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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 22:00

Michał Sopoćko

1888-1975

 

Le père Michał Sopoćko naquit le 1er novembre 1888, fête de la Toussaint, à Nowosady en Pologne russe (actuelle Lituanie), dans une famille noble profondément attachée à la foi chrétienne.

Chaque jour, on priait en famille, et Michał grandit dans cette atmosphère de piété ; il se construisait des autels où il priait.

Il fréquenta le séminaire de Vilnius, grâce à une bourse que lui accorda le recteur, car la famille était trop pauvre. Il fut ordonné prêtre en 1914, et exerça son sacerdoce dans la paroisse de Taboryszki, qui allait être brutalement agressée en 1915, au passage des troupes germano-russes. 

Sans se décourager, il continua à célébrer les offices, mais aussi à ouvrir des écoles dans les environs. Mais les autorités y verront bientôt un «danger» et l’obligèrent à quitter son poste. 

En 1918, il alla faire des études à Varsovie, mais la situation politique et la maladie l’empêchèrent d’étudier. Volontaire aux armées, il fut aumônier à l’hôpital militaire de Varsovie, puis transféré au régiment de Vilnius. Malade et hospitalisé, il revint à Varsovie et s’occupa des officiers. Ses conférences étaient très appréciées, et le ministère de la Défense les fit publier et diffuser dans tous les services. 

En 1919, l’université rouvrit ses portes, et l’abbé Sopoćko s’inscrivit en morale, droit et philosophie. En outre il fréquenta l’institut supérieur de pédagogie où il obtiendra son diplôme en 1923, avec un mémoire sur L’Alcoolisme et les adolescents.

Rappelé à Vilnius en 1924, il y organisa la pastorale pour les jeunes et pour les militaires. Chaque semaine fut organisée une table ronde pour traiter de sujets moraux et religieux. Il créa des associations pour la jeunesse.

Continuant ses études de théologie par correspondance, il passa le doctorat en théologie en 1926. Ses études lui donnèren l’occasion d’apprendre l’allemand, l’anglais et le français.

Directeur spirituel au séminaire de Vilnius, responsable à la faculté de théologie pastorale à l’université, il se retira peu à peu de la pastorale militaire. Il développa la Société des Enfants de Marie, le Cercle Eucharistique, le Tiers-ordre franciscain, l’Union missionnaire du clergé.

Préparant une thèse d’habilitation pour l’éducation spirituelle, il voyagea en Europe de l’Ouest et en 1934 présenta sa thèse intitulée : Le but, le sujet et l’objet de l’éducation spirituelle d’après M.Leczycki. Il fut nommé professeur à l’université de Varsovie et à l’université Etienne Batory de Vilnius, puis recteur de l’église Saint-Michel, après un pèlerinage en Terre Sainte.

Il rencontra une Religieuse du nom de Faustyna, chez les Sœurs de la Miséricorde à Vilnius. Sœur Faustyna Kowalska était une religieuse mystique, favorisée de révélations du Christ : elle avait vu en vision l’abbé Michał Sopoćko, à Varsovie et à Cracovie, et il deviendra le plus fidèle propagateur de la dévotion à la Divine Miséricorde, demandée par Faustyna de la part du Christ. Sœur Faustyna lui fit part du désir du Christ que fût instituée la fête de la Miséricorde divine, ainsi qu’une nouvelle congrégation religieuse. 

C’est lui qui demandera à l’artiste Kazimirowski de peindre l’icône de la Miséricorde divine, qui fut exposée le dimanche après Pâques de 1935, année du jubilé de la Rédemption. Il écrivit un ouvrage sur cette dévotion. En 1936, un premier opuscule envoyé à tous les évêques polonais, n’obtint aucune réponse. En 1937, deuxième opuscule. Sœur Faustyna mourut en 1938 (v. 5 octobre). A partir de 1939, la guerre confirmant les révélations de Sœur Faustyna, l’abbé Sopoćko les publia.

La construction du sanctuaire de la Miséricorde, qui devait se construire à Vilnius et qui avait obtenu l’agrément des autorités lituaniennes, fut remis à plus tard, à cause des hostilités. C’est alors que Edwige Osinska aida l'abbé à traduire et diffuser en Occident son traité sur la Miséricorde divine.

En 1940-1941, l'abbé reprit ses cours, près de l’église Saint-Michel. Il s’occupa de la conversion des Juifs et en baptisa soixante-cinq. Les Allemands alors s’alarmèrent. Il fut arrêté quelques jours. Fin 1941, il put se cacher chez les Ursulines, déguisé en charpentier, et continuant de célébrer et de travailler pour la diffusion de ses ouvrages. On le recherchait partout.

En 1944, il reprit des cours au séminaire, où il apportait ce qu’il pouvait trouver de provisions le dimanche dans les paroisses alentour. Son activité finit par ne plus être «clandestine», et il courut un réel danger.

En 1947, il fut appelé par Mgr Jalbrzykowki à Bialystok (Pologne) et se retrouva en septembre à Mysliborz, où il rencontra les premières supérieures de la nouvelle congrégation. A Bialystok il fut professeur et directeur spirituel au séminaire, confesseur des Missionnaires de la Sainte Famille. 

Faute d’examen suffisant, la dévotion fut interdite en 1958, mais elle était désormais largement connue. La construction, à Bialystok, d’une église consacrée à la Miséricorde divine, dut de nouveau être reportée. Dans un accident facial l'abbé perdit la voix et un autre accident de voiture en 1962 aggrava son état de santé. Il interrompit ses nombreuses activités, sauf celle de propager la dévotion. Il acheva la rédaction des quatre volumes de La Miséricorde de Dieu dans ses Œuvres.

En 1965, il témoigna au procès de béatification de Sœur Faustyna. En 1972, il devint Chanoine du Chapitre métropolitain. En 1974, il fêta soixante ans de sacerdoce.

Il décéda le 15 février 1975, le jour où l’on fête saint Faustin.

Michał Sopoćko a été béatifié en 2008.

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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 00:00

Mercredi des Cendres

 

Du quatrième au neuvième dimanche “ordinaires”, nous relisons d’amples passages du Discours sur la Montagne en saint Matthieu, mais pas celui que nous lisons aujourd’hui, en ce Mercredi des Cendres, précisément parce que l’Eglise veut aujourd’hui nous faire méditer sur le vrai jeûne, comme l’entend Jésus-Christ.

La pratique du jeûne n’est pas une innovation du Christ, car on le trouve maintes fois dans l’Ancien Testament (voir Tb 12:8 ; Ion 3:5 ; 2Par 20:3…). Le Prophète Joël nous y convie à son tour aujourd’hui. L’usage de la cendre non plus n’est pas nouveau : se couvrir la tête de cendre ou se coucher dans la cendre est une attitude de pénitence, d’humiliation, de repentir (cf. Job 2:8 ; Est 14:2 (gr 4:17k) …).

Nous lirons dimanche prochain comment Jésus se retira au désert et y jeûna quarante jours et quarante nuits, avant d’être tenté par le Démon. Avant de nous enseigner comment jeûner, Jésus pratique le premier ce qu’il veut nous suggérer : un jeûne authentique, qui nous aide à approfondir notre attachement à Dieu par le détachement de la terre.

La Prière du jour nous explicite le sens juste et le but de ce jeûne : Que nos privations nous rendent plus forts pour lutter contre l’esprit du mal. Et aussi la préface de la Messe : Tu veux, par notre jeûne et nos privations, réprimer nos penchants mauvais, élever nos esprits, nous donner la force et enfin la récompense

Il ne s’agit pas du tout de mourir de faim, de faire courir des risques à la santé. A certaines périodes, en certains endroits, on a pratiqué des jeûnes excessifs, parfois effrayants, qui finissaient par être plus des prouesses orgueilleuses que de vrais efforts vers la conversion intérieure. 

Jésus ne semble pas s’être privé de boire, même au désert ; le texte dit bien qu’il eut faim, donc qu’il ne mangea pas durant les quarante jours et les quarante nuits ;  Il ne s’est pas non plus “rattrapé” la nuit. Il y a des jeûnes qui consistent à ne rien prendre pas même une goutte d’eau, pendant tout un mois, même par la chaleur, mais on peut manger à sa faim durant toute la nuit : ceci n’est pas le jeûne que veut Jésus. 

Surtout, Il ne s’est pas montré ces jours-là ; il est resté discret ; tout au plus en aura-t-il parlé en secret avec les Apôtres, plus tard, ne serait-ce que pour leur expliquer comment il se prépara à sa mission, et comment ils auraient ensuite à expliquer aux croyants la façon de jeûner.

Actuellement, l’Eglise a considérablement réduit les exigeances de ce jeûne du Carême. C’est aussi que notre vie est extrêmement stressante, et maternellement l’Eglise ne voudrait pas contraindre à des obligations dures des travailleurs déjà très éprouvés par les déplacements et le bruit. Au désert, on souffre de la soif ou de la faim, mais pas du bruit !

Il reste que notre Mère l’Eglise nous demande seulement de jeûner le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint. Et encore, jeûner s’entend : prendre un seul repas à midi, avec une boisson chaude le matin et une légère colation le soir. En outre, chaque vendredi de Carême, en souvenir de la mort de Jésus-Christ pour chacun de nous, nous sommes invités à nous abstenir de viande, en la remplaçant par du poisson ou de l’œuf ou du fromage, ce qui n’est pas à proprement parler une “pénitence”.

De ces pratiques sont exemptés les enfants et les adolescents, ainsi que les personnes âgées et bien sûr les malades. Mais rien n’empêche ceux qui le désirent ardemment d’ajouter quelque petite pratique plus personnelle, pourvu qu’elle soit dans l’esprit du Carême : s’abstenir de chocolat, de confiture, de vin n’est pas forcément nécessaire ; beaucoup plus important serait de perdre moins de temps devant la télévision ou l’ordinateur et la console de jeux, savoir se taire plutôt que de parler derrière le dos des autres, et surtout de lire un peu plus les saints livres de l’Eglise : l’Ecriture, le Catéchisme, tel ou tel document du Pape, des Vies de Saints, en priorité par exemple les plus récemment béatifiés ou canonisés.

 

*       *       *

 

Dans cet esprit faisons bien nôtre l’appel du prophète Joël : Revenez à moi de tout votre cœur…! Les larmes et le deuil que préconise le Prophète sont là pour pleurer nos péchés, sincèrement, et non pour se donner en spectacle à la foule.

 

*       *       *

 

Saint Paul à son tour nous demande de nous réconcilier avec Dieu : le mot est presque amusant, car ce n’est pas Dieu qui doit se réconcilier, mais comme les gens disent très souvent que Dieu semble ne pas les écouter ni s’occuper d’eux, saint Paul répond qu’au fond, pour que Dieu soit plus proche de nous, nous n’avons qu’à nous rapprocher un peu de Lui ; ayant fait ce pas vers Dieu, nous serons tout heureux de sentir la main puissante de Dieu sur nous.

Il est remarquable que Jésus-Christ, en prenant notre nature humaine, ait assumé tout le péché des hommes, de sorte que notre nature soit à son tour absorbée en Jésus-Christ qui nous reconduit à Dieu, divinisés.

 

*       *       *

 

L’appel que nous adresse le prêtre au moment de nous imposer la cendre sur le front, est significatif : 

Convertissez-vous et croyez à l’Evangile (cf. Mc 1,15), qui est plutôt un appel pressant à la joie de la conversion, dans l’esprit du troisième mystère lumineux du rosaire. C’est la raison pour laquelle c’est le rite des Cendres qui tient lieu d’acte pénitentiel, à la place du Je confesse à Dieu habituel.

 

*       *       *

 

Dans cet esprit lisons, méditons, ce psaume 50 : on y lit tout le repentir de David après son adultère, mais aussi l’espérance en la joie d’être sauvé, la confiance d’être pardonné et le désir intime de louer Dieu.

Autrefois la formule pour l’imposition des cendres était : 

Souviens-toi que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière (cf. Gn 3,19), qui insistait plus sur notre côté humain et mortel.

Convertissons-nous ! Avançons vers la sainteté de Dieu par de petits actes humbles, de petites victoires arrachées à notre Ennemi, parfois avec une certaine violence contre notre moi personnel. Si nous reconnaissions chaque soir une seule action imparfaite de notre journée et que nous nous en repentions, nous serions déjà sur le chemin de la sainteté.

N’oublions pas que l’Eglise nous demande au minimum de nous approcher de l’Eucharistie chaque année au moment de Pâques, et que pour y accéder, il faut s’y préparer par une bonne confession. Salutaire habitude, celle de s’examiner chaque soir en sachant pointer du doigt tel défaut, tel péché : non pas pour nous en sentir accablés, mais en remerciant Dieu de nous avoir ainsi éclairés pour nous rapprocher de Lui, pour nous réconcilier.

Que ce premier pas dans le Carême soit suivi d’autres, tous plus décisifs l’un que l’autre, pour franchir avec Christ le fossé de la Mort et ressusciter avec Lui à la victoire, à la résurrection, à la Vie.

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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 00:00

13 FEVRIER

 

III.

Stes Fusque, vierge de quinze ans martyre à Ravenne, avec sa nourrice Maure ; elles reçurent un baptême de sang.

IV.

S Benignus, prêtre martyr à Todi.

S Domnin, venu d’Afrique à Digne où il évangélisa.

S Castor, un des premiers solitaires occidentaux, dans le désert de Karden.

Ste Julienne, noble dame à Turin qui ensevelit des martyrs.

S Martinianus, ermite près de Césarée de Palestine ; pour sortir d’une tentation grave, il se mit les pieds dans le feu ; il mourut à Athènes.

VI.

S Stephanus, évêque à Lyon.

S Stephanus, abbé à Rieti, aux façons un peu rustres, mais modèle de patience et de générosité.

S Carterius, prêtre à Lugny. 

S Modomnoc, moine irlandais, abbé ou évêque à Tiprat-Fachna.

S Passif, évêque à Sées.

VII.

Ste Ermenilda, reine de Mercie, puis abbesse à Sheppey, enfin à Ely, après sa mère.

VIII.

Ss Haymon et Vérémond, seigneurs à Meda, fondateurs d’un monastère en accomplissement d’un vœu émis lors d’une chasse où deux sangliers les menacèrent.

IX.

S Gosbert, évêque à Osnabrück.

X.

S Gimer, évêque à Carcassonne.

XI.

S Fulcran, évêque à Lodève ; son corps resta intact jusqu’en 1572, année où il fut déchiqueté.

S Gilbert, évêque à Meaux ; ses reliques furent profanées en 1562 par les Huguenots.

XIII.

B Jordan de Saxe, dominicain allemand qui donna une grande expansion à l’ordre après s. Dominique ; il mourut d’un naufrage au retour des Lieux Saints et fut enterré à Ptolemaïs.

XIV.

B Giacomo Capoccio, augustin et évêque à Viterbe, surnommé le Docteur spéculatif.

XV.

Bse Agostina (Cristina) Camozzi, veuve puis pénitente et tertiaire augustine à Spolète.

Bse Lucrezia (Eustochium) Bellini, bénédictine à Padoue, fille d’une religieuse, mystique morte à vingt-six ans.

XIX.

S Baolu Liu Hanzuo, prêtre chinois, martyr, un des cent-vingt chinois canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

S Phaolô Lê Van Lôc, prêtre vietnamien martyr, canonisé en 1988 et fêté avec ses compagnons le 24 novembre.

XX.

B James Alfred Miller (Leo William, 1944-1982), américain des Frères des Ecoles Chrétiennes, martyrisé au Nicaragua, béatifié en 2019.

 

CastorBenignus de Todi

† 303

 

Benignus naquit et vécut à Todi (Ombrie, Italie C).

Il fut ordonné prêtre en raison des vertus qui brillaient en  lui.

Quand la persécution éclata, les idolâtres se sentirent les mains libres et se saisirent du prêtre, certains laissent entendre que ce fut pendant qu’il prêchait.

Benignus supporta courageusement les multiples tortures qu’on lui imposa alors, et rendit à Dieu son âme pure et sacerdotale. 

Saint Benignus de Todi est commémoré le 13 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Castor  de Karden

† 400

 

Castor était peut-être d’origine aquitaine et fit des études dans cette région.

Il vint se retirer à Trèves, auprès de l’évêque Maximin (v. 29 mai).

Celui-ci l’ordonna prêtre, mais Castor demanda à se retirer, solitaire, dans le désert de Karden qui borde la Moselle.

Sa sainte vie attira des disciples, pour lesquels Castor construisit un monastère, puis une église.

Dieu lui accorda le don des miracles. En voici un.

Un bateau chargé de sel passait et Castor - ou un de ses disciples - demanda l’aumône d’un peu de sel, qui lui fut refusé. Une forte tempête éclata à ce moment-même et les bateliers, repentis, furent bien inspirés de demander de l’aide au Ciel : Castor apaisa la tempête d’un signe de croix.

En Occident, Castor semble avoir été le premier à mener cette vie de solitaire.

Il mourut le 13 février, vers 400 ou un peu avant.

Saint Castor  de Trèves est commémoré le 13 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martinianus de Césarée de Palestine

† 400

 

Né vers le milieu du quatrième siècle à Césarée de Palestine (proche de l’act. Hadera, Haïfa, Israël), Martinianus se retira à dix-huit ans dans une solitude montagneuse des environs, où se trouvaient déjà des ermites.

Cette vie dura vingt-cinq ans, période durant laquelle Martinianus grandit beaucoup dans les voies de la sainteté, au point que Dieu lui permit d’accomplir des miracles.

Mais la sainteté ne consiste pas à faire des miracles. C’est un combat de tous les instants, où l’Esprit du mal s’acharne à nous faire perdre la paix. Voici un épisode concernant Martinianus.

Un soir, une femme en haillons vint le supplier de l’héberger pour la nuit. Martinianus ne sut la renvoyer et lui donna la meilleure place dans sa hutte, se retirant au fond, sur la terre nue. Il était seulement convenu que la femme devrait sortir dès le petit jour. Mais celle-ci montra alors sa perfidie : elle s’habilla d’habits luxueux et proposa à Martinianus un heureux mariage. Martinianus ne sut pas reconnaître tout de suite la tentation diabolique et se contenta de différer jusqu’au soir sa réponse. Dans la journée cependant, il comprit son erreur, en fut profondément bouleversé et repenti ; pour expier son «péché», il se mit les pieds dans l’âtre. 

Horriblement brûlé, il s’écria : Je peux à peine supporter ce feu, et que ferai-je du feu de l’enfer, pour m’être ainsi exposé à la tentation ? La femme comprit sa perfidie, en fut contrite et se convertit sur l’heure. Martinianus l’adressa au monastère Sainte-Paule de Bethléem, où elle se consumma en pénitences. Il mit sept mois à guérir ses brûlures.

Il quitta son ermitage et alla s’installer sur un îlot, où il resta six années, par tous les temps. Il cultivait quelques légumes et, trois fois par an, recevait la visite d’un marinier qui lui apportait un peu de vivres. Mais là aussi le Diable le rejoignit. Le résumé qui suit a peut-être été un peu manipulé. 

Un bateau fit naufrage, et une seule rescapée put venir demander du secours à Martinianus. Celui-ci réagit différemment : il laissa à la jeune fille le pain et l’eau qui lui restaient, lui annonça la «prochaine» visite du marinier dans deux mois, et rejoignit la côte à la nage ; on prétend - pourquoi pas ? - que deux dauphins vinrent le prendre sur leur dos. 

La rescapée se plut à sa nouvelle vie et la prolongea pendant plusieurs années. Martinianus, lui, visita plusieurs villes encore pendant deux années.

Il vint mourir en Athènes, vers 398 ou 402.

Il mourut le 13 février.

Saint Martinianus de Césarée de Palestine est commémoré le 13 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Stephanus de Lyon

† 514

 

De cet évêque, on peut seulement dire qu’il fut le vingt-troisième évêque de la ville de Lyon, élu vers 501.

A cette époque, la Gaule était encore partagée, à la suite de la crise arienne et des nombreux épisodes qui suivirent. Les divergences entre les évêques se répercutaient sur la vie politique.

A la suite d’une entrevue entre évêques catholiques et évêques ariens (499), le roi Gondebaud sembla convaincu, mais n’adhéra pas vraiment au catholicisme.

L’épiscopat de Stephanus ne fut donc pas sevré d’épines. 

On a conservé deux lettres qui lui furent adressées, l’une par s.Ennodius de Pavie, l’autre par s.Avitus de Vienne (v. 17 juillet et 5 février).

Il mourut vers 514.

Saint Stephanus est commémoré le 13 février au Martyrologe Romain.

 

 

Stephanus de Rieti

† 6e siècle

 

Ce qu’on sait de cet abbé ne nous est parvenu que par les écrits du pape Gregorius le Grand (v. 12 mars).

Stephanus était abbé d’un monastère bénédictin à Rieti (Latium, Italie C).

Le saint homme ne possédait absolument rien des biens de ce monde. Une année qu’il avait pu amasser assez de grain pour lui et ses disciples, «quelqu’un» (un paysan ou un seigneur jaloux ? le Diable lui-même ?) mit le feu à ses greniers. L’Abbé n’eut pas un mot de regret pour cette perte ; il s’en remit à la Providence ; s’il eut une parole amère, ce fut sa tristesse pour «celui» qui avait ainsi alourdi sa conscience.

Plus loin, on lit que Stephanus était «rusticus» dans son langage : Le mot latin, a priori, n’a pas de résonnance péjorative ; il signifie «qui vient de la campagne» et peut évoquer, selon le contexte, des manières un peu gauches, peut-être un langage simple, mais pas forcément «vulgaire» ou «grossier», et n’exclut certainement pas, comme le souligne toujours Gregorius, un grand cœur épris de sainteté.

En particulier sa patience fut péniblement mise à l’épreuve par telle personne qui l’insultait, et envers laquelle il sut montrer la plus grande reconnaissance pour lui avoir procuré l’occasion de souffrir et de se sanctifier. Cette épreuve dépassa certainement les limites de l’imaginable, au point que Gregorius ajoute que, si Stephanus n’est pas mort du glaive du persécuteur, du moins mérita-t-il la couronne pour sa patience héroïque.

Au dernier moment de sa vie, on vit sa cellule se remplir d’anges. Ceux qui étaient présents préférèrent alors se retirer, dit toujours Gregorius, pour qu’aucun mortel ne fût présent à une scène si céleste. La mort du pieux abbé advint à une date inconnue du 6e siècle.

Saint Stephanus est commémoré le 13 février au Martyrologe Romain.

Il y eut à Rieti un autre Stefano, dominicain, du 13e siècle, illustre philosophe certes, mais absent du Martyrologe.

 

 

Gosbert d’Osnabrück

† 880

 

Diverses difficultés se sont élevées à propos de Gosbert, évêque d’Osnabrück.

Autrefois, on disait que tout un groupe de Comtes et d’Evêques chrétiens firent face à des Normands cruels et païens qui envahissaient la Germanie ; une «bataille» eut lieu à Ebekestorp (Lunebourg), où toute cette vaillante troupe fut abattue. On nommait :

  • Bruno, duc de Saxe, fils de Ludolf, frère d’Otto et oncle de Henri l’Oiseleur ;
  • Theodoric, évêque de Minden : il fut tellement mutilé, qu’on ne retrouva pas son corps ;
  • Markward, évêque de Hildesheim : il fut tellement défiguré, qu’on ne pouvaiti le reconnaître ;
  • Erluph, évêque de Verden, originaire d’Ecosse ou d’Irlande ;
  • Gosbert, évêque d’Osnabrück après avoir été missionnaire en Suède ;
  • Egalement trois autres évêques, mais le fait est douteux ;
  • Vingt-cinq autres Compagnons, comtes ou officiers royaux.

Ceci se serait passé le 2 février 880.

Des miracles se produisirent sur leurs tombeaux. En 1243, au jour anniversaire de leur mort, on vit couler de leurs ossements une huile abondante, source de nouveaux prodiges miraculeux.

D’après ce récit, on considérait ces victimes - dont Gosbert - comme des martyrs.

Comment expliquait-on la présence de ces sept évêques au milieu d’hommes d’armes, on ne le dit pas. Essaiera-t-on d’imaginer que, devant l’impétuosité de l’envahisseur et se sachant humainement perdus, les vaillants combattants, entourés de leurs évêques, s’exposèrent courageusement dans l’espérance d’arrêter la fougue des païens ? Si c’était le cas, pourquoi toute cette histoire aurait-elle été récemment occultée et effacée du Martyrologe ? Et pourquoi les inscrire au 13 février ?

 

En revanche, on signale au 13 février un Gosbert, neveu de l’archevêque de Reims, Ebo.

On a écrit son nom de diverses façons : Gautbert ou Gaudbert, Gauzbert ou Gozbert, Gotebert.

On dit que Gosbert fut moine bénédictin.

Après la première mission de s.Oscar (v. 3 février) en Suède, Ebo aurait, en 832, sacré Gosbert évêque pour la Suède, tandis qu’Oscar restait au Danemark.

Gosbert appela alors à lui son neveu, Nithard (v. 3 février), qui était moine à l’abbaye bénédictine de Corvey. Reçu avec bienveillance par le roi, ils purent obtenir très vite beaucoup de conversions.

Cependant, une révolte ou une invasion des Vikings menaça cette belle espérance. En 845, la maison de Gosbert fut pillée, son église démolie ; Nithard fut massacré, premier martyr de Suède. Gosbert, chassé de son siège par les païens, fut alors transféré au siège d’Osnabrück et gouverna ce diocèse jusqu’en 860, date à laquelle commença l’épiscopat de son successeur, Egbert.

Gosbert ne put jamais revenir en Suède ; l’Eglise suédoise fut coupée de Rome pendant sept ans, au bout desquels Oscar put y rentrer, convertir le nouveau roi Olaf (v. 29 juillet), et ordonner prêtre (et évêque ?) le neveu de Gosbert, Erimbert.

Les historiens qui font mourir Gosbert le 2 février 874, ne nous disent pas ce que fit Gosbert durant les quatorze années qui vont de la fin de son épiscopat jusqu’à sa mort ; le Martyrologe affirme que le même Gosbert mourut à Osnabrück, mais le 13 février 874 ; d’autres spécialistes en ont déduit qu’il serait donc mort plutôt en 859. Chaque thèse résout un problème, mais en suscite d’autres, dont on ne va pas débattre ici.

En considération de ses durs labeurs en Suède, certains affirmaient que Gosbert méritait le titre de martyr.

Saint Gosbert est commémoré le 13 février dans le Martyrologe Romain, qui ne parle pas de martyre.

 

 

Gimer de Carcassonne

† 931

 

Une ancienne chronique établissait que Guimera avait succédé à s. Crescent, disciple de saint Paul, et qu’il serait mort en l’an 300 ; ce texte qui comprend, nous dit-on, des anachronismes évidents, voudrait alors faire supposer que Crescent comme Gimer auraient chacun occupé le siège de Carcassonne pendant plus d’un siècle.

Les historiens ayant démontré qu’il n’y eut pas d’évêché à Carcassonne avant le 6e siècle et que son premier évêque fut Hilarius († 550), il faut reconnaître que le saint évêque dont il est question ici, n’est autre que celui qui occupa ce siège au 10e siècle, de 902 à 931.

De l’enfance de Gimer (Guimera en latin), on raconte qu’il prenait le pain que cuisait sa mère pour le donner aux pauvres. La brave femme devait recommencer le travail pour la famille, mais voilà qu’un jour la pâte gonfla et la quantité de pain doubla.

Plus tard, Gimer vendit son héritage au profit des pauvres.

Elu évêque pour le siège de Carcassonne, il participa à plusieurs conciles : Barcelone en 906 et 907, Saint-Thibery (907), Maguelone (909), Fontcouverte (911).

Il transféra son église cathédrale de Sainte-Marie à Saint-Nazaire.

Saint Gimer, qui mourut en 931, est commémoré le 13 février au Martyrologe Romain.

Fulcran de Lodève

† 1006

 

La naissance et la famille de Fulcran demeurent enveloppées dans la brume. Sa mère portait le nom d’Eustorge ou de Biligarde, et descendait d’une famille noble. On a écrit aussi que Fulcran serait né à Mérifons, que sa famille serait issue des Roquefeuil du Rouergue.

Le latin Fulcranus ne semble pas justifier l’orthographe Fulcrand, qu’on trouve parfois.

Fulcran, donc, écrivit lui-même qu’il avait deux frères : Pons et Aranfred, et peut-être deux sœurs.

Il grandit sous la tutelle vigilante et sage de l’évêque Thierry. Il avait un instinctif amour pour la chasteté, qu’il préserva jalousement par la prière et l’étude, les veilles et les jeûnes.

Thierry l’ordonna prêtre et en fit son archidiacre ; à sa mort, tous s’accordèrent pour appeler Fulcran à lui succéder… sauf l’intéressé, qui alla se cacher. Vite découvert, il dut s’incliner et recevoir la consécration épiscopale, en 949. C’était le treizième (ou quatorzième) évêque de ce diocèse.

Sa préoccupation majeure était de donner l’exemple des vertus, mais aussi de confirmer le peuple dans la juste doctrine. Il entreprit la visite intégrale du diocèse, condamnant les vices et accueillant les pécheurs, se ruinant pour soulager la pauvreté, consolant les malades, qu’il allait trouver chez eux.

Il fonda le monastère de Saint-Sauveur et rétablit la discipline dans les maisons religieuses.

On lui doit la cathédrale de Lodève, qui porte aujourd’hui son nom.

Un fait important va montrer sa délicatesse de conscience. Il apprit qu’un évêque était passé au judaïsme et, dans sa tristesse pour cette malheureuse apostasie, se laissa dire que le fautif méritait le feu. Or il apprit qu’on l’avait effectivement brûlé vif ; il s’en sentit responsable et alla expier jusqu’à Rome son «péché», faisant publiquement pénitence, à l’édification de tous.

Un autre événement illustrera sa lutte contre le péché. Il reprocha vivement au comte de Toulouse d’être tombé dans l’adultère, sous le prétexte que son épouse était stérile. Or, cette femme fit un pèlerinage et mit au monde deux garçons. C’est depuis lors que les femmes de la région implorent saint Fulcran pour obtenir la grâce de la maternité.

