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17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 00:00

17 JANVIER

 

II.

Ss Speusippos, Elasippos, Melasippos, frères triplés, et leur grand-mère Leonilla, martyrs de Cappadoce.

III.

S Genulphe (Genou), romain, solitaire près de Cahors, devenu (?) premier évêque.

IV.

S Antoine, père du monachisme en Thébaïde, thaumaturge, mort à cent cinq ans, très vénéré de s. Athanase ; on l’invoqua contre les maladies de la peau, mais aussi pour les pourceaux, puis pour les gantiers, les tondeurs, les tisserands, les charcutiers et les bouchers. 

S Ioulianos Sabas, ermite dans une caverne de l’Osrhoène, thaumaturge.

S Achillas, ascète grec.

VI.

S Marcel, évêque à Die, successeur de son frère, s. Petronius (cf. 10 janvier) ; lors du sacre, une colombe voltigea au-dessus de lui jusqu’à ce qu’il fût assis. 

S Nennius, abbé dans une île de l’Ulster, un des “douze apôtres” de l’Irlande.

Ss Antoine, Mérule et Jean, moines bénédictins à Rome.

VII.

S Sulpice le Pieux, évêque à Bourges, où il travailla à la conversion des juifs.

Ste Mildgythe, vierge anglaise, sœur des stes Mildrède et Milburge.

VIII.

S Richmir, abbé sur les bords de la Loire près du Mans.

S Gamelbert, prêtre bavarois.

XIV.

Ste Roseline de Villeneuve, chartreuse à Bertaud et Celle-Roubaud, mystique.

XIX.

Apparition de Notre Dame à Pontmain, au moment où s’arrêta l’avancée prussienne.

XX.

S Jenaro Sánchez Delgadillo (1886-1927), prêtre mexicain martyrisé pendu à un arbre ; béatifié en 1992, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.
B Teresio Olivelli (1916-1945), jeune universitaire italien ; il prôna infatigablement les valeurs chrétiennes dans les rangs du fascisme, dans l’armée et sur le front russe, jusque dans les camps de concentration et mourut à Hersbruck ; considéré comme martyr de la Charité, il a été béatifié en 2018.

Speusippos, Elasippos, Melasippos et Leonilla de Cappadoce

† 2e siècle

 

Les trois frères Speusippus, Elasippus, Melasippus furent présentés comme triplés, nés en Cappadoce (Asie Mineure, act. Turquie E).

Leur mère, chrétienne, mourut quand ils étaient encore en bas âge ; leur père voulut les élever dans le paganisme, mais mourut à son tour. Leonilla, la grand-mère, s’occupa de leur donner une éducation chrétienne et de les préparer au baptême.

Ils n’étaient que catéchumènes, lorsqu’ils furent traduits devant les tribunaux, au temps de Marc-Aurèle († 180)) ou d’Aurélien († 275).

Après les premiers interrogatoires, on les jeta en prison et l’on invita la grand-mère Leonilla à venir les convaincre de renoncer à leur foi et d’adorer les dieux romains. Mais la grand-mère s’employa à encourager les jeunes garçons dans la persévérance.

A l’interrogatoire suivant, les trois garçons étaient encore plus convaincus et plus résolus à offrir leur vie pour la Vérité. Ils furent condamnés aux flammes, qui ne leur firent aucun mal ; ils moururent cependant dans l’attitude de la prière et furent, ainsi que leur pieuse grand-mère, considérés comme Martyrs.

Leurs reliques parvinrent sans doute assez vite à Langres (Haute-Marne), où ils furent honorés avec tellement de sollennité, que certains en firent des martyrs de cette ville de Bourgogne.

Saints Speusippus, Elasippus, Melasippus et Leonilla sont commémorés le 17 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Antoine ermite

250-356

 

Il ne faut surtout pas confondre le saint ermite Antoine avec saint Antoine de Padoue, qui vécut dix siècles plus tard (v. 13 juin). Il est vrai qu’ils sont tous deux très célèbres.

Notre Antoine naquit à Koma (Egypte), de parents aisés et catholiques, qui se chargèrent de l’instruire à la maison.

Antoine avait environ vingt ans lorsque moururent ses saints parents, qui lui laissaient un grand héritage, une cinquantaine d’hectares de terres - et une petite sœur à éduquer.

Ayant entendu à l’église l’avertissement du Seigneur : Si tu veux être parfait, vends ce que tu as… (Mt 19:21), et ensuite aussi : Ne vous mettez pas en peine du lendemain (Mt 6:34), il accomplit à la lettre ces conseils, vendit tout ce qu’il possédait, confia sa jeune sœur à de pieuses personnes, et se retira au désert.

Il priait, travaillait à confectionner des paniers d’osier qu’il vendait pour sa subsistance, donnant le surplus aux pauvres, et se nourrissait de l’Ecriture. Sa piété le fit surnommer Déicole, «qui honore Dieu». 

Sa solitude et sa prière lui attirèrent des attaques véhémentes des démons ; ses miracles lui attirèrent en revanche des disciples, des admirateurs, des foules de malades qui demandaient son intervention. Il chercha à échapper à ces sollicitations. Ni les démons, ni les disciples ne l’oublièrent.

Il poussa sa retraite un peu plus loin pour s’isoler davantage ; un ami lui apportait un peu de nourriture. Antoine avait trente-cinq ans, quand il gagna carrément le désert, à l’est du Nil, s’entourant d’une clôture que personne ne devait franchir. C’est alors qu’à cause des très nombreux disciples qui voulaient suivre ses conseils, il fit construire deux monastères, à Pispir et près d’Arsinoé. C’est là que vécut le célèbre saint Hilarion (voir au 21 octobre).

C’est ainsi qu’Antoine devint le patriarche des cénobites. Il n’écrivit pas de règle proprement dite, mais on a recueilli ses enseignements. Par exemple : 

S’il te vient quelque apparition, demande à celui qui se présente qui il est et d’où il vient ; si cette vision est du ciel, ton cœur sera tout de suite rempli de consolation et de joie ; si, au contraire, elle est l’œuvre de Satan, tes questions suffiront à mettre en fuite ton dangereux ennemi.

L’illustre évêque Athanase d’Alexandrie vint souvent rendre visite à ces monastères. Une grande amitié lia Athanase et Antoine. Ce dernier intervint plusieurs fois auprès de l’empereur pour mettre fin à l’exil d’Athanase, lequel, à son tour, écrivit la vie d’Antoine.

Lors de la persécution en 311, Antoine se déplaça personnellement en Alexandrie pour soutenir le courage des Chrétiens.

Puis il remonta vers le mont Colzim, proche du Nil du côté de la Mer Rouge (ce mont s’appelle depuis le Mont Saint-Antoine). Les moines de Pispir réussirent à le dénicher et lui firent porter de la nourriture, ce qui se réduisait d’ailleurs à peu de choses… Et Antoine cultiva un petit arpent pour se suffire à lui-même.

Antoine quitta une seule fois cette lointaine solitude pour rendre une visite à Pispir, ainsi qu’à sa sœur, qui était devenue supérieure d’une communauté religieuse. Il fut très ému de constater la fidélité de tous.

Son ultime conseil fut : Vivez comme si vous deviez mourir le jour même !

Parvenu à ses derniers moments, il fit remettre à Anastase le manteau qu’il lui avait donné ainsi qu’une de ses deux peaux de brebis ; il remit l’autre à l’évêque Sérapion et ne conserva que sa tunique de poil.

Antoine mourut le 17 janvier 356, âgé de cent-cinq ans, dont quatre-vingt-cinq passés dans la plus rigoureuse austérité. Conformément à son désir, sa tombe demeura inconnue. Toutefois, une révélation la fit retrouver deux siècles plus tard et des reliques parvinrent à Alexandrie, puis à Constantinople, puis en Gaule.

La première extension du culte envers saint Antoine fut la guérison par son intercession, du feu sacré ou feu de Saint-Antoine, et successivement de toutes sortes de maladies de la peau, d’où sa protection invoquée par une confrérie hospitalière, les Antonins. Par la suite, on l’invoqua pour tous ceux qui travaillaient le cuir, de là aussi pour les cochons qu’élevaient les Antonins et qui portaient une petite clochette (à moins que ce soit le souvenir de l’animal infernal sur lequel Antoine remporta la victoire). Ainsi s’est développée la dévotion à saint Antoine pour tous les animaux et contre toutes les maladies animales. On prit Antoine comme patron des fabriquants de paniers, car il en fabriquait ; comme patron des fossoyeurs, car il ensevelit pieusement un autre ermite notoire, Paul (encore que, pour la vérité historique, ce furent deux gentils lions qui creusèrent la tombe). 

Voici deux épisodes où Antoine dut repousser visiblement les attaques des démons, qui se présentaient à lui sous forme des bêtes les plus hideuses : 

Si vous aviez quelque pouvoir, un seul d’entre vous suffirait pour m’abattre ; mais comme le Seigneur vous a enlevé votre force, vous essayez de m’épouvanter par votre nombre. Si vous ne pouvez rien, il est inutile de mener si grand bruit. A quoi bon vous tourmenter en pure perte ? Le signe de la croix et la foi en Notre-Seigneur sont des remparts inexpugnables.

Si Dieu vous a donné pouvoir sur moi, me voici, dévorez-moi ; mais si vous êtes ici par l’ordre du démon, retirez-vous au plus vite, car je suis un serviteur de Jésus-Christ.

Saint Antoine ermite est commémoré et fêté le 17 janvier.

 

 

Ioulianos Sabas

† 377

 

Ioulianos se retira dans une caverne de l’Osrhoène, au-delà de l’Euphrate (auj. à l’Est de la Syrie) et y pratiqua des austérités extraordinaires ; par exemple, il ne prenait qu’un repas par semaine, sans doute le dimanche.

Il y a plusieurs Ioulianos connus ; le nôtre reçut le surnom de Sabas, l’Ancien.

On a raconté sur Ioulianos de nombreux et étonnants miracles.

En 372, dans Antioche, les ariens répandirent le bruit que notre Ioulianos partageait leurs idées. Aussi deux autres prélats, Acace et Asterius, vinrent trouver Ioulianos pour l’inviter à réfuter la calomnie. L’ermite y consentit et sa présence à Antioche eut d’excellents résultats.

Cette mission accomplie, Ioulianos retourna dans sa caverne et y mourut peu de temps après, vers 377.

Saint Ioulianos Sabas est commémoré le 17 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcel de Die

430-510

 

Marcellus naquit vers 430 en Avignon ; il avait un frère aîné, Petronius.

Le fait qu’il ait reçu son éducation principalement de son frère, laisse entendre qu’il fut orphelin assez tôt. Petronius, qui était évêque de Die (Drôme), jugea son jeune frère digne de lui succéder, ce qui arriva en 463 : Marcel fut élu onzième évêque de ce siège. 

Marcel, qui n’était que diacre à ce moment-là et se sentait indigne d’un tel fardeau, alla se cacher dans la forêt d’une montagne. On le chercha pendant douze jours et on le ramena à la cathédrale pour le sacrer évêque ; au moment où on allait l’introniser sur son siège, une colombe se mit à voltiger autour de sa tête, jusqu’au trône ; on y vit un signe divin.

La circonstance voulut que l’évêque consacrateur ne fut pas l’archevêque d’Arles, mais l’évêque de Vienne ; irrité, le roi arien Gondioc fit arrêter, puis envoyer en exil le nouvel évêque. Marcel se «vengea» à sa façon, rendant le bien pour le mal : il guérit le fils de Gondioc, qui reconduisit alors Marcel à son siège.

Gondioc était roi des Burgondes ; le roi wisigoth, Euric, de son côté, persécuta l’Eglise. Marcel fut mis en résidence surveillée en Arles, puis exilé au pays de Couserans (act. Ariège). Marcel continua ses prodiges ; il guérit le fils d'Euric, ce qui lui valut le retour d’exil. 

On notera cet autre miracle : par sa prière, Marcel arrêta la chute d’une colonne de pierre qui devait servir à la construction d’un baptistère.

Marcel eut le temps d’aller trouver le pape Symmaque à Rome et, au retour, il mourut à Montmeyan dans le monastère de La Roquette, le 17 janvier 510, âgé de quatre-vingts ans.

Des précieuses reliques de saint Marcel, longtemps vénérées à Barjols, il ne resta plus, après les profanations révolutionnaires, qu’une phalange.

 

 

Sulpice le Pieux

576-647

 

Il ne faut pas confondre les trois Sulpice qu’on fête en janvier, celui d’aujourd’hui, dit le Pieux, et les deux autres au 29 janvier, tous deux surnommés Sévère.

Sulpice le Pieux, appelé aussi le Bon ou le Débonnaire, naquit vers 576 à Vatan (Indre), d’une famille de la noblesse gallo-romaine.

Il reçut sa formation à l’école du Palais, sous le regard de l’aumônier du roi Gontran, jusqu’à sa seizième année. En dehors des leçons, ses passe-temps favoris étaient de construire des églises, des monastères, et de faire l’aumône à des pauvres.

Il entra dans le monde ecclésiastique, reçut les ordres et, en 612, fut archidiacre de Bourges. En 618, il fut ordonné prêtre et devint aumônier du roi Clotaire.

En 624, il fut nommé évêque de Bourges, charge qu’il remplit avec grand soin, dans l’humilité et la pauvreté, cherchant particulièrement à gagner au Christ les Juifs par ses instructions assidues et ses veilles nocturnes.

En 627, il participait au concile de Clichy, qui décida qu’on devrait choisir les évêques parmi les clercs de leur diocèse ; en 630, il sacra Didier, évêque de Cahors, avec lequel il échangea une intense correspondance.

Il intervint aussi auprès du roi pour décharger les fidèles de Bourges d’un lourd impôt et obtint gain de cause.

Après dix-sept années d’épiscopat, riches en mérites et en miracles, il s’éteignit vers le 17 janvier 647.

La Compagnie de Saint-Sulpice, pour la formation des prêtres, prit de lui son nom.

Saint Sulpice le Pieux est inscrit au 17 janvier au Martyrologe Romain.

 

 

Gamelbert de Bavière

† 787

 

Les manuscrits anciens désignent aussi Gamelbert sous les formes Gamelbertus, Gamulbertus, Amelbertus ou Amalbertus. 

C’était le fils d’une noble et riche famille de la basse Bavière (Allemagne S).

Destiné d’abord au métier des armes, qu’il aurait exercé au service de Pépin le Bref, il préféra se tourner vers des œuvres de piété, ce qui courrouça son père au point qu’il l’envoya garder les troupeaux. Gamelbert se soumit avec joie.

Un jour qu’il s’était assoupi, il trouva au réveil un livre posé sur sa poitrine : mais il ne savait toujours pas lire, et il alla demander au prêtre de lui apprendre à lire. Il fit de très rapides progrès.

Par la lecture, il put approfondir l’Ecriture sainte ; il aimait la contemplation, la prière, et partageait volontiers (ou donnait) son pain. Il devint expert auprès de ses bêtes, au besoin les soignait paternellement ; quand des petits camarades avaient pris quelque oiseau, il le leur rachetait et le libérait.

Une créature inspirée par le Démon osa s’approcher de lui pour lui proposer d’accomplir le mal. Il s’en débarrassa énergiquement avec le signe de la croix et une intense supplique à Dieu pour garder son innocente vertu angélique. L’autre n’eut plus qu’à s’éloigner bêtement.

Le père de Gamelbert étant venu à mourir, celui-ci put recevoir le sacerdoce et s’installer en paix dans ces propriétés. Soucieux d’abord des âmes, il s’occupa spirituellement de tous les paysans, fermiers et domestiques du domaine ; tout ce qu’il avait appartenait désormais à Dieu et aux pauvres. L’entier domaine devint une grande paroisse, où Gamelbert protégeait les humbles, conseillait, faisait justice et rétablissait la paix. 

Ce domaine de Puch devint ensuite la paroisse de Mychelspouch (du nom du Patron de l’église) et fut à l’origine de l’actuelle paroisse de Michaelsbuch. C’est là que Gamelbert exerça son apostolat pendant un demi-siècle.

A partir de son ordination sacerdotale, il ne prit jamais de viande, ne prit le soir que du pain noir et de l’eau ; en carême il s’isolait et, célébrant chaque jour la Messe, faisait distribuer l’Eucharistie par un diacre.

Il put enfin réaliser un de ses rêves de jeunesse : faire le pèlerinage au tombeau des Apôtres à Rome. Au retour, il s’arrêta dans une maison où venait de naître un petit garçon de très faible constitution ; il le baptisa avec le nom de Utto et prophétisa que l’enfant lui succéderait plus tard (sur s. Utto, v. 3 octobre).

De retour à Michaelsbuch, il connut et annonça sa prochaine mort à ses paroissiens, leur promettant que son «successeur» viendrait en temps voulu. Utto arriva en effet l’année suivante : Gamelbert lui remit devant témoins toute sa «paroisse», reçut les Sacrements de l’Eglise et mourut pieusement, le 17 janvier 787. Certaines sources retardent cette date au 29 janvier 800.

Sur sa tombe advinrent beaucoup de miracles.

Son culte immémorial fut confirmé en 1909 et le Martyrologe Romain le mentionne au 17 janvier.

Roseline de Villeneuve

1263-1329

 

Roseline fut la fille aînée d’Arnaud II de Villeneuve et de Sybille de Burgolle de Sabran, et naquit au Château des Arcs le 27 janvier 1263.

Par sa mère elle était cousine de saint Elzéar de Sabran (v. 27 septembre).

Roseline fut élevée chez les Clarisses. Son père lui destina bientôt un beau mariage, mais dut céder aux vœux de sa fille, qui voulait entrer à la Chartreuse.

Ce papa ne voyait pas toujours d’un bon œil les largesses que sa fille distribuait aux pauvres. Il l’épia un jour et lui demanda de lui montrer ce qu’elle avait dans son tablier : en l’ouvrant, elle laissa tomber une brassée de roses. Le «miracle des roses» s’est produit d’autres fois dans la vie des Saints (Elisabeth de Hongrie, v. 17 novembre ; Juan Diego Cuauhtlatoatzin, v. 9 décembre).

Elle fut novice d’abord à Saint-André-de-Ramières (Prébayon, Vaucluse), à quinze ans (1278) puis à Sainte-Marie d’Aurouse (Hautes-Alpes) et fit sa profession le jour de Noël 1280.

En 1285, elle revint à la chartreuse de La Celle Roubaud, fondée par son frère Hélion non loin du château de la famille.

En 1300 elle succéda à trente-sept ans à sa tante comme prieure.

De sa vie religieuse cloîtrée on a retenu ses austérités extraordinaires, car elle passait parfois une semaine sans rien manger, s’infligeait la discipline et ne dormait que quelques heures. Si on lui demandait quel était le moyen d’aller au ciel, elle répondait : Se bien connaître soi-même.

Roseline fut une mystique favorisée d’extases, de visions, et en particulier d’un don singulier de lire au fond des cœurs.

Elle mourut le 17 janvier 1329, à soixante-six ans. C’est le jour où la commémore le Martyrologe, lui donnant le titre de «sainte».

Sa vie ne s’arrête pas là ! Quand on voulut reconnaître son corps, cinq ans après sa mort, ce corps était intact, et les yeux étaient restés ouverts avec tout leur éclat. Depuis on a enchâssé ce corps et serti les yeux dans un reliquaire à part, exposés à la vue et à la dévotion des fidèles.

En 1660, le roi Louis XIV voulut vérifier le prodige. Son médecin, croyant à une supercherie, creva l’œil gauche : la prunelle se troubla instantanément, donc les yeux étaient bien naturels.

 

 

Jenaro Sánchez Delgadillo

1886-1927

 

Jenaro naquit le 19 septembre 1886 dans un quartier de Zapopan (Jalisco, Mexique) et reçut le nom du Saint du jour, Janvier.

Ses parents, de bons chrétiens, s’appelaient Cristóbal Sánchez et Julia Delgadillo.

Jenaro reçut sa formation au collège du Saint-Esprit à Guadalajara. Pour se faire un peu d’argent et payer ses études, il travaillait à la forge de l’Atelier des Arts. Puis il entra au séminaire de Guadalajara et fut ordonné prêtre en 1911.

Il eut divers postes à Nichistlán, Zac, Zacoalco de Torres, San Marcos, Cocula, Tecolotlán, et Tamazulita.

C’est à Zacoalco qu’il fut une première fois mis en prison, après avoir lu en chaire la lettre pastorale de l’évêque, qui protestait contre la persécution engagée par la Constitution de 1917 contre l’Eglise.

On le voyait toujours propre et plutôt élégant, quoique pauvrement vêtu. Il mangeait et buvait sobrement. Il ne craignait rien ni personne. On le voyait souvent en prière devant le Saint Sacrement et avait une grande dévotion mariale. Il se préparait soigneusement à la célébration de la messe, faisait toujours une action de grâce. Il priait les Ames du Purgatoire.

Les parents de Jenaro l’accompagnèrent à Tamazulita (1923), où il était nommé vicaire, dans la paroisse de Tecolotlán. Le curé appréciait beaucoup son obéissance.

Les fidèles admiraient sa rectitude, sa ferveur, sa prédication éloquente, et son exigence dans la préparation aux sacrements. Il allait sans tarder auprès des malades qu’on lui signalait. Jamais il ne conseilla aux fidèles de prendre les armes contre les autorités civiles.

Quand se déchaîna la persécution, Jenaro ressentit profondément dans son cœur l’impossibilité d’exercer convenablement son ministère, et versa des larmes quand on donna l’ordre de fermer les églises.

Jenaro continua à exercer son ministère en cachette. Il eut plusieurs fois l’occasion de dire : Dans cette persécution, beaucoup de prêtres vont mourir, et je serai peut-être bien l’un des premiers.

En janvier 1927, des soldats vinrent l’arrêter avec des amis qui partaient travailler aux champs. Après les avoir tous liés deux par deux, dos à dos, ils ne gardèrent que Jenaro, ils lui mirent une corde autour du cou et le conduisirent sur une colline près de Tecolotlán, et se servirent d’un arbre pour potence.

L’abbé Jenaro leur dit avec grande sérénité : Bon, mes amis, vous allez me pendre. Je vous pardonne, comme Dieu, mon Père, vous pardonne. Et toujours : Vive le Christ Roi. 

Les bourreaux tirèrent si fort sur la corde, que la tête du Martyr alla cogner brutalement contre une branche de l’arbre. Jenaro mourut peu après, dans la nuit du 17 janvier 1927. (Une dame qui habitait non loin de là, entendit tout ce qui se passait ; quand les soldats furent partis, elle entendit des râles de l’abbé Jenaro, qui agonisait encore, mais à cause des menaces des soldats, elle n’osa pas sortir).

La rage des soldats ne s’arrêta pas là. Au petit matin, ils revinrent, mirent par terre le cadavre, lui tirèrent un coup dans l’épaule gauche et un coup de baïonnette qui lui traversa presque tout le corps.

A onze heures du matin, on l’annonça à la maman du prêtre, qui vint embrasser le corps de son fils et, le mettant sur ses genoux, pleura amèrement, nouvelle Marie recevant Jésus après le sacrifice de la Croix.

L’émotion de tout le peuple fut telle, que les autorités, craignant un mouvement de masse, ordonnèrent l’immédiate sépulture.

Jenaro Sánchez Delgadillo fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000 parmi vingt-cinq Compagnons mexicains martyrs, qui sont fêtés ensemble le 21 mai.

Saint Jenaro est commémoré au Martyrologe le 17 janvier.

 

 

Teresio Olivelli
1916-1945

Il naquit le 7 janvier 1916 à Bellagio (Côme, Lombardie, Italie N), où la famille habitait avant de retourner à Zeme. Teresio avait un oncle prêtre, don Rocco Invernizzi.

Teresio fréquenta assidument sa paroisse à Mortara et fit partie de l’Action Catholique, des conférences S.Vincent-de-Paul, de la FUCI (Fédération Universitaire des Catholiques Italiens). Après le collège de Mortara et le lycée de Vigevano, il fit son droit à l’université de Pavie et passa le doctorat en 1938. Contraint de s’inscrire à la GUF (Jeunesse Universitaire Fascite), il fut nommé assistant à la chaire de droit administratif à l’Université de Turin. En 1939, il fut appelé à Rome, où pendant plusieurs mois, il fréquenta l’Institut National de Recherche, rencontrant là beaucoup de personnalités du monde culturel et politique.

Dans les rangs du fascisme, il s’ingénia imperturbablement à prôner les valeurs chrétiennes ; c’était un fasciste «anormal», hors normes. Quand l’Italie s’apprêtait à entrer en guerre, il voulait que cette guerre servît à l’Italie à défendre les valeurs chrétiennes contre le nazisme, mais quand l’Italie s’allia avec l’Allemagne contre la France, il se rebella contre le fascisme.

En 1941, cependant, il se déclara volontaire pour rester au milieu des jeunes militaires de son âge qu’on envoyait au front. Il demanda à partir sur le front russe, pour soutenir les soldats italiens, les aider à prier, à supporter l’épreuve : il y fut envoyé comme sous-lieutenant. Quand les Italiens durent battre en retraite et faire de longues marches à pied, Teresio s’arrêta souvent pour secourir des blessés, des affamés qui, sinon, seraient morts sur place : beaucoup lui durent la vie.

Rentré miraculeusement sain et sauf en Italie, abandonnant sa situation à Rome, il se prodigua à répandre un idéal chrétien dans la population de Brescia, Milan, Crémone, dans des réunions, des conférences, partout où il pouvait prendre la parole.

En 1943, à la chute du fascime, il fut nommé recteur du collège Ghislieri de Pavie ; avec la Résistance, il «résistait», mais sans esprit de vengeance, avec amour et sacrifice pour une vraie paix : il était rebelle à la guerre, à la haine, au compromis, et pour cela il fut activement recherché par les Allemands. Arrêté une première fois, il put s’évader et s’engagea dans la Résistance à Brescia. Il fonda et diffusa un journal clandestin, Il Ribelle.

On finit par l’arrêter à Milan en avril 1944 ; de la prison milanaise, on le transféra au camp de concentration de Fossoli, puis à celui de Flossenbürg (Bavière) en septembre 1944 ; là encore, il s’efforçait d’épauler les plus faibles, de les aider à prier. Il n’y eut que lui pour assister les malades de dysenterie.

Le 30 septembre, il demanda lui-même à accompagner ceux des prisonniers qui étaient envoyés au camp de Hersbruck, pour pouvoir rester aux côtés des plus exposés, des plus faibles. De nouveau, il faisait tout pour prier et faire prier, pour organiser des lectures d’Evangile. Les chefs le haïssaient, parce qu’ils défendait les faibles, parce qu’il se chargeait de porter les malades à l’infirmerie, parce qu’il les assistait autant qu’il le pouvait. Chaque fois qu’ils le surprenaient, ils le battaient. La «goutte qui fit déborder le vase» fut le 31 décembre 1944, lorsque Teresio s’interposa entre un kapo et un prisonnier ukrainien qu’il battait : il reçut alors un violent coup de pied dans le ventre, dont il ne put se remettre. Il agonisa pendant plus de deux semaines.

Teresio mourut aux premières heures du 17 janvier 1945. Son corps disparut dans le four crématoire.

Reconnu martyr de la Charité, Teresio Olivelli fut béatifié en 2018, et sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 17 janvier.

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16 janvier 2021 6 16 /01 /janvier /2021 19:16

Giovanna de Fonte Chiusi
? - 1105

Giovanna (Jeanne) vit le jour à Fonte Chiusi (Bagno di Romagna, Forlí, Emilie-Romagne, Italie CNE) et se consacra à Dieu dès l’enfance.
Elle fut sœur converse, puis religieuse de chœur chez les camaldules à Bagno di Romagna.
Au moment de sa mort, toutes les cloches sonnèrent d’elles-mêmes.
Des miracles nombreux furent opérés à son tombeau.
En 1506, une procession de ses reliques mit fin à une épidémie de peste.
Son culte immémorial a été confirmé en 1823.
La bienheureuse Giovanna est mentionnée au 16 janvier dans le Martyrologe Romain.

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16 janvier 2021 6 16 /01 /janvier /2021 00:00

16 JANVIER

 

I.

Ste Priscilla, romaine, mère de Pudens, grand-mère des stes Praxède et Pudentienne, à l’origine de la catacombe célèbre.

IV.

S Danax, lecteur et martyr à Aulone, où il refusa de sacrifier à Bacchus.

S Marcel I., pape (308-309) : sa réorganisation de l’Eglise après la persécution suscita des troubles, et son exil comme palefrenier de la poste impériale. 

S Melas, évêque à Rhinocolure ; il nettoyait les lampes du sanctuaire quand on vint l’arrêter, provoquant l’admiration des envoyés de l’empereur.

V.

S Honoratus, premier abbé à Lérins, évêque en Arles.

Ss Jacques et Marcel, premiers évêques à Tarentaise ; Jacques, militaire syrien, avait rencontré s. Honorat de Lérins en Grèce.
S Valère, évêque à Sorrente (VII.?).

Ste Libérate, sœur de Epiphane et Honorate, à Pavie.

VI.

S Leobatius, abbé à Sennevières.

S Trivier, solitaire près de Thérouanne puis dans les Dombes ; son corps fut retrouvé sans corruption soixante dix ans après sa mort.

S Honorat, abbé à Fondi ; il ressuscita un enfant ; il vécut dans une perpétuelle abstinence.

VII.

S Titianus, évêque à Oderzo.

S Fursy, abbé à Rathmat, fondateur et abbé à Lagny-en-Brie ; le charriot qui transportait son corps s’arrêta à Péronne, où il fut déposé dans l’église Saint-Pierre en construction ; il est patron de Péronne.

VIII.

S Frisius (Fritz), neveu de Charles-Martel, mort au combat contre les Sarrasins.

XII.

Bse Giovanna de Fonte Chiusi, camaldule à Bagno di Romagna ; à sa mort toutes les cloches se mirent à sonner.

XIII.

Ss Berardo (sous-diacre), Ottone et Pietro, prêtres, Accursio et Adiuto, frères lais, premiers martyrs franciscains, au Maroc.

XVIII.

S Joseph Vaz, prêtre oratorien indien, apôtre du Sri Lanka, béatifié en 1995, canonisé en 2015.

XIX.

B Louis-Antoine Ormières, prêtre français, fondateur des Sœurs de l'Ange-Gardien, béatifié en 2017.

B Giuseppe Antonio Tovini, avocat et journaliste à Brescia, père de dix enfants, béatifié en 1998.

XX.

Bse Juana Maria Condesa Lluch (1862-1916), fondatrice espagnole des Servantes de l’Immaculée Conception, pour l’accueil et la formation des ouvrières, béatifiée en 2003.

Priscilla

† 98

 

Jusqu’à il y a peu, cette sainte femme romaine était l’épouse de Manius Acilius Glabrio, qui fut mis à mort sous Domitien, probablement pour s’être converti courageusement.

Ces parents chrétiens avaient pour fils Pudens, qui fut sénateur, et père des saintes Praxède et Pudentienne.

Priscilla devait posséder sur la via Salaria une villa où elle reçut les apôtres Pierre et Paul. Plus tard cette villa devint le point de départ de la plus ancienne catacombe romaine.

C’est dans cette catacombe que fut enseveli le pape saint Marcel 1er, avant d’être transféré à l’église Saint-Marcel. 

Récemment, toutefois, toutes ces belles histoires se sont envolées de l’espace des historiens et même du Martyrologe. C’est tout juste si l’on ose supposer que la basilique Sainte-Praxède fut édifiée avant la fin du 5e siècle.

On a avancé que Priscilla n’était qu’un diminutif de Prisca… 

Celle dont on voulait parler ici était autrefois mentionnée le 16 janvier au Martyrologe.

 

 

Danax d’Aulone

† 305

 

Danax était originaire d’Aulone (Illyrie, côte adriatique, anc. Yougoslavie). Certains écrivent Danacte.

On présume qu’il vivait à la fin du troisième et au début du quatrième siècles.

A Aulone, il s’occupait des vases sacrés et pouvait de ce fait avoir été ordonné lecteur ou, pourquoi pas, acolyte. Il devait être jeune.

Des païens, peut-être des jeunes gens de son âge, s’emparèrent de lui et cherchèrent à le contraindre à sacrifier à Bacchus. Ce qui pourrait nous apparaître comme une farce banale de la part de camarades peu instruits, était pour Danax un véritable défi : un Chrétien n’adore qu’un Dieu et ne participe pas à des orgies païennes.

Sur son refus, on le mit à mort.

Ce ne pouvait être que durant la persécution qui reprit en 304 et s’acheva définitivement quelques années plus tard avec l’édit de Constantin (313).

Saint Danax d’Aulone est commémoré le 16 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcel 1er

308-309

 

Marcellus, fils du romain Benedictus, était prêtre au moment de la mort du pape précédent, Marcellinus, en 304.

Devenu donc le trentième pape en 308 seulement, Marcellus eut à réorganiser les centres de réunion des Chrétiens, qui en avaient été privés lors de la persécution de Dioclétien. 

Marcel voulut donner des consignes pour réadmettre les lapsi à certaines conditions, ce qui engendra quelques troubles, et poussa le nouvel empereur Maxence à exiler le pape, jugé responsable de ces troubles.

Un autre récit dit que Marcel fut exilé une première fois, qu’il put s’évader grâce au concours de Chrétiens, qu’il fut repris et qu’il mourut durant cette période, où il fut condamné à s’occuper de chevaux dans une église transformée en écurie.

Cette humiliation du Pontife aurait duré plusieurs années, ce qui ne coïncide pas bien avec l’unique année de son pontificat. Sans doute plusieurs mois. On considère en effet aujourd’hui que l’élection de Marcel n’advint qu’en 308 et non en 304.

Marcellus mourut (ou fut inhumé) le 16 janvier 309, date retenue pour son dies natalis. Il fut considéré comme martyr, victime des mauvais traitements reçus.

Son corps fut dans la catacombe de Priscilla, jusqu’à son transfert dans l’église Saint-Marcel à Rome. Il se pourrait que son chef fût à l’abbaye de Cluny, et ensuite à la cathédrale d’Autun.

Après Marcel 1er, fut élu Eusèbe.

 

 

Melas de Rhinocolure

† 390

 

Melas était né à Rhinocolure (Egypte), sur les confins de la Palestine.

Sa famille était pauvre, mais chrétienne. 

Melas grandit dans la simplicité, s’habituant à vivre de peu, à prier, à se retirer comme un ascète dans la solitude.

Il fut appelé à devenir évêque de sa ville et fut peut-être consacré par s.Athanase d’Alexandrie (v. 2 mai).

Rien ne changea dans la simplicité de vie de Melas. Per exemple, il venait incognito dans le sanctuaire et nettoyait les lampes.

C’est dans cet emploi que le découvrirent un jour les envoyés de l’empereur Valens : ce dernier, trompé par l’erreur, s’en prenait aux évêques orthodoxes et voulait faire arrêter Melas pour l’envoyer en exil.

Les envoyés ne comprirent pas tout de suite que cet homme qui les recevait si gentiment était l’évêque. Melas les introduisit dans la maison épiscopale, leur servit un bon repas, puis s’ouvrit à eux. Fort étonnés et pleins d’admiration, les envoyés lui proposèrent de l’aider à se cacher, mais Melas leur déclara qu’il voulait être traité comme les autres évêques fidèles à la foi catholique.

Melas partit donc en exil, mais on ne sait pas en quelle ville, ni pendant combien de temps. On suppose qu’à la mort de Valens (378), il put reprendre son siège. 

Melas serait mort en 390.

Saint Melas de Rhinocolure est commémoré le 16 janvier dans le Martyrologe Romain.

Honoratus de Lérins

375-429

 

La belle vie de ce grand Saint nous est connue par la biograhie que nous en a laissée un témoin direct de saint Honorat, Hilaire de Lérins, qui pouvait en être un proche parent.

Honoratus naquit vers 375 ; il avait un frère aîné, Venantius. De famille aristocrate, ils reçurent le baptême, contre l’avis de leur père, qui resta païen.

Finalement, ils décidèrent de quitter cette maison pour rejoindre la Grèce, avec pour guide un vénérable vieillard, Caprasius.

Une fois en Grèce, Venantius tomba malade et mourut. Les deux autres revinrent sur leurs pas, gagnant la Provence où ils firent connaissance de l’évêque, Leontius, et choisirent une petite île de Lérins pour s’y établir.

Honoratus commença par chasser les serpents de l’île et y fit jaillir une source : ce furent les deux seuls miracles attribués au Saint.

En peu de temps, la sainteté de vie d’Honoratus attira une foule de novices qui voulurent vivre avec lui. L’île de Lérins devint une école de théologie, un centre de formation littéraire et scientifique, où l’on n’avait pas de difficulté à trouver les candidats idoines pour les évêchés de Gaule.

L’évêque de Fréjus y vint pour conférer le sacerdoce à Honoratus, malgré ses protestations. Sa «dignité» sacerdotale ne le conduisit pas à tenter de s’imposer à ses frères, il resta humble parmi eux, préoccupé seulement de les aider à progresser dans la sainteté. Il visita les malades, s’employa à les soulager, fit tout le possible pour maintenir l’harmonie entre tous.

C’est à cette école que furent formés de saints évêques comme Maxime de Riez, Loup de Troyes, Hilaire d’Arles, Eucher de Lyon, Jacques de Tarentaise… Partout on publiait les vertus d’Honoratus, qui avait cherché l’isolement et le recueillement.

En 426, Honoratus fut appelé au siège épiscopal d’Arles. Il n’accepta qu’après avoir compris que c’était là la volonté de Dieu. Il s’y rendit avec son fidèle Hilarius.

Arles devint à son tour un centre de grande spiritualité, grâce à la sainteté de l’humble moine. Le nouvel évêque rétablit la concorde, troublée par le précédent évêque qui avait réputation de simonie ; il distribua toutes les richesses du trésor pour ne conserver que le strict nécessaire.

Pendant les deux années de son épiscopat, Honoratus assura le maintien de la discipline en Narbonnaise et dénonça au pape quelques abus. Malgré un lent déclin de ses forces, il maintint son rythme de travail et prêcha chaque jour, jusqu’à la fête de l’Epiphanie de 429. Il passa les derniers jours de sa sainte vie à exhorter et consoler, à régler des détails de son diocèse, annonça que son successeur serait le même Hilaire qui l’avait fidèlement accompagné, et mourut doucement le 16 janvier 429.

