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10 décembre 2020 4 10 /12 /décembre /2020 00:00

10 DÉCEMBRE

?        

Ste Valérie, vierge et martyre près de Limoges. 

III.

S Maurus, martyr romain ; il était très jeune : s. Damase le dit enfant.

IV.

S Gemellus, martyr crucifié à Ancyre.

Stes Eulalia et Iulia, martyres à Merida ; Eulalie avait treize ans.

V.        

S Edibe, évêque à Soissons ; on dit qu'il sauva sa ville de la fureur d'Attila, par l'intercession des ss. Crépin et Crépinien.

VII.        

S Sandou, évêque à Vienne.

S Deusdedit, évêque à Brescia.

VIII.        

S Grégoire III, pape (731-741) d'origine syrienne ; il combattit l'iconoclasme et soutint s. Boniface.

S Thomas, abbé à Farfa ; il s'installa en cet endroit sur une révélation de la Sainte Vierge.

S Lucerius, abbé à Farfa, successeur de s. Thomas.

X.        

S Gausbert, évêque à Clermont, mais il résidait souvent à Cahors, où il mourut.

XII.        

S Luca, évêque à Isola Capo Rizzuto.

XIII.        

Notre-Dame de Lorette (1294) ; on conteste la translation aérienne de la maison de la Sainte Famille, de Nazareth à Loreto ; sous ce vocable, la Sainte Vierge est patronne des aviateurs.

XVI.        

SS Edmund Gennings, prêtre, et Swithin Wells, laïc qui l’avait hébergé, martyrs à Tyburn, pendus à la porte du domicile de Swithin.

SS Eustace White et Polydore Plasden, prêtres, et les Bx Brian Lacey, John Mason, Sidney Hodgson, laïcs, martyrs à Tyburn ; en prison Eustace fut sept fois pendu par les mains (dont une fois pendant huit heures). 

XVII.    

S John Roberts, bénédictin d’abord en Espagne, et le B Thomas Somers (Wilson), prêtre, martyrs à Tyburn ; John fut le premier moine martyr en Angleterre.

XIX.    

B Hyeon Gye-heum Florus, laïc coréen martyr, par décapitation, béatifié en 2014.

B Marcantonio Durando, missionnaire italien à Turin, fondateur des Sœurs de Jésus de Nazareth, pour soigner les malades ; béatifié en 2002.    

XX. 

B Giuseppe Migliavacca (1849-1909), prêtre italien jésuite, puis capucin (Arsenio de Trigolo), à l'origine des Sœurs de Marie Consolatrice, béatifié en 2017.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001, martyrisés près de Valencia :

Diocésains : Gonzalo Viñes Masip (*1883), chanoine ;

Salésiens : le prêtre Antonio Martín Hernández (*1885) et le coadjuteur Agustín García Calvo (*1905) ;

- béatifié en 2007 :

Lasalliens : à Barcelone, Mariano Anel Andreu (Adolfo Mariano, *1910) ; le jour exact de son martyre n'est pas connu et pourrait être ce 10 décembre, jour où on le vit la dernière fois ;

- béatifié en 2015 :

Cisterciens : à Santander, le convers Emérico Martín Rubio (Marcelino, *1913).

Bse María Emilia Riquelme y Zayas (1847-1940), fondatrice espagnole des Missionnaires du Saint-Sacrement et de Marie Immaculée, béatifiée en 2019.

B Anton Durcovici (1888-1952), évêque à Iaşi (Roumanie), martyr, béatifié en 2014.

Maurus de Rome

? 3. siècle

 

On a supprimé du 3 décembre la mention d’un Claudius, tribun, avec son épouse Hilaria et leurs deux fils Iason et Maurus, par manque de témoignages solides.

Mais Maurus est validement attesté par une inscription de s.Damase (v. 11 déc.).

Le saint pape décrit Maurus comme un insons puer, un enfant innocent. Celui-ci aurait bravé les tourments qu’on lui faisait subir pour renier le Christ, et mourut, peut-être décapité.

Ce pouvait être au troisième siècle, ou au début du quatrième.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Maurus de Rome au 10 décembre.

 

 

Eulalia de Merida

304 ?

 

D’après le poète Prudence, Eulalia était une jeune adolescente de douze (ou treize) ans, qui vivait à Merida (Espagne).

Lors de la persécution qui se déchaîne, on la cache à la campagne, mais elle trompe la surveillance des adultes et se présente le matin suivant au tribunal, invectivant le juge et les dieux, avec la conviction qu’on imagine pour cette créature encore jeune d’âge, mais mûre de caractère.

Immédiatement arrêtée, elle est battue par les bourreaux, déchirée ; on lui brûle la poitrine et les flancs ; asphyxiée par la fumée, elle expire.

On lui a parfois donné une compagne, Julie : rien d’invraisemblable à ce que ces deux petites filles se soient encouragées mutuellement dans leur démarche.

Le poète ajoute qu’une colombe se serait échappée de la bouche d’Eulalie et qu’une neige bienvenue aurait couvert chastement son corps.

Les spécialistes s’étonnent du manque de témoignages contemporains d’une Sainte si célèbre, le poète Prudence n’écrivant qu’un siècle après le martyre d’Eulalie. Mais n’a-t-on pas perdu quelques documents, justement durant la persécution, si tant est qu’on ait pu toujours en rédiger ?

Saint Augustin et saint Grégoire de Tours en parlent, aux 5e et 6e siècles.

On a confondu parfois notre Eulalie avec celle de Barcelone, martyre à la même époque, mais qui finalement a été retirée du 12 février où elle se trouvait dans l’ancien Martyrologe.

Le dies natalis d’Eulalie de Merida est au 10 décembre.

 

 

Gemellus d’Ancyre

362

 

Ce Martyr serait mort à Ancyre (auj. Ankara, Turquie) en ou vers 362.

Après bien des tortures, il aurait été crucifié.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Gemellus d’Ancyre au 10 décembre.

 

 

Grégoire III

731-741

 

Saint Grégoire II mourut le 10 (11) février 731 et le Siège de Pierre ne resta vacant que cinq jours.

Grégoire III, qui lui succède comme quatre-vingt-dixième pape, était d’origine syrienne, fils de Jean. Cardinal-prêtre du titre de l’église Saint-Chrysogone, il est décrit par le Liber Pontificalis en des termes très élogieux :

Douceur incomparable… profonde sagesse… science des Ecritures. Il possédait les deux langues grecque et latine à un égal degré ; il récitait tous les psaumes de mémoire… Son élocution était d’une élégance exquise.

Ce pontificat ne fut pas calme.

C’était l’époque de l’iconoclasme (ou lutte contre les saintes Images). Grégoire III réunit à Saint-Pierre un concile de quatre-vingt-treize évêques pour réaffirmer la légitimité du respect et de la vénération qu’on doit envers les saintes Images (sans les adorer). Mais les émissaires du pape à la cour de l’empereur soit n’eurent pas le courage de s’y rendre, soit furent arrêtés en route, soit provoquèrent la colère de l’empereur Léon l’Isaurien, qui prétendit armer toute une flotte contre l’Italie, mais elle fut défaite par une très forte tempête. Léon périt à son tour dans un tremblement de terre à Constantinople.

C’est à cette époque que remonte la mise sous la responsabilité pastorale du patriarche de Constantinople, de toutes les communautés chrétiennes de Sicile, de Grèce et d’Illyrie.

En Occident, la montée musulmane envahit l’Espagne, franchit les Pyrénées avec une armée d’un million de personnes, hommes, femmes et enfants compris, qui furent défaits à Poitiers en 732 (ou plutôt 733, paraît-il) : il y eut trois-cent mille morts du côté musulman, et quinze cents du côté franc. Le vainqueur, Charles Martel, en informa le pape, qui à son tour l’appela, mais en vain, pour l’aider dans sa politique italienne.

Grégoire III appuya fortement les travaux apostoliques de saint Boniface en Germanie, et on peut dire que c’est sous ce pontificat que l’Eglise de l’Allemagne centrale s’organisa solidement.

Le pape Grégoire III s’occupa aussi d’embellir plusieurs églises romaines.

Saint Grégoire III mourut, d’après les calculs rectifiés des historiens, le 10 décembre 741, jour auquel le mentionne le Martyrologe Romain.

Son successeur fut saint Zacharie.

 

Luca di Melicuccá

1050-1114

 

Luca vit le jour vers 1050 à Melicuccà (Reggio Calabria, Italie S), de Ursino et Maria.

Dans cette région fortement imprégnée de la présence des moines de rite oriental basilien, Luca s’intéressa à l’Ecriture Sainte et embrassa la vie religieuse. Il fut ordonné prêtre.

Avant même la quarantaine, il fut promu à l’épiscopat, pour le minuscule siège de Isola Capo Rizzuto. Il ne devait pas y être surchargé d’obligations et fut appelé en Sicile et en Calabre, où sa présence est signalée, ainsi que les miracles qui l’accompagnaient : pêche miraculeuse à Medino, cessation de la sécheresse à Mesa, exorcisme d’une maison infestée à Bovalino, mise en fuite d’un loup à Squillace.

Il projeta un voyage à Constantinople, qu’il dut interrompre à Tarante.

Il existe des manuscrits contenant des hymnes composés et recopiés par Luca.

Bon pasteur, il se préoccupa du salut des âmes ; sa prédication émouvait la foule.

Il fonda le monastère de Saint-Nicolas-de-Viotorito, où il se retira pour finir ses jours. Il y convoqua tous les évêques, abbés et prélats, moines et prêtres des diocèses voisins, leur impartit ses derniers conseils et remit son âme à Dieu, le 10 décembre 1114, sans oublier d’irriguer la population d’autres miracles encore après sa mort, ce qui lui valut d’être très vite acclamé comme Saint.

L’abbé saint Luca a été récemment introduit dans le Martyrologe Romain, au 10 décembre.

 

 

Sidney Hodgson

?-1591

 

Sidney était né en Angleterre.

A part cela, tout ce qu’on sait de lui est qu’il se convertit au Catholicisme.

Le 7 novembre 1591, il se trouvait chez Swithin Wells avec le prêtre Polydore Plasden et quelques autres laics à la Messe qu’était en train de célébrer Edmund Jennings (ou Gennings). Survint le célèbre Topcliffe et ses hommes : comme c’était le moment de la consécration, les laïcs présents, dont Sidney, leur barrèrent l’entrée et les prièrent d’attendre la fin de la célébration. Ensuite, ils se rendirent.

Le procès eut lieu le 4 décembre, et les laïcs furent condamnés à mort pour s’être réconciliés avec l’Eglise de Rome, pour avoir reçu et assisté des prêtres.

A Sidney, on offrit la grâce, s’il acceptait seulement de promettre de suivre l’Eglise officielle, mais il préférait mourir pour sa religion.

Sidney Hodgson mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 10 décembre 1591.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Swithun Wells

1536-1591

 

Laïc né vers 1536 à Bambridge (Hampshire, Angleterre). Son nom de baptême était celui d’un saint évêque local.

De famille aisée, il eut une bonne éducation et voyagea ; il cultiva la poésie, la musique, les sports.

Un moment précepteur à Southampton, Swithun fut pendant plusieurs années maître d’école à Monkton Farleigh (Wiltshire), et fréquenta les offices protestants, mais il se convertit au catholicisme en 1583.

En 1585, il vint louer une maison à Gray’s Inn Lane (Londres).

En 1591, alors que le prêtre Edmund Gennings était en train de célébrer la Messe chez Swithun, en présence de son épouse (Alice), d’un autre prêtre (Polydore Plasden) et de trois autres laïcs (John Mason, Sidney Hodgson et Brian Lacey), le persécuteur Topcliffe fit irruption dans la maison.

Deux versions s’affrontent ici : dans l’une, John Mason se bagarra avec l’intrus et tous deux roulèrent au bas de l’escalier ; dans l’autre, on discuta pour obtenir qu’au moins la Messe ne fût pas interrompue et ils se seraient rendus sans défense ensuite.

Il se trouve que Swithun n’était pas présent juste à ce moment ; il fut cependant arrêté dès son retour. Devant les juges, il précisa qu’en effet il n’était pas présent à la Messe, mais qu’il aurait bien voulu y assister.

Condamné à mort, il fut pendu à la porte de son domicile, le 10 décembre 1591 (Londres), juste après le prêtre Edmund Gennings. Juste avant d’être pendu, il dit à Topcliffe : Je prie Dieu de faire que vous deveniez un Paul, après avoir été un Saul et un persécuteur des enfants de l’Eglise Catholique.

Alice, elle, fut arrêtée et mourut en prison dix ans plus tard, en 1602.

Béatifié en 1929, Swithun a été canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, obtenue par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons, fut la guérison instantanée et durable d’un malade atteint d’un sarcome à l’épaule. 

 

 

Eustace White

1559-1591

 

Il naquit à Louth (Lincolnshire, Angleterre) en 1559 (ou 1560), de parents protestants. Quand il se convertit au catholicisme, son père le maudit.

Passé sur le continent en quête d’un collège pour se préparer au sacerdoce, il reçut sa formation à Reims (1584) puis à Rome (1586) et fut probablement ordonné prêtre au Collège Anglais (1588), avant de retourner dans son pays.

Il commençait son apostolat au moment où la fureur se déchaînait contre le catholicisme. Trois années plus tard (1591), une discussion avec un juriste, qui dura deux jours, fit une forte impression sur les Protestants qui assistaient à la rencontre, mais aussi fut la cause de son arrestation à Blandfort (Dorset).

Eustace présenta une défense très soignée devant la West Country, puis il fut envoyé à Londres, et enfermé à Bridwell (18 septembre), pendant quarante-six jours, couché et ligoté. Là, Topcliffe s’acharna particulièrement sur lui.

Le 25 octobre, le Privy Council le fit interroger sous la torture. Par sept fois il fut suspendu par les mains pendant des heures. C’est à peine si on lui donnait à manger ou de quoi se couvrir, s’il n’en était pas complètement privé.

Voici ce qu’il put écrire à un confrère depuis sa prison, le 23 novembre 1591 :

Le lendemain de la fête des saints Simon et Jude {donc le 29 octobre, ndt}, j’ai été accroché au mur, avec des menottes solidement attachées à un crochet, aussi haut que je pouvais arriver au-dessus d’un tabouret. Puis on retira le tabouret, de sorte que je suis resté là accroché depuis un peu après huit heures du matin jusqu’à quatre heures de l’après-midi… Le jour suivant, j’ai été accroché une heure ou deux : voilà la méchanceté de nos adversaires.

Il n’eut aucune possibilité de se défendre. Le 6 décembre il fut conduit à la cour de Londres, en même temps qu’un autre prêtre (Polydore Plasden) ainsi que trois laïcs (Brian Lacey, Sydney Hodgson et John Mason). 

Eustace fut accusé d’être entré en Angleterre contre les lois.

Il pardonna expressément à Topcliffe sa cruauté et pria pour lui. Puis, s’adressant à ceux qui assistaient à son exécution, il déclara que son unique «trahison» était d’être prêtre, et remercia Dieu de lui accorder la couronne de ses travaux.

Un moment pendu, il fut remis à terre, et pouvait encore se tenir debout. On le culbuta à terre, on le traîna vers le bûcher où deux hommes, debout sur ses bras, le tenaient immobilisé, pendant que le bourreau l’exécutait (d’habitude la victime, encore vivante, était d’abord éviscérée, avant d’être décapitée).

Eustace reçut la couronne du martyre le 10 décembre 1591.

Il est au nombre des Quarante Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles, qui furent canonisés en 1970.

Tous les Martyrs de cette triste période n’ont pas été nominativement canonisés ; l’Eglise a choisi les plus représentatifs, sans oublier pour autant les autres, qui ont humblement et glorieusement donné leur vie pour la Vérité.

 

 

Polydore Plasden

1563-1591

 

Ce jeune prêtre anglais était né à Londres en 1563.

Il étudia la théologie à Reims et à Rome, où il reçut le sacerdoce le 7 décembre 1586. A Rome aussi il signa une pétition pour demander le maintien des Jésuites dans l’administration du Collège Anglais.

On le retrouve à Reims entre avril et septembre 1588, avant qu’il soit envoyé en mission dans son pays natal.

Rentré en Angleterre pour y exercer le saint ministère, il fut arrêté le 8 novembre 1591 à Londres, chez Swithin (ou Swithun) Wells qui habitait aux Grays Inn Fields : le prêtre qu’il hébergeait, Edmund Gennings, y était en train de célébrer la Messe. Polydore, craignant une profanation de l’Eucharistie, donna sa parole que tous se seraient rendus librement, si on leur permettait seulement de terminer la célébration. On le leur permit : cela leur permettait de les emmener ensuite plus discrètement.

Condamné à mort pour trahison, Polydore devait être exécuté à Tyburn : au moment de son exécution, il reconnut clairement que la reine Elizabeth était sa souveraine légale, qu’il la défendrait de toutes ses forces contre ses ennemis, et qu’il priait pour elle et tout le royaume, mais ajouta aussi qu’il aurait plutôt donné mille fois sa vie que de renier sa foi. 

L’exécution eut lieu le 10 décembre 1591 (en même temps que pour Eustace White) : après une brève pendaison, la victime devait être éviscérée (encore vivante), avant d’être écartelée et décapitée, mais sur intervention de Walter Raleigh, Polydore ne fut éviscéré qu’après constatation de sa mort effective par pendaison. Cette sentence avait été écrite sur son cadavre.

Concernant ce Walter Raleigh, il s’agit d’un aristocrate parvenu à la vie assez mouvementée : ayant conquis la faveur de la reine, et en ayant obtenu la mission d’explorer la Virginie en Amérique du Nord, il se fit espion pour dénoncer des prêtres ; puis, ayant épousé - sans sa permission - une des dames d’honneur de la même reine, il fut mis en prison avec son épouse ; il se retira finalement dans le Dorset.

L’abbé Polydore avait vingt-huit ans, et tout juste cinq années de sacerdoce.

Quant à Edmund Gennings et son hôte Swithun Wells, ils furent pendus à la porte du domicile de ce dernier.

Polydore, ainsi que son compagnon Eustace, font partie des Quarante Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles canonisés en 1970.

 

 

Brian Lacey

? -1591

 

Laïc né à Brockdish (Norfolk, Angleterre), il était cousin et compagnon de Montford Scott, qu’il protégea.

Bien avant son arrestation, il avait déjà passé cinq années dans la prison de Newgate. Son propre frère, Richard, le dénonça.

Brian et Montford furent tous deux arrêtés en 1591.

En prison à Bridewell, il fut cruellement torturé par le persécuteur Topcliffe, dans la vaine intention de lui faire dire les maisons où il était passé.

Il fut accusé d’avoir aidé et soutenu des prêtres et martyrisé le 10 décembre 1591 à Tyburn (Londres).

Il a été béatifié en 1929.

 

 

John Mason

? -1591

 

Laïc né à Kendal (Cumbria, Angleterre), il était au service de M. Owen dans l’Oxfordshire.

Quand le persécuteur Topcliffe intervint et voulait pénétrer de force dans la maison, où le père Gennings était en train de célébrer la Messe, John s’attaqua à l’intrus ; il y eut de la bagarre et tous deux roulèrent au bas de l’escalier, ce qui fut à l’origine de l’accusation lancée contre John, d’avoir aidé et soutenu des prêtres.

Il fut martyrisé le 10 décembre 1591 à Tyburn (Londres).

Il a été béatifié en 1929.

 

 

Edmund Gennings

1567-1591

 

Edmund Gennings (ou Jennings) naquit à Lichfield (Staffordshire) en 1567. 

Naturellement porté vers les choses religieuses, il se convertit au catholicisme à seize ans et  se dirigea tout de suite vers le Collège Anglais de Reims, où il reçut le sacerdoce dès 1590, à vingt-trois ans.

Immédiatement reparti pour l’Angleterre, il se présenta sous le pseudonyme de Ironmonger. Sa mission dura peut : il fut arrêté pendant qu’il célébrait la messe chez un ami, Swithun Wells aux Gray’s Inn de Londres, le 7 novembre 1591.

Au même moment se trouvait présent un autre prêtre, Polydore Plasden. On leur laissa terminer la célébration et ils furent emmenés tous les trois pour être jugés.

Ils furent condamnés à mort. En ce qui concerne Edmund, l’exécution fut particulièrement cruelle : Lui et son hôte devaient être pendus à la porte-même du domicile de ce dernier. Topcliffe ordonna de couper la corde du pendu alors qu’il n’était qu’à peine étourdi. 

Le bourreau commença à l’éviscérer. On entendit alors Edmund balbutier encore : Sancte Gregori, ora pro nobis (Il iinvoquait très vraisemblablement saint Grégoire le Grand, qui envoya les premiers moines pour évangéliser l’Angleterre, voir au 3 septembre). Et le bourreau de l’insulter : Regardez-moi ça ! J’ai son cœur dans la main, et il a encore Grégoire dans la bouche. Quel merveilleux papiste ! 

Son compagnon hospitalier, Swithun Wells fut pendu juste après lui.

Un des effets immédiats de la mort d’Edmund, fut la conversion de son jeune frère, John, qui en écrivit plus tard la biographie, publiée en France en 1614.

Comme Polydore Plasden, Edmund et Swithun ont été canonisés parmi Quarante Martyrs d’Angleterre et de Pays de Galles, en 1970.

Leur dies natalis est le 10 décembre, tandis que la fête commune de tous les Martyrs a été fixée dans ces pays au 25 octobre.

Edmund avait vingt-quatre ans, et une année seulement de sacerdoce !

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Thomas Somers

?-1610

 

Thomas était né à Skelsmergh (Westmoreland, Angleterre).

Maître d’école, il vint au Collège anglais de Douai et fut ordonné prêtre.

Il utilisa parfois le pseudonyme de Thomas Wilson.

Arrêté, il fut condamné à mort.

Juste avant son martyre, il fut assisté par Luisa de Carvajal, une très pieuse femme espagnole qui eut l’heur de mourir avant qu’on ait pu l’expulser du royaume. On disait de cette femme qu’elle faisait plus de travail que vingt prêtres pour convertir des Protestants.

Thomas Somers mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 10 décembre 1610, avec John Roberts (qui est canonisé).

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

John Roberts

1576-1610

 

Né vers 1576 à Trawsfynydd (Gwynedd, Pays de Galles), il était fils de John et Anna. John descendait des anciens rois britanniques et cultivait ses terres. John reçut le baptême dans la religion protestante.

On dit qu’il reçut sa formation d’un moine de la communautéde Cymer Abbey. Puis il alla au Collège Saint-John d’Oxford en 1595 et, deux ans après, à Furnival’s Inn (Londres), pour le droit.

