dont Giovanni avait rêvé autrefois. La présence des Salésiens fut providentielle pour protéger les Indios de la Pampa.

En Italie, don Bosco était d’une activité incroyable. On a du mal à expliquer comment il trouvait le temps de rédiger et de publier à peu près chaque année tel ou tel opuscule ou ouvrage. Pendant plus de quarante ans, don Bosco écrivit des manuels de piété, des livres d’histoire, des monographies hagiographiques, des pièces de théâtre, des études apologétiques, et plus de deux milles courriers qu’on a reliés en quatre volumes.

Les miracles et les intuitions de don Bosco sont célèbres : avertissements, prophéties, guérisons, lecture dans les âmes…

En 1884, don Bosco fut sérieusement malade, mais se remit encore. Fin 1887, il confessa encore vers Noël. En janvier 1888 le mal augmenta : don Giovanni s’éteignit à ce monde le 31 janvier 1888. Le pape Léon XIII dit alors : Don Bosco est un saint, un saint, un saint !

Saint Giovanni Bosco a été béatifié en 1929, et canonisé en 1934.

 

 

Luigi Talamoni

1848-1926

 

Giuseppe Talamoni et Maria Sala eurent six enfants, dont le deuxième naquit le 3 octobre 1848 à Monza (Italie du Nord) et reçut le jour-même au baptême les prénoms de Luigi (Louis) Domenico Filippo.

La famille était pauvre, mais riche de foi : on priait le chapelet chaque jour, et Monsieur Talamoni se rendait à la Messe chaque jour autant que possible, prenant par la main son petit Luigi, qui apprit à servir la messe comme son papa. 

Ce papa, chapelier, n’avait pas de grandes ressources : Luigi fut accueilli dans l’Oratoire barnabite du Carrobiolo à Monza même pour l’école primaire, devenu plus tard le “Séminaire des pauvres” ; Luigi le fréquenta puis passa au Séminaire diocésain de Milan.

A cette époque, le gouvernement italien n’entretenait pas les meilleures relations avec l’archevêque, qui fut même plusieurs fois arrêté et interrogé à Turin.

Luigi se prépara donc dans ces difficiles circonstances à son doctorat en Lettres et Philosophie à l’Académie scientifico-littéraire, où même ses professeurs anti-cléricaux furent conquis par leur élève.

Il fut ordonné prêtre en 1871 : ce même jour (4 mars), son père fut frappé d’une hémorragie célébrale qui le laissera paralysé pendant quinze ans.

Don Luigi fut envoyé au Collège Saint-Charles de Milan, où un de ses élèves fut un certain Achille Ratti, le futur pape Pie XI.

En 1875 il fut nommé professeur au Séminaire de Monza. Il prêchait et confessait à la cathédrale.

Dans le clergé aussi se manifestaient des tendances opposées, parfois contentieuses ; même les élèves séminaristes de Don Luigi lui réservaient des plaisanteries de très mauvais goût, qu’il supportait toutefois avec une patience remarquable, sans broncher, sans intervenir et demeurant toujours d’une politesse exquise envers tous.

Un important mouvement social catholique se faisait jour à cette époque ; Luigi adhéra au Comité catholique de Monza et se trouva même dans la liste communale élue en 1893.

Il en profita pour se préoccuper activement des écoles et des jardins d’enfants, de la sécurité des rues, de la moralité. Il suggéra l’ouverture de maisons pour les plus pauvres, l’appui aux petits commerçants, les remèdes gratuits pour les malades pauvres, l’amélioration des conditions carcérales. Même ses adversaires politiques l’avaient en grande estime.

En 1923, il fut reconduit aux élections, mais le conseil municipal fut contraint de se démettre devant la montée violente du Fascisme.

Don Luigi soutint aussi une œuvre d’assistance, les Sœurs Miséricordieuses de Saint-Gérard, fondées par Maria Biffi Levati (1835-1905) et dont il écrivit les premières Règles.

Il mourut à Milan le 31 janvier 1926 : c’est la mairie de Monza qui paya ses obsèques solennelles.

Le procès de béatification fut mis en route par l’archevêque de Milan, le Bienheureux cardinal Ildefonso Schuster (voir au 30 août) et achevé par le cardinal Giovanni Battista Montini, futur pape Paul VI (v. 6 août).

Don Luigi Talamoni fut béatifié en 2004. 

En 2009 le Bienheureux Luigi Talamoni fut proclamé céleste patron de la région de Monza.

Le Martyrologe Romain reporte le nom de ce Bienheureux au 20 mai, alors que son dies natalis est bien, comme on l’a vu, le 31 janvier.

José Acosta Alemán

1880-1937

 

Né le 27 mai 1880 à Cartagena (Murcia), José fit d’excellentes études et, à vingt-deux ans, était déjà ingénieur aux Mines.

C’est alors qu’il annonça à son père son désir d’entrer chez les Pères de la Congrégation de S.Vincent de Paul (Vincentiens). Il fit le noviciat à Paris et fut ordonné prêtre.

Il avait un très fort attrait pour suivre les pas des missionnaires comme Jean-Gabriel Perboyre ou François-Régis Clet, martyrisés en Chine (v. 11 septembre et 18 février) : aussi fut-il envoyé pendant dix-huit ans dans cette Chine mystérieuse, où il put exercer un ministère très fécond au Tché-Ly et Chengtingfu.

En 1926, épuisé par ce labeur incessant, il revint en Espagne.

Il appartenait à la communauté de Madrid et son ultime poste fut à Totana (Murcia) ; il était professeur et aumônier du collège et de l’hôpital tenu par les Filles de la Charité.

Le 25 juillet 1936, il fut expulsé par les révolutionnaires, mais ne pouvant retourner à Madrid, il trouva refuge chez un ami fidèle, un certain Evaristo, qui le défendit jusqu’au bout.

Début août, le Père fut expulsé de cette maison à coups de poings et de pieds, mis en prison quelque temps. En septembre, on le fit sortir de là pour continuer de le battre et de l’insulter dans la rue ; on lui cassa les lunettes, pour l’empêcher d’y voir, il tomba dans l’escalier de la prison, on lui donna des coups de crosse de fusils, on le fit rouler par-terre à coups de pieds.

Remis en prison, il se retrouva avec deux autres prêtres de ses amis, Juan José Martínez Romero et Pedro José Rodríguez Cabrera. Tous trois se préparèrent à leur martyre. 

Les trois prêtres furent fusillés le 31 janvier 1937 dans cette prison de Totana.

Ils furent béatifiés en 2017.

Le nom du bienheureux José Acosta Alemán sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 janvier.

 

 

 

Juan José Martínez Romero

1889-1937

 

Juan José naquit le 21 août 1889 à Totana (Murcia), de Jerónimo et Victoriana, qui le firent baptiser le jour même.

Il fréquenta le séminaire diocésain Saint-Fulgence et fut ordonné prêtre en 1914.

Les sept localités de son apostolat furent : Caravaca, Las Torres de Cotillas, La Unión, Lorca, Roldán Águilas, finalement Totana, le pays natal.

Don Juan José était aussi généreux et charitable qu’il soignait avec amour les célébrations liturgiques.

Lors de la révolution de 1936, l’église fut fermée d’office. Don Juan José se réfugia dans la maison familiale et continuait ainsi comme il pouvait, son ministère sacerdotal. Avec deux jeunes fidèles, il s’efforça de retirer de l’église paroissiale les objets sacrés, les ornements, d’autant plus qu’on avait déjà mis le feu au sanctuaire.

Il fut surpris «en flagrant délit» le 23 août à cinq heures du matin, violemment frappé au point qu’il ne pouvait plus tenir sur ses jambes, et jeté en prison, où il eut pour compagnons José Acosta Alemán et Pedro José Rodríguez Cabrera.

Un jour qu’on l’avait obligé à rester longtemps à genoux les bras en croix, pendant qu’on l’insultait et qu’on le frappait, il confia ensuite à ses compagnons : Je n’en pouvais plus, mais je t’assure que je n’ai jamais éprouvé tant de joie, parce que je souffrais pour le Christ. Une autre fois où une milicienne vint le maltraiter, il raconta ensuite qu’il ne s’était jamais autant amusé dans sa vie. Dans son dernier billet, écrit à un autre prêtre, il déclarait encore : Tu ne sais pas quelles douceurs nous apporte cette prison.

Il fut martyrisé le 31 janvier 1937, comme on l’a raconté dans la notice de José Acosta Alemán et fut aussi béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Juan José Martínez Romero sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 janvier.

 

 

Pedro José Rodríguez Cabrera

1903-1937

 

Il était né le 15 juillet 1903 à Totana (Murcia).

Prêtre diocésain, il fut vicaire puis curé à Puerto Lumbreras, Alhama, La Cortija de El Moral et La Gineta ; un des meilleurs espoirs du diocèse.

On connaissait Don Pedro José pour sa bonté envers chacun, pour sa prudence dans les décisions ; à La Gineta, il s’employa particulièrement au service des pauvres.

En juillet 1936, le Curé vint se réfugier chez son père à Totana.

Fin octobre, on vint l’arrêter pour le jeter en prison : là il retrouva deux amis, qui allaient être ses compagnons jusqu’au martyre, Juan José Martínez Romero et José Acosta Alemán.

Il faut dire ici que le chef de la prison était un homme juste, qui connaissait les prêtres. Il savait pourquoi ceux-ci avaient été incarcérés et les protégeait comme il pouvait ; il leur permit d’avoir leur bréviaire, et n’eut aucun geste violent envers eux. Mais des miliciens intervinrent avec férocité. 

Le dimanche 31 janvier 1937, ils entrèrent de force dans la prison. Dans l’antichambre, se trouvait le père de don Pedro, auquel ils dirent : Attendez là, vous allez entendre les coups qui vont tuer votre fils. Ils enfermèrent le chef - qui refusa de leur livrer les prêtres -, se dirigèrent vers les lavabos au fond du couloir où se trouvaient les prisonniers, et les exécutèrent. Ils commençaient à maltraiter encore les cadavres, mais des personnes présentes purent ramasser les corps et aller les enterrer dignement.

Don Pedro José fut ainsi martyrisé le 31 janvier 1937, à trente-trois ans, à l’image du Christ.

Avec ses deux amis, il fut béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Pedro José Rodríguez Cabrera sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 janvier.

 

 

Susana Paz Castillo Ramírez

1863-1940

 

Susana naquit le 11 août 1863 à Altagracia de Orituco (Guárico, Venezuela), fille de Francisco de Paula Paz Castillo et de María Rosario Ramírez.

La mère de Francisco était Doña Candelaria Pérez y Bolivar, la première sœur du célèbre «Libérateur».

Francisco, lui, était un fin herboriste qui, sans être médecin, savait soulager les gens par de bons conseils et s’attirait ainsi leur reconnaissance. Il mourut prématurément en 1870. La maman mourra la veille de Noël, le 24 décembre 1887. Susana alors assumera le travail ménager, et s’occupera, outre de quelques cousins et de filleuls de sa mère, de malades et de blessés, qu’elle recevait dans une maison semi-abandonnée près de l’église paroissiale.

Il faut rappeler que le pays du Vénézuéla était agité par des luttes, la guerre, l’agitation civile, à quoi s’ajoutèrent en 1900 et 1926 deux tremblements de terre. A la suite de celui de 1900, le village de Altagracia reçut les conséquences de la «révolution de libération» : destructions, misère, innombrables gens blessés, abandonnés.

En 1903, deux médecins d’Altagracia décidèrent la création d’un véritable hôpital, dont ils confièrent la direction à Susana. Encouragée par le curé de la paroisse, elle s’installa alors dans l’hôpital Saint-Antoine, avec quelques compagnes qui avaient comme elle le désir de se consacrer. Elles avaient une devise commune : Dieu est Amour (1Jn1:).

Chaque jour, deux d’entre elles partaient mendier pour ce qui manquait. Quand l’une d’elle disait à Susana qu’il n’y avait ni pain ni médicaments, elle prenait simplement un panier et allait mendier, revenant un peu plus tard avec ce qui manquait.

En 1906, avec l’autorisation de l’évêque, elle prit l’habit des Petites Sœurs des Pauvres et changea son nom en Candelaria de Saint-Joseph (Candelaria était le prénom de sa grand-mère ; ce nom est donné en rapport avec la Chandeleur, la fête du 2 février).

En 1910 naquit officiellement l’Institut des Sœurs des Pauvres de Altagracia de Orituco.

En 1914, le curé d’Altagracia fut nommé Administrateur Apostolique, puis évêque du diocèse de Guyane, l’actuel diocèse de Bolivar City.

Mère Candelaria commença en 1916 une tournée de dix-huit mois pour recueillir des dons en faveur de son œuvre. Durant la même période, elle fonda un hôpital à Porlamar sur l’île de Margarita - qui s’appela Hospice des Abandonnés, et un autre à Upata.

En 1922 arrivèrent à Porlamar des pères Carmes, et la Mère Candelaria souhaitait beaucoup agréger son institut à l’ordre carmélite. Sa demande fut agréée et les Sœurs s’appelèrent alors Congrégation des Carmélites du Tiers-Ordre Régulier. Mère Candelaria émit les vœux en 1927 et reçut ensuite ceux des autres Sœurs.

Le tremblement de terre de 1929 portera la Mère Candelaria avec deux Sœurs à Cumaná, frappée par le séisme, où elles prirent en charge l’hôpital ; et quand se déclara l’épidémie de variole, elles s’occupèrent personnellement des malades dans la zone d’isolement.

Mère Candelaria dirigera cette famille religieuse jusqu’en 1937, quand fut élue la nouvelle supérieure lors du premier Chapitre général. Elle montra alors la plus grande humilité en s’inclinant devant la nouvelle supérieure et en baisant son scapulaire. Elle continuera ensuite à travailler pour l’œuvre en tant que maîtresse des novices, jusqu’à sa mort, après avoir supporté patiemment une très pénible infirmité.

Elle désirait prononcer encore une fois le nom de Jésus au moment de mourir, or elle mourut à Cumaná le 31 janvier 1940, après avoir prononcé par trois fois le nom de Jésus.

Madre Candelaria de Saint-Joseph fut béatifiée en 2008.

Localement, la fête de la Bienheureuse Candelaria est établie au 1er février, car on fête saint Giovanni Bosco le 31 janvier. Mais le dies natalis est le 31 janvier au Martyrologe.

Actuellement, ces Religieuses sont une centaine au Vénézuela et à Porto Rico. Elles portent désormais le nom de Carmélites de Mère Candelaria.

 

Le miracle retenu pour cette béatification fut la délivrance heureuse d’une maman enceinte de presque huit mois, avec insuffisance cardiaque, anémie et pré-éclampsie. Un écho-sonogramme révéla une activité cardiaque absolument nulle du fœtus. Les médecins s’apprêtaient à purifier l’uterus de la maman, qui de son côté priait intensément Mère Candelaria. Vint alors au monde une petite fille bien vivante, qui fut baptisée avec le nom de Milagros Candelaria, Miracle (de) Candelaria.

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30 janvier 2022 7 30 /01 /janvier /2022 00:00

30 JANVIER

I.

S Barsimée, évêque à Edesse.

S Mathias, évêque à Jérusalem.

II.

S Agrippin, évêque en Alexandrie.

III.

Ste Martine, martyre romaine.

S Hippolyte, martyr à Antioche, qu’on a confondu avec celui de Rome.

?

Ss Félicien et Philappien, martyrs en Afrique avec d’autres. 

S Alexandre, martyr en Afrique.

IV.

Ste Savine, veuve à Lodi, morte en priant à Milan au tombeau des ss. Nabor et Félix.

S Barsès, évêque à Edesse, exilé par l’empereur à Oxyrynchius, puis aux confins.

VI.

S Ailbe, prêtre irlandais disciple de s. Patrick, donc mort au moins centenaire.

VII.

Ste Bathilde, esclave anglaise rachetée en France, épouse de Clovis II, retirée à Chelles ; on retrouva son corps intact deux siècles après sa mort.

Ste Aldegonde, du Hainaut, sœur de ste Waudru, fondatrice et abbesse près de Maubeuge ; morte d’un cancer au sein, elle est invoquée pour la guérison de cette maladie.

Bse Haberilla, supérieure d’une communauté à Bregentz.

VIII.

S Armentarius, évêque à Pavie.

S Théophile le Jeune, administrateur d'une région d'Asie Mineure, fait prisonnier en Chypre, martyrisé par les musulmans.

IX.

Ste Thiadilde, première abbesse à Freckenhorst ; petite, elle était demeurée miraculeusement indemne après une chute dans une bassine d’eau bouillante.

XI.

B Amnichad (Annuchardus, Annuchadus), écossais, renvoyé de Iniskeltra, mais modèle de régularité à Fulda. 

S Aleaume, militaire poitevin, moine à La Chaise-Dieu (ou même abbé), fondateur d’un monastère à Burgos, dont il est un des patrons.

S Pellegrino, peut-être grec, envoyé évangéliser en Sicile.

XVI.

B François Taylor, père de famille anglais, martyr.

XVII.

Bx martyrs japonais, béatifiés en 2008, membres de la même famille Ogasawara à savoir : le père Yosaburō Gen’ya, la mère Miya Luisa ; leurs six garçons (Genpachi, Sasaemon, Sayuemon, Shiro, Goro, Gonnosuke) et leurs trois filles (Mari, Kuri, Tsuchi), dont on ignore les âges ; en outre leurs quatre domestiques, dont on ignore le nom et l’âge.

Ste Clarice (Giacinta) de’ Mariscotti, tertiaire franciscaine à Viterbe, de comportement d’abord très mondain et scandaleux, exemplaire ensuite, mystique et thaumaturge ; elle est à l’origine des “Quarante heures” (adoration continue) pendant les trois derniers jours du carnaval ; son corps est resté sans corruption.

XVIII.

B Sebastiano Valfrè, prêtre piémontais de l’Oratoire.

XIX.

Bx Jeong Gwang-su Barnabas, Hong Ik-man Antonius, Han Deok-un Thomas, Hwang Il-gwang Simon, Hong In Leo et Kwon Sang-mun Sebastianus, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

S Min Kŭk-ka Stephanus, catéchiste, martyr coréen, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre (le 20 janvier au Martyrologe.

S Tôma Khuông, prêtre et martyr du Tonkin, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

S David Galván Bermúdez (1881-1915), prêtre mexicain martyr: il s’opposa à ce qu’un officier, déjà marié, épousât une jeune fille, ce qui lui valut d'être fusillé ; béatifié en 1992, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

S Louis-Joseph Wiaux (Mutien-Marie, 1841-1917), frère des Ecoles Chrétiennes en Belgique, exemplaire dans sa conformité à la règle et très marial, canonisé en 1989.

B Dom Joseph (Columba) Marmion (1858-1923), bénédictin irlandais à Maredsous, puis abbé, béatifié en 2000.

Bse Carmen Marie-Anne García Moyon (1888-1937), laïque espagnole d’origine française, coopératrice des Tertiaires Capucins, arrosée d’essence et brûlée vive près de Valencia, martyre béatifiée en 2001.

B Zygmunt Pisarski (1902-1943), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

Bse Maria Bolognesi (1924-1980), vierge laïque italienne, mystique, béatifiée en 2013.

Barsimée d’Edesse

2e siècle

 

Des raisons assez justifiées ont voulu faire vivre cet évêque au troisième siècle. Mais d’autres non moins fondées le maintiendront ici au deuxième siècle.

On a vu, au 29 janvier, comment Barsimée fut l’artisan de la conversion et du baptême de s.Sarbel et de sa sœur ste Bebaia, en 113.

La première question à poser est celle-ci : Barsimée était-il déjà évêque d’Edesse à ce moment-là ou pas ? D’après la notice de s.Sarbel, il semble que oui.

Mais selon certaines versions, Barsimée aurait été arrêté, flagellé, jeté en prison, et ensuite nommé évêque, troisième sur ce siège.

Un édit de tolérance de Trajan aurait valu à Barsimée la libération ; mais on affirme aussi qu’il aurait été martyrisé en 114.

Les spécialistes qui préfèrent le situer au troisième siècle, avancent que Barsimée, déjà évêque, aurait beaucoup souffert durant la persécution de Dèce (250), mais qu’ensuite il aurait gouverné son diocèse sans être inquiété - et ne serait pas mort martyr.

Le Martyrologe actuel incline plus pour la deuxième hypothèse.

On va peut-être plaider pour l’existence de deux Barsimée…

Saint Barsimée d’Edesse est commémoré le 30 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Matthias de Jérusalem

2e siècle

 

Cet évêque, à distinguer de l’Apôtre Matthias qui est fêté le 14 mai, occupa le siège de Jérusalem après Siméon, qui mourut en 107 (v. 27 avril).

A cette époque, les Chrétiens souffrirent de la persécution romaine, mais aussi du soulèvement des Juifs.

Matthias de Jérusalem mourut vers l’an 120.

Il est commémoré le 30 janvier.

 

Martina de Rome

† 226

 

Voici ce que nous disent les Actes de sainte Martine. Ils ressemblent beaucoup à ceux d'autres Martyres, à moins que ce soient les autres récits qui ressemblent fort à celui-ci. Il s'y trouve maint détail merveilleux qui étonnera les uns et édifiera les autres. Ormis les textes inspirés de l'Ecriture, nul n’est obligé de croire à ces récits que nous a légués une certaine tradition.

Sainte Martine naquit à Rome de parents illustres. Son père avait été trois fois consul et s'était distingué par une foi vive et une charité ardente. Après sa mort, Martine vendit ses biens et consacra l'argent à des œuvres de miséricorde.

