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17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 00:00

 

17 NOVEMBRE

 

III.

S Grégoire le Thaumaturge, évêque à Néocésarée ; disciple d'Origène à Césarée de Palestine, il eut la première apparition connue de la Sainte Vierge ; on dit qu’au début de son épiscopat, il n'y avait que dix-sept chrétiens dans son diocèse, et qu’à sa mort il n'y avait plus que dix-sept païens.

IV.

SS Alphæus et Zachæus, martyrs à Césarée de Palestine.

S Acisclus, martyr à Cordoue.

V.

S Eugène, diacre à Florence.

S Aignan, évêque à Orléans, qu'il galvanisa contre Attila ; mort à quatre-vingt-quinze ans.

VI.

S Namatius, patrice de Provence, puis évêque à Vienne ; son épouse lui survécut.

S Grégoire, évêque à Tours, parent de cinq autres saints évêques, connu pour son érudition, son Histoire des Francs.

VII.

Ste Hild, abbesse à Whitby ; ste Begu vit son âme monter au ciel.

S Florin, prêtre et ermite à Remüs.

S Ravengerus, évêque à Séez, puis moine à Fontenelle.

IX.

S Lazaros, moine à Constantinople, torturé par les iconoclastes pour ses dons de peinture, puis messager de l'empereur auprès du Pape ; il est un des patrons des peintres.

XII.

S Hugues, abbé cistercien, envoyé par s. Bernard pour fonder le premier monastère cistercien en Sicile.

XIII.

S Hugues, français, évêque à Lincoln ; il avait été moine à la Grande Chartreuse, prieur à celle de Witham ; évêque, il sut s'affirmer en face du pouvoir royal et défendit les Juifs.

Ste Elisabeth de Hongrie, duchesse de Hongrie, veuve à vingt ans ; abandonnée de tous, elle plaça ses trois enfants et se fit tertiaire franciscaine.

XIV.

Ste Gertrud "la Grande", mystique bénédictine à Helfta, fêtée le 16 octobre.

XVII.

B Leo Saisho Shichiemon, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

S Juan del Castillo, frère jésuite espagnol martyr au Paraguay, canonisé en 1988.

SS Thomas Hioji Nishi Rokuzaemon (de Saint Hyacinthe, japonais) et Giacinto Ansalone (Giordano de Saint-Etienne, italien), prêtres dominicains martyrs à Nagasaki, béatifiés en 1981 et canonisés en 1987, fêtés avec s. Laurent Ruiz le 28 septembre.

XVIII.

B Sébastien-Loup Hunot, chanoine dans l'Yonne, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995. 

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2007 :

Lasalliens : à Barcelone, Eusebio Roldán Vielva (Eusebio Andrés, *1895) ;

- béatifiées en 2013 :

Filles de la Sagesse : à Madrid, Lorenza Díaz Bolaños et Josefa Gironés Arteta (*1896, 1907).

B Josef (Yosafat) Kotsylovskyj (1876-1947), évêque ukrainien à Premisliensis et martyr, béatifié en 2001.

Grégoire le Thaumaturge

3e siècle

 

Grégoire s’appelait d’abord Théodore. Il avait un frère, Athénodore, qui devint évêque dans le Pont (v. 7 novembre), et une sœur qui épousa un juriste.

Les parents de ce trio étaient païens, fort riches, et donnèrent une bonne éducation à leurs enfants.

Théodore avait quatorze ans à la mort de son père et connut alors le christianisme, mais on ne sait pas à quel âge exactement il reçut le baptême. En revanche, sur les instances de sa mère, il s’adonna à l’étude du droit et, pour parachever ses connaissances, pensait venir à Beyrouth où se trouvait une célèbre école.

En chemin, lui et Athénodore durent s’arrêter à Césarée de Palestine, où ils firent la connaissance d’Origène, exilé d’Alexandrie. Ils se fixèrent alors là, écoutant les leçons et les conseils d’Origène : logique, physique, astronomie, géométrie, morale, l’Ecriture enfin.

Origène sut aussi avertir nos jeunes étudiants que la science est vaine si elle ne s’accompagne pas de la prière.

Là-dessus, Théodore aurait voulu revenir dans son pays et mener la vie érémitique, mais l’évêque d’Amasée, Phédime, eut révélation qu’il devait ordonner évêque Théodore. Ce dernier, averti de ce choix, tenta de se cacher pour échapper à cet honneur, mais une vision lui aurait intimé l’ordre d’obéir.

Ainsi devenu évêque à Néocésarée (actuelle Niksar, sur la Mer Noire, centre-nord de la Turquie actuelle), Théodore aurait pris alors le nom de Grégoire (celui qui veille au troupeau, grex en latin). Il hésita à prêcher jusqu’à ce qu’une apparition de la Vierge Marie - la première dont il est fait mention dans l’histoire de l’Eglise - en compagnie de saint Jean Evangéliste, lui donnât confirmation de la doctrine à enseigner. C’est au terme de cette apparition que Grégoire aurait écrit de sa main un symbole de foi, que l’Eglise de Néocésarée conserva longtemps.

Les miracles attribués à saint Grégoire sont variés à l’infini ; ceux qu’il fit réellement ne le sont pas moins, c’est pourquoi on a donné à saint Grégoire le surnom de Thaumaturge.

Entre autres miracles, lors de la persécution de 250, Grégoire fut recherché ; les soldats surent où il se trouvait, mais parvenus à l’endroit, ils ne virent que deux arbres au lieu de l’évêque et de son diacre…

Son activité inlassable fit que son diocèse ne comptait plus que dix-sept païens à la mort de Grégoire, alors qu’il n’y avait que dix-sept chrétiens à son arrivée (c’est lui qui l’écrit).

Saint Grégoire le Thaumaturge est fêté en Orient comme en Occident le 17 novembre.

Beaucoup d’écrits lui sont attribués, certains sont peut-être apocryphes.

 

 

Alphæus et Zachæus de Césarée de Palestine

† 303

 

En 303, les premiers édits de persécution de Dioclétien visaient à faire des apostats plutôt que des martyrs.

A Césarée de Palestine (proche de l’act. Hadera, Haïfa, Israël), les Chrétiens qui ne voulaient pas sacrifier aux idoles, étaient mis en prison, battus, traînés devant les autels, où on leur mettait par la force des grains d’encens dans les mains et on les forçait à jeter ces grains sur les charbons devant les statues de divinités païennes. Ceux qui étaient chargés d’organiser ces comédies, prétendaient ensuite que leurs victimes avaient «obéi» ; mais si les victimes osaient proclamer qu’ils n’avaient consenti à rien, on leur intimait l’ordre de se taire.

Dans le cas d’Alphæus et de Zachæus, les choses allèrent jusqu’à la dernière extrémité. Ils subirent les fouets et les ongles de fer, les chaînes et plusieurs interrogatoires ; après une journée et une nuit passés avec les pieds dans les ceps jusqu’au quatrième trou, écrit l’historien Eusèbe de Césarée,

le dix-septième jour du mois de Dios, c’est-à-dire le quinze des calendes de décembre {le 17 novembre}, après avoir confessé qu’il n’y a qu’un seul Dieu et seul Christ roi, Jésus, ils furent, comme s’ils avaient prononcé un blasphème, décapités comme le premier martyr.

Eusèbe a dû vouloir mentionner quelque autre apôtre, saint Paul par exemple, car s.Etienne, protomartyr, fut lapidé (cf. Ac 7:59).

Etrange coïncidence que ces deux martyrs, dont les noms commencent par la première et la dernière lettres de l’alphabet latin !

Le Martyrologe Romain mentionne saints Alphæus et Zachæus de Césarée de Palestine au 17 novembre.

 

 

Acisclus de Cordoue

4. siècle

 

Plusieurs ouvrages ont mentionné le martyr Acisclus, à Cordoue (Espagne S).

L’ancienne édition du Martyrologe parlait de la même persécution durant laquelle avaient été décapités Alphæus et Zachæus (v. supra). Cette persécution s’étendit de 303 à 311 environ.

Certains de ces ouvrages ont mentionné une Victoria, qui aurait été la sœur d’Acisclus. D’autres ont parlé de Compagnons, mais ces indications ne font pas autorité.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Acisclus de Cordoue au 17 novembre.

 

 

Namatius de Vienne

486-559

 

Il est regrettable qu’on confonde ce Namatius de Vienne avec celui de Clermont, qui mourut un siècle plus tôt (v. 27 octobre).

Avant d’être évêque, Namatius (ou Namacius) avait vécu dans le mariage, avec une certaine Euphrasia, et fut aussi gouverneur de Vienne.

Il fut appelé à être évêque du siège de Vienne, dont il fut le vingt-cinquième titulaire.

Après un court épiscopat, Namatius s’éteignit vers 559. Il est difficile d’évaluer la durée de cet épiscopat, car le prédécesseur de Namatius, un certain Isicius, semble avoir occupé la chaire épiscopale de 545 à 565. Et tant Isicius que Namatius sont reconnus comme saints : il n’est donc pas question d’usurpateur, d’hérétique, de faussaire, de corrompu…

Le culte de Namatius n’a été confirmé qu’en 1903.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Namatius de Vienne au 17 novembre.

 

 

Grégoire de Tours

538-594

 

Le Martyrologe mentionne le même jour deux Grégoire, non moins fameux l’un que l’autre : l’oriental Grégoire le Thaumaturge (v. supra) et l’occidental Grégoire de Tours.

Georgius Florentius Gregorius naquit à Clermont en 538 ou en 539, de parents appartenant à l’aristocratie gallo-romaine.

Le père, Georgius, était sénateur, mais ne put exercer sa charge à cause de sa santé, et mourut jeune ;  son frère, Gallus, fut évêque de Clermont.

La mère, Armentaria, qui était souffrante depuis la naissance de Grégoire, alla s’établir à Cavaillon (Vaucluse) avec les trois jeunes enfants, Petrus, Gregorius et leur petite sœur, dont on ignore le nom.

Dans la parenté d’Armentaria, on rencontre plusieurs évêques : Sacerdos et Nicetius, qui furent évêques de Lyon (v. 11 septembre et 2 avril), Tetricus et Grégoire (v. 4 janvier), qui furent évêques de Langres, ainsi qu’Euphronius, évêque de Tours (v. 4 août).

Après la mort de son père, Grégoire reçut son éducation à Clermont auprès de Gallus, l’oncle paternel († 551), puis de l’archidiacre Avit ; en 563, il ira à Lyon auprès de son autre oncle, Nicetius.

Grégoire n’avait pas non plus une bonne santé ; à treize-quatorze ans, peu avant la mort de l’oncle Gallus, une forte fièvre et des douleurs d’estomac donnèrent de grandes inquiétudes à la famille : Grégoire se fit porter au tombeau de s.Illidius (v. 5 juin) et y promit, s’il guérissait, d’entrer dans la cléricature, ce qui advint, même si la santé de Grégoire resta toujours faible.

En 563, nouvelle rechute de la maladie. Cette fois-ci, Grégoire fit le pèlerinage au tombeau de s.Martin de Tours et s’en trouva guéri.

Ordonné diacre, il officia à la basilique Saint-Julien de Brioude.

Le 4 août 573, mourut s.Euphronius de Tours. Le roi Sigebert et la reine Brunehaut intervinrent sans doute pour hâter l’élection de son successeur, et proposant la nomination de Grégoire : dix-huit jours après la mort d’Euphronius, fut consacré Grégoire ; il devenait ainsi le dix-neuvième évêque de Tours.

Son épiscopat débuta par une nouvelle crise de santé, que s.Martin guérit une fois encore. Mais surtout, les rivalités et les agitations ne lui épargnèrent aucun souci. En 574, son propre frère Petrus, qui était diacre à Langres, fut assassiné par un «rival». Les assassinats et les vengeances se succédaient dans la maison royale, le roi Sigebert fut assassiné en 575, et les coupables n’hésitaient pas à chercher asile à Tours : sans descendre dans les discussions, Grégoire les protégeait et refusait de les livrer, imposant ainsi un esprit évangélique à cette haine implacable que se livraient les hommes.

En 577, Grégoire fut au concile de Paris pour juger l’évêque de Rouen, Prétextat, qui avait béni le mariage de Mérovée et Brunehaut, malgré leur parenté. Grégoire refusa, devant tous les évêques, de déposer ce confrère ; mais sur la pression de la reine Frédégonde, on feignit de promettre à Prétextat le pardon s’il se reconnaissait coupable ; il avoua, mais fut tout de même exilé.

Des jaloux tentèrent de discréditer calomnieusement Grégoire auprès du roi ; un concile fut réuni à Berny (auj. Berny-Rivière, Aisne) pour le «juger» ; l’innocence de Grégoire fut reconnue et ses ennemis condamnés : Grégoire pardonna noblement à ses accusateurs.

Il réussit à convaincre le wisigoth arien Agila, qui mourut converti ; et aussi un de ses prêtres qui niait la résurrection des morts. Il dut contrer le roi Chilpéric, qui prétendait lui faire admettre une théorie trinitaire, où l’on ne devait plus parler de personnes divines. Comme Grégoire lui exposait sagement la doctrine, Chilpéric lui lança : Je montrerai cela à plus sage que toi ; mais Grégoire : Celui qui adoptera ce que tu proposes, ne sera pas un sage, mais un insensé ! Le roi théologien fut bien obligé d’abandonner la théologie et se rabattit sur la poésie, inventant de nouvelles lettres à l’alphabet etc. Les rapports de Grégoire avec le nouveau roi Gontran furent meilleurs.

On le comprend, Grégoire était un homme de paix. Il rencontra à Coblence le roi Childebert II, qu’il mit d’accord avec le roi Gontran (traité d’Andelot, 587), ce qui apporta quelques années de paix dans la Gaule.

A l’intérieur de son diocèse, Grégoire reconstruisit la cathédrale, restaura ou construisit d’autres églises, envoya un diacre spécialement à Rome pour y demander des reliques.

Tous ces événements n’empêchèrent pas Grégoire d’écrire. Ses ouvrages sont précieux pour nous documenter sur des faits que nous ne pourrions pas connaître par d’autres sources. Ce sont : Histoire des Francs, en dix livres ; Miracles de saint Julien ; Miracles de saint Martin, en quatre livres ; A la gloire des Martyrs ; A la gloire des Confesseurs ; Vies des Pères. Il écrivait encore en 594.

Le très fameux épisode du Vase de Soissons nous a été conté justement par s.Grégoire dans l’Histoire des Francs.

Grégoire mourut à la fin de cette année 594 (certains ont parfois parlé de 595), et fort probablement le 17 novembre.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Grégoire de Tours au 17 novembre.

 

 

Hilda de Whitby

614-680

 

La naissance de Hild (Hilda) fut précédée d’un songe que fit sa pieuse mère, Breguswith : celle-ci, vêtue de sa belle robe, voyait sous cette robe un bijou qui illuminait toute l’île, symbolisant l’exemple lumineux qu’allait être cette petite fille pour tous ceux qui désiraient vivre bien.

Mais cette naissance fut aussi précédée d’un drame : le père de Hild avait été banni et s’était réfugié auprès du roi Cerdic d’Elmet. On l’empoisonna, peu après la naissance de Hild.

Hild naquit en 614, de Hereric, qui était lui-même neveu de s.Edwin, le roi de Northumbrie (v. 12 octobre ?). C’est s.Paulinus d’York (v. 10 octobre) qui baptisa Hild et Edwin. La sœur de Hild s’appelait Hereswith.

En 647, à trente-trois ans, elle voulut se mettre entièrement à la suite du divin Pasteur et se retira en Est-Anglie, dont le roi était aussi son parent. Mais Dieu lui suggéra de vraiment tout quitter, famille et patrie, pour venir s’installer à une vingtaine de kilomètres de Paris, à Chelles, où se trouvait déjà sa sœur Hereswith.

Au bout d’un an cependant (648), s.Aidan de Lindisfarne (v. 31 août) l’invita à revenir en Northumbrie, pour diriger un petit groupe de compagnes ; puis elle fut nommée abbesse de Hartlepool (649), où elle s’appliqua à organiser la vie régulière de ce monastère double. On admirait sa sagesse, et l’on venait volontiers l’entretenir, tant elle se montrait humble en demandant les lumières des autres, et en les recevant.

Après huit années, en 657, on lui confia le monastère de Streonshalh, traditionnellement identifié avec Whitby. Là encore, il s’agit d’un monastère double, comportant une communauté de femmes et une communauté d’hommes, sous l’unique direction de Hild.

Hild s’y illustra par son enseignement. Les moniales et les moines apprirent ainsi à cultiver la justice, la piété, et surtout la paix et la charité.

De ses disciples, plusieurs devinrent évêques.

Les six dernières années de sa vie, Hild souffrit énormément, sans cesser de louer et de remercier le divin Créateur, ni d’enseigner son troupeau.

Avant de mourir, elle fonda encore le monastère de Hackness.

Elle mourut le 17 novembre 680, après trente-trois ans de vie consacrée : on a vu comment sainte Begu (v. 31 octobre) vit son âme monter au ciel.

Sainte Hilda de Whitby est commémorée le 17 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Florin de Remüs

7e-9e siècle

 

Il n’est pas facile de situer s.Florin.

Traditionnellement, on le présente comme le fils d’un Anglo-Saxon, époux d’une Juive convertie, au 9e siècle. Plus récemment, on a voulu expliquer que, l’auteur de la Vita Florini ayant écrit que cette Britannia se trouve dans les montagnes de la province de Rhétie, on suppose à juste titre que cette Bretagne signifie ici plutôt… la région de Chur (Suisse), et plus précisément Prätigau.

D’ailleurs, Florin, il est vrai, n’est pas un nom anglais.

Comment un auteur a pu à ce point se tromper à propos d’une Britannia, que tout l’Occident connaissait bien pour avoir reçu tant de missionnaires anglais, reste une question sans réponse.

Reste que, dans cette deuxième hypothèse, il faudrait situer Florin plutôt au 7e siècle.

Les parents de Florin firent un pèlerinage à Rome ; Florin naquit au retour de ce voyage, dans la région de Vintschgau.

Florin aurait reçu une formation théologique d’un prêtre d’Unterengadin, et fut ordonné prêtre.

Après son ordination sacerdotale, il se serait établi dans la région de Heremuscia (Ramosch, Remüs) pour y mener la vie érémitique, près d’une église Saint-Pierre. Il aurait aussi exercé la charge de pasteur d’âmes.

Un de ses (nombreux) miracles aurait été de changer de l’eau en vin, raison pour laquelle on le représenta avec un verre (ou une carafe) d’eau.

Il devint le patron céleste de Vintschgau et de Unterengadin, où se trouve sa tombe, auprès de laquelle se produisirent beaucoup de miracles.

Saint Florin de Remüs est commémoré le 17 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lazaros de Constantinople

† 867

 

Lazaros venait d’Arménie.

Tout jeune, il vint à Constantinople et se fit moine.

Une de ses occupations fut d’apprendre l’art de la peinture et d’écrire, comme on doit le dire, des icônes.

Or le neuvième siècle fut le théâtre d’une deuxième vague d’iconoclasme, sous les empereurs Léon V l’Arménien, Michel II et Théophile.

Accédant au trône en 829, Théophile décréta la peine de mort pour tous les peintres chrétiens qui refuseraient de déchirer ou de fouler aux pieds les tableaux des Saints.

Lazaros fut arrêté, et sommé d’accomplir l’ordre impérial. Le Moine s’y opposa résolument. L’empereur chercha à le gagner par les bonnes paroles, les belles promesse, en vain. L’empereur alors donna l’ordre de torturer le pauvre Moine, qui aurait pu succomber, puis on le jeta dans un cloaque. Quelque temps après, on vint informer l’empereur que l’infortuné reprenait des forces, et se remettait à l’écriture d’icônes. On lui appliqua des barres de fer toutes rouges sur la paume des mains, ce que Lazaros supporta sans émotion ; le feu consuma la chair jusqu’à l’os, et Lazaros sembla s’évanouir.

L’impératrice Theodora, aussi pieuse que son mari était cruel, intervint pour faire libérer Lazaros et lui offrir une cachette dans le monastère Saint-Jean-Baptiste sur le Bosphore. Reconnaissant, Lazaros écrivit alors une icône du saint Précurseur, ses mains s’étant trouvées miraculeusement guéries.

A la mort de l’empereur (842), Theodora fit rappeler et libérer tous ceux qui avaient souffert de cette persécution. Quand à Lazaros, il écrivit une belle icône du Sauveur, qui fut exposée à la dévotion publique.

Puis il retourna s’enfermer dans son monastère, dont il ne voulait plus sortir.

Il reçut alors le sacerdoce.

En 856 cependant, l’empereur Michel III choisit Lazaros comme ambassadeur auprès du nouveau pape, Benoît III ; Lazaros profita de cette occasion pour s’entretenir avec le Pontife des moyens d’affermir la foi catholique, de faire disparaître les restes de l’hérésie et de resserrer les liens entre l’Orient et l’Occident.

Lazaros aurait été envoyé une seconde fois à Rome et serait mort en chemin, vers 867.

Il est devenu le saint Patron des peintres, avec s.Luc, ste Catherine de Bologne, et beato Angelico (v. 18 octobre, 9 mars, 18 février).

L’icône de s.Jean-Baptiste fut par la suite connue comme image miraculeuse.

Saint Lazaros de Constantinople est maintenant commémoré le 17 novembre dans le Martyrologe Romain.

Hugues de Novara

† 1175

 

On ne sait à peu près rien de la vie personnelle de Hugues.

Il était d’origine française.

Entré à l’abbaye de Cîteaux, il accompagna saint Bernard (v. 20 août) pour fonder l’abbaye de Clairvaux (1115). Il devait être déjà prêtre, donc être âgé d’au moins vingt-cinq à trente ans. On peut donc présumer qu’il naquit vers la fin du 11e siècle, dans les années 1085-1090.

Il fut ensuite envoyé à Monterola (Espagne).

Dans les années 1130-1140, Ruggiero II de Sicile voulut implanter les Cisterciens en Sicile. Le pape, qui l’approuvait, en fit la demande à saint Bernard. Celui-ci appela d’Espagne des moines qui s’installèrent en premier lieu en Calabre, puis vinrent achever la construction d’un monastère près de Novara de Sicile (1137). C’est Hugues qui guida le petit troupeau désigné.

En réalité, il y avait déjà eu là des moines basiliens, mais les bâtiments devaient être adaptés à la communauté cistercienne. Les travaux furent achevés en 1167, et l’abbaye érigée en 1171.

Une fois les bâtiments achevés et placés sous le titre de la Très Sainte Vierge Marie de l’Annonciation, Hugues en fut nommé premier abbé.

Hugues se soucia de doter l’abbaye de reliques importantes. On y a noté : une Epine de la sainte Couronne d’Epines, une pierre du Saint-Sépulcre,  une pierre du Calvaire.

Par la suite, l’abbaye prit le nom simplifié de Notre-Dame de Novara. Elle s’amplifia et eut des filiales : Badiazza, Roccamadore, Altofonte.

On dit que Hugues mourut «chargé d’années», un 17 novembre d’une année aux environs de 1174. On sait juste qu’en 1175 l’abbé était Marc, son successeur immédiat. Hugues pouvait donc avoir vécu quatre-vingts ans.

L’année de sa canonisation semble être 1666. Le Martyrologe le mentionne au 17 novembre.

 

 

Hugues d’Avalon

1140-1200

 

Hugues, né en 1140, était le fils de Guillaume d’Avalon et Anne, de bons chrétiens.

Cet Avalon (avec un seul l) est une ancienne localité actuellement intégrée à Pontcharra (Isère).

La mère de Hugues mourut en 1148. Son père le confia à des Chanoines réguliers du voisinage, et vint plus tard le rejoindre ; c’est là qu’il mourut.

Hugues fit de rapide progrès, intellectuellement et spirituellement, de sorte qu’il fit la profession religieuse à quinze ans et fut ordonné diacre à dix-neuf. Il y avait normalement des règles plus strictes pour l’âge minimum exigé avant l’appel aux Ordres sacrés - et il y en a toujours, mais on verra que l’exception d’Hugues fut justifiée.

Bon prêcheur, Hugues fut envoyé à Saint-Maximin.

Puis il entra à la Grande-Chartreuse, où il fut ordonné prêtre et devint procureur. Il eut l’occasion de rencontrer s. Pierre de Tarentaise (v. 8 mai), lors de ses retraites dans le silence de la Chartreuse.

On sait que Pierre fut chargé de mission auprès du roi d’Angleterre. On ne sait s’il y a lien de cause à effet, mais il se trouve qu’Hugues se trouvait en 1179 à Witham pour organiser la Chartreuse qui s’y trouvait depuis peu ; c’était la première Chartreuse d’Angleterre. Witham en Angleterre, et Liget en Touraine, furent le siège de deux Chartreuses que le roi d’Angleterre s’engagea à construire en réparation du meurtre de s.Thomas Becket (v. 29 décembre). Hugues et le roi Henry se lièrent d’une réelle amitié. De plus, les années passant, on leur trouvait une certaine ressemblance et on les croyait père et fils.

Hugues fut un bon conseiller pour ce roi. Il l’aida à nommer de bons évêques. Quand il s’agit de nommer un nouvel évêque pour Lincoln, le roi imposa le nom d’Hugues ; l’intéressé exigea d’abord que ce choix fût confirmé par le chapitre de Lincoln, puis qu’on obtînt l’autorisation du prieur de la Grande-Chartreuse : il espérait par là être exclu de cette charge, mais tous confirmèrent le choix royal et il fut sacré en 1186.

Pasteur, il voulut prêcher d’exemple pour remonter le niveau du clergé et pour amener les âmes à Dieu. Il aimait particulièrement les enfants, qui le lui rendaient bien.

Visitant une léproserie, il n’hésitait pas à baiser les plaies des malades. Son chancelier lui rappela que saint Martin guérissait les lépreux et Hugues répondit : Un baiser de Martin guérissait le lèpre du corps, mais leurs baisers à eux guérissent mon âme.

Il y eut une vague d’antisémitisme en Angleterre, au moment de la troisième croisade (1189-1192). A Lincoln, Stanford et Northampton, des bagarres se déchaînaient entre des Juifs et une foule furieuse qui voulait les massacrer. Hugues s’interposa.

La fermeté de l’évêque alla parfois à l’encontre des caprices du roi, qui fut même un jour très fâché et ne se leva même pas pour recevoir son ami, l’évêque. Hugues ne se formalisa pas une seconde ; il s’approcha du roi, lança une petite plaisanterie qui fit bien rire le roi : ce dernier avait tout oublié et laissa Hugues remplir sa charge en toute liberté.

Après la mort du roi Henry, Hugues s’opposa fermement à payer toute taxe pour financer les guerres de Richard Cœur de Lion en France ; puis Jean sans Terre envoya Hugues comme intermédiaire auprès de Philippe Auguste. Ce fut l’occasion pour Hugues d’un long voyage en France, de la Normandie au Mans, à Paris où l’Université lui fit très bon accueil ; puis il fut à la Grande Chartreuse et visita les grandes abbayes (Cluny, Cîteaux, Clairvaux), avant de rembarquer.

Malade, il s’arrêta quand même à Canterbury au tombeau de s. Thomas Becket, et dut s’aliter à Londres.

Il s’éteignit là le 16 novembre 1200. Ses funérailles furent exceptionnellement grandioses.

De nombreux miracles accélérèrent la canonisation, qui fut proclamée en 1220. Les reliques de Hugues furent reconnues à Lincoln le 6 octobre 1280, fête de saint Bruno, fondateur des Chartreux.

Hugues avait commissionné un architecte français pour construire la nouvelle cathédrale de Lincoln : les chapelles du transept existent encore.

 

 

Elisabeth de Hongrie

1207-1231

 

Elisabeth, née le 7 juuillet 1207 à Sárospatak (Hongrie) était la fille du roi Andreas II et de Gertrud d’Andechs ; la famille d’Andechs était une des plus nobles familles de l’époque.

Gertrud fut cependant assassinée en 1213, par des magnats hongrois qui profitèrent de l’absence d’Andreas et voulaient éliminer la descendance d’Andreas, mais leur complot échoua.

Elisabeth fut promise très tôt à Ludwig de Thuringe, qu’elle épousa en 1221, à quatorze ans. Ludwig n’avait que dix-sept ans quand il succéda à son père. Les deux époux vécurent leur mariage dans une profonde union.

Elisabeth accompagnait son mari partout ; elle mangeait avec lui (ce n’était pas la coutume alors), voyageait avec lui et, si elle le pouvait, portait des vêtements tout simples (ou même de deuil) ; elle s’occupait activement des nécessiteux et des malades.

On a souvent rapporté deux traits miraculeux de la vie d’Elisabeth, que certains mettent aujourd’hui en doute : 

- alors qu’elle portait dans son manteau de la nourriture pour des pauvres, Ludwig lui aurait intimé l’ordre de montrer ce qu’elle cachait là, et, quand elle ouvrit son habit, il en tombèrent des roses.

- elle avait mis dans le propre lit conjugal un malheureux pour le soigner ; accusée auprès de son mari par des membres de la cour, celui-ci, fâché, vint arracher les draps du lit pour découvrir le «coupable», et aperçut alors le Christ couvert de blessures.

Ces deux faits pourraient suggérer que Ludwig aurait été parfois violent et en désaccord avec sa sainte épouse, mais ils furent au contraire très fidèles et unis. Ils eurent trois enfants : Hermann succéda à Ludwig, Sophie fut à l’origine de la maison de Hesse, Gertrud devint abbesse à Altenberg (voir au 13 août).

Ludwig partit en croisade en 1227, mais mourut en chemin à Otranto (Italie). Son jeune frère lui succéda et, littéralement, expulsa de la cour la jeune veuve Elisabeth et ses trois enfants.

Dès lors, Elisabeth vécut dans une pauvreté extrême. Même les gens qu’elle avait aidés auparavant, lui tournèrent le dos. Elle dut placer ses enfants et vivre dans la solitude et la prière, mendiant son pain.

Avec l’argent qu’on finit par lui octroyer, Elisabeth fonda un hôpital à Marburg, où elle allait personnellement assister les malades. L’amour qu’elle montra à soigner les malades les plus repoussants, la fit bientôt surnommer la mère des malades et des pauvres.

C’est à Marburg aussi qu’elle rencontra son directeur spirituel, Conrad, qui l’assista de son mieux jusqu’à la mort, quoique parfois avec des façons quelque peu «sévères». 

Elle s’inscrivit dans le Tiers-Ordre franciscain. 

On chercha à lui proposer un nouveau mariage, qu’elle refusa catégoriquement en menaçant de se couper le nez pour devenir repoussante.

Elisabeth mourut à Marburg dans une indigence complète, et joyeusement acceptée, le 17 novembre 1231, assistée par Conrad et deux ou trois amies fidèles de la cour.

Un premier document pour sa canonisation fut égaré ; sur l’insistance de Conrad, le pape établit une enquête complète ; la proclamation advint en 1235.

Beaucoup de congrégations se réfèrent à sainte Elisabeth de Hongrie comme leur fondatrice ; le monde protestant a aussi exprimé sa reconnaissance et sa vénération envers cette Sainte.

Depuis l’époque du protestantisme (1539), il n’y a plus de reliques de sainte Elisabeth à Marburg.

Sainte Elisabeth de Hongrie est fêtée liturgiquement le 17 novembre.

 

 

Gertrud de Helfta

1256-1302

 

Gertrude naquit le 6 janvier 1256, peut-être en Thuringe (Allemagne).

Quand elle eut cinq ans, sa famille la confia comme «orpheline» à l’abbaye de Helfta, où elle fut ensuite novice et reçut une formation théologique et scientifique très soignée.

Cette abbaye suivait la règle cistercienne, ce qui prouve qu’il est erronné de représenter Gertrud avec l’habit bénédictiin, et encore plus avec la crosse abbatiale.

Elle y rencontra sainte Mechtild de Hackeborn, autre mystique (voir au 19 novembre), dont la sœur était l’abbesse elle-même.

Elle fut favorisée de visions célestes.

Son activité fut débordante ; elle étudia la langue latine, les Pères de l’Eglise, la Bible ; elle fit des traductions, elle écrivit quantité d’ouvrages spirituels et mystiques. En particulier, elle suscita la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, source des sacrements. Dans une vision, elle se trouva comme saint Jean l’Evangéliste, près du Cœur du Christ, dont elle entendit les battements.

Par ses ouvrages en langue latine, elle fut connue dans le monde latino-romain et jusqu’en Amérique latine.

Gertrud la Grande - l’unique Allemande qui ait reçut ce surnom - mourut le 17 novembre 1302 (ou même 1301).

Elle fut inscrite à ce jour au Martyrologe en 1678, mais sa fête liturgique est le 16 novembre dans le calendrier romain.

Leo Saisho Shichiemon Atsumoto

1569-1608

 

Saisho naquit en 1569 environ, à Jonai (Miyakonojo, Miyazaki, Japon) et reçut au baptême le prénom de Leo (Léon).

Ce noble samouraï était du diocèse de Funai et appartenait à la Confrérie du Rosaire, implantée par les religieux dominicains.

Il fut martyrisé par décapitation à Sendai (Kagoshima) le 17 novembre 1608.

Il a été béatifié parmi cent quatre-vingt-huit Martyrs du Japon, en 2008. 

Leo est inscrit au Martyrologe le 17 novembre, tandis qu’une fête locale célèbre ensemble tous ces Soldats du Christ le 1er juillet.

 

 

Juan del Castillo Rodríguez

1595-1628

 

Il ne faut pas confondre ce Juan del Castillo avec deux autres espagnols de la même époque, un peintre et un ecclésiastique hérétique.

Juan (Jean) était né à Belmonte (Espagne) le jour de la fête de la Croix, 14 septembre 1595 (ou 1596), premier fils de Alonso et de María Rodríguez. Etant l’aîné, il reçut au baptême, huit jours après, le nom du grand-père. Il eut neuf frères et sœurs, trois de ces dernières devinrent Religieuses cloîtrées. Le papa, Alonso, était l’officier de justice de la ville.

Juan étudia dans le collège des Jésuites, et demanda ensuite à être admis comme novice. 

Il entra donc très jeune encore chez les Jésuites de Madrid, en 1614, et fut chargé de la cuisine, du fournil et du jardin. Puis il passa à Huete pour les études de philosophie.

En 1616, enthousiasmé par les récits et l’invitation du Procureur jésuite du Chili, il se proposa pour partir. Il devait aller au Pérou, mais il obtint une destination encore plus difficile : le Chili et le Paraguay. 

Il voyagea avec Alonso Rodríguez Obnel (v. 15 novembre). Ils achevèrent les études de philosophie à Córdoba (d’Argentine). Juan n’était pas très porté pour ces charabias philosophiques, et s’intéressait bien plus aux pauvres qu’il rencontrait dans les rues.

En 1619, on l’envoya à Concepción (Chili), où les Supérieurs le jugeaient tout juste bon à «enseigner la grammaire». Nouveau voyage, long et périlleux, à travers les Andes. 

En 1626, enfin, il fut envoyé rejoindre le père Roque González de Santa Cruz (v. 15 novembre). Cette fois-ci, le jugement du Supérieur est parfait : Juan a une grande ferveur, c’est un parfait Religieux ; son zèle apparaît dans son effort intense pour apprendre la langue guarani. Sa douceur conquiert tous les cœurs ; il est bon, pieux, désintéressé, pur. Il a un grand amour de Dieu et des hommes..

Il travailla dans la réduction de San Nicolás, qui se trouve maintenant en territoire brésilien.

En 1628, il passa à la réduction de Asunción de Yhuí.

C’est là qu’il reçut la palme du martyre, assassiné par des indigènes qui agissaient sur mandat d’un sorcier jaloux du succès des Religieux. 

Il était trois heures de l’après-midi. Un témoin raconta plus tard les faits, confirmés par d’autres témoins :

Il était en train d’écrire. On l’attaqua par derrière, on lui tordit les bras et on le poussa vers le bois. On lui retira presque tous ses vêtements et on le jeta par terre. On lui attacha deux cordes aux poignets et on le traîna dans le bois. Un bras se détacha. On le frappa violemment sur le ventre avec des pierres, on le tira jusqu’à un bourbier. Ce n’était plus qu’une loque ensanglantée. On lui écrasa la tête avec une grosse pierre, on brisa les os et on le laissa là, en pâture aux tigres.

Au moment où Juan fut arrêté, il dit aux hommes : Mes enfants, que se passe-t-il ? Il appela ses amis. Puis, on l’entendit dire des choses en espagnol. Ensuite, les assassins se saisirent des objets du Père.

Ce martyre eut lieu le 17 novembre 1628, deux jours après celui des pères Roque et Alonso.

Le lendemain (le témoin n’était plus présent), on brûla ce qui restait du corps.

Le père Juan fut béatifié en 1934, et canonisé en 1988.

 

 

Thomas Hioji Nishi Rokuzaemon

1590-1634

 

Thomas était né à Hirado (Nagasaki, Japon) en 1590, de parents chrétiens qui moururent eux-mêmes pour leur foi.

Après des études chez les Jésuites à Nagasaki, il les poursuivit au collège de Manille (Philippines), ne pouvant rester au Japon à cause de la persécution.

Entré dans l’Ordre dominicain, il prit le nom de Thomas de Saint-Hyacinthe, et fut ordonné prêtre.

Il œuvra d’abord à Formose, puis retourna dans son pays en 1629.

Il mourut durant la persécution, le même jour que Giacinto Ansalone (voir la notice), le 17 novembre 1634.

Il fut béatifié en 1981 et canonisé en 1987.

 

 

Giacinto Ansalone

1598-1634

 

Giacinto naquit à Santo Stefano Quisquina (Agrigente, Sicile, Italie), le 1er novembre 1598.

Entré dans l’Ordre dominicain à dix-sept ans, à Agrigente, il prit le nom de Giordano.

Après ses études à Palerme (Italie), il les poursuivit à Salamanque (Espagne), pour se préparer à rejoindre l’Orient.

Ordonné prêtre, il rejoignit Séville à pied pour s’embarquer.

Il s’arrêta un an au Mexique, et arriva en 1626 aux Philippines ; là il resta deux ans à Cagayan (île de Luzon), et quatre années parmi les Chinois d’un faubourg de Manille. Il en profita pour apprendre le chinois. Il écrivit un ouvrage, qu’on a malheureusement perdu, sur les rapports entre les principes philosophiques chinois et les données de la foi.

En 1632, il passa au Japon, vêtu comme un marchand, pour aller soutenir les Chrétiens persécutés. Il fut nommé Vicaire Provincial.

Gravement malade en l’île de Kyushu, il demanda à Notre-Dame la guérison jusqu’à ce qu’il fût tué pour le Christ.

Arrêté et mis en prison le 4 août 1634 (ce fut longtemps le jour de la fête de saint Dominique), il subit des tortures inouïes, avant d’être martyrisé selon une méthode japonaise atroce : suspendu par les pieds, la tête dans une fosse remplie d’immondices puants, le corps compressé par des planches ; c’était une mort lente, qu’on retardait encore en ouvrant quelques veines du visage : cette saignée faisait diminuer la pression, et ralentir la mort.

L’agonie du père Giacinto dura ainsi une semaine, sur cette colline de Nishizaka (Nagasaki) où moururent des centaines de Martyrs. 

Fr Giacinto-Giordano mourut, fidèle au Christ, le 17 novembre 1634.

Il a été béatifié en 1981 et canonisé en 1987.

 

 

Sébastien-Loup Hunot

1745-1794

 

Sébastien-Loup était le frère de Jean, et cousin de François, tous trois prêtres.

Ils naquirent tous trois à Brienon-l’Archevêque (Yonne), y furent tous trois chanoines.

Ayant refusé le serment constitutionnel, ils furent déportés sur le Washington, qui devait partir pour la Guyane où les envoyait la condamnation à la déportation, mais le navire resta en rade et des centaines de prêtres y moururent, suite aux mauvais traitements, aux conditions hygiéniques inexistantes, aux épidémies, aux maladies, à la faim.

Tous trois moururent la même année 1794 : 

Jean Hunot était né le 21 septembre 1742. Il mourut le 7 octobre 1794.

Sébastien-Loup Hunot était né le 7 août 1745.

Il avait prêté le serment à la Constitution civile du Clergé puis s’était rétracté ; revenu sur cette rétractation, il fut tout de même considéré comme assermenté, et déporté. 

Epuisé par la faim, il mourut dans la joie, le 17 novembre 1794. 

François Hunot était né le 12 février 1753. Il mourut, de fièvre et de scorbut, le 6 octobre 1794.

Tous trois furent béatifiés en 1995.

 

 

Eusebio Roldán Vielva

1895-1936

 

Eusebio vit le jour le 15 décembre 1895 à Nava de Santullán (Palencia, Espagne), et fut baptisé après Noël, le 27 décembre.