Toujours d’après Hilaire, on vit l’âme d’Honoratus portée au chœur des anges. Et si Honoratus n’opéra pas de miracles après sa mort, c’est qu’il en avait humblement demandé la grâce à Dieu.

Saint Honorat fut un modèle de charité. Son cher et fidèle successeur, Hilaire, dit de lui : Si l'on voulait représenter la charité sous une figure humaine, il faudrait faire le portrait d'Honorat.

Le monastère de Lérins subit bien des vicissitudes. L’île fut souvent attaquée et dévastée, le monastère sera fortifié et gardé ; il fut supprimé en 1788, quand il ne restait que quatre moines. Au 19e siècle un renouveau s’opéra, quelques moines cisterciens s’y rétablirent, à l’origine de l’actuelle communauté (une vingtaine de moines).

Saint Honoratus d’Arles (ou de Lérins) est fêté le 16 janvier.

 

 

Jacques de Tarentaise

† 429

 

Jacques (peut-être Iakub) naquit en Assyrie (Mésopotamie N).

On ne va pas raconter ici ce qu’on ignore. La jeunesse et la conversion de Jacques restent assez mystérieuses, de même d’ailleurs aussi que son passage en Occident.

Auparavant, on sait qu’il entra dans l’armée perse et eut l’occasion de combattre l’armée romaine.

Ce qui le frappa et le conduisit à la conversion, fut de voir la violence de la persécution qui frappait les Chrétiens, et la sublimité de leur religion : Pardonnez ! Priez pour vos ennemis !

Peu de temps après avoir reçu le baptême, il eut l’occasion de rencontrer Honoratus de Lérins (v. ce même jour), lors de son voyage en Grèce. Jacques le suivit en Gaule, à Lérins.

Vers 420, Jacques accompagna Honoratus et Maximus de Riez en Tarentaise. 

Les populations de cette région furent conquises par les Romains au premier siècle, et doivent leur nom au lieutenant romain qui les soumit, Terentius Varro. C’est d’eux que parle Julius Caesar, quand il raconte que les Ceutrons tentèrent de lui barrer le passage. 

Au cinquième siècle, donc, Honoratus de Lérins, Maximus de Riez et notre Jacques vinrent évangéliser la vallée des Ceutrons.

Cette même année 420, Jacques fut nommé premier évêque de Tarentaise. Il résidait alors à Moûtiers. On le considère dès lors comme l’apôtre de la Savoie.

Deux miracles fameux illustrent l’activité de Jacques durant ces années. L’un, alors qu’un ours vint dévorer un des bœufs qui transportaient les matériaux de construction d’un édifice ; Jacques ordonna à l’ours de remplacer le bœuf, ce que fit humblement la bête féroce.

L’autre miracle fut que Jacques «allongea» d’une bénédiction une poutre trop courte lors de la construction d’une église.

L’épiscopat de Jacques dura neuf années. Il mourut le 16 janvier 429, apparemment le même jour et la même année que s.Honoratus.

Son successeur, Marcellius, fut longtemps associé à lui dans le Martyrologe.

Le diocèse de Tarentaise est actuellement intégré dans celui de Chambéry.

A la suite de s.Honoratus, saint Jacques de Tarentaise est commémoré à son tour le 16 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Leobatius de Sennevières

† 6e siècle

 

Leobatius (Leubace, Leubais) était de la région de Tours.

L’abbé Ursus (v. 27 juillet) avait fondé vers 490 le monastère de Senaparia (Sennevières, Indre-et-Loire), où il laissa comme prieur Leobatius.

Leobatius en devint ensuite abbé.

S.Grégoire de Tours (v. 17 novembre), qui raconte plusieurs faits merveilleux sur l’abbé Ursus, ajoute seulement, concernant Leobatius : Leubatius vécut (à Sennevières) avec une grande sainteté, parvint à une grande vieillesse, y mourut et y fut enseveli.

Leubatius serait mort peu après Ursus, vers 510.

Saint Leobatius de Sennevières est commémoré le 16 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Trivier dans les Dombes

† 550

 

Trivier naquit en Neustrie, d’une famille romaine qui avait habité le pays de Cahors.

Ayant pris goût très tôt pour la vie contemplative, il alla chercher un asile dans un monastère près de Thérouanne (Picardie) et, à quarante ans, fut ordonné prêtre.

Le roi d’Austrasie ayant cédé à l’abbé deux prisonniers, ceux-ci furent confiés à Trivier. Finalement, ce dernier les reconduisit dans leur pays natif, les Dombes, où ils le prièrent de se fixer, lui promettant d’amples terrains.

Trivier se contenta d’un cabanon avec un petit jardin pour y cultiver des légumes. Il y partagea son temps entre la prière, le chant des hymnes et des psaumes, le jeûne, les veilles et les macérations.

Le Martyrologe Romain situe son dies natalis au 16 janvier, vers 550.

Saint Trivier fut retrouvé sans corruption soixante-dix ans plus tard, à la suite des miracles qui s’opérèrent.

 

 

Titianus d’Oderzo

† 632

 

Titianus serait né à Eraclea (anc. Heraclia, Venise, Italie NE), de parents nobles.

Il fut confié à l’évêque lui-même, Florianus, qui l’ordonna diacre, puis prêtre et le nomma économe diocésain.

Florianus est connu comme second évêque d’Oderzo, après Marciano.

Titianus fut célèbre pour sa charité et ses activités en faveur des pauvres ; il fut très estimé.

Vint un jour où l’évêque Florianus dut faire un voyage, peut-être à Ravenne. Il ne laissa pas son diocèse sans direction, mais surtout, ayant certainement quelque idée en tête, il demanda aux diocésains de pourvoir à l’élection d’un successeur, au cas où son voyage dépasserait une année.

On sera sans doute étonné d’une telle situation, car un évêque ne doit jamais s’absenter plus que quelques mois de son diocèse. Florianus reçut-il une mission spéciale de la part de Dieu ? Le fait est qu’au bout d’une année le peuple élut unanimement Titianus pour succéder à Florianus (vers 610).

Mais Florianus revint : il avait parcouru diverses régions - on ne nous dit pas lesquelles - en prêchant l’Evangile. Quand Titianus retrouva son cher évêque, il le supplia humblement de reprendre sa place, mais Florianus annonça qu’il repartait à ses missions. 

On sut que Florianus désirait ardemment la grâce du martyre. La reçut-il ? On ne sait. Il y a quelque chose de mystérieux dans cette «disparition» d’un évêque, dont on ignore finalement tout, et qu’on vénère comme Saint, sans précision de son dies natalis.

Titianus, lui, fut un évêque averti, soucieux de son peuple.

Il mourut le 16 janvier 632, après une vingtaine d’années d’épiscopat.

Oderzo ayant été plusieurs fois dévastée, puis totalement rasée, le diocèse d’Oderzo est passé ensuite à celui de Vittorio Veneto.

Saint Titianus d’Oderzo est commémoré le 16 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fursy de Péronne

567-648

 

Né vers 567 sur l’île d’Inishquin (Lough Corrib, Irlande), Fursy était fils de Fintan et Gelges, qui étaient de famille princière ; il eut deux frères, Foillan et Ultan (v. 31 octobre et 1er mai) et aurait été baptisé par s. Brendan (v. 16 mai). Le nom de Fursy peut se trouver sous les formes Fursey, Fursa, Forseus, Furseus.

Ayant bénéficié d’une excellente formation auprès des moines, il devint très savant, principalement dans les Saintes Ecritures.

Il choisit bientôt la vie monastique, à Inishquin, sous la direction de s. Meldan (v. 7 février) ; déjà à cette époque, sa prière aurait obtenu la résurrection de deux enfants jumeaux.

Il fonda un monastère à Claran (Headford), d’où il allait fréquemment évangéliser les environs.

Tombé gravement malade, il reçut plusieurs visions où il entrevit les difficultés et les tribulations auxquelles il serait en butte. Il vit comment le diable voulait le perdre, et comment les anges combattirent le diable.

Une fois rétabli, Fursy laissa ses deux frères à Rathmat et alla prêcher ; il chassait les démons. Après une dernière vision, il se retira sur une petite île puis, après quelques années, retourna à Rathmat où il fonda un autre monastère, qui pourrait être celui de Killursa.

Ensuite, avec ses deux frères, il vint à Cnobheresburg (act. Burgh Castle, Norfolk) où, grâce aux libéralités du roi Sigebert, il put fonder un monastère. Il y établit supérieur son frère Foillan (644) et se retira avec Ultan pour vivre dans la solitude et la contemplation.

Ils furent cependant dérangés dans leur quiétude et décidèrent de passer en France, pour gagner Rome (648). 

En débarquant à Macerias (qu’on croit identifier avec Mézerolles), ils apprirent la mort du fils du gouverneur de Picardie, Haymon : Fursy le ressuscita. Haymon voulait les retenir, mais en le quittant, Fursy lui promit que, plus tard, il le préviendrait du moment de son décès. 

Ils reprirent leur chemin. Fursy ne pouvait s’empêcher de faire des miracles sur son passage, de sorte que le maire du palais Erchinoald l’apprit et le retint à Péronne, d’abord pour baptiser son fils, ensuite pour fonder un monastère, à Lagny-sur-Marne (644) ; cette abbaye, amplement dotée par les libéralités de Clovis II, de la reine Bathilde et d’Erchinoald, devint très prospère ; beaucoup d’Irlandais y vinrent se mettre sous la direction de Fursy.

Fursy voulut retourner an Angleterre pour visiter sa première fondation. Mais parvenu à Macerias, il tomba malade ; divinement prévenu, Haymon accourut et recueillit le dernier soupir de Fursy, un 16 janvier vers 648, son dies natalis dans le Martyrologe Romain. 

Il y eut un litige pour la sépulture de Fursy : Haymon voulait l’ensevelir à Mézerolles, Erchinoald à Péronne. On s’accorda pour le «jugement de Dieu» : on déposerait la dépouille sur un char à bœufs, laissant les bêtes se diriger et s’arrêter où bon leur semblerait. Le char s’arrêta à Péronne, et Fursy fut enseveli dans l’église Saint-Pierre.

Saint Fursy est le patron de Péronne. Ses reliques furent profanées par les révolutionnaires, mais une partie put en être sauvée.

Giovanna de Fonte Chiusi

? - 1105

 

Giovanna (Jeanne) vit le jour à Fonte Chiusi (Bagno di Romagna, Forlí, Emilie-Romagne, Italie CNE) et se consacra à Dieu dès l’enfance.

Elle fut sœur converse, puis religieuse de chœur chez les camaldules à Bagno di Romagna.

Au moment de sa mort, toutes les cloches sonnèrent d’elles-mêmes.

Des miracles nombreux furent opérés à son tombeau.

En 1506, une procession de ses reliques mit fin à une épidémie de peste.

Son culte immémorial a été confirmé en 1823.

La bienheureuse Giovanna est mentionnée au 16 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marrakech (Martyrs franciscains de)

1220

 

Il est connu que Francesco d’Assise désirait beaucoup la grâce du martyre. Dès que sa famille religieuse commença à prendre de l’ampleur, il voulut la faire contribuer à répandre la gloire de Dieu partout où le Christ était méconnu.

C’est ainsi qu’en 1219, tandis qu’il cherchait à se joindre aux croisés pour gagner les Lieux saints, il envoya au Maroc six de ses compagnons : Vitale, frère lai, qu’il destinait à être le supérieur de la mission ; Berardo (sous-diacre, qui connaissait l’arabe), Pietro et Ottone, deux prêtres ; Accursio et Adiuto, deux frères laïcs.

Ils étaient tous les six des environs de Terni (Ombrie, Italie C) et parmi les premiers compagnons de Francesco.

Les six missionnaires partirent d’Italie à pied et rejoignirent l’Espagne. Là, Vitale tomba malade et demeura en Aragon. Berardo le remplaça et la petite troupe arriva à Coimbra, où la population les prit pour des hérétiques, mais ils furent reçus par l’épouse du roi Afonso II. Elle leur offrit l’hospitalité à Alemquer et l’infante leur procura des habits laïcs pour leur faciliter les déplacements.

Prochaine étape : Séville, qui se trouvait aux mains des Turcs. N’écoutant que leur soif d’évangélisation (et peut-être pas assez la voix de la prudence), ils allèrent immédiatement prêcher l’Evangile dans la mosquée, sans se gêner de critiquer l’islamisme. On les prit pour des fous, mais ils s’enhardirent plutôt à se présenter directement au palais du roi maure, que les Italiens appellent Miramolino. Ce dernier n’apprécia pas la démarche, encore moins leurs discours contre les faux prophètes, et ordonna de les faire décapiter. Sur l’intervention de son fils, il «compléta» sa sentence en faisant jeter en prison les cinq Religieux, puis les convoqua en leur proposant le fameux dilemme que propose toujours l’Islam : ou ils retournent chez eux, ou ils passent à l’Islam (et sont expédiés au Maroc).

Evidemment, les Franciscains furent heureux d’être pris en charge pour arriver plus vite au Maroc, le but de leur mission. Ils partirent avec le fils du roi d’Aragon, Pedro Fernando, qui voulait découvrir le Maroc.

Dès leur arrivée, Berardo se mit à prêcher la Bonne Nouvelle.

Le sultan, le traita de fou et fit expulser de la ville les cinq Frères, qui furent ensuite mis en prison, et privés de nourriture pendant vingt jours, au terme desquels le sultan lui-même fut étonné de les voir en meilleure forme qu’auparavant (on y retrouve ici l’épisode des compagnons de Daniel dans Dn 1:15).

Le sultan les fit partir de là à destination de l’Espagne, mais les Franciscains réussirent à rester sur place et reprirent leur prédication. L’Infant Pedro Fernando les obligea à rester enfermés chez lui, pour ne pas compromettre les autres Chrétiens qui étaient avec lui. 

Peu après, le sultan demanda à Pedro Fernando de l’aider à mater une rébellion ; il prit avec ses hommes les cinq Franciscains. Un jour où l’on manqua d’eau, Berardo creusa un trou d’où sortit soudain de l’eau fraîche, miracle qui provoqua un grand étonnement parmi les Maures.

Ils reprirent leur prédication. Le sultan les fit à nouveau arrêter et flageller ; puis il les abandonna à la fureur de la population : on les dévêtit entièrement, on les fouetta aux croisements des rues, on les traîna sur des tessons de bouteilles, on versa sur leurs plaies du sel et du vinaigre, supplices qu’ils supportèrent patiemment, au grand étonnement du sultan lui même : il les tenta ensuite par des propositions de richesses et d’honneurs, amena devant eux cinq belles jeunes filles pour les épouser, et, devant leur sainte obstination à rejeter le faux prophète Mahomet, se saisit de son cimeterre et leur fendit la tête (ou les décapita).

L’infante du Portugal vit à ce moment leurs âmes s’envoler vers le Ciel.

La nouvelle de ce martyre avenu le 16 janvier 1220 à Marrakech arriva bientôt aux oreilles de Francesco d’Assise, qui s’écria : Maintenant je puis dire que j’ai vraiment cinq frères mineurs.

On précisera que dans la première rédaction franciscaine, l’événement est daté du 16 mai.

Des prodiges empêchèrent la destruction de leurs corps : une tempête mit en fuite les animaux auxquels on les avait offerts et le feu où on les jeta ne leur laissa aucune trace de brûlure. Les Maures finirent par laisser aux Chrétiens la faculté de recueillir ces précieuses reliques. Pedro Fernando les rapporta à Coimbra, là où se trouvait alors Antonio de Padoue (v. 13 juin), qui en conçut alors un vif désir d’appartenir à cet Ordre.

On trouvera au 10 octobre la notice de sept autres Martyrs franciscains à Ceuta (1227).

Les cinq Martyrs de Marrakech furent canonisés en 1481 et le Martyrologe les commémore à leur dies natalis, le 16 janvier.

 

 

Berardo de Calvi

† 1220

 

C’est l’un des premiers Compagnons de Francesco d’Assise et en même temps un des premiers Martyrs de l’Ordre (16 janvier 1220).

Voir la notice Marrakech (Martyrs franciscains de)

 

 

Pietro de San Gemini

† 1220

 

C’est l’un des premiers Compagnons de Francesco d’Assise et en même temps un des premiers Martyrs de l’Ordre (16 janvier 1220).

Voir la notice Marrakech (Martyrs franciscains de)

 

 

Ottone de Stroncone

† 1220

 

C’est l’un des premiers Compagnons de Francesco d’Assise et en même temps un des premiers Martyrs de l’Ordre (16 janvier 1220).

Voir la notice Marrakech (Martyrs franciscains de)

 

 

Accursio de Narni

† 1220

 

C’est l’un des premiers Compagnons de Francesco d’Assise et en même temps un des premiers Martyrs de l’Ordre (16 janvier 1220).

Voir la notice Marrakech (Martyrs franciscains de)

 

 

Adiuto de Narni

† 1220

 

C’est l’un des premiers Compagnons de Francesco d’Assise et en même temps un des premiers Martyrs de l’Ordre (16 janvier 1220).

Voir la notice Marrakech (Martyrs franciscains de)

Joseph Vaz

1651-1711

 

Joseph naquit le 21 avril 1651 à Benaulim (Goa, Inde), troisième des six enfants d’une famille brahmane de langue Konkanie.

Il étudia le portugais à Sancoale, le village de son père, et le latin à Baulim, le village de sa mère. Puis il fréquenta le collège des Jésuites à Goa, et étudia philosophie et théologie en vue du sacerdoce et fut ordonné prêtre en 1676.

En 1658, l’île de Ceylan fut prise par les Hollandais, qui en expulsèrent les Portugais et imposèrent le protestantisme. Joseph se porta immédiatement volontaire pour aller vivre sur l’île et assister les Catholiques.

Mais on l’envoya d’abord dans le sud de l’Inde, comme supérieur de la mission de Kannara. Il obéit.

Quand il revint à Goa, en 1684, il s’associa à l’Oratoire Saint-Filippo-Neri (v. 26 mai), récemment fondé, et dont il devint même supérieur.

Ayant (enfin) obtenu la permission de partir pour Ceylan, il s’y introduisit clandestinement, déguisé en mendiant, et aborda au port de Jaffna, en 1687.

Dans des conditions qu’on peut imaginer très difficiles et dangereuses, il visita les communautés catholiques. En 1689, il s’établit même quelque temps à Sillalai (Jaffna), où se trouvait une communauté catholique assez importante : il y exerça le ministère sacerdotal, confessa, célébra, releva le courage des fidèles, mais dut tout de même se retirer.

On sait qu’il fut pendant un an à Puttalam (1690).

En 1692, il s’installera à Kandy, capitale d’un petit royaume indépendant du centre de l’île. Il y résida sans trop de difficultés, tout en se déplaçant pour continuer ses visites pastorales. On le soupçonna bien d’être un espion au service des Portugais et fut pour cela mis en prison, mais comme il s’efforçait d’apprendre et de parler la langue locale, le Sinhala, il fut plutôt bien considéré ; mieux : lors d’une période de sécheresse, il demanda à Dieu d’accorder de la pluie et sa prière fut exaucée, alors que les moines bouddhistes n’avaient rien obtenu ! De ce fait, le roi lui accorda toute sa faveur, le libéra et l’autorisa à prêcher la religion du Christ. Nous sommes en 1696.

Grâce à la protection royale, l’abbé Joseph put alors circuler beaucoup plus tranquillement, même en territoire «hollandais» : la nouvelle de son activité parvint à l’évêque du Kerala, et même à Rome. Le légat papal voulut ériger Ceylan en diocèse et consacrer le père Vaz évêque, mais ce dernier refusa.

Il alla recevoir à Colombo trois confrères qu’on lui envoyait pour l’épauler, lesquels lui apportèrent en même temps une nouvelle à laquelle il ne s’attendait vraiment pas : l’évêque de Cochin (Kerala) le nommait Vicaire Général pour Ceylan, lui donnant ainsi de larges pouvoirs pour organiser la vie ecclésiastique dans l’île. 

Le roi fut encore plus touché par le père Joseph et ses Confrères, lors d’une épidémie de petite vérole qui dévasta son royaume : les prêtres en effet allèrent au chevet des malades sans compter leur fatigue, ni craindre la contagion.

Le nouveau Vicaire Général eut désormais les coudées franches pour organiser l’Eglise dans ce petit royaume de Kandy, mais aussi pour organiser la vie clandestine de l’Eglise dans les régions sous domination hollandaise. Mgr Vaz traduisit des livres du portugais en sinhala. Il y eut des conversions parmi les notables. La notoriété de Mgr Vaz lui valut un prestige dont il se servit pour aller parler franchement aux autorités hollandaises.

A la mort du roi, son successeur maintint la même attitude vis-à-vis de Mgr Vaz. D’autres missionnaires arrivèrent en 1708.

Mais Mgr Vaz s’était épuisé. Il entreprit encore une tournée en 1710, dont il revint malade à Kandy : il s’éteignit le 16 janvier 1711, en odeur de sainteté.

Dès 1737 commença le procès de béatification. En attendant, à Ceylan comme en Inde, on parla toujours du Vénérable Joseph Vaz, l’apôtre de Ceylan, qui s’appelle maintenant Sri Lanka.

Joseph Vaz a été béatifié en 1995. Il devait être canonisé en 2015.

 

 

Louis-Antoine Ormières

1809-1890

 

Louis-Antoine-Rose Ormières Lacase naquit un 14 juillet - date fatidique en France - de l’an 1809, à Quillan (Aude).

Au lendemain de la Révolution française, les parents avaient conservé la foi et l’enseignèrent à leurs nombreux enfants ; ils leur donnèrent l’exemple de l’accueil des pauvres chez eux à leur table et de la visite des malades.

Louis-Antoine étudia au séminaire de Carcassone et fut ordonné prêtre en 1833.

Constatant les dons qu’il avait, on le nomma d’emblée professeur au séminaire. Mais les livres n’étaient pas sa préférence : il voulait écrire dans le cœur des populations ; il ouvrit des patronages, organisa des missions populaires, et d’abord à Quillan-même, dans cette campagne où la majeure partie des enfants n’allait pas à l’école.

Avec l’accord de l’évêque, il invita des congrégations religieuses à s’installer dans le diocèse, mais finalement il fonda lui-même les Sœurs de l’Ange Gardien, pour venir en aide à la jeunesse et aux malades. Il sera puissamment épaulé dans cette œuvre par Julienne Lavrilioux (Mère Saint-Pascal). Napoléon III reconnaîtra l’Œuvre en 1852. Des maisons s’ouvriront dans le sud de la France, en Espagne, en Equateur.

L’installation en Espagne a son caractère anecdotique. Quatre Religieuses partaient pour l’Afrique, mais le bateau chavira et elles restèrent à Cadix. L’Œuvre se développa beaucoup en Espagne, et c’est à Oviedo que Louis-Antoine s’installera.

Louis-Antoine ne fit pas que fonder : il participa aux travaux de son Œuvre ; durant des épidémies (1838, 1845), il n’hésita pas à s’exposer presque dangereusement pour assister des malades.

Il confia :  Mon principe a toujours été de faire le bien et de laisser dire.

Louis-Antoine mourut à Gijón (Asturies, Espagne), le 16 janvier 1890.

Depuis un demi-siècle, l’Œuvre s’est installée en Amérique latine, en Amérique du Nord, puis en Afrique et en Asie.

Le miracle constaté pour la béatification de Louis-Antoine Ormières, fut la guérison d’un cancer maxillo-facial d’une des Religieuses de l’Ange-Gardien.

La béatification de ce prêtre français a été proclamée à Oviedo en 2017.

Le bienheureux Louis-Antoine Ormières sera commémoré le 16 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Giuseppe Tovini

1841-1897

 

Giuseppe (Joseph) Antonio Tovini naquit à Cividate Camuno (Brescia, Italie) le 14 mars 1841, aîné de sept frères.

Pauvre, la famille l’envoya faire des études à Vérone au Collège pour jeunes enfants pauvres. Il y entra en 1858, devenant déjà orphelin de père en 1859 et de mère en 1865 : le voilà en quelque sorte père de famille à vingt-quatre ans, devant s’occuper de ses six jeunes frères.

Mais il n’attendit pas non plus pour compléter ses études, et passa le doctorat en droit à l’université de Pavie en 1867, pour s’installer ensuite à Brescia.

Il épousa en 1875 Emilia Corbolani, avec laquelle il aura dix enfants.

De 1871 à 1874, il fut élu maire de Cividale où il organisa des œuvres sociales, fonda la Banque de Valle Camonica, et projeta une ligne de chemins de fer pour sortir la vallée de l’isolement.

Cofondateur du journal Il Cittadino, il fut promoteur puis président du Comité diocésain de l’Œuvre des Congrès.

En 1888, il fonda la Banque Saint-Paul à Brescia, et en 1896 le Banco Ambrosiano à Milan, convaincu que les institutions catholiques, surtout celles à mission éducative, devaient trouver leur pleine autonomie financière.

Sans doute surmené et épuisé par tant de labeurs, il mourut prématurément le 16 janvier 1897, à cinquante-six ans.

Il a été proclamé bienheureux en 1998.

 

Nota. On se rappellera que, grâce à lui, son neveu, Mosè Tovini, put intégrer le séminaire en cours d’année et logera chez lui pendant quelques mois. Ce même Mosè se chargera des funérailles de son oncle avant d’assumer, une fois prêtre, les nombreuses charges diocésaines que lui confia l’évêque.

Ce saint prêtre fut à son tour béatifié en 2006 (v. 28 janvier).

 

 

Juana María Condesa Lluch

1862-1916

 

Juana naquit le 30 mars 1862 à Valencia (Espagne), dans une famille chrétienne et bourgeoise. Ses parents étaient Luis et Juana. Elle avait une sœur, Trinidad.
Elle reçut le baptême dès le 31 mars, dans cette église de Saint-Etienne où furent baptisés saint Vicente Ferrer et saint Luis Bertrán (v. 5 avril et 9 octobre). Selon la coutume de l’époque, elle reçut la Confirmation en 1864, et la Première communion en 1872.
Monsieur Condesa, qui était un médecin profondément chrétien, contracta le choléra en 1865 et en mourut. La maman confia ses deux filles à une préceptrice.
Juana n’avait pas un caractère facile ; elle était rebelle, têtue et espiègle. Mais elle avait un grand cœur, très sensible.
Contrairement aux idées rationalistes à la mode, elle reçut une solide formation chrétienne. Elle grandit dans la piété, nourrissant sa vie intérieure par la dévotion à l’Eucharistie, à l’Immaculée Conception, à saint Joseph et à sainte Thérèse d’Avila. Le dogme de l’Immaculée Conception était proclamé en 1854, et saint Joseph venait d’être proclamé Patron céleste de l’Eglise (1870).
C’est dans cette ambiance que grandit sa sensibilité envers les gens nécessiteux. Elle mûrit dans la joie, l’humilité, la constance, la maîtrise de soi, la paix, la bonté, le travail, l’entraide.
En 1875, elle se fit Esclave de Marie, selon la formule de saint Louis-Marie Grignion de Montfort (v. 28 avril), et entra dans l’archiconfrérie des Filles de Marie et celle de Sainte Thérèse, dont elle devint la secrétaire. A l’exemple de ses parents, elle fut aussi tertiaire du Carmel. Elle fit dans son cœur le vœu de virginité.
Quand elle eut dix-huit ans, elle comprit qu’elle devait se mettre au service de la femme ouvrière,  travailler pour alléger les difficiles conditions de travail de ces jeunes femmes, qui affluaient dans les villes en quête de travail.
En 1884, à vingt-deux ans, elle proposa à l’archevêque de Valencia un projet de Congrégation religieuse, que celui-ci n’accepta pas tout de suite, vu le jeune âge de Juana. Celle-ci voyait clair : il fallait aider les jeunes ouvrières, les recevoir dans une maison où elles recevraient un enseignement, une formation humaine, et les aider à ne plus être simplement considérées comme des instruments de travail. Finalement elle obtint la permission de l’archevêque qui lui dit : Grande est ta foi et ta constance. Va, ouvre un havre pour ces ouvrières pour lesquelles tu as tant de sollicitude et tant d’amour dans ton cœur.
Quelques mois après s’ouvrait cette maison, avec une école pour les filles des ouvrières. Convaincue de sa vocation, Juana désirait faire de cette première expérience le début d’une véritable Congrégation. Ce fut un long chemin de croix, mais elle persévéra.
Au bout de huit ans de patience, en 1892, elle obtint l’approbation diocésaine de l’Institut, qui commença à s’étendre dans d’autres zones et prit le nom de Congrégation des Servantes de Marie Immaculée, Protectrice des Ouvrières.
En 1895, elle fit la première profession religieuse et, en 1911, la profession perpétuelle.
Entre ces deux dates, s’ouvrirent des maisons pour la formation des ouvrières à Manises (1897) et à Ayora (1906), un noviciat à Burjasot (1900).
En 1912 s’ouvrit une école pour enfants et ouvrières à Almansa.
Considérant que Marie, en acceptant totalement la volonté de Dieu, s’était faite son Esclave, elle se proclama elle-même esclave de l’Esclave du Seigneur, dans un esprit de totale obéissance à l’Eglise.
Juana parvint à cacher beaucoup de ses souffrances, dues à une maladie qui la rongeait. Elle s’éteignit à ce monde le 16 janvier 1916, à seulement cinquante-quatre ans.
L’Institut obtiendra plus tard l’approbation pontificale (1937), et définitive (1947).
Suite à un miracle reconnu en 2002, Juana a été béatifiée en 2003.

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15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 00:00

15 JANVIER

 

III.

Ste Secundina, martyre à Anagni.

S Pansophe, martyr à Alexandrie.

IV.

Stes Maure et Britta, vierges à Tours.

S Isidore, moine dans le désert de Scété. 

? S Ephyse, martyr à Cagliari, légendaire ?

V.

S Isidore, solitaire dans le désert de Nitrie, prêtre à Alexandrie, très aimé de s. Athanase.

S Alexandre l’Acémète, moine retiré dans un désert au-delà de l’Euphrate, il organisa la “laus perennis”, où quatre cents moines se relayaient en huit chœurs pour ne pas interrompre la psalmodie ; des maladresses lui valurent des épreuves (expulsion, condamnation).

S Ioannis Kalybitis, jeune moine acémète à Constantinople, revenu chez ses parents incognito jusqu’à sa mort, dans une petite cabane (kalubi) ; son chef fut emporté à Besançon et disparut en 1794. 

VI.

S Eugyppius, africain, compagnon de s. Séverin en Norique, abbé à Lucullano.

Ste Ita (Ida, Mida), vierge à Hy-Conaill, mystique.

S Probus, évêque à Rieti ; les ss. Iovenale et Eleuterio lui apparurent à sa mort.

S Maur, disciple contesté de s. Benoît, fondateur et abbé à Glanfeuil.

Ste Tarsitia, vierge solitaire à Rodelle, présumée fille de Clotaire II et sœur de s. Ferréol d'Uzès.

VII.

S Emebertus, évêque à Cambrai, frère de ste Gudila.

S Malardus, évêque à Chartres.

S Maur, ermite près de Huy ; son nom rappellerait qu’il fut “mort-né”, et revenu à la vie dans l’église proche.

VIII.

B Romedius, ermite à Tavoni.

S Bonitus, haut fonctionnaire, successeur de son frère comme évêque à Clermont, il démissionna par scrupule de cette nomination irrégulière.

S Céolwulf, roi anglais qui finit par abdiquer et fut moine à Lindisfarne.

X.

S Arsenio, ermite basilien en Calabre.

XIII.

S Pierre de Castelnau, cistercien à Fontfroide, légat apostolique contre les albigeois, martyr.

XIV.

B Giacomo l’Aumônier, juriste italien du tiers-ordre franciscain ou servite, avocat des pauvres ; il fut assassiné par des brigands et parfois considéré comme martyr ; deux siècles après, son corps restait sans corruption.

B Angelo, ermite en Ombrie.

XVII.

S Francisco Fernández de Capillas, dominicain espagnol, missionnaire et protomartyr en Chine, décapité, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

S Arnold Janssen (1837-1909), prêtre allemand, fondateur de la Société du Verbe divin (pour former des missionnaires, les Verbites), ainsi que des Missionnaires Servantes de l’Esprit Saint et des Servantes de l’Esprit Saint et de l’Adoration Perpétuelle, canonisé en 2003.

Bx Martyrs de la Guerre civile espagnole, fusillés en Cantabria  (†1937) et béatifiés en 2016 :

Valentín Palencia Marquina (*1871), prêtre diocésain ;

Donato Rodríguez García, Germán García y García, Zacarías Cuesta Campo, Emilio Huidobro Corrales (*1911, 1912, 1916, 1917), jeunes laïcs.

B Tit Liviu Chinezu (1904-1955), évêque gréco-catholique roumain, consacré en prison, mort de froid en prison, martyr béatifié en 2019.

Secundina d’Anagni

† 250

 

S.Magnus d’Agnani (v. 19 août) avait baptisé la jeune Secundina.

Lors du martyre de l’évêque, celle-ci manifesta sa foi au Christ et, pour ce motif, fut immédiatement jetée en prison.

On devait la torturer, mais Secundina convainquit ses geôliers de croire eux aussi à l’Evangile du Ressuscité.

Elle fut décapitée, le 15 janvier vers 250, lors de la persécution de Dèce.

Sainte Secundina d’Anagni est commémorée le 15 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannis Kalybitis

† 450

 

Ioannis naquit à Constantinople, de parents nobles.

Très tôt inspiré par une vie de piété et par l’étude des sciences sérieuses, il montra dès douze ans son aversion pour la vie du monde.

Un moine acémète fut reçu par ses parents. Les moines acémètes font partie d’un monastère où les moines se rechangent par groupes de façon à ne jamais interrompre la louange divine ; on dit qu’ils «ne dorment pas». Ioannis fut très intéressé par ce genre de vie et demanda au moine, à son retour, de l’emmener avec lui.

Entre temps, Ioannis demanda à ses parents de lui donner seulement le livre des Evangiles. Au retour du moine, Ioannis quitta secrètement la maison et le suivit au monastère, emportant son précieux cadeau.

Il est certain que le moine prit le temps, durant son pèlerinage à Jérusalem, de réfléchir à ce qu’il allait faire : Ioannis était encore fort jeune, il fallait peut-être éprouver sa vocation, et surtout prévenir ses parents… Dieu arrangea sans doute les choses. Ioannis se présenta donc au monastère où, à son tour, le supérieur prit le temps d’examiner son candidat.

Mais les parents s’enquirent de leur fils ! Ils le cherchèrent partout, sauf là où il était, car ils étaient persuadés que leur fils n’était pas chez les acémètes.

La séparation dura six années. Puis Ioannis, poussé par on ne sait quelle inspiration, jugea opportun de s’en revenir à la maison et d’être auprès de ses parents. La pensée de l’angoisse de ses parents le rendit presque malade, mais remis bien vite de façon inattendue, il considéra par ce «signe» que Dieu agréait sa décision.

Sortant du monastère, il échangea son habit avec les haillons d’un pauvre ; à la maison, on ne le reconnut pas : en six années, on change ! les domestiques le laissèrent d’abord à la porte et lui consentirent tout juste de s’installer sous l’escalier, de sorte qu’il voyait passer ses parents. Puis Ioannis obtint de vivre dans une petite cabane (kalybi) non loin de la maison, où il vécut trois années.

Ioannis sut que sa mort approchait. Il fit prier «la patronne» - sa mère - de venir le voir et lui remit le fameux évangéliaire. La mère, surprise de voir un si beau livre entre les mains de ce pauvre hère, alla le montrer à son époux : ils reconnurent alors le précieux livre qu’ils avaient donnés à leur fils, neuf ans plus tôt. Ce n’est que lorsqu’ils vinrent demander à cet homme ce qu’il savait de ce livre, que Ioannis se fit reconnaître. Grande émotion ; Ioannis s’endormit dans leurs bras.

La cabane de Ioannis servit de tombeau ; on y construisit une église. La kalybi donna à Ioannis son surnom de Kalybite (Kalybitis).

Le chef de Ioannis fut apporté de Constantinople à Besançon en 1204 ; il disparut en 1794.

Saint Ioannis Kalybitis est commémoré le 15 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ita de Hy-Conaill

† 570

 

Il s’agit de la sainte irlandaise Ita, ou Ida ou Mida ; elle naquit près de Drum (Waterford, Irlande), de parents chrétiens, qui lui donnèrent d’abord le nom de Derthrea (Dorothée, «donnée par Dieu»).

L’enfance de Derthrea fut déjà signalée par des miracles. Par exemple, sa chambre parut toute en feu, pour montrer quel amour de Dieu la dévorait ; une autre fois, un ange lui présenta trois pierres précieuses, représentant les Trois Personnes de la Trinité, qui seraient constamment à ses côtés.

On songea à la marier, mais comme elle préférait sa virginité, elle reçut le voile des vierges, avec le consentement de ses pieux parents.

Elle chercha un endroit pour se retirer, et trouva son bonheur à Hy-Conaill (Limerick) : juste de quoi faire un petit jardin, où par la suite d’autres jeunes filles se joignirent à elle et organisèrent un monastère. Elle leur enseigna que le grand moyen d’arriver à la perfection était de se représenter continuellement la présence de Dieu.

Un jour qu’un riche personnage vint déposer devant elle une importante somme d’argent, elle n’osait pas l’accepter ; sa main ayant involontairement touché ce présent, elle se lava énergiquement ces mains qui avaient été comme souillées par l’argent de corruption.

Elle vécut dans l’abstinence de viande, dans le jeûne si fréquent, que son ange vint l’avertir de ne pas tomber dans l’excès pour conserver la santé.

Des miracles eurent lieu de son vivant : elle guérit un certain Feargus qui souffrait de douleurs intolérables aux yeux et par tout le corps.

Elle eut aussi le don de la prophétie et connut des personnages très éloignés d’elle ; elle déclara innocente une religieuse qu’elle ne connaissait pas, dans une affaire où on accusait cette personne sans preuves ; elle sut qu’une de ses consœurs, qui avait quitté le monastère, était tombée dans une extrême indigence et regrettait sa faute : elle la fit appeler et revenir avec joie au monastère ; elle apprit de loin la mort de son oncle et le fit annoncer aux enfants du Défunt, qui souffrait beaucoup en Purgatoire ; elle fut appelée la seconde Brigide d’Irlande (v. 1er février). 

Elle fut en relations avec les grands Saints irlandais de son temps, Comgan de Glean-ussen (v. 13 octobre), Luchtigherna de Inistymon (v. 28 avril), Lasrean de Druimliag (v. 18 avril), Brendan (v. 16 mai) …

Sainte Ita mourut vers 570, son dies natalis au Martyrologe étant le 15 janvier.