L'empereur Alexandre régnait et persécutait les chrétiens. Des gens occupés à rechercher les serviteurs de Jésus-Christ trouvèrent sainte Martine en prières dans une église et l'arrêtèrent. Comme elle ne fit aucune difficulté de les suivre, ils crurent avoir fait une conquête ; mais, conduite à l'empereur, elle refusa de sacrifier aux idoles ; celui-ci ne l'en fit pas moins conduire au temple d’Apollon. En y entrant, Martine, s'armant du signe de la Croix, pria Jésus-Christ, et à l'instant il se fit un effroyable tremblement de terre qui renversa une partie du temple et brisa l'idole. L’empereur, irrité, commanda qu’on frappât la vierge à coups de poings et qu'on l'écorchât avec des ongles de fer ; Martine souffrit avec une telle patience, que les bourreaux, lassés, furent remplacés par d’autres qu'une lumière divine renversa et convertit.

Conduite de nouveau devant l´empereur, Martine refusa pour la seconde fois de sacrifier aux idoles ; Alexandre la fit attacher à quatre pieux et fouetter si cruellement et si longtemps que les bourreaux s'arrêtèrent de fatigue. Martine fut reconduite en prison, et on versa dans ses plaies de l'huile bouillante ; mais des Anges vinrent la fortifier et la consoler. Le lendemain, la vierge fut conduite au temple de Diane que le démon quitta aussitôt avec des hurlements horribles, en même temps que la foudre renversait et brûlait une partie du temple avec ses prêtres.

L’empereur, effrayé, laissa Martine aux mains du président Justin qui la fit si cruellement déchirer avec des peignes de fer, qu'il la crut morte ; mais s'apercevant qu'il se trompait, il lui demanda : Martine, ne veux-tu pas sacrifier aux dieux et te préserver des supplices qui te sont préparés ?J’ai mon Seigneur Jésus-Christ qui me fortifie, et je ne sacrifierai pas à vos démons. Le président, furieux, commanda de la reconduire en prison.

L'empereur, informé de ce qui s'était passé, ordonna que Martine fût menée dans l'amphithéâtre afin d'y être exposée aux bêtes ; mais un lion, qu'on lâcha pour la dévorer, vint se coucher à ses pieds et lécha ses plaies ; en revanche, comme on le ramenait à son antre, le lion se jeta sur un conseiller d’Alexandre et le dévora. Ramenée en sa prison, Martine fut encore une fois conduite au temple de Diane, et comme elle refusait toujours de sacrifier, on déchira de nouveau son pauvre corps.

Martine, lui dit un des bourreaux, reconnais Diane pour déesse, et tu seras délivrée. – Je suis chrétienne et je confesse Jésus-Christ. Sur ces paroles, on la jeta dans un grand feu préparé à l’avance, mais le vent et la pluie, qui survinrent à l’instant, dispersèrent le bûcher et brûlèrent les spectateurs. On retint la Sainte trois jours durant dans le temple, après toutefois qu'on lui eût fait couper les cheveux. L’empereur la croyait magicienne et s'imaginait que sa force résidait dans sa chevelure.

Elle fut tout ce temps sans rien prendre, chantant continuellement les louanges de Dieu. Ne sachant plus que faire, Alexandre lui fit couper la tête. Le corps de Martine demeura plusieurs jours exposé sur la place publique, défendu par deux aigles qui restèrent jusqu’au moment où un nommé Ritorius put lui donner une honorable sépulture.

La fête de sainte Martine est au 30 janvier.

Bathilde, reine

630-680

 

Celle dont il va être question s’appelait, suivant les versions, Bauthieult, Bauteuch, Baudour, Baltelt, et finalement Bathilde. 

Elle était née vers 630 dans l’Angleterre anglo-saxonne, de très humble extraction, et fut vendue en Gaule comme esclave (ou bien elle fut achetée en Angleterre). Il semble qu’elle fût déjà baptisée.

L’acheteur fut le maire du palais Erchinoald, qui lui assigna comme charge de lui apporter à boire dans son lit, et la soumettait aussi aux tâches les plus viles. Bathilde obéissait humblement, sans révolte, grâce à son heureux caractère doux, prudent, réservé, déjà formé à la vertu.

Lorsque son maître devint veuf, il voulut l’épouser, mais Bathilde répondit qu’elle préférait conserver sa virginité.

La Providence fit qu’elle fut demandée en mariage par Clovis II, vers 649, peut-être présentée par Erchinoald lui-même. De cette union naquirent cinq enfants, dont Clotaire III, Childéric II, Thierry III.

Quand Clotaire III reçut le royaume (657), il avait cinq ans, de sorte que Bathilde exerça la régence jusqu’à sa majorité ; il mourut cependant en 673, et c’est son frère Thierry III qui lui succéda sur le trône de Neustrie et Bourgogne, tandis que Childéric II régnait en Austrasie.

Bathilde était entourée de saints conseillers : l’abbé Genès, futur évêque de Lyon, Chrodobert, évêque de Paris, s.Ouen, évêque de Rouen, s. Eloi, évêque de Noyon (v. 24 août et 1er décembre). Elle soutint l’Eglise de toutes ses forces et de ses deniers, fondant les abbayes de Corbie et Chelles, soutenant celles de Saint-Denis, Jumièges, Saint-Wandrille de Fontenelle, Luxeuil, Jouarre, Saint-Martin de Tours, Corbion, Faremoutiers, favorisant les basiliques d’Auxerre, Soissons, Orléans…

Cette ancienne esclave fit interdire la vente d’esclaves chrétiens et racheta beaucoup de captifs : peu à peu l’esclavage disparut du royaume franc et le concile de Chalon-sur-Saône se prononça dans le même sens ;  elle abrogea l’impôt payé d’après le nombre de personnes au foyer (pour l’éviter, on laissait mourir des nouveaux-nés), mais surtout elle combattit la simonie du clergé.

Un mystère plane sur un autre aspect de la personnalité de cette sainte reine : d’après un récit anglo-saxon, Bathilde aurait sévi très sévèrement contre neuf évêques, jusqu’à les faire assassiner ; il semble beaucoup plus vraisemblable que ces crimes aient été le fait du nouveau maire du palais, Ebroïn, tristement célèbre pour ses violences inouïes ; et peut-être qu’il n’y eut qu’un seul évêque victime.

Des jours sombres attristèrent la pieuse reine ; l’impopulaire évêque de Paris, Sigobrandus, fut assassiné. Bathilde se sentit poussée à se retirer : elle fut admise à l’abbaye de Chelles, qu’elle avait fondée, et se mêla aux religieuses dans la plus parfaite obéissance à l’abbesse Bertile (v. 5 novembre). Elle continua de visiter les pauvres et les infirmes.

Les dernières années de Bathilde furent attristées par les luttes entre ses enfants, après la mort prématurée de Clotaire III en 673. Cette perspective fut une cause d’épreuves auxquelles vint se joindre une grave maladie.

Dieu vint la consoler au moment de sa dernière heure. Elle vit une échelle dont le sommet atteignait le ciel : elle en gravissait les degrés, accompagnée des anges, récompensée pour ses mérites, sa patience, son humilité. Aux quelques religieuses témoins de cette vision, elle défendit absolument d’en parler avant sa mort.

Bathilde mourut alors, le 30 janvier 680.

Des miracles, des délivrances de possédés, se produisirent sur son tombeau. Cent cinquante ans plus tard, en 833, le corps fut retrouvé intact et de nouveaux miracles eurent lieu.

Canonisée dès le 11e siècle, sainte Bathilde est mentionnée au 30 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aldegonde de Maubeuge

630-684

 

Elle naquit à Cousolre (Nord) vers 630 et était ce qu’on appelle aujourd’hui une Cousolrezienne. Ses parents s’appellaient Waldebertus (Walbert) et Bertilla (Bertille) ; Walbert était le régent de Clotaire II pour les régions de la Sambre et de la Meuse. Aldegonde avait une sœur aînée, Waudru (v. 9 avril).

Toute cette famille était très chrétienne. Walbert lui-même, qui était de sang royal, préférait grandir dans l’amour de Dieu que recevoir les honneurs de son rang.

Aldegonde manifesta dès l’enfance son désir d’appartenir à Dieu. Quand on la demanda en mariage, elle alla se cacher chez sa sœur, jusqu’à ce que le prétendant l’oubliât et qu’elle pût revenir chez les parents. Quand ceux-ci moururent, elle gagna Haumont, où se trouvaient l’évêque de Maastricht, Amand, et celui de Cambrai, Aubert (v. 6 février et 13 décembre), qui lui «imposèrent» le voile des vierges, comme on le dit traditionnellement, sans que cette imposition comporte la moindre contrainte.

Suivant le conseil de ces saints évêques, Aldegonde se retira dans la forêt de Maubeuge, où sa petite cabane devint très vite un grand monastère (659). Les vocations affluèrent, et notamment les deux filles de sa sœur, Aldetrude et Madelberte. 

La première abbesse fut Aldegonde elle-même, en 661. Elle se montra à la hauteur de sa mission, donnant la première l’exemple de la sainteté. Sa charité était inépuisable.

Elle fut favorisée de visions surnaturelles ; c’est ainsi que, la nuit de la mort de s. Amand, elle aperçut un vénérable vieillard en habits pontificaux, environné de gloire et montant au ciel suivi d’un grand nombre d’esprits bienheureux. Un ange lui expliqua que c’était Amand, dont elle avait imité les vertus. Elle s’ouvrit humblement de cette vision à un saint abbé, Ghislain (v. 9 octobre), qui eut l’inspiration de lui dire que cette vision était le présage de sa prochaine mort.

Aldegonde en fut très heureuse ; mais pour se purifier davantage avant de quitter ce monde, elle demanda à Dieu une épreuve. Elle reçut alors au sein droit un douloureux cancer, qu’elle supporta avec une patience héroïque.

C’est à ce moment qu’elle opéra plusieurs miracles, comme celui de guérir un enfant malade, en le portant au coin de l’autel.

Sa sœur Waudru vint lui rendre visite avec des amies ; elles eurent la surprise de voir monter au ciel une grande lumière au moment où Aldegonde rendait son âme, le 30 janvier 684.

Ce furent ses nièces, Aldetrude puis Madelberte, qui lui succédèrent comme abbesses (v. 25 février et 7 septembre). Jusqu’à la Révolution française, c’est l’abbesse de Maubeuge qui nommait le Mayeur (administrateur) de Cousolre.

La maladie d’Aldegonde l’a fait invoquer pour les personnes atteintes de cancer. 

Des miracles se produisirent sur le tombeau d’Aldegonde. Elle est mentionnée au 30 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Armentarius de Pavie

† 731

 

Armentarius fut évêque de Pavie, succédant à Gregorius, de 710 à 722.

Il travailla à l’indépendance de son diocèse de celui de Milan, pour ne relever directement que de Rome : effectivement, alors qu’il devait être consacré par l’évêque de Milan, selon la tradition, il soumit le problème au pape, qui le consacra lui-même à Rome.

On met aussi à son actif d’avoir reçu la dépouille de saint Augustin (v. 28 août), en provenance de Sardaigne : il lui consacra un autel dans la basilique Saint-Pierre-au-Ciel-d’Or.

Il semble qu’il ait abdiqué de son siège vers 722, puisque son successeur, Petrus, gouverna le diocèse de Pavie à partir de 723. Armentarius, lui, mourut en 731, un 30 janvier.

Les miracles qu’on lui attribua ont suscité un important pèlerinage sur sa tombe.

Saint Armentarius est mentionné au 30 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Théophile le Jeune

† 792

 

Parmi les neuf Théophile dont parle le Martyrologe, un Théophile l’Ancien est commémoré le 1er juin, du 3e siècle. Le Théophile d’aujourd’hui est surnommé le Jeune parce qu’il vécut et mourut à une époque beaucoup plus tardive que la plupart des précédents, non moins célèbres.

Théophile était chef du thème maritime des Cibyrrhéotes (région du sud de l’Asie Mineure, act. Antalya), ce qui exclut d’emblée qu’il fût «jeune».

Profitant de troubles de l’empire bizantin, les Arabes se déchaînèrent sur mer et, dans une de ces campagnes de piraterie, Théophile fut fait prisonnier dans l’île de Chypre. 

Conduit au khalife Hâroun-ar-Rachîd (763-809), il fut invité par celui-ci à apostasier, mais Théophile résista à toutes les propositions d’honneur et d’argent, préférant rester fidèle à la religion chrétienne. Il resta quatre années en prison.

Finalement, il fut tué lors du dernier jour du ramadan, le 30 janvier 792.

Saint Théophile le Jeune, martyr, a été inscrit au Martyrologe du 30 janvier.

 

 

Aleaume de Burgos

† 1097

 

Aleaume était de Loudun (Vienne) et suivit d’abord la carrière des armes.

La grâce de Dieu le toucha et il voulut quitter le monde. Il commença par projeter un pèlerinage à la Ville éternelle.

La réputation de l’abbé de La Chaise-Dieu, Robert (v. 17 avril), lui suggéra de devenir bénédictin. Le saint abbé eut la prudence de lui conseiller d’accomplir d’abord son vœu, et de profiter de ce temps pour réfléchir encore.

De retour de Rome, Aleaume se présenta à l’abbé, qui lui remit l’habit. Plus tard, il aurait même été à son tour abbé, quelques mois.

Là-dessus, l’épouse du roi Alphonse VI de Castille, Constance de Bourgogne, eut vent de la sainteté et des miracles d’Aleaume, et le fit appeler.

Ici, des informations diffèrent. Selon certains, Aleaume aurait fondé, sur mandat de cette reine, l’abbaye San-Juan de Burgos ; selon d’autres, il se serait agi de l’hospice Saint-Jean-Evangéliste de Burgos, fondé par des Bénédictins pour accueillir les pèlerins, et largement soutenu par le couple royal : Aleaume serait d’abord allé à Compostelle et, au retour, se serait arrêté à Burgos pour s’occuper des pèlerins, leur laver les pieds et les servir à table. Selon le Martyrologe Romain, il aurait transformé la chapelle et l’hospice en abbaye.

Le 30 janvier 1097, quand Aleaume mourut, l’hospice sembla être tout en flammes, tandis que les cloches sonnaient d’elles-mêmes ; on s’aperçut qu’il n’y avait pas de flammes et que personne ne sonnait les cloches :  on cria au miracle. 

La réputation de sainteté d’Aleaume le fit rebaptiser là-bas Adelhem ou Adelelme ou Lesmes, et les habitants de Burgos l’ont adopté comme Patron céleste.

Saint Aleaume est mentionné au 30 janvier dans le Martyrologe Romain.

Francis Taylor

1550-1621

 

Le nom gaélique de Francis Taylor est Proinsias Táilliúir.

Ce laïc naquit vers 1550 à Dublin. Il était le petit-fils de l’autre Bienheureuse martyre, Margaret Ball. Marié, il avait six enfants.

Engagé dans la politique, il avait été deux fois élu Lord Mayor à Dublin, mais avait refusé de siéger à la Chambre des Communes, pour n’avoir pas à prêter le serment de Suprématie, qui mettait le pouvoir royal au-dessus de celui du Pape.

Il fut arrêté vers 1614 et resta sept années en prison. Chaque fois qu’on lui proposait de renoncer à la foi catholique, on lui promettait la liberté et une vie heureuse. Mais Francis préféra la Vérité : il refusa de reconnaître l’autorité du roi sur l’Eglise, il refusa le livre de prière imposé à l’exclusion de tout autre livre.

Ce pieux chrétien souffrit le martyre à Dublin le 30 janvier 1621 et fut béatifié en 1992.

 

 

Ogasawara Yosaburō Gen’ya

et sa famille

† 1636

 

Tandis qu’en France s’allume la querelle de Port-Royal et du jansénisme, une grande révolte se déclenchait au Japon, où déjà quelque six-cent mille chrétiens constituaient une vaste communauté.

Confondus avec les paysans révoltés, les chrétiens furent persécutés et plusieurs milliers furent martyrisés pour le nom du Christ.

Ogasawara Yosaburō Gen’ya était un père de famille chrétien, né à Buzen (Fukuoka), ainsi que son épouse, Ogasawara Miya Luisa. 

D’habitude, les chrétiens japonais avaient un nom latin ajouté au leur au moment du baptême. Dans le cas présent, le nom chrétien n’a pas été rapporté pour Ogasawara Yosaburō Gen’ya.

On ignore leurs dates de naissance, comme aussi on ignore celle de leurs neuf enfants : 

Genpachi, Mari, Kuri, Sasaemon, Sayuemon, Shiro, Goro, Tsuchi, Gonnosuke, tous garçons sauf Mari, Kuri et Tsuchi. Tous ces enfants naquirent dans le bourg de Kokura, près de Buzen, le dernier particulièrement naquit dans la prison où avaient été séquestrés les saints parents, qui le baptisèrent aussi dans cette prison.

Outre toute cette belle famille, il y avait dans cette maison quatre servantes, dont on ignore et le nom et leur âge et leur origine, sinon qu’elles étaient aussi japonaises.

Ces quinze chrétiens furent martyrisés pour leur foi au Christ, la 30 janvier 1636 à Kumamoto.

Ils font partie des cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais, béatifiés ensemble en 2008, s’ajoutant aux quelque deux-cents autres déjà béatifiés en 1867.

Le Martyrologe commémore ces Martyrs à leurs dies natalis respectifs : les membres de cette famille Ogasawara, avec leurs servantes, au 30 janvier.

 

 

Clarice Giacinta de’ Marescotti

1585-1640

 

Fille de Marcantonio de’ Mariscotti et de Ottavia Orsini, Clarice naquit à Vignanello (Viterbe, Italie) le 16 mars 1585.

Sa sœur aînée, Ginevra, était déjà religieuse au couvent des Clarisses de Saint-Bernardin de Viterbe, tandis qu’elle même, après une enfance très ordonnée, ne montrait pas une grande inclinaison pour la religion. C’était la vie mondaine, les fêtes, les vanités, l’élégance.

Elle espéra épouser le marquis Cassizucchi, lequel cependant lui préféra sa sœur cadette Ortensia.

Son père alors lui proposa d’entrer dans le couvent de sa grande sœur. Elle accepta à contre-cœur. Elle y prit (ou on lui fit prendre) le nom de Giacinta (Jacinthe), mais ne changea pas pour autant ses exigences : elle resta tertiaire, pour ne pas être soumise à la clôture ; il fallut lui installer des meubles de style et lui porter ses repas, elle recevait les visites de ses amies, mais conservait en même temps un grand respect pour la religion, et une dévotion particulière pour la Mère de Dieu. Cela dura une bonne dizaine d’années.

Jusqu’au jour où, ayant eu une légère indisposition, elle voulut recevoir le confesseur du monastère, lequel refusa net de l’entendre : Le Paradis n’est pas fait pour les orgueilleuses et les vaniteuses. D’abord indignée, Giacinta comprit où elle en était, le danger qu’elle courait. Sans tarder elle se combattit pour devenir une humble religieuse, patiente, fervente, prévenante envers les Consœurs et jusqu’à la population de Viterbe. Une longue maladie l’aida encore à aller jusqu’au bout de cette conversion difficile.

Tout le mobilier de sa chambre disparaît, elle ne conserve qu’un grand crucifix. Elle médite sur la passion du Christ, invoque l’Esprit Saint pour être imprégnée de vrai Amour. Elle marche pieds-nus, se nourrit au pain et à l’eau, s’impose de dures mortifications, parfois même exagérées.

Voulant réparer ses folies, elle eut l’idée de faire instituer les Quarante heures, triduum de prières et d’adoration du Saint-Sacrement exposé, à la fin du carnaval, pour invoquer la grâce divine sur toutes les créatures déviées par les divertissements, sur elle en tout premier lieu. 

Elle fonda deux œuvres de charité, les Oblates de Marie et les Sacconi («gros sacs», d’après leur habit tout simple) pour porter secours aux pauvres, aux malades et aux prisonniers. Elle-même ne se gênait pas d’aller mendier pour eux. Elle ouvrit aussi des centres pour personnes âgées et pauvres.

Cette conversion fut bien vite récompensée par le Ciel, qui lui accorda le don de prophétie et des miracles. On la vit plusieurs fois en extase.

On la chargea de la formation des novices.

Quand elle mourut, le 30 janvier 1640, on l’appelait déjà sainte Giacinta, et toutes les cloches de la ville sonnèrent à la volée. La population défila sans interruption pour tailler de son habit un morceau de tissu comme relique ; il fallut la revêtir trois fois !

Son corps, demeuré sans corruption, reste exposé au monastère des Clarisses de Viterbe.

Giacinta fut béatifiée en 1726 et canonisée en 1807.

 

 

Sebastiano Valfrè

1629-1710

 

Sebastiano Valfrè naquit à Verduno (Piémont, Italie) le 9 mars 1629, dans une famille très pauvre : tellement pauvre que plus tard, quand son fils spirituel, le Duc Vittorio Amedeo II, voulut lui manifester sa reconnaissance en lui confiant l'archidiocèse de Turin en 1689, Sebastiano fit venir exprès ses parents si pauvres dans la capitale, pour convaincre le Duc de changer de candidat ! Les parents Valfrè avaient en effet une nombreuse famille à élever et Sébastien s'évertuait à ne pas leur être à charge. Très tôt il désira devenir prêtre.

Malgré bien des difficultés, il acheva brillamment ses études à Alba, à Bra et à Turin, où d'ailleurs il se fit copiste pour gagner sa vie.

En 1651 il entra dans la Congrégation de l'Oratoire, dont la maison de Turin était dans une situation tout autre que brillante. Sebastiano ne s'effraya pas de la situation et demanda son admission en connaissance de cause : pauvre, il aimait cette pauvreté ; il s'y donna à tous les travaux les plus humbles en même temps qu'il entreprenait tout un ensemble d'activités apostoliques, qu'il mena de front jusqu'à sa mort, à quatre-vingts ans.

Une année après son admission, en 1652, Sebastiano recevait l'ordination sacerdotale et célébra sa première messe dans la paroisse de ses chers parents à Verduno. Revenu à Turin, il se vit confier la confrérie de laïques qui se réunissaient de temps en temps pour des exercices de dévotion ; Sebastiano savait surtout susciter l'enthousiasme des jeunes.