En 1911, il entra au novicat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Bujedo, commença le noviciat proprement dit et reçut l’habit, avec le nom de Eusebio Andrés.

Après le scholasticat, il exerça son ministère à Bujedo.

Il enseigna à Granollers, Gerona, Hostalets et Figueras.

En 1917 il fit le service militaire à Burgos, résidant cependant dans la communauté des Pères Jésuites, chez lesquels il laissa un bon souvenir.

A son retour, il fut à Barcelone (Josepets).

En 1929, il fut nommé directeur de Horta, puis repassa à Josepets en 1933 lors des manifestations, et sa dernière activité fut à La Gracia.

En juillet 1936, toute la communauté dut se dissoudre. Frère Eusebio se réfugia chez des connaissances puis, se sachant recherché, se cacha dans la montagne.

Il revint à Barcelone et chercha à trouver un travail chez un beau-frère.

Mais les miliciens le repérèrent très vite. Quand ils arrivèrent pour fouiller la maison, sans attendre leurs questions, Eusebio déclara tout de suite qu’il était un Frère des Ecoles Chrétiennes.

Arrêté, il fut conduit au commissariat. On n’en sut jamais plus.

Son corps fut retrouvé, criblé de balles avec des marques de torture, près d’un cimetière de Barcelone.

Frère Eusebio fut torturé et assassiné le 17 novembre 1936.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Lorenza Días Bolaños

1896-1936

 

Elle vit le jour le 10 août 1896 à Guía (Las Palmas de Gran Canarias, Espagne).

Avant d’être Religieuse, elle montra son attention pour les nécessiteux et pour enseigner le catéchisme.

Elle entra chez les Filles de la Charité en 1921. Son unique poste d’infirmière fut à Carabanchel Alto (Madrid), au bloc opératoire.

Celui qui la dénonça fut justement un employé qu’elle avait fermement éconduit.

Des miliciens vinrent l’arrêter, avec l’autre Sœur (Josefa Gironés Arteta) ; parmi eux se trouvaient des employés de l’hôpital. On les emmena à la tchéka pour les interroger et les torturer. 

Les deux Sœurs furent finalement abattues au Parc des Vistillas de Madrid, le 17 novembre 1936.

Elles furent béatifiées en 2013.

 

 

Josefa Gironés Arteta

1907-1936

 

Elle vit le jour le 17 mars 1907 à Garisoain (Navarre, Espagne).

Avant d’être Religieuse, elle fit les études d’infirmière à Pamplona.

Elle entra chez les Filles de la Charité en 1931. Son unique poste d’infirmière fut à Carabanchel Alto (Madrid), à la maternité.

Le 19 juillet 1936, alors que toutes les églises étaient la proie des flammes, elle fit sa première profession, et confia à une de ses compagnes : Maintenant, je peux être martyre !

Des miliciens vinrent l’arrêter, avec l’autre Sœur (Lorenza Días Bolaños) ; parmi eux se trouvaient des employés de l’hôpital. On les emmena à la tchéka pour les interroger et les torturer. 

Les deux Sœurs furent finalement abattues au Parc des Vistillas de Madrid, le 17 novembre 1936.

Elles furent béatifiées en 2013.

 

 

Josef Kocylovskyj

1876-1947

 

C’est dans le village de Pakosivka (Sianok, Autriche-Hongrie, aujourd’hui Pologne) que naquit Josef, le 3 mars 1876. La famille était d’origine ukrainienne (Lemko).

Après des études théologiques à Rome, il fut ordonné prêtre en 1907

Vice-chancelier et professeur de théologie au séminaire de Stanislaviv (aujourd’hui Ivano-Frankivsk), il entra en 1911 dans l’ordre basilien et émit les vœux de religion, prenant le nom de Josafat.

En 1917, il fut consacré évêque pour l’éparchie de Przemysl.

Sa première arrestation fut en 1945, par les autorités polonaises qui toutefois le relâchèrent l’année suivante, mais pour peu de temps.

En effet, dès 1946, les Ukrainiens vivant en Pologne étaient déportés massivement en Ukraine, et c’est ainsi que Mgr Kocylovskyj se retrouva à Kiev, où il fut frappé par une grave pneumonie.

Transféré au camp de travail de Capaivca (toujours dans la région de Kiev), il y subit de continuelles pressions pour quitter les rangs de l’Eglise catholique et passer à l’Eglise orthodoxe.

Victime d’une hémorragie cérébrale, il mourut dans ce camp le 17 novembre 1947, à soixante-et-onze ans.

Il fut béatifié en 2001.

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16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 00:00

 

16 NOVEMBRE

 

III.

SS Augustinus et Felicitas, martyrs à Capoue.

IV.

SS Leocadius et Lusor, père et fils néophytes, fondateurs de la première Eglise à Bourges. 

V.

Ste Balsamie, romaine avertie par inspiration divine de venir à Reims pour allaiter Clovis ; une tradition la nomme Norrice (Nourrice).

S Eucher, évêque à Lyon ; lui et sa femme, retirés à Lérins, vivaient comme frère et sœur, ayant confié leurs deux garçons aux moines ; ses petits écrits furent très lus. 

VI.

S Afan, évêque au Pays de Galles et martyr.

S Gobrien, évêque à Vannes.

VIII.

S Othmar, abbé à Saint-Gall, qu'il transforma en abbaye bénédictine ; il savait donner ses vêtements aux pauvres, jusqu'à rentrer nu au monastère.

S Emilion, moine au lieu qui porte son nom, et où se trouve un excellent cru.

IX.

S Namphasius, ermite mal connu près de Cahors, invoqué contre les épilepsies.

XI.

S Alfric, bénédictin à Abingdon, évêque à Ramesbury et Wilton, puis à Canterbury.

Ste Margaret, hongroise, reine d'Ecosse, mère de six enfants, dont s. David et ste Mathilde (ou Edith) ; son époux et son aîné moururent à la guerre, trois jours avant elle.

XII.

B Simeone, abbé bénédictin à La Cava ; il fit agrandir le port de Lu Traversu (Salerne), qui sert encore.

XIII.

S Edmund Rich, évêque à Cantorbury ; étudiant à Paris, il enleva toute envie perverse à une jeune fille qui l'assaillait, en lui passant une bonne correction de verges ; prêtre, il fit des miracles ; évêque, il eut tellement d'opposition de la part des moines, qu'il vint à Pontigny puis Soisy où il mourut.

Ste Agnese d'Assise, sœur de ste Claire, abbesse de bénédictines qui suivaient la règle franciscaine ; elle mourut trois mois après Claire.

XVI.

S Edward Osbaldeston, prêtre anglais, pendu à York ; béatifié en 1987.

XX.    

B Teodoro Gómez Cervero (*1877), prêtre lazariste espagnol, mort dans la prison de Ventas et considéré comme martyr, béatifié en 2017.

B Zef Marksen (1906-1946), prêtre allemand martyrisé en Albanie, béatifié en 2016.

Augustinus et Felicitas de Capoue

† 260

 

Voici deux Martyrs de la persécution de l’empereur Dèce. Un document parle d’eux pour l’année 260, donc sous l’empereur Gallien.

De ces deux Martyrs, il est souvent question dans les témoignages anciens, mais il nous manque quelque certitude sur certains détails. Ainsi, Felicitas aurait été la mère de Augustinus, qui aurait été évêque de Capoue.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Augustinus et Felicitas de Capoue au 16 novembre.

 

 

Leocadius et Lusor de Bourges

† 4.siècle

 

Leocadius était sénateur et accueillit avec bienveillance s.Ursinus (v. 9 novembre) ; il lui offrit sa grande maison de Bourges pour construire la première église.

Le droit romain exigeait un paiement symbolique pour toute donation ; on avait offert à Leocadius trois cents pièces d’or, dont il n’accepta que trois.

Leocadius avait un fils, nommé Lusor (dont on a curieusement fait Ludre en français. Ce jeune garçon mourut alors qu’il portait encore le vêtement blanc des néophytes ; qualifié de puer dans quelque manuscrit, Lusor devait avoir moins de dix-huit ans.

L’église construite grâce à Leocadius, devint la cathédrale Saint-Etienne.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Leocadius et Lusor de Bourges au 16 novembre.

 

 

Eucher de Lyon

380-449

 

Eucherius (Eucher) a pu naître à Lyon, sinon dans cette région qu’il semblait bien connaître.

Ses parents devaient être chrétiens. Un cousin, nommé Priscus Valerianus, était préfet du prétoire des Gaules et cousin de l’empereur Avitus.

La date de la naissance d’Eucher oscille entre 380 et 390.

Après des études très soignées - car on voit qu’il écrivait fort bien le latin - il épousa une jeune femme de l’aristocratie, nommé Galla. De leurs deux fils, Salonius et Veranus, on a parlé les 28 septembre et 11 novembre.

Ces deux enfants étaient encore fort jeunes, lorsque les deux époux décidèrent de se retirer du bruit de la vie mondaine pour aller vivre au calme, non loin de l’abbaye de Lérins.

Eucher passa même deux années dans le monastère, où il s’initia aux pratiques de la sanctification, sous la direction de s.Honorat (v. 16 janvier). Pendant ce temps, Galla s’occupait des enfants ; quand Eucher fut de retour, ils s’établirent dans l’île de Léro (auj. Sainte-Marguerite), vivant comme frère et sœur, et confièrent l’éducation de leurs garçons à deux moines de Lérins, Hilarius et Salvianus.

Les deux époux voulaient grandir dans l’amitié de Dieu ; ils aimaient prier, étudier l’Ecriture pour l’approfondir et mettre en pratique les enseignements divins. Eucher aurait peut-être même envisagé d’aller en Egypte connaître les solitaires et en apprendre les habitudes.

Ioannes Cassianus, Paulinus de Nole, étaient de leurs correspondants (v. 23 juillet et 22 juin).

Vers 435, Eucher fut choisi pour devenir le dix-neuvième évêque de Lyon.

Eucher n’était pas un «théologien» qui aurait pris part à des discussions approfondies ; il ne se manifesta pas dans la polémique sur la Grâce. Il participa au concile d’Orange (441) ; il écrivit pour ses fils des Formulæ spiritalis intelligentiæ et des Instructiones, où il montre plutôt le résultat de ses études et de ses méditations sur l’Ecriture. On y retrouve l’inspiration des grands Docteurs Jérôme et Augustin (v. 30 septembre et 28 août). Ces écrits furent très longtemps diffusés et recopiés.

On a aussi d’Eucher des homélies sur sainte Blandine (v. 2 juin), les saints Epipode et Alexandre (v. 22 et 24 avril) et une Passio des Martyrs d’Agaune (v. 22 septembre).

Eucher mourut un 16 novembre, peut-être en 449.

Un écrit tardif prétendit attribuer aussi à Eucher deux filles ; sans parler de sa retraite à Lérins, l’auteur isole Eucher dans une grotte, qu’un ange vient manifester aux fidèles de Lyon pour les déterminer à choisir Eucher comme évêque. Il est difficile d’accepter cette variante, qui ignore totalement l’épouse et les fils d’Eucher : on ne voit pas que ce saint homme ait pour ainsi dire abandonné sa famille. En outre, puisque les deux garçons d’Eucher étaient très jeunes quand il voulut se retirer, on ne voit pas à quel moment auraient pu naître ces deux filles.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Eucher de Lyon au 16 novembre.

 

 

Othmar de Saint-Gall

689-759

 

Othmar, ou Audomar, naquit vers 689 en Thurgovie.

En latin et en français on l'a gratifié d'un h, vraiment inutile.

Il grandit à la cour du comte de Coire, fut ordonné prêtre et reçut l'administration d'une paroisse Saint-Florin.

Vers 720, le seigneur de l'endroit l'appela pour venir s'occuper des ermites qui demeuraient près du tombeau de saint Gall (v. 16 octobre).

Othmar mit à profit ses connaissances et obtint de Charles Martel (ou de Pépin le Bref) d'amples donations pour le petit ermitage. Il imposa alors aux ermites la Règle de s.Benoît (v. 21 mars).

Il devenait ainsi l'abbé d'une abbaye encore inexistante.

Les débuts furent encore difficiles, car les ermites vivaient dans une extrême pauvreté. Ils devaient mendier quelque feuille de parchemin pour recopier des ouvrages.

Othmar vécut aussi dans la pauvreté. Il n'hésitait pas à distribuer le peu qu'il avait ; il lui arriva de rentrer nu au monastère, s'étant totalement dépouillé pour réchauffer des pauvres.

Mais quand il s'agissait du monastère, il implorait justice. Il alla trouver Pépin pour dénoncer les vols perpétrés par des comtes voisins au détriment des ermites. Pépin donna ordre aux voleurs de restituer leurs larcins, mais ils s'en prirent directement à Othmar, l'arrêtèrent et le mirent en prison dans une île du Rhin.  Un évêque voisin l'accusa même d'adultère. Victime de gardiens méchants et du régime pénible auquel on le soumit, Othmar mourut le 16 novembre 789.

C'est à partir d'Othmar que l'abbaye acquit le prestige qui l'a rendue si célèbre dans le monde entier.

Othmar fut canonisé en 864.

Saint Othmar de Saint-Gall est commémoré le 16 novembre dans le Martyrologe Romain.


 

 

Margaret d’Ecosse

1045-1093

 

Margaret (Marguerite) était une petite-nièce de saint Etienne de Hongrie.

Elle naquit en 1045 ou 1046 : son grand-père, Edmund avait été assasiné en 1016 et le roi de Danemark, Canut, était monté sur le trône d’Angleterre, tandis que les fils d’Edmund avaient été envoyés en Suède puis en Hongrie, où l’un d’eux, Edward, épousa Agatha, sœur de la reine, la mère de notre Margaret, ainsi que de son frère Edgar et de sa sœur Cristina.

Après la mort de Canut, Edward était revenu en Angleterre en 1054, quand Margaret pouvait avoir neuf ans, mais la famille dut bientôt s’exiler de nouveau en Ecosse, après la mort de leur père ; c’est ainsi que Margaret fut demandée en mariage par le roi d’Ecosse, Malcolm III, qui était veuf. De ce mariage naquirent huit enfants : Edward, Edmund, Ethelred (futur abbé), Edgar, Alexander, Edith (qui s’appela aussi Matilda), Mary, et David. Edmund, Edgar, Alexander et David furent rois d’Ecosse, David fut même «canonisé» par le peuple.

Margaret eut une très bonne influence sur son mari qui, chrétien, était encore assez brutal.  En outre, elle l’instruisait par la lecture car il ne savait pas lire, quoique parlant plusieurs langues. On peut dire qu’elle christianisa la société de son époque, par son action personnelle mais aussi par l’appui qu’elle donnait à l’Eglise romaine.

Elle fit réunir plusieurs conciles pour ramener les Ecossais à la communion pascale et au repos dominical ; elle fit supprimer les usages païens et les mariages entre proches parents.

Elle et son mari firent construire une église en l’honneur de la sainte Trinité, qu’ils dotèrent de riches vases sacrés et ornements. Margaret tint aussi à embellir le palais royal, tout en restant personnellement très humble et exigeant qu’on lui indiquât ses défauts pour s’en corriger mieux.

Elle trouvait le temps de prier beaucoup, d’assister à plusieurs messes, de réciter plusieurs offices et d’assister des pauvres et des orphelins. Le matin, elle lavait les pieds de six pauvres et servait neuf orphelins ; à midi, avec le roi, elle servait trois cents pauvres ; elle en recevait vingt-quatre à sa propre table.

Elle racheta des prisonniers anglais retenus en Ecosse et fit construire des hospices pour les voyageurs.

Margaret connut sa mort à l’avance. Son mari était parti en expédition contre Guillaume le Roux, mais mourut dans le combat, ainsi que son fils. Quand elle l’apprit, Margaret remercia Dieu de cette épreuve qui l’aidait à expier ses péchés.

Elle mourut très pieusement le 16 novembre 1093, trois jours après la mort de son mari et de son fils.

Sainte Margaret d’Ecosse fut canonisée en 1250. Son dies natalis est au 16 novembre dans le Martyrologe Romain.

Elle fut nommée patronne de l’Ecosse en 1673. Au moment de la réforme anglicane, ses restes furent portés secrètement en Espagne, avec ceux de son époux Malcolm ; plus tard ces reliques furent restituées à l’Ecosse, mais auraient disparu au 18e siècle.

 

 

Simeone de La Cava

? -1140

 

Simeone, dont on ne parle pas des antécédents ni de la jeunesse, pouvait être né vers 1080 ; il entra chez les Bénédictins.

En 1109 il fut prieur à Salerno, et en 1119 dans le proche Cilento.

En 1124, il fut élu cinquième abbé du grand monastère de La Cava (Salerne, Italie SO), mais il était le premier à être élu par les moines, les précédents ayant été désignés par leur prédécesseur.

Pendant ces seize années, l’abbaye connut un gigantesque essor, sous l’impulsion du nouvel abbé.

Son navire rejoignait l’Afrique. Simeone fit encore mieux : il acheta le petit port Lu Traversu, au pied du mont de Castellabbate, l’élargit et en fit l’un des meilleurs du golfe de Salerne, utile encore de nos jours.

En 1124, des moines de La Cava furent envoyés en Sicile, pour prêcher la foi dans les régions reprises aux Sarrasins.

En 1131, l’abbaye reçut une église et des terres au-dessus de Messine, avec autorité sur tous les habitants, chrétiens ou sarrasins.

Le dernier descendant des princes de Salerne donna tous ses biens à La Cava et se fit moine.

C’est encore Simeone qui reçut chez lui le malheureux abbé Pons, contesté à Cluny et qui mourut à La Cava.

Simeone mourut le 16 novembre 1140 et son culte fut confirmé en 1928.

 

 

Edmund Rich

1170-1240

 

Edmund naquit en ou vers 1170, à Abingdon (Oxford, Angleterre S) de parents chrétiens et modestes. Le papa se retira assez tôt à l’abbaye d’Eynsham, où il mourut, peut-être à cause d’une maladie grave ; il aurait ainsi voulu terminer ses jours auprès des bons moines. La maman, Mabel, une forte femme, éleva sans faiblesse les quatre enfants : Edmund, Robert, Margaret et Alice : elle n’hésitait pas à glisser dans les effets de ses enfants un cilice : à bon entendeur…

Les deux garçons étudièrent à Oxford, puis à Paris. Tandis que beaucoup d’étudiants de la Sorbonne savaient aussi se laisser aller, Edmund aimait prier, on le voyait souvent à l’église Saint-Merry.

Il fut tenté : la fille de son hôtesse lui fit de claires avances. Edmund décida de bien lui faire comprendre son point de vue : il invita mademoiselle dans sa chambre, la pria de retirer sa robe et il lui envoya une sévère administration de fouet, dont la jeune fille se souvint toute sa vie, et avec reconnaissance, témoigna-t-elle plus tard.

Sa mère étant à l’article de la mort, Edmund rentra précipitamment et s’occupa de ses deux sœurs, qui entrèrent au monastère de Catesby.

Il retourna achever ses études à Paris, fut maître ès arts, puis revint à Oxford où il enseigna. Il fut le prqemier à commenter Aristote. Ses élèves l’aimaient, et il les aidait volontiers, parfois jusqu’à vendre ses livres, les soignant s’ils étaient malades. On dit qu’il laissait sur la fenêtre l’argent qu’on lui donnait.

Il vit sa mère en songe : elle l’exhortait à se préparer au sacerdoce. Il suivit le conseil, étudia la théologie (à Paris ou à Oxford) et se retrouva en 1222 trésorier de l’évêché de Salisbury ; curieuse promotion, si l’on remarque qu’il ignorait les livres de comptes et que, parfois sans le sou, il allait se réfugier à l’abbaye de Merton ; mais on pourra objecter que, dans son désintéressement légendaire, il remettait toute son administration à la Providence sans s’occuper du lendemain, et qu’il préférait se retirer souvent dans le silence claustral pour prier.

On ne sait quand il fut ordonné prêtre. Mais il prêchait avec un grand succès, et en plein air. Les prodiges se multiplièrent : il arrêta la pluie menaçante pour terminer de parler à ses auditeurs. 

Il guérit des malades ; quand il s’endormait sur son livre le soir, la Sainte Vierge le réveillait à temps pour éviter l’incendie…

Un jour qu’il travaillait à son domicile de Calne, son serviteur vint tout essoufflé lui annoncer que le chapitre de Canterbury l’appelait au siège épiscopal. Edmund fut sans réaction, renvoya l’homme à son travail et se remit au sien. Les chanoines durent insister trois jours durant pour le faire fléchir. Il fut sacré évêque le 2 avril 1234, quinze jours avant Pâques.

En réalité, les chanoines avaient cédé à l’injonction papale, car ils auraient préféré un autre candidat. Edmund se trouva en fait tiraillé entre certains chanoines, le roi et le pape. Le roi prétendit annuler certaines chartes concédées antérieurement, les chanoines manœuvrèrent par derrière et embrouillèrent la situation, et le pape prit des décisions sur la base de déclarations mensongères, de sorte qu’Edmund n’avait plus de recours ni plus aucune autorité dans son diocèse.

Il démissionna et vint se réfugier en France, à l’abbaye de Pontigny (Yonne). Les Cisterciens l’accueillèrent avec empressement et l’admirent dans la communauté. C’est là qu’Edmund acheva son ouvrage du Speculum Ecclesiæ (Miroir de l’Eglise). Il avait l’occasion de prêcher dans les environs, sans oublier de faire des miracles.

L’épreuve durait depuis six ans, l’évêque était à bout de forces. Il tomba malade. Il pensa trouver un air meilleur au prieuré de Soisy (Seine-et-Marne) et y mourut pieusement, le 16 novembre 1240 (ou 1242). 

Son corps fut ramené à Pontigny et des miracles se produisirent, au grand dépit des adversaires d’Edmund. 

Après enquête minutieuse, il fut canonisé en 1246, lors du concile de Lyon.

 

 

Agnese d’Assise

1197-1253

 

Elle était la jeune sœur de Chiara (v. 11 août), troisième des quatre filles de Favarone di Offreduccio et de Ortolana, dont le cousin (Rufino) fut un des premiers Compagnons de Francesco d’Assise.

Agnese passa son enfance au palais de son père à Assise et à celui qu’il possédait aussi au Monte Subasio. 

Quinze jours après que Chiara eut rejoint Francesco d’Assise, en 1211 ou 1212, Agnese la rejoignit chez les Bénédictines proche de la Portioncule. Mais si Chiara pouvait vanter ses dix-huit ans, Agnese n’en avait que quinze, et la famille voulut la ramener de force à la maison. Il y eut de la bagarre, comme on l’imagine. Les pauvres Bénédictines étaient affolées : des hommes au monastère ! Et armés ! L’un d’eux, au moment de blesser Agnese avec son épée, aurait été saisi de paralysie. On tira par les cheveux la jeune fille, on la frappa. Chiara intervint pour tenter de calmer la situation ; on a ajouté à cela qu’Agnese devint si lourde que les garçons ne pouvaient plus la soulever. Ils durent se retirer.

Ce fut donc Agnese qui l’emporta : d’ailleurs, l’exemple des deux sœurs conquit même leur mère, leur jeune sœur et toute une troupe d’autres jeunes filles.

Francesco les établit alors à San Damiano, près d’Assise.

En 1219, Agnese était jugée suffisamment mûre et préparée pour être abbesse des Bénédictines de Monticelli (Florence), qui voulaient embrasser l’esprit franciscain. De là, Agnese fonda encore d’autres maisons, jusque dans le nord de l’Italie : Mantoue, Venise, Padoue.

Agnese n’hésita pas à mortifier sa jeunesse, portant un cilice en crins de chevaux et jeûnant au pain et à l’eau.

Appelée au chevet de Chiara, elle l’assista dans sa dernière maladie et elle mourut peu après à San Damiano, le 27 août selon certains, le 16 novembre 1253 selon d’autres, dont le Martyrologe Romain. Leur mère et leur autre sœur (Beatrice) étaient déjà mortes à ce moment-là.

Le culte d’Agnese fut approuvé en 1752.

 

 

Edward Osbaldeston

1560-1594

 

Fils de Thomas et neveu d’Edward Osbaldeston, cet Edward naquit à Osbaldeston Hall (Blackburn, Lancashire, Angleterre) vers 1560.

Il vint recevoir la formation sacerdotale au Collège anglais de Douai, puis à Reims, où il reçut le diaconat en 1583 et la prêtrise en 1585. Ordonné un 21 septembre, il célébra sa première messe le 30 septembre, fête de saint Jérôme, envers lequel il conservait une grande dévotion.

Après quatre années d’intense préparation dans la prière, Edward fut envoyé en mission en Angleterre, en 1589. 

Il choisit fort heureusement et prudemment de travailler dans le Yorkshire, où il n’était pas connu. Son apostolat dura cinq années, durant lesquelles il se déplaçait à cheval

Qui le «livra» fut un prêtre apostat, qui le fit découvrir en pleine nuit à l’auberge de Tollerton (Yorkshire), justement en la fête de saint Jérôme, 30 septembre 1594.

Dès le lendemain, 1er octobre, Edward fut emmené à York, où on lui confisqua son cheval et ses affaires pour célébrer la Messe. Il fut bien vite jugé et accusé de haute trahison pour le «crime» d’être un prêtre romain.

Dans une lettre qu’il eut le temps d’écrire à ses camarades et confrères prisonniers, il montre sa grande humilité et sa confiance sereine en Dieu à l’annonce de sa prochaine mort. Il prie Dieu de lui donner la grâce d’être aussi courageux que les autres prêtres martyrs.

Il fut, selon la «règle» anglaise, «pendu, éviscéré et écartelé» à York, le 16 novembre 1594 (et non 1592, encore moins 1584).

Edward Osbaldeston fut un des quatre-vingt cinq Martyrs anglais et gallois béatifiés en 1987.

Teodoro Gómez Cervero

1877-1936

 

Il naquit le 7 décembre 1877 à Deza (Soria) d’Agustín et María Antonia, qui le firent baptiser deux jours plus tard.

Il entra dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens), fit la profession en 1895 et fut ordonné prêtre le 1er juin 1901.

Trois mois plus tard, il partait pour La Havane (Cuba), où il devait rester vingt-cinq ans, au sein d’une population qu’il aimait beaucoup (et qui le lui rendait), se déplaçant à cheval ou à pied pour rejoindre toute la population dans leurs habitations (Bohíos).

En 1926, il revint en Espagne et fut assigné à la communauté de Valdemoro (Madrid).

En août 1936, il fut arrêté et conduit à la Direction Générale de Sécurité de Madrid puis, le lendemain, à la prison de Ventas, où le rejoignirent deux jours plus tard les autres Confrères de Valdemoro.

Durant les trois mois où il fut dans la prison, le p.Teodoro s’efforçait de faire passer le temps agréablement en racontant ses nombreuses expériences de Cuba.

En novembre, la santé du Père s’altéra notablement. Il devait couver une tuberculose depuis quelque temps, mais n’en parlait pas. Toutefois, le 12 novembre, on le transféra à l’infirmerie. Il était conscient de sa fin ; il se confessa mais ne put recevoir le Viatique ; il offrit sa vie pour l’Espagne et mourut le 16 novembre 1936.

On trouve parfois la date probablement erronée du 22 octobre 1936 pour la mort de ce Prêtre ; ajoutons que sa mort a été considérée comme un martyre, étant donné qu’il fut poursuivi et mis en prison par les ennemis de la Foi.

Béatifié en 2017, Teodoro Gómez Cervero sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 16 novembre.

 

 

 

Zef Marksen

1906-1946

 

Zef Marksen (Josef Marxen) naquit le 5 août 1906 à Worringen (Cologne, Allemagne W), sa famille étant allemande.

Après des études à Vienne, il fut ordonné prêtre à Munich en 1936, puis vint en Albanie.

Il y exerça son apostolat jusqu’en 1945.

En février 1945, il fut arrêté à Shijak et accusé d’activités catholiques, interdites par le régime communiste.

Condamné à la prison, il fut finalement exécuté dans la prison de Tirana, le 16 novembre 1946.

Devant le peloton d’exécution, il dit : Je meurs heureux, convaincu que je resterai dans la mémoire des Albanais comme un prêtre de la religion du Christ.

Zef Marksen fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 16 novembre.

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15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 00:00

 

15 NOVEMBRE

 

-VI.

S Baruch, prophète, disciple du prophète Jérémie.

I.

S Eugène, évêque à Tolède, consacré évêque par son ami Denis l'Aréopagite, qui était venu à Paris, martyr ; on ne croit pas à l'existence de ce Saint.

S Félix, évêque à Nola.

 

IV.

SS Fidentianus (évêque), Valeriana, Victoria et quelques autres, martyrs à Hippone. 

SS Gurias, Samonas et Habib, martyrs près de (ou à) Edesse ; Gurias était un ascète âgé, Samonas fut horriblement torturé ; Habib, diacre, fut brûlé vif.S Malo, gallois, évêque à Aleth, plus tard Saint-Malo.

V.

Ste Céronne, une vierge mal connue, morte aveugle à Mortagne.

VII.

S Didier, évêque à Cahors après son frère Rusticus, assassiné ; ex-fonctionnaire à la cour de Clotaire II, ami de Dagobert, il put procurer un grand essor à son diocèse.

S Saen (Sidonius)), irlandais, moine à Jumièges et Noirmoutier, fondateur d'un autre monastère près de Rouen, à l'origine de la ville de Saint-Saëns.

SS Marin (évêque) et Anian (diacre), missionnaires irlandais en Bavière. Marin fut martyrisé.

VIII.

S Pavin, abbé au Mans.

S Cessateur, saint homme et peut-être aussi évêque à Limoges.

IX.

S Fintan, irlandais, reclus à Rheinau, dont il est co-patron. 

XII.

S Leopold III, margrave en Autriche, père de dix-huit enfants, dont les évêques Conrad et Otto, fondateur d'une abbaye à Mariazell, surnommé le Père des pauvres, patron de l'Autriche.

XIII.

S Albert le Grand, dominicain allemand, évêque à Ratisbonne et Docteur de l'Eglise ; illustre savant, il eut s. Thomas d'Aquin comme élève à Paris ; à son arrivée dans son diocèse, il avait des chaussures si usées qu'on le surnomma "Godasse".

XVI.

Bx Hugues Faringdon (Cook) et Richard Whiting (abbés), John Thorne, Roger James (tous quatre bénédictins), John Eynon, John Rugg (prêtres), martyrs anglais.

Bse Lucia Broccadelli de Narni, aînée de onze enfants, dominicaine à Ferrare, étonnante mystique à Viterbe et Ferrare.

XVII.

B Caius, coréen martyr à Nagasaki ; il vivait en ermite dès avant sa conversion ; au service des Jésuites, il catéchisait et s'occupait des lépreux : on l'appelait "petit Apôtre" ; la nouvelle de son admission parmi les Jésuites ne put lui parvenir : il était en prison et fut bientôt exécuté.

SS Roque González de Santa Cruz, paraguayen, et Alonso Rodríguez, espagnol, prêtres jésuites martyrs au Paraguay, canonisés en 1988.

XIX.

S José Pignatelli Moncayo, jésuite espagnol au moment du bannissement de l'ordre et artisan de son rétablissement.

Bx Pak Gyeong-hwa Paulus et Gim Se-bak Ambrosius, laïcs coréens martyrs, morts en prison, béatifiés en 2014. 

S Yosefu Mukasa Balikuddembé, premier martyr en Ouganda.

XX.

Bse Hélène-Marie-Philippine de Chappotin de Neuville (Marie de la Passion, 1839-1904), française, fondatrice en Ligurie des Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie, béatifiée en 2002.

S Józef Kalinowski (Rafal de Saint-Joseph, 1835-1907), militaire et homme d'état polonais, déporté en Sibérie, carme en Autriche, appelé "martyr de la confession" pour son zèle apostolique, béatifié en 1983 et canonisé en 1991.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : près d’Albacete, Miguel Díaz Sánchez (*1879) ; près de Málaga, le diacre Juan Duarte Martín (*1912).

Baruch, prophète

6e siècle avant Jésus-Christ

 

Une vingtaine d’années après le début de l’activité prophétique de Jérémie à Jérusalem, apparaît à ses côtés, en 605-604, un scribe, son secrétaire et disciple : Baruch, fils de Nérias (cf. Jr 36).

Baruch signifie exactement Béni, on dirait même notre Benoît.

Désormais, donc, le sort du prophète Jérémie et celui du disciple sont intimement liés. Baruch partage les souffrances et les échecs de Jérémie en ces années tragiques (prises de Jérusalem, 598 et 587, par Nabuchodonosor, roi de Babylone ; destruction du Temple ; déportations ; ruine de la nation juive).

Baruch semble avoir une position à la cour, on ne sait laquelle ; il a un frère, Saraïas, grand chambellan, qui vers 593 accompagne le roi Sédécias dans une mission à Babylone (Jr 51:59).

Une fois disciple de Jérémie, Baruch soutient fermement son maître. En 586, après l’assassinat de Godolias, établi gouverneur par l’occupant, les Juifs «résistants» accusent Baruch d’exciter Jérémie dans la voie de la «collaboration» (Jr 43:3).

Baruch partage les sentiments de Jérémie, et soutient son maître fidèlement. Il n’a pas de chance : Le roi Joakim, en présence de Baruch, entend la lecture du rouleau. Enervé par ces paroles pessimistes, il brûle le tout. Baruch en est quitte pour recommencer son travail (Jr 36).

Lors de l’exode des Juifs croyant pouvoir se réfugier en Egypte, Jérémie et Baruch sont emmenés de force dans cet exil qu’ils avaient d’avance condamné, prophétisant que l’Egypte aussi serait bientôt conquise par Nabuchodonosor.

Jérémie et Baruch sont emmenés et établis à Taphnès, à l’est du delta du Nil (Jr 42:6-7). C’est là qu’il durent mourir tous les deux, peut-être martyrisés, avant-même l’arrivée de Nabuchodonosor, selon une tradition dont se fait écho saint Jérôme, même si une autre tradition moins probable les fait mourir à Babylone, emmenés là après la conquête de l’Egypte.

Baruch a donc dû écrire une partie du livre de Jérémie. Mais il y a aussi dans la Bible le Livre de Baruch, inséré entre Jérémie et Ezéchiel, que des spécialistes attribuent plutôt à trois auteurs différents plus tardifs.

Baruch, prophète

6e siècle avant Jésus-Christ

 

Une vingtaine d’années après le début de l’activité prophétique de Jérémie à Jérusalem, apparaît à ses côtés, en 605-604, un scribe, son secrétaire et disciple : Baruch, fils de Nérias (cf. Jr 36).

Baruch signifie exactement Béni, on dirait même notre Benoît.

Désormais, donc, le sort du prophète Jérémie et celui du disciple sont intimement liés. Baruch partage les souffrances et les échecs de Jérémie en ces années tragiques (prises de Jérusalem, 598 et 587, par Nabuchodonosor, roi de Babylone ; destruction du Temple ; déportations ; ruine de la nation juive).

Baruch semble avoir une position à la cour, on ne sait laquelle ; il a un frère, Saraïas, grand chambellan, qui vers 593 accompagne le roi Sédécias dans une mission à Babylone (Jr 51:59).

Une fois disciple de Jérémie, Baruch soutient fermement son maître. En 586, après l’assassinat de Godolias, établi gouverneur par l’occupant, les Juifs «résistants» accusent Baruch d’exciter Jérémie dans la voie de la «collaboration» (Jr 43:3).

Baruch partage les sentiments de Jérémie, et soutient son maître fidèlement. Il n’a pas de chance : Le roi Joakim, en présence de Baruch, entend la lecture du rouleau. Enervé par ces paroles pessimistes, il brûle le tout. Baruch en est quitte pour recommencer son travail (Jr 36).

Lors de l’exode des Juifs croyant pouvoir se réfugier en Egypte, Jérémie et Baruch sont emmenés de force dans cet exil qu’ils avaient d’avance condamné, prophétisant que l’Egypte aussi serait bientôt conquise par Nabuchodonosor.

Jérémie et Baruch sont emmenés et établis à Taphnès, à l’est du delta du Nil (Jr 42:6-7). C’est là qu’il durent mourir tous les deux, peut-être martyrisés, avant-même l’arrivée de Nabuchodonosor, selon une tradition dont se fait écho saint Jérôme, même si une autre tradition moins probable les fait mourir à Babylone, emmenés là après la conquête de l’Egypte.

Baruch a donc dû écrire une partie du livre de Jérémie. Mais il y a aussi dans la Bible le Livre de Baruch, inséré entre Jérémie et Ezéchiel, que des spécialistes attribuent plutôt à trois auteurs différents plus tardifs.

Baruch ne fait pas partie, pour autant, des «Douze petits Prophètes». Son livre n’a pas même été traduit en latin par saint Jérôme dans la Vulgate. Ce n’est que plus tard, progressivement, que ce livre fut réinséré d’après de vieilles versions, dans le texte officiel de la Bible latine. 

Signalons que certaines Bibles syriaques contiennent aussi une Apocalypse de Baruch ; les Bibles éthiopiennes, le Reste des paroles de Baruch.

On se souviendra de la fameuse anecdote concernant Baruch, lorsque Jean Racine, observant que son ami La Fontaine trouvait l’office liturgique un peu long, lui passa à lire le texte de Baruch, dont le fabuliste resta émerveillé, au point qu’il en parlait ensuite à tous ses amis : «Avez-vous lu Baruch ? C’était un beau génie».

Saint Baruch, selon la tradition orientale, est fêté le 15 novembre.

 

 

Didier de Cahors

580-655

 

Didier (Desiderius) naquit vers 580 non loin d’Albi (Obrege, qu’on croit identifier avec Antuberix), d’une famille aristocratique très liée à la cour royale, comme on va le voir.

Si l’on ignore le nom de son père, on connaît celui de sa mère : Herchenfrède.

Didier eut deux frères : Rusticus et Syagrius. Rusticus fut évêque de Cahors de 623 à 630 ; Syagrius eut un poste important dans l’administration d’Albi.

On pourrait dire que Didier imita simultanément ses deux frères, en ce sens qu’il recouvrit d’importantes charges administratives à la cour, avant de devenir à son tour évêque.

Il eut à s’occuper du trésor royal, ce qui nous renseigne sur sa probité exemplaire. Il fut très ami avec le roi Dagobert, ainsi qu’avec Sigebert III.

En 630, Rusticus fut assassiné dans une émeute ; on appela Didier pour lui succéder. Il n’avait peut-être pas encore la science ecclésiastique, mais il possédait la sapientia cordis, cette sagesse du cœur qui l’unissait déjà profondément à Dieu, et lui faisait rechercher avant tout ce qui pouvait L’honorer. A s.Ouen de Rouen (v. 24 août), il écrivit : De même que nous avons été ensemble à la cour du prince, de même il faut que nous méritions de vivre ensemble dans ce palais céleste du Roi d’en haut.

Devenu treizième évêque de Cahors - il fut consacré à Bourges par s.Sulpice (v. 29 janvier) - il fut très actif, tant au plan spirituel qu’au plan matériel.

Il fit construire des églises : Saint-Pierre à l’endroit du meurtre de Rusticus, Saint-Julien, Saint-Martin. Il favorisa le monachisme : le monastère de Cahors, dédié à s.Amand, prit plus tard le nom de Saint-Géry (comme on appelait parfoit Didier).

Forgé à la bonne administration, Didier fit prospérer l’agriculture. Il y eut abondance de vin et de grain, qu’on put exporter, ce qui valut au diocèse des dons de toutes sortes. Didier fit construire des monuments, comme on l’a dit plus haut, mais aussi il reçut des domaines importants.

La renommée de Didier fut grande dans toute la région. On le consultait, on recourait à lui, on lui demandait son arbitrage. 

Dans son testament, il léguait tous ces biens à l’Eglise de Cahors, à charge pour son successeur de venir en aide aux pauvres.

Didier mourut le 15 novembre 655 et fut enterré à Saint-Amand.

Son successeur fut peut-être Agarnus, pratiquement inconnu.

Saint Didier de Cahors est commémoré le 15 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

Saen, abbé

† 684

 

Saen, traduit Sidonius en latin, venait d’Irlande ; il fut impressionné par l’attitude de quelques moines de Jumiège qui étaient allés outre-Manche pour racheter des esclaves, et les accompagna en Gaule.

Certains ont prétendu qu’il se mit au service de s.Fursy (v. 16 janvier) à Lagny, ce qui ne semble pas acceptable historiquement.

Plus vraisemblable est sa vie monastique à Jumièges, où les moines admirèrent l’esprit de mortification et d’humilité qui l’habitait.  Il fut ensuite à Noirmoutier, où il fut cellerier.