Il voyagea. A Paris, visitant la cathédrale Notre-Dame, il se convertit au catholicisme. Laissant tout ce qu’il avait fait et cru jusques là, il partit au monastère bénédictin de Valladolid et y fut reçu en 1598. Il y prit le nom de John de Merioneth, car il était né près de la localité de Meirionnydd.

En 1599, il laissa le collège pour l’abbaye du même endroit, d’où on l’envoya faire son noviciat à Saint-Jacques de Compostelle. Il fit la profession en 1600. Ordonné prêtre, il fut envoyé en Angleterre.

Quoique étroitement surveillés par un espion de gouvernement, John et ses compagnons réussirent à entrer dans l’île en avril 1603. Onn le nomma vicaire (représentant) des moines (anglais) de la congrégation (espagnole) de la Mission. Le mois suivant, il fut arrêté et expulsé.

Il arriva à Douai le 24 mai, pour repartir en Angleterre dès qu’il le put. A Londres, il s’occupa des victimes de la peste.

En 1604, il voulut accompagner quatre jeunes en Espagne, mais il fut arrêté de nouveau ; cette fois-ci, on ne reconnut pas qu’il était prêtre et on le «relâcha» en l’envoyant en exil ; avec la persévérance digne des Apôtres, il rentra en Angleterre.

Le 5 novembre 1605, on le trouva chez l’épouse de Thomas Percy, impliqué dans le complot Gunpowder. John n’avait rien à voir dans cette histoire, mais il fut arrêté et emprisonné pendant sept mois à Westminster, puis de nouveau banni, en juillet 1606.

Il n’allait pas s’arrêter là. Il vint fonder à Douai un monastère bénédictin pour les moines anglais qui se trouvaient en différents monastères d’Espagne. Ainsi fut fondé le monastère Saint-Grégoire de Douai, qui fut banni de France en 1795, pour se reconstituer en Angleterre à Downside Abbey (Bath, Somerset), en 1814.

Notre John, en octobre 1607 repartit pour l’Angleterre, où il fut à nouveau arrêté en décembre et remis en prison à Gatehouse, Westminster, d’où il s’échappa après quelques mois. Après cette nouvelle aventure, il vécut près d’un an à Londres, mais fut repris et mis à Newgate. On devait l’exécuter sans tarder, mais c’est l’ambassadeur de France qui intervint : le moine fut «seulement» banni.

Il voyagea en Espagne, revint à Douai… et rentra en Angleterre, pour la cinquième fois !

Le 2 décembre 1610, il fut à nouveau capturé, au moment où il finissait de célébrer la Messe ; c’est un prêtre apostat qui l’avait épié et dénoncé. On l’emmena à Newgate avec ses ornements. Le 5 décembre, il passa en jugement et déclaré coupable d’avoir enfreint la loi interdisant tout ministère sacerdotal en Angleterre.

Il avait trente-trois ans, quand il fut martyrisé le 10 décembre 1610 à Tyburn (Londres).

Il y avait beaucoup de monde pour assister à son exécution, car le peuple le connaissait bien, depuis qu’il s’était tant prodigué pour soigner les victimes de la peste en 1603. La foule voulait lui épargner les souffrances atroces qu’on réservait aux «pendus», en les remettant sur pied avant leur dernier soupir, pour les éviscérer vivants ; le père Roberts fut donc «seulement» pendu. Après sa mort, le bourreau lui arracha le cœur et, selon l’habitude, le montra à la foule en disant : Voici le cœur du traître ! D’habitude, on répondait Vive le Roi !, mais ce jour-là, la seule réponse fut un silence absolu.

Le corps du saint moine put être repris par un groupe de fidèles et reconduit à l’abbaye de Douai. Les révolutionnaires français le firent disparaître en 1795. Exceptionnellement, un bras avait été détaché et confié à la Maison royale d’Espagne, qui le remit à la cathédrale de Compostelle, et deux doigts furent conservés l’un à l’abbaye de Downside, l’autre à celle d’Erdington.

Béatifié en 1929, Dom John fut canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Hyeon Gye-heum Florus

1763-1801

 

Hyeon Gye-heum Florus est un laïc coréen né en 1763 à Seoul (Corée du Sud).

Il fut pendu à Seoul le 10 décembre 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Marcantonio Durando

1801-1880

 

La famille de Marcantonio était à Mondovì (Cuneo, Italie nord-ouest) et comptait huit enfants.

Le père avait des idées plutôt libérales et agnostiques, tandis que la mère était une personne très croyante qui sema dans le cœur de ses enfants les graines de la foi et de la piété. 

Deux des frères de Marcantonio suivirent les idées de leur père et se signalèrent dans les événements du Risorgimento ; l’un, Giacomo, fut Ministre des Affaires Etrangères dans le gouvernement de Ratazzi ; l’autre, Giovanni, fut général à la tête des troupes pontificales et, en opposition à la volonté du pape Pie IX, franchit le Pò pour barrer la route aux Autrichiens. Plus tard, il réintégra l’armée piémontaise et participa à la bataille de Novare, à l’expédition en Crimée et à la guerre d’indépendance.

Marcantonio, donc, naquit le 22 mai 1801. A quinze ans il manifesta le désir d’être missionnaire en Chine.

Il entra chez les Pères de Saint-Vincent-de Paul en 1818, fit la profession l’année suivante et fut ordonné prêtre en 1824. Sa première destination fut Casale Monferrato, où il resta cinq ans.

Tout de suite, il voulut mettre en pratique les principes de la mission populaire. Il réussit tellement, qu’on le demanda de tous côtés. Contre le laxisme ou le rigorisme, il parlait de la miséricorde de Dieu, convainquant la population de se convertir du fond du cœur. Il ne se contentait pas de prêcher, il intervenait aussi matériellement auprès des pauvres.

Il aurait voulu être missionnaire en Chine, mais sa Chine fut bientôt Turin, où il restera presque exclusivement jusqu’à la mort.

Il introduisit les Sœurs de la Charité dans le royaume du Piémont : ces Religieuses avaient été dispersées par la Révolution française et commençaient timidement à se reconstituer ; les apparitions mariales de la Rue du Bac à sainte Catherine Labouré (et la diffusion de la Médaille Miraculeuse) poussèrent Marcantonio à les appeler et le roi Carlo Alberto les accueillit en 1833. Quelques-unes seront envoyées en Crimée, pour soigner les blessés de la guerre, où combattaient des soldats piémontais.

De son côté, Marcantonio diffusait la dévotion à la Médaille Miraculeuse, dont l’évidente conséquence directe fut l’affluence des vocations chez les Sœurs de la Charité : vingt fondations en dix ans, pour près de trois cents religieuses. A Turin, il put ouvrir des Miséricordes, centres d’assistance sociale, où les religieuses pouvaient recevoir les pauvres et les soulager. Il y eut aussi des jardins d’enfants pour les pauvres, des ateliers pour les jeunes filles, des orphelinats. Les Sœurs de la Charité furent ainsi des éléments de premier ordre dans l’organisation sociale de la société piémontaise du 19e siècle.

En 1837 (il n’a que trente-six ans) Marcantonio est provincial pour toute la Haute Italie. Il ne peut plus prêcher les missions populaires, mais il prêche des retraites pour le clergé de Turin. On lui confie la direction spirituelle des Sœurs de Saint-Joseph, des Clarisses, des Sœurs Repentantes de Sainte-Madeleine (anciennes prostituées) ; il rédige les constitutions pour les Sœurs de Sainte-Anne… 

En 1865, il donne naissance à une Œuvre du cœur, avec les Sœurs de Jésus de Nazareth, qu’il confie à Luigia Borgiotti, une sainte femme, et qu’il destine au service des malades à domicile, jour et nuit, et à l’éducation des enfants et des jeunes. L’œuvre est audacieuse, et un chanoine de la cathédrale alla jusqu’à dire : Si Durando venait se confesser à moi, je ne pourrais pas, en conscience, lui donner l’absolution.

Mais l’esprit sain(t) de la fondation fut convainquant. Les Sœurs surent assister discrètement et efficacement les malades et en obtinrent même de célèbres conversions. 

Retenu dans Turin, Marcantonio envoya bientôt en pays de missions des confrères, en Chine, au Moyen-Orient, en Ethiopie, jusqu’en Amérique.

Comblé d’œuvres et de mérites, Marcantonio Durando mourut le 10 décembre 1880, mais il se trouve au 10 juin dans le Martyrologe.

Il a été béatifié en 2002.

Giuseppe Migliavacca

1849-1909

 

Giuseppe naquit le 13 juin 1849 à Trigolo (Crémone, Italie N).

En 1874, il fut ordonné prêtre.

En 1888, il entra dans la Compagnie de Jésus.

Il fut confesseur, prédicateur de retraites, animateur spirituel dans les collèges, directeur spirituel de communautés religieuses.

C’est dans ce cadre qu’un groupe de jeunes filles se forma autour du père Migliavacca, et qui devint en 1893 l’Institut des Sœurs de Marie Consolatrice ; leur mission serait l’enseignement et la formation de la jeunesse des milieux défavorisés, la prise en charge des orphelins et le catéchisme. Plusieurs maisons s’ouvriront à Turin, Milan, Bergame.

En 1903, le père Migliavacca quitta l’Ordre des Jésuites et entra chez les Frères Mineurs Capucins. Il y fit profession religieuse sous le nom d’Arsenio de Trigolo.

Désormais, il s’occupera de prêcher, de confesser et d’accompagner prêtres et séminaristes.

Le père Arsenio mourut à Bergame le 10 décembre 1909, jour où il sera inscrit au Martyrologe.

Arsenio de Trigolo a été béatifié en 2017.

 

Gonzalo Viñes Masip

1883-1936

 

Gonzalo naquit le 19 janvier 1883 à Xátiva (Valencia, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Après ses études au collège Setabense, il entra au séminaire de Valencia et fut ordonné prêtre en 1906.

Il fut vicaire à Xátiva, où la paroisse fut érigée en basilique ; il en fut recteur, puis chanoine et archiviste.

C’était un intellectuel, poète, historien et écrivain. Il fit partie de diverses académies : la Société Aragonaise de Sciences Naturelles, les Belles Lettres de Barcelone, le Centre de Culture de Valencia, le Service de Recherches de Préhistoire de Valencia et dirigea des travaux de recherches à Mogente et Gandía. 

En 1917, il fut nommé chroniste de la ville et archiviste municipal honoraire. 

Mais il s’occupa aussi de la jeunesse, réorganisant la Jeunesse Catholique Masculine, le Cercle Catholique des Ouvriers, l’Académie de la Jeunesse Catholique.,.

Il dirigea la revue L’Ouvrier Setabense et y publia une trentaine d’articles (Setabense désigne un habitant ou quelque chose de la ville de Xátiva, qu’on orthographie aussi Játiva).

Il fonda un petit musée et appuya fortement la création d’une bibliothèque spécialisée.

Avec d’autres prêtres de Valencia, comme lui érudits et soucieux d’élever le niveau culturel des âmes, il travailla activement à l’enseignement et au renforcement de la langue catalane.

Tous ces travaux, don Viñes Masip les recommandait à Notre Dame de la Seo, qu’il considérait comme l’inspiratrice de tous ses projets.

Quand la révolution se déclara, on oublia bien vite tout le bien que ce prêtre avait fait pour le peuple. 

On commença par lui retirer tous les livres chrétiens et les objets de culte qu’il avait chez lui ; on l’emmena plusieurs fois au Comité révolutionnaire, pour lui extorquer de l’argent ; on le menaça de mort s’il refusait de dire où se trouvait le trésor des églises ; on lui intima l’ordre de signer une déclaration où il renonçait à son sacerdoce. Don Gonzalo opposa un franc refus à cette injonction.

Arrêté pour son sacerdoce et sa fidélité à l’Eglise, il fut martyrisé à Vallés (Valencia), le 10 décembre 1936.

Don Viñes Masip fut béatifié en 2001.

 

 

Antonio Martín Hernández

1885-1936

 

Antonio naquit le 18 juillet 1885 à Calzada de Béjar (Salamanque, Espagne), dans une famille très chrétienne.

Il se prépara à l’enseignement et eut le diplôme d’enseignant à Salamanque. Puis, en 1913, il connut les Salésiens, dont l’esprit le convainquit de se consacrer à Dieu.

Après quelques années à Campelo, il fut ordonné prêtre à Carabanchel en 1919 et enseigna à Alicante, Madrid, Barcelone ;  il fut maître des novices et professeur de pédagogie à Sarria. 

Il fut directeur à Rocafort et son dernier poste fut Valencia, comme directeur du collège où, comme ailleurs, il transmit son esprit joyeux et enthousiaste, en même temps que son amour du travail consciencieux et sa dévotion au Sacré-Cœur.

Le 22 juillet 1936, la maison fut confisquée, les religieux arrêtés, un temps relâchés, de nouveau arrêtés quelques jours après.

Il reçut la palme du martyre à Picadero de Paterna (Valencia), le 10 décembre 1936.

Toutefois, il est dit aussi qu’il mourut en prison, avec le père José Giménez López.

Il y eut cinq membres salésiens martyrisés les 9 et 10 décembre 1936 ; parfois, on les trouve ensemble à l’un ou l’autre jour, parfois divisés : trois le 9 et deux le 10 (dont le père Antonio). C’est cette dernière version qu’a adoptée le Martyrologe Romain.

Le père Antonio fut béatifié en 2001.

 

 

Agustín García Calvo

1905-1936

 

Né le 3 février 1905 à Santander (Espagne), Agustín étudia sur place chez les Salésiens, et fut ensuite aspirant dans leur maison d’Alicante.

Il voulut faire partie de la famille salésienne comme Frère coadjuteur, et fit le noviciat à Sarria (Barcelone).

Après sa profession en 1923, il fut principalement à Valencia.

On lui doit des œuvres théâtrales, qu’il écrivait pour les anciens élèves.

Il fut martyrisé lors de la révolution espagnole, à Picadero de Paterna, le 10 (plutôt que le 9) décembre 1936, et fut béatifié en 2001.

 

 

Mariano Anel Andreu

1910-1936

 

Il naquit le 16 juin 1910 à Josa (Teruel) et fut baptisé quelques jours après. Il était le quatrième des cinq enfants que devaient avoir Diego Anel Villarig et Celestina Andreu Nebra : Matilde, Cándida, José, Mariano et María.

En 1926, à seize ans, il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils (Taragona), passa au noviciat de Fortianell (Gerona) en 1927, où il reçut l’habit, et le nom de Adolfo Mariano, et à Benicarló (Castellón). En 1928, il fit la première profession et alla faire le scholasticat à Cambrils.

En 1929, il fit de l’apostolat à Alcora pendant deux années, dans un tout nouveau collège, où il fit la classe aux tout-petits. En 1931, il fut envoyé à l’école de Santa Madrona de Barcelone puis, quand cette école dut fermer pour des motifs économiques, en 1933, il passa au collège Bonanova de Ciudad Condal.

Le Frère Adolfo donna entière satisfaction tant à ses supérieurs qu’aux étudiants et à leurs familles, de sorte qu’on mettait beaucoup d’espérances en lui.

En juillet 1936, ce collège fut pris d’assaut par les révolutionnaires. Mariano put se réfugier d’abord chez un cousin, à la Rambla de las Flores. Il craignait beaucoup de causer des dérangements à ses hôtes et, sans penser à la censure, écrivit à sa famille un grand nombre de détails sur sa vie quotidienne.

Les miliciens ne tardèrent pas à le repérer et vinrent fouiller la maison, d’abord sans rien trouver, car le cousin put cacher Mariano. C’était le 1er décembre 1936. Mais les miliciens partirent en disant : On sait bien qu’il se cache ici une bonne pièce et on ne pas la laisser s’enfuir.

A ce point-là, quelqu’un lui suggéra un stratagème : s’affilier comme volontaire dans les milices, pour avoir l’occasion d’enseigner les analphabètes ! Il suivit le conseil.

Quinze jours après, il rentra précipitamment à la maison et vida toutes ses poches en donnant à son cousin ce qu’il avait, en lui disant : Je crois qu’ils se doutent de quelque chose et ils m’envoient au front. Il faut que je parte tout de suite. Tomás, je te donne tout ce que j’ai.

Il se pourrait bien qu’il se soit lui-même «trahi», par le fait qu’il ne disait jamais de grossièretés. Un camarade dut lui demander s’il n’était pas Religieux et il aurait répondu plus ou moins par l’affirmative, pour éviter des représailles chez son cousin bienfaiteur.

Toujours est-il qu’il n’y eut ces jours-là aucun départ pour le front, mais le Frère disparut.

Ici, un autre récit raconte que les miliciens seraient revenus à la charge et que, ne trouvant toujours pas Mariano, ils arrêtèrent le cousin, pour avoir hébergé un Religieux. C’est alors que Mariano se serait constitué comme Religieux, obtenant la libération de son cousin, le 10 décembre. 

Ensuite, on ne sut plus rien de lui. La famille chercha partout à s’informer et l’on finit par leur avouer que leur proche était là où il devait être...

Il avait été assassiné.

Ce fut dans le début du mois de décembre (on lit parfois octobre) 1936, à une date non précisée. C’est pourquoi on retient pour le moment la date du 10 décembre pour son dies natalis. 

Le Frère avait vingt-six ans et fut béatifié en 2007.

 

 

Emérico Martín Rubio

1913-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Emérico naquit le 4 novembre 1913 à Espinosa de Villagonzalo (Palencia, Espagne).

Entré en 1935 chez les moines Trappistes comme Convers, il prit le nom de Marcelino.

Il fut martyrisé à Santander (Cantabria) le 10 décembre 1936 et béatifié en 2015.

 

 

María Emilia Riquelme y Zayas

1847-1940

 

María Emilia naquit le 5 août 1847 à Grenade (Espagne), premier enfant d’un couple très chrétien : Joaquín Riquelme y Gómez, officier de carrière qui devint Lieutenent Général ; María Emilia Zayas Fernández de Córdoba y de la Vega, qui descendait du Grand Capitaine, Gonzalo Fernández de Córdoba.

Ces parents désiraient ardemment la naissance d’un fils, qui aurait continué la lignée paternelle et aurait aussi servi sous les armes, mais ce garçon, Joaquín, qui naquit deux ans après María Emilia, mourut à dix-sept ans. Une deuxième fille vint au monde, Blanca, qui mourut un an plus tard ; un quatrième enfant naquit aussi, mais mourut peu après la naissance.

María reçut au Baptême (deux jours après sa naissance) les noms de : María Emilia Joaquina Rosario Josefa Nieves de la Santísima Trinidad. Le prénom Nieves (Neiges) est sans doute dû à la fête qui se célèbre le 5 août, Notre-Dame des Neiges (la Tradition rapporte qu’un 5 août, en plein été, une des collines de Rome se trouva couverte de neige, et que c’était là le signe providentiel qui indiquait où il fallait construire la première basilique mariale à Rome).

En 1851, elle accompagna ses parents en Navarre, où venait d’être nommé le papa. C’est là que naquirent les trois petits frère et sœurs de María, c’est là aussi que mourut la maman, en 1855, quand María n’avait pas encore huit ans.

Une autre Maman se manifesta alors : María eut une vision de la Vierge Marie, qui tenait dans ses bras l’Enfant-Jésus. Maria alors se consacra à Notre-Dame du Carmel, et fit en 1859 privément le vœu de chasteté.

Elle fut bonne élève à l’école, à Séville puis à Madrid. Elle apprit à chanter, à jouer du piano, à parler des langues (dont le français), et à monter les chevaux.

Elle accompagna son père dans ses déplacements, à Pampelune, Tenerife et La Coruña. En 1868, eut lieu la Révolution libérale, qui détrôna la reine Isabelle II : le père s’enfuit alors en exil à Lisbonne, et María vint vivre chez sa tante à Madrid. Là vivait un cousin, diplomate de son état, Eduardo Díaz del Moral y Riquelme, qui aurait bien voulu l’épouser - et essuya un franc et sincère refus.

Quand María parla de sa vocation religieuse à son père, celui-ci tenta de l’en dissuader et de la distraire par d’autres rencontres.

Au contraire, María se rapprocha des Sœurs de la Charité et des Pères Vincentiens, sur le conseil de son directeur spirituel, Marcelo Spinola y Maestre, futur cardinal et bienheureux (v. 19 janvier). De même qu’elle avait eu la vison de Marie avec l’Enfant-Jésus, elle alla trouver les pauvres et les malades pour les aider maternellement ; elle donnait de l’argent aux filles qui, pour vivre, étaient tentées de se prostituer ; elle aidait aussi les jeunes gens qui ressentaient la vocation sacerdotale, comme par exemple le futur archevêque Leopoldo Eijo y Garay.

Après la mort de son père (1885), elle crut le moment venu d’entrer en religion, mais sa santé ne le lui permit pas, aussi fit-elle arranger dans sa demeure une chapelle et alla trouver les pauvres gens. Quelques jeunes filles s’attachèrent à son mode de vie, donnant ainsi naissance en 1896 à une petite famille religieuse, les Missionnaires du Saint Sacrement et de Marie Immaculée. C’étaient alors huit Religieuses, qui reçurent l’approbation de l’archevêque de Grenade. María en fut la supérieure, jusqu’à sa mort.

Une seconde maison s’ouvrit à Barcelone en 1900, et une école à Grenade.

En 1912, María reçut de Pie X l’approbation pontificale.

En 1936, elle put se réfugier à temps en France, durant les années de la Guerre civile.

De retour en Espagne, elle s’établit à Grenade, où elle mourut le 10 décembre 1940.

La congrégation se répandit au Portugal, aux Etats-Unis.

María Emilia fut béatifiée en 2019. Le miracle dû à son intercession et reconnu par le Pape, advint en Colombie.

 

 

Anton Durcovici

1888-1951

 

Anton vit le jour le 17 mai 1888 à Bad Deutsch-Altenburg (Autriche), de Francisc et Maria.

Après la mort de son père, il vint en 1895 avec sa mère et son frère à Iaşi. Là il fréquenta le collège, puis le lycée de Bucarest, après lesquels il entra au Grand séminaire en 1906.

On l’envoya perfectionner ses études à Rome, où, à l’Angelicum, il fut reçu docteur en Philosophie et Théologie ; il passa aussi la licence en Droit canonique à la Grégorienne.

Après son ordination sacerdotale, il retourna dans son pays, et enseigna au séminaire de Bucarest, en même temps qu’il administrait une paroisse à Tulcea.

La Roumanie s’étant mise du côté des «Alliés» pendant la guerre, l’abbé Durcovici fut considéré «ennemi», étant natif d’Autriche, et fut mis en prison. C’est l’empereur Ferdinand qui ordonna de le mettre en liberté.