 

 

Probus de Rieti

† 571

 

Probus fut un homme probe, de nom et de fait. Son père s’appelait Maximus.

Si l’on ne sait rien de sa vie familiale, on sait qu’il fut le deuxième évêque de Rieti, après Ursus.

Ce que fut son épiscopat, on le déduira de ce que raconte le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars) : 

Gravement malade, il s’occupait bien moins de lui-même que de son diocèse et de son personnel. Il était entouré de son père, des médecins et des domestiques ; remarquant que c’était l’heure du repas, il les invita à passer à table, ne gardant près de lui qu’un enfant, qui irait les prévenir en cas de nécessité.

Ceux-ci partis, l’enfant vit arriver dans la cellule deux personnages lumineux. Probus le rassura : c’étaient les deux martyrs Iuvenale et Eleutherius qui venaient l’escorter pour son entrée au Ciel. Quand l’enfant revint avec Maximus et les médecins, il n’y avait plus que la dépouille du Défunt, dont l’âme s’était envolée vers l’Eternité.

Concernant Iuvenale et Eleutherius, il est difficile de dire de quels Martyrs il s’agissait.

Probus fut aussitôt vénéré comme un Saint, et le Martyrologe Romain place son dies natalis au 15 janvier, vers 571.

 

 

Maurus du Mont-Cassin

512-584

 

Maurus était né vers 512, d’Æquitius et Iulia, romains de famille patricienne.

A douze ans, il fut confié à Benoît de Nursie (v. 21 mars), auquel il se soumit avec une parfaite obéissance, d’abord à Subiaco, puis au Mont-Cassin.

Un exemple illustre de cette obéissance advint un jour qu’un autre jeune garçon, Placidius, était en train de se noyer. Informé divinement, Benoît enjoignit à Maurus de courir pour aider ce jeune. Dans sa hâte, Maurus ne se rendit pas même compte que, pour rejoindre Placidius, il marchait sur l’eau. Ayant ramené la victime sur le rivage, il s’aperçut alors du prodige, vint humblement en remercier Benoît qui, lui, attribua le miracle à la prompte obéissance de son disciple.

Maurus en reçut davantage encore de respect de la part des autres moines. Mais loin de se vanter, il continuait de pratiquer les mortifications, les jeûnes avec encore plus de rigueur.

Benoît l’établit prieur au Mont-Cassin.

C’est là que Maurus accomplit un autre prodige, celui de guérir instantanément un enfant muet et boîteux, au nom de la très sainte et indivisible Trinité et par les mérites de (son) maître Benoît.

Par la suite, apprend-on par une source qui, depuis, a été beaucoup combattue, Maurus serait venu en Gaule pour y fonder une abbaye à Glanfeuil (552). Maurus y aurait été abbé pendant plus de trente ans, accomplissant beaucoup de miracles. De là la grande diffusion du culte de saint Maur et les divers noms de communes bien connus ; mais il s’agirait en fait d’un autre Maurus.

Si l’on représente souvent Maurus avec une pelle, c’est par allusion à la ville de Saint-Maur-des-Fossés, d’où aussi le patronage qu’on attribue au Saint pour les charbonniers et les fossoyeurs ; en raison du miracle du jeune estropié guéri, Maurus a été invoqué pour les malades de rhumatisme, d’épilepsie, de goutte.

Nous ne voulons pas entrer ici dans quelque polémique. Une seule question se poserait ici : si Maurus n’est pas allé en Gaule, que fit-il donc pendant ces trente années au Mont-Cassin ? Bien sûr, prière et travail, selon la devise bénédictine : Ora et labora. Etonnante, cette absence totale de témoignages ultérieurs pour une si longue période.

S’il faut opter pour la thèse précédente, c’est pour respecter la vérité ; s’il faut réunir les deux traditions sur un même personnage, ce sera pour notre joie.

Saint Maur est mentionné par le Martyrologe Romain au 15 janvier.

Tarsitia de Rodelle

? 600

 

Tarsitia était la fille d’Ambert et Blitildis, de nobles parents ancêtres de la lignée royale française. Blithildis en particulier était, semble-t-il, la fille du Clotaire I (elle mourut en 603) ; le frère de Tarsitia fut Ferréol d’Uzès (v. 4 janvier). Toutefois les historiens ne sont pas unanimes sur ces parentés.

Notre Tarsitia, donc, vécut plusieurs années dans la solitude, à Rodelle, près de Rodez.

Elle se nourrissait du lait d’une biche (ou d’une chèvre).

Différentes sources mentionnent sa mort par le martyre, mais sans autre détail.

Après sa mort, serait apparue dans le ciel une grande lumière, invitant la population à vénérer cette Sainte.

Lors des funérailles, le convoi en rencontra un autre, qui portait en terre un autre défunt. L’évêque, Dalmatius (v. 13 novembre), posa sa main sur le défunt, qui resssuscita.

Les reliques de sainte Tarsitia furent préservées au moment de la Révolution et se trouvent au Carmel de Rodez.

Non loin de la grotte de Tarsitia se trouve une source, dont l’eau guérit les maladies des yeux.

Le dies natalis de Tarsitia est mentionné le 15 janvier au Martyrologe Romain, qui la dit vierge et martyre.

 

 

Emebertus de Cambrai

† 645

 

Emebertus (qu’on identifie parfois avec Ablebertus) naquit à Ham (Brabant) de Witgerius et Amelberga, des parents aussi nobles que pieux, qui eurent aussi quatre filles, toutes saintes : Reinelde, Pharaïldis, Ermentrudis et Gudila. (v. 6 février, 4 janvier, 30 juin ?, 8 janvier).

Ayant grandi véritablement en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes (cf. Lc 2:52), Emebertus fut appelé à prendre la succession de Vindicianus sur le siège épiscopal de Cambrai.

Ce bon évêque voulut cependant se retirer à Ham pour se livrer à davantage de contemplation ; là, il fut prit d’une fièvre qui le conduisit rapidement à la mort.

Le Martyrologe Romain situe son dies natalis au 15 janvier (vers 645).

Le corps de saint Emebertus fut transféré à Maubeuge, mais n’a pas été retrouvé.

 

 

Malardus de Chartres

† 655

 

Voici les nombreuses informations qu’on trouve sur saint Malard :

Il est le vingt-cinquième ou vingt-sixième évêque de Chartres, après Bertegisilus et avant Gaubertus.

Son nom introduit le privilège de Rebais (638), un document qui accordait l’exemption de cette abbaye.

Le concile de Chalon-sur-Saône (vers 650) porte sa signature.

Il serait question de l’évêque Malard, dans une chronique concernant saint Laumer (v. 19 janvier).

Saint Malard est donc mort après 650, mais avant 658, où apparaît le nom de son successeur (Gaubertus).

Au 15 janvier, le Martyrologe précise, s’il était nécessaire, que saint Malard était évêque.

 

 

Romedius de Tavoni

8e siècle

 

Avec le Martyrologe Romain, on situerait maintenant Romedius au 8e siècle, mais des doutes le feraient vivre au 4e ou au 11e siècles.

Au 4e, à cause des rapports qu’il aurait eus avec l’évêque Vigile de Trente (v. 26 juin) ; au 8e, descendant des comtes de Tavoni ; au 11e, pour expliquer ses liens avec le château de Thaur (Innsbruck) ; on a pu aller jusqu’à l’identifier purement et simplement avec un autre personnage nommé Remigius.

Quelle que soit la période choisie, il reste qu’il partagea son important héritage entre les pauvres et les Eglises d’Aoste et de Trento.

Avec des compagnons, il fit le pèlerinage à Rome, où il reçut la bénédiction du pape.

Au retour, il s’installa avec ses compagnons au château de Tavoni, bâtit un oratoire au sommet de la montagne et y passa son temps dans l’humilité et la pauvreté.

Dieu le favorisa du don des miracles, comme d’avoir délivré un possédé. Un jour qu’il voulait aller trouver l’évêque, on lui dit qu’un ours avait dévoré son cheval ; il appela l’ours et l’obligea à remplacer le cheval.

Romedius annonça à l’évêque qu’il serait informé de sa mort par le son de la petite clochette de sa chapelle épiscopale ; ce qui arriva.

Le Martyrologe Romain mentionne son dies natalis au 15 janvier. Le culte immémorial de saint Romedius a été confirmé en 1907 et on l’invoque dans des cas de maladies des dents ou de jambes, contre le feu ou la grêle, dans les inondations ou les dangers de la mer, pour les prisonniers…

 

 

Bonitus de Clermont

623-710

 

Bonitus (qu’on a traduit Bonnet ou Bonet) était d’une famille auvergnate sénatoriale, les Syagrii. 

Un prêtre aurait prophétisé, avant sa naissance, vers 623, quelle aurait été la célébrité de l’enfant.

Bonitus eut un frère, Avit, qui devint évêque de Clermont.

Bonitus eut une éducation très soignée et, après la mort de son père, fut référendaire (disons : garde des sceaux) à la cour du roi Sigebert III († 656) puis de Thierry III, qui lui confia ensuite le gouvernement de la Provence.

Dans cette charge, Bonitus se montra soucieux du vrai bien des administrés ; il chercha à abolir l’esclavage, à réconcilier les adversaires et à dissiper les tensions. Jamais il ne renonçait à sa piété.

Vers 691, son frère Avit se sentant trop fatigué et âgé, demanda Bonitus comme successeur, ce qui plut au roi.

Bonitus fut un bon évêque, zélé ; il visita son diocèse, sa liturgie était édifiante, sa charité secourait les pèlerins et les nécessiteux. Il eut le don des miracles. Partout, il cherchait à faire respecter les lois ecclésiastiques, et c’est ce qui l’amena à démissionner.

En effet, son «élection» au siège épiscopal comportait une irrégularité, car il n’avait été pressenti que par son frère ; il consulta l’abbé de Solignac, qui lui suggéra de démissionner. Immédiatement, Bonitus se soumit, ce qui d’ailleurs le confortait dans son désir de se retirer dans la vie contemplative. C’était en 701 : dès que son successeur fut nommé, il se retira à Manlieu, une abbaye bénédictine où il put s’adonner à une pénitence rigoureuse.

Il fit un pèlerinage à Rome et, au retour, fut pris d’une crise de goutte qui fut fatale, le 15 janvier 710, son dies natalis au Martyrologe Romain.

Les potiers l’ont pris comme Patron.

 

 

Arsenio d’Armo

810-904

 

On retient qu’il était originaire de Reggio Calabria et qu’il naquit vers 810.

L’adolescent de quinze ans commença une vie toute d’ascétisme, sur les traces des grands ermites calabrais.

Il fut ordonné prêtre. Il priait et vivait du travail de ses mains.

Il reçut bientôt un disciple, nommé Elia, que lui envoyait un autre moine, et cet Elia partagea la vie d’Arsenio.

Ils s’établirent près de Condera, où ils cultivaient un petit arpent de terre. Un prêtre prétendit être propriétaire du terrain ; le juge, corrompu par ce prêtre, fit flageller Elia jusqu’au sang. Arsenio en appela à la justice divine, et le juge mourut trois jours après.

Les deux ermites s’éloignèrent et s’établirent près du village d’Armo. Leurs pénitences étaient rudes, exigeantes ; ils jeûnaient parfois toute une semaine.

Arsenio eut le don de la lecture dans les âmes. Il pardonnait facilement les pécheurs repentis, mais était beaucoup plus sévère pour les adultères ou les assassins.

Quand les Sarrazins menacèrent les côtes, Arsenio et Elia se réfugièrent à Patras (Grèce). On leur attribua une tour d’où Arsenio commença par chasser les démons qui l’infestaient.

Plus tard, un jour où l’évêque invita Arsenio à prendre un bain aux thermes, Arsenio bénit l’eau et en fit jaillir un parfum si suave, que tous les autres clients, se sentant pécheurs, s’enfuirent.

Après huit années, les deux ermites revinrent à Armo. Ils y reçurent un autre Elia, d’Enna, qui avait, lui, le don de la prophétie. Arsenio, qui ne l’avait pas, pensait être rejeté de Dieu, mais Elia d’Enna lui demanda alors : Que vois-tu, toi, quand tu célèbres la Messe ? Et Arsenio : Je me vois au milieu d’un feu spirituel, d’où je reçois le Corps et le Sang de Notre Seigneur Jésus Christ ; pendant toute la célébration, je vois l’Esprit Saint sous forme d’une boule de feu qui descend sur l’autel et l’entoure, ce qui me fait venir les larmes. Cette vision toute mystique et ce don des larmes compensait largement le don de prophétie de l’autre moine !

Arsenio mourut peu de temps après (904), à quatre-vint seize ans. Son disciple Elia affirma le voir souvent en vision, qui lui apportait ses encouragements au milieu des difficultés (sur s. Elia Speleota, v. 11 septembre).

Quand les Sarrazins revinrent, ils crurent que la tombe d’Arsenio cachait un trésor : l’ayant ouverte, ils y virent le saint Homme sans corruption, avec ses vêtements sacerdotaux. Ils voulurent le brûler mais, n’y réussissant pas, s’enfuirent.

Saint Arsenio est en grande vénération chez les Orthodoxes, le 18 mai, tandis que le Martyrologe Romain le commémore au 15 janvier.

 

 

 

Pierre de Castelnau

1170-1208

 

Pierre naquit vers 1170 près de Montpellier. Une localité proche, Castelnau-le-Lez, est peut-être le berceau de sa famille.

Entré dans l’état ecclésiastique, il devint archidiacre du diocèse de Maguelone, transféré ensuite à Montpellier.

Vers 1200, il entra à l’abbaye cistercienne de Fontfroide et, vers 1203, le pape le nomma son légat extraordinaire pour tenter d’éradiquer l’hérésie albigeoise dans le sud de la France.

Avec un autre moine cistercien, Pierre se mit à parcourir le midi, prêchant l’Evangile. Peu diplomate, il parlait par devoir, voulant seulement convaincre et se montrait inflexible.

La parole de Pierre et de ses compagnons fut assez bien reçue à Toulouse et à Carcassone, mais l’évêque de Narbonne opposait des difficultés ; Pierre voulut renoncer à sa mission, mais fut au contraire encouragé par le pape.

En 1205, Pierre déposa à Toulouse l’évêque de Rabastens, réforma l’église de Viviers, puis se rendit à Montpellier. Il y rencontra l’évêque espagnol d’Osma avec son chanoine, Domingo de Guzmán (v. 6 août), qui allait fonder l’Ordre des Prêcheurs. L’évêque conseilla à Pierre d’adopter une attitude plus pauvre, comme les Apôtres. Pierre et ses compagnons partirent de Montpellier pieds nus, sans argent. Des conférences furent organisées à Verfeil et à Caraman, mais Pierre n’osa pas même entrer à Béziers, où il se savait haï et menacé, et retourna seul à Montpellier.

Il y eut ensuite une longue discussion à Montréal (Carcassonne). Les hérétiques étaient soutenus par le comte de Toulouse, Raymond VI, qui jouait double jeu ; d’un côté, il promettait de se soumettre, de l’autre il se parjurait. Il dut être excommunié. Finalement, un de ses domestiques alla par derrière assassiner Pierre à Trinquetaille, près de l’abbaye de Saint-Gilles-du-Gard, à six heures du matin, quand Pierre venait de célébrer la Messe.

En mourant, Pierre murmura : Que Dieu lui pardonne comme je lui pardonne !

C’était le 15 janvier 1209. Ce malheureux acte de violence déchaîna la croisade contre les Albigeois.

Le corps de Pierre de Castelnau fut détruit par les Huguenots en 1562.

Le culte immémorial de Pierre fut confirmé au 19e siècle, mais le Martyr n’est pas mentionné dans le Martyrologe.

 

 

Giacomo l’Aumônier

1270-1304

 

Giacomo (Jacques) naquit vers 1270 à Città della Pieve (Ombrie, Italie C), de Antonio da Villa et Mostiola.

Sa fréquentation de l’église des Servites a fait suggérer qu’il entra chez les Servites ; mais tant les Servites que les Franciscains en revendiquent l’affiliation dans les rangs de leur Tiers-Ordre.

Après une solide éducation chrétienne, et de brillantes études de droit et de lettres à Sienne, il se fit l’avocat des pauvres, les défendant gratuitement contre les puissants. 

Il fut un jour interpellé par l’évangile où le Christ proclame : Qui ne renonce pas à tout ce qu’il possède, ne peut être mon disciple (Lc 14:33), comme ce fut le cas de saint Antoine abbé (v. 17 janvier).

Il utilisa sa fortune personnelle pour restaurer un hôpital et une chapelle en ruine, et y reçut des malades qu’il commença à soigner avec le plus grand empressement.

Or, il s’aperçut que certains revenus de l’hôpital avaient été détournés, et par l’entremise de l’évêque de Chiusi lui-même ; l’avocat se remit au travail, présenta sa plainte à Rome et obtint gain de cause.

On prétend que c’est cet évêque, pour se venger d’avoir été berné, qui envoya deux sicaires pour assassiner le pieux avocat

C’était en 1304. Certains considérèrent que Giacomo était mort martyr. On aurait retrouvé son corps intact au 16e siècle. Son culte fut reconnu en 1806.

Le Martyrologe place son dies natalis au 15 janvier, sans mentionner le «martyre».

 

 

Angelo de Gualdo Tadino

1270-1324

 

Il naquit à Casale (Gualdo Tadino, Pérouse, Ombrie, Italie C) en 1270, de Ventura (Bonaventure) et Chiara (Claire), d’humbles paysans. Il reçut au baptême le prénom de Angelo (Ange), en référence à l’Archange saint Michel, protecteur de Gualdo.

Il fut sans doute illettré, mais riche de l’amour de Dieu.

Bientôt orphelin de père, il savait déjà partager son petit pain avec d’autres plus pauvres que lui, et c’est justement cette générosité qui aurait été à la source de sa grande aventure.

En effet, sa mère lui reprocha un jour de donner aux pauvres tout le pain de la maison ; tous deux avaient leurs «bonnes raisons», mais le petit ange s’oublia et, nous dit-on, maudit sa pauvre maman. Le soir, il la retrouva morte.

Plein de remords, il partit en pèlerinage à Compostelle et, à son retour, se présenta à l’abbaye camaldule de Saint-Benoît de Gualdo Tadino. Il avait seize ans.

Après quelque temps, il obtint la permission d’aller mener une vie érémitique pour intensifier sa vie de pénitence et s’installa à Capodacqua, puis s’isola encore plus dans une petite cabane à Val Romore, dans la plus totale solitude. Ceci ne l’empêcha pas d’attirer malgré lui des gens qui venaient le consulter, lui demander des prières et qu’il encourageait dans leur chemin vers l’amour de Dieu.

Vers 1305, il y eut une enquête de la Sainte Inquisition, qui reconnut qu’Angelo était un authentique ermite et que sa vie était toute sainte.

Il fut tenté par le Démon, qui lui apparut un jour sous les traits d’un très beau serpent, mais il le mit en fuite par un signe de croix.

Une nuit de très forte tempête, il pria Dieu de protéger la nature en danger, et la tempête se calma. Pris par un scrupule de présomption pour avoir osé demander un telle faveur à Dieu, il ne fut en paix que lorsque l’abbé le rassura.

Quand il mourut, le 15 janvier 1324, à genoux dans sa cellule et les yeux levés au ciel, les cloches de l’abbaye se mirent à sonner d’elles-mêmes.

Lors de ses funérailles, en plein hiver, des champs de lin et des haies d’aubépines fleurirent, et ce prodige se répète encore aujourd’hui dans la nuit du 14 au 15 janvier. D’autres miracles se produisirent : délivrance d’un possédé en 1324 ; libération des bandes d’envahisseurs slaves à Gualdo en 1556 ; miracle des cerises en plein hiver, qui sauva de la mort un condamné innocent.

Le culte d’Angelo fut reconnu en 1633 et de nouveau en 1825.

Francisco Fernández de Capillas

1607-1648

 

Francisco naquit la veille de l’Assomption, le 14 août 1607, à Baquerin de Campos (Palencia, Espagne).

Il entra à dix-sept ans chez les Dominicains et prit l’habit à Valladolid. Encore diacre, il fut envoyé aux Philippines et arriva à Manille en 1631, où il reçut l’ordination sacerdotale.

Son terrain de travail fut le district de Tuao (Cagayan Valley, nord Philippines), où il fit beaucoup de conversions, grâce à son âme apostolique et son intense vie ascétique. Il couchait sur une croix de bois et ne se défendait pas contre les piqûres d’insectes.

Lors du chapitre provincial de 1641, il reçut la permission de partir pour la Chine. Il fut un des derniers missionnaires espagnols à aborder à Taiwan, avant l’arrivée, cette même année, des Hollandais.

Francisco et son compagnon, Francisco Díez, retrouvèrent en Chine un autre père dominicain qui avait survécu à la persécution précédente. Ils se lancèrent dans une grande et très fructueuse activité de prédication, parvenant à instituer là une communauté du Tiers-ordre dominicain.

Fin novembre 1641, le père Díez mourut, puis des peuplades de Mantchourie envahirent la région ; hostiles au Christianisme, elles persécutèrent les Chrétiens.

Francisco fut capturé le 13 novembre 1647, au moment où il rentrait d’avoir administré les derniers sacrements à un malade. On l’insulta copieusement et on l’enferma dans la prison la plus infecte de l’endroit. 

Il eut les chevilles écrasées pendant qu’on le traînait. On le flagella, plusieurs fois jusqu’au sang, mais il endura tout cela sans un murmure, à l’étonnement des juges et des bourreaux. Puis on l’emmena, presque mourant, dans une prison pour condamnés à mort. Sa réaction était vraiment étonnante, et suscita l’admiration des autres condamnés. Même les gardiens en furent touchés, et lui donnèrent à manger, pour qu’il ne mourût pas de faim avant son exécution.

Il put faire parvenir une petite lettre à ses Supérieurs : Je suis avec d’autres prisonniers avec lesquels j’ai de bons rapports d’amitié. Ils me questionnent sur l’Evangile. Je ne me préoccupe pas de partir d’ici, car je sais que je fais la volonté de Dieu. On ne me permet pas de me relever la nuit pour prier, de sorte que je prie dans mon lit. Je vis ici dans une grande joie, sans aucun souci, sachant que je suis ici pour Jésus-Christ. Les perles que j’ai trouvées ici ne sont pas toujours faciles à trouver.

Le 15 janvier 1648, Francisco fut jugé, et accusé de répandre de fausses doctrines et de pousser le peuple contre le nouvel Empereur. Condamné à mort, il fut décapité le jour même à Fogan.

Ce fut le premier martyr en Chine.

Francisco Fernández de Capillas fut béatifié en 1909 avec quatorze laïcs chinois, et canonisé en 2000 parmi les cent-vingt Martyrs de Chine.

Ces Martyrs sont fêtés ensemble le 9 juillet, tandis que la mémoire de Francisco est au 15 janvier.

 

 

Arnold Janssen

1837-1909

 

De ses bons parents chrétiens, Arnold hérita l’amour de Dieu et du travail bien fait.

Deuxième de dix enfants, il naquit à Goch (Rhénanie, Allemagne).

Les Pères augustiniens de Gaesdonck, proches de Goch, lui donnèrent sa formation classique.

Ordonné prêtre en 1861, le jour de l’Assomption, il fut d’abord professeur de religion et de sciences naturelles dans l’école secondaire de Bocholt, pendant douze ans. En outre, vu sa grande dévotion au Sacré-Cœur, il fut directeur de l’Apostolat de la prière à partir de 1867.

Il fonda une école scientifique à Mödling (Vienne, Autriche).

Il prit peu à peu conscience de la mission universelle de l’Eglise et publia un petit bulletin où l’on pouvait trouver des nouvelles des missions et qui encourageait les catholiques allemands à les soutenir : c’est le Messager du Sacré Cœur de Jésus.

L’époque était difficile : c’était le Kulturkampf, une persécution parfois sournoise, parfois ouverte, qui cherchait à retirer à l’Eglise toute influence sur la société ; quelques évêques furent mis en prison, prêtres et religieux furent expulsés, comme en Espagne, comme en Italie, comme en France.

Arnold encouragea ces prêtres expulsés à partir pour les missions. Il envisageait de créer un séminaire pour former des missionnaires.

On ne peut pas dire qu’il y ait été encouragé, mais il persévéra. Il ouvrit à Steyl (Pays-Bas) le séminaire en question, le 8 septembre 1875, fête de la Nativité de Marie. Ainsi naquit la Société du Verbe Divin, qui regroupait des prêtres et des frères ; bientôt deux d’entre eux partiront pour la Chine, dont Josef Freinademetz, maintenant canonisé (v. 28 janvier).

Successivement, Arnold fonda les Sœurs Servantes du Saint-Esprit (8 décembre 1889, fête de l’Immaculée Conception) et les Sœurs Servantes du Saint-Esprit de l’Adoration Perpétuelle (8 septembre 1896, comme le séminaire, vingt ans plus tôt).

Il s’éteignit, comblé de mérites et de bonnes œuvres, le 15 janvier 1909.

Ses Religieux et Religieuses sont répandus dans le monde entier : on parle de plusieurs milliers de Missionnaires et de Sœurs Servantes dans des dizaines de pays.

Arnold Janssen a été béatifié en 1975, et canonisé en 2003.

Le miracle retenu pour la canonisation d’Arnold Janssen, fut la guérison totale et inexplicable, par son intercession, d’une petite fille des Philippines de dix ans, très gravement blessée à la tête dans une chute de bicyclette.

 

 

 

Valentín Palencia Marquina

1871-1937

 

Valentín naquit le 26 juillet 1871 à Burgos, d’un père cordonnier, Cipriano, et de Victoria, la concierge de l’immeuble. qui le firent baptiser le lendemain ; l’enfant reçut la Confirmation la même année, selon la coutume de l’époque.

De 1884 à 1894, après avoir achevé l’école primaire, il fréquenta le séminaire Saint-Jérôme pour faire ses Humanités, la Philosophie et la Théologie, mais comme étudiant externe, ses parents ne pouvant lui payer la pension.

Il fut ordonné prêtre en 1895.

Da 1896 à 1898, il fut curé à Susinos del Páramo, où il assuma la charge de directeur et aumônier du Patronage Saint-Joseph, pour l’enseignement et l’éducation des enfants pauvres. Le prêtre enseignait aux enfants à prier, à étudier, à travailler de leurs mains ; il les faisait jouer des pièces de théâtre pour leur apprendre à s’exprimer correctement ; il leur apprit aussi la musique, ils chantaient et jouaient, jusqu’à organiser de petits concerts.

Ce n’était pas son unique occupation ; il gérait aussi d’autres œuvres, avec un zèle et une attention tels qu’il mérita en 1925 la Croix de Bienfaisance (créée par le gouvernement d’Espagne pour récompenser des services extraordinaires).

Pour l’été 1936, il se trouvait avec les enfants dans une colonie à Suances ; quelques-uns des musiciens du Patronage les accompagnaient. Lorsque la révolution éclata, l’église fut transformée en garage, on interdit à don Valentin de célébrer la Messe. Le prêtre dut célébrer en cachette et portait la communion aux malades et aux moniales Trinitaires.

Un des enfants dénonça le prêtre au Front Populaire - on ne sait si par faiblesse ou par méchanceté : don Valentín fut arrêté avec six jeunes gens, dont quatre préférèrent l’accompagner jusqu’au bout, plutôt que de «témoigner» à charge contre lui.

On les conduisit sur le Mont Tramalon de Ruiloba, où ils furent fusillés.

Don Valentín Palencia Marquina et ses quatre vaillants défenseurs furent béatifiés en 2016 pour être inscrits au Martyrologe le 15 janvier.

 

Il y a une notice pour chacun des quatre Jeunes gens, qui s’appelaient : Donato Rodríguez García, Germán García y García, Zacarías Cuesta Campo, Emilio Huidobro Corrales.

 

 

Donato Rodríguez García

1911-1937

 

Donato, né le 27 janvier 1911 à Santa Olalla de Valdivielso (Burgos, Espagne), était le fils de Diego Rodríguez Fernandez et de Basilia García Valderrama.

Très jeune, il souffrit de la polyomiélite, et dut marcher avec des cannes.

En 1934, il reçut le diplôme du Conservatoire National de Musique, qui lui permettait désormais d’enseigner le piano. Il ne voulait pas faire une carrière de soliste, mais il préféra assister le prêtre Valentín Palencia Marquina, qui s’occupait activement d’enfants pauvres et d’orphelins. C’est grâce à lui que les enfants purent constituer un petit orchestre.

En 1936, Donato se trouvait en effet avec ce prêtre dans la colonie de Suances au moment de la Guerre civile.

Dénoncés, le prêtre fut arrêté avec six autres jeunes gens, dont notre Donato et, avec lui, trois autres jeunes : Germán García y García, Zacarías Cuesta Campo, Emilio Huidobro Corrales (v. ce même 15 janvier).

Après quelques temps de détention, on les conduisit sur le Mont Tramalon de Ruiloba (Santander), où ils furent fusillés.

Donato allait avoir vingt-six ans.

Don Valentín Palencia Marquina et ses quatre vaillants défenseurs furent béatifiés en 2016 pour être inscrits au Martyrologe le 15 janvier.

 

 

Germán García y García

1912-1937

 

Germán, né le 30 octobre 1912 à Villanueva de Argaño (Burgos, Espagne), était le fils de Alejandro García et de Marcelina García, d’humbles ouvriers. Il avait une sœur, Benita.

En 1923, il entra au collège des Frères Maristes de Arceniega, passa à celui de Grugliasco, pour commencer en 1927 le noviciat dans cette congrégation.

En 1929, il fit le scholasticat et, dès 1930, fut envoyé enseigner à Rio de Janeiro (Brésil).

Dieu ne le voulait peut-être pas dans cette congrégation : il revint à Burgos.

Germán travailla dans un hôtel et, en 1934, s’offrit volontaire pour travailler aux côtés du prêtre don Valentín Palencia. Jouant de la clarinette, il faisait partie du petit orchestre des enfants du patronage Saint-Joseph.

En 1936, Germán se trouvait donc avec ce prêtre dans la colonie de Suances au moment de la Guerre civile.

Dénoncés, le prêtre fut arrêté avec six autres jeunes gens, dont notre Germán et, avec lui, trois autres jeunes : Donato Rodriguez García, Zacarías Cuesta Campo, Emilio Huidobro Corrales (v. ce même 15 janvier).

Après quelques temps de détention, on les conduisit sur le Mont Tramalon de Ruiloba (Santander), où ils furent fusillés.

Germán avait vingt-quatre ans.

Don Valentín Palencia Marquina et ses quatre vaillants défenseurs furent béatifiés en 2016 pour être inscrits au Martyrologe le 15 janvier.

 

 

Zacarías Cuesta Campo

1916-1937

 

Zacarías, né le 10 juin 1916 à Villasidro (Burgos, Espagne), était le fils de Basiliano Cuesta et de Aquilina Campo, d’humbles ouvriers. Il avait plusieurs frères et sœurs.

En 1921, à cause d’une piqûre maladroite, il eut une jambe paralysée et fut désormais boîteux. Pour cette raison, les parents le confièrent au Patronage saint-Joseph, fondé et dirigé par le saint prêtre don Valentín Palencia Marquina : il y aurait appris le métier de tailleur ; ce fut plutôt celui de cordonnier qu’il pratiqua.

Quand il fut adulte, Don Valentín lui demanda de l’aider pour la colonie de Suances.

L’été 1936, Zacarías se trouvait donc avec ce prêtre à Suances au moment de la Guerre civile.

Dénoncé parce qu’un enfant avait dit que Don Valentín célèbre la Messe, le prêtre fut arrêté avec six autres jeunes gens, dont notre Zacarías et trois autres jeunes : Donato Rodriguez García, Germán García y García, Emilio Huidobro Corrales (v. ce même 15 janvier), qui refusèrent de trahir le prêtre et préférèrent l’accompagner.

Des parents de la famille de Zacarías - dont un prêtre, encore vivants aujourd’hui, racontent que Zacarías aurait pu se cacher, s’évader, échapper aux révolutionnaires : il resta sur place, pour entourer le prêtre jusqu’au bout.

Après quelques temps de détention, on les conduisit sur le Mont Tramalon de Ruiloba (Santander), où ils furent fusillés.

Zacarías avait vingt ans.

Don Valentín Palencia Marquina et ses quatre vaillants défenseurs furent béatifiés en 2016 - un siècle après la naissance de Zacarías - pour être inscrits au Martyrologe le 15 janvier.

 

 

Emilio Huidobro Corrales

1917-1937

 

Emilio, né le 9 août 1917 à Villaescusa del Butrón (Burgos, Espagne), était, avec son frère, orphelin. Leur mère, déjà veuve, s’était remariée, et leur beau-père les maltraitait. Ils furent donc confiés à l’œuvre caritative de Saint-Joseph, fondée et dirigée par le saint prêtre don Valentín Palencia Marquina.

Emilio reçut une excellente formation, au point qu’il devint le professeur de géométrie des enfants. Un de ses élèves donna plus tard ce témoignage :

C’était une personne de profonde humanité, au physique et au moral. Il était très joyeux. Pacifique aussi : il savait calmer n’importe quelle discussion. On le respectait beaucoup. Il dirigeait aussi la musique. Il était très religieux.

On le voit, il avait appris aussi suffisamment de musique pour l’enseigner aux côtés de Donato Rodríguez.

L’été 1936, Emilio se trouvait donc avec ce prêtre à la colonie de Suances au moment de la Guerre civile.

Dénoncé parce qu’un enfant avait dit que Don Valentín célèbre la Messe, le prêtre fut arrêté avec six autres jeunes gens, dont notre Emilio et trois autres jeunes : Donato Rodriguez García, Germán García y García, Zacarías Cuesta Campo (v. ce même 15 janvier).

Emilio, une fois interrogé, aurait pu repartir libre mais, avec ses confrères, il refusa de trahir le prêtre et préféra l’accompagner.

Après quelques temps de détention, on les conduisit tous les cinq sur le Mont Tramalon de Ruiloba (Santander), où ils furent fusillés.

Emilio avait dix-neuf ans.

Don Valentín Palencia Marquina et ses quatre vaillants défenseurs furent béatifiés en 2016 pour être inscrits au Martyrologe le 15 janvier.

 

Tit Liviu Chinezu

1904-1955

 

Tit Liviu Chinezu naquit le 22 juin 1904 à Huduc (Mureş, Roumanie), d’un père qui était lui-même prêtre, comme cela arrive dans le rite gréco-catholique.

En 1925, Tit Liviu vint à l’institut Saint-Athanase de Rome, puis à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin (l’Angelicum) où il obtint le doctorat de Théologie en 1930.

Il fut ordonné prêtre en janvier 1930 et, en 1931, de retour en Roumanie, il fut professeur à l’Ecole Normale de Blaj, puis, en 1937, à l’Académie de Théologie.

En  1947, il fut nommé archiprêtre (ou doyen) de Bucarest.

On trouve ce détail qu’il fut lui-même arrêté en 1948, mais les précisions manquent terriblement.  Avec vingt-cinq autres prêtres, il aurait été mis en prison au monastère de Căldăruşani (transformé en prison).

C’est dans la prison qu’il reçut l’ordination épiscopale des mains d’autres évêques emprisonnés, dont Mgr Valeriu Traian Frențiu (v. 11 juillet), en décembre 1949. Il fut ainsi évêque titulaire de Regiana, et succéda à Mgr Aftenie sur le siège de Făgăraş et Alba Iulia.

On peut supposer que, étant plus jeune que d’autres, et n’ayant été ni accusé ni condamné, on espérait qu’il serait sorti de prison plus facilement et aurait pu ainsi gouverner le diocèse. Il n’en fut rien.

Relégué dans la prison de Sighet, il y souffrit intensément de faim et de froid.  Gravement malade, il devait être conduit à l’infirmerie mais, sous ce prétexte, on l’isola encore plus dans une chambre glacée, où il s’éteignit deux jours après, le 15 janvier 1955.

On le mit en terre sans cercueil, dans le cimetière des pauvres, où l’on n’a jamais retrouvé son corps.

Tit Liviu Chinezu est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

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14 janvier 2021 4 14 /01 /janvier /2021 00:00

14 JANVIER

 

II.

S Potitus, roumain, adolescent martyr à Rome.

S Glycerius, diacre martyr à Antioche de Syrie, noyé en mer.

III.

S Felix, prêtre torturé à Nole.

IV.

Ste Nino, captive dans le sud Caucase : ses miracles lui valurent la confiance du roi qui se convertit ; elle est l’apôtre de la Géorgie.

Ste Macrine, aïeule de s. Basile le Grand, à Néocésarée.

S Barbascémin (Barbasymas), évêque à Séleucie et Ctésiphon, martyr à Lédan.

V.

S Firminus, évêque à Mende.

Ste Néosnadie, vierge en Poitou.

VI.

S Euphrasius, évêque à Clermont.

S Datius, évêque à Milan, mort exilé à Constantinople.

S Cler, diacre en Afrique.

VII.

S Fulgencio, évêque à Écija, frère des ss. Landro, Isidoro et Florentina ; patron de Cartagena.

S Caldéold (Eoald), évêque à Vienne.

VIII.

S Etienne, fondateur et abbé à Constantinople.

XI.

B Engelmer, ermite en Bavière, assassiné par un inconnu.

XII.

B Amédée de Clermont, seigneur de Hauterives, retiré à Bonnevaux dont il fonda les filiales à Léoncel, Mazan, Montperoux et Tamié.

B Oddone de Novare, prieur chartreux à Gayrach, puis chapelain à Tagliacozzo.

XIII.

S Sabas, serbe, moine au Mont Athos, évêque à Petj.

XIV.

B Odorico de Pordenone, franciscain thaumaturge, missionnaire en Asie mineure et jusqu’en Chine.

XIX.

XVII.

B Devashayam Nilakandan Pillai, laïc tamoul, converti de l'hindouisme, martyr, béatifié en 2012.

XIX.

B Peerke (Petrus Norbertus) Donders, prêtre rédemptoriste hollandais, au service des lépreux au Surinam, béatifié en 1982.

XX.

Bse Alfonsa Clerici (1860-1930), italienne des Sœurs du Très Précieux Sang de Monza, béatifiée en 2010.

B Pablo Merillas Fernández (Carlos, 1902-1937), prêtre capucin martyr à Madrid, béatifié en 2013.

