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25 mars 2021 4 25 /03 /mars /2021 00:00

25 MARS

 

-XX.

S Isaac, le fils de Abraham, figure du Christ qui se laisse immoler.

I.

L’annonciation faite à Marie.

S Dismas, le Bon Larron.

?

Ste Dula, vierge martyre à Nicomédie.

III.

S Quirinus, martyr romain.

IV.

Ste Matrona, servante à Thessalonique, victime de la rudesse de sa maîtresse juive.

S Pélage, choisi comme évêque, à Laodicée, parce qu’il vivait dans la continence parfaite avec son épouse.

S Monas, évêque à Milan.

VII.

S Cammin, fondateur et abbé à Inish-Kealtair.

B Humbert, moine (abbé ?) à Marolles, très uni par la charité et la prière à ste Aldegonde.

VIII.

S Hermeland, moine à Fontenelle, abbé à Indre.

S Cessateur, évêque à Limoges.

X.

S Nicodemo, ermite en Calabre.

? S Eynar

XI.

S Alfwold II, évêque à Sherborne ; il ne vivait que de pain et d’eau.

S Prokop, fondateur d’un monastère bénédictin à Sazava ; patron de la Bohême.

XI.

B Eberhard de Nellenburg, parent de s. Léon IX et de l’empereur Henri II, fondateur à Schaffhausen d’une abbaye bénédictine où il devint moine, d’un commun accord avec son épouse.

XIII.

Bse Ida (Blanche), abbesse cistercienne à Argensolles.

XIV.

B Tomasso, ermite camaldule à Sitria, pendant soixante-cinq ans, thaumaturge.

XVI.

Ste Margaret Clitherow, anglaise convertie au catholicisme, martyrisée à York étouffée par une énorme planche abattue sur elle et recouverte de pierres.

S James Bird, jeune Anglais de dix-neuf ans martyrisé peu après sa conversion.

XVIII.

Ste Lucia Filippini, co-fondatrice de l’institut des Maestre Pie, pour l’éducation des jeunes filles, à Montefiascone, à Rome et ailleurs.

XX.

Bse Margaretha Flesch (Maria Rosa, 1826-1906), fondatrice à Trèves des Franciscaines Missionnaires de sainte Marie des Anges, béatifiée en 2008.

Ste Soultaneh Mariam (Alphonsine) Danil Ghattas (1843-1927), israélienne fondatrice des Sœurs du Rosaire, béatifiée en 2009, canonisée en 2015.

B Omeljan Kovc (1884-1944), prêtre polonais, martyr en camp de déportation, béatifié en 2001.

B Ndre Zadeja (1891-1945), prêtre albanais martyr, béatifié en 2016.

B Pawel Januszewski (Hilary, 1909-1945), carme polonais martyr, déporté à Dachau où il mourut du typhus, béatifié en 1999.

Dysmas, le Bon Larron

1er siècle

 

 

Note préliminaire.

Le texte qui suit est entièrement repris des Visions de la Bienheureuse Anna Katharina Emmerick (1774-1924). Nous savons que cette révélation privée n’engage pas la responsabilité de la Sainte Eglise sur la vérité des visions dont la Bienheureuse a parlé à son secrétaire, M. Clemens Brentano.

Voici ce qu’écrivait le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints lors de la béatification d'Anne-Catherine Emmerich en octobre 2004 par le Pape Jean-Paul II. "La bienheureuse Anne-Catherine Emmerick, ne nous a laissé que trois lettres dont l’authenticité soit sûre. Les autres écrits, qui lui sont attribués par erreur, ont des origines diverses: les “visions” de la Passion du Christ ont été annotées, réélaborées très librement et sans contrôle par l’écrivain allemand Clemens Brentano et ont été publiées en 1833 sous le titre ''La douloureuse passion de Notre Seigneur Jésus-Christ''. […] Les œuvres en discussion ne peuvent donc pas être considérées comme des œuvres écrites ou dictées par Anne-Catherine Emmerick ni comme des transcriptions fidèles de ses déclarations et de ses récits, mais comme une œuvre littéraire de Brentano qui a procédé à de telles amplifications et manipulations qu’il est impossible d’établir quel est le véritable noyau attribuable à la bienheureuse"

On sait que le travail de M. Brentano a consisté à assembler entre eux différents textes pour les relier entre eux selon leur thème et au fur et à mesure que la Bienheureuse s’exprimait. Clemens Brentano n’a pas à proprement parler “inventé” de faits. Le texte qui suit présente des traits impressionnants et touchants, qui ne manqueront pas d’animer en l’âme des lecteurs des sentiments de compassion, de miséricorde, et de les unir à ceux qu’a pu ressentir notre Rédempteur Divin dans les derniers moments qu’Il vécut sur la Croix.                                

 

Nous sommes durant la fuite en Egypte de la Sainte Famille

 

Je vis, par une belle nuit, la Sainte Famille traverser un désert sablonneux, couvert de broussailles. Il me semblait marcher avec elle. Le passage était très dangereux, car une foule de serpents, d’abord cachés sous le feuillage, s’approchaient en sifflant, et dressaient la tête contre la Sainte Famille. Mais la lumière dont elle était entourée la préservait du péril. Il se trouvait aussi, dans ce lieu, d’autres animaux malfaisants qui avaient un long corps noirâtre, des pieds très courts et des ailes sans plumes, semblables à de grandes nageoires. Ils rasaient la terre dans leur course rapide, comme s’ils eussent volé : la forme de leur tête tenait du poisson. Je vis la Sainte Famille arriver au bord d’un ravin où il y avait des buissons, sous lesquels ils voulurent se reposer.

J’avais grand-peur pour eux. Joseph et Marie entrèrent ensuite dans un grand désert sauvage où, faute de chemins, ils ne savaient où tourner leurs pas. Après s’être quelque peu avancés, ils virent se dresser devant eux une sombre et effrayante chaîne de montagnes escarpées. Ils étaient très abattus, et se mirent à genoux pour implorer le secours de Dieu. Alors plusieurs animaux se rassemblèrent autour d’eux ; je crus à un grand danger ; cependant ces animaux n’étaient pas méchants. Au contraire, ils les regardèrent avec une sorte de douceur, comme le faisait le vieux chien de mon confesseur quand il venait à moi. Ces animaux étaient envoyés pour leur tracer la route à suivre . Ils regardaient du côté de la montagne, puis revenaient à eux, comme fait un chien qui veut conduire son maître. Je vis enfin la Sainte Famille les suivre, et arriver, à travers les montagnes, dans un pays désolé et sinistre.

Il faisait déjà nuit lorsque, s’avançant le long d’un bois, ils rencontrèrent, à quelque distance du chemin, une cabane de mauvaise apparence. Pour y attirer les voyageurs, des brigands avaient suspendu, tout auprès à un arbre, une lanterne qu’on apercevait de très loin. On y abordait par un mauvais chemin, coupé de plusieurs fossés, et tout le long de ses parties faciles, des fils cachés étaient tendus. Lorsque les voyageurs venaient à les toucher, ils faisaient tinter des sonnettes placées dans la cabane, et appelaient ainsi les brigands qui accouraient les dévaliser. Cette cabane ne restait pas toujours au même lieu ; elle était transportable, et les brigands l’établissaient ça et là, suivant les circonstances.

Dès que la Sainte Famille se fut approchée de la lanterne, elle fut aussitôt entourée par six brigands, y compris leur chef, tous animés d’abord d’intentions mauvaises. Mais à la vue de l’Enfant-Jésus, un rayon de lumière frappa soudain le cœur du chef qui ordonna à ses compagnons de ne faire aucun mal à de telles gens.

La nuit était venue. Cet homme conduisit alors la Sainte Famille dans sa cabane, où se trouvaient ses deux enfants et sa femme ; il leur raconta l’impression extraordinaire qu’il avait éprouvée à la vue de l’Enfant. Sa femme accueillit, avec une bonté mêlée de timidité, les saints voyageurs, qui s’assirent par terre, dans un coin, et se mirent à manger des provisions qu’ils avaient apportées. Leurs hôtes, d’abord timides et honteux, ce qui semblait assez contraire à leurs habitudes, peu à peu se rapprochèrent. Il en vint d’autres qui, pendant ce temps, avaient abrité l’âne de saint Joseph. Ces gens s’enhardirent et, s’étant assis tout autour de la Sainte Famille, ils engagèrent l’entretien. La femme du chef servit à Marie des petits pains, du miel et des fruits, lui donna à boire, sépara pour elle, par des tentures, une partie de la cabane, et lui apporta, sur sa demande, un vase plein d’eau pour baigner l’Enfant-Jésus. Enfin, elle lava les langes et les fit sécher devant le feu.

Pendant que Marie baignait l’enfant sous un linge, le chef des brigands était si ému qu’il dit à sa femme : “Cet enfant juif n’est pas un enfant ordinaire ; c’est un saint enfant. Prie la mère de permettre que nous plongions notre enfant lépreux dans l’eau où elle l’a baigné ; il en sera guéri, peut-être.” La femme s’approcha donc de Marie ; mais avant qu’elle eût parlé, la Sainte Vierge lui dit de laver son enfant lépreux dans cette eau. Alors la femme apporta un petit garçon d’environ trois ans, tout blanc de lèpre. L’eau du bain de Jésus paraissait plus claire qu’auparavant ; la femme y mit son enfant lépreux : à l’instant même les croûtes de la lèpre se détachèrent et tombèrent ; la guérison était complète (…)

La Sainte Famille partit à l’aube du jour, bien pourvue de vivres. Le chef et sa femme les accompagnèrent jusqu’au bon chemin. Ils prirent congé des saints voyageurs avec beaucoup d’émotion, et l’homme dit du fond du cœur : “Souvenez-vous de nous en quelque lieu que vous vous trouviez”. A ces paroles j’eus, tout à coup, une vision du crucifiement, et j’entendis le bon larron dire à Jésus : “Souviens-toi de moi, quand tu seras dans ton royaume.” Je reconnus que c’était l’enfant guéri de la lèpre. La femme du chef des brigands quitta plus tard sa vie coupable.

 

Le Martyrologe Romain mentionne le Bon Larron au 25 mars, probablement une des dates possibles du jour exact de la mort du Christ, suivant les calculs des historiens.

 

 

Quirinus de Rome

† 269

 

Ce qu’on ne pouvait pas encore dire le 19 janvier, concernant s.Maris et sa famille, va maintenant être exposé dans cette petite notice.

Ces pieux chrétiens trouvèrent Quirinus (Cyrinus) presque mourant, victime d’une première et sévère flagellation, qu’il avait endurée pour avoir manifesté courageusement sa foi au Christ.

Maris et Marthe le soulagèrent de leur mieux, conscients d’être en présence d’un authentique Martyr, et le quittèrent en se recommandant à ses prières.

Quand ils revinrent un peu plus tard, Quirinus n’était plus dans sa prison. Un prêtre nommé Pastor, leur révéla que la nuit précédente, on était venu égorger Quirinus et qu’on s’en était débarrassé dans le Tibre. Le courant avait rejeté le corps de Quirinus sur l’isle Saint-Barthélemy.

La petite famille alla le trouver pour l’ensevelir dignement dans le cimetière de Pontien.

Par recoupements, on donne à ce martyre la date du 25 mars 269.

Saint Quirinus de Rome est commémoré le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Matrona de Thessalonique

† 304

 

Matrona était une des servantes de Plautilla, une riche dame de Thessalonique.

Celle-ci, noble Juive très attachée à sa religion, imposait à toute sa maison de pratiquer la religion juive. Matrona accompagnait Plautilla à la synagogue, s’esquivait pour rejoindre l’église chrétienne, et s’arrangeait pour être de retour à la maison quand sa patronne arrivait.

Mais à Pâques, qui tombait en mars cette année-là, la longue cérémonie fit arriver Matrona un peu en retard, et l’on s’empressa de le faire remarquer à la patronne.

Celle-ci entra dans une grande fureur, fit attacher Matrona à un banc et la fit frapper de verges.

Matrona demanda simplement à sa maîtresse en quoi elle avait manqué à son devoir, à quoi Plautilla répondit par une fureur accrue : elle fit enfermer Matrona pendant trois jours, pensant la trouver morte. Mais Matrona lui apparut saine, détachée de ses liens, et chantant les louanges de Dieu.

Plautilla ordonna de reprendre les mêmes tortures, en les renforçant, et par trois fois ; à chaque fois la jeune domestique apparaissait guérie.

Les coups de bâtons répétés et redoublés eurent raison de Matrona ; elle expira, en priant encore : Seigneur Jésus, Sauveur immaculé pour qui j’endure tous ces tourments, je remets mon âme entre tes mains, daigne me recevoir dans la société de tes martyrs.

Sainte Matrona de Thessalonique est commémorée le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dula de Nicomédie

† 308 ?

 

De Dula, on sait ceci : qu’elle mourut le 25 mars à Nicomédie.

Elle aurait été la servante d’un soldat, ce qui fit dire que, voulant conserver sa virginité, elle résista aux avances de l’homme, qui la tua.

On en vint à dire que le soldat avait agi en haine de la foi, faisant ainsi de Dula une martyre. A-t-on pour autant le droit de la situer durant la persécution de Dioclétien ? Les probabilités sont égales d’un côté comme de l’autre.

Sainte Dula de Nicomédie est commémorée le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Monas de Milan

† 312

 

Monas a parfois été rattaché à la noble famille des Borri, qui le revendiquèrent comme un de leurs ancêtres et l’appelaient Simone. Mais le nom lui-même de Monas pourrait faire penser plutôt à un personnage d’origine grecque.

On a dit qu’une lumière céleste l’environna au moment où l’on cherchait qui serait le successeur de s.Calimerus (v. 31 juillet). C’est ainsi que Monas devint le sixième évêque de Milan, si l’on accepte que le premier fut l’apôtre s.Barnabé (v. 11 juin).

Monas aurait subdivisé le territoire de Milan en paroisses ; si ce n’est lui qui le fit pratiquement, il en eut peut-être au moins le projet.

Son successeur ayant été présent aux deux synodes de 313 et 314, on peut en déduire qu’il mourut vers 312.

Une chronologie un peu excentrique a voulu attribuer à Monas (et à ses prédécesseurs) un épiscopat de plus de cent ans. Il semblerait plus raisonnable de supposer qu’on ne connaît plus les noms de certains évêques des premiers siècles, ou qu’il y eut des périodes de vacance, dues par exemple aux persécutions.

Saint Monas de Milan est commémoré le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hermeland d’Indre

640-720

 

Il naquit en 640 à Noyon (auj. dans l’Oise), d’une noble famille.

Son nom subit plusieurs orthographes : Herblain, Erblon…

Ses parents l’envoyèrent à la cour de Clotaire III, où il fut grand échanson.

On se préoccupa aussi de lui trouver une fiancée, mais sa volonté était bien ailleurs : se retirer à l’abbaye de Fontenelle ; il eut bien du mal à persuader le roi de le laisser aller.

Après sa profession, et malgré sa profonde humilité, il fut ordonné prêtre.

Sur ces entrefaites, l’évêque de Nantes fit appel aux moines de Fontenelle pour obtenir quelques-uns d’entre eux dans le but de fonder une abbaye sur l’île d’Antrum (plus tard Indre) : il songeait avec raison que la prière des moines aurait consolidé son action pastorale et obtiendrait beaucoup de grâces pour le diocèse. Douze moines furent ainsi détachés de Fontenelle, avec Hermeland à leur tête.

Sur l’île, entre 670 et 678, fut donc construite cette abbaye, avec deux églises, dédiées aux saints Pierre et Paul. En 680, elle fut rattachée à l’Ordre bénédictin. Cette abbaye fut une des plus florissantes du royaume, en sainteté et en nombre.

Quant à Hermeland, il fit chaque année et jusqu’à une extrême vieillesse une retraite solitaire sur l’île voisine d’Antricium (Aindrette, ou plutôt Indret), pour chercher à se sanctifier davantage.

Hermeland eut le don des miracles et de la prophétie.

Il mourut en 720, et les miracles continuèrent.

Saint Hermeland est commémoré le 25 mars dans le Martyrologe Romain, jour de l’Annonciation. 

L’aménagement de l’estuaire de la Loire aux 18 et 19es siècles a considérablement modifié l’environnement des «îles» de Basse-Indre, Haute-Indre et Indret. Quant à l’abbaye, détruite en 843 par les Normands, elle fut remplacée par un simple prieuré.

Nicodemo de Mammola

900-990

 

Il naquit vers 900, dans la région de Crotona (Calabre, Italie S), à Cirò ou Sikron (act. Sicri), selon les interprétations.

Très jeune, il voulut embrasser la vie monacale, mais l’abbé le refusa plusieurs fois, en raison de sa santé apparemment trop faible et inadaptée à la rigueur de ce style de vie. Mais Nicodemo, enfin admis, prouva que la prière et les austérités peuvent dépasser les limites de la santé apparente.

Quand les moines furent chassés à cause des hordes sarrazines, Nicodemo vint s’installer sur le mont Kellerana, près de l’actuelle Mammola. La sainteté de sa vie lui attira des sympathisants, des vocations, et une abbaye fut construite, sous la Règle basilienne.

On raconte quelques prodiges opérés par Nicodemo : anticipant la douce autorité de Francesco d’Assise (v. 4 octobre), il prit la défense d’un loup qu’on voulait tuer, prouvant que la bête était en fait très docile ; il sauva une vipère créée par Dieu pour être sur la terre ; un sanglier devint son fidèle compagnon…

Nicodemo mourut vers 990.

Saint Nicodemo est désormais commémoré le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prokop de Sázava

985-1053

 

Prokop naquit vers 985 à Chotouň (Bohême, auj. Rép. tchèque).

Voyant sa piété et son intelligence, ses parents l’envoyèrent faire ses études à Prague ; c’est peut-être là, au contact d’autres personnalités slaves qu’il connut les liturgies orientales et qu’il apprit le grec.

Les chanoines le remarquèrent et lui offrirent un canonicat. Un biographe précisa : Il ne recherchait pas sa propre commodité comme les autres chanoines, mais il ne s’éloignait de l’église ni de jour ni de nuit.

On le voit : ici il n’y a pas de place pour situer un éventuel mariage et la naissance d’un fils dont, par idéal monastique, il se serait séparé pour suivre sa vocation à l’érémitisme. Le Martyrologe se fait l’écho de cette circonstance, mais les historiens n’en ont pas trouvé de preuves.

Prokop fut ordonné prêtre. Ses Confrères prêtres ne voyaient pas en lui un chanoine, mais un moine, tant il était dépouillé de toute vanité, de tout orgueil.

Ayant connu un moine bénédictin, il en reçut l’habit, séjourna peut-être quelque temps au monastère de Brzewnow et retourna dans sa Bohême natale pour y mener une vie érémitique (1033).

Il s’établit le long de la rivière Sázava ; à son arrivée, dit-on, les mauvais esprits s’enfuirent de cette grotte ; ils revinrent attaquer Prokop, qui eut une telle autorité sur eux, qu’il les obligea à exécuter les corvées, comme de défricher la forêt ou de passer la charrue ; ses vertus, et ses miracles, attirèrent des disciples et un monastère se constitua, sous la règle de saint Benoît (v. 21 mars). Certains moines vivaient en ermites, d’autres en cénobites.

Le duc de Bohême, Ulrich (ou Uldarik) passait un jour par là, poursuivant quelque gibier. Mourant de soif, il s’arrêta auprès de Prokop, qui lui offrit de l’eau fraîche de la source voisine : le duc fut bien heureux de boire alors un excellent vin, en reconnaissance de quoi, il finança la construction des bâtiments.

A la mort d’Ulrich (1034), son fils Bretislav voulut émanciper son pays de l’influence germanique (et latine), en introduisant le rite slave dans le diocèse de Prague ; l’évêque accepta de conférer la dignité abbatiale à Prokop. 

Dès lors, le monastère de Sázava adopta le rite et la langue slaves.

Les vicissitudes politiques imposèrent une alternance de rites slave et latin au monastère. Mais jusqu’à la mort de Prokop, le 25 mars 1053, le rite slave fut maintenu dans le monastère de Sázava.

Prokop fut vénéré comme un Saint national et fut canonisé en 1204.

 

 

Eberhard de Nellenburg

1015-1078

 

Il naquit vers 1015 dans le canton suisse de Schaffhausen, de Eppo et Hedwig, nièce de l’empereur Heinrich II. La famille était également parente avec le pape Léon IX (v. 19 avril). 

Cette famille noble inculqua à l’enfant tout ce qui pouvait s’apprendre dans ce milieu, mais la mère d’Eberhardt ne manqua pas de semer en plus en son âme l’amour du Christ.

C’est ainsi qu’une des plus belles vertus du garçon devint l’obéissance.

Le père était moins doux ; un jour qu’il trouva un livre de prières dans les mains de son fils, il le lui arracha et l’envoya dans l’âtre ; étonné de constater que le livre restait intact, Ebbon eut l’humilité de se calmer et, désormais, de ne plus opposer d’obstacle à la spiritualité de son fils.

Bientôt, Eberhard épousa une princesse de Germanie, nommée Ita, que l’on apparente avec les Comtes de Kirchberg, et avec laquelle il vécut dans le plus bel idéal chrétien, faisant l’aumône et soulageant la misère. Ils eurent six fils et deux filles.

La mère d’Eberhard avait fondé en 1030 un monastère de religieuses près de Mayence (où elle se retira et mourut) ; à son tour, Eberhard en fonda un dans ses terres, dans le canton suisse de Schaffhausen, dont l’église fut dédiée à Tous les Saints, et les moines suivirent la Règle bénédictine.

Il sera bon de préciser ici une erreur souvent reproduite. Schaffhausen, que d’aucuns traduisirent par Probatopolis, ne signifie pas maison des brebis, sorte d’allusion aux moines obéissant à leur abbé, mais bien plutôt maison des bâteliers, originellement Schiffhausen, car à cet endroit, à cause de la chute du Rhin, les bâteliers devaient s’arrêter et transborder le chargement de leurs bateaux.

Eberhard fit deux fois le pèlerinage à Rome. Il y obtint la confirmation papale de son abbaye et, au retour, guérit un aveugle le long du chemin. Il guérit aussi, par ses prières, son propre fils gravement malade. Ils firent aussi le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Vers 1072, Eberhard et Ita convinrent de se consacrer désormais totalement à Dieu, Ita à Sainte-Agnès, Eberhard à Tous-les-Saints.

Après six années d’une vie monacale édifiante, Eberhard s’éteignit vers 1078 ou 1079, un 7 avril ou un 25 mars.

Saint Eberhard est commémoré le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Richard de Pontoise

† 1179

 

Il s’agit ici encore une fois d’un «crime rituel» comme il y en eut beaucoup en divers points de l’Europe, par exemple William à Norwich (v. 24 mars) et Simone à Trento, Dominguito à Saragosse (v. 31 août) ou Hugues à Lincoln (v. 27 juillet).

Il semble qu’à chaque fois ces récits aient été le motif d’exactions et expoliations à l’encontre des Juifs et de leur expulsion. C’est en tout cas ce qui arriva en France en 1182, après les «faits» de Pontoise.

L’enfant aurait été cruellement torturé avant d’être crucifié, le 25 mars 1179.

Curieusement, on ne connaît ni le nom de ses parents, ni sa date de naissance, ni les circonstances de cette «immolation», ni le ou les témoins qui les auraient révélées.

Le petit corps martyrisé fut bien transporté à l’église des Saints-Innocents de Paris, et il s’y produisit aussi des miracles.

Tous les noms de ces «martyrs» ont été retiré de la récente édition du Martyrologe.

Ceux qui ont inventé ces fables sont gravement coupables. Si des êtres humains ont vraiment été capables d’exécuter de tels crimes et d’immoler des victimes innocentes, notre rôle est de prier pour eux. Ne jugez pas pour ne pas être jugés (Mt 7:1).

Qu’on nous pardonne ces lignes. Invoquons la miséricorde infinie de Dieu sur tous les pécheurs.

 

 

Tomasso Grasselli de Costacciaro

1262-1337

 

Tomasso (d’habitude, les Italiens disent Tommaso) vit le jour en 1262 à Costa San Savino (Perugia, Ombrie, Italie C).

Ce personnage se consacra tout petit déjà à Dieu et vécut dans l’ambiance des proches Camaldules de Sitria. Il y fut novice dès 1268, particulièrement intéressé par la lecture et l’étude de l’Ecriture et, bien sûr, grimpa ardiment l’échelle de le perfection dans toutes les vertus, au point qu’il n’eut aucune difficulté à obtenir de se retirer dans une cellule isolée pour mener la vie érémitique.

Vers 1272, donc vers sa dixième année, il rejoignit une grotte, un somptueux château qui n’avait guère plus de six mètres carrés de surface, encore visible sur le Monte le Gronde. Là Tomasso s’isola dans la complète contemplation des mystères divins ; il ne s’isolait de son «palais» que pour aller prier au proche oratoire Saint-Jérôme ou pour aller cueillir quelques baies ou couper quelques racines qui lui servaient de «festin».

Jusques là, personne ne connaissait l’ermite, tant il s’effaçait dans l’humilité. On croyait généralement que ce jeune homme était parti. Mais il croisa un jour quelques bergers qui en eurent presque peur, croyant d’abord voir un énergumène ou un fantôme, tant l’ermite Tomasso était amaigri et ses vêtements usés et en mauvais état. Le bruit se répandit, on vint visiter l’ermite, on s’y intéressa, on lui apporta des vêtements et de la nourriture (mais la nourriture passa rapidement dans l’écuelle des pauvres, qui venaient aussi).

Beaucoup de jeunes gens furent attirés par son genre de vie et vinrent s’instruire auprès de lui, formant comme une petite famille, dont il refusait absolument d’être le supérieur, mais un parmi les autres.

Il arriva ce qui devait arriver : on vint lui demander des prières et sa bénédiction, et un simple signe de croix provoquait un miracle, une guérison, une délivrance. Un jour que des prêtres du monastère voulurent célébrer la Messe dans la chapelle Saint-Jérôme et qu’ils n’avaient pas de vin, Tomasso puisa un peu d’eau de sa citerne, la bénit et l’eau se transforma en vin délicieux.

Parvenu à l’âge de soixante-quinze ans, dont soixante-cinq (si les dates sont justes) dans cette âpre et bienheureuse solitude, Tomasso annonça sa mort imminente, qui advint le 25 mars 1337.

Un saint Religieux de Gubbio en eut aussitôt l’information par inspiration divine ; la nouvelle s’en répandit immédiatement et rapidement ; on vint vénérer le corps de l’Ascète, qui resta exposé jusqu’au huit avril sans aucun signe de décomposition.

Les funérailles solennelles se firent à Costacciaro, où eurent lieu de nombreux miracles.

Son culte fut reconnu en 1778, et le Martyrologe mentionne le Bienheureux au 25 mars.

 

 

Margaret Clitherow

1556-1586

 

En anglais, son prénom est Margaret, et son nom de famille peut également s'écrire Clitheroe.

Margaret Middleton naquit à York en 1556 dans une famille protestante de rite anglican. 

Elle épousa en 1571 John Clitherow, boucher à York, dont la famille était catholique. Elle-même se convertit au catholicisme trois ans après son mariage, tandis que son mari, qui cependant la soutint toujours dans sa sainte résistance, assumait la religion officielle anglicane.

Régnait alors Élisabeth Ière, persécutrice des catholiques qui ne pouvaient accepter sa rupture avec Rome. En 1576, Margaret fut jetée en prison pour avoir refusé de remplir ses devoirs envers Dieu et la Reine, en n'assistant pas aux services anglicans.

Elle fut libérée puis de nouveau arrêtée. Elle apprit à lire toute seule en prison, pour pouvoir enseigner le catéchisme à ses enfants. Elle priait chez elle avec ses trois enfants, toujours soutenue par son mari anglican, et abritait souvent des prêtres de passage qui venaient dire la messe en cachette chez elle. Elle organisait aussi des leçons de catéchisme pour ses enfants et ceux de ses voisins.

Le 10 mars 1586 alors que son fils Henry était parti étudier à Douai dans l'intention de devenir prêtre, sa maison fut perquisitionnée sur trahison d’un domestique. On découvrit les ornements liturgiques et les livres d'un prêtre qui venait justement de s'échapper. Elle fut emprisonnée à la forteresse d'York et soumise à un interrogatoire. Elle refusa de plaider sa cause, pour éviter que ses amis, ses domestiques et ses propres enfants ne soient éventuellement contraints à témoigner contre elle. Cela lui valut la condamnation à être écrasée par des poids accumulés sur une planche de bois, jusqu’à ce que mort s’en suive.

Margaret passa la nuit en prière pour la conversion de la reine et pour soutenir dans la foi le clergé catholique persécuté. Alors qu'elle était enceinte de son quatrième enfant, le bourreau ordonna de la dévêtir avant de l’écraser avec cette planche ; la pauvre femme demanda, à genoux, qu’on lui épargnât cette infâmie, pour l’honneur de la féminité, ce qui lui fut refusé ; elle pria les quatre femmes qui devaient la dévêtir, de se détourner la face ; celles-ci lui retirèrent ses habits, l’étendirent à terre et la couvrirent d’un linge de lin. Puis on lui écarta les bras pour les attacher à deux piquets, de même pour les jambes. 

Ce n’était pas encore assez pour ces bourreaux, qui placèrent sous son dos une pierre pointue ; elle fut alors écrasée sous cette grosse porte de chêne, sur laquelle on accumula sept ou huit poids de cinquante kilogrammes, soit trois-cent cinquante à quatre-cents kilogrammes. Les côtes de la Martyre furent broyées, et crevèrent la peau. Margaret mit quinze minutes à mourir. Ensuite son corps fut jeté dans une fosse remplie d’eau.

C’était le 25 mars 1586.

Son mari fut condamné à l’exil ; ses deux jeunes garçons, qui pleuraient près de leur mère, furent interrogés sur ce qu’elle leur avait enseigné, et durement fouettés ; le plus âgé des deux, qui n’avait toujours que douze ans, fut mis en prison.

Le 29 août 2008, une plaque commémorative a été inaugurée à York sur le lieu de son martyre.

Margaret a été béatifiée en 1929 par Pie XI et canonisée en 1970 par Paul VI, avec d'autres Martyrs anglais et gallois, formant ainsi un groupe souvent appelé les Quarante Martyrs d'Angleterre et du Pays de Galles. 

Elle est inscrite le 25 mars au Martyrologe Romain.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

James Bird

1574-1593

 

Ce jeune homme martyrisé à dix-neuf ans est aussi connu comme James Byrd ou Beard. Ces homonymies anglaises pouvaient l’aider à passer inaperçu.

Né à Winchester, élevé dans le Protestantisme, James embrassa le Catholicisme à dix-neuf ans.

Il vint au Collège de Douai, puis de Reims, et retourna en Angleterre, où il fut bientôt arrêté sous l'accusation d'avoir rejoint les rangs de l'Eglise Catholique et proclamé que le Pape était le chef de l'Eglise sur terre.

Il fut condamné à mort pour trahison..

Il refusa d'adhérer au Serment de Fidélité. Il pouvait retrouver la liberté et sauver sa vie, s'il acceptait d'aller seulement une fois à un office protestant.

Quand son père l'invita à céder, il répondit avec douceur qu'il lui avait toujours obéi, mais que cette fois-ci il ne pourrait pas lui obéir sans offenser le Bon Dieu.

Après un long emprisonnement, il fut “pendu, éviscéré et écartelé” à Winchester, le 25 mars 1593, jour de la fête de l'Annonciation.

Il accepta ces souffrances avec constance et bonne humeur.

Sa tête fut exposée sur une pique aux portes de la ville. Un jour que son père passait par là, voyant la tête renversée comme pour le saluer, il s'écria : Oh, Jemmy, mon fils, toujours obéissant durant ta vie, même mort tu montres ton respect envers ton père. Comme il était loin de mon coeur de céder à toute trahison ou autre méchanceté !

James fut béatifié en 1929.

Lucia Filippini

1672-1732

 

Née le 13 janvier 1672 à Corneto (Tarquinia, Viterbo, Latium, Italie CO), Lucia fut orpheline à six ans et confiée par un oncle aux Bénédictines.

Adolescente, elle fut appelée par son curé pour la catéchèse des enfants. De là, l’évêque l’orienta vers les Clarisses de Montefiascone : pas même consacrée, elle fut remarquée pour ses dons de formatrice et on lui confia les novices. Puis l’évêque la mit à la tête des Maîtresses Pies, un institut qu’il avait fondé pour les écoles, avec Rosa Venerini (v. 7 mai).

Ces excellentes Maîtresses ouvrirent en peu de temps cinquante-deux écoles.

Nommée supérieure générale en 1704, Lucia connut la douloureuse épreuve de la calomnie : on la dénonça au Saint-Office comme appartenant à une secte.

Cette épreuve s’ajoutait à sa maladie de cancer qui la minait. Le 19 mars 1732, elle annonça que l’archange Gabriel allait la chercher le 25 mars suivant, fête de l’Annonciation.

C’est ce qui arriva : Lucia mourut paisiblement le 25 mars 1732 à Montefiascone.

Elle fut béatifiée en 1926 et canonisée en 1930.

 

 

Margaretha Flesch

1826-1906

 

Née le 24 février 1826 à Schönstatt (Vallendar, Allemagne), de Johann Georg Flesch, Margaretha perdit sa maman en 1832 ; elle avait deux petits frère et sœur et aura ensuite trois autres frère et sœurs de leur belle-mère, après le remariage de son père.

Le père avait un moulin à huile au monastère de Schönstatt, puis dut se déplacer à Fockenbach, près de Niederbreitbach (où le moulin s'appela ensuite “Moulin-Flesch”), mais comme il y avait plusieurs meuniers sur place, les Flesch restèrent dans de difficiles conditions de vie et ne purent payer la taxe pour obtenir le droit de cité, mais firent tout leur possible pour envoyer leurs enfants à l’école.

En 1842, à la mort du papa, Margaretha se retrouvait à seize ans dans le devoir de nourrir la grande famille. Elle commença à récolter des herbes dans la nature et à préparer des tisanes qu'elle revendait à la pharmacie locale. Elle avait appris seule l'usage de ces herbes médicinales.

A partir de 1851, elle et sa sœur Maria Anna se retirèrent dans un ermitage entre Waldbreitbach et Hausen, où il faisait particulièrement froid, surtout en hiver. Elles vécurent là de “petits boulots” dans les écoles, vaquant à des travaux de couture et de raccommodage, s'occupant d'orphelins et de malades dans les environs.

On ne sait pas exactement quand Margaretha commença à être liée au curé de l'endroit ou aux Franciscains ; sans être encore du Tiers-Ordre, elle était depuis longtemps proche de l'esprit de saint François d'Assise.

Or, à l'imitation d'un ami d'école, elle voulut fonder une maison pour malades et orphelins, aidée en cela par son frère Ägidius. En 1860 elle quitta son ermitage avec sa sœur malade et s’installa dans cette nouvelle demeure : elle accueillit des malades, quelques compagnes vinrent l’aider.

En 1863, Margaretha prononça des vœux simples, en tant que Tertiaire franciscaine, et adopta le nom de Maria Rosa, en l’honneur de la Vierge Marie et de sainte Rosa de Viterbe.

Margaretha-Maria Rosa sera la supérieure de ce nouvel Institut jusqu’en 1878.

Et tandis que l’institut prospère, et qu’une centaine de Sœurs vivent dans vingt-et-une maisons, des intrigues intérieures menées par le nouvel aumônier écartent la Fondatrice de toute fonction, avec interdiction de parler d’elle, et excluent carrément les Sœurs anciennes. Les jeunes Sœurs ignorent totalement qui est cette Mère âgée qui ne parle pas.

On détruisit aussi de propos délibéré tous les documents écrits de la main de la Fondatrice elle-même, pour effacer toute mémoire de celle-ci.

La Fondatrice priait et s’occupait uniquement à la confection de vêtements liturgiques. 

Sur une photographie de 1905, on la voit humblement assise dans son fauteuil roulant, à côté de la Supérieure générale.

Mère Margaretha-Maria Rosa Flesch meurt à la maison-mère - dans sa maison - le 25 mars 1906.

Le «silence» persista jusqu’en 1915, quand mourut l’aumônier dont il a été question. Peu à peu la lumière se fit, on retrouva des documents, et la Fondatrice sortit de l’oubli pour s’acheminer vers le procès de béatification.

Margaretha-Maria Rosa Flesch a été béatifiée en 2008.

Son Institut, les Franciscaines de la Bienheureuse Vierge Marie des Anges, ou plus simplement les Franciscaines de Waldbreitbach, compte une cinquantaine de maisons en Allemagne, aux Etats-Unis et au Brésil : hôpitaux, maisons de retraite, foyers pour l’enfance, hospices, écoles.

 

 

Soultaneh Mariam Danil Ghattas

1843-1927

 

Mère Marie-Alphonsine Danil Ghattas est née à Jérusalem le 4 octobre 1843 et elle est décédée le 25 mars 1927, en la fête de l'Annonciation, à l'heure qu'elle avait prédite.

Entrée à 14 ans chez les Sœurs de Saint-Joseph de l'Apparition, elle dut à des révélations privées de la Vierge Marie la fondation d'une congrégation palestinienne qui porterait le nom de Sœurs du Rosaire. En 1880, sept jeunes filles, préparées par le P. Joseph Tannous, reçurent l'habit religieux de la nouvelle fondation des mains du patriarche, Mgr Bracco.

Sœur Alphonsine quitta la communauté des Sœurs de Saint-Joseph avec la permission de Rome, et entra dans la nouvelle congrégation.

Elle reçut l'habit des mains de Mgr Pascal Appodia, évêque auxiliaire du patriarche, le jour de la fête de Notre-Dame du Rosaire, le 7 octobre 1883.

En 1885, elle rejoignit la maison de Jaffa de Galilée, près de Nazareth, fonda l'année suivante l'école des filles de Beit Sahour, avant d'être envoyée à Salt, en Transjordanie, avec trois compagnes, puis à Naplouse. Elle dut rentrer à Jérusalem à cause de sa santé puis, rétablie, partit pour la maison de Zababdeh.

Elle assista, à Nazareth, dans ses derniers instants, le P. Joseph Tannous, qui avait aussi été son directeur spirituel.

Elle revint ensuite à Bethléem ouvrir un atelier de couture, puis à Jérusalem en 1909, et à Ain Karem pour ouvrir un orphelinat.

L’institut des Sœurs du Rosaire est actuellement l’unique congrégation fondée dans le patriarchat latin de Jérusalem. Il est établi dans huit pays du Proche-Orient et compte environ trois-cents religieuses. 

Marie Alphonsine Dani Ghattas a été béatifiée en 2009, en la fête du Christ Roi.

Or, deux jours avant cette béatification, un jeune ouvrier fut électrocuté durant son travail à Nazareth et resta deux jours dans le coma. Il se réveilla le jour-même de la béatification d’une façon tout-à-fait inattendue, au point que la commission est parvenue à la certitude d’un réel miracle. C’est ce miracle qui fut retenu pour la prochaine canonisation de Marie Alphonsine, en 2015.

 

 

Omeljan Kovc

1884-1944

 

Né le 20 août 1884 à Kosmach (Kosiv, Ukraine occidentale), Omeljan était fils d’un prêtre gréco-catholique : dans cette Eglise de rite oriental en effet, les futurs diacres peuvent choisir entre le mariage et le célibat. Omeljan se mariera à son tour et aura six enfants.

Il fit des études de théologie, à Lviv puis à l’Université Urbaniana de Rome, où il résidait au Collège Ukrainien (collège des Saints Serge et Bacchus).

Ordonné prêtre en 1911, il exerça le ministère sacerdotal dans des paroisses de Galicie, puis se porta volontaire pour la Yougoslavie (actuelle Bosnie), auprès des Ukrainiens émigrés.

En 1919, il est aumônier des soldats ukrainiens au cours de la lutte contre les troupes bolcheviques.

En 1922, il est curé à Peremyschlyany (Lviv), une paroisse majoritairement habitée par des Juifs. Omeljan y organisa des congrès eucharistiques, des pèlerinages, des activités avec les jeunes (scouts en particulier), accueillant chez lui les enfants pauvres et les orphelins. Sa maison fut appelée la maison où les anges volent sur le toit.

Arrêté par les communistes en 1941, il fut d’abord libéré par l’armée allemande.

Mais quand les nazis envahirent le pays et commencèrent à persécuter les Juifs, le père Omeljan entreprit, au péril de sa vie, de baptiser beaucoup de Juifs, pour les faire échapper aux rafles.

Il fut arrêté en décembre 1942 et jeté en prison à Lviv. Malgré les efforts du métropolite (évêque), le père Omeljan fut ensuite déporté en août 1943 dans le camp de concentration de Majdanek (Pologne).

