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2 octobre 2020 5 02 /10 /octobre /2020 23:00

03 OCTOBRE

 

I.

S Denys l'Aréopagite, premier évêque à Athènes, converti par l'apôtre s. Paul, fêté en ce jour par les Eglises byzantine et syriaque.

?

Ste Candida (Blanche), vierge martyre romaine. 

SS Faustus, martyr en Alexandrie, et huit confesseurs : Caïus, Petrus, Paulus, Eusebios, Cheremon, Lucius et deux autres.

IV.

S Hesychios, disciple de s. Hilarion près de Gaza.

Ste Menne, vosgienne qui refusa le mariage, reçut le voile des vierges, et quitta ses parents furieux pour vivre à Fontenet dans la solitude.

V.

S Maximianus, évêque en Afrique du Nord, torturé et jeté du haut d'une tour par des donatistes ; il put se remettre et mourut quelque temps après.

VI.

S Cyprien, moine à Marseille, évêque à Toulon, un des plus fidèles disciples de s. Césaire d'Arles, avec qui il exposa la doctrine de la grâce, confirmée ensuite par Boniface II ; il écrivit la première partie de la Vie de s. Césaire.

VII.

SS Ewald : deux moines du même nom, anglais d'origine, martyrs en Saxe ; on les distinguait par les surnoms de Blanc et Noir, selon la couleur de leurs cheveux.

VIII.

S Pathus qui, sur sa prière, mourut le jour-même de son élection au siège de Meaux.

S Widrad, abbé fondateur de Flavigny.

S Utto, abbé bénédictin à Metten.

IX.

S Juvin, ermite près de Reims.

X.

S Gérard, flamand, abbé à Brogne, chargé par des évêques et des seigneurs de réformer de nombreux monastères.

XII.

B Adalgott, moine cistercien, entré à Clairvaux du temps de s. Bernard, nommé évêque à Coire.

XVII.

SS Ambrósio-Francisco Ferro et vingt-sept compagnons, premiers martyrs au Brésil (avec André de Soveral et Domingos Carvalho, qui furent martyrisés le 16 juillet) ; Ambrósio était prêtre portugais, tous les autres laïcs : Antônio Baracho, Antônio Vilela Cid, Antônio Vilela et sa fille, Diego Pereira, Estêvão Machado de Miranda et ses deux filles, Francisco de Bastos, la petite fille de Francisco Dias, Francisco Mendes Pereira, João da Silveira, João Lostau Navarro, João Martins et sept jeunes, José do Porto, Manuel Rodrigues de Moura et sa femme, Mateus Moreira, Simão Correia, Vicente de Souza Pereira, béatifiés en 2000, canonisés en 2017.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésain : près de Valencia, Enrique Morant Pellicer (*1908) ;

Amigoniens : près de Madrid, le prêtre Crescencio García Pobo (*1903) ;

- béatifiés en 2013 :

Dominicains : à Bilbao, les prêtres Raimundo Joaquín Castaño González et José María González Solís (*1865, 1877) ;

Laïque : près de Jaén, José María Poyatos Ruiz (*1914) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Manuel Lucas Ibañez (*1879) ;

Lazaristes : à Madrid, le prêtre Eleuterio Castillo Gómez (*1903).

B Szilárd Ignác Bogdánffy (1911-1953), évêque roumain à Oradea Mare des Latins, martyr, béatifié en 2010 ; il était né à Crna Bara, alors en Hongrie et maintenant en Serbie.

  

Candida de Rome

?

 

Candida est une Martyre romaine.

On en avait fait l’épouse du martyr Artemius (v. 6 juin), chose qu’on ne saurait cautionner sans preuve.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Candida de Rome au 3 octobre.

 

 

Faustus d’Alexandrie et Huit Compagnons

3e-4e siècles

 

On a vu au 8 avril les nombreuses péripéties qui jalonnèrent l’épiscopat de s.Denys d’Alexandrie. Celui-ci mourut en 264, après avoir été exilé par deux fois.

Témoins de ses souffrances furent Faustus et ses huit Compagnons, qui sont :

  • Caius
  • Petrus
  • Paulus
  • Eusebius
  • Chæremon
  • Lucius
  • et deux autres dont on ne connaît pas le nom.

Ces Confesseurs de la Foi souffrirent en même temps que Denys, mais ne semblent pas avoir été martyrisés.

Seul Faustus, plus tard, fut martyrisé sous Dioclétien, probablement au début du quatrième siècle. S’il fut déjà persécuté sous Dèce, avec Denys, il devait être assez âgé au moment de son martyre.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Faustus et ses huit Compagnons au 3 octobre.

 

 

Hesychios de Maiouma

4e siècle

 

On fêtera le 21 octobre s.Hilarion de Gaza. Hesychios en fut un très fidèle disciple.

Lorsqu’Hilarion fut poursuivit par les émissaires de l’empereur Julien, il trouva refuge en Alexandrie, tandis que son monastère de Gaza était détruit. Hilarion et Hesychios étaient condamnés à mort par contumace.

Quand Hilarion s’embarqua pour la Sicile, il semble qu’Hesychios ne l’accompagna pas. Il apprit finalement de la bouche d’un Juif qui le connaissait, qu’Hilarion se trouvait dans cette île. Il le rejoignit, puis l’accompagna jusqu’en Dalmatie, et de là à l’île de Paphos. Hilarion devait constamment fuir la célébrité et les foules.

Hilarion resta à Paphos deux ans, après quoi il envoya son cher Hesychios à Gaza chercher des restes du monastère détruit. A son retour, Hesychios persuada son maître de rester encore sur l’île, quitte à chercher un endroit encore plus isolé, où Hilarion resta cinq ans.

Il était désormais octogénaire et sentit approcher la mort. Hesychios étant momentanément absent, il lui écrivit son testament, lui léguant toutes ses richesses : un évangéliaire, un cilice, un capuchon, un mantelet.

Hilarion mourut en 372. Dix mois plus tard, Hesychios réussit à reporter son corps à Maiouma, aux environs de Gaza.

Il semble qu’on ait ici plus un résumé de la vie d’Hilarion, qu’un abrégé de celle d’Hesychios. Ce dernier apparaît comme le fidèle serviteur, attaché à son père spirituel, effacé et heureux d’être oublié pour rester uni à Dieu dans la méditation et la prière.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Hesychios de Maiouma au 3 octobre.

 

 

Maximianus de Bagaï

5e siècle

 

Maximianus fut évêque de Bagaï (auj. Ksar-Bagaï, Tunisie) au début du cinquième siècle.

Il s’était repenti d’avoir un moment adhéré au donatisme et, au concile de Milève (402), avait offert sa démission.

La démission fut acceptée des pères du concile, mais ne fut pas immédiate.

En effet, en 404, Maximianus était encore sur son siège, lorsque des donatistes mirent le feu à une basilique en y jetant des livres sacrés. Puis il émit une sentence contre eux au sujet d’une autre basilique usurpée par les hérétiques.

Ces derniers se vengèrent sur lui de façon vraiment outrageuse : ils le poursuivirent jusque sous l’autel où il s’était réfugié, le brisèrent sur lui et le frappèrent violemment ; Maximianus perdait son sang en abondance, on le dépouilla de ses vêtements et on le traîna, on le battit encore et, de nuit, on le précipita du haut d’une tour sur un tas d’ordures.

On ne sait par quel miracle Maximianus survécut à ces mauvais traitements. Mais l’évêque put se rendre à Rome, où l’empereur Honorius remarqua ses profondes blessures.

Après le concile de Carthage (405), il édicta encore de sévères mesures contre les donatistes.

On ne sait ce qui advint par la suite. En 411, c’était un évêque donatiste qui siégeait à Bagaï et l’on ne trouve plus trace de l’évêque Maximianus.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Maximianus de Bagaï au 3 octobre.

 

Cyprien de Toulon

475-546

 

Cyprien (ne pas le confondre avec celui de Carthage, v. 14 septembre), vit le jour vers 475 dans une famille dite de Montolieu, sans qu’on puisse assurer qu’il s’agisse de la localité proche de Carcassone (Aude).

Il fut élève de s.Césaire d’Arles, fut ordonné diacre vers 505, prêtre en 506.

Puis il fut moine à Saint-Victor de Marseille.

Vers 514-517, il fut nommé évêque de Toulon. C’était le quatrième sur ce siège.

Cyprien lui-même a raconté, s’accusant avec réelle humilité, qu’il avait été paresseux et n’avait pas profité des enseignements du Maître. Peut-être aurait-il pu faire mieux, c’est certain, mais il fut en réalité ce fidèle disciple que Césaire choisit pour être assisté à tous les conciles importants de Provence : Arles (524), Carpentras (527), Orange et Vaison (529), Marseille (533).

Plusieurs anecdotes historiques vont montrer combien au contraire Cyprien profita fort bien de l’enseignement qu’il reçut de Césaire.

D’abord son style littéraire, excellent, qui apparaît dans les écrits qu’on a de lui : une lettre à Maxime de Genève, dans laquelle il expose sa parfaite orthodoxie sur la doctrine de l’Incarnation du Christ ; et principalement la Vita de Césaire, dont il rédigea la première partie.

Ensuite et surtout sa parfaite connaissance de la doctrine de la grâce, qu’il exprima avec Césaire à Orange : quand les évêques de la proche Valence pensèrent mettre en discussion cette doctrine, Césaire envoya Cyprien leur exposer ses arguments, auxquels ceux de Valence ne purent rien répondre ( 529) ; même le pape Boniface II confirma les thèses du concile d’Orange, leur donnant ainsi valeur œcuménique.

Enfin, ce fut Cyprien qui guida la délégation de Provence au concile national d’Orléans de 541, ce qui permit de faire passer cette même doctrine à l’ensemble de la Gaule.

Mais de quelle doctrine s’agissait-il ? Pelagius avait prétendu que l’homme, par sa volonté, peut atteindre la perfection évangélique, rejetant indirectement la marque du péché originel et le rôle essentiel de la grâce divine. Combattue par s.Augustin (v. 28 août), cette doctrine fut rejetée et condamnée par le pape Zosime en 418. Le semi-pélagianisme, répandu par les moines de Lérins, chercha à rapprocher la position pélagianiste de celle de s.Augustin, et semblait assez acceptable, mais fut fermement repoussée au concile d’Orange, comme on l’a dit plus haut : il fallait respecter le rôle de la grâce divine dans tout le cheminement de l’homme vers la perfection. Plus tard, le débat fut rallumé à propos du rôle du libre arbitre. Mais laissons là les théologiens.

Après une trentaine d’années d’épiscopat, Cyprien mourut : après Césaire (543) et avant 549, date du concile d’Orléans où siégea son successeur.

Saint Cyprien de Toulon est commémoré le 3 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ewald de Cologne

† 695

 

Par Ewald on considère en réalité deux personnages qui eurent le même trajet dans l’apostolat et la sanctification.

Les deux Hewald étaient natifs de Northumbrie (Angleterre) et reçurent leur formation en Irlande.

On sait que s.Willibrord (v. 7 novembre) quitta l’Irlande pour la Germanie avec onze Compagnons. Parmi ces onze, se trouvaient deux moines nommés Ewald. 

On ne sait rien sur leur vie antérieure, mais on connaît ce détail amusant, que pour les distinguer, on les appelait le Noir ou le Blanc, selon la couleur de leurs cheveux ; on peut supposer que le premier était plus jeune, tandis que le second avait déjà les cheveux blancs.

Mais il y avait aussi cela qui les distinguait, à savoir que le Noir était beaucoup plus instruit que le Blanc. Cependant une même et profonde piété les unissait dans l’amour de Dieu et le zèle pour la conversion des païens : leur désir était d’aller convertir leurs cousins de la Vieille Saxonie, une région de l’actuelle Westphalie.

Quand Willibrord se fut installé à Utrecht, les deux amis Ewald poussèrent plus loin au pays des anciens Saxons. Ils y rencontrèrent un intendant, qu’ils prièrent de les conduire à son chef. Il faut préciser ici que, d’après s.Bede (v. 25 mai), les chefs des anciens Saxons étaient tout-à-fait indépendants les uns des autres, sauf en cas de guerre, où le sort désignait un chef unique ; passés les combats, chacun reprenait son droit local.

L’intendant observa d’abord le comportement des deux missionnaires et les laissa s’installer quelque part pour célébrer et prier à leur guise. Mais les Saxons craignirent qu’ils convertissent leur chef et qu’on leur fît abandonner leurs rites habituels, aussi décidèrent-ils de se débarrasser des deux moines.

Ils les arrêtèrent de surprise, abattirent le Blanc d’un coup d’épée, torturèrent le Noir longuement et en déchirèrent tous les membres. Ils jetèrent les corps des Martyrs dans le Rhin. C’était le 3 octobre 695.

Quand le satrape apprit cela, il entra dans une grande fureur, fit incendier le village des assassins et les condamna à mort. Bien sûr, il ne savait pas encore ce que signifie pardonner. C’est probablement lui qui ordonna des recherches pour prévenir de la mort des deux Martyrs.

Le premier miracle observé après ce martyre, fut qu’une colonne de feu fit connaître où flottaient les deux corps des deux saints Martyrs : en même temps, un des compagnons des deux Ewald, nommé Tilmon, ancien soldat devenu moine, fut averti en songe qu’il les retrouverait là où il rencontrerait une colonne de feu qui unirait la terre et le ciel ; les corps retrouvés furent plus tard rapportés à Cologne.

Il se peut que les corps aient été jetés dans un affluent du Rhin, mais on émet des doutes sur l’emplacement précis du lieu du martyre ; on a proposé Laer, ou plutôt Aplerbek (Dortmund), où on leur a élevé un monument.

Les martyrs Ewald sont devenus les patrons célestes de la Westphalie.

Ils sont commémorés le 3 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Utto de Metten

† 829

 

Il n’y a guère de certitudes au sujet de Utto (latin Utho).

Metten se trouve près de Deggendorf (Basse Bavière, Allemagne S). Cette abbaye fut fondée en 766 par le prêtre Gamelbert, qui y nomma abbé son propre filleul Utto. On ne sait avec quelle autorité il procéda à cette nomination, mais Utto se montra sans doute à la hauteur de sa mission.

Très vite fut ouverte dans le monastère une école, qui existe encore aujourd’hui.

Utto gouverna donc les douze moines de cette nouvelle communauté. On croit qu’ils venaient, comme Utto, de l’abbaye de Reichenau (sur le lac de Constance).

D’après une légende du tard Moyen-Age, Utto vivait en ermite dans les forêts de Metten. Passant par là pendant une chasse, Charlemagne lui-même rencontra Utto, qui le supplia de faire construire là un monastère en l’honneur de saint Michel archange. Une petite église fut construite près d’une source, où aurait eu lieu cette rencontre.

Le nom de Utto se trouve dans les actes d’un synode de 772, ainsi que dans un document de 784.

La date de la mort de Utto reste douteuse ; d’après la «légende», on pourrait avancer l’année 829, mais  les historiens pencheraient plutôt pour 802, environ.

Le culte d’Utto fut confirmé en 1909. 

En 2016, les moines de Metten ont célébré avec action de grâces les mille deux-cent cinquante années de leur fondation. 

Bienheureux Utto de Metten est commémoré le 3 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gérard de Brogne

889-959

 

Gérard naquit sur la fin du 9e siècle à Stave (Fosses, Belgique), de parents appartenant à la haute noblesse, Santio et Plectrude, cette dernière étant la sœur d’Etienne, évêque de Liège.

Il entra au service du compte de Lomme, Béranger. Mais une vision de s.Pierre l’invita à fonder un monastère.

Dans une de ses propriétés, se trouvait un petit sanctuaire assez délabré et il voulut le restaurer et l’agrandir à ses frais. Il fallait pour cela démolir une petite maison où résidait un prêtre, et ce dernier ne voulait rien entendre : un dragon surgit alors, vomissant le feu qui détruisit la maison. En revanche, lors de  la construction, pas une goutte de pluie ne vint retarder le travail des maçons., de leur propre aveu (914).

On pense que Gérard se prépara à la vie monastique à Saint-Denis, où il aurait reçu le sacerdoce et d’où, en 919,  il ramena les reliques de s.Eugène.

Il fit consacrer la nouvelle église à s.Pierre et s.Eugène par l’évêque de Liège, Etienne, son oncle. Des clercs jaloux pensèrent bien faire d’exprimer des doléances à ce propos, et furent bien vite déboutés par l’évêque.

En 923, il put remplacer les clercs de cette église par des moines, qu’il dirigea alors en tant qu’abbé. Le monastère de Brogne comptait, par volonté du Fondateur, peu de moines et connut une calme prospérité.

La réputation de sainteté de Gérard amena les autorités à l’appeler pour réformer d’autres monastères. Qu’on en juge.

En 934, ce fut le cas de l’abbaye Saint-Ghislain en Hainaut.

En 937, Saint-Bavon de Gand, puis le Mont-Blandin. Dans cette dernière, et dans tous les monastères de son territoire, le comte Arnoul 1er revendiqua le droit de confirmer l’élection des abbés élus par les moines ; Gérard fut ainsi élu et confirmé abbé du Mont-Blandin, mais un siècle plus tard les moines du Mont-Blandin tachèrent d’encre les passages d’une charte mentionnant les droits du comte.

En 944, ce fut Saint-Bertain, dont les moines, réfractaires à toute réforme, s’enfuirent en Angleterre.

Puis il y eut Mouzon et Saint-Amand ; de là, les disciples de Gérard gagnèrent la Normandie : Saint-Wandrille, le Mont-Saint-Michel, Saint-Ouen de Rouen.

On signale au Mont-Blandin le séjour de Dunstan, futur archevêque de Canterbury (v. 19 mai), qui se formait au monachisme occidental, signe de la célébrité de la réforme appliquée au Mont-Blandin.

Gérard aurait effectué un voyage - ou un pèlerinage - à Rome. Au retour, le char qui transportait des pierres de porphyre destinées à l’église de Brogne, se renversa dans un ravin des Alpes, mais la prière de Gérard obtint que ni le conducteur (ni les pierres !) ne furent lésés.

En 953, Gérard renonça à son titre d’abbé et regagna Brogne. Il n’avait aucune ambition personnelle, et ne désirait que l’avancement des moines dans la ferveur et la sainteté.

Son influence, tout effacée et efficace, prépara la grande réforme grégorienne du siècle suivant.

Sentant sa mort approcher, Gérard fit sonner les cloches de Brogne, et s’endormit doucement, le 3 octobre 959.

Un acte officiel de 986 indique que l’abbaye est un lieu de brassage de la bière, activité que connut sans doute le Fondateur.

Gérard fut «canonisé» en 1131, par l’élévation de ses reliques.

Au 17e siècle, l’abbaye de Brogne prit le nom de Saint-Gérard. Elle fut détruite en 1525 lors des guerres «de religion», fermée en 1795, alors qu’il ne se trouvait plus que deux (2 !) moines. L’église et le cloître, qui étaient les éléments les plus importants de l’abbaye, ont été démolis pour faire passer une route ; le restant des bâtiments sert à des expositions et des activités culturelles. La brasserie y fut réinstallée en 2013.

Saint Gérard de Brogne est commémoré le 3 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

Adalgott de Coire

† 1160

 

Adalgott appartenait au monastère cistercien de Clairvaux, où il fut disciple de s.Bernard (v. 20 août).

En 1150, il fut nommé évêque de Coire (Chur), malgré son grand âge.

Ses deux grands soucis, d’après ses propres écrits, furent l’aide aux monastères et le soin des pauvres.

Il favorisa ainsi le monastère prémontré de Coire avec charge de s’occuper aussi du proche hôpital ; le monastère féminin de Mistail, qui avait besoin d’une profonde réforme ; celui de Cazis, qu’il mit sous la règle des Prémontrés ; celui des Bénédictins de Münstertal, celui de Schänis, de Marienberg, dont il consacra la crypte.

Il est fort vraisemblable que la reconstruction de la cathédrale de Coire fut décidée par lui ; elle se fit en 1178-1272.

Adalgott mourut le 3 octobre 1160. L’Eglise de Coire l’honora bientôt comme Saint, mais le Martyrologe le mentionne comme Bienheureux au 3 octobre.

On a parfois confondu Adalgott de Coire avec Adalgott de Disentis, mort en 1031 et honoré le 26 octobre (mais qui n’est pas au Martyrologe).

 

 

Ambrósio Francisco Ferro

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Antônio Baracho

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Antônio Vilela

et sa fille

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Antônio Vilela Cid

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Diogo Pereira

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Estêvão Machado de Miranda

et ses deux filles

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Francisco de Bastos

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Francisco Dias et sa fille

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Francisco Mendes Pereira

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

João da Silveira

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

João Lostau Navarro

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

João Martins

et sept jeunes Compagnons

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

José do Porto

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Manuel Rodrigues de Moura

et son épouse

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Mateus Moreira

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Simão Correia

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Vicente de Souza Pereira

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

Manuel Lucas Ibañez

1879-1936

 

Né le 11 juin 1879 à El Fondón (Almería), il fut baptisé trois jours plus tard.

Son frère aîné, Tristán, entra le premier au séminaire de Grenade ; il allait être ordonné diacre, quand il mourut du typhus. Manuel, en quelque sorte, prit sa place et fut ordonné prêtre en 1904.

Il fut nommé à Válor, Padules et Laujar ; en 1911, à Fuente Victoria et Benecid.

Son attention se portait à ses chers paroissiens paysans et les aidait volontiers dans leurs travaux ; on l’appelait le Curé-Ouvrier. A Noël, il n’hésitait pas à prélever sur son héritage de famille pour aider les plus pauvres.

Quand se déchaîna la persécution en 1936, on lui coupa toutes ses ressources, et même on l’expulsa de sa maison. Le 24 août, il mit en sécurité le Saint-Sacrement, à temps avant que son église fût incendiée, deux jours plus tard. Il put continuer de célébrer la Messe quotidienne chez les Dames Catéchistes de Fuente Victoria.

On l’arrêta une première fois ; en entrant dans la prison, il s’écria : Ave, María Purísima. Libéré quelques jours plus tard, il fut repris début octobre et conduit au bord du ravin des Caballos, à Berja. Il répétait des invocations à Notre-Dame des Anges, patronne du pays. Les bourreaux voulurent le forcer à blasphémer ; sur son refus, ils le jetèrent au sol, le torturèrent et le castrèrent, avant de le fusiller.

Martyrisé le 3 octobre 1936 et béatifié en 2017, Manuel Lucas Ibañez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 3 octobre.

 

 

Crescencio García Pobo

1903-1936

 

Il naquit le 5 avril 1903 dans le petit pays de Celadas (Teruel) et fut baptisé dès le lendemain. Ses parents s’appelaient Lorenzo et María.

Orphelin de père à quatre ans, il fut admis chez les Pères Tertiaires Capucins de Bari (Teruel), fondés par le Vénérable Père Luis Amigo (d’où leur nom de Amigoniens).

Le 15 septembre 1921, fête de Notre-Dame des Douleurs, Crescencio commença le noviciat et fit la première profession à Godella (Valencia), et la solennelle six ans après. Cette fête des Douleurs de Notre Dame pouvait être le présage de son destin.

En 1928, il fut ordonné prêtre à Godella (Valencia) et exerça son activité dans diverses écoles : celles de Carabanchel Bajo (Madrid), puis celle de Sograndio (Asturies).

C’était un prêtre extraverti, jovial, méthodique ; il s’employa à remettre sur la bonne voie des jeunes en difficulté.

En juillet 1936, il était à la maison Notre-Dame de Covadonga (Asturies) et partait pour celle de Carabanchel Bajo (Madrid).

Lors de la révolution, le 20 juillet, la maison des Amigoniens fut prise d’assaut et occupée ; don Crescencio se trouva détenu, mais put recevoir, ainsi que ses Confrères, un sauf-conduit, grâce au juge qui, étant déjà juge au Tribunal des Mineurs, le connaissait. Le Père Crescencio, plutôt que s’enfuir, préféra se réfugier chez une pieuse dame de Madrid, se faisant passer pour étudiant de médecine aux yeux de l’autorité.

Le 2 août, on l’arrêta en ville avec un autre Frère et on ne lui trouva pas ses papiers d’identité, aussi fut-il envoyé à la Direction Générale de Sécurité, puis à la prison de Ventas.

Dans cette prison, on le mit avec les intellectuels (parmi lesquels Ramiro de Maeztu et Federico Santander).

Après divers interrogatoires et mauvais traitements, le père Crescencio ayant refusé d’abjurer sa foi et son sacerdoce, il fut emmené au cimetière de Aravaca (ou de Paracuellos de Jarama) et fusillé, le 3 octobre 1936. Il avait l’âge du Christ, trente-trois ans.

Crescencio García Pobo a été béatifié en 2001.

 

 

Eleuterio Castillo Gómez

1903-1936

 

Né le 18 octobre 1903 à Marmellar de Arriba (Burgos), il était le troisième des enfants de Santiago et Emiliana.

En 1915, il étudia à l’Ecole Apostolique des Lazaristes (Vincentiens) de Tardajos, puis à Madrid en 1919 pour le noviciat. Il étudia la philosophie à Hortaleza (Madrid) et fit la profession en 1921. Il étudia la théologie à Cuenca et fut ordonné prêtre en 1928.

Il fut d’abord destiné au sanctuaire marial d’Orense en même temps que professeur au Petit séminaire. En 1933, il fut sous-directeur du séminaire vincentien de Madrid. En plus, il fréquenta l’université de Salamanque.

Il était petit de taille ; sa belle voix de ténor lui permettait de prêcher et de chanter fort bien, de sorte qu’on appréciait sa présence dans la liturgie. Une chose lui était fort désagréable : la duplicité ; par exemple, celle des ouvriers qui étaient de petits saints avec lui, et s’inscrivaient dans un parti de gauche…

Après les tristes élections du printemps 1936, on éloigna tous les jeunes étudiants d’Hortaleza à Burgos ; restaient les Religieux plus âgés. En juin, le p.Castillo célébra encore une Messe de Première Communion chez les Religieuses Salésiennes.

Le p.Castillo fut un des premiers arrêtés, le 21 juillet 1936. Il resta en prison à Madrid jusqu’au 22 août, lorsque la prison fut incendiée. Dans les premiers jours de septembre, son beau-frère, qui était garde civil, obtint sa libération et le reçut chez lui, mais comme un Comité révolutionnaire s’installa au même endroit, le Père dut s’enfuir dans une autre pension, où sa sœur Felisa venait lui rendre visite.

Le 22 septembre, des Milices Rouges vinrent arrêter le p.Castillo et le beau-frère. Le Père reconnut qu’il était prêtre et leur dit : Je ne vais pas avec vous, parce que vous n’avez aucune autorité ; j’irai à la Direction de Sécurité. La réponse, d’une vulgarité déconcertante fut : Tú lo que tienes es mucha caca, cuando no quieres venir, qu’on pourrait traduire : Toi (noter le tutoiement), si tu ne veux pas venir, tu ne seras qu’une grosse m… et ils le soulevèrent à deux pour l’emmener en «prison» - le couvent des Salésiennes, là où on l’avait vu en juin dernier. Felisa, elle, restait enfermée chez elle, avec ses quatre (ou six) enfants très jeunes.

Au petit matin du 3 octobre, ils firent sortir le p.Castillo et son beau-frère, les firent marcher jusque sous la fenêtre de Felisa, pour les assassiner.

Au moment d’être fusillé, le Père s’adressa aux bourreaux : N’oubliez pas que vous aussi vous mourrez, mais c’est nous qui serons vainqueurs.

Il allait avoir trente-trois ans.

Martyrisé le 3 octobre 1936 et béatifié en 2017, Eleuterio Castillo Gómez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 3 octobre.

Enrique Morant Pellicer

1908-1936

 

Enrique (Henri) naquit le 13 octobre 1908, dans une famille très chrétienne de Bellreguart (Valencia). Ses parents étaient Evaristo et Presantación.

Après ses études secondaires chez les Piaristes de Gandía, il commença des études d’architecture à Madrid, mais après un trimestre il s’orienta vers le sacerdoce.

Il entra au séminaire grâce aux subsides d’un oncle prêtre.

Dès le séminaire, il constitua un groupe de jeunes, la Legión Católica, prélude à l’Action Catholique. Il formait aussi de jeunes catéchistes.

Il fut ordonné prêtre en 1933.

Nommé à la paroisse de Barx (ou Barig, Valencia), il y constitua une bibliothèque paroissiale pour aider les fidèles à s’informer spirituellement ; il fonda aussi une chorale, envoyant ses membres à la voisine Gandía pour prendre des leçons de solfège et de chant. Il infusa par son ardeur la pratique religieuse de ses fidèles et fonda l’Action Catholique.

Après les élections de 1936, les autorités lui rendirent la vie impossible. Il fut transféré à Valencia au Patronat du Grao. Quand la révolution se déclencha, il se réfugia dans une des résidences de ce Patronat et put revenir chez lui après trois jours de détention à Alcira.

L’été passa et, le 3 octobre 1936, il fut arrêté à onze heures du matin.

Emmené au Comité, il confessa les autres détenus, puis fut renvoyé chez lui. Mais à la tombée de la nuit, on revint l’arrêter ; il fut conduit au lieu-dit Xeraco (ou Jeraco) et on le fusilla.

Don Enrique allait avoir vingt-huit ans, dont trois seulement de sacerdoce.

L’expression «tombée de la nuit» voudrait normalement dire que le martyre eut lieu le 3, et non le 4 octobre ; on trouve les deux dates ; le Martyrologe a choisi le 4.

Enrique a été béatifié en 2001.

 

 

Szilárd Ignác Bogdánffy

1911-1953

 

Szilárd Ignác Bogdánffy (Constantin Ignace) naquit le 21 février 1911 dans le village de Feketetó, qui se trouvait alors en Autriche-Hongrie. Ce village s’appelle aujourd’hui Crna Bara, près de Kikinda en Serbie.

Son père était chantre à la paroisse dont dépend le village, Čoka. 

La famille était originaire d’Arménie et fut ennoblie par les Habsburg.

Szilárd fréquenta l’école primaire de Crna Bara jusqu’en 1925, date à laquelle la famille se déplaça à Timişoara (près Banat, Roumanie). Puis il fréquenta l’école des pères Piaristes, et entra au séminaire catholique latin de Oradea. Il fut ordonné prêtre en 1934, et poursuivit des études à Budapest où il reçut les doctorats de philosophie et de théologie dogmatique.

Revenu en Roumanie, il fut professeur au séminaire de Oradea et confesseur des Ursulines.

En 1939, il fut poursuivi pour «activités anti-roumaines» par les services secrets d’Etat.

Durant la guerre mondiale, pour avoir caché des Juifs, il fut aussi interrogé par les services secrets hongrois.

Au lendemain de la guerre, en raison de la persécution ouverte des autorités contre la religion catholique, le Vatican permit que Szilárd soit ordonné évêque en secret. Szilárd devint donc évêque d’Oradea en même temps qu’évêque auxiliaire de Satu Mare (1949). Il fut consacré par le nonce de Bucarest.

A peine deux mois plus tard, le nouvel évêque fut arrêté et emprisonné. Il avait déjà été plusieurs fois approché par des émissaires du gouvernement pour prendre la tête d’une «Eglise roumaine indépendante».

L’évêque passa les quatre dernières années de sa vie dans différentes prisons de Roumanie, y compris dans le tristement célèbre camp de Capul-Midia. Il ne tarda pas à tomber malade, à la suite des mauvaises conditions de vie en prison et des séances répétées de tortures.

L’évêque Ioan Ploscaru, de rite byzantin catholique, témoigna que, dans la prison de Aiud, l’évêque Szilárd Bogdánffy restait «humble, serein, toujours prêt à aider ses camarades souffrants». 

Bien que souffrant d’une grave pneumonie, il ne put bénéficier des soins nécessaires, le médecin les jugeant inutiles.

Monseigneur Szilárd Bogdánffy mourut dans la solitude de la prison Aiud, le 3 octobre 1953.

 

Il a été béatifié en 2010. Il est le premier Martyr roumain de l’époque communiste béatifié.

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1 octobre 2020 4 01 /10 /octobre /2020 23:00

02 OCTOBRE

 

- SS Anges Gardiens.

IV.

S Eleutherios, martyr à Nicomédie, peut-être de la maison impériale.

VII.

S Saturius, ermite à Numance.

Ste Scariberge, nièce de Clovis, épouse de s. Arnoul.

S Gérin, frère de l'évêque d'Autun, s. Léger (infra) ; les partisans du maire du palais Ebroin le lapidèrent, deux ans avant l'exécution de Léger.

S Léger, fils de ste Sigrade ; évêque à Autun, il finit par se trouver à la tête de l'opposition au maire du palais Ebroin ; arrêté, il eut les yeux arrachés, les lèvres et la langue coupés (mais il recouvra la parole), puis fut décapité.

S Serein, lorrain, au service d'un seigneur ; il laissait son troupeau pour visiter l'abbaye proche ; accusé de négligence, il fit voir ses belles bêtes, mais préféra partir : le seigneur, guéri par lui, lui permit de construire une cellule ; plus tard, il partit à Rome où il fut ordonné prêtre et revint mourir dans son ermitage.

S Jean, évêque à Côme, qui convertit beaucoup d'ariens.

VIII.

S Bérégise, flamand, prêtre puis abbé du monastère qu'il fonda à Andage.

S Ursicin, abbé à Disentis et peut-être évêque à Coire.

S Theophilos, moine à Constantinople, martyrisé pour la défense des saintes Images.

S Mélar (Méloir), prince déchu breton, fils de s. Miliau, martyr ; son rival tenta de le faire empoisonner, mais on se "contenta" de l'amputer du pied gauche et de la main droite, et plus tard il fut tué.

XIII.

B Bérenger, évêque à Lérida.

XVII.

Bx Ludovicus Yakichi, martyr japonais, avec sa femme Lucia, ses enfants Andreas et Franciscus, de sept et quatre ans ; le martyre de Ludovicus fut horrible ; quatre mariniers et le petit garçon de l'un d'eux furent aussi décapités.

XVIII.

B Georges-Edme René, chanoine à Vézelay, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

Ste Émilie de Villeneuve, fondatrice des Sœurs de l'Immaculée Conception à Castres, béatifiée en 2009, canonisée en 2015.

B Antoine Chevrier, tertiaire franciscain lyonnais, à l'origine du Prado (du nom d'un ancien dancing loué pour organiser la catéchèse des enfants), société de prêtres pauvres au service des pauvres ; béatifié en 1986.

XX.

B Jan Beyzym (1850-1912), jésuite polonais à Madagascar, très actif au service des lépreux, béatifié en 2002.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1995 :

Piaristes : à Castellón, le prêtre Francesc Carceller Galindo (F. de N.Dame de Lourdes, *1901) ;

Disciples de Jésus : près de Castellón, le prêtre Isidoro Bover Oliver (*1890) ;

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près d’Alicante, les deux frères Elías et Juan Bautista Carbonell Mollá (*1869, 1874) ; Juan était organiste ;

Servantes de Marie : près de Valencia, María Francisca Ricart Olmos (M.Guadalupe, *1881) ;

- béatifiés en 2007 :

Salésiens : à Madrid, le prêtre Enrique Sáiz Aparicio (*1889) ; les clercs Pedro Artolozaga Mellique et Manuel Borrajo Míguez (*1913, 1915) ; le profès Mateu Garrorela Masferrer (*1888) ; à Jaén, le coopérateur laïc Bartolomé Blanco Márquez (*1914) ;

- béatifiés en 2013 :

Picpus : à Madrid, Juan Iñiguez de Ciriano Abechuco (Isidro, *1901) ;

Clarétains : près de Ciudad Real, le convers Felipe Gonzáles de Heredia Barahona (*1889) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, les deux frères José et Antonio Fuentes Ballesteros (*1885, 1887) ;

- béatifiés en 2021 :

Diocésains : près de Cordoue, Manuel Ruiz Caballero et Acisclo Juan Carmona López (*1870, 1871) ; près de Jaén, Manuel Arenas Castro (*1899) ;

Laïcs : près de Jaén, Miguel Arenas Castro (*1906).

Bse Maria Anna Kratochwil (Maria Antonina, 1881-1942), des Sœurs Scholastiques polonaises, torturée par des nazis en Ukraine, béatifiée en 1999.
B Jesús Emilio Jaramillo Monsalve (1916-1989), évêque colombien martyr, béatifié en 2017.

Anges

Anges Gardiens

 

Parler des Anges sera difficile, car ces esprits n’appartiennent pas au monde visible. On a beaucoup écrit et surtout inventé, sur les Anges. Tâchons de nous contenter de paroles sûres et autorisées.

1. Existence et essence des Anges

Ange vient du grec aggelos, en latin angelus, l’envoyé, le messager.

Dans notre Credo, nous affirmons que Dieu a créé l’univers visible et invisible, soit le ciel et la terre, de même que la Genèse commence par ces mots : Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre (Gn 1:1), où le mot cieux évoque le monde invisible, les anges.

D’après le Catéchisme de l’Eglise Catholique (nn.328-329-330) : 

L’existence des êtres spirituels, non corporels, que l’Ecriture Sainte nomme habituellement anges, est une vérité de foi. Le témoignage de l’Ecriture est aussi net que l’unanimité de la Tradition.

De tout leur être, les anges sont serviteurs et messagers de Dieu. Parce qu’ils contemplent ‘constamment la face de mon Père qui est aux cieux’ (Mt 18:10), ils sont ‘les ouvriers de sa parole, attentifs au son de sa parole’ (Ps 103:20). 

En tant que créatures purement spirituelles, ils ont intelligence et volonté ; ils sont des créatures personnelles et immortelles (cf. Lc 20:36). Ils dépassent en perfection toutes les créatures visibles. L’éclat de leur gloire en témoigne (cf. Dn 10:9-12).

Saint Augustin (Commentaire sur le psaume 103) écrit : 

Ange désigne la fonction, non pas la nature. Tu demandes comment s’appelle cette nature ? - Esprit. Tu demandes la fonction ? - Ange ; d’après ce qu’il est, c’est un esprit, d’après ce qu’il fait, c’est un ange.

2. Action et manifestation des Anges dans l’Ecriture

Parcourant les passages bibliques où il en est question, on pourra affirmer (Catéchisme, n.331) : 

Le Christ est le centre du monde angélique. Ce sont ses anges à Lui : ‘Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire avec tous ses anges’… (Mt 25:31). Ils sont à Lui parce que créés par et pour Lui : ‘Car c’est en Lui qu’ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles : trônes, seigneuries, principautés, puissances ; tout a été créé par Lui et pour Lui’ (Col 1:16). Ils sont à Lui plus encore parce qu’Il les a faits messagers de son dessein de salut : ‘Est-ce que tous ne sont pas des esprits chargés d’un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter le salut ?’ (He 1,14).