En 1656, il fut reçu docteur en Théologie à l'université de Turin et nommé maître des novices, signe que son activité avait déjà suscité bien des vocations. Successivement, en 1671, il fut nommé supérieur de la Congrégation en dépit de ses réclamations. Son gouvernement fut une parfaite copie de celui de saint Filippo Neri (v. 26 mai). Il acquit ainsi une immense renommée de directeur d'âmes, de confesseur, de prédicateur et de missionnaire. Toujours joyeux, malgré d'intenses épreuves intérieures, il eut le don de lire dans les cœurs et de connaître l'avenir (il annonça le moment de sa mort plusieurs mois à l'avance). 

Pendant soixante années, il parcourut les rues et les places de la ville, enseignant le catéchisme, s'offrant à soulager toute sorte de pauvreté, avec la même disponibilité avec laquelle à la cour royale il exerçait la charge de confesseur de la Famille Royale : dans la prison, les hôpitaux, dans la citadelle et ses dépendances, pendant la guerre, redonnant du courage, donnant partout un réel témoignage de charité chrétienne. Homme d'intense prière, nourri de contemplation, il acquit un grand zèle pour la prédication grâce à son excellente préparation intellectuelle et à sa profonde expérience spirituelle. Jeune diacre, puis préfet de l'Oratoire et supérieur de la congrégation, partout il annonçait l'Evangile, dans tous les couvents et monastères où on l'appelait, ainsi que dans les paroisses : jamais il ne refusa un service.

Son désir d'annoncer la Parole du Seigneur le conduisit aussi ailleurs : sa façon toute simple de parler aux plus petits l'amena à rencontrer toutes sortes de personnes. Ainsi, place Carlina, il venait faire du catéchisme aux négociants en vin, et en même temps à leurs clients ; peu à peu un groupe se formait autour de lui, les questions arrivaient et il y répondait. 

Il fut le premier à Turin, en 1694, peut-être même le premier en Italie et donc dans le monde chrétien à célébrer la fête du Cœur Sacré de Jésus, cette fête qui devait être officiellement instituée seulement un siècle plus tard. 

Il se préoccupa aussi des jeunes et écrivit pour eux un petit catéchisme qui devait être encore longtemps en usage dans l'Eglise. 

On pourrait croire qu'un tel dévouement ne laissait pas beaucoup de temps à notre Bienheureux pour exercer d'autres activités, et pourtant il fut aussi un excellent apôtre de la Charité, s'approchant des plus pauvres et participant à toutes les initiatives charitables qui fleurissaient à Turin. De nombreuses fois les soldats de ronde témoignèrent l'avoir vu de nuit, dans les rues, chargé de quelque malheureux pour le conduire à l'hospice, ou monter furtivement les escaliers de maisons misérables pour aller poser devant la porte un sac de vivres ou de vêtements. Il n'y eut aucune catégorie de miséreux à Turin qui n'ait pas reçu d'aide concrète de lui. 

L'estime qu'on avait de lui à la cour, où le Duc l'avait pris comme confesseur et comme précepteur de ses enfants, donnèrent au père Valfrè la possibilité d'avoir aussi une intense activité sociale et politique. Très écouté du Duc, auquel il rappelait - et par écrit, que la justice doit précéder la charité, le Bienheureux exerça une profonde influence sur la société savoyarde, à une époque marquée par les guerres, les conflits de juridiction, les difficiles rapports avec les minorités vaudoises et juives.

Dans les épineuses questions qui mettaient en opposition la Cour savoyarde et le Saint-Siège, le père Valfrè comprit l'importante nécessité que les représentants diplomatiques de Rome fussent des ecclésiastiques cultivés, certes, mais aussi formés spirituellement. C'est lui qui suggéra la fondation d'une Ecole pour la formation du personnel diplomatique de l'Eglise, à l'origine de l'Académie Pontificale Ecclésiastique qui, lors de son troisième centenaire fêté le 26 avril 2001, ne manqua pas de le rappeler lors de la solennelle célébration en la basilique Saint-Pierre du Vatican.

Le père Sebastiano ne s'arrêta pas, même aux derniers jours de son existence, malgré la maladie. Le 24 janvier, il avait fait la prédication aux moniales de Sainte-Croix, puis tout de suite après s'était rendu à la prison pour assister un condamné à mort ; il courut vite à la maison pour être à l'heure au Salut du Saint-Sacrement et s'agenouilla dans l'église, puis passa immédiatement dans les couloirs froids de l'Oratoire pour participer aux exercices de la communauté ; fiévreux, il célébra quand même la Messe le lendemain 25, et écouta la confession de nombreux pénitents, mais fut contraint de s'aliter ; il passa ses derniers jours à recevoir continuellement ceux qui voulaient se confesser ou simplement lui rendre une visite amicale, et rendit l'esprit le 30 janvier 1710, vers huit heures du matin.

Toute la ville de Turin voulut revoir encore une fois, ce prêtre qu'on avait vu pendant soixante ans parcourir toutes les rues et les places de la ville, catéchisant et faisant tout le bien possible.

Sebastiano Valfrè fut béatifié en 1834.

 

 

Hong Ik-man Antonius

? -1802

 

Hong Ik-man Antonius est un laïc coréen né à Yanggeun (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 30 janvier 1802 et béatifié en 2014.

 

 

Jeong Gwang-su Barnabas

? -1802

 

Jeong Gwang-su Barnabas est un laïc coréen, marié, né à Yeoju (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 30 janvier 1802 et béatifié en 2014.

 

 

Han Deok-un Thomas

1752-1802

 

Han Deok-un Thomas est un laïc coréen né en 1752 à Namhansanseong (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut décapité à Hongju (Chungcheong-do) le 30 janvier 1802 et béatifié en 2014.

 

 

Hwang Il-gwang Simon

1757-1802

 

Hwang Il-gwang Simon est un laïc coréen né en 1757 à Hongju (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Hongju le 30 janvier 1802 et béatifié en 2014.

 

 

Hong In Leo

1758-1802

 

Hong In Leo est un laïc coréen né en 1758 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Pocheon (Gyeonggi-do) le 30 janvier 1802 et béatifié en 2014.

 

 

Kwon Sang-mun Sebastianus

1769-1802

 

Kwon Sang-mun Sebastianus est un laïc coréen né en 1769 à Yanggeun (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut décapité à Yanggeun le 30 janvier 1802 et béatifié en 2014.

Min Kŭk-ka Stephanus

(Min Geuk-ga Seutepano)

1788-1840

 

Stephanus était né en 1788 à Gyeonggi-do (Corée S), issu d’une famille noble, mais non encore chrétienne.

Après la mort prématurée de sa maman, lui, son père et ses frères furent baptisés.

Stephanus pratiqua fidèlement sa religion.

Il épousa une Catholique, qui mourut peu après. Il en épousa une autre, dont il eut une petite fille, mais toutes deux moururent à leur tour. Stephanus resta veuf.

Pour vivre, il recopiait des livres à la main. Ses façons, sa gentillesse, lui faisaient beaucoup d’amis, qu’il amenait au Christ.

Il devint catéchiste, et son zèle se développa encore plus pour gagner des âmes au Christ.

Il fut une des dernières victimes de la persécution.

Arrêté, torturé, forcé à renoncer à sa foi, le corps tout malmené et aiguillonné par toutes sortes d’objets pointus, il répondait invariablement : Je ne pourrai jamais renier Dieu, même si je suis battu dix mille fois. Si vous me relâchez, non seulement je persévérerai dans ma foi, mais même je diffuserai la foi.

On le battit encore plus. Il reçut quarante coups de bastonnade avec le «club».

Les journées qu’il passa en prison, il les mit à profit pour convaincre des apostats de se reprendre et de confesser leur foi.

On le remit en présence de la cour, on lui imposa encore trente coups de bastonnade.

Quelques jours après on le conduisit à l’endroit choisi pour son exécution, à Seoul, et il fut étranglé.

C’était le 30 janvier 1840 (d’après une source coréenne ; le Martyrologe a choisi la date du 20 janvier).

Min Kŭk-ka Stephanus a été béatifié en 1925 et canonisé en 1984.

Les Martyrs coréens sont fêtés liturgiquement ensemble le 20 septembre.

 

 

Tôma Khuông

1780-1860

 

Tôma était né vers 1780 à Nam Hòa (Hưng Yên, Vietnam).

Ayant reçu le message de l’Evangile, il se prépara au sacerdoce.

Prêtre, il fit partie d’une fraternité sacerdotale liée aux Pères dominicains (ou bien entra de facto dans l’Ordre dominicain).

Il fut plusieurs fois arrêté, mais les responsables locaux le firent libérer car ils le connaissaient bien et soutenaient son apostolat.

Quand la persécution s’intensifia, il fut impossible d’y échapper. Sommé de marcher sur la croix, le père Tôma refusa et fut mis en prison. Après quinze jours de prison, il fut accusé d’être en liaison avec les flottes française ou espagnole amarrées au-delà de l’estuaire du fleuve.

Encore une fois invité à piétiner la croix, il fit remarquer qu’à l’âge de quatre-vingt ans, il n’allait pas donner le mauvais exemple de l’apostasie à tous ceux qui avaient appris de lui à être fidèles au Christ.

Condamné à mort, la sentence fut bientôt confirmée par le roi et devait être exécutée le 30 janvier 1960.

Au lieu du supplice, se trouvait encore une croix : au lieu de la piétiner, le prêtre s’agenouilla devant et pria un instant. Puis il fut décapité d’un coup de hache, à Hưng Yên, le 30 janvier 1860.

Béatifié en 1951, le père Tôma Khuông est l’un des cent-dix-sept Martyrs du Vietnam canonisés en 1988, et qu’une fête liturgique commune célèbre le 24 novembre.

 

 

David Galván Bermúdez

1881-1915

 

David était né le 29 janvier 1881 à Guadalajara (Jalisco, Mexique) et apprit de son père le métier de cordonnier. La mère, Mariana Bermúdez, mourut dès 1884, et le père, José Trinidad Galván, se remaria avec Victoriana Medina. 

Entré à quatorze ans au séminaire de Guadalajara, il en ressortit à dix-neuf pour reprendre son travail de cordonnier et réfléchir davantage. Deux années après, il se représenta à la porte du séminaire, dont le supérieur voulut le mettre à l’épreuve. David se montra mûr, et certain de sa vocation. Il devint prêtre en 1909, à vingt-huit ans.

On le trouva tellement convaincu et convainquant, qu’il fut nommé professeur dans ce même séminaire : il enseigna le latin, la logique, le droit naturel et la sociologie.

Il fonda et dirigea aussi la revue du séminaire de 1910 à 1912, fut aumônier de l’hôpital et de l’orphelinat.

Sa sollicitude pour les pauvres se manifesta particulièrement dans son amitié pour les cordonniers de la ville, dont il organisa la corporation.

Cette activité fut tronquée lorsque les autorités arrêtèrent cent-vingt clercs du diocèse : l’évêque alors dut fermer son séminaire. David fut envoyé comme vicaire à Amátitán.

Il eut là une occasion de rappeler et de défendre la sainteté du mariage chrétien. Un officier voulait en effet épouser une jeune fille, alors qu’il était déjà marié : en termes clairs, cet homme était tenté d’adultère. Rappelons que le septième Commandement de Dieu interdit formellement le péché d’adultère, et le Christ l’a commenté en Matthieu 5:27-30.

Le père David aida la jeune fille à refuser cette union, mais s’attira ainsi la haine de l’officier, qui le fit arrêter ; dans un premier temps, le père David fut libéré, car il n’y avait pas de motif juridique valable pour le détenir en prison.

Mais en janvier 1915, il y eut des combats entre factions à Guadalajara, et le père David alla conforter les soldats blessés. L’officier éconduit le reconnut, le fit arrêter et immédiatement condamner à mort.

David se retrouva avec un autre prisonnier. Ils allaient être fusillés. L’autre prisonnier se lamentait qu’on ne leur ait pas donné de petit déjeuner, et le prêtre lui répondit : Bah, aujourd’hui, nous allons manger avec le Bon Dieu.

Conduit contre le mur du cimetière, il remit aux soldats ce qu’il portait comme objets de quelque valeur. Il leur demanda de ne pas lui bander les yeux et, tranquillement, découvrit sa poitrine pour recevoir les balles.

Le martyre de ce Témoin eut lieu à Guadalajara, le 30 janvier 1915, lendemain du trente-quatrième anniversaire de David.

David Galván Bermúdez a été béatifié en 1992 et canonisé en 2000.

Les Martyrs du Mexique sont fêtés ensemble liturgiquement le 21 mai.

 

 

Louis Joseph Wiaux

1841-1917

 

Louis Joseph Wiaux naquit le 20 mars 1841 à Mellet, en Belgique, et fut baptisé le jour même. Ayant reçu de ses parents une éducation profondément chrétienne, appuyée d'exemples, il devint vite lui-même un modèle pour ses compagnons, particulièrement par sa dévotion à la Vierge.

Après ses études primaires, il alla travailler à l'atelier de son père, forgeron de Mellet. Peu de mois après, le Seigneur l'appela à son service.

A quinze ans, en 1856, il entra au noviciat des Frères des Écoles Chrétiennes, puis reçut l'habit religieux et le nom de Frère Mutien Marie.

Le champ de son premier apostolat catéchétique et pédagogique fut une classe d'enfants à Chimay. Pendant un an, il enseigna ensuite à Bruxelles et, en 1859, fut transféré au Collège de Malonne, où il resta jusqu'à sa mort.

Ayant trouvé des difficultés d'ordre professionnel, attribuables à son jeune âge et à son inexpérience, il courut le risque d'être écarté de la Congrégation comme inapte à l'apostolat de l'école. Après cette dure épreuve, il fut affecté à des activités humbles et cachées dans des fonctions plutôt modestes : surveillances, leçons élémentaires de dessin et de musique, sans être particulièrement doué pour ces deux disciplines.

Toujours obéissant et serviable, il s'appliqua à l'étude du piano, de l'harmonium et des autres instruments, et il puisa dans l'amour de Dieu, la force d'une constante assiduité au travail, et cela pendant plus de cinquante ans ! Se rappelant que sa Congrégation avait été fondée pour l'éducation chrétienne des pauvres, il demanda aux Supérieurs la faveur de se rendre à l'école gratuite, annexée au Collège, pour enseigner le catéchisme aux enfants de la classe populaire, dont il se sentait très proche : pendant de longues années, il se consacra avec une ardeur extraordinaire à leur faire découvrir les richesses de la Foi.

Pour tous ses élèves, riches ou pauvres, grands ou petits, le Frère Mutien fut un modèle, un signe de la présence de Dieu et de sa bonté. Le bien qu'il réalisa était immense, témoins les jeunes qui le connurent.

Le trait caractéristique du Frère Mutien était une obéissance, poussée jusqu'à l'héroïsme, à toutes les prescriptions de la Règle. Un des Frères qui vécut de longues années avec lui en communauté donna de lui ce témoignage : Prenez la Règle, du premier Chapitre jusqu'au dernier, et, sous chaque article, écrivez : le Frère Mutien l'a observé à la lettre ! Ce sera sa biographie la plus fidèle ! Dans une sereine et confiante adhésion à la volonté des Supérieurs, pendant plus de cinquante ans, il exécuta fidèlement les tâches qui lui furent confiées. Frère Mutien s'était fixé un choix précis : faire en tout, et avec la plus grande perfection, la volonté de Dieu.

Frère Mutien vivait constamment avec le Seigneur sans jamais perdre le sentiment de sa présence. A quatre heures et demie du matin, il était déjà à genoux devant le Tabernacle. Puis, il se rendait à l'autel de Marie. Pendant la journée, il égrenait son chapelet. Ses visites au Saint-Sacrement étaient fréquentes pendant la journée ; il y ajoutait des pèlerinages à la grotte de la Vierge de Lourdes et à d'autres lieux de dévotion.

Les élèves, témoins de son admirable piété, l'appellaient le Frère qui prie toujours. Il leur recommandait avec insistance la dévotion à l'Eucharistie et à la Très Sainte Vierge, et tous savaient que l'invitation résultait d'une pratique personnelle journalière et persévérante. En toute humilité et avec une extrême gratitude, il dira, à la fin de sa vie : Qu'on est heureux, quand on est, comme moi, sur le bord de la tombe, d'avoir toujours eu une grande dévotion à la Très Sainte Vierge ! Ce fut le dernier message de sa vie, alors qu'il entrait en agonie. Cet humble religieux eut une vie toute de prière, d'humilité, de travail et d'obéissance. 

Au matin du 30 janvier 1917, il rendit sa belle âme à Dieu. Le jour même de sa mort, on signalait des faveurs, attribuées à son intercession. Et bientôt, ce fut un défilé de pèlerins venant prier sur sa tombe. Les miracles se multiplièrent.

Frère Mutien-Marie a été béatifié en 1977 et canonisé en 1989.

 

 

Joseph Louis Marmion

1858-1923

 

Né le 1er avril 1858 à Dublin (Irlande) dans une famille nombreuse, Joseph entra au séminaire à seize ans, étudia la théologie au séminaire de Holy Cross puis à celui de la Propagande à Rome et fut ordonné prêtre en 1881.

Au retour, il s’arrêta en Belgique dans une abbaye bénédictine récemment fondée à Maredsous. Conquis par l’esprit monastique, il demanda à son évêque d’en faire partie. Mais l’évêque avait besoin de son jeune prêtre, qu’il nomma vicaire à Dundrum (Dublin), puis professeur au grand séminaire de Holy Cross, de 1882 à 1886.

Enfin l’autorisation sollicitée fut accordée : Joseph put rejoindre Maredsous, où quelques grosses difficultés l’attendaient.

Il fallait apprendre la langue wallonne ; il fallait, à trente ans, passer par le noviciat avec des confrères bien plus jeunes ; l’Irlandais devait s’habituer aux façons belges… Joseph persévéra.

Il fit la profession en 1891 et prit le nom de Columba (un saint irlandais, v. 9 juin).

Dom Columba fut chargé de prêcher dans les paroisses du secteur, puisqu’il était déjà prêtre ; mais il fut aussi nommé assistant du maître des novices - avec lequel il s’entendait plutôt mal…

En 1909, Dom Columba fut élu abbé pour la centaine de moines de Maredsous. Sa devise fut : Prodesse magis quam præesse (Plutôt servir que dominer). Le nouvel abbé devait diriger les études des jeunes moines, enseigner la théologie.

L’abbaye comportait en plus : deux écoles et des publications. Don Marmion y fit installer le courant électrique et le chauffage central.

Le monastère connut un grand rayonnement. Dom Columba fut aussi aumônier pour les Carmélites, travailla à la réunion de communautés anglicanes à l’Eglise romaine, prêcha des retraites en Belgique et au Royaume-Uni, fut le confesseur du cardinal Mercier, participa à la fondation de l’abbaye du Mont César (Louvain).

Et les vocations affluaient.

Le gouvernement belge proposa aux moines de Maredsous de prendre en charge la mission au Katanga, mais c’est l’abbaye de Saint-André (Bruges) qui assuma le travail.

Lors de la guerre mondiale, les novices furent déplacés à l’abbaye irlandaise d’Edermine. Après la guerre, il fut question d’une fondation en Terre Sainte, en remplacement du monastère de la Dormition à Jérusalem, mais Dom Marmion ne put réaliser ce rêve.

En 1920, il reçut la visite de la reine Elizabeth d’Angleterre, qui appréciait son travail et son influence. Mais sa santé baissait.

En 1922, il remplaça l’évêque de Namur pour le pèlerinage à Lourdes. Cette année-là, l’abbaye fêtait son cinquantenaire. Dom Marmion y était abbé depuis trente-cinq ans.

Une vilaine grippe l’emporta, le 30 janvier 1923. Il mourut en murmurant : Jésus, Marie.

Dom Columba Marmion a été béatifié en 2000.

 

On a de lui des ouvrages tirés de ses enseignements : 

Le Christ, vie de l’âme

Le Christ en ses mystères

Le Christ, idéal du moine

Carmen Marie Anne García Moyon

1888-1937

 

Carmen naquit le 13 septembre 1888 à Nantes (Loire-Atlantique), avant-dernière des cinq enfants d’un père espagnol et d’une mère française. C’est cette situation qui est à l’origine du surnom de Carmen, la Francesita, la petite Française.

Le père, José García, s’était exilé après avoir participé à la guerre civile de 1872-1876 du côté «carliste» ; la mère s’appelait Marie Joséphine Octavie Moyon, et ce nom ne doit donc pas porter d’accent sur le o, comme on le voit parfois dans les textes espagnols.

Vers 1900, la famille revint s’installer à Barcelone, où moururent les deux jeunes garçons, puis à Sogorg (Castellón), le pays d’origine du père. C’est là que Carmen rencontra les Sœurs Tertiaires Capucines de la Sainte Famille, où elle demanda son admission en 1917.

Après six mois de postulat, le noviciat commença en 1918, et Carmen prit le nom de Esperanza de Nantes. De ces deux années, on ne sait pratiquement rien, car les archives de la Congrégation furent détruites dans l’incendie de 1936.

Ce qui est certain, c’est qu’au terme de cette étape, ni elle ni sa compagne (Asunción) ne renouvelèrent leurs vœux et choisirent un mode de vie, toujours consacrée à Dieu, mais dans l’activité et le témoignage au milieu du monde.

Elles s’installèrent à Manises (Valencia) de 1921 à 1925, où elles travaillèrent au four de Aliaga, puis à Torrent, non loin des pères Tertiaires Capucins Amigoniens.