Après plus d’un demi-siècle d’épiscopat, Fulcran s’éteignit en 1006 et fut enterré dans sa cathédrale. On retrouva son corps intact vingt ans plus tard. En 1572, les Huguenots tentèrent de le brûler mais, n’y réussissant pas, le déchiquetèrent ; on ne put récupérer que quelques fragments, précieusement conservés à Lodève.

Saint Fulcran est commémoré le 13 février au Martyrologe Romain. 

Après la Révolution et le Concordat, le diocèse de Lodève a été rattaché à celui de Montpellier.

 

 

Gilbert de Meaux

† 1009

 

Gilbert serait né à Ham (Somme) de Fulchard et Geila, nobles et pieux parents du Vermandois.

L’enfant fut confié aux chanoines de Saint-Quentin, où ses qualités et ses vertus lui acquirent la bienveillance unanime ; il fut à son tour doté d’un canonicat, puis l’évêque de Meaux en fit son archidiacre.

En 995, et malgré ses humbles protestations, Gilbert fut appelé à succéder à l’évêque défunt. 

Il avait été auparavant miséricordieux pour les pauvres, sévère pour les méchants, zélé pour l’Eglise ; il le fut davantage dans l’exercice de sa charge, sans rien changer à sa vie personnelle, qui était toute de prière et de mortifications.

En 1004, il apporta une profonde modification dans l’administration des ressources du diocèse. Auparavant, l’évêque était le seul administrateur des biens de son Eglise et les répartissait entre les membres du clergé, selon ce qu’il jugeait utile pour le culte, les pauvres et ses propres dépenses. Gilbert divisa ces biens en deux part, l’une pour l’évêque, l’autre pour le chapitre. A chacun ensuite de les répartir selon les nécessités. Léon IX (v. 19 avril) approuva cette prudente disposition.

En 1008, Gilbert était l’un des treize évêques présents au concile de Chelles, le 17 mai, dans le palais du roi Robert. Il y fut question d’une charte en faveur de l’abbaye de Saint-Denis. L’abbé, Vivien, y avait reporté la Règle à sa première vigueur et obtint alors de nouveaux privilèges.

Sentant approcher l’heure de la mort, Gilbert appela à son chevet deux grands amis, l’évêque de Sens (Léotheric) et celui de Chartres (Fulbert, v. 10 avril), dont la présence le combla de joie et qu’il accueillit en les qualifiant de Lumières de l’Eglise des Gaules.

Il s’endormit le 13 février 1009.

En 1562, Les Huguenots profanèrent ses reliques, dont on put préserver quelques-unes.

Saint Gilbert est commémoré le 13 février au Martyrologe Romain.

 

 

Jordan de Saxe

1190-1237

 

Jordan (Iordanus, Gordanus ou Giordanus, Jourdain) naquit vers 1190 en Saxe (Allemagne), dans la noble famille des comtes d’Eberstein.

A vingt ans, il vint étudier à Paris, où sa vie se partageait entre l’étude et la prière : toutes les nuits il se trouvait à l’office nocturne des chanoines.

Il s’était fait une loi de donner chaque jour une pièce au premier pauvre qu’il rencontrait. Un soir qu’il se dépêchait pour arriver à l’heure, un pauvre l’accosta ; n’ayant rien sur lui, il donna au pauvre sa ceinture et courut à l’église… où il eut la vision du Crucifix entouré de cette ceinture.

En 1219, on le sait sous-diacre et bachelier en théologie ; il rencontra cette année-là Domingo de Guzmán (v. 6 août), qui l’encouragea. Peu après Jordan reçut le diaconat.

En 1220, Jordan fut reçu au couvent Saint-Jacques des Dominicains de Paris, avec ses deux amis : Henri de Cologne et Léon. La même année, Jordan participa au chapitre de Bologne.

De retour à Paris, il y enseigna l’Ecriture Sainte avec un commentaire très apprécié de l’évangile de Luc. C’est peut-être cette année-là qu’il fut ordonné prêtre.

En 1221, Domingo le nomma provincial pour la Lombardie. Or Domingo mourut cette année-là, le 6 août, et le chapitre élut Jordan pour lui succéder.

Jordan avait toutes les qualités pour cette mission si imprévue : intégrité angélique, oubli total de soi, douceur dans la parole et les actions, discours convainquant.

Sous Jordan, furent ouverts deux-cent quarante couvents.

Jordan eut l’audace d’aller trouver personnellement l’empereur Friedrich pour le supplier de changer de conduite vis-à-vis de l’Eglise.

Il entretint une correspondance importante avec la bienheureuse Diana d’Andalò (v. 10 juin) et surtout eut l’immense joie de voir la canonisation de saint Domingo (1234). 

En 1236, Jordan s’embarqua pour la Terre Sainte, car il devait y visiter des couvents déjà établis là-bas. Il vénéra les Lieux Saints et reprit le bateau. Sa santé était déjà assez ébranlée. Le navire fut pris dans une grosse tempête et sombra en face de Ptolémaïs (Syrie) ; la plupart des passagers furent engloutis, Jordan fut du nombre, le 13 février 1237.

Les flots ramenèrent les corps sur le rivage : tant qu’ils y restèrent, une lumière merveilleuse les illumina, d’après le témoignage de deux Religieux de Ptolémaïs. Puis Jordan fut inhumé à Acre.

Le titre de Bienheureux fut très tôt attribué à Jordan, et fut confirmé en 1825.

 

 

Cristina Camozzi

1435-1458

 

Des incertitudes sur cette personnalité ont donné lieu à deux traditions (ou même trois).

La plus consistante semble être celle qui fait naître Cristina le 4 août 1435 à Calvisano (Brescia), de Giovanni et Margherita.

A quatorze ans, elle aurait émis les vœux comme tertiaire agostinienne à Saint-Barnabé de Brescia (d’où son surnom de Agostina) puis, de retour à Calvisano s’adonna au soin des pauvres. Après la mort des parents, elle serait allée à Rome, Assise, enfin Spolète, où elle continua de s’occuper des pauvres et des malades, et y serait morte le 14 février 1458.

L’autre tradition la fait naître à Porlezza (Côme, Lugano, Italie) en 1435, fille d’un docteur Camozzi, et nommée Agostina. 

Une première fois veuve d’un artisan de l’endroit, puis à nouveau veuve d’un hypothétique chevalier milanais (et mère d’un petit bébé qui mourut très vite), et encore une fois veuve, elle aurait finalement embrassé une vie de pénitence, entrant chez les Augustiniennes de Vérone avec le nom de Cristina, mais, ne pouvant supporter les austérités du couvent, se dirigea à Come, Milan, Rome, Assise, et Spolète, changeant de lieu fréquemment pour rester dans l’ombre. 

Elle aurait voulu rejoindre les saints lieux de Terre Sainte, mais s’arrêta à Spolète (Ombrie), où elle s’adonna au soin des malades de l’hôpital.

La troisième tradition la rend parente des Visconti de Milan.

Finalement, les trois traditions concourent à la même conclusion : cette sainte femme, Agostina ou Cristina, s’éteignit bientôt à Spolète, le 13 février 1458. La ville la fit enterrer dans le couvent de Saint-Nicolas, où alors beaucoup de miracles eurent lieu par son intercession.

Elle fut béatifiée en 1834.

Sous le nom de Cristina (Agostina) Camozzi, le Martyrologe romain la commémore le 13 février.

 

 

Lucrezia Bellini

1444-1469

 

Dives in misericordia (Riche en miséricorde), Dieu tire toujours un bien du mal. Comme le fils adultérin de David devint le grand roi Salomon, ainsi la fille d’une religieuse infidèle de Padoue devint une grande sainte.

Lucrezia Bellini grandit ainsi à Saint Prosdocime, le couvent de sa mère à Padoue, travaillant humblement aux charges domestiques pour aider les Religieuses dans leur vie quotidienne.

Quand elle exprima son désir d’être elle-même Religieuse, on avança quelques réserves, un peu compréhensibles.

Mais l’évêque autorisa Lucrezia à commencer son noviciat chez les Bénédictines, en 1461, où elle prit le nom de Eustochium

Bientôt de mystérieuses manifestations, violentes et de caractère hystérique, la firent prendre pour une possédée. Aussi on lui réserva le sort d’une possédée, l’isolant, et lui donnant seulement pain et eau, on l’exorcisa plusieurs fois. Quand l’abbesse tomba malade, on accusa même Eustochium de l’avoir empoisonnée. On dut même résister à un mouvement populaire de la population, qui voulait faire brûler cette «sorcière».

Mais Eustochium restait douce, pieuse, patiente, considérant toutes ces souffrances comme une vie de pénitence. 

Finalement elle put émettre les vœux de religion, peu avant de mourir, en 1465. Après sa mort, on vit marqué sur sa poitrine le nom de Jésus.

Le dies natalis de la bienheureuse Eustochium est le 13 février.

 

 

Baolu Liu Hanzuo

1778-1818

 

Baolu (Paul) était né vers 1778 à Lezhi (Sichuan, Chine).

Il fut prêtre dans ce même vicariat apostolique.

Des soldats vinrent l’arrêter le 15 août 1817, pendant qu’il célébrait la messe. Il leur dit : Laissez-moi achever le saint sacrifice. 

Ils attendirent et, après la célébration, ils emmenèrent le prêtre à Tchen-tou (Chengdu). 

Le père Liu Hanzuo fut étranglé à Chengdu (Sichuan).

C’était le 13 février 1818.

Il a été canonisé en 2000, parmi les cent-vingt Martyrs chinois, fêtés ensemble le 9 juillet.

 

 

Phaolô Lê Vǎn Lộc

1830-1859

 

Phaolô (Paul) était né à An Nhợn (Gia Định, Vietnam) dans une famille croyante.

Orphelin à dix ans, il fut adopté et put étudier au petit séminaire Le Nhum, pendant deux ans. Puis il étudia la théologie à Penang.

Prêtre, il appartenait au vicariat apostolique de la Cochinchine occidentale. Son évêque voyait pour lui un avenir très prometteur. Revenu dans son diocèse, il s’occupa de la catéchèse et de la formation des séminaristes.

D’après les registres de baptême, on voit qu’il a amené à l’Eglise plus de deux-cents néophytes en une année.

Après que le séminaire fut fermé et abandonné, le père Paul continua à tout faire pour fournir aux séminaristes ce qui leur fallait. C’est dans un de ses déplacements qu’il fut reconnu par une femme païenne et dénoncé.

Arrêté le 13 décembre, il subit un jugement hâtif et fut condamné à mort.

Le 13 février 1859 il fut décapité.

Béatifié en 1909, canonisé en 1988, il est fêté avec tous les Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

 

 

 

James Alfred Miller

1944-1982

 

James Alfred naquit le 21 septembre 1944 à Stevens Point (Wisconsin, USA), dans une famille d’agriculteurs. Prématuré, il ne pesait guère que quatre livres à la naissance, mais il grandit très bien : adulte, il mesurait près d’un mètre quatre-vingt-dix et pesait quasi cent kilos. Ses deux frères s’appelaient Bill et Ralph.

Après ses études secondaires, il entra à la Pacelli High School, tenue par les Frères des Ecoles Chrétiennes, pour passer à l’Université Sainte-Marie de Winona, où il obtint son diplôme en espagnol.

En 1959, il entra dans la congrégation des Frères des Ecoles Chrétiennes, prenant le nom religieux de Leo William.

Au terme de son noviciat, il enseigna l’espagnol, l’anglais et le catéchisme dans la Cretin High School et, en août 1969, émit la profession solennelle.

Cette même année, il fut envoyé en mission à Bluefields (Nicaragua), comme instituteur. En 1974, il fut envoyé à Puerto Cabezas, comme directeur d’une école qui passa de trois-cents à huit-cents élèves.

Promoteur de multiples actions culturelles pour les jeunes et de multiples écoles rurales, il chercha l’appui gouvernemental, raison pour laquelle il fut dans le colimateur des milices durant la révolution sandiniste : on l’accusait de connivence avec le gouvernement ; aussi ses supérieurs le rappelèrent aux Etats-Unis en 1979 ; il reprit l’enseignement à la Cretin High School, où on le surnomma Santiago pour son enseignement de l’espagnol. Le Frère Leo William regretta beaucoup de ne jamais pouvoir retourner au Nicaragua.

En 1980, il fut à New Mexico où ses élèves, lui donnèrent aussi le gentil surnom de Brother Fix-it, car ils le voyaient fréquemment un outil en main pour arranger ou fixer quelque chose dans tous les coins de l’école ; c’est lui aussi qui dépannait ceux qui oubliaient la combinaison de leur casier.

Mais le Frère s’ennuyait et voulait repartir en Amérique centrale. En 1981, il fut envoyé en mission au Guatemala, dans une région où vivait la minorité maya : le Frère s’occupa de leur instruction, de leur formation professionnelle et religieuse et défendit courageusement leurs droits.

Là encore il devint la cible privilégiée des guerilleros marxistes ; conscient du danger, il demeura sur place, confiant «(sa) vie à la Providence», écrivit-il encore un mois avant sa mort.

Le 13 février 1982, il fut abattu par un «escadron de la mort» à Huehuetenango, quelques mois après l’assassinat de Stanley Francis Rother (v. 28 juillet).

James Alfred Miller fut reconnu martyr en 2018 et béatifié en 2019.

Il sera commémoré le 13 février dans le Martyrologe Romain.

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12 février 2021 5 12 /02 /février /2021 00:00

12 FEVRIER

 

IV.

Ss martyrs d'Abitène (quarante-neuf) : le prêtre Saturninus avec ses deux fils Saturninus et Felix (lecteurs), sa fille (consacrée) Maria et le petit Hilarion ; les lecteurs Dativus Sanator, Felix, Felix, Emeritus, Ampelius ; et les autres : Rogatianus, Quintus, Maximianus (ou Maximus), Telica (ou Tazelita), Rogatianus, Rogatus, Ianuarius, Cassianus, Victorianus, Vincentius, Cæcilianus, Restituta, Prima, Eva, Rogatianus, Givalius, Rogatus, Pomponia, Secunda, Ianuaria, Saturnina, Martinus, Clautus, Felix, Margarita, Maior, Honorata, Regiola, Victorinus, Pelusius, Faustus, Dacianus, Matrona, Cæcilia, Victoria, Berectina, Secunda, Matrona, Ianuaria.

Ste Eulalie, vierge martyre à Barcelone, peut-être la même qu’à Merida (10 décembre).

S Meletios, évêque à Sébaste puis à Antioche, d’où il fut exilé pendant quatorze ans, en trois fois ; un de ses disciples fut s. Jean Chrysostome.

?

S Damien, soldat, et les enfants Modeste et Ammone, martyrs en Afrique (Alexandrie ?).

V.

S Gaudence, évêque à Vérone.

VII.

S Rioc, solitaire près de Landevenec, où il mourut.

VIII.

S Ethelwold, abbé à Melrose, évêque à Lindisfarne, très admiré de s. Bède.

IX.

S Benoît, ex-militaire lanquedocien, moine à Saint-Seine dont il s’enfuit quand on le nomma abbé ; en Languedoc, il s’installa avec d’autres sur les bords de l’Aniane, devint réformateur de monastères dans toute la France et mourut à Aix-la-Chapelle.

S Benoît, bénédictin, ermite, évêque à Albenga.

X.

S Antonios Cauléas, abbé près de Constantinople (où son père se mit sous sa conduite), puis patriarche à Constantinople même.

XI.

S Goslin, abbé à Saint-Soluteur.

XIII.

S Ludan, écossais, qui mourut à Nordhouse au retour de son pèlerinage à Jérusalem.

XVI.

Bx George Haydock, Thomas Hemmerford, James Fenn, John (Robert ?) Nutter et John Munden, prêtres anglais martyrs, d’abord pendus à Tyburn puis éviscérés encore vivants, béatifiés en 1987.

XVIII.

B Nicola de Longobardi, frère de l’ordre des Minimes.

XX.

B Josep Gassol Montseny (1915-1937), séminariste à Tarragona, martyr béatifié en 2013.

B Jak Bushati (1890-1949), prêtre albanais martyr, béatifié en 2016.

Martyrs d’Abitène

† 304

 

Sous le règne de Dioclétien et Maximien, les Chrétiens furent nouvellement inquiétés.

Ordre avait été donné de rechercher les Livres saints (Bibles, missels), de détruire les églises, d’interdire toute célébration donc tout rassemblement, réunion, conférence, assemblée. 

Il y eut, certes, des faiblesses ; il y eut des traditores, qui livrèrent des objets sacrés, ou qui donnèrent des noms. Mais il y eut de vaillants Soldats fidèles, que les tourments ne découragèrent pas.

Pour la seule localité d’Abitène (act. Medjez el-Bab, Tunisie), il y eut quarante-huit personnes arrêtées.

Les envoyés impériaux firent d’abord irruption le dimanche dans la maison d’Octavius Felix, où le prêtre Saturninus était en train de célébrer.

On conduisit tous ces Chrétiens, chargés de chaînes, sur la place du forum, où ils montraient leur joie de souffrir pour le Christ.

D’Abitène, on les dirigea à Carthage, soit quelque quatre-vingts kilomètres qu’ils durent parcourir avec les pieds enchaînés. 

A Carthage, le proconsul Anullinus les sépara pour leur enlever le réconfort de l’entraide. On verra plus bas certains détails des tortures qu’on leur infligea, mais aussi certaines des admirables réponses que ces courageux Soldats exprimèrent alors.

Le jour tombant, Anullinus s’adressa simultanément à tous ceux qui n’avaient pas encore été interrogés, les invitant à se soumettre aux édits impériaux. La réponse fut unanime autant que solennelle : Nous sommes Chrétiens !

Ces interrogatoires et ces séances de tortures eurent lieu le 11 février 304. Puis les Chrétiens furent reconduits en prison où, semble-t-il, on les «oublia», volontairement, les laissant agoniser et mourir de faim.

Ci-dessous, les noms de ces Martyrs : 

  • Saturninus, prêtre
  • ses quatre enfants : Saturninus le Jeune et Felix, lecteurs ; Maria, vierge ; Hilarion, petit enfant
  • Dativus Sanator, Felix, Emeritus et Ampelius, lecteurs ; Emeritus eut cette très belle déclaration :  Nous ne pouvons pas vivre sans célébrer ensemble le jour du Seigneur.
  • Berectina 
  • Cassianus
  • Cæcilia
  • Cæcilianus
  • Clautus
  • Dacianus
  • Eva
  • Faustus
  • Felix (deux hommes de ce nom, dont peut-être Octavius Felix, le propriétaire de la maison)
  • Givalius
  • Honorata
  • Ianuaria (deux)
  • Ianuarius
  • Maior 
  • Margarita
  • Martinus
  • Matrona (deux)
  • Maximianus (ou Maximus)
  • Pelusius
  • Pomponia
  • Prima 
  • Quintus
  • Regiola
  • Restituta
  • Rogatianus (trois)
  • Rogatus (deux)
  • Saturnina
  • Secunda (deux)
  • Thelica (ou Tazelita)
  • Victoria 
  • Victorianus
  • Victorinus
  • Vincentius

 

Les Martyrs d’Abitène sont commémorés le 12 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ampelius d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Berectina d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Cæcilia d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Cæcilianus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Cassianus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Clautus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Dacianus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Dativus Sanator d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

On a parfois présenté Dativus comme un Senator, alors qu’il s’appelait apparemment Dativus Sanator, celui qui «guérissait», un médecin.

En outre, il était peut-être aussi lecteur.

Dativus fut interrogé le premier.

Il déclara courageusement qu’il avait pris part à une assemblée, mais il refusa de nommer le chef de cette assemblée.

On l’étendit alors sur le chevalet, et son corps fut déchiré par les pointes de fer.

Peu après, les bourreaux revinrent à lui. Celui-ci demeurait calme au milieu des tourments ; il ne cessait de déclarer qu’il avait pris part à l’assemblée, oui, mais qu’elle n’avait été organisée par aucun des frères. C’était une façon habile d’éviter de nommer le prêtre.

 

 

Emeritus, lecteur d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Le lecteur Emeritus s’avança de lui-même, au moment de l’interrogatoire du prêtre Saturninus, et déclara haut et fort : L’organisateur de la réunion, c’est moi-même, car on s’est assemblé dans ma maison, déchargeant ainsi la responsabilité du prêtre et du vrai maître de la maison où avait eu lieu la perquisition, Octavius Felix. 

Emeritus sous-entendait sans doute malicieusement : On s’est assemblé dans ma maison un autre dimanche.

Il ajouta cette phrase sublime : Je ne pouvais refuser ma maison aux frères, nous ne pouvons pas vivre sans célébrer ensemble le jour du Seigneur. La joie de célébrer ensemble le Christ ressuscité !

Emeritus fut à son tour frappé par les bourreaux, ne cessant d’invoquer le nom du Seigneur.

 

 

Eva d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Faustus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Felix d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Quatre des quarante-neuf Martyrs de cette ville, qui portaient ce même nom.

Un des fils du prêtre Saturninus, lecteur, s’appelait ainsi, et peut-être aussi un autre lecteur.

L’un des quatre était peut-être Octavius Felix, le propriétaire de la maison.

 

 

Givalius d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Hilarion d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

Il était le fils dernier-né du prêtre Saturninus.

On sait juste que c’était un petit enfant, disons un infans, qui avait moins de six ans.

 

 

Honorata d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Ianuaria d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Deux Chrétiennes des quarante-neuf Martyrs de cette ville, portaient ce nom.

 

 

Ianuarius d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Maior d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Un ou une des quarante-neuf Martyrs de cette ville, à moins que ce soit le surnom d’un ou d’une autre Protagoniste du même groupe.

 

 

Margarita d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Maria d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne, fille du prêtre Saturninus, était une vierge consacrée.

Elle faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Martinus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Matrona d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Deux Chrétiennes des quarante-neuf Martyrs de cette ville, portaient ce nom.

 

 

Maximianus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Il faut peut-être nommer ce Martyr Maximus.

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Pelusius d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Pomponia d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Prima d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Quintus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Regiola d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Restituta d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Rogatianus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Trois des quarante-neuf Martyrs de cette ville portaient ce même nom.

 

 

Rogatus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Deux des quarante-neuf Martyrs de cette ville portaient ce même nom.

 

 

Saturnina d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Saturninus, prêtre d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Le prêtre Saturninus était en train de célébrer les Saint Mystères, le dimanche avec quarante-huit autres personnes.

Etaient présents ses quatre enfants, les lecteurs Saturninus et Felix, sa fille Maria et le petit Hilarion.

Interrogé, il commença par affirmer qu’il ne pouvait pas suspendre la célébration des saints Mystères pour obéir aux édits impériaux. Il reçut alors sa ration de tortures.

Saturninus junior d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Un des quarante-neuf Martyrs de cette ville, junior, distinct du prêtre du même nom, dont il était le fils.

Il était lecteur.

 

 

Secunda d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Deux Chrétiennes des quarante-neuf Martyrs de cette ville, portaient ce nom.

 

 

Thelica d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Thelica (Telica) ou Tazelita faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Victoria d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Victorianus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Victorinus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Vincentius d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

 

Meletios d’Antioche

† 381

 

L’époque où vécut Meletios fut marquée par le problème de l’arianisme.

Il était né à Mélitène (Petite Arménie, auj. Malatya, Turquie CE), d’une noble famille.

Devenu prêtre, on remarqua sa vertu, sa science, et son attachement courageux et inconditionnel à la foi romaine, particulièrement à la doctrine énoncée au concile de Nicée (325). 

C’était aussi un homme doux, sur lequel beaucoup se trompèrent : on va voir successivement que les ariens le crurent parfois de leur «parti», les orthodoxes intransigeants, au contraire, hérétique.

En 358, il fut élu évêque de Sébaste pour succéder au semi-arien Eustathios, avec l’appui des ariens, ce qui jeta un doute sur son orthodoxie. L’agitation qui s’ensuivit poussa Meletios à se retirer à Bérée de Syrie (auj. Alep), dans le diocèse d’Antioche.

Or le siège d’Antioche se trouvait vacant après la déposition de l’arien Eudoxios, et tous, ariens comme catholiques, se tournèrent vers Meletios, considérant sa vertu, sa douceur, sa foi profonde. Meletios, de son côté, s’efforça de gagner et les uns et les autres. Mais l’archidiacre ayant voulu extorquer une déclaration plus précise de la part de Meletios, celui-ci répondit en affirmant péremptoirement qu’il fallait adhérer aux canons de Nicée. Les ariens alors obtinrent son envoi en exil, en Arménie. On dut faire partir Meletios de nuit, pour ne pas éveiller l’attention des fidèles.

En 361, Meletios put revenir d’exil. Cette fois-ci, ce furent les catholiques intransigeants qui lui firent opposition, déçus d’apprendre que les ariens avaient auparavant appuyé son élection. Un de leurs meneurs était un prêtre nommé Paulinos ; c’étaient les «intégristes» du moment ; leur faction dura près d’un siècle (cela peut nous consoler quand nous constatons des divisions parmi nous).

L’évêque Luciferus de Cagliari, pensant bien faire, en vint même à consacrer évêque ce Paulinos, en succession d’Eustathios, d’où une nouvelle sentence d’exil pour Meletios.

L’empereur Jovien rappela Meletios, mais sous Valens, on renvoya Meletios dans son exil.

Cependant, Meletios se faisait toujours plus d’amis, parmi lesquels Jean Chrysostome (v. 14 septembre) qui, avec tous les moines de la région, entretinrent le peuple dans la fidélité à leur évêque.

Meletios subit globalement quatorze années d’exil, sur les vingt-et-une années de son épiscopat. S.Athanase d’Alexandrie (v. 2 mai), en avait passé dix-sept sur quarante-six ; c’était pour chacun à peu près une année d’exil pour deux d’épiscopat !

En 378 enfin, Meletios put reprendre possession de son siège. Il en profita pour réorganiser le diocèse et soutenir la vraie doctrine trinitaire.

En 379, il réunit en concile cent cinquante évêques, qui rédigèrent cette profession de foi qui allait être approuvée au concile de Constantinople deux ans plus tard.

En 381, s’ouvrit ce concile, présidé par Meletios, qui cependant n’en vit pas la conclusion, car il mourut cette même année ; le concile s’étant ouvert en mai 381, Meletios mourut certainement après cette date.

Meletios fut enterré auprès de s.Babylas (v. 24 janvier). Jean Chrysostome estima qu’on pouvait le compter parmi les martyrs, tant il avait souffert patiemment les contradictions et les persécutions.

Saint Meletios d’Antioche est commémoré le 12 février dans le Martyrologe Romain, probable jour anniversaire d’une translation de ses reliques.

Benoît d’Aniane

750-821

 

Celui dont on parle ici s’appelait d’abord Witiza, né à Maguelone (Languedoc), fils du comte Aigulf, d’origine gothe et au service de Pépin le Bref. Il avait (au moins) un frère.

Witiza fut élevé à la cour et ses qualités le signalèrent au point que Pépin en fit son premier échanson, puis lui confia un poste de commandement.

Vers 774, Witiza et son frère accompagnaient Charlemagne en Italie. Près de Pavie, ce frère faillit se noyer et Witiza le sauva de justesse de la noyade. Ce fut le début de sa «conversion». Il abandonna les armes et retourna dans son pays.

De là il gagna un monastère de Bourgogne, Saint-Seine (act. Côte-d’Or), où il fut vêtu et reçut le nom de Benoît.

Il se mortifiait beaucoup, jeûnait au pain et à l’eau, dormait peu et souvent sur la terre nue, au point que certains moines, beaucoup moins sévères pour eux-mêmes, jaloux de tant d’austérités, le dénigrèrent. 

Mais l’abbé connaissait bien son novice, et l’appréciait, de sorte qu’il en fit le cellérier (économe) du monastère. Cette fois-ci, devant la probité et l’attention fraternelles que Benoît montrait envers chacun des moines, ceux-ci comprirent sa valeur… et l’élire abbé.

Benoît alors prit peur et s’enfuit retrouver sa solitude en Languedoc. Il s’établit avec quelques amis et disciples au bord d’un petit cours d’eau, l’Aniane. On construisit des cellules, on commença de chanter les louanges du Seigneur.

D’autres solitaires se trouvaient aussi dans les environs : Attilion, Nibridius et Anianus furent de grands amis de Benoît. Les disciples affluèrent et l’on dut construire d’autres bâtiments, d’autres monastères. Benoît y fit refleurir la Règle bénédictine authentique.

En 799, Benoît fut présent au synode d’Urgel (Espagne), où il mit en garde les prélats contre l’hérésie de Felix d’Urgel.

Charlemagne, puis Louis le Débonnaire protégèrent la fondation d’Aniane. Benoît visita plusieurs monastères du royaume franc. Louis le Débonnaire lui confia la direction de tous ceux d’Aquitaine, puis celui de Maursmünster (auj. Marmoutier, Alsace, bien différent de Marmoutier près de Tours), avant de le prier de séjourner dans le nouveau monastère d’Inden, proche d’Aix-la-Chapelle. Puis il lui donna autorité sur tous les monastères de France, en vue d’aboutir à une grande réforme de l’Ordre bénédictin.

Cela donna lieu en 817 à une grande assemblée à Aix-la-Chapelle., où la quasi totalité des abbés présents accepta la réforme de Benoît.

Benoît rédigea un Code des Règles, suivit d’une Concorde des Règles. Il y expose toutes les Règles connues et montre comment celle de saint Benoît (v. 11 juillet) recueille et unifie la tradition de toutes les autres.

Désormais, Benoît voyagea beaucoup pour visiter les monastères. En même temps, Dieu confirmait son autorité par des miracles. Benoît eut le don de la lecture des cœurs.

Il se trouvait auprès de Louis le Débonnaire quand la fièvre le prit. L’empereur informa les moines de venir le chercher pour le reconduire dans l’abbaye. Benoît était heureux de se trouver devant Dieu au milieu des chœurs des Saints. Il évoqua les quarante années de sa vie consacrée et s’éteignit, le 11 février 821.

Saint Benoît fut le patriarche de la vie cénobitique en Occident, Benoît d’Aniane en fut le réformateur.