Même là, le père Omeljan continua à célébrer et à confesser. Voici un extrait d’une lettre qu’il envoya à ses enfants : 

Le ciel mis à part, c’est ici le seul endroit où je veuille me trouver. Ici, nous sommes tous égaux, Polonais, Juifs, Ukrainiens, Russes, Lettons, Estoniens. J’y suis le seul prêtre. Lorsque je célèbre la Liturgie, ils prient tous. Chacun dans sa langue. Mais est-ce que Dieu ne comprend pas toutes les langues ? Ici, je vois Dieu, ce Dieu qui est le même pour tous, malgré les différences de religions qu’il y a entre nous.

Ayant su qu’on cherchait à obtenir sa libération, il écrivait encore : 

Hier, cinquante prisonniers ont été exécutés. Si je n’étais pas ici, qui les aiderait à passer ce moment-là ? Que pourrais-je demander de plus au Seigneur ? Ne vous inquiétez pas pour moi. Réjouissez-vous ensemble, avec moi.

Rempli de charité sacerdotale, il écrivait encore : 

Priez pour ceux qui ont construit ce camp et ce système. Eux, ils n’ont besoin que de prières… Seigneur, pitié pour eux.

D’après les documents du camp, le père Omeljan mourut gazé dans ce camp, le 25 mars 1944.

Il a été béatifié en 2001, parmi vingt-sept Martyrs Ukrainiens victimes de la persécution nazie et dont la fête locale commune est au 27 juin.

Le bienheureux Omeljan a été désigné comme Juste par le Conseil juif d’Ukraine.

Son dies natalis est au 25 mars.

 

Ndre Zadeja

1891-1945

 

Ndre Zadeja naquit le 3 novembre 1891 à Shkodra (Albanie), de Gjonit et Luçie Fishtës.

Après trois années dans une école italienne, il étudia au Collège des Jésuites, puis acheva ses études supérieures à Innsbruck, où il se consacra à la linguistique.

En 1916, il fut ordonné prêtre et célébra sa Première Messe en Albanie, le 26 avril.

D’abord curé de paroisse, il fut en même temps secrétaire de l’évêque. En 1922, il fut nommé  à Malit i Jushi, puis Boga, Shkrel et Sheldî.

Il écrivit plusieurs mélodrames, les premiers de la littérature albanaise, mis en scène au théâtre des Jésuites de Shkodra, et qui continuèrent à circuler sous le manteau durant le régime communiste.

La tragédie du prêtre-poète commença le 16 août 1944, en la fête de s.Roch, quand il prévint les fidèles présents qu’un nuage noir avec une idéologie rouge venait au-dessus de leurs têtes.

Arrêté le 4 février 1945, abattu le 25 mars suivant, il est un des trente-huit Martyrs d’Albanie béatifiés en 2016.

Ndre Zadeja est inscrit au Martyrologe le 25 mars .

 

 

Pawel Januszewski

1907-1945

    

Pawel (Paul) Januszewski naquit le 11 juin 1907 à Krajenki en Pologne, de Marian et Marianna. 

Il fut éduqué au collège de Greblin puis à Suchar, puis au lycée Michalitow à Pawlikowicach, enfin à Cracovie. 

Dans une lettre qu'il écrit en 1927, il exprime son irrésistible désir qu'il a depuis l'enfance de devenir prêtre, et sa détermination à se consacrer pour ne vivre que pour Dieu. 

Il entre chez les Carmes à Lwow, et prendra le nom d'Hilary (Hilaire) lorsqu'il fera sa profession en 1928. Il étudie la philosophie à Cracovie, puis au collège international Saint-Albert à Rome. Il est ordonné prêtre le 15 juillet 1934.

Un confrère, qui serait plus tard prieur général de l'Ordre, affirme que Pawel Hilary avait une personnalité tranquille, silencieuse et même solitaire, absorbé dans la méditation. Il était fidèle aux pratiques quotidiennes de piété.

Quand il soutient sa thèse de doctorat, il est compté parmi les meilleurs élèves de l'unversité. De retour en Pologne, il est responsable des séminaristes et professeur de théologie dogmatique et d'histoire de l'Eglise. Puis en 1939 il est nommé prieur de sa communauté à Cracovie, deux mois après l'occupation de son pays par les Allemands (à l'Ouest) et les Soviétiques (à l'Est).

Hilary était pour lui-même très exigeant et très strict, et en même temps d'une extrême patience envers ses disciples. A Cracovie, on le connaissait comme un homme indomptable et d'une constante tranquillité d'esprit. Il était particulièrement attentif aux nécessiteux, aux malades. Voici encore quelques souvenirs écrits par quelqu'un qui l'a bien connu : 

C'était un prêtre plein de bonté qui n'a jamais refusé d'aller prêter ses services dans un orphelinat. Nous étions toujours heureux d'assister à sa messe. Quand il confessait, il y avait une foule d'orphelins qui attendaient leur tour. Je le vois encore quand il vint à Zwierzyniec pour passer des heures avec les plus nécessiteux. Pendant l'occupation, un groupe de déportés arriva de Poznan : il voulut les accueillir en disant «Ne fermez pas la porte à la souffrance humaine». C'est ainsi qu'il leur fournit un abri, un lieu de culte, un soutien matériel mais surtout un profond réconfort moral et spirituel.

Le 18 septembre 1940 quatre frères du couvent furent déportés par les Allemands (les frères Urbanski, Majcher, Wszelaki, Nowakowski) parce qu'ils avaient prêché en polonais dont l'usage public était interdit. La Gestapo revint le 4 décembre pour en arrêter d'autres. Cette fois-ci il prit la place d'un frère âgé et malade, objectant qu'il en était le père et le responsable. Ainsi commença son calvaire qui allait durer plus de quatre ans. Emprisonné à la prison de Montelupich à Cracovie, il fut déporté à Sachsenhausen, puis en avril 1941 à Dachau, où il portait le numéro 27648.

Il encourageait ses compagnons par la prière, les entourant de gentillesse et de dévouement. Il les soutenait dans l'espérance d'un avenir meilleur. Il conservait envers et contre tout le ferme espoir de retourner dans son couvent de Cracovie. Il rencontra ainsi beaucoup d'autres religieux carmes, y compris étrangers, entre autre Titus Brandsma, hollandais (v. 26 juillet).  

Le 16 juillet 1942 les prêtres carmes et les autres religieux enfermés dans la même baraque purent célébrer dans cet atroce environnement la fête de Notre Dame du Mont Carmel avant la journée de travail. Pendant l'hiver 1945 la vie au camp devint encore plus insupportable; l'encadrement nazi commençait à montrer des signes de panique alors que la guerre semblait perdue pour eux. Les kapos (prisonniers qui surveillaient les autres déportés) multipliaient les sévices pendant que la région subissait les bombardements alliés.

Dans le baraquement 25 des Russes, le typhus vint à se propager et Hilary demanda à y être admis avec d'autres prêtres pour assister les malades. Il mourait chaque jour environ quarante à soixante-dix détenus, parmi lesquels se trouvait Vincentius Frelichowski (v. 23 février). L'apostolat du père Hilary allait durer 21 jours... 

Lui et ses collègues prêtres savaient bien d'une part que la libération était proche, mais plus encore ils étaient soucieux d'apporter leur soutien sacerdotal auprès des mourants, malgré le très fort risque de contagion. Ils savaient que les autorités sanitaires s'interdisaient tout rapport avec les malades pour éviter cette contagion mortelle, mais Hilary préféra se donner librement pour ses frères. Lorsque la maladie le gagna, il resta plusieurs jours dans un état comateux avec une fièvre de 40° et s'éteignit le 25 mars 1945, fête de l'Annonciation. 

Un mois plus tard les Américains libéraient le camp, le 29 avril. 

Le corps du père Hilary fut brûlé dans un four crématoire.

Le Père Urbanski, qui survécut, rendit témoignage du sacrifice de son prieur. De nombreux Carmes polonais moururent aussi dans les camps de concentration dont les Pères Kozan, Buszta, Makowski, etc...

Comme un autre Maximilian Kolbe, le père Hilary alla jusqu'au bout dans le don total de sa personne pour ceux qu'il aime (Jn 15:13).

Il fut du nombre des Bienheureux proclamés par Jean-Paul II le 13 juin 1999 à Varsovie, parmi lesquels trois évêques, cinquante-deux prêtres, vingt-six religieux, trois séminaristes, huit religieuses et neuf laïcs.

Inscrit dans le Martyrologe au 25 mars, il est fêté localement avec les autres martyrs du Nazisme le 12 juin.

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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 00:00

24 MARS

 

I.

S Artémon, établi évêque à Séleucie par s. Paul, cf. Ac 13. 

II.

Ss Marc et Timothée, martyrs à Rome.

S Latin, évêque à Brescia.

IV.

S Epigmène, prêtre romain martyr.

Ss Timolaus, Romulus (sous-diacre), Pausidius, Agapius, deux Dionysius et deux Alexander, jeunes gens martyrs à Césarée de Palestine.

S Pigmène, prêtre romain précipité dans le Tibre.

?

S Agapit, évêque à Synnade.

S Séleuque, en Syrie.

Ss Romulus et Secundulus, deux frères martyrs en Maurétanie.

VI.

S Maccarthen, évêque à Clogher, disciple de s. Patrice.

VIII.

Ste Hildelite, princesse anglaise, abbesse à Barking.

S Severo, évêque à Catane, martyrisé par les Sarrasins.

XI.

B Aldemar, abbé à Capoue, puis Bocchianico.

XII.

B William, enfant de douze ans sacrifié par des Juifs à Norwich.

XIII.

B Giovanni au Bâton, disciple de s. Silvestre, fondateur des Silvestrins.

XIV.

Ste Catherine, fille de ste Brigitte de Suède qu’elle assista partout, supérieure de religieuses à Valdstena.

B Lazare, abbé en Russie.

XV.

S Simone, enfant de deux ans martyrisé par des Juifs à Trente.

XIX.

B José Francisco Lopez-Caamaño (Diego), entré chez les capucins à seize ans, “apôtre de l’Andalousie”.

XX.

Bse Clotilde Micheli (Maria Serafina du Sacré-Cœur, 1849-1911), italienne, fondatrice des Sœurs des Anges, béatifiée en 2011.

Bse Maria Karlowska (1865-1935), polonaise, fondatrice des Sœurs du Bon-Pasteur de la Divine-Providence, pour l’apostolat auprès des prostituées, béatifiée en 1997.

B Óscar Romero y Galdámez (1917-1980), archevêque à San Salvador, martyr, béatifié en 2015, canonisé en 2018.

 

Artémon

1er siècle

 

Ce qui est dit ici d’un saint Artémon, repose sur des données traditionnelles, qui ont la valeur que peuvent avoir des traditions orales tenaces.

Artémon serait né dans une famille noble de Séleucie (Pisidie, actuelle Turquie d’Asie).

Il s'attacha fortement à saint Paul, lors du passage de ce dernier (cf. Act 13,4). Quand Paul s'embarqua pour Chypre, il l'accompagna.

Quand Paul fut mis en prison et enchaîné, Artémon le fut avec lui.

Bientôt Paul le désigna comme évêque pour Séleucie, et Artémon fut un pasteur modèle.

Il avait convaincu ses fidèles que les fêtes elles-mêmes sont sans joie pour ceux qui ne se soucient pas de leur âme, mais pour les amis de la vertu, il est normal que chaque jour devienne une fête et comme un dimanche ininterrompu.

Il est dit qu'Artémon mourut à un âge avancé.

Saint Artémon était au 24 mars dans l’ancien Martyrologe, mais la récente édition ne l’a pas retenu, faute d’attestations plus précises.

Dans l'épître à Tite (3:12), saint Paul mentionne un Artemius, qui n’est pas le nôtre, peut-être évêque à Lystres et vénéré le 30 octobre par certaines Eglises, mais qui ne se trouve pas au Martyrologe.

Un autre Artemius était vénéré aussi le 24 mars, comme évêque de Thessalonique.

Enfin, aucun de ceux-ci n’a affaire avec un autre Artémon, hérétique vivant à Rome au 3e siècle, qui n'adhérait pas au dogme de la Trinité.

 

 

Martyrs de Césarée (Huit)

† 305

 

Tandis qu’un certain Urbanus était gouverneur de Palestine au moment de la persécution de Dioclétien, six jeunes gens préférèrent devancer leur jugement inévitable, plutôt que de l’attendre trop longtemps.

Sur le passage d’Urbain, ils se firent lier les mains et coururent au-devant du gouverneur en criant : Nous sommes Chrétiens ! Certes, ils montraient par là qu’ils étaient conscients de ce qui allait leur arriver, mais aussi, ils manifestaient leur ferme opposition à utiliser ces mains pour offrir de l’encens aux divinités païennes. 

Ils étaient six, dont voici les noms en latin : Timolaus, Dionysius, Romulus, Pausidius, et deux Alexander.

Qui étaient-ils ? Eusèbe de Césarée, de qui nous tenons le récit, ne précise que ce qu’il sait. Timolaus venait du Pont ; Dionysius, de Phénicie ; Romulus était sous-diacre de Diospolis ; Pausidius et Alexander étaient Egyptiens, l’autre Alexander était de Gaza. Supposons par exemple qu’ils étaient catéchumènes et écoutaient les enseignement du sous-diacre ; ou bien s’étaient-ils simplement rencontrés dans cette région, pèlerins de Jérusalem…

Stupeur d’Urbain - qui les fit quand même jeter en prison.

Quelques jours plus tard, deux autres jeunes gens les rejoignirent, un Agapius, qui avait déjà passablement souffert pour sa foi, et un nouveau Dionysius, qui avait eu le courage d’aller soigner les plaies des Chrétiens en prison.

Tous les huit furent décapités le 24 mars 305 à Césarée de Palestine.

Ces huit saints Martyrs de Césarée sont commémorés le 24 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Secundulus de Maurétanie

† ?

 

Secundulus, auquel on associait autrefois son frère Romulus, devait être natif de Maurétanie.

On ne connaît ni l’époque ni le lieu ni les circonstances de son martyre.

Saint Secundulus de Maurétanie est commémoré le 24 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

 

Maccarthen de Clogher

† 505

 

Maccarthen était irlandais ; en gaélique, son nom est Aedh Mac Carthin. On le dit issu de la noble famille des Arad.

Il fut un des tout premiers disciples de s.Patrice (v. 17 mars). Quand ce dernier fut chargé d’années et d’infirmités, Maccarthen le porta sur son dos. Ils portèrent ensemble l’Evangile en Tyrone et Fermanagh. 

Maccarthen est l’un des premiers Saints irlandais dont on ait rapporté qu’il était thaumaturge. Mais on n’a pas de récits de sa vie.

On rapporte cependant qu’il se plaignit un jour de ce que Patrice avait confié une église à trois de ses disciples, mais pas à lui.  On voit par là que les meilleurs peuvent toujours être repris par quelque sentiment de jalousie. Patrice, sans s’arrêter à cette petite misère humaine, répondit à Maccarthen : Je te laisserai dans une église qui ne sera pas très proche, pour n’être pas méprisable, mais elle ne sera pas très loin, pour que nous puissions nous visiter toujours.

De fait, Clogher se trouve à une quarantaine de kilomètres de la ville de s.Patrice, Arnagh. Si le siège de Maccarthen s’était trouvé à proximité de celui de Patrice, la renommée de ce dernier aurait certainement eclipsé celle de Maccarthen.

Il fut donc consacré en 454. A cette occasion, s.Patrice remit à Maccarthen le plus vieil exemplaire qu’on ait du saint Evangile en irlandais, ainsi qu’un reliquaire précieux qu’on appela Domnach-airgidh, parce qu’il lui était parvenu du Ciel, et qui contenait des reliques de la Vraie Croix.

Il faut rappeler ici que Clother tire son nom de Cloch-Oir (ou «pierre en or») : cette pierre sacrée provenait d’un druide qui se convertit après avoir beaucoup éprouvé la patience de Maccarthen. Le fils de ce druide fut ensuite le successeur de Maccarthen.

Maccarthen mourut vers 505.

On a retrouvé un hymne en l’honneur de Maccarthen, composé au 16e siècle, dans lequel il est dit qu’il fut parfaitement chaste, qu’il eut le désir du martyre, qu’il fut digne des Apôtres par sa prédication ; en outre, que personne ne soit reparti sans avoir obtenu la grâce qu’il demandait pour la santé de l’âme et du corps.

Saint Maccarthen est commémoré le 24 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Severo de Catane

† 814

 

Severo fut le dix-neuvième archevêque de Catane et y fut nommé en 802.

L’unique fait important - et combien - qu’on rapporte de lui, est qu’il fut victime des Sarrasins qui le martyrisèrent en 814.

Saint Severo est commémoré le 24 mars dans le Martyrologe Romain.

William de Norwich

1132-1144

 

L’histoire qui suit, qui se réfère à un récit quasi contemporain, semble présenter toutes les garanties de la vérité authentique. Mais son contenu est tellement horrible, qu’il a aussi suscité bien des réserves. Et on les comprend sans difficulté.

Si donc le récit rapporte des faits véridiques, le petit William naquit le 2 février 1132, de Wenstan et Elvina ; on ne donne pas leur nom de famille ni le lieu exact de la naissance ou du baptême de l’enfant. Les parents étaient des fermiers aisés. Ils avaient de la parenté à Norwich.

En 1140, le petit garçon fut apprenti chez un corroyeur de Norwich (Angleterre), logeant chez un parent nommé Ulward. Est-ce possible qu’un enfant de huit ans soit placé comme apprenti loin de ses parents, alors que ceux-ci avaient les moyens de l’envoyer à l’école ? 

Le patron de William était en fréquentes relations avec les Juifs de l’endroit, pour des raisons commerciales ; lui et l’oncle mirent l’enfant en garde contre ceux-ci, et l’enfant les évitait, mais eux le remarquèrent.

Ils soudoyèrent un soi-disant cuisinier de l’archidiacre de Norwich, pour qu’il se proposât d’accompagner William chez sa mère, le Lundi Saint, 20 mars 1244. Le «cuisinier» remit une somme d’argent à la maman et lui extorqua la permission de laisser partir William avec lui et le placer chez l’archidiacre.

De retour à Norwich, l’individu alla chez le parent où habitait William, y trouva sa tante Livina, et lui raconta l’accord passé la veille. Livina, étonnée et soucieuse, les fit suivre de loin par sa fille. Celle-ci les vit entrer chez un Juif ; la porte se referma et l’on ne vit plus William.

Ici, le biographe affirma tenir les détails qu’il racontait, d’une femme chrétienne qui habitait la même maison. 

Il écrivit que, durant la journée du Mardi saint 21 mars, l’enfant fut traité avec gentillesse, mangea et dormit. Le Mercredi saint 22 mars, après leur office, les Juifs s’approchèrent de William, le baillonèrent, lui rasèrent la tête et lui imposèrent une couronne d’épines ; puis ils le condamnèrent à être crucifié : dans un chambre voisine où se trouvaient déjà dressés des poteaux, ils attachèrent la main droite et le pied droit avec une corde, clouèrent la main gauche et le pied gauche, et percèrent le cœur ; la femme fut invitée à chauffer de l’eau, avec laquelle on devait laver les blessures et arrêter le sang : quand elle l’apporta, elle aperçut par la porte entrebâillée la petite victime crucifiée ; le soir elle dut nettoyer la chambre, où elle trouva le couteau et la boîte à aiguilles de l’enfant, attachés à sa ceinture.

Le Jeudi saint 23 mars, les «Juifs» (ou les assassins) délibérèrent sur ce qu’ils feraient du petit corps. Le Vendredi saint 24 mars 1144, ils le mirent dans un sac et voulaient l’abandonner dans le bois proche ; ils y virent un certain Aelward Ded, qui comprit qu’il s’agissait d’un corps humain. Se voyant découverts, les bourreaux soudoyèrent l’homme en achetant son silence et s’enfuirent, abandonnant le sac à une branche.

Mais au soir du même Vendredi, on aperçut une lumière à l’endroit où était accroché le corps de William. Le Samedi saint, on découvrit l’enfant, bâillonné et portant les traces des blessures. Bien sûr, le bruit courut, on reconnut William, qui fut enterré le Lundi de Pâques. Un mois plus tard, quand l’oncle, prévenu, voulut reconnaître le corps, celui-ci était sans corruption, et exhalait une agréable odeur.

Des miracles se produisirent, on canonisa l’enfant martyr. Le Martyrologe le mentionnait autrefois au 24 mars, anniversaire du Vendredi saint de 1144 ; c’était inexact : la mort de l’enfant avait dû déjà se produire le Mercredi saint, 22 mars.

Un des bourreaux confessa tous les détails du meurtre cinq ans plus tard.

Toute cette histoire pourrait très bien être une fable calquée sur la Passion de Notre-Seigneur.

Trois siècles plus tard, à Trento (Italie) aurait été accompli un crime semblable ; on en recensa d’autres encore. Compte tenu des réserves qui s’imposent aujourd’hui, le Martyrologe ne mentionne plus ce récit de «meurtre rituel». Si on l’a maintenu ici, c’est uniquement pour une allusion historique, sans parti pris et sans condamnation de quiconque, juif ou chrétien.

 

 

Giovanni Bottegoni au Bâton

1200-1290

 

Giovanni naquit vers 1200 dans le petit village de Paterno (Fabriano, Marches, Italie CE), bien différent de la ville du même nom en Basilicate.

Les Bottegoni étaient des paysans aisés ; Bonello et Supercla eurent cinq enfants : Giunta, Nicola, Benvenuto, Buonora, et le benjamin, Giovanni.

Ce dernier était né le 24 mars, jour qui devait aussi être son dies natalis, environ quatre-vingt dix ans plus tard.

Dès l’enfance il manifesta un attrait particulier pour les choses du Bon Dieu et pour l’étude, de sorte que les parents eurent l’intelligence de l’envoyer étudier à Bologne.

Un douloureux abcès à une jambe l’empêcha d’achever ces études et le contraignit d’une part à revenir à la maison paternelle et d’autre part à se servir constamment d’une canne. La canne se dit en italien bastone, surnom qui resta à Giovanni toute sa vie ainsi que dans les archives : Giovanni dal Bastone.

Profitant cependant de ce qu’il avait pu apprendre, Giovanni ouvrit à Fabriano une école et acquit ainsi une certaine indépendance financière.

Vers 1230, répondant à l’appel de Dieu, il décida d’embrasser la vie érémitique à la suite de s. Silvestro Gozzolini (v. 26 novembre). Une règle âpre, austère, mais qui attira beaucoup de vocations.

Silvestro présenta Giovanni à l’évêque comme candidat au sacerdoce. Prêtre, Giovanni demeura effacé, dans la prière, la pénitence, tout occupé à monter les degrés des vertus. Quelque soixante années d’une vie toute donnée à Dieu.

Au moment de ses quatre-vingt dix ans, Giovanni fut repris de violentes douleurs à cette jambe déjà bien déformée et, après avoir reçu les sacrements, il s’éteignit, le 24 mars 1290.

Autant il avait vécu dans le plus total retrait du monde, autant les gens affluèrent de toutes parts pour vénérer l’ermite défunt. De nombreux miracles firent envisager une rapide glorification. La voix populaire le canonisa sans tarder, tandis que l’Eglise, plus prudente, le béatifia officiellement en 1772.

Giovanni au Bâton ou à la Canne est commémoré au Martyrologe le 24 mars.

 

 

José Francisco López-Caamaño y García Pérez

1743-1801

 

Pour une fois, l’enfant ne montra pas de signes évidents de piété. Diego José ne désirait pas du tout être religieux, et encore moins capucin, deux réalités qui lui répugnaient, d’après ses propres dires.

Il naquit le 30 mars 1743 à Cadix (Espagne), de nobles parents ; orphelin de mère à neuf ans il fut recueilli par une brave femme plutôt acariâtre. Son père l’envoya étudier à Grazalema, puis chez les Dominicains de Ronda (Málaga).

L’école ne l’emballait pas vraiment et il se contentait tranquillement d’avoir la moyenne, comme on dit.

L’adolescent recevra cependant quelques secousses divines, comme il l’écrivit. Ainsi à treize ans, pour se remettre d’une mauvaise interrogation à l’école, il entra dans l’église des Capucins, qui étaient en train de chanter l’office divin ; impressionné, il demanda à lire quelque chose de bien : on lui donna les vies de saint Fidel de Sigmaringen et de saint Giuseppe de Leonessa (v. 24 avril et 4 février).

La grâce de Dieu fit le reste : l’année suivante, il entra au noviciat des pères Capucins à Séville, prit le nom de Diego José et fit la profession en 1759. Ses débuts de vie religieuse cependant ne suscitèrent pas encore en lui un élan plein d’amour pour la théologie ; il préférait la poésie. 

Une nouvelle secousse le réveilla pour de bon et cette fois-ci il fut pris d’un ardent zèle pour la conversion des âmes.

En 1766, il reçut l’ordination sacerdotale à Carmona et devint alors un des fervents apôtres de la dévotion à la Sainte Trinité et à Marie, Divine Bergère (ou Mère du Bon Pasteur).

On l’envoya se préparer à la prédication à Ubrique. Puis il parcourut l’Espagne entière, du sud au nord, de l’est à l’ouest et jusqu’au Portugal et au Maroc. Il n’apprit aucun dialecte, mais on l’écoutait.

Sa célébrité était reconnue ; il fut consulteur et théologien dans plusieurs diocèses, chanoine honoraire de plusieurs cathédrales, membre dans les universités : celle de Grenade lui décerna le diplôme de Maître ès Arts, Docteur en Théologie et Droit (1779).

Il encouragea la croisade contre les révolutionnaires français et publia Le Soldat Catholique en Guerre de Religion. Dans ses prédications enflammées, il réveilla les consciences contre la mauvaise presse, contre les corridas, les bals, les pièces de théâtre licencieuses…

Sa ville natale, Cadix, lui a toujours accordé sa reconnaissance pour sa prédication.

Il ne fut pas toujours bien accueilli : des ministres l’empêchèrent d’approcher la famille royale ; le Conseil de Castille l’envoya de Séville à Casares (Málaga), mais il fut ensuite «absout» ; si une ville le renvoyait, il partait pour une autre destination ; il s’exprima franchement contre certaines positions ecclésiastiques, et soutint le célibat sacerdotal ; on l’enferma quelque temps dans un couvent, il n’en sortit que plus décidé, quoique peu à peu affaibli dans sa santé.

Des miracles se produisirent dès son vivant ; il eut aussi des intuitions étonnantes.

On a conservé de lui quelque trois mille sermons.

Il s’éteignit à Ronda (Málaga) le 24 mars 1801, victime du douloureux vomito negro, et fut béatifié en 1894.

 

 

Clotilde Micheli

1849-1911

 

Née le 11 septembre 1849 à Imer (Trento, Italie N) de parents très chrétiens, Clotilde reçut la Confirmation à trois ans et la Première communion à dix ans.

Elle avait une sœur qui reçut la première un avertissement céleste sur la destinée de Clotilde.

Le 2 août 1867, Clotilde eut à son tour une vision de la Sainte Vierge, qui lui proposait de fonder une nouvelle famille religieuse avec vocation d'adorer spécialement la Sainte Trinité, avec une particulière dévotion à Marie Mère de Dieu et aux Anges.

Ce fut le départ d'une longue pérégrination spirituelle et matérielle, car Clotilde hésitait à se lancer dans une telle entreprise.

Elle alla chercher des conseils à Venise, à Padoue, à Castellavazzo (Belluno). Une fois, elle déchira les papiers qu'elle venait d'écrire, convaincue qu'elle n'arriverait jamais au but.

En 1878, elle comprit qu'on lui organisait un mariage derrière son dos, et elle s'enfuit en Allemagne rejoindre ses parents qui s'étaient installés depuis peu à Epfendorf.

Là elle resta sept années comme infirmière, jusqu'à la mort de ses chers parents, puis s'en retourna à Imer. Elle n'avait toujours pas mis en acte l'invitation de la Sainte Vierge ! 

En 1887, elle décide de faire un long pèlerinage à Rome avec des étapes dans des sanctuaires mariaux, pour comprendre mieux la volonté de Dieu, et surtout comment l'exécuter.

A Rome, elle fut reçue chez les Sœurs de la Charité et Filles de l'Immaculée (Immacolatine), dont la fondatrice (Maria Fabiano) la convainquit d'y prendre le voile, quitte à sortir de l'Institut si elle voulait fonder cette nouvelle famille religieuse dont elle lui avait parlé.

Ainsi Clotilde devint pour quatre ans Sœur Annunziata ; elle sera même nommée supérieure de la maison de Sgurgola (Anagni) entre 1889 et 1891.

Cette année-là elle rejoignit Alife (Caserta), où on lui proposa encore une autre fondation ; mais ce n'était pas sa mission. Elle passa alors à Casolla (Caserta), et avec quelques jeunes filles fit enfin le pas décisif : en juin 1891 naissait le nouvel institut sous le nom de Sœurs des Anges, Adoratrices de la Très Sainte Trinité.

La Fondatrice de quarante-deux ans prit alors le nom religieux de Sœur Maria Serafina du Sacré-Cœur.

Un an plus tard, on lui confia déjà un orphelinat à Santa Maria Capua Vetere (Caserta).

Mère Maria Serafina avait peut-être terminé son “périple”, mais elle fut rejointe par la maladie dès 1895, et dut subir une délicate intervention chirurgicale. 

En 1899 s'ouvrit la maison de Faicchio (Benevento), où elle finit par rester immobilisée à cause de ses douleurs croissantes.

Après d'autres épreuves morales et des incompréhensions, et ce, même à l'intérieur de l'Institut, Mère Maria Serafina s'endormit dans le Seigneur, le 24 mars 1911, veille de l'Annonciation, dont elle avait porté le nom lors de sa première consécration.

Mère Maria Serafina fut béatifiée en 2011, un siècle après sa mort.

 

 

Maria Karlowska

1865-1935

 

Née le 4 septembre 1865 à Slupowka (actuelle Karlowo, Pologne), Maria était la onzième enfant d'une famille chrétienne. 

A dix-sept ans elle fut orpheline de père et mère, et dut travailler. Elle fit le vœu de chasteté. Elle fut d'abord couturière à Berlin, puis auprès de sa sœur à Poznan.

Elle aimait visiter les pauvres malades de sa ville, mais un jour elle fit la rencontre d'une malheureuse prostituée : elle conçut alors ce qui sera sa vraie vocation, celle d'aider ces pauvres filles tombées à se redresser, certaines aussi à guérir de maladies contractées, et à se réinsérer dans la société.

C'est ainsi qu'en 1896 elle donna naissance à une famille religieuse, les Sœurs du Divin Pasteur de la Divine Providence. Les religieuses ajouteront aux trois vœux habituels, un quatrième vœu pour se dédier entièrement aux personnes tombées dans l'immoralité. La Congrégation est très présente en Pologne. 

Pour aider ces malheureuses à reprendre un travail honnête, Maria créa une fabrique de biscuits, une ferme modèle, une école d'agriculture. En 1928, le gouvernement de Pologne leur remettra la Croix du Mérite pour les grands services qu'elles auront rendus à la société.

Sa grande dévotion au Sacré-Coeur de Jésus lui faisait dire à ses soeurs : Nous devons rendre le Christ plus visible que nous-mêmes. 

Elle mourut à Pniewita le 24 mars 1935. Inscrite au Martyroge Romain en ce jour, elle est fêtée localement le 6 juin.

Elle est béatifiée en 1997.

 

 

Óscar Romero y Galdámez

1917-1980

 

Óscar Arnulfo naquit en la fête de l’Assomption, le 15 août 1917, à Ciudad Barrios (Salvador), deuxième des sept enfants (cinq garçons et deux filles) de Santos Romero et Guadalupe de Jésus Galdámez. Santos travaillait à la poste.

L’enfant fut baptisé en 1919.

Le pays de Salvador était alors l’objet de luttes intestines ; à 40%, le pays était sous le contrôle de treize familles ; l’Eglise était persécutée ; fréquents les assassinats. La vie d’Óscar fut sans cesse marquée par les incidents politiques.

En 1929, Óscar devint apprenti menuisier et, deux plus tard, entra au séminaire des pères Clarétains, contre l’avis de son père. En 1937, il entra au séminaire national de San Salvador, dirigé par les Jésuites, qui l’envoyèrent à l’Université Grégorienne de Rome. Il sera ordonné prêtre en 1942.

Il était en train de préparer le doctorat en théologie lorsqu’en 1943 son évêque le fit quitter l’Italie fasciste pour rentrer au Salvador. Le voyage passait par l’Espagne et par Cuba : à Cuba, il fut arrêté parce que sa provenance d’Italie le rendait suspect. C’est son état de santé qui lui valut la libération, le passage à Mexico et l’arrivée au Salvador.

Pendant vingt années, il fut très actif comme curé à Abamoros, comme aumônier de groupes d’Action Catholique (entre autres les Alcooliques Anonymes) ; il diffusera la dévotion à la Vierge de la Paix, participera à la construction de la cathédrale, et finira comme recteur du séminaire de San Salvador.

En 1966, il fut nommé secrétaire de la toute jeune conférence épiscopale salvadorienne et deviendra directeur du journal Orientación, qu’on disait de ligne conservatrice et traditionaliste.

En 1970, il fut nommé évêque auxiliaire de San Salvador, en 1974 évêque de Santiago de María, et en 1977 archevêque de San Salvador.

L’archevêque jouissait d’une réputation de «conservateur», ayant condamné la théologie de la libération et soutenant le fondateur de l’Opus Dei, Josemaría Escrivá de Balaguer (v. 26 juin). Mais en 1977, un escadron de la mort assassina le père jésuite Rutilio Grande (v. 12 mars), ami de l’archevêque ; celui-ci demanda en vain une enquête officielle et sérieuse, qui n’arriva jamais.

Désormais, Mgr Romero dénonça ouvertement le climat de persécution de son pays, les assassinats et les actes de tortures ; il en avertit le pape, le président des Etats-Unis. Mgr Romero devenait ainsi l’ennemi privilégié du gouvernement révolutionnaire et de l’oligarchie salvadorienne, en même temps qu’il devenait célèbre à l’étranger : il fut nommé docteur honoraire de l’université de Louvain.

Le 23 mars 1980, durant l’homélie dans la cathédrale, il osa proclamer : Un soldat n’est pas obligé d’obéir à un ordre qui va contre la loi de Dieu. Une loi immorale, personne ne doit la respecter… Au nom de Dieu, au nom de ce peuple souffrant… je vous prie, je vous supplie, je vous l’ordonne, au nom de Dieu : Arrêtez la répression !

Le lendemain, pendant qu’il célébrait la messe à l’hôpital, une balle atteignit l’Archevêque, qui mourut quelques instants après, le 24 mars 1980, veille de l’Annonciation.

Lors des funérailles, une bombe éclata, il y eut des coups de feu, provoquant une panique terrible : on releva une soixantaine de morts.

L’enquête officielle n’aboutit jamais, mais le gouvernement salvadorien a reconnu que le meurtre de Mgr Romero avait été planifié avec la protection de personnalités de l’Etat.

L’Eglise anglicane a fait représenter Mgr Romero parmi les Dix Martyrs du 20e siècle à l’abbaye de Westminster (Londres), dont les plus connus sont Maximilien Kolbe (v. 14 août), Elisabeth de Hesse-Darmstadt (Grande Duchesse de Russie), Martin Luther King, Dietrich Bonhœffer.

Mgr Romero, officiellement reconnu martyr par l’Eglise, a été béatifié en 2015 et canonisé en 2018.

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23 mars 2021 2 23 /03 /mars /2021 00:00

23 MARS

 

III.

S Nicon, soldat napolitain, moine et abbé au Mont Ganos, massacré en Sicile.

IV.

Ss Domice, Pélagie, Aquila, Eparque et Théodosie, martyrs à Césarée de Palestine.

S Procule, évêque à Vérone.

V.

Ss Victorien, proconsul à Carthage, et deux Frumence, marchands, tous martyrs.

S Fingar, fils d’un chef irlandais qui le chassa, ermite à Pluvigner, martyr en Cornouaille.

S Libérat, médecin torturé avec son épouse en Afrique et considéré comme martyr.

VI.

S Benoît, ermite en Campanie, sorti indemne d’un four à pain chaud où les barbares l’avaient enfermé.

S Eusèbe, évêque à Saint-Paul-Trois-Châteaux.

S Maidoc (Maedhog, Momhaedhog), abbé à Fiddown.

VII.

S Ethelwold (Aedilwald), moine à Ripon et sur l’île de Farne.

XI.

S Gautier, abbé à Pontoise, qui lutta contre la simonie et ne réussit pas à démissionner.

XII.

S Ottone, chevalier romain, ermite à Ariano, dont il est patron.

XIV.

B Pietro Ghigensi de Gubbio, ermite de Saint-Augustin ; après sa mort, on l'entendit de sa tombe alterner le Te Deum avec les religieux, et on le retrouva à genoux et la bouche ouverte.

XVI.

B Edmund Sykes, prêtre anglais martyr.

XVII.

S Turibio de Mogrovejo, espagnol, président laïc du tribunal de l’Inquisition, évêque à Lima, protecteur des Indiens et organisateur de l’Eglise en Amérique latine.

B Peter Higgins, dominicain irlandais, pendu sans jugement, martyr.

XVIII.

S Josep Oriol, prêtre à Barcelone, mystique et thaumaturge.

XIX.

B Annunziata Cocchetti, fondatrice à Cemmo des Sœurs de Sainte-Dorothée, pour les jeunes filles abandonnées, béatifiée en 1991.

XX.

Ste Butrussiyyah ar-Rayyas (Rafqa-Rebecca, 1832-1914), religieuse libanaise de l’ordre baladite, sanctifiée par la maladie, béatifiée en 1985, canonisée en 2001.

B Dominik (Metodij) Trcka (1886-1959), rédemptoriste morave, fondateur d’une communauté réunissant catholiques de rits latin et oriental, incarcéré dans la prison communiste tchèque de Leopoldov, martyr béatifié en 2001.

B Álvaro del Portillo y Díez (1914-1994), évêque espagnol, premier successeur de s. Josemaría Escrivá de Balaguer, béatifié en 2014.

Fingar de Cornouaille

† 460

 

Fingar serait né en Irlande, où il reçut le baptême des mains de s.Patrice (v. 17 mars). S’il est vrai qu’il était fils de roi (on ne dit pas lequel), ce dernier l’exila en apprenant qu’il était devenu chrétien.

Il passa quelque temps en Bretagne, dans un ermitage qui pourrait être à Pluvigner (Morbihan).

Ensuite, selon les versions, il rejoignit avec des compagnons la Cornouaille, où il aborda à Hayle, ou bien il alla en Cornouaille dans le but de rencontrer de nouvelles recrues pour vivre avec lui, avec lesquelles vint aussi sa sœur Phiala.

En Cornouaille, son nom irlandais devint Gwinear.

Là, Fingar reçut le martyre (et peut-être ses compagnons aussi). Le roi Teudar l’aurait fait précipiter dans une fosse de serpents. 

Le souvenir de Fingar se perpétue en Bretagne, où son nom est devenu Eguiner.

Saint Fingar de Cornouaille est commémoré le 23 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gautier de Pontoise

1030-1099

 

Gautier (Gauthier, Gaultier, Gaucher) naquit vers 1030 à Andainville.

Après ses études, il fut professeur de philosophie et de rhétorique, mais il fut agité par un scrupule : son succès n’allait-il pas l’entraîner vers la vanité ? 

Il  se mit à l’épreuve lui-même, porta un cilice, jeûna, puis décida enfin d’entrer chez les Bénédictins à Rebais (Seine-et-Marne). Il fit l’édification des moines par toutes ses vertus.

Une tradition rapporte qu’encore novice (mais que signifie ce terme de novice, quand l’intéressé était déjà professeur ?) - Gautier, donc, fut interpellé en apprenant qu’un paysan expiait ses méfaits dans la prison du monastère. Quelle prison pouvait-il donc y avoir dans la maison de Dieu ? Le fait est que Gautier n’y alla pas de main morte : il aida une nuit le puni à s’enfuir, lui faisant tout de même promettre qu’il ne se vengerait pas ; mais Gautier fut fortement blâmé par l’abbé.

Plus tard, Gautier fut préconisé pour être l’abbé de la nouvelle abbaye de Pontoise. L’humilité de Gautier s’en agitait ; il n’accepta qu’après beaucoup de réflexion et de résistance. Un incident marqua la cérémonie de la bénédiction abbatiale. Après que l’évêque eut béni le nouvel abbé, le roi - protecteur de l’abbaye - remit la crosse à Gautier ; le rite précisait qu’il devait la saisir au-dessous de la main du roi, et Gautier la saisit au-dessus, ajoutant humblement et poliment : Sire, c’est de Dieu et non de votre Majesté que je reçois le gouvernement de l’abbaye. Le roi, Philippe 1er, resta fortement édifié de cette sainte audace.