S.Ouen (v. 24 août), qui avait fondé vers 674 un monastère dans le pays de Caux, voulut que Saen en fût le premier abbé, car il l’estimait beaucoup et le consultait volontiers, et même pour des affaires difficiles. Il le prit comme compagnon pour son voyage à Rome. 

Une autre version des faits affirme que Saen fonda ce monastère dans le val de la Varenne en 675.

Saen mourut vers (ou après) 684, peut-être même vers 689.

La ville qui se développa autour de son monastère prit le nom de Saint-Saëns, l’s ayant été ajouté au 17e siècle ; on ne manquera pas non plus d’évoquer le nom du célèbre musicien, Camille Saint-Saëns. 

Quant au monastère, il fut détruit par les Normands au 9e siècle.

Saint Saën est commémoré le 15 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marin et Anian d’Irschenberg

† 697

 

C’étaient deux Irlandais. 

Marin était évêque, Anian diacre : ils venaient sur le continent comme missionnaires.

Ils furent d’abord reçus par le pape Eugène 1er († 657), qui leur donna la mission de se diriger en Germanie méridionale, l’actuelle Bavière.

On pourrait se demander où Marin était évêque en Irlande et d’où lui serait venue la décision d’abandonner son diocèse. N’aurait-il pas reçu cette consécration du pape lui-même ?

Vers 657 donc, Marin s’établit à Wilparting, Anian à Alb. Ils vécurent là et évangélisèrent la région d’Irschenberg.

Quarante ans plus tard, en 697, une bande de pillards passa par là et s’acharnèrent sur Marin, qui fut torturé et brûlé sur un bûcher. 

Anian mourut à la même époque, de vieillesse.

En supposant que Marin avait une trentaine d’années au moment de sa consécration épiscopale (en Irlande ou à Rome), il pouvait avoir au moins soixante-dix ans lors de son martyre. Il pouvait même être beaucoup plus âgé, puisque le diacre Anian mourut de vieillesse.

Encore actuellement, ces deux Saints demeurent très populaires, témoins les nombreux enfants qui en reçoivent les noms au baptême.

Les deux Saints, Marin et Anian d’Irschenberg, sont commémorés le 15 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fintan de Rheinau 

803-878

 

Fintan naquit vers 803 dans le Leinster (Irlande), où ses parents et frères et sœurs périrent dans les guerres et les invasions des Vikings.

Kidnappé lui-même par des Vikings, il put s’échapper dans les îles Orcades. Que faire alors ?

Il était en train de contempler la mer et y aperçut d’énormes bêtes, peut-être des dauphins, et médita ainsi : Comme Dieu est bon, lui qui a donné la mer à ces créatures, et à moi la terre pour aller et venir…

Dans sa prière, il promit à Dieu de ne pas chercher à revenir en arrière ; il partirait en pèlerinage aux grands sanctuaires (Tours, Rome). Ses vêtements alors se raidirent et le portèrent sur les flots jusqu’à la côte de Caithness (Ecosse N), où il vécut deux ans près de l’évêque du lieu, dont on ne connaît d’ailleurs pas le nom.

En 845, après avoir accompli son vœu, il fut moine quelque temps à l’abbaye bénédictine italienne de Farfa, puis vint en 851 se fixer à l’abbaye de Rheinau (entre Bâle et le lac de Constance). A cinquante-et-un ans, il se soumettait humblement à la Règle monastique.

Une vingtaine d’années avant sa mort, à partir de 856, il vécut en reclus, dans une grande austérité, et mourut le 15 novembre 878.

Saint Fintan de Rheinau est commémoré le 15 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Leopold d’Autriche

1073-1136

 

Leopold III était né en 1073 à Melk, de Leopold II de Babenberg, margrave d’Autriche, et de Ida de Cham de Ratelberg.

Dans sa jeunesse, Leopold subit l’heureuse influence de saint Altman (v. 8 août) et était bien résolu à soutenir la réforme de l’Eglise. Il se mérita d’ailleurs le nom de Leopold le Pieux.

En 1095, Leopold hérita des Etats de son père.

Il se serait marié une première fois, avant 1103, avec Adelheid de Perg, dont il aurait eu un enfant, Adalbert. Mais ce mariage n’est pas toujours mentionné et Adalbert est présenté comme le premier-né du mariage de Leopold avec Agnes. Leopold aurait donc été veuf.

En 1106, il épousa Agnes, la sœur de l’empereur Henri V, déjà veuve avec trois enfants. De l’union de Leopold et Agnes naquirent dix-huit enfants, dont survécurent six fils et cinq filles. Deux deviendront évêques, Otto à Freising et Konrad à Salzbourg. Les noms de ses enfants connus sont : Adalbert, Leopold (IV), Otto, Agnes, Heinrich, Judith, Konrad, Gertrud, Elisabeth, Bertha.

En 1108, il fit construire à Klosterneuburg une église qui devait être desservie par les Chanoines réguliers de Saint-Augustin ; il l’édifia à l’endroit où il retrouva le voile de son épouse accroché à un arbre, intact, plusieurs années après que le vent ait décoiffé la princesse !

En 1127, il fit édifier le monastère de la Sainte-Croix, qui abrita des Cisterciens.

En 1133, il installa à Chiemsee des Chanoines réguliers et, plus tard, des Bénédictins à Mariazell.

Son souci d’aider les indigents le fit appeler Père des pauvres. Son palais était l’asile des veuves et des orphelins.

Du gouvernement politique de Leopold, on signale deux attaques hongroises victorieusement repoussées. En 1125, il refusa de recevoir la couronne de l’Empire.

Ce saint monarque mourut des suites d’un accident de chasse, le 15 novembre 1136 et fut canonisé en 1485.

Il est le céleste patron de l’Autriche.

 

 

Albrecht von Bollstädt

1200-1280

 

Albrecht (Albert) naquit à Lauingen (Bavière, Allemagne) à une date qui oscille entre 1193 et 1206, selon les thèses des historiens.

Après ses études, il passa à Bologne et étudia la médecine à Padoue, et c’est dans cette dernière ville qu’il entra en 1223 dans l’Ordre dominicain.

Elève de théologie, il enseignera à son tour à Cologne, Hildesheim, Fribourg-en-Brisgau, Ratisbonne, Strasbourg, et Paris, dans le premier couvent dominicain de la rue Saint-Jacques, le Collège des Jacobins. Il y aura comme élève le jeune Thomas d’Aquin. 

De retour à Cologne, il fut plusieurs fois appelé à arbitrer des conflits entre l’archevêque et les habitants. 

En 1254, il fut élu provincial pour l’Allemagne.

En 1260, il fut nommé évêque de Ratisbonne. Il y arriva avec de telles chaussures, qu’on lui donna le sobriquet de godasse. Il résigna sa charge en 1262.

En 1263, il fut chargé de prêcher (en vain) la croisade en Allemagne.

Il est possible qu’en 1277 il se soit rendu à nouveau à Paris pour défendre des thèses de Thomas d’Aquin ; ce dernier était mort peu auparavant et Albert le pleura beaucoup.

Vers la fin de sa vie, Albert perdit la mémoire ; il s’éteignit à Cologne le 15 novembre 1280.

Albert écrivit énormément ; il s’intéressa à la biologie, à la nature dans son ensemble, aux animaux, aux roches. Son savoir et son œuvre étaient véritablement encyclopédiques. En théologie, il commenta Denys l’Aréopagite (que certains nomment Pseudo-Denys) ; en philosophie, il s’intéressa beaucoup à Aristote, qu’on découvrait alors.

On aurait dit de lui qu’il avait été un moment alchimiste et magicien… Sans doute ses expériences suscitèrent l’étonnement, mais Albert ne s’est jamais écarté de la foi et de la discipline chrétiennes.

Albert mérita le nom de Albert le Grand, Albertus Magnus ; de docteur universalis.

Il fut béatifié en 1484, canonisé et proclamé Docteur de l’Eglise en 1931. Il fut aussi proclamé patron de ceux qui cultivent les sciences naturelles (1941).

Saint Albert le Grand est nommé au Martyrologe et fêté le 15 novembre.

 

 

Hugh Faringdon

? -1539

 

Un petit mystère entoure l’origine de ce Martyr.

Il serait né, à une date inconnue, à Faringdon (Berkshire), et c’est sous ce nom qu’on le désigna ; cependant, il porta les armes des Cook de Kent.

En 1520, il fut élu abbé de l’abbaye bénédictine de Reading, et l’on sait qu’il reçut le roi Henry VIII l’année suivante. Par la suite, il devint un des chapelains du Roi. En 1532, il reçut de ce dernier au nouvel-an une bourse en cuir contenant vingt Livres. L’abbé Faringdon fut au Parlement de 1523 à 1539.

En 1536, il signa un document qui pourrait passer pour une sorte de reconnaissance de la suprématie du Roi dans l’Eglise. L’année suivante il présida les funérailles de la reine Jane Seymour.

Il fut ainsi en faveur jusqu’en 1539, quand il refusa de mettre son abbaye sous la domination royale. Ce fut le début de la déchéance et la voie au martyre.

Malgré sa position au Parlement, l’abbé fut accusé de haute trahison, et fut condamné à mort avant même son jugement.

Il souffrit le martyre à Reading avec deux autres moines bénédictins, John Eynon et John Rugg ; ils furent tous les trois pendus à l’entrée du monastère, le 15 novembre 1539.

Le culte de Hugh et de ses Compagnons a été confirmé en 1895, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

John Eynon

? -1539

 

On ne connaît pas les détails de la jeunesse de John.

Il fut prêtre dans l’abbaye bénédictine de Reading, mais fut aussi curé de la paroisse voisine de Saint-Gilles.

Refusant de livrer sa paroisse aux Autorités civiles, on l’arrêta à l’abbaye.

Il souffrit le martyre à Reading avec deux autres moines bénédictins : Hugh Faringdon, l’abbé, et John Rugg ; ils furent tous les trois pendus à l’entrée du monastère, le 15 novembre 1539.

Le culte de ces Martyrs a été confirmé en 1895, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

John Rugg

? -1539

 

 

On ne connaît pas les détails de la jeunesse de John.

Il fut prêtre dans l’abbaye bénédictine de Chichester, puis se retira dans celle de Reading.

Il souffrit le martyre à Reading avec deux autres moines bénédictins : Hugh Faringdon, l’abbé, et John Eynon ; ils furent tous les trois pendus à l’entrée du monastère, le 15 novembre 1539.

Le culte de ces Martyrs a été confirmé en 1895, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Richard Whiting

1461-1539

 

On connaît peu de choses sur les origines de Richard.

Il naquit vers 1461 à Wrington (Somerset, Angleterre) et fréquenta l’université de Cambridge, d’où  il sortit maître es arts en 1483.

Bénédictin, il fut ordonné diacre en 1500 et prêtre en 1501, à Wells, puis enseigna à l’école de la proche abbaye de Glastonbury, où l’on suppose qu’il eut parmi ses élèves le neveu de l’abbé dom Bere, Richard Bere (futur chartreux et martyr, voir au 9 août).

A la mort de dom Bere, dom Whiting fut élu abbé, jugé prêtre recommandable pour sa vie, ses vertus et sa science. Il gouverna son abbaye pendant dix années, dans la paix, unanimement estimé.

Lui et ses moines prirent parti ouvertement pour la légitimité du mariage du roi avec Catarina, et contre son union avec Anne Boleyn.

En 1535, un émissaire du pouvoir vint visiter l’abbaye, qu’il trouva parfaitement en ordre ; son compte-rendu disait qu’ il n’y a rien a redire : les Frères vivent si bien leur règle qu’ils ne sauraient commettre la moindre offense.

Dom Whiting comprit que son abbaye allait de nouveau être visitée. L’une après l’autre, toutes les autres abbayes furent confisquées par le pouvoir royal, qui s’empara de tout ce qui pouvait lui être utile. 

En septembre 1539, arrivèrent les émissaires du roi pour prendre possession de l’abbaye et pour disperser les moines. Le pieux Abbé se trouvait alors à la ferme de Sharpham : ils allèrent le chercher sans ménagement et passèrent la nuit à fouiller dans tous ses papiers, sans rien trouver d’ailleurs. Ils envoyèrent le pauvre homme, presque octogénaire, à la Tour de Londres ; dans l’espace de six semaines, l’abbaye fut entièrement pillée.

On n’est pas sûr qu’il subit un jugement en bonne et due forme. Il est écrit qu’il devait être, selon les ordres, envoyé à Glaston pour y être jugé et exécuté avec ses complices. On sait qu’il fut envoyé à Wells le 14 novembre 1539.

Il n’y eut pas de jugement, on fit subir à l’Abbé tous les outrages possibles. On tortura ensemble dom Whiting, dom Thorne et dom James. On les attacha à la queue de chevaux qu’on fit courir dans les rues, puis ils furent, selon l’habitude anglaise de l’époque, pendus, éviscérés et écartelés.

Ce martyre eut lieu à Tor Hill (Glastonbury), le samedi 15 novembre 1539.

La tête de l’Abbé fut exposée sur une pique à la vue de la foule, à l’entrée de l’abbaye, désormais vide ; les morceaux de son corps, brûlés dans la poix, furent exposés à Wells, Bath, Ilchester et Bridgwater.

En 1895, la confirmation du culte qu’on lui rendait, équivalait à la béatification.

 

 

John Thorne

? -1539

 

On ne connaît rien sur les origines de John.

Bénédictin, il était économe à l’abbaye de Glastonbury (Somerset, Angleterre).

Quand le roi envoya ses émissaires pour prendre possession de l’abbaye, et en particulier de la trésorerie, dom John la cacha. Il fut pour ce motif accusé de sacrilège et de trahison.

On l’attacha à la queue de chevaux qu’on fit courir dans les rues, puis il fut, selon l’habitude anglaise de l’époque, pendu, éviscéré et écartelé.

Ce martyre eut lieu à Tor Hill (Glastonbury), le 15 novembre 1539.

En 1895, la confirmation du culte qu’on lui rendait, équivalait à la béatification.

 

 

 

Roger James

? -1539

 

On ne connaît rien sur les origines de Roger.

Bénédictin à Glastonbury, il fut ordonné prêtre et était le plus jeune de la communauté. Il était chargé de la sacristie.

On tortura ensemble l’Abbé dom Whiting, dom Thorne et dom James. On les attacha à la queue de chevaux qu’on fit courir dans les rues, puis ils furent, selon l’habitude anglaise de l’époque, pendus, éviscérés et écartelés.

Ce martyre eut lieu à Tor Hill (Glastonbury), le samedi 15 novembre 1539.

En 1895, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

Lucia Broccadelli de Narni

1476-1544

 

Lucia naquit le 13 décembre 1476 à Narni (Ombrie, Italie C), aînée des onze enfants de Nicola et Gentilina Cassio. Elle reçut le nom de la Sainte du jour.

Toute la première partie de sa vie n’est qu’une suite de merveilles étonnantes.

A cinq ans, elle eut une extase de trois jours pendant lesquels la Sainte Vierge lui confia l’Enfant Jésus.

A sept ans, elle eut les fiançailles mystiques avec Jésus-Christ, et reçut un scapulaire des mains de saint Dominique (v. 6 août) ; elle fut introduite parmi les Anges, avec lesquels elle chanta et dansa.

A douze ans, elle obtint la permission de son confesseur de se consacrer à Dieu.

Pendant tout ce temps-là, la famille semblait indifférente. Le papa mourut en 1490. Dès lors, la famille chercha à la marier : un premier prétendant, qui osa lui mettre un anneau au doigt, reçut en échange une belle gifle. On imposa par contre à Lucia un régime sévère, dont elle tomba malade.

Bientôt, on lui présenta un autre prétendant, un certain comte Pietro. Embarrassée, elle eut la vision de la Sainte Vierge, avec sainte Catherine de Sienne (v. 29 avril) et sainte Domitilla (v. 7 mai) : elle pouvait obéir, certaine que Dieu l’aiderait et la protégerait ; pour preuve, elle fut guérie de sa maladie.

Pietro fut un bon mari : il respecta le désir de Lucia de rester chaste. Lucia, de son côté, fut une maîtresse de maison exemplaire, travaillant avec les servantes ; elle vivait aussi comme une moniale, priant, jeûnant, se faisant flageller par une servante.

Les prodiges continuaient : en période de famine, elle fut aidée par sainte Catherine de Sienne, sainte Agnès (v. 21 janvier) et sainte Agnès de Montepulciano (v. 20 avril) à cuire du pain pour les pauvres, avec une farine inépuisable.

Elle reçut un jour dans le lit conjugal un pèlerin de passage ; son mari crut à l’adultère et allait frapper l’homme, qui lui apparut alors sous les traits du Christ crucifié.

Lucie s’enfuit de la demeure ; son mari se croyait réellement trompé ; mais saint Dominique et saint Pietro de Vérone (v. 6 avril) la ramenèrent : le comte l’enferma au cachot pendant tout un carême. A Pâques, le comte l’autorisa à aller à l’église et à faire ce qu’elle désirait : Lucia retourna chez sa mère. Elle prit alors l’habit du Tiers-Ordre dominicain (30 avril 1494, jour où l’on fêtait sainte Catherine de Sienne).

Evidemment le comte Pietro devenait fou de rage. Lucia se réfugia à Viterbe. C’est alors qu’elle reçut les stigmates de la Passion du Seigneur. On l’examina, le pape la reçut à Rome. Les autorités ecclésiastiques, surtout franciscaines, prétendaient que seul saint François avait été jugé digne de porter les stigmates ! Mais on dut bien conclure à la véridicité de Lucia. De retour à Viterbe, elle convainquit son mari, qui entra, justement, dans l’Ordre franciscain.

Il y eut ensuite une longue période de négociations entre le duc de Ferrare, Rome et Viterbe, au sujet d’un projet d’établir à Ferrare un immense couvent de tertiaires dominicaines. Lucia fut pressentie. On enleva Lucia, elle fut convoquée à Rome, on l’emmena dissimulée dans un grand panier à dos d’âne… Le couvent fut inauguré en 1501, Lucia en fut la supérieure, mais tout ce projet grandiose s’écroula à la mort du duc de Ferrare en 1505.

Il y eut des conflits entre les religieuses ; la nouvelle supérieure du couvent tiendra Lucia en suspicion, lui interdisant tout rapport avec quiconque, sauf avec le confesseur, qu’on lui imposa. Lucia obtint du Ciel de ne plus porter les stigmates visibles, mais elle conserva la douleur au côté. Cette épreuve du silence dura ainsi quarante ans.

Profitant de ces quarante années comme d’une traversée du désert avant la Terre Promise, Lucia monta au plus haut degré de la sainteté.

On la croyait morte depuis longtemps, lorsqu’on apprit ainsi sa mort, à Ferrare, le 15 novembre 1544.

Le culte de la Bienheureuse fut reconnu en 1710.

On a récemment retrouvé à Bologne une «copie» de l’Autobiographie de Lucia, rédigée peu avant la mort de celle-ci.

 

 

Caius de Corée

1571-1624

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Pietro Paulo Navarro

Cius était un Coréen né en 1571.

On ne connaît pas toute son histoire. Baptisé, il vint au Japon et fut catéchiste. 

La persécution le fit arrêter et condamner à mort.

En prison, il demanda à être reçu dans la Compagnie de Jésus : sa demande fut acceptée, mais il n’eut pas le temps d’en recevoir la nouvelle avant son exécution.

Il reçut la grâce du martyre le 15 novembre 1624, et fut béatifié en 1867.

 

 

Roque González de Santa Cruz

1576-1628

 

Roque (Roch) était d’une des familles qui fondèrent la ville d’Asunción (Paraguay) ; il est donc créole. Ses parents s’appelaient Gonzáles Villaverde et María de Santa Cruz. On va voir que Roque fut vraiment un Roc.

Il eut (au moins) un frère, Herman, militaire à Asunción.

Petit, il connut la langue guarani, qui lui servira dans son futur apostolat.

Il étudia dans une école fondée par l’évêque, sous la direction duquel il poursuivra ensuite ces études, avec d’autres jeunes, et recevra le sacerdoce en 1598, à vingt-deux ans.

Grâce à son atout linguistique, il fut nommé pour exercer sa charge pastorale à San Andres de Mbaracayú. En 1609, il fut nommé archiprêtre de la cathédrale d’Asunción. 

Cette même année, il refusa la charge de vicaire général et entra dans l’Ordre des Jésuites. Les Religieux de cet Ordre s’engagent en effet à ne pas accepter de charges ecclésiastiques, sauf par obéissance envers leurs Supérieurs.

Mais vu sa préparation et son sacerdoce, les Supérieurs ne jugèrent pas nécessaire de lui faire faire un «noviciat» : on l’envoya au-delà du fleuve Paraguay, évangéliser le territoire des Guaycurús, d’où il rejoignit les réductions de Parana.

Dès 1611, il organise le village de San Ignacio Guazú, en l’honneur du Fondateur des Jésuites, qui deviendra une des plus importantes réductions du pays : chacun avait sa propre maison clôturée, autour d’une église et de son presbytère.

Il «conquit» les habitants, maintenant leurs habitudes de musique, de chants, de danses, de processions et fêtes, en les «christianisant», c’est-à-dire en les insérant harmonieusement aux nouvelles habitudes chrétiennes qu’il leur enseignait, tout cela, bien sûr, en langue guarani et non en latin.

Il organisa des écoles, des cultures, un artisanat, un commerce, luttant sans cesse contre les sorciers et les encomenderos espagnols, qui soumettaient la population à un véritable esclavage. Il refusait carrément l’absolution à ces derniers, sachant très bien qu’ils vivaient dans le mensonge et l’injustice vis-à-vis de la population.

En 1614, nouvelle réduction à Santa Ana ; en 1615, en Itapuá, la future Posadas, maintenant en Argentine) et Encarnación ; en 1618, Yaguaporá.

A partir de 1619, il fut envoyé dans la région du fleuve Uruguay et fonda, en sept ans, quatre nouvelles réductions : Conceptión de la Sierra, San Francisco Javier, Yapeyú.

En 1627, il fut nommé supérieur des Jésuites en Uruguay. Sa personne et son expérience lui confèrent un énorme ascendant sur les populations : on connaît son courage et sa détermination, son dévouement lors des épidémies, et beaucoup de baptêmes sont célébrés.

Les autorités civiles aussi le respectent et l’écoutent. D’autres réductions sont fondées, sur la rive orientale de l’Uruguay, entre autres celle de Candelaria.

A partir de 1628, avec l’aide de deux autres Jésuites (voir les notices de Alonso Rodríguez Olmedo et Juan del Castillo, ce même jour), il fonda trois réductions : San Nicolás, Asunción del Ijuí et Caaró (aujourd’hui sur territoire brésilien). Là, le sorcier, jaloux de leur prestige, organisa leur assassinat.

Le 15 novembre 1628, Roque et Alonso eurent le crâne fracassé, tandis qu’ils étaient occupés à installer la cloche à leur église de Caaró. Juan aura le même sort deux jours après.

Les cadavres furent brûlés, mais le cœur de Roque resta miraculeusement intact. On le conserve à Asunción, avec l’arme de son martyre.

Les trois Jésuites furent béatifiés en 1934, et canonisés en 1988.

Saint Roque est le patron des villes de Posadas et Encarnación, deux villes fondées par Roque, et reliées par un pont, qui porte son nom ; Posadas est maintenant en Argentine, Encarnación au Paraguay. Un billet de banque paraguayen porte son effigie depuis 1995.

Saint Roque est le premier Saint créole paraguayen.

 

 

Alonso Rodríguez Obnel

1598-1628

 

(Il ne faut pas confondre ce Saint avec un autre Alonso Rodríguez, Jésuite espagnol de la même époque, voir au 31 octobre).

Alonso (Alphonse) naquit à Zamora (Espagne) le 10 mars 1598, de pieux parents qui s’appelaient Gonzalo Rodríguez et María Obnel (ou Olmedo).

Alonso entra dans la Compagnie de Jésus, au noviciat de Villagarcía en 1614 et fut ordonné prêtre en 1624.

En 1626, il fit sa période de «probanat sacerdotal» parmi les guaycurués du Paraguay.

C’est là qu’il collabora intimement et activement au travail d’évangélisation que faisait le père Roque González de Santa Cruz (voir la notice au même jour), grâce auquel il apprit la langue aborigène.

Après deux années d’intense activité, Alonso reçut la palme du martyre à Caaró, le 15 novembre 1628.

Il fut béatifié en 1934 et canonisé en 1988.

 

 

José Pignatelli

1737-1811

 

Ce prêtre devenu italien avec le nom de Giuseppe, était né le 27 décembre 1737 à Saragosse (Espagne), de sang noble : son père, Antonio, était de la noblesse italienne ; sa mère, Francesca Moncayo-Fernández de Heredia, descendait des Grands d’Espagne.

Orphelin de mère à quatre ans, José fut élevé à Naples. Sa connaissance parfaite de l’espagnol et de l’italien devait plus tard lui être d’une grande utilité.

Il entra au noviciat des Jésuites de Tarragone (Espagne) en 1753 ; on l’envoya faire les études classiques à Manresa (Italie), la philosophie à Calatayud (Espagne) et la théologie à Saragosse, et il fut ordonné prêtre en 1762. Son frère Nicolás sera aussi jésuite.

Professeur d’humanités au collège, il alla aussi faire du catéchisme aux enfants de la rue et rendait visite aux malades et aux prisonniers.

En 1766, il y eut une famille à Saragosse et la populace se souleva. On accusa les Jésuites de soutenir cette révolte : ils furent expulsés (1767) ; réfugiés en Corse, les Jésuites durent ensuite s’installer à Ferrare (Italie) dans les Etats Pontificaux, où les rejoignirent aussi ceux du Mexique. C’est là que José prononça ses vœux (1771).

En 1773, le pape supprima totalement la Compagnie de Jésus, à la suite d’une campagne tout-à-fait partisane et injuste. José et son frère Nicolás vécurent un temps à Bologne, José vivant toujours sa vie religieuse, Nicolás reprenant une vie séculière.

José chercha à rencontrer les autres Jésuites et organisa avec eux des activités spirituelles et intellectuelles. Même les Etats Pontificaux refusèrent de les héberger, ils n’avaient aucun droit d’exercer leur sacerdoce. 

Des groupes de spiritualité ignatienne se formèrent en divers endroits (en Europe et en Russie, aux Etats-Unis) et José développa une activité fébrile pour faire restaurer la Compagnie. Il fit présenter sa requête au pape qui, constatant l’erreur passée, accéda à cette demande, pour les royaumes de Parme, Naples et Sicile (1804). José (devenu Giuseppe) Pignatelli fut même nommé Provincial pour ces régions.

Des maisons se rouvrirent à Rome, Tivoli, Orvieto. Mais les Jésuites, refusant de jurer allégeance à Bonaparte, furent à nouveau expulsés. La restauration se fit tout de même en Sardaigne (1807). 

A la demande du pape Pie VI, plusieurs groupes de spiritualité ignatienne se fondirent en un seul, celui des Pères de la Foi, qui se réuniront aux Jésuites, enfin réhabilités universellement en 1814.

Notre père Pignatelli est considéré comme le restaurateur de la Compagnie de Jésus, mais il ne connaîtra pas cette date. Atteint de tuberculose, il mourut à Rome le 15 novembre 1811.

Il fut béatifié en  1933 et canonisé en 1954.

Pak Gyeong-hwa Paulus

1757-1827

 

Pak Gyeong-hwa Paulus est un laïc coréen né en 1757 à Hongju (Chungcheong-do, Corée S).

Il mourut en prison à Daegu (Gyeongsang-do) le 15 novembre 1827 et fut béatifié en 2014.

 

 

Gim Se-bak Ambrosius

1761-1828

 

Gim Se-bak Ambrosius est un laïc coréen né en 1761 à Seoul (Corée S).

Il mourut en prison à Daegu (Gyeongsang-do) le 15 novembre 1828 et fut béatifié en 2014.

 

 

Yosefu Mukasa Balikuddembe

1859-1885

 

Voir la notice : Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Hélène de Chappotin de Neuville

1839-1904

 

Née le 21 mai 1839 à Nantes, Hélène reçut au Baptême les noms de Hélène Marie Philippine. Son père, Charles de Chappotin, était polytechnicien, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées ; sa mère, Sophie Galbaud du Fort, était la nièce d’un général.

Dès 1856, Hélène sentit en elle l’appel à la consécration totale à Dieu, mais la mort subite de sa mère retarda sa décision.

Elle entra en 1860 chez les Clarisses ; elle disait : Je devins fille de saint François, et n’ai pas cessé de l’être. 

Le 23 janvier 1861, elle vécut une expérience mystique toute spéciale, durant laquelle Dieu l’invita à s’offrir en victime pour l’Eglise et le Pape.

Elle tomba malade, et dut quitter le monastère ; c’est que les soins coûtent, et la communauté ne peut assumer cette dépense.

Guérie, elle fut orientée vers une congrégation plus active, la Société de Marie-Réparatrice, fondée peu avant par Emilie d’Oultremont (voir au 17 décembre).

Elle commença son noviciat à Toulouse en 1864, avec le nom de Marie de la Passion.

C’est qu’on ne perdit pas de temps : encore novice, elle partit pour l’Inde en 1865, au Maduré, où elle fit la profession religieuse.

En 1867, la voilà supérieure provinciale de trois couvents.

En 1874, elle ouvrit une filiale près de Coimbatore. Là, comme il arrive souvent, des dissensions s’élevèrent ; certaines sœurs s’émancipèrent en communauté autonome à Ootacamund. Il semble que les Religieuses n’avaient pas de vues unanimes sur le charisme propre de leur congrégation. 

Pour mettre de l’ordre là-dedans, le pape autorisa la Mère Marie de la Passion à fonder une nouvelle congrégation, spécifiquement destinée au travail missionnaire : les Sœurs Missionnaires de Marie. Le noviciat sera à Saint-Brieuc (Finistère). Les vocations afflueront rapidement.

En 1877, la situation s’étant stabilisée, la congrégation fut approuvée, affiliée à la famille franciscaine. 

Lors d’un voyage à Rome en 1882, elle eut la permission d’ouvrir une maison à Rome ; et surtout elle rencontra providentiellement les Franciscains, qui l’avaient tellement attirée au début de sa vie religieuse. Elle fut admise dans le Tiers-Ordre franciscain, et reçut les paternels conseils du père Bernardino de Portogruaro. 

Mais voilà qu’en 1883, des accusations firent destituer Marie de la Passion. Une enquête canonique fut décrétée, aboutissant… à sa réélection.

Désormais, elle gouvernera sa chère congrégation avec zèle et amour. En 1885, fut donné le Decretum laudis, en 1890 l’approbation ad experimentum, en 1896 l’approbation définitive. 

Marie de la Passion donna une forte impulsion mystique à sa Famille, dans la contemplation des Mystères de la Trinité et de la Rédemption. Elle écrivit maints ouvrages, où elle s’intéressait particulièrement à la promotion de la femme.

Elle salua en 1900 le martyre de sept de ses Filles, en Chine (voir au 9 juillet).

Etant tombée malade, elle se retira à San Remo (Italie) où elle mourut le 15 novembre 1904.

La congrégation avait une trentaine d’années, et comptait déjà plus de deux mille sœurs, dans vingt-quatre pays.

Il ne fut pas très difficile de reconnaître l’héroïcité des vertus d’Hélène de Chappotin de Neuville, qui avait bien porté son nom de Marie de la Passion ; elle fut béatifiée en 2002.

Le miracle retenu pour cette béatification, fut la guérison du Mal de Pott d’une religieuse.

 

 

Józef Kalinowski

1835-1907

 

Né le 1er septembre 1835 à Wilno (Vilnius, Lituanie alors dans l’empire russe), Józef était le deuxième fils de Andrzej Kalinowski, professeur de mathématiques, et de Jozefina Polonska, de la noblesse catholique polonaise.

Peu après la naissance, la maman mourut. Andrzej prit alors pour épouse sa belle-sœur (qui aura trois enfants), et se remaria une troisième fois après la mort de cette dernière, et engendra encore quatre enfants. 

Cette troisième «mère» eut une très bonne influence sur Józef, durant l’adolescence.

Le garçon étudia à l’institut où enseignait son père, qui devint recteur mais démissionnera de son poste par opposition à la politique tsariste.

Le tsar en effet adopta une position très hostile envers les Polonais, les Lituaniens et l’Eglise en général. Il y eut des exécutions sur place, des déportations en Sibérie.

La Pologne fut divisée en trois zones, administrées par l’Autriche, la Prusse et la Russie. Les Kalinowski se trouvaient dans la partie «russe», dont les étudiants polonais étaient contraints soit à fréquenter les universités russes, soit à partir pour l’étranger. C’est ainsi que Józef s’inscrivit à Hory-Horki (à l’institut d’agronomie), puis à Saint-Pétersbourg (à l’Ecole du Génie militaire).

Il n’était pas très emballé par les cours, mais encore moins par l’indifférence de la société russe.

En 1857 cependant, il était ingénieur-lieutenant, nommé maître de conférences en mathématiques ; en 1860, surintendant ingénieur et envoyé à Brest-Litovsk, promu capitaine d’état-major.

Il travailla à la construction de la ligne de chemin de fer de Koursk à Konotop. Ce fut l’époque où il découvrit les Confessions de saint Augustin, qui seront son livre de chevet. A Brest, il comprit le drame des catholiques, littéralement persécutés pour être «russifiés» par la force, et quitta l’armée.

En 1863, éclata l’insurrection polonaise. Il s’y opposa fortement, mais il fut personnellement appelé à la diriger, comme ministre de la guerre. Il accepta à contre-cœur, bien conscient de l’issue certaine de ce conflit : très vite, l’armée russe mâta la révolte ; les chefs furent pendus sur place ; des trains entiers de Lituaniens et de Polonais partirent pour la Russie et la Sibérie. Józef n’échappa que de justesse à la mort : arrêté en mars 1864, condamné à mort, il vit sa peine commuée à dix ans de travaux forcés en Sibérie.

Le voyage de la déportation fut très pénible et douloureux : par train, par bateau, en charrette à cheval, à pieds même. Les prisonniers arrivèrent au bout de dix mois à leur destination, en avril 1865, au Lac Baïkal. 

Józef déploya tout son amour fraternel pour soutenir et réconforter ses compagnons. Sa force fut la prière ; il n’avait avec lui qu’un crucifix, un évangile et l’Imitation de Jésus-Christ.

La force de la prière l’aida à supporter ces dix années. Libéré en 1874, il retourna en Pologne, désormais animé du désir de recevoir le sacerdoce.

A Cracovie, il fut d’abord le précepteur du jeune prince August Czartoryski (voir au 8 avril). Or, la tante de ce dernier était une carmélite, qui entrevit en Józef l’homme de choix qui pourrait restaurer le Carmel en Pologne.

Pendant deux années, Józef suivit son élève princier, l’accompagnant à Paris. Là, il s’occupa des réfugiés polonais et rencontra en particulier un Juif converti, Hermann Cohen, excellent musicien (pianiste et compositeur) devenu Carme déchaux. 

En 1876, tandis que August se dirigeait vers les Salésiens de Don Giovanni Bosco, Józef prit contact avec le carmel de Linz (Autriche).

En 1877, il entra au noviciat de Graz (Autriche), avec le nom de Ráfał de Saint-Joseph. Il fit les premiers vœux en 1878 et partit étudier philosophie et théologie à Raab (Hongrie).

En 1881, après ses vœux solennels, il fut envoyé au couvent polonais de Czerna et fut ordonné prêtre en 1882. L’année suivante, il était élu prieur.

Extrêmement actif, il fonda des carmels à Premislia (1884), à Lviv (Ukraine, 1888), à Wadowice (Pologne). Il fut nommé Visiteur de tous ces monastères. En 1906, il fut directeur du collège de théologie de Wadowice et organisa le Tiers-Ordre du Carmel. Mais le père Kalinowski n’était pas qu’un administrateur : il rayonna par son ministère sacerdotal, comme directeur spirituel et surtout comme confesseur.

Il contribua à retrouver et à rassembler les archives dispersées des couvents carmes ; il fit la première traduction polonaise de l’Histoire d’une Ame de sainte Thérèse de Lisieux, écrivit des biographies hagiographiques sur les martyrs polonais, sur Hermann Cohen, et finalement ses Mémoires, par obéissance à ses Supérieurs.

Il s’éteignit à Wadowice le 15 novembre 1907.

 

Un certain Karol Wojtyła naquit justement à Wadowice en 1920 : devenu Jean-Paul II, il béatifia Józef Kalinowski (Rafał de Saint-Joseph) en 1983, et le canonisa en 1991.

Miguel Díaz Sánchez

1879-1936

 

Né le 30 juillet 1879 à Caudete (Albacete, Espagne) de parents très chrétiens, Miguel et Trinidad, Miguel fut baptisé le jour-même, avec les noms de Miguel Abdón Senén, ces deux derniers Saints (des Martyrs romains) étant justement vénérés ce jour-là.

Il fréquenta le séminaire de Orihuela, où ses confrères le jugèrent exemplaire dans son comportement et sa piété.

Il fut ordonné prêtre en 1903 et nommé vicaire dans son village natal, Caudete, puis curé à Tabarca, et finalement curé à Elda (Alicante) où son activité fébrile lui valut l’amitié des ouvriers ; ce fut à tel point que, lorsqu’il fut question de le transférer à nouveau à la cure de Caudete, une pétition de quatorze mille signatures implora son maintien à Elda.

Il dut tout de même repartir à Caudete, où Dieu lui donnait «rendez-vous».

Lors des élections de mars 1936, l’église fut fermée et le curé obligé de vivre et agir dans la clandestinité. Il chercha à récupérer tout ce qu’il pouvait de l’église pour le conserver chez lui, en particulier le Saint-Sacrement. Il donna aussi l’hospitalité au sacristain.

Quand la guerre civile éclata en juillet, le curé dut se cacher et changer fréquemment de cachette, sans pour autant cesser d’administrer les sacrements partout où il pouvait.

Le 14 octobre 1936, il fut arrêté, et incarcéré chez les Carmélites, dont le couvent était transformé en prison, du moins ce qui en restait après l’incendie du 22 juillet.

A cette nouvelle, les miliciens de Elda firent tout leur possible pour libérer «leur» curé, mais en vain. Il fut question de le transférer à Albacete, le 9 novembre. Pendant que les miliciens mangeaient, on proposa même à don Miguel de s’enfuir, mais il refusa.

Une autre voiture arriva, qui emmena le prêtre en direction d’Almansa ; arrivés au pont, on assassina sauvagement ce curé qui avait tant travaillé pour ses brebis. Détail vraiment pénible : ce furent ses propres paroissiens qui l’abattirent. L’autopsie révéla des nombreuses blessures au crâne et dans la cage thoracique.

Le prêtre martyr fut retrouvé le lendemain au bord de la route de Almansa, près de Bonete.

Il y a deux versions sur la date exacte de la mort du prêtre. Pour certains, sa mort aurait eu lieu le 10 novembre, pour d’autres le 15 novembre 1936, date retenue par le Martyrologe Romain.

Don Miguel Díaz Sánchez fut béatifié en 2007.

 

 

Juan Duarte Martín

1912-1936

 

Juan (Jean) naquit le 17 mars 1912 à Yunquera (Málaga, Espagne), quatrième des dix enfants de Juan Duarte Doña et Dolores Martín de la Torre, qui en perdirent quatre en bas âge.

Une des sœurs de Juan fut carmélite.

Le papa, un bon paysan chrétien, faisait partie des Adorateurs Nocturnes, et accepta avec joie la vocation sacerdotale de son fils.

Juan fut baptisé et confirmé dans sa paroisse, mais les registres en ont été totalement détruits en 1936.

En 1925, à treize ans, il entra au Petit séminaire. Ce ne fut une surprise pour personne ; l’unique problème était de payer la pension, et quand le papa en parla, Juan répondit sans sourciller : Ne t’en fais pas, le Seigneur va t’aider.

Il s’y sentait comme un poisson dans l’eau au point que, lors des émeutes de 1931 (on incendia des églises déjà à cette époque), il regagna courageusement son séminaire.

Il fut un excellent séminariste, gagnant la confiance de tous, au point d’être nommé préfet pour les plus jeunes, auxquels il sut communiquer sa vivacité, sa joie, en même temps que sa piété, comme il le fit aussi pour les petits garçons de la paroisse. Il avait un tel esprit apostolique qu’il nourrissait l’espoir, une fois prêtre, de partir aux missions.

En 1935, il reçut le sous-diaconat, et le diaconat le 6 mars 1936.

Humblement, il répétait qu’il ne se sentait pas capable du martyre, mais devant les événements politico-sociaux, il affirmait toujours : C’est le Seigneur qui triomphera ! Jusqu’à la fin, il conserva la soutane même pour sortir hors de chez lui.