Saint Benoît d’Aniane est commémoré le 12 février au Martyrologe Romain.

 

 

Antonios Cauleas

† 901

 

Antonios naquit près de Constantinople, de pieux parents qui, venus de Phrygie (Asie Mineure, act. Turquie centrale), avaient fui la persécution iconoclaste.

La maman mourut quand l’enfant était encore petit, et le papa le garda à la maison pour le protéger des fréquentations dangereuses. Quand Antonios eut douze ans, son père le confia à un saint abbé. Le jeune garçon s’éprit pour la liturgie, la prière, l’Ecriture.

Quand il eut l’âge, on lui conféra le sacerdoce, malgré son humilité qui s’y refusait, et il fut à son tour nommé abbé, succédant à Antonios Cassimatas.

Chose remarquable : son père vint alors se placer sous la conduite de son fils, qui lui remit l’habit monastique.

Le bruit de la sainteté d’Antonios se répandit tellement qu’on vint le chercher, en 893, pour succéder au défunt patriarche Stephanos.

Cette ascension dans la hiérarchie ne grisa pas un instant l’humble moine que demeurait Antonios ; austère, bon, humble, il ne cessait de grandir dans les saintes vertus. Un de ses soins fut de panser les plaies apportées dans l’Eglise orientale par le schisme de Photius, s’efforçant de réconcilier les adversaires dans la charité.

Il distribuait volontiers ses «revenus» aux monastères. Avec l’aide de l’empereur, il restaura le monastère de Kaulea.

Dans sa dernière agonie, il ne cessait de prier pour son peuple.

Il mourut le 12 février 901, son dies natalis au Martyrologe Romain.

Apprenant sa mort, une pauvre femme, qui avait une jambe cassée, l’invoqua et, durant son sommeil, fut totalement guérie.

Saint Antonios Cauleas est vénéré pas l’Eglise orthodoxe autant que par l’Eglise catholique.

 

 

Ludan de Nordhouse

† 1202

 

Ludan (Luden, Loudain) était d’Ecosse, fils du duc Hildebod.

A la mort de son père, il utilisa son héritage pour construire un hospice en faveur des pauvres, des voyageurs et des infirmes.

Puis il fit le pèlerinage de Jérusalem.

Au retour, il passa en Alsace. S’étant assoupi au pied d’un arbre à Nordhouse ou Nordhausen (Bas-Rhin), il y mourut de froid, le 12 février 1202.

Dans sa besace, on trouva ce billet : Je suis le fils du noble Hildebod, duc d’Ecosse, et je me suis fait pèlerin pour l’amour de Dieu.

Saint Ludan est invoqué pour la guérison des jambes et des engelures.

A Hipsheim se trouve une chapelle avec le tombeau de Ludan ; mais ce tombeau aurait été détruit durant la Guerre de Trente Ans par les Suédois.

Le Martyrologe mentionne saint Ludan au 12 février.

John Nutter

? - 1584

 

On ne connaît pas sa date de naissance. Mais on sait le plus important : son martyre en témoin du Christ.

Né à Reedley Hallows (Burnley, Lancashire), il étudia à Oxford et fut bachelier. 

Il quitta la religion protestante, et vint au Collège anglais de Reims, avec son frère, en 1579. Il fut ordonné prêtre en 1582.

Aussitôt après, il s’embarqua au Havre et devait arriver à Scarborough, mais le bateau alla s’échouer sur la côte de Suffolk, où John tomba gravement malade et fut déposé sur le littoral de Dunwich. Le bateau fut ensuite perdu (coulé ?), mais tous les passagers furent sauvés.

Là-dessus, un ministre du culte trouva une sacoche, dont il espérait recueillir quelque butin, et fut bien étonné de n’y trouver que des livres catholiques. Il en parla aux magistrats, qui suspectèrent notre John et ses compagnons d’être des prêtres. Interrogé, John ne nia pas l’évidence. On l’incarcéra, avec un autre prêtre, nommé Conyers, et un laïc, nommé Lawson.

Sans considération de sa fièvre, ils attachèrent John avec une lourde chaîne aux pieds, ainsi que les deux autres prisonniers, pour les conduire au Conseil de la ville. En attendant, ceux qui les avaient dénoncés se mirent à le questionner et, sur les réponses très pertinentes de John, furent tellement émerveillés de sa science, qu’ils pensèrent avoir pris un évêque ou un jésuite, envoyé ici dans le cadre d’on ne sait quel complot. Mais aucun n’ouvrit les yeux jusqu’à admettre la Vérité, ni même pour avoir quelque sentiment de bienveillance envers ce malade.

Après dix jours d’attente, le Conseil fit savoir qu’il fallait conduire les prisonniers à Londres. On mit les prisonniers dans une charrette, ce dont John souffrit encore davantage qu’à cause de sa fièvre, et surtout parce que les gardiens passaient exprès par les chemins les plus mauvais.

De Londres, on passa à Richmond pour un premier interrogatoire ; John était si faible, qu’il put seulement réaffirmer qu’il était prêtre ; on le renvoya à Londres pour être enfermé à Marshalsea. Là, grâce à la charité de braves personnes, il put se remettre. Pendant une année, il resta là, parlant, prêchant, conseillant, réconciliant, sans épargner sa fatigue. Parmi tous ceux qu’il exhorta ainsi, il s’en trouva un qui résista longtemps à la grâce, mais qui se convertit ensuite totalement en voyant comment ce prêtre mourut en martyr.

John Nutter se montra aussi très miséricordieux envers ces persécuteurs. Il était pour lui-même très austère, et ne se plaignait de rien. 

Un jour qu’arriva un autre prêtre prisonnier, il s’arrangea pour baiser les liens qu’on lui avait mis aux pieds et aux mains, affirmant que ces fers, qui avaient touché les membres d’un serviteur de Dieu, étaient comme sanctifiés.

Après donc une année de prison, John fut à nouveau interrogé. Si le pape venait à envahir l’Angleterre, il ferait ce qu’un bon prêtre catholique devrait faire. Il rédigea ensuite une lettre, qu’il demanda à faire porter à la Reine, dans laquelle il affirmait qu’il n’était pas venu pour apporter l’agitation ou troubler la paix ou fomenter quelque complot ; qu’il n’était là que pour apporter la Vérité et favoriser les intérêts de la Reine et du pays. Ceci ne fit que précipiter son jugement et sa condamnation.

Le 7 février 1584, il fut condamné à mort avec quatre autres Confesseurs. Après cinq jours passés à la Tour, ils furent traînés à Tyburn, pendus, éviscérés et écartelés, selon la triste expression habituelle alors.

Le 12 février 1584, John Nutter fut exécuté le quatrième, montrant une sérénité remarquable, qui édifia ceux qui étaient présents. Son crime avait été d’être prêtre et de ne pas reconnaître la suprématie royale sur l’Eglise.

Il fut béatifié en 1929.

 

 

John Murden

1544-1584

 

On ne connaît pas grand-chose sur ce prêtre anglais. Mais on sait le plus important : son martyre en témoin du Christ.

Son nom est peut-être plus exactement Munden.

Né à Maperton (Coltley, Dorsetshire), il étudia au Nouveau Collège d’Oxford. Ayant environ quarante ans au moment de son martyre, il pouvait être né vers 1544.

Arrêté pour son catholicisme, il fut déchu de son titre de bachelier en 1566. Plus tard, il vint à Reims en 1580 pour étudier la théologie, et fut ordonné prêtre. Pour harmoniser plusieurs récits, il semble vrai qu’il alla compléter ses études à Rome, qu’il y fut ordonné prêtre, et qu’ensuite il revint à Douai, où s’était alors établi le Collège anglais.

Fin février 1583, il fut arrêté entre Winchester et Londres, et conduit aux magistrats de Staines, qui l’envoyèrent à Londres ; là, on le présenta au principal secrétaire d’Etat. Ce dernier le soumit à un interrogatoire en règle, et le frappa si fort à la tête, qu’il en vacilla et ne pouvait plus rien entendre d’un côté pendant plusieurs jours, puis l’envoya à la Tour. Là, ils fut dans les fers pendant vingt jours, couchant par-terre ; mais il sentait la présence de Dieu en lui, et reçut la visite d’un autre prêtre qui le conforta fraternellement. En outre, on l’accusa calomnieusement d’avoir eu une vie licencieuse.

Les 6 et 7 février 1584, il fut jugé à Westminster-hall avec quatre autres Témoins. Condamnés à mort, ils entonnèrent le Te Deum. Il se montrait si heureux qu’on le crut acquitté ; sa joie ne le quitta plus. Qui voulait venir le réconforter, repartait plutôt réconforté par lui.

Conduit à Tyburn avec George Haydock, Thomas Hemmerford, James Fenn, John Nutter, il fut pendu, éviscéré et écartelé à Tyburn le même jour qu’eux, le 12 février 1584 (le 13 selon un autre témoin). John Murden fut le dernier des cinq à être martyrisé.

Ces Martyrs furent béatifiés en 1929, sauf George en 1987.

 

 

James Fenn

1549-1584

 

Né à Montacute (Somerset), il avait été élève au collège Corpus Christi d’Oxford.

Marié, il était veuf avec deux enfants. On lui donnerait approximativement la quarantaine d’années ou un peu moins. Faisons-le naître vers 1549.

Condamné à mort pour avoir «comploté contre la Reine», il souffrit le martyre à Tyburn en même temps que les prêtres George Haydock, Thomas Hemmerford, John Murden et John Nutter.

Juste avant le supplice, on avait enlevé à James tous ses vêtements, sauf sa chemise ; puis  au moment de tirer sur la corde de la pendaison, on lui retira aussi cette malheureuse chemise, de sorte qu’il se trouva entièrement nu, pendu, au regard de toute la foule, qui protesta hautement, raconte un témoin oculaire.

Puis, comme pour George et Thomas, on le remit sur pied encore vivant, pour l’éviscérer avant de l’écarteler, ce même 12 février 1584. 

Il fut béatifié en même temps que Thomas, et les deux John, en 1929.

 

 

George Haydock

1556-1584

 

George était le plus jeune fils de Evan Haydock, de Cottam Hall (Preston, Lancashire) et de Helen, fille de William Westby de Mowbreck Hall (Lancashire).

Il reçut sa formation dans les collèges anglais de Douai et de Rome et fut ordonné prêtre le 21 décembre 1581, probablement à Reims. 

Peu après avoir débarqué en Angleterre, il fut arrêté à Londres et passa quinze mois dans le plus strict confinement dans la Tour, souffrant d'une recrudescence d'une forte fièvre de malaria, qu'il avait contractée précédemment dans l'été 1581, durant sa visite des sept églises de Rome. Autour de mai 1583, tout en restant dans la Tour, il put jouir du statut plus relâché de "prisonnier libre", et administrer les Sacrements à ses compagnons de prison.

Durant la première période de sa captivité, il avait l'habitude de décorer sa cellule avec le nom et les armes du pape, griffés ou dessinés au charbon de bois sur la porte ou sur les murs : il montra ainsi tout au long de son parcours terrestre, sa passion pour la papauté. 

Grande fut donc sa joie lorsque, en la fête de la Chaire de saint Pierre à Rome (qui se fêtait alors le 16 janvier), le greffier vint l’interroger sur sa croyance, lui et les autres prêtres emprisonnés dans la Tour : il confessa franchement qu'à son profond regret il pourrait être contraint de déclarer que la reine était dans l'hérésie. C'est ainsi qu'il signa son destin. 

Le 5 février 1584 il fut accusé d'avoir conspiré contre la reine, à Reims le 23 septembre 1581, acceptant le 1er octobre de venir en Angleterre et décidant d'y venir le 1er novembre. En réalité, le 1er novembre 1581… il arrivait à Reims. 

Avec lui furent aussi accusés : 

  • James Fenn, du Somersetshire, ancien élève du collège du Corpus Christi à Oxford ; 
  • William Deane, qui avait été ordonné prêtre le même jour que lui ; 
  • Thomas Hemmerford, du Dorsetshire, ancien élève du collège Saint Jean à Oxford ;
  • John Murden, du Dorsetshire aussi, ancien élève au Nouveau Collège à Oxford ;
  • John Nutter, du Lancashire, ancien élève de collège Saint Jean à Cambridge ;
  • deux autres prêtres. 

Le jour suivant, fête de sainte Dorothée, Haydock, Fenn, Hemmerford, Murden et Nutter furent conduits au barreau et plaidèrent non coupables.

Haydock avait depuis longtemps une grande dévotion pour sainte Dorothée et avait l'habitude de se confier chaque jour à sa protection, lui-même et tout ce qu'il faisait. Or sainte Dorothée est fêtée le 6 février.

Il est bien possible que George soit entré au collège de Douai ce même jour en 1574 ou 1575, mais le fait n'est pas confirmé. 

La Concertatio Ecclesiæ affirme qu'il fut arrêté le 5 février, en 1581 ou 1582, mais les annotations de la Tour indiquent qu'il fut conduit à la Tour le 5, auquel cas il fut en réalité arrêté le 4 février. 

Reste que le vendredi 7, tous les cinq furent déclarés coupables et condamnés à mort. 

William et les deux autres ne partagèrent pas le sort des cinq Martyrs d’aujourd’hui.

Les quatre compagnons de Haydock furent destinés aux fers de "la fosse" dans la Tour, tandis que lui fut renvoyé à son ancien quartier, sinon il aurait sans doute échappé au bourreau par une mort naturelle, tant il était faible. 

Tôt le mercredi 12 il célébra la messe, puis les cinq prêtres furent tirés jusqu'à Tyburn parmi maints obstacles ; Haydock, qui était probablement le plus jeune et certainement le plus faible de santé, fut le premier à souffrir. Un témoin oculaire nous a transmis un récit de leur martyre, que le père Pollen, jésuite, imprima dans le cinquième volume de la Catholic Record Society.

Haydock y est décrit comme un homme de complexion délicate, de comportement doux, et bien résolu dans la confession de sa foi. Pendant tout le trajet, il récitait des prières, et en montant sur la charrette, il prononça à haute voix le dernier verset du Te lucis ante terminum (voir ci-dessous). Il reconnut Elizabeth comme sa reine de droit, mais affirma aussi qu'il l'avait appelée hérétique. Ensuite il récita à voix basse une hymne en latin, refusa de prier en anglais avec la foule, mais exprima le désir que tous les catholiques priassent pour lui et pour son pays. 

Sur quoi l'un des présents cria Ici il n'y a pas de catholiques, et un autre Nous sommes tous catholiques ; Haydock expliqua J'entends par 'catholiques' tous ceux qui appartiennent à l'Eglise catholique romaine et je prie Dieu que mon sang permette que la foi catholique se développe en Angleterre

Puis la charrette fut écartée, et bien que le préposé ait donné plusieurs coups à la corde, avant qu'il ne tombât à terre, Haydock était encore bien vivant lorsqu'il fut détaché. 

L’abbé Haydock avait vingt-huit ans.

Le dies natalis de ces cinq Martyrs est au 12 février. George a été béatifié en 1987, les quatre autres l’étaient déjà en 1929.

 

Note sur l’hymne Te lucis ante terminum.

Cet hymne commence l’office des Complies, que les moines chantent au terme de la journée. Il y en eut diverses versions ; celle que chanta George, au «soir» de sa vie, pourrait être celle-ci :

 

Te, lucis ante terminum,        Toi, avant le terme de la lumière, 

Rerum Creator, poscimus,        Créateur des choses, nous te demandons                                                  

Ut solita clementia        Que dans ton habituelle clémence                                                        

Sis præsul ad custodiam.        Tu restes là pour nous garder.

 

Procul recedant somnia        Que les songes reculent                                                                  

Et noctium fantasmata ;         Ainsi que les phantasmes de nuit ;                                                           

Hostemque nostrum comprime        Terrasse notre ennemi    

Ne polluantur corpora.        Pour que nos corps ne se souillent pas.

 

Præsta, Pater omnipotens,        Accorde-le, Père tout-puissant                                                           

Per Iesum Christum Dominum,        Par Jésus-Christ, le Seigneur,                                                             

Qui tecum in perpetuum        Qui, avec toi, à perpétuité,                                                                  

Regnat cum Sancto Spiritu.        Règne avec le Saint Esprit. 

 

Amen.         Amen.

 

 

Thomas Hemmerford

1556-1584

 

Né vers 1556 à Stoke (Dorset), il étudia au collège Saint-Jean d’Oxford, avant d’aller à Rome ; il fut ordonné prêtre en 1583. On voit parfois son nom avec un seul m.

Il fut martyrisé à Tyburn en 1584, en même temps que George Haydock, James Fenn, John Nutter et John Murden.

Le supplice consistait habituellement à pendre les suppliciés juste pour commencer de leur faire perdre connaissance, puis on les remettait sur pied et on les éviscérait, avant de les écarteler. Dans le cas de Thomas, il était encore bien conscient, et un témoin oculaire l’entendit gémir Oh ! Ah !, au moment où le bourreau commença de le «dépecer».

Leur dies natalis commun est au 12 février. Ils ont été béatifiés en 1929, sauf George, en 1987.

 

Josep Gassol Montseny

1915-1937

 

Josep naquit le 31 mars 1915 à Solivella (Conca de Barberá, Tarragona, Catalogne, Espagne NE), où il recevra le baptême, puis en 1916 la confirmation et, en 1925, la Première communion.

Il entra au séminaire de Tarragona, où on le connut comme un séminariste très pieux, humble, qui savait déjà se mortifier et chercher la perfection.

Lors de la proclamation de la République (1932), ses parents lui demandèrent s’il allait abandonner ses études ou les continuer. Sa réponse fut sans partage : Si Dieu se préoccupe de donner à manger aux oiseaux du ciel et de vêtir les lys des champs (cf. Mt 6:25-30), à plus forte raison s’occupera-t-Il de ses ministres. Si sa volonté est que je sois sacrifié, que Sa volonté soit faite et non la mienne.

Lors de la révolution de 1936, c’était l’été et Josep en était à sa dernière année d’études. Il se trouvait chez les siens pour quelques jours de vacances, mais la situation ne lui permit pas de rejoindre le séminaire. Il resta dans la famille.

Le 12 février 1937, il achevait à peine le chapelet avec les siens, que se présentèrent des miliciens pour l’arrêter, pour le seul grief qu’il était séminariste. Josep se laissa arrêter sans aucune résistance : Si je dois verser mon sang pour Dieu, je le lui donne volontiers.

On arrêta d’autres hommes et on les fit monter en camion, ligotés deux à deux. L’un d’eux réussit à couper la corde avec un petit canif ; les miliciens prirent le canif et dirent à Josep : Avec ça, on va te couper…

Les prisonniers furent abattus sur la route de Pira. La dernière parole de Josep fut : Ramenez-moi à la maison ! Je vous pardonne !

On les enterra sur place. Josep n’avait pas vingt-deux ans.

Josep fut béatifié en 2013.

 

 

Jak Bushati

1890-1949

 

Jak Bushati naquit le 8 août 1890 à Shkodër (Albanie), de Kola et Tone Nikolic.

Après l’école franciscaine, il fit ses études au Séminaire Pontifical d’Albanie et fut ordonné prêtre en 1915.

Il fut curé à Ndërfana, puis Gëziq. Il fut vingt-six ans à Mirdita, puis fut transféré à Kellmet.

En 1949, arrêté par la police du régime communiste, il fut accusé d’avoir participé à des sabotages, à mener des mouvements d’agitation, à répandre de la mauvaise propagande, autant de faux prétextes pour le condamner à mort.

Sans aucun jugement - d’ailleurs inutile, il reçut la grâce du martyre par fusillade et son corps fut jeté dans un marais près de Lezha, le 12 février 1949.

Jak Bushati fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 12 février.

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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 00:00

11 FEVRIER

 

III.

S Calogerus, grec converti à Ravenne et évêque, mort plus que centenaire.

IV.

Ste Soteris, vierge, martyre à Rome.

S Lucius, évêque à Andrinople, exilé et maltraité par les ariens, honoré comme martyr.

S Jonas, moine jardinier à Muchouse ; il ne goûtait à aucun des fruits ou légumes qu’il cultivait.

V.

Ste Euphrosine, vierge en Alexandrie, qui se réfugia comme eunuque dans un monastère d’hommes et fut directeur de son père pendant trente-huit ans ; elle se dévoila juste avant de mourir.

S Simplice, évêque à Vienne.

S Castrensis, évêque à Carthage, exilé par les Vandales, mort à Castel Volturno.

S Secundinus, évêque en Apulie ; il était peut-être venu de Carthage avec s.Castrensis.

VI.

S Séverin, abbé à Agaune, mort à Château-Landon, de retour d’avoir guéri Clovis.

S Etchen (Ecian), évêque à Clonfert.

VII.

S Désiré, évêque à Clermont (ou Bourges).

S Cedmon, domestique à Whitby, poète inspiré mystiquement malgré son ignorance.

VIII.

S Gaudin, évêque à Soissons et martyr.

S Grégoire II, pape (715-731) : il reconstruisit des monastères, envoya s. Boniface en mission, lutta contre l’iconoclasme naissant.

IX.

S Pascal Ier, pape (817-824) : une révélation lui fit retrouver le corps de ste Cécile. 

Ste Théodora, qui mit fin à l’iconoclasme : c’est le sens de la fête de l’Orthodoxie qui est célébrée le premier dimanche de carême par les Orthodoxes.

XI.

S Eoharn, ermite en Bretagne, “martyrisé” par des voleurs.

S Ardain, abbé à Tournus.

XII.

Bse Ombeline, sœur de s. Bernard, abbesse bénédictine à Jully-sur-Sarce, où elle s’était faite religieuse en accord avec son mari ; le 12 février au Martyrologe.

XIV.

Bx Pierre Paschal et Catallan, franciscains martyrs près de Chabeuil.

XIX.

Apparition de Notre Dame à Lourdes ; le 25 mars, elle révélera : “Je suis l’Immaculée Conception”.

XX.

S Pedro de Jesus Maldonado Lucero (1892-1937), prêtre mexicain martyr, dévôt du Saint Sacrement, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

B Francisco Borrás Romeu (Tobías, 1861-1937), de l'Ordre de s. Jean de Dieu, martyr à Valencia, béatifié en 1992.

Bse Gaudencia Benavides Herrero (1878-1937), des Filles de la Charité, martyre à Madrid, béatifiée en 2013.

Calogerus de Ravenne

† 3e siècle ?

 

Calogerus aurait été Grec d’origine.

Venu à Ravenne, il aurait été disciple de s.Apollinaire (v. 20 juillet). Apollinaire l’ordonna prêtre.

Quand Apollinaire fut envoyé en exil, Calogerus fut chargé de veiller sur la bonne marche du diocèse.

Après la mort des trois évêques Aderitus, Eleucadius et Marcianus, Calogerus fut à son tour choisi pour monter sur le siège de Classe, l’antique siège transféré à Ravenne au cinquième siècle.

Il eut le mérite de porter à son achèvement l’œuvre de la conversion des païens.

On dit qu’il mourut centenaire.

Autrefois commémoré le 11 février, saint Calogerus de Ravenne n’est pas mentionné dans le Martyrologe Romain.

 

 

Soteris de Rome

† 304

 

Soteris était une jeune fille de grande famille romaine, les Aurelii, et comptait donc dans sa parenté proche et lointaine des consuls et bien d’autres personnages en vue.

Elle sut faire passer cette noblesse bien après celle d’appartenir au Christ, et le montra non moins noblement.

Quand on lui commanda de sacrifier aux dieux, elle répondit par un refus.

Ordre fut donné de la souffleter, dans l’espérance qu’elle refuserait cette honte ; au contraire, elle offrit d’elle-même son visage, son front, ses joues, aux coups des bourreaux, qui furent fatigués avant qu’elle ne fût elle-même fatiguée de ces coups.

Elle conserva la tête haute, elle ne se plaignit ni ne versa une larme.

Son martyre s’acheva par la décapitation, le 11 février 304.

Sainte Soteris de Rome est commémorée le 11 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Castrensis de Castel Volturno

† 5e siècle 

 

Castrensis était évêque de Carthage (act. Tunisie).

Durant la persécution des Vandales, avec à leur tête Genséric († 477), Castrensis fut embarqué avec son clergé et des fidèles sur un esquif qui ne méritait pas même ce nom ; on espérait les voir se noyer tous dans la mer.

Dieu permit cependant qu’ils débarquassent sains et saufs sur une plage de Campanie (Italie CW).

Castrensis et les siens ne furent pas considérés comme des migrants embarrassants, mais furent intégrés à la population ; l’évêque eut son siège à Castel Volturno (ou à Sessa Aurunca, mais le Martyrologe a opté pour le premier) ; peut-être même précéda-t-il le premier évêque (connu) de ce siège, Pascasius.

Il guida son troupeau avec zèle et amour.

On lui attribue deux miracles : la libération et la guérison d’un possédé, et le sauvetage d’un navire rempli de passagers.

Il mourut sur la fin du cinquième siècle.

On le considéra comme martyr, victime de la persécution.

Saint Castrensis de Castel Volturno est mentionné le 11 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Secundinus en Apulie

† 5e siècle 

 

Que dire de saint Secundinus, évêque en Apulie ?

Difficile de répondre !

Il aurait été un des compagnons évêques de s.Castrensis (v. ce même jour), arrivés miraculeusement sur la côte de Campanie, et nommé évêque d’Aeca (plus tard Troia, Pouilles).

Une épitaphe découverte sur un sarcophage dans les ruines d’Aeca en 1018, nomme le saint et vénérable Secondinus (sic), sans parler de son caractère épiscopal.

On a émis d’autres hypothèses, avançant que Secundinus était un évêque africain du troisième siècle, dont le culte s’était largement développé en Campanie ; ou bien qu’il s’agissait de plusieurs personnages impossibles à identifier avec davantage de sûreté.

Saint Secundinus en Apulie est mentionné le 11 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Séverin d’Agaune

430-507

 

Severinus (Séverin, et parfois Servin) naquit vers 430, dans une Bourgogne encore infestée par l’hérésie arienne.

Elevé cependant dans la foi catholique, il comprit que, le mieux pour conserver cette foi en paix, il devait quitter le monde : il alla au monastère d’Agaune, dédié à Saint-Maurice (v. 22 septembre). Agaune se trouve aujourd’hui dans le Valais (Suisse).

Les moines suivaient la très ancienne Règle de Tarnat (6e siècle). Séverin s’y soumit dans la plus exemplaire humilité.

Il fut élu abbé.

Le roi Clovis, très malade, l’appela ; Séverin accourut, pria, étendit son manteau sur le corps de Clovis, qui guérit aussitôt.

En chemin, il guérit à Nevers l’évêque Eulalius, qui était devenu sourd et muet, puis un lépreux aux portes de Paris.

En quittant le monastère, Séverin avait eu un pressentiment, qui allait se réaliser sur le chemin de son retour. Parvenu en effet à Château-Landon (Seine-et-Marne), où il fut reçu par deux prêtres nommés Paschasius et Ursinus, il fut pris de fièvre et mourut.

C’était le 11 février 507.

Des miracles eurent lieu à l’endroit où fut enterré Séverin. Le fils de Clovis, Childebert, y fit construire une grande église ; une communauté de Chanoines de Saint-Augustin s’y développa ; vers 1165, s.Thomas de Cantorbury y fit la dédicace de la nouvelle église. Cette abbaye et la ville entière furent détruites par les Anglais en 1468, puis reconstruites.

Les reliques de saint Séverin, toutefois, furent épargnées, et reconnues en 1505.

L’église Saint-Séverin de Paris remonte au moins au 11e siècle, mais ce qu’on y admire est plus tardif.

Saint Séverin est commémoré le 11 février au Martyrologe Romain.

 

 

Grégoire II

715-731

 

Romain, Grégoire était le fils de Marcellus et Honesta.

Elevé au palais du Latran, il acquit une profonde connaissance des sciences ecclésiastiques. Le pape Serge 1er le fit sous-diacre, puis trésorier, puis gardien de la bibliothèque. Le pape Constantin le créa cardinal, et il succéda à ce dernier, comme quatre-vingt-neuvième pape, en mai 715.

Il s’employa à relever les murs de Rome, reconstruisit les basiliques de Saint-Paul-hors-les-Murs et de Saint-Laurent-hors-les-Murs, répara celle de Sainte-Croix-en-Jérusalem.

Il restaura l’abbaye de Saint-Paul-hors-les-Murs, ainsi que celle du Mont Cassin, en ruines depuis plus d’un siècle. Après la mort de sa mère, il en donna la maison pour y fonder un couvent en l’honneur de sainte Agathe.

Parmi ses hôtes de marque, il y eut l’abbé Céolfrid, le roi Ina et son épouse Ethelburge ; Céolfrid, abbé de Wearmouth et Jarrow, remettait au pape le fameux Codex Amiatinus (le plus célèbre manuscrit de la Bible en latin) ; Ina fondait à Rome la Schola Anglorum. Il y eut aussi le moine anglais Winfrid, apôtre de la Germanie, qui, venu solliciter la bénédiction du pape pour ses travaux apostoliques, repartait de Rome comme évêque de Germanie, avec le nom de Boniface (v. 5 juin).

En Orient, le nouvel empereur Léon l’Isaurien décréta l’iconoclasme (726) : on devait placer les images très haut dans les églises de façon à ne pas attirer l’attention des fidèles. Successivement, il fit détruire les statues, peintures et autres objets de piété représentant le Christ et les Saints, fit brûler la fameuse bibliothèque de l’Octogone avec les professeurs qui l’habitaient, fit exiler le patriarche Germain, qui contestait ces mesures. Grégoire II écrivit à Léon l’Isaurien et à Germain des lettres où il défendait la vénération (et non l’adoration) des images saintes, selon la doctrine traditionnelle chrétienne.

L’empereur ayant cherché à gagner à ses idées l’exarque de Ravenne, il s’ensuivit une grande agitation en Italie. Le roi des Lombards, Liutprand, qui était toujours tenté d’envahir les états de la péninsule, chercha à en profiter. Quand il menaça Rome, Grégoire II alla le trouver dans son camp : touché, Liutprand s’en vint alors déposer devant la Confession de Saint-Pierre sa couronne, son épée et son manteau (728).