Ils sont là dès la création et tout au long de l’histoire du salut, annonçant de loin ou de près ce salut et servant le dessein divin de sa réalisation :

  • ils ferment le paradis terrestre (Gn 3:24)
  • ils protègent Lot (Gn 19)
  • ils sauvent Agar et son enfant (Gn 21:17)
  • ils arrrêtent la main d’Abraham (Gn 22:11)
  • la loi est communiquée par leur ministère (Ac 7:53)
  • ils conduisent le Peuple de Dieu (Ex 23:20,23)
  • ils annoncent naissances et vocations (Jg 13 ; Jg 6:11,24 ; Is 6:6)
  • ils assistent les prophètes (1R 19:5)
  • c’est l’Ange Gabriel qui annonce la naissance du Précurseur et celle de Jésus lui-même (Lc 1:11,26)

De l’Incarnation à l’Ascension, la vie du Verbe incarné est entourée de l’adoration et du service des anges. Lorsque Dieu introduit le Premier-né dans le monde, il dit : ‘Que tous les anges de Dieu L’adorent’ (He 1,6). Leur chant de louange à la naissance du Christ n’a cessé de résonner dans la louange de l’Eglise : Gloire à Dieu au plus haut des cieux (Lc 2,14). 

  • ils protègent l’enfance de Jésus (Mt 1:20 ; 2:13,19)
  • ils Le servent au désert (Mc 1:12 ; Mt 4:11)
  • ils Le réconfortent dans l’agonie (Lc 22:43), alors qu’Il aurait pu être sauvé par eux de la main des ennemis (Mt 26:53) comme jadis Israël (2M 10:29-30 ; 11:8). 

Ce sont encore les anges qui «évangélisent» (Lc 2,10) en annonçant la Bonne Nouvelle de l’Incarnation ( Lc 2:8-14) et de la Résurrection (Mc 16:5-7) du Christ. Ils seront là au retour du Christ qu’ils annoncent (Ac 1:10-11), au service de son jugement (Mt 13:41 ; 24:31 ; Lc 12:8-9) (n.333).

Les récits des Actes des Apôtres sont ponctués de l’assistance des Anges (Ac 5:18-20 ; 8:26-29 ; 10:3-8 ; 12:6-11 ; 27:23-25).

3. Dans la Liturgie et dans notre vie

Au cours de la liturgie de la Messe, le prêtre et les fidèles s’associent chaque jour au chœur des Anges pour adorer le Dieu trois fois saint (chant du Sanctus) ; le prêtre évoque le rôle de l’Ange pour présenter à Dieu l’Offrande (Canon romain, pr!ère du Supplices te rogamus : Qu’elle soit portée par ton Ange en présence de ta gloire, sur ton autel céleste). On leur confie les âmes des défunts pour les conduire au Paradis (Liturgie des funérailles : Que les Anges te conduisent au Paradis).

Le Christ a affirmé clairement que les Anges nous assistent dès l’enfance (cf. Mt 18:10), jusqu’au trépas (cf. Lc 16:22) ; des psaumes le disent aussi (Ps 34:8 ; 91:10-13), ce qui fit dire à saint Basile : Dès ici-bas, la vie chrétienne participe, dans la foi, à la société bienheureuse des anges et des hommes, unis en Dieu.

4. Les mauvais Anges - l’exorcisme

Les Anges sont des créatures intelligentes et libres. Ils peuvent donc pécher. L’origine des Anges déchus s’explique par la révolte d’une partie des Anges, qui refusèrent d’adorer Dieu. Du fait de leur nature parfaite, leur choix fut irrévocable et leur chute d’autant plus grave. Ainsi apparut l’état infernal des Anges, et leur impossibilité d’en être jamais délivrés.

C’est à l’Ange déchu (le diable, Satan) que saint Michel adressa cette parole : Que Dieu te commande (Jude 9). Le diable est pécheur dès l’origine (1Jn 3:8) et père du mensonge (Jn 8:44). Il tenta même Jésus de toutes les manières (Lc 4:1-13).

Le Catéchisme continue (n.395) : 

La puissance de Satan n’est cependant pas infinie. Il n’est qu’une créature, puissante du fait qu’il est pur esprit, mais toujours une créature ; il ne peut empêcher l’édification du Règne de Dieu (n.395). Sa haine de Dieu se manifeste par de graves dommages (même physiques) dans les êtres. Jésus-Christ a affirmé que, parfois, ce genre de démons ne peut être combattu que par la prière (Mc 9:29).

C’est le moment de parler ici du pouvoir dont est revêtue l’Eglise, d’expulser les démons par l’exorcisme. Sous une forme simple, l’exorcisme est pratiqué lors de la célébration du Baptême. L’exorcisme solennel, appelé ‘grand exorcisme’, ne peut être pratiqué que par un prêtre et avec la permission de l’évêque. Il faut y procéder avec prudence, en observant strictement les règles établies par l’Eglise (Catéchisme, n.1673).

5. Les chœurs des Anges

A strictement parler, l’Eglise nous rappelle que nous ne connaissons par la Révélation que trois noms d’Anges : Michel, Gabriel et Raphaël (qui sont fêtés le 29 septembre). Par les écrits de Denys l’Aréopagite, on s’est accoutumé à distinguer neuf chœurs d’Anges : anges, archanges, principautés, puissances, vertus, dominations, trônes, chérubins, séraphins. Saint Paul en cite quelques-uns, ainsi que la Préface du Sanctus à la Messe.

 

Les Anges Gardiens

 

Les Anges sont donc omniprésents autant dans la Bible que dans la vie quotidienne. Plus particulièrement, la présence d’un Ange Gardien auprès de chacun de nous est une croyance ancienne.

Saint Bernard (voir au 20 août) recommandait d’avoir beaucoup d’affection pour leur bienveillance et les faveurs que nous recevons de leur charité. Récemment, le pape Benoît XVI a rappelé que la présence invisible de ces esprits bienheureux nous est une grande aide, et d’un grand réconfort : ils marchent à côté de nous, ils nous protègent, en toute circonstance, ils nous défendent dans les dangers, et nous pouvons avoir recours à eux à tout moment.

Il y eut des cas dans la vie de l’Eglise, de Saints et de Saintes qui virent leur Ange Gardien. Ainsi sainte Françoise Romaine (v. 9 mars) ou sainte Gemma Galgani (v. 11 avril). La bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février), qui était fort ignorante, eut des visions extrêmement lumineuses sur les Anges, les Anges Gardiens, leur action, leurs interventions.

C’est donc une tradition de piété, que d’invoquer son Ange Gardien.

Affirmer ensuite qu’il y a un Ange spécial pour chaque famille, pour chaque ville, pour chaque pays, pour chaque association, etc., est une extention de la dévotion, qui n’est pas officiellement approuvée. Elle n’est pas mauvaise en soi, si elle ne débouche pas sur un genre de superstition. Il y a ainsi des croyances qui prétendent connaître le nom de tel ou tel Ange Gardien : ces croyances n’ont aucun support chrétien solide.

La dévotion officielle de l’Eglise envers les Anges Gardiens est plutôt récente. Des fêtes eurent lieu localement en Espagne et au Portugal à partir du 15e siècle, en Autriche au 17e siècle, au 2 octobre. C’est à cette date qu’elle s’est maintenue dans notre calendrier actuel.

Le Catéchisme conclut : L’Eglise vénère les anges qui l’aident dans son pèlerinage terrestre et qui protègent tout être humain (n.352).

 

*       *       *

Ange de Dieu, mon gardien à qui la bonté divine m’a confié, éclaire-moi, garde-moi, dirige-moi et gouverne-moi pendant ce jour. Amen.

Eleutherios de Nicomédie

† 304

 

Eleutherios vivait à Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW) et faisait peut-être partie du personnel de la maison impériale.

Dioclétien, qui avait établi son siège à Nicomédie, proclama une ample persécution contre les Chrétiens.

On a parlé d’un incendie de la maison impériale, dont on rendit responsables les Chrétiens, en tête desquels se trouvait le soldat Eleutherios. Mais ce récit n’a pas pu être confirmé par des documents historiques.

Il est certain qu’Eleutherios mourut en martyr, au début du quatrième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Eleutherios de Nicomédie au 2 octobre.

 

 

Saturius de Numance

 † 606

 

C’était un ermite qui vivait à Numance, une ancienne localité proche de l’actuelle Soria (Castille, Espagne C).

Saturius est arrivé tout récemment dans le Martyrologe Romain.

Saint Saturius de Numance y est commémoré le 2 octobre.

 

 

Gérin, comte

 678

 

Gérin, le frère de s.Léger (v. infra), fut comes parisiacus, comte de Paris. Son nom connut beaucoup de variantes : Gairenus, Gerinus, Warinus, en français Guérin. 

Il existe des documents soit portant sa signature soit le mentionnant, qui concernent l’abbaye Saint-Denis.

Gérin fut victime du vent de tourmente qui concerna son frère. Lui-même fut aussi arrêté, torturé, et lapidé, quelque temps avant Léger, vers 678.

Comme dans le cas de Léger, cet assassinat à caractère d’abord politique, fut considéré comme un martyre.

Saint Gérin est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain, en même temps que son frère Léger.

 

 

Léger d’Autun

† 680

 

Leodegarius ou Léger était d’une grande famille aristocratique du Poitou. Il est question de son frère, Gérin, martyr également, en ce même jour. Leur mère, Sigrade, était autrefois mentionnée le 8 août au Martyrologe.

Neveu de l’évêque de Poitiers, dont il devint l’archidiacre, il fut abbé du monastère Saint-Maixent pendant au moins six ans puis, vers 663, fut nommé évêque d’Autun. C’était le vingt-septième titulaire de ce siège.

A l’intérieur de son diocèse, Léger rétablit l’ordre troublé par des divisions dans le clergé ; il dota la cathédrale d’une belle sacristie ; dans un concile tenu à Autun, il préconisa l’usage de la Règle de s.Benoît (v. 11 juillet) pour les monastères.

A l’extérieur, Léger se trouva involontairement du côté des nobles qui s’opposèrent à Ebroin, le maire du palais ; ils éliminèrent Ebroin et le roi qu’il avait imposé, Thierry III, en les enfermant respectivement dans les monastères de Luxeuil et de Saint-Denis. Mais des hommes d’Ebroin réussirent à envoyer aussi Léger à Luxeuil, où les deux ennemis n’avaient plus qu’à tenter de se réconcilier.

En 675, retour de situation : le roi Chilpéric fut assassiné, Thierry III rappelé, ainsi qu’Ebroin et notre Léger. Si ce dernier fut accueilli triomphalement à Autun, Ebroin montra ouvertement qui il était : il fit arrêter Léger, ordonna de lui arracher les yeux, couper les lèvres et la langue, et de le traîner tout nu par les rues. Par une intervention divine, il put cependant continuer à lire le psautier et à s’exprimer oralement malgré ces mutilations.

On l’interna chez les religieuses de Fécamp, on le condamna à mort comme indigne du sacerdoce ; il fut décapité le 2 octobre, vers 680, dans la région d’Arras.

Cet assassinat qui avait pour cadre la situation politique du 7e siècle, fut considéré comme un martyre.

Saint  Léger est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bérégise d’Andage

670-746

 

Les dates indiquées sont approximatives.

Bérégise (ou Bergis) naquit à Emptinne (Namur, Belgique) vers 670, de pieux parents. Sa mère s’appelait Berilla.

Le garçon étudia à l’école abbatiale de Saint-Trond.

Il fut ordonné prêtre et devint l’aumônier de Pépin d’Héristal, qui fut l’arrière-grand-père de Charlemagne.

La tradition rapporte que l’épouse de Pépin, Plectrude, trouva un mystérieux parchemin rédigé en lettres d’or, qu’elle confia à Bérégise pour le déchiffrer. Celui-ci expliqua que Dieu demandait la construction d’un monastère dans la forêt d’Ardenne. Telle fut l’origine de l’abbaye d’Andage.

Bérégise dédia l’église à l’apôtre s.Pierre, y instaura la règle canoniale et la communauté prospéra. On dit que son abbatiat dura plus d’un quart de siècle.

On ne connaît pas la date de la mort de Bérégise ; il mourut après 725, date à laquelle une vigne fut offerte à l’abbaye, mais certains avancent cette date jusqu’à 746.

Saint Bérégise d’Andage est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ursicin de Coire

8e siècle

 

On ne connaît presque rien de la vie d’Ursicin, mais on connaît un peu mieux son œuvre : le monastère de Disentis (Grisons, Suisse E).

Disentis est un gros village d’environ deux mille habitants, et l’abbaye s’y dresse avec majesté.

Ursicin la fit construire (ou reconstruire ?) vers 750, non loin de la tombe de deux précédents abbés, Placidus et Sigisbert, qui y auraient été massacrés avec leurs moines en 670. Le fils de l’assassin de Placidus, en réparation de ce meurtre, aurait cédé les terres pour cette construction. 

Ursicin en fut abbé, avec les pouvoirs épiscopaux.

Il se peut qu’Ursicin ait aussi dirigé le diocèse de Coire.

L’abbaye de Disentis fut à nouveau détruite en 940 par les Sarrasins, en 1799 par les Français, en 1846 par un incendie. Depuis 1880, elle fut restaurée et les moines bénédictins y installèrent un lycée bilingue (allemand et romanche). L’abbaye compte une trentaine de moines, l’école deux-cent cinquante élèves.

Saint Ursicin de Coire est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theophilos de Constantinople

† 750

 

Dans le cadre de la lutte iconoclaste, ce moine fut cruellement torturé à Constantinople, puis exilé sur ordre de Léon l’Isaurien.

Il s’éteignit vers le milieu du 8e siècle.

Saint Theophilos de Constantinople est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain.

Ludovicus Yakichi, Lucia, Andreas et Franciscus

† 1622

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639

Ludovicus était né vers 1589 à Nagasaki.

Il épousa Lucia, également de Nagasaki (Japon).

Tous deux baptisés, ils firent baptiser leurs deux garçons, Andreas et Franciscus, nés à Nagasaki, respectivement en 1615 et 1619. Ceux-ci avaient donc sept et trois ans.

Ludovicus possédait une barque et le père Collado le pria de l’aider à faire évader le père Frarijn (alias Florés, v. 19 août). Ludovicus essaya d’abord de corrompre un geôlier hollandais, qui eut peur. Le 4 mars 1622, il vint avec sa barque attendre le Père qui vidait les eaux sales dans la mer ; malheureusement, pendant que le Père descendait, la corde se rompit et, quand il eut rejoint la barque, la voile s’abattit ; de sorte que les fugitifs furent rejoints alors qu’ils se sauvaient dans la montagne. Le lendemain, on mit à la torture les mariniers japonais, mais les Pères avouèrent leur véritable identité : ils devaient périr le 19 août, tandis que Ludovicus et ses compagnons étaient ajournés pour complément d’informations : on avait saisi sur lui des lettres du père Collado se rapportant aux aumônes et l’on voulait connaître leur provenance (et bien sûr s’en saisir).

Le 15 août, Ludovicus et ses quatre mariniers furent ramenés de la prison de Firando à celle de Nagasaki et l’interrogatoire, qui devait durer six semaines, commença.

Ludovicus dut subir toutes sortes de supplices : d’abord la question ordinaire avec de l’eau, puis on lui fit avaler un mélange d’eau douce, d’eau salée et de vin ; on le lia entre deux planches et deux hommes sautant dessus, lui firent rendre ce qu’il avait bu par la bouche, le nez et les oreilles ; suspendu par les bras, il eut des poids attachés aux pieds, qui lui désarticulèrent les jointures ; il dut subir l’estrapade ; on lui versa du plomb sur les épaules et les cuisses ; on le déchira avec des harpons de fer… (pour ne rapporter que ce qu’on peut dire). Ludovicus répétait seulement Jésus, Marie ; il ne révéla absolument rien sur les missionnaires.

Le 2 octobre 1622, il fut condamné à la mort lente par asphyxie, sa femme et ses deux garçons à la décapitation.

Malgré ses plaies, Ludovicus déclara qu’il aurait la force d’aller à pied au lieu du supplice ; il le fit et profita du déplacement pour encourager ses compagnons.

Les quatre mariniers et le fils de l’un d’eux, âgé de quatre ans, furent décapités, mais ils n’ont pas été compris dans la cause.

On commença par décapiter sous les yeux de Ludovicus son épouse et ses deux enfants. Le brasier fut allumé à un ou deux mètres de lui, pour rallentir l’asphyxie et allonger les tourments, mais Ludovicus était si affaibli qu’il rendit l’âme au bout d’une demi-heure.

Ludovicus, Lucia, Andreas et Franciscus ont été martyrisés le 2 octobre 1622 et béatifiés en 1867.

 

 

Georges-Edme René

1748-1794

 

Il était né le 16 novembre 1748 à Saint-Pierre de Vézelay (Yonne).

Ordonné prêtre dès 1769, il fut chanoine de Vézelay, à vingt-et-un ans.

A la suite de la suppression du chapitre et de la fermeture de l’église en 1790, les dix chanoines furent arrêtés malgré les protestations de la population, et incarcérés à Auxerre.

Au bout d’un an, ils furent condamnés à la déportation.

Le chanoine Georges-Edme fut donc du nombre de ces prêtres qui, pour cela, furent entassés à bord du navire négrier Washington, lequel ne partit jamais des pontons de Rochefort.

En septembre 1794, il fut transféré, moribond, sur l’Île Madame, où il s’éteignit le 2 octobre 1794

Le chanoine René fut béatifié en 1995. 

 

 

Jeanne Émilie de Villeneuve

1811-1854

 

Jeanne Emilie de Villeneuve était la troisième des quatre enfant du marquis de Villeneuve et de Rosalie d’Avessens. Son grand-père était comte de Villeneuve.

Elle naquit le 9 mars 1811 à Toulouse.

L’enfance se passa au château d’Hauterive, près de Castres, où s’était retirée la maman pour des raisons de santé. D’ailleurs celle-ci mourut en 1825, suivie trois ans plus tard par la sœur d’Emilie, Octavie. 

Emilie commença déjà à remarquer la misère sociale ; elle en fit part à son confesseur, le père jésuite Leblanc.

A dix-neuf ans, Emilie s’installa à Hauterive avec son père et son frère, et prit en charge la gestion de la vie familiale, tandis que son père était maire de Castres.

Essuyant un net refus de son père pour entrer chez les Filles de la Charité, elle fonda alors, avec la permission de l’évêque, une nouvelle famille religieuse qui s’appellera Congrégation de Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Castres (8 décembre 1836), dont les membres seront communément appelées les Sœurs bleues, en raison de leur habit. 

On notera avec surprise l’appellation de cette nouvelle famille, en 1836, bien avant la proclamation du dogme (1854) et des apparitions de Lourdes (1858) où la Sainte Vierge se définira comme l’Immaculée Conception.

Le but de cette congrégation était de servir les moins favorisés : ouvrières, condamnés, malades, enfants abandonnés…

Très vite, les vocations se multiplièrent et la famille religieuse s’implanta au Sénégal (1848), en Gambie, au Gabon. Plus tard, ce sera l’Espagne, l’Italie, l’Amérique du Sud, les Philippines.

Humblement, la fondatrice se fit bientôt remplacer à la tête de la congrégation.

En 1854, une épidémie de choléra atteignit Castres et frappa Jeanne Emilie, qui mourut le 2 octobre 1854.

Le miracle retenu pour la béatification est la guérison d’une jeune guinéenne de dix-neuf ans, renvoyée par son père qui la croyait enceinte et qui tenta de se suicider par l’absorption de soude caustique ; opérée d’urgence à Barcelone (Espagne), on la disait en phase terminale. Mais les Sœurs et les Novices de la Congrégation prièrent, déposant des reliques de Jeanne Emilie près de la malade, qui guérit rapidement et vit encore actuellement à Barcelone.

Jeanne Emilie de Villeneuve a été béatifiée en 2009 et canonisée en 2015.

 

 

Antoine Chevrier

1826-1879

 

Antoine-Marie Chevrier est né à Lyon en 1826. 

Ordonné prêtre en 1850, il consacra son ministère sacerdotal au service des pauvres dans la banlieue de Lyon où il découvrit la misère du monde ouvrier. 

En 1856, des inondations ravagent le quartier ouvrier de La Guillotière où il est vicaire de la paroisse Saint-André et se dévoue au service des sinistrés.

Il entre dans le Tiers-Ordre de saint François, désireux de suivre le Christ et l’Évangile comme François d’Assise. En méditant devant la crèche, il décide de se convertir à une existence évangélique et de vivre le mystère de la pauvreté à la suite de Jésus afin de “travailler plus efficacement au salut des âmes”. Il perçoit l’injustice qui frappe le monde du travail, tandis que se développe la grande industrie. Dans l’un de ses sermons, il dit : À mesure que les grands de la terre s'enrichissent, à mesure que les richesses s'enferment dans quelques mains avides qui les recherchent, on dirait que la pauvreté croît, que le travail diminue et que les salaires ne sont pas payés... Il pressent qu’il faut des prêtres pauvres pour rejoindre les pauvres...

Il se rend à Ars pour consulter le saint curé, Jean-Marie Vianney, sur son projet de fondation d’une société de prêtres pauvres au service des pauvres. Avec l’accord de l’évêque, il acquiert en 1860 ‘Le Prado’, une ancienne salle de bal à l’abandon. il y recueille des enfants et des adolescents. Les conditions pour être admis : "Ne rien avoir, ne rien savoir, ne rien valoir." 

Il cherche à s'associer des prêtres et demande l'autorisation de former lui-même des jeunes en vue du sacerdoce. Durant l'été 1866, au cours d'une retraite prêchée, il peint sur les murs sa doctrine du prêtre selon l'Évangile, appelée le Tableau de Saint-Fons : "Le prêtre est un homme dépouillé, crucifié, mangé". C'est l'axe de la spiritualité pradosienne.

Avec l’encouragement du Pape Pie IX, Antoine fonde la Société du Prado composée de prêtres voués à l’apostolat paroissial et missionnaire en milieu ouvrier. Il fonde aussi un institut de femmes consacrées au service des pauvres. Marie Boisson devient la première Sœur du Prado. Les premiers prêtres du Prado sont ordonnés à Rome en 1877. En janvier 1878, l’archevêque de Lyon approuve la règle de vie des premiers «Pradosiens».

Pour la formation spirituelle des prêtres et des religieuses du Prado, Antoine écrit des commentaires d’Évangile totalement centrés sur la personne de Jésus : le Christ pauvre dans la crèche, souffrant dans sa Passion, et se laissant manger dans la sainte Eucharistie. Dans une lettre à ses séminaristes, il écrit : La connaissance de Jésus-Christ est la clé de tout. Connaître Dieu et son Christ, c’est là tout l’homme, tout le prêtre, tout le saint. Son ouvrage le plus connu, mais inachevé, s’intitule : « Le Prêtre selon l’Évangile, ou le véritable disciple de Notre-Seigneur ».

Antoine Chevrier aurait souhaité que sa société de prêtres restât affiliée au Tiers-Ordre franciscain, mais les membres du Prado préférèrent conserver leur autonomie et leur incardination dans leurs diocèses d’origine. 

Le Père Chevrier, épuisé par les labeurs et l’austérité de sa vie, mourut à l’âge de cinquante-trois ans, le 2 octobre 1879, jour où il est inscrit au Martyrologe. 

Il a été proclamé bienheureux en 1986.

 

 

Jan Beyzym

1850-1912

 

Jan (Jean) naquit le 15 mai 1850 à Beyzymy Wielkie (Ukraine, alors en Pologne), dans une famille aristocratique.

Très timide de nature, il apprit très jeune la dévotion de sa famille à la Vierge Marie. Il pensait devenir prêtre de campagne, mais fut orienté par son père vers les Jésuites.

Il fit des études à Kiev, puis entra effectivement au noviciat de la Compagnie de Jésus à Stara Wies (Pologne) en 1872.

Cette période de formation se fit normalement en plusieurs étapes : philosophie à Stara Wies (1876-1877), enseignement au collège de Tchernopil (1877-1879), théologie à Cracovie (1879-1881).

Il fut ordonné prêtre en 1881 à Cracovie.

Cette même année, il fut envoyé au collège de Tchernopil, puis à celui de Chyrów, pour y être préfet, professeur de russe et de français, et infirmier. Au service des petits malades, il déploya un trésor de patience, d’humour aussi, pour soulager tout son petit monde.

Ce prêtre austère a ses délicatesses : il cultive les fleurs, pour en mettre dans les chambres des malades ; il a un aquarium, une cage de canaris, un écureuil.

Ayant développé ses dons d’assistance aux petits malades, il demanda par écrit en 1897, son envoi auprès des lépreux de Madagascar, où se trouvait une mission jésuite française. Dans sa lettre, il écrivait : Je sais très bien ce qu’est la lèpre, et ce que je peux craindre, mais cela ne m’effraie pas. Au contraire, cela m’attire.

Arrivé à Madagascar en 1898, il rejoignit la léproserie de Ambahivoraka : cent cinquante malades y vivaient, abandonnés à eux-mêmes, mourant de faim et de soif ; affectés, outre de leur lèpre, d’autres maux comme la gale, la syphilis, incapable de se laver et de se peigner, car ils n’avaient plus de doigts. C’était une misère physique, mais aussi une misère totale spirituelle ; délicatement, il écrivit : Je regarde ces petits enfants qui non seulement n’apprennent pas à aimer Dieu, mais encore ne savent même pas s’il y a un Dieu, tandis que les grands leur apprennent déjà à l’offenser.

Au début, le père Jan habitait Antananarivo et n’allait à la léproserie que pour les enterrements et le dimanche, puis on lui accorda d’y vivre en permanence. Il n’avait pas encore de gros moyens, mais il commença au moins par améliorer l’hygiène et la nourriture de ces malheureux, ce qui fit tomber la mortalité de cinq par semaine à cinq par an (!). Il devait tout faire seul : médecin, infirmier, coiffeur, sacristain, jardinier.

Jan reconnut que cette assistance n’était pas facile : l’odeur générale n’était pas celle des fleurs de l’île, comme il le disait, mais celle de la putréfaction des corps. Lui-même s’évanouit plusieurs fois. Mais il répétait sans cesse : Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait (cf. Mt 25:40).

Les soins qu’il donnait quotidiennement à ses malheureux, finirent par toucher leurs cœurs ; ils lui demandèrent le baptême.

En 1901, il alla habiter deux mois dans un village proche pour y apprendre mieux le malgache et pouvoir mieux converser avec ses lépreux. Il put ensuite prêcher une véritable retraite selon la méthode de saint Ignace, qui se solda par des confessions et des communions. D’ailleurs, durant les quatorze années de son ministère, aucun des lépreux ne mourut sans le Sacrement des Malades.

Lui qui était arrivé sans un sou, il obtint d’amis polonais, autrichiens et allemands, des milliers de francs, et construisit un hôpital à Marana (Fianarantsoa), doté de tout ce qui pouvait se trouver de mieux à l’époque, avec une chapelle, une habitation pour les Religieux, une pharmacie, un dispensaire, deux pavillons (hommes et femmes). Il y fit venir des Religieuses de Saint-Joseph-de-Cluny et l’hôpital fut inauguré en 1911, dédié à Notre-Dame de Czestochowa, comme il se doit pour un Polonais. Il existe toujours actuellement, entouré de petites maisons pour les familles des malades.

Le centre de la vie du père Jan était la Messe quotidienne. Une de ses tristesses était qu’on ne pouvait maintenir constamment un tabernacle, à cause des intempéries. Il mettait toute sa confiance dans la Sainte Vierge et lui attribuait ce qu’il arrivait à faire. Il priait beaucoup, à tout moment. N’ayant pas beaucoup de temps à consacrer à la prière silencieuse, il demandait aux Carmélites de prier pour lui et sa mission.

Miné par l’artériosclérose, couvert de plaies, épuisé par le labeur et le climat, peut-être aussi contaminé par la maladie, Jan Beyzym mourut le 2 octobre 1912, dans son hôpital à Marana, assisté par un autre prêtre lui-même contaminé par la lèpre.

Le père Jan a été béatifié en 2002.

Elías Carbonel Mollá

1869-1936

Juan Bautista Carbonel Mollá

1874-1936

 

Ces deux prêtres furent réellement frères de sang, frères de sacerdoce, et frères de martyre.

Ils naquirent tous deux à Concentaina (Alicante), de José et Milagros, des parents chrétiens.

Elías naquit le 20 novembre 1869, entra au séminaire de Valencia en 1890, reçut le doctorat en théologie et fut ordonné prêtre en 1893.

Son apostolat se déroula à El Salvador et Concentaina comme vicaire, à Santa María comme archiprêtre, administrateur de l’hôpital et de la maison des Vieillards. En outre, il fut aumônier des Sœurs Trinitaires.

Juan Bautista (Jean-Baptiste) naquit le 6 juin 1874, entra au séminaire de Orihuela puis à celui de Valencia. Ordonné prêtre en 1898, il fut comme son frère vicaire à El Salvador et Concentaina, puis à l’église de Santa María.

C’était un excellent organiste. Musicien, il donna beaucoup d’élan à la liturgie du Tiers-Ordre du Carmel, qu’il dirigeait avec beaucoup de zèle.

Au moment de la révolution de 1936, on lui offrit de s’installer dans une maison d’où il pouvait facilement fuir si nécessaire, mais il répondit qu’il n’avait jamais rien fait de mal à personne et qu’il resterait chez lui.

 

Les deux frères furent arrêtés le 1er octobre 1936, et mis en prison dans le couvent des clarisses, réquisitionné à cet effet.

Le lendemain, 2 octobre, pour le seul motif d’être prêtres, ils furent emmenés sur la route et, à Sax (Alicante), furent tous deux fusillés.

Ils furent béatifiés en 2001.

 

 

 

Manuel Ruiz Caballero

1870-1936

 

Manuel Ruiz Caballero naquit à Hinojosa del Duque (Cordoue, Espagne S) le 2 mars 1870.

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 2 octobre 1936 à Belmez.

Manuel Ruiz Caballero sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 2 octobre.

 

 

 

Acisclo Juan Carmona López

1871-1936

 

Acisclo Juan Carmona López naquit à Dos Torres (Cordoue, Espagne S) le 17 novembre 1871 ; ce jour-là, on commémore à Cordoue le martyr Acisclo, dont il porta le nom.

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 2 octobre 1936 à Belmez.

Acisclo Juan Carmona López sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 2 octobre.

 

 

María Francisca Ricart Olmos

1881-1936

 

Elle naquit le 23 février 1881 à Albal (Valencia, Espagne), deuxième des quatre enfants de Francisco et María.

En 1885, le papa mourut et la maman éduqua courageusement et saintement ses quatre enfants : trois filles et un garçon.

María Francisca reçut la Première communion en 1891, date à partir de laquelle elle se «transforma» de plus en plus, par une participation très fréquente à l’Eucharistie.

Il y eut un «incident» lors de cette cérémonie. Le curé posa simplement cette question : Y aura-t-il parmi vous quelqu’un qui sera l’épouse de Jésus-Christ ? María Francisca leva spontanément le doigt en disant bien clairement : Moi, je veux en être une !

Elle fréquenta l’école du village jusqu’à quatorze ans, bonne élève, joyeuse et sérieuse à la fois, au point que la maîtresse lui confiait la garde des plus petits. En grandissant, elle participa aux activités paroissiales. Elle apprit la musique et le chant : elle eut pour professeur une certaine Francesca Peneli, qui entra aussi chez les Servantes de Marie, et fut aussi martyrisée le 2 octobre.

Avec le consentement de sa mère et du curé, elle partit à quinze ans chez les Servantes de Marie à Valencia, dont le monastère s’appelait Au pied de la Croix. Durant le trajet, on parlait, on échangeait ; un inconnu voulut protester contre la vie religieuse et lança : Regardez cette gamine, on l’a trompée pour l’emmener ! Mais la gamine répondit crânement : Je sais parfaitement ce que je fais, c’est Jésus qui m’appelle.

Après le noviciat, elle professa solennellement en 1900, avec le nom de María Guadalupe.

Inutile de dire qu’elle vécut la Règle saintement, pieusement, profondément, méditant les douleurs de la Passion du Christ et de Marie, sans jamais pour autant perdre sa joie.

En 1928, elle fut maîtresse des novices, en 1931 prieure, de nouveau maîtresse des novices en 1934.

En juillet 1936, la communauté se dispersa et María Guadalupe se réfugia dans sa famille, d’abord chez une nièce, mais qu’elle quitta pour ne pas déranger cette jeune femme enceinte, puis chez sa sœur.

Le 2 octobre, du vacarme la fit sortir de sa méditation. Sa sœur et son beau-frère cherchaient à empêcher des miliciens de fouiller la maison. María Guadalupe sortit de sa chambre, son livre de prières à la main. On lui demanda : C’est vous la nonne ? Sa réponse démontra encore une fois sa personnalité : Je suis moniale et si je naissais mille fois, je serais Au pied de la Croix, faisant allusion au monastère et à la dévotion principale de la congrégation.

On l’embarqua dans une fourgonnette. Elle dit aux siens : Ne pleurez pas pour moi. Tenez : ils vont me faire mourir et donner la vie pour Celui qui l’a le premier donnée pour moi.

Il était deux heures du matin. On l’emmena à un soi-disant tribunal, qui la condamna à mort, ce même 2 octobre 1936 à Silla (Valencia). L’exécution se fit vers quatre heures, on en en entendit les coups. Durant les deux heures précédentes, on commit sur la Religieuse et les autres qui étaient arrêtées avec elle, des atrocités que même une des miliciennes, témoin de la scène, eut honte et horreur de raconter. 

María Guadalupe a été béatifiée en 2001.

 

 

José Fuentes Ballesteros

1885-1936

 

Né le 13 mai 1885 à Mojácar (Almería) et baptisé dès le lendemain, il était l’aîné de trois frères qui furent tous trois séminaristes ; Juan, cependant, mourut avant d’être ordonné prêtre.

Leur mère mourut quand ils étaient encore enfants ; c’est leur sœur aînée qui les «éleva».

Ayant étudié au séminaire diocésain d’Almería, José fut ordonné prêtre en 1909.

Il exerça le saint ministère à Turre, Filabres, Lubrín, où son jeune frère était curé.

Au moment de la persécution de l’été 1936, les deux frères durent se replier à leur pays natal, Mojácar, et trouvèrent un logement à Garrucha. Dénoncés et expulsés, il se réfugièrent dans une grotte. Là encore on les dénicha : les miliciens vinrent les déloger de là à coups de gourdins et les livrèrent au comité de Mojácar. Là, on les fit travailler jour et nuit à creuser une canalisation d’eau avec un pic. Ils avaient les mains en sang ;  une brave femme du pays vint les soigner.

Deux jours après, on fusilla les deux frères, José d’abord, puis Antonio.

Béatifié en 2017, José Fuentes Ballesteros sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 2 octobre.

 

 

Antonio Fuentes Ballesteros

1887-1936

 

Né le 2 novembre 1887 à Mojácar (Almería) et baptisé trois jours après, il était le deuxième de trois frères qui furent tous trois séminaristes ; Juan, cependant, mourut avant d’être ordonné prêtre.

Leur mère mourut quand ils étaient encore enfants ; c’est leur sœur aînée qui les «éleva».

Ayant étudié au séminaire diocésain d’Almería, Antonio fut ordonné prêtre en 1910.

Il passa la licence de théologie à Grenade, se mit dans les rangs de l’Union Apostolique Sacerdotale (1914) et exerça son ministère sacerdotal à Mojácar (1916), Bédar (1919), Lubrín (1927), où son frère aîné José le rejoignit.

Il vivait pauvrement, et trouvait encore le moyen d’aider les pauvres.

Au moment de la persécution de l’été 1936, les deux frères durent se replier à leur pays natal, Mojácar, et trouvèrent un logement à Garrucha. Dénoncés et expulsés, il se réfugièrent dans une grotte. Là encore on les dénicha : les miliciens vinrent les déloger de là à coups de gourdins et les livrèrent au comité de Mojácar. Là, on les fit travailler jour et nuit à creuser une canalisation d’eau avec un pic. Ils avaient les mains en sang ;  une brave femme du pays vint les soigner.

Deux jours après, on fusilla les deux frères ; d’abord don José, puis don Antonio. Quand ce dernier arriva à l’endroit où gisait son frère, il s’agenouilla, l’embrassa, et les bras grand ouverts il pardonna aux bourreaux.

C’était le 2 octobre 1936 à El Portazgo (Los Gallardos, Almería).

Béatifié en 2017, Antonio Fuentes Ballesteros sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 2 octobre.

 

 

Mateu Garrolera Masferrer

1888-1936

 

Mateu vit le jour le 11 novembre 1888 à San Miquel de Olladels (Gerona, Espagne)

A vingt-cinq ans, il fut employé comme domestique chez les Salésiens de Sarriá (Barcelone) et, conquis par cette belle ambiance familiale salésienne, demanda à y faire le noviciat.

Il entra au noviciat de Carabanchel Alto et fit profession en 1916.

Il fut une année à Sarriá, six à La Coruña, six autres à Orense et finalement à Atocha (Madrid) en 1929, où il était chargé de recueillir les aumônes des coopérateurs pour la maison.

Lors de la guerre civile de juillet 1936, la maison fut prise d’assaut. On mit les Frères face au mur. Mateu, tranquillement, sortit son chapelet et commença à le prier. Quelqu’un lui parla d’imprudence, il répondit : Et pourquoi on aurait honte de montrer ce qu’on est ? Un milicien lui dit encore de le rentrer et il lui répondit : Qu’est-ce que ça peut me faire, si vous me tuez ? J’irai plus vite au Ciel ! et il continua sa prière.

Le 22 juillet, on les emmena devant le Gouverneur ; celui-ci les savait innocents, mais craignit les menaces de la foule : il fit enfermer les Religieux dans la prison provinciale, leur promettant la liberté pour le lendemain.

Au matin du 23, libres, les Salésiens se dispersèrent ; Mateu se réfugia quinze jours chez des amis, puis chez une coopératrice salésienne, mais dut partir à cause de l’hostilité affichée par certains voisins, et rejoignit une pension ; on l’y arrêta, le 1er octobre. 

Comme papiers, il montra ses livres de piété ; interrogé, il répondit calmement ; les miliciens notèrent : A ses réponses, on voit bien que c’est un Religieux. On l’arrêta et le conduisit à la tchéka de Fomento, où il retrouva d’autres Salésiens.