La nouvelle abbaye reçut la règle bénédictine et fut dédiée à saint Germain (v. 28 mai) ; elle devait plus tard passer sous le vocable de saint Martin (v. 11 novembre). Gautier surtout était la Règle de ses moines, par son exemple de sainteté. Mais il s’en inquiéta et, vers 1072, disparut de l’abbaye, pour se présenter incognito à Cluny. L’abbé, qui était alors saint Hugues (v. 29 avril), reçut bientôt la visite d’un groupe de moines de Pontoise qui, ayant appris la retraite de leur abbé, munis d’une lettre de l’évêque, réclamaient «leur» abbé, qui dut regagner Pontoise.

Gautier allait encore disparaître ! Dans une grotte située non loin des bâtiments, il se fit une cellule où il aimait se retirer, mais on venait toujours le consulter, on vénérait ce saint homme qui était plus angélique qu’humain… Il partit vers Tours, y trouva une petite chapelle dédiée aux saints Cosme et Damien (v. 26 septembre), mais ses vertus attirèrent à nouveau les gens, et un pèlerin de passage reconnut le saint homme qui avait disparu de Pontoise. A nouveau les moines pontoisiens vinrent reprendre l’abbé fugitif.

Peu de temps après, Gautier se rendit à Rome et rencontra le pape Grégoire VII. Les «affaires courantes» ayant été expédiées, l’abbé s’enhardit à supplier le pape de le décharger de l’abbatiat. Peine perdue ! Le pape lui reprocha de ne pas mettre en œuvre ses talents au service de l’Eglise et le renvoya à son troupeau, avec la menace de l’anathème, s’il osait encore s’entêter à vouloir quitter son poste.

Ce fut sa dernière «sortie». Il fut en effet fidèle et obéissant. Désormais, son action se développa pour réprimer des abus, des erreurs. Il adressa au roi ses remontrances contre les investitures simoniaques : En vendant les bénéfices, vous autorisez les autres à en faire un commerce sacrilège et vous vous rendez coupable de toutes les simonies que vos exemples encouragent.

Au concile de Paris (1092), il rappela la sainte décision de Rome d’interdire aux fidèles d’assister à une Messe célébrée par un prêtre concubinaire. Pour cela, les évêques français le firent arrêter et mettre en prison ! Des amis purent toutefois intercéder et obtenir sa délivrance. 

Vers le même date, il eut une apparition de Notre-Dame, qui lui enjoignait de construire un monastère de femmes à Berteaucourt. D’abord, dans son humilité foncière, Gautier pensa avoir eu une illusion, mais Notre-Dame revint à la charge, et cette fois-ci laissa sur la joue de Gautier une marque délicate, mais bien visible, de ses doigts maternels. La construction du monastère commença en 1093, grâce à la générosité de deux nobles dames, nommées Godelinde et Helwige (ou Heleguide, Helchide). 

Durant sa présence à Berteaucourt, Gautier y fit jaillir une source miraculeuse qui guérissait les maladies des yeux. Il s’y dresse maintenant une chapelle.

Le dernier épisode important de la vie de Gautier montre qu’il eut aussi le don de prophétie. En effet, il remarqua dans l’assistance une dame à la tenue inconvenante. Il l’avertit et cette femme, une comtesse, fort vexée, lui répondit que le dimanche suivant, elle arborerait une tenue encore plus excentrique. L’abbé répondit : Vous reviendrez effectivement, mais dans un tout autre appareil. Or cette même semaine, la comtesse fut à la dernière extrémité et l’appela ; mais Gautier était aussi mourant ; il ne put que répondre : Dieu veuille qu’elle me rencontre au ciel, car elle ne me reverra plus sur la terre. Tous deux moururent le même jour, 8 avril 1099.

Cette date n’est pas uniformément rapportée ; une chronique, qui semble plus fiable, parle du 23 mars, date à laquelle le Martyrologe mentionne saint Gautier.

L’abbaye Sainte-Marie de Berteaucourt-les-Dames (Somme), abandonnée au moment de la Révolution française et successivement vendue, présente encore la moitié de l’église abbatiale, et l’hostellerie, récemment restaurée.

 

 

Ottone Frangipane

1040-1127

 

Ottone ou Oddone vit le jour en 1040 à Rome, dans la noble et puissante famille des Frangipane. Le nom de cette famille lui vint de la généreuse activité d’un certain Pietro qui, lors d’une grave inondation due à la crue du Tibre, distribua du pain (frangere panem) aux gens en difficulté.

On dit qu’Ottone fut assez habile pour déterminer l’élection de deux papes au moins (Honorius II et Innocent II).

Cavalier audacieux, il participait à une expédition en défense du pape lorsqu’en 1058, il fut fait prisonnier. Dans sa cellule, il invoqua le «Patron des prisonniers», s. Léonard de Limoges (v. 6 novembre), qui lui apparut une nuit et fit tomber ses chaînes. Libre, Ottone fit pendant une cinquantaine d’années de nombreux pèlerinages, et vint à l’abbaye bénédictine de La Cava, où l’abbé Pietro (v. 4 mars) le reçut paternellement et l’aida à se mêler à la vie monastique.

Il alla ensuite à Montevergine, où il vécut quelque temps sous la direction de s. Guglielmo de Vercelli (v. 25 juin).

Vers 1117, il alla se retirer à Ariano Irpino, un endroit où s’arrêtaient les pèlerins entre Naples et Bari, avant de s’embarquer pour la Terre sainte. Ottone s’établit là pour leur rendre ses services ; il les accueillait et les hébergeait dans l’hospice qu’il créa et qui devint l’hôpital Saint-Jacques.

En 1120, il se retira complètement dans une petite cellule qu’il se construisit près de l’église Saint-Pierre ; là, il priait, il jeûnait. Il s’y creusa aussi un sépulcre, pour avoir continuellement à l’esprit la pensée de sa mort imminente.

L’image de ce reclus se diffusa ; on admirait cette vie toute donnée à Dieu, de la part d’un homme qui avait connu l’agitation du monde. Des prodiges eurent lieu, par la prière d’Ottone.

Il mourut le 23 mars 1127.

Après ses solennelles funérailles, d’autres prodiges se produisirent. Le plus extraordinaire eut lieu en 1180, lorsque la cité d’Ariano fut assaillie par les sarrazins de Lucera : les habitants d’Ariano invoquèrent Ottone et une pluie de galets s’abattit sur les assaillants.

Un autre miracle concerna s. Elzéar de Sabran (v. 27 septembre), nouvellement comte d’Ariano et maintenant co-patron de la ville.

Les habitants prirent l’habitude d’invoquer Ottone pour éloigner les épidémies de peste.

Le Martyrologe mentionne saint Ottone au 23 mars, mais il ne semble pas qu’il y ait eu une canonisation officielle.

 

 

Pietro Ghigensi de Gubbio

1210-1287

 

Pietro vit le jour vers 1210 à Gubbio (Pérouse, Ombrie, Italie C), dans cette noble famille chrétienne des Ghigensi.

Il fit ses études à Pérouse et à Paris, devenant docteur en droit. Puis il se fit l’avocat des causes justes, qu’il défendit avec droiture et honnêteté, surtout en faveur des moins riches.

Vers 1250, il connut les Ermites Augustins qui, de Brettino, venaient s’installer à Gubbio. Cette congrégation d’ermites était née au début du siècle et fut absorbée par les Augustins à cette époque. Leur règle et leur idéal plurent beaucoup à Pietro : il prit l’habit, fut ordonné prêtre et mit désormais son talent au service de Dieu et de l’Eglise.

Il fut nommé vicaire général de l’Ordre pour les couvents de France, qu’il visita assidûment. On en a parfois déduit par erreur qu’il fut provincial pour la France. Il n’a pas non plus été général de l’Ordre. En revanche, il est vrai qu’il se déplaçait toujours pieds-nus. Sa prédication, simple et en langue vulgaire, fut très appréciée.

La fin de sa vie se déroula à Gubbio même, où il mourut le 23 mars 1287.

La tombe commune de ces Religieux se trouvait au centre du chœur de l’église. On raconte ce fait étonnant que, peu après la mort de Pietro, alors que l’on chantait le Te Deum, les Religieux entendirent une voix qui alternait les versets avec eux ! Sitôt après l’office, on procéda à l’ouverture de la tombe, et l’on y vit Pietro à genoux, le regard vers le ciel, les deux mains croisées sur la poitrine, la bouche ouverte. 

Le culte du bienheureux Pietro fut confirmé en 1874 et le Martyrologe le commémore brièvement le 23 mars.

Edmund Sykes

1550-1587

 

Edmund naquit vers 1550 à Leeds (Yorkshire O, Angleterre), de parents fort honorables.

Après avoir fréquenté le collège de Douai, il fut ordonné prêtre à Reims en 1581. En juin de la même année, il partait pour l’Angleterre.

Il fut arrêté vers 1585 (ou même peu avant), et banni.

C’était sans compter sur son courage et son zèle : il revint en Angleterre.

De nouveau arrêté, il acquit, dit-on, la vertu de patience et apprit à mourir. Dans sa prison en effet, non seulement il souffrit des interrogatoires et des mauvais traitements, mais ses voisins l’entendirent lutter physiquement contre le Démon, qui venait le tenter de renoncer à sa foi.

Accusé d’être prêtre et d’être rentré dans le pays contrairement à la loi, il reconnut pleinement les faits, mais affirmant qu’il n’y avait là aucune faute de trahison.

Condamné à mort, il subit le martyre à York le 23 mars 1587 et fut béatifié en 1987.

 

 

Turibio de Mogrovejo

1538-1606

 

Turibio naquit le 18 novembre 1538 à Mayorga (León, Espagne), et fut dès l’enfance favorisé de grâces célestes quant à la piété, à l’amour des pauvres, à l’horreur du péché et à la dévotion mariale. 

Jeune étudiant à Valladolid, il donnait une partie de son repas aux pauvres. Il fallut déjà l’inviter à modérer ses mortifications.

Le roi Felipe II le connut et le nomma en 1576 président du tribunal de l’Inquisition à Grenade, alors qu’il n’était que laïc.

Puis, toujours laïc, il fut nommé évêque pour la capitale du Pérou, Lima. Surpris, Turibio chercha par tous les moyens à échapper à cette «catastrophe», mais son humilité conduisit le roi et l’Eglise à confirmer le choix. Il reçut donc les Ordres à cadence rapprochée, le Sacerdoce et fut consacré évêque.

Parvenu en 1581 au Pérou, il constata avec amertume la situation désolante de son «diocèse», une région grande comme la moitié de la France, où les Indios étaient mal traités par les envahisseurs espagnols, et où le clergé se comportait de façon autrement scandaleuse.

Turibio fit trois fois la visite apostolique de son diocèse, à pied ou à cheval, sans compter sa fatigue pour escalader les montagnes, marcher dans la glace, éviter les bêtes féroces, aller trouver sur place les braves Indios, tout en maintenant ses habitudes de prière, de jeûne et de mortifications.

Il tint des synodes diocésains et provinciaux, fonda des séminaires, des églises, des hôpitaux. Il apprit les langues régionales des différentes tribus.

Défenseur très actif de la cause des Indios, si Turibio ne fut pas le fondateur de l’Eglise du Pérou, il en fut le restaurateur.

L’évêque se confessait chaque jour avant de célébrer la Messe.

Il se trouvait à des centaines de kilomètres de Lima, quand il sentit approcher sa dernière heure. Il donna aux domestiques tout ce qui lui restait, se fit porter à l’église pour recevoir le Viatique, et dut regagner son lit pour recevoir l’ultime Sacrement. Il demanda à l’entourage de chanter le psaume Je me suis réjoui quand on m’a dit : Allons à la maison du Seigneur (Ps 121) et mourut en murmurant encore En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit (Ps 30).

C’était le 23 mars 1606.

Turibio de Mogrovejo fut béatifié en 1679 et canonisé en 1726.

De son vivant déjà, il avait ressuscité un mort et guéri des malades.

 

 

Peter Higgins

1601-1642

 

Le nom gaélique de Peter Higgins est Peadar Ó hUiggin

Il naquit vers 1601 à Dublin (Irlande).

En 1622, il entra chez les Dominicains, fut envoyé en Espagne pour ses études et fut ordonné prêtre en 1627. 

Revenu en Irlande en 1630, il fut ensuite nommé prieur du couvent de Naas pour le restaurer.

Lors de l’invasion anglaise de 1641, il se dévoua au secours des sans-abris et protégea beaucoup de gens en danger. Il empêcha les Catholiques d’exécuter un ministre anglican.

En février 1642, il fut arrêté et conduit à Dublin ; on lui proposa la liberté s’il apostasiait. Il demanda qu’on lui présentât par écrit les termes de cette proposition quand il serait aux pieds de la potence. Ayant lu le texte, il répondit :

Voilà bien à quelle condition on me laissera en vie. On veut que je renie ma religion. Mais je repousse leur proposition. Je meurs en catholique et en prêtre dominicain. Je pardonne de tout mon cœur à tous ceux qui ont conspiré pour m’amener à la mort.

Condamné à mort pour avoir refusé de reconnaître la suprématie royale sur l’autorité papale, il fut exécuté à Dublin le 23 mars 1642, sur une place qui s’appelle maintenant St.Stephen’s Green.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Josep Oriol y Bogunyà

1650-1702

 

Josep vit le jour le 23 novembre 1650 dans une petite localité proche de Barcelone (Espagne), de Joan Oriol et Gertrudis Bogunyà.

Il fut orphelin de son père très tôt, et sa mère se remaria avec un saint homme qui, touché par la douceur du petit garçon, le confia aux chapelains de la paroisse.

Josep grandit dans cette belle ambiance, profitant de l’enseignement et des bons exemples des Pères : après l’étude, il restait longtemps à genoux devant le Saint-Sacrement.

Quand mourut son beau-père, les Pères aidèrent à nouveau la pauvre veuve ; Josep trouva à loger chez sa nourrice, Catalina Brughera. Il y avait sa petite cellule dans le grenier. Un jour qu’il se trouvait dans la cuisine avec Catalina, le mari de celle-ci en conçut quelque soupçon : Josep lut dans sa pensée, et mit ses mains au-dessus des charbons du fourneau et n’en reçut aucune brûlure : l’homme comprit et n’admira que plus l’adolescent.

A la suite d’une dislocation de l’os de la cuisse, Josep fut paralysé de la jambe. Refusant de consulter des médecins, il se confia à la Providence et fut guéri instantanément.

Les Chapelains lui offrirent ses études à Barcelone ; il fut Docteur en théologie (1674), étudia la langue hébraïque, puis fut ordonné prêtre en 1676.

Par sa mère, il connut une famille noble, qui lui confiera l’éducation de leur fils. Il put ainsi aider mieux sa mère, mais Dieu lui demanda d’être plus dépouillé.

Il donna tous ses revenus de prêtre et de l’héritage de sa mère pour les pauvres. Il s’imposa des mortifications rigoureuses pour mater son corps, dormant deux heures sur un banc.

Il reçut la charge de l’Oratoire Saint-Filippo-Neri, et surtout la paroisse Santa María del Pi dès 1686.

Désirant recevoir la grâce du martyre, il partit deux fois pour Rome, dans l’espoir de solliciter son envoi aux missions lointaines : la première fois, deux prêtres le convainqurent de s’en retourner ; la seconde, malgré les larmes des gens, il fit son testament et quitta Barcelone (1696), mais il tomba malade à Marseille et, sur l’ordre précis de la Vierge Marie, retourna à Barcelone, à la grande joie des habitants.

Sa vie changea ; il semblait vivre dans une extase continuelle, insensible à ce qui se passait ou se disait autour de lui, rayonnant quand il portait l’Eucharistie aux malades ; et aussi multipliant les guérisons miraculeuses par le seul signe de la croix ; il lisait dans les âmes et invitait les pécheurs à se convertir.

Le démon se mit de la partie, et l’on voyait quelquefois Josep rentrer les joues en sang, les habits maculés ; il disait naïvement qu’il avait dû lutter longtemps contre le démon.

Josep prédit les circonstances de sa mort. En particulier, il annonça à des couteliers qu’il connaissait de lui préparer un lit pour qu’il pût mourir chez eux ; effectivement, il n’y avait pas de lit chez lui ; le 8 mars 1702, après les vêpres, il se rendit chez ces couteliers et se mit au lit.

Le 20 mars, il reçut le Viatique ; le 22, l’Onction des malades. Il se fit chanter le Stabat Mater, que chantèrent quatre enfants de chœur, accompagnés à la harpe par un parent de Josep.

Josep s’éteignit au matin du 23 mars 1702.

Il y eut une telle foule pour le voir encore une fois, qu’on dut abattre un pan de la maison où il se trouvait. Les miracles se multiplièrent encore, tellement qu’on s’en inquiéta et qu’on retarda l’enquête. Le procès de béatification s’ouvrit en 1759.

Josep Oriol fut béatifié en 1806, canonisé en 1909.

 

 

Annunciata Cocchetti

1800-1882

 

 Annunciata naquit à Rovato (province de Brescia, Italie N), le 9 mai 1800 ; elle avait une grande sœur, Giuseppina, et un grand frère, Vincenzo. Elle n’avait que sept ans à la mort de ses parents : ce fut sa grand-mère paternelle qui s’en occupa, mais aussi et surtout elle fut guidée spirituellement par les prêtres de la paroisse, en particulier don Luca dei Conti Passi.

A dix-sept ans, elle inaugura dans sa maison une petite école pour les filles pauvres de son village. A vingt-deux ans, elle se diplôma comme maîtresse et fut la première enseignante de l’école de filles de Rovato. Elle rencontra à cette époque Maddalena di Canossa (v. 10 avril), laquelle s’apprêtait à ouvrir dans la même province de Brescia une maison de sa propre Congrégation, mais Maddalena comprit qu’Annunciata avait un autre idéal et lui prédit qu’elle suivrait un autre chemin que le sien.

En 1824, nouveau deuil : la grand-mère mourut et l’oncle Carlo, homme d’affaires et politicien, qui s’occupait de ses trois autres frères, l’invita à venir à Milan non pas vraiment pour l’aider, mais pensant l’orienter vers un bonne alliance, un heureux mariage et la sortir de ses pieuses orientations. Mais Annunciata, toujours plus convaincue de sa propre vocation, laissa Milan en 1831 pour rejoindre Cemmo in Valcamonica, un petit village perdu où le bon don Luca Passi lui suggérait de se rendre, car là s’était ouverte une école pour petites filles par les soins de la noble Erminia Panzerini : cette école, depuis 1821, fonctionnait grâce à de pieuses femmes, selon l’esprit de l’Œuvre de sainte Dorothée, mais ne rencontrait pas un franc succès.

Annunciata appuya de toutes ses forces le travail de Erminia, mit à profit son diplôme de maîtresse, promut maintes initiatives au niveau de l’enseignement et de l’assistance aux petites filles. Cette collaboration dura dix années pendant lesquelles, malgré leur profonde diversité de caractère et de mentalité, Annunciata sut montrer envers Erminia de véritables sentiments d’amitié, de respect et d’obéissance. Elle se fit toute à toutes et fut réellement une mère et une maîtresse pour toutes les fillettes de la région, qui ne demandaient qu’à être instruites et formées.

A la mort de Erminia, en 1842, Annunciata se sentit libre de suivre l’appel à la vie religieuse et vint à Venise pour y vêtir l’habit des Sœurs de Sainte Dorothée, que don Luca Passi venait de fonder. Après seulement deux mois de noviciat, on la jugea mûre et en octobre, elle revint alors à Cemmo avec deux autres religieuses pour y fonder cet Institut, où elles firent leurs vœux en 1843.

Dès lors, Annunciata devint la véritable apôtre de la Valcamonica ; femme de grande spiritualité, à l’esprit pratique et robuste, elle donna l’exemple d’une vie toute centrée sur la prière, la dévotion eucharistique, un zèle ardent pour le salut de la jeunesse. Chaque dimanche, par tous les temps, elle parcourait à pied les paroisses voisines, où l’attendaient les animatrices de l’Œuvre de Sainte-Dorothée pour collaborer ensemble à l’apostolat dans ces paroisses.

Elle même restait très discrète, très effacée. Elle visitait les familles pauvres, donnait ici et là un bon conseil. Elle demandera à ses Sœurs de toujours laisser sur le mur un pain bien frais, pour le pauvre qui n’osera pas venir demander.

Tout en développant cette Œuvre, elle donna à son Institut une physionomie particulière, en y instituant dès 1853 son propre noviciat où elle forma elle-même de jeunes religieuses qu’elle put ensuite envoyer en mission à l’étranger. Les vocations furent nombreuses et enthousiastes. Elle leur disait : Aimez-vous comme de vraies sœurs gentilles… devenez saintes, faites beaucoup de bien aux jeunes filles qu’on vous a confiées.

Don Luca mourut en 1866. L’évêque confia alors toute la responsabilité de l’Institut à Annunciata, qui accepta humblement par obéissance. Les difficultés ne manqueront pas. Après avoir dû reconstruire la maison dévastée par un incendie, elle dut affronter les lois de suppression des corporations religieuses ; elle résista, défendit la cause de l’Institut, qui fut finalement reconnu en 1871.

En 1876 ses yeux fatigués ne voyaient plus, mais la lumière intérieure se fit plus intense. En mars 1882, un léger malaise, une petite fièvre : elle s’éteignit doucement le 23 mars 1882 ; son corps repose dans la maison de Cemmo.

Béatifiée en 1991, Annunciata est inscrite au Martyrologe Romain le 23 mars.

 Butrussiyyah Ar-Rayès

1832-1914

 

Née à Himlaya (Bikfaya, Metn-Nord, Liban) le 29 juin 1832, Butrussiyyah (Pierrette) était la fille de Mourad Saber al-Choboq et de Rafqa Gemayel. Elle reçut le nom de saint Pierre, dont c'est la fête le 29 juin. Elle reçut le baptême le 7 juillet suivant.

Sa mère mourut dès 1839, et le papa connut la misère. Il envoya sa petite fille dans une famille de Damas, comme servante, pendant quatre ans.

Pendant ce temps, il se remaria, ce qui suscitera une grande peine à Butrussiyyah à son retour.

A quatorze ans, quand on désira la marier, elle déclara fermement qu'elle voulait entrer dans la vie religieuse.

Elle rejoignit les Sœurs Mariamettes au couvent de Notre-Dame de la Délivrance. Quand elle s'y présenta, elle entendit en elle une voix qui lui disait : Tu seras religieuse et qui suscita en elle une grande joie. La Supérieure l'admit sans même l'interroger. Elle s'appela alors Anissa.

Son papa chercha à intervenir, avec sa femme, pour ramener sa fille à la maison, mais elle refusa de les rencontrer.

En 1861, elle prit son nouvel habit et fit la première profession en 1862.

On l'envoya alors comme cuisinière au séminaire de Ghazir (où se trouvaient le futur patriarche Elias Houayek et le futur évêque Boutros al-Zoghbi.

Dans ses moments libres, Butrussiyyah approfondit l'arithmétique, la calligraphie et la langue arabe.

En 1860 elle fut transférée à Deir al-Qamar pour être institutrice et catéchiste.

Un soulèvement des Druzes dans les années 1860 provoqua des massacres de Chrétiens et l'éloignement des Jésuites, qui s'occupaient des Sœurs Mariamettes. Lors des événements sanglants, notre Anissa cacha sous sa robe un petit enfant et lui sauva la vie. Elle rejoignit Ghazir.

En 1863, elle vint à Jbeil toujours pour l'enseignement des jeunes filles, puis à Maad en 1864, où elle ouvrit une école.

En 1871, lors d'une crise au sein des Mariamettes, Anissa, prise de doutes, entendit une voix qui lui dit : Tu resteras religieuse, puis elle vit saint Georges, saint Simon le Stylite et saint Antoine le Grand qui lui dirent par deux fois : Entre dans l'Ordre Libanais Maronite. 

Elle entra au monastère de Mar Sémaan (Saint Simon) El Qarn à Aïto et y prit le nom de sa première maman, Rafqa (Rébecca). Elle fera sa profession solennelle en 1872. Elle restera désormais dans ce monastère pendant vingt-six ans.

En 1885, Rafqa offrit à Dieu sa santé pour s'identifier davantage avec le Christ souffrant. Après cette offrande d'amour, elle ressentit une douleur brûlante au visage, et perdit progressivement la vue. Un chirurgien maladroit voulut l'opérer, mais lui arracha accidentellement l'œil droit. Rafqa, sans se plaindre, lui dit : Que Dieu garde tes mains et te donne récompense. Le mal gagna l'autre œil.

En 1897, on voulut fonder un nouveau monastère à Jrabta (Batroun), dédié à saint Joseph al Dahr. Parmi les religieuses se trouvait Rafqa, dont les religieuses espéraient que les prières les soutiendraient. 

A partir de 1899, Rafqa devint complètement aveugle et paralysée. Ses articulations se disloquèrent, son corps devint aride et sec. Elle passa les sept dernières années de sa vie couchée sur le côté droit, toujours souriante. On lui diagnostiqua une tuberculose ostéo-articulaire. Elle souffrait, elle priait, elle offrait.

Elle mourut saintement à Al Dahr (Jrabta) le 23 mars 1914. Une belle lumière éclaira son tombeau pendant deux nuits. Les miracles se multiplièrent.

Béatifiée en 1985, elle a été canonisée en 2001.

 

 

Dominik Metodij Trcka

1886-1959

 

Dominik Trcka naquit le 6 juillet 1886 à Frydlant nad Ostravici (dans l’actuelle République Tchèque), dernier des sept enfants de Tomas et de Frantiska, qui le firent baptiser dès le lendemain.

Il fréquenta l’école primaire de son village, puis le gymnase de Mistek, enfin celui des Pères Rédemptoristes de Cervenka.

Il entre au noviciat de cette Congrégation à Bilsko en 1903 et fait sa première profession en 1904. Durant ses études de philosophie et de théologie à Oboriste, il est saisi par l’idéal des apôtres de son pays, les saints Cyrille et Méthode (v. 14 février) et désire travailler de tout son cœur à l’unité de l’Eglise.

Il est ordonné prêtre en 1910 et, selon l’habitude de cette Congrégation, effectue le “second noviciat”, pour se préparer à l’apostolat. On note de lui : Le Père Trcka, quand il prépare son sermon, veut être original. Il n’y réussit pas toujours, mais il accepte les observations. Pour ce qui est de proclamer, il le fait avec beaucoup de douceur. Ce qui fait qu’il reste à Prague comme missionnaire.

Il exercera son ministère à Svata Hora, puis Plzen, puis de nouveau à Svata Hora, où on lui confie le soin de Croates réfugiés. Il s’y donne de toute son âme, célébrant pour les Croates, mais aussi pour les Slovènes et les Ruthènes, qu’ils soient fugitifs ou soldats de l’hôpital de Pribram. Il est noté comme confrère aimable, zélé, toujours joyeux, ouvrier infatigable. Puis il est muté à Brno en Galicie (1919) pour s’occuper des gréco-catholiques.

Là se trouvent déjà des Pères rédemptoristes belges, qui sont stupéfaits de voir avec quelle rapidité le père Dominique apprend la langue, le rite et la tradition orientale. C’est là que Dominik prend le nom de Metodij. Puis il fera partie des fondateurs du nouveau couvent de Stanislavov (aujourd’hui Ivanofrankivsk), et sera envoyé enfin à celui de Stopkov, où l’on prévoit de réunir des religieux rédemptoristes des deux rites, latin et gréco-catholique. Il y est économe et vice-recteur, et en 1924 supérieur.

En 1931, est consacré le nouveau couvent à Michalovce, qui sera destiné aux seuls gréco-catholiques. Il était trop fatigué, après les travaux de construction, pour en être supérieur, et resta à Stopkov, où on le connaissait pour sa belle barbe déjà blanche. Il fut ensuite économe à Michalovce, puis nommé visiteur apostolique pour les moniales basiliennes de Presov e Uzhorod, et enfin supérieur à Michalovce en 1936. Son activité ne s’arrêtait pas.

Ces années-là, l’état slovaque ne voyait pas d’un bon œil les activités de Michalovce, suspectant les religieux d’être fanatiques comme les Ruthènes, du fait de leur origine tchèque ; ou bien on les accusait de propagande tchèque. Ce fut au point que le père Metodij fut une fois arrêté en 1941, mais relâché car on ne trouvait rien à lui reprocher. Le père Metodij continua énergiquement à célébrer selon le calendrier julien et à prêcher en ruthène.

A partir de 1942, il fut déchargé de sa place de supérieur et se mit au service des paroisses alentour, ce qui le fatigua beaucoup et l’obligea à garder la chambre, mais il s’y remit dès qu’il put. Il pourvut aussi à aider les Juifs.

A la fin de la guerre, il obtint la création d’une vice-province pour les rédemptoristes gréco-catholiques, et en fut évidemment chargé (1946), avec l’assentiment de tous.

Le père Trcka chercha à faire construire d’autres monastères, mais l’arrivée du pouvoir communiste lui rendit très difficile le travail. On le convoquait souvent ; en 1948, la police vint perquisitionner.

La vice-province gréco-catholique fut supprimée, et contrainte à passer sous la vice-province latine ; le père Trcka dut quitter Michalovce pour Sabinov, tout en visitant les autres maisons pour encourager les religieux.

La situation était très tendue, jusqu’au jeudi de Pâques, 13 avril 1950, où la police vint arrêter les religieux en pleine nuit. Père Trcka fut accusé d’avoir voulu usurper une autre identité (en se faisant raser la barbe) pour fuir à l’étranger. On lui fit subir maint transfert et surtout beaucoup de tortures : lumière forte jour et nuit, pieds nus, en simple pantalon et chemise… Père Trcka fut très traumatisé par ces fatigues, mais put se remettre, grâce à son caractère équilibré et sa confiance en Dieu.

Dans la prison de Podolinec, les religieux eurent la possibilité de prier ensemble, de célébrer la liturgie, et ainsi de s’encourager réciproquement. En 1951, après la longue série d’interrogatoires, le père Trcka fut transféré dans la prison de Bratislava, en vue du jugement. Le 21 avril 1952, accusé d’espionnage et de haute trahison, il reçoit une peine de douze ans de prison, avec une forte amende, la confiscation des biens et la perte de ses droits civils pour dix ans. Le calvaire commençait.

Il fut déplacé en diverses prisons. Il réussissait à se procurer du pain et du vin pour célébrer en cachette. Sa santé déjà ébranlée fut encore plus mise à dure épreuve ; l’urémie le fit conduire inconscient à l’hôpital Sainte Anne de Brno, où on désespérait de le guérir. Mais, semble-t-il par l’intercession justement de sainte Anne, il n’eut pas à être opéré et sorti guéri de l’hôpital.

Même si sa famille essayait (en vain, d’ailleurs) de lui obtenir la grâce, il ne s’attendait à aucune amnistie. Pour l’abattre encore plus, on lui fit croire qu’il allait être libéré, ayant purgé déjà la moitié de sa peine, puis on lui refusa la libération à laquelle il croyait tant, ce qui le plongea dans une noire déception.

En 1958, il est transféré à Leopoldov, où il semble qu’il ait un peu récupéré, au point qu’il espère avec l’aide de Dieu, pouvoir bientôt terminer les cinq années qui lui restent à purger. Mais à Noël, surpris en train de chantonner un air de Noël, il est condamné à la cellule de correction, où il couchait sur le ciment. La fièvre monta, on obtint de le mettre en cellule d’isolement, “moins froide”, où il s’éteignit peu à peu, pour mourir le 23 mars 1959. Il fut enterré dans le cimetière de la prison.

Lors de la restauration de l’Eglise gréco-catholique en 1968, les restes du père Trcka furent transférés de la prison de Leopoldov à Michalovce, dans le cimetière des pères rédemptoristes. On l’avait reconnu grâce à sa dent en or, qui brillait chaque fois qu’il souriait. Plus tard, après la chute du régime communiste, il fut réhabilité.

Le père Dominik Metodij Trcka fut béatifié en 2001.

 

 

Álvaro del Portillo y Diez

1914-1994

 

Il fut le troisième des huit enfants de parents profondément chrétiens, l’espagnol Ramón et la mexicaine Clementina Diez de Sollano et naquit le 11 mars 1914 à Madrid (Espagne).

Après ses études au Lycée du Pilar à Madrid, il fit des études pour devenir en 1941 ingénieur civil des Ponts-et-Chaussées. Puis il fut reçu docteur en philosophie, section Histoire (1945).

Durant ses études, en 1935, il entra dans l’Opus Dei, fondée par saint Josemaría Escrivá de Balaguer. 

Ce dernier discerna une belle vocation dans la personne du jeune Álvaro, qui se prépara au sacerdoce. Quand son évêque lui fit remarquer en 1941 qu’il allait renoncer à sa grande réputation d’ingénieur pour devenir un simple prêtre diocésain, il répondit : Oh, Monseigneur, ma réputation, il y a longtemps que je l’ai offerte à Jésus-Christ.

Álvaro fut ordonné prêtre en 1944.

Devenu fidèle inconditionnel du Fondateur, don Álvaro le suivit dans tous ses déplacements. Il s’installa ainsi à Rome, pour y préparer la reconnaissance officielle de l’Œuvre (1946), puis dans toute l’Europe ; on l’appela à collaborer dans plusieurs dicastères de la Curie romaine et pendant tout le Concile de Vatican II.

En 1948, il fut premier recteur de la nouvelle université de la Sainte-Croix, et professeur de théologie morale. Cette même année il fut reçu docteur en droit canonique à l’Angelicum.

Après la mort de Mgr Escrivá, don Álvaro fut élu pour lui succéder en 1975 et nommé évêque en 1991.

C’est grâce à son dynamisme que l’Opus Dei s’étendit largement sur les cinq continents et que la cause de béatification et de canonisation de son Fondateur avança de façon significative (la béatification advint en 1992, la canonisation en 2002, voir au 26 juin).

Mgr Álvaro del Portillo mourut saintement au retour d’un pèlerinage en Terre Sainte, le 23 mars 1994, ayant ainsi célébré la messe pour la dernière fois dans l’église-même du Cénacle à Jérusalem, là où fut instituée l’Eucharistie.

Sa béatification fut annoncée pour 2014.

Le miracle retenu pour cette béatification a été la guérison inexplicable d’un nouveau-né chilien qui souffrait de malformation cardiaque et, durant une tentative d’intervention chirurgicale, avait subi un arrêt cardiaque de plus d’une demi-heure. Le lendemain, le cardiologue demanda au service à quelle heure était mort l’enfant, et il lui fut répondu qu’il vivait.

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22 mars 2021 1 22 /03 /mars /2021 00:00

22 MARS

 

I.

S Epaphrodite, disciple de s. Paul, cf. Ph 2.

III.

S Paulus, premier évêque à Narbonne ; on le donne parfois comme disciple de s. Paul (cf. Ac 13).

Ss Callinikos et Basilissi, martyrs en Galatie ; ils visitaient les martyrs en prison.

?

S Saturnin, martyr en Afrique.

IV.

S Basilios, prêtre à Ancyre et martyr, qui fit sortir de l’erreur beaucoup de gens : chaque jour on lui arracha quelques lambeaux de chair.

Ste Léa, veuve romaine, protectrice du cercle des saintes femmes formées par s. Jérôme.

V.

S Octavien, archidiacre à Carthage, martyr avec des milliers d’autres.

VII.

S Failbe Ier, abbé à Iona, frère de s. Finan. 

VIII.

Stes Herlinde et Relinde, deux sœurs, ensemble abbesses à Maaseyk.

XIII.

S Benvenuto Scotivoli, évêque à Osimo dont il est patron ; il tint à revêtir l’habit franciscain avant sa consécration épiscopale.

XVII.

S Nicholas Owen, auxiliaire jésuite anglais, martyrisé sur le chevalet.

XVIII.

B François Chartier, prêtre martyr à Angers, béatifié en 1984.

XX.

Bx Bronislaw Komorowski (*1889) et Marian Górecki (*1903), prêtres polonais, internés à Stutthof, fusillés le Vendredi saint 1940, béatifiés en 1999.

B Clemens August Graf von Galen (1878-1946), évêque à Münster, cardinal, tenace adversaire du nazisme, béatifié en 2005.

Epaphrodite

1er siècle

 

Le nom de ce saint personnage apparaît dans l’épître de saint Paul aux Philippiens.

Durant sa première captivité à Rome (60), Paul a reçu la visite d’Epaphrodite, délégué par les Chrétiens de Philippes pour assister l’indigence de Paul (Ph 2:25).

Paul les en remercie, il est comblé par ce parfum de bonne odeur (Ph 3:18).

Or, Epaphrodite est tombé gravement malade durant son séjour auprès de Paul, et les Philippiens l’ont appris avec inquiétude (Ph 2:26). Cette maladie l’a conduit bien près de la mort (Ph 2:27).

Paul a été le premier inquiet de cette maladie, car Epaphrodite lui est extrêmement précieux dans l’annonce de l’évangile : c’est un frère, un collaborateur, un compagnon d’armes (Ph 2:25).

Mais Paul ne veut pas garder sa joie pour lui seul ; il va envoyer Timothée auprès des Philippiens (Ph 2:19) pour prendre de leurs nouvelles, mais il va aussi se séparer d’Epaphrodite, lui-même impatient de se remontrer aux siens en bonne santé (Ph 2:26).

En bon père, Paul savoure d’avance la joie des Philippiens à la vue de leur Epaphrodite, auquel il confie la Lettre aux Philippiens. On a supposé qu’Epaphrodite était un diacre de Philippes, du moins un personnage important et de confiance.

Ensuite ? Nous n’avons que des conjectures.

Des sources d’autorité mais non concordantes ont prétendu que, durant son séjour en Italie, Epaphrodite fut consacré évêque par saint Pierre lui-même, pour Terracina. Mais on en a fait aussi un évêque ailleurs : Adria en Syrie, Philippes (Macédoine), à moins qu’on ait confondu plusieurs personnages du même nom. 

Il reste qu’actuellement, le Martyrologe mentionne brièvement saint Epaphrodite le 22 mars, sans autres détails.

 

 

Paulus de Narbonne

† 240

 

Une vieille tradition nous assurait que le premier évêque de Narbonne, Paulus, n’était autre que le Sergius Paulus qui se convertit sur la parole de l’apôtre s.Paul en Chypre (cf. Ac 13:7).

Ensuite, Sergius Paulus aurait accompagné l’Apôtre à Rome (pour sa première captivité, sans toutefois partager celle-ci), puis lors de son voyage vers l’Espagne.

S.Paul l’aurait alors laissé évangéliser Béziers ; Sergius Paulus consacra évêque de Béziers un certain Aphrodisius, puis installa sa demeure à Narbonne, dont il fut ainsi le premier évêque.

Si son apostolat fut fécond, il rencontra aussi des difficultés. Deux diacres se permirent de le calomnier. Paulus eut recours aux évêques de la région, et Dieu permit que ce furent les diacres eux-mêmes qui avouèrent leur crime.

Cette chronologie cependant n’est pas absolument convaincante. 

En effet, si le premier évêque de Narbonne, si bien accueilli, vivait au 1er siècle, on s’étonne qu’il n’eût pas de successeur avant Stephanus, du 3e siècle. Inversement, si Stephanus a bien succédé à Paul, c’est que la tradition ne repose pas sur une certitude historique.

En outre, on peut se demander quels évêques Paulus convoqua pour son «procès», puisque, du vivant de s.Paul (35-63, après la Résurrection du Christ), on ne pouvait pas avoir déjà tant d’évêques en Gaule.

On sait que vers 200 le pape envoya en Gaule sept missionnaires, qui furent alors les premiers évêques de grandes villes : Denys de Paris, Gatien de Tours, Trophime d’Arles, Saturnin de Toulouse, Austremoine de Clermont, Martial de Limoges, et notre Paul à Narbonne.

Le Martyrologe le qualifie d’évêque et martyr, avec cette mystérieuse phrase : à Narbonne, à la frontière de la Gaule, via Domitia hors de la Ville (la majuscule désigne habituellement Rome), déposition de s.Paul.

Que Paulus soit mort le 22 mars, ne pose pas de problème, mais vers 240, semblerait plus raisonnable.

Saint Paul de Narbonne est commémoré le 22 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Callinikos et Basilissa en Galatie

3e siècle

 

Callinikos pouvait être le domestique de Basilisssa ; ils habitaient en Galatie (act. Turquie C).

Ils visitaient les martyrs en prison, et furent à leur tour arrêtés, puis décapités.

Il est difficile d’avancer une date pour ce martyre : sous Trajan au 2e siècle ? sous Dèce vers 250 ? 

Saints Callinikos et Basilissa sont commémorés le 22 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Basilios d’Ancyre

† 362

 

Ce prêtre Basile, qui vivait à Ancyre (act. Ankara, Turquie), était rempli de zèle pour propager la doctrine juste de l’Eglise. Le concile de Nicée (325) s’était achevé sur une condamnation de l’arianisme, et Basilios se donna entièrement à la prédication.

En outre, la sainteté de sa vie ajoutait de la force à sa parole, et nombreux étaient ceux qui se ralliaient ainsi à la Vérité.