Grégoire II s’était beaucoup fatigué à résister à tant de contradictions. Détruit physiquement, il expira le 11 février 731, après un pontificat de seize ans, et fut inhumé dans la basilique vaticane.

Saint Grégoire II est commémoré le 11 février.

Son successeur fut Grégoire III.

 

 

Pascal 1er

817-824

 

Romain, fils de Bonosur, Pascal était abbé du monastère Saint-Etienne au Vatican. 

A la mort du pape Etienne IV, il fut dès le lendemain élu pour lui succéder, comme quatre-vingt dix-huitième pape.

Voici le texte du Liber Pontificalis : 

Pascal, né à Rome, était fils de Bonosur. Dès ses premières années, il fut consacré au service du Seigneur et éduqué à l’école patriarcale du Latran dans les lettres divines et humaines. Il apprit tout le psautier et fit une exégèse complète de l’Ancien et du Nouveau Testament. A la noblesse et à l’élégance des manières, il joignait une vertu consommée et une bonté pleine de charme. Successivement sous-diacre, diacre et prêtre, il réalisait le type d’homme saint, chaste, pieux, innocent, magnanime. On remarquait son assiduité à la prédication, son innocence, et la charité inépuisable avec laquelle il donnait aux pauvres tout ce qu’il possédait.

En 823, il couronna Lothaire, fils de Louis le Pieux.

C’est lui qui fit construire l’église de Sainte-Praxède, ainsi que celle de Sainte-Marie-in-Domnica ; à Sainte-Praxède, il fit transporter une quantité de corps retrouvés dans les cimetières. Favorisé d’une révélation de sainte Cécile, il en retrouva le corps et le fit placer dans la nouvelle église Sainte-Cécile.

Il reçut avec bonté dans Rome les Grecs chassés d’Orient par la persécution iconoclaste, qui durait désormais depuis un siècle. Il leur offrit le monastère de Sainte-Praxède et leur assura de riches revenus. En même temps, il consolait par ses lettres ceux qui, restés à Constantinople, souffraient de la persécution.

Ce fut sous son pontificat que le titre de cardinal commença à être donné aux principaux clercs de Rome.

Après un pontificat de sept ans et dix-sept jours, il mourut le 11 février 824.

Saint Pascal 1er est commémoré le 11 février. 

Son successeur fut Eugène II.

Ardain de Tournus

† 1056

 

Ardain (ou Ardaing, en latin Ardanus ou Ardagnus) fut le treizième abbé de Tournus (Saône-et-Loire), de 1028 à 1056.

Son abbatiat fut caractérisé par son zèle à améliorer la situation matérielle du monastère, mais aussi particulièrement par sa charité envers les victimes d’une terrible famine qui sévit entre 1030 et 1033 ; la population était tellement éprouvée qu’on en vint à des actes atroces de véritable cannibalisme, racontés par des témoins oculaires ; on en vint à condamner au bûcher certains de ces assassins, quand on établit la preuve de leurs crimes.

On vit alors l’abbé de Cluny vendre les vases sacrés et les meubles du monastère au profit de la population. De l’abbé Ardain, qui ne resta pas inactif, il fut écrit qu’il fit merveilleux secours aux pauvres et racheta infinies personnes de la faim. 

Dans l’abbaye, Ardain fit construire l’avant-nef (narthex) de l’église, à l’ouest, ainsi que la chapelle supérieure dédiée à Saint Michel.

Il mourut en 1056.

A la suite des miracles qui illustrèrent son tombeau, il fut en grande vénération. C’est, de tous les abbés de Tournus, le seul qui soit canonisé.

Au 16e siècle, les Protestants livrèrent aux flammes les reliques du saint Abbé (et emportèrent les six cloches). 

Saint Ardain est commémoré le 11 février au Martyrologe Romain.

 

 

Ombeline

1092-1141

 

On connaît des détails de la famille de Ombeline, grâce à son illustre frère, qui fut saint Bernard.

Les parents s’appelaient Técelin et Aleth : ils habitaient au château de Fontaines (Dijon) et eurent sept enfants, six garçons et leur unique sœur Ombeline, qui naquit en 1092. 

On orthographie différemment le nom de cette sainte personne : Humbelina en latin, Hombeline en français, et aussi Ombeline, plus courant.

De toute cette belle fratrie, cinq garçons suivirent Bernard au monastère.

En vain Ombeline suppliait son frère d’arrêter de ravir ainsi toute la famille : elle se voyait en effet bien seule pour soutenir son vieux père et son jeune frère qui restaient au château. 

Elle épousa finalement un parent de la duchesse de Lorraine, et mena une vie très mondaine.

Un jour qu’elle voulut rendre visite à son frère à Clairvaux, celui-ci refusa de la recevoir, à cause de tout l’appareil dans lequel elle se présentait : riches vêtements, suite nombreuse, et les autres frères en firent autant. Seul André, l’un de ses frères, ouvrit la bouche pour lui reprocher en face tout ce faste. La pauvre Ombeline, toute en larmes, implora de son frère de l’aider à sauver son âme. Bernard alors la reçut, la rapprocha de Dieu et lui donna de salutaires conseils.

Ombeline s’en revint chez elle transformée, fuyant les vanités du monde, vêtue tout simplement, parlant peu, affairée dans les bonnes œuvres. 

Au bout de deux années de cette sobre pénitence, son mari lui donna pleine liberté pour se consacrer entièrement à Dieu.

Elle se retira au monastère de Billette (devenu plus tard Jully-les-Nonnains, actuellement Jully-sur-Sarce, Aube), où elle passa le reste de ses jours.

Elle priait beaucoup la nuit, dormant très peu ; elle était la première aux exercices, recherchant toujours les travaux les plus humbles. Elle fut appelée à être l’abbesse du monastère.

Au bout de dix-sept ans de cette humble vie, malade et affaiblie, Ombeline arriva à ses derniers instants : elle eut Bernard près d’elle pour parler des choses divines et de l’infinie miséricorde de Dieu, et s’éteignit, le 11 février 1141 (le 12 au Martyrologe), dans sa cinquantième année.

(Certaines sources indiquent qu’au contraire, c’est elle qui assista son frère Bernard à ses derniers moments ; mais saint Bernard mourut en 1153).

Pedro de Jesús Maldonado Lucero

1892-1937

 

Pedro naquit le 15 juin 1892 à Chihuahua, un des huit garçons de Apolinar Maldonado et Micaela Lucero. Il reçut le baptême le 29 juin suivant, fête de saint Pierre, dont il porta le nom.

Il fit ses études chez les pères pauliniens, puis entra au séminaire diocésain à dix-sept ans et fut un élève ordonné, sans être des meilleurs. Lui et ses confrères de séminaire eurent souvent à souffrir de la faim, à cause des difficiles conditions de vie, et Pedro en restera toujours souffrant.

En 1914, le séminaire doit fermer. Pedro retourne chez lui, mais étudie toujours. Il apprend la musique, le piano, l’orgue, le violon. Puis il est admis dans le séminaire de El Paso.

C’est l’évêque de El Paso (Texas) qui l’ordonnera prêtre, le 25 janvier 1918. Le 11 février suivant, fête de Notre-Dame de Lourdes, il célébrait sa première messe.

Il fut d’abord à Saint-Nicolas de Carretas, puis Cusihuiachi, et Jiménez.

Nommé curé de Sainte-Isabelle en 1924, au milieu des Tarahumaras, il lutta contre l’alcoolisme. Il s’occupait des pauvres en leur donnant des vivres et des vêtements ; il s’occupa personnellement d’un pauvre orphelin. Les paysans recoururent souvent à ses prières (qui furent efficaces) pour éloigner les criquets dévastateurs de leurs récoltes. Il illustrait sa catéchèse au moyen de photographies dont il disposait déjà à cette époque. Il organisa avec grand soin l’adoration perpétuelle du Saint Sacrement, ainsi que l’association des Filles de Marie. Il s’occupait des jeunes, organisant des scènes de théâtre. 

En 1929, un faux accord permit de nouveau le culte religieux, mais les lois anti-catholiques restèrent en vigueur. L’abbé Pedro fut littéralement pris en chasse comme une bête par la police, y compris jusque dans l’église. Les autorités remplacèrent le nom du pays (Sainte Isabelle) par celui du Général Trías.

En 1932, l’abbé Pedro fut arrêté et envoyé de force à El Paso ; on lui dit : Prends soin de toi ; va à Mexico ; tu sais ce qui t’attend.

Il espérait pouvoir revenir à Sainte-Isabelle dès que possible et eut la permission de revenir dans un village tout proche, mais il fut de nouveau arrêté en 1934, avec des menaces de mort. Il repartit un temps à El Paso, où il édifia les confrères prêtres par son humilité et son esprit d’oraison.

De nouveau il revint dans un quartier proche de Sainte-Isabelle, où il célébrait chez une famille qui avait transformé la maison en sanctuaire. Le Vendredi Saint 1936, après avoir confessé, il fut vivement attaqué en chemin, mais resta sauf.

Le Mercredi des Cendres de 1937, des hommes armés vinrent chercher l’abbé Pedro ; les gens le cachèrent, mais comme on menaçait de mettre le feu à la maison, il se livra spontanément aux hommes. Il s’empara du ciboire avec les hosties et suivit ses persécuteurs. 

On l’emmena pieds nus au poste à trois kilomètres de là, tandis qu’il priait le chapelet, accompagné par les fidèles qui priaient avec lui. On l’insulta, on le frappa ; au second étage, l’employé municipal le tira par les cheveux et lui envoya un formidable coup de crosse de fusil sur la figure ; il eut une fracture du crâne, l’œil gauche crevé, les dents cassées. Puis on le traîna dans l’escalier jusqu’au premier étage ; il eut les mains éraflées, une jambe cassée. Il tomba presque inconscient, et le ciboire s’ouvrit : par dérision un des bourreaux lui dit : Mangez ça. Au moins ce bourreau l’aida à recevoir le Viatique avant de mourir. 

Les bourreaux continuèrent de le frapper avec la crosse de leurs armes et le laissèrent là agonisant ; de pieuses femmes vinrent pour le porter à l’hôpital public. Il mourut le lendemain, 11 février 1937, anniversaire de sa première messe.

Sa mort fut reconnue comme un authentique martyre, mais aussi servit la cause de l’Eglise :  un mois après, le gouverneur de Chihuahua autorisait la reprise du culte et le 1er mai les cloches de la cathédrale sonnaient de nouveau pour inviter les fidèles à la messe.

Pedro de Jesús Maldonado Lucero fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000.

Si son dies natalis reste au 11 février, il est fêté avec ses autres Compagnons martyrs mexicains le 21 mai.

 

 

Francisco Borrás Romeu

1861-1937

 

Francisco naquit le 14 avril 1861 à San Jorge (Castellón, Valencia, Espagne). On trouve parfois son nom de famille sous la forme Román, probablement erronée.

Il se maria vers vingt-trois ans, mais fut veuf très vite, car son épouse mourut du choléra durant l’épidémie qui désola l’Espagne dans les années 85-86.

Francisco se destina alors à l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, et prit le nom de Tobías (ce personnage biblique qui s’occupait d’ensevelir les morts, voir Tb).

Après plusieurs postes à Campozuelos, Saragosse, Carabanchel Alto et Grenade, il fut orienté vers l’hôpital des malades mentaux à Ciempozuelos (Madrid).

Le 7 août 1936, il fut arrêté une première fois avec ses Confrères et enfermé à San Antón (Madrid), mais fut relâché, à cause de son grand âge, croit-on (il avait effectivement déjà soixante-quinze ans, avec des ennuis de santé). De fait, il ne fut pas exécuté avec les autres à Paracuellos, en novembre 1936 (bien que parfois on trouve la date de son dies natalis au 24 novembre, y compris dans un document de l’Ordre).

Libre, donc, il se dirigea vers une autre maison de l’Ordre, à Malvarrosa (Valencia). Mais là aussi, d’autres Confrères avaient été arrêtés et assassinés. Il en éprouvait une joyeuse admiration : Quel bonheur ont eu les Martyrs ! Ils souffrirent peu de temps et ensuite il jouissent de Dieu pour l’éternité !

Cette fois-ci, il fut arrêté, interrogé. On lui tendit un piège, lui lisant un soi-disant courrier de Valencia, où ses Supérieurs lui demandaient de les y rejoindre. Content, il se mit en marche, mais fut rejoint sur la route. Il fut assassiné non loin de Vinarós (Castellón), le 11 février 1937 (et très certainement pas le 11 février 1936). 

Il fut béatifié, cette fois-ci avec ses Confrères, en 1992.

 

 

Gaudencia Benavides Herrero

1878-1937

 

Gaudencia naquit le 12 février 1878 à Valdemorillo (León, Espagne).

Elle entra en 1899 chez les Filles de la Charité et fut à Albacete.

En 1911, elle fut envoyée à Santurce (Porto Rico).

En 1933, avec une santé bien fragile, elle revint en Espagne et fut à Valladolid, puis Madrid.

Lors de la persécution de 1936, elle fut faite prisonnière et transportée de prison en prison, sous le seul et unique grief qu’elle était religieuse. Cardiaque, elle souffrit beaucoup de ces déplacements et des mauvaises conditions de vie dans ces prisons. 

En dernier lieu, on la fit transporter d’urgence à l’hôpital, pour n’avoir pas à reconnaître qu’elle était morte en prison.

Elle avait le corps recouvert d’ulcères et les articulations tout ankylosées.

Elle mourut, le 11 février, en la fête de Notre-Dame de Lourdes, veille de son cinquante-neuvième anniversaire, manifestant son pardon pour ceux qui l’avaient tant fait souffrir.

Elle a été béatifiée en 2013.

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 00:00

10 FEVRIER

 

?

Ss Zoticus, Irenæus, Hyacinthus et Amantius, martyrs romains.

III.

Ss Charalampus, prêtre, avec Porphyrius et Dauctus, ses bourreaux convertis, martyrs à Magnésie.

IV.

S Pérégrin, apôtre à Plaisance, d’où il extirpa le paganisme.

V.

S Zénon,  ex-soldat, solitaire près de Antioche.

S Silvanus, évêque à Terracina.

VI.

Ste Scholastica, sœur jumelle de s. Benoît, moniale au Monte Cassino, non loin de son frère.

S Troianus, évêque à Saintes ; ayant eu une vision de s. Martin, il interdit à son sous-diacre d’en parler “sous peine de mort” ; après le décès de s. Troianus, le sous-diacre révéla le prodige et annonça sa mort, qui arriva sur le champ.

VII.

S Prothadius, évêque à Besançon, zélé pour la discipline et auteur d’un rituel.

S Trumwin, écossais, évêque à Abercurnig, qu’il dut abandonner pour se réfugier près de Whitby.

VIII.

Ste Austreberte, abbesse à Pavilly, thaumaturge.

IX.

S Sigon, évêque à Clermont.

XI.

Ste Sura, assassinée par des voleurs qui la croyaient riche ; elle apparut au juge pour lui demander de leur faire grâce.

XII.

S Guglielmo, ex-militaire français, converti, ermite à Maleval, à l’origine des Guillemites.

B Hugues de Fosses, abbé à Prémontré, compagnon de s. Norbert.

XIII.

B Guillaume de Brabant, prêtre solitaire à Morlanwez, après une adolescence déréglée.

B Arnaud, abbé bénédictin à Padoue, mort emprisonné par le seigneur local.

XIV.

Bse Chiara Agolanti, veuve à Rimini, fondatrice d’un monastère, mystique.

XVIII.

Bx Pierre Fremond, Catherine et Marie-Louise de la Sorinière, Louise Bessay de la Voûte, Marie-Anne Hacher du Bois et Louise Poirier, martyrs fusillés à Avrillé, béatifiés en 1984.

XX.

B José Luis Sanchez del Rio (1913-1928), jeune mexicain martyr, béatifié en 2005, canonisé en 2016.

Bse Eusebia Palomino Yenes (1899-1935), religieuse espagnole des Filles de Marie Auxiliatrice, qui s’offrit pour l’Espagne au début de la guerre civile, béatifiée en 2004.

B Alojzije Stepinac (1898-1960), évêque à Zagreb, victime des communistes (qui finirent par l’empoisonner), cardinal, martyr, béatifié en 1998.

B Mikel Beltoja (1935-1974), prêtre albanais martyr, béatifié en 2016.

Zoticus et Amantius à Rome

?

 

Il s’agit là de Martyrs bien inconnus.

Ils seraient morts à Rome, mais on ne sait à quelle période, au deuxième ou au troisième siècle.

On leur a parfois adjoint deux Compagnons, nommés Irenæus et Hyacinthus.

Saints Zoticus et Amantius sont commémorés le 10 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Charalampus et Compagnons à Magnésie

† 202

 

Charalampus était un prêtre à Magnésie (auj. Manisa, Turquie W).

Sous Septime Sévère, le préfet Lucien le fit arrêter sous le prétexte qu’il méprisait les édits impériaux défendant de prêcher l’Evangile. Charalampus ne méprisait pas ces édits, mais il préférait obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes (cf. Ac 5:29).

Lucien le fit déchirer avec des ongles de fer, se joignant lui-même aux bourreaux pour jouir du plaisir de le torturer. Mais Dieu fit que ses mains se paralysèrent ; Charalampus cependant obtint de Dieu de le guérir ; sur quoi les bourreaux, nommés Porphyrius et Dauctus, ainsi que trois femmes présentes, se convertirent à Dieu, tandis que le malheureux préfet, persistant dans son erreur, ne trouva rien d’autre à faire que d’ordonner de décapiter et le prêtre, et les bourreaux convertis, et les femmes.

Ce devait être vers 202.

Saint Charalampus et ses Compagnons sont commémorés le 10 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Silvanus de Terracina

5e siècle

 

D’après le Martyrologe, Silvanus fut évêque à Terracina (Campanie, Italie C) au quatrième siècle.

Mais la liste épiscopale de ce siège ne comporte pas de Silvanus. Un Sabinus est signalé en 313.

Voici donc un grand mystère à élucider. Quelques observations cependant sont permises.

Dans la liste épiscopale de Terracina, Sabino est mentionné en 313, puis une longue période suit, marquée seulement d’un Anonyme, suivi d’un Martirio à la fin du cinquième siècle, en somme au moins un siècle et demi sans titulaire.

Ici, une «légende» va peut-être nous rendre service. Silvanus, fuyant la persécution des Vandales,  serait venu d’Afrique du Nord avec le prêtre Eleutherius.

En 443, mourut l’évêque Ioannes, et Silvanus lui succéda. Neuf mois plus tard déjà, il mourait et Eleutherius montait sur le siège.

Voici donc au moins trois noms qui peuvent remplacer l’Anonyme ci-dessus : Ioannes, Silvanus et Eleutherius, mais au cinquième siècle.

Saint Silvanus de Terracina est commémoré le 10 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Troianus de Saintes

† 532

 

Troianus fut le cinquième évêque de Saintes (Charente-Maritime), mais ses dates d’épiscopat sont incertaines. En effet, la date de 511 qu’on indique pour le début de son épiscopat, coïncide avec l’épiscopat de son successeur, Petrus. Et on lui donne parfois pour successeur Eusebius (qui accéda au siège en 553), mais on le fait mourir vers 532…

Il reste que Troianus est attesté comme un homme d’une grande sainteté, hautement respecté et vénéré de son vivant déjà, au point que son habit était tout tailladé par les fidèles qui voulaient recueillir quelque «relique» de leur saint pasteur. 

Une nuit que Troianus se déplaçait avec son sous-diacre, ce dernier vit un vaste globe lumineux descendre du ciel et inonder de lumière l’évêque. Le sous-diacre entendit ce dialogue : Bénis-moi, je te prie, bienheureux pontife - Mais toi, Troianus, prêtre de Dieu, bénis-moi. Il y eut une accolade, les deux protagonistes prièrent et causèrent longtemps. Au terme de cette rencontre, Troianus expliqua au sous-diacre qu’il avait eu une vision de saint Martin (v. 11 novembre), et intima sévèrement le silence au sous-diacre, sous peine de mort. Le sous-diacre fut fidèle à l’ordre reçu et conserva son secret jusqu’à la mort du prélat.

Mais quand Troianus fut mort (532 ou 553), il raconta au clergé l’événement dont il avait été témoin, et en donna pour preuve qu’il allait mourir sur place, ce qui se passa effectivement aux yeux de toute l’assemblée présente.

Troianus, donc, mourut vers 532 ou vers 553. Des malades furent guéris à son tombeau.

Saint Troianus est commémoré le 10 février au Martyrologe Romain.

Le diocèse de Saintes fait maintenant partie de celui de La Rochelle.

 

 

Scolastica

480-543

 

Scolastica ou Scholastica, en français Scholastique, était la sœur jumelle de saint Benoît (v. 21 mars). Elle était donc née comme lui «vers» 480, cette date restant encore approximative.

Il y avait une profonde amitié entre eux.

Sans répéter ce qui fut écrit dans la notice de saint Benoît, on trouvera ci-après des éléments extraits des visions d’Anna Katharina Emmerick, cette stigmatisée allemande qui était complètement ignorante et ne disait que ce qu’elle «voyait» en vision.

Des oiseaux venaient sur la fenêtre et se montraient très familiers avec eux. Ces oiseaux portaient dans leur bec des fleurs et de petites branches et cherchaient les enfants du regard. Ceux-ci jouaient aussi avec des fleurs et des plantes…

Parfois venait une gardienne qui les surveillait. Les parents semblaient être riches et avoir beaucoup d’affaires : car il y avait dans la maison une vingtaine de personnes que je voyais aller de côté et d’autre…

J’ai remarqué que ceux qui étaient chargés d’eux ne les laissaient pas volontiers ni souvent seuls ensemble.

Scholastique apprenait près de sa surveillante à faire un travail d’un genre tout particulier. Il y avait dans une pièce voisine de la chambre où elle dormait une table sur laquelle elles travaillaient : sur cette table étaient plusieurs corbeilles pleines d’étoffes de toutes couleurs où elle découpait des figures, des oiseaux, des fleurs, des ornements variés qui étaient ensuite cousus sur une plus grande pièce d’étoffe…

Scholastique couchait derrière un rideau : sa couche était très basse. Je la voyais, le matin, quand sa gouvernante se dirigeait vers la porte pour sortir, sauter à bas de son lit, se prosterner et prier devant une croix attachée au mur : quand elle entendait les pas de la gouvernante, elle se glissait promptement derrière le rideau et elle était dans son lit avant que l’autre fût de retour. Je vis Benoît et Scholastique étudier avec le précepteur du premier, mais chacun de son côté…

Je vis (Scholastique), qui était toujours chez ses parents, rendre plusierus fois (à son frère) des visites qu’elle faisait à pied…

Je la vis, plus tard, sous la direction de Benoît, ériger un couvent (au Mont Cassin) sur une autre montagne, à une petite journée de marche : une très grande quantité de religieuses vinrent à elle. Je vis qu’elle leur apprenait le chant. Il n’y avait pas là d’orgues : les orgues ont été très nuisibles et ont fait du chant une chose tout à fait subordonnée…

Dans le monastère, je vis près d’elle des pigeons et des alouettes qui lui apportaient des fleurs blanches, jaunes, rouges et violettes. Je vis un jour une colombe lui apporter une rose avec une feuille…

Saint Grégoire le Grand raconte les derniers jours de sainte Scholastique. Elle avait rencontré son frère dans une maisonnette à mi-chemin entre l’un et l’autre monastère et ils avaient passé la journée en sainte conversation. Le soir, Scholastique pria Benoît de rester là toute la nuit, ce que Benoît ne voulait accepter, s’interdisant de passer une nuit hors du monastère. Scholastique alors se recueillit intensément et, sur sa prière, un terrible orage se déchaîna.

A Benoît, Scholastique dit alors : Tu n’as pas voulu m’accorder ce que je te demandais, je l’ai demandé à Dieu ! Va, maintenant, si tu peux ! Benoît était bien obligé de rester à l’abri. Ils s’entretinrent donc toute la nuit des choses de Dieu. Une fois rentré dans le monastère, Benoît vit trois jours après une colombe quitter le monastère de sa sœur, et il fut divinement averti que c’était l’âme de Scholastique qui s’envolait pour le ciel.

C’était le 10 février 543.

Benoît fit enterrer sa sœur dans le propre tombeau qu’il s’était déjà préparé.

Du Mont Cassin où ils étaient tous deux enterrés, les reliques de saint Benoît et de sainte Scholastique furent, vraisemblablement, reportées en France, au Mans, puis, selon les événements et les guerres, mises en sûreté à Javigny-les-Dames (Trèves), puis Imécourt, puis Juvigny ; il y aurait également des reliques à Rome et au diocèse de Séez.

 

 

Prothadius de Besançon

† 624

 

On a commémoré le 8 février s. Nicetius ou Nizier, évêque de Besançon.

Son successeur fut Prothade, vingt-et-unième nom de la liste des archevêques de Besançon (Doubs).

Il était fils (ou très proche parent) d’un autre Prothade, maire du palais à la cour de Bourgogne.

S’étant orienté très tôt vers le service de l’Eglise, il fut remarqué par s.Nicetius pour ses lumières et sa piété, et il fut appelé à lui succéder, en 613.

Son activité se concentra sur la lutte contre la simonie et les erreurs doctrinales. Il rédigea un Rituel, auquel on a parfois encore recours.

Le roi Clotaire II avait pour lui une grande vénération et n’entreprenait rien sans son avis.

Prothade fut protagoniste d’un événement peu commun :  des voleurs s’étaient emparés du magnifique reliquaire en or contenant les reliques de s. Etienne (v. 26 décembre). Un peu plus loin, ils conservèrent l’or et les pierres précieuses, jetant au Doubs la relique du Saint. Au matin, des pêcheurs aperçurent une lumière extraordinaire au-dessus d’un objet qu’ils rejoignirent en barque : ils constatèrent que l’os était entouré par l’eau comme d’un mur et prévinrent l’évêque Prothade. Ce dernier vint constater le prodige et remit la relique à sa place, où on la vénéra avec une solennité accrue.

Saint Prothade, qui est mort vers 624, a son dies natalis au 10 février dans le Martyrologe Romain.

Le reliquaire de ses reliques se trouve à l’église Saint-Pierre de Besançon.

 

 

Austreberte de Pavilly

630-704

 

Austreberte (ou Anstreberge), qui naquit vers 630 au pays de Thérouanne, fut la fille de Badefroy, comte de Hesdin au service de Dagobert Ier, et de Framechilde, d’une noble famille issue de peuple alaman. Elle eut un frère, qu’on a par erreur identifié avec s.Ansbert (v. 9 février).

Dès avant sa naissance, la maman avait reçu du ciel l’annonce que sa fille aurait vécu dans une grande sainteté angélique. 

Très tôt, la petite fille décida en effet de garder la chasteté toute sa vie. Un jour, elle eut l’impression de recevoir sur sa tête un voile que lui imposait l’Esprit-Saint, en signe de noces mystiques. A dix ans, elle déclara ouvertement à ses parents sa volonté bien arrêtée.

Mais le papa songeait plutôt à un heureux mariage avec un prince. Austreberte, avec son frère, quitta alors la maison familiale pour aller trouver l’évêque.

En chemin, ils devaient passer la Canche, qui débordait : prenant son frère par la main, elle la traversa en marchant sur les eaux.

Arrivée devant l’évêque s.Omer (v. 1er novembre), elle lui déclara sa ferme résolution ; Omer en fut tellement frappé, qu’il lui donna sans tarder le voile des vierges. Mais les parents ? Omer les rencontra, les rassura. Les parents proposèrent à leur fille de venir habiter avec eux avec toute liberté pour ses activités pieuses. Mais Austreberte voulait le détachement total : elle entra au monastère de Port, sous l’abbesse Burgoflède.

Austreberte se montra une novice déjà accomplie dans les vertus de la sainteté ; humble parmi les autres religieuses, elle était heureuse d’obéir et de vivre dans la pauvreté. Des miracles prouvèrent déjà sa sainteté ; un jour qu’elle n’avait pas de balai pour balayer son four à pain, elle y entra elle-même, se servit de ses manches en guise de balai, et en ressortit sans la moindre brûlure.

Elle fut nommée prieure et, après quelques années, abbesse du nouveau monastère de Pauliacum, Pavilly ; certains prétendent qu’il y eut d’abord une autre fondation, dont on ignore la localité, et que c’est à la suite de l’échec de cette fondation, qu’Austreberte fonda Pavilly (662). C’est saint Omer qui en fit la dédicace.

Pavilly n’est pas très distante de Jumièges ; les moniales de Pavilly s’occupaient de laver les linges des moines de Jumièges ; d’après la tradition, saint Philibert de Jumièges (v. 20 août) ne voulait célébrer la Messe qu’avec des linges lavés par Austreberte !

Austreberte donna le meilleur d’elle-même et conduisit sa communauté dans les voies de la sainteté. L’ennemi de la paix entrava manifestement cette entreprise, mais Dieu protégea l’abbesse de ses grâces.

Un jour, ou plutôt une nuit, une des religieuses fut réveillée et avertie d’aller prévenir l’abbesse : il fallait absolument se lever et aller chanter l’office à l’église, bien plus tôt que prévu. A peine la communauté commençait la liturgie, que le dortoir s’effondrait ; Austreberte donna l’ordre d’achever d’abord l’office avant d’aller constater les dégâts. Deux jeunes novices, qui n’étaient pas encore astreintes à l’office, furent retrouvées saines et sauves ; mais une religieuse, qui avait désobéi et était allée sur les lieux de l’accident, fut frappée par une pierre et semblait morte. Austreberte vint faire le signe de la croix sur son front avec l’huile de la lampe du sanctuaire et la religieuse revint à elle.  

Dans une autre occasion, Austreberte montra à quel point pouvait arriver son humilité. Une nuit qu’elle passait dans le dortoir pour veiller à ce que toutes les religieuses fussent en paix, la prieure, entendant le bruit de ses pas, mais sans la reconnaître, l’envoya à la croix, ce qui signifiait d’aller se coller contre un grand crucifix, les bras en croix, en récitant des psaumes «jusqu’à nouvel avis de la Supérieure». Austreberte resta là jusqu’au moment où la communauté gagnait l’église, à la première lueur du jour ; la pauvre prieure en fut bien confuse ! Austreberte n’eut pas un mot de rancœur contre cette maladresse.