On n’en sut rien de plus. Il fut peut-être fusillé dès le 2 octobre 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Felipe González de Heredia Barahona

1889-1936

 

(Voir aussi la notice : Clarétains espagnols martyrs à Fernán Caballero

 

Il naquit le 26 mai 1889 à San Asensio (La Rioja, Espagne).

Il fit la profession comme Frère convers chez les Clarétains.

Après l’expulsion forcée de la maison religieuse, il était resté chez son frère à Ciudad Real.

Bientôt découvert à son tour, il fut emmené à la tchéka du séminaire jusqu’au 2 octobre 1936. Ce jour-là, on le conduisit en voiture à Fernán Caballero, entre deux miliciens. Avec un couteau, on le menaçait : C’est comme ça qu’on va te tuer ; avec ces chiens, pas besoin de gâcher de la poudre.

La voiture s’arrêta à la porte du cimetière. Le Frère Felipe sortit, mit les bras en croix et cria : Vive le Christ Roi et le Cœur de Marie ! Il tomba sous une décharge de fusil.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Enrique Saiz Aparicio

1889-1936

 

Enrique naquit le 1er décembre 1889 à Ubierna (Burgos, Espagne).

Entré à l’école des Salésiens à Gerona et Sarriá, il commença ensuite le noviciat à Barcelone, où il fit la profession en 1909.

Il reçut l’ordination sacerdotale en 1918.

Les lieux de son apostolat furent Salamanque (1919-1923), Carabanchel Alto comme conseiller puis comme directeur, ainsi qu’à Madrid-Atocha, et enfin Carabanchel Alto (1934-1936).

Lors du soulèvement révolutionnaire de juillet 1936, tous les Salésiens furent expulsés de leurs maisons madrilènes, et se dispersèrent çà et là dans des maisons d’amis. Ils restaient en contact, se rendaient visite, et don Enrique était le supérieur de cette «communauté dispersée», conseillant, aidant, suggérant, veillant, parfaitement conscient du martyre imminent qui les attendait tous.

On vint arrêter don Enrique le 2 octobre 1936 pour le mettre en «prison» au couvent San Plácido, réquisitionné à cet effet. De là, on suppose avec assez d’indices qu’il fut ensuite emmené à la tchéka de Fomento.

Un de ces indices est qu’un autre Salésien, don Pedro Artolozaga, exécuté le 2 octobre, fut retrouvé avec les chaussures de don Enrique : ce dernier avait dû les lui donner au moment où on l’emmena pour le fusiller. 

Don Enrique fut reconnu comme prêtre dans cette tchéka, et les miliciens le fusillèrent le jour même de son arrestation, à Vallecas (environs de Madrid), le 2 octobre 1936.

C’est lui qui arrive en tête de la longue liste des bienheureux Martyrs espagnols salésiens des années 1936-1939.

Enrique Saiz Aparicio fut béatifié en 2007.

 

 

Isidoro Bover Oliver

1890-1936

 

Né le 2 mai 1890 à Vinaroz (Castellón), Isidoro se préparait à recevoir le sacerdoce à Tortosa, quand il entra dans l’Institut ou Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains.

Il fut ordonné en 1912 et partit au Mexique, où il travailla au séminaire de Cuernavaca (Tacabaya).

En 1914, il revint en Espagne, à Tortosa jusqu’à la fin de sa vie, sauf deux mois au séminaire de Almería pour un remplacement.

Il continua de diriger une revue pour les vocations, Le Courrier Joséphique (El Correo Josefino), grâce auquel il restait en liaison avec beaucoup de séminaires et de séminaristes.

En avril 1936, il écrivait à son frère José María que la dictature marxiste était en train de s’installer en Espagne.

Il fut dénoncé par le maire de son village.

Il fut arrêté et mis en prison à Castellón, avec le père Francesc Carceller et une trentaine d’autres.

Le 2 octobre 1936 fut le jour du martyre. A quatre heures de l’après-midi, survinrent des miliciens de la Colonne de Feu, qui appelèrent vingt noms : ils furent menottés et conduits à Almazara pour être fusillés. 

A vingt-deux heures, dix autres furent appelés et fusillés au cimetière de Castellón. A vingt-trois heures trente, furent appelés tous les autres, parmi lesquels le père Francesc Carceller et le père Isidoro Bover. Dans une pièce voisine, avait été dressé une sorte de tribunal, où on leur demanda leurs noms, prénoms, profession. Pour les prêtres, il n’y eut pas d’autre question…

Les militiens leur ligotèrent les mains derrière le dos, les contrôlèrent et leur prirent tout ce qu’ils avaient ; on les força à monter dans un camion, non sans un flot d’insultes et de coups, frappant leurs visages avec les chapelets qu’on leur avait trouvés.

On les conduisit au cimetière, où gisaient à terre les cadavres du groupe précédent, éclairés seulement par la pâle lueur de la lune. On les mit sur deux rangs ; le silence fut rompu par la voix ferme d’un prêtre qui interpella ses Confrères : Répétons les paroles de Calvo Sotelo : Vous pouvez nous prendre nos vies, mais rien de plus ! Vive le Christ Roi ! Vive l’Espagne.

Tous répondirent Viva ! juste avant de tomber sous les balles.

Le lendemain, 3 octobre, les corps furent mis dans des cercueils individuels et brûlés. 

Isidoro Bover Oliver fut béatifié en 1995.

Manuel Arenas Castro

1899-1936

 

Manuel Arenas Castro naquit le 20 juillet 1899 à Carcabuey (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 2 octobre 1936 près de Jaén.

Un laïc nommé Miguel Arenas Castro, martyrisé en même temps, est vraisemblablement son frère.

Manuel Arenas Castro sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 2 octobre.

 

 

Juan Iñiguez de Ciriano Abechuco

1901-1936

 

Il vit le jour le 8 mars 1901 à Legarda (Álava, Espagne), de bons parents chrétiens.

Juan entra à l’école des Religieux des Sacrés-Cœurs (pères de Picpus), à Miranda de Ebro.

Il entra au noviciat à Fuenterrabía (Guipúzcoa) et fit la philosophie à Miranda et San Miguel del Monte.

Après sa profession (1919), il porta le nom de Isidro.

Grand travailleur, Isidro n’était pas une «tête», mais un excellent compagnon, qui supportait gentiment les taquineries sur sa petite taille. L’un de ses confrères, parlant de sa modestie, rendit ce témoignage : Il fut exceptionnel en ce qu’il ne fut exceptionnel en rien.

Il fut ensuite à Torrelavega pour la théologie. Il fut envoyé à Rome où il fut reçu docteur en droit canonique à l’Université Grégorienne et fut ordonné prêtre en 1925. 

Il fut prieur, et professeur (apprécié) de droit canonique et de théologie morale au séminaire de l’Escorial. Il continuait d’étudier beaucoup jusqu’à en avoir parfois mal à la tête.

En 1936, le séminaire ayant été transformé en hôpital, il laissa son bel habit blanc pour mettre la blouse d’infirmier.

Le 8 août arriva l’ordre d’évacuer le séminaire et de rejoindre Madrid ; tous les élèves et les prêtres partirent, sauf le Supérieur (le père Teófilo, voir au 11 août) et quelques frères laïcs âgés.

Le 9 août, ils furent conduits à la Direction Générale de Sécurité, d’où ils sortirent libres, mais le père Isidro ne connaissait personne, ne savait où aller, et avait à peine de quoi manger. Il erra çà et là ; on lui refusa l’hospitalité dans diverses pensions ; une pieuse dame finit par l’accueillir.

Le 2 octobre, des membres des FAI (Federación Anarquista Ibérica) se présentèrent là où il se trouvait ; c’est lui qui leur ouvrit. Ils lui demandèrent : T’es curé ? Il ne nia pas. Ils l’emmenèrent avec deux autres Religieux qui étaient là.

Après un simulacre de jugement, ils furent condamnés à mort, pour le délit d’être prêtres.

Le père Isidro fut assassiné sur la route de l’Este de Madrid, le soir du 2 octobre.

La dame qui l’avait hébergé fut elle aussi incarcérée et interrogée, mais laissée en liberté. Quelques jours plus tard, elle rencontra à nouveau le chef de la tchéca et lui demanda ce qui était arrivé aux Religieux. Il lui répondit : Ne t’en fais pas pour eux ; ils ont eu un sort plus mauvais que le tien, parce qu’ils étaient curés.

Ce père Isidro fut béatifié en 2013.

 

 

Francesc Carceller Galindo

1901-1936

 

Né le 3 octobre 1901, de Joaquin et Manuela, le troisième des neuf enfants de cette famille reçut au baptême le nom de François, qui est fêté le 4 octobre. 

A part le frère aîné, Joaquin, tous ces enfants furent Religieux : Jaume, Francesc et Pere, piaristes ; Josep, Domingo et Manuel, augustins récollets ; María, l’unique fille, dominicaine. 

En 1914, le jeune Francesc eut au genou droit une tumeur blanche, qui ne put jamais guérir, au point qu’on finit même par le surnommer gentiment le petit boîteux. Après un pélerinage à Lourdes, il y eut une brève amélioration. A Saragosse, on hésita à l’opérer à cause de sa faiblesse. Francesc cependant n’y accordait pas plus d’attention, jouant et courant comme il pouvait, avec ses camarades.

Il fut enfant de chœur et, malgré sa jambe paralysée, s’efforça de s’agenouiller. Sa mère voulait demander aux Pères piaristes qu’il pût servir la messe debout, mais le garçon répondit : Je préfère alors ne pas servir la messe ! 

Après sa première Communion, il alla recevoir chaque dimanche l’Eucharistie, et se mettait en tout dernier, pour pouvoir s’agenouiller avec sa jambe raide sans déranger les autres (rappelons qu’à cette époque on communiait toujours à genoux, par respect pour l’Hôte divin qu’on recevait). Mais un jour de l’Assomption, en 1913 ou 1914, il vint se mettre en plein milieu des communiants, à genoux comme les autres : il était guéri ! Sa mère n’en croyait pas ses yeux.

C’est en signe de gratitude que Francesc voulut porter en religion le nom de la Vierge de Lourdes et aussi qu’après son ordination sacerdotale, il vint remercier la Vierge de Lourdes avec son père.

Toujours est-il qu’à quatorze ans, en 1914, il voulut suivre le même chemin que ses aînés, et entrer chez les Pères de Saint-Joseph-Calasanz, dits des Ecoles Pies ou Piaristes (voir au 25 août), à Morella. Il prit l’habit en 1918 et commença alors le noviciat.

Ce fut un novice extrêmement appliqué à sa règle, au silence, à l’ordre. Il affectionna particulièrement la liturgie et le chant grégorien. Il fit la profession solennelle en 1922 à Alella, et fut ordonné prêtre à Lleida en 1925.

Son activité se déroula ensuite à Barcelone, à l’école Saint-André de 1924 à 1930, puis celle de Notre-Dame, de 1930 à 1936, où il fut un maître de chant remarquable. Il communiqua à ses élèves l’amour enthousiaste de la Liturgie, et leur apprit à chanter le chant grégorien. Il réunit particulièrement un groupe de ses élèves en une Fédération de Jeunes Gens ou Travailleurs Chrétiens.

A la fin de l’année, il fut envoyé à Caldes de Montbui, pour un traitement aux thermes. Peu avant de quitter le collège de Barcelone, il confia à un étudiant qu’il avait le pressentiment qu’ils ne se reverraient plus.

Après cette cure à Caldes, il rejoignit son pays natal, Forcall, le 17 juillet 1936, pensant passer ce temps de vacances chez ses parents.

Mais la révolution éclata peu de jours après, et il tenta vainement de regagner Barcelone, car on lui refusa le laisser-passer.

A Forcall, furent arrêtés les prêtres. Un ami proposa l’hospitalité à Francesc pour le cacher ; Francesc lui en fut très reconnaissant, mais refusa, de peur qu’à sa place fussent arrêtés son père et son frère Joaquin, tandis que s’ils m’arrêtent, que Dieu soit béni ; je veux mourir pour mon pays et pour Dieu.

Cet été-là, il le passa à participer aux corvées habituelles, à la maison, aux champs. Quand on l’avertissait d’être prudent et de ne pas (trop) se montrer, il répondait : L’Eglise ne manquera jamais de prêtres, parce que le sang des martyrs est une semence de Chrétiens.

Le 28 août, il confiait : S’ils me tuent, ce sera la fin de mes rhumatismes ! En plus de ça, la plus grande gloire que Dieu pourra m’accorder, sera le martyre, parce que ainsi je serai sûr de posséder le ciel.

Cette grâce allait lui être accordée à partir du lendemain, 29 août. A six heures du matin, un envoyé de la mairie vint convoquer le Frère Francesc. Le papa dormait encore ; c’est sa sœur qui l’avertit : après avoir prié, elle vint réveiller son frère et lui dit qu’on l’attendait. Francesc demanda : Et maman, elle pleure ? 

Il descendit, embrassa son père, sa chère mère, tous ses proches et, accompagné de son frère Joaquin, se rendit à la municipalité, où il retrouva quatre autres prêtres de Forcall.

Ils furent d’abord enfermés à Morella, puis à Castellón de la Plana, jusqu’au 2 octobre, jour où on leur adjoignit une trentaine d’autres prêtres.

Un des laïcs prisonniers, qui put échapper - on ne sait comment - et raconter ce qu’il vit, témoigna que les prêtres se confessèrent les uns aux autres ; que Francesc, qui souffrait énormément des rhumatismes, ne pouvait certains jours pas même sortir dans la cour.

Le 2 octobre 1936 fut le jour du martyre. A quatre heures de l’après-midi, survinrent des miliciens de la Colonne de Feu, qui appelèrent vingt noms : ils furent menottés et conduits à Almazara pour être fusillés. 

A vingt-deux heures, dix autres furent appelés et fusillés au cimetière de Castellón. A vingt-trois heures trente, furent appelés tous les autres, parmi lesquels le Fr. Francesc Carceller. Dans une pièce voisine, avait été dressé une sorte de tribunal, où on leur demanda leurs noms, prénoms, profession. Pour les prêtres, il n’y eut pas d’autre question…

Les militiens leur ligotèrent les mains derrière le dos, les contrôlèrent et leur prirent tout ce qu’ils avaient ; on les força à monter dans un camion, non sans un flot d’insultes et de coups, frappant leurs visages avec les chapelets qu’on leur avait trouvés.

On les conduisit au cimetière, où gisaient à terre les cadavres du groupe précédent, éclairés seulement par la pâle lueur de la lune. On les mit sur deux rangs ; le silence fut rompu par la voix ferme d’un prêtre qui interpella ses Confrères : Répétons les paroles de Calvo Sotelo : Vous pouvez nous prendre nos vies, mais rien de plus ! Vive le Christ Roi ! Vive l’Espagne.

Tous répondirent Viva ! juste avant de tomber sous les balles.

Le lendemain, 3 octobre, les corps furent mis dans des cercueils individuels et brûlés. Francesc avait ce jour-là trente-cinq ans.

Il fut béatifié en 1995.

 

 

 

Miguel Arenas Castro

1906-1936

 

Miguel Arenas Castro naquit en 1906 à Carcabuey (Cordoue, Espagne S).

Ce pieux laïc est vraisemblablement le frère de Manuel Arenas Castro, prêtre martyrisé le même jour.

Leur martyre eut lieu le 2 octobre 1936 près de Jaén.

Miguel Arenas Castro sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 2 octobre.

 

 

Pedro Artolozaga Mellique

1913-1936

 

Pedro vit le jour le 31 janvier 1913 à Erandio (Biscaye, Espagne), le jour de la fête de saint Giovanni Bosco.

Il entra au collège salésien de Santander, continua sa formation à Astudillo (Palencia) en 1926 puis Madrid. Il fit le noviciat à Mohernando-Guadalajara, où il fit la profession en 1931. 

Sur un petit carnet où il rédigeait diverses pensées et résolutions, il écrivit un jour : Puisse le Seigneur me faire mourir avant que je l’offense, imitant en cela le jeune Domenico Savio qui, à douze ans, écrivit : La mort, mais pas le péché.

Il alla faire en 1933 son apprentissage pédagogique à Salamanque. En juillet 1936, il rejoignit Carabanchel Alto pour la théologie. La persécution commença dès le 20 juillet.

Les miliciens le découvrirent dans la pension où il se cachait avec d’autres Salésiens. Il fut arrêté le 1er octobre 1936 avec don Manuel Borrajo Míguez. On les interrogea longuement dans la tchéka Fomento, et on retrouva le corps de Pedro sur la route d’Andalousie.

Don Pedro avait été assassiné le 2 octobre 1936, à vingt-trois ans.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Bartolomé Blanco Márquez

1914-1936

 

Bartolomé naquit en 1914 à Pozoblanco (Cordoue, Espagne), dans un milieu très modeste.

A trois ans, il fut orphelin de père et fut élevé par ses oncle et tante. Il devint très tôt rempailleur de chaises.

Il fut un des premiers à fréquenter l’oratoire salésien de son pays, et devint catéchiste.

En 1932, il fit partie de la nouvelle section Jeunesse Action Catholique, dont il devint le secrétaire ; puis en 1934, il adhéra à l’Institut Social Ouvrier. Au terme de ses études, il fonda huit sections de syndicats catholiques.

Le 18 juillet 1936 Bartolomé se mit immédiatement au service de la Garde Civile, persuadé qu’il pourrait combattre contre les ennemis de l’Eglise.

Il fut arrêté et mis en prison à la fin de septembre 1936.

Transféré à Jaén, il confessa fermement sa foi au Christ et fut condamné à mort.

La veille de son exécution, il écrivit : En me fusillant, ils me donnent la vraie vie. En me condamnant pour avoir défendu les idéaux de la religion, de la patrie et de la famille, ils m’ouvrent les portes du ciel.

Parvenu à l’endroit de l’exécution, il baisa les mains du bourreau et se tint bien en face de lui parce que celui qui meurt pour le Christ, doit présenter sa poitrine. Devant un chêne, il mit les bras en croix, cria Vive le Christ Roi ! et reçut les balles.

C’était le 2 octobre 1936 ; Bartolomé n’avait pas vingt-deux ans.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Manuel Borrajo Míguez

1915-1936

 

Manuel vit le jour le 22 août 1915 à Rudicio-San Xoan de Seoane-Allariz (Orense, Espagne).

Il entra au noviciat salésien de Allariz, continua sa formation à Madrid et Mohernando-Guadalajara, où il fit la profession en 1932 ainsi que ses études de philosophie.

Il prit pour modèle saint Domenico Savio (voir au 9 mars).

Il alla faire en 1934 son apprentissage pédagogique et la théologie à Salamanque. Les lois l’obligèrent à être vêtu civilement.

Il se trouva de passage à Carabanchel Alto (Madrid), où il fut arrêté le 1er octobre 1936 avec don Artolozaga. On les interrogea longuement dans la tchéka Fomento, et on retrouva le corps de Manuel au kilomètre 10 de la route de Castellón.

Don Manuel avait été assassiné le 2 octobre 1936, à vingt-et-un ans.

Il fut béatifié en 2007.

 

Maria Ana Kratochwil

1881-1942

 

Elle vit le jour le 21 août 1881 à Ostrawa (Pologne, actuelle Ostravský kraj, Moravie, République Tchèque).

Elle suivit ses parents à Węgierska Górka (Żywiec), à la recherche de travail. Tôt orpheline de père, elle fut accueillie à l’orphelinat de Bielsko, tenu par les Sœurs Scolastiques de Notre-Dame, qui l’aidèrent à préparer le diplôme de maîtresse d’école.

Après avoir travaillé trois ans à l’école de Karwin, elle entra en 1901 dans cette Congrégation et professa en 1910 avec le nom de Maria Antonina.

Elle enseigna d’abord dans une école primaire à Karwin (1906-1917), à Lwów comme professeur (1917-1925) et fut supérieure de son couvent (1925-1932).

Maîtresse des novices à Tłumacz, elle revint à Lwów comme directrice de l’école, tout en continuant la formation des jeunes vocations jusqu’en 1939, puis fut directrice à Mikuliczyn, dans la zone d’occupation soviétique.

Au début de la guerre, les Religieuses furent expulsées, mais purent reprendre leurs activités quand les Allemands contrôlèrent la région, quoique dans des conditions très difficiles. Bientôt cependant le couvent dut être évacué.

Les six sœurs, avec leur Supérieure, durent vivre dans la clandestinité jusqu’en juillet 1942.

Trahies et dénoncées, elles furent le 9 juillet conduites en prison à Stanislawów. Maria Antonina, comme supérieure, fut soumise particulièrement à maintes tortures de la part des soldats nazis. Des témoins purent affirmer qu’elle répétait la parole du Christ : Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font (cf. Lc 23:34). Touchée par le typhus, elle n’en continua pas moins de soutenir le moral de ses Consœurs.

Enfin relâchée, elle mourut quelques jours après à l’hôpital, des suites des mauvais traitements reçus.

Elle s’éteignit à Stanislawów (aujourd’hui Ivano-Frankivs’k, Ukraine), le 2 octobre 1942, et fut béatifiée en 1999.

 

 

 

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30 septembre 2020 3 30 /09 /septembre /2020 23:00

 

OCTOBRE

 

01 OCTOBRE

 

IV.

S Piaton, prêtre romain, martyr à Tournai, dont il est le Patron.

SS Verissimus, Maxima et Iulia, martyrs à Lisbonne.

VI.

S Vulgis, ermite près de Soissons, disciple présumé de s. Remi.

S Suliau, abbé en Bretagne, venu du Pays de Galles ; il savait apprivoiser les bêtes sauvages.

S Romanos le Mélode, syrien, auteur de Kontakia ou chants d'église : il en aurait eu l'inspiration sur une apparition de la Vierge Marie ; il vivait à Constantinople.

S Nizier, évêque à Trêves, extrêmement exigeant pour l'observation des commandements de Dieu.

Ste Germaine, martyre près de Troyes.

VII.

S Bavon, flamand ; il se repentit de sa vie légère à la mort de sa femme et devint moine ; il est le patron de la cathédrale de Gand.

Ste Urielle (Eurielle), sœur de s. Judicaël, vierge en Bretagne.

S Wasnon, d'origine écossaise et évêque missionnaire, venu évangéliser la Belgique.

VIII.

S Michel, martyr avec d'autres moines près de Nisibe.

B Thomas, évêque à Milan.

S Viril, abbé bénédictin en Navarre (IX.?).

XVI.

Bx Gerald Edwards, Robert Wilcox, Christopher Buxton, Ralph Crockett, Edward James, John Robinson, prêtres, et Robert Widmerpool, laïc, martyrs en Angleterre.

XVII.

Bx Gaspar Hikojiro et Andreas Yoshida, laïcs martyrs décapités à Nagasaki pour avoir reçu des prêtres chez eux.

B Juan de Palafox Mendoza, évêque à Osma, béatifié en 2011.

XIX.    

Bse Gim Jo-i Anastasia, laïque coréenne martyre, morte en prison en octobre, béatifiée en 2014.

XX.

B Luigi Maria Monti (1825-1900), huitième de onze enfants des environs de Milan, ébéniste qui forma un oratoire : la compagnie du Sacré-Cœur-de-Jésus, puis se consacra comme infirmier parmi les Fils de Marie-Immaculée et fonda à Rome la congrégation des Fils de l'Immaculée Conception, pour les malades ; il mourut dans un orphelinat de Saronno qu'il avait aussi fondé, et fut béatifié en 2003.

Bse Cecilia Eusepi (Maria Angela, 1910-1928), italienne tertiaire des Servites de Marie, morte de tuberculose, le “Lys parfumé” de Nepi, béatifiée en 2012.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Salésiens : près d’Alicante, le prêtre Álvaro Sanjuán Canet (*1908) ;

Laïque : près de Valencia, Florencia Caerols Martínez (*1890), vierge très active dans l’Action Catholique ;

- béatifiés en 2007 :

Salésiens : à Madrid, le sous-diacre Carmelo Juan Pérez Rodríguez (*1908), le postulant Higinio Mata Díez (*1909) et le coadjuteur Juan Mata Díez (*1903).

B Antoni Rewera (1869-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, fondateur des Filles du Séraphique Saint-François, béatifié en 1999.

 

 

Piaton de Tournai
4. siècle

Piaton (Piat) a pu faire partie de la dizaine de missionnaires que l’Eglise de Rome envoya en Gaule : Denys, Quentin, Lucien, Crépin, Crépinien, Piaton et d’autres.
De Paris, Denis aurait ordonné prêtre  Piaton pour évangéliser la région de Tournai. Piaton y aurait baptisé trente mille païens.
Sur ordre d’un préfet romain qu’on nomme Rictiovarus, Piaton aurait été martyrisé percé de clous d’après un récit, décapité d’après un autre récit.
Dans ce dernier cas, Piaton se serait redressé, aurait saisi sa tête et aurait marché jusqu’à Seclin (act. Nord), pour y être enseveli.
Piaton a été martyrisé «sous Maximien», donc en fin de troisième, sinon en début de quatrième siècle.                                                                                                                                               Il est le Patron de la ville de Tournai.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Piaton de Tournai au 1er octobre.


Verissimus, Maxima et Iulia de Lisbonne
4. siècle

Verissimus et ses deux Compagnes, Maxima et Iulia - on en a fait parfois des frère et sœurs - furent martyrisés dans la région de Lisbonne (Portugal, alors Lusitania), peut-être décapités, en début de quatrième siècle, sous Dioclétien.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Verissimus, Maxima et Iulia de Lisbonne au 1er octobre.

 

 

Romanos le Mélode

493-556

 

Romanos naquit vers 493 à Emèse (act. Homs, Syrie), dans une famille juive. 

Enfant, il fut baptisé, sans qu’on sache qui, de ses parents ou de ses proches, passa au christianisme.

On retrouve plus tard Romanos à Berytos (act. Beyrouth, Liban), où il reçut le diaconat dans l’église de la Résurrection.

Il alla ensuite à Constantinople : il habitait dans le monastère de Kyros, et exerçait les fonctions de sacristain à Sainte-Sophie.

D’après un récit ancien, Romanos n’avait pas une voix particulièrement faite pour le chant, et l’on ne pouvait s’empêcher de sourire lorsqu’il commençait une lecture. Mais lors de l’office solennel de Noël, vers 518, il fut pris de léthargie juste avant de proclamer le psaume ; pendant ce sommeil, il vit la Mère de Dieu qui lui tendait un rouleau et lui ordonnait de le manger (ce qui rappelle la vision d’Ezéchiel 3:1 ou de l’Apocalypse 10:9). Aussitôt éveillé, il entonna à l’ambon un hymne extraordinaire de poésie, de théologie, et  d’une mélodie extrêmement douce, ce qui étonna tous les assistants, du patriarche aux fidèles.

Ce nouveau genre qu’inaugurait Romanos sur l’inspiration de la Sainte Vierge, s’appelle kontakion, un mot qui désigne au sens propre le support sur lequel on enroulait le manuscrit. Romanos en aurait composé un millier, dont on a conservé quelques dizaines, apparemment authentiques. Ce sont de très longs poèmes sacrés, aux vers variés groupés en strophes. 

Romanos mourut un 1er octobre, vers 556.

Le genre du kontakion fut remplacé dès le 7e siècle par celui du kanon, plus simple, illustré par s.Andreas de Crète et s.Jean Damascène (v. 4 juillet et 4 décembre).

Saint Romanos le Mélode est commémoré le 1er octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nizier de Trèves

500-569

 

On verra plus bas pourquoi Nizier (Nicetius) n’a pas pu naître en 513. Il naquit à ou près de Limoges, peu avant 500. 

Il semblait avoir déjà les cheveux poussés en forme de couronne, comme un clerc tonsuré, de sorte que ses bons parents le confièrent tôt à un abbé de monastère local.

Nizier deviendra abbé de ce même monastère. Déjà son zèle pastoral s’exprimait : aux moines, il répétait Il faut se garder de dire des bêtises, des paroles oiseuses, reprenant cette parole du Christ : Vous serez jugés sur toute parole inutile (Mt 12:36).

Le roi Thierry Ier l’avait en grande considération et le prit comme aumônier.

En 526, Nizier fut nommé évêque de Trèves. C’est cette date historique qui exclut la possibilité que Nizier soit né en 513. Rarement un prêtre est nommé évêque avant la trentaine, c’est une loi canonique.

Nizier fut accompagné à Trèves par une troupe de seigneurs qui, arrivés sur place, lâchèrent leurs chevaux dans les champs de moisson voisins. Nizier protesta et fit chasser les animaux.

Il se montra terrible contre ceux qui n’observaient pas les commandements de Dieu. Un jour que le fils de Thierry prétendait assister à la Messe alors qu’il vivait dans la débauche, Nizier le fit sortir. Il excommunia le roi Clotaire, qui alors l’exila (561). Nizier eut révélation qu’il allait promptement être rétabli, en effet Clotaire mourut et son successeur Sigebert rétablit immédiatement l’évêque.

Nizier était plein de force dans la prédication, et terrible pour discuter. Il avait de la constance dans les épreuves et de la prudence pour enseigner. Prospérité ou adversité ne le changeaient pas. On ne l’intimidait pas et on ne le trompait pas par des flagorneries. 

Le diable s’en prit plusieurs fois à Nizier ; il se montra à lui un jour sous une forme affreuse, noire, comme prêt à dévorer l’évêque : Nizier le fit disparaître d’un signe de croix. Nizier délivra un jour trois possédés à l’entrée de l’église Saint-Maximin, d’un signe de croix. Quand une épidémie de peste ravagea Trèves, la prière de Nizier éloigna le fléau ; une voix le fit comprendre : Nous (les démons) ne pouvons rien faire que laisser cette ville.

Devant un jour être reçu pas le roi, Nizier obtint par sa prière qu’on pût pêcher beaucoup de poissons pour les servir à la table du roi et de tous les invités.

Nizier eut une vision nocturne qui lui révélait la durée et la qualité des règnes des rois futurs. 

Comme le Christ (Mt 8:23-27), il s’endormit un jour dans sa barque, qui se trouva agitée par un vent violent : il se réveilla, et calma la tempête par un signe de croix.

Nizier participa aux conciles de Clermont (535) et d’Orléans (549), peut-être aussi de Paris (552). On a aussi de lui deux lettres, l’une à l’empereur Justinien, l’autre à la reine Chlodoswinde. 

Il raconta lui-même avoir eu une vision de s.Paul et de s.Jean-Baptiste, qui l’invitaient au Repos éternel. Il mourut quelques jours après, le 1er octobre, vers 569.

S.Venance Fortunat (v. 14 décembre) le chante dans un poème. 

De son vivant, Nizier avait brillé par ses aumônes, sa charité, ses miracles ; les miracles continuèrent près de son tombeau : des chaînes de prisonniers tombèrent, des possédés furent libérés, des aveugles furent guéris.

Saint Nizier de Trèves est commémoré le 1er octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bavon de Gand

589-658

 

Allowinus - appelé communément Bavon - naquit vers 589 au pays d’Hesbaye (Belgique), de famille noble.

En grandissant, il connut les plaisirs et quelques écarts ; il épousa cependant la fille du comte Adilion et eut une fille, Aggletrude.

A la mort de son épouse, il conçut un réel remords pour ses fautes passées et alla trouver s.Amand (v. 6 février) : sa vie allait changer radicalement. Il distribua ses biens aux pauvres et vint au monastère fondé par s.Amand à Elnone ; il y reçut la tonsure ; Amand le prit avec lui dans ses voyages.

Amand avait prêché dans la région de Gand : Bavon y retourna et, en accord avec l’abbé Florbert, commença la construction d’un ermitage ; Attinus, qui l’aidait, se retrouva étouffé par son chariot qui se retourna : Bavon le ressuscita trois heures plus tard.

Un autre épisode montre comment la conversion de Bavon était profonde. Il rencontra un homme qu’il avait autrefois vendu comme serf. Il se jeta à ses pieds en lui demandant pardon, et le supplia de le traiter comme un condamné : tête rasée, pieds et mains entravés, et enfermé quatre mois dans un cachot.

Un telle volonté de réparation et de sanctification ne fut pas exempte de tentations ou d’épreuves, que lui infligea le Démon. 

Au bout d’environ trois années de cette vie d’ermite, Bavon sentit approcher son heure. Il mourut un 1er octobre et apparut à sainte Gertrude de Nivelles (v. 17 mars) en lui demandant de venir l’ensevelir, ce qu’elle fit. On sait que sainte Gertrude mourut en 659, Bavon mourut donc au plus tard en 658.

En 1559, l’église Saint-Jean de Gand devint la cathédrale Saint-Bavon, notre Saint devenant le céleste Patron du nouveau diocèse de Gand.

Saint Bavon de Gand est commémoré le 1er octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wasnon de Condé-sur-l’Escaut

† 700

 

Wasnon (Wasnulphus en latin) devait être d’origine écossaise, et séjourna d’abord dans quelque monastère de cette région.

La Providence le poussa, comme beaucoup d’autres, à passer dans l’Europe du Nord pour prêcher la Vérité. Il y aurait été compagnon de s.Madelgaire Vincent (v. 14 juillet).

Wasnon aurait vécu quelque temps dans la forêt de Thiérache, avant de s’établir dans l’abbaye de La Celle, fondée par s.Ghislain (v. 9 octobre). Plus tard, s.Amand (v. 6 février) lui aurait confié le monastère de Sainte-Marie-de-Condé.

Peut-être, mais le fait fut parfois contesté, est-ce s.Amand qui le consacra évêque, car Wasnon est plusieurs fois cité comme évêque dans les récits. Sans avoir de siège particulier, il pouvait être un évêque-missionnaire, avec d’amples pouvoirs, pour prêcher et administrer les sacrements dans de vastes régions qui ne connaissaient pas encore le Christ.

Wasnon mourut, semble-t-il, à Condé, vers 700, un 1er octobre.

Le culte de s.Wasnon est très ancien, et important. En 1578, ses reliques furent profanées par les Calvinistes. Des reliques de lui se trouvent aussi à Condé, qu’on retrouva intactes après un grave incendie qui consomma l’église ; depuis, s.Wasnon est invoqué avec confiance contre les orages et les incendies.

Saint Wasnon est commémoré le 1er octobre dans le Martyrologe Romain.

Christopher Buxton

?-1588

 

Christopher était né à Tideswell (Derbyshire, Angleterre), où il fut élève de Nicholas Garlick (v. 24 juillet) à la Grammar-School.

Il se prépara au sacerdoce à Reims puis à Rome, et fut ordonné prêtre en 1586.

En 1587, il alla en Angleterre, où il fut bientôt arrêté et condamné à mort.

Il devait être exécuté avec Robert Wilcox et Edward Campion mais, comme il était encore très jeune, on lui proposa la liberté s’il acceptait de se «conformer» au culte anglican. Sa réponse courageuse fut qu’il ne voulait pas acheter la vie à ce prix et que, s’il avait cent vies à vivre, il les donnerait toutes pour défendre la foi catholique.

En prison à Marshalsea, il rédigea un Rituel, dont il remit le manuscrit à un ami prêtre et qu’on conserve à Olney.

Christopher Buxton mourut en martyr à Canterbury (Kent), le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

John Robinson

?-1588

 

John naquit à Ferrensby (Yorkshire, Angleterre).

Veuf, il vint à Reims pour se préparer au sacerdoce, qu’il reçut en 1585.

Revenu en Angleterre, il se mit au service de ses anciens voisins.

Arrêté, il fut condamné pour le crime d’être un prêtre catholique.

John Robinson mourut en martyr à Ipswich (Suffolk), le 1er octobre 1588.

 

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Ralph Crockett

?-1588

 

Ralph était né à Barton-on-the-Hill (Farndon, Cheshire, Angleterre).

Après ses études à Cambridge, il se prépara au sacerdoce, qu’il reçut à Reims en 1585.

Il revint en Angleterre mais fut capturé sur le bateau à Littlehampton (Sussex) en avril 1586, avec trois autres prêtres, dont Edward James, qui allait partager le sort de Ralph.

Ils furent mis en prison à Londres, en avril 1586.

Après l’échec de l’Armada espagnole, le gouvernement chercha à se venger sur certains des prisonniers catholiques. Ainsi furent présentés au tribunal Ralph et Edward, ainsi que deux autres qui eurent la faiblesse d’adhérer alors à la religion «officielle», anglicane.

Le procès eut lieu à Chichester le 30 septembre 1588 et se termina par la condamnation à mort des accusés, pour leurs crimes d’être prêtres et d’être entrés dans le royaume.

Ralph Crockett mourut en martyr à Broyle Heath, avec son ami Edward, près de Chichester, le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Robert Widmerpool

?-1588

 

Robert était né à Nottingham (Angleterre).

Après ses études à Oxford, il fut précepteur des enfants du comte de Northumberland.

Ayant aidé un prêtre catholique, il fut arrêté et condamné à mort.

Robert Widmerpool mourut en martyr à Canterbury (Kent), le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Edward Campion

1552-1588

 

S’il ne faut pas confondre ce Martyr avec Edmund Campion (v. 1er décembre), il faut tout de suite préciser que Gerard Edward (c’est son vrai nom) changea de lui-même son nom par admiration et dévotion envers le Martyr de 1581.

Edward était né à Ludlow (Shropshire, Angleterre).

Il quitta ses études au Jesus College d’Oxford pour entrer au service d’un Baron, dont l’épouse, catholique, l’aida à trouver le chemin de la Foi.

Catholique convaincu, il vint à Reims en 1586 pour se préparer au sacerdoce, et c’est alors qu’il prit le nom d’Edward Campion, comme on l’a expliqué plus haut. En raison de ses études déjà assez avancées, il fut ordonné prêtre dès 1587.

Quelques semaines seulement après être arrivé en Angleterre, il fut arrêté à Sittingbourne (Kent) et jeté en prison à Newgate puis à Marshalsea.

Il subit un premier interrogatoire en avril 1587, un deuxième en août 1588. Non seulement il reconnut ouvertement son état sacerdotal, mais il affirma haut et fort que la religion imposée en Angleterre par les statuts élisabétains, était hérétique.

On l’accusa de trahison, à quoi il répondit qu’il souhaitait bien ne pas être plus traître qu’Edmund Campion. Et quand on lui proposa une solution pour sortir de la captivité, il coupa court en ces termes : J’aimerais bien, si je n’espérais souffrir le martyre.

Edward Campion mourut en martyr à Tyburn, le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Edward James

1557-1588

 

Edward était né vers 1557 à Breaston (Derbyshire, Angleterre).

Après ses études au St.John’s Collège d’Oxford, il étudia au Collège anglais de Reims, puis à celui de Rome, et fut ordonné prêtre en 1583.