Au premier étage de leur maison s’installa Asunción, désormais mariée, tandis que Carmen restait au rez-de-chaussée, recevant des jeunes filles pour leur enseigner la broderie, la couture et la confection. C’était l’occupation principale, «officielle», dont profitait Carmen pour faire passer un message évangélique, un enseignement chrétien, puis tout ce monde se transportait joyeusement chez les Pères pour nettoyer l’église, entretenir les ornements, repasser les aubes et les linges sacrés…

A ces saintes occupations, Carmen ajouta celle de la Pieuse Union de Saint Antoine de Padoue, dont elle fut pratiquement la fondatrice, y ayant adhéré dès que son fondateur la proposa en 1934. Elle organisa l’association, en fut la trésorière et la guide infatigable.

Dès avant la guerre civile, les éléments anti-cléricaux de Torrent firent abattre la croix qui dominait le Calvaire ; Carmen n’hésita pas un instant à la remplacer par une autre, et à aller protester avec ses compagnes auprès des autorités. Un courage qui déjà la faisait «ficher».

Le 24 juillet 1936, le couvent des Pères fut évacué et incendié ; tout en continuant la formation et l’enseignement des jeunes filles, Carmen organisa des visites pour apporter des vêtements, des vivres, du soutien psychologique, l’Eucharistie, à tous les Chrétiens en difficulté.

Le comité révolutionnaire de Torrent avait émis une instruction - peut-être l’unique dans toute l’Espagne - de ne faire aucun mal aux femmes de Torrent. Il est établi qu’aucune femme ne subit le martyre à Torrent ; aucune - une tout de même, Carmen, justement. Voici comment.

En janvier 1937, une jeune fille demanda à Carmen de lui tailler une robe de mariage et Carmen, sans aucune arrière-pensée, lui fit remarquer que pour le moment, le mariage ne pourrait se faire qu’à la mairie, mais qu’en attendant un peu, elle pourrait aussi se marier à l’Eglise. La fille alla le dire à son fiancé, qui alla le dire au Comité, qui envoya deux voitures et six hommes à la porte de Carmen, au soir du 30 janvier. Ce sont eux mêmes qui, le soir, racontèrent comment ils s’y prirent : les faits furent de nouveau confirmés lors du procès qui eut lieu plus tard.

L’arrestation fut mouvementée. Carmen tenta de se défendre, tandis que le petit garçon qui se trouvait alors près d’elle, s’accrochait à ses jambes, et que la voisine s’approchait pour l’aider. Un milicien lui pointa le fusil devant la poitrine, et Carmen n’avait plus qu’à se rendre.

Les deux voitures partirent en direction de Montserrat, jusqu’au lieu-dit Barranc de les Canyes. Les miliciens tentèrent de la violer, mais Carmen leur résista encore plus violemment que lors de son arrestation, hurlant Vous me tuerez avant de me violer. Alors, ils la sortirent de la voiture, lui versèrent de l’essence de la tête aux pieds et mirent le feu.

Les bourreaux reconnurent que le spectacle les remplit d’horreur et de dégoût, voyant cette torche ardente qui s’agitait sous leurs yeux. Carmen cria plusieurs fois Vive le Christ Roi, avant de s’écrouler à terre.

Carmen fut ainsi brûlée vive pour sa foi inébranlable, le 30 janvier 1937.

Dès la fin des hostilités, son amie Asunción chercha à dénoncer cet assassinat aux autorités, qui répondirent d’abord qu’on ne pouvait rendre justice parce que la Francesita n’était pas du pays ; puis les témoins n’osèrent pas parler ni même se présenter, de sorte que les assassins eux-mêmes, qu’on avait pourtant bien reconnus et arrêtés, furent remis en liberté.

Pour l’Eglise, les choses avaient une autre importance : Carmen avait donné sa vie en témoignage de sa fidélité au Christ, c’était une authentique martyre de la foi. 

Elle fut béatifiée en 2001.

 

 

Zygmunt Pisarski

1902-1943

 

Zygmunt (Sigismond) naquit le 24 avril 1902 à Krasnymstawie, de Stanisłas, un simple maçon, et Władysława Banszkiewiczów, qui eurent trois enfants.

Après ses études à Włocław, il entra au Grand séminaire de Lublin (1921) et fut ordonné prêtre en 1926.

Il exerça le ministère sacerdotal successivement à Modliborzyce, Soli, Zamchu, Trzęsinach (1930), Perespie (1932), finalement à Gdeszyn, en 1933.

A Zamchu, la situation était tendue, car la paroisse était habitée par beaucoup d’orthodoxes, émigrés là à la suite des conflits. L’abbé Zygmunt réussit à en amener quelques-uns dans l’Eglise romaine. 

A Trzęsinach, une autre cabale motiva une enquête ecclésiastique, qui lava l’abbé Zygmunt de tout soupçon.

A Gdeszyn, l’abbé Zygmunt trouva des Polonais catholiques, mais aussi des Ukrainiens orthodoxes et des Juifs. Il fallait aimer et protéger tout ce peuple.

Son activité était intense, comme catéchiste d’abord, mais aussi pour organiser l’Action Catholique, l’association du Rosaire vivant… Il chercha à rapprocher tous ses «paroissiens» de religions différentes dans une amitié réciproque, une entr’aide fraternelle, une prière commune.

Au début de la Seconde guerre mondiale, les Orthodoxes prirent possession de l’église, obligeant l’abbé Zygmunt à organiser la liturgie catholique dans le presbytère. Puis les nazis le surveillèrent de près ; on lui conseilla de partir, mais le fidèle pasteur refusa d’abandonner ses brebis.

Les Nazis lui demandèrent de dénoncer ou livrer les partisans bolcheviks qu’il connaissait, ceux qui avaient confisqué les clefs de l’église. Il refusa, sans parti pris, uniquement pour sauver des vies, répondant simplement : Je ne sais pas, je ne peux pas.

Les Nazis le maltraitèrent, le frappèrent à la tête et à la joue avec la crosse d’un pistolet. Les bourreaux le mirent en face d’un groupe d’Ukrainiens et de communistes qu’ils avaient arrêtés, mais l’abbé Zygmunt n’ouvrit pas la bouche. Tous furent alignés le long de la route qui traverse le village et, sous les yeux des habitants, ils furent tous abattus. 

Le père Pisarski reçut une première balle dans le dos puis, tentant de se relever, en reçut une autre dans la tête.

C’était le 30 janvier 1943, à Gdeszyn.

L’abbé Zygmunt, martyr de la Charité chrétienne, fut béatifié en 1999.

 

 

Maria Bolognesi

1924-1980

 

Maria naquit le 21 octobre 1924 à Bosaro (Rovigo, Italie NE), de père inconnu.

Sa mère, très pauvre, dut plusieurs fois emménager dans des logements de fortune où tout manquait.

A cinq ans, elle se consacra entièrement au Christ, et renouvela cette offrande au moment de sa Première communion.

Vers 1930, elle fut adoptée par un certain Giuseppe Bolognesi. D'autres petits frères naîtront.

Maria put aller un peu à l'école, mais elle n'avait ni cahier ni crayon. Elle dut quitter l'école durant l'hiver, pour travailler avec sa « famille ». Après avoir redoublé deux années, elle quitta l'école à neuf ans.

La vie au foyer n'était pas rose. Le père adoptif était violent et sévère. Maria, elle, obéissait en silence, docile, généreuse. Elle aidait sa mère à la maison et la remplaçait même pour s'occuper des petits frères ; elle aidait aussi son « père » aux champs, faisant des travaux beaucoup trop pénibles pour elle.

Epuisée, mangeant insuffisamment, elle eut la santé altérée, surtout après ses vingt ans.

Pour apporter de la nourriture à la maison, elle alla pêcher. Là où elle jetait la ligne, elle trouvait toujours suffisamment de poisson pour toute la famille.

Entre 1940 et 1942, elle souffrit près de vingt mois un état de réelle possession diabolique, qui la fit souffrir horriblement. On la calomnia.

L'épreuve s'acheva par une rencontre spéciale avec Jésus-Christ, une extase durant laquelle elle reçut une mission divine toute spéciale. Elle devait se dévouer totalement au prochain, tout en restant dans le monde, en participant à la Passion douloureuse du Christ. 

D'autres âmes ont reçu des missions semblables durant le 20e siècle, qui restent dans la discrète attente que l'Eglise se prononce sur ces situations mystiques.

En 1942, Maria reçut du Christ un anneau en signe de « fiançailles » ; en 1955, elle recevra à la place un anneau en or massif, en signe du mariage mystique. Entre ces deux dates, Maria vivra de façon étonnamment réelle le couronnement d'épines, la blessure au côté, la flagellation, la blessure à la main droite, la blessure aux pieds, la blessure à la main gauche...

Pour alléger le budget de sa famille, Maria quittera le foyer familial et s'installera dans une autre famille qui l'accueillit avec bonté, de 1946 à 1953.

A partir de 1947, Maria, qui n'avait fait aucune étude, recueillit les enfants de la campagne : elle les instruisait, les éduquait, pendant que leurs mamans, soulagées, pouvaient vaquer à leurs travaux aux champs.

A la suite d'un vœu mystérieux, elle porta une longue robe noire, comme si elle était en deuil, et souffrit en silence les observations ou les calomnies de quelques têtes fortes du village.

En mars 1948, trois voyous la battirent en pleine campagne. Sans se défendre, mais en s'abandonnant totalement à Jésus-Christ, elle fut laissée là, tout endolorie, mais intacte, et pardonnant sereinement à ces trois inconnus.

En 1951, quoique ne sachant pas nager, elle se jeta à l'eau pour sortir un petit garçon qui allait se noyer. Elle sauva l'enfant, mais resta « seulement » atteinte des voies respiratoires.

Au milieu de ces événements, Maria souffrit sans cesse de maladies graves : pneumonies, bronchopneumonies, ophthalmie chronique, rhumatismes, sciatiques, laryngites, pharyngites chroniques...

Toute sa vie fut ainsi marquée par la piété, mais surtout par la souffrance. Sa vocation fut d'unir ses douleurs à celles de Jésus crucifié.

Sa grandeur morale fut de plus en plus convainquante ; on l'appela, elle se déplaça du nord au centre de l'Italie. On la conduisit, puis elle put se déplacer seule, ayant appris à conduire et ayant reçu le cadeau d'une voiture personnelle, offerte par son père naturel, qu'elle finit par retrouver et convertir.

Travaillant sans cesse pour les autres, elle entreprit en 1969 la construction d'une maison de convalescence pour assister les personnes sortant de l'hôpital. Mais cette entreprise fut pour elle un nouveau calvaire.

En 1971, elle eut un infarctus, qui l'obligea à réduire ses mouvements et à rester chez elle beaucoup plus souvent. Elle continua cependant de recevoir, de téléphoner, de consoler, installée au premier étage de cette maison de convalescence encore inachevée. Jésus lui avait caché que la première convalescente serait elle ! Elle put cependant recueillir des tonnes de vêtements pour les pauvres. La maison existe toujours actuellement. 

Maria mourut en odeur de sainteté à Rovigo le 30 janvier 1980.

Elle a été béatifiée en 2013.

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29 janvier 2022 6 29 /01 /janvier /2022 00:00

29 JANVIER

 

II.

S Sarbel, prêtre païen converti à Edesse, scié en deux, puis décapité avec sa sœur ste Bébaia.

S Constantius, premier évêque à Pérouse et martyr.

IV.

S Seuste, martyr à Todi avec d’autres. 

Ss Papias et Maurus, soldats martyrs à Rome.

S Valerius, évêque à Trèves.

Ss Iuventinus et Maximinus, officiers de la garde impériale, martyrs à Antioche.

Ste Sévère, martyre en Toscane, avec sa mère Seconde, et ses frères Marc et Calendin.

S Aphraates, perse, anachorète à Antioche de Syrie.

V.

S Sulpice-Sévère, ami de s. Paulin de Nole, et de s. Martin dont il écrivit la vie ; on dit qu’ayant compris avoir parlé dans un sens hérétique, il s’imposa le silence jusqu’à la mort.

VI.

S Gildas le Sage, écossais venu en Houat, fondateur et abbé à Rhuys, patron de la ville et du diocèse de Vannes.

S Aquilin, bavarois, venu à Milan pour fuir l’épiscopat, martyr des ariens qu’il tentait de convertir (VIII ?).

S Sulpice-Sévère, évêque à Bourges, différent de celui du même nom (ci-dessus).

VII.

S Bacule, évêque à Sorrente, dont il est un des protecteurs.

VIII.

S Arnoul (Arnulphe), martyr à Cysoing : il s’était exposé à défendre seul son vieux seigneur contre ses ennemis, qui le suspendirent à un arbre.

?

S Julien l’Hospitalier, un napolitain qui, avec son épouse, fit une longue pénitence après avoir tué par erreur ses propres parents.

XII.

B Gélase II, pape (1118-1119) : bénédictin au Mont-Cassin, mort à Cluny, forcé de s’exiler à cause de l’empereur

XIV.

Bse Villana de’ Botti, épouse très mondaine à Florence, puis tertiaire dominicaine, mystique.

XIX.        

Bx Gim Gye-wan Simon, Son Gyeong-Yun Gervasius et Yi Gyeong-do Carolus, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

XX.

B Bronisƚaw Markiewicz (1842-1912), prêtre polonais, devenu salésien en Italie (du temps de s. Giovanni Bosco), ardent apôtre des jeunes, fondateur pour eux de deux Instituts de Saint-Michel-Archange, béatifié en 2005.

B Daniel Altabella Gracia (1911-1939), frère mariste espagnol martyr près de Gerona, béatifié en 2013.

Bse Bolesƚawa Maria Lament (1862-1946), polonaise, fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Sainte Famille, pour la conversion des orthodoxes et l’éducation des jeunes filles, béatifiée en 1991.

Sarbel d’Edesse et Bebaia

† 113

 

Sarbel était un prêtre païen, très en vue, à Edesse (Syrie). 

Alors qu’il était en train de présider une grande solennité en l’honneur des idoles avec un grand concours de foule, l’évêque d’Edesse, Barsimée (v.30 janvier) s’approcha de lui et l’invita respectueusement à croire plutôt au vrai Dieu, et qu’ainsi il pourrait amener à la vraie Foi toute cette foule.

Sarbel songea d’abord aux avantages humains qu’il perdrait à adhérer à la doctrine d’un «brigand» mort depuis bien longtemps. Mais les douces paroles de l’évêque l’avaient profondément impressionné. Le lendemain, il vint trouver Barsimée en lui demandant de prier pour lui. Même, sachant que la persécution menaçait, il lui demandait le baptême.

Barsimée eut l’inspiration d’accéder à la demande de Sarbel ; il baptisa en même temps la sœur de ce dernier, Bebaia. Grand émoi dans toute la ville. Sarbel, immédiatement convoqué par le juge, s’affirma franchement chrétien. Patiemment, il supporta toutes sortes de tortures et fut mis en prison pendant deux mois.

Passé ce délai, il fut à nouveau interrogé et torturé. Sa foi resta inébranlable. La sentence fut prononcée : … Qu’on mette un frein aux lèvres de ce blasphémateur, que l’on scie son corps en deux et, quand on le verra sur le point d’expirer, qu’on lui tranche la tête.

Le récit ancien ajoute que le saint Athlète parut ne pas ressentir les horreurs de ce cruel supplice.

Au terme de ce supplice, Bebaia s’approcha avec un grand drap pour éponger le sang du Martyr et s’écria : Que mon âme soit unie à la tienne auprès du Christ que je connais et en qui je crois ! 

Immédiatement dénoncée, elle fut immédiatement décapitée.

Ce double martyre eut lieu, apparemment, la quinzième année de Trajan et la troisième d’Abgar (sans doute Abgar VII bar Ezad), donc en 113.

Saint Sarbel d’Edesse est commémoré avec sa sainte sœur Bebaia le 29 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Constantius de Pérouse

† 178

 

Constantius était un jeune chrétien qui faisait l’admiration de l’Eglise pour son esprit de mortification et surtout pour sa générosité envers les pauvres.

Vers trente ans, il fut appelé à être le premier évêque de Pérouse.

Evêque rempli de zèle, il accomplit son ministère avec sa ferveur accoutumée. 

Une première fois, sous l’empereur Marc-Aurèle, il fut arrêté pour avoir refusé de sacrifier aux idoles. On le soumit à une dure flagellation et on l’enferma dans les thermes, dont on poussa la chaleur à la plus extrême température, mais Constantius n’en éprouva aucun mal. Au contraire, il toucha par sa parole aimable ses propres gardiens qui, pour lui permettre de les enseigner plus complètement, le mirent en liberté.

Constantius fut arrêté une seconde fois. On le condamna à marcher sur des charbons incandescents ; ni cela ni les autres tortures ne le firent renier la Foi au Christ. Cette fois-ci, la Providence délia ses chaînes et le fit sortir.

Une troisième fois, Constantius fut arrêté chez un certain Anastasius, et fut décapité avec lui, non loin de Foligno, un 29 janvier, vers 178.

Des prodiges accompagnèrent sa sépulture.

Saint Constantius de Pérouse est commémoré le 29 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Papias et Maurus de Rome

† 304

 

Papias et Maurus étaient deux soldats romains, qui furent convertis par le pape s.Marcel (v. 16 janvier).

Jetés en prison, ils furent torturés. On leur jeta des pierres, on les frappa à coups de bâton, on les déchira avec des fouets garnis de plombs ; rappelons que les fouets étaient constitués de lanières de cuir, fines et aussi coupantes que des couteaux. 

Les deux Martyrs expirèrent sous les coups, un 29 janvier vers 304.

Saints Papias et Maurus de Rome sont commémorés le 29 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Valerius de Trèves

† 320

 

Valerius semble avoir été le second évêque de Trèves, après s.Eucharius (v. 8 décembre).

L’édition actuelle du Martyrologe a supprimé l’expression qui le faisait disciple de s.Pierre, ce que les historiens n’arrivaient pas à concilier avec d’autres données historiques. En effet, d’après les dates probables des autres évêques de Trèves, Eucharius aurait dû vivre un peu plus de deux cents ans…

On établit cependant sa mort aux environs de 320.

Saint Valerius de Trèves est commémoré le 29 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iuventinus et Maximinus d’Antioche de Syrie

† 363

 

Iuventinus et Maximinus étaient deux officiers distingués de la garde de Julien l’Apostat. Durant la marche de l’armée contre les Perses, il leur arriva de faire des réflexions sur les lois impies édictées contre les chrétiens et ils ajoutèrent qu’ils préféreraient mourir que de voir profaner les choses saintes. On se dépêcha de les dénoncer à Julien, qui s’empressa de sévir contre eux.

Il commença par confisquer leurs biens et les fit jeter en prison à Antioche (de Syrie).

Informé de la sympathie que les habitants témoignaient aux prisonniers, Julien fit cruellement flageller les deux officiers puis, impuissant à fléchir leur constance à confesser Jésus-Christ, il les fit décapiter.

Six mois plus tard, Julien mourait.

On a un discours de s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre) sur eux, peu de jours après celui sur s.Babylas (v. 24 janvier).

Saints Iuventinus et Maximinus sont commémorés le 29 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aphraates le Perse

† 378

 

Aphraates était d’une famille de Perse idolâtre ; parmi ses ancêtres il y avait des mages, de ceux rigoureusement opposés à l’influence chrétienne.

Il reçut donc une formation qu’on appellerait aujourd’hui laïque, mais il eut l’occasion de connaître la religion chrétienne et, pour mieux la pratiquer, quitta la maison, la famille, la richesse, et s’établit aux environs d’Edesse, seul dans une petite maison, cultivant les saintes vertus et combattant les tentations de l’Ennemi.

Après beaucoup de combats victorieux, il vint alors dans les années 360 près d’Antioche de Syrie. Son style de vie était très rigoureux : un ami lui apportait le nécessaire pour se vêtir (une tunique qui dura, on va le voir, jusqu’à seize années) et se nourrir, ce qui consistait en un peu de pain après le coucher du soleil ; quand il fut âgé il ajouta quelques herbes.

Il ne fit jamais entrer chez lui que des hommes, jamais de femmes : pour s’adresser à celles-ci, il sortait de sa maison.

Aphraates apprit ce qu’il lui fallait de grec pour se faire comprendre et commença à s’adresser aux habitants de la région, leur parla du vrai Dieu. Bientôt ce fut un défilé de nombreuses personnes de toutes conditions qui voulurent l’entendre : magistrats, militaires, savants…

Le préfet lui-même lui apporta de Perse une belle tunique ; avec beaucoup de déférence, Aphraates expliqua qu’il ne pouvait se séparer de son ami (l’ancienne tunique vieille de seize ans) pour en prendre un autre.

Survint l’intervention de l’empereur Valens dans les discussions théologiques, son parti pris pour les thèses ariennes et de conséquence son combat contre les prélats fidèles à la Doctrine trinitaire. Aphraates sortit alors de sa maison, se joignit à deux colonnes de la Foi, Flavien et Diodore, plus tard aussi à Julien Sabas, pour prêcher la Vérité avec l’appui de l’Ecriture, de sa parole, confirmée par ses vertus et ses miracles. Il se trouva bientôt en face de Valens avec lequel il eut une conversation célèbre, où Valens resta sans réponse.

Valens commença par demander à Aphraates pourquoi donc il se permettait de quitter sa solitude. Aphraates lui présenta une petite parabole : si une vierge solitaire apprenait que la maison de son père était en flammes, elle se précipiterait pour aider à éteindre l’incendie : or Valens avait mis le feu dans la Maison de Dieu, et Aphraates s’efforçait de l’éteindre. 

L’eunuque présent menaça Aphraates, renouvelant l’attitude du garde de Caïphe (cf. Jn 18:22), mais ce fut l’eunuque qui mourut, six mois plus tard, ébouillanté dans une cuve d’eau où il tomba. Valens n’osa exiler Aphraates, d’autant plus qu’il fut témoin de ses miracles.