En 1924, il fut nommé recteur du même séminaire, jusqu’en 1947, année où il fut nommé évêque de Iaşi, La consécration eut lieu en avril 1948.

Depuis la fin de la guerre, les autorités communistes organisèrent un véritable espionnage de l’évêque, cherchant à le détacher de l’autorité romaine, le menaçant. Finalement, le 26 juin 1949, tandis qu’il se rendait à pied dans une paroisse de la banlieue de Bucarest pour y célébrer une Confirmation, il fut contraint de monter dans une voiture de la Securitate.

Mgr Durcovici fut ensuite la proie des prisons roumaines communistes : tortures continuelles, jour et nuit, pendant des semaines, en plein hiver on le déshabilla et on l’exposa au froid, on le priva d’eau et de nourriture… Il fut enfermé à Jilava, puis Sighet ; Mgr Durcovici fut réduit à l’état de squelette.

Dans cette dernière prison, il put approcher un prêtre qui balayait le couloir, et lui dit en latin : Antonius episcopus fame moritur… Da mihi absolutionem (l’évêque Antoine meurt de faim. Donne-moi l’absolution).

L’évêque mourut en prison, des suites de ces mauvais traitements, le 10 décembre 1951. Dans un premier temps, les communistes le mirent dans une tombe sans indication de son nom, et détruisirent des documents attestant son séjour en prison.

Reconnu martyr pour sa foi inébranlable et son attachement à l’Eglise romaine, il a été béatifié en 2014.

 

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9 décembre 2020 3 09 /12 /décembre /2020 00:00

09 DÉCEMBRE

 

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S Nectaire, en Auvergne ; il aurait ressuscité un mort.

II.

S Julien, évêque à Apamée, adversaire des montanistes.

IV.

Ste Leocadia, vierge et martyre, patronne de Tolède ; elle apparut à s. Ildephonse. 

S Proculus, évêque à Vérone ; torturé, expulsé, il put revenir mourir dans sa ville.

S Syrus, premier évêque à Pavie ; une tradition en fait le jeune garçon qui portait cinq pains et deux poissons lors de la multiplication des pains (cf. Jn 6:9).

Ste Gorgonia, mère de famille, sœur aînée de s. Grégoire de Nazianze ; par pudeur, elle ne voulut pas montrer les plaies qu'elle avait reçues lors d'un grave accident.

VI.

S Cyprianus, abbé à Genouillac, près Périgueux.

IX.

Ste Ethelgiva, première abbesse à Shaftesbury, monastère fondé par ses parents.

XVI.

S Juan Diego Cuauhtlatoatzin, le voyant de Guadalupe, béatifié en 1990, canonisé en 2002.

Apparition de Notre-Dame à Guadalupe (1531), fêtée le 12. 

XVII.

Bx Simon Takeda Gohyoe, laïc japonais, sa mère Ioanna et sa femme Agnes, ainsi que Magdalena Minami, épouse de Ioannes (cf. 8 décembre) et leur fils adoptif Ludovicus de sept ans,  martyrs, béatifiés en 2008.

S Liborius Wagner, luthérien converti, curé d'une paroisse difficile (Altenmünster), dénoncé par un luthérien aux Suédois envahisseurs, torturé et crucifié.

S Pierre Fourier, curé à Mattaincourt puis à Gray, fondateur de la Congrégation de Notre-Dame avec Alix Le Clerc.

XX.

B Cesare Silvestrelli (Bernardo Maria de Jésus, 1831-1911), prêtre passioniste italien, considéré comme le second fondateur de son Ordre, béatifié en 1988.

Bx Martyrs de la Révolution espagnole de 1936 :

- béatifié en 1995 :

Piaristes : près de Valencia, José Ferrer Esteve (J. du Carmel, *1904), clerc ;

- béatifiés en 2001 :

Salésiens : près de Valencia, les prêtres Recaredo de los Ríos Fabregat, Julián Rodríguez Sánchez et José Giménez López (*1893, 1896, 1904) ;

- béatifié en 2007 :

Lasalliens : à Barcelone, Josep Lluís Carrera Comas (Agapi, *1881).

- béatifiées en 2013 :

Filles de la Charité : près de Valencia, Josefa Laborra Goyeneche, María Pilar Nalda Franco, Carmen Rodríguez Banazal, Estefanía Irisarri Irigaray, Isidora Isquierdo García, Dolores Brosera Bonet (* 1864, 1871, 1876, 1878, 1885, 1892).

Agnès (Aganesu), l’épouse de Simon, était née vers 1563, également à Ise.

On peut supposer que ces deux femmes furent crucifiées, comme Magdalena.

 

 

Ces deux petites familles furent martyrisées sans pitié le 9 décembre 1603, à Yamashiro.

On peut dire que le petit Ludovicus fait partie des Saints Innocents, tués en haine du Christ.

Tous ces cinq Martyrs, dont le dies natalis commun est le 9 décembre, figurent parmi les cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais béatifiés en 2008.

 

 

Simon Takeda Gohyoe

1568-1603

avec son épouse Agnès et sa mère Ioanna

 

(voir ci-dessus la notice de Magdalena Minami)

 

 

Cesare Silvestrelli

1831-1911

 

Cesare naquit le 7 novembre 1831, troisième des sept enfants d’une famille noble romaine, les Silvestrelli-Gozzani.

Son éducation se fit avec un précepteur à la maison, puis il fréquenta la Collège Romain.

Contre l’avis des siens, il entra en 1854 dans la Congrégation des Passionistes et commença le noviciat au Monte Argentario (Orbetello, Toscane), mais la maladie l’obligea à interrompre cette préparation. Il faut expliquer ici qu’au début, de rigoureuses mortifications étaient de règle dans la vie quotidienne de cette Congrégation, et tous les aspirants ne réussissaient pas à persévérer.

Cesare put toutefois se préparer au sacerdoce, qu’il reçut en 1855.

En 1856, il reprit le noviciat, à Morrovalle (Macerata), fut vêtu de l’habit de la Congrégation, et reçut le nom de Bernardo Maria de Jésus. La même année entra un certain Francesco Possenti, qu’on connaîtra mieux sous son nom de religion, Gabriel de l’Addolorata : entre les deux novices naîtra une sainte amitié et une réciproque émulation pour la sainteté, qui édifiera toute la communauté.

Tandis que fr. Gabriel s’éteignait six ans plus tard (voir au 27 février), Cesare-Bernardo faisait l’unanimité autour de lui pour ses belles qualités.

En 1865, il fut nommé maître des novices, en 1869 recteur à la Scala Santa de Rome (cet escalier-même que monta Jésus-Christ pour se retrouver en face de Ponce Pilate. On y observe des taches qui seraient des marques de son Sang. Les marches en marbre sont recouvertes avec du bois, et on les monte à genoux).

En 1878 il fut élu supérieur général, réélu en 1893, jusqu’en 1907.

En 1870, le pape Pie IX montait dévotement les marches de la Scala Santa, humblement accompagné par le même Bernardo Maria de Jésus.

Sous son impulsion, la Congrégation se fortifia. Il ouvrit la maison d’études près de la Scala Santa à Rome, un couvent près de Nettuno. D’autres couvents s’ouvrirent à l’étranger : en Espagne, en France, en Angleterre et en Irlande, en Belgique et en Hollande, en Argentine et au Chili, aux Etats-Unis, en Palestine, en Australie. En 1896, il visita les maisons en Amérique. 

On a pu dire qu’il fut le deuxième fondateur de sa Congrégation (le Fondateur ayant été en 1720 saint Paul de la Croix, voir au 18 octobre).

Il refusa nettement la dignité cardinalice que lui proposèrent deux papes.

Il écrivit deux ouvrages importants : Entretiens spirituels à l’usage des Novices Passionistes, où il montre toute sa prudente expérience religieuse ; et Marialogium, où apparaît sa profonde dévotion à la Mère de Dieu, co-rédemptrice du genre humain.

En 1908, il eut la joie de vivre la béatification de son cher ami, Gabriele de l’Addolorata, puis se retira dans le silence et la solitude. 

Il était à Moricone (Rome), lorsqu’il fit une grave chute dans l’escalier. Octogénaire, le saint homme ne put se remettre et mourut, le 9 décembre 1911.

Cesare Silvestrelli - Bernardo Maria de Jésus fut béatifié en 1988.

 

 

Josefa Laborra Goyeneche

1864-1936

 

Josefa vit le jour le 6 février 1864 à Sangüesa (Navarre, Espagne), de Francisco et Javiera, des paysans bons chrétiens.

Ils l’envoyèrent chez les Filles de la Charité, où elle s’inscrivit aux Enfants de Marie, et apprit comment assister les nécessiteux.

Elle voulut entrer elle aussi dans la congrégation, mais le papa était réticent, jusqu’au jour où, tombé d’un arbre et mourant, il chargea son épouse de donner son consentement à leur fille.

Elle entra alors au noviciat en 1881 à Madrid.

Après dix-neuf années d’enseignement à Cuenca, elle vint à Bétera en 1900.

En 1911, nouvelle destination : Murcia, mais à cause de sa vue déficiente, de l’hôpital trop grand pour elle, elle revint à Bétera, comme Supérieure : la population en était si satisfaite, qu’elle l’accueillit en triomphe, avec l’harmonie municipale qui l’escorta depuis la gare.

Elle aimait profondément sa communauté et disait, de façon prémonitoire : Si nous devions mourir, que ce soit toutes ensemble !

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles durent abandonner leurs enfants et tâchèrent de trouver refuge dans les environs.

Elles furent accueillies dans la famille d’une élève, mais on les obligea à partir de là, le 21 août. Elles errèrent jusqu’à Valencia, et dormirent dans un garage. Le lendemain, elles furent accueillies dans une pension.

Il y avait une pieuse demoiselle, très liée aux Filles de la Charité, qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves. On finit par filer cette personne, Dolores Broseta, que l’on arrêta en même temps que les Religieuses.

Elles furent arrêtées en décembre et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936. Josefa, qui demanda à mourir la dernière, pardonna à ses bourreaux.

Josefa fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

María Pilar Nalda Franco

1871-1936

 

María Pilar vit le jour le 24 mai 1871 à Algodonales (Cadix, Espagne), de Manuel, un médecin, et Josefa. Le nom exact que ces bons parents donnèrent à leur fille fut : María Pilar de la Très Sainte Trinité et de Saint Robustien, ce dernier étant un Martyr inconnu inscrit au Martyrologe le 24 mai.

Inscrite parmi les Enfants de Marie, María Pilar connut les Filles de la Charité, chez qui elle trouva tout son idéal. Après l’année d’essai à Jerez de la Frontera, elle entra au noviciat en 1889.

En 1890, elle fut envoyée à l’hôpital de Mondoñedo, puis à Bétera en 1906, où elle fit l’école aux enfants pendant trente ans. Avec les élèves plus grandes, elle organisait du théâtre, des danses et des chants populaires, mettant à profit ses dons pour la musique.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge dans les environs et se retrouvèrent à Valencia.

Syrus de Pavie

1. ou 4. siècle

 

Il est assez difficile de situer Syrus, à cause de l’incohérence des sources.

Syrus aurait été cet enfant qui, dans l’Evangile, se trouvait non loin de Jésus avec son panier de cinq pains et deux poissons (cf. Jn 6:9). Il est vrai que Syrus signifie «syrien», et l’enfant dont parle l’Evangéliste pouvait être syrien, mais il ne le nomme pas.

Ensuite, toujours d’après la tradition, Syrus aurait suivi à Rome s.Pierre et aurait été envoyé par ce dernier dans la région de Pavie, dont il fut alors le premier évêque, mais propageant l’Evangile dans tout le nord de l’Italie, à Vérone, Brescia, Tortona, Asti Lodi, Plaisance, Parme et bien sûr Milan. Les fauteurs de cette tradition pouvaient ainsi revendiquer l’antériorité de Pavie sur Milan.

Mais une autre tradition fait de Syrus un disciple de s.Hermagoras (v. 12 juillet), lui-même disciple de l’évangéliste s.Marc et premier évêque d’Aquilée.

Ces deux traditions pourraient à la rigueur coïncider, mais le problème est que le deuxième successeur de Syrus, Inventius, n’est attesté qu’en fin de quatrième siècle, ce qui peut faire naître plusieurs hypothèses. Soit les deux premiers évêques de Pavie, Syrus et Pompeius, vécurent plus de cent-cinquante ans ; soit il y a eu deux personnages de même nom mais à deux périodes bien distinctes ; soit Syrus fut effectivement évêque de Pavie au premier siècle, puis le diocèse aurait connu une vacance de plus de deux siècles ; soit encore on a perdu la trace des évêques de Pavie durant les deuxième et troisième siècles ; soit Syrus n’est simplement pas du premier siècle et aurait été évêque au début du quatrième siècle environ : c’est l’hypothèse la plus probable envisagée aujourd’hui.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Syrus de Pavie au 9 décembre.

 

 

Leocadia de Tolède

† 305

 

D’après la tradition, le préfet Publius Dacianus, gouverneur de la Betica (Espagne S) voulut appliquer dans toute sa rigueur le décret émis par l’empereur Dioclétien pour éliminer les Chrétiens.

A peine arrivé à Tolède, Dacianus se fit amener la vierge Leocadia dans l’espoir de la faire apostasier sous la torture. N’y réussissant pas, il la fit mettre aux fers dans un cachot obscur, où on lui raconterait dans quels tourments on avait précédemment torturés d’autres Martyrs, tels Eulalia de Merida, Vicente de Talavera (v. 10 déc. et 28 oct.).

Fortement impressionnée par les descriptions détaillées qu’on lui exposa, Leocadia mourut d’épuisement dans ce cachot infect.

La fidélité de Leocadia et sa mort librement acceptée pour l’amour du Christ, l’ont fait considérer comme martyre.

Ce pouvait être en 305.

Plus tard, la même sainte Leocadia apparut à s.Ildefonso (v. 23 jan.) pour lui indiquer l’endroit où se trouvaient ses reliques. S.Ildefonso, en gage de cette apparition, tailla un morceau du voile de la Sainte, que l’on conserve toujours à Tolède.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Leocadia de Tolède au 9 décembre.

 

 

Gorgonia de Nazianze

330-370

 

Gorgonia était la sœur aînée de s.Grégoire de Nazianze (v. 25 jan.). C’est de ce dernier que nous connaissons les détails qui suivent.

Elle naquit vers 330, de Gregorios et Nonna (v. 5 août). Gorgonia et Grégoire eurent aussi un frère, Cæsarios (v. 25 fév.). On le voit, ces trois frères et sœur sont tous mentionnés dans le Martyrologe.

De son mariage avec Alypios, qui était d’Iconium, Gorgonia eut trois filles.

On croit pouvoir déduire du texte de Grégoire, que sa sœur ne reçut le baptême que sur le tard de sa vie, mais Gorgonia fut toute sa vie une amante de la Vérité et une fidèle servante de l’Eglise.

Grégoire nous raconte comment sa sœur, victime d’un grave accident de «voiture», fut assez gravement blessée, mais refusa, par pudeur, de montrer ses plaies au médecin.

Durant une de ses dernières maladies, Gorgonia profita d’une accalmie de son mal pour aller prier devant l’autel : elle se releva guérie.

Au dernier instant, elle murmura encore le verset du psaume 4 : En paix aussitôt je m’endormirai et me reposerai (Ps 4:9).

La mort de cette sainte femme advint vers 370.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Gorgonia de Nazianze au 9 décembre.

 

 

Cyprianus de Périgueux

6. siècle

 

Une source trop tradive présente Cyprianus comme originaire d’Auvergne et disciple de l’abbé Salane à Genouillac (Périgueux).

Une autre source, apparemment contemporaine de Cyprianus ou légèrement postérieure à lui, est l’ouvrage de s.Grégoire de Tours (v. 17 nov.).

Selon ce dernier, Cyprianus fut abbé à Genouillac même.

Parmi ses nombreux miracles, il guérit les mains débiles, remit sur pieds des paralytiques, rendit la vue à des aveugles. Il guérit aussi trois lépreux en les oignant d’huile.

On ne sait au juste quand mourut Cyprianus.

A son tombeau, les malades recouvraient fréquemment la santé.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Cyprianus de Périgueux au 9 décembre.

Juan Diego Cuauhtlatoatzin

1474-1548

 

(voir au 30 mai)

 

 

Magdalena Minami

1560-1603

 

et son fils Ludovicus

 

Magdalena (Magadarena) Minami, née vers 1560 à Setsu-no-Kuni (Osaka, maintenant quartier de Takarazuka, Hyogo), était l’épouse de Ioannes (Yohane) Minami Gorozaemon, un samouraï qui fut martyrisé un jour avant elle, le 8 décembre. Elle fut crucifiée.

Ils avaient adopté Ludovicus (Rudobiko), qui était né vers 1596 à Yamashiro (aujourd’hui Kizugawa, Kyoto), alors âgé de sept ans. Il fut sans doute décapité, comme les deux samouraïs Simon et Ioannes.

 

Simon (Shimon) Takeda Gohyoe était l’époux d’Agnès et fils de Ioanna, dont on va parler aussi.

Il était né vers 1568 (1570 ?) à Miyako (aujourd’hui Kyoto) ; officier samouraï converti au catholicisme, il avait refusé de participer à un rite païen.

La nuit précédant son exécution, Simon resta prosterné devant son image préférée : le Christ couronné d’épines en face de Ponce Pilate (qu’on appelle Ecce Homo, selon les propres mots de Pilate, cf. Jn 19:5).

Au matin du 9 décembre, il se trouvait avec son épouse, sa mère et les trois autres fidèles (voir ci-dessus). Ils récitèrent ensemble l’acte de contrition et trois fois le Notre Père et le Je vous salue, Marie.

Puis, prenant la main de sa chère épouse, Simon lui dit : Voici le moment de notre séparation sur la terre. Je m’en vais avant toi, je te montre le chemin par lequel toi aussi tu dois passer pour aller au Paradis. Je vais prier Dieu pour toi et je souhaite que tu suives mes propres pas.

Tous six firent alors une petite procession vers l’entrée de la maison, portant une croix et des bougies. Ils firent encore une prière devant l’Ecce Homo, puis Simon tendit son chapelet à son épouse, avant d’être décapité, dans sa propre maison.

Il pouvait avoir l’âge du Seigneur : trente-trois ans, selon la date retenue de sa naissance.

 

Sa mère, Ioanna, était née vers 1548 à Ise (Mie), un lieu célèbre par la divinité Soleil, Amaterasu et de son Miroir Sacré, un des trois trésors du Japon.

 

Agnès (Aganesu), l’épouse de Simon, était née vers 1563, également à Ise.

On peut supposer que ces deux femmes furent crucifiées, comme Magdalena.

 

 

Ces deux petites familles furent martyrisées sans pitié le 9 décembre 1603, à Yamashiro.

On peut dire que le petit Ludovicus fait partie des Saints Innocents, tués en haine du Christ.

Tous ces cinq Martyrs, dont le dies natalis commun est le 9 décembre, figurent parmi les cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais béatifiés en 2008.

 

 

Simon Takeda Gohyoe

1568-1603

avec son épouse Agnès et sa mère Ioanna

 

(voir ci-dessus la notice de Magdalena Minami)

 

 

Liborius Wagner

1593-1631

 

Il naquit et grandit dans un milieu strictement protestant à Mühlhausen (Thuringe, Allemagne), le 5 décembre 1593.

C’était l’époque de la Contre-réforme. Il étudia à Leipzig, Gotha et Strasbourg, obtint ses grades et revint dans sa région.

Ne trouvant pas de poste d’enseignant, il alla à Würzburg en 1622, où il suivit des cours de théologie catholique. 

Converti, il fut ordonné prêtre en 1625.

Il fut aumônier à Hardheim (Odenwald) puis, en 1626, fut nommé curé à Altenmünster (Schweinfurt, Neustadt am Main), desservant aussi Sulzdorf.

La situation était qu’à Altenmünster, les habitants étaient majoritairement habitués au protestantisme, tandis qu’à Sulzdorf, ils l’étaient au catholicisme. Pour ne rien arranger, le droit prévoyait que les protestants recouraient au prêtre catholique pour leurs cérémonies (baptêmes, mariages, enterrements).

Liborius pourtant, hésitait. D’un côté, le jeune prêtre devait l’obéissance à son évêque et ne pas accorder indifféremment le baptême aux uns et aux autres, de l’autre, il comprenait bien les sentiments de ses paroissiens. Il ne savait que faire ; le temps passait, les paysans lui en voulaient pour ce qu’ils considéraient de l’indifférence du curé envers eux.

En 1631, lors de la Guerre de Trente ans, les troupes protestantes suédoises s’approchèrent. Le curé alla se réfugier dans la localité voisine. Mais son comportement attira l’attention de quelques soldats, qui le virent aller chercher des objets au presbytère de Altenmünster. On l’arrêta pour l’enfermer à Mainberg (Schonungen).

On lui reprocha d’avoir abjuré le protestantisme, on chercha à le faire apostasier ; Liborius résista. Quand on lui demanda s’il était encore catholique, il répondit encore une fois : Je vis, je souffre et je mourrai catholique et romain («papal»).

Après cinq jours de tortures, il mourut le 9 décembre 1631.

On jeta son corps, nu, dans le Main, d’où des pêcheurs le retirèrent après quelques mois.

Après la défaite des Suédois (1634), la renommée du Martyr se répandit. 

Liborius Wagner fut béatifié en 1974.

 

 

Pierre Fourier

1565-1640

 

Pierre naquit le 30 novembre 1565 à Mirecourt (Vosges), la cité de la lutherie française, mais il joua d’une autre musique.

Monsieur Fourier, son père, était un brave marchand qui, d’un premier mariage eut quatre enfants : Pierre, Jacques, Jean et Marie, qui s’entendaient très bien.

Pierre donc, grandit dans la vertu et les lettres. Jamais il ne jura par sa foi ; il étudia le latin à Mirecourt, entra  en 1578 chez les Jésuites de Mont-à-Mousson en classe de quatrième. Il n’avait que deux occupations : ou il étudiait ou il priait, sauf… une débauche qu’il se reprocha toujours, lorsqu’avec quelques camarades ils arrosèrent la Saint-Nicolas pour douze deniers de vin. Son hôtesse lui ayant insinué qu’il plaisait à «quelqu’un», il délogea immédiatement.

Il réussit à lire Aristote ; il composa un jour un vers iambique qui se renverse et rend les mêmes mots en prenant les lettres à reculons. Le voici : 

Animosus ore pete perosus omina (qu’on pourrait traduire : Hardiment, demande à haute voix, car tu détestes les présages), ce dont lui-même qualifiait plus tard de fanfares d’un autre siècle.