Il fut capturé avec Ralph Crockett sur le bateau à Littlehampton, le 19 avril 1586, et désormais partagea le sort de Ralph : prison à Londres, procès à Chichester en septembre 1588, condamnation à mort et exécution.

Edward James mourut en martyr à Broyle Heath (Chichester), le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Robert Wilcox

1558-1588

 

Robert était né en 1558 à Chester (Cheshire, Angleterre).

Il se prépara au sacerdoce à Reims et fut ordonné prêtre en 1585.

En 1586, il regagna l’Angleterre et travailla dans le Kent.

Arrêté à Marshsea, il fut condamné à mort.

Robert Wilcox mourut en martyr à Canterbury (Kent), le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

Andreas Yoshida

?-1617

 

Andreas Yoshida était né à Nagsaki (Japon).

C’était un membre de la Confraternité du Rosaire.

Catéchiste, il hébergea des prêtres chez lui et fut pour cela condamné à mort.

Il fut martyrisé par la décapitation le 1er octobre 1617 à Nagasaki et béatifié en 1867.

 

 

Gaspar Ueda Hikojirō

?-1617

 

Gaspar Ueda Hikojirō était un chrétien japonais.

C’était un membre de la Confraternité du Rosaire.

Catéchiste, il hébergea des prêtres chez lui et fut pour cela condamné à mort.

Il fut martyrisé par la décapitation le 1er octobre 1617 à Nagasaki et béatifié en 1867.

 

 

Juan de Palafox

1600-1659

 

Juan naquit à Fitero (Navarre, Espagne) le 24 juin 1600, fête de saint Jean-Baptiste, dont il reçut le nom.

Ses parents, don Jaime de Palafox y Mendoza et doña Ana de Casanate, n’étaient pas mariés, raison pour laquelle cette dernière se «cacha» à Baños de Fitero pour accoucher, puis chargea une de ses domestiques de se débarrasser du bébé.

Nouveau Moïse, Juan fut placé dans une nacelle que la domestique pensait abandonner dans un canal d’irrigation proche de la rivière Alhama. Mais le maire du village, surpris de la voir dans ces parages de nuit avec son panier, lui demanda ce qu’elle faisait. Elle finit par lui avouer son intention. Le brave homme, un meunier qui avait déjà plusieurs enfants, s’offrit à prendre chez lui le bébé, qu’il garda pendant neuf années.

Après quelque temps, les parents de Juan apprirent ce qu’il en était et s’efforcèrent d’apporter quelque soutien à cette famille généreuse. Juan conservera toute sa vie une profonde reconnaissance envers sa famille adoptive.

La maman de Juan, Ana, était une veuve de noble extraction, et avait deux grandes filles. Elle reconnut tout de suite son aveuglement à avoir voulu tuer son bébé. Elle se repentit tellement profondément, qu’elle entra deux ans plus tard chez les Carmélites Déchaussées (1602). Elle mourut véritablement au monde, abandonna tous ses biens, et eut ensuite une vie exemplaire à Tarazona et Zaragoza (Saragosse). Elle s’employa à fonder plusieurs monastères, et mourut saintement et en paix, en 1638.

Le papa, Jaime, de son côté, reconnut son fils en 1609. Juan était intelligent et éveillé. Après ses études à Alcalá et Salamanque, il reçut de son père la charge de gouverner le marquisat de Ariza. Ce n’était pas facile, car les populations étaient habituées à subir le caractère querelleur de Jaime. Mais Juan se montra assez habile, et capable d’assumer d’autres responsabilités plus importantes.

A la mort de son père (1625), Juan prit en charge ses trois demi-frère et sœurs. Quelques mois après, il était présent aux Cortes d’Aragon, convoquées par Felipe IV. Là, le Conte-Duc de Olivares découvrit ses capacités et lui proposa d’aller à Madrid, où il fut procureur du Conseil de Guerre.

Juan Palafox écrivit lui-même que durant ces années-là, il tomba dans toutes sortes de vices, de distractions et de passions déchaînées. Mais tout changea en 1628 : une grave maladie de sa sœur Lucrecia et la mort de deux autres grands personnages, le firent réfléchir profondément. La conversion fut radicale.

Il revint à la prière, aux sacrements, s’imposa des pénitences sévères pour le reste de ses jours, se soumettant à une rythme soutenu dans son immense travail quotidien.

Ordonné prêtre en 1629, il reçut le doctorat en théologie en 1633, et fut chapelain de Marie d’Autriche, sœur du roi Felipe IV. Puis il fut nommé évêque de Puebla (Mexique) en 1639, assumant aussi la charge du diocèse de Mexico par interim de 1642 à 1643. Il était aussi chargé, comme vice-roi, d’enquêter sur l’ex-vice-roi local, pour en informer le roi d’Espagne.

Au milieu de mille difficultés, il conquit la ferveur du peuple et le clergé local ; le clergé régulier ne lui facilita pas la tâche, car les religieux s’étaient bien «établis» sur place et revendiquaient leurs droits et leur autorité. Il défendit âprement les droits des Indiens contre les méthodes forcées des Espagnols pour les convertir. En outre, il fallait faire passer l’Eglise locale missionnaire à un statut d’Eglise diocésaine, organisée.

Le travail de Juan fut immense : il visita à dos d’âne jusqu’au dernier recoin de son immense diocèse, structura entièrement ce diocèse avec une hiérarchie bien établie, opéra la réforme du clergé tant séculier que religieux, ainsi que les couvents de moniales, écrivit de nombreuses lettres pastorales, multiplia les associations éducatives, culturelles et sociales, fit construire ou reconstruire quarante-quatre sanctuaires, dont la cathédrale.

Il fut aussi un grand protecteur de la culture et des arts : il fonda une bibliothèque qu’il dota de cinq mille ouvrages ; il encouragea la vie musicale.

Parmi les difficultés rencontrées par Juan, il faut signaler l’opposition opiniâtre des Jésuites. Ce fut au point qu’il dut les excommunier, avec rapport envoyé à Rome. Ce qu’il obtint fut seulement que les Jésuites eussent à respecter son autorité, mais les hostilités continuèrent, jusqu’à provoquer son déplacement au siège éloigné de Osma (Espagne).

Juan Palafox revint donc en Espagne (1649), où il était nommé évêque de Burgo de Osma, et reprit son travail exténuant et sa vie toute de pénitence.

Il mourut saintement le 1er octobre 1659, ne léguant à ses proches que les quelques objets qui lui restaient. 

Le Chapitre lui donna une sépulture très pauvre, selon sa volonté.

L’image de sainteté qu’il avait montrée pendant toutes ces années pastorales, firent commencer très vite le procès de béatification, dès 1666, mais les Jésuites intervinrent encore une fois pour s’y opposer. Reprise plus tard, la cause aboutit tout de même, avec la béatification qui fut célébrée en 2011.

 

 

Gim Jo-i Anastasia

1789-1839

 

Gim Jo-i Anastasia est une laïque coréenne née en 1789 à Deoksan (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Elle mourut en prison en octobre 1839 et fut béatifiée en 2014. 

 

 

Luigi Maria Monti

1825-1900

 

Luigi naquit le 24 juillet 1825 à Bovisio, huitième de onze enfants et fut orphelin de père à douze ans.

Il travailla comme menuisier pour gagner sa vie.

Déjà apôtre, il réunit une compagnie de camarades en un Oratoire du soir, pour prier et honorer le Sacré-Cœur, et s’occuper des malades et des pauvres, ainsi que des jeunes égarés. L’Oratoire, qui s’appelait du Sacré-Cœur de Jésus était connu comme «Compagnie des Frères» par les gens de l’endroit.

Pieux, il voulut se donner à Dieu et émit privément les vœux de religion, à dix-neuf ans. Curieusement, ce saint garçon et sa compagnie furent accusés de conspiration contre l’autorité autrichienne, et la calomnie arriva, en 1851, jusqu’à les faire emprisonner à Desio (Milan) pendant plus de deux mois, au terme desquels un jugement les remit en liberté.

Pendant six années, il travailla comme frère laïc chez les Pères Pavoniens ou Fils de Marie Immaculée (fondés par Lodovico Pavoni, voir au 1er avril) et apprit le métier d’infirmier dans leur hôpital de Brescia. Il appliqua particulièrement son savoir durant l’épidémie de choléra de 1885.

Cherchant cependant sa vraie vocation, il pria avec intensité. Une nuit, il vit clairement Jésus et Marie qui l’encourageaient à avancer courageusement dans le chemin qu’il avait commencé (l’assistance aux malades), et ce, malgré toutes les souffrances qu’il devrait subir.

En 1858, il fonda à Rome une congrégation de laïcs (Conceptionnistes) pour l’assistance aux malades, et prépara un diplôme médical en hématologie à l’université La Sapienza (La Sagesse).

Il eut des déboires, car son ami (Pezzini) l’abandonna ; et surtout il souffrit du climat anti-religieux de l’époque ; mais il fut soutenu par le pape Pie IX, qui l’établit et confirma directeur de l’hôpital romain Santo Spirito (1877).

Les Fils de l’Immaculée Conception, s’engageaient à soigner tous les malades vers lesquels on les enverrait : victimes de malaria, de typhus, blessés de la guerre… Don Luigi organisa des soins au nord de Rome, vers Orte.

En 1882, un Religieux de Desio venait lui demander du secours pour quatre petits orphelins : Luigi les accueillit comme un signe de Dieu et élargit l’œuvre à l’assistance aux orphelins, avec deux maisons à Saronno et Cantù, dont l’esprit était de procurer une famille à ceux qui n’en avaient pas ou plus.

Luigi resta «laïc» toute sa vie ; les membres de son institut pouvaient être frères ou prêtres, avec égalité de droits ; le supérieur devait être le plus idoine, prêtre ou non.

A la fin de sa vie, Luigi Monti était presque aveugle.

Il mourut le 1er octobre 1900 à Saronno et fut béatifié en 2003.

Les Fils de l’Immaculée Conception reçurent l’approbation ecclésiastique en 1904.

Cecilia Eusepi

1910-1928

 

Cecilia Eusepi naquit le 17 février 1910, fête des Saints Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie, à Monte Romano (province de Viterbo, Italie centrale). Elle a un grand frère : leurs parents sont Antonio Eusepi et Paolina Mannucci, des gens pauvres mais riches de foi.

La petite fille est baptisée le 26 février. Elle est bien vite orpheline de père et c’est son oncle maternel, Filippo Mannucci, qui va s’occuper d’elle.

Cecilia est vive, obéissante, et répète fidèlement les prières du matin que lui enseigne son grand frère.

A l’école maternelle, elle supplie déjà : «Ma Sainte Vierge, fais-moi mourir plutôt qu’offenser Jésus.»

En 1915, Cecilia accompagne sa maman à Nepi, où travaille déjà l’oncle Filippo, chez les ducs Grazioli Lante della Rovere. L’oncle Filippo, jugeant que cette vie champêtre n’est pas faite pour Cecilia, la confie aux Cisterciennes de Nepi. Cecilia considèrera toujours cette nouvelle orientation comme une grâce particulière.

Elle reçoit la Confirmation en 1917, ainsi que la Première Communion. Elle est attirée par deux «Amis» célestes : Thérèse de Lisieux, qui n’est pas encore canonisée (elle le sera en 1925), et Gabriele de Notre-Dame des Douleurs (voir aux 1er octobre et 27 février), tous deux morts à vingt-quatre ans.

Pendant les cinq années de présence dans ce monastère, Cecilia sent grandir en elle «le besoin d’aimer Jésus», complété par une grande générosité envers la famille, les camarades, les moniales, le prochain, les pauvres. 

Elle fait connaissance avec les pères Servites de Marie, qui desservent l’église voisine et sont les confesseurs des religieuses cisterciennes. Elle entre bientôt dans leur tiers-ordre, en 1922, fait sa première promesse et en reçoit l’habit : elle prend le nom de Maria Angela. Elle s’inscrit dans la Jeunesse Féminine de l’Action Catholique, et fait le catéchisme à des petites filles.

En 1923, suivant un appel de plus en plus fort en elle-même, elle entre chez les religieuses Mantellate à Pistoia, la branche féminine des Servites de Marie. En entrant dans le monastère elle écrit : «Ou une sœur sainte, ou rien du tout».  Elle va être la maîtresse des tout-petits à la maternelle.

Cecilia, qui a treize ans, déborde de joie, mais la maladie la contraint à regagner la maison familiale : en 1926 on lui diagnostique une péritonite et une inflammation aux poumons.

Elle considère comme la volonté divine de faire ce nouveau sacrifice : renoncer à sa joie, et achever sa route dans la solitude. Son directeur spirituel, le Servite Gabriele Roschini, la prie d’écrire un journal quotidien, une autobiographie, qu’elle va intituler avec humour : Histoire d’un Clown (Storia di un Pagliaccio).

Cécile offre, aime, et prie. Elle répète : «L’offrande que j’ai faite me coûte beaucoup, mais je suis heureuse de l’avoir faite. Si je renaissais, je la ferais de nouveau.»

Elle meurt le 1er octobre 1928, à dix-huit ans, des suites de la tuberculose intestinale. Benoît XVI a dit qu’elle a vécu sa maladie «avec une foi inébranlable», montrant «une grande capacité de sacrifice pour le salut des âmes» et vivant «en profonde union avec le Christ crucifié».

Cecilia est le «Lys parfumé» de Nepi. Elle répétait sans cesse : «Il est beau de se donner à Jésus, qui s’est donné tout entier pour nous».

Quand Cecilia mourut, la fête de sainte Thérèse était au 3 octobre ; il se trouve qu’elle est maintenant reportée au 1er octobre : Cecilia aura su intercéder auprès de sainte Thérèse et de Dieu, pour que l’Eglise prenne cette heureuse décision.

Cecilia Eusepi a été béatifiée en 2012.

 

 

Florencia Caerols Martínez

1890-1936

 

Elle naquit le 20 février 1890 à Caudete (Albacete, Espagne), dans une famille modeste.

A l’adolescence, elle fut employée dans une usine de textiles.

Ceux et celles qui la connurent purent admirer les belles qualités de cette demoiselle, qui recevait chaque jour l’Eucharistie et avait une dévotion toute spéciale envers sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (on en parlait beaucoup : elle était morte en 1897, et fut canonisée déjà en 1925, voir au 30 septembre).

Elle resta vierge, et s’occupa activement dans beaucoup d’associations pieuses : le Tiers-Ordre franciscain, l’Action Catholique, l’Apostolat de la Prière, les Marie des Sanctuaires, les Enfants de Marie. le Syndicat Catholique Féminin (dont elle fut présidente à partir de 1927). 

Comme membre du Patronat de Saint-Maur, elle travailla beaucoup pour conseiller des fiancés, pour faire baptiser des enfants, ou administrer des mourants, ou encore pour consacrer des familles au Sacré-Cœur.

Une telle personne devenait vite une des victimes potentielles des ennemis de l’Eglise. C’est ainsi qu’en septembre 1936, on vint l’arrêter. Le 23 septembre, on l’enferma dans un ancien couvent, dit des Esclaves. Le 28, on l’emmena à la prison.

Le 1er octobre, on l’emmena à Rotglá y Corbera. Voyant qu’on allait la fusiller, elle invoqua le Sacré-Cœur et pardonna aux bourreaux.

Elle a été béatifiée en 2001.

 

 

Juan de Mata Díez

1903-1936

 

Il vit le jour à Ubierna (Burgos, Espagne) le 11 février 1903, jour anniversaire de l’apparition mariale à Lourdes. Il fut à l’excellente école de son père, très chrétien, et grandit dans la joie et la pureté.

Il aidait son père aux champs sans jamais oublier ses bonnes habitudes religieuses.

Après avoir fréquenté l’école de son pays, il rejoignit le collège salésien de Madrid-Atocha en 1931, où l’attendait son compatriote Enrique Saiz.

Il y reçut la charge de trésorier des coopérateurs salésiens, charge qu’il remplit avec la plus complète scrupulosité.

 

Le 19 juillet 1936 la maison fut prise d’assaut, et Juan rejoignit d’autres Salésiens dans des pensions de la ville. Lors d’une nouvelle fouille, le 1er octobre, les miliciens le reconnurent comme religieux et l’arrêtèrent, en même temps que son cousin Higinio et don Carmelo Pérez.

On sait seulement que les trois Religieux furent fait monter dans une voiture qui attendait à la porte, mais on n’en connaît rien de plus.

Selon toutes probabilités, don Juan de Mata Díez fut fusillé au soir de ce 1er octobre 1936. Il avait trente-trois ans.

Don Juan de Mata Díez a été béatifié en 2007.

 

 

Carmelo Juan Pérez Rodríguez

1908-1936

 

Carmelo naquit à Vimianzo (La Coruña, Espagne) le 11 février 1908, fête de la première apparition de Notre-Dame de Lourdes, et fut baptisé le lendemain.

En 1927, il fit la profession religieuse chez les Salésiens de Carabanchel Alto (Madrid, Espagne) et en 1933 fut envoyé à Turin (Italie) pour y étudier la théologie.

On rapporte de lui qu’il réussit à sauver la vie d’un enfant qui se noyait.

Après une première incarcération à Madrid où il passait quelques jours de vacances après son ordination au sous-diaconat, il dut vivre plusieurs mois dans la clandestinité et, finalement découvert, fut assassiné avec d’autres catholiques, le 1er octobre 1936. Il n’avait que vingt-huit ans ; certaines sources le donnent comme prêtre. C’est à éclaircir.

Avec lui furent aussi assassinés d’autres personnes présentes dans cette pension de famille qui l’hébergeait : la propriétaire, deux employées, deux religieuses, quatre séminaristes.

Il fut béatifié en 2007 dans le groupe de quatre-cent quatre-vingt dix-huit Martyrs espagnols.

 

 

Álvaro Sanjuán Canet

1908-1936

 

Né le 26 avril 1908 à Alocer de Planes (Alicante), c’était le fils de parents modestes, chrétiens mais peu aisés, de sorte qu’il lui fut difficile d’entrer au séminaire.

C’est un bon prêtre qui le présenta aux Salésiens de El Campelló, où Álvaro fut admis.

Il y fit la profession en 1925 et fut envoyé à Turin pour y poursuivre sa formation.

Il fut ensuite ordonné prêtre à Barcelone en 1934.

Il fut deux ans à Alcoy, jeune apôtre plein de zèle puis, quand se déclencha la révolution, se replia avec sa famille à Concentaina.

La situation fut «tranquille» en août et septembre. Parut alors un édit demandant à tous les ressortissants d’ailleurs de se présenter au Comité, ce que fit don Álvaro.

Le 27 septembre, deux miliciens vinrent l’arrêter, il leur demanda pourquoi : On sait bien que tu es une personne excellente, mais il faut mourir. Ce n’est pas toi que nous mettons à mort, c’est la soutane. Ils le mirent au couvent des Esclaves du Sacré-Cœur, transformé en prison, où sa sœur put encore lui rendre visite. Il lui dit sa conviction qu’il allait être abattu. Il lui recommanda de veiller sur ses parents.

C’était le 1er (ou le 2) octobre 1936. Le Martyrologe le mentionne au 1er.

Le soir même, il fut fusillé, pour le motif qu’il était prêtre, après seulement deux années de sacerdoce.

Don Álvaro fut béatifié en 2001.

 

 

Higinio de Mata Díez

1909-1936

 

Il vit le jour à Ubierna (Burgos, Espagne) le 10 janvier 1909, et fut probablement baptisé le 11 janvier, où l’on fête le pape Hyginus.

La famille, très chrétienne, priait chaque jour le chapelet.

Après avoir fréquenté l’école de son pays, il rejoignit le collège salésien de Madrid-Atocha en 1934, où l’attendait son compatriote Enrique Saiz.

Il s’y distingua par une profonde humilité et une obéissance à toute épreuve.

Le 19 juillet 1936 la maison fut prise d’assaut, et Higinio rejoignit d’autres Salésiens dans des pensions de la ville, et se retrouva avec son cousin Juan et don Pérez. 

Lors d’une nouvelle fouille, le 1er octobre, des miliciens vinrent chercher une religieuse. Insatisfaits de la réponse négative, ils soumirent les présents à un questionnaire en règle à cause de la tête de curés qu’ils avaient. Les deux cousins de Mata Díez eurent beau répéter qu’ils n’étaient ni prêtres ni religieux, les miliciens les embarquèrent tous les deux avec don Carmelo Pérez qui se trouvait là aussi..

On sait seulement qu’ils montèrent dans une voiture qui attendait à la porte, mais on n’en connaît rien de plus.

Selon toutes probabilités, Higinio de Mata Díez fut fusillé au soir de ce 1er octobre 1936.

Higinio de Mata Díez a été béatifié en 2007.

 

 

Antoni Rewera

1869-1942

 

Antoni naquit le 6 janvier 1869 à Samborzec (Sandomierz, Pologne), dans une famille de cultivateurs pauvres. Ses parents étaient Wawrzyńc et Rozalia Sapielak.

Après ses études secondaires à Sandomierz, il entra au grand séminaire en 1884 et acheva ses études théologiques à l’académie de Saint-Petersbourg.

Il fut ordonné prêtre en 1893 et fut bientôt nommé professeur, directeur adjoint et directeur spirituel au grand séminaire.

Nommé chanoine, puis doyen du Chapitre cathédral, il se vit confier diverses missions, jusqu’à celle d’aumônier des prisons. Il reçut la dignité de Camérier secret du pape Benoît XV.

Il fut connu comme confesseur assidu, attentifs aux besoins des pauvres, et comme auteur d’articles nombreux pour les revues.

Son amour pour saint François d’Assise le fit réunir d’abord quelques jeunes filles qui furent à l’origine de l’Institut des Filles de Saint-François Séraphique : elles accueillirent les personnes du Tiers-Ordre franciscain âgées dans une maison qu’il fonda en 1929.

Curé de Saint-Joseph à Sandomierz, il était «trop» actif, et fut soupçonné par la Gestapo. Arrêté en mars 1942, il fut envoyé au camp d’Auschwitz, puis de Dachau, où il continua discrètement à assister ses Confrères de sacerdoce.

Le chanoine Antoni Rewera mourut d’épuisement, à soixante-treize ans, le 1er octobre 1942 et fut béatifié en 1999.

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29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 23:00

30 SEPTEMBRE

 

?

S Antonin, martyr à Plaisance. 
IV.

SS Ursus et Victor, martyrs à Soleure, peut-être des soldats de la légion thébéenne.

S Grégoire l'Illuminateur, apôtre de l'Arménie, appelé romain et catholicos pour sa soumission à l'exarque de Césarée, donc au pape ; longtemps ses descendants eurent la dignité de catholicos.

S Léopard, martyr à Rome, officier de Julien l'Apostat.

V.

S Jérôme, dalmate ; il laissa la littérature profane pour ne s'occuper que de la Bible, qu'il traduisit en latin, la "Vulgate" ; sa verve lui valut des ennemis ; il mourut à Bethléem, où il dirigeait deux familles religieuses d'hommes et de femmes ; il est l'un des quatre grands Docteurs de l'Eglise, avec les ss. Ambroise, Augustin et Grégoire le Grand.

VI.

S Victurnien, anachorète en Limousin, d'origine écossaise, invoqué contre les loups et les bêtes de proie.

VII.

S Laurus, abbé près de Saint-Malo.

S Lumier, évêque à Châlons-en-Champagne.

S Honorius, bénédictin romain, évêque à Cantorbury.

VIII.

Ste Eusébie, abbesse à Marseille, martyre des Sarrazins avec ses Compagnes. 

XI.

S Simon de Crépy, comte très riche, parent de Guillaume le Conquérant, moine bénédictin à Saint-Oyend, chargé de diverses missions diplomatiques, mort à Rome. 

S Amatus, premier évêque à Nusco.

XII.

S Ismidon, chanoine de Lyon, évêque à Die, grand pacificateur, entre autres entre les clercs de Besançon et l'abbé de Dijon à propos de Notre-Dame de Salins.

XV.

Bse Felicia Meda, mystique milanaise ; elle fit à douze ans le vœu de chasteté, fut clarisse, puis abbesse à Milan, avant d'aller fonder à Pesaro.

XVI.

S Francisco de Borja, arrière-petit-fils du pape Alexandre “Borgia” (en réalité “Borja”), parfois aussi donné comme fils d'un évêque, bâtard du roi Ferdinand, Grand d'Espagne, marié par Charles-Quint à dix-neuf ans, père de huit enfants ; enfin jésuite, troisième général de l'ordre, qu'il réforma et réorganisa.

XVIII.

B Jean-Nicolas Cordier, jésuite, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

B Federico Albert, curé à Lanzo pendant trente-deux ans, ami de s. Giovanni Bosco, resté fidèle à Pie IX, fondateur des religieuses Vincentiennes de Marie Immaculée (Albertines) et promu à l'évêché de Pinerolo, qu'il refusa ; il fit une chute mortelle des échafaudages où il était en train de repeindre la voûte d'une chapelle ; béatifié en 1984.

Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus, entrée à quinze ans au carmel de Lisieux ; patronne des missions, proclamée Docteur de l'Eglise en 1997, fêtée le 1er octobre.

Antoninus de Plaisance
3. siècle ?

Antoninus fut certainement un martyr, et des miracles eurent lieu sur son tombeau.
Qu’il ait été plus tard assimilé aux soldats de la Légion thébéenne, semble un anachronisme.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Antoninus de Plaisance au 30 septembre.


Ursus et Victor de Soleure
4. siècle ?

Ursus et Victor furent martyrisés, à Soleure (act. en Suisse).
Appartenaient-ils à la Légion Thébéenne (v. 22 septembre), comme l’avance avec précaution s.Eucher de Lyon (v. 16 novembre) ? On n’en sait pas plus que lui ; lui-même s’appuyait sur une tradition qu’il ne pouvait pas vérifier.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Ursus et Victor de Soleure au 30 septembre.

 

Grégoire l'Illuminateur

255-326

 

Krikor Ier Loussavoritch, Grégoire l'Illuminateur, fut le grand apôtre de l'Arménie. Chez eux il est encore très populaire, et leurs schismatiques eux-mêmes se réclament de lui.

D'après une certaine légende, il était fils d'Anak, prince parthe arsacide qui mourut noyé dans un complot politique.

Krikor fut protégé, porté à Césarée de Cappadoce, où il fut baptisé.

Il se maria après ses études, puis vint à la cour de Tiridate, où il conquit son estime.

Mais Tiridate, païen, veut induire Krikor au paganisme, et sur son refus, le fait torturer par huit fois, avant de l'enfermer dans une "fosse profonde" à Artaxata, où il reste quinze années, parmi des serpents et des scorpions. Une pauvre veuve lui apporte chaque jour un morceau de pain.

Plus tard, Tiridate se convertit et libère Krikor, qui est ordonné prêtre, puis évêque. C'est là que commence le retour de toute l'Arménie au christianisme.

Krikor fonde des écoles, des séminaires où l'on apprendra le grec et le syriaque, il bâtit des églises, ordonne des dizaines d'évêques.

Cet apôtre parachève son action par la contemplation : il se retire volontiers dans une grotte, au nord du confluent des deux branches de l'Euphrate, et c'est là qu'il meurt vers 326.

Krikor n'est peut-être pas "le" fondateur de l'Eglise d'Arménie, qui existait déjà avant lui, mais il fit beaucoup pour christianiser l'Arménie romaine, à l'ouest. 

Krikor est appelé "romain" pour exprimer ses sympathies envers Rome : il a toujours prétendu être soumis à l'exarque de Césarée, donc au pape de Rome.

Il est mentionné au Martyrologe le 30 septembre.

 

 

Hieronymus de Stridon

347-420

 

Vers 347 naquit à Stridon (Pannonie, aujourd’hui Croatie) Eusebius Sophronius Hieronymus, de parents chrétiens. En français, ce nom est devenu Jérôme, en italien Girolamo.

L’habitude n’était pas de conférer le baptême dès la naissance, mais les parents envoyèrent leur garçon de douze ans à Rome pour ses études. C’est à Rome qu’il fut baptisé, peut-être par le pape Liberius.

Il étudia avec de grands maîtres la grammaire, l’astronomie, la littérature païenne, la rhétorique, la philosophie, le grec.

Parmi ses amis romains, il y avait Rufinus, avec lequel, plus tard, il devait se brouiller et échanger des écrits violents.

A dix-huit ans (donc vers 365), il partit pour la Gaule et rejoignit Trèves, en principe pour faire carrière près de la cour impériale, en réalité pour changer tout-à-fait de vie. Il commença alors sa vie de théologien et d’exégète. Il alla ensuite quelques années à Aquilée, au fond de la mer Adriatique, menant une vie cénobitique avec Rufin et Chromace d’Aquilée. Désormais, il rompit totalement avec le milieu familial et suivit sa propre voie. 

Vers 373, il gagna la Syrie avec des compagnons pour vivre délibérément la vie ascétique.

Arrivé à Antioche de Syrie, il eut une vision (un rêve) où il lui était reproché d’être cicéronien et non pas chrétien. Désormais, il ne s’occuperait jamais plus des textes profanes et se consacrerait uniquement à la Sainte Ecriture.

En 375, il s’installa dans le désert de Chalcis, non loin d’Antioche. Parmi ses occupations, il étudia l’hébreu de façon très approfondie, avec un rabin. Il lisait l’Ecriture, commentait, traduisait.

En 378 il fut ordonné prêtre par l’évêque d’Antioche. Puis il partit à Constantinople pour approfondir ses connaissances scripturaires, notamment avec Grégoire de Nazianze (voir au 2 janvier).

En 382, il fut rappelé à Rome pour assister le pape Damasus. Cette même année fut convoqué à Rome un concile pour mettre fin à un schisme d’une partie du clergé d’Antioche. Jérôme parlait couramment le latin et le grec, et servit d’interprète. Mais aussi, il put donner au pape lui-même de précieux renseignements sur les termes hébreux originaux de la Bible. Le pape chargera finalement Jérôme d’établir une traduction officielle de la Bible en latin, sur la base des versions hébraïques et grecques ; c’est ce travail qui aboutit à la Vulgate, le texte latin officiel de la Bible pour l’Eglise entière. 

Durant ce séjour romain, Jérôme prôna la vie ascétique et ne se gêna pas pour critiquer le clergé trop «mondain». Il se lia avec des femmes de grandes familles romaines, qui désiraient avoir une vie consacrée ; parmi celles-ci se trouvaient Marcella, Paula et ses filles Blæsilla et Eustochium (voir aux 31 janvier, 26 janvier, 22 janvier et 28 septembre).

Quand mourut le pape Damasus (384), Jérôme n’avait plus le même soutien à Rome. Il partit avec quelques amis pour Antioche, où d’ailleurs il se devait de résider puisqu’il y avait été ordonné prêtre.

De Rome le suivirent aussi les pieuses femmes citées plus haut, qui désiraient mener une vie plus austère.

Jérôme et ses émules firent un pèlerinage sur les Lieux Saints : Jérusalem, Bethléem, puis aussi dans le désert d’Egypte, berceau des grands ascètes comme Antoine (voir au 17 janvier). Il retrouva son ami Rufinus et Mélanie l’Ancienne.

En 386, il revint à Bethléem et y fonda une double communauté d’hommes et de femmes, qu’il entoura de ses conseils et de ses enseignements. Jérôme tint une très abondante correspondance. Un de ses correspondants fut saint Augustin d’Hippone, mais aussi Exupère de Toulouse, et bien d’autres de Gaule, d’Espagne, d’Afrique du Nord.

Ce n’est pas le lieu ici d’exposer sa position sur Origène, sur Iovinianus, sur Pélage, et ses polémiques parfois très vives. Signalons tout de même sa très âpre critique d’Helvidius, qui niait la virginité perpétuelle de Marie. On sait par ailleurs qu’il en vint à se brouiller totalement avec son ami Rufinus.

Le sac de Rome en 410 l’affecta beaucoup, mais plus encore la destruction de son propre monastère de Bethléem par une faction de pélagianistes. Il reçut les consolations du pape Innocent 1er, qui en fut informé.

S’il eut la satisfaction de voir Pélage condamné et chassé de Palestine, il fut encore attristé par la mort d’Eustochium. 

Ses forces déclinèrent désormais rapidement et Jérôme s’éteignit vers le 30 septembre 430.

On dit que ses restes furent rapportés à la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome, pour les soustraire à l’invasion musulmane en Palestine.

Saint Jérôme a souvent été, symboliquement, représenté avec la pourpre et le chapeau de cardinal, en raison de sa collaboration avec le pape Damasus, mais on sait que le cardinalat s’est vraiment développé beaucoup plus tard, vers le 10e siècle.

La fête de saint Jérôme est au 30 septembre. Au 13e siècle, il fut proclamé Docteur, avec Augustin d’Hippone, Ambroise de Milan et Grégoire le Grand (voir aux 28 août, 7 décembre et 3 septembre).

On a fait de saint Jérôme le patron des étudiants, des archéologues, des pèlerins, des bibliothécaires, des traducteurs et des libraires.

Au 20e siècle, fut créée à Rome l’abbaye Saint-Jérôme, confiée aux moines bénédictins, qui devaient travailler sur les manuscrits authentiques de saint Jérôme et établir une version corrigée de la Vulgate. Ce travail a abouti à la Nouvelle Vulgate, publiée en 1979.

 

 

Honorius de Canterbury

580-653

 

Honorius était Romain, et fut disciple de s.Grégoire le Grand (v. 12 mars) au monastère Saint-André.

D’après s.Bede (v. 25 mai), Honorius fut choisi en 627 pour être le cinquième archevêque de Canterbury. Parlait-il anglais, ou recourut-il à un interprète ? Bede ne nous le dit pas ; quand tout le monde parle latin, beaucoup de problèmes s’effacent !

Quoique cet épiscopat durât un quart de siècle, on connaît relativement peu de faits de cette période.

 Honorius fut en excellents termes avec l’évêque d’York, Paulin (v. 10 octobre) ; c’était ce dernier qui l’avait consacré en 628. En 633, Paulin et ses fidèles étaient refoulés dans le Kent par les troupes de Penda : Paulin s’occupa alors du diocèse vacant de Rochester ; le pape alors, ignorant ces derniers événements, envoya à tous les deux le pallium en 634 avec cette disposition : c’est celui d’York qui devait consacrer celui de Canterbury, et vice versa.

Les rapports d’Honorius avec les évêques d’Ecosse furent également fraternels (heureusement), sans qu’on puisse savoir si les coutumes furent unifiées de part et d’autre.

En 644 Honorius consacra le nouvel évêque de Rochester, Ithamar, premier Anglais élevé à l’épiscopat.

Honorius mourut le 30 septembre 653.

Saint Honorius de Canterbury est commémoré le 30 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eusébie de Marseille

† 731

 

Eusébie était née vers la fin du 7e siècle à Marseille.

A l’âge de quatorze ans, elle entra au monastère Saint-Quiricus, fondé par s.Jean Cassien (v. 23 juillet) aux environs de cette ville, et en devint abbesse.

Les moniales étaient au nombre de quarante et formaient une communauté exemplaire, qui reçut les éloges du pape s.Grégoire le Grand (v. 12 mars).

Quand les Sarrasins envahirent l’Espagne, puis le sud de la France, le gouverneur de la Provence leur ouvrit de lui-même les portes de Marseille, où ils s’engouffrèrent sans pitié. De là, cette troupe ennemie du Christ gagna le monastère d’Eusébie.

Celle-ci, animée par une soudaine inspiration, ne craignit pas de se mutiler le visage, se coupant et le nez et les lèvres, suivie en cela par les quarante moniales, dans l’espoir d’échapper aux intentions basses de ces soldats.

En arrivant,  ceux-ci furent effrayés du spectacle sanglant qui s’offrait à eux. Déçus, ils ne songèrent qu’à se venger, et passèrent les quarante vierges et leur abbesse au fil de l’épée.

C’était vers 731. Toutefois l’actuel Martyrologe avance la date de 497, ce qui obligerait à revoir toute la datation de cet article.

Précisons aussi que, selon les textes, Eusébie et ses Compagnes étaient au nombre de quarante : les moniales étaient donc trente-neuf et non quarante.

Sainte Eusébie de Marseille est commémorée avec ses Compagnes le 30 septembre dans le Martyrologe Romain.

Simon de Crépy

1048-1082

 

Simon naquit vers 1048 au château de Crépy-en-Valois, d’une famille puissante, qui remontait à Charlemagne et Charles Martel. Simon eut une sœur, Adala.

Leurs parents étaient Raoul III et Adela ; après la mort de cette dernière (1053), Raoul épousa Eléonore de Montdidier, qu’il répudia, et Anne de Russie, veuve du roi de France Henri 1er.

Dans ces circonstances difficiles, Simon fut recueilli par sa tante Mathilde, l’épouse de Guillaume le Conquérant, qui l’éleva avec tendresse maternelle, tandis que Guillaume l’initiait au métier de la chevalerie, aux armes et à la chasse.

En 1067, son père ayant montré des sentiments de réel repentir pour sa vie passée, Simon revint au château de Crépy.

Mais en 1072, mourut Raoul : Simon héritait alors de domaines immenses, tellememnt importants que le roi de France les convoitait et qu’on en vint à la guerre déclarée. Pendant trois années, les villes et les terres furent dévastées.

Et voilà qu’en 1075, le corps de Raoul fut ramené de Montdidier à Crépy : ce fut pour Simon l’occasion d’une profonde réflexion sur la vanité de la gloire humaine ; il se dégoûta des armes et de la guerre, pria plus intensément, jeûna, visita les églises, soulageait la misère. Il fit un rêve, où s.Arnoul et s.Oyend (v. 18 juuillet et 1er janvier) l’invitaient à se retirer dans un monastère du Jura. Dès lors, malgré son bon droit, il renonça à se battre pour ses terres, préférant gagner la Terre du Ciel.

En 1074, lors d’un pèlerinage à Rome, il rencontra le pape Grégoire VII, qui lui conseilla la conciliation. Mais le roi de France resta sourd aux invitations de paix et combattit encore pendant un an. En 1075 enfin, un traité mit fin aux hostilités et rendit à Simon toutes ses possessions : c’était le seigneur le plus puissant, après le roi !

Cette même année, Simon fondait une dizaine de prieurés. On lui proposa d’épouser la fille d’Hildebert d’Auvergne… qu’il convainquit de se consacrer à Dieu ! Guillaume le Conquérant chercha à l’adopter pour en faire son héritier, mais Simon feignit de vouloir aller consulter le pape une nouvelle fois : il gagna le monastère de Saint-Oyend (act. Saint-Claude), où il embrassa humblement la vie effacée du moine. Il couchait dans la sacristie, pour avoir accès plus facilement à l’église et y prier de nuit.