B Francisco Martínez Garrido (1866-1938), prêtre diocésain espagnol, martyrisé près d’Almería, béatifié en 2017. 
 

Potitus de Sardica

† 2e siècle

 

Il n’y a pas de consensus à propos de Potitus.

Il serait originaire de Sardica en Basse Dacia (act. Roumanie), une province qui fut annexée à l’empire romain en 107.

Il y aurait eu parfois une confusion entre Sardica et Sardinia, et l’on a fait naître Potitus en Sardaigne.

Potito était le fils d’une famille très riche.

Encore adolescent, il se serait converti au christianisme, à l’insu de son père. Quand celui-ci s’en rendit compte, il jeta son garçon en prison (ou le tint enfermé à la maison), mais les prières et les supplications de Potitus touchèrent son papa, qui se convertit à son tour.

Potitus se trouva donc libéré, mais chercha à s’isoler quelque part ailleurs qu’au milieu de païens ; les localités qu’on croit être Valeria ou Gargara sont incertaines ; Valeria ne se trouve pas, Gargara serait en Asie Mineure (ancienne Troade) : notre adolescent se serait donc embarqué pour traverser la mer et gagner le mont Gargara. Pourtant, la suite de la Vita  ne semble pas tenir compte de ce voyage.

Potitus guérit la femme d’un certain Agatho, sénateur, qui était lépreuse ; toute la famille se convertit au christianisme et le bruit du miracle se répandit, jusqu’à Rome.

Potitus y fut convoqué pour guérir la fille de l’empereur Antoninus Pius († 161), qui était possédée ; Potitus obtint de Dieu cette guérison, mais on l’attribua à quelque pouvoir magique, et l’on somma Potitus d’offrir l’encens aux dieux païens.

Sur le refus catégorique de Potitus, on le tourmenta de mille manières et il mourut décapité, soit à Rome, soit ailleurs dans le sud de l’Italie. Il devait avoir une quinzaine d’années.

Le lieu du martyre a en effet été placé en Italie méridionale, où s’est diffusé le culte de s.Potitus. Mais ce culte a pu se développer simplement autour des reliques de s.Potitus, apportées dans ces régions.

L’empereur étant mort en 161, on a situé la mort de Potitus vers 160, un 14 janvier.

Saint Potitus de Sardica est commémoré le 14 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Glycerius d’Antioche de Syrie

† 3e siècle

 

Glycerius fut un diacre à Antioche de Syrie.

On a établi qu’il fut martyrisé avant la persécution de Dioclétien, donc au plus tard au troisième siècle et, pourquoi pas, dès le deuxième.

Après beaucoup de tourments, Glycerius fut noyé en mer.

Saint Glycerius d’Antioche est commémoré le 14 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Felix de Nole

† 260

 

Le père de Felix était de Syrie. Après la carrière des armes, il s’acquit un bon patrimoine en Campanie (Italie), qu’il légua à ses deux fils, Hermias et Felix.

Hermias s’engagea à son tour dans l’armée. Felix, de son côté, se consacra au Seigneur ; l’évêque Maximus l’ordonna lecteur, puis exorciste, prêtre enfin.

Vers 250, l’évêque Maxime, par prudence pour son troupeau diocésain, se cacha au moment de la persécution, confiant à Felix le soin des fidèles.

Les persécuteurs vinrent donc arrêter Felix et on l’enferma dans un cachot infect jonché de têts de pots cassés. Ici se renouvela l’intervention racontée dans Ac 12:1-11 : un ange vint libérer Felix et le conduisit immédiatement auprès de Maxime, épuisé de soucis et de privations, mourant.

Felix approcha des lèvres de Maxime une grappe de raisin, qui le réconforta beaucoup ; Felix le prit sur ses épaules et le reconduisit à sa maison, où une sainte femme l’entoura de ses soins.

La persécution s’étant momentanément calmée, Felix prêcha à nouveau ; mais quand les persécuteurs reprirent leurs recherches, une première fois ils ne reconnurent pas le prêtre, une deuxième fois ils trouvèrent la porte garnie d’une telle toile d’araignée, qu’ils supposèrent impossible que Felix fût passé par là récemment, et s’en allèrent déçus.

Felix se cacha alors dans une grotte, recevant d’une pieuse femme de quoi se nourrir. Six mois plus tard, il sortit de sa cachette et put réapparaître publiquement sans être inquiété.

A la mort de l’évêque Maxime, on voulut élire Felix pour lui succéder, mais ce dernier, humblement, désigna Quintus. 

Le patrimoine de Felix avait été confisqué ; il ne le réclama pas, une fois la paix revenue, mais vécut pauvrement, cultivant quelques arpents de terre, et partageant sa récolte avec les pauvres.

Il mourut vers 260, parfois considéré comme martyr en considération de ses souffrances.

Saint Felix de Nole est commémoré le 14 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nino de Géorgie

† 340

 

La Géorgie chrétienne a une longue histoire ancienne. On attribue déjà à s.André (v. 30 novembre) l’évangélisation de la Colchide au Nord ; au concile de Nicée (325), deux évêques géorgiens étaient présents et, au cinquième siècle, la Géorgie était pratiquement entièrement constituée en diocèses.

Notre Nino était une esclave chrétienne, dont la vie pieuse, chaste, tranchait avec celle des païens qui adoraient les astres, le feu, les arbres.

Nino obtint la guérison d’un bébé malade en le plaçant sur sa couche ; du coup, la reine, très malade, voulut à son tour demander sa guérison. Grande joie du roi. Ce roi s’appelait Mirvan III, la reine Nana.

Nino ne voulait ni or ni argent : elle demandait à ce roi de se convertir à son tour, mais le roi remit à plus tard ; un jour qu’il s’était perdu durant la chasse, il repensa au Christ, l’invoqua et retrouva son chemin (337). Nino lui conseilla de construire une grande église.

L’église s’éleva à Mtskheta (act. proche de Tbilissi), à l’emplacement présumé de la tombe d’une sainte Sidonie, dont la conversion et la mort remontaient au premier siècle.

Au même endroit se trouvait un cèdre qui permit de construire les colonnes de l’église ; une de ces colonnes aurait produit une huile miraculeuse, ce qui fit donner à l’église le nom de Svétitskhovéli, pilier qui donne la vie.

Nino alla prêcher auprès des montagnards, mais sans succès ; elle fut mieux reçue vers l’Est.

Elle mourut à Bodbe (act. Sighnaghi, Kakheti), vers 340.

Plus tard, le roi de la Géorgie orientale fut le général Bacurius († 420) ; il avait été en garnison à Jérusalem et raconta les faits à l’historien Rufinus.

Traditionnellement fêtée en Géorgie le 14 janvier, Nino a été diversement nommée : Nouné, Nina (Christina ?), et aussi Théognoste, connue de Dieu.

Sainte Nino de Géorgie est commémorée le 14 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

Firminus de Mende

† 402

 

La liste épiscopale de Mende présente des difficultés, des incertitudes.

Firminus pourrait avoir été le quatrième évêque de Mende, ou même le troisième.

Certains prétendent que Firmin de Mende est le même personnage que Firmin d’Amiens (v. 25 septembre).

Il serait mort en 402.

Saint Firminus de Mende est commémoré le 14 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Néosnadie

5e siècle

 

Le martyrologe du diocèse de Poitiers disait d'elle : Sa gloire est plus connue de Dieu que des hommes. Ce qui prouve suffisamment sa sainteté c'est qu'une église paroissiale dédiée à son nom attire depuis des siècles un concours considérable de peuple. Cette paroisse est Sainte-Néomaye.

En Poitou on vénère donc sainte Néosnadie comme bergère, née à Mouterre-Silly (Loudun).

Discrète, humble, pieuse, c’était la violette qui embaume son entourage sans se faire voir.

Bergère à Sambin (diocèse de Blois, Loir-et-Cher), elle aurait, selon la légende, demandé à Dieu de l'enlaidir pour se rendre indésirable aux yeux de ses soupirants ; son vœu aurait été exaucé et aussitôt l'une de ses jambes se serait transformée en patte d'oie.

On ne sait que penser d’une telle métamorphose. D’autres Saintes eurent le même souci et obtinrent de Dieu plutôt quelque maladie de peau au visage, qui découragea les prétendants en question. On pourrait aussi supposer que la pieuse bergère souffrit d’une douloureuse arthrose déformante, et que la légende ait complété cette infirmité par une description un peu exagérée.

Sainte Néosnadie n’est pas au Martyrologe.

Elle est vénérée le 14 janvier (autrefois le 17, premier jour «libre» après le 14).

 

 

Euphrasius de Clermont

† 515

 

Euphrasius pourrait avoir été le treizième évêque d’Auvergne, dont le siège fut plus tard à Clermont (1160).

S.Grégoire de Tours parle de lui, louant son hospitalité.

Son épiscopat aurait commencé en 490 et il serait mort en 515.

Saint Euphrasius de Clermont est commémoré le 14 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Datius de Milan

† 552

 

Ce qu’on sait de cet archevêque est qu’il fut sur le siège épiscopal de Milan depuis environ 530.

On le faisait descendant de la famille aristocratique des Agliati.

Sa générosité alla jusqu’à dépouiller son Eglise de toutes ses richesses pour venir en aide à la population éprouvée par les guerres qui désolaient l’Italie. Il sollicita la générosité du prince goth Theodato, en vain celle de Belisario.

Il se peut même qu’il ait été fait prisonnier et que, libéré ou plutôt chassé, il alla chercher refuge à Constantinople dès 545.

Durant son voyage, il s’arrêta à Corinthe où, d’après le témoignage de s. Grégoire le Grand (v. 12 mars), il délivra un possédé (ou une maison hantée) et passa tranquillement la nuit chez celui-ci.

A Constantinople il retrouva le pape Vigile, convoqué par l’empereur. Datius se rangea énergiquement du côté du pape et soutint ouvertement la doctrine de l’Eglise.

Un concile œcuménique devait se tenir à Constantinople en 553, mais Datius mourut sans l’avoir connu, à la date, parfois contestée, du 14 janvier 552, son dies natalis dans le Martyrologe Romain. 

Le texte du Martyrologe semble proposer que Datius ait accompagné Vigile à Constantinople, ce qui poserait quelques problèmes de datation. Vigile fut en effet enlevé de force à Rome en 546 et, parvenu dans la ville impériale après Datius, y fut traité très mal ; c’est sur la protestation des évêques italiens, dont celle de Datius, que le pape fut au moins laissé libre. Il mourut sur le chemin du retour.

 

 

Fulgencio d’Écija

550-632

 

Il ne s’agit pas ici de Fulgentius de Ruspe (v. 1er janvier).

Les dates de Fulgencio restent approximatives, étant déduites de données elles-mêmes incertaines.

Il naquit donc vers 550 à Cartagena (Espagne), deuxième fils de Severiano et Tortora (à moins que ce dernier nom soit celui de la grand-mère), dont les quatre enfants sont inscrits au Martyrologe : Leandro et Isidoro, tous deux évêques de Séville (v.  13 mars et 4 avril), Florentina, abbesse (v. 28 août).

Vers 554, Severiano s’enfuit de Cartagena, envahie par les troupes bizantines, et vint se réfugier à Séville, où naquit son plus jeune fils Isidoro.

A la mort des parents, Leandro devint un peu le chef de famille de ses deux frères, tandis que Florentina s’occupait aussi maternellement du plus jeune, Isidoro.

La formation de Fulgencio fut certainement très soignée ; certains l’envoient chez les Bénédictins comme son frère Leandro et en font même un abbé. Il devint évêque d’Astigi (act. Écija), au moins en 610, mais on ne sait quand commença son épiscopat, peut-être dès 600.

En 619 il participa au concile de Séville, présidé par son frère Isidoro.

C’est Isidoro qui lui dédicaça son ouvrage sur les Offices ecclésiastiques.

Fulgencio mourut vers 632, et son dies natalis est au 14 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Oddone de Novare

1100-1198

 

Né à Novare (Piémont, Italie NO) en (ou vers) 1100, il fut chartreux à Casotto ou à la Grande Chartreuse.

Vers 1169, il fut envoyé en Slovénie à la nouvelle Chartreuse de Seitz (act. Zice), puis en 1189 à celle de Geirach (act. Gyrio), où il fut prieur.

Des problèmes surgirent entre les moines et l’évêque du lieu, qui poussèrent Oddone à solliciter une audience auprès du pape. Il obtint sa démission et se retira à Tagliacozzo (Abruzzes, Italie C).

Là, une abbesse bénédictine, parente du pape, remarqua la sainteté d’Oddone et obtint de le garder comme directeur spirituel.

Oddone vécut donc là, dans une petite cellule proche du monastère, dans la pauvreté, l’abstinence et de rudes austérités : cilice jours et nuits, lit de branches et de sarments, jeûnes, veilles prolongées. En même temps, il donnait ses humbles conseils aux Religieuses ainsi qu’à ceux qui venaient le consulter.

Un pauvre homme malade vint le supplier de lui retirer ses continuels maux de tête. Le saint homme protesta de son indignité, et renvoya le malade en lui disant simplement : Que le Christ, fils du Dieu vivant, te guérisse ! - et l’homme guérit.

Il y eut d’autres miracles, avant et après la mort d’Oddone.

Il mourut à Tagliacozzo le 14 janvier 1198. Juste avant sa mort, on l’entendit dire : Seigneur, je viens à toi ! Il expliqua à son entourage : Je vois mon Seigneur et mon roi, je suis en sa sainte présence.

Quarante ans après sa mort, Oddone apparut à un prêtre, demandant à être enseveli dans un endroit plus honorable. Le corps, exhumé, fut trouvé intact.

Le 14 janvier 1784, dies natalis d’Oddone, le village de Tagliacozzo fut le seul épargné par un violent tremblement de terre qui affligea toute la région.

Le culte d’Oddone fut approuvé en 1859 et le bienheureux Oddone de Novara est mentionné au Martyrologe le 14 janvier.

 

 

Odorico de Pordenone

1285-1331

 

Il naquit vers 1285 à Villa Nuova (Pordenone, Udine, Frioul, Italie NE), peut-être d’origine bohême, mais non de la famille Mattiuzzi, d’après récentes recherches. 

Très jeune, il entra chez les Franciscains d’Udine où il se distingua par ses rigueurs dans la pénitence, doublées d’une profonde humilité. Il portait constamment une sorte de cuirasse de fer, marchait toujours pieds nus, ne prenait que du pain et de l’eau.

En 1325, il fut ordonné prêtre.

Il obtint la permission de se retirer dans un ermitage, où Dieu récompensa ses grandes vertus par le don des miracles.

Revenu dans son couvent, il eut quelques activités apostoliques dans le Frioul, suscitant des conversions et des vocations.

Vers 1315, toujours avec la permission et la bénédiction de ses Supérieurs, il entreprit un immense voyage qui devait durer une quinzaine d’années et sur certaines étapes duquel on va revenir.

On ne doutera pas des détails de cette aventure, quand on saura qu’Odorico lui-même dicta à un Confrère tous ses souvenirs.

Qu’on imagine la longueur de ce voyage, ses péripéties, les fatigues d’Odorico, par les nombreuses contrées où il passa. Les voici dans leur ordre successif :

Venise, Constantinople, Turquie, Iran, Ormuz, Inde, Malabar, Ceylan, Sumatra, Java, Bornéo, Indochine et Chine ; retour par : Tibet, Perse, Azerbaïdjan… Venise. Le voyage de retour est beaucoup moins circonstancié que l’aller.

Odorico ne se contentait pas de voyager, car son désir était de porter la Parole du Dieu aux populations qu’il rencontrait. Comment se faisait-il comprendre ? Sans doute par la même grâce qui toucha les Apôtres au jour de la Pentecôte (cf. Ac 2:6).

Il est intéressant et édifiant de constater que, sur son chemin, Odorico s’arrêta dans des monastères de Franciscains, déjà établis dans ces régions lointaines : Erzurum, Tabriz, Sultaniya en Turquie, Zaïton (auj. Quanzhou) en Chine.

Près de Bombay en Inde, Odorico retrouva les restes de quatre Franciscains martyrisés par les musulmans en 1321 (v. 9 avril : Tommaso de Tolentino, Giacomo de Padoue, Pietro de Sienne, Demetrius de Géorgie). Il en emporta les reliques et les confia au couvent franciscain de Zaïton (Chine).

A Madras (Chennai, Inde), il s’arrêta au sanctuaire de saint Thomas (v. 3 juillet) à Maylapur.

En Chine, comme Marco Polo, il visita la plus grande ville du monde, Hangzhou ; il demeura à Khanbaliq (auj. Pékin) pendant trois années, de 1325 à 1328, desservant une des églises fondées par Giovanni de Montecorvino.

De retour en Italie, Odorico fit le récit de ses péripéties dans le monastère franciscain de Padoue, puis se prépara à aller les raconter aussi au pape, qui résidait en Avignon, mais il tomba malade à Pise et, arrivé à Udine, il mourut, le 14 janvier 1331.

Très vite, les récits d’Odorico furent traduits et reproduits en Italie et en France. On en connaît actuellement plus de soixante-dix manuscrits.

Odorico de Pordenone fut béatifié en 1755, par la confirmation de son culte. Odorico a été appelé apôtre de la Chine et le procès de canonisation a été ouvert récemment.

Nilakandan-Pillai

1712-1752

 

Nilakandan (on transcrit aussi : Neelakandan) naquit le 23 avril 1712 à Nattalam (Kanyakumari, Tamil Nadu, Inde), dans une famille de la caste hindoue Nair, proche des Brahmanes. La particule Pillai exprime sa haute situation sociale.

Il pratiqua le culte de sa caste avec une fidélité totale. Il adorait Patra Kali, Siva, Anandavalli ; il contribuait à l’entretien du temple. Il devint expert dans les arts martiaux, mais aussi dans les langues : il apprit le Tamil, le Malayalam et le Sanscrit.

Il épousa une femme de sa caste, Bhargaviammal.

Il jouissait d’une place importante dans le royaume, travaillant comme officier au palais, très estimé par le roi de Travancore, le Maharaja Marthanda Varma. C’était un homme bon et fidèle à son devoir.

Cependant, après de mauvaises récoltes, et une mauvaise intendance, il perdit ses biens ; il se demanda avec angoisse : Qui me respectera à présent que je suis pauvre ?

Or il rencontra un officier néerlandais catholique, certain Eustachius Benedictus De Lannoy, prisonnier du roi, qui lui expliqua, à la lumière du livre de Job, combien les souffrances que nous éprouvons, peuvent nous conduire peu à peu vers la Lumière et la Vérité.

Pour Nilakandan, l’exemple de Job, sa confiance absolue en Dieu, jouèrent un rôle de catalyseur : il voulut suivre le chemin que lui montrait Job. 

Ayant alors rencontré, sur recommandation de l’officier, un père missionnaire jésuite italien, Giovanni Battista Buttari, il fut peu à peu introduit dans le mystère de la foi chrétienne, et reçut le baptême après neuf mois de préparation, le 14 mai 1745. A cette occasion, il prit le nom de Devasahayam, traduction tamoule de Lazare, c’est-à-dire : Dieu a secouru.

En même temps que son baptême, Devasahayam se consacra totalement au Christ : Personne ne m’a forcé à venir, je suis venu par ma propre volonté. J’ai décidé de suivre le Dieu de mon cœur et je le ferai toute ma vie.

Toute sa vie, désormais, seront les quatre années qui vont suivre son baptême. Devasahayam va consacrer son temps à l’Evangile. Son épouse se convertit et prit le nom de Gnanapu (transcription tamile de Thérèse), puis d’autres personnes, sans aucune distinction de castes, conformément à ce qu’il avait appris dans l’Evangile. 

Cette attitude le fit considérer comme «pollué», donc comme traître aux habitudes religieuses. Il fut dénoncé pour avoir méprisé les dieux et le trône royal, comme Jésus l’avait prédit à ses apôtres : On vous livrera aux souffrances et à la mort ; vous serez haïs de tous les peuples à cause de mon Nom (Mt 24:9)

Les chefs hindouistes le dénoncèrent au roi, qui le fit arrêter le 23 février 1749.

On lui demanda (inutilement) d’abjurer sa foi chrétienne. Il sera menacé, frappé, maltraité, mis en prison, torturé de toutes les façons pendant trois années, même en public ; on le promena par les villes et les villages, assis à l’envers sur le dos d’un buffle, «décoré» de fleurs d’Erukku (traditionnellement utilisées pour purifier l’atmosphère et les esprits).

On le conduisit vers une place appelée Puliurkurichy où, épuisé de soif, il frappa une pierre avec son bras, faisant surgir de l’eau, comme Moïse fit jaillir de l’eau du rocher dans le désert (cf.  Ex 17:1-7). La source coule toujours actuellement.

On le mit en prison à Peruvilai, attaché pendant sept mois à un Margousier, où il conquit l’amitié des soldats et put recevoir des prêtres catholiques ; ils lui portèrent l’Eucharistie.

De là, on le transporta à Aralvaimozhi, pour y être exécuté. Cette exécution devait se faire «secrètement», pour éviter les protestations de la foule, de plus en plus nombreuse à visiter Devasahayam, qui continuait son apostolat efficace.

Le Martyr ne pouvait plus se déplacer ; on le porta sur la colline proche de Kattadimalai. Il s’agenouilla et pria. Les soldats l’abattirent.

Il était minuit, le 14 janvier 1752, quand ce fidèle témoin de la Vérité tomba sous les balles.

La dépouille de Devasahayam fut tirée dans une forêt, pour être la pâture des bêtes féroces, mais des chrétiens la retrouvèrent et l’inhumèrent devant l’autel de l’église Saint-François-Xavier, l’actuelle cathédrale du diocèse de Kottar.

Le Martyr fut très vite vénéré dans la région ; on demanda sa béatification. Celle-ci sera proclamée enfin en 2012.

Nilakandan-Devasahayam Pillai, qui aura sa place au Martyrologe du 14 janvier, est le premier laïc indien martyr proclamé bienheureux.

Un miracle récemment reconnu (2020) devrait ouvrir le chemin de sa prochaine canonisation.

 

 

Petrus Donders

1809-1887

 

Petrus Norbertus (ou Peerke) Donders naquit le 27 octobre 1809 à Tilburg (Pays-Bas), de Arnold Denis et de Petronelle van den Brekel, d’humbles tisserands. Il avait un frère.

Tout jeune, Petrus désirait déjà devenir prêtre. Sa famille ne pouvant assurer les frais de telles études, c'est le curé du village qui l'instruisit et, à l'âge de vingt-deux ans, Petrus rejoignit humblement le petit séminaire, sur les bancs des garçons de douze ans. 

L’humilité et le travail paient : en 1839, Petrus entra au grand séminaire de Haaren où il fera la rencontre de Mgr Grooff, vicaire apostolique du Suriname (colonie néerlandaise à l’ouest de la Guyane, Amérique du Sud). Sa vocation missionnaire était déjà bien arrêtée dans son cœur.

Ordonné prêtre en 1841, nommé missionnaire apostolique, il partit bientôt après au Suriname. Fin septembre 1842, il était à Paramaribo, où il aura bientôt jusqu’à deux mille âmes sous sa responsabilité sacerdotale.

Il s'occupa d'abord des esclaves des plantations. Il dut se heurter aux planteurs pour avoir l’autorisation de prêcher l’Evangile à ces populations.

Peu après, Mgr Grooff l'emmena avec lui à la léproserie gouvernementale de Batavia, au milieu de la forêt. Petrus fut bouleversé par la vision de ces malades délaissés de tous :

Une émotion profonde m'étreignait le cœur à la vue de cette assemblée. Certains malades avaient perdu les doigts des pieds, d'autres ceux des mains ; d'autres encore avaient les jambes terriblement enflées. Quelques-uns, atteints à la langue, ne pouvaient plus parler ; tous pouvaient à peine marcher.

A partir de 1856, cette léproserie sera sa mission principale.

En 1866, les Rédemptoristes arrivèrent au Surinam afin de prendre en charge la mission, et Petrus demanda à être admis dans la congrégation : comme il avait eu l’humilité de s’asseoir à vingt-deux ans à côté des gamins de douze, il commença maintenant son noviciat à cinquante-sept ans, aux côtés des novices qui en avaient vingt…

Il prononça ses vœux six mois après.

Il continua à s'occuper avec un dévouement extrême des lépreux, aussi bien matériellement que religieusement, mais il partit aussi évangéliser les Indiens de la tribu des Caribes, population encore sauvage et cannibale. 

Il apprit les langues indigènes et instruisit les autochtones dans la foi chrétienne. Il fut l'apôtre intrépide et infatigable des Indiens et par-dessus tout des lépreux.

Les populations, qui reçurent le baptême en nombre considérable, furent aussi désormais soutenues, aidées, soignées.

Entre 1883 et 1885, le père Petrus fut seulement à Panamaribo puis Coronie, pour être un peu moins épuisé par ses travaux, mais ce fut plus fort que lui : il repartit au milieu de «ses» lépreux dès 1885.

Fin 1886, il dut s’aliter. 

Petrus Donders naquit au ciel le 14 janvier 1887.

Il a été béatifié en 1982.

 

 

Alfonsa Clerici

1860-1930

 

Angelo Clerici et Maria Romanò eurent dix enfants, la première desquels fut Alfonsa, née le 14 février 1860 à Lainate (Milan, Italie). Elle fut baptisée dès le lendemain.

Dans cette famille d’humbles paysans chrétiens, outre Alfonsa, il y aura deux prêtres de la Congrégation des Barnabites (Prospero et Ildefonso), et une Religieuse des Sœurs du Précieux Sang (Bonaventura). Il y eut aussi des tristesses, car quatre de ces enfants moururent en bas âge.

Alfonsa se montra douce, pieuse et obéissante. Elle reçut la Confirmation en 1868.

Dans ces années-là, une paysanne fut bien surprise de la voir toute seule un soir d’été sur la route du sanctuaire de Rho, à quatre kilomètres de Lainate ; et sa surprise grandit encore plus quand la petite fille répondit : Je vais au Sanctuaire, pour dire les prières.

Bonne élève à l’école, elle fut envoyée à Monza, au collège des Sœurs du Précieux Sang, où elle obtint la diplôme de Maîtresse d’Ecole (1878-1879). C’est là que mûrit sa vocation religieuse.

Après son diplôme, elle enseigna pendant quatre ans à l’école communale de Lainate, aux petits garçons du cours préparatoire.

En 1883, elle se décida à entrer chez les Religieuses du Précieux Sang, à Monza, où l’avait précédée de quelques semaines sa sœur Bonaventura.

Elle prit l’habit en 1884, et fit la première profession en 1886. Elle était, disait-on, simple, active, obéissante et l’évêque qualifia cette vocation de ferme et résolue

Après deux années d’enseignement dans ce collège, elle en devint sous-directrice, puis directrice.

En 1906, elle parvint à «refonder» l’Institut, qui était menacé par une mauvaise gestion économique.

A partir de 1911, elle fut à Vercelli dans la maison Retraite de la Providence (Ritiro della Provvidenza). Cette fondation remontait à 1840, destinée à l’éducation des jeunes filles, en priorité celles de familles pauvres ; on faisait appel aux Religieuses de Monza pour redonner souffle aux structures de cet établissement. 

Les enseignantes, laïques, avaient mis toute leur ardeur à faire vivre l’école, mais avaient besoin maintenant d’assistance, et aussi de formation spirituelle, ce à quoi travailla la bonne Alfonsa. 

Elle reçut des contradictions, des critiques, des accusations parfois, mais elle mettait au premier plan l’éducation des jeunes filles et n’épargnait aucun effort. Toujours douce et maternelle dans les réprimandes, dans les conseils. Ces élèves devaient, dans son esprit, recevoir tout ce qui pouvait contribuer à une formation intégrale, culturelle, humaine, chrétienne.

Dans la nuit du 12 au 13 janvier 1930, elle eut une hémorragie cérébrale ; on la trouva dans sa chambre, dans son habituelle position de prière, le front à terre. Elle mourut le 14 janvier 1930.

Un miracle survenu en 2003, fut reconnu en 2010 : après arrêt cardiaque prolongé doublé d’œdème pulmonaire massif et arrêt respiratoire, un malade retrouva la santé sans aucune séquelle. Son épouse avait prié Alfonsa Clerici.

La Sœur Alfonsa Clerici fut béatifiée en 2010.

 

 

Pablo Merill Fernández

1902-1937

 

Pablo vit le jour le 17 juillet 1902 à Alcubilla de Nogales (Saragosse, Espagne).

Entré chez les Capucins, il reçut l’habit en 1919 et prit le nom de Carlos.

Il fit la profession en 1920 et fut ordonné prêtre en 1928.

Professeur à El Pardo (Madrid), c’était un Religieux au goût artistique raffiné et doué pour la mécanique.

Lors des hostilités de 1936, les Religieux se croyaient suffisamment en sécurité, sur la parole du colonel. Mais le 20 juillet, ils entendirent le canon qui détruisait El Cuartel de la Montaña, puis virent les flammes qui envahissaient Madrid.

Le 21 juillet, des centaines de miliciens attaquèrent le couvent et tirèrent par toutes les fenêtres, au moment du déjeuner ; il y avait jusqu’à deux cents personnes présentes dans le couvent.

Ce fut ensuite un long calvaire pour les Religieux.

Le père Carlos put échapper aux assaillants et réussit à trouver quelque temps un travail à l’Escorial. Mais son intégrité le fit vite soupçonner ; il refusa de blasphémer et fut pour cela considéré comme fascite (?) et mis en prison.

On abusa de lui, il fut violé. 

Il reçut la palme du martyre à l’Escorial le 14 janvier 1937 et fut béatifié en 2013.

 

 

Francisco Martínez Garrido
1866-1938

Né le  28 novembre 1866 à Siles (Jaén), Francisco reçut le Baptême deux jours après ; son père était le sacristain de la paroisse.
Il étudia la philosophie et la théologie au séminaire de Tolède et fut ordonné prêtre en 1892.
D’abord aumônier, il fut curé de Ciruelos en 1893, puis supérieur du Grand séminaire en 1896.
En 1902, il fut curé de Puebla de Alcocer ; en 1907, il fut nommé archiprêtre à Huéscar.
Au début de l’insurrection civile de 1936 et de la persécution qui suivit, don Francisco et son vicaire furent mis en prison. On fit passer don Francisco d’une prison à l’autre, de Baza à Guadix, puis Alhama de Almería, d’autres prisons encore. La dernière fut Vélez Rubio. Chaque étape était l’occasion, pour les miliciens, de se moquer du Curé, de le frapper, de l’insulter. 
Le Prêtre mourut d’épuisement dans la prison de Vélez-Rubio,  le 14 janvier 1938.
Il a été béatifié en 2017.
Le nom du bienheureux Francisco Martínez Garrido sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 14 janvier.

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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 00:00

13 JANVIER

 

IV.

Ss Hermylius, diacre, et Stratonicus, son geôlier, martyrs à Singidunum.

Ste Glaphyre, vierge italienne, convoitée par l’empereur auquel elle échappa en se déguisant en homme pour fuir.

S Agrice (Agrœtius), évêque à Trèves.

S Léonce, évêque à Césarée de Cappadoce, surnommé “ange de la paix”.

S Hilaire, évêque à Poitiers, Docteur de l’Eglise ; il avait une fille lors de son baptême ; son épouse lui fut une sœur à partir de son sacre et ne le voyait qu’à l’autel ;  adversaire des ariens (et exilé), auteur d’ouvrages importants, et maître de s. Martin.

S Vivence,  ermite en Poitou ou sur l’île d’Olonne ; peut-être venu de Samarie.

VI.

S Remi, évêque à Reims ; il baptisa Clovis et son armée  ; il aurait été évêque pendant soixante-dix ans environ ; depuis le VIe s. il est fêté en France le 1er octobre, jour de la translation de son corps.

S Verus, évêque à Vienne.

VII.

S Kentigern, abbé puis évêque à Glasgow, ami de s.Columba. 

S Enogat, évêque à Aleth.

VIII.

S Pierre de Capitolias, syrien, père de trois enfants, et prêtre ; il provoqua tellement les arabes, qu’il mourut martyr, horriblement mutilé.

IX.

Ss Gumersindo, prêtre, et Servideo, moine, martyrs à Cordoue.

X.

B Bernon, fondateur d’abbayes : Baume-les-Messieurs, Gigny, Cluny…

XI.

B Hildemar, ermite dans la forêt d’Arrouaise, abattu par un faux clerc.

XII.

B Gottfried de Cappenberg, descendant de Charlemagne : il donna son château à s. Norbert, sa femme s’établit à Nider Clooster, son beau-frère fonda une abbaye à Ilbenstadt ; tous trois furent donc de l’ordre de Prémontré.

XIII.

Bse Yvette, flamande, veuve à dix-huit ans, mère de trois enfants dont un futur abbé à Orval ; elle s’occupa des lépreux et finit en recluse à Huy.

XV.

Bse Giovanna Negri (Veronica de Binasco), augustine à Milan, mystique.

XIX.

Ss Đaminh Phạm Trọng Khẚm, son fils Luc Phạm Trọng Thìn, et Giuse Phạm Trọng Tẚ, trois laïcs viet-namiens martyrs, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

XX.

B Francesco Maria Greco (1857-1931), prêtre italien rempli de zèle, à Acri, fondateur des Petites Sœurs Ouvrières des Sacrés-Cœurs, béatifié en 2016.

Bses martyres près de Jaén :

Maria Francisca Espejo Martos (F. de l’Incarnation, 1873-1937), des Sœurs Trinitaires, béatifiée en 2007 ;

Francisca Inés de la Antigua Valverde González (Victoria, 1888-1937), des Filles de la Divine Bergère, béatifée en 2013.

B Emil Szramek (1887-1942), prêtre polonais, martyr à Dachau, béatifié en 1999.

Hermylius et Stratonicus de Singidunum

† 310

 

Ce qu’on peut retenir de sûr à propos de ces deux martyrs, est qu’Hermylius, diacre, et Stratonicus, son geôlier, furent martyrisés à Singidunum (Mésie, proche de l’actuelle Belgrade).

La légende la plus répandue de ces Saints place leur martyre sous Licinius, vers 310 (avec des variantes allant de 305 à 315).

Hermylius, diacre, fut arrêté pour sa foi ; il eut les joues déchirées et fut jeté en prison, où un ange vint le consoler.

Battu par six bourreaux, il pria Dieu et l’on entendit une voix du ciel qui lui annonçait la couronne du martyre dans trois jours.

Ce jour-là, il se mit à chanter le psaume Dominus illuminatio mea (Ps 26), qu’on chante souvent : Ma lumière et mon salut, c’est le Seigneur, repris par des voix célestes. Il ne cessait de chanter son bonheur.

Celui qui fut le plus frappé de la constance d’Hermylius, fut le geôlier lui-même, Stratonicus. Il confessa la foi chrétienne et subit le même sort qu’Hermylius. En prison, il entendit cette même voix qui leur annonçait leur prochaine victoire et leur couronne.

Après de nouveaux tourments, Hermylius et Stratonicus furent cousus dans un grand filet qu’on jeta dans le Danube.

Trois jours après, on retrouva les corps sur le bord du fleuve.

Saints Hermylius et Stratonicus sont commémorés le 13 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hilaire de Poitiers

310-368

 

D’une famille noble et d’un père patricien, Hilarius naquit à Poitiers (ou à Cléré) vers 310. Il ne fut baptisé qu’adulte, déjà marié et père d’une fille nommée Abra.

Il était déjà apôtre par son exemple et ses enseignements, en famille ou parmi ses connaissances : il fut élu évêque de Poitiers vers 350.

Dès lors, lui et sa sainte épouse n’eurent de rapports que comme frère et sœur, ne se rencontrant qu’à l’autel.

C’est à cette époque que saint Martin vint s’installer près de Poitiers. Hilaire l’ordonna exorciste, car Martin refusait humblement d’être ordonné diacre (on sait qu’il fut plus tard consacré évêque de Tours).

Hilaire défendit âprement la doctrine trinitaire de l’Eglise ; il prit ouvertement la défense du grand saint Athanase d’Alexandrie (voir au 2 mai) et, pour ce motif, fut relégué en exil, pendant quatre années.

En Phrygie (actuelle Turquie) où il était exilé, Hilaire n’était pas inactif. Il put conserver des relations avec les prêtres de son diocèse poitevin, avec sa fille qui se consacra à Dieu.

Enfin délivré, il revint à Poitiers, triomphalement accueilli, et bientôt rejoint par Martin qui s’établit alors à Ligugé. Sa fille Abra mourut bientôt après (360).

Il reprit la lutte pour extirper les restes de l’arianisme, dont il délivra la Gaule entière. Ses miracles achevèrent de convaincre le peuple de sa sainteté. Il débarrassa l’île Gallinaire des serpents, prodige qui est à l’origine de l’attribut iconographique de saint Hilaire.

Hilaire écrivit beaucoup, en particulier durant son exil. On a de lui douze livres sur la Sainte Trinité, un commentaire sur s.Mathieu et les Psaumes, un livre sur la Foi des Orientaux, des lettres. Son style et sa doctrine firent l’admiration de saint Jérôme et même de l’historien oriental Sozomène. 

Hilaire mourut le 13 janvier 368, jour où il est mentionné au Martyrologe et fêté liturgiquement.

Une partie de ses reliques furent profanées et incendiées par les Huguenots en 1562, une autre partie se trouverait sous le maître-autel de la cathédrale de Poitiers.

 

 

Remi de Reims

437-533

 

Pour une fois la vie d’un Saint ne commence pas à sa date de naissance. Un certain Montain, saint ermite aveugle (autrefois mentionné au 20 septembre dans le Martyrologe), avait annoncé aux pieux parents la naissance d’un garçon.

Remigius (Remi, sans accent sur le e, ainsi que le prononcent les Rémois), était fils d’Æmilius de Laon et de Cilinia (Céline). Cette Céline, de Reims, est différente de l’autre sainte du même nom, qui vivait à Meaux ; elles sont toutes deux fêtées le 21 octobre. 

Remi, donc, serait né à Cerny-en-Laonnois (Laon, Aisne) vers 437. Peu après sa naissance, Montain put frotter ses yeux malades avec du lait de Céline, et recouvra la vue. Remi eut aussi un frère, Principius.

Remi fit d’excellentes études, si l’on en croit le bon style de ses écrits et surtout les compliments que lui en fait saint Sidoine Apollinaire (v. 21 août).