Le 2 février 704, Austreberte apprit d’un Ange qu’elle quitterait cette terre une semaine plus tard. Elle l’annonça aux religieuses. Dès le lendemain, la fièvre commença et elle reçut les derniers Sacrements. Le 10 février, tandis que les prêtres récitaient les prières des agonisants et invoquaient les Saints, Austreberte les interrompit : Faites silence, regardez cette procession qui entre dans la chambre ! C’étaient tous les Saints qu’on avait invoqués l’instant d’avant et qui venaient la prendre et la conduire au Ciel.

Austreberte s’exclama alors : Me voici, Seigneur, toi que j’ai tant aimé. 

Elle s’endormit ainsi le 10 février 704.

Quand les Normands mirent le feu à l’abbaye (fin 9e siècle), les reliques de sainte Austreberte furent mises en sûreté ; elles auraient échappé à la fureur révolutionnaire, et se trouveraient maintenant à Montreuil-sur-Mer, en la chapelle Sainte-Austreberte, seul vestige de l’ancienne abbaye éponyme.

Guglielmo de Maleval

† - 1157

 

Même les Religieux guillemites n’ont pas conservé de souvenirs exacts de leur Fondateur, affirmant qu’il était ce Guillaume IX d’Aquitaine, converti par saint Bernard (v. 20 août). Les spécialistes avancent plutôt qu’il aurait été un gentilhomme français, passé du métier des armes à celui de la milice divine, et pour cela s’appellerait Guillaume.

Voulant expier ses fautes de jeunesse, Guglielmo se présenta au pape, qui lui imposa comme pénitence le pèlerinage de Jérusalem (1145).

A son retour en 1153, Guglielmo s’arrêta en Toscane ; sur l’île de Lupocavio (Pise) comme dans la forêt du mont Pruno, il s’attira des disciples qui, après avoir voulu écouter ses conseils, le méprisèrent et le chassèrent. Il vint alors près de Sienne et s’établit dans l’Etable de Rhodes, un endroit si affreux et peu accueillant qu’on l’appela par la suite Maleval (Vallée du Mal ou Mauvaise Vallée). C’était en 1155.

Il eut d’abord seulement un trou dans la terre. Le seigneur de l’endroit lui fit construire une cabane. Guglielmo vécut alors d’herbes et de racines.

En 1156, un certain Alberto se joignit à lui et ne le quitta jamais plus. Guglielmo lui affirmait n’être qu’un criminel, méritant les derniers tourments ; de fait, il s’imposait des austérités surprenantes, couchant par terre, jeûnant tous les jours ou presque, et ne prenant à l’occasion qu’un peu de nourriture et à peine de vin dans son verre d’eau. Il portait continuellement un cilice, vivait du travail de ses mains et, tout en travaillant, devisait avec Alberto sur les voies de la perfection.

Ce dernier fut témoin d’une des prophéties de Guglielmo. Il voyait en effet Guglielmo vieillir et désirait bien avoir un compagnon de vie. Guglielmo lui annonça la prochaine venue de quelqu’un. Arriva en effet un certain Rinaldo, médecin de son état, qui voulait se retirer avec eux. Guglielmo lui conseilla d’aller mettre en ordre ses affaires et de vite revenir.

Pendant son absence, Guglielmo sentit arriver sa dernière heure. Il se fit apporter les Sacrements de l’Eglise et expira bientôt dans les bras d’Alberto, assisté par le brave Rinaldo qui arriva à temps.

Guglielmo mourut le 10 février 1157, son dies natalis au Martyrologe Romain, et fut, croit-on, canonisé en 1202.

Les ermites de Saint-Guillaume ou Guillemites se répandirent dans toute l’Europe ; ils adoptèrent la règle bénédictine et le couvent de Maleval fut ensuite remis aux Ermites de Saint-Augustin.

 

 

Hugues de Fosses

1093-1164

 

Il naquit vers 1093 à Fosses (Brabant, auj. Belgique), de parents pieux et aisés, qui le laissèrent tôt orphelin.

Formé à l’école capitulaire, il fut attaché à la maison épiscopale, et l’évêque le présenta à s.Norbert (v. 6 juin).

En 1119, conquis par la sainteté de vie du saint Fondateur, Hugues le suivit à Prémontré.

Prémontré avait été indiqué (montré) par Notre-Dame elle-même ; puis Notre-Seigneur apparut à Hugues pour ratifier ce choix.

Hugues dut chasser les démons qui infestaient l’endroit, mais aussi les diablotins qui tentaient les premiers disciples intérieurement…

Quand s.Norbert fut nommé archevêque de Magdeburg (1126), Hugues fut choisi comme abbé de Prémontré et supérieur de tout l’Ordre.

En 1134, Norbert mourut et apparut bientôt à Hugues pour l’assurer qu’il était dans la béatitude éternelle. Hugues alors s’empressa de recueillir les éléments d’une Vita, en vue de la canonisation (qui n’advint toutefois qu’en 1582).

Hugues travailla beaucoup à la rédaction des statuts de l’Ordre, s’entendit fraternellement avec les moines de Cluny, ainsi qu’avec les Cisterciens pour prévoir le développement de chaque Ordre sans préjudice des autres. Sous son gouvernement, plus de cent monastè!res d’hommes et de femmes furent fondés.

Les dernières années de sa vie furent assombries par un différent avec l’évêque, qui fut heureusement résolu par un compromis apprécié de tous.

Hugues s’éteignit chargé d’ans et de mérites, le 10 février 1164, son dies natalis  au Martyrologe Romain. Il a de tout temps été invoqué comme Bienheureux, mais le culte fut officiellement confirmé seulement en 1927.

Le corps d’Hugues fut retrouvé sous les ruines après la Grande Guerre.

 

 

Chiara de Rimini

1280-1326

 

Chiara était de la famille florentine des Agolanti. Elle naquit vers 1280 à Rimini et eut (au moins) un frère.

Petite, elle perdit sa mère, Gaudiana ; son père, Onosdeo, épousa alors une veuve qui avait un fils ; ce dernier devint le mari de Chiara. 

Chiara continuait sa vie mondaine, dissipée, débauchée même et scandaleuse. Et voilà que tous deux, le père et l’époux passèrent à l’échafaud, ce qui rendit Chiara héritière d’un immense patrimoine.

Chiara épousa alors un jeune noble d’une des premières familles de Rimini. La vie semblait continuer, mais…

Chiara entra un jour dans une église et entendit une voix qui l’invitait à prier dévotement l’Oraison dominicale. Au fur et à mesure qu’elle avançait, elle se sentait de plus en plus envahie d’une grande joie. Sortie de là, elle refusa peu à peu toutes les réunions où elle s’amusait follement précédemment, préférant se retirer dans la solitude. Elle eut ensuite une apparition de Notre-Dame, qui la convainquit alors dans son désir de se sanctifier.

Elle demanda à son époux de la laisser se consacrer totalement à Dieu ; l’homme consentit ; il mourut deux ans plus tard, très chrétiennement, grâce aux bons conseils de son épouse.

Chiara, alors, revêtit une pauvre bure, s’entoura le corps de cercles de fer, coucha sur des planches, et vécut au pain et à l’eau. Cette austérité dura une trentaine d’années.

Son frère, chassé de Rimini, se réfugia à Urbino ; elle l’y rejoignit et le soigna.

Ensuite, elle se retira en recluse dans une petite tour proche de la cathédrale ; elle n’en sortait que pour aller voir son frère, ou des prisonniers, ou des indigents. Elle quêtait pour eux.

Quand le calme revint à Rimini, elle y retourna et continua sa vie austère. Tous ses biens passèrent aux indigents. Elle alla quêter au profit des Clarisses, récemment installées dans la ville, elle se dépensa pour secourir les misères, mettre la paix, convertir les pécheurs, fournir une dot aux jeunes filles pauvres.

Des demoiselles voulurent se mettre à son école. Chiara reçut de Dieu l’invitation à construire un monastère, dédié à l’Annonciation ; une autre version des faits affirme qu’elle entra au couvent des Clarisses.

Les épreuves ne tardèrent pas : Chiara fut accusée d’hérésie, on l’accabla d’injures. Les démons se déchaînèrent aussi contre elle. Elle remporta la victoire par sa patience, sa douceur, son humilité, des armes contre lesquelles le démon ne peut rien. Chiara fut aussi consolée par des extases célestes.

Une de ces extases, à la fin de sa vie, dura pratiquement six mois ; elle ne voyait plus rien.

En février 1326, elle appela ses compagnes et leur parlait très calmement, sans laisser paraître le moins du monde qu’elle était proche de la séparation. Elle s’endormit dans le Seigneur, le 10 février 1326 : sa figure devint resplendissante, un parfum très agréable exhala de son corps.

De nombreux miracles ont attesté la sainteté de Chiara.

Son culte fut approuvé en 1784.

Les 84 Martyrs d’Avrillé

† 1794

 

Il y eut un Martyr le 12 janvier, quatre le 18 janvier, quarante-sept le 1er février, six le 10 février (ci-après), vingt-six le 16 avril. Le décret de béatification embrasse quinze autres Martyrs de la même époque, mais pas de la même localité.

 

On lira avec quelque utilité la notice générale Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Louise Bessay de la Voute

1721-1794

 

Cette laïque était née le 22 août 1721 à Saint-Mars-des-Prés (Vendée).

C’est la plus âgée des victimes d’Avrillé : elle avait soixante-douze ans.

 

Voir la notice : Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Louise Poirier Barré

1754-1794

 

Cette laïque, épouse Barré, était née le 22 février 1754 à Le Longeron (Maine-et-Loire).

 

Voir la notice : Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Pierre Frémond

1754-1794

 

Ce laïc était né le 16 septembre 1754 à Chaudefonds (Maine-et-Loire).

 

Voir la notice : Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Catherine du Verdier de la Sorinière

1758-1794

 

Cette laïque était née le 29 juin 1758 à Saint-Pierre-de-Chemillé (Maine-et-Loire).

C’était une des deux filles de Marie de la Dive, veuve du Verdier de la Sorinière, guillotinée le 26 janvier précédent.

 

Voir la notice : Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie-Anne Hacher du Bois

1765-1794

 

Cette laïque était née le 3 avril 1765 à Jallais (Maine-et-Loire).

 

Voir la notice : Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie-Louise du Verdier de la Sorinière

1765-1794

 

Cette laïque était née le 27 juin 1765 à Saint-Pierre-de-Chemillé (Maine-et-Loire).

C’était une des deux filles de Marie de la Dive, veuve du Verdier de la Sorinière, guillotinée le 26 janvier précédent, et la jeune sœur de Catherine, guillotinée le même jour qu’elle.

 

Voir la notice : Avrillé (Martyrs d’)

José Luis Sánchez del Río

1913-1928

 

Fils de Macario Sánchez Sánchez et de María del Río, José Luis était né le 28 mars 1913 à Sahuayo (Michoacán, Mexique), après Macario et Miguel, et avant María Luisa. Cette famille était connue comme une des principales familles du pays, très catholique et de haute lignée.

Depuis plusieurs années, la famille Sánchez était venue d'Espagne, et la famille del Río venait à son tour de Jiquilpan. Le papa avait acquis une grande propriété au sud de Jiquilpan, qu'il avait appelée “Le Moral” (El Morale). La maman, travailleuse et généreuse, était appelée Doña Mariquita, par la population. 

José reçut le baptême le 3 avril suivant, puis la confirmation en 1917, à quatre ans, selon la coutume de l'époque. Il fréquenta l'école, et jouait comme tous ses camarades. Chaque dimanche, il allait à la messe et au catéchisme avec ses parents.

La famille déménagea à Guadalajara, où José fit la Première communion, vers neuf ans. Sa dévotion envers la sainte Vierge grandissait et on le voyait souvent dire le chapelet.

Nombreux furent les adeptes enthousiastes des Cristeros qui s’opposaient à la politique laïque du gouvernement, et les deux frères aînés de José, Macario et Miguel, s'engagèrent dans les troupes guidées par le général Ignacio Sánchez Ramirez pour défendre la liberté religieuse. José, qui n'avait que treize ans, sollicitait de toutes ses forces son admission dans leurs rangs.

Quand les troupes des Cristeros arrivèrent à Sahuayo, dans toutes les familles, il y avait au moins quelqu'un qui portait une arme, ou bien qui s'occupait de transmettre des instructions écrites aux Cristeros : chacun s'ingéniait à les aider d'une façon ou d'une autre. Les prêtres allaient de maison en maison, au péril de leur vie, pour aider spirituellement tous ces “volontaires” du Christ.

Il y eut un grand mouvement d'indignation lors de l'assassinat de Anacleto González Flores, leader de la ACJM (Association Catholique des Jeunes Mexicains) et chef de l'Union Populaire (v. 1er avril). Toute la population se déversa dans les rues pour accompagner son cercueil. Ces événements firent naître dans le cœur de José un grand désir de mourir pour le Christ, et lui-même alla demander cette grâce du martyre sur la tombe de Anacleto.

Sa mère avait beau lui dire qu'il était bien jeune encore, il répondait : Maman, il n'a jamais été aussi facile que maintenant, de gagner le ciel ! Plus on lui demandait d'attendre, plus vif était son désir d'être dans les rangs des Cristeros et de donner sa vie pour le Christ.

Finalement il obtint la bénédiction de son père. Avec un autre garçon de même tempérament que lui, J. Trinidad Flores Espinosa, il rejoignit le camp du général Prudencio Mendoza. A chaque contrôle, on lui répétait qu'il était trop jeune, et le général Mendoza lui répéta que son jeune âge ne lui permettrait pas de suivre le rythme de vie difficile des troupes. 

Mais José rétorqua que, s'il n'avait pas la force de porter une arme lourde, il pouvait aider les soldats en entretenant leurs armes, en leur préparant la popote (car il savait faire la cuisine), en soignant les chevaux…

Alors le général fut conquis par cet esprit de décision, et confia José à Rubén Guízar Morfín, chef des troupes basées à Cotija. A partir de ce moment, José montra une disponibilité admirable à rendre service aux uns et aux autres. Il se gagna l'estime de tous. On remarquait sa ferveur, son courage ; en plus, pour éviter d'attirer des ennuis sur sa famille, il se fit appeler José Luis, nom avec lequel désormais tous le connurent.

On enrôla J. Trinidad, qui avait accompagné José, et celui-ci resta son estafette : il devait être le clairon de la troupe et le porte-drapeau du Christ-Roi. On le surnomma aussi Tarcisio, du nom de ce martyr qui protégea l’Eucharistie de la profanation (v. 15 août).

Lors d’un affrontement, le 6 février 1928, on réussit à tuer le cheval du général Guízar Morfín, qui faillit être fait prisonnier, mais José Luis sauta de son cheval et l'offrit au général en disant : Mon général, vous êtes plus nécessaire que moi à la cause ; sauvez-vous. Mais c'est José Luis qui fut arrêté, avec un autre, qui s'appelait Lorenzo (ou Lázaro, ci-après L.). Ils les emmenèrent à Cotija, au milieu des coups et des insultes.

A Cotija, le général Guerrero reprocha sévèrement à José Luis de combattre contre le gouvernement. Avant de le consigner au peloton d'exécution, il lui proposa de faire partie de ses soldats à lui. José Luis lui répondit : Plutôt la mort ! Je suis votre ennemi, fusillez-moi ! Le général le fit enfermer dans la prison.

Là, José Luis pensa à sa mère, qui devait être bien inquiète. Il demanda de quoi écrire. La lettre arriva ; la voici : 

Cotija, 6 février 1928. Ma chère maman, j'ai été fait prisonnier au combat aujourd'hui. Je crois que maintenant je vais mourir, mais peu importe, maman. Abandonne-toi à la volonté de Dieu, je meurs très content, parce que je meurs dans les rangs aux côtés de Notre Seigneur. Ne sois pas affligée de ma mort, car ça me ferait de la peine ; plutôt, dis à mes grands frères qu'ils suivent l'exemple de leur petit frère, et toi, fais la volonté de Dieu. Tiens bon et envoie-moi ta bénédiction, avec celle de papa. Salue tout le monde de ma part pour la dernière fois et toi, pour finir, reçois le cœur de ton fils, qui t'aime tellement et qui désirait tant te revoir avant de mourir. José Sánchez del Río.

Le jour suivant, 7 février, les deux prisonniers furent transférés à Sahuayo, à la disposition du député fédéral, Ráfael Picazo Sánchez. Leur prison fut l'église paroissiale de Saint-Jacques Apôtre.

Picazo commença par leur proposer diverses possibilités de s'échapper. D'abord de l'argent pour fuir à l'étranger ; ou bien fréquenter l'Ecole militaire et faire carrière. José Luis refusa.

En raison de son jeune âge et de la situation de son père, les autorités pensèrent demander à ce dernier une forte somme d'argent en échange de la liberté du garçon. Picazo aurait bien aimé cette solution, car il connaissait personnellement la famille de José Luis. Ils se fréquentaient même beaucoup, et Picazo n'appréciait pas du tout que les trois garçons se fussent enrôlés contre le gouvernement, qu'il représentait sur place. En plus de cela, cet homme était double, car s'il combattait énergiquement les Cristeros, de l'autre côté il soutenait tout un couvent de religieuses, dont firent partie ses deux sœurs.

Donc, on annonça à Monsieur Macario la détention de son fils et on lui proposait de payer une rançon de mille pesos-or pour le libérer. Le pauvre père s'en fut à Guadalajara pour faire tout son possible en vue de la libération de son fils, y compris réunir cette énorme somme d'argent. On le fit savoir à José Luis, qui supplia de ne rien faire, car il avait déjà offert sa vie à Dieu.

En attendant, le garçon voyait avec profonde tristesse l'état lamentable de l'église paroissiale et du presbytère, où s'étaient installés le général avec ses hommes et leurs chevaux. Picazo avait là toute sa basse-cour de coqs de combat.  Quand il fit nuit, José Luis réussit à défaire les liens de ses bras, à tuer tous les coqs, et d'un coup habile à aveugler le cheval. A la fin de son travail, il se mit dans un coin pour dormir.

Le jour suivant, mercredi 8 février, le général Picazo entra en colère en voyant tous ses coqs tués et demanda à José Luis s'il se rendait compte de ce qu'il avait fait. Et José Luis, crânement, répondit : La maison de Dieu est pour qu'on y vienne prier, pas pour y mettre des bêtes. Picazo le ligota et José Luis lui dit : Je suis prêt à tout. Fusille-moi pour que je sois bien vite devant Notre Seigneur et lui demande qu'il te confonde. Alors un des assistants de Picazo lui envoya un gros coup de poing sur la bouche, qui lui cassa les dents. 

Il était désormais certain qu'on voulait la mort de L. et de José Luis. Quand la tante María leur envoya un casse-croûte, L. ne voulait pas manger, mais José Luis lui rendit courage : Mangeons bien, ils nous donnent le temps de tout faire, après seulement ils nous fusilleront. Nos peines ne dureront pas plus qu’un clin d’œil.

A cinq heures et demie de l'après midi, ils conduisirent les deux prisonniers à la place centrale ; ils attachèrent L. à un cèdre qu'ils utilisaient pour les pendaisons, et José Luis fut obligé de rester près de l'arbre pour assister à son exécution. On pensait le terroriser et le faire apostasier, mais lui, s’adressant à son camarade, lui dit : Tu vas être au Ciel avant moi. Prépare-moi une place. Dis au Christ Roi que je serai bientôt avec Lui. Il se tourna vers les bourreaux et leur dit : Allons-y, tuez-moi ! 

Quand ils crurent mort L., ils le tirèrent vers le cimetière, mais le gardien, voyant qu'il vivait encore, leur dit qu'il allait s'occuper de l'ensevelir, simplement pour les faire partir. Puis de nuit, il fit sortir L. du cimetière et lui dit de bien vite s'enfuir, mais dès le lendemain L. rejoignait les troupes des Cristeros.

Quant à José Luis, ils voulurent seulement lui faire peur et le remirent dans l'église. Ils l’enfermèrent dans la baptistère, d'où il pouvait voir les gens passer dans la rue ; parfois ils échangeaient quelques mots ; José Luis leur apparaissait très tranquille ; il passait son temps à prier le chapelet ou à chanter des cantiques.

Le vendredi 10, vers six heures du soir, ils l'emmenèrent en face de l'église, au Refuge, qu'ils avaient converti en quartier général et lui annoncèrent sa mort prochaine. Il demanda encore de quoi écrire, à sa tante María, cette fois-ci : 

Sahuayo, 10 février 1928. A Madame Sanchez de Olmedo. Très chère tante : je suis condamné à mort. A huit heures et demie ce sera le moment que j'ai tant et tant désiré. Je te remercie pour toutes les faveurs que tu m'as faites, toi et Madeleine. Je ne me sens pas capable d'écrire à ma chère petite maman ; fais-moi le plaisir de lui écrire de ma part ainsi qu'à María S. Dis à Madeleine qu'elle vienne demander à l'officier qu'il me permette de la voir une dernière fois. Je crois qu'il ne me le refusera pas. Salue pour moi tout le monde, et toi, comme toujours et une dernière fois, reçois le cœur de ton neveu qui t'aime beaucoup et désire tant te revoir. Le Christ vit, le Christ règne, le Christ commande ! Vive le Christ Roi et Notre Dame de Guadalupe ! José Sanchez del Rio, qui mourut en défense de sa foi. N'oubliez pas de venir. Adieu.

A onze heures du soir, ils lui écorchèrent la plante des pieds au couteau, le sortirent du Refuge et l'obligèrent à marcher pieds-nus en le frappant, sur la route qui allait alors tout droit au cimetière. Les bourreaux essayaient de lui faire renier sa foi à force de cruauté, mais n'y arrivaient pas. Ses lèvres ne s'ouvraient que pour crier Vive le Christ Roi et Notre-Dame de Guadalupe.

José Luis pleurait et gémissait de douleur, mais ne cédait pas. De temps en temps, ils lui disaient : Si tu cries “Mort au Christ”, on te laissera en vie. Mais lui répondait : Vive le Christ Roi !  Au cimetière, le chef ordonna aux soldats de frapper le corps du garçon, pour éviter que les gens entendissent des coups de feu, mais à chaque coup, José Luis criait fortement : Vive le Christ Roi !

Pour retourner encore un peu le couteau dans la plaie, le chef demanda à José Luis s’il voulait envoyer un message à son père, à quoi le garçon répondit d’un ton inflexible : On va se revoir au ciel. Vive le Christ Roi ! Vive Notre-Dame de Guadalupe ! Sur place, pour arrêter ces cris que le mettaient hors de lui, le chef sortit son revolver et lui tira dans la tête.

José s’écroula dans son sang. C’étaient les onze heures et demie du soir, du vendredi 10 février 1928. On mit en terre le jeune Martyr directement, sans cercueil.

Plus tard, on l’exhuma pour l’ensevelir près du baptistère, où il avait été prisonnier avant d’être martyrisé.

On raconte aussi l’épisode suivant : 

Un enfant de neuf ans aperçut José Luis parmi les Cristeros, en train de remonter le moral à un compagnon découragé ; le petit enfant s’approche de José Luis, lui disant qu'il voulait bien le suivre, pour porter le drapeau du Christ lui aussi. José, qui a quatorze ans, se permet de lui répondre : Tu es bien petit, pour le moment. Pour l'instant, prie pour moi et pour nous tous.  Dieu va peut-être vouloir que tu sois prêtre. Et si tu le deviens un jour, tu feras des choses que ni moi ni mes amis ne pourront faire.

Ce garçon de neuf ans était Enrique Amezcua Medina, qui plus tard devait fonder la Confraternité des Ouvriers du Règne du Christ (Confraternitad Operarios del Reino de Cristo).

Les jeunes de l’ECYD (Education Culture Youth Development, un mouvement international de jeunes chrétiens) ont pris José Luis pour leur patron.

José Luis a été béatifié en 2005 et canonisé en 2016. Son dies natalis est le 10 février.

 

 

Eusebia Palomino Yenes

1899-1935

 

Dans une famille très pauvre de Cantalpino (Salamanque, Espagne), naît le 15 décembre 1899 Eusebia, qui reçoit avec ses trois grandes sœurs une éducation très chrétienne de leurs bons parents : Agustin Palomino, un travailleur saisonnier, et Juana Yenes.

L’hiver, Agustin va quémander un peu de nourriture dans les villages alentour, avec sa petite Eusebia.

Elle peut faire la Première communion à huit ans. Elle se sent appelée à appartenir au Christ pour toujours et complètement. 

Très tôt, elle doit arrêter l’école et travailler comme bonne à tout faire : à la campagne, d’abord, puis chez les Salésiennes. Elle travaille à la cuisine, ramasse le bois, balaye l’école, rends mille services humbles et cachés, mais surtout donne tout son temps à la catéchèse des petites filles qui sont captivées par sa simplicité, son humilité, sa foi ; c’est au point qu’elles trouvent toujours des «excuses» pour se retrouver avec elle.

Elle n’ose pas exprimer son désir d’être elle-même religieuse, à cause de sa pauvreté et son manque d’instruction. Mais lors de la visite d’une Supérieure, celle-ci l’accepte au nom de la Mère Générale.

En 1922, elle entre au noviciat des mêmes Sœurs Salésiennes (ou Filles de Marie Auxiliatrice), et fait sa profession deux ans plus tard. Elle est envoyée à Valverde del Camino (Huelva), à l’extrême sud-ouest de l’Espagne. Son arrivée provoque déception parmi les plus jeunes : elles voient en effet arriver une sœur petite, pale, laide, avec de grosses mains de paysanne… et puis ce prénom… 

Eusebia ne fait pas attention. Elle se met au travail comme d’habitude : cuisine, laverie, porte, jardin… Elle raconte de belles histoires aux enfants, qui finalement sont vite conquis par le talent qu’elle a à raconter toutes les anectodes des vies de Saints, dont elle se souvient très bien. Finalement non seulement les enfants, mais à travers eux les parents, les séminaristes, les prêtres, désirent rencontrer Sœur Eusebia, lui demander un conseil. Elle qui n’avait aucune formation théologique, elle a un cœur empli de la sagesse de Dieu.

Elle répand ses dévotions favorites, aux Saintes Plaies de Notre-Seigneur, et à l’Amour miséricordieux, selon les révélations à sainte Faustyna Kowalska (v. 5 octobre), dans le but d’obtenir miséricorde pour les pécheurs ; également la dévotion mariale de saint Louis-Marie Grignion de Montfort (voir au 28 avril) : elle en envoie des feuillets dans sa correspondance : aux petites filles, aux jeunes, aux mères de famille, aux séminaristes, aux prêtres. Durant le procès de béatification, il est dit que «peut-être il n’y a pas de curé dans toute l’Espagne, qui n’ait pas reçu un courrier de Sœur Eusebia sur le saint esclavage prôné par saint Louis-Marie.»

A partir de 1930, elle est favorisée de visions dans lesquelles elle entrevoit la prochaine guerre civile qui va ensanglanter l’Espagne.

En 1932, elle s’offre tout entière pour l’Espagne et contracte une mystérieuse maladie : les médecins n’arrivent pas à diagnostiquer pourquoi ses membres se recroquevillent, et la transforment en une sorte de pelote. Son asthme, auparavant toujours discret, devient insupportable.

Le 4 octobre 1934, lors d’une prière avec d’autres Consœurs, elle pâlit et dit : «Priez beaucoup pour la Catalogne» : c’était le début de l’insurrection des Asturies et de Barcelone (4-15 octobre 1934). Autre vision : sa chère supérieure Carmen Moreno Benítez, qui sera fusillée le 6 septembre 1936 avec sœur Amparo Carbonell Muñoz (béatifiées en 2001). 

Malgré ces grandes souffrances, elle reste paisible et douce, respectueuse de chacun et reconnaissante pour son entourage. Elle meurt le 10 février 1935.

Elle a été béatifiée en 2004.

 

 

Alojzije Stepinac

1898-1960

 

Cinquième des huit enfants d’un gros propriétaire foncier de la région de Zagreb, Alojzije (Louis) est né le 8 mai 1898 à Brezarić kraj Krašića (Zagreb, Croatie).

En 1909 il va au lycée de Zagreb où il passe son baccalauréat en 1916.

Juste avant son dix-huitième anniversaire, il est conscrit dans l’armée austro-hongroise et se retrouve sur le front italien pendant la Première guerre mondiale. Blessé à la jambe en 1918, il est fait prisonnier des Italiens pendant cinq mois.

Après la formation du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes en novembre 1918, il n’est plus considéré comme soldat ennemi. Libéré, il est volontaire dans la légion yougoslave envoyée à Salonique. Démobilisé, il revient chez lui en 1919. 

Ayant servi dans les armées alliées, il reçoit la médaille décernée pour actes d’héroïsme, l’Etoile de Karađorđe.

Après cette guerre, il fréquente pendant six mois seulement la faculté d’agronomie de Zagreb, et rejoint son père dans l’exploitation familiale.

En 1924, il part à Rome pour ses études ecclésiastiques. Il réside au Collegium Germanicum et fréquente l’université Grégorienne.

Ordonné prêtre en 1930, il est curé à Zagreb, puis évêque coadjuteur de Zagreb en 1934, et archevêque de Zagreb en 1937 : c’est un des plus jeunes archevêques de l’histoire de l’Eglise. Sa devise épiscopale est In te, Domine, speravi (C’est en toi, Seigneur, que j’ai espéré).

Lors de l’établissement de l’état indépendant de Croatie, il se montre pleinement favorable à cette séparation entre Croatie et Serbie : Les Croates et les Serbes sont de deux mondes différents… Le schisme d’Orient est la plus grande malédiction en Europe…

Il se prononce énergiquement contre les luttes raciales et intervient auprès des autorités pour faire cesser les persécutions contre les Juifs, contre les Gitans, contre les Noirs. Le grand rabbin de Zagreb de cette époque affirma que Mgr Stepinac avait fait de son mieux en faveur des Juifs.