Mais la renommée du puissant seigneur qu’il avait été, lui attirait des visites nombreuses : aussi demanda-t-il à l’abbé de se retirer dans une solitude plus lointaine encore.

En 1078, avec quelques compagnons, il s’installa là où est maintenant Mouthe (Doubs). Un petit monastère s’éleva, avec une église dédiée à l’Assomption de Marie.

Simon eut encore l’occasion d’accomplir des missions diplomatiques auprès du roi de France et de Guillaume son oncle ; il réconcilia Guillaume et son fils et revint à Mouthe. Le pape l’appela pour traiter en son nom avec Robert Guiscard ; cette mission s’acheva positivement en 1080.

Le pape retint Simon à Rome. Mais Simon tomba malade et, après avoir reçu du pape l’absolution et le Viatique, il s’éteignit le 30 septembre 1080 ou 1082, âgé de trente-deux (ou trente-quatre) ans seulement.

Il fut inhumé dans la basilique Saint-Pierre et le pape Urbain II y fit inscrire une épitaphe : Par amour de la pauvreté, j’ai quitté mon pays et le monde, préférant le Christ à toutes les richesses. Plus tard, son corps fut transféré à Saint-Claude.

Saint Simon de Crépy est commémoré le 30 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Amato de Nusco

997-1093

 

Amato, né vers 997 (on parle aussi de 1003), était d’une noble famille lombarde de Nusco (Avellino, Campania, Italie SO).

Ordonné prêtre encore très jeune, il s’employa à rassembler à l’intérieur des murs de Nusco les habitants des contrées alentour, il restaura des églises, en fit construire de nouvelles : ainsi s’éleva celle qui allait devenir la cathédrale Saint-Etienne, dont il était très dévôt.

En 1048, il obtint l’érection du diocèse de Nusco, dont il devint le premier évêque.

Il mourut le 30 septembre 1093, presque centenaire.

On lui attribue quantité de miracles, obtenus à son tombeau.

La cathédrale de Nusco fut postérieurement dédiée à s.Amato ; le diocèse est actuellement rattaché à celui de Sant’Angelo dei Lombardi.

S.Amato est invoqué contre les tremblements de terre, fréquents dans cette zone de l’Irpinia.

Saint Amato de Nusco est commémoré le 30 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ismidon de Sassenage

1030 - 1115

 

Fils du seigneur de Sassenage (Isère), Ismidon naquit vers 1030.

On ne dit presque rien sur sa jeunesse. Il aurait étudié à l’école-cathédrale de Valence avant de devenir chanoine de Lyon.

En 1097 il fut choisi pour le siège de Die, sur la demande des diocésains.

En 1099, il représenta l’évêque Hugues de Lyon au concile de Rome et en 1100 à celui de Poitiers. Puis il assista au concile d’Anse, où Hugues annonça son intention d’aller en Terre sainte. Ismidon l’accompagna.

L’évêque de Die semble avoir eu surtout un rôle pacificateur. En 1101, il avait apaisé un conflit entre les moines de Cruas et ceux de Bourdeaux ; en 1103, il fut témoin d’une «réconciliation» entre l’évêque de Grenoble et le comte d’Albon ; en 1106, apaisement d’une querelle entre les clercs de Besançon et l’abbé de Dijon ; en 1107,  également entre les moines de La Chaise-Dieu et ceux d’Aniane ; en 1114, entre les moines de Domène et les seigneurs voisins.

Ismidon mourut le 30 septembre 1115 et fut honoré comme un Saint. Il est mentionné comme tel au Martyrologe du 30 septembre.

L’église construite en son honneur et pour abriter ses reliques, fut détruite et brûlée par les huguenots en 1567.

 

 

Felicia Meda

1378-1444

 

Aînée de trois enfants qui furent très vite orphelins, Felicia naquit en 1378 à Milan, de pieux et nobles parents.

A douze ans, elle fit le vœu de chasteté et, dix ans plus tard, après avoir partagé ses biens entre sa famille et les pauvres, entra chez les Clarisses.

Sa sœur la rejoignit bientôt, tandis que leur benjamin entrait chez les Frères mineurs.

Felicia subit les assauts répétés et douloureux du Démon.

Au bout de vingt-cinq ans de cette vie austère, elle fut élue abbesse (1425). Sa direction porta l’ensemble de la communauté à un niveau élevé de sanctification, de sorte que c’est à ce monastère qu’on s’adressa pour fonder un nouveau monastère à Pesaro (1439).

Felicia mourut le 30 septembre 1444, en odeur de sainteté, et les miracles se multiplièrent.

Son culte fut approuvé en 1812.

 

 

Francisco de Borja y Aragón

1510-1572

 

Né le 28 octobre 1510 à Gandia (Valencia, Espagne), Francisco était le premier fils de Juan de Borja y Enriquez de Luna, duc de Gandia, et de Juana de Aragón, cette dernière étant fille naturelle de Alonso de Aragón, lui-même fils illégitime du roi Fernando II d’Aragón.

Le petit garçon, très enclin à la piété, fut envoyé par les siens à la cour de l’empereur d’Espagne et, en 1522, mis au service de la reine Juana, isolée à Tordesillas.

En 1528, son père lui remit la moitié de la baronie de Llombay, ce qui lui conférait le titre de baron. L’empereur le nomma alors gentilhomme de la Maison Borgoña.

L’année suivante, Francisco épousa Leonor de Castro, amie intime de la reine Isabel, dont il fut nommé grand chevalier. 

De ce mariage naquirent huit enfants, nés entre 1530 et 1539 : Carlos, Isabel, Juan, Álvaro, Juana, Fernando, Dorotea (clarisse à Gandia, qui mourut à vingt-quatre ans) et Alfonso. 

Puis l’empereur éleva la baronie de Llombay au rang de marquisat.

La reine Isabel mourut en 1539, et cette mort impressionna profondément Francisco, qui en conserva la date comme celle du début de sa conversion.

Cette même année, l’empereur le nomma vice-roi pour la Catalogne, une nouvelle charge qu’il occupa avec réelle efficacité au profit de ses sujets.

Son père mourut bientôt, et Francisco se retira avec son épouse et ses enfants dans le duché de son père, pour y mener une vie toute chrétienne. Il rencontra les premiers Jésuites et voulut les aider économiquement.

Quand son épouse Leonor mourut (1546), il décida d’entrer dans la Compagnie de Jésus. Il renonça à tous ses titres en faveur de son aîné, Carlos, et refusa énergiquement le titre de cardinal qu’on lui offrait en échange.

Sa vie allait être celle d’un apôtre. Il fut nommé commissaire des Jésuites pour l’Espagne et finalement général de l’Ordre.

Comme général, il révisa certaines habitudes de l’Ordre, établit l’heure quotidienne de méditation et organisa le chant de l’office dans les noviciats. Sous son généralat, les noviciats passèrent de cinquante à cent soixante-trois. Il s’entoura de visiteurs qui devaient lui rendre compte de toutes les maisons et se préoccupa beaucoup de la Contre-réforme en Allemagne. Il envoya des missionnaires au Brésil (Inácio de Azevedo, voir au 15 juillet), ainsi qu’en Floride, au Mexique, au Pérou.

Il faut signaler ici un trait généralement oublié de Francisco de Borja : il appréciait beaucoup la musique et fut même compositeur. On connaît certaines de ses œuvres, en particulier la Visitatio sepulchri, un drame liturgique qui représente la mise au tombeau et la résurrection du Christ.

Quoique de faible santé, il assuma des missions diplomatiques pour le Vatican en Espagne et au Portugal. De la dernière, il revint si fatigué qu’il mourut d’épuisement, le 30 septembre 1572. Sa dernière parole fut : Je ne désire que mon Seigneur Jésus-Christ.

Francisco de Borja fut béatifié en 1624, et canonisé en 1671.

 

 

Jean-Nicolas Cordier

1710-1794

 

Né le 3 décembre 1710 à Saint-André (Meuse), Jean-Nicolas entra chez les Jésuites à dix-huit ans.

Après son ordination, il fut théologien à Dijon, Auxerre, Autun, Strasbourg, Pont-à-Mousson.

Après la suppression de la Compagnie de Jésus, Jean-Nicolas continua d’exercer le saint ministère, comme aumônier de Religieuses à Saint-Mihiel, et quand la Révolution supprima toutes les communautés religieuses, il s’installa à Verdun.

Ayant refusé le serment constitutionnel de la République, il fut arrêté en octobre 1793 et condamné à l’exil.

A bord du Washington qui ne quitta jamais les pontons de Rochefort, le père Cordier subit le sort des centaines de prêtres entassés dans des conditions inhumaines.

Il mourut le 30 septembre 1794 et fut béatifié avec ses Compagnons en 1995.

Il est mentionné au Martyrologe le 30 septembre ; l’Ordre des Jésuites le fête au 17 août, en même temps que Joseph Imbert.

 

NB. Il y eut un autre Jean-Nicolas Cordier, chartreux, lui aussi déporté. Il survécut et fut un témoin précieux de ces heures difficiles. Il fut amnistié en 1803.

Federico Albert

1820-1876

 

Il naquit le 16 octobre 1820 à Turin (Italie), premier des six enfants du général Luigi Albert et de Lucia Riccio.

Comme on le sait, la vie d’un militaire est toujours mouvementée et le jeune Federico passa son enfance chez ses grands-parents.

A quinze ans, il fut inscrit par ses parents à l’Académie Militaire de Turin. Mais la même année, le jeune garçon, qui priait un jour près de l’autel du bienheureux Sebastiano Valfré (1629-1710), ressentit en lui l’appel de Dieu au sacerdoce.

On imagine la surprise - peut-être même un peu de déception - de la part du général, qui cependant ne s’opposa pas à la vocation de son fils.

Federico entra donc chez les Oratoriens de Turin à l’automne 1836, endossa la soutane et fréquenta tout de suite la faculté théologique de Turin.

En 1843, il était docteur en théologie, et recevait le sacerdoce.

En 1847, il était nommé aumônier à la cour du roi Carlo Alberto. L’abbé Federico Albert assuma pleinement cette position, cherchant à proposer au roi des idées en conformité avec l’Evangile ; son tact fut apprécié par Vittorio Emanuele II.

Le père Albert préféra bientôt se donner entièrement à l’apostolat. Il connaissait la misère des rues de Turin, où les pauvres étaient nombreux, il savait le besoin où se trouvait la jeunesse d’être formée, aussi alla-t-il trouver Giovanni Bosco, dont l’oeuvre commençait vraiment à s’imposer dans cette Turin indifférente.

Don Bosco l’accueillit volontiers et le pria de prêcher la retraite à l’Oratoire de Valdocco en 1848.

En 1850, don Albert fut à la paroisse Saint-Charles, puis vicaire et enfin curé à Lanzo Torinese. Dans cette paroisse où il allait passer le reste de sa vie, il fonda un ensemble d’établissements qui révolutionnèrent, pour ainsi dire, la vie de la localité et de la région.

Il fonda un jardin d’enfants, qu’il confia aux Soeurs de la Charité ; un orphelinat pour petites filles abandonnées ; puis une école pour filles, avec des cours de français, de dessin, de musique, de préparation au diplôme de maîtresses ; c’était inimaginable à l’époque, car les filles n’avaient pas accès à l’instruction.

En 1864, il invita Don Bosco a fonder un Oratoire, qui devint un collège pour les garçons.

Prêtre, don Alberto prêcha plusieurs missions, tant pour le clergé que pour les laïcs. 

Puis, pour assurer la continuité de ses œuvres caritatives, il fonda la congrégation des Soeurs vincentiennes de Marie Immaculée, couramment appelées Soeurs Albertines (« vincentiennes » en référence à saint Vincent de Paul).

Don Albert fut préconisé pour l’épiscopat, qu’il refusa énergiquement.

En 1873, il fonda une école d’agriculture, où les élèves auraient reçu, outre l’enseignement scientifique nécessaire, une formation spirituelle et morale.

C’est pour cette œuvre qu’il construisit une chapelle. Il était en train d’y travailler sur un échafaudage de fortune, lorsqu’il fit une chute de sept mètres, heurtant lourdement de la tête.

Il reçut les derniers sacrements et mourut deux jours plus tard, le 30 septembre 1876.

Don Federico Albert a été béatifié en 1984.

 

 

Thérèse Martin

1873-1897

 

Les Français ont beaucoup entendu parler de «la petite Thérèse», mais ne la connaissent pas vraiment. 

Sur ses pieux parents, on trouvera deux notices séparées, depuis que tous deux ont été béatifiés en 2008 (voir aux 29 juillet et 28 août).

Des neuf enfants de ce couple très chrétien, Thérèse était la dernière. Elle naquit à Alençon le 2 janvier 1873, et reçut au baptême, le 4 janvier suivant, les noms de Marie-Françoise-Thérèse. Sa marraine était sa sœur aînée, Marie-Louise, et son parrain Paul Boul ; tous deux âgés de treize ans.

Deux mois après, elle frôla la mort et fut confiée à une nourrice. La santé revint après un séjour vivifiant à la campagne.

Après la mort prématurée de la Maman Zélie (1877), qui affecta beaucoup Thérèse, Monsieur Martin transporta tout son petit monde dans cette propriété des Buissonnets à Lisieux, où était pharmacien son beau-frère. Déjà étaient morts deux de ses filles et ses deux petits garçons.

Thérèse était sa benjamine et, peut-être, sa préférée, quoiqu’il eût toutes les attentions nécessaires pour la bonne éducation de tous ses enfants. Il appelait Thérèse «la petite Reine de France et de Navarre».

On connaît bien des détails de l’évolution de sa personnalité par le récit sincère et sans complaisance qu’elle en fit plus tard, pour obéir à la volonté de sa Prieure au Carmel, sœur Agnès de Jésus, sa propre sœur Pauline. 

Elle n’était pas sans défauts et sans caprices, mais elle apprit tôt à se corriger. Elle combattit son entêtement et son égoïsme. A trois ans, elle avait résolu de ne rien refuser au bon Jésus.

En août 1879, elle crut voir passer dans le jardin son père, cassé, vieilli, la tête voilée : vision prophétique de la paralysie cérébrale qui frapperait bien plus tard Monsieur Martin, dès 1889.

Elle se confessa pour la première fois en 1880, démarche qu’elle répétera à toutes les grandes fêtes, et, dit-elle, «c'était une vraie fête pour moi chaque fois que j'y allais».

En 1881, elle fut demi-pensionnaire à l’abbaye des bénédictines de Lisieux.

En 1883, une maladie «étrange», peut-être simplement nerveuse, sembla conduire Thérèse au bord de la folie : tremblements, hallucinations, frayeurs, délire… Elle donnait tant de soucis à la famille qu’on faisait une neuvaine pour sa guérison à Notre-Dame des Victoires. Or, au soir de la Pentecôte, Thérèse vit s’animer la petite statue de la Vierge qui était dans sa chambre ; le mal disparut. Sa grande sœur était présente, et pouvait attester du changement, après avoir constaté l’attitude extatique de Thérèse.

1884 : Première communion, puis Confirmation.

Thérèse avait une forte tendance à une émotion excessive. Elle combattit aussi ce trait de caractère, et, à partir de Noël 1886, elle vainquit pour toujours les larmes ; ce sera pour elle sa «nuit de conversion», où elle changea vraiment du tout au tout.

Dans le sillage de ses deux sœurs aînées, Thérèse exprima en 1887 son désir d’entrer au Carmel, mais elle était bien jeune. Son père n’y mettait pas d’objection, si c’était là la volonté de Dieu, mais c’est l’oncle Guérin qui s’y opposait formellement. On prit rendez-vous chez l’évêque (et pour l’occasion, Thérèse avait relevé ses cheveux en chignon, pour se vieillir) ; l’évêque voulait réfléchir et aurait consulté Rome.

Un pélerinage à Rome donna à Thérèse l’occasion de montrer sa détermination et la solidité de sa vocation. Lors de l’audience papale, elle réussit à parler au pape (Léon XIII), qui lui répondit : «Si le Bon Dieu veut, vous entrerez».

De retour en France, Thérèse se prépara en se sanctifiant et en priant. Elle priait pour la conversion de l’assassin Pranzini qui, après avoir toujours refusé la présence du prêtre, demanda à baiser le crucifix avant son exécution ; elle brisait sa volonté propre, retenait une parole de réplique, rendait des services sans se faire valoir…

L’entrée au Carmel eut lieu en avril 1888. La prise d’habit, en janvier 1889. La première profession en septembre 1890, en s’offrant «pour sauver les âmes et surtout prier pour les prêtres».

Désormais elle signa «Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus de la Sainte-Face». On se souvient de la «vision» qu’elle eut en 1879, et qui commençait à se vérifier : Monsieur Martin était soigné à Caen, avant de s’éteindre bientôt en 1894. C’est en référence à cette maladie dégénérescente que Thérèse se confiait à la «Sainte Face» du Christ.

Thérèse entra dans une communauté de femmes qui ne sont pas toujours des saintes, malgré leur état de sainteté, car chacune est toujours en route vers cette sainteté, avec des lacunes ici et là. Thérèse s’efforça de supporter tout cela avec le sourire, dans toutes les charges où on l’établit : au réfectoire, à la sacristie, ou comme assistante de l’économe, et à la porterie.

En 1893, elle fut sous-maîtresse des novices. Elle écrivit de petites pièces de théâtre, des poèmes. On aimait sa poésie.

Monsieur Martin s’éteignit en 1894.

En 1895, Thérèse s’offrit à être consumée entièrement par l’amour miséricordieux du Bon Dieu. Elle en ressentit comme une blessure intérieure, une blessure d’amour, comparable à la transverbération de sainte Thérèse d’Avila. Mais elle eut aussi les premiers signes de sa prochaine maladie, avec des douleurs à la gorge et dans la poitrine.

A partir de 1896, pendant l’année qui précèda sa mort, elle fut frappée d’une pénible tentation contre la foi, ressentant comme l’absence totale de Dieu et de toute consolation spirituelle. Epreuve d’autant plus douloureuse que la tuberculose se déclara, avec des crachements de sang et la difficulté croissante pour respirer.

En juillet 1897, elle fut transférée définitivement à l’infirmerie. Le 19 août, elle reçut l’Eucharistie pour la dernière fois ; elle mourut le 30 septembre en exprimant ces dernières paroles à l’adresse de son Crucifix : «Oh ! je l’aime ! Mon Dieu ! je vous aime !» Elle eut un moment le regard irradié, fixé en haut, en extase, puis ferma les yeux.

La vie de la «petite Thérèse» est toute dans l’héroïsme, et Thérèse de Lisieux ne le cède en rien à la «grande» Thérèse d’Avila. Thérèse savait rejoindre Jésus-Christ dans l’effort du moment, dans l’humilité, dans la patience, dans la douceur. Elle se porta un jour volontaire pour seconder à la lingerie une religieuse âgée neurasthénique, au caractère très difficile, pour lui apporter un peu de douceur et de réconfort. Un jour qu’elle remarquait le bruit incessant que faisait une autre Consœur avec son dentier, elle eut l’idée d’écouter charitablement ce bruit comme une musique extrêmement harmonieuse, qu’elle prit même plaisir à entendre.

Comme on l’a dit, Thérèse avait un zèle réellement missionnaire pour les âmes. Elle correspondit avec deux jeunes missionnaires. Après sa mort, la dévotion à Thérèse se répandit dans le monde entier à une vitesse véritablement étonnante.

La «pluie de roses» qu’avait annoncée Thérèse avant sa mort se vérifia bien vite. Les miracles abondèrent. Un des miracles reconnus est la guérison de la cataracte d’une petite Edith, qu’on connaît très bien sous le nom de Edith Piaf.

Pour la béatification de Thérèse, on retint d’abord six miracles, dont deux particulièrement : la guérison d’un séminariste de Lisieux et celle d’une Religieuse d’Ustaritz (Bayonne, Pyrénées Atlantiques).

Cette Religieuse était née en 1888 à Sus (Navarrenx, Pyrénées Atlantiques) ; entrée chez les Filles de la Croix à Ustaritz en 1911, elle souffrit d’un grave ulcère d’estomac qu’on ne put opérer. La communauté fit une neuvaine à Thérèse de Lisieux du 3 au 11 juin 1915 ; les trois premiers jours de juillet, de nuit, Thérèse apparut à la Malade, lui recommandant : Récitez fidèlement tous les jours : 3 Pater, Ave et Gloria, avec l’invocation : Cœur Sacré de Jésus, protégez l’Eglise, la France et la Congrégation. Propagez cette dévotion parmi vos Sœurs. Il y eut ces trois jours-là un parfum inexplicable dans la chambre de la Sœur. Le 10 septembre, trois mois après la fin de la neuvaine de la communauté, Thérèse apparut à nouveau et dit à la Sœur : Soyez bien généreuse, et vous guérirez bientôt. Ce matin-là, on retrouva autour du lit des pétales de roses de toutes les couleurs. Le 21, après quelques jours de douleurs encore plus forte, la Sœur s’endormit et se réveilla le 22 septembre 1915, complètement soulagée, guérie. Les médecins ne purent que constater avec étonnement que les radiographies ne montraient pas même une trace de lésion, et furent surtout surpris de la rapidité d’une telle guérison. Cette guérison perdura, jusqu’à la mort de la Sœur, en 1937.

Thérèse de l’Enfant-Jésus fut proclamée bienheureuse en 1923, et sainte en 1925.

En 1927, elle était proclamée patronne de toutes les missions dans l’univers, à l’instar de saint François-Xavier (voir au 3 décembre). En 1944, elle fut proclamée patronne secondaire de la France, à l’égal de sainte Jeanne d’Arc.

On se souviendra aussi de la conversion en prison du meurtrier Jacques Fesch, qui se référera à sainte Thérèse dans son dernier écrit, la veille de son exécution.

Enfin, en 1997, un siècle après sa mort, sainte Thérèse a été proclamée Docteur de l’Eglise, en considération de l’excellence de ses écrits.

Mentionnée le 30 septembre au Martyrologe, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face est fêtée le 1er octobre, mois particulièrement dédié à la prière pour les missions.

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28 septembre 2020 1 28 /09 /septembre /2020 23:00

29 SEPTEMBRE

 

SS Archanges Michel, Gabriel, Raphael.

III.

S Eutychius, évêque à Héraclée de Thrace et martyr.

IV.

SS Dadas, Kasdoa et leur fils Gabdelaa, martyrs en Perse.

Stes Ripsimis, Gaiana et leurs compagnes, martyres en Arménie.

V.

S Fraternus, évêque à Auxerre.

VI.

S Kyriakos, grec, neveu d'un évêque et fils d'un prêtre, prêtre en Palestine ("canonarque", il donnait le ton pour chanter et dirigeait le chant du canon) ; il avait comme gardien un gros lion très bien dressé et très poli ; il mourut à cent sept ans.

?

S Bouin, ermite dans la région de Troyes.

VIII.

S Liutwin, évêque à Trèves et fondateur de l'abbaye de Mettlach ; il aurait été le neveu de son prédécesseur (Basin) et le père de son successeur (Milo).

SS Cathold, Anno et Diethard, moines en Bavière et patrons de Eichstätt.

X.

S Alaric, ermite et moine à Einsiedeln.

XI.

S Garcia, abbé à Arlanza ; il aurait changé l'eau en vin un vendredi saint.

XII.

S Maurice, premier abbé à Langonnet, puis près de Quimperlé ; moins de trente ans après sa mort, l'abbaye prit le nom de Saint-Maurice.

XIII.

B Jehan de Montmirail, chevalier très vaillant devenu cistercien à Longpont où il fut un virtuose de la mortification. 

XIV.

B Richard Rolle, ermite en Angleterre, célèbre mystique.

B Charles de Blois, duc de Bretagne, lettré et musicien, auteur d'une Vie de s. Yves ; il avait habité le Penthièvre, domaine de son épouse et mourut à la bataille d'Auray.

XV.

B Jean de Gand, ermite à Saint-Oyend-de-Joux ; avant Ste Jeanne d'Arc, il intervint par ses prédictions auprès du futur Charles VII et du roi anglais Henri V. 

B Nicoló de Forca Palena, des Hiéronymites, mort centenaire.

S Jan de Dukla , franciscain (bernardin) polonais, patron de la Pologne, canonisé en 1997.

XVII.

SS Lorenzo Ruiz, premier martyr des Philippines, père de famille, martyr au Japon, béatifié en 1981 et canonisé en 1987, fêté le 28 septembre, avec les prêtres dominicains Miguel de Aozaraza (basque espagnol), Guillaume Courtet (français), Vincentius Shihotsuka de la Croix (japonais), et un laïc japonais lépreux, Lazarus de Kyoto ; ce dernier avait apostasié durant quelques heures puis s'était repenti.

S René Goupil, médecin, martyr au Canada chez les Hurons, fêté le 19 octobre avec s. Isaac Jogues et ses compagnons.

XX.

Bx martyrs espagnols  en 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Jésuites : près de Valencia, les prêtres Pau Bori Puig et Darío Hernández Morató (*1864, 1880) et le profès Vicente Sales Genovés (*1881) ;

Capucins : près de Valencia, le prêtre Santiago Mestre Iborra (S. de Rafelbuñol, *1909) en même temps que son père et ses huit frères ;

Laïcs : à Lleida, Francesc de Paula Castelló Aleu (*1914) ;

- béatifiés en 2007 :

Salésiens : à Madrid, le prêtre José Villanova Tormo (*1902), et les clercs Virgilio Edreira Mosquera avec son frère Francisco (*1909, 1914) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : Antonio Martínez López (*1891), près d’Almería ;

Missionnaires du S.Cœur : près de Girona, les prêtres Abundio Martín Rodríguez, Antonio Arribas Hortigüela, José Vergara Echevarria, Josep Oriol Isern Masso  (*1908, 1908, 1908, 1909) ; les convers Gumersindo Gómez Rodríguez, Jesús Moreno Ruiz, José del Amo y del Amo  (*1911, 1915, 1916) ;

- béatifié en 2020 :

Diocésains : près de Grenade, le prêtre José Antonio Rescalvo Ruiz (*1880).

B Luigi Monza (1898-1954), prêtre italien, fondateur d'un cercle récréatif, “Nostra Famiglia”, pour occuper les jeunes (chœur, théâtre, études, sport), béatifié en 2006.

B Nicolás Tum Castro Quiatan (1945-1980), catéchiste guatémaltèque et acolythe, martyr, béatifié en 2020.

 

Eutychios de Périnthe

3. siècle

 

Périnthe - qui devint Héraclée de Thrace - se trouvait au NE de la Grèce antique ; c’est aujourd’hui la ville de Ereğli ou Marmara Ereğli, dans la partie européenne de la Turquie.

Cette ville était un siège épiscopal : Eutychios en fut évêque au troisième siècle.

Il aurait été martyr.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Eutychios de Périnthe au 29 septembre.

 

 

Rhipsimi et Gaiani d’Arménie

† 301

 

Il doit bien y avoir quelque chose d’authentique dans ce que raconte la «légende» de ces Saintes.

Rhipsimi (ou Ripsimis), avec sa nourrice Gaiani (ou Gaiana) se seraient enfuies de Rome, où l’empereur Dioclétien les convoitait, particulièrement Rhipsimi qui était d’une ravissante beauté. On pourrait supposer qu’elles habitaient déjà dans quelque province orientale. Le fait est qu’elles vinrent en Arménie, à Vagharchapat vraisemblablement.

Le roi arménien Tiridate IV, à son tour, se les fit amener et, s’étant fait éconduire par elles, les tortura : Rhipsimi eut la langue arrachée, l’estomac ouvert, les yeux crevés et fut exécutée. Gaiani subit un sort analogue.

Leurs corps furent ensuite mis en morceaux.

Cela se passa vers 301 à Etchmiadzin.

On a associé à Rhipsimi et Gaiani des Compagnes, au nombre d’une trentaine. Elles sont les premières Martyres de l’Arménie.

Le Martyrologe Romain mentionne saintes Rhipsimi et Gaiani d’Arménie au 29 septembre.

 

 

Fraternus d’Auxerre

† 451

 

Fraternus succéda à s.Germain (v. 31 juillet) et fut donc le septième évêque d’Auxerre, en 448.

Il aurait été ce prêtre appelé ailleurs Saturnus, à qui Germain confia la direction du diocèse en son absence.

Fraternus, donc, fut consacré le 26 septembre 448.

En 451, les Huns traversèrent la ville. Ce seraient eux qui auraient mis à mort Fraternus ; mais ce fait est contesté.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Fraternus d’Auxerre au 29 septembre.

 

 

Kyriakos l’anachorète

449-557

 

Kyriakos naquit en 448-449 à Corinthe (Grèce), de Ioannis et Eudoxia. Ioannis était prêtre.

Quand il eut dix-huit ans, son grand-oncle Petros, évêque de Corinthe, l’ordonna lecteur. Mais Kyriakos entendit l’appel de Dieu quand on proclama le verset évangélique : Si quelqu’un veut se mettre à ma suite, qu’il se renonce, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive (Mt  16:24) ; il partit secrètement pour Jérusalem.

Il se présenta à s.Euthymios (v. 20 janvier), qui lui remit l’habit monastique, mais ne voulut pas le garder à cause de son jeune âge ; il l’envoya à s.Gerasimos (v. 5 mars) : celui-ci se prit d’une grande amitié pour Kyriakos, car ce jeune moine faisait de très grands et rapides progrès dans la sainteté, mettant à profit tout ce que la grâce de Dieu suggérait à son cœur. Après neuf années de cette vie très ascétique au pain et à l’eau, Kyriakos revint au monastère d’Euthyme, qui venait de mourir.

Mais le monastère était en train d’évoluer : la vie érémitique était en passe de devenir cénobitique, et les moines se divisèrent. Kyriakos préféra s’en séparer pour aller à la laure de Soukas. A quarante ans, il reçut le sacerdoce et fut nommé sacristain (skevophylax) : il était chargé du soin des vases sacrés, des reliques ; il devait annoncer l’office et, durant l’office, donner le ton. Cela dura une quarantaine d’années, durant lesquelles jamais le soleil ne le vit en colère, ni manger de nourriture : ceci pourra nous sembler impossible, mais c’est Kyriakos lui-même, en toute simplicité, qui le reconnut.

Pour annoncer l’office de nuit, il prenait son temps et frappait lentement et consciencieusement une pièce de bois, en récitant entièrement le long psaume 118 (le plus long de tous, qui comporte vingt-deux strophes de huit versets).

Il avait environ soixante-dix ans, lorsqu’il se retira dans le désert de Natouphas, où sa nourriture consista en oignons sauvages ; voulant tout de même fuir les foules qui le cherchaient pour obtenir de sa prière des délivrances ou des guérisons, Kyriakos  - nonagénaire - alla s’installer dans le désert de Rouba, qu’il dut encore quitter. Il vint à Sousakim, pendant sept années, revint quelque temps à Soukas, dans une grotte étroite et sombre, où on le consultait pour combattre les partisans de l’origénisme, puis repartit à Sousakim, désormais centenaire.

L’endroit où il se fixa, était gardé par un gros lion qu’il avait dûment apprivoisé ; l’animal était fort poli et d’une gande douceur.

Deux ans avant de mourir, Kyriakos fut ramené par des moines à Soukas. Il y mourut à plus de cent-huit ans, en 557.

Saint Kyriakos l’anachorète est commémoré le 29 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Liutwin de Trèves

† 715

 

Lutwinus - Liutwin, Lutwin, Ludwin, Leodewin, selon les traducteurs et les époques, était de souche noble franque.

Il avait un oncle, Basin, qui fut évêque de Trèves jusqu’en 705.

Entre temps, Liutwin se maria et eut deux fils, Milo et Wido, peut-être aussi une fille nommée Rotrude.

D’après une sorte de légende, lors d’une expédition de chasse, il s’endormit en plein soleil dans une clairière, mais un aigle vint étendre ses grandes ailes au-dessus de lui pour le protéger d’une possible insolation. Quand son serviteur le lui raconta, il vit là un signe de Dieu et fit construire à cet endroit une chapelle.

Vers 690, il fonda le monastère de Mettlach.

A la mort de l’oncle Basin, c’est lui qui fut choisi pour lui succéder, comme trentième évêque de Trèves. Ici intervient un épisode difficile à résoudre historiquement : Liutwin aurait aussi assumé les diocèses de Reims et de Laon, ce qui lui pouvait lui conférer une immense autorité dans le royaume franc.

Le fait est que, lorsqu’il mourut à Reims, en 715, c’est son fils Milo qui fut évêque, à Trèves comme à Reims, alors que la liste épiscopale de Reims ne contient pas le nom de Liutwin. La liste de Laon, en revanche, n’a les noms ni de l’un ni de l’autre.

Milo voulut inhumer son père à Trèves, mais les circonstances ne s’y prêtaient pas. On décida alors de «laisser choisir» au Défunt le lieu de sa sépulture : on déposa son cercueil sur une embarcation, qui remonta d’elle-même la Moselle, la Sare, et vint acoster à Mettlach, où les cloches se mirent spontanément à sonner.

Saint Liutwin de Trèves est commémoré le 29 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Alaric d’Ufnau

† 973

 

Le peu qu’on dit sur s.Alaric (Adalaric) n’est pas absolument certain.

Il serait le fils de Burchard II, duc des Alemans, et de Regulinda. Certains avancent que cette dernière, d’après la chronologie, n’eut pas d’enfants.

De bonne heure, ces pieux parents le confièrent à l’abbaye d’Einsiedeln, où il commença son noviciat vers 940.

La confiance de ses supérieurs le fit nommer - on ne sait au juste : portier, ou cellerier ou hôtelier, raison pour laquelle il est représenté avec un trousseau de clefs.

Mais Alaric tendait vers plus de solitude et vint habiter longtemps sur l’île d’Ufnau, dans le lac de Zürich, où d’ailleurs sa mère le rejoignit, fit construire deux églises et mourut, léguant à Alaric de grandes propriétés. Alaric en profita pour faire construire l’habitation des ermites venus vivre avec lui.

Plusieurs fois, l’eau monta sur le lac, empêchant tout accès à l’île : Alaric reçut alors d’un ange le pain qui lui était nécessaire pour la journée.

Alaric mourut dans cette solitude, vers 973.

Saint Alaric d’Ufnau est commémoré le 29 septembre dans le Martyrologe Romain.

Maurice Duault de Langonnet

1113-1191

 

Maurice naquit au village de Kerbarth en Croixanvec (Morbihan), de parents laboureurs, qui vinrent s’établir ensuite à Loudéac (Côtes d’Armorique).

On raconte qu’ayant été envoyé par ses parents garder un champ fraîchement ensemencé contre les corbeaux, il intima l’ordre à ceux-ci de le suivre dans la grange où il les enferma et put les observer à son aise.

L’enfant commença à étudier avec d’excellents résultats ; on l’envoya étudier à Pontivy puis à Paris ; devenu clerc, il fut déjà écolâtre (professeur).

Il reçut le sacerdoce à vingt-trois ans.

Mais Maurice n’avait pas d’ambitions terrestres ; en 1140, il alla se présenter à la nouvelle abbaye cistercienne de Langonnet.

Il y cherchait le recueillement et l’oubli, qui ne durèrent pas longtemps : en 1145, il fut élu abbé, et le resta une trentaine d’années.

En 1177, Langonnet donnait naissance à une nouvelle abbaye sur les terres de Carnoët, et Maurice accepta d’y guider le premier groupe ; ce fut l’abbaye Notre-Dame de Carnoët.

C’est dans ce havre de paix et de poésie que son âme acheva de s’unir à Dieu. En retour, Dieu lui accorda le don des miracles, avant comme après sa mort.

Celle-ci eut lieu à Carnoët, croit-on, le 29 septembre 1191. 

Si la procédure de canonisation n’a pas pu aboutir, la vox populi s’en est chargée et les papes concédèrent à l’Ordre cistercien la célébration de la fête de saint Maurice de Langonnet. 

L’abbaye Notre-Dame de Carnoët prit le nom d’abbaye Saint-Maurice.

 

 

Jehan de Montmirail

1165-1217

 

Jehan naquit en 1165, fils d’André de Montmirail (Brie) et Hildiarde d’Oisy. 

Son heureux caractère et ses bonnes dispositions faisaient la joie et la fierté de ses bons parents. Sa mère mourut tôt, et la seconde épouse de son père fut vraiment une seconde mère pour lui.

Jehan étudia le latin, le droit ; chevalier en esprit avant que de l’être dans les faits, il se montra grand justicier, courageux dans toute ses actions.

Il fréquenta le fils de Louis VII, qui était du même âge, le futur Philippe Auguste. Très renommé, il cumulait les titres : baron de Montmirail, comte de La Ferté-Gaucher, seigneur de La Ferté-sous-Jouarre (et d’autres lieux), vicomte de Meaux, châtelain de Cambrai. Ami du roi, il en devint le favori et le conseiller.

Il épousa vers 1185 Helvide de Dompierre et de Bourbon, dont il eut sept enfants : Guillaume, Jean II, Mathieu, Elisabeth (qui fut religieuse), Félicie, Marie et Renaud (qui mourut en croisade).

De l’avis unanime des contemporains, Jehan fut un preux chevalier qui sut rendre au roi Philippe Auguste des services signalés ; devant Gisors, il lui sauva la vie.

Il fut un chevalier magnifique et prodigue. Il lui arrivait, avoua-t-il plus tard, de gaspiller mille livres dans un seul tournoi.

Devant la conduite indigne d’un chanoine régulier, il voulut changer de vie ; un vrai changement, et non un petit arrangement, qui se produisit autour de l’an 1200. Il avait déjà brillé par son grand cœur, il continua en maintenant le bon ordre dans toutes ses terres, redressant les torts, se montrant sévère envers les injustices et bon avec les faibles.

Il déclara libérés de leur dette ceux qui avaient emprunté à des usuriers.

Il ouvrit un hospice près de son château, où il fut le premier infirmier et s’occupa avec empressement des malades parfois les plus repoussants. Un jour qu’une odeur infecte sortait d’une horrible plaie, il s’employa à intervenir, assurant que cette odeur m’est un parfum. C’étaient mes péchés qui sentaient mauvais.

Il se faisait coiffer avec le peigne utilisé pour les teigneux.

Il porta sur son dos jusque chez elle une pauvre femme malade, en plein jour, sans s’occuper du qu’en dira-t-on.

Il prit l’habit d’un lépreux et lui remit son propre habit. Il faisait coucher un pauvre dans son lit et dormait par terre.

Il supplia un jour Notre-Dame de l’exaucer, et la réponse fut… une vive douleur au côté, qui le tourmenta quatre ans.

Il songea à partir en guerre contre les Albigeois : on l’en dissuada et il obéit ; après avoir consulté des théologiens, il entra à l’abbaye cistercienne de Longpont, avec l’assentiment de son épouse.