Il fut élu, à vingt-deux ans, évêque pour le siège de Reims, avant-même d’avoir reçu les ordres. Son frère Principius fut évêque de Soissons.

L’histoire du «vase de Soissons» soustrait par un soldat au mobilier sacré, date de l’époque de Remi, qui le fit réclamer.

Ce n’était pas le premier contact de Remi avec Clovis, mais les deux princes sont traditionnellement connus des Français pour le baptême que reçut Clovis des mains de saint Remi en la fête de Noël 496 (date qui pourrait être déplacée jusqu’à 506). C’est ce jour-là que Remi, au moment de baptiser Clovis, lui dit : Courbe doucement la tête, Sicambre, adore ce que tu as brûlé, et brûle ce que tu as adoré. Le terme de Sicambre, se voulait archaïque et littéraire.

En même temps que Clovis, furent baptisés trois mille soldats, mais aussi une sœur de Clovis, qui mourut peu après.

Il y eut un incident au moment de la cérémonie : on n’avait pas l’ampoule du Saint-Chrême, pour oindre le front de Clovis. Or, à ce moment-là, raconte Hincmar (qui fut évêque à Reims au 9e siècle), une colombe apparut tenant dans son bec une ampoule contenant l’Huile sainte. Cette ampoule servit par la suite au sacre de tous les rois de France, jusqu’à Louis XVI. 

Saint Remi eut, d’après saint Grégoire de Tours, un épiscopat de soixante-dix ans (ou même plus) et serait donc mort à (au moins) quatre-vingt douze ans, peut-être quatre-vingt seize.

Il y a à Reims une basilique de Saint-Remi, anciennement église Saint-Christophe, où les reliques de Remi furent vénérées jusqu’à la Révolution. 

Remi mourut le 13 janvier 533 ; c’est son dies natalis, tel que mentionné dans le Martyrologe. A Reims, saint Remi est fêté le 1er octobre, jour anniversaire d’une translation.

Il est un des Patrons célestes de la France catholique, avec saint Denis, saint Martin, sainte Jeanne d’Arc et sainte Thérèse de Lisieux.

 

 

Kentigern de Glasgow

518-603

 

Kentigern s’appelait en gallois Cyndeyrn Garthwys. Sa naissance vers 518 fut des plus mouvementée.

Sa mère, Teneu, fille du roi Lleuddun (Leudonus), qui voulait garder sa virginité, avait refusé d’épouser un certain Owain mab Urien, breton qui l’avait demandée en mariage ; mécontent, Lleuddun l’enferma sous surveillance de son fermier, un chrétien. Mais le Breton retrouva la cachette et sut abuser de la pauvre femme. Apprenant qu’elle était enceinte, le roi Lleuddun voulut la faire mourir et l’abandonna sur un bateau sans voile, qui cependant fut poussé par les vents sur la rive opposée de la rivière Firth, à Culross, où naquit l’enfant.

L’évêque de l’endroit, s. Serf (v. 1er juillet) les prit sous sa protection. Il baptisa Kentigern et s’occupa de son éducation ; il fut pris pour lui d’une telle affection paternelle, qu’il l’appela Mungo, «bien-aimé», surnom par lequel on désigne souvent Kentigern.

A vingt-cinq ans, Kentigern commença son activité proprement apostolique. Il se fixa dans la région de l’actuelle Glasgow, où il vécut d’abord en ermite, puis avec ceux qui se joignirent à lui dans la vie cénobitique. Bientôt il fut appelé à être sacré évêque pour le nouveau diocèse de Glasgow.

Le territoire à évangéliser était très vaste. Kentigern le parcourut en tous sens, à pied, provoquant beaucoup de conversions parmi les païens, encore nombreux, qui y vivaient. Il s’efforçait de combattre l’erreur du pélagianisme menaçant. Lui-même vivait dans une profonde piété et austérité : il priait chaque jour le psautier, ne mangeait jamais de viande, et jeûnait très souvent. Il forma ainsi des disciples qui partirent évangéliser le nord de l’Ecosse, l’Islande et la Norvège.

Des luttes entre petits seigneurs obligèrent Kentigern à se réfugier au Pays de Galles. Il y fonda un monastère, Llan-Elwy, dont l’école devint célèbre et qui plus tard prit le nom de Saint-Asaph, du nom du disciple (v. 1er mai) que laissa Kentigern quand il put regagner son diocèse.

Il commença par regagner à la foi les Pictes qui étaient retombés dans le paganisme.

Désormais Glasgow devait devenir le grand centre du christianisme en Ecosse. De cette époque datent des consécrations d’églises, comme à Aberdeen.

Kentigern y reçut la visite de saint Columba (v. 9 juin), lors d’une rencontre historique où tous les moines qui accompagnaient Columba échangèrent de solennels alléluia avec ceux de Kentigern et où l’évêque et l’abbé se lièrent d’une profonde amitié.

Un récit prodigieux illustre la vie de Kentigern, que certains historiens essaient d’expurger de ses détails apparemment légendaires. Le voici.

L’épouse du roi Rydderch avait cédé à l’adultère et était allée jusqu’à donner son anneau à l’amant. Or le roi reconnut cet anneau au doigt de l’homme ; il jeta l’anneau dans la rivière et décida de mettre à mort l’épouse infidèle. Celle-ci alla implorer la protection de Kentigern, lequel, précisément, avait retrouvé la bague dans le ventre d’un saumon, et le remit à la reine. Celle-ci put le montrer à son mari, et échapper à la mort. Reconnaissante, elle avoua son péché à l’évêque, qui lui imposa une pénitence sévère. Les images de Kentigern le représentent avec cet anneau et le saumon.

Kentigern mourut le 13 janvier 603, à quatre-vint cinq ans.

Il est maintenant mentionné au Martyrologe Romain, le 13 janvier.

 

 

Pierre de Capitolias

† 713

 

La ville de Capitolias se trouvait au sud-est du lac de Tibériade ; elle fut le siège d’un évêché qui disparut lors de l’invasion arabe en 636.

Pierre s’y était marié et avait un fils et deux filles. Dans le droit oriental, il lui était permis d’être prêtre.

Vers l’âge de trente ans, en accord avec son épouse qui se retira elle aussi, il voulut vivre dans le détachement le plus complet possible. Il plaça ses deux filles (la plus jeune n’avait que deux ans) dans un couvent proche de Capitolias. Quant à son fils, dès qu’il eut douze ans, il l’enferma dans une jolie cellule près de la sienne et s’occupa de sa formation à la vie spirituelle. Il continuait cependant à sortir pour pratiquer de bonnes œuvres et s’enquérir des progrès spirituels de ses filles.

Après dix années de cette vie familiale un peu étrange, avouons-le, l’épouse mourut, ainsi que l’aînée des filles, victime de ses trop grandes austérités.

Parvenu à l’âge de soixante ans, Pierre désirait profondément la grâce du martyre et imagina un stratagème. Il était bien malade et alité ; il fit convoquer des magistrats musulmans près de son lit, comme témoins du testament qu’il aurait dicté en faveur de son domestique.

En réalité, devant les notables rassemblés, Pierre déclama haut et fort sa profession de foi catholique. On le dénonça sans attendre. Or la fausse nouvelle de sa mort fit suspendre cette dénonciation, qu’on jugeait désormais inutile.

Mais Pierre se remit de sa maladie et alla prêcher par les rues et les places. Il fut arrêté. Informé, le calife convoqua Pierre à sa résidence de Daïr Murran. Il y fut le 1er janvier 713.

Le calife lui demanda pourquoi il traitait le prophète pacifique Mahomet, maître d’erreur et père du mensonge. Pierre répondit par une sortie sans aucune équivoque.

Il fut condamné à être torturé et exécuté. La torture se prolongerait sur cinq jours : le premier jour, on lui couperait la langue jusqu’à la racine ; le deuxième, la main et le pied droits ; le troisième, il souffrirait en prison ; le quatrième, on lui couperait la main et le pied gauches, on lui brûlerait les yeux au fer rouge et on le promènerait sur un brancard pour aller le crucifier ; le cinquième jour, le corps, les vêtements, la croix, tout serait brûlé pour éviter toute relique, et jeté dans le Yarmouk ; le four serait lavé et l’eau versée dans une fosse desséchée.

Les choses se passèrent à peu près selon les dispositions du calife, à cette différence près que le bourreau trancha la main droite et le pied gauche au deuxième jour. La foule fut rassemblée et les enfants de Pierre sortirent de leur cellule pour assister à la mort de leur père. Le dimanche 13 janvier 713, Pierre eut les yeux brûlés, on le transporta - car il ne pouvait plus marcher - au lieu prévu pour la crucifixion où il fut transpercé de trois coups de lances.

Les soldats gardèrent le corps pendant cinq jours, par un froid si intense qu’ils durent allumer un grand feu et que les chrétiens furent obligés de se réfugier dans des maisons voisines. Le commandant arabe refusa l’aide des fidèles qui voulaient porter le cadavre et réquisitionna des Juifs pour brûler et disperser les restes du martyr comme on le lui avait prescrit.

Saint Pierre de Capitolias, martyr, est mentionné au 13 janvier dans le Martyrologe Romain.

Gumersindo de Cordoue

† 852

 

Originaire de Tolède, Gumersindo (ou Gómez) accompagna encore jeune ses parents à Tolède.

Entré dans la cléricature, il fut ordonné diacre, puis prêtre, et eut la charge d’une église dans le voisinage de Cordoue.

Dans cette ville régnait le calife Abderramán II, qui avait statué que tout Musulman pouvait tuer, sans autre forme, n’importe quel Chrétien qui aurait mal parlé de Mahomet.

Un jour que Gumersindo était venu à Cordoue, en compagnie du moine Serdeo (ou Servideo, Servus Dei), ils furent dénoncés et immédiatement décapités. Il ne semble pas qu’ils eussent seulement eu le temps de prononcer une parole blessante contre le Fondateur de l’Islam.

Ce Servideo n’est pas celui qu’on a nommé Servodeo au 16 septembre, martyr avec s. Rogelio.

Saint Gumersindo et saint Serdeo furent martyrisés le 13 janvier 852, ainsi que l’a rapporté saint Euloge de Cordoue (v. 11 mars). Ils sont commémorés ensemble en ce jour au Martyrologe Romain.

 

 

Servideo de Cordoue

† 852

 

Voir la notice Gumersindo de Cordoue, au même jour.

 

 

Gottfried de Cappenberg

1097-1127

 

Gottfried naquit en 1097 à Cappenberg (Westphalie, Allemagne W), descendant de Charlemagne par son père, Gottfried 1er, et des ducs de Souabe, par sa mère Beatrix. Il avait un jeune frère, Otto, qu’on va retrouver bientôt, et deux sœurs : Gerberga et Beatrix. La fortune des héritiers était immense.

Le château de Gottfried fut une école de modestie, de justice et de vertu. D’un caractère doux, d’une bonté sans bornes, le jeune prince montrait la prudence d’un vieillard. Un de ses désirs était de transformer son château en un véritable monastère.

En 1120, notre héros épousa Jutta de Werl, fille de Friedrich d’Arnsberg ; si l’union était heureuse, il y eut cependant un dissentiment par le fait que ni Jutta ni Otto, plus mondains que Gottfried, n’étaient favorables à cette transformation et s’efforçaient de détourner Gottfried de la vie religieuse. Mais on va voir que la patience de Gottfried fut gagnante.

Dans le cadre de la fameuse Querelle des investitures, Gottfried appuya d’emblée l’évêque de Münster, fidèle au pape, contre le duc Lothar. Quand Münster fut attaquée, la cathédrale brûla : l’incendie fut attribué à Gottfried, qui fut accusé de trahison par l’empereur. La situation pouvait s’envenimer gravement, mais c’est alors que Gottfried et son frère Otto rencontrèrent saint Norbert (v. 6 juin) et lui remirent leurs possessions : désormais, ces terres et leurs propriétaires étaient sous la protection de l’Eglise, Cappenberg allait devenir un grand monastère prémontré.

Ainsi, en 1022, Gottfried remit à saint Norbert les clefs de son domaine, qui fut béni par l’évêque de Münster. Gottfried voulait porter l’habit prémontré, mais saint Norbert lui conseilla prudemment de patienter un peu. En 1024, Gottfried reçut la tonsure monacale et l’habit de l’Ordre.

Il y eut bientôt une belle église, un hôpital, puis un couvent pour moniales à Nider Clooster (plus tard Wesel), où Jutta fut une des premières à prendre le voile, puis un autre encore à Varlar, où entra Otto, et un quatrième enfin à Ilbenstadt.

Le père de Jutta se dressa en travers des saints projets de Gottfried, et même avec les armes, mais Dieu permit qu’il mourût bientôt (1024). Quant à Jutta, elle comprit qu’elle n’était peut-être pas faite pour la vie monacale et quitta le cloître.

Gottfried, grand prince, se montra le plus humble des religieux, visitant les malades, balayant, lavant les assiettes. On dit que ses mortifications étaient effrayantes.

Saint Norbert voulait l’ordonner prêtre, en tout cas l’avoir près de lui. Mais Gottfried obtint de se retirer humblement dans le monastère d’Ilbenstadt, et c’est là qu’il mourut, très jeune encore, le 13 janvier 1127.

Gottfried n’a été «canonisé» que dans son Ordre Prémontré ; il est mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 janvier.

Ajoutons un mot sur son frère Otto : entré dans l’Ordre, il fut prieur à Cappenberg pendant seize ans. Ardent propagateur du culte marial et très dévôt de l’apôtre saint Jean, il mourut saintement le 27 janvier 1172 et fut «béatifié» seulement dans son Ordre.

 

 

Yvette

1158-1228

 

On écrit Yvette, mais aussi Ivette, Juette, Jutte, selon qu’on a interverti les I et les J, les U et les V.

Yvette naquit à Huy (Liège, actuelle Belgique) en 1158, dans une famille bourgeoise ; son père administrait les domaines de l’évêque.

Selon une coutume d’alors, on la donna en mariage à treize ans à Henri de Stenay, d’une autre grande famille bourgeoise de l’endroit. Ce n’était pas du tout le désir profond d’Yvette, qui préférait se consacrer totalement à Dieu.

Elle entoura quand même son mari de toutes ses attentions et elle en eut trois enfants : le premier mourut en bas âge ; le deuxième entrera chez les Cisterciens d’Orval (un monastère toujours florissant) et deviendra abbé ; le troisième, après une vie passablement désordonnée, se convertira et entrera à son tour chez les Cisterciens des Trois-Fontaines (dans la Marne, un monastère actuellement en ruines et classé monument historique).

Yvette eut ces enfants durant les cinq années que dura son mariage. Elle devint en effet veuve à dix-huit ans et imposa à son père de renoncer à la remarier. Elle entra dans une pieuse union, l’Ordre des Veuves, et ouvrit sa maison aux pauvres et aux pèlerins, tout en s’occupant de ses garçons.

A vingt-quatre ans, elle commença une activité au service des lépreux, à Statte, non loin de Huy. Pendant dix ans elle ira entourer ces pauvres exclus, les soignant, les soulageant moralement, les chargeant d’affection maternelle. En plus, elle distribua ses biens, contrariant là encore son père qui, décidément, n’acceptait pas le choix de sa fille.

A trente-quatre ans enfin, Yvette passa de l’état de Marthe à l’état de Marie : elle se fit recluse dans une cellule attenante à la chapelle de la léproserie, d’où elle ne sortira plus. Elle priait, elle recevait et conseillait, elle devint l’ange gardien de Huy.

Elle eut la consolation d’obtenir par ses prières la conversion de son père et de son deuxième fils. Son père, désormais veuf à son tour, entra chez les Cisterciens à Villiers-en-Brabant (Belgique wallonne, autre monastère en ruines actuellement).

Yvette reçut des dons mystiques particuliers : elle lisait dans les consciences. Si elle put ainsi guider beaucoup d’âmes vers la Vérité, elle suscita aussi, comme au temps de Notre-Seigneur, des jalousies, en disant tout haut ce que certains voulaient garder secret.

Elle reçut beaucoup d’aumônes, avec lesquelles elle fit construire un hôpital pour ses lépreux, avec une église.

Finalement ce fut une petite communauté qui vécut autour d’elles, sa sainteté ayant attiré d’autres jeunes filles.

Yvette mourut le 13 janvier 1228 : elle avait soixante-dix ans, dont trente-sept passés en réclusion.

Les Cisterciens lui ont donné depuis longtemps le titre de Bienheureuse, mais actuellement il semble qu’on parle toujours de Sainte Yvette

C’est à un contemporain, le chanoine Hugues de Floreffe (Namur), que nous devons ces détails sur sainte Yvette.

 

 

Giovanna Negri de Binasco

1445-1497

 

Giovanna Negri naquit vers 1445 à Binasco (Milan, Italie N), de parents si pauvres qu’elle ne put fréquenter l’école, devant travailler avec ses parents pour gagner leur vie du travail de leurs mains. Le père s’appelait Zanino, la mère Giacomina. On surnommait leur petite fille Nina.

Mais elle apprit d’eux la piété et l’honnêteté. Son père avait ce scrupule, quand il vendait quelque bête, d’en révéler honnêtement les défauts.

On voyait souvent Veronica en larmes : le don des larmes peut être une grâce céleste, et Veronica la reçut déjà dans sa jeunesse.

En 1463, elle voulut entrer chez les Religieuses franciscaines, puis chez les augustines à Milan, mais son ignorance la fit refuser. Elle tenta de s’y mettre seule, la nuit. Mais Notre-Dame intervint.

La Sainte Vierge lui apparut et lui tint à peu près ce langage : Ma fille, sois sans inquiétude. Mon désir est que tu connaisses seulement trois lettres : la première, de couleur blanche, symbolise la pureté du cœur qui fait aimer Dieu par-dessus toutes choses, et les créatures en Dieu et pour Dieu ; la seconde, de couleur noire, empêche de se scandaliser des fautes de ses frères, aide à supporter de tels égarements avec paix intérieure et patience, puis à prier pour ceux qui les commettent ; la troisième, de couleur rouge, apprend à méditer chaque jour sur la passion de Jésus-Christ.

Réconfortée, Veronica oublia ses soucis et, trois ans plus tard en 1466, reçut l’habit des Augustines. C’est alors qu’elle prit le nom de Veronica. En réalité, sœur Veronica apprendra des Anges à lire le psautier, et pourra chanter les psaumes avec ses consœurs. Elle finira même par savoir par cœur le bréviaire et n’aura plus besoin de livre pour participer à la prière de l’Office.

On l’envoya quêter aux portes de Milan, car le monastère était très pauvre.

Au couvent, elle passait de longs moments dans la méditation de la Passion du Christ et ses compagnes la virent souvent le visage baigné de larmes, mais sans s’en inquiéter, car elle travaillait avec ardeur et efficacité, sans jamais se plaindre des douleurs de tête et d’estomac dont elle souffrait. 

Les apparitions ne cessèrent pas : Notre-Seigneur, la Sainte Vierge, les Saints, venaient la voir tour à tour, lui dévoilant des mystères et des circonstances de leurs vies ; ces révélations peuvent se comparer à celles que reçurent la servante de Dieu Maria d’Agreda († 1665) ou la bienheureuse Anna Katharina Emmerick († 1824, v. 9 février).

Il n’y avait pas que les «bonnes» apparitions ; le Démon se déchaîna contre la pieuse Religieuse, lui insinuant des frayeurs, allant jusqu’à la battre durement. Un jour qu’il la fit tomber alors qu’elle rapportait des œufs au monastère, elle put cependant se relever sans blessure et les œufs ne s’étaient pas cassés.

En 1487 Veronica vit Notre-Seigneur, devant toute la Cour céleste, l’absoudre de tous ses «péchés». Durant la Messe de la Fête-Dieu, elle vit l’Enfant-Jésus entouré d’Anges sur l’autel ; elle en parla simplement à la Supérieure, pensant que toutes les Sœurs avaient vu la même chose qu’elle. Par la suite, elle fut plus réservée. Elle eut aussi trois apparitions de saint Augustin.

Les extases de Veronica continuèrent. Elles duraient parfois plusieurs heures durant la nuit. Par discrétion, elle demanda à Dieu - mais inutilement - de les faire cesser. Bien au contraire, les Religieuses la virent très souvent en extase ; elle fut en état de lévitation au moment d’une extase le jour de Pâques. Durant une de ces extases, on observa que son visage était brûlant, tant Veronica était enflammée d’amour. Très souvent, une hostie du Tabernacle volera jusqu’à elle pour la faire communier, et elle ne prendra pas d’autre nourriture ces jours-là.

Veronica vit des âmes dans le Purgatoire, parfois, celles des Religieuses, qui souffraient pour avoir murmuré contre les Supérieures. Elle fut aussi invitée à prier pour les prêtres, dont elle connut les graves péchés. Elle vit les punitions que méritaient les grands du monde, et connut par quelle maternelle intercession la Très Sainte Vierge obtenait leur suspension chaque fois que les hommes se repentaient.

Elle vit comment nous serons punis pour les moindres distractions commises durant la Messe.

Notre-Seigneur lui confia des missions, notamment d’aller parler personnellement et dans la confidence la plus absolue, au pape Alexandre VI (1495).

Six mois avant de mourir, Veronica fut pendant six mois alitée, brisée par la fièvre et la tuberculose. Cinq jours avant sa mort, elle annonça à son confesseur qu’elle mourrait à l’heure de complies le jour de la passion du Seigneur. A ce moment-là, comme le prêtre s’apprêtait à se retirer, elle le retint ; la cloche de complies sonna : Veronica rendit son âme à Dieu, le vendredi 13 janvier 1497.

En 1517, un culte privé fut autorisé et confirmé en 1624 et 1672 ; en 1749, le nom de Veronica fut introduit dans le Martyrologe, ce qui était exceptionnel puisqu’à l’époque le Martyrologe ne mentionnait que les Saints. L’actuel Martyrologe mentionne aussi les Bienheureux, et donc la bienheureuse Veronica, au 13 janvier.

Les lingères invoquent Veronica comme leur céleste patronne.

Ɖaminh Phm Trng Khm

1780-1859

 

Ce laïc vietnamien était né vers 1780 à Qun Cng (Nam Ɖịnh).

Marié, membre du Tiers-Ordre dominicain, il fut martyrisé à Nam Ɖịnh, le 13 janvier 1859, en même temps que son fils Luca (voir la notice).

Il a été béatifié en 1951 et canonisé en 1988.

On se rappellera que les Martyrs du Vietnam sont fêtés ensemble le 24 novembre.

 

 

Giuse Phm Trng T

1800-1859

 

Giuse (Joseph) était né vers 1800 à Qun Cng (Nam Ɖịnh, Vietnam).

Marié, membre du Tiers-Ordre dominicain, il fut martyrisé à Nam Ɖịnh, le 13 janvier 1859.

Il a été béatifié en 1951 et canonisé en 1988.

On se rappellera que les Martyrs du Vietnam sont fêtés ensemble le 24 novembre.

 

 

Luca Phm Trng Thìn

1819-1859

 

Luca était né vers 1819 à Qun Cng (Nam Ɖịnh, Vietnam).

Marié, membre du Tiers-Ordre dominicain, il fut martyrisé à Nam Ɖịnh, le 13 janvier 1859, en même temps que son père, Đaminh (voir la notice).

Il a été béatifié en 1951 et canonisé en 1988.

On se rappellera que les Martyrs du Vietnam sont fêtés ensemble le 24 novembre.

 

 

Francesco Maria Greco

1857-1931

 

Francesco naquit le 25 juillet 1857 à Acri (Calabre, Italie S), deuxième des cinq enfants de Raffaele et Concetta Pancaro, qui le firent baptiser deux jours après sa naissance. Raffaele était pharmacien ; Concetta avait un frère, Luigi, qui était prêtre.

Le projet de Raffaele était de céder son négoce à Francesco, mais celui-ci entendit l’appel de Dieu.

En 1881, l’année où il reçut les Ordres sacrés du diaconat et du presbytérat, il écrivit : Je me suis donné en tout et pour tout aux Cœurs de Jésus et de Marie. Donc, à partir de maintenant je serai «Francesco Maria Greco, diacre de Jésus et Marie

En même temps qu’il aura la charge de la paroisse d’Acri, il obtiendra le doctorat en théologie à Naples, et il enseignera au Grand séminaire de Cosenza. En outre, sa nomination comme archiprêtre lui conféra le titre de Monseigneur.

Dans la ville d’Acri, où il fut curé pendant quarante-quatre ans de 1887 à 1931, il chercha à remédier à l’ignorance religieuse de beaucoup de ses paroissiens, hommes et femmes, adultes et enfants ; il organisa tout un programme de catéchèse, adapté aux âges des enfants, des adolescents, des adultes.

Pour se faire seconder dans cet immense labeur, il fonda les Petites Sœurs Ouvrières des Sacrés Cœurs. La première supérieure de cette congrégation sera la propre sœur de Don Francesco, Maria Teresa, à laquelle succéda Raffaella De Vincenti ; cette dernière, avec le nom religieux de Maria Teresa des Sacrés-Cœurs, mourut en odeur de sainteté (1936).

L’apostolat de Mgr Greco fut reconnu de tous. L’évêque de Bisignano l’invita à l’accompagner dans sa visite pastorale du diocèse.

Don Francesco passait de longs moments, de nuit aussi, en adoration devant le Saint-Sacrement. On trouva cette phrase écrite de sa main : Quelle paix on ressent dans le silence de la nuit aux pieds du Maître !

Mgr Greco mourut des suites d’une bronchite, le 13 janvier 1931.

Il fut béatifié en 2016.

Le miracle qui fut examiné pour cette béatification concernait une femme qui, à la suite d’une grave opération, était entrée dans le coma. Quelques jours après, elle se réveilla, guérie, affirmant avoir vu en songe un prêtre qui lui promettait une prochaine guérison ; elle le reconnut sur une image de Mgr Greco qu’on lui fit voir. On ne sait pas si cette dame, Nina Pancaro, descendait de la même famille que Concetta Pancaro, la mère de don Francesco.

Les Religieuses sont actuellement présentes dans la région de Cosenza, en Albanie, en Inde, en Argentine et au Brésil.

Francesco Maria Greco sera commémoré le 13 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

María Francisca Espejo Martos

1873-1937

 

María Francisca naquit le 2 février 1873, fête de la Purification de Marie, à Martos (Jaén, Espagne), dans une famille humble.

Elle avait un petit frère, Ramón ; leur mère mourut bientôt et le père se remaria (et eut trois autres enfants) ; María Francisca, qu’on appelait Paquita, fut recueillie au couvent des Sœurs Trinitaires de Martos, dont la prieure était sa tante et où elle grandit.

Elle demanda à y être admise, reçut l’habit en 1893, fit la profession l’année suivante, prenant le nom de Francisca de l’Incarnation. Elle aidait à la sacristie, à l’infirmerie, à l’accueil et assistait les nécessiteux.

Autant qu’elle le pouvait, entre ses occupations, elle passait beaucoup de temps en prière devant le Saint Sacrement ; elle priait beaucoup la Sainte Vierge et Saint Joseph ; quand les rhumatismes la firent souffrir, elle ne se plaignit jamais. Une consœur dit d’elle : Elle était très bonne, et ce que je dis là est bien peu.

Dans la nuit du 18 au 19 juillet 1936, les révolutionnaires mirent le feu à deux églises. La pauvre Sœur Francisca en était tellement agitée, que la bonne prieure la fit remplacer à l’accueil.

Le 21 juillet 1936, les Religieuses furent, comme presque partout en Espagne, expulsées de leur couvent.

La tante et la nièce trouvèrent refuge chez Ramón, où elles vécurent leur règle de prière et de travail pendant quelques mois. Ramón aussi avait été incarcéré un moment, ainsi que son épouse.

Le 12 janvier 1937, alors que la persécution s’essoufflait déjà, quelques miliciens se présentèrent à la maison et y découvrirent les deux Religieuses. La tante, Maria du Rosaire, avait plus de quatre-vingts ans ; Francisca, presque soixante-quatre.

En route vers la prison, une jeune fille de dix-sept ans héla les miliciens : C’est comme ça que vous pensez gagner la guerre ? En maltraitant une vieille de quatre-vingts ans ? Alors, ils laissèrent revenir à la maison la plus ancienne, ne gardant que Francisca. En réalité, ils cherchaient d’autres Religieuses : ils voulaient éliminer les supérieures des trois couvents de Martos, et se trompèrent en arrêtant Francisca.

Cette dernière, très sensible, tremblait de peur et se réconfortait, avec les autres Religieuses arrêtées, dans la prière du chapelet et en évoquant les Martyres des catacombes romaines.

Au matin du 13, on libéra la plus jeune des Religieuses, sur intervention du maire de Martos.

Dans un groupe de cinquante personnes, Francisca se trouva emmenée au lieu-dit Las Casillas, près de Martos. Là on fusilla d’abord les hommes (quarante-sept). Ensuite, on tenta de violer les trois religieuses dans une petite barraque près du cimetière, mais elles se défendirent si vaillamment, qu’ils les tuèrent sur place. Sœur Francisca fut d’abord frappée par deux fois à la tête avec une crosse de fusil, de sorte qu’elle eut deux fractures du crâne. Mais elle ne reçut pas de balles.

En 1939, on obligea les miliciens à venir eux-mêmes ouvrir la tombe de ces Religieuses : on constata que Francisca avait une jambe complètement déboîtée, tordue en arrière, dans une position horrible à voir. Une Religieuse présente reconnut ses mains et ses pieds déformés par le rhumatisme, et les initiales de son nom au col de son habit.

Francisca a été martyrisée pour le seul fait d’être religieuse.

Son corps a été retrouvé sans corruption en 1986, et elle a été béatifiée en 2007.

Son dies natalis est le 13 janvier.

 

 

Francisca Inés de la Antigua Valverde González

1888-1937

 

Elle naquit le 20 avril 1888 à Vicálvaro (Madrid), dans une famille toute simple d’ouvriers sans grandes ressources.

Francisca devra même être confiée à l’orphelinat d’Alcalá de Henares (Madrid), tenu par les Filles de la Charité.

Après ses années d’études, elle entendit à son tour la vocation religieuse.

En 1910 elle entra chez les Filles de la Divine Bergère de Sanlúcar de Barrameda et émit les vœux en 1911, avec le nom de Victoria.

Elle passera à la communauté de Monóvar (Alicante) et fera la profession perpétuelle en 1917 à Monforte de Lemos (Lugo).

En 1917, elle fit partie de la nouvelle communauté qui s’installa à Martos (Jaén), le lieu de sa rencontre finale avec l’Eternité. Elle y sera nommée supérieure en 1922.

Elle sera quelques années supérieure à Sanlúcar de Barrameda et reviendra à Martos en 1931.

Elle enseigna la broderie, l’artisanat, le dessin. Ses élèves s’en souvinrent toujours comme d’une mère simple, douce, attentive. Elle était d’une timidité naturelle, étant de faible constitution et petite de taille. Mais le moment venu, elle montra un courage viril extraordinaire.

Lors de la révolution de 1936, elle demeura à Martos avec les deux seules Religieuses qui restaient encore là, les autres ayant déjà prudemment rejoint leurs familles. Elle ne voulait pas quitter Martos tant qu’il y aurait encore des Religieuses avec elle.

Le 18 juillet, les miliciens firent irruption dans l’institut, cherchant à interrompre le Sacrifice de la Messe avec leurs hurlements. Mère Victoria s’interposa crânement.

Ayant consommé les saintes Hosties du Tabernacle, les jours suivants les trois Religieuses assistèrent impuissantes à la profanation des objets religieux de leur maison, déchirés, brisés, piétinés jusque sur la place publique.

Elles se cachèrent chez l’habitant.

Mère Victoria disait aux autres que, le cas échéant, elles ne devaient absolument rien dire, sinon que tout était de la responsabilité de la Supérieure. Elle-même fut plusieurs fois convoquée devant les autorités.

Le 12 janvier 1937 au soir, on vint l’arrêter pour la mettre en prison avec d’autres Religieuses (la Supérieure des Trinitaires et celle des Clarisses) ; elles passèrent la nuit dans la prière, bien conscientes de leur sort. Interrogée, Mère Victoria déclara : C’est moi la responsable de toutes les Religieuses ; elles, elles n’ont rien fait ; c’est moi qui dois souffrir ce que vous voulez leur faire.

Au matin du 13 janvier, les Religieuses furent conduites devant le cimetière de Las Casillas, aux environs de Martos, où l’on fusilla d’abord une cinquantaine d’autres victimes ; on leur donna alors l’ordre d’entrer dans le cimetière, où probablement on aurait essayé de les violer ; Mère Victoria s’accrocha à la grille, et les trois Religieuses furent fusillées sur place.

Un des bourreaux voulut s’emparer de l’anneau qu’elle portait au doigt en signe de son union avec le Christ ; comme les mains de la Religieuse avaient enflé, il lui coupa le doigt. L’anneau fut cependant retrouvé plus tard et conservé comme relique.

Mère Victoria Valverde González a été béatifiée en 2013.

 

 

Emil Szramek

1887-1942

 

Né le 29 septembre 1887, Emil porta aussi le nom de l’archange saint Michel, qui est fêté ce jour-là.

Ses parents étaient August, un ouvrier, et Josefa ; ils vivaient à Tworków (Śląskie, Pologne). En 1895, le papa émigra en Amérique à la recherche d’un travail meilleur.

Emil fit ses études à Tworków, puis Raciborzu, enfin la théologie à Wrocław de 1907 à 1910.

Il fut ordonné prêtre en 1911 et nommé successivement à Miechowice puis à Tychy (1912-1916), où il rédigea sa thèse de doctorat.

Puis il fut nommé aumônier à Zaborzu et Mikołowie (1916-1923). Il soutenait fortement l’utilisation de la langue polonaise dans la région de Haute Silésie.

Lors de la création du nouveau diocèse de cette région, il fut nommé chanoine du chapitre (1927), en même temps qu’on lui confiait plusieurs missions importantes dans le diocèse, entre autres la construction de la nouvelle cathédrale de Katowice.

En 1926, il fut chargé de la paroisse de l’Immaculée Conception à Katowice, où il promut activement les activités du laïcat.

Ouvert et tolérant, sans chauvinisme ni nationalisme, le Chanoine Szramek préconisait les échanges entre savants polonais et allemands.

En 1927, on le nomma président de la Société des Amis de la Science en Silésie, dont il publia les annales. Il publia également un ouvrage sur la culture et le folklore en Silésie. Il devint comme le chef de l’intelligentsia et écrivit de nombreux articles.

Son testament, qui date des années 30, demande de donner tout ce qu’il pouvait posséder, mais on lui confisqua presque tous ses documents lors de son arrestation.

Dès le début de la guerre, quand la Pologne fut envahie, il fut l’objet de la répression anti-polonaise de la Gestapo, mais il ne voulut pas quitter sa paroisse.

Le 8 avril 1940, il fut arrêté et conduit en différents camps de concentration : Dachau, Gusen, Mauthausen, de nouveau Dachau le 8 décembre 1940, avec le numéro 21987.

Il y eut des interventions pour le faire libérer : à la curie diocésaine, les autorités répondirent qu’ils pourraient envisager une amnistie pour n’importe qui, mais pas pour le prêtre Szramek ; à l’intervention du nonce apostolique, elles ne répondirent même pas.

Le Chanoine Szramek était devenu la tête de file de tous les prêtres du camp. Il releva le courage de ses Confrères, disant ouvertement qu’il espérait beaucoup la renaissance du pays et de la culture polonaises. Il prêchait un comportement digne et pacifique en face de l’envahisseur.

Emil Michał Szramek mourut à l’infirmerie du camp ; on le tortura, alors qu’il avait une très forte fièvre, en le maintenant debout sous un courant d’eau glacée.

C’était le 13 janvier 1942.

Le Chanoine Szramek fut béatifié en 1999.

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 00:00

12 JANVIER

 

III.    

Ste Tatienne, martyre romaine.

IV.    

S Merce (Meortius), soldat chrétien africain, décédé des suites de ses tortures.

S Arcadius, martyr à Césarée de Maurétanie.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

S Probe, évêque à Vérone.

?    

S Satyre, martyr qui fit tomber une statue d’idole par un signe de croix.

Ss Zotique, Rogat, Modeste, Castule, martyrs en Afrique.

V.    

Ss Tigrios, prêtre, et Eutropios, lecteur, longuement et durement torturés à Constantinople pour leur fidélité à s.Jean Chrysostome, martyrs.

VI.    

Ste Cæsaria, abbesse à Arles, sœur de s. Césaire d’Arles, qui lui rédigea une Règle.

S Victorien, italien, abbé à Asane.

S Nazaire, espagnol, abbé bénédictin à Asane, successeur de s.Victorien.

VII.    

S Ferréol, évêque à Grenoble, martyr.

S Benoît Biscop, anglais, fondateur d’une abbaye à Wearmouth, à Girwy ; il voulut des églises en pierre, à la française, et favorisa les cérémonies et le chant romains.

XI.    

S Etienne, abbé à Liège.

XII.    

S Aelred, abbé anglais cistercien à Revesby, puis Rievaux, d’une immense douceur.

S Martín de León (de la Sainte Croix), chanoine de Saint-Augustin, très expert de la Sainte Ecriture.

XVII.  

Bx martyrs japonais, laïcs, béatifiés en 2008 ; ce sont :

Ludovicus Amagasu Iemon, son fils Vincentius Kurogane Ichibiyōe et sa femme Thecla avec leur fille Lucia de 1 an, 

Michaël Amagasu Tayemon et sa femme Dominica avec leur fille Iusta de 3 ans, 

Maria Itō et ses trois enfants Marina, Petrus et Matthias, 

Timotheus Ōbasama et sa femme Lucia, 

Ioannes Gorōbyōe, Ioachim Saburōbyōe, 

Ioannes Banzai Kazue et sa femme Aurea avec leur fils Antonius de 12 ans ; leur fille Rufina et son mari Paulus Sanjūrō avec leurs enfants Paulus et Martha de 5 et 1 an, 

Simon Takahashi Seizaemon et sa fille Thecla de 13 ans, 

Paulus Nishihori Shikibu, 

Ludovicus Jin’emon et sa femme Anna, 

Mancius Yoshino Han’emon et sa femme Iulia, 

Antonius Anazawa Han’emon et sa femme Crescentia avec leurs fils Paulus, Romanus et Michaël, 

Andreas Yamamoto Schichiemon et sa femme Maria avec leur fille Ursula, 

Ignatius Iida Soemon et sa femme Lucia, 

Ioannes Arie Kiemon et sa femme Magdalena avec leur fils Petrus, 

Alexius Satō Seisuke et sa femme Lucia avec leur fille Elisabeth, 

Paulus Satō Matagorō (frère du précédent Alexius Satō), et toute la famille Shichizaemon, dont on ne connaît ni le prénom du père ni celui des deux filles de 5 et 3 ans, la mère s’appelant Magdalena.