En 1585, il entra chez les Chanoines de Chaumousey, une maison en pleine décadence, où il réussit à réintroduire l’élan vers Dieu. Il fut ordonné prêtre en 1589 et se prépara pendant quatre mois à sa première Messe. Il retourna à Pont-à-Mousson pour compléter ses études (1589-1595).

De retour chez les braves Chanoines, il fut bientôt écarté pour le bien de la paix et fut nommé curé à Mattaincourt, une «petite Genève» que le jeune prêtre ramena à la dévotion. Il institua des confréries (du Rosaire, de Notre-Dame, de saint Sébastien), initia la chorale au chant grégorien, créa une caisse d’assistance mutuelle, une justice de paix.

Pierre Fourier fut un épistolier prolixe, au style enjoué, toujours gracieux et jamais grossier. Il avait un culte particulier pour son grand Monsieur saint Basile, pour saint Jean Chrysostome, saint Bernard, saint Epvre (le patron de sa paroisse), saint Norbert, saint Ignace, mais surtout pour saint Augustin.

Il pouvait s’émouvoir : un jour de Noël, il ne put qu’articuler Mon Dieu, que vous êtes bon, mon Dieu ! S’il se laissait aller, il revenait sur ses rieries et s’en excusait.

Le curé de Mattaincourt est surtout important par la co-fondation, avec Alix Le Clerc (voir au 9 janvier), de la Congrégation de Notre-Dame.

En 1622, Pierre Fourier fut invité à réformer l’abbaye Sainte-Geneviève de Paris, mais ne s’occupa que des chanoines réguliers de Lorraine. Il créa en 1627 un séminaire à Pont-à-Mousson.

Il eut une activité importante dans le comté de Salm, d’où fut officiellement banni le protestantisme.

Ayant favorisé un mariage contre l’avis de Richelieu, il fut pourchassé en Franche-Comté (1636) et fut curé à Gray (Haute-Saône), où il mourut dans les travaux et les tristesses, le 9 décembre 1640.

Saint Pierre Fourier fut béatifié en 1730 et canonisé en 1897.

 

 

Cesare Silvestrelli

1831-1911

 

Cesare naquit le 7 novembre 1831, troisième des sept enfants d’une famille noble romaine, les Silvestrelli-Gozzani.

Son éducation se fit avec un précepteur à la maison, puis il fréquenta la Collège Romain.

Contre l’avis des siens, il entra en 1854 dans la Congrégation des Passionistes et commença le noviciat au Monte Argentario (Orbetello, Toscane), mais la maladie l’obligea à interrompre cette préparation. Il faut expliquer ici qu’au début, de rigoureuses mortifications étaient de règle dans la vie quotidienne de cette Congrégation, et tous les aspirants ne réussissaient pas à persévérer.

Cesare put toutefois se préparer au sacerdoce, qu’il reçut en 1855.

En 1856, il reprit le noviciat, à Morrovalle (Macerata), fut vêtu de l’habit de la Congrégation, et reçut le nom de Bernardo Maria de Jésus. La même année entra un certain Francesco Possenti, qu’on connaîtra mieux sous son nom de religion, Gabriel de l’Addolorata : entre les deux novices naîtra une sainte amitié et une réciproque émulation pour la sainteté, qui édifiera toute la communauté.

Tandis que fr. Gabriel s’éteignait six ans plus tard (voir au 27 février), Cesare-Bernardo faisait l’unanimité autour de lui pour ses belles qualités.

En 1865, il fut nommé maître des novices, en 1869 recteur à la Scala Santa de Rome (cet escalier-même que monta Jésus-Christ pour se retrouver en face de Ponce Pilate. On y observe des taches qui seraient des marques de son Sang. Les marches en marbre sont recouvertes avec du bois, et on les monte à genoux).

En 1878 il fut élu supérieur général, réélu en 1893, jusqu’en 1907.

En 1870, le pape Pie IX montait dévotement les marches de la Scala Santa, humblement accompagné par le même Bernardo Maria de Jésus.

Sous son impulsion, la Congrégation se fortifia. Il ouvrit la maison d’études près de la Scala Santa à Rome, un couvent près de Nettuno. D’autres couvents s’ouvrirent à l’étranger : en Espagne, en France, en Angleterre et en Irlande, en Belgique et en Hollande, en Argentine et au Chili, aux Etats-Unis, en Palestine, en Australie. En 1896, il visita les maisons en Amérique. 

On a pu dire qu’il fut le deuxième fondateur de sa Congrégation (le Fondateur ayant été en 1720 saint Paul de la Croix, voir au 18 octobre).

Il refusa nettement la dignité cardinalice que lui proposèrent deux papes.

Il écrivit deux ouvrages importants : Entretiens spirituels à l’usage des Novices Passionistes, où il montre toute sa prudente expérience religieuse ; et Marialogium, où apparaît sa profonde dévotion à la Mère de Dieu, co-rédemptrice du genre humain.

En 1908, il eut la joie de vivre la béatification de son cher ami, Gabriele de l’Addolorata, puis se retira dans le silence et la solitude. 

Il était à Moricone (Rome), lorsqu’il fit une grave chute dans l’escalier. Octogénaire, le saint homme ne put se remettre et mourut, le 9 décembre 1911.

Cesare Silvestrelli - Bernardo Maria de Jésus fut béatifié en 1988.

 

Magdalena Minami

1560-1603

et son fils Ludovicus

 

Magdalena (Magadarena) Minami,née vers 1560 à Setsu-no-Kuni (Osaka, maintenant quartier de Takarazuka, Hyogo), était l’épouse de Ioannes (Yohane) Minami Gorozaemon, un samouraï qui fut martyrisé un jour avant elle, le 8 décembre. Elle fut crucifiée.

Ils avaient adopté Ludovicus (Rudobiko), qui était né vers 1596 à Yamashiro (aujourd’hui Kizugawa, Kyoto), alors âgé de sept ans. Il fut sans doute décapité, comme les deux samouraïs Simon et Ioannes.

 

Simon (Shimon) Takeda Gohyoeétait l’époux d’Agnès et fils de Ioanna, dont on va parler aussi.

Il était né vers 1568 (1570 ?) à Miyako (aujourd’hui Kyoto) ; officier samouraï converti au catholicisme, il avait refusé de participer à un rite païen.

La nuit précédant son exécution, Simon resta prosterné devant son image préférée : le Christ couronné d’épines en face de Ponce Pilate (qu’on appelle Ecce Homo, selon les propres mots de Pilate, cf. Jn 19:5).

Au matin du 9 décembre, il se trouvait avec son épouse, sa mère et les trois autres fidèles (voir ci-dessus). Ils récitèrent ensemble l’acte de contrition et trois fois le Notre Pèreet le Je vous salue, Marie.

Puis, prenant la main de sa chère épouse, Simon lui dit : Voici le moment de notre séparation sur la terre. Je m’en vais avant toi, je te montre le chemin par lequel toi aussi tu dois passer pour aller au Paradis. Je vais prier Dieu pour toi et je souhaite que tu suives mes propres pas.

Tous six firent alors une petite procession vers l’entrée de la maison, portant une croix et des bougies. Ils firent encore une prière devant l’Ecce Homo, puis Simon tendit son chapelet à son épouse, avant d’être décapité, dans sa propre maison.

Il pouvait avoir l’âge du Seigneur : trente-trois ans, selon la date retenue de sa naissance.

 

Sa mère, Ioanna,était née vers 1548 à Ise (Mie), un lieu célèbre par la divinité Soleil, Amaterasu et de son Miroir Sacré, un des trois trésors du Japon.

 

Josefa Laborra Goyeneche

1864-1936

 

Josefa vit le jour le 6 février 1864 à Sangüesa (Navarre, Espagne), de Francisco et Javiera, des paysans bons chrétiens.

Ils l’envoyèrent chez les Filles de la Charité, où elle s’inscrivit aux Enfants de Marie, et apprit comment assister les nécessiteux.

Elle voulut entrer elle aussi dans la congrégation, mais le papa était réticent, jusqu’au jour où, tombé d’un arbre et mourant, il chargea son épouse de donner son consentement à leur fille.

Elle entra alors au noviciat en 1881 à Madrid.

Après dix-neuf années d’enseignement à Cuenca, elle vint à Bétera en 1900.

En 1911, nouvelle destination : Murcia, mais à cause de sa vue déficiente, de l’hôpital trop grand pour elle, elle revint à Bétera, comme Supérieure : la population en était si satisfaite, qu’elle l’accueillit en triomphe, avec l’harmonie municipale qui l’escorta depuis la gare.

Elle aimait profondément sa communauté et disait, de façon prémonitoire : Si nous devions mourir, que ce soit toutes ensemble !

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles durent abandonner leurs enfants et tâchèrent de trouver refuge dans les environs.

Elles furent accueillies dans la famille d’une élève, mais on les obligea à partir de là, le 21 août. Elles errèrent jusqu’à Valencia, et dormirent dans un garage. Le lendemain, elles furent accueillies dans une pension.

Il y avait une pieuse demoiselle, très liée aux Filles de la Charité, qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves. On finit par filer cette personne, Dolores Broseta, que l’on arrêta en même temps que les Religieuses.

Elles furent arrêtées en décembre et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936. Josefa, qui demanda à mourir la dernière, pardonna à ses bourreaux.

Josefa fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

María Pilar Nalda Franco

1871-1936

 

María Pilar vit le jour le 24 mai 1871 à Algodonales (Cadix, Espagne), de Manuel, un médecin, et Josefa. Le nom exact que ces bons parents donnèrent à leur fille fut : María Pilar de la Très Sainte Trinité et de Saint Robustien, ce dernier étant un Martyr inconnu inscrit au Martyrologe le 24 mai.

Inscrite parmi les Enfants de Marie, María Pilar connut les Filles de la Charité, chez qui elle trouva tout son idéal. Après l’année d’essai à Jerez de la Frontera, elle entra au noviciat en 1889.

En 1890, elle fut envoyée à l’hôpital de Mondoñedo, puis à Bétera en 1906, où elle fit l’école aux enfants pendant trente ans. Avec les élèves plus grandes, elle organisait du théâtre, des danses et des chants populaires, mettant à profit ses dons pour la musique.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge dans les environs et se retrouvèrent à Valencia.

Il y avait une pieuse demoiselle, très liée aux Filles de la Charité, qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves. On finit par filer cette personne, Dolores Broseta, que l’on arrêta en même temps que les Religieuses.

Elles furent arrêtées en décembre et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936.

María Pilar fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

Carmen Rodríguez Banazal

1877-1936

 

Carmen vit le jour le 26 mars 1877 à San Cristobal de Cea (Orense, Espagne), de Francisco, un garde civil, et Rosa.

Encouragée par son père, elle entra au noviciat des Filles de la Charité en 1897.

Elle fut envoyée à Madrid puis à Bétera (Valencia), où elle devait rester trente-deux ans, à partir de 1902. Elle fut tour à tour maîtresse, catéchiste, organiste. Elle dirigeait la chorale, visitait les malades et parfois remplaçait la maman malade pour aider les enfants.

En 1935, elle fut nommée supérieure.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge dans les environs.

Elles furent arrêtées en décembre, ainsi qu’une demoiselle qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves, et furent fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936, priant pour leurs bourreaux et leur pardonnant.

Carmen fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

Estefanía Irisarri Irigaray

1878-1936

 

Estefanía vit le jour le 26 décembre 1878, en la fête de saint Etienne dont elle porta la nom, à Peralta (Navarre, Espagne), de Ildefonso et Juana, qui l’envoyèrent compléter sa formation à Palencia, chez les Filles de la Charité où se trouvait déjà sa tante.

Elle fit partie des Enfants de Marie et entra au noviciat de Bétera en 1896, où elle fit la classe aux enfants pendant trente-neuf ans.

On l’estimait tellement que le maire lui confia aussi deux responsabilités : le lavoir et l’horloge du château.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge dans les environs. Estefanía essaya chez un cousin à Concentaina, mais dut revenir sur Valencia, où se trouvaient ses Consœurs.

Elle passa d’abord une nuit sur un banc public, d’où on l’enleva pour la présenter au commissariat. Elle portait des habits civils, mais aussi, en-dessous, son grand chapelet dont elle ne se séparait jamais ; on l’arrêta pour ce grave délit. Mais elle était si souriante et douce avec chacun, qu’une milicienne finit par lui dire : Allez-vous en, et priez autant que vous voulez.

Elle fut bien soulagée de retrouver les autres Sœurs à leur pension.

Il y avait une pieuse demoiselle, très liée aux Filles de la Charité, qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves. On finit par filer cette personne, Dolores Broseta, que l’on arrêta en même temps que les Religieuses.

Elles furent arrêtées en décembre et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936.

Estefanía fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

Josep Lluís Carrera Comas

1881-1936

 

José ou Josep naquit le 4 février 1881 à Santa Coloma de Farnés (Girona, Espagne) et fut baptisé le jour même.

Dès 1890 il est au collège des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lassaliens) de Béziers (Hérault), où il apprend à parler couramment le français.

En 1894 il entre au noviciat de Bujedo et prend l’habit en 1897. Désormais il s’appellera Agapi José. Après le scolasticat, il exerce le ministère à Tarrasa et dans d’autres écoles privées, pendant six ans.

En 1905, il est nommé à Bonanova, en 1909 à Arenys de Mar où il reste dix ans. Puis ce sera Berga (1919) et Condal (1923), avant de devenir directeur de la Nouvelle Ecole Notre-Dame du Carmen à Barcelone, jusqu’en 1935. Cette année-là, il dirige le collège de San Hipólito à Voltregá.

Le Frère Agapi avait un don de l’organisation, ce qui poussait ses Supérieurs à le choisir pour des missions toujours plus importantes. En même temps, on peut imaginer l’esprit de détachement qui devait animer ce Frère, qui changea de poste sept fois en une quarantaine d’années.

Le 23 juillet 1936, la persécution anti-religieuse oblige tous les Religieux à quitter leurs maisons. Les Frères se réfugient dans des familles accueillantes, mais doivent bientôt aussi les quitter, car le bruit court que l’on va recenser toute la population pour éliminer les prêtres, les curés, les frères et tous les catholiques en général. 

Après avoir erré quelques jours dans la montagne, les Frères revinrent dans le pays et le Frère Agapi José put louer une maison où il établit quatre Frères, ainsi qu’un autre Religieux de la Sainte Famille.

Le 18 août, des miliciens vinrent frapper à la porte, à la recherche de «trois Frères», qu’ils fusillèrent sans attendre, sur le chemin de San Boy à quatre kilomètres de San Hipólito.

Cette fois-ci, le Frère Agapio José échappa à la mort, avec l’autre Frère. Ils abandonnèrent la maison. Agapi José s’en fut à Vic, puis à Barcelone, où il trouva à loger chez M. Jodar Motta. On était le 10 septembre : déjà presque deux mois que le Frère passait d’un endroit à l’autre dans l’ignorance du lendemain.

Il y avait aussi chez ce monsieur un prêtre de la paroisse du Carmel, don Juan Ramón Munt.

Le 9 décembre à midi, des miliciens vinrent réclamer «les deux curés», affirmant que c’était seulement pour une déclaration. Trois d’entre eux partirent avec les deux ecclésiastiques, vers le commissariat de la rue Cortes. 

On ne sut jamais rien de plus sur eux.

Le Frère Agapi José fut l’un des nombreux Martyrs espagnols béatifiés en 2007, tandis que le nom du prêtre don Juan ne semble pas y avoir été retenu.

Vu l’incertitude du jour précis de sa mort, Agapi José est inscrit pour le moment au 9 décembre, dans l’attente d’une nouvelle édition du Martyrologe.

Isidora Izquierdo García

1885-1936

 

Isidora vit le jour le 2 janvier 1885 à Páramo del Arroyo (Burgos, Espagne), de Esteban et Felícitas, qui eurent une autre fille, Irene.

Isidora fut pensionnaire chez les Filles de la Charité à Rabé de las Calzadas (Burgos) et demanda à faire partie de cette congrégation.

Après l’année d’essai à l’hôpital de Burgos, elle entra au noviciat de Madrid en 1901.

Elle fut alors envoyée à Bétera où, pendant trente-cinq ans, elle s’occupa maternellement des petits enfants, les préparant à la Première communion.

Elle eut aussi la responsabilité des poules, des lapins, des moutons, qui procuraient grande partie de l’alimentation de l’établissement.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge dans les environs et se retrouvèrent à Valencia.

Il y avait une pieuse demoiselle, très liée aux Filles de la Charité, qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves. On finit par filer cette personne, Dolores Broseta, que l’on arrêta en même temps que les Religieuses.

Elles furent arrêtées en décembre et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936.

Isidora fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

Dolores Broseta Bonet

1892-1936

 

Dolores était née en 1892 à Bétera (Valencia, Espagne), de Joaquín et María, qui eurent six enfants, dont deux moururent en bas âge.

Dès l’âge de trois ans, Dolores fut confiée par ses pieux parents aux Filles de la Charité. Elle y grandit dans la joie et la piété, s’agrégea aux Enfants de Marie, et participa aux activités des Religieuses, sans oublier sa maman, qui était âgée et malade.

Cette pieuse demoiselle ne put faire partie de la Congrégation à cause de problèmes de santé, car elle souffrait de fréquentes hémorragies, ce qui ne l’empêcha pas de faire l’école aux petits enfants et de leur enseigner la couture et la broderie.

A la mort de sa mère en 1925, elle s’établit définitivement dans la maison de Bétera.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge et furent accueillies dans une pension de Valencia. Dolores organisa leur cuisine avec d’anciennes élèves et leur portait chaque jour leurs repas. Elle leur fournissait aussi des briques chaudes pour chauffer leurs draps. Elle faisait ainsi de fréquents déplacements entre Valencia et Bétera.

Revenant un jour en train, elle fut dénoncée et suivie jusqu’à la «cachette» des Religieuses.

Toutes, y compris Dolores, furent arrêtées en décembre, et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936.

Dolores fut béatifiée en 2013, avec les Religieuses.

 

 

Recaredo de los Ríos Fabregat

1893-1936

 

Né le 11 janvier 1893 à Bétera (Valencia), Recaredo (ou Ricardo, Richard) entra chez les Salésiens en 1909.

Ordonné prêtre en 1917, il fut à Sarria (Barcelone), Huesca, Campello, et directeur à Villena et Alicante.

Déjà en 1931, à Alicante, il eut à souffrir des violences physiques de la part des ennemis de la Religion.

En juillet 1936, il se trouvait à Valencia pour des exercices spirituels.

Le 22 juillet 1936, la maison fut envahie, occupée, et les Religieux arrêtés, relâchés et repris quelques jours après.

Avec d’autres Confrères, le père Recaredo fut fusillé à Picadero de Paterna (Valencia), le 9 (ou le 10) décembre 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Julián Rodríguez Sánchez

1896-1936

 

Né le 16 octobre 1896 à Salamanque (Espagne), Julián fit la profession religieuse chez les Salésiens en 1917.

Ordonné prêtre en 1931, il fut à Valencia, transmettant son amour pour la liturgie et l’éducation chrétienne des jeunes.

Le 22 juillet 1936, la maison fut envahie, occupée, et les Religieux arrêtés, relâchés. Julián ne voulait pas compromettre ses hôtes et alla se constituer de lui-même aux autorités quelques jours après.

Avec d’autres Confrères, le père Julián fut fusillé à Picadero de Paterna (Valencia), le 9 (ou le 10) décembre 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

José Giménez López

1904-1936

 

Né le 31 octobre 1904 à Cartagena (Espagne), Julián entra chez les Salésiens en 1915.

Ordonné prêtre en 1934, il fut à Alcoy (Alicante), jeune prêtre heureux de sa vocation.

En juillet 1936, il se trouva à Valencia pour des exercices spirituels.

Le 22 juillet, la maison fut envahie, occupée, et les Religieux arrêtés, relâchés et repris quelques jours après.

Avec d’autres Confrères, le père José fut fusillé à Picadero de Paterna (Valencia), le 9 (ou le 10) décembre 1936. On trouve parfois qu’il mourut en prison, avec le père Antonio Martínez Hernández.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

José Ferrer Esteve

1904-1936

 

Il naquit le 17 novembre 1904 à Algemesí (Valencia, Espagne) et, en 1917, entra chez les Religieux des Ecoles Pies, avec le nom de José du Carmel.

En 1928, il reçut l’ordination sacerdotale.

Il travailla en plusieurs collèges de sa congrégation, avec un talent particulier pour la musique.

Lors de la persécution de 1936, il s’en vint dans son pays natal, mais les miliciens le retrouvèrent.

Immédiatement emmené au bord de la route de Llombay (Valencia), il fut abattu au soir du 9 décembre 1936.

 

Le père José Ferrer Esteve fut béatifié en 1995.

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8 décembre 2020 2 08 /12 /décembre /2020 00:00

08 DÉCEMBRE

 

-I.

L'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie, dogme chrétien proclamé par le B Pie IX en 1854.

III.

S Eucharius, premier évêque à Trèves ; on le dit avoir été envoyé là par s. Pierre.

S Macarios, martyr brûlé vif à Alexandrie.

S Eutychien, pape (275-283).

?

S Sophrone, évêque à Chypre.

IV.

S Léonard, ermite ou moine dans le Dunois.

V.

S Patapios, égyptien, solitaire à Constantinople (VII.?).

VI.

Ste Casarie, vierge (ou veuve) à Villeneuve-les-Avignon.

VII.

S Romaric, moine à Luxeuil puis fondateur et abbé au Mont Habend (Remiremont). 

IX.

S Hildeman, évêque à Beauvais.

XIII.

S Thibaut de Marly, abbé cistercien aux Vaux-de-Cernay et directeur des moniales de Port-Royal ; sa prière mit fin à la stérilité de l'épouse du roi s. Louis (ils eurent onze enfants).

XVII.

B Ioannes Minami Gorozaemon, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

S Noël Chabanel, prêtre jésuite martyr des Hurons, fêté le 19 octobre. 

XVIII.

Bx Kwon Sang-Yŏn Iacobus et Yun Ji-chung Paulus, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

XIX.

Bse Choe Brigida, laïque coréenne martyre, par pendaison, béatifiée en 2014.

Bse Narcisa de Jésus Martillo Morán, orpheline péruvienne, religieuse mystique, béatifiée en 1992, canonisée en 2008. 

XX.

Bx Antonio García Fernández et Rafael Román Donaire (*1867 et 1891), prêtres diocésains espagnols, martyrs à Almería en 1936, béatifiés en 2017.

B José María Zabal Blasco (1898-1936), laïc espagnol martyr près de Valencia, béatifié en 2001.

B Alojzy Liguda (1898-1942), religieux polonais du Verbe Divin, torturé et assassiné à Dachau, béatifié en 1999.