Il protesta avec véhémence contre la conversion forcée des Serbes par le régime Oustachi. Un évêque écrivait à Mgr Stepinac : Les hommes sont égorgés, assassinés, jetés vivants du haut des falaises… Ils ont été attachés par centaines, emmenés dans des wagons et tués comme des bêtes.

Après la Seconde guerre mondiale, le nouveau gouvernement yougoslave arrêta Mgr Stepinac en 1945, du 17 mai au 3 juin. Le 4 juin, Mgr Stepinac rencontrait Tito, et refusa les propositions de créer une Eglise serbo-croate indépendante de Rome. En octobre, il publia une lettre qui dénonçait déjà l’assassinat ou l’emprisonnement de centaines de membres du clergé.

Mgr Stepinac fut alors ouvertement accusé par le gouvernement. Le 4 novembre 1945, des partisans lui jetèrent des pierres. En 1946, on demanda au Vatican de le déplacer. On l’accusa de collaboration avec les Nazis, avec les Oustachis, de défiance au gouvernement yougoslave, et il fut arrêté le 18 septembre 1946.

Le 11 octobre suivant, Mgr Stepinac était condamné à seize ans d’emprisonnement et de travaux forcés.

Il resta cinq ans dans la prison de Lepoglava, puis sa peine fut commuée en assignation à domicile, à Krašić, sur forte pression du Vatican. En décembre 1951, il fut transféré à son domicile. On voulait s’en débarrasser et l’envoyer à Rome, mais il refusa de quitter son pays.

En 1952, Pie XII le créa cardinal, ce qui poussa Tito à rompre les relations diplomatiques avec Rome.

En 1953, le cardinal Stepinac fut atteint de polycythémie, une maladie rare du sang. Il mourut d’une thrombose le 10 février 1960.

Le Cardinal Stepinac n’a pas été à proprement parler assassiné par les ennemis de l’Eglise, mais il fut clairement affirmé qu’il a enduré dans son corps et dans son esprit les atrocités du système communiste et qu’on peut maintenant le contempler avec l’étiquette rayonnante du martyre.

Alojzije Stepinac a été béatifié en 1998.

Le gouvernement croate a symboliquement condamné le procès du Cardinal en 1992. Les Serbes ont contesté la béatification, mais pas les Juifs croates, dont certains ont même proposé son inscription sur la liste des Justes parmi les nations.

 

 

 

Mikel Beltoja

1935-1974

 

Mikel Beltoja naquit le 9 mai (ou le 17 avril ?) 1935 à Beltoj (Shkodër, Albanie).

Après le lycée, il fréquenta l’université de Tirana et ressentit la vocation sacerdotale. mais les séminaires étaient fermés et interdits depuis l’instauration du régime communiste, et Mikel étudia auprès d’un prêtre, Ernesto Coba, administrateur apostolique du diocèse de Shkodër.

En 1961, il fut ordonné prêtre. Il faut remarquer ici que, malgré la persécution officielle du gouvernement communiste, celui-ci cherchait à amadouer le clergé en leur proposant de créer une Eglise nationale, séparée de l’Eglise de Rome. Mikel put ainsi être ordonné, mais l’ensemble du clergé refusa le schisme avec Rome.

En 1964, il fut envoyé à Barbullush pour y exercer quelque activité sacerdotale, mais le ministère sacré ayant été déclaré hors la loi, Mikel retourna dans sa famille et créa une coopérative agricole ; c’était une façon de couvrir son apostolat ; dans la clandestinité, Mikel pouvait ainsi célébrer la Messe, administrer les Sacrements, mais c’était aussi très risqué.

En avril 1973, il fut arrêté par la police secrète. Emprisonné, torturé pendant six mois, il fut condamné à mort le 4 septembre suivant.

Durant ce simulacre de procès, il défendit haut et fort la foi catholique, se montrant bien déterminé à ne jamais abandonner le ministère sacerdotal.

Le 10 février 1974 , il fut exécuté dans la prison de Tirana.

Mikel Beltoja fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 10 février.

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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 08:43

Francisco Tomás de San Juan Bautista Márquez Sánchez
1866-1956

Francisco naquit le 24 juin 1866 à Alpandeire (Málaga, Espagne), dans une famille paysanne, et reçut au baptême les noms de : Francisco Tomás de San Juan Bautista. Il fut l'aîné de quatre garçons et une fille. Un des garçons mourut au service militaire, durant la guerre de Cuba.
Dans les champs, on cultive les céréales, et on garde aussi les chèvres. Un jour d'orage menaçant, Francisco proposa à ses camarades d'aller prier le chapelet dans une cabane proche, tandis qu'un autre préférait revenir au village le plus vite possible. Finalement c'est cet avis qui l'emporte, mais en chemin, la foudre s'abat sur le garçon qui avait imposé son avis. C'est là un épisode qui a pu déterminer Francisco à devenir religieux.
Après quelques études à l'école primaire, il resta à la ferme pour y travailler.
En 1887-1888, il fit son service militaire au régiment d'Infanterie Pavía (Málaga).
En 1894, lors de la béatification de Diego José de Cádiz (v. 24 mars), il entendit prêcher deux pères Capucins de Ronda, dont le comportement et les paroles le décidèrent à entrer dans leur ordre.
Après quelques essais infructueux, il entra chez ceux de Séville en 1899, y émit les premiers vœux en 1900 et reçut le nom religieux de Leopoldo.
Il fut envoyé successivement à Antequera, Granada, Sevilla et, finalement, de nouveau à Granada, où il restera quarante-deux ans.
Sa fonction principale fut celle de quêteur : il allait par les rues et les places de la ville, pieds-nus, faisant l’aumône. On finit par le connaître partout, et on lui donna le surnom de humble quêteur aux trois Ave Maria, car telle était sa dévotion courante, chaque fois qu'on lui proposait une intention de prière, ou qu'il suggérait une prière. Frère Leopoldo ne manquait pas une occasion d'enseigner un peu de catéchisme, d'inviter à la prière, à la conversion.
Durant toute la période de la guerre civile, il continua à quêter, même au péril de sa vie.
Arrivé à l'âge vénérable de quatre-vingt dix ans, simple comme il avait toujours vécu, il s'éteignit saintement à Granada le 9 février 1956.
Il a été béatifié en 2010.

Un des nombreux miracles obtenus par son intercession, et retenu pour sa béatification fut la guérison rapide, totale et durable d'une malade qui, en 1994, fut envahie de douleurs musculaires très fortes dans les jambes et les bras, assorties de grave anémie, nausées, difficultés pour marcher et pour manger, perte progressive de la vue, hémoglobine et plaquettes réduites à un niveau incompatible avec la vie, péricardite, pneumonie bilatérale. Les termes cliniques étaient : Lupus érythémateux disséminé systémique (LES) compliqué d’anémie hémolytique auto-immune, purpura thrombotique thrombocytopénique, polyradiculonévrite périphérique démyélinisante (Syndrome de Guillain-Barré), pneumopathie interstitielle, neuropathie lupique, péricardite.
Des proches lui présentèrent une image du fr. Leopoldo avec une relique ; au moment où l'on jugeait la situation vraiment désespérée, la mère de la malade se retira pour prier dans la chapelle de l'hôpital avec d'autres personnes. Le lendemain, les douleurs avaient disparu, le cœur fonctionnait normalement, toutes les valeurs des analyses étaient normales ; les jours suivants, on n'observait plus de séquelles.
Le miracle fut reconnu : actuellement, la malade continue de jouir d'une bonne santé et d'une vie normale.

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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 08:23

Giacomo Abbondo
1720-1788

Giacomo naquit le 27 août 1720 à Salomino (Tronzano Vercellese, Verceil, Italie N), de Carlo Benedetto et Francesca Maria Naya ; l’aînée, Maria Margherita, était morte peu de temps avant la naissance de Giacomo, et après lui naquirent encore quatre frères et sœurs.
La famille était chrétienne ; elle comptait déjà un prêtre, frère du papa.
Giacomo fréquenta l’école primaire à Tronzano, puis à Verceil.
Sa vocation se faisait déjà sentir, au point qu’en 1740, non seulement il reçut la Confirmation, mais aussi il fut admis à l’état clérical, recevant la Tonsure, puis les Ordres dits «mineurs» de Portier et de Lecteur.
A cette époque, il n’y avait pas de véritable séminaire ; Giacomo dut fréquenter la faculté royale pour compléter ses études. Et pour payer celles-ci, il fut engagé chez le conte Agostino Benedetto Cusani de Sagliano, maire de Verceil, qui le chargea de la formation de ses sept enfants.
En 1743, Giacomo fut nommé professeur aux Ecoles Royales.
Cette même année, il reçut le sous-diaconat et, compte tenu de son excellente préparation intellectuelle, fut nommé professeur de théologie scholastique à l’université royale de Verceil.
L’année suivante, il reçut successivement le diaconat et, le 21 mars, la prêtrise.
Il continua sa formation et, en 1748, obtint le doctorat en Lettres à l’université de Turin, ce qui lui valut d’être nommé professeur des Humanités aux Ecoles Royales de Verceil.
On lui confia alors des activités pastorales, d’abord à la paroisse Saint-Michel de Verceil, enfin à la paroisse Saints Pierre-et-Paul de Tronzano, son pays natal.
Cette dernière paroisse avait subi négativement l’enseignement du curé précédent, qui était de tendance janséniste. Les bancs de l’église étaient vides.
Don Giacomo se mit au travail avec ardeur. Il visita les familles, il encouragea l’assistance à la Messe dominicale, il enseigna le catéchisme aux adultes et aux enfants ; il prépara ces derniers à la Première communion dès l’âge de dix ans (ce qui était une nouveauté à l’époque, car on attendait parfois jusqu’à douze ou quatorze ans) ; il visitait les malades, faisait porter de la nourriture et du bois de chauffage aux plus pauvres… Et alors qu’en été, beaucoup suspendaient leurs activités, lui au contraire affirmait : Ici, on n’est pas en vacances !
Il eut lui-même la joie de recevoir le nouvel évêque pour consacrer l’église de Tronzano, qui n’était pas encore consacrée !
La paroisse reprit vie, au vu de l’activité intense et de la sainteté de vie de leur cher Curé.
Don Giacomo mourut le 9 février 1788 à Tronzano, pleuré et regretté unanimement de toute la population.
Les grâces reçues par son intercession furent très nombreuses, on recueillit les témoignages de «miracles» obtenus. La cause de la béatification commença le 22 janvier 1923, fut reprise récemment et approuvée.
Le miracle retenu pour la béatification officielle, fut la guérison totale d’un jeune garçon qui, en déchargeant des bottes de foin, lâcha malencontreusement sa fourche et, en tombant, eut tout le ventre traversé par les dents de l’outil. On invoqua don Giacomo et, très vite, malgré cet accident, tout l’organisme du blessé se remit très vite du choc et le garçon vécut sans aucun problème.
Don Giacomo Abbondo fut béatifié en 2016 et inscrit au Martyrologe le 9 février.

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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 00:00

 

09 FEVRIER

 

III.

Ste Apollonia, vierge martyre en Alexandrie, invoquée contre le mal de dents, parce qu’on lui frappa les mâchoires jusqu’à faire tomber toutes les dents.

S Nicéphore, martyr à Antioche de Syrie : il s’offrit spontanément à la place de son ami prêtre qui venait de renier sa foi.

?

S Alexandre, martyr à Rome (ou compagnon des suivants, en Chypre).

Ss Ammon et Emilien, martyrs en Chypre.

IV.

Ss Primus et Donatus, diacres à Lemellefa, tués par les donatistes dans l'église qu'ils défendaient.

V.

S Maroun, prêtre solitaire près de Cyr.

S Romain le Thaumaturge, solitaire près d'Antioche de Syrie.

Ste Attracta, vierge ; elle fonda deux monastères, à Sligo et à Roscommon.

VI.

S Teliaw, évêque à Llandaf, surnommé Eliud (soleil) pour son enseignement lumineux.

S Sabino, évêque à Canosa.

S Sabin, évêque à Lesina.

S Cronan (Chronanus, Carnanus, Trovanus), évêque à Lismore ; il voyageait incognito.

S Brachion, ermite à Menat. 

S Nébridius, évêque à Egara.

VII.

S Audebert, évêque à Senlis.

S Ansbert, chancelier de Clotaire III, ensuite abbé à Fontenelle, puis évêque à Rouen (sa fiancée, ste Angadrisme, fut moniale à Oroer-les-Vierges).

VIII.

S Alton, écossais ou irlandais, fondateur d’une abbaye en Bavière, Altomünster. 

XI.

B Marian Scot (Muiredhac Marc Robartaigh), irlandais, fondateur et abbé à Regensburg.

XIII.

S Rinaldo, évêque à Nocera dont il est le patron ; il recevait chaque jour à table un petit orphelin qu'il adopta et guérit un lépreux en l'embrassant.

XVIII.

B Giuseppe Abbondo, prêtre de paroisse italien, béatifié en 2016.

XIX.

Bse Anna Katharina Emmerick, religieuse mystique allemande, béatifiée en 2004.

XX.

S Francisco Luis Febres Cordero (Miguel, 1854-1910), équatorien, frère des Ecoles Chrétiennes, membre de l’Académie nationale, lauréat de l’Académie française, canonisé en 1984.

B Luis Magaña Servín (1902-1928), laïc mexicain martyr, béatifié en 2005.

B Francisco Tomás Márquez Sánchez (Leopoldo de Alpandeire, 1866-1956), profès capucin espagnol, béatifié en 2010.

Apollonia d’Alexandrie

† 249

 

La vierge Apollonia vivait en Alexandrie d’Egypte.

Une émeute suscitée par les païens, la dernière année de l’empereur Phlippus (249), détermina le massacre des premières victimes, au nombre desquelles se trouvait Apollonia. Voici le bref compte-rendu qu’en fit l’évêque Denys (v. 8 avril) :

Les persécuteurs se saisirent d’Apollonia ; ils lui firent tomber toutes les dents en lui frappant les mâchoires, puis ils construisirent un bûcher devant la ville et la menacèrent de l’y jeter vivante si elle ne prononçait pas avec eux des formules d’impiété. Elle s’en excusa brièvement, puis offrant son sacrifice, elle s’élança vivement dans le feu et y fut consumée.

On pourra honnêtement poser la question de la légitimité d’un tel «martyre», qui n’a pas été imposé à Apollonia, mais où elle s’est elle-même précipitée. On peut très facilement supposer qu’Apollonia se voyait de toutes façons sacrifiée ; en se démarquant des païens, elle était destinée au feu ; craignit-elle de faiblir ? Dans son amour inconditionné pour l’Epoux éternel, elle dut alors penser : La mort, mais pas le péché ! (cf. s.Domenico Savio, v. 9 mars).

C’était en 249.

En raison de son supplice, sainte Apollonia est traditionnellement invoquée contre le mal de dents. Les «reliques» de ses dents sont fort nombreuses, leur nombre dépasse les trente-deux habituelles d’une personne.

Sainte Apollonia d’Alexandrie est commémorée le 9 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Primus et Donatus d’Afrique

† 361

 

Primus et Donatus étaient deux diacres en Afrique, à Lemellefa (act. Bordj-Redir, Algérie).

Lors de la persécution soulevée par Julien l’Apostat (empereur de 361 à 363), des factions donatistes se déchaînèrent à nouveau contre les catholiques et les massacrèrent.

C’est dans ce cadre que les deux diacres Primus et Donatus pensèrent s’enfermer dans leur église, pour mieux la défendre, et en particulier pour protéger l’autel, centre du Saint Sacrifice. Mais les donatistes montèrent sur le toit et l’ouvrirent, accablant de tuiles les deux ministres.

L’évêque de Théveste protesta, en vain semble-t-il.

Saints Primus et Donatus sont commémorés le 9 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maroun

† 410

 

Maroun (Maron) eut pour maître un saint Zabina, qu’il avait en grande vénération. Il vivait en Syrie, dans la région de Cyrrhestique.

Il vint s’installer au sommet d’une haute montagne, dans le voisinage d’un village qui pourrait être Kfar Nabo, et consacra au Dieu unique le temple païen qui s’y trouvait.

Beaucoup de disciples se groupèrent autour de lui et sa renommée s’étendit assez loin, au point que, de son exil à Cucuse, Jean Chrysostome lui écrivit une lettre pleine de respect et lui demandant ses prières. Le fait est fidèlement repris par toutes les sources.

D’après cette lettre, Maroun était prêtre.

Parmi ses disciples, il y eut des saints : Jacques de Cyr, Limnée, Domnina, qui ne sont pas inscrits dans le Martyrologe romain et appartiennent à la liturgie orientale.

Maroun mourut vers 410, ayant exprimé le désir d’être enterré dans la tombe-même de son cher maître, Zabina.

Les reliques de saint Maroun eurent cependant quelques vicissitudes. D’abord, les habitants de Barad, proche de Kfar Nabo, vinrent s’emparer du corps de Maroun pour l’ensevelir avec honneur dans une grande église qui fut effectivement construite vers 410. Plus tard, le crâne de Maroun aurait été transféré au couvent de saint Maron (Beit Maroun), sur l’Oronte, entre Alep et Hama.

Au 7e siècle, ce crâne fut rapporté au couvent de Kfarhaï (Batroun, Liban), qui porte le nom de Rach Maro (Tête de Maroun). Ce transfert se fit par les soins de Jean Maron, qui organisa la société et la liturgie maronites.

Plus tard encore, au 12e siècle, ce crâne arriva dans un monastère bénédictin proche de Foligno (Italie), par les soins de l’un de ces moines. Le culte se développa au point que l’évêque de Foligno voulut recueillir cette précieuse relique dans sa propre chapelle.

Saint Maroun est commémoré le 9 février.

 

 

Teliavus de Llandaf

485-560

 

Le nom latin Teliavus connaît une multitude de traductions et orthographes. En gallois : Teliaw ; en anglais : Thelo ou Teilo ; en breton : Telo ; en français : Théleau, Thélio, Théliau (tous avec ou sans h) et encore Télyo. 

Ce personnage naquit vers 485 près de Monmouth (Pays de Galles), de Ensic et Guenhaff.

Il reçut sa formation de l’évêque de Llandaf, Dubricius (v. 14 novembre), puis fit un long pèlerinage à Jérusalem, avec s.David (Dawi) et s. Padarn (v. 1er mars et peut-être 16 avril). Au retour, Teliaw s’arrêta en Armorique, auprès de s.Samson (v. 28 juillet) : il y resta sept ans, d’abord pour éviter la peste qui sévissait dans son pays, ensuite pour administrer le monastère de Samson en son absence. Il devint suffisamment célèbre et faillit bien être acclamé évêque, mais il repassa au Pays de Galles.

Là, il entreprit d’instruire les jeunes. C’est de son enseignement si lumineux que lui vint le surnom de Eliud, du grec Hlios, soleil).

Il fonda le monastère de Llandeilo-Fawr (Dyfed).

C’est alors que la Providence décida de faire de Teliaw un évêque, pour succéder à Dubricius qui devait aller sur le siège de Caerleon.

Teliaw fut un évêque zélé. Sa science s’imposait à tous. Lors d’une épidémie de peste, il ne ménagea pas sa peine pour être auprès des malades et des mourants, mais le fléau l’épargna.

Il mourut fort âgé, un 9 février qu’on place vers 560.

Son successeur fut son propre neveu, Oudocée (v. 2 juillet).

Plusieurs noms, cités dans cette notice, ne se trouvent plus dans l’actuel Martyrologe Romain, parce que les historiens peinent à démêler de leurs vies ce qui est vraiment historique et ce qui ne l’est pas. Mais saint Teliaw est un de ceux qui ont été retenus.

Saint Teliaw est commémoré le 9 février au Martyrologe Romain.

 

 

Sabino de Canosa

461-566

 

Les témoignages historiques sur s.Sabino s’étendent sur une période tellement longue, qu’on a présumé qu’il s’agissait de deux personnages différents de même nom.

En 514, Sabino fut évêque de Canosa (Pouilles, Italie SE), qu’il ne faut pas confondre avec Canossa.

Il fut deux fois légat pontifical à Constantinople, en 525 et 536, nous dit-on. Il serait peut-être plus juste de dire qu’en 525 il accompagna le pape Jean Ier (v. 18 mai), puis qu’en 536 il y prépara la visite d’Agapit I (v. 22 avril).

Entre ces deux missions, il y eut un synode romain, auquel Sabino participa.

En 553, il fut à la tête d’une délégation romaine près l’empereur Justinien à Constantinople, pour le deuxième concile de Constantinople. Sabino y subit cette fois-ci maintes vexations de la part de l’empereur et de sa femme.

A son retour en Italie, il s’arrêta à Myre pour vénérer les reliques de s. Nicolas (v. 6 décembre) et reprit son travail apostolique dans son diocèse.

De temps en temps, il se rendait auprès de s.Benoît (v. 11 juillet), qu’il estimait particulièrement et qui lui prédit la prochaine ruine de Rome.

Lorsque Totila envahit l’Italie (548) et qu’il entendit parler de Sabino, il se fit passer, nous dit-on, pour un serviteur et vint offrir à Sabino une coupe de vin ; mais l’évêque, qui ne voyait plus déjà, ne se laissa pas tromper et dévisagea Totila qui, impressionné, renonça à saccager la ville.

Sabino, nous dit s.Grégoire le Grand (v. 12 mars) - qui, ne l’oublions pas, avait été un moine bénédictin avant d’être pape - Sabino, donc, reçut le don de prophétie et de pénétration des cœurs. C’est ainsi, raconte le saint Pape, qu’un de ses serviteurs, corrompu par l’archidiacre jaloux, lui présenta un jour une coupe empoisonnée. Le saint évêque, aveugle, fut divinement informé du danger et annonça la vengeance que Dieu tirerait bientôt de cette tentative de crime ; il fit le signe de la croix, absorba le poison avec assurance et n’en éprouva aucun mal. C’est l’archidiacre qui mourut bientôt.

L’évêque Sabino s’éteignit le 9 février 566, dies natalis retenu par le Martyrologe Romain.

Saint Sabino est invoqué contre les poisons.

 

 

Ansbert de Rouen

629-695

 

Ansbert naquit vers 629 à Chaussy-en-Vexin (Val d’Oise), de parents nobles. Son père, Silvinus, avait sa place au conseil royal de Clovis II et Bathilde.

Vers 650, la cousine d’un moine de Fontenelle, Angadresme, fut proposée comme épouse à Ansbert. Mais ni l’un ni l’autre ne désirait le mariage. Angadresme contracta une dermatite et put être moniale ; Ansbert fut d’abord admis à la cour de Clotaire III comme référendaire puis comme chancelier.

Bientôt cependant, il laissa tout, la cour, les honneurs, le monde, et entra à l’abbaye de Fontenelle, dont l’abbé était s.Wandrille (v. 22 juillet). Ansbert fit la profession et fut ordonné prêtre par s.Ouen (v. 24 août).

En 668, mourut s.Wandrille, remplacé par Lambert (le cousin de Angadresme), qui en 677 fut nommé évêque de Lyon. C’est alors qu’Ansbert fut élu abbé.

Parmi ses belles œuvres, on note un hôpital pour douze veillards, deux hospices pour les pauvres, qui étaient chargés en retour des soins, de prier pour l’Eglise. Il fonda une abbaye-fille à Donzère (différente d’Aiguebelle, qui est du 12e siècle, mais dont il ne reste apparemment aucun vestige).

En 684, Ansbert fut appelé à succéder à s.Ouen, par acclamation unanime du peuple et approbation du roi Thierry, qui vinrent à bout de l’humble résistance d’Ansbert. C’est Lambert qui le consacra.

Lors d’une cérémonie en l’honneur de s.Ouen, en 688, Ansbert prit la fièvre ; il guérit aussitôt en s’appliquant le linge qui venait d’envelopper les reliques de s.Ouen.

Un scandale politique fit croire au maire du palais Pépin d’Héristal, qu’Ansbert travaillait contre lui et l’évêque fut exilé à Hautmont (Hainaut), jusqu’à ce que Pépin, mieux informé, revînt sur sa disposition. Mais Ansbert savait que son heure était arrivée ; il mourut à Hautmont, le 9 février 695.

Les reliques de s.Ansbert furent déposées à Fontenelle, puis, après plusieurs translations, aboutirent à Gand, où des révoltés les détruisirent en 1578.

Beaucoup de miracles eurent lieu lors des différentes translations.

Saint Ansbert est commémoré le 9 février au Martyrologe Romain.

 

 

Alton, abbé

† 770

 

L’existence d’Alton est attestée historiquement, c’est une des rares certitudes qu’on a de lui.

Il serait écossais, ou plutôt irlandais.

Venu en Bavière y vivre en ermite, il reçut de Pépin le Bref un terrain, plus tard appelé Altoforst (forêt d’Alton), qu’il défricha avec ses premiers disciples, donnant ainsi naissance au monastère Saints-Pierre-et-Paul d’Altomünster,  consacré en 753 par s.Boniface (v. 5 juin).

Alton mourut vers 770.

Son dies natalis est au 9 février dans le Martyrologe Romain.

L’abbaye d’Altomünster abrite actuellement des moniales brigittines.

 

 

Rinaldo de Nocera

1150-1217

 

Rinaldo vint au jour vers 1150 à Postignano (Ombrie, Italie C), fils aîné d’un petit seigneur, nommé Napoleone.

Rinaldo reçut une éducation soignée.

A vingt ans, il laissa tout et se retira d’abord sur le mont Serrasanta de Gualdo Tadino, où vivaient des ermites ; puis il vint dans l’abbaye de Fonte-Avellana, de l’Ordre des Camaldules. Il y fut élu prieur.

L’évêque recourut à ses services et, à la mort de celui-ci (1213), Rinaldo fut appelé au siège épiscopal de Nocera, qu’il illustra par sa bonté envers les déshérités de toutes sortes, pauvres, veuves, orphelins, malades.

Il conserva son habit et ses habitudes de moine.

Un jour qu’il croisait un lépreux horriblement mutilé par la maladie, il l’embrassa fraternellement et le lépreux guérit instantanément.

Il accueillit dans la maison épiscopale un orphelin, qu’il adopta ; il le faisait asseoir à sa table et le servait comme s’il s’agissait de Notre-Seigneur.

Envers les pécheurs endurcis, il savait se montrer assez sévère. Il se lia d’une profonde amitié avec s. Francesco d’Assise (v. 4 octobre), qui, lui aussi, invitait les pécheurs à faire pénitence.

Rinaldo mourut le 9 février 1217.

Les miracles le firent canoniser dès les mois suivant sa mort.

Giacomo Abbondo

1720-1788

 

Giacomo naquit le 27 août 1720 à Salomino (Tronzano Vercellese, Verceil, Italie N), de Carlo Benedetto et Francesca Maria Naya ; l’aînée, Maria Margherita, était morte peu de temps avant la naissance de Giacomo, et après lui naquirent encore quatre frères et sœurs.

La famille était chrétienne ; elle comptait déjà un prêtre, frère du papa.

Giacomo fréquenta l’école primaire à Tronzano, puis à Verceil.

Sa vocation se faisait déjà sentir, au point qu’en 1740, non seulement il reçut la Confirmation, mais aussi il fut admis à l’état clérical, recevant la Tonsure, puis les Ordres dits «mineurs» de Portier et de Lecteur.

A cette époque, il n’y avait pas de véritable séminaire ; Giacomo dut fréquenter la faculté royale pour compléter ses études. Et pour payer celles-ci, il fut engagé chez le conte Agostino Benedetto Cusani de Sagliano, maire de Verceil, qui le chargea de la formation de ses sept enfants.

En 1743, Giacomo fut nommé professeur aux Ecoles Royales.

Cette même année, il reçut le sous-diaconat et, compte tenu de son excellente préparation intellectuelle, fut nommé professeur de théologie scholastique à l’université royale de Verceil.

L’année suivante, il reçut successivement le diaconat et, le 21 mars, la prêtrise.

Il continua sa formation et, en 1748, obtint le doctorat en Lettres à l’université de Turin, ce qui lui valut d’être nommé professeur des Humanités aux Ecoles Royales de Verceil.

On lui confia alors des activités pastorales, d’abord à la paroisse Saint-Michel de Verceil, enfin à la paroisse Saints Pierre-et-Paul de Tronzano, son pays natal.

Cette dernière paroisse avait subi négativement l’enseignement du curé précédent, qui était de tendance janséniste. Les bancs de l’église étaient vides.

Don Giacomo se mit au travail avec ardeur. Il visita les familles, il encouragea l’assistance à la Messe dominicale, il enseigna le catéchisme aux adultes et aux enfants ; il prépara ces derniers à la Première communion dès l’âge de dix ans (ce qui était une nouveauté à l’époque, car on attendait parfois jusqu’à douze ou quatorze ans) ; il visitait les malades, faisait porter de la nourriture et du bois de chauffage aux plus pauvres… Et alors qu’en été, beaucoup suspendaient leurs activités, lui au contraire affirmait : Ici, on n’est pas en vacances !

Il eut lui-même la joie de recevoir le nouvel évêque pour consacrer l’église de Tronzano, qui n’était pas encore consacrée !

La paroisse reprit vie, au vu de l’activité intense et de la sainteté de vie de leur cher Curé.

Don Giacomo mourut le 9 février 1788 à Tronzano, pleuré et regretté unanimement de toute la population.

Les grâces reçues par son intercession furent très nombreuses, on recueillit les témoignages de «miracles» obtenus. La cause de la béatification commença le 22 janvier 1923, fut reprise récemment et approuvée.

Le miracle retenu pour la béatification officielle, fut la guérison totale d’un jeune garçon qui, en déchargeant des bottes de foin, lâcha malencontreusement sa fourche et, en tombant, eut tout le ventre traversé par les dents de l’outil. On invoqua don Giacomo et, très vite, malgré cet accident, tout l’organisme du blessé se remit très vite du choc et le garçon vécut sans aucun problème.

Don Giacomo Abbondo fut béatifié en 2016 et inscrit au Martyrologe le 9 février.

 

 

Anna Katharina Emmerick

1774-1824

 

Anna Katharina Emmerick naquit près de Coesfeld en Allemagne le 8 septembre 1774 d’une famille de paysans et commença à travailler très jeune. Elle ne fréquenta guère l’école, mais possédait une bonne instruction religieuse.