En outre : Alexis Choemon, avec son beau-frère Candidus et le neveu de celui-ci Ignatius, de 1 an.

S Bernardo de Corleone, capucin à Caltanissetta et mystique, après avoir blessé en duel un autre militaire, canonisé en 2001.

XVIII.    

Ste Marguerite Bourgeoys, née à Troyes, apôtre au Canada où elle fonda la Congrégation de Notre-Dame, pour la formation des femmes et des jeunes filles, considérée comme la co-fondatrice de Montréal et de l’Eglise au Canada, première sainte de ce pays, canonisée en 1982.

B Antoine Fournier, artisan, martyr à Avrillé, béatifié en 1984.

XIX.    

B Pierre-François Jamet, prêtre assistant des Filles du Bon Sauveur, béatifié en 1987.

S Eustachio (Antonio Maria) Pucci, des Servites de Marie, curé à Viareggio, mystique.

XX.    

B Francisco Salamanca Bujalance (1875-1939), prêtre espagnol martyr, béatifié en 2021.

B Nicolas Bunkerd Kitbamrung (1895-1944), prêtre thaïlandais, apôtre ardent, martyr prisonnier des Japonais, après avoir baptisé soixante-huit autres prisonniers, béatifié en 2000.

Arcadius de Césarée de Maurétanie

† 305

 

Arcadius était un notable personnage qui vivait, selon certains, en Achaïe, mais plutôt, selon d’autres, en Afrique du Nord, et plus précisément en Maurétanie.

La persécution contre les Chrétiens s’était déchaînée ; on ignore si ce fut celle de 259 sous Valérien ou celle de 304 sous Dioclétien.

Arcadius pensa bien faire de sortir de Césarée (act. Cherchell, Algérie) et d’aller se cacher en un lieu qu’il ne dévoila à personne, dans le but de prier Dieu en secret, sans déranger personne et sans être dérangé.

Si l’on ne retrouvait pas Arcadius, on s’aperçut de son absence, et on envoya des soldats chez lui pour l’arrêter. Les soldats ne trouvèrent qu’un parent du notable, qui ignorait tout de la cachette d’Arcadius et ne put donc y conduire les soldats. Vexés, ceux-ci arrêtèrent cet homme, qui fut mis en prison jusqu’à ce qu’on découvrirait enfin Arcadius.

Arcadius apprit le sort de son parent. Pour le faire libérer, il alla alors se présenter spontanément au gouverneur. Le parent fut libéré. Mais Arcadius fut sommé de sacrifier aux dieux païens, ce qu’il refusa absolument.

Le gouverneur le fit d’abord écorcher par des ongles de fer, écarteler sur le chevalet, mais Arcadius restait calmement ferme dans sa foi. Le gouverneur, furieux, ordonna alors de couper à sa victime toutes les articulations des pieds jusqu’aux cuisses et des mains jusqu’aux épaules. Le Martyr put encore se servir de sa langue pour continuer d’exhorter les assistants à croire au Dieu unique.

Ce pouvait être vers 305.

La cruauté de ce martyre rappelle bien le martyre de s.Jacques l’Intercis (v. 27 novembre).

Saint Arcadius de Césarée de Maurétanie est commémoré le 12 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tigrios et Eutropios de Constantinople

† 404

 

Tigrios était un esclave, originaire de la région du Tigre, d’où son nom.

Esclave, son grand rêve était d’obtenir un jour la liberté ; il économisa dans cette intention chaque sou possible, pendant des années, et finit par acquérir la condition d’un homme libre.

Mais il n’en tira aucun sentiment d’orgueil ; il pensa qu’il devait offrir cette liberté à Dieu, et demanda à être moine.

Sur ces entrefaites, il rencontra s.Jean Chrysostome (v. 13 septembre), qui fut en admiration devant la foi si vive de ce pauvre esclave ; il le garda près de lui et, contrairement aux canons trop rigides, l’ordonna diacre, puis prêtre, arguant à qui l’interrogeait qu’il ne connaissait personne qui avait la foi de Tigrios. On voit ici comment l’Eglise sait maternellement faire des exceptions aux règles.

Eutropios était un adolescent (peut-être un orphelin) élevé par les soins du Chrysostome et nommé lecteur. Il était tout dévoué à l’évêque et c’est lui qui introduisit les deux envoyés d’un «synode» qui venait de condamner Chrysostome pour ses nombreux crimes. On voulait enlever l’évêque et, en même temps aussi Tigrios. Ce fut un échec.

On ne va pas ici reprendre les nombreux épisodes de la persécution engagée par l’impératrice Eudoxia contre Chrysostome ; on ne peut même pas les résumer par l’adjectif inhumains, ou honteux, ou horribles ; les mauvais traitements imposés au saint évêque le furent réellement.

Mais quand le feu s’attaqua à la cathédrale Sainte-Sophie (juin 404), Eutropios fut le premier arrêté, accusé et sommé de témoigner ; il devait raconter de quelle façon Chrysostome avait mis le feu au sanctuaire : évidemment, le jeune garçon pouvait en toute vérité proclamer qu’il n’avait vu personne mettre le feu à la cathédrale, ni Chrysostome, ni les évêques, ni les diaconesses.

On l’étendit alors et on le flagella durement avec des tiges de différents calibres, pour le frapper sur les articulations, pour lui arracher la peau. Après ce supplice, Eutropios répondit de nouveau calmement : Je ne sais rien de ce que vous me demandez. On le frappa encore sur les os, et Eutropios, à bout de forces, répondit impertubablement la même chose que précédemment. Nouvelle torture, avec des pointes de fer rougies au feu ; cette fois-ci, Eutropios ne répondit plus rien. On passa à d’autres tortures, Eutropios ne parla plus ; on finit par s’apercevoir qu’il avait rendu son âme à Dieu et les bourreaux furent bien humiliés de constater qu’ils avaient torturé un cadavre. On l’enterra de nuit.

C’est alors qu’on fit comparaître Tigrios. Le prêtre était si reconnaissant envers Chrysostome, qu’il préférait être mis en morceaux plutôt que de prononcer la moindre parole contre son bienfaiteur. Le préfet de police lui fit écraser l’un après l’autre tous les doigts des mains puis des pieds ; ça ne suffisait pas aux ennemis de la Vérité : on flagella Tigrios jusqu’à ce que sa chair et sa peau ne fussent plus attachés à son corps que comme des haillons. Tigrios, imperturbablement, affirma constamment qu’il considérait Chrysostome comme un saint.

Tigrios survécut à ces horribles tourments ; refusant catégoriquement de communier avec le nouveau patriarche Arsakios, dont un historien contemporain disait qu’il avait la faconde d’un poisson et la chaleur oratoire d’une grenouille - il fut exilé en Mésopotamie, sa terre d’origine, où il mourut.

Les saints Tigrios et Eutropios de Constantinople, considérés à juste titre comme martyrs, sont commémorés le 12 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cæsaria d’Arles

475-540

 

Les dates de Cæsaria restent approximatives, déduites des meilleures sources concernant son grand frère, Césaire d’Arles (v. 27 août), tous deux nés dans le territoire de Chalon-sur-Saône, de parents gallo-romains, chrétiens.

Jeune encore, Cæsaria fut formée dans un monastère de Marseille.

Lorsque son frère fut nommé évêque d’Arles, il y fonda une communauté de moniales, à la tête de laquelle il mit sa sœur (vers 512 ou 518). Cette abbaye fut dédiée à saint Jean le Baptiste.

La règle qu’elles observèrent fut écrite par Césaire lui-même, sur la base de sa longue expérience et de celle de sa sœur. Le temps passait à chanter la Louange divine et à recopier des parchemins.

L’abbatiat de Cæsaria fut, dit-on, bref ; elle mourut peu après la dédicace de la basilique Sainte-Marie, qui eut lieu en 524. Mais les auteurs ne sont pas unanimes pour déterminer combien dura ce «peu après» : une période qui s’étend tout de même de 524 à 540.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Cæsaria au 12 janvier.

 

 

Ferréol de Grenoble

† 660

 

Ferréol (Ferreolus en latin, traduit en Ferriolus, Fergeol, Ferjeuil, Fergeolus, Ferjus) fut le quatorzième évêque de Grenoble, de 654 à 659.

Il était en train de prêcher non loin de Grenoble, sur l’actuel mont Rachais, lorsque des sicaires firent pleuvoir les flèches sur lui.

Plus tard, on attribua la paternité de cette exécution à Ebroïn, maire du palais terriblement cruel et ennemi de la religion, qui l’aurait chassé de son siège et exilé, avant de le faire exécuter ; Ferréol serait ainsi la première ou une des toutes premières victimes d’Ebroïn.

L’église de La Tronche, proche du lieu du martyre, porte le nom de l’Evêque, dont le culte immémorial fut confirmé en 1907.

Saint Ferréol est commémoré le 12 janvier au Martyrologe Romain.

Benoît Biscop

628-690

 

Celui que les Français nomment communément Benoît Biscop, s’appelait Biscop Baducing. Il naquit vers 628 d’une noble famille.

Il passa quelques années à la cour du roi de Northumbrie, Oswiu.

A vingt-cinq ans, il partit à Rome pour visiter le tombeau des saints Apôtres, s’instruire mieux des éléments de la foi et des degrés de la perfection chrétienne. De retour en Angleterre, il s’adonna avec ardeur à l’étude de l’Ecriture.

Il partit pour la deuxième fois à Rome : il devait y accompagner Alcfrid, le fils d’Oswiu, qui finalement le retint à la maison. Sur le retour, il s’arrêta à l’abbaye de Lérins pendant deux ans, recevant l’habit et la tonsure, et s’efforçant de vivre la règle avec assiduité. 

Puis il repartit à Rome, une troisième fois. Il rencontra alors le pape Vitalianus (v. 27 janvier), qui allait envoyer en Angleterre Theodorus et Adrianus (v. 19 septembre et 9 janvier) et lui enjoignit de les accompagner. On pourra admirer au passage la soumission facile de Biscop à l’ordre du Pape.

Aussitôt arrivés dans le Kent, Theodorus nomma Biscop abbé de SS.Pierre-et-Paul de Cantorbury, charge qu’il ne recouvrit que deux années, cédant la place à Adrianus, dès qu’il put revenir en Angleterre.

Pour la quatrième fois, Biscop prit le chemin de Rome. Il voulait davantage encore d’informations sur les lois de l’Eglise, sur la vie monastique, la liturgie, aussi demeura-t-il assez longtemps en Italie, séjournant en divers endroits et amassant tout ce qu’il put trouver de livres, de reliques, et mille informations qu’il voulait rapporter dans son pays.

Une fois de retour, il fonda deux abbayes, Wearmouth et Girmy (devenu plus tard Jarrow), respectivement sous le patronage de saint Pierre et de saint Paul. Pour l’église de Wearmouth, il fit venir des artisans de France, pour construire l’édifice en pierres, et non plus en bois, y confectionner de beaux vitraux, décorer les murs de belles fresques, le «catéchisme» des foules. Les deux monastères n’étant pas très éloignés l’un de l’autre, Biscop les gouverna tous les deux au début, puis confia Wearmouth à Easterwin, Jarrow à Ceolfrid (v. 7 mars et 25 septembre). C’est de ces abbayes que devait sortir un peu plus tard s. Bède (v. 26 mai).

Libéré du souci du gouvernement, Biscop refit un cinquième long voyage. Il n’avait jamais assez de documentation, de reliques. S. Bède en écrivit : Dans sa charitable prévoyance, ce père vraiment actif a travaillé pour que ses enfants vécussent en repos ; il a entrepris des courses multiples pour leur permettre de servir paisiblement le Seigneur dans l’enceinte de leurs retraites, sans être obligés d’en sortir.

L’intense activité de Biscop fut ainsi à la source des premières bibliothèques monastiques d’Angleterre ; il s’appliqua à introduire la liturgie et le chant romains dans son pays. Le pape lui envoya même le maître de la musique et des cérémonies du Vatican, Jean de Saint-Martin.

Devenu vieux et infirme, Biscop se montra très patient dans l’infirmité, supportant la douleur sans révolte et même avec joie. Les trois dernières années, il fut paralysé et garda le lit : alors quelques moines venaient autour de lui et alternaient l’office, auquel il se joignait à sa façon.

Easterwin et son successeur Sigfrid étant morts, Biscop établit Ceolfrid à la tête des deux abbayes.

Après avoir reçu le viatique, Biscop s’éteignit, le 12 janvier 690.

Les deux abbayes qu’il avait fondées furent détruites par les Danois envahisseurs, et de nouveau lors du schisme d’Angleterre.

Mentionné le 12 janvier au Martyrologe Romain, Biscop est le saint patron de la congrégation bénédictine anglaise et aussi, récemment (2004), de la ville de Sunderland.

 

 

Aelred de Rievaulx

1109-1167

 

Le prénom Aelred pourrait s’écrire aussi Ethelred et Ailred.

Aelred naquit vers 1109 à Hexham, d’une ancienne famille d’Angleterre du Nord, un des trois enfants de Eilaf. Sa sœur aussi fut consacrée.

Après ses études à Hexham, le roi d’Ecosse David voulut l’avoir à la cour ; Aelred séjourna ainsi à Roxburgh de 1124 à 1133 et devint majordome ; il y conquit l’estime de tous les courtisans par sa douceur de caractère.

On put ainsi mesurer son degré de maîtrise de soi lorsque quelqu’un l’invectiva devant tout le monde et qu’il lui exprima sa gratitude pour l’avoir aidé à voir ses fautes : l’autre tomba à genoux de honte et de repentir ; une autre fois, on l’interrompit brusquement tandis qu’il exposait son discours au roi, mais il attendit tranquillement de pouvoir reprendre, sans montrer la moindre gêne.

Cependant cette vie de cour déplaisait à Aelred ; il la quitta après mûre réflexion et partit au loin, dans le comté d’York, à l’abbaye cistercienne de Rievaulx, récemment fondée. L’abbé William, un disciple de saint Bernard (v. 20 août), le reçut en 1135.

Désormais, l’ancien humaniste qui prisait Cicéron, le trouvait fade à côté de l’Ecriture. La lecture de la Bible était ses délices et lui causait une grande émotion. Sa douceur de caractère se doubla d’un amour de la sanctification et le poussa très haut dans les vertus. Il se lia d’amitié avec un moine nommé Simon qui semblait sourd-muet tant il estimait le silence.

Devenu maître des novices, Aelred fut élu abbé à Revesby en 1142, bien contre son gré, et en 1143 on le rappelait à Rievaulx pour assumer la charge d’abbé. Il avait trois-cents moines à diriger, ainsi que cinq abbayes-filles à visiter, ce qu’il fit avec sa douceur fraternelle habituelle, dans un climat de grande amitié avec tous. Aelred écrivit ces lignes à propos de ses moines : 

Nous mangeons peu, nos habits sont rudes et grossiers, nous ne buvons que de l’eau, nous dormons à peine, n’ayant pour lit qu’une natte très dure ; quand le sommeil commence à nous faire sentir sa douceur, la cloche nous réveille et nous oblige à nous lever. J’omets de dire que nous mangeons notre pain à la sueur de notre front ; nous ne parlons qu’à trois personnes et encore seulement quand la nécessité l’exige. Assimilés aux bêtes de somme, de quelque côté qu’on nous tourne et qu’on nous mène, nous y allons sans la moindre résistance ; nous portons les fardeaux qu’on nous impose sans jamais en refuser aucun. La volonté propre n’a chez nous aucun moyen de s’exercer, nous n’avons même pas le moyen d’être oisifs ou de nous divertir. Parmi nous, on ne trouve aucun procès ; la paix, la tranquillité règnent partout. Il y a une telle concorde antre les frères que tout y est commun ; ce qui appartient à l’un appartient à l’autre ; il n’y a aucune acception de personnes ; seules la nécessité ou les infirmités mettent quelque différence ou quelque distinction entre les frères.

L’extrême mansuétude de l’abbé a été légendaire, mais il savait user de son autorité quand il le fallait : il déposa sans tarder l’abbé de Melrose, filiale de Rievaulx, apprenant qu’il s’emportait contre ses moines. Quand l’empereur Barbarousse fit nommer un antipape contre Alexandre III, Aelred prit solennellement parti pour le pape légitime.

Aelred refusa plusieurs évêchés qu’on lui proposa.   

Ses dernières années furent endolories par la goutte et la pierre, qui ne diminuèrent pas son activité.

Il nous a laissé des Sermons, trois traités : Sur l’amitié spirituelle, Speculum caritatis, Sur l’institution des recluses, ainsi que des œuvres historiques.

En 1163, il eut l’occasion d’exposer la vie de saint Edouard le Confesseur (v. 5 janvier) et nous a laissé une admirable homélie.

En 1164, il fit une mission en Ecosse, pour rencontrer les Pictes et tenter de les civiliser.

Aelred mourut après vingt-deux années d’abbatiat, le 12 janvier 1167, son dies natalis dans le Martyrologe.

Il fut peut-être canonisé en 1191, mais il n’existe pas de document formel pour l’attester. Quant à l’abbaye de Rievaulx, elle n’est plus qu’une solennelle ruine, qui laisse cependant entrevoir la beauté et l’étendue des constructions.

 

 

Martín de León

1120-1203

 

Il naquit vers 1120-1130 de Juan et Eugenia à (ou près de) León (Espagne).

Ses pieux parents s’étaient promis qu’à la mort de l’un d’eux, l’autre serait entré en religion. Ce fut la maman qui mourut la première, et Juan entra chez les Chanoines Réguliers de Saint-Augustin à León. 

Mais Martín était encore bien petit : Juan le prit avec lui, ce qui amena le petit garçon à devenir moine spontanément : ayant appris à lire, il fut automatiquement initié au chant des Religieux et sut bientôt par cœur les psaumes, les hymnes et les antiennes du psautier.

Vers dix-huit ou vingt ans, il fut ordonné sous-diacre. Il avait vingt-cinq ans ou un peu plus, lorsque Juan mourut à son tour (1154) ; Martín vendit alors tout ce qu’il possédait et commença un long pèlerinage qui dura une trentaine d’années et passa par Oviedo, Compostelle, Rome, Jérusalem, Antioche, Constantinople, Italie, France (Chartres, Reims, Paris), Angleterre et Irlande, Toulouse, Narbonne (Béziers), avant de retrouver son point de départ à León. Voyons maintenant quelques détails de ce long périple.

A Rome, c’était la période du carême. Martín voulut vivre intensément ce moment dans la Ville Eternelle : il prit seulement quatre repas par semaine, avec seulement pain et eau. Le pape le sut et l’appela, mais on ne sait pas quel fut l’objet de l’audience.

A Jérusalem, Martín servit à l’hôpital pendant deux années.

A Constantinople, il acheta un beau tissu de soie, qu’il pensait offrir aux Chanoines à son retour mais qui, on va le voir, lui causera quelques ennuis.

En France, il étudia la théologie avec Pietro Lombardo.

A Toulouse, il vénéra la tombe de saint Saturnin (v. 29 novembre).

Près de Narbonne, probablement à Béziers, on l’accusa d’avoir volé le fameux tissu de soie et il passa quelque temps en prison, jusqu’à ce que le malentendu fût dissipé.

Le voilà donc au terme de ses pérégrinations ; il rentra tout naturellement dans le couvent des Chanoines, leur remit le beau tissu de soie, et fut bientôt ordonné diacre et prêtre. C’est à ce moment que Martín prit le nom de Martín de la Sainte Croix.

Un contentieux entre les Chanoines et l’évêque détermina Martín à passer à l’autre couvent de Chanoines, San Isidoro, où cependant ses austérités effrayèrent les Religieux : Martín ne mangeait que fromage et œufs, jamais de viande, du vin seulement s’il était malade ; il dormait par terre, véritablement «sur la paille» ; et il allait voir les malades même de nuit ; en outre parfaitement obéissant à la règle, très dévôt du Saint-Sacrement.

C’est sur son initiative que furent édifiés dans le couvent l’oratoire de la Sainte-Croix, où il installa son scriptorium et sa propre cellule, et la chapelle de la Très Sainte Trinité, consacrée en 1190, pour y abriter les reliques qu’il avait rapportées de ses voyages et pour servir de cimetière des Chanoines.

Il fut chargé du Scriptorium et se mit lui-même à écrire. Il composa une Concordance de l’Ancien et du Nouveau Testament et se fit aider de sept clercs pour la rédaction, la relecture et la décoration des textes. Lui-même devait alors souffrir de rhumatismes, car il soutenait ses bras par des cordes attachées aux poutres. Martín est considéré comme l’auteur le plus important dans l’Espagne du 12e siècle.

Des évêques, des nobles, des personnes de sang royal, venaient fréquemment le consulter.

On raconte que saint Isidore (v. 4 avril) lui fit manger un petit livre, après quoi Martín put comprendre le sens profond de l’Ecriture. Ce miracle rappelle l’épisode du livre de l’Apocalypse (Ap 10:8-11).

Martín guérissait les malades de cette façon : il demandait d’abord au malade de proclamer sa foi, puis  lui faisait un signe de Croix en prononçant les mots Au nom du Père, etc, et ajoutait simplement : Sois guéri. Ainsi furent aidés des gens souffrant de fièvre, de paludisme, de rages de dents, d’abcès…

Il annonça le jour de sa mort, qui advint effectivement le 12 janvier 1203.

Un culte spontané a «canonisé» Martín dès sa mort.

Le Martyrologe le mentionne à présent au 12 janvier.

Nota. Les trente premiers Martyrs de cette page sont simplement rangés par ordre alphabétique de leur prénom. Si l’on veut avoir une idée approximative de leur âge, on pourra, le cas échéant, se reporter à leurs proches, le même jour, dont parfois on connaît mieux les dates de naissance.

 

Alexius Satō Seisuke

?-1629

 

Ce laïc japonais marié était né à une date non précisée à Shindōgadai, actuelle Shimo Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Alexius fut massacré en haine du Christ avec son frère Paulus Satō Matagorō, son épouse Lucia Satō et leur fille Elisabeth Satō à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Andreas Yamamoto Shichiemon

?-1629

 

Ce laïc japonais marié était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Andreas fut massacré en haine du Christ à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour furent massacrés également son épouse Maria Yamamoto et leur fille Ursula Yamamoto, à Nukayama (Yonezawa, Yamagata).

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Antonius Anazawa Han’emon

?-1629

 

Ce laïc japonais marié était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon), apparemment frère de Mancius Yoschino Han’emon.

Antonius fut massacré en haine du Christ, avec son fils Paulus Anazawa Juzaburō à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour furent massacrés également son épouse Crescentia Anazawa et leurs autres fils Romanus Anazawa Matsujiro et Michaël Anazawa Osamu, à Nukayama (Yonezawa, Yamagata).

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Aurea Banzai

† 1629

 

Cette épouse japonaise était née à une date non précisée, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Aurea fut massacrée pour sa fidélité au Christ avec son époux Ioannes Banzai Kazue, leur fils Antonius Banzai Orusu, leur fille Rufina Banzai et son époux Paulus Sanjūrō avec leurs enfants Paulus et Martha, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Crescenzia Anazawa

?-1629

 

Cette épouse japonaise était née à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Crescenzia fut massacrée en haine du Christ à Nukayama (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

En même temps furent massacrés ses deux jeunes enfants Romanus Anazawa Matsujiro et Michaël Anazawa Osamu, tandis qu’à Okusanbara (Yonezawa) était massacré le même jour son époux Antonius Anazawa Han’emon et son fils aîné Paulus Anazawa Juzaburō.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ignatius Iida Soemon

?-1629

 

Ce laïc japonais marié était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Ignatius fut massacré en haine du Christ à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour fut massacrée également son épouse Lucia Iida à Nukayama (Yonezawa, Yamagata).

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ioachim Saburōbyōe

† 1629

 

Ce laïc japonais était né à une date non précisée, à Wada (Miyagi, Japon).

Il fut massacré pour sa fidélité au Christ à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ioannes Arie Kiemon

?-1629

 

Ce laïc japonais marié était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Ioannes fut massacré en haine du Christ avec son fils Petrus Arie Jinzō à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour fut massacrée également son épouse Magdalena Arie à Nukayama (Yonezawa, Yamagata).

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ioannes Banzai Kazue

† 1629

 

Ce père de famille japonais était né à une date non précisée, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Ioannes fut massacré pour sa fidélité au Christ avec son épouse Aurea Banzai, leur fils Antonius Banzai Orusu, leur fille Rufina Banzai et son époux Paulus Sanjūrō avec leurs enfants Paulus et Martha, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Iulia Yoshino

?-1629

 

Cette laïque japonaise mariée était née à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Iulia fut massacrée en haine du Christ, avec son époux Mancius Yoshino Han’emon, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Lucia Iida

?-1629

 

Cette épouse japonaise était née à une date non précisée à Nukayama (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Lucia fut massacrée en haine du Christ à Nukayama (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour fut massacré également son époux Ignatius Iida Soemon à Okusanbara (Yonezawa, Yamagata).

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Lucia Ōbasama

† 1629

 

Cette épouse japonaise était née à une date non précisée, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Lucia fut massacrée pour sa fidélité au Christ avec son époux Timotheus Ōbasama à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Lucia Satō

?-1629

 

Cette laïque japonaise mariée était née à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Lucia fut massacrée en haine du Christ avec son époux Alexius Satō Seisuke et leur fille Elisabeth Satō à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ludovicus Amagasu Iemon

† 1629

 

Ce père de famille japonais était né à une date inconnue, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Il fut massacré pour sa fidélité au Christ à Okusanbara (Yonezawa), avec son fils, Vincentius Kurogane Ichibiyōe, l’épouse de ce dernier, Thecla Kurogane, et leur fille, Lucia Kurogane, le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Magdalena

?-1629

 

Cette maman japonaise, dont on n’a pas retenu la date de naissance, était née à Shindōgadai, actuelle Shimo Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Elle fut massacrée en haine du Christ avec son époux N… Shichizaemon et leurs deux petites filles à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

Magdalena Arie

?-1629

 

Cette épouse et mère japonaise était née à une date non précisée à Nukayama (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Magdalena fut massacrée en haine du Christ à Nukayama (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour furent massacrés son époux Ioannes Arie Kiemon avec leur fils Petrus Arie Jinzō à Okusanbara (Yonezawa, Yamagata).

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Mancius Yoshino Han’emon

?-1629

 

Ce laïc japonais marié était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Mancius fut massacré en haine du Christ, avec son épouse Iulia Yoshino, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Maria Itō

† 1629

 

Cette mère de famille japonaise était née à une date inconnue, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Maria fut massacrée pour sa fidélité au Christ avec ses trois enfants : Marina Itō Chōbo, Petrus Itō Yahyōe et Matthias Itō Hikosuke, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Maria Yamamoto

?-1629

 

Cette épouse et mère japonaise était née à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Maria fut massacrée en haine du Christ à Nukayama (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Au même moment fut massacrée sa fille Ursula Yamamoto et, le même jour mais à Okusanbara (Yonezawa, Yamagata), son époux Andreas Yamamoto Shichiemon.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Marina Itō Chōbo

† 1629

 

Cette petite fille japonaise d’âge non précisé était née à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Marina fut massacrée en haine du Christ avec sa mère Maria Itō et ses deux petits frères, Petrus Itō Yahyōe et Matthias Itō Hikosuke, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Matthias Itō Hikosuke

† 1629

 

Ce petit garçon japonais d’âge non précisé était né à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Matthias fut massacré en haine du Christ avec sa mère Maria Itō, sa grande sœur Marina Itō Chōbo et son grand frère Petrus Itō Yahyōe, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Paulus Anazawa Juzaburō

?-1629

 

Ce jeune garçon était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Paulus fut massacré en haine du Christ, avec son père Antonius Anazawa Han’emon à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour furent massacrés également sa mère Crescentia Anazawa et ses jeunes frères Romanus Anazawa Matsujiro et Michaël Anazawa Osamu, à Nukayama (Yonezawa, Yamagata).

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Paulus Sanjūrō

† 1629

 

Ce jeune époux et père japonais était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Paulus fut massacré en haine du Christ avec ses beaux-parents Ioannes Banzai Kazue et Aurea Banzai, son épouse Rufina Banzai et leurs enfants Paulus et Martha, et le frère de son épouse Antonius Banzai Orusu, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Paulus Satō Matagorō

?-1629

 

Ce laïc japonais marié était né à une date non précisée à Shindōgadai, actuelle Shimo Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Paulus fut massacré en haine du Christ avec son frère Alexius Satō Seisuke, l’épouse de ce dernier Lucia Satō et leur fille Elisabeth Satō, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Petrus Arie Jinzō

?-1629

 

Cet enfant japonais était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Petrus fut massacré en haine du Christ avec son père Ioannes Arie Kiemon à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour fut massacrée également sa mère Magdalena Arie à Nukayama (Yonezawa, Yamagata).

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Petrus Itō Yahyōe

† 1629

 

Ce petit garçon japonais d’âge non précisé était né à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Petrus fut massacré en haine du Christ avec sa mère Maria Itō, sa grande sœur Marina Itō Chōbo et son petit frère, Matthias Itō Hikosuke, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Rufina Banzai

† 1629

 

Cette jeune épouse et mère japonaise était née à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Rufina fut massacrée en haine du Christ avec ses parents Ioannes Banzai Kazue et Aurea Banzai, son frère Antonius Banzai Orusu, son époux Paulus Sanjūrō et leurs enfants Paulus et Martha, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Shichizaemon (N…)

?-1629

 

Ce laïc japonais marié, dont on n’a pas retenu le prénom, ni la date de naissance, était né à Shindōgadai, actuelle Shimo Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Il fut massacré en haine du Christ avec son épouse Magdalena et leurs deux petites filles à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Simon Takahashi Seizaemon

† 1629

 

Ce laïc japonais était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Simon fut massacré en haine du Christ avec sa fille Thecla Takahashi, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Timotheus Ōbasama Jirōbyōe

† 1629

 

Ce laïc japonais était né à une date imprécisée, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Il fut massacré pour sa fidélité au Christ à Okusanbara (Yonezawa), avec son épouse Lucia Ōbasama, le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

Anna

1549-1629

 

Cette laïque japonaise mariée était née vers 1549 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Anna fut massacrée en haine du Christ, avec son époux Ludovicus Jin’emon, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ioannes Gorōbyōe

1549-1629

 

Ce laïc japonais était né vers 1549, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Il fut massacré pour sa fidélité au Christ à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ludovicus Jin’emon

1549-1629

 

Ce laïc japonais marié était né vers 1549 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Ludovicus fut massacré en haine du Christ, avec son épouse Anna, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Michaël Amagasu Tayemon

1594-1629

 

Ce père de famille japonais était né vers 1594, à Yonezawa (Yamagata, Japon), apparemment frère de l’autre martyr Ludovicus Amagasu Iemon, massacré le même jour.

Michaël fut massacré pour sa fidélité au Christ avec son épouse Dominica Amagasu et leur fille Iusta Amagasu, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Paulus Nishihori Shikibu

1598-1629

 

Ce laïc japonais marié était né vers 1598 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Paulus fut massacré en haine du Christ, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Alexis Choemon

1603-1629

 

Ce laïc japonais marié était né vers 1603 à Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Alexis fut massacré en haine du Christ à Hanazawa (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour et au même endroit furent massacrés également son beau-frère Candidus Bōzu et le neveu de ce dernier Ignatius.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Vincentius Kurogane Ichibiyōe

1603-1629

 

Ce jeune père de famille japonais était né vers 1603, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Il fut massacré pour sa fidélité au Christ à Okusanbara (Yonezawa), avec son père Ludovicus Amagasu Iemon, son épouse Thecla Kurogane et leur fille Lucia Kurogane, le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Dominica Amagasu

1606-1629

 

Cette mère de famille japonaise était née vers 1606, à Wakamatsu (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Dominica fut massacrée pour sa fidélité au Christ avec son époux Michaël Amagasu Tayemon et leur fille Iusta Amagasu, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Thecla Kurogane

1611-1629

 

Cette jeune femme japonaise de dix-huit ans était née vers 1611 à Sado (Niigata, Japon).

Thecla fut massacrée en haine du Christ avec son époux Vincentius Kurogane Ichibiyōe et leur fille Lucia Kurogane, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Candidus Bōzu

1615-1629

 

Cet adolescent japonais de quatorze ans était né vers 1615 à Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Candidus fut massacré en haine du Christ à Hanazawa (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour et au même endroit furent massacrés également son neveu Ignatius et son beau-frère Alexis Choemon.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Romanus Anazawa Matsujiro

1615-1629

 

Cet adolescent japonais de quatorze ans était né vers 1615 à Nukayama (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Romanus fut massacré en haine du Christ avec sa mère Crescenzia Anazawa et son petit frère Michaël Anazawa Osamu à Nukayama (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour à Okusanbara (Yonezawa) étaient massacrés aussi leur père Antonius Anazawa Han’emon et leur frère Paulus Anazawa Juzaburō.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Thecla Takahashi

1616-1629

 

Cette jeune adolescente japonaise de treize ans était née vers 1616 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Thecla fut massacrée en haine du Christ avec son père Simon Takahashi Seizaemon, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

Antonius Banzai Orusu

1617-1629

 

Ce jeune garçon japonais de douze ans était né vers 1617 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Antonius fut massacré en haine du Christ avec ses parents Ioannes Banzai Kazue et Aurea Banzai, sa sœur Rufina Banzai et son époux Paulus Sanjūrō avec les enfants de ces derniers Paulus et Martha, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Michaël Anazawa Osamu

1618-1629

 

Cet adolescent japonais de onze ans était né vers 1618 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Michaël fut massacré en haine du Christ avec sa mère Crescenzia Anazawa et son grand frère Romanus Anazawa Matsujiro à Nukayama (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour à Okusanbara (Yonezawa) étaient massacrés aussi leur père Antonius Anazawa Han’emon et leur frère Paulus Anazawa Juzaburō.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Paulus

1624-1629

 

Ce petit garçon japonais de cinq ans était né vers 1624 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Paulus fut massacré en haine du Christ avec sa petite sœur Martha, leurs parents Paulus Sanjūrō et Rufina Banzai, le frère de cette dernière Antonius Banzai Orusu et leurs parents Ioannes Banzai Kazue et Aurea Banzai, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Shichizaemon (NX…)

1624-1629

 

Cette petite fille japonaise de cinq ans, était née vers 1624 à Shindōgadai, actuelle Shimo Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Elle fut massacrée en haine du Christ avec ses parents, N… Shichizaemon et Magdalena, ainsi que sa petite sœur de trois ans, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Elisabeth Satō

1626-1629

 

Cette petite fille japonaise de trois ans était née vers 1626 à Shindōgadai (actuelle Shimo Hanazawa, Yonezawa, Yamagata, Japon).

Elisabeth fut massacrée en haine du Christ avec ses parents Alexius Satō Seisuke et Lucia Satō à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Iusta Amagasu

1626-1629

 

Cette petite fille japonaise de trois ans était née vers 1626, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Iusta fut massacrée en haine du Christ avec ses parents Michaël Amagasu Tayemon et Dominica Amagasu, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Shichizaemon (NY…)

1626-1629

 

Cette petite fille japonaise de trois ans, était née vers 1626 à Shindōgadai, actuelle Shimo Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Elle fut massacrée en haine du Christ avec ses parents, N… Shichizaemon et Magdalena, ainsi que sa grande sœur de cinq ans, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ursula Yamamoto

1626-1629

 

Cette petite fille de trois ans était née vers 1626 à Nukayama (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Ursula fut massacrée en haine du Christ à Nukayama (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Au même moment fut massacrée sa mère Maria Yamamoto et, le même jour mais à Okusanbara (Yonezawa, Yamagata), son père Andreas Yamamoto Shichiemon.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ignatius

1628-1629

 

Ce bébé japonais d’un an était né vers 1628 à Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Ignatius fut massacré en haine du Christ à Hanazawa (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour et au même endroit furent massacrés également son oncle Candidus Bōzu et le beau-frère de ce dernier Alexis Choemon.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Lucia Kurogane

1628-1629

 

Cette petite fille japonaise de un an était née vers 1628 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Lucia fut massacrée en haine du Christ avec ses parents Vincentius Kurogane Ichibiyōe et Thecla Kurogane, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Martha

1628-1629

 

Ce petit bébé japonais de un an  était né vers 1628 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Martha fut massacrée en haine du Christ avec son grand frère Paulus, leurs parents Paulus Sanjūrō et Rufina Banzai, le frère de cette dernière Antonius Banzai Orusu et leurs parents Ioannes Banzai Kazue et Aurea Banzai, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

Filippo Latini de Corleone

1605-1667

 

Filippo naquit le 6 février 1605 à Corleone (Palerme, Sicile), cinquième des huit enfants de Leonardo Conciapelli et Francesca Sciascia, qui le firent baptiser le jour même de la naissance. Il apprit d’eux l’amour du travail, la générosité envers les pauvres, la piété. Sa mère était tertiaire franciscaine et guida ses enfants à la pratique des Sacrements.

Un des frères de Filippo se nommait Giuliano, fut prêtre et mourut en odeur de sainteté ; un autre, Luca, fut un citoyen de toutes les vertus.

Filippo recourait fréquemment au sacrement de la Réconciliation, chaque fois que son âme était agitée par quelque problème. Il ne dédaignait pas non plus parcourir les rues en demandant l’aumône pour les pauvres prisonniers.

Il commença par exercer le métier de cordonnier et devint, comme son père, maître cordonnier ; mais aussi il apprit à manier l’épée, et devint très connu pour sa force et ses «victoires» et devint la première épée de Sicile ; il avait le droit (et la mission) de parcourir les rues de nuit et de défendre toute personne en situation dangereuse ; de jour, il prit plusieurs fois la défense de demoiselles menacées par des soldats malveillants.

On lui suggéra de se marier, mais il répondit, en montrant une corde accrochée au mur, que son épouse était «le cordon de saint François» (d’Assise, v. 4 octobre).

Il lui arriva d’être provoqué simplement par jalousie de sa force ; sa victime décida un jour de se venger et voulut le faire assassiner. Le sicaire vint le provoquer dans sa boutique. On arriva au duel et Filippo finit par blesser son rival en le rendant invalide pour la vie. Certes, il avait agi en situation de légitime défense, mais sa conscience lui reprochait d’avoir ainsi blessé son adversaire. Il lui demanda pardon et, plus tard, s’ingénia à l’aider même économiquement par des amis.