Eucharius de Trèves

1er ou 3. siècle

 

Une vieille tradition - qui n’a pas l’agrément des historiens - présente Eucharius comme un envoyé de s.Pierre en Germanie, en même temps que s.Materne (v. 14 septembre).

Materne serait mort près de Strasbourg et aurait été ressuscité par le bâton d’Eucharius.

Eucharius est toujours considéré comme le premier évêque de Trèves.

Lors d’une épidémie de peste au sixième siècle, il aurait miraculeusement protégé la ville de Trèves, avec s.Materne et s.Nicetius (v. 1er octobre).

Le Martyrologe Romain mentionne saint Eucharius de Trèves au 8 décembre.

 

 

Macarios d’Alexandrie

† 250

 

Le mot grec makarios correspond au latin benedictus.

De ce courageux Héros, s.Denys d’Alexandrie (v. 8 avril) écrivit :

Macaire, de race libyenne, véritablement bienheureux par son nom et par la bénédiction divine ; après que le juge lui eut fait une longue exhortation en faveur de l’apostasie, il ne se laissa pas convaincre et fut brûlé vif.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Macarios d’Alexandrie au 8 décembre.

 

 

Eutychianus pape

275-283

 

Le vingt-septième pape fut le fils d’un certain Marinus, habitant de Luna en Toscane : Eutychianus. Il succédait à saint Felix 1er.

Ce qu’on en lit dans le Liber Pontificalis est intéressant, mais semble contenir des erreurs de datation.

Cet écrit donne les noms des consuls sous lesquels eut lieu ce pontificat, d’où on en déduit les dates données ci-dessus, soit environ huit ans, alors que le Liber indique un an, un mois et un jour.

Eutychianus semble avoir eu un pontificat paisible, durant lequel il ordonna neuf évêques, quatorze prêtres et cinq diacres.

Il aurait décrété que seuls les raisins et les fèves pouvaient êtres bénis solennellement au cours de la messe comme fruits nouveaux. On sait qu’en effet la bénédiction des raisins au 6 août, et celle des fèves à l’Ascension, sont très anciennes.

Autre prescription : il fallait enterrer les Martyrs avec la dalmatique (l’ornement des diacres) ou la tunique pourpre. A quoi on objecte qu’une telle disposition n’a jamais été observée, peut-être à cause de la difficulté de se procurer l’habit au moment précis, surtout en cas de persécution.

En revanche, le Liber prétend qu’Eutychien aurait enterré (ou fait enterrer) trois-cent quarante-deux Martyrs, ce qui semble beaucoup, d’autant plus qu’on ne connaît pas de persécutions à cette date : il pourrait peut-être s’agir de translations.

La tradition affirme aussi qu’Eutychien ne mourut pas martyr, ni le 25 juillet, contrairement au Liber Pontificalis qui, décidément, cette fois-ci ne fait pas autorité. Il semble plus certain que ce saint Pape mourut le 8 décembre, jour où l’annonce l’actuel Martyrologe, mentionnant aussi le lieu de sa déposition, le cimetière de Calliste. C’est le dernier pape qu’on y déposa ; l’épitaphe en a été retrouvée au 19e siècle.

Le successeur d’Eutychien fut saint Caïus.

 

 

Patapios de Constantinople

5.-7. siècles

 

Patapios était né à Thèbes (Egypte).

Il vint à Constantinople et mena la vie monastique, peut-être au monastère des Egyptiens, dans le quartier des Blachernes, qui n’existait plus déjà au Moyen-Age.

Parmi ses miracles, on cite la guérison d’un aveugle, d’un hydropique, d’un possédé, d’une femme atteinte du cancer au sein.

Il annonça sa mort prochaine à ses confrères, qui en furent très attristés. Patapios les consola et mourut en paix.

On ne peut préciser l’époque de la vie de ce saint moine.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Patapios de Constantinople au 8 décembre.

 

 

Romaric de Remiremont

580-653

 

Romaric ou Romary (en latin Romaricus) était né vers 580 à Remoncourt de Romulf, général et soutien de Théodebert ou Thibert II.

Dans les impitoyables luttes de familles royales qu marquèrent cette époque, Romulf fut assassiné avec tous les partisans de Théodebert, et ses biens confisqués.

Romaric grandit à la cour de Metz.

Il aurait songé à se retirer parmi les moines de Lérins, projet resté sans suite. Il se serait marié et serait devenu père de plusieurs filles, mais les plus sûrs historiens anciens n’en parlent pas du tout.

Ayant en vain imploré de l’évêque de Lyon d’intervenir pour lui faire restituer son patrimoine, il fut au contraire touché par l’exemple et la parole de saint Amé (ou Amatus, v. 13 septembre) et le suivit à Luxeuil.

De là, Romaric alla fonder vers 620 sur le Mont Habend un double monastère, pour les hommes et pour les femmes. Ce monastère est à l’origine de Remiremont.

Un des miracles attribué à Romaric est qu’une des moniales, atteinte de lèpre, réussit à récupérer l’eau du bain de l’abbé pour s’y plonger elle-même : elle fut guérie.

Vers 628, Romaric succéda à saint Amé dans le gouvernement du monastère et y reçut son ami Arnould, ancien évêque de Metz, avec lequel il avait songé se retirer à Lérins dans sa jeunesse.

Il s’endormit dans le Seigneur le 8 décembre 653.

Léon IX ordonna de placer les corps de Romary et Amé en un lieu plus honorable, et cette cérémonie eut valeur de canonisation, en 1050.

Thibaut de Marly

1205-1247

 

Thibaut ou Thibaud (en latin : Theobaldus, certains écrivent indifféremment Thibauld ou Thibault) était l’aîné des quatre enfants (trois garçons et une fille) de Bouchard 1er de Marly et de Mathilde de Châteaufort, petite-fille de Louis VI. Ce couple appartenait à la lignée des Montmorency.

Né vers 1205, l’enfant reçut une éducation chrétienne, et surtout militaire ; il devint chevalier à la cour de Philippe Auguste.

Il montra une dévotion mariale précoce, nommant la Vierge Marie sa bonne Mère et chère Maîtresse et s’intéressa beaucoup aux monastères dont son père était le bienfaiteur : Port-Royal et celui des Cisterciens des Vaux-de-Cernay.

Un événement fort mystérieux intervint dans sa jeunesse, qui modifia tout le cours de sa vie. Se rendant à un tournoi où il devait lutter, il s’arrêta en chemin pour assister à la Messe. Au sortir, il rencontra ses compagnons qui le félicitèrent pour sa victoire… En réalité, c’est son ange qui était intervenu pendant qu’il priait. Thibaut comprit alors la vanité de la vie mondaine et se décida à faire le pas.

Il alla frapper en 1226 aux Vaux-de-Cernay. L’abbé fut surpris de voir ce noble chevalier désirer la vie si austère des Cisterciens. Les moines comprirent vite que leur novice était une âme d’élite.

En 1230, il fut nommé prieur et, en 1235, abbé.

Abbé comme frère, il voulut participer à tous les travaux du monastère : ménage, infirmerie, entretien de l’église, buanderie et ciroir.

Il participa aussi aux travaux d’agrandissement de l’abbaye, qui compta jusqu’à deux-cents moines.

Dans un chapitre général, on lui fit remarquer que son acoutrement ne correspondait pas à celui d’un abbé, mais il protesta en affirmant que c’était cependant conforme à la volonté de s.Bernard de Clairvaux (v. 20 août).

Il eut à diriger les moniales de Port-Royal ainsi que celles de Notre-Dame-du-Trésor (Vexin).

Appelé à la cour par Louis IX, il pria pour que Dieu mît fin à la stérilité de Louis et Blanche : ils eurent onze enfants.

On lui confia la visite d’un monastère à Nemours, la composition de l’office en l’honneur de la sainte Couronne d’épines.

Thibaut, si marial depuis l’enfance, mourut le 8 décembre 1247, date à laquelle déjà certains fêtaient l’Immaculée Conception de Marie, dont le dogme devait être proclamé en 1854.

Il fut canonisé en 1270.

La Révolution détruisit l’abbaye de Vaux-de-Cernay et dispersa les reliques, dont on n’a pu sauver qu’une petite partie.

 

 

Ioannes Minami Gorozaemon

1568-1603

 

Ioannes était un samouraï converti et baptisé.

Il était né vers 1568 à Yamato (île de Amami Oshima), dont le petit royaume était indépendant, jusqu’à son annexion en 1624 par le daimyo Satsuma.

Avec son épouse Magdalena, ils avaient adopté un enfant, baptisé sous le nom de Ludovicus, né en 1596 environ.

Il fut martyrisé le 8 décembre 1603, tandis que Magdalena et Ludovicus furent martyrisés le lendemain (voir la fiche de Magdalena Minami).

Tous furent béatifiés parmi cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais en 2008.

 

 

Noël Chabanel

1613-1649

 

Noël ne vint pas au monde le jour de Noël, mais le 2 février 1613, en la fête de la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem.

Ses parents habitaient Saugues (Haute-Loire). Le père était notaire ; lui et son épouse éduquèrent leurs quatre enfants dans la foi catholique.

Après ses études secondaires, Noël entra à dix-sept ans dans la Compagnie de Jésus (Jésuites), à Toulouse. Ce jeune novice s’appliqua à approfondir la règle, cherchant à devenir sans cesse plus humble, s’imposant maints sacrifices.

Puis il eut la charge d’enseigner les lettres dans différents collèges, pendant dix ans.

Ordonné prêtre en 1641, il enseigna encore une année à Rodez, puis demanda à faire partie de la mission en Nouvelle-France, comme on appelait le Canada. Après une première réponse négative, il reçut la permission de s’embarquer. Parti de La Rochelle le 8 mai 1643, il n’arrivait à destination que le 18 août suivant.

A Québec, il resta une année, avant de passer chez les Hurons, dans la Mission Sainte-Marie, en septembre 1644.

Il faut savoir que le contact avec ces populations était une véritable épreuve pour les missionnaires. Saint Jean de Brébeuf, qui avait la réputation de ne jamais se plaindre, disait de leurs cabanes qu’elles étaient une petite image de l’enfer, tant ces gens étaient habitués à des façons grossières. Un autre encore, saint Jérôme Lalemant, affirmait que parfois on aimerait mieux recevoir un coup de hache sur la tête que de mener, des années durant, la vie qu’il faut mener (là) tous les jours.

Et voilà que notre ancien professeur, aux habitudes délicates, se retrouve dans cet enfer, pour lequel il ressent une répugnance encore plus grande que les autres. Les Indiens ne se lavent jamais et sentent terriblement mauvais, leur cuisine - si tant est qu’on puisse prononcer ce mot - est au mieux nauséabonde, ils transmettent la vermine à tous leurs visiteurs, ils sont loin d’avoir quelques notions minimales de morale, et sont comme naturellement portés au vol. Les Hurons montreront longtemps aux Pères leur désinvolture à étaler sous leurs yeux leur immoralité, leurs moqueries, et enfin leurs menaces.

Ne pouvant disposer d’une hutte pour lui, Noël partageait la vie des Hurons, toujours entouré d’une douzaine d’entre eux, enfants ou adultes, toujours en train de parler, de questionner, de discuter, et obligé de prier ou d’écrire ses notes dans cette atmosphère bruyante.

Pauvre Père Chabanel ! Lui qui se délectait de grec et de latin, n’arrivait pas à assimiler les rudiments de la langue indienne : quatre ans après son arrivée il peinait à se faire comprendre dans la langue algonquine, tandis que d’autres conversaient parfois au bout de quelques semaines…

On comprend comment Noël pouvait être tenté de penser qu’après tout, il n’était pas fait pour ces missions ; qu’il ferait mieux de rentrer en France où il ferait autant de bien auprès des jeunes qui voulaient vraiment apprendre quelque chose. Le découragement menaçait le missionnaire, mais c’est lui qui gagna la partie contre les tentations de toutes sortes : le jour de la Fête-Dieu, 20 juin 1647, il fit le vœu de rester définitivement chez les Hurons jusqu’à sa mort. 

On sait que les Jésuites, outre les vœux de religions habituels de pauvreté, chasteté et obéissance, en font un quatrième de fidélité au Pape. Noël en fit donc un cinquième, dont voici le texte : 

«Seigneur Jésus qui, par une disposition admirable de votre Providence paternelle, avez voulu faire de moi l'aide des saints apôtres de cette vigne des Hurons, bien que j'en sois absolument indigne, moi, Noël Chabanel, poussé par le désir de travailler au service de votre Esprit-Saint dans l'œuvre de la conversion à la foi des sauvages de ce pays, en présence du très saint Sacrement de votre précieux Corps et de votre Sang, je fais vœu de stabilité perpétuelle dans cette mission des Hurons, entendant toutes choses suivant l'interprétation et la disposition de la Compagnie de Jésus et de ses supérieurs. Je vous supplie donc, recevez-moi pour serviteur perpétuel de cette mission et rendez-moi digne d'un aussi sublime ministère. Amen !»

Or les Iroquois menaçaient à cette époque les Hurons. Le père de Brébeuf tomba bientôt sous les coups de hache des envahisseurs, en 1648. Noël écrivait alors à son frère Pierre, jésuite lui aussi : Peu s’en fallut dans les apparences humaines, que Votre Révérence n’ait eu un frère martyr. Mais hélas ! Il faut devant Dieu une vertu d’une autre trempe que la mienne, pour mériter l’honneur du martyre (On aura noté au passage quel délicat respect les pères Jésuites se manifestent, même parents par le sang).

En 1649, Noël changea plusieurs fois de poste, soit pour aller assister les populations menacées, soit pour obéir aux Supérieurs, qui voulaient protéger leurs membres. Lors d’un de ces changements, c’est le père Gabriel Lalemant qui le remplaça - et qui tomba martyr un mois après. L’apprenant, le père Chabanel s’écria : J’ai manqué d’un mois le martyre ! Mais cette grâce allait lui être bientôt accordée.

Début décembre, il se confessa à un confrère et lui dit : Mon cher Père, que ce soit pour de bon cette fois que je me donne à Dieu et que je Lui appartienne.

Avait-il le pressentiment de sa mort prochaine ? Voici ce qu’il écrit encore à la même période : Je ne sais ce qu'il y a en moi, mais je me sens tout changé en un point. Je suis fort appréhensif de mon naturel ; toutefois, maintenant que je vais au plus grand danger, et qu'il me semble que la mort n'est pas éloignée, je ne sens plus de crainte. Cette disposition ne vient pas de moi.

Le 5 décembre, il quitte le poste Saint-Jean pour celui de Saint-Joseph. Il s’arrête en chemin à celui de Saint-Matthias et disait aux confrères : Je vais où l’obéissance m’appelle. La route est exténuante, il est accompagné de quelques chrétiens Hurons.

Le 7 décembre au soir, on prend un peu de repos. En pleine nuit, on apprend que la mission Saint-Jean vient d’être complètement saccagée par les Iroquois, qui sont en train de rentrer chez eux : c’est là que mourut le père Charles Garnier. Panique générale, les Hurons veulent s’enfuir, mais le pauvre père Chabanel, malgré ses jeunes trente-six ans, n’a pas la force de les suivre et leur conseille quelque chose comme «Mettez-vous en sécurité au plus vite ! Pour moi, peu importe que je meure ici ou ailleurs».

On ne le revit plus. Comble de tristesse, ce fut un Huron apostat qui se vanta de lui avoir porté le coup fatal, prétendant venger sa nation des malheurs qui l’avaient frappée depuis l’arrivée des «Robes Noires». Il jeta le corps du Martyr dans le fleuve.

 En vertu de ce «témoignage», le dies natalis de Noël Chabanel est inscrit au 8 décembre dans le Martyrologe. Né un jour de fête mariale, il retournait à Dieu en la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 1649.

Noël, avec ses Compagnons Jésuites martyrs, a été canonisé en 1930. Ils sont fêtés tous ensemble le 19 octobre (mais le 26 septembre au Canada, dont ils sont les Patrons secondaires).

 

 

Kwon Sang-Yŏn Iacobus

1751-1791

 

Kwon Sang-yon Iacobus est un laïc coréen né en 1751 à Jinsan (Jeolla-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Cheonju (ou Jeonju, Jeolla-do) le 8 décembre 1791 et béatifié en 2014.

 

 

Yun Ji-chung Paulus

1759-1791

 

Yun Ji-chung Paulus est un laïc coréen né en 1759 à Jinsan (Jeolla-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Chonju le 8 décembre 1791 et béatifié en 2014.

 

 

Choe Brigida

1783-1839

 

Choe Brigida est une laïque coréenne née en 1783 au Chungcheong-do (Corée du Sud).

Elle fut pendue à Wonju (Jeolla-do) le 8 décembre 1839 et béatifiée en 2014.

 

 

Narcisa Martillo Morán

1832-1869

 

Pedro Martillo et Josefa Morán étaient d’humbles paysans très profondément croyants. Ils eurent neuf enfants, dont la sixième était Narcisa.

Celle-ci naquit en 1832, à San José de Nobol (Daule, Equateur). Depuis trois siècles déjà la paroisse était tenue par des Dominicains.

Pedro, le papa, était intelligent et habile : par son travail il put se faire une petite fortune. Dans sa piété, il recourait volontiers à Mariana de Jesús (future sainte) et à saint Hyacinthe, dominicain polonais (voir au 26 mai et au 15 août). Josefa, la maman, mourut bientôt, en 1838. 

Narcisa apprit de sa grande sœur et d’une maîtresse particulière toutes sortes de choses : lire, écrire, chanter, jouer de la guitare, coudre, tisser, broder, cuisiner… Elle avait  d’immenses qualités, particulièrement dans la musique.

Dès ses sept ans, quand elle reçut la Confirmation, elle perçut un appel marqué à la sainteté (1839). Elle aimait se retirer dans la solitude d’un bois, non loin de la maison, pour méditer sur les choses divines. L’arbre où elle se recueillait est encore aujourd’hui le but d’un pèlerinage assidu. A la maison, elle transforma tout un coin en oratoire.

Elle se sentit poussée à être, elle aussi, victime, en union avec Jésus Sauveur, qu’elle voulait aider dans le rachat des âmes. Aussi s’imposait-elle de rudes pénitences, tout en participant activement aux tâches domestiques et paysannes.

Dans le pays, on l’estimait beaucoup. Avec ses beaux yeux bleus et ses cheveux roux, svelte et agile, c’était une jeune fille joyeuse et discrète, aimable et douce, obéissante et charitable, très pieuse. Excellente catéchiste, elle transmettait à tout son entourage le feu de son amour pour Dieu.

A la mort de son père (1852), elle trouva un hébergement chez des amis à Guayaquil, près de la cathédrale. Elle resta à Guayaquil pendant seize ans, mais changea plusieurs fois de domicile, pour préserver son intimité et s’adonner librement à la prière et à la pénitence. Elle vivait de son travail de couturière, tout en aidant les pauvres et les malades qu’elle rencontrait, dans une réelle soumission aux conseils de ses directeurs spirituels successifs.

Elle rencontra et reçut Mercedes Molina (voir au 12 juin), dont elle partageait les idéaux.

Dans son désir de plus grande perfection, et conseillée par un père franciscain, elle s’embarqua pour Lima (Pérou) en 1868, où elle vécut comme tertiaire dans le couvent dominicain du Patrocinio, fondé en 1688 sur les terrains où saint Juan Macías faisait paître ses troupeaux (voir au 16 septembre). 

Favorisée de dons extraordinaires, Narcisa recevait aussi des épreuves douloureuses.

A partir de septembre 1869, la fièvre la gagna, mais elle continua ses activités habituelles. Peu avant la fête de l’Immaculée Conception (8 décembre), elle voulut faire la neuvaine avec une particulière ferveur, habillée de blanc. Ce jour-là, le pape Pie IX ouvrait le concile de Vatican I. En fin de journée, elle prit congé des Sœurs, «pour aller faire un long voyage». Elles crurent à une petite plaisanterie, mais peu après, celle qui était chargée d’implorer la bénédiction sur les cellules, remarqua une lumière particulière sur celle de Narcisa, ainsi qu’un parfum très fort.

Elle appela la communauté et on se rendit compte qu’elle venait de mourir, à trente-sept ans, au soir de la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 1869.

On apprit bientôt qu’elle avait fait les vœux privés de virginité perpétuelle, de pauvreté et obéissance, de clôture et d’érémitisme, de jeûne au pain et à l’eau, de communion quotidienne, de mortification et d’oraison, vœux qu’elle vécut fidèlement.

Elle avait vécu en union perpétuelle avec Jésus-Christ. Ses mortifications étaient très rudes et elle portait en son corps les marques de la crucifixion. Les médecins s’émerveillaient de la voir vivre avec si peu de nourriture.

Son corps demeura longtemps souple et dégageait un parfum agréable. Beaucoup de grâces furent obtenues par son intercession. Lima, Guayaquil et Nobol l’acclamèrent comme sainte. Son corps, intact, fut transféré à Guayaquil en 1955.

Béatifiée en 1992, Narcisa a été canonisée en 2008.

 

Antonio García Fernández
1867-1936

Né le 22 octobre 1867 à Piñar (Grenade), Antonio fut baptisé huit jours plus tard.

Au terme de ses études au séminaire de Grenade, il fut ordonné prêtre en 1891. Il passa le doctorat en théologie.

On le nomma professeur au séminaire de Baeza, et chanoine de la cathédrale de Jaén. C’est là qu’il connut Pedro Poveda Castroverde, maintenant canonisé (v. 28 juillet).

En 1923, le roi le nomma chanoine de la cathédrale d’Almería ; entre autres missions, il reçut celle de s’occuper de la bénédiction du monument au Sacré-Cœur.

Ses voisins le connaissaient bien et l’aimaient. Quand se déchaîna la persécution de 1936, on chercha à le sauver, à le cacher ; il y eut même quelqu’un qui, profitant de sa position, tenta d’empêcher son arrestation. Malgré tous ces généreux efforts, le Chanoine fut arrêté et placé en différentes prisons. Finalement, dans la nuit de l’Immaculée Conception, 8 décembre 1936, en la prison El Ingenio d’Almería, il fut assassiné.

Béatifié en 2017, Antonio García Fernández sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 8 décembre.

 

Rafael Román Donaire
1891-1936

Né le 28 août 1891 à Alhama de Almería et baptisé six jours plus tard, il imita son frère et entra au séminaire d’Almería.

Il fut ordonné prêtre en 1914.

Vicaire à la paroisse Saint-Jacques, il fut chargé aussi de celle de Saint-Antoine au moment de l’épidémie de grippe de 1918, et en devint curé en 1923. En 1926, il fut nommé Maître des cérémonies à la cathédrale et recouvra désormais beaucoup de missions à la curie épiscopale, au séminaire, et dans le diocèse. Quand les Jésuites furent expulsés, c’est lui qui fut chargé d’administrer le sanctuaire du Sacré-Cœur.