En novembre, il y eut une perquisition en règle chez sa famille, et il s’était réfugié dans une petite chambre aménagée en cachette. La perquisition n’avait rien donné, mais une fois les miliciens partis, Juan s’avança vers la fenêtre pour respirer un peu ; quelqu’un le vit et le dénonça.

C’était le 7 novembre ; ils arrêtèrent aussi deux compagnons de Juan, les séminaristes José Merino et Miguel Díaz, qui furent martyrisés la nuit suivante.

Juan fut d’abord conduit à Álora, une localité voisine. On ne sait pourquoi il ne fut pas assassiné avec ses compagnons. A Álora, on l’enferma dans une auberge, puis au dépôt municipal de la Garipola.

Pendant plusieurs jours, on chercha à le faire blasphémer, mais les seules paroles que Juan exprima furent : Vive le Cœur de Jésus ! Vive le Christ Roi ! Les tortures qu’il subit furent aussi nombreuses que pénibles : vexations quotidiennes, baguettes pointues sous les ongles, décharges électriques aux parties génitales (et il fit même remarquer une fois aux bourreaux que le cable avait dû se débrancher, car il ne sentait rien), «promenades» dans les rues en se moquant de lui.

De la Garipola, on passa à la prison. On commença par faire entrer dans sa cellule une adolescente de seize ans qui devait le séduire pour prétendre ensuite avoir été violée par lui. Le Diacre avait bien d’autres idées dans son cœur, aussi plusieurs miliciens s’introduisirent : avec un rasoir à barbe, l’un d’eux le castra et donna les testicules à la fille pour aller les montrer dans le village.

Revenu à lui, le pauvre Diacre répétait seulement : Qu’est-ce qu’ils m’ont fait ? Comme les habitants s’indignaient chaque jour davantage, et que Juan, de son côté, continuait à pardonner à ses bourreaux, qui ne comprenaient pas qu’ils faisaient tout cela à Notre-Seigneur lui-même, les dirigeants du Comité voulurent en finir, mais de façon atroce.

Ils emmenèrent Juan à un kilomètre et demi de là, à Arroyo Bujía et, à une dizaine de mètres du pont, le jetèrent à terre, lui ouvrirent le ventre de haut en pas à coups de machette, lui versèrent de l’essence et y mirent le feu.

Juan eut encore la force de dire : Je vous pardonne, et je demande à Dieu de vous pardonner. Vive le Christ Roi ! 

Et juste avant d’expirer, les yeux grands ouverts vers le ciel : Je le vois !

L’un des bourreaux lui demanda encore : Qu’est-ce que tu vois ? et lui déchargea son pistolet dans la tête.

On se souvient ici que le diacre Etienne, juste avant son martyre, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu, et pria pour ses bourreaux : Seigneur, ne leur impute pas ce péché (Ac 7:53-60). 

 

L’horrible mais glorieux martyre de Juan eut lieu le 15 novembre 1936. Juan Duarte Martín a été béatifié en 2007.

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14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 00:00

14 NOVEMBRE

 

III.

S Theodotos, martyr à Héraclée de Thrace.

IV.

S Hypatios, évêque à Gangres, martyr.

S Rufus, premier évêque en Avignon ou tout au moins responsable de cette première communauté.

VI.

S Jocundus, évêque à Bologne.

S Dubricius, évêque à Llandaff.

IX.

Ste Adeltrude, mère de s. Géraud ; elle et son mari connurent par des prodiges la sainteté du fils qui allait leur naître ; elle se retira à Aurillac.

S Mathan (Machar), écossais, évêque à Saintes, retourné mourir dans son pays.

XII.

S Ivan, évêque à Trogir, qui était moine bénédictin ou camaldule.

S Giovanni de Tufara, ermite puis fondateur d'un monastère à Gualdo Mazocca ; lui qui aimait la solitude, il fut abbé pendant un demi-siècle.

S Laurent O'Toole (Lorcán Uí Tuatail), abbé, évêque à Dublin ; lors de la conquête de l'Irlande, il n'hésita pas à plaider la cause de ses compatriotes maltraités. 

XIII.

S Siard, abbé prémontré à Mariëngaarde.

S Serapion, anglais, devenu en Espagne religieux de l'Ordre de la Merci ; prisonnier en Alger, il fut martyrisé, attaché à deux poteaux, la main gauche sur le pied droit et la main droite sur le pied gauche, les membres brisés, le corps tailladé, les intestins enroulés sur un treuil et le cou presque coupé pour laisser pendre la tête.

XIV.

Bx Nikola Tavelić (serbe), Déodat Aribert de Rodez, Stefano de Cuneo et Pierre de Narbonne, franciscains martyrs en Terre Sainte. 

XVI.

B Giovanni Liccio (1400-1511), dominicain sicilien ; adolescent, il jeûnait les mercredis et vendredis ; fondateur et prieur à Caccamo.

XVII.

Bx Gaspar Nishi Genka, sa femme Ursula, leur fils Joannes, laïcs japonais martyrs, béatifiés en 2008.

XIX.

Bx Yu Mun-seok Ioannes et Yu Jung-cheol Ioannes, laïcs coréens martyrs, par pendaison, béatifiés en 2014.

S Etienne-Théodore Cuenot, aîné d'une famille franc-comtoise de onze enfants, évêque-coadjuteur en Cochinchine, organisateur, missionnaire infatigable, mort dans une cage, victime des mauvais traitements, reconnu martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Bse Maria Scrilli (Maria Teresa de Jésus), fondatrice italienne des Sœurs de Notre-Dame du Carmel, pour la petite enfance (qui fleurit malgré d'énormes difficultés au début), béatifiée en 2006.

 

 

Rufus d’Avignon

? 1. siècle

 

Rufus a été identifié par certains comme le fils de s.Simon de Cyrène (cf. Mc 15:21), disciple de s.Paul à Rome (cf. Ro 16:13), établi par ce dernier évêque en Avignon.

Cette pieuse tradition n’est pas invraisemblable, mais il n’y a pas de documents sûrs à ce propos. Toutefois le Martyrologe distingue deux personnages : le disciple du Seigneur que nomme s.Paul en Ro 16:13 (v. 21 novembre), et le nôtre.

La liste épiscopale officielle d’Avignon ne comporte pas le nom de Rufus et les premiers évêques de cette ville sont, semble-t-il, du troisième siècle.

Dans le Martyrologe, on retient que Rufus fut le premier responsable de cette communauté avignonnaise.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Rufus d’Avignon au 14 novembre.

 

 

Theodotos d’Héraclée

3. siècle

 

Theodotos fut martyrisé à Héraclée (Thrace, auj. Heraclea Sintique, Bulgarie), peut-être avec d’autres Compagnons, peut-être vers le troisième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Theodotos d’Héraclée au 14 novembre.

 

 

Hypatios de Gangres

4. siècle

 

Gangres se trouve en Paphlagonie (Asie Mineure N, auj. Çankırı, Turquie).

Hypatios y fut évêque.

Il assista au grand concile de Nicée (325), et peut-être aussi à celui de Gangres (340).

Très soucieux de toutes ses ouailles, ce Pasteur ne ménagea pas sa peine pour enseigner la Foi, pour construire des églises, des hospices. Il se déplaçait en toute simplicité sur un âne, accompagné de deux moines seulement.

Il aimait se retirer, méditer dans quelque solitude ou dans quelque grotte, et fut inspiré d’écrire des commentaires sur l’Ecriture, en particulier un commentaire sur le livre des Proverbes.

Ce commentaire était adressé à une certaine Gaïenne qui, l’ayant lu, se dépouilla de tous ses biens et les distribua aux pauvres.

Hypatios eut le don des miracles ; un de ceux-là fut de débarrasser la région des taupes.

Même l’empereur Constance, qui persécuta les Chrétiens, recourut à l’Evêque pour affronter un dragon qui bloquait l’entrée du trésor impérial de Constantinople. Hypatios lui enfonça dans la gueule son bâton pastoral et, invoquant le Nom de Jésus, traîna la bête jusque sur un bûcher. Si Constance refusa la grâce de la Foi, il remercia quand même Hypatios en dégrevant la ville de Gangres.

Au retour, Hypatios fut pris dans une embuscade que lui tendaient des hérétiques novatiens. Ils le frappèrent à coups de pierres, de bâtons et d’épées. Hypatios murmura encore, comme s.Etienne (v. 26 décembre) : Seigneur, ne leur impute pas ce péché (Ac 7:60). Alors une femme le frappa à la tempe avec une pierre et il rendit l’esprit ; cette femme devint alors possédée. Les sicaires cachèrent le corps dans un tas de paille, que le paysan du lieu retrouva tout illuminé.

Quand on eut inhumé dignement le Martyr, la femme qui l’avait frappé fut guérie. Par la suite, bien d’autres miracles eurent lieu à l’endroit du tombeau.

D’après certains textes, ce martyre aurait eu lieu au retour du concile de Nicée (325), mais la chronique reprise ci-dessus semble beaucoup plus cohérente.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Hypatios de Gangres au 14 novembre.

 

 

Dubricius de Llandaff

465-550

 

Les évêques du diocèse de Glamorgan et Gwent (Pays de Galles) siégèrent au début à Ergyng ou Teilo.

Dubricius (Dyfrig) naquit vers 465 à Madley (Herefordshire, Angleterre), d’une union illégitime.

Sa mère, Efrddyl, était la fille du roi Peibio Clafrog d’Ergyng. Quand le grand-père s’aperçut qu’Efrddyl était enceinte, il voulut la noyer dans la Wye, sans y réussir. Peibio fut atteint de la lèpre ; guéri par Dubricius, il se réconcilia alors avec Efrddyl.

Dubricius était très intelligent et très doué. On parlait de lui dans toute l’Angleterre.

Il fonda un monastère à Hentland, un autre à Moccas.

Parmi ses disciples, il eut les saints Teilo et Samson (v. 9 février et 28 juillet).

Si l’on attribue traditionnellement à Dubricius le titre de premier évêque du diocèse de Glamorgan et Gwent, certains manuscrits en font remonter la fondation au deuxième siècle.

L’épiscopat de Dubricius commença en 522, et s’acheva en 545.

En 545, il participa au Synode de Llanddewi Brefi et, croit-on, donna sa démission en faveur de s.David (v. 1er mars).

Dubricius se retira alors sur l’île Bardsey (Ynys Enlli), la fameuse Ile aux vingt-mille Saints, où il mourut vers 550.

Saint Dubricius de Llandaff est commémoré le 14 novembre dans le Martyrologe Romain.

Ivan de Trogir

? - 1111

 

Ivan était un moine bénédictin (ou camaldule) à Saint-Pierre d’Osor, une île de Croatie.

Il fut consacré évêque de Trogir et, en 1105, intervint auprès du roi de Hongrie pour éviter la destruction de Trogir.

On a dit qu’au moment de sa consécration, une colombe vint se poser sur sa tête, signe qu’Ivan était un messager de paix.

On a dit aussi qu’après la destruction des vignobles à cause de la guerre, il introduisit les quelques grappes de raisins restantes dans le pressoir et qu’il en fit sortir une grande quantité de vin.

Avec l’évêque de Split, Ivan développa une importante action de restauration spirituelle du diocèse, dans l’esprit de la réforme grégorienne.

Il fit construire le monastère bénédictin de Trogir.

Ivan mourut vers (mais certainement avant) 1111.

On raconte que, lors d’un naufrage, on vit le saint évêque marcher sur les vagues et mettre en sûreté les marins, les passagers et leurs affaires.

Sa fête est mentionnée le 14 novembre au Martyrologe Romain.

Le diocèse de Trogir n’est plus «résidentiel» depuis le 19e siècle. Il est rattaché à celui de Split.

L’actuelle ville de Trogir a été classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

 

 

Giovanni de Tufara

1084-1179

 

Giovanni (Jean) naquit à Tufara (province de Campobasso, Molise, Italie) en 1084, de Mainardo et Maria.

Ce n’étaient pas des parents particulièrement ouverts à la religion, bien au contraire, de sorte qu’ils n’aidèrent pas leur garçon lorsque celui-ci montra, dès l’enfance, une nette inclination pour le christianisme.

Giovanni aimait faire le sacristain à la paroisse, suscitant le courroux de ses parents, et aussi des bruits divers dans le pays. On lui reprocha ouvertement de porter des vivres et des aumônes aux pauvres. Ses parents voulurent le suivre et furent stupéfaits de voir que le panier de Giovanni était rempli de fleurs. Ce signe divin s’est souvent répété dans la vie d’autres Saints et Saintes.

Comprenant qu’il n’était pas persona grata dans son village natal, et pour ne pas être à charge de ses parents, Giovanni s’enfuit, à l’âge de dix-huit ans, pour rejoindre Paris, où il voulait faire des études de philosophie et de théologie.

Un témoignage confirmé rapporte qu’en passant à San Firmiano, Giovanni rencontra un de ses compagnons d’enfance, le futur Stefano Corumano de Riccia (ce dernier a été béatifié par la tradition populaire ; les actes de son procès furent perdus lors d’un incendie au 17e siècle. On le célèbre localement le 5 janvier).

Mais la vie parisienne lui déplut : il voulait le recueillement, la solitude, le silence. Aussi retourna-t-il à Tufara. Peut-être n’y retrouva-t-il plus ses parents et put «hériter» de ce qu’ils avaient laissé : il vendit tout cela, donna l’argent aux pauvres, dit adieu à tout ce qui le liait encore là, et partit. 

A la porte de Tufara, un pauvre tout nu lui tendait les mains en l’implorant ; il lui laissa la mince tunique qu’il avait sur le dos. Nu à son tour, il se rendit vers la montagne proche où il vécut une vie toute solitaire, austère, s’imposant des jeûnes rigoureux, priant, méditant, contemplant, lisant l’Ecriture.

Il passa ainsi beaucoup de temps dans ces grottes de Baselice, près de Bénévent. On vint le trouver ; des hommes avides de partager sa vie de pénitence lui demandèrent de rester près de lui, l’incitant à construire avec eux en 1156 un petit monastère à Gualdo Mazzocca (Foiano, Benevento), à l’origine d’une véritable abbaye, qui vint en aide aux marginaux, opprimés par la société féodale de l’époque, et leur donnant la possibilité, outre celle de trouver une assistance spirituelle, de se réfugier et de recevoir une aide matérielle concrète.

Giovanni mourut le 14 novembre 1179, vaincu par une forte fièvre. Il avait alors quatre-vingt-quinze ans.

Les religieux l’ensevelirent discrètement quelque part dans le bois, de façon qu’on ne puisse pas venir enlever son saint corps.

De nombreux miracles furent attribués à l’intercession de cet ermite fou de Dieu : des morts ressuscités, des malades guéris, et surtout des conversions profondes.

Dès 1218, le pape demandait qu’on fît les recherches nécessaires pour le procès de canonisation.

Le corps fut examiné, les miracles certifiés. Dès 1221 le culte était autorisé localement.

Des reliques furent distribuées dans les localités environnantes, le reste du corps fut placé sous l’autel de l’église paroissiale, et plus tard à San Bartolomeo in Galdo, proche de Tufara.

On a retrouvé un document de 1625 où l’évêque relatait le culte et la vénération dont on entourait le bienheureux Giovanni de Tufara ; la Congrégation pour le Culte Divin autorisait le culte officiel du Bienheureux.

Le bienheureux Giovanni de Tufara est commémoré le 14 novembre.

 

 

Laurent O’Toole

1128-1180

 

Laurent O’Toole (en gaélique Lorcán Uí Tuathail) était né en 1128 à Castledermot (Kildare, Irlande), benjamin des cinq enfants de Muiredach Uí Tuathail, qui était roi des Uí Muirdeaigh et descendant du roi de Leinster. Cette famille était donc un des principaux clans du Leinster.

A la suite d’une guerre, l’enfant fut donné en otage au roi d’Irlande, Dermoth, qui l’envoya ou plutôt l’abandonna dans un endroit morne, où l’enfant, mal nourri, mal vêtu, devint malade. L’apprenant, son père menaça le roi d’Irlande d’exécuter douze de ses prisonniers si l’enfant n’était pas mieux traité. Le roi remit Laurent à l’évêque de Glendalough (vers 1135).

Reconnaissant, Muiredach laissa volontiers Laurent choisir de rester au monastère de Glendalough. En 1140, donc, Laurent fut à l’école de cette abbaye qui remontait à saint Kevin (v. 3 juin).

En 1153, il fut élu abbé. Il le resta dix ans, pendant lesquels il souffrit beaucoup de faux-frères, mais aussi de brigands qui s’en prenaient aux moines en déplacement. Un de ces voleurs fut d’ailleurs arrêté et pendu.

En 1162, Laurent fut nommé archevêque de Dublin. Quand Henry II Plantagenêt étendit sa domination sur l’Irlande, et que les papes lui confirmèrent son pouvoir, Laurent, irlandais, s’inclina par fidélité à Rome.

Dans son diocèse, il travailla à améliorer son clergé, adopta les habitudes des chanoines réguliers augustins réformés, dont la congrégation s’étendit de l’Ecosse à la Pologne. Lui-même vécut avec eux comme l’un d’entre eux.

Laurent vivait d’ailleurs de façon très ascétique. Son linge de corps était fait de crins durs, qu’on découvrit remplis de vermine ; il se faisait donner la discipline trois fois par jour ; il mangeait frugalement et buvait fort peu de vin ; il se plaisait à nourrir beaucoup de pauvres, et spécialement les jeunes mamans. Pour venir en aide aux enfants malheureux, il leur remit une petite croix de bois comme signe distinctif, pour inviter les gens à leur donner quelque aumône.

Laurent était dans une situation difficile par rapport à l’Angleterre ; le roi anglais aurait bien appuyé la réforme religieuse en Irlande, mais le conflit qui avait abouti au martyre de Thomas Becket (1170, v. 29 décembre) fut unanimement condamné. Henry II Plantagenêt chercha la réconciliation et des négociations finirent par aboutir (1171) : Laurent excommuniait les brigands qui s’attaquaient aux Anglais ; Henry fit reconstruire en pierres la cathédrale de Dublin.

Un jour que Laurent traversait la campagne, un brave paysan l’interpella un peu vertement : Sir, c’est bien beau d’avoir tant de cavaliers, mais c’est mieux de secourir les malades. Ici, nous avons une folle. Laurent s’approcha de la femme, la fit lier, traça le signe de la croix sur sa poitrine et lui fit boire de l’eau bénite ; trois jours après, elle était délivrée.

En 1175, Laurent intervint à Windsor dans les négociations entre le roi de Connaught et Henry II, qui aboutirent au traité du 6 octobre 1175. A cette occasion, Laurent voulut aller célébrer une messe solennelle à Cantorbury ; sur son chemin, un individu enragé lui assena un violent coup à la tête, espérant fabriquer ainsi un nouveau martyr ; Laurent se releva, très meurtri, et garda une cicatrice bien visible sur le crâne ; le fou, lui, devait être pendu, mais obtint sa grâce sur intervention de Laurent.

En 1179, l’évêque participa au troisième concile de Latran, dont il revint avec le titre de légat papal pour l’Irlande. Laurent usa de son pouvoir pour tenter une vraie réforme du clergé : il envoya à Rome cent quarante clercs anglais pour se faire relever de censures qu’ils avaient encourues. Mais le roi anglais n’appréciait pas sa conduite ; en 1180, quand Laurent vint solliciter une audience à Dorchester, puis en Normandie, où se trouvait le roi, ce dernier refusa de le faire introduire.

A Eu (Seine-Maritime), l’évêque demanda l’hospitalité chez les chanoines réguliers. La fièvre le prit. Il fit envoyer des délégués au roi, qui se montra enfin bienveillant. Ce fut la dernière consolation de Laurent. Le messager qui la lui apporta reçut son dernier soupir, le 14 novembre 1180.

Laurent O’Toole fut canonisé dès 1227.

 

 

Siard de Mariëngaarde

? - 1230

 

Siard vint au monde vers la moitié du 12e siècle, d’une famille de la Frise (actuelle Hollande).

Après avoir fréquenté l’école des Prémontrés de Mariëngaarde, il entra à l’abbaye comme novice.

En 1194, il en devint le cinquième abbé. Il le resta trente-six ans.

Ce saint abbé conduisit son troupeau dans les voies de la sanctification, donnant l’exemple de la simplicité et de l’austérité ; par exemple, il dormait par terre. Il travaillait de ses mains au milieu des moines, cousant, récoltant les fruits, participant à la construction des digues. Il se montra aussi très ami des pauvres.

En 1230, il échappa à un assassinat : un chanoine faillit le frapper au couteau pendant qu’il dormait, mais ses cris alertèrent les moines, qui vinrent le protéger.

Il mourut cependant cette même année, rempli de mérites, toujours à Mariëngaarde, le 13 novembre 1230.

De nombreux miracles se produisirent sur sa tombe, mais l’abbaye fut détruite par les luthériens et les reliques de Siard furent transférées d’abord à Tongerloo (1617), puis à Windberg (Bavière).

En 1728, le culte en fut approuvé et Siard fut canonisé.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 14 novembre.

 

 

Serapion d’Alger

1179-1240

 

Serapion naquit en 1179 à Londres, mais certains le disent irlandais.

Il semble étrange qu’on puisse dire qu’il se soit enrôlé dans les troupes de Richard-Cœur-de-Lion pour participer à la troisième croisade, entre 1189 et 1192, alors qu’il n’avait que dix ans.

En revanche, il put être dans l’armée de Leopold d’Autriche pour soutenir le combat de Reconquista d’Alphonse VIII de Castille sur les Maures. Ceux-ci seront défaits en 1212. Mais Serapion ne retourna pas en Autriche : il voulait saisir la première occasion de se battre encore en Espagne.

C’est alors qu’il connut l’Ordre de Notre-Dame de la Merci pour le Rachat des Captifs, dont il rencontra le fondateur, Pedro Nolasco (v. 25 décembre).

Il en reçut l’habit en 1222.

Pedro Nolasco lui confia une première mission : délivrer quatre-vingt-dix-huit captifs à Murcia (Espagne). Il eut sans doute d’autres missions, dont on ne connaît pas les détails.

En 1240, Serapion fut envoyé avec un Confrère en Alger, pour racheter quatre-vingt-sept prisonniers. Mais il n’avait pas suffisamment d’argent pour solder la rançon exigée, de sorte qu’il se constitua prisonnier pendant que l’autre confrère repartait avec les otages à Barcelone chercher l’argent nécessaire. Prévenu de cette situation, Pedro Nolasco écrivit de toute urgence à un ami pour hâter la réunion de la somme. 

En attendant, Serapion ne perdait pas son temps : il prêcha l’Evangile, raffermit certains chrétiens à la foi chancelante et surtout - comble d’audace ! - gagna au Christ quelques Musulmans. C’en était trop.

Le tyran fit mettre en prison Serapion et le fit fouetter ; il chercha à le faire apostasier et embrasser l’Islam. Et comme, malheureusement, l’argent enfin réuni en Espagne, n’était toujours pas arrivé en Alger, il condamna à mort Serapion, mais à un supplice horrible : on l’attacha sur une croix en x, la main gauche clouée sur le pied droit, et la main droite clouée sur le pied gauche ; on lui brisa les membres, on le taillada sur tout le corps, on l’éviscéra en enroulant ses intestins autour d’un treuil, enfin on le décapita à moitié, pour laisser pendre lamentablement la tête.

Il est vrai qu’il existe des versions un peu différentes sur ce martyre, mais elles coïncident quant à la cruauté. Le tableau de Zurbarán, si célèbre et que l’on dit «saisissant», ne laisse rien supposer de ce qui a été dit plus haut.

Serapion devint ainsi, le 14 novembre 1240, le premier martyr de l’Ordre des Mercédaires. Son culte fut reconnu en 1728 et il fut canonisé en 1743.

 

 

Nikola Tavelić

1340-1391

 

Né en 1340 à Šibenik (Croatie), Nikola serait d’une importante famille noble.

Il entra dans l’Ordre des Frères Mineurs à Bribir, étudia la philosophie et la théologie à Zadar (ou Split) et fut ordonné prêtre vers 1365.

En 1372, il fit partie de soixante Franciscains qui, à l’initiative du Pape, furent envoyés en Bosnie pour contrer la secte bogomile. Après douze années d’intense prédication, on dénombra quelque cinquante mille conversions.

Puis les Supérieurs envoyèrent Nikola en Terre Sainte, où il apprit l’arabe, visita les Lieux Saints et se prépara ainsi à affronter ce nouveau terrain d’apostolat. Dans cette région, les Chrétiens étaient depuis plusieurs siècles sous la coupe des envahisseurs musulmans, qui s’étaient établis en Palestine sans aucun respect pour les Lieux où avait vécu le Christ.

Rappelons ici que saint François d’Assise fut le premier à imaginer la représentation de la crèche de Noël, et qu’ensuite les Franciscains furent les premiers à être envoyés en Terre Sainte, où ils étaient les seuls à s’occuper des malades, des pauvres, des pèlerins.

Nikola participa à cet apostolat, mais chercha surtout à amener les Musulmans à la foi chrétienne. Son zèle le poussa à obtenir la permission de son Supérieur d’aller trouver le Cadi lui-même, pour lui parler du Christ, pour tenter d’obtenir un allègement de la condition des Chrétiens. Il voulait lui lire une Défense et illustration de la Foi catholique.

Il y alla le 11 novembre 1391, accompagné de trois autres prêtres franciscains : Déodat de Rodez, Stefano de Côme et Pierre de Narbonne.

Leur démarche cependant alluma la colère du Cadi et de son entourage. Ayant refusé de se rétracter, les quatre prêtres furent immédiatement condamnés à mort : durement flagellés, jetés au cachot, ils furent déchiquetés devant les portes de Jérusalem et brûlés, le 14 novembre 1391 (on trouve parfois la date du 13).

La béatification de Nikola advint en 1889 par la reconnaissance du culte qu’on lui rendait ; la même reconnaissance se fit pour ses trois Compagnons en 1966. 

Ils furent tous les quatre canonisés en 1970.

 

 

Déodat Aribert de Rodez

? -1391

 

Né à Rodez (Aveyron), Déodat entra dans l’Ordre des Frères Mineurs et fut ordonné prêtre. 

Il fut d’abord actif en Croatie et ensuite envoyé en Terre Sainte.

Voir ici la notice de Nikola Tavelić.

 

Déodat fut martyrisé le 14 (ou le 13) novembre 1391.

La béatification de Nikola advint en 1889 par la reconnaissance du culte qu’on lui rendait ; la même reconnaissance se fit pour ses trois Compagnons, Déodat, Stefano et Pierre, en 1966. 

Ils furent tous les quatre canonisés en 1970.

 

 

Pierre de Narbonne

? -1391

 

Né à Narbonne (Aude), Pierre entra dans l’Ordre des Frères Mineurs et fut ordonné prêtre.

Il fut envoyé en Terre Sainte, où il subit le martyre le 14 (ou le 13) novembre 1391.

Voir ici la notice de Nikola Tavelić.

 

La béatification de Nikola advint en 1889 par la reconnaissance du culte qu’on lui rendait ; la même reconnaissance se fit pour ses trois Compagnons, Déodat, Stefano et Pierre, en 1966. 

Ils furent tous les quatre canonisés en 1970.

 

 

Stefano de Cuneo

1340 -1391

 

Né vers 1340 à Cuneo (Italie nord), Stefano entra dans l’Ordre des Frères Mineurs à Gênes et fut ordonné prêtre.

Il fut d’abord actif en Corse, dans la région de Prunelli di Fiumorbo, et ensuite envoyé en Terre Sainte.

Voir ici la notice de Nikola Tavelić.

 

Le martyre eut lieu le 14 (ou le 13) novembre 1391.

La béatification de Nikola advint en 1889 par la reconnaissance du culte qu’on lui rendait ; la même reconnaissance se fit pour ses trois Compagnons, Déodat, Stefano et Pierre, en 1966. 

Ils furent tous les quatre canonisés en 1970.

 

 

Giovanni Liccio

1426-1511

 

On prétend en plusieurs endroits que Giovanni vécut «plus de cent ans», mais les dates officielles qu’on lui donne le font mourir tout au plus à quatre-vingt-cinq ans, ce qui est certes déjà un grand âge pour le 16e siècle.

Il naquit en avril 1426 à Caccamo (Palerme, Sicile) : sa mère, Teresa Faso, mourut peu après l’accouchement. Le papa, Giorgio, eut l’idée étrange de le nourrir de jus de grenade, mais une voisine put l’allaiter à temps.

Or le mari de cette femme était lépreux et alité ; ayant caressé le petit enfant, il fut guéri de sa lèpre.

Giovanni grandit dans la prière et la pratique de la mortification ; les mercredis et les vendredis, il jeûnait au pain et à l’eau ; si sa tante le perdait de vue, elle savait qu’elle le retrouvait à l’église en train de prier.

A quinze ans, il rencontra à Palerme le dominicain Pietro di Geremia (v. 3 mars), qui découvrit sa vocation et l’invita à entrer dans l’Ordre.

Giovanni étudia avec ardeur, enseigna la théologie avant même d’être prêtre, et reçut le sacerdoce ; à la Messe, lors de l’élévation, on le vit lui aussi s’élever de terre.

Il fut un excellent prédicateur. Des cœurs endurcis s’attendrirent en l’entendant et des conversions notables se produisirent. On l’appela dans toute la Sicile. En outre, Giovanni répandit ardemment la dévotion mariale du Chapelet.

En 1466, on le vit prêcher à Vicenza, où il rencontra le bienheureux Matteo Carreri (v. 5 octobre) ; en 1479-1481, ce fut à Naples.

Il fonda à Caccamo un couvent dominicain, qui fut placé sous le patronage de Notre-Dame des Anges et dont il fut le premier prieur en 1494.

On dit de lui qu’il accomplissait les miracles les plus extraordinaires avec la plus grande simplicité. En voici quelques-uns, qui se produisirent durant la construction du monastère de Caccamo :

Il pénétra tranquillement dans un four allumé pour en redresser les pierres de ses mains et en ressortit absolument sain et sauf ; les maçons s’étaient cachés pour l’observer.

Les mêmes maçons abattirent et rôtirent un petit agneau qu’on avait offert au couvent ; et pour tout effacer, brûlèrent ce qui restait. Giovanni arrivait ; il appela l’agneau, qui sortit tout vivant du feu et vint lui lécher les mains ; les maçons tombèrent à genoux pour demander pardon.

Un petit garçon eut la tête mortellement frappée par l’outil d’un tailleur de pierre ; Giovanni le pansa avec son mouchoir, le fit coucher sur son lit et un moment après vint lui défaire le mouchoir : l’enfant n’avait plus rien.

Il mélangea de la salive au sable et en frotta la blessure que s’était faite un ouvrier au pied : la blessure disparut à l’instant (cf. Mc 7:31-37).

A la fin de la construction, il fit jaillir l’eau dans le puits.

Etc… !

Quand il mourut, à Caccamo, le 14 novembre 1511, les vingt-quatre cierges qui brûlaient autour de son cercueil ne se consummèrent pas. Inutile d’ajouter que bien d’autres miracles se produisirent par la suite.

Le culte de Giovanni fut approuvé en 1753. Il fut le premier dominicain sicilien proclamé Bienheureux.

Gaspar Nishi Genka

1555-1609

 

Quand la persécution se déchaîna à Ikitsuki (1609), les chrétiens «firent semblant» d’exhiber des autels et des figures bouddhistes dans leurs demeures, tout en maintenant cachés leur «vrai» autel ; ils peignaient des images du Christ et de la Sainte Vierge de telle façon qu’on ne pouvait les reconnaître comme telles. Ce mouvement des «kakure» a persisté jusqu’à aujourd’hui, avec de notables différences de sensibilité, devenant presque une sorte de secte, qui n’a plus rien à voir avec les chrétiens persécutés du 17e siècle.

Gaspar était un samouraï, né en 1555 à Ikitsuki (Nagasaki). Il avait reçu au baptême, à deux ans, le même nom que le prêtre qui le baptisait, Gaspar Vilela ; ce Chrétien était le protecteur et le père des pauvres et des paysans. Son épouse, Ursula, était aussi née en 1555, et leur fils aîné Joannes (Juan) naquit en 1585, toujours à Ikitsuki.

Chef du clan Koteda, Gaspar perdit sa fonction quand cette famille fut exterminée et dispersée. Il continua néanmoins à animer l’esprit chrétien à Ikitsuki. Il semble même qu’il ait joui d’une certaine protection, du fait que sa fille Maria avait épousé le fils de Kondo Kisan, ce dernier étant une autorité dans le monde bouddhiste.

Mais à partir du moment où il vint habiter à Yamada, il tombait sous la juridiction d’Inoue Hachirobei, à qui il fut dénoncé. Celui qui fut à l’origine de cette dénonciation était un bonze de Hirado, appartenant à une secte bouddhiste ; les membres en étaient moitié bonzes moitié soldats, et cette secte fut plus tard interdite. Or ce bonze était un ami du «daimyó», le gouverneur local, qui en référa à Inoue Hachirobei. Gaspar devait être exécuté en exemple et en avertissement pour la communauté chrétienne.

Il fut arrêté en novembre 1609, en même temps que sa femme Ursula et leur fils aîné Juan. Ce dernier se soumit humblement. L’autre fils, Thomas, qui n’avait que neuf ans, se saisit d’un poignard et blessa un des soldats ; mais, trop jeune, il ne fut pas emmené avec eux : il devint plus tard prêtre dans l’ordre dominicain (avec le nom de Thomas de Saint-Hyacinthe), devait être martyrisé en 1634 et a été canonisé en 1987 (voir au 17 novembre) ; l’autre, Michael, serait à son tour martyrisé avec sa femme et son fils, «pour avoir logé chez lui son frère Thomas».

Le valeureux samouraï Gaspar demanda à mourir comme Jésus, sur une croix, mais on ne connaissait pas ce supplice à Ikitsuki et on lui concéda d’être «seulement» décapité, au même endroit où moururent le père Torres et d’autres Martyrs au siècle précédent.

En signe d’honneur de la part d’un samuraï envers un autre, le coup porté à Gaspar fut donné par Inoue Hachirobei lui-même, tandis que d’autres portèrent des coups d’épées sur le cadavre.

Ursula et son fils Juan, qui étaient séparés de Gaspar, devaient soi-disant aller le voir dans sa cellule, mais furent à leur tour décapités en chemin ; agenouillés à terre, ils moururent en prononçant les noms de Jésus et Marie.

Sur leurs têtes, on avait écrit le motif de cette mort : «Ils sont Chrétiens».

Leurs dépouilles furent portées d’abord à Nagasaki, puis à Macao en 1614.

Le lieu du martyre de Gaspar, Ursula et Juan est actuellement marqué par une grande croix depuis 1992, et s’appelle «Gasuparu-sama».

Le dies natalis des trois Martyrs Gaspar, Ursula et Juan, est le 14 novembre. Ils furent béatifiés en 2008.

 

 

Ursula (Nishi Genka)

1555-1609

 

Voir la notice de Gaspar Nishi Genka (ci-dessus).

 

 

Ioannes Mataichi Nishi

1585-1609

 

Voir la notice de Gaspar Nishi Genka (ci-dessus).

 

 

Yu Jung-cheol Ioannes

1779-1801

 

Yu Jung-cheol Ioannes est un laïc coréen né en 1779 à Jeonju (Jeolla-do, Corée S).

Il fut pendu à Jeonju le 14 novembre 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Yu Mun-seok Ioannes

1784-1801

 

Yu Mun-seok Ioannes est un laïc coréen né en 1784 à Jeonju (Jeolla-do, Corée S).

Il fut pendu à Jeonju le 14 novembre 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Etienne-Théodore Cuenot

1802-1861

 

Etienne-Théodore naquit au Bélieu (Morteau, Doubs) le 8 février 1802, aîné des onze enfants d’une famille de paysans très pauvres. Quand il voulut aller au séminaire, sa mère n’avait rien d’autre que sa robe de mariée, qu’elle tailla pour lui confectionner un habit correct.

Le garçon en eut toujours une vive reconnaissance. Quand il sera ordonné prêtre, il offrira à son tour une belle robe à sa mère.

Il passa par les petits séminaires de Ouvans, Cerneux-Monnot, Ornans, puis les grands séminaires de Luxeuil et Besançon.

Voici une anecdote assez significative du personnage et de l’état d’esprit des ecclésiastiques de l’époque. Etienne-Théodore était assez passionné d’horlogerie, comme cela est traditionnel en Franche-Comté. Ayant besoin de certaines pièces introuvables dans son village, il voulut aller en Suisse les y trouver : du Bélieu à la frontière suisse, il n’y a qu’un pas. Mais en Suisse, la soutane n’était pas admise, et Etienne-Théodore jugea opportun de mettre un habit laïque pour s’y rendre. Nous n’aurions rien à y redire, mais à l’époque cela fut jugé «inadmissible», et les Supérieurs émirent alors des «réserves» sur la vocation authentique de leur séminariste.

Etienne-Théodore rejoignit alors le séminaire d’Aix-en-Provence, géré par les Religieux de la Retraite Chrétienne (une fondation comtoise), où il fut ordonné prêtre en 1825. Puis il demanda à être admis aux Missions Etrangères de Paris (MEP) en 1827.

De là, il fut envoyé au Tonkin en 1828, où il exerça un apostolat intense, malheureusement entravé par la maladie, jusqu’en 1833. 

Ayant repris ses activités, il fut contraint par la persécution de se réfugier au Siam, où il administra la communauté de Chantaboun pendant un an.

En 1834, il se retira à Singapour : c’est là que Mgr Tabert le sacra évêque coadjuteur en 1835, et il repassa clandestinement en Cochinchine.

Nommé Vicaire apostolique pour la Cochinchine et le Cambodge, en vingt-six ans d’épiscopat, il rouvrit deux séminaires, ordonna plus de cinquante prêtres vietnamiens. Il put aussi traduire en vietnamien l’Imitation de Jésus-Christ et quelques parties de la Bible.

Il eut la joie de recevoir en 1839 un Bref pontifical qui louait la conduite des Chrétiens de Cochinchine. La même année, il recevait l’autorisation de se choisir son propre coadjuteur.

C’était une mesure prudente. Mgr Tabert mourut en effet en 1840, et Mgr Cuenot lui succédait comme Vicaire apostolique.

Il convoqua un synode à Go-thi en 1841, et consacra Mgr Lefebvre comme coadjuteur.

Quoique réduit à un quasi immobilisme, il écrivait beaucoup pour stimuler le courage de ses prêtres et de ses fidèles. Il fit commencer l’évangélisation des territoires de l’ouest et rédigea scrupuleusement les actes des confesseurs et martyrs de Cochinchine.

En 1844, il demanda à séparer son immense territoire en deux régions, se réservant seulement la Cochinchine orientale.

En 1846, il ordonna Mgr Pellerin comme coadjuteur.

En 1854, c’est le dévouement des fidèles qui lui évita l’arrestation. On lui conseillait de s’éloigner, mais il ne voulait pas abandonner son troupeau. Une anémie cérébrale commença.

La persécution s’accentua. En 1861, il se réfugia à son tour chez une chrétienne de Go-boi. Il resta sans manger pendant un jour et demi dans une cachette très étroite, et se livra spontanément, le 28 octobre.

Il fut relégué à Bin Ɖịnh dans l’écurie des éléphants de guerre, enfermé dans une cage étroite, véritable instrument de supplice auquel il succomba le 14 novembre 1861. Le lendemain arrivait l’ordre de le décapiter.

Un édit ordonna ensuite de faire disparaître les corps des Occidentaux. On exhuma le corps du saint évêque martyr, qui n’avait pas été atteint par la corruption, malgré le temps passé en pleine terre, sans cercueil. Le corps fut jeté au fleuve et n’a jamais pu être retrouvé.

Mgr Etienne-Théodore Cuenot fut béatifié en 1909 et canonisé avec les Martyrs du Vietnam, en 1988.

 

 

Maria Scrilli

1825-1889

 

Maria naquit le 15 mai 1825 à Montevarchi (Arezzo, Toscane, Italie), deuxième fille des parents Scrilli-Checcucci, très déçus, qui désiraientt un fils et qui, pour cette raison, firent baptiser leur bébé presque en secret, quelques heures après sa naissance.

Elle devait porter le nom de Palmire, qui n’existait pas, mais la marraine en perdit le souvenir et, le moment venu, indiqua le nom de Maria.

Elle fut ainsi «rejetée» par ses parents, qui montraient toute leur préférence pour la fille aînée. Elle en prit nettement conscience vers quatre ans. Mais elle apprit en même temps à lutter contre la jalousie. Elle recourut à sa Mère céleste, Marie.

Adolescente, elle eut une mystérieuse maladie qui l’immobilisa pendant deux années. Elle vit en vision saint Fiorenzo, auquel elle attribua sa guérison non moins mystérieuse.

En 1846, elle tentera de vivre au Carmel de Florence, mais n’y trouva pas sa voie. Mais elle en conservera la formation et l’esprit. Elle écrivit : Tout est bon pour devenir saint.