Filippo, ayant mûrement réfléchi, alla frapper à la porte des Capucins de Caltanissetta, sans autre idée que celle de disparaître et expier ses «fautes» de jeunesse. C’était en 1631.

Il reçut l’habit et le nom de fra Bernardo. Sans grande culture, il resta simple frère convers.

Dès lors, sa vie fut uniquement pénitence, humilité, et obéissance. Aux charges habituelles de la vie conventuelle et aux tâches qu’on lui confiait (la cuisine et le jardin), il ajouta des mortifications exigeantes, dormant sur le sol et seulement trois heures, jeûnant, luttant aussi contre les assauts du Démon qui, décidément, ne supporte pas la conversion des pécheurs et se venge en les tentant de toutes les manières.

Dans ce chemin vers la perfection, tout n’était pas facile et l’humble Bernardo pouvait redevenir Filippo ; c’est ainsi qu’un jour où on lui avait fait remarquer un peu vertement telle «faute», le sang lui monta à la tête et il rétorqua : Où est donc mon épée ?, mais il se ressaisit tout de suite…

Frère Bernardo reçut des grâces particulières : il s’éleva à un très haut degré de contemplation, eut des lumières sur les saints mystères, pénétra les pensées d’autrui, rendit la santé à beaucoup de malades. On venait de loin lui demander conseils et prières.

Il eut plusieurs fois la faveur de la visite de Notre-Dame avec l’Enfant-Jésus. Devant le Saint Sacrement, il pouvait être ravi en extase ; un témoin le vit un jour avec l’Enfant-Jésus dans les bras ; Bernardo communiait chaque jour, ce qui était très rare pour l’époque, mais il ne pouvait pas faire autrement.

On signale qu’un jour, en plein réfectoire, où il mangeait humblement, à genoux, un croûton de pain sec, Notre Seigneur lui apparut, l’encouragea doucement et lui donna à manger un morceau de pain après l’avoir imbibé du Sang de son Côté : Bernardo en ressentit un délicieux réconfort.

Une autre fois qu’il lui avait échappé un mot un peu vif envers un confrère, il lui demanda pardon, partit à la cuisine et, avec un tison de la cheminée, se brûla la lèvre fautive.

On venait à lui en toutes situations difficiles. Il réconforta si souvent les futures mères et leur annonça un heureux accouchement, qu’on le surnomma le protecteur des jeunes mamans.

De l’humour aussi : à une dame qui se plaignait de son mari, il conseilla de raccourcir un peu la langue, et tout s’arrangerait.

On pourrait raconter encore une foule de manifestations où la prière de Bernardo fut exaucée de façon vraiment extraordinaire, mais cette notice ne finirait pas.

Mais Bernardo eut à subir des humiliations de la part de certains Franciscains, particulièrement d’un qui espérait être élu gardien, et qui ne fut pas choisi, suite à l’intervention de Bernardo. Le non-élu le lui fit bien payer : quand Bernardo fut de passage dans son couvent, il le fit agenouiller devant tout le monde en pénitence, au pain et à l’eau. Il lui reprocha d’être trop souvent à l’église et pas assez à la cuisine, ce qui était matériellement vrai, mais Bernardo se permit de répondre que les Frères ne manquaient de rien et n’avaient pas motif de se plaindre. Ensuite, tout en pardonnant les reproches non mérités, il alla se brûler les lèvres, pour se punir d’avoir répondu. Dans un autre couvent où cette persécution l’avait précédé, on l’obligea à se présenter au réfectoire avec un récipient sale attaché au cou. Bernardo avala l’humiliation sans rien dire.

Il s’éteignit le 12 janvier 1667, son dies natalis au Martyrologe. D’autres miracles advinrent ce jour-là et les suivants ; fra Bernardo apparut à plusieurs personnes en leur disant Je vais au Paradis !

Il fut béatifié en 1768 et canonisé en 2001.

 

 

Marguerite Bourgeoys

1620-1700

 

Sixième des douze enfants d'Abraham Bourgeoys et de Guillemette Garnier, Marguerite naquit à Troyes en Champagne (France), le Vendredi Saint 17 avril 1620. Baptisée le jour même, elle grandit dans un milieu chrétien et de bonne bourgeoisie.

A dix-neuf ans elle perdit sa mère. L'année suivante, le dimanche 7 octobre 1640, lors d’une procession en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire, la vue d'une statue de la Vierge, la pénétra profondément : elle irait se retirer du monde pour se consacrer au service de Dieu. Désormais elle se consacrera sans retour à chercher et suivre la volonté de Dieu sur elle.

Elle pensa entrer au Carmel, puis chez les Clarisses, mais on la refusa.

Elle s'inscrivit dans une congrégation de jeunes filles pieuses et charitables, vouées à l'enseignement des enfants des quartiers pauvres de Troyes. En 1643, elle fera le vœu de chasteté perpétuelle.

Lorsqu'elle apprendra la fondation de Ville-Marie (Montréal) en Canada, elle percevra un premier appel à la vie missionnaire, appel qui se précisera en 1652, lors d'une rencontre avec le Sieur de Maisonneuve, fondateur et gouverneur en Nouvelle-France, qui recherchait une institutrice laïque pour donner gratuitement des leçons aux enfants français et indiens. Justement, la Sainte Vierge elle-même lui apparut et confirma sa vocation : Va, je ne t'abandonnerai pas, lui dit-elle.

Sans attendre, Marguerite quitta Troyes en février 1653, dans le dénuement le plus complet.  Dès la traversée, on l’appela la Sœur Bourgeoys pour son dévouement auprès des malades (une épidémie emporta huit passagers). Elle aborda à Montréal le 16 novembre suivant et se mit à l'œuvre sans attendre, devenant l'âme de la colonie qui, peu à peu, reprit vie. On la considéra à juste titre comme co-fondatrice de Montréal, avec Jeanne Mance, l’infirmière, et Maisonneuve, le maître d'œuvre.

Pour stimuler la piété des colons, elle fit relever la Croix du Mont-Royal abattue par des Indiens ennemis ; elle entreprit la construction d'une chapelle dédiée à Notre-Dame de Bon Secours. Convaincue de l'importance des familles dans l'édification de ce pays nouveau, elle perçut le rôle prépondérant des femmes et mit tout en œuvre pour les former. En 1658, dans une étable que lui céda le gouverneur, elle ouvrit la première école à Montréal : comme pour le Christ, l’œuvre commençait dans une étable…

Puis elle fonda une congrégation de laïques, inspirée de celle de Troyes, mais adaptée aux nécessités nouvelles, pour répondre aux besoins des femmes et des jeunes filles dont l'ignorance religieuse et profane risquerait de compromettre la bonne éducation des enfants et l'avenir de la colonie. A partir de 1659, elle accueillit les filles recrutées par les curés de France ou dotées par le Roi pour venir se marier à Montréal, se comportant à leur égard comme une véritable mère. Ainsi naquit un système scolaire et se tissa un réseau d'œuvres sociales qui, peu à peu, s'étendront à tout le pays, ce qui vaudra à Marguerite le titre de Mère de la Colonie et de co-fondatrice de l'Eglise au Canada.

Trois fois, elle repassa en France pour y chercher de l'aide. Depuis 1658, le groupe des institutrices qui l'avait suivie dans sa vie de prière, d'héroïque pauvreté et d'inlassable dévouement au service du prochain, prit l'aspect d'un véritable institut religieux, s'inspirant de la vie voyagère de Marie et, par conséquent, non cloîtré : une innovation pour l'époque, car on ne voyait les Religieuses que cloîtrées ; ce fut le cas aussi pour la Visitation, fondée par saint François de Sales.

Les souffrances inhérentes à une telle fondation ne furent pas épargnées à celle qui en avait pris l'initiative. L’approbation de constitutions eut des péripéties : Marguerite fit le voyage exprès à Paris où l’évêque de Laval était en déplacement et qui la reçut fort mal. Elle dut revenir à Montréal très déçue et très mortifiée.

Marguerite pensait se décharger de la direction de l’Œuvre. Nouveau malheur : les deux Religieuses auxquelles elle pensait, moururent dans l’incendie de leur maison. En plus, l’évêque était d’avis de fusionner l’Institut avec celui des Ursulines. Marguerite dispersa les Religieuses dans les autres maisons, se réfugia dans la petite étable du début, et songea à reconstruire. Et voilà que le nouvel évêque demanda des Religieuses pour Québec !

Vers 1689, une nouvelle épreuve s’abattit sur la maison : une des Sœurs avait des «révélations» des Ames du Purgatoire : Mère Bourgeoys était en état de péché mortel. L’imposture fut découverte, mais seulement quatre ans plus tard.

L'œuvre progressait malgré tout : après avoir reçu sa charte civile de Louis XIV en 1671, et une première approbation de vie commune en 1676, la Congrégation de Notre-Dame reçut enfin l'approbation de ses Constitutions religieuses en 1698. L’évêque aura dû venir jusqu’à Paris et discuter avec le supérieur de Saint-Sulpice pour se convaincre des intentions de Marguerite.

Les Sœurs purent enfin émettre leurs vœux publics, et Marguerite prit le nom de Sœur du Saint-Sacrement.

L'étape de la fondation ainsi franchie, Sœur Bourgeoys avait accompli sa mission : quarante sœurs étaient là pour continuer son œuvre.

La Fondatrice mourut à Montréal, le 12 janvier 1700, en grande réputation de sainteté, après avoir offert sa vie pour la guérison d'une jeune sœur.

L'action éducative et apostolique de Marguerite Bourgeoys se perpétue grâce à l'engagement de ses filles. Plus de deux mille six-cents sœurs de la Congrégation de Notre-Dame œuvrent dans les champs d'activité les plus divers : de l'école au Collège ou à l'Université, de la promotion sociale à la pastorale familiale, paroissiale ou diocésaine. On les retrouve au Canada, aux Etats-Unis, au Japon, en Amérique Latine, au Cameroun, et tout récemment en France.

Marguerite Bourgeoys a été béatifiée en 1950 et canonisée en 1982. Elle est la première Sainte du Canada.

 

 

Les 84 Martyrs d’Avrillé

† 1794

 

Il y eut un Martyr le 12 janvier (ci-après), quatre le 18 janvier, quarante-sept le 1er février, six le 10 février, vingt-six le 16 avril. Le décret de béatification embrasse quinze autres Martyrs de la même époque, mais pas de la même localité.

 

On lira avec quelque utilité la notice générale Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Antoine Fournier

1736-1794

 

Ce laïc était né le 26 janvier 1736 à La Poitevinière (Maine-et-Loire).

Il était marié. C’était un artisan.

Il fut massacré par les troupes révolutionnaires à Avrillé (Maine-et-Loire), le 12 janvier 1794.

 

Voir la notice : Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Pierre-François Jamet

1762-1845

 

Il naquit le 12 septembre 1762 à Frênes (Orne) de Pierre Jamet et Marie-Madeleine Busnot, de bons paysans aisés qui, de leurs neuf enfants, en eurent trois prêtres et une religieuse.

Après ses études secondaires, Pierre-François étudia la philosophie et la théologie à Caen, puis entra au séminaire des pères Eudistes en 1784.

Ordonné prêtre en 1787, il fut nommé en 1790 aumônier des Religieuses du Bon Sauveur.

Durant la Révolution, il continua son ministère dans la clandestinité et, après la tourmente, restaura l’institut des mêmes Religieuses, au point qu’elles l’appelèrent leur second fondateur.

En 1815, nouvelle expérience : il donna des leçons à deux jeunes filles sourdes ; à cette époque, ces handicapés étaient considérés comme malades mentaux, et laissés pour compte ; l’abbé Jamet, après avoir consulté à Paris les spécialistes de l’époque, mit peu à peu au point sa propre méthode originale pour l’enseignement des sourds, utilisant le langage des mains ; il présenta son travail à l’Académie des Sciences de Caen.

En 1816, il ouvrit une dépendance du Bon Sauveur pour les sourds-muets.

De 1822 à 1830, il sera en même temps recteur de l’université de Caen.

Pierre-François Jamet mourut le 12 janvier 1845, et fut béatifié en 1987.

 

 

Eustachio Pucci

1819-1892

 

Deuxième des sept enfants de pieux parents, Eustachio naquit le 16 avril 1819 à Poggiole di Vernio (Florence, Italie).

Il apprit vite à aimer l’église et la sacristie, où son père remplissait les fonctions de sacristain. Puis le curé lui enseigna le latin.

Eustachio voulait entrer dans l’Ordre des Servites et son père s’y opposa longtemps, mais l’adolescent gagna et entra au couvent de Florence en 1837, y prit l’habit et le nom de Antonio Maria.

En 1843, il fut ordonné prêtre.

Il n’eut qu’un poste : Viareggio, où il fut d’abord vicaire pendant trois ans, puis curé pendant… quarante-six ans. Cette longue présence semble aujourd’hui exagérée, mais un saint prêtre comme Antonio ne s’attachait pas à sa paroisse de façon humaine : il cherchait le salut des âmes, et il ne négligea aucun moyen pour atteindre son but sacerdotal.

A cela s’ajouta sa nomination comme supérieur des Servites en 1859, et provincial de 1884 à 1890.

Le curatino (petit curé), comme l’appelaient gentiment ses braves paroissiens, développa dans sa paroisse un zèle remarquable, doublé d’un profond esprit d’organisation. Outre sa générosité instinctive qu’il mit amplement à la disposition des victimes du choléra en 1854, 1855 et 1884, il organisa une véritable Action Catholique avant la lettre, pour tous les âges ; il institua ainsi plusieurs associations : pour les jeunes, la Compagnie de Saint-Louis ainsi que la Congrégation de la Doctrine Chrétienne, pour les dames la Congrégation des Mères Chrétiennes, et pour les adultes il réorganisa la Douce Compagnie de Notre Dame des Douleurs.

En 1853, il fonda une institution pour l’éducation des jeunes filles, les Sœurs «mantellate» Servites de Marie, et une autre pour les enfants malades pauvres, qui fut le premier hôpital marin.

En outre, il introduisit les Conférences de Saint-Vincent-de-Paul et les œuvres missionnaires.

Mais le curatino n’était pas un activiste. Son intense vie intérieure était la base de ses activités. On le vit en état de lévitation durant la Messe, il eut des extases, on lui attribuait déjà des guérisons miraculeuses…

Il célébra la Messe la dernière fois pour l’Epiphanie C’est en accomplissant héroïquement un ultime devoir de charité, qu’il acheva cette longue vie sacerdotale : il secourut un malade lors d’une forte tempête et fut frappé de pneumonie foudroyante, le 12 janvier 1892.

Béatifié en 1952, il fut canonisé en 1962.

Francisco Salamanca Bujalance

1875-1939

 

Francisco Salamanca Bujalance naquit le 8 décembre 1875 à Baena (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 12 janvier 1939 à Villanueva de Córdoba.

Francisco Salamanca Bujalance sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 12 janvier.

 

 

Nicolas Bunkerd Kitbamrung

1895-1944

 

Quel est le nom exact de ce Thaïlandais ? On trouve Nicolas, Nikholas, Nikola ; Benedikto Chunkim, Benedikto Xunkim ; Kitbamrung, Krisbamrung…

Bunkerd naquit le 11 (ou le 31) janvier 1895 (on renoncera au 28 février puisqu’il fut baptisé le 5 février) à Sam Phran (Nakhon Pathom, Thailande), de parents convertis au Catholicisme, Joseph Poxang et Agnes Thiang Kitbamrung, qui eurent six enfants. 

Il fut baptisé par un prêtre des Missions Etrangères de Paris, et reçut le nom de Nicolas.

Il entra à treize ans au Petit séminaire de Hang Xan, puis en 1920 au Grand séminaire de Malaisie. Ses résultats furent excellents ; de caractère, il se montrait un peu têtu. La testardise dans l’erreur peut être problématique, mais dans le bien, elle engendre une persévérance fructueuse. C’est ce qui arriva.

Ordonné prêtre en 1926, il exerça le ministère sacerdotal dans le nord et le nord-est du pays, à Bang Nok Khuek, Phitsanulok, Chiangmai, Lampang, Khorat, Non Kaeo. Il eut l’occasion de rencontrer les Salésiens à leur arrivée en Thailande (1927), et les aida à étudier la langue, en même temps qu’à enseigner le catéchisme.

De son côté, il s’attacha à étudier le Chinois.

Successivement, entre 1930 et 1937, il fut chargé d’évangéliser le nord du pays, jusqu’au Laos ; il travailla énergiquement à ramener à la foi des Catholiques renégats dans le nord du pays, jusqu’en Birmanie, au-delà des fleuves et des montagnes.

En 1937, c’était sa quatrième mission, en tant que curé à Khorat et il poursuivit son activité malgré la malveillance d’un gouvernement qui considérait les Catholiques comme des gens «non patriotiques», étant liés aux missionnaires français, donc «ennemis».

Lors des conflits entre la France et l’Indochine, Nicolas fut accusé faussement d’espionnage en faveur de la France.

Au matin du 12 janvier 1941, il sonna la messe du dimanche : il fut pour ce motif arrêté et condamné à quinze ans de prison.

Dans la prison de Bang Khwang, il ne se contenta pas de compter les jours et les mois ! Sans perdre de temps, il annonça la Bonne Nouvelle à ses camarades de cellule et en baptisa jusqu’à soixante-huit !

N’ayant pas le bréviaire avec lui, il priait le chapelet.

Les pénibles conditions de vie dans la prison lui causèrent la tuberculose. On l’avait mis exprès au milieu des malades pour le contaminer. Il fut finalement abandonné dans un hôpital, mal, ou même pas soigné, en raison de son catholicisme.

Avant de mourir, il exprima son pardon envers ses détracteurs et persécuteurs.

Trois ans après son arrestation, Nicolas mourut à Tomhom (Bangkok) le 12 janvier 1944.

L’Eglise a reconnu son martyre : c’est le premier Martyr thaïlandais.

Il a été béatifié en 2000.

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11 janvier 2021 1 11 /01 /janvier /2021 00:00

11 JANVIER

 

II.

S Hygin, pape (138-142) : grec d’origine, peut-être à l’origine des ordres mineurs.

S Leucius, premier évêque à Brindes, venu d'Egypte, thaumaturge.

III.

S Salvius, martyr en Afrique.

IV.

S Petrus Balsamus, martyr à Aulone, crucifié.

S Tipasius, soldat romain, martyr à Tigava.

V.

S Théodose, anachorète puis abbé à Rhosus.

Ste Honorata, vierge à Pavie, sœur de l’évêque Epiphanius.

?

S Alexandre, évêque à Fermo et martyr.

Ss Pierre et Leuce, à Alexandrie.

VI.

S Théodose le Cénobiarque, supérieur des cénobites près de Jérusalem ; il y avait dans la communauté trois églises, pour les lectures en grec, arménien et slave ; il mourut à cent-cinq ans.

S Anastase, romain, moine au maont Soratte.

S Béadan, irlandais, abbé en Gaule.

VII.

S Vital, moine à Gaza : pour convertir des prostituées, il leur apportait le gain de son travail et les invitait à se convertir, leur demandant le silence là-dessus ; à sa mort les nombreuses prostituées converties lui rendirent témoignage.

IX.

S Paolino, grand ami de Alcuin et évêque (patriarche) à Aquilée.

XV.

B Bernardo Scammacca, dominicain à Catane ; il voulut expier une jeunesse agitée qui s’était achevée par une grave blessure au cour d’un duel.

XVI.

B William Carter, martyr en Angleterre, pendu à Tyburn, béatifié en 1987.

XVII.

Bx Ioannes Hattori Jingorō et son fils Petrus de cinq ans ; Michaël Mitsuishi Hikoemon et son fils Thomas de douze ans, laïcs japonais martyrs, béatifiés en 2008.

XVIII.

S Francesco Antonio Placidi (Tommaso) de Cori, berger, puis franciscain à Viterbe, Velletri, Orvieto, Civitella ; béatifié en 1786, canonisé en 1999.

XIX.

Bse Ana María Janer Anglarill, fondatrice espagnole des Sœurs de la Sainte Famille de Urgell, béatifiée en 2011.

XX.

B Franciszek Rogaczewski (1892-1940), prêtre polonais fusillé près de Gdansk, béatifié en 1999.

Hyginus

† 142

 

Saint Hygin est le neuvième pape, succédant à saint Télesphore.

Les dates de cette période restent incertaines, et Hyginus aurait été pontife entre 135 et 138, pour d’autres de 138 à 142.

Son nom suggère qu’il était grec d’origine.

Il affronta l’hérétique gnostique Valentin, lui opposant la douceur de ses arguments, mais mourut sans voir l’heureuse fin de ses efforts.

D’après le Liber pontificalis, il ordonna sept évêques, quinze prêtres et cinq diacres. Il a peut-être institué les ordres mineurs.

Il mourut (ou fut inhumé) le 11 janvier 142, près de saint Pierre au Vatican, ayant peut-être subi le martyre, à moins qu’on lui ait donné le titre de Martyr pour avoir souffert durant cette difficile période de persécutions.

Son successeur fut saint Pie 1er.

 

 

Leucius de Brindes

2e ou 4e siècle

 

On vénère traditionnellement Leucius comme le premier évêque de Brindes (Pouilles, Italie SE).

Il serait né en Alexandrie d’Egypte où, élevé dans le christianisme, il aurait déjà accompli de nombreux miracles.

Venu en Italie, il y fonda l’Eglise de Brindes, reçut le sacerdoce, puis l’épiscopat.

Certes, l’Eglise de Brindes est très ancienne. Et si Leucius y reçut l’ordination, c’est qu’un évêque s’y trouvait déjà à son arrivée. On n’a pas de réponse à cette question.

On attribue à Leucius la construction d’une église en l’honneur de Notre Dame et une en l’honneur de s.Jean-Baptiste.

De nombreux idolâtres se convertirent alors que, par sa prière, il obtint une pluie abondante qui mit fin à une longue sécheresse.

Saint Leucius est commémoré le 11 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Salvius en Afrique

3e siècle

 

On peut se fier à la sincérité de s.Augustin au sujet du martyre de Salvius.

Le saint Docteur, dans une homélie, fait allusion à ce qu’il a déjà dit dans un discours précédent, au sujet du martyr Salvius, en son dies natalis.

Malheureusement, le discours en question est perdu. L’on ne connaît donc rien sur la personnalité du Martyr, les circonstances et le lieu de sa mort.

S.Augustin mourut en 430. S’il a prononcé son discours le jour-même de la mort de Salvius, ce dernier a pu mourir au début du cinquième siècle ou à la fin du quatrième. Mais si Augustin s’exprima au jour anniversaire, Salvius a pu très bien être martyrisé dès le troisième siècle, par exemple lors de la persécution de Dèce (250), comme le suggère le Martyrologe.

Saint Salvius (de Carthage ?) est commémoré le 11 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Petrus Balsamus

† 291

 

Malgré un bon nombre de petites variantes sur des détails, les témoignages concordent sur ce célèbre Martyr.

Balsamus ne serait qu’une des formes de son surnom, orthographié aussi Anselanus, Abselamus, Abesalamites…

Originaire d’Eleutheropolis (Palestine), il aurait été arrêté à l’époque de l’empereur Maximin († 238), ou de Dioclétien († 311), à Aulone (Aulana, Samarie) et d’abord soumis par le gouverneur Severus (ou Firmilianus) à un interrogatoire, dont voici quelques extraits :

- Du nom de mon père, je m’appelle Balsamus ; au baptême j’ai reçu le nom de Petrus.

- (sur son pays et sa famille) : Je suis chrétien.

- Il est une loi du roi éternel, d’après laquelle quiconque sacrifie aux démons, périra.

- Je ne puis jamais me déterminer à sacrifier à des dieux de bois et de pierre.

Severus fit étendre Petrus sur le chevalet. Petrus : Je t’ai déjà dit que je ne sacrifie qu’au Dieu pour lequel je souffre.

Les tourments s’amplifièrent. Petrus se mit à chanter le psaume : J’ai demandé une chose à mon Seigneur, et celle-là seulement : d’habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie (Ps 26:4).

On appela d’autres bourreaux, moins fatigués que les premiers ; la foule invitait Petrus à s’épargner ces tourments.

Severus décida finalement de faire clouer Petrus sur une croix. Les auteurs ne sont pas unanimes dans la description du supplice final : croix ? feu ? croix puis feu ?

Le texte du Martyrologe mentionne Petrus Apselamus ou Balsamus, mort sous Maximin, et par le feu, à Césarée de Palestine, en 309.

Saint Petrus Balsamus est commémoré le 11 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tipasius à Tigava

4e siècle

 

Tipasius était un soldat romain chrétien.

Mis en congé, il gagna la Maurétanie pour y mener la vie d’un ascète.

L’empereur Maximien le rappela cependant avec d’autres vétérans pour combattre les Maures, mais Tipasius refusa de participer à un rite païen.

Comme il avait annoncé courageusement à l’empereur plusieurs victoires dans les prochains jours, Maximien ne le fit pas décapiter, mais le mit aux arrêts. La victoire obtenue, Maximien le libéra avec les félicitations officielles. Tipasius retourna à sa vie solitaire.

Sous la persécution de Dioclétien, Tipasius fut de nouveau rappelé, mais il refusa franchement et, pour ce motif, fut traduit devant le gouverneur de Maurétanie, Claudius. On le fit passer de ville en ville, couvert  de liens et de chaînes : sur son passage, des miracles se produisirent, au point que Claudius pensa le libérer, mais sur l’insistance des officiers païens (et jaloux), il le soumit à un ultime interrogatoire, et ordonna de la décapiter en-dehors de la ville de Tigava.

Saint Tipasius de Tigava est commémoré le 11 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Honorata de Pavie

5e siècle

 

S.Epiphanius (v. 21 janvier) avait quatre sœurs, Speciosa, Luminosa, Liberata et Honorata.

Epiphanius remit le voile à Honorata et elle fit partie du couvent Saint-Vincent de Pavie.

Ce couvent fut l’objet du pillage auquel Odoacre soumit la ville de Pavie en 476.

Luminosa et Honorata furent faites captives et Epiphanius s’employa à les racheter, ainsi que bon nombre d’autres captifs.

Après la mort de Luminosa, Honorata passa ses dernières années dans les bonnes œuvres et s’endormit vers 500.

Sainte Honorata est commémorée le 11 janvier dans le Martyrologe Romain.

Théodose le Cénobiarque

423-529

 

Les dates ici indiquées sont bien confirmées par beaucoup de témoignages : Théodose mourut plus que centenaire, sans le secours des moyens thérapeutiques que nous connaissons aujourd’hui.

Il naquit en 423 à Garissus (Cappadoce, actuelle Turquie), de pieux parents qui lui donnèrent les premiers exemples d’une vie vraiment chrétienne.

Après qu’il eut étudié la Parole de Dieu, il fut ordonné lecteur. Puis, comme Abraham, il quitta son pays, sa famille, parents et amis, et se rendit à Jérusalem.

En chemin, il visita Siméon le Stylite (v. 27 juillet) qui prophétisa : Théodose, homme de Dieu, sois le bienvenu, lui prédisant alors sa glorieuse destinée comme chef d’un nombreux troupeau.

Théodose visita les saints Lieux, puis alla se mettre sous la conduite d’un pieux vieillard nommé Longin. Celui-ci lui fit rencontrer une sainte dame, qui lui proposa de présider aux offices de l’église dont elle s’occupait, mais Théodose craignit la vanité et alla s’installer dans une grotte où, pendant trente ans, il ne mangea pas une miette de pain, prenant ce qu’il trouvait : herbes sauvages, dattes, légumes.

Des disciples vinrent lui demander de les aider ; cinq, six, bientôt beaucoup plus. Sa première leçon était qu’il fallait constamment penser à la mort. Il fit creuser une grande fosse, là où serait leur cimetière, et demanda lequel d’entre eux voulait l’inaugurer. Un certain Basile vint s’agenouiller et lui demander sa bénédiction ; Théodose fit célébrer l’office des troisième, neuvième et quarantième jours pour les défunts, et Basile mourut effectivement, quoique paraissant en parfaite santé. C’est une occasion ici de remarquer qu’en ce cinquième siècle, existait déjà la prière pour les morts, trois, neuf et quarante jours après le décès.

Un autre miracle accrut encore l’autorité de Théodose. Une veille de Pâques, les vivres vinrent à manquer totalement, même le pain pour l’Eucharistie. Théodose fit prier, et deux mulets apportèrent de quoi subvenir à la communauté jusqu’à la Pentecôte (donc pour cinquante jours).

Les vocations se multipliant, on construisit un monastère non loin de Bethléem. On y remarquera le sens de l’organisation de Théodose. Il y eut trois infirmeries (pour les malades, pour les personnes âgées et pour les déments), puis une hôtellerie pour les hôtes de passage ; on éleva quatre église : trois pour les offices dans les langues grecque, slave, arménienne, où l’on célébrait la messe des catéchumènes ou liturgie de la parole ; la quatrième était pour les «pénitents» ; la Messe proprement dite se célébrait ensuite dans l’église grecque.

On vivait du travail manuel, dans le plus profond silence fraternel et le dévouement charitable.

Théodose devenait ainsi cénobiarque, chef des cénobites, tandis que non loin de là vivait Sabas, chef des ermites (v. 5 décembre), et grand ami de Théodose, qu’il recevait régulièrement.

Tous deux, Théodose et Sabas, se déclarèrent résolument contre les erreurs dogmatiques des eutychiens et des acéphales. Un jour à Jérusalem, Théodose déclara solennellement : Quiconque ne reçoit pas les quatre conciles généraux comme les quatre évangiles, qu’il soit anathème ! Ce courage fit que d’abord une femme malade guérit aussitôt après avoir touché le vêtement de Théodose, puis valut à l’abbé l’exil : l’empereur impie mourut peu après et Théodose put bientôt revenir parmi les siens.

Théodose était d’une profonde humilité. Il se jeta un jour à genoux devant deux moines qui se disputaient, jusqu’à ce qu’ils se réconciliassent. Une autre fois, un moine en était venu à excommunier l’abbé lui-même : Théodose se soumit humblement, ce qui provoqua la honte, et la conversion du moine fautif.

Les dernières années de sa vie, Théodose souffrit d’une douloureuse maladie, qu’il supporta très patiemment, refusant de demander à Dieu un adoucissement de ses souffrances, ce qui serait une marque d’impatience et lui enlèverait sa couronne.

Il mourut le 11 janvier 529, à cent-cinq ans.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Théodose au 11 janvier.

 

 

Paolino d’Aquilée

730-802

 

On a récemment situé son lieu de naissance à Premariacco (Frioul, Italie NE), vers 730, de parents qui pouvaient être lombards.

Extrêmement instruit, il fut grammaticæ magister, et d’une telle célébrité que Charlemagne, en 776, lui donna une terre en Lombardie.

Dans les années 80, on le voit dans le cercle des dignitaires de la cour de l’empereur, et le théologien Alcuin ne cache pas son admiration pour lui, le qualifiant de Timothée, ou bien de Lux patriæ. L’estime, d’ailleurs, était tout-à-fait réciproque. De la correspondance entre eux deux, il ressort qu’Alcuin considérait Paolino comme son père, et Paolino mettait toute sa confiance dans la science théologique d’Alcuin.

En 787, Paolino fut nommé patriarche d’Aquilée, ce qui pourrait légitimement faire supposer qu’il était déjà prêtre, en tout cas il se fit violence pour accepter cette charge pastorale.

Il fut vraiment dès lors la Lumière de l’Eglise. A l’intérieur de son diocèse, il veilla au maintien de la doctrine et à une juste discipline ecclésiastique. En 791, un concile régional renouvela la condamnation du nestorianisme.

A l’extérieur, il participa à beaucoup de conciles tenus à Aix-la-Chapelle, Regensburg, Francfort. Il fut même légat pontifical. Au concile de Francfort de 794, il s’illustra dans la condamnation des erreurs d’Elipando de Tolède et de Felice d’Urgell sur l’adoptianisme. Un ouvrage de Paolino contre ce dernier lui valut le qualificatif d’inclytus auctor, auteur célèbre.

Parmi les écrits poétiques de Paolino, on signalera le fameux Ubi cáritas est vera, Deus ibi est, qui se chante encore le Jeudi Saint, au moment du Lavement des pieds.

Les documents anciens attestent les miracles qui eurent lieu du vivant de Paolino, mais aussi après sa mort.

Paolino mourut le 11 janvier vers 802, à Cividale del Friuli.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Paolino le 11 janvier.

Bernardo Scammacca

1430-1487

 

Bernardo vit le jour en 1430 à Catane (Sicile) ; son père était de la noble famille des Scammacca, sa mère de celle des Rubeis.

Son éducation fut chrétienne assurément, mais Bernardo glissa peu à peu dans la double vie et dans les graves désordres du plaisir.

Il en vint un jour à se battre en duel avec le fils du vice-roi de Sicile ; il en reporta une si grave blessure à la jambe, qu’il fut immobilisé un certain temps.

Un revers, un accident, sont souvent l’occasion de réfléchir. Bernardo comprit ses erreurs et voulut les réparer. Dès qu’il put marcher, il alla frapper à la porte des Dominicains. C’était en 1452.

Dans l’ombre et le silence du couvent, il voulut expier ses fautes, dans la prière et la mortification, le jeûne et les privations de toutes consolations humaines ; il pleurait continuellement ses excès de jeunesse. Cette montée dans la voie de la sainteté l’illumina et l’on vint lui demander conseil. Il avait une soif particulière pour la conversion et le salut des âmes tombées dans le péché.

Bernardo fut élu prieur de son couvent, puis à Palerme, enfin vicaire pour toute la Sicile. Effacé autant qu’il le put durant sa vie conventuelle, il le fut aussi dans la sépulture commune de son Ordre. Il mourut le 11 janvier 1487.

Les miracles, cependant, illustrèrent l’humble Dominicain. Quand on voulut procéder à la reconnaissance de son corps, un parfum céleste se dégagea de la tombe et les cloches se mirent à sonner toutes seules. Le corps de Bernardo était intact, et l’est resté.

Son culte fut confirmé en 1825.

Le Martyrologe Romain mentionne le bienheureux Bernardo Scammacca au 11 janvier.

 

 

William Carter

1548-1584

 

William (Guillaume) naquit en 1548 à Londres, de John Carter, un marchand de tissus, et de Agnes.

De 1563 à 1573, William fut apprenti chez un imprimeur, puis fut secrétaire de Nicholas Harpsfield, le dernier archidiacre de Canterbury, qui fut bientôt mis en prison.

Il se maria et ouvrit une imprimerie, sous le nom de Johannes Bogardi, et établissant ses publications à Douai, pour tromper la surveillance des autorités anglaises.

Il publia des livres catholiques, parmi lesquels une édition de mille exemplaires de A Treatise of Schism (Gregory Martin), qui lui valut l’arrestation à Poultry Counter en septembre-octobre 1578, et la prison à Gatehouse.

On chercha aussi à extorquer des informations de son épouse, qui était terrorisée. Cette femme mourut peu après, durant la prison de son époux.

En 1582, William fut transféré à la Tour de Londres, où il paya ses repas de sa poche, jusqu’en été.

On le tortura sur le chevalet.

Dans le livre en question, était écrit que la foi catholique triompherait ; il était rappelé aussi que Judith avait tué Holopherne (cf. Livre de Judith) ; ce paragraphe fut interprété comme une incitation à l’assassinat de la reine, ce qui n’avait évidemment jamais été l’intention des Catholiques. En quinze minutes, la cour de Old Bailey décida de la culpabilité de William et de sa condamnation à mort.

William fut exécuté à Tyburn le 11 janvier 1584, et fut béatifié en 1987.

 

 

Michaël Mitsuishi Hikoemon

1559-1609

Thomas Mitsuishi

1597-1609

 

Michaël était un laïc né vers 1559 à Yatsushiro (Kumamoto, Japon).

Son petit garçon, Thomas Mitsuishi, était né vers 1597. Il avait donc douze ans.

Ils furent tous deux martyrisés au cours cette longue vague de persécution, à Yatsushiro (Kumamoto), le 11 janvier 1609.

Ils furent béatifiés parmi cent quatre-vingt huit Compagnons, en 2008.

 

Voir la notice Japonais Martyrs 1603-1639

 

 

Ioannes Hattori Jingorō

1570-1609

Petrus Hattori

1604-1609

 

Ioannes était un laïc né vers 1570 à Muro (Nara, Japon).

Il était marié.

Son petit garçon, Petrus Hattori, était né vers 1604. Il avait donc environ cinq ans.

Ils furent tous deux martyrisés au cours de cette longue vague de persécution, à Yatsushiro (Kumamoto), le 11 janvier 1609.

Ils furent béatifiés parmi cent quatre-vingt huit Compagnons, en 2008.

 

Voir la notice Japonais Martyrs 1603-1639

 

 

Francesco Antonio Placidi

1655-1729

 

Né le 4 juin 1655 à Cori (Latina, Latium, Italie C), ce futur franciscain reçut prophétiquement les noms de Francesco et Antonio ; il fut orphelin de ses deux parents à quatorze ans.

Il voulait entrer dans le monastère des Franciscains de son village natal, mais il préféra attendre que ses deux jeunes sœurs fussent établies.

Après le mariage de celles-ci, il se présenta chez les Frères Mineurs Franciscains, à vingt-deux ans. On l’envoya faire le noviciat à Orvieto, où il prit le nom de Tommaso.

Ordonné prêtre en 1683 à Velletri, il fut immédiatement nommé vice-maître des novices. Puis il fut envoyé dans les environs de Subiaco, où ses excellentes prédications (ainsi que ses miracles) lui valurent le surnom d’apôtre de Subiaco. Il resta parfois dans le confessionnal du matin au soir, sans manger. On l’appelait au chevet des malades et des mourants ; il savait réconcilier les ennemis ; sa prière obtenait des guérisons, la multiplication du pain…

Voulant appliquer la règle de la pauvreté dans son absolu, il n’accepta jamais d’honoraires de messe. Humble, il réussit à se faire piétiner par les Confrères à l’entrée du réfectoire. Patient, il supporta la sécheresse intérieure sans perdre la paix, ainsi qu’une douloureuse plaie à la jambe qui le tourmenta toute sa vie.