C’était un combat de tous les jours ; les opposants de Basilios ne manquaient pas et cherchèrent à le déférer à l’empereur Constance ; or ce dernier, qui n’était pas un théologien, prit parti pour l’arianisme, et ensuite Julien fut l’apostat que l’on sait.

Basilios intensifia son apostolat à Ancyre, où les hérétiques le prirent en profonde aversion et finirent par l’accuser devant le proconsul.

Saturninus le fit étendre sur le chevalet et déchirer avec les ongles de fer. Basilios proclamait toujours sa foi contre les idoles païennes. On le présenta à Julien, qui passait par cette ville.

Basilios saisit l’occasion pour rappeler à Julien le christianisme de sa jeunesse : lecteur, il avait proclamé la Parole de Dieu aux croyants, et maintenant il la combattait. Basilios annonça aussi à Julien qu’il mourrait bientôt, et douloureusement (Julien allait être blessé mortellement lors d’une bataille, trois ans plus tard).

Julien se montra terriblement vexé de cette audace et ordonna que l’on prélevât chaque jour sept aiguillettes de chair du corps de Basilios.

Peu de jours après, Basilios reparut devant Julien et lui lança une de ces aiguillettes, qui pendait encore à son bras. Julien ordonna de faire des incisions encore plus profondes, jusqu’à atteindre les organes internes de sa victime.

Julien une fois parti d’Ancyre, le bourreau se mêla d’intensifier les tourments de Basilios : il le fit percer de pointes de fer brûlantes.

Basilios finit par expirer, le 28 juin 362.

De concert avec les Grecs, les Latins fêtent Basilios au 22 mars, jour d’une probable translation de ses reliques.

Saint Basilios d’Ancyre est commémoré le 22 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lea de Rome

† 384

 

Romaine, Lea était une maîtresse de maison : riche, somptueusement vêtue, elle avait ses nombreux domestiques pour exécuter ses ordres. Mais elle avait la foi.

Elle fut de ces pieuses Dames romaines qui se réunissaient autour de s.Jérôme (v. 30 septembre), pour en écouter les leçons sur l’Ecriture.

A la mort de son mari, elle oublia toute cette pompe et se confia entièrement à Dieu. Sa vie fut alors tout le contraire de ce qu’elle avait été jusque là.

Elle se retira dans un monastère de Rome, où on voulut lui donner la responsabilité de supérieure ; mais elle ne s’imposa que par son exemple silencieux, aidant les unes et les autres dans les occupations les plus basses. Coiffée on ne peut plus simplement, elle portait un habit tout modeste, qui couvrait d’ailleurs un dur cilice ; elle mangeait très simplement ; elle priait et passait des nuits en veille ; elle se choisit une cellule étroite, comme on l’aurait fait pour un prisonnier, elle qui était habituée aux grandes demeures.

Ainsi sanctifiée et pleine de mérites, elle rendit son âme à Dieu vers 384.

Sainte Lea de Rome est commémorée le 22 mars dans le Martyrologe Romain.

Benvenuto Scotivoli

† 1282

 

Benvenuto (Bienvenu) vit le jour à Ancône (Italie CE) quelque part au début du 13e siècle.

Il étudia le droit à Bologne et revint recevoir les Ordres à Ancône.

Ayant reçu la dignité d’aumônier pontifical, il fut en 1262 nommé archidiacre d’Ancône.

A cette époque, le diocèse d’Osimo s’était rallié au parti de l’empereur Friedrich Barbarossa et, pour ce motif, fut rattaché à celui d’Umana par une décision du pape Grégoire IX ; le même pape le mit alors sous l’administration apostolique de Benvenuto.

Ce dernier tenta d’apporter au diocèse un peu de la douceur du Pasteur éternel : il leva beaucoup de sentences d’excommunication, prêcha l’amour fraternel, et ramena le troupeau à l’obéissance au Chef de l’Eglise.

Benvenuto était un homme de paix, doux et humble. Avant d’être consacré évêque, il tint à revêtir l’habit franciscain et à être compté parmi les Frères mineurs. Pour lui, le meilleur moyen d’attirer les bénédictions du Ciel, était de rechercher l’humilité, la pauvreté, l’obéissance, et de prier sans cesse pour tous les péchés.

En 1264, il fut donc évêque effectif d’Ancône et, en 1267, fut chargé par le pape de gouverner aussi toute la région.

C’est à Benvenuto que revint l’heureuse mission d’ordonner prêtre Nicola de Tolentino (v. 10 septembre). Il s’employa à sauvegarder les biens ecclésiastiques, interdisant de les aliéner par plusieurs mesures. En 1274, il procéda à une réforme du Chapitre cathédral.

A l’heure de mourir, il demanda à être déposé à terre, dans la plus complète pauvreté.

Il mourut ainsi le 22 mars 1282. Sur son tombeau se produisirent beaucoup de miracles, suscitant un culte à Osimo dès le début du siècle suivant.

Benvenuto n’a jamais été canonisé «officiellement», mais saint Benvenuto est commémoré au Martyrologe le 22 mars.

 

 

Nicholas Owen

1550-1606

 

Né vers 1550 en Oxfordshire (Angleterre), ce laïc discret et immensément actif ne nous a rien laissé sur sa parenté, sa jeunesse.

Au regard de son activité au service des prêtres persécutés, on peut légitimement supposer qu’il était menuisier ou charpentier de métier.

On ne sait au juste quand, mais ce fut avant 1580, il entra dans la Compagnie de Jésus comme laïc ; on a même affirmé qu’il fut le premier Frère laïc anglais jésuite.

Il fut une première fois mis en prison en 1581, à la mort d’Edmund Campion (v. 1er décembre), pour avoir ouvertement affirmé l’innocence de ce prêtre.

Libéré, il servit de tout son cœur les pères Garnett et Gerard pendant dix-huit ans. Il fut arrêté avec ce dernier, s’échappa de la Tour et, dit-on, aurait aidé l’autre à s’enfuir aussi. On l’arrêta fiinalement à Hindlip Hall (Worcestershire), alors qu’il se faisait passer pour le père Garnett.

On n’a pas pu compter le nombre de cachettes que Nicholas put arranger avec tant d’adresse pour protéger des prêtres dans toute l’Angleterre. S’il les avait révélées… 

Conduit au Marshalsea, puis de nouveau à la Tour, il fut soumis aux terribles interrogatoires (et tortures) de Topcliffe, suspendu par les bras à des anneaux de fer, puis avec d’énormes poids accrochés aux jambes, sans parler des autres tortures et mauvais traitements.

On raconta qu’il s’était suicidé dans sa prison, mais le père Garnett réfuta la calomnie : il mourut en prison des tortures qu’il y souffrit. Toute la vie de Nicholas fut marquée par une extraordinaire innocence, ainsi qu’une profonde prudence, qui lui permit de sauver la vie de beaucoup de prêtres.

D’après le récit du père Garnett, Nicholas était encore en vie le 3 mars 1606, et certains récits repoussent sa mort jusqu’au 12 novembre 1606.

Le Martyrologe le mentionne au 22 mars.

Il a été béatifié en 1929 et canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

François Chartier

1752-1794

 

François-Louis était né le 6 juin 1752 à Marigné (Maine-et-Loire).

Prêtre du diocèse d’Angers, il fut curé de Soeurdre, proche de Marigné.

Lors de la Révolution, il refusa de prêter le serment de la Constitution civile du clergé.

Une première fois arrêté, il fit appel de cette condamnation et entra dans la clandestinité, célébrant les Saints Mystères et administrant les Sacrements aux fidèles dans la plus grande discrétion, mais aussi en s’exposant à tous les dangers.

Repris en mars 1794, il fut guillotiné à Angers, le 22 mars 1794.

Il a été béatifié en 1984.

 

 

Bronisław Komorowski

1889-1940

 

Né près de Skorcz (près Dantzig en allemand, Gdansk en polonais), Bronisław fut tôt orphelin de père. Sa mère épousa en secondes noces Jan Fankidejski, qui lui enseigna l’histoire de la Pologne.

Le garçon étudia au Collegium Marianum à Pelpin. 

Il fit partie de la société secrète des Philarètes, cercles où l’on étudiait différentes matières avec ce sentiment unanime patriote pour la Pologne. 

Après avoir étudié la physique et les mathématiques, la médecine, les lettres et le droit, il poursuivit sa formation à Chelmno (Culm en allemand), moitié catholique et moitié protestante.

Il ressentit alors la vocation au sacerdoce, en réponse au Kulturkampf laïc de la politique prussienne de Bismarck.

Ordonné prêtre en 1914, il fut vicaire à Praust (actuelle Pruszcz, faubourg de Dantzig), une agglomération où se développait une intense industrialisation.

Nommé à Saint-Nicolas de Dantzig, rattachée de force à la Prusse mais polonaise, Bronisław enseigna l’histoire de la Pologne.

Au lendemain de la guerre, le traité de Versailles proclamait Dantzig ville libre, mais cette ville était encore majoritairement allemande. C’était localement l’expression même du germe de la prochaine guerre.

En 1924, Bronisław changea de faubourg et se retrouva à Langfuhr (aujourd’hui Wrzeszcz), où il fit construire une église nouvelle. Il y avait là une école technique fréquentée majoritairement par des polonais (qui durent évacuer en 1939).

En 1933-1934, il fut élu au parlement de Dantzig. La ville se reprenait de l’après-guerre, et les habitants allemands voulaient se réunir à l’Allemagne, tandis que les Polonais s’y attachaient ou commençaient à émigrer vers le sud, d’autant plus que sévissaient des lois anti-catholiques.

L’évêque confia la pastorale des Polonais à l’abbé Bronisław, avant de se retirer à Rome sur la pression nazie. Bronisław réunit les Polonais dans des cercles et des clubs culturels, religieux et sportifs.

Lors de l’invasion nazie du 1er septembre 1939, toute cette élite polonaise fut ratissée, quinze cents personnes arrêtées, et tandis que commençait la Deuxième Guerre mondiale, la ville de Dantzig «votait» son rattachement à l’Allemagne. 

L’abbé Bronisław fut arrêté, mis en prison à la Viktoriaschule, déporté à Stutthof, en même temps que l’abbé Marian Górecki. 

Ils y travaillèrent eux-mêmes, nuit et jour, à l’abattage des arbres, la construction des bâtiments du camp et la pose des vitres. S’ils chantaient en travaillant, ils étaient «punis». 

Le 22 mars 1940, ils furent tous deux fusillés le jour-même du Vendredi Saint, pour avoir célébré la messe la veille, le Jeudi Saint avec d’autres prisonniers. 

Rappelons que la ville de Dantzig fut rasée à 90%, faisant cent-mille morts ; les survivants, allemands, furent à leur tour expulsés par l’Armée rouge, et la ville fut de nouveau polonaise en 1945.

Ces deux prêtres ont été reconnus Martyrs de l’époque nazie, et béatifiés parmi les cent-huit Polonais en 1999.

A un ami qui lui demandait quels étaient ses sentiments dans les moments de grande humiliation (on songe aux mauvais traitements qu’il dut subir entre septembre et mars…), il répondit : Je me sens comme en chaire et je pense à faire une bonne prédication.

 

 

Marian Górecki

1903-1940

 

Né en 1903 à Poznan de Tomasz et de Petronela Szekiełdów, Marian reçut la Confirmation au terme de l’école primaire, et prit à l’occasion le deuxième prénom de Walent (Valentin). 

A dix-sept ans, il termina les études secondaires et partit à l’armée, volontaire dans la guerre entre Pologne et Russie.

Au retour de la guerre, il entra au séminaire archiépiscopal de Poznan. Il y était cérémoniaire.

Ordonné prêtre en 1928, il fut vicaire à Leszno, puis directeur de séminaire à Koźmin et Wolsztyn. Comme aumônier des scouts, l’abbé Marian était tout particulièrement attentif à la formation chrétienne des jeunes.

Il montra le même zèle dans le diocèse de Gdansk, qu’il rejoignit en 1933. Il y fut directeur de l’école polonaise Alma Mater, recteur de la chapelle Notre-Dame de Częstochowa, et aumônier au dépôt militaire de Westerplatte

Quand l’armée nazie envahit la Pologne le 1er septembre 1939, il fut arrêté dès le premier jour dans le ratissage des Polonais, en même temps d’ailleurs que son confrère, l’abbé Bronisław Komorowski (v. notice ci-dessus). 

Ils furent tous deux conduits à Stutthof, où ils travaillèrent eux-mêmes, nuit et jour, à l’abattage des arbres, la construction des bâtiments du camp et la pose des vitres. S’ils chantaient en travaillant, ils étaient «punis».

Le Jeudi-Saint 21 mars 1940, ils furent surpris à célébrer la Messe avec soixante-six autres prisonniers. On les fusilla le lendemain, Vendredi Saint 22 mars 1940, leur commun dies natalis.

Ils furent tous deux reconnus Martyrs et comme tels béatifiés dans le groupe des cent-huit Polonais martyrs de la période nazie, en 1999.

 

 

Clemens August Graf von Galen

1878-1946

 

Le comte (Graf) Clemens August avait pour père Ferdinand Heribert, député du parti centriste, et pour mère Elisabeth, née von Spree. Il naît au château de Dinklage (Land de Münster) le 16 mars 1878, onzième des treize enfants de ce noble couple.

Il fréquente le lycée des Jésuites à Feldkirch, fait des études de théologie à Innsbruck (1898-1903), revient au séminaire de Münster et devient prêtre en 1904. Il est nommé vicaire à Münster, où réside son oncle, Maximilian Gereon, évêque auxiliaire de Münster.

En 1906, il a charge d’âmes à Berlin. Pendant son séjour dans la capitale, il montre souvent son scepticisme devant l’ordre social moderne ; il critique la démocratie parlementaire de la République de Weimar. Il a une certaine activité politique dans l’aile conservatrice du Centre.

En 1919, Clemens August est nommé curé de Saint-Matthias à Schöneberg (qui est réunit à Berlin à partir de 1920).

En 1929, il assume la paroisse de Saint-Lambert à Münster. 

En 1933 Clemens August Graf von Galen est nommé évêque à Münster. Il a l’occasion de condamner ouvertement la politique antireligieuse du Parti Ouvrier Allemand National-Socialiste (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, NSDAP), et demande à l’épiscopat allemand une ferme prise de position contre le régime national-socialiste.

En 1936, il salue l’entrée des troupes allemandes dans la région du Rhin démilitarisée depuis le traité de Versailles.

Dès 1937 il appuie fermement la diffusion de l’Encyclique Mit Brennender Sorge de Pie XI, qui condamne sans appel le régime national-socialiste et la politique raciale.

En 1941 il tient trois homélies où il dénonce la confiscation des biens de l’Eglise, ainsi que les mesures d’euthanasie que les nazis avaient organisées à l’encontre des personnes handicapées dans le cadre de l’«action T4». Ces homélies sont largement diffusées en Allemagne, puis polycopiées par les Forces Alliées. Son attitude nettement opposée à la politique nazie le fait appeler, en Allemagne comme à l’étranger, le lion de Münster.

Durant la guerre, il critique continuellement la politique raciale et dénonce les efforts du régime nazi pour instaurer des fêtes et des rites païens. Les autorités voulaient l’arrêter et le mettre à mort, mais y renoncèrent pour ne pas porter atteinte à la loyauté des catholiques et des populations de la région de Münster pendant le conflit. A sa place, ils arrêtèrent vingt-quatre membres du clergé et dix-huit religieux, dont dix périrent.

Au lendemain de la guerre, Mgr Graf von Galen en appelle aux puissances victorieuses pour que soient traitées humainement les populations allemandes ainsi que les prisonniers politiques, ce qui lui vaut l’opposition des autorités militaires britanniques.

Clemens August Graf von Galen est élevé au cardinalat par Pie XII en février 1946. De retour de Rome, le 16 mars, il tient son dernier discours, devant les ruines de sa cathédrale. Le lendemain, il tombe malade et meurt à Münster, le 22 mars 1946.

Ce grand prélat sera béatifié en 2005.

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21 mars 2021 7 21 /03 /mars /2021 00:00

21 MARS

I.    

S Birille, disciple de s.Pierre à Antioche, sacré par lui évêque à Catane.

IV.    

S Serapion : il y en eut trois à peu près dans la même période et tous trois en Egypte :
    - un abbé de dix-mille moines près d’Arsinoé.
   - un ermite surnommé le Sindonite, du nom de la mauvaise chemise (sindon) qu’il portait ; il se vendit pour convertir un histrion.
    - un évêque à Thmuis, dit le Scolastique, auteur d’ouvrages doctrinaux et liturgiques.

   

Ss Philémon et Domnin, martyrs romains.

V.    

S Lupicinus, frère de s.Romain, abbé à Lauconne.
S Elie, prêtre solitaire dans l’île de Orta.

VI.    

S Enda, fils d’un roi irlandais, fondateur d’un monastère à Rome (Lætinum) et à Killeany, où il fut abbé.
S Benoît, père des cénobites occidentaux, fêté le 11 juillet.

IX.    

S Iakobos le Jeune ou le Confesseur, martyr de l’iconoclasme en Orient.

XII.    

B Jean, abbé à Bonnevaux, évêque à Valence.
Bse Clémence de Hohenberg, épouse, puis religieuse à Trèves.

XIV.    

Bse Santuccia Terrebotti, fondatrice et abbesse à Gubbio tandis que son mari devenait bénédictin ; et elle gouverna jusqu’à vingt-quatre couvents de Santuccie  (petites saintes).

XV.  

S Niklaus de Flüe (de la Roche), père de dix enfants, puis anachorète dans le canton de Unterwalden ; il ne se nourrissait que de l’Eucharistie ; ses conseils lui valurent le titre de Père de la patrie ; en Suisse il est fêté le 25 septembre.
B Ugolino Zeffirini, augustin à Mantoue et Cortone, puis ermite ; on le retrouva sans corruption trente ans après sa mort ; sur sa tombe germaient des lys qui avaient racine dans son cœur.

XVI.  

Bx Thomas Pilchard et William Pike, l’un prêtre l’autre laïc menuisier, martyrs à Dorchester, béatifiés en 1987.

XVII.    

B Matthew Flathers, prêtre anglais martyr à York, béatifié en 1987.

XIX.    

S Siding Zhao Rong, premier prêtre chinois martyr, canonisé en 2000, fêté le 9 juillet.
Ste Benedetta Cambiagio Frassinello, gênoise, fondatrice des Bénédictines de la Providence, pour l’éducation de la jeunesse, et d’une œuvre d’accueil des filles abandonnées ; elle et son mari s’étaient consacrés avec le vœu de chasteté et furent un moment religieux ; béatifiée en 1987, canonisée en 2002.

XX.    

B Miguel Gómez Loza (1888-1928), laïc mexicain martyr, béatifié en 2005.

Serapion anachorète en Egypte

4e siècle

 

Il n’y a pas moins de dix Serapion dans l’actuel Martyrologe (quatorze dans l’ancien).

Celui que mentionne ce saint livre au 21 mars, d’une façon on ne peut plus laconique, fut un anachorète, ce qui, dans l’Egypte du 4e ou 5e siècle, ne représente pas particulièrement une exception ni même une originalité.

Pour être bien sûr de ne pas nous simplifier les recherches, l’index du même livre indique que cet anachorète vivait à un siècle inconnu.

Il se trouve qu’on connaît (au moins) trois anachorètes égyptiens qui portaient ce même nom de Serapion et qui vécurent au 4e siècle.

  1. Serapion d’Arsinoé, prêtre, s’était retiré à Arsinoé et fut bientôt l’abbé de dix mille moines, qui vivaient du travail de leurs mains et priaient aux heures définies par leur Règle. Ayant encore du temps de reste, Serapion assuma la distribution des aumônes aux pauvres.
  2. Serapion le Sindonite : son habit tout simple consistait en une sindon, chemise de vulgaire toile, qui lui valut son surnom. Ce tissu ne devait pas être plus agréable à porter qu’un cilice… Parfaitement détaché de toute sa personne, il se vendit lui-même, pour convertir un histrion ! Il partit en pèlerinage à Rome, où il mourut selon certains, à moins qu’il ait eu le temps de retourner en Egypte († 386).
  3. Serapion de Thmuis, le Scolastique, ainsi normmé pour sa science, son intelligence et son éloquence. Mais on le tira de sa solitude pour en faire l’évêque de Thmuis. Comme tel, il participa au concile de Sardique (347), fut expulsé de son siège par les ariens, fut en relations épistolaires avec s.Athanase (v. 2 mai) et mourut vraisemblablement en exil.

Saint Serapion, anachorète (mais lequel ?) est commémoré le 21 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lupicin de Leuconne

† 480

 

Bien des choses se sont déjà dites lors de la fête de s.Romain de Condat (v. 28 février).

Lupicin était le jeune frère de Romain et de leur sœur, tous trois nés dans le Bugey, et peut-être à Izernore (Ain).

Après que Romain ait commencé sa vie d’anachorète, Lupicin, devenu veuf, le rejoignit, à la suite d’une vision où son frère l’appelait.

Ce fut une sainte émulation réciproque vers les sommets de la sainteté. Lupicin cependant était plus exigeant, plus ferme, tandis que Romain, l’aîné, était plus patient, plus doux, et en même temps se pliait facilement aux décisions de son jeune frère.

Romain dirigea le monastère de Condat, Lupicin celui de Leuconne.

Lupicin ne dormait que sur un banc et ne mangeait que tous les trois jours. Il ne buvait jamais de vin. Les huit dernières années de sa vie, il ne buvait plus. Quand la soif le prenait, il trempait ses mains dans l’eau pour se rafraîchir.

Plusieurs fois Romain réintégra avec bonté des moines qui, tentés, avaient quitté le monastère, tandis que Lupicin ou quelque autre moine aurait été plus «sévère» avec eux.

Une année que la récolte avait été bien plus abondante que d’ordinaire, les moines de Romain commencèrent à se montrer plus difficiles à table. Inutilement, Romain tenta de les rappeler à la Règle ; aussi appela-t-il Lupicin. Celui-ci se fit d’abord préparer un repas sans huile ni sel puis, ayant fait préparer une grande marmite, y mélangea fruits et légumes ; quand tout fut cuit, il invita les moines à partager cette soupe peu ordinaire ; ceux qui acceptèrent, comprirent et se soumirent. Il y en eut douze qui, mécontents de la leçon, quittèrent le monastère. Lupicin dit à Romain que le froment seul était resté à l’intérieur.

Romain cependant en fut bien affligé. Il s’imposa de rudes pénitences jusqu’à ce que les douze fautifs revinssent, repentis, et les accueillit avec grande joie.

Après la mort de Romain (463), Lupicin eut l’occasion d’intervenir dans la vie publique, montrant par là la renommée et le rôle important qu’il pouvait avoir.

Un roi burgonde tenait des Séquanais en esclavage ; Lupicin le supplia, en vain ; mais il sut insister avec tellement de conviction, que le roi libéra les serfs, et combla de dons le monastère de Leuconne.

Lupicin prit la défense du comte Agrippin, qu’on accusait d’avoir pactisé avec les barbares : là, Lupicin devenait même ministre de l’Intérieur ou des Affaires Etrangères !

Il survécut d’une vingtaine d’années à son frère Romain, gouvernant tous les monastères qu’ils avaient fondés ensemble, et mourut vers 483.

Saint Lupicin de Leuconne est commémoré le 21 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Enda d’Aran

† 530

 

Enda (ou Eanna, ou Einne, en latin Endeus) naquit en Irlande, de Conall Derg, roi d’Oriel, auquel il devait succéder vers 450.

Il avait une sainte sœur, Fanchea, qui le persuada d’entrer dans la vie monastique. Il se rendit au Pays de Galles, auprès de l’abbé Mansenus à Rosnat. On ne sait pas situer ce monastère ; peut-être celui de s.Illtud à Ynis Byr.

Enda serait ensuite allé à Rome, y aurait été ordonné prêtre et aurait fondé un monastère, Lætinum, "où l’on est dans la joie". Il y aurait reçu la visite de Fanchea.

Rentré en Irlande, il fonda vers 490 l’église de Drogheda et, sur l’île Inis Mór (archipel Aran), le monastère de Killeany, où se formèrent d’autres grands Saints : Kieran de Clonmacnoise, Finian de Moville, (9 et 10 septembre ?), Finian de Clonard (v. 12 décembre).

Sa sainte mort advint vers 530.

Saint Endée est commémoré le 21 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Benoît de Nursie

480-543

 

Benoît et Scholastique étaient jumeaux, nés vers 480 à Norcia, au pays des Sabins (Italie C). Les parents s’appelaient Eutropius et Abundantia.

Benoît se montra dès la jeunesse “ancien”, mûr, ignorant les plaisirs inutiles et méprisant les vanités. Il étudia les belles-lettres à Rome.

Dès quatorze ans il sentit le désir de quitter ce monde dangereux et voulut se retirer. Il partit en direction de Subiaco, mais avec sa chère nourrice qui ne voulait pas l’abandonner.

C’est là qu’il fit son premier miracle : le crible à farine s’étant cassé, il pria intensément et retrouva l’objet tout réparé, ce qui lui valut déjà une haute idée de la part des habitants des environs.

Mais Benoît voulait la vraie solitude : il partit seul et se retira dans une grotte étroite à Subiaco, où il resta pendant trois ans, nourri par le pain quotidien que lui apportait un moine des environs, Romain.

Notre ermite ne pouvait demeurer caché. Les bergers de l’endroit le découvrirent, on vint à lui pour entendre quelque parole édifiante.

C’est là qu’un jour, saisi par une tentation diabolique, Benoît ne put vaincre cette tentation qu’en se roulant entièrement nu dans un buisson de ronces.

Le monastère voisin, dont l’abbé était mort, le sollicita : il essaya quelque temps de réformer les moines selon leur règle, mais ils se rebellèrent et même tentèrent de l’empoisonner ; quand il leva la main pour bénir le breuvage qu’on lui apportait, la coupe se brisa d’un coup. Benoît les quitta et rentra dans sa grotte.

D’autres disciples ayant manifesté le désir de se former avec lui, il finit par faire construire douze monastères où il établit chaque fois douze moines sous la direction d’un abbé, ne gardant que quelques disciples près de lui. On dit que parmi ceux-ci se trouvaient Maurus et Placidius, deux enfants de familles romaines, qu’il aimait particulièrement.

Benoît faisait beaucoup de miracles, par sa prière et son union intime avec Dieu, mais cela suscitait des jalousies ; un prêtre voulut aussi l’empoisonner. Aussi Benoît quitta définitivement la région et se rendit en direction du Mont Cassin.

Il commença par y convertir les païens qui vénéraient encore Vénus, Apollon et Jupiter, et édifia un nouveau monastère.

Benoît eut l’occasion de prophétiser : au roi Totila, à l’évêque de Casinum. Il annonça que son propre monastère serait détruit, ce qui arriva en 583, lors de l’invasion des Lombards.

Les miracles de saint Benoît sont nombreux, Grégoire Ier les raconte avec beaucoup de détails. Benoît multiplia le grain, ressuscita un enfant…

Il semble que Benoît était diacre, mais pas prêtre.

On racontera le 10 février la dernière rencontre de Benoît avec sa sœur Scholastique. Le mois suivant, Benoît eut le pressentiment de sa fin. Il mourut au milieu de ses disciples, le 21 mars 543.

Benoît est l’auteur d’une Règle monastique, où s’exprime une sagesse extraordinaire, qu’il avait acquise par sa propre sainteté et par l’expérience des années.

Le corps de saint Benoît, d’après la tradition monastique des Bénédictins de France, fut transféré du Mont-Cassin, qui avait été détruit par les Lombards, au monastère de Fleury-sur-Loire, fondé vers le milieu du VIIe siècle. C’est cette translation qui advint le 11 juillet 703. Successivement, au VIIIe siècle, ce dernier monastère restitua au monastère reconstruit du Mont-Cassin quelques ossements de saint Benoît.

La fête de saint Benoît était longtemps fixée au 21 mars, durant le Carême. Elle a été transférée au 11 juillet, jour anniversaire de sa translation, au moment de la récente réforme liturgique conciliaire. En effet, Paul VI ayant proclamé saint Benoît céleste Patron de l’Europe (1964), il convenait de célébrer cette fête avec plus de solennité, ce qui peut se faire plus aisément en juillet que durant le Carême.

Ceci explique pourquoi le Martyrologe commémore deux fois saint Benoît : à son dies natalis le 21 mars, et au jour de sa fête liturgique le 11 juillet.

 

 

Iakobos de Constantinople

† 824

 

Surnommé le Jeune ou le Confesseur, il fut très tôt attiré par l’idéal monastique et entra au monastère de Studion, près de Constantinople, sous la direction de l’higoumène Theodoros Studite (v. 11 novembre).

Il était à bonne école pour apprendre à défendre le culte des saintes Images, qu’il défendit vaillamment.

Selon certains auteurs, il aurait été élevé à la charge épiscopale, pour le siège de Catane, mais l’évêque connu de cette époque est s.Severus.

Il fut durement persécuté par les agents de l’iconoclasme et mourut vers 824. Le Martyrologe affirme qu’il mourut en martyr, mais à Constantinople.

Saint Iakobos est commémoré le 21 mars dans le Martyrologe Romain.

 

Jean de Bonnevaux

† 1145

 

Jean était chanoine à Lyon, où il était né. Les historiens n’ont rien conservé de plus sur sa famille et son enfance.

Ayant fait le vœu d’entrer chez les Cisterciens, des amis (et le diable aussi) lui suggérèrent qu’il n’était peut-être pas fait pour de telles austérités. Convaincu de son erreur, il commua son vœu en pèlerinage à Compostelle.

Mais de retour à Lyon, il eut un songe. Il voyait Notre-Seigneur, entouré de saint Pierre et de saint Jean. Pierre lisait les noms des élus ; au nom de Jean, le Seigneur se leva et ordonna d’effacer le nom de ce parjure ; mais l’apôtre Jacques intercéda en faveur du chanoine, qui avait fait le pèlerinage à Compostelle et promit, au nom de Jean, que celui-ci reprendrait son vœu et entrerait sans tarder chez les Cisterciens.

A son réveil, Jean pouvait être quelque peu secoué ! Sans rien dire à personne cette fois-ci, il alla droit à Cîteaux.

Jean se montra digne de l’idéal cistercien et l’abbé, qui était Etienne Harding (v. 28 mars), le mit à la tête du groupe qui allait s’installer dans l’abbaye de Bonnevaux, fondée en 1117.

Le nouvel abbé confirma les qualités du moine. L’abbaye fut florissante et fonda à son tour, du vivant de Jean, les abbayes de Tamié (1132), Mazan et Le Thoronet (1136) et Léoncel (v. 1137). Plus tard, elle fonderait encore Montpeyroux (1148), Valmagne (1155), Sauveréal (1173), Valbenoîte (1184), Valcroissant (1189).

Disons ici que c’est Jean qui reçut à Bonnevaux le pieux Amédée de Clermont, qui voulait embrasser la vie religieuse avec son petit garçon, le futur Amédée de Lausanne (v. 27 août). Quand Amédée (père) lui «reprocha» de ne pas enseigner le latin à son fils, Jean lui répondit sagement que des Religieux devaient fort peu se mettre en peine d’apprendre les lettres ; que celui qui voulait suivre le Christ ne devait pas s’instruire des fables et des imaginations des Philosophes, mais seulement purifier son cœur, et qu’ainsi l’Esprit Saint lui apprendrait plus de chose en un moment que ne pourraient faire mille philosophes et mille maîtres en plusieurs années.

Mais l’abbé Jean fut retiré à son silence et nommé évêque de Valence, en 1138. Jean resta sur ce siège pendant sept ans, cherchant toujours à procurer la gloire de Dieu, à sanctifier son troupeau et à sauver son âme.

Il mourut, rempli de mérites, le 21 mars 1145.

Son culte fut approuvé en 1903.

 

 

Niklaus von Flüe

1417-1487

 

Né le 21 mars 1417 à Flüeli (Sachseln, Obwalden, Suisse) de Heinrich et Hemma Ruobert, Niklaus ou Klaus (Nicolas) se montra toujours soumis à ses parents, doux et modéré, ennemi du mensonge, pieux, pur, avec un fort penchant pour la prière et la mortification. Il nourrissait une grande dévotion envers ses saints Patrons, Nicolas de Myre et Nicolas de Tolentino (v. 6 décembre et 10 septembre. Il y a au Martyrologe plus d’une trentaine de Saints Nicolas).

Notre Nicolas avait au moins un frère.

En 1440-1444 il prit les armes avec ses compatriotes contre la tyrannie des ducs d’Autriche, mais montra qu’il exigeait de ces soldats un comportement droit. Son exemple lui valut une grande considération : on recourut à lui comme juge et conseiller.

Malgré sa préférence pour le célibat, il se maria par obéissance envers ses bons parents, avec Dorothea Wyss et eut dix enfants.

Cette vie familiale ne l’empêcha pas de conserver ses pieuses habitudes : il se levait chaque nuit plus de deux heures pour prier. Il avait une grande dévotion pour la Très Sainte Mère de Dieu.

La vie de Klaus fut favorisée de visions mystérieuses, dès la plus petite enfance. Un jour, il lui sembla voir en vision un lys sorti de sa bouche, tombé à terre, et mangé par un cheval : il crut comprendre par là que sa vie spirituelle était trop accaparée par la terre.

Aussi résolut-il de se séparer de tout, selon l’appel de l’Evangile : en 1467 ou 1468, il quitta son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs (cf. Lc 14:26) pour se retirer dans une solitude proche. Les siens étaient très éprouvés par cette séparation, mais y consentirent. Klaus rejoignit d’abord le Hochrhein, là où le Rhin fait la frontière entre l’Allemagne et la Suisse, et s’établit à Windental au-dessus de Liestals, mais fut averti en vision de revenir près de sa localité, comme ermite.

Des chasseurs le retrouvèrent et le signalèrent à son frère. Klaus lui demanda seulement de lui envoyer un prêtre pour l’entendre en confession et se confier à lui.

Les habitants vinrent le consulter. Il redescendit dans la vallée et sa famille l’aida à se construire une cabane et une petite chapelle. Le prêtre y célébrait et pouvait ainsi nourrir Klaus de l’Eucharistie.

Or cette Nourriture fut la seule et unique que Klaus reçût, durant dix-neuf ans. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les contemporains, l’évêque, l’empereur, purent s’en rendre compte en fermant l’accès de l’endroit à toute personne étrangère : Klaus ne vivait que de l’Eucharistie.

Klaus mit en garde ses visiteurs contre les prochaines erreurs de l’hérésie protestante (en effet paraîtra bientôt Luther). On vint le consulter de loin, même de Milan.

En 1481, il y eut une forte tension dans les cantons suisses, où commençait à bouillir l’atmosphère d’une guerre civile. Klaus fut appelé à intervenir : avec quelques paroles convaincantes, il reporta la paix entre les cœurs, puis retourna dans sa solitude.

Après une douloureuse agonie de huit jours, Klaus mourut le jour de son anniversaire, le 21 mars 1487, son dies natalis.

Il y eut évidemment de nombreux miracles sur la tombe de ce Mystique, devenu célèbre dans tout le monde germanique.

Dès avant sa mort, l’évêque avait établi qu’on pourrait enterrer Klaus dans son église paroissiale, ce qui était exceptionnel à l’époque pour un laïc. Le culte fut approuvé en 1648, et si le culte populaire a canonisé très vite Klaus de Flüe, la canonisation officielle n’eut lieu qu’en 1947.

Les Suisses ont appelé Klaus de Flüe leur Père de la Patrie, et le fêtent le 25 septembre. Il est aussi le Patron des Gardes suisses du Vatican.

Voici une petite prière attribuée à saint Nicolas de Flüe, et qui existe en diverses versions, dans la vieille langue germanique :

O mein Herr und mein Gott, nimm alles von mir, was mich hindert zu Dir !

O mein Herr und mein Gott, gib alles mir, was mich fördert zu Dir !

O mein Herr und mein Gott, nimm mich mir und gib mich ganz zu eigen Dir !

 

En voici un essai de traduction :

Ô mon Seigneur et mon Dieu, retire de moi tout ce qui m’éloigne de Toi !

Ô mon Seigneur et mon Dieu, donne-moi tout ce qui me rapprochera de Toi !

Ô mon Seigneur et mon Dieu, arrache-moi à moi et donne-moi tout à Toi !

 

En 1940, quand la Suisse était menacée d’invasion par les troupes hitlériennes, apparut dans le ciel au-dessus de Waldenburg une main lumineuse qui protégeait le pays. On a appelé cela le Miracle de Waldenburg.

 

 

Thomas Pilchard

1557-1587

 

Thomas Pilchard (ou Pilcher) était né en 1557 à Battle (Sussex, Angleterre).

Il fréquenta le Collège Balliol (Oxford) entre 1576 et 1579, où il obtint son diplôme.

En 1580 il renonça à son inscription et rejoignit en 1581 le Collège anglais de Reims, où il se prépara au sacerdoce, qu'il reçut à Laon en mars 1583.

Envoyé en Angleterre pour y exercer clandestinement le ministère sacerdotal, il fut arrêté et banni. Mais courageusement, il revint dans son pays, et fut à nouveau arrêté en mars 1587.

Il fut emprisonné à Dorchester Gaol, où il amena à la conversion une trentaine de personnes.

Le jour de son exécution, on le transporta sur un brancard avec tant de cruauté, qu'il arriva au lieu-dit dans un état de complet épuisement.

Il fut pendu. Mais on coupa la corde « trop tôt », de sorte qu'il resta debout à terre, bien vivant, sous la potence.

Le bourreau, qui était cuisinier, accomplit si mal son devoir, que la pauvre victime, se tournant vers le juge, lui cria : Est-ce donc là votre justice, Monsieur le Juge ?

Un autre témoin raconta que le prêtre se releva de lui-même et sortit de lui-même ses propres viscères, en récitant les paroles du psaume 50 : Miserere mei, Deus. On a pu dire par ailleurs qu'il n'y avait pas eu dans toute l'Angleterre occidentale, de prêtre plus courageux.

Thomas Pilchard fut exécuté à Dorchester, le 21 mars 1587, et béatifié en 1987.

 

On a trouvé que Thomas Pilchard avait été martyrisé le 21 mars 1591, et Thomas Pilcher le 21 mars 1587. Finalement, il semble que ce soit le même personnage, martyrisé en 1587.

 

 

William Pike

?-1591

 

Des incertitudes demeurent au sujet de ce Martyr.

William (Guillaume) Pike (ou Pyk) serait né à Moordown (actuelle Bournemouth), ou à West Moors (West Parley), dans le Dorsetshire.

Il aurait été charpentier.

Il aurait été converti au catholicisme par les conseils du prêtre Thomas Pilchard, qu'il avait rencontré durant un voyage de Dorchester à sa maison.

Arrêté pour cette conversion, invité à reconnaître l'autorité de la Reine, il refusa de prêter le serment d'allégeance envers la Reine et proclama hautement l'autorité du Pape. Il fut donc condamné à mourir comme un traître.

Invité à revenir sur sa parole pour sauver sa vie et sa famille, il répondit qu'il n'était pas devenu un fils de M.Pilchard pour se comporter ainsi. Jusqu'à sa mort, le nom du prêtre Thomas Pilchard était constamment sur ses lèvres. Au dernier moment, on lui demanda encore ce qui l'avait poussé à ce choix, et il répondit : Rien du tout, seulement l'odeur du pilchard (le pilchard est une sorte de sardine).

Tandis que Thomas Pilchard fut exécuté le 21 mars 1587, William fut exécuté à une date non précisée de façon sûre, mais probablement en 1591, à Dorchester. On a parlé du 22 décembre. Mais en raison de sa fidélité indéfectible envers le prêtre Pilchard, il est actuellement commémoré par le Martyrologe au même jour que ce dernier, le 21 mars.

William fut, lui aussi, béatifié en 1987.

 

 

Mathew Flathers

1580-1607

 

Mathew (ou Matthew, ou Major) dut naître vers 1580 à Weston (Yorkshire, Angleterre).

On ne connaît pas son enfance. On sait qu'il fut préparé au sacerdoce à Douai et ordonné prêtre à Arras le 25 mars 1606.

Trois mois après, il partait pour l'Angleterre. Il fut cependant repéré presque aussitôt et arrêté.

Accusé d'avoir reçu les ordres clandestinement et d'exercer le ministère illégalement en Angleterre, il fut invité à prononcer l'Acte d'Allégeance envers la Reine, pour recouvrer la liberté. Ayant bien sûr refusé, il fut condamné à mort.

Il fut conduit au lieu de son exécution, au-delà de Micklegate Bar (York), où il fut pendu, éviscéré et écartelé, selon la tristement célèbre formule.

La date de ce martyre est au 21 mars 1607. Matthew fut béatifié en 1987.