Dans cette abbaye, il montra une parfaite obéissance et une réelle humilité à servir les confrères. Quand l’abbé lui ordonna de manger tout le pain qu’on lui donnait, il le fit ; puis tout un poisson, il avala aussi la tête et les arêtes. Un jour qu’un de ses anciens domestiques, entré au monastère, lui avait ciré ses chaussures, il ne s’en consola qu’en allant cirer celles du domestique. Même le mot de «cistercien» lui semblait excessif pour lui ; il aurait préféré être un valet de ferme qui se sanctifie par le fumier et le purin. 

Jean mourut le 29 septembre 1217 et, si le procès de canonisation n’aboutit pas, le culte en fut cependant approuvé en 1891.

 

 

Richard Rolle

1290-1349

 

Richard Rolle fut un ermite anglais et un des grands mystiques de son temps.

Il naquit en 1290 à Thornton (Yorkshire N).

A dix-neuf ans, il quitta ses études à Oxford pour embrasser la vie érémitique, au grand dam de sa famille.

Il assure que, s’il changea de lieu de retraite, c’était sincèrement pour trouver la vraie solitude. Il fut auprès de la maison de John Dalton, puis à Richmond, enfin non loin d’un monastère de Cisterciennes de Hampole. Il fut aussi en d’autres endroits, qu’on n’a pas identifiés.

On le laissa prêcher, mais il n’est pas sûr qu’il ait été prêtre. On ne sait pas non plus s’il fut assistant spirituel des Cisterciennes de Hampole.

Il a laissé un œuvre assez important, en latin et en anglais, dans un style souvent poétique, qui fut largement diffusé dans toute l’Europe.

On découvre dans ses écrits qu’il fut à ce point embrasé de l’amour de Dieu, qu’il perdit tout attrait pour les créatures.

Il a écrit notamment Incendium amoris (Le feu d’amour) et De l’amendement du pécheur, Le modèle de la vie parfaite, Le ‘Pater’…

Il mourut à Hampole le 29 septembre 1348, peut-être victime d’une épidémie de peste. Des miracles se produisirent sur sa tombe. A partir de 1380 un culte se développa, qui le fit appeler bienheureux, mais il ne se trouve pas au Martyrologe.

 

 

Charles de Blois

1319-1364

 

Charles était le fils de Guy de Châtillon et de Marguerite de Valois, la sœur du roi Philippe VI.

Le pieux jeune homme eut toute sa (courte) vie à combattre à cause d’une pitoyable guerre de succession interminable. Lui-même écrivit un jour : Il eût mieux valu que je fusse frère mineur, car le peuple de Bretagne ne peut avoir la paix à cause de nos querelles, et cependant je ne puis rien là-dessus sans le conseil des barons.

En 1337, il épousa Jeanne de Penthièvre, avec laquelle il eut trois fils et deux filles. D’aucuns prétendent qu’il eut aussi un fils naturel, ce qui, pour un homme comme Charles, paraît improbable.

C’était un bel homme, lettré, connaissant le latin, la musique, composant des vers.

Pieux, il portait un cilice serré par une corde de crins et passait de longues heures en oraison. Ce fut un protecteur des Religieux, les Frères mineurs en particulier, des hôpitaux, des pauvres et des orphelins, qui bénéficiaient de ses largesses.

En 1347, il obtint la canonisation de saint Yves (v. 19 mai), pour lequel il avait une grande dévotion.

Cette même année, il fut fait prisonnier par les Anglais à La Roche-Derrien, après avoir reçu dix-huit blessures. C’est durant sa captivité en Angleterre qu’il écrivit une biographie de saint Yves. En 1351, laissant ses deux fils en otages (Gui mourra sur place durant ce temps), il tenta de rassembler le prix de sa rançon, se reconstitua prisonnier et ne fut libéré qu’en 1356, moyennant une énorme rançon qui n’était pas encore soldée à sa mort.

Peu après sa libération, il fit un pèlerinage pieds-nus à Tréguier, par un temps glacial : on voyait sa chair se détacher en lambeaux et saigner en abondance.

Charles mourut lors de la bataille d’Auray, le 29 septembre 1364.

La canonisation faillit avoir lieu au moment où le pape Grégoire XI allait quitter Avignon pour rentrer à Rome (1376). La bulle se perdit. Le culte immémorial fut confirmé en 1904.

Jean de Gand

† 1439

 

Moins connu que sainte Jeanne d’Arc, notre ermite précéda la grande Héroïne auprès des rois de France et d’Angleterre.

L’ermite habitait la grotte Sainte-Anne, qui dominait Saint-Oyend-de-Joux, l’actuelle Saint-Claude ; la ville doit son nom au saint évêque, que Louis XI appelait “Monseigneur Saint Claude”. On utilisait fréquemment des “patenostres de sainct Claude” ou chapelets : Jean en laissa un au roi Louis XI, qui tenait cette relique en grande vénération. Le tombeau du Saint comtois était le but de pèlerinages européens, et Jean était donc venu s’y établir, vraisemblablement originaire de Gand.

Divinement inspiré, Jean alla trouver le dauphin Charles, réfugié à Bourges depuis juin 1418. Il lui promit un fils et la paix. Notons qu’à cette date, Jeanne d’Arc avait six ans et sa mission commencera en 1428, même si ses “Voix” lui parlèrent déjà bien avant cette date.

Jean alla ensuite voir Henri V d’Angleterre. Il le rencontra après août 1421 et lui demanda d’abandonner sa conquête de la France. Le roi ayant répondu de façon évasive, l’ermite lui annonça que Dieu le ferait mourir avant un an.

Près de mourir, Henri V revit l’ermite, qui lui ôta tout espoir de triompher de la France en la personne de son héritier (1422). 

C’est donc quelques années plus tard que Jeanne d’Arc entrera en action, et fut immolée, comme l’on sait, en 1431.

L’ermite Jean, quant à lui, mourut à Troyes le 29 septembre 1439, après avoir vu ses prédictions réalisées. Il aimait fréquenter les Frères Prêcheurs de cette ville, et fut enterré dans leur église.

Louis XI, qui était scrupuleusement fidèle à ses amis célestes, tint à prouver sa reconnaissance au bon ermite qui avait annoncé sa naissance et la libération du royaume. En 1482, il fit lever le corps de l’ermite. L’épitaphe disait : “Ci-gît l’ermite de saint Claude, qui se nommait Jean de Gand…” Puis le roi écrivit au pape Sixte IV une supplique en vue de la canonisation du prophète patriote. Il envoya un drap d’or à placer sur le cercueil de Fr. Jean de Gand. 

Le 18 juillet 1483 - il devait mourir le 30 août - Louis demandait aux dominicains de Troyes des “patenôtres du saint ermite”. 

Sixte IV, bien disposé envers saint Claude, mourait à son tour en 1484, et la cause du bon ermite ne fut pas poussée plus avant. De nos jours, à Gand et surtout à Troyes, il a été question de la reprendre. 

Un reste des reliques de Jean a échappé à la Révolution et se trouve au carmel de Troyes.

Le bienheureux Jean de Gand n’est pas inscrit dans l’actuel Martyrologe Romain.

 

 

Nicoló de Forca Palena

1349-1449

 

Nicolas vint au monde dans une modeste maison de Forca (Chieti, Italie CE), au lendemain d’un grave tremblement de terre, le 10 septembre 1349. Il reçut au baptême le nom du Saint du jour, s.Nicola de Tolentino.

Vers trente ans, il pouvait déjà être prêtre, car il passa dans le bourg voisin de Palena, qui était plus sûr et fortifié, et où il exerça son ministère sacerdotal pendant une vingtaine d’années.

Lors d’un pèlerinage à Rome, il connut une communauté d’ermites agrégée au Tiers-ordre franciscain. L’endroit était proche des thermes de Néron. Les qualités et les dons intellectuels de Nicoló le firent nonmmer prieur.

Rome, au début du 15e siècle, était agitée par des factions ; les papes ne pouvaient y résider et l’ambiance était troublée. Nicoló alla fonder à Naples un ermitage avec un petit hospice.

En 1419, il revint à Rome et fonda sur le Janicule un ermitage sous la protection de saint Onuphre. Il se lia alors d’amitié avec Pietro Gambacorta de Pise qui, devenu pape, le garda auprès de lui et lui fit réformer deux couvents à Florence. Pietro Gambacorta avait fondé les Ermites de Saint-Jérôme (Hiéronymites), auxquels se joignirent Nicoló et ses disciples.

De retour au Janicule romain, Nicoló y mourut centenaire, le 1er  octobre 1449.

Les nombreux miracles aboutirent à la reconnaissance du culte en 1771, alors que Nicoló avait déjà été choisi depuis longtemps par Palena comme patron principal.

Les Hiéronymites furent officiellement dissous en 1933 ; l’église Saint-Onuphre est l’actuel siège de l’Ordre du Saint-Sépulcre.

Nicoló est commémoré au Martyrologe le 29 septembre.

 

 

Jan de Dukla

1414-1484

 

Ce n’est pas ce qu’on sait de lui qui remplira beaucoup de pages.

Jan naquit en 1414 à Dukla (Podkarpackie, Pologne).

Il fréquenta l’université de Cracovie et sut arriver à une heureuse harmonie entre la simplicité franciscaine et la sagesse théologique. Beaucoup voudront écouter ses homélies ou ses conseils en confession.

Il commença par vivre en ermite, dans la plus absolue pauvreté franciscaine, non loin du couvent de Dukla, où il entra ensuite. 

Bien vite, il fut appelé à être gardien (supérieur) du couvent de Lviv (ou Lvov, Ukraine), où il eut une grande activité comme prédicateur et confesseur.

Sur la suggestion de Giovanni de Capistrano, Jan passa aux Bernardins, des Franciscains réformés selon l’idéal de Bernardino de Sienne.

Parvenu à un grand âge, revenu à Dukla, il devint aveugle et se faisait lire l’Ecriture pour préparer ses homélies ; il gagnait à tâtons son confessionnal.

Il mourut le 29 septembre 1484 à Dukla.

De nombreux miracles attestèrent sa sainteté. Celui qu’on choisit en vue de la canonisation, fut reconnu en 1997.

Son culte fut confirmé en 1733. En 1739 Jan de Dukla fut proclamé patron principal de la Pologne et de la Lituanie, puis de la ville de Lvov et de la région.

Il fut canonisé en 1997.

Vincentius Shiotsuka

1576-1637

 

Né vers 1576 à Nagasaki (Japon), Vincentius entra chez les Dominicains, prenant le nom de Vincentius de la Croix.

Il fut ordonné prêtre.

Il subit le martyre, le même jour que Lorenzo Ruiz, et que les pères Guillaume Courtet et Miguel González Aoazaraza de Leibar, à Nishizaka (Nagasaki), le 29 septembre 1637.

On peut retenir que ce prêtre eut un moment de faiblesse durant son martyre et que, sous la douleur extrême des tortures, il céda un moment et sembla renier (ou renia) sa foi. Mais les exhortations de ses Compagnons le firent reprendre courage et il confessa fortement le Nom du Christ, pour lequel il versa son sang jusqu’à la dernière goutte.

Béatifié en 1981, il fut canonisé en 1987, avec ses Compagnons.

Leur fête commune est au 28 septembre.

 

 

Guillaume Courtet

1590-1637

 

Né vers 1590 (ou 1599) à Sérignan (Hérault), il était fils de Jehan Cortet (ou Courtet) et de Barbe Malaure.

Orphelin de mère en 1602, alors qu’il est élève à Béziers, il devint parrain d’un fils de Lort, une grande famille locale, ce qui prouve la réputation et le rang qu’il devait avoir alors.

En 1605, il partit pour l’université de Toulouse, et étudie la philosophie et la théologie.

En 1607, il entra au noviciat dominicain d’Albi et professa en 1608.

Son père mourra en 1611. En 1612, Guillaume fut nommé lecteur (professeur) de théologie, au vu de ses excellentes qualités religieuses et intellectuelles.

Il fut ordonné prêtre en 1614 et sera formateur des jeunes novices à Toulouse et à Bordeaux.

En 1624, il fut nommé prieur en Avignon. Il sera deux ans prieur, et recevra dix nouvelles vocations.

En 1626, il fut nommé commissaire pour l’Europe du Nord, une mission difficile durant laquelle il ne sera pas toujours bien reçu. C’est de cette époque que date une lettre où il se dit attiré depuis toujours vers les missions extrême-orientales.

Pour y arriver, il dut obtenir de ses supérieurs l’autorisation de séjourner quelque temps en Espagne (car seuls les Espagnols et les Portugais avaient alors la possibilité de rejoindre ces missions lointaines). Guillaume s’appela désormais Tomás de Santo Domingo. 

Pendant son séjour de cinq ans en Espagne, notre Tomás enseigna la théologie, fut confesseur de l’ambassadeur de France et conseiller spiriuel de la reine Isabelle (la fille d’Henri IV).

Le voyage pour les Philippines commença fin 1634, par le Mexique ; on arriva à Manille en juin 1635.

En attendant une possibilité de rejoindre le Japon, le père Tomás enseigna la théologie, car les Dominicains avaient une université à Manille.

Le gouvernement civil de Manille interdisait les voyages pour le Japon, craignant des représailles. Aussi le père Tomás s’embarqua clandestinement avec trois autres prêtres : Miguel Aozaraza, Antonio González, Vincentius Shihozuka, et deux laïcs : Lorenzo Ruiz et Lazarus.

Après un voyage véritablement houleux, ils abordèrent clandestinement sur l’île de Liou-Kiou, le 10 juillet 1636. 

Les précautions prises par les voyageurs et les chrétiens locaux furent insuffisantes et les cinq compagnons furent arrêtés dès septembre. Ils resteront enfermés en prison à Kagoshima durant un an en attente de leur procès.

En septembre 1637, ils furent transférés à Nagasaki, pour y être torturés et martyrisés.

Des témoins furent présents, qui purent raconter ces événements à des navigateurs en partance pour l’Occident : les Martyrs subirent le supplice de l’eau (maintes fois ingurgitée et régurgitée par des coups frappés sur le ventre), des alènes enfoncées sous les ongles, et le fameux tsurushi : pendues par les pieds, les victimes ont la tête au-dessus d’une fosse pleine d’ordures puantes, tandis qu’on comprime tout leur corps avec des plaques de bois solidement attachées, de sorte que la circulation du sang est très ralentie et que l’agonie est prolongée.

Durant ces supplices, le père Guillaume-Tomás fit dire aux bourreaux et aux juges qu’ils n’étaient pas si ennemis de la vie que le désir de mourir les eusse conduits au Japon ; que le but de leur voyage n’estait pas d’y laisser la vie mais d’y prescher l’Evangile de Jésus-Christ vray Dieu.

Les trois prêtres ayant résisté, ils furent décapités le 29 septembre 1637, avec Lorenzo Ruiz et Lazarus.

Les cinq furent béatifiés en 1981, et canonisés en 1987.

Le père Guillaume est ainsi le premier martyr français au Japon, et le premier dominicain français canonisé.

La fête commune de ces Martyrs est au 28 septembre.

 

 

Miguel González de Aozaraza de Leibar

1598-1637

 

Ce vrai Basque espagnol (il faudrait écrire son nom : Migel Gonzalez Aozaratzakoa Leibar) naquit en février 1598 à Oñate (Guipuzcoa, Espagne).

Entré chez les Dominicains, il fut ordonné prêtre.

Envoyé aux missions du Japon, il y subit le martyre, le même jour que Lorenzo Ruiz et le père Guillaume Courtet, à Nishizaka (Nagasaki), le 29 septembre 1637, le jour de la fête de l’Archange Michel.

Béatifié en 1981, il fut canonisé en 1987.

Leur fête commune est au 28 septembre.

 

 

 

Lorenzo Ruiz

1600-1637

 

Lorenzo était né vers 1600 à Binondo (Manille, Iles Philippines), d’un père chinois et d’une mère philippine.

C’est de ses parents qu’il appris le chinois. Ensuite il apprit l’espagnol auprès des Dominicains, qu’il fréquentait pour servir la messe et qu’il aidait comme sacristain.

Il devint aussi un membre de la Confraternité du Saint-Rosaire.

Il écrivait admirablement bien et put transcrire des documents avec une calligraphie toute professionnelle.

Il se maria et eut deux fils et une fille.

Sa vie bascula lorsque, présent lors d’un meurtre, il fut accusé de ce meurtre par les autorités. On n’a pas d’autres détails sur cet épisode, relaté par les Pères dominicains, chez lesquels Lorenzo avait trouvé refuge.

Là-dessus, Lorenzo voulut accompagner plusieurs prêtres dominicains qui allaient embarquer. On le lui permit ; à bord, il apprit que le but du voyage était le Japon, où sévissait déjà une violente persécution.

On aborda à Okinawa ; Lorenzo aurait pu aller à Formose, mais il savait que là les Espagnols l’auraient pendu, et décida de rester avec les Pères, qui étaient : l’espagnol Antonio González, le français Guillaume Courtet, le basque Miguel de Aozaraza, le japonais Vincentius Shihotsuka de la Croix, ainsi qu’un laïc, Lazarus, qui était lépreux.

Mais au Japon, tous furent bientôt arrêtés et emmenés à Nagasaki, déjà fameuse pour les nombreux Martyrs qui y furent exécutés précédemment (voir Paulus Miki, 6 février).

La première torture à laquelle ils furent soumis, fut d’être forcés à boire une grande quantité d’eau puis, étendus par terre, de rejeter cette eau par la bouche, le nez et les oreilles, tandis que les bourreaux piétinaient violemment leur estomac avec de longues planches qui comprimaient les Martyrs. Ensuite, on leur enfila des pointes de bambous sous les ongles.

Le supérieur, le père Antonio, mourut peu après. Le père Vincentius et Lazarus, cédèrent un moment sous la torture, mais se reprirent bien vite grâce aux encouragements de leurs compagnons.

Lorenzo, dans un moment de crise, demanda à l’interprète présent : Et si j’apostasie, on va me laisser en vie ? L’interprète se montra bien réservé. Lorenzo ne céda pas ; au contraire, sa foi grandit et se renforça ; il se montra très courageux, et même audacieux, envers ceux qui l’interrogeaient.

Les cinq victimes furent alors pendues par les pieds ; c’est le supplice du tsurushi : leur tête pend au-dessus d’une fosse pleine d’ordures puantes, tandis qu’on comprime tout leur corps avec des plaques de bois solidement attachées de sorte que la circulation du sang est très rallentie et que l’agonie est prolongée. 

L’agonie dura ainsi trois jours, au terme desquels moururent Lorenzo et Lazarus. Les trois prêtres dominicains, qui respiraient encore, furent décapités.

Ce martyre eut lieu le 29 septembre, fête de saint Michel Archange.

Lorenzo devint ainsi le premier Martyr des Philippines.

Il a été béatifié en 1981 et canonisé en 1987, avec ses cinq Compagnons (y compris le père Antonio).

Leur fête liturgique est célébrée le 28 septembre.

 

 

Lazarus de Kyōto

 † 1637

 

Il naquit à Kyōto, à une date qu’on ignore.

Comme Lazare dans l’évangile, le pauvre Lazarus était lépreux.

Il vivait comme laïc chez les Pères dominicains.

Arrêté avec Lorenzo Ruiz, il fut durement torturé et, un moment, renonça à sa foi sous l’emprise de la douleur extrême. 

Mais encouragé par Lorenzo et les autres Martyrs, il se reprit, confessa courageusement le nom du Christ et mourut en martyr, à Nishizaka, le 29 septembre 1637.

Entré au Paradis en même temps que les Religieux dominicains, Lazarus fut avec eux béatifié en 1981 et canonisé en 1987.

Il est fêté le même jour que saint Lorenzo Ruiz, le 28 septembre.

René Goupil

1608-1642

 

René était né le 15 mai 1608 à Saint-Martin-du-Bois (Maine-et-Loire).

Après quelques études de médecine et de chirurgie, il était entré au noviciat des Jésuites à Chantilly, près de Paris, mais connut l’infortune de devoir le quitter en 1639, à cause de sa surdité. On ne peut que se révolter contre celui ou ceux qui prirent une telle décision, mais il y avait à cette époque des «principes» sur lesquels on ne pouvait passer.

Cependant, René se porta volontaire pour travailler comme donné auprès des missionnaires jésuites du Canada, qu’on appelait alors la Nouvelle-France. C’est ainsi qu’on le trouve en 1640 à la mission de Saint-Joseph-de-Sillery.

En 1642, le père Isaac Jogues dut faire un long voyage de sa mission Sainte-Marie à Québec : il fallait accompagner le père Raymbault, malade de tuberculose, qui avait besoin de soins spéciaux. Mais les Hurons étaient en guerre avec les terribles Iroquois. Des Hurons s’offrirent pour accompagner les missionnaires. Partis le 13 juin, ils arrivèrent à Québec le 17 juillet, épuisés, mais sains et saufs.

Pour le retour, il n’y avait pas encore d’autres missionnaires disponibles pour accompagner le père Jogues. Mais le Supérieur proposa d’envoyer ce jeune homme assez versé en médecine, qui était notre René Goupil.

René n’avait pas traversé l’océan pour se dorloter, et accepta de bon cœur. Avec le père Jogues et un autre donné, Guillaume Couture, il s’occupa du chargement des canots : étoffes, ornements, graines, médicaments, livres, outils, armes, porcelaine et verroteries, vivres et courrier.

On partit le 23 juillet. Le 31, on fêta la Saint-Ignace (le fondateur des Jésuites) à Trois-Rivières. Le bruit courait que les Iroquois, effrayés des préparatifs du gouverneur Montmagny, qui allait bâtir le Fort-Richelieu entre Trois-Rivières et Montréal, avaient déguerpi loin du fleuve. Il fallait en profiter.

Le 1er août, le père Jogues célébra la messe, sachant qu’il ne la dirait plus avant quelques semaines, et donna l’Eucharistie à tous ses compagnons, qui ne se doutaient pas que c’était là leur Viatique. A l’embarcadère, on trouva d’autres Hurons qui rentraient chez eux. Ils étaient quarante hommes en douze pirogues. Une longue palabre s’établit pour fixer la route et les étapes. 

Les Pères encouragèrent les voyageurs, qui jurèrent fidélité et obéissance au chef de la groupe, Eustache, un Huron converti. Celui-ci prononça un discours magnifique d’esprit de foi et de courage : Si je suis pris par nos ennemis, je subirai la mort vaillamment ; ils ne peuvent rien sur l’esprit et, malgré les tortures, grande sera ma joie parce que j’irai au ciel !

La flotille franchit cinquante kilomètres le premier jour. Le lendemain, on aperçut des traces de pas sur la rive ; effectivement, des Iroquois se dressèrent, épaulant leurs mousquets : c’étaient des Iroquois de la tribu Mohawks, la plus féroce des tribus et, de plus, amis des Hollandais, qui les fournissaient en armes et en munitions.

 Les six pirogues de tête furent balayées par la décharge. Certains Hurons tentèrent de fuir à travers bois. D’autres embarcations firent demi-tour, mais des Iroquois leur barrèrent la route.

Certains Hurons moururent vaillamment, pour éviter un pénible esclavage. Guillaume Couture réussit à s’échapper. René Goupil, lui, tomba et fut fait prisonnier. Le père Jogues, qui était resté invisible derrière les joncs, se livra aux Iroquois pour demeurer avec les siens.

Guillaume Couture revint sur ses pas. Mis en joue par un Iroquois, il l’abattit, mais fut aussitôt fait prisonnier par d’autres Iroquois qui, se jetant sur lui, le déshabillèrent, le rouèrent de coups, lui écorchèrent les mains, le ligotèrent et l’emmenèrent au camp.

Le père Jogues fut atrocement torturé, ainsi que René Goupil : leur saisissant les mains, on leur arracha plusieurs ongles à belles dents, puis, les mordant les uns après les autres, leur enlevèrent peu à peu l’extrémité des deux index. Ils les broyèrent et les écrasèrent jusqu’à en faire jaillir des fragments d’os.

Ls Hurons qui avaient pu fuir dès le début de l’attaque, rejoignirent Québec, où ils supposèrent que les prisonniers ne devaient plus être en vie : ainsi se répandit, jusqu’en Europe, le bruit de la mort du père Jogues et de René Goupil.

Mais ceux-ci étaient bel et bien vivants, aux mains des Iroquois. Ceux-ci les emmenèrent sur une île du lac Champlain, où ils exhibèrent leurs «trophées» à la tribu qui s’y trouvait. On fit passer les prisonniers entre deux files d’Iroquois, qui les frappaient tour à tour. On les hissa ensuite sur une sorte d’estrade faite de branches et de claies.

Le chef Eustache eut les deux pouces coupés. Par ses deux plaies béantes, le long des os, on enfonça lentement une baguette pointue qui rentra jusqu’au coude. Eustache ne poussait pas un cri.

Les deux jours suivants, nouvelles rencontes de guerriers, nouvelles occasions de cruautés. Le 10 août, la troupe s’enfonça vers le Sud-Ouest à marches forcées. Jogues et Goupil n’en pouvaient plus ; leurs gardiens, pressés par le désir d’arriver chez eux, les laissèrent traîner à l’arrière. Le Père conseilla à son compagnon de fuir avec Couture. René Goupil refusa. A aucun prix il n’abandonnerait le Religieux.

Il demanda même à s’attacher à lui et à la Compagnie d’une façon plus étroite et sollicita la grâce de prononcer des vœux de dévotion. Jogues le lui accorda, et ensemble ils firent effort pour rejoindre la colonne.

On parvint à Ossernenon. Quatrième défilé entre les deux haies de bourreaux et l’installation sur l’estrade de torture. Jogues eut un pouce coupé. Les Iroquois se divertissaient à prolonger le supplice. Ils bandèrent les plaies et les cautérisèrent avec des tisons. Puis ce fut le tour de Goupil et de Couture.

A la nuit tombante, ils furent répartis entre diverses familles, on leur donna à manger un peu de blé d’Inde cuit à l’eau, puis on les étendit sur des écorces, les bras et les jambes liés à des pieux fichés en terre, comme s’ils eussent été sur une croix de Saint-André.

Alors vinrent les enfants, dont c’était le tour : pour s’amuser, ils jetaient sur les captifs des charbons rouges et des cendres brûlantes.

Les supplices se prolongèrent trois jours à l’échafaud ou dans les cases ; ainsi les captifs «fêtèrent»-ils la fête de l’Assomption de Marie (le dogme n’en était pas encore proclamé, mais la fête existait déjà).

Les tortures se répétèrent le 18 août à la halte suivante (Audagaron) ; à Tionotoguen, les jeunes gens déversèrent encore une fois des coups de bâtons sur les prisonniers, puis leur chatouillèrent les plaies à l’aide d’épines et de bâtons pointus,, puis suspendirent le père Isaac par les bras de façon que ses pieds ne touchassent pas le sol. Un quart d’heure après, le Père était fou de douleur et ne dut son salut qu’à la noblesse d’âme d’un autre Iroquois, qui trancha les cordes : les lois de l’hospitalité autorisaient cette audace. Plus tard, ce même homme mourut, baptisé par le père Jogues lui-même. 

Le 21 août, retour à Audagaron. On annonça aux prisonniers qu’ils seraient torturés et brûlés vifs la nuit suivante. L’exécution fut cependant différée et les Iroquois, divisés entre eux, décidèrent que Jogues, Goupil et Couture deviendraient esclaves de celui qui les avait faits prisonniers, tandis qu’Eustache et deux autres allaient mourir héroïquement sur le bûcher le soir-même.

L’apparente victoire des Iroquois n’était pas glorieuse : les prisonniers n’étaient plus d’aucune utilité pour leurs maîtres, car leurs mains mutilées ne pouvaient plus rien faire, pas même manger ; il fallait les nourrir comme des enfants ! Les Iroquois, dans leurs échanges avec les Hollandais, leur avaient annoncé leur volonté de tuer les Français, et de les manger. Les Hollandais, indignés, obtinrent au moins un sursis, cherchant à temporiser pour libérer enfin les Français. Ils rencontrèrent Jogues et Goupil, et en furent très bouleversés, mais repartirent avec seulement de belles promesses des Iroquois. 

Divisés de plus en plus, certains voulaient tuer les Français sans tarder. Un soir, la discussion arriva aux oreilles de Jogues, qui fit signe aux deux autres de se dissimuler : l’exécution n’eut pas lieu. La détention continuait.

René Goupil ne manquait pas d’audace, mais aussi, nouveau venu, avait le don d’agacer les Peaux-Rouges. Il fut séparé du père Jogues. Il osa enseigner à un petit enfant comment faire le Signe de la Croix : le grand-père le chassa de la case en poussant de hauts cris.

Averti par Jogues, Goupil rétorqua : Je ne crains rien. Dieu me protège. Père, pardonnez-moi ! Il reçut l’absolution de son péché d’imprudence ; ils prièrent le chapelet et regagnèrent le camp. Deux Iroquois les rejoignirent. L’un d’eux fit signe au Père d’entrer dans la case. Il n’avait pas fait dix pas qu’il entendit un cri. Le bras levé, l’autre guerrier achevait sa victime à coups de tomahawk. 

René murmurait : Jésus ! Jésus ! Isaac ne fut pas abattu encore cette fois-là. C’était le 29 septembre 1642, fête de saint Michel Archange.

Le corps de René fut livré aux enfants et subit toutes sortes d’outrages avant d’être jeté dans un torrent. Le père Jogues réussit à le retrouver, non sans peine, et à le recouvrir de pierres, espérant pouvoir l’enterrer. Quand il revint, il ne retrouva rien. Des jeunes gens avaient emporté le corps pour le jeter aux bêtes. Il ne devait en découvrir les ossements épars que bien des mois plus tard, à la fin de l’hiver.

Il retrouva, écrivit-il, quelques ossements à demi rongés, restes des chiens, des loups et des corbeaux, et en particulier une tête brisée en plusieurs endroits.

Isaac Jogues devait être martyrisé quatre ans plus tard, le 18 octobre 1646. 

Guillaume Couture, lui, qui put résister à toutes les tortures, en fut «récompensé» : il fut libéré, devint ensuite un grand ami des Iroquois convertis, et s’installa en colon à Lauzon, où il mourut en 1701. Par ses dix enfants, il est l’ancêtre de tous les Couture qui résident actuellement au Canada. C’est lui qui obtint l’établissement du premier curé de cet endroit.

René Goupil, avec Jean de La Lande et les autres prêtres jésuites martyrs, fut béatifié en 1925 et canonisé en 1930.

Leur fête commune est au 19 octobre.

Pau Bori Puig

1864-1936

 

Pau (Paul) était né à Vilet de Maldá (Tarragona, Espagne) le 12 novembre 1864.

Après sa formation au séminaire de Tarragona, il fut ordonné prêtre en 1888.

Trois ans après, en 1891, il entrait chez les Jésuites et faisait la profession en 1904.

Il fut envoyé successivement à Barcelone, Veruela, Gandía, puis fut procureur du Sanatorium de Fontilles.

Quand la Compagnie de Jésus fut officiellement dissoute par le gouvernement républicain, il resta à Valencia comme aumônier des Petites Sœurs, et directeur spirituel des jésuites dispersés.

Lors de la révolution de 1936, il fut arrêté dans l’hôpital-même, dénoncé par un des résidents, et fusillé non loin de Valencia, à Benimaclet.

Avant de mourir, il pardonna à ses bourreaux.

C’était le 29 septembre 1936. Le père Pau, qui avait soixante-et-onze ans, fut béatifié en 2001.

 

 

José Antonio Rescalvo Ruiz

1880-1936

 

José Antonio Rescalvo Ruiz naquit le 20 mai 1880 à Juviles (Grenade, Espagne).

En 1894, il entra au séminaire ; ordonné prêtre, il fut curé à Castell de Ferra et Calahonda, puis à Pampaneira, et Trevelez.

Le 29 septembre 1936, il fut arrêté et conduit devant le Comité populaire, qui le condamna à mort, pour son délit d’être prêtre. Il fut fusillé à quelques mètres de la ferme où il avait trouvé refuge, à Cádiar.

José Antonio Rescalvo Ruiz devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 29 septembre.

 

 

Darío Hernández Morató

1880-1936

 

Darío était né à Buñol (Valencia, Espagne) le 25 octobre 1880 jour où il fut baptisé. Ses parents étaient Joaquín Hernández et Inocencia Morató, un couple chrétien.

La famille s’étant établie à Valencia, Darío étudia au collège Saint-Joseph, tenu par les Pères jésuites, où il fit partie de la Congrégation mariale.

Excellent élève, il passa son baccalauréat en 1896 (à seize ans).

Le 28 septembre 1896, il entra dans la Compagnie de Jésus, fit le noviciat à Notre-Dame de Veruela (Saragosse), les études de philosophie et théologie, qu’il acheva à Tortosa, et fut ordonné prêtre.

En 1915, il fit la profession solennelle à Veruela.

Les lieux de son activité furent : Veruela (comme professeur de rhétorique), Barcelone, Valencia, Palma de Maiorque (comme supérieur), et finalement de nouveau à Valencia en 1928, toujours comme supérieur.

Quand la Compagnie de Jésus fut officiellement dissoute par le gouvernement républicain en 1932, il resta à Valencia comme supérieur des jésuites dispersés, se dédiant au ministère de la prédication, de la confession et de la direction spirituelle. Il était habillé en paysan et continuait son activité avec la plus grande prudence. Il restait persuadé que la Compagnie pourrait de nouveau se reconstituer.

Lors de la révolution de 1936, il dut passer de cachette en cachette, car il était personnellement recherché. Il restait même plutôt optimiste, affirmant que la révolution finirait vite. ILl eut tout de même un moment de lassitude, à force de se déplacer sans cesse furtivement, et confia à une proche : Si ça continue comme ça, j’irai me présenter moi-même à la police.

Une de ses cachettes fut chez un couple de Boliviens, qui étaient concierges.

Finalement arrêté le 13 septembre, il fut mis en prison. On suppose qu’il fut dénoncé par le coiffeur qui était passé là où il se cachait, car il avait vraiment besoin d’arranger ses cheveux et sa barbe. Six hommes armés vinrent le prendre et le conduire au siège du gouvernement civil.

Il retrouva des confrères prêtres, arrêtés comme lui, leur redonna courage. Lui-même attendait l’heure de sa mort tranquillement, se confessant plusieurs fois.

Sans aucun jugement, il fut simplement condamné comme supérieur des Jésuites et fut fusillé à Picadero de Paterna, non loin de Valencia.

C’était au soir du 29 septembre 1936, lendemain du quarantième anniversaire de sa profession.

Le père Darío fut béatifié en 2001.

 

 

Vicente Sales Genovés

1881-1936

 

Il était né le 15 octobre 1881 à Valencia.

En 1915, à trente-quatre ans, il entra chez les Jésuites et fit la profession comme Frère coadjuteur. Il émit les vœux définitifs en 1926.

il fut portier du noviciat de Gandía, puis envoyé à la maison de Valencia.

C’est dans cette ville qu’il fut arrêté et assassiné pour sa foi.

Au moment suprême, il criait encore : Vive le Christ Roi !

C’était le 29 septembre 1936. Vicente fut béatifié en 2001.

 

 

 

Antonio Martínez López

1891-1936

 

Né le 8 avril 1891 à Almería, il fut baptisé deux jours plus tard. Son père était professeur.

En 1914, il fut ordonné prêtre. Très cultivé et intelligent, il passa en 1922 la licence de théologie à Grenade. Il fut quelques années professeur au Grand séminaire.

Les paroisses où il exerça son apostolat furent Gérgal, Almería, Lucainena de las Torres, Garrucha, Gádor. En 1928, il fut nommé curé à Serón. Il devait aussi faire la classe aux enfants, puisque l’une d’elle, plus tard, affirma que les heures de classe avec don Antonio étaient très agréables.

En outre, il prit à sa charge trois sœurs et un cousin.

Lors de la révolution de l’été 1936, sa première réaction fut de mettre en sûreté le Saint-Sacrement. Les miliciens l’expulsèrent de son presbytère et l’empêchèrent aussi de regagner Almería. Il trouva une pension à Tíjola, avec ses parents et ses sœurs.

Le 28 septembre, les miliciens vinrent l’arrêter pour l’emmener à Serón. Ils le firent passer par les rues pour bien le montrer et avertir la population. Arrivés au Polvorín , ils l’obligèrent à creuser sa tombe ; et comme les miliciens de Serón refusaient de le fusiller, ils appelèrent en renfort ceux de Caniles. Au moment où le Prêtre leva la main pour bénir les bourreaux, on le frappa jusqu’à lui casser le bras.

Martyrisé le 29 septembre 1936 et béatifié en 2017, Antonio Martínez López sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 29 septembre.

 

 

José Villanova Tormo

1902-1936

 

José vit le jour le 20 janvier 1902 à Turis (Valencia, Espagne).

Il entra chez les Salésiens à Valencia en 1909, passa à El Campello, fit le noviciat à Carabanchel Alto, et professa en 1920.

Il reçut le sacerdoce en 1929.

Les lieux de son apostolat furent Salamanque, puis le Paseo de Extremadura (Madrid) à partir de 1933.

Professeur apprécié des élèves, bon conseiller, il était très marial.

Le 19 juillet 1936, il fallut évacuer la maison. Don José alla se cacher, trouvant finalement un havre dans une famille de Madrid à partir des premiers jours d’août.

Au matin du 29 septembre, deux miliciens armés vinrent l’arrêter. On retrouva son cadavre le lendemain aux environs de Madrid.

Don José fut béatifié en 2007.

 

 

Abundio Martín Rodríguez

1908-1936

 

Né le 14 avril 1908 à Villaescusa de Ecla (Burgos), il entra chez les Missionnaires du Sacré-Cœur.

Il étudia au séminaire de Canet de Mar, à Château-Gombert (Bouches-du-Rhône), Barcelone et Logroño.

Il fit la profession en 1925 et fut ordonné prêtre en 1931.

Il aurait toujours désiré partir en pays de missions, mais il appartenait à la communauté du séminaire de Canet de Mar (Barcelone).

C’était un bon organiste. Il s’occupait du chant des petits séminaristes.

La communauté de Canet de Mar était formée de huit prêtres, quatre convers et six novices ; dix jeunes postulants étaient arrivés depuis quelques jours. Ces Religieux s’occupaient d’un collège qui comptait une soixantaine d’élèves. Le Supérieur, Vicente Casas, avait quatre-vingt-cinq ans.