Aphraates guérissait des malades par l’application d’un peu d’huile et d’eau, avec le signe de la Croix. Il en donna aussi à un brave paysan, dont l’unique champ était menacé par une invasion de sauterelles, et les bestioles s’arrêtèrent devant la sainte «barrière» que l’homme versa à l’entrée de son terrain.

Aphraates mourut fort âgé, un 29 janvier, peut-être en 378.

Saint Aphraates le Perse est commémoré le 29 janvier dans le Martyrologe Romain.

Gildas le Sage

494-570

 

Gildas s’appelle en breton Gweltaz. Il naquit vers 494 en Ecosse dans l’ancien royaume septentrional de Strathclyde, un des cinq enfants de Caunus ou Cauuus ; ses frères s’appelaient Cuillus, un homme d’armes, Mailocus, un fondateur de monastère, Egreas et Allæcus, deux moines, et sa sœur Peteona, moniale.

Il reçut sa formation auprès de saint Ildut (v. 6 novembre) à Llantwit (Pays de Galles), en compagnie des saints David, Samson de Dol et Pol de Léon (v. 26 juin, 28 juillet et 12 mars).

Puis il aurait fait un premier séjour en Irlande, où il fut en relations avec Brigit de Kildare (v. 1er février), à laquelle il envoya une clochette de sa fabrication.

Ordonné prêtre - on ne nous dit pas par qui ni où - il alla prêcher dans le nord de la Grande-Bretagne. Après quoi, il aurait fait un deuxième voyage en Irlande (à moins qu’il faille le localiser plus tard, vers la fin de sa vie), à Rome et à Ravenne.

C’est alors qu’il vint en Armorique, vers 524, dans l’île de Houat, où il goûta les consolations de l’Esprit dans la lecture de l’Ecriture sainte, la prière et la méditation. Quand il cédait au sommeil, il appuyait sa tête sur une pierre, dont on reparlera. La population vint le voir, l’écouter, l’admirer : Gildas fonda alors le monastère de Rhuys, sans oublier de céder à la grâce de Dieu, qui lui fit opérer des miracles.

Des textes hagiographiques de périodes plus tardives présentent d’autres faits, ou une autre succession des faits de la vie de Gildas, mais semblent moins dignes de confiance.

A la fin de sa vie, sachant que les moines allaient se «disputer» ses reliques, il leur demanda de laisser son cercueil avec la pierre qui lui servait d’oreiller, sur une barque qu’on abandonnerait dans l’océan. 

Gildas mourut le 29 janvier 570.

Les moines suivirent ses recommandations. Peu après, l’un d’eux eut la révélation de l’endroit où les vagues avaient conduit l’esquif : c’était une petite chapelle nommée Eroest, ou maison de la Croix. La dépouille de saint Gildas fut alors ramenée à Rhuys ; plus tard, par crainte des Normands, on la transféra à Bourg-Dieu-sur-Indre (Châteauroux).

L’abbaye de Rhuys adopta la règle bénédictine et fut prospère ; Abélard en fut abbé en 1125. Vendue en 1796, l’abbaye fut reprise en 1824 par les Sœurs de la Charité de Saint-Louis, qui s’y trouvent encore.

Saint Gildas, commémoré au Martyrologe le 29 janvier, est patron de la ville de Vannes (qui est aussi sous la protection de s.Vicente Ferrer, v. 5 avril).

 

 

Sulpice Sévère de Bourges

† 591

 

Une confusion existe entre deux Sulpice Sévère, qui se trouvaient au même jour dans le Martyrologe. L’actuelle édition en a supprimé un, le disciple de saint Martin (v. 11 novembre) et ami de s. Paulinus de Nole (v. 22 juin), et qui mourut au début du 5e siècle.

Le nôtre naquit au 6e siècle, d’une famille sénatoriale d’Aquitaine, et fut très versé dans la poésie et l’éloquence.

En 584, il occupait une place très importante dans sa province, quand il fut préconisé par le roi Gontran pour être évêque de Bourges. Il fut donc préféré à d’autres candidats, dûment formé et finalement consacré.

Sulpice fut en relations très amicales avec s. Grégoire de Tours (v. 17 novembre), qui fit l’éloge de sa sagesse, de sa sollicitude pastorale, de son zèle pour la discipline ecclésiastique.

Le nouvel évêque de Bourges assista au concile de Mâcon en 585, réunit celui de Clermont.

Il mourut, chargé de mérites, en 591.

L’actuel Martyrologe le mentionne au 29 janvier.

Gelasius II, pape

1118-1119

 

L’unique année du pontificat de Gélase II fut des plus dramatiques.

Giovanni Gaetano était fils de Crescenzio de Fondi et naquit à Gaeta en 1058.

Renouvelant le geste d’Elqana et Anna (1S 1), les pieux parents de Giovanni le confièrent tout jeune à l’abbaye bénédictine du Mont-Cassin, où il devint moine.

Le pape Urbain II l’appela pour lui confier la chancellerie de l’Eglise romaine, et Pascal II le créa cardinal. Cette confiance du pape se manifesta encore plus lorsque les cardinaux choisirent Giovanni pour lui succéder, comme cent soixante-et-unième pape.

Giovanni reçut alors le nom de Gélasius II, car il y avait déjà eu un Gélasius au 5e siècle.

A peine élu, Gelasius fut assailli par une faction hostile et jeté dans une cave, avec quelques cardinaux. La population alertée réclama le Pontife, qui fut quand même libéré et solennellement introduit à la basilique de Saint-Jean-de-Latran.

Mais l’empereur Henri V fut informé de l’affaire et marcha sur Rome. Une nuit, le cardinal Ugo d’Alatri réveilla le pauvre pape déjà sexagénaire, le prit sur ses épaules, rejoignit Ostie et s’embarqua pour Gaeta : c’est là que Gélase fut couronné.

Le nouveau pape réunit un concile à Capoue, où furent excommuniés Henri V et l’antipape qu’il avait fait élire (Grégoire VIII). Henri V s’était fait couronner empereur par «son» pape, et cherchait à conquérir d’autres places, mais fut mis en déroute par une coalition normande qui le renvoya en Germanie.

Rentré secrètement à Rome, Gélasius dut à nouveau se réfugier, à Pise cette fois, car une nouvelle émeute le menaçait à Rome. Il gagna alors Gênes et la France.

Il aborda à Saint-Gilles sur le Rhône, gagna Maguelone, où le reçurent les envoyés du roi Louis VI. 

Le pape sentit arriver la fin de ses jours. Il se fit porter à l’abbaye bénédictine de Cluny, où il mourut le 29 janvier 1119.

Gelasius II n’est pas inscrit au Martyrologe romain. Les Bénédictins le considèrent comme bienheureux.

Son successeur fut Calliste II.

 

 

Villana de’ Botti

1332-1360

 

Villana (ce prénom ne doit pas nous faire penser à notre adjectif français, mais à «une personne habitant une villa, une maison de campagne») - Villana, donc, naquit en 1332 à Florence (Italie C), fille d’Andrea, un riche marchand et magistrat.

A treize ans, entraînée par ses pieuses lectures, elle tenta de quitter la maison et d’aller frapper à la porte d’un couvent, mais on la ramena bien vite au domicile familial.

Après la cruelle épidémie de peste noire (1348), quand la vie reprit son cours de plaisirs et de fêtes, Andrea s’employa à marier sa fille avec Rosso di Piero Benintendi. Villana adopta alors un style de vie très mondain, cultivant le soin des parures élégantes et coûteuses.

Un jour qu’elle se regardait dans son miroir, elle y vit un monstre épouvantable, moitié femme, moitié démon, couronné de serpents. Affolée, elle changea de miroir, mais contempla la même chose. Complètement désemparée, elle se mit les habits les plus simples qu’elle put trouver et se précipita à l’église des Dominicains, où elle fit une confession de toute sa vie mondaine. Ayant reçu l’absolution, elle ne désira rien d’autre que racheter le temps qu’elle avait perdu et même aller au-devant des humiliations et réparer ainsi les mauvais exemples qu’elle avait donnés.

Elle désira se faire ermite. Mais son mari s’y opposa fermement. Son confesseur lui conseilla de demeurer à la maison et de se sanctifier par la pratique héroïque de ses devoirs d’état. Ce qu’elle fit.

Elle reçut l’habit du Tiers-Ordre dominicain, mais le porta en-dessous de ses vêtements. Elle s’habitua à lire les épîtres de saint Paul, à veiller, à jeûner, à soulager les pauvres, tentant même d’aller humblement mendier pour eux dans les rues.

Dieu la favorisa de grâces particulières. Elle eut des extases, surtout pendant la Messe. On remarqua souvent une extraordinaire lumière dans sa chambre : elle recevait la visite de Notre-Dame ou de quelque autre Saint. Elle fut célestement informée des malheurs qui s’abattraient sur son père, qui perdit sa fortune et devint malade : elle l’assista avec amour et l’aida à se préparer à la mort. Elle-même eut beaucoup à souffrir, ce qu’elle supportait patiemment en esprit d’expiation.

On la méprisa et on la calomnia : elle laissa dire, supportant aussi ces humiliations en esprit de pénitence.

A ses derniers moments, elle dut encore lutter contre le Démon, qui se présentait à elle sous la forme d’un religieux vénérable, et elle le mit en fuite. Ayant ensuite reçu le Sacrement des Malades et le Viatique, elle se fit lire le récit de la Passion et, aux mots Il inclina la tête et rendit l’esprit, elle s’endormit doucement. Son corps exhala alors un indicible parfum, et cela dura plus d’un mois.

Son mari reçut des grâces lui aussi. Il racontait volontiers que, lorsqu’il se sentait découragé, il allait dans la chambre de son épouse et y retrouvait des forces.

La date exacte de la mort de Villana a été l’objet de recherches. Le Martyrologe a finalement opté pour le 29 janvier de 1360.

Le culte immémorial de la bienheureuse Villana a été confirmé en 1824.

 

 

Gim Gye-wan Simon

? -1802

 

Gim Gye-wan Simon est un laïc coréen né à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 29 janvier 1802 et béatifié en 2014.

 

 

Son Gyeong-Yun Gervasius

1760-1802

 

Son Gyeong-Yun Gervasius est un laïc coréen né en 1760 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 29 janvier 1802 et béatifié en 2014.

 

 

Yi Gyeong-do Carolus

1780-1802

 

Yi Gyeong-do Carolus est un laïc coréen né en 1780 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 29 janvier 1802 et béatifié en 2014.

Bronisław Markiewicz

1842-1912

 

Bronisław Bonaventura était le sixième des onze enfants de Jan Markiewicz et de Marianna Gryziecka. Jan était le maire de Pruchnik (Pologne), où Bronisław naquit le 13 juillet 1842.

La famille était croyante, mais Bronisław perdit un moment la foi dans l’atmosphère anticléricale de son école. Envahi de tristesse, il chercha et pria ; il retrouva la foi avec joie, combattit encore généreusement et sentit bientôt l’appel au sacerdoce.

Après cette crise, il entra au séminaire de Przemyśl (1863) et fut ordonné prêtre en 1867, en la fête de Notre Dame des Douleurs (15 septembre). Ce même jour fut aussi ordonné Józef Sebastian Pelczar, qui sera bientôt son propre évêque (v. 28 mars).

Il fut en exercice à Harta et à la cathédrale de Przemyśl pendant six ans : un de ses soucis était la présence au confessionnal, ainsi qu’auprès des prisonniers, qu’il évangélisa avec amour. Il allait dans les hôpitaux, dans les casernes… Il luttait contre l’alcoolisme, s’intéressait aux paysans et à leurs techniques de culture, et fonda pour eux une coopérative agricole ainsi qu’une Mutuelle d’épargne et de crédit.

Il compléta sa formation aux universités de Lviv et de Cracovie puis retrouva l’activité paroissiale à Gać, et Błażowa (1875-1882).

Nommé professeur de théologie en 1882, il enseigna au séminaire pendant trois ans.

Conquis par l’idéal de saint Giovanni Bosco (v. 31 janvier), il le rejoignit en 1885, entra dans l’Institut salésien et y fit les vœux en 1887. C’est là qu’il fit la connaissance du successeur de saint Giovanni Bosco, Michele Rua et d’un autre Polonais salésien, August Czartoryski (v. 6 et 8 avril).

En 1889, la tuberculeuse le conduit aux portes de la mort, mais il guérit.

En 1892 il revint en Pologne où il desservit la paroisse de Miejsce Piastowe et commença une intense activité en faveur des jeunes, en même temps qu’il donna à l’imprimerie de nombreuses publications et des pièces de théâtre. Dans un de ses écrits, il prédit l’avènement d’un pape polonais.

En 1897, il fonda la Congrégation de l’Archange saint Michel, les Micaëlites, maintenant incorporés à la famille salésienne, pour l’éducation des plus pauvres. Après les difficultés des débuts, l’institut, masculin et féminin, sera approuvé après sa mort dans les années 20.

Il mit sur pied une école pour les enfants pauvres et orphelins, où il accueillit bien vite des centaines de garçons. Il fonda en 1898 une société de formation et de travail pour les jeunes, Tempérance et Travail, avec pour base la spiritualité de saint Giovanni Bosco et la publication d’un journal ; puis il ouvrit en 1903 un orphelinat à Pawlikowice où se retrouvèrent bientôt quelque quatre-cents enfants.

Bronisław dut se démarquer des Salésiens de Turin et donner une assise indépendante à l’œuvre de Tempérance et Travail. Il envoya des jeunes à l’Université Grégorienne de Rome. 

Il y eut des frottements avec l’évêque : Bronisƚaw voulait faire entrer certains de ses jeunes au séminaire diocésain, mais l’évêque s’y opposait, car les garçons n’avaient pas leur baccalauréat ; en outre, il prétendait que ces jeunes clercs quittassent leur habit et entrassent dans quelque autre congrégation. On vit alors les bienfaits d’une humble obéissance : devant l’obéissance unanime des jeunes, tous en civil, poursuivre leurs études à Cracovie, l’évêque fut ébranlé et fit lui-même parvenir des subsides financiers à l’œuvre. 

Une nouvelle alarme se déclencha quand un vice-recteur, nommé par l’évêque, tenta d’imposer «son» règlement aux jeunes : certains s’exilèrent aux Etats-Unis pour accéder au sacerdoce, d’autres restèrent pour épauler leur Fondateur. Mais parallèlement à ces épreuves, des demandes de fondations affluaient, car on voyait bien que tous les jeunes qui sortaient des mains de Bronisław, étaient des hommes d’une honnêteté et d’un professionnalisme au-dessus de tout.

Restant détaché des Salésiens, Bronisław resta en bons termes avec eux : il leur envoya les fils de familles riches, et garda les pauvres chez lui.

Il voulait recueillir des millions d’enfants abandonnés, de tous les peuples, les nourrir gratuitement et les vêtir de corps et d’âme.

En décembre 1911, il fut victime d’une attaque cérébrale. On dut l’opérer de la prostate, mais sans anesthésiant, car son cœur ne pouvait supporter le choc. Mais l’abbé Bronisław, épuisé et consommé par les suites de sa tuberculose, mourut le 29 janvier 1912.

Bronisław Markiewicz a été béatifié en 2005. Sa fête est donc au 29 janvier, deux jours avant celle de saint Giovanni Bosco.

 

 

Daniel Altabella Gracia

1911-1939

 

Daniel était né le 19 octobre 1911 à Aguaviva (Teruel). Il eut un frère prêtre, un autre qui mourut aspirant Mariste.

Entré à onze ans chez les Frères Maristes de Vic, il fut ensuite à Avellanes et prit le nom de Pablo Daniel. 

Il enseigna à Alicante, puis à Mataró, puis à Lauria, à Barcelone, avant de revenir à Mataró.

C’était un Frère enthousiaste et pieux, communiquant son ardeur et sa noblesse d’âme à ses élèves.

En juillet 1936 commencèrent les incendies des maisons religieuses. Quand il vit une troupe de jeunes chargés de bidons d’essence marchant en direction du collège, il intervint auprès de ceux qui étaient en tête, parmi lesquels se trouvaient quelques-uns de ceux qu’il avait aidés précédemment. Le «chef» alors s’adressa à la troupe : Ce monsieur est un bon démocrate et un camarade… Que personne ne touche à son collège, qui doit servir aux enfants des familles pauvres. Désormais, le collège fut gardé, et deviendra un hôpital et une banque de sang.

Un premier jugement le libérera, faute d’accusation et de «preuves». 

Arrêté une seconde fois pour avoir ouvertement parlé au nom de l’Evangile, il fut conduit avec une centaine d’autres prisonniers à Barcelone, à bord des bateaux Uruguay et Argentina, soi-disant pour gagner la France, mais ils furent tous retenus prisonniers à bord. Une partie sera exécutée en octobre à Montcada.

Pablo Daniel organisa, avec les cinq autres détenus de sa cellule une véritable vie de monastère, avec la messe quotidienne, la méditation du matin, le chapelet, la méditation et la prière du soir ; on put même y célébrer les offices de la Semaine Sainte.

Daniel n’était pas prêtre et ne célébrait pas la Messe, mais il y participait et faisait souvent l’homélie, plein de réconfort pour ses camarades, qui l’appelèrent leur ange consolateur. D’autres cellules aussi, on chercha à le contacter pour lui parler, lui demander conseil.

Sans hésiter, il se présentait immédiatement comme religieux, y compris devant les miliciens. Un des juges fut frappé de son intelligence et lui proposa de lui payer des études d’avocat…

Puis les prisonniers furent transférés au château de Montjuic «en attente de jugement» ; il n’y eut pas de jugement et le Frère fut conduit à un camp de concentration (Ogern, Bassella, Lerida). Les prisonniers devaient exécuter des travaux importants, comme des ponts, des routes, dans le froid et la faim, avec les poux.

En 1938, devant faire le service militaire, Pablo Daniel s’engagea dans l’armée républicaine avec le désir de s’occuper des blessés, mais on l’envoya sur le front de Catalogne.

Or, on arrivait à la fin de la guerre, et le Frère disait à ses compagnons qu’ils devaient remercier Dieu d’être restés sains et saufs. L’un d’eux, mécontent de la harangue, le dénonça au commandant, qui ordonna immédiatement de fusiller ce peloton de «patriotes».

Pablo Daniel mourut tout près de la frontière française, le 29 janvier 1939.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Bolesława Maria Lament

1862-1946

 

Bolesława Maria Lament nacquit à Łowicz (Pologne) le 3 juillet 1862, première de huit enfants. Son père était Marcin Lament, sa mère Łucji Cyganowska. Encore petite, elle eut la douleur d'assister à la mort de deux petites sœurs, Elena et Leocodia, ainsi que du petit frère Marcin. Après avoir fréquenté l'école primaire et le collège, elle alla à Varsovie dans une école d'arts et métiers, où elle obtint le diplôme de tailleur. De retour à Łowicz elle ouvrit un atelier de couture avec sa sœur Stanisława. Pendant tout ce temps, elle vivait une vie intérieure intense, profondément marquée de spiritualité.

En 1884, elle décida d'entrer dans la Congrégation de la Famille de Marie, qui était en train de s'organiser à Varsovie, clandestinement à cause des persécutions tsaristes. C'était une sœur pleine de zèle ; elle se distinguait particulièrement dans la prière, le recueillement, le sérieux et la fidélité avec laquelle elle remplissait toutes ses tâches. Après le noviciat et les vœux simples, elle travailla comme maîtresse de couture, enseignante et éducatrice en différentes maisons de la Congrégation, disséminées dans l'empire russe : Saint-Pétersbourg, Odessa, Iłukszcie, Simferopol (Crimée).

Mais après neuf années, juste avant de prononcer les vœux solennels, elle eut un crise profonde : elle n'avait plus la certitude de sa vocation dans cette Congrégation, au point qu'elle la quitta pour rentrer chez elle à Łowicz, dans l'intention de rejoindre un monastère cloîtré, dès que possible ; mais sur le conseil de son confesseur, elle choisit plutôt les œuvres d'assistance auprès des sans-logis, activité qu'elle poursuivit à Varsovie, quand sa famille s'y transféra ; là, pour vivre, elle ouvrit avec sa petite sœur Marie un atelier de couture.

En 1894, une énième épidémie de choléra lui enleva son père, en lui ajoutant de nouvelles charges et responsabilités familiales ; elle prit chez elle sa mère et son frère Stéphane, de treize ans, qui fréquentait le collège à Varsovie et désirait être prêtre. Mais en 1900, le jeune Stefan mourait à son tour ; devant son cercueil, Bolesława promit de revenir à la vie religieuse.

En 1903, elle se rendit à Mogilev (Biélorussie). C’est là que, en octobre 1905, avec Leocidia Gorczynska et Łucia Czechowska, avec l'aide du père jésuite Félix Wiercinski, Bolesława donna naissance à la Congrégation appelée "Société de la Sainte Famille", qui ensuite prit le nom de Sœurs Missionnaires de la Sainte Famille, dont la première supérieure fut Bolesƚawa.

A l'automne de 1907, en compagnie des six sœurs de la communauté d'alors, Bolesława se déplaça à Saint-Pétersbourg, où elle déploya une large activité d'instruction et d'éducation, dédiée surtout aux jeunes, et dès 1913 elle pouvait étendre cette activité en Finlande, en ouvrant à Wyborg un collège pour jeunes filles.

Mère Bolesława, comme supérieure, résida à Ratowie (Radzanów) de 1925 à 1935.

Il y eut encore d'autres maisons dans l'archidiocèse de Vilnius et le diocèse de Pinsk ; en 1935, il y avait jusqu'à 33 maisons un peu partout en Pologne, et même une à Rome.

Dans l'homélie de béatification, le Serviteur de Dieu Jean-Paul II souligna qu'elle faisait avancer l'œuvre au milieu de constantes contrariétés ; par deux fois elle vit disparaître l'entier patrimoine de la congrégation qu'elle avait fondée ; il lui arriva souvent, ainsi qu'à ses consœurs, de travailler en souffrant la faim, et sans même avoir une maison à elles ; dans ces moments, son réconfort était la devise ignacienne bien connue : Tout pour la plus grande gloire de Dieu.