 

 

Siding Zhao Rong

1746-1815

 

Siding (Augustinus) était né vers 1746 à Wuchuan (Guizhou, Chine).

Il était soldat et, comme tel, faisait partie de l’escorte qui conduisit à Pékin le missionnaire Jean-Gabriel-Taurin Dufresse (v. 14 septembre).

Frappé par l’attitude du missionnaire, et convaincu par ses paroles, il demanda à être instruit dans le Christianisme et fut baptisé.

Son zèle ne s’arrêtait pas ; il fut ordonné prêtre.

Lors de la reprise de la persécution, il fut arrêté, mis en prison et durement maltraité.

Parmi les tortures qu’il subit, il y eut soixante coups de bambou et quatre-vingts soufflets avec une semelle de cuir. Le soldat n’en pouvait plus : il agonisa et mourut en peu de jours dans la prison de Chengdu (Sichuan).

Il n’y a pas de certitude sur le jour exact de cette mort. S’il y a accord sur un des premiers mois de l’année 1815, une ancienne tradition chinoise parle du 27 janvier 1815, tandis que le Martyrologe Romain a retenu le 21 mars 1815.

Siding Zhao Rong est le premier prêtre chinois martyr. Il a été canonisé en 2000.

La fête liturgique de tous les Martyrs chinois est au 9 juillet.

 

 

Benedetta Cambiagio Frassinello

1791-1858

 

Née à Langasco (Gênes, Italie NO) le 2 octobre 1791 de Giuseppe et Francesca Ghiglione, Benedetta (Bénédicte) Cambiagio fut baptisée deux jours plus tard. Sa famille déménagea bientôt à Pavia.

Elle fut éduquée dans une profonde atmosphère chrétienne. À 20 ans elle eut le désir de se consacrer entièrement à Dieu.

Pourtant en 1816 elle se maria avec Giovanni Battista Frassinello, un jeune homme de sa région qui avait déménagé à Vigevano.

Après deux ans de mariage, les deux époux décidèrent d’un commun accord de vivre comme frère et sœur. Ils s'occupèrent ensemble, d'un seul amour, d'une des sœurs de Benedetta, Maria, atteinte d'un cancer à l'estomac et qui vivait chez eux.

En 1825 à la mort de Maria, Giovanni Battista entra dans la conmunauté des Pères de Somasque et Benedetta dans la communauté des Ursulines à Capriolo.

En 1826, en raison de sa santé, Benedetta revint à Pavie. Guérie miraculeusement par l’intercession de saint Girolamo Miani (voir au 10 février), elle décida de s'occuper des jeunes filles avec l'approbation de l'évêque Mgr Luigi Tosi.

Le père de Benedetta refusant de l’aider, l'évêque rappela Giovanni Battista, qui quitta le noviciat et retourna chez son épouse-sœur, en renouvelant avec elle le vœu de parfaite chasteté devant l'Évêque. Tous les deux se dédièrent généreusement à l'accueil et à l'éducation humaine et chrétienne des jeunes filles pauvres et abandonnées.

Benedetta fut la première femme de la ville et de la région qui comprit que l'institution scolaire était la véritable source du vrai bien-être et le gouvernement autrichien de l'époque lui reconnut le titre de Promotrice de l'instruction fondamentale.

Aidée par de jeunes filles bénévoles, Benedetta unit à l'enseignement scolaire, la catéchèse et la formation au travail, tous domaines dont elle se servit pour transformer les jeunes filles en modèles de vie chrétienne et assurer ainsi la vraie formation des familles.

Le règlement qu’elle proposa à ses Compagnes fut approuvé par l’autorité ecclésiastique.

Les expériences mystiques se multiplièrent chez Benedetta, particulièrement pendant les fêtes liturgiques, sans néanmoins la détourner de ses engagements quotidiens. Par amour des jeunes filles elle sacrifia sa propre personne, tous ses biens, et jusqu’à sa renommée.

La singularité de l'œuvre et du programme éducatif de Benedetta rencontra l'opposition de quelques puissants qui se voyaient frustrés de leurs projets, ainsi que l'incompréhension de certains membres du clergé. En juillet 1838 Benedetta céda son institution à Mgr Tosi et, avec son mari et cinq fidèles Consœurs, quitta Pavie pour repartir dans sa région d'origine, la Ligurie.

À Ronco Scrivia elle fonda une école pour les jeunes filles du peuple et l'Institut des Sœurs Bénédictines de la Providence, dont elle écrivit le Règlement et les Constitutions. L’institut sera définitivement approuvé en 1937.

En 1851 Benedetta retourna à Pavie, mais dans un lieu différent de la première fondation et en 1857 ouvrit une école dans le village de San Quirico.

Benedetta a ainsi créé un Institut qu'elle a dirigé avec la collaboration généreuse et discrète de son mari, cas unique dans l'hagiographie chrétienne.

Le 21 mars 1858, Benedetta mourut à Ronco Scrivia (Gênes), exactement au jour et à l'heure qu'elle avait prévus. On remarquera que c’est aussi le jour de la mort de saint Benoît, dont elle portait le nom. Elle fut béatifiée en 1987 et canonisée en 2002 ; son nom est inscrit au Martyrologe le 21 mars.

Son pieux et fidèle époux, Giovanni Battista Frassinello, mourra le 7 avril 1873.

Les Sœurs Bénédictines de la Providence ont des écoles en Italie et en Espagne, des missions au Brésil, au Pérou, en Côte d’Ivoire et au Burundi.

 

 

Miguel Gómez Loza

1888-1928

 

Miguel naquit le 11 août 1888, de Petronilo Loza et de Victoriana Gómez. Le papa mourut très vite. Miguel et son grand frère, Elías, s’attachèrent très fortement à leur maman, au point de changer leur nom de famille : non pas Loza Gómez, comme c’était l’habitude, mais Gómez Loza, en honneur de leur mère.

Le grand frère entra au séminaire. Miguel grandissait dans la foi chrétienne, ne cachant pas sa dévotion eucharistique, aimant servir la messe, faire le sacristain et, à l’occasion, être catéchiste.

Il fut en contact avec Miguel Palomar y Vizcarra puis avec Anacleto González Flores, qui le poussèrent à se donner aux activités sociales. Il retarda cependant son entrée à l’université, à cause de sa mère.

Il se résolut à s’inscrire au cours préparatoire du Séminaire de Guadalajara, mais s’aperçut très vite que sa destinée n’était pas dans le sacerdoce. Il s’inscrivit au Parti Catholique National ainsi qu’à l’Institut du Sacré-Cœur de Jésus.

En 1913, il devint assistant de González Flores, avec lequel il s’inscrivit à la Congrégation Mariale du sanctuaire de Saint Joseph de Gracia. Tous deux assumèrent l’Union Latino-americana, une corporation socio-politique récemment fondée, qu’ils représentèrent à la convention du Parti Catholique National à Guadalajara.

Miguel avait le tempérament vif. Il ne se faisait pas faute d’arracher des manifestes anti-religion pour les remplacer par des chrétiens, “délit” dont il sera accusé et pour lequel il passera une semaine dans une cellule de la Police.

En 1914 il s’inscrivit à l’Université Morelos, où il se mérita le surnom de Chinaco, après avoir interrompu une conférence qui exaltait le parcours politique du président Benito Juárez. Voulant contrecarrer les effets nocifs d’une certaine presse, il se fit le champion de la presse catholique en fondant et présidant la Société de la Propagation de la Bonne Presse. Il s’orienta de plus en plus vers la syndicalisme chrétien.

En 1916, ayant achevé la préparation, il s’inscrivit à l’Ecole Catholique de Droit, participant en juillet à la fondation de l’Association Catholique de la Jeunesse Mexicaine, au sein de laquelle il fonda à son tour le cercle Gabriel García Moreno, d’où sortira le mensuel Le Croisé (notons ici que Gabriel García Moreno était ce président équatorien catholique, assassiné en 1875).

L’année 1917 vit la création d’autres cercles pour les jeunes ouvriers, pour les artisans, pour les éditeurs. Miguel entreprit la publication de  La Question Religieuse au Mexique de Régis Planchet.

En 1918, il prendra la défense de l’archevêque de Guadalajara, Francisco Orozco y Jiménez.

En 1919, il fut président d’une société coopérative de consommation, La Populaire, et en avril il participa activement à l’organisation du Congrès Régional Catholique Ouvrier.

En 1920, après avoir fondé un nouveau cercle, il fit rééditer la Question Religieuse au Mexique, complétée par La Question Religieuse en Jalisco, de Anacleto González Flores. C’est à la fin de cette année que vinrent à Guadalajara quelques éléments bolcheviques qui réussirent l’année suivante à accrocher à la cathédrale le drapeau de la révolution : Miguel se lança au milieu de la foule, alla le décrocher et le mettre en morceau. Le pauvre fut roué de coups après ce forfait.

Fin 1922, il épousa Guadalupe Sánchez Barragán, devant son frère, Elías, qui célébrait la messe, en présence de son directeur spirituel, le père Vicente Camacho. De cette sainte union naîtront trois filles : María de Jesús, María Guadalupe et María del Rosario. Avec son épouse, il s’installa à Arandas, non loin de Guadalajara, et y ouvrit son cabinet d’avocat. Il ne tarda pas à être connu pour sa bonté et son zèle de chrétien, à s’attirer la sympathie de la population, mais aussi l’aversion de quelques opposants. De fait, on lui refusa son titre officiel d’avocat.

Début 1923, il participa à la pose de la première pierre d’un monument au Christ Roi, en présence d’une foule de quatre-vingt mille personnes, cérémonie qui fut le prétexte pour les autorités à expulser le Délégué Apostolique, Mgr Ernesto Filippi.

En mars fut nommé gouverneur du Jalisco son adversaire politique numéro un, José Guadalupe Zuno, qui lui refusa son diplôme officiel d’avocat. Pire, le maire de Arandas en profita, sans motif juridique valable, pour expulser Miguel qui, après trois mois d’exil, s’installa avec la famille à Guadalajara. C’est à cette époque que Miguel devint membre de l’Adoration Nocturne du Saint-Sacrement.

En 1924 il y eut un pénible incident durant le carême. Une cérémonie avait réuni un groupe d’ouvriers catholiques, qui se retrouvèrent à la sortie en face d’un autre groupe communiste. Le prêtre et Anacleto González Flores étaient partisans de se retirer dans l’église en attendant la fin de la manifestation, mais Miguel préféra les affronter directement. Les esprits étaient échauffés, le dialogue impossible, et on en vint aux coups ; il y eut des morts et des blessés. Miguel fut sévèrement repris par le prêtre et accepta humblement les reproches.

On pourrait se demander comment Miguel avait trouvé le temps d’avancer dans ses études avec toutes ces activités. Néanmoins il obtint enfin son diplôme d’avocat en juin et ouvrit son cabinet professionnel.

Fin avril de la même année, eut lieu le premier Congrès National Catholique Ouvrier, qui aboutit à la formation de la Confédération Nationale Catholique du Travail ; on fonda la Banque de Crédit Populaire, et l’hebdomadaire L’Ouvrier fut l’organe officiel de la confédération.

Le Saint-Siège accéda à la demande de l’Archevêque de Guadalajara, de reconnaître les mérites éminents de Miguel dans la promotion sociale et le soutien du catholicisme, et le décora de la Croix Pro Ecclesia et Pontifice, en même temps que ses amis González Flores, Orozco et Reyes.

En 1925, Miguel protesta énergiquement contre la fermeture de l’Institut de Sciences, dirigé par les Jésuites. Ses interventions obtinrent au moins que les autorités fédérales atténuèrent l’attitude des autorités locales.

Le gouvernement mexicain intensifiait son attitude anticléricale. Début 1926, on ferma le centre de l’Action Catholique de Guadalajara : Miguel se retrouva en prison avec nombre de camarades. Il en profita pour apostoliser les prisonniers, réciter le chapelet, prêcher la Parole. Ne trouvant aucun délit à lui reprocher, on le libéra : la Police Secrète l’attendait à la porte-même de la prison pour l’arrêter, mais ses amis réussirent à intervenir à temps et à le laisser libre.

En face des décisions anticléricales toujours plus fortes, Miguel lança l’idée d’un boycott général dans l’état de Jalisco et dans les environs. Ses jeunes missionnaires enthousiastes partirent dans toutes les directions pour réaliser cette campagne de boycott, ne prenant dans leur sacoche que le strict nécessaire pour manger, s’abandonnant à la sainte Providence pour pourvoir aux autres nécessités. Dans sa propre famille Miguel appliquait rigoureusement les mêmes dispositions, avec gaieté et humour. Il n’acceptait pas le mensonge ou la tromperie, et savait pardonner les offenses qu’il recevait.

Fin 1926, mourut son frère, Elías. L’Union Populaire était divisée pour prendre ou non les armes dans une résistance ouverte aux autorités. Miguel ne s’y résolvait pas, mais ne refusa pas de se faire le défenseur des prisonniers. Il s’efforçait de faire parvenir aux “troupes” des médailles, des crucifix, des scapulaires, sans oublier d’envoyer son petit salaire à sa famille.

En 1927, la Ligue Nationale pour la Défense de la Liberté Religieuse le désigna pour être gouverneur provisoire de l’Etat de Jalisco, à la tête des communes qui participaient à la résistance, responsabilité qui s’étendit aussi à la partie occidentale de l’Etat de Guanajuato. Il s’acquitta avec zèle de toutes ses responsabilités, qui occasionnèrent quelques frictions avec le général Enrique Gorostieta. Plutôt que gouverneur, Miguel se faisait procureur parmi les membres de la résistance catholique.

Miguel n’aimait pas la lutte armée. Ses deux pistolets, qu’il avait reçus de son frère et d’un autre ami, il ne s’en servit jamais.

En octobre 1927, aux cris de Vive le Christ Roi, il organisa la célébration solennelle de la fête du Christ-Roi (cette fête se célèbre désormais fin novembre, depuis la réforme post-conciliaire). L’Union adopta alors sa devise : Pour Dieu et pour la Patrie. La résistance s’organisa, on évita les affrontements inutiles, les interventions furent concertées.

21 Mars 1928. Une troupe militaire, bénéficiant de quelque négligence ou complicité, repéra et encercla l’habitation de Miguel. Celui-ci, avec son secrétaire Dionisio Vazquez, ne pouvaient fuir. Ils tentèrent de détruire des documents concernant la résistance des catholiques, mais des balles les atteignirent mortellement.

Les obsèques furent suivies par une foule immense.

La jeune veuve et ses trois fillettes eurent à subir une autre épreuve douloureuse : la pauvre maman de Miguel ne put supporter la mort, presque coup sur coup, de ses deux fils et en perdit la raison.

Miguel fut béatifié, avec tous ses compagnons, en 2005.

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21 mars 2021 7 21 /03 /mars /2021 00:00

Dimanche des Rameaux - B

 

Aujourdhui, l’Eglise nous fait revivre l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem. La couleur liturgique est rouge, car Jésus va verser son sang. Humblement assis sur un petit âne, Jésus montre sa vraie royauté : une royauté spirituelle, intérieure, qui désire commander à nos cœurs et n’a rien à voir avec la richesse orgueilleuse des rois de la terre.

La façon entendue dont Jésus parle de l’ânesse et de l’ânon, semble suggérer que Jésus en connaissait bien les propriétaires, et qu’Il les leur avait demandés d’avance pour telle occasion prochaine. On retrouvera tout-à-l’heure la même attitude lorsque Jésus enverra deux disciples préparer la Pâque. Quoi qu’il en soit, la facilité avec laquelle ces gens laissent faire les disciples de Jésus, montre bien qu’à côté de l’endurcissement de certains Juifs, d’autres en revanche étaient tout dévoués à la cause du Messie.

Ils furent même nombreux : Beaucoup de gens étendirent sur le chemin leurs manteaux ; quelle chaleur dans l’accueil, quelle humilité devant Jésus-Christ ! Aujourd’hui, on s’arrache le maillot d’un joueur, ou la chemise d’une vedette quelconque : là, on étendit les propres manteaux, comme des tapis, par terre, sur la route, dans la poussière, en l’honneur de Jésus. Comme Celui-ci a dû être touché de tant de marques d’humble respect pour Sa divine Personne ! comme Il dut être fortifié, quelques jours avant Sa douloureuse Passion !

On a dit parfois que la foule est très volubile, qu’on peut lui faire dire une chose aujourd’hui, et le contraire demain. On a tout de même du mal à penser que ce furent exactement les mêmes qui mirent leur manteau par-terre et qui crièrent A mort quatre jours après. Jérusalem était pleine de monde, au moment de la Pâque, et pour condamner Jésus on s’était bien gardé de convoquer devant le Sanhédrin Ses amis. Les Pharisiens savaient soudoyer leurs gens à l’occasion…

En même temps, ces deux épisodes montrent à leur façon l’authenticité de l’évangile. En effet, si l’évangile n’avait été qu’un écrit de propagande pour un personnage fictif appelé Jésus, son auteur n’aurait parlé que de l’entrée triomphale à Jérusalem et de l’Ascension miraculeuse, passant sous silence l’Agonie et la Passion.

On soulignera ici que la foule acclame Jésus avec un verset du psaume 117 : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur , que nous chantons dans le Sanctus : effectivement, à ce moment de la Messe, le Seigneur va venir s’incarner dans le pain et dans le vin eucharistiques ; il convient de l’accueillir avec les mêmes sentiments que la foule de Jérusalem.

Il se peut que notre liturgie dominicale choisisse l’autre récit de l’entrée à Jérusalem, selon l’évangéliste Jean. Celui-ci mentionne moins de détails que Marc et ne parle pas des manteaux étendus à terre. 

Il se peut fort bien que Jean n’ait pas vu ces manteaux, mais seulement les branches de palmier, qui sont à l’origine de notre coutume de porter des branches le jour des Rameaux. Ces branches ne sont pas des porte-bonheur, elles sont très simplement une façon de nous unir facilement aux foules de Jérusalem. Qu’on accroche ensuite ces rameaux quelques jours aux crucifix, n’a rien de déplacé, mais les y laisser toute l’année, secs et poussiéreux, pourrait sans doute être évité.

 

*       *       *

 

La première lecture de la Messe, extraite d’Isaïe, est le troisième “chant du Serviteur de Yahwé” (Is 50:4-7), où l’auteur décrit littéralement le Christ souffrant, flagellé, insulté, blessé. Tout commentaire est superflu. Ecoutons avec recueillement.

 

*       *       *

    

Le psaume 21 nous présente aussi cet anéantissement complet de Jésus, dans le premier verset (celui que Jésus cita à voix haute sur la Croix) : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu avandonné ?

Est-ce à dire que Dieu le Père ait abandonné, oublié Jésus ? Est-ce à dire que Jésus ait été séparé de la communion avec son Père, avec qui il est Un dans la communion de l’Esprit Saint ? La Sainte Trinité aurait-elle été disloquée à cet instant suprême ? Cela est impossible en soi. 

Mais dans son humanité, Jésus devait connaître cet instant suprême, où tout s’éteint pour un homme dont la vie s’arrête : famille, amis, maison, biens, rang, récompenses et distinctions, absolument rien ne reste de tout cela. 

Il faut bien nous imprégner de ce sentiment : l’être qui arrive à la mort est totalement seul, nu comme un ver qui n’a rien pour se défendre. Jésus devait éprouver cette solitude totale humaine, sinon il n’aurait pas épousé vraiment notre condition. 

Mais en même temps, Jésus-Fils de Dieu reste Un avec le Père et l’Esprit, et c’est le même Jésus qui chante avec nous ce psaume 21, dont les derniers versets sont un chant de victoire et de joie devant la Résurrection :

 

Auprès de toi ma louange dans la grande assemblée (…) ;

Toutes les limites de la terre se souviendront et se convertiront au Seigneur,

toutes les familles des nations se prosterneront devant lui.

Car au Seigneur appartient le royaume, et c’est lui qui dominera les nations.

C’est lui seul qu’adoreront tous ceux qui dorment dans la terre ;

devant sa face se prosterneront tous ceux qui descendent dans la poussière.

Or mon âme vivra pour lui, et ma lignée le servira. 

On parlera du Seigneur à la prochaine génération, 

et l’on annoncera sa justice au peuple qui naîtra : Voici ce qu’a fait le Seigneur !

 

Uni à notre humanité, Jésus-Christ partage avec nous cette mort pour nous entraîner dans la nouvelle vie de la résurrection.

Nous ne remercierons jamais assez Dieu pour le don que fit Jésus de Sa vie pour nous. Mieux : Nous avons Sa présence dans le pain et le vin eucharistiques. Eu-charistie : action de grâce. Jésus, après sa mort, sa résurrection et son ascension, restera toujours avec nous, au milieu de nous, nourrissant notre vie intérieure. Nous allons le relire dans un instant.

*       *       *

 

De la deuxième lecture, extraite de la Lettre aux Philippiens (2:6-11), on retiendra surtout le verset 7, traduit actuellement ainsi : Il se dépouilla lui-même ; la version grecque originale utilise plus précisément un verbe qui peut littéralement être rendu par “il se vida de lui-même” (un peu comme on le dirait d’un bateau que l’on “vide” de sa cargaison).

En d’autres termes : il renonça lui-même à Sa condition divine et à la gloire qui lui est due, pour paraître en tout semblable aux hommes, avec leurs faiblesses physiques. Paul insiste : Non seulement il se comporta comme un homme, mais il s’humilia encore plus, se faisant obéissant, jusqu’à la mort, et même la mort en croix

Jésus s’est bien fait homme, esclave même (obéissant) ; plus encore : bandit, scélérat, pour mourir en croix comme le dernier des derniers, d’une mort la plus honteuse qui fût, la crucifixion étant effectivement réservée aux grands bandits.

 

*       *       *

D’abord, aussi humble que ceux qui mirent leur manteau par-terre, voici maintenant cette femme qui vient répandre sur la chevelure de Jésus un parfum très coûteux. Cet albâtre était alors une matière fort rare, dont on fabriquait un parfum qu’on conservait précieusement dans de petits flacons. Il fallait une fortune pour se procurer ces petits objets avec leur contenu, et cette humble femme y a mis, dit Jésus, tout ce qu’elle pouvait faire. Elle était peut-être peu lettrée, ignorante même, mais elle avait du cœur : sans parler, sans chercher à se faire voir, elle accomplit son geste, avant de s’éloigner discrètement ; c’est cette discrétion humble que Jésus récompense en promettant qu’on racontera partout ce qu’elle venait de faire.

L’évangile semble nous enseigner l’attitude à avoir au seuil de toute Eucharistie : demander pardon. L’humble pénitente s’abaisse, tandis que Judas se rebiffe. Pierre fait un peu le vantard, il n’aura pas le courage de reconnaître le Maître, et pleurera comme un gamin sa faiblesse momentanée. 

A propos de la trahison de Judas et du reniement de Pierre, on pourra utilement se rappeler cette récente anecdote d’un jeune néophyte viêt-namien, baptisé par Jean-Paul II une nuit de Pâques. Ce nouveau chrétien voulut prendre le nom de “Pierre” ; aux journalistes qui l’interrogeaient, il expliqua qu’il voulait porter le même nom que Pierre, parce qu’il avait pleuré son péché. “Et si, lui demandèrent-ils, tu avais été Judas, qu’aurais-tu fait ? - Je me serais, répondit-il, pendu au cou de Jésus.”

Petit détail historique du récit de la Passion, il est assez évident que le reniement de Pierre eut lieu dans la nuit, juste avant le chant du coq ; on lit ensuite que dès le matin le grand conseil fut convoqué, donc dans la première matinée : que fit Jésus pendant ce temps-là ? ou plutôt que fit-on de lui ? Une vieille tradition rapporte qu’Il fut alors descendu dans une citerne vide, humide et froide, comme ce fut le cas du prophète Jérémie, six siècles avant Jésus-Christ (Je 37 ; LXX : 44). 

Reprenons, pour finir, le verset du psaume 21 : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?, en hébreux : Eloï, Eloï, lama sabactani ? que quelques-uns ne comprirent pas, puisqu’ils disent : Le voici qui appelle Elie. C’est que, parmi les présents, s’en trouvaient qui ne parlaient pas cette langue, des étrangers venus là pour la fête de la Pâque, ou bien des soldats qui n’étaient pas de cette région.

Jésus, en croix, suffoquait ; Il n’avait pas la force de parler, encore moins de proclamer jusqu’au bout tout ce long psaume : Il l’a médité tout au long, et ceux qui l’ont entendu commencer - Marie, Jean, les saintes femmes - ont probablement continué de le réciter à voix basse. Nous pouvons les imiter…

 

*       *       *

L’appel de Jésus retentit plus fort en nos cœurs en cette période de la Passion. En général, on nous propose, le Vendredi Saint - parfois aussi chaque vendredi de Carême - un pieux exercice, d’origine très ancienne, le Chemin de Croix. C’est là une belle méditation, qui peut revêtir des formes et des modes très divers, plus ou moins brefs selon l’horaire de chacun, et qui fait beaucoup de bien à l’âme. 

Notre méditation sur la Passion peut aussi prendre d’autres aspects, car l’Eglise ne veut pas nous contraindre. L’important est le recueillement, l’union au Sacrifice du Christ. Le carême n’est là que pour nous le rappeler plus intensément, mais toute l’année - toute la vie ! - les fidèles que nous voulons être gagneront beaucoup à méditer souvent sur la Passion de Jésus : l’agonie, la sueur de sang, les insultes, les crachats, les liens, les coups, les épines, les fouets des Romains - rappelons que ces instruments de torture étaient faits avec des lanières de cuir tranchant, garnies de billes de plomb -, puis les chutes à terre, la croix si pesante, les clous, la lance.

Prions aussi avec notre chapelet, avec les cinq Mystères douloureux : Agonie, Flagellation, Couronnement d’épines, Portement de la Croix, Crucifixion. Une prière si simple, si facile, tellement recommandée depuis des siècles par l’Eglise : en invoquant Marie, nous lui demandons de nous aider à entrer plus intimement dans les Mystères de son fils Jésus.

Source de méditations intenses, et tout-à-fait d’actualité, nous nous souviendrons aussi du si fameux Suaire de Turin, dont on n’a pas toujours bien parlé dans les innombrables écrits qui ont été publiés. A l’écart de toute polémique, mentionnons ici la déclaration faite par le Responsable lui-même du laboratoire où se firent des analyses au Carbone 14 : des erreurs auraient été faites lors de ces analyses, beaucoup d’éléments n’auraient pas été pris en considération… Il reste que la contemplation de cette Sainte Face ne laisse personne indifférent.

Beaucoup de Saints ont rappelé la profonde efficacité que peuvent avoir pour notre vie la lecture et la méditation des douloureux moments de la Passion de Notre-Seigneur. Faisons nôtres ces suggestions, relisons souvent ces lignes, nous en retirerons beaucoup d’enseignements, nous apprendrons mieux à accepter toutes les “petites choses” de la vie quotidienne.

Concluant cette méditation, revenons à la Prière du jour, qui nous fait méditer sur l’Humanité, la mort et la résurrection du Christ :

Tu as voulu que notre Sauveur, dans un corps semblable au nôtre, subisse la mort de la croix ; accorde-nous cette grâce de retenir les enseignements de sa passion et d’avoir part à sa résurrection.

Doux Agneau de Dieu, chargé de nos péchés, muet devant tes accusateurs, aide-nous à prendre notre croix tous les jours. Amen.

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20 mars 2021 6 20 /03 /mars /2021 00:00

20 MARS

I.    

S Archippus, disciple de s.Paul (cf. Phm 2 et Col 4).
Ss Photine, Joseph, Victor ; Sébastien, Anatole, Photius, Photide, Parascève et Cyriaque, martyrs à Carthage ; Photine serait la Samaritaine de Jn 4, Joseph et Victor ses enfants, Sébastien un officier, etc.

IV.    

Ss Grat et Marcel, prêtres à Forlí.

?    

Stes Alexandra, Claudia, Euphrasie, Matrone, Julienne, Euphémie et Théodosie, martyres à Amide.
Ss Joseph et Luc, martyrs à Antioche.
Ss Pavlos, Cyrillos, Eugenios, martyrs en Syrie.

V.    

S Urbicius, évêque à Metz.

VI.    

S Martin de Braga, pèlerin hongrois venu en Espagne, abbé et évêque à Dume puis Braga.

VII.    

S Thomas, évêque à Constantinople.
S Herbert, anachorète sur le lac de Derwentwater, grand ami de s.Cuthbert qui lui obtint de Dieu la grâce de mourir le même jour que lui.
S Cuthbert, moine à Melrose, hôtelier à Ripon, prieur à Lindisfarne où il travailla à implanter les usages romains, ermite à Farne, évêque à Lindisfarne, thaumaturge et grand ascète.

VIII.    

S Wulfran, évêque à Sens, parti évangéliser la Frise où il sauva trois enfants d’une pendaison rituelle, et qu’il ramena ensuite à Fontenelle où il se retira.
B Bénigne, abbé à Fontenelle et Flay.
S Nikétas, évêque à Apollonie, adversaire de l’iconoclasme et mort en exil. 
S Remi, neveu de ste Odile, abbé à Munster, évêque à Strasbourg.

XIII.    

B Ambrogio Sansedoni, dominicain à Sienne, Paris, Cologne, en Hongrie, pacificateur en Italie.

XIV.    

B Maurice Csaky, dominicain hongrois.

XVI.    

B Battista Spagnoli, carme italien d’origine espagnole, général de son ordre.

XVII.    

B Ippolito Galantini, florentin qui s’occupait de bonnes œuvres ; en particulier il fonda une congrégation de la Doctrine chrétienne, pour la formation des enfants.

XVIII.    

Bse Jeanne Véron, qui s’occupait des enfants et des malades et cacha des prêtres, martyre.

XIX.    

B Francisco Palau y Quer de Jésus-Marie-Joseph, carme espagnol persécuté et banni, béatifié en 1988.

XX.    

Ste María Josefa Sancho de Guerra (du Cœur de Jésus, 1842-1912), espagnole, des Servantes de Marie, fondatrice des Servantes de Jésus de la Charité, pour l’assistance aux malades, béatifiée en 1992, canonisée en 2000.
S Józef Bilczewski (1880-1923), évêque polonais à Lvov, béatifié en 2001, canonisé en 2005.

Bx Martyrs d’Albanie béatifiés en 2016 : Nikollë (Vinçenc) Prennushi (1885-1949), des Frères Mineurs Conventuels, archevêque à Durrës, avec quelques Compagnons, prêtres, dont on ignore la date précise du martyre : Mark Xhani (1914-1947), Lek Sirdani (1891-1948), Anton Muzaj (1921-1948).

Archippus

1er siècle

 

Saint Paul mentionne par deux fois Archippus.

En Phm 2, il l’appelle son «compagnon d’armes», commilito, un de ceux qui se rassemblent chez Philémon.

En Col 4:17, il invite les Colossiens à dire à Archippus : Prends garde au ministère que tu as reçu dans le Seigneur, et tâche de bien l’accomplir.

Quelques Auteurs (saint Ambroise, saint Thomas d’Aquin), ont pensé pouvoir déduire de ce passage, qu’Archippe avait été nommé évêque à Colosses, après Epaphras. Toutefois, le ministère qu’il reçut n’est pas explicitement, et même certainement pas, l’épiscopat : saint Paul n’aurait pas chargé les Colossiens de dire à leur évêque : Prends garde… Archippus, qui était actif dans la communauté, a pu être ordonné diacre, c’est-à-dire chargé de servir, d’assister les veuves, d’épauler les prêtres et l’évêque, ce qui est déjà une grande responsabilité.

Il aurait ensuite été martyrisé à Chonas (Phrygie), ou à Laodicée ou à Ephèse.

Le Martyrologe continue de le mentionner au 20 mars.

 

 

Pavlos et Cyrillos d’Antioche de Syrie

† 4e siècle ?

 

Pavlos, Cyrillos, et d’autres, furent martyrisés à Antioche de Syrie, on ne sait à quelle époque.

Le Martyrologe ancien mentionnait Pavlos, Cyrillos, Eugenios et quatre autres. L’actuel ne nomme que les deux premiers.

Leurs Actes ont été perdus.

Saints Pavlos et Cyrillos d’Antioche de Syrie sont commémorés le 20 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Urbicius de Metz

† 5e siècle

 

Urbicius fut le quinzième évêque de Metz.

On dit de lui qu’il reçut le titre d’archevêque, mais le revendit (?) à l’évêque de Trèves, cette petite transaction lui permettant de soulager une grave famine locale. Ce n’était pas de la simonie, puisqu’un titre n’est toujours qu’une distinction honorifique humaine ! Urbicius montrait par là qu’il ne tenait pas à cette distinction.

Il fit bâtir une église en l’honneur de s.Felix de Nole (v. 14 janvier), qui fut plus tard l’église du monastère Saint-Clément.

Urbicius mourut vers 450.

Son corps reposa longtemps dans une église qui portait son nom, fut retrouvé au 16e siècle et déposé dans l’église Saint-Euchaire. Ces reliques furent détruites sous la Révolution en 1792.

Saint Urbicius de Metz est commémoré le 20 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cuthbert

637-687

 

Cuthbert naquit vers 637, bien probablement en Irlande. On ne sait rien de lui jusqu’à ce qu’on le voie berger aux confins actuels de l’Ecosse et de l’Angleterre, gardant les troupeaux de différents maîtres.

L’historien Bède (v. 25 mai), qui a beaucoup travaillé à recueillir une immense quantité de documents anciens sur les ancêtres anglais, dit que Cuthbert montrait une activité exubérante et une piété précoce.

Cuthbert, donc, apprit dans une vision la mort d’Aidan, le saint évêque de Lindisfarne, et se détermina à entrer dans la vie monastique.

Il avait quinze ans à peine quand il alla frapper à la porte du monastère de Melrose. Il y fut reçu par deux grands docteurs de l’Eglise celtique, l’abbé Eata et le prieur Boisil (v. 26 octobre et 7 juillet).

Notre adolescent montra dès le premier moment une rare aptitude pour les missions qui constituaient la principale occupation des moines à cette époque. Dans la région où il se trouvait, il s’efforça d’extirper dans la population du voisinage les derniers vestiges de la superstition païenne. Ses courses se faisaient à cheval ou en bateau, mais le plus souvent à pied, sans que les intempéries des saisons fussent capables de l’arrêter. On l’écoutait avec une affectueuse confiance, les plus récalcitrants venaient se prosterner à ses pieds pour avouer leurs péchés, et accepter les pénitences qu’il imposait. Il se préparait lui-même à son œuvre d’apôtre par des austérités extraordinaires, passant la nuit dans une eau glacée suivant l’usage celtique ou se plongeant dans la mer pour chanter les vigiles. La mémoire du peuple a conservé le souvenir des loutres compatissantes qui, d’après la légende, venaient après ce bain froid, lécher et réchauffer ses membres glacés.

Après quelques années à Melrose, l’abbé Eata emmena Cuthbert et quelques autres moines avec lui pour la fondation du monastère de Ripon, dû à la générosité du roi Alchfrid. Chargé des fonctions d’hôtelier, le jeune moine montra dans l’exercice de cette charge le même zèle que dans les missions. Quand les voyageurs arrivaient à travers la neige, affamés et transis de froid, il leur lavait lui-même les pieds, courait ensuite au four pour faire cuire le pain.

Quant aux autres moines de Melrose, ils durent quitter Ripon lorsque l’évêque Wilfrid entreprit sa campagne en faveur du rite romain (v. 24 avril ; il s’agissait vraisemblablement de la fameuse «date de Pâques», qui divise encore l’Orient et l’Occident).

Cuthbert rentra ensuite dans le monastère où il avait fait ses débuts et reprit sa vie de prédicateur. Le prieur Boisil, son maître et son ami, étant mort de la peste en 664, Cuthbert fut élu pour le remplacer ; il fut lui-même atteint de la contagion et s’en releva, grâce aux prières de la communauté.

Après le triomphe de Wilfrid et du rite romain à la conférence de Whitby, une révolution se produisit à Lindisfarne dont dépendait Melrose. L’évêque Colman était retourné à Iona, emportant avec lui les ossements d’Aidan, son prédécesseur, et emmenant les religieux qui voulaient garder les traditions celtiques. Pour conserver Lindisfarne, l’abbé Eata, de Melrose, en prit le gouvernement avec Cuthbert comme prieur : tous deux adoptèrent sans réserve les décisions de Whitby et s’efforcèrent de les faire prévaloir. Cuthbert avec son énergie et son invincible douceur employa toutes les ressources de son cœur et de son esprit. Il restait encore à Lindisfarne des récalcitrants, il s’agissait de les ramener, et en même temps de faire régner parmi eux la régularité et l’uniformité de la vie religieuse. Le saint moine s’employa à évangéliser les populations ; on connaissait sa dévotion à l’Eucharistie, qu’il ne célébrait pas sans verser des larmes.

Après un priorat de douze années, Cuthbert, qui n’avait pas encore quarante ans, voulut se retirer sur une île stérile en vue de Lindisfarne, l’île de Farne, que l’on croyait hantée. Il s’y fixa en vaillant soldat du Christ, y creusant dans le rocher une demeure d’où il ne voyait que le ciel, et s’y adonna à la contemplation. Une peau de bœuf tendue devant l’entrée de sa caverne le protégeait un peu contre les intempéries ; il vivait d’un petit champ d’orge cultivé par ses soins. Parmi les faits extraordinaires qu’on rapporte de lui, il aurait su appeler à lui certains oiseaux aquatiques pour les caresser avant de les renvoyer.

Cuthbert resta sur son île pendant huit ans. Il ne resta pas incognito, et l’on vint même de loin pour le consulter, depuis les religieux de Lindisfarne jusqu’aux habitants de tous les coins de Grande-Bretagne.

Il fut alors appelé à la dignité épiscopale, pour le siège de Lindisfarne, qu’il n’accepta qu’en pleurant, mais dont il accomplit les charges avec la même ardeur missionnaire d’autrefois.

Cuthbert a fait beaucoup de miracles. Un jour qu’on lui avait porté à boire de l’eau, les moines se rendirent compte que l’eau qui restait s’était changée en un vin excellent. Mais Cuthbert était surtout un mystique, un vrai moine contemplatif. Invité un jour à la table d’une abbesse, celle-ci put voir comment Cuthbert pouvait être totalement absorbé par une contemplation au point de laisser tomber son couteau.

Après la fête de Noël 686, Cuthbert abdiqua l’épiscopat et retourna sur son îlot de Farne pour se préparer à la mort qu’il savait prochaine. Pendant deux mois il redoubla ses pénitences, exhortant ceux qui venaient encore le consulter à rester dans l’union avec Rome.

Les derniers jours, il perdit la parole et s’endormit du dernier sommeil le 20 mars 687.

Un détail touchant concerne le moment de la mort de saint Cuthbert : un autre prêtre, anachorète près du lac de Derwentwater (Cumberland), venait chaque année passer quelques jours en compagnie de Cuthbert, et une profonde amitié les liait. Cet anachorète, Herbert de son nom, avait obtenu par la prière de Cuthbert, de pouvoir mourir au même moment que lui. Or cela arriva effectivement. Herbert mourut le même jour, à la même heure que son cher ami Cuthbert : il est pour cela honoré en Angleterre comme “Saint” au même jour, quoiqu’il ne soit plus mentionné dans l’actuel Martyrologe Romain.

De Lindisfarne, le corps de Cuthbert fut transporté à Durham, lors de l’attaque des Vikings envahisseurs.

Une magnifique châsse abritant le corps incorrompu de Cuthbert était vénérée dans la cathédrale de Durham jusqu’à l’époque de la “Réforme”. On l’aurait ensuite cachée, et jamais retrouvée.

Saint Cuthbert, fêté le 20 mars, est le patron des marins.

 

 

Wulfran de Sens

647-704

 

Wulframnus naquit vers 647 à Maurilliacum (auj. Milly-la-Forêt, Essone), de Fulbert qui était officier dans les armées royales.

Wulframnus a été rendu de diverses façons : Wulfram, Wulfran, Vulfran, Vulphran, Wolfran…

Wulfran fut vite admis à la cour de Clotaire III. A la mort de son père, il fit don de sa propriété de Milly à l’abbaye de Fontenelle, où il pensait devenir moine.

Selon certains, c’est vers cette époque qu’il projeta d’être missionnaire en Frise, et qu’il y séjourna pendant cinq à six ans. Mais cette version ne semble pas s’accorder avec d’autres faits.

Selon des versions qui semblent plus sûres, en 690, le siège épiscopal de Sens étant vacant, le roi et le peuple se souvinrent des qualités de Wulfran : le clergé l’appela à succéder à Lambert et il fut sacré évêque.

En 696, il se retira pour se lancer dans l’évangélisation de la Frise.