A partir de 1849, alors que sévit un violent esprit anti-clérical, Maria remarque que la société souffre fondamentalement d’un manque de culture et d’une ignorance, spécialement parmi les femmes. Elle commença à recueillir chez elle des petites filles qu’elle trouvait dans la rue : une douzaine déjà. Ce n’était que le début. 

D’autres jeunes filles viennent l’aider, une autre maison s’ouvre à Foiano.

En 1854, naquit le Pieux Institut des Pauvres Sœurs du Cœur de Marie, qui fut approuvé par l’évêque de Fiesole. Maria, désormais Maria Teresa de Jésus, reçut la bénédiction du pape en 1857.

En 1859, les troupes piémontaises occupent le monastère, et suppriment l’Institut.

Ce n’est qu’en 1878 qu’elle eut la permission de le rouvrir, à Florence. En réalité il ne devrait rouvrir effectivement qu’en 1892. Toutes les compagnes de Maria l’abandonnèrent ou moururent.

Maria s’offrit alors pour cette Œuvre. Elle mourut le 14 novembre 1889, complètement isolée, seule, oubliée.

Mais le grain avait été semé : viendra une nouvelle «fondatrice» qui reprendra le flambeau, Clementina Mosca (Maria de Jésus) ; elle relancera l’effort de Maria Scrilli, ouvrira d’autres maisons et recevra de nombreuses vocations. L’Œuvre se destine surtout aux malades et à l’enseignement. L’Institut fut reconnu en 1919, et agrégé au Carmel avec le nom définitif de Institut de Notre-Dame du Mont-Carmel. L’approvation papale arriva en 1933.

Durant la Seconde guerre mondiale, on leur confia le soin des blessés, des prisonniers et des vieillards.

Les Religieuses sont quelques centaines, dans plusieurs pays (Italie, République tchèque, Pologne, Etats-Unis, Canada, Brésil, Inde, Philippines).

Maria Scrilli a été béatifiée en 2006.

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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 00:00

 

13 NOVEMBRE

 

III.

S Mitrias, esclave à Aix-en-Provence.

IV.

SS Antoninus, Nikephoros, Zebinas et Germanus, martyrs décapités à Césarée, ainsi que ste Manathas, brûlée vive.

V.
SS Arcadius, Probus, Paschasius, Eutychianus et Paulillus, martyrs à Cirta, officiers du roi des Vandales ; Paulillus, jeune frère de Paschasius et Eutychianus, fut durement fouetté et réduit à l'esclavage.

S Brictius, évêque à Tours ; disciple indiscipliné de s. Martin, converti à la mort de ce dernier, et son successeur ; il souffrit la calomnie d'avoir eu un enfant d'une vierge ; il eut quarante-sept ans d'épiscopat.

VI.

S Leonianus, abbé à Vienne ; fait prisonnier en Pannonie, il fut longtemps reclus. 

S Quinctianus, évêque à Rodez et Clermont ; il dut quitter Rodez devant les Wisigoths, et eut bien des problèmes à Clermont aussi ; il mit fin à la sécheresse par une pluie miraculeuse.

SS Florentius, évêque à Città di Castello, et son prêtre Amantius.

S Dalmatius, évêque à Rodez, thaumaturge ; n'ayant pu obtenir la grâce d'un condamné à mort, il fit que le malheureux restât en vie après la pendaison.

S Himerius, ermite près de Bâle ; on conserve des cendres que le Saint se mettait dans le nez, pour que leur picotement l'empêchât de s'endormir.

S Amand, évêque à Rennes, prédécesseur de s. Melaine à qui il prédit l'épiscopat.

VII.

S Kilien, moine irlandais venu à Aubigny, thaumaturge.

S Eugenio II, évêque à Tolède, théologien et poète.

Ste Maxellende, vierge et martyre à Cambrai, tuée par son fiancé ; aveuglé, ce dernier demanda pardon et recouvra la vue.

IX.

S Nicolas Ier, pape (858-867) : il affirma l'autorité de Rome en Orient et en Occident ; il osa rappeler à l'ordre Hincmar de Reims, et s'opposer au divorce de Lothaire II.

XI.

S Abbon, abbé à Fleury et martyr ; quasi autodidacte acharné, il s'intéressa à la musique et à l'astronomie, chercha à rectifier les calculs de Denys le Petit, fut un moment écolâtre à York, puis abbé à Fleury ; il affirma nettement son indépendance en face des rois et des évêques et mourut dans une sédition de moines à La Réole.

B Warmondo, évêque à Ivrea, défenseur de la liberté de l'Eglise.

XII.

S Omobono ("homo bonus"), commerçant à Crémone ; ses miracles le firent canoniser deux ans après sa mort.

XIX.

Ste Livia Pietrantoni (Agostina), italienne, des Sœurs de la Charité de Besançon, assassinée à Rome durant son service à l'hôpital du Saint-Esprit, canonisée en 1999.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001, martyrisés près de Valencia :

Clarétines : María Asunción Giner Gomis (M. Patrocinio de Saint-Jean, *1874) ;

Laïques : Juan Gonga Martínez (*1912), membre de l'Action Catholique ;

- béatifiés en 2013 :

Fils de la Sainte-Famille : à Barcelone, le prêtre Robert Montserrat Beliart (*1911) ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : à Almería, Juan Ortega Uribe (*1877).

B Carl Lampert (1894-1944), prêtre autrichien, martyr au camp de concentration de Halle an der Saale, béatifié en 2011.

Mitrias d’Aix

† 300

 

D’après s.Grégoire de Tours, Mitrias (en français Mitre, Metre) était un esclave d’origine grecque, et même noble, ce qui est surprenant.

Son maître le traitait sévèrement, sans crainte de l’humilier : Mitrias devait aller travailler à la vigne, revenir lui chauffer son bain etc. Et les autres esclaves donnaient volontiers un coup de main à ce maître.

Malgré cela, Mitrias restait à son poste, fidèlement, patiemment, se souvenant du conseil de s.Paul : Serviteurs, obéissez à vos maîtres selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme au Christ… (Eph 6:5-6).

On ne sait combien de temps dura cette épreuve. Du fait que s.Grégoire parle de son combat (certamen), on a finit par faire de Mitrias un martyr. Mais il ne semble pas qu’il ait eu une mort violente.

Il se serait éteint à quelque distance d’Aix, vers 300.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Mitrias d’Aix au 13 novembre.

 

 

Martyrs de Césarée de Palestine

† 308

 

A peine arrivé au pouvoir, Maximin Daia montra toute sa fureur contre les populations fidèles au Christ

Déjà, sur un caprice, il avait condamné à mort le gouverneur de Césarée (act. en Israël), Urbanus, alors que ce dernier était déjà allumé d’une grande fureur contre les Chrétiens. Le successeur de celui-ci, Firmilianus - qui devait d’ailleurs finir de la même manière - se montra pareillement zélé pour combattre la Religion du Christ.

Il fut d’autant plus acharné que les Chrétiens eux-mêmes se montraient plus convaincus encore dans leur Foi.

C’est ainsi qu’un jour où Firmilianus s’apprêtait à sacrifier à des idoles, trois hommes se présentèrent devant lui : Arrête, lui dirent-ils, il n’y a pas d’autre Dieu que le Créateur et l’Organisateur de l’univers. Firmilianus les fit décapiter sur place, sans autre forme de procès. C’étaient :

Antoninus, le très probable ami de s.Pamphilus (v. 16 février) : il était allé trouver Pamphilus en prison et avait relu avec lui un manuscrit de l’Ecriture ; Antoninus lisait, Pamphilus corrigeait. C’est le manuscrit Sinaïticus.

Zebinas, originaire d’Eleutheropolis (proche de Jérusalem)

Germanus

Le Martyrologe ajoute ici un quatrième homme, Nikephoros dont, comme pour Germanus, on ne connaît que le nom.

Ceci arriva le 13 novembre 308.

Le même jour, un tribun militaire nommé Maxys, se permit sans aucun mandat d’attraper une vierge chrétienne, nommée Manathas et originaire de Scythopolis ; il lui arracha presque tous ses vêtements, la traîna à travers la ville, l’insultant et la frappant avec des lanières de cuir, et finit par la présenter au même Firmilien : celui-ci tenta de la faire apostasier, mais n’y parvenant pas, la fit brûler vive.

Cette opiniâtreté ne lui suffisant pas, il ordonna de laisser les corps être la proie des bêtes.

Le Martyrologe Romain mentionne ces cinq Martyrs au 13 novembre.

 

 

Martyrs de Cirta

† 437

 

En 429, le roi Genséric passa d’Espagne en Afrique, avec tout son entourage arien. Il s’installa, pense-t-on, à Cirta (auj. Constantine).

Mais il avait quatre officiers espagnols chrétiens ; tout d’abord, il ne les inquiéta pas mais, en 437, il leur demanda de passer à la croyance arienne, ce que refusèrent les quatre hommes. Genséric les bannit de sa cour, confisqua leurs biens, les envoya en exil, les fit longtemps et atrocement torturer et finalement exécuter.

C’étaient :

Arcadius, qui était marié et possédait des biens immenses ; avant de mourir, il reçut une lettre de l’évêque de Cirta, Antoninus Honoratus, qui l’encourageait à la constance : Le Seigneur Christ souffre avec toi, l’Eglise souffre avec toi. Sois sûr de la couronne, ne crains rien, quels que soient les péchés que tu as pu commettre autrefois.

Probus ;

Paschasius et Eutychianus, deux frères, dont le jeune frère Paulillus se montra aussi courageux qu’eux.

Genséric était tout de même touché de la jeunesse de ce jeune garçon et chercha à se le gagner, mais Paulillus ne céda pas. Le roi le fit fouetter à coups de bâtons, longuement : Paulillus confessait toujours le Christ, Fils de Dieu incarné.

Genséric n’osa pas le faire mourir, mais le réduisit à un vil esclavage. Il n’est pas dit que Paulillus ait été martyrisé, mais les tortures diverses qu’il subit vaillamment pour la Foi chrétienne l’ont fait considérer comme Martyr, à l’instar de ses frères aînés.

Le Martyrologe Romain mentionne ces cinq Martyrs de Cirta au 13 novembre.

 

 

Brice de Tours

† 444

 

Brice (Brictius) était tourangeau.

Il entra dans la cléricature, mais se laissa aller à un train de vie tout-à-fait étranger à sa condition : il acheta des chevaux, eut ses esclaves ; on disait qu’il achetait de jeunes garçons - et de jeunes filles aussi.

Et comme cela ne lui suffisait pas, il insultait franchement ce fou de Martin, parlant du saint évêque saint Martin (v. 11 novembre).

L’entourage de Martin ne comprenait vraiment pas pourquoi l’Evêque ne sanctionnait pas ce prêtre à la conduite scandaleuse. Mais Martin avait eu l’intuition - qui sait par quelle révélation - que Brice se convertirait, et même qu’il lui succéderait dans l’épiscopat. Et de répéter : Si le Christ a supporté Judas, moi, pourquoi ne supporterais-je pas Brictius ?

Aux accusations fondées, lancées contre Brice, s’ajoutèrent aussi des calomnies, en particulier de la part d’un autre prêtre, nommé Lazarus.

La mort de s.Martin (397) déclencha dans le cœur de Brice un sentiment de repentir sincère ; sa conduite changea tellement radicalement, qu’on le nomma pour succéder à Martin. Il devenait ainsi le quatrième évêque de Tours.

Ce n’est pas la seule conversion qui s’opéra après la mort de s.Martin. Lazarus, qui avait calomnié Brice, comprit son erreur - et devint l’évêque d’Aix-en-Provence.

Martin avait annoncé son destin à Brice, mais avec aussi bien des adversités. Son «dossier» parvint à Rome. Mais en 417, le pape Zosimus le lava de ces calomnies.

En 428, nouveau scandale : Brice était soupçonné d’avoir eu une petite fille d’une vierge de Tours. On voulait le lapider. Cette fois-ci, Brice dut partir pour Rome, où il demeura sept années.

Pendant ce temps, les ennemis de Brice firent nommer deux «évêques» pour le remplacer sur le siège de Tours, Iustinianus et Armentius. A Rome, cependant, l’enquête aboutit à confirmer l’innocence de Brice, qui revint gouverner pendant sept autres années le diocèse de Tours.

Il construisit des églises et une basilique sur le tombeau de s.Martin.

Il mourut vers 444, après un épiscopat global de quarante-sept ans.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Brice de Tours au 13 novembre, deux jours après s.Martin.

 

 

Leonianus de Vienne

† 518

 

Tout n’a pas pu être certifié exact dans cette petite notice.

Leonianus aurait été originaire de Pannonie (act. Hongrie) et fait prisonnier là-bas.

Ramené en Gaule, il réussit à être libéré et vécut fort longtemps à Autun puis à Vienne, dans une réclusion si sévère qu’on ne connaissait pas les traits de son visage ; on entendait le son de sa voix quand il donnait quelque conseil. Cette vie aurait duré une quarantaine d’années.

A Vienne, il aurait dirigé des moines et des moniales.

Une tradition différente parle, à la même époque, d’un Leonianus qui aurait eu pas mal à combattre son penchant pour la gourmandise. Il ne s’agit probablement pas du même personnage, mais il ne nous est pas interdit d’imiter ce moine courageux qui dut refréner ses tentations.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Leonianus de Vienne au 13 novembre.

 

 

Quintien de Rodez

440-525

 

Quintianus était d’origine africaine, de la région de Carthage et a pu naître vers 440.

Il vint en Gaule pour fuir la persécution des Vandales et fut élu évêque de Rodez ; il succédait à Amans (v. 4 novembre), qui fut le premier évêque de cette ville.

On ne connaît pas la date du début de cet épiscopat. Ce fut au moins en 505, puisque Quintien assista au concile d’Agde de 506. Mais il a pu être consacré évêque plus tôt, puisqu’il fit agrandir une église et y fit transférer le saint corps d’Amans, mort en 487. L’épisode doit être raconté.

S.Amans apparut à Quintien et lui reprocha d’avoir osé toucher à son corps, ajoutant : Je t’éloignerai de cette ville… mais tu ne seras pas privé de l’honneur dont tu jouis.

Après le concile d’Orléans (511), Quintien fut menacé par les Wisigoths et dut s’enfuir à Clermont, où l’évêque Eufrasius (v. 14 janvier) l’accueillit très fraternellement. Après la mort d’Eufrasius en 515, Quintien fut une première fois appelé à la succession, qu’il refusa, mais dut ensuite l’accepter sur la volonté du roi Thierry (Théodoric) : il devenait ainsi le quatorzième évêque de Clermont.

L’évêché de Rodez se trouvait alors vacant : Dalmas fut élu, dont on va parler ce même jour.

Mais Quintien n’eut pas la paix dans son nouveau diocèse. Un prêtre, nommé Proculus, réussit à faire retirer à l’évêque tout subside, le réduisant à la dernière pauvreté ; puis la guerre ravagea la contrée ; le seigneur Hortensius fit arrêter un parent de Quintien, pour lequel ce dernier ne put avoir aucun recours : finalement il se vit obligé de maudire la maison d’Hortensius, où plusieurs personnes moururent de fièvre ; terrorisé, Hortensius implora son pardon, que Quintien lui accorda volontiers.

Quintien chassa des démons par sa prière, lorsque ses prêtres n’y avaient pas réussi.

Lors d’une grande sécheresse, il pria à genoux sur la route et fit venir un grand orage de pluie bienfaisante.

Quintien vécut fort vieux et s’affaiblit au point qu’il n’avait plus la force de cracher, mais il demeurait «bon pied bon œil» et restait fidèle à sa compassion pour les pauvres.

Après sa mort, en 525, beaucoup de miracles se produisirent à son tombeau.

Saint Quintien de Rodez (ou de Clermont) est commémoré le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dalmatius de Rodez

500-580

 

Né à Rodez vers ou un peu avant 500, Dalmatius était encore jeune quand il fut appelé à occuper le siège épiscopal (524).

Il était le troisième évêque de Rodez et devait le rester pendant cinquante-six ans.

Au début de son pontificat, la ville de Rodez était dans les territoires occupés par les Wisigoths ariens : même l’évêque précédent avait dû fuir (v. s.Quinctianus, ce même jour). Dalmatius fut sacré à Narbonne.

En chemin, il délivra miraculeusement les prisonniers.

En 531, Rodez fut libérée des Wisigoths et l’évêque put aller trouver son roi, Thibert. En route, il délivra une femme possédée du démon.

Dalmace assista aux conciles de Clermont (535), d’Orléans (541).

Durant son voyage pour Orléans, il implora la grâce d’un condamné à mort - qu’on lui refusa ; Dalmace pria alors pour le malheureux qui, malgré la corde où il était pendu, resta en vie.

Il entreprit la construction de la cathédrale mais, insatisfait du résultat, la fit démolir et reconstruire plusieurs fois, de sorte qu’elle était inachevée à sa mort.

S.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) écrivit de lui que c’était un homme éminent en toute sainteté, abstinent tant de nourriture que des concupiscences de la chair, très généreux en aumônes et assez assidu à la prière et aux veilles.

Dans son testament, il demandait instamment qu’on n’élît pas pour lui succéder un homme étranger, ou avare, ou marié, mais un homme qui n’eût d’autre préoccupation que la louange du Seigneur. Effectivement, un certain prêtre Transobadus briguait la place - qui fut attribuée au prêtre Théodose.

Dalmatius mourut le 13 novembre 580 et fut proclamé patron de la ville et du diocèse de Rodez.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Dalmatius de Rodez au 13 novembre.

 

 

Florentius et Amantius de Città di Castello

520-599

 

Florentius (les Italiens traduisent Fiorenzo ou Florido) naquit à Tiferno Tiberino (auj. Città di Castello, Ombrie, Italie C).

Il était encore bien jeune quand moururent ses parents ; il étudia les lettres, la théologie.

Vers 542, il fut ordonné diacre.

Peu après, devant la menace de Totila et de ses troupes, Florentius quitta la ville, avec ses amis Amantius et Domninus, et gagna la ville de Pérouse.

L’évêque de cette ville apprécia les qualités de ce Diacre, et l’ordonna prêtre (544).

Quelques jours après son ordination, Florentius guérit par sa prière un énergumène, possédé du démon : ce fut son premier miracle.

Cependant Pérouse subit à son tour un long siège ; à bout de forces, elle se rendit et l’évêque fut abattu (548) ; l’ennemi s’étant calmé, enfin on entrevit la paix et Florentius retourna à Città di Castello.

La ville était en ruine ; Florentius exhorta les habitants à se mettre au travail ; on reconstruisit les murs, les maisons, les églises. La vie reprit.

A la mort de l’évêque, le choix se porta unanimement sur Florentius pour lui succéder. Il devint ainsi le quatrième évêque de cette ville (580 environ).

Florentius mourut le 13 novembre 599, après un épiscopat de dix-neuf ans.

On commémore en même temps que lui un de ses prêtres, son ami Amantius avec lequel il s’était réfugié à Pérouse : il se montra, entre autres vertus, plein de charité pour les malades.

Le Martyrologe Romain mentionne s.Florentius et s.Amantius de Città di Castello au 13 novembre.

 

 

Himerius d’Immertal

570-620

 

Himerius (Imerius, Imier, Immer) naquit vers 570, peut-être à Lugnez (act. proche de Porrentruy, Jura, Suisse).

Il est raconté qu’il fit un pèlerinage en Palestine et qu’au retour, il aurait approvoisé un terrible griffon ; ce dernier lui aurait laissé l’une de ses petites griffes.

On dit aussi qu’il entendit un jour près d’une source, sonner une petite clochette, dont par la suite il se servit toujours dans ses déplacements.

Himerius aurait finalement obtenu de l’évêque de Lausanne un terrain pour s’établir, là où a surgi la localité de Saint-Imier.

Comme tous les Saints, Himerius voulut lutter contre l’assoupissement et se trouva un stratagème original pour rester éveillé : il se mit dans le nez des cendres, dont le picotement l’empêchait de dormir.

Ceux qui ne croient pas à cette histoire, avancent qu’Himerius était peut-être plutôt un des missionnaires irlandais qui vinrent prêcher dans cette Gaule encore trop païenne.

Himerius mourut vers 620 ; un monastère fut construit sur sa tombe.

Il est bien probable que la vallée Immertal tire son nom de s.Himerius.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Himerius d’Immertal au 13 novembre.

Eugenio II de Tolède

† 657

 

Une vieille tradition fait remonter la fondation du diocèse de Tolède à un mystérieux Eugenio, disciple de s.Denys l’Aréopagite (v. 3 octobre).

En 636 fut nommé à ce siège Eugenio II. 

On a cru dans le passé que deux évêques du même nom s’étaient succédé au 7e siècle ; l’évêché de Tolède devenant archevêché, il semble que ce soit simplememnt le même Eugenio qui ait succédé à lui même une fois investi de la dignité archiépiscopale. Il fut donc le trentième et le trente-et-unième évêque de Tolède, ou plutôt le trentième évêque et le premier archevêque de cette ville.

Eugenio appartint tout jeune au clergé de Tolède, sous l’épiscopat d’Eladio (v. 18 février), avant de rejoindre Saragosse, où il se mit sous la direction de s.Braulio (v. 18 mars) au monastère de sainte Engrace.

Nommé évêque, Braulio prit Eugenio comme archidiacre.

Avant même d’être consacré évêque, Eugenio était déjà réputé comme théologien, comme poète, comme musicien, comme écrivain.

Evêque, Eugenio célébra trois conciles à Tolède (les huitième, neuvième et dixième). Il fit beaucoup pour développer la pratique de la musique sacrée ; il enseigna la Grammaire et la Sainte Ecriture.

Le roi Chindasvinto et son fils Recesvinto recoururent aux conseils judicieux d’Eugenio.

Eugenio mourut à Tolède en 657. Son épiscopat dura au total vingt-et-un ans.

Saint Eugenio II de Tolède est commémoré le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maxellende de Caudry

650-670

 

Maxellende naquit vers 650 à Caudry (Nord), de Huinlinus et Amaltrude.

Ces derniers, comme c’était la coutume, acceptèrent la demande en mariage que leur adressa un certain Hardouin.

La jeune fille refusa. Mais les parents se crurent contraints de maintenir leur parole, et Hardouin paya la somme requise pour les fiançailles. Dès lors, selon l’usage franc, l’engagement était irrévocable. Mais Maxellende, de son côté, se considérait libre, n’ayant pas exprimé de consentement et l’ayant même refusé, et resta chez ses parents.

Un jour cependant où ses parents étaient absents, Hardouin se présenta et enleva littéralement Maxellende pour l’emmener à son domicile de Caudry.

La jeune fille résista tellement aux avances d’Hardouin, que ce dernier perdit patience et la tua d’un coup d’épée. Sa punition fut qu’il fut frappé immédiatement de cécité.

Ce fut vers 670. Maxellende fut désormais considérée comme martyre. 

Peu de temps après la première inhumation de Maxellende à Pomeriolas, son corps fut transféré à Caudry. Le long du cortège se trouvait le malheureux Hardouin, repenti, qui pleura amèrement sa faute et recouvra alors la vue.

Depuis, sainte Maxellende est invoquée pour la guérison des maladies oculaires.

Sainte Maxellende de Caudry est commémorée le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nicola 1er

858-867

 

Nicola (on ne met pas d’s en italien) naquit à Rome vers 800, fils d’un «régionnaire», important fonctionnaire de la Ville éternelle, nommé Théodore, qui voulut lui donner la meilleure éducation possible. 

Le résultat fut excellent : Nicola étudia fort consciencieusement. Entré dans la cléricature, il fut sous-diacre sous Serge II, diacre sous Léon IV, archidiacre sous Benoît III.

A la mort de ce dernier, l’empereur Louis II pressa le clergé d’élire Nicola, qui devint ainsi le cent-cinquième pape (avril 854).

La principale affaire qui occupa le nouveau pape fut le schisme de Photius à Constantinople. Ce personnage, un laïc, venait d’être nommé patriarche de Constantinople par l’empereur, qui avait déposé le patriarche Ignace après l’avoir fait torturer et jeter en prison. Nicola s’imposa avec autorité et sagesse, refusant de reconnaître Photius. Une révolution de palais fit assassiner l’empereur et chasser Photius pour rappeler Ignace. Momentanément, la situation semblait être ramenée à la légitimité, mais le schisme de Photius avait allumé les esprit et perdura longtemps, attaquant les Occidentaux sur le jeûne du samedi, sur le célibat ecclésiastique, le fameux Filioque dans le Credo, tous griefs qui seront sans cesse remis sur le tapis dans les temps postérieurs - et jusqu’à aujourd’hui.

Reste à mentionner que Photius fut plus tard de nouveau installé comme patriarche et sommé de reconnaître l’autorité de Rome.

En Occident, Nicola intervint aussi efficacement à propos de l’empereur Lothaire II, qui avait épousé sa maîtresse pour obtenir un enfant, que son épouse stérile ne pouvait avoir. Un concile à Metz avait même ratifié et le divorce et le remariage, avec même l’appui des légats pontificaux complaisants ; Nicola déposa ses légats et les évêques les plus coupables, cassa le concile, obligeant Lothaire à se soumettre, et l’ «épouse» à se retirer dans un monastère.

Le pape Nicola osa affronter le puissant évêque de Reims, Hincmar, qui commettait parfois quelques erreurs de gouvernement. Il avait par exemple déposé l’évêque de Soissons sans aviser le Saint-Siège à qui l’évêque avait fait appel : Nicola le reçut et le rétablit, obligeant Hincmar à se soumettre. Ou encore, Hincmar avait suspendu tous les clercs ordonnés par son prédécesseur, Ebon, qui avait été chassé par deux fois de son siège sur instance de Louis, dit le Pieux. Le pape Nicola étudia le problème personnellement et rétablit tous ces clercs, obligeant Hincmar et les évêques francs à se réunir en concile pour accepter entièrement les décisions papales (concile de Troyes, 867).

En Italie, l’évêque de Ravenne se signalait pas un comportement quasi tyrannique envers son clergé et ses fidèles ; un concile à Rome n’ayant pas suffi, Nicola alla rencontrer l’évêque, qui s’enfuit, fut déposé et banni.

Nicola ne fut pas seulement combattif, il fut actif. Le Liber pontificalis signale que Nicola «aimait les pauvres d’un amour de prédilection comme les membres souffrants de Jésus-Christ. Il avait fait dresser la liste de tous les aveugles, boiteux, paralytiques auxquels leurs infirmités ne permettaient pas de se rendre aux distributions de vivres, et on leur portait des secours à domicile.»

En outre il fit reconstruire les remparts d’Ostie, avec des tours résistantes ; il fit construire un aqueduc qui amenait l’eau au Vatican pour étancher la soif des miséreux et des pèlerins.

Il ordonna, en quelque neuf ans et demi, cinq évêques, sept prêtres et quatre diacres.

Après plusieurs années de maladie, Nicola 1er le Grand mourut le 13 novembre 867 et fut inhumé devant le grand portail de la basilique Saint-Pierre.

Nicola 1er fut canonisé en 1630 et le Martyrologe le commémore au 13 novembre. 

Son successeur devait être Adrien II.

 

 

Abbon de Fleury

940-1004

 

Abbon était né vers 940 dans l’Orléannais, de Lyé et Ermengarde.

Encore enfant, il fut confié aux moines de l’abbaye de Fleury.

Le jeune garçon était naturellement porté à étudier ; il retenait tout ce qu’il entendait, au point que de bonne heure on lui confia l’enseignement de la lecture et du chant.

Après avoir assimilé tout ce qu’on pouvait lui enseigner en matière de grammaire, d’arithmétique et de dialectique - c’est-à-dire peu de choses, au goût de l’intéressé - , il se rendit à Paris et à Reims, mais fut déçu du peu qu’il put y apprendre. A Orléans, il prit des leçons de musique auprès d’un clerc. Il étudia la rhétorique tout seul, et travailla énormément sur les nombres. Il fut bientôt une encyclopédie vivante.

Ses recherches en mathématique aboutirent à des conclusions assez originales pour l’époque.

Vers 975, il fut nommé écolâtre de Fleury. C’est pendant les dix années de cette charge qu’il écrivit la plupart de ses traités scientifiques. Il se pencha sur le problème de la date de Pâques, et proposa déjà d’avancer de plusieurs années la date de la naissance du Christ.

En 985, le nouvel abbé de Fleury choisit Abbon pour être écolâtre à York, où un ancien moine de Fleury, Oswald (v. 29 février), devenu évêque, avait besoin d’un homme comme Abbon. Si ses élèves bénéficièrent heureusement de son enseignement, Abbon restait très nostalgique de son abbaye et fut fort content d’y être rappelé ; diacre, il fut ordonné prêtre par Oswald avant son départ et revint en France chargé de cadeaux - ainsi que d’un notable embonpoint…

En 987, Abbon fut élu abbé de Fleury. Désormais illustre, il profita de sa position pour asseoir les droits des abbayes en France. 

Par exemple, un de ses premiers soucis lui vint d’un châtelain qui rançonnait outrageusement un prieuré qui dépendait de Fleury, dans le diocèse d’Orléans dont l’évêque était un ennemi juré de Fleury (cela arrive effectivement, hélas…). Abbon fit appel au roi : peu après, les troupes arrivaient et détruisaient le domaine du châtelain. Plus tard, le pape donna constamment raison aux sages revendications d’Abbon, y compris contre les évêques de Gaule.

Abbon s’employa à développer la culture intellectuelle des moines. Il voyait dans le travail intellectuel un moyen efficace de combattre les vices de la chair et d’avancer dans la vertu.

En 993, les évêques réunis à Sant-Denis, décidèrent tout bonnement que le produit des dîmes devait leur revenir intégralement ; Abbon protesta, vainement. Des moines intervinrent et firent sortir les évêques, disons, manu militari, en tout cas sans beaucoup de ménagements. L’évêque d’Orléans - encore lui - ne se gêna pas pour rédiger un pamphlet contre les moines, qu’il traitait de mous comme du cartilage, au lieu d’être vigoureux comme les os ; non content, il fit tendre sur la route de Tours un guet-apens contre Abbon, qui n’y échappa que de justesse. Abbon écrivit au roi.

Par la suite, il chercha à échapper entièrement à la juridiction des évêques. En 995, il crut le moment venu d’en référer au pape, mais on était en plein dans la lutte des familles romaines pour mettre leur candidat sur le siège de Saint-Pierre. Abbon patienta - et obtint enfin le privilège qu’il attendait tant pour les abbayes. Il l’obtint en 997. En même temps, le pape décorait Abbon du titre de premier abbé de la Gaule.

Désormais, il était interdit aux évêques de troubler le monastère ou d’y exercer une contrainte. L’évêque diocésain ne pouvait venir au monastère ou y célébrer la messe sans y être invité, il ne pouvait refuser d’ordonner un moine digne de l’être, ni revendiquer la moindre autorité sur ceux qu’il avait ordonnés. L’abbé pouvait excommunier tel moine indigne, le clergé devait appliquer la sentence.

Inversement, on recourait à Abbon pour régler des affaires épineuses. Sa modération et sa prudence firent merveille.

Ainsi en 1002, un abbé de Chartres avait été chassé par ses moines. Abbon apaisa les moines, et surtout pria l’évêque de recevoir l’abbé sans le condamner : l’abbé comprit ses erreurs, s’en repentit et put reprendre sa place.

En 1004 maintenant, ce fut le tour des moines de Micy, qui signifièrent à leur abbé de ne plus entrer dans l’abbaye, lassés qu’ils étaient de ses absences répétées ; Abbon calma les moines, convainquit l’abbé, et tout rentra dans l’ordre.

Le cas de l’abbaye de la Réole (Gascogne) fut plus grave, et même fatal. Abbon y avait envoyés quelques moines, qui furent tellement maltraités par les Gascons, qu’il rentrèrent à Fleury. Abbon s’y rendit en personne, en l’été 1004, avec quelques moines.

La réception fut assez calme, le 9 novembre ; le 11 (fête de s.Martin !), il y eut déjà une dispute entre les moines de la Réole et ceux de Fleury, au sujet de la nourriture des chevaux. Le 13, Abbon eut l’occasion de réprimander un moine qui sortait du monastère pour aller manger ailleurs. Ce dernier suscita une véritable émeute avec les gens du pays. Les moines gascons et français en vinrent aux mains. Abbon, qui était alors dans le cloître à rédiger des tables de comput, entendant le bruit, descendit pour apaiser les siens. Il reçut un coup de lance dans les côtes. Il eut la force d’envoyer son secrétaire essayer de calmer les «combattants» ; épuisé par le sang qu’il avait perdu, il mourut.

Son chambrier mourut le lendemain ; son écuyer, le 30 novembre.

Curieusement, les reliques d’Abbon demeurèrent à la Réole ; elles furent jetées par les protestants en 1577.

Saint Abbon de Fleury est commémoré le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Warmondo d’Ivrea

930-1011

 

Warmondo (Veremondo) naquit vers 930, de la famille noble des Arborio.

Vers 965, il devint le quatorzième évêque d’Ivrea, une charge qu’il allait maintenir jusqu’à sa mort, vers 1011.

Il fit consolider les fondements de la cathédrale d’Ivrea, et surtout développa beaucoup l’activité du scriptorium, qui produisit de précieux manuscrits magnifiquement décorés de miniatures et de lettres d’or, encore conservés dans la bibliothèque capitulaire.

Mais le point central de son activité fut la continuelle lutte qui l’opposa au marquis d’Ivrea, Arduino. Ce dernier montrait des prétentions injustes contre les privilèges de l’évêque, et l’évêque dut recourir à l’empereur Otto III.

Grâce à ce dernier, Warmondo obtint la faculté d’administrer la justice, de percevoir des taxes… et de lever des troupes. L’évêque était ainsi un «évêque-comte». Il n’était pas le seul à cette époque.

Mais la lutte était loin d’être achevée. Arduino réussit à chasser Warmondo de la ville, et Warmondo lança contre lui une terrible sentence d’excommunication. Il en appela encore une fois à l’empereur. En 1001, Arduino s’empara d’Ivrea et de Vercelli et, après la mort de l’empereur, se fit proclamer roi d’Italie (1002).

En 1003, Warmondo n’était toujours pas rentré en possession de son siège. Un intrus, Ottobiano, l’occupait. En 1004, le nouvel empereur battit Arduino, et restitua à Warmondo son siège et son diocèse.

On connaît mal les dernières années de l’épiscopat de Warmondo. Même la date de sa mort est incertaine : on parle de 1011 ou 1012, date à laquelle il se peut qu’Ottobiano ait repris possession du siège d’Ivrea.

Le culte de Warmondo fut reconnu en 1857 ; ce Bienheureux est commémoré le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Omobono Tucenghi de Cremone

† 1197

 

Omobono va nous montrer comment il sut correspondre pleinement dans les faits à son prénom de baptême.

Il naquit à Crémone (Italie N) vers le milieu du 12e siècle. Ses parents, des gens tout simples, le firent en effet baptiser avec le nom de Omobono, homme bon.

Il reprit le commerce de ses parents, qui travaillaient dans la laine et les étoffes, et son travail lui rapporta beaucoup.

Il se maria et eut (au moins) deux fils. 

Omobono ne se laissa pas un instant griser par le succès et les affaires ; la première destination de son argent étaient les pauvres de Crémone, ce qui n’était pas toujours du goût de son épouse. Sa largesse était devenue si populaire qu’encore maintenant un Crémonais qui ne veut pas céder à d’importunes supplications, répond : Non ho mica la borsa di sant’Omobono (Je n’ai pas la bourse de saint Omobono).

Notre tisserand donnait aussi à Dieu beaucoup de temps dans la prière ; il était assidu à l’office de la nuit au proche couvent, et poursuivait cette liturgie avec une longue méditation jusqu’au petit matin.

Cet homme juste fut aussi consulté par les concitoyens, lorsque Crémone fut en lutte avec d’autres villes concurrentes. Ses conseils apportèrent la paix.

Omobono mourut durant la sainte Messe. Au début du Gloria in excelsis Deo, il écarta les bras, les rejoignit et se prosterna ; au moment de l’évangile, il ne bougeait toujours pas : il avait remis son âme à Dieu.

C’était le 13 novembre 1197.

Des miracles se multiplièrent, guérisons, délivrances de possédés, au point qu’il fut canonisé dès 1199, premier laïc de l’histoire à recevoir cet honneur céleste.

Saint Omobono est devenu patron des marchands et des tailleurs. Le Conseil de Crémone l’a pris comme céleste protecteur en 1643.

 

 

Livia Pietrantoni

1864-1894

 

Née le 27 mars 1864 à Pozzaglia Sabina (Rieti, Italie centrale), deuxième des onze enfants de Francesco et Caterina Costantini, Livia (Olivia) grandit dans une famille d’agriculteurs simples et chrétiens. On travaillait et on priait.

Elle fut confirmée à quatre ans, et reçut l’Eucharistie vers douze ans.

Courageuse et travailleuse, elle participa à sept ans au transport de cailloux et de sable pour la construction de la route ; à douze ans, elle était saisonnière pour la récolte des olives, défendant ses camarades contre la sévérité des patrons ; et elle sauva de la noyade son petit frère. 

Il fallait bien travailler pour aider les parents à nourrir tant de monde, aussi Livia ne fréquenta guère l’école, mais le peu qu’elle put faire fut autant d’acquis, au point que les camarades l’appelaient «la prof’».

Livia aimait se retirer pour prier. Elle voulait se consacrer, mais on lui reprochait de vouloir fuir le travail, à quoi elle rétorqua : Je veux choisir une Congrégation où l’on travaille jour et nuit.

Un premier voyage à Rome avec son oncle religieux, Frère Matteo, fut infructueux. Mais un autre, chez les Sœurs de la Charité de Sainte Jeanne-Antide Thouret (voir au 24 août), fut révélateur de sa vraie vocation.

En 1886 elle put entrer dans cette Congrégation, où elle prit le nom de Agostina. Elle ne connaissait pas de Sainte Augustine, mais elle voulait en devenir une !

En 1887, elle commença son activité à l’hôpital Santo Spirito de Rome, dans le même hôpital où avait aussi exercé la charité, entre autres, Camillo de’ Lellis (voir au 14 juillet).

A cette époque, les événements socio-politiques n’étaient pas trop favorables à l’Eglise, de sorte que nos Religieuses devaient être discrètes dans leur activité à l’hôpital.

La Sœur Agostina, qui s’occupait dans un premier temps des enfants malades, fut atteinte de tuberculose, une maladie qui ordinairement n’accordait pas beaucoup d’espérance, mais la Religieuse guérit, de façon inattendue. A partir de ce moment, elle voulut s’occuper des adultes tuberculeux.

C’est là que l’attendait son destin. Un des tuberculeux était particulièrement violent et fut même expulsé de l’établissement. Ce Giuseppe Romanelli voulut se venger, et particulièrement à l’égard de la Sœur Agostina, qui lui avait montré tant d’attention pour le soigner.

L’homme réussit à se faire réadmettre dans l’hôpital et prépara soigneusement son coup, en simulant la douceur et un changement apparent d’attitude. 

On avertit cependant la Sœur de se tenir sur ses gardes, mais elle préféra continuer d’être auprès de tous et de montrer une charité inépuisable envers chacun, y compris et surtout envers le pauvre homme, en particulier quand venait sa mère aveugle pour lui rendre visite. 

Un jour que Sœur Agostina était assez proche de lui, il se déchaîna brusquement sur elle et la poignarda. Agostina n’eut que des paroles de pardon envers son assassin.

C’était le 13 novembre 1894, Agostina avait trente ans.

Elle fut béatifiée en 1972, et canonisée en 1999.

 

 

María Asunción Giner Gomis

1874-1936

 

María Asunción Giner Gomis naquit à Tortosa (Tarragona, Espagne) le 4 janvier 1874, et fit sa profession religieuse chez les Religieuses de Marie Immaculée ou Missionnaires Clarétines en 1893, avec  le nom de María du Patronage de Saint-Jean (María del Patrocinio de San Juan).

Elle eut à s’occuper des jeunes novices clarétines et fut éducatrice à Carcaixent.

Elle accomplit avec beaucoup de zèle et d'entrain toutes les activités apostoliques qu'on lui confia, et souffrit déjà la persécution religieuse en 1931.

Elle fonda la communauté et le collège de Puerto de Sagunto (Valencia).

En 1936, elle vint avec les autres Religieuses se réfugier à Carcaixent : celles qui enseignaient étaient vêtues d’habits civils, les autres priaient à l’intérieur. Dès le mois de mai, elles durent abandonner la maison et se cacher dans des familles amies.

Elle priait ainsi : Seigneur, s’il manque une petite pierre pour ton piédestal, me voici.