Bolesława vécut avec profonde douleur les lacérations portées à l'unité de l'Eglise, dit encore le même Jean-Paul II ; le but principal de sa vie et de la Congrégation qu'elle avait fondée, devint l'unité de l'Eglise, et spécialement là où la division se faisait sentir avec davantage d'acuité. Elle n'épargnait rien pourvu qu'elle pût contribuer au rapprochement entre catholiques et orthodoxes, pour que, disait-elle, tous nous nous aimions et que nous ne fassions qu'un.

En 1935, mère Bolesława Maria Lament décida de renoncer à la charge de Supérieure Générale pour de graves motifs de santé et, en accord avec la nouvelle Supérieure, elle se retira à Białystok ; là, malgré son âge et sa pénible maladie, elle s'employa encore à ouvrir des écoles, des asiles, un hospice pour dames seules et une cantine pour les chômeurs.

Durant la Seconde guerre mondiale, la congrégation s’adapta aux besoins des familles, hébergeant dans les couvents des sans-abris et des enfants, préparant clandestinement ceux-ci à la Première communion.

En 1941, Bolesława fut complètement paralysée : sa vie devint plus ascétique encore, tandis qu'elle communiquait de précieux conseils aux Consœurs. 

Elle mourut saintement à Białystok le 29 janvier 1946 à 84 ans ; sa dépouille fut transférée au couvent de Ratow, et ensevelie dans la crypte de l'église Saint-Antoine.

Le Congrégation des Sœurs Missionnaires de la Sainte Famille se répandit largement en Pologne, en Russie, en Zambie, en Libye, aux Etats-Unis, à Rome.

Bolesława Maria Lament a été proclamée bienheureuse en 1991.

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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 00:00

28 JANVIER

 

IV.

S Flavien, préfet romain et martyr.

S Léonidas, martyr en Thébaïde avec d’autres.

S Palladius, anachorète en Syrie ; injustement accusé de meurtre, il ressuscita le mort pour lui demander la vérité.

VI.

S Iohannes, fondateur et abbé à Réome, thaumaturge, pionnier de la vie monastique en France.

S Jacques, ermite en Palestine ; il s’ensevelit pendant dix ans dans un sépulcre pour expier un péché de fornication et un double meurtre.

IX.

S Glastien, évêque à Fife, médiateur entre les Ecossais et les Pictes.

XII.

B Richard, anglais, abbé cistercien à Vaucelles.

XIII.

S Julián, évêque à Cuenca ; il ne vivait que du travail de ses mains ; mort nonagénaire, favorisé d’une vision de la Vierge Marie.

B Bartolomeo Aiutamicristo, camaldule à Pise, retrouvé sans corruption après quatre siècles. 

XVII.

B Julien Maunoir, jésuite normand, apôtre infatigable en Bretagne.

XVIII.    

B Won Si-jang Petrus, laïc coréen martyr, enterré vivant, béatifié en 2014.

XIX.

Ss Jiade Lin Zhao, Yeilou Lu Tingmei et Luolong Wang Bing, martyrs chinois, premiers canonisés, en 2000.

XX.

S Josef Freinademetz (1852-1908), prêtre italien du Verbe Divin, missionnaire en Chine, mort du typhus, canonisé en 2003.

B Mosè Tovini (1877-1930), premier de huit enfants, filleul du b. Giuseppe Tovini (cf.16 janvier), prêtre très actif à Brescia, béatifié en 2006 ; il était docteur en mathématiques, en philosophie et en théologie, qu’il enseigna.

Bse María Luisa Montesinos Orduña (1901-1937), laïque très active de l’Action Catholique espagnole, arrêtée et assassinée près de Valencia avec son père, une sœur, deux frères et une tante ; béatifiée en 2001.

Bse Ol'ha (Olympia) Bidà (1903-1952), religieuse des Sœurs de Saint-Joseph, martyre en Sibérie, béatifiée en 2001.

Johannes de Réome

425-545

 

Les parents de Joannes se seraient appelés Hilarius et Quieta. Ils habitaient la région de Dijon.

Johannes naquit vers 425 et reçut les saints enseignements de ses parents pendant ses vingt premières années.

Il se construisit alors un petit ermitage au pied de la colline de Montmellian (Tonnerre), pour s’y donner tout entier au service de Dieu. Ce serait déjà à cette époque qu’il commença l’assainissement de cet endroit marécageux, dont il détruisit l’animal qui l’infectait, le basilic.

Les textes de l’Evangile narrant la sainteté de Jean-Baptiste et l’appel des premiers Apôtres (cf. Mc 1:4-20 ; Lc 1:80 ; Jn 1:19-34 ; 3:22-36), l’amenèrent à désirer un plus grand détachement. Il quitta ses parents et sa région pour chercher en Auxois un endroit encore plus retiré et sauvage, où il vécut en anachorète. Ce serait proche de l’actuelle localité de Semur-en-Auxois.

Mais de tels exemples de sainteté ne pouvaient rester sous le boisseau (cf. Mt 5:15). Les gens furent attirés par la vie de Johannes ; on voulait l’entendre, recevoir ses conseils, lui demander ses prières ; des disciples se joignirent à lui. On suivit la règle de saint Macarios (v. 19 janvier). Ainsi naquit l’abbaye de Réome (ou Réôme, ou Réomé) ; la Réome prend sa source dans l’actuelle localité de Corsaint.

Foncièment humble, Johannes se méfiait du commandement. Convaincu qu’il n’en était pas capable, il s’enfuit dans le sud, et se cacha dans le monastère de Lérins. Un pèlerin de passage le reconnut, et le «dénonça» à l’évêque de Langres, dont dépendait l’oratoire de Semur. L’évêque fit savoir à Johannes sa volonté de le voir revenir. Johannes obéit.

Pendant ces dix-huit mois d’absence, la ferveur des disciples s’était déjà attiédie. Sous la douce direction de Johannes, on se reprit.

La mère de Johannes voulut rendre visite à son cher fils. Ce désir était bien naturel, mais Johannes sentit que sa mère pouvait monter encore plus haut : il s’avança mais, sans même lui adreser la parole, il lui fit dire de se sanctifier davantage pour qu’ils eussent ensuite la joie de se revoir au ciel.

Il y eut une autre visite historique : un certain Sequanus (Seine) vint incognito prier dans l’église de Johannes, qui en fut mystérieusement averti ; il invita tous ses moines à venir saluer et recevoir ce vénérable moine (v. 19 septembre).

Johannes fut favorisé du don des miracles. Il chassa les démons et guérit les malades. Les grands reconnurent sa sainteté et firent d’importantes donations au monastère, mais Johannes enseigna toujours à ses disciples le renoncement, le combat contre l’ambition et l’avarice.

Si les dates sont vérifiées, Johannes s’éteignit à cent-vingt ans, comme Jean l’Evangéliste, en 545.

L’abbaye prit plus tard le nom de Moutiers-Saint-Jean, elle eut une grande expansion, connut le déclin, fut sauvagement détruite à partir de 1793. Des reliques de Johannes on a pu préserver le crâne.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Johannes au 28 janvier.

 

 

Jacques, ermite

6e siècle

 

Cette histoire est à lire dans le contexte de l’Année Jubilaire de la Miséricorde, qu’elle illustre à la perfection.

Jacques (Iacobus, Iacob ?) eut une jeunesse marquée par des chutes déplorables. Il finit par renoncer au monde et s’enfermer dans une caverne au pied du mont Carmel, en Palestine.

Pendant quinze années, il s’y exerça à la mortification la plus rigoureuse et fit de tels progrès dans les vertus que Dieu lui accorda le don des miracles. Sans sortir de sa grotte, il convertit un grand nombre de ceux qui venaient le visiter.

Le démon lui tendit un piège dans lequel ce pénitent se laissa prendre. Un jour, un homme amena à Jacques sa fille possédée de l’esprit impur. Jacques réussit à la délivrer par sa prière.

Le père, qui redoutait le retour du mal, laissa auprès de l’ermite l’enfant guérie avec un de ses frères. Mais le Tentateur, revenant à la charge, s’attaqua cette fois-ci à l’ermite, qui céda au vice : il corrompit la jeune fille et, cédant à la panique, assassina le frère et la sœur et jeta les deux cadavres dans le fleuve. Puis il s’enfuit.

L’histoire ne dit pas quelle fut la réaction ou l’attitude du pauvre père quand il crut retrouver ses enfants.

Quant à Jacques, horrifié par son triple péché, il erra et rencontra bientôt un vieil anachorète, auquel il s’ouvrit. Ce dernier lui fit comprendre que, si la malice  humaine a ses abîmes, la miséricorde divine a aussi ses profondeurs. Saint Paul ne parle-t-il pas de l’excessive charité divine, propter nimiam caritatem (Eph 2:4) ?

Aussi, sur le conseil de l’Ancien, Jacques alla s’ensevelir vivant dans un sépulcre abandonné et là, durant dix années, jour et nuit, il pleura sa faute, humblement et rempli de sincères sentiments de conversion.

Avant de rappeler à lui ce grand pécheur, devenu un grand pénitent, Dieu lui donna un nouveau gage de sa faveur ; ainsi, à la prière de Jacques, on vit cesser une grande sécheresse dont souffrait la contrée voisine.

Par ce fervent anachorète que de longues années de pénitence ne purent préserver de fautes énormes, Dieu veut, par la voix de l’Eglise, nous rappeler de craindre pour nous-mêmes de tomber dans le péché, de ne jamais désespérer dans nos chutes, même graves, et surtout nous inviter à admirer ceux qui surent profiter de la grâce divine.

La Vita de saint Jacques Ermite fut écrite par un contemporain peu après sa mort, au 6e siècle. Le Martyrologe le mentionne au 28 janvier.

 

 

Julián de Cuenca

1128-1208

 

Traditionnellement, Julián naquit vers 1128 à Burgos (Espagne) dans une famille de la noblesse bourgeoise ; récemment on l’a fait naître de parents de Tolède, mozarabes ; il aurait été le fils de Tauro, d’où son nom Julián ben Tauro.

Il reçut les doctorats de philosophie et de théologie à Palencia et, à vingt-quatre ans, enseignait déjà dans cette université. 

Vers 1163, après la mort de ses parents, il revint à Burgos et se retira dans une petite cabane proche du monastère Saint-Augustin et non loin de l’ermitage où avait vécu saint Dominique de Silos (v. 20 décembre). Pendant trois années, il se prépara à recevoir les ordres sacrés et fut ordonné prêtre.

Pendant une vingtaine d’années, il circula dans la région de Cordoue, prêchant avec zèle et aussi avec succès : sa sainte vie, son esprit d’oraison, sa ferveur, attiraient la bénédiction de Dieu sur toutes ses entreprises. Il devint archidiacre de Tolède.

Vers 1188, il fut appelé au siège épiscopal de Cuenca. Cette nouvelle mission ne modifia rien dans la vie personnelle de Julián : profondément humble, il vivait du travail de ses mains, distribuait aux pauvres les revenus de son évêché, recevait chaque jour plusieurs pauvres à table et les servait lui-même.

Plusieurs fois, la Providence pourvut à ses besoins pour lui permettre de faire ses aumônes. Lors d’une épidémie, tous ceux qui pouvaient toucher un de ces petits paniers fabriqués par Julián, étaient guéris (le prodige se vérifia aussi après sa mort).

Julián visita toutes les paroisses de son diocèse chaque année.

Il vécut jusqu’à un âge très avancé et une grave maladie allait le conduire à la mort. Il s’y prépara sereinement, se fit allonger sur un lit de cendres avec une pierre pour chevet.

A ce moment-là, la Sainte Vierge apparut et lui remit une lampe allumée : c’était le signe qu’il avait conservé intacte sa virginité.

Il mourut le 28 janvier 1208 à Cuenca.

De nombreux miracles attestèrent sa sainteté après sa mort, notamment lors d’une translation de ses reliques en 1518 ; un chanoine de Cuenca compta jusqu’à quatorze guérisons en un seul jour.

La canonisation fut promulguée par un Bref pontifical en 1594 et le Martyrologe Romain mentionne saint Julián au 28 janvier.

Les reliques, conservées jusqu’au vingtième siècle, furent profanées en 1936 par les miliciens révolutionnaires, qui brûlèrent le saint corps.

 

 

Bartolomeo Aiutamicristo

† 1224

 

Bartolomeo eut ce privilège de porter le nom de Aiutamicristo (Aide-moi, Christ). Son origine était dans la noble famille des Somigli, de Pise.

Il entra chez les Camaldules de Pise.

Sa vie cachée ne l’empêcha pas d’obtenir de Dieu beaucoup de miracles stupéfiants, qui continuèrent aussi après sa mort.

Après une sainte vie, il mourut en odeur de sainteté, le 28 janvier 1224.

En 1675, son corps était encore intact, mais fut lourdement endommagé par un grave incendie.

Son culte immémorial fut confirmé en 1857 et le Martyrologe Romain le commémore au 28 janvier.

 

 

Julien Maunoir

1606-1683

 

Julien naquit le 1er octobre 1606 à Saint-Georges-de-Reintembault (Ille-et-Vilaine), de pieux parents cultivateurs.

A partir de 1621 Il fréquenta le collège des Jésuites à Rennes, où il rencontra le père Pierre Coton, l’illustre confesseur du roi Henri IV. Pour la petite histoire, c’est ce père Coton qui suggéra au roi Henri IV de remplacer son vilain juron Jarnidieu par Jarnicoton.

Julien entra au noviciat des Jésuites à Saint-Germain-des-Prés en 1625 et prononça ses premiers vœux en 1627.

Après avoir étudié la philosophie à La Flèche (1627-1630), où il eut comme compagnon le futur martyr Isaac Jogues (cf. 18 octobre), il enseigna le latin et le grec au collège de Quimper (1630-1633). C’est à cette époque qu’il rencontra le père Michel Le Nobletz, missionnaire des campagnes bretonnes. 

Mais Julien rêvait d’aller au Canada, comme le père Jogues ; il fit toutefois un pèlerinage à Ty Mam Doué (la Maison de la Mère de Dieu) et promit de se vouer à l’apostolat de la Bretagne si ses supérieurs le lui permettaient. Six mois plus tard, le jour de la Pentecôte, ils l’autorisèrent à commencer l’étude du breton, pour mieux toucher les populations paysannes.

Julien écrivit lui-même que c’est la Sainte Vierge qui lui fit la grâce de parler breton quelques jours après avoir commencé de l’apprendre. Les plus chauds partisans de cette langue affirment que Julien reçut d’un ange l’enseignement de cette langue difficile (à Kerfeunteun) et qu’il la possédait bien au bout de deux ans, ce qui lui permit bien vite de catéchiser, de visiter les malades et instruire ainsi quelque trente-mille personnes. Il publiera plus tard un dictionnaire français-breton et breton-français (1659).

Dans un premier temps, Julien, qui n’était pas encore prêtre, restait professeur à Quimper, et ne pouvait aller catéchiser que le dimanche.

Julien sera ensuite envoyé à Tours pour y enseigner pendant un an, et à Bourges pour y compléter sa formation théologique (1634-1638). Il fut ordonné prêtre en 1637, et acheva sa formation à Rouen en 1639.

En 1636, il avait eu une assez grave maladie, dont il guérit, dit-il, miraculeusement, en suite de quoi il s’était voué aux missions en Basse-Bretagne. Il alla retrouver le père Le Nobletz, qui avait appris par une révélation mystérieuse que ce jeune prêtre allait venir le seconder. Il conseilla au jeune prêtre d’être prudent avec sa santé, d’éviter l’ascèse ou le travail excessifs. 

Au début les autorités ecclésiastiques ne voyaient pas d’un bon œil ces missionnaires, mais changèrent d’avis en voyant l’excellent impact qu’ils avaient sur les populations ; de riches chrétiens assurèrent aux deux religieux une pension suffisante pour leur enlever tout souci matériel.

Julien commença à Douarnenez, en compagnie d’un autre religieux, le père Bernard et, successivement, pendant quarante-trois ans, parcourra le Bretagne en prêchant jusqu’à quatre-cent trente-neuf missions.

Durant ces missions, il fit beaucoup usage de dessins préparés déjà par le père Le Nobletz, et composa aussi de nombreux cantiques, en breton ou en français. Les missions s’achevaient par une belle procession, à laquelle participaient volontiers les fidèles. Lui-même nota quelque part qu’en un an il avait parlé à quarante-mille fidèles, dont trois mille s’étaient convertis.

Il y eut jusqu’à quinze éditions du livre de ses cantiques, dont on pourra trouver un exemplaire à la Bibliothèque nationale. La langue de ces cantiques n’est pas du pur breton, mais au moins reflète toute la doctrine chrétienne, que le peuple mémorisait de cette façon.

Le père Maunoir écrivit aussi un mémoire sur Marie-Amice Picard, une mystique stigmatisée de son époque.

Enflammés par son zèle communicatif, plusieurs prêtres vinrent l’aider.

Epuisé de fatigues et d’austérités, le père Julien Maunoir mourut le 28 janvier 1683 à Plévin (Côtes-d’Armor) et fut béatifié en 1951.

Il est un des célestes protecteurs de la Bretagne.

Won Si-jang Petrus

1732-1793

 

Won Si-jang Petrus est un laïc coréen né en 1732 à Hongju (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut enterré vivant à Cheonju (ou Jeonju, Jeolla-do) le 28 janvier 1793 et béatifié en 2014.

 

 

Luolong Wang Bing

1802-1858

 

Luolong (Laurentius) était né vers 1802 à Guiyang (Guizhou, Chine), dans une famille chrétienne.

Il était marié et avait cinq enfants.

Catéchiste, il avait posé la première pierre d’une nouvelle église dans son village, avec les deux autres catéchistes, Yeilou et Jiade. Mais un oncle et un cousin, opposés au projet, les dénoncèrent au mandarin.

Ce dernier les fit immédiatement comparaître et leur demanda de renier leur foi. Ils refusèrent. Le lendemain, même scénario, qui leur valut la décapitation.

Le martyre eut lieu à Maokou (Langdai Co., Guizhou), le 28 janvier 1858.

Luolong a été béatifié le 24 novembre 1946.

Cent-vingt Martyrs de Chine, dont quelques missionnaires européens, furent canonisés en 2000, dont fait partie Luolong.

 

 

Yeilou Lu Tingmei

1811-1858

 

Yeilou (Hieronymus) était né vers 1811 à Langdai Co. (Guizhou, Chine).

C’était un converti et, catéchiste plein de zèle, avait amené à la foi plus de deux cents personnes.

Projetant avec son confrère Luolong (supra) la construction d’une nouvelle église, il fut dénoncé avec ce dernier, sommé de renier sa foi et, sur son refus, condamné à mort.

Le martyre par décapitation eut lieu à Maokou (Langdai Co., Guizhou), le 28 janvier 1858.

Il a été béatifié le 24 novembre 1946.

Cent-vingt Martyrs de Chine, dont quelques missionnaires européens, furent canonisés en 2000, dont fait partie Yeilou.

 

 

Jiade Lin Zhao

1817-1858

 

Jiade (Agatha) était née vers 1817 à Ma Chang (Qinglong Co., Guizhou, Chine).

Elle avait repoussé les proposition de mariage pour se consacrer à Dieu et à la mission.

Catéchiste, elle projetait avec les deux Confrères (supra) de construire une nouvelle église, mais ils furent dénoncés et sommés de renier leur foi.

Le martyre de Jiade eut lieu à Maokou (Langdai Co., Guizhou), le 28 janvier 1858 et elle fut béatifiée le 24 novembre 1946.

Cent-vingt Martyrs de Chine, dont quelques missionnaires européens, furent canonisés en 2000, dont fait partie Jiade.

 

 

Josef Freinademetz

1852-1908

 

Josef naquit le 15 avril 1852 à Oies (Italie du Nord, alors en Autriche), un petit village de cinq maisons, à mille cinq-cents mètres d’altitude, dans une nombreuse famille pauvre et très chrétienne, qui le fit baptiser le jour-même.

C’était le quatrième de treize enfants, dont quatre moururent en bas âge. Le papa, Giovanmattia (Jean Mattias), très chrétien, avait fait un pèlerinage à la chapelle de la Sainte-Croix, à deux mille mètres d’altitude, et il emmenait ses enfants chaque jour à la Messe, à vingt minutes de chez lui. La maman s’appelait Anna Maria.

Chaque jour, la famille priait l’Angelus et le chapelet, puis travaillait aux occupations de la ferme, quelques bêtes et quelques arpents de terre.

Dans ce coin de terre perdu, on parlait le patois Ladin : Josef s’appelait Üjöp.

Il entra au séminaire de Bressanone, où il apprit d’abord l’allemand, mais on nota sa grande inclinaison pour les langues, car déjà mûrissait sa vocation missionnaire.

Ordonné prêtre en 1875, il fut vite apprécié des paroissiens de sa première cure, à Saint-Martin de Thum, non loin de son lieu de naissance.

Ayant fait la connaissance d’Arnold Janssen, fondateur du nouvel Institut du Verbe divin (v. 15 janvier), il intégra cette famille religieuse à Steyl (Hollande) en 1878 et, l’année suivante, fut envoyé en Chine, où il cherchera toujours à être un Chinois parmi les Chinois.

Après une préparation de deux ans à Hong-Kong, il arriva dans la province du Shandong, qui comptait douze millions d’habitants et cent cinquante-huit chrétiens. Il s’adressa au petit peuple, resta proche de la population, et refusa l’épiscopat qu’on lui proposait, tout en recouvrant plusieurs fois la charge d’administrateur apostolique, pour seconder l’évêque. 

Les chinois le surnommèrent Shèngfù Ruòsè (traduction de son nom en chinois) et le comparaient volontiers à Confucius, dont l’idéal moral leur paraissait ressembler beaucoup à celui de Josef : Il est toujours aimable, modeste, humble. 