Il en conféra avec l’évêque de Rouen, s.Ansbert (v. 9 février), fit une retraite à l’abbaye de Fontenelle, et demanda à l’abbé quelques religieux pour l’accompagner en Frise. On ne sait pas exactement comment se déroula cette mission, mais la tradition de Fontenelle rapporte divers miracles opérés par Wulfran, comme par exemple la récupération en pleine mer de la patène qui avait échappé à Wulfran durant la célébration de la Messe sur le bateau (il sera utile ici de faire remarquer que, jusqu’à une période toute récente, l’Hostie était déposée directement sur le corporal, et non sur la patène, qui n’était reprise qu’au moment de la communion ; elle avait donc pu échapper à la vigilance du Célébrant).

En Frise, Wulfran aurait eu la joie de baptiser le fils du roi Radbod, de sauver d’une mort atroce des enfants que les idolâtres païens voulaient sacrifier à leurs dieux ; on a les noms de trois de ces enfants : Ovon, Eurinus, Ingomare ; le premier avait déjà été étranglé, Wulfran le ressuscita ; les deux autres furent épargnés de justesse et entrèrent plus tard à l’abbaye de Fontenelle.

Après cinq années de cette mission fructueuse, Wulfran rentra à Fontenelle où il finit ses jours en paix. Il y mourut le 20 mars, vers 704 ou 720.

En Frise, Wulfran avait jeté une bonne semence, qui germa et porta ses fruits un peu plus tard avec s.Willibrord (v. 7 novembre).

Saint Wulfran est commémoré le 20 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Niketas d’Apollonie

† 733

 

Niketas était «évêque d’Apollonie». Il y a une ville de ce nom en Macédoine (Grèce N) et une en Bithynie (Asie Mineure, act. Turquie NE). L’actuel Martyrologe opte pour la première (auj. Paleo Chori).

On ne sait pas quand commença cet épiscopat, mais c’est en 730 que commença l’erreur iconoclaste byzantine, et la persécution qui s’ensuivit.

Niketas prit énergiquement position contre l’édit impérial, et fut pour ce motif plusieurs fois relégué en exil. L’Anatolie couvre une surface plus ample encore que l’actuelle Turquie, et on ignore en quelle région fut exilé l’évêque.

Niketas mourut en exil, à une date qu’on a fixée au 20 mars 733.

Saint Niketas est commémoré le 20 mars dans le Martyrologe Romain.

 

Ambrogio Sansedoni

1220-1286

 

Ambrogio (Ambroise) naquit le 16 avril 1220 à Sienne, de parents profondément croyants.

Le bébé était tellement difforme que la vue de son corps provoquait une certaine horreur et de la compassion ; il fut confié à une nourrice et, au bout d’un an, tandis qu’elle le tenait dans l’église desservie par des Dominicains, un changement instantané miraculeux se produisit : tous les membres du bébé prirent une attitude normale, chose qui fut bien sûr racontée à tous les coins de la ville.

Ce n’était que le début d’une série d’interventions célestes sur et par la personne du jeune enfant et du prêtre qu’il devint.

En grandissant, il montra une grande compassion pour les pauvres, les malades et les prisonniers. Ce fut au point qu’avec la permission de sa mère, il transforma une partie de la maison familiale en petit hôpital.

Il chercha à étudier, en particulier la théologie, mais rencontra des obstacles ; aussi, peu avant ses dix-sept ans, il annonça aux parents sa décision de quitter le monde et d’entrer chez les Dominicains. Les bons parents n’y mirent aucune difficulté, au contraire ils lui remirent une importante somme d’argent - qu’Ambrogio utilisa sans tarder au profit des pauvres et des orphelins.

Il reçut l’habit dominicain le 16 avril 1237, son jour anniversaire, et, l’année suivante, fut envoyé à Paris (1245) pour suivre les cours d’Albrecht de Cologne (v. 15 novembre), où il fut condisciple de Tommaso d’Aquino et de Pierre de Tarentaise (v. 7 mars et 8 mai). Lorsque le maître rejoignit Cologne, il l’y suivit et commença à enseigner. On l’entendit parler allemand, qu’il ne connaissait pas.

Cinq ans plus tard, en 1253, Ambrogio revint à Paris, où il commenta les Sententiæ de Pierre Lombard. Il y prêchait aussi avec un réel succès, au point qu’on le représenta avec la colombe blanche de l’Esprit Saint qui lui parlait à l’oreille (ou bien on aurait même assisté au phénomène de la présence de la Colombe pendant qu’il parlait).

Successivement, l’obéissance l’envoya en Allemagne, où ses prédications et ses miracles empêchèrent un nouveau schisme. Quand le pape lança l’interdit sur Sienne qui s’était déclarée pour l’empereur, Ambrogio alla plaider la cause des Siennois auprès du pape à Orvieto, lequel s’exclama ensuite : Jamais homme n’a parlé comme cet homme (cf. Jn 7:46). De même en Hongrie, où furent arrêtés les Tartares. Puis ce fut l’Italie, où Ambrogio fut l’ange de paix à Sienne, sa ville natale, le réformateur à Rome où il fallait restaurer l’enseignement correct de la théologie.

Ambrogio connut un échec affligeant : il se trouvait à Naples et chercha, vainement, à éviter la condamnation à mort du fils de l’empereur, battu à Tagliacozzo (1268), qui fut trahi et livré à Charles d’Anjou, et décapité.

Pendant une douzaine d’années, Ambrogio demeura dans une silencieuse retraite, dans la prière et la contemplation, sans pour autant négliger les tâches quotidiennes qu’il allait volontiers remplir avec les autres moines.

Les papes l’appelèrent de nouveau pour des missions de réconciliation entre Gênes et Venise, entre Florence et Pise, à Sienne encore. Il réussit, non sans de grandes fatigues. Il y eut des conversions retentissantes. Sienne fut le théâtre de son ultime élan pacificateur et pastoral. Emporté par son zèle à vouloir convaincre les pécheurs de se repentir, il lui vint en chaire un flux de sang qui sortit par la bouche ; se sentant mieux le lendemain, il voulut remonter en chaire, mais l’hémorragie reprit de plus belle. Toute la ville en était consternée.

Ambrogio se prépara tranquillement à la mort. Il invitait même les confrères à se réjouir. Ayant fait une confession générale, il reçut les Sacrements de l’Eglise. Il demanda ensuite à rester seul, pour mieux se préparer à rencontrer le Seigneur, dans le recueillement.

Il mourut ainsi le 20 mars 1286.

L’abrégé (!) de sa vie compte quelque cent quatre-vingt miracles, dont seize résurrections de morts.

Sienne le prit comme Patron. Dès 1443, on l’y célébrait comme un Saint.

Le Martyrologe romain mentionne le bienheureux Ambrogio au 20 mars.

 

 

Battista Spagnuolo

1447-1516

 

Battista naquit le 17 avril 1447 à Mantoue (Italie N), d’une famille noble originaire d’Espagne, d’où son surnom de Spagnuolo ou Spagnoli, espagnol. Si sa famille l’appelait Bautista, à l’espagnole, il est bien vraisemblable que tous ses contemporains italiens le nommèrent Battista, à l’italienne.

Après ses études à Mantoue, il étudia brillamment la philosophie à Padoue. Puis un différend avec son père et une céleste inspiration le poussèrent en 1463 à entrer chez les Carmes à Ferrare, où ses grands progrès dans toutes les vertus lui valurent une grande estime de la part du bienheureux Bartolomeo Fanti, son maître (v. 5 décembre). Bartolomeo lui prophétisa qu’il deviendrait vicaire général pour tout l’Ordre des Carmes.

Battista fut envoyé quelque temps à Rome, où il fit l’admiration de tous. Il n’avait que vingt-quatre ans, quand il fut nommé professeur (on disait lecteur) à Bologne (1471).

Il avait une inspiration particulière pour la poésie en latin et composa des hymnes sacrées ; on a de lui plus de cinquante mille vers latins, sans compter le reste de ses écrits ; Erasme l’appelait le Virgile chrétien.

Six fois élu et réélu vicaire pour toute la région de Mantoue à partir de 1483, il fut longtemps présent à Rome, où il eut l’occasion de prêcher devant le pape (1489), suggérant une profonde réforme à l’intérieur de la Curie, vermoulue de corruption.

En 1489, il se déplaça à Loreto, quand le sanctuaire marial fut placé sous la garde des Carmes.

En 1493, il fut nommé directeur des études à Mantoue ; il y rencontra beaucoup de célèbres humanistes, écrivains et philosophes.

En 1513, il fut nommé général de l’Ordre : seul le pape put l’obliger à accepter cette charge.

En plus de cela, il assuma d’autres missions importantes : il participa au 5e concile du Latran (1512-1517), alla comme légat papal mettre la paix entre le roi de France (Louis XII) et le duc de Milan ; il travailla à la réforme de l’Ordre et à l’édition de son missel propre.

Battista mourut à Mantoue le 20 mars 1516 ; son corps est resté sans corruption et son culte fut confirmé en 1885.

Le Martyrologe romain mentionne le bienheureux Battista au 20 mars.

 

 

Ippolito Galantini

1565-1619

 

Ippolito était né à Florence ; son père était un humble tisserand et lui-même gagna sa vie en fabriquant des étoffes de soie.

Ce fut le cas de dire que ce garçon fut vraiment précoce : il savait, encore enfant, se recueillir longtemps dans l’église, il écoutait les sermons et les répétait à ses petits camarades, qu’il réunissait autour de lui pour leur enseigner les premières vérités fondamentales du christianisme. Il voulait même entrer dans la vie religieuse, mais il était décidément trop jeune.

Son zèle pour la catéchèse le fit remarquer auprès de l’archevêque de Florence, Alessandro de’ Medici, le futur pape Léon XI, qui le nomma alors Maître de doctrine chrétienne, avec mission d’enseigner dans l’église de Sainte-Lucie-au-Pré (Santa Lucia al Prato) : il n’avait que douze ans !

Il aurait bien voulu entrer chez les pères Capucins, mais sa santé ne le lui permit pas. Pendant une quinzaine d’années, il souffrit même d’atroces douleurs, causées par diverses maladies, qu’il supporta généreusement.

A dix-sept ans, il se trouvait à la tête de cette humble Congrégation de Sainte-Lucie, puis de celle du Saint-Sauveur, finalement il eut son oratorio personnel et donna naissance à la Congrégation de Saint-François de la Doctrine Chrétienne, pour la catéchèse des enfants des deux sexes. Son exemple fut repris, et servit de modèle à beaucoup d’autres congrégations dans toute l’Italie.

Des personnes de haut rang social n’hésitèrent pas à s’unir à lui pour enseigner la Doctrine aux petits. Ces apôtres étaient connus à Florence, par leur démarche pleine de discrétion, de modestie, et reçurent le surnom de Vanchetoni (van : ils vont ; chetoni : très modestes).

Cet humble ouvrier sans instruction, reçut de Dieu la science de la Foi et de l’Apostolat, qu’il exprima dans quelques écrits. Il rédigea lui-même les Règles et les constitutions de sa Congrégation. Il eut aussi le don de prophétie.

Quand il mourut, le 20 mars 1619, ce fut la consternation générale. Il était si populaire que son tombeau fut vite assailli par toutes sortes de gens qui venaient demander des grâces à Dieu par son intercession.

Béatifié en 1825, il est mentionné au Martyrologe Romain le 20 mars.

 

Et voici une prière qui fut autorisée par l’Autorité diocésaine en 1942 (et enrichie à l’époque d’une indulgence de 300 jours, modifiée à l’heure actuelle en “indulgence partielle”) :

 

Seigneur tout-puissant, tu t’es préparé dans le cœur du Bienheureux Ippolito Galantini, dès son enfance, une demeure agréable, et en as fait un Apôtre de la Doctrine chrétienne. Par son intercession, nous Te demandons que dans nos régions se développe toujours davantage la connaissance et la pratique de la sainte religion, et que notre cœur brûle d’amour pour Toi.

Veuille accorder dès ici-bas à Ton Bienheureux Serviteur la gloire des Saints, pour que nous aussi, en suivant son exemple, nous puissions mériter les divines faveurs spirituelles et temporelles et que, après notre voyage sur cette terre, nous accédions à la béatitude éternelle du ciel.

Amen.

 

 

Jeanne Véron

1766-1794

 

Jeanne naquit le 6 août 1766 à Quelaines (Mayenne).

Entrée chez les Filles de la Charité, elle faisait la classe aux enfants et s’occupait des malades.

En 1783, elle assista Françoise Tréhet (v. 13 mars) pour l’ouverture d’une école à Saint-Pierre-des-Landes.

En plus, au moment de la persécution causée par la Révolution, elle abrita et cacha des prêtres.

Dénoncée et découverte, elle fut arrêtée et condamnée à mort. A cause de ses infirmités, on la poussa sur son fauteuil jusqu’au lieu du supplice et elle fut guillotinée à Ernée (Laval), le 20 mars 1794, une semaine après Françoise Tréhet.

Jeanne Véron a été béatifiée en 1955, en même temps que Françoise Tréhet et que les Quatorze Martyrs de Laval (voir cette notice).

 

 

Francisco Palau y Quer

1811-1872

 

Francisco naquit le 29 décembre 1811 à Aytona (Lerida, Espagne), septième d’une famille de neuf enfants.

Il reçut le baptême le jour même.

Extrêmement doué intellectuellement, il fut orienté par son maître d’école vers les études supérieures.

En 1828, il entra au séminaire de Lerida.

En 1832, renonçant à une bourse d’études qu’on lui offrait en raison de ses grandes capacités, il quitta le séminaire pour entrer ches les Carmes déchaux à Barcelone, où il prit le nom de Francisco de Jésus-Marie-Joseph et fit les vœux en 1833.

La fureur révolutionnaire se déchaîna à Barcelone en 1835. Le couvent fut la proie des flammes. Les Carmes réussirent à s’enfuir. Francisco aida un des vieux moines, aveugle, à se mettre en sécurité.

Francisco fut ordonné prêtre l’année suivante, en 1836, mais ne pouvant rentrer dans son couvent, il exerça le ministère comme prêtre diocésain.

En 1840, il passa en France et vécut à Perpignan, puis à Cantayrac (Montauban). Sa vie retirée et toute sainte attira déjà des fidèles, notamment des espagnols exilés et Juana Gracias, qui l’assistera plus tard dans son apostolat. Pour répondre à certaines accusations d’un prêtre du diocèse de Montauban qui le critiquait, il écrivit deux opuscules : La Vie Solitaire et Le Solitaire de Cantayrac.

En 1851, il revint en Espagne. L’évêque le nomma directeur spirituel au Grand séminaire. A Barcelone aussi, il ouvrit une Ecole de la Vertu, pour la catéchèse des adultes : chaque dimanche il exposera en paroisse l’ensemble de la doctrine chrétienne. Il en fera un ouvrage qui sera publié. Il publiera des articles dans le journal El Áncora.

Mais l’école fut accusée de soutenir des grévistes, et fut fermée manu militari en 1854.

Comme l’évêque lui-même, Francisco fut condamné à l’exil, mais sur l’île d’Ibiza (Baléares), où il passera six années de solitude forcée, de méditation. Il découvrit la petite île de Es Vedrá, où il construisit un petit ermitage et y intronisa l’image de Notre-Dame des Vertus, premier sanctuaire marial de l’île.

En 1860, démontrant son innocence, il fut totalement gracié par la reine et put donner libre cours à son apostolat : prédication à Barcelone, Madrid, Palma, et d’autres grandes villes, missions populaires en Catalogne et aux Baléares ; partout il répandait la dévotion mariale. On le verra se retirer (librement désormais) sur l’île Ibiza durant des périodes de retraite.

Il fonda alors une congrégation de Frères et Sœurs Tertiaires Carmélites, auxquels il transmit son idéal de prédication catéchétique. Cette congrégation devint ensuite la double branche des Carmes Missionnaires Thérésiens et des Carmélites Missionnaires Thérésiennes.

Sa prière obtint la libération de nombreuses personnes de la puissance démoniaque, au point qu’il acquit une grande réputation d’exorciste. Mais cette réputation jeta aussi sur lui des suspicions de la part des autorités ecclésiastiques, au point qu’il dut par deux fois faire le voyage à Rome pour démontrer le bien-fondé et la nécessité de l’exorcisme. Il parla devant l’assemblée des évêques réunis au concile de Vatican I.

De 1868 à 1872, il écrira dans un journal qu’il avait fondé, El Ermitaño, où il exposait à nouveau la doctrine chrétienne, en particulier sa position au sujet de l’exorcisme. Le journal cessera un an après sa mort.

Francisco fonda aussi une congrégation éphémère des Frères de la Charité.

En 1872, il se dépensa sans compter auprès des malades atteints par une épidémie de typhus, qu’il contracta à son tour. Terrassé par une congestion pulmonaire, il mourut à Tarragone le 20 mars 1872.

Il a été béatifié en 1988.

 

 

María Josefa Sancho de Guerra

1842-1912

 

María Josefa, née à Vitoria le 7 septembre 1842, dans la Pays Basque espagnol, premier enfant de Bernabé Sancho et de Petra de Guerra, fut baptisée dès le lendemain, fête de la Nativité de la Vierge Marie, et reçut la Confirmation deux ans plus tard, selon la coutume d’alors. Le papa fabriquait des chaises.

Dès l’enfance la petite fille montra des dons exceptionnels de mémoire et d’observation. Elle apprit de ses bons parents la dévotion à la Sainte Vierge, la confiance en la Providence, et l’acceptation de la sainte pauvreté.   

Orpheline de son père à six ans et demi, elle fit la première Communion le deux février 1852, jour de la Présentation de Jésus au Temple. Avec sa mère, et grâce à elle, elle approfondit sa foi en l’Eucharistie, mais aussi la préoccupation pour les pauvres et les malades. María Josefa aimait se retirer pour prier et contempler.

A quinze ans, elle fut à Madrid pour compléter ses études. A dix-huit ans, de retour à Vitoria, elle pensa entrer dans l’Institut des Sœurs contemplatives de Aranjuez, mais la grave maladie du typhus l’en empêcha. Elle guérit cependant, et décida d’entrer chez les Servantes de Marie, récemment fondées par Soledad Torres Acosta, où elle prit le nom de María Josefa du Cœur de Marie. Mais des doutes l’assaillirent et elle se confia à deux grands Saints : l’archevêque Antonio Maria Claret et la fondatrice elle-même, Soledad Torres Acosta (v. 24 et 11 octobre).

C’est lors d’un voyage à Bilbao, avec deux autres compagnes, qu’une rencontre providentielle la mit sur le chemin de sa véritable vocation. Elle rencontra là en effet un avocat chrétien, Don Vicente Martínez, qui désirait de tout son cœur voir des religieuses s’occuper des malades chez eux. Il fit connaître aux trois Religieuses un saint prêtre, Don Mariano José de Ibargüengoitia, qui les prit sous sa protection, les assista de ses conseils et les encouragea dans leur projet.

C’est ainsi qu’en 1871 fut fondé à Bilbao l’Institut des Servantes de Jésus, dont María Josefa sera la supérieure pendant quarante-et-un ans. Cette institution était destinée à l’assistance des malades tant dans les hôpitaux que chez eux, des personnes âgées, des enfants et des “laissés-pour-compte”, que le bienheureux Jean-Paul II appela les “blessés de la vie”.

En soignant les malades durant diverses épidémies, les religieuses furent elles aussi éprouvées par la maladie et la mort. María Josefa se dépensa sans compter, prenant soin des Servantes et lavant leurs vêtements quand elles revenaient d’avoir assisté des malades contagieux.

L’œuvre se développa de façon extraordinaire : dès 1874, l’évêque approuvait le nouvel Institut. Du vivant de la Fondatrice, quarante-trois maisons s’étaient déjà ouvertes (la dernière au Chili), avec un millier de religieuses. En 1886, Léon XIII l’érigea en Congrégation de droit pontifical. Tant qu’elle put, María Josefa visita ses maisons, jusqu’à ce qu’une grande infirmité l’obligeât à rester alitée ou au fauteuil, continuant d’écrire et de conseiller les Servantes.

Aujourd’hui encore, environ cent maisons sont disséminées dans seize pays, en Amérique Latine et en Asie. Les Servantes assistent les malades dans les hôpitaux, les cliniques, les sanatoriums, les maisons de retraite, les garderies d’enfants, les cantines, les centres pour sidaïstes.

María Josefa mourut à Bilbao le 20 mars 1912, fut béatifiée en 1992 et canonisée en 2000. Le Martyrologe la mentionne au 20 mars, mais l’Institut la fête au temps pascal, le 18 mai.

 

 

Józef Bilczewski

1860-1923

 

Né le 26 avril 1860 à Wilamowice (diocèse de Cracovie, Pologne), il fut ordonné prêtre le 6 juillet 1884 à Cracovie par le cardinal Albin Dunajewski.

En 1886, il obtint un doctorat en théologie à l'Université de Vienne. Après avoir complété ses études à Rome et à Paris, il passa l'examen d'habilitation à l'enseignement à l'Université de Cracovie en 1890 et devint professeur de théologie dogmatique à l'Université Jean Casimir de Lviv. Il devint ensuite Doyen de la faculté de théologie, puis Recteur de l'Université elle-même.

Il était très apprécié par ses étudiants et jouissait de l'estime de ses collègues universitaires, ayant une réputation de grand scientifique. Ses capacités furent remarquées par l'empereur d'Autriche François-Joseph, qui le présenta au Saint-Père comme candidat possible au Siège métropolitain vacant de Lviv. La situation sociale, économique, ethnique et religieuse de ce grand archidiocèse exigeait un pasteur d'une grande force morale, c'est pourquoi Léon XIII accueillit cette proposition et le nomma archevêque de Lviv des Latins, en 1900.

Dans son archidiocèse, il se distingua par sa grande bonté de cœur, son humilité, sa piété et son zèle pastoral, qui naissaient de son immense amour pour Dieu et son prochain. Son programme pastoral indiquait la nécessité de développer le culte du Très Saint Sacrement et la Communion fréquente. Il consacra une grande attention à la préparation des enfants à l'Eucharistie et fit construire des églises, des chapelles et des écoles, développant l'instruction des fidèles et promouvant les vocations sacerdotales.

Il adressa de nombreuses lettres pastorales à ses prêtres et aux fidèles, traitant des problèmes de la foi et de la morale de son époque, et des questions sociales. Il fut apprécié des personnes de toutes les confessions, de tous les rites et de toutes les nationalités présents dans l'archidiocèse. Pendant la durée de son service pastoral, il n'y eut aucun conflit nationaliste ou religieux. Il fut le promoteur de la concorde, de l'unité et de la paix. Face aux questions sociales, il s'engageait aux côtés du peuple et des pauvres.

Au cours de ses vingt-trois années de service pastoral, il transforma le visage de l'archidiocèse de Lviv.

Il mourut le 20 mars 1923, fut béatifié par le Pape Jean-Paul II le 26 juin 2001, lors de sa visite pastorale en Ukraine, et canonisé le 25 octobre 2005 par le Pape Benoît XVI, dont voici quelques extraits de l’homélie :

Saint Józef Bilczewski fut un homme de prière. La Messe, la Liturgie des Heures, la méditation, le chapelet et les autres exercices de piété scandaient ses journées. Un temps particulièrement long était consacré à l’adoration eucharistique (…)

La profonde connaissance de la théologie, de la foi et de la dévotion eucharistique de Józef Bilczewski ont fait de lui un exemple pour les prêtres et un témoin pour tous les fidèles.

 

 

Mark Xhani

1914-1947

 

Les circonstances de la vie et de la mort de ce jeune prêtre, restent difficiles à cerner. On a trouvé un personnage très similaire dont les dates étaient 1909-1945. On a trouvé aussi Gjani pour Xhani.

Prudemment, on pourrait avancer ce qui suit :

Mark Xhani naquit le 10 juillet 1914 à Mirditë (Albanie).

Il fut ordonné prêtre pour le diocèse de Shkodër-Pult.

Mark mourut sous les cruelles tortures qu’on lui infligea, à Shën Pal (Mirditë), en 1947. On ignore le jour précis de cette mort héroïque.

Si les dates ci-dessus indiquées sont confirmées, il mourut à trente-trois ans.

Mark Xhani fut béatifié en 2016 ; la date de son inscription au Martyrologe reste encore indécise : on l’inscrira en même temps que Mgr Nikollë (Vinçenc) Prennushi, tête de liste des trente-huit Martyrs albanais, le 20 mars.

 

 

 

Lek Sirdani

1891-1948

 

Lek Sirdani naquit le 1er mars 1891 à Gurëz (Bogë, Shkodër, Albanie).

Ordonné prêtre en 1916, il fut curé à Boga, Shkreli, Reçi et Mazrreku.

Arrêté et emprisonné à Koplik le 27 juillet 1948, il fut torturé et noyé dans la baie de Koplik quatre jours après seulement.

Un doute subsiste au sujet de ce martyre. Pour certains, Lek aurait été noyé le même jour que Pjetër Çuni, le 31 juillet ; pour d’autres, le 26 décembre 1948 à Koplek (Shkodër).

Lek Sirdani fut béatifié en 2016 ; la date de son inscription au Martyrologe reste donc encore indécise : on l’inscrira en même temps que Mgr Nikollë (Vinçenc) Prennushi, tête de liste des trente-huit Martyrs albanais, le 20 mars.

 

 

Anton Muzaj

1921-1948

 

Anton Muzaj naquit le 12 mai 1921 à Vrnakolo (Kosovo, Serbie).

Il se prépara au sacerdoce au Séminaire Pontifical Albanais puis à celui de la Propagande à Rome, où il fréquenta l’Université Grégorienne.

Il fut ordonné prêtre en 1944 et retourna au Kosovo, où son apostolat fut très apprécié.

Arrêté et mis en prison sous le régime communiste, il eut l’occasion de faire cette déclaration : Dites à ma famille, l’Eglise et les miens, que je suis totalement innocent. L’unique crime pour lequel je suis ici, est que j’aime énormément le Christ et que je n’ai pas accepté de le renier quoi qu’il arrive.

Il succomba à ses tortures «durant le printemps» de 1948 à Shkodër. Une version un peu différente affirme qu’il aurait eu les bras et les jambes brisés sous les tortures et qu’on l’aurait renvoyé chez lui en cet état. Son agonie fut horrible et dura peu de jours.

Reconnu martyr, Anton Muzaj fut béatifié en 2016 ; la date de son inscription au Martyrologe reste encore indécise : on l’inscrira en même temps que Mgr Nikollë (Vinçenc) Prennushi, tête de liste des trente-huit Martyrs albanais, le 20 mars.

 

 

Nikollë Prennushi

1885-1949

 

Nikollë Prennushi naquit le 4 septembre 1885 à Shkodër (Albanie), de Gjon et Drande Prennushi.

Entré en 1900 chez les Frères Mineurs Conventuels, il fit le noviciat à Troshan, puis les études de philosophie et de théologie à Innsbruck (Autriche).

En 1904, lors de sa profession à Salzburg, il prit le nom de Vinçenc.

En 1908, il fut ordonné prêtre.

Il connut une activité débordante dans la publication d’articles et d’ouvrages sur l’histoire de l’Albanie, ainsi que dans l’édition de journaux et revues.

En 1936, il fut nommé évêque de Sapë et, en 1940, archevêque de Durrës.

Après la période fasciste, succéda le régime de terreur du communisme. En 1945, ce gouvernement somma Mgr Prennushi et son confrère Mgr Thaçi, de fonder une Eglise nationale albanaise, séparée de l’Eglise de Rome. Evidemment, les deux prélats refusèrent énergiquement.

Le 19 mai 1947, Mgr Prennushi fut arrêté et condamné à vingt années de prison, au terme d’un «jugement» qui se tint en décembre 1947 et dont la sentence fut rendue en février 1948.

L’archevêque ne put purger cette longue peine de prison, et pour cause : il subit d’intenses tortures, entre autres d’être introduit dans un cylindre métallique garni de clous, que l’on faisait rouler.

Il reçut la grâce du martyre dans sa ville épiscopale de Durrës,  le 20 (ou le 19 ?) mars 1949.

Mgr Nikollë-Vinçenc Prennushi fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 20 mars.

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 00:00

19 MARS

I.    

S Joseph, père nourricier de Jésus, époux de Marie, patron de l’Eglise, du Canada.

?    

Ss Léonce et Apollone (II. et V. ?), évêques à Vicenza (?).
Ss Quintus, Quintille, Quartille et Marc, martyrs à Sorrente.

IV.    

S Panchaire, sénateur romain une fois apostat, puis martyr à Nicomédie.

V.    

S Auxilius, évêque à Killossey.

VI.    

B Ioannis, de Syrie, fondateur et abbé à Parrano.
S Lactinus, fondateur et abbé à Freshford.

VII.    

S Léonce, évêque à Saintes.
Ss Landoald et Amance, prêtre et diacre romains, missionnaires en Gaule Belgique.

IX.    

S Alcmond, de famille royale anglaise, assassiné en Ecosse.

XIII.    

B Isnardo de Chiampo, prieur dominicain à Pavie.
B Andrea de Gallerani, soldat à Sienne ; il en fut banni après avoir tué un blasphémateur et s’adonna aux bonnes œuvres avec sa fondation des Frères de la Miséricorde.
B Clément, évêque à Dunblane, dominicain ; il introduisit les dominicains en Ecosse.
B Giovanni Buralli de Parme, premier général de l’Ordre franciscain, qui prépara le travail de réforme opéré par s.Bonaventure après lui.

XIV.    

Bse Sibillina Biscossi, tertiaire dominicaine à Pavie, aveugle et recluse pendant soixante-sept ans, avec de grandes mortifications.

XV.    

B Marco de Marchio de Montegallo, médecin puis franciscain qui établit en plusieurs villes des monts-de-piété.

XVII.    

B Juan Martínez Cid, prêtre dominicain espagnol, martyr au Japon.

XX.    

B Jaume Trilla Lastra (Feliu Josep, 1908-1937), lasallien espagnol, martyr à Barcelone, béatifié en 2007.
B Jan Turchan (Narcyz, 1879-1942), franciscain polonais, mort à Dachau, béatifié en 1999.
B Marcel Callo (1921-1945), laïc normand, jociste, enrôlé dans le STO, interné à Mauthausen puis Güssen II, béatifié en 1987.

Joseph, époux de Marie

1er siècle

 

Il n’y a dans les Evangiles aucun renseignement sur la vie personnelle de saint Joseph. Son nom apparaît dans la généalogie du Sauveur (Mt 1:16 ; Lc 3:23) ; Matthieu et Luc font remarquer qu’il était de la lignée de David (Mt 1:20 ; Lc 2:4).

On sait qu’il était charpentier (Mt 13:55), juste, fidèle observateur de la Loi, et qu’il habitait à Nazareth, la bourgade où eut lieu l’Annonciation à Marie (Lc 1:26 ; Mt 2:23).

En-dehors des faits de la naissance de Jésus-Christ (Mt 1-2 ; Lc 2), Joseph n’apparaît plus dans l’Evangile, pas même lors du «premier» signe de Jésus, le miracle de Cana, où Jésus est invité avec Marie, ce qui laisse supposer que Joseph était déjà mort au début de la vie publique de Jésus.

D’un texte de la bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février), dont on sait avec quelle prudence il faut lire ce qui fut transcrit par son fidèle secrétaire, voici quelques lignes qui ne manquent pas d’intérêt.

Joseph, fils de Jacob, était le troisième de six frères. Ses parents demeuraient près de Bethléem, dans une grande maison qui avait appartenu à Isaï ou Jessé, père de David. Joseph, d’un caractère tout différent de celui de ses frères, était simple, doux, pieux et sans ambition. Ses frères le rudoyaient, le maltraitaient, et inventaient tout ce qu’ils pouvaient pour le tourmenter. S’il priait sous les galeries de la cour, à genoux et les bras étendus, ils s’approchaient sans bruit et le frappaient rudement par derrière.

Il y avait dans le caractère de Joseph quelque chose de fort grave, et un goût très marqué pour la solitude. Il n’aimait que la prière et le travail des mains. L’inimitié de ses frères alla bientôt si loin, qu’il lui fut impossible de demeurer dans la maison paternelle. Il avait, dans le voisinage, un ami. Il reçut de lui tout ce qu’il fallait pour se déguiser, choisit une nuit pour s’enfuir et alla gagner ailleurs, dans l’état de charpentier, le peu qui lui était nécessaire pour vivre. Il pouvait avoir alors de dix-huit à vingt ans.

Joseph demandait à Dieu de hâter l’avènement du Messie. Un ange lui dit de cesser son travail, car le grenier du salut allait bientôt être confié à sa garde. Il ne comprit rien à ces paroles, et continua à prier avec ferveur, jusqu’au moment où il fut appelé à se rendre au temple de Jérusalem pour y devenir, en vertu d’un ordre du Ciel, l’époux de Marie.

Mandé par le grand prêtre, Joseph se rendit aussitôt à Jérusalem et vint se présenter au temple. Il dut, à son tour, tenir sa branche à la main pendant la prière et le sacrifice. Il ne l’eut pas plutôt déposée sur l’autel devant le Saint des saints, qu’elle poussa une fleur blanche semblable à un lis.

(…)

Joseph (déclina) rapidement, vers la trentième année de la vie du Seigneur. Jésus et Marie restèrent alors plus souvent avec lui. Lorsque Joseph mourut, Marie, assise près de son chevet, le tenait dans ses bras, et Jésus était debout à côté. Sa chambre (était) toute pleine d’anges et de lumière.

Joseph devait mourir avant Jésus, car il n’aurait pu supporter son crucifiement : il était trop faible et trop affectueux.

La dévotion à saint Joseph est ancienne. Le culte proprement dit l’est moins.

On sait qu’au 13e siècle, un mystique allemand, Herman de Steinfeld, reçut en deuxième prénom celui de Joseph, à la suite de son «mariage mystique» avec la Vierge Marie (v. 7 avril).

Au 15e siècle, Jean Gerson fut à l’origine de la fête des Fiançailles de Joseph et de Marie, au 23 janvier.

Une fête de saint Joseph exista çà et là, au 19 mars, mais ne fut rendue officielle qu’en 1481, lorsque Sixte IV l’inséra au bréviaire et au missel ; Grégoire XV (1621) la rendit obligatoire pour toute l’Eglise ; le bienheureux Pie IX (v. 7 février), qui avait une grande dévotion à saint Joseph, lui consacra le mois de mars et, sur la demande des Pères conciliaires de Vatican I, le déclara patron de l’Eglise universelle.

Successivement, Léon XIII désigna saint Joseph patron des pères de famille et des ouvriers. Traditionnellement aussi, en référence à sa sainte mort, où il fut assisté par Jésus et Marie, on l’invoque au chevet des mourants, comme «patron de la bonne mort».

Le bienheureux Jean XXIII (v. 3 juin) fit insérer le nom de saint Joseph dans la prière Communicantes du Canon Romain de la Messe (et se trouve maintenant ajouté dans toutes les Prières eucharistiques).

Au pays du Canada, saint Joseph fut choisi dès 1624 comme patron et protecteur de cette Eglise naissante, par un des premiers missionnaires qui y parvint, Joseph Le Caron, récollet.

Un magnifique sanctuaire lui est aussi dédié à Montréal, dû à la dévotion de saint Alfred-André Bessette (1845-1937, v. 6 janvier).

 

 

Ioannis de Parrano

† 6e siècle

 

Ioannis vint de Syrie, et fut pour cela longtemps appelé Jean de Syrie.

Fuyant son beau pays où sévissaient encore les disputes théologiques, il vint en Italie : à Penna ou à Parrano ? Les deux localités sont en Ombrie, distantes d’environ soixante-dix kilomètres. Ioannes fut alternativement appelé Jean de Penna et Jean de Parrano.

En réalité, on fait une confusion avec un autre Jean (Giovanni) à Penna San Giovanni, au treizième siècle (v. 3 avril).

Le nôtre, à Parrano, construisit un monastère, qu’il gouverna pendant quarante-quatre ans.

Beaucoup de miracles furent signalés, dûs à sa vertu.

Saint Ioannis de Parrano est commémoré le 19 mars dans le Martyrologe Romain.

Isnardo de Chiampo

† 1244

 

Isnardo vit le jour vers 1200 à Chiampo (Vicenza, Italie NE), dans une famille bourgeoise.

Ayant commencé ses études à Bologne, il entra en 1218 dans l’Ordre des Dominicains et reçut l’habit des mains de saint Domingo (v. 6 août) lui-même.

L’année suivante, il fut envoyé à Milan, avec son confrère Guala qui fut élu évêque de Brescia. La prédication d’Isnardo gagna beaucoup de pécheurs et d’hérétiques.

En 1230, transféré à Pavie, il se lia d’amitié avec l’évêque Redobaldo II, qui lui confia une église et l’aida à construire un couvent hors les murs.

La ville de Pavie était sous le coup de l’interdit, à la suite des mésactions de Friedrich Barbarossa. Isnardo prêcha, émut les gens, les ramena à la foi et à la pratique.

Dans ses déplacements, Isnardo continuait de prêcher aux pécheurs et d’exercer le pouvoir que la grâce de Dieu lui avait donné : il guérissait les malades. Ainsi, il guérit la jambe d’un malade sous les yeux d’un mécréant qui se moquait. On raconte aussi qu’un homme le prit à partie, en le taquinant sur sa forte constitution : Comment veux-tu que je croie à la sainteté d’un Isnardo plus que je pourrais croire que ce tonneau se mette à danser et à venir me casser une jambe ? Et voilà que le tonneau se mit en marche et lui retomba sur la jambe. Mais l’anecdote n’ajoute pas qu’Isnardo la lui remit sur place, ce qui est pourtant vraisemblable.

La renommée d’Isnardo, la nouvelle de ses nombreux miracles, parvinrent jusqu’en France.

Il mourut à Pavie le 19 mars 1244. Les miracles ne cessèrent pas : des prisonniers l’invoquèrent pour leur libération ; des malades gravement atteints guérirent.

Le culte du bienheureux Isnardo fut approuvé en 1919.

 

 

Andrea Gallerani

1200-1251

 

Andrea naquit au début du 13e siècle, un des (au moins) deux fils de Ghezzolino, un bourgeois «puissant» de Sienne (Toscane, Italie C).

Comme on le sait, les rivalités entre villes étaient fréquentes, habituelles même, et Andrea participa à quelque expédition contre Orvieto, où il tua leur capitaine, en 1219.

Peu après, un épisode le trouva à nouveau protagoniste d’une rixe : il s’agissait d’un homme qui blasphémait et qu’Andrea, ne pouvant plus le supporter, assassina. Il fut pour cela banni de la cité. La nuit qui suivit son départ de Sienne, il chevauchait à côté de son frère, quand une nuée le souleva dans les airs avec son cheval sur un parcours de trois milles. Son frère le croyait perdu, car il savait que des soldats de Sienne étaient partis à la poursuite d’Andrea, mais ce dernier fut préservé de tout accident fâcheux par la sainte Vierge, qu’il priait de venir à son aide.  Il se réfugia à Maremma.

Dès lors, Andrea comprit qu’il devait consacrer le reste de ses jours aux exercices de la pénitence et aux œuvres de la charité. Dans les secours qu’il donnait aux malades, Dieu lui accorda d’opérer des guérisons merveilleuses. Il put aussi multiplier la farine, le vin.

Il pénétra furtivement dans Sienne et y établit une petite confraternité de Frères de la Miséricorde, pour l’assistance auprès des malades et des pauvres.

Il eut des apparitions du Christ, de la Sainte Vierge. La Mère de Dieu lui aurait ainsi indiqué le prochain jour de sa mort. Il vint chez les siens, le leur annonça et mourut au jour précis, qu’on n’a pas vraiment établi actuellement : ç’aurait été le 9 avril 1251, ou le 19 mars 1251, cette dernière date étant celle reprise par le Martyrologe Romain.

D’autres miracles se produisirent au tombeau du bienheureux Andrea, dont le culte fut rendu officiel localement en 1274 et universellement en 1798.

 

 

Giovanni Buralli de Parme

1208-1289

 

Giovanni vint au monde vers 1208 à Parme (Emilie-Romagne, Italie NC), du noble et illustre Alberto Buralli.

Son oncle, un prêtre, le dirigea si bien vers l’étude, qu’il enseigna bientôt la Logique à l’école cathédrale.

Vers l’âge de vingt-cinq ans, il entra dans l’Ordre des Frères Mineurs et fit la profession.

On l’envoya se perfectionner à Paris, où il reçut l’ordination sacerdotale.

Alors commença son ministère apostolique par la prédication : sa doctrine, le timbre clair de sa voix, sa connaissance de la musique et du chant, sa douceur, amenèrent beaucoup de conversions.

On le pria d’enseigner chez les Franciscains eux-mêmes, à Bologne, Naples, Rome et même Paris (1245, l’année du premier concile de Lyon, où il représenta l’Ordre franciscain).

En 1247, au chapitre de Lyon, il fut élu ministre général. Comme tel, il dut affronter les dissentions nées au sein de l’Ordre entre partisans de l’austérité de la Règle et partisans d’une «évolution». Il entreprit la visite de tous les couvents, ce qui n’avait pas été fait jusques là.