Le 13 novembre, des miliciens vinrent l’enlever en voiture. Elle se «contenta» de leur rappeler quel péché ils allaient commettre, et les invita à la conversion. Elle leur dit aussi des paroles de pardon.

A Portichol de Tavernes de Valldigna (près Carcaixent, Valencia), elle fut assassinée avec sa sœur Carlota, dans la nuit du 13 au 14 novembre 1936, priant et pardonnant à ceux qui lui enlevaient la vie. Par fidélité à sa foi et à sa vocation, elle accepta la mort avec force d'âme et sérénité.

Elle a été béatifiée en 2001 et se trouve mentionnée le 13 novembre au Martyrologe.

 

 

Juan Ortega Uribe

1877-1936

 

Né le 17 novembre 1877 à Almería, il fréquenta le séminaire de la même ville et fut ordonné prêtre en 1900.

Il fut aumônier du sanctuaire de Montserrat et curé à Almería même pendant plus de trente ans, travaillant également à l’officialité du diocèse.

On pourra s’étonner de voir un prêtre si longtemps dans un même poste, alors que d’autres changèrent plusieurs fois de paroisses ; c’est que don Ortega souffrait d’une paralysie aux deux jambes et se déplaçait avec grande difficulté. Sa prière et son dévouement n’en avaient que plus de valeur, particulièrement quand il fut arrêté et mis en prison en juillet 1936.

On le traîna littéralement jusqu’au cimetière d’Almería, où il fut fusillé.

Martyrisé le 13 novembre 1936 à Almería, quatre jours avant son 59e anniversaire, et béatifié en 2017, Juan Ortega Uribe sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 novembre.

Robert Montserrat Beliart

1911-1936

 

Robert était né le 17 juin 1911 à Reus (Tarragona, Catalogne, Espagne), troisième des six enfants de Victor et Gertrudis. Victor et son fils Victorino devaient eux aussi être victimes de la persécution de 1936.

Robert fréquenta le collège Saint-Pierre de Reus de 1919 à 1922 puis, ayant entendu l’appel de Dieu, entra au collège Nazareno des Fils de la Sainte-Famille, à Blanes.

En 1926 il prit l’habit au noviciat de Les Corts. Il y fit la profession en 1927 et accomplit les études de philosophie et théologie. Il y commença aussi son activité d’enseignant, ainsi qu’au collège des Orphelins à Vilatorta et Blanes. En 1929, il fit la profession solennelle à Les Corts et fut ordonné prêtre en mars 1936.

Pieux, un peu nerveux, consciencieux, soucieux de vivre la Règle de la congrégation, c’était aussi un excellent musicien. Il devait faire partie d’une équipe à destination de l’Argentine, qui devait embarquer en juillet 1936, mais le départ fut reporté ou annulé en raison des événements : après avoir passé quelques jours de «vacances» chez les siens à Reus, il rejoignit Barcelone, où il s’occupa à donner des leçons de musique.

Vers la mi-novembre de 1936, les miliciens entourèrent la maison où résidaient Roberto et d’autres prêtres, fouillèrent étage par étage et emmenèrent en prison tous ceux qu’ils trouvèrent, propriétaires et religieux.

On sait seulement qu’il fut exécuté à Barcelone le 13 novembre 1936. Cependant, on n’a pas pu retrouver son corps.

Il a été béatifié en 2013.

 

 

Juan Gonga Martínez

1912-1936

 

Juan naquit à Carcaixent (Valencia, Espagne) le 25 mars 1912, fut baptisé le 28 mars suivant, reçut la Première communion en 1922 et fut confirmé en 1926.

Il a (au moins) un frère, avec lequel il s’entend bien ; il est très lié à ses parents.

Il fit ses études chez les Pères franciscains et désirait devenir prêtre. Mais il contracta la fièvre typhoïde et resta si faible, qu’il dut renoncer à cet idéal. 

Il décida donc de mettre toute sa vie au service de l’Eglise.

Employé de bureau, membre de l’Action Catholique, actif dans les Cercles d’étude et dans la catéchèse, il fréquentait assidument les Sacrements. Ses camarades l’appelaient le saint. Effectivement, il combattit son caractère nerveux et amena au Christ plusieurs «conquêtes».

Il pensa finalement à se marier avec Josefina Millet, mais Dieu lui donna d’abord la grâce du martyre.

En effet, après la fermeture des lieux de culte, en juillet 1936, il continua d’assister à la messe de façon clandestine : c’est en sortant de là qu’il fut arrêté le 25 juillet.

On le laissa tout d’abord en liberté, et il pensa judicieux de quitter son village. Mais il voulut revoir les siens et fut reconnu à son retour.

De nouveau arrêté, on le conduisit sur la route de Tavernes de Valldigna, pour le fusiller.

Il sortit alors son crucifix, le présenta aux bourreaux et leur dit qu’il leur pardonnait, comme Jésus l’avait fait à ceux qui le crucifiaient. Plus tard, les bourreaux l’appelèrent : le garçon à la croix.

Juan fut fusillé au soir du 13 novembre 1936, et fut béatifié en 2001.

 

 

Carl Lampert

1894-1944

 

Carl fut le plus jeune des sept enfants de Franz Xaver Lampert et de son épouse Maria Rosina, un couple de cultivateurs. Il naquit le 9 janvier 1894., à Göfis dans le Vorarlberg (Autriche).

Il fréquenta l’école de Göfis et le lycée d’état de Feldkirch. 

Son père mourut quand Carl était adolescent, mais son oncle l’aida à continuer ses études jusqu’au baccalauréat ; Carl allait à pied de Göfis à Feldkirch. Puis il entra au grand séminaire de Brixen (alors en Autriche, maintenant Bressanone en Italie du Nord), où on remarqua tellement ses façons distinguées qu’on le surnomma «Carlobello» (le beau Charles) ; il reçut l’ordination sacerdotale en 1918. 

Pendant douze années il fut chapelain à Dornbirn, où il s’occupa particulièrement du travail des jeunes ouvriers.

Puis l’évêque l’envoya à Rome pour approfondir l’étude du Droit Canonique. Il résidait au Collège Teutonique et travaillait en même temps comme secrétaire à la Rote romaine (tribunal ecclésiastique), et il devint Official du tribunal ecclésiastique de Ferldkirch à partir de 1935. 

Mgr Lampert fut alors très occupé : il partageait son temps entre Rome et le diocèse d’Innsbruck, où il devait surveiller la mise en application du nouveau droit ecclésiastique. De plus, il était aumônier au séminaire, et président de l’édition catholique Tyrolia. On parla même de le nommer évêque à Innsbruck, mais le pape Pie XI jugea plus opportun de nommer pour ce diocèse un administrateur apostolique (qui fut Paulus Rusch), dont Mgr Lampert fut nommé pro-vicaire en 1939. Comme on le sait, l’Autriche venait d’être annexée à l’Allemagne par le fameux Anschluß.

Sur ordre du gouvernement hitlérien, Mgr Lampert tomba bientôt dans le collimateur du régime. Les maisons religieuses devaient fermer, en particulier le Collège Canisianum ainsi que le Monastère de l’Adoration Perpétuelle d’Innsbruck. Devant la résistance des Religieuses, on rendit Mgr Lampert responsable de cette situation et il fut arrêté une première fois le 4 mars 1940 pendant dix jours.

Suite à une émission radiophonique du Vatican qui parlait de la répression nazie dans le diocèse d’Innsbruck, on arrêta de nouveau Mgr Lampert pendant quelques jours, à la fin du même mois de mars 1940 : on le soupçonnait d’espionnage.

En mai 1940, Mgr Lampert essaya en vain d’obtenir la libération d’Otto Neururer, déporté à Dachau, mais l’abbé Neururer fut envoyé à Buchenwald et assassiné là-bas (v. 30 mai). C’est alors que les autorités civiles renvoyèrent les cendres d’Otto à Götzen en pensant les faire inhumer de façon anonyme, mais Mgr Lampert fit passer une annonce dans le bulletin diocésain et il fut alors de nouveau arrêté en juillet 1940 pour opposition aux dispositions secrètes du Régime.

Mgr Lampert fut à son tour envoyé à Dachau en août 1940, puis à Sachsenhausen (Berlin) le 1er septembre. On le mit dans une compagnie qui devait exécuter d’épuisants travaux. Il avait un compagnon, un autre prêtre d’Innsbruck, Josef Steinkelderer, qui lui glissa en latin Martyres sumus, et auquel il répondit In Christi nomine pro ecclesia (Nous sommes des Martyrs - Au nom du Christ pour l’Eglise). 

Trois mois plus tard, Mgr Lampert fut reconduit à Dachau. Libéré en août 1941, mais avec l’interdiction de rentrer au Tyrol, il exerça la fonction de chapelain à Stettin (actuelle Szczecin en Pologne), à Swinemünde et à Parchim, des localités sur la Mer Baltique…

En réalité, la Gestapo avait à l’insu de Mgr Lampert, envoyé un espion qui le surveillait. Cet espion se faisait passer pour un ingénieur profondément chrétien, ennemi du nazisme et en quête de spiritualité, qui acquit la confiance de Mgr Lampert, dont il essaya d’obtenir des déclarations anti-nazies. Dans l’impossibilité d’arriver à ses fins, l’espion organisa une sorte de complot où aurait trempé Mgr Lampert, à la solde de l’ennemi, ce qui devait conduire de nouveau à son arrestation.

Celle-ci eut lieu en effet début février 1943 : on arrêta Mgr Lampert, mais aussi une quarantaine de prêtres, religieux et religieuses. Les mois suivants passèrent en interrogatoires et tortures qui épuisaient, mais n’abattaient pas le courage de Mgr Lampert.

Le «procès», s’il faut l’appeler ainsi, se déroula en décembre 1943. L’espion de Stettin était là pour «témoigner». Déclaré coupable, Mgr Lampert ne fut pas pour autant condamné à mort, parce que les juges n’étaient pas d’accord : certains voulaient l’exécuter, d’autres le maintenir en prison. En janvier 1944, le procès fut renvoyé à la cour de Torgau, où fut déporté Mgr Lampert : il y resta sept mois en cellule d’isolement.

En juillet 1944, le procès fut confirmé, mais celui qui devait le signer se suicida au dernier moment, réaffirmant entre autres que, dans le cas présent, l’accusé n’était ni un brigand ni un «cas asocial», mais tout simplement un Prêtre.

Un troisième procès eut lieu en septembre 1944, qui condamna à mort Mgr Lampert, ainsi que deux autres prêtres, Friedrich Lorenz et Herbert Simoleit. Ils furent tous trois guillotinés vers 16 heures, le 13 novembre 1944, à Halle-sur-la-Saale (Saxe).

Ses derniers mots furent : Jésus ! Marie !

Monseigneur Carl Lampert fut béatifié en 2011.

 

 

Garance

 

La garance est une plante de la famille des rubiacées dont les racines sont utilisées pour leur capacité à teindre les textiles en rouge vif. Par extension, c’est la teinture et la couleur tirées de cette plante. 

C'était notamment le qualificatif des pantalons d'uniforme de l'infanterie française au début de la Première Guerre mondiale, qui exposait si bien par sa couleur vive les militaires aux tirs des soldats allemands, lesquels étaient équipés de tenues de couleur neutre (feldgrau). 

La garance est appelée akane en japonais.

Comme bien d’autres noms de plantes ou de fleurs (marguerite, jasmin, rose…), la garance a donné lieu à un prénom féminin ou masculin. 

A l’époque de la Révolution française, le calendrier révolutionnaire imagina de supprimer tous les prénoms usuels, réputés trop chrétiens, pour y substituer des noms de plantes, de légumes, de fleurs, d’arbres… C’est ainsi que Garance apparut au 23 brumaire, correspondant à notre 13 novembre. 

Mais on ne trouvera pas (pas encore !) de Sainte portant ce joli nom dans le livre de tous les Saints de l’Eglise, appelé le Martyrologe. 

Comment fêter alors nos chères Garance ? La réponse apportée à cette question ne manque pas d’originalité ; la voici.

Garance étant une jolie fleur, on a trouvé dans le Martyrologe une Sainte portant le nom de Fleur. En effet, sainte Fleur a existé au XIVe siècle, dans un couvent du Lot. Sa vie est tellement extraordinaire qu’elle sera traitée à part (voir au 5 octobre).

Si nos Garance veulent s’inspirer de sainte Fleur, nul doute qu’elles seront secrètes, n’aimant pas se livrer, réfléchies et toujours sincères.

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12 novembre 2020 4 12 /11 /novembre /2020 00:00

 

12 NOVEMBRE

 

III.

SS Aurelius et Publius, évêques , l'un en Asie mineure, l'autre à Debelte, martyrs.

V.

S Nilos, préfet à Constantinople puis ermite au Sinaï, auteur contesté d'écrits spirituels.

VI.

S Machar, premier évêque à Aberdeen, irlandais, venu en Ecosse avec s. Columba.

S Hesychius, sénateur puis évêque à Vienne ; ses fils furent évêques (s. Apollinaire à Valence, s. Avit après lui à Vienne).

S Æmilianus (Millan), de la Cogolla, prêtre espagnol traitreusement accusé d'avoir, par sa générosité envers les pauvres, dilapidé les biens de l'Eglise ; ermite, il mourut centenaire.

?

SS Evodius, Scutarius, Aurelius, Ermentarius, Suacrus et Benignus (V.-VIII.), évêques quasi inconnus au Puy.

VII.

S Cummian le Grand (en irlandais : Fada), fondateur d'un monastère à Kileummin ; il fit adopter en Irlande la date romaine de Pâques.

S Cunibert, évêque à Cologne : une colombe se posa sur sa tête au moment où il célébrait la messe ; il succéda à s. Arnoul au conseil royal de Dagobert.

S Liévin, évêque à Gand, dont il est le patron, martyr ; il serait venu d'Ecosse.

S Liguaire (Léger), évêque à Saintes, peut-être le même que celui d'Autun.

VIII.

S Lébuin, missionnaire anglais venu à Utrecht et chez les Saxons.

S Paterne, moine thaumaturge, décapité par des brigands qu'il tentait de convertir, près de Sergines.

XI.

SS Benedetto, Giovanni, Itzhak, Mateuz et Krystian, martyrs camaldules à la Warta ; Krystian était leur cuisinier.

XIV.

B Giovanni Cini de la Paix, ancien militaire, tertiaire franciscain à Pise.

XV.

S Diego, frère lai franciscain espagnol ; grand thaumaturge.

XVII.

S Josaphat (Jan Kuntsevych), moine ruthène, archimandrite, évêque à Polock et martyr, artisan du rapprochement des orientaux et des occidentaux, d'abord par la réforme de l'ordre basilien, puis par le dialogue avec les orthodoxes, enfin par la réforme du bas-clergé, surnommé le “ravisseur des âmes” ; assassiné lâchement par des schismatiques qui le haïssaient.

XX.

S Margarito Flores García (1899-1927), prêtre mexicain martyr, canonisé en 2000 et fêté le 21 mai.

Bse Baudelia Duque Belloso (Carlota de la Visitation, 1872-1936), des Franciscaines des S.Cœurs, martyre près de Barcelone, béatifiée en 2018.

Bse Ursula Medes Ferrís (María Natividad, 1880-1936), cistercienne espagnole, martyrisée en même temps que son frère José, béatifiée en 2015.

B José Medes Ferrís (1885-1936), martyr laïque espagnol près de Valencia, avec sa sœur et ses deux frères religieux ; béatifié en 2001.

 

Nilos d’Ancyre

† 430

 

On connaît différents personnages nommés Nil.

Anciennement, celui commémoré le 12 novembre était localisé à Constantinople : préfet de la ville, marié et père de deux fils, il fut converti par s.Jean Chrysostome et se fit moine. Lui et son fils Théodule vécurent en anachorètes sur le mont Sinaï. Son épouse et l’autre fils allèrent en Egypte. Théodule aurait ensuite été enlevé par des nomades, qui le vendirent comme esclave. Il fut retrouvé par son père en Palestine, et tous deux, père et fils, furent ordonnés prêtres par l’évêque  d’Elusa.

Cette chronique ayant semblé suspecte, actuellement, on a corrigé la mention du Martyrologe, indiquant que s.Nil fut d’abord un disciple de s.Jean Chrysostome, qu’il fut ensuite longtemps abbé d’un monastère près d’Ancyre (act.Ankara, Turquie), et qu’il écrivit beaucoup sur la vie ascétique ; on a recueilli plus de mille lettres qu’il écrivit à des contemporains.

Il mourut vers 430.

Nilos est appelé, selon les cas, Nilos du Sinaï, ou Nilos d’Ancyre, ou Nilos l’Ancien, ou Nilos l’Ascète.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Nil d’Ancyre au 12 novembre.

 

 

Hesychius de Vienne

† 565

 

Il y eut deux évêques de Vienne (Isère) nommés Hesychius (Isicius, Isice). L’un à la fin du cinquième siècle, l’autre au siècle suivant. Mais il est difficile de trancher duquel il s’agit ici.

Si l’on parle du deuxième, quelques détails de sa vie nous sont connus… par son épitaphe !

Il avait une sœur, Marcella.

Il se maria et eut deux fils, Apollinaris et Avitus (v. 5 octobre et 5 février).

Il fut d’abord questeur, avant d’être appelé à l’épiscopat vers 545 : il devenait le dix-neuvième évêque de Vienne.

On a sa signature parmi les Pères des conciles d’Orléans (549) et de Paris (552).

On pense qu’il mourut vers 565. Mais cette date exclut totalement que son propre fils, Avitus, lui ait succédé, puisque ce dernier fut évêque de Vienne entre 494 et 518.

Le premier Hésychius fut le vingt-quatrième évêque de Vienne, de 476 à 494 environ, et fut donc le prédécesseur d’Avitus, mais non son père.

Comment trancher entre les deux Hesychius ? Attendons l’évolution de la recherche historique.

Le culte d’un des deux Hesychius fut reconnu en 1903.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Hesychius de Vienne au 12 novembre.

 

 

Millan de la Cogolla

474-574

 

Millan (Emilien) serait né vers 474 à Berceo (La Rioja, Espagne N).

Tout jeune, il garda les moutons et, pour passer le temps, il jouait de sa guitare.

A vingt ans, il se mit à l’école d’un ermite nommé Felix, puis s’en revint chez lui.

Le bruit de ses vertus s’étant déjà répandu, on vint le trouver : il alla se cacher sur le mont Dircetius, où il resta quarante ans.

L’évêque de Tarazona, Didimo, l’ordonna prêtre et lui confia la paroisse de Berceo.

Millan voulut être vraiment au service de toute sa paroisse. Particulièrement, il voulut soulager les pauvres. Il le fit si bien, que de mauvaises langues pensaient qu’il dilapidait les biens de l’Eglise et le dénoncèrent à l’évêque. Ce dernier écouta malheureusement ces calomnies, et écarta Millan de la pastorale.

Mais Millan accepta son sort avec grande humilité et sainte obéissance : il se retira dans sa solitude et reprit sa vie d’ermite. Un prêtre l’accompagna, nommé Asellus. Peut-être qu’une communauté se forma autour de lui.

Il devint nonagénaire et se faisait assister par de saintes femmes. Pour se déplacer, il prenait un cheval (on ne dit pas s’il montait lui-même la bête ou s’il l’attelait à une charrette).

Millan mourut centenaire, le 12 novembre 574.

Le monastère San Millan de la Cogolla, proche de Berceo, fut ensuite très célèbre ; c’est un de ses moines qui publia plus tard les Miracles de Notre-Dame, vingt-cinq petites merveilles de l’intervention maternelle de Notre-Dame auprès des pécheurs.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Millan de la Cogolla au 12 novembre.

 

 

Machar d’Aberdeen

6. siècle

 

Machar (Macaire) était un évêque missionnaire irlandais.

En 563, il passa en Ecosse avec s.Columba (v. 9 juin).

Il est considéré comme l’apôtre de la région d’Aberdeen et le fondateur de ce diocèse.

Depuis 1560, il n’y a plus d’évêque catholique à Aberdeen, mais l’ancienne cathédrale est toujours là, avec ses deux belles tours.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Machar d’Aberdeen au 12 novembre.

 

 

Cunibert de Cologne

590-660

 

Cunibert (Kunibert, Chunebert, Clunibert, Hunibert) naquit vers 590-600, de Crallo et Regina, membres de l’aristocratie franque dans la région de la Moselle.

Il reçut sa formation à la cour de Clotaire II. Son «professeur» le traita d’abord fort durement, jusqu’au jour où, dans le dortoir, il observa une lumière merveilleuse au-dessus de la couche de Cunibert ; sa méthode changea alors totalement.

En 614, Cunibert devint l’archidiacre de l’évêque de Trèves.

En 623, il devint le troisième évêque (connu) de Cologne, peut-être le neuvième d’après les suppositions concernant les évêques (inconnus) du sixième siècle.

En 626, il participa au concile de Clichy.

Il succéda à s.Arnoul (v. 18 juillet) au Conseil royal, et fut chargé de la formation du petit Sigebert III. Ce dernier, puis Childéric II, ainsi que Pépin de Landen et Grimoald, s’entendirent très bien avec lui.

Cunibert fut envoyé par le roi Dagobert pour évangéliser les Frisons, mais cette mission ne semble pas avoir porté de fruits, puisque s.Boniface (v. 5 juin) écrivit vers 720 que rien n’avait été fait.

Pendant que Cunibert célébrait la sainte Messe, on vit un jour une colombe blanche se poser sur sa tête, signe qui fut interprété par tous les assistants comme une preuve de sa sainteté. La même colombe aurait ensuite voltigé autour d’un autel sous lequel Cunibert aurait identifié les reliques de sainte Ursule (v. 21 octobre).

La date de 660-663 nous indique approximativement la mort de Cunibert, dont l’épiscopat aurait duré près de quarante ans.

Saint Cunibert de Cologne est commémoré le 12 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lebuinus de Deventer

† 775

 

Lebuin (Lebwin, Liafwin) naquit en Angleterre de parents anglo-saxons.

Il fut moine à Ripon.

Après son ordination sacerdotale, il vint en 754 à Utrecht, où l’accueillit volontiers l’administrateur apostolique Grégoire (v. 25 août).

Celui-ci l’envoya prêcher dans l’Overijssel, accompagné de Marchelm (v. 14 juillet), un fidèle disciple de s.Willibrord (v. 7 novembre).

Une pieuse veuve nommée Abarhilda les aida à construire deux sanctuaires, l’un à Wilp, l’autre à Deventer.

Rapidement, quelques personnalités adhérèrent à la proclamation de l’Evangile, comme Folcbracht. Mais d’autres au contraire appelèrent une troupe de Saxons pour incendier l’église de Deventer. Lebuinus, protégé par les Chrétiens épouvantés qui s’enfuirent, put se mettre à l’abri.

Peu après, lors de l’assemblée annuelle des Saxons à Marklo, Lebuinus s’enhardit tout simplement à s’y présenter pour prêcher la Vérité avec toute sa force. Plusieurs chefs allaient l’assommer avec leurs bâtons, mais l’un d’eux, Buto, rétorqua sagement : Nous recevons avec honneur les ambassadeurs des Normands, des Slaves et des Frisons, ne devons-nous pas traiter avec respect un envoyé de Dieu ?

Lebuinus put revenir indemne à Deventer et reconstruisit l’église. Il mourut peu après, vers 775, et fut enterré dans son église.

Les Saxons firent à nouveau irruption à Deventer et détruisirent une deuxième fois cette église. S.Liutger (v. 26 mars) voulut retrouver les reliques de Lebuinus, en vain. Lebuinus lui apparut alors et lui indiqua l’endroit où elles se trouvaient.

Saint Lebuinus de Deventer est commémoré le 12 novembre dans le Martyrologe Romain.

Martyrs de Kazimierz

Benedetto, Giovanni, Mateusz, Itzhak, Krystian

† 1003

 

Le duc Boleslas Chrobry arriva au pouvoir en Pologne en 992, animé de sentiments favorables au christianisme.

Il obtint de l’empereur Otton III la création de l’archevêché de Gniezno avec plusieurs autres évêchés suffragants (997).

Otton III connaissait bien Bruno de Querfurt (voir au 9 mars), et en obtint de décider l’italien saint Romuald à envoyer deux religieux camaldules en Pologne. Saint Romuald venait de fonder l’Ordre des Camaldules (voir au 19 juin).

Le premier de ceux-ci, Benedetto (Benoît), était né à Benevento (près de Naples, Italie) et «reçut» le sacerdoce encore enfant avec l’argent de ses parents. Cette faute simoniaque dont il n’était pas responsable ne l’empêcha pas de chercher la perfection : d’abord chanoine, il devint moine à San Salvatore en Calabre, puis ermite au Mont Sorratte, enfin non loin du Mont Cassin. C’est là qu’il fut présenté à saint Romuald lors d’un voyage du Saint. Benedetto suivit le Fondateur à Rome, puis dans son monastère près de Ravenne. Et c’est de là qu’il partit pour la Pologne.

Il était accompagné d’un frère, Giovanni, qui était borgne et de condition physique délicate.

Ces deux religieux furent bien accueillis par Boleslas, qui les installa à Casimiria, non loin de Gniezno sur la Warta dans la forêt de Grande Pologne. Il leur fit bâtir un petit monastère avec un oratoire dédié à saint Martin.

Quelques Polonais vinrent compléter le groupe : on a retenu les noms de Mathieu, Itzhak et Krystian. Les sœurs de ces derniers prenaient également le voile.

Benedetto et Giovanni s’efforçaient d’apprendre la langue polonaise, en même temps qu’ils se laissaient pousser la barbe, pour ne pas choquer les habitants païens. 

Il est dit aussi qu’ils s’administraient mutuellement de copieuses flagellations, selon les usages des premiers camaldules.

Après une rencontre de Benedetto avec Boleslas, certains crurent que Boleslas avait remis une très forte somme d’argent au moine, ce qui donna à des brigands l’idée d’assaillir le petit monastère.

Dans la nuit du 10 au 11 novembre 1003, ils pénétrèrent dans l’enceinte, rejoignirent les moines qui s’étaient à peine mis au lit, et massacrèrent immédiatement Benedetto et Giovanni, ainsi que Mathieu et Itzhak. Le frère Krystian, le cuisinier, s’empara d’un bâton pour mettre en fuite les brigands, qui l’abattirent aussi. Il semble que les quatre premiers aient été étranglés, dans leur dortoir, et le dernier pendu, dans la chapelle.

Les brigands mirent le feu au monastère et s’enfuirent, mais par un phénomène inexplicable, ils se perdirent, furent vite arrêtés et condamnés à mort. Boleslas commua leur peine : ils seraient attachés aux tombeaux des Martyrs jusqu’à la fin de leurs jours. Autre merveille : à peine enchaînés, ils virent leurs liens se défaire, comme si les Martyrs voulaient leur montrer qu’ils leur avaient pardonné. Ils furent alors confiés à l’ermitage, qui fut restauré et agrandi.

L’évêque de Poznan vint procéder à l’inhumation des cinq Martyrs : les corps des quatre premiers furent mis dans l’église, mais celui de Krystian dans le cloître, car ce dernier semblait avoir tenté de se défendre avant de subir le martyre. Toutefois cette cérémonie qui suivait les rites réservés aux martyrs, fut considérée comme une canonisation.

Les reliques des cinq Camaldules martyrs furent plus tard rapportées à Olmütz.

L’ermitage reçut plus tard le nom de saint Casimir (voir au 4 mars), tandis que les cinq Martyrs furent déclarés patrons de Bohême et Moravie.

Le Martyrologe les commémore le 12 novembre.

 

 

Benedetto de Benevento

† 1003

 

Voir la notice : Kazimierz (Martyrs de), ci-dessus.

 

 

Giovanni de Kazimierz

† 1003

 

Voir la notice : Kazimierz (Martyrs de)

 

Ce saint Giovanni était italien, sans qu’on puisse aujourd’hui connaître son origine précise.

Pour le localiser un peu plus précisément, on l’a ici établi à Kazimierz (Pologne), là où il fut martyrisé.

 

 

Mateusz de Kazimierz

† 1003

 

Voir la notice : Kazimierz (Martyrs de)

 

 

Krystian de Kazimierz

† 1003

 

Voir la notice : Kazimierz (Martyrs de)

 

 

Itzhak de Kazimierz

† 1003

 

Voir la notice : Kazimierz (Martyrs de)

 

 

Giovanni Cini

1270-1335

 

Giovanni était de Pise (Italie CO), où il naquit en 1270.

Il était «haut, grand et robuste», et faisait une vie de «vilain soldat» (soldataccio), dit une chronique. Mais comme cela arrive aussi par la permission de Dieu, il faisait partie du Tiers-Ordre franciscain.

Sa «vilaine» vie le conduisit jusqu’à la responsabilité d’un attentat contre l’archevêque local en 1296 ; il aurait pu écoper de la pendaison, mais il subit «seulement» la prison.

La peine fut bénéfique. Au terme de cette pénitence, Giovanni était converti et demanda à être admis dans le Tiers-Ordre Régulier franciscain. 

A partir de 1305, il dirigea la «Pieuse Maison de la Miséricorde», destinée aux plus pauvres. Il eut aussi la délicate attention de porter de nuit l’aumône et des effets, auprès de gens pauvres qui étaient gênés de les recevoir de jour.

Il s’installa comme ermite à la Porte de la Paix, de Pise, et c’est de cette situation qu’il hérita du surnom habituel de Giovanni de la Paix. A l’intention de jeunes gens qui se mettaient sous sa direction, il refonda une confraternité de Petits Frères de la Pénitence, qui s’était éteinte peu auparavant.

Giovanni redonna vie aussi (ou fonda) la confraternité des Fidèles de Saint-Jean Evangéliste.

Les dernières années, il se mura dans sa petite cellule de la Porte de la Paix, recevant par une fenêtre l’Eucharistie et un peu de nourriture qu’on lui donnait.

Il mourut un 12 novembre vers 1335, toujours à Pise.

En 1857, son culte fut reconnu, le rendant Bienheureux.

 

 

Diego d’Alcalá

1400-1463

 

On connaît peu ou mal l’ascendance de Diego. Il serait né vers 1400 à San Nicolás del Puerto (Andalousie, Espagne S) et reçut au baptême le nom de Diego (Jacques).

A l’adolescence, il choisit un style de vie retirée, près de l’église paroissiale et cultivant un petit jardin. A ses bienfaiteurs, il offrait de menus objets qu’il fabriquait.

Pour faire comprendre sa discrétion et son désintéressement, on raconte communément qu’ayant trouvé dans la rue une bourse pleine, il appela quelqu’un d’autre pour la faire rapporter.

Il entra chez les Frères Mineurs d’Arruzafa près de Cordoue, comme frère convers.

Sa dévotion à la Vierge Marie était très grande et il l’invoquait «avec succès». Un jour qu’il était en déplacement avec un confrère et qu’ils n’avaient rien à manger, ils aperçurent bientôt un bon repas tout préparé sur une nappe propre, au bord de la route. Une autre fois - et ce miracle est fameux - un jeune garçon s’était caché de sa mère et s’était endormi au fond du four à pain ; quand sa mère alluma le four, le garçon cria et la mère fut désespérée, mais Diego arriva en courant, pénétra dans le four et en ressortit l’enfant sain et sauf, pas même touché par les flammes.

Vers 1440, il fut envoyé au couvent de Fuerteventura, une des îles Canaries, où la population vivait encore dans un profond paganisme. Diego y travailla tant et si bien, et avec des miracles, qu’il y eut beaucoup de conversions ; lui qui n’était qu’un convers, en devint le gardien (supérieur). Il aurait bien voulu passer sur la grande Canarie, et y souffrir le martyre, mais une tempête empêcha le bateau d’accoster.

En 1444, on le rappela en Espagne, pour la joie des confrères qui n’espéraient plus le revoir. On fut bien étonné, à cette époque-là, de constater quelle science possédait Diego des Ecritures et de la Théologie, alors qu’il n’avait pas fait d’études.

En 1450, il fit le pèlerinage à Rome pour le jubilé et la canonisation de Bernardino de Sienne (v. 20 mai). Au même moment se déchaîna une épidémie de peste et tous les Romains s’enfuirent, y compris le pape et les dignitaires du Vatican, comme les apôtres fuirent Jésus le Vendredi saint, écrivit un pèlerin allemand de l’époque ! Diego assista les confrères contaminés, dans le couvent romain de l’Aracœli, et organisa des distributions de nourriture dans les rues de Rome.

De retour en Espagne, il fut à Séville et obtint de se retirer à Saliceto. Mais en 1456 il fut chargé de superviser l’érection du nouveau couvent de Alcalá de Henares. C’est là qu’il vécut encore sept années, touchant les cœurs, convertissant, guérissant les malades, faisant le bien partout où Dieu le permettait.

Peu avant de mourir, il dut être opéré d’un douloureux apostème au bras, puis le mal s’étendit et la fièvre augmenta. Diego mourut le 12 novembre 1463.

Après sa mort, son corps resta souple et très beau, ce que purent constater l’archevêque, le roi de Castille, des rabbins juifs et des Mores.

En 1562, le fils du roi Felipe II tomba et se blessa mortellement à la tête ; on eut recours à Diego : une étoffe posée sur le visage du Religieux puis sur le crâne du blessé, apporta la guérison du Prince ; à son réveil, il assura avoir vu Diego, qui l’encourageait.

Diego fut canonisé en 1588.

Ioann Kuntsevych

1580-1623

 

Ioann naquit vers 1580 à Volodymyr (Volhynian, Volvodeship, Pologne, actuelle Ukraine). A la suite des nombreux conflits qui eurent lieu dans cette région de Ruthénie, le nom de famille de Ioann sera orthographié tantôt en bélarus (Kuncevič), tantôt en polonais (Kuncewicz), tantôt en ukrainien (Kuntsevych).

Ses parents étaient de modestes commerçants, qui le firent baptiser dans le rite gréco-catholique local, dit uniate (voir plus bas).

Pour comprendre la vie et l’action de Ioann, il faut faire une petite description de la situation religieuse des Ruthènes au 16e siècle.

Les Ruthènes avaient été évangélisés par des Grecs, et après le schisme de Photius (10e s.) et de Michel Cérulaire (11e s.), s’étaient insensiblement éloignés de Rome pour se rapprocher de Byzance. Au 14e siècle, la Pologne annexa les Ruthènes. On créa des évêchés «latins» à côté des évêchés «grecs» (schismatiques), puis un synode ruthène tenu à Brest-Litovsk en 1595 décida la réunion de l’Eglise ruthène à Rome, mettant à égalité les deux rites latin et grec. Le gouvernement appuyait d’ailleurs cette réforme, qui permettait d’apaiser les esprit dans cette région «difficile».

Mais tous les orientaux ne se rangèrent pas dans les rangs catholiques, et une partie du clergé et de la population préférait rester dans le giron de Constantinople-Moscou.

Or nombre de Polonais voyaient mal cette fraction schismatique aux longs offices, aux prêtres ignorants, mariés. Du côté ruthène, on voyait mal le rapprochement avec Rome et l’éventualité du moindre changement liturgique dans le rite oriental.

Finalement, au lieu de deux, on eut trois Eglises en Ruthénie : la latine, la grecque-romaine, et la grecque orthodoxe. 

Ioann alla étudier à Vilnius (actuellement capitale de la Lituanie), où il rencontra les pères Jésuites. Pieux, ascète, Ioann prit franchement parti pour l’union avec l’Eglise romaine.

Il entra chez les pères basiliens au monastère de la Trinité de Vilnius, où il prit le nom de Jazafat (biélorus) ou Jozafat (polonais) ou Josafat (ukrainien).

Même cette vie monastique ne le satisfaisait pas. Il cherchait par lui-même la perfection, par la lecture assidue des livres liturgiques traditionnels, des textes sacrés, mais aussi dans la prière et la pénitence. Un groupe se forma autour de lui.

Ordonné prêtre en 1609, Josafat (ce sera le nom couramment utilisé) chercha à prêcher, à controverser, pour ramener les âmes à l’unité romaine. Il s’appliqua au ministère sacerdotal avec zèle, prêchant, confessant, tout en appliquant exactement la règle monastique. Il avait un talent particulier pour assister les condamnés à mort ; il visitait les malades pauvres, leur lavait les pieds, s’efforçait de venir en aide aux miséreux. Son succès fut tel qu’on le surnomma Duszochwat, ravisseur des âmes. Une de ses interventions fut de dénoncer l’archimandrite lui-même (ou supérieur) du monastère, qui était passé secrètement au schisme.

Il fut nommé higoumène, ou prieur, de la fondation basilienne à Byten (Novogrodek), en 1613, puis fut rappelé à Vilnius pour être lui-même archimandrite.

En 1617, Josafat fut nommé archevêque de Polock ; il en profita pour étendre son activité missionnaire. Il constatait que le clergé était très ignare, très loin de l’idéal sacerdotal. Il supplia ses prêtres de revenir à une condition digne du Christ. 

Il fit reconstruire la cathédrale Sainte-Sophie de Polock.

Malgré de gros progrès, il restait dans la société d’importants foyers d’opposition à l’archevêque uniate ou philo-romain, et comme le démon sait toujours diviser pour régner, on accusa l’archevêque de vouloir latiniser l’ensemble du rite uniate.

Or, du temps de Josafat, le patriarche (orthodoxe) de Constantinople décida d’ordonner des évêques orthodoxes pour la Ruthénie. Ce fut le départ d’une sourde agitation, puis d’une opposition ouverte contre l’évêque de Polock. La Pologne hésita, puis abandonna les Ruthènes. Josafat fut dans la ligne de mire des schismatiques.

Des partisans de ces derniers, entraînant derrière eux toute une foule de manifestants, vinrent envahir la demeure de l’évêque. Il se présenta de lui-même à la porte de sa chambre. On le frappa, on le foula aux pieds, on le tira dans la cour, tandis qu’il criait Oh, mon Dieu ! et on l’acheva d’un coup de mousquet ; et pour l’outrager, on dépeça un chien sur son corps. Puis on le jeta, nu, dans le fleuve, son cilice attaché au cou et rempli de pierres.

Il mourut en martyr de la foi le 12 novembre 1623.

Peu après, le gouvernement polonais se ravisa et protégea les Ruthènes ; un procès condamna à mort une centaine de participants à l’assassinat de l’Archevêque ; beaucoup d’orthodoxes passèrent au catholicisme.

Josafat Kuntsevych a été béatifié en 1643, et canonisé en 1867. Il est aussi inscrit au calendrier universel de l’Eglise.

On peut voir son corps, momifié, revêtu des ornements sacrés du rite oriental, en la basilique Saint-Pierre à Rome.

 

 

Margarito Flores García

1899-1927

 

Né le 22 février 1899 à Taxco (Guerrero, Mexique), de Germán et Merced, Margarito dut travailler beaucoup pour aider sa pauvre famille. Il risqua même par deux fois sa santé.

A quatorze ans, il exprima son désir d’être prêtre, mais ses parents s’y opposèrent pour des motifs économiques. De généreuses personnes pourvurent cependant aux frais, et Margarito put entrer au séminaire de Chilapa en 1915.

Même séminariste, il chercha à se soutenir économiquement en faisant le coiffeur. Il payait lui-même sa lampe à pétrole, jusqu’à ce que le courant électrique fut installé en 1919.

Au milieu des privations, il put venir à bout de ses études et reçut l’ordination sacerdotale en 1924, le 5 avril, et célébra sa première messe solennelle dans son pays, le 20 avril suivant.

Vicaire à Chilpancingo (Guerrero), il fut un ardent apôtre de la dévotion au Sacré-Cœur et, selon les fameuses promesses du Christ à sainte Marguerite-Marie Alacoque (dont il portait le prénom), il s’efforçait par tous les moyens d’amener à la confession les fidèles au moment du Premier vendredi du mois.

En 1926, il fut transféré à Tecapulco, à cause du conflit politico-religieux. Il voulut rendre visite au curé, mais l’approche des troupes fédérales obligea le curé et le vicaire à se cacher quelques jours, avant de se séparer et de repartir chacun dans sa famille. En route, Margarito ne trouva rien ni pour dormir ni pour manger.

Après quelque temps dans sa famille, il ne pouvait supporter de rester éloigné des activités pastorales et partit d’abord pour Mexico, où il évita une première arrestation en se faisant passer pour médecin (médecin des âmes, bien sûr).

Il profita de sa présence dans la capitale mexicaine pour essayer de trouver une solution à ce conflit et fréquenta l’Académie San Carlos.

C’est alors qu’il apprit la mort par le martyre d’un autre prêtre, David Uribe, le 12 avril 1927. On peut dire que son sang ne fit qu’un tour : Moi aussi, je vais donner ma vie pour le Christ ; je vais en demander la permission au Supérieur, et il alla trouver le Vicaire Général.