Quant à lui, il écrivit à sa famille : J’aime la Chine et les Chinois. Je veux mourir parmi eux et être enterré au-milieu d’eux.

Il s’efforça de former des catéchistes autochtones pour le seconder dans la mission et rédigea pour eux un manuel catéchétique en langue chinoise.

Il travailla beaucoup à la formation des prêtres chinois et des missionnaires.

Fatigué, et atteint de tuberculose, il partit se reposer au Japon, mais revint vite lors d’une épidémie de typhus, pour soigner et soutenir ses chers Chinois malades.

Lui-même atteint par le mal, il mourut le 28 janvier 1908. A cette date il y avait environ quarante-cinq mille baptisés dans la mission, et autant de néophytes.

Une de ses expressions récurrentes était : La langue que tout le monde comprend, est celle de l’amour.

Josef a été béatifié en 1975, et canonisé en 2003 (en même temps que le fondateur, Arnold Janssen).

Le miracle retenu pour sa canonisation fut la guérison totale et inattendue, en 1987, d’un jeune Japonais de vingt-quatre ans, atteint de leucémie à la moelle épinière, avec complications diverses, immunodéficience malgré les diverses transfusions, complications respiratoires jusqu’à arrêt cardiaque. On l’avait mis en respiration artificielle et il était inconscient. On préparait déjà ses funérailles. Un prêtre qui l’avait connu commença une neuvaine à Josef Freinademetz : peu après, le jeune malade ne présentait plus de symptômes de leucémie, et toutes les séquelles disparurent en quelques semaines.

 

 

Mosè Tovini

1877-1930

 

Mosè (Moïse) naquit à Cividate Camuno (Brescia, Italie du nord) le 27 décembre 1877, aîné des huit enfants de l’expert-comptable Eugenio et d’une maîtresse d’école, Domenica Malaguzzi.

Son parrain au baptême fut son oncle paternel, l’avocat Giuseppe Tovini (futur bienheureux, v. 16 janvier).

Il commença avec sa maman l’école primaire à cinq ans, et l’acheva à Breno.

Il reçut le sacrement de Confirmation en 1884, et la Première communion en 1886. Cette même année, à neuf ans, il alla au lycée «Luzzago» de Brescia, où habitait son parrain, et en 1889 il passa au collège San Defendente de Romano Lombardia, où il fit connaissance de Domenico Menna, futur évêque de Mantoue.

En 1891 eut lieu la célébration du troisième centenaire de la mort de saint Louis de Gonzague (v. 21 juin), dont la figure fascina les deux amis Mosè et Domenico : Mosè pensa entrer au séminaire, mais son père le lui déconseilla : il n’avait encore que quatorze ans !

On l’envoya faire le lycée à Celana (Bergame), où l’ambiance lui déplut totalement, débouchant même sur une véritable révolte : pour protester contre leur professeur de mathématiques, les élèves refusèrent de faire leur devoir, mais Mosè fut le seul à le faire, de sorte que le professeur réprima sévèrement les élèves, qui se vengèrent à coups de poings et de pieds sur le pauvre Mosè. Le garçon écrivit à sa mère, qui vint le chercher ; Mosè déclara alors sa ferme volonté de devenir prêtre. 

Son cher oncle intervint alors pour le faire admettre au petit séminaire, en cours d’année. En fin d’année, on lui permettait déjà de porter la soutane, de sorte que durant les vacances à Cividate Camuno, les enfants l’appelaient déjà don Mosè (un peu comme si, en français, on disait : Père Moïse à un adolescent de quinze ans !).

L’année suivante, tout en suivant les cours au séminaire, il habitait chez son oncle à cause de sa santé, et remarquait combien cet oncle laïc était actif au sein de l’Action Catholique.

En fin de troisième année de lycée, Mosè reçut la tonsure et les deux premiers ordres mineurs.

Puis, comme il était encore assez jeune (il n’avait que dix-sept ans), ses parents voulurent lui faire passer son baccalauréat à l’école publique. 

En janvier 1897 mourut brusquement l’oncle Giuseppe, et c’est Mosè qui en organisa les funérailles. La même année, il partit au service militaire, à Brescia, où il sut se montrer un vrai chrétien, allant jusqu’à reprendre respectueusement un officier qui blasphémait. Il termina avec le grade de sergent.

De retour dans la paroisse en 1898, en accord avec le curé, il organisa l’œuvre du Pain de saint Antoine. 

Il aida vaillamment sa mère pour entourer sa sœur Olga, complètement aveugle (elle mourra en 1899).

L’année suivante, 1900, il reçut le sous-diaconat, puis le diaconat et la prêtrise : il n’avait que vingt-deux ans et reçut l’ordination sur dispense de la Congrégation romaine.

L’oncle Giuseppe avait fait une prophétie : Mosè serait chapelain de Astrio, ce qui se révélerait exact, mais Mosè avait encore du chemin à parcourir.

On l’envoya pour quatre ans à Rome, durant lesquels il prépara les doctorats de mathématiques (à l’université d’Etat), de philosophie et de théologie (à l’université Grégorienne), mais aussi où il déployait une activité peu commune auprès des enfants de familles pauvres, ainsi qu’auprès de ses compagnons d’université, non croyants ou juifs.

Rentré à Brescia, il voulut faire partie de la nouvelle Congrégation des Prêtres Oblats, inaugurée par l’évêque, et sera désormais professeur au séminaire dans les différentes disciplines qu’il avait si bien préparées : d’abord mathématiques et philosophie, puis sociologie et apologétique, enfin, après avoir préparé son doctorat à Milan, théologie dogmatique.

Ses cours étaient très bien préparés, car il était minutieux, ponctuel, ordonné, convaincu de ce qu’il enseignait et entièrement soumis aux directives de l’Eglise.

Durant les vacances scolaires, il s’occupait alors de faire des cours de religion aux maîtres et maîtresses, et participait à la pastorale paroissiale les jours de fêtes.

En 1915, il fut vicaire d’un curé malade à Provaglio d’Iseo, ce qui le dispensa de partir à la guerre, tandis que son frère, Guido, tout juste docteur en droit, mourait sur le front à vingt-six ans. En 1916, Mosè remplaça le curé de Torbole, parti sur le front. En 1917, durant l’épidémie de grippe espagnole, il se dépensa au chevet des malades.

A la fin de la guerre, il eut la mission de compléter la formation des clercs revenus du front. Désormais ce fut une cascade de missions diverses, globalement toutes centrées sur la catéchèse, qui était la passion de Mosè : Œuvre diocésaine du catéchisme, visiteur des catéchismes, concours entre enfants des catéchismes, vice-président de la commission diocésaine du catéchisme en 1919, directeur et professeur de l’Institut Magistral de catéchisme en 1926 (où il formera des centaines de catéchistes), chargé de la nomination des enseignants de catéchisme dans les écoles.

A cela s’ajouta sa nomination d’Assistant pour l’Action Catholique diocésaine. Et comme cela ne suffisait pas encore, l’évêque le nomma Chanoine titulaire de la cathédrale de Brescia, vice-official au tribunal ecclésiastique, examinateur synodal et censeur des livres, pour être finalement recteur du séminaire en 1926.

De tout cela, le pauvre Mosè se jugeait indigne et incapable. En 1925, il fit l’offrande totale de lui-même au Cœur Miséricordieux de Jésus et affronta toutes ses responsabilités avec cet esprit d’offrande de soi pour l’Eglise et les âmes.

Au séminaire, il commença à parler aux clercs des trois «blancheurs» : l’Eucharistie, Marie Immaculée, le Pape. Il développa la dévotion du Mois de Marie (mai) et du Mois du Sacré-Cœur (juin).

A ce moment-là fut montée une cabale contre lui à travers un journal de Florence ; au séminaire même, certains proches collaborateurs l’accusèrent dans ce qui faisait sa force : la charité et la douceur. Il était prêt à céder sa place à un autre, mais l’évêque lui redonna courage pour porter cette croix ; il lui dit, dans son langage un peu rude : Ma croix, je la porte moi-même ; toi aussi, porte la tienne.

D’autres épreuves s’abattirent sur lui : paralysie de son frère Leone, jeune papa de quatre enfants ; puis la mort de sa chère maman.

Fin 1929, il fut élu directeur de l’Union Apostolique diocésaine du clergé et nommé prédicateur de retraites à la Maison du Clergé. C’est alors que se manifestèrent les premiers signes de la maladie qui devait l’emporter : toux, insomnie.

Il ne s’en émut pas davantage et supporta sa maladie avec l’esprit de mortification. Hospitalisé le 23 janvier suivant avec le diagnostic d’une double pneumonie, il expira le 28 janvier 1930.

Mosè Tovini a été béatifié en 2006.

 

Le miracle retenu pour la béatification a été la guérison «rapide, complète et durable, inexplicable scientifiquement», d’un prêtre du diocèse de Brescia, atteint d’un grave cancer : adénome-carcinome gastrique avec métastases et quatre lymphonœuds, compliqué de grave cardiopathie.

María Luisa Montesinos Orduña

1901-1937

 

Cette courageuse femme de l’Action Catholique espagnole naquit le 3 mai 1901 à Valencia (Espagne).

Baptisée le 5 mai suivant, elle fut confirmée en 1907.

Favorisée par la grâce divine et le milieu chrétien de sa famille, elle grandit dans l’amour de Dieu et le service du prochain. C’était une catéchiste et faisait tout le bien possible dans sa paroisse.

La révolution espagnole de 1936 fit encore beaucoup de martyrs les années suivantes : María Luisa reçut le martyre avec presque toute sa famille : son père, une sœur, deux frères et une tante, au lieu-dit Picassent (Valencia), le 28 janvier 1937.

Un siècle après sa naissance, elle fut béatifiée, en 2001.

 

 

Ol’ha Bida

1903-1952

 

Ol’ha (Olga) était née en 1903 à Tsebliv (Lviv, Ukraine).

Entrée chez les Sœurs de Saint-Joseph Epoux de la Bienheureuse Vierge Marie, elle prit le nom de Olympia.

Elle fut responsable de catéchèse en divers endroits, maîtresse des novices, particulièrement attentive aux personnes âgées et infirmes. Envers les jeunes, elle avait un charisme spécial, et elle s’occupa avec beaucoup de bons résultats de la formation de nombreuses jeunes filles.

Devenue supérieure du couvent de Kheriv, elle chercha à soutenir la population, durant la difficile période du régime communiste.

En 1951, elle fut arrêtée avec deux autres Religieuses ; après un temps de prison, elles furent exilées en Sibérie, condamnées aux travaux forcés.

Même dans cette douloureuse situation, elle organisa la prière avec les Religieuses du camp de Kharsk (Tomsk, Sibérie).

Gravement malade, elle mourut d’épuisement à Kharsk, le 28 janvier 1952.

Reconnue comme martyre, victime de la persécution bolchevique, elle fut béatifiée en 2001.

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27 janvier 2022 4 27 /01 /janvier /2022 00:00

27 JANVIER

 

II.

S Iulianus, martyr à Sora.

III.

Ste Devota, martyre en Corse, transportée à Monaco, dont elle est la patronne.

IV.

S Iulianus,  premier évêque au Mans, qu’on a dit aussi envoyé par s. Pierre (I.).

S Pierre l’Egyptien, anachorète en Syrie.

V.

S Domitien, disciple de s. Euthyme le Grand, économe au Sahel, maître de s. Sabas.

Ss Avit, Dace, Réatre, Datif, Julien, Vincent, martyrs en Afrique.

VI.

S Marius, abbé à Bodon, thaumaturge.

VII.

S Loup (Leu), évêque à Châlon-sur-Saône ; lors de ses obsèques, son corps devint si lourd devant la prison, qu’on dut le déposer jusqu’à ce que les condamnés à mort fussent délivrés.

S Vitalianus, pape (657-672) : il resserra les liens entre Rome et l’Angleterre.

VIII.

S Eméré, fondateur et abbé à Bagnols, et sa mère, ste Candide.

XI.

S Thierry II, évêque à Orléans, mort à Tonnerre, dont il est patron ; il avait prédit à son “rival” qu’il lui succéderait, ce qui fut.

S Gildouin, élu archevêque à Dol malgré lui ; il alla protester auprès du pape, qui le chargea de désigner un remplaçant, et mourut lors de son retour de Rome.

XII.

S Jean de Warneton (de Commines), évêque à Thérouanne.

XIII.

B Manfredo Settala, prêtre ermite près de Côme.

XVII.

Ste Angela Merici, fondatrice des Ursulines, pour l’éducation des jeunes filles.

XVIII.

Bse Rosalie du Verdier de la Sorinière (mère Saint-Céleste), bénédictine à Angers, martyre décapitée avec sa belle-sœur et ses deux nièces, béatifiée en 1984. 

XIX.

B Paul Josef Nardini, prêtre en Bavière, fondateur des Pauvres Franciscaines de la Sainte Famille, béatifié en 2006 ; de père inconnu, il fut adopté par son oncle d’origine italienne.

S Yohana Maria Muzeyi (c’est-à-dire l’Ancien, à cause de sa maturité spirituelle), serviteur du roi en Ouganda, martyr, fêté le 3 juin.

S Enrique de Ossò y Cervellò, prêtre espagnol extrêmement apostolique, fondateur des Sœurs de la Compagnie de Sainte Thérèse de Jésus, béatifié en 1979 et canonisé en 1993.

XX.

Ste Carolina Santocanale (1852-1923), fondatrice italienne des Sœurs Capucines de l'Immaculée de Lourdes, béatifiée en 2016, canonisée en 2022.

B Jurgis Matulaitis (1871-1927), supérieur des Marianites, évêque à Vilnius, béatifié en 1987. 

B Antonio Mascaró Colomina (1913-1937), clerc de la Sainte Famille, martyr près de Barcelone et béatifié en 2013.

B Giovanni Schiavo (1903-1967), prêtre italien des Pères de Saint-Joseph, missionnaire au Brésil, béatifié en 2017.

Iulianus de Sora

† 2e siècle

 

On commémore deux Iulianus en ce 27 janvier.

Celui-ci fut, d’après une tradition, originaire de Dalmatie (act. Croatie).

On ne nous dit pas pourquoi il se trouvait à Sora (Latium, Italie C).

Pendant qu’on le torturait pour sa foi, un temple païen s’écroula.

Il fut ensuite décapité, sous Antonin le Pieux († 161).

Saint Iulianus de Sora est commémoré le 27 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Devota de Corse

283-304

 

Devota naquit vers 283 à Lucciana (Corse).

Sa nourrice, chrétienne, l’éleva dans la Foi.

Arriva en Corse un envoyé impérial, chargé d’exécuter les décrets de persécution. Devota se réfugia chez un certain Euticius, où elle eut l’opportunité de prier, de lire l’Ecriture, de jeûner, en un mot de se préparer à la lutte suprême, qui n’allait pas tarder.

L’envoyé se présenta chez Euticius, qui refusa de lui livrer Devota. Alors, l’envoyé réussit à empoisonner Euticius, à s’emparer de Devota et à l’emmener devant une statue d’idole. Devota refusa d’offrir l’encens et fut attachée sur le chevalet. Elle expira durant ces tortures. On vit une colombe sortir de sa bouche.

C’était à Mariana et ce pouvait être en 304, alors que Devota n’avait que dix-neuf ans.

On devait brûler son corps, mais deux hommes courageux, qu’on a nommés Gratianus et Benenatus -ce dernier était prêtre - réussirent à s’en emparer et à le placer sur un navire à destination de l’Afrique ; cependant le bateau fut guidé par une colombe (ou détourné par la tempête) vers la côte, entre Nice et Ventimille, là où se trouve maintenant Monaco.

On retrouva ce corps le 27 janvier 312. Depuis, sainte Devota est la patronne de Monaco et co-patronne de la Corse avec sainte Iulia (v. 22 mai).

Sainte Devota est commémorée le 27 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iulianus du Mans

† 1er ou 4e siècle

 

La cas de ce Iulianus reste problématique pour les spécialistes.

La Tradition rapporte qu’il fut envoyé en Gaule par s.Pierre lui-même, ce qui le place au premier siècle.

Il aurait été ce Simon le Lépreux, guéri par Notre Seigneur (cf. Mt 26:6-13) ou aussi un des soixante-douze disciples choisis par le Christ (cf. Lc 10:1-20).

Les historiens cependant inclinent pour placer son épiscopat au quatrième siècle.

Il reste que Iulianus, originaire de Rome, fut désigné pour être le premier évêque du Mans.

Il y arriva avec un prêtre, Turibius, et un diacre, Pavacius.

A peine arrivé, il y fit jaillir une abondante source d’eau, amenant ainsi toute la population et le gouverneur lui-même à embrasser le christianisme.

Ces conversions se multiplièrent encore au vu des nombreux miracles qu’opérait Iulianus : il ressuscita plusieurs morts. Il se dépensait au service des malades, des pauvres, des orphelins.

Il combattit avec ardeur le druidisme et étendit son apostolat à toute la région qui s’étend de la Loire à la rive gauche de la Seine, sans omettre d’y accomplir aussi une foule de miracles.

Sentant approcher sa dernière heure, il se retira sur le bords de la Sarthe, là où se trouve l’actuelle commune Saint-Marceau. La fièvre l’envahit. Il confia le diocèse à Turibius (qui allait lui succéder), recommanda à l’entourage l’obéissance à leur Pasteur, et s’éteignit, un 27 janvier, peut-être en 348

L’épiscopat de Iulianus aurait duré quarante-sept ans.

La cathédrale du Mans, d’abord placée sous le vocable de Notre-Dame, puis des saints Gervais et Protais (v. 19 juin), devint ensuite Saint-Julien. A Saint-Marceau se trouve une chapelle Saint-Julien.

Saint Iulianus du Mans est commémoré le 27 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marius de Bodon

† 550

 

Marius (variantes françaises : Maire, Mary, May, Maur) naquit à Orléans.

Il fut moine dans cette même ville.

Ses vertus le signalèrent aux moines de Bodon (Val-Benois), qui le choisirent pour être leur abbé.

Attentif à Dieu seul, le nouvel abbé fit l’édification de ses religieux par sa charité et sa prudence.

Dieu lui accorda le don des miracles. Ainsi, en pèlerinage au tombeau de s.Martin de Tours, il se fit voler sa monture ; le voleur ne put retrouver son chemin et dut ramener la bête à son propriétaire. Durant un autre pèlerinage, au tombeau de s.Denis à Paris, il fut pris de fièvres violentes, mais s.Denis lui apparut de nuit et lui promit la guérison - qui fut effective la matin suivant ; on objectera que le miracle fut plutôt l’œuvre de s.Denis, mais la prière fervente était bien de Marius.

Ici et là, il rendait la vue à un aveugle, l’ouïe à un sourd, etc. 

Il prédit la prochaine mort d’un certain Donatus, d’Orléans, qui arriva effectivement.

Durant le carême, il se retirait en reclus dans les bois.

Marius mourut le 27 janvier, vers 550.

Une autre de ses prophéties se réalisa pleinement, hélas : le monastère de Bodon fut totalement détruit au neuvième siècle durant une invasion de Normands. Mais le corps du saint Abbé fut sauvé et transféré à Forcalquier, où d’autres miracles eurent lieu.

Saint Marius de Bodon est commémoré le 27 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Vitalianus

657-672

 

Succédant à Eugène 1er, Vitalianus (Vitalien) était le soixante-seizième pape.

Fils d’Anastasius, il était originaire de Segni (Campanie).

Comme son prédécesseur, Vitalianus posa les jalons en vue d’un rapprochement entre Constantinople et Rome. Il fallait mettre un point final à la controverse monothélite, et le patriarche Pierre de Constantinople était notablement partisan de cette hérésie. Le résultat ne fut pas à la hauteur des espérances du pape, mais son nom fut tout de même inscrit sur les dyptiques de l’Eglise à Byzance.

En Angleterre, les résultats furent meilleurs. C’est sous ce pontificat que l’abbé anglais Benoît Biscop vint à Rome. Un concile anglais à Streaneshalch (Whitby) adopta la date romaine de Pâques, ainsi que la forme de la tonsure (car celle-ci était un objet de litige : la tonsure étant en forme de croix chez les moines anglais, et arrondie chez les moines romains).

Sur la demande du roi de Northumbrie, le pape envoya Théodore de Tarse pour être archevêque de Canterbury, et le moine africain Adrien pour être abbé à Saint-Pierre de Canterbury. Grâce à ces deux prélats, les liens se resserrèrent considérablerment entre l’Angleterre et Rome.

Entre temps, l’empereur Constant II s’en vint à Rome, où il organisa un véritable pillage d’objets d’art à destination de Constantinople.

Vitalianus eut un pontificat de presque quinze années, durant lesquelles il ordonna quatre-vingt dix-sept évêques, vingt prêtres et un diacre.

Il mourut le 27 janvier 672 et fut inhumé dans la basilique Saint-Pierre.

Son successeur fut Adéodat (Dieudonné) II.

Thierry II d’Orléans

† 1023

 

Thierry était né vers 980. On ne connaîtrait pas le nom de ses parents, mais il aurait eu un frère, Alberic ; leur père descendait de ce Thierry dont le nom est resté à la ville de Château-Thierry. Le grand-oncle de notre Thierry, Seguin, avait été archevêque de Sens.

Thierry, donc, fut formé à l’abbaye Saint-Pierre-le-Vif de Sens, où son oncle, Raynard, était abbé.

Après sa profession, il fut appelé à la cour du roi Robert qui, avec son épouse Constance, désirait bénéficier de ses conseils.

Rien d’étonnant à ce que le roi appuyât l’élection de Thierry au siège d’Orléans à la mort de Foulque (vers 1012). L’archevêque de Sens, Liéry, le consacra, mais la cérémonie fut agitée par le rival de Thierry, Oury (Odolric), qui était soutenu par la maison de Blois (selon certaines généalogies, Oury et Thierry auraient même été cousins-issus-de-germains). Oury alla ensuite jusqu’à agresser Thierry, le désarçonnant de son cheval. 