Dès la plus petite enfance elle fut favorisée de visions sur les mystères de la Bible : elles lui étaient tellement familières qu’elle pensait que tout le monde en recevait comme elles. Quand elle comprit que ce n’était pas le cas, elle se referma dans le silence.

Plus tard sa vocation religieuse mûrit et elle demanda d’entrer dans plusieurs monastères. Elle fut toujours repoussée, car elle était pauvre et sans dot. Elle aurait pu être accueillie au couvent de Clarisses de Münster, “pourvu qu’elle apprît à jouer de l’orgue” , mais les parents étaient trop pauvres pour lui payer les leçons, de sorte que son séjour chez l’organiste Söntgen fut inutile. Enfin elle put entrer chez les religieuses d’Agnetenberg, près de Dülmen, avec d’ailleurs son amie Klara Söntgen ; là, elle participa avec ferveur à la vie monastique, toujours prête à exécuter les travaux les plus lourds ; elle prononça ses vœux l’année suivante.

En 1811, à cause du mouvement de la sécularisation, le monastère d’Agnetenberg fut fermé. Anna Katharina trouva accueil comme domestique chez un prêtre français qui avait fui la Révolution, l’abbé Lambert, mais bien vite elle tomba malade et fut alitée. 

Une nuit, alors qu’elle priait, Jésus lui apparut, il lui offrit une couronne de roses et une d’épines. Elle choisit celle d’épines que Jésus lui posa sur la tête. Tout de suite sur son front apparurent les premières stigmates. Après une autre apparition de Jésus comparurent les blessures aux mains, aux pieds et au côté.

Le docteur Wesener, un jeune médecin lui rendit visite et fut très impressionné par les stigmates. Pendant les onze années qui suivirent il devint son ami et fidèle assistant, tenant un journal dans lequel il transcrivait les visions d’Anna Katharina. 

La religieuse ne se nourrissait pratiquement plus. Un peu d’eau et l’Hostie consacrée furent suffisantes pour la garder en vie des années. Très dévote à l’Eucharistie, elle écrivit de nombreuses pages à ce sujet : « Mon désir de la Très Sainte Eucharistie était si fort et irrésistible que je sortais souvent la nuit de ma cellule pour entrer dans l’église ; souvent je m’agenouillais et me prosternais vers le Très Saint Sacrement, les bras étendus et quelquefois j’entrais en extase. »

Anna Katharina unit toujours sa souffrance à celle de Jésus et la lui offrit pour la rédemption des hommes. 

Le plus fameux biographe d’Anna Katharina fut l’écrivain allemand Clemens von Brentano qui transcrivit toutes ses visions. Il compila des milliers de pages sur la bienheureuse, dont beaucoup doivent encore être publiées. Dans un de ces passages plus fameux il écrivit : « Anna Katharina est comme une croix sur un côté de la route pour indiquer la direction aux fidèles. Ce qu’elle dit est court, simple, plein de profondeur, de chaleur, de vie. Je comprenais tout. Elle était toujours heureuse, affectueuse, digne, merveilleuse. Toujours malade, proche de l’agonie, mais en même temps délicate et fraîche, chaste et éprouvée, saine. Être assis à côté d’elle était la plus belle place au monde ».

Une des visions d’Anna Katharina permit de repérer la maison de la Sainte Vierge à Éphèse. Selon d’antiques traditions il semble en effet que Marie se soit établie dans cette ville avec l’Apôtre Jean et qu’elle y mourut.

Béatifiée en 2004, Anna Katharina est inscrite dans le Martyrologe au 9 février, car elle mourut ce jour en 1824.

 

 

Francisco Luis Febres Cordero 

1854-1910

 

Francisco naquit le 7 novembre 1854 à Cuenca (Equateur), d’un père très en vue en politique, mais qui devint plutôt professeur de séminaire, et d’une mère extrêmement croyante qui obtint par ses prières la guérison de son garçon, né estropié des jambes.

Le petit garçon fut très précoce ; à l’école chez les Frères des Ecoles Chrétiennes qui venaient d’ouvrir une école à Cuenca (1863), Francisco s’enthousiasme pour l’étude et exprime son désir d’entrer en religion chez les Frères. 

Les parents, cependant, auraient préféré que leur fils devînt prêtre, de sorte que l’unique recours de Francisco fut sa Maman du ciel : la maman de la terre finit par signer l’autorisation et Francisco entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes le 24 mars 1868, veille de l’Annonciation. Le papa restera quand même fâché de cette décision, et n’écrira pas un mot à son fils durant cinq années.

Francisco a quatorze ans, et prend le nouveau nom de Miguel : un an après, on l’envoie déjà enseigner dans l’école de Quito ! Miguel demeurera professeur pendant trente-huit années.

Devant enseigner l’espagnol, et ne disposant pas de livres imprimés, il se mit à composer des ouvrages que le gouvernement fera adopter dans tout le pays.

Miguel publia aussi des ouvrages de catéchèse, et il sera particulièrement attentif à la préparation des petits à la Première Communion, jusqu’en 1907, l’année où il partira pour l’Europe.

Malgré le gouvernement anti-clérical de l’époque (c’était avant l’élection de Gabriel García Moreno en 1861), la réputation de Miguel se répandait dans tout le pays. En raison des traductions qu’il avait faites des œuvres et de la vie de saint Jean-Baptiste de la Salle (v. 7 avril), c’est lui qui fut chargé de représenter son institut pour l’Equateur lors de la béatification du saint Fondateur à Rome.

Encore aujourd’hui ses textes ont été adoptés à l’échelon national pour leur exceptionnelle clarté, la méthodologie, la langue coulante, et on les considère comme un guide sûr pour l’étude de la langue espagnole de tout niveau.

Elu à l’Académie de l’Equateur, il devint alors une célébrité internationale. En 1894, il donna le départ à un institut pour la formation des adultes, que malheureusement un décret gouvernemental fit bientôt fermer. Miguel retourna à l’enseignement dans une école libre, en 1896, pour devenir ensuite maître des novices et président de l’Ecole libre en 1902, poste qu’il n’occupa qu’un an.

Pendant ce temps, on le demandait en Europe, car on avait besoin d’un expert pour former rapidement les religieux à la langue espagnole : il vint quelques mois à Paris, puis dans la maison-mère de Belgique (Lembecq-les-Hal) en 1907, où on lui demanda de traduire encore d’autres textes du français en espagnol. 

Mais comme le climat ne lui réussissait pas, on l’envoya à Premia de Mar (Barcelone) en 1909. Là encore, une révolution anti-cléricale survint, déclenchant une grève générale et des incendies d’églises : les Frères se réfugièrent dans un aviso-torpilleur du port, puis dans le collège Bonanova, et ce fut encore notre frère Miguel qui était là pour porter en sécurité les Hosties du Saint-Sacrement.

Tous ces événements ne manquèrent pas d’altérer encore plus la santé du frère Miguel, qui fit encore un pélerinage à la Madonne de Saragosse. En janvier 1910 il fut atteint de pneumonie et mourut le 9 février.

En Equateur, ce fut un deuil national.

En 1937, par crainte de profanations au moment de la révolution espagnole, on transféra ses reliques en Equateur, où des célébrations nationales marquèrent le centenaire de sa naissance.

Les biographes du frère Miguel disent que sa vie spirituelle était toute faite de pratiques méticuleuses, de saintes résolutions, parfois difficiles à comprendre aujourd’hui. Mais ils s’accordent pour lui reconnaître un amour de Dieu constant, qui s’exprimait dans la mission apostolique et dans son souci ininterrompu du bien des Frères et de leurs élèves. Il eut une particulière dévotion à l’Enfant-Jésus.

Francisco Luis Febres Cordero, ou frère Miguel de la Salle, fut béatifié en 1977, et canonisé en 1984. Il est commémoré le 9 février.

 

 

Luis Magaña Servin

1902-1928

 

Luis naquit dans une terre mexicaine dont la population avait hérité des traits espagnols et français des explorateurs arrivés là quelque deux siècles auparavant : ces habitants étaient donc de type plus “européen”, le visage clair, les yeux bleus, la taille haute. Cette région était la Terre de Sainte Marie de Guadalupe de las Arandas, dans l'état de Jalisco.

Les heureux parents qui accueillirent leur premier-né le 24 août 1902, étaient Raymundo Magaña Zúñiga et María Concepción Servín. Comme c'était la veille de la fête de saint Louis, ils lui donnèrent le nom de Luis. Plus tard ils eurent encore deux garçons, Delfino et José Soledad.

Le curé de la paroisse chargea un jour un artiste de peindre un tableau de Notre-Dame du Refuge, et pour modèle des yeux de l'Enfant-Jésus, le peintre choisit le petit Luis.

En grandissant, il se mit à aider son père à la tannerie. Il se levait très tôt, participait avec son père à la messe de cinq heures, déjeunait et partait à l'école. L'après-midi, il aidait au travail du cuir ; le soir, après le chapelet, on mangeait et il allait se coucher. Deux fois par semaine, il allait au catéchisme.

Avec cet horaire régulier, le garçon grandit à l'ombre de son père, dont il devint le bras droit.

Dans ces années-là, les ouvriers chrétiens lisaient la récente encyclique de Léon XIII sur la question sociale, et Luis montrait un grand intérêt pour les problèmes sociaux. Il appartenait à l'Association Notre-Dame de Guadalupe, qui regroupait les ouvriers et les artisans. 

Des témoins se rappelaient que Luis s'intéressait de près à la condition sociale, au gouvernement ; il organisait des réunions chez lui. Lui-même s'imposait de traiter les ouvriers de manière juste et généreuse. Il parlait de tous ces problèmes avec la même sincérité et le même esprit de justice avec les riches qu'avec les pauvres.

Fidèle dévot de Notre-Dame de Guadalupe, comme tous les Mexicains, il participa à la cérémonie d'expiation qui eut lieu à Mexico après l'attentat à l'image de la Vierge qui avait eu lieu en 1921 dans la basilique.

Luis s'inscrivit à l'Action catholique de la Jeunesse mexicaine, et fonda la section de sa ville de Arandas. Puis il fut un des membres fondateurs de l'Adoration nocturne, à laquelle il fut toujours fidèle. Tous les jours il communiait à la messe.

Quand il allait vendre la marchandise avec son père à Atotonilco, il priait durant le déplacement. Il se répétait l'homélie du dimanche précédent. Jamais un mot contre quelqu'un. Il aidait les pauvres chaque fois qu'il le pouvait. Il vendait sa marchandise avec justice, honnêtement.

Il pensait un jour se marier, fit des économies et s'acheta une maison en 1925.

Il se fiança avec une jeune fille orpheline, Elvira Camarena Méndez, qu'il rencontrait comme une sœur, jusqu'à leur mariage, le 6 janvier 1926. Elvira avait dix-huit ans,  lui, vingt-quatre.

En 1927 devait naître Gilberto. 

Luis fut parfaitement fidèle envers son épouse. Il ne buvait pas, il ne fumait pas.

Quand se forma le mouvement des Cristeros, tout en les aidant à sa façon, avec des vêtements, de l'argent ou de la nourriture, jamais il ne voulut prendre les armes. Il avait un «messager» très fidèle qui lui apportait les nouvelles, José Refugio Aranda, surnommé Pancho la Muerte, qui fut arrêté le même jour que lui.

En 1926, quinze jours après que furent fermés les lieux de culte, on fusilla le 15 août un prêtre et trois jeunes de l'Action Catholique (Luis Batis, Salvador Lara, David Roldán et Manuel Morales), canonisés en 2000 ; le 1er avril 1927, on fusilla son maître Anacleto González Flores et trois jeunes de l'Action Catholique (Jorge y Ramón Vargas, et Luis Padilla Gómez), béatifiés en 2005.

Le gouvernement demanda aux autorités locales une liste de noms de ceux qui aidaient les Cristeros. Pour mieux les cerner, il fut établi de concentrer les populations dans certains centres, ce qui les aurait empêchés de se joindre aux Cristeros. Toute personne et tout prêtre, qui auraient été trouvés hors de ces centres, auraient été arrêtés et fusillés. Luis allait être du nombre. En prévision de ces moments difficiles, il s’était construit un passage souterrain entre la maison de son père et la sienne, ce qui lui permettait éventuellement de disparaître très vite.

En février 1928, des soldats vinrent occuper le village et s’installèrent dans l’église. A midi du 9 février, ils se présentèrent chez Raymundo ; n'y trouvant pas Luis, qui s’était précipité dans son abri, ils arrêtèrent Delfino, menaçant de le fusiller si Luis ne se présentait pas dans la journée.

Luis alors sortit de sa cachette, rassura calmement les siens en leur disant qu'il allait trouver le général, et qu'il leur ramènerait Delfino sans faute.

Il commença par prendre un bain, il se rasa fraîchement et se mit son plus bel habit, celui qu'il avait acheté à Guadalajara pour son mariage. Il se mit à table avec les siens et mangea tranquillement. Après, il s'agenouilla devant ses parents en leur demandant leur bénédiction. Il leur dit d'avoir courage, car il allait vite revenir. Il embrassa les siens un à un, il serra contre son cœur et embrassa son petit Gilbert de dix mois, et embrassa sa chère épouse, qui était enceinte.

Il était trois heures de l'après-midi. Une amie le vit passer et lui demanda où donc il allait, si bien vêtu ; il lui expliqua en deux mots la situation et elle lui dit : N'y va pas, ils vont te fusiller. Mais Luis, écartant les bras et regardant vers le ciel, répondit :  Quel bonheur, dans une heure je serai dans les bras de Dieu.

Luis alla droit au quartier militaire, demanda à rencontrer le général et lui dit : Mon général, je suis Luis Magaña, que vous cherchez ; celui que vous avez pris, c'est mon frère, qui n'a rien fait de mal. Si c'est moi que vous cherchez, libérez mon frère.

Le général admira le cran de cet homme, qui le regardait en face, les yeux dans les yeux. Il échangea deux mots avec son adjoint et dit à Luis : Bien, jeune homme. On va voir si tu es vraiment aussi courageux que tu le parais. Et à l'officier : Libère-moi l'autre, et fusille-moi celui-ci immédiatement sur le porche de l'église.

Il était trois heures et demie, l'heure de la sieste. Huit soldats sortirent, poussant devant eux Luis et son fidèle messager, Pancho la Muerte, qu'on avait arrêté précédemment. On arriva à l'église et on mit les deux prisonniers à droite du portail. L'officier voulut bander les yeux de Luis, qui refusa. Il avait les mains liées derrière le dos ; il leva les yeux au ciel et dit bien fort à tous les soldats (d'autres personnes entendirent clairement ses paroles) : 

Moi, je n'ai jamais été ni cristero ni rebelle, comme vous m'accusez. Mais si m'accusez d'être chrétien, oui, je le suis. Soldats, qui allez me fusiller ! Je désire vous dire qu'à partir de cet instant, vous êtes pardonnés, et je vous promets qu'en arrivant devant Dieu, vous serez les premiers pour qui je l'implorerai. Vive le Christ Roi ! Vive Notre-Dame de Guadalupe !

Le général voulait ainsi intimider les habitants ; jamais encore, on n'avait fusillé quelqu'un à l'entrée d'une église. Un soldat accrocha une pancarte avec ces mots : Ainsi meurent les Cristeros. 

Le père de Luis alla demander au général la permission de reprendre le corps de son fils. Il le ramena à la maison, où sa mère et son épouse lui mirent une chemise propre, conservant celle qui avait été ensanglantée. Toute la nuit, on le veilla. Des dames imbibèrent du coton avec le sang du Martyr, qui ne se coagulait pas. La mère et l'épouse de Luis donnèrent des morceaux de cette précieuse chemise comme reliques à des amies.

Cinq mois plus tard, naissait la petite fille de Luis, qui reçut le nom de Marìa Luisa, en souvenir de son père.

 

Plus tard, les reliques de Luis, avec celles des frères Ezequiel et Salvador Huerta, furent déposées dans la chapelle du séminaire des missions, qui se trouve à Arandas. Le père de Luis fit ériger une croix à l'endroit où son fils fut fusillé. Pendant longtemps, on put voir sur les murs de l'église, les trous creusés par les balles ; on ne les a rebouchés que tout récemment.

Luis Magaña Servin fut béatifié avec d'autres Compagnons mexicains martyrs en 2005. Le dies natalis de Luis est le 9 février.

 

 

Francisco Tomás de San Juan Bautista Márquez Sánchez

1866-1956

 

Francisco naquit le 24 juin 1866 à Alpandeire (Málaga, Espagne), dans une famille paysanne, et reçut au baptême les noms de : Francisco Tomás de San Juan Bautista. Il fut l'aîné de quatre garçons et une fille. Un des garçons mourut au service militaire, durant la guerre de Cuba.

Dans les champs, on cultive les céréales, et on garde aussi les chèvres. Un jour d'orage menaçant, Francisco proposa à ses camarades d'aller prier le chapelet dans une cabane proche, tandis qu'un autre préférait revenir au village le plus vite possible. Finalement c'est cet avis qui l'emporte, mais en chemin, la foudre s'abat sur le garçon qui avait imposé son avis. C'est là un épisode qui a pu déterminer Francisco à devenir religieux.

Après quelques études à l'école primaire, il resta à la ferme pour y travailler. 

En 1887-1888, il fit son service militaire au régiment d'Infanterie Pavía (Málaga).

En 1894, lors de la béatification de Diego José de Cádiz (v. 24 mars), il entendit prêcher deux pères Capucins de Ronda, dont le comportement et les paroles le décidèrent à entrer dans leur ordre. 

Après quelques essais infructueux, il entra chez ceux de Séville en 1899, y émit les premiers vœux en 1900 et reçut le nom religieux de Leopoldo.

Il fut envoyé successivement à Antequera, Granada, Sevilla et, finalement, de nouveau à Granada, où il restera quarante-deux ans.

Sa fonction principale fut celle de quêteur : il allait par les rues et les places de la ville, pieds-nus, faisant l’aumône. On finit par le connaître partout, et on lui donna le surnom de humble quêteur aux trois Ave Maria, car telle était sa dévotion courante, chaque fois qu'on lui proposait une intention de prière, ou qu'il suggérait une prière. Frère Leopoldo ne manquait pas une occasion d'enseigner un peu de catéchisme, d'inviter à la prière, à la conversion.

Durant toute la période de la guerre civile, il continua à quêter, même au péril de sa vie.

Arrivé à l'âge vénérable de quatre-vingt dix ans, simple comme il avait toujours vécu, il s'éteignit saintement à Granada le 9 février 1956.

Il a été béatifié en 2010.

 

Un des nombreux miracles obtenus par son intercession, et retenu pour sa béatification fut la guérison rapide, totale et durable d'une malade qui, en 1994, fut envahie de douleurs musculaires très fortes dans les jambes et les bras, assorties de grave anémie, nausées, difficultés pour marcher et pour manger, perte progressive de la vue, hémoglobine et plaquettes réduites à un niveau incompatible avec la vie, péricardite, pneumonie bilatérale. Les termes cliniques étaient : Lupus érythémateux disséminé systémique (LES) compliqué d’anémie hémolytique auto-immune, purpura thrombotique thrombocytopénique, polyradiculonévrite périphérique démyélinisante (Syndrome de Guillain-Barré), pneumopathie interstitielle, neuropathie lupique, péricardite.

Des proches lui présentèrent une image du fr. Leopoldo avec une relique ; au moment où l'on jugeait la situation vraiment désespérée, la mère de la malade se retira pour prier dans la chapelle de l'hôpital avec d'autres personnes. Le lendemain, les douleurs avaient disparu, le cœur fonctionnait normalement, toutes les valeurs des analyses étaient normales ; les jours suivants, on n'observait plus de séquelles.

Le miracle fut reconnu : actuellement, la malade continue de jouir d'une bonne santé et d'une vie normale.

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8 février 2021 1 08 /02 /février /2021 00:00

08 FEVRIER

 

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Ss Paul, Lucius et Cyriaque, martyrs romains.

Ss Denis, Emilien et Sébastien, martyrs en Petite Arménie. 

III.

Ste Coyntha, martyre à Alexandrie. 

IV.

S Eventius, évêque à Pavie.

VI.

S Jacut, frère des ss. Weithnoc (son jumeau) et Gwennolé, venus de Grande Bretagne ; il fonda à Landoac une abbaye qui sera Saint-Jacut.

S Honoratus, évêque à Milan.

VII.

S Nicetius, évêque à Besançon.

S Paulus, passé de la cour de Clotaire II à Tholey, puis évêque à Verdun ; il y restaura la vie de l’Eglise, notamment pour la sanctification du dimanche.

VIII.

Ste Elfleda, abbesse à Whitby.

IX.

S Cuthman, berger anglo-saxon retiré avec sa pauvre mère dans une cabane à Steninges.

S Mengold (Meingaud), seigneur mis à mort par ses ennemis près de Huy.

XI.

B Pietro Aldobrandini, de l’abbaye de Vallombreuse ; l’évêque ayant été accusé de simonie à Albano, Pietro accepta de se soumettre à l’épreuve du feu pour le “prouver” ; sorti indemne, il fut surnommé “Igneo” et créé cardinal, tandis que l’autre évêque était déposé.

XII.

S Etienne, auvergnat solitaire dans la forêt de Muret, à l’origine de l’ordre de Grandmont.

XIII.

Bse Jacopa de' Settesoli, veuve Frangipane (d’où le nom de la délicieuse galette), romaine dévouée aux franciscains ; s. François d’Assise, mourant, demanda de “laisser entrer frère Jacqueline”.

XV.

B Isaïe Boner, augustin à Cracovie.

XVI.

S Girolamo Miani (Jérôme Emilien), ex-militaire, fondateur à Somasca d’une congrégation de clercs (Somasques) pour les orphelins, les filles tombées, les malades ; il est le patron des orphelins et de la jeunesse abandonnée.

XX.

Bse Giuseppa Gabriella Bonino (1843-1906), fondatrice des Sœurs de la Sainte-Famille, pour la jeunesse et les malades, béatifiée en 1995.

Ste Giuseppina Bakhita (env.1869-1947), esclave soudanaise rachetée par le consul italien, des religieuses Canossiennes à Schio, première soudanaise béatifiée (1992) et canonisée (2000).

Bse María Josefa Alhama Valera (Esperanza de Jésus, 1893-1983), fondatrice espagnole des Servantes et des Fils de l’Amour Miséricordieux, morte à Collevalenza (Italie), mystique, béatifiée en 2014.

Coynta d’Alexandrie

† 249

 

Coynta était une femme chrétienne qui vivait en Alexandrie.

Les persécuteurs conduisirent Coynta (Quinta) vers le temple des idoles et la contraignirent d’adorer ; elle se détourna et manifesta son dégoût. Ils la lièrent alors par les pieds et la traînèrent par toute la ville sur le rude pavé ; ils la meurtrirent sur les pierres meulières, tout en l’accablant de coups de fouet, puis ils la conduisirent au même endroit que Métras (v. 31 janvier) et la lapidèrent.

Les Martyrs d’Alexandrie étaient autrefois commémorés ensemble, comme le groupe des Martyrs d’Alexandrie, sous l’empereur Dèce.

Sainte Coynta d’Alexandrie est commémorée le 8 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eventius de Pavie

† 397

 

Sur Eventius (ou Inventius, Iuventius dans le Martyrologe, sans doute à cause d’un problème de graphologie), il n’y a pas grand-chose à dire.

Il fut le troisième évêque de Pavie : il fut consacré certainement - mais on ne sait combien de temps  -avant 381, par s.Ambroise (v. 7 décembre).

Eventius fut un fervent partisan de la Foi catholique, contre l’erreur d’Arius. En 381, il participa au concile d’Aquilée, qui condamna les derniers évêques ariens.

En 390, il participa au concile de Milan, qui condamnait l’erreur de Iovinianus ; les pères de ce concile envoyèrent au pape une lettre, où Eventius est le premier signataire.

S.Ambroise raconte aussi comment Eventius prit ouvertement la défense d’une veuve qui réclamait les biens qu’on lui avait confisqués.

L’épiscopat d’Eventius dura une vingtaine d’années, et s’acheva le 8 février 397.

L’église des Saints-Nazaire-et-Celse où l’on déposa son corps, prit le nom de Saint-Eventius ; on oublia peu à peu cette sépulture, qu’on redécouvrit seulement en 1574. L’église fut abattue en 1789, mais les reliques furent conservées dans l’église du Gesù.

Saint Eventius de Pavie est commémoré le 8 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jacut de Landoac

460-?

 

Jacut et son frère jumeau Guethenoc (ou Weithenoc) naquirent un peu avant 460 en Grande-Bretagne, de Fracan et Guen (ou Alba, Blanche), des parents nobles anglais. 

Fuyant l’invasion des Saxons, ils émigrèrent en Armorique, où naquit aussi Guennolé (v. 3 mars).

Il est probable que les deux jumeaux furent confiés à un saint Budoc (? 9 décembre), de l’abbaye de l’île Lavrec, où ils grandirent dans l’esprit monastique de prière, de travail, de méditation.

Plus grands, ils allèrent se construire un autre ermitage, plus solitaire encore, à Landoac (Landouar). Là, ils travaillèrent à la conversion de la population, aidant les habitants à cultiver mieux leurs terres.

Des disciples se joignirent à eux, de même aussi que des recrues anglaises, venant de Grande-Bretagne.

Puis les deux frères jumeaux se séparèrent, et Jacut continua sa vie pleine de mérites.

On dit qu’il mourut un 8 février dans la première moitié du sixième siècle.

Le monastère Notre-Dame prit le nom de Saint-Jacut ; il a complètement disparu aujourd’hui.

Saint Jacut de Landoac est commémoré le 8 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Honoratus de Milan

† 572

 

Honoratus était milanais, peut-être descendant de la famille des Castiglioni.

Les deux évêques Vitalis et Ausanus étant morts de la peste qui sévissait à Milan, Honoratus fut élu trente-et-unième archevêque de ce siège, en 567.

Deux ans plus tard, en 569, quand les Lombards envahirent la région, Honoratus put s’enfuir avec le clergé et un grand nombre de familles à Gênes. Désormais, pendant quatre-vingts ans, l’archevêque «milanais» dirigerait son diocèse depuis la capitale ligure ; les cent-cinquante kilomètres qui séparent les deux villes ne facilitèrent pas la vie diocésaine.

Malgré cette absence, Honoratus resta préoccupé de la situation des pauvres de Milan ; après comme avant son départ, il s’en soucia paternellement. 

Honoratus mourut à Gênes après cinq ans d’épiscopat, le 8 février 572.

Saint Honoratus de Milan est commémoré le 8 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nicetius de Besançon

† 613

 

Nicetius (Nicet ou Nizier) fut le vingtième archevêque de Besançon.

Il dut reconstruire matériellement et moralement son diocèse, après le passage des Huns durant le 5e siècle. Durant et après cette invasion, le siège de Besançon avait été transféré à Nyon (sur le lac Léman). Nicetius le rétablit à Besançon.

Entre lui et le pape Grégoire le Grand (v. 12 avril), il y eut une correspondance amicale et une convergence de vues ; Nicetius se montra un adversaire de l’hérésie.

Il y eut aussi une forte amitié entre lui et s. Colombanus de Luxeuil (v. 23 novembre). C’est lui qui alla consacrer les autels des églises établies par Colomban à Annegray, Luxeuil et Fontaine. Lorsque le roi de Bourgogne, sur l’instigation de la reine Brunehaut, envoya Colomban en exil (610), Nicetius le reçut avec toute la bienveillance possible.

Nicetius mourut en 613.

Saint Nicet est commémoré le 8 février au Martyrologe Romain. Il n’est pas exact d’affirmer qu’il est fêté localement le 31 janvier : il n’est tout simplement pas fêté, nominalement. Les saints évêques de Besançon sont commémorés tous ensemble le 17 juin.

 

 

Paulus de Verdun

576-648

 

Paulus naquit vers 576 en Gaule, de parents chrétiens et distingués. Il aurait même été le frère de saint Germain  de Paris (v. 28 mai).

Après l’enfance, il vécut à la cour du roi Clotaire II, où il fut le collègue des saints Arnoul, Eloi, Ouen, Didier, qui allaient être les évêques respectivement de Metz, Noyon, Rouen, Cahors (v. 18 juillet, 1er décembre, 24 août, 15 novembre).

La grâce agissant en lui, et voyant l’heureux témoignage de ces bons collègues, Paulus voulut se retirer du monde pour servir Dieu.

Il trouva un asile près de Trèves, où ses vertus lui attirèrent quelques disciples. Il s’en alla, mais la montagne conserva son souvenir, et s’appela par la suite Paulusberg.

C’est dans les Vosges (act. dans la Sarre) qu’il s’arrêta un soir, demandant l’hospitalité à l’abbaye de Tholey. Au bout de quelques jours, l’abbé le pressa de demeurer dans la communauté. Paulus suivit le conseil ; en même temps qu’il grandissait dans les vertus, il était formé aux belles-lettres, qu’il finit même par enseigner, procurant à l’abbaye de Tholey une belle renommée.

L’humilité et l’obéissance de Paulus furent récompensées par des miracles. Un jour qu’il devait cuire le pain et qu’il n’avait pas le temps d’être à l’heure pour le repas, il mit la pâte directement à la place des braises, et les pains non seulement furent cuits à temps, mais encore un malade qui en mangea fut guéri.

L’exemple de Paulus fut suivit par d’autres jeunes gens qui demandèrent à être admis à la même abbaye.

Il se peut qu’il ait été le second abbé de Tholey, de 626 à 645 environ.

Dagobert avait entre temps succédé à son père Clotaire II ; or un parent de Dagobert était moine à Tholey, et conseilla au roi de choisir Paulus pour le siège vacant de Verdun. Il fallut d’abord convaincre l’humble moine, et le conduire sur place.

Paulus demeura abbé, tout en acceptant de conduire le diocèse sur les voies de la sainteté. Mais le diocèse était ruiné, et Paulus mit à contribution ses relations avec la cour pour lui fournir des terres, des immunités, des privilèges.