Insatisfait, il demanda à se retirer au couvent de Civitella (aujourd’hui Bellegra), pour une vie plus retirée encore et plus solitaire. Il s’y présenta en ces termes : Je suis Tommaso de Cori, et je viens pour devenir saint. C’est là qu’il mourra quarante ans plus tard. Entre autres, il eut comme disciple saint Teofilo de Corte (v. 19 mai).

L’obéissance l’obligera à quitter cette chère retraite pour être le gardien (c’est le nom que les Franciscains donnent à leur Supérieur) du couvent de Palombara, où il restera six années, y instaurant le même genre de retraite qu’à Bellegra. C’est lui qui écrivit les règles de ces deux couvents.

Les témoins de sa vie purent observer l’importance qu’il donnait au mystère de l’Eucharistie. Plusieurs fois il eut des extases durant la célébration de la Messe : lui apparurent l’Enfant Jésus, la sainte Vierge, saint François. Il n’avait pas une vie intérieure totalement tranquille, il eut ses moments de sécheresse, mais sa recherche de l’intimité avec la vie divine l’aida à passer ces quarante années de vie religieuse dans une apparente sérénité.

Nourri de cette vie, il était totalement ouvert aux nécessités des autres, aidant les pauvres, conseillant ses frères (on a de lui de nombreux billets et lettres), dans la plus grande simplicité franciscaine.

Il mourut le 11 janvier 1729.

Il a été béatifié en 1786, canonisé en 1999.

Il a été proclamé co-patron de la ville de Rome.

Ana María Janer Anglarill

1800-1885

 

Troisième de quatre enfants d’une famille très chrétienne, Ana María naquit le 18 décembre 1800 à Cervera (Lleida, Espagne).

C’est l’époque de l’invasion napoléonienne, et la petite Ana María connut très tôt ce qu’est la guerre, la privation, la faim, l’épidémie, la souffrance.

A dix-huit ans elle fit partie de la Fraternité de Charité de l’hôpital de Castelltort de Cervera, dont la mission des religieuses était l’assistance aux malades et aux pauvres, ainsi que l’enseignement et le catéchisme au Collège Royal.

Après sa profession, elle fut nommée maîtresse des novices et supérieure.

En 1833, l’hôpital devint hôpital militaire, à cause de la guerre carliste, et les religieuses furent expulsées en 1836. Ensuite, quand Carlos de Bourbon la rencontra, il lui confia la coordination de tous les hôpitaux de la zone carliste.

Les Consœurs acceptèrent et Ana María s’occupa des hôpitaux de Solsona, Berga, la Vall d’Ora et Boixadera. Les belligérants des deux côtés la reconnurent comme la Mère.

Malgré cela, cette Mère fut faite prisonnière avec trois autres Sœurs et elles durent s’exiler à Toulouse.

Elles purent revenir en 1844 à Cervera et Ana María y fut la directrice de la Maison de Charité : elle recevait les orphelins, les jeunes désœuvrés et les vieillards. Des cours furent aussi donnés aux petits enfants du bourg.

En 1859, l’évêque d’Urgell lui confia l’hôpital des pauvres de La Seu d’Urgell. C’est là qu’elle fonda l’Institut des Sœurs de la Sainte Famille d’Urgell, pour l’éducation chrétienne des enfants et des jeunes et pour l’assistance auprès des malades et des vieillards.

En 1860, l’évêque approuva les Règles et les Constitutions. La Maison de Charité de Cervera fut réunie à cet Institut.

A partir de 1863, s’ouvrirent jusqu’à vingt-trois maisons : Cervera, Tremp, Oliana, Sant Andreu de Palomar, Llívia, Les Avellanes… Les Religieuses furent reconnues officiellement comme maîtresses d’école.

Il y eut des périodes difficiles : en 1868, les religieuses furent dispersées par la révolution ; entre 1874 et 1880 il y eut des tensions internes, à cause de l’intervention trop personnelle d’un «directeur spirituel».

Le Chapitre général de 1880 élut Ana María supérieure générale. En 1883, elle fut élue vicaire et conseillère générale. Elle passa ses dernières années à Talarn, entourée d’élèves, de jeunes novices et professes.

Au moment de mourir, elle voulut être sur le sol, comme une pécheresse, par amour pour le Christ.

Elle mourut le 11 janvier 1885 à Talarn (Lleida), et fut béatifiée en 2011.

 

Le miracle retenu pour la béatification fut en 1951, grâce à l’intercession d’Ana María, la guérison instantanée, durable et totale d’une femme qui avait perdu complètement toute mobilité, et cela d’une façon que les médecins déclarèrent tout-à-fait inexplicable. Cette dame, après beaucoup d’épreuves familiales (décès et maladies, y compris l’accident mortel de son père renversé par un tramway), était frappée par une polyarthrose déformante, qui la réduisait peu à peu à l’immobilité complète sur un fauteuil roulant. Sur le conseil d’une des Religieuses, la malade commença la neuvaine à Ana María : comme elle ne savait pas lire, une compagne lisait la prière, demandant à Dieu, par l’intercession d’Ana María au nom de la malade, de pouvoir se déplacer seule et se débrouiller elle-même. On lui appliqua une relique d’Ana María. Le 9 juin 1951, cinquième jour de la neuvaine, une force irrésistible la poussa à se lever et à s’agenouiller ; elle se mit à proclamer : La Mère fondatrice m’a guérie. Désormais, la malade put se déplacer seule et rendre ses services aux autres.

 

 

Franciszek Rogaczewski

1892-1940

 

François naquit le 23 décembre 1892 à Lipinka (actuelle Cujavie-Poméranie, Pologne),

En 1918, il fut ordonné prêtre pour le diocèse de Gdansk.

Il exerça le saint ministère à Gdansk même, où les fidèles appréciaient ses conseils de confesseur.

Il est dit quelque part qu’il fut aussi à Paris en la paroisse du Christ-Roi, comme aumônier des ouvriers polonais, qui étaient nombreux à Paris ; mais cette information est-elle correcte ? Il semble qu’il n’y ait pas de paroisse du Christ-Roi à Paris ; le magnifique sanctuaire du même nom qui y fut construit ne fut achevé qu’en 1940 (et d’ailleurs lamentablement abandonné, vendu, détruit, laissant la place en 1977 à l’ensemble Les Immeubles du Panthéon).

De retour dans sa patrie peu avant le début de la Deuxième guerre mondiale, l’abbé Rogaczewski vécut l’invasion de son pays par les troupes nazies et fut arrêté dès le 1er septembre 1939.

Ce jour-là une rafle fit déjà trente-quatre victimes, âgées de deux à soixante-seize ans, dont huit brûlées vives ; quelques mois plus tard, trente-huit autres victimes furent exécutées ; personne ne pourra savoir exactement combien de victimes perdirent ensuite la vie dans ces circonstances ; on estime que soixante-dix pour cent des quelque cent-trente mille victimes du camp de Stutthof furent exécutées. L’horreur de ces souvenirs fait que la loi polonaise actuellement, ne permet pas aux enfants de moins de treize ans de le visiter.

Accusé pour son christianisme et pour son sacerdoce, l’abbé Rogaczewski fut beaucoup torturé, jusqu’à être fusillé dans ce camp de Stutthof, près de Gdansk, le 11 janvier 1940. Il venait de passer les quarante-sept ans.

Il a été béatifié en 1999.

 

Il y a un autre prêtre du même nom, mais Albert de prénom, mort à Buchenwald, dont la cause est aussi introduite.

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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 00:00

2e dimanche per annum - B

 

Après que nous avons revécu la naissance et l’enfance du Verbe de Dieu incarné, l’Eglise nous invite à écouter ce Verbe fait chair.

La première lecture nous présente le petit Samuel qui, docilement, selon le conseil du prêtre Eli, répond à Dieu : Parle, ton serviteur écoute. Il se met entièrement à la disposition de Dieu, sans retour en arrière, sans hésitation.

Durant toute sa mission sur terre, le Christ n’a fait que se soumettre à la volonté de Dieu, pour accomplir totalement le sacrifice que Dieu attendait de lui. On pourrait très bien dire que, le premier, le Christ a dit à son Père : Parle, ton serviteur écoute. Rappelons-nous que le verbe «obéir» vient tout droit du latin «obaudíre», écouter. Obéir, c’est écouter pleinement.

Ce qui précède ne veut pas pour autant dire que le Christ n’avait pas de volonté humaine propre. Parfaitement homme, Jésus-Christ avait sa volonté  humaine, qu’en homme parfait il soumit à la volonté divine. L’Eglise a combattu l’erreur du monothélisme lors du troisième concile de Constantinople (681).

 

*       *       *

Un mot sur le psaume 39 qui relie les deux lectures. David, entrevoyant le Messie, exprime l’offrande de celui-ci, exprimant à Son Père le don total de Sa Personne, Sa confiance tandis qu’Il se voit entouré d’ennemis.

Quand il dit Tu as ouvert mes oreilles, il exprime ce qu’on a dit plus haut : le Verbe incarné est prêt à écouter. Dans son épître aux Hébreux, saint Paul citera ce verset dans sa version grecque (Tu m’as façonné un corps, He 10:5-7).

Le Serviteur ajoute encore : Je ne retiens pas mes lèvres… J’ai dit ta vérité à la grande assemblée : David annonce là la vie publique du Christ et son enseignement.

 

*       *       *

La deuxième lecture n’a pas de rapport direct avec la première et avec l’évangile. C’est la reprise de la première épître aux Corinthiens, dont on a lu les cinq premiers chapitres l’an dernier à la même époque. 

La péricope d’aujourd’hui fait partie du chapitre 6, où Paul parle de la pénible situation matrimoniale de certains Corinthiens, même chrétiens. Nos traducteurs ont peut-être craint d’offenser certaines consciences et n’ont pas traduit littéralement les mots de Paul. 

Or l’Apôtre ne parle pas d’impureté, un mot ambigu qu’on ne sait pas bien expliquer ; il parle précisément, en revanche, de la fornication, un mot qu’on masque souvent dans nos cours de catéchèse et dans nos familles, dans nos collèges et dans nos lycées. Quelques allusions vagues, parfois ironiques en coin, permettent de supposer “quelque chose”, sans qu’on dise quoi, tandis qu’un discours franc, précis, honnête, aiderait notre jeunesse à savoir se bien comporter. 

Il n’est pas permis par Dieu de vivre une situation matrimoniale sans que le mariage soit d’abord prononcé ; là se trouve le péché de la fornication. A plus forte raison, Dieu ne permet pas une autre liaison matrimoniale en-dehors d’un mariage déjà contracté : c’est l’adultère. 

C’est là une doctrine qui peut sembler difficile à beaucoup de nos contemporains, mais nous avons tous dans le cœur ce sentiment d’une situation stable et fidèle dans le mariage. Ce qui manque à beaucoup, c’est la persévérance, l’humilité et le pardon pour reconnaître et pardonner les erreurs.

Saint Paul nous rappelle une grande vérité : Tout être qui reçoit le baptême du Christ fait désormais partie du Corps du Christ, il est comme ce greffon enté sur un arbre pour en recevoir la vie ; celui qui reçoit la Vie du Christ ne s’appartient plus à lui-même, il est une créature nouvelle. Si un homme veut alors s’unir à une femme dans le lien du mariage, pour accomplir la Loi de Dieu, ils doivent ensemble s’unir dans le Christ et, en Christ, ne plus faire qu’une chair - qui se manifestera dans l’enfant qui en naîtra ; cette doctrine remonte aux premiers versets de la Sainte Ecriture (Gn 2:24). 

Les exemples de saint mariage n’ont pas manqué tout au long des siècles, depuis Adam et Eve, à Abraham et Sara, Joachim et Anne, Joseph et Marie, le saint empereur germanique Henri et sa femme Cunégonde, jusqu’à ce couple romain des bienheureux Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi, béatifiés en 2001, et - encore tout récemment béatifié, le couple des parents de sainte Thérèse de Lisieux, les bienheureux Louis et Zélie Martin.

Ceux qui voudront lire le passage de saint Paul dans le texte, se rendront compte de la force des expressions de l’Apôtre, dont on évite même quelques versets dans la lecture publique. C’est peut-être prudent, mais c’est aussi regrettable de priver nos oreilles d’avertissements aussi solennels, autorisés, et salutaires.

Peut-être pourrions-nous ici répéter les paroles du jeune Samuel : Parle, ton serviteur écoute !

 

*       *       *

L’évangéliste saint Jean ne fait pas le récit du baptême de Jésus-Christ, déjà raconté par les autres évangélistes : nous avons lu cet épisode en saint Marc dimanche dernier. Aujourd’hui, nous lisons en saint Jean le témoignage de Jean-Baptiste, un témoignage “théologique” et messianique s’il en fut.

Jean-Baptiste voit arriver Jésus. Humainement parlant, il aurait pu recevoir son Cousin avec quelques marques d’affection - car ils ne s’étaient peut-être pas vus depuis leur naissance. Au contraire, Jean est très réservé, effacé ; et il nous livre cette phrase magnifique que, depuis, l’Eglise répète à chaque Messe : Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.

Dans l’Ancien Testament, l’agneau a toujours été pris pour le sacrifice le plus parfait, pour sa douceur même, sa blancheur innocente, son mutisme devant la souffrance, en un mot l’image la plus adéquate du Sacrifice du Messie qui marchera vers la Croix avec douceur, soumission, et en toute innocence, s’offrant pour expier les péchés dont il se charge sans les avoir jamais commis. Au moment de la fête des Expiations, on envoyait dans le désert le “bouc émissaire”, chargé par le grand prêtre des malédictions qu’il voulait ainsi détourner de dessus le peuple. Aujourd’hui, cet Agneau s’actualise de façon vivante en la Personne du Christ.

Le lendemain, dit l’Evangéliste - ces deux mots introduisent le texte d’aujourd’hui - Jean se tenait encore là, et répète les mots qu’il avait dits la veille :  Voici l’Agneau de Dieu. 

Il faut imaginer cette scène vraiment mystérieuse : encore une fois, Jean-Baptiste reste discret, il fixe les yeux sur Jésus qui passait et dit seulement Voici l’Agneau de Dieu. Sa mission est seulement d’annoncer, de précéder, puis de disparaître en présence de Jésus. Il invite la foule a écouter cet Homme, à Le suivre, et Lui seulement.

Les disciples du Baptiste n’hésitent pas ; ils suivent Jésus. André est le premier appelé, celui que nos Frères d’Orient appellent le “Protoclet” ; l’autre n’est pas nommé et ne sera peut-être pas un Apôtre ; mais c’est alors que Simon entre en scène, et que Jésus l’appelle “Képha”, Pierre. Le nom ou le surnom qu’on donne à quelqu’un lui reste toujours comme une marque indissociable de sa personne, expression de sa mission particulière. Au jour du baptême, nous recevons un nom qui ne nous quittera jamais ; parfois aussi c’est à leur confirmation que certains chrétiens prennent ou ajoutent un autre nom, comme s. Jean-Marie Vianney qui ajouta celui du Baptiste.

 

*       *       *

 

Pour conclure, relisons pour une fois la Prière sur les Offrandes, où est exprimée la doctrine du Sacrement Eucharistique de la Messe : Chaque fois qu’est célébré ce sacrifice en mémorial,  c’est l’œuvre de notre Rédemption qui s’accomplit.

A chaque Messe, Christ se fait présent, un au milieu de nous, se donnant à nous et nous unissant à Lui-même. Chaque Messe est pour ainsi dire une Naissance du Christ, et une renaissance de notre personne “par Lui, avec Lui et en Lui”.

    

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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 00:00

10 JANVIER

 

I.

S Nicanor, un des sept premiers diacres, martyr à Jérusalem ou en Chypre, commémoré le 28 juillet avec les autres “candidats”.

III.

Ste Floride, vierge martyre à Dijon.

Stes Thècle et Justine, deux riches dames qui assistaient les chrétiens, martyres à Lentini.

IV.

S Miltiade, pape (311-314) : africain, le premier pape de la paix constantinienne ; c’est par erreur qu’on l’a inscrit au 10 décembre : il est mort un 10 janvier.

S Paul, premier ermite en Egypte, mort à cent treize ans, dont quatre-vingt-dix dans le désert ; deux lions vinrent creuser sa tombe ; il est connu par ce qu’en a écrit l’ermite s. Antoine.

V.

S Grégoire de Nysse, frère des ss. Basile le Grand, Pierre de Sébaste et Macrine, marié puis consacré par son frère évêque à Nysse ; il administra aussi Sébaste ; ses écrits trinitaires sont parmi les meilleurs de la Patristique.

S Ioannis, évêque à Jérusalem, défenseur de l’orthodoxie.

S Petronius, moine à Lérins, évêque à Die ; son frère s.Marcel lui succéda.

S Marcianus, bienfaiteur à Constantinople, prêtre, économe, thaumaturge.

VII.

S Domitianus, évêque à Mélitène, parent de l’empereur Maurice.

S Valerius, ermite près de Limoges.

Ste Séthride, vierge anglaise venue à Brie, abbesse.

S Agathon, pape (678-681) : il fit rétablir s.Wilfrid sur son siège, et convoqua le VIe concile de Constantinople qui condamna le monothélisme.

X.

S Arconce, évêque à Viviers, martyrisé par les habitants excités par des brigands.

S Pietro Urseolo, doge à Venise, moine à Cuxa après avoir laissé son épouse et son fils.

XII.

B Benincasa, abbé à La Cava, fondateur d’un autre monastère à Monreale.

XIII.

S Guillaume, abbé cistercien à Châlis, évêque à Bourges, dont il est patron.

S Gonçalo d’Amarante, dominicain espagnol; ermite, il fit construire un pont sur le Tamaga.

B Grégoire X, pape (1271-1276) : élu pendant qu’il était en Terre Sainte, il convoqua le concile à Lyon, où fut proclamée l’union entre les Eglises d’Orient et d’Occident.

XVI.

B Bernardino (Egidio) Di Bello, franciscain mystique à Lorenzana.

Bse Ana des Anges Monteagudo, dominicaine au Pérou, mystique, béatifiée en 1985.

XIX.

Bse Adèle de Batz de Trenquelléon, fondatrice française des Filles de Marie Immaculée (Marianistes), béatifiée en 2018.

B Mamerto Esquiú, évêque argentin des Frères Mineurs Conventuels, béatifié en 2021.

XX.

Ste Léonie Aviat (Françoise de Sales, 1844-1914), française, fondatrice des Sœurs oblates de Saint-François-de-Sales, pour les jeunes ouvrières, béatifiée en 1992, canonisée en 2001.

Bse María Dolores Rodríguez Sopeña (1848-1918), andalouse, très active dans le monde social, à l’origine de plusieurs œuvres apostoliques pour le monde ouvrier, béatifiée en 2003.

B Pascuál Roda Díaz (1908-1937), laïc espagnol, martyrisé près d’Almería, béatifié en 2017. 
 

Nicanor, diacre

1er siècle

 

Nicanor fut un des sept premiers Diacres de l’histoire de l’Eglise, dont saint Luc parle de l’institution dans les Actes des Apôtres (Ac 6:1-6).

Nicanor est le quatrième de la liste, mais on ne sait rien de lui.

Une «tradition» rapporte qu’il aurait été martyrisé à Jérusalem, en même temps qu’Etienne, mais il est curieux que Luc n’en parle pas dans le récit du martyre de saint Etienne. En revanche, une autre tradition fait mourir martyr Nicanor en l’île de Chypre, où les Chrétiens le commémorent effectivement au 10 janvier.

Rejoignant l’Eglise grecque, l’actuel Martyrologe ne mentionne plus Nicanor au 10 janvier, mais au 28 juillet, en même temps que les autres diacres dont on n’a pas d’autres données historiques vérifiées : Prochorius, Timon, Parmenas, Nicolaus, tandis qu’Etienne et Philippe ont leur fête propre (26 décembre et 11 octobre).

 

 

Miltiade, pape

311-314

 

Saint Miltiade fut le trente-deuxième pape. On l’a parfois appelé Melchiade.

Originaire d’Afrique du Nord, il fut élu pour succéder à saint Eusèbe, que l’empereur Maxence avait fait exiler en 310. Le siège resta vacant jusqu’en 311, quand Galère promulgua un édit de tolérance.

Dès son élection, Miltiade recouvra les biens de l’Eglise confisqués lors des précédentes persécutions de Dioclétien. L’année suivante, survint l’événement majeur de son pontificat : la victoire de Constantin sur Maxence au pont Milvius (312) et de conséquence l’édit de Milan qui accordait la liberté de culte aux chrétiens (313). Désormais, non seulement l’Eglise retrouvait son autonomie, mais l’empire contribuerait aussi aux constructions d’églises. Miltiade vint alors résider au Palais du Latran, et la basilique adjacente fut commencée à cette période.

La même année (avril 313), Miltiade présida un concile romain qui condamnait la doctrine donatiste. Donat sévissait en Afrique, et Miltiade le connaissait bien.

Durant les deux ans et demi de son pontificat, Miltiade ordonna douze évêques, sept prêtres et cinq diacres.

Ce même pape aurait interdit de jeûner le dimanche. Il aurait aussi ordonné de porter dans chaque église un morceau de Pain consacré par le pape à sa messe, en signe de pleine «communion» avec le pape.

Longtemps Miltiade fut retenu au 10 décembre, suite à une erreur évidente du Liber pontificalis.

En vérité, saint Miltiade mourut le 10 janvier 314, et fut enterré dans le cimetière de Calliste. Autre erreur probable : il ne semble pas qu’il mourût martyr, au moment où la paix était accordée à l’Eglise.

 

 

Paul premier ermite

229-342

 

Cette histoire est tellement merveilleuse, qu’on aurait du mal à y porter créance, si elle n’avait pas eu pour témoins des personnages dont il est impossible de mettre en cause la sincérité.

Paul (Pavlos) naquit en 229 en basse Thébaïde (Egypte), de parents fort riches. Il eut une sœur aînée.

Vite, ces pieux parents firent faire à leur fils de bonnes études dans les lettres grecques et égyptiennes.

Vers 244, moururent les parents, laissant à leur fils un immense héritage, qui fit la jalousie de son beau-frère. De plus, la persécution de Dèce (250) se déchaîna ; Paul alors abandonna tout ce qu’il avait pour aller vivre au désert, loin de la persécution, loin du monde, loin du bruit de la ville.

Dieu alors lui suggéra de rester là. Peu à peu, Paul goûta la joie de la solitude, de la prière et de la contemplation ; il trouva bientôt une caverne flanquée d’un grand palmier, près d’une source d’eau claire, qui avait pu être le repaire de faux monnayeurs, car il trouva aussi des outils, des enclumes, des moules, des poinçons.

Paul remercia la Providence pour tout cela : le palmier lui servirait pour la nourriture et le vêtement, l’eau le désaltérerait… A cela, Dieu ajouta la fidélité d’un corbeau qui lui apporta chaque jour un demi-pain, renouvelant le prodige accordé au prophète Elie (cf. 1R 17:6).

C’est le grand saint Antoine (v. 17 janvier) qui fut personnellement témoin des derniers moments de la vie de Paul et qui écrivit d’autres détails sur lui.

Antoine avait quatre-vingt dix ans quand il lui fut révélé d’aller trouver Paul, qui en avait cent treize.  Quand ils furent en présence, le corbeau apporta double ration de pain.

Au terme de leur entretien, Paul annonça à Antoine que son heure était proche, et le pria d’aller chercher… le manteau d’Athanase (v. 2 mai), car Antoine avait conservé ce précieux objet du Soldat de la foi trinitaire ; Paul désirait par là d’une part rappeler sa parfaite union à la doctrine soutenue par Athanase, et d’autre part éviter à Antoine la tristesse d’assister à sa mort.

Antoine courut à son monastère et en revint promptement, sans doute porté miraculeusement car son grand âge ne devait pas lui permettre d’aller vite ; peu avant d’arriver à la grotte de Paul, il eut une vision de l’âme de Paul, qui montait au ciel rayonnante, au milieu des Anges et des Saints, des Prophètes et des Apôtres ; il trouva par contre Paul à genoux, la tête levée et les mains étendues vers le ciel : il le crut encore vivant, mais comprit que ce corps était sans vie ; il l’enveloppa dans le manteau d’Athanase, chanta des hymnes et des psaumes. Au moment de l’enterrer, il vit arriver deux lions qui rugissaient visiblement de tristesse et se mirent à gratter la terre jusqu’à obtenir une tombe de la grandeur nécessaire ; Antoine y roula le corps de Paul et le recouvrit de terre. Puis il bénit les lions, qui se retirèrent doucement.

Antoine rapporta la tunique de Paul, qu’il avait confectionnée avec les feuilles du palmier ; il la porta à Pâques et à la Pentecôte.

La mort de Paul advint en 342, sans doute le 10 janvier. Il avait cent treize ans, dont plus de quatre-vingt dix passés au désert. Antoine, rappelons-le, mourut en 356.

Saint Paul, premier ermite, est commémoré le 10 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Grégoire de Nysse

335-400

 

La notice de s.Basile le Grand (v. 1er janvier) contient tous les éléments concernant la famille de Grégoire.

Leurs parents, Basile et Emmélie, sont fêtés le 30 mai. Grégoire était le jeune frère de Basile.

Il naquit vers 335, et à Césarée de Cappadoce.

Il fut appliqué à l’étude des lettres, mais il paraît certain qu’il n’eut pas l’avantage de fréquenter les grandes écoles, comme son aîné.

Il remplissait déjà dans l’Eglise l’office de lecteur, quand il fut séduit par les attraits du monde, se fit professeur de belles-lettres, et se maria avec une certaine Theosebie.

Grégoire regretta ce pas ; d’un commun accord avec son épouse, ils se séparèrent et vécurent désormais dans la plus parfaite chasteté. Grégoire revint à l’état ecclésiastique : il rejoignit le monastère de son frère Basile sur les bords de l’Iris dans le Pont.

Quand Basile fut élevé au siège épiscopal de Césarée, les évêques montrèrent un certain désappointement, plus dû à la jalousie qu’à quelque défaut de Basile ; Grégoire soutint son frère, qui l’appela à son service.

En 371 donc, Grégoire rejoignit son frère Basile, qui le consacra bientôt évêque de Nysse. Fidèle à la doctrine trinitaire proclamée par s.Athanase (v. 2 mai) et signée au concile de Nicée (325), Grégoire subit la haine des évêques ariens, qui allèrent jusqu’à le déposer. Grégoire voulut démissionner, mais un autre grand Docteur, Grégoire de Nazianze, l’ami de Basile, l’en dissuada fraternellement. D’ailleurs, il put reprendre son siège en 378. L’année suivante, 379, mourut Basile.

Cette même année, il fut à Antioche, où on le chargea d’une mission auprès des évêques d’Arabie et de Palestine.

En 380, on le nomma archevêque de Sébaste.

En 381, il participa au concile de Constantinople, où il fut un des rédacteurs du Symbole, ce Credo que nous proclamons chaque dimanche à la Messe. En outre on le chargea d’organiser la communion catholique dans le Pont, avec deux autres prélats, Hellade de Césarée et Otrée de Mélitène.

Grégoire fut souvent appelé à Constantinople, car on recherchait ses oraisons, sa parole, ses discours, emplis de doctrine.

Vers 394, mourut Theosebie. Cette même année fut célébré à Constantinople un concile avec le patriarche Nectaire ; c’est le dernier événement où l’on retrouve le nom de Grégoire.

Grégoire mourut le 10 janvier, vers 400.

Il fut un écrivain fécond en exégèse, dogme, ascétisme. Ses écrits font partie des meilleures productions de la patristique, notamment par ses vues sur le mystère de la Sainte Trinité.

Saint Grégoire de Nysse est commémoré le 10 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jean II de Jérusalem

† 417

 

Jean fut choisi pour être le quarante-deuxième évêque et patriarche de Jérusalem. Il succédait à s.Cyrille (v. 18 mars), ce qui suppose qu’il en avait les qualités et la doctrine.

Mais son épiscopat fut troublé par des polémiques théologiques.

L’autorité de Jean fut contestée par rien moins que s.Jérôme (v. 30 septembre), dont on connaît la plume acerbe, lorsqu’il en éprouvait la nécessité. Quand Jean accueillit charitablement chez lui les moines égyptiens chassés par l’évêque Théophile d’Alexandrie, qui les accusait de déviation origéniste, Jérôme s’en prit violemment contre le patriarche Jean.

Jérôme y revint à propos d’un certain Pelagius, dont la doctrine, en Occident, était cette fois-ci sévèrement mise en accusation par s.Augustin d’Hippone (v. 28 août). Pelagius fut accueilli pendant un certain temps à Jérusalem, en 411, avant d’en être expulsé.

L’autorité de Jérôme a fait que les écrits de Jean furent éclipsés, parfois oubliés, ou attribués à d’autres. Il semble que Jean ait été l’auteur de Catéchèses Mystagogiques, d’homélies diverses qu’on a conservées en grec, en géorgien, en arménien.

Saint Jean II de Jérusalem est commémoré le 10 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Petronius de Die

† 463

 

D’une famille sénatoriale d’Avignon, Petronius avait un jeune frère, Marcel.

Petronius se fit moine à l’abbaye de Lérins.

Vers 453, il fut choisi pour être le dixième évêque de Die.

Ce pasteur fut constamment occupé de l’instruction de son peuple.

Il s’appliqua aussi à former son frère Marcel et l’eut comme assistant pendant dix années, c’est-à-dire pendant toute la durée de son épiscopat.

Petronius mourut vers 463, un 10 janvier.

C’est son frère Marcel qui lui succéda (v. 17 janvier).

Le tombeau de Petronius fut témoin de miracles éclatants.

Saint Petronius de Die est commémoré le 10 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcianus de Constantinople

† 471

 

Marcianus naquit et vécut à Constantinople, mais était de famille romaine apparentée à la famille impériale de Théodose.

Ses parents étaient riches, mais lui remirent surtout la richesse de leur foi : Marcianus grandit dans l’innocence des mœurs, dans la prière et les jeûnes, à l’imitation de s. Jean-Baptiste. A cette sainte vie correspondait aussi une grande largesse envers les pauvres et l’Eglise, que Marcianus pratiquait en toute discrétion, selon le précepte de Jésus : Que ta gauche ignore ce que fait ta droite (Mt 6:3).

La patriarche Anatolios († 458) voulut l’ordonner prêtre ; Marcianus n’accepta qu’après avoir longuement médité, se sentant indigne.

Il fit de l’instruction des pauvres son emploi de prédilection, et mit sa fortune à leur service ; il fit bâtir des églises, des hôpitaux.

Comme cela arrive quand la vertu vécue est une leçon vivante et un reproche pour les faibles, une cabale s’abattit sur le pauvre Marcianus, qu’on accusa de novatianisme ; sagement, patiemment, il ne répondit rien, et cette persécution ne lui fit rien d’autre que de le purifier davantage.

Le patriarche Gennadios († 471) au contraire ne l’en estima que davantage et le nomma économe, en quelque sorte vicaire général. Marcianus n’en fut que plus humble et plus désintéressé, continuant son travail de bâtisseur ou de restaurateur.

Un jour qu’il avait donné à un malheureux son propre habit de dessous, on vit sous sa tunique un habit tout brillant d’or et de diamants. Ce miracle, et d’autres, aidèrent bien des hérétiques à se convertir.

Marcianus mourut vers 471.

Saint Marcianus de Constantinople est commémoré le 10 janvier dans le Martyrologe Romain.

Domitianus de Mélitène

566-602

 

Domitianus naquit vers 566, de parents aisés et chrétiens, peut-être même apparentés avec l’empereur Mauritius. Ses parents se nommaient Theodorus et Eudokia.

Il fut veuf et vécut dans la solitude et la prière.

De sa proximité avec l’empereur, lui vinrent des missions importantes, en particulier vers 590 le rapprochement avec le roi Chosroès de Perse, qui put ainsi reprendre son siège après une insurrection.

Vers l’âge de trente ans, Domitianus reçut la consécration épiscopale pour le siège de Mélitène (Cappadoce, act. Malatya, Turquie C).

Il profita de son ascendant sur l’empereur pour faire construire des églises, des hôpitaux, des maisons pour les pauvres.

Dans une correspondance avec le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars), il parle de l’échec de ses efforts pour amener Chosroès et son peuple à la conversion, et le saint pape le consola en lui rappelant que la récompense viendrait dans la vie éternelle. Pareillement, ils échangeaient leurs points de vue sur l’exégèse biblique.

En 597, Mauritius le constitua son exécuteur testamentaire, mais Domitianus mourut le premier, le 10 janvier vers 602, à Constantinople.

D’abord inhumé à Constantinople, il fut transféré avec honneur à Mélitène et son tombeau fut le théâtre de nombreux miracles.

 

 

Valerius en Limousin

537-620

 

Valerius (Valery, Vaury, Vaulry) était originaire de la province de Reims, né vers 537 de parents nobles et chrétiens.

En 565, il se rendit à Limoges pour vénérer les reliques de saint Martial (v. 30 juin).

La région lui plut ; il s’installa dans les environs, et vécut en ermite dans une petite cellule qu’il se construisit, dont il ne s’éloignait que très rarement, mais où on venait le trouver pour recourir à ses prières, qui obtinrent sans doute des miracles. Il eut aussi des disciples.

Il mourut, dit-on, à un âge avancé, octogénaire.

L’endroit de son ermitage a donné naissance à la localité de Saint-Vaury (Creuse).

Saint Valerius (Vaury) est commémoré le 10 janvier au Martyrologe Romain.

 

 

Agathon, pape

678-681

 

Saint Agathon fut le soixante-dix-neuvième pape, après Donus.

Il était sicilien, né vers la fin du 6e siècle, probablement à Palerme (dont il est le patron).

Moine avant de devenir trésorier de l’Eglise de Rome, il fut remarqué pour sa science, sa profonde humilité, sa douceur de caractère et son intime désir de faire le bien, autant de qualités qui lui valurent l’élection au siège de Pierre.

C’est d’ailleurs à Agathon que l’on doit une très belle définition de l’infaillibilité pontificale :

En vertu de l’assistance divine, jamais cette apostolique Eglise (de Rome) n’a dévié de la voie de la vérité, ni professé l’erreur sous quelque forme que ce soit. Son autorité, qui est celle même du Prince des Apôtres, a toujours été reconnue par l’universalité de l’Eglise catholique.

Cette définition fut exprimée au moment du concile de Constantinople, 6e œcuménique, qui devait condamner le monothélisme (680-681). Cette doctrine prétendait qu’il n’y avait en Jésus-Christ, Fils de Dieu, qu’une seule volonté, tandis que l’Eglise voulut au contraire rappeler qu’en vertu de l’union hypostatique, Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme, a abrité en lui deux volontés, l’une divine, l’autre humaine.

Agathon écrivit à ce Concile l’exposé exact et définitif de la juste doctrine catholique des deux volontés.

Le Concile ayant adhéré quasi unanimement à cette doctrine, les Pères mirent en demeure le patriarche Macaire d’Antioche, qui professait le monothélisme, d’adhérer à son tour à la doctrine commune. Sur son refus, il fut déposé.

Par la même occasion, les légats du pape obtinrent enfin de l’empereur la diminution de la taxe que les papes devaient payer à l’empereur au moment de leur élection, et aussi l’exemption de l’approbation de cette élection par l’exarque de Ravenne «au nom de l’empereur».

Le concile de Constantinople est sans doute l’événement majeur du pontificat d’Agathon. Précédemment, le même pape eut à régler deux affaires avec l’Eglise en Angleterre.

L’abbé de Wearmouth, Benoît Biscop, sollicita du pape des privilèges pour son abbaye, mais aussi le concours du grand chantre de la basilique Saint-Pierre, pour enseigner à ses moines le vrai chant de Rome. Le pape saisit l’occasion pour examiner la doctrine des Anglais, ce qui suscita un concile à Hatfield, et une profession de foi du clergé anglais.

L’autre affaire fut le rétablissement sur son siège d’York de l’archevêque Wilfrid, qui avait été déposé de façon irrégulière. Wilfrid se présenta à Rome, et montra une si humble disponibilité à accepter la décision romaine, que sa déposition fut purement annulée (v.  24 avril).

Le pape saint Agathon mourut peut-être de l’épidémie de peste qui sévit à Rome en 680, de sorte qu’il n’eut pas le temps de recevoir les conclusions du concile de Constantinople. Le Liber pontificalis le fait mourir le 10 janvier 681, jour qui serait plutôt celui de ses funérailles, mais qui est retenu comme dies natalis au Martyrologe.

Saint Agathon fait lui-même remarquer que le style de ses écrits n’atteint pas le niveau de celui de ses prédécesseurs, conséquence des temps difficiles où il vit.

Le successeur de saint Agathon sera saint Léon II.

 

 

Arconce de Viviers

† 745

 

Arcontius fut évêque du diocèse de Viviers au 8e siècle.

L’épisode clef qu’on a retenu de lui fut qu’il fut victime de son attitude pour défendre les intérêts de l’Eglise. Une «émeute» eut lieu entre 740 et 745, qu’on a souvent attribuée aux habitants, mais qui aurait été plutôt fomentée par une bande de brigands venus du Nord.

L’ancien Martyrologe décrivait ainsi la situation : Pour la défense des libertés de son Eglise, il confondit ses ennemis ; frappé de coups et abreuvé d’insultes par les habitants de Viviers, il fut décapité par eux sur la place de la Trau.

Les reliques de saint Arcontius furent vénérées dans la cathédrale de Viviers jusqu’au 16e siècle, lorsque les Calvinistes détruisirent la châsse et les reliques qui s’y trouvaient.

L’actuel Martyrologe mentionne seulement le martyre d’Arconce, sans les détails précédents. Cette fête est au 10 janvier.

 

 

Pietro Orseolo

928-987

 

Il naquit en 928 à Rivo Alto (Udine, Italie NE), d’une très ancienne famille de Venise.

Vers 948, il aurait été mis à la tête d’une expédition navale dirigée contre des pirates dans l’Adriatique, dont il revint victorieux.

En 956 il se maria avec Felicia et eut un fils, Pietro (futur Pietro II).

En 976, il y eut un soulèvement qui renversa le doge de Venise Pietro Candiano IV. Il n’est pas certain, mais cela reste une forte suspicion, que Pietro non seulement prit part à cette insurrection, mais qu’il intervint directement dans l’assassinat du doge, de l’incendie du palais et d’une partie de la ville. Saint Piero Damiani (v. 22 février) en fait d’ailleurs le principal responsable.

La conspiration devait cependant être bien orchestrée, car loin d’être jugé pour son action, c’est justement notre Pietro Orseolo qui fut choisi comme dog