Nommé curé à Atenango del Río (Guerrero), il se mit hardiment en route. Dès son arrivée, on découvrit qu’il était prêtre. Appréhendé, il fut dépouillé, et obligé de marcher pieds nus et à peine habillé, jusqu’à Tulimán ; quoiqu’au mois de novembre, le soleil était très chaud ce jour-là ; Margarito n’en pouvait plus et demanda un peu d’eau : on se contenta de lui administrer d’autres coups. Parvenu à Tulimán, il fut de suite condamné à être fusillé. On lui donna à choisir l’endroit pour être exécuté.

Tranquillement, il s’approcha de la partie postérieure de l’église et demanda la permission de prier, s’agenouilla, baisa le sol et se releva. Un soldat s’approcha et lui demanda s’il lui pardonnait : profondément ému, Margarito lui répondit que non seulement il lui pardonnait, mais encore qu’il le bénissait ; alors les balles lui fracassèrent la tête. Le prêtre avait vingt-huit ans.

C’était le 12 novembre 1927.

Trois heures après, le corps gisait encore par terre ; sur ordre du Capitaine, deux soldats vinrent le tirer par les pieds jusqu’au cimetière où une fosse avait été creusée ; ils y jetèrent le corps du prêtre, ainsi que sa soutane et recouvrirent la fosse.

Plus tard, quand de pieuses personnes voulurent exhumer ses restes et les déposer à l’intérieur de l’église, le sang était encore tout vif, malgré tout le temps passé dans une fosse commune.

L’abbé Margarito fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000.

 

 

 

Baudelia Duque Belloso

1872-1936

 

Elle naquit le 22 mai 1872 à Nava del Rey (Valladolid, Espagne), aînée de six enfants.

En 1878, ces derniers furent orphelins de leur père.

En 1887, à quinze ans, Baudelia demanda à entrer dans la congrégation des Sœurs Franciscaines des Sacrés Cœurs, dont une maison venait de s’ouvrir à Nava del Rey.

Son noviciat commença à Antequera (Málaga), où Baudelia prit le nom de Carlota de la Visitation.

En 1893, elle fit les vœux perpétuels.

Elle fut d’abord secrétaire de la Mère Fondatrice (Carmen de l’Enfant-Jésus, v. ), puis Supérieure dans diverses maisons, jusqu’au collège de Vilanova de Bellpuig (Lleida).

En juillet 1936, les Religieuses furent expulsées. La Mère Carlota vint se réfugier à Barcelone et se cacha, mais le concierge la dénonça.

Arrêtée par les anarchistes, elle reçut la palme du martyre à Casa Antúnez (Barcelone), le 12 (ou le 14) novembre 1936.

Baudelia Duque Belloso, béatifiée en 2018, sera commémorée au Martyrologe le 12 novembre.

 

 

Ursula Medes Ferrís

1880-1936

 

Née le 18 décembre 1880 à Algemesí (Valencia, Espagne), elle entra en 1915 chez les moniales Cisterciennes de Zayda, et professa en 1916 avec le nom de María Natividad.

En 1927, elle partit avec la Mère Baldoví fonder une nouvelle maison à Algemesí, Fons Salutis.

Les Religieuses furent expulsées en juillet 1936, et la Mère Medes Ferris s’en vint chez son frère José voir plus bas), avec ses deux autres frères, le père Ernesto et le frère Vicente.

Ces quatre frères et sœur furent arrêtés et mis en prison dans le monastère lui-même, transformé en prison.

Le 11 novembre, on les emmena hors de Alcudia de Carlet, pour les fusiller tous les quatre, par balles tirées dans la nuque. Le matin du 12, la Mère Medes Ferris agonisait encore : on l’acheva en lui écrasant la tête.

Elle fut martyrisée à Alcudia de Carlet (Valencia) le 12 novembre 1936 et béatifiée en 2015.

 

 

José Medes Ferrís

1885-1936

 

José était né le 13 janvier 1885 à Algemesí (Valencia, Espagne), de parents profondément chrétiens et fut baptisé le même jour.

Il avait épousé Purificación Esteve Martínez, mais n’eurent pas d’enfants. Ces époux chrétiens étaient des agriculteurs.

Dès la jeunesse, José avait pris et conservé l’habitude d’assister chaque jour à la Messe et de communier, avant d’aller à son travail.

Sa vie, personnelle et publique, était exemplaire ; charitable, toujours prêt à défendre les intérêts de l’Eglise catholique, il n’avait aucun ennemi, cherchant toujours à aider les autres, dans de multiples œuvres sociales. Il fit partie du Syndicat Catholique Agricole, de l’Association des Adorateurs nocturnes, du Sacré-Cœur, du Tiers-Ordre du Carmel, de Saint-Dominique, du Saint-Rosaire (qu’il récitait chaque jour avec son épouse).

Il avait une sœur plus âgée : Ursula Medes Ferrís, née en 1880, était entrée au monastère cistercien de Zayda (Valencia) en 1915 et fait la profession en 1916 avec le nom de Natividad. Quand fut fondé le monastère cistercien Fons Salutis à Algemesí, elle en fit partie, revenant ainsi dans son pays natal.

Les deux frères de José étaient plus jeunes : Vicente (né le 27 février 1888) et Julián (né le 7 janvier 1890), tous deux carmes ; le premier prit le nom de Domingo de la Sainte-Famille, l’autre celui de Ernesto de Notre-Dame du Salut, et fut ordonné prêtre.

Expulsés de leurs monastères respectifs, les trois frères et sœur vinrent chez leur frère José, où s’organisa une intense vie de prière, ponctuée par le travail aux champs. 

On suppose qu’ils furent trahis par une voisine de José, qui appartenait à la cellule communiste d’Algemesí.

Au soir du 11 novembre, des miliciens se présentèrent à la maison de José, et demandèrent sous la menace qu’on leur amenât les trois religieux, qui se présentèrent d’eux-mêmes. Sœur Natividad fut conduite dans son propre monastère, transformé en prison, les deux Carmes au monastère des Bernardines, lui aussi transformé en prison.

Pendant ce temps, les deux époux José et Purificación priaient le chapelet avec ferveur. Un peu plus tard, on vint enlever aussi José.

Natividad fut jugée, condamnée à mort et conduite sur un camion avec son frère Julián ; Vicente et José étaient chacun sur un autre camion. 

Ils avaient tous les mains liées derrière le dos et on les faisait avancer à coups de crosses de fusils.

Les trois véhicules se dirigèrent vers une carrière près de Alcudia, à huit kilomètres de Algemesí, où on fusilla les quatre frères et sœur, à l’aube du 12 novembre.

D’après ce qu’on a pu observer ensuite, on leur tira plusieurs coups dans la nuque.

Un témoin oculaire a affirmé que peu avant de mourir, Julián dit bien fort aux miliciens : Nous savons bien que vous allez nous tuer, mais nous mourrons avec plaisir pour la religion et pour l’Espagne. Vive le Christ Roi !

José a été béatifié, en 2001. Le Martyrologe le mentionne au 12 novembre.

Dans la localité de Algemesí, se trouvait une très ancienne statue de Notre-Dame du Salut, qui fut trouvée en 1247, objet de la vénération de la population. En 1936, bien que le curé l’ait cachée, les miliciens la retrouvèrent, l’emportèrent et la détruisirent à coups de hache, avant de la réduire en cendres par le feu. 

Que Dieu leur pardonne ce sacrilège.

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 00:00

 

11 NOVEMBRE

 

III.

S Mennas, soldat martyr, vénéré près d'Alexandrie, très illustre mais peu connu.

IV.

S Martin de Tours, l'apôtre de la Gaule ; hongrois, enrôlé dans la garde impériale, il donna la moitié de son manteau à un pauvre d'Amiens, vint à Poitiers et fonda un monastère à Ligugé puis, évêque à Tours, en fonda un autre à Marmoutier.

V.

S Veranus, évêque à Vence, frère de s. Salonius (évêque à Genève), fils de s. Eucher (évêque à Lyon).

VI.

S Mennas, ermite dans la province de Samnium ; il vivait de quelques ruches. 

VII.

S Ioannis l'Aumônier, évêque à Alexandrie, d'une générosité sans borne.

S Bertuin, évêque anglais, demeuré à Malonne où il fonda une abbaye.

IX.

S Theodoros, higoumène à Stoudios ; cette famille de quatre enfants décida un jour de se consacrer à Dieu : le père et les trois fils à Saccoudion, la mère et la fille à Constantinople ; intransigeant, Théodore fit éliminer les animaux femelles du monastère ; exilé pour s'être opposé à l'empereur adultère, il fut ensuite appelé à restaurer un monastère à Constantinople, foyer de résistance aux erreurs théologiques. 

XI.

S Bartolomeo, abbé à Grottaferrata ; calabrais, de rite bizantin comme son maître s. Nil, très cultivé, polyglotte, il fit de son monastère un grand centre culturel.

XVII.

Ste Marina de Omura, martyre japonaise pour sa virginité et sa foi, brûlée vive, béatifiée en 1981 et canonisée en 1987, fêtée avec s. Laurent Ruiz le 28 septembre.

XIX.    

Bse Sim Jo-i Barbara, laïque coréenne martyre, morte en prison, béatifiée en 2014.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2013, martyrisés près de Tarragona :

Diocésains : Miquel Saludes Ciuret, Josep María Bru Ralduá et Joan Roca Vilardell  (*1867, 1870, 1905) ;

Clarétains : le prêtre Frederíc Vila Bartolí (*1884) ;

Carmes déchaux : les prêtres Pedro de Eriz Eguiluz (Pedro de Saint-Elie) et Felipe Arce Fernández (Elipio de Sainte-Rose) (*1877, 1878) ; les convers José Alberich Lluch (José Cecilio de Jésus) et Damián Rodríguez Pablo (Damián de la Sainte-Trinité) (*1865, 1896) ;

Carmes Tertiaires de l’Education : Isidre Tarsá Giribets (Isidre José Miguel), Lluís Domingo Oliva, Buenaventura Toldrá Rodón (Buenaventura Andrès Raimundo) et Julio Alameda Camarero (*1866, 1892, 1896, 1911) ;

Lasalliens : Josep Boschdemont Mitjavila (Gilberto de Jésus) et Mariano Navarro Blasco (Jenaro) (*1880, 1903) ;

- béatifié en 2017 :

Clarétains : près de Cervera, le frère Isidre Costa Hons (*1909).

Bse Maria Jadwiga Kotowska (Alicja, 1899-1939), des Sœurs de la Résurrection, martyre polonaise, fusillée par les nazis ; béatifiée en 1999.

B Vikentij Bosilkov (Evgeni du Sacré-Cœur, 1900-1952), passioniste bulgare, évêque à Nicopoli, martyr du communisme, béatifié en 1998.

Bx Robert Matej (Josafat) Šiškov, Petăr (Kamen) Vitchev et Josif (Pavel) Džidžov (*1884, 1893, 1919), prêtres assomptionnistes bulgares martyrisés en 1952, béatifiés en 2002.

Mennas soldat

† 304

 

Les plus anciennes représentations de cet illustre Martyr, le montrent en tenue de soldat.

On croit qu’il fut martyrisé près du lac Mareotis (auj. lac Marioût, Alexandrie, Egypte N), durant la persécution de Dioclétien.

Des textes, que l’on croit douteux, ont situé ce martyre à Cotyée (Phrygie, auj. Turquie CW), le corps du Martyr ayant été ensuite porté en Egypte.

Mennas aurait délibérément quitté l’armée, se serait retiré quelque temps dans les montagnes, et serait venu affirmer sa foi devant tout le peuple réuni au théâtre lors d’une fête. Longuement et durement torturé, il fut décapité et livré aux flammes.

Ces textes douteux ont donné lieu à diverses hypothèses : le Soldat de Mennas et le Martyr d’Alexandrie auraient été deux personnages distincts ; ou bien les Chrétiens de Cotyée auraient placé le cercueil de Mennas sur un chameau qui serait arrivé tout seul en Egypte, car Mennas aurait exprimé le désir d’être enseveli «dans son pays». Inversement, quand on aurait voulu emporter le corps de Mennas d’Egypte en Phrygie, tous les chameaux se seraient refusé à se déplacer.

Il reste que le sanctuaire de Saint-Mennas, au sud d’Alexandrie, connut un essor prodigieux. Comme dans tous les sanctuaires, on y fabriqua mille objets rappelant l’illustre Martyr, en particulier de petites lampes à huile de toutes les dimensions, qui furent connues dans tout le monde romain. On emportait l’huile de s.Mennas comme on emporte l’eau de Lourdes. Sur place, on a retrouvé des boutiques de potiers.

Le sanctuaire fut cependant mis à mal et finalement complètement ruiné lors des invasions arabes : l’ingénieux système d’irrigation fut abandonné et le désert réapparut là où l’on cultivait des fruits et des vignes.

La dévotion à s.Mennas était vivante ; des miracles se produisirent. On mentionne la résurrection d’un pèlerin assassiné par son hôte ; un soldat qui voulait violenter une femme se trouve soudain attaché au cheval de s.Mennas, qui le traîne (sans lui faire de mal) jusqu’au sanctuaire, où il demande pardon…

Le Martyrologe Romain mentionne saint Mennas soldat au 11 novembre.

 

 

Martinus de Tours

317-397

 

On oublie que saint Martinus vivait au 4e siècle, juste après l’édit de Constantin, au moment des grandes discussions théologiques.

Il naquit à Sabaria en Pannonie (ce qui serait aujourd’hui Szombathely en Hongrie), en 316 ou 317. Son père était tribun militaire, et pouvait alors être en garnison dans cette contrée assez éloignée de Rome.

Le nom même de Martinus («voué à Mars») est sans doute en rapport avec le métier militaire paternel.

Martinus fut élevé à Pavie, et s’il voulut très tôt passer au christianisme, il ne fut pas baptisé dès l’enfance : son père s’y opposait et lui fit faire dès quinze ans son service dans la garde impériale, et c’est comme tel qu’il donna bientôt la moitié de son vêtement à un pauvre, près d’Amiens.

On a posé la question de cette «moitié» de vêtement : pourquoi le déchirer en deux, au risque de laisser le pauvre grelotter quand même ? Des historiens ont trouvé une réponse très logique : le soldat devait payer la moitié de son vêtement à l’Etat, Martinus ne pouvait pas en disposer intégralement. Mais personne ne nous dit ce que pensèrent les officiers, quand Martinus leur remit l’habit déchiré. Est-ce à ce moment précis qu’il renonça à la carrière militaire ? Ou qu’il en fut renvoyé ? A moins qu’il ait eu l’adroite idée de séparer la doublure de cette cape ?

Animé de sentiments fraternels, Martinus se refusa à combattre, contre les Alamans, et proposa d’être simplement enchaîné et exposé à l’ennemi qui, mystérieusement, demanda la paix.

Enfin libéré, bientôt baptisé, Martinus fut attiré par le renom de saint Hilaire de Poitiers, et se joignit à ses disciples. Humblement, il refusa le diaconat, acceptant seulement d’être exorciste. L’humilité de Martinus était déjà une qualité acquise : militaire, il s’agenouillait pour nettoyer les chaussures de son «esclave» (son ordonnance).

Quand saint Hilaire est exilé en Orient (car c’est l’époque de la dispute arienne), Martinus repart en Pannonie (sur une mystérieuse invitation divine), où il amène sa mère, mais pas son père, à la foi chrétienne ; lui aussi prend parti contre le clergé arien, il est battu de verges ; à Milan, l’évêque arien le chasse ; il se retire près d’Albenga où, se nourrissant d’herbes sauvages, il risque la mort ; apprenant qu’Hilaire est de retour, il le rejoint.

Martinus alors fonde un monastère à Ligugé, car depuis l’enfance il rêvait de la solitude. C’est ici la première communauté de moines en Gaule. Mais en fait de solitude, voilà que Dieu lui accorde le don des miracles et le rend célèbre : entre autres, il ressuscite un de ses disciples, catéchumène.

Quand meurt l’évêque de Tours, on appelle immédiatement Martinus pour lui succéder (370 ou 371). Ce n’est qu’à contre-cœur qu’il accepte ce choix, jugeant que c’est là la volonté de Dieu. On dit qu’il se serait caché parmi des oies, et que les bestioles manifestèrent elles-mêmes sa présence parmi elles. Eloigné de son monastère, il en fonde un autre, Marmoutier, d’où sortiront tant de saintes figures, prêtres et évêques qui réformeront la Gaule.

Martinus parcourt son diocèse, mais aussi les régions plus éloignées, jusqu’à Autun et Vienne. Il appelle les foules à la conversion, détruit les temples païens qui existent encore, les arbres sacrés.

Par sa parole, Paulin de Bordeaux se convertit, et deviendra le saint évêque de Nole en Italie ; Sulpice Sévère lui doit aussi sa conversion.

Les miracles se multipliaient sur le passage de Martinus. Sulpice Sévère en raconte bon nombre. Mais on se plaira à signaler d’autres faits, non pas miraculeux en soi, mais dignes de notre reconnaissance.

Martinus traversait une vigne, juché sur son petit âne. C’était la fin de l’été, et l’âne ne se gênait pas pour happer les feuilles de la vigne, à la grande inquiétude des vignerons qui craignaient que les raisins fussent brûlés. Ils s’aperçurent au contraire que, grâce au soleil automnal, les raisins prirent une belle couleur et surtout y gagnèrent en saveur. C’est pourquoi ils s’habituèrent à invoquer saint Martinus aussi pour leurs vendanges. De là vient la coutume désormais établie d’éclaircir les pieds de vigne à la fin de l’été en en retirant les feuilles trop abondantes.

Une autre fois, voyant des oiseaux se disputer des poissons, Martinus expliqua à ses disciples que les démons se disputent de la même manière les âmes des chrétiens ; c’est depuis ce moment que ces oiseaux furent appelés «martins-pêcheurs».

Vers la fin de sa vie, Martinus fut encore appelé à se déplacer pour rétablir la paix entre des clercs quelque peu agités à Candes sur Loire (ouest de Tours). Il s’efforce de s’y traîner, réconcilie ces clercs, et meurt d’épuisement à Candes, le 8 novembre 397.

Si Martinus eut tant d’influence sur la re-christianisation de la Gaule, il rencontra maintes difficultés de la part du clergé, comme c’est souvent le cas devant des réformateurs. Un de ses pires «ennemis» se trouvait parmi ses propres disciples : Brice était un véritable agitateur, et l’on demandait à Martinus de l’expulser. Divinement inspiré, Martinus le garda jusqu’à la fin, répétant même : Si le Christ a supporté Judas, pourquoi ne supporterais-je pas Brice ? Or, à la mort de saint Martinus, ce fut Brice, désormais profondément touché par la grâce et converti, qui lui succéda (voir au 13 novembre).

Saint Martinus, immensément célèbre, fut vénéré unanimement. Tours devint le premier lieu de pèlerinage des Gaules et la basilique de Saint-Martinus était une splendeur. Sous Clovis, saint Martinus est choisi comme protecteur des Mérovingiens. La fameuse cape de saint Martinus, serait à l’origine du mot chapelle (comme lieu où l’on conserve la cape) et aussi de la dynastie des Capétiens.

Des centaines de communes, des milliers d’églises, portent le nom de Saint-Martinus, qui est aussi un patronyme très fréquent en France.

Saint Martinus est la patron de Tours, de Buenos-Aires, de Mayence, d’Utrecht, de Lucques ; depuis des siècles il est le patron des arquebusiers de Visé (Liège, Belgique). Des fêtes traditionnelles existent en Belgique, en Suisse, en Allemagne, en Autriche.

Il a été dit plus haut que saint Martinus mourut le 8 novembre. Or, traditionnellement, c’est le 11 novembre qu’il est fêté partout, et commémoré au Martyrologe Romain.

Ne serait-ce pas un signe de Dieu que l’armistice de 1918, entre la France et l’Autriche, ait été signé justement au jour de la fête d’un Saint franco-hongrois ?

 

 

Veranus de Vence

5. siècle

 

On verra (v. 16 novembre) que l’évêque s.Eucher de Lyon, avant son épiscopat, avait vécu dans les liens du mariage et avait eu deux fils, Salonius (v. 28 septembre) et Veranus.

Veranus pouvait être né vers 410.

Il était tout enfant quand ses parents décidèrent de se retirer non loin de l’abbaye de Lérins et de confier l’éducation de leurs fils à deux moines, Hilarius et Salvianus.

Ce fut à Veranus qu’Eucher dédia son opuscule Formulæ spiritalis intelligentiæ, ou Règles d’interprétation de l’Ecriture.

Vers 451, Veranus fut nommé évêque de Vence ; il en était le sixième.

Avec son frère Salonius et l’évêque Ceretius de Grenoble, il co-signa une lettre au pape Léon le Grand (v. 10 novembre), pour le remercier d’avoir exprimé la doctrine sur les deux Natures, divine et humaine, du Christ, contre l’hérésie d’Eutychès ; le Pape avait en effet consigné cette doctrine dans le Tome à Flavien et Veranus et son frère en demandaient au pape un exemplaire corrigé de sa main. Les deux frères ajoutèrent à leur signature une petite salutation au Pape ; Veranus écrivit : Veranus qui révère ton apostolat ; je salue Ta Béatitude, et je te demande de prier pour moi.

Veranus était donc en de bons termes avec Rome. Il demanda la suppression de l’évêché de Nice et de l’unir à celui de Cimiez, qui dépendait d’Embrun ; mais comme l’évêque d’Aix revendiquait ces territoires, il y eut des démarches des uns et des autres, pour finalement arriver à la confirmation de ce qu’avait proposé Veranus. Ensuite, c’est le diocèse de Nice qui prévalut, après la destruction de Cimiez par les Lombards.

On rencontre encore Veranus dans un problème de juridiction concernant l’évêque de Vienne et qui fut débattu dans un concile tenu en Arles (463) : consulté par les Pères de ce concile, le pape répondit qu’il avait chargé Veranus d’une mission auprès de l’évêque de Vienne.

Tout cela montre quel rayonnement pouvait avoir Veranus durant son épiscopat.

Veranus a pu mourir vers 492.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Veranus de Vence au 11 novembre.

 

 

Mennas de Samnium

† 580

 

Mennas était un ermite qui vivait dans la région de Samnium (Italie CE), et dont s.Grégoire le Grand (v. 12 mars) écrivit (qu’)il vivait en solitaire et (qu’) on l’a bien connu, puisqu’il est mort il n’y a guère plus de dix ans. Or Grégoire écrivait son ouvrage vers 593.

Il ne possédait que quelques ruches. Un Lombard qui voulut les lui voler, reçut de gandes douleurs aux pieds. Des ours qui tentaient de happer ce bon miel, s’enfuyaient promptement quand Mennas les menaçait de sa baguette.

Mennas brûlait du désir d’implanter l’amour de Dieu et de l’éternité dans le cœur de ceux qui venaient le voir.

Dieu l’assistait par le don de la lecture des âmes. Il savait aider les pécheurs à se convertir. Un certain Carterius qui avait enlevé une moniale pour l’épouser, fut ainsi sévèrement repris et averti.

Et s.Grégoire d’ajouter qu’il existe un martyre d’amour, par le fidèle amour que ressentent de grandes âmes, prêtes à tout donner à Dieu. Mennas était de celles-là. Ste Jeanne Fremiot de Chantal disait à peu près la même chose (v. lecture du bréviaire au 12 août).

Saint Mennas de Samnium est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannis l’Aumônier d’Alexandrie

554-616

 

Ioannis (Jean) était cypriote : il naquit vers 554 à Amathonte, d’Epiphane qui était gouverneur de l’île, et d’Honesta, une mère qui portait fort bien son nom.

Ces pieux parents crurent bien faire de pousser leur fils à se marier, ce qu’il fit avec tout le respect qu’il devait à ses bons parents ; mais Dieu avait d’autres vues : l’épouse et les enfants de Ioannis moururent en peu de temps.

Veuf, Ioannis montra une largesse inouïe envers tous les pauvres, au point que le bruit de ses libéralités se répandit dans tout l’Orient.

En 608, le clergé et le peuple demandèrent à avoir Ioannis pour patriarche d’Alexandrie.

Ioannis n’avait pas encore la préparation nécessaire pour une telle mission, mais il s’en acquitta avec intelligence et persévérance.

Il lui sembla opportun d’extirper sans attendre tous les foyers possibles d’erreurs, d’hérésies, et de vices. Il y avait sept églises en Alexandrie : il en fit construire une soixantaine d’autres.

Voici un exemple de sa vigilance et de son efficacité pastorale. Beaucoup de fidèles quittaient l’église après l’évangile ; Ioannis quitta l’autel et vint s’asseoir au milieu de ceux qui bavardaient sur la place, leur expliquant que le pasteur doit être au milieu de ses brebis et que s’ils voulaient bien rentrer dans l’église pour la célébration, il rentrerait avec eux. Cette «homélie» fut efficace.

Pour avoir plus de part à la perfection monastique, il fonda et dota copieusement deux monastères de religieux dans Alexandrie, dédiés à Notre-Dame et à s.Jean-Baptiste.

Mais c’est sa générosité qui le caractérisa et resta légendaire. Il se fit dresser la liste de tous ses seigneurs, c’est-à-dire des pauvres d’Alexandrie, et on lui en trouva sept mille cinq cents, auxquels il voulait donner l’aumône chaque jour, parfois même deux fois.

A quelqu’un qui le remerciait pour une aumône considérable, Ioannis répondit : Je n’ai pas encore répandu mon sang pour vous, ainsi que Jésus-Christ, mon maître et mon Dieu, me l’a recommandé.

La générosité de Ioannis se manifesta aussi dans le pardon des insultes. A un prêtre qui l’avait passablement calomnié, l’évêque préféra venir lui demander pardon avant de célébrer la Messe, selon l’enseignement du Christ (Mt 5:23) : Au moment de présenter ton offrande, si tu te rappelles que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande et va te réconcilier avec lui. Le prêtre en fut si touché qu’il demanda lui-même pardon pour ses calomnies.

Il recherchait la conversion de ses fidèles : Prenons garde à la longanimité de Dieu, qui est sans limite. Combien de pécheurs sacrilèges viennent recevoir le Corps et le Sang du Christ sans qu’Il les châtie sur-le-champ !

Il existe d’autres exemples de la charité immense de Ioannis, trop longs à reprendre ici.

Bien qu’il eût commencé de faire préparer son tombeau en Alexandrie, Dieu lui réserva une «bonne surprise» : le gouverneur l’ayant décidé à l’accompagner à Constantinople, Ioannis s’embarqua avec lui ; mais la tempête poussa le navire vers Rhodes et, la nuit, Ioannis eut une vision qui lui annonçait sa prochaine rencontre avec le Roi des rois. On aborda à Chypre, on rejoignit Amathonte, où le bon patriarche Ioannis rédigea son testament et s’éteignit, le 11 novembre 616 (ou 619), le jour où l’on commémorait (et commémore aujourd’hui encore) le très illustre soldat égyptien martyr, Mennas.

On aurait vu Ioannis la nuit même de son décès s’avancer vers l’église, suivi de tous ceux qu’il avait assistés, portant des palmes d’olivier en signe de triomphe.

Saint Ioannis l’Aumônier est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodoros de Stoudios

759-826

 

Il y avait à Constantinople une famille très unie dans la foi. Photinos et Theoktisti avaient trois garçons (Theodoros, Iosephos, Euthymios) et une fille. Signalons aussi que le frère de Theoktisti (Platon, v. 4 avril) était higoumène du monastère Saccoudion sur le mont Olympe en Bithynie.

En 781, les deux époux décidèrent d’entrer chacun dans un monastère, avec leurs enfants. Theoktisti prit sa fille dans un monastère de Constantinople ; Photinos et ses trois fils entrèrent au mont Olympe, où se trouvait déjà l’oncle Platon.

De Iosephos, il est question le 15 juillet.

Theodoros se fit remarquer par sa ferveur, son ardeur au travail manuel, ses talents d’administrateur aussi.

En 794, Platon s’associa Theodoros comme higoumène et le fit ordonner prêtre par le patriarche Tarasios (v. 18 février).

Theodoros était sans compromis, et exigeant. Il fit par exemple éliminer du monastère toutes les bêtes femelles, ainsi que les serviteurs qui s’en occupaient.

En 795 survint l’épisode du divorce et du remariage de l’empereur Constantin VI. Les moines du Saccoudion s’élevèrent d’une seule voix contre cette attitude, ce qui valut à Platon, Theodoros et Iosephos une première arrestation l’année suivante ; ils furent enfermés au fort des Cathares, puis déportés à Thessalonique (797). En août de la même année, l’impératrice Ireni les fit rappeler.

En 798, menacés par les Arabes, les moines vinrent se réfugier au monastère de Stoudios à Constantinople. Les moines qui s’y trouvaient avaient été exilés puis rappelés au cours de la lutte iconoclaste ; en se joignant à eux, Platon, Theodoros et Iosephos donnèrent une forte impulsion au monastère, qui abrita jusqu’à sept cents moines.

Théodore y établit la Règle de s.Basile, mais avec des adaptations rendues nécessaires. Il fit reposer l’ordre dans la communauté sur l’autorité de l’higoumène, assisté d’un conseil ; le pénitentiel fut très détaillé, les divers officiers du monastère eurent des attributions soigneusement déterminées ; les moines eurent une prédilection pour la copie des livres, réformant l’écriture grecque.

En 802, le monastère protesta contre le choix de Nikephoros comme successeur de Tarasios : il était laïque et proposé par l’empereur. Ce dernier mit en prison Theodoros pendant plus de trois semaines.

Peu après, on voulut ré-examiner la position du prêtre qui avait célébré le re-mariage de l’empereur Constantin VI ; les moines studites prirent le parti de la résistance passive : ils ne communiqueraient pas avec ce prêtre et se réservaient de s’exprimer ouvertement vis-à-vis de l’empereur et du patriarche quand l’occasion s’en présenterait.

En 808, Iosephos, évêque de Thessalonique depuis deux ans, dut rentrer au monastère de Stoudios. L’empereur, agacé par tous ces moines, fit occuper militairement le monastère, et mit en prison Platon, Theodoros et Iosephos. Puis il les relégua dans les îles des Princes, d’où Theodoros continua d’envoyer des lettres pour soutenir la résistance à l’empereur et au patriarche. Là-dessus, l’empereur fut battu et tué par les Bulgares (811) et son beau-frère Michel lui succéda. Michel adopta la position des moines studites, mais abdiqua dès 813. Alors le pouvoir passa à Léon l’Arménien, iconoclaste.

Theodoros ne se privait pas de rappeler hautement que l’empereur n’avait aucune compétence en matière religieuse. Quand le patriarche Nikephoros fut envoyé en exil (815), Theodoros assuma en quelque sorte la direction des iconophiles : il organisa une grande procession à l’intérieur du monastère, où chaque moine portait une icône. Theodoros fut arrêté, enfermé dans le fort de Metopa, transféré à Bonita (816), puis à Smyrne (819), dont l’évêque était malheureusement iconoclaste.

Theodoros entretint une abondante correspondance pour soutenir les moines tant byzantins que palestiniens, mais aussi avec le pape ; il espérait une intervention du l’empereur d’Occident, Louis le Pieux, qui cependant ne bougea pas. Theodoros portait aux décisions pontificales un intérêt exceptionnel, estimant que l’union avec le pape était la condition indispensable pour réaliser la catholicité de l’eglise.

Durant son exil, il eut la tristesse d’apprendre la défaillance de plusieurs évêques, d’higoumènes, de quelques-uns de ses moines, le martyre et la déportation de plusieurs autres. Lui-même reçut cent coups de nerf de bœuf le 23 février 819, sur un ordre exprès de l’empereur qui avait eu connaissance d’une de ses lettres.

A Noël de 820, Léon l’Arménien fut assassiné, remplacé par Michel le Bègue qui proclama une amnistie. Theodoros put quitter Smyrne, et gagna Crescentios sur le bord du golfe de Nicomédie. Il préparait une apologie du culte des images, mais l’empereur fit volte face. Il prétendit convoquer un nouveau concile à Constantinople, où Theodoros proposa un recours au pape. L’empereur refusa, et rappela l’interdiction des images dans la ville : Theodoros dut quitter la capitale et revenir à Crescentios.

En 821, Michel le Bègue prétendit remplacer le patriarche Nikephoros, toujours exilé, par un évêque iconoclaste. Nouvelle protestation des moines de Stoudion.

Infatigable, Theodoros continuait de soutenir le culte des images ; maintenant, il soutenait aussi Nikephoros. En 823, il rejoignit le monastère Saint-Tryphon (presqu’île d’Akritas), puis celui de l’île de Prinkipo (archipel des îles des Princes).

En 824, Michel envoya une délégation auprès de Louis le Pieux et obtint une sentence un peu mitigée, à la fois contre les excès des iconoclastes et contre ceux des iconophiles. Mais le pape ne voulut y souscrire.

On peut comprendre combien la santé de Theodoros pouvait désormais être passablement ébranlée après tant de remous politiques et de luttes théologiques. Affaibli par tant de captivités, de tortures, de tristesses et d’une maladie d’estomac, il revint au mont Olympe.

Les premiers jours de novembre 826, il dicta encore une catéchèse ; le 6, il participa à l’Office ; le 7, il fit ses adieux aux moines.

Le dimanche 11 novembre 826, il pria les psaumes du jour, communia et reçut l’Onction des Malades ; il invita les moines à chanter les psaumes des défunts, et rendit l’esprit.

La lutte iconoclaste n’était pas terminée. Mais en 843, le nouveau patriarche présida la fête de l’Orthodoxie et, en janvier 844, présida la translation des reliques de Theodoros et de son frère Iosephos.

Theodoros s’était montré intransigeant et fidèle ; on a pu lui reprocher parfois une certaine insolence vis-à-vis du patriarche, mais dans cette période si troublée, Dieu permit qu’une voix s’élevât pour rappeler la règle d’or de la foi. Theodoros fut un réformateur de la vie monastique, un fidèle défenseur du culte des saintes images et de la morale, et aussi un poète chrétien.

Saint Theodoros de Stoudios (ou Studite) est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

Basilio-Bartolomeo de Grottaferrata

980-1065

 

Basilio naquit vers 980 à Rossano (Calabre, Italie S) de famille noble originaire de Constantinople.

Baptisé avec le nom de Basilio, il est beaucoup mieux connu sous son nom religieux de Bartolomeo.

Il fut d’abord confié à sept ans, sur sa demande, aux moines du monastère de Caloveto.

Tout jeune encore, à douze ans, il alla à Vallelucio et se mit sous la direction de son compatriote, s.Nilo (v. 26 septembre), dont plus tard il écrivit la vie.

Passionné pour l’étude, il apprit plusieurs langues. 

En 994, il accompagna son maître à Serperi, avec Stefano, l’autre disciple fidèle de Nilo (v. 26 septembre), qui devait mourir peu après. En 1000, Nilo et Bartolomeo allèrent tous deux à Rome, implorer du pape une attitude miséricordieuse envers l’antipape Jean XVI, originaire lui aussi de Rossano ; mais on ne connaît pas le résultat de cette démarche. C’est durant ce déplacement que les deux auraient eu une apparition de Notre-Dame, leur demandant de construire là, à Grottaferrata, un nouveau monastère.

A Nilo succéda Paolo, puis Cirillo, Bartolomeo ayant refusé d’être élu abbé. Mais il fut contraint d’assumer la succession de Cirillo. Ce fut avant 1024, année de la consécration de l’église du monastère.

Il fit de son monastère un foyer de science et d’art, qui contrastait avec la pleine décadence où était tombée Rome à cette époque.

Bartolomeo contribua à l’écriture de manuscrits ; il rédigea des commentaires de l’Ecriture et composa des hymnes.

A cette époque où les familles aristocratiques rivales de Rome se disputaient l’honneur de mettre l’un des leurs sur le trône papal, Bartolomeo aurait tenu un rôle important pour une élection saine du successeur de Pierre ; mais on n’est pas certain de cette intervention, ni de son résultat.

On a dit aussi que Bartolomeo aurait conseillé d’abdiquer au malheureux Benoît IX, et qu’il l’aurait accueilli à Grottaferrata où il aurait eu la joie de le voir se convertir et mourir paisiblement peu avant lui ; le fait est douteux.

Quant il mourut, le 11 novembre 1065 (ou 1055), il fut aussitôt considéré comme saint à Grottaferrata, dont il devint le patron secondaire ; il fut introduit au martyrologe au 16e siècle.

Les reliques de Nilo et de Bartolomeo disparurent, croit-on, en 1300. La bibliothèque de l’abbaye est l’une des plus riches au monde en manuscrits : cinq cents en grec ancien et autant en latin, des centaines d’incunables et cinquante-mille livres imprimés.

Saint Bartolomeo est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marina de Omura

† 1634

 

Les Chrétiens du Japon reçurent habituellement des noms latins lors de leur baptême.

Dans la première communauté chrétienne de Nagasaki, remontant à saint François Xavier (v. 3 décembre), Marina était entrée en 1626 dans le tiers-ordre dominicain et prêtait une assistance active auprès des missionnaires.

On écrivit d’elle qu’elle avait ouvert sa maison aux missionnaires mais aussi à tous les Chrétiens qui étaient persécutés et qui venaient reprendre des forces auprès d’elle.

Omura est un quartier de Nagasaki.

Arrêtée en 1634 lors de la persécution anti-occidentale, Marina fut soumise à des tortures particulièrement humiliantes, puis brûlée vive, attachée à un poteau entre plusieurs feux.

Elle fait partie d’un groupe de seize Martyrs, qui furent béatifiés ensemble en 1981 et successivement canonisés en 1987.

Marina est mentionnée dans le Martyrologe, à son dies natalis, le 11 novembre. Mais le groupe des seize Martyrs est fêté le 28 septembre.

Le miracle reconnu pour la canonisation fut la guérison totale à Manille d’une petite fille de deux ans, frappée d’une paralysie cérébrale, qui guérit sans aucune thérapie, après l’invocation à tout ce groupe de Martyrs.

 

 

Sim Jo-i Barbara

1813-1839

 

Sim Jo-i Barbara est une laïque coréenne née en 1813 à Incheon (Gyeonggi-do, Corée S).

Elle mourut en prison à Jeonju (Jeolla-do) le 11 novembre 1839 et fut béatifiée en 2014.

Josep Alberich Lluch

1865-1936

 

Josep était né le 7 février 1865 à Benicarló (Castelló).

Il entra chez les Carmes Déchaux : après le noviciat au Désert de las Palmas, il fit la profession avec le nom de Josep Cecili de Jésus-Marie.

Entre autres activités, il fut chargé de l’infirmerie et de la quête pour subvenir aux besoins de la communauté carmélite.

On l’envoya à Valencia, Matanzas (Cuba), San Clemente (Cuenca), Caravaca, Borriana, Castelló.

Dès le début de la guerre civile, il quitta son couvent dans l’idée d’aller se réfugier chez les siens à Benicarló.

Il fut arrêté à Vinarós, et envoyé sur le bateau-prison Río Segre, dans le port de Tarragona, où se retrouvèrent plusieurs Carmes. Le père Felipe Arce était là : le Frère Josep renouvela ses vœux devant lui.

Le 11 novembre 1936, on les fit sortir de là pour aller les fusiller au cimetière de Torredembarra.

Le Frère Josep fut béatifié en 2013.

 

 

Isidre Tarsá Giribets

1866-1936

 

Il vit le jour le 3 février 1866 à Fontanet (Lleida, Espagne) et fut baptisé le 4.

Vingt ans après, il entra en 1886 chez les Frère Carmes de l’Enseignement, où il professa en 1888, avec le nom de Isidre José Miguel.

Il fut destiné au collège de Vendrell, dont il devint directeur en 1894. Il y avait dans cette localité des ouvriers désireux d’acquérir plus de connaissances, mais qui ne pouvaient pas assister aux cours pendant la journée : pour eux, le Frère Isidre obtint d’ouvrir un cours du soir gratuit.

En 1895, il devint directeur à Tarragona, et même Supérieur de la congrégation, sans délaisser son travail d’enseignant.

Lorsque la révolution éclata en juillet 1936, il fut arrêté le 25 avec d’autres Religieux et incarcéré aux Pilatos, le siège des miliciens ; de là, on le fit passer avec les autres au bateau-prison Río Segre, où il resta jusqu’au 11 novembre, priant avec les Confrères et redonnant du courage aux autres prisonniers.

Ce jour-là, le commandant descendit à la recherche de tous les prêtres et, en général, à tous ceux qui portaient la tonsure (à cette époque, tous les clercs portaient ce signe très visible sur la tête, en signe de consécration à Dieu). Or, le Frère Isidre ne faisait pas partie de la liste ; un ou deux jours de plus ou de moins ne changeaient pas beaucoup au sort des Religieux, aussi les Frères se confessèrent et se présentèrent au commandant, qui les fit immédiatement passer dans le groupe des appelés.