Il faisait tous ses déplacements à pied. Quand il arrivait quelque part, oublieux totalement de sa place, il allait se mêler aux frères convers et épluchait avec eux les pommes de terre à la cuisine.

Sa dévotion filiale envers Notre-Dame lui en valut une protection manifeste en diverses occasions. Un soir qu’il s’était égaré dans un bois avec ses compagnons, ils prièrent la Mère de Dieu, qui les orienta vers un proche couvent, où ils purent se reposer ; en réalité, ce couvent n’existait pas : tout fut orchestré par le Ciel avec les Anges, pour venir en aide au saint Frère ; puis tout ce décors disparut et Giovanni se réveilla au matin dans une grotte, d’où il put rejoindre le (réel) couvent franciscain, but de son voyage.

En Angleterre, il fut accueilli très respectueusement par le roi Henry III. En France, le roi Louis IX (v. 25 août) vint le saluer et recommander à ses prières la croisade qu’il entreprenait.

Son long périple fut interrompu pendant deux années (1250-1251), qu’il passa à Constantinople comme légat du pape : Innocent IV l’avait préconisé pour ramener à l’union catholique les Orientaux ; il l’envoyait comme Ange de la Paix auprès des princes et hauts dignitaires, qui furent conquis par la sagesse, la bonté, l’humilité de Giovanni. Mais l’union tant désirée ne put se réaliser.

Giovanni reprit ses visites. En 1254, il était à Paris pour calmer la tempête soulevée dans l’Université par Guillaume de Saint-Amour. Ce fut aussi l’occasion pour lui d’écrire avec le général des Dominicains (Humbert de Romans) une lettre qui devait établir entre les deux Ordres une union plus étroite. L’estime réciproque qu’avaient Francesco d’Assise et Domingo de Gúzman, se prolongeait ainsi parmi leurs disciples.

L’action de Giovanni au sein de son Ordre rencontra des résistances, ce qui l’affligea beaucoup. En 1257, il présenta sa démission au chapitre général ; c’est lui qui, alors, désigna pour successeur Bonaventura de Bagnorea, qui fut élu à l’unanimité.

Ensuite, Giovanni se retira à Greccio, dans l’ermitage où Francesco d’Assise avait fait représenter la première crèche de Noël. Il y vécut trente-deux ans, et n’en sortit que deux fois, mandé à Rome par des papes qui voulaient le créer cardinal. Inutile de préciser que Giovanni n’avait cure de cette dignité.

Vers la fin de sa vie, il apprit avec douleur que les Grecs étaient repartis dans le schisme ; il voulut repartir les rencontrer et s’y prépara intensément mais, arrivé à Camerino, il comprit qu’il allait toucher à sa fin.

Giovanni mourut à Camerino, le 19 mars 1289.

La renommée de sainteté de Giovanni fut obscurcie par un soi-disant traité de sa main et de doctrine douteuse, L’Evangile éternel, qui n’était pas de lui.

Le culte immémorial rendu à Giovanni fut au contraire approuvé en 1777.

 

 

Sibillina Biscossi

1287-1367

 

Sibillina naquit à Pavie, et fut bien vite orpheline de père et mère, de sorte qu’elle n’eut d’autre ressource que de se mettre en service toute gamine. A douze ans, elle était aveugle.

Des tertiaires dominicaines la recueillirent et lui apprirent à faire oraison, à réciter l’office, pour la préparer à entrer en religion, selon le désir qu’elle leur exprimait. La petite fille pria avec ferveur pour être guérie le jour de la saint Dominique, mais elle comprit plutôt ce jour-là, dans une vision, qu’elle ne guérirait pas, et qu’elle devrait acheter les clartés de l’éternelle vie au prix de la cécité corporelle. Elle prit donc le parti de vivre en recluse dans une cellule contiguë à l’église des Dominicains : elle n’avait que quinze ans. On lui imposa pour compagne une sœur, Beatrice, qui vécut près d’elle un certain temps, puis succomba aux rigueurs de son genre de vie.

Les pénitences de Sibillina furent effroyables, surtout pendant les premières années : la plus terrible venait du froid ; pendant les longs mois d’hiver où, dans les plaines de la Lombardie, le ciel est gris, nuageux et bas, la cellule de la recluse restait sans feu ; il n’y en avait pas davantage dans la vaste église de briques dédiée à saint Thomas d’Aquin ; en toute saison, Sibillina portait les mêmes vêtements grossiers. Les génuflexions et prostrations n’arrivaient pas à réchauffer ses mains gelées, crevassées, pleines d’engelures. Elle y ajoutait des flagellations très rudes. Son seul mobilier : une sorte de table étroite et longue sous la fenêtre de sa cellule, où elle dormait, mangeait, s’agenouillait ou s’asseyait pour s’entretenir avec ses visiteurs.

Ceux-ci vinrent en effet la consulter, de plus en plus nombreux : habitants de Pavie, nobles ou petits, évêques, religieux, elle avait un conseil autorisé pour chacun ; elle avait un sens intime des choses cachées ; elle avait conscience même physiquement de la présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie.

Sa réclusion dura soixante-sept ans. Deux fois seulement elle sortit par obéissance, dont une fois pour recevoir l’Eucharistie, sans qu’on s’explique d’ailleurs pourquoi cette disposition.

Elle, si ignorante, semblait connaître par-cœur les soliloques de saint Augustin ou les homélies de saint Bernard. La Pentecôte était une période de grandes grâces, et elle eut une profonde dévotion pour l’Esprit Saint.

Sibillina mourut le 19 mars 1367, son corps fut enseveli dans l’église des Dominicains, et Pie IX en a confirmé le culte cinq siècles plus tard. En Italie, les servantes l’ont prise pour patronne.

Le Martyrologe la commémore le 19 mars, jour de sa naissance au ciel, tandis que l’ordre dominicain la fête un peu plus tard, le 18 avril, une fois terminé le Carême.

 

 

Marco de Marchio de Montegallo

1425-1496

 

Le père de cette belle figure franciscaine était Chiaro de Marchio, de la noblesse, qui vivait à Ascoli Piceno, mais le petit Marco naquit près d’Ascoli, à Montegallo, où la famille s’était retirée pour sortir des pénibles luttes de factions qui sévissaient dans la ville.

Mais pour les études du garçon, on revint à Ascoli, puis Marco alla étudier à Pérouse et Bologne. Docteur en droit et en médecine, il exerça quelque temps à Ascoli et, par condescendance pour ses parents, se maria en 1451 avec une pieuse fille de la noblesse, Chiara de’ Tibaldeschi. La prochaine mort des parents leur rendit à tous deux leur liberté, car Chiara désirait en réalité entrer chez les Clarisses d’Ascoli, tandis que lui aspirait à l’idéal franciscain.

Il entra donc au noviciat de Fabriano, chez les frères mineurs de l’Observance. Adonné à la prière, à la contemplation, à la pénitence, il égala bientôt les religieux les plus fervents. Devenu “gardien” (c’est-à-dire supérieur) du couvent de San Severino, il s’entendit dire par la sainte Vierge : “Marc, va annoncer aux hommes la charité !”

Il prit donc son bâton de prédicateur, sur les conseils du confrère s.Giacomo de la Marche (Giacomo da Monteprandone), qu’il imita aux côtés de s.Bernardino de Sienne et de s.Giovanni de Capestrano (v. 28 novembre, 20 mai, 23 octobre), dans l’évangélisation des masses.

Il parcourut les Marches, l’Italie entière, prêchant durant quarante ans dans les églises et sur les places publiques, pour faire régner la paix, l’union, le pardon des injures dans une société déchirée par les factions et les discordes. Il aurait bien souhaité aller travailler dans les contrées infidèles et affronter le martyre, mais Dieu se contenta de son désir et le conserva à l’Italie dont l’état déplorable réclamait aussi des apôtres.

Il établit dans plusieurs villes des monts-de-piété, pour remédier aux misères des pauvres. L’usure était un fléau, les intérêts ruinaient les familles. Dans un écrit, Marco condamne l’usure comme une perversion, y associant autant celui qui demande que celui qui prête avec intérêt, puisque tous deux violent le commandement de Dieu d’aimer le prochain sans limite.

Avec l’aide d’un autre Bienheureux, Domenico da Leonessa, ces monts-de-piété fleurirent ainsi à Ascoli, Fabriano, Fano, Arcevia, Vicenza, peut-être même aussi à Ancone, Camerino, Ripatransone, Fermo.

Toutefois, même s’il n’était pas le seul à condamner les prêts avec intérêts, d’autres franciscains jugèrent que les monts-de-piété devaient concéder des prêts avec un minimum d’intérêt. Ainsi pensait saint Bernardino de Feltre ; d’ailleurs, c’était l’époque où apparurent les premiers Instituts de Crédit (Banques), dont le fonctionnement exigeait certaines charges.

De passage à Venise, Marc comprit l’importance que pouvait avoir l’imprimerie pour la diffusion de l’évangile. Il fit donc imprimer plusieurs ouvrages pour l’évangélisation.

Lorsque Camerino fut ravagée par la peste, Marc s’y rendit et promit aux habitants la cessation du fléau, s’ils faisaient pénitence ; la ville se convertit et connut bientôt des jours meilleurs. Marc fut nommé provincial des Marches vers 1481, et eut à s’occuper de la bienheureuse Battista Varani, qu’il nomma au couvent des clarisses de Camerino. C’est à lui qu’elle adressa l’histoire écrite de son expérience spirituelle dans le Traité des Douleurs Mentales de Notre-Seigneur.

Marc reprit bientôt sa mission itinérante. Il était à Vicence pendant le carême de 1496, quand on le vit rassembler ses petites affaires, comme pour partir. La nuit suivante, il fut prit d’une angine et annonça sa mort pour le samedi suivant, 19 mars. Sur son lit de mort, il se faisait lire la Passion de Notre-Seigneur, et rendit son âme au moment où on lisait : Et inclinato capite. Il avait soixante-dix ans.

Selon son désir, il aurait voulu être enseveli chez les Observantins, sans distinction au milieu de ses frères. Mais on le plaça dans l’église elle-même, où eurent lieu beaucoup de miracles. Plus tard, quand les Observantins transportèrent leur couvent de Saint-Blaise-le-Vieux à l’intérieur de Vicence, ils dédièrent au bienheureux Marc une chapelle de la nouvelle église et y placèrent ses restes.

Grégoire XVI, en 1839, en confirma le culte et le Martyrologe Romain le commémore le 19 mars.

 

 

Juan Martínez Cid

?-1619

 

Il naquit à Manzanal de los Infantes (Zamora, Espagne), à une date inconnue.

Entré dans l’Ordre dominicain, il appartenait au couvent de Salamanque et fut ordonné prêtre.

En 1610, il fut envoyé à la mission de Manille (Philippines) et successivement au Japon.

Ce saint missionnaire avait une mémoire prodigieuse et un don extraordinaire pour les langues.

Lors de la persécution, il fut arrêté en 1618. A cause des très pénibles conditions de vie en prison, il y mourut le 19 mars 1619 ; son corps fut brûlé et jeté en mer.

Il mourut à Suzuta (Ōmura, Nagasaki), le 19 mars 1619.

L’Eglise a reconnu que sa détention et sa mort équivalaient au martyre et l’a béatifié en 1867.

Le Martyrologe Romain l’a inséré au 19 mai, sans doute par erreur.

 

 

Jaume Trilla Lastra

1908-1937

 

Né à Lleida le 14 septembre (fête de la Croix), Jaume eut la vie marquée par la Croix.

Il reçut au baptême le nom de Jaume (Jacques, et non José), le 21 septembre.

Elève chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Gracia, il entra au noviciat à Menor de Cambrils (1924), reçut l’habit en 1925 et le nom de Feliu Josep (Félix Joseph).

Au terme du scholasticat, il commença ses activités d’enseignant à Berga, puis Tarragona (1925), Tortosa et de nouveau Berga, avant de rejoindre Monistrol de Monserrat en 1934.

Quand se déchaîna la persécution, les miliciens vinrent incendier l’église qui se trouvait à côté du collège des Frères, le 20 juillet 1936 (Ils revinrent le lendemain pour détruire l’école et ce qui restait de l’église). Tous durent s’enfuir, et le Frère Félix se mit en marche pour le sanctuaire de Montserrat. Il y rencontra ses parents, avec lesquels il revint dans la maison paternelle, grâce à un autobus réquisitionné par la mairie de Barcelone.

Il sortait le moins possible, consacrant son temps à la prière et à l’étude. Mais un certain Adolfo Calonge, de Monistrol, très lié aux Frères des Ecoles Chrétiennes, lui proposa un rendez-vous, le 11 mars 1937. Or ce monsieur était surveillé étroitement par les miliciens à cause de ses convictions religieuses. Ils les arrêtèrent donc tous les deux ensemble le 11 mars.

On sut plus tard que le Frère comparut devant un «tribunal», le 18 mars suivant, et on voulut l’obliger à renier sa religion ; comme il s’y refusait, on le frappa violemment au point que, de retour dans sa cellule, ses amis ne le reconnaissaient pas. Il avait la tête crispée, les yeux exorbités, le teint pâle ; tremblant mais souriant, il leur expliqua qu’on lui avait tordu les testicules.

Le 19 mars, on l’envoya, encore vivant, au milieu des cochons ; ou bien on le brûla vif, tout près du collège Saint-Antoine tenu auparavant par les Pères des Ecoles Pies.

Feliu Josep fut martyrisé à Barcelone le 19 mars 1937, fête de son Patron saint Joseph.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Jan Turchan

1879-1942

 

Né le 19 septembre 1879, à Biskupice (Wieliczka, Pologne), Jan naquit au foyer de grands propriétaires terriens : Jan et Katarzyny Ochońskiej.

Il étudia à l’école du village, puis à Cracovie en 1894.

Le 8 septembre 1899 il entra dans l’Ordre des Frères Mineurs de la Province de Notre-Dame des Douleurs, en Galice. Il fit le noviciat à Wieliczka et Lezajsk, et les premiers vœux en 1900. Il prit alors le nom religieux de Narcyz.

Il compléta ses études à Przemysl, celles de philosophie à Cracovie et de théologie à Lviv.

Il fit la profession solennelle en 1903, la veille de Noël, et reçut le sacerdoce en 1906 ; l’évêque consécrateur était Mgr Józef Bilczewski, maintenant canonisé (v. 20 mars).

De 1908 à 1912 il exerça le ministère sacerdotal à Lviv, Rawa Ruska et auprès des mineurs. Il sera envoyé dans divers monastères, à Cracovie, Yarosłavl, Słopnicach, Konin, Pilica et Pińczow.

Il fut très apprécié dans les milieux de la zone russe, où il soulagea les pauvres et les malades.

En 1936, il fut gardien (supérieur) à Włoclawek.

A la déclaration de guerre, l’évêque fut arrêté, la cathédrale et les églises fermées. Les trois prêtres qui restaient, dont le père Narcyz, cherchèrent à exercer le ministère dans tous les endroits possibles.

En 1940, la Gestapo en arrêta deux sur les trois. Puis le monastère fut fermé. Remis en liberté, Narcyz resta quand même dans la ville, et fut pour cela arrêté à nouveau.

Le 30 octobre 1941, il fut envoyé à Dachau, où il retrouva ses Confrères de Włoclawek.

Or, le père Narcyz était malade, il avait déjà dû subir plusieurs interventions chirurgicales, de sorte qu’à Dachau, les mauvais traitements le firent d’autant plus souffrir que les cicatrices de ses opérations n’étaient pas encore guéries. Il fut même torturé. Diabétique, il implora un peu d’eau à boire, et les gardiens lui en firent boire en énorme quantité en introduisant un tuyau dans sa bouche.

Les Confrères du camp lui donnèrent leur ration de pain. Le père Narcyz resta calme et serein, et même réconfortait les prisonniers par son sourire. Conduit en fin de vie à l’infirmerie, il y mourut seul, le 19 mars 1942, fête de saint Joseph.

La famille intervint pour récupérer les cendres du Martyr, qui sont maintenant ensevelies près de l’église de Biskupice.

Le père Jan-Narcyz a été béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais en 1999.

 

 

Marcel Callo

1921-1945

 

Marcel est né à Rennes le 6 décembre 1921, second d'une famille de neuf enfants.

A 12 ans, il entre en apprentissage dans l'imprimerie où il travaille comme typographe.

Il entre à la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) où il tient à privilégier la vie spirituelle comme source de toute action, dans un monde ouvrier très déchristianisé. Devenu président de la section, il se dépense sans mesure pour assumer les responsabilités pratiques et surtout morales que cela implique.

En 1943, Marcel perd sa sœur dans un bombardement et se voit réquisitionné pour le STO (Service du Travail Obligatoire) : malgré son déchirement (il vient de se fiancer), il accepte de partir, d'une part pour éviter des représailles sur sa famille, d'autre part dans une perspective missionnaire : là-bas également l'apostolat est urgent.

Envoyé à Zella-Melhis, il travaille dans une usine de révolvers et loge dans un camp de trois mille ouvriers environ. Il surmonte une période de détresse et de découragement et organise peu à peu clandestinement la vie chrétienne du groupe.

Ses activités le trahissent et il est arrêté le 19 avril 1944 parce que "trop catholique". Transféré à la prison de Gotha avec les principaux dirigeants jocistes de Thuringe (ils seront douze), il est finalement envoyé successivement aux camps de concentration de Flossenburg (où fut pendu Dietrich Bonhoeffer) et de Mauthausen où il partage les effroyables souffrances de tous les déportés et pâtit avec eux de l'affolement des nazis devant l'alliance alliée. Il travailla surtout à Gusen II, le pire des Kommandos.

Souffrant terriblement de l'estomac, il meurt d'épuisement le 19 mars 1945, assisté par un camarade bouleversé devant son attitude, le colonel Tibodo qui témoigne : J'ai connu Marcel Callo pendant quelques heures seulement, celles qui ont précédé sa mort en mars 1945, un mois et demi avant la libération. Je ne l'ai connu qu'aux dernières heures de sa vie : il est mort en quelque sorte dans mes bras. Cependant cela m'a suffit pour constater que ce garçon était de beaucoup au-dessus de la nature humaine ordinaire. Si j'ai gardé son souvenir, alors que j'ai passé par plusieurs camps et que j'ai connu de nombreux prisonniers, c'est que Marcel Callo avait un regard vraiment surnaturel. Le témoignage que j'ai donné est au-dessous de la réalité : le regard était plutôt un regard d'espoir, l'espoir d'une vie nouvelle. Ce me fut une révélation : son regard exprimait une conviction profonde qu'il partait vers le bonheur. C'était un acte de foi et d'espérance vers une vie meilleure. Je n'ai jamais vu chez un moribond un regard comme le sien.

Il est béatifié en 1987 par le Pape Jean-Paul II, à l'occasion du synode mondial des évêques sur la vocation et la mission des laïcs dans l'Eglise et dans le monde.

Inscrit au Martyrologe le 19 mars, le bienheureux Marcel Callo est désormais fêté dans son diocèse de Rennes le 19 avril, date où il fut arrêté à Zella-Melhis, le 19 mars, date de sa mort, étant la fête de Saint Joseph.

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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 00:00

18 MARS

?    

S Candide, martyr vénéré à Cingoli. 

III.    

S Alexandros, évêque en Cappadoce, puis coadjuteur à Jérusalem où il reçut et ordonna Origène ; il mourut prisonnier à Césarée de Palestine.

IV.    

Ss Trophime et Eucarpe, deux soldats subitement convertis à Nicomédie et martyrs.
S Narcisse, évêque à Girone et martyr.
S Cyrille, évêque à Jérusalem, Docteur de l’Eglise, longtemps exilé, auteur des fameuses Catéchèses pour les catéchumènes.

VI.    

S Tétrice, évêque à Langres, fils et successeur de s.Grégoire et oncle de s.Grégoire de Tours.    
S Frigdianus, fils de roi irlandais, évêque à Lucques.
S Léobard, auvergnat, reclus près de Marmoutier, invoqué contre la fièvre.

VII.    

S Coman, moine à Iona.
S Braulio, évêque à Saragosse, grand ami de s.Isidoro.

VIII.    

S Tétrice, évêque à Auxerre et martyr, assassiné par son archidiacre.
S Mérole, évêque au Mans.

X.    

S Eadweard, roi anglais, traitreusement assassiné par ordre de sa belle-mère, laquelle s’en repentit et finit sa vie dans un monastère.

XI.    

S Anselmo, évêque à Lucques, après son oncle devenu pape (Alexandre II), mais d’où ses chanoines le bannirent ; il connaissait presque toute l’Ecriture par cœur.

XVI.    

B Bartolomeo de Anglare, franciscain. 
S Salvador Grionesos de Horta, franciscain thaumaturge espagnol ; on devait le changer de domicile pour retrouver le calme, tant il opérait de miracles.

XVII.    

Bx John Thulis et Roger Wrenno, prêtres martyrs à Lancaster.

XIX.    

Bse Aimée (Marthe) Le Bouteiller, normande, des Sœurs des Ecoles chrétiennes de la Miséricorde, béatifiée en 1990.

XX.    

Bse  Marianna Donati (Celestina de la Mère de Dieu, 1848-1925), fondatrice à Florence des Pauvres Filles de Saint Joseph Calasanz, béatifiée en 2008.

Alexandros de Jérusalem

† 250

 

Ce qu’on sait de lui commence lors de sa formation à l’école d’Alexandrie, où il rencontra Origène. Ce dernier dira plus tard de lui : Je n'ai jamais rencontré un évêque aussi doux et d'une telle bonté.

D’abord nommé évêque d’un siège en Cappadoce (act. Turquie orientale), il fut une première fois victime de la persécution, sous Septime Sévère (vers 202), et fut longtemps enfermé en prison, peut-être même une dizaine d’années.

Vers 211, il écrivit une lettre à l’Eglise d’Antioche (de Syrie), portée à destination par Clément d’Alexandrie, lui-même retiré en Cappadoce et qui dirigeait le diocèse d’Alexandros en son absence.

En 211, Alexandros put sortir de prison. Sans retourner dans son diocèse, il commença par faire un pèlerinage à Jérusalem. L’évêque de cette ville était Narcisse (v. 29 octobre), un prélat fort avancé en âge, presque centenaire au dire même d’Alexandros.

Les évêques de la région approuvèrent le désir des fidèles, de nommer Alexandros évêque coadjuteur de Narcisse : il lui succéda en 212 environ.

Vers 215, Origène vint s’installer à Jérusalem : Alexandros l’accueillit avec bonté, l’autorisa, quoique laïque, à prêcher, l’ordonna prêtre et l’installa à Césarée. L’unique protestation fut celle de l’évêque d’Alexandrie, qui n’avait pas voulu garder chez lui Origène.

A Jérusalem, Alexandros fonda une grande bibliothèque, où il réunit les écrits de tous les grands auteurs de l’époque.

En 250, quoique bien âgé, Alexandros fut de nouveau poursuivi par la persécution, de nouveau jeté en prison. Les témoins, les historiens, le Martyrologe, ont unanimement rappelé qu’il portait une belle couronne de cheveux blancs ; il devait avoir au moins quatre-vingts ans. Après avoir patiemment supporté son sort dans cette prison, Alexandros rendit à Dieu son âme, prisonnier des hommes, mais libre pour Dieu.

Saint Alexandros de Jérusalem est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cyrille de Jérusalem

315-386

 

Les dates de ce grand évêque restent approximatives.

Cyrillos naquit vers 315 à Jérusalem ou dans les environs.

Il semble qu’il ait eu une éducation soignée et étendue, particulièrement pour la Sainte Ecriture. Il se peut aussi qu’il ait connu la vie monastique.

Il fut ordonné prêtre vers 345, et évêque de Jérusalem vers 350.

C’est comme prêtre, vers 348, qu’il se signala par ses excellentes Catéchèses pour les catéchumènes.

Son attachement inébranlable à la doctrine catholique lui valut la persécution obstinée du parti arien : il fut par trois fois déposé et exilé de son siège. Des quelque trente-cinq années de son épiscopat, il en passa près de seize en exil.

L’avènement de l’empereur Julien l’Apostat (361) fut l’occasion d’un prodige particulier à Jérusalem. Cet empereur, désireux de faire mentir les prophéties, prétendit en relever le temple et y rétablir le culte judaïque. De son côté, Cyrille, plein de confiance, annonça tranquillement que certainement l’entreprise faillirait. Quand on s’attaqua à l’enlèvement des anciens fondements pour en mettre de nouveaux, de mystérieux tourbillons de flammes brûlèrent les ouvriers, dont certains moururent. L’épisode est attesté par des contemporains. Julien jura de se venger sur le saint évêque : la mort l’en empêcha (363).

En 381, il participa au premier concile de Constantinople (deuxième concile œcuménique), où il siégea parmi les chefs reconnus du parti orthodoxe, avec les patriarches d’Alexandrie et d’Antioche. Les pères du concile envoyèrent en 382 au pape Damase une lettre contenant cet éloge : Nous te faisons savoir que l’évêque de l’Eglise de Jérusalem est le révérend et très chéri de Dieu Cyrille, lequel a été jadis ordonné canoniquement par les évêques de sa province, et a soutenu, en divers lieux, de nombreux combats contre les ariens.

Saint Cyrille avait en horreur la division. Il a parfois donné l’impression de se rapprocher de factions non orthodoxes, mais ce fut uniquement pour favoriser la conversion de ses opposants. Les témoignages des livres liturgiques d’Orient et d’Occident sont unanimes en faveur de l’ardent défenseur de la doctrine (l’expression est de Théodoret).

Reprenant presque les termes de cette expression, le Martyrologe mentionne saint Cyrille de Jérusalem au 18 mars.

La fête liturgique de saint Cyrille fut étendue en 1882 à l’Eglise universelle, en même temps qu’il était proclamé Docteur de l’Eglise.

 

 

Léobard de Marmoutier

† 583

 

Il naquit en Auvergne.

Jeune, il s’appliquait déjà à la lecture assidue des psaumes, pour en apprendre quelques-uns par-cœur.

Devenu adulte, il crut bon d’obéir respectueusement à ses parents, qui lui présentèrent une fiancée ; mais la mort précipitée de ces parents lui permit de suivre son penchant pour la vie consacrée. Il proposa la fiancée à son frère.

Il alla prier au tombeau de s.Martin (v. 11 novembre) puis alla s’installer dans une grotte près de Marmoutier.

Là, outre la prière, son occupation fut de se fabriquer des membranes pour y écrire les textes qu’il craignait d’oublier.

Il agrandit aussi de ses mains sa grotte ; il crut même devoir l’abandonner à cause d’un autre ermite voisin, mais le saint évêque Grégoire de Tours (v. 17 novembre) lui expliqua que c’était là seulement une tentation du Diable et lui remit, au contraire, un exemplaire des Vies des Pères, qui lui auraient servi de guide pour sa propre conduite.

Léobard vécut là pendant vingt-deux ans.

Une sainte vie comme celle-là ne pouvait pas passer inaperçue. On vint trouver Léobard, lui demander des prières ; des miracles eurent lieu.

Vint un jour où Léobard fut averti de sa mort prochaine ; il l’annonça à Grégoire : ce serait avant Pâques. Grégoire raconte que Léobard vécut deux mois encore après le mois de décembre, et qu’il mourut un dimanche.

Ce fut donc une erreur d’attribuer le 18 janvier ou le 13 février à cette sainte mort. On l’a maintenant rétablie au 18 mars, de 583 ou 593.

Localement, on nomme parfois Léobard Libert. On l’invoque contre la fièvre.

Saint Léobard est donc commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Frigdianus de Lucques

† 588

 

Comme son nom ne l’indique pas, Frigdianus était irlandais, fils de roi.

Il reçut le baptême à l’insu de ses parents, puis sa formation de s.Colman (v. 29 octobre) à Dromore.

Parti en pèlerinage à Rome, il fonda à son retour le monastère de Moville.

Reparti en Italie en 560, il s’arrêta à Lucques, où il mena la vie érémitique. La sainteté de sa vie le désigna pour succéder en 566 à l’évêque Geminiano. Il devenait le septième évêque (connu) de ce diocèse : comme la fondation en remonte au 1er siècle, on peut calculer que chaque évêque gouverna pendant une moyenne de soixante-dix ans, à moins qu’il y ait eu des périodes de vacance de siège.

Frigdianus (Frediano, comme l’appellent les Italiens) opéra bon nombre de miracles. Entre autres, d’après s.Grégoire le Grand (v. 12 mars), il mit fin aux inondations répétées de la rivière Serchio, affluent de l’Arno : alors que la population n’avait jamais réussi à dévier ce cours d’eau, Frigdianus vint avec une charrue qu’il passa à travers les champs, ordonnant aux eaux de le suivre : le fleuve modifia son cours et il ne se produisit jamais plus d’inondation.

Le Martyrologe ajoute qu’il travailla beaucoup à la conversion des Lombards envahisseurs.

Frigdianus mourut le 18 mars 588.

On retrouva «miraculeusement» son corps deux siècles plus tard. Le pape fonda une congrégation de chanoines qui devaient desservir l’église où se trouvait cette précieuse relique : les chanoines de Saint-Frigdianus se réunirent plus tard à ceux de Latran.

Saint Frigdianus est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Braulio de Saragosse

† 651

 

Il était, dit-on de famille royale.

Braulio se distingua surtout par son savoir, qui fut considérable pour l’époque où il vécut. Il fut intimement lié avec Isidoro de Séville (v. 4 avril), qui lui décerna les plus grands éloges.

On en a fait un archidiacre de l’Eglise de Séville, ou plutôt de celle de Saragosse, où était évêque son frère Juan. A la mort de ce dernier, une lumière céleste aurait désigné Braulio pour lui succéder.

D’après sa correspondance avec Isidoro, il aurait voyagé à Séville avant d’être évêque. D’après la même source, Braulio dut faire face à de grosses difficultés dans les premières années de son épiscopat, mais on n’en sait pas davantage.

Son amitié avec s.Isidoro contribua à l’établissement dans toute l’Espagne d’une discipline uniforme ; il fut présent à maints conciles, en particulier les 4e, 5e, et 6e de Tolède, entre 633 et 638 :

Le 4e concile de Tolède (633), en présence du roi Sisenando et sous la présidence de s.Isidoro, regroupait soixante-neuf évêques. On condamna comme criminel le roi détrôné Suintila ; divers canons portaient sur la discipline et l’administration de l’Eglise, sur les moines, sur les pénitents, les esclaves et les Juifs.

Lors du 5e concile de Tolède (636), vingt-deux évêques étaient présents ; on y décida que le roi ne pouvait être choisi que dans la noblesse et l’armée ; anathème à qui oserait maltraiter les descendants de la famille du roi ; excommunié qui aurait consulté les devins pour connaître l’avenir du roi ou qui aurait conjuré contre lui ou qui aurait tenté de prendre sa place. On décida en outre trois jours de Litanies en décembre.

Le 6e concile de Tolède (638), convoqué par le roi, réunissait alors cinquante-trois évêques, d’Espagne et de Narbonnaise et confirma surtout les décisions du concile précédent ; en outre, tout clerc qui aurait acquis un évêché par simonie, se verrait spolié et excommunié. Au terme de cette assemblée, c’est Braulio qui écrivit au pape le compte-rendu du concile, le nombre et les noms des évêques participants, les mesures prises et les réponses adoptées.

Braulio mourut, pense-t-on, le 18 mars 651.

Beaucoup plus tard, sur une révélation de s.Valerius (v. 22 janvier), un des premiers évêques de Saragosse, on retrouva le corps de Braulio.

Saint Braulio est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eadweard le Martyr

962-978

 

Eadweard - auj. Edward - naquit vers 962, d’Edgar le Pacifique et d’Ethelflede, deuxième épouse de ce roi.

Il reçut le baptême de s. Dunstan (v. 19 mai).

Ethelflede étant morte prématurément, le roi se remaria avec Ælfthryth (Elfride), qui eut un fils, Æthelred.

Les deux garçons s’entendaient très bien, mais Elfride avait une préférence pour son propre fils.

Quand Edgar mourut (975), Edward, soutenu par s.Dunstan, fut proclamé roi et sacré en présence de tous les seigneurs.

Certains, profitant de la jeunesse du roi, tentèrent de reprendre aux Bénédictins les concessions accordées précédemment par Edgar.

Quant à Elfride, elle fomenta une conjuration contre Edward.

En attendant, Edward suivit les conseils de son maître spirituel, Dunstan, et se montra doux, pieux et sage. En particulier, conscient des sentiments de sa belle-mère, il ne cessait cependant de l’honorer de toutes les marques possibles de respect.

Un jour qu’Edward était à la chasse non loin du château d’Elfride (Wereham ou Corfe Castle), celle-ci lui fit porter une coupe d’eau fraîche, et tandis qu’il buvait, un domestique le frappa mortellement. C’est du moins l’une des versions de l’événement.

Edward mourut presque sur le coup, le 18 mars 978, à seize ans.

Elfride tenta de dissimuler son crime en faisant enfouir le corps du jeune roi, mais une lumière divine le signala. Alors, repentie, la pauvre femme fonda une abbaye bénédictine à Wherwell et s’y retira.

Le frère d’Edward, Ethelred, succéda effectivement à Edward. Il fit construire en l’honneur du «martyr» une belle basilique à Shaftesbury, où furent déposées les reliques en 981 ; le monastère sera détruit au 16e siècle.

Les Anglais qualifient volontiers Edward de martyr, bien qu’il ne le soit pas à proprement parler, mais pour le distinguer de l’autre roi Edward, le Confesseur (v. 5 janvier).

Saint Edward «martyr» est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain, qui omet la mention martyr.

Anselmo de Lucques

1035-1086

 

Anselmo naquit vers 1035 à Mantoue ou à Milan (Italie N), de famille noble.

Un oncle, Anselmo lui aussi, était évêque de Lucques et veilla à la première formation d’Anselmo, ainsi que Béranger de Tours. Il devint l’auxiliaire de son oncle.

Par son étude assidue de l’Ecriture, Anselmo finit par connaître par cœur de longs textes de la Bible. Il connaissait aussi parfaitement les commentaires des Pères de l’Eglise sur l’Ecriture.

En 1061, le même oncle Anselmo devint le pape Alexandre II. Il créa cardinal son neveu et l’envoya en Allemagne recevoir de l’empereur Henrich IV le bâton et l’anneau épiscopaux, pour être évêque de Lucques. Mais Anselmo refusa cette investiture laïque.

Le pape suivant, Grégoire VII (v. 25 mai), le sacra évêque en 1073, et lui conseilla, pour maintenir les bons rapports, d’accepter alors de l’empereur la remise des insignes épiscopaux. Anselmo obéit, mais fut ensuite pris de scrupules et se retira dans un monastère bénédictin proche de Mantoue.

Le pape lui ordonna de reprendre son poste ; Anselmo obéit encore, mais alla remettre au pape l’anneau et la crosse qu’il avait reçus du pouvoir laïc, tout en continuant à administrer sagement le diocèse. Il fut le conseiller spirituel de la comtesse Matilde, la souveraine de Lucques.

En 1079, il tenta d’astreindre ses chanoines à vivre selon la Règle préconisée par Léon IX (v. 19 avril), qui imposait la vie commune. Les chanoines se rebellèrent contre cette nouveauté et chassèrent leur évêque, contre tous les efforts et du pape et de la comtesse Matilde. Pour comble, l’empereur arriva en 1081 et installa comme évêque un de ses partisans.

Anselmo vécut auprès de la comtesse Matilde, jusqu’à ce que le pape en fit son légat pour la Lombardie. Désormais, l’évêque résida à Mantoue.

Il resta toujours très attaché au Pape, défendant ses intérêts et cherchant à rétablir la paix où il le pouvait. On venait fréquemmnet à lui, même des schismatiques qui comprenaient leur erreur et qu’il recevait paternellement.

Anselmo célébrait chaque jour le Saint Sacrifice. Sa profonde connaissance des Ecritures lui permirent de confondre les schismatiques ; austère comme un moine, il ne buvait jamais de vin et évitait les mets délicats.

A partir de 1081, il s’attacha à rédiger une collection de canons juridiques, en treize volumes.

Il mourut à Mantoue le 18 mars 1086, peu après le pape Grégoire VII.

Les miracles qu’il avait opérés de son vivant, continuèrent après sa mort. Après plusieurs siècles, on retrouva son corps intact. Mantoue l’a pris comme Patron céleste.

Saint Anselmo est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Salvador de Horta

1520-1567

 

Salvador Grionesos était né de pieux parents qui travaillaient au soin des malades d’un petit hôpital (Santa Coloma de Farnés, diocèse de Girone, en Catalogne). Bientôt orphelin, il fut berger, puis cordonnier à Barcelone, ce qui lui permettait d’aider sa sœur Blasia. Dès que celle-ci fut mariée, il s’orienta vers la vie religieuse, comme il le désirait depuis longtemps.

Il pensa se former à l’école de l’abbaye bénédictine de Montserrat, mais il comprit qu’il était fait pour un autre idéal et entra à vingt ans dans le couvent franciscain de Sainte-Marie de Barcelone. On l’adjoint au frère cuisinier et il exerça cet emploi avec autant d’activité que d’humilité.

Son âme étrangère aux soucis du monde était habituellement absorbée en Dieu : une partie de ses nuits se passait dans la contemplation ou dans la pratique de rigoureuses austérités. Dès le début de sa vie religieuse, frère Salvador fut favorisé du don des miracles. Un premier janvier, il devait préparer le repas à la place du cuisinier malade : absorbé dans la méditation à l’église jusqu’à l’heure de midi, il fut remplacé par les anges qui firent tout le nécessaire.

Après avoir fait sa profession religieuse, il fut envoyé au couvent de Sainte-Marie à Tortosa, où on lui confia toutes les charges les plus fatigantes, qu’il accomplissait avec promptitude et plein d’entrain. Modèle de tous les religieux, il remplissait son emploi activement et cependant s’entretenait constamment avec Dieu : ses extases furent nombreuses, la sainte Vierge et l’apôtre saint Paul lui apparurent souvent.

Il avait pour pratique de se confesser et de communier tous les jours, marchait pieds-nus sans sandales, même pendant la saison rigoureuse, se montrait d’une patience inaltérable au milieu des épreuves et des persécutions ; il ne mettait aucune borne à sa compassion pour les pauvres et à son obligeance pour tous. Il fut cuisinier, portier, quêteur.

C’est durant ses quêtes dans les rues de Tortosa qu’il opéra des guérisons nombreuses : les malades affluèrent au couvent, la tranquillité monastique en fut troublée. Ainsi commencèrent les “déboires” du pauvre Salvador, dont les prodiges suscitaient des jalousies parmi les frères, et même l’hostilité des supérieurs. On résolut de l’envoyer ailleurs : Belipuig, puis Horta (Tarragona, Catalogne) où il resta douze années. On changea même son nom en celui d’Alfonso, dans l’espoir d’éloigner les fidèles, en vain : on l’envoya à Reus, puis à Barcelone, enfin carrément à Cagliari (Sardaigne).

Un des faits extraordinaires qui eut lieu à Horta fut le suivant. Malgré la discrétion de son transfert, la renommée de Salvador l’avait précédé. Arrivèrent au couvent jusqu’à deux mille infirmes de tout genre, à réclamer le frère qui avait opéré tant de guérisons à Tortosa. Salvador se présenta, enjoignit à tous ces malades d’aller se confesser et communier, puis il les bénit. Tous furent guéris, sauf un, qui s’en étonnait. C’est, lui dit Salvador, que tu n’as pas voulu te confesser : alors, le pauvre paralysé fut touché de la grâce, promit de se confesser et guérit aussitôt.

Un autre jour, il était absorbé en prière sur une montagne voisine, tandis que la foule le réclamait. Bientôt un nuage se détacha de la montagne, apportant Salvador devant la porte de l’église, lequel se mit à distribuer à pleines mains les guérisons sur ces infirmes.

La suspicion des supérieurs alla jusqu’à dénoncer le bon frère à l’Inquisition, mais l’Inquisiteur, venu incognito, put constater de ses propres yeux les miracles opérés avec tant d’humilité par Salvador.

Arrivé en 1565 à Cagliari, Salvador trouva un peu de paix, quoique les faits extraordinaires ne cessassent pas, lui suscitant là encore bien des douleurs et des incompréhensions : plus il faisait de bien aux autres, plus le pauvre Salvador s’empoisonnait la vie !

Finalement, le 18 mars 1567, une maladie brutale et rapide l’emporta. Peu avant sa mort on vint encore solliciter sa bénédiction : l’archevêque, le clergé, le vice-roi et la noblesse se relayèrent à son chevet.

Encore maintenant, le corps du Frère Mineur se trouve dans l’église de sainte Rosalie à Cagliari. Le culte s’en est étendu à toute l’Espagne et tout le Portugal. Il fut proclamé bienheureux en 1606, ce que confirma Clément XI en 1711 ; reprise en 1882, la cause aboutit à la proclamation de l’héroïcité des vertus en 1927, enfin à la canonisation en 1938.