Il eut le grand souci de l’enfance et de la jeunesse. Il eut l’idée, pour attirer les jeunes, d’organiser des séances de cinéma dans la cathédrale même. Il fonda deux confraternités, l’une en l’honneur du Christ en son entrée triomphale à Jérusalem, l’autre en l’honneur de Notre-Dame de la Paix.

En 1936, on le dénonça et il fut arrêté comme prêtre. En prison, il fut torturé. Un autre prêtre qui fut son compagnon raconta que, tout en étant tous deux condamnés à transporter des pierres, il put se rapprocher de don Rafael et se confesser. A la fin, ce dernier lui confia : Quel dommage que je ne puisse pas me confesser moi aussi…

Avec le chanoine Antonio García Fernández, il fut martyrisé le 8 décembre 1936 à la prison El Ingenio d’Almería.

Béatifié en 2017, Rafael Román Donaire sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 8 décembre.

 

José María Zabal Blasco

1898-1936

 

Né le 19 mars 1898 à Valencia (Espagne), José María reçut le nom de saint Joseph, qu’on fêtait ce jour-là.

Son père mourut en 1910, de sorte que le petit garçon de douze ans, qui était l’aîné, dut aider vaillamment la maman, Mercedes, à tenir la maison et s’occuper des petits frères et sœurs.

Ainsi, après l’école primaire, il suivit des cours du soir pour compléter sa formation.

Ce travailleur acharné entra dans les Chemins de fer du Nord, et trouva sa place à la gare de Valencia, où il montra une très grande compétence jusqu’à être considéré comme l’employé numéro un par la Compagnie, qui le nomma instructeur pour un nouveau programme administratif.

Cela dit, José était surtout un chrétien. Il fit partie du syndicat catholique sous la protection de saint Vincenzo Ferrer (voir au 5 avril), tandis que tant d’autres s’inscrivaient dans les syndicats «nationaux». Toutes les fois qu’il le put, il s’efforça de défendre les intérêts légitimes des ouvriers, et par dessus tout, les intérêts de l’Eglise.

Il épousa en 1929 Catalina Cerdá Palop, dont il eut trois enfants.

Lors de la révolution de 1936, il comprit que sa vie était en danger et se cacha.

Reconnu et arrêté dans les premiers jours de novembre, il fut mis en prison, où on ne lui épargna pas les railleries et les mauvais traitements.

Malgré ces conditions pénibles, il se montra à tout moment courageux, généreux, et bon camarade envers tous ses compagnons de prison, parmi lesquels se trouva un père dominicain qui en porta témoignage : ce Dominicain, Bunaventura Blasquez, célébrait la messe de nuit, permettant ainsi aux «assistants» de communier ; ainsi faisait José María, qui priait également le chapelet chaque jour.

On arriva ainsi au 8 décembre 1936 ; au matin, José María sembla avoir un pressentiment : il pria le chapelet très tôt le matin, se confessa, assista à la Messe et communia avec grande ferveur et intense recueillement.

A dix heures du matin, on l’appela, avec d’autres, et on les conduisit au tristement fameux lieu-dit Picadero de Paterna. Juste avant d’être fusillé, il adressa des paroles de pardon aux soldats, et leur fit cette prière : Dites à mon épouse et à mes enfants que je les garde dans mon cœur, et que du ciel je prierai pour eux.

José, alias Pepe, avait trente-huit ans. Une parente entendit dire dans Valencia : Voilà qu’ils ont fusillé le saint Pepe Zabal.

C’était en la fête de l’Immaculée Conception, 8 décembre 1936.

José María fut béatifié en 2001.

 

 

Alojzy Liguda

1898-1942

 

Alojzy (Louis) naquit le 23 janvier 1898 à Winów (Opole, Pologne), benjamin des sept enfants de Wojciech et Rozalia.

Wojciech, le papa, était un chrétien fervent, actif dans sa paroisse, organisateur de pèlerinages : on partait à pied au sanctuaire de Wambierzyce ou au Mont Sainte-Anne.

Alojzy entra au petit séminaire à quinze ans, à Neisse. Mais il dut interrompre les études secondaires en 1917, pour partir au front. Il les reprit et obtint son baccalauréat en 1920.

Il entra à Vienne au noviciat de la Société des Missionnaires du Verbe Divin, fit les premiers vœux en 1921, et fut nommé professeur de latin et de mathématiques au Petit séminaire de Mehlsack (Pieniezno). 

Il fit les vœux solennels en 1926 et, en 1927, fut ordonné prêtre.

Son désir était bien d’être missionnaire en Chine ou en Nouvelle Guinée, mais sa chine fut la Pologne.

En 1930 il obtint à Poznan le diplôme en philologie polonaise.

Nommé aumônier des Religieuses Ursulines, il fit des conférences qu’on lui demanda de publier. Il y approfondit le rôle de la femme dans le monde, d’après les textes bibliques.

Puis il fut professeur de polonais et d’histoire au Petit séminaire de Górna Grupa ; il célébrait la messe dominicale à la garnison militaire, et prêchait des retraites durant les vacances.

Le séminaire dont il était supérieur fut, en 1939, occupé par les Nazis et transformé en camp de détention pour des Religieux et des séminaristes : quatre-vingts autres prêtres y furent internés. Le père Liguda les accueillit, toujours en soutane au milieu des soldats allemands, passant d’une chambre à l’autre pour réconforter les uns et les autres.

De ces détenus, une vingtaine furent fusillés le 11 novembre 1939 dans la proche forêt. La situation s’avérait plus que dangereuse et le sort des Religieux fatal.

Effectivement, à partir de février 1940, tous les Religieux furent conduits à Neufahrwasser, de là à Stutthof ; mauvais traitements, saleté, coups, faim, travaux forcés : le père Liguda s’efforça de redonner courage à ses Compagnons. Il réussit à célébrer la messe du Jeudi Saint.

Début avril 1940, ce fut un nouveau transfert : Grenzdorf, puis Sachsenhausen.

Comme il connaissait l’allemand, il fut contraint d’enseigner l’allemand aux co-détenus. Au moment des «leçons», le père Liguda postait quelqu’un aux fenêtres pour observer si un garde SS s’approchait, puis il racontait des histoires, sur des sujets importants, ou parfois drôles, suivant les jours.

Il y eut des interventions pour obtenir la libération du père Liguda : de sa famille, mais aussi de la nonciature de Berlin, d’un pasteur qui avait été défendu par le père Liguda. Mais ce fut en vain.

En décembre 1940, Alojzy fut conduit au camp de Dachau, où il eut le numéro 22604. En janvier 1941, Iune épidémie de gale le frappa aussi. 

Un jour qu’un autre prisonnier avait allumé une cigarette, le père Liguda en assuma la responsabilité et fut pour cela durement frappé, et tellement torturé que le vrai coupable finit par avouer, mais on ne blanchit par pour autant le père Liguda.

En 1942, sa santé était défaillante et la tuberculose se déclara. On porta le père Liguda à l’infirmerie, où une meilleure nourriture et les colis de sa famille lui permirent de se reprendre, mais il se retrouva bientôt parmi les «invalides», ce qui signifiait sa condamnation à mort.

Le kapo l’avait pris en haine, en particulier parce que le père Alojzy avait réclamé un juste partage de la nourriture, et un meilleur traitement des malades. 

On a rapporté différents «détails» sur les ultimes tortures du père Liguda. Il aurait été (avec d’autres détenus) utilisé pour des soi-disant expériences : on voulut «étudier» le comportement de la peau humaine dans l’eau glacée ; ou bien, on lui aurait d’abord arraché des bandes de peau. Il est certain qu’ensuite le père Liguda fut ainsi jeté dans une proche citerne, et noyé, au soir du 8 décembre 1942. 

Le rapport médical déclara que lui et les autres étaient morts de pneumonie. Son corps fut brûlé.

 

Alojzy Liguda fut béatifié en 1999.

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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 20:31

José Gregorio Hernández Cisneros

1864-1919

 

José Gregorio naquit le 26 octobre 1864 à Isnotú (Trujillo, Venezuela), aîné des six enfants de Benigno Maria et de Josefa Antonia. Le papa, pharmacien, était d’origine colombienne, la maman d’origine espagnole.

José Gregorio reçut le baptême le 30 janvier suivant sa naissance, et la confirmation en 1867, selon la coutume de l’époque.

Dès l’âge de treize ans, José Gregorio exprima son désir de devenir avocat, mais les parents le convainquirent d’être plutôt médecin ; aussi, dès 1878, le garçon entreprit le long voyage qui le mena à Caracas, où il fréquenta le Colegio Villegas.

En 1882, il obtint le baccalauréat en philosophie et entra à l’Université Centrale, où ses professeurs le remarquèrent pour son exceptionnel amour de la science et pour l’intégrité de sa vie personnelle.

En 1888, il obtint le doctorat en Médecine, diplôme confirmé par le gouvernement, qui l’envoya se perfectionner à Paris dans plusieurs autres spécialités : bactériologie, pathologie, microbiologie, histologie, physiologie. Après un autre séjour à Berlin, il revint au Vénézuéla, et fut chef de clinique à l’Hôpital José María Vargas en même temps que professeur à l’université. C’est lui qui introduisit dans son pays le microscope optique.

José Gregorio enseigna, pratiqua la médecine, gratuitement pour les pauvres auxquels il payait de sa poche les médicaments. Il publia plusieurs monographies scientifiques. Le gouvernement lui accorda les fonds nécessaires à la fondation d’un laboratoire de physiologie expérimentale ainsi que d’une nouvelle bibliothèque universitaire.

Mais aussi il songea à se donner radicalement à Dieu, d’abord en entrant dans le Tiers-Ordre franciscain, puis en devenant prêtre : il vint dans cette intention à la chartreuse de Farneta (Lucques, Italie) en 1908, mais ses mauvaises conditions de santé l’obligèrent à repartir au Vénézuéla ; ce fut le même scénario quand il tenta l’admission au séminaire Sainte-Rose-de-Lima, puis au Collège Pontifical d’Amérique Latine de Rome.

En 1912, le gouvernement vénézuélien ferma l’université ; José Gregorio ouvrit alors une Ecole de Médecine.

En 1917, nouveau voyage d’étude, à New York, puis Madrid.

En 1918, de retour dans son pays, il reprit l’enseignement.

L’influence scientifique du docteur José Gregorio Hernández Cisneros dans son pays fut immense. Partout on reconnaissait ses compétences médicales et scientifiques.

Musicien à ses heures, José Gregorio pratiquait plusieurs langues : français, allemand, anglais, italien, portugais, outre qu’il approfondissait régulièrement la théologie, rédigée alors en latin.

Le 29 juin 1919, il fut renversé par une voiture à Caracas.

La renommée du docteur José Gregorio s’étendit largement, dans toute l’Amérique latine et l’Espagne. De partout on entendait parler de miracles. L’un de ceux-ci fut retenu et reconnu pour la béatification : ce fut la guérison inexplicable et totale d’une jeune fille frappée d’une balle dans la tête.

José Gregorio Hernández Cisneros sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 29 juin.

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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 18:50

Sante Spessotto

1923-1980

 

Sante Spessotto naquit le 28 janvier 1923 à Mansué (Vénétie, Italie NE), dans une famille d’agriculteurs.

Dès 1935, il entra dans l’ambiance franciscaine, au collège puis au noviciat des Frères Mineurs Conventuels.

Lors de sa profession religieuse, il prit le nom de Cosma.

En 1948, il reçut l’ordination sacerdotale.

Son grand désir d’aller en Chine ne pouvant être entendu, à cause de l’éclatement de la guerre civile, il fut envoyé au Salvador.

A San Juan Nonualco, il construisit littéralement une paroisse nouvelle : l’église, la catéchèse, l’école, un centre professionnel. Toute la population s’attachait à lui.

En 1970, éclata cette horrible guerre civile qui décima le pays. Cosma prêchait la paix, dénonçait la haine. Un à un, il enterra ceux de ses paroissiens qui furent victimes ; lui-même se savait menacé.

Il rencontra les chefs des guerilleros, il chercha à les gagner à la justice, il leur dit : Tuez-moi, mais ne profanez pas la maison de Dieu. Si vous voulez entrer dans l’église, vous devrez passer sur mon cadavre. Peu de jours avant sa mort, il écrivit : Le martyre est un don de Dieu, une grâce. Je suis prêt.

Cette grâce arriva le 14 juin 1980. Ce jour-là on fêtait le Cœur Immaculé de Marie : Cosma était recueilli en prière avant de célébrer la Sainte Messe ; un autre prêtre se trouvait à proximité ; un groupe de guerilleros fit irruption et abattit Cosma, qui murmura alors : Je leur pardonne.

Sante-Cosma Spessotto sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 14 juin.

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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 09:22

Pauline Jaricot

1799-1862

 

Cette demoiselle naquit le 22 juillet 1799 à Lyon, dans une fratrie qui comportera six frères et sœurs. Les parents, Antoine Jaricot et Jeanne Latier, sont plieurs et vendeurs de soie, une profession florissante alors ; c’est un couple uni, qui mène bien ses affaires. Paulette reçoit le baptême à domicile, d’un prêtre réfractaire : on était au lendemain de la Révolution et les chrétiens n’aimaient pas fréquenter les “prêtres” jureurs, imposés par le régime républicain.

Pauline grandit ainsi dans l’aisance. On ne pourra pas dire d’elle, comme dans certaines vies de Saints, qu’elle montra les signes de la plus grande sainteté dès l’enfance. Au contraire, vive, coquette, coléreuse, orgueilleuse, elle fréquente les réceptions bourgeoises, où elle plaît. Elle n’est pas mécréante pour autant : elle est fidèle, elle prie Marie et sait parler à Jésus Christ présent dans l’Eucharistie.

L’épreuve de la mort de sa mère va la faire réfléchir : elle trouve sa vie monotone, ennuyeuse. Tout change brusquement un dimanche de carême 1816 : elle n’a encore que seize ans, et un sermon entendu à l’église sur les vanités de ce monde, la décide à se tourner vers les pauvres et à se donner à l’apostolat. Elle fait refaire un récent portrait trop avantageux pour elle, et s’habille comme les pauvres, au point que sa femme de ménage ne veut plus sortir avec elle.

Noël 1816 : elle fait le vœu de virginité. Puis s’engage à être servante du Christ.

Elle trouve des compagnes de son âge dans son quartier, qui partagent son idéal de “Réparatrices du Cœur de Jésus méconnu et méprisé”, et distribue tout ce qu’elle peut pour aider les pauvres : restes de cuisine, argent, linge… Son père se fâche et lui défend de donner le linge sans sa permission.

A cette époque l’élan missionnaire connaît un profond renouveau, qui enthousiasme Pauline. La Propagation de la Foi est une structure de l’Eglise visant à aider les missionnaires dans leur difficile apostolat en pays lointains. Elle a alors une idée géniale : associer les petits à cette grande œuvre de l’Eglise. Comment ? En constituant des groupes de dix personnes qui prient chaque jour à la même intention, font une petite offrande hebdomadaire et s’engagent à former un nouveau groupe de dix personnes. Elle quête humblement auprès des ouvrières généreuses le “sou hebdomadaire”, quelque chose comme cinquante centimes d’euro. Son initiative a un gros succès, et son frère, qui est prêtre aux Mission Etrangères de Paris (MEP), l’encourage ; c’est le clergé local qui s’alarme, craignant une perte de profits pour les œuvres locales diocésaines.

Mais l’idée fait son chemin. L’œuvre de Pauline se structure en associations de 10, 100, 1000 personnes. En 1822, dix messieurs reprennent l’association pour porter la foi jusqu’au fond de l’Amérique et de l’Asie. Ce sera le premier maillon des Œuvres Pontificales Missionnaires, très actives encore aujourd’hui.

Pauline, pour sa part, reste dans l’ombre, humblement. Son confesseur lui ordonne même de se retirer de la vie active, de rester chez elle, où elle va s’occuper de son père et des tâches familiales. Son désir est d’aider les pauvres à acquérir une vie de prière, une vie chrétienne, comme antidote à l’athéisme du milieu bourgeois.

En 1826, Pauline a une autre inspiration : le Rosaire Vivant, en adoptant un moyen analogue à celui qui avait fait le succès de la Propagation de la Foi. Comme il est difficile de demander à chacun de prier chaque jour le rosaire dans son intégralité, elle confie à autant de personnes qu’il en faut la récitation quotidienne d’une dizaine de chapelet. A cette époque le rosaire comprend quinze mystères, donc quinze dizaines de chapelet. Les quinze membres d’un groupe de Rosaire Vivant prient chaque jour pour une même intention. Notons ici qu’aujourd’hui, un rosaire comporte vingt mystères, depuis l’institution par s.Jean-Paul II, des Mystères Lumineux.

Pauline anime les groupes par de petites circulaires, élargissant la prière aux intentions de l’Eglise universelle. Elle demande à chaque membre de s’adjoindre cinq autres membres. Cela devient une véritable armée en prière, favorisant la vie chrétienne et les belles vertus dans la société. Le Rosaire Vivant se développe en France, mais aussi à l’étranger, gagne l’Amérique, l’Afrique… Un certain Karol Wojtyla, polonais, connaîtra cette dévotion dans les années 1930 et découvrira seulement plus tard, une fois devenu Jean-Paul II, son initiatrice.

En 1832, Pauline achète sur la colline de Lorette à Lyon une grande maison pour abriter son association et pour “offrir à Notre-Dame de Fourvière un piédestal de verdure et de prière.” De cette maison seront expédiées dès la première année 240.000 livres, 80.000 images, 40.000 médailles et 19.000 chapelets ! La même année elle reçoit du pape Grégoire XVI l’approbation pour son œuvre. La quasi-totalité des évêques de France la soutiennent dans leur diocèse. En 1834, en deux années seulement, l’association comptera déjà plus d’un million d’adhérents, qui seront plus de deux millions à la mort de Pauline.

Une autre initiative, mal engagée, vaudra à Pauline l’échec, la ruine et même le discrédit. Elle aurait voulu remettre en marche les forges du Vaucluse, pour faire travailler les ouvriers pauvres dans une atmosphère chrétienne. Mais celui qui semblait l’appuyer est un escroc qui la trompe et l’entraîne à la faillite totale.

Pauline termine ses jours dans une pauvreté extrême et meurt, abandonnée de tous, le 9 janvier 1862.

Des années plus tard, elle sera réhabilitée, et son procès de béatification, ouvert par le Bienheureux pape Jean XXIII, est arrivé à sa conclusion, à la suite d’un miracle prodigieux.

L’année 2012 était le cent-cinquantième anniversaire de la mort de Pauline. Cette année-là, à Lyon, une petite fille de trois ans perdit connaissance à cause d’un étouffement ; à la suite d’un arrêt cardio-vasculaire de vingt minutes, les médecins suspendirent les traitements et restaient extrêmement pessimistes ; mais la famille demanda la poursuite de l’alimentation artificielle et commença une neuvaine de prières à Pauline Jaricot : la petite fille se réveilla et, successivement, disparurent totalement les symptômes d’un état végétatif qui semblait certain. La guérison fut totale.

Le miracle fut reconnu ; la béatification devrait arriver en 2021. Pauline sera alors inscrite au Martyrologe le 9 janvier.

Depuis 2005, la maison de Lyon est ouverte au public ; un lieu de calme et de recueillement, moins bruyant que la basilique de Fourvières. Les Lyonnais la connaissent peut-être moins que nos frères des missions lointaines, mais on vient par milliers visiter chaque année l’exposition qui y est installée.

Emblème du renouveau religieux du XIXe siècle, Pauline a découvert, un siècle avant le concile de Vatican II, ce qu’est le sacerdoce des fidèles, cette grâce du baptême qui nous unit tous dans l’unique Corps de Jésus-Christ et nous pousse à exercer ce sacerdoce par la prière personnelle et l’exemple de la charité vécue.

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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 00:00

07 DÉCEMBRE

 

III.

S Aignan, évêque à Chartres (V.?).

IV.

S Sabinus, évêque à Assise et martyr à Spolète.

S Athénodore, martyr en Syrie (exactement, il mourut en paix après que le bourreau ait lui-même succombé).

S Victor, évêque à Plaisance.

V.

S Urbanus, évêque à Teano.

S Servus, martyr à Thuburbo, plusieurs fois bastonné, soulevé en l'air et relâché sur des silex.

VI.

S Jean le Silentiaire (Hésychastis, 454-558), évêque arménien qui démissionna après dix ans, se retira dans la laure de Saint-Sabas, près de Jérusalem, et vécut soixante-seize ans au désert.

S Martin, abbé en Saintonge.

S Buite, abbé irlandais, étonnant thaumaturge.

VII.

Ste Fare (Burgondofare), sœur des ss. Chagnoald et Faron, fondatrice et abbesse du monastère qui s'appellera Faremoutiers et où elle vécut pendant quarante ans.

S Gerbold, évêque à Bayeux. 

XVII.

S Charles Garnier, prêtre jésuite français martyr au Canada, fêté le 19 octobre.

XIX.

Ste Benedetta (Maria Giuseppa) Rossello, tertiaire franciscaine italienne, fondatrice de l'institut des Filles de Notre-Dame de la Miséricorde, pour la formation des jeunes filles. 

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

béatifiés en 2013 : 

Frères Maristes : près de Castellón, Enrique Andrés Monfort (Benedicto Andrés, *1899) ;

Servantes de Marie : près de Madrid, Justa López González (Aurora), Clementina Arambarri Fuente (Aurelia), Engracia Andiarena Sagasera (Daría) (*1850, 1866, 1879). A 86 ans, la sœur Aurora est la plus âgée des Martyrs espagnols.

Jean le Silentiaire

454-558

 

Jean était le fils d’Encrace et d’Euphémie, qui descendaient tous deux de généraux ou de gouverneurs de province, mais surtout d’excellents chrétiens. On connaît aussi le nom d’un de ses frères, Pergame ; il avait aussi une sœur.

Il naquit à Nicopolis (Arménie) le 8 janvier 454. A la mort de ses parents, il avait dix-huit ans, - et un immense héritage, qu’il consacra à l’édification d’une église en l’honneur de la Mère de Dieu, et d’un monastère où il s’enferma avec dix compagnons qui voulaient se mettre sous sa conduite.

Avant de leur imposer une règle et des conseils, Jean mortifia d’abord son corps et son esprit, s’appliquant à la tempérance et à l’humilité, pour conserver la pureté du corps et de l’âme. Il sut aussi refréner sa langue, suivant le conseil de saint Jacques dans son Epître : Celui qui croit être pieux et ne retient pas sa langue, n’a qu’une piété vaine et imaginaire (Jc 1:26). C’est là ce qui lui valut le surnom de Silentiaire.