Ils priaient le psaume 50 (Miserere), tandis qu’on les conduisait au cimetière de Torredembarra. Au moment de leur exécution, ils proclamaient encore Vive le Christ Roi.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Pedro de Eriz Eguiluz

1867-1936

 

Pedro était né le 22 février 1867, à Barajuén (Álaba), en la fête de la Chaire de Saint-Pierre, dont il porta le nom.

Jeune, il travailla comme mineur, puis il entra au Carmel à vingt-et-un ans, en 1888.

Après la profession, où il prit le nom de Pere de Saint-Elie, il fut envoyé d’abord en divers couvents, puis au Mexique. 

Là-bas il fonda des couvents (Durango, Mazatlán) et fut nommé visiteur général. Il travailla énergiquement aussi à la fondation des Carmélites Missionnaires de Sainte-Thérèse.

Puis il passa aux Etats-Unis, où il fonda encore d’autres couvents (Winkelman, Heyden, Sonora). A Morenci (Arizona), il fit reconstruire l’église et fut nommé curé de la paroisse de Florence.

En 1916, il revint quelques temps à Durango, puis fut rappelé dans la Catalogne espagnole, comme définisseur. A Tarragona enfin, il fut maître des novices.

Au moment de la guerre civile, il dut quitter le couvent et se réfugia avec le père Elipi et le frère Damiá dans une maison des alentours. Peu de temps après, on les découvrit et on les arrêta : ils furent transportés à bord du bateau-prison Río Segre.

Le 11 novembre 1936, on les fit sortir de là pour les conduire au cimetière de Torredembarra, où ils furent fusillés.

Le père Pedro fut béatifié en 2013.

 

 

Miquel Saludes Ciuret

1867-1936

 

Miquel vit le jour le 26 avril 1867 à Aiforja (Baix Camp, Catalogne, Espagne), de Miquel et Maria, qui le firent baptiser le lendemain, dans leur église paroissiale dédiée elle-même à l’Archange Michel.

De toute la jeunesse de Miquel, on ne sait que la date de sa Confirmation : 1877, à dix ans.

Après le séminaire, il fut ordonné prêtre en 1891.

Le terrain de son activité sacerdotale fut L’Espluga de Francolí, Valldossera, Vilaplana, Borges del Camp comme curé, et Riudoms, en retraite.

Pieux et fidèle, ce prêtre avait le caractère énergique, décidé.

Le 25 juillet 1936, quand la révolution s’était déclenchée avec les horreurs que l’on connaît, le prêtre voulut rejoindre son pays natal en voiture, avec sa sœur Maria. On les arrêta pour un contrôle à l’entrée de Alforja. Immédiatement informés, les révolutionnaires de Riudoms vinrent les prendre pour les emmener en camion, en les brutalisant, en les insultant et les couvrant de grossièretés.

De passage à Borges del Camp, où il avait été récemment curé, le prêtre fut insulté, restant silencieux et recueilli, comme le Christ qu’on giflait et insultait. La même chose en passant à Riudoms, à Reus. 

On les présenta au Comité, où le prêtre et sa sœur furent séparés. On interrogea le prêtre ; on lui demanda où il avait été curé (ils devaient bien le savoir, mais ils firent semblant de l’ignorer…) ; don Miquel répondit sereinement, posément, sans cacher sa condition sacerdotale.

On l’envoya à la prison de Reus (Baix Camp) pendant une douzaine de jours, puis dans le bateau-prison Ríu Segre, en rade de Tarragona ; dans ces deux endroits, don Miquel montra une grande patience au milieu des mauvais traitements qu’il dut subir.

Le 11 novembre 1936, il fut porté avec vingt-deux autres compagnons, entre autres don Josep Bru et Joan Roca, au cimetière de Torredembarra ; tous furent fusillés contre le mur.

Les trois prêtres qu’on vient de citer furent béatifiés en 2013.

 

 

Josep Bru Ralduà

1870-1936

 

Ce prêtre éminent naquit le 27 octobre 1870 à Tarragona, de Pau et Teresa, et fut baptisé trois jours plus tard.

Après ses études au séminaire, il fut ordonné prêtre en 1896.

Il eut très vite la réputation d’excellent directeur d’âmes et de confesseur, car il passait de nombreuses heures dans le confessional. Aussi fut-il nommé encore jeune prêtre confesseur pour les séminaires et les collèges. Les pénitents avaient toujours l’impression qu’il les connaissait à fond. 

En outre, il avait un don particulier pour assister les mourants.

Rien d’étonnant alors, qu’il fût nommé chanoine à la cathédrale de Tarragona, professeur aux séminaires, official et juge, chancelier et secrétaire à la curie épiscopale.

Le 27 juillet 1936, il fut arrêté chez un ami, sur la route de la Unió, et conduit au bateau-prison Ríu Segre, comme tant d’autres prêtres. Il en profita pour continuer son apostolat, parmi les prisonniers, laïcs ou prêtres, qui s’y trouvaient.

Le 11 novembre, on fit sortir du bateau vingt-trois prisonniers, dont le chanoine Bru Ralduá, qui se mirent à réciter entre eux un psaume, probablement le psaume 50 (Miserere).

Arrivés au mur du cimetière de Torredembarra, on les fusilla à la mitraillette. Puis ils reçurent le coup de grâce.

Don Josep Bru Ralduà tomba martyr le 11 novembre 1936, et fut béatifié en 2013.

 

 

 

Felipe Arce Fernández

1878-1936

 

Felipe naquit le 16 octobre 1878 à Arroyo de Valdivielso (Burgos).

Il entra chez les Carmes Déchaux et fit la profession à dix-neuf ans, en 1897, avec le nom de Elipi de Sainte-Thérèse.

Ordonné prêtre en 1903, il fut envoyé en Catalogne, puis à Tarragona, comme prieur, maître des novices et directeur du Centre de Propagande Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, dont le responsable était le Frère Damián Rodríguez Pablos.

On le connaissait pour sa profonde humilité.

Avec le Frère susnommé, il se réfugia à Rambla Vella, où on les découvrit. Arrêtés, ils furent conduits au bateau-prison Rio Segre.

On les en sortit le 11 novembre, pour aller les fusiller au cimetière de Torredembarra.

Le père Felipe fut béatifié en 2013.

 

 

José Boschdemont Mitjavila

1880-1936

 

José vit le jour le 11 août 1880 à Cassá de la Selva (Gerona, Espagne) et fut baptisé deux jours plus tard.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo en 1894.

Il fit le noviciat et le scholasticat, il reçut l’habit avec le nom de Gilberto de Jesús.

Après le scholasticat, il fut catéchiste à Benicarló puis à Santa Madrona.

En 1918, il fut en activité à la librairie Bruño de Barcelone. Il devait y rester dix-sept ans.

En 1935, il dut se reposer à Cambrils. Il espérait retrouver son travail à Barcelone, mais la révolution se déchaîna. Comme toute la communauté, il quitta la maison de Cambrils et chercha à se réfugier à Tarragona. Très peu après, il fut arrêté par les miliciens et incarcéré dans le bateau-prison Ríu Segre, en rade de Tarragona, dont presque chaque jour on faisait sortir un certain nombre de prisonniers pour aller les fusiller.

Le «tour» du Frère Gilberto arriva le 11 novembre 1936. A une heure du matin, tout le monde fut réveillé en sursaut par les hurlements des miliciens. L’un d’eux annonça les noms de sa liste. Il en manquait quelques-uns, qui étaient à un autre endroit. Il commença à en désigner quelques autres, au hasard. Il s’arrêta quand on lui cria que le véhicule était plein. Parmi les vingt-quatre appelés, se trouvaient Frère Jenaro et Frère Gilberto. Au cimetière de Torredembarra, on les aligna contre le mur et on les fusilla.

Ils ont été béatifiés en 2013.

 

 

Frederic Vila Bartolí

1884-1936

 

Cet authentique Catalan (Bartolí ou Bartrolí ?) naquit le 3 mars 1884 à El Brull (Osona, Barcelone, Espagne), d’Antoni et Dolors ; les deux garçons et les trois filles entrèrent dans la vie religieuse.

Frederic grandit à Tona, passa deux années au Petit séminaire de Vic avant d’entrer chez les Pères clarétains. 

Il fut ordonné prêtre en 1907.

Dès 1908, il fut professeur d’Histoire naturelle à l’université de Cervera, puis d’Ecriture Sainte. Il donna une grande impulsion au Musée d’Histoire Naturelle de Cervera et publia alors un ouvrage encore consulté aujourd’hui. Il publia bien d’autres travaux, articles, biographies, monographies…

En 1917, il fut transféré à l’unviersité de Solsona où, en plus de l’Histoire naturelle, il enseigna la Théologie morale, le grec et l’hébreu. Il participa à des missions archéologiques.

Ces années-là, il participa au conseil provincial des Clarétains de Catalogne. Les vacances d’été, il les passait à organiser les Archives des Clarétains à Vic.

Professeur, écrivain, chercheur, Frederic recueillit patiemment un grand nombre de documents historiques sur la vie des Clarétains. Il participa aussi à l’élaboration d’un dictionnaire catalan.

Doué d’une mémoire prodigieuse et d’une intelligence très brillante, il fut une des lumières de sa Congrégation.

Après Solsona, il fut à l’univeristé de Tarragona et, en 1936, devait même partir pour Rome, mais les événements l’en empêchèrent. Il fit mieux.

Le 24 juillet 1936, il se réfugia chez des amis, où il subit déjà une première fouille. Celle-ci se passa sans incident, mais en partant, les miliciens firent leur Salut à leur façon militaire et bolchevique, tandis que le père Frederic leur répondit Adieu. Les miliciens ne se le firent pas dire deux fois : ils arrêtèrent le prêtre, le conduisirent au Comité, de là au bateau-prison Cabo Cullera. Deux mois plus tard, il fut transféré à l’autre bateau, Río Segre.

Sur le conseil du commandant, et grâce à l’entremise d’un fonctionnaire catalan qu’il avait connu à l’Université, le père Frederic demanda d’être libéré. L’ordre de libération arrivait, mais trop tard et fut devancé par une autre décision.

Le 10 novembre des membres de la FAI vinrent annoncer des noms. Le 11 au matin, ils en appelèrent vingt-quatre autre, dont le père Frederic.

Sur le pont du navire, ils se mirent à prier le psaume 50 (Miserere). On alla les fusiller au cimetière, le 11 novembre 1936.

Le père Frederic fut béatifié en 2013.

 

 

Lluís Domingo Oliva

1892-1936

 

Il vit le jour le 11 janvier 1892 à Reus (Tarragona, Espagne), de parents déjà assez âgés, qui le firent baptiser avec les noms de Lluis Salvador Antoni.

En 1906, il entra au noviciat des Frères Carmes de l’Enseignement à Tarragona et professa probablement avant 1910, ou très peu avant ses dix-huit ans, car il participait au chapitre en 1920 et que cette participation exigeait un minimum de dix années de profession.

Jusqu’en 1936, il exerça à Tarragona, comme professeur auxiliaire, sauf un court laps de temps à Vendrell.

Excellent professeur, austère, doux, il maintenait de bonnes relations avec les Carmes Déchaux.

Lorsque la révolution éclata en juillet 1936, il se réfugia avec trois autres Collègues chez les parents du Frère Buenaventura à Tarragona. C’est là que se présentèrent des hommes de la FAI à la recherche d’un prêtre. Buenaventura déclara que les quatre qui étaient là étaient tous quatre Religieux et ils furent arrêtés, le 25 juillet. 

Il fut incarcéré aux Pilatos, le siège des miliciens ; de là, on le fit passer avec les autres au bateau-prison Río Segre, où il resta jusqu’au 11 novembre, priant avec les Confrères et redonnant du courage aux autres prisonniers.

Ce jour-là, le commandant descendit à la recherche de tous les prêtres et, en général, à tous ceux qui portaient la tonsure (à cette époque, tous les clercs portaient ce signe très visible sur la tête, en signe de consécration à Dieu). Or, le Frère Isidre ne faisait pas partie de la liste, car un des miliciens, ami des Carmes, les avait rayés de la liste. Les Frères se confessèrent et se présentèrent au commandant, qui les fit immédiatement passer dans le groupe des appelés.

Ils priaient le psaume 50 (Miserere), tandis qu’on les conduisait au cimetière de Torredembarra. Au moment de leur exécution, ils proclamaient encore Vive le Christ Roi.

Ils furent béatifiés en 2013.

A noter qu’après ces quatres Martyrs, il ne resta qu’un seul Frère, Francisco Navarro Bonila, qui fut aussi mis en prison et torturé, mais qui survécut. Tous ses efforts pour remonter l’Institut furent vains, il intégra l’Ordre des Carmes Déchaux en 1954 et mourut en 1959.

 

 

Buenaventura Toldrá Rodón

1896-1936

 

Il vit le jour le 31 mars 1896 à Pla de Cabra (auj. Pla de Santa María, Tarragona, Espagne) et fut baptisé le jour-même, avec les noms de Buenaventura Andrés Raimundo.

En 1907, il entra au Petit séminaire de Tarragona mais, en 1915, sa santé l’obligea à quitter cette orientation. Désireux d’être Religieux à tout prix, il entra chez les Frères Carmes de l’Enseignement et professa en 1917.

De 1918 à 1921, il fut destiné au collège de Vendrell, où la confiance totale qu’on pouvait avoir en lui le fit mettre responsable du patrimoine du collège.

En 1922, il passa à Tarragona.

Lorsque la révolution éclata en juillet 1936, il se réfugia avec trois autres Collègues chez ses parents à Tarragona. C’est là que se présentèrent des hommes de la FAI à la recherche d’un prêtre. Buenaventura déclara que les quatre qui étaient là étaient tous quatre Religieux et ils furent arrêtés, le 25 juillet. 

Buenaventura dit à sa chère mère : Maman, tout ça, que ce soit par amour pour notre Seigneur. Si nous ne nous revoyons pas ici, nous nous reverrons au Ciel.

Il fut incarcéré aux Pilatos, le siège des miliciens ; de là, on le fit passer avec les autres au bateau-prison Río Segre, où il resta jusqu’au 11 novembre, priant avec les Confrères et redonnant du courage aux autres prisonniers.

Ce jour-là, le commandant descendit à la recherche de tous les prêtres et, en général, à tous ceux qui portaient la tonsure (à cette époque, tous les clercs portaient ce signe très visible sur la tête, en signe de consécration à Dieu). Or, le Frère Isidre ne faisait pas partie de la liste : un ou deux jours de plus ou de moins ne changeaient pas beaucoup au sort des Religieux ; les Frères se confessèrent et se présentèrent au commandant, qui les fit immédiatement passer dans le groupe des appelés.

Ils priaient le psaume 50 (Miserere), tandis qu’on les conduisait au cimetière de Torredembarra. Au moment de leur exécution, ils proclamaient encore Vive le Christ Roi.

Ils furent béatifiés en 2013.

Damián Rodríguez Pablos

1896-1936

 

Damián naquit le 18 mai 1896 à Pedroso de Armuña (Salamanque, Espagne).

Il commença la carrière militaire, mais l’interrompit pour la vie religieuse et entra au couvent des Carmes Déchaux de Tarragona.

Il fit la profession comme Frère convers avec le nom de Damiá de la Très-Sainte-Trinité.

On lui confia la responsabilité du Centre de Propagande Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, en plus de ses activités de portier et de sacristain.

Il vécut son idéal religieux avec une grande intensité, comme il ressort des lettres qu’il écrivait à sa famille.

Lors de la Révolution de 1936, il dut quitter le couvent et se réfugier avec un autre Père dans une maison de la Rambla Vella, où les rejoignit ensuite encore un autre Père.

Mais le 6 août suivant, on les découvrit, on les arrêta et les envoya sur le bateau-prison Rio Segre.

Ils y restèrent jusqu’au 11 novembre. Ce jour-là, on fusilla le Frère Damián, au cimetière de Torredembarra.

Frère Damián fut béatifié en 2013.

 

 

Mariano Navarro Blasco

1903-1936

 

Mariano vit le jour le 3 décembre 1903 à Tortajada (Teruel, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils en 1916.

Il fit le noviciat à Hostalets, où il prit l’habit le 1er novembre 1919 avec le nom de Jenaro.

Après le scholasticat, il fut catéchiste à l’école gratuite de Cambrils.

En 1922, il fut au Sacré-Cœur de Tarragona.

En 1928, il partit pour trois ans à Cuba.

En 1931, il revint en Espagne et fut envoyé à Manlleu, et en 1933 à Tarragona.

Au moment de la guerre civile, il fut un parmi des centaines à être incarcérés dans le bateau-prison Ríu Segre, en rade de Tarragona, dont presque chaque jour on en appelait un certain nombre pour les fusiller.

Le «tour» du Frère Jenaro arriva le 11 novembre 1936. A une heure du matin, tout le monde fut réveillé en sursaut par les hurlements des miliciens. L’un d’eux annonça les noms de sa liste. Il en manquait quelques-uns, qui étaient à un autre endroit. Il commença à en désigner quelques autres, au hasard. Il s’arrêta quand on lui cria que le véhicule était plein. Parmi les vingt-quatre appelés, se trouvaient Frère Jenaro et Frère Gilberto. Au cimetière de Torredembarra, on les aligna contre le mur et on les fusilla.

Le Frère Jenaro avait trente-trois ans.

Ces deux Frères ont été béatifiés en 2013.

 

 

Joan Roca Vilardell

1905-1936

 

Joan (Jean) naquit le 13 août 1905 à Girb de la Plana (Osona, Catalogne, Espagne), de Joan et Mercé, des parents très chrétiens qui offrirent à Dieu quatre de leurs douze enfants.

De ces quatre, deux sont martyrs : Joan et Dolors (pour celle-ci, voir au 8 août).

Joan fit rapidement voir son goût pour la religion et la liturgie.

Il fut ordonné prêtre en 1929, et célébra sa première messe solennelle à Gurb le 22 janvier suivant.

Les paroisses qui le virent en exercice furent Sant Marti de Tous (Anoia) et Granollers de la Plana (Osona). Il sera nommé Chantre à la cathédrale de Tarragona.

Lors de la révolution de juillet 1936, il fut parmi les premiers arrêtés et mis dans le bateau-prison Riú Segre d’abord, puis dans le Ciutat de Maó (= «ville de Mao», ndlr), en rade de Tarragona.

Là, il supporta avec grande résignation les mauvais traitements qu’il eut à subir, sans oublier les offenses d’ordre obscène dont étaient régulièrement l’objet les prêtres et les religieux.

Le 11 novembre 1936, on le fit sortir de cet enfer ; il obéit sans opposer résistance. Ils furent vingt-quatre à être ensuite alignés et fusillés contre le mur du cimetière de Torredembarra.

Don Joan Roca Vilardell fut béatifié en 2013.

 

 

Isidre Costa Hons

1909-1936

 

Né le 5 janvier 1909 à Taradell (Barcelone) et baptisé trois jours plus tard, il était le fils de Juan et Dolores.

Il apprit les métiers d’électricien et de boulanger. Il fut garçon domestique dans des maisons des Pères Clarétains (La Roca et El Vivet), jusqu’au jour où il demanda à être admis lui-même au noviciat.

Il fut admis au noviciat de Vic en 1930 et fit la profession en 1931.

En 1932, on l’envoya à Solsona comme aide-cuisinier ; en 1934, à Cervera, avec un saut à La Selva del Campo ; en 1936, on l’envoya comme aide-cuisinier à Vic.

Le 21 juillet 1936, il fallut évacuer la maison et le frère Isidre se réfugia à El Vivet, puis à La Roca, dont il avait de si bons souvenirs. Comme ancien travailleur, Isidre avait un sauf-conduit en règle et pouvait se déplacer assez facilement ; il en profitait pour venir à Vic, à Barcelone ; on lui demanda d’aller jusqu’à La Selva del Campo, pour prendre des informations sur le sort des Confrères qui s’y trouvaient. Il apprit ainsi la mort de Jaime Franch, fils du propriétaire d’El Vivet.

Encouragé par ces expériences, il demanda à son Supérieur l’autorisation d’aller jusqu’à Mas Claret. On lui exprimait des réserves, mais il partit le 8 novembre. Le 9, il s’arrêta à Vergos, où on le soupçonna déjà d’être un des Religieux de Mas Claret. Le 10, la famille où il s’était arrêté, chercha à le prévenir qu’à Cervera, les miliciens ne tenaient pas compte des laisser-passer et qu’il risquait gros. La réponse du Frère restait catégorique : Je m’en moque si je suis arrêté. Si je meurs, je meurs pour Dieu ! Le 11 il se mit en marche.

A Mas Claret, les «gardiens» n’étaient pas convaincus ; ils usèrent de l’épreuve classique pour révéler les Religieux : le faire blasphémer. Ayant refusé, Isidre fut fusillé sur place, à treize heures. Juste avant de mourir, il dit aux bourreaux : Je vous pardonne, pour l’amour de Dieu, je vous pardonne tout.

Martyrisé le 11 novembre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Isidre Costa Hons sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 11 novembre.

 

 

Julio Alameda Camarero

1911-1936

 

Il vit le jour le 28 mai 1911 à Castroceniza (Burgos, Espagne), fut baptisé deux jours plus tard, et confirmé en 1923.

En 1926, il entra au noviciat des Frères Carmes de l’Enseignement à Tarragona et professa en 1928.

De 1928 à 1936, il exerça à Tarragona.

Lorsque la révolution éclata en juillet 1936, il se réfugia avec trois autres Collègues chez les parents du Frère Buenaventura à Tarragona. C’est là que se présentèrent des hommes de la FAI à la recherche d’un prêtre. Buenaventura déclara que les quatre qui étaient là étaient tous quatre Religieux et ils furent arrêtés, le 25 juillet.

Il fut incarcéré aux Pilatos, le siège des miliciens ; de là, on le fit passer avec les autres au bateau-prison Río Segre, où il resta jusqu’au 11 novembre, priant avec les Confrères et redonnant du courage aux autres prisonniers.

Ce jour-là, le commandant descendit à la recherche de tous les prêtres et, en général, à tous ceux qui portaient la tonsure (à cette époque, tous les clercs portaient ce signe très visible sur la tête, en signe de consécration à Dieu). Or, le Frère Isidre ne faisait pas partie de la liste, car un des miliciens, ami des Carmes, les avait rayés de la liste. Les Frères se confessèrent et se présentèrent au commandant, qui les fit immédiatement passer dans le groupe des appelés.

Ils priaient le psaume 50 (Miserere), tandis qu’on les conduisait au cimetière de Torredembarra. Au moment de leur exécution, ils proclamaient encore Vive le Christ Roi.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Maria Jadwiga Kotowska

1899-1939

 

Maria naquit le 20 novembre 1899 à Varsovie (Pologne), deuxième des huit enfants de Jan et Zofia Barskich.

Etudiante en médecine à l’Université de Varsovie, elle participa comme infirmière à la Première guerre mondiale. Reconnue pour son mérite, elle devait recevoir en 1932 la Médaille de la Pologne.

En 1922, elle entra chez les Sœurs de la Résurrection, avec le nom de Alicja. Son désir était de vivre et mourir pour le Christ, le plus grand Amour, le Seigneur, (son) Dieu et (son) Tout.

En 1929, elle soutint une thèse de chimie.

Enseignante et très compétente, elle fut directrice d’école à Wejherowo (Gdansk).

On lui annonça qu’elle pouvait être arrêtée d’un jour à l’autre. Elle aurait pu s’enfuir, mais ne voulut pas se mettre à l’abri et laisser exposées d’autres personnes à cause d’elle, les autres Religieuses ou les personnes qu’elle aidait.

Elle fut arrêtée le 24 octobre 1939 et apprit alors qu’elle avait été dénoncée par le gardien de l’école. Elle dit alors les dernières paroles qu’on entendit de sa bouche : Je pardonne tout à François.

Elle fut mise en prison à Wejherowo.

Le jour où elle devait être fusillée, un témoin la vit courir vers un groupe d’enfants juifs qu’on allait aussi «éliminer». Ils étaient terrifiés, et elle les prit par la main, les réconforta du mieux qu’elle put et monta avec eux dans le camion.

Il y eut, peu après, la fusillade de plusieurs centaines de victimes dans un bois à proximité de Piasnica. On suppose qu’Alicja mourut au même moment, le 11 novembre 1939.

Quelques jours plus tard, elle devait fêter ses quarante ans.

Le corps lui-même d’Alicja n’a jamais été retrouvé, mais quand on fit des fouilles à Piasnica, on retrouva la ceinture de l’habit des Sœurs de la Résurrection avec son chapelet.

Maria Jadwiga a été béatifiée parmi les cent-huit Martyrs polonais de la Deuxième guerre mondiale, en 1999.

Robert Matej Šiškov

1884-1952

 

Robert naquit le 9 février 1884, à Plovdiv (Bulgarie) dans une grande famille catholique de rite latin.

Il entra comme élève à neuf ans dans la congrégation des Augustins de l’Assomption à Kara-Agatch (à la frontière turque) et, comme novice à seize ans, avec le nom de Josaphat (1900).

A partir de 1901, il fut professeur, puis envoyé en 1902 à Varna (Mer Noire), où il dirigea la publication de magazines.

Il fut envoyé en Belgique en 1904 pour achever ses études de philosophie et de théologie à Louvain.

En 1909, il reçut le sacerdoce à Malines.

Dans les années 1914-1919, il fut professeur au collège de Saint-Augustin de Plovdiv puis au séminaire de Varna.

C’était un pédagogue à la pointe du progrès, le premier qui utilisa les caractères cyrilliques dans l’imprimerie, une prouesse pour l’époque.

En 1929, il fut nommé directeur du séminaire.

La situation religieuse de la Bulgarie s’étant douloureusement aggravée, le père Josaphat fut arrêté dès décembre 1951.

De septembre à octobre 1952 se déroula son «procès», qui s’acheva par la condamnation à mort.

Il fut exécuté dans les sous-sols de la prison de Sofia le 11 novembre 1952.

Le père Robert Matej-Josaphat Šiškov a été béatifié en 2002.

 

 

Petăr Vichev

1893-1952

 

Petăr (Pierre) naquit le 23 mai 1893, à Srem (Burgas, Bulgarie) dans une famille catholique de rite latin.

Il entra au noviciat des Augustins de l’Assomption en 1910, avec le nom de Kamen.

A partir de 1918, il fut professeur à Plovdiv, puis au petit séminaire d’Istanboul.

Il fut envoyé en Belgique pour achever ses études de philosophie et de théologie à Louvain.

En 1921, il reçut le sacerdoce à Istanboul, où il enseigna ensuite à son tour la théologie, jusqu’en 1925.

Il passa ensuite le doctorat de théologie à Rome et de nouveau, à partir de 1930, fut professeur de philosophie au collège de Saint-Augustin de Plovdiv ; doyen des études, recteur de l’école, il eut parmi ses élèves aussi bien des Catholiques que des Orthodoxes, des Musulmans et des Juifs, qui étudiaient en parfaite harmonie. L’établissement fut brutalement fermé par les autorités en 1948, qui expulsèrent les Religieux.

Mais Kamen était Bulgare, et pouvait de ce fait rester dans son pays, comme vicaire provincial, jusqu’au jour où il fut arrêté, en juillet 1952.

Son «procès» s’acheva par la condamnation à mort.

Il fut exécuté dans les sous-sols de la prison de Sofia le 11 novembre 1952.

Le père Petăr-Kamen Vichev a été béatifié en 2002.

 

 

Vikentij Bosilkov

1900-1952

 

Les transcriptions latines des appellations bulgares ou russes, ne sont pas unanimes. On pourrait aussi bien orthographier «Bocilkof».

Vikentij (Vincent) naquit le 16 novembre 1900 à Belén (Bulgarie) dans une famille paysanne, de rite catholique latin. 

En jouant le long du Danube, il fallit se noyer. Sa maman, Béatrice, pria Dieu de le prendre à Son service s’il se sauvait.

Entré à treize ans dans le collège passioniste de Oresch (Pays Bas), il demanda ensuite à être admis à Ere (Belgique) comme novice avec le nom de Evgeni (Eugène) du Sacré-Cœur de Jésus ; il fit profession en 1920 et à partir de 1924 revint faire des études en Bulgarie, où il fut ordonné prêtre en 1926.

Il fut envoyé à Rome, à l’Institut Pontifical Oriental, pour obtenir le doctorat en théologie. Le sujet de sa thèse était : L’union des Bulgares avec le Saint-Siège au 13e siècle.

Revenu en Bulgarie en 1931, le jeune prêtre fut nommé secrétaire de l’évêque, lui-même passioniste, et curé de la cathédrale de Russe, puis de la paroisse de Bardarski-Gheran, où il se montra excellent pédagogue pour les jeunes.

C’était un homme très cultivé ; il parlait treize langues ; il rencontrait les intellectuels aussi bien que les petites gens, il dialoguait avec les orthodoxes, qui le respectaient beaucoup.

Lors de la Deuxième guerre mondiale, les troupes d’Union Soviétique envahirent la Bulgarie, et instaurèrent le communisme, supprimant tout ce qui pouvait avoir rapport avec la religion. 

La maison du père Evgeni était ouverte à tous, des milliers de Juifs lui durent la vie. Le Docteur Bossilkov était connu dans tout le pays. Les jeunes étaient fascinés par sa personnalité.

Il avait une vie très réglée : levé à quatre heures et demie, il écrivait, il priait jusqu’à sept heures et demie. Il avait une grande vénération pour la Sainte Vierge dont il disait que Avec la Vierge Sainte, on peut tout faire.

En 1946, le jour de la fête du Rosaire, 7 octobre, il fut consacré évêque de Nicopolis, un des quatre diocèses latins de Bulgarie,. pour succéder à celui qui venait de décéder. Mais la persécution communiste sévissait déjà.

Lors d’un voyage à Rome en 1948, on lui conseilla de ne pas rentrer en Bulgarie, mais il refusa d’abandonner son troupeau. En prière à la basilique de Sainte Marie-Majeure, il demanda la grâce du martyre.

Le gouvernement lui fit de belles promesses, s’il acceptait de se séparer de Rome pour diriger une Eglise nationale. C’est un net refus qui répondit aux autorités civiles.

A partir de 1949, la situation empira. Le gouvernement déporta le Délégué Apostolique, réquisitionna les propriétés ecclésiastiques et supprima les congrégations.

En 1952 commencèrent les arrestations en masse des dirigeants de l’Eglise. Mgr Bosilkov fut arrêté le 16 juillet, à Sofia, dans le jardin de la maison de son frère. La nièce de l’évêque était présente et remarqua qu’il resta très calme, lui disant seulement : Sois en paix. Ceci est la volonté de Dieu et tout sera pour le Bien.

Mgr Bosilkov était devenu un «ennemi public», pour avoir refusé d’être mis à la tête d’une Eglise «gouvernementale». 

En prison on le soumit à d’horribles vexations, privations et problèmes de tous genres.

Le 29 septembre s’ouvrit un procès. Comme «preuves» de la culpabilité de l’évêque, on présenta deux armes soi-disant trouvées dans un collège catholique de Sofia. L’évêque fut déclaré coupable et condamné à être fusillé par un peloton d’exécution, pour avoir eu des contacts avec les pays impérialistes, leur avoir fait passer des informations confidentielles par le moyen de la valise diplomatique, pour avoir tenu un concile où il avait été décidé de combattre le communisme. Cette décision était sans appel.

Sa famille fut autorisée à le revoir, rapidement. Il était méconnaissable, avec ses chaînes aux mains, aux pieds et au cou. On voulait demander sa grâce, mais il s’y opposa : Dites à tout le monde que je demeure fidèle à l’Eglise et au Pape, et que je n’ai pas trahi.

Mgr Bosilkov fut exécuté dans les caves de la prison, très tard dans la nuit du 11 novembre 1952 (cinq jours avant son cinquante-deuxième anniversaire).

En décembre de cette même année, sa nièce voulut lui apporter en prison un filet de victuailles, qui fut refusé. La famille reçut alors les vêtements du Pontife, tachés de sang, ainsi que sa croix pectorale. Dès 1953, une personnalité de Bulgarie révéla que Mgr Bosilkov avait été torturé et exécuté, ajoutant cependant que c’était «un bruit».

On n’a jamais pu retrouver son corps, qui fut jeté dans une fosse commune. Ce n’est qu’en 1975 que fut officiellement reconnue la mort du prélat, encore ne fut-elle reconnue que comme «naturelle», vingt-trois ans auparavant.

En 1999, la Cour d’Appel Suprême de Bulgarie annula la sentence de mort du Mgr Bosilkov, jugeant les accusations des violations évidentes.

Mgr Bosilkov a été béatifié en 1998.

 

 

Josif Džidžov

1919-1952

 

Josif naquit le 19 juillet 1919, à Plovdiv (Bulgarie) dans une famille catholique de rite latin.

Il entra dans la congrégation des Passionnistes comme novice dans le Jura français, avec le nom de Pavel.

En 1942, la maladie l’obligea à revenir en Bulgarie pour y achever ses études.

En 1946, il reçut le sacerdoce.

Il fut nommé économe au collège de Saint-Augustin, jusqu’en 1948, quand l’école fut fermée par les autorités communistes.

De citoyenneté bulgare, il put rester dans le pays, comme économe provincial et procureur, jusqu’à son arrestation avec le père Petăr Vichev.

On ne sut plus rien de ce Religieux, jusqu’à ce que, après la chute du Mur de Berlin, on apprît qu’il fut fusillé avec deux autres Assomptionnistes (Robert Šiškov et Petăr Vichev), et probablement aussi avec Mgr Bossilkov lui-même, dans la nuit du 11 novembre 1952.

Le père Josif avait trente-trois ans.

Jetés dans une fosse commune, leurs corps ne furent jamais retrouvés.

Josif et ses Compagnons furent béatifiés en 2002, lors d’une cérémonie à laquelle le métropolite orthodoxe demanda à participer.

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10 novembre 2020 2 10 /11 /novembre /2020 00:00

 

10 NOVEMBRE

 

-XL.

S Noé, patriarche, qui construisit l'Arche salvatrice (Gn 6-8).

III.

S Demetrianus, évêque à Antioche, mort en exil ; son fils lui succéda.

S Orestes, médecin martyr à Tyane.

S Tryphon, martyr à Nicée ; il gardait les oies près d'Apamée ; il est patron de Kotor.

IV.

S Thibéry, martyr à Agde.

S Space, martyr aux Andelys.

S Probus, évêque à Ravenne.

SS Narses et Youssouf, martyrs décapités ; octogénaire, Narsès était évêque à Sahrqart.

V.

S Léon le Grand, pape (440-461) : très estimé des papes et du peuple avant d'être élu à Rome, excellent prédicateur, adversaire des manichéens, pélagiens, priscillianistes, et surtout des eutychiens (concile de Chalcédoine).

VII.

S Iustus, un de ceux envoyés par s. Grégoire le Grand pour aider s. Augustin en Angleterre ; évêque à Rochester, exilé en Gaule, évêque à Canterbury ; il consacra s. Paulinus.

?

S Liesne, à Melun.

Ste Natalène, martyre à Pamiers.

Ste Théoctiste, solitaire mystérieuse, enlevée de Lesbos par les Arabes et laissée à Paros, dont elle est la patronne. 

VIII.

S Baudolino, ermite près de la future Alessandria, dont il est le patron.

XI.

S Jean l'Irlandais, missionnaire en Islande, puis en Germanie, évêque à Mecklemburg et martyr.

XIII.

B Ambrogio de Massa Marittima, franciscain ; il avait probablement abandonné la vie ecclésiastique, s'était repris, et fut un ascète exemplaire avant de mourir à Orvieto.

XVII.

S Andrea Avellino, prêtre napolitain ; un sicaire l'avait frappé mortellement à la tête, mais il en guérit et devint théatin ; il aimait visiter les malades et conseillait : Soyez brefs. Si vous plaisez, on vous verra revenir avec joie. Si vous ennuyez, le déplaisir sera court. 

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1992 :

Hospitaliers : à Barcelone, Joaquín Piña Piazuelo (Acisclo, *1878) ;

- béatifiées en 2007 :

Adoratrices Servantes de la Charité et du Saint-Sacrement, à Madrid :

Felipa Gutiérrez Garay, Francisca Pérez de Labeaga García (Blasa de la Croix), Teresa Vives Missé (Casta de Jesús), Concepción Vázquez Áreas (Ruperta), Rosa López Brochier (Rosaura de Marie), María Zenona Aranzábal de Barrutia (Borja de Jésus), Emilia Echevarría Fernández (Máxima de Saint Joseph), María Mercè Tuñi Ustech (Ángels), Dionisia Rodríguez de Anta (Sulpicia du Bon Pasteur), Manuela Arriola Uranda (M. du Sacré-Cœur), Sinforosa Díaz Fernández (S. de la Sainte Famille), Josepa Boix Rieras (J. de Jésus), María García Ferreiro (de la Présentation), Luisa Pérez Adriá (de l'Eucharistie), Prima De Ipiña Malzárraga (María Prima de Jésus), Belarmina Pérez Martínez (B. de Jésus), Aurea González (Herlinda), María Dolores Monzón Rosales (M.D. de Jésus Crucifié), Lucía González García (Lucila de Jésus), Purificación Martínez Vera (P. de Marie), María Dolores Hernández San Torcuato (M.D. de la Sainte Trinité) (*1861, 1864, 1866, 1871, 1876, 1878, 1881, 1888, 1890, 1891, 1892, 1893, 1896, 1897, 1898, 1899, 1904, 1907, 1908, 1910, 1911), ainsi que Cecilia Iglesias Del Campo et Magdalena Pérez (*?).

Bx martyrs de la persécution nazie, guillotinés à Hamburg en 1943 :  Johannes Prassek (*1911), Eduard Müller (*1911), et Hermann Lange (*1912), prêtres, béatifiés en 2011.

Bse Odette Prévost (1932-1995), religieuse française des Petites Sœurs du Sacré-Cœur, abattue en Alger, béatifiée en 2018.

 

Noé, patriarche

XXVe siècle avant Jésus-Christ

 

Le saint patriarche Noé est une figure des premiers chapitres de la Genèse (Gn 5-9), qui nous rappelle habituellement l’épisode d’un déluge dévastateur.

Si l’on situe approximativement le prophète Abraham au 20e siècle avant Jésus-Christ, Noé le précède, entre le 25e et le 20e siècles environ.

Que la terre ait pu être engloutie après quarante jours de pluie laisse le monde scientifique dans l’interrogation : ce déluge a-t-il eu lieu ? n’est-il pas un récit emprunté à des épisodes mythologiques babyloniens ?

On pourrait tout-à-fait retourner la question en sens inverse : les récits babyloniens ne seraient-ils pas des plagiats maladroits, païens, du récit biblique qui a pu certainement être colporté par voie orale dans ces régions, bien avant d’être consigné par écrit ?

Dans la Bible, Yahwé est un Dieu unique, juste ; il punit le mal des hommes, mais sauve le juste. Dans les récits babyloniens, c’est un ensemble de dieux qui intervient, et qui extermine tous les hommes par caprice.

D’après un mode de compter qui nous échappe désormais totalement, Noé engendra ses trois fils à l’âge de cinq cents ans, et mourut à neuf cent cinquante ans, un peu plus qu’Adam qui vécut neuf cent trente ans, et un peu moins que son grand-père Mathusalem, qui vécut neuf cent soixante-neuf ans (cf Gn 5:5,27 ; 9:28).

Sur ordre de Dieu, donc, Noé construisit son paquebot, que la Bible appelle Arche, et qui mesurait quelque cent cinquante mètres de long, vingt-cinq mètres de large et quinze de haut, en trois étages. C’est qu’il fallait y aménager des dizaines de cabines pour abriter chaque couple d’animaux, outre la proche famille de Noé : sa femme, ses trois fils et les épouses de ses trois fils, «huit personnes en tout», écrit saint Pierre dans son épître (2Pt 2:5).

Ce qui pourra surprendre, c’est que Yahweh ferme la porte de l’Arche, de l’extérieur, donc, tandis qu’après le cataclysme, Noé ouvre seulement une fenêtre, et ne sort par la porte que sur invitation de Yahweh.

Là, Yahweh fit une «alliance» avec Noé, une promesse sacrée en échange de la fidélité de Noé et de sa descendance, dont le signe était l’arc-en-ciel.

Cette Arche mystérieuse aurait échoué sur le mont Ararat en Arménie, mais qui oserait croire qu’on retrouverait un jour des morceaux de bois de ce vaisseau, après des milliers d’années ?

Au sortir de l’arche, Noé commença de cultiver la terre, et planta la vigne. Les vapeurs du raisin fermenté l’enivrèrent, il s’endormit inconsciemment, mal habillé. Un de ses fils se moqua de cette situation, tandis que les deux autres entrèrent à reculons pour couvrir leur cher père