Saint Salvador de Horta est donc inscrit au Martyrologe Romain le 18 mars.

 

 

John Thulis

1568-1616

 

John Thulis était né vers 1568 à Up Holland (Lancashire, Angleterre).

Il arriva au Collège anglais de Reims en mai 1583 et y reçut la Tonsure en septembre. Après quelques années de formation, il gagna Rome en mars 1590 et y fut ordonné prêtre.

En 1592, on l’envoya en mission en Angleterre.

On  croit qu’il fut fait prisonnier à Wisbech (Cambridgeshire) en novembre 1598, au moment où il signa une pétition pour l’érection d’un archiprêtré ; il se rétracta deux ans plus tard (on ne connaît pas plus de détails sur cet événement).

Par la suite, il travailla encore dans le Lancashire, où le comte de Derby l’arrêta et l’enferma au Lancaster Castle.

Là, le prêtre rencontra un tisserand, Roger Wrenno, avec lequel ils tentèrent une évasion, mais ils furent repris le lendemain.

On mit John avec les voleurs, dont quatre se convertirent en l’entendant. Ils devaient d’ailleurs être exécutés avec cet apôtre.

Le jour de l’exécution, John mourut après trois des voleurs. Les morceaux de son corps déchiqueté furent envoyés à Lancaster, Preston, Wigan et Warrington. Roger Wrenno fut exécuté après lui.

Ce qu’on sait de John Thulis comporte quelques points d’interrogation ou quelques imprécisions, mais l’essentiel est certain : ce prêtre donna sa vie pour l’Eglise.

Il subit le martyre le 18 mars 1616 (peut-être 1615) et fut béatifié en 1987.

 

 

Roger Wrenno

1576-1616

 

Roger Wrenno était né vers 1576 à Chorley (Lancashire, Angleterre).

On n’en sait guère plus.

C’était un tisserand, et se trouvait déjà prisonnier au Lancashire Castle, lorsque le prêtre John Thulis y arriva.

Ils tentèrent une évasion un soir, mais furent repris dès le lendemain. On les mit alors avec les voleurs.

Roger subit le martyre après John Thulis, le 18 mars 1615 ou 1616.

Un incident marqua ce martyre : la corde de la pendaison (elle avait déjà servi pour trois voleurs et pour le père Thulis) se rompit. Roger avait subi ce premier choc, mais se releva. On lui proposa alors une fois de plus la liberté, s’il acceptait de rejoindre les rangs de la religion officielle ; mais pour toute réponse, il courut comme il put vers l’échafaud et y grimpa aussi lestement qu’il put, disant à l’officier qui voulait l’en empêcher : Si tu avais vu ce que je viens de voir, tu aimerais beaucoup mourir aussi vite que moi maintenant. Au moment du premier choc, Roger avait déjà entrevu la gloire du Ciel.

Il fut béatifié en 1987.

 

 

Aimée Le Bouteiller

1816-1883

 

Née le 2 décembre 1816 à Percy (Manche), Aimée-Adèle était la troisième des quatre enfants d’une famille de cultivateurs.

Elle fut orpheline de son père à l’âge de onze ans.

Elle fréquenta un peu l’école, mais restait plus souvent auprès de sa mère pour l’aider.

A vingt-quatre ans, elle entra chez les Sœurs des Ecoles chrétiennes de la Miséricorde, fondées par sainte Marie-Madeleine Postel (v. 16 juillet), à Saint-Sauveur-le-Vicomte. Elle y prit le nom de Marthe.

Un jour d’hiver, alors qu’elle rinçait des draps dans la rivière, elle tomba à l’eau. Elle en resta paralysée et pensait être renvoyée, mais la fondatrice, Marie-Madeleine Postel, la consola et l’encouragea à rester confiante ; la novice guérit quelques semaines plus tard.

Pendant quarante ans, elle fut vraiment la sainte Marthe de l’abbaye, s’occupant des tâches les plus humbles : cuisine, jardin, ferme ; elle avait un talent particulier pour fabriquer un excellent cidre.

La Fondatrice la prit comme économe, tandis qu’une autre Sœur, Placide Viel (v. 4 mars), lui demandait ses conseils pour l’administration de la communauté.

Elle s’éteignit à ce monde le 18 mars 1883, toujours en l’abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, qu’elle n’avait jamais quittée.

Elle a été béatifiée en 1990.

 

 

Marianna Donati

1848-1925

 

Marianna naquit près de Florence le 26 octobre 1848. On sait seulement qu'elle fit sa première Communion à treize ans, déjà persuadée qu'elle était appelée à la vie religieuse.

Un premier essai chez les Sœurs de Vallombreuse (v. 12 juillet) se conclut par l'échec. Un bon père piariste, Celestino Zini, discerna sa vocation et l'encouragea à écouter l'appel de l'Esprit Saint.

Rentrée dans sa famille, elle exprima son désir de rentrer dans un couvent, mais son père s'y opposait avec ferveur, ne pouvant supporter d'être séparé de sa chère enfant. Un attachement exagéré qui s'affermit encore plus lors de la mort de la mère en 1881, quand Marianna avait désormais trente-trois ans.

Parvenue à l'âge de quarante-et-un ans, elle réussit enfin à s'établir dans une maison de Florence, à la fois avec son père et quatre autre jeunes filles qui partageaient son idéal. Ce n'était pas une situation facile que de vivre à la fois une ambiance familiale avec son père et une ambiance religieuse avec les consœurs.

Mais désormais, le bon père Zini était devenu archevêque de Sienne, qui s'employa à trouver à la Mère Celestina (ainsi s'appelait désormais Marianna) une habitation plus ample et plus adaptée aux exigences.

La petite communauté se dédia désormais à l'éducation des enfants pauvres. Les débuts ne furent pas faciles, car une sœur mourut dès 1890 à l'âge de dix-neuf ans ; le bon archevêque Zini mourut à son tour en 1892.

En 1899 la communauté assuma une nouvelle orientation, par l'assistance aux enfants de prisonniers.

Mère Celestina était soutenue par son intense vie spirituelle. Elle avait une dévotion particulière pour Jésus Crucifié, et pour l'Eucharistie, en même temps qu'une profonde affinité avec l'enseignement de saint José Calasanz (v. 25 août) dans l'assistance des petits : les sœurs devaient être des mères spirituelles et des éducatrices exemplaires pour aider les enfants qu'on leur confiait. Mère Celestina sut aussi montrer un réel esprit de sainte pauvreté, en particulier quand il fallut ouvrir une maison à Rome, tout en faisant face à d'extrêmes difficultés financières dans l'après-guerre des années 20.

Mère Celestina mourut le 18 mars 1925 à Florence, et elle a été béatifiée en 2008.

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16 mars 2021 2 16 /03 /mars /2021 00:00

17 MARS

III.    

S Ambroise, diacre en Alexandrie, disciple d’Origène.

?    

Ste Vicence, honorée à Cologne (compagne de ste Ursule ? ou bien au VII. sœur de ste Gertrude, cf.infra ?).
S Julien Urius, à Padoue. 

V.    

S Patrice, évêque en Irlande, dont il est le patron.

VI.    

S Agricola, évêque à Chalon-sur-Saône pendant presque cinquante ans.

VII.    

Ste Gertrude, fille de s.Pépin de Landen et de ste Iduberge qui fonda un monastère à Nivelles, où Gertrude devint abbesse et mourut à trente-trois ans ; elle est invoquée contre les rats, les souris, les mulots, contre la fièvre, la folie.
S Becc an, moine à Iona.

VIII.    

Ste Withburge, vierge dans le Norfolk.                                             
S Théostericte, abbé à Pélecète, persécuté par des iconoclastes : on lui coupa le nez et lui brûla la barbe enduite de poix.
S Pavlos, martyr en Chypre pour le culte des saintes images.

XII.    

S Conrad, oncle de Friedrich Barbarossa, cistercien allemand parti en Palestine ; à son retour, il vécut et mourut dans une pauvre crypte près de Bari.

XIII.    

B Tomasello, dominicain italien favorisé du don de prophétie et de miracles.

XVII.    

S Jan Sarkander, veuf, prêtre actif en Moravie pour la conversion des disciples de Jean Hus, martyr, canonisé en 1995.
S Gabriel Lalemant, prêtre jésuite parisien, martyr des Iroquois, fêté le 19 octobre.

XIX.    

Bse Barbara Maix (Maria Bárbara de la Sainte Trinité), autrichienne, fondatrice au Brésil des Sœurs du Cœur Immaculé de Marie, béatifiée en 2010.

XX.    

B Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno (1831-1905), prêtre espagnol fondateur de la Congrégation des Sœurs de la Charité de Notre Dame de la Merci, béatifié en 2003.
B Josep Mestre Escoda (1899-1937), prêtre espagnol martyr à Barcelone, béatifié en 2013.

B Joan Torrents Figueras (1873-1937), prêtre clarétain espagnol, martyr à Barcelone, béatifié en 2017.

Patrice d’Irlande

383-461

 

Comme beaucoup parmi cette pléiade de Saints irlandais et écossais que nous connaissons bien peu, saint Patrick est un personnage - certes historique, mais dont beaucoup de détails restent incertains.

Sa naissance varie de 383 à 389, selon les études ; sa mort, de 461 à 493. Sa naissance, d’après ses propres écrits, aurait eu lieu en Écosse, mais d’autres historiens interprètent différemment le texte et le font naître tour à tour en Irlande, en Pays de Galles, ou même en Gaule, suivant le sens à donner à cette Britannia latine.

Suivant les contrées, son propre nom varie étonnamment : Patricius en latin, donc Patrice en français, mais Cothrige en irlandais, Maewyn Succat en breton, Patrick ailleurs.

Son père, le diacre Calpurnius, était un décurion romain, sa mère s’appelait Concessa ; Patrice aurait aussi eu une sœur, Lupait.

Vers 404, des pirates irlandais pillèrent la ferme de Calpurnius, et emmenèrent captif le jeune Patrice qui avait environ seize ans ; acheté par un maître du nord de l’Irlande, il se vit confier la garde des troupeaux, puis fut emmené dans l’ouest, où sa captivité fut plus rude, ce qui donna au jeune garçon l’occasion de rentrer en lui-même, de se convertir intérieurement et de se tourner sincèrement vers Dieu en cherchant à vivre plus saintement. C’est durant ces six années qu’il apprit si opportunément la langue irlandaise qui devait tant lui servir plus tard.

Ayant réussi à s’enfuir, il fut pris à bord d’un navire marchand, dont on ne sait au juste où il accosta. La nourriture vint à manquer, et la prière de Patrice fut vite exaucée, car un troupeau de porcs passa par là, qui leur fournit de quoi se restaurer. Plus tard, durant une nouvelle mais brève captivité, Patrice parle d’un rêve où il est délivré d’un gros rocher par la prière au prophète Elie.

Il revint chez ses parents mais pour peu de temps ; il rêva à nouveau qu’on l’appelait à revenir en Irlande pour évangéliser. Nouvelle séparation des parents : Patrice se rendit aux îles de Lérins pour y apprendre la science divine et affermir sa vocation. Il passa en Italie et, remontant en Gaule, s’arrêta longtemps à Auxerre, où il fréquenta le saint évêque Amator et surtout l’illustre Germain (v. 1er mai et 31 juillet).

En 431, le pape Célestin Ier (v. 27 juillet) sacra évêque Palladius pour l’envoyer parmi les Scots, mais l’évêque mourut à peine quelques mois après. Sur cette nouvelle, Patrice sentit l’appel à repartir pour aller évangéliser l’Irlande. On suppose que c’est à ce moment-là qu’il reçut l’épiscopat, des mains de Germain d’Auxerre.

Parvenu en Ulster, Patrice s’attacha à convertir les chefs et les rois, dont dépendaient et la conversion de leurs sujets, et l’attribution de quelque terrain pour la construction d’églises et de monastères. C’est ainsi que se convertit un chef puissant, Dichu, en Ulster ; puis le frère du roi de Méath, Conall. Le travail de Patrice fut fécond, accompagné de signes divins, de miracles, mais non sans difficultés.

Neuf ans après, Patrice fit un pèlerinage à Rome, pour obtenir du pape la consécration de ses travaux. Saint Léon l’accueillit certainement avec faveur, et l’on voit Patrice revenir dans l’île avec des reliques des saints Pierre et Paul. Ce devait être vers 441.

C’est alors que Patrice voyagea dans toute l’Irlande pour organiser les Églises et consacrer des évêques : l’Irlande n’était pas entièrement païenne, et d’anciens compagnons de Patrice, avaient gagné d’autres populations, comme Auxilius, Iserninus, Fiacc.

Patrice reconnaît humblement, dans ses écrits, avoir baptisé des milliers d’hommes, mais il en rapporte la gloire à Dieu seul. Rien ne l’a abattu, ni les violences, ni les menaces, ni la captivité. Il dut plusieurs fois échapper miraculeusement à la mort. Pour sauver ceux qu’il avait gagnés au Christ, il ne demandait qu’à verser son sang, à endurer la mort, à être privé de sépulture, à être la proie des chiens et des bêtes féroces.

Le saint évêque était un homme de prière, de piété, continûment en conversation avec Dieu ; c’était sa force, et pour ses contemporains une des caractéristiques de sa sainteté. Un de ses biographes rapporte : Il chantait chaque jour tous les psaumes, les hymnes, l’Apocalypse de saint Jean, les cantiques de l’Ecriture, qu’il fût ou non en voyage. Quand il rencontrait une croix sur sa route, il descendait de son char pour se prosterner devant elle.

Vers la fin de sa vie, l’apôtre désira se retirer pour se préparer à la mort. Peu avant, un ange lui apparut pour lui signifier que Dieu avait écouté ses quatre supplications : le diocèse d’Armagh aura la primauté sur les Églises d’Irlande ; Patrice jugera celui qui au jour de sa mort récitera l’hymne qu’il a composée ; la postérité de Dichu ne périra point ; Patrice jugera le peuple irlandais au dernier jour du monde.

Patrice mourut donc à Saul, en Ulidia, terre de Dichu, le 17 mars 461, date la plus probable, quoique parfois discutée. La nuit suivant sa mort, des anges veillèrent sur son corps, en chantant des psaumes et des hymnes. Sur leurs indications, on devait placer le corps de Patrice sur un char à bœufs, et il serait enterré là où les bêtes s’arrêteraient : c’est là que s’éleva ensuite l’église de Down-Patrick.

Un siècle plus tard, saint Colomban ouvrit le tombeau de saint Patrice, pour en placer les reliques dans une châsse. En outre, un ange lui révéla quoi faire des saints objets qu’on avait aussi déposés dans le premier cercueil : le calice devait aller à Down-Patrick, la cloche du testament à Armagh, l’évangile tenu par l’ange à Colomban lui-même (v. 23 novembre).

On a dénombré quelque cent quatre-vingt-quinze édifices élevés en l’honneur de saint Patrice rien que pour l’Irlande, beaucoup d’entre eux ayant été fondés par l’apôtre lui-même. Le Saint est en honneur dans tout le monde britannique, en France et en Espagne.

De nombreuses légendes se rattachent à l’apostolat de saint Patrice. Les légendes sont très nombreuses en Irlande, et l’on ne parvient pas à définir les éléments certains sur lesquels elles s’appuient ; elles attestent au moins l’immense célébrité et la profonde sainteté des nombreux Saints et Saintes de cette Irlande catholique.

 

 

Agricola de Chalon-sur-Saône

498-580

 

Agricola, qui n’était pas un «paysan», mais de la noblesse de Gaule, naquit vers 498. Son contemporain, Grégoire de Tours (v. 17 novembre) le nomme Agrecula.

Dès 532, il fut promu évêque de Chalon-sur-Saône : il n’avait que trente-quatre ans.

Très austère de sa personne, il ne prenait qu’un léger repas le soir.

Pasteur zélé pour le salut des âmes, il s’illustra dans son diocèse par d’importants travaux, construisant des sanctuaires ou les embellissant.

On le vit présent à divers conciles : Orléans en 541 et 549, Clermont en 549, Paris en 552, Lyon en 570. En voici quelques détails, qui sont parfois frappants de sévérité ou d’exigence.

  • 4e concile d’Orléans (541) : sera puni de mort quiconque aura adoré des dieux païens ou aura juré par les dieux païens ; les juifs ne doivent pas avoir d’esclaves chrétiens. Sont présents trente-huit évêques, douze autres sont représentés.
  • 5e concile d’Orléans (549) : les évêques doivent s’occuper des lépreux ; leur élection doit être approuvée par le roi.
  • concile de Clermont (549) : dix évêques y confirmèrent les décisions du concile précédent.
  • concile de Paris (552) : là, vingt-sept évêques déposent et font enfermer l’évêque de Paris, gravement coupable de simonie ou d’adultère.
  • 2e concile de Lyon (570), ou peut-être le troisième dans cette ville. On y parla de la paix et de la conservation de l’Eglise.

Autre fait marquant de cet épiscopat : Agricola fit transporter le corps d’un saint ermite nommé Desiderius, dans l’église de l’hôpital des lépreux, récemment construit près de Chalon-sur-Saône. C’est là aussi que fut enterré Agricola.

Agricola fut évêque pendant quarante-huit ans, et mourut en 580, probablement le 17 mars.

Ses reliques furent profanées, pense-t-on, par les Huguenots.

Saint Agricola est commémoré le 17 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gertrude de Nivelle

626-659

 

Fille de Pépin de Landen et de Itta Iduberga, Gertrude naquit à Landen (Brabant) et grandit dans une atmosphère très chrétienne. Elle avait un grand frère, Grimoald. et une sœur, Begga, d’où viendront les Carolingiens.

A dix ans, elle exprima le désir d’être religieuse ; elle en était si convaincue, que lorsque son père, recevant le roi des Francs, Dagobert, lui proposa comme époux le fils de ce dernier, elle répondit franchement qu’elle n’épouserait ni ce beau jeune homme, ni aucun autre en ce monde, car elle ne voulait pour époux que Jésus-Christ.

Sa parole était si assurée et convaincante, que personne ne lui parla plus du sujet.

A la mort de Pépin, Gertrude pouvait entrer en religion, mais sa mère, ne voulant pas s’en séparer, fit construire en 650 à Nivelle (Brabant) un double monastère d’hommes et de femmes, sous la règle de saint Colomban. Elle même y entra comme simple religieuse, avec sa fille.

Iduberge coupa elle-même les cheveux de sa fille en forme de couronne et demanda à l’évêque de lui imposer l’habit, puis de l’installer comme abbesse du monastère.

Gertrude se montra parfaite dans sa charge, malgré son jeune âge : innocente, pure, humble, pieuse à souhait, sage et discrète, elle fit l’édification même des personnes plus âgées qu’elle.

Elle montra sa charité envers les pèlerins, les étrangers, les pauvres et les malades.

Elle fit venir d’Irlande de saint moines, les saints Foillan (v. 31 octobre) et Ultan (2 mai ?).

A la mort de sa mère, en 655, Gertrude préféra se décharger de l’administration du monastère sur des religieux plus capables qu’elle. Elle-même se déchargea de sa place d’abbesse, en faveur de sa nièce, Wulfetrude.

Désormais libre de vaquer à la méditation, Gertrude se nourrissait de l’Ecriture et s’imposait des mortifications sévères, en veilles et en jeûnes.

Elle sentit son heure arriver. Elle ne voulait être enterrée qu’avec son cilice, et un vieux voile sur la tête car les ornements superflus d’un tombeau ne servent de rien ni aux vivants ni aux morts. Puis Ultan lui annonça qu’elle mourrait le 17 mars, pendant la messe, jour de saint Patrick, qui viendrait la chercher avec les Saints et les Anges choisis de Dieu.

Gertrude rendit son âme le 17 mars, pendant la Sainte Messe. Au même moment, elle apparaissait à sainte Modeste de Horren (Trèves), dont elle était parente (v. 4 novembre).

A cette date (17 mars 659), sainte Gertrude avait trente-trois ans.

 

 

Paulos de Chypre

† 770

 

Dans l’ancien Martyrologe Romain, il était dit que ce Paulos avait souffert à Constantinople, sous Constantin Copronyme, pour le culte des saintes images.

Un ménologe grec affirme, sans précision de lieu ni d’empereur, qu’un Paulos fut livré aux flammes pour la cause des saintes images.

On a alors avancé que ce martyre aurait pu avoir lieu vers 770 en l’île de Chypre. Paulos, moine, y aurait donc été arrêté et accusé de s’opposer aux décrets impériaux. Ayant refusé d’insulter ou de profaner un crucifix, il fut suspendu la tête en bas au-dessus d’un brasier.

Saint Paulos, martyr, est commémoré le 17 mars dans l’actuel Martyrologe Romain.

Conrad de Bavière

1105-1125 (1155 ?)

 

Conrad naquit vers 1105 à Ratisbonne, dernier des six enfants de Heinrich IX le Noir et de Wulfhilde de Saxe. Une de ses sœurs, Judith, fut la mère d’un certain Friedrich Barbarossa, qui fut donc un neveu de notre Conrad. En même temps, Conrad avait une ascendance italienne, par son grand-père Alberto Azzo II d’Este.

Il étudia à l’université de Cologne et se diplôma en droit civil et ecclésiastique. La famille le destinait à succéder ni plus ni moins à l’archevêque de Cologne, mais Conrad, enchanté par la prédication d’Arnaud de Morimond, décida de devenir cistercien.

Ici s’affrontent trois versions sur la suite de la vie de Conrad.

Dans une première version, Conrad entra encore adolescent dans cette abbaye cistercienne de Morimond (Haute-Marne), dont l’abbé, Arnaud, décida de fonder un monastère cistercien en Terre sainte, malgré la désapprobation de saint Bernard (v. 20 août) ; l’abbé étant mort, l’expédition ne se fit pas, mais Conrad partit seul, passa par le sanctuaire de saint Michel au Mont Gargan et celui de saint Nicola à Bari ; là, exténué par ce déjà long voyage et malade, il trouva refuge chez les Bénédictins de Modugno ; il y passa les derniers mois de sa vie, dans une grotte où il priait, jeûnait et dormait sur la roche nue. Il y serait mort en 1125 ou 1126, un 17 mars, tout juste âgé de vingt ans.

Une deuxième version affirme qu’en 1127, il entra à Clairvaux, sous la direction de saint Bernard. Il demanda et obtint de saint Bernard la permission de faire le pèlerinage en Terre sainte ; là-bas, il s’arrêta dans un ermitage, où il servit humblement un ermite âgé. Ayant appris que la santé de saint Bernard déclinait, et devant le péril ottoman, il voulut revenir à Clairvaux mais, à Bari, il apprit la mort de saint Bernard et aurait alors estimé inutile de remonter jusqu’en France ; il se serait arrêté dans l’abbaye bénédictine de Modugno, où il serait mort en 1154 ou 1155, âgé de cinquante ans.

Dans une troisième version, qui ne parle ni de l’abbé Arnold, ni de saint Bernard, Conrad partit quelques années en Palestine et s’arrêta dans l’ermitage Saint-Guillaume ; à son retour en Italie, Conrad apprit à Molfetta la déchéance de son frère Heinrich le Superbe qui, s’étant rangé aux côtés de Friedrich Barbarossa, et battu avec lui en 1137, avait perdu tous ses biens. C’est alors que Conrad se serait décidé à rester sur place et de se retirer, en 1139, dans cette abbaye de Modugno, où il mourut, toujours en 1155.

Il reste que la population apprit à le vénérer comme son protecteur. En périodes de sécheresse, des processions avec les reliques de Conrad ont obtenu la pluie. En 1529, lors de l’assaut de la ville par les troupes françaises, les habitants furent réveillés par un soldat mystérieux et apparurent à tous Notre Dame, saint Nicola et Conrad, suscitant la terreur aux Français qui s’enfuirent. Par l’intercession de Conrad, Molfetta fut plusieurs fois épargnée par les épidémies. On lui attribua aussi une intervention miraculeuse pour calmer des tempêtes, arrêter des tremblements de terre et des inondations. L’ancienne cathédrale lui fut dédiée en 1785.

Le culte du bienheureux Conrad de Bavière a été confirmé en 1832 et son nom est mentionné dans le Martyrologe au 17 mars.

 

 

Jan Sarkander

1576-1620

 

Il naquit à Skoczów (Silésie, Pologne), le 20 décembre 1576. Il eut un frère chanoine.

Il vécut à Pribor à partir de 1589.

De 1592 à 1597, il étudia à Olomouc (actuelle République tchèque), à partir de 1600 à Prague pour la philosophie, à partir de 1604 à Graz pour la théologie.

En 1606, brusque changement : il interrompit sa préparation au sacerdoce et épousa Anne Plachetskou, une protestante, avec laquelle il s’installa à Glasgow. Anne cependant mourut peu après. Jan décida alors de reprendre son chemin vers le sacerdoce.

Il fut ordonné prêtre en 1609, et fut curé successivement à Uničov, puis en Croatie, à Zdounkách (1614), Boskovice (1615), enfin Holešov (Moldavie) jusqu’en 1616.

En 1619, il dut quitter cette région, fit un pèlerinage à Czestochowa et résida à Cracovie, mais préféra revenir en Moravie pour ne pas abandonner ses fidèles.

Une des principales activités pour laquelle est connu le père Jan, est d’avoir activement travaillé à la conversion des disciples de Jean Hus et des «frères bohémiens».

Quand les troupes polonaises menacèrent la ville en 1620, il sortit en portant le Saint-Sacrement et s’interposa pour éviter une nouvelle effusion de sang.

Des troubles politiques le firent accuser de trahison, d’espion au service du prince catholique de Pologne.

On le persécuta, on voulut lui arracher un secret de confession, on le mit en prison à Olomouc, où il fut maintes fois torturé. Une fresque ancienne, dans la cathédrale d’Olomouc, le montre attaché par les poignets liés derrière le dos à une corde que l’on tend par derrière pour le suspendre en l’air, tandis qu’un bourreau approche de sa poitrine des torches.

Selon un autre récit, on l’aurait alors plongé dans un cuve de soufre et de plumes où l’on mit le feu, puis on jeta sur ses brûlures de l’huile et de la poix. L’agonie dura plus d’un mois.

Des doutes et des contestations subsistent sur les vrais motifs de son martyre, mais ce martyre est bien attesté.

Jan Sarkander mourut le 17 mars 1620.

Béatifié en 1860, il fut canonisé en 1995.

 

 

Gabriel Lalemant

1610-1649

 

Gabriel Lallemant (ou plus fréquemment Lalemant, et souvent aussi Lalemand) naquit à Paris le 3 octobre 1610, d’un père avocat au parlement de Paris et sans doute de famille noble.

A vingt ans, il entra dans la Compagnie de Jésus (Jésuites). On sait que les Jésuites, aux trois vœux traditionnels de Pauvreté, Chasteté, Obéissance, en ajoutent un quatrième d’obéissance absolue au Pape. Gabriel en fit encore un autre : en 1632, il s’engagea à se consacrer aux missions en terre étrangère.

Il resta cependant encore quatorze ans en France, enseignant à Moulins (1632-1635), préparant la théologie à Bourges (1635-1639), où il reçut probablement l’ordination sacerdotale ; puis il fut ministre des pensionnaires à La Flèche (1639-1641), professeur de philosophie à Moulins (1641-1644) et préfet du collège de Bourges (1644-1646). 

C’est en 1646 qu’il arriva à Québec.

En septembre 1648, il fut envoyé à la mission Sainte-Marie en pays huron, où il apprit cette langue difficile. Il y parvint assez rapidement, puisqu’un an plus tard il remplaçait le père Chabanel à la mission Saint-Louis, où se trouvait aussi le père Jean de Brébeuf.

L’apostolat du père Lalemant dura six mois. Le 16 mars 1649, une forte armée d’Iroquois envahit le bourg Saint-Ignace et attaqua la mission Saint-Louis. Leur nombre leur donna la victoire.

Les deux prêtres auraient pu s’enfuir, mais refusèrent. Ils furent capturés, dévêtus ; on leur arracha les ongles et on les conduisit à Saint-Ignace.

Le martyre du père Lalemant commença le 16 mars à six heures du soir, après celui du père de Brébeuf. On ne sait s’il y fut présent. Le supplice dura jusqu’au lendemain, 17 mars 1649 au matin. Un témoin put écrire : Il avait reçu un coup de hache sur l’oreille gauche, qu’ils lui avaient enfoncé jusque dans la cervelle, qui paraissait à découvert ; nous ne vîmes aucune partie de son corps, depuis les pieds jusqu’à la tête, qui n’eût été grillée et dans laquelle il n’eût été brûlé tout vif, même les yeux où ces impies avaient fourré des charbons ardents.

Son oncle, Jérôme Lallemant, devint supérieur de la mission en remplacement du père de Brébeuf. Il avait aussi un autre oncle dans cette mission, Charles Lallemant.

Nos deux Martyrs furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1930.

Leur fête commune est au 19 octobre.

 

 

Barbara Maix

1818-1873

 

Barbara naquit à Vienne le 27 juin 1818, de Josef Maix et Rosalia Mauritz. Elle était la dernière des neuf enfants de cette heureuse maman, mais son père avait déjà eu quatorze enfants dans un premier mariage, avant de devenir veuf. La plupart de ces enfants moururent vite, de typhus ou d'autres maladies. Josef Maix travaillait au palais de Schönbrunn.

Barbara montra des qualités de patience, de courage, de grand amour pour les pauvres et apprit à se confier à la Divine Providence. Elle-même souffrit du typhus et en conserva des séquelles, demeurant fragile des poumons et du cœur.

Elle avait quinze ans quand elle fut totalement orpheline.

En 1840, elle suivit un cours de couture avec sa sœur. On sait qu'elle passait des heures en prière dans l'église Maria am Gestade. C'est là qu'elle entendait les prédications des Pères Rédemptoristes et qu'elle eut l'inspiration de s'occuper des graves problèmes sociaux de la ville de Vienne. Barbara était particulièrement sensible à la misère morale et matérielle des femmes de ménage, des femmes sans travail et de leurs enfants. Elle en parla à des amies. On raconte que, petite, l'Enfant-Jésus lui serait déjà apparu pour lui dire : Fonde la Congrégation de ma Mère !

Barbara réunit en peu de temps une vingtaine de compagnes, écrivit une première Règle et présenta une demande de fondation à l'Empereur. On approuva son idée d'une œuvre en faveur des jeunes filles, mais on refusa la fondation d'une nouvelle congrégation.

Barbara tenta d'aller trouver le pape Grégoire XVI, munie d'une lettre de recommandation, mais le Pontife mourut la veille du jour fixé pour l'audience. La sœur de Barbara meurt à son tour. Mais ses compagnes sont toujours là, plus de vingt, décidées à continuer de se donner aux autres.

En 1848, c'est la Révolution Libérale en Autriche. Barbara comprend qu'elle ne peut fonder et décide de partir pour l'Amérique. Elle songe à l'Amérique du Nord, mais l'unique bateau en partance va au Brésil : Barbara y reconnaît le doigt de Dieu et s'embarque avec quelques compagnes pour Rio de Janeiro, où elles arrivent sans le sou, sans connaître personne, sans savoir la langue, la faim au ventre, mais remplies de confiance en Dieu et en la Sainte Vierge, écrira l'une d'elles.

Bien accueillies par l'évêque, elles se préparent et, en 1849, font leur première consécration, prenant le nom de Sœurs du Cœur de Marie, que Pie XII changera un siècle plus tard en Congrégation des Sœurs du Cœur Immaculé de Marie. Elles se vouent au service des pauvres et des malades, puis des enfants.

En 1852, Mère Maria-Barbara de la Très Sainte Trinité revient à Vienne, pour y faire imprimer les premières Constitutions et d'où elle envoie au Brésil douze autres jeunes filles, puis rencontre enfin à Rome le Pape Pie IX, qui l'encourage et la bénit.

Mère Barbara avait commencé sa route à Vienne, en faveur des femmes de ménage et des désoccupées, et la poursuivit au Brésil dans les écoles, les maisons pour orphelins et abandonnés, les collèges de jeunes, les malades, durant les épidémies, durant la guerre. On la vit à l'œuvre à Rio de Janeiro, à Niteoi, à Pelotas, à Porto Alegre.

La spiritualité de Barbara était éminemment trinitaire, eucharistique et mariale : elle s'y appuyait si fortement qu'elle en conçut une confiance à toute épreuve. Les épreuves, en effet, ne manquèrent pas : la Franc-maçonnerie, le décès de plusieurs novices et de plusieurs sœurs, les divisions internes dans la Congrégation elle-même, l'expulsion de Pelotas en 1863, la guerre du Paraguay en 1865, des incidents lors de la visite pastorale à Porto Alegre en 1870...

Mère Barbara, la Fondatrice elle-même, dut se retirer à Petropolis. Sa santé était désormais bien compromise. Elle reçut le Sacrement des Malades le Jeudi-Saint de 1872. En 1873 elle en vint à se retirer avec sa communauté dans la maison d'une personne amie à Catumbi (près de Rio de Janeiro), où elle s'éteignit doucement le 17 mars 1873, son dies natalis.

En 1957, l'urne de ses cendres fut rapportée à Porto Alegre, où commença le Procès informatif diocésain. En 2008 fut reconnue l'héroïcité de ses vertus, et Mère Barbara fut béatifiée en 2010.

 

 

Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno

1831-1905

 

Né le 11 octobre 1831 à Grenade (Espagne), Juan Nepomuceno était le fils de Antonio Zegrí  Martín et de Josefa Moreno Escudero.

Enfant pieux, il sentit bientôt l’appel au sacerdoce.

Il fit d’excellentes études secondaires ainsi qu’au séminaire Saint-Denis de Grenade et fut ordonné prêtre en 1855.

Il exerça le saint ministère sacerdotal à Huétor Santillán et San Gabriel de Loja, puis fut nommé Juge synodal pour les diocèses de Málaga, Jaén et Orihuela, chanoine de la cathédrale de Málaga, visiteur des ordres religieux du diocèse, directeur spirituel des séminaristes, prédicateur et aumônier de la Reine Isabel II.

A Málaga en 1878, il fonda la Congrégation des Sœurs de la Charité de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci (ou Sœurs Mercédaires de la Charité), dans le but de mettre en pratique toutes les œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles en la personne des pauvres. Pénétré du mystère eucharistique, il voulait rendre vraiment présent le Christ dans la vie quotidienne, auprès de ceux qui souffrent, qui doivent boire le calice amer et manger le pain des larmes. S’appuyant sur Marie, la Mère du Rédempteur, il désirait soigner celui qui souffre, consoler le malheureux, remettre l’espérance dans les cœurs.

Les Sœurs s’employaient à soigner toutes les plaies, remédier à tous les maux, calmer tous les chagrins, bannir toutes les nécessités, sécher toutes les larmes, ne pas laisser dans le monde, si possible, un seul être abandonné, affligé, oublié, sans éducation religieuse et sans ressources.

La Congrégation se développa assez rapidement, mais certaines Sœurs fomentèrent une méchante et grave accusation contre leur Fondateur. En 1888 on demanda à l’abbé Juan Nepomuceno de s’éloigner de la Congrégation et une longue enquête s’ensuivit, aboutissant après six longues années à la totale levée des accusations fausses dont il avait été victime.

On put admirer la patience avec laquelle il supporta l’épreuve, son obéissance aux Supérieurs et sa magnanimité à pardonner ses accusateurs et accusatrices.

A partir de 1894, bien qu’innocent, l’abbé Zegrí demeura volontairement à l’écart, tout en étant reconnu comme le Fondateur de la Congrégation.

Il mourut dans une totale solitude à Málaga, le 17 mars 1905, et fut béatifié en 2003.

 

Le miracle retenu pour cette béatification a été la restitution totale du pancréas à un malade argentin à qui les chirurgiens l’avaient retiré intégralement.

 

 

Josep Mestre Escoda

1899-1937

 

Joseph était né le 12 février 1899 à Duesaigües (Baix Camp, Catalogne), de Francesc et Encarnació, qui le firent baptiser le 19 suivant.

Ayant ressenti dès l’enfance l’appel de Dieu, il reçut l’ordination sacerdotale en 1924.

Il exercera son ministère à Sarral, Falset, Reus, La Febró.

Ce fut un prêtre zélé, humble et pieux, qui montrait toujours sa joie de vivre et d’appartenir à Dieu.

Lors de l’insurrection de 1936, il était aumônier à la maison de repos de Tarragone, où se trouvaient ses parents.

Le 21 juillet 1936, des révolutionnaires firent irruption et commirent toutes sortes d’actes barbares envers tout ce qu’ils trouvaient de religieux dans la maison, sauf envers le Saint Sacrement, que le prêtre avait consommé auparavant par précaution.

Don Josep continua à célébrer la messe les jours suivants, jusqu’à la Saint-Jacques, le 25 juillet.

Le 26 juillet, il fallut évacuer toute la maison. Don Josep vint avec ses parents à Barcelone, où sa mère trouva une pension.

Ils y restèrent quelques mois, pendant lesquels don Josep continuera à exercer son apostolat, administrant les sacrements en cachette, célébrant la Messe chaque jour. Parfois, sa mère lui parlait du danger qu’il courait, et lui répondait : Je suis prêtre, et si Dieu me destine au martyre, je marcherai volontiers vers le martyre.

En mars 1937, le premier vendredi, il fut arrêté. Il reconnut ouvertement qu’il était prêtre et, pour ce motif, fut conduit à la tchéka Sant Elies, où il fut martyrisé.

C’était le 17 mars 1937, deux jours avant la fête de saint Joseph.

Don Josep Mestre Escoda fut béatifié en 2013.

 

 

Joan Torrents Figueras

1873-1937

 

Né le 8 décembre 1873 à La Secuita (Tarragona), Joan reçut le lendemain le baptême, avec les prénoms Joan José Pablo ; son père s’appelait Joan, sa mère María. C’est donc peut-être une erreur de l’appeler Juan Bautista.

Selon la coutume d’alors, Joan reçut la confirmation très jeune, en 1877.

En 1885, il fréquenta le séminaire de Barbastro, où il fut jugé exceptionnel («sobresaliente»).

En 1888, il commença le noviciat chez les Pères Clarétains à Cervera et fit la première profession le 8 décembre 1889, le jour de son seizième anniversaire. Puis ce furent les études de philosophie et de théologie, en vue du sacerdoce.

En 1894, il passa à Santo Domingo de la Calzada, où il acheva la théologie et reçut le sous-diaconat (1895) et le diaconat (1896). Il fut ordonné prêtre en 1897 à Victoria, avec une «dispense d’âge» de dix mois.

Il faut expliquer ici que l’âge canonique de l’ordination sacerdotale exige d’avoir accompli vingt-quatre ans, qui peuvent cependant être anticipés dans des cas «exceptionnels», comme l’était justement Joan.

Joan recouvra successivement différentes charges, à Barbastro, Solsona (1899), Gracia (1901).

Il subit alors une grosse épreuve : après avoir recueilli patiemment d’importantes sommes d’argent pour la construction de l’église, un incendie détruisit toute la maison et l’église, ainsi que tous les documents et les notes du père Joan.

En 1909, il fut nommé alors à La Selva del Campo.

En mai 1911, il subit un premier épisode de persécution de la part d’un groupe de communistes lorsqu’il s’apprêtait à prendre le train pour San Feliu ; il eut juste le temps d’aller se cacher dans un champ voisin.

D’autres charges l’attendaient à Sabadell (1913), de nouveau Gracia où l’on reconstruisait la maison (1917). Sa santé donnait des inquiétudes : il dut renoncer à partir prêcher au Mexique. En 1926, il repartit pour Sabadell où, devenu quasi aveugle, il avait peu d’activités extérieures, demeurant plus volontiers au confessionnal où les âmes retrouvaient la paix. Il avait toujours son chapelet à la main.

La prière du chapelet fut son unique soutien durant toute la guerre civile de 1936. Il dut passer de cachette en cachette, de maison en maison, jusqu’en février 1937.

Le 13 février, un bombardement sur Barcelone obligea tous les habitants à se réfugier dans les abris. Le p.Joan s’y trouva, et fut dénoncé. Trois jours plus tard, ce fut l’arrestation : au soir du 16 février, une patrouille vint détruire tout ce qu’il y avait de religieux dans cette pension, et emmenèrent le p.Joan à la «tchéka», la prison Sant Elías de Barcelone.

Le Religieux ne cacha pas son état sacerdotal et fut maintenu en prison pendant un mois. Seuls deux jeunes garçons se préoccupèrent de venir l’aider à manger et à aller prendre l’air. Le p.Joan se doutait bien de son sort, surtout parce qu’il était prêtre.

Le 17 mars 1937, il fit partie du groupe qu’on emmena au cimetière de Montcada (Barcelone), où il fut fusillé. On n’a jamais retrouvé son corps, qui fut sans doute jeté dans la fosse commune.

Le père Joan a été béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Joan Torrents Figueras sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 17 mars.

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