Dès les élections de février 1936, le climat était déjà lourd, mais au mois de juillet, ce fut la véritable guerre civile. Le 20 juillet, les parents vinrent chercher leurs enfants. Le 21, l’église centrale de la ville partait en fumée. Tous les Religieux durent se changer et mettre des habits civils, les pauvres enfants en pleuraient. Des miliciens ne tardèrent pas à arriver pour déloger toute la communauté. Les Religieux durent aller au Comité pour être enregistrés, tandis que leur maison était entièrement saccagée. On leur déclara que les enfants étaient désormais sous la responsabilité du Comité. C’est à cause de la présence des enfants que l’on ne fusilla pas tout de suite les Religieux.

Le 3 août, un parent d’un membre du Comité, vint les avertir qu’il était de leur intérêt de fuir au plus vite. C’est à ce moment que la communauté se scinda en deux, et que se constitua le groupe des sept Religieux, quatre prêtres et trois frères convers, dont Abundio était le plus âgé.

De cachette en cachette, ils marchèrent beaucoup, évitant les routes, plusieurs fois reçus fraternellement et plusieurs jours par des habitants, et arrivèrent enfin devant Begudá, d’où ils pouvaient rejoindre et passer la frontière en une journée. C’était le 28 septembre.

Dans la matinée, ils frappèrent à une maison où ils furent d’abord bien reçus. Ils demandèrent à prendre quelque chose de chaud et à pouvoir faire sécher leurs habits, car il pleuvait beaucoup et repartirent vers midi.

Il semble qu’ils aient demandé leur chemin justement à quelqu’un qui appartenait au Comité. Et c’est au début de l’après-midi qu’ils furent arrêtés. On les fit marcher jusqu’à S.Juan de les Fonts, où ils arrivèrent vers vingt-deux heures.

Au matin du 29 septembre, le Comité de l’endroit informa celui de Canet de Mar sur leur «prise». On ordonna à des gens de l’endroit de leur préparer le petit-déjeuner, puis le déjeuner ; des membres du Comité qui les surveillaient, se moquaient d’eux : Mangez ! Ça ne vous servira à rien !

Vers seize heures, on fit sortir les Religieux, liés deux à deux, le dernier ayant les mains liées derrière le dos ; on réquisitionna un autobus, dont le chauffeur refusait de le conduire ; contraint de partir, il revint le soir et ne pouvait plus dormir après ce qu’il avait vu dans l’après-midi.

On partit jusqu’à un pont, le Pont de Ser, où l’on ordonna aux Religieux de se mettre de dos, mais l’un d’eux prit fortement la parole : Les peureux reçoivent les balles dans le dos ; mais nous ne sommes ni peureux ni criminels. Vous nous tuez parce que nous sommes Religieux. Vive… les balles tombèrent et l’on n’entendit pas la fin : …le Christ Roi !

A ces sept Martyrs, il faudrait honnêtement en ajouter un huitième, qui disparut totalement à un moment de leur fuite de Canet de Mar. Personne ne sut à quel moment, ni pourquoi ni comment.

C’était le frère Román Heras de Arriba, né le 24 août 1914 à Velilla de Tarilonte, profès en 1931. Peut-être sera-t-il aussi nommé au Martyrologe, quoiqu’on n’ait jamais retrouvé son corps.

Martyrisé le 29 septembre 1936 à Pont de Ser (Serinyà, Girona) et béatifié en 2017, Abundio Martín Rodríguez sera mentionné dans le Martyrologe Romain avec ses Compagnons au 29 septembre.

 

 

Antonio Arribas Hortigüela

1908-1936

 

Né le 29 avril 1908 à Cardeñadijo (Burgos), il entra chez les Missionnaires du Sacré-Cœur.

Il étudia au séminaire de Canet de Mar, à Château-Gombert (Bouches-du-Rhône), Barcelone et Logroño.

Il fit la profession en 1928 et fut ordonné prêtre en 1935.

Il appartenait à la communauté du séminaire de Canet de Mar (Barcelone), appelé La Pequeña Obra. C’était l’économe.

La fuite du groupe des Sept Martyrs de Canet de Mar est une véritable odyssée, résumée dans la notice du plus âgé d’entre eux, Abundio Martín Rodríguez.

C’est le père Antonio qui prit la parole au moment d’être fusillé : Les peureux reçoivent les balles dans le dos ; mais nous ne sommes ni peureux ni criminels. Vous nous tuez parce que nous sommes Religieux. Vive… les balles tombèrent et l’on n’entendit pas la fin : …le Christ Roi !

Martyrisé le 29 septembre 1936 à Pont de Ser (Serinyà, Girona) et béatifié en 2017, Antonio Arribas Hortigüela sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 29 septembre.

 

 

José Vergara Echevarria

1908-1936

 

Né le 18 juin 1908 à Almándoz (Navarra), c’était un excellent joueur de pelote.

Admirateur de s.François Xavier (v. 3 décembre), il fit sa première profession en 1957 chez les Missionnaires du Sacré-Cœur.

Il fut ordonné prêtre en 1934, il était professeur au séminaire de Canet de Mar.

La fuite du groupe des Sept Martyrs de Canet de Mar est une véritable odyssée, résumée dans la notice du plus âgé d’entre eux, Abundio Martín Rodríguez.

Martyrisé le 29 septembre 1936 à Pont de Ser (Serinyá, Girona) et béatifié en 2017, José Vergara Echevarria sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 29 septembre

 

 

Santiago Mestre Iborra

1909-1936

 

Il vit le jour le 10 avril 1909 à Rafelbuñol (Valencia), septième des neuf enfants de Onofre et Mercedes, qui le firent baptiser le 12 avril.

Entré dans l’Ordre des Capucins, reçut l’habit à Ollería en 1924, professa en 1925, avec le nom de Santiago de Rafelbuñol.

Il fut envoyé à Rome, où il fut reçu au doctorat en théologie à l’Université Grégorienne. C’est là qu’il fit la profession solennelle en 1930 et qu’il fut ordonné prêtre en 1932

Il fut vice-recteur du Séminaire Séraphique de Massamagrell.

Il dissimulait habilement ses dons intellectuels par une humilité constante.

L’été 1936, avant d’abandonner le couvent, il se soucia d’abord de mettre en sûreté tous les élèves, puis il se réfugia chez ses parents à Rafelbuñol.

Là, le Comité le fit travailler à évacuer les ordures.

Il apprit que son père et ses huit frères avaient été arrêtés : il se présenta spontanément au Comité pour en obtenir la libération, mais s’il fut arrêté, les siens ne furent pas libérés.

Dans la nuit du 28 au 29 septembre 1936, ils furent fusillés tous les dix à Gilet (Valencia).

Une autre version dit que le père Santiago s’était offert en échange des séminaristes de Massamagrell et qu’il fut fusillé au cimetière de cette localité.

De ces dix Martyrs, seul le père Santiago fut béatifié, en 2001.

 

 

Josep Oriol Isern Massó

1909-1936

 

Né le 16 juin 1909 à Vilanova i la Geltrú (Barcelone), il fit la profession en 1927 chez les Missionnaires du Sacré-Cœur.

Ordonné prêtre en 1933, il fut d’abord envoyé à Barcelone, puis à Canet de Mar pour enseigner.

En toute humilité, il se disait peu de chose. Il n’avait pas une bonne santé, mais savait souffrir sans se plaindre.

La fuite du groupe des Sept Martyrs de Canet de Mar est une véritable odyssée, résumée dans la notice du plus âgé d’entre eux, Abundio Martín Rodríguez.

Martyrisé le 29 septembre 1936 à Pont de Ser et béatifié en 2017, Josep Oriol Isern Massó sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 29 septembre.

 

 

Virgilio Edreira Mosquera

1909-1936

 

Il vit le jour le 27 novembre 1909 à La Coruña (Espagne), dans une grande famille très chrétienne. On verra quelle bonne influence il aura sur son jeune frère, Francisco, qui l’accompagnera dans le martyre.

Il fut aspirant salésien à La Coruña, Astudillo et Madrid, puis professa en 1931 à Mohernando, avant de gagner Carabanchel Alto en 1933.

Le 20 juillet 1936, lors de l’assaut de la maison, il se dissimula dans le groupe des jeunes aspirants et les accompagna ainsi au collège Santa Bárbara. Mais pour plus de sûreté, il rejoignit les frères Cobo Sanz, qu’il dut quitter à cause du comportement du voisin. Il serait alors allé là où était son propre frère, Francisco, lui aussi salésien.

Virgilio s’exposa beaucoup, visitant les uns et les autres dans les pensions où ils se trouvaient, recueillant les nouvelles qui circulaient, jusqu’au moment où il fit suspecté, suivi et arrêté chez lui, en même temps que Francisco.

Un témoin aurait raconté que les deux frères auraient été conduits à la tchéka de Marqués de Riscal, et assassinés le 29 septembre 1936.

Ils ont été tous les deux béatifiés en 2007.

 

 

Gumersindo Gómez Rodrigo

1911-1936

 

Né le 15 octobre 1911 à Benuza (León), il entra chez les Missionnaires du Sacré-Cœur comme convers.

Il fit la profession en 1929, comme frère convers car il n’avait pas pu faire de bonnes études.

Ce jeune Frère, humble et serviable, appartenait à la communauté de Canet de Mar. Il s’occupait du jardin et des vaches.

La fuite du groupe des Sept Martyrs de Canet de Mar est une véritable odyssée, résumée dans la notice du plus âgé d’entre eux, Abundio Martín Rodríguez.

Martyrisé le 29 septembre 1936 et béatifié en 2017, Gumersindo Gómez Rodrigo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 29 septembre.

 

 

Francesc de Paula Castelló Aleu

1914-1936

 

Francesc (François) était né à Alicante (Espagne) le 19 avril 1914.

Ses parents venaient de Lleida (nom catalan de Lérida) et s’étaient établis à Alicante pour raisons professionnelles, en 1913, mais le papa mourut très peu de temps après, d’une congestion pulmonaire.

La maman alors, Teresa, retourna à Lleida avec ses trois fils, qui étaient tous en bas âge : Francesc venait de naître.

Teresa se mit au travail, prépara le Magistère et enseigna dans diverses écoles.

Francesc étudia à l’école de Juneda, puis au collège des Frères maristes de Lleida. Il avait un foi solide, était dévot de l’Eucharistie et de la Sainte Vierge, et toujours porté à aider son prochain. Il dut aussi combattre son vilain défaut de se croire supérieur aux autres.

En 1929, la maman Teresa mourut à son tour ; Francesc avait quinze ans ! Il dit à ses frères : Maman nous a laissés, mais Marie, notre maman céleste, sera toujours avec nous.

Il pensa chercher un travail, mais leur tante maternelle les accueillit tous les trois chez elle.

Après le baccalauréat, il put continuer ses études universitaires en physique et chimie, grâce à une bourse d’étude que lui procura un père jésuite.

Il alla à Barcelone, où il traversa une crise spirituelle. Celui qui l’aida à en sortir fut un jeune jésuite, qui lui proposa les Exercices spirituels. Francesc fut revigoré, reprit la vie chrétienne assidue, s’inscrivit à la Congrégation mariale, et se donna aux activités apostoliques et charitables.

En 1932 cependant, la république ferma tous les centres tenus par les Jésuites. Francesc fut à Oviedo pour poursuivre ses études, et obtint la licence en chimie, en 1934. Il n’avait que vingt ans.

Revenu à Lleida, il fut ingénieur chimique dans la Maison CROS.

Il se fiança en 1936 avec Mariona Pelegrí, une pieuse jeune fille très chrétienne.

Francesc se donna totalement aux activités chrétiennes ; il enseignait de nuit à des ouvriers qui ne pouvaient étudier de jour à cause de leur travail ; il aidait avec son salaire des compagnons moins fortunés, etc.

Le 1er juillet 1936, il rejoignit l’armée comme soldat remplaçant.

Le régime révolutionnaire qui s’établit à Lleida fut immédiatement intransigeant avec tout ce qui était religieux. Francesc fut une des victimes.

Arrêté le 21 juillet et mis en prison à Seu Vella, jusqu’au 12 septembre, il fut transféré à la prison civile. Ses proches firent tout ce qui leur était possible pour obtenir sa libération, mais en vain. Un parent, qui adhérait au parti révolutionnaire, lui proposa la liberté s’il signait une déclaration d’apostasie. On imagine le refus catégorique de Francesc.

Le 29 septembre, il fut présenté au tribunal populaire, à La Paeria. On l’accusa de fascisme, ce qu’il nia catégoriquement, n’ayant jamais adhéré à un quelconque parti. Accusé de catholicisme, cette fois il répondit : Oui, je suis catholique. Le juge l’invita à se reprendre, car cette affirmation entraînait automatiquement la condamnation à mort ; mais Francesc préférait mille morts à la trahison.

Il fut condamné à mort avec six autres compagnons, et fut retenu à La Paeria jusqu’à l’heure de son exécution.

Là, il put écrire trois lettres, une à sa famille, l’autre à sa fiancée Mariona, la troisième au père jésuite qui l’avait tant aidé. Il y exprimait toute sa joie : Je suis tranquille, content, très content, je m’attends à entrer dans la gloire, dans peu de temps.

Il fut conduit avec les six autres au cimetière de Lleida, où on les fusilla, tandis qu’ils avaient entonné le Credo.

Francesc avait vingt-deux ans. C’était le 29 septembre 1936 et il fut béatifié en 2001.

 

 

Francisco Edreira Mosquera

1914-1936

 

Il vit le jour le 25 novembre 1914 à La Coruña (Espagne), dans une grande famille très chrétienne. On verra quelle bonne influence il reçut de son aîné, Virgilio, qui l’accompagnera dans le martyre.

Il fut aspirant salésien à Madrid, puis fit le noviciat et professa en 1932 à Mohernando et, en 1934 fut envoyé au Paseo de Extremadura, où il commença son activité didactique avec grande compétence et des résultats très prometteurs.

Il avait le goût du travail, de l’étude, et nourrissait une dévotion toute particulière envers saint Joseph, auquel il ressemblait par son innocence.

Le 20 juillet 1936, lors de l’assaut de la maison, il passa en diverses pensions, avec les Confrères, et se retrouva finalement avec son propre frère Virgilio, avec lequel il fut arrêté le 29 septembre.

Un témoin aurait raconté que les deux frères auraient été conduits à la tchéka de Marqués de Riscal, et assassinés le 29 septembre 1936.

Ils ont été tous les deux béatifiés en 2007.

 

 

Jesús Moreno Ruiz

1915-1936

 

Il naquit le 13 janvier 1915 à Osorno (Palencia), mais la famille déménagea à Santander.

Ce jeune Jésus entra chez les Missionnaires du Sacré-Cœur à douze ans.

Il fit sa profession comme frère convers en 1934 et vivait à Canet de Mar, où il était cuisinier. Joyeux et taquin, il faisait la joie des élèves, qui venaient volontiers l’entourer près de ses fourneaux.

La fuite du groupe des Sept Martyrs de Canet de Mar est une véritable odyssée, résumée dans la notice du plus âgé d’entre eux, Abundio Martín Rodríguez.

Martyrisé à vingt-et-un ans le 29 septembre 1936 à Pont de Ser et béatifié en 2017, Jesús Moreno Ruiz sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 29 septembre.

 

 

José del Amo y del Amo

1916-1936

 

Né le 12 juin 1916 à Pumarejo de Tera (Zamora), il entra tout jeune encore chez les Missionnaires du Sacré-Cœur.

En 1934, il fit la profession comme frère convers. Il s’occupait du jardin et de la ferme.

Il était le plus jeune membre de la communauté de Canet de Mar : il avait vingt ans en 1936.

La fuite du groupe des Sept Martyrs de Canet de Mar est une véritable odyssée, résumée dans la notice du plus âgé d’entre eux, Abundio Martín Rodríguez.

Martyrisé le 29 septembre 1936 et béatifié en 2017, José del Amo y del Amo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 29 septembre.

Luigi Monza

1898-1954

 

Il vint au monde le 22 juin 1898 à Cislago (Varese; Lombardie, Italie Nord), dans une pauvre famille de paysans travailleurs et courageux.

Si l’on avait demandé aux parents pourquoi ils firent donner au Baptême le nom de Luigi à leur enfant, ils auraient probablement répondu que saint Luigi Gonzaga (qu’on fête le 21 juin) leur était plus connu que saint Paolino de Nola (fêté le 22 juin).

Luigi grandit en apprenant comment survivre chaque jour au prix du patient labeur de la culture des champs, et cherchant à ronger sur son sommeil pour récupérer quelques heures d’étude.

A dix-huit ans, Luigi entra au séminaire et fut ordonné prêtre en 1925.

Son premier apostolat fut l’Oratoire des jeunes garçons d’un petit pays proche de Varese, Vedano Olona.

Ce ne fut pas une période particulièrement heureuse pour le jeune prêtre ; il en vint même à être mis en prison avec son curé, tous deux accusés par les autorités fascistes d’avoir comploté contre la vie du maire : ce n’est qu’au bout de quatre mois que les deux prêtres furent blanchis.

En 1929, don Luigi fut transféré au sanctuaire marial de Saronno. Il s’interrogea sur les moyens à prendre pour orienter ce monde vers Dieu. Rappelons en effet que la fête du Christ Roi venait d’être instituée (1925) : comment faire régner le Christ sur une société si déchristianisée ?

Il s’adressa à ses ouailles : Chrétiens, chacun de vous doit devenir un artiste d’âmes et nous devons peindre la beauté de Jésus non pas sur la toile, mais dans les âmes. Et que le pinceau de l’apostolat ne nous tombe jamais des mains.

En 1936, il fut envoyé à Lecco comme curé, où il fut sur tous les fronts, y compris pour soulager les familles qui avaient des militaires sous les drapeaux. Sans distinction aucune, il protégea autant des partigiani que des fascisti menacés de violences. Son zèle fit dire plus tard au cardinal de Milan  (Alfredo Schuster, voir au 30 août) qu’il avait véritablement imité le Pasteur Bonus de l’évangile. 

C’est en 1937 qu’il donna enfin le coup d’envoi à une nouvelle famille religieuse : les Piccole Apostole della Carità (Petites Sœurs Apôtres de la Charité), qui devaient apporter dans la société le témoignage d’une vie toute consacrée à Jésus dans l’esprit de la première communauté chrétienne.

L’œuvre commença par une association, La Nostra Famiglia, qui se diversifia en de nombreuses branches pour l’assistance socio-sanitaire, l’instruction et la formation selon les meilleures techniques pédagogiques et comportant des occupations culturelles diverses : chorale, théâtre, études.

Le travail était énorme, et le bon curé de Lecco chercha vraiment à rehausser le niveau spirituel de sa paroisse, en payant aussi de sa personne. Ereinté, il fut frappé d’un grave infarctus le 29 septembre 1954, dont il mourut le jour-même.

Don Luigi fut béatifié en 2006.

L’œuvre de don Luigi Monza perdure. Elle est présente en Italie, au Soudan, au Brésil et en Equateur, mais aussi en Chine, au Maroc et en Palestine.

 

 

Nicolás Tum Castro Quiatan

1945-1980

 

Nicolás Tum Castro naquit en 1945 à Cholá (Uspantán, Guatemala).

Catéchiste, il reçut la mission d’être acolyte, c’est-à-dire chargé de porter l’Eucharistie là où le prêtre ne pouvait arriver, ou de la donner à la messe en compagnie du prêtre.

Il fut assassiné pour sa foi près de Chicamán (Quiché), le 29 septembre 1980.

Nicolás Tum Castro devrait être béatifié en 2021, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, assassinés presque tous la même année, et il sera inscrit au Martyrologe le 29 septembre.

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27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 23:00

28 SEPTEMBRE

 

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Ste Dode, vierge près de Auch. 

IV.

SS Alphæus, Alexander et Zosimus, martyrs en Pisidie.

S Chariton, persécuté en Asie Mineure, fondateur en Terre Sainte de plusieurs laures.

S Zamas, premier évêque à Bologne.

V.

S Exuperius, évêque à Toulouse, d’une immense générosité, très estimé de s. Jérôme, organisateur de la résistance de sa ville aux Vandales.

Ste Eustochium, fille de ste Paula et disciple de s.Jérôme qu'elle suivit en Palestine ; là elle succéda à Paula dans le gouvernement du monastère de femmes.

S Silvin, évêque à Brescia.

S Alode, évêque à Auxerre.

S Salonius, évêque à Genève, fils de s. Eucher et frère de s.Veranus.

S Faustus de Riez, d'origine anglaise, abbé à Lérins, puis évêque à Riez, auteur de nombreux traités, dont un contre les Ariens, où il montre que le Saint-Esprit est Dieu, consubstantiel au Père et au Fils.

VII.

SS Willigod et Martin, moines dans les Vosges, peut-être fondateurs de Romont.

S Annemond, évêque à Lyon, plus tard exilé et mis à mort à Mâcon, honoré comme martyr.

VIII.

SS Chunialdus et Gisilarius, prêtres à Salzburg.

Ste Lioba, abbesse à Tauberbischofsheim, un des bras droits de s.Boniface pour la christianisation de la Germanie.

X.

S Wenceslas, élevé par sa grand-mère, ste Ludmila (cf. 16 septembre), assassiné traîtreusement par son frère Boleslas ; patron de la République Tchèque.

XI.

S Salomon, roi en Hongrie, mort dans la solitude et la pénitence.

XII.

S Thiemo, noble autrichien, sculpteur de plusieurs statues de la Sainte Vierge encore vénérées aujourd'hui, évêque à Salzburg, parti en croisade où, pris par des Musulmans, il fut supplicié, à Ascalon.

XV.

B Martino Tomitano (Bernardino de Feltre), franciscain italien, excellent prédicateur ; contre les usuriers, il multiplia les monts-de-piété, avec modique intérêt ; invoqué pour la hernie.

XVII.

S Simón de Rojas (Roxas), trinitaire espagnol, très dévôt au mystère de l'Incarnation ; canonisé en 1988.

XIX.

Bx Oh Margarita et Pak Gyeong-jin Franciscus, laïcs coréens martyrs, béatifiés en 2014.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1992 :

Hospitaliers : près de Barcelone, le profès Francesc Xavier Ponsa Casallach (1916) ;

- béatifiés en 2001 :

Jésuites : à Barcelone, le profès Josep Tarrats Comaposada (*1878) ;

Laïques : près d’Alicante, Amalia Abad Casasempere de Maestre (*1897), de l'Action Catholique ;

- béatifiés en 2007, martyrisés près de Barcelone :

Carmes Déchaux : le profès, Josep Casas Juliá (Joaquím de Saint Joseph, *1915), cousin du suivant ;

Séminaristes : Josep Casas Ros (*1916).

 

B Mykyta Budka (1877-1949), évêque à Lviv, mort au goulag en Kazakhstan, martyr béatifié en 2001.

 

Zamas de Bologne

4. siècle

 

Nous avons rencontré il y a deux jours le cinquième évêque de Bologne, Eusebius (v. 26 septembre).

Zamas fut le premier évêque de cette même ville.

Sur le personnage de Zamas, on a fait des suppositions qu’on pourrait juger assez gratuites.

Son nom ayant une assonance grecque, on a prétendu qu’il était Grec d’origine. Et comme il n’est pas mentionné comme martyr, on l’a fait mourir avant la persécution de Dioclétien (donc au troisième siècle).

A ces suppositions s’ajoute une erreur : Zamas aurait été ordonné évêque en 272 par le pape s.Denys, qui était mort en 268.

On avance aujourd’hui qu’il mourut dans les premières années du quatrième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Zamas de Bologne au 28 septembre.

 

 

Alphæios, Alexandros et Zosimos de Kalydon

4. siècle

 

Alphæios (ou Alphæos), Alexandros et Zosimos étaient trois frères, chrétiens.

Ils furent martyrisés à Kalydon (Pisidie, act. Turquie SW).

Alexandros était le chef d’un groupe de soldats, qui furent aussi martyrisés, mais à des jours différents.

L’époque de leur martyre se situe au quatrième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Alphæios, Alexandros et Zosimos de Kalydon au 28 septembre.

 

 

Chariton d’Iconium

† 350

 

Chariton naquit au troisième siècle à Iconium (Lycaonie, auj. Konya, Turquie CS), cette ville visitée par s.Paul (Ac 14:1-6).

Durant la persécution de l’empereur Aurélien (vers 270), Chariton eut à souffrir pour sa foi. Il se retira en Palestine.

C’est donc le premier ermite que l’histoire puisse mentionner dans cette région de Palestine, et qui venait d’Asie Mineure.

Chariton aimait la solitude, la prière, le jeûne. Mais sa sainteté lui attira des disciples et il changea de lieu trois fois pour ne pas être «supérieur» et retrouver la solitude.

Les laures (monastères) qu’il fonda ainsi malgré lui se trouvaient d’abord près de Jéricho - la laure de Pharan -, puis un peu plus au nord-ouest de là (sur le mont où Notre-Seigneur aurait jeûné quarante jours et quarante nuits et fut tenté par le Démon, cf. Mt 4:1-11, le Djebel Quarantal) - ce fut la laure de Douka -, enfin au sud-est de Bethléem, où se forma la laure de Souka, en grec Vieille Laure.

A Pharan, les ermites ne se réunissaient que le samedi et le dimanche ; Chariton y bâtit une église qui aurait été dédicacée par le patriarche de Jérusalem, Makarios (v. 10 mars).

Chariton jeûnait jusqu’au soir, et prenait alors un peu de pain et de sel, avec de l’eau. Il occupait son temps avec la psalmodie, la prière, les veilles durant la nuit, le travail manuel pour obtenir quelques subsides, et l’hospitalité.

Il mourut vers 350.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Chariton d’Iconium au 28 septembre.

 

 

Exuperius de Toulouse

5. siècle

 

Exuperius (en français Exupère ou Supèri, Soupire) naquit à la fin du quatrième siècle à Arreau (Hautes-Pyrénées).

Il fut appelé à être le cinquième évêque de Toulouse, en 400.

Il acheva la basilique dédiée au Fondateur du diocèse, s.Saturninus (Sernin, v. 29 novembre). Il n’osait pas déplacer les précieuses reliques de s.Saturninus, mais il y fut mystérieusement encouragé par un songe.

Déjà en 394, s.Jérôme (v. 30 septembre) parlait d’Exuperius comme un saint, d’âge mûr et de foi éprouvée.

C’est ainsi qu’il obligea le prêtre hérétique Vigilantius à s’enfuir, lui et sa doctrine pernicieuse :  il rejetait le culte des Reliques et le célibat des prêtres.

On a écrit qu’à un moment donné, Exuperius aurait trouvé ses ouailles trop revêches, et qu’il aurait quitté Toulouse. Il aurait planté son bâton en proclamant : Je retournerai à Toulouse si je vois mon bâton reverdir et fleurir… et il fut contraint de revenir à Toulouse.

En 405, il correspondit avec le pape Innocent Ier et vers la même époque il est connu pour être un des meilleurs évêques.

En 406, le même s.Jérôme lui envoya son Commentaire sur Malachie, et profitait de l’envoi pour le remercier de sa générosité envers les moines de Libye, victimes d’une famine. Peu après, Toulouse était menacée par les Vandales, mais Exuperius sut s’interposer pour éloigner le danger.

En 411, nouvelle attaque de Toulouse par les Goths. Exuperius distribua tout ce qu’il put trouver pour secourir la population affamée, vendant même les patènes et les calices.

On n’a pas de dates sûres concernant la fin de l’épiscopat d’Exuperius, qui mourut donc après 411, peut-être le 28 septembre 415 à Blagnac.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Exuperius de Toulouse au 28 septembre.

 

 

Eustochium à Bethléem

367-419

 

On a vu (v. 26 janvier) à quelle famille appartenait Eustochium : son père, Toxotius, mourut encore jeune, laissant son épouse Paula avec, déjà, cinq enfants, dont la troisième était Eustochium.

Cette forme neutre en -um est rare ; s.Jérôme d’ailleurs écrivit souvent Eustochia.

D’après ce dernier, les oncle et tante d’Eustochium, Hymetius et Prætextata, tentèrent d’arracher la jeune fille à la piété de sa mère Paula pour la «mondaniser», mais leur tentative fut vite abrégée par la mort.

Eustochium suivit amoureusement sa mère à l’écoute de s.Jérôme et, quand ce dernier partit pour la Palestine, elles l’y suivirent.

Déjà à Rome, Eustochium dévorait l’enseignement de Jérôme, mordait à l’ascèse avec un appétit admirable. Une fois à Bethléem, elle continua de se sanctifier et d’approfondir l’Ecriture avec une soif jamais apaisée. Jérôme écrivit d’elle : Tu entendrais tous les trésors de l’Ancien et du Nouveau Testaments sortir brûlants de son cœur. Les jeûnes sont un jeu pour elle ; l’oraison, voilà ses délices…

Eustochium fut, comme sa mère, une hébraïsante zélée, et Jérôme lui dédia maintes préfaces de ses commentaires.

Sainte Paula mourut en 406. En 416, les monastères de Bethléem furent pillés. Eustochium et les autres moniales eurent juste le temps de se réfugier dans une tour.

S.Jérôme aimait vraiment Eustochium comme sa fille, comme sa sœur. Quand elle mourut, le 28 septembre 418 ou 419, ce lui fut une douloureuse épreuve.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Eustochium à Bethléem au 28 septembre.

 

 

Salonius de Genève

400- 461

 

On rencontrera le 16 novembre saint Eucher qui, sénateur, se retira à Lérins avec son épouse Galla et ses deux fils, Salonius et Veranus (v. 11 novembre). C’était vers 410.

Salonius devait être encore assez jeune, une dizaine d’années, et grandit sous la tutelle des moines de Lérins, en particulier Hilarius et Salvianus.

Vers 435, Eucher fut élu évêque de Lyon, et écrivit deux opuscules pour ses fils. Celui adressé à Salonius s’intitule Instructiones, et répond aux questions de Salonius sur des passages de l’Ecriture.

Salonius, en retour, ne resta pas inactif. Dès 440 - il n’était pas encore évêque - il publiait un livre A l’Eglise, qui était un réquisitoire contre l’avarice ; le même Salvianus, devenu prêtre et retiré à Marseille, lui écrivit à cette occasion en des termes élogieux et presque affectueux.

Peu après, vers 441, ce fut au tour de Salonius d’être élu pour le siège de Genève ; il en était le deuxième évêque. Et l’on verra que Veranus, son frère, serait évêque de Vence. Une sainte famille, qui rappelle celle des ss.Basile et Emmelie (v. 30 mai) et leurs trois fils évêques.

En 441-442, Salonius participa aux conciles d’Orange et de Vaison ; puis aussi, mais après 450, à un concile en Arles.

Dans une lettre commune de Salonius et Veranus adressée en 450 au pape Léon le Grand (v. 10 novembre), Salonius signe en ces termes : Salonius, qui te vénère ; je salue ton apostolat dans le Seigneur, en demandant les secours de tes prières.

On a de lui une Expositio Mystica, dialogue entre son frère et lui, où Veranus pose des questions sur le livre des Proverbes et du Qohélet et Salonius lui répond.

Il n’y a pas de dates plus précises pour la fin de la vie de Salonius. On sait qu’il reçut encore un ouvrage du même Salvianus, qui lui dédiait son De Gubernatione Dei.

Salonius mourut vers 461.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Salonius de Genève au 28 septembre.

 

 

Faustus de Riez

400-493

 

On remarquera que toutes les dates de cette notice sont un peu floues. Nos connaissances nous obligent actuellement à situer tous ces événements vers telle ou telle date.

Faustus serait né vers 400 en Grande-Bretagne, du roi Vortigern, qui avait commis un grave inceste avec sa propre fille.

Il fut confié à s.Germain d’Auxerre (v. ), qui le baptisa lors de son voyage dans ce pays et le ramena avec lui en Gaule.

Vers 429, Faustus entra à l’abbaye de Lérins, dont il devint abbé vers 439.

Vers 466, comme participant à un concile de Rome, il signa en tant qu’évêque de Riez (Alpes-de-Haute-Provence) ; c’est en effet vers cette date qu’il devint le deuxième évêque de ce petit diocèse provençal.

Faustus fut très actif, très courageux, il fut une des «têtes» de l’épiscopat de Gaule.

Même si l’arianisme avait été condamné solennellement depuis un siècle, il écrivit contre cette doctrine un ouvrage Sur le Saint-Esprit, démontrant qu’Il était Dieu, consubstantiel au Père et au Fils, et coéternel ; puis un autre où il démontre que le Saint-Esprit n’est pas qu’un simple intermédiaire entre la créature et Dieu ; un autre traité aurait été perdu.

Ce travail persévérant de Faustus lui valut l’exil, à cause du roi wisigoth Euric, qui favorisait l’arianisme. Cet exil durant près de huit années, et ne s’acheva qu’à la mort d’Euric (485).

Faustus prit part aussi à la querelle contre le pélagianisme. Sa position apparaissait conciliante : bien sûr, l’homme a besoin de la grâce de Dieu, mais l’homme a sa volonté, son libre-arbitre, dont il doit se servir dans ses choix. L’Eglise n’a pas retenu cette position et, plus tard, la condamna franchement (concile d’Orange, 529), non pas parce que Faustus était tombé dans l’erreur, mais parce que, pour bien éradiquer une mauvaise plante, il vaut mieux la déraciner profondément.

S.Sidonius Apollinaire (v. 21 août) fut très lié à Faustus et lui confia son jeune frère. Dans une lettre, Sidoine félicite Faustus d’avoir épousé la Philosophie et de l’avoir convertie !

On connaît mal les dernières années de Faustus, dont la mort se situe vers 493.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Faustus de Riez au 28 septembre.

Aunemundus de Lyon

† 658

 

Aunemundus (Annemond, Ennemond, Chamond ; et aussi Dalfinus… ?) était fils du préfet des Gaules, à Lyon, une charge qui serait passée à son frère, nommé Dalfinus.

Il n’y a pas de certitude sur ce Dalfinus. Il serait le frère d’Aunemundus, d’après certains, ou serait Aunemundus lui-même d’après d’autres (Bede le Vénérable, par exemple, v. 25 mai).

Aunemundus aurait été élevé à la cour de Dagobert 1er et de Clovis II. Il fut peut-être fonctionnaire royal. Toujours est-il qu’il fut remarqué par l’évêque Viventius, qui l’appela à l’épiscopat pour lui succéder.

Aunemundus devint donc en 654 le trente-sixième évêque de Lyon, si les listes antiques sont exactes.

Au tout début de son épiscopat, Aunemundus reçut s.Wilfrid (v. 24 avril) ; il lui aurait presque donné quelque fonction officielle dans la région, si Wilfrid n’avait pas démontré son désir d’appartenir à Dieu ; aussi, quand il fut de retour de Rome, Aunemundus lui conféra la tonsure et le garda trois années près de lui.

Un tournant politique s’opéra alors et, à la mort de Clovis II, le maire du palais Ebroin fit arrêter cet évêque dont l’influence prenait trop d’envergure ; tandis que l’Anglais Wilfrid était prié de quitter bien vite les lieux, Aunemundus, lui, déjà malade, fut conduit à Mâcon et y fut assassiné, le 28 septembre 658.  Il se pourrait aussi que la reine-mère Bathilde ait soutenu ce complot.

Ce bref épiscopat avait duré de 654 à 658, pour s’achever dans le sang. Quoique cet assassinat eût toute la couleur d’une pure intrigue politique, il fut considéré comme un véritable martyre.

Saint Aunemundus de Lyon est commémoré le 28 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Chunialdus et Gisilarius de Salzburg

8e siècle

 

Ces deux prêtres furent des compagnons d’apostolat de s.Rupert (v. 27 mars).

Peut-être étaient-ils d’origine franque.

D’après la Tradition, ils évangélisèrent la tribu des Avares dans la région de Vienne.

C’est peut-être eux aussi qui édifièrent l’église Saint-Rupert de Vienne, la plus ancienne de cette capitale.

Leurs reliques reposent, avec celles de s.Rupert, dans la cathédrale de Salzburg.

Chunialdus et Gisilarius ont été récemment inscrits dans la dernière édition du Martyrologe.

Cependant on n’a pas d’autres informations sur eux.

Les saints Chunialdus et Gisilarius sont commémorés le 28 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lioba de Tauberbischofsheim

700-782

 

Lioba (Leobgytha, d’après une lettre autographe) était anglaise de naissance, née dans le Wessex, fille de Dynna et Ebba, qui étaient parents de s.Boniface (v. 5 juin).

Lioba fut en réalité un surnom, apparenté au mot Liebe, amour, tant elle était aimée de tous. Son prénom initial était Truthgeba.

Elle entra au monastère de Wimbourne (Dorset), où sa soif de lecture lui procura une ample connaissance de l’Ecriture, des Pères, des conciles et du droit canonique.

Boniface appela sa parente (cousine ?) en Germanie, pour gouverner un monastère dans la région de l’actuelle Mannheim. Il attachait beaucoup d’importance à la présence de moines et de moniales, dont la prière l’aurait puissamment aidé dans son apostolat.

Lioba fut une abbesse prudente, plus sévère pour elle-même que pour les moniales.

Pour éteindre un incendie, elle fit jeter dans la rivière proche du sel bénit par Boniface : cette eau se révéla merveilleusement efficace. Une autre fois, sa prière calma une effroyable tempête.

Boniface estimait tellement Lioba, qu’il demandait que leurs restes fussent placés côte à côte. C’est lui qui mourut le premier (754) ; il fut enseveli à Fulda. A cette occasion, Lioba obtint la permission d’entrer dans la clôture des moines pour aller prier sur le tombeau du Martyr.

Quand elle mourut à Schornsheim, le 28 septembre 782, elle fut à son tour enterrée à Fulda.

Sainte Lioba est commémorée le 28 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Václav de Bohême

907-935

 

Wenceslas (ou aussi Venceslas), en tchèque Václav, était né vers 907 à Stochov (Libušin, Bohême) ; lui et son frère, Boleslas, étaient les fils de Vratislav 1er et de Dragomir (Drahomira).

L’adolescence de Václav fut marquée par la mort de son oncle paternel, Spitigniev, et de son père, dans quelque expédition militaire contre les Hongrois, de sorte que Dragomir assuma la régence. 

Cette femme, qui avait accepté de faire baptiser ses garçons, n’était pas vraiment convaincue de son christianisme, et jalousait l’excellente influence que la grand-mère, Ludmilla, une grande chrétienne, avait sur les enfants. On suppose que c’est grâce à cette grand-mère que des prêtres passèrent à la cour ou dans la famille. 

Ensuite, Václav fréquenta l’école à Budeč, où il apprit le latin.