L’évêque Fulbert de Chartres cependant avait lui-même refusé d’assister à la cérémonie, prétendant que l’élection de Thierry avait été imposée par l’autorité laïque. Mais devant les agitations provoquées par Oury, il adopta lui-même une attitude conciliante, invita Oury à accepter la situation et même échangea avec Thierry une correspondance amicale.

Quant à Thierry, il eut une attitude royale envers son concurrent : il le prit auprès de lui, et lui prédit même qu’il lui succéderait.

Sur la fin de sa vie, Thierry fut éprouvé par de fréquentes maladies, conséquences de ses austérités et de ses travaux apostoliques. Pour donner du repos à son âme et quelque soulagement à son corps, il se retira à Saint-Pierre-le-Vif. Cette retraite ressemble fort à une démission ; Thierry, trop souffrant, avait dû renoncer à son siège, ce qui expliquerait bien que lors d’un synode de décembre 1022, ce fût justement Oury qui fut élu. 

Une autre thèse prétend que ce dernier avait fait évincer Thierry ; pire, il fit déterrer et jeter à la rue le corps de l’ancien chantre de la cathédrale, que Thierry avait dû nommer à sa place. Cela voudrait faire supposer qu’Oury avait conservé sa rancune pendant dix années…

Dans sa retraite, Thierry pensa faire un voyage à Rome au tombeau des Apôtres. Avant son départ, tandis qu’il priait dans l’église, la nuit du 19 au 20 janvier (1023), une voix céleste lui annonça que sa demeure était préparée dans les cieux. Il fit part de cette vision à quelques-uns des moines.

Il n’arriva cependant qu’à Tonnerre, où la fièvre le prit et il mourut peu après, le 27 janvier 1023.

C’est à ce jour que le mentionne le Martyrologe Romain.

 

 

Gildouin de Dol

1052-1077

 

Une variante de Gildouin, Guihen, semblerait s’apparenter à Guillaume ; on trouve aussi Gilduin, Gildwin, Ghéhen.

Gildouin naquit en 1052, aîné des cinq enfants du vicomte de Dol et Combourg.

Il reçut le baptême dans l’église Saint-Samson de Dol, des mains de son oncle paternel. 

Après avoir reçu sa formation, très soignée, il refusa de se marier et entra dans l’état ecclésiastique. C’est ainsi que, de par sa position sociale, il obtint, malgré son jeune âge, un canonicat dans la cathédrale de Dol.

Ordonné diacre, il vit passer sur le siège archiépiscopal un sujet coupable de simonie (Juhel, archevêque de 1040 à 1076). Révoltés, les chanoines reportèrent finalement leur choix sur Gildouin lui-même, bien qu’il n’eût pas encore l’âge canonique de trente ans pour recevoir une telle charge pastorale : il en avait vingt-trois ! (1075).

Le peuple l’acclama. Mais Gildouin protesta véhémentement, alléguant justement son âge, son incapacité, son indignité ; les chanoines et le peuple persévérant dans leur choix, Gildouin en appela au pape. Il alla trouver Grégoire VII (v. 25 mai), accompagné d’Even, abbé de Saint-Melaine, tandis que Messieurs les Chanoines envoyaient de leur côté une délégation pour supplier le pape de confirmer leur choix.

Grégoire VII recourut au jugement de Salomon (cf. 1R 3:16-28) : il accepta de nommer un autre candidat à l’archevêché de Dol, mais il demanda à Gildouin de désigner ce candidat. Il nomma Even, qui reçut l’ordination épiscopale de Grégoire VII lui-même.

On se remit en voyage pour présenter aux Bretons leur nouvel archevêque. En chemin, Gildouin voulut s’arrêter chez des parents de sa mère, en Beauce. Or, une violente fièvre le prit à Puyseaux (Loiret). Sentant sa fin prochaine, il se fit porter à Chartres pour pouvoir prier auprès de l’autel de Notre-Dame et rejoignit le monastère de Saint-Père-en-Vallée (faubourg de Chartrres), où les bons pères bénédictins le reçurent fraternellement.

Gildouin y mourut le 27 janvier 1077.

Sur son tombeau, eurent lieu de nombreux miracles. Saint Gildouin est le patron de Combourg.

 

 

Jean de Warneton

1065-1130

 

Jean était né vers 1065 à Warneton (Nord) de parents honnêtes et craignant Dieu.

Il fut confié à des maîtres prudents, parmi lesquels Yves de Chartres (v. 23 décembre).

Il reçut un canonicat à Lille, puis alla frapper chez les Chanoines réguliers de Mont-Saint-Eloi (Arras).

Lorsque fut créé le diocèse d’Arras, le nouvel évêque prit Jean comme archidiacre (1096).

Il avait déjà accepté à contre-cœur cette charge qui le sortait de la contemplation, il dut céder une autre fois encore, lorsque le pape confirma son élection au siège épiscopal de Thérouanne.

En 1099, il fut donc ordonné prêtre, puis sacré évêque à Reims. Extrêmement exigeant pour soi-même, il était attentif à ménager les autres ; fervent adversaire de la simonie, son désintéressement était total et lui assurait une autorité efficace contre ce fléaut : on le vit chasser d’Ypres des prêtres simoniaques (1102).

Il participa à plusieurs conciles régionaux : Saint-Omer en 1099, Beauvais en 1114 et 1020, Reims et Châlons-en-Champagne en 1115.

Il manifesta son zèle pour la reconstruction des églises, pour le maintien de la ferveur et de la régularité dans les monastères.

Avec l’évêque d’Arras et celui d’Amiens, il contribua validement à la réforme grégorienne lancée par Grégoire VII (v. 25 mai) et poursuivie par ses successeurs Victor III (v.16 septembre), Urbain II (v. 29 juillet) et Pascal II.

Dans les premiers jours de 1130, il tomba malade et demanda les derniers sacrements. Il fit distribuer aux pauvres tout ce qu’il avait encore, prédit plusieurs événements qui devaient se réaliser, régla lui-même la cérémonie de ses obsèques et s’endormit en Dieu, le 27 janvier 1130, après un épiscopat de plus de trente ans.

Le Martyrologe Romain rappelle que saint Jean de Warneton fonda huit monastères de Chanoines et le mentionne à son dies natalis.

 

 

Manfredo Settala

† 1217

 

Descendant de la famille milanaise des Settala, Manfredo était curé d’une importante paroisse de ce diocèse, à la fin du 12e siècle.

Une inspiration céleste (on ne nous dit pas de quelle façon elle se manifesta) lui suggéra de quitter cette activité pastorale et de se retirer sur la proche montagne San Giorgio, où il mena une vie érémitique remplie des rigueurs de l’ascétisme.

Mais cette rigueur ne l’isolait pas totalement : les foules le découvrirent et vinrent lui demander ses conseils et son réconfort. En 1207, une épidémie frappa les habitants d’Olgiate Comasco, qui vinrent le supplier d’intercéder en leur faveur. Manfredo leur suggéra d’aller en pèlerinage à la tombe de saint Gerardo de Monza, qui venait de mourir (v. 6 juin) et le fléau cessa.

Ici, Manfredo n’était pas le «responsable» du miracle. Mais Dieu lui en fit faire de prodigieux, attestés et dûment enregistrés. 

Non des moindres fut celui de la sonnerie automatique des cloches le jour de son décès, 27 janvier 1217, ainsi que le choix du lieu de sa sépulture, lorsque les bœufs qui tiraient le convoi funéraire, s’arrêtèrent d’eux-mêmes, au pied du mont Saint-Georges, dans la plaine de Riva San Vitale.

Le nom de Manfredo a été récemment introduit dans le Martyrologe Romain au 27 janvier.

 

 

Angela Merici

1474-1540

 

Angela Merici vit le jour le 21 mars 1474 à Desenzano, près du Lac de Garde en Lombardie (Italie nord), de Giovanni, un bon chrétien qui lisait chaque soir à ses enfants la vie de l’un ou l’autre Saint. Evidemment, il n’avait pas à sa disposition un de nos blogs chrétiens, mais cela suffisait déjà à la petite fille pour s’attacher à Jésus-Christ.

A quinze ans, elle perdit ses deux parents et fut recueillie par son oncle maternel à Saló, avec sa sœur qu’elle aimait beaucoup. Cette dernière mourut peu après.

Or Angela fut alors divinement informée que sa sœur était «sauvée», bien qu’elle fût morte sans les sacrements. Ce ne fut pas le dernier avertissement céleste. Peu après, elle eut la vision d’une haute échelle par laquelle des jeunes filles montaient au ciel : elle apprit ainsi qu’elle devait rassembler d’autres femmes pour accomplir une grande mission dans l’Eglise.

En attendant, elle se donna aux bonnes œuvres. Pour communier plus fréquemment, elle s’agrégea au Tiers-Ordre franciscain, prenant le nom de sœur Angela. Elle commença à jeûner.

En 1516, elle fut envoyée à Brescia pour une mission de consolation : une jeune épouse avait perdu son mari et ses fils à la guerre ; Angela resta deux ans auprès d’elle pour l’aider à assimiler cette rude épreuve. Puis elle s’établit à demeure à Brescia, consolant, apaisant , réconciliant, conseillant…

Pour se rapprocher toujours plus de Jésus-Christ, elle fit des pèlerinages, dont un à Jérusalem en 1524. Mais durant ce voyage, une affection aux yeux lui enleva la vue : de l’escale de Crète à l’aller jusqu’à la même escale au retour, elle dut être conduite par la main et ne put rien voir des Lieux Saints. Dieu lui enseignait le détachement de la terre…

En 1525, elle put rencontrer le Pape, qui voulait la retenir à Rome, mais elle expliqua que sa mission était à Brescia. En 1529, elle se réfugia quelques mois à Crémone pour échapper aux dangers de la guerre ; là, elle tomba gravement malade, mais guérit miraculeusement lors d’un pèlerinage au mont Varallo ; elle annonça que la paix allait revenir, et la paix fut signée en août 1529, mettant fin aux maux de l’Italie. Elle revint à Brescia.

C’est en 1535 qu’elle réunit les premières Compagnes et les mit sous la protection de sainte Ursule (v. 21 octobre), pour laquelle elle avait une grande dévotion. Ces premières «Ursulines» n’étaient pas constituées en congrégation ; Angela leur demandait seulement de s’engager devant Dieu à donner une formation chrétienne aux jeunes filles, et de se retrouver périodiquement pour célébrer ensemble l’Eucharistie.

L’évolution de cette Compagnie en Ordre religieux, un demi-siècle plus tard, s’effectua lors de la réforme post-tridentine, qui imposa une vie cloîtrée aux Ursulines.

Angela consacra ses dernières années de vie à organiser cette famille. Dans son Testament Spirituel, elle écrit ceci : 

… Guidées uniquement par l’amour de Dieu et le zèle du salut des âmes, vous entreprendrez votre tâche d’éducatrices… Je vous demande de tenir compte de chacune de vos filles et de les porter comme gravées dans vos cœurs, non seulement par leurs noms, mais avec toute leur situation et leur état… Je vous demande encore d’essayer de les attirer par l’amour, l’indulgence et la charité, et non par la hauteur et la dureté… Parfois il faudra montrer une autorité plus sévère, à bon escient et en tenant compte de l’état et des nécessités des personnes. Cependant, même alors, c’est seulement la charité qui doit nous pousser, ainsi que le zèle des âmes. 

Saint François de Sales, quelques années plus tard (v. 28 décembre) et Giovanni Bosco au 19e siècle (v. 31 janvier), eurent le même esprit, l’un pour conquérir les âmes des hérétiques, l’autre pour conquérir les jeunes garçons délinquants. Il est remarquable que Angela Merici, François de Sales et Giovanni Bosco sont fêtés à quelques jours d’intervalle, les 24, 27 et 31 janvier.

Angela Merici mourut le 27 janvier 1540 à Brescia.

Béatifiée officieusement en 1790, elle fut canonisée en 1807.

Actuellement, sont regroupées dans la famille des Ursulines différentes maisons dans le monde entier, ayant chacune un style particulier, mais toujours cet esprit d’Angela Merici, au service de la jeunesse.

Rosalie du Verdier de la Sorinière

1745-1794

 

Rosalie était née le 12 août 1745 à Saint-Pierre de Chemillé (Maine-et-Loire).

Entrée chez les Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire, elle porta le nom de Mère Saint-Céleste.

Comme on l’a vu au 26 janvier, elle fut arrêtée le 19 janvier 1794 et jugée avec sa belle-sœur.

Elle fut guillotinée à Angers, le 27 janvier 1794 et béatifiée en 1984.

 

 

Paul Joseph Nardini

1821-1862

 

Un militaire autrichien et Margareta Lichtenberger donnèrent la vie, hors mariage, à Paul Joseph, qui naquit le 25 juillet 1821 à Germersheim (Palatinat, Royaume de Bavière).

Tandis qu’on ignora toujours l’identité du papa, la maman, qui n’avait pas de travail, ne pouvait pas élever son garçon. Après deux années de grande pauvreté, elle le confia à sa sœur, Maria Barbara, qui avait épousé Anton Nardini, d’origine italienne. Ils l’adoptèrent pleinement et lui donnèrent donc leur nom de famille, lui procurant le meilleur qu’ils pouvaient pour sa formation.

Paul Joseph correspondit pleinement à cette générosité. Après l’école primaire, il aurait dû apprendre le métier de cordonnier, mais ses dons pour l’étude lui ouvrirent l’école de latin de Germersheim, avant le lycée en 1838. Il étudia avec grande application, attirant l’attention de ses professeurs. Après l’école primaire, il exprima son désir d’être prêtre.

Il étudia la philosophie au séminaire de Speyer (1841-1843), puis la théologie à l’université de Munich, où il passa son examen summa cum laude. Ses professeurs l’encourageaient à poursuivre une carrière académique, mais lui préférait l’apostolat en paroisse.

Exceptionnellement, il reçut tous les ordres mineurs et majeurs en 1846, étant ordonné prêtre le 22 août. Dans le même temps, il reçut le doctorat en théologie.

Il fut d’abord chapelain à Frankenthal, vicaire à Trebur, puis préfet au séminaire de Speyer.  En 1850 il fut nommé à une paroisse difficile, Geinsheim : peu de temps après, les paroissiens eux-mêmes écrivirent à l’évêque que leur paroisse était entièrement changée et demandaient que leur curé restât en place parmi eux. Mais leur souhait ne fut pas exaucé : en 1851, Paul Joseph dut assumer la paroisse - encore plus difficile - de Pirmasens, où il devait rester toute sa vie.

Sa chère maman Margareta vint l’aider. Paul montra alors toutes ses qualités de sacrifice, de détermination, d’oubli de soi, de zèle apostolique, amenant à la foi catholique de nombreux Protestants. Sa prédication, sa catéchèse, appuyées sur son amour de l’Eucharistie, lui donnèrent une réelle réputation de sainteté, et son action sociale le fit vite appeler le Père des pauvres.

Dans cette région, où le protestantisme était majoritaire, les enfants de familles catholiques en étaient réduits à mendier. Paul Joseph voulut venir en aide à ces familles et pensait qu’une communauté de Religieuses pourrait garantir la continuité dans ce qu’il avait organisé dans la paroisse, mais le conseil communal, entièrement protestant, s’opposait énergiquement à l’installation de ces Religieuses. Paul tint bon, malgré des menaces de mort.

En 1853, trois Religieuses du Très Saint Rédempteur arrivèrent de Niederbronn (Alsace), et commencèrent à s’occuper des enfants ; puis bientôt après, lors d’une épidémie de typhus, elles s’occupèrent des malades, mais le travail dépassait de beaucoup leurs possibilités, outre que le gouvernement prussien venait de promulguer une loi condamnant à l’exil toutes les congrégations religieuses d’origine étrangère : les Sœurs devaient repartir en Alsace.

Paul Joseph pensa qu’il fallait instituer une famille religieuse locale, qui aurait assumé les œuvres de charité de la paroisse. En 1855, avec deux jeunes filles de la paroisse, il donna naissance aux Pauvres Franciscaines de Pirmasens, qui prenaient la règle du Tiers-ordre franciscain et s’appelleraient plus tard les Pauvres Sœurs Franciscaines de la Sainte Famille.

Si la population appréciait cette innovation, ce n’était pas le cas des autorités et des journaux locaux. En plus, le pauvre Paul avait oublié de prévenir l’évêque, qui ne répondit pas à ses lettres durant des mois. Mais l’abbé Nardini persévérait, continuait de former ses Religieuses, leur donnant tout ce qu’il pouvait pour leur subsistance, jusqu’à se priver de nourriture pour elles. Il était aussi encouragé par l’arrivée d’autres jeunes filles.

L’évêque finit par donner son autorisation en 1857. Les Sœurs se multiplièrent jusqu’à plus de deux cents en quelques années.

Paul Joseph Nardini s’était épuisé. En janvier 1862, où l’hiver était très froid, il alla au chevet d’un paroissien mourant, et fut prit d’un violent accès de typhus aux poumons, qui le conduisit à sa dernière heure, le 27 janvier. Il n’avait que quarante ans.

La maison-mère se déplaça plus tard (1869) dans l’ancienne abbaye bénédictine de Mallersdorf (basse Bavière). Aujourd’hui les Sœurs sont présentes aussi en Roumanie et en Sud-Afrique.

En 2006 eut lieu la guérison miraculeuse d’une des Sœurs de la Sainte Famille, malade d’un cancer en phase terminale.

Paul Joseph Nardini a été béatifié en 2006 et sa fête est le 27 janvier.

 

 

Yohana Maria Muzeyi

1851-1887

 

Yohana Maria (Jean-Marie) était né entre les années 1851 et 1856 en Ouganda.

Son nom initial était Alipozaliwa Mtakatifu.

Son surnom de Muzeyi (Ancien), n’était pas dû qu’à son âge : s’il était un des plus âgés de ceux qui furent martyrisés, il était surtout connu pour la maturité de son jugement.

Ayant rencontré les pères missionnaires, il apprit, dit-on, tout le catéchisme en une journée.

Il reçut le baptême en la fête de la Toussaint 1885, et la confirmation le 3 juin 1886.

C’était un saint homme, tout dévoué au Christ et à l’Eglise.

Il reçut la palme du martyre pour sa foi, décapité, puis fut jeté dans un étang, le 27 janvier 1887.

Ce fut le dernier des Martyrs de cette persécution, qui furent canonisés en 1964 et sont fêtés le 3 juin.

 

Voir la notice : Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Enrique de Ossó y Cervelló

1840-1896

 

Enrique (Henri) naquit le 16 octobre 1840 à Vinebre (Tarragona, Espagne).

Son père le destinait au commerce, sa mère au sacerdoce.

Encore tout jeune, il fut très malade et reçut la Première communion comme viatique, car on désespérait de le voir guérir. Il se reprit cependant.

Lors de l’épidémie de choléra de 1854, sa mère mourut. Enrique lui promit, avant de la voir expirer, de devenir prêtre.

Il avait alors quatorze ans et travaillait comme apprenti dans le commerce de son oncle. Il laissa tout, se retira à Montserrat puis se présenta au séminaire de Tortosa.

Les études ne durent pas être faciles : très jeune apprenti, Enrique n’avait pas fréquenté l’école et devait maintenant «rattrapper» son retard. Sa persévérance produisit les fruits attendus. 

Ordonné prêtre en 1867, il célébra sa première Messe le 6 octobre ; ce jour-là, un dimanche, on fêtait par anticipation la solennité de Notre-Dame du Rosaire (normalement au 7 octobre dans le calendrier).

Il eut de suite plusieurs missions : au séminaire, il était professeur de mathématiques et de physique ; à l’extérieur, il s’occupa fébrilement de la catéchèse auprès des jeunes.

Une de ses maximes fondamentales fut : Eduquer un enfant, c’est éduquer un homme ; et éduquer une femme, c’est éduquer une famille.

Dès 1870, il réunit certains de ces jeunes en une association mariale de la Très pure Conception, qui devait évoluer quelques années plus tard en une Fraternité de Saint-Joseph.

En 1871, il organisa systématiquement dans douze paroisses de Tortosa une école catéchétique, et rédigea un Guide pratique à l’intention des catéchistes. Avec ce petit ouvrage, Enrique commença à être écrivain ecclésiastique et l’un des prêtres les plus populaires de l’Espagne à cette époque.

Il s’appuya fortement sur sa dévotion envers sainte Thérèse d’Avila (voir au 15 octobre), et se montra un inconditionnel du Pape et de l’Eglise Romaine.

Il organisa des associations pieuses pour réunir les jeunes et leur inculquer des références sûres en face des attaques laïques et maçonniques.

Il commença la publication d’un hebdomadaire chrétien, l’Ami du Peuple, qui ne dura qu’une année (1871-1872) à cause des autorités civiles. Qu’à cela ne tienne, il publia alors une Revue mensuelle de Sainte Thérèse de Jésus, qui dura vingt-quatre ans : don Enrique s’en servit pour répandre la doctrine de l’Eglise, la manière de bien prier, la dévotion à sainte Thérèse d’Avila bien sûr, et faire connaître les événements de la vie de l’Eglise, en Espagne et ailleurs.

En 1873, il fonda une nouvelle association, les Filles de Marie Immaculée et de Sainte Thérèse de Jésus, qu’il compléta en 1876 par le Rebañito del Niño Jesús (Petite Troupe de l’Enfant Jésus) ou Compagnie de Sainte Thérèse de Jésus, deux familles qui devaient avoir une vie spirituelle intense, et se dédier à l’apostolat.

En 1874, il publia un nouvel opuscule, le Quart d’heure de prière, qui connut plusieurs dizaines d’éditions.

En 1884, sortit son petit Catéchisme sur la maç