Le nouvel évêque fut à la hauteur de sa mission, qui était rude et délicate, car le diocèse était dans un état peu brillant. Paulus en fut vraiment le restaurateur. Une de ses victoires fut de ramener les diocésains à la sanctification du dimanche. C’est pour ceux qui allaient «se promener» hors de la ville ce jour-là, qu’il fit construire l’église Saint-Saturnin.

Lorsqu’il mourut, un 8 février, peut-être en 648, il fut enseveli dans cette église, qui prit ensuite le nom de Saint-Paul.

En souvenir du miracle des pains, saint Paul a été choisi comme patron par les boulangers et pâtissiers de Verdun. Le 8 fébrier, on y distribue le «pain de saint Paul».

Au 10e siècle, par crainte des invasions normandes, des moines de Tholey crurent bon de s’approprier les restes du saint évêque, mais une force mystérieuse les bloqua en route, à un endroit où s’élève maintenant la Paul-Croix. Par la suite, un nouveau monastère fut construit à Verdun, dédié à saint Paul et qui reçut ses restes. Mais ce monastère fut détruit en 1552. Les reliques se trouveraient actuellement dans le trésor de la cathédrale de Verdun : si elles s’y trouvent toujours, elles ne doivent guère être vénérées.

Pietro Igneo

1000-1088

 

Des divergences et des incertitudes entourent ce personnage singulier.

Pietro naquit vers l’an 1000 à Florence, soit dans la famille Aldobrandini, soit dans la famille Aldobrandeschi ; son père aurait été le conte Desiderio de Soana.

Il fit profession dans l’abbaye de Vallombreuse, sous l’égide de s.Giovanni Gualberto (v. 12 juillet) et, bien qu’il fît de grands progrès en toutes les vertus, ce fut surtout dans l’humilité qu’il brilla.

Il passa en plusieurs monastères et c’est alors qu’il se trouvait dans celui de Settimo qu’advint l’événement qui le rendit si célèbre. A ce moment-là vivait à Pavie un évêque simoniaque, que les moines accusaient et voulaient faire déposer, tandis que les habitants exigeaient une «preuve» de ces accusations. On recourut à l’épreuve du feu, courante à l’époque, consistant à faire passer l’accusateur entre deux rampes de feu, longues de quelques mètres et rapprochées entre elles : s’il en sortait sain et sauf, on croyait à son témoignage.

Après avoir prié, les moines choisirent Pietro pour subir l’épreuve. Celui-ci célébra la Messe, prit la croix et s’avança entre les deux bûchers, tranquillement ; à l’extrémité, il voulut repartir en arrière pour ramasser son mouchoir qui était tombé, mais le peuple l’acclama ; on vint lui baiser les pieds, lui taillader l’habit pour garder des «reliques», et ainsi fut déposé l’évêque impie.

C’est à cet épisode que remonte le surnom de Igneo (de feu), que porta désormais Pietro.

Par la suite, il fut élu prieur, puis abbé de plusieurs monastères ;  en 1079, il fut créé cardinal et évêque d’Albano.

Il fut envoyé comme légat papal en Italie, en France et en Allemagne.

Pietro mourut à Vallombreuse (ou à Fucecchio) le 8 février 1088, certains avancent même la date de 1094.

Il n’est pas sûr que Pietro Igneo ait été canonisé. Au 8 février, le Martyrologe Romain parle du bienheureux Pietro, de la même façon qu’on parle souvent des bienheureux Apôtres.

 

 

Etienne de Muret

1046-1124

 

Etienne vit le jour en 1046 à Thiers (Puy-de-Dôme), fils du seigneur local, Etienne II, et de Candida.

En 1060, on le confia au doyen du Chapitre de Paris, Milon, qui devint plus tard archevêque de Benevento (Italie), ce qui explique comment Etienne se forma successivement à Paris et à Benevento. Certains ont dit que Milon l’ordonna diacre ; on verra par la suite qu’Etienne sera fidèle à la prière du Bréviaire ; en outre, on a conservé sa dalmatique, l’ornement liturgique particulier des diacres.

Etienne y entendit parler des ermites de Calabre (parmi lesquels les Chartreux de saint Bruno, v. 6 octobre) ; il se peut aussi qu’il les ait visités.

Vers 1074, il séjourna quelque temps à Rome et revint dans le Massif Central. Il y renonça à son héritage (sauf un simple anneau, dont on va parler plus bas), dit adieu à sa famille, et se retira dans la solitude.

Il se fixa finalement dans la forêt de Muret. Quelle règle suivit-il ? une vie toute de contemplation et de prière. Voici le texte de sa consécration personnelle : 

Moi, Etienne, je renonce au démon et à toutes ses pompes ; je m’offre et me donne à Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, seul Dieu vrai et vivant en trois Personnes. O Dieu tout-puissant ! qui vivez éternellement et régnez seul en trois Personnes, je promets de vous servir en cet ermitage, en la foi catholique. En signe de quoi je pose cette écriture sur ma tête et mets cet anneau à mon doigt, afin qu’à l’heure de ma mort cette promesse solennelle me serve de défense contre mes ennemis.

Sainte Marie, Mère de Dieu, je recommande à votre Fils et à vous-même mon âme, mon corps et mes sens.

Après ces «fiançailles» spirituelles, Etienne s’enferma dans une étroite cellule, exposée à toutes les variations météorologiques, étouffante en été et glaciale en hiver ; il n’eut pour chemise qu’une cotte de mailles, dormait un peu sur un lit qui était plutôt un sépulcre de mort. Il priait le bréviaire, y ajoutait des psaumes tout au long de la journée, des louanges en l’honneur de la Sainte Trinité, de la Très Sainte Vierge, des prières pour les Défunts, toujours à genoux, tête découverte.

On a attribué à Etienne des miracles de son vivant. Il aurait ainsi guéri de sa paralysie un chevalier limousin.

Ceux qui vinrent le visiter, le trouvèrent toujours joyeux et aimable. Parmi ces visiteurs, furent deux cardinaux, dont l’un devait devenir le pape Innocent II, l’autre l’antipape Anaclet II ; Etienne leur expliqua ainsi son genre de vie : La grâce de Jésus-Christ nous a amenés dans ce désert pour y mener une vie de pauvreté et d’obéissance ; notre faiblesse ne nous permet pas d’atteindre à la perfection des ermites, nous tâchons d’imiter en quelque façon les frères, qui servent Dieu dans la Calabre, et nous attendrons la miséricorde de Jésus-Christ au jour de son jugement. On imagine l’heureux étonnement des deux prélats.

On aura noté le nous utilisé par Etienne ; ce n’était pas un nous de majesté, mais un nous collectif, car Etienne avait alors déjà quelques compagnons. Ceux-ci augmentèrent et formèrent l’Ordre de Grandmont. 

Le pieux Fondateur tomba malade. Il rappela à ses compagnons : Si, aimant la pauvreté, vous vous attachez constamment à Dieu, sans jamais vous écarter du chemin de la vérité, sa providence aura soin de vous et vous donnera tout ce qu’elle jugera vous être avantageux.

Après cinq jours de maladie, Etienne entendit la Messe, reçut l’Onction des Malades et l’Eucharistie, et expira,  le 8 février 1124, son dies natalis au Martyrologe.

Il est heureux et étonnant de savoir que parmi les autorités qui demandèrent la canonisation d’Eienne, se trouvait le roi d’Angleterre ; cela s’explique par le mariage de Mathilde avec Geoffroy Plantagenêt, parents du futur Henri II, roi d’Angleterre. C’est grâce à ce dernier que la communauté put construire un prieuré et une église au lieu-dit Grandmont. L’Ordre connut jusqu’à cent-soixante maisons à la fin du 13e siècle. Les bâtiments de Grandmont furent démolis à la Révolution.

Etienne fut canonisé en 1189.

 

 

Jacopa de’ Settesoli

1192-1239

 

Cette dame romaine, Jacopa de’ Normanni, serait née plutôt en 1190, à Rome ou un peu plus au sud ; elle avait épousé très jeune encore le seigneur Graziano Frangipane de’ Settesoli, qui mourut bientôt (1217), lui laissant deux petits enfants, Giovanni et Giacomo, et d’immenses propriétés.

Le prénom de cette dame est recensé de diverses manières, Jacopa ou Giacoma, ou encore Giacomina, qui serait en français Jacqueline.

Le nom de Frangipane est bien connu des gourmands, et remonterait justement à Giacomina, veuve Frangipane, qui confectionnait admirablement bien ces excellentes pâtisseries, quoiqu’il y ait à ce sujet bien d’autres versions.

Mais sans être gourmand (c'est-à-dire sans excéder dans le boire ou le manger, car la gourmandise est justement ce vice de l'excès), un certain Francesco, originaire d'Assise, appréciait à sa juste valeur cette pâtisserie que lui servait Dame Giacomina quand il passait dans la demeure romaine de celle-ci : saint François d’Assise ne refusait pas par principe de manger de bonnes choses, simplement il n’en abusait pas.

Giacomina resta extrêmement dévouée à Francesco et à ses Confrères. Elle aurait suggéré à Francesco la fondation du Tiers-ordre franciscain, permettant aux laïcs de vivre selon l’idéal franciscain tout en restant dans le monde. C’est elle aussi qui obtint l’hôpital de San-Biagio pour en faire la première maison franciscaine à Rome : Saint François a Ripa (sur la rive du Tibre)

Quand Francesco fut cloué au lit par sa dernière maladie, il exprima le désir de revoir Giacomina. Or celle-ci, ayant pressenti la dernière heure de Francesco, s’était déjà mise en route pour Assise, avec son plus jeune fils. Elle se présenta bientôt au monastère. 

Or, la règle qu’avait écrite Francesco était stricte : une femme n’entre pas dans le monastère des hommes ; même Chiara (Claire) d’Assise, n’y avait pas posé le pied.

Quand on rapporta cependant à Francesco que Giacomina était restée à la porte du monastère, François, qui connaissait bien cette “soeur” spirituelle, leur répondit : Laissez donc entrer “frère” Giacomina. Ainsi cette sainte femme put encore entrevoir une dernière fois le Saint stigmatisé d'Assise avant son départ pour les prairies éternelles.

“Frère” Giacomina mourut à son tour quelque temps plus tard à Assise, le 8 février 1239 ; on a dit aussi 1274, ce qui semble vraiment tardif.

Elle est considérée comme bienheureuse, mais n’est pas mentionnée au Martyrologe.

 

Une représentation de Jacopa, signée Simone Martini, est reconnaissable à l’auréole chargée de sept soleils, du nom de famille de la Bienheureuse : Settesoli.

 

 

Girolamo Miani (Emiliani)

1481-1537

 

Girolamo naquit à Venise en 1481, dernier des quatre enfants de Angelo et de Dionora (ou Leonora) Morosini.

Certaines sources donnent 1486, mais la plus sûre indiquant que Girolamo mourut à cinquante-six ans, on corrige l’année de naissance à 1481.

Le nom de famille de son père était très probablement Emiliani, une famille romaine ; mais quand cette famille s’établit à Venise, les gens lui donnèrent le nom de Miani, et c’est apparemment sous ce nom que naquit et fut connu notre Girolamo (Jérôme). Ses frères s’appelaient Carlo, Luca et Marco.

Girolamo reçut une éducation chrétienne ; il avait beaucoup d’amis ; on le disait robuste et, quelquefois, emporté. A dix ans, il perdit son père.

Il entra dans le Grand Conseil de Venise, et devint gouverneur de la place de Quero.

Il s’enrôla dans la cavalerie de Venise, et connut ce que la vie militaire peut offrir de moments glorieux, mais aussi, malheureusement, de chutes morales. En août 1511, il fut fait prisonnier. Girolamo affirma toujours qu’il fut libéré un mois plus tard, sur intervention de Notre-Dame.

Peu après la guerre, mourut son frère Luca, dont il soutint alors la veuve et les enfants, ainsi que le commerce des étoffes.

En 1527, il renonça à toutes ses responsabilités civiles, se retira dans la méditation et se mit à aider les pauvres, visiter les églises, écouter les sermons, assister à la messe. Regrettant ses écarts de la vie militaire, il priait et implorait Dieu de lui pardonner. Il se mit sous la conduite d’un saint prêtre de Venise.

Jeûnes, veilles, lectures, prières, travail : ce fut sa vie ; modestement vêtu, il parlait le moins possible ; il se montrait toujours heureux ; chaque jour, il combattait particulièrement un défaut en multipliant des actes de la vertu opposée.

Voici un fait qui eut des témoins et qui montre son degré de conversion. Un homme l’injuria gravement et injustement, et lui saisit la barbe qu’il voulait, disait-il, lui arracher poil par poil ; à quoi Girolamo répondit calmement : Si le Seigneur le veut ainsi, vas-y ! Or, si la scène s’était produite avant l’époque de sa conversion, il est sûr et certain que Girolamo se serait défendu énergiquement et aurait déchiré son adversaire avec les dents !

Il y eut en 1528 une grave famine dans toute l’Italie et en Europe, et beaucoup en moururent. Les familles laissèrent les campagnes et vinrent s’accumuler dans les villes, où l’on vivait «mieux». Girolamo vit ces pauvres gens gémir dans les rues et vendit tout ce qu’il avait encore chez lui pour leur venir en aide. Il en introduisait chez lui, il les exhortait à penser à Dieu, à mourir dans l’espérance du Ciel. Puis il se chargeait de porter au cimetière les cadavres des malheureux, de nuit pour rester discrètement inaperçu.

Une épidémie de peste se développa ; au contact de ces gens, Girolamo prit la contagion et pensa qu’il était proche de la mort. Mais de façon inattendue, il guérit bientôt et reprit ses activités charitables. Il remit définitivement le commerce de la laine à son neveu, et prit un habit tout simple. Il loua une petite maison dans le quartier Saint-Roch et commença à faire l’école à de petits orphelins. Il appela des artisans pour enseigner aux enfants à fabriquer des clous, il travaillait avec eux et leur enseignait à vivre de leur travail plutôt qu’à mendier. Ce petit «commerce» lui permit bientôt d’aller aider d’autres pauvres dans les quartiers éloignés. Les dirigeants de l’hôpital des Incurables lui confièrent alors leurs deux écoles pour enfants.  

Il fut ensuite convié à Bergame, à Crémone, à Milan. Il y alla avec ses meilleurs «disciples», mais ils tombèrent malades à Milan. Un ami le reconnut et lui proposa de l’héberger, mais ne pouvant héberger tous les enfants, il les recommanda au duc Alfonso Sforza, qui les fit admettre à l’hôpital. 

Girolamo réunit bientôt dans toute la région plus de trois-cents personnes qui l’imitaient dans l’assistance aux pauvres ; il s’employa à les organiser et leur donna le nom de «Serviteurs des Pauvres», puis il revint à Venise, où il rendit visite à ses plus proches amis, parmi lesquels Gaetano de Thiene (v. 7 août) et l’évêque Gian Pietro Carafa, futur pape Paul IV.

Puis il visita encore Vicenza, Vérone, Brescia, Bergame, Pavie. On l’invita à organiser à Rome les mêmes œuvres que dans le nord. Ce fut un pèlerin de la charité. 

Or, fin 1536, une nouvelle épidémie ravagea la ville de Somasque. Un des siens fut à l’agonie et l’on attendait sa dernière heure. Or le moribond se réveilla et dit à l’entourage qu’il venait de voir un siège tout lumineux, qui devait être celui de Girolamo.

Discrètement ce dernier prit congé de tous, annonçant que bientôt ni eux ni personne ne le verrait plus, parlant de sa mort prochaine. En effet, il contracta à son tour la maladie et mourut le dimanche 8 février 1537.

En 1540, le pape Pie IV érigea la famille en Ordre religieux, sous l’appellation de Clercs Réguliers de Somasque (du nom de la ville de leur maison principale).

Girolamo Miani sera béatifié en 1747, canonisé en 1767 ; en 1928, il sera proclamé Patron céleste des orphelins et de la jeunesse abandonnée.

Saint Girolamo est fêté le 8 février.

Giuseppina Gabriella Bonino

1843-1906

 

Giuseppina naquit à Savigliano (Cuneo, Turin, Italie) le 5 septembre 1843, de Domenico Bonino, médecin, et Giuseppa Ricci. Baptisée dès le lendemain de sa naissance, elle reçoit les noms de Anna Maria Maddalena Giuseppina.

Elle est la fille unique de ce couple très chrétien, qui a les moyens de la faire éduquer à la maison.

Intelligente, Giuseppina sera vite orientée par ses parents vers l'Institut des Rosine, ouvert pas la Mère Rosa Gavone à Savigliano en 1757. 

Giuseppina comprend vite, “au vol”, ce qui lui est expliqué. Elle peut faire la Première Communion à sept ans et recevoir la Confirmation l'année suivante, ce qui est très exceptionnel pour cette époque. Giuseppina montre aussi une grande dévotion à Marie, mère de Dieu.

En 1855, la famille déménage à Turin, où Giuseppina continue ses études chez les Sœurs de Saint-Joseph. Un saint prêtre l'assiste spirituellement, et l'autorise à faire un premier vœu de chasteté, à dix-huit ans.

A partir de 1869, la famille revient à Savigliano, mais le papa est malade, et Giuseppina l'assistera jusqu'à la mort, qui survient en 1874.

Giuseppina se donne alors beaucoup plus aux œuvres paroissiales. Elle préside la Pieuse Union des Enfants de Marie ; en 1875, elle prend l'habit du Tiers-ordre du Carmel et change son nom en Sœur Gabrielle de Jésus, Marie, Joseph et fait sa consécration totale en 1877. Elle s'agrège aussi au Tiers-ordre de la Pénitence de saint François.

En 1876, une tumeur à la colonne vertébrale l'oblige à subir une intervention chirurgicale, mais l'anesthésie est trop faible pour l'intervention. Le chirurgien l'opère pratiquement à vif, tandis qu'elle serre dans ses mains son crucifix. La guérison est estimée miraculeuse, grâce au recours à Notre Dame de Lourdes. Elle se rend à Lourdes en remerciement, avec sa mère, en septembre 1877. Là, elle a l'inspiration de se consacrer entièrement aux pauvres. Deux mois plus tard, la maman meurt des suites d'une broncho-pneumonie très violente.

La Sœur Gabriella ouvre à Savigliano une maison pour accueillir les petites filles orphelines dont personne ne voulait. Elle appelle cette maison La Sainte Famille ; dans les milieux bourgeois où on la connaissait, on la traite de fanatique, mais elle persévère dans son choix.

En 1880, elle fait deux séjours chez les Carmélites de Moncalieri et les Visitandines de Pinerolo, pour se préparer à sa Fondation : son directeur spirituel lui déconseille la vie cloîtrée et l'oriente décidément vers la fondation d'un nouvel Institut religieux pour les orphelines, les pauvres et les vieillards, à l'exemple de la Sainte Famille de Nazareth : humble, travailleuse, modeste, charitable, animée du zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.

Sœur Gabriella devient donc, à trente-huit ans, supérieure des Sœurs de la Sainte Famille (1881). L'institut reçoit l'approbation le 8 septembre 1887, fête de la nativité de Marie, et les douze premières Sœurs, Gabriella en premier, firent leur consécration, reçurent l'habit et leur nom : Sœur Gabriella se serait désormais appelée Sœur Giuseppina Gabriella de Jésus.

Les onze autres sont : Cecilia, Cristina, Luigia, Domenica, Maria, Geltrude, Teresa, Raffaella, Chiara, Pietrina, Agnese. Chiara fut la première à voler au ciel, peu de temps après cette vêture.

Giuseppina s'appliqua à dispenser aux Sœurs une formation solide ; la maison-mère et la chapelle furent construites à Savigliano. La première maison s'ouvrit à Loreto (Lorette), où elle séjourna très souvent, priant et méditant longuement dans la “Sainte Maison” de la Sainte Famille. Suivirent quatre autres maisons, où la Fondatrice exigeait une authentique vie religieuse, un esprit de sacrifice, un don total au service des bisogneux.

Comme elle l'avait annoncé, elle s'éteignit à Savona, frappée de pneumonie, le 8 février 1906. Ses dernières paroles furent : Mon Dieu, que ta volonté soit faite en moi ; et aux Sœurs : Priez pour moi.

Elle avait un rêve : ouvrir une branche sacerdotale dans l'Institut, que les actuelles Religieuses espèrent concrétiser dans l'avenir.

Sœur Giuseppina Gabriella a été béatifiée en 1995, et son dies natalis est le 8 février.

 

 

Giuseppina Bakhita

1867-1947

 

Giuseppina Bakhita naquit au Soudan en 1867 ou 1869. 

Bakhita n'est pas le prénom qu'elle reçut de ses parents à sa naissance. L'effroi éprouvé le jour où elle fut enlevée, provoqua quelques trous de mémoire. La terrible expérience lui avait fait également oublier son prénom.

Bakhita, qui signifie «fortunée», est le prénom que lui ont donné ses ravisseurs.

Vendue et revendue plusieurs fois sur les marchés de El Obeid et de Khartoum, elle connut les humiliations, les souffrances physiques et morales de l'esclavage.

Dans la capitale du Soudan, Bakhita fut rachetée par un Consul italien, Callisto Legnani. Pour la première fois, depuis le jour de son enlèvement, elle se rendit compte, avec une agréable surprise, que personne en lui donnant des ordres, n'utilisait plus le fouet, et qu'on la traitait même de façon affable et cordiale. Dans la maison du Consul, Bakhita connut la sérénité, l'affection et des moments de joie, peut-être même encore voilés par la nostalgie de sa famille, perdue pour toujours.

Quand le Consul dut repartir pour l'Italie. Bakhita demanda de partir avec lui et avec un de ses amis, Augusto Michieli.

Arrivé à Gênes, Monsieur Legnani, sur la demande de l'épouse d'Augusto Michieli, accepta que Bakhita restât avec eux. Elle suivit donc sa nouvelle «famille» dans leur domicile de Zianigo (dans la banlieue de Mirano Veneto) et, quand naquit leur fille Mimmina, Bakhita en devint l'éducatrice et l'amie.

L'acquisition puis la gestion d'un grand hôtel à Suakin, sur la Mer Rouge, contraignirent Madame Michieli à déménager dans cette localité pour aider son mari. Entre-temps, d'après un conseil de leur administrateur, Illuminato Checchini, Mimmina et Bakhita furent confiées aux Sœurs Canossiennes de l'Institut des catéchumènes de Venise. Et c'est là que Bakhita demanda et obtint de connaître ce Dieu que depuis son enfance elle sentait dans son cœur sans savoir qui Il était.

Voyant le soleil, la lune et les étoiles, je me disais en moi-même : Qui est donc le Maître de ces belles choses? Et j'éprouvais une grande envie de le voir, de le connaître et de lui rendre mes hommages.

Après quelques mois de catéchuménat, Bakhita reçut le Sacrement de l'Initiation chrétienne et donc le nouveau nom de Giuseppina. C'était le 9 janvier 1890. Ce jour-là, elle ne savait pas comment exprimer sa joie. Ses grands yeux expressifs étincelaient, révélant une émotion intense. Ensuite on la vit souvent baiser les fonts baptismaux et dire: C’est ici que je suis devenue fille de Dieu !

Chaque nouvelle journée la rendait toujours plus consciente de la façon dont ce Dieu, qui maintenant la connaissait et l'aimait, l'avait conduite à lui par des chemins mystérieux, la tenant par la main.

Quand Madame Michieli revint d'Afrique pour reprendre sa fille et Bakhita, celle-ci, avec un esprit de décision et un courage insolites, manifesta sa volonté de rester avec les Mères Canossiennes et de servir ce Dieu qui lui avait donné tant de preuves de son amour.

La jeune africaine, désormais majeure, jouissait de la liberté d'action que la loi italienne lui assurait.

Bakhita demeura dans le catéchuménat, où se fit plus clair pour elle l'appel à se faire religieuse, à se donner entièrement au Seigneur dans l'Institut de Sainte Maddalena de Canossa (v. 10 avril).

Le 8 décembre 1896, Giuseppina Bakhita se consacra pour toujours à son Dieu qu'elle appelait, usant une douce expression : Mon Maître !

Durant plus de cinquante ans, cette humble Fille de la Charité, vrai témoin de l'amour de Dieu, vécut en s'adonnant à diverses occupations dans la maison de Schio (Vicenza, Vénétie) : elle fut, en effet, cuisinière, lingère, brodeuse, concierge.

Lorsqu'elle se dédia à cette dernière tâche, ses mains se posaient avec douceur sur la tête des enfants qui fréquentaient chaque jour l'école de l'Institut. Sa voix aimable, qui rappelait les berceuses et les chants de sa terre natale, se faisait agréable pour les petits, réconfortante pour les pauvres et les souffrants, encourageante pour tous ceux qui frappaient à la porte de l'Institut.

Son humilité, sa simplicité et son sourire constant conquirent le cœur de tous les habitants de Schio. Les Sœurs l'estimaient pour sa douceur inaltérable, sa bonté exquise et son profond désir de faire connaître le Seigneur. Soyez bons, disait-elle, aimez le Seigneur, priez pour ceux qui ne le connaissent pas. Considérez cette grande grâce de connaître Dieu ! 

Arriva la vieillesse, puis la maladie longue et douloureuse, mais Mère Bakhita continua à donner un témoignage de foi, de bonté et d'espérance chrétiennes. À qui lui rendait visite et lui demandait comment elle se portait, elle répondait souriante : Comme veut le Maître !

Dans l'agonie, elle revécut les jours terribles de son esclavage, et, à maintes reprises, elle supplia l'infirmière qui l'assistait : Lâchez un peu les chaînes... elles me font mal !

Ce fut la très Sainte Vierge Marie qui la libéra de toute souffrance. Ses dernières paroles furent: Notre Dame ! Notre Dame !, tandis que son ultime sourire témoignait de sa rencontre avec la Mère du Seigneur.

Mère Bakhita s'est éteinte le 8 février 1947 dans la maison de Schio, entourée de la communauté en pleurs et en prières. Une foule accourut rapidement à la maison de l'Institut pour voir une dernière fois leur petite Mère noire et lui demander la protection du ciel. Sa réputation de sainteté s'est désormais répandue sur tous les continents.

Nombreuses sont les grâces obtenues par son intercession. 

Giuseppina Bakhita fut canonisée en 2000.

 

 

María Josefa Alhama Valera

1893-1983

 

María Josefa Alhama Valera naquit le 30 (29) septembre 1893 à Vereda del Molino (Santomera, Murcia, Espagne), de José Antonio et María Carmen, des parents aussi croyants que pauvres cultivateurs, qui eurent neuf enfants.

Très tôt, elle fut placée chez un commerçant, dont les enfants eurent la bonté de lui enseigner à lire et à écrire (une autre source affirme que ce fut chez le curé, qui était assisté de deux bonnes Religieuses).

Elle avait vingt-deux ans lorsqu’elle entra chez les Filles du Calvaire, qui allaient bientôt fusionner avec les Religieuses Clarétines ou Filles Enseignantes de Marie Immaculée. María Josefa prit alors le nom de Madre Speranza de Jesús.

On l’envoya au couvent de Vélez Rubio, pour y enseigner aux petits enfants ; un an après, on l’envoya à Madrid chez les Clarétains.

Déjà on observait des choses surnaturelles dans la vie et le comportement de Madre Speranza et l’on voulait s’assurer qu’elles fussent réellement d’origine divine et non des fantaisies. Très vite le Saint-Office romain dut s’incliner devant l’évidence des faits. 

Madre Speranza était, entre autres, favorisée d'extases et ses collaborateurs assistèrent plus d'une fois à ses dialogues avec Dieu. Elle demandait pourtant à tous de ne pas la regarder dans ces moments là. Elle portait dans son corps les stigmates de la Passion du Christ. Elle avait le don de bilocation : elle aurait ainsi rendu visite au pape Pie XII au Vatican, mais pour le moment, le récit de cet événement n'a pas été publié par l'Eglise.

En 1930, M    adre Speranza fonda la Congrégation des Esclaves de l’Amour Miséricordieux, à Madrid, dont la mission devait être de s’occuper des pauvres et des enfants. Il y eut très vite d’autres maisons en différents points de l’Espagne.

En 1936, elle rejoignit l’Italie, où elle ouvrit d’autres maisons encore.

En 1951, à Collevalenza (Todi, Pérouse, Italie), elle donna naissance à la branche masculine de sa congrégation. Et c’est auprès de ces Fils de l’Amour Miséricordieux que vécut désormais Madre Speranza.

Bientôt s’élèvera là aussi le sanctuaire de l’Amour Miséricordieux, où affluèrent tant de pèlerins, venus recevoir de Madre Speranza conseils et consolations.

La prière de Madre Speranza aurait obtenu des centaines de miracles de son vivant. Tant de fois, surtout dans les restrictions de l'après-guerre, dans le quartier défavorisé de la Casilina, à Rome, elle a nourri les pauvres : les marmites ne se vidaient pas, le pain ne s'épuisait pas, l'huile ne manquait pas.

Sa vocation, c'était d'être un paratonnerre de l'humanité, une médiatrice de miséricorde.

Peu après l’attentat qui faillit lui coûter la vie, le pape Jean-Paul II s'est rendu à Collevalenza, le 22 novembre 1981, donc du vivant de Madre Speranza, et il a dit cette prière à l’Amour Miséricordieux :

"Amour Miséricordieux, ne nous fais pas défaut, nous t'en prions !

Amour Miséricordieux, ne te lasse jamais !

Sois constamment plus grand que tout le mal qui se trouve dans l'homme et dans le monde !

Sois plus grand que ce mal qui a grandi dans notre siècle et dans notre génération !

Sois le plus puissant, par la force du Roi Crucifié !

« Béni soit son Royaume qui vient ! »." 

Maintes fois, Madre Speranza tomba malade et inquiéta les médecins… qui furent les premiers ébahis de la voir guérir à chaque fois. Une seule maladie ne guérit pas : celle qui lui provoqua la cécité peu avant ses quatre-vingt-dix ans, et dont elle mourut, le 8 février 1983, en odeur de sainteté.

Les miracles continuèrent après sa mort, et aboutirent à sa béatification en 2014. 

Le miracle retenu fut la guérison rapide, complète et durable d’un enfant d’un an, atteint d’une intolérance multiple aux protéines.

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