Tandis que sa foi grandissait avec lui, des courtisans en prirent ombrage et suscitèrent la haine dans le cœur de Dragomir, qui éloigna tout clergé de son fils, et alla jusqu’à faire assassiner la grand-mère. Ludmilla, considérée martyre, fut canonisée (voir au 16 septembre).

Dans la Bohême, ce fut le chaos ; le duc de Bavière l’envahit et pensait la mettre sous la tutelle germanique.

Václav accède au trône en 924, et tandis qu’on s’attendait à partir en guerre contre l’envahisseur, le jeune Duc étonna tout le monde en imposant ses vues pacifiques : il «acheta» la paix avec la Bavière contre un tribut annuel de cent-vingts bœufs et cinq-cents talents d’argent.

Il adressa de sévères reproches à tous les courtisans qui étaient intervenus pour éloigner de la cour toute influence chrétienne ; au contraire il fit venir des prêtres ; les reliques de sainte Ludmilla furent rapportées à Prague. Et Dragomir fut ni plus ni moins éloignée de la cour.

Le jeune Prince chercha à supprimer la peine capitale, et fit détruire les potences dans son royaume. Il racheta au marché des esclaves païens pour les amener au baptême chrétien ; il fit construire une première chapelle pour recevoir les reliques de saint Guy (Vitus, Veit), ce qui explique que l’actuelle cathédrale de Prague soit dédiée à ce Martyr.

Le frère de Václav, Boleslav, conspira contre son frère pour s’emparer du pouvoir. Un premier attentat fut annulé le 27 septembre 929 (ou 935) lors d’un banquet ; Boleslas attendit son frère le lendemain matin, 28 septembre, et le frappa au moment où le Prince entrait à l’église pour assister à l’office du matin. Blessé, Václav se précipita dans l’église, où les sicaires de son frère le poursuivirent pour l’achever.

Saint Václav fut très vite reconnu comme martyr et des miracles eurent lieu. Le plus beau fut sans doute la conversion de Boleslav, qui reconnut son erreur, appliqua la même politique pacifiste que son frère, et fit rapporter la dépouille de son frère dans la cathédrale de Praque. 

Saint Václav fut canonisé dès le 10e siècle. Sa fête est au 28 septembre.

Thiemo de Salzburg

1040-1102

 

Le prénom de cet archevêque connaît différentes formes : Diemo, Ditmar, Tyemo, Theodemar.

Il naquit vers 1040 en Bavière, du comte Thiemo II, descendant des comtes de Formbach (Passau).

Entré chez les Bénédictins de Niederaltaich, il y déploya ses grands dons de peintre et sculpteur. Actuellement, on lui attribue plusieurs statues de la Vierge Marie en Autriche.

En 1077, il fut élu abbé à Salzburg, où il se montra fidèle au pape dans la querelle des investitures, de sorte qu’en 1081, l’archevêque usurpateur Berthold l’éloigna de Salzburg.

Thiemo passa à Hirsau, Schaffhausen, Admont : ce n’est qu’en 1086 qu’il put enfin rentrer à Salzburg, en même temps que l’archevêque Gebhard, qui était fidèle au pape.

En 1090, Thiemo fut choisi pour succéder à Gebhard.

En 1095, il fut présent au synode de Plaisance.

En 1097, il fut pris par Berthold durant une bataille et incarcéré pendant cinq années. Un bon moine réussit à le faire s’évader.

En 1101, il prit part à la croisade, mais fut fait prisonnier par les Musulmans à Eregli. Il fut supplicié à Ascalon (ou à Chorasan), où les Musulmans lui arrachèrent les intestins ; dans une des versions, il aurait refusé de restaurer une statue de dieu païen, et l’aurait brisée, ce qui entraîna sa condamnation à mort (mais cette dernière hypothèse semble non valable, puisque la confection d’images divines est prohibée par l’Islam).

Thiemo a beaucoup été vénéré dès l’annonce de son martyre, le 28 septembre 1101, mais ne se trouve pas dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simón de Rojas

1552-1624

 

Simón naquit à Valladolid dans la Castille espagnole, le 28 octobre 1552, fête de l’apôtre Simon. Ses parents, Gregorio et Constanza étaient très chrétiens, particulièrement la maman, qui fit germer dans l’âme du petit garçon un grand amour pour la Sainte Vierge. Il avait quatorze mois lorsqu’il prononça ses premières paroles : “Ave Maria”. 

Simón fut un grand serviteur de Marie, comparé par Lopez de Vega à s. Bernard de Clairvaux et à s. Ildephonse de Tolède.

A douze ans, il entra chez les Trinitaires de sa ville natale, où il fit sa profession religieuse en 1572 (de nouveau le 28 octobre). Il était très heureux quand il pouvait visiter les sanctuaires consacrés à Marie ; il la priait instamment, imitait ses vertus, chantait ses louanges et mettait en relief son importance dans le mystère de Dieu et de l'Eglise. 

Ses études se déroulèrent à Salamanque. A travers ses études théologiques, il comprit toujours davantage la mission de Marie et sa coopération avec la Trinité au salut du genre humain et à la sanctification de l'Eglise ; il fut ordonné prêtre en 1577, enseigna la philosophie et la théologie à Tolède, puis fut nommé supérieur de plusieurs couvents et envoyé trois fois comme visiteur apostolique, charges où il montra une grande vertu de prudence. A la fin de sa vie, il eut la charge de précepteur des Infants d’Espagne, de Provincial de Castille, enfin de confesseur de la Reine Isabelle de Bourbon.

Il vécut ses vœux religieux à l'exemple de Marie. Il croyait que pour être à Dieu comme Marie, il fallait être son esclave, ou mieux, esclave de Dieu en Marie ; c'est pourquoi, il institua la Congrégation des Esclaves du Très Doux Nom de Marie (1612), à la plus grande gloire de la Trinité, à la louange de Notre-Dame, au service des pauvres. Pour lui, être esclave de Marie signifiait une appartenance totale à Elle : "Totus tuus", pour être uni plus intimement au Christ et, en Lui, par l'Esprit, au Père.

La Congrégation qu'il a fondée avait un caractère laïcal : elle était ouverte à toutes les catégories sociales. Les inscrits, parmi lesquels figuraient même le roi et ses enfants, s'engageaient à glorifier Marie, en aidant les pauvres, ses fils de prédilection. Son œuvre vit encore en Espagne. Celui qu'on considère comme un des plus grands contemplatifs de son époque, prouve dans son ouvrage “La prière et ses grandeurs” que la dimension contemplative doit aller de pair avec la vie active et se réaliser par les œuvres de miséricorde. Fidèle au charisme trinitaire, il promut la rédemption des esclaves, assista tous les pauvres qu'il rencontrait, réconforta infirmes, prisonniers et marginaux de tous genres. Quand on lui proposa des fonctions à la Cour, il n'accepta qu'à la condition de pouvoir continuer à se consacrer à "ses" pauvres, qu'il secourait à n'importe quelle heure du jour et de la nuit.

Multiples ont été les manifestations de son amour envers la Vierge Marie. Tous les peintres, qui ont fixé son image sur la toile, mettent sur ses lèvres la salutation “Ave, Maria”, qu'il prononçait si fréquemment qu'on l'appelait “Le Père Ave Maria.” Il fit imprimer par milliers des images de Notre-Dame avec l'inscription “Ave, Maria”, les envoyant partout, même à l'étranger. Il fit confectionner des chapelets très simples avec soixante-douze grains azur unis par une cordelette blanche - les symboles de l'Assomption et de l'Immaculée - en souvenir des soixante-douze ans de la vie de Marie, selon la croyance de son époque, et les envoya même en Angleterre. Profitant de son influence à la Cour, il fit écrire en lettres d'or sur la façade du palais royal de Madrid la salutation angélique: "Ave, Maria". Le 5 juin 1622, il obtint du Saint Siège l'approbation de l'office et de la messe qu'il avait composés en l'honneur du Nom de Marie, et que, plus tard, Innocent XI étendit à l'Eglise universelle ; cette fête se célèbre le 12 septembre.

A sa mort, le 28 septembre 1624, les honneurs funèbres qu'on lui rendit eurent l'aspect d'une canonisation anticipée. Pendant douze jours, les plus célèbres orateurs de Madrid exaltèrent ses vertus et sa sainteté. Le Nonce du Pape, impressionné par tous les signes de vénération qu'on lui rendait, ordonna quelques jours après sa mort que l'on commençât les procès en vue de sa glorification par l'Eglise. Il fut proclamé bienheureux en 1766. En 1988, avant de conclure l'année mariale, le Pape Jean-Paul II l’a canonisé, lui qui avait pour devise “Totus tuus”, pour exprimer son appartenance totale à Marie.

 

 

Oh Margarita

 ? -1868

 

Oh Margarita est une laïque coréenne.

Elle fut martyrisée à Juksan (Gyeonggi-do) le 28 septembre 1868, mais on ne sait de quelle façon, et fut béatifiée en 2014.

 

 

Pak Gyeong-jin Franciscus

 1835-1868

 

Pak Gyeong-jin Franciscus est un laïc coréen né en 1835 à Gimhae (Gyeongsang-do, Corée S).

Il fut martyrisé à Juksan (Gyeonggi-do) le 28 septembre 1868, mais on ne sait de quelle façon, et fut béatifié en 2014.

Josep Tarrats Comaposada

1878-1936

 

Josep (José, Joseph) était né à Manresa le 29 août 1878, dans une famille très chrétienne.

Adolescent, il fut servant de messe à la paroisse et membre de pieuses associations : de l’Immaculée Conception, de saint Stanislas.

Il entra dans la Compagnie de Jésus en 1895, mais ne fit pas d’études pour le sacerdoce. Il resta Frère et, après le noviciat, émit les vœux de religion.

Il fut chargé de l’infirmerie, de portier, à Tortosa puis Valencia.

Quand la Compagnie fut dissoute par le gouvernement républicain (1932), il s’occupa d’un père jésuite âgé, puis passa à la Maison de retraite pour personnes seules, tenue par les Petites Sœurs des Pauvres, toujours à Valencia, en vue de soigner les pères jésuites qui s’y trouvaient.

Après le 18 juillet 1936, il chercha à se réfugier, mais ne trouva rien et retourna à la Maison de retraite.

C’est là qu’on vint l’arrêter, sur dénonciation, pour le fusiller.

C’était le 28 septembre 1936, à Valencia, et Josep fut béatifié en 2001.

 

 

Amalía Abad Casasempere

1897-1936

 

Née le 11 décembre 1897 à Alcoy (Alicante, Espagne), et baptisée le même jour, Amalía grandit dans l’idéal chrétien de sa famille.

En 1924, elle épousa Luis Maestre Vidal, un capitaine, d’où naquirent trois filles. 

La Providence permit que Luis mourût dès 1927, à la guerre en Afrique. Amalía ne perdit pas courage, elle se confia totalement à la Mère de tous les Chrétiens, et donna le temps qui lui restait en dehors des tâches domestiques à des associations chrétiennes, l’Action Catholique en premier lieu, mais aussi la catéchèse paroissiale et d’autres œuvres de charité.

Quand fut proclamée la République (1931), elle s’exposa personnellement en allant retirer le Saint-Sacrement exposé dans l’église des Carmélites, pour éviter une profanation.

En 1935, elle rendit visite à son frère Antonio, jésuite en Italie, qui l’exhorta vivement à s’offrir entièrement à Dieu. Malgré une santé imparfaite, revenue en Espagne, elle se donna totalement à l’apostolat.

Lors de la guerre civile de 1936, elle ne se gêna pas pour cacher chez elle des Religieuses, au risque de sa propre vie. Elle fit des visites aux prisonniers, pour leur redonner courage et à l’occasion les aider matériellement.

Cette activité devenait trop suspecte aux yeux des révolutionnaires, qui vinrent l’arrêter. En prison, on lui fit subir toutes sortes de vexations, elle souffrit aussi de la faim.

On l’emmena sur la route Benillup-Almudaina pour la fusiller, le 28 septembre 1936.

La Providence s’occupa des trois orphelines, qui avaient entre neuf et douze ans, et qui furent prises en charge par des gens charitables. L’une d’elles devait plus tard être missionnaire en Afrique.

Madame Amalía fut béatifiée en 2001.

 

 

Josep Casas Juliá

1914-1936

 

Josep (José, Joseph) était né à Ordal (Barcelone) le 22 décembre 1914, dans une famille très chrétienne.

A onze ans, il entra au petit séminaire des Carmes de Palafrugell, puis entra vraiment dans l’Ordre des Carmes déchaux, avec le nom de Joachim de Saint-Joseph.

Après la profession (1932), il fit les études de théologie à Badalona et les avait à peine terminées au moment où éclata la guerre civile de 1936.

Réfugié chez ses parents, il fut arrêté avec son cousin (Josep Casas Ros) le 27 septembre 1936.

Conduits à Vilafranca del Penedés (Barcelone), ils furent tous deux fusillés le lendemain soir sur la place de Moyá (Barcelone) : on leur avait offert la vie sauve, contre leur apostasie.

C’était le 28 septembre 1936 ; Josep n’avait pas vingt-deux ans ; il fut béatifié (avec son cousin) en 2007.

 

 

Francesc Javier Ponsa Casallach

1916-1936

 

Il était né à Moyá (Barcelone) le 20 août 1916, de Pedro et Rosa, aîné des trois garçons de ce couple chrétien, qui le firent baptiser une semaine plus tard : il porterait les noms de Francisco (ou Francesc) Valentín Ramón. 

Outre son travail quotidien, le papa était sacristain de la paroisse.

Francesc étudia chez les Pères des Ecoles Pies, accompagnait son père à l’église et servait la messe.

Vers quatorze ans, il fut apprenti chez un menuisier et devint très adroit dans ce travail.

Il fit partie de l’Action Catholique.

Il voulut entrer dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, ce qui contrariait tout--à-fait les vues de ses parents, qui remettaient à plus tard, qui cherchaient à le détourner de cette orientation… Cette réaction n’est pas rare, elle contraste avec la «piété» des parents chrétiens, mais même des chrétiens peuvent avoir des réactions erronées.

Francesc cependant fut de plus en plus convaincu de sa vraie vocation, surtout après avoir visité l’établissement des Hospitaliers à Barcelone. Il était surtout attiré par les enfants malades, boiteux, aveugles, bossus…

Mais la conviction du fils n’entraînait pas celle du père : ce dernier entra dans des colères violentes, des menaces terribles, qui attristaient beaucoup le garçon. Il s’épanchait auprès de son directeur spirituel.

En février 1935, il alla consulter le directeur de la Maison des Exercices à Vic. A son retour, il fut simplement mis à la porte de la maison par son père. Francesc ne put que constater qu’ainsi il était entièrement libre de son choix.

Après un petit pèlerinage à la Vierge de Montserrat, il se présenta à Sant Boi de Llobregat, le 20 février 1935. En juin, il reçut l’habit à Calafell et commença le noviciat avec le nom de Francisc Javier. Le Maître des novices était le père Braulio, qui allait bientôt recevoir le martyre.

Apprenant que sa mère était très malade, il lui rendit visite, accompagné du père Braulio : la maman fut cette fois-ci très heureuse et émue de voir son fils vêtu de l’habit religieux et, toute repentie de ses sentiments précédents, reconnut qu’elle mourait dans la joie de savoir son fils religieux.

Francesc fit la profession en juin 1936, entouré de parents et amis, et de prêtres qui savaient par quelles difficultés il était arrivé là.

Il fut envoyé à San Boi pour poursuivre sa formation (les républicains changèrent le nom de cette localité en Vilaboi, qui redevint San Baudilio ou Sant Boi de Llobregat après la guerre).

En juillet commencèrent les douloureux et même horribles jours de la révolution. Les cinquante-deux Frères de la communauté de Sant Boi durent évacuer le 26 juillet et se réfugier où ils pouvaient ; Francisc resta un peu à Barcelone, puis se dirigea vers la maison de ses parents.

A qui lui parlait du danger qu’il courait, il répondit : 

Je me rends bien compte de ça, mais que peut-on me faire ? M’enlever la vie ? Je n’ai pas peur de la mort, j’y suis préparé, si c’est le cas ; si telle est la volonté de Dieu, je donnerai volontiers ma vie. Advienne ce que Dieu veut.

Il se retira dans une maison de campagne de la famille ; il vivait au milieu des ouvriers agricoles, priant le chapelet, souvent à genoux.

Le 27 septembre, très tôt, des miliciens vinrent l’arrêter, parmi les insultes, les blasphèmes et les menaces. Ils l’enfermèrent dans le couvent des Pères des Ecoles Pies, transformé en prison.

Le 28 au soir, ceux du Comité de Granollers l’emmenèrent en camionnette au Coll de Posas, au kilomètre vingt-quatre de la route entre Moiá et Barcelone, à Sant Felíu de Codines.

Francesc comprenait bien ce qui lui arrivait. Il demanda quelques minutes pour prier. Tandis qu’on se moquait de lui, il se mit à genoux : une décharge de mitraillette l’abattit sur place.

Il fut donc exécuté le 28 septembre 1936 à San Felíu de Codines (Barcelone) et béatifié en 1992.

 

 

Josep Casas Ros

1916-1936

 

Josep (José, Joseph) était né à Ordal (Barcelone) le 26 août 1916, dans une famille très chrétienne.

En 1928, il entra au petit séminaire de Barcelone.

Durant les vacances, il revenait dans son pays et c’est là qu’il se trouvait au moment où éclata la guerre civile de 1936.

Il fut arrêté avec son cousin (Joaquín Casas Juliá) le 27 septembre 1936.

Conduits à Villafranca del Penedés (Barcelone), ils furent tous deux fusillés le lendemain sur la place de Moyá (Barcelone).

C’était le 28 septembre 1936 ; Josep venait d’avoir vingt ans ; il fut béatifié (avec son cousin) en 2007.

 

 

Mykyta Budka

1877-1949

 

Mykyta (ou Nykyta : Nicétas) naquit le 7 juin 1877 à Dobromirka, (Zbarazh, Galicie, alors dans l’empire austro-hongrois, dans la région de Ternopil).

Après son diplôme à l’école supérieure de Ternopil (1897), il servit dans l’armée autrichienne puis étudia le droit à Lviv.

En 1902, il étudia la théologie à l’université d’Innsbruck (Autriche) et fut ordonné prêtre à Lviv en 1905, pour l’Eglise catholique de rit oriental.

De 1907 à 1909, il étudia encore à Vienne et obtint le doctorat en théologie.

De retour à Lviv, il y fut préfet du grand séminaire.

En 1912, il fut nommé évêque titulaire de Patar et envoyé à Winnipeg (Canada) comme premier évêque pour les Ukrainiens émigrés. On donne à cet évêque le titre d’exarque apostolique

La mission de l’exarque était immense : cent cinquante-mille Ukrainiens étaient éparpillés sur toute la surface du Canada, de l’océan Pacifique à l’océan Atlantique. Il organisa les paroisses, fit construire des églises, des écoles.

Il se montra un défenseur acharné de l’autonomie des Ukrainiens par rapport à la hiérarchie latine, et s’opposa vigoureusement à l’action missionnaire parmi ses ouailles, de la part des Eglises orthodoxe ou protestante.

En plus, il soutenait le mouvement patriotique nationaliste ukrainien et, bien avant le déclenchement de la guerre mondiale, il exhortait les réservistes ukrainiens à rapatrier pour combattre dans les rangs autrichiens ; mais comme l’Autriche de trouva en guerre contre le Canada, les autorités canadiennes confinèrent les Ukrainiens au Canada durant toute la guerre. 

Ayant résigné sa place, il fut évêque auxiliaire de Lviv en 1929. La Galicie était encore polonaise, mais passa sous le contrôle de l’Union soviétique après la seconde guerre mondiale, et Mgr Budka alors se montra fermement opposé au gouvernements communiste, ainsi qu’à la séparation de l’Eglise Ukrainienne de Rome.

C’est pourquoi il fut arrêté le 11 avril 1945, ainsi que d’autres évêques, par les services du NKVD et condamné à huit ans de prison.

En réalité, il mourut dans le camp de concentration de Karaganda (République de Kazakhstan), suite aux mauvais traitements, au froid, à la faim, aux tortures et au travail exténuant.

On conserve le 28 septembre 1949 pour son dies natalis, qui cependant pourrait être le 1er ou le 6 octobre suivant.

Il se peut même qu’on ait abandonné son corps aux animaux sauvages de la forêt environnante.

Mgr Dudka fut béatifié en 2001.

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26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 23:00

27 SEPTEMBRE

 

I.

S Marc, évêque à Byblos, peut-être le Jean-Marc des Actes des Apôtres (Ac 12:25; 13:5,13; 15:37,39) et cousin de Barnabé (Col 4:10).

III.

S Caius, deuxième évêque à Milan.

S Aderitus, évêque à Ravenne.

V.

SS Florentinus et Hilarius, martyrs à Sion.

VI.

S Barroc, ermite dans l'île de Barry, disciple de s. Cadoc.

VII.

S Céraune, évêque à Paris.

S Sigebert, roi en Angleterre, venu en Gaule pour être baptisé, organisateur du christianisme dans son pays ; appelé par le peuple pour repousser des Barbares, il fut vaincu et tué : on le considère comme martyr.

VIII.

Ste Hiltrude, vierge recluse à Liessies où son frère était abbé.

IX.

SS Adolfo et Juan, martyrs à Cordoue ; leur sœur Aurea est fêtée le 19 juillet.

XII.

S Bonfilio, abbé puis évêque à Foligno, supplanté par un autre évêque pendant qu'il était parti en croisade et humblement retiré dans son monastère.

XIV.

S Elzéar (Eléazar) de Sabran et bse Delphine, très jeunes époux près de la montagne du Lubéron, tertiaires franciscains ; ils ne consommèrent jamais leur mariage ; Delphine est commémorée le 26 novembre. 

XV.

B Lorenzo de Ripafratta, dominicain italien à Cortone, maître du b. Fra Angelico, surnommé "Arche du Testament" pour sa connaissance de l'Ecriture. 

XVII.

S Vincent de Paul, jeune berger, prêtre à dix-neuf ans, fondateur de la Compagnie des Prêtres de la Mission qui s'établirent au prieuré Saint-Lazare ("Lazaristes"), et des Filles de la Charité, avec ste Louise de Marillac ; patron de toutes les œuvres charitables.

XVIII.

B Jean-Baptiste Laborie du Vivier, chanoine à Mâcon, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001, tous martyrisés près de Valencia :

Diocésains : le chanoine José Fenollosa Alcayna (*1903) ; c’était le frère de la Martyre ci-après ;

Capucines Tertiaires de la Sainte Famille : María Fenollosa Alcayna (Francisca Javier de Rafelbuñol, *1901) ;

Laïques : Crescencia Valls Espí et Hermínia Martínez Amigó de Martínez (*1863, 1887) ;

- béatifiées en 2007 :

Missionnaires du Cœur de Marie : près de Girona, María Carme, María Rosa et María Magdalena Fradera Ferragutcasas  (*1895, 1900, 1902) ; c’étaient trois sœurs de sang ;

- béatifié en 2021 :

Diocésains : près de Cordoue, Jesús de Sande Tena (*1899).

Caius de Milan

3. siècle

 

On a rencontré il y a quelques jours s.Anatolius (ou Anatalone, v. 24 septembre), qui passe pour avoir été le premier évêque de Milan.

Caius lui succéda, très probablement pas entre 61 et 81, mais bien plutôt, pense-t-on, au début du troisième siècle.

On lui a attribué la conversion des saints Vitalis, Valeria, Gervais et Protais (v. 28 avril). C’est peut-être aussi une erreur.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Caius de Milan au 27 septembre.

 

 

Florentinus et Hilarius de Sion

5. siècle

 

Florentinus et Hilarius furent frappés par le glaive à Sion (act. Valais, Suisse).

On ne peut pas savoir à quelle époque ils furent martyrisés, car on ne sait pas exactement quand situer le chef Chrocus, responsable de leur mort.

Ce Chrocus était peut-être à la tête des Alamans qui se déversèrent en Gaule déjà au troisième siècle, ou bien plutôt à la tête des Vandales qui dévastèrent la Gaule au début du cinquième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Florentinus et Hilarius de Sion au 27 septembre.

 

 

Hiltrude de Liessies

† 769

 

Fille de Wibert, comte de Poitou, et Ada, noble Franque, Hiltrude naquit dans le Hainaut, où son père avait reçu de Pépin le Bref de grandes possessions.

Son frère s’appelait Gontrad, sa sœur Berthe.

Un jour que Wibert chassait, il arriva en un endroit si agréable, qu’il le nomma Lætitiæ (Joies), et décida d’y fonder un monastère : ce fut Liessies. Le premier abbé en fut Gontrad.

Cependant, ces pieux parents furent moins inspirés au sujet de Hiltrude, et voulurent la marier, alors qu’elle entendait se consacrer à Dieu. Pour échapper au prétendant, elle s’enfuit de nuit et alla se réfugier à l’abbaye de son frère, à Liessies.

Là, Gontrad aménagea une cellule pour sa sœur, qui y vécut dix-sept ans.

Pendant ce temps-là, les pieux parents d’Hiltrude étaient fort embarrassés et inquiets de la disparition de leur fille ; quand ils surent où elle se trouvait, ils n’opposèrent plus aucune objection. Il leur vint cependant à l’esprit que, peut-être, ils pourraient proposer leur autre fille Berthe au prétendant, Hugo, qui accepta l’offre.

Quand Hiltrude tomba malade, elle eut la joie de voir ses parents venus l’assister. Elle mourut le 27 septembre 769 (ou 785).

Des miracles eurent lieu et furent reconnus.

En 1793, la Convention réquisitionna la châsse précieuse contenant les reliques de Hiltrude ; un fidèle recueillit pieusement le chef et le remit à l’Eglise quand la tourmente révolutionnaire se calma.

Sainte Hiltrude de Liessies est commémorée le 27 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Adolfo et Juan de Cordoue

† 822

 

Dans le cadre de la persécution musulmane qui frappa la ville de Cordoue, s.Eulogio (v. 11 mars) recensa une cinquantaine de martyrs pour les années 850-859, mais il y en eut avant ces dates.

Adolfo (Adulfo) et Juan étaient les deux fils d’une chrétienne, Artemia, qui avait accepté d’épouser un noble musulman (ou y avait été contrainte…). Ils naquirent à Séville, où demeuraient les parents.

Ces deux frères avaient aussi une sœur, Aurea (v. 19 juillet).

Après la mort du père, Artemia pensa profitable de s’installer à Cordoue, où l’on trouvait plus de tolérance pour le christianisme.

Grâce à cette atmosphère plus libérale, les deux garçons, encouragés par leur mère, abandonnèrent l’Islam pour adhérer au Christianisme.

Vint cependant le moment où l’on somma les deux jeunes gens de renoncer à leur foi et de proclamer la supériorité de Mahomet.

Leur refus décidé les fit condamner à mort, en l’année 822 ou 824. Leur sœur devait être martyrisée plus tard, en 856.

Les deux saints frères Adolfo et Juan de Cordoue sont commémorés le 27 septembre dans le Martyrologe Romain.

Bonfilio de Foligno

1040-1115

 

Ce «bon fils» naquit vers 1040 à Osimo (Italie E), de famille noble.

Entré chez les Bénédictins de Storaco, il en devint abbé.

Vers 1070, il fut nommé évêque de Foligno.

Il partit avec les croisés en Terre sainte, et s’y fixa assez longtemps, de 1096 à 1104, préférant la solitude et la prière à l’activité apostolique dans son diocèse italien.

Il y revint pourtant, mais dans l’intervalle, les fidèles et le clergé avaient demandé un «remplaçant», pour gouverner le diocèse, conférer la Confirmation aux enfants et ordonner des prêtres.

Bonfilio trouva donc à sa place un certain Andrea : il reconnut humblement cette juste élection et se retira à nouveau, dans son abbaye de Storaco.

Il avait déjà montré son humilité, mais Dieu l’éprouva davantage encore. Certains moines l’avaient en aversion et lui jouèrent des tours. Le plus infect fut qu’on s’arrangea pour faire tomber le vieil évêque dans la fosse à immondices. La faction de ces moines corrompus ne désarmant pas, Bonfilio se retira dans un autre monastère près de Cingoli, où il s’éteignit le 27 septembre 1115.

Saint Bonfilio est mentionné au 27 septembre dans le Martyrologe.

 

                                        

Elzéar de Sabran

1285-1323

Delphine de Signe

1282-1360

 

Voici une histoire de couple vraiment exceptionnelle.

Elzéar de Sabran naquit au château de Roubians, à l’est d’Avignon, près de Cabrières d’Aigues. Sabran est une terre de Languedoc, et les nobles parents d’Elzéar, Ermangaud de Sabran et Laudune d’Albe, possédaient là la Tour d’Aigues et Cucuron.

Jeune, Elzéar fut écolier à l’abbaye Saint-Victor de Marseille.

De son côté, Delphine (ou Dauphine) de Signe naquit vers 1282 à Puy-Michel, dans la proche montagne du Lubéron. Elle fut fiancée à quatorze ans à Elzéar. Son désir était de refuser énergiquement, mais un père franciscain lui conseilla d’accepter cette union avec un si saint garçon.

Le mariage fut célébré après deux ans de fiançailles, alors que Delphine avait une quinzaine d’années, et Elzéar treize seulement. La fête passée, ils furent conduits à leur demeure de Ansouis. 

Delphine exposa le soir même à Elzéar son profond désir d’une vie totalement chaste, et proposa à son mari de faire avec elle le vœu de chasteté. Elzéar, qui était déjà fort avancé dans la vertu, n’était cependant pas encore prêt pour une décision si radicale.

Une maladie de Delphine l’aida à faire le pas ; dans la prière, son désir de pureté grandit, ses passions s’éteignirent et tous deux firent devant leur confesseur ce saint vœu de chasteté, se mettant en même temps dans les rangs du tiers-ordre franciscain.

De jour, sous leurs vêtements de noblesse, ils portaient la haire ; de nuit, ils se flagellaient et priaient ensemble. Delphine ne toucha son mari que pour lui laver la tête ou, s’il était malade, pour lui tâter le pouls. Elzéar passa son temps dans la pratique des bonnes œuvres, visitant et soignant les malades, distribuant des aumônes.

En plus, Elzéar avait disposé que les gens de sa maison fussent assidus à la messe quotidienne. Il exigeait de ses officiers de veiller à ce qu’on vive chastement et de bannir les sensuels et les impudiques.

On dut séjourner quelque temps en Italie, où le comté d’Ariano (Naples) était venu en héritage à Elzéar. Il dut y retourner en 1317, car il y était nommé maître justicier pour l’Abbruzze citérieure. Là encore, le règlement était exigeant : Toutes (les femmes) devront être vierges, veuves, chastes. Quant aux hommes, qu’ils soient nobles ou domestiques, il leur faudra vivre chastement et honnêtement.

Une autre mission l’envoya à Paris comme ambassadeur extraordinaire pour arranger un mariage princier. Mais Elzéar mourut à Paris, le 27 septembre 1323, à trente-huit ans.

Delphine apprit la nouvelle mystérieusement (ou mystiquement ?) avant même l’arrivée du messager. Elzéar lui apparut un an plus tard en lui reprochant doucement son chagrin. Citant le psaume 123, Elzéar lui disait joyeusement : Le filet est rompu, nous sommes libérés ! (Ps. 123).

Delphine continua une vie active, administra encore quelques temps ses domaines, et s’en fut à Naples pour y vivre dans la pauvreté totale. Elle trouva un logement de toute misère et alla mendier. 

Elle passa les quinze dernières années de sa vie en Provence, à Apt. Elle sortit de son silence pour ramener la paix entre des factions, elle créa une sorte de caisse rurale mutuelle, où l’on prêtait sans intérêt.

Elle s’éteignit le 26 novembre 1360, et fut enterrée près de son mari à Apt.

Elzéar fut canonisé en 1369, par Urbain V qui était son filleul.

Delphine, elle, est restée bienheureuse, et comme telle est inscrite au Martyrologe du 26 novembre, tandis que saint Elzéar est commémoré le 27 septembre.

 

 

Lorenzo de Ripafratta

1373-1456

 

Né vers 1373 à Ripafratta (Pise, Italie W), fils de Tuccio, il entra chez les Dominicains à Pise.

Il prit l’habit en 1397.

Il fut lecteur (professeur) à Fabriano, prieur, puis fut envoyé à Florence comme maître des novices à Cortone, où un certain Fra Angelico fut parmi ses disciples.

Lorenzo faisait partie du courant réformiste de l’Ordre. En 1443, il fut vicaire général de ce courant, et fut souvent soit à Fabriano soit à Pistoie.

Durant une épidémie de peste, il eut l’occasion de montrer sa charité envers les malades et les moribonds.

Il avait une connaissance si approfondie de l’Ecriture, qu’on le surnomma Arche du Testament.

Longtemps il souffrit d’un ulcère à la jambe, qui le faisait boîter et ne guérit pas. Son biographe le qualifie modestement de non curiosus, sed utilis et copiosus, ce qu’on pourrait traduire par : non excessif, mais utile et éloquent.

Lorenzo mourut à Pistoie le 27 septembre 1456 et fut béatifié en 1851.

 

 

Vincent de Paul

1581-1660

 

On ne va pas ici reprendre les discussions sur les dates et le nom de famille de ce géant de la charité. Qu’il soit seulement dit qu’on peut orthographier “de Paul” ou “Depaul”, et que, en l’absence de registres, on a pu faire naître Vincent en 1576 aussi bien qu’en 1581, cette dernière date semblant être la bonne.

Vincent naquit un 24 avril, près de Dax (Landes, France), troisième enfant d’une fratrie de quatre garçons et deux filles. Le père, Jean, un exploitant agricole, est l’époux de Bertrande de Moras.

La vie est dure, et très tôt Vincent est employé à garder les troupeaux. Puis son père l’inscrit au collège des Cordeliers à Dax. L’idée de ce père peu fortuné est que son garçon obtienne un jour un “bénéfice”, une charge ecclésiastique, qui permettra de soulager le budget familial.

Pendant trois ans, Vincent fut un élève acharné au travail ; il excellait en grammaire et en latin, au point qu’un ami de famille lui demanda d’être le précepteur de ses fils. Mais la grâce travaillait dans le cœur de Vincent : il voulait apostoliser les âmes.

A seize ans, il reçoit la tonsure, premier rite par lequel on entrait dans la cléricature ; il sera ordonné prêtre en 1600, et, selon les dates avancées pour sa naissance, il pouvait alors avoir entre dix-neuf et vingt-quatre ans.

Il prend ses grades de théologie à Toulouse. C’est à cette époque que meurt son père.

Une histoire d’héritage l’envoie jusqu’à Marseille, d’où il s’embarque pour Narbonne, mais le bateau est pillé par des pirates, qui capturent Vincent et l’emmènent à Tunis. Il s’en évade au bout de deux ans, revient en Avignon, d’où il part pour Rome. Certains ont mis en doute toute cette aventure.

Toujours dans la gêne, il cherche quelque poste intéressant. Il devient curé de Clichy en 1611 et commence alors sa vraie vie de pasteur : catéchèse, visite des pauvres et des malades.

En 1613, il devient précepteur dans la famille de Gondi, et se trouve ainsi chargé d’apostoliser les populations qui résident sur les domaines de cette riche famille. 

En 1617, sans qu’on sache vraiment pourquoi, il quitte cette place parisienne et se retrouve à Châtillon-sur-Chalaronne (Dombes, Ain), où il répète les activités de Clichy.  C’est là qu’il a l’intuition des Dames de la Charité, institution d’où sortiront plus tard les Filles de la Charité.

L’insistance des Gondi le fit très vite renoncer à sa paroisse des Dombes et revenir à Paris. De nouveau il s’occupe de leurs populations : Villepreux, Joigny, Montmirail, Folleville, Paillart, Sérévillers. Partout il conquiert les âmes, mais non sans de sévères mortifications : il dort sur la paille, il se donne la discipline, il porte une chaînette de fer, un cilice.

En 1619 il doit s’occuper des galériens. Les forçats étaient alors amassés dans des cachots malpropres à la Conciergerie, avant d’être envoyés à Marseille. Vincent les fait transférer dans une maison plus saine. C’est son action qui lui vaudra le titre de “aumônier réal des galères”, avec une forte rente annuelle. Il va visiter les galériens à Bordeaux et à Marseille. Ce serait dans ces circonstances qu’il aurait pris la place d’un galérien épuisé, mais il paraît que l’épisode est irréel.

Il rencontre saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal (voir aux 28 et 13 décembre) et se lie d’amitié profonde pour la fondation des Visitandines.

En 1625, il fonde la Congrégation de la Mission, qu’on appellera les Pères Lazaristes parce qu’ils résident dans le quartier Saint-Lazare à Paris. La congrégation est vouée à l’évangélisation des campagnes, fortement appuyée par les Gondi.

1633 est l’année de la naissance des “Filles de la Charité”, qui deviendront les si fameuses Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. La co-fondatrice est sainte Louise de Marillac (voir au 15 mars). Monsieur Vincent se garde bien de vouloir fonder une congrégation, car à cette époque, qui dit congrégation féminine, dit automatiquement clôture ; saint François de Sales avait dû renoncer à l’apostolat des Visitandines hors de leur monastère à cause de cette “norme”. Vincent de Paul, lui, eut cette formule fameuse : 

(Les Filles de la Charité doivent avoir) pour monastère les maisons des malades, pour cellule une chambre de louage, pour chapelle l’église paroissiale, pour cloître les rues de la ville, pour clôture l’obéissance, pour grille la crainte de Dieu, pour voile la sainte modestie. Les Filles de la Charité font des vœux privés, qu’elles renouvellent chaque année.

Les prêtres de la Mission commencèrent par prêcher une retraite de quinze jours aux candidats au sacerdoce. Puis ils recueillirent des enfants en vue de les former plus tard au sacerdoce ; ce fut un premier “petit séminaire”, auquel s’en ajouta un “grand” dès 1642.

Vincent est en si grande estime auprès de la famille royale, que Louis XIII l’appelle à ses derniers instants. La reine Anne d’Autriche le prend comme confesseur et le nomme au Conseil de Conscience (sorte de ministère pour les affaires ecclésiastiques) : c’est ainsi qu’il pourra proposer à l’épiscopat des candidats connus de lui (et généralement formés par ses prêtres), vertueux et bien préparés.

En 1657, il fonde l’hôpital de la Salpêtrière, pour les personnes âgées.

Vincent avait une assez bonne santé. Il souffrait de “fiévrottes”, comme il disait, mais il souffrit très longtemps d’un mal de jambes, suite à une maladie en 1615, et ce mal ne fit qu’augmenter ; les jambes suppuraient jusqu’à l’empêcher, les dernières années, de q