Après vingt années, il fut sorti de son silence pour succéder à l’évêque de Colonie (Taxara, Arménie), ce qui ne l’empêcha pas de continuer sa vie ascétique : par pudeur et mortification, il refusa toujours de se servir des bains ordinaires de cette époque.

Cette ascèse toucha son frère Pergame et son cousin Théodore, qui suivirent ses conseils pour leur propre sanctification.

Mais son beau-frère, au contraire, mit la zizanie dans le diocèse, à tel point que Jean dut aller se plaindre à l’empereur de Constantinople, et même finit par renoncer à sa charge épiscopale. Secrètement, il gagna Jérusalem, où il demanda incognito à être admis dans la laure de saint Sabas (voir au 5 décembre).

Jean y vécut tellement humblement, discrètement, que Sabas pensa bien de le faire ordonner prêtre et le conduisit pour cela auprès du patriarche de Jérusalem. Là, Jean parla secrètement au patriarche pour lui révéler toute son histoire passée. Sur ce, le Patriarche confia alors à Sabas que, au vu des paroles de Jean, il ne pouvait l’ordonner prêtre, ce qui fit croire à Sabas que Jean était coupable de quelque faute grave, et qu’il s’était trompé dans son jugement sur Jean.

Très éprouvé, Sabas pria Dieu de l’éclairer, et Dieu lui fit savoir que Jean était déjà évêque. Sabas en conçut une grande joie, et un respect accru envers son «disciple», auquel il promit de n’en rien dire à personne.

Jean resta encore quatre ans dans son silence, mais préféra quitter la laure en 503, lors de la «révolte» des moines, et s’enfuit dans le désert, pendant neuf ans, se nourrissant de fruits et de racines sauvages. On ne put l’en ramener : mystérieusement des inconnus (des anges ?) lui apportèrent des vivres ; un lion rôdait et éloignait de sa caverne les voleurs.

Quand Sabas fut rappelé dans la laure, en 510, il s’empressa d’y faire revenir aussi son cher Jean, qui lui obéit et y resta encore quarante ans, toujours dans le silence et la solitude. Il acceptait tout de même de donner des conseils à qui les lui demandait. Entre autres, un de ses tout jeunes compagnons, Cyrille, put ainsi en recevoir suffisamment de confidences, qu’il écrivit ensuite la vie de Jean, d’où nous connaissons tant de détails.

Cyrille écrit qu’il avait seize ans, quand Jean en avait quatre-vingt-dix. 

Outre son surnom de Silentiaire, Jean est aussi appelé Hésychaste, ou Sabbaïte. Il savait lire dans les cœurs, fit quelques prédictions, des guérisons aussi. 

Il mourut à cent-quatre ans, en 558, après avoir passé soixante-seize ans dans le désert.

Le jour de sa mort était placé au 13 mai ou aussi au 30 mars, mais l’actuel Martyrologe l’a inscrit au 7 décembre, surlendemain de la fête de saint Sabas.

 

 

Charles Garnier

1606-1649

 

Les parents de Charles étaient Jean Garnier et Anne de Garault. Charles naquit à Paris en 1606.

Il étudia les lettres classiques, puis la philosophie, et s’en vint à Clermont pour étudier la théologie au collège des Jésuites.

Entré dans cet ordre (1624), il demanda à faire partie de la mission pour le Canada, où il partit en 1636. Il fut envoyé dans la région des Hurons, où il restera pendant les quatorze années de son apostolat héroïque, sans jamais revenir à Québec.

En six mois, il surmonta les difficultés de la langue et commença une longue période de charité vivante : son zèle pour la conversion des païens ignorait les obstacles et les retards. Rien ne l’effrayait, ni les distances à parcourir, ni la rude météorologie, ni le danger de la mort. Il affrontait toutes ces difficultés avec énergie, pour aller baptiser. Les ordures, la vermine, les odeurs fétides, les maladies répugnantes, rien ne l’empêchait d’aller au-devant des âmes à racheter. Lui qui était de constitution plutôt fragile, il résista, on peut dire de façon miraculeuse, à cette tension continuelle.

Son angélique patience au milieu d’épreuves interminables, lui valut le surnom de «ange de la mission», où son confrère Jean de Brébeuf, était le «lion».

Plusieurs fois, en 1637 et en 1639, il «s’attaqua» à la conversion de la nation Tobacco, en compagnie d’Isaac Jogues et de Claude Pijart. Sa constance finit par venir à bout de leur obstination. Ce sont eux qui demandèrent la venue des «robes noires» (1646) et Charles vint habiter chez eux, jusqu’à la mort.

Après le martyre des pères Daniel, Brébeuf (1648) et Lalemant (1649), il attendit calmement son tour, non certes de la part des Tobacco, mais parce que la tribu guerrière des Iroquois, après s’être attaquée sans pitié aux Hurons, menaçait maintenant les Tobacco.

Charles resta aux côtés de ses néophytes durant tout ce massacre. Mortellement blessé, il s’avança près d’un Indien mourant pour lui donner l’absolution, et reçut alors un coup de hache qui l’acheva.

C’était le 7 décembre, veille de la fête de l’Immaculée Conception, dont il avait fait le vœu de défendre le dogme.

On a de Charles des lettres à son frère carme, où transparaît sa sainteté.

Il a été canonisé en 1930.

Inscrit au Martyrologe le 7 décembre, il est fêté avec ses Compagnons jésuites martyrs le 19 octobre.

 

 

Benedetta Rossello

1811-1880

 

Benedetta naquit à Albissola Marina (Savona, Italie) le 27 mai 1811, d’un père vannier et d’une mère qui eut aussi une autre fille et un fils. Les parents sont de bons chrétiens et lui enseignent la dévotion à la Sainte Vierge et à la Croix.

La famille n’est pas riche, et Benedetta n’eut jamais d’autre poupée que les petits enfants du quartier, auxquels elle apportait de bons exemples pour les élever à Dieu. A la maison elle aide vaillamment sa mère pour tenir le ménage propre.

Son «jouet» personnel fut simplement… un crâne, obtenu du fossoyeur, pour l’aider dans sa méditation.

Tertiaire franciscaine, elle rêve de devenir religieuse, mais n’a pas de «dot». A dix-neuf ans, entrée au service d’une riche famille de Savona qui n’a pas d’héritier, elle se voit proposer d’en devenir l’héritière si elle renonce à sa vocation. Rien à faire : elle appartiendra à Dieu.

Un essai chez les Religieuses de Notre-Dame des Neiges est un échec. C’est alors qu’elle apprend que l’évêque cherche de pieuses personnes pour s’occuper des plus pauvres. Benedetta se propose. Elle a vingt-six ans.

Après avoir perdu successivement sa mère, son frère, sa sœur et son père, totalement libérée des liens de la terre, elle fait donc partie des quelques jeunes filles qui, en 1837, commencent de donner vie à ce nouvel Institut, placé sous la protection de Notre-Dame de la Miséricorde, qu’on vénère dans un grand sanctuaire de Savona. La mission de l’Institut est l’éducation des jeunes et l’assistance des malades.

Benedetta est la maîtresse des novices, la vicaire de la supérieure, et l’économe. A la prise d’habit, elle reçoit le nom de Maria Giuseppa (Marie-Josèphe).

En 1839 : vœux perpétuels. En 1840 : déjà sept sœurs et quatre novices. Maria Giuseppa devient alors supérieure, à l’unanimité de toutes. Elle le restera pendant quelque quarante années, jusqu’à sa mort.

Le roi Carlo Alberto reconnaît l’Institut dès 1841. Cela aida le nouvel évêque, d’abord prévenu contre Maria Giuseppa, à en reconnaître les réelles vertus et à appuyer le nouvel Institut.

Lors d’une épidémie qui dévastait la Ligurie, les sœurs se montrèrent dévouées au soin des malades. Et Maria Giuseppa aida beaucoup à l’organisation d’un petit séminaire diocésain et au rachat des jeunes esclaves noirs d’Afrique.

L’Institut se développe très, très rapidement. En Ligurie d’abord, puis en Argentine où partent quinze religieuses en 1876.

L’Institut se double dès 1859 d’une autre fondation pour la réhabilitation et l’intégration des filles des classes pauvres. Ce sera la Maison de la Providence. En 1869, ce sera le tour de la Maison pour les petits enfants pauvres. Enfin, s’ouvrira aussi une Maison pour les filles repenties, tombées précédemment dans la prostitution et le vol.

Maria Giuseppa meurt le 7 décembre 1880.

Elle a été béatifiée en 1938, et canonisée en 1949. A cette époque, l’Institut de Notre-Dame de la Miséricorde comptait quelque trois mille sœurs.

 

 

Enrique Andrés Montfort

1899-1936

 

Enrique était né le 25 avril 1899, à Villafranca del Cid (Castellón, Espagne), de Benedicto et Rosa, qui le firent baptiser le jour-même ; il fut confirmé en 1900.

La région de Castellón était traditionnellement attachée au christianisme, au point qu’on l’appelait le fief du Pape de Rome. 

Enrique entra en 1911 dans la congrégation des Frères Maristes à Vic et commença le noviciat à Las Avellanas en 1913 ; en 1914 il reçut l’habit et le nom de Benedicto Andrés, reprenant le prénom de son père ; un an après il faisait les premiers vœux.

Benedicto fut envoyé à Valencia (1916), Torrelaguna (1918), Valdemoro (1920), puis fit son service militaire au Maroc (1921) : il s’y distingua par sa soumission aux supérieurs, et conquit ses grades de sous-officier, sans oublier ses habitudes religieuses, priant ouvertement mais sans ostentation, et reprenant gentiment ses camarades quand il en entendait des propos inconvenants.

De retour en Espagne, il fut à Valencia (1924), Murcia (1925), Saragosse (1926), Pamplona (1929), Barcelone (1930).

Durant l’été 1936, il reçut la permission de se réfugier chez les siens. Le Comité révolutionnaire ne le remarqua pas, mais convoqua bientôt les réservistes. Benedicto préféra se présenter, et y subit un premier interrogatoire serré ; en rentrant, il commenta chez lui : Ma sentence de mort est signée. Sa conviction s’exprima dans un billet à l’adresse d’un de ses cousins qui vivait aussi à Villafranca : Dites à Emiliano qu’il n’y aille pas. S’ils me tuent, qu’au moins lui se sauve.

Il fut arrêté au soir du 7 décembre 1936, par des amis d’enfance, désormais adhérents au Comité révolutionnaire ; Benedicto eut deux réflexions : Voici mon heure ; puis : Au Ciel.

Un des miliciens, présent au moment du martyre de Benedicto, raconta plus tard son admiration pour ce Religieux ; ce fut peut-être même lui qui tira les coups de feu.

Ils le conduisirent à Santa Pau (Albocácer, Castellón). Ils ne tuèrent pas le Frère d’un seul coup, peut-être dans l’idée de le faire apostasier, mais le Frère resta fidèle à l’Eglise et à ses vœux.

Au premier coup de feu, le Frère cria : Vive le Christ Roi ! Au second : Vive Marie Immaculée ! Au troisième : Sainte Famille, recevez-moi dans vos bras !

C’était donc le 7 décembre 1936, veille de la fête de l’Immaculée Conception.

Benedicto Andrés fut béatifié en 2013.

Sabinus de Spolète

† 303

 

Le cinquième évêque de Spolète (Ombrie, Italie C), s.Saturninus, mourut en 270 et le siège resta vacant pendant une vingtaine d’années.

Or, vers 290, vivait dans un ermitage l’ancien évêque de Faenza, Sabinus (ou Savinus) qui, après dix années d’épiscopat, s’était retiré dans la forêt : c’est lui qu’on appela à siéger à Spolète.

Son premier souci fut de soutenir la foi des Chrétiens durant la persécution de Dioclétien.

Lui-même arrêté et jeté en prison, il eut les mains amputées.

Voyant passer un aveugle près de lui, il lui rendit la vue, de sorte que le bourreau demanda à Sabinus de le guérir de sa maladie des yeux : Sabinus le guérit, mais guérit aussi son âme en l’amenant au Christ.

Dénoncé aux autorités romaines, Sabinus fut battu à mort, vers 303.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Sabinus de Spolète au 7 décembre.

 

 

Urbanus de Teano

4. siècle

 

Urbanus fut le troisième évêque de Teano (Campanie, Italie), à partir d’environ 356.

Il faut dire cependant qu’en 346 déjà, la population avait demandé son élection pour succéder à s.Paris, premier évêque de Teano (v. 5 août). Mais il réussit alors à faire élire plutôt s.Amasius (v. 23 janvier).

Il est dit de lui qu’il accomplit beaucoup de miracles.

Il mourut fort âgé, un 7 décembre comme il l’avait prédit.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Urbanus de Teano au 7 décembre.

 

 

Aurelius Ambrosius de Milan

340-397

 

Aurelius Ambrosius naquit à Trèves (Germanie) vers 340, d’un certain Ambrosius, préfet du prétoire des Gaules.

D’après son secrétaire et biographe, le bébé Ambrosius se trouvait dans son berceau lorsqu’un essaim d’abeilles couvrit sa figure, semblant entrer dans sa bouche et en sortir, avant de disparaître dans les airs. Le père en fut très frappé.

Ambrosius avait une sœur, Marcellina, et un frère Satyrius (voir aux 17 juillet et 17 septembre).

A son tour, le jeune Ambrosius devint fonctionnaire impérial. Un de ses cousins fut Quintus Aurelius Symmacus, préfet de Rome.

Ambrosius n’était pas encore baptisé, tandis que sa mère et sa sœur l’étaient. Il étudia à Rome, devint avocat puis reçut de l’empereur le gouvernement des provinces cisalpines, dont le siège était à Milan.

Il n’était que catéchumène, lorsque l’évêque de Milan, arien, fut déposé. On ne se mettait pas d’accord sur un nom pour le remplacer et le peuple commençait à s’agiter. Ambrosius intervint pour calmer les esprits et c’est alors qu’un enfant cria : Ambroise évêque !

Tous furent d’accord sur ce «choix» providentiel, mais Ambrosius n’était pas même baptisé, et ne l’entendait pas de cette oreille ; il protesta, chercha à fuir, fut retrouvé. On annonça ce choix à l’empereur, qui s’en réjouit.

Ambrosius se prépara alors consciencieusement à recevoir le baptême, puis les degrés du sacerdoce, tout en approfondissant l’Ecriture, qu’il ne connaissait pas encore beaucoup.

Il remplit donc sa charge d’évêque à Milan de 374 à 397, avec force, énergie, et efficacité. Il pourchassa vigoureusement les restes de l’arianisme ; il osa excommunier l’empereur Théodosius, quand celui-ci, pour réprimer une émeute à Thessalonique, fit massacrer plusieurs milliers de personnes ; c’est l’empereur qui dut céder et venir implorer son pardon devant Ambrosius, qui le réintégra.

En 386, il mit à jour les ossements des martyrs milanais Gervasius et Protasius (voir au 19 juin) et en 395, ceux des martyrs Nazarius et Celsus (voir au 28 juillet).

C’est aussi Ambrosius qui fut l’artisan de la conversion d’Augustin d’Hippone et le baptisa le 24 avril 387 (voir au 28 août).

Ambrosius s’occupa de la liturgie, composa des hymnes encore en usage, organisa le chant dans l’Eglise, et se trouva ainsi à l’origine de la liturgie ambrosienne, que conserve l’Eglise à Milan. Il écrivit des ouvrages de théologie, d’exégèse, de catéchèse, où l’on retrouve son style d’orateur et sa grande connaissance de la littérature grecque.

Ambrosius mourut dans la nuit de la vigile pascale, le 4 avril 397 à Milan, mentionné à ce jour par le Martyrologe ; cette date se trouvant en période de Carême ou de Pâques, l’Eglise le vénère traditionnellement le 7 décembre, jour où il reçut l’ordination épiscopale.

Saint Ambrosius est l’un des quatre Pères de l’Eglise d’Occident, avec s.Augustin, s.Jérôme et s.Grégoire le Grand (v. 28 août, 30 septembre et 12 mars), avec lesquels il partage aussi le titre de Docteur de l’Eglise.

 

 

Jean le Silentiaire

454-558

 

Jean était le fils d’Encrace et d’Euphémie, qui descendaient tous deux de généraux ou de gouverneurs de province, mais surtout d’excellents chrétiens. On connaît aussi le nom d’un de ses frères, Pergame ; il avait aussi une sœur.

Il naquit à Nicopolis (Arménie) le 8 janvier 454. A la mort de ses parents, il avait dix-huit ans, - et un immense héritage, qu’il consacra à l’édification d’une église en l’honneur de la Mère de Dieu, et d’un monastère où il s’enferma avec dix compagnons qui voulaient se mettre sous sa conduite.

Avant de leur imposer une règle et des conseils, Jean mortifia d’abord son corps et son esprit, s’appliquant à la tempérance et à l’humilité, pour conserver la pureté du corps et de l’âme. Il sut aussi refréner sa langue, suivant le conseil de saint Jacques dans son Epître : Celui qui croit être pieux et ne retient pas sa langue, n’a qu’une piété vaine et imaginaire (Jc 1:26). C’est là ce qui lui valut le surnom de Silentiaire.

Après vingt années, il fut sorti de son silence pour succéder à l’évêque de Colonie (Taxara, Arménie), ce qui ne l’empêcha pas de continuer sa vie ascétique : par pudeur et mortification, il refusa toujours de se servir des bains ordinaires de cette époque.

Cette ascèse toucha son frère Pergame et son cousin Théodore, qui suivirent ses conseils pour leur propre sanctification.

Mais son beau-frère, au contraire, mit la zizanie dans le diocèse, à tel point que Jean dut aller se plaindre à l’empereur de Constantinople, et même finit par renoncer à sa charge épiscopale. Secrètement, il gagna Jérusalem, où il demanda incognito à être admis dans la laure de saint Sabas (voir au 5 décembre).

Jean y vécut tellement humblement, discrètement, que Sabas pensa bien de le faire ordonner prêtre et le conduisit pour cela auprès du patriarche de Jérusalem. Là, Jean parla secrètement au patriarche pour lui révéler toute son histoire passée. Sur ce, le Patriarche confia alors à Sabas que, au vu des paroles de Jean, il ne pouvait l’ordonner prêtre, ce qui fit croire à Sabas que Jean était coupable de quelque faute grave, et qu’il s’était trompé dans son jugement sur Jean.

Très éprouvé, Sabas pria Dieu de l’éclairer, et Dieu lui fit savoir que Jean était déjà évêque. Sabas en conçut une grande joie, et un respect accru envers son «disciple», auquel il promit de n’en rien dire à personne.

Jean resta encore quatre ans dans son silence, mais préféra quitter la laure en 503, lors de la «révolte» des moines, et s’enfuit dans le désert, pendant neuf ans, se nourrissant de fruits et de racines sauvages. On ne put l’en ramener : mystérieusement des inconnus (des anges ?) lui apportèrent des vivres ; un lion rôdait et éloignait de sa caverne les voleurs.

Quand Sabas fut rappelé dans la laure, en 510, il s’empressa d’y faire revenir aussi son cher Jean, qui lui obéit et y resta encore quarante ans, toujours dans le silence et la solitude. Il acceptait tout de même de donner des conseils à qui les lui demandait. Entre autres, un de ses tout jeunes compagnons, Cyrille, put ainsi en recevoir suffisamment de confidences, qu’il écrivit ensuite la vie de Jean, d’où nous connaissons tant de détails.

Cyrille écrit qu’il avait seize ans, quand Jean en avait quatre-vingt-dix.

Outre son surnom de Silentiaire, Jean est aussi appelé Hésychaste, ou Sabbaïte. Il savait lire dans les cœurs, fit quelques prédictions, des guérisons aussi.

Il mourut à cent-quatre ans, en 558, après avoir passé soixante-seize ans dans le désert.

Le jour de sa mort était placé au 13 mai ou aussi au 30 mars, mais l’actuel Martyrologe l’a inscrit au 7 décembre, surlendemain de la fête de saint Sabas.

 

 

Fare de Faremoutiers

600-657

 

Fare naquit vers 600 en la villa de Pipimisicum (act.Poincy, Meaux, Seine-et-Marne), propriété de ses parents, le comte Chagneric (ou Hagneric, Agneric) et Leodegonde, qui eurent aussi trois fils, Chagnoald (ou Cagnoald, quelquefois identifié avec s.Walbert, v. 2 mai), Chagnulfus et Faron (v. 28 octobre) ; peut-être aussi une fille, Agnetrude.

Lorsque s.Colomban (v. 23 novembre) s’arrêta dans cette maison, il eut un divin pressentiment et donna une bénédiction spéciale à Fare, qui était encore toute petite.

Quand Fare fut en âge, son père voulut la donner en mariage, ce qu’elle refusait absolument, au point qu’elle en devint malade (certains disent même aveugle). Ce fut le successeur de Colomban à Luxeuil, Eustase (v. 2 avril), qui la guérit, persuadant son père de la laisser libre de son choix.

Mais ce père s’obstina, au point que Fare s’enfuit de la maison. Le père envoya des domestiques à ses trousses, qui la retrouvèrent abritée dans une église Saint-Pierre. Menacée, Fare leur déclara qu’ils pouvaient la tuer sur place.

On ne dit pas combien de temps durèrent ces pourparlers, ni quelle fut l’attitude des domestiques. Mais Eustase repassa par là, et fit de solennels reproches au père de Fare, qui s’était montré si entêté. Eustase fut si convainquant, que Chagneric fit vraiment amende honorable et lui concéda tout un domaine où Fare pourrait construire un monastère, le domaine d’Evoriacum.

Fare reçut enfin le voile des vierges, de l’évêque de Meaux, Gondoald, qui consacra l’église, dédiée à Notre-Dame et à l’apôtre s.Pierre (620). Fare, qui s’installa avec déjà quelques compagnes dans ce nouveau monastère, fut choisie pour être l’abbesse. La Règle fut celle de s.Colomban.

La grande innovation de ce monastère, est qu’il était double, avec des bâtiments pour les moniales et d’autres pour les moines, tous réunis sous l’unique autorité de Fare. Un des premiers moines fut d’ailleurs le propre frère de Fare, Faron.

Fare vécut presque quarante années dans son monastère. Peu avant de mourir, elle désigna Sæthryth (Sédride), une princesse anglaise, pour lui succéder.

Elle s’éteignit le 7 décembre 657. Faron, devenu évêque de Meaux, présida les solennelles obsèques de sa sœur.

Le monastère d’Evoriacum s’appela bientôt monastère de Fare : Faremoutiers.

En 1622, lors d’un transfer des reliques de Fare, se produisirent des miracles solennels, qui donnèrent lieu à un culte renouvelé envers la sainte Abbesse. On vénère sainte Fare jusqu’en Italie et en Sicile. On l’invoque pour les maladies des yeux.

La Révolution française s’est chargée de disperser la communauté et les bâtiments servirent de carrière de pierres. En 1931, quelques moniales bénédictines vinrent réoccuper un bâtiment sur l’endroit même des ruines de l’ancienne abbaye.

Le nom de Fare est ici et là énoncé Burgondofare, Fare des Burgondes.

Sainte Fare de Faremoutiers est commémorée le 7 décembre dans le Martyrologe Romain.

Charles Garnier

1606-1649

 

Charles vit le jour à Paris en 1606, très probablement au mois de mai (car son acte de baptême date du 25 mai 1606), le moi traditionnellement consacré à la Sainte Vierge.

Sa mère était Anne de Garault ; son père, Jean, était conseiller du roi Henri III. Monsieur Garnier devait avoir des vues particulières pour son fils, car il n’accepta pas volontiers la vocation de celui-ci ni son désir de partir évangéliser les Peaux-Rouges en Nouvelle-France.

Signalons aussi que Charles avait un grand frère, qui devint Carme. Leur correspondance met en relief toute la sainteté de Charles.

Après les études au Collège de Clermont, et enfin avec la permission de son père, Charles commença son noviciat chez les Jésuites en 1624 et fut ordonné prêtre en 1635.

Il arriva à Québec en juin 1636.

Il fut envoyé parmi les Hurons, qui étaient plus favorables aux Français. Ils collèrent le nom de Ouracha («qui-donne-la-pluie») au père Garnier, car il arrivait précisément à la fin d’une période de sécheresse.

En six mois, il surmonta les difficultés de la langue et commença une longue période de charité vivante : son zèle pour la conversion des païens ignorait les obstacles et les retards. Rien ne l’effrayait, ni les distances à parcourir, ni la rude météorologie, ni le danger de la mort. Il affrontait toutes ces difficultés avec énergie, pour aller baptiser. Les ordures, la vermine, les odeurs fétides, les maladies répugnantes, rien ne l’empêchait d’aller au-devant des âmes à racheter. Lui qui était de constitution plutôt fragile, il résista, on peut dire de façon miraculeuse, à cette tension continuelle.

Son angélique patience au milieu d’épreuves interminables, lui valut le surnom de ange de la mission, où son confrère Jean de Brébeuf, était le lion.

On les vit ensemble dans la première communauté Saint-Joseph à Ihonatiria ; puis, en 1637, à Ossossané. En octobre de cette année-là, une alerte faillit coûter la vie au père Garnier. En effet, après une nouvelle épidémie, les Pères furent de nouveau la cible d’une tribu. On réclamait la tête des pères Garnier et Ragueneau ; ces derniers eurent la possibilité de prendre la parole au cours du Conseil plénier de la nation huronne. Dans la nuit du 24 octobre eut lieu la réunion, les discussions se prolongèrent, mais on n’arriva pas à prononcer de sentence : les Hurons avaient une certaine peur des Français et ne voulaient pas risquer de rupture. Après une neuvaine à saint Joseph, les pères eurent le soulagement d’être «amnistiés» par le Conseil des Peaux-Rouges.

Quand le père de Brébeuf fut choisi pour Téanostayaé, le père Garnier resta avec le père Lalemant à Ossossané. Le règlement était très précis : lever à 4 heures, méditation de 4 h.30 à 5 h.30, célébration de la Messe à 6 heures ; dans la matinée, on pouvait recevoir les indigènes de 8 h. à 14 h. Déjeuner à 14 h. L’après-midi, travaux et réception des indigènes jusqu’à 17 heures. Dîner à 18 h.30. La journée s’achevait à 20 h.30, avec la récitation des Litanies des Saints, l’examen et la préparation de la méditation du lendemain matin ; extinction des feux à 21 h.

Plusieurs fois, en 1637 et en 1639, il «s’attaqua» à la conversion de la nation Tobacco, en compagnie d’Isaac Jogues et de Claude Pijart. Sa constance finit par venir à bout de leur obstination. Ce sont eux qui demandèrent la venue des Robes Noires (1646) et Charles vint habiter chez eux, jusqu’à la mort.

L’hiver 1639-1640, le père Garnier accompagna le père Jogues dans la tribu des Pétuns, plus à l’Ouest.

En décembre 1649, les Iroquois s’en prirent aux Tobacco, après avoir anéanti les Hurons. C’est dans ces circonstances que le père Charles Garnier reçut la palme du martyre : il fut frappé par deux balles dans la poitrine et l’abdomen. Son dernier geste fut de donner l’absolution à un Indien moribond près de lui. Puis il reçut le «coup de grâce» : un coup (ou même deux) de tomahawk qui lui fendit la tête.

C‘était le 7 décembre 1649, veille de la fête de l’Immaculée Conception de Marie. On le sait, le père Charles était très marial ; il avait en outre fait le vœu spécial de défendre coûte que coûte ce dogme marial de l’Immaculée Conception.

Charles Garnier a été béatifié en 1925 et canonisé en 1930.

Il est commémoré le 7 décembre au Martyrologe ; sa fête liturgique, avec ses Compagnons Martyrs du Canada, se célèbre le 19 octobre.

Benedetta Rossello

1811-1880

 

Quatrième de dix enfants, Benedetta naquit le 27 mai 1811 à Albissola Marina (Savone, Ligurie, Italie nord-ouest) de Bartolomeo et Maria Dedone, de très modestes artisans potiers, très chrétiens.

Travailleuse et pieuse comme ses parents, Benedetta s’occupa de ses petits frères et sœurs, modela l’argile, et priait volontiers devant le Crucifix ou l’image de la Sainte Vierge.

Ellel s’inscrivit dans le Tiers-Ordre franciscain.

De 1830 à 1837, elle fut auxiliaire de vie dans une famille bourgeoise, dont le «patron», sans enfants, était grabataire. A la mort de ce dernier, l’épouse proposa même à Benedetta d’en faire son héritière, mais humblement elle refusa.

Elle voulait être religieuse et frappa chez les Filles de Notre-Dame des Neiges : douloureux refus, car sa dot était inconsistante. 

En peu de temps moururent successivement sa maman, son frère, sa sœur, et son père : elle se trouvait responsable de ceux qui restaient.

A la suite d’un appel de l’évêque à de bonnes volontés pour encadrer les jeunes déshérités, elle se proposa. Avec trois autres jeunes demoiselles d’Albissola, elles donnèrent naissance aux Filles de Notre-Dame de la Miséricorde. Benedetta prit le nom de Maria Giuseppa, et fut nommée maîtresse des novices, vicaire et économe.

Le nouvel institut devait répandre dans le monde la miséricorde de Dieu, s’unir à Marie comme instrument de salut, en lien avec le sanctuaire de Notre-Dame à Savone. En union avec l’évêque qui les avait bénies, les nouvelles Religieuses devaient pourvoir à l’instruction et à l’éducation des jeunes filles pauvres, à l’assistance aux malades, et rester à la disposition des écoles, des hôpitaux et des paroisses qui auraient besoin d’elles. 

Les premiers pas avaient été faits en 1837. En 1839, les Religieuses faisaient les vœux perpétuels. En 1840, elles étaient déjà onze, et élirent Maria Giuseppa supérieure : elle le resta quasi quarante ans.

Le roi Carlo Alberto reconnut en 1841 l’institut, qui s’étendit rapidement en Ligurie, puis se lança dans une importante activité de rachat de petites filles esclaves africaines ; puis ce fut la fondation en Argentine (1876).

En 1869, Sœur Maria Giuseppe ouvrit un Petit séminaire pour garçons de la classe ouvrière, pour faire faire gratuitement des études à des garçons qui désiraient devenir prêtres. Evidemment, la jalousie ecclésiastique ne lui facilita pas le travail.

Elle mit en route aussi un ultime projet, concernant la réhabilitation des filles repenties, qui vit le jour après la mort de la Fondatrice.

En 1872, il y eut fusion des Franciscaines Missionnaires (fondées par Mgr Rosaz, voir au 3 mai) avec les Filles de Notre-Dame de la Miséricorde, toutes sous la protection céleste de saint Joseph.

L’année de la mort de Maria Giuseppa, il y avait déjà soixante-cinq maisons de cette congrégation qui fut approuvée par décret papal en 1904.

Maria Giuseppa Rossello mourut le 7 décembre 1880. Elle fut béatifiée en 1938, canonisée en 1949, et proclamée patronne céleste des céramistes en 1989.

 

 

Justa López González

1850-1936

 

Celle qui fut Juste jusqu’au bout naquit le 28 mai 1850, reçut le baptême le 30 mai suivant, et la confirmation deux ans plus tard, selon l’habitude de l’époque.

En 1874, elle entra dans la congrégation des Servantes de Marie à l’Escorial et fit le noviciat à Madrid.

Au moment de recevoir l’habit, en mai 1874, elle prit le nom de María Aurora et fit les premiers vœux temporaires. La profession solennelle eut lieu (approximativement) en 1879.

En 1885, elle fut nommée supérieure à Arévalo, en 1893 à Madrid puis à l’Escorial, en qualité de Conseillère. Par la suite, elle fut nommée à Salamanque, Alcalá de Henares, Cabeza del Buey, Jaén, Ciudad Real et Pozuelo de Alarcón.

On disait d’elle qu’elle était la reproduction vivante de la Fondatrice, sainte María Soledad (voir au 11 octobre), dans la vie communautaire et dans son attention pour les malades.

Malgré le poids des années, elle continua jusqu’à la fin de faire tout ce qu’elle pouvait pour participer à la vie de la communauté, pour travailler, communiquant à toutes sa joie de vivre, sa ferveur.

Arrivèrent les heures sombres de 1936. Sœur Aurora se plia à toutes les exigences de la situation, versant toutefois de grosses larmes quand il fallut prendre des habits civils, mais telle était la volonté de Dieu, à laquelle elle se soumit.

Lors de l’explosion de la révolution en juillet 1936, il fallut évacuer la maison de toute urgence. Les Sœurs trouvèrent un accueil dans des familles qu’elles connaissaient, mais elles étaient étroitement surveillées. Mère M.Aurelia et trois autres Religieuses, dont María Aurora, furent reconnues et arrêtées. L’une d’elles fut martyrisée dès le 5 décembre ; Mère M.Aurelia et ses deux autres Compagnes, María Aurora et Daría, furent martyrisées, suppose-t-on, à Aravaca (Madrid) dans la nuit du 6 au 7 décembre 1936.

La Sœur Aurora avait alors quatre-vingt-six ans : actuellement, c’est la Martyre espagnole la plus âgée de tous les Martyrs de cette horrible année 1936.

Elle et ses Compagnes ont été béatifiées en 2013.

 

 

Clementina Arambarri Fuente

1866-1936

 

Clementina était née et fut baptisée le 23 octobre 1866 à Vitoria (Álava, Espagne).

En 1886, elle entra dans la congrégation des Servantes de Marie, et en connut la fondatrice, sainte María Soledad (voir au 11 octobre), qui lui remit l’habit. Elle prit le nom de María Aurelia.

Après la profession temporaire (1887), elle fut destinée à Porto Rico, où elle fit la profession perpétuelle en 1894.

En 1904, elle fut nommée supérieure de la communauté de Guanajuato (Mexique), puis à Durango y Puebla en 1909. Ces années-là furent déjà marquées par la persécution au Mexique.

En 1916, la Mère M.Aurelia revint en Espagne et fut supérieure à Mataró, Alcoy, Sarriá et Barbastro.

En 1929, fut érigée la nouvelle province de Madrid, dont elle fut la conseillère provinciale en même temps qu’elle était supérieure à Pozuelo de Alarcón (Madrid). Elle recouvrit à cette charge jusqu’en 1934, année où sa santé ne lui permit plus de continuer à assumer cette fonction. Elle fut alors hospitalisée à Madrid.

Quand les événements de 1936 devinrent allarmants, on décida de reconduire la Mère M.Aurelia à Pozuelo de Alarcón, pour lui éviter l’agitation de la capitale.

Elle même répétait souvent : Nous sommes à Dieu, rien de mal ne pourra nous arriver.

Lors de l’explosion de la révolution en juillet 1936, il fallut évacuer la maison de toute urgence. Les Sœurs trouvèrent un accueil dans des familles qu’elles connaissaient, mais elles étaient étroitement surveillées. Mère M.Aurelia et trois autres Religieuses furent reconnues et arrêtées. L’une d’elles fut martyrisée dès le 5 décembre ; Mère M.Aurelia et ses deux autres Compagnes furent martyrisées, suppose-t-on, à Aravaca (Madrid), dans la nuit du 6 au 7 décembre 1936.

Elles ont été béatifiées en 2013.

 

 

Engracia Andiarena Sagasera

1879-1936

 

Engracia vit le jour le 5 avril 1879 à Donamaría (Navarre, Espagne) et fut baptisée dès le lendemain.

En 1902, elle entra dans la congrégation des Servantes de Marie, Ministres des Malades, dans la maison de San Sebastián, et commença le noviciat à Madrid.

En 1903, elle reçut l’habit et prit le nom de Daría. Elle fit les premiers vœux en 1905.

Les maisons où elle exerça son activité furent : Saragosse (jusqu’en 1910), Ciudad Real, Madrid (1913, l’année de sa profession perpétuelle).

Elle souffrit alors d’un pénible ulcère à l’estomac, qu’elle supporta de façon exemplaire.

En 1922, on l’envoya comme maîtresse des novices à Madrid. En 1930, elle fut nommée à Pozuelo de Alarcón (Madrid), où elle resta jusqu’à la fin de sa vie, comme Secrétaire et Conseillère, charges qu’elle assuma toujours avec un profond esprit ecclésial.

Plusieurs fois, on l’entendit répéter : Moi, je désire le martyre du sacrifice quotidien et, si Dieu me le demande, le martyre lui-même ; oui, mourir martyre pour Lui.

Lors de l’explosion de la révolution en juillet 1936, il fallut évacuer la maison de toute urgence. Les Sœurs trouvèrent un accueil dans des familles qu’elles connaissaient, mais elles étaient étroitement surveillées. Mère M.Aurelia, la supérieure, et trois autres Religieuses furent reconnues et arrêtées. Sœur Daría s’adressa aux miliciens en ces termes : Nous sommes des religieuses, effectivement ; vous pouvez faire de nous ce que vous voulez. Mais je vous en supplie : ne faites rien à cette famille parce que, nous voyant sans domicile, ils demandèrent au Comité de Pozuelo de pouvoir nous recevoir chez eux par charité. 

L’une d’elles fut martyrisée dès le 5 décembre ; Mère M.Aurelia et ses deux autres Compagnes, dont Daría, furent martyrisées, suppose-t-on, à Aravaca (Madrid) dans la nuit du 6 au 7 décembre 1936.

Elles ont été béatifiées en 2013.

 

 

Enrique Andrés Montfort

1899-1936

 

Enrique était né le 25 avril 1899, à Villafranca del Cid (Castellón, Espagne), de Benedicto et Rosa, qui le firent baptiser le jour-même ; il fut confirmé en 1900.

La région de Castellón était traditionnellement attachée au christianisme, au point qu’on l’appelait le fief du Pape de Rome. 

Enrique entra en 1911 dans la congrégation des Frères Maristes à Vic et commença le noviciat à Las Avellanas en 1913 ; en 1914 il reçut l’habit et le nom de Benedicto Andrés, reprenant le prénom de son père ; un an après il faisait les premiers vœux.

Benedicto fut envoyé à Valencia (1916), Torrelaguna (1918), Valdemoro (1920), puis fit son service militaire au Maroc (1921) : il s’y distingua par sa soumission aux supérieurs, et conquit ses grades de sous-officier, sans oublier ses habitudes religieuses, priant ouvertement mais sans ostentation, et reprenant gentiment ses camarades quand il en entendait des propos inconvenants.

De retour en Espagne, il fut à Valencia (1924), Murcia (1925), Saragosse (1926), Pamplona (1929), Barcelone (1930).

Durant l’été 1936, il reçut la permission de se réfugier chez les siens. Le Comité révolutionnaire ne le remarqua pas, mais convoqua bientôt les réservistes. Benedicto préféra se présenter, et y subit un premier interrogatoire serré ; en rentrant, il commenta chez lui : Ma sentence de mort est signée. Sa conviction s’exprima dans un billet à l’adresse d’un de ses cousins qui vivait aussi à Villafranca : Dites à Emiliano qu’il n’y aille pas. S’ils me tuent, qu’au moins lui se sauve.

Il fut arrêté au soir du 7 décembre 1936, par des amis d’enfance, désormais adhérents au Comité révolutionnaire ; Benedicto eut deux réflexions : Voici mon heure ; puis : Au Ciel.

Un des miliciens, présent au moment du martyre de Benedicto, raconta plus tard son admiration pour ce Religieux ; ce fut peut-être même lui qui tira les coups de feu.

Ils le conduisirent à Santa Pau (Albocácer, Castellón). Ils ne tuèrent pas le Frère d’un seul coup, peut-être dans l’idée de le faire apostasier, mais le Frère resta fidèle à l’Eglise et à ses vœux.

Au premier coup de feu, le Frère cria : Vive le Christ Roi ! Au second : Vive Marie Immaculée ! Au troisième : Sainte Famille, recevez-moi dans vos bras !

C’était donc le 7 décembre 1936, veille de la fête de l’Immaculée Conception.

Benedicto Andrés fut béatifié en 2013.

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6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 19:37

Benigna Cardoso da Silva

1928-1941

 

Benigna naquit le 15 octobre 1928 à Oiti (Santana do Cariri, Ceará, Brésil), benjamine des quatre enfants de José et Thereza Maria. Les aînés s’appelaient Carmélia, Alderi et Cirineu.

José mourut avant même la naissance de Benigna, et Teresa peu après, de sorte que les quatre enfants furent adoptés par deux sœurs, Rosa et Honorina Sisnando Leite.

L’enfance de Benigna se passa sans autres événements importants. On se rappelle qu’elle se prépara avec grande joie à la Première communion et qu’elle allait volontiers à la Messe, que sa foi était réelle et profonde ; les premiers vendredis, elle faisait pénitence par amour du Cœur Sacré de Jésus. On notait son obéissance, sa disponibilité pour tous les travaux domestiques, son très bon comportement à l’école.

C’est en 1941 qu’elle montra son union parfaite au Christ. Cette année-là, un garçon mal intentionné  et qui avait à peu près le même âge qu’elle, lui fit des avances répétées, qu’elle refusa systématiquement, encouragée en cela par les bons conseils de son curé.

A notre époque, la meilleure réaction aurait été de signaler tout de suite aux autorités le comportement du garçon, bien sûr.

Le drame eut lieu le 24 octobre : Benigna venait d’avoir treize ans ; l’après-midi, elle devait aller puiser de l’eau en un endroit que le jeune garçon connaissait bien lui aussi. Il se cacha derrière les buissons et en sortit dès qu’elle fut à sa portée ; Benigna encore une fois refusa, et le garçon devint vraiment furieux ; il sortit la machette qu’il avait prise, et frappa quatre fois la petite fille : un premier coup sectionna trois doigts à la main droite, un deuxième la blessa à la face, un troisième à l’estomac, le dernier, au cou, acheva la petite martyre. Il était seize heures.

Bien sûr, le malheureux assassin - il s’appelait Raimundo Alves Riberio, couramment Raul - s’enfuit. Ce fut Cirineu, le petit frère de Benigna, venu à la recherche de sa sœur, qui la trouva là, dans une mare de sang.

Après enquête, la police arrêta Raul qui purgea sa peine en prison. En 1991, il retourna sur le lieu de son crime, exprimant ses regrets. Avec des larmes, il s’est converti, a fait pénitence et demandé à Benigna de l’aider à sauver son âme.

Benigna devrait être béatifiée en 2021, et inscrite au Martyrologe le 24 octobre.

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6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 08:39

Domingo del Barrio Batz

1951-1980

 

Domingo del Barrio Batz naquit le 26 janvier 1951 à Ilom (Guatemala).

Chrétien, père de trois enfants, il était engagé dans l’Action Catholique ; c’était le sacristain de la paroisse de Chajul.

Très attaché au père José María Gran Cirera, il l’accompagnait volontiers dans ses déplacements, bravant le danger de tomber dans quelque embuscade.

Le 4 juin 1980, au retour d’une visite pastorale, le père José María et lui s’arrêtèrent à Xe Ixoq Vitz sur le bord de la route pour prier, mais on les attendait : ils furent criblés de balles.

Domingo del Barrio Batz devrait être béatifié en 2021, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, et inscrit au Martyrologe, avec le père José María Gran Cirera, le 4 juin.

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6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 08:38

José María Gran Cirera

1945-1980

 

José María Gran Cirera naquit le 27 avril 1945 à Barcelone (Catalogne, Espagne NE) dans une humble famille dont le père était employé dans une compagnie de comptables. Sa sœur s’appelait María Concha.

En 1965, il entra au noviciat des Missionnaires du Sacré-Cœur à Canet de Mar où, en 1966, il fit profession.

En 1972, il fut ordonné prêtre à Valladolid.

Son premier poste fut à Valence et, en 1975 et sur sa demande, il fut envoyé au Guatemala.

Il fut en charge à Santa Cruz de Quiché (1975-1978), puis quelques mois à Zacualpa.

En 1978, il fut nommé vicaire de San Gaspar de Chajul, un secteur peuplé de gens pauvres, décimés par la répression militaire. Son curé se déchargeait sur lui des tâches trop dures pour lui, profitant de l’enthousiasme de José María.

Fidèle à ses engagements, le père José María n’abandonna pas son troupeau. Etant proche des pauvres, il était accusé de militer dans la guérilla contre les forces militaires.

De retour d’une visite dans un village de son secteur, il fut assassiné avec son sacristain, Domingo del Barrio Batz, le 4 juin 1980. Les assassins  remplirent ensuite les sacs à dos des deux victimes avec des tracts de propagande pro-guérilla, pour faire croire à la presse internationale que le prêtre et son sacristain travaillaient dans la subversion anti-gouvernementale.

Quand les villageois vinrent ramasser les restes des Martyrs, ils trouvèrent un bras et une main du prêtre à quelques mètres de son corps. Les assassins avaient aussi profané l’ornement utilisé par le prêtre pour célébrer la Messe, en le maculant d’inscriptions anti-gouvernementales.

José María Gran Cirera devrait être béatifié en 2021, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, et inscrit au Martyrologe le 4